FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW- 14a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prepare' 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE AU MALI EVOLUTION, PROBLEMES ET PERSPECTIVES VOLUME II NOTES SUR L'AGRICULTURE, L'ELEVAGE ET LA PECHE 15 mai 1970 Départe ment Afrique de l'Ouest TAUX DE CHANGE Avant le 4 mai 1967 246,853 FM = 1 dollar E.U. 1 FM = 1 franc CFA Du 4 mai 1967 au 11 août 1969 493,706 FM = 1 dollar E.U. 1 FM = o,5O franc CFA Après le 11 août 1969 555,419 Fîm = 1 dollar E.U. 1 FM = O,5O franc CFA lote: Les chiffres relatifs aux coûts et aux investissements donnés en francs maliens dans ce rapport n'ont pas été rectifiés pour tenir compte de la dévaluation partielle du 11 août 1969. Sauf indication contraire, tous les équivalents en dollars ici mentionnés sont calculés sur la base du taux de change antérieur à la dévaluation. NOTES SUR L'AGRICULTURE, L' ELEVAGE ET LA PECHE TABLE DES W TIERES Page No. LE PRCGRAME DE PRODUCTION CO . . . . 1 I. Introduction......................................... 1 II. Facteurs de production............................... 2 Semences sélectionnées......................... 3 Charrues et traction animale................... 3 Insecticides et pulvérisateurs................. 4 Engrais........................................ 5 Charrettes et fosses à fumier.................. 6 Regroupement des parcelles cultivées........... 7 Avancement de l'époque des semailles........... 8 Densité des semis et semis en ligne............ 8 Vulgarisation, Crédit et Achats................ 9 Subventions.................................... 10 III. Comparaison des recettes d'exportation et des dépenses 13 Graine de coton................................ 15 IV. Perspectives et besoins d'investissements............ 15 Programmes envisagés........................... 17 Quelques autres possibilités................... 18 Financement.................................... 19 L'ARACHIDE................................................ 22 I. Développement de la production; commercialisation et prix.............................................. 22 La situation du marché......................... 23 II. Les efforts faits pour accroitre la production....... 25 Le programme de commercialisation.............. 27 Semences sélectionnées......................... 28 Amélioration des méthodes culturales........... 28 Décorticage des arachides à la fenme........... 32 Appréciation des résultats de l'Opération ...... 32 III. _Perspecties............................--...-....-...... 33 Arachides et coton............................. 35 LE RIZ................................................. 37 DIVERSIFICATION PA! D'AUTRES CULTUPS.................. 42 La canne a sucre............................... 42 Légumes "européens"............................. 44 Mangues et noix de cajou....................... 45 Le thé......................................... 46 Le dah......................................... 47 Le tabac......................... 48 Essence d'orange............................... 49 PRODUITS CUEILLIS SUR LES ARBES ET LES PLANTES SAUVAGES.. 50 LE CREDIT AGRICOLE ET L'ACHAT ET LA DISTRIBUTION DES FACTEURS DE PRODUCTION AGRICOLES......................... 51 L'équipement agricole.......................... 51 engrais........................................ 53 Réorganisation du crédit et des procédures d'achat 5h LES MALADIES HIILI3 T LA PRODUCTION AGUICOLI ............ 56 LE P-'OBL,IE P-TICULIER DE L'OFFICE DU IGWIR .............. 58 Production et rendements...................... 58 Situation financière de l'Office............--. 59 Principaux problèmes............................ 60 Etudes proposées............................ ...61 L'IEEVAGE................................................ 63 Les bovins de boucherie......................... 63 Données statistiques............................ 64 Commercialisation du cheptel bovin et politique gouvernementale,............................... 65 Comment développer l'élevage bovin ? .............. 69 L'ELEVAGE (suite) Anélioration des races.......................... 70 Amélioration des peturages...................... 70 Ranches d'enbouche.............................. 70 Contrôle sanitaire.............................. 71 Points d'eau dans les zones de peturages........ 72 Parcours du bétail.............................. 73 Les mesures administratives à prendre........... 73 Autres ressources animales...................... 74 Produits dérivés de l'élevage................... 75 LA PECHE................................................... 76 TRME II NOTES SUR L'AGRICULTURE, L'ELEVAGE ET LA PECHE LE PROGRAMIIE DE PRODUCTION COTONNIERE I. Introduction 1. Le tableau 1 donne des chiffres qui montrent les progrès de la culture du coton au Mali. Le poids total de coton graine commer- cialisé s'est élevé de 4.452 tonnes en 1954/55 à h.939 tonnes en 1968/69 1f. Bien que l'on ait cultivé au Mali depuis le moyen âge un coton à fibre courte et à faible rendement, ce n'est qu'au cours des dernières décennies que s'est développée la culture de variétés à rendements plus élevés qui conviennent au traitement industriel. La cul - ture moderne du coton a été introduite pour la première fois dans la région irriguée placée sous le contr6le de l'Office du Niger. La produc- tion de coton irrigué a atteint son niveau le plus élevé en 1963 /6h avec 9.373 tonnes, mais, depuis lors, les superficies cultivées n'ont cessé de diminuer et la production a été décevante, principalement en raison d'un drainage défectueux. Cependant, la production de coton en culture sèche s'est entre-temps sensiblement accrue dans le cadre d'un programme dirigé depuis 1952 par la CFDT (Compagnie Française pour le Développement des Fibres Textiles) aux termes de contrats passés avec les gouvernements successifs. 2. Ce programme a réussi à accroître régulièrement, non seule- ment la surface cultivée, mais aussi les rendements, en dépit d'une situation économique qui n'encourageait pas l'expansion de l'agricul- ture de marché et qui a incité les cultivateurs maliens d'une manière générale à lui donner moins de place dans leurs travaux et a sans aucun doute freiné aussi le développement de la culture cotonnière. Les progrès n'ont connu que deux brèves interruptions en 1965/68 et en 1966/67, épo- que à laquelle l'importance attachée par le gouvernement à la production vivrière a fait passer temporairement au second plan la culture du coton. Pendant les deux dernières années - 1967/68 et 1968/69 - la part du coton non irrigué dans la production totale a été de 90. C'est le pro- gramme de la CFDT qui fait l'objet de ce mémoire. 3. Les attributions conférées à la CFDT au titre de ce programme sont des plus diverses, comprenant notamment l'organisation des activités de vulgarisation, la fourniture de semences sélectionnées, la distribu- tion des instruments aratoires, des engrais et des insecticides, la col- lecte, l'achat et finalement l'égrenage du coton. Elle partage avec la 1/ les chiffres du tableau 1 sont relatifs au coton graine traité par des usines d'égrenage. Une certaine quantité de coton graine (les évaluations varient entre 1.000 et 4.500 tonnes par an) est égrenée et filée à la main par des artisans. Table 1: COTToN ?tODUCTION Tableau 1: PRODUCTION DU COT(N Non-Irrigated Culture Irrigated Culture Total Mali Production Year Marketed dnned by AJD Area field Production Area Tield Production of Gins Irrigated as % of Total (Tff of seed cotton) (eT of fiber) (Hectares) (kg/ha) (Mr of seed cotton) (Hectares) (kg/ha) (MT of fiber) - - Culture non-irriguée Culture irriguée Aanee Cagercialisd Eg,nd par CFU' Superficie Iendement Production Superficie tendement Production des &gren. Irrigue"% du Total (TM de coton graine) (TN de fibre) (Hectares) (kg/ha) (TM de coton graine) (Hectares) (kg/ha) (TM de fibre) 19u9-5c 1 402 1 934 725 1950-51 1 365 2 122 643 1951-52 2 570 2 616 982 1952-53 2 391 2 831 845 1953-5 3 459 3 532 979 1954-55 1 127 3 325 4 109 809 1 600 75 1955-56 1 538 3 323 h 836 687 1 750 69 1956-57 2 603 3 100 4 529 684 2 100 55 .957-5ò 2 88 3 296 5 281 624 2 250 53 1958-59 3 825 3 105 5 172 600 2 500 45 1959-6c 2 653 4 30h 6 589 653 2 550 62 1960-61 6 393 5 075 5 679 894 h 250 45 1961-62 5 894 1 376 42 503 138 6 99o 6 817 1 025 3 900 54 1962-63 12 282 3 300 50 706 233 7 706 7 996 964 6 loo 39 1963-6h 15 763 4 545 57 069 268 9 373 7 372 1 271 7 200 38 196à-65 21 772 7 700 67 633 314 6 hll 5 481 1 170 10 000 23 1965-66 16 184 5 846 56 228 282 2 275 5 àOU 421 6 650 13 1966-67 21 731 8 074 h4 ho 450 6 235 h 191 l U88 10 300 23 1967-66 29 888 11 307 58 832 U96 2 730 3 926 695 12 300 8 1968-69 4C 889 1 300 est. 71 500 est. 572 est. L 050 est. 3 208 1 260 est. 16 800 9 1969-70 2 680 exp. - 2 - SOMIIEM (Société Malienne d'Importation et d'Exportation), qui est une société d'Etat chargée de la commercialisation, la responsabilité de la vente du coton fibre sur les marchés étrangers. Le SCAER (Service du Crédit Agricole et de l'Equipement Agricole), institution autonome de crédit agricole qui opère au sein de la Banque de Développement du Hali, s'occupe de l'acquisition à l'étranger du matériel agricole et des autres fournitures qui sont vendus au comptant ou moyennant un crédit saisonnier remboursable par déduction sur les sommes payées par la CFDT pour le coton des cultivateurs. 4. Les achats de coton de la CFDT sont eux-mêmes financés par des crédits saisonniers fournis par la Banque de Développement du Mali (BDM). Diverses institutions prennent en charge une partie des dépenses du prograrme. Le FAC finance en partie les dépenses afférentes au per- sonnel de la CFDT venu de l'extérieur et à la construction d'usines d'égrenage et d'entrep6ts. Le FED a financé l'achat du matériel de trans- port. En autre, le programme bénéficie indirectement des subventions du FAC portant sur le prix du matériel agricole et de celles du FED qui s'appliquent aux prix des engrais et des insecticides (et qui doivent être étendues au matériel agricole en 1969/70). 5. Après l'opération d'égrenage, qui est rentable sur le plan financier, la CFDT vend une partie du coton égrené à la SOMIEZ, qui l'exporte tant dans la zone de compensation que dans les pays à monnaie forte, en commercialise elle-même une certaine quantité à l'étranger et en vend une petite quantité au CR4ATEi (Combinat Malien de Textiles) pour combler la différence entre ses besoins et ce que l'Office du Niger peut lui livrer. II. Facteurs de production 6. I1 croissance de la production de coton non irrigué est évidemment liée étroitement à ' e'fficacité avec laquelle la CFDT a appliqué dans le pays de nouvelles techniques culturales. L'augmenta- tion de la production tient aussi bien à l'extension de la surface cultivée qu'à l'élévation des rendements, mais c'est ce dernier fac- teur qui en est la cause principale. Les rendements ont quadruplé depuis l'indépendance, à mesure que des agriculteurs de plus en plus nombreux se mettaient à utiliser des semenses de meilleure qualité, des insecticides, du fumier, des engrais et adoptaient des techniques cul- turales conformes aux recommandations de la CFDT. La surface ensemencée a augmenté de 70% environ au cours de la même période. La sécurité que représente le marché assuré par la CFDT et l'usage plus rpaandu de la charrue et de la traction animale expliquent dans une large mesure l'extension de la surface cultivée. L'utilisation d'ingrédients et d'instruments aratoires supplémentaires a accru la rétribution du travail du cultivateur. - 3 - 7. Le choix entre les façons culturales préconisées par la CFDT a été caractérisé par des préférences très marquées des fermiers pour certaines d'entre elles. Le tableau 2 indique les proportions dans lesquelles ont été adoptées quelques unes de ces techniques parmi les plus en vogue. Semences sélectionnées 8. Pratiquement tous les agriculteurs qui cultivent la zone de la CFDT utilisent des semences sélectionnées. La CFDT en distribue assez pour leurs besoins et en fournit en outre à des agriculteurs qui travaillent en dehors de sa zone. Les variétés maliennes tradition- nelles ne produisent pas de fibres de qualité industrielle. La variété actuellement utilisée, dite "Allen 333-52", qui est une variété améri- caine de type "hautes terres" donnant des fibres mi-longues, à un ren- dement de 25 à 30% plus élevé que l'espèce améliorée que l'on plantait il y a dix ans. Cette année, la CFDT va commencer à la remplacer par la "BJA 592", qui doit permettre, toutes choses restant égales, d'aug- menter encore les rendements de 5 à 10%. 9. L'IRCT (Institut de Recherche du Coton et des Textiles) tra- vaille à l'heure actuelle à l'expérimentation et à l'adaptation de nou- velles variétés à Kogoni, dans la région de l'Office du Niger, et à N'Tarla, au nord-ouest de Koutiala. C'est le FAC qui finance le cou^t en devises de cette opération. Etant donné le bénéfice évident qui est tiré des faibles sommes investies dans la recherche, il est surprenant que le centre de Kogoni doive être fermé en 1970 faute de fonds pour payer trois chercheurs étrangers. Charrues et traction animale 10. Le tableau 2 indique le rythme d'acquisition de charrues par les cultivateurs dans la zone de la CFDT, rythme obtenu malgré certai- nes difficultés d'approvisionnement. A l'heure actuelle, une famille sur cinq possàde une charrue (et vraisemblablement les boeufs nécessai- res pour la tirer), mais, selon la CFDT, les deux tiers d'entre elles utilisent leurs charrues pour labourer les plantations de coton. Le labourage à la charrue est plus répandu pour le coton que pour les au- tres cultures, et une famille sans charrue en emprunte souvent une pour cultiver son coton et paye le propriétaire en travaillant dans son ex- ploitation. Sur une partie des terres cultivées en coton, dont la sur- face, encore qu'inconnue, est beaucoup plus modeste, on se sert de charrues pour travailler le sol entre les rangs et réduire la surface qui doit être sarclée à la main. Tablc 2: COTTON: ADOTION OF PRODUCTION INPUTS AND FARM SQUIPINT IN CFDT ZONE Tableau 2: COTON:TL.23T2Ti DF3 PROLUITS ZIMIQUES ET Dk M4TERINL Gro '3 sN ZONE CXDT 1961-62 1962-63 1963-64 1964-65 1965-66 1966-67 1967-68 1968-69 Improved Seed/Semences Selectionnees Tons distributed/Distributions en tonnes 1 201 1 714 2 158 2 307 2 574 2 462 2 382 rercent of non-irrigated cotton area covered/ lartie des surfaces emblave'es couvertes 105 125 1,40 126 169 20 150 Disecticides Hectares treated at least 3 times/ Hectares trait4's au moins 3 fois 1 187 2 708 6 429 10 44o 10 178 18 793 28 895 Percent of total area/ 2.3 4.7 9.6 18.6 22.8 31.9 4o.5 Pourcentage de superficte totale 2,3 4,7 9,6 18,6 22,8 31,9 o,5 Hectares treated at least 4 times/ Hectares trait4s au moins 4 fois 4802 h 564 7 881 Fertilizer/tngrais Hectares receiving recommended dose/ Hectares ayant reVs le dosage reccmande 228 893 1 824 h 119 6 h02 10 229 15 373 21 739 Percent of total area/ 0.5 1.7 3.2 6.1 11.4 23 26 30.4 Vourcertage de sperficie totale 0,5 1,7 3,2 6,1 11,4 23 26 30,4 Manure Hectares receiving significant applicatLon/ Hectares ayant rejus des quantitds app4ciables 5 420 9 921 11 99 Percent of total area 8 22.2 19.7 Fourcentage de superficie totale 8 22,2 19,7 Farm Equipment/Materel Agricole Number bought in year I and still in use No. bought Total no. in Percent of families in 1968 use in 1967 in CPD? saw now plus those owning usable sold in 1968 equipment Quantite achetee pendant A'ann6e et encore utilioable Achats en Total utill- Pourcent des fa- 1968 sable en 1967 miles on sane en plus lea possidant du ventes en atAriel en ban 1968 6tat 1963 1964 1965 1966 1967 Insecticide sprayers/Pulverisateurs 54o 1 810 1 012 924 1 000 2 196 6 no 7 Plows and ulticultivators/Charrues et multiculteurs 2 907 1 505 1 577 1 655 750 1 366 17 93k 19 Carts and cart ax1es/Charettes et essieux 130 104 36 430 1 061 5 710 6 11. Il est évident que l'introduction de la traction animale dans les cultures permet aux agriculteurs de cultiver davantage de terres. Le labourage préparatoire, longtemps difficile à exécuter faute de main- d'oeuvre, prend quatre fois moins de temps lorsqu'on remplace la houe par la charrue. Le deuxième goulot d'étranglment est le sarclage; on peut réduire la durée du sarclage en se servant d'une charrue ou d'un multiculteur mais la plupart des cultivateurs n'ont pas encore appris à utiliser ces instruments pour ce travail. 12. Dans l'ensemble du Mali, la famille moyenne peut apparemment étendre la surface qu'elle cultive (environ 5 hectares) de quelque 20 à 30/ avec l'aide d'une charrue. Si ce supplément de terres cultivées est entièrement planté en coton et si l'on tient compte du fait qu'une charrue peut aussi être prêtée à d'autres cultivateurs, on peut estimer que l'emploi de la charrue peut permettre de cultiver un hectare et demi de coton qui, sur la base d'un rendement moyen produirait environ 750 kg de coton valant à peu près 34.000 FM. La demande de charrues indi- que que les agriculteurs jugent que l'investissement dans une charrue (une charrue Bajac leur coûite 18.430 FM1), des boeufs et un harnachement rapporte un bénéfice substantiel. Insecticides et pulvérisateurs 13. Actuellement, près de la moitié de la surface cultivée en coton dans la zone de la CFDT reçoit au moins trois pulvérisations d'insecticides (DDT et endrine). Sept pour cent des exploitants possé- dent leurs propres pulvérisateurs, qu'ils louent aussi à leurs voisins. La pulvérisation prend de plus en plus d'importance du fait de l'accrois- sement du volume de la récolte de coton et de la nécessité pour le cul- tivateur de protéger son investissement en liquide dans le matériel agricole et autres facteurs de production. Presque tous les cultivateurs qui achètent des engrais ou transportent et répandent à grand peine d'importantes quantités de fumier protègent ces investissements au moyen de pulvérisations. Le nombre de traitements indispensables (et par la suite la rentabilité de la pulvérisation) varie selon la situation géo- graphique; les attaques des insectes sont plus graves dans les ré-ions du sud où les précipitations sont plus fortes. 14. La CFDT estime que trois pulvérisations d'insecticide ont pour effet d'augmenter en moyenne de 250 kg le rendement à l'hectare. En 1967/68, la CFDT a fait une enquête sur les exploitations de coton du secteur de Sikasso, de la sous-zone de Koutiala et de la zone de Fana. Il ressort de cette enquête que quatre traitements insecticides ont entraîné en moyenne une augmentation de rendement de 320 kg/ha dans la région de Sikasso, de 370 kg/lia dans la région de Koutiala et de 550 kg/ha dans la région de Fana, sans emploi d'engrais ou de fumier. Lorsque quatre pulvérisations d'insecticide étaient accompagnées de l'usa- ge de fumier, d'engrais ou des deux ensemble, ce traitement insecticide entraînait (en dehors des effets pouvant être attribués au fumier et à l'engrais) une augmentation de production variant entre 400 et 770 kg/ha. -5 - 15. Ces renseignements, ainsi que d'autres, sont regroupés dans le tableau 3 pour tenter de calculer ce que serait la rétribution du travail que fournirait le cultivateur pour employer des insecticides, du fumier et des engrais (et le bénéfice de son investissement en maté- riel ainsi que celui de sa gestion) si tous les articles achetés lui étaient vendus au prix coûtant. 16. Le traitement insecticide nécessite l'utilisation d'un pulvé- risateur, avec lequel on peut traiter 4,5 ha/an moyennant 10 litres d'insecticide et huit jours de travail par hectare. D'après les résul- tats de l'enquête qui a été faite dans les exploitations, les bénéfices de l'opération varient entre 755 FM4 et 3,300 FM par journée de travail consistant à passer quatre applications d'insecticide; le bénéfice calculé d'après une évaluation prudente des résultats que l'on obtient après trois applications d'insecticide est de 760 Fll/journée. Ces ré- sultats sont l'un et l'autres plusieurs fois plus élevés que le rende- ment habituel avec une main d' oeuvre agricole salariée. Qui plus est, le cultivateur peut, en fait, acheter un pulvérisateur d'insecticide pour la moitié de son prix réel. 17. Le tableau 3 indique aussi que la vaporisation d'insecticides sur le coton destiné à l'exportation a des répercussions favorables sur la balance des paiements. 18. Etant donné l'importance évidente du problème posé par les insectes, il paraît surprenant que le 1-ali ne possède pas de labora- toire d'entomologie. On a calculé que l'installation d'un petit labo- ratoire à N'Tarla coûterait 35 millions de FMl (71.000 dollars). Engrais 19. Comme on peut le voir d'après le tableau 2, l'usage des engrais dans la région cotonnière s'est répandu rapidement et régu- lièrement. Trente pour cent de la région reçoit maintenant des engrais. La vogue des engrais auprès des agriculteurs s'explique par les béné- fices élevés qu'ils permettent d'obtenir en échange de peu de travail. Comme l'indique le tableau 3, les bénéfices seraient élevés même si les engrais étaient payès à leur véritable prix. L'an dernier, les engrais ont été subventionnés par le FED à raison de 13% de leur prix de vente. 20. L'emploi des engrais donne des résultats si considérables qu'ils peuvent être aisément constatés. Il ne faut pas beaucoup de main d' oeuvre pour transporter au charp 70 kg (la dose couramment recommandée) et les épandre. Quant aux risques, ils sont minimes, car il faudrait des attaques d'insectes d'une vigueur extraordinaire, des façons culturales exceptionnellement mauvaises ou une sécheresse extrême pour que l'application d'engrais à la culture du coton se solde par une perte. En outre, les engrais ont des effets résiduels considérables sur Tableau 3 : RENDEENT DE L'UTILISATION D'INSECTICIDE, D'RAIS ET DE FIfEE DANS LA CULTURE COTOMIERE I. Production avec l'iatde de facteurs de production Type de méthode culturale Résltete dans les exPioitatie / Résultats théoriques 2/ (kg de coton graine à l'hectare) Aucun des facteurs mentionnés ci-dessous 220- 340 350 Insecticide 3/ seul 540- 860 600 Insecticide et fulsier U/ 1.080- 1.je 700 Insecticide et engrais7/ 870- 1.030 800 Les trois ensmble l.2U0- 1.700 1.000 II. Production caractérisant l'emploi de chacun des facteurs Facteur de production Résultats das les eploitations Résultats théoriques Insecticide : utilisé seul 320- 550 250 utilisé avec du fumier 560- 770 n.d. utilisé avec de l'engrais 400- 575 n.d. Fumier : utilisé seul 300 n.d. utilisé avec des insecticides 520- 5IL 100 utilisé avec des insecticides et de l'engrais 370- 670 200 Engrais : utilisé seul 250- 275 n.d. utilisé avec des insecticides 170- 330 200 utilisé avec des insecticides et du fusier 160- 320 300 III. Amplitude de la valeur ajoutée à l'hectare par l'utilisation de chaque facteur Facteur de production Résultate dans les exploitations Résultats théoriques (ou n/ha auntation de production x U5 m/kg de coton graine) Insecticide 14.400-34.600 11.300 Fumier 13.500-30.2o 4.500- 9.000 Engrais 7.200-14.900 9.000-13.500 IV. Coût à l'hectare, sans subvention, de l'utilisation des facteurs de production sar t En travail (joumnees d'hommee) Insecticide Coût de l'insecticide à 5.425 (10 L.) 542,53 PY le litre 7.050 (13 L.) Coût du pulvérisateur 26.000 FM 5 annees de vie x 1,3 ha 1.300 Application 8 (h applications) 6 (3 applications) Fumier Dépense pour réunir et préparer le fulsier Prix d'achat de la charrette pour transport et épandage i 30.000 FM 10 annees de vie x5 ha 600 Main-d'oeuvre pour l'épandage du fumier 10 Engrais: Coût de lu dose à 81,398 FM/kg 5.730 Application 2 V. 9endement en fonction du travail consacré à chaque factaur de production Fac teur de production Résultats dans les exploitations Résultats théoriques (PR joure) Insecticide h traitements 755- 3.300 3 traitements 760 Fumier 6 1.290- 2.960 390- 840 Engrais 735- 4.585 1.635- 3.335 VI. Devises procurées par i'utilisation de chaque facteur de production Facteur de production Réeultats dans les exploitatione Résultats théoriques Insecticide Devises gagnées 7/ 19.000-46.000 15.000 Devises dépensées Pulvérisateur 3/ 000 Insecticide /.300 3.300 Gain net 13.900-o.900 10.900 Fumier : Devises gagnées 18.000-40.200 6.000-12.000 Devises dépensées Charrette 4oo 400 Gain net 17.600-39.800 5.600-11.600 Engrais : Devises gagnées 9.600-19.800 12.000-18.000 Devises dépensées Engrais 3.500 3.500 Gain net 6.100-16.300 3.500-14.500 1/ Résultats obtenus selon ne enquête faite par la CFDT en 1967/68 sur la production de coton dans un grand nombre d'exploitations des districts de Sikasso, Koutiala et Fana, représentant toute la gasme des utilisations de facteurs de production. 2/ EvaluatLona prudentes par la CFDT des résultats qui pourraient être obtenue en généralisant l'usage des facteurs de production dans les conditions actuelles (dans l'hypothèse probablement que les cultivateurs qui n'utilisent actuellemmt auen des nouveaux facteurs de production sont les plus mauvais cultivateurs et que, par conséquent, ils n'en tireraient pas le meilleur parti). 3/ Quatre pulvérisations par an consamant 13 litres de mélange insecticide à l'hectare pour "Résultats dans les exploitations" et trois pulvérisations et 10 litres pour "Résultats théoriques". / Application d'ane quantité substantielle de fumier et de déchets ménagers (près de 10 T/ha). Application de 70 kg de 13 N - 47 P20c A l'hectar. Les chiffres relatifs au fumier ne soft pas comparables car il n'est pas tenu compte du coti de la préparation et l'amassage (ou de l'achat) dus fumier. Chiffres fondés sur la valeur en devises de 60 M/kg pour le coton graine, obtenue en répartissant les diverses taxes comprises dans le prix f.o.b. frontière malienne entre les postes suivants : coton graine, égrenage, transports et frais dicbrs. 3/ Chiffres fondés sur les prix suivants de ces articles à la frontière malienne Engrais 13-47 9.779 M/tonne Pulvérisateur 20.000 PM/pièce (estimation) Roues et essieux de charrettes 20.000 PR chaque eneemble (estimation) Insecticides 330 M/litre (estimation) - 6 - le rendement du sorgho qu'on fait pousser l'année suivante sur le même terrain, notamment dans les années de sècheresse. I!bfin, si le coton produit est exporté, les devises que Von y gagne paient largement les importations d'engrais. On peut donc stattendre que l'usage des engrais continue à se répandre rapidement. 21. La CFDT recommande couramment l'épandage de 70 kg à l'hectare d'un engrais composé contenant 18% d'azote et 47% de P20,. Cette applica- tion est maintenant recommandée uniquement pour les champs qui reçoivent un traitement insecticide. Le tableau 3 montre que les rendements supplé- mentaires nets de coton graine ainsi obtenus se situent entre 160 et 330 kg. 22. Si la dose d'engrais que la CFDT recommande aux cultivateurs d'appliquer est relativement modeste, c'est pour pousser ceux-ci à les employer. Les expériences de l'IRCT indiquent qu'il existe effectivement un rapport constant entre ltapplication d'engrais et le rendement en coton jusqu'au niveau de 250 kg d'urée (46% d'azote) et 200 kg de triple superphosphate à l'hectare pendant la première année, avec la même dose d'urée la deuxième année. 23. A partir de 1969, la CFDT préconisera une nouvelle formule renforcée par rapport à la précédente : 75 kg de phosphate d'ammonium, 40 kg d'urée et 40 kg de sulfate d'ammonium à l'hectare. On espère aug- menter ainsi le rendement du coton de 720 kg/ha. Si les résultats qui seront obtenus sur le terrain confirment les prévisions, la nouvelle formule devrait être aussi rémunératrice que l'ancienne et permettre de produire beaucoup plus de coton, même sans subvention. Le prix non subventionné de la nouvelle dose doit être d' environ 11.000 M/ha et la valeur de la production correspondante d'environ 32.400 FM, soit un bénéfice de plus de 8.000 FM par journée de travail consacrée à épandre ladite dose. Des importations coûtant 6.000 FM produiraient des expor- tations d'une valeur dépassant h0.000 FM. Qui plus est, pour accélérer ltadoption de la nouvelle formule, le FED a accepté d'augmenter la sub- vention accordée pour les engrais servant à la culture du coton pendant la cinquième tranche (1969/70) de l'actuel programme, ce qui aura pour effet de diminuer de moitié le prix payé par les agriculteurs. Charrettes et fosses à fumier 24. L'emploi du fumier dans la culture cotonnière a longtemps été l'un des principaux thèmes de campagne de la CFDT. Le succès obtenu a été plus modeste que dans les cas qui ont été cités plus haut. Un cinquième de la surface cultivée en coton reçoit du fumier mais les qualités et les quantités employées laissent beaucoup à désirer. - 7 - 25. Comr'te le montre le tableau 3, le fumier a des effets considé- rables sur les rendements lorsqu'il est convenablement employé. Eh ou- tre, il n'entraîne que des dépenses minimes d'importation (en tout et pour tout, l'achat de la chanette nécessaire à son transport). Cependant, réunir, produire, puis épandre le fumier qui convient sont des taches ingrates. La CFDT recommande l'application de 10 tonnes de fumier pour un hectare de coton; ce qui demande évidement beaucoup plus de travail que lorsqu'il s'agit d'épandre 0,07 tonne d'engrais. Une famille qui emploie ccnvenablemnt le . fumier doit avoir la possibilité de se servir d'une charette. En outre, la production du fumier adéquat entraîne des changements dans le mode d'élevage, et, pour bien faire, beaucoup de travail supplé- mentaire. Pendant plus de dix ans, la CFDT s'est efforcée de persuader les cultivateurs de sa zone de garder les animaux à l'étable et de creuser des fosses à fumier pour protéger celui-ci contre l'o.ydation. En 1967, la CFDT a recensé dans sa zone environ 5.000 fosses à fumier, dont 3.000 étaient en service, et 7.300 tas de terreau, dont 6.000 utilisés. 26. Le temps nécessaire pour préparer une tonne de fumier varie considérablement selon les conditions locales et on n'a même pas cherché à l'évaluer. Il est certain que la durée de cette préparation n'encourage pas les agriculteurs à faire un usage intensif de fumier, et notamment à l'appliquer en grandes quantités, ce qui aurait les meilleurs effets mais nécessiterait aussi le plus de travail préparatoire. Il n'est pas possible non plus de rendre l'usage du fumier plus intéressant au moyen d'une subvention du FED. Cet usage ne s'en multiplie pas moins manifes- tement puisque 20% des agriculteurs cotonniers jugent maintenant de leur intérgt d'utiliser au moins un peu de fumier. D'autres agriculteurs pourront peu à peu se rendre compte des résultats et décider si l'effort nécessaire pour produire et épandre du fumier vaut la peine d'être consen- ti. Regroupement des parcelles cultivées 27. La CFDT a essayé, surtout au début des années 60, de modifier les régimes fonciers traditionnels des villages et d'inciter chacun de ceux-ci à cultiver tout leur coton dans un champ d'un seul tenant. Dans l'esprit des villageois, cette tentative a été souvent confondue avec les efforts du gouvernement pour collectiviser l'agriculture au niveau des villages. Quoi qu'il en soit les résistances au changement que l'on a rencontrées ont été beaucoup plus fortes que prévu. 28. Le regroupement des parcelles cultivées a pour but de faci- liter le travail de surveillance et de vulgarisation et, tout parti- culièrement, d'améliorer la lutte contre les insectes et les maladies. Les efforts de regroupement n'ont, en fait, réussi que dans la partie méridionale de la zone, oUù les précipitations sont plus importantes et les attaques d'insectes plus graves. Ailleurs, ces efforts ont été abandonnés. -8 - Avancement de l'époque des semailles 29. Les résultats que l'on obtient en semant le coton tout au début de la saison des pluies sont bien meilleurs que lorsqu'on le sème plus tard. L'un des principaux points sur lesquels ont porté les efforts de la CFDT a été de faire avancer la date des semailles. Il est diffi- cile de se rendre compte du succès de cette campagne du fait que la date des premières pluies varie d'une année à l'autre, mais les résultats ne semblent pas avoir été encourageants. En effet, la date des semailles du coton en 1966 et 1967 a été dans l'ensemble plus tardive qu'en 1964. Cette année là, deux des six régions de la CFDT avaient semé la moitié de leur coton à la fin juin et trois autres vers la mi-juillet; en 1967, aucune d'entre elles n'avait encore fait la moitié de ses semis à la mi- juillet. Par contre, 70 à 85% du sorgho et du mil étaient semés dès la fin juin. 30. Cette réticence des cultivateurs à planter le coton de bonne heure vient de ce qu'ils tiennent à semer les cultures vivrières, essen- tielles pour eux, avant de s'occuper des cultures de rapport. Rares sont les cultivateurs qui plantent le coton avant le sorgho, mais ceux-là sont toujours relativement prospères et remplissent leurs greniers. Dans les zones comme celle de Koutiala où la culture du coton est plus moderne et où davantage de cultivateurs emploient des engrais et possèdent des charrues, la date des semailles a tendance à être plus précoce qu'ailleurs. La propension d'un cultivateur à semer son coton de bonne heure dépend des réserves alimentaires sur lesquelles il pense pouvoir compter. Les effets bénéfiques des engrais du coton sur le sorgho, l'extension des surfaces cultivées gr9ce à l'usage de la charrue et la constitution de quelque réserve d'argent liquide par les cultivateurs, peuvent contribuer à accroître progressivement la confiance. Aussi bien que des semailles précoces doivent, sans aucun doute, permettre d'améliorer sensiblement les rendements, il est probable que la pratique ne s'en répandra que très lentement. Densité des semis et semis en ligne 31. La CFDT s'est efforcée de persuader les cultivateurs de faire leurs semis en ligne pour augmenter le ncmbre de plants par unité de surface quitte à éclaircir ensuite les rangs comme il convient. Le coton est maintenant presque toujours semé en ligne, ce qui permet de labourer entre les rangs pour faciliter le sarclage, et les rangées sont convena- blement espacées. Cependant, les agriculteurs ne sont pas encore parvenus à faire des semis d'une densité convenable et l'éclaircissage n'est pas toujours fait comme il devrait l'être. Le fait que l'on ait accompli si peu de progrès dans l'amélioration de la densité des semis peut s'expliquer par des traditions d'agriculture extensive dans un milieu où la terre ne manque pas et où les agriculteurs ont du mal à ccmprendre qu'il est néces- saire d'utiliser le sol de façon plus intensive lorsqu'on emploie des engrais. - 9- Vulgarisation, Crédit et Achats 32. Le succès des efforts déployés pour faire accepter par les cultivateurs les pratiques dont on vient de parler peut être attribué en grande partie au système de vulgarisation de la CFDT. Elle emploie actuellement 320 agents de vul2arisation, chacun étant responsable d'un secteur de base qui compte environ 2.500 habitants vivant dans un grand village ou répartis dans plusieurs villages plus petits et cultivant quelque 250 exploitations. Ces employés sont recrutés par la CFDT parmi les élèves de l'école primaire qui quittent celle-ci à la fin du cours élémentaire et n'ont aucune chance de poursuivre leurs études. Ils reçoivent une formation purement pratique, sont moins bien payés que les agents de vulgarisation du gouvernement (192.000 à 252.000 1 par an) et sont renvoyés s'ils ne donnent pas satisfaction. Leur for- mation ne leur permet pas d'être candidats à des emplois de bureau ou d'obtenir des bourses étrangères et il y a donc peu de défections. 33. Les agents de vulgarisation sont encadrés par 70 surveillants - un par ZER (Zone d'Expansion Rurale) -, qui gagnent de 276.000 à 336.000 Fi par an, et 9 chefs de secteur. Quelques uns des chefs de secteur et des membres du personnel régional sont encore des étrangers. Le tableau h indique le nombre d'agents de vulgarisation, ce qu'ils coûtent et qui las paie. La CFDT emploie en outre 90 personnes, manoeu- vres et employés de bureau supplétifs. 34. Le travail de vulgarisation de la CFDT touche maintenant une région contenant prés du quart de la population du Mali. L'augmenta- tion du nombre de ZER sur lesquelles portent ces efforts donne une idée des progrès accomplis; il y a 243 ZER au Hali (compte non tenu de l'Office et de la région de Gao). Nombre de ZEûR situées à l'intérieur de la zone de la CFDT 1961-62 1962-63 1963-64 1964-65 1965-66 1966-67 1967-68 2 23 3h h1 53 63 62 En l'état actuel des projets, on n'envisage pas d'étendre la zone '1in- tervention b'en que le nombre dagénts de vulgarisation puisse être appelé à augmenter. 35. En 1970, les salaires des agents de vulgarisation devront être portés au niveau de ceux de leurs confrères gouvernementaux. Les agents de la CFDT seront censés être les égaux de ceux qui travaillent pour le gouvernement, bien que leur niveau d'instruction soit très infé- rieur à celui de ces derniers. Cette mesure devrait augmenter de 37 âil- lions de FM le coût des activités de vulgarisation pour la CFDT. Table 4: CFDT EXTENSION OPERATION 1969 Tableau 4: LIENCADREMNT DE LA CFDT 1969 Number Of Which Foreigners Of Which Paid by Nalian Extension Fund FAC CFDT Effectif Dont Etrangers Dont Payes Par 1articipa- tion A 1'Encadre- ment FAC CFDT Personnel - Function/ Personnel - Capacite" Regional Chief/ Chef deRgion 1 1 1 Accountants/ Experts Comptables 2 2 2 In-service Training Experts/ Charges du Recyclage 2 2 2 Technical Deputies/ Adjoints Techniques 2 2 2 Sector Chiefs/ Chefs de Secteur 9 5 4 5 Deputy Sector Chiefs/ Adjoints aux Chefs de Secteur 7 7 ZER Chiefs (Super- visors)/ Chefs de ZER 70 70 Base Sector Chiefs (Extension Workers)/ Chefs des Secteurs de Base 320 320 Cost (millions of MF)/ CoUt (millions de francs maliens) Personnel expenses for Malian em- ployees/ 1pnses au titre du personnel malien 110 Personnel expenses for foreigners ,paid by FAC/ Depenses au t tre du personnel tranger pay4es par le FAC Current cost, trans- ort/ D nses courantes 27 SeeV operation/ Operation semences 18 General administra- tive e"nditures Frais generaux d'administration 5 255 - 10 - 36. Outre leur rôle de conseillers, les agents de la CFDT se chargent de la distribution des semences, des facteurs de production et du matériel agricole pour le SAE, de l'achat du coton et de la percep- tion des créances. Des équipes d'achat vont de village en village et ce sont elles qui collectent à échéance les remboursements de crédit. A l'heure actuelle, les seuls articles vendus à crédit sont les pulvéri- sateurs d'insecticide et les facteurs de production courants - semences, insecticides et engrais - qui sont tous remboursables à la première récol- te. Les charrues, charrettes etc., ne sont actuellement vendues qu'au comptant. Du fait que l'égrenage est exécuté par les usines de la CFDT, elle a le monopole de l'achat du coton et le taux des rentrées aux éché- ances de remboursement est très élevé (97%). 37. La plus grande partie de la récolte est acheminée vers les usines d'égrenage dans dos ccrxions & la C7MT cn partie financés par le FD. Lorsque clest possible, on uuilise un camion cae 5 tonnes attelé d'une remorque de 5 tonnes. Cependant, de nombreuses routes secondaires sont en si mauvais état qu'il n'est pas possible d'utiliser la remorque ou que la CFDT charge un trans- porteur local d'effectuer l'opération. Dans ce dernier cas, le prix de la tonne-kilomètre est de 50 à 55 F (0,10/ll dollar américain) au lieu de 35 FM (0,07 dollar américain) sur une route secondaire malienne carossable. 38. Après l'égrenage, le coton fibre est soit vendu à la SOMIE:, qui en livre au CRTEZ et vend le reste aux pays de la zone de compensa- tion ou contre des devises fortes, soit exporté par la CFDT elle-même contre des devises fortes. Comme les quantités et les prix sur lesquels portent les transactions dans la zone de compensation ne sont pas connus, les renseignements dont on dispose sur les exportations sont incomplets. Le coton traité dans les usines d'égrenage modernes est vraisemblablement exporté en totalité, sauf celui qui est vendu au CR-lTEX. Toutefois, une partie seulement des graines de coton dont on n'a pas besoin pour les semences est exportée. Il s'en perd une proportion importante, qui ne sert mêMe pas d'aliment pour le bétail. Si les projets actuels d'expansion des installations de la SEPON à Koulikoro se concrétisent, on pourra y traiter 15.000 à 20.000 tonnes de graines de coton, dont la valeur sera portée par l'égrenage de 0 à 15 FM/kg. On traitera ultérieurement de l'économie des opérations d'exportation. Subventions 39. La réussite de la CFDT n'aurait pas été possible sans l'assistance étrangère qui a (a) payé une partie du coiât de l'opération tant pour les dépenses de fonctionnement que pour l'investissement en capital et (b) réduit le prix de vente aux cultivateurs des nouveaux fac- teurs de production, rendant leur adoption plus rémunératrice. La production de coton a augmenté et, depuis la dévaluation, l'exportation du coton est rentable. Tout effort pour augmenter la production peut donc désormais être financé en partie par le coton lui-mêae. Il importe toutefois d'isoler l'élément "subvention" dans les opérations cotonnières actuelles de façon - 11 - a déterminer dans quelle mesure leur expansion peut être auto-financée et dans quelle mesure une aide extérieure est encore nécessaire. 40. Camme on le verra plus loin, les subventions sont maintenant largement inférieures au montant des taxes prélevées par l'Etat sur les exportations de coton fibre. En 1968/69, les subventions récurrentes s'élevaient au total à 6,1% de la valeur FOB Abidjan ou Dakar du coton fibre malien, tandis que les taxes perçues par l'Etat représentaient 28% de cette valeur, sans compter les 7% prélevés pour financer les services de vulgarisation. 4l. Les subventions versées à la production cotonnière peuvent être décomposées en investissements dans l'infrastructure des services d'achat, de transport et d'égrenage du coton et en subventions récurren- tes servant à soutenir la vente des facteurs de production et du matériel agricole et à participer aux dépenses de fonctionnement du système de vulgarisation. 42. Les subventions d'investissement consistent en dons du FED sous forme de camions et autres matériels de transport destinés aux opérations de la CFDT, en financement par le FAC des usines d' égrenage de la CFDT et en entrep8ts aménagés gratuitement par le FAC. h3. Le FC a déjà financé sept usines d'égrenage qui ont au total une capacité de 75.000 tonnes. Au prix auquel on compte actuellement l'égrenage (30.200 .F/tonne), le fonctionnement de ces usines est ren- table, à condition que leur niveau d'utilisation soit raisonnable. L'usine d'égrenage de Fana, dont le montage a été récemment terminé, a coûté 410 millions de Zi (830.000 dollars américains), compte tenu du coût des générateurs d'électricité qu'il a fallu installer; la dépense a été financée pour un tiers par la CFDT et l'Energie du iMali, le reste par un prêt français comportant une certaine part de subvention. La CFDT a financé l'usine d'égrenage de Bamako. h4. La production depassera vraisemblablement la capacité des usines d'égrenage existantes vers 1971 ou 1972, si bien qu'il sera nécessaire de construire une nouvelle usine qui coûtera environ 400 millions de Fî. Une partie du financement devra Ôtre assurée par l'exté- rieur. 45. En 1968/69 et 1969/70, le FAC fera don de 13 entrep8ts pour le coton, représentant une valeur de 260 millions de FM. La CFDT estime qu'en 1970/71 et 1971/72, elle aura besoin de 10.000 m3 d'espace de stocka- ge supplémentaire pour le coton graine et la fibre. On évalue les coûts de constriction à 350 millions de FM (700.000 dollars américains). 46. Les véhicules donnés par le FED pour les opérations coton- nières ont représenté les valeurs suivantes (en millions de FM) : - 12 - Année Millions de FM 1965-66 12,3 ) 1966-67 12,3 ) moyenne 1967-68 24,0 1968-69 (provisoire) 47,h 1969-70 (escompté) 50,0 environ Les frais de réparations et les dépenses de fonctionnement courantes afférents au matériel roulant sont payés au moyen d'un prélèvement sur les exportations. 47. Les subventions courantes comportent : la prise en charge par le FAC de la plus grande partie des frais de personnel occasionnes par les Français qui travaillent à l'entreprise de vulgarisation de la CFDT ; des subventions du FED aux prix de vente des insecticides et des engrais utilisés pour le coton ; des dons du FAC, de la Russie et (bientôt) du F'D, consistant en équipement agricole dont une partie sert à la culture cotonnière; enfin, le soutien par le FED d'un projet pilote de modernisntion de l'agriculture dans la zone de Fana. 43. Il est difficile d'évaluer l'influence de cette aide sur la culture cotonnière pour deux raisons : (a) la valeur de l'aide, si tant est qu'on la connaisse, n'est pas toujours transmise en totalité aux agriculteurs et (b) plusieurs de ces opérations profitent à la fois à la culture du coton et à d'autres cultures. Par exemple, jusqu' une po- que récente, une partie seulement des dons du FAC en matériel agricole servait a réduire les prix payés par les cultivateurs, le reste allant à l'Etat. Les charrues et les charrettes qui sont vendues à un cultiva- teur de coton servent en partie à améliorer sa production de coton, en partie à améliorer d'autres récolteo et probablement en partie à augmen- ter ses loisirs. Il est difficile de se faire une idée de la production supplémentaire de coton qui peut être attribuée à ce type d'aide ou aux membres étrangers du personnel de la CFDT (qui cou^tent, en moyenne, plus de 40 fois plus cher que les ilaliens qui travaillent avec eux). 49. Le tableau 5 donne une évaluation du montant de cette aide qui est imputable à la production de coton. Il va sans dire que ces calculs ne fournissent que des ordres de grandeur. Ils indiquent que le montant total des subventions versées aux cultivateurs était de 8.100 FM par tonne de fibre dans la dernière année précédant la déva- luation et de 11.300 IF puis 15.300 IF environ dans les deux années qui l'ont suivie, soit 5 à 10% de la valeur du coton fibre livré à Abidjan ou Dakar. L'augmentation des prix des divers facteurs de production importés après la dévaluation de 1967 est, évidemment, en partie respon- sable de l'accroissement du montant total des subventions depuis 1966/67. Tableau 5: SUBVENTIONS COURAN'ES AU TITRE DU PROGRAMME COTONNIER (en millions de FM sauf indication contraire) 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 1969/70 Situation du financement futur Appui du FAC au titre de la vulgarisation Total des dons 95,0(?) 95,0(?) 95,0(?) 95,0 95,0 Assuré jusqu'en 1970/71 Partie attribuable au cotan dans la zone de la CFDT1_ 85,5(?) 85,5(?) 85,5(?) 85,5 85,5 Subventions du FED pour 1. Les ergrais Total 22,42/ 22,42/ 21,2 47,9 139,0(prévu) Financement ultérieur non assuré Partie imputable au coton dans la zone de la CFDTL" 16,3 16,3 15,5 35,11 101,0 2. Insecticides Total 39,9 39,9 42,0 61,7 61,6 Financement ultérieur non assuré Partie imputable au coton dans la zone de la CFDT 3h,3 34,3 36,2 53,1 53,0 Dons de matériel agricole par le FAC1n Total 0 30,6 61,3 180,0(?) ca 150,0 Concours ultérieur improbable étant donné Partie affectée à la rédu%i on des prizx 0 0 34,3 180,0(?) 150,0(?) l'implantation d'une fabrique de matériel dont imputable au cotonw 0 0 13,7 72,0 60,0 agricole financée par le FAC Subventions di FED au titre du matériel agricole Total 0 0 0 0 ca 150,0 Financement ultérieur non assuré Partie attribuable ai coton2/ o o o 0 100,0 Assistance du FED à la zone de déve?oppement de Fana Total 21,62/ 21,6w 37,7 21,8 (prov.) 9Z,7(prbvu) Financement ultérieur non assuré Partie imputable au coton (90%) 19,h 19,h 33,9 19,6 83,4 Total des subventions en faveur du coton FAC - Service de vulgarisation 86,0(?) 86,0(?) 86,0(?) 86,0 86,0 FED - Engrais 16,0 16,0 16,0 35,0 101,0 FED - Insecticides 3h,0 34,0 36,0 53,0 53,0 FAC - Matériel agricole 0 0 14,0 72,0 60,0 FED Matériel agricole 0 0 0 0 100,0 FED - Zon de Fana 19,0 19.0 34,0 20,0 83,0 Total 155,0 155,0 186,0 266,0 483,0 Tonnage de fibre de coton prodiit dans la zone de la CFDT 5.846 8,074 11,307 15,300(est.) Subvention par tonne (FM) 26.500 19,000 16,500 17,500 1 Dans l'hypothèse que 10 peuvent être imputés à la culture du sorgho. 2 Après déduction de 9% pour les subventions au titre des engrais revenant à l'Office du Niger et imputation de 20 du solde à la récolte de sorgho suivant celle du coton. On présume que les agriculteurs ont bénéficié de la totalité de l'aide au titre des subventions sous fonne de réduction des prix. Moyenne pour les années 1965/66 et 1966/67. Sur ce montant, seuls 18,9 millions de FM ont effectivement été utilisés pour réduire les prix denandés aux agriculteurs. Données disponibles uniquement pour les années civiles. L'aide octroyée en 1967 a été imputée à 1967/68, etc. chiffres assez indéterminés. SCAER, la source de ces données, donne également des chiffres différents: 43 millions de FM pour 1966 et 74,3 millions de FM pour 1967. Dans l'hypothèse que la totalité de la subvention ait été versée aux agriculteurs. Dans l'hypothèse que 60% du matériel aient été utilisés dans la zone de la CFDT et que les deux-tiers en étaient imputables à la culture du coton. j/ Dans l'hypothèse que les deux-tiers du montant total est imputable à la culture du coton. - 13 - 50. ;Etant donné le bénéfice évident que procure l'usage des engrais et des insecticides même à des prix non subventionnés, il serait sans doute possible d'obliger les cultivateurs à absorber la valeur de la subvention dont bénéficient actuellement ces produits sans augmenter le prix courant à la production de 45 FM/kg. Au vu de la demande de matériel agricole, on peut probablement en dire autant de l'aide qui le concerne. De telles mesures auraient, évidem- ment, pour effet de réduire la rentabilité de la culture du coton et de ralentir dans une mesure inconnue la vitesse à laquelle les cultivateurs se convertissent à la culture du coton ou augmentent leur production. 51. Le prélévement sur les exportations de coton fibre destiné à couvrir les frais des travaux de vulgarisation est maintenant suffi- sant pour couvrir toutes les dépenses effectuées à ce titre dans la zone de la CFDT, y compris celles qui sont actuellement payées par le FAC, mais sans compter le coût du programme spécial du FED dans la zone de Fana. III. Comparaison des recettes d'exportation et des dépenses 52. Depuis la dévaluation, le Mali a été en mesure de prélever une taxe à l'exportation substantielle sur son coton tout en restant dans des limites de prix ccmpatibles avec le marché. A la suite de la dévaluation, la valeur unitaire des exportations de coton exprimée en francs maliens a doublé. La plupart des coûts afférents à la pro- duction du coton, à son traitement en usine et au transport d'une tonne de coton fibre à Abidjan ou Dakar s'établissent sur une base lo- cale et n'ont donc pas doublé. Le prix de 34 71/kg payé au producteur pour le coton graine de premier choix a été porté à 40 E4 pour l'année de récolte 1968/69 et 4,5 FM (soit 32. en tout) pour 1969/70. Mêmie lorsque le prix était de 3h EN et de 40 EM, les cultivateurs ont aug - menté leur production. Ceci est di en partie au fait que les prix de facteurs de production - engrais et insecticides - et du matériel importés ont été subventionnés afin qu'ils ne doublent pas. 53. En 1968/69, année durant laquelle le prix à la production était de 40 Fil le kilo de coton graine de première qualité (94% du total), les 288.000 F4 (585 dollars américains) qui étaient payés pour une tonne métrique de fibre livrée à Abidjan ou Dakar se répar- tissaient de la façon suivante (en F4) : - 14 - 106.400 37% au producteur 31.535 11% pour l'ensemble des transports if 30.200 10% pour l'égrenage 18.940 6,7% pour les autres frais comerciaux 2 20.300 7% pour le service de vulgarisation 3Y 207.375 70.100 24,h% au Trésor h 10.300 3,6% net à l'Office de soutien des prix 51 lf Moyenne pour les 60% cxportés via Abidjan ; pour Dakar, lo prix du transport était de 30.938 FM4 2 Moyenne des frais d'achat, de vente, d'assurance, de magasinage, de manutention et des frais financiers, pour la livraison à Abidjan ; pour Dakar, le total s'élevait à 19.953 FM à cause de frais de magasinage plus élevés. 3/ Ce prélèvement rapportera probablement 292 millions de FM sur la récolte 1968/69 si l'on considére qu'avec un rapport de production de 37,50 pour l'opération d'égrenage, une production de 40.900 tonnes de coton graine donnera 14.400 tonnes de fibre, desquelles il faudra distraire 900 tonnes pour satisfaire les besoins de l'usine textile du CRIATEX que l'Office du Niger ne pourra pas couvrir. Cette somme pourrait largement dépasser les 160 millions de FM que la CFDT compte dépenser pour son réseau de vulgarisation en plus de la subvention du FAC et être un peu supérieure aux 255 millions de FM auxquels s'élèvera sans doute la dépense affec- tée à la vulgarisation compte tenu de la subvention du FAC. La différence doit servir à amortir une dette de l'Etat malien envers la CFDT. Au total, les frais de vulgarisation sont 6valués appro- ximativement à 19.000 FM par tonne de coton que l'on prévoit d'ex- porter en 1968/69, soit un montant bien inférieur au prélèvement de 2h.760 Fêl par tonne que l'on déclarait nécessaire dans le rap- port "Eléments d'un programme de l'opération coton en culture sèche pour les années 1969/1972". J/ Sur le montant de la taxe à l' exportation prélevée par l' Etat, 6.000 FI par tonne sont censés être alloués au SCAER pour le financement de ses opérations, mais le SCAER n'a, en fait, jamais reçu sa part. 51 La taxe est de 12.000 FM par tonne métrique, mais il faut environ 1.700 F.1 pour aligner le prix, taxe comprise, sur les prix mondiaux FOB ports d'Afrique Occidentale. - 15 - 54. Le prix à la production plus élevé, qui a été annoncé le 28 mai 1969, augmente de 13.300 FMi la part du producteur, qui passe à 119.800 FiM par tonne métrique, soit hl1,6% du total. Même si cette samme supplémentaire était déduite des 80.430 FIM qui vont en tout au Trésor malien et au Fonds de Stabilisation des Prix, il resterait une somme de 67.100 FM4 par tonne qui serait encore considérablement plus élevée que la subvention globale de quelque 15.300 MI par tonne de fibre qui a été servie en 1968/69. Graine de coton 55. Les achats de coton de la CFDT en 1968/69 donneront après égrenage, environ 24.500 tonnes métriques de graine de coton. A l'heure-actuelle, la graine de coton est soit jetée, soit exportée telle quelle. Il existe un marché de la graine de coton dans les pays développés, où on la presse pour en extraire de l'huile et des tour- teaux riches en protéines pour l'alimentation des animaux. Cependant, le prix mondial - environ 40.000 FM%/T (80 dollars américains) c .a .f. rendu au port du pays consommateur - est à peine suffisant pour couvrir les frais de transport directs et indirects auxquels s'ajoute une taxe malienne de 3.091 FMII/T. 56. la graine de coton est actuellement considérée comme un produit sans valeur de l'égrenage. Un projet d'extension de l'huilerie de la SEPOXM à Koulikoro, qui permettrait de traiter les graines de coton, pourrait transformer la situation en leur donnant une valeur de 15 FM/kg environ au départ de l'usine d'égrenage. Le tourteau qui serait obtenu comme sous -produit de l'extraction de l'huile pour- rait servir à engraisser le bétail malien avant l'exportation. IV. Perspectives et besoins d'investissement 57. En l'état actuel de la structure de ses coûts, la production cotonnière malienne est tout à fait compétitive sur le marché mondial. Même si l'on retirait les subventions de l'aide étrangère et que l'on faisait supporter au coton la totalité du coût du service de vulgari- sation, les exportations resteraient capables de fournir à l'Etat un revenu appréciable sous forme de taxes ou de financer les investisse- ments nécessaires à la poursuite de l'expansion, deux choses qui ne seraient d'ailleurs pas incompatibles. Si, comme on s'y attend, les prix mondiaux du coton baissent de 15% au cours des cinq prochaines années, les exportations de coton malien ne seront pas aussi lucratives, mais, même en ce cas, l'Etat serait sans doute en mesure de percevoir une petite taxe pour peu que l'on prenne soin d'empâcher une hausse des coits. - 16 - 58. Les possibilités d'expansion de la production cotonnière sont considérables. Leur réalisation demande : (i) que l'on persuade les cultivateurs qui se sont lancés depuis peu dans la culture du coton de lui consacrer autant de terres que les cultivateurs plus expérimentés ; (ii) que l'on s'efforce de faire accepter plus large- ment les nouveaux facteurs de production qui sont indispensables A une croissance soutenue des rendements et (iii) que la zone actuelle de culture du coton soit étendue à des régions de même nature écologique oÙ cette culture est encore peu répandue. L'accroissement de production que l'on peut attendre de chacune de ces dispositions est indiqué ci- dessous : (a) Dans le secteur de Koutiala, qui a été le berceau de la culture cotonnière et le premier théâtre d'opération de la CFDT, on compte 0,13 hectare de coton cultivé par personne. La CFDT considère que c' est là pratiquement le niveau le plus élevé que l' on peut atteindre en l'état actuel des contraintes techniques. Grâce au travail du réseau de vulgarisation, d'autres parties de la zone de la CFDT, notamment les secteurs de Ségou et de Dioila, sont en train d'étendre rapidement les superficies plantées en coton. Si tous les secteurs atteignaient le niveau de Koutiala, la superficie plantée en coton serait de 109.500 ha au lieu des 71.500 ha actuellement plantés. La CFDT n'a fixé son objectif qu'à 93.500 ha, mais même un tel accroissement équivaudrait à 11.000 tonnes supplémentaires de coton graine si les rendements restaient les mêmes, soit une augmentation de 30% par rapport au niveau présent de la production. (b) Les cultivateurs les plus évolués obtiennent maintenant des rendements de 3 à 4 T/ha; le rendement moyen est de 0,5 T/ha. Ce dernier s'élève désormais rapidement grâce à l'usage de plus en plus répandu des insecticides, des engrais et même du fumier, usage qui est maintenant entré dans les moeurs et se généralise rapidement. Les nou- velles semences que l'on distribue maintenant devraient aà elles seules entraîner une élévation de rendement de 5 à 1o1. L'application de la nouvelle dose d'engrais préconisée par la CFDT devrait, pense-t-on, élever les rendements de la valeur du rendement moyen actuel. Il paraît donc probable que l'élévation des rendements ira s'accélérant et que les cultivateurs maliens pourront bient8t produire 1 à 1,25 T/ha. Ce qui équivaut, sur la base de la moins généreuse des évaluations de la superficie cultivée faites plus haut, à une production comprise entre 94.000 et 117.000 tonnes de coton graine. (c) La division actuelle du _ali en zone de coton et zone d'arachide est une simple affaire de traditions. La culture de l'ara- chide s'est d'abord implantée dans l'Ouest à l'époque de l'ouverture du chemin de fer; la culture du coton s'est répandue d'abord dans le Sud-Est, au voisinage du centre installé de longue date par la CFDT à Bobo-Dioulasso. En fait, les conditions climatiques et géologiques sont analogues dans les deux zones et la culture du coton est en train de se répandre dans la zone traditionnelle de l'arachide sur les bords du Niger. Aussi pourrait-on envisager d'étendre les activités de vulgarisa- tion dans une zone au moins aussi vaste que celle qu'elles couvrent - 17 - actuellement, ce qui ouvrirait la possibilité de produire dans la nouvelle zone autant de coton que dans l'ancienne. Les aspects agro- nomique et économique de l'affaire ont déjà été étudiés, les techniques de vulgarisation sont au point et l'on a sondé les dispositions des cultivateurs. Tout compris, le Mali pourrait porter sa production de coton graine a 200.000 tonnes, voire 300.000 tonnes. Programmes envisgés 59. Le gouvernement et la CFDT envisagent pour l'avenir immé- diat un programme aux objectifs plus modestes. Ce programme vise essentiellement à augmenter la production de coton en poursuivant ou en intensifiant la politique de subvention des prix des engrais et du matériel agricole. Il ne prévoit pas dtextension de la zone d'activité, ni d'intensification notable de l' effort de vulgarisation, ni d'inves - tissement dans les routes secondaires pour ouvrir l'accès à de nou- velles régions. 60. Sur la base du niveau actuel des subventions, le programme prévoit que l'expansion de la production dans la région traitée par insecticides, engrais et fumier et l'introduction de nouvelles semences se traduiront par une croissance de la quantité de coton graine commer- cialisé échelonnée comme suit 1968/69 1969/70 1970/71 1971/72 1972/73 Volume Effectif Estimé Projeté Projeté Projeté h0.900 T. 2.ooo T 60.000 T. 68.000 T. 7h.000 T. Comme l'indique le tubleau ci-dessous, on pense pouvoir cormercialiser un volume plus important s'il est possible, moyennant des subventions plus élevées, d'appliquer une dose plus forte d'engrais à 50.000 hectares en 1972 : 1968/69 1969/70 1970/71 1971/72 1972/73 Ef î.ctif Projeté Projeté Projeté Projeté ho.900 T. 55.000 T. 68.000 T. 80.000 T. 90.000 T. - 18 - Le FED a accepté d'accorder une subvention plus élevée pour la dose plus f1orte d'engrais en 1969/70. 61. Le gouvernement et la CFDT évaluent camme suit les besoins d'investissement liés au programme qu'ils se proposent de suivre de 1969/70 à 1972/73 Dose d'engrais Dose d'engrais actuellement amployée plus forte Véhicules légers à h roues motrices (7) 10,5 10,5 Camions de 2 tonnes 30 30 Camions lours et remorques 232 3h8 Entrepôts : Produits chimiques 360 360 Coton et graines 270 h90 Matériel de manutention h0 40 Nouvelle usine d'égrenage 0 h00 942,5 1.698,5 Un calcul plus récent de la CFDT évalue l'investissement souhaitable en installations d'entrepôts à 800 millions de FM en plus des 260 millions que représentent les 13 entrepôts que le FAC a déjà promis d'aménager entre 1969 et 1971. Cette évaluation révisée envisage la construction de 75 entrepôts pour abriter les produits chimiques dans les ZER couvertes par la CFDT, dont le prix de revient est estimé à h50 millions de FM, et l'aménagement d'un espace d'entreposage supplémentaire de 10.000 m2 pour le coton, qui coiîterait 350 millions de FI. Quelques autres possibilités 62. Corme on l'a laissé entendre plus haut, il existe d'autres moyens de stimuler la production cotonnière que ceux qu'envisagent ac- tuellement le gouvernement et la CFDT. Ils pourraient consister à com- pléter les efforts déjà consentis ou comporter, dans une certaine mesure, une réorientation de l'aide présente vers des emplois différents. Cette dernière possibilité pourrait s'appliquer en particulier aux sommes qui servent actuellement à subventionner les prix des engrais et du matériel agricole, sommes dont les cultivateurs devraient être capables de se passer le cas échéant. - 19 - 63. En premier lieu, l'effort de vulgarisation pourrait être étendu à de nouvelles zones ou intensifié dans les régions où il n'est pas encore suffisant. Etant donné que cette extension se ferait pour l'essentiel en direction de l'ouest, vers la zone de l'arachide, il se poserait des problèmes d' organisation. Heureusement, la culture du coton et celle de l'arachide ne s'excluent pas mutuellement. En fait, come Pierre Viguier en a fait, il y a longtemps, la démonstration à H'Pesoba, il pourrait être rentable d'associer les deux cultures en assolement. L'expansion de l'Opération Coton pourrait alors s'accompagner d'un recyclage des agents de la CFDT afin de perfectionner leur connaissance des autres cultures et d'une initiation aux techniques de la culture du coton du personnel de vulgarisation travaillant en dehors de la zone cotonnière actuelle. Le prélèvement de 20.300 FM par tonne perçu actuellement sur les exportations de coton pour soutenir les activités de vulgarisation et les sammes qui sont consacrées à l'heure actuelles aux subventions pourraient servir à financer une telle opération. 64. En second lieu, l'amélioration des routes secondaires pour- rait permettre aux villages mal desservis d' entrer dans le circuit de production du coton et à la CFDT de transporter à meilleur compte le coton et d'autres marchandises dans les régions déjà productrices. La CFDT a communiqué à la mission de la Banque les grandes lignes d'un programme de réfection de 1.165 km de routes qui sont de la plus haute importance pour ses opérations cotonnières dans l'actuelle zone d'acti- vité. Cette ébauche de programme fournit une évaluation du trafic escompté sur ces routes et une indication approximative du coût des travaux de réfection (1 milliard de F11 soit 2 millions de dollars) (voir tableau 6). Il serait certes nécessaire de faire une étude détaillée des coûts et des avantages, mais certains indices donnent déjà à penser qu'un projet de voies de desserte vaudrait la peine d'être mis A exécution. Le tableau 6 montre 1'économie qui pourrait être réalisée par les usagers de la route pour le seul transport du coton en 1972. Un progranme de cette nature serait également suscep- tible d'inciter à produire davantage de coton et d'avoir une influence favorable sur la production et la comercialisation d'autres denrées agricoles comne le sorgho, l'arachide, l'oignon, la mangue et d'autres encore. Des possibilités analogues existent en dehors des limites actuelles de la zone du coton. Financement 65. Le soutien consenti par le FED à l'opération coton est assuré pour l'année 1969/70 ; celui du FAC jusqu'à 1970/71. De toute évidence, le Mali souhaite que l'aide aux investissements come les subventions soient maintenues au-delà de ces dates ; l'opé- ration coton étant une réussite, il semble que le Mali ait toutes chances de pouvoir continuer à recevoir des appuis pour son programme de la part des sources actuelles ou de sources nouvelles. Pour 1969/70, la subvention portant sur le matériel agricole, que le FAC paraît avoir hâte de ne plus verser, sera complétée par le FED. Table 6 , OUTLINE OF ROAD IMPROVEMENT PROGRAM FOR THE CFUT ZONE Tableau 6 t APERU DU PROGRAMME D'AMELIORION ROUTIERE INTERESSANT LA ZONE DE LA CFDT Highest Priority/ Second/ Third' Premigre priorite' Deuxieme prioritg Troisieme priorit6 Kilometers of road suggested for improvement by CFDT/ Longueur des routes dont la CFDT a pre'conise l'am4lioration (en km) 620 313 212 Tons of cotton CFIT expects to move over these roads by 1972-73/ Tonnage de coton que la CFDT compte trans- porter sur ces routes en 1972-73 29 700 9 800 8 130 Ton-kilometers assuming that average unit travels half length of road - in million TKm/ 9.2 1.5 1.0 Tonnes kilomhtres dans l'hypotheae qu'une unitA moyenne parcourt la moitid de la longueur d'une route - en million de T-Km 9,2 1,5 1,0 Saving to cotton transporters if improvement reduces cost by MF20/TKm (e.g. from MF55 to MF35) - in MF millions/ Economies pour les transporteurs de coton si I 'amelioration reduit les coute de 20FM/T-Km (soit de 55FM a 35FM) - en millions de FM 184 31 2C Estimated cost of improvement/ >(t estimatif de l'amelioration 527 266 206 Number of years to cover cost from user savings to cotton transporters alone/ 2.86 8.6 10.3 Nombre d'annies necessaires our couvrir le co^t resultant des economies realisees par usagers piur les seuls transporteurs de coton 2,86 8,6 10,3 ,urce: Based on data provided by CFDT. Basd sur les donnees fournies par la CFDT. - 20 - 66. Coïmme les arrangements qui permettent actuellement le fi- nancement du programme vont bient6t toucher à leur fin, il conviendrait de prendre sans tarder des dispositions en vue de parvenir à un accord entre le gouvernement malien et les institutions de financement inté- ressées sur les dimensions, le contenu et le couat du futur programme cotonnier, ainsi que sur leur rôle respectif dans son financement. 67. Pour déterminer le contenu d'un tel programme, il serait nécessaire d'examiner soigneusement le rôle futur des subventions. Dans le passé, les subventions ont été, sans aucun doute, un important facteur d'incitation à l'usage des facteurs de production qui ont permis d'augmenter considérablement les rendements. On pourrait avancer que les subventions sont justifiées dès lors qu'il peut être démontré que ces facteurs de production sont manifestement rentables, condition qui est effectivement satisfaite lorsque l'Etat peut perce- voir sous forme de prélèvements à l'exportation dds sommes égales à celles qui ont été déboursées en subventions. On peut dire que la combinaison actuelle des prélèvements à l'exportation et des subven- tions sert à stimuler le cultivateur efficace et à pénaliser le cul- tivateur qui ne bénéfice pas de subventions. Hais, par ailleurs, le maintien indéfini des subventions apparaÎt injustifié, notamment après que l' on a atteint le stade oÙ un nombre c onsidérable de cultivateurs sont désormais convaincus que l'utilisation d'engrais, d'insecticides et de matériel agricole est si rentable qu'ils sont disposés à conti- nuer à s'en servir même s'ils doivent en payer le prix intégral. En réalité, la question n'est pas de savoir s'il faut abandonner les subventions, mais de déterminer à quel stade et suivant quelles moda- lités elles doivent être abolies. Pour répondre à cette question il est en partie nécessaire de savoir si l'actuel programme cotonnier est appelé ou non à être étendu à de nouvelles régions dans lesquelles il faudra convaincre beaucoup de nouveaux cultivateurs d'adopter les fac - teurs de production recommandés. 68. Quoi qu'il en soit, les investissements réalisés par le FAC et le FED dans la commercialisation et le traitement du coton - usines d'égrenaGe, camions, aménagements d'entrep8ts - ont joué, de toute évidence, un rAle capital dans l'opération et doivent continuer à être assurés, que ce soit par les sources qui s'en chargent actuelle- ment ou par des sources nouvelles. Comme l'opération coton est, dans l'ensemble, rentable, il serait possible d'obtenir, si nécessaire, un financement extérieur pour ces investissements. 69. Quelques investissements qui camportent des dépenses entia- rement ou essentiellement locales ont également besoin d'un financement. Par exemple, les opérations du SCAER gagneraient en efficacité si ce service était mieux équipé en entrep6ts et pouvait disposer dtun petit fonds de roulement. Si le SCAER recevait comme il le devrait les 6.000 Fî/tonne de fibre exportée que la loi lui attribue, il serait capable de financer lui-même une grande partie de ces investissements bien nécessaires. - 21 - 70. Pour élargir, comme nous l'avons préconisé, la région intéressée par l'opération coton, il serait indispensable de faire des investissements supplémentaires dans les services de vulgarisa- tion, les routes et, finalement, dans les installations d'égrenage. Il faudrait étudier avec soin la rentabilité de ces investissements, mais l'expérience acquise à l'occasion d'entreprises semblables qui ont prouvé leur rentabilité devrait faciliter cette étude. - 22 - L'ARACHIDE I. Développement de la production; commercialisation et prix 71. Les éléments d'information que l'on possède sur la production d'arachides ne sont guère sûrs. Dans les années pour lesquelles on dis- pose de renseignements fournis par des sondages agricoles, la production semble bien ne pas avoir sensiblement changé, en dehors des variations dues à des facteurs atmosphériques; et s'il faut en croire les autres évaluations dont on dispose, la production aurait peut-.tre baissé. En tout état de cause, il est certain que le volume d'arachides commercia- lisé s'est considérablement amoindri ces dernières années. Une propor- tion croissante de la récolte a été apparemment auto-conscmmée par les cultivateurs ou commercialisée par d'autres voies que les canaux offi- ciellement reconnus. En outre, une part croissante des quantités de moins en moins importantes qui sont vendues au gouvernement est trans- formée en huile dans l'huilerie de la SEPC4, à Noulikoro, dont les ventes se font principalement sur le marché intérieur, ce qui diminue les quantités disponibles pour l'exportation sous forme de noix dé- cortiquées (voir Tableaux 7 et 8). 72. Le fléchissement du volume d'arachides commercialisé est particulirement grave pour le Mali. Avant l'indépendance, l'arachide décortiquée était le deuxième article d'exportation du pays après le bétail; en 1966, elle était tombée au quatrième rang et ne représentait plus que 40% de sa valeur de 1959. Le gouvernement a éprouvé des diffi- cultés croissantes à s'accommoder des termes des accords de compensation dans le cadre desquels se faisaient presque toutes les exportations d'arachides, et l'huilerie de la SEPR4, reconstruite par l'aide allemande, a été contrainte de fonctionner très en dessous de sa capacité. Ces pro- blèmes ont été encore plus sensibles dans les années de mauvaise récolte comme 1967/68. Cependant, grâce aux accords de compensation, le Mali a été mis à l'abri des chutes de prix qui ont eu lieu sur le marché mon- dial; les clients du Mali ont payé le prix qui avait cours sur le marché français protégé. 73. Le déclin des ventes d'arachides n'a pas été sensible avant 1965. Cette année là, les cultivateurs ont commencé à prendre désagr6a- blement conscience de l'affaiblissement du pouvoir d'achat du franc malien et ont été découragés encore davantage par une réduction de 1h FM à 13 F/kg du prix payé aux producteurs. La diminution des ventes s'est probablement accompagnée d'une augmentation de la part de la récolte auto-consommée et d'une réduction des quantités plantées. Les augmenta- tions ultérieures du prix à la production, qui fut porté à 16 FM/kg en 1966/67 puis à 24 F'I/kg en 1968/69 n'ont apparemment pas réussi à faire monter la production, en partie, peut-être, à cause du petit nombre de biens de consommation qui sont offerts aux cultivateurs et en partie parce que des conditions atmosphériques défavorables ont considérablement réduit la récolte de 1967/68. En dehors des facteurs mentionnés ci-dessus, la production a été découragée par la quasi impossibilité pour le cultiva- teur de se procurer des semences sélectionnées et par les retards pris Table 7: GFRNDNUTS: DISPOSITION BY QUANTITIES Tableau 7: ARACHIDES: DESTINATION PAR QUANTITES (in metric tons) (en tonnes) 1958-59 1959-60 1960-61 1961-62 1962-63 1963-64 1964-65 1965-66 1966-67 1967-68 1968-69 ProductiorLl/(in shell)/ProductiorL(coques) 122 500 148 000 153 200 159 200 119 000 Estimated amount used for seed (in shell)/ Quantite'estimative utilisée pour les semences (coques) 14 100 10 500 9 530 8 960 Farm consumption (in seed)/ Consommation au stade de l'exploitation (semences) 22 400 93 750 116 470 110 140 Amount marketed throuh official channels (in shell)/Quantité ccommercialisee par les circuits officiels (coques) 85 900 50 900 83 hoo 66 hoo 70 700 75 000 48 800 27 200 39 809 29 252 28 000(est.) Equivalent decorticate5/Equivalent en arachides de'cortiquees 56 760 33 600 55 000 43 800 46 600 49 500 32 200 18 000 26 300 19 300 Of which/dnt: - Exported/Exportation 25 360 2 13 580 19 500 10 500 - Bought by ail mill/Achat par les huileries 710 6 840 h 20 6 800 8 797 21 500 Ol equivalent/Equivalent en huile 284 2 420 2 380 3 4h0 2 738 6 500 Used for soap/Fabrication du savon ? ? 50 50 1? n.a. Sold locally/Vente sur le marche national 284 2 420 2 330 3 390 2 386 n.a. Sold for export/Vente a l'exportation 0 0 0 0 338 n.a. Oil cake equivalent/Equivalent en tourteaux n.a. n.a. n.a. 4 076 n.a. 1/ As indicated by sample agricultural censuses. / Telle qu'elle ressort des recensements agricoles par sondages. From that year's crop. Actual amount exported was higher due to drawdown of stocks. / Provenant de la récolte de la campagne en question. La quantite effectivement exportee était supérieure en raison du prellvement sur les stocks. Table Bt DISPOSITION OF GROUNDNUT CROP Tableau 8t DESTINATION DE LA RECOLTE ARACHIDIERE (in Percentages) (en pourcentages) 1958-59 1964-65 1965-66 1966-67 1967-68 Used for seed, etc./ 11.5 7 6 5.5 ) Utilisation pour les semences, etc. 11,5 7 6 5,5 ) 755 Consumed on farms/ 18 63.5 76 69 ) 75,5 Consommation au stade de ) 1'exploitation 18 63,5 76 69 ) Marketed/ 70 33 18 25 24.5 Commercialisation 70 33 18 25 24,5 Of which/dont: Exported as shelled nuts/ 69 26 13.5 18.5 13.5 Exportation sous forme decortiquee 69 26 13,5 18,5 13,5 Crushed at oil mill/ 1 7 4.5 6.5 11 Broyage A 1'huilerie 1 7 4,5 6.5 11 Of which/dont: Oil for local sale/ 1 7 4.5 6.5 10.5 Huilb destine au marche'national 1 7 4,5 6,5 10,5 Oil for export/ 0 0 0 0 1 Huile destinee a l'exportation 0 0 0 0 1. Made into soap/ neg. neg. neg. neg. neg. Fabrication de savon neg. neg. neg. neg. neg. - 23 - dans l'achat de l'arachide par la SOïIIEX, qui est la société caffmerciale gouvernementale. Une certaine année, la 3UEX a prix tellement de retard dans ses achats qu'une partie de la récolte n'a été commercialisée qu'un an plus tard, dans des conditions désavantageuses de prix et de qualité. 74. L'huilerie de la SEPUI absorbe maintenant une part plus importante de la récolte et envisage de transformer en 1969/70 un tonnage supérieur à celui qui a été ca=ercialisé ces dernières années. Jusqu'en 1967/68, l'arachide traitée par la SEPRI était consommée dans le pays sous forme d'huile; ce n'est qu'en 1968 que le 1ali a comencé à exporter de l'huile. L'huile produite et consommaée localement s'est vraisemblable- ment substituée à des importations, mais cela s'est fait aussi au détri- ment des exportations d'arachides décortiquées. L'exportation d'huile aà la place de noix rapporte peu de devises supplémentaires, en raison sur- tout de la structure généralement discriminatoire à l' égard de l'huile des tarifs des grands pays importateurs. La situation du marché 75. Aux prix payés aux producteurs jusqu'à une époque récente, la culture de l'arachide n'a jamais été très rémunératrice pour les agri- culteurs. La hausse du prix d'achat annoncée à la fin mai 1969 et qui portera celui-ci à 30 M/kg devrait stimuler davantage la production, mais le prix limite est probablement atteint désormais en raison de la situation prévisible du marché mondial et de l' éloignement du î4ali par rapport aux marchés. Le coût du transport d'une tonne de produits agri- coles entre Bamako et Dakar, y compris les frais de manutention, de magasinage et d'assurance est d'environ 20.000 FMI (40 dollars). Ce coût représente presque 25% du prix de vente de l'arachide à Dakar, mais 75 seulement du prix du coton fibre. Dans ces conditions, le Nali ne pourra jamais payer ses producteurs d'arachide aussi cher que le Sénégal peut payer les siens et se trouve donc défavorisé sur le plan de la concur- rence. 76. Les divers prix qui ont été payés par le gouvernement malien à ses cultivateurs d'arachide depuis l'indépendance ont été fixés de façon à permettre des exportations qui laissent une petite marge au gouvernement ou à la SUILITZ, qui se charge de-la cRmmercialisation, du décorticage et de l'exportation de l'arachide. avant la dévaluation, le prix a été successivement de 14, 13 et 16 F1/kg de noix coques. Lorsque le prix était de 13 F,I, par exemple, les noix coques revenaient à 15,50 FM/kg rendu à l'écorticage, ce qui équivalait à 23,50 FW pour un kilo de noix décortiquées. En ajoutant 2 M/kg pour l'écorticage et la mise en sacs, et l FM/kg pour l'acheminement vers Dakar, la manutention etc., le prix de revient d'une tonne d'arachides décortiquées rendue à Dakar était d'environ 36.500 FM tandis que le prix de vente f.o.b. se situait entre 44.000 et 47.000 M. La différence allait au gouvernement ou à la SOIEX. - 24 - 77. La dévaluation de 1967 a créé une situation plus favorable, car le prix à lrexportation en francs maliens a doublé tandis que le prix de revient du transport nta pas augmenté dans une telle proportion. Le gou- vernement a fait profiter les cultivateurs dfune partie du bénéfice en aug- mentant de 5o% le prix à la production - augmentation supérieure à celle dont ont bénéficié les autres produits agricoles. Le prix payé aux culti- vateurs fut donc de 24 FM/kg en 1968/69, mais la SOMIEX ne recevait que 25,6 FM, ce qui lui laissait une marge trop étroite, dans la plupart des cas, pour couvrir le prix du transport. A ce prix, équivalant à 39 Fi pour un kilo de noix décortiquées, la SOMIEX devait ajouter 2 FM pour le décorticage et la mise en sacs et 20 F1 pour le transport et la manuten- tion. En fin de compte, le prix de revient de la tonne rendue à Dakar stélevait à 61.000 FM pour un prix de vente de 85.000 FM. La différence permettait au gouvernement de percevoir une taxe à 1lexportation de 24.900 FN. 78. Dien que le Mali ait pu, jusqutà présent, vendre son arachide dans des pays parties à "ltaccord de compensation" à des prix maintenus dans une certaine mesure à 1'abri des fluctuations du marché mondial, il est peu probable qutil puisse continuer à l'avenir à ne pas otro touché par le fléchissement prévisible des prix de ltarachide. On prévoit que les cours mondiaux qui se sont élevés jusqutà 167 dollars/tonne (82.000 FM) en 1968, et à plus de 200 dollars en 1969 baisseront quelque peu au cours des prochaines années. Le prix à la production de 30 FM/kg, qui a été fixé en mai 1969, est maintenant plus du double de celui qui avait cours avant la dévaluation. Après addition de tous les frais sauf la taxe à l'exportation, ce prix portera le prix de revient de la tonne drarachides décortiquées rendue à Dakar à 70.500 FM. On voit donc que les exportations continueront à être rentables, quoique, si les cours mondiaux marquent un recul le gouvernement devra se contenter diune taxe à ltexportation plus modeste. Cependant, si le prix à la production plus élevé permet dIatti- rer sur le marché des quantités plus importantes, la perte de revenu due à la diminution de la taxe perçue sur chaque tonne peut être largement compensée par un volume plus élevé dtexportations. 79. On pr&ýoit qutune proportion plus importante des exportations se fera à lfavenir sous forme dthuile. La production d'huile d'arachide de l'huilerie de Koulikoro a, pour la première fois, dépasse la demande intérieure en 1968. En 1969/70, lthuilerie sera probablement en mesure de fonctionner à pleine capacité et transformera alors 21.500 tonnes de noix décortiquées (soit l'équivalent de 33.000 tonnes d'arachides coques), qui donneront près de 10.000 tonnes dt huile, dont 7.000 tonnes devraient pouvoir être exportées. En prévision de cette augmentation de production et de la perspective dtune augmentation de la capacité de traitement de ltusine, il importe d'évaluer le bénéfice que le Mali retirera de lex- portation sous forme dthuile d'une part plus substantielle de sa récolte. - 25 - 80. On doit pouvoir extraire environ h00 kg d'huile et 550 kg de tourteau d'une tonne d'arachides décortiquées, encore qu'au iIali, le rendement en huile descende parfois jusqu'à 30A lorsque trop d'arachides ont été récoltées avant maturité. Au :Iali, l'huile d'arachide se vend maintenant 166 EI le kilo et le tourteau 19,7 MI le kilo. Les petites quantités exportées en 1968 l'ont été sur le pied de 139 F4/kg pour l'huile et de 2h,5 !U/kg pour les tourteaux. Le prix mondial de l'huile d'arachide (3 à 5 de degré acide) c.a.f. port européen :'élevait en 1968 à près de 270 dollars la tonne (134.000 FM) et l'on s8p.ttend qutil baisse quelque peu'dans les cinq prochaines années. Le prix du tourteau d'ara- chide atteignait en 1968 112 dollars la tonne .55.000 Fi) sur la mêm- base nt l'on pré«ýoit qu'il restera stable ou augmentera de quelque 5 au cours de la mêne période. En 1968, le lali a obtenu un prix supérieur au cours mondial pour son huile d'arachide mais a eu du mal à vendre ses tour- teaux. 81. Au prix obtenu par le "Mali en 1968, une tonne de noix décortiquées exportée sous forme d'huile et de tourteaux rapportait à Dakar 69.100 RI, soit 5.0000 il après déduction de 19.000 FM pour le transport et la manutention. C'est à peu près ce que cadite actuelle- ment une tonne de noix décortiquées rendue à l'huilerie sur la base du prix à la production de 30 Fil/kg sans rien retenir pour la transforma- tion et pour les taxes à l'exportation qui s'élèvent à 12.000 FH pour une tonne d'huile et 2690 FM pour une tonne de tourteau. Cette situation défavorable est due au fait que le prix payé pour les tourteaux à Dakar couvre à peine le prix de revient du transport et de la manutention. On voit que le sHali aurait tout intérêt à essayer de trouver sur le mar- ché intérieur un débouché pour ses tourteaux qui pourraient servir à engraisser le bétail. Si les tourteaux pouvaient être vendus sur le marché intérieur à 19,7 Fi/kg et si l'huile pouvait être exportée au prix de 139 F-I/kg rendu Dakar, la valeur de l'arachide serait de 58.000 FM- la tonne au départ de l'huilerie, ce qui serait suffisant pour couvrir le prix de revient de la transfonnîation et laisser une marge de 5.000 1 environ pour les taxes. II. Les efforts faits_pour accroître la roduction 82. Les débuts Le la culture de l'arachide remontent à la période coloniale durant laquelle elle s'est développée le long de la voie-ferrée Koulikoro-BaMako-Dakar. C'était une culture extensive qui faisait intervenir aussi peu de main d'oeuvre que possible par unité de surface et pratiquement aucun capital. Les rendements étaient bas - environ 500 à 600 kg d'arachides coques à l'hectare. L'arachide n'était pas plantée avant que les principales cultures vivrières - le sorgho ou le mil - n'aient été elles mêMes plantées et sarclées. La période de maturation s'en trouvait raccourcie, d'autant plus que l'arachide devait être récoltée avant que le sol ne devÎnt trop dur. La forte propor- tion de noix vertes était la cause d'une teneur en huile relativement faible. - 26 - 83. Bien que l'arachide fût produite à un prix de revient suffi- samment bas pour qu'elle fût compétitive malgré la distance qui séparait le Mali des marchés du monde, sa culture n'avait qu'une rentabilité mar- ginale pour les cultivateurs alors même qu'ils n'avaient guère d'autres possibilités de se procurer des liquidités. Lorsque le gouvernement réduisit les prix, à l'époque de l'indépendance, pour les maintenir alignés sur le cours mondial, nombre d'agriculteurs dans l'ouest du Mali préférèrent abandonner l'arachide et émigrer vers les villes pour gagner de l'argent en travaillant comme salariés. 84. De l'indépendance à 1964, les efforts qui ont été faits en vue d'accroître la production d'arachides ont surtout relevé de l'exhortation verbale. Par la suite, le gouvernement a essayé d'intro- duire des semences sélectionnées, mais la tentative resta infructueuse jusqu'au lancement, en 1967, de "l'pération Arachide," montée avec l'assistance technique du BDPA (Bureau pour le Développement de la Production Agricole). A l'appui de cette opération, le FAC a fourni 340 millions de FM (700.000 dollars) par an jusqu'en mars 1970. Cette somme a servi à financer l'assistance technique française, quelques camions utilisés pour la collecte de l'arachide, des bicyclettes pour les agents de vulgarisation maliens, des fongicides pour le traitement des semences, quelques outils agricoles et un réseau de communication par radio qui relie les techniciens entre eux. La rémunération du personnel étranger a représenté plus des deux tiers de la dépense. Le FAC a donné vingt camions pendant les deux premières années pour les besoins de lsopération et le Mali en a fourni sept. Le Mali a pris à sa charge la plupart des coûts locaux afférents à l'opération, y compris les salaires des ins- pecteurs de vulgarisation maliens et d'environ 250 agents de vulgarisa- tion ("les encadreurs") travaillant au niveau de l'exploitation. Le FED a débloqué des subventions pour les engrais employés pour l'arachide en 1969/70. Le Tableau 9 fait état de l'ensemble de l'assistance étrangère apportée à la campagne arachidière. 85. La zone d'action couverte par l'Opération s'est progressive- ment étendue. Elle comprenait au départ les Cercles de Koulikoro, Banamba, Kolokani et une partie du Cercle de Bamako, puis s'est étendue jusqu'à couvrir en 1968/69 la plus grande partie du Cercle de Kita. C'est la région où la culture de l'arachide est la plus concentrée; elle y couvre environ 53.000 hectares, soit 25% environ de la surface consacrée à cette culture dans l'ensemble du pays, pour une production de quelque 17.000 tonnes, soit approximativement 60% du volume total commercialisé en 1968/69. L'Opération doit être étendue dans les deux prochaines années aux Cercles de Bafoulabe et de Kita, d'où provient pour l'essentiel le reste des arachides commercialisées. 86. L'Opération Arachide s'est heurtée à de nombreuses diffi- cultés. Elle a débuté trop tard pour que son influence soit ressentie en 1967/68 qui a été, par ailleurs, une année désastreuse du point de Table 9 : FOREIGN SUBSIDIES TO G9OUNDNUT GR(GERS Tableau 9: SUBVENTIONS ETRANGERES AUX CULTIVATEURS D'ARACHIDES (MF million) (millions de FM) Description 1965-66 1966-67 1967-68 1968-69 1969-70 1970-71 FAC Total support to Operation Groundnuts/ Appui total l l'opération arachides 293 258 385 304 Of whi ch/dontt Extension service/ ? 328.5 304 Services de vulgarisation ? ? 328,5 304 Trucks for marketing/ Camions destines a la commercialisation 3h 3h 51 0 Farm equipment/ ? 5.5 0 Materiel agricole ? 5,5 0 Subsidy to farm equipment/ Subvention au titre du matériel agricole FED Total support to Operation Groundnuts/ 186 186 55.5 38 23 Appui total a l'Ope'ration arachides 186 186 55,5 38 23 Of which/dont: Extension service/ 91.5 91.5 - - - Services de vulgarisation Fertilizers/Engrais 59 59 33 38 23 Trucks for marketing/ 111.5 11.5 21 - - Camions destines a la commercialisation 11,5 11,5 21 - - Improved seed/ 2h.5 24.5 1.5 Semences amelirees 24,5 24,5 1,5 Impossible to determine since equipment was distributed through SCAER directly and not through Operation Groundnuts. Impossible a determiner du fait que Ie materiel a ete distribue directement par l'entremise de SCAER et non grace a l'intervention de l'Operation arachides. - 27 - vue climatique, en 1968/69, année où les coniCz:ons atmosphériques ont aussi été mauvaises, la vente d'une partie de la récolte à des négociants privés a masqué quelque peu les effets de l'opération et a réduit la rentabilité de ses investissements dans les opérations de commerciali- sation. 87. Il faudra quelque temps avant que l'on puisse mesurer l'effi- cacité de 1'Opération Arachide. Les ventes d'arachides devraient, semble-t-il, se redresser quelque peu par rapport aux bas niveaux qu'elles ont connus, à cause du prix plus élevé qui a été fixé par le gouvernement et de l'amélioration des conditions atmosphériques anormalement mauvaises qui ont sévi ces dernières années. Si cette éventualité se réalise, il restera néanmoins difficile de déterminer la part du redressement qui pourra être portée au crédit du programme de l'Opération. 88. Ce programme est concentré essentiellement sur (a) l'amé- lioration de la commercialisation, (b) la distribution de meilleures semences et (c) l'amélioration des méthodes culturales. Le programme de commercialisation 89. Avant le démarrage de l'Opération a.r:chide, la commercialisa- tion dans la zone était le monopole de la 30îIX qui opérait par l'inter- médiaire des 3LJA (3ociétés IIixtes de Développement Rural) et des coopé- ratives locales. Sous ce régime, les cultivateurs ont pati plusieurs fois de retards dans la commerci1lisation de leur récolte. C'est main- tenant le BDPA qui, en tant qu' organisme resposable de la gestion de 1'pération Arachide, se charge de collecter la récolte et de la livrer à la SC-IIE . -L 1967/68 elle -érait 250 centre d'achat. Ce changement a incontestablement aidé les agriculteurs, mais la collecte et le trans- port de la récolte se sont avérés extrêmement couteux à cause des faibles quantités d'arachides livrées dans chaque centre d'achat. Zn 1968/69, le nombre de centres d'achat a été réduit à 140; les 27 camions de l'Opéra- tion ont roulé sans interruption pendant trois mois, mais sont restés inutilisés le reste du temps. En raison des faibles quantités sur les- quelles ont porté les achats, le prix de revient du transport s'est élevé, lui aussi A un niveau prohibitif. Sans doute le BDPA estime -t -il qu'il peut abaisser les prix de revient jusqu'à 4 Fî/kg, mais c'est un prix qui est encore bien supérieur au 1,6 FM/kg que la SRIIEX affecte actuellement à la collecte et au transport. 90. Il est évident qu'il faut absolument trouver un moyen de fournir à meilleur compte aux planteurs drarachide une bonne organisa- tion commerciale. Se servir de camions uniquement pour transporter des arachides pendant trois mois de l'année n'est manifestement pas rentable. Il serait peut être beaucoup moins onéreux de passer des contrats avec des transporteurs privés. Il se peut, malgré tout, que l'on ne puisse pas éviter de perdre de l'argent sur la commercialisation tant que l'on ne sera pas parvenu à convaincre les cultivateurs de produire de plus - 28 - grande quantités pour la vente sur le marché. Il n'en serait pas moins souhaitable que l'on réexamine l'économaie du système de commercialisa- tion de l'oération Arachide. 91. Un facteur qui contribue a faire monter les prix de revient est l'état lamentable dans lequel se trouvent toutes les routes de la région. L'Opération a même essayé d'économiser de l'argent en se mettant à faire elle-même quelques petites réparations, mais elle n'est pas équipée pour accomplir cette tâche. On peut consulter ci-après une carte qui montre les routes dont la réfection est jugée essentielle par le BDP. Le coût des travaux de réfection nécessaires pourrait s'élever jusqu'à 800 millions de FH (1,6 millions de dollars). Semences sélectionnées 92. La qualité des graines d'arachide que semaient les cultiva- teurs maliens a beaucoup baissé pendant les premières années de l'indé- pendance du Mali. Avec la collaboration de l'IRHO (Institut de Recherche sur l'Huile et les Oléagineux), l'Opération Arachide a sélectionné et est en train de multiplier deux variétés améliorées qui sont très supé- rieures à celles que l'on séie actuellement. Dans les régions où les précipitations annuelles dépassent 1100 mm, on utilise la 48-37, mais elle sera bientôt remplacé par la 56-233; pour la région qui reçoit entre 700 mm et 1100 mm d'eau de pluie par an et qui est aussi la plus étendue, la variété la meilleure est encore la 28-206. L'emploi de ces deux variétés devrait accroître considérablement les rendements et li- miter les problèmes posés par la maladie de la rosette. 93. Le programme de multiplication des semences se déroule de manière satisfaisante, mais il est encore trop tât pour qu'il puisse donner des résultats tangibles. En 1968/69, 815 tonnes de semences sélectionnées ont été produites par des cultivateurs travaillant sous contrat. Le BDPAL en a vendu 477 tonnes, ce qui est assez pour ensemencer environ 4470 hectares, soit huit et demi pour cent de la surface plantée en arachides dans la zone. Le BDPA envisage de remplacer les semences tous les quatre ans. Les cultivateurs seront censés donner 15% de leur récolte en paiement de leurs semences, ce qui couvrira un peu plus de la moitié des frais du programme. Le faible montant que représentera la dépense nette occasionnée par ce programme devrait être extrêmement rentable. Amélioration des méthodes culturales 94. Les efforts accomplis dans ce domaine sont concentrés sur l'élévation des rendements. Le travail des agents de vulgarisation se fait en fonction de quatre thèmes principaux : (a) semailles précoces (b) densité supérieure des semis, (c) désinfection des semences et (d) utilisation d'engrais. Les experts du BDPA et de l'IPEO espèrent parvenir, - 29 - gâceà cette formule, f faire adopter ces méthodes qui feraient passer les rendements moyens de leur bas niveau actuel (o,5 tonne/ha d'arachides coques) à 1,7 tonne/ha. Quelques-uns des meilleurs producteurs obtiennent à présent 2 tonnes/ha. 9 Il convient de remarquer que, tout en étant considérable, l'amélioration que l'on peut attendre de cette formule, est sans commiune mesure avec celle que permet d'obtenir la formule utilisée pour le coton par la CFDT. Les meilleurs rendements qu'obtiennent à présent les culti- vateurs de coton sont 16 fois plus élevés que ceux que donnent les métho- des traditionnelles et 8 fois supérieurs à la moyenne nationale actuelle; pour l'arachide, les meilleurs rendements sont quatre fois plus élevés que la moyenne nationale obtenue par des techniques traditionnelles. (a) Les semailles précoces ont un avantage important et évident. Eles augmenteraient les rendements et permettraient de laisser les noix dans le sol jusqu'à maturité, ce qui élèverait leur teneur en huile. Cepen- dant les impératifs de travail liés à ces semailles entreraient en conflit avec ceux de la culture du sorgho et du mil. L'expérience a montré que les cultivateurs ne veulent pas risquer de compromettre leur culture de base pour de l'arachide; c'est un fait que l'Opération Arachide a reconnu et accepté. 96. La réponse de l'Opération à ce problème consiste à persuader les cultivateurs de planter leur sorgho avant les prenières pluies. Il y a normalement plusieurs raisons pour ne pas le faire. Bien que le sol soit dur avant les pluies, on peut se passer du labourage préparatoire - qui est de toute manière rudimentaire dans la plupart des cas - et introduire les graines de sorgho dans des trous faits avec un baton. Toutefois, tant que les Graines restent enfouics dans le sol sans avoir germé, elles sont exposées aux attaques des oise;ux et des rongeurs et, à la première pluie lé,ère, elles risquent de pourrir. On s'efforce de combattre ces risques en traitant les semences avec une préparation qui est à la fois un fongicide et un produit qui écarte les animaux nuisibles. Cependant, les graines ont tendance .1 ermer aussitôât qprès les premières pluies et, s'il ne pleut plus ensuite, ce qui n'est pas rare au début de la saison des pluies, les jeunes plants dépérissent et il devient nécessaire de faire de nouveaux seitLs. Iême si ce n'est pas un très gros travail et si les cultivateurs sont parfois obligés de le faire dans les conditions actuelles, l'effet des semailles précoces s'en trouve annulé et l'incertitude s'accrort d'obtenir un bon rendement. Quoi qu'il en soit, pour le moment, peu de cultivateurs ont adopté la pratique consistant à semer leur sorgho et leur mil avant les pluies afin de pouvoir semer plus tôt leurs arachides. (b) L'augmntation de la densité c'es semis s'est avérée elle aussi difficile à obtenir. Les cultivateurs ont tendance à user de leurs semences avec parcimonie et continuent à ne pas comprendre la nécessité d'utiliser le sol de manière plus intensive. Une plus grande densité des semis permet pourtant de réduire sensiblement la besogne du sarclage et son intérêt peut apparaître beaucoup plus nettement lorsqu'on utilise davantage d'engrais. - 30 - (c) La désinfection des semences nécessite l'application de 200 g de fongicide à la quantite de semences (100 kg) préconisée pour l'ensemencement d'un-hectare d'arachides. Le prix de revient de l'opé- ration est de 150 M. Son effet sur les rendements est, semble-t-il, très variable. Il peut atteindre 30a dans une année très humide et être négligeable d'autres années. Le BDPA de Paris a calculé que l'uti- lisation de fongicides augmente en moyenne les rendements de 6%. 97. En 1968/69, l'Opération a vendu 10.418 paquets de fongicide, dont chacun était suffisant pour traiter les graines semées sur un hectare. Convenablement utilisée, cette quantité aurait dû être suffi- sante pour couvrir 20i de la superficie plantée en arachides dans la zone. 98. Si le rendement moyen augmentait effectivement de 6%, la production supplémentaire serait de 30 kilos à l'hectare et vaudrait 720 FI au prix ancien et 900 Fi au nouveau prix. Comme la plupart des familles cultivent, semble-t-il, à peu près un demi hectare d'arachide, leur revenu net, déduction faite du prix de revient du produit fongicide et sans compter le travail pratiquement négligeable que nécessite le traitement des semences, serait de 375 Mi. Il est peu probable que les cultivateurs puissent attribuer au traitement des semences un si modeste accroissement du rendement et de leur revenu, accroissement qui est très inférieur à l'amplitude des fluctuations dues aux conditions atmosphéri- ques. Cependant, s'il s'avère que la désinfection offre une protection réelle contre une chute de production de 25 dans les années humides, les cultivateurs pourraient en reconnaître et en apprécier les résultats. 99 Coïame il a déjà été indiqué, on a également distribué des fongicides aux cultivateurs pour le traitement du sorgho et du mil afin d'essayer de les persuader d'avancer la date des semailles de ces cultures. Les trente grraes de fongicide qu'exge le traitement des 12 kg de semences nécessaires pour planter un hectare de sorgho ou de mil cotent 50 Zîll au cultivateur. En 1968/69, on a distribué 11.400 paquets de 30 grammes. Les effets sur les rendements ne semblent pas avoir été établis de manière concluante. Lorsque le cultivateur sime avant les pluies, le prix de revient du fongicide risque d'être nettement supérieur à 50 FI par hectare car il est presque certain d'être obligé de faire au moins un deuxième semis. Il semble bien que la plupart des cultivateurs qui utilisent actuellement des fongicides ne sèment pas avant les pluies. (d) LlOpération Arachide recommande l'application de 100 kg d'engrais (6N-20P-10S) à l'hectare. L'accroissement de production qui en résulte varie considérablement selon les conditions, mais le BDPA estime qu'il est en moyenne de 300 kg d'arachides coques à l'hectare. A l'ancien prix à la production de 24 MI/kg, cette production supplémen- taire avait une valeur de 7200 Ei; au nouveau prix, elle vaut 9000 i. - 31 - Le cultivateur paie pour l'engrais un prix subventionné qui est de 3200 FM, ce qui laisse théoriquement un gain net de 4000 FM à l'ancien prix de l'arachide et de 5800 FMl au prix nouveau. Toutefois, si on lui demandait de payer le prix intégral de l'engrais, son bénéfice net à l'hectare s'abaisserait à 1100 FM11 dans le premier cas et à 2900 FM dans le second. Si ltépandage de ltengrais coite au cultivateur trois journées du travail d'un homme, la rétribution de son travail quotidien sera la suivante en combinant deux hypothèses distinctes quant au prix de revient de l'engrais et au prix de vente des arachides : Prix de revient de l'engrais Prix de vente des Prix de vente des arachides: 24 F-i/kg arachides :30 Fli/kg 32 F/kg (subventionné) 1.333 1.933 61 Fil/kg (non subventionné) 367 967 -eme les plus faibles de ces rétributions dépassent largement les salaires courants de la raicin d'oeuvre agricole et paraissent notamment très inté- ressants au nouveau prix des arachides. En outre, ltaccroissement poten- tiel des rendements en arachide associé aux effets résiduels sur le sorgho et le mil cultivés l'année suivante sont suffisamment frappants pour être perçus par les cultivateurs. 100. Si l'utilisation d'engrais dans la culture de l'arachide n'est pas aussi rentable que dans celle du coton, son intérêt apparaît néanmoins incontestable. Ceci peut expliquer que l'on ait si bien réussi dans un laps de temps relativement court à convaincre bon nombre de cultivateurs d'utiliser des engrais. En 1968/69, on a vendu 485 tonnes d'engrais, soit une quantité suffisante pour traiter 4850 ha représentant 9% de la super- ficie plantée en arachide dans la zone. 101. Cependant, dans la pratique, les résultats n'ont pas été à la hauteur des espérances, en grande partie parce que les variations pluviométriques influent sur les augmentations de rendement qui peuvent être théoriquement obtenues et parce que l'élévation des rendements est également fonction de ltadoption de meilleures méthodes culturales. En 1968, les pluies ont été particulièrement irré6ulières et de nombreux cultivateurs n' ont pas obtenu les 300 kg de reidement supplémentaire sur lesquels ils avaient compté, ce qui leur a occasionné des pertes. Par ailleurs, si l'usage dcs engrais ne s'aýccomiparne pas de semis denses il a tendance a provoquer la proliféra.ttion de mauvaises herbes au lieu d'accroître les rendements. Les responsables de l'Opération reconnaissent - 32 - que de nombreux cultivateurs sont déçus par les résultats donnés par l'application d'engrais. Ils envisagent maintenant de concentrer leurs efforts sur les autres directives, qui n'entraînent que de faibles dépenses en capital, et de ne recommander l'emploi des engrais que lorsqu'ils sont certains que les autres directives sont suivies. Décorticage des arachides à la ferme 102. En dehors des pratiques qui viennent d'être sommairement décrites, l'Opération Arachide a cherché, à ses débuts, à encourager le décorticage des arachides à la ferme. En 1967 et au début de 1968, le SCAER a vendu 200 décortiqueuses, c'est à dire toutes celles qu'il avait achetées à l'origine. 4ais la SOMIEX intervint pour faire cesser ce programme car il compromettait la rentabilité de ses propres opéra- tions de décorticage. 103. Le BDPA estime que l'écossage des arachides à la ferme est avantageux. Si, une fois réexaminée, cette opinion s'avérait exacte, il faudrait obliger la 'O0IEE à réduire ses opérations de décorticage. 10h. Aux prix pratiqués en 1968/69, le décorticage des arachides à la ferme sembl.it offrir une petite rétribution pour le travail qu'il demandait, à condition que les arachides fussent de bonne qualité. Un kilo de bonnes arachides, valant à l'époque 24 FM, pouvait donner 0,66 kg de noix représentant, au prix de 42 F'/kg, une valeur de 27,8 FM. Mais si les arachides contiennent beaucoup de coques vides ou de noix véreuses, le rendement est très inférieur. En mettant l'accent sur le décorticage à la ferme, on pourrait, en fait, forcer les cultivateurs à améliorer la qualité de leur production, objectif d'importance pour l'expansion des exportations et pour 1'amélioration du rendement de l' opération de transformation de la SEPUM. Le prix que les acheteurs paient maintenant aux cultivateurs pour les noix coques est le même quelle qu'en soit la qualité. Si le décorticage se faisait à l'exploitation, les cultivateurs seraient payés en fonction du rendement réel en noix. Appréciation des résultats de l'Opération 105. Il est nettement trop t8t pour porter un jugement sur la ren- tabilité de l'Opération Arachide, qui n'a fonctionné que pendant deux campagnes complétes. La première campagne a été consacrée en grande partie à l'organisation et à d'autres travaux préparatoires. Pendant ces deux campagnes les conditions atmosphériques ont été défavorables. En 1968/69, le volume d'arachides commercialisé tant par les canaux officiels que par 13s autres filières a peut-être augmenté mais il est difficile de déterminer dans quelle mesure l'augmentation en question est due à l'Opération Arachide et dans quelle mesure elle doit être attribuée à la hausse des prix à' la production et à l'accroissement du nombre de - 33 - biens de consommation offerts aux cultivateurs. Dans l'ensemble, les effets heureux du programme ne sont pas faciles à discerner, mais on au- rait probablement abouti à une conclusion analogue à propos du programme cotonnier de la CFDT si on l'avait jugé quelques années après sa mise en route. 106. Le programme a réussi à obtenir l'assistance du FAC et du FED et a été à l'origine d'une expansion considérable des efforts de vulga- risation déployés par le iali lui-mêMe dans la zone de l'arachide. Les subventions apportées respectivement aux engratis par le FD et au maté- riel agricole par le FAC ont, sans aucun doute, été utiles aux cultiva- teurs, tant pour leurs arachides que pour leurs autres cultures. 107. Les effets limités de l'Opération sont révélés par les diffi- cultés qui ont été rencontrées pour percevoir le remboursement des crédits accordés pour les besoins du programme. Sur les 8 millions de FM de cré- dits qui ont été octroyés aux planteurs d'arachides au cours des deux premières années, un tiers n'a pas été remboursé. Ce résultat, guère brillant en comparaison de celui qu'a obtenu le crédit cotonnier, est sans doute diî en partie à la déception des cultivateurs quant aux faibles répercussions sur leurs revenus de l'utilisation de facteurs de produc- tion. Dans la pratique, il est incontestablement beaucoup plus dif.ficile de récupérer les crédits accordés pour la culture des arachides, car il est malaisé de canaliser leur commercialisation à travers un organisme unique qui peut déduire les remboursements des recettes de la vente. III. Perspectives 108. Aux prix qui seront payés aux cultivateurs à partir de la fin de 1969, le Mali sera encore en mesure de retirer un bénéfice de la vente des arachides décortiquées sur le marché mondial. Cependant si le cours mondial stabaisse comme il est prévu, la taxe que le gouvernement pourra prélever sur ces exportations deviendra négligeable. 10. Si. lthuilerie de la SEPUi fonctionne à pleine capacité, comme ce sera peut-être le cas en 1969/70, elle devrait produire près de 10.000 tonnes d'huile brute, soit 7000 à 7500 tonnes de plus que la con- sommation du marché iritérieur malien. Si les cours mondiaux se maintien- nent au voisinaL;e du niveau actuel, les exportations d'huile d'arachide ne seront rentables gu_ si l'on peut faire quelque bénéfice sur la vente des tourteaux et si les rendements en huile sont au moins de 40%. De nombreux experts Plévoient un fléchissement des prix des huiles végétales vers le milieu de la prochaine dcennie. 110. Un -autre facteur, la propagation de la moisissure Astrologis, est une menace pour les exportations de produits CI base d'arachide. Cette moisissure, qui attaque les arachides après la récolte, notamment dans les conditions d'entreposage défectueuses qui sont iaonnaie courante au Mali, secrète de l'aflatoxine, laquelle est mortelle à très petite dose pour la - 34 - volaille, et à doses légèrement plus fortes pour le bétail et les êtres humains. Les acheteurs internationaux d'arachides et de tourteaux d'ara- chide sont maintenant mieux armés pour détecter l'aflatoxine. Les prix des arachides maliennes risquent donc fort de baisser et surtout ceux des tourteaux qui sont le plus gravement contaminés. La facteur "afla- toxine" explique probablement le fait que les tourteaux que le Mali a exportés en 1967/68 et 1968/69 n'ont pu l'être qu'à un prix bien inférieur au cours mondial. ill. D'autres fléaux posent aussi des problèmes de plus en plus graves. Les tarets et d'autres insectes détruisent après la récolte une partie appr6ciable des arachides comearcialisées. Alors que la transfor- mation d'arachides de bonne qualité doit normalement pouvoir donner 40O d'huile et 55- de tourteaux, l'aissant 5, de déchet, l'huilerie de Koulikoro a obtenu en 1967/68 3l1, d'huile, 46, de tourteaux et 22,5 de déchet. La faible teneur en huile était due en partie à une récolte trop précoce, mais la proportion trop forte de déchet venait non pas d'un pressage défectueux mais des dégCts causés par les insectes et des impuretés qu'ils u%vaient introduites dans les arachides. On ne saurait tirer un bénéfice de l'exportation d'arachides qui sont ache- tées 30 17I le kilo au cultivateur si elles sont d'aussi mauvaise qua- lité et sont abimées à ce point par les insectes avant la transforma- tion. Il est capital d'entreprendre d'urgence des recherches sur les moyens de venir à bout de ces problèmes. 112. Si ces -Problèmes qui gênent la commercialisation peuvent être surmontés, il semble que l'on puisse raisonnablement espérer redres- ser la production et les ventes, au moins jusqu'aux niveaux qu'elles atteignaient nagu3re. Il n'y a pas si longtemps, en 1963/64, les culti- vateurs maliens avaient vendu 75.000 tonnes d'arachides coques à des prix plus bas que ceux qui leur seront payés l'année prochaine. Lo volume d'arachides commercialisé n' est tombé que lorsque les biens que les cultivateurs pouvaient acheter se sont faits vraiiient rares. A la fin des années 50, ils vendaient près de 100.000 tonnes à des prix qui, actualisés, n'étaient pas plus élevés que ceux de 1969/70. Toutefois, leurs bénéfices étaient toujours marginaux et bien des cultivateurs réduisirent leur production ou cessèrent de produire lorsque les termes de l' échange furent devenus tels que la culture de l'arachide était moins intéressante, surtout en ccmparaison de l'argent qu'on pouvait gagner en quittant la terre pour chercher un travail salarié. Maintenant que les biens de consormation sont de nouveau offerts en quantité suffi- sante et que le prix de l'arachide est relativement intéressant, on devrait, en principe, pouvoir obtenir une production plus élevée, même avec des méthodes de culture traditionnelles et indépendamment de l'adop- tion des pratiques que l'Opération Arachide s'est efforcée de répandre. 113. En créant des centres d'achat où les cultivateurs peuvent vendre leur production à prix fixes, l'Opération Arachide fournit iun service utile. Cependant, comme on l'a déjà relevé, les prix de revient de la collecte et du transport sont beaucoup trop élevés et il importe de trouver des moyens qui permettent à ces opérations de se passer de subventions. La nécessité de se servir du réseau de commercialisation - 35 - comme d'un moyen de récupérer les crédits qui ont été accordés pour la culture de l'arachide devrait pouvoir 6tre conciliée avec un système dans lequel le transport des arachides serait confié par contrats à des entreprises de transport routier privées. Il est beaucoup plus facile à ces dernières qu'au gouvernement d'utiliser leurs camions toute l'année dans de bonnes conditions de rentabilité. 1114. Dien qu'il soit peu onéreux et relativement efficace d'uti- iser des semences sélectionnées, les efforts déployés par l'Opération Arachide pour inciter les cultivateurs d'arachides à passer de la cul- ture extensive à% la culture intensive en sont encore au stade expéri- mental et l'on ne saurait les juger sans tenir compte de ce trait. Il pourrait s'avérer nécessaire d'abandonner quelques-unes des pratiques que le BDPA s'efforce actuellement de faire adopter ou de leur donner moins d'importance, comme cela s'est passé dans le cas du prograimme de la CFDT après quelques années d'expérience. Ainsi, des obstacles socio- économiques font qu'il est peu probable que les agriculteurs se mettent à semer leurs cultures vivrières essentielles avnt la saison des pluies. Il y a actuellement une tendance heureuse A concentrer les efforts sur des innovations qui peuvent se faire 'à peu de frais et ne demandent pas beaucoup de travail supplémentaire. L'usage des engrais ne se répandra probablement pas avant que les cultivateurs utilisent des semences sélectionnées, plantent l'arachide aussitÔt qu'ils le pourront et accep- tent de faire des semis plus denses. 115. Etant donné que l'avancement de la date des semailles est l'une des clés du problème de l'amélioration des rendements, et comme il paraÎt improbable (et peut-être même peu souhaitable) que les cul- tivateurs changent leur manière de semer leur sorgho et leur mil, la solution consiste, semble-t-il, à réduire la durée des semailles et du sarclage du sorgho et du mil et celle des semailles de l'arachide. Les cultivateurs sénégalais ont accru l-'efficacité de leur travail à% l'épo- que où elle est d'une importance capitale - celle des premières pluies - en se servant de semoirs et de charrues. Bien que l'on ait déjà essayé, sans grand succès, de vendre des semoirs au Iali, les avantages que l'on peut espérer retirer de cet instiiment sont tels qu'ils justifient de nouvelles tentatives pour le faire adopter en tant que moyen de parvenir à planter plus tôt les arachides. Arachides et coton 116. Nous avons dit précédemment a% propos du coton qu'on pourrait aussi le cultiver dans la zone actuellement occupée par l'arachide. Cela risquerait, certes, de diminuer dans une certaine mesure l'attrait de la culture de llarachide et l'intérêt pour les méthodes préconisées par l'Opération Arachide, mais la culture de ces deux denrées en assolement présente des avantages du point dc vue agronomique. Ces avantages sont rehaussés par le fait que la culture de l'arachide est devenue plus - 36 - intéressa.nte maintenant que le pri- à la production a été porté à 30 K4/kg. 1n outre, l'usage plus répandu de la charrue et d'autres instruments à traction animale peut permettre :ux cultivateurs de travailler des superficies plus étendues et d'accroître leur produc- tion des deux denrées, nota-ment si d'autres 1acteurs de production à fort rendement sont adoptés simultanément. Si l'on réussissait à pro- mouvoir l'expansion simultanée du coton et de l'arachide il serait possible de faire des économies substantielles sur les dépenses de vulgarisation et de commercialisation et sur les fournitures agricoles; il deviendrait également plus rentable d'améliorer les routes rurales. 117. Il ne faut pas oublier pour autant que l'exportation du coton, acheté .2 Fil/kg, est plus rentable pour le Mali que celle des arachides achetées 30 Fî-/kg, du moins dans les conditions actuelles du marché. Pendant les quelques années à venir, le coton sera probablement capable de supporter le prélèvement d'une taxe 1 l'exportation plus élevée que celle qui pourra ^tre percue sur les arachides, ce qui est un avantage considérable pour un gouvernement assailli par autant de problèmes budgétaires que celui du Âali. kassi, si les cultivateurs se montraient disposés à abandonner dans une certaine mesure l'arachide pour le coton, il serait manifestement dans l'intérêt du Mali de les laisser faire. - 37 - LE RIZ 118. Le Halî est un assez gros producteur de riz. On ne dispose pas de statistiques dignes de foi sur le volume de la production. Bien que certaines évaluations de la production annuelle fassent état de chiffres atteignant 180.000 a 200.000 tonnes de paddy, des indications que l'on a tirées de recensements agricoles par sondage étalés sur un certain nombre d'années et qui ont été pondérées pour les régions qui n'ont pas été touchées par ces sondages, donnent à penser que la produc- tion est plus vraisemblablement de l'ordre de 160.000 tonnes. Elle paraît être restée stationnaire à ce niveau depuis le début des années cinquante. Entre-temps, la consammation de riz s'est développée dans les régions urbaines au détriment du sorgho, en grande partie aà cause du controle des prix exercé par le gouvernement, si bien que le Hali, qui était jadis exportateur de riz, a maintenant du mal à satisfaire ses propres besoins. a 1965/66, il a fallu pour la première fois importer du riz et en 1969/70, à la suite d'une récolte particulièrement mauvaise, on est allé jusqu'aà prendre les mesures nécessaires pour importer 20.000 tonnes de riz représentant au total une dépense de 1,67 milliard de M (3,4 millions de dollars). 119. Les trois quarts environ de la production de riz sont consommés par les producteurs, presque entièrement sous forme de riz mi-cuit préparé par les femmes qui vendent dans les marchés locaux les faibles quantités qui ne sont pas absorbées par la consommation fami- liale. La plus grande partie du riz vendu dans les centres urbains est du riz blanc décortiqué. Les prix sont fixés officiellement pour chaque catégorie et à tous les niveaux, du prix de vente à la ferme au prix de détail; l'achat et la vente du riz sont entre les mains de l'OPAI, qui est l'org.anisme officiel chargé d'organiser la commercia- lisation. Jusou'à une époque récente, les prix officiels n'offraient guère de stimulants et encourageaient la vente au marché noir de quan- tités importantes de riz. A la suite de la dissolution de l'union douanière avec le énégal, pars où le 1ali vendait auparavant ses excédents de riz, le prix du paddy blanc fut réduit de 25 avec l'in- tention manifeste de maintenir le riz malien compétitif sur les marchés d'exportation. Puis, dans les cinq arées qui suivirent, le prix à la production passa progressivement de 8 Fi le kilo à 12,50 FM en 1964/65 et à 16 FI en 1966/67. Après la dévaluation de 50,' que subit le franc malien en 1967, le prix ne fut augmenté que de 2 FI pour être fixé à 18 FI. Une consommation croissante et une production stagnante stimu- lèrent le développement d'un marché noir fort actif. ai 1968, par exemple, le prix du paddy au marché noir à Ségou était d'environ 30 à 35 FMI le kilo. Les prix plus élevés du paddy dans les pays voisins - prix variant entre quelque 33 FM en Gambie et 42 Fm au Sénégal - ont également encouragé la contrebande, que seule a limité la distance qui sépare les marchés de ces pays des régions productrices du îIali. Pour tenter de stimuler davantage la production et de décourager le march6 noir, le gouvernement a finalement augmenté le prix à la production du paddy blanc, qui a été fixé à 2h FM à la fin mai 1969. - 38 - 120. Le riz est cultivé dans les conditions les plus diverses. On cultive des quantités relativement faibles de riz non irrigué dans les zones de fortes précipitations (1.000 mi et au-dessus) de la Haute vallée du liger et de la région de dikasso, ainsi que sur les terres basses himides mais non inondées et dans les lits de certains cours d'eau. Plus de la moitié du riz est cultivé dans les régions du Delta central, qui sont recouvertes chaque aiMée d'une hauteur d'eau pouvant atteindre deux mètres par les crues du 'iger et du Bani; ce riz est du type dit "flottant" ou "semi-flottant", dont le rondement moyen est de 600 kg de paddy à l'hectare et peuu atteindre parfois 800 à 900 kg. Le restant est produit (a) sur quelque 65.000 hectares que couvrent les polders que l'on a aménagés pour régulariser au moins partiellement les eaux; le riz que l'on y cultive va du riz irrigué ordinaire à des variétés "flottantes" et "semi-flottantes" qui donnent en moyenne une tonne à l'hectare, et (b) dans la région irriguée de l'Office du Niger, ou quelque 45.000 tonnes sont produites sur 30.000 hectares moyennant des rendements qui, d'environ 2 tonnes à l'hectare, se sont abaissés progressivement à 1,5 tonne. 121. Dans les plaines d'inondation du Delta central, on cultive des variétés indigènes de riz, dont l'espèce principale est l'Oryza glaberimma; le paddy "rouge" qu'elle produit est encore celui que préfèrent bien des consoaateurs en dépit de rendements relativement bas. Dans la région de l'Office du Niger et dans les polders, on cultive des variétés asiatiques (Oryza sativa), dont les rendements sont plus élevés et qui réagissent mieux à la sélection. Ces régions sont cependant périodiquement menacées par des invasions de variétés fort vivaces de riz indigène dites "riz sauva,.e" que leurs rhizomes rendent très difficiles à arracher. Il senble que le seul moyen effi- cace de combattre ces invasions consiste à faire des labours profonds au tracteur pour exposer ensuite les racines au soleil, mais ce travail revient environ à 20.000 7I (40 dollars) à 1'hectare. 122. Depuis l'indépendance, les efforts du gouvernement en vue d'augmenter la production de riz se sont surtout orientés vers l'aména- gement de polders munis de digues et de canair: permettant de résister aux inondations et de régulariser le niveau des eaux sur les surfaces qu'ils couvrent. Les aménagements de ce genre ont pu être faits moyen- nant des investissements considérablement plus faibles que ceux qu'au- raient exigés des projets d'irrigation permettant une régulation absolue du niveau des eaux. La superficie que l'on a aménagée en polders ou qui est en cours d'aménagement couvre à peu près 100.000 hectares. Tou- tefois, une proportion considérable des polders qui existaient déjà n'a jamais été mise en culture. C'est ainsi qu'en 1968, sur les 57.000 hectares de polders Ce la région de Ségou-liopti, 29.500 hectares seule- ment ont été cultivés et 18.150 hectares ont été moissonnés. Diverses raisons sont à l'origine de ces mauvais résultats. Certains polders ont été conçus trop rapidement, en l'absence des données topographiques et hydrologiques nécessairss, si bien que le contrôle du niveau des eaux s'est avéré extrêmement défectueux. Dans l'un de ces polders au moins, l' exploitation a été empêchée par des querelles interminables à propos des droits de propriété. Dans d'autres, une partie seulement de la - 39 - surface disponible a été plantée en riz parce que les agriculteurs n'avaient pas l'habitude de cultiver le riz et qu'ils se satisfaisaient des autres cultures qui les occupiient déjà, comme le coton, le mai:s ou les légumes. Le manque de services de vulgarisation efficaces capa- bles de donner des conseils aux cultivateurs sur les problèmes de lutte contre les inondations et les moyens d'améliorer leurs méthodes cultu- rales s'est avéré être une autre entrave sérieuse. Aussi les prévisions selon lesquelles il serait possible, moyennant l'emploi de quantités modestes d'engrais,' d'atteindre des rendements moyens de 1,8 tonne à l'hectare ont été bien loin de se réaliser. 123. Depuis 1965, une équipe de la FAO, financée par le PNUD, travaille dans la région de Ségou-Iopti à un programme visant à amélio- rer les polders existants et à en aménager d'autres, à mettre au point des méthodes efficaces permettant une culture plus intensive du riz et de former, dans un centre nouvellement créé à Dioro, des agents de vulgarisation spécialisés dans le riz. En s'appuyant essentiellement sur les travaux de cette équipe, le gouvernement a lancé en 1969 une entreprise de vulgarisation désignée sous le nom d'Opération iz et utilisant du personnel formé à Dioro. L'Opération doit permettre d'affecter un moniteur de la vulgarisation et deux agents de vulga- risation travaillant au niveau de l'exploitation à chaque tranche de 1.000 hectares cultivés en riz dans les polders. Notamment, ce service de vulgarisation distribuera des semences améliorées et sélectionnées, encouragera l'utilisation d'erErais et de fongicides, travaillera à répandre l'usage de la traction animale et l'adoption de batteuses mécaniques et aidera enfin à administrer les crédits et à améliorer la commercialisation. Selon le plan prévu, la superficie couverte par les activités de vulgaIrisation devrait passer progressivement d'une super- ficie initiale de 21.500 hectares en 1969 à 69.000 hectares en 1972. Malheureusement, les ressources budgétaires du gouvernement étaient si limitées qu'il n'a pu débloquer que 15 millions de F (30.000 dollars) pour la première année, somme sans comunme mesure avec les besoins. Par la suite le FAYC a consenti à couvrir une partie des frais. 124. Les travaux de l'équipe de la FAO, qui doivent normalement s'achever vers le milieu de 1970, ont aussi fourni les bases qui ont penis aux membres de la Iission permanente de la BIRD à Abidjan de définir un projet rizicole. Ce projet, tel qu'il a été provisoirement défini, consisterait (a) à aménager dans la région de Mopti quatre nouveaux polders couvrant une surface de 23.000 hectares, dont le prix de revient est évalué à 3.000.000 dollars, (b) à doter tous les polders de la région H-lopti-Ségou (environ 70.000 hectares) d'un service de vulgarisation qui coiterait, pour six ans, quelque 3,8 millions de dollars et (c) à fournir un crédit agricole de 1 million à 1,5 million de dollars destiné à financer l'achat d'engrais, de betes de trait, de charrues et de batteuses. L'équipe de la FAO doit avoir terminé les plans techniques détaillés de l'aménagement de trois polders dans le courant de la première moitié de 1970 et l'on pense que le FAC financera - 40 - les études techniques relatives au quatrième ainsi que l' étude de justification éconcmique concernant l'ensemble du projet. L'accroissement de production total que l'on attend de ce projet a été fixé en prei.re approximation à 78.000 ton- nes de paddy, sur lesquelles 24.000 tonnes environ proviendraient de l'extension de la surface cultivée et de l'accroissement des rendements dans les quatre polders mentionnés plus haut, le restant étant le produit de progrès analogues réalisés sous l'impulsion des services de vulgarisation dans les polders déjà aménagés et avec le concours financier du FED, du FAC et du gouvernement malien. 125. Les dépenses et les bénéfices afférents à ce projet méritent des vérifications détaillées. Il se peut que le montant des crédits nécessaires pour l'achat des boeufs et des charrues soit moindre que prévu , car certains sondages qui ont déjà été faits donnent à penser que les cultivateurs qui vivent dans le voisinage immédiat des polders et sont susceptibles de se voir allouer des parcelles de rizière,possèdent déjà un nombre considérable de charrues et de boeufs. Il faudra s'assurer très soigneusement que la surface des parcelles allouées à chaque famille dans le cadre de l'extension de la superficie cultivée n'excède pas celle qui peut être exploitée de façon extensive (environ 3 hectares par travailleur actif). Il faudra aussi faire le compte des familles de cultiva- teurs qui peuvent être installées sur les nouvelles terres mises en culture. La capacité des rizeries déjà en service paraît plus que suffisante pour traiter la production supplémentaire qui sera disponible à la vente, mais il faudra peut-être examiner leur état de marche afin de déterminer les dépenses qui seront nécessai- res pour assurer leur entretien régulier et pour remplacer une partie de l'équi- pement. En tout état de cause, on devra tenir ccmpte du fait que jusqu'ici, le décorticage artisanal du riz avec précuisson a été dans le temps, à même de concurrencer efficacement le décorticage industriel et a donné en produit, des résultats qui sont nutritionnellement supérieurs au riz de traitement industri.el. A l'avenir, on devra apporter une considération particulière aux rôles respectifs (i) du décorticage artisanal avec précuisson, (ii) du décorticage industriel, et (iii) du décorticage à l'aide de petits appareils portatifs type japonais ou chinois. 126. La région de iopti est sans aucun doute celle qui convient le mieux à ltexpansion de la production de riz. Les conditions écologiques sont des plus favorables et le niveau des crues, moins élevé qu'il ne l'est en amont, permet de construire les digues à moindres frais. Les cultivateurs sont familiarisés avec la culture du riz et ne pratiquent aucune autre cul- ture de rapport qui puisse faire concurrence au riz. 127. Toute production supplémentaire devra avant tout être employée à satisfaire la consommation croissante du Aali, qui a toutes chances d'être de l'ordre de 200.000 à 225.000 tonnes de paddy en 1975. Il reste encore à voir si le nouveau prix à la production de 24 Fl pour le paddy blanc sera suffisant pour faire naÎtre cette production supplé- mentaire, encore qu'il soit permis de penser que ce prix constituera un stimulant suffisant au moins dans la région où il n'existe pas d'autre culture de rapport susceptible de concurrencer le riz. Il paraît douteux que le prix-producteur du riz puisse être encore augmenté si le iMali veut -41 - garder la possibilité de faire concurrence au riz d'Extrae-Orient sur les marchés d'importation d'Afrique occidentale. L'actuel prix à la production permettrait, compte tenu des fr,is de décorticage, de trans- port et de manutention, de livrer le riz décortiqué à Dakar à un prix de quelques 150 dollars la tonne. Ce prix paraÎt compétitif par rapport aux importations d'autres provenances, mais les cours mondiaux ont de fortes chances de s'abaisser sensiblement dans l'avenir. Aussi, bien que le ili réunisse les conditions nécessaires pour développer sa production au-delà de ses propres besoins, il risque de n'être capable de commercialiser un excédent éventuel qu'à condition de réussir à améliorer encore davantage les rendements afin de réduire les col^ts de production. - 42 - DIVERSIFICATIO PAR D'AUTiMs 'TJLTUMES 128. Un certain nombre de cultures nouvelles qui ont récement été développées, ou sont en cours de développement, contribuent dans une modeste mesure à la diversification de l'agriculture. On relève parmi elles la canne à sucre, les légumes "européens", la mangue et le cajou, le thé, le dah, le tabac et l'essence d'orange. La canne à sucre 129. La plus importante des cultures nouvelles est celle de la canne a sucre irriguée produite à l'Office du Niger. L'office a aménagé spécialement une nouvelle aire de 1.800 hectares de super- ficie dont 1.200 hectares sent perpétuellement plantés en canne tandis que 600 restent en jachère. La production a cammencé en 1966/67 avec 2.650 tonnes de sucre et a atteint 6.200 tonnes en 1968/69. L'Office espère augnenter la production jusqu'à 8.000 tonnes en 1969/70, ce qui entraînerait un allongement considérable de la sai- son de broyage puisque la sucrerie ne peut broyer que 400 tonnes par jour. 130. C'est la Chine populaire qui a assuré le financement et l'assistance technique de l'opération. Bien que l'IAT (Institut de Recherche de l'Agronomie Tropicale) ait poursuivi jusqu'en 1968 des recherches sur les variétés de canne et l'agronomie de cette culture, les techniciens chinois ont généralement employé leurs propres varié- tés et leurs propres techniques. L'usage massif d'engrais (330 kg d'urée et 50 kg de superphosphate à l'hectare) est indispensable. Nombre d' opérations sont mécanisées, mais la coupe se fait à la main. On brule maintenant la canne pour faciliter sa coupe et sa manipula- tion. Un travailleur coupe en moyenne de 800 à 1.00 kg de canne par jour. L'exploitation a été gênée à ses débuts par les dégâts causés par les rats et par l'impossibilité de drainer convenablement les champs de canne pendant les trois semaines qui précàdent la coupe. Ces deux problâmes sont désormais "maitrisés", mais les rendements semblent encore se ressentir de leurs effets. 131. Pendant les deux premières années, les rendements ont été de 5,5 tonnes de sucre à l'hectare (une tonne de canne donne de 10,2, à 10,5' de sucre); en 1968, les fournitures d'engrais sont arrivées à temps pour la première fois, ce qui a peimis d'élever le rendement jusqu'à 6,5 tonnes a l'hectare. Cependant ces rendements sont encore bas, représentant à peine la moitié de ceux qui ont été obtenus, par exemple, à %ichard Toll au jéné,al. - 43 - 132. 3elon l'Office, le coût de production du sucre raffine revient à 95 Fi/kg (190 dollars la tonne), frais d'amortis- sement incluj, mais compte non tenu de la taxe sur le chirfre d'af- faires dont la sucrerie est exonérée. Si la sucrerie peut produire le tonnage plus important qui a été indiqué ci-dessus, le prix de revient pourra être abaissé à 80 à 83 F'M/kg (160 à 166 dollars la tonne). Ces coûts sont suffisamment bas pour permettre à la SOIEX de transporter et de vendre au détail le sucre en vrac à 120 FM/kg sans perte. Ils sont, évidemment, bien plus élevés que le prix de revient de la tonne de sucre provenant du "!marché libre" mondial livrée à Bamako (h0 dollars plus 40 dollars de frais de transport et de manutention de Dakar à Bamako plus le frêt maritime). La pro- tection nécessaire serait cependant moindre que dans les pays voi- sins. Et de fait, au prix actuel de 120 FMv/kg (130 Fi4/kg en mor- ceaux), le sucre malien est passé en contrebande dans les pays limi- trophes membres de l'OCAM qui achètent leur sucre au Congo Brazzaville et à Madagascar à 132 dollars la tonne et le vendent plus cher que le Mali. 133. La sucrerie est également à même de produire 700.000 litres d'alcool à partir de la mélasse. L'Office compte abaisser les coûts de production à 50 ou 60 FM par litre, mais le conditionnement et le trans- port jusqu'à la frontière grèvent ce sous-produit d'un montant supérieur. Une petite quantité d'alcool a été veudue à perte à la C8te d'Ivoire; il oeible bien que ce sous-produit reste encore trop onéreux pour 6tre expôrt6 ou pour faire concurrence aux importatiouw dans des conditions normales. Son entrepoaa¿e soulève aussi un problUme. 134. Le 'Iali consomme 25.000 à 30.000 tonnes de sucre par an. L'usine actuellement en service peut tout au plus en produire 8.000 tonnes et on peut arriver à produire à la rigueur 10.000 à 12.000 tonnes dans le périmètre irrigué à l'heure actuelle. De nouveaux investissements seraient donc indispensables pour que le Mali puisse arriver à se passer des importations. Le gouvernement estime qu'un investissement de l'ordre de 8 milliards de FM (16 millions de dollars) pourrait être nécessaire pour porter la production annuelle à 30.000 ou 40.000 tonnes. On pourrait, en principe, étendre la plan- tation de canne de Dougabougou et renforcer ses installations de trai- tement; on pourrait aussi développer la production de canne dans les plaines d'inondation de la Lotio à Loumaana près de Sikasso. Le projet à Loumana exige évidemment des études plus poussées. 135. Aussi longtemps que les pays voisins du Mali adhèreront à l'accord de l'OCAM sur le sucre, le Mali pourra évidemment augmenter considérablement le prix de détail de son sucre. Il est peu probable qu'un sucre cher et une consommation moindre aient des effets défavo- rables sur le développement. Le Mali pourrait donc augmenter les prix de façon à assurer une bonne rentabilité des investissements déjà faits et de ceux qui pourraient être faits à l'avenir pour le sucre, a condition que les coûts de production ne dépassent pas leur niveau actuel. Cependant, le gouvernement pourrait vraisemblablement s'assurer des revenus encore plus substantiels en achetant du sucre au prix le plus bas sur le marché mondial pour le revendre au Mali à un prix élevé. Il est vraisemblable que le prix de revient de la production - 44 - de sucre local restera élevé et l'on ne peut donc pas s'attendre qu'il puisse supporter une taxe aussi forte que celle qui pourra etre levée sur des importations aussi peu onéreuses que celles qui proviennent de Cuba. Le gouvernement doit, par conséquent, peser les avantages d'une économie de devises par rapport aux revenus qu'il sacrifierait en développant la production locale. Légumes "européens" 136. Ces légumes ont toujours été produits en assez petites quantités pour les besoins de la population européenne du Mali, et les restrictions de change de la période 1962-67 ont stimulé la pro- duction en remplacement des importations. Toutefois, ce marché limité s'est vite trouvé saturé. Le gouvernement a donc essayé de stimuler les exportations en confiant la commercialisation à l'OPAM2 et a créé une usine de conserves de fruits et de légumes dont la production est écou- lée tant sur le marché intérieur qu'à l'étranger. 137. L'usine de conserves, installée près de Bamako, a été achevée en 1964 en partie ýrtce à un fini icaeint Yougoslave, et et Lérée par la SOCOA, qui est une entreprise publique à laquelle le gouvernement a également confié l'exploitation d'une zone irriguée de 3.000 hectares qui avait été à l' origine aménagée à Baguinéda dans le cadre d'un projet pilote de l'Office du Niger. L'usine a été conçue pour traiter 7.500 tonnes de tomates, 3.600 tonnes de mangues et 140 tonnes de goya- ves et de fruits du tamarinier. En fait, elle a toujours fonctionné très en dessous de sa capacité. En 1967/68, elle n'a produit que 414 tonnes de concentré de tomate et 227 tonnes de jus de fruits; quant aux ventes, d'un montant de 35 millions de FM (70.000 dollars), elles ont été de beaucoup inférieures à la production. L'entreprise s'est soldée jusqu'ici par des pertes considérables, qui peuvent être mises, dans une large mesure, sur le compte de ses opérations agricoles extrô- mement dispendieuses et fort improductives. 138. Les difficultés de la SOCOMA sont dues en partie à des problèmes de commercialisation. Apparemment, aucune étude de marché n'a jamais été faite. Ses prix sont trop élevés pour assurer des ventes suffisamment importantes sur le marché intérieur ou pour soutenir la concurrence à l'étranger. Elle a souffert également de problèmes d'approvisionnement. la propre exploitation agricole de la SOCOMA n'a produit jusqu'à présent qu'une quantité négligeable de toma- tes. Il a donc fallu compter sur les tomates fournies par les cultiva- teurs des environs et par ceux de la vallée du Niger en amont de Bamako. Bien que la SOCOMA ait pu acheter en 1968 3.594 tonnes de tomates au prix moyen de 18,6 MI la kilo, l'approvisionnement est assez irrégulier et mal assuré. Zn outre, le prix payé par la SOCOA., quoiqu'inférieur au prix courant sur le marché de détail de Bamako, reste au-dessus du niveau qui permettrait à ses produits d'être ccm- pétitif s. -45 - 139. Les succès obtenus par 1'OPAM pour la vente de légumes frais à l'étranger ont été eux aussi extrêmement modestes. Ses exportations de légumes, pommes de terre comprises, ont apparemment atteint un som- met en 1966/67 avec 47 tonnes. On ne dispose d'aucun chiffre pour l'année suivante, mais il semble bien que l'OPAIM n'ait pu vendre qu'une tonne par semaine à la Càte d'Ivoire pendant la saison sèche. Les coopé- ratives maraîchères avec lesquelles traite 1'OPAMI n'ont pas été capables d'assurer un approvisionnement régulier. L'inefficacité de 1'OPAM elle-même et son incapacité à assurer un conditionnement convenable et un contrôle de qualité sont d'autres facteurs qui ont contribué à ce médiocre résultat. En fait, il est peu probable que les ventes de l'OPU1, à l'époque où elle détenait le monopole de l'exportation, aient été réellement supérieures aux exportations totales des années anté - rieures. Le fait que le gouvernement ait accepté en 1969 de permettre une fois de plus au secteur privé de prendre part à ce négoce pourrait donc dans une certaine mesure stimuler les exportations. 140. Si un contrôle de qualité, un conditionnement et des méthodes de comercialisation convenables étaient assurés, le Mali serait peut-être capable de soutenir la concurrence pour les légumes sur le marché européen en hiver, car il bénéficie de liaisons aériennes directes avec l'Europe, les conditions naturelles se prêtent bien à la culture des légumes et les Coats de production sont bas depuis la' dévaluation du franc malien. Cependant, la march6 egt très limité. Jgalement, le probl&e c16 ost un approviiionnmaent auffisant et de bonne qualité. La BDPA, qui diriec un service de vulgarisationi aric ole dans la Haute vallée du ilger pour le ccapte du gouvernemont, cherche pour y contribuer à encourager la production dtoignons, de haricots verts, de poivrons et d'aubergines et exporte actuellement ces produits A une dchelle expérimentale avec un certain succes. Mangues et noix de cajou 141. Depuis l'indépendance, le gouvernement a fortement encouragé la plantation de manguiers et de cajous. Un grand nombre de petites plantations de manguiers greffés ont été créés, principalement par des fonctionnaires du gouvernement. Une 'ois pl2ntés, les manguiers deman- dent peu de soins et les mangues maliennes sont d'excellente qualité. L'OPAM en vend des quantités croissantes à llétraner - 315 tonnes en 1967/68, dont 110 tonnes environ ont été exportées par avion en Europe, au Liban et en Arabie Saoudite, le reste ayant été vendu dans les pays voisins. Le prix du transport aérien vers l'urope (130 I-I/kg) est plusieurs fois supérieur au prix d'achat des mangues sur le marché local, mais on peut se permettre de le payer en raison du prix élevé auquel ce fruit de luxe est vendu en Europe. Cependant, le marché est limité, comme on l'a vu en 1969 lorsque les prix accusèrent une baisse considérable a la suite de plusiours arrivages simultanés de Bamako et de Bobo-Dioulasso (haute-Volta). Un effort considérable sera nécessaire pour créer un marché plus important, mais cela ne pourra se faire qu'à des prix sensiblement plus bas. - 46 - 142. En ce qui concerne l'exploitation des noix de cajou, les perspectives sont moins favorables. Casser les noix à la main exige une main d'oeuvre trop nombreuse pour en rendre l'exploitation rentable et il n'y a guère de chances pour que le volune de la production puisse justifier l'installation d'usines de décorticage mécanique semblables à celles qui ont été montées récemment en Afrique orientale, région qui détient pratiquement le monopole de la vente des noix de cajou et expédiait auparavant la totalité de sa production en Inde, où elle était décortiquée à la main par une main d'oeuvre bon marché. Le thé 143. Le thé est à première vue une culture peu adaptée à un pays chaud s'étendant à basse altitude et où rèsne une longue saison sèche. Il n'en a pas moins fait l'objet d'une culture expérimentale avec l'assistance technique de la Chine populaire dans la région de Sikasso, dans le sud du Mali, où les pluies sont les plus fortes du pays. L'ex- périence a été motivée par le fait que le Mali importe chaque année entre 450 et 600 tonnes de thé. lh. A l'heure actuelle, huit agronomes maliens et deux experts chinois; qui quitteront le pays en 1971, sont affectés à ce projet qui a débuté en 1962. Le gouvernement a créé deux plantations irriguées expérimentales à Banankoni et à Finkolo près de Sikasso. La plupart des problèmes agronomiques concernant les variétés, la lutte contre les nuisibles, l'ombrage, les applications d'engrais ont été, dit-on, résolus de manière satisfaisante. On assure que les arbres à thé ne souffrent pas trop de la canicule de la longue saison sèche. Les rendements sont cependant bas. Les 4,4 hectares sur lesquels a porté la récolte de 1968/69 n'ont produit que 1,5 tonne de thé vert (équiva- lant à 250 kg de thé séché) à l'hectare. Il faudrait des rendements bien supérieurs pour justifier le prix de revient de l'aménagement, évalué, irrigation comprise, de 450.000 à 500of. FH (YCO à 1000 dollars) par hectare et les frais d'exploitation annuels que l'on situe entre 150.000 et 200.000 FMi (300 à 400 dollars). Le directeur du projet est persuadé qu'on peut arriver à obtenir une production d'une tonne de thé séché à l'hectare. an dehors de la question du prix de revient, les disponibilités en main d'oeuvre de cueillette risquent de poser un problème, car la saison de pleine activité coi7cide avec l'époque où la région de Sikasso a besoin d'une main d'oeuvre considérable pour le premier s-rclage du sorgho. 105. Les projets actuels prévoient de porter la superficie plantée en thé à 106 hectares en 1969/70 et 206 hectares en 1972/73. Le réseau primaire d'irrigation qui a déjà été construit est suffisant, dit-on, pour permettre cette extension. En 1969 la Chine populaire s'est engagée à fournir une aide supplémentaire pour l'expansion de la culture du thé et pour la construction d'une usine de thé d'une capa- cité de 500 tonnes. - 47 - 126. Comme dans le cas de la canne à sucre, il serait souhaitable que le gouvernement se livrgt à un examen minutieux du projet avant de s'engager dans des investissements considérables. La production à grands frais d'un thé destiné au marché intérieur permettrait sans aucun doute d' éconcmiser quelques devises, mais seulement au détriment des revenus que procurent les droits d'importation, auxquels le gouvernement peut difficilement se permettre de renoncer. Le dah 117. Le dah, qui est une fibre végétale dure analogue au kénaf, est produit depuis longtemps au Mali, où des artisans locaux l'utili- sent pour fabriquer de la corde. La production se situe probablement aux alentours de 1.000 tonnes par an. On se propose maintenant de développer cette production pour fabriquer de la toile à sacs, qui fait l'objet d'une demande rapidement croissante liée principalement à l'expansion de la production de coton. Le Hali dépensera peut-être bientôt 1 milliard de F1 (2 millions de dollars) en importations de sacs et de toile d'emballage. 184 En 1968, le FED a accepté de fournir 438.000 dollars pour financer des recherc'es plus poussées sur le dah, que doit faire l'IRCT, et un projet pilote de production et de commercialisation, qui doit être mis en oeuvre sous la direction de la CFDT. L'IRCT a d'ores et déjà établi que le dah, cultivé sur de bons sols bien nourris d'engrais ou de fumier, peut donner 10 à 15 tonnes à l'hec- tare. Il a aussi identifié des variétés sensiblement supérieures aux variétés locales cultivées actuellement (le Pokéo, un Hibiscus sabdarifa, pour la zone la plus humide, et le precose du Soudan, un Hibiscus cannibius, pour la zone la plus sèche). Depuis un certain temps, la CFDT s'efforce d'encourager la production dans les régions situées à la bordure septentrionale de sa zone cotonnière, près de San, où les précipitations annuelles sont de l'ordre de 700 mm, et le long de la bordure méridionale, au sud de Sikasso et de Bougouni, où les précipitations sont de plus de 1.300 mm. 149. Jusqu'à présent, la CFDT n'est pas parvenue à acheter beaucoup de fibre. En 1968/69, elle n'a pu en acheter que 23 tonnes. Ceci est da en grande partie au fait que la CFDT n'achète que les meilleures fibres longues qui sont très demandées pour la fabrication locale de corde. Le prix qu'elle paie - 90.000 FI la tonne - ne paraît pas suffisamnent intéressant pour le cultivateur malien; il est pour- tant plus élevé que celui qu'on peut se permettre de payer si l'on veut vendre la fibre sur le marché d'exportation. Le coÛt du transport à Abidjan, par exemple, augmente le prix de quelque 20.000 F,1 par tonne et, à Abidjan, la fibre est concurrencée par la jute d'Asie de catégorie A et B, qui coûrte entre 90.00 et 125.000 FM (180 à 250 dollars) la tonne livrée aux ports d'Afrique occidentale. Apparemment, le Mali a perdu 15.000 à 20.000 FM sur les faibles quantités de fibre qu'il a fournies à l'usine Filtisac d'Abidjan. - 48 - 150. Il s'agit cependant de savoir si l'on peut développer une production suffisante pour justifier l'installation d'une fabrique de sacs au Mali. Pour être rentable, la mise en service d'une telle usine nécessiterait appa- remment un approvisionnement minimal de 3.000 tonnes de dah. Le principal obstacle à l'accroissement de la production de dah est le rouissage, opération qui exige de l'eau et, par dessus tout, beaucoup de main d'oeuvre. Si la fabrique de sacs n'utilisait que les fibres de très bonne qualité, les cul- tivateurs ne seraient probablement pas disposés à produire les quantités nécessaires a un prix qui permettrait aux sacs produits au Mali de faire concurrence aux importations. Mais par ailleurs, il semblerait que des matières premières de moins bonne qualité puissent suffire pour produire des sacs de la qualité qui convient. Un expert a laissé entendre, par exemple, qu'on a constaté dans certains autres pays que la "fournée" de matières premières pouvait contenir non seulement des chutes mais aussi des fibres non rouies dans une proportion pouvant atteindre 30. Si des recherches permettaient de vérifier que cette idée est bien réalisable, la production de dah pourrait fort bien devenir beaucoup plus intéressante pour les cul- tivateurs, ce qui renforcerait la perspective d'une production annulle Suffi- sante d'environ 2.500 tonnes de fibres pour justifier la fabricaticn de sacs dans le pays sans augmentation sensible des prix de revient. Le tabac 151. Les cultivateurs maliens ont de tout temps cultivé de petites quantités (sans doute entre 400 et 700 tonnes par an) d'un tabac indigène qui n'est pas de qualité industrielle; mais ce n'est qu'à la suite de la création d'une manufacture de cigarettes au Mali qu'on a comencé à s'efforcer d'encourager la culture d'un tabac pouvant être utilisé pour cette fabrication. Ces efforts se sont concentrés sur la Haute vallée du Niger et sur les zones dépendant de l'Office du Niger. La manufacture de cigarettes, qui est gérée par une entreprise publique, la SONATAM, a besoin d'un approvisionnement annuel de 600 tonnes de tabac environ. En 1968/69, elle a acheté entre 50 et 60 tonnes de feuilles séchées à l'Office du Niger et de plus petites quantités dans la Haute vallée, au prix de 300 FMî le kilo. Quoique plus de tabac malien pourrait être utilisé, de toutes façons une certaine quantité devrait être importée pour mélange avec le tabac indigène. 152. Apparemment, la tabac pousse bien dans les deux régions, quant on le cultive sur de bons sols bien nourris d'engrais ou de fumier. La variété chinoise à larges feuilles et le Virginie ont posé des problè- mes, mais les variétés de laryland ont donné de bons résultats. Dans la région irriguée de l'Office du Niger, le tabac est cultivé pendant la morte saison mais dans la Haute vallée, on l'a cultivé jusqu'ici pendant la saison des pluies, d'ordinaire immédiatement après une récolte de mai7s précoce. Suivant les recommandations de l'IAT, le tabac de la Haute vallée sera cultivé lui aussi pendant la saison sèche (il sera planté en décembre et récolté en février). Cela présentera l'avantage supplé- mentaire d'employer de la main d'oeuvre et des terres qui resteraient autrement inutilisées. - 49 - 153. Les principaux problèmes tiennent au cantr6le de la qualité et au séchage. A l'Office, les feuilles sont séchées sur le sol suivant la méthode chinoise : dans la Haute vallée, on les dispose sur des claies placées sous des abris faits de nattes de paille. Le tabac est encore de qualité médiocre. 154. A partir de 1969/70 le Mali bénéficiera d'un don du FED de 470.000 dollars (235 millions de M) devant servir à un programme de promotion de la culture du tabac dans la Haute vallée. Ce programme pilote, qui sera placé sous la responsabilité du BDPA, permettra de contrôler de près le travail des planteurs de tabac et d'améliorer les méthodes de séchage. Selon les résultats obtenus, on déteiminera s'il est possible au non de mettre sur pied un programe plus vaste visant à couvrir en totalité la consommation intérieure du Mali. Essence d'orange l55 Le FED a aussi fourni une petite samme (h7.000 dollars) pour un autre projet de diversification visant à encourager la pro- duction d'essence d'orange au sud de Kenieba dans la partie la plus retirée du sud-ouest du -ali. Les habitants de cette région n'ont pratiquement aucune source de revenus liquides. Il existe de grandes plantations d'orangers, mais il n'y a pas de marché pour les fruits frais. On a donc lancé à partir du début de 1966 un petit projet d'extraction de l'essence d'orange, qui est tirée des pelures d'oran- ge et qui peut être vendue à l'étranger au prix de h000 FM1 le litre. L' extraction devait se faire concurremmaent à la main (au moyen d'une cuiller aiguisée) et à la machine, les cultivateurs recevant 900 FM et 700 F4 par litre d'essence extraite par ces méthodes respectives. L'objectif à atteindre avait été fixé à h.000 litres, mais la pro- duction s'est avérée décevante. En 1968/69, elle n'a été que de 497 litres, dont 57 litres seulement extraits à la machine. Les fa- milles de cultivateurs ont apparemnent trouvé que le prix payé nlétait pas une ccmpensation suffisante pour le travail que nécessite l'extraction à la main, qui peut pourtant se faire pendant la morte- saison agricole. Dans l'espoir d'accroÎtre la production, un plus grand nombre de machines seront fournies aux cultivateurs en 1969/70. - 50 - PRODUITS CUEILLIS SUR LES ARBRES 2I LES PLANTES SAUVAGES 156. Les produits cueillis sur les arbres et les plantes sauvages ou maintenus à% leur état naturel apportent une contribution modeste mais néanmoins notable à l'alimentation des Maliens. Le baobab, pour ses feuilles et son fruit, et le néré sont les doux végétaux le plus communé- ment mis à contribution. De même, un certain nombre de produits qui pous- sent à l'état sauvage sont exportés tels quels ou après avoir subi un traitement. Etant donné que le volume des produits que l'on peut ainsi ramasser est assez élastique, les quantités commercialisées sont fonc- tion des prix du marché. 157. Le plus important, et de loin, des produits de cueillette est le fruit du bassie (karité). On en mange la pulpe et le noyau est traité après cuisson pour en tirer un beurre et une huile (beurre et huile de karité), dont on se sert dans les lampes a huile et pour la fabrication des cosmétiques. En 1967/68, l'huilerie de Koulikoro a com- mencé a acheter des noix et du beurre de karité, payant les noix 22 FM le kilo, prix qui s'est avéré si intéressant que les ventes ont monté en flèche. La SEPOM a acheté 6.097 tonnes de noix et la SOMIEK 1.501 tonnes. Les deux sociétés d'Etat ont aussi acheté 2.718 tonnes de beurre de karité. En 1966, année oÙ le prix des noix était bas (6 FW le kilo), le volume commercialisé ne fut que de 275 tonnes. 158. Les ventes d'autres produits de la cueillette ont réagi elles aussi aux hausses de prix qui ont suivi la dévaluation. Avant la dévaluation, ces produits étaient laissés sur les arbres ou bien vendus en contrebande. Les exportations de fibre de kapok, qui étaient devenues à peu près inexistantes e partir de 1962, ont at- teint 60 tonnes en 1968; celles de gomme arabique ont rebondi de leur niveau le plus bas, atteint en 1967 avec 32 tonnes, à 208 tonnes en 1968, ce qui ne représentait encore, cependant, qu'une fraction des exportations antérieures à l'indépendance. Les ventes de peaux d'animaux sauvages ont probablement réagi de la même manière. - 51 - LE CREDIT AGRICOLE ET L'ACHAT ET LA DISTRIBUTION DES FACTEU2S DE PRODUCTION AGRICOLES 159. L'achat et la distribution du matériel agricole, des engrais, des insecticides etc., et l'octroi des crédits aux agriculteurs auxquels ils sont fournis est entre les mains du SCAER (Service du Crédit Agricole et de l'Equipement Rural), qui est un département plus ou moins autonome de la Banque de Développement du Mali, laquelle appartient au gouverne- ment et est la principale banque commerciale du pays. Le SCAER souffre d'une grave pénurie de personnel compétent; il n'a qu'un seul conseiller technique étranger à son service et son personnel comptable est très en dessous de sa tâche. Il a été incapable, par exemple, de fournir à la Mission un état complet de ses transactions, et notamment de lui communiquer le volume des crédits octroyés à divers titres et le taux de recouvrement. En outre, le gouvernement n'a jamais été A mâme de doter le SCAZR de ressources financières suffisantes. Ses installations d'entreposage sont, par suite, défectueuses et il s'est trouvé peu à peu obligé de limiter ses opérations à l'octroi de crédits agricoles sai- sonniers. Les subventions portant sur les fournitures et l'équipement distribués ont été financées par l'assistance étrangère. L'équipement agricole 160. En dépit de ces difficultés, le SCAER a pu distribuer une quantité impressionnante de matériel agricole, en grande partie parce qu'il y a eu de la part des cultivateurs une forte demande de charrues, charrettes et autres matériels, même en l'absence de crédit. Un recen- sement agricole par sondage a indiqué qu'il y avait 90.300 charrues au Mali en 1967/68. On peut dire qu'un cultivateur sur quatre possède main- tenant une charrue, ce qui signifie que l'usage du matériel adapté à la traction animale est probablement plus répandu au Mali que dans n'importe quel autre pays d'Afrique occidentale. Le tableau ll montre que le SCAER a distribué près de 50.000 charrues de types divers pendant les cinq années de la période 196h-68. Ces charrues ne convenaient pas toutes aussi bien les unes que les autres. Il y a eu parmi elles 10.000 char- rues Kreka livrées par la Yougoslavie, qui se sont avérées assez maL adaptées aux conditions locales et qui n'ont pu être vendues qu'au bout d'une longue période, en partie grâce au fait que 3553 d'entre elles furent cédées à crédit à des jeunes gens qui achevaient leur formation dans les écoles d'agriculture saisonnières et dans les camps de service civil qui ont été substitués par la suite à ces écoles. L'instrument dénommé "multiculteur", qui est un chassis sur lequel on peut monter divers types d'instruments, n'a eu, lui aussi, qu'un succès limité, en partie parce qu'il n'était pas suffisamment résistant à cause de mauvaises soudures; l'usage qui en a été fait s'est en général limité au labourage. Table 10: QUIPMENT BOUGHIT AND SOLD BY SCAER BY YEAR AND ESTIMATED INVENTORY Tableai 10: ACHAT ET VENTE DE MATERIEL PAR SCAER PAR ANNEE Er INVENTAIRE ESTIMATIF Reported Inventory Total End 1968 Distributed 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Inventaire Indiqu6 Distribu6 uHT PLOWS fin 1968 (1964-68) CHAR.RUES LZGERES Bajac TM Bought/Achat 2 000 1 650 4 250 3 000 380 KVP-27 Bought/Achat 4 000 500 9 000 33 Kreka Bought/Achat 10 000 0 Other/Diverses 5 All light plows/Tcotalit6 des charrues 14g4res Sold/yVente 6 805 5 964 3 104 15 809 2 870 34 552 Inventory/Inventaire -4 805 -5 964 - 954 2 559 + 130 MULTICULTIVATORS Bought/Achat 1 000 2 500 1 600 2 500 1 185 MULTICULTIVATEURS Sold/Vente 626 2 058 5 180 1 741 9 6o5 Inventory/Inventaire -626 +442 - 580 + 759 HEAVY PLOWS CHARRUES LOURDES Bajac No.2 Bought/Achat 5 000 315 Sold/Vente -----4,422- ---- 4,422 INSECTICIDE SPRAYERS Bought/Achat 2,000 1,800 1 000 1 000 1 000 2 600 1 158 PUTLVERISATEURS DRINSECTICIDE Sold/Vente 1 826 1 739 1 095 1 120 2 540 8 320 Inventory/Inventaire -26 -739 -95 -120 + 60 CANrlS CHA RETmES Complete cart/Charrettes complAtes (1/2 T) Bought/Achat 1 500 0 Axle & metal wheels/Esieu et roues m6talliques (1/2 T) Bought/Achat 1 750 1 f18 AX & p2eg.tic wheels/Essieu & Roues pneumnatiqes(1/2 I) Bought/Achat 700 3 000 2 250 876 All 1/2 T carts & components Sold TotalitA des charrettes 1/2 616mets Venta 693 1 493 3 143 1 836 7 165 Inventory/Inventaire -693 - 793 -143 +414 Complete cart (1 T), metal teels Bought 500 Charrettes complates (1 T), rDues mtalliqaes Achat 0 Axle & metal.rheels/Essieu et roues m6talliqaes (1 T) Bought/Achat 0 Axle & pneumatic wheels/Essieu & rnues sur pr.ou (1 T) Bought/Achat 700 3 000 1 950 312 All IT carts 1z components Sold TotalitA des charrettes 1T et 61ments Vente 3 -360 880 3 095 1 740 6 078 Inventory/Inventaire +997 -360 -180 -95 +210 Table 11: AGRICULTURAL EQUIPMENT: COSTS TO SCAER AND PRICES CHARGED TO FARMERS Tableau 11: MATERIEL AGRICOLE: COUT POUR SCAER ET PRIX COMPTES AUX AGRICULTEURS (in Mali francs) (en francs maliens) 1963 1966 1965 1966 1967 1968 1969 Light Plows/Charrues ligres Bajac TM (French)/(frangaise) Price (Prix) 100------------- cast (Coat) 10 000 none/nul 9 200 12 300 22 600 KVP-27 (Russian)/(russe) Price (Prix)--------------6 500--------/-------9 000----------- Cos t (Coit) 10 800 ---- none/nul --- 8 250 7 550 none/nul Kreka (Yugoslav)/(yougoslave) Price (Prix)----------------------6 500-- -----all sold/vri Cost (CoGt) 6 4ij0-------------none/nul -------------------integralement Multicultivators (French)/Multicultivateurs (francais) Price (Prix) 13 000--------------/--20 000--- Cost (Cout) 13 000 nof 13 200 14~ 750 24~,000 Heavy Plows/Charrues lourdes Bajac No.2 (French)/(francaise) Price (Prix) 19 500-----------------21 000--- y Cost (Co^ut) 19 4i00 --- none/nul ------------------ Insecticide Sprayers/Pulverisateurs d'insecticide Yugoslav or Russian models/Modles yougoslaves ou russes Price (Prix)----------------------6 500--------------------------- French models/Moa~les francais Price (Prix) --------------------12 000----- ----/13 200 to 16 900 Average/Moyenne Cost (Coat) 7 20 12 100 11 200 10 560 17 300 26 000 Carts/Charrettes all sold/vendues Complete cart,1/2T,metal wheels/Charrettes coTpl;tes,1/2T,roues metalliques Price (Prix) -------13 500 ----------integralenent Complete cart,/2T,pneumatic/Charrettes compltes,1/2T,sur pneus Price (Prix) ------------ -28 000---------- Complete cart,1/2T,average both/Charrettes compl;tes,l/T,moenne des deux Cost (Coat) 16 000 --none/nul ----------------- Axle&metal wheels,1/2T/essieu et roues dtalliques,1/2T Price (Prix) --------------------6 500--------------------------- l Cot Co t66t0 6 950 ----none/nul----------------- i Axle&pneumiatic wheels,P/2T/essieu et ro--es sur PiCe 000ix ----- 0---/------ --22 190-- Ct/ Cst Cout1 11 700 18 600 25 700 Price Prix ------------16 500------------l-so-2/ven ues Cost Coat) 21 400 ---none/nul-------------g---ent Axle&metal wheels,1T/essieu et roues 4etalliques,lT Price (Prix) - -------------12 000---------a-l1 sold/vendues Cost CoOt 11 00 10 n 60 17 t400 a26m000 Axle&pneutatic wheels, T/essieu et roues sur pneus,T Price Prix 11 00 ---1 /000----------integralement Copet ar,/T,vraebohCarete oplts,/T,oeneds ex Cost (Cott 100 ----16e/nul------------/2----- cost N1 800 21 4 33 300 Note: "None means that no equipment was bought by SCAR in the year indicated. / Nota iNulx ' signifie que SCAR n'a acquis aucun mat4iel pendant lIanne'e indiquee' Table 12: ESTIMATES OF SCAER'S FINANCIAL OPERATIONS IN CONNECTION WITH THE SALE OF AGRICULTURAL EQUIPMENT Tableaul2: ESTIMATIONS DES OPERATIDNS FINANCIERES DE SCAER DANS LE CADRE DE LA VENTE DE MATERIEL AGRICOLE (in millions of Mali francs) (en millions de francs maliens) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Estimate of proceeds due from sale of agricultural equipment/ 81.0 104.o 117.0 348.0 164.o Estimation des fonds provenant de la vente de materiél agricole 81,0 10,0 117,0 348,0 164,0 Reported FAC subsidy/ 60.0 0 31.0 61.0 .180.0 Subvention FAC indiquée 60,0 0 31,0 61,0 180,0 Purchase of agricultural equipment during year at cost/ 122.0 281.5 11.2 81.5 357.0 359.0 Achat de materiél agricole pendant l'anne au prix coûtant 122,0 281,5 11,2 81,5 357,0 359,0 Apparent change in inventory assumning proceeds due from sales + FAC subsidy cover costs/ +1hl.0 -93.0 -66.0 -52.0 +15.0 Evolution apparente de l'inventaire en retenant l'hypothèse des fonds provenant des ventes plus les coûts destinés a couvrir les subventions du FAC +11,0 -93,0 -66,0 -52,0 +15,0 Purchases of spare parts during year at cost/ 5.8 87.9 26.2 51.9 61.5 33.0 Achats de piaces de rechange pendant l'année à prix courant 5,8 87,9 26,2 51,9 61,5 33,0 Estimated amounts of equipment loans to/Montants estimatifs des prets au titre du matériel consenti: Seasonal school leavers / 8.7 14.7 aux eleves ole sur une base saisonnire 8,7 1h,7 Civic service camp leavers 1/ / 8.9 7.0 aux individus liberes du service civique 2/ 8,9 7,0 Estimated loss on the basis of 5% repayment/ 8.3 22.4 6.7 Perte estimative sur la base d'un remboursement de 5% 8,3 22,4 6,7 Amount of draft-animal loans to/Montant des prêts au titre des animaux de trait consentis: Seasonal school leavers/ 15.5 23.1 aux élèves quittant l'cole sur une base saisonnikre 15,5 23,1 Civic service cam? leavers/ 54.8 42.8 aux individus liberes du service civique 54,8 42,8 Estimated loss on the basis of 5% repayment/ Th.7 74.0 4o.7 Perte estimative sur la base d'un remboursement de 5% 14,7 74,0 40,7 At usual prices; Kreka plows were sold on credit to civic service camp leavers at one-half the official price. Aux prix habituels; les charrues Kreka ont ete vendues a credit et a la moitie du prix officiel aux individus liberes du service civique. - 52 - 161. Pami les autres articles d'équipement distribués au cours des cinq années en question figurent plus de 8.000 pulvérisateurs uti- lisés pour le programme cotonnier et quelque 13.000 charrettes et éléments essieux-roues pour charrettes. La plupart des pulvérisateurs à insecticide étaient des modèles français; les modèles russes et you- goslaves, quoique meilleur marché, se sont avérés moins satisfaisants. Les charrettes et les éléments essieux-roues ont été très demandés par les cultivateurs qui ont montré une préférence marquée pour les charrettes montées sur pneumatiques, apparemment parce qu'elles exigent un effort de traction moins grand, notamment en terrain boueux. 162. La Mission a constaté qu'il était impossible d'obtenir des renseignements complets sur les prix que le SCAER a payés pour les divers types de matériels et sur les modes de financement des achats. Le tableau 11 fait état des éléments d'infoemation qui ont pu être obtenus sur les prix de revient de ces équipements livrés aux cultiva- teurs et sur les prix qui ont été effectivement demandés à ceux-ci. Il est évident que ces derniers prix n'ont pas couvert la totalité des prix de revient, particulièrement après la dévaluation du franc malien en 1967 car les prix ne furent pas, alors augmentés suffisamment pour couvrir l'augmentation des coits d'acquisition. La différence représente l'élément "subvention" qui a été financé principalement par l'assistance du FAC, notamment depuis la dévaluation. 163. Le FAC a entrepris de financer la construction d'une petite fabrique de matériel, qui doit être achevée en 1970 et oÙ seront montés des instruments agricoles; elle travaillera en collaboration étroite avec une autre usine de matériel (la SISCVIA) installée au Sénégal. Le FAC espère que le gouvernement sera disposé à cesser de subventionner l'équi- pement lorsque cette fabrique comencera à fonctionner. 164, Le manque de ressources financières et les difficultés qu'il a rencontrées pour se faire rembourser les prêts portant sur certaines catégories d'équipements ont forcé le SCAER à réduire, puis à cesser pratiquement ses ventes â crédit. La masse de crédit la plus importante est probablement celle qui a accompagné la vente de charrues et de boeufs de trait aux jeunes gens qui sortaient des écoles d'agriculture saisornières et des camps de formation professionnelle du service civique. Apparemment, moins de 5% de ces prêts ont été remboursés, ce qui a entrai- né pour le SCAIR une perte de quelque 167 millions de FM (voir tableau 12). Outre ce type de prêt, le SCAER a cessé, au cours de ces dernières années, la vente à crédit de presque torus les matériels d'équipement. Seuls les pulvérisateurs utilisés dans la zone cotonnière sont encore vendus à crédit ; mais m6me en ce cas, la totalité du prix doit être payée sur les recettes de la première récolte de coton. Comie l'indique le tableau 11, des quantités considérables de matériel d'équipement ont été vendues, même au comptant. Engrais 165. Le SCAER est aussi chargé de l'acquisition et de la distri- bution des facteurs de production saisonniers que sont par exemple les engrais et les insecticides. Comme l'indique le tableau 13, la quantité d'engrais distribuée reste assez modeste (elle a oscillé ces dernières années entre 3.000 et 6.000 tonnes). Ils sont essentiellement utilisés pour le coton dans la zone de la CFDT et dans la région cultivée par l'Office du Niger. Uécemment, on en a aussi distribué de petites quan- tités par l'intermédiaire du BDPA pour la campagne arachidière et pour le programme de vulgarisation de la Haute vallée du Niger, entreprises dont cet organisme a% la charge. 166. Le SCAZR n'a eu aucune difficulté à vendre tous les engrais dont il a pu disposer. La seule exception a été constituée par une partie du superphosphate fourni par l'URSS, qui n'a pu être distribué car l'engrais avait rongé les sacs qui le contenaient. Il est probable que des quantités bien plus considérables d'engrais auraient pu 6tre vendues s'il n'y avait eu certains obstacles. Des prix de revient élevés et un approvisionnement irrégulier ont probablement constitué les principales entraves. Le tableau 14 montre, par exemple, que le prix de revient des engrais livrés aux cultivateurs a atteint dans la plupart des cas plus du double de leur prix au départ de l'usine à cause des frais élevés de transport, de manutention et de magasinage. Les difficultés finan- cières du SCAER et la lourdeur des procédures d'achat des engrais financés par le FED ont également limité le volume des approvisionne - ments et souvent retardé les arrivages. 167. Les importations d'engrais ont été subventionnées massive- ment dans le cadre du programme intitulé "aide à la production et ame- liorations structurelles", financé par le FED. Aux termes de ce program- me, étalé sur cinq campagnes, de 1965/66 à 1969/70, une subvention fixe a été allouée aux engrais utilisés pour le coton, les arachides et le riz dans des régions expressément désignées. Les subventions varient suivant les cultures et les régions et sont moindres pour l'Office du Niger que pour les autres régions. A l'origine, il était prévu que le taux de subvention irait décroissant, de 40, pour la première année à 7r/ pour la dernière. En fait, le programme de subventions a suivi un cours tout à fait différent; cela en partie parce que les fonds que le FED avait alloués à l'origine pour subventionner les prix du coton n'eu- rent pas à être utilisés a cet effet, car le 1'ali s'était arrangé avant la dévaluation pour vendre son coton sans subvention aux pays de la "zone de compensation" et, après la dévaluation, le prix du coton malien devint compétitif sur le marché mondial. Des samnes plus importantes devinrent donc disponibles pour subventionner les engrais. A la même époque, le Mali était si à court de devises qu'il ne pouvait se procurer pratique- ment aucun engrais par ses propres moyens. Ce furent donc les subven - tions du FE qui, en 1966 et 1967, payèrent tous les engrais importés par le 4ali et furent versées directement aux fournisseurs européens. Table 13: SALES OF FERTILIZERS Tableau 13: VENTES D'ENGRAIS (in MT) (en Tonnes) Active Stock at Ingredient/ End 1968/ Ingrddient Stock a Kind/Type Actif 1964 1965 1966 1967 1968 fin 1968 Ammonium Phosphate/Phosphate d'Ammoniac 1 120 1 347 0 Peanut Mix/WÉlange d'Arachide 6N-20P-10S 1 513 736 920 197 Urea/Uree Depuis 1967 46N 376 494 649 56 Triple Superphosphate 45P205 531 50 134 211 128 Ammonium Sulphate/Sulphate d'Ammoniac 19-21N 736 1 697 647 313 99 32 Potassium Sulphate/Sulphate de potasse 50K20 64 28 117 Superphosphate 17-21P205 90 2 783 186 149 20 0 Phosphal 3hP205 20 197 17 63 Potassium Chlorate/Chlorure de potasse 60120 26 239 26 52 7 2 Cotton Mix/Melange coton 18N-47P 2 622 120 16 Total 1 383 4 719 5 450 3 379 3 298 611 Equivalent in MT of active ingredients/ Equivalent en T d'ingrédients actifs 419 1 013 1 866 1 521 1 598 Percentage distributed by/Pourcentage distribue par: 1) CFDT 45 31 48 33 39 2) Office du Niger 20 15 8 ? 24 3) BDPA - - - - 12 h) Other/Autres 35 5h 4 ? 25 Table 14: COST AND PRICES OF DIFFERENT FERTILIZERS AT FARM IN 1968 Tableau 14: PRIX DE VENTE ET PRIX DE REVIENT DE DIVERS ENGRAIS CHIMIQUES LIVRES AUX PRODUCTEURS EN 1968 CçMponents of Total Cost Kind Sale Price Total Cost (1) (2) (3) Price ex-factory Transport Ccet Handling, Storage, Insurance to Bamako Bamako to Producer4 *and Selling Variét, Prix de vente Prix de Composition du Prix de Revient revient total (1) (2) (3) Prix ex fournisseur Coût de Èar ort Frais ommerciaux S Bumako Bamako au Producteur Cotton mix/ 71.5 81.9 44.9 4.6 25.4 6.0 ilange coton 71,5 81,9 44,9 4,6 25,4 6,0 Peanut mix/* 32.0 61.0 29.0 4.75 21.2 5.8 Mlange arachide 32,0 61,0 29,0 4,75 21,2 5,8 Urea/ 72.0 78.5-84.5 37.1 6.1-6.9 28.6-35.8 4.7-6.0 Uree 72,0 78,5-84,5 37,1 6,1-6,9 28,6-35,8 4,7-6,0 Supertriple- 38.0 67.0 32.6 6.0 20.2 7.8 phosphate 38,0 67,0 32,6 6,0 20,2 7,8 Potassium sulphate/ 32.0 62.7 22.9 4.7 24.7 10.0 Sulphate de potasse 32,0 62,7 22,9 4,7 24,7 10,0 Others/Reste Ammonium sulphate/ 28.0 Sulphate d'ammoniac 28,0 Phosphal 22.0 22,0 Potassium chlorate/ 20.0 Chlorure de potasse 20,0 Sale price reported to FED for Lth Tranche of FED II was MP57.9/kg. Le prix de vente donn au FED pour la 4eke Trnche du FED tait de FM7.9/kg. - 54 - En définitive, la dévaluation de 1967 a augmenté considérablement le prix de revient en francs maliens des engrais importés, entraînant du même coup la demande de subventions plus importante. Le tableau 15 montre que le montant total des subventions déboursées par le FED, tant pour les engrais que pour les insecticidds, a effectivement augmenté, et particulièrement après la dévaluation. Pour la dernière campagne 1969/70, le FED a accepté d'augmenter la subvention allouée aux engrais utilisés dans la zone de la CFDT et de subventionner aussi le matériel agricole vendu dans cette région. 168. Les engrais et les autres facteurs de production d'usage annuel ont été vendus sur la base de crédits saisonniers remboursables après la récolte. Les remboursements se sont faits de manière assez satisfaisante. Dans la zone cotonnière de la CFDT, 971 environ des crédits ont été recouvrés, résultat dû en grande partie au fait que l'organisation de la vente du coton est telle que les méthodes de col- lecte interdisent pratiquement toute évasion. Le faible montant de crédit accordé pour l'opération du BDPA dans la Haute vallée du Niger a été apparemment remboursé dans une proportion de 90%. Le taux de remboursement des crédits fournis pour la campagne de 1tarachide (environ 65%) est moins satisfaisant, principalement parce que les arachides peuvent être facilement vendues par dtautres filières que l'organisation officielle. Réorganisation du crédit et des procédures d'achat 169. Le gouvernement malien devient de plus en plus conscient des faiblesses du SCAER et a demandé à la BIRD de lui prêter son assistance technique pour passer en revue les opérations de cette institution et établir des plans en vue de la création d'une nouvelle institution au- tonome de crédit agricole ayant notamment un système de comptabilité adapté à sa tâche. 170. Pour réorganiser l'achat et la distribution de l'équipement et des fournitures agricoles ainsi que les modalités d'octroi des cré- dits qui accompagnent la distribution, il conviendra d'attacher une attention toute particulière à la question du personnel, à l'organisa- tion d'un système de comptabilité moderne et efficace et aux possibi- lités de réduire le prix de revient élevé du transport et de la dis- tribution. Il est peu probable que l'on puisse doter une institution nouvelle et réorganisée du personnel oui convient sans lui adjoindre au moins les services de quelques éléments étrangers capables de l'assister dans les opérations d'achat et de comptabilité. 171. Il y a probablement diverses manières de réduire les frais de transport, de distribution et de magasinage qui consisteraient à prévoir plus soigneusement l'équipement et les fournitures qui doivent être livrés aux divers points de distribution; à adopter des méthodes d'achat plus efficaces pour faire en sorte que les livraisons soient faites en temps utile, ce qui éviterait de garder le matériel en magasin Tablels SUBSIDIES TO FERTILIZER AND INSECTICIDE PRICES UNDER THE SE0COND FED Tableaul5: SUBVENTIONS DES PRIX DES ENGRAIS CHIMIQUES ET DES INSECTICIDES DANS LE CADRE DU DEUIEME FED (millions of MF/en millions de FM) I II III IV V 1965-66 1966-67 1967-68 1968-69 1969-70 Average/ Average/ Proposed/ Moyene Moyerne Propos4e Fertilizers/ Engrais On cotton/ 22.4 22.4 21.2 47.8 (139.0) Sur coton 22,4 22,4 21,2 47,8 (139,0) On peanuts/ 14.5 14.5 33.34 24.96 ( 22.75) Sur arachides 114,5 14,5 33,34 24,96 ( 22,75) On rice/ 12.65 12.65 16.5 40.0 C 36.0) Sur riz 12,65 12,65 16,5 40,0 ( 36,0) Insecticides On cotton/ 39.9 39.9 42.0 61.7 ( 61.6, Sur coton 39,9 39,9 42,0 61,7 ( 61,6) - 55 - jusqu'à l'année suivante; et enfin e agrandir et améliorer les installa- tions d'entreposage aux points névralgiques. Le gouvernement a récem- ment demandé 70 millions de FM (140.000 dollars) au FAC pour financer la construction d'un entrepôt sur une voie de garage de chemin de fer à Bamako, et la CFDT a déclaré avoir besoin de 350 à h50 millions de FM (720.000 à 900.000 dollars) pour aménager à l'échelon des cercles de nouveaux entrepôts destinés à abriter surtout le coton, les engrais et les insecticides. 172. On pourrait probablement réduire aussi le prix de revient de l'ensemble de lopération en prenant bien soin de ne faire venir que du matériel et des fournitures qui soient vraiment bien adaptés aux besoins particuliers du 1lali. Dans le passé, on a parfois demandé au SCAER d'acheter et de distribuer des types d'équipements qui ne correspondaient pas réellement aux besoins et qui, en fin de ccmpte, ne purent être vendus qu'avec des retards coûteux et au prix de cer- taines pertes. 173. Il reste à déterminer si le cr6dit devrait être accordé à l'avenir pour des périodes dépassant la durée d'une campagne. En dépit du fait que des ventes considèrables ont été faites au comptant, il est probable que l'achat d'équipement et de b6tes de trait pourrait être accélèré par des crédits accordés sur une période de deux à trois ans. 17h. On a pu constater à l'expérience qu'en général le crédit ne devrait être accordé que pour des campagnes spécifiques et bien organisées conçues en vue d'accroître la production de denrées déter- minées et offrant, grâce à l'organisation des ventes, des moyens suffisamment sûrs de recouvrer les crédits par prélèvement sur la production supplémentaire qu'ils permettraient d'obtenir. 175. Le financement d'une nouvelle organisation n'ira pas sans poser de problèmes. En raison de ses ressources financières extrême- ment limitées, le gouvernement aura beaucoup de mal à faire un apport financier de quelque importance, mais le moins qu'il puisse faire serait de verser à l'institution les 6.000 FI1 que représente la part qu'il est censé lui payer, d'après la loi actuellement en vigueur, sur la taxe perçue sur chaque tonne de coton et qu'il ne paie pas, en fait, au SCAER. Des prêts pourraient être obtenus de l'étranger pour financer, pendant une période déterminée, les achats de matériel, d'engrais et d'insecticides nécessaires à des opérations agricoles bien précises. Un fonds de roulement permettant de continuer à accorder des crédits pourrait être constitué de cette manière. Le financement des facteurs de production annuels pourrait aussi être assuré jusqu'à un certain point par le recours au crédit des banques locales. LED :flLZDIE :LIIES ET Là~ PRODUUTIONI AGRICOLE 176. Les trois maladies qui causent probablement le plus de tort à la productivité de l'agriculture malienne sont la malaria, la schistosomiase (douve du foie) et l'onchocerciase. 177. La malaria est endémique dans les campagnes maliennes . E.le sape les forces des cultivateurs et des pâtres, abaissant leur produc - tivité, et il arrive qu'elle soit mortelle. Ses répercussions sur la production restent encore à évaluer. En tout état de cause, l'éradica- tion de la malaria par la destruction des anophèles porteurs de germes est au-dessus des moyens du Hali et l'emploi des médicaments contre la malaria (Nivaquine, Aralen, Quinine) est trop coûiteux pour les habi- tants des campagnes. 173. La schistosomiase paraît endémique dans quelques unes des regions irriguées du ali, mais non dans toutes, et on la rencontre aussi bien ailleurs. L'organisme responsable de la maladie (Schistosoma mansoni) est porté par les escargots qui prolifèrent dans les eaux dormantes. Cette maladie a un effet débilitant sur les êtres humains, mais la variété qui est endémique au Mali n'est apparemment pas aussi virulente que les variétés asiatiques. On connait maintenant des métho- des efficaces pour exterminer les escargots qui infectent les lacs et les cours d'eau et pour soigner les personnes atteintes par la maladie. Une expérience faite dans les environs de Bouaké en Côte d'Ivoire indique que les coûts directs de l'opération sont relativement bas. L'application de Holuscide a co-Sté à peu près 2 dollars à l'hectare et le prix de revient du médicament dont on s'est servi pour soigner les personnes atteintes était de 1,18 à 1,68 dollars par personne. Les frais généraux sont, toutefois, beaucoup plus élevés. En outre, les avis sont jusqu'à présent partagés quant à l'effet qu'a la maladie sur la productivité des cultivateurs. On n'envisage actuellement aucun programme d'éradication de la schistosomiase au HMali. 179. L'onchocercose est responsable au Mali de l'abandon par leurs habitants de nombreuses vallées bordant des rivières au sud du l4ème parallèle. Comme les terres ne manquent pas au Iali, les habi- tants de ces vallées ont pu émigrer pour installer leurs cultures sur des hautes terres. Cependant, les cultivateurs se rendent compte en général que les hautes terres sont relativement moins fertiles que les terres basses et, pour cette raison, ils courent souvent le risque de contracter la maladie pour profiter des rendements plus élevés que l'on peut obtenir sur les terres basses. Le coût économique de la maladie est la différence de productivité entre le travail de la terre sur les hau- teurs et sur les terres basses. Le coût humain de la cécité qu'entraîne la maladie est évidemment très élevé. 130. L'organisme de l'onchocercose est transporté par une mouche qui l'inocule par morsure et qui ne peut se reproduire que dans les cours dteau dont le courant a une vitesse bien déterminée et au sud du lhème parallèle. La plupart des mouches passent la saison sache plus au - 57 - sud et reviennent vers leurs terrains de reproduction du Mali à la saison humide. L' organisme se multiplie dans le corps humain, où il produit des millions de vers qui forment des Ikstes et finissent par attaquer les yeux. A cause de la démangeaison insupportable que produit la maladie, les gens abandonnent en général les vallées qui bordent les rivières où la mouche et la maladie se sont installées. Lorsque les Français conquirent la région, ils ne rencontrèrent personne dans les zones contaminées par l'onchocercose et comme elles étaient fort boisées, il en firent des réserves forestières. Depuis lors, la région contaminée s'est étendue comme le montrent clairement les cartes démographiques. 181. Pour contrôler la maladie, il existe maintenant une méthode sûre qui consiste à traiter à l'insecticide les sites de reproduction de la mouche. Cette méthode a été employée avec succès dans le sud-est du Mali et dans les régions contigubs de la Haute-Volta et de la Côte d'Ivoire dans le cadre d'un programme du FED. Toutefois, il n'est pas possible d' éliminer définitivement la maladie car la mouche peut voler sur 150 kilomètres pour réinfecter une région décontaminée à partir d'une autre qui ne l'a pas été. En l'absence de mesures de contrôle ininterrompues, les colons installés sur les terres décontaminées risquent une fois de plus d'être atteints par le mal. 182. Les vallées des environs de Sikasso dont on a extirpé l'onchocercose ont été spontanément recolonisées. Les plantations de thé, dont il a été question plus haut, se trouvent aussi dans cette région. On prépare actuellement un programme concerté d'éradication de l'onchocercose dans sept pays, y compris le sud-est du Mali. Pour le moment, le coût de ce prograome ne peut être évalué qu'approxima- tivement et la décision de mise en route du programme est suspendue aux résultats d'études par lesquelles on va tenter d'évaluer ce que coûterait et ce que rapporterait une campagne de contrôle. Il semble qu'une dizaine d'années soient nécessaires pour mener à bien une telle campagne, qui devrait être suivie de cinq autres années d'efforts afin d'assurer un contrôle permanent. Des mesures de conservation devraient ensuite être maintenues dans chaque pays. Un programme de formation de personnels nationaux pourrait démarrer au plus tôt à la fin de 1969, et l' opération de contrôle proprement dite ne commencerait pas avant 1971. Le prograrme des sept pays pourrait coûter 45 millions de dollars en quinze ans, sans compter le coût de la formation. Une solide organi- sation régionale serait indispensable car si un seul pays manquait à prendre les mesures prescrites, le fruit des efforts déployés dans les autres pays pourrait vite être réduit à néant. 183. Le sud-ouest du Mali est aussi une zone fortement contaminée par l'onchocercose. Les mêmes techniques y seraient efficaces, mais aucune campagne de contrôle n'y est prévue dans l'immédiat. Cependant, le projet des sept Etats pourrait ultérieurement être étendu au sud-ouest du Mali, à la Guinée et à l'est du Sénégal s'il s'avérait efficace. L'Or- ganisation mondiale de la santé lance actuellement en Guinée un projet qui pourrait être étendu à ces régions. L'éradication de l'onchocercose dans le M1ali du sud-ouest exigerait une coopération étroite avec la Guinée et le Sénégal. LE PROBLE PARTICULIER DE L'OFFICE DU NIGER 184. La seule entreprise d'irrigation de quelque importance au Mali, amnénagée dans le bassin moyen du Niger et gérée par l'Office du Niger, a continué de se détériorer au cours de ces dernières années. Pendant les quatre années écoulées, la production de coton graine a tout juste dépassé 3.800 tonnes alors qu'elle atteignait 8.700 tonnes en 1962/63 et 1963/64, qui furent les meilleures années. La produc- tion de paddy est apparemment restée stationnaire autour de 40.000 à 42.000 tonnes, mais les rendements de 1,4 à 1,5 tonne à l'hectare sont médiocres en comparaison de ceux de 1,8 à 2 tonnes que l'on obtenait il y a dix ans. (Voir tableau 16). Les résultats relativement mauvais obtenus dans ces deux cultures ont été à peine compensés par le déve- loppement de la production de sucre, qui est caractérisée, ccmme on l'a déjà observé, par un prix de revient élevé, ou par la petite quan- tité de tabac (quelque 50 à 60 tonnes) qui a été produite ces dernières années. Les colons installés dans le périmètre irrigué de l'Office continuent pour la plupart à être insatisfaits du revenu net qu'ils obtiennent, qui les défavorise par rapport à la plupart des cultivateurs de coton et de riz qui travaillent en dehors de l'Office. L'Office lui- même continue à enregistrer des pertes sérieuses quoique difficiles à déterminer. Production et rendements 185 Le déclin de la production de coton est particulièrenent frappant si l'on songe aux espoirs qu'on avait fondés sur l'intensi- fication de la culture cotonnière, dont on attendait un accroissement substantiel de la production lf. La superficie plantée en coton a rétréçi, passant d'une moyenne de 7.700 hectares en 1962/63 et 1963/64 à 4.000 hectares environ en 1968/69 et l'on prévoit qu'elle ne sera plus que de 2.700 hectares en 1969/70. Si l'introduction de méthodes culturales demandant un travail plus intense peut être rendue responsable dans une faible mesure de ce déclin, il semble bien que sa cause principa- le ait été le découragement grandissant qui s'est emparé des cultivateurs devant le mauvais drainage de leurs champs de coton. La détérioration des canaux de drafnage et le nivellement défectueux des terrains ont fait qu'il est devenu de moins en moins possible d'6vLcuer les fortes pluies qui s'abattent ré-ulièrement sur la zone irriruée. C'est ainsi qu'en 1965/66 et 1967/68, années où les pluies ont été très abondantes, les rendements à l'hectare sont tombés aux niveaux fort peu lucratifs de 420 et 680 kg seulement. Tandis qu'en 1966/67 et 1968/69, années relativement sèches, les rendements sont remontés à 1.490 et 1.230 kg. La producticn de coton à l'Office offre un contraste marqué avec les progrès très nets accomplis en culture sèche. If Voir "Mali : l'Office du Niger - une expérience d'agriculture irriguée" dans le tomme III de l'ouvrage de de Wilde : Expériences de développement agricole en Afrique tropicale, edité pour la BIRD en 1967 par la Johns Hopkins Press de Baltimore. Table 16: OFFICE DU NIGER: AREA, POPULATION AND PRDDUCTIONY - Tablean 16: OFFICE DU NICER: SUPERFICIE, POPULATION ET PRCDUCTIONV Area (hectarem) Prodctim of Procesa;d Products/Prdnotion de poM ats tralts uperfici (ha) Area Rc/Riz padd fieldk/ Area ~ Seed Ctt n/Coton rn illed Rice Cotton fibre Cm6ton WL Soep ob Alchol ,elopse Cutted Populationu Superficie PriuctionT Rendmentl/ Superficia r t Herm~ Ris uiné Fibre de Co+,onile de oston Savon or Aleo l ar/Anné \ménagée Cultilée C00OTäVd1ärs (000 ha) (00)0 /(000T) M/ha-T/U (000 ha) (000 ff)/(000 T) W/ha-T/ha ()/(T) (f)/(T) (000 litrea) (W)/(T) ()/(T (000 Ut~A ) 199/60 ,3 427 36 6o6 31 7 30 0 55 8 1-8 6 6 4 3 0 7 1960)/.1 åhj 99 35 673 38 3 30 0 54 7 1 8 5 7 5 1 0 9 1 365 103 1961//2 [5 029 33 280 37 2 26 5 41 0 1 6 6 8 7 2 1 0 2 097 167 1962/63 46 050 31 550 37 3 23.6 38 1 1 5 8 0 7 8 1 0 2 101 207 1963/64 48 936 36 589 32 9 29 2 42 9 1 4 7 4 9 6 1 3 14 365 3 305 95 99 1964/65 52 555 33 892 30 3 28.4 40 3 1 4 5 5 6 4 1 1 U1 438 1 976 88 75 1965/66 54 555 33 525 33 4 28.1 42 2 1 5 5 b 2 3 0 42 17.566 648 36 86 1966/67 54 744 33 527 31 2 28.8 41 4 1 4 4 2 6 2 1 5 10 914 2 198 65 53 2 649 333 1967/68 54 744 33 747 30 9 29 0 n.d. n.d. 4 0 2 7 0 68 16 469 10d 39 35 3 313 144 1968/69 - - - 29,8 n.d. u.d. 3 2 4 1(eat.) 1.2 1969/70 - - - 30-38(et.) 2 7(proj.) (pré-) Figurne on the 5a11 qantity of tobacco grown in reomt years in the ara of tbe Offica O( n@ dipMem pas de donnas mr la fatble qestiå d tebac oultive se am Ltrma me. dans l ars not available. pkuftre de 19Office. 2/ Total numbar of 1esers of families settled in the area as colanints. 2 r total ds ~mes des f.~ms fless dace la r mgin ~nMealit de »olm. Data on total output and acordingly on yielde arm estimlas only. The 3 acmrate figures Ias d=ma ur la produoti total. et les r~e. na onta ee ed amt s. Ls m a available are thos. for prodotion achived in the area (öa 12,000 hutares in rec~s years) hiffree an- d = d spose coernt la pro,-tion obtoa dn la rgios (e de 2.000 hetar.. famed dirctly by be Offio and thont are the a oamnta ollectad by the Office from coloniste. ~as demi~re mims) et fasant l'objet d~una eploitation dLrmote par l'OreM , oe a fft The latter rtain a portion af their pm (perhaps 16,000 to 18,000 tons) for their om eon- affrents mx quantit remagas par l'f ee e~ra dem colon. Ce dermMe m eoase wamption and f illiait arketing. The Offl c has mot made estimati e of total output for recent partie de leur pd' (peut-tre 16,000 1 18.000 to s) pour leur cneatiU. pm.a10 oh p~r year , Ust of figur s for pre~cding years are apprcaxately orrmct, prodcotion has probably la orc iaisation L aite. L'Offie n'a paa prde & des estimations de la preeöt mttle rmained in the noighborhood of 1,000 to 42,000 toes. pour le dernires ame, mas les ohffres dm a~mne priod amte ann p~ e161m ~ ~% ~ / Excluding sll quantitl as of seed cotton rtanad by the coloniste for hand ginning and prod~otion et poba tni rest e aux ~riron de 41.000 & 42.000 t. aubsequant artisanal 8pinning and voaving. j Non c~ &ris de faibles qantt de coton graLie conservMas par les colms p~ 1*g e e~ / The arma planted to can. wa 505 ha in 1966/67, 686 ha in 1967/68 and probably about 920 ha et 1 filage et ti~sagertianan. in 1968/0. / a iuperfile planute en omn ftait da 505 ha = 1966/67, 686 ha m 1967 /68 et prob* l~t 9M ha envirn en 1968/69. 136. Ces dernières années, la superficie totale cultivée à l'Office est restée à peu près la même (un peu plus de 33.000 hectares). Elle con- traste brutalement avec les quelque 55.000 qui ont été aménagés pour l'irrigation. Cette différence ne s'explique que pour une très petite partie par les jachères dont s'accompagne la culture du coton. La plu- part des terres aînénagées se sont avérées à l'usage impossibles à drainer ou à irriguer efficacement. Il ai fallu abandonner quelque 7.500 hectares dont le draÎnage était défectueux, ce qui a amené la prolifération massive de mauvaises herbes et notamment une invasion de riz sauvage. Jusqu'en 1965/66, l'Office a continué à aménager de nouvelles terres, alors même qu'il était évident que la main d'oeuvre n'était même pas suffisante pour travailler les terres déjà en culture. Situation financière de l'Office 137. La situation financière de l'Office reste précaire. Bien qu'aucun bilan n'ait été publié depuis 1964/65 (et celui de cette an- née là n'était, lui-même, guère exact), il semble bien que des pertes considérables aient été encourues. Selon une source, les pertes des cinq années de la période allant de 1960/61 àl 1964/65 se seraient élevées à peu près à 2.750 millions de FM. Le déficit continuel est d-a à un certain nombre de facteurs. La grande distance qui sépare la région des marchés et des sources d'approvisionnement a augmenté le prix de revient des facteurs de production et réduit les prix de vente. Le paiement en nature que l'Office demande aux colons pour bon nombre des services qu'il leur fournit, notamment pour le rebil- lonnage, le labourage et la fourniture des engrais, semble n'avoir jamais couvert les frais, et une partie des paiements n'ont, en fait, janais été perçus. La production décevante des colons a limité non seulement les paiements que l'Office a pu recevoir en échange de ses services mais aussi les reverras tirés du traitement et de la vente des récoltes achetées aux colons. L'Office a tenté ces dernières années de se charger lui-mâne d'exploiter des terres en cultivant 12.000 à 13.000 hectares de rizière, mais cette tentative s'est soldée par de nouvelles pertes. Les subventions du rouvernement ne lui ont apporté qu'un soulagement minimîe. Du poInt de vue financier, l'Office est tout juste parvenu à se maintenir à flot en retardant le paiement de ses dettes échues et surtout en ne faisant rien pour entretenir le réseau d'irrigation et de drainage et pour enrayer la détérioration de son matériel dt de ses installations. Par exemple, l'Office a déclaré en 1969 que 147 de ses 211 tracteurs et 109 de ses 220 camions étaient en mauvais état. La dégradation des canaux de drainage et d'irrigation a eu des conséquences néfastes sur la production et le mauvais état du matériel a parfois causé d'impor- tants retards dans le rebillonnage et le labourage. - 6o - 188. Certaines des faiblesses de cette entreprise proviennent de fautes commises dans les plans d'origine, qui ont été dressés dans les années trente. Les plans des canaux d'irrigation et de drainage ont été faits sans connuissance suffisante du micro-relief qui joue un rôle capital dans une région où la pente naturelle est très faible. Le drainage de l'un des principaux secteurs - celui de Kolongotomo - a été exécuté de telle sorte que l'eau ne peut être évacuée lorsque le Niger est en crue. On a considérablement sous-estimé l'importance des pluies, si bien que les drains ne sont pas faits pour absorber l'eau des pluies trop abondantes. Les aménagements ont été faits dans les zones très éparpillées, ce qui ne pouvait qu'entraîner des difficultés de transport et de gestion. Principaux problèmes 189. L'une des grandes difficultés rencontrées dès le début est venue de l'impossibilité d'attirer des colons en nombre suffisant pour obtenir, gràce à une culture intensive, les hauts rendements qui étaient nécessaires pour rentabiliser les investissements et couvrir les dépen- ses de fonctionnement de l'entreprise. Comme le M1ali, et en particulier la région où a été implanté l'Office, était sous-peuplé, un nombre con- sidérable de colons furent recrutés à l'origine hors des limites du Mali, en Haute Volta. Pendant les premières décennies, les rendements plus élevés que l'on pouvait atteindre à l'Office furent suffisamment intéressants pour permettre le recrutement de nouveaux colons. La popu- lation installée dans la zone atteignit un sammet en 1960/61 avec 38.300 personnes environ. Mais, en 1967/68, elle était tombée a 30.900 personnes. La détérioration des conditions d'exploitation, et notamment du drainage, les sommes élevées que les colons avaient à payer par rapport au niveau assez bas des prix agricoles fixés par le gouven-ement et l'apparition de possibilités d'exploitation relative- ment séduisantes en dehors de l'Office contribuèrent ensemble à faire naître l'exode. En outre, entre 1960/61 et 1967/68, le nombre de tra- vailleurs actifs de sexe masculin (ayant entre 15 et 55 ans) parmi la population de la colonie paraît avoir diminué plus rapidement que la population totale (33' contre 20%). Parmi les membres les plus jeunes des familles élar.-ies installées sur les terres de l'Office, nombreux sont ceux qui ont apparemment trouvé ailleurs des perspectives plus séduisantes. Cette baisse rapide de la main d'oeuvre disponible a probablement beaucoup contribué à la diminution des superficies con- sacrées à la culture du coton, qui exige une main d'oeuvre considé- rable et a la nette préférence donnée à la culture du riz, que l'on fait pousser par des méthodes beaucoup plus extensives ou exigeant moins de travailleurs. - 61 - Etudes proposées 190. L'avenir de l'Office du Niger pose toute une série de pro- blêmes graves pour le gouvernement. En principe, il paraît souhaitable d'eipêcher pour le moins que des terrains dans lesquels on a déjà tant investi se dégradent encore davantage. Les prix plus élevés que le gouvernement a autorisés pour le riz et le coton devraient stimuler davantage les cultivateurs, mais on ne pourra pas faire de bien grands progrès sans améliorer sensiblement le drainage et l'irrigation et sans disposer d'un service de vulgarisation plus efficace. Si l'on veut cher- cher à savoir ce que peut corater et rapporter una nouvel effort pour remettre en état et développer à nouveau l'Office du Niger, il faudra probablement considérer les investissements passés comme "amortis". Autrement dit, la valeur d'un tel effort devrait être jugée en fonction de l'augmentation de production qu'il pernettrait d'obtenir, et la ren- tabilité de nouveaux investissements dans l'Office du Niger devrait être comparée à celle des investissements de même envergure qui pour- raient 6tre faits en dehors de la région de l'Office. Il faudrait également que l'on soit assuré de disposer de tous les éléments néces- saires pour accroître la production. Par exemple, on peut fort bien trouver dans le périmètre de l'Office des terres qui peuvent être bonifiées moyennant des dépenses relativement faibles, mais encore faudrait-il, pour que l'investissement en vaille la peine, que l'on puisse trouver des rCs pour les cultiver. 191. Ce qu'il convient de faire dans les circonstances présentes, c'est une étude complète et objective de tous les problèmes qui se posent àr l'ofice du liger et des remèdes que l'on peut éventuellement y apporter. L'organisation et le financement d'une enquête de ce genre ont fait l'objet de discussions très préliminaires entre le gouvernement malien et le FAC. Si une décision positive est prise, il serait souhai- table qu'un accord fût réalisé quant aux objectifs généraux de l'enquête avec les institutions auxquelles il pourrait être fait appel pour un financement si l'étude venait à révéler des possibilités d'investisse- ments qui en vaillent la peine. Le groupe d'étude qui serait chargé de l'enquête devrait au miniimu avoir la camposition et les objectifs suivants : (a) Un expert en irrigation et en drainage et un ingénieur des travaux publics, chargés de déterminer la façon la plus économique et la plus pratique de réparer les défauts les plus graves du réseau d'irrigation et de drainage et de choisir en connaissance de cause les terres abandonnées qui mériteraient d'être remises en culture. - 62 - (b) Un agronome et un économiste agricole, chargés d'exa- miner et de suggérer les changements qu'il pourrait être utile d'ap- porter à la composition des cultures compte tenu de l'expérience acquise au cours des dernières années, les prix à fixer pour les récoltes, les prix de revient des facteurs de production et les disponibilités en main d'oeuvre et en matériel ainsi que leur coûÎt. (c) Un spécialiste de la formation professionnelle et de la vulgarisation agricoles chargé de suggérer les moyens d'améliorer la formation des cultivateurs et l'efficacité du personnel de vulga- risation de l'Office qui est, pour l'heure, notoirement inadapté à sa tache. (d) Un spécialiste de la commercialisation des produits agri- coles et un économiste, chargés d'exminer tous les problèmes relatifs au parc de machines et de véhicules de l'Office en vue de déterminer le prix de revient des diverses opérations agricoles mécanisées et de faire des recommandations quant à la normalisation du matériel, à son entretien et à sa gestion. (e) Un comptable et un expert financier, chargés d'exminer la situation financière et les méthodes comptables de l'Office et de faire des recommandations quant à la mise sur pied d'un système de camp- tabilité capable de donner a tout moment une image précise des finances de l'Office et de permettre à celui-ci de connaître les prix de revient de ses divers services, qui le guideraient dans l'établissement de ses plans futurs. (f) Un ou deux sociologues qui analyseraient les problèmes des colons de l'Office et les facteurs qui entrent en jeu lorsqu'il s'agit de retenir les anciens colons et d'en recruter de nouveaux, et étudieraient leurs attitudes ou leurs réactions à l'égard des cultures actuelles et des conditions qui leurs sont faites à l'Office. (g) Un économiste en chef chargé de guider et de coordonner l'analyse, sous l'angle des dépenses et des bénéfices, des propositions de remise en état ou de réorientation avancées par les membres du groupe d'étude. 192. Sous une direction compétente, un tel groupe d' étude devrait commencer par déterminer dans quelle mesure il serait possible de mener à bien un programme minimal de remise en état qui offrirait par rapport à son coît des perspectives raisonnables de bénéfices. Le groupe pour- rait proposer un programme en plusieurs étapes, dans lequel l'exécution de chaque étape serait fonction des enseignements et du degré de réussi- te des mesures qui auraient été exécutées pendant l'étape précédente. - 63 - 193. La production animale représente, à côté de l'agriculture l'activité principale du Aali. La production de bovins, d'ovins et de caprins, de poisson, de volailles et autres animaux d'élevage, ainsi que celle de produits dérivés de l' élevage tels que le lait, le beurre, les oeufs, les peaux et cuirs, représentent le cinquirae de la produc- tion intérieure brute (PIB). Le Hali vient en tSte des pays de l'Afrique Occidentale pour la consommation moyenne par habitant des produits de l'élevage et de protéines. En outre, ces produits d'élevage entrent pour plus de la moitié dans les exportations du Mali. 194. Malgré l'importance évidente de la production aniLiale, le gouvernement s'est relativement peu préoccupé de rassembler et d'ana- lyser des données significatives sur l'élevage, de façon à mettre sur pied des schémas d'étude portant sur le développement de cette activi- té. Les statistiques officielles sur l'élevage et la pêche ne corres- pondent pas à celles fournies par les recensements agricoles. Bien que le gouvernement s'efforce de percevoir de lourds impôts sur la produc- tion animale et tout particulièrement sur l'élevage des bovins de bou- cherie, un très faible volume de ses dépenses est consacré aux services nécessaires a cette branche d'activité. Le Service de l'élevnge et la Section pêche du Service des eaux et forêts représentent environ l des dépenses budgétaires. L'insuffisance des crédits alloués à des pos- tes tels que l'achat de véhicules et les dépnses d'entretien de ces véhicules handicape sérieusement le Service de l'élevage. Les bovins de boucherie 195. L'exportation de bovins est de loin la plus importante des exportations du Mali. La production de bovins contribue à elle seule pour 13 à 14% du PIB. 196. Il y a environ h,5 millions de bovins au Lali - à peu près autant que d'habitants. Dans la zone relativement réduite du pays située approximativement au sud du 130 de latitude Nord, zone infestée de mouches tsétsé, on rencontre une variété de bovins résistant à la trypanosomiase : les N'Damas. Ils sont de petite taille; seuls .lis mâles adultes atteignent parfois un poids supérieur à 100 kg. 1_/ Les N'Damas représentent probablement environ 15e du cheptel malien. Ils se trouvent généralement dans des exploitations où l'agriculture pré- domine, et environ 200.000 d'entre eux sont employés à la culture atte- lée. Les Zébus qui forment la majeure partie du cheptel malien - soit 85% - sont élevés au nord de la zone où sévit la trypanosomiase. En moyenne les Zébus pèsent environ 501 de plus que les Y'Damas; ainsi, les mâles adultes pèsent plus de 150 kg 1/. Undemi million de pasteurs, nomades l/ poids de la carcasse. - 64 - ou semi-nomades les élèvent pour leur vi mde et les vendent pour satisfaire leurs besoins en argent liquide. La faiille moyenne pos- sède un troupeau de 50 bêtes ou plus et en vend généralement 5 ou 6 par an. 197. Presque tous les éleveurs maliens doivent pratiquer la transhumance - migration entre les pacages de saison humide et les pacages de saison sèche. Pendant la saison sèche, il faut conduire les animaux vers des points d'eau bien alimentés, c'est-à-dire vers le Delta central du Niger ou vers les biefs du cours inférieur de ce fleuve situés au Mali. Pendant la saison humide, l'on cultive les pacages utilisés pendant la saison sèche et l'on emmène les troupeaux dans la zone steppique pour les faire pattre dans les prairies. Le manque de points d'eau laisse inutilisées des surfaces importantes de prairies. Quant à celles qui sont situées autour des points d'eau, elles sont fréquemment l'objet d'un pacage excessif. Données statistiques 198. Le bureau statistique du Service de l'élevage reconnaît que ses recensements recouvrent habituellement moins de la moitié de la quantité totale de bovins. Toutefois, la taille et les caractéris- tiques générales du cheptel malien ont pu être déteninées grace, surtout, à une étude approfondie effectuée par trois consultants français (Lacrouts, 2.rniguet et Tyc, Lcloitation du cheptel bovin au -lali) ainsi qu'aun renseignements recueillis au cours d'une cam- pagne contre la peste bovine. A l'occasion de cette campagne, les pas- teurs sont allés faire vacciner des bêtes qu'ils avaient cachées auparavant pour échapper à l'impôt. 199. Le tableau 17 rend campte de l'effectif du cheptel, de son accroissement brut et de ses diverses utilisations. Les chiffres des premières années proviennent d' évaluations administratives qui avaient été rassemblées par Samir -Amin qui fut conseiller du Gouver- nement en vue de l'élaboration des comptes nationaux; ceux des années postérieures sont le résultat d'études financées par le FAC. Il est important de rappeler que, pour relativement cohérentes que puissent être ces estimations, elles sont fondées sur un recensement qui n'est ni exhaustif, ni tout à fait siûr. 200. Si ces données sont exactes, le taux "naturel" de crois- sance du cheptel malien n'était autrefois que de 4%. Les efforts des vétérinaires français pour enrayer les maladies, ainsi que la création de quelques points d'eau ont porté ce taux à environ 10i au moment de l'indépendance; des aménagement ultérieurs et surtout la campagne contre la peste bovine l'ont amené au niveau actuel de 12% environ. Table 17: ANIMAL PRODUCTION: BEEF CATTLE, SIZE, GROWTH AND DISPOSITION OF HERD Tableaul7: PRODUCTION ANIMALE: BOVINS, CREPTEL TOTAL ET UTILISATION DU CROIT (By head and percent) (Par tate et pourcentage) Year Source Total Gross Total Of which Increase not Number Increase Marketed kshan Export Export Marketed Consumption on hoof as meat Annee Source Cheptel Croit Commercialise Dont Total brut Conso tion Export. -xport Crolt non locale sur pied viande comrcialiss/ 1928 Amin2/ 1 460 000 59 000 4% 44 000 3% 44 00 3% neg. 0 15 000 1% 1939 1An 1 830 000 128 000 7% 73 000 4% 63 000 3.5% 10 000 0.5% 0 55 000 3% 3,5% o,5% 1945 Amin 2 185 oo 153 oo 7% 87 ooo 4% 67 000 3% 20 000 1% 0 66 000 3% 1959 Amin 3 300 000 330 000 10% 230 000 7% 130 000 4% 100 000 3% 0 100 000 3% 1964-65 Lacrouts, Sarniguet, Tyc 1/ 4 300 000 521 000 12% 473 000 11% 312 000 7% 157 000 4% 4 000 48 000 1% 1966 Sarniguet, Tyc, Peyredieu du Charlat 2/ 4 500,000 550 000 12% 480 000 10.5% 350 000 8% 128 000 3% 2 000 70 000 1.5% 10,5% 1, 5% Samir Amin, Trois experiences africaines de developpement; le Mali, la Guinee et le Ghana. Marcel Lacrouts, Jean Sarniguet, Jean Tyc, Exploitation du cheptel bovin au Mali. . Sarniguet, Tyc, Francois Peyredieu du Charlat, L'Approvisionnement en viandes de 1'Afrique centre ouest. 201. Le cheptel bovin se campose d'environ 39% de vaches, de 6% de taureaux, de 22% de génisses, de 14] de bouvillons (1-3 ans) et de 191 de veaux. Ztant donné qu'il faut que les animaux aient atteint une taille suffisante pour pouvoir supporter la longue Mar- che vers les marchés et que l'insémination se fait naturellement, cette répartition n'est pas anormale. La faiblesse du taux annuel de fécondité - 0,65 par vache - est due aux conditions naturelles assez rudes que doit endurer le cheptel. Un taux élevé de mortalité chez les animaux en bas âge explique pour l'essentiel la faiblesse du taux de croissance du cheptel. Un tiers environ des animaux meurt avant d'avoir atteint un an. Comercialisation du cheptel bovin et politique gouvernementale 202. Les indications sur la quantité de bovins commercialisés données dans le tableau 17 ne vérifient pas la thèse selon laquelle le bétail est irrationnellement gardé par les propriétaires. Les bovins sont au premier chef un moyen de subsistance, mais ils sont aussi régulièrement vendus pour satisfaire les besoins d'argent de leurs propriétaires. Une fois que les pasteurs eurent acquis la conviction que les mesures de contrôle sanitaire réduisaient rélle- ment le taux de mortalité animale, ils ont de toute évidence maintenu le taux annuel de croissance de leurs troupeaux à l ou, au plus, à 3%. L'élévation du taux naturel de croissanca du bétail a servi a% accroître la consommation locale de viande et à accélérer les expor- tations vers les pa-s côtiers tels que la Côte d'Ivoire et le Ghana où la population en croissance rapide manquait d'aliments a base de protéines. 203. Avant l'indépendance, l'exploitation du cheptel bovin était presque entièrement assurée par le secteur privé qui détenait les moyens de transport et les abattoirs, vendait les produits pour la consommation locale et il organisait aussi la marche du bétail sur pied vers les pays c6tiers. Une société privée française - la TREC - exploitait un abattoir à Baimako et exportait vers Abidjan de la viande congelée en petites quantités (jamais plus de 400 tonnes par an). 204, Depuis l'indépendance, le gouvernement a élaboré des plans ambitieux dont l'objet était d'abattre au Lali les bovins exportables et d'exporter la viande par camions frigorifiques et par avion. Une société d'Etat - la SONEA - fut créée et reçut le monopole des expor- tations de bovins, de viande et de cuirs et peaux ; elle fut aussi chargée de la vente au détail de viande et de yoghourts dans le pays. De 1964 à 1967, une petite filiale de la SOHIELA - la SEPAN - l_ dont lj En réalité, la direction de la SEPAM ne fut jamais distincte de celle de la SEA. - 66 - les Français détenaient hR du capital, a également fonctionné; elle a assuré 60r. des exportations de viande de la SQNA et étudié les perspectives de débouchés pour la viande malienne en Europe. La cons- truction d'abattoirs modernes disposant d'entrepôts frigorifiques a été entreprise à Bamako (capacité de 10.000 tonnes de viande carcasse), à Gao (3.000 T), à Kayes et Segou (2.500 T chacun) et à Mopti (2.000 T). Leur financement était assuré par le FED et la Yougoslavie. En réalité, seulement deux de ces projets ont été achevés et les autres furent abandonnés. 205. En même temps, l'élevage était soumis à de lourds impôts et à une réglementation sévère qui, malgré la fraude très répandue, pesaient néanmoins lourdement sur les exploitants. Le prix des bovins était fixé à un faible niveau, et ceci ostensiblement dans l'intention d'empêcher le coût de la vie de monter. Les pasteurs qui, camme les cultivateurs, devaient déjà verser un impôt de capitation, étaient encore redevables d'un impft annuel de 400 FM par tête de bétail (soit 20% environ du revenu d'un éleveur vendant 10% de son troupeau chaque année) ainsi que d'un certain nombre de taxes à l'exportation. Les bouchers locaux de Bamako qui, en vertu de la loi, étaient tenus de faire abattre leurs bêtes à l'abattoir de la SONEA, étaient soumis à l'impôt sur le chiffre d'affaires de 45 Fil/kg, tandis que la SONEA elle- même échappait à cet impôt. C'est seulement au milieu de l'année 1969 que cet impôt fut supprimé. 206. Dans ces circonstances, la camercialisation des bovins fut gravement ébranlée. Les contrôles des prix qui n'ont jamais pu être appliqués réellement, sont néanmoins la cause de la disparition presque totale des marchands de bestiaux sur les marchés publics qu'ils utili- sèrent seulement pour y écouler les bêtes de qualité inférieure. Les abattoirs de la S0IEA reçurent beaucoup moins de bétail. L'abattoir de Gao n'a jamais lonctionné, dans l'incapacité où il était d'acheter le bétail au prix officiel; celui de Bamako n'a été utilisé qu'à une fraction de sa capacité. Les bouchers préférèrent abattre illégalement une grande partie de leur bétail de façon à échapper à l'impôt, et la SONEA, elle-même contrainte de se dérober au contrôle des prix, ne put en général acheter pour son propre compte que des animaux trop jeunes et de qualité inférieure. Ainsi, le volume d'abattage aux abattoirs de Bamako tomba loin en dessous des prévisions, comme on peut le cons- tater d'après les chiffres suivants (exprimés en tonnes de poids carcasse) : - 67 - 1968-69 1965-66 1966-67 1967-68 (première moitié) Bovins abattus pour le compte des bouchers 2.390 2.280 1.26h 837(a) pour le compte de la SONEA pour la vente locale 1.505 1.381 1.h66) 809(a) pour l'exportation 768 252 244) Autres animaux 93 77 119 Total 4.756 3.990 3.093 1.646 Utilisation de la capacité (pourcentage) 47,6 39,0 30,9 32,9 (a) y compris, apparemment, la rubrique "Autres animaux" Dans ces conditions, la SOEA a subi des pertes considérables. Ses exportations se sont aussi révélées décevantes pour dos raisons diver- ses, telles des livraisons insuffisantes de bétail de bonne qualité, des méthodes de vente médiocres et une tendance chez les pays importa- teurs à donner la préférence au bétail sur pied au détriment de la viande. Les exportations de viande, essentiellement vers la Côte d'Ivoire, ont monté exceptionnellement en 1965-66 jusqu'à 770 tonnes mais pendant les deux ans et demi qui suivirent, elles ont atteint seulement 274 T/an en moyenne. 2t même ces exportations se sont sol- dées par une perte. 207. N'ayant pu écouler comme elle l'espérait sa viande dans les pays d'Afrique occidentale, la SONEA a mis au point un projet dont le codt d'investissement est estimé à 189,6 millions de F4 (379.000 dollars), qui permettra la précuisson et la congélation ra- pide de la viande afin de pouvoir la vendre en Europe conformément aux règlements sanitaires en vigueur. Cette réorientation envisagée des ventes de viande vers le marché européen qui, dans la meilleure des hypothèses, serait un marché difficile à conquérir, ne semble guère judicieuse si l'on songe qu'il existe à proximité, en Côte d'Ivoire et au Ghana, un marché moins exigeant capable d'absorber un - 68 - gros volume d'importations de viande. La vente de viande à% ces pays s'est heurtée, il faut le reconnaître, à des difficultés, mais l'on peut les surmonter si la règlementation des prix au HIali est assouplie de façon à garantir la livraison d'un volume plus important de bovins de meilleure qualité pour l'exportation, si l'on améliore la commercia- lisation et si l'on parvient à conclure des accords avec les pays impor- tateurs sur les conditions d'accès à leur marché. 206. En outre, la règlementation gouvernementale des prix et la fiscalité ont poussé les pasteurs à exporter leurs bovins clandestine- ment. Depuis toujours, environ la moitié du bétail exporté sur pied à travers les longues frontières maliennes échappe à tout contrôle. Vers 1965, cependant, les exportations non enregistrées ou clandestines de bovins ont augmenté dans une proportion considérable. Outre les taxes ordinaires à l'exportation, les marchands de bestiaux devaient verser à la SOIEA un droit spécial de 1000 F par tête en reconnaissance de son "monopole" sur les exportations. Le manque croissant de devises amena le gouvernement à exiger le rapatriement de la totalité des recettes d'exportation. Comme les biens de consommation étaient très rares au MLali et que le gouvernement était en général hostile aux commerçants, ceux-ci avaient toutes les raisons de chercher à se sous- traire à cette mesure. Ainsi, les exportations de bovins devinrent un moyen de faire sortir les capitaux; et lorsque d'aventure le pro- duit des recettes d'exportation était rapatrié au Mali, c'était sous la forme d'importations clandestines de biens qui étaient ensuite vendus à des prix de marché noir. En 196h, le gouvernement tenta de regagner le terrain perdu, en déclarant que les exportateurs de bovins qui ver- seraient un cautionnement à leur banque pourraient rapatrier la moitié du produit de leurs ventes sous forme de biens qu'ils pourraient en- suite vendre à des prix qui combleraient leurs pertes sur l' exportation de bétail. Cependant, cette mesure ne fut jamais qu'un palliatif. 209. La dévaluation du franc malien, suivie de mesures de libé- ralisation des importations, modifia cette situation à plusieurs égards. Ces mesures retiraient aux 11aliens le désir d'importer des biens clandestinement et stimulaient les exportations en raison de la différence beaucoup plus grande entre les prix contrôlés appliqués au bétail au KLli et les prix pratiqués d-ns les payrs voisins; le contre-coup fut que ces mesures augmentèrent les difficultés qu'avait la SONEA à se procurer un volume suffisant pour l'abattage. Le gouver- nement chercha à se procurer un revenu supplémentaire de cette dispa- rité accrue des prix, en élevant la taxe à l' exportation des bovins de 1.000 Fi à 5.000 IM par tête. Mais cette hausse encouragea une fois de plus les exportations clandestines si bien que le gouvernement fut obligé de ramener la taxe à l'exportation à 1.500 N en janvier 1969, et à 1.000 Fe un peu plus tard. Cette mesure, conjuguée avec une atti- tude généralement plus souple des autorités officielles à l'égard du commerce privé, a indéniablement favorisé le retour à des conditions plus normales, bien que, selon toute probabilité, plus de la moitié des exportations de bovins échappe encore à tout contrôle. - 69 - Comment développer L' élevage bovin ? 210. Les possibilités du Hali dans ce dariaine sont certainement considérables. Le pays est en mesure de fournir une quantité très im- portante de bovins e:gportables soit sur pied, soit sous forme de viande, et la demande de viande prévue dans les pays côtiers d'Afrique occiden- tale entraÎnera probablement une hausse de prix qui devrait accroitre la rentabilité de l'élevage bovin. Une récente étude des prévisions de l'offre et de la demande de viande menée sous l'égide des pays de l'En- tente et couvrant outre ces pays, le Iali, le Nigeria et le Ghana, prévoit que le marché de la viande sera en déficit croissant même compte tenu des bêtes fournies par les régions de savane excédentaires, notamment des exportations en augmentation considérable du 'ali. Le déficit prévu devrait selon les estimations s'élever a environ 30.000 tonnes en 1970 et à 135.000 tonnes en 1975 (voir tableau 18). Une projection de la FAO qui englobe, outre cette région, le Sénégal, la Gambie, la Iauritanie, le Libéria et la Sierra Leone, indique aussi un déficit important, mais toutefois plus faible (entre 75.000 et 125.000 tonnes) pour 1975 1f. Les deux études sont fondées sur la deman- de réelle et non sur les besoins nutritionnels théoriques. 211. Cependant, le 1ali n'a pas fait grand chose jusqu'à présent pour tirer parti de sa capacité de productinn en bovins. La mesure la plus efficace qu'il ait prise a été la campagne contre la peste bovine qui a été menée de concert avec les pays voisias. On a aussi créé un certain nombre de postes de vétérinaires, ainsi qu'un laboratoire pour la pré- paration des vaccins. La création de points d'eau a aussi donné de bons résultats. De 1960 au milieu de l'armée 1966, les dépenses effectuées à cet effet se sont élevées à la samme de d95 millions de F1 (3,4 millions de dollars au taux de change alors en vigueur), dont les deux tiers ont été fournis par l'étranger. Ces dernières années, la République Fédér:le d'A-llemagne a financé un programme de forage de puits dans la zone des paturages de la région de Gourma qui n'a donné aucun résultat. Dans son ensemble le programme de forage de puits a été assez incohérent. 212. Il faut certes admettre qu'il est difficile d'élaborer un programme bien conçu pour une activité essentiellement tradition- nelle sur laquelle on ne possède encore que des données fragmentaires. Néanmoins, il est possible de fournir des indications sur les orien- tations éventuelles à donner au développement de cette activité. l_ Il semble que l'estimation plus faible de la FAO tienne essen- tiellement à ce que cette institution n'a pas tenu compte de l'effet d'un accroissement des revenus sur la consommation de viande. Table 18& PRJWETED BALANCE OF BEF PADDUCTION AND CONSUMPTION Yn am"RAL WWst AFRICA I/ Tableau 18 PREISION DE LtEQUILIBRZ PRODUCTION-CONP0MATION DE LA VIANDE DE BOVINS POIR LiAPRQUE CERE-OUEST 1/ (MT of meat & offala) (T de viandes et abste) 1966 1970 1975 1980 Deficit of the Coastal Zone/ Deficit de la C8te 142 300 177 000 255 000 349 100 SurpluS of the Savannah Zone Available for Export/ Excddent disponible de la Saranne 108 500 312 600 -15 900 13 600 Regional Deficit/ D4ficit r6gional 33 800 64 400 139 100 235 500 Possible Imports from Neighboring Countries/ Importations possibles des pays voisins Mauritania/Mauritanie 2 000 2 000 2 000 2 000 Chad/Tchad 31 000 31 000 31 000 31 000 Uncovered Deficit/ ca ca ca Deficit non-couvert neg. 30 000 135 000 200 000 c.f. Available for Export from Mali/ p.m. Exc4dent disponible du Mali 27 500 35 oo 47 5oo 59 hoo - Entente countries plus Mali, Ghana and Nigeria. Figures are from Entente study carried out out by SEDES. Pays de 1'Entente avec le Mali, le Ghana et le Nigeria. Chiffres de 1'1tude effectuee pour le Conseil de 1'Entente par SEDES. - 70 - Amélioration des races 213. L'amélioration des races bovines ne semble pas constituer une ligne d'action fructueuse et dars le meilleur des cas elle n'aura que des effets à lonue échéance. Ia race zébu actuelle semble bien adaptée aux dures conditions du climat. Au sud du degré de latitude 130lN1, le o'Dama qui résiste à la trypanosomiase est la race la mieux appropriéo. Les N'Damas de race pure ne sont pas très nombreux et se métissent de plus en plus avec d'autres races. On a proposé un projet d'importance limitée pour l'élevage de cette race dans un ranch à Yanfolila; le cou^t de-l'investissement est estimé à 250 à. 300 m'illions de "n0i (5oo.ooo à 600.000 dollars), mais il reste encore C f,ire une étude cétaillée des coûts et bénéfices. Amélioration desPturages 221., C'est un objectif difficile à atteindre là où les terrains de pâture sont un bien commun ouvert à tous et bien entendu dépourvus de cl8tures. En outre, l'utilisation de ces terrains n'est pas si inten- sive qu'elle pose un problème général de surpâture. Lorsque cela se produit dans des zones relativement limitées, il suffirait probablement pour y remédier de créer des points d' eau plus nombreux et mieux répar- tis qui permettraient d'utiliser des pâturages actuellement inemployés. Il semble néanmoins que dans la région dépendant de l' Office du Niger, il existe une possibilité de fournir aux pasteurs dos pâturages amélio- rés ou de mettre en valeur des terres en jachère ou en friche. Au Centre de recherche de Kogoni, l'IRAT a obtenu des résultats intéres- sants avec une légumineuse (Phaseolus lateroides) qui peut constituer une bonne source d'alimentation pour les animaux; de plus, si, par la suite, on l'enfouit dans la terre, elle peut avoir de bons effets sur une culture caime le coton. Les colons de l'Office qui possèdent déjà un nombre considérable de bovins auraient peut-être intérêt à semer cette légmnineuse sur des terres qui en tout état de cause resteront autrement en friche. Il vaudrait peut-être la peine aussi d'évaluer par des essais le nombre d'animaux à l'hectare que peut nourrir ce type de pâturages. Il faudrait, bien entendu, prendre des mesures pour veil- ler à ce que les terres semées avec cette légumineuse ne deviennent pas de vaines pâtures, mais soient réservées au troupeau du cultivateur qui a semé la plante. Panches d'embouche 215. Si dans les conditions qui régnent actuellement au 11ali, l'existence de stations d'élevage où l'on engraisserait les bovins avec des céréales ou autres aliments achetés ne serait pas rentable, la création de ranches ou l'on "mettrait à l'embouche" ou "engraisse- rait" le bétail provenant de zones d'élevage extensif semble offrir - 71 - de meilleures perspectives. Ces ranches dtembouche disposant dteau et dtherbe en quantités suffisantes, et le cas échéant dtaliments dtappint, pourraient beaucoup accro.tre en peu de temps le poids des bovins qui pourraient ainsi être vendus deux ans avant ceux qui resteraient dans les zones drélevage extensif. Ies bovins qui se- raient mis à ltembouche dans des ranches de ce genre ne pourraient pas être conduitsau marché à pied et devraient donc être trans- portés par can.mion. 216. On a envisagé depuis longtemps de créer un ranch dfembouche près de Nioro en bordure des zones de lOffice du Niger. On dispose à cet'effet de quelque 12.000 hectares qui pourraient peut-être nour- rir 5.000 bêtes et sont situés non loin d'un centre de recherche sur l'élevage géré par le Service de l'élevage. LtOffice du Niger pour- rait en principe fournir des aliments d'appoint sous forme de riz, de son, de graines de coton et de tourteaux et peut-être de mélasses; il faut noter cependant qutil est prévu dans les plans actuels de fer- mer la vieille raffinerie d9huile de graines de coton qui seront trai- tées dans la nouvelle huilerie située beaucoup plus loin, en aval du fleuve, à Koulikoro. On estimait à lorigine que le ranch, dont le coût d'investissement avait été approximativement fixe à 320 millions de FM (640.000 dollars) pourrait être en mesure de commercialiser-5.000 bêtes par an, le poids de chacune ayant augmenté d'environ 100 kg. Le FAC procède actuellement à une étude agrostologique du projet et le Gouvernement malien a examiné la question de ltalimentation en eau du ranch projeté, qui devra être probablement fournie par l tOffice du Niger. Il ressort des premières constatations que le ranch ne pourra pas nourrir 5.000 tètes de bétail, de sorte que lon envisage maintenant la création soit d'un ranch complémentaire soit dtun autre ranch situé plus au nord, afin peut-être de fournir du bétail pour une alimentation plus intensive sur le ranch de Nioro. En tout état de cause, une étude plus poussée est nécessaire pour déterminer la viabilité écono- nique du projet ou pour y apporter une certaine modification. 217. Ltétablissement dfun seul ranch comme celui de Nioro n'appor- terait pas en lui-même une contribution très substantielle, puisque le nombre de bêtes qutil pourrait vendre ntatteindrait probablement que ý 2 pour cent des exportations du Mali telles qu'elles ont été évaluées. If. pourrait cependant prouver qu'un programme de ranches se justifie- rait sur le plan économique et servirait dtexemple pour la création d'autres ranches dans des emplacements soigneusement choisis. Contr8le sanitaire 218. La campagne contre la peste bovine qui a été couronnée de succès a montré que le contr8le sanitaire jouait un rôle important dans l'accroissement de l'effectif et de la productivité du cheptel bovin au Mali. Cependant, la campagne nta pas été menée dtune manière - 72 - entièrement satisfaisante, et le Service de l'élevage, qui a été handicapé par le manque de crédits, aurait encore besoin, suivant une estimation, d'un supplément annuel de fonds de l'ordre de 60 millions de F'M afin de compléter et de renforcer cet effort. 219. La péri-pneumonie bovine contagieuse (PPEC) est la maladie qui fait le plus de ravages dans le bétail adulte. Son élimination est une des t9ches prioritaires. Cependant, les opinions diffèrent encore quant à l'efficacité des vaccins utilisés et au coit de l'opération. Le Service de l'élevage estime qu'une campagne active contre la PPEC coûte- rait 1.080 millions de F2 (à peu près 2,1 millions de dollars). Les re- présentants des gouvernements intéressés et ceux des organismes - FED, FAC et USAID - qui ont financé le programme d'action contre la peste bovine, viennent d'examiner la possibilité d'organiser une campagne re- gionale contre cette maladie. 220, Les bovins de race zébu qui vivent au sud du treizième degré de latitude Nord sont sensibles aux attaques de la trypanoso- miase et de la streptothricose. Les résultats obtenus en Afrique de l'Est montrent que l'éradication de la mouche tsétsé peut se faire, mais à des frais considérables. Comme il existe en nombre suffisant du bétail résistant à la trypanosomiase et que le pays dispose encore de vastes parcours dans les régions où la mouche tsétsé n'a pas pénétré, l'extermination de cette mouche ne semble pas mériter une haute priori- té. Points d'eau dans les zones de pfturages 221. L'aménagement de points d'eau supplémentaires dans ces régions accroî'trait sensiblement les pâturages utilisables et aiderait a supprimer la surp9ture aux alentours des points d' eau existants, mais l'absence d'une carte hydro-géologique complète du Mali et de ses res- sources en eau souterraine, a beaucoup freiné le forage des puits. Dans certaines régions, notamment dans le Gao Graben et le Gondo, les pro- grammes de forage de puits ont donné de bons résultats, mais dans d'au- tres il a été impossible de trouver des sources exploitables. On peut noter par exemple que le programme de forage entrepris avec l'aide de la République Fédérale d' Allemagne dans la région de Gourma a donné ces résultats plut6t' décevants. 222. Outre la région de Gourma, il serait nécessaire de prospec- ter la zone qui s'étend au nord de Tombouctou et de Goundam à l'est de la frontière mauritanienne, ainsi que la zone de lara-Nqioro située au sud de cette frontière. En 1968, l'on a lancé, avec les crédits du PNUD, un programme de prospection des ressources en eau de la région - 73 - de Nara-Nioro et du Gondo, qui comportait aussi des forages expéri- mentaux, mais le manque de matériel de forage handicapait encore sa réalisation au milieu de l'année 1969. L'on espère que l'exécution de ce programme fournira le moyen de coordonner les activités de trois services gouvernementaux qui s'occupent tous de forages de puits, souvent par des décisions contradictoires. Il faudra naturel- lement faire une analyse attentive des coûts de construction et d'ex- ploitation des puits par comparaison avec les avantages que l'on en attend. Parcours du bétail 223. La mise en place de points d'eau et d'autres services né- cessaires le long des itinéraires suivis par le bétail en déplacement pourrait beaucoup contribuer à réduire les pertes de poids; si l'on y ajoute les pertes dues aux maladies et aux abattages d'urgence, le manque a gagner atteint souvent jusqu'à 20 pour cent du prix du bétail. Le gouvernement a élaboré un projet d'amélioration des itinéraires tra- ditionnels dans la région occidentale du Mali entre Gogui, Nioro, Nara et Bamako, et entre Nioro et Kayès; ce projet prévoit la construction ou l'amélioration de 41 points d'eau pour un codt estimé à 120 millions de FM (240.000 dollars). Si ce projet réussissait vraiment à provoquer la réduction escomptée des pertes de poids et de la mortalité, il serait tout à fait rentable et mériterait un financement extérieur. Cependant, l'exécution de ce projet nécessite des études plus détaillées, notamment les recherches sur la présence des ressources en eau souterraine. Les mesures administratives à prendre 224. Les nouvelles mesures fiscales et la réorganisation de la SONEA que le gouvernement vient de décider devraient lever un certain nombre d'obstacles au développement de l'élevage de bovins. La réduc- tion de la taxe à l'exportation, ramenée à 1.000 FIM par tête, retire beaucoup de leur intérêt aux exportations clandestines. Cependant, certains fonctionnaires du Service de l'élevage sont d'avis que les fraudeurs renonceraient vraiment à courir le risque de ces exportations clandestines si la taxe était encore abaissée a 500 F par tête; ils font valoir que cette baisse pourrait même avoir pour résultat d'aug- menter les recettes totales de l'Etat. Si l'on supprimait la taxe sur le chiffre d'affaires appliquée au bétail abattu par la SONEA pour le compte de bouchers, ceux-ci seraient plus enclins à utiliser l'abattoir de Bamako, à condition bien entendu qu'ils ne trouvent pas que les tarifs d'abattage de la SOHEA sont trop élevés. En outre, le gouverne- ment a décidé (mai 1969) d'une part de réorganiser la SONEA, d'autre part, de mettre fin au monopole que lui reconnaît la loi sur la ccmer- cialisation et l'exportation de bovins, ce qui donne a croire qu'il supprimera la taxe à l'exportation de 1.000 ZI par tête de bovin que les marchands devaient verser, au moins en théorie. L'Office malien du bétail et de la viande (0MBEVI) a été créé pour contr8ler et super- viser les opérations de trois sociétés chargées respectivement de li'abattage, de la commercialisation de la viande, des cuirs et des peaux, et de la,gestion d'une tannerie et dtune fabrique de chaussures achevée en 1970. 225. On laisse maintenant les prix du bétail se fixer librement en fonction des conditions de ltoffre et de la demande. Il reste à savoir si la nouvelle société publique chargée de la commercialisation sera prête ou en mesure d'affronter la concurrence sur les marchés du bétail afin dtobtenir un approvisionnement en viande à des prix qui lui permettront de vendre dans des conditions rémunératrices à la fois sur le marché intérieur réglementé et sur les marchés étrangers. 226. En fin de compte, il est hautement souhaitable d'entreprendre une étude d'ensemble ayant pour objectif: d'élaborer un programme pour le contr8le des maladies, d'aménager des points d'eau, d'achever la mise en place de ranches, dtitinéraires suivis par le bétail en dépla- cement. Ces problèmes ont été abordés dans le passé, sur des bases beaucoup trop morcelées. Autres ressources animales 227. I convient de mentionner brièvement la place des autres Ca- tégories d'animaux dans l'économie malienne. Les ânes-(environ 200.000 à 400.000), les chevaux (130.000) et les chameaux (100.000) servent es- sentiellement au transport et à la traction. Les porcs, qui sont élevés principalement pour la consommation des étrangers, n'ont guère dtimpor- tance économique, et l'inverse est vrai dans le cas des moutons et des chèvres. Leur cheptel est au moins le double du cheptel bovin. Malgré le manque de données sûres, il est probable que le taux d'abattage de ces bêtes - environ 2 pour cent - soit un peu plus élevé que son taux d'accroissement, si bien que lteffectif va en diminuant. La consomma- tion de viande de mouton ou de chèvre par habitant (10 kg) est presque aussi élevée que celle de boeuf (11 kg). Bien que les moutons et les chèvres continuent dtêtre exportés, lyélevage des bovins permet proba- blement d'utiliser au maximum les terres et les ressources en-main- d'oeuvre et d'autre part ce cheptel stexporte plus facilement. 228. Lton estime que le nombre des volailles (poulets et pintades) se situe entre 8 et 12 millions. L'élevage en est fait surtout pour leur viande. Kles trouvent en général leur nourriture par leurs pro- pres moyens, encore qu'elles soient aussi nourries de déchets de table et parfois de termites. La station d'expérimentation animale de Sotuba distribue des espèces améliorées à un prix inférieur à leur prix de revient. La maladie de Newcastle fait souvent de graves ravages dans les basses-cours de villages. Bien que ltélevage de volailles soit surtout destiné à la consommation des agriculteurs, cependant une petite industrie de la volaille de caractère "commercial" qui produit des poulets et des oeufs pour les marchés urbains se développe rapide- ment. Les éleveurs importent des poussins d'Israël et de France (ces derniers temps au taux annuel de 40.000), qu'elle fait venir par avion au prix de 3h0 FM ltunité; ils sont nourris de sorgho acheté et d'un aliment spécial fourni par la sz,ation dtélevage de 1 àEtat à Sotub leur apporte un c plment de protéines, dlé:nent! miérax et de - 75 - vitamines; les poulets qui pèsent en moyenne plus d'un kilo sont vendus sur les marchés des villes au prix de 600 Fi environ l'unité. Bien que ce prix, à poids égal, ne soit pas très différent de celui des poulets "ordinaires", le marché de la volaille demeurera très restreint tant que les prix ne pourront être réduits. 229. Un projet de dimension modeste, lancé avec l'aide des Etats-Unis a été conçu avec cet objectif en vue. Il doit débuter vers la fin de 1969. L'idée est de produire environ 500.000 poussins sélectionnées qui seront vendus à un prix de revient de 4o FH l'unité au Hali et aussi en partie dans les pays voisins. Ce projet prévoit aussi la forrniture d'assistance technique aux Maliens désireux d'élever commercialement ces volailles, ainsi que des vaccins pour combattre la maladie de ilewcastle. De fait, si l'on arrivait à trouver un nombre suffisant de producteurs, il serait possible d'élargir le marché et de baisser les prix. Produits dérivés de l'élevage 230. La consommation de lait et de produits laitiers, sauf par les pasteurs, est négligeable. Cette année (1969), l'Union lai- tière de Bamako (ULD) ouvrira, avec l'aide du FISE, une petite ins- tallation de traitement du lait et des produits laitiers, dcnt l ravitaillement en lait frais sera complété, au début, par du lait en poudre fourni par le Programme alimentaire mondial. Le lait frais doit être fourni par les paysans des environs de Bamako et par ceux de la haute vallée du Niger. L'ULB espère vendre 3.000 litres de lait par jour à 70 F1 le litre et se dédommager de la légère perte causée par ce prix grâce à la vente de produits de luxe tels que le yoghourt, la crème fraîche et les glaces. Par la suite, l'UB envisage de trans- former le lait collecté dans la région de 7acina en lait en poudre à haute teneur en protéines destiné à compléter l'alimentation du bétail, mais ce projet semble un peu utopique, attendu que le lait est à l'heure actuelle un produit de luxe même pour les citadins qui vivent dans une relative aisance. .231. Tout en occupant une place importante dans les exportations, les cuirs et neaux sont de qualité plutôt médiocre du fait qu'ils sont endommagés par les brûlures, les marques au fer chaud, les blessures causées lors des migrations, la streptothricose et les méthodes défec- tueuses d'abattage et de traitement. La SO.F,A n'a jamais remporté de succès appréciable dans ses tentatives d'amélioration de la qualité. Il reste à voir si l'OiiBEVI, dont une des branches autonomes s'occupera spécialement des cuirs et peaux, pourra obtenir de meilleurs résultats. Le gouvernement estime que sa tâche immédiate consiste à améliorer les moyens utilisés actuellement pour collecter et tanner les peaux, et à donner au personnel du Service de l'élevage une formation sur la manière de soigner et de traiter les cuirs et peaux. - 76 - LA PECHE 232. Les rivières et les lacs du Mali, qui convergent sur le delta intérieur, unique en son genre, sont très poissonneux. Même après avoir satisfait aux besoins d'une consommation intérieure égale à 9,3 kg de poisson frais par habitant - c'est-à-dire presque égale à la consom- mation de viande de boeuf - la production est suffisante pour que la pêche constitue la troisième exportation du pays par ordre d'importance. Rien n'indique que les ressources des pêcheries soient en voie d'épui- sement. 233. dlors que presque toutes les familles rurales établies près des cours d'eau, des lacs ou des étangs se livrent plus ou moins à la pêche, environ 30.000 pêcheurs et leurs familles, dont plus de la moitié sont de langue bozo, trouvent dans la pêche leur principal moyen d'existence. Ces pêcheurs vivent dans 400 à 500 campements situés principalement da.ns le delta central du Niger. Ils pêchent au filet, au harpon et à la nasse, et leurs embarcations de forme allongée peu- vent avoir jusqu'à 6 mètres de long et transporter une charge de 3 tonnes. Environ 500 moteurs hors-bord sont en service. Le centre commercial de l'industrie de la pêche est Mopti. Il en existe d'autres, mais-de peu d'importance. 234, Comme pour le bétail, les statistiques sont incomplètes et ne peuvent être tenues pour tout à fait sûres. L'enquête la plus systématique sur l'industrie de la pêche a été effectuée par Charbonnier et Cheminault et publiée en 1964 sous le titre "Traitement et commercia- lisation du poisson pêché dans le Delta central du Niger". Les études effectuées ultérieurement par le gouvernement malien et par l'organisme français SCET-Coopération se fondent toutes sur cette première enquête. Les statistiques des douanes relatives aux exportations et les estima- tions de la Section de la pêche du gouvernement sont toutes jugées incomplètes. 235. On considère généralement que le poids total de poisson pêché est d'environ 100.000 tonnes par an et qu'il peut varier de 80.000 tonnes en mauvaise année à quelque 130.000 tonnes dans une annéo exceptionnellement bonne. Faute de moyens matériels suffisants pour la commercialisation du poisson frais, la majeure partie de ce tonnage est transformée en poisson séché et fumé. Les deux séries d'estimations ci-après portent sur la répartition de la consamation - 77 - Estimations Estimations de de la mission Charbonnier envoyée au Mali et Cheminault (1969) (en tonnes métriques) Production totale (poisson frais) 95.000 100.000 Consommation Poisson consommé frais 15.000 h0.000 Consommé par les pêcheurs 10.000 Commercialisé 5.000 Poisson consommé séché et fumé 80.000 (poids à 60.000 (poids à Poisson traité l'état frais) l'état frais) Consommé par les pêcheurs 10.000) 2.000)après Commercialisé au Mabli 3.000)apres 12.000)traite- Exporté 12.000)traitement ment Environ 7.000 tonnes de poisson séché et fumé sont expédiées chaque année de la région de Mopti vers les marchés de la Haute Volta, du Ghana et de la Côte d'Ivoire. Un tonnage très important échappe ap- paremment a tout contrôle. Vers le milieu des années 1960, alors que le Mali souffrait d'une pénurie de biens de consommation, les marchands de poisson trouvèrent profitable de rapatrier une partie du produit de leurs exportations sous forme d'importations clandestines qu'ils écou- laient au marché noir. C'est ainsi que, selon les chiffres officiels, les exportations de poisson fumé et séché tombèrent à 6.197 tonnes en 1965, contre une moyenne d'environ 9.000 tonnes au cours des quatre années précédentes et un total de 13.454 tonnes en 1960. La taxe à l'exportation, portée à 4l.000 FM1 (82 dollars) par tonne à la suite de la dévaluation de 1967, a stimulé encore davantage les exportations illégales. 236. Le poisson est fumé ou séché dans les campements de pêcheurs après une léCòre fermentation qui lui donne une saveur par- ticulière, différente de celle du poisson de mer. Il est ensuite transporté en vrac aux centres commerciaux de la pêche, principalement - 78 - à celui de Mopti, où il est vendu, et ensuite emballé et commercialisé par les poissonniers. La plus grande partie de ce poisson traité est vendue directement aux poissonniers. Le reste est vendu par l'intermé- diaire dtune coopérative dont le siège est à Mopti et qui possède des comptoirs de base dans les campements de pêcheurs. La coopérative dé- clare avoir 15.000 adhérents, soit environ la moitié de l'effectif des pêcheurs de profession. Cette coopérative, dont les membres paient un droit d'adhésion de 1.000 FM, perçoit 10 Fl par kilogramme de poisson commercialisé par ses soins. Pendant la période triennale 1966-1968, ses achats ont été en moyenne de 2.393 tonnes, d'une valeur estimée à 302 millions de FM, et son chiffre de ventes correspondant a été de 323 millions de Fi. Il n'a été vendu qu'une faible quantité de poisson frais, à la SONE~A exclusivement, qui l'a commercialisée à Bamako. Cette année (1969), la Campagne contre la faim fournira au Aali une petite installation pour la fabrication de la glace, un camion frigorifique pour le transport du poisson aux centres urbains et une camionnette pour les tournées de vente de poisson dans les villages. On espère que cet équipement fera progresser fortement la vente du poisson frais. Les relations entre la coopérative et les petits groupes de poissonniers de Hopti ont toujours été tendues. Les commer- gants en question considèrent la coopérative comme une concurrente qui bénéficie de la protection du gouvernement. De son côté, la coopé- rative n'a jamais pu exploiter pratiquement le monopole légal qu'elle détenait en 1967 et 1965. Elle a été contrainte de vendre son poisson aux commerçants, qui sont seuls à posséder les installations et les connaissances nécessaires à l'exploitation du marché étranger. Les pêcheurs continuent de vendre la majeure partie de leur pêche aux poissonniers, lesquels peuvent leur consentir des pr^ts pour l'achat de moteurs hors-bord et de filets, viennent plus souvent s'approvision- ner dans les villages et sont parfois à même de leur offrir de meilleurs prix. Bien que la coopérative dispose de 10 canots automo- biles pour faciliter le transport, les pêcheurs doivent surtout compter sur leurs propres moyens de transport pour lui livrer leur poisson. 2.36. Le principal problème pour l'industrie de la pêche est l'attaque du poisson séché et fumé par les larves de deux sortes de papillons, le dermestes maculatus et le necrobia rufibes. L'infestation par ces larves commence dans les campements de pêcheurs. Selon un expert en pêche de la FAO, en fonction à Mopti, elles sont probablement la cause d'une perte en poids de 25 à 40 pour cent _/. La perte en qua- lité est encore plus grave. Quand le poisson contaminé parvient au consommateur, il n'en reste souvent guère plus que la peau et les arêtes lf Le degré de perte est indiqué par le fait que le rapport de transformation du poisson frais en poisson séché ou fumé est actuellement, selon les estimations, de h,3 à 1 au Mali, alors qu'il devrait être normalement de 3 à 1. - 79 - bonnes pour relever les sauces (ce à quoi elles sont principalement employées), mais pour ainsi dire impropres à tout autre usage. Ces pertes en poids et en qualité peuvent entraîner une diminution de valeur de la production d'au moins 500 millions de FM (1 million de dollars) et susceptible d'atteindre jusqu'à 2.000 Millions de FM (4 millions de dollars). 239. On dispose maintenant de moyens pour combattre ces parasites, mais ces moyens n'ont jamais été effectivement employés. Le traitement repose sur le fait que les larves sont très sensibles. à la chaleur et s'échappent du poisson lorsque celui-ci y est soumis. A Iopti, par exemple, elles sortent aux premières heures de la matinée des entrepôts en béton à l'atmosphère surchauffée et il est alors possible de les tuer en les aspergeant d'un insecticide non toxique pour l'homme. Quelques opérations de pulvérisation de ce genre ont bien eu lieu avec des insecticides reçus à titre de dons, mais il n'en est pas organisé systématiquement. Dans les campements, il est possible de désinsectiser le poisson au moyen de petits fours solaires d'une capacité de 65 kg capables de détruire la presque totalité des larves par "traitement thermique" en deux heures et demie. Le cout de ces fours, que des artisans locaux peuvent facilement fabriquer avec du bois, des feuilles de matière plastique, des claies et des feuilles de métail, ne dépasse pas 12.000 FM. L'emploi, dans les campements, de nattes de paille désinfectées pour emballer le poisson contribuerait grandement à empêcher toute nouvelle infestation. Aucune de ces mesu- res n'a toutefois été mise en pratique. 240. Les plans visant à développer la pêche ne manquent pas; ce qui manque, c'ost un organisme convenablement pourvu en personnel et capable d'assumer la responsabilité de l'exécuiion d'un plan. La pêche est une des branches d'activité qui dépendent du Service gouver- nemental des eaux et forêts, lequel est également chargé de la protec- tion de la faune et des réserves forestières, ainsi que du jardin zoologique de Bamako. Mis à part un budget de personnel annuel de 115 millions de FM1, il ne dispose que d' environ 20 millions de F1 (40.000 dollars) pour ses dépenses de fonctionnement. En ce qui con- cerne la pêche, il s'occupe principalement de délivrer les permis de pêche et les licenses pourl'utilisation des bateaux de pêche, et de régler des différends en matière de droits de pêche. A M-Iopti, le Service des eaux et forêts dirige une petite Section de la pêche où travaillent deux -11aliens assistés d'un expert de la FAO et qui, entre autres tâches, assure le fonctionnement d'un petit laboratoire biolo- gique piscicole. Ses travaux sont rendus difficles non seulement par le manque de personnel et d'une direction, mais aussi par les contesta- tions auxquelles donne lieu la propriété du bâtiment de Mopti, qui abrite la coopérative, un petit atelier de réparation pour les moteurs hors-bord et une conserverie non exploitée, et où doit être également installée la nouvelle fabrique de glace. - 80 - 241. S'il veut faire face à la concurrence de plus en plus vive qu'il est susceptible de rencontrer par suite du développement de la pêche maritime dans les pays côtiers, le iali devra produire un sérieux effort pour améliorer la qualité et abaisser le prix de son poisson fumé et séché. Cet effort devra se concentrer sur les objectifs suivants : a) Désinsectisation du poisson - Il est nécessaire d'organiser à cet effet : (i) la construction de fours solaires et leur répartition dans les campements de pêcheurs, et (ii) la pul- vérisation régulière des entrepôts de Mopti. Si l'on peut ccmpter que chaque four traitera un minimum de deux f ournées par jour, soit 130 kg de poisson, et cela 250 jours par an, il faudrait fina- lement disposer d'environ 370 fours dont le codt total serait de 4.40..000 Fî. La première mesure consisterait à mettre en route un programme expérimental dans plusieurs campements de pêcheurs. Si les résultats de l'expérience étaient satisfaisants, l'installation de fours pourrait être complétée ultérieurement par des mesures visant à encourager les pêcheurs à mettre, au campement, leur poisson dans des emballages imprégnés d'insecticide. b) Développement et surveillance des coopératives - L'expérience de la coopérative de Mopti, qui bénéficie d'une gestion relativement bonne et d'un bon système de comptabilité, et qui réalise quelques bénéfices, montre qu'un champ d'action prometteur s'offre aux coopératives. Un plan de développement de la pêche, élaboré par le Bureau d'études du Ministère du développement de l'époque, a envisagé l'organisation de trois unions coopératives : (i) a% Mopti. (ii) à Gao et I>iré, et (iii) à Ségou. Il était prévu que ces unions coopé- ratives prennent en main la comercialisation, tiennent les comptes et fournissent les équipements de pêche pour les "coopératives de cercle" situées à l'échelon inférieur et qui auraient chacune un agent rémunéré dans les "bases primaires" établies dans les campe- ments de pêcheurs. Les coopératives pourraient se charger graduelle - ment de fournir aux pêcheurs des fours solaires ou les matériaux né- cessaires à leur construction, des filets de pêche, des moteurs hors-bord avec leurs pièces de rechange, etc. Il serait évidemment nécessaire de former le personnel des coopératives, de surveiller l'activité de ces dernières et de leur accorder du crédit. Tout programme de développement des coopératives devrait être soigneuse- ment échelonné, chacune de ses phases étant mise à exécution à la lumière de l'expérience accumulée. Une première étage dans la réali- sation de ce programme pourrait consister à améliorer l'organisation de la coopérative qui fonctionne déjà à 'lopti et à étendre son rayon d'action. - 81 - c) Création d'un service de vulgarisation - Un programme 6chelonné apparaît essentiel pour la création d'un tel service. Le plan dont il a été question ci-dessus a suggéré que soient mis graduel- lement à la disposition des campements de pêcheurs 37 moniteurs ayant reçu une formation appropriée l/. Ceux-ci auraient pour tâche de con- seiller les pêcheurs sur le traitement du poisson, de surveiller l'exécution du programme de désinsectisation et de collaborer à la surveillance de l'activité des coopératives. d) Octroi de crédits par l'intermédiaire des coopératives - Un fonds de crédit renouvelable d'un montant peu élevé devrait être suffisant. La gestion pourrait en être confiée à la SCAER, à condition que celle-ci soit convenablement réorganisée et dotée en personnel. Des crédits pourraient être accordés pour l'achat de moteurs hors-bord, de matériaux pour fours solaires, de filets et d'autres équipements pour la pêche. e) Développement du marché du poisson frais et du poisson en conserve - Les premières mesures en vue de la mise sur pied d'un marché pour le poisson frais ont déjà été prises; elles devraient avoir pour effet de commercialiser de 210 à 260 tonnes de poisson par an. Il existe déjà une petite fabrique de conserves capable de produire 3.000 boites de 200 grammes de poisson et à laquelle il ne manque qu'un fonds de roulement et un marché pour commencer à fonctionner. Le coiît de la mise en conserve et du transport a été estimé à quelque 60 à 70 Fi4 par boite et l'on pense que le prix de vente au détail à Bamako pourrait être de 100 à 110 M4. Il faudrait aussi étudier la possibilité de produire du poisson fumé de qualité supérieure pour le marché des pro - duits de luxe. L'expert de la FAO à Mopti a pu produire une imitation de saumon fumé d'excellente qualité qui pourrait être vendue au prix de 700 Fr! le kilogramme et éventuellement exportée en quantités limitées. 2h2. Il importe de confier à un organisme gouvernemental la responsabilité précise d'élaborer et d'exécuter un projet sur les bases indiquées ci-dessus. Le coat de ce projet devrait être tenu dans des limites modestes, car l'industrie de la pêche ne peut entretenir le fonc- tionnement de services complexes. L'élément principal de ce coit serait constitué par les dépenses courantes nécessitées par les services gouverne- mentaux a mettre en place et par la gestion d'un fonds de crédit renouvela- ble d'un montant peu élevé. Bien que ne devant pas être importantes, ces dépenses pourraient être supérieures è ce que le gouvernement peut se per- mettre étant donné ses difficultés financières. Il serait probablement né- cessaire de recourir pendant quelque temps à un financement extérieur par- tiel jusqu'à ce que le projet porte ses fruits et que les recettes propres de l'Etat en soient grossies. Il est également probable qu'une assistance technique étrangère plus ou moins importante serait nécessaire pour l'éla- boration et l'exécution du projet. l] La création d'une "Ecole artisanale de pêche" à Mopti a été proposée à cette fin, mais il doit être possible de concevoir des méthodes de forma- tion moins codteuses que celles qu'appliquerait un véritable établissement d' enseignement. 12° 8° 0° 4° REPUBLIQUE DU MALI \ ZONES SE PRETANT A LA A L G E R l E CULTURE DU COTON 2°ZONE ACTUELLEMENT MISE EN VALEUR PAR LA CFDT REGION SE PRETANT A LA CULTURE DU COTON MAIS OU LA CULTURE DES ARACHIDES PREDOMINE ACTUELLEMENT Efiffif\REGION IRRIGUEE RELEVANT DE L'OFFICE DU NIGER (RIZ/COTON) FILATURES DE COTON ROUTES PRINCIPALES VOIES FERREES PRECIPITATIONS O 100 200 300 400 KILOMETRES PARM A U R 2 T A N l \ i H A U T E V 0 L T A C TLONECOUVERTE 1 12'- PAR LA CARTE G U l N E E 100 IER NIG SIERRA LEO t Ioty sT IGERIA G H A N A °.G° C 0 T E D' l V 0 l RE 12° C 0 4] JANVIER 1970 BIRD -2814 12' 4 VERS TAODENI 4 * REPUBLIQUE DU MALI V TOE ROUTES SECONDAIRES INTERESSANT A L G E R I E LE PROGRAMME DU COTON L, PRIORITE DES ROUTES: A , B--., c *TessaitI 20 -20° amm~ ROUTES GOUDRONNEES DE PLUS DE 5 METRES DE LARGEUR . ROUTES GOUDRONNEES DE 5 METRES DE LARGEUR ET MOINS ROUTES SANS REVETEMENT DE PLUS DE 5 METRES DE LARGEUR ROUTES SANS REVETEMENT DE 5 METRES DE LARGEUR ET MOINS - PISTES AMELIOREES --- MAUVAISES PISTES 0 VOIES FERREES Kidal COURS D'EAU NAVIGABLES (JUILLET - JANVIER) ZONES D'INONDATION AEROPORT INTERNATIONAL TERRAINS DAVIATION Bourem 0 100 200 300 400 .TOM OUCO Rharous KILOMETRES GOUNDA 16 M A U R I T A N I E NIAFOUNKE 16 ANSONGO Mnk 0Yelimone -- . -Nara - -- -L*bbeP nga ...Douen,tzo T~mboo -Y ----- DMmaOP 1vr1 G E R - ~evare.,, Tanankou KAYES --oMóurdioh Niono BN GR N jno ' BANDIAGARA I VER MACINA ,- - DKBAFOULABE D nI- K okani Banabo -N IAMEY ,,S SSEGO /Dioro i PORTO NOVO 4~ w S ~Tomlmi4'ý Keniebo TA -- KUIOO i an.H A U T E V 0 L T A /0UAGADOUGOU OUTIALA 12'- Krae -12 SA REGION COUVERTE VERS ACCRA PAR LA CART G AN E E OUGOUNI1 SIKASSO AÅL! NIGER Yanfoli i Kolo 'eba Bobo DioWlasso .RIN EA ER!NEAY Kadiolo r-C O Zegouo SIERRA LE,k IV 1!ORYER Konken 4KManonkx LIBE ' - VERS CONAKRY 6G H A N A TG cO E D'IVOIRE DAHOMEY- ngoldougou /Atldntic Ocean RS ABIDJAN VERS /12 ABiDJAN E4 JANVIER 1970 BIRD - 2815 4° VERS TAODEN1 0 4 REPUBLIQUE DU MALI ROUTES NECESSAIRES D'APRES LE BDPA . G E R I E "OPERATION ARACHIDE" PR R IjTE uE ROuTEc A - B * Tes---- RC-LTEC --uuDRCfNEES E'E PLUS DE 5 NETRES DE LAb 1E' R)UTES GOUDR-JNNEES DE 5 MEITRES DE LORGEUR ET r1 IS RC_uTES S-NS REvETEMEIT CE PLUIS DE 5 METRES DE L GEUR R_iuTE_7. SP,A S RE'.ETEMENT DE 5 NETRES DE LaPGIFUR ET MOINS P I S T E AME L 10 PEE . . N A ISES F iSTEA 1T h-DIES FEPREES Kidal C(-UiRS. ['E4u 11NVIGABLES CJIILLET-J-rJviER ZÖIE E'' iKNDA-T I0N ® ERC-PORT IrTEPNATjNA1L TEPRAiM5 D'AVIATIfyi -- - .urem o T00 200 300 4--0 U - Gourmo Rhorous i LuME TRE GOUND M A U R I T A NI E NIAF 0 ANSONGO - - - .....r9 Douentzo. Tämo ----- mera Tee MO *vare N l G E R Mourd ih Nn 1 BANDIAGARA \,RMACIN D n Å-- A BAFOULABE D nn 'Bnkas K okani Bonombo MBranrkN&ME 0,0~ MokolIAMEY - SSEGO Dir Tomn w Keneb AUIORI H A U J E V 0 1. T A BAUAGADOUGOU Yorotso KOUTIALA- A -e--12 R~'"PE Ij0LIVERTE boE 4prCA.CARTE OUGOUN G LN E E SIKASSO AuU A E A ' GUIN G INE gouSIERRA LE NIG I Konk Mananko VERS CONAKRY 0COTE G H A N AME CERN DAHOMAEY C~ 'VOIRE uorigoodo uAtlantic Ocean aiNIVIN 1i70 FIrkessedougou L/12' \'ERvA1DA ERS ABIDJAN 4 - JANIVIER 1970 BIRD -2816 DIAGRAMME 1 Ecoulement De La Recolte D'arachidesDIGAM I 200.000 - en tonnes meriques 150.000 Vers les huileries 100.000- D'cornique'e et exporte'es Commercialisation 50.000 Mange'es Autoconsommation 10.000 Plantdes, etc. 1958-9 1959-60 1960-1 1961-2 1962-3 1963-4 1964-5 1965-6 1966-7 1967-8 BIRD - 4751
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Mali - Economic development in Mali : evolution, problems and prospects (Vol. 2 of 5) : Notes sur l'agriculture, l'elevage et la peche
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Source
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