DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW-27a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport ne peut être utilisé que par le Groupe de la Banque et les organisations ou personnes spécialement autorisées, et à des fins officielles seulement. Il ne peut être ni publié ni cité sans l'autorisation du Groupe de la Banque, lequel ne garantit en aucune manière son exactitude ou son caractère exhaustif. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE LA MAURITANIE (en quatre volumes) VOLUME III PECHE le 5 août 1971 Departement Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité monétaire: Franc CFA (FCFA) Avant le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. 246,85 FCFA 1.000 FCFA = 4,05 dollars E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. 277,71 FCFA 1.000 FCFA 3,60 dollars E.U. POIDS ET MESURES 1 tonne métrique (t) 2.205 livres 1 kilogramme (kg) 2,2 livres 1 kilomètre (km) 0,62 mile 1 mètre (m) 3,28 pieds COMPOSITION DE LA M4ISSION Ce rapport est basé sur les observations de la mission qui a séjourné en Mauritanie en mars-avril 1970; elle comprenait: Heinz B. Bachmann Chef de mission Carlos Merayo Economiste général Mohamed Moghazi Economiste agricole Dr M. Lacrouts (Consultant) Expert en élevage Dr R. Moal (Consultant) Expert en pêche Remi van Waeyenberghe (Consultant-TIESC0) Expert en education Ce volume a été préparé par Dr R. Moal (Consultant). TABLE DES MATIERES Page No. LISTE DES ABREVIATIONS PREMIERE PARTIE: PECHE EN MER I. INTRODUCTION ET POTENTIEL .......................... 1 II. DEVELOPPEMENT RECENT ET SITUATION ACTUELLE ......... 3 A. Organisation administrative des pches ......... 3 B. Peche locale traditionnelle.................... h C. Pêche moderne de forme industrielle ............ 5 1. la pêche mauritanienne ............ 5 2. Pêche non-nationale desservant pêchant dans les eaux territoriales .................... 6 3. Les autres flotilles étrangères pêchant dans les eaux territoriales .................... 9 4. Evolution de la production en quantité et en valeurs ..................1 D. Transformation des produits de la pêche ........ 13 1. Congélation .................. 13 2. Séchage ................................... 18 3. Poutargue et conserves de thon ............ 20 h. Farine de poisson ......................... 20 5. Sommaire ............... . . .... . . . 21 E. Les structures portuaires ...................... 22 1. Le port de commerce ....................... 22 2. Le port de pêche .......................... 23 F. Le Premier Plan de Développement et les investissements réalisés .......................25 G. La main-d'oeuvre et la formation professionnelle 27 -2 - H. Commercialisation ............................. 29 1. Importations ............................. 29 2. Exportations ............................. 29 3. Consommation intérieure .................. 32 III. POSSIBILITES D'EXPANSION ET ACTIONS NECESSAIRES POUR LES REALISER ..... ............................ 3h A. Introduction .......................... . 3h B. Les marchés ..................................35 1. Les marchés des pays industrialisés européens 3................. ....... 2. Le marché africain et japonais .......... 37 3. La demande totale .....,,,,............ 38 C. Le potentiel en poisson ...................... 39 D. La capacité des installations actuelles ...... h0 E. Comparaison entre ressources, marchés, capacités portuaires et capacités de traitement......... 43 F. Les actions nécessaires ...................... hh 1. Le port de p&che ........................ 47 2. Le port commercial ......................49 3. Les problèmes financiers ................50 4. La recherche scientifique et l'élevage des espèces marines .........................51 G. Données macroéconomiques et projections ....52 DEUXIEE PARTIE : PECHE FLUVIALE ET LACUSTRE A. Développement récent et situation actuelle ... 54 B. Possibilités d'axpansion et actions nécessaires pour les réaliser .............................55 -3 - ANIEXES 1. Les Eaux Territoriales 2. Accords de Coopération et Accords d'Autorisation de Pêcher 3. La Société Mauritanienne d'Armement à la Pêche (S"MAP) 4. La Société Mauritanienne des Industries de la Pêche (SaIIP) 5. Taxes Portuaires et Prix d'Avitaillement 6. Evolution des Débarquements de Poisson Destiné aux Sécheries et à la Congélation 7. Evolution de la Production de Poisson Salé Séché à Nouadhibou 8. Exportation des Produits de la Pêche 9. Navires Autorisés, Tornage Pêche et Tonnage Débarqué à Nouadhibou en 1970 et 1973 10. Capacité de Traitement de Poisson à Nouadhibou et la Guerra 11. Volume d'Exportation de Produits Finis en 1973 LISTE DES ABRVITIONS CCCE: Caisse Centrale de Coopération Economique, une institution publique française qui accorde des prêts aux pays en voie de développement EGA: Entreprise Générale de l'Atlantique, une compagnie privée qui produit du poisson salé-séché à Nouadhibou FAC: Fonds d'Aide et de Coopération, un fonds public français qui sert au financement de l'aide aux pays en voie de développement FCFA: Franc de la Communauté Financière Africaine, unité monétaire en M'4auritanie FED: Fonds Européen de Développement, un fonds public des Communautés Eîurorennes qui sert au financeent de l'aide aux pays associés h: heure I4APEC: Industrie Mauritanienne de pêche, une compagnie para- publique espagnole (de droit Mauritanien) qui fabrique une gamme de produits de poisson à Nouadhibou j: jour n.d. non-disponible SAIEA: Société d'Acconage et de Manutention en:îauritanie Anonyme, une filiale de la compagnie minière MIFERMA, qui a le monopole de la manutention au port de commerce de Nouadhibou SIGP: Société Industrielle de Grande Pêche, une compagnie privée qui produit du poioson salé-séché à Nouadhibou SOiMAUPSCO: Société 14auritanienne de Pêche et de Conserverie, depuis récemment une filiale de l'GA, qui doit produire du poisson congelé SRMAP: Société Mauritanienne d'Armement à la Pêche, une compagnie de pêche para-publique îîauritanienne, actuellement en liquidation SQRIP: Société Mauritanienne des Usines de la Pêche, une compagnie para-publique 7auritanienna qui est propriétaire d'une usine de farine à Nouadhibou. T: Tonne métrique LA PECIE EN MALRITANIE PREMIERE PARTIE PECHE EN IER I. INTRODUCTION ET POTENTIEL 1. Le développement de la p6che maritime en auritanie date de 1965. Jusqu'alors elle n'était guère pratiquée que par quelques dizaines d'Imraguens 1/ habitant le village de Memghar à proximite du Cap Timris. En dehors des régions voisines du Fleuve Sénégal, oÙ l'on peut p6cher du poisson d'eau douce, la population mauritanienne (essentiellement constituée d'éleveurs nomades) ne portait intérgt, jusqu'à il y a peu, ni à la p6che maritime, ni à la consommation de poisson. La zone littorale mauritanienne est désertique, elle n'est habitée que par quelques centaines d'Imraguens. 2. Ceci contraste avec l'exceptionnelle richesse des domaines bentiques 2_/ et pélagiques 3/ de l'océan qui bénéficent d'excellentes conditions hydrologiques. La production primaire de l'océan est très élevée. La biomasse des espèces de fond est comparable à celle des mers les plus productives; et celle des espèces pélagiques, parmi les plus élevées du monde. Ceci s'explique par l'enrichissement périodique et massif (de novembre à juin) des eaux en place par des masses d'eau profonde, riches en sel dissous (phénomène dtupwelling). 3. La Mauritanie dispose, en outre, d'un vaste plateau continental allant du Cap Blanc au Cap Timris qui s'étend de 20 à 90 milles des c6tes, et de 20 à 30 milles du Cap Timris à l'embouchure du Sénégal. C'est ainsi que l'on assiste le long des c6tes mauritaniennes, en fonction des saisons, à des mouvements migratoires cycliques constants d'espèces marines, de fond ou de surface qui portent sur des populations d'autant plus denses que le quantité de matières nutritives mises à leur disposition est constamment renouvelée. Tribu c6tière sédentaire j Poisson de fond Poisson de surface - 2 - 4. Ceci explique que depuis la fin du 19ème siècle les eaux mauritaniennes sient frequentées par des chalutiers de toutes nationalités. L'exploitation s'est accéléré depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. En 1953, le volume des p6ches de benthiques atiignaient déjà 100.000 T (capturées à raison de 70 pour cent par des chalutiers travaillant aux chaluts de fonds), en 1958, il atteignait 110.000 T. Depuis lors des chalutiers travaillant aux chaluts pélagiques et semi-pélagiques, des congélateurs et des navires usines sont entrés en operation. Ils permettent tirer le meilleur parti des espèces benthiques non commercialieables qui representent de 25 à 35 pour cent du total des captures. 5. Bien que 20 nation riveraineiý la Hauritanie ne participe guère à l'exploitation de l'Atlantique Centre-Est 2/, qui est essentiellement realisée par de puissantes unités gérées par des entre- prises non africaines. 6. En 1969, 650 unités environ ont operé dans la zone Centre-Est de l'Atlantique , contre 175 en 1961, ce qui constitue un accroissement considerable. La production totale de cette flotille, dont certaines unités ne sont pas permanentes, s'élève approximativement par an à 750.000 T. (Espèces pélagiques océaniques 50.000 T, espèces pélagiques câtières 450.000 T, poulpes et seiches 100.000 T, espèces benthiques 150.000 T). 7. La biomasse des espèces benthiques poulpes et seiches atteindrait environ 800.000 T, dont théoriquement de h00.000 T à h50.000 T pourraient 6tre capturées annuellement sans porter atteinte au stock. Le potentiel exploitable n'est toutefois estimé qu'à 300-350.000 T, 30 pour cent des prises ayant une valeur commerciale insuffisante. Il faut, remarquer qu'en raison du fantastique renouvellement annuel des conditions naturelles,le stock des espèces de fond, si besoin en était pourrant être reconstitué en deux ou trois ans, par l'adoption de quelques mesures judicieuses. 8. La biomasse des espèces pélagiaues, atteindrait 2.000.000 T, dont 1.000.000 T pourraient être capturées annuellement. L'augmentation du volume de ces prises s'operant au détriment des poissons et mammifères carnivores, le nombre de ceux-ci pourrait se trouver reduit. Il faudra tenir compte de ce facteur dans les prévisions de production. 1/après l'Espagne 2/ comprenant les secteurs XIa, XIb, XIIa des conventions statistiques de la FAO. - 3 - 9. Actuellement, le volume des pêches effectuées par les Mauritaniens ne represente que 4 pour cent du total des quantités pêchées dans la zone mauritanienne:. La part de la Mauritanie pourrait augmenter aux conditions suivantes : 1. Par la création d'une flotte de pêche nationale; mais la difficulté de mobiliser une main-d'oeuvre qualifiée en quantité suffisante empêche d'envisager cette éventualité autrement qu'à long terme. C'est en effet a l'absence de main-d'oeuvre qualifié qu'est du en grande partie l'échec de la SOMAP. 2. Par des mesures restrictives concernant l'exploitation de l'ensemble des eaux territoriales mauritaniennes (12 milles au delà de la ligne de base Cap Blanc/Cap Timris et à partir de la côte au sud de ce Cap), qui forceraient les navires étrangers fréquentant ces eaux à débarquer leurs captures à Nouadhibou. Il faut encourager la Mauritanie à persévérer dans la voie de la réglementation des pêches qu'elle a mise an application (Annexe 1), même si les effets de ces mesures sont forcement limités : la potentialité des eaux territoriales mauritanienne ne représente en effet qu'un tiers de la potentialité totale de la zone. 3. Par la création à Nouadhibou d'un pâle portuaire doté d'infrastructures adéquates, de facilités d'avitaillement et d'entretien, et capable de rendre à des coûÈts compétitifs les mê'me services que ceux qui sont effectués A Las Palmas et à Dakar. Nouadhibou' serait ainsi à même d'accueillir des navires de toute nationalité et de tirer le meilleur profit de sa situation géographique privilégiée au sein de la région la plus riche en poisson de la côte de l'Afrique du nord-ouest. II. DEVELOPPEIENT RECENT ET SITUATION ACTUELLE A. Organisation administrative des pêches 10. Les p6ches maritimes sont régies par une loi du 20 janvier 1962 portant code de la Marine Marchande et des P6ches, complété par un décret de 1968 portant création d'un Secrétariat Général à la Marine Marchande et 9 la Pêche transformé par un décret de 1970 en Ministère. En application de ces dispositions, ce ministère dispose des h services suivants - A Nouakchott Service de la Marine Marchande dont dépendent les navires de pêche et de Commerce; Service des pêches; - A Nouadhibou . Service de la Recherche Scientifique dont dépend le laboratoire des Péches; . Service de l'Inscription Maritime, chargé des marins pêcheurs, de la navigation maritime, et de la régle- mentation des p8ches. Le contrâle de l'application des réglements est effectué par la marine nationale. Conseil Consultatif de la pêche (créé par un arrêté de janvier 1969) chargé de donner avis au Ministre sur les projets de développement des p6ches à Nouadhibou. Ce conseil comprend les princi- pales personnalités des organismes publics et privés (*industries et banques) intéressés à l'industrie des pêches. B. Pêche locale traditionnelle 11. La pêche de mer traditionnelle est très limitée en Mauritanie. Elle est essentiellement pratiquée par la population Imraguen habitant le long de la câte au sud du Cap Timris (soit 180 pêcheurs). Au cours de dernières années, attirés par les aides gouvernementales en faveur du secteur des pêches, un nombre croissant de pêcheurs (120 environ - Imraguens et autres - ) se sont établis à Nouadhibou. Leur flotille s'élève à h3 bateaux (20 à voiles, 16 canots à moteurs et 7 unités pontées de 10 à 50 Tx à moteur) d'une valeur égale à 20 million FCFA. 12. Depuis 1963, le nombre des pêcheurs sénégalais passant du Sénégal en Mauritanie est allé en s'accroissant. Ils sont actuellement au nombre de 250 environ. Leur pirogues sont motorisées (7 à 9 m), et basées à concurrence de 30 environ à Nouadhibou, et de 40 à Nouakchott (investissement 11.2 million FCFA). 13. Chez les Imraguens, la pêche traditionnelle à pied à l'aide de filets repose essentiellement sur la capture du mulet jaune, d'octobre à décembre et de mars 9 avril. Pour cette pêche, les filets individuels utilisés sont jetés autour des bancs de poissons qui passent près de la plage et qui sont signalés par des guetteurs. Les filets forment une "senne" qui est ensuite tirée au rivage. La p8che à la courbine e l'aide de lanches (de janvier à juillet) fait appel soit â la ligne à main soit à un filet tournant non coulissant. Dès qu'un banc de poisson est repéré deux lanches équipées chacune de cet engin lient leurs filets et l'encerclent. La langouste est pêchée aux casiers et aux filets. Les chalutiers/senneurs pratiquent soit le chalut, soit le filet tournant non coulissant. Les tarifiers utilisent seulement ce dernier engin. A Pouakchott, la pêche est pratiquée à la ligne à main, au filet maillant fixe et à l'épervier, les langoustes sont pêchées au trémail. 1h. En 1969, le volume des pêches maritimes traditionnelles a atteint un tonnage de 2.750 T et une valeur de 120.9 millions FCFA. - Imraguens hors Nouadhibou : 1.800 T, dont 300 T !- ----------------------- auto-consommées (35.5 millions FCFA); - Mr__ g l_Nouadhib__1 650 T, dont 100 T auto-consommées et 50 T des langoustes (58 millions FCFA); - S4négalis à Nouakcho t_: 300 T, dont 10 T le langoustes (27.4 millions FCFA). En 1964, on entimait à 850 T le volume des pêches traditionnelles. Ce chiffre est vraisemblement en deçà de la realité. Mais il n'en reste pas moins que la production traditionnelle est un constante augmentation en raison (a) tant de l'accroissement de la production des langoustes, (b) que de la demande croissante des villes et (c) de la plus grande facilité d'accès aux campements des Imraguens. C. Pêche moderne de forme industrielle 15. La pêche moderne est concentrée à Nouadhibou (ancien Port Etienne), port naturel, bien situé à l'intérieur de la Baie du Lévrier au centre de la zone poissoneuse. Nouadhibou et le port minéralier de Cansago (voisin de Nouadhibou) sont les deux seuls ports de haute mer de Mauritanie. La demande en poisson frais étant limitée, la grande majorité du poisson débarqué à Fouadhibou est vendu aux usines de traitement pour être séché, congelé ou transformé en farine de poisson. Le volume des pêches modernes est donc essentiellement fonction de la demande des industries transformatures. 1. La pêche mauritanienne 16. Ainsi qu'il a été mentionné plus haut, l'essai de création d'une flotte de pêche mauritanienne n'a pas abouti. L'échec brutal la SOIIAP (Société Hauritanienne d'Armement à la Pêche) a eu des répercussions defavorables sur l'activité des installations frigorifiques SURVIF et sur la production de la SONIP, les deux entreprises dont elle devrait assurer l'approvisionnement. Créée en 1965, la SOMAP a diu arrêter officiellement ses activités le 31 janvier 1969. Elle a procédé à la vente de ses navires. Son passif actuel atteint 1.904,5 million FCFA pour lequel un moratoire a été obtenu par le Gouvernement mauritanien qui avait donné son aval aux emprunts de la société. _/ On trouvera dans l'Annexe 3 une description detaillée du complexe SOIMAP/SOMIP - 6 - 17. L'expérience SOMAP ne manquerait d'être inquiétante pour le dé- veloppement ultérieur si l'on n'en connaissait pas les causes, qui sont: une mauvaise politique d'acquisition des équipements qui a non seulement entraîné un équipement défectueux, mais a abouti à des coûts d'investissement anormalement élevés; une mauvaise gestion, tant en ce qui concerne la rotation des navires, le recrutement de personnel expatrié, le choix des lieux de pêche, les captures et l'organisation de la vente; l'absence d'une main-d'oeuvre locale qualifiée, pourtant indispensable, un service douanier trop peu familiarisé avec les particula- rités du cormmerce des pêches; l'insuffisance des capitaux propres; l'insuffisance des infrastructures d'accueil du port de Nouadhibou; le quai est non seulement inachevé. mais font également défaut les moyens de carénage, les ateliers d'entretien et les fournitures en eau et en carburants à quai. 18. S'il est aisément possible à l'avenir d'éviter les erreurs commises dans le passé en matière d'investissement et de gestion, en revanche, le manque de main-d'oeuvre locale qualifiée est un problème difficile qui ne pourra trouver de solution qu'à long terme. L'amélio- ration du service douanier et la réalisation des infrastructures sont d'autant plus impérieuses qu'elles concernent aussi l'industrie de transformation. 2. Pêche non nationale desservant les usines de Nouadhibou 19. Ce sont des flottes canariennes et métropolitaines espagnoles qui effectuent l'essentiel des pêches dites modernes en Iauritanie, et qui alimentent,par conséquent, les entreprises productrices de poisson congelé, salé et séché de Nouadhibou. La prédominance de ces flotilles dans les eaux mauritaniennes est ancienne. Elle est expliquée par la proximité des Iles Canaries, et elle tient à la convention franco- espagnole du 27 juin 1900 qui accordait aux Espagnols les mêmes droits de pêche qu'aux Français dens la Baie du Lévrier, à la condition que les installations espagnoles de salage-séchage à l'issue de chaque campagne (c'est-à-dire en juin de chaque année). Au lieu de monter leurs instal- lations à terre, les Espagnols, qui n'étaient dans les eaux maurita- niennes que de novembre à juin 1/, décidèrent de mouiller en Baie du Lévrier des pontons et goellettes qui étaient ramenés aux Canaries à la fin de chaque campagne. 1/ Jusqu'à 1960 - pour la pêche de la courbine (Sciena aquila) - 7 - 20. Le 1h février 196h, un nouvel accord est intervenu entre l'Espagne et la Mauritanie. Contre l'engagement de réaliser à Nouadhibou un complexe de p4che, dont il sera question ultérieurement, le gouvernement espagnol décida: (a) d'accepter que 20 de ses unités dans une première phase, et 50 dans une seconde soient immatriculées en Mauritanie; (b) de permettre aux armateurs de pêche espagnols de vendre leurs prises dans les ports mauritaniens - les unités pêchant dans les eaux mauritaniennes payent une licence annuelle de US$10 par tonneau de jauge - (c) d'autoriser les ressortissante mauritaniens à faire partie des équipages espagnols avec des droits égaux à ceux-ci. En revanche, les p9cheurs espagnols sont autorisés à p6cher dans les eaux mauritaniennes avec les m6me droits que les mauritaniens auxquels ils sont assimilés. 21. En 1965, le gouvernement mauritanien a fait connaître son intention d'interdire le stationnement des pontons dans les eaux territoriales. En 1970, il n'y avait pratiquement p}Lus qutun seul ponton (700 Tx) permanent, appartenant à un armateur canarien (LLORET LINARES). 22. La statistique des licences montre qu'après avoir atteint un maximum de 216 en 1964 (2,608 Tx);le nombre des licences accordées s'est stabilisé au cours des dernières années aux environs de 170 (en 1969: 171 pour 3,101 Tk), Couvrant à la fois les navires n'opérant qu'à la saison de la courbine et les bateaux permanents de Nouadhibou, ces permis de p6che ont rapporté au trésor hauritanien près de 31.000 US$ ( soit 8.500.000 FCFA). Nombre d'unités espagnoles pchant dans les eaux territoriales Flotille permanente Flotille tempo- raire et perma- nente Lanches et cotres et vedettes 8 à 12 m et 5 à 35 Tx 80 (h à 5 hommes) 13 Tarafiers 12/20 m et 15 à 70 Tx 57 (15 hommes) Chalutiers 17 à 30 m et 45 à 150 Tx (10 à 15 hommes) 32 34 Valeurs (en 1000 FCFA)) 450.000 650.000 Iain dtoeuvre totale 600 2.300 dont: Mauritaniens (125) ( 205) - 8 - 23. Depuis 1965, les captures des flotilles permanentes et temporaires sont essentiellement utilisées par les séchéries et les usines de congelation de Nouadhibou auxquelles les armateurs sont liés par des contrats de livraison. Ceci n'emp6che pas que certaines unités effectuent illégalement des transbordements en pleine mer, ou débarquent leur production à terre dans des ports autres que Nouadhibou, alors que la demande de ce dernier est pas satisfaite. Evolution de la production espagnole (en tonnes) 1964 1969 Pour le séchage en vert en équivalent en vert en équivalent frais 2/ frais livré directement aux Iles Canaries 16.000 25.000 5.000 8.000 livré aux usines de -ouadhibou de 10.700 17.150 S7.239 12.000 livré au ponton ) Lloret Linares à Nouadhibou 1.500 2.350 Total séchage 23.239 37.000 17.200 27.500 Pour la congélation livré aux usines de Nouadhibou 6.800 Langoustes livré à Nouadhibou 20 1/ étêté, vidé, tranché et salé 1 kg de poisson frais : 0.62 kg de poisson salé -9- 24. Le volume des prises destinées au séchage est en diminution. Ceci tient d'une part, à la difficulté de trouver des équipages la main-d'oeuvre espagnole est généralement attirée par des emplois plus rémunérateurs aux Canaries; et d'autre part aux captures des grand chalutiers étrangers hors des eaux territoriales pendant la migration saisonnière des poissons hors du plateau continental. Les c6tres et les lanches pratiquent soit le filet tournant non coulissant, soit le filet droit maillant, plus rarement la senne de plage. Les tarafiers utilisent surtout le filet tournant non coulissant ou "trafnant". 25. Depuis 1966, les usines congélatrices de Nouadhibou sont également approvisionnées par des unités espagnoles. Les captures de ces dernières sont essentiellement composées de dorades (Sparidés Pristipomatidés), flétans (Pséttodidés), poissons plats (Soleidés, Cynoglossidés), sélaciens (Mustélidés), seiches et pieuvres. En 1969, des unités espagnoles ont debarqué à Nouadhibou un volume de 6.800 T de poisson d'une valeur totale de 272 millions FCFA. Les resultats attendus pour 1970 devraient etre nettement meilleurs. En effet, au cours du premier trimestre 1970 seul, 3.900 T destinées aux usines de congélation on déjà été livrées à Nouadhibou. Il faut ajouter à ces quantités, 20 T de langoustes qui représentent une valeur totale de 20.000.000 FCFA. 26. Les p6cheurs français ont toujours été moins nombreux que les espagnols e Nouadhibou. Les espagnols s'avérant être plus compétitifs en raison de l'écart de salaires existant entre la France et l'Espagne. En 1970, cinq chalutiers français de 18 à 261n (30 à 100 Tx) étaient basés à Nouadhibou (valeur 60 millions FCFA), contre sept en 1969. Leur production, qui s'esté levée au cours de cette dernière année à 1.500 T de poissons et 10 T de langoustes, ce qui représente une valeur de 70 millions FCFA a été entièrement livrée à la Société SURVIF (Vandamme) en vertu de contrats passés avec celle-ci. 27. Depuis le début de 1970, dix navires (de 22m environ) d'une firme hollandaise pûchent dans les eaux mauritanienne aux m&me conditions que celles qui sont faites à l'Espagne (redevance annuelle FCFA 3.3 millions). Ils assurent l'approvisionnement en espèces pélagiques de l'usine de farine de la SCMIP, sur la base d'un contrat passé avec la COMAPIC, société gérante de cette usine. 3. Les autres flotilles étrangères pCchant dans les eaux terri- toriales 28. Le Gouvernement ne s'est pas limité à assurer l'approvisionnement des usines de Nouadhibou, il s'est aussi efforcé de mettre en valeur les ressources marines situées à proximité des côtes. C'est ainsi, qu'outre l'accord qu'il a conclu avec l'Espagne (Annexe 2), il a décidé d'autoriser differentes flotilles étrangères à p6cher dans la partie des eaux - 10 - territoriales mauritaniennes délimitée par la ligne de base et une ligne située à 12 milles de celle-ci au Nord de Timris et entre 3 et 12 milles au Sud. Ces accords, qui ont un caractère temporaire (variant de 1 à 5 ans), sont essentiellement destinés à fournir au trésor mauritanien des ressources nouvelles qui lui permettent de rembourser les dettes de la SOMAP avalisées par le Gouvernement. Ils n'accroissent en rien l'approvisionnement des industries de traitement mauritaniennes. 29. L'accord gréco-mauritanien (juin 1969) porte sur un tonnage forfaitaire capturé de 11.000 T/an chalutiers; l'accord italo-mauritanien (juin 1969), sur un tonnage forfaitaire de navires de 18.000 Tx en 1969, et de 14.000 Tx et 21 unités en 1970; l'accord nippo-mauritanien (mai 1970), sur un tonnage forfaitaire de 30 navires de 19.640 Tx; enfin l'accord conclu avec la firme privée Pesquerfas de Panama, S.A. concerne un tonnage forfaitaire capturé de 16.000 T/an et 35 unités. L'ensemble de ces accords aboutira en 1970 à l'opération dans les eaux territoriales mauritaniennes d'environ 115 navires, dont le volume des captures s'élevera a 73000 T/an, celles-ci ne seront pas debarwuées a Nouadhibou. Le total de ces effectifs auxquels s'ajoutent les 199 navires espagnols (171 divers et 28 IMAFEC), les dix bateaux hollandais et lesquelques navires français et mauritaniens ravitaillant les installations à terre, rapportent annuellement au trésor mauritanien près 450 millions FCFA (par le truchement des permis de p6che). 30. Il est prévu qu'en 1970, prés de 340 navires p6cheront dans les eaux territoriales mauritaniennes. Nouadhibou ne dispose malheureuse- ment pas de l'infrastructure nécessaire pour accueillir une flotte de cette importance: quai de p6che inachevé, mauvaise protection contre la houle, absence d'ateliers d'entretien, des magasins de pièces détachées, et de slip-way pour des navires de cette jauge. En conséquence, la majeure partie de ces navires, (autres qu'espagnols, français et hollandais) débarqueront leurs captures dans leur pays respectif à la fin de chaque campagne. Aussi longtemps qu'il ne sera remédié aux carAnces des installations de Fouadhibou, il semble qu'il ne reste au gouvernement mauritanien qu'une solution, c'Ile d'affermer les eaux territoriales pour tirer le meilleur profit de leur potentiel. Ceci perrqettrait probablement. de faire face au remboursement des dettes de la SOMAP et de la SOMIP. - il - 4. Evolution de la production en quantité et en valeurs 31. Les quantités livrées en vert aux sécheries sont passées de 5.122 tonnes en 1960, à 7.239 tonnes en 19614, et - 10.956 tonnes en 1969, ce qui correspond à taux de croissance annuels de 8,7 pour cent à 9 pour cent. En valeur, la progression est plus marquées encore: 14 pour cent p.a., les prix moyens ayant augmenté de FCFA 24.89 en 1960 à FCFA 38.00 en 1969. Ainsi, entre 1960 et 1969, les livraisons aux sécheries ont doublé en volume et triplé en valeur. 32. Les prix soumis aux conditions du marché international varient en fonction d'une part du volume des captures, et de l'autre de la demande des sécheries mauritaniennes et canariennes, qui est elle-même fonction des commandes que celles-ci ont à exécuter. En 1970, à la suite de l'augmentation des importations du Ghana et du Congo-Brazzaville, les sécheries ont été amenées à payer plus chers leurs approvisionnements en poisson, dont les prix sont en conÉtant accroissement (exception faite du recul enregistré en 1966). 33. A la suite de la mise en service des entrepâts frigorifiques de la SURVIF en 1966 et des entrepâts du port en septembre 1968, les quantités de poissons et mollusques frais destinés à la congélation débarqués à Nouadhibou ont quadruplé entre 1964 et 1969, passant de 2.100 tonnes à 8.400 tonnes, malgré l'arrft des activités de la SCMAUPECO le ler janvier 1967. Ainsi qu'il a été indiqué ci-avant, ce sont les navires français et espagnols qui débarquent les tonnages les plus importants à Nouadhibou, respectivement 6.800 tonnes et 1.500 tonnes. Ces quantités incluent une centaine de tonnes provenant de la pêche traditionnelle. 34. La p8che de la langouste dans les eaux mauritaniennes est essentiellement pratiquée par des unités françaises qui ramenent directe- ment leur capture en France sans passer par Nouadhibou. Un petit nombre doe p&heurs mauritaniens approvisionnent Nouadhibou et Nouakchott. Ils exportent le reste de leur production à des prix très interessants. / Pour plus de détails voir l'annexe 6. - 12 - . Langoustes !Valeur glo-j Prix unitaire 1 vertes Ibale prix 1 à l'exportation! 'Années I Unités mauritaniennes (tonnes) 'production I FCFA/kg I 1 1en M. FCFA I 11964 3 I 25,2 i 15,2 794.- l1968 i 14 69 41,4 825.- i1969 16 90 70 1.160.- La diminution du volume des langoustes capturées tient essentielle- ment à l'overfishing de la langouste verte et rose sur tous les fonds de pêche. C'est la raison pour laquelle l'Espagne (en 1965) et la Mauritanie (en 1967) ont decidé (a) d'interdire cette pêche, d'abord entre le ler septembre et le ler mars (ou le 31 mars selon les années), ensuite entre le 15 décembre et le 1er mars (ou le 31 mars), et (b) de limiter le nombre des navires pêchant la langouste (verte) le long des câtes du Rio de Oro et de la 1auritanie. (c) Par ailleurs, le Gouvernement espagnol a déterminé une zone de pêche reservée aux pêcheurs mauritaniens et espagnols, s'étendant de la frontière mauritanienne au Cap Barbas. Ces dispositions ont abouti à la reprise de la production des langoustes, dont le volume des captures est à nouveau en augmentation. 35. Au total le volume des pêches modernes de forme industrielle débarqué à Nouadhibou s'ent élevé à 27.830 tonnes en 1969 (correspondant à une valeur de 825 million FCFA) contre 11.840 tonnes en 1964 (268.7 million FCFA) , ce qui correspond à un taux de croissance annuel égal à 18,6 pour cent (en volume). Cette sensible augmentation a été acquise aux prix d'investissements s'élevant à S4l.2 millions FCFA (déduction faite des investissement de la SCIAP 2.480 millions FCFA). Il semble que le gouvernement mauritanien ait trouvé la voie réaliste du développement de l'industrie des pêches sans flotille nationale de pêche. Les Mauritaniens se trouvent actuellement dans l'obligation d'assurer l'approvisionnement de l'importante capacité industrielle à terre qu'ils ont progressivement constituée. Nouadhibou doit donc être rendue aisément accessible à des navires étrangers, ce qui implique la création de structures d'accueil appropriées (notamment le renforce- ment des services d'entretien etc.), qui lui permettent d'entrer en concurrence avec les autres ports étrangers. - 13 - 36. A cet égard, il convient de souligner que la politique actuelle du gouvernement en matière de permis devrait préférablement avoir un caractère temporaire. Si elle se prolongeait,elIe risquerait,-en effet, non seulement d'aboutir à un "overfishingl,mais encore de handicaper les pêcheurs mauritaniens qui se trouvent en butte à la concurrence de pêcheurs étrangers opérant dans les eaux territoriales de la Mauritanie. D. Transformation des produits de la pgche 37. Les principales activités transformatrices-de_poisson de Nouadhibou consistent dans la congélation, le salage-séchage, la fabrication de poutargue, de farine de poisson et,depuis 1971, de conserves de thon. Le code des investissements place ces industries parmi les secteurs prioritaires de l'économie. Il accorde aux entreprises de ces secteurs des avantages particuliers lorsqu'elles realisent des investissements dépassant 1 million FCFA : régime fiscal de longue durée, qui prévoit l'exonération totale ou partielle de droits et taxes d'entrée, l'exemption temporaire de l'impôt sur les bénéfices industriels ou commerciaux et l'octroi de réduction sur les mercuriales. 1. Congélation 38. Huit entreprises de transformation spécialisées dans la congélation et la commercialisation du poisson congélé ont été créées dans le cadres du ler Plan (1963-66). Trois d'entre-elles seulement étaient encore en activité en 1970. Les autres ou sont fermées ou travaillent au ralenti. Production et prix dU poisson congelé 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Production (en tonnes) SOMAUFECO et autres 2.100 2.400 2.000 - - - SURVIF - - 1.330 5.500 5.260 3.000 SOFRIMA (frigo FED) - - - - - 5.400 Total 2.100 2.400 3.330 5.500 5.260 8.400 Prix moyen (FCFA/kg, FOB) 71.50 72.- 72.50 72.- 7h.40 72.10 Chute due à la liquidation du complemOSW[AP/SOIIIP et changement de propriétaire - 14 - 39. Les prix à l'exportation des produits de la pêche mauritanienne dépendent en grande partie de la politique suivie par le gouvernement en matière de permis de pÊche. En effet, si l'octroi de permis aux Italiens a entraîné une baisse du prix moyen du poisson en 1969, les restrictions imposées aux pêcheurs Japonais - le Japon étant un gros acheteur de poulpes et de seiches - ont provoqué une augmentation sensible des prix moyen en 1970. (100 FCFA/kg). h0. La Société SURVIF créée au sein du complexe SCMIP/SOMAP, exploite un entrepÔt frigorifique qui a été achevé en octobre 1965. Celui-ci n'a jamais travaillé à plus de 30 pour cent de sa capacité (qui est de 15.000 tonnes/an). Au cours de trois premières mois de 1970, ce pourcentage est tombé à 10 pour cent. Depuis la liquidation de la flotte de la SOMAP, la société SURVIF est ravitaillée par une trentaine de navires français et espagnols auxquels elle est liée par contrat. Le coût des installations de cette société varie selon les sources entre 650 millions FCFA et 857 millions FCFA, leur value actuelle étant estimée e 350 millions FCFA. Son chiffre d'affaires est passé de 191 million FCFA en 1966 à 630 millions FCFA en 1968 et 289 millions FCFA én 1969. 4l. En 1969, une nouvelle Société a été créée pour continuer l'exploitation du complexe SCMAP/SOMIP. Le groupe privé français Vandamme est majoritaire de cette nouvelle Société, M. J. Vandanne en est le gérant. Ils ont obtenu des banques locales un moratoire pour les dettes supérieures à FCFA h00 millions. Cet accord, qui couvre une période de 7 ans, doit leur permettre d'opérer dans des conditions satisfaisantes. L'emploi de cette nouvelle société s'éleve à 150 travailleurs, dont 75 sont occupés à titre permanent. h2. La Société SCFRIVA a obtenu en septembre 1968 la gérance de l'entrep6t frigorifique du port financée par le FED (investissement d'un montant de 800 millions FCFA approximativement). Son capital de 80 million FCFA a été souscrit par des organismes privés mauritaniens (33 pour cent) et étrangers (27 pour cent), l'EGA (25 pour cent), le Gouvernement mauritanien (15 pour cent). Toutefois, en mai 1970, 1/4 seulement du capital avait été appelé, et les versement effectués n'atteignaient que 6.7 million FCFA. h3. La concession de SCFRIVA pour l'exploitation de l'entrepât frigorifique du port est d'une durée de 25 ans. Ces installations ont été financées par le FED à la condition que l'exploitant prenne à sa charge le financement des installations mobiles et du fonds de roule- ment. Selon une étude effectuée par la firme qui a conçu l'entrepôt, les annuités d'amortissement devraient etre de 25 millions FOFA sur quinze ans, ce qui implique un fonds de roulement d'environ 39 millions FCFA. Or les redevances actuelles ont été calculées sur la base du chiffre de 4 millions FCFA + 10 pour cent sur les bénéfices (soit en - 15 - 1969 : 5.h millions FCFA), mais rien n'a été versé au fonds de roule- ment. En 1969, la production de la SOFRIMA s'est élevée à 5.400- tonnes et son chiffre d'affaires à 350 millions FCFA. La SOFRIA ne travaille pas à façon mais achète du poisson à une flotille sous contrat (33 unités, espagnoles pour la majorité). Sa situation financière est délicate car le volume travaillé est toujours reduit (30 pour cent de la capacité). La société emploie 160 Mauritaniens et 20 expatriés. 44. La Société SOMAUPECO a arr6té ses activités en 1967, après saisie de la douane. Ses installations ont été remises en état de marche, par la société EGA, qui a remboursé les créanciers (105 millions FCFA) dans le courant de 1968-69. L'usine devrait à nouveau être opérationnelle en 1970 et employer alors 100 mauritaniens et 15 cadres expatriés. Le montant de ses investissements peut être estimé à 130 millions FCFA. 45. La Société INAFEC est actuellement la plus importante entre- prise transformatrice de poisson de Mîauritanie. Elle a été créée en janvier 1967 comme société de droit mauritanien, par la société SIIEX, succursale de "l'Institut National pour l'Industrie", organisme public espagnol, conformément aux accords le 4 février 1964 entre les gouverne- ments mauritanien et espagnol. (voir para. 20). Les investissements globaux de ce complexe s'élèvent 2.000 millions FCFA, le cout du tunnel pour le séchage artificiel étant exclu. L'entreprise étant prioritaire, par décret du 22 juillet 1966, tous les équipements nécessaires ont été importés en franchise. Le programme de fabrication inauguré au printemps 1970, fixe les objectifs de production suivant : 15.000 tonnes/an de poisson et plats congéles, 6.000 tonnes/an de poisson séché, 5.000 tonnes/an de farine de poisson et 1.250 tonnes/an d'huile, quantités auxquelles s'ajouteront à partir de 1971, 3.500 tonnes de conserves de thon. Les captures nécessaires pour approvisionner cet.ensemble se chiffrent au minimum 60-65.000 tonnes (poids frais). En phase finale, l'emploi de cette société atteindra 50 techniciens expatriés et 1.100 ouvriers et techniciens mauritaniens (450 seulement au cours de la première phase). Il sera question des autres activités de l'I'A PEC dans les chapitres suivants. - 16 - h6. Capacité de traitement des usines de congélation en 1969 Super- Super- Fabrique Stockage Congé- Stockage Stockage icie ficie glace glace lation produits produits totale inst. T/j en T/j en T/j congélés frais en m2 friggr. -18 /200C 0/+20 C en m en T en T Theo. Vrai Theo. Vrai Theo. Vrai Theo.Vrai Theo. Vrai SURVIF 3.600 2.300 65 50 150 150 84 60 1800/1800 80 80 2000 2000 SOFIRIMA 7.650 5.500· 60 50 200 200 70 40 2000/1800 240 2h0 2500 2250 S (1iU- PECO 9.000 - 20 20 - - 12 12 180 180 - - -IMECI/60.000 28.000 - - 60 60 1900 1900 - - TOTAL 80.250 - 230 205 350 350 226 172 583o/568o 320 320 6580 6330 L'entrep6t frigorifique du port (3OFRIA) est insatisfaisant à plusieurs égards: (a) la halle de marée est inutile, la commercialisation du poisson frais à Nouadhibou étant très limitée et devant probablement le rester à% l'avenir; (b) la salle de réfrigération n'est pas nécessaire; son isolation est d'ailleurs pratiquement à refaire après 18 mois d'ex- ploitation; (c) les armoires à congélation sont insatisfaisantes; if Usine de congélation, conserves, farine, séchage. - 17 - (d) l'évacuation des eaux de lavage est mal étudiée: (e) et les circuits de circulation mal adaptés. Pour que la SOFRIMA puisse travailler avec efficacité et améliorer la productivité de l'entrepft dont elle a la gérance, il faut que l'équipement de ce dernier soir revu et complété par l'installation d'un équipement permettant le stockage à 20C dans la salle à 0°C; de deux tunnels supplémentaires pour porter la capacité journalière à 75 tonnes/an; la création d'un entrepft dont les chambres à -200 seraient louées à des firmes étrangères. Si ces investissements étaient réalisés d'ici 1973, la capacité des unités de congélation de Nouadhibou atteindrait les volumes suivants en 1973. Poissons Poissons entiers entiers si 20 pour cent est en T/an traité en filet en T/an SURVIF 15.000 21.000 SOFRIMA 17.500 27.500 SOMAUPECO 1/ 8.000 8.000 IMAFEC 15.000 21.000 55.500 77.500 Abandon de la fabrique de glace et transformation en congélation en saumure de même capacité - 18 - 47. Le coût de congélation à Nouadhibou (avec stockage des produits pendant un mois) est sensiblement plus élevé (25 à 30 FCFA/kg) qu'à Dakar (15,8 à 17 FCFA/kg) et à Las Palmas (13,60 FCFA/kg), la difference est due au fait que les usines de Nouadhibou ne travaillent qu'à concurrence de 30 pour cent de leur capacité. 2. Séchage h8. La production de poisson salé-séché est en progression constante. Elle a augmenté de 3.440 tonnes (à 84,70 kg) en 1964 à 5.700 tonnes (à FCFA 114.- kg) en 1969. Le poisson est livré en vert, c'est-à-dire salé, mais non séché, aux entreprises de séchage, ou au ponton de la Société Lloret Linares, sur lequel il est stocké avant exportation vers les Canaries pour séchage. A sa réception, le poisson est, soit mis en piles, pour être travaillé dès le lende- main, soit mis en cuve en saumure ou au sel sec s'il doit être con- servé pendant une longue durée. Le poisson salé est lavé, puis mis à sécher 12-15 jours sur des claies, après avoir été ouvert. Il est expedié en balles de 50 kg (sauf mulet en balles de 30 kg), lié par du fil de fer, puis mis en sac de jute et cerclé. Les ballots sont généralement constitués d'une seule espèce (courbines (sciaena), otolithes, requins, mulets). Les espèces indéterminées, mélangées prennent le nom de "baccalao". h9. Bénéficiant de conditions climatiques favorables, les entre- prises de Houadhibou pratiquent le séchage naturel. L'utilisation de moyens mécaniques de séchage ne s'impose pas; elle ne ferait qu'accroftre les dépenses d'énergie .L'ILAPEC envisage pourtant l'installation de moyens mécaniques de séchage dans un proche avenir. Le salé-séché de Mauritanie est généralement consideré comme bonne qualité. Il faut toutefois prendre des précautions lors du stockage et du transport de façon ' éviter, qu'il ne prenne de l'humidité (surtout lors de son expedition dans les pays de la zone equatoriale humide). 50. La consommation du poisson salé-séché n'est pas très répandue en Mauritanie : la population nomade (majoritaire) mange peu de poisson. Les habitants sédentaires du fleuve préfèrent au poisson salé-séché le séché non salé auquel ils sont traditionnelle- ment habitués. Toutefois, comme on le verra ci-après, la consommation du premier a tendance à se développer dans la région du fleuve. 51. Dans le courant de 1970, trois sociétés fabriqueront du pois- son séché à Nouadhibou. Il faut ajouter à celles-ci les installations temporaires espagnoles, dont la superficie atteint 30.000 m2 et la production 600 tonnes de poisson. - 19 - 52. La Société Industrielle de Grande P8che (SIGP) et la plus ancienne des entreprises transformatrices de poisson en Mauritanie. Elle exste depuis 1919. D'une superficie de 50.000 m2, dont 5.000 m environ sont pourvus de claies de séchage, elle peut traiter jusqu'à 5.000 tonnes/an de poisson séché-salé. Sa capacité de stockage de "poisson vert" en cuves à saumure eet de 2.400 tonnes. La valeur de ses installations est d'environ 120 millions CFA. Ce chiffre inclut des installations de traitement de poutargue à Timiris, mais ne comprend pas la valeur de son matériel flottant. Son chiffre de ventes, poutargue compris, est voisin de 400 millions CFA. Elle emploie cinq techniciens expatriés et 120 ouvries mauritaniens. 53. "L'Entreprise Générale Atlantique" (E.G.A.) a été crée en 19h7 sous le nom d'ENTRA. Elle dispose d'une surface de séchage de 30.000 m2 répartie entre 3 ateliers d'une capacité totale de 5.000 tonnes de poisson séché. Ses installatione consistent en tables d'étendage couvrant une surface de 2.500 m . Elle dispose de ses propres bacs à saumure de stockage. La valeur de ses équipements serait égale à 120 millions FCFA. Son chiffre d'affaires s'élève aux environs de 260 millions FCFA. Elle emploie sept techniciens expatriés et 200 ouvriers mauritaniens. Très récemment, elle a diver- sifié le champ de ses activités en acceptant la gestion du frigo de la SCRAUPECO et en prenant une participation substantielle dans la SOFRIMA, société gérante du frigo financé par le FED. 5h. L'EGA et la SIGP sont approvisionnées par différents bateaux canariens (110 environ), lanches, tarafiers et même quelques chalutiers, auxquels elles sont liées par contrats à base "annuelle" ou de "campagne". Disposant de leurs propres installations de débarquement, elles n'utilisent pas celles du port de poche. Ces sociétés, dont les résultats sont marginaux - leurs bénéfices d'exploitation ne dépassent pas en général 10 pour cent du montant des investissements - n'ont pas eu les moyens nécessaires pour améliorer leur équipement et diversifier leur production qui devrait 6tre orientée vers des produits plus élaborés. 55. Les installations du séchage de l'IMAPEC ont une capacité de 6.000 tonnes de produits finis, qui correspond à 1.800 tonnes de poissons entiers frais. La capacité de production du tunnel de séchage étant inconnue jusqu'à présent, il n'en n'a pas été tenu compte dans l'estimation ci-dessus. 56. La croissance de la production du salé-séché mauritanien, constante, depuis quinze ans, pourrait néanmoins se ralentir à l'avenir, si les importateures actuels (Ghana, Congo-B et Gabon) continuent à s'équiper dans ce secteur. - 20 - 57. Les Imraguens produisent du poisson salé semi-séché dans leurs campements. Celui-ci est livré aux sécheries de Nouadhibou qui le reconditionnent avant exportation. Ils sont aussi producteurs de poisson simplement séché (à Memghar au sud de Timiris). Le poisson étêté et vidé, l'épine dorsale plus ou moins isolée, est séché sur des claies de bois ou, à défaut, sur le sable. En 1969, leur production aurait atteint 533 tonnes en poids de produits (FCFA 20.2 millions), contre 233 tonnes en 1964. 3. Poutargue et conserves de thon 58. Sous le nom de poutargue on désigne des oeufs de mulets jaunes dans leur enveloppe ovarienne, salés, pressés, séchés et enveloppés d'une matière faite d'un mélange de cire d'abeilles et de paraffine qui les met à l'abri de l'air. La poutargue est produite par les Imraguens à Timiris et reconditionnée par la SIGP. La saison de production va d'octobre à mars. En moyenne, il faut 35 kg de poisson (mgles et femelles) pour obtenir 1 kg de poutargue. La valeur au producteur de 25 tonnes traitées aurait été de 9,5 millions FCFA (300-h25 FCFA kg en 1969), contre 2,8 millions FCFA en 1964. La valeur FCB exportation est pratiquement égale au triple. 59. Les Canariens font à Nouadhibou, à partir des oeufs de courbine, une préparation d'oeufs séchés, succédané de la poutargue. En 1969, le volume de cette production a atteint smviron 15 tonnes. Sa valeur s'est élevée à 3,5 millions FCFA. 60. La dernière usine de conserveries de poisson de Mauritanie a fermé en 1957. Cn prévoit la création, dans le cadre du complexe IMAPEC, d'une nouvelle usine d'une capacité de production de 3.500 tonnes de conserves de thon (impliquant le traitement d'environ 4.900 tonnes de poisson), dont le chiffre d'affaires devrait atteindre 1.000 millions FCFA. En raison du volume limité de la production de thon en 1968, la production des Canaries en Albacore n'a été que de 3.000 tonnes, et celle de l'Espagne n'a atteint que 17.000 tonnes. L'approvisionnement de ce nouvel établissement apparait être subordonné à un changement de la politique thonière des espagnols. Ceux-ci devraient accepter de débarquer des quantités plus importantes de poisson à Nouadhibou, ou detriment de leurs livraisons à Las Palmas et aux autres ports espagnols. 4. Farine de poisson. 61. Jusqu'à 1969, les déchets de poisson de Nouadhibou ont été vendus aux deux entreprises productrices de farine de La Guerra (Sahara Espagnol) au prix de h FCFA le kg. Ces deux usines, qui ont une capacité de 50 tonnes/J et 30 tonnes/J de produits crus, utilisaient également des sardinelles pêchées par les Canariens (8-10.000 tonnes par an) qui étiiient débarquées à Nouadhibou (et pour une faible part à La Guerra). Leur production de 1.600 tonnes de farine et 400 tonnes d'huile en 1969 s'est vendue aux prix unitaires de 47 FCFA/kg et 30 FCFA/kg. Depuis le début de 1970, deux usines nouvelles spécialiser dans la fabrication de farine fonctionnent à Nouadhibou. Ce sont la SOMIP et l'11MAPEC. - 21 - 62. La Société _maaritîienne des idustries de la pêche (SOMIP)I/ a été créée au sein du complexe semi-public SOMAP/SOMIP. Bien que fondée en juillet 1966, la SOYIP n'est entrée en activité qu'en janvier 1970. Ce retard est imputable à la disparition de la SOMAP, qui devait assurer son approvisionnement. L'usine de la SOMIP a une superficie de h.000 m2. Sa capacité de production est égale à 600 tonnes/jour. Le montant de ses investissements est de h56 millions FCFA. Elle emploie six agents expatriés et 30 Mauritaniens. La gestion de ses installations a été confiée en gérance libre à la COIAPIC. Celle-ci a passé un contrat d'approvisionnement avec un armateur hollandais (10 unités) lui assurant l'achat de toute sa p6che, au prix de 4 FCFA le kg. La COMAPIC s'est engagée à produire 15.000 tonnes de farine par an à partir de 1971. La production devait atteindre le rythme de 1.500 tonnes/mois de matières premières traitées, en février 1970, ce qui permet d'escompter une production de 8.000 tonnes pour l'année 1970. Les installations de déchargement ipompe 50 tonnes/h) devraient permettre de travailler un volume de 600 tonnes/jour. Toutefois, l'absence de garage annexé au slip et d'ateliers d'entretien est de nature à limiter le nombre de bateaux accostant à Nouadhibou. Actuellement, les services d'entretien sont assuréspar un navire usine arrimé au large. 63. L'usine de farine de poisson de l'IMAPEC dispose d'une capacité de production de 250 tonnes/jour, ce qui correspond à une capacité de production annuelle de 62.500 tonnes (250 jours de travail). Le volume de poisson traité actuellement ne devrait pas dépasser 100 tonnes/jour, ce qui implique l'achat de 25.000 tonncs de matières premières par an et représente une production annuelle de 5.000 tonnes de farine, de 1.250 tonnes d'huile de poisson, et un chiffre d'affaires de 288 -millions FCFA. Le chiffre d'affaire sera alors de 288 millions FCFA. 5. Sommaire 64. Les investissements dans l'industrie de transformation des produits de la p6che à Nouadhibou s'élevaient au total - 4.400 millions FCFA au 1/1/70 dont 2.000 millions FCFA pour le complexe IMAFEC. Au cours de cinq prochaines années, il faudra envisager la If Cn trouvera dans l'Annexe 4 un exposé détaillé des activités de la SOMIP - 22 - réalisation d'investissement complémentaires et indispensables, dans les installations frigorifiques du port, afin de mieux les adapter aux besoins et la mise en activité d'installations existantes actuellement fermées, pour un montant d'environ 600 millions FCFA. 65. En 1969, la valeur de la production des industries de transforma- tion a représenté 1.445 millions FCFA. En 1970, elle devrait s'éléve à environ 4.535 millions FCFA, et pourrait atteindre 9.327,7 millions FCFA en 1973, à la condition que les structures d'accueil portuaires et terrestres aient été complétées de telle façon qu'elles permettent un approvisionnement normal en matières premières de ces industries, ce qui n'est pas actuellement le cas. E. Les structures portuaires 1. Le port de commerce 66. Le port de commerce est constitué par un wharf de 22 métres de large sur 65 métres de long orienté nord-sud implanté à 200 m du rivage par-5,50 m. Une souille de 8 mètres a été draguée sur le c6té est du wharf, les fonds c6té ouest sont â-6,00 métres. L'ouvrage est relié au rivage par une passerelle de 215 mètres, supportant une chaussée de 9,00 mètres. A cette passerelle sont accolées trois cales de débarquement en plan incliné de 21 mètres de long, accessibles 9 toute heure de la marée. A partir de l'en- racinement de la passerelle, il y a un quai de chalandage de 155 mètres en palplanches (tirant - 2,00m) pour le débarquement des colis lourds. Le chalandage est aussi utilisé pour les navires d'un tirant d'eau supérieur à 7 m ou ayant plus2de 130 m de long. Les installations à terrg comprennent 21.800 m de terre plein, 6.100 m de magasins et 840 m de bureaux. Le déchargement se fait à l'aide des mgts de charge des bateaux, le transport des colis sur palettes. Il n'y a pas d'installations spéciales pour le déchargement du poisson. 67. Au cours des cinq dernières années, le volume du poisson traité a fluctué entre 65 à 70.000 tonnes/an (avec un maximum exceptionnel de 110.000 tonnes en 1967) dont environ 50.000 tonnes sont importées, La capacité normale des installations est de 70.000 tonnes/an, la capacité maximum s'élève à 120.000 tonnes/an. Le wharf actuel ne permet pas l'accostage de tous les navires fréquentant Nouadhibou. Selon les Services officiels, les quantités de poisson transitant par le port n'excéderaient pas 6.000 9 7.000 tonnes/an, alors qu'environ 15.000 tonnes scnt exportées chaque année. Cet écart correspond aux exportations des deux entreprises de séchage (SIGP et EGA) qui effectuent leurs exportations au départ de leurs propres installations. - 23 - 68. Les opérations d'acconage et de chalandage sont effectuées par la SAMKA (Société d'Acconage et de Manutention en Mauritanie Anonyme), qui en a le monopole. La SAMIA loue au gouvernement les installations du port de commerce. Le seul inconvénient consiste dans la préférence que donne la SAMEA aux bateaux de commerce. Il est fréquent que les bateaux de pêche doivent interrompre leurs opérations de déchargement pour céder la place à des navires de commerce. Le wharf apparaît être de peu d'utilité pour le déchargement des navires de pêche. 2. Le port de Pêche 69. Le port de pêche de Nouadhibou (commencé en décembre 1965) était achevé à la pointe Chacal (y compris le hall de marée et le frigorifique) en septembre 1968. Il comprend un quai de pêche de 285 m dragué à - 6m, prévu pour un déchargement d'environ 20.000 tonnes de poisson par an, et un entrepêt frigorifique. Les déchargements et chargements se font à l'aide des mgts de charge des navires et de 2 mgts de charge sur le quai. En annexe à ce port, se trouve un slip de 250 tonnes, ayant coûté 35 millions. Il reçoit des navires calant 3m50. Le port était financé entièrement par une subvention du FED. Les coûts totaux de FCFA 1.411,2 million incluent FCFA 770 millions pour le génie civil, FOFA 370 millions pour les installations frigorifi- ques, FCFA 140 millions pour le slip-way et les services administratifs et FCFA 131 millions pour études, surveillance et dragage. Le quai de pêche actuel présente une série d'imperfections qui rendent indis- pensable son amélioration et son extension compte tenu du trafic existant et possible. 70. En ce qui concerne la capacité, on prévoit généralement un débarquement des navires de pêche de 100 tonnes par métre de quai et par an, chiffre qui doit être abaissé à 80 tonnes si les navires procèdent simultanément à leur avitaillement ce qui est le cas à Nouadhibou. En conséquence le quai actuel ne permet qu'un trafic d'environ 20.000 tonnes/an auquel on peut ajouter environ 5.000 tonnes/an si on utilise les trois c9les de p6che situées le long de la passerelle. Or en 1969 presque 30.000 tonnes/an étaient travaillées à Nouadhibou et il est prévu qu'en 1970 ce trafic atteindra 41.600 tonnes. De plus les capacités de stockage et de transformation déja réalisés à terre, représentent environ dix fois le volume des captures débarquées en 1969. 71. Indépendant de l'e:xtension. de la capacité, il y a aussi des problames urgents d'amélioration. Comme l'orientation du port rend dangereux le maintien à quai des unités de pêche drossées contre le quai par le clapot, cela entraîne de nombreux bris d'amarres et empêche souvent l'utilisation du port pendant plusieurs journées. Une digue de protection perpendiculaire au rivage et aux vents dominants est indispensable. En plus, dix-huit mois apras sa mise en service, - 24 - les navires ne peuvent encore recevoir de c--rburants à quai autrement que par livraison par camions citernes, et il n'existe qu'une seule goulotte de livraison de glace. Ces problèmes sont aggravés par les difficult3c de circulation sur le quai qui est trop étroit pour per- mettre le passage de front de deux camions. Il est en effet apparu qu'il aurait fallu, ou construire l'entrep6t plus près du quai, ou réserver le quai à l'usage exclusif de l'entrepôt, ou prévoir un dé- gagement plus large. Par ailleurs, le slip-way est insuffisant pour le carénage des navires à moteurs appelés à f réquenter Nouadhibou (chalutiers 3,5 à 4,5 M - thoniers 4,5 à 5,5 m de tirant d'eau). On déplore en outre qu'il n'y ait ni atelier d'entretien, ni magasin hors douane pour la vente des produits utilisés en mer. 72. Un autre élément qui entrave le développement du secteur des pêches à Nouadhibou est le coiît relativement élevé des approvisionne- ments en gas-oil, électricité, eau et glace, comparé aux autres ports de la Côte Ouest de l'Afrique. 1] Prix d'avitailement dans les ports ouest-africains Electricité Basse tension Gas-oil Haute tension Force motrice Eau Glace FCFA/le litre FCFA/KlH FCFA/IUJH FCFA/m3 FCFA/T Nouadhibou 9 F 2/ il 34,5 170 1300/32001/ rakar 7,50 9 - 90 3000 Las Pals S 7,25 20 40 40 1800 Pointe Noire 7,70 - - 100 4000 Doualu 8,60 10 18 4 5 4l00 Angola 15 F - 30 25 4300 Abidjan 7,10 9 20 80 3000 l Pour détails voir Annexe 5. 2/ Livraison par camion citerne 3/ Prix de revient: 3.200 F Prix de cession pour attirer le pêcheur: 1.300 F - 25 - 73. Le port de commerce, ainsi que le port de pêche qui ont été autonomes pendant un an, ant à nouveau sous la responsabilité directe du chef du Subdivision des Travaux Publics qui a la charge de leur entretien. Ces travaux sont financés au moyen de droits de port, de douanes et d'autres taxes à perception. Au port de pêche, les navires sont soumis à une série de taxes perçues par l'agent comptable qui est le maître de port. Ces sommes sont versées au Trésorier payeur général de Nouadhibou (Annexe 5). Les recettes des deux ports se sont élevées à 26 millions FCFA en 1969. Les excédents qui sont versés au budget national ne profitent pas directement au port. Le rapport des taxes sur les navires de p8che est moins élevé parce que d'une part, la taxe de séjour pour les navires de pêche en rade comporte un délai franc de 30 jours, d'autre part, de nombreux navires procèdent à leur carrenage en Baie du Repos sans payer ni taxes, ni frais de slip-way. Enfin, la plupart des opéra- tions de débarquement, d'embarquement et de transbordement de poisson en rade ou en Baie du Repos ne donnent pas lieu à la perception de taxes. F. Le premier Plan de Développement et les investissements réalisés 74. Le premier Plan de Développement (1963/66) prévoyait des investissements totaux dans le secteur pêche de 1.510 millions FCFA, dont 760 millions d'investissements publics et 750 millions privés. Investissements dans le secteur pèche 1963-70 (en million de francs CFA) Investissements publics FED: port de pêche et installations annexes 1.41,2 FAC: étude du port 9 S RMA P 190 199 CCCE: SOMAP 120 Fonds publics mauritaniens: SOAP/SOIIP 116 Crédits fournisseurs: SOUIAP/SOITP (avec aval du Gouvernement) 2,292,6 h.1.38, 8 - 26 - Investissements privés SOMAP: apports au capital 117 prdts CCCE au gérant de la SCMAP 105 SOMIP: apports au capital 5h SURVIF: entrepâts frigorifiques 650 SRMAUPECO: entrep8ts frigorifiques 130 INAPEC 2.000 armateurs espagnols permanents 450 aimateurs français 60 p4ohe de mer artisanale (mauritanien et sénégalais) 31,2 p6che en eau douce 120 3.717,2 Total des investissements 7.856,- dont: SOMAP 2.471,6 IMAPEC 2.000,- autres 3.38h,h 75. Les investissements réalisés au cours de la période 1963-70, ont largement dépassé les prévisions. Ils ont atteint le double du montant inscrit au Plan _/. En revanche, les tonnages débarqués et travaillés à Nouadhibou (27.800 tonnes) sont largement en deça des prévisions du Plan (5h pour cent de celles-ci). Cet écart est un nouvel indicateur de la gestion défectueuse du secteur des p6ches. Les améliorations apportées à cette dernière au cours de 3/ Déduction faite des 7.0 milliards d'investissements de l'IM1APEC qui ne seront productifs que dans le courant de 1970. - 27 - 1970, la mise en marche de 'IMAPEC et du frigo financé par le FED, auront vraisemblablement pour effet d'accroftre la quantité de poisson débarquée à Nouadhibou, qui devrait correspondre au volume prévu par le Plan pour 1971. Le complexe industriel de transformation du poisson qui s'est progressivement constitué à Nouadhibou entre 1964 et 1970 est capable de contribuer à l'expansion de l'industrie des pèches, à la condition que l'on améliore par ailleurs les infra- structures portuaires. G. La main-d'oeuvre et la formation professionnelle 76. La situation et les perspectives de l'emploi de l'industrie des pèches tant à mer qu'en terre de la Mauritanie s'établissent comme suit: 1970 Estimation 1973 Projection en mer industries à en mer industries A terre terre perm. temp. perm. temp. perm, temp. perm, temp. Mauritaniens 470 80 1.048 75 650 150 1.780 - Expatriés - Sénégalais 250 - - - 400 - - - - Autres 475 1.620 82 - 750 850 120 - Total 1.195 1.700 1.130 7_ 1.800 1.000 1.900 - 77. Le volume de salaires versés aux marins/p6cheurs est d'environ FCFA 350 millions, dont plus de FCFA 300 millions servent à rémunérer les permanents et approximativement FCFA 45 millions les vauritaniens. La pèche artisanale traditionnelle n'emploie pas de salariés à proprement parler; le montant des revenus des p6cheurs doit correspondre à 80 pour cent de leur chiffre d'affaire. C'est ainsi que l'on peut estimer le chiffre global de rémunération des p9cheurs en Mauritanie A FCFA 75o millions. - 28 - Le revenu moyen par p6cheur s'établit comme suit: Mauritaniens et Sénégalais - Fleuve 37.500 FCFA/an - Mer: traditionnelle 220.000 FCFA/an industrielle 210.000 FCFA/an 4 2 kg poisson/ jour Expatriés 710.000 FCFA/an Le revenu du pêcheur de mer traditionnel est généralement élevé, ce qui serait dû à l'augmentation de la consommation en frais a Nouadhibou et à Nouakchott, et à l'accroissement la production de poutargue : 57.000 FCFA/pêcheur/an pour ce seul produit. On estime de nombre de ces pêcheurs à 200 ou 300 unités. A titre de référence, il faut rappeler que le revenu moyen par habitant de la Mauritanie est égal à 30.250 FCFA/an. Les industries de pêche à terre occupent 1.205 personnes dont 82 sont des expatriés et 75 temporaires. En 1969, le montant total des salaires payés à l'ensemble des travailleurs à terre s'élevait à 180 millions FCFA. 78. Le développement de l'indUstrie des pêches (mer et terre) aidera sans contexte à assainir le climat social de Nouadhibou. Cette industrie occupe actuellement (1970) 1.338 travailleurs, ce qui signifie que 5.000 personnes environ vivent de la pêche (p6cheurs plus famille) en Mauritanie. En 1973, on estime que ltemploi global de ce secteur atteindra 3.300 unités (dont 1.070 expatriés);12.000 personnes vivront alors directement de la pêche. Ce chiffre est supérieur à celui de la population actuelle de Nouadhibou. L'accroisse- ment de ces effectifs n'ira pas sans poser de problèmes d'urbanisme qu'il sera important de résoudre si l'on désire que Nouadhibou devienne un pôle d'attraction pour les navires de p9che étrangers (voirs para. 128). 79. Les besoins en équipage sont cmnsidérables dans le cas de la Hauritanie qui n'a aucune expérience en matière de p6che et dont la population câtière est peu nombreuse. Les problèmes d'embauche des industries à terre ne sont pas moindres. En effet, il s'avère difficile de trouver parmi la population mauritanienne, essentiellement nomade, des individus disposés à accepter un travail sédentaire. - 29 - 80. ::,Il a été décidé en cons.équence'de créer un enseignement professionnel à !jouadhibou au centre de Mamadou Touré. L'organisation de cet enaeigneme'nt. para't peu satisf-aisant puisque 250 seulement des 500 éléves inscrits à ces cours ont trouvé un emploi régulier. Cet enseignement doit essentiellement s'adresser a des jeunes gens qui ont déjà une expérience du métier et qui marquent suffisamment d'intérdt pour cette profession. Essentiellement pratique, il ne doit pas 6tre simplement calqué sur le modèle français, visant à la formation de patrons et chefs mécaniciens de pêche artisanale, mais s'efforcer de répondre aux besoins spécifiques de la Mauritanie qui s'oriente vers un secteur des p6ches industrialisé. Par ailleurs, il faut prévoir des cours de recyclage périodiques des meilleurs éléments, afin d'aider à la promotion de ces derniers au sein des équipages étrangers des unités modernes opérant à Nouadhibou. Un bon enseignement des p9ches, ajouté à l'obligation qui est faite par le gouvernement mauritanien aux armateurs étrangers d'employer une proportion plus élevéede Mauritaniens, devraient aboutir à la constitution en Mauritanie d'un noyau de population orienté vers les métiers de la mer. H. Commercialisation 1. Importations 81. Il est difficile de connaître le volume exact des importations de la Mauritanie parce que, d'une part, elle a formé avec le Sénégal jusqu'à trAs récemment une union douanière, ainsi une partie importante de leurs échanges respectifs ont échappé à la statistique. De l'autre, il existe un trafic "traditionnel" incontr6lé de poisson sec entre les deux rives du Sénégal. Cn trouve même dans les villes du Nord-Ouest, des sardines du Maroc, passées par la frontière du Sahara espagnol. Dans l'ensemble m6me compte tenu de ces courants incontr8lés, il semble que les importations du poisson en auritanie soient assez limitées. Elles ne devraient pas dépasser 150 à 170 tonnes par an, représentant une valeur de FCFA 20 à 45 millions. Elles consistent principalement en conserves et poissons frais importés par avion de C6te d'Ivoire et du Sénégal. 2. Exportations 82. En revanche, le chiffre des exportations est mieux connu parce qu'elles se font pour l'essentiel au départ de Nouadhibou. Echappent à la statistique les livraisons de poisson séché des Im- raguens au Sénégal (estimés à 70 tonnes en 1969) et le trafic de poisson d'eau douce (équilibre import/export) dans la vallée du Sénégal, entre la Mauritanie et le Sénégal. - 30 - 83. L'essentiel des exportations de la pêche moderne est constitué de poisson salé et séché et de congelé. La poutargue et les langoustes (et quelques coquillages) constituent des exportations secondaires. Exportations de produits de la pêche (en tonnes et en millions de francs CFA) Années Poisson séché Poisson congelé Poutargue Oeufs séchés langoustes et salé séché T V T V T V T V T V 196h 3,h501/ 322,5 1,34 96.2 5,9 6,7 - - 24,4 19,3 1969 5,92l?1 670,0/6,292 453,0 20,1 20,9 14,2 8,5 59,1 68,0 l dont 10 tonnes des Imraguens 2 dont 70 tonnes des Imraguens 3 plus 1,500 tonnes (57 millions FCFA) exportées directement par Lloret Linares de son ponton. En volume et en équivalent frais, les exportations des produits de la pêche de la Mauritanie augmenté de 11.710 tonnes en 1964 à 26,730 tonnes en 1969 (18 pour cent par an); en valeur, elles sont passées de 444 millions FCFA à 1.277 millions FCFA (23 pour cent p.a.). Ce sont les exportations de poisson séché qui ont progressé le moins vite, celles de congelé ont plus que quadruplé en cinq ans, suito à la création des deux nouvelles entreprises de congélation en 1966 et 1969. 84. Les exportations de poisson salé-séché ont continuellement augmenté depuis 1962 à un taux de croisâsance de plus de 1h pour cent par an, après avoir stagné pendant plus de six ans. Près des trois quarts des exportations sont destinées au Congo-Brazzaville, avec lequel la Mauritanie a conclu en 1967 un accord "sucre/poisson", qui prévoit l'exportation d'au moins 4.000 tonnes de poisson salé-séché de Mauritanie au Congo. De 16 à 26 pour cent des exportations sont dirigées vers d'autres pays africains (Congo-IUnshasa, Gabon, Ghana). Le reste est destiné à l'Italie. L'expansions récente des exportations mauritaniennes est mue en partie à l'isolement de l'Angola en Afrique, qui a pemis aux -Mauritaniens de pénétrer sur les marchés traditionnels de 1.,ngola. il est vraisemblable que les débouchés de la Mauritanie se réduisent à l'avenir par suite de la création et du développement - 31 - des flotilles de poche de plusieurs pays africains, actuellement acheteurs de produits mauritaniens. Mais par ailleurs, elle pourrait trouver de nouveaux marchés au Nigeria. 85. La production et l'exportation de poisson congelé ont réelle- ment debuté en 1966 à la suite de la mise en marche du frigo SURVIF au sein du complexe SAP/SoMYIP, auquel s'est ajouté en 1969 le frigo du port (financé par le FED) et géré par la SOFRIMA. Les exportations ont doublé entre 1966 et 1969. Si l'Europe (Italie, Grace, France) a absorbé jusqu'en 1968, l'essentiel des exportations du poisson mauritanien depuis 1969, des quantités importantes sont importées pour le Japon. Par ailleurs, les exportations de sardinelles congelées au Ghana et au Nigeria sont en constante augmentation. La répartition des exportations pour espèces montre que 38 pour cent de celles-ci consistent en espèces de fond, 30 pour cent en poulpes et seiches, 25 pour cent en espèces diverses, et 7 pour cent en espces pélagiques c6tières. Les poulpes et les seiches sont incluses dans les statistiques du présent rapport parmi les poissons de fond. 86. La langouste pochée par les armateurs locaux et canariens est essentiellement exportée en France, par voie aérienne. Ce sont généralement des langoustes vertes vivantes. Entre 1964 et 1969, ces exportations ont plus que doublé passant de 24 à 59 tonnes. Elles restent néanmoins limitées en quantité, en raison d'une part de l'over- fishing, ensuite de l'application des mesures restrictives appliquées par l'Espagne et la Mauritanie pour leur pêche dans les eaux terri- toriales. En 1969, le prix f.o.b. des langoustes livrées à Nouadhibou (FCFA 1.150/kg) dépassait le prix des langoustes débarquées en France, ce qui est dû en grande partie à l'archa'sme du système de distribution des curstacés en Mauritanie. 87. Comme les langoustes, la poutargue est vendue essentiellement en France (80 pour cent), les Imraguens en vendent aussi en quantité réduite aux Espagnols. Les tonnages exportés sont passés d'une moyenne de h tonnes entre 1962-6h à plus de 20 tonnes en 1969. Les prix ont augmenté de CFAF 650/kg f.o.b. à plus de CFAF 1.000/kg, de sorte que la valeur f.o.b. totale atteignait près de FCFA 21 millions en 1969, ce qui constitue une somme importante pour un nombre de pCcheurs aussi réduit que celui des Imraguens. 88. La statistique du commerce extérieur de la Nauritanie montre que ses exportations sont en croissance plus rapide que ses importations. En volume, l'excédent des exportations sur les importations a plus que doublé, passant de 11.560 tonnes en 196h a 26.580 tonnes en 1969; en valeur il a triplé de FCFA 430 millions à FCFA 1.230 millions. La Mauritanie se révèle Ctre un exportateur important de produits de la p9che. - 32 - 3. Consommation intérieure 89. La consommation locale du poisson de mer a plus que doublé entre 1964 et 1969, passant de 1.030 tonnes à 2.O tonnes (taux de croissance de 17 pour cent p.a.). La consommation per capita s'est accrue de 99 pour cent, de 1 à 2 kg par an. Elle reste néanmoins très limitée, d'une part parce que les populations Maures (80 pour cent de la population de la Mauritanie) mangent peu de poisson, de l'autre parce que les agriculteurs sédentaires de la vallée du Sénégal préfèrent au poisson de mer, le poisson d'eau douce. Traditionnellement, le poisson de mer est essentiellement consommé à l'Ouest d'une ligne joignant Rosso à Atar et le long de la route Rosso-Tindouf. La population Imraguen utilise une partie de sa production sous forme de salé-séché (h00 tonnes environ). Le reste est vendu à des non-Maures dans les centres urbains et miniers, tels que Nouakchott, Nouadhibou, F'Derik et Zouerate (900-1.000 tonnes), sous la forme de poisson frais. En revanche la consommation des nomades du désert est pratiquement nulle. 90. Au cours des dernières années, le volume de poisson séché consommé dans la vallée du Sénégal s'est progressivement accru. En 1969, de 700 à 800 tonnes ont été vendues dans cette région. En conséquent, la composition de la consommation du poisson en Mauritanie s'est modifiée comme suit. La consommation de poisson de mer frais a baissé de 67 pour cent en 1964 à h3 pour cent en 1969, celle du poisson séché a augmenté de 29 pour cent à 53 pour cent. Le solde consiste en conserves de poisson importées. 91. Seul le poisson de pêche locale est commercialisé en Mauri- tanie. La production des usines étrangères de Nouadhibou est entière- ment exportée. L'approvisionnement du marché intérieur en poisson frais s'effectue comme suit: a) Dans les Camps Iiraguens, la commercialisation est forcement limitée, lorsque le retour des pêcheurs coïncide avec l'arrivée des camions qui assurent le transport entre Cap Timiri» et Nouakchott (en partie sur les plages faute de pistes) du poisson acheté sur place pour la vente à Nouakchott. L'accroissement de la demande de poisson frais à Nouakchott a sensiblement augmenté ce commerce très rentable, qui a provoqué une augmentation de la production des Imraguens. Aucun moyen de conservation n'est employé ni à bord des bateaux, ni pendant le transport en camions. Mais le voyage qui se fait de préférence pendant la nuit étant d'assez courte durée (h heures), le poisson est vendu à Nouakchott dans des conditions satisfaisantes. - 33 - b) Nouakchott est principalement ravitaillé par des pêcheurs Sénégalais qui débarquent leurs prises sur la plage, les font transporter par taxi-camionnettes aux marchés oÙ ils procèdent eux-mêmes à la vente. Bien qu'ils n'utilisent pas de glace, la qualité du poisson est bonne. c) La consommation locale de Nouadhibou est assurée par de petites unités mauritaniennes et sénégalaises. Le poisson est vendu soit directement au détail par les pêcheurs sur la plage, soit à des marayeurs, en partie pour l'expédition aux centres miniers de l'intérieur. La glace est utilisée lors de ces expéditions, qui se font essentiellement par chemin de fer pour le compte de la IFERMA, ou par l'intermédiaire de revendeurs individuels qui utilisent souvent de façon clandestine des wagons de minerais vides. Prix aux producteurs et à la vente (en FCFA/kg) Poisson frais Prix au dé- Coût Prix des Prix Lieu vente barquement Transport marchés de gros détail détail Campement Imraguens 30 15 - 75 Nouakchott Pêcheurs de Nouakchott 60 5 - 75 Nouakchott Pêcheurs de Nouadhibou 50 - néant 60/80 Nouadhibou l502/ Houaihibou 100 Zouerate 175 Atar Poisson d'importation à Nouadhibou - - - 300/500 Poisson séché Campement Imraguens 38 l5/30c 55/150 220/3004ouakchott 500 Atar/Akjoujt / Priý- U: s OUrIl tout V:D-,.,t - 2/ Poisson eD choi" sous .lace 3 Selon les siisons . - 34 - 92. Le poisson salé séché produit par les Imraguens est destiné aux sécheries de Nouadhibou auxquelles il est livré par lanches. Le poisson séché non salé produit par les Imraguens est souvent de qualité médiocre, altéré par le sable dont il s'est chargé lors des opérations de séchage. Il est acheminé par camion à Nouakchott et dans les vallées le long du Sénégal oÙ il est vendu au détail (en morceaux, en tas, rarement au poids). Les ventes de poisson traité à Nouadhibou sont pratiquement nulles. Quelques revendeurs em- pruntent clandestinement le chemin de fer de la MIFERMA pour acheminer leurs produits vers Atar-Zouerate-F'Derik. Le principal intermédiaire sur le marché du poisson sec est le transporteur grossiste qui se rend sur les lieux de production, effectue les achats, assure le transport du produit et procède à sa vente en demi-gros aux détaillants. III. PCSSIBILITES D'EXPANSION ET ACTIONS NECESSAIRES POUR LES REALISER A. Introduction 93. Les productions modernes de Nouadhibou ont été essentiellement limitées jusqu'à présent par : 1. L'insuffisance des infrastructures portuaires, capacité d'approvisionnement insuffisante des installations à terre; absence de moyens de carénage, d'ateliers d'entretien; coût élevé de l'eau, du gas-oil et de la glace; 2. L'inadaption de la politique douanière aux besoins de la pêche. En effet, à l'encontre des autres ports, Nouadhibou n'a pas de magasins hors douane. Il en résulte que le matériel de pêche est soumis dans ce dernier port à des droits importants (h0 - 70 pour cent). 3. L'absence de main-d'oeuvre locale qualifiée et de structures d'accueil pour le personnel expatrié qui implique le recours ý une main-d'oeuvre expatriée très chère, qui n'est pas attirée de surcroft par les conditions de vie à Nouadhibou; h. L'étroitesse du marché intérieur et les difficultés rencontrées lors de l'exportation des produits mauritaniens, d'autant plus marquées que les pays importateurs ont la possibilité d'envoyer leur propres navires pêcher dans les eaux mauritaniennes. 5. Le manque d'entrepreneurs formés, drnamiques et suffisamiment forts sur le plan financier. 94. Tous ces problèmes peuvent 6tre résolus, soit à court, soit à long terme à la condition que l'on soit vraiment déterminé à les résoudre. En effet le point 5 a trouvé une solution partielle: (a) dans la restructu- ration des entreprises à terre après la liquidation du complexe SMAP/SOMlIP. Celle-ci a permis à des entrepreneurs compétents assistés par les banques qui ont accordé un moratoire substantiel, de remettre en activité les installations abandonnées; (b) dans l'ouverture du complexe IMAPEC dont la qualité de la gestion et les ressources financières sont excellentes. L'absence de main-d'oeuvre locale qualifiée est un problème très important qui ne trouvera sa solution qu'à long terme, mais qui, à brève échéance, pourra 6tre partiellement résolu par l'emploi de plus d'expatriés. Ceci implique évidemment l'amélioration des infrastructures d'accueil pour le personnel expatrié. A l'avenir, la proportion des expatriés se réduira progressivement en fonction de la croissance de la main-d'oeuvre mauritanienne qualifiée. Les questions suivantes restent posées à court terme: -marchés; -potentiel en poisson; -capacité des installations actuelles, y compris les infra- struétures. portuàires ét les uàine 'de transformation; -douane. B. Les marchés 95. Les perspectives du marché intérieur du poisson d'eau douce, qui représente 87 pour cent du poisson consommé en Mauritanie, feront l'objet d'un chapitre distinct (Chapitre II, P6che fluviale et lacustre). Le développement de l'industrie des péches mauritaniennes apparaît être essentiellement fonction de la demande extérieure: c'est-à-dire de la consommation des pays européens industrialisés en ce qui concerne les espèces de fond (congelées et filetes), les espèces pélagiques océaniques (conserves), les farines et huiles; des pays africains qui accusent un déficit en espèces pélagiques c6tières (congelées) et espèces de fond salées séchées; du Japon, pour les espèces de fond congelées, et plus particulièrement les poulpes et seiches. 1. Les marchés des pays industrialisés européens 96. La Communauté Européenne, la Suisse et la Grèce devraient constituer à l'avenir l'essentiel des marchés européens de la Mauritanie. En effet, ces pays ont accusé un déficit croissant en poissons congelés (filets et entiers) passant de 13.350 T en 1961 à 56.285 T en 1966. 97. La consommation de poissons entiers de ces- pays a augmenté très régulièrement, de 20.850 T en 1961 à 120.000 T en 1966. Pendant les derniers trois ans de cette période, elle s'est accrue de 50 pour cent et tout porte à croire qu'elle continuera à progresser a raison de 10 pour cent au moins jusqu'en 1975. La croissance du déficit (production-consommation) sera pourtant plus lente, parce que la production européenne est en progression aussi et que les produits nationaux tendent à se substituer aux importations. Cn peut estimer à environ 61.000 T - 36 - le volume des poissons entiers, dtespèces tropicales, susceptibles d1être importés en 1973 par ces pays. Les débouchés des produits mauritaniens seront compris entre 7.000 T et 30.000 T (dont 1.500 T de cephalopodes), ce qui implique qu'ils exportent par ailleurs une partie de leur production. L'Italie absorberait à elle seule la moitié de ce total. 98. La consommation de filets dans ces pays est passée de 36.300 T à 67.000 T entre 1963 et 1966-~Tir propre production stest accrue à raison de 95 pour cent, alors que dans le même temps leur consommation per capita n'augmentent qu'à raison de 30 pour cent. Ceci signifie qu'il y a substitu- tion progressive des productions nationales aux importations. En 1973, le marché des filets importés de ces huit pays devrait stélever à 61.000 T. Etant donné la qualité de sa production, la Mauritanie pourrait y écouler de 2.000 T à 8.500 T de filet (soit de 5.700 T à 25.000 T de poissons frais). Au total, exprimé en poids de poisson entier, la capacité d'absorption des pays de la Communauté Européenne, la Suisse et la Grèce stélevèrait entre 12.600 T et 55.000 T de poissons congelés (entiers et filets). 99. Le marché mondial des thonidés en conserve est très limité. Les industries de Nouadhibou pourraient exporter de 1.000 T à 2.000 T (poids équivalent en frais) de conserves à l'huile en France, à la condition que la Mauritanie obtienne une part du quota accordé par la France aux états Afri- cains francophones. Toutefois, étant donné la qualité des relations entre la Société IMAPEC et l'Etat Espagnol, il est vraisemblable qutelle soit assurée de pouvoir écouler la production. 100. Le marché mondial des farines et huiles de poisson connait une expan- sion considérable depuis deux ans. Entre 1965 et 1968, la production mondiale est passée de 2,9 millions T à 4,8 millions T et les stocks péruviens se sont trouvés réduits à raison de 60 pour cent entre 1967 et 1969 (atteignant 450.000 T en 1969). Entre 1967 et 1968, les exportations mondiales de farines de poisson se sont accrues à raison de 20 pour cent atteignant 3,5 millions T en 1968. Les exportations d1huile qui ont augmenté a raison de 5 pour cent au cours de la même période stélèvaiEntà 682.000 T en 1968. Il faut rappeler que la Communauté Européenne constitue un important débouché pour la farine de poisson, ses besoins ont progressé de 650.000 T en 1956 à 1.450.000 T en 1968. Les productions péruviennes devant plafonner, au cours des dix prochaines années, il semble que la Mauritanie ne doive éprouver aucune difficulté à placer sa production sur le marché mondial. La croissance continue des prix est une preuve supplémentaire de l'expansion du marché. 101. Il convient de rappeler que l'entrée sur le territoire de la Communauté Européenne de produits provenant des différents états de la Communauté et des pays africains associés suppose lapplication d'un traitement identique à tous les navires. Les prodùits des états membres n'acquièrent la qualité de Mau- ritanien que dans la mesure où ils sont pêchés par des navires mauritaniens armé d'un équipage au moins partiellement mauritanien. NIayant pas de flotille nationale, la Mauritanie bénéficie actuellement de mesures dérogatives. Les autorités européennes pourraient toutefois remettre en cause la question - 37 - de l'origine du produit, et envisager des négociations pour l'établissement éventuel de préférences tarifaires. Si l'on désire que la Mauritanie béné- ficie du régime le plus favorable, il faut prendre dès à présent toutes les mesures nécessaires pour que l'origine mauritanienne des poissons exportés par les industries de Nouadhibou ne puisse pas faire l'objet de contestations. 2. Le marché africain et japonais 102. Bien qu'il ait connu une croissance continue dans le passé, le marché du poisson salé-séché ne semble pas devoir connaître une expansion notoire à 19avenir. Ses débouchés pourraient se trouver limités en Afrique par suite de la création des flottes nationales dans plusieurs pays africains, et du succès rencontré par le poisson congelé dans ces mêmes pays autrefois tradi- tionnellement importateurs. Ce sont les raisons pour lesquelles on ne prévoit pas le développement des débouchés traditionnels des deux anciennes usines, et l'on envisage la création de marchés a l'extérieur de l'Afrique pour l'IMAPEC. La demande intérieure devrait s'élever à 11.000 T (base poisson frais) en 1973. 103. En ce qui concerne les sardinelles congelées, la balance des échanges inter-africains des 1h pays de l'Ouest montre l'existence d'un déficit croissant de 300.000 à 350.000 T/an entre 1960 à 1970. Il est vraisemblable que ce déséquilibre ira en s'accentuant jusquyen 1973, ce qui suppose l'importation d'environ 350.000 T/an de poissons dont environ 340.000 T/an de poisson de mer. Etant donné le caractère limité des ressources de l'ensemble de l'Atlan- tique tropical, ce déficit ne pourra être couvert que par des importations de poisson de fond congelé pêché en Sud-Atlantique, ou des poissons pélagiques côtiers tels que la sardinelle. On conçoit aisément l'importance que peut représenter ce marché pour la Mauritanie, si les ressources nouvellement découvertes sont confirmées. La Mauritanie pourrait ainsi exporter près de 20.000 T/an ce qui, par ailleurs, augmenterait à raison du 25 pour cent l'uti- lisation des capacités des industries du froid à Nouadhibou. En outre, le marché européen, ou s'opère une substitution progressive des sardinelles au hareng, pourrait absorber, dès 1971, plusieurs milliers de tonnes supplémen- taires. Il est toutefois encore trop tôt pour déterminer avec précision l'importance du débouché européen. 104. Le marché japonais est potentiellement un des plus intéressants du monde. Il est toutefois très difficile de déterminer quelle pourrait être la demande japonaise en poissons mauritaniens, parce que la décision d'acheter à la Mauritanie est une décision politique du Gouvernement japonais. Il n'y a pas de doute que le Japon importera des quantités croissantes de poisson. A cet égard, il convient de rappeler que les importateurs japonais se sont engagés, dans le cadre des accords nippo-mauritaniens, à acquérir 28.500 T/an de produits mauritaniens congelés dont 25.000 T de poulpes et seiches, soit au total de 32 à 38 pour cent des capacité de traitement par le froid de Nouadhibou. Nous avons prudemment estimé que cette demande atteindrait 30.000 T en 1973. - 38 - 3. La demande totale 105. Projection de la demande totale d'exportation (base équivalent frais) (en tonnes) 1970 1973 1975 Prévision de production à Nouadhibou Projection de demande 1. Poisson congélé Europe:poisson entier n.d. 7-30.000 8-33.000 filets 6-25.000 6-25.000 sardinelle - 2-3.000 5-10.000 Japon n.d. 30.000 30.000 Afrique:sardinelle - 20.000 30.000 Total 21.000 65-108.000 79-128.000 2. Thon - 5.000 5.000 3. Salé-séché 21.600 22.000 22.000 4. Farine de poisson ) Huile de poisson ) 50.000 2/ illimitée 1/ 5. Total: espces de fond 3/ 41.600 65-107.000 66-110.000 espèces pélagique. L/ 50.000 illimitée espèces pélagiques océaniques (thon) - 5.000 5.000 1/ Considérant la capacité de pruduction en Mauritanie. 2/ Sans compter 10.000 tonnes traités à La Guerra mais débarquées à Nouadhibou. Poisson entier et filets; poisson congelé pour le Japon; poisson salé-séché. Sardinelle; poisson pour farine et huile. Le tableau ci-dessus montre que le marché d'exportation du poisson (frais et traité) mauritanien connaîtra a l'avenir une expansion soutenue. La production actuelle est nettement en-deçà de la demande des différents secteurs envisagés. En ce qui concerne les secteurs de la congélation, si la demande en produits classiques (poisson de fonds entiers et filets) est limitée, les possibilités ouvertes à la sardinelle paraissent illimitées. Pour ce qui est du thon, - 39 - l'évolution de la demande dépendra de la politique suivie par l'Espagne. La demande en salé-séché apparaît être fonction des exportations vers l'Espagne (de l'IMAPEC), et de l'évolution de la demande intérieure (9.000 T environ). La croissance de ces prix marchés doivent permettre de compenser le recul des ventes. aux pays africains. La demande mondiale de farine et huile de poisson augmente à un rythme tel qu'elle est capable d'absorber sans diffi- culté la production mauritanienne. C. Le potentiel en poisson 106. Si la demande n'est pas susceptible de limiter l'expansion de l'in- dustrie des pêches mauritaniennes, on peut s'interroger sur le faut de savoir si le potentiel en poissons des eaux mauritaniennes n'est pas la réelle con- trainte. Ressources estimées et production actuelle par an (en tcnnes) Potentialités Production actuelle (1970 prévision Dans toute Pêchée dans dans Dans les eaux la zone Débarqué les eaux toute la zo territoriales Atlantique a territoriales Atlantique mauritaniennes centre-est Nouadhibou mauritaniennes centre-est Espèces de fond: commercialisables 150.000 300.000 62.500 143.500 250.000 utilisables pour farine seulement 75.000 150.000 - - - Espèces pélagiques: côtières 3-400.000 ) 40.000 40.000 450.000 ) 1.000.000 océaniques (thon) - ) - - 50.000 Total 5-600.000 1.450.000 102.500 183.500 750.000 107. Comme le tableau ci-dessus le montre, le pourcentage d'utilisation des potentialités globales de la zone Atlantique Centre-Est qui s'élève à 50 pour cent seulement, se situe entre 80 et 90 pour cent pour les espèces de fond commercialisables (servant à la fabrication du poisson congelé, les sardinelles exclues, et tout le salé-séché) pour l'ensemble de la zone et atteint 95 pour cent dans les eaux territoriales mauritaniennes. Il faut en tirer la conclusion que les usines de congelation et de salé-séché ne pourront être approvisionnées que si de plus grandes quantités de poissons pêchés dans les eaux mauritaniennes sont débarquées à Nouadhibou. Ceci implique - 40 - soit la réduction, soit même la suppression totale des permis de pêche accordés aux étrangers qui débarquent leur production à Nouadhibou. Par ailleurs, il paraît nécessaire que les usines de congelation traitent à la fois des espèces de fond et des sardinelles dont le marché paraît être intéressant. 108. Le potentiel en espèces pélagiques (la sardinelle y inclus) des eaux territoriales mauritaniennes n'a pas encore été beaucoup exploité. Bien qu'il soit encore assez mal connu, on sait qu'il peut permettre une augmenta- tion considérable de la production. A court terme comme à moyen terme, bien utilisée, la capacité des eaux territoriales mauritaniennes parait être suffisante pour alimenter les usines de traitement de Nouadhibou et permettre à celles-ci d'augmenter sensiblement leur production. Une fois le potentiel de ses eaux territoriales pleinement utilisé, la Mauritanie pourra participer en libre concurrence avec d'autres nations à l'exploitation du riche potentiel de la zone Atlantique Centre-est, en dehors des eaux mauritaniennes. On sait que le port de Nouadhibou offre à cet égard des avantages substantiels. D. La capacité des installations actuelles 109. Ce ne sont donc ni a ses ressources en poisson, qui sont considé- rables, ni à son marché qui est en expansion, que la Mauritanie doit la stagna- tion de son industrie des pêches, mais bien à l'insuffisance de ses installa- tions, de ses infrastructures portuaires, et de ses usines de transformation. Capacité des installations de traitement de poisson a Nouadhibou /1 (en tonnes équivalent frais, calculé sur 250 jours de travail par an) 1970 (actuel) 1973 (prévisions) /2 Poisson congelé 48.000 55.500-77.500 Conserves de thon - 5.000 Salé-séché h8.000 48.000 Farine de poisson/Huile de 3 poisson 110.000-222.500 222.500 Total 206.000-318.500 331-353.000 l Pour détails, voir n 10. en fonction de la proportion de poissons entiers et filets. 3 à capacité moyenne et à capacité maximum. - 41 - 110. Avec la mise en marche de l'usine EVAPEC, en été 1970, la capacité des installations de traitement de Nouadhibou a augmenté d'environ 50 pour cent en un an, passant de 223.000 T en 1969 à 318.000 T en 1970. La progression est plus marquée encore lorsque l'on ne considère que les capacités utilisées. En effet, alors qu'en 1969, moins de 30 pour cent seulement de la capacité était complètement exploitée (SOMIP et SOAUPECO), le reste étant de surcroît mal utilisé, en 1970, toute les installations étaient en activité, certaines opérant, il est vrai, à un taux très faible. On prévoit une augmentation lente des capacités de production entre 1970 et 1973, à la suite de la mise en marche de l'usine de conserves de l'IMAPEC en 1971, et de l'amélioration des instal- lations du frigo financées par le FED (SOFfRIMA), mais en raison surtout de la transformation, sous forme de filet, de poissons entiers autrefois directement exportés. Les calculs de capacité sont basés sur l'estimation conservative de 250 jours de travail par an. Sur la base de l'hypothèse de 300 jours de travail, par an, pour la fabrication du congelé, des conserves et de la farine, on aboutit aux chiffres de capacité suivants: pour 1970: 373.000 T et pour 1973 de 388.000 à 414.000 T. 111. La capacité des installations de débarquement de poisson est plus difficile à calculer. Comme il a été mentionné auparavant, le quai du port de pêche a été conçu pour le débarquement de 20.000 T par an. Tout le poisson destiné à la congelation, à la conserverie et aux usines de farine de La Guerra ainsi que le poisson salé de l'IMAPEC sont débarqués. Le poisson salé destiné aux autres usines de séchage (SIGP et EGA) est débarqué aux pontons privés de ces deux sociétés qui n'utilisent pas les installations du port pour leurs opérations de déchargement. Les deux usines de farine ont chacune leurs installations de pompage en dehors du quai de pêche. Ces dernières ont été calculées de façon à ce qu'elles correspondent aux besoins maxima des usines de traitement. La capacité totale de débarquement du port s'établit donc comme suit: quai de pêche 20.000 T/an pontons privés 30.000 T/an environ installations de pompage 212.500 T/an capacité totale de débarquement 262.500 T/an 112. Déjà très inférieure au volume actuel des besoins des industries de transformation, la capacité du port de Nouadhibou n'est en outre que partielle- ment utilisable, le port ne disposant en effet ni des capacités d'approvisionne- ment (en eau, mazout, glace), ni de l'espace requis pour le carénage et les réparations. Si l'on suppose la capacité (basé sur l'expérience récente) d'un navire approvisionnant les usines de congélation et de salé-séché égal à 250 T/an et la capacité d'un bateau fournissant les usines de farine égal à 5.000 T/an, le nombre des bateaux nécessaires pour couvrir la demande des usines transfor- matrices de Nouadhibou s'élèverait entre 450 à 500 par an. Or la capacité actuelle du port se situe entre 250 et 300, et le véritable goulot d'étrangle- ment est constitué par les installations d'approvisionnement et de réparation dont la capacité n'est que 80 bateaux. - 42 - Besoins en navire de pêche travaillant exclusivement pour les usines de Nouadhibou Pour satisfaire la capacité totale des installations de Pour utiliser au maximum la traitement en 1970 (250 jours capacité de débarquement de travail) à Nouadhibou Tonnes Nombre de navires Tonnes Nombre de navires Congelé, conserveries, salé-séché IMAPEC, farine à la Guerra 76.000 289 20.000 80 Autre salé-séché 30.000 120 30.000 120 Farine à Nouadhibou 212.500 50 212.500 50 Total 318.500 459 262.500 250 113. La capacité d'approvisionnement, de carénage et de réparation ne constitue pas toutefois une limite absolue pour l'expansion de la pêche, les navires, pouvant être carénés et réparés à la Palmas et à Dakar, et les petites réparations effectuées par un bateau-mère (solution adoptée par les hollandais). Néanmoins, il est certain que le manque d'installations handicape sérieusement le secteur des pêches, tout particulièrement la pêche pélagique. En effet, les espèces pélagiques qui sont pour l'essentiel vendues aux fabriques de farine à des prix très faibles ne laissent que des marges bénéfi- ciaires très faibles (FCFA 4.000 ($14.0) par tonne. De longs déplacements à Las Palmas et a Dakar à des fins de réparation seuls ne manqueraient pas de peser lourdement sur les coûts. Il est donc à craindre que, sans une amélioration substantielle des installations portuaires de Nouadhibou, le nombre de navires servant à approvisionner les usines de farine ne sera jamais suffisant. C'est ainsi que nous concluons que si l'on n'agrandit pas et si l'on n'améliore pas les installations portuaires et annexes de Nouad- hibou, le volume des approvisionnements des usines de farine ne pourra pas dépasser 50.000 T, ce qui signifie qutelles opèreront à 23 pour cent seulement de leur capacité. 11h. Actuellem nt (1970), approximativement 340 navires pêchent dans les eaux territoriales-1, 220 d'entre eux travaillant temporairement pour les usines de Nouadhibou. Stil est possible d'entretenir 220 bateaux à Nouadhibou, la majorité des autres devront être dirigés vers d'autres ports. Il y a là un manque à gagner certain pour la Mauritanie. Le problème ne manquera pas de staggraver lorsque les usines tourneront au. maximum de leur capacité. _/ Pour plus de détails, voir Annexe 9. - 43 - 115. Le port de pêche ne constitue pas le seul goulot d'étranglement, le port commercial en est un autre. C'est en effet au départ de ce dernier que s'effectue l'exportation des produits de la pêche, le port de pêche servant exclusivement au débarquement du poisson. La capacité normale du wharf, (comme il a été précédemment indiqué) est de 70.000 T/an, son maximum est de 120.000 T/an. Le port commercial recevant normalement près de 50.000 T/an de marchan- dises importées, il reste une capacité de 70.000 T/an pour les produits de la pêche. Mais ce dernier chiffre est appelé a diminuer à l'avenir avec la création de la M[FERMA qui exportera des quantités importantes de minerai pauvre, et avec le développement des importations de produits liés a l'industrie des pêches. La capacité du port disponible pour les produits de la pêche com- mercial devrait tomber à 50.000 T ou 60.000 T. Or, en 1973, le volume des exportations des usines de traitement de Nouadhibou devrait s'élever à 150.000 T de produits finis_/ (capacité de production 250 T/jour). Si l'on agrandit par ailleurs le port de pêche pour permettre le débarquement de plus grandes quan- tités de poissons à transformer, et à 50.000 T au moins si ces travaux ne sont pas réalisés. Ceci prouve que l'augmentation de la capacitê du port de pêche doit nécessairement s'accompagner de l'expansion parallèle du port commercial si l'on veut éviter la création d'un nouveau goulot d'étranglement. E. Comparaison entre ressources, marchés, capacités portuaires et capacité de traitement 116. Le tableau suivant résume la situation telle qu'elle sera en 1973 si les installations portuaires ne sont pas améliorées et agrandies. Potentialités, marchés et capacités des installations portuaires et de traitement (en '000 tonnes d'équivalent frais par an) Potentialités Capacités Toute la des des Débarque- zone Eaux terri- usines instal- ment et Atlantique toriales Marchés de traite- lations traitement centrale seulement en 1973 ment portuaires en 1970 1. Poisson congelé a (1973) (1970) poisson de fond 250 100a/ h3-85 53-75 21 sardinelles à établir à établir 22-23 3 Total 65-108 56-78 21 21 2. Thon (conserye1 b - indetermine 0 5 5 3. Salé-séché 50 50l 22 48 3 -fi,6 h. Farine de a/C/ d CI/ / poisson d1.50-' 4-500- pratiquement 222-' 5_0 60- illimitée Total l.50 5-600 331-353 101 1026 a/ Ventilation arbitraire entre congelé et salé-séché b Une augmentation des débarquements serait possible en réduisant les débarque- ments pour la congélation. t/ Y ihclus les espèces de fonds non-commerci;bles. d/ Y inclus 10.000 2 à L) Guerra, débarqué6s . ojradhibou. 2/ Limite L' ipprovisionnement dt d'entreti.n dets navires., Voir 'Annexe 11. - >44 - 117. Ce tableau permet de tirer deux conclusions: (a) à court terme, l'augmentation de la production de poisson congelé, de thon et de salé-séché est limitée par l'insuffisante capacité des installations de débarquement (quai de pêche); la croissance des fabriques de farine est limitée par le manque d'installations d'entretien et de réparation. Sans amélioration des installations portuaires existantes, les usines de transforma- tion} ne pourront travailler qu'à moins 50 pour cent de leur capa- cite; (b) les besoins en poisson des usines de traitement établies en Mauritanie au cours des dernières années (4 à 5 ans) sont approximativement égaux au double la capacité des infrastructures portuaires. Contrairement . ce que l'on pensait auparavant, la capacité des usines de transformation de Nouadhibou ne dépasse ni le volume de la demande, ni la capacité des eaux mauritaniennes. En revanche, il est apparu que les besoins des entreprises sont approximativement égaux au double des capacités portuaires qui constituent le véritable goulot d?étranglement. Ces entreprises tourneront en plein aussitôt que lon aura procédé à l'améliora- tion et à l'agrandissement des installations portuaires. En conclusion, si les investissements réalisés dans le secteur des pêches mauritaniens au cours des dernières années se révèlent avoir été raisonnablement calculés, ils ont manifestement été mal programmés, en ce sens que la croissance des usines de transformation a été beaucoup trop rapide par rapport à celle des installations du port. Comme ces dernières ne seraient pas aggrandies avant plusieurs années, le développement des industries de la pêche est forcément retardé. 118. Le déséquilibre de cette situation n'est pas apparu aussi longtemps que les usines de transformation n'ont pas travaillé à plein en raison de l'ab- sence d'entrepreneurs formés et des difficultés du complexe S01AP/SCMIP/SURVIF. La consommation en poissons était réduite et en conséquence, la capacité du port suffisante pour assurer les exportations et les importations. F. Les actions nécessaires 119. L'approvisionnement complet des usines existantes, qui devrait per- mettre une augmentation éventuelle de leur production, et subordonnées à: (a) la création des infrastructures nécessaires pour permettre l'accueil, le débarquement et l'entretien d'un nombre suffisant de navires; (b) l'application de conditions telles aux.navires étrangers qu'ils soient attirés par Nouadhibou, prêts à pêcher dans les zones territoriales mauritaniennes et à débarquer leur production en Mauritanie. - 45 - 120. Pour ce qui est de la pêche de fond, dont la rentabilité est satisfaisante, il importe surtout d'améliorer l'infrastructure portuaire. En ce qui concerne la pêche pélagique, dont les marges bénéficiaires sont très réduites, l'important est de rendre les conditions de travail et de habitation de Nouadhibou attirantes, sans quoi, il y a un danger réel parce que les usines de farine ne soient jamais approvisionnées en quantité suffi- sante. Ceci implique (a) que le coût des services rendus au port et dans les installations annexes de Nouadhibou soit laissé au niveau de celui des autres ports, (b) que le temps d'arrêt des bateaux au port soit réduit, (c) que Nouadhibou soit doté des infrastructures d9habitation et de loisir indispen- sables pour y favoriser l'installation de marins expatriés et de leurs familles. En outre, il faut (a) revoir l'organisation douanière, qui dans le passé, a ralenti l'avitaillement des navires en matériel de pêche et en pièces de rechange, (b) améliorer et baisser les coûts de l'avitaillement des bateaux en mazout et en glace. 121. Capacité théorique nécessaire des installations portuaires en 1973 pour permettre une utilisation complète des capacités de transformation existantes (sur la base de 250 jours de travail par an) Capacité existante Capacité nécessaire en 1970 en 1973 A. Capacité de débarquement (en '000 tonnes) 1/ Quai de pêche- 21 89-111 Station pompages usines de farine 50 /2 212 Pontons privés poisson salé 30 30 Total 101 331-353 B. Capacité draccueil de navires (nombre) Avitaillement, carénage, réparations maximum 80 450-500 C. Capacité d'exportation de produits finis (en '000 tonnes) Total 50-60 120 1/ Débarquement du poisson destiné à la congelation, à l'IMAPEC pour le séchage et la conserverie, et aux usines de farine de La Guerra. 2/ Capacité théorique, limitée en effet par la capacité insuffisante d'accueil de navires (actuellement navire atelier hors eaux territoriales). - 46 - Pour satisfaire complètement la demande globale des usines actuellement en activité ou en cours d'achèvement à Nouadhibou et à la Guerra, il convient d'agrandir comme suit les installations portuaires: (a) augmentation de la capacité de débarquement du quai de pêche de 20.000 T à 90-110.000 T par an: (b) augmentation de la capacité d'accueil de navires de pêche (avitaillement, carenage, réparations) de 80 actuellement à plus de 450, et de la capacité d'hébergement des équipages, temporaires et permanents; (c) augmentation de la capacité du port commercial de 70-120.000 T actuellement égale à 170-180.000 T (importations 50-60.000 T, exportations 120.000 T). Il s'agit d'estimations basées sur le chiffre de la capacité maximale de pro- duction des usines de transformation. Ces chiffres peuvent paraître surestimés dans le court terme, les usines de traitement n'opérant pas actuellement à leur pleine capacité. Toutefois, il faut souligner que ces évaluations reposent sur l'hypothèse d'un travail de 250 jours/an, qui est une hypothèse conserva- trice. 122. Le programme ci-dessus ne correspond exactement au 2ème Plan de Développement 1970-73, qui définit comme suit la politique à suivre en matière de pêche: (a) Bloquer les investissements à terre jusqu'à ce que toutes les industries tournent à leur pleine capacité de production. (b) Eviter en ce qui concerne l'armement de répéter les erreurs commises lors de la création de la SORAP. La constitution d'un armement mauritanien doit se faire progressivement et les premières réalisations doivent être modestes. Le problème essentiel est celui de la main-d'oeuvre qualifiée, qu'il faut le temps de former. (c) Entreprendre ltextension du port de pêche de Nouadhibou dont la capacité de débarquement doit passer dans une première phase de 25.000 T/an à 55.000 T/an. Ce projet demande un an d'études et trois ans de travaux, et ses effets ne pourront se faire sentir qu'au début du prochain plan (1974). 123. La mission souscrit entièrement au premier point. En ce qui con- cerne le développement d'une flotte de pêche locale, il faut souligner une flotille mauritanienne de taille modeste (sous forme de coopérative ou non) sera incapable de contribuer à l'approvisionnement des industries à terre dans une mesure et à des conditions satisfaisantes comparées aux unités modernes étrangères. A court et à moyen terme, c'est à ces unités modernes de pêche étrangères que la Mauritanie doit recourir. Ceci suppose que le - 47 - Gouvernement applique une politique fiscale et douanière adaptée aux besoins de la pêche, et mette en place des structures d'accueil satisfaisantes tant pour les équipages que pour les navires. lais la critique la plus importante de la mission porte sur l'extension prévue du port de pêche. Ia capacité de 55.000 T/an mentionnée dans le Plan est nettement insuffisante. On sait en effet, qu'en 1970 déjà près de 100.000 T/an seront débarquées à Nouadhibou, (dont 80 pour cent au port de pêche) et que ce tonnage augmentera progressive- ment avec le développement des usines existantes. Il faut dès maintenant fixer des objectifs plus élevés que ceux prévus par le Plan. Cette question sera discutée en détail ci-après. 1. Le port de pêche 124. L'étude BCEC4 (financée par le FAC) est déjà dépassée en ce qui concerne les phases un et deux. Elle prévoyait dans une troisième phase que les tonnages de poisson débarqués (farine et salé-séché exclus) attEindraient 56.000 T en 1975 et 93.200 T en 1985. C'est donc sur ce dernier chiffre qu'il faut raisonner. Selon cette étude, le débarquement de telles quantités (farine y compris) nécessiterait la réalisation d'un quai de travail de 1.240 m, les quais de réparation et de relache, étant calculés pour 80 bateaux permanents et une flotte indéterminée de navires étrangers de passage. Il sera nécessaire de revoir ces évaluations en tenant compte d'un nombre de 100 navires permanents et plus de 200 temporaires (chiffre réel de 1970) qui doivent être considérés commes des chiffres de base en raison de l'augmentation attendue du taux d'utilisation des usines de transformation. Sous réserve d'une réévaluation précise Ies besoins en quais de réparation et relâche, le schéma directeur du port proposé par le BCECH reste valable: - prolongement du quai FED de 265 m - quai de relâche le long de la digue 290 m - quai sur les deux faces d'un môle dont le tableau sera porté de 60 m à 100 m, le môle par contre étant raccourci de 35 m 550 m - tableau du môle 100 m 1.205 m Ainsi, la longueur totale des quais utilisables serait de 1.h90 m (285 m existants et 1.205 m de nouveaux). Le fond de la darse serait porté de 100 m à 150 m afin de faciliter les manoeuvres entre le quai et le môle; il pourra être utilisé comme quai d'avitaillement, de même que 55 m de quai entre le môle et les slipways. La digue de protection devrait être roulable, ce qui n'a pas été prévu, et avoir une largeur d'au moins 7 m pour permettre la du=ulation de véhicules motorisés. Le coit de ces installations peut être chiffré très grossièrement à 2.200 millions FCFA. - 48- 125. Il faut en outre prévoir la distribution du gas-oil et l'eau a quai, et ltaménagement des moyens d'entretien pour les navires. La distribu- tion d'eau au port de pêche sera financée vraisemblablement par le prêt de 256 millions FCFA accordé, à cet effet, par la CCCE au Gouvernement mauritanien. Les travaux d'énergie électrique seront réalisés dans le cadre du projet d'expansion de la production de l'électricité à Nouadhibou, que le Gouvernement mauritanien doit financer à raison de 276 millions FCFA. En ce qui concerne la réparation et l'entretien des navires, l'étude du BCE0M prévoyait l'implan- tation de deux slipways, l'un de 1.000 T, et l'autre de 250 T. Il apparaît nécessaire de porter ce dernier a 300 T, et surtout de prévoir un nombre de garages tels qu'il soit possible de travailler simultanément à plusieurs navires. Nous pensons que deux postes pour le slip de 1.000 T et quatre postes pour celui de 300 T seraient suffisants. 126. Pour ne pas retarder l'équipement du port, le gouvernement mauritanien a présenté en décembre 1969 une requête au PHUD concernant l'établissement d'un atelier central pilote de mécanique générale, d'entretien et de réparation de navires, pour un montant total de 669.000 US dollars (environ 180 millions FCFA). Cet atelier serait géré par le port ou par une société agréée par le port, cette dernière solution nous paraît la meilleure. Bien que l'on sache que cet atelier doive être déménagé lors de l'achèvement des travaux du port, il con- vient de ne pas en retarder l'installation. Il ne peut être question d'attendre la réalisation complète des installations définitives étant donné l'urgence des besoins actuels. 127. Dans le cadre de l'aménagement du port de Nouadhibou, il sera nécessaire de compléter et éventuellement modifier l'équipement frigorifique de l'entrepôt du port. Les améliorations devront inclure: 1. La fabrication de glace, de façon à couvrir le déficit prévu de 30.000 T/an en 1973. L'installation d'une machine complé- mentaire d'une capacité de 100 T/jour dans l'entrepôt portuaire devront permettre a la fois a la SOMAUPECO de revenir a ses activités premières qui est la conservation en saumure, et de concentrer la fabrication de la glace au quai; 2. La distribution de la glace par gravitation ou transporteur à bandes par quatre postes simultanés (au lieu d'un actuellement); 3. L'augmentation de la capacité réelle de congélation de lentrepft frigorifique de 60 T/jour a 75 T/jour de façon a disposer d'un volant de sécurité; 4. La réfection partielle des pentes du revêtement de sol et la réparation de l'isolation; 5. La redistribution des locaux avec la création éventuelle de nouvelles chambres de stockage à -200 dans la halle de marée, et l'amélioration des circuits de circulation (passages de lift- trucks, circulation de la matière première, du produit fini,etc.). Le coût de cet ensemble de travaux devrait atteindre environ 150 millions FCFA. - 49 - 12L. Enfin, on ne saurait trop insister sur l'insuffisance des structures d'accueil humaines à Nouadhibou. Il est capital cue les pêcheurs qui passent la majorité du temps en mer puissent avoir sur les lieux de livraison de leur production la possibilité de se reposer et de se détendre, et même disposer des maisons d'habitations, oû ils pourraient installer leur famille. Tout ceci manQue actuellement à Nouadhibou et constitue un obstacle certain aux développement de ses opérations. 2. Le port de commerce 129. Dans l'étude du BCEOM, les tonnage de produits congelés comptent peu dans l'occupation du wharf, ces produits devant être exportés par caboteurs frigorifiques accostant aux quais de pêche. Il semble toutefois peu vraisem- blable qu'il en soit ainsi, d;abord parce que même après son extension, le quai du port de pêche sera entièrement utilisé pour le débarquement de navires, c'est-à-dire qu'il n'y aura aucun espace disponible pour les caboteurs frigori- fiques. Ensuite, les cargos modernes qui sont appelés à fréquenter Nouadhibou ont généralement un tirant d'eau de 8 m 50 à 9 ri, et l'on ne trouve au pied du quai que des côtés de 5 m et 6 r selon les zones. Ceci ne manquera pas d'ailleurs de poser des problèmes au port de commerce, en dehors de la souille a 8 m côté est du wharf. 130. Il est dès à présent nécessaire d'étudier la rentabilité et l'aspect technique du dragage du port de commerce et de son chenal à 10 m de façon à y permettre le passage de la totalité du trafic des produits de la pêche, excep- tion faite d'un cabotage éventuel entre Nouadhibou-Nouakchott pour le poisson salé-séché destiné au marché intérieur. C'est pourquoi il semble souhaitable de ne pas dissocier l'étude de l'am3nagement du wharf de Nouakchott, de celle du port commerce de Nouadhibou. Il est en effet possible que la solution la plus économique pour la Mauritanie soit la création d'un véritable port de commerce à Nouadhibou qui serait le port d'éclatement de toute la Mauritanie. Le pays serait ravitaillé au départ de Nouadhibou par voie terrestre (aménage- ments routiers Nouadhibou-Akjoujt), par voie ferrée (Nouadhibou/F'Derik puis transports routiers pour tout le Nord-Est) et par voie maritime - cabotage - (Nouadhibou/Nouakchott et transports routiers vers le fleuve et le Sud-Est ou directement Nouadhibou/Rosso-Boghé-Ka;di par le fleuve). 131. - En tout cas, le wharf actuel qui est conçu pour un trafic maximum de 120.000 T/an, ne sera pas suffisant pour assurer le trafic prévu en 1973 (100-120.000 T d'exportations de produits de pêche plus 50-60.000 T d'impor- tations diverses), et l'adaptation des ouvrages actuels à l'augmentation du trafic doit être étudiée de toute façon. -50 - 3. Les problèmes financiers 132. Compte non tenu des investissements nécessités par le port com- mercial qui n'ont pas encore été évalués, le coûât global des infrastructures portuaires peut être très approximativement estimé: infrastructures portuaires (port de poche) 2.200 millions FCFA slipways 500 " ti aménagements frigorifiques 150 " " infrastructures d'accueil humaines 2.000 " " Total 1.850 millions FCFA 133. Les problèmes de financement posés pour la réalisation de ce@ investissements sont considérables. Mais ils n'entrent pas en considération dans ce rapport. Il faut néanmoins mentionner qu'il n'y a pas de raison pour que le port de Nouadhibou ne devienne pas financièrement rentable et qu'il ne soit capable de supporter les charges d'une dette, contractée pour son extension lorsque les installations du port seront devenues suffisamment importantes et attractives pour qu'un nombre suffisant de bateaux y opèrent. Il faut pour aboutir à ce résultat: - interdire à tout navire de mouiller à la côte autre part que dans le port; - interdire à tout navire de débarquer ses captures ou de faire son avitaillement autre part que dans le port, ou à titre temporaire aux appontements des sécheries, sous le contrôle d'un agent de port; - créer un port autonome, doté de la personnalité juridique et financière qui ait la responsabilité d'encaisser toutes les recettes et d'effectuer les dépenses afférantes à l'exploitation de l'ensemble des infrastructures portuaires; - créer une zone franche où l'on puisse acheter les denrées ali- mentaires de l'équipage, du matériel et des équipements de pêche, des pièces détachées pour moteur, compresseur alternateur, etc., le tout exempt de droits de douane. Ceci conduirait, à court terme, à une diminution de ressources douanières de l'ordre de 300 à 400 millions FCFA mais qui à long terme serait large- ment compensée par l'accroissement des droits et taxes payés par les industriels à terre (de 164 millions FCFA actuellement à Onviron 1.000 millions FCFA), en raison de ,'augmentation de leur chiffre d'affaires. - 51 - 134. Pour ce qui est des autres investissements, la situation est en principe la même. Le port pourrait être à même de les financer ainsi que les charges d'intérêts et d'amortissement de crédits éventuels, à la condition toutefois que la dette soit à long terme. Ceci signifie que le programme d'infrastructure de pêche nécessaire pour permettre un ravitaille- ment satisfaisant des usines de transformation devrait savoir être financé sans créer de charges suppl'mentaires pour le budget de l'état qui pourrait difficilement supporter celles-ci. 4. La recherche scientifique et l'élevage des espèces marines 135. Une décision importante et urgente à prendre, compte tenu de l'ampleur des moyens à mettre en oeuvre pour améliorer l'infrastructure por- tuaire, est celle de la réalisation préalable dans les eaux mauritaniennes d'une étude biologique approfondie, susceptible d'assurer une connaissance complète des espèces de fond et des espèces pélagiques et d'aboutir à un certain nombre de recommendations concernant leur conservation. Le Labora- toire des Pêches est incapable de faire face seul à de tels objectifs, cette recherche demande en effet des moyens en hommes et matériel qui dépassent de loin les possibilités de la Viauritanie. Il serait nécessaire qu'elle soit confiée a un ensemble de chercheurs internationaux groupés dans une organisation ad hoc, disposant de laboratoires, bureaux, bibliothèques et d'au moins un navire polyvalent pouvant embarquer simultanément plusieurs chercheurs de disciplines complémentaires. Le budget annuel d'un tel ensemble dépasserait certainement 250 millions FCFA/an. 136. L'actuel Laboratoire des Pêches est appelé à garder un rôle important dans la technologie des pêches et des produits. A la condition que l'on aug- mente progressivement son personnel, il doit être à même de favoriser la diffusion de techniques de captures, de stockage et de transformation des produits de la mer. En outre, c'est à lui que sera confié le contrôle sani- taire des produits, l'exportation et la fonction de conseil des industriels (sur les améliorations a apporter à leurs activités). Il aura besoin à ces fins: - d'un technicien de l'exploitation des espèces benthiques - d'un technicien de l'exploitation des espèces pélagiques - d'un technicien du contrôle des produits - d'un jeune statisticien des pêches. Il conviendra par ailleurs d'améliorer l'équipement de ses locaux. Ceci pourrait être partiellement financé par une contribution annuelle du PNUD, par exemple. 137. La Baie du Lévrier est une zone de reproduction de la courbine, base de la production de poisson salé-séché aux Canaries et en Mauritanie. Dans le cadre des activités du Laboratoire des Pêches, il nous paraît inté- ressant, en partant des travaux déjà réalisés sur ce poisson, de poursuivre - 52 - la mise au point d'une méthodologie visant à la fécondation artificielle et l'élevage de ce poisson, dont la croissance très rapide présente un grand intérêt économique. Un expert FAO servant à titre d'EPTA pourrait être retenu pour l'exécution d'un tel projet sur la base d'un crédit de 30 mil- lions FCFA environ pour la construction des bassins et des aquariums requis. G. Données macroéconomiques et projections 138. La valeur ajoutée dans la pêche et les industries de poisson (en million de Francs CFA) 1960 1964 1969 1. Pêche de mer Pêche artisanale 18 27,h 96,7 Pêche industrielle 92 188,1 577,5 Industries de transformation de poisson 138 222,8 543,2 Total 2h8 h38,3 l.217,U 2. Pêche d'eau douce Pêche artisanale 307 334,9 300,0 3. Total 555 773,2 1.517,4 L'augmentation de la demande en poisson de mer frais dans les agglomérations urbaines et . d'une part, et la mise en marche de plusieurs usines de congélation à Nouadhibou d'autre part, ont considérablement augmenté le taux de croissance du secteur pêche en mer pendant les dernières cinq années. La croissance avait déjà été très satisfaisante au cours de la période 1960 et 1964. Le taux de croissances était alors élevé à 15,3 pour cent par an, il a atteint 22,5 pour cent entre 1964 et 1969, en dépit de liéchec de la SOMAP/SOMIIP. Contrairement à ce qui s'est passé entre 1960 et 1964, la pêche de mer artisanale s'est développée plus vite que la pêche industrielle, entre 1964 et 1969. 139. L'importance du taux de croissance caractérisant la période 1960-64 est partiellement due au fait que le volume des pêches naritimes était assez faible en 1960. C'est ainsi qu'en 1969, malgré un taux de croissance élevé, la valeur ajoutée par le secteur des pêches restait encore assez modeste. En 1960, la valeur ajoutée pour la pêche maritime (y inclus les activités de transformation) ne dépassait pas 1 million FCFA, ce qui correspondait à moins de 1,5 pour cent du PIB. Ce pourcentage n'a pas changé en 1964. En revanche, il a doublé en 1969, atteignant 3 pour cent; pauvre performance comparée au potentiel des eaux mauritaniennes et à l'importance des marchés. - 53 - 140. La pêche d'eau douce a été plus importante que la pêche maritime jusqu'en 1964/65. Depuis lors, la situation s'est renversée, en raison de la croissance très lente de la production de la pêche en eau douce entre 1960 et 1964 (2,2 pour cent) et même de sa stagnation entre 1964 et 1969. Le faible niveau de la valeur de la production en 1969 est dû à la chute des prix et non pas à la réduction de volume de la production. A l'encontre de la mer, le fleuve Sénégal ne disposant plus que d'un potentiel très liiité, il ne faut pas s'attendre a une augmentation très sensible de sa production à l'avenir. L'importance relative de la pêche en eau douce continuera a régresser. 141. Comme les chapitres précédents l'ont clairement montré, le dévelop- pement futur de la pêche maritime dépendra avant tout de l'expansion des infrastructures portuaires de Nouadhibou. Le tableau suivant donne deux pro- jections établies pour 1973. L'une est basée sur l'hypothèse que le port de pêche sera aménagé avant cette année. L'autre repose sur l'hypothèse inverse. Bien que dans la projection optimiste, la production des usines de farine de poisson ne soit estimée qu'à la moitié de leur capacité (hypothèse plausible et cohérente avec leur programme qui est d'augmenter progressivement leur pro- duction au cours des premières années, sans atteindre leur pleine capacité), l'écart entre les deux projections est énorme. L'aménagement du port devrait permettre de quintupler la valeur ajoutée par la pêche maritime et les industries de transformation (comparée à la situation en 1973 sans aménagement du port). Bien que cette plus-value ne doive pas partiellement profiter aux populations mauritaniennes, parce qu'elle consiste en grande partie en salaires payés à des marins étrangers, son impact sur l'économie mauritanienne ne devrait pas être négligeable. En effet, à l'encontre de ce qui s'est passé dans le secteur des mines, le développement du secteur des pêches devrait avoir des effets secondaires sur l'économie nationale, tout particulièrement sur les industries d'approvisionnement et les activités de réparation. Sans l'aménagement du port, les taux de croissance annuels pour la période 1969-73 devraient s'élever à 26 pour cent pour la pêche maritime et à 22 pour cent pour -l, tot-alité des pêches, grâce à la réalisation de ces travaux, ils devraient atteindre respectivement 60 pour cent et 53 pour cent. INFLUENCE D'UN AMENAGEMENT PORTUAIRE A NOUADHIBOU SUR PRODUCTION ET VALEUR AJOUTEE DANS LA PECHE EN 1973 Réel Projections 1973 Quantités en tonnes (équivalent frais) sans avec Valeur en millionsde francs CFA 1964 1969 amé'nagement du port aménagement du port Quantités Valeur Quantités Valeur Quantités ?haleur Quantités Valeur Pêche de mer Artisanale: production 1.300L' 34,2 2.750 120,9 h.200 217,0 h.200 217,0 valeur ajoutée - 27,4 96,7 173,6 173,6 Industrielle: production 11.843 268,7 27.830 825,0 112.020 1.989,6 24o.42o 5.496,6 valeur ajoutée - 188,1 577,5 1.392,7 3.847,6 Total: production 13.143 302,9 945,9 2.206,6 5.713,6 valeur ajoutée 215,5 674,2 1.566,3 4.021,2 Industries de transformation Valeur ajoutée: artisanale 820 36,9 1.610 89,1 2.180 103,4 2.180 103,4 industrielle 11.277 185,9 27.830 454,1 112.020 1.378,5 240.420 3.786,4 total 11.912 222,8 29.440 543,2 114.200 1.481,9 242.600 3.889,8 Total pêche de mer Valeur ajoutée 438t3 1.217 3.048,2 7.911,0 Pêche d'eau douce Production 13.000 418,6 15.000 375,0 15.000 450,0 15.000 450,0 Valeur ajoutée 334,9 300,0 360,0 360,0 Total Valeur ajoutée dans la pêche 773,2 1.517,4 3.408,2 8.271,0 1/ tenant compte de la sous-évaluation par les données statistiques 2/ avec un bateau-mer en 1970 m m DEUXIElE PARTIE: PECHE FLUVIALE ET LACUSTRE 142. La pêche en eau douce sur le fleuve Sénégal et les lacs intérieurs constitue une activité importante des populations riveraines du fleuve Sénégal dont elle constitue de 13 à 15 pour cent des revenus. Le manque d'informations empêche qu'il soit procédé à une analyse approfondie de ce secteur. en sait toutefois que ses possibilités sont réduites en raison du potentiel de produc- tion limité du fleuve Sénégal qui est déjà surexploité par les pécheurs tant Mauritaniens que Sénégalais qui bénéficient des mêmes droits sur la totalité du fleuve. A. Développement récent et situation actuelle 143. La péche fluviale et lacustre relève du Service des Eaux et Forêts mais faute de moyens, ce service n'est pratiquement pas opérationel. 1lu. La quantité de poissons débarqués sur la rive mauritanienne a été estimée à 13.000 T en 1964 et 15.000 T en 1969. Leur valeur atteignait 418,6 million FCFA en 1964 (prix moyen de 32,20 FCFA/kg), et en 1969 de 375 millions FCFA (prix moyen de 25 FCFA/kg, anormalement bas en raison d'un pouvoir d'achat réduit en raison la sécheresse). En Mauritanie, la péche en eau douce a été traditionnellement plus importante que la p6che maritime jusqu'en 1964/65 où la pêche industrielle maritime a vraiment débuté. Le poisson d'eau douce garde néanmoins sa prédominance sur le marché intérieur. Les importations et expor- tations de poisson d'eau douce semblent négligeables. On estime que de 30.000 à 40.000 personnes sont intéressées à des titres divers aux activités de la péche sur la rive mauritanienne du fleuve, c'est-à-dire environ 10.000 pécheurs sédentaires et 5.000 pêcheurs occasionnels et leurs familles. Les investisse- ments en pirogues et matériel sont évalués à 120 millions FCFA. 145. La péche se pratique principalement pendant les périodes de crue et de décrue du fleuve. En vue de remédier à l'appauvrissement récent du fleuve, les autorités sénégalaises ont été amenées à prendre différentes mesures tendant à organiser ou limiter la piche. Il serait souhaitable que les autorités mauritaniennes s'associent à ces mesures. 146. La consommation moyenne de poissons d'eau douce per capita en Mauritanie est passée de 12,60 kg en 1964 à 13,15 kg en 1969, ce qui représente une augmentation de 4 pour cent. La zone de consommation s'étend le long du fleuve, région de forte densité de population, se situant au sud de la ligne Nouakchott-Kiffa. Cette large zone peut être subdivisée en deux sous-régions: la zone riveraine du fleuve d'une largeur d'environ 50 km, où le poisoi d'eau douce est consommé frais, et la zone intérieure où la consommation de poisson salé prédomine. Il apparaît en moyenne, dans l'ensemble de la zone fluviale, qu'environ 80 pour cent de la production (12,000 T) soient utilisés sous forme de poisson frais (dont 7.800 T auto-consommées et 4.200 T commer- cialisées); et 20 pour cent commercialisées, sous forme séchée (3.000 T équi- valent frais soit 1.000 T séchées). Nous estimons que plus de 80 pour cent du poisson séché est consommé dans la zone intérieure, 15 pour cent dans la zone riveraine et 5 pour cent seulement dans le reste du pays. - 56 - B.Possibilités d'expansion et actions nécessaires pour les réaliser 147. La demande en poisson en Mauritanie est indubitablement en expan- sion, en effet, entre 1964 et 1969 la consommation moyenne per capita s'est élevée à près de 4 pour cent par an, alors que la population rurale sédentaire (principale consommatrice) neaugmentait qu'à raison de 1,8 pour cent par an. Malheureusement, il semble que le potentiel en poisson du Sénégal, bien que très variable en fonction des années, ne puisse en définitive dépasser une moyenne de 15.000 tonnes/an, atteinte au cours des dernières années. 148. Le Deuxième Plan de Développement 1970-73 comprend plusieurs dispositions concernant la pêche d'eau douce et son développement: recense- ments et études, création de coopératives, établissement d'un système de régularisation de crédit, formation des pêcheurs, révision de la réglementation en vigueur et harmonisation des réglements appliqués par le Sénégal et la Mauri- tanie. Par ailleurs, il est prévu de mettre en place un organisme spécial à l'intérieur du Service des Eaux et Forêts ou du Ministère de la Pêche et de la Marine Marchande, chargé de l'application de ces dispositions. Le programme nous parait très ambitieux. A notre avis, toute action dans ce secteur devrait commencer par une enquête d'une durée d'un à deux ans, visant a déterminer le nombre de pêcheurs, le volume de leurs captures, leur capacité de stockage et l'importance des quantités qu'ils commercialisent. Cette enquête pourrait être exécutée par un Service de la pêche d'eau douce, qu'il faudrait encore créer, pourrait fournir les informations nécessaires à la mise au point d'un programme de développement éventuel. Le coût annuel d'un tel service peut être évalué à 20 millions de FCFA. 149. Entre temps, l'augmentation de la demande et la stagnation vrai- semblable de la production se traduiront dans la vallée du Sénégal par l'appa- rition d'un déficit qui ira croissant. Ce dernier devra être comblé par l'envoi de poisson salé-séché de Nouadhibou qui posera deux problèmes: l'un consistera a faire consommer du poisson de mer salé, séché aux riverains du Sénégal; l'autre est un problème de transport. Si le premier est susceptible de se résoudre avec le temps, le problè.me de transport implique la création d'un circuit maritime Nouadhibou-Nouakchott (avec d'éventuelles extensions vers Rosso et les autres ports fluviaux) pour la livraison de poisson séché. ANNEXE 1 Page 1 LES EAUX TERRITORIALES Définition en 1970 A. Etendue 1. La loi du 21 janvier 1967 qui était approuvée dans le cadre du ler Plan de développement des pêches étend à 12 miles la limite des eaux territoriales. Cetta limite, au nord du Cap Timiris est comptée a partir d'une ligne de base droite allant de ce cap au Cap Blanc, recou- vrant ainsi la plus grande partie du banc d'Arguin. Une telle mesure, prise unilatéralement, n'est pas conforme à la Convention de Genève de 1958 qui fait autorité en la matiare. 2. Les raisons données dans ce texte sont les suivantes: - l'armement mauritanien, pour pouvoir assurer son développement sans subir une concurrence anormale des pays hautement industrialisés, doit bénéficier de la protection des eaux mauritaniennes. Il a été néces- saire à cet effet de supprimer la zone contigus des eaux territoriales dont la réglementation et le contr6le étaient d'ailleurs plus théoriques que réels. - L'établissement d'une ligne de base joignant le Cap Timiris au Cap Blanc s'explique pour le fait qu'il a fallu protéger la totalité du banc d'Arguin, (considéré un peu empiriquement comme une zone importante de frayères). - Par ailleurs, il faut souligner que la convention de Genave de 1958 sur la mer territoriale permet de déterminer certaines lignes de - base en fonction des intérêts économiques proprQs à la région considérée. Du Cap Timiris à la frontière sud du pays. la limite des 12 miles est comptée A partir de la ligne de basse mer. 3. Il faut en outre ajouter les restrictions suivantes: - Dans la zone des trois miles la pêche est interdite partout meme aux nationaux mauritaniens, sauf lorsque ces derniers pêchent à la' ligne ou au filet maillant avec des unités ne dépassant pas 12 m de L1T. - Au nord du Cap Timiris a) Les unités mauritaniennes et étrangères livrant leurs captures par contrat et avec licence a Nouadhibou peuvent pêcher de la limite des 3 miles à la ligne de base et en baie du Lévrier à condition qu'elles aient une dimension inférieure à 22 m LHT. e Page 2 b) Les unités étrangères quelle que soit leur taille peuvent travailler de la ligne de base à la limite des 12 milles à partir de cette ligne de base à condition d'avoir versé une redevance annuelle, au Gouvernement mauritanien, calculée au tonnage du navire. - Au sud de Timiris, de 3 milles à 12 milles sont autorisées à pêcher: a) les unités mauritaniennwsou étrangères livrant par contrat et avec licence leurs captures à Nouadhibou. b) les unités étrangeres, quelles que soient leurs natures a condition qu'elles aient payéê une redevance annuelle au Gouvernement mauri- tanien calculée au tonnage du navire. - En ce qui concerne le chalutage, un arr6té du 3 février 1967 stipule une interdiction totale dans la Baie du Levrier. B. ýurveillance 4. Précédemment effectuée par la Direction des Pêches la sur- veillance des eaux territoriales a été confiée en 1967 à la Marine N\1ationale mauritanienne qui dispose de: - 2 vedettes de 17 m d'une valeur unitaire de 35 MFCFA - 2 vedettes de 32 m d'une valeur unitaire de 145 MFCFA à filant 30 noeuds L'article 10.4.4 du Code de la Marine M1archande a institué un régime d'amendes s'appliquant aux différents cas. ANNEXE 2 Page 1 ACCORDS DE COOPERATION ET ACCORDS D'AUTORISATION DE PEC-ER A. Accords de Coopération 1. Accord Franco41auritanien - Signé au lendemain de l'indépen- dance le 19 juillet 1961, cet accord stipule dans son art. h que les navires de pêche ayant la nationalité de l'un des Etats jouissent dans les ports lcs eaux territoriales et les eaux réservées de l'autre Etat du iême traitement que les navires de cet Etat. Il ragle les conditions d'assimilation de pavillons. 2. Accord hispano-mauritanien du l4/2/6h - a) l'Espagne s'engage à assurer la construction et l'exploitation en Mauritanie d'une usine aux capacités annuelles suivantes: Poisson salé et séché 6.000 T Conserves 3.500 T Farine de poisson 100 T de poisson frais jour soit sur 250 jours, une capacité possible annuelle de 25.000 T. La date limite d'entrée en vigueur de ces dispositions était le 14 février 1966 avec dérogations possibles au cas oÙ les usines frigorifiques à terre ne seraient pas aptes à fonctionner. b) L'Espagne est également tenue d'immatriculer en Mauritanie de 20 à 50 bateaux de pèche et livrer leurs app5orts en Mauritanie. Ces navires devraient être dans une premire phase. -- 24 unités (tarafiers et chalutiers) de 12 à 16 m - - h chalutiers de 33 m travaillant en boeufs (2 paires). c) Un droit de licence de pêche de $10 par an et par tonne de jauge brute est en outre institud à la charge des armateurs espagnols pêchant en eaux mauritaniennes.e (Il toucha 171 navires en 1969.) L'accord prévoit entre autre une contribution de l'Espagne à la formation d'èqui- pages mauritaniens. d) Le gouvernement mauritanien s'engage en contre partie a: - autoriser les pêcheurs espagnols à pêcher dans les eaux - mauritaniennes dans les mêmes conditions que les.ressortissants mauri- taniens sous réserves du paiement de la licence prévue. - accorder aux sociétés espagnoles qui investissent selon le programme de production donné ci-dessus, le bénéfice des meilleures dis- positions fiscales douanires et administratives, la libre disposition de terrains suffisants et le libre transfert des bénéfices en Espagne. Ai.TEXE 2 Page 2 - Informer le gouvernement espagnol de la conclusion de tout autre accord concernant la pêche et les produits de la pêche. Devant la nécessité de disposer librement de locaux frigorifiques, les autorités espagnoles ont autorisé la réalisation des équipements complémentaires sui- vants: - Congélation: 60T/j- - Stockage (-200): 1.900 T - Fabrication glace: 85 T/j Accords pour la pêche dans les eaux mauritaniennes i. Accord greco-mauritanien du 28/7/1966 - Des licences de pêche peuvent être accordées aux bateaux hell'nes (a l'exclusion des bateaux usines et chalutiers congélateurs) pour pêcher dans les eaux mauritaniennes, sour réserve du paiement de droits annuels de $15 par an et par tonneau de jauge brute; les autres conditions sont: - vente d'au moins 25% des prises sur le marché local; - traitement du reliquat des prises par les industries locales ou leur entreposage a Port Etienne; - formation de nationaux mauritaniens à raison de 25: de l' équipage. 2. Accord mauritano-hellénioue 20/6/1969 a) Paiement de 7 FCIA par kg pour un tonnage f'orfaitaire de 11.000 T/an de captures pour 25 chalutiers autorisés (soit 77.000.000 FCFA/an) mais leur nombre peut être augmenté. En 1970 il y en avait 29. Cette flottille se composait ainsi - moins de 200 tx de jauge brute - 3 - " de 200 à '00 tx de jauge brute - 8 - de 500 à 700 tx" " " - 8 - " de 700 à 1200 tx" " i" - 10 soit - 7 unités de 45 m à 50 m - 7 " de 50 r à 60 m de 65 m à 70 m b) Ekmbarquement de 3 marins mauritaniens par navire. c) Licence d'importation en Grèce pour 3.000 T de poisson congelé mauritanien. d) Durée accord 5 ans, mais les autorisations de peche sont annuelles donc à renouveler chaque année. ANNEXE 2 Page 3 3. Accord Italo-mauritanien 3/6/1969 a) - Paiement d'une redevance de 15 dollars E.U. par tonneau de jauge brute et par an pour un minimum forfaitaire de 30 navires. b) - Le nombre de navires accepté est compris entre 60 et 90 et fixé chaque année par le gouvernement mauritanien. c) - Embarquement de 3 marins mauritaniens par navire. d) - L'accord est valable pour 3 ans, mais chaque licence doit être renouvelée par année. - e) - Pour 1969, les redevances ont porté sur 18.000 tx (soit 130.000.000 FCFA) par contre pour 1970, seulement 21 navires ont jusqu'à - ce jour demandé des licences, ce qui nécessite un aménagement de l'accord. Actuellement en 1970 ces navires sont:10 unités de 400 à 60ô tx 6 " de 600 à 800 tx 5 " de 800 % 1500tx représentant 14.000 tx. 4. Accord avec la firme privée panaméenne Pesquérias de Panama S.A. le 3/4/1967 et reconduit depuis. Cet accord a l'origine prévoyait une redevance de 3 FCFA, qui fût portée à 7 FCFA. -Elle concerne un tonnage de captures forfaitaire de 16.000 T (soit 112.000.000 FCFA) qui serait produit par 35 unités. En 1969 et 1970 ces unités représentent: 1 unité de 200 tx - 30 m LHT 8 unités de 350 tx - 40/42 m LHIT 8 " de 400 tx- 42/h5 m LHT 11 " de h50 tx- 50 à 55 m LIIT 6 de 600 à 650 Tx - 60 à 65 m LHT. 34 unités 5. Accord -Iippo-mauritanien - mars 1970 passé avec des associations de producteurs japonais Sa durée est limitée à un an à partir du ler mai 1970. Il prévoit le paiement d'une redevance de 7.000 FCFA par tonneau de jauge brute pour 19.6h0 tx (soit 137.500.000 FCFA). En contrepartie les industriels japonais signataires, s'engagent à acheter un certain tonnage de produits congelés aux--industries mauritaniennes de la pêche à des prix établis d'accord partie. ANNERG 3 Page 1 LA SOCIE MAURITAIENNE D' AMMIT A LA PECHE (ScuAP) 1. Le Gouvernement mauritanien avait décidé en 1965 la création d'une société d'économie mixte la SCRUP (Société Hauritanienne d'Armement à la Pêche) qui achètera avec l'assistance du gouvernement français accordée en février 1966, une flotte de navires destinée à ravitailler en poissons les industries locales et composée comme suit: a)-6 chalutiers de pêche par l'arrière construits aux chantiers SICCNA de St. Malo et présentant les caractéristiques suivantes: 33 M. 25 --810 CV - 280 Tx - 163 m3 de-cale - capacité de congélation 5 T/j - 1 n. 5 - Coilt 100 IFCFA l'unité. Deux de ces chalutiers étaient-arrivés à Port Etienne en janvier 1967, les quatre autres au courant 1967. b) 4 sardiniers commandés au chantier SOCAM4I à Camaret. C'était des navires de 21 m, 360 CV, 12 h, 60 m3 de cale réfrigérée, type chalu- tiers/sonneurs, avec un conît unitaire de 50,5 millions de francs CFA. -Seuls les 3 premiers étaient livrés,l'acquisition du hme ayant été résiliée. c) 2 chalutiers congélateurs de pêche par l'arrière construits par les chantiers Belnes des Pays-Bas pour Dreyfus et vendu à la SIAP avant l'achèvement par ce dernier, ont été livrés en octobre 1966. Leur coit unitaire était de 266-millions FCFA et leurs caractéristiques les suivantes: 52 m, 620 T, 1.350 CV, 14 nds, 25 hommes - Cale 26 - m3 (100 en congelé + 200 en réfrigéré) Noms 1OUID et TIRIS-ZEU'i'I0UR. d) 2 cargos-frigorifiques commandésà la Hollande à un prix- unitaire de 45J. m11I ons 1UA caractéristiques- 82,70 m, 2500 CV, 1.650 t (100 et 1.200 T de poissofi en congelé à -3000). La livraison de ces unités a eu lieu fin 1967. 2. Au total l'acquisition de ces équipements représentent la samme suivante: - Chalutier SICCIA .........;..... 600 LFCFA - Sonneurs SOCAI .......;;.;.;.... 202 " - Chalutiers Hollandais.........;; 52 " - Cargos-frigorifiques............. 916 " 2.170 I;IF(FA Auxquels il faut ajouter les frais d'étude, les intérêts fournisseurs, les équipements de pêche et investissements à terre pour un montant de 310 MIFCFA soit au total 2.480 _FCFA au 1.1.68. La gérance de cet ensemble fut confiée à un industriel privé français. Page 2 3. le financement de cet ensemble à été assuré ccmme suit: (en millions de FCFA) CAPITAL Public - Budget N!ationa1 30 - Subvention FAC 50 - BLD 20 - Prêt CCC- au Gouvernement auritanien 120_ 220 Privé - Prêt CCCE au Gérant 105 - Apports Gérant + autres 7 Total 400.0 CREDIT - Prêt FAC 140 - Crédit fournisseurs France - SICCIA 360 - SOCLII 161,6 - Crédit Hollandais (100ý) - Chalutiers 452 - Cargos 916 Total 2.029,6 Apports privée complémentaires h2.0 Grand total 2 .71,6 h. Les difficultés d'exploitation sont rapidement apparues et la production est restée très faible (1966: 122 T - 1967: 1,312 T - 1968: 596 T). Au 31 janvier 1969 la société a arrêté officiellement ses acti- vités et a procédé à la vente des nLvires. Seuls restent encore pro- priété de la SC7,IAP mais sont désarmés: - 2 chalutier Hollandais - 3 senneurs SCCI4I Page 3 Un personnel d'entretien comprenant un chef mécanicien européen et 10 matelots mauritaniens a été maintenu en place. 5. La situation financière de la SOMAP a évolué comme suit: - déficit au 1.1.67 .... 18 M,FCFA sans amortissement - déficit au 30.6.67 .... 177 HFCFA sans amortissement - déficit au 1.1;68 .... 367 IIFCFA sans amortissement - déficit au 1.1.69 .... 1122 MFCFA avec amortissement pour l'année 1968 seulement - déficit au 1.7.69 .... 2.095 MFCFA 6. Le passif de la société au 1.7.69 peut s'établir comme suit: (en millions de francs CFA) - Fonds, subventions, redevances 1966/67/68/69 388 (alors qu'il aurait été perçu 595 MFCFA en 1967 et 370 .MFCFA en 1968) - Emprunts - Fonds Aide et coopération française 140 " - Caisse Centrale de Coopération Eco- nomique 120 " - Charges financières - FAC 34 - CCCE 19 - Augmentation capital SCIAP 50 - Imenagements complémentaires des navires 30 393 - Participation Etat pour perte BMD 12 (capital 20 I 58i à l'Etat) - Aval et engagement Etat - Perte SCHAP 2.095 - Engagement sur SCRIP par SOMAP 299 - Réévaluation créances hollandaises 165 (dévaluation) - Constructions diverses 2.729 - Frais entretien des navires 60 60 3. 82 ANNm M 3 Page 4 7. Ce passif n'est couvert qu'en partie par l'actif de la société, composé de la manière suivante: - Ventes de navires . 2 cargos hollandais 550 MFCFA . 6 chalutiers SICClIA 375,5 Matériel divers 6,7 - Régularisation SOMIP 299 - Réévaluation créances prises en charge par le Gvt. Hollandais 165 - Redevances supplémentaires payées par navires étrangers 1.547,921. 8. - Il reste donc un passif non couvert de 2.035 de million de FCFA - n déduisant la dette vis-à-vis du gouvernement mauritanien (redevances non payées, etc.) il reste une dette à payer d'environ 1.900 millions de FCFA, la liquidation de laquelle sera à la charge du gou- vernement qui avait avalisé les devoirs de la 3CMAP. A la suite d'accord entre la SGMAP et ses créanciers, un moratoire a été accordé en 1969 et garanti par le Gouvernement. Suivant cet accord, le gouvernement mauri- tanien aura à faire face aux remboursements suivants: 1969 264,4 1970 262,3 1971 262.,h 1972 263,3 1973 2hh,0 1974 243,0 1975 201,7 1976 163,4 F,CF"-' 1.904,5 illion. Comme l'échéance de 1969 n'avait pas été payée cette année, le Gouvernement aurait à verser en 1970 un montant de 526,7 millions de FCFA. 9. Les accords de pêche passés avec divers pays ou armements étrangers pour les autoriser à pécher dans certaines parties des eaux mauritaniennes permettront au Gouvernement de la Mauritanie de percevoir un certain nombre-de redevances qui seront affectées au remboursement de la dette SGMAP. En 1969 leur montant était de 164,5 millions de FCFA 1/ Sans tenir compte de la valeur des cinq navires non encore vendus, dont les deux chalutiers représentent une valeur approximative de 250 milliorsde FCFA, tandis qu'il est très incertain si les trois senneurs seront vendables. ANNFE 3 Page 5 dont 59,5 millions FCFA budgétisés et en 1970 on peut prévoir 413,5 millions de FCFA dont 60 millions de FCFA inclus au budget coiwant. Donc la situation de ses dettes est la suivante (en millions.de francs CFA): - Echéance 1969 à payer en 1970 : 26h,h Redevances : 164,5 Déficit - 99,9 - Echéance 1970 262,3 Pedevances : 413,8 Excédent +151, Balance nette des deux années + 51,6 Si on ajoute à cela la vente attendue d'au moins un chalutier de construction hollandaise pour 125 millions de FCFA, on peut constater que le gouvernement mauritanien a réussi à faire face aux exigences de la dette SOMAP sans recours aux revenus budgétaires normaux, sauf pour des scomes très limitées concernant des redevances de pêche budgétis6es. Dès 1971 il sera possible de réduire le ncmbre d'autorisations de péche sans changer l'équlibre entre redevances et amortissements de la dette SOIIAP. Page 1 LA SOCIETE MAURITANIENIE DS INDUSTRIES DE LA PECIHE (SCKP) 1. La Société Mauritinienne des Industries de la pêche a été créée le 12 juillet 1936 dans le 't de réaliser avec l'assistance du gouvernement français et sur ses wruieils une usine de traitement du poisson et de ses déchets pour l'o'tenticn de farine et dîhuile. Elle faisait partie du complex SOUAP/SiIP et était destinée à être ravitaillée par les navires de la SOMAP. Le capital de la société atteint 120 millions de FCFA dont 66 millions de FCFA ont été liberés par le Gouvernement mauritanien et 54 millions de FCFA par le groupe privé français Guolfi. Le projet tendait à l'origine à la création d'une usine de traitement de >400 T/J de matière première. Elle fut par la suite portée à 600 T/i (2 chaines 300 T/J). 2. Le total des invesssements a atteint 45' mill.o5ns de FCFA au lieu de 351 ccmm.e prévu. E. fait, les dpensej réelJs avec, intérêts sont été de 537 mili 'ns de FCFA alors .jue la valeur contr'actue*e normale ne dépassait pas 350 millions dz FCFA en 1967, prix déjâ élevé pour un tel éta- blissement. L'usine construite par la Compagnie des A.celiers et Forges de la Loire a été livrée "clé en mairs3" en janvier 1968; elle nest entrée en activité qu'en janvier 1970, Efles devaient être approvisionnées par deux sources en sardinelles, débarquées par les senneurs et en poisson provenant du tri des frigorifiques. 3. Le procédé de fabrication est le procédé norvégien MYRENS, la fabrication est continue. Ies matières premières évertuellement hachées sont cuites dans un c, -Lzeur continu à dou>ble enveloppe de vapeur, pressées puis séchées dans un sécMhoir à flarme, enfin puLéris.os et ensachées. A la sortie de la presse, les liquides sont centrifugés pour séparer l'huile, les eaux résiduelles sont co centrées (Stick-Water) puis réintroduites dans le séchoir. Le poisson à l'arrivée du navire cet. dé,hargé par une pompe de capacité de 2 à 3 T/minlute, selon la hauteur de marée et refoulé dans une conduite de 130 m du quai à l'usine. Le poisson est alors égoutté et pesé. La superficie totale de l'usine est de 4,000 m2. La capacité de stockage de produit fini est la suivante 2.500 tonnes de farine sur une surface de 2.000 m2, 2 réservoirs d'huile pouvant stocker 300 m3 chacun. 4. L'usine comporte en gros: - deux silos de stockage de matière première; - hachoir M'rens B 30; - alimentateur automatique; - 2 cuiseurs Myrens BIK 20; - vis transporteuse; - presse Myrens BP 302; - désintégrateur F.Trens SB 3; - se(.heur à chauffage direct kyrens CA.F.L. BT 534; - ventilateurs de transport pneumatique; ANNEXE h Page 2 - cyclones de transport pneumatique; - cyclones 'd!ektraction; - crible; - broyeur à marteau Myrens SM 16; - peseuse ensacheuse; - décanteur continu Titan FZ 3; - séparateurs automatiques d'eau; - chaudière Robur D16. L'usine emploie 6 agents expatriés et 30 mauritaniens. 5. Le retard apporté à la mise en activité de l'usine, ajouté aux difficultés de la SOMAP, dont le gérant fut pendant l'année 1968 le même que celui de la SOMIP, font que la situation financière de la SOPIIP est difficile. Au lieu janvier 1969 FCFA 299 millions étaient du principal et intérêts compris avec un échancier qui prévoyait un remboursement annuel de 44 millions de FCFA. Un an plus tard un nouveau protocole signé avec "CAFL" est entré en vigueur, qui prévoit que cette société remettra la SOMIP en route et qu'un nouvel échéancier entrera en vigueur pour le rè- glement de la dette qui s'élève à 3h3,2 millions de FCFA. La première échéance (1/7/71) d'un montant de 59,2 millions de FCFA est due au 1 juillet 1970 et après cette date les échéances décroissantes s'étalent jusqu'au 1 juillet 1978. 6. Pour permettre de faire face à ses échéances, la SMIP a été confiée depuis le 1/1/70 en géraùce libre à M. Ostrowski, qui a crée la société COMAPIC dont 10 pour cent du capital ont été souscrits par SOMIP. Pour approvisionner l'usine en matières premières un contrat de lb mois a été passé avec un armement hollandais comprenant 10 unités de 22 1m LHT, 9 hommes, d'une capacité de 120 T/130 T de poissons. La COMAPIC s'est engagée d'acheter toute la pêche de cette flottile à un prix de 4 FCFA par kg de poisson. Ces navires sont entrés en activité dès fin janvier 1970. 7. Le contrat est consenti et accepté pour une durée de 5 ans. Le gérant exploitera la société à ses frais, risques et périls. Il supportera en conséquence les charges et dépenses afférentes à l'exploitation et l'entretien du matériel et il sera soumis aux impôts exigibles à raison de l'exploitation du fond. Une demande de bénéfice du régime d'entreprise prioritaire pourra être introduite. Si à partir de 1971 la production annuelle de farine n'atteint pas 15.000 T, la S014IP pourra résilier le contrat. 8. La COMAPIC versera à la SOMIP une redevance annuelle de 9 pour cent sur les ventes FOB de farine et 10 pour cent sur les ventes FOB d'huile. La COMAPIC est tenue d'assurer la commercialisation des productions dans sa totalité. En 1970 il n'est guère possible, du fait de la période de démarrage de penser atteindre une production de farine de 15.000 T. On peut penser que dans l'année il sera entré un minimum de 40.000 T de matières premières. Ce qui donnerait: A NEXE h Page 3 - 8.000 T de farine FCFA 40.000 - 1 t = 320 millions de FCFA - 2.000 T d'huile FCFA 70.000 - 1 t = 140 millions de FCFA 460 millions de FCFA Dès 1971, on peut compter sur une production de 15.000 tonnes de farine et presque 4.000 tonnes d'huile pour un chiffre d'affaire de FCFA 862 millions, ce qui rapportera à la SOMIP des redevances de l'ordre de FCFA 90 millions. Ce qui correspond à peu près au montant des amortissements annuels des installations mais est inférieur aux échéances annuelles de la dette SOMIP. Si le minimum de production envisagé est dépassé ce qui semble très possible étant donné que pour une production de 15.000 T/an de farine l'usine ne travaillera sur 250J/an qu'à 50 pour cent de ses possibilités, les redevances de la COMAPIC vont augmenter parallèlement. ANNEXE X Page 1 LES TAXES PORTUAIRES ET PRIX D'AVITAILTlNT 1. Les taxes pratiquées au port de Nouadhibou sont les suivantes: No. de Taux en la francs taxe Désignation CFA CHAPITRE 1 - TAXES GENERALES 1. TAXE DE SEJOUR A QUAI 1 - 1 - Navires de 5 à 20 tonneaux (délai franc de 24 h) par journée 300 1 - 2 - Navires de 20 à 150 tonneaux (délai franc de 24 h) par journée 1.000 1 - 3 - Navires de 150 à 1.000 tonneaux (le jour d'arrivée comptant pour 24 h) par journée 2.000 1 - 4 - Navires de plus de 1.000 tonneaux (le jDur d'arrivée comptant pour 24 h) par journée 4.000 EN RADE 1 - 5 - Navires de 5 à 150 tonneaux (délai franc de 30 jours) par journée 150 1 - 6 - Navires de plus de 150 tonneaux armés à la pêche ou à la plaisance (avec délai franc de 30 jours) par journée 500 1 - 7 - Navires de plus de 150 tonneaux autres que ceux visés à l'article 1.6 ci-dessus (avec délai franc de 24 h) par journée 1.000 2. TAXE DE DEBARQUEMENT OU D'EMBARQUEMENT D'HYDROCARBURES EN VRAC - La tonne débarquée (ou embarquée) en vrac, sur (ou à partir de) réservoir à terre ou tankers stationnés à demeure 50 3. TAXE DE DEBARQUEIENT OU D'EDMARQUEMENT DE MARCH-IAiNýDISES DIVERSES - La tonne métrique 150 ANNEXE 1 CHAPITRE 2 - TAXES D'USAGE Page 2 4. TAXE DE STATIONNEMENT ABUSIF SUR LE WHARF, LA PASSERELLE ET LES QUAIS - Par mètre carré et par jour (délai franc 24 h) 10 5. UTILISATION DU SLIP-WAY DE 250 T 5 - 1 - Hissage et descente 10.000 - Majoration pour opérations effectuées entre 12 et 1h h 10% - Majoration pour opérations effectuées de nuit entre 21 et 8 h, ou les dimanches et jours fériés 50% 5 - 2 - Occupation pendantles premières 24 heures par tonneau de jauge brute 200 5 - 3 - Par jour pour la deuxième journée 5.000 5 - h - Par jour au-delà du deuxième jour 7.500 6. LOCATION MATERIEL FLOTTANT APPARTENANT AU PORT - Location d'une vedette de 50 CV toutes sujétions de personnel et matières comprises du départ au retour au poste d'accostage - heure 2.000 - la journée de 8 h 12.000 - heures supplémentaires au-delà de 8 h dans la limite de h h 2.200 - location de nuit entre 21 et 8 h et les dimanches et jours fériés Tarif normal majoré de 5% 7. TAXES D'ACCOSTAGE ET DE DEHALLJGE 7 - 1 - Opérations comportant l'ammarage sur ducs d'albe 15.000 7 - 2 - Opérations dans l'amarrage sur ducs d'albe 5.000 2. Il faut noter que par rapport à Dakar et à Las Palmas les tarifs sont élevés. A Dakar, les taxes de séjour sont les suivantes: Quai Rade Navires de pêche 100 Tx JN 2.000 FCFA/mois "l " 100 à 150 Tx JN 5.000 FCFA/mois - 150 Tx JN 1,27 F par Tx de jauge nette 0,64 Page 3 A Las Palmas les taxes de séjour sont les suivantes: Quai Rade (en FCFA) Navires de pêche de 5 à 20 Tx par jour 120 40 20 à 150 Tx par jour 120 à 360 h0 à 120 150 à 1000 Tx par jour 360 à 800 120 à 240 1000 Tx par jour 800 à 1000 240 à 320 Un barème de taxes nouvelles est à l'étude. 3. L'avitaillement en gas-oil, électricité, eau et glace méritent quelques précisions car il compte parmi les éléments déterminants du développement de la pêche à Nouadhibou. a) Gas-oil Le gas-oil est vendu hors taxe à 9 FCFA le litre aux navires de pêche. Depuis 1966 son prix a été abaissé de 2 FCFA. Un effort plus important pourra être consenti lorsque les sociétés pétrolières auront réellement implanté un système de distribution sur le quai de pêche, et quand l'ensemble des navires se ravibailleront normalement à Nouadhibou. En effet, actuellement MIFERMA utilise 68.500 m3/an de gas-oil. Sur la base d'environ 400 navires fréquentant Nouadhibou, soit environ le double du nombre de navires fréquentant N\.ouadhibou à ce jour, on peut estimer que ce sont 50.000 m3 supplémentaires qui seront nécessaires. b) Electricité Différents tarifs variant en fonction des usagers et des quantités distribuées sont appliqués. Ils vont de 34,5 FCFA (35,8 FCFA/KW en 1966) en consommation domestique à 11 FCFA (13 FCFA le KW, en 1966) en consommation industrielle haute tension pour une consommation minimum de 550 KW plus 5.000 FCFA/an par KW de puissance installée. c) Fau Jusqu'en 1953, Nouadhibou a été ravitaillé en eau potable par cargo- citernes venant de Dakar et Bordeaux, et entre 1953 et 1961, une petite usine de distillation d'eau de mer fournissait 115 m3/jour à 1.200 FCFA le m3. Depuis l'installation de la MIFEMýA en 1961, on transirte de l'eau par wagon-citerne de la nappe d'eau de Baulanouar située à 80 km dans le désert à Nouadhibou, environ 400 m3/jour, capacité portée à 650 m3 en 1963. Entre temps, le FED a financé la construction d'une conduite d'eau allant de Baulanouar à Nouadhibou, et d'un château d'eau. Ceci a permis de faire tomber le prix de la fourniture de l'eau aux industriels de Nouadhibou à 170 FCFA le m3. ANNEXE 5 Page h La Caisse Centrale de Coopération Economique finance actuellement la distribution d'eau en ville. Le montant des travaux dépassant les pré- visions, il est à craindre que la distribution au port de pêche soit sa- crifiée. Si c'est le cas, les industries de la pêche de Nouadhibou seraient évidemment pénalisées. ANNEXE 6 Page 1 EVOLUTION DES DEBARQURTS DE POISSRN DESTINE AUX SECHERIES ET A LA CONGELATION 1. Sécheries 1. Nous possédons sur l'activité des sécheries deux séries de ren- seignements, d'une part les quantités livrées en vert, d'autre part les quantités fabriquées et exportées. Il n'y a pas coincidence entre ces deux séries statistiques, d'une part à cause de la durée de fabrication, d'autre part à cause de la non homogénéité du degré de dessication des lots livrés en vert (3 jours ou 10 jours de sel), suivant les années et la com- position des captures. 2. La première série (livraison en vert aux sécheries) permet seulement d'obtenir un ordre de grandeur du prix moyen du poisson frais calculé en appliquant le coefficient 1,6 au poids de poisson en vert pour obtenir le poids correspondant de poisson frais. Poids de Valeur glo- Prix moyen Poids éoui- Prix moyen de kg poisson bale calculée du kg de valent en d'équivalent frais Années en vert en M. FCFA poisson vert frais (en T) en FCFA (en T) en FCFA 1960 5.122 127 24,89 8.195 15,50 1961 7.126 169 23,66 11.h00 l,80 1962 3.829 95 2h,88 6.130 15,50 1963 6.16h 170 27,51 9.860 17,25 1964 7.239 231 31,86 11.580 19,90 1965 8.068 271 33,50 12.940 20,95 1966 9.143 280 30,60 14.630 19,15 1967 8.254 290 35,14 13.210 21,95 1968 22.827 836 36,63 36.520 22,90 1969 10.956 416 38,00 17.530 23,75 3. Dans les quantités livrées en vert aux sécheries en 1969 figurent 300 tonnes contre h00 T en 196h (équivalent frais) de poisson pêché et semi séché parfois salé au préalable par les Imraguen de Timris et salé par ceux de Nouadhibou. 4. D'après les renseignements recueillis, le prix d'achat aux Imraguen de Timris (salé et semi-séché) aurait été d'environ 26 FCFA, soit 16 F/kg en équivalent frais, inférieur au prix calculé de 23,75 FCFA pour les autres livraisons, prix que nous avons adopté pour estimer la valeur de la pro- duction. Celui des Imraguen et autres Mauritaniens de Nouadhibou est payé au prix de celui des Canariens. ANNE '6 Page 2 5. En ce qui concerne le poisson salé en vert (moyenne 3 jours de sel et 10 jours de sel), l'évolution des prix moyens a été la suivante, par espèce: 1960 1962 1964 1966 1968 1969 1970 Courbine 3h,10 32,05 h3,05 42,00 h,00 46,20 56,0 Baccalao 19,45 22,00 32,00 27,00 28,00 32,00 34,0 Mulet 17,12 16,00 19,00 16,00 17,00 18,40 19,0 Requin 14,10 14,00 19,00 12,00 21,00 21,00 21,0 Prix moyen 24,89 2h,88 31,86 30,60 36,63 38,00 32,2 Le terme de baccalao désigne le poisson tout venant. 2. Poisson congelé 6. La production de poisson congelé a commencé à petite échelle en 1964 sur un bateau congélateur italien, stationné dans la Baie du Lévrier; mais cette expérimentation n'a pas duré longtemps. Depuis 1966, quand la production du poisson à terre a commencé, le débarquement de poisson frais destiné à la congélation a augmenté rapidement. C'étaient d'abord des chalutiers français et les navires de la SOMAP qui ont ravitaillé les frigos à Nouadhibou, mais depuis la liquidation de la SOMAP, ce sont avant tout des navires espagnols qui font l'approvisionnement. Tonnes 1964 1966 1967 196 1969 Pêche traditionnelle - - - - 100 SOHAP - 122 1.434 2.030 - Chalutiers français - 2.000 1.800 - 1.500 Chalutiers espagnols - - 2.266 3.230 6.800 Non-ventilé 2.100 1.208 - - - 2.100 3.330 5.500 5.260 8.hoo ANNE= 'f Page J. EVOLUION DE IA PRODUCTION DE POISSON SALE SECHE A NOUADHIBOU Années Total en T Courbines Mulets Requins Baccalao 1953 1.667 - - - - 1957 3.277 - - - - 1960 3.150 - - - - 1961 3.450 - - - - 1962 2.330 9h0 268 125 997 1963 3.359 1.179 526 123 1.531 1964 3.441 1.656 h23 209 1.153 1965 h.542 2.555 309 160 1.518 1966 4.920 2.300 770 150 1.700 1967 5.065 2.800 640 190 1.435 1968 6.200 3.820 725 235 1.h20 1969 5.700 3.320 355 530 1.h95 Les valeurs à l'exportation du poisson salé-séché de mer ne sont pas publiées, les taxes douanières étant perçues sur la valeur mercuriale. Néanmoins, les prix moyens sont connus et s'établissent ainsi depuis 1962 (prix FOB). Années Prix moyens Courbines Mulets Requins Baccalao 1962 83,00 10 67 61 71 1963 82,30 106 64 61 72 1964 84,70 105 60 60 75 1965 99,10 110 70 67 90 1966 97,50 120 66 66 84 1967 102,50 121,5 68,5 61,5 85 1968 105,80 121,5 71 70 87 1969 114 133,5 77 74 94 1970 - 143,5 77 75 101 Pour obtenir le prix de sortie usine, il faut déduire 15 FCFA/kg (sac + transport + accorage + taxes) du prix FOB. Page 2 En utilisant les prix moyens FOB, il a été calculé la valeur moyenne des productions pour les années correspondantes (valeurs en milliers de francs CFA). Années Valeur Totale Courbines Baccalao Mulets Requins 1962 183.32h 97.760 70.787 17.152 7.665 1964 296.275 173.880 86.475 25.380 12.5ho 1966 479.820 276.000 142.800 50.820 10.200 1967 519.135 340.200 123.410 43.840 n1.685 1968 655.595 464.130 133.540 51.h75 16.h50 1969 650.305 443.220 140.530 27.335 39.220 ANNEXE 8 EXORTATION DES PRODUITS DE IA PECHE Poisson salé-séché Poisson congelé Poutargue Oeufs séchés Langoustes mio mino mio mio mio Années tonnes FCFA tonnes FCFA tonnes FCFA tonnes FCFA tonnes FCFA 1956 2.576 - - - - 1957 3.277 - - - - 1958 3.091 - - - - 1959 2.820 - - - - 1960 3.150 n.d. - - - - 1961 3.450 267 - - - - 1962 2.330 217, - 3,7 2,h - - 1963 3.359 278,9 - 2,0 1,8 - 3 1964 3.h41 322,5 1.344 96 5,9 6,6 - 24 19 1965 4.542 434 1.395 110 10,5 14 - 49 37 1966 5.133 n.d. 3.470 251 8,7 6,2 - 84 67 1967 5.093 473 5.825 418 il 12 - 10h 83 1968 5.640 549 5.259 391 12,8 14,2 - 37 31 1969 5.921 670 6.292 453 20,1 20,9 14,2 8,5 59 68 Principaux clients pour le poisson séché-salé (en tonnes) 1962 1963 196h 1965 1966 1967 1968 1969 Congo-Brazzaville 1.709 2.645 2.668 3.427 3.724 3.333 4.0h3 4.275 Congo-Kinshasa - 191 563 791 940 h47 1.253 514 Gabon 483 417 109 205 337 561 15h 208 Ghana 138 104 101 129 102 45 92 247 Espagne - - - - - 707 141 377 Italie - - - - - - - 230 2.330 3.357 3.41 4.5h2 5.103 5.093 5.683 5.851 1 1/ Non-compris poisson séché imraguen 70 T. NAVIRES AUTORISES, TONNAGE PECHE ET TONNAGE DEBARQUE A NOUADHIBOU iI 1970 ET 1973 Navires Navires 1970 1973 2/ autori- autori- Nationalité sés sés Tonnage global Tonnage débar- Tonnage global Tonnage débarqué 1970 1973 pêché qué à Nouad- pêché à Nouadhibou hibou Espagnols - divers 171 171 42.500 34.500 42.500 34.500 - IMAPEC 28 38 28.000 28.000 67.900 67.900 Grecs 29 29 11.000 - 11.000 - Italiens -21 21 10.000 - 10.000 - Panaméens 34 34 16.000 - 16.000 - Japonais 30 30 36.000 - 36.000 - Hollandais 10 15 40.000 40.000 75.000 75.000 323 1/ 338 _/ 183.500 102.500 258.400 177.400 l/ Ne sont pas compris les 5 - 7 navires français ni les 15 - 20 unités pontées de la pêche locale, qui n'ont pas besoin d'autorisation pour pêcher dans les eaux territoriales. 2/ Si tous les accords sont reconduits en particulier avec les Japonais. ANNEXE 10 CAPACITE DE TRAITEMENT DE POISSON A NOUADHIBOU ET LA GUERRA (sur 250 jours/an d'activité) en tonnes, equivalent.poids frais 1970 1973 (prévision) Congelé SURVIF 15.000 15 - 21.0001/ SOFRIMA (frigo FED) 10.000 17,5 - 27.50ol SOMAUPECO 8.000 8.000 IMAPEC 15.000 15 - 21.0001/ Total 48.000 55,5 - 77.5001/ Conserves de thon - 4.900 Salé - edché SIGP 15.000 15.000 EGA 15.000 15.000 IMAPEC 18.000 18.000 Total 48,000 48.000 Farine et huile La Guerra 10.000 10.000 SOMIP 150.000 150.000 IMAPEC 62.500 62.500 Total 222.500 222.500 Total 318.500 331 - 352.9002/ sur 300 j./an d'activité n.d. 388 - 413.900 1/ suivant le pourcentage de filets dans le congelé (0% - 20%) ANNEXE 11 VOLUME D'EXPCTATION DE PRODUITS FINIS EN 1973 '000 tonnes en équivalent en poids réel poisson frais d'exportation Poisson congelé 56 - 78 56 Thon 5 3,5 Salé - se'ché exporté par le wharf commercial 39 13 exporté par les pontons (cabotage) 9 3 Farine de poisson )449 ) 222 Huile de poisson ) 3,1 Total 123 dont: exporté par le wharf commercial 120 exporté par les pontons privés 3 lf IMAPEC seulement
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Mauritania - The current economic situation and prospects of Mauritania (Vol. 3 of 4) : Peche
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