DIFFUSION RESTREINTE RapportNo. AW-15a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'te pr'pare' a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilite' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DU SENEGAL (en sept volumes) VOLUME III AGRICULTURE le 30 juin 1970 Département Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité monétaire: Franc CFA (FCFA) Avant le 11 aoit 1969: 1,00 dollar E.U. . 2h6,85 FCFA 1.000 FCFA . h,05 dollar E.U. Après le 11 août 1969: 1,00 dollar E.U. - 277,71 FCFA 1.000 FCFA = 3,60 dollar E.U. POIDS ET MESURES 1 tonne métrique (t) 2.205 livres 1 kilogramme (kg) 2,2 livres 1 kilomètre (km) 0,62 mile 1 mètre (m) 3,28 pieds AGRICULTURE SENEGAIAISE TABLE DES MATIERES Page I. CBSERVP rIONS GENERALES ET IMP TANCE DU SECEUR AGRIC .............................................. 1 Il. PRINCIPAUX OBSTACLES ................................ 3 III. INSTITUTIONS ET EVOLUTION ANTERIEURES ...,............... 7 A. Géneralités 7...........,......... ...... 7 B. institutions ................................. 8 C. Arachides ............ .....,........... 12 D. Arachides de table ................. 22 E. Céréales ........ ..........,,,............. 23 Mil et Sorgho ,... ........................ 23 Riz ................................... 25 Autres céréales .,.,,........................ 28 F. Tubercules ...... .. .,,............., 28 G. Légumes et fruits ...,.......,.........., 29 H. Autres cultures vivrières ,................ 31 I. Coton ....,,..,......,.,,,,,............,,,,.,,. 31 J. Elevage ............................,..,,, 36 K. Forgts .......,.....,.,, ., .,....,... 43 IV. POLITIQUE ET PROGRAIMES AGRICOLES .......,.....,.... .. 45 A. Objectifs généraux et priorités .......... 45 B. Dispenses de développement envisagées ...... 45 C. Examen des principaux investissements envisagés ,.,...,........................, 46 a) Intensification de la production d'arachide et de mil ........................ 46 b) Coton .............................. 50 c) Développement de la riziculture ............. 50 d) Production de tomates ....................... 57 e) Production de canne à sucre ................. 58 f) Légumes et fruits .......................... 59 g) Projets de développement intégrés ........... 61 h) Elevage ........................ 64 i) For6ts ........ ......... ................ 68 j) Objectifs de production ..................... 70 V. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATION ........................... 71 NOTES 1. Organismes publics chargés de la production agricole 2. Organismes publics chargés de la commercialisation ANNEXE STATISTIQUE GRAPHIQUE ET CARTE - 1 - I. CEVATIONS GEPERALES ET IMPORTACE DU SECTEUR AGRICOLE 1. le Sénégal a une superficie de 197.000 km2, s'étendant approximativement entre le -12ème et le 17éme parallèles nord. Les précipitato<ns annuelles moyennes, facteur ayant la plus forte incidence air l'agriculture sénégalaise, varient de 400 mm dans le nord à 1.503 mm dans le sud. Les périodes de sécheresse sont relative- ment fréquentes. Les dernières se sont produites en 1966 et en 1968. Le climat est Sahélien dans le nord, devenant graduellement guinéen vers le sud. Le sol est généralement léger et pauvre. Les sols alluviaux s'y trouvent également, notamment dans le bassin des quatre fleuves (Sénégal, Saloum, Gambie et Casamance) qui traversent le pays et se jettent dans l'océan Atlantique; mais le drainage est malheureuse- ment mauvais et la salinité souvent élevée. 2. Seulement 15 pour cent environ de la superficie totale est cultivée, principalement selon des méthodes de culture extensive, en petites exploitations situées pour la plupart à l'intérieur d'une zone c6tière de 200 km de large, particulièrement dans la région de Dakar qui est surpeuplée. Les terres sont également employées à l'élevage, surtout dans les régions nord-est et est du pays. Les bonnes terres agricoles font défaut dans le sud-est, mais le manque de routes et d'infrastructure en général a jusqu'ici retardé le développement de cette région, bien que d'importantes migrations de populations vers l'est aient été enregistrées au cours de ces dernières années. 3. Environ 70 pour cent de la population, active masculine s'adonne à l'agriculture. Toutefois, ce secteur ne fournit directement qu'un tiers environ, en moyenne, du produit intérieur brut. L'agriculture porte traditionnellement sur les céréales, notamment le mil, aux fins de subsistance, et l'arachide, aux fins de commercialisation. Bien des activités du secteur agricole du Sénégal se concentrent sur la promotion, l'organisation et la commercialisation de la production arachidière considérable, dont la valeur brute représente encore ho à 50 pour cent de la valeur totale de la production agricole et la plus grosse part du revenu monétaire des cultivateurs. La production de riz, de maes et, de manioc, autres cultures alimentaires importantes, s'accroît mais est encore en majeure partie consommée dans les fermes. La culture du coton est une innovation relativement récente et la production augmente rapidement. Au cours de la dernière décennie, la prdduction de l'élevage s'est accrue rapidement, en raison surtout de l'amélioration des conditions sanitaires et de l'aménagement de points d'eau dans la région fluviale. La production est toutefois insuffisante pour répondre à une demande locale croissante et le Sénégal doit importer de Mauritanie environ le quart du bétail nécessaire à faire face à ses besoins en viande de boucherie. - 2 - 4. Les problèmes qui se posent au Sénégal en matière d'agri- culture découlent principalement de l'extrême dépendance du pays à l'égard de l'arachide, du triple point de vue du revenu agricole, des recettes budgétaires et des recettes en devises. En dépit des efforts visant à diversifier l'économie, les exportations arachidières représentent encore presque 75 pour cent de la valeur totale des exportations. De plus, la production céréalière du Sénégal ne suffisant pas à répondre aux besoins locaux, 7 pour cent environ de la valeur totale des importations et 20 pour cent des importations alimentaires sont constituées par des céréales, principalement du riz. 5. Le Sénégal dépend de manière cruciale du développement de son agriculture et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, une si forte proportion de la population tirant sa subsistance de l'agriculture et de l'élevage, il est évident que toute stratégie visant à accroître le revenu national doit embrasser l'agriculture. D'autre part, la création d'industries locales exige des devises qui, dans une large mesure et pendant de nombreuses années à venir, devront 6tre soit acquises, soit économisées par l'agriculture. Enfin, quelque souhaitable que soit dans l'ensemble, le développement équilibré de l'agriculture, de l'industrie et des autres secteurs, il est probable que l'augmentation du pouvoir d'achat de la population agricole ait une grande influence sur le développement des autres secteurs. En fait, les reveni provenant du commerce et des échanges, du transport, des activités bancaires et, dans la mesure oi il y a lieu de transformer des produits agricoles, les revenus. tirés de l'industrie, dépendent de la production agricole. -3 - Il. PRINCIPAUX OBSTACLES Limitations physiques et technologie existante 6. Le principal facteur limitatif est la climatologie, particulié-rement le régime des précipitations. Celles-ci vont en diminuant progressivement du sud vers le nord. Près de la frontLère guinéenne, elles dépassent 1.500 mm par an, réparties sur une centaine de jours; le long du fleuve Sénégal, elles tombent à h00 mm par an, sur moins de 30 jours. En fait, sur plus de deux tiers du Sénégal, les précipitations annuelles sont inférieures à 1.000 mm, répartis sur moins de 60 jours. Il s'ensuit que dans cette zone, des cultures comme celle du coton ou du riz appellent l'irrigation pour donner de bons résultats. Toutefois, dans un milieu tropical, le concept de précipitation moyenne perd un peu de sa signification; la culture dans les régions méridionales demeure sous l'influence des fluctuations climatiques tout comme dans les autres régions et la sécheresse peut entrather de mauvaises récoltes en Casamance aussi bien que dans les régions du nord.l/ D'autre part, le commencement de la saison des pluies, déjà très variable, étant souvent suivi d'une période de sécheresse les paysans doivent procéder aux ensemencements plusieurs fois pour les cultures alimentaires, notamment dans la zone sahélienne. 7. La pédologie est le second facteur limitatif; les sols sont généralement pauvres, en particulier dans les régions septentrionales et dans le bassin arachidier où une exploitation excessive a presque épuisé la terre. On trouve de meilleurs sols dans le Sénégal oriental, mais de vastes superficies y sont occupées par des couches de latérite émergeant à la surface. On ne trouve de riches sols alluviaux que dans la région de Niayes, au nord de Dakar, et le long des rives des fleuves Sénégal et Casamance. Dans ce dernier cas toutefois, les possibilités de culture se trouvent sérieusement restreintes par la présence de sel d'origine marine dans les sols des plaines inondables. Les données ci-après ont té recueillies à la station de Ziguinchor (Casamance), couvrant les cinq mois (juin-octobre) de la saison des pluies: Jours de pluie Hauteur pluviométrique (en mm) 1967 104 2.006 1968 70 879 8. La recherche menée par plusieurs instituts a permis la mise au point de variétés sélectionnées pouvant produire des rende- mente beaucou.p plus élevés a l'hectare que les variétés ordinaires. D'après les ,cherches auxquelles s'est livré l'IRAT, il serait possible d'erriver aux rendements moyens suivants: Sorgho Mil Riz Arachide Coton --------------- tons per hectare -------------- Région du Fleuve 1.2-2.0 1.0 2.0-6.0 Djourbel 1.8 1.5 Sine-Saloum 3.0 2.0 2.5 2.0 Sénégal Oriental 2.0 2.0 Casamance 2.5 2.5 2.5-3.5 2.5 2.0 En comparant ces rendements possible aux rendements effectifs, l'IRAT i/ a établi une classification des régions sénégalaises, du point de vue de l'attrait qu'elles présentent du point de vue des investissements agricoles. Ainsi, le Sénégal Oriental, la Casmance moyenne et la haute Casamance sont classés comme offrant de fortes incitations à l'investissement; le Sine-Saloum et la basse Casamance, de moyennes incitations, enfin . les régions du nord, de faibles incitations. Actuellement, les agriculteurs n'arrivent. pas à ces rendements possibles, par suite de l'insuffisance de leurs connaissance techniques, de leur équipement et des moyens financiers, dont ils disposent. A ces raisons s'ajoute quelque fois le coût élevé des facteurs de production par rapport aux revenus. Rareté de la main-d'oeuvre 9. Bien que dans le bassin arachidier, qui est surpeuplé, le rythme du développement agricole soit fonction dans une large mesure de la productivité et de l'utilisation plus intensive des terres existantes, dans les régions périphériques (région du Fleuve, Sénégal oriental et Casamance), l'extension des activités agricoles, notamment celles qui exigent l'emploi le plus intensif de main-d'oeuvre, y "Traits essentiels de l'intervention de 1?IRAT dans le développement de la République du Sénégal" - juin 1969. - 5 - dépend de l'accroissement naturel de la population et des migrations. L'exode rural est le phénomène le plus frappant; Dakar par exemple, attire probablement 15 à 20.000 personnes par an. On observe également des migrations vers les régions orientales, mais de moindre amplitude: 5 A 6.000 personnes par an. C'est là un facteur limitatif dont il convient de tenir compte lors de la formulation de programmes de développement de la culture du riz et du coton pour des régions telles que le Sénégal oriental et la Casamance. Influence de la tradition 10. Comme la plupart des fermiers du monde, le cultivateur séné- galais répugne à modifier ses méthodes et ses habitudes. Une caractéristique particulière de l'agriculture sénégalaise est la place considérable accordée A la culture extensive de l'arachide qui, associée à celle du mil et d'autres denrées alimentaires, assure depuis longtemps au cultivateur un équilibre accepté entre ses besoins dfargent et de subsistance, comme entre le temps qu'il consacre au travail ou réserve aux loisirs et à ses autres occupations. Un autre facteur sous-jacent que l'on ne saurait perdre de vue est la situation d'endettement presque constant dans laquelle se trouve le cultivateur africain. Ce qui produit chez lui une faible capacité à contracter de nouvelles dettes, à investir des fonds ou même à acheter les facteurs de production ordinaires en quantités adéquates. Par souci de sécurité, et par crainte de dépendre pour soórappröfrisionne- ment, d'achats qu'il devrait effectuer sur le marché au moyen des ressources en espaces à le fois modiques et peu aûreåé, cue lui procurent ses-cultures commerciales' le cultivateur s'occu'pe en premier lieu de ses cultures alimentaires et ne consacre que le-temps èt les ressources disponibles aux cultures qui ne répondent pas directement à ses besoins fondamentaux. Cette attitude ne pourra 6tre modifiée que si les traditions sociales et l'environnement qui en sont à la base sont modifiées également. 11. Rien n'indique que le cultivateur sénégalais ne réagirait pas aux incitations à la production si celles-ci sont réelles. En fait, 1'expérience prouve que, pressé par la nécessité d'avoir des revenus, il peut être convaincu d'employer des méthodes meilleures et plus intensives. Cependant, mîme l'introduction de cultures intéressantes du point de vue financier, comme le coton, doit 6tre compatible avec le maintien ou, mieux encore, l'accroissement de la production alimentaire. Une surveillance étroite, l'approvisionnement en facteurs de production en temps voulu et des accorda de commercialisation satisfaisants sont nécessaires pour soutenir la confiance du cultivateur. - 6 - 12. La multiplicité des organismes qui s'occupent du secteur agricole et, plus particulièrement, le défaut de coordination dont ils souffrent (voir par. 31) appraraissent comme un sérieux obstacle à la formulation et à l'exécution d'un programme rationnel de mise en valeur agricole et risquent d'entraîher un gaspillage regrettable de ressources rares. Qu'il s'agisse d'établir des données statistiques suivies, de conaa'tre les causes exactes d'échecs antêrieurs, ou de déterminer les coûùts et avantages de nouvelles entreprises, il n'est que peu d'éléments permettant à un organe central de discerner les décisions qui produiront les meilleurs- résultats. Les institutions étrangères pourraient contribuer à amener des améliorations dans l'organisation statistique, financière et struturelle des secteurs dans lesquels elles pourraient 6tre appelées à intervenir. 13. Un autre facteur susceptible de ralentir le rythme du développement est le peu d'enthousiasme souvent témoig é pour la formation d'homologues sénégalais lorsque la direction étrangère a été requise de mettre sur pied un nouvel organisme ou d'améliorer le fonctionnement d'un organisme existant. Il va sans dire qu'une croissance soutenue et génêrale exigera la reprise progressive des postes clés par un personnel local compétent. - 7 - III. INSTITUTIONS ET EVOLUTION ANTRIEURE A. Généralites 14. Dans le secteur agricole, le gouvernement sénégalais s'est efforcé depuis l'accession du pays à l'indépendance, de réorgani- ser d'abord le système de production et les institutions de commer- cialisation principalement en favorisent la création de coopératives, et ensuite d'élaborer des programmes visant à accroître la production et la productivité des arachides et à diversifier la production en insistant sur la réduction du déficit céréalier. Pendant cette période, le problème fondamental du Sénégal, à savoir sa dépendance excessive vis à vis d'un produit d'exportation unique, s'est trouvé aggravé par l'effondrement de la valeur unitaire des exportations d'arachides qui suivit à l'élimination progressive, à partir de 1964, d'un prix garanti sur le marché français. La baisse des prix n'a été que partiellement cotapensée par les subvention accordées par la CEE de 1964 à 1968 afin de soutenir les prix. 15. Le gouvernement Sénégalais a principalement porté ses efforts sur le programme d'améloration de la production des arachides et du mil, axé sur le bassin arachidier, lancé avec l'aide financière et technique de la CEE et de la France, et actuellement poursuivi avec l'assistance du groupe de la Banque. Le programme n'a pas encore donné tous les résultats espérés. La production d'arachides a augmenté de 2.6 pour cent par an entre 1959-62 et 1963-65 (mais de 1.3 pour cent seulement par an entre 1959-62 et 1965-68, en raison de sêcheresses exceptionnelles). Toutefois, cet accroissement est attribuable, non pas à l'augmentation des rendements mais à l'extension des superficies cultivées. La même remarque s'applique à la production du mil qui s'est accrue de quelque 5 pour cent par an entre 1959-62 et 1965-68. Il est difficile, en raison des mauvaises récoltes consécutives aux sécheresses de 1966 et 1968 d'évaluer les tendances récentes. Si les prix au producteur des arachides ont baissé de 15 pour cent environ en 1967-68, les mauvaises récoltes ont contribué encore davantage à amputer le-revenu individuel des agriculteurs. Il est probable qu'en 1968-69, le revenu perçu en espèces par chaque cultivateur d'arachides ne représentait guère que 70 pour cent de son niveau de 1964, année oÙ les anciens prix étaient encore en vigeur. Cette situation a fortement diminué leur capacité d'endettement et le glissement des prix a réduit la rentabilité des facteurs de production et du matériel. 16. D'importants investissements ont également été effectués en vue de développer la production du riz dont le Sénégal doit encore importer entre 150.000 et 190.000 tonnes par an. Sans doute ont-ils perms d'accro'tre le superficie ersemencé en riz, particulièrement dans le delta du fleuve Sénégal, mais ils n'ont pas été pleinement utilisés et les rendements obtenus sont encore trop faibles. Néanmoins, la production a augmenté de 7.4 pour cent par an entre 1959-62 et 1964- 67. En 1968, la production a malheurusement été réduite de plus de - 8 - moitié par la sécheresse. Malgré l'accroissement de la production de riz et de mil, le Sénégal a dû importer chaque année une quantité toujours croisEante de céréales. 17. lb. certain nombre de petits projeta qui pourraient dans l'avenir revitir une >.mportance considérable, notamment dans le domaine de la production du mais, de la production d'arachides de table qui a été encouragée et de la culture du coton, qui a été développée avec succès. La mise au point de semences de riz cultivé en sec a donné quelques résultats pratiques, que l'on a commencé d'implanter dans certaines zones rurales sélectionnées. On s'est enfin efforcée d'améliorer le rendement du cheptel mais les mesures prises n'étaient pas proportionnelles aux bonnes possibilités de production de viande dont dispose le Sénégal. 18. Dans l'ensemble, le Sénégal a dû faire face, au cours de la période qui a suivi son accession a l'indépendance à des difficultés croissantes liées à la nécessité de diversifier l'économie agricole. Jusqu>à présent, si quelques résultats sont positifs, on n'enregistre cependant aucune amélioration durable qui pourrait d.éclencher ne diversification rapide. On trouvera ci-dessous une description détaillée des principaux événements et de la structure des institutions. Les tableaux 1, 2 et 3 regroupent pour chacune des principales denrées produites dans le pays, des superficies cultivées, les quantités produites et les rendements; les tableaux h à 7 indiquent le volume et la valeur des principales importations et exportations agricoles. Il faut savoir que de nombreuses statistiques importantw font défaut au Sénégal, et que, d'autre part, celles qui sont disponibles ne sont pas toutes '*dgnes de foi. En particulier, il est fréquent que les statistiques du commerce extérieur et celles de la production nationale ne concordent pas. B. Institutions 19. La structure des exploitations agricolesest traditionnellement bacéO sur l'emploi de la main-d'oeuvre familiale dans l'ensemble du pays. Leur superfici-varie, selon la taille de la famille, entre 5 et 15 hectares. En général, il n'existe pas de titre de propriété fonciére au sens courant du terme. Depuis toujours, les terres appartenant à la communaute villegeoise étaient distribués par les "maftres de terres". Pour améliorer cette répartition une loi de 1964 stipulait que toutes les terres non cultivées seraient à la disposition de quiconque était disposé à les mettre en valeur et le resteraient aussi longtemps qu'il les exploiterait. L'influence des "'maîtres de terre" se trouva ainsi réduite mais en pratique, il arrive souvent que les villages s'opposent a l'application de la loi. - 9 - 20. Depuis l'indépendance, le gouvernement s'est efforcé d'élargir et de renforcer le mouvement des coopératives afin d'amé- liorer les services d'approvisionnement et de crédit fournis aux cultivateurs et de faciliter la commercialisation des récoltes et la diffusion de meilleures méthodes agricoles. L'-extension du système de coopératives a maintenant pratiquement éliminé le râle des commerçants privés dans la fourniture des facteurs de production agricole. Il existe actuellement plus de 1800 coopératives dont environ 1550 pour les arachides. Les coopératives détiennent le monopole de la commercialisation des arachides (seuls quelques gros producteurs, comme la SCDAICA f/ sont autorisés à ne pas passer par elles). 21. La création des coopératives a dans une certaine mesure été imposée aux cultivateurs et leur rythme de création s'est accéléré, dépassant la capacité de l'Etat à former des responsables qualifiés. Peut-6tre était-ce inévitable, mais la conséquence en est que le sytgme n'a pu importer la pleine coopération des agriculteurs; et la mauvaise gestion des coopérativés & encore diminué leur confiance. Actuellement, les coopératives semblent être un intermédiaire de plus dans l'organisation de la production et de la commercialisation, plut6t que l'efficace instrument de participation qu'elles sont appelées à devenir. Depuis 1966, les coopératives sont placées sous l'autorité de l'Office National de Coopération et d'Assistance pour le Devéloppe- ment (ONCAD, voir note 2) qui leur pr6te son concours. Il est nécessaire de renforcer le système des coopératives en améliorant leur organisation et en assurant une formation convenable de leur personnel. C'est pourquoi la réorganisation de l'ONCAD, entreprise dans le cadre du projet de développement de la culture de l'arachide et du mil financé par la Banque et l'IDA, rev&t un caractère prioritaire. 22. Le crédit agricole est fourni par un consortium composé de banques commerciales et de banques d'Etat; à la t4te de ce consortium se trouve la Banque Nationale de Développement du Sénégal (BNDS). Le crédit agricole est accordé, dans l'immense majorjté des cas, aux coopératives et autres organismes de commercialisation, très exceptionnellement à des particuliers. 23. L'organisation du secteur agricole comprend les services administratifs du Ministare du Développement rural, des organismes d'Etat autonomes exerçant leurs activités dans les domaine de la Production, de la vulgarisation et de la commercialisation, principale- ment à l'échelle régionale, enfin plusieurs institutions de recherche. Le Développement Agricole et -ndustriel de la Casamance, voir note 1. - 10 - 24. Les services administratifs comprennent la Direction des Services Agricoles chargée de formuler et de mettre en oeuvre les programmes et politiques agricoles, et, en collaboration avec d'autres Ministères, de contrler le travail des organismes d'Etat; la Direction de l'Elevage et des Industries Animales pour le bétail; la Direction des Eaux et Forgts pour la sylviculture; la Direction du Génie Rural qui s'occupe des problèmes techniques relatifs à la mise en valeur des terres; enfin la Direction de l'Animation et de l'Expansion qui est chargée d'organiser les populations rurales en vue de promouvoir les activités des collectivites. Cette dernière Direction est représentée dans chaque ministère par un Centre d'Animation Rurale (CAR) dirigé par un agent qui est en contact d'une part avec la population, et d'autre part avec les services techniques locaux. Ceux-ci se réunissent au niveau ministériel dans les Centres d'Expansion Rurale (CER). Les rapporis entre la population et les services techniques devraient donc s'en trouver améliorés, mais dans la pratique, le système n'est pas encore très efficace. 25. Les organismes d'Etat, chargés de veiller sur la production (voir Note 1) sont: la Société d'Aménagement et d'Exploitation du Delta (SAED), la Société pour le Développement Rizicole du Sénégal (SDRS) le Colonat de Richard Toll (SMDR), et l'Organisation Autonome de la Vallée (OAV) pour le développement de la riziculture dans la région du fleuve. La Société pour le Développement Agric ole et Industriel de la Casamance (SODAICA), pour l'expansion de diverses cultures dans la région de Casamance; et la Société d'Exploitation des Ressources Animales du Sénégal (SERAS), qui gére plusieurs usines et installations de traitement de la viande et du lait. Toutes sont des organismes d'Etat chargés de veiller sur la production (voir Note 1). 26. La vulgarisation est assurée par la Direction des Services Agricoles; pour certaines opérations régionales, par des institutions spécialisées comme la Société pour le Développement et la Vulgarisation Agricole (SODEVA), organisme d'Etat qui opére dans le bassin arachidier, et par des entreprises qui fournissent l'assistance technique nécessaire comme la Compagnie Française pour le Développement des Fibres textiles (CFD') chargéedu développement du Coton et la Société d'Aide Technique et de Coopération (SATEC). 27. L'Office National de Coopération et d'Assistance au Développement (ONCAD), organisme d'Etat, a pour tache d'approvisionner les doopérativo en matériel et facteurs de production agricole. et de commercialiser les arachides et les céréales à l'intérieur du pays. L'Office de Commercialisation Agricole du Sénégal (OCAS) assure la commercialisation extérieure des arachides (voir Note 2). - 11 - 28. La recherche est effectuée par plusieurs établissements ayant leur siège social en France, dans le cadre d'accords signés avec le Sénégal. Au Eénégal, l'Institut de Recherches Agronomiques Tropicales et des Cultures Vivrières (IRAT) se spécialise dans la recherche sur les arachides et les céréales, et gère le Centre National de la Recherche Agronomique à bambey ainsi que plusieurs autres centre- régionaux de recherche. L'institut de Recherche iour les Huiles et Oléa- gineux (IRHO) compte parmi ses activités la recherche sur les arachides de table. L'institut de Recherches du Coton et des Textiles Exotiques (IRCT) se livre à la recherche sur le coton. L'Institut d'Elevage et de Médecine Vétérinaire Tropicale (IEMVT) conduit des travaux de re- cherche sur le bétail. Enfin, l'Office de Recherche Scientifique et Technique d'Outre mer (ORSTOM) s'attache à des domaines qui ont un rap- port avec l'agriculture comme la pédologie, la géologie, l'hydrogéo- logie et la sociologie. 29. L'éducation rurale n'est pas très diffusée au Sénégal où l'on considère cette activité comme destinée essentiellement à satisfaire les besoins de la population agricole. En principe, les cours de for- mation sont donnés aux agriculteurs adultes par le Centre d'Expansion Rurale (CER) et le Centre d'Animation Rurale (CAR), qui ne peuvent rester en contact qu'avec un nombre restreint d'agriculteurs. Il n'y a pas de programme général d'éducation rurale, mais plusieurs organisa- tions ont procédé à des expériences localisées dont la coordination est mauvaise. Il faut noter: les "Centres de Formation Rurale", les Chantiers Ecoles et les Maisons Familiales d'Apprentissage" qui donnent tous des cours d'enseignement primaires aux jeunes agriculteurs. Selon- l'UNESCO, les deux premières expériences devraient être abandonnées, et la troisième, bien qu'intéressante, ne portea ses fruits que lente- ment. 30. L'enseignement destiné aux adultes est assuré par trois Centres de Perfectionnement Agricole et dure neuf mois. Ses résultats sont positifs (le PNUD envisage le financement de trois nouveaux centres de ce genre en 1971) mais le nombre d'adultes intéressés est trop limité pour que le pays en tire un véritable profit. De son côté l'CET pa- tronne trois centres de formation d'artisans ruraux et un centre de for- mation réservé aux cultivateurs de légumes. D'autres cours financés ont pour but principal de former dos fontiomnairec publics (cadres de vulgarisation, techniciens ruraux, etc.) 31. On est frappé par le très grand nombre d'organisations dont les activités sont axées surdéveloppement de l'agriculture. Le système des coopératives a été unifié il n'y a pas si lbngteipà, lors de la création en 1966 d'une organisation centrale, l'ONCAD. Toutefois, en ce qui concerne la culture du riz, en dehors des superficies cultivées par des particuliers, elle est assurée par cinq organismes semi-auto- nomes chargés chacun d'une Zone géographique distincte, pratiquement - 12 - sans aucune coordination entre eux et ne relèvent d'aucune origine commune de contrôle. Les services de vulgarisation se répartissent entre les services ordinaires du Ministère du Développement Rural et les services spécialisés, lesquels sont plus ou moins indépendants, comme la SODEVA dans le bassin arachidier et la SATEC ou la CFDT dans d'autres régions. Dans le secteur de l'élevage, il n'y a aucune coor- dination étroite entre la SERAS, la Direction de l'Elevage et l'IEMVT. Les services extérieurs voient leur tâche encore compliquée par l'exis- tence d'un système confus de comités municipaux régionaux et urbains dont l'efficacité semble contestable en matière agricole du moins. Dans une certaine mesure, cette situation prouve que jusqu'à présent l'Etat n'a pas eu de politique agricole bien définie. Bien souvent, de nou- velles expériences étaient tentées à la suite de décisions prises cas par cas sans ètre précédées d'études approfondies et l'on a eu ten- dance, dans les cas d'échec, à mettre sur pied un nouvel organisme pour remplacer l'organisme antérieur. C. ARACHIDES 32. La culture de l'arachide dont la production moyenne a atteint près d'un million de tonnes au cours des quatre dernières années, occupe la moitié des terres cultivées du Sénégal, procure les deux-tiers du revenu monétaire des agriculteurs et représente près de 80% de la valeur totale des exportations. La valeur ajoutée par les huileries locales qui utilisent les arachides comme matière première représente quelque 25% de la valeur totale ajoutée par l'industrie. Le Sénégal est le quatrième producteur d'arachides du monde après l'Inde, la Chine conti- nentale et le Nigeria et le deuxième du continent africain. Malgré les efforts déployés par l'Etat pour réduire la dépendance excessive du Sénégal à l'égard des arachides, cette culture demeure la ressource principale de l'économie et tout laisse supposer qu'elle le restera pendant de nombreuses années. 33. La superficie consacrée à l'arachide s'est accrue progressi- vement, passant de près de 700.000 ha au début des années 1950 à 1.200.000 ha envirnn en 1968/69. Quelque 85% de ces terres sont concen- trées dans les trois régions de Sine-Saloum, Diourbel et Thiès(l'en- semble étant connu sous le nom de "bassin arachidier"); ce pourcentage atteint 95% si l'on ajoute La Casamance (voir tableau 10). 34. La culture de l'arachide est généralement alternée avec celle du mil. D'après les statistiques dont on dispose, le bassin arachidier compte environ 100.000 exploitations agricoles sur lesquelles vivent en moyenne six personnes par exploitation dont quatre actives. La super- ficie moyenne d'une exploitation est de l1 ha dont 4,3 destinés à la culture des arachides et 3,6 ha à celle des céréales, principalement le mil; le reste des terres est en jachère. Le revenu monétaire moyen d'une famille serait de l'ordre de 40.000 francs CFA par an. - 13- 35. La production et les rendements annuels sont indiqués ci-dessous: (voir tableaixpour la répartition par région) Année Surface Production Rendement (milliers d'ha) (milliers de tonnes) (t/ha) 1947-1950 (iMo7enne) 672 561 0,84 1951-1954 ( " ) 687 552 0,80 1955-1958 ( " ) 815 759 0,93 1959-1962 ( " ) 981 908 0,93 1963-1966 ( " ) 1.091 1.015 0,93 1967-1968 1.164 1.005 o,86 1968-1969 1.191 830 0,70 36. La production totale d'arachides non décortiquées a dépassé un million de tonnes pour la première fois en 1964/1965, puis à nouveau un 1965/1966 (récolte record de 1,2 million de tonnes) et en 1967/1968. D'un niveau de 550.000 tonnes environ au début des années 1950, la production dtarachides a augmenté notamment du fait d'un accroissement de la super- ficie cultivée, reflèta=t en partie la migràtion des agriculteurs des régions surpeuplées situées au nord et à l'est de Dakar, vers le sud-est où ils pouvaient trouver de bonnes terres. L'adduction d'eau et la cons- truction de routes contribuèrent à couvrir de nouvelles régions, mais les agriculteurs apportèrent avec eux leurs méthodes traditionnelles. Ce fait, auquel s'ajoute l'épuisement des premières terres cultivées, explique qu'après un léger accroissement pendant les années 1950, les rendements moyens soient restés sans changement dans l'ensemble. 37. Généralement, les c.orditions climatiques du Sénégal sont fa- vorables à la culture des arachides, mais la grande variabilité du climat àoxidanais d'année en année et de région en région, est un facteur qui peut affecter considérablement la production. Le volume total des pré- cipitations, leur répartition pendant la campagne arachidière et la date du début des pluies sont les facteurs décisifs. Lorsque ces trois facteurs sont défavorables, comme ce fut le cas en 1968, la production peut en souffrir dans des proportions considérables. Cependant, une étude des statistiques de production par rapport aux données climatologiques sur une période de plus de 20 ans, ainsi que des expériences faites par l'IRAT à Bambey, indique qu'il est difficile d'établir une corrélation certaine entre le climat et les rendements. Il est donc quasi-impossible de prévoir la production avec un minimum de précision. Le programme d'amélioration de productivité de l'arachide et du mil 38. Afin d'atténuer les conséquences de la suppression prévue pour 1967/1968 du traitement préférentiel accordé aux arachides du Sénégal sur le marché français, à la suite de la signature en 1964 de la Convention de Yaoundé entre la CEE et les pays associés, la CEE a financé un programme quinquennal (1965-69) d'amélioration de la productivité (1965-1969), principalement axé sur le bassin arachidier. Ce programme comportait un objectif quantitatif: accroître en cinq ans la production - 14 - totale d'arachides de 25%, grâce notamment à l'augmentation des rende- ments. Simultanément, l'accent était mis sur la diversification des cultures. 39. Les mesures prévues comportaient le financement de services de vulgarisation, l'octroi de subventions à caractère dégressif pour l'achat d'engrais, le financement de la construction d'installations de traitement, de stockage et de dressage des boeufs de trait. Ce finan- cement a maintenant été partiellement relayé par un prêt Banque/IDA de 9,5 millions de dollars, payable au cours de la période 1968-69r1970-71, qui assurera les crédits nécessaires à l'achat d'instruments aratoires et fournira les fonds indispensables pour réorganiser la gestion de l'ONCAD (Prêt 584-SE/Crédit 140-SE). 40. De 1964 à 1969, les services de vulgarisation ont été assurés dans le bassin arachidier par la firme française SATEC dans le cadre d'un accord conclu avec le gouvernement sénégalais. La SATEC était chargée de recruter et de former des agents et cadres de vulgarisation compétents; ce personnel devait, sous l'autorité de la SATEC, contribuer à un certain nombre de tâches: accroissement de la production arachidière, diversifi- cation de la production grâce à l'augmentation de la production de mil en particulier, introduction de meilleures techniques agricoles et déve- loppement de l'utilisation d'animaux de trait. La formation professionnelle a été assurée avec bonheur, et en 1969 le fonctionnement des services de vulgarisation a été confié à une institution sénégalaise, la Société de Développement et de Vulgarisation Agricole (SODEVA*). Cette Société créée en juillet 1968, continuera de bénéficier pendant un certain temps de l'assistance du personnel étranger de la SATEC. Bien que la SODEVA relève officiellement du inistère du Développement Rural, Direction de l'Agriculture, elle est largement autonome par son fonctionnement et directement rattachée au cabinet du Ministre. 4i. Malheureusement, l'incidence de conditions climatiques défa- vorables ne permet guère de déterminer les tendances récentes de la production ni d'évaluer le résultat des efforts de productivité du point de vue des quantités produites. les campagnes 1966/67 et 1968/69 ont été décou- rageantes (voir tableau 10), et aucune amélioration réelle n'est envisagée pour 1969-70, si l'on accepte les prévisions préliminaires de 900 à 950.000 tonnes. 42. Quoiqu'il en soit, les objectifs de production et de rendements que le deuxième plan quadriennal s'était fixé pour 1968/69, dernière année du plan, n'ont pas été atteints. - 15 - Arachides - Objectifs du deuxième plan pour 1968/69 et résultats Production Superficie Rendements Production Commerciale (milliers d'ha) (kgFha) (millions de (millions de tonnes) tonnes) Objectif du ->lan Eventuel 1.120-1.200 1.070-1.125 1.200-1.350 1.050-1.200 Moyenne 1.160 1.100 1.275 1.125 RégÉltats . 1968/1969 1.191 697 830 600 Moyenne des trois années 67/68-69/70 a] 1.160 790 920 730 a Estimations provisoires pour 1969/70. 43. L'objectif du programme quinquennal d'amélioration de la produc- tivité visant à augmenter la production de 25 pour cent d'ici à 1969/70 ne sera pas atteint non plus. Cependant, on peut faire les commentaires suivants. Premièrement, un service de vulgarisation suffisamment pourvu de personnel compétent a sans aucun doute été institué. Dans une certaine mesure, son action pratique a été compromise par le manque d'organisation du système de coopératives. Les approvisionnements n'ont pas toujours été livrés en temps voulu et souvent le personnel de vulgarisation a dû consacrer un temps excessif à des tâches administratives pour le compte des coopératives. 4h. Deuxièmement, des résultats positifs ont été obtenus en ce qui concerne l'accroissement de l'utilisation d'engrais et de fongicides et la généralisation des instruments aratoires (cultivateurs, semoirs en ligne, chariots, etc.), pendant les premières années du programme (voir tableau 8). Toutefois, les résultats de cette action ont été sérieu- sement compromis en 1968/69, années de mauvaisea récoltes dans bien des régions, qui a malheureusement coincide avec La diminution a.es pr..- a la production. Au cours de la même période, le recouvrement des créances fut plus strict et les agriculteurs, achetant des quantités accrues d'engrais et de matériel, s'endettèrent encore davantage. En outre, alors même que les cultivateurs se heurtaient à des difficultés croissantes - 16 - en matiAre de liquidités, un système peu populaire de délais de paiement pour les livraisons d'arachide fut institué et le prix des engrais fut augmenté (voir tableau 9). Ces facteurs conjugués contribuèrent à saper la confiance des cultivateurs dans l'organisation des coopératives. De ce fait, le volume des engrais utilisés pour la culture de l'arachide et du mil a accusé une diminution marquée, tombant de 65.000 tonnes en 1967/68 a environ 34.000 tonnes en 1968/69, date à laquelle il devint nécessaire d'annuler la décision gouvernementale de réduire les subventions accordées pour l'achat des engrais destinés à la culture de l'arachide. La consom- mation a été encore plus faible pendant la campagne 1969/70. Cependant, les expériences conduites par l'IRHO et l'IRAT semblent confirmer qu'une- explication modérée d'engrais est rentable pour la culture de l'arachide. Toutefois, cette rentabilité peut n'être pas suffisante pour entrainer à elle seule l'adhésion des agriculteurs; c'est pourquoi des campagnes de promotion, actives et efficaces, s'imposent. 45. Dans l'état actuel des choses, il est difficile de prévoir l'attitude du cultivateur au cours des quelques prochaines années. Le facteur décisif sera la mesure dans laquelle sa confiance en organisme d'approvisionnement et de commercialisation pourra 8tre rétablie. Dans cette perspective, l'importance attachée par la Banque à l'amélioration de l'efficacité des organismes chargés de la distribution des facteurs de production agricole et de la commercialisation semble appropriée. Cependant, ce sera là une tache longue et ardue et plusieurs années pourraient bien s'écouler avant que de profondes améliorations structurelles puissent en- trainer des effets durables sur la production et la productivité. On peut également penser qu'il y a lieu de revoir les méthodes de vulgari- sation. Il conviendrait peut-être de retenir une méthode plus sélective, tenant compte des différentes conditions écologiques de chaque région; ainsi, on s'emploierait à favoriser l'utilisation d'engrais dans les cas où celle-ci serait rentable. Commercialisation 46. Au cours de la période de quatre ans 1965/66-1968/69, la pro- duction moyenne s'est élevée à environ 980.000 tonnes. Pendant la m9me période, la vente moyenne a atteint 790.000 tonnes. Ces chiffres incluent le volume exceptionnellement faible de 1968/69 (600.000 tonnes), ainsi que le volume record de 1965/66 (985.000 tonnes). On estime que 50.000 tonnes ont été consommées à la ferme, 100.000 tonnes ont été conservées par les cultivateurs ou redistribuées par eux aux fins d'ensemencement, ce qui laisse 40.000 tonnes de pertes et de ventes non officielles à la Gambie et à la Guinée (voir tableau 11) qui donne une ventilation dé- taillée des ventes et exportations des années écoulées. - 17 - Commercialisation de l'arachide 1965/66-1966/69 Moyenne pour 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 la période (en milliers de tonnes d'arachiedes non décortiquées) Production totale 1.168 923 1.005 830 981 dont: non commercialisé 18h 187 163 230a/ 191 commercialisé b/ - total 984 736 842 6 790 - broyé 534 514 558 460a 516 - pour exportation en gros 450 22 284 1hOa/ 274 af Estimation préliminaires b] Non comprise les vents à la Guinée a) Organisation du marché intérieur 47. La vente commence généralement en décembre et se poursuit jusqu'.en mai. Avant l'accession à l'indépendance, les cultivateurs vendaient à des commerçants privés qui en retour leur fournissaient des facteurs de production agricole et des biens de consommation. Depuis 1960, la politique officielle a été de renforcer progressive- ment le r8le joué par les coopératives (voir par. 20). Les échanges privés ont été complètement éliminée en 1967/68 et un monopole d'achat a été conféré aux coopératives. Ces dernières sont placées sous la surveillance de l'ONCAD, organisme d'Etat créé en 1966 (voir par. 27), qui leur fournit également de l'aide. 48. Etant donné la difficulté de contr6ler la commercialisation de 800.000 tonnes d'arachide il n'est pas surprenant qu'après l'élimination des négociants privés l'on ait modifié plusieurs fois les attributions des différents agents chargés d'acheminer cette denrée des coppératives vers sa destination finale. Depuis 1967/68, il incombe à l'ONCAD d'assurer la collecte des arachides auprès des coopératives. - 18 - 49. En 1967/68 et en 1968/69, 1'ONCAD a livrê les arachides aux "seccos"' (entrepfts) de l'Office de Commercialisation agricole du Sénégal (CJS), autre organisme public,alors chargé d'approvisionner les huileries et d'acheminer le reste de la récolte vers les centres de décorticage puis de l'exporter. Un autre changement a été apporté pour la caragne 1969/70: les huileries seront dorénavant approvisionnées directement par l'ONCAD. Le r8le de l'ONCA dans le domaine de l'arachide de borne donc maintenant 9 la cominrcialisation extérieure de la .rédolte. L'achat des arachides est financé 9 l'aide de fonds provenant d'un consortium de banques commerciales et de banques d'Etat, 9· la t8te duquel se trouve la BNDS. b) Prix à la production et recettes des producteurs 50. L'abolition du prix garanti par la France, qui était considérablement supérieur au prix mondial (voir par. 57), a rendu nécessaire un abaissement des prix à la production pour les campagnes 1967/68 et suivantes. Ces prix ont été fixés comme suit par le gouvernement: Prix à la production des arachides non décortiquées Région Francs CFA par kg Thiès et Cap Vert 18.442 Diourbel et Région du Fleuve 17.565 Sénêgal oriental 16.607 Sine-Saloum 17.971 Casamance 16.598 51. Ces prix représentaient en moyenne une diminution de 15 pour cent sur le prix de référence moyen à la production pour 1965/66 qui s'élevait à 20.420 Francs CFA par kg, diminution lgêrement inférieure à la différence de 20 pour cent entre l'ancien prix garanti par la France et le prix moyen sur le marché mondial. Des droits d'exportation plus faibles et les subventions de la CEE ont permis d'absorber le reste de cette différence. Des indices réginaux ont été appliqués pour tenir compte des variations dans le coût des transports. En fait, les producteurs ne reçoivent que 95 pour cent du prix officiel au moment de la livraison de leur récolte. Le reste ne leur est versé par l'ONCAD qu'après contr6le de la qualité et vérification de l'endettement de la coopérative. Les prix moyens effectivement payée aux producteure en 1967/68 et en 1968/69 se sont élevés a environ 17.7 Francs CFA par kilogramme non décortiqué. - 19 - 52. En 1967/68, 14,4 milliards de France CFA ont été alloués aux coopératives, dont 1 7 milliards a servi au remboursement des dettes contractées pour ies achats de semences, d'engrais, etc., si bien que les recettes en espèces des cultivateurs n'ont atteint que 12,7 milliards de Francs CFA soit un paiement moyen en espèces de 15,5 Francs CFA par kg. A titre de comparaison, en 1963/64, lorsque la garantie française existait encore, et que le prix moyen à la production était d'environ 21.5 Francs CFA par kg, le chiffre net des recettes par les cultivateurs pour cette année moyenne s'est élevé à près de 16 milliards de Francs CFA. En 1967/68, un nouveau système a été institué, selon lequel des coupons étaient remis en échange des arachides au lieu d'argent. Les versements en espèces n'étaient effectués qu'après vérification des poids et des livres de l'CNCAD, ce qui demandait un certain temps. Cette mesure fut très mal accueillie par les cultivateurs. Ceux-ci, désireux d'obtenir leur argent rapidement, vendaient leurs coupons a perte et les livraisons se trouvaient ralenties. Cette situation cofncida avec une application plus stricte des mesures de recouvrement des créances, de sorte que la campagne 1967/68 amena une compression marquée des ressources des agriculteurs, fait qui pourrait expliquer dans une large mesure leur mécontentement et leur répugnance a contracter de nouvelles dettes pour l'achat de matériel et d'engrais au cours des années suivantes. 53. En 1968/69, la situation des cultivateurs s'était -encore aggravée car sur la base d'une récolte commercialisée de 600.000 tonnes, on évalue le revenu en espèces des agriculteurs à 10 ou 11 milliards de francs CFA, soit moins de 70 pour cent du montant correspondant en 1963/6h, année où les prix étaient plus élevés. Compte tenu de l'accroissement de la population on peut penser que le revenu enespèces de chaque product6ur d'arachide a diminué dans une bien plus grande mesure. En fin les ventes illicites à destination de la Gambie ont augmenté. c). Transformation et exportation 5h. Extraction d'huile: Il y a cinq huileries au Sénégal, deux sociétés sénégalaises et trois filiales de sociétés européennes. La filiale de la société française, (Le Scieur,) en est la plus importante; ellt absorbe plus de 40 pour cent des arachides livrées à la tranforma1."on. Le volume total des arachidea transformées est resté a pe,, près constant au -ours des quatre dernières années (voir par. h6) et s'est chiffré en moyenne à un peu plus de 500.000 tonies par an, à partir desquelles étaient produites 130.000 tonnes d'hvile non raffinée (entièrement rtlev),60.000 tonnes d'huile raffinée (dont 30.000 tonnes exportw et 200.000 tonnes de tourteaux d'arachides (entièrement exportées) (voir tableau 11). Les huileries stoccupant elles-mêmes de la vente de leur huile et de leurs tourteaux. - 20 - 55. Les huileries achètent les arachides non décortiquées car l'emploi de l'écorce comme *ombustible représente pour elles une source impor- tante d'écoiomio; en outre, les graines développent moins d'acidité lorsqu'elles sont entreposées non décortiquées, ce qui représente un autre avantage. Un accord entre le gouvernement et les huileries permet d'assurer l1,.pprovisionnement régulier de ces usines de manière que les installations existantes soient utilisées dans des conditions optimales et que les huileries locales soient placées sur le même plan que celles de la CEE. Ce dernier objectif est atteint principalement en liant les variations du prix de livraison aux huileries ,aux variations du prix c.i.f., port européen. Ainsi, les prix moyens à la livraison ont été de 17,9 francs CFA au kg et de 25 francs CFA au kg en 1967/68 et en 1968/69, respectivement. En ce qui concerne la campagne 1969/70, un autre accord a été conclu, étab issant un système de répartition de la récolte entre la vente aux huileries locales et l'exportation (voir Tableau 12). Son application augmentera sensiblement la moyenne des livraisons aux huileries, à la suite de leur expansion récente, leur capacité étant passée de 600.000 tonnes à 800.000 tonnes, non décor- tiquées (voir Annexe ). Ainsi, sur une récolte totale d'un million de tonnes par exemple, dont 850.000 tonnes sont commercialisées, les huileries absorberaient 680.000 tonnes. 56. Exportations d'arachides décortiquées: Au cours de ces quatre dernières années, le solde disponible pour exportation après approvi- sionnement des huileries locales a varié considérablement - entre 140.000 et 450.000 tonnes - selon l'importance de la récolte. La moyenne a été de 270.000 tonnes (190.000 tonnes d'arachides décortiquées) (voir Tableau du paragrape h6 et Tableau 11' pour plus de détail). Le dé- corticage et l'exportation sont actuellement les seules fonctions de l'OCAS pour ce qui est de la commercialisation de l'arachide. Ce rÔle est appelé à diminuer encore, à la suite de la décision prise récemment par les producteurs d'huile d'accroître leur tonnage. Les quantités laissées à l'OCAS pour exportation suffiront, toutefois, à maintenir la présence du Sénégal sur les marchés mondiaux, et à lui permettre de dis- poser de manière satisfaisante de la différence entre le tonnage produit et la capacité locale de broyage. d) Prix à l'exportation 57. Les conséquences de l'élimination progressive du marché préfé- rentiel français pour l'arachide sont au coeur du problème qui se pose au secteur agricole et de la préoccupation des autorités sénégalaises. Jusqu'en 1963/64, le Sénégal a bénéficié d'un prix garanti sur le marché français. Celui-ci a été réduit, puis supprimé en 1967/68. Cette mesure a coïncidé avec l'effondrement du prix de l'arachide sur les marchés mondiaux. La différence entre l'ancien prix garanti par la France et le prix sur les marchés mondiaux représentait une réduction d'environ 20 pour cent, reflétée en partie par les prix à la production (diminués de 15 pour cent pour la campagne 1967/68) et les droits perçus par l'Etat. De 1964/65 à 1968/69, la baisse des recettes d'exportation a été atténuée par subventions de soutien versées par la CEE. - 21 - Prix à l'exportation et subvention Francs CFA par kg, décortiqué, c.i.f. port européen Jusqu'en 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 1969/70 Prix garanti par la France 52,5 49,5 48,75 48,75 - - - Prix moyen pcur les exporta-;ions sénégalaises sur le marché mondial n.d. (48,93)/(44,o) (43,85) 38,4 3,3 46-50 Subeentions CEE pour soutien des prix - 3,0 LO 05 4 -C/ n.d. n.d. Prix sénégalais en résultant 52,5 52,5 49,75 49,25 42,6 n.d. n.d. a/ Appliqué à de faibles quantités résiduelles seulement. Le plan OCAS est basé sur 48 francs CFA le Kg (i 73 par tonne forte) c] Y compris chiffre estimatif préliminaire de l'aide compensatoire de la CEE Source: Rapport du FMI et estimations de la BIRD. 58. Selon les estimations relatives à la campagne 1967/68, le prix c.i.f. Europe pour lesarachides décortiquées s'élevait à h3,/kg francs CFA, selon le calcul suivant: Francs CFA/kg Prix moyen au producteur Francs CFA par kg non décortiqué 17,74 Marge des coopératives " 060 Total partiel 18,3i Dépenses de l'ONCAD "2,61 Total partiel 20,95 Dépenses de l'OCAS, y compris décorticage "1,35 Total " 22,30 Conversion en prix décortiqué Francs CFA/kg décortiqué 31,86 Frais d'exportation " 5,27 Droits 6,29 Coût total c.i.f. Europe " 43,42 - 22 - 59. Du fait de cette structure des coûts et étant donné le niveau des prix enregistrés sur le marché mondial en 1967/68, un appui accru de la CEE s'est révélé nécessaire pour éviter à l'Etat une perte énorme. Sur la base des renseignements dont dispose la Banque, les subventions émanant de différentes sources de la CEE (Fonds de garantie des prix et aide réglementaire) auraient été de l'ordre de 4,2 francs CFA par kg dé- cortiqué d'arachides ou d'huile exportél. Les prix du marché mondial étaient sensiblement plus élevés en 1968/69 et le prix moyen reçu se montait à 43,3 francs CFA le kg décortiqué. Cependant, le faible volume de la récolte et l'augmentation du coût des transports ont probablement fait monter le coût des exportations à 46-47 francs CFA le kg décortiqué, entrainant à nouveau des pertes. 60. La récolte 1969/70, qui s'annonce moyenne, devrait permettre de réduire les frais généraux par tonne. Si les prix demeurent fermes, comme l'envisage l'OCAS (% 73/tonne forte c.i.f. Europe, équivalant à 48 francs CFA le kg), la récolte pourrait être vendue avec profit. Mais la tendance à plus long terme va vers une diminution des prix mon- diaux de l'arachide et de l'huile d'arachide. Pour 1973, un prix de 40 francs CFA/kg c.i.f. Europe décortiqué paraît être une prévision réaliste. Afin de maintenir les prix actuels à la production, il sera donc nécessaire de diminuer les coûts de commercialisation et d'ac- croître la productivité tout en poursuivant l'effort de diversification. D. ARACHIDES DE TABLE 61. L'arachide de table est une variété particulière utilisée pour ses qualités dans la fabrication de confiserie et d'amandes apéri- tives. La culture de l'arachide offre la possibilité d'élever les re- cettes à l'hectare de quelque 25 pour cent par rapport à l'arachide ordinaire. Sa promotion est un élément important du programme officiel de diversification. La superficie cultivée est encore modeste mais s 'agrandit continuellement. 62. L'arachide de table est actuellement produite en Casamance par la SODAICA (1.200 ha), dans le Siné Saloum (2.500 ha) avec le concours de l'IF20 et, dans le Sénégal oriental (400 ha) par une société privée qui reçoit le concours financier de la BNDS. En 1968, la production totale est évaluée à 5.400 tonnes (non décortiquées) en provenance de 4.100 ha, avec un rendement moyen de 1.320 kg/ha (un quart environ de cette pro- duction est conservée pour accroître la réserve de semences). En 1965, la production s'élevait à 2.150 tonnes, sur 1.900 ha. (voir Tableau 13). Les variétés employées sont la 756 A. sélectionnée par l'IRHO, en Casa- mance, et l'hybride 119-20 de Géorgie, adaptée par l'IRHO à sa station de Darou (Sine Saloum). - 23 - 63. Î.es prix moyens au producteur pour l'arachide décortiquée, en 1968/69, étaient de 23, 22,50 et 21 francs CFA le kg, respectivement, dans le S! ne Saloum, en Casmance et au Sénégal oriental; en plus, des primes de 4 à 5 francs CFA le kg ont été accordées par les organismes de vulgarisation. Des prix plus élevés sont offerts aux producteurs qui signent avec lIRHO des contrats de "multiplication des semences". S'ils le désirent, les producteurs peuvent vendre une partie de leur récolte non décortiquée ti-iée, làvée et sèciée, ce qui leur'permêt d'en tirer un meilleur prix. 64. L'arachide peut être exportée en coque ou sous forme de produit fini ou semi-fini. Il existe deux usines d'arahides de table - l'une à Kaolack (SODEC) et l'autre, achevée récemment par la SODAICA, à Sefa (capacité maximum: 3.600 tonnes en 90 jours). Les perspectives d'expor- tation sont bonnes. La valeur moyenne f.o.b. Dakar serait d'environ 65 francs CFA par kg non décortiqué. On estime que des prix allant jusqu'à 32 francs CFA par kg pourraient être offerts aux producteurs si les prix à l'exportation restent fermes lorsque les exportations du Sénégal atteindront un niveau supérieur. Pour le moment, la production est entravée par la pénurie de semences et la nécessité de ne retenir que les exploitants produisant la meilleure qualité, étroitement surveillés par les services de vulgarisation. Le volume d'arachides de table qui pourrait être par la suite écoulé à l'étranger sera limité par la capacité d'absorption des marchés des pays industrialisés. Actuellement, la ten- dance est favorable. E. CEREALES 65. Bien qu'une faible proportion seulement de la production céréalière locale soit commercialisée, le mil, le sorgho, le mars et sur- tout le riz, qui sont des denrées principales, revêtent une grande im- portance du double point de vue de l'alimentation et de la balance des paiements. Le Sénégal a consacré un pourcentage grandissant de ses re- cettes d'importations, de 12 pour cent en 1963 à 20 pour cent en 1968, aux achats de céréales à l'étranger (voir Tableaux 4 et 5). La demande de riz augmente, à la fois dans certaines régions rurales et dans les villes. Il a fallu acheter à l'étranger des quantités importantes de blé, de mals et parfois de mil. En conséquence, le gouvernement s'est efforcé d'accroître la production locale de céréales qui présentent un certain potentiel, notamment le mil dans le bassin arachidier et le riz dans les régions nord et sud. MIL ET SORGHO 66. La culture du mil 1/ occupe la deuxième place après celle de l'arachide, du point de vue a la fois de la superficie et de la production. l/ Le terme "mil", dans les paragraphes qui suivent, inclut le Pennisetum glaucum et le Sorghum vulgare. - 24 - La production moyenne a augmenté constamment, passant de 424.000 tonnes pendant la période 1960/1963, avec une superficie emblavée moyenne de 8450.00 ha, à 519.000 tonnes pendant la période 1965/1968, avec une su- perficie moyenne de 1.070.000 ha. La production est presque entièrement consommée dans les fermes: en 1967 et en 1968, environ 2.000 tonnes seulement furent commercialisées. Des importations marginales ont été nécessaires pour compléter le déficit global ou régional (20.000 tonnes en 1964, 22.000 tonnes en 1965, 3.000 tonnes en 1966, en 1967 et en 1968). 67. La récolte 1967 qui a atteint un chiffre record de 650.000 tonnes, a dépassé l'objectif du IIème Plan de 600.000 tonnes, mais la production de 1968 (450.000 tonnes) a été loin d'atteindre l'objectif par suite d'une sécheresse exceptionnelle. Stil est vrai que la production envi- sagée aurait pu être presque atteinte dans des conditions climatiques normales, ceci n'aurait pu néanmoins être accompli que grâce à une extension de la superficie emblavée. Durant toute la période 1960-1968, le rendement est resté de l'ordre de 500kg/ha (à comparer avec l'objectif du Plan de 600 kg/ha). 68. La culture du mil est le plus souvent alternée avec celle de l'arachide, car cette combinaison assure un bon équilibre entre une culture marchande et une culture vivrière qui se complètent bien du point de vue agricole. Dans les régions périphériques du Fleuve, du Sénégal oriental et de la Casamance, le mil constitue généralement la culture principale. Les trois grandes régions productrices sont le Sine-Saloum (347.000 ha et 156.000 tonnes en 1968/69), Diourbel (256.000 ha et 79.000 tonnes) et la Casamance (113.000 ha et 88.000 t). Les rendements en Casamance atteignent presque le double de ceux des deux autres régions et sont plus réguliers grâce aux pluies plus abondantes et plus sûres. 69. Le mil qui occupe une place primordiale dans le programme d'a- mélioration de la productivité, est cultivé depuis 1964 dans le bassin arachidier (voir paragraphe 38). Ce programme encourage l'emploi de semences améliorées, d'engrais et d'instruments aratoires, et introduit de meilleures méthodes culturales. Ces mesures ont pour objet non seulement d'améliorer la culture du mil dans le cadre de l'assolement préconisé mais, plus spécifiquement, d'accroître la production pour parvenir à répondre à la demande en céréales et d'alléger ainsi la charge des importations alimentaires du Sénégal. Les conclusions établies pour l'arachide (voir paragraphe 44) s'appliquent également au mil. L'inter- vention de mauvaises conditions climatiques a jusqu'ici empêché de voir clairement les résultats du programme. L'emploi des engrais a triplé de 1964 à 1967, atteignant 13.000 tonnes. Cependant, depuis 1967, la consommation a eu plutôt tendance à baisser (voir Tableau 8), quoique dans une moindre mesure que pour l'arachide. Cela s'explique du fait que, en périodes difficiles, les cultivateurs doivent naturellement compter sur - 25 - la culture dont ils tirent leur minimum de subsistance. 70. Il semble qu'un accroissement radical de la productivité soit difficile à réaliser en utilisant les variétés existantes de mil. Celles-ci ont un faible rapport grain/paille en poids (1 A 10, contre 1 A 2 pour le blé), ce qui entraîne un épuisement inutile de la fertilité du sol pour la formation des tiges. Le financement du FED a été récemment obtenu pour un programme quadriennal visant A poursuivre la recherche déjà menée A ce sujet par l' CSTOM depuis 1964. Le programme vise à mettre au point par des méthodes modernes (mutations par radiations) des variétés offrant un coefficient grain/paille plus élevé que celui des variétés actuellement cultivées au Sénégal. Sur la base des résultats déjà obtenus par l'ORSTCN, on estime qu'un rendement accru de 40 pour cent pourrait être obtenu dans les champs. Cn compte que le programme mgnera A des propositions concrètes en vue de la diffusion des variétés et méthodes améliorées d'ici à 1974. R I Z 71. Le riz occupe la seconde place en importance parmi les cultures alimentaires, après le mil. La production a augmenté constamment, passant de 79.000 t en 1960 A 137.000 t en 1967. En 1968, par suite d'une extrême sécheresse, la production est tombée A 59.000 t. Toutefois, une production comparable A celle de 1967 est prévue pour la campagne 1969 (Tableau l). Au Sénégal, la riziculture est concentrée dans deux régions: environ 80 pour cent de la superficie des rizires et 70 pour cent de la production totale de riz se trouvent en Casamance; 20 pour cent de la production totale provient de la région du Fleuve. C'est de la région du Fleuve que provient pour une large part l'accroissement de la production de riz, surtout grâce à l'extension des emblavures et A l'emploi de méthodes modernes; jusqu'à présent, la production en Casamance a plus ou moins plafonné. 72. Les méthodes culturales et les rendements varient d'une région à l'autre. Dans la région du Fleuve, où les conditions cli- matiques sont plus difficiles, il est impossible de cultiver le riz sans irrigation. En conséquence, le riz est cultivé presque unique- ment dans les zones où des investissements ont été faits pour assurer l'eau et le drainage. De tels projets couvrent actuellement une superficie d'environ 25.000 ha, dont plus de 16.000 ha sont consacrés au riz. La gestion de ces projets (voir Note 1) a été confiée aux organismes suivants: SAED (Plaines d'inondation du Delta), environ 10.000 ha SDRS (Projet Richard Toll), environ 6.000 ha OAV (Plaines d'inondation du cours moyen du Sénégal), environ 700 ha SMDR (Colonat de Richard Toll), environ 720 ha - 26 - Tout un réseau dtirrigation et de drainage a été construit dens le projet de la SDRS. Bien qu'un système analogue ait été construit dans la zone de la SIDR, le drainage ntest pas satisfaisant. Des améliorations sont en cours dans le projet de la SAED; et seules des installations rudimentaires existent sur le périmètre de lt0AV. La gestion des projeta varieà également. Dans le cas de la SDRS, la culture est complètement mécanisée et exécutée par des salariés agricole. La SMDR utilise un équipement mécanique pour cultiver pour le compte des colons. La SAED n'e.7oute mécaniquement que certaines opérations pour le compte des cvopératives de cultivateurs. LtOAV se borne à entretenir les principiux ouvrages d'irrigation, et les agriculteurs cultivent la terre à la main. Les résultats obtenus à l'aide de méthodes modernes de riziculture n'ont pas été très satisfaisants jusqu'ici. Dans les quatre projets, des rendements à l'hectare de 1,5 à 3 tonnes ont été obtinus, avec une moyenne de 2 tonnes à l'hectare. 73. En Casamance, trois méthodes de riziculture sont employées actuellement: - Culture traditionnelle dans les marécages c6tiers inondés par la haute mer. C'est là une méthode relativement complexe et pouvant produire des rendements moyens d'environ 1,2 t/ha, mais qui nécessite deà travaux d'aménagement et d'entretien longs et considérables; - Culture irriguée en eaux douce dans la majeurs partie des plaines inondables non salées de la région. Ce système est le plus généralement employé par les cultivateurs locaux et peut produire des rendements moyens de 1,5 tonne à l'hectare selon les méthodes traditionnelles. Il est susceptible dtaméliorations sensibles en ce qui concerne tant les méthodes culturales que le contrle des eaux. - Culture en sec en montagne traditionnellement pratiquée sur des superficies limitées notamment dans la partie orientale de la région (Casamance continentale), avec des rendements moyens ne dépassant pas 1,2 t/ha. Au cours de ces quelques dernières années, la riziculture en Casa- mance a fait l'objet de différentes études et expériences, qui ont entraêié la mise au point de nouvelles variétés et méthodes cultu- rales, lesquelles permettront d'accroître la superficie des rizières et leur productivité. Le projet financé par le FED a institué, sur une superficie d'environ 600 hectares, certaines méthodes perfectionnées de riziculture en mar4e ages salés; les rendements obtenus sont de l'ordre de 2 t/ha, lbl.usieurs essais de riziculture irriguée en eau douce ont été faits bar des superficies restreintes - 27 - notamment par la mission d'assistance technique de Formose. Les résultats prouvent nettement qu'une double récolte de riz paddy est possible dans les conditions écologiques de la Casamance; les rendements ont été de l'ordre de 6 9 9 t/ha. Travaillant avec le concours d'une mission technique de l'USAID, les paysans de la région de Marsassoum ont obtenu d'assez bons rendements environ 3,5 t/ha avec une seule récolte et sans l'aide d'outils mécaniques. La station de recherche de l'IRAT à Sefa a sélectionné de nouvelles variétés pour la culture en sec et a mis au point de meilleures méthodes de récolte, grice auxquelles, les cultivateurs peuvent obtenir des rendements moyens de 2 t/ha. 7h. Le riz est l'une des principale denrées de base du peuple sénégalais. En 1968, la consommation totale de riv a été évaluée à 25.000 t, ce qui correspond à une consommation annuelle de prés de 65 kg par habitant. La consommation de riz augmente constamment, d'environ 10.000 tonnes par an; les projections indiquent qu'elle atteindra 300.000 tonnes en 1973. La production intérieure n'assure que 30 pour cent de la consommation; les importations (Tableau 15) varient chaque année, en fonction de la production intérieure, mais la tendance est à l'accroissement constant. Les importations ont atteint le niveau record de 186.000 tonnes en 1968, année où la production fut particulièrement faible. La majeure partie de la production intérieure de paddy est consommée par les producteurs eux-mêmes, après sa transformation en riz selon la méthode locale traditionnelle. Bien que le riz sénégalais se prête 9 la consommation urbaine, moins de 10 pour cent de la production intérieure est commercialisée; elle se compose principalement de paddy produit par les projets d'aménagement de la région du Fleuve, où les organismes de l'Etat transforment eux-m6mes le paddy en riz; la commercialisation du riz local et du riz importé est confiée à 1'COAS. Le prix au proe-ncter est fixé à 21 Francs CFA le kg de paddy; mais il n'a guère e-. d'influence car seule une faible proportion de la récolte est vendue. Le tableau 22 est un essai de comparaison des rende- ments à l'hectare de diverses cultures. Il en ressort, sans toutes réserves comme il se doit, que le riz de montagne est une culture intéressante pour les agriculteurs travaillant à la main ou utilisant des animaux de trait. Le riz d'irrigation serait probablement encore plus intéressant, mais il ne va pas sans investissements de capitaux; il exige d'avantage de main d'oeuvre, de travail et de plus, la région convenant à ce type de culture est peu étendue. - 28 - 75. En 1968, le coût du paddy cultivé par les organismes de l'Etat variait de 26à7 à 38,7 Franc CFA le kg. Ceci était dû dans une large mesure å une mauvaise gestion et à un faible rendement; les coûts de ramassage et de transformation atteignent également un niveau anormal, en moyenne 20 Francs CFA le kg de riz. Le coût- du riz produit au Sénégal varie entre 41,6 et 59,9 Francs CFA le kg, avec une moyenne de 52,7 Francs CFA le kg. Ce coût semble très élevé , sur- tout si on le compare au prix du riz importé. Les importations de riz au Sénégal proviennent surtout de l'Extrême-Orient: elles sont composées d'environ un quart de riz de qualité moyenne (moins de 42 pour cent de grains cassés) et d'environ trois quarts de riz de basse qualité (grains cassés). Les prix c.a.f. Dakar ont augmenté en 1966/67, passant à 38,9 Francs le kg, mais se stabilisent actuellement à 32 Francs CFA le kg (1968/69), avec une légére tendance à moyen terme vers la baisse (les projections pour 1974-1976 sont de 29 à 32 Francs CFA le kg). La différence entre les prix du riz local et du riz importé semble s'tre stabilisée à environ 20 Francs CFA le kg. AUTRES CEREALES 76. La production de mais a augmenté rapidement, passant de 27.000 tonnes en 1963/64 à 86.5000 tonnes en 1967/68 (dépassant de 50.000 t l'objectif du IIéme Plan). Comme la plupart des autres cultures, le mais a souffert de la sécheresse en 1968 et la produc- tion a accusé une baisse marquée, tombant à 25.300 t. En 1967/68 et en 1968/69, environ 65 pour cent de la récolte totale fut produite en Casamance et 17 à 25 pour cent au Sénégal Oriental. Le Sénégal produit également de petites quantités de fonio (Digitoria exilis) (voir Tableau 2). F. TUBERCULES 77. Les seuls tubercules de quelque importance cultivés au Sénégal sont le manioc et la patate douce (Tableau 16). Le manioc (Manihot Utilissima) est cultivé sur plus de 60.000 ha, dont les trois quarts sont concentrés dans les régions de Diourbel et de Sine- Saloum. La production a atteint environ 230.000 tonnes en 1968 et est demeurée stationnaire depuis lors. Le manioc est en général cultivé sur de petits terraine% associé à d'autres cultures. Les rendements sont donc très faibles (3 à 9 t/ha). La production pourrait aisément 4tre accrue, notamment dans le Sénégal Oriental oÙ les conditions agronomiques sont favorables. Le manioc pourrait apporter une contri- bution très importante, non seulement comme denrée comestible mais aussi comme aliment pour le bétail, surtout dans les parcs d'embouche. La patate douce (Ipomea batatas) est cultivée sur une superficie relativement restreinte; la production n'est pas très importante (19.000 t en 1968). Les statistiques font ressortir, dans la superficie cultivée et la production de cette culture, d'importance fluctuations qui sont difficiles à expliquer et oui reflètent peut-4tre des changements - 29 - des changements dans la méthode d'enregistrement des données plutôt que dans les habitudes de production. L'extension de la culture de la pa- tate devrait être encouragée, particulièrement dans les régions du nord du pays. D'une manière générale, l'accroissement de la superficie cultivée en plantes à tubercules et du rendement à l'hectare semble souhaitable afin de compléter le régime alimentaire ordinaire des ha- bitants des régions où l'on ne saurait espérer voir une expansion rapide de la production de céréales. G. LEUMES ET FRUITS 78. La culture maratchère est concentrée principalement dans la région du Cap Vert, qui représente environ les deux tiers de la super- ficie consacrée aux légumes (Tableau 17). Ceci est dû à la proximité du grand centre de consommation de Dakar et à l'existence d'une zone particulière, le Niayes, où la culture maraîchère est des plus aisées du fait du climat propre au sud des Canaries et de la présence de plaines argileuses où l'eau abonde. La production totale (Tableau 18) s'est maintenue à environ 30.000 tonnes pendant de nombreuses années, mais elle s'est élevée à plus de 40.000 tonnes depuis 1967. Les importations atteignent environ 20.000 tonnes par an et se composent notamment d'oi- gnons et de pommes de terre; les exportations s'élèvent à un millier de tonnes. La consommation intérieure devrait être de l'ordre de 59.000 tonnes par an, mais elle se limite presque exclusivement aux régions urbaines (48 kg par habitant et par an en 1967). Les familles rurales consomment leur propre production, en petites quantités (3,5 kg par habitant en 1967). L'accroissement de la consommation intérieure est strictement en fonction d'augmentations du pouvoir d'achat et du pou- voir d'achat et du nombre de citadins, et ne peut donc être que graduel. Une diminution du prix de certains types de légumes serait possible; mais les cultivateurs se sont habitués à un prix élevé et il semble difficile en pratique d'obtenir une telle baisse. D'autre part, la culture maraîchère s'effectuant près des centres de consommation, une amélioration des débouchés commerciaux locaux ne permettrait guère de réduire les coûts de commercialisation, qui semblent raisonnables en tout état de cause. Seules des quantités marginales pourraient être ajoutées aux exportations. Le marché d'exportation ne porte que sur les primeurs (800 tonnes de haricots verts en 1967/68) qui rapportent des prix élevés et peuvent donc être transportés par avion pendant l'hiver sur les marchés européens. Il serait utile de prospecter ces marchés afin d'établir des débouchés sûrs pour les exportations sénégalaises; mais il est difficile de justifier de gros investissements pour la production ou la commercialisation des cultures maraîchères destinées à l'exportation au point où en sont les choses, du fait que de petites quantités seulement peuvent être vendues rentablement en Europe. D'un autre côté, il convient de noter que la valeur des exportations couvre moins du cinquième de la valeur des importations de produits maraîchers (Tableau 19); il serait aisé de produire localement des oignons et des pommes de terre au lieu de les importer. - 30 - 79. Au cours de ces trois dernières années, le Sénégal a importé quelque 8.000 tonnes de concentré de tomates par an, pour une valeur annuelle totale de plus de 600 millions de francs CFA (voir Tableau 20). La production intérieure de concentré de tomates a été négligeable jusqu'à présent; la consommation a été évaluée à environ 2 kg par ha- bitant et par an. La consommation ne se limite pas aux citadins; elle se répartit dans tout le pays. Dans les régions rurales, la demande de concentré de tomates est plus élastique que dans les villes l/; il faut donc s'attendre à un accroissement marqué de la consommation totale, par suite de l'accroissement du pouvoir d'achat dans les Cam- pagnes. Une consommation totale de plus de 10.000 tonnes de concentré par an est envisagée pour 1973, ce qui équivaut à environ 60.000 tonnes de tomates fralches; pour que le Sénégal n'importe plus de concentré, il faudrait mettre en culture environ 2.400 hectares, ce qui suppose un rendement de 2,5 t/ha. Une fabrique de concentré de tomates a été construite à Kaolack il y a quelques années. L'usine n'a fait que transformer du triple concentré importé en concentré simple, la pro- duction locale de tomates frâ&hes s'étant révélée insuffisante. En fait, les efforts visant à encourager la culture de tomates dans la région du Sine-Saloum furent médiocres et l'usine ne fut pas en mesure d'organiser un service de vulgarisation efficace. Elle a donc cessé de fonctionner. L'objectif principal à mettre en oeuvre afin de créer une industrie viable de concentré de tomates consisterait à développer un approvisionnement adéquat et sûr de tomates fraîches. Jusqu'à présent, on a compté sur la production de petits fermiers; mais ceux-ci ont l'habitude de vendre leurs tomates en tant que légumes à des prix allant de 30 à 150 francs CFA le kg. Une industrie ne pourrait pas payer les tomates plus de 7 francs CFA le kg et un changement dans les habitudes des cultivateurs semble peu probable. La meilleure solution consiste probablement à cultiver les tomates dans une petite plantation gérée par la Société propriétaire de l'usine. La production ainsi obtenue pourrait par la suite être complétée par celle des exploitants individuels liés par contrat à la société qui les ferait bénéficier de ses services de vulgarisation. Cette expérience vient d'être faite dans la région du Fleuve où une société privée française a récemment construit une petite station expérimentale pour la production de con- centré de tomates. L'approvisionnement de cette station sera assuré en partie par la culture industrielle entreprise par le personnel de la société, à l'aide d'un équipement mécanique, dans la région de Richard-Toll et en partie par de petits propriétaires groupés en coopé- ratives, avec l'aide de la SAED dans la région du delta. Les rendements obtenus lors des expériences conduites en 1967/68 ont été décourageants (6,2 t/ha); mais en 1966/67, les rendements ont été plus élevés (26,7 t/ha) et peuvent être considérés satisfaisants du point de vue économique. Généralement parlant, les problèmes principaux que pose la culture de la tomate au Sénégal ne sont pas de caractère technique; les problèmes de gestion et de commercialisation sont certainement plus difficiles à résoudre. l/ Selon une étude menée en 1965 par l'Institut de Sciences économiques appliquées. - 31 - 80. La mangue est le fruit principal du Sénégal, les manguiers sont répartis dans tout le pays. La production totale est évaluée à environ 20.000 tonnes par an et est entièrement consommée par les pro- dcteurs. Les agrumes (oranges, citrons et surtout limettes) existent également dans diverses régions; la production totale varie de 1.500 à 2.500 tonnes par an. La banane est cultivée en petits vergers irrigués, entretenus par des familles paysannes. Ces vergers sont concentrés dans les régions de Thiès et du Sine-Saloum et donnent une production d'environ 1.800 à 2.000 tonnes par an. La consommation du Sénégal est évaluée à quelque 7.000 tonnes par an, ce qui correspond, dans les condi- tions climatiques de la Cad,amance, à environ 300 ha de plantation. Plusieurs petites plantations ont été créées en Casamance au cours de ces dernières années, avec le concours du FED. Ces plantations couvrent une superficie d'environ 60 hectares et devraient commencer à produire en 1970. On trouve l'ananas dans différentes zones de Casamance, mais la qualité de la production est très médiocre et ne convient pas à la commercialisation. Le IIème Plan prévoit que la consommation inté- rieure, d'environ 400 tonnes par an, sera assurée par la production locale; mais seulement 10 hectares ont été plantés jusqu'à présent. Il y a lieu de souligner que de grandes quantités de noix de cola sont consommées chaque année. Or, le Sénégal ne produisant pas de cola, les importations ont atteint en 1968 20.000 tonnes, ce qui représente une valeur d'environ un milliard de francs CFA. H. AUTRES CULTURES VIVRIERES 81. Le niebe (Dolicos, Vigna Unguigulata) est cultivé notamment dans la région sahélienne, du fait de sa bonne adaptAtion aux conditions de sol et de climat (Tableau 21). La culture se fait sur de petits lots, à l'aide des méthodes traditionnelles; le rendement est très faible (0,2 à 0,3 t/ha). Très fréquemment, la culture du niebe est associée a celle du mil. La production, stationnaire au cours de ces dernières années (environ 17.000 tonnes en 1968), est entièrement consommée à la ferme. I. COTON Production 82. La culture du coton a été entreprise en 1963 sur une échelle limitée; à partir de 1965, elle prit rapidement de l'extension sous le contr8le de la Compagnie française pour le Développement des Fibres textiles (CFDT). Par suite du succès obtenu dans cette culture, il fut procédé à plusieurs ajustements successifs des objectifs de production. -32 - 1963/64 L964/6j 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Superficie (en ha) 63 102 386 1.038 3.047 6.Ui7 Coton graine (en t) 15 54 302 1.234 4.157 9.889 Rendement (kg/ha) 238 527 787 1.188 1.364 1.534 Source: CFDT 83. La zone considérée comme convenant le mieux à la culture du coton en sec est celle où les précipitations se situent entre 850 mm et 1.000 mm. Le coton fut cultivé tout d'abord dans le Sénégal oriental (Tambacounda) et en Cas amance (Velingara), et fut ensuite introduit au Sine-Saloum (Kaffrine, Koungheul, Nioro du Rip). En 1968/69, la répar- tition était la suivante: Production Spervicie Production commercialisée Rendement (en ha) (en tonnes) (en tonnes) (gh Sénégal oriental 4.203 7.113 7.077 1.692 Casamance 1.238 1.924 1.871 1.554 Sine-Saloum 1.006 852 791 847 Total 1968/69 6.447 9.889 9.739 1.534 Total 1967/68 3.047 4.157 n.d. 1.364 84. Les rendements sont excellents, probablement les meilleurs ren- dements moyens d'Afrique occidentale. Ils sont particulièrement bons en Casamance et au Sénégal oriental où la culture a commencé plus tat et où les agriculteurs sont mieux équipés que dans le Sine-Saloum. La toute première importance accordée à la culture de learachide au Sine-Saloum peut également expliquer les rendements plus faibles. 85. La culture est pratiquée, sous une supervision étroite, à l'aide de méthodes intensives. La superficie moyenne cultivée par culti- vateur en 1968/69 s 'élevait à 67 ares à Velingara, 50 ares à Tamba- counda et 33 ares dans le Sine-Saloum, et elle va croissant. Environ 75 pour cent de la superficie est cultivée à l'aide de charrues dans les deux premières régions, ce qui est rarement le cas dans le Sine- Saloum où les agriculteurs sont mieux équipés. Les semis en lignées sont généralement bien faits et les producteurs comprennent les avantages - 33 - des semis précoces. L'élagage et le désherbage sont pratiqués mais pourraient être améliorés. Les applications recommandées d'engrais ont été faites sur 98 pour cent de la superficie en Casamance et au Sénégal oriental, 95 pour cent dans le Sine-Saloum (l'engrais n'a été distribué qu'aux cultivateurs qui suivent les directives de la CFDT). Tous les champs de coton ont été vaporisés au moins trois fois avec des insecti- cides; 90 pour cent ont été vaporisés cinq fois. Dans l'ensemble, le travail des cultivateurs s'est avéré satisfaisant étant donné la nou- veauté de cette culture pour bon nombre d'entre eux et s'est amélioré régulièrement en dépit de la rapide expansion de l'opération. 86. La CFDT estime que la fourniture d'instruments aratoires em- ployant des animaux de trait, notamment de charrues, par le truchement de coopératives, est trop lent, ce qui explique pourquoi le pourcentage des champs labourés avant l'ensemencement n'augmente pas. Les producteurs sont désireux de s'équiper, comme le prouve le fait que pendant la pé- riode 1967/1969 la CFDT a acheté directement du matériel pour les culti- vateurs qui étaient disposés à payer au comptant. Les engrais sont achetés et distribués par la CFDT. Les pulvérisateurs appartiennent à la CFDT, qui en assure l'entretien et les loue aux cultivateurs. Commercialisation 87. La CFDT est chargée de la commercialisation de la récolte. La campagne de commercialisation commence en novembre et se termine en mars de l'année suivante. Les prix au producteur sont fixés par le gouvernement sur la base de deux qualités différentes. Pour la campagne 1968/69, leur prix était de 33 et 20 francs CFA le kg, respectivement, pour la pre- mière et la deuxième qualités. Ces prix sont des prix nets, établis après déduction d'une redevance fixe destinée à couvrir le coût de l'en- grais, des pulvérisations et des semences traitées. Ce régime ne prévoit aucune subvention au titre des facteurs de production; il incite puis- samment les agriculteurs à utiliser ces facteurs de production ce qui, ajouté aux bonnes techniques de culture qu'ils utilisent, explique les forts rendements obtenus. 88. En 1968/69, 9.739 tonnes ont été achetées aux cultivateurs par la CFDT, dont 149 tonnes de deuxième qualité (1,53 pour cent). Le prix moyen au producteur a été de 32,80 francs CFA. Le rendement moyen du coton commercialisé a été de 1.510 kg/ha, contre 1.310 kg/ha en 1967/68. Le chiffre moyen des recettes, déduction faite du coût des semences, de l'engrais et des pulvérisations, s'est ainsi élevé à environ 50.000 francs CFA à l'hectare (contre environ 13.000 francs CFA à l'hectare pour l'a- rachide, en moyenne, au cours de ces dernières années. 89. En Casamance et au Sénégal oriental, le chiffre moyen par ex- ploitation des recettes cotonnières a quadruplé de 1965/66 à 1968/69, par suite de l'accroissement de la superficie cultivée en coton et des rendements. - 34 - Chiffre moyen par exploitation des recettes cotonnières 1965/66 - 1968/69 (Sénégal oriental et Casamance seulement) 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Superficie moyenne par exploitation (en ares) 25,6 31,9 3,8 53,0 Rendement moyen par ha (en kg) 787 1.232 1.422 1.660 Production moyenne par exploitation (en kg) 201 393 623 880 Recettes moyennes nettes par exploitation (en FCFA) 6.633 11.957 20.304 28.957 Source: CFDT 90. Les prix ont été sensiblement réduits pour la campagne 1969/70 du fait de la tendance à la baisse dans les prix c.a.f. de la fibre de coton. (voir paragraphe 92). Les nouveaux prix sont de 28 francs CFA le kg et 14 francs CFA le kg respectivement, pour le coton en graine de première et de deuxième qualité. A ces prix, à supposer que le rendement moyen du coton commercialisé soit 1,2t à l'hectare, le revenu net se chiffrerait à 33.000 francs CFA à l'hectare. Ce chiffre serait nettement inférieur à celui de 1968/69, mais correspondrait néanmoins à plus du double du revenu obtenu par un producteur d'arachide qui obtiendrait un succès raisonnable (voir Tableau 22). Même en tenant compte du fait que les rendements à l'hectare ont tendance à diminuer aà mesure de l'extension de la superficie cultivée, le coton continuera probablement à constituer une très intéressante culture de diversification. Pour ce qui est du passé,récent, l'extension aurait pu être plus rapide si la CFDT ne s'était pas montrée aussi stricte, probablement avec raison, quant aux qualifi- cations des cultivateurs. 91. Sur les 9.755 tonnes de coton-graine commercialisées en 1968/69, 7.980 tonnes ont été égrenées dans la nouvelle usine et 1.775 tonnes dans l'ancienne. Les deux usines sont situées à Tambacounda. Par suite de conditions climatiques défavorables, le rendement en fibre a été plus faible que l'année précédente (36,2 pour cent contre 38,8 pour cent), et seulement 3.530 tonnes de fibre de coton ont été produites. Environ 400 tonnes de coton-graine ont été traitées et 5.40 tonnes vendues a la SODEC, fabrique d'huile d'arachide située près de Kaolack, qui traite également les graines de coton. - 35 - Ventes et prix de la fibre 92. Environ 2.500 tonnes de fibre ont été vendues à l'industrie textile locale, laissant pour la première fois un excédent exportable d'un millier de tonnes. Plusieurs facteurs ont contribué à faire monter les coûts de production au-delà du niveau envisagé. (voir Tableau 23). Le rendement en fibre (plus faible que d'ordinaire) a ajouté*à lui seul près de h francs CFA le kilo au coût prévu de la fibre. D'autres dé- penses, principalement pour les semences et la protection des plants, ont été également plus élevées qu'on ne s'y attendait, ajoutant encore 1,5 franc CFA le kilo. Sur le volume exporté, les coûts d'entreposage et de transport ont encore grevé le coût total de 3,8 francs CFA sup- plémentaires par kilo. Le jeu de ces différents facteurs a entraîné pour la fibre livrée en usine un coût par kilo d'environ 144,1 francs CFA contre un coût prévu de 138,7 francs CFA et un coût f.o.b. Dakar de 152,9 francs CFA le kilo ( au lieu du chiffre prévu'dé'lkh,3), Le prix de vente moyen aux usines textiles locales a été de 136 francs CFA le kilo et le prix f.o.b. moyen prévu d'environ 116,5 francs CFA le kg. Ces prix, particulièrement celui à l'exportation, ont été beaucoup plus bas que les prix prévus, en partie du fait d'un fléchissement temporaire des prix c.a.f. (voir Tableau 2h) et, en ce qui concerne les exportations, a cause des coûts élevés de commercialisation, qui peuvent être attribués dans une large mesure à des difficultés de mise en route. Le coût élevé des transports, par exemple, s'explique par l'exportation de balles d'un gros volume, produites initialement par des presses à faible densité pour la vente locale -- chose qui ne devrait pas se reproduire. 93. Le résultat de tous ces facteurs a été une perte totale sur les ventes de fibre de l'ordre de 57 millions de francs CFA (voir Ta- bleau 23). Cette perte sera absorbée par la Caisse de Stabilisation des Prix du Coton. Les ressources de la Caisse, autres que les bénéfices sur les ventes de fibre sont: (a) le produit d'une taxe de 1 pour cent sur les impatations de textiles (environ 16 millions de francs CFA de recettes en 1968/69), et (b) les bénéfices sur la vente de graines de coton (évalués à environ 22 millions de francs CFA en 1968/69). Ainsi, la perte financière nette de la Caisse pour 1968/69 sera probablement de l'ordre de 19 millions de francs CFA. Cette perte sera financée sur les réserves accumulées durant les années précédentes et qui se montent à quelque 33 millions de francs CFA. 94. Estimant que, bien qu'il soit possible de réaliser des économies sur certaines choses, il ne serait pas judicieux de compter sur une amé- lioration sensible de la situation du marché mondial, l/ le gouvernement a décidé de ramener les prix à la production à 28 et ll francs CFA le kilo, 1/ Les prix c.a.f. du coton, ports français, ont presque retrouvé leur niveau depuis la dévaluation; ils devraient se maintenir à environ 135.000 francs CFA la tonne pendant la campagne 1969/70. La variété Allen 333 devant être remplacée par la BIA 592 ou d'autres variétés analogues de meilleure qualité, il est possible que la fibre sénéga- laise soit vendue au prix c.a.f. d'environ 140.000 francs CFA la tonne en 1973/74. Le prix f.o.b. Dakar serait alors de l'ordre de 130.000 francs CFA la tonne. - 36 - pour les cotons de première et de deuxième qualités respectivement, pour la campagne de commercialisation 1969/70. Ce prix demeure intéressant et, en principe, devrait permettre d'équilibrer les comptes de la Caisse en 1969/70. Après 1969/70, à mesure de l'extension de la superficie cultivée, les rendements moyens auront tendance à diminuer, entraînant un accroissement du coût des insecticides et des engrais par tonne de coton gridne, si le prix actuel au producteur est maintenu. La propor- tion de fibre qui sera exportée augmentera. Les facteurs compensatoires seront probablement: (a) un accroissement modéré du rendement en fibre; (b) une certaine réduction des frais généraux et des coûts de commercia- lisation par tonne; (c) un accroissement modéré de la valeur f.o.b. de la fibre, par suite de l'introduction progressive du BJA 592, variété nouvelle qui possède une fibre plus longue et pourrait se vendre 5 francs CFA de plus au kilo. Selon ces hypothèses, le prix courant à la production peut être considéré comme réaliste et maintenu longtemps. J. ELEVAGE 95. La production des diverses activités liées à l'élevage l] revêt une grande importance dans l'économie agricole du Sénégal. La valeur ajoutée du secteur de l'élevage est évaluée à 6 milliards de francs CFA en 1968, ce qui représente 10 pour cent de la valeur ajoutée en agriculture. L'élevage est également important du point de vue du commerce extérieur. Les importations de viande (notamment sous forme de bétail sur pied) sont évaluées à environ 1,3 milliard de francs CFA; les exportations du secteur de l'élevage représentent environ 900 mil- lions de francs CFA 2f, répartis ainsi: - peaux et cuirs, environ 770 millions; - viandes et animaux vivants, environ 100 millions; - cire et divers, environ 35 millions. 96. Les études dont on dispose 3/ et les statistiques courantes sur l'élevage ne reflètent pas comme il se doit l'importance de ce secteur du point de vue socio-économique. Il n'existe pas d'étude complète sur le milieu social des zones pastorales. Il n'y a que deux études périmées l/ Nous incluons dans l'élevage la production de viande, de lait, de cuirs et peaux, de miel et de cire. 2 Ces chiffres ne sont qu'Wie estimation très préliminaire, sur la base de données très peu sûres. Aucune comparaison n'est possible avec les données officielles sur les exportations contrôlées. 3 Receveur: "Définition d'un programme d'aménagement hydro-pastoraux dans la zone sylvo-pastorale", 1965. Troquerau: "Le marché du bétail et de la viande au Sénégal", 1960. Leduc et Tye: "Etude du marché de la viande dans l'agglomération dakaroise", 1963. Lacrouts et Tye: "Etude de l'équipement frigorifique du Sénégal"1966. - 37 - sur le marché de la viande, remontant à 1960 et à 1963. La seule étude récente à ce sujet a été réalisée en 1966 par 4M. Lacrouts et Tye; la plupart des données utilisées dans le présent rapport sont tirées de cette étude. Malheureusement, des différences très importantes existent entre les données de l'étude et celles du rapport annuel du Service de l'élevage. Ces données ne correspondent pas non plus aux statistiques douanières. Au cours des quelques années à venir, il serait utile de prendre les mesures suivantes: liamélioration des statistiques de l'élevage devrait recevoir la coopération de tous les services intéressés, tels que le Service des douanes et la Direction du commerce extérieur; des coefficients exacts (composition du cheptel; taux d'abattage, etc.) devraient être établis et utilisés uniformément aux fins des statistiques et des études à venir; des études devraient être effectuées en vue d'améliorer la connaissance de la composition quantitative et qualitative du cheptel et du milieu socio-économique pastoral pour lequel on ne dispose actuellement que de données rares et conjecturales. 97. Le Sénégal peut être divisé en deux zones principales distinctes en ce qui concerne l'élevage: la zone pastorale et la zone agricole. Une troisième zone, dotée d'une écologie particulière, peut être prise en considération: la région du Cap Vert. La zone pastorale est la plus vaste et la plus riche en bétail. Elle correspond plus ou moins à la zone climatique sahélienne. Ele commence à quelques kilomètres de la côte de l'océan Atlantique, et est délimitée au nord et à l'ouest par le Sénégal et au sud par les 15ème et l4dme parallèles. Les deux tiers des bovins, ovins et caprins du Sénégal se trouvent dans cette région. (Tableau 26). Les troupeaux se composent en majeure partie de zébus (Dos indicus) de race Gobra, bon producteurs de viande. Un élevage extensif est pratiqué ici par une population pastorale qui vit de cette activité. Dans le passé, ces bergers étaient nomades et se déplaçaient chaque année selon les ressources en pâture et en eau durant la saison humide et la saison sèche; mais ils s'installent maintenant là où les autorités ont fait creuser des puits et des forages au cours de ces der- nidres années. Ce processus d'implantation a éliminé les déplacements annuels en quête des meilleurs pâturages et a entraîné une concentration massive autour des points d'eau. Cela n'a pas été sans provoquer cer- tains problèmes de surpâturage et quelques cas de maladies de la nutri- tion. Les plus importants problèmes qui se posent actuellement dans ce domaine sont de nature agrostologique, c'est-à-dire qu'ils concernent la protection et l'amélioration des pâturages. 98. La zone agricole couvre les régions du Sine-Saloum, du Sénégal oriental et de la Casamance, qui sont toutes infestées par le trypanosome. Le cheptel de cette région est composé de bovins de l'espèce Bos taurus, notamment de race N'Dama, et de croisés de zébus de différents types, qui résistent tous plus ou moins à la trypanosomiase. Les animaux appartien- nent généralement à des cultivateurs qui engagent des bergers pour garder - 38 - leur troupeau ou les gardent à la ferme. Le cheptel souffre dans le Sine-Saloum de carences alimentaires et, dans les autres régions, des mauvaises conditions d'hygiène et d'un manque de soins. La région du Cap Vert, notamment le Niayes, présente des conditions spéciales, par suite d'un climat propre aux régions au sud des Canaries et d'une abon- dance d'eau. I. l'heure actuelle, la trypanosomiase limite le dévelop- pement de l'élavage, mais des mesures sanitaires d'un cout relativement bas permettraient de tirer avantage des conditions locales qui sont idéales pour Itembouche des bovins: le grand centre de consommation de Dakar est très proche et il serait possible d'utiliser les sous- produits industriels en tant qu'aliments pour le bétail. 99. La composition exacte du cheptel sénégalais n'est pas connue; en 1968, il comprenait environ 2.500.000 bovins et autant d'ovins et caprins (Voir Tableau 25). Les données relatives aux bovins sont rela- tivement précises, car elles sont basées sur les chiffres enregistrés durant la campagne contre la peste bovine, menée de 1966 jusqu'en 1968 inclusivement. De 1960 à 1968, le cheptel de bovins est passé de 1.746.000 têtes à 2.527.000 têtes. Les données concernant les années antérieures à 1965 semblent sous-estimées; le taux de croissance du cheptel ne peut donc être calculé que pour les trois dernières années et serait d'environ 4 pour cent par an. Le cheptel de bovins se com- pose d'environ 56 pour cent de zébus et de 44 pour cent de taurins ou croisés de zébus. (Voir Tableau 27). Les taux d'abattage ont été dé- terminés par Lacrouts comme suit: 12% par an pour les troupeaux de zébus, avec un taux d'accrois- sement annuel de 3 pour cent; 13% par an pour les troupeaux de taurins et de croisés de zébus, avec un taux d'accroissement annuel de 3,7 pour cent. Ce taux d'abattage est assez élevé, étant donné la situation générale actuelle de l'élevage; il ne saurait être accru sans risquer de détruire le capital investi dans le cheptel. Les taux correspondent à une pro- duction annuelle de viande par tète atteignant 1h kg pour les zébus, 10 kg pour les taurins et les croisés de zébus, et 12,6 kg pour la moyenne nationale. La productivité du cheptel de bovins sénégalais peut sembler médiocre par comparaison avec celle du cheptel européen ou américain (75 à 85 kg de viande par tête et par an); mais elle ne l'est guère plus que celle d1autres cheptels d'Afrique occidentale: kg de viande Taux de par tête, par an reproduction Mali: moyenne 13,8 12,2 Niger: zébus 12,8 11,0 Haute-Volta: zébus 13,5 12,0 taurins et croisés de zébus 10,0 13,0 moyenne nationale 12,3 12,3 Nigéria du Nord: zébus 14,1 11,0 - 39 - 100. Les chiffres estimatifs du nombre d'ovins et de caprins sont moins précis; le taux d'accroissement indiqué par les statistiques officielles (environ 200.000 têtes par an) devrait être considéré comme provisoire. La répartition géographique des troupeaux d'ovins et de caprins suit plus ou moins celle des bovins. Le taux d'exploitation est d'environ 25 pour cent; la consommation de ce genre de viandes de boucherie est très répan- due dans les régions rurales et est requise par la tradition lors des grandes fêtes musulmanes. Les chevaux et les ânes sont employés comme animaux de trait et se trouvent principalement dans le bassin de llarachide. La consommation de viande de cheval est marginale et limitêe aux consomma- teurs européens. L'élevage du porc est concentré autour de Dakar et en Casamance, région où la proportion de musulmans est la plus faible du pays. Le taux d'exploitation est évalué à environ 75 pour cent du cheptel qui sfaccroft chaque année de 12.000 tCtes environ. Les chameaux auront pra- tiquement disparu d'ici quelques années, par suite de l'amélioration des routes et des aménagements hydrauliques dans les zones pastorales. 101. Le Sénégal importe à peu près le quart de sa consommation de boeufs et environ la moitié de sa consommation d'ovins et de caprins. Les impor- tations se composent principalement d'animaux sur pied, venant de Mauritanie. Les exportations sont marginales (environ 4.600 tètes en 1968); elles se composent d'animaux sur pied transportés en chariots jusqu'en Gambie ou embarqués à destination du Libéria. L'approvisionnement en viande de bou- cherie du Sénégal en 1968 peut être calculé comme suit:ý/ Tonnes production intérieure de viandes et d'abats de toutes sortes 58.000 importations 20.000 exportations (1.000) total disponible pour la consommation 77.000 102. La consommation de viande, y compris les abats, dépasserait donc 20 kg par habitant et par an, se répartissant comme suit: viande et abats frais 18,8 kg viande en conserves 0,1 kg volaille et autres viandes 1,4 kg 1/ Ces données ne correspondent pas à celles de la Direction de l'Elevage qui n'indiqueiit que 58.000 t de vindc et dI'.abts disponibles pour la consommt.tion. Lcs raëthodes de calcul appliquées sont exposées dans le Tableau 25. - 4o - C'est là un coefficient très élevé, surtout si on le compare à celui des autres pays d'Afrique occidentale (voir Tableau 29). Seul le Mali a un coefficient plus élevé (32 kg par habitant par an), mais dans ce pays, la consommatior de poisson est très faible, alors qu'au Sénégal elle est d'environ 44 k;. On peut donc en conclure que le Sénégal semble être le pays d'Afrique occidentale oil les gens sont le mieux pourvus en protéines animales. Naturellement, l'emploi de moyennes fausse quelque peu les données. La consommation totale de viande et abats frais, par exemple, peut être ventilée comme suit: Dakar: 12.200 t, soit 18,5 kg par personne par an 22 centres urbains: 15.h0 t, soit 26,5 kg par personne par an régions rurales: 43.750 t, soit l7,5 kg par personne par an La consommation de viande par personne à Dakar est inférieure à celle d'autres centres urbains, par suite d'une consommation beaucoup plus forte de poisson qui semble avoir atteint 65 kg par personne et par an dans la région du Cap Vert. L'accroissement de la consommation par habi- tant entre 1965 et 1968 est indiqué ci-après: 1965 1968 Consommation urbaine 19,2 21,9 Consommation rurale 17,4 l7,5 Consommation moyenne 18,4 18,8 Ces données appuient les prévisions de Lacrouts et Tye d'une consomma- tion annuelle moyenne de 22,7 kg par habitant en 1980. En procédant à une extrapolation d'après la tendance actuelle, la consommation annuelle par habitant en 1973 serait de l'ordre de 20,3 kg et d'après les projec- tions démographiques faites par lAménagement du Territoire, la consomma- tion totale serait d'environ 8h.000 tonnes réparties comme suit: viande et abats de boeuf environ 63.000 t viande et abats d'ovins et caprins environ 17.000 t autres viandes h.000 t L'accroissement de la consommation sera enregistré notamment dans les centres urbains, principalement pour ce qui est de la viande de boeuf qui constitue déjà une forte proportion de la consommation urbaine. Pour ce qui est des bovins, la consommation prévue de 63.000 t exigerait un ac- croissement d'environ 100.000 tètes du nombre des bêtes menées aux abattoirs par rapport à celui de 1968. Si la productivité du cheptel ne s'améliore pas, l'accroissement du taux d'exploitation annuel ne sera que d'environ 65.000 têtes; ainsi, au lieu de réduire les importations, le Sénégal aurait - 41 - à les accroitre d'environ 30.000 t9tes. De telles considérations soulignent l'importance et l'urgence des mesures nécessaires en vue d'accroître la pro- duction de viande de boeufP. 103. Les mesures entreprises jusqu'à présent dans ce domaine comprennent: - l'établissement diun réseau de points d'eau dans les zones pastorales; 9 forages et 21 puits ont été aménagés au cours du Deuxième Plan, et un total de 62 points dleau fonctionnent actuellement; - la campagne conjointe contre la peste bovine qui a été lancée avec le concours du FED et qui a produit des résultats très fructueux; - la création, en 1968, du ranch de Doli. Cette ferme est située à la limite de la zone pastorale; elle a une superficie de 80.000 hectares et peut nourrir environ 10.000 têtes de bétail; à l'heure actuelle, le cheptel du ranch ne compte que 2.150 têtes. Le bétail est amené sur les marchés traditionnels par des coopératives d'éleveurs; les paiements sont effectués au comptant. Le cheptel pour- rait atteindre 6.000 têtes en 1970/71, mais aucun excédent d'exploitation n'est envisagé avant 1980. 104. Le lait du cheptel est presque entièrement consommé par les bouviers. Aucune estimation du volume de production ne peut donc être faite, d'autant plus qu'il n'y a guère de données locales quant à la production par tête. Nous savons seulement que la production par vache est faible et qu'il y a souvent rivalité entre l'alimentation des veaux et la consommation humaine. En 1968, les importations de lait condensé ont dépassé 7.700 tonnes, aux- quelles il convient d'ajouter 938 tonnes de lait en poudre, correspondant à 9.320.000 litres de lait reconstitué. Le lait reconstitué est consommé principalement dans les centres urbains, notamment à Dakar; mais la con- sommation de lait condensé est très répandue également dans les régions rurales. En 1968, un centre de transformation du lait d'une capacité de 10.000 litres par jour a été construit à Saint-Louis. Dès les débuts, le centre s'est heurté à de grandes difficultés d'approvisionnement en lait, à cause du mauvais emplacement des quatre stations de ramassage dont la plus importante, Dagana, est située à plus de 100 km de Saint-Louis et, du fait également que les pasteurs n'étaient pas habitués à vendre du lait régulièrement. Le centre achète actuellement environ 1.800 litres de lait par jour, au prix de 40 francs CFA le litre. La production est de 2.800 litres par jour, en partie sous forme de lait écrémé pasteurisé, qui contient 30 pour cent de lait reconstitué. Un millier de litres sont vendus journellement à Saint-Louis et 1.800 litres à Dakar, au prix de 70 francs CFA le litre. Le centre commence à traiter des quantités rai- sonnables de lait, mais il n'a pas encore atteint la production minimum nécessaire à une rentabilité économique satisfaisante, qui est d'environ 5.000 litres par jour. - 42 - 105. L'élevage donne lieu à une très importante production de cuirs et de peaux d'un volume très important, bien que de qualité médiocre en moyenne. En 1968, la production commercialisée se composait de 250.000 cuirs de bovins, 200.000 peaux de moutons, 380.000 peaux de chèvres (voir Tableau 30). Ces cuirs et peaux alimentent d'importantes activités artisanales et indus- trielles utilisant les cuirs et peaux traités; en 1968, plus de 2.100 tonnes de produits séchés et tannés ont été exportées, d'une valeur totale de 768 millions de francs CFA (voir Tableau 31). L'agrandissement du cheptel, envisagé au cours des quelques années à venir, entraînera également une grande expansion de ces activités. 106. L'apiculture, pratiquée selon les méthodes traditionnelles, donne une production évaluée en 1968 à 10 tonnes de miel et à 175 tonnes de cire. Environ 100 tonnes de cire, évaluées à environ 35 millions de francs CFA, ont été exportées. Le conditionnement et la vente du miel sur les marchés urbains ont été entrepris récemment. 107. La protection sanitaire du cheptel et la vulgarisation ont été con- fiées au Service de l'élevage et des industries animales, qui est également chargé du contrôle de l'abattage et autres contrôles vétérinaires. Malgré l'importance relative des affectations budgétaires dont bénéficie le Ser- vice (515 millions de francs CFA en 1968), le manque d'équipement et de fonds destinés à couvrir les dépenses ordinaires empêche le Service dluti- liser pleinement le personnel disponible et d'entreprendre des campagnes de vacc,--ation offrant l'intensité et la fréquence désirables. La recherche fondamentale et appliquée en matière d'élevage relève de l'Institut d'éle- vage et de médecine vétérinaire tropicale (IE14VT). Dans le très moderne Laboratoire national d'élevage et de recherche vétérinaire de Dakar- Hann, l'IEMVT est en mesure de produire tous les vaccins nécessaires dans~le pays, ainsi que de poursuivre une recherche scientifique des plus précieuses sur l'amélioration génétique et la nutrition du bétail. L'Institut gère une petite ferme d'élevage à Sangalkam (recherche sur les parcs d'engraissage ou dlalimentation), les centres de recherche zootechnique de Dahra (recherche sur les zébus) et le centre de Kolda (recherche sur les bovins de race N'Dama) qui est en voie de construction grâce au financement du FED. 108. La Société d'exploitation des ressources animales du sénégal (SERAS) est un organisme semi-autonome créé en 1963 dans le but de Itproraouvoir l'ex- pansion de la production du cheptel national et son exploitation rationnelle". Les attributions de la SERAS comportent actuellement la gestion des abattoirs de Dakar et de Kaolack, du complexe de transformation du lait de Saint-Louis, des installations de réfrigération du port de Dakar et du ranch d'engrais- sage de Doli. Ces activités sont relativement récentes et il est difficile d'en évaluer les résultats. L'exploitation des abattoirs de Dakar, entre- prise il y a plusieurs années, est très satisfaisante. Il faut espérer que, sous la direction de la SERAS, et après la période de démarrage, les autres activités se développeront également de manière satisfaisante. 109. Dans l'ensemble, les perspectives de développement de l'élevage au Sénégal s'annoncent remarquablement bonnes; dans ce domaine, le pays pré- sente sur les autres pays d'Afrique occidentale le gros avantage d'être à la fois un grand producteur et un grand consommateur de viande. La proxi- mité relative des principaux centres de consommation et de la zone primor- diale de production (quelques centaines de kilomètro) a per Qii marchA - 43 - de la viande de se développer. Bien que les circuits de vente soient traditionnels, ils sont raisonnablement efficaces et peu onéreux; les coûts de commercialisation du bétail à -ear représentent moins de 20 pour cent du prix final de l'animal vif/. Cette marge est très faible et ne pourrait guère être réduite par la création d'un système moderne de commercialisation. Le Sénégal a déjà entrepris de résoudre les trois problèmes principaux que pose l'élevage dans la zone sahélienne: - l'approvisionnement en eau du bétail est satisfaisant et continuera de s'améliorer; - les bouviers ont complètement abandonné leurs habitudes nomadiques et passent actuellement des pratiques s emi- nomadiques aux méthodes sédentaires; - les conditions d'hygiène, bien qu'elles ne soient pas encore satisfaisantes, ont été améliorées et l'affectation de fonds adéquats au Service de l'élevage lui permettrait de continuer et d'améliorer son action. Enfin, les espèces bovines du Sénégal, notamment les zébus de race Gobra et les taurins de race N' Dama, semblent particulièrement adaptables en vue d'une production intensive, si on leur assure une alimentation suffi- sante et un milieu adéquat. K. FORETS 110. Du fait de son climat sahélien et soudanais, le Sénégal n'a pas de forêts importantes. Environ 20 millions d'hectares, soit 17 pour cent de la région, sont classées comme réserves forestières, dans lesquelles la chasse et la coupe d'arbres sont interdites; mais la grande majorité de ces forêts ne sont composées que de peuplements spontanés parsemant la savanne et de faible productivité. Certaines zones sont couvertes de forêts peu denses dans le Sénégal oriental et la Casamance. Les prin- cipales productions de la forêt sénégalaise - le bois de chauffage et le charbon de bois - se sont développées constamment au cours de ces dernières annees: 1960 1968 Accroissement Bois de chauffage (en stdres) 41.677 50.94 21% Charbon de bois (en tonnes) 30.553 50.496 65% l/ Une tête de bétail coûtant 100 francs CFA le kilo de poids vif, prix au producteur, est vendue 120 francs CFA le kilo à D*kar, 150 à Abidjan et 250 francs CFA à Monrovia. Cet accroissement, qui est dû principalement à l'urbanisation, augmentera rapidement au cours des quelques prochaines années. La production de sciages n'est pas importante, les espèces locales ne s'y prêtant pas. On ne dispose pas de données précises sur le volume de cette production, mais on estime qu'environ 2.000 m3 de sciages sont produits localement, sur une consommation intérieure totale de 31.000 mJ. L'Etat s'occupe d'exploi- tation forestière par le truchement du Service des eaux et forêts. Ce Service a procédé au cours de ces dernières années à la plantation de teck et de Gmelina arborea, sur une superficie totale de 1.500 ha, mais les plantations ne sont pas encore arrivées à maturité. Le Service a égale- ment entrepris la conservation de la forêt nationale en prenant des me- sures de protection contre les incendies de brousse dans la région sahé- lienne. (3.500 km de sentiers garde-feu, création d'un corps mobile de sapeurs-pompiers). Toutefois, pour que ce système soit réellement utile, il conviendrait d'en assurer l'extension et l'intégration; liécobuage est une pratique traditionnelle parmi les tribus pastorales sahéliennes; il ne sera pas aisé, ni même peut-ètre désirable du point de vue de l'élevage, d'amener les éleveurs de bétail à abandonner cette pratique. - 45 - IV. POLITIQUES ET PROGRAMES AGRICOLES TROISIEME PLAN QUADRIENNAL 1969-1973 A. Objectifs généraux et priorités 111. Le Troisième Plan, qui couvre les exercices allant de 1969/70 à 1972/73, donne la plus haute priorité au développement de l'agriculture. On reconnaît donc la nécessité d'accroître les revenus ruraux tant du fait de la prépondérance numérique de la population rurale que de l'effet dyna- mique d'un tel accroissement sur les autres secteurs. Les objectifs généraux du Troisième Plan sont: a) d'accroftre la production d'arachides et de mil en augmentant les rendements à l'hectare; b) de diversifier l'agriculture en encourageant les nouvelles cultures; c) de déterminer la superficie optimale des exploitations agri- coles et les méthodes de culture les plus rationnelles; et d) d'accroftre la production, la productivité et le revenu des éleveurs. B. Dépenses de développement envisagées!/ 112. Sur un investissement public total de 121,3 milliards de francs CFA pour les exercices allant de 1969/70 à 1972/73, il est envisagé d'affecter 36,05 milliards de francs CFA, soit 30%, à l'agriculture et aux forgts. Sur ce montant, 32,5 milliards de francs CFA seraient af- fectés au développement des cultures, 2,5 milliards de francs CFA au développement de llélevage et 1 milliard de francs CFA aux forêts. Le montant envisagé représente donc une augmentation de 23% par rapport à l'investissement correspondant prévu dans le Deuxième Plan (29,4 mil- liards de francs CFA) et près du double de celui figurant dans le Deu- xième Plan remanié (20,9 milliards de francs CFA). La part de l'agri- culture dans l'investissement total est également plus importante que celle qui lui avait été accordée dans les plans antérieurs. 113. L'investissement total dans l'agriculture se décompose comme suit: (on trouvera une analyse plus détaillée au Tableau 32). lf Les chiffres cités ici sont tirés du texte provisoire du Troisième Plan, en date d'avril 1969 et diffèrent légèrement des chiffres cités dans le Rapport Principal, qui sont extraits du texte défi- nitif. Les conclusions présentées n'en sont pas pour autant modi- fiéëes. - h6 - Ventilation des investissements envisagés dans l'agriculture pour 1969-1973 En milliards de francs CFA Services de vulgarisation agricole et crédit 17,81 Travaux d'irrigation 8,48 Canne à sucre 2,20 Légumes et fruits 1,27 Investissements divers 2,73 Total partiel 32,h9 Elevage 2,58 Forêts ,98 Total 36,05 L'ensemble des programmes pour le développement de la culture de larachide/mil et du riz (13,5 milliards et 11,4 milliards de francs CFA, respectivement) représente 77% du montant total des dépenses envisagées pour le développement des cultures. Outre les dépenses ci-dessus, il est envisagé d'affecter envi- ron 6,5 milliards de francs CFA aux travaux de recherche et aux études. C. Examen des principaux investissements envisagés a) Intensification de la production dlarachide et de mil 114. Ce groupe de projets constitue l'essentiel de la partie de l'inves- tissement agricole affectée à la vulgarisation et au crédit. Le projet le plus important vise l'amélioration des rendements d'arachide et de mil; il représente une dépense totale de 12.772 millions de francs CFA. 115. A moyen terme, l'arachide et le mil, resteront les principales cultures marchandes et de subsistance. Dans certaines régions, on n'a pas encore trouvé de cultures de remplacement satisfaisantes. La priorité accordée au programme de productivité entrepris dans le cadre du Deuxidme Plan est tout à fait justifiée. Selon le succs ou l'échec de ce programme, le Sénégal sera plus ou moins en mesure d'atteindre deux objectifs fonda- mentaux: a) maintenir les revenus de régions rurales à un niveau satis- faisant et b) contenir dans des limites acceptables la pénurie de céréales dont souffre le pays. Cependant, les chances de succès seraient réduites si le programme ne devait constituer que la simple continuation des projets - 47 entrepris depuis 1964. Les efforts doivent porter essentiellement sur l'amélioration de l'efficacité de la SODEVA et des institutions de com- mercialisation et de crédit (ONCAD et BINDS), afin de réaliser des éco- nomies dans le système de commercialisation et d'améliorer les services rendus aux cultivateurs par l'intermédiaire des coopératives et des ser- vices de vulgarisation. 116. Le coût de l'opération arachide/mil est estimé comme suit: Total 1969/70 1970/71 1971/72 1972/73 millions de francs CFA Etude sur la réorganisation de lONCAD 750 230 270 250 - Services de vulgarisation agricole 1.687 518 419 hoo 350 Engrais pour l'arachideLa 3.480 672 828 900 1.080 Engrais pour le mil/a 1.557 247 338 432 Sho Instruments aratoires 5.298 1.075 1.200 1.390 1.633 Total 12.772 2.742 3.055 3.372 3.603 a Subvention de l'Etat (égale à la différence entre le coût des engrais et les montants perçus en remboursement des crédits alloués aux agri- culteurs pour l'achat de ces engrais). 117. Environ 80% du total des dépenses envisagées seraient destinées à la distribution de matériel et fournitures agricoles (pour plus amples détails concernant les moyens de production matériels, se reporter au Tableau 8). Le programme global, outre qu'il prévoit de continuer le programme d'amélioration des rendements entrepris dans le cadre du Deu- xième Plan avec le financement du FED, comporte également la réorgani- sation de l'ONCAD. Il est tout à fait justifié et est actuellement financé en partie par la Banque et 11IDA. Cependant, étant donné les récentes difficultés auxquelles s'est heurté le programme (voir para- graphe 44), il semble probable que les sommes effectivement dépensées pour la distribution de matériel et fournitures agricoles n'atteindront pas l'objectif prévu, et il se peut qu'elles lui soient inférieures de 5 milliards de francs CFA. 118. Le financement est assuré par un prêt de la Banque et un crédit de 11IDil d'un montant total équivalant à 9,5 millions de dollars EU (2,64 milliards de francs CFA au taux de change actuel). Les fonds peuvent servir à financer le coat en devises de la réorganisation de 1/ Prêt 585 SE (3,5 millions de dollars EU) et crédit 140 SE (6 millions de dollars EU) tous deux signés le 10 février 1969 (projet de crédit agricole). - 48 - l'ONCAD et les stages à l'étranger du personnel des coopératives, l'assis- tance technique étrangère accordée à la SODEVA ainsi qu'un certain pourcen- tage des dépenses affectées aux instruments aratoires et charrettes à trac- tion animale, ces fonds devraient 'tre déboursés pendant la période 1969/70- 1971/72. 119. Il serait nécessaire d'obtenir le financement supplémentaire suivant. Le chiffre inférieur de la fourchette est indiqué dans lhypothèse où seule- ment la moitié environ des objectifs de distribution d'engrais et de matériel ont été atteints. Au cours des trois premières années, 6,5 à 3,8 milliards de francs CFA représenteraient la contribution de l'Etat au coút des services, de 11équipement et des facteurs de production nécessaires au projet de la Banque/IDA. ih outre, il faudrait trouver de 3,6 à 2,3 milliards de francs CFA en 1972/73, dernière année du Plan. Par conséquent, le total des fonds nécessaires pour la période de 4 ans couverte par le Plan s'élèverait e 10,1 - 6,1 milliards de francs CFA. Sur ce total, 5,0 - 2,6 milliards e francs CFA serviraient à financer les subventions à l'achat d'engrais.. Etant donné que le programme de subvention par la CEE des achats d'engrais a pris fin en 1968/69 et qu'on ne prévoit pas de le renouveler, les fonds devront provenir des recettes publiques ou d'autres programmes d'aide étran- gère. 120. Le Plan prévoit pour 1972/73 une production totale de 1.420.000 t. pour une superficie cultivée de 1.200.000 ha, ce qui correspond à un rende- ment moyen d'environ 1,2 t/ha. Ces chiffres représentent une augmentation de 38% (5% par an) par rapport à la production moyenne de la période 1964-67 (moyenne la plus élevée qu'ait jamais enregistré le Sénégal au cours d'une période quadriennale) et une augmentation de 45 pour cent (7% par an) par rapport à la moyenne des 4 dernières campagnes pour lesquelles on dispose de données, 1965-1968. L'augmentation serait due en grande partie à un accroissement des rendements (30-50%). 121. Il semble très peu probable que ces niveaux de production et de rendement soient atteints régulièrement dans le temps imparti. Pour en revenir à l'examen des résultats obtenus récemment par les agriculteurs et à leur attitude (voir paragraphe 4h), on a enregistré certaines diffi- cultés concernant les moyens à court terme dont disposent les producteurs d'arachides pour améliorer leur exploitation et la confiance qu'ils accor- dent au système d1approvisionnement et de commercialisation. L'évolution de la situation dépendra donc en grande partie de la rapidité avec laquelle cette confiance sera rétablie. Dans cette perspective, l'importance accordée par le projet de la Banque à la réorganisation des institutions chargées du crédit, de la distribution et de la commercialisation des facteurs de pro- duction est tout à fait justifiée. Cependant, la Banque ne devra pas limi- ter la supervision du projet au niveau de la Direction; elle devra veiller f L'engrais est actuellement vendu aux planteurs d'arachide à environ 50% du coût. Etant donné l'engagement à long terme pris par l'Etat d'acheter au moins 60.000 tonnes dlengrais par an à la fabrique SIES financée par la SFI, cette opération entraînera probablement pour l'Etat une perte qui dépassera le montant de la subvention aux achats d'engrais. - 49 - également à améliorer la situation au niveau de la production. En parti- culier, il semble qu'il conviendrait de revoir la manière dont on envisage les services de vulgarisation agricole ainsi que leurs rapports avec les coopératives. Toutefois, les réformes de structure demanderont un certain temps pour produire leur effet. Les mesures prises dans le cadre de la po- litique actuelle du gouvernement, telles que le paiement comptant des livrai- sons de la récolte et la prolongation des subventions aux achats d'engrais, pourraient avoir un plus grand effet immédiat. 122. Les perspectives de récoltes d'arachides pour 1969/70, première année du nouveau Plan, ne sont pas très bonnes. On prévoit une production totale de l'ordre de 900.000 à 950.000 t. (chiffre inférieur de 15 à 20% aux objec- tifs du Plan). Les conditions climatiques ont été assez bonnes, mais il est probable qulon assiste à une faible réduction des superficies cultivées (alors que la situation sera probablement inverse pour le mil). La quantité d'engrais destinée aux arachides a été provisoirement estimée à 12.000 tonnes, chiffre le plus bas depuis 1962 et qui représente un tonnage équivalant au cinquième de la consommation envisagée (56.000 t.) 123. A moyen terme, il serait plus réaliste de porter le rendement moyen national à 1 t/ha. Ceci implique que les difficultés actuelles seraient surmontées, et ce résultat pourrait être difficile à obtenir avant 1972/73. Par conséquent, si l'on s'en tient aux hypothèses du Plan en matière d'ac- croissement des surfaces cultivées et en supposant des conditions climati- ques moyennes, il semble qu'on fasse preuve d'un certain optimisme en pré- voyant une production de 1.000.000 t. d'arachides en coques en 1972/73. Service de multiplication et de contr6le des semences 12h. Avec des espèces améliorées, on pourrait obtenir des rendements à l'hectare supérieurs de 30% à ceux obtenus avec les esp8ces ordinaires. Afin de généraliser l'utilisation des semences sélectionnées, la création d'un service de multiplication et de contr6le des semences est envisagée. L'objectif pour 1972 est de produire 107.000 t. de graines d'arachides contrôlées ainsi que de plus petites quantités de graines sélectionnées de riz, de mil, de mais, de coton et de graines d'arachide comestibles. Liopération coûterait 337 millions de francs CFA. Il reste à savoir si cette opération serait exécutée par 12ONCAD ou par un nouvel organisme autonome relevant de la Direction des services agricoles. Arachides comestibles 125. L'objectif du Plan pour 1972/73 est de produire 22.500 tonnes d'arachides en co.ques sur une superficie de 15.700 ha; sur cette pro- duction, environ 20.000 tonnes seraient destinées à l'exportation, le reste étant conservé essentiellement comme semence. L'expansion aurait lieu essentiellement dans la Casamance et le Sine-Saloum. Dans le Sine- Saloum, le programme d'expansion portant sur 7.500 ha est en partie fi- nancé par un crédit du FED de 280 millions de francs CFA. Dans le Sénégal oriental, environ 800 ha seraient mis en valeur par une société privée avec l'assistance de la BNDS. On n'a pas encore trouvé de financement pour environ 4.000 ha devant être mis en valeur dans la Casamance pendant la période couverte par le Plan. Cette dernière opération, qui coûterait environ 137 millions de francs CFA, fait partie du programme de développe- ment de la SODAICA. - 50 - b) Coton 126. Pendant la période couverte par le Troisième Plan, la production de coton-graine devrait atteindre 30.000 tonnes sur une superficie cultivée de 25.000 ha. Ceci équivaudrait à quelque 12.000 tonnes de fibres, dont envi- ron 5.OO tonnes seraient consommées par les industries textiles locales et le reste serait exporté. Ces chiffres semblent constituer des objectifs rai- sonnables. Le Sénégal possède un sol et un climat propices à la culture du coton, et jusqu'à présent, des résultats excellents ont été obtenus. A moyen terme, cette culture offre l1une des meilleures possibilités de diversifica- tion, et elle permet au producteur de supporter la totalité du coût des fac- teurs de production et d'obtenir un bon revenu net. Naturellement, à mesure que la culture se répand, elle gagnera des régions aux conditions moins favo- rables, mais le rendement moyen à l'hectare prévu pour 1972/73 (1,2 t/ha) semble tenir suffisamment compte de cette éventualité. 127. Le coût total du programme est estimé à 1.275 millions de francs CFA pour la construction de logements et bâtiments, l'achat de véhicules et de matériel et les dépenses de fonctionnement des services de vulgarisation. On dispose de fonds provenant du deuxième prêt de FED (556 millions de francs CFA) qui serviront à couvrir les dépenses supportées en 1969-72 au titre du programme initial portant sur 12.000 ha. Il sera donc nécessaire d'obtenir un montant supplémentaire d'environ 700 millions de france CFA (2,5 millions de dollars EU) pour terminer le programme portant sur 25.000 hectares. c) Développement de la riziculture 128. Le gouvernement a décidé d'intensifier ses efforts en vue d'accroftre la production de riz paddy de manière à réduire ses importations de riz qui représentent environ un quart de la valeur des exportations d'arachides. L'objectif de production pour 1973 est de 220.000 tonnes de riz paddy; étant donné que la consommation intérieure s'accroitra elle aussi, ce chiffre per- mettrait seulement de maintenir les importations de riz à leur niveau de 1967, soit environ 150.000 tonnes par an. 129. Le programme de développement de la riziculture se divise en trois groupes de projets: (millions de FCFA) i) projets principalement axés sur la vulgarisation agricole: a) culture du riz en sec dans la Haute Casamance 540L b) culture du riz en sec en Moyenne Casamance 9931-1 c) remembrement parcellaire, mise en valeur de rizières sur des superficies non salines, deux riz par an 482 d) amélioration du drainage et services de vulgarisation pour l'exploitation des terres salines 880 e) US-AID - Casamance 545 Total partiel 3.440 1/ Y compris crédit à moyen terme accordé aux agriculteurs. -51 - (millions de FCFA) ii) projets principalement axés sur la mise en valeur des terres et l'irrigation: a) barrage de Guidel; études portant sur 4 barrages en Casamance 377 b) plaine d'inondation de Nyanga 1.000 c) plaines d'inondation de l'OAV 880 d) SAED 2.600 e) Diovol 2.200 Total partiel 7.057 iii) projets axés sur la production de riz et de tomates a) Bao Bolon 749 b) Bas Saloum 681 Total partie-l 1.230 Total général 11.727 130. Le projet le plus important du premier groupe comporte l'expansion de la riziculture en sec en Haute et Moyenne Casamance. Etant donné le coût élevé des investissements prévus, le projet a été divisé en deux programmes analogues. Tous deux ont pour objectif la promotion de la riziculture en sec, à la suite de l'introduction de variétés de riz cultivable en Casamance sans irrigation. En particulier, la station expérimentale de l'IRAT à Sefa a récemment mis au point et expérimenté plusieurs bonnes variétés ainsi que des méthodes culturales. Elle dispose à l'heure actuelle d'une quantité suffisante de semences et a acquis assez d'expérience pour permettre une expansion à grande échelle de la riziculture en sec. 131. Le FED a accepté de financer le programme de la Haute Casamance. Le projet concerne les districts de Kolda et Velingara et comporte la mise en valeur d'environ 6.000 hectares de rizières en sec et 1.000 hectares de rizières douces traditionnelles, superficies sur lesquelles les efforts se concentreraient pour introduire l'utilisation des engrais et des semences sélectionnées. On prévoit des rendements de 2 t/ha et de 2,3 t/ha, respec- tivement, pour la riziculture en sec et la riziculture sous irrigation. Les travaux de mise en valeur des terres devraient commencer au début de 1970. Le coût total du projet serait d'environ 540 millions de francs CFA répartis en quatre ans de la façon suivante: (a) aide extérieure destinée à l'assistance technique, aux services de vulgarisation et à l'achat du matériel: 350 millions de francs CFA; - 52 - (b) crédit accordé aux agriculteurs pour l'achat d'outillage: 86 millions de francs CFA; (c) contribution de l'Etat aux salaires des agents de vulgarisation: 42 millions de francs CFA; (d) subvention accordée par l'Etat aux prix des engrais:!/ 62 millions de francs CFA. 132. Le projet pour lequel le financement de la Banque a été sollicité concerne le district de Sedhiou en Moyenne Casamance, où il existe davantage de possibilit6s de remise en état des rizières irriguées actuelles. Une étude de justification effectuée récemment par la SATEC envisage un projet portant sur 9.000 hectares de riz en sec, 2.000 hectares de rizieres irriguées pour lesquels seuls des travaux de vulgarisation seraient entrepris, et 1.000 hec- tares de rizières irriguées sur lesquels des travaux peu importants de mise en valeur seraient effectués par les agriculteurs mémes, sous la direction de techniciens. Il devrait alors être possible d'effectuer deux récoltes sur ces rizières, et les rendements pourraient atteindre jusqu'à 6 tonnes à lhectare, selon la SATEC. Mais il semble très difficile de réaliser une double récolte sur une superficie aussi importante, et il est par conséquent plus rationnel de prévoir des rendements d'environ 2,6 tonnes à 1'hectare avec une seule récolte effectuée au cours de la saison humide. 133. Certains doutes subsistent quant à la justification économique et l'importance à donner aux travaux de mise en valeur des terres pour la cul- ture du riz sous irrigation; mais les nouvelles variétés de riz en sec et les méthodes culturales correspondantes ont été mises au point, les projets sont bien préparés et bien étudiés, et une première année de services de vulgarisation dans le district de Kolda a indiqué une réaction très favo- rable de la part des agriculteurs. Par conséquent, on peut raisonnablement prévoir que les objectifs de production envisagés seront atteints. La Banque devrait examiner favorablement un projet correspondant à la proposition ac- tuelle de la SATEC. Le programme de coopération FAO/BIRD aide actuellement le gouvernement à préparer une demande de financement destinée au Groupe de la Banque. 134. Le montant total du projet envisagé serait d'environ 993 millions de francs CFA, dont: P Année 1 2 3 4 total en milliers de francs CFA Aide étrangere pour assistance technique, services de vulgari- sation et matériel 131.772 144.967 140.138 108.996 100.360 626.233 Crédit aux agriculteurs pour achat d'outillage 6.150 25.720 52.380 79.620 108.910 272.730 Subvention de l'Etat aux prix des engrais-/ 990 6.930 15.840 27.060 42.900 93.720 1/ Une réduction de la subvention de l'Etat au prix des engrais, qui s'élève à l'heure actuelle àL 11 francs CFA le kilo, ne semble ni opportune ni sou- haitable - 53 - 135. Le financement des deux projets nécessiterait une aide étrangère d'environ 976 millions de francs CFA, et environ 198 millions de francs CFA fournis par l'Etat. Le montant total (crédit non compris) atteindrait 1.174 millions de francs CFA, soit 107 millions de plus que le montant indiqué dans le Plan. 136. La réalisation des deux projets porterait la production de riz paddy à 40.000 tonnes, soit 35.000 t de plus qu'actuellement. 137. Trois autres projets de vulgarisation agricole ("Restructuration parcellaire", ;'Assainissement des rizières douces" "Double récolte") peuvent 6tve considérés comme faisant partie d'un programme global d'amélioration de la riziculture en terres non salines dans la Haute et Moyenne Casamance. Le financement nécessaire à ces trois projets, qui siélève à 482 millions de francs CFA, n'a pas encore été obtenu. Les projets ne sont pas nettement définis. En fait, des efforts isolés en ce qui concerne la culture du riz sous irrigation ne semble guère avoir de chances de succès; et si l'organi- sation chargée de ces travaux est différente de celle chargée des autres projets réalisés dans la même région, on se heurtera au manque de coordi- nation. Il serait bien plus logique d'intégrer d'une manière ou d'une autre les efforts envisagés aux deux projets examinés plus haut. 138. Deux projets, "Amélioration du drainage" et "Action encadrement pour l'exploitation des terres salées", concernent la riziculture en terres salées marécageuses, dans la Casamance c6tière. Le premier projet, devait contribuer à mettre en valeur ou à aménager 2.000 ha de rizières en terres salées, rizières dites "de mangrove". Les travaux ont été effectués par la population locale, pratiquement sans rémunération; mais les travailleurs ont reçu la propriété des champs remis en état. Cette méthode s'est révélée efficace sur le plan technique, mais la pénurie de main-d'oeuvre dans le district réduit la possibilité d'une plus grande expansion. En fait, 600 ha seulement ont été remis en état jusqu'à présent, et il ne semble pas possible d'entreprendre l'aménagement de plus de 700 ha au cours des années à venir. Par conséquent, les fonds du FED seront utilisés en partie pour fournir des services de vulgarisation agricole aux agriculteurs travaillant sur les terres salées, et à la mise en valeur de certaine rizières douces dans le district de Bignona. Le financement du projet "Amélioration du drainage" a été entièrement couvert par le IIème crédit du FED; étant donné les modifications apportées au projet, il semble que le projet "terres salées" devrait être considéré comme faisant partie du premier projet. La produc- tion escomptée de la réalisation des deux projets est de 1.500 tonnes de riz paddy, soit quelque 800 tonnes de plus que la production actuelle. 139. Le projet "US AID Casamance" a été financé par l'AID américaine et le Gouvernement sénégalais afin de fournir des services de vulgarisation agricole dans des villages épars situés, dans les districts de Bignona, Marsassoum et Kolda en ce qui concerne la culture du riz en sec et sous irrigation. Un système extrêmement intensif de services de vulgarisation agricoles a été mis en place; les résultats techniques ont été excellents et les rendements très élevés. Malheureusement, la région en cause est de faible étendue, de sorte que ses effets sur la production globale de riz seront négligeables. - 54 - 140. Le groupe de projets portant sur la mise en valeur des terres con- cerne essentiellement la région du Fleuve. Dans la région de Casamance, le Plan ne prévoit que la construction du barrage de Guidel. Ce barrage à écluses devrait permettre de régulariser les eaux d'irrigation sur une superficie de 1.800 hectares de terres salées et l'irrigation devrait pro- gressivement réduire la salinité du sol. De ce point de vue, la construc- tion du barrage de Guidel permettrait de mettre au point des méthodes pour contenir la salinité du sol. On pourrait alors tenir compte de ces méthodes lors de la construction de 4 autres nouveaux barrages pour contenir la sali- nité des sols sur une plus grande superficie. L'étude de ces quatre barrages serait exécutée pendant la période du Troisième Plan et leur construction serait entreprise dans le cadre du Quatrième Plan. Les modes de finance- ment de ces deux projets n'ont pas encore été trouvés, mais les difficul- tés rencontrées pour la mise en valeur des terres salées, qui sont illus- trées par le projet du FED, et le coût élevé de tels investissements (au moins 100.000 francs CFA à l'hectare) sont de nature à décourager tout investissement dans ce domaine. 141. Dans la région du Fleuve, le Plan indique trois projets importants. La mise en valeur des terres de la plaine d'inondation de la Nyanga sera financée par le FED; le coût de l'investissement est estimé à. environ 1 milliard de francs CFA, dont 655 millions seront dépensés au cours de la période du Plan. La superficie irriguée par pompage sera d'environ 5.000 hectares, sur laquelle on prévoit des rendements de 2,5 tonnes à l'hectare. L'accroissement escompté de la production sera par conséquent d'environ 12.500 tonnes par an. L'organisme chargé de l'exécution du pro- jet, le système de gestion et les méthodes de vulgarisation agricole n'ont pas encore été déterminés. 142. La mise en valeur des 5 plaines d'inondation qui constituent le projet de 110AV devrait permettre de cultiver quelque 3.200 hectares de riz, avec des rendements de 2,5 tonnes à l'hectare; ce qui signifie une augmentation de production d'environ 6.000 tonnes par an. Il n'existe d'études techniques détaillées que pour la plaine de Guede (1.000 hectares de rizières irriguées par pompage); pour les autres plaines, on ne dispose que de projets provisoires. Les coûts d'investissement varient dlune plaine à l'autre et ne sont pas nettement définis; l'investissement moyen devrait être d'environ 275.000 francs CFA à l'hectare, plus le coût des services de vulgarisation agricole, ce qui aboutit à des chiffres trop élevés pour espérer que ces investissements soient rentables. 143. La SAED a un programme qui comporte premièrement l'aménagement des réseaux d'irrigation actuels ainsi que la création d'autres réseaux sur son périmètre de 30.000 hectares qui est protégé par une digue (à l'exception de la plaine d'inondation de la Dagoma), et deuxièmement, un nouveau projet de mise en valeur, le projet Diovol, qui se trouve en derors du périmètre de la SAED. Selon le Troisième Plan, la superficie totale comportant des installations d'irrigation secondaires à l'intérieur du périmètre de 30.000 hectares devrait atteindre 13.500 hectares en 1973, dont 3.000 hectares seraient également aménagés. En fait, une étude appro- fondie du programme de la SAED indique qu'en 1973, le réseau secondaire ne - 55 - couvrirait que 11.200 hectares (dont 1.200 hectares en dehors de la super- ficie actuellement protégée par la digue) et le réseau tertiaire ne couvri- rait pas plus de 600 hectares. Avec des rendements escomptés de riz paddy de tonnes A l'hectare, la production annuelle atteindrait alors 24.000 tonnes, soit une augmentation d'environ 9.000 tonnes par rapport au niveau de 1967. 144. Le coût total des investissements envisagés pour le projet de 30.000 hectares et pour le projet de Dagana est estimé à 2.600 millions de francs CFA dont la ventilation se présente comme suit: millions de francs CFA Etudes et nouveaux investissements 1.150 Equipement et matériel 570 Recherche 200 Entretien des réseaux d'irrigation 230 Subventions de l'Etat 450 Le coût de l'assistance technique fournie par la SATEC à la SAED viendrait s'y ajouter. Le FAC continuera très probablement à financer cette aide, tout au moins pour les deux prochaines années. Des subventions de l'Etat seront nécessaires pour couvrir le déficit d'exploitation. 145. Le gouvernement souhaiterait obtenir le financement de la BIRD pour les nouveaux investissements (plaines drinondation de Dagana, Lampsar et Kassak-sud). On doute cependant que la production de riz et autres céréales soit suffisamment rentable pour justifier le coat élevé de ces investissements. A moins que la culture du riz ne soit pratiquée avec d'autres cultures d'une valeur supérieure, il conviendrait d'étudier le projet avec prudence. (Voir paragraphe 152). lh tout cas, il serait bon d'attendre les résultats de la campagne de pompage 1969/70 afin diobtenir des estimations plus exactes du coût de l'irrigation. 146. Le projet Diovol fait partie d'un plan complexe qui comporte éga- lement le projet Richard-Toll. On envisage à présent d'orienter la majeure partie de ce dernier, qui jusqu'" présent était consacré à la culture du riz, vers la culture de la canne à sucre et de la tomate. Afin de compen- ser la diminution de la production rizicole, une nouvelle région serait mise en valeur et la plaine de Diovol, située au sud-ouest de la zone de Richard-Toll, a été choisie à cet effet. La plaine pourrait être irriguée par les eaux provenant du lac Guiers, à condition d'élever le niveau de ce lac. Cette opération nécessiterait à son tour la rectification du cours de la Taouey qui alimente le lac. (Voir Note 1, paragraphe 1). - 56 - 147. Dans la plaine de Iliovol, on pourrait cultiver le riz sur environ 4.500 hectares, avec une production d'environ 11.000 tonnes de riz paddy par an. Cependant, de graves problèmes liés à la salinité du sol devraient être résolus; à l'heure actuelle, aucune étude technique n'a été effsctuée. Le coût des études et des investissements est estimé dans le Troisième Plan à 2.200 millions de francs CFA, ce qui est trop élevé pour un projet de rizi- culture mais il n'y figure aucune indication des éléments de ce coût. Le financement du Gouvernement italien a été sollicité. 148. Il existe deux projets comportant la culture de riz en assolement avec la culture de la tomate. Le plus important vise la protection de la région du Bao Bolon contre les inondations et la salinité du sol. Le Bao Bolon est un affluent de la Gambie; sa plaine d'inondation, oi le projet est situé, siétend dans le sud de la région du Sine-Saloum. Un barrage a déjà été construit afin diéviter les eaux salées de la Gambie de pénétrer au cours de la saison sèche; mais d'autres investissements sont nécessaires pour empêcher les inondations provoquées par les crues du Bao Bolon. Ici encore on se heurte à de graves problèmes liés à la forte salinité des terres et jusquJi présent, aucune solution n'est encore apparue. L'ampleur du coût des travaux de terrassement et du système de pompage envisagés sont certainement hors de proportion avec la superficie cultivable: environ 1950 hectares, dont 1.500 de riz et 450 hectares de tomates. L'investisse- ment atteindrait environ 375.000 francs CFA à l'hectare, c'est-à-dire, pro- bablement le double du coût qui permettrait d'obtenir une rentabilité sa- tisfaisante de l'investissement. Par conséquent, aucun de ces projets ne semble réalisable. 149. Le projet Bas-Saloum se fonde sur des études effectuées par une société française, la SCET-Coopération concernant plusieurs plaines d'inon- dation de la zone sud-ouest de la région du Sine-Saloum. On envisage d'en- treprendre des travaux pour lutter contre les inondations dans sept plaines. Des projets ont été établis provisoirement pour cinq plaines et certaines études ont également été effectuées pour les deux plaines restantes. Bien que l'absence de sérieux problèmes de salinité milite en faveur du projet, le coût d1investissement est toutefois très élevé (300.000 francs CFA à l'hectare en moyenne), mais la production industrielle de tomates cultivées pour alimenter la conserverie de Kaolack et la production d'oignons pour- raient justifier le projet en permettant de réduire le volume actuel des importations. Actuellement, on ne dispose d'aucune estimation de coût suffisamment détaillée ni de prévisions de production pour émettre un jugement définitif sur le projet. La superficie cultivable serait de 975 hectares, dont 415 de tomates et 560 de riz. Les rendements escomptés sont de 20 t/ha pour les tomates, 2 t/ha pour le riz paddy, 3,5 t/ha pour le mais, et 13 t/ha pour les oignons, ce qui semble réalisable. 150. Le programme de développement de la riziculture, en supposant qu'il soit entièrement exécuté pendant la période couverte par le Troisième Plan, augmenterait la production intérieure de riz paddy de plus de 75.000 tonnes par an, dont: -57 - Tonnes Casamance (culture en sec et en terres douces irriguées) 35.000 Casamance (terres salées) 700 Programme Nyanga 12.500 Plaine d'inondation de 110AV 6.000 Nouveaux investissements de la SAED 9.000 Projet Diovol 11.000 Projet Bao Bolon 2.250 Projet Bas Saloum 1.100 Total 76.550 Mais il convient de prendre en considération les faits suivants: - il faudra résoudre les problèmes majeurs avant que les projets de Diovol et de Bao Bolon puissent étre exécutés; - pour des raisons d'ordre technique, d'importants retards inter- viendront dans l'exécution des travaux des programmes d'irriga- tion; - il est peu probable que les rendements escomptés soient atteints pendant les premières années d'exploitation. Compte tenu de ces facteurs, une prévision de production de 55.000 tonnes en 1973 semble plus réaliste et mieux adaptée aux possibilités du pays. Etant donné qu'on peut escompter une certaine augmentation de la production des superficies déjà cultivées dans la région du Fleuve, il semble réaliste de prévoir d'ici à 1973, une production annuelle supérieure à 200.000 tonnes de riz paddy pour l'ensemble du pays. d) Production de tomates 151. Deux projets sont spécialement prévus pour l'expansion de la produc- tion de tomates en Casamance et dans la région du Fleuve. Aucun de ces deux projets nla encore été nettement défini; il s'agit en fait de projets connexes du programme de développement de la SODAICA pour la Casamance et du programme de la SAED pour la région du Fleuve. Au total, en comptant les projets Bao Bolon et Bas Saloum, les quatre projets de développement de la culture de la tomate portent sur une superficie d'environ 1.600 hectares, ce qui signifie une production de 32.000 à 40.000 tonnes de tomates. Cette production couvri- rait environ les 2/3 des besoins du Sénégal et constituerait un objectif - 5ô - raisonnable à atteindre dans cinq ans. ibis il serait prudent de ne pra- tiquer cette culture qu'en liaison étroite avec l'exploitation des conser- veries et de concentrer les champs de tomates autour des conserveries pour éviter les déchets, réduire les coûts de transport et fournir des services efficaces de vulgarisation agricole. Par conséquent, la culture de la to- mate devrait se concentrer autour des conserveries existantes, comme celle de Ross-Bathio (région du Fleuve), de Kaolack (dans le Sine-Saloum) et de la nouvelle conserverie que doit construire la SODAICA à Sefa (Casamance). 152. Récemment, le projet de mise en valeur de la plaine d'inondation de la Dagana a été révisé afin d'incorporer la culture de la tomate, du mais et de légumineuses. Bien qu'on puisse escompter que l'introduction de la tomate améliore les perspectives du projet, il semblerait préférable de cultiver la tomate dans certaines régions du programme de la SAED qui n'exigeraient pas d'investissements supplémentaires, lesquels sont coûteux. e) Production de canne à sucre 153. Le gouvernement a l'intention d'entreprendre la production de la canne à sucre. A cet effet, 3.200 hectares faisant partie du programme Richard-Toll de la SDRS, cultivés jusqu'à présent en riz, seraient con- sacrés à la culture de la canne à sucre. On envisage la construction d'une sucrerie d'une capacité de 30.000 tonnes, d'une raffinerie de sucre et d'une fabrique de pains de sucre. La plantation de canne à sucre et les usines seraient exploitées par une entreprise privée. Lorsque la plantation atteindra son plein rendement, elle pourra fournir 250.000 tonnes de canne à sucre produisant 30.000 tonnes de sucre brut dont la moitié sera transformée en sucre blanc cristallisé et l'autre moitié en pains de sucre. Si le projet est exécuté selon le calendrier prévu par le Plan, environ 125.000 tonnes de canne à sucre et 11.000 tonnes de sucre brut pourraient être produites en 1972/73. 154. Le coat total de ce programrime est estimé à environ 5 milliards de francs CFA, dont 1,7 milliard de francs CF seraient consacrés à l'aménagement des terres (1,h milliard de francs CFA) et au matériel agricole (0,3 milliard de francs CFA), et 3,3 milliards de francs CFA. à la construction et à l'équipement des usines, aux logements et au fonds de roulement. La majeure partie de cette somme serait déposée au cours de la période du Troisième Plan. Dtautre part, afin de compen- ser l'affectation de ces terres à la culture de la canne à sucre, on se propose de consacrer la plaine de Diovol à la culture du riz. L'inves- tissement nécessaire à ce dernier projet serait de 2 milliards de francs CFA et sa mise en oeuvre nécessiterait à son tour la rectification du cours de la Taouey (Voir paragraphe lh6), travaux qui reviendraient à 1 milliard de francs CFA. L'Etat fournirait les fonds nécessaires à l'aménagement des terres destinées à la culture de la canne à sucre. 1/ 1,6 milliard de 'reics CFA pendant la période couverte par le Plan, soit un montnt lé,,rement supérieur à celui indiqué dans le Plan. -59 - 155. Sur le plan technique, les études effectuées par l'IRAT ont indiqué que l'on pouvait obtenir des rendements de 80 tonnes à l'hectare. La ré- colte s'étendrait sur 6 1 7 mois, et la teneur en sucre de la canne serait d'environ 9% au début. Toutefois, la salinité du sol constituerait un problème important à Richard-Toll, d'où le coût élevé de l'aménagement des terres et la nécessité de disperser les plants de canne à sucre sur les terres où la salinité est la plus faible. 156. Mais ce n'est pas tant la possibilité technique de produire de la bonne canne à sucre qui est en cause ici que la justification économique du projet, laquelle est loin d'être nettement établie. Certes, le Sénégal importe chaque année pour 2 millions de francs CFA de sucre (60.000 tonnes), la plus grande partie dans le cadre de l'accord de l'OCAM, à des prix très supérieurs à ceux du marché libre. Mais le coût élevé de l'investissement initial semble écarter toute perspective de rendement économique satisfai- sant. Le taux de rentabilité du capital seul a été estimé à 7%, en suppo- sant des prix de gros équivalents au prix c.a.f. pratiqué par l'OCAM, et en supposant également que les pertes d'exploitation enregistrées pendant les cinq premières années seraient financées sans versement d'intérêt. Le taux de rentabilité de l'investissement total (y compris la subvention de l'Etat pour laménagement des terres) serait de l'ordre de 4%. On n'a pas calculé ce qui resterait de la rentabilité du projet si des prix c.a.f. infé- rieurs au prix de l'0CAM étaient appliqués. Enfin, des raisons politiques et sociales, telles que le développement de llindustrie et la création d'emplois industriels et saisonniers dans une région frontalière, semblent avoir été les principaux motifs qui ont conduit A proposer ce programme. f) Légumes et fruits 157. Le plus important projet de développement des cultures légumières est celui de la création d'un centre de démonstration et de recherche dans la région de Niayes. Ce centre exécutera des travaux de recherche expéri- mentale sur les légumes en vue tant de la consommation intérieure que de l'exportation; il fera également bénéficier les agriculteurs de tout le pays des résultats de ses recherches, et formera du personnel sénégalais dans le domaine de la recherche et des services de vulgarisation agricole spécialisés. Le financement de ce projet nécessitera environ 200 millions de francs CFA sur une période de 5 ans, montant devant être fourni par le PNUD, et le Sénégal fournira une cantribution complémentaire de 100 millions de francs CFA. Il est difficile d'évaluer l'incidence que ce projet pourra avoir sur la production des légumes; il faudra probablement plusieurs années avant que des résultats significatifs se dégagent. Cependant, nous pensons qu'il faudrait mettre l'accent sur l'organisation d'un service efficace de vulgarisation agricole, notamment dans la région de Niayes, et fournir du crédit à moyen et à court terme ainsi que des facilités de commercialisation aux coopératives spécialisées dans la production de légumes. 158. Il conviendrait de coordcnner étroitement le projet de mise en valeur des terres de la région de Niayes avec le centre de démonstration. Le pro- jet Niayes comprend des travaux de mise en valeur des terres et les inves- tissements nécessaires pour l'établissement d'un projet pilote portant sur - 60 - 120 hectares oil seraient essentiellement cultivés oignons et pommes de terre. L'aide financière du FAC pour un montant de 90 millions de francs CFA, a été sollicitée. Dans le cas oi l'assistance du FACne se matéria- liserait pas, nous proposons d'essayer d'obtenir l'aide du PNUD afin d'avoir dans la région de Niayes un projet complètement intégré. De toute façon, il semble nécessaire de mieux formuler le projet. Les me- sures d'encouragement de la culture de la pomme de terre et de lJoignon auraient pour but de réduire le volume, actuellement important, des im- portations de ces deux produits, et seraient plus faciles à appliquer qu'un programme de lancement de la production destinée à l1exportation. 159. Eh ce qui concerne les cultures fruitières, il existe plusieurs projets, dont le plus important est la continuation d'un projet de plan- tation de bananes financé par le FED en Casamance. L'objectif est de planter 240 hectares supplémentaires, afin d'atteindre une superficie totale de 300 hectares, qui serait suffisante pour couvrir les besoins du Sénégal. Les investissements sont estimês à hlh millions de francs CFA; le financement du FED a été sollicité et il est probable qu'il sera accordé. 160. D'autres projets (plantations d'ananas, de mangues, d'agrumes, de limettes et de cola, etc.) qui nécessiteraient un investissement total de 130 millions de francs CFA, sont soit trop insignifiants, soit trop mal conçus pour intéresser des investisseurs étrangers et avoir des effets importants sur l'économie sénégalaise. 161. En revanche, le projet de création d'un centre de recherche pour les cultures fruitières, dont le coût serait de 317 millions de francs CFA, vaudrait la peine d'être pris en considération s'il s'accompagnait d'un programme de vulgarisation agricole limité à un nombre restreint de cultures fruitières dans certaines régicns. Un programme général de re- cherche fondamentale sur les cultures fruitières, sans les moyens per- mettant de diffuser immédiatement les résultats aux producteurs, ne serait pas justifié. Les objectifs de production fixés pour 1973 sont les suivants: 6.000 tonnes de bananes 2.400 tonnes d'iananas 250 tonnes d'avocats 400 tonnes de mangues 540 tonnes de noix de cola Si les programmes de plantation sont effectivement mis en oeuvre, il est raisonnable de penser que ces objectifs pouýrront être atteints; mais si l'on néglige de déployer l'effort nécessaite pour organiser la commercia- lisation des fruits, il n'y a guère de chance que la production parvienne jusqu'aux centres de consommation et, par conséquent, que les importations soient réduites. - 61 - g) Projets de développement intégrés Projet de colonisation agricole des Terres-Neuves 162. Le projet "Terres Neuves" porte sur lraménagement d'une vaste zone d'accueil. Le but de ce projet est d'établir un centre expérimental afin d'étudier les méthodes propres à organiser la migration d'agriculteurs venant de régions surpeuplées du bassin arachidier pour s'installer dans la région orientale du Sénégal presque inhabitée. Il s'agit de migration spontanée, dont l'importance est modeste. Si lion parvenait à liaccélérer, on tirerait avantage des vastes étendues de terre arable inoccupées du Sénégal oriental. Cette région semble disposer de plus de 200.000 hectares cultivables; toute- fois, pour le projet "'erres Neuves" on a tout d'abord choisi une superficie de 25.000 hectares seulement située à l'ouest de Tambacaunda et au sud de la ligne de chemin de fer. On envisage la migration de 1.000 familles de 5 à 6 personnes dans cette région, au cours dlune période de trois ans, ainsi que la mise en culture de 6.000 à 10.000 hectares. Les 15.000 à 19.000 hectares restants serviront à l'élevage et, éventuellement, à l'expansion des cultures. Les principales cultures seront le coton, le riz en sec, le mais et le sorgho; 1/h de la superficie cultivée sera laissée en jachère. La culture sera essen- tiellement pratiquée à l'aide d'animaux de trait; seul le labourage des champs de mals s'effectuera à l'aide de machines agricoles louées aux colons. Les objectifs de production prévus pour la sixième année d'exploitation sont: riz paddy: 2.600 à 6.000 tonnes sorgho: 2.200 à 4.500 tonnes coton: 2.900 à 3.800 tonnes mais: 900 à 1.250 tonnes La valeur ajoutée par ces productions sera de 170 à 320 millions de francs CFA et le revenu brut de la famille paysanne de 240 à 460.000 francs CFA par an. Le revenu par personne active atteindrait de 35 à 75.000 francs CFA par an, c'est-à-dire qu'il serait de 2 à 5 fois supérieur à son ancien revenu. L'investissement envisagé comportera le défrichage et l'équipement de la ré- gion en infrastructure ainsi que la fourniture d'assistance technique et de services de vulgarisation agricole. Certains grands travaux de défrichage seraient effectués mécaniquement sur 1.500 hectares, afin de fournir des terres arables aux premiers pionniers (120 millions de francs CFA). Les travaux ultérieurs de défrichage sur les 8.500 hectares restants seraient effectués en grande partie à la main, avec l'aide de certaines machines (80 millions de francs CFA). Il serait nécessaire de construire des routes, des puits et des silos pour les dix nouveaux villages; ceux-ci seraient cons- truits par les pionniers et la fourniture de matériaux locaux serait prévue dans le projet. 163. L'organisme chargé de l'exécution du projet serait un service spécial autonome qui ferait partie de la SODEVA. Au cours d'une premiere phase, ce Service gérerait tout le matériel et les installations collectives (tracteurs, usines de riz et de mais, etc.) Au cours d'une seconde phase, la gestion serait transférée soit à des coopératives, soit à des entrepreneurs privés. Les coopératives seraient également organisées de manière à se charger de la commercialisation et de la transformation de la production agricole. - 62 - 164. Le coût total du projet, pour la première phase qui s'étendrait sur une période de 5 ans, serait d'environ 910 millions, dont: Coût Financement envisagé millions de FCFA études complémentaires 19 assistance technique et services de vulgarisation agricole 360 défrichage et infrastructure 323 702 Aide extérieure crédit aux coopératives pour l'équipement collectif 56 crédit aux pionniers pour leurs instruments aratoires 129 1815 Crédit de la BNDS salaires des vulgarisateurs 21 Contribution de l'Etat TOTAL 908 165. La BIRD, qui a déjà témoigné de l'intérêt pour le projet, a été sollicitée pour son financement. En fait, le projet "Terres Neuves", en tant que projet-pilote de colonisation agricole, pourrait constituer une étape importante destinée à ouvrir la voie au développement de la région Est du Sénégal, jusqu'à présent négligée par les investissements publics, mais dotée d'un riche terrain et d'un bon potentiel de dévelop- pement agricole. 166. Quant à l'organisation du projet, il conviendrait de mettre l'accent sur la constitution d'une équipe de direction très efficace et très expé- rimentée; la structure de l'organisation envisagée devrait probablement être renforcée par l'adjonction diune section comptable et d'une section chargée de la collecte et du traitement des données statistiques. De plus, le choix des pionniers devrait s'effectuer très attentivement et l'Etat devrait avoir le droit d'expulser les familles qui ne respecte- raient pas les clauses de leur contrat, telles que les méthodes de culture recommandées par les services de vulgarisation agricole. SODAICA 167. Le Troisième Plan envisage la création d'un complexe agro-industriel en Casamance destiné à valoriser davantage les produits locaux, notamment agricoles, grâce à l'établissement d'installations de transformation. La Société pour le Développement Agricole et Industriel de la Casamance (SODAICA) - 63 - serait chargée de ce projet. En même temps qu'elle investirait dans des usines de transformation (une usine d'arachides de bouche vient justement d'être terminée et l'on envisage la construction d'une conserverie de lé- gumes et de fruits), la SODAICA utiliserait du matériel moderne pour mettre progressivement en valeur son périmètre de 40.000 hectares, dont environ 3.100 ha seulement sont actuellement cultivés (Voir Note 1), par la SODAICA elle-même ou sous sa surveillance par des agriculteurs, prin- cipalement en arachides et en céréales. La SODAICA porterait cette super- ficie à 8.000 hectares d'ici à 1972/73 et encouragerait également les agri- culteurs à pratiquer la culture sous sa supervision en dehors de son péri- mètre. 168. On ne dispose pas de renseignements précis sur la ventilation du montant de 1.575 millions de francs CFA prévu par la SODAICA pour le déve- loppement agricole. Le projet prévoit la riziculture en sec sur 2.750 hectares, en partie afin de fournir des semences aux autres projets de la Casamance, et la culture d'arachides de bouche sur environ 4.000 hec- tares afin d'approvisionner l'usine de la SODAICA. La production de to- mates et d'ananas destinée à la conserverie de légumes et de fruits envi- sagée, ferait également partie du projet. Ce programme, qui augmenterait la valeur ajoutée localement et permettrait de fournir des emplois régio- naux, d'élever les normes de production, est en principe valable; cependant, il est avant tout nécessaire d'entreprendre des études plus approfondies, en particulier des études de marché et des analyses cotts-avantages, qui pourraient donner lieu, par la suite à d'autres projets valables. La SODAICA ne dispose pas diun personnel compétent suffisant à l'heure ac- tuelle pour entreprendre ces études. L'exécution de son programme d'inves- tissement exigerait également le renforcement de son organisation et de ses effectifs. 169. Bien que le Sénégal produise 40-50.000 tonnes de mars par an, des importations de l'ordre de 10 à 15.000 tonnes ont été nécessaires pour alimenter les minoteries locales. Les travaux de recherche effectués par l'IRAT ont permis de mettre au point des variétés utilisables par les minoteries. Pendant la période couverte par le Troisième Plan, on envi- sage d'accroÎtre la production de 36.000 tonnes, tant pour faire face aux besoins alimentaires que pour nourrir le bétail. Ces deux objectifs sont parfaitement justifiés, mais pour les atteindre il faudra déployer des efforts intensifs pour produire suffisamment de semences sélectionnées et diffuser des méthodes culturales relativement complexes. 170, La SODAICA jouera un rôle important dans ce programme, notamment en ce qui concerne la production de semences dont elle assure la super- vision. Il est prévu de mettre en valeur en Casamance environ 11.250 hectares devant produire annuellement 22.500 tonnes et 6.750 hectares dans la région Est du Sénégal devant produire 7.500 tonnes. Le coat total de ce projet pendant la période couverte par le Plan est estimé à 334 millions de francs CFA. - 64 - h) Elevage 171. Le montant total des investissements envisagés par le Troisième Plan pour le secteur de l'élevage atteint 2.590 millions de francs CFA, répartis en 30 projets au moins, qui peuvent être groupés comme suit: millions de FOFA - adduction d'eau 725 - médecine vétérinaire 211 - production de: viande 386 lait 63 miel et cire 32 481 - recherche et services de vulgarisation 412 - commercialisation et abattoirs 761 172. Le projet le plus important porte sur l'adduction d'eau en vue de l'élevage. Ce projet est la continuation d'un programme déjà mis en oeuvre lors du Deuxième Plan dans le cadre d'un crédit commun du FED et du FAC. Il prévoit la construction de 46 points d'eau, puits ou forages, la plupart situés dans la région de Ferlo et certains dans la partie orientale du Sénégal, ainsi que la remise en état des 60 forages existants. L'investissement pour les nouveaux points d'eau sera d'environ 500 millions de francs CFA; l'aide financière du FED a été sollicitée et il est très probable qu'il acceptera de financer ce projet étant donné les résultats satisfaisants obtenus du premier programme sur le plan social et 6cono- mique. En ce qui concerne le financement du programme de remise en état (environ 200 millions de francs CFA) l'aide du FAC a été sollicitée; avant de s'engager, le FAC désire attendre les résultats d'une étude qui sera entreprise en 1970 sur les causes du manque d'entretien des points d'eau existants et sur les moyens d'éviter que cette situation ne se reproduise dans l'avenir. 173. Sur les deux projets qui concernent la médecine vétérinaire, le plus important est celui qui consiste en une campagne contre les maladies parasitaires des bovins, des ovins et des caprins dans la région de la Casamance, et qui pourrait être financé par lUS-AID ou le FED. Ce pro- gramme vaut certainement la peine d'être entrepris pour protéger l'impor- tant bétail de la région. Mais il est regrettable qu'aucun plan n'ait été établi pour élargir le champ d'action de la Direction de l'Elevage en mettant à sa disposition davantage de moyens d'action et de moyens financiers. - 65 - 174. Il existe huit projets se rapportant à la production de la viande, mais trois seulement présentent une certaine importance. L'amélioration de l'adduction d'eau et la pose dlune clôture autour du ranch de Doli cod- teront environ 86 millions de francs CFA et seront probablement financés par le FAC. Etant donné que la possibilité de créer plusieurs autres ranches dépendra des résultats obtenus par le ranch de Doli, et l'élevage pratiqué sur des ranches semble constituer le meilleur moyen d'accroftre la productivité du secteur sénégalais de l'élevage, il est évident qu'il est extrêmement important de placer le ranch dans les meilleures conditions d'exploitation. 175. Les deux autres projets comportent l'engraissement intensif du bétail dans des fermes d'embouche en utilisant les sous-produits des industries de transformation de Dakar et de St. Louis. Ce système fait actuellement l'objet d'une étude par le MVT; les résultats semblent satisfaisants, mais le projet de création d'un centre de production aussi énorme que celui impliqué dans le Plan (10.000 têtes dans les fermes d'embouche du Cap Vert) semble trop ambi- tieux au stade actuel. Le financement de ce centre proviendrait d'une société privée. Le Gouvernement allemand a été sollicité pour le financement d'un autre centre dans la région du Fleuve, mais seules des études préliminaires ont été effectuées en ce qui concerne ce projet. 176. Dans le Deuxième Plan, le Gouvernement sénégalais a placé l'accent sur le traitement du lait, en construisant le centre de traitement de St. Louis. Malheureusement, la production de lait n'a pas évolué à un rythme satisfaisant et ce centre s'est heurté à de graves problèmes d'approvision- nement. Le Troisième Plan semble répéter les mêmes erreurs; trois centres de traitement du lait sont envisagés à Kaolack, Thies et Dahra, et néces- siteraient un investissement total de 216 millions de francs CFA. La parti- cipation financière du Gouvernement canadien et de l'UNICEF a été sollicitée. Mais au niveau des pasteurs, il n'existe qu'un projet de faible importance - comportant un investissement de 2,6 millions de francs CFA seulement - destiné à accroftre la production laitière et les services de ramassage. 177. Le seul projet lié à la production du lait est la création de deux fermes laitières, à Dakar et à St. Louis. Ces fermes permettraient l'accli- matation de races laitières européennes et serviraient également à la forma- tion des préposés au contr6le laitier du Centre qui doit être établi à St. Louis, sous les auspices de la FAO et du Gouvernement danois. Même en faisant abstraction des problèmes d'adaptation du bétail européen au climat et à la nourriture tropicale, il est évident que la production de ces deux fermes laitières sera négligeable et que le problème de l'appro- visionnement en lait n'en sera pas résolu pour autant. 178. Huit projets de nature diverse peuvent Être examinés ensemble en tant que projets de recherche et de vulgarisation agricole. 179. Trois projets ne comportent que des travaux de recherche; ils con- sistent en l'amélioration des buâtiments et du matériel des centres de re- cherche de Dahra et Kolda. Il s'agit d'importants centres pour l'amélio- ration de la production de bétail et il conviendrait qu'ils disposent d'installations convenables et jouissent de bonnes conditions de travail. - 66 - Le financement des trois projets sera probablement fourni par le FAC, tout au moins en ce qui concerne l'équipement du centre de Dahra. 180. Un autre important projet de développement de Lélevage concerne la création de 23 centres de dressage d'animaux de trait et la fourniture de médicaments vétérinaires et de compléments minéraux aux 90 "Centres d'ex- pansion rurale". Ce projet a été entrepris dans le cadre du Deuxième Plan, avec un financement du FED de 180 millions de francs CFA. Les investisse- ments effectués jusqu'à présent ne s'élèvent qu'à 70 millions de francs CFA, le reste devant être réalisé pendant le Troisième Plan, et comporter une contribution supplémentaire du Gouvernement sénégalais de 11 millions de francs CFA. Il est évident que ce projet ne peut se révéler efficace que dans des régions, telles que le Sine-Saloum, oiù l'on dispose déjà de ser- vices de vulgarisation agricole efficaces et oiù un programme intégré pour l'utilisation des animaux de trait a été mis au point. Par conséquent, il serait préférable de concentrer la construction des centres et la fourni- ture d'équipement vétérinaire dans certaines régions, au lieu de les dis- perser à travers le pays. 181. Trois projets portent réellement sur les services de vulgarisation au niveau des pasteurs. La distribution de 100 unités de fenaison compre- nant chacune, autour diune faucheuse, tout le matériel nécessaire, constitue un projet qui sera étroitement lié à l'expansion de la production de fourrage, à la création de silos et à la production de semences de graminées qui cons- tituent un second projet. L'investissement total pour les deux projets serait de 50 millions de francs CFA. L'aide financière du FED serait sollicitée et le PNUD pourrait également être intéressé. 182. Le troisième projet comporte l'établissement de deux unités mobiles, équipées de moyens audio-visuels, destinées à enseigner aux pasteurs les rudiments de l'agriculture. L'investissement indiqué (7,6 millions de francs CFA) est nettement trop faible pour fournir l'équipement nécessaire et couvrir les frais d'entretien. 183. A notre avis, ces trois projets sont les plus intéressants en ce qui concerne le secteur de l'élevage, mais, dans leur forme actuelle, ils ne sont ni clairement définis ni suffisamment étudiés, et le montant de l'investissement est trop faible pour susciter le financement extérieur. Nous proposons que ces trois projets soient regroupés, afin d'assurer une meilleure coordination, que l'investissement envisagé soit revisé et qu'un organisme adéquat soit proposé pour l'exécution du projet global. Un tel projet de vulgarisation agricole au niveau des pasteurs pourrait alors être considéré avec intérêt par les organismes étrangers et les organisations internationales. Le principe de ce projet intégré a reçu llappui du repré- sentant local du FED et est conforme aux recommandations faites par le comité mixte BIRD-FAC sur l'élevage en Afrique de l'Ouest. 184. Le dernier projet de ce groupe est un projet intégré d'équipement intéressant la zone d'élevage de Gallayel située dans la région du Fleuve, pour lequel le financement du PNUD semble convenir le mieux. D'autre part, l'IEMVT propose un projet qui ne figure pas dans le Troisième Plan et qui consisterait en une étude économique et sociale de grande envergure sur les - 67 - pasteurs, une étude technique sur la composition des troupeaux ainsi que des services de vulgarisation agricole dans une zone bien délimitée de la région du Fleuve. Pour financer le coût de ce projet, qui s'élèverait à quelque 100 millions de francs CFA, l'aide financière du FAC a été solli- citée. Il convient de souligner l'absence de données sur la situation économique et sociale des pasteurs et il serait particulièrement souhai- table d'effectuer des études dans ce domaine. Nous estimons également qu'un programme de vulgarisation qui s'adresserait aux pasteurs constitue le meilleur système pour accroître la production de l'élevage. Par conséquent, nous suggérons que les deux projets mentionnés soient intégrés et, éventuellement, que tous les projets concernant les services de vulga- risation dans la région dJélevage soient regroupés afin d'aboutir à l'éta- blissement d'un programme bien étudié, intégré et coordonné sous la res- ponsabilité d'un organisme unique et efficace. 185. Le dernier groupe de projets, qui concerne la commercialisation et les abattoirs, est censé constituer un programme complet permettant de créer les conditions appropriées au marché de la viande. 186. Le premier projet groupe l'équipement nécessaire aux marchés du bétail sur pied (270 millions de francs CFA). Le gouvernement souhaite- rait obtenir pour ce projet l'aide financière de la BIRD; en fait, nous estimons que, bien qu'il soit souhaitable d'apporter certaines améliora- tions aux installations de commercialisation, un investissement aussi important ne se justifie pas à l'heure actuelle, étant donné la situa- tion des marchés existants et le volume de la viande commercialisée dans le pays. 187. Le deuxième projet (55 millions de francs CFA) comporte la création dans plusieurs stations ferroviaires d'installations de chargement et de déchargement. Le coÛt de l'équipement prévu semble nettement surestimé et, en général, ce genre d'investissement ne devrait pas 'tre considéré comme prioritaire par rapport aux projets concernant la production de viande. 188. Le troisième projet porte sur la construction de h abattoirs à St. Louis, Thies, Louga et Diourbel. La construction des deux premiers était déjà envisagée dans le Deuxième Plan; le financement (100 millions de francs CFA) est déjà assuré par le FED; les travaux commenceront en 1970. L'investissement nécessaire aux deux autres abattoirs, de 80 millions de francs CFA, sera probablement fourni par le FED. 189. Enfin, la construction d'installations frigorifiques est prévue dans 16 centres urbains. Le Gouvernement canadien fournira les fonds nécessaires au projet, soit un montant total de 140 millions de francs CFA. 190. En général, le programme de développement de lélevage ne semble pas suivre un ordre de priorité logique, llccent est mis sur la commercialisa- tion et l'aménagement des abattoirs, projets auxquels une grande partie des investissements est consacrée, mais il n'est pas donné suffisamment d'impor- tance aux projets directement liés à l'accroissement de la production de viande et de lait lesquels ne constituent pas un programme bien coordonné. - 68 - Un montant de 66 millions de francs CFA seulement est prévu pour les ser- vices de vulgarisation agricole qui. sont pourtant la base de toute action dans ce domaine. 191. A notre avis, le programme devrait être revisé et un nouvel ordre des priorités devrait être établi. Il conviendrait tout d'abord de mettre au point un programme de vulgarisation agricole, bien intégré dans la zone d'élevage, programme qui serait certainement bien accueilli par les orga- nismes de financement. En même temps, il conviendrait d'entreprendre un projet de médecine vétérinaire sIétendant à tout le pays. Ce dernier projet pourrait envisager l'amélioration des moyens de travail du Service de lEle- vage (véhicules, équipement, fonds des dépenses de fonctionnement) afin d'utiliser pleinement le personnel disponible. L'aide financière~étrangére serait probablement indispensable. 192. On pourrait envisager d'accélérer l'accroissement du nombre des ani- maux du ranch de Doli afin de réduire la période d'attente avant l'établis- sement de ranches analogues. 193. En ce qui concerne les projets se rapportant à l'équipement, il faudrait naturellement accorder la priorité aux projets d'adduction d'eau; mais lIiiaplantation d'usines de traitement du lait, d'abattoirs et d'ins- tallations de commercialisation devrait logiquement suivre, au lieu de précéder, les accroissements de production. i) Forêts 194. Le programme de développement des forêts tient compte de la nature et des attributions du Service des eaux et forêts qui sera chargé de son exécution. Un tiers seulement des investissements prévus est consacré aux plantations, le reste se rapportant à la conservation des sols et des forêts ou à la protection de la faune. 195. Le projet le plus important de ce secteur concerne la plantation d'anacardiers (anacardium occidentale) pour lequel un investissement de 156 millions est prévu. Un projet portant sur la plantation de 1.800 hectares a déjà été financé par le FED; la superficie totale plantée en anacardiers serait d'environ 7.000 hectares à l'heure actuelle. Malheu- reusement, la majeure partie des plantations déjà effectuées l'ont été sous forme de brise-vents pour la conservation du sol, et la production dianacardes est encore négligeable. Le nouveau projet, au contraire, a été conçu plus particulièrement en vue de la production dianacardes; il comprend 3.000 ha de plantations industrielles et 1.500 ha de brise-vents. Les plantations seront situées dans les zones appropriées du Sine-Saloum et commenceront à produire dans six ans, selon les prévisions. A notre avis, ce projet de plantation d'anacardiers peut être intéressant sur le plan économique à condition que les plantations industrielles soient suf- fisantes pour approvisionner en anacardes (noix d'acajou) une usine de transformation. Par conséquent, il conviendrait probablement d'abandonner la plantation en brise-vents et de concentrer plutôt les plantations d'ana- cardiers aux environs de l'usine de transformation envisagée ou, en tout cas, de les situer dans les régions oÙ il existe une main-d'oeuvre suffisante pour la récolte des anacardes. 69 - 196. Le Service des eaux et forêts envisage également de poursuivre son programme de plantation de tecks (tectona grandis) et de Gmelina arborea, qui a déjà été exécuté grâce à l'aide financière du FAC. Les plantations (50 hectares de tecks, 500 hectares de Gmelinas) seront situées en Casamance; le FAC financera probablement 50 millions de francs CFA sur l'investissement envisagé de 99 millions. Ces plantations pourraient couvrir les besoins du pays en bois de sciage; malheureusement, leur période de croissance est très longue: 50 ans pour les tecks et 15 ans pour les Gmelinas. Il serait éga- lement souhaitable de concentrer les plantations sur de grandes surfaces afin de faciliter les travaux de contrôle et d'entretien pendant la période de croissance et de réduire les frais d'abattage au moment de la production. 197. La production de gomme arabique au Sénégal s'est accrue régulièrement au cours des cinq dernières années et, en 1968, le Sénégal a exporté environ 4.000 tonnes de gomme arabique d'une valeur de 363 millions de francs CFA. Un projet visant à l'amélioration de la production de la gomme arabique a été préparé, prévoyant d'une part la lutte contre les incendies de forêt et la protection contre les dég"ts causés par les animaux sur 10.000 hectares plantés en Acacia Senegalensis (produisant de la gomme arabique naturelle), et d'autre part la plantation de 1.000 hectares d'arbres à rendement élevé (Acacia Laeta). Un grave problème se pose du fait que les méthodes de plan- tation n'ont pas été suffisamment expérimentées; le projet devrait donc prévoir une phase préliminaire au cours de laquelle on se livrerait à un grand nombre d'expériences portant sur les méthodes de plantation, suivie par une phase de plantation à grande échelle. Le financement de ce projet n'a pas encore été obtenu. 198. Parmi le groupe de projets portant sur la conservation des sols et des forêts, la lutte contre les incendies de forêts, grâce à un dispositif de pare-feu s'étendant sur 3.000 kilomètres et la mise en place de 20 unités d'intervention mobiles, présente un certain intérêt. 199. Les autres projets forestiers semblent ne présenter qu'un faible intérêt du point de vue économique. Le FAC financera vraisemblablement un inventaire des forits de la Casanance, dont le coûat doit atteindre 42 millions de francs CFA. 200. D'une manière générale, il serait souhaitable que les efforts du personnel des Eaux et Forêts se concentrent en vue d'assurer une supervi- sion technique appropriée de deux ou trois projets principaux portant de préférence sur les plantations industrielles pouvant être rentables dans un délai relativement court, au lieu de se disperser dans tout le pays sur des activités ne présentant pas ou peu d'intérêt économique. Pour mener à bonne fin des projets forestiers à grande échelle, il faudrait, à notre avis, créer au sein du Service des Eaux et Forêts une section organisée de manière à fonctionner sur une base commerciale. - 70 - j) Objectifs de production 201. Le Tableau 33 indique les objectifs annuels de production du Troisième Plan ainsi qu'un Tableau comparatif des objectifs et réalisations pour la période du Deuxième Plan (1968/69). La comparaison est malaisée étant donné que les campagnes 1968/69 et 1967/68 ne sont pas représentatives des campagnes moyennes. La production maximum obtenue en combinant ces deux campagnes est également indiquée. 202. En supposant que les projets envisagés soient réalisés et qu'il soit possible d'accroître les rendements moyens au cours de la période couverte par le Plan, la production de 1972/73 serait répartie comme suit: Production (en milliers de tonnes) Arachides 1.100 - 1.200 Arachides de bouche 20 - 25 illet/Sorgho 700 Riz paddy 200 - 220 Coton brut 30 - 71 - V . CONCLUSIONS ET REC01MMENDATIONS Conclusions 203. La perte du prix garanti pour les arachides sur le marché français est le principal facteur qui ait influencé la situation agricole du Sénégal depuis son indépendance. En effet, le Sénégal qui était assuré d'écouler sa production à des prix garantis, se trouve maintenant soumis, en ce qui concerne les perspectives d'ex- portation et les prix, aux fluctuations normales du commerce inter- national des produits de base; et pourtant, le revenu des exploitants agricoles et les recette en devises du Sénégal dépendent toujours de cette culture. Par suite d'un malencontreux concours de circon- stances, les programmes de l'Etat qui avaient été mis au point pour compenser les effets de la baisse du prix de l'arachide n'ont pas apporté les résultats voulus. Par conséquent, la nécessité d'accroître tant la production que le rendement de l'arachide demeure un important problème national. 204. Le rythme rapide de l'urbanisation qui, bien entendu, re- monte à plusieurs années mais a été particulièrement remarquable ces derniers temps, constitue une autre caractéristique importante de l'évolution récente. Cette urbanisation a entraîné une pénurie de main-d'oeuvre dans les régions rurales, une forte augmentation de la consommation de produits alimentaires que le pays n'a jamais pro- duits en quantités suffisantes et un déséquilibre entre la produc- tion et la consommation intérieure de céréales, notamment le riz. 205. Le Gouvernement est conscient de ces problémes et sous ses auspices, divers efforts ont été entrepris pour accroître le rende- ment de l'arachide et diversifier l'agriculture. Cependant, malgré certains résultats positifs, ces efforts n'ont pas conduit à des résultats susceptibles de modifier sensiblement la situation éco- nomique fondamentale. Bien qu'on se heurte effectivement à cer- taines limitations en ce qui concerne le climat et les sols, il faut reconnaître que la multitude d'organisation qui s'occupent de l'agriculture - et l'absence de coordination entre ces organi- sations - ont entravé la mise en oeuvre de la politique offi- cielle, alors que au niveau des agriculteurs, l'extension hâtive prise par les coopératives et l'insuffisance du système d'approvisionnement et de commercialisation ont gêné les efforts des services de vulga- risation agricole. - 72 - 206. Les efforts déployés pour susciter une meilleure réaction de la part des agriculteurs ont également été entravés par labsence dfun enseignement rural, qui serait différent du système classique, le- quel semble mieux adapté à la formation des fonctionnaires et des citadins qutà la formation dtagriculteurs compétents et cynamiques. A ltexception de quelques expériences éparses, il ntexiste pas de programmes spécifiques dfenseignement dans les campagnes. 207. A moyen terme, la politique de développement agricole doit s'inspirer des considérations suivantes: (a) La production arachidière restera la base de l'éco- nomie. Par ailleurs, les possibilités daccroisse- ment de la production sont limitées par l'épuisement des sols et par le temps nécessaire à la réorganisa- tion des services de vulgarisation agricole, d'autant plus qu'il faudra surmonter les effets défavorables de deux mauvaises récoltes. Par conséquent, il con- viendrait de considérer avec prudence les prévisions d'augmentation spectaculaire à bref délai. (b) On peut raisonnablement s'attendre à dtimportantes augmentations de la production céréalièr3, notam- ment en ce qui concerne le riz et le mais. Cepen- dant, la consommation urbaine absorbera probable- ment les excédents produits, de sorte qu'il sera difficile de réduire les importations au-dessous de leurs niveaux actuels. (c) De même, bien que les possibilités de production de viande soient bonnes, il faudra fournir des efforts permanents et concevoir des programmes à long terme visant à l'amélioration des rendements de ltélevage. Le maintien du niveau actuel des importations sera encore plus difficile que dans le cas des céréales, étant donné que la consommation de viande staccroÎtra sans doute rapidement. (d) Parmi les nouvelles cultures de diversification, le coton pourrait connaître une expansion rapide et re- marquable, ce qui apporterait une contribution posi- tive sensible à la balance commerciale. Il en va de même pour les arachides de bouche si les plans actuels sont menés à bien. Bien que la production de tomates n'ait été entreprise que récemment, les importations de concentré de tomates pourront, selon toute vraisemblance, être considérablement réduites. - 73 - 208. La possibilité de réduire les importations de sucre dépend du financement extérieur disponible pour le projet de culture de la canne à sucre, projet qui permettrait de fournir un quart de la con- sommation de sucre du Sàiégal d'ici la fin de la période couverte par le Plan. Cependant, la justification économique d'un projet visant à augmenter la production de sucre paraît assez incertaine. Recommandations concernant les investissements ultérieurs 209. Un examen des mesures proposées dans le cadre du Troisième Plan quadriennal indique que peu de progrès ont été accomplis dans la préparation des projets. La plupart des mesures envisagées ne reposent pas sur une documentation suffisante, et un certain nombre de programmes importants (tel que celui de la SODAICA) n'en sont qu'au stade d'avant-projet. Il est donc très peu probable que le Gouvernement sera à même de réaliser un programme deux fois plus im- portant que le programme précédent. Le plan actuel devrait être con- sidéré comme une investigation des possibilités d'investissement, sans indication précise des dates de réalisation, plutôt qu'une mesure complète de planification, étant donné qu'une préparation insuffi- sante risque fort de retarder la mise en chantier d'un grand nombre des projets envisagés. 210. L'amérlioration de la préparation des projets pourrait s'ef- fectuer en trois points. Tout d'abord, il conviendrait d'améliorer l'infrastructure statistique, en apportant un soin plus minutieux à l'enregistrement des renseignements fondamentaux, en assurant une coopération plus efficace entre les différents organismes chargés de la collecte et de la publication des données dans des domaines iden- tiques, et en s'attachant à suivre de plus près les programmes arrêtés par le Gouvernement, particulièrement les programmes portant sur les services de vulgarisation agricole; le fondement de toutes ces améliorations serait un contrôle sérieux des données statis- tiques. 211. Ensuite, afin de faciliter une préparation plus détaillée, du moins en ce qui concerne les projets pour lesquels un financement extérieur est nécessaire, et étant donné le manque de personnel posse- dant la formation requise, il conviendrait d'intégrerun grand nombre de petits projets en plusieurs projets de plus grande envergure. Cette pratique aurait également l'avantage d'intéresser à ces pro- jets les organisations internationales et autres institutions financières étrangères, qui accordent leur préférence à des projets plus vastes. 212. Enfin, étant donné la complexité du choix des investisse- ments et le manque de personnel dont souffrent les divers organismes chargés d'exécuter les études nécessaires, il serait de beaucoup - 74 - préférable de créer au sein du Ministère du développement rural un service spécialisé. Une petite équipe de techniciens ayant reçu une bonne formation pourrait effectuer un travail très efficace en étudiant les projets de façon minutieuse afin d'éliminer les moins intéressants, en analysant leurs justifications et en se chargeant de leur élaboration; cette équipe pourrait également aider le Gouver- nement à définir les orientations de sa politique d'investissement. En même temps, elle assurerait une centralisation de toute la docu- mentation relative aux possibilités d'investissement. 213. Afin de mieux permettre à l'Etat d'entreprendre l'exécu- tion des projets, il conviendrait de réorganiser les activités agricoles, sur trois plans différents. Sur le plan de la supervision de l'ensemble des opérations, l'exécution des programmes et les ac- tivités des organismes publics devraient d'abord être coordonnés grâce a la création d'un service unique jouissant d'une autorité suffisante pour lui permettre de procéder à un contr6le efficace des programmes. Ceci ne devrait pas empêcher la création d'orga- nismes régionaux de développement, chargés des services de vulga- risation agricole, du crédit et de la commercialisation. 214. Sur le plan de la vulgarisation agricole et afin d'en aug- menter l'efficacité, il conviendrait de placer les activités des divers organismes agissant dans ce domaine sous la responsabilité d'un service spécialisé du Ministère du développement rural. Ce service suivrait de très près l'exécution des programmes de déve- loppument, évaluerait leur efficacité, jugerait de leur opportunité et adapterait les directives générales en vue de dégager les orien- tations et les normes les mieux adaptées aux conditions régionales et auxquelles les organismes devront se plier. 215. Enfin, il conviendrait de formuler un nouveau programme de vulgarisation à l'intention de la SODEVA, en soulignant l'ordre de priorité à accorder aux diverses techniques agricoles pouvant être portées à la connaissance des agriculteurs, tout en tenant compte qu'il pourrait être nécessaire de modifier cet enseignement suivant les régions et suivant le niveau d'aptitude des agriculteurs, sans perdre de vue le fait que des méthodes plus extensives sont peut-être préférables dans certaines regions (voir par. 45 et 121). 216. Dans la planification d'investissements ultérieurs, il con- viendrait avant tout de concentrer les ressources disponibles sur les projets susceptibles de produire les rendements les plus élevés le plus rapidement possible. Afin de faciliter le déroulement du Plan, il conviendrait de classer les principales opérations envisagées par le Gouvernement en trois catégories de priorités. Parmi les projets que l'on devrait considérer comme hautement prioritaires, et qui pourraient être mis en oeuvre rapidement, nous recommandons les mesures suivantes: - 75 - (a) Restructuration du programme d'amélioration des rendements de ltarachide et du mil en tenant compte de la nécessité d'améliorer la supervision et, si possible, la décentralisation (par. 213) et de coordonner et modifier les méthodes de vulgarisa- tion (par. 214 et 215). Le Groupe de la Banque fournit le financement pour les trois premières années du Plan. Les subventions aux achats d'en- grais pendant toute la période, de même que les - fonds de contrepartie de l'Etat pour le projet de la Banque devront probablement provenir de res- sources intérieures, encore que les montants nécessaires puissent être inférieure à ceux figu- rant dans le Plan. (b) extension de nouvelles cultures susceptibles de produire des recettes d'exportation ou de réduire les importations dans les régions od il est pos- sible de les pratiquer à un coût relativement faible, en créant peu de problèmes de développe- ment. Les cultures comprises dans cette caté- gorie sont: l'arachide de bouche, le coton, et le riz en sec, qui ont déjà démarré avec succès mais qu'il est encore nécessaire de bien surveiller afin d'accroître les rendements et de produire d'une manière économique. L'aide financière du FED a déjà été obtenuepour le développement de ces cultures. Avec des fonds supplémentaires, il serait possible de cultiver davantage de riz et de coton en Casamance et dans la partie orientale du Sénégal. Les projets relatifs à la culture du mais et à l'amélioration de la culture du mil, du sorgho, et d'autres cultures vivrières devraent être entrepris en même temps que les nouvelles cultures. (c) adduction d'eau pour l'élevage, amélioration des soins vétérinaires, et augmentation de la production de viande. Il est également de la plus grande importance que les Services de la Direction de l'élevage reçoivent des crédits budgétaires suffisants pour financer leurs opérations de vulgarisation agricole et leurs cam- pagnes de médecine vétérinaire dans des conditions satisfaisantes. (d) développement de la culture industrielle de la tomate dans la région du Delta oùî la production a déjà com- mencé pour approvisionner une petite usine de trans- formation. - 76 - (e) développement de la culture du riz sous irri- gation dans la région du Fleuve, o 'on peut obtenir au moindre cot un rendement maximum des investissements existants, en excluant totalement les nouveaux projets de mise en valeur. Ce projet comprendrait l'installation de réseaux d'irrigation secondaires et tertiaires dans cer- taines zones comprises dans le périmètre actuel de la SAED. (f) installation de pionniers dans la partie orien- tale du Sénégal. Bien que ce projet ne présente aucune perspective de rendement immédiat impor- tant, son caractère prioritaire se justifie par le fait qu'il pourra préparer la voie à une entre- prise plus vaste. 217. Parmi les projets prioritaires qui exigent une préparation plus poussée citons: (a) rendennt de l'élevage et amélioration du système de comrarcialisation de la viande. Bien que les perspectives de production de viande soient bonnes au Sénégal, on dispose de trop peu de renseigne- ments sur ce secteur pour élaborer une politique ra= tionnelle de développement et formuler des projets se 'arêtant au financement extérieur, à l'exception de ceux qui ont été décrits plus haut. Néanmoins, des études appropriées devraient permettre d'établir des projets prioritaires. (b) production de légumes et de fruits. Cette production ne sera pas très importante pour l'économie à court terme. Toutefois, les essais et les études envisa- gés dans le Plan pourraient conduire à l'établisse- ment de proje ts de faible envergure. Sauf pour les plantations de bananes déjà entreprises avec le financement du FED, il conviendrait d'attendre les résultats de ces études. Il sarait utile d'oncoura- ger la produion do légo:nes tcls :quo la pomme de terre et l'oignon, afin de réduire les importations, avant de mettre en oeuvre d'autres projets dans ce domaine. (c) développement de la culture de la tomate et du riz dans le Bas Saloum. Il conviendrait d'effectuer des études techniques et pédologiques plus détaillées et d'entreprendre - à prcpos de ce projet - une étude de justification poussée. Ce projet, s'il se révèle justifié tant du point de vue économique que du point de vue technique, offrirait l'avantage d'approvision- ner la conserverie de Kaolack. - 77 - (d) Extension des superficies cultivées dans le périmètre de la SODAICA. Les divers projets envisagés par la SODAICA semblent comporter des activités intéressantes. Cependant, une préparation plus poussée sera nécessaire avant d'émettre un jugement définitif sur ces pro- jets. (e) plantations d'anacardiers. Si le Gouvernement voulait entreprendre les études nécessaires et créer au sein du Service des forêts une Division des plantations à vocation commerciale, il serait possible de mettre au point un projet d'exploita- tion d'anacardiers intéressant du point de vue économique. 218. Actions de moindre priorité (a) Canne à sucre (b) Nouveaux projets de mise en valeur des terres. Ces projets prévoient des investissements dans de nouvelles plaines d'inondation ou il est nécessaire d'installer un système d'irrigation primaire en même temps que des systèmes secondaires et tertiaires semblables à ceux de la région du Fleuve. (c) Développement de la culture du riz et de la tomate dans la vallée de Bao Bolon, a moins que l'on puisse prouver la viabilité du projet. Recommandations en matière de politique à suivre 219. En dehors des problèmes que pose le choix des investisse- ments, le Gouvernement devrait tenir compte des considérations suivantes: (a) Etant donné le faible revenu actuel de la grande majo- rité des agriculteurs, il ne semble pas possible de modifier le niveau des prix des produits agricoles, même si le prix de certains produits, tels que le riz paddy est élevé par rapport au coûdt du produit im- porté. L'incidence d'une réduction des prix sur le pouvoir d'achat de la population rurale pourrait nuire à la production. Par ailleurs, il serait bon d'éviter à l'avenir des relèvements de prix sous forme de subventions. Si, dans certains cas, des subventions semblent necessaires, il serait préférable de les ac- corder sous forme de réductions du prix des facteurs de production, étant entendu que celles-ci seraient supprimées dès que les agriculteurs seraient en mesure de supporter le coût total de leurs facteurs de pro- duction et que les objectifs de ces mesures d'encourage- ment sont atteints. En général, il convient d'éviter les modifications inattendues des prix des intrants et des extrants pendant la mise en oeuvre des principaux programmes de développe- ment des cultures. (b) En ce qui concerne l'enseignement agricole, le IIIme Plan prévoit une réforme: les classes stadresseraient à des élèves plus âgés, les stages de formation professionnelle seraient moins longs, et la formation des adultes ainsi qu'un enseignement agrirxle partiel s'adressant aux élèves des écoles primaires seraient prévus. Ces mesures semblent intéressantes mais le mon- tant des investissements prévu pour la réalisa- tion du projet paraît très insuffisant. L'absence d'une formation agricole approprié dans le sys- tème d'enseignement n'est pas suffisamment com- penséepar les programmes des centres d'animation rurale (CAR). Bien que l'idée d'améliorer l'enseignement rural ne soit pas nouvelle, la formulation et la mise en oeuvre effectives de programmes bien adaptés aux besoins des popula- tions rurales et s'adressant à la fois aux ado- lescents et aux adultes des campagnes restent l'une des principales conditions à la création d'un climat propice à l'accélération des progrès humains et techniques dans l'agriculture. (c) ips montants affectés aux travaux de recherche et aux études relatives à l'agriculture (6,5 milliards de francs CFA) constituent un supplément de 20 pour cent aux dépenses envisagées dans le Plan pour les investissements agricoles. Il ne fait aucun doute que l'importance des investissements envisagés exige la diffusion immédiate de tout résultat obtenu grâce à la recherche. 220. Outre les études envisagées ou entamées nous recommrians. dons,- l'exécution des études suivantes en vue soit identifier de nouveaux projets, soit d'améliorer le niveau des connaissances dans le secteur agricole: (a) Idemification approprié et meilleure formulation des projets*de ceux notamment qui figurent dans le prortramme d'investissement de la SCDAICA, qui se rapportent au programme de reboisement et à l'exécution d'étudés de justification portant sur les programmes dé la SAED et de la région de Bas Saloum. - 79 - (b) Etude du milieu social et économique dans les régions d'élevage et étude sur la composition des troupeaux. Cette étude devrait comporter la formulation d'un programme concret de vul- garisation, allant des services vétérinaires aux méthodes d'élevage, en passant par l'ex- ploitation des pâturages, la production four- ragere, la production et la commercialisation du lait. Un tel programme, étudié très minutieuse- ment, surtout du point de vue de sa justification économique, pourrait constituer une bonne base pour une éventuelle demande duaide extérieure. (c) Etude des possibilités de commercialisation inté- rieure des céréales et de l'encouragement à la pro- duction commerciale. (d) Etudes relatives aux budgets des exploitations, et comparaison de la rentabilité de nouvelles cultures par rapport aux cultures traditionnelles. (e) mise au point d'une politique générale d'enseigne- ment agricole et d'un programme détaillé de mesures a prendre. (f) Etude des possibilités de commercialisation pour de de nouvelles cultures (telles que le coMon et l'arachide de bouche). NOTE l NOTE: ORGANISMES PUBLICS CHARGES DE LA PRODUCTION AGRICOLE 1. S.D.R.S. (Société pour le Développement Rizicole du Sénégal). Cet organisme public est chargé de la production du riz dans la région du Fleuve, sur des terres dont l'exploitation remonte au 19ème siècle et qui constituent le plus ancien projet agricole du pays. Les installations actuelles servant à l'exploitation de ces terres constituent le "casier de Richard Toll", et ont été réalisées à une période récente, entre 19.9 et 1967; la zone du projet couvre une superficie d'environ 6.000 ha, entièrement équipée pour l'irrigation en surface. Une station de pompage, située en amont de la zone exploitée, pompe les eaux du canal Taouey !/; ce canal, qui est un affluent du Fleuve Sénégal, se déverse dans le lac Guiers en période de crues (de juillet à octobre). Le lac Guiers constitue un réservoir naturel; à la fin de la période de crues, ses eaux s'acheminent à nouveau par le canal Taouey vers la station de pompage; elles peuvent alors être utilisées pour irriguer les terres de Richard Toll pendant la saison sèche. Les eaux du Fleuve Sénégal deviennent salines de février a juin à la hauteur de Richard Toll. Une vanne d'écluse est alors mise en place afin d'empêcher ces eaux salines de s'écouler dans la rivière Taouey. Un réseau de distribution dgeau et de canaux de drainage couvre l'ensemble de la zone et un réseau routier complet a été créé. f Le Taouey est un canal naturel joignant le Fleuve Sénégal au lac Guiers; doit à son cours, extrêmement tortueux, une déperdition importante de pression et des chutes de débit. Sur la rive op- posée du lac, se trouvent les installations qui permettent à ce dernier d'alimenter le nouveau système d'adduction d'eau de Dakar; le lac, peu profond, est également soumis à un phénomène d'éva- poration très prononcé; en outre, presque au fond du lac, se trouve une nappe d'eaux salines susceptible de monter à la sur- face à la fin de la saison sèche. Afin d'éliminer ces problèmes, le Gouvernement sénégalais a mis au point un projet destiné à rectifier le cours de la rivière Taouey en réduisant le débit de ses eaux se jetant dans le lac au moment des crues, et en aug- mentant le volume et le débit des eaux destinées à l'irrigation. Une autre solution consisterait à modifier les installations de la station de pompage de Richard Toll, pour permettre le pompage direct des eaux du Fleuve Sénégal, au cours de la période se situ- ant entre la fin des crues et la montée des eaux salines (de novembre à février). Cette solution, qui permettrait d'alimenter à la fois le projet Richard Toll et le lac Guiers, serait certaine- ment moins coûteuse que le projet de rectification du cours de la Taouey. - 2 - Les problèmes agronomiques les plus importants sont liés au taux de salinité des sols, très élevé sur environ la moitié de la surface cultivée, à l8envahissement des rizières par le riz sauvage (Oryza glaberrima) et aux dégâts causés par les oiseaux. Il existe également de sérieux problèmes concernant la gestion, l'entretien du réseau d'irrigation, des véhicules et de l'outillage, ainsi que l'emmagasinage et le traitement du riz paddy. De 1950 à 1961, la gestion du projet était confiée à l'entreprise qui en avait assuré la réalisation; depuis 1962, elle est confiée à la S.D.R.S. qui en assure également l'exploitation; la S.D.R.S. utilise une grande quantité de matériel lourd pour toutes les opérations néces- saires (Labourage, ensemencement, sarclage, récole au moyen de mois- sonneuses-batteuses), et emploie un personnel salarié. Elle s'occupe également de la transformation du paddy en riz. Les résultats ont toujours laissé à désirer, tant du point de vue agronomique que du point de vue économique. En ce qui concerne le paddy, les rende- ments, qui n'ont jamais été satisfaisants, n'ont cessé de décroftre au cours des dix dernières années (de 2,9 tonnes par hectare en 1967 ils sont tombés à 2,2 tonnes par hectare en 1968), ce qui est sur- prenant étant donné que l'IRAT sur une pépinière située dans la zone du projet, a obtenu, sur une période de plusieurs années, un rende- ment de 4 tonnes par hectare. La différence de ces résultats démontre que la faiblesse des rendements n'est pas due uniquement à la mauvaise qualité du sol, mais également a une mauvaise gestion. En effet, la surface cultivée elle-même n'a cessé de diminuer, par suite de la mauvaise gestion des investissements et de leur irrégularité; en 1968, elle n'était plus que de 4.800 hectares. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que la S.D.R.S. ait toujours été déficitaire. Si l'on tient compte du montant total des investissements effectués, estimé à environ 300.000 FCFA par hectare 1/, il faudrait parvenir à un rendement moyen de 3,7 tonnes à l'hectare sur une superficie cultivée de 6.000 ha, pour que le taux de rentabilité soit satisfaisant. Pour un rendement inférieur, le taux de rentabilité devient négatif: - 5,7% pour des rendements de 2,9 tonnes/ha, sur une super- ficie cultivée de 6.000 ha - 8,5% pour des rendements de 2,5 tonnes/ha sur une super- ficie cultivée de 6,000 ha - 12,3% pour des rendements de 2,2 tonnes/ha, sur une super- ficie cultivée de 4.800 ha. 1/ Montant actualisé en 1969, avant la dévaluation. - 3 - Le bilan de la société ne fournit pas une image exacte de la situation, étant donné qu'il ne comporte aucune dotation pour amortissement des investissements, alors que d'un autre côté les recettes provenant de l'usine de traitement du paddy y sont incorporées. Au cours des dernières années, il a été procédé avec succès a des expériences visant à cultiver deux riz par an. Pour la cam- pagne 1969/70, on prévoit de ne cultiver que la moitié des terres au cours de la saison sèche et l'autre moitié au cours de la saison des pluies, et on prévoit un rendement de 3,5 tonnes/ha. Ces résultats permettraient d'équilibrer le budget de la S.D.R.S., mais n'iraient pas jusqu'à assurer un taux de rentabilité positif (le taux de renta- bilité serait de - 7,5>) Si on parvenait à cultiver deux riz par an sur la totalité de la superficie cultivée (5.000 ha avec un rendement de 2,5 + un rendement de 3,5 tonnes/ha, soit 30.000 tonnes de paddy par an), le budget serait équilibré, mais le taux de rentabilité ne serait toujours pas satisfaisant. Les résultats obtenus jusqu'ici dans la zone de Pichard Toll démontrent clairement que si les investissements destinés à la mise en valeur des terres sont trop coilteux, leur taux de rentabilité, dans le cas d'une culture telle que le riz, n'est pas satisfaisant. A l'heure actuelle, le Gouvernement se propose d'utiliser la superficie du casier de Richard Toll pour la culture de la canne à sucre (sur environ 3.000 ha), et des tomates destinées à l'industrie de conserves. Des essais sont actuellement en cours sur de petites superficies; la culture de canne à sucre et de tomates sur de grandes superficies devrait commencer en 1970. Etant donné: que les problèmes de gestion liés à la culture de la canne à sucre et de la tomate sont plus difficiles à résoudre que dans le cas de la culture du riz; - qu'il s'agit de sols possédant une certaine teneur en salinité et dont environ la moitié ne sont absolument pas propices à la culture de la canne à sucre; - qu'il existe, en amont du casier de Richard Toll, d'autres zones mieux adaptées à la culture de la canne à sucre; - qu'il faudrait entreprendre la mise en valeur de la plaine de Diovol si l'on veut augmenter la production de paddy, et que les investissements à cet effet de- vraient être au moins aussi importants que dans le cas du casier de Richard Toll; - )4 - - que les investissements effectués à propos du casier de Richard Toll ont entièrement perdu de leur valeur, bien que, du point de vue technique, ils soient toujours valables; il semblerait plus avantageux de continuer à cultiver le riz dans cette zone, en essayant d'améliorer à la fois les techniques agri- coles, et la gestion de la S.D.R.S. 2. S.M.D.R. (Société Mutuelle de Développement Rural) La S.M.D.R., souvent appelée "Colonat de Richard Toll", a été créée en 1957 sur un emplacement voisin du casier de Richard Toll, d'une superficie totale de 718 ha, dont 330 propices à la culture du riz. Cette zone a été divisée en parcelles qui furent attribuées à des familles de "colons". Il existe auhourd'hui 103 colons qui cultivent le riz sur une superficie de plus de 290 ha. Le labourage, la récolte et le battage sont effectués au moyen d'un matériel loué par la S.D.R.S. Les semailles et le sarclage sont effectués à la main. La S.D.R.S. demand en paiement aux agriculteurs 0,J4 t. de paddy par ha labouré, et reçoit de la S.M.D.R. une subvention de 3.000 F/ha. Le rendement moyen est de 2,5 tonnes/ha; les agricul- teurs disposent de parcelles d'environ 1 ha seulement par unité de travail, et la valeur de la production correspondante, déduction faite des charges, est équivalente à environ 80.000 FCFA par unité de travail adulte, ce qui est insuffisant à satisfaire leurs besoins essentiels. Chaque année, les agriculteurs retournent à leur village d'origine afin de cultiver leurs propres terres suivant les méthodes traditionnelles. La S.K.D.R., qui subventionne les travaux effectués a l'aide de machines agricoles, est gérée de façon aussi inefficace que la S.D.R.S., et le taux de rentabilité de l'opération est également négatif. Néanmoins, si l'on tient compte du fait que les rende- ments moyens de paddy ont été stables, les résultats obtenus sur les terres du "colonat' ne sont pas aussi catastrophiques que sur les terres exploitées par la S.D.R.S.; il est probable que si l'on avait confié aux agriculteurs une superficie plus importante, le taux de rentabilité aurait été plus élevé. 3. S.A.E.D. (Société d'Aménagement et d'Exploitation du Delta) La S.A.E.D., a été créée en 1965, pour succéder à l'O.A.D. (Organisation Autonome du Delta), créée en 1959. La S.A.E.D. exploite une superficie d'environ 30.000 ha, située sur la rive gauche du fleuve Sénégal. entre Richard Toll et Saint-Louis. Ses activités comportent entre autres la mise en valeur des terres pour la culture du riz, la fourniture de l'assistance technique aux agriculteurs, la commercialisation et le traitement du paddy. - 5 - A l'heure actuelle, le projet Delta se présente core suit: - environ 30.000 ha de terres sont protégés des crues du fleuve Sénégal par une digue de 85 km de long; - plus de 8.000 ha sont équipés d'un réseau d'ir- rigation et de drainage secondaire; - la construction de trois stations de pompage vient d'être achevée, ce qui va permettre ltirrigation des terres comprises dans la zone du projet en dehors des périodes de crue du Fleuve Sénégal, à l'exception de la période allant de février à juin, au cours de la- quelle les eaux du fleuve deviennent salines; - les études pédologiques effectuées ont démontré que sur environ 20.000 ha de terre, le taux de salinité est trop important pour permettre la culture du riz sans installer un système de drainage efficace. Des méthodes en vue d'éliminer la salinité des terres ont été expérimentées sur environ 100 ha; - environ 150 ha de terre sont couverts d'un réseau tertiaire permettant de diriger entièrement les opé- rations d'irrigation; - un réseau de routes, deux villages et une rizerie ont été construits. L'exploitation de la zone équipée d'un réseau d'irrigation a été con- fiée à des colons groupés dans des coopératives, en raison d'un hectare par travailleur adulte dans la plupart des cas. La S.A.E.D. n'utilise des machines agricoles que pour les labours; le reste des travaux agricoles est effectué à la main par les colons. On ne dispose pas de renseignements satisfaisants en ce qui concerne les rendements moyens . La production commercialisée n'a jamais dépassé 0,85 tonne par hectare; en 1968, il n'y a eu ,aucune récolte, par suite d'une sécheresse exceptionnelle; à cette date, les stations de pompage ntétaient pas encore entrées en action. Selon les estimations four- nies par la Direction des Services Agricoles, les rendements moyens ne dépassent pas 1,5 tonne par hectare. La situation financière de la S.A.E.D. est trés mauvaise. La société, pour effectuer les travaux nécessitant l'utilisation de machines agricoles, demande aux colons 7.000 FCFA par hectare seule- ment, alors que le cout total des opérations est de l'ordre de 11 à - 6 - 12.000 FCFA par hectare. Si lion tient compte que la S.A.E.D. doit également financer le cou^t des services de vulgarisation ainsi qulune partie des coits des travaux d'entretien, il n'est pas surprenant quIelle ait besoin d'une subvention de lEtat, d'un montant d'environ 100 millions de FCFA par an, soit environ 1/5ème de son chiffre d'affaires annuel. En outre, à la fin de 1968, le montant total de la dette des coopératives de colons s'élevait à environ 300 millions de FCFA. Ce montant est équivalent à la valeur de 15.000 tonnes de padcy, soit la production commercialisée de deux campagnes . Le revenu des colons s'élève à environ 13.500 FCFA par unité de travail adulte, et le taux de rentabilité par 100.000 FCFA dfinvestissements par hectare est négatif (environ - 5%). Il se pourrait que des facteurs positifs viennent améliorer les perspectives dfavenir en ce qui concerne les activités de la S.A.E.D. Les investissements, y compris l'installation des stations de pompage, s'élèvent au total à environ 150.000 FCFA/ha; il semble que si lon parvenait à obtenir un rendement de 2 tonnes de paddy par ha, la rentabilité des investissements de la société pourrait devenir satisfaisante. Cet objectif parait raisonnable, et plus facile à atteindre depuis que l'eau nécessaire à une bonne irrigation est à tout moment disponible. Pour obtenir de meilleurs résultats, il conviendrait: - d'améliorer le système de gestion 1/ - d'améliorer les méthodes de culture; - de modifier le régime foncier, en attribuant aux colons des parcelles plus importantes afin d'améliorer leur revenu et de les fixer dans la région de façon permanente. h. 0.A.V. (Organisation Autonome de la Vallée) LO.A.V., créée en 1961, est chargée de la mise en valeur des terres et des services de vulgarisation, dans les districts de Podor et de Matam. Cet organisme fonctionne sous la forme d9un service public relevant du Gouverneur de la région du Fleuve. 1/ La société française SATEC met à la disposition de la S.A.E.D. une équipe d'assistants techniques, des étrangers pour la plu- part. Cette équipe a obtenu de meilleurs résultats en ce qui concerne la réorganisation et la réalisation des travaux de mise en valeur des terres, qu'en ce qui concerne lamélioration de la gestion de la S.A.E.D. - 7 - Jusqu'à présent, 11O.A.V. s'est chargée de réaliser des travaux dans le cadre de la lutte protective contre les inondations, dans six plaines couvrant au total une superficie d'environ 7.000 ha, toutes situées dans le district de Podor. Dans la totalité de la zone protégée par les digues, une superficie de 270 ha seulement est équipée d'un réseau d'irrigation, mais les terres en rizières couvrent environ 1000 ha. Malheureusement, les inondations provoquées par les crues du fleuve Sénégal endommagent très souvent les digues; jusqu'à 1966, les travaux d'entretien étaient assurés par les agriculteurs, contre rémunération. Q,uand cette rémunération a été supprimi, ils ont cessé d'entretenir les digues. Les travaux agricoles sont effectués à la main par les agriculteurs, à l'exception des labours, qui, sur une superficie de 270 ha seulement, sont réalisés à l'aide de machines louées par la S.D.E.S. L'O.N.C.A.D., se charge de la commercialisation du paddy. Les rendements moyens fournis par l'0.A.V. semblent avoir été gonflés (2,6 tonnes/ha); des rendements de 1,25 tonnes/ha 1/ semblent plus réalistes, étant donné que les services de vulgarisa- tion sont assez limités. Les travaux réalisés jusqu'à ce jour ont coûté environ 330 millions de FCFA, soit 330.000 FCFA/ha. Ce coût très élevé pourrait être réduit à 50.000 FCFA/ha, si toutes les zones protégées par les digues étaient cultivées. Il convient de remarquer qu'à l'heure actuelle les agri- culteurs ne disposent que de 0,25 ha par personne. Cette super- ficie est trop faible pour leur procurer un revenu suffisant, et les encourager à entretenir les digues. Il serait souhaitable, semble-t-il, d'étendre à l'ensemble de la zone les travaux de mise en valeur, afin de maximiser le taux de rentabilité des investissements déjà effectués, et de parvenir au plein emploi de la main-d'oeuvre disponible dans le district. A cet effet, l'Etat a obtenu l'aide de la FED pour financer la mise en valeur de la plaine de Nyanga (environ 5000 ha). Malheureusement, un certain nombre de problémes techniques important ont surgi, et 1/ Selon les estimations fournies par l'0. .R.S. - 8 - il sera certainement nécessaire d'effectuer l'irrigation au moyen de pompes. L'intérdt du projet en est réduit, pour deux raisons; la première est que la contribution éventuelle de la population à la réalisation des travaux nécessaires à la mise en valeur deviendra moins importante; la seconde est qu'il sera indispensable de mettre au point pour ce projet une forme complexe de gestion, comme il l'a été fait pour la SAED. 5. SODAICA (Société pour le Développement Agricole et Indus- triel de la Casamance). La SODAICA, organisme public créé en 1963, est chargée de la gestion d'une zone d'environ 40.000 ha située en Casamance, dont 5000 ha seulement peuvent actuellement àtre cultivés. La SODAICA possède un matériel agricole ainsi qu'une usine de traitement d'arachides comestibles et une rizerie, dont elle assure la gestion. La SODAICA exploite environ 3.100 ha ainsi réparties: - 240 ha plantés en mâls et en rizières irriguées par les pluies, pour la production de semences sélec- tionnées, sous la gestion directe de la SODAICA; - 85 familles de colons, rassemblées en deux villages, cultivent une superficie d'environ 970 ha. La SODAICA leur fournit les services de vulgarisation, les machines, les engrais, les semences et les pro- duits alimentaires nécessaires. Les travaux que la SODAICA effectue pour le compte des colons à l'aide de ses machines agricoles sont remboursés en nature, et les produits alimentaires qu'elle leur fournit sont réglés en espèces, aux prix de marché. La totalité de la production commercialisée est vendue à la SODAICA. - Environ 1.900 ha de terres sont gérées en association avec les agriculteurs vivant dans les villages tra- ditionnels des environs. La SODAICA se charge des travaux mécanisés, contre remboursement et fournit aux agriculteurs les facteurs de production dont ils ont besoin. Les principales cultures sont: I'arachide (un tiers environ est destiné au broyage et deux tiers sant vendus sous forme de cacahuètes) et le mil. Les méthodes de gestion de la SODAICA semblent satisfaisantes. La SODAICA fonctionne comme un service de vulgarisation, et ne peut se passer des subventions de l'Etat, mais le développement des activités industrielles devrait lui permettre d'équilibrer son budget. - 9 - On ne dispose pas des derniers états financiers détaillés de la société, mais le dernier bilan qui a pu être fourni, couvrant la période se terminant au 30 juin 1968, montre des bénéfices de l'ordre de 18 millions de FCFA. NOTE 2 NOTE; ORGANISMES PUBLICS CHARGES DE LA COlIiRCIALISATION 1. Au stade actuel du développement agricole, l'arachide est le seul produit qui pose un problème de commercialisation important; en effet, 'plus de 90 pour cent de la production proviennent du ramassage effectué dans un grand nombre de petites exploitations agricoles et sont redistribués sous forme de semences, ou livrés aux raffineries d'huile et aux centres de décorticage en vue de l'exportation. La commercialisation du mil, d'autres céréales et pro- duits agricoles divers posent beaucoup moins de problèmes. 2. Avant l'accession du pays à l'indépendance, les opérations de commercialisation ainsi que la fourniture aux agriculteurs des facteurs de production et des produits de consommation étaient assurées pour une large part par des entreprises privées. En 1960, le Gouverne- ment a décidé de réorganiser et de renforcer le système des coopératives et de l'étendre le plus vite possible à l'ensemble du secteur agricolÇ de façon à pouvoir exercer un contrôle plus vigoureux sur le processus de développement agricole et améliorer le revenu du producteur. Simul- tanément, le Gouvernement a créé l'Office de Commercialisation Agricole (OCA), organisme public relevant du Ministère du Commerce et de l'In- dustrie, et possédant une entière autonomie financière. Cet organisme est chargé de contrôler ou d'effectuer directement les opérations de commercialisation portant sur les produits agricoles, et d'améliorer l'importation et la distribution des facteurs de production et des biens de consommation dtimportance nationale. 3. OCA devint le seul organisme chargé de la commercialisation des produits vendus par les coopératives et les entreprises privées. Ces dernières étaient autorisées à continuer leurs activités pendant que les coopératives se développaient graduellement; mais elles étaient tenues d'avoir une licence, attribuée par l'OCA, et de se soumettre à certaines conditions, notamment l'obligation de payer aux producteurs leur récolte à un prix fixé au début de chaque saison de marché par un décret du gouvernement. Le nombre des négociants privés (également appelés organismes stockeurs ou O.S.) est tombé de 3.000 en 1960 à environ 500 en 1966/67, la dernière campagne de vente d'arachides à laquelle ils ont participé. h. En 1966, l'Office National de Coopération et d'Assistance pour le Développement (ONCAD) a été créé afin de succéder aux Centres Régionaux d'Assistance au Développement (CRAD), organismes régionaux groupant les agriculteurs. L'ONCAD a ensuite succédé à l'OCA dans les fonctions de distribution des semences, de l'engrais et de leoutillage agricole. -- 2 = 5. Pour la campagne 1967/68, le Gouvernement a procédé à une redistribution des fonctions entre les organismes publics liés à la production et à la commercialisation des arachides; il s'agissait d'améliorer le système de commercialisation en vue de l'entrée du S&Wga sur les marchés mondiaux compétitifs, à la suite de la déci- sion prise par la France d'abord, puis par la CEE, de cesser leur politique de soutien des prix de l'arachide. 6. L'ONCAD a été chargé (par la Loi No 67-46 et le décret No 67-1117 du 12 octobre 1967) de la première phase de la commercialisa- tion des produits agricoles; il s'occupe en outre de la fourniture des services aux coopératives sur lesquelles il exerce également une surveillance. 7. A la même date, la Loi No 67-47 et le décret No 67-1118 du 12 octobre 1967 ont transformé l'OCA en Office de Commerciali- sation Agricole du Sénégal (OCAS), exclusivement chargé de la com- mercialisation outre-mer et de l'importation de denrées. alimentaires, principalement du riz. 8. En vertu du nouveau système, l'ONCAD dcvt Lchctcreux agriculteurs leur récolte d'arachides, proc6der a son évaluation et la vendre à l'OCAS. L'OCAS livrerait les arachides aux raffi- neries d'huile locales ou aux usines de décorticage, et en assure- rait l'exportation. Avant chaque saison de marché, chaque huilerie devait faire connaître à l'OCAS le tonnage qu'elle se proposait de traiter au cours de l'année. Le prix devait alors être fixé par un comité de quotation où était représenté l'OCAS et les propriétaires des huileries, d'après une échelle rattachant le prix de l'arachide livrée aux huileries au cours mondial, pour chaque période de livraison. Les huileries étaient libres d'organiser elles-mêmes la vente du tourteau. 9. En juillet 1969, à la suite de nouvelles modifications, 1'ONCAD fut chargé de livrer les arachides directement aux huileries locales. A présent, l'OCAS s'occupe donc exclusivement de la commer- cialisation de l'ensemble de la production d'arachides (il est cepen- dant toujours chargé de l'importation du riz). Etant donné son ex- perience du marché et des exportations, lVOCAS reste chargé de con- tr6ler le prix de vente des arachides livrées aux huileries. 10. En même temps que s'effectuait cette nouvelle répartition des fonctions, les huileries ont accepté de traiter une plus grande portion de la récolte; le pourcentage doit être fixé chaque année en accord avec le Gouvernement. Cette nouvelle mesure, qui fait suite à une augmentation de la capacité des huileries (évaluée à environ 800.000 tonnes d'arachides non décortiquées), est conforme à la politique du gouvernement selon laquelle la valeur ajoutée à la production avant expédition de la marchandise doit être la plus grande possible. Eh conséquence, le r6le actuel de l'OCAS consiste surtout à assurer un minimum d'infrastructure de comercialisation en ce qui concerne les exportations, et d'assurer un débouché satis- faisant en ce qui concerne la portion des récoltes que les huileries locales ne peuvent pas absorber. ANNEXE STATISTIQUE Tableau 1 Superficie cultivée 2 Production agricole 3 Rendement à l'hectare des cultures 4 Volume des importations de denrées alimentaires, de boissons et de tabac (1963-1968) 5 Valeur des principales importations de marchandises destinées au secteur agricole (1963-1968) 6 Volume des principales exportations de matières premières et de produits agricoles traités (1964-1968) 7 Valeur des principales exportations de matières premières et de produits agricoles traités (1964-1968) 8 Quantités d'engrais et de matériel sélectionné distribués aux agriculteurs, 1961-1969, et prévisions pour 1969-1972 9 Evolution relative des prix de l'arachide et du coût des engrais 10 Arachide - Superficie, production et rendement à l'hectare, par région il Ventes et exportations d'arachide, 1949-1969 12 Accord fixant la répartition de la récolte d'arachide entre les huileries locales et l'exportation 13 Arachide comestible 14 Production de riz paddy par région administrative 15 Importations de riz et prix 16 Manioc - Patates douces 17 Légumes - Superficie cultivée par région administrative 18 Légumes - Production par région administrative 19 Légumes frais - Statistiques du commerce extérieur -2- Tableau 20 Importations de concentré de tomates 21 Niébé - Production par région administrative - 1968 22 Recettes à l'hectare - Comparaison coton/arachide/riz 23 Structure des prix du coton, 1968/68 24 Coton - Evolution des prix f.o.b. du coton africain - Production du Tchad et du Cameroun 25 Elevage - Composition du cheptel 26 Elevage - Cheptel par région administrative 27 Elevage - Composition du cheptel de gros bétail par région administrative en 1968 28 Approvisionnement en viandes au Sénégal en 1968 29 Elevage - Consommation de viandes et diabats dans certains pays d'Afrique occidentale, 1966 30 Cuirs et peaux - Production commercialisée en 1968 31 Cuirs et peaux - Exportations 1968 32 Troisième Plan Quadriennal - Programme d'Investissements 1969-1973 33 Troisième Plan - Objectifs de production des cultures 1969-1973 Tableau 1 SENEGAL - AGRICULTURE SUPERFICIE CULTIVEE (en milliers d'hectares) 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Soigho et mil 1.010 3.070 1.000 1.150 1.050 Riz 87 82 88 100 65 Mdis 47 54 54 71 36 Fonio 12 13 13 16 10 Manioc 33 38 64 63 60 Patates douces 1 1 2 3 8 Niebe 56 53 85 100 70 Arachides non décortiquées - pour broyage 1.055 1.114 1.114 1.164 1.191 - de bouche ,7 1,9 . 2,6 3,0 4,1 Coton 0,1 0,4 1,0 3,0 6,5 Source: Direction des Services Agricoles. Tableau 2 SENEGAL - AGRICULTURE PRODUCTION AGRICOLE (en milliers de tonnes métriques) 1959/60 1960/61 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Sorgho et mil 320 390 410 420 470 530 550 420 650 450 Riz 63 86 8h 91 106 110 122 125 137 58 Mais 28 27 28 28 27 37 h1 h2 87 25 Fonio n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. 5 6 3 Manioc 180 170 140 160 150 160 150 240 240 230 Patates douces 32 21 16 16 15 7 6 il 15 19 Niebe 1h il 15 15 1h 17 1h 18 30 17 Légumes 31 29 27 33 31 3h 3h 3 5 h1 41 Arachides non décortiquées - pour broyage 829 892 995 914 952 1.019 1.168 923 1.005 830 - de bouche -- -- -- -- 5 1,o 2,1 3,6 3,h 5,h Coton graine -- -- -- -- -- ,1 ,3 1,2 4,2 9,9 Source: Direction des Services Agricoles. Tableau 3 SENEAGAL - AGRICULTURE RENDENT A L'HECTARE DES CULTURES (en kilogrannes) 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Sorgho et mil 527 518 423 565 427 Riz 1.26h 1.488 1.424 1.370 892 Mais 787 759 778 1.210 637 Fonio n.d. n.d. 371 375 340 Manioc 4.730 3.920 3.755 3.800 3.700 Patates douces 5.000 4.900 5.100 5.000 2.4oo Niebe 300 260 210 300 240 A"achides non 'lécortiquées - pour broyage 966 1.048 829 863 697 - de bouche n.d. n.d. 1.385 1.172 1.320 Coton graine 527 787 1.188 1.364 1.534 Source: Direction des Services Agricoles. Tableau 4 SENEGAL - AGRICULTURE VOLUME DES IMPORTATIONS DE DENREES ALIMENTAIRES, DE BOISSONS ET DE TABAC (1963 - 1968) (en milliers de tonnes) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Riz 100 179 184 159 153 186 Bi" 67 .61 63 76 60 62 Mais 20 17 il 10 12 13 Autres céréales 25 23 22 8 9 3 Total partiel pour céréales 212 280 280 253 234 264 Lait et produits laitiers il 10 10 12 il 13 Sucre 64 66 68 65 61 55 Légumes 22 23 20 22 21 n.d. F-uits 12 13 14 15 10 10 Tomates en conserves 7 7 8 8 8 7 Caf é, thé et épices 2 2 3 4 3 3 Boissons 16 15 12 il 12 13 Tabac 1 1 1 2 1 1 Source: Statistiques douanières. Tableau 5 SENEGAL - AGRICULTURE VALEUR DES PRINCIPALES IMPORTATIONS DE MARCHANDISES DESTINEES AU SECTEUR AGRICOLE (1963 - 196b) (en millions de FCAF) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Denrées alimentaires, Boissons et 13.600 15.772 14.796 14.168 14.5o1 16.248 Tabac, dont: Riz 2.730 4.476 4.915 4.330 5.5o8 7.048 Blé 1.307 1.308 1.210 1.607 1.347 1.385 Maïs 351 295 217 188 216 240 Autres céréales 375 358 350 137 144 78 Total pour les céréales 4.763 6.437 6.692 6.262 7.215 8.751 Lait et produits laitiers 1.190 1.138 1.119 1.265 1.199 1.396 Sucre 2.56o 2.977 3.485 2.318 2.072 1.895 Lé gumes 570 548 496 551 549 569 Fruits 6h3 615 634 647 510 530 Tomates en conserves 513 571 659 676 580 557 Café, thé et épices 619 811 672 661 669 680 Boissons 846 776 781 679 682 805 Tabac 19h 177 162 145 163 213 Engrais 219 378 356 488 669 385 Machines agricoles n.d. 149 90 428 326 n.d. Total des principales importations de marchandises destinées au secteur agricole n.d. 16.299 15.242 15.084 15.496 n.d. Total des importations 38.500 42.394 39.583 38.313 38.904 44.29 Denrées alimentaires, Boissons et Tabac en pourcentage du total des importations 35 37 37 37 37 36 Total des importations destinées au secteur agricole en pourcentage du total des importations .. 38 38 39 40 Source: Statistiques douanières. Tableau 6 SENEGAL - AGRICULTURE VOLUME DES PRINCIPALES EXPORTATIONS DE MATIERES PREMIERES ET DE PRODUITS AGRICOLES TRAITES (1964-196d) (en tonnes) 1964 1965 1966 1967 1968 Arachide - décortiquée 213.861 -216.845 297.987 180.218 243.004 - non décortiquée 2 6 141 1.235 158 Huile d'arachide - non raffinée 103.285 118.297 122.590 137.271 167.358 - raffinée 26.245 24.247 23.856 24.778 30.682 Tourteaux d'arachide 184.329 196.431 191.334 229.017 248.742 Palmistes (amandes de palme) 4.316 3.757 3.266 3.858 4.005 Gomme arabique 1.016 2.216 1.038 3.207 3.986 Peau7x et cuirs 1.348 1.379 1.265 1.036 834 Farine de blé 18.429 19.756 18.406 9.307 16.470 Sacs de jute 68o 266 758 140 982 Tissus et couvertures de coton 3 126 144 57 719 Chaussures 522 113 348 242 1.575 Source: Statistiques douanières. Tableau 7 SENEGAL - AGRICULTURE VALEUR DES PRINCIPALES EXPORTATIONS DE MATIERES PREMIERES ET DE PRODUITS AGRICOLES TRAITES (1964-196d) (en millions de FCFA) 1964 1965 1966 1967 1968 Produits dérivés de l'arachide 23.541 24.913 28.600 26.317 26.914 dont: Arachides 9.1o5 9.217 12.894 7.773 8.227 Huile - non raffinée 9.379 10.728 10.819 11.943 11.169 - raffinée 2.660 2.415 2.384 2.464 2.118 Tourteaux 2.397 2.553 2.503 4.137 5.400 Palmistes (amandes de palme) 114 111 88 107 119 Comme arabique 88 185 75 302 363 Bétail 86 121 102 80 94 Peaux et cuirs 197 184 238 183 159 Farine de blé 643 690 643 330 581 Sacs de jute 69 24 99 23 125 Tissus et couvertures de coton 2 77 89 37 664 Chaussures 219 71 230 161 325 Total des exportations 30.243 31.712 36.764 33.890 37.369 Produits dérivis de l'arachide, en pourcentage du total des exportations 78 79 78 78 72 Source: Statistiques douanières. Tableau 8 SENEGAL - AGRICULTURE QUANTITES D'ENGRAIS ET DE MATERIEL SELECTIONNE DISTRIBUES AUX AGRICULTEURS, 1961-1969, ET PREVISIONS POUR l969-1972 Enregistré 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Engrais (en tonnes) Arachide 3,5 19,7 20,7 22,7 27,1 38,h 51,2 Mil/Sorgho - ,3 2,7 h,h 5,0 9,1 12,7 Matériel (en milliers) Semoirs 5,3 13,3 21,7 18,9 13,3 14,1 17,1 Cultivateurs 2,9 7,0 11,4 6,7 8,3 21,5 27,5 Charrues ,2 ,8 1,6 ,6 1,8 1,0 1,2 Chariots ,6 1,5 1,6 2,8 2,2 7,0 8,7 Paires de boeufs ,6 ,9 1,6 1,3 ,5 - ,7 Souleveuses - 1,1 1,2 1,7 ,9 1,3 9,6 Estimation du chiffre IIIème Plan réel 1968 1969 1969 1970 1971 1972 Engrais (en tonnes) Arachide 24 12 56,3 69,0 75,0 90,o Mil/Sorgho 10 il 19,0 26,0 36,0 45,A Matériel (en milliers) Semoirs 13,0 5,5 16,7 19,h 22,6 37,5 Cultivateurs 19,3 15,2 31,7 32,0 23,0 23,0 Charrues 2,2 2,1 1,5 2,2 2,8 2,4 Chariots 7,3 4,8 12,5 13,5 15,7 15,7 Paires de boeufs 1,2 - 2,7 7,7 9,4 12,8 Souleveuses h,h 1,6 19,5 27,0 20,h 16,h Tableau 9 SENEGAL - AGRICULTURE EVOLUTION RELATIVE DES PRIX DE L'ARACHIDE ET DU COUT DES ENGRAIS Rapport entre le coût des engrais et Année Coût des engrais Prix de l'rachide le Prix de l'arachide FCFA/kg FCFA/kg 1962 10 21,5 ,h7 1963 12 21,25 ,56 1964 12 21,25 ,56 1965 12 21,25 ,56 1966 13 20,50 ,63 1967 14 17,10 ,82 1968 16 17,10 ,9h 1969 12 17,10 ,70 Tableau 10 SENTGAL - AGRICULTURE ARACHIDE SUPERFICIE, PRODUCTION ET RENDEMENT A L'HECTARE, PAR REGION 1966/67 1967/68 1968/69 Superficie Production Rendement Superficie Production Rendement Superficie Production Rendement (en ha) (en milliers (tonnes/ha) (en ha) (en milliers (tonnes/ha) (en ha) (en milliezs (tonnes/ha) de tonnes) de tonnes) de tonnes) Sine-Saloum 514.700 488,7 ,95 531.000 403,8 ,76 522.200 377,5 ,72 Diourbel 307.300 113,0 ,37 301.h00 277,3 ,92 339.000 2055 ,6o Thiès 121.100 85,h ,70 157.300 158,2 1,00 169.300 112,8 ,67 Casamance 121.200 126,8 1,05 120.000 120,0 1,00 113.600 103.5 ,91 Sénégal oriental 35.100 33,3 ,95 36.200 35,9 ,99 32.200 28,9 ,90 Fleuve (région du) 11.100 7,9 ,71 12.300 6,8 55 12.000 1,5 ,12 Cap Vert 3.600 2,0 ,55 5.100 3,2 ,63 2.800 ,7 25 Total 1.114.100 857,1 ,77 1.163.300 1.005,2 ,86 1.191.100 830,h ,70 Source: Direction des Services agricoles - Rapports annuels. Tableau 11 SENEGAL - AGRICULTURE VENTES ET EXPORTATIONS D'ARACHIDE, 1949-1969 (en milliers de tonnes) Production Arachide non décortiquée d'huile Exportations Campagne Production Total Transformée Dcorti- Non raf- Raf- Arachide Huile Huile Tourteaux totale des à quée finée finée décorti- non raffinée d'arachides ventesl/ l'huilerie pour quée raffinée expor- tation 1949/50 571 429 228 201 67 10 141 1950/51 471 342 205 137 60 10 96 1951/52 571 443 260 183 75 10 164 70 8 102 1952/53 558 449 310 139 83 17 123 82 8 119 1953/54 614 550 315 235 93 18 187 91 h 127 1954/55 464 390 330 60 82 23 98 80 8 119 1955/56 603 539 340 199 93 26 172 91 12 134 1956/57 763 677 360 317 89 33 284 87 15 14o 1957/58 900 808 387 421 96 38 346 96 16 154 1958/59 770 675 344 331 97 38 272 > 97 15 147 1959/60 829 718 420 298 105 39 246 105 13 169 1960/61 892 809 442 367 106 36 257 106 10 179 1961/62 995 872 453 419 107 46 297 107 15 171 1962/63 914 749 470 279 103 54 195 103 24 180 1963/64 952 782 504 278 115 57 188 118 31 182 1964/65 1.019 839 530 309 124 50 202 124 32 193 1965/66 1.168 985 534 45o 127 58 308 125 33 198 1966/67 923 736 514 222 122 54 152 121 24 193 1967/68 1.005 842 558 284 132 63 197 132 34 227 1968/69 830 600 46o 140 .102/ à* 1969/7Q0/ 900-950 700-800 625-650 75-150 .. 50-100 1/ Pertes exclues. 7/ Estimations de la BIRD. / Prévisions préliminaires de la BIRD. Sources: Ministère du Commerce et de l'Industrie; BCEAO; ONCAO. Tableau 1 2 SENEGAL - AGRICULTURE ACCORD FIXANT LA REPARTITION DE LA RECOLTE D'ARACHIDE ENTRE LES HUILERIES LOCALES ET L'EXPORTATION Récolte commercialisée Livraisons A être exporté aux huileries par l'OCAS (en tonnes métriques, non décortiquée) moins de 650.000 Toute la récolte 50.000 moins 50.000 tranche 650 - 700.000 50% 50% tranche 700 - 750.000 - 100% i,ranche 750 - 800.000 50% 50% tranche 800 - 850 .000 60% 40% 850.000 et au-dela 80% 20% Source: Conseil de l'Arachide. Tableau 13 SENEGAL - AGRICULTURE ARACHIDE COMESTIBLE 1966 1967 1968 Superficie Production Superficie Production Superficie Production (en ha) (en tonnes) (en ha) (en tonnes) (en ha) (en tonnes) Casamance 1.380 2.140 1.500 1.800 1.2001/ 1.56o0/ Sine Saloum 1.225 1.434 1.h00 1.605 2.490 3.360 Sénégal oriental - - - - h00 480 Total 2.605 3.574 2.900 3.405 4.090 5.400 1/ Estimation préliminaire. Source: DSA. Tableau 14 SENEGAL - AGRICUL TURE PRODUCTION DE RIZ PADDY PAR REGION ADMINISTRATIVE 196Y 1966 Superficie Production Rendement Superficie Production Rendement Région cultivée cultivée en ha en t t/ha en ha en t t/ha Casamance 78.500 101.000 1,28 54.5oo 43.000 0,79 S'ýnégal oriental 2.300 1 .850 0,76 3.000 2.600 0,89 Sine-Saloum 3.500 2.800 0,80 3.500 - - Thiès 500 700 1,10 650 620 o,94 Diourbel Cap Vert - Région du Fleuve 16.200 31.900 1,91 6.250 12.560 2,0 dont: OAV 770 2.000 2,60 80 160 2,00 SAED 10.250 15.hoo 1,50 800 5oo 0,62 SDRS h.900 12.800 2,60 h.800 10.600 2,20 SMDR 280 700 2,46 570 1.300 2,36 Total 101.000 137.350 1,36 67.900 58.780 o,86 PRODUCTION COMMERCIALISEE (en tonnes) Casamance 175 30 RP5gion du Fleuve 17.075 14.100 Total 17.250 14.130 Pourcentage de la production totale 12,5 24,0 -ource: ,.apport annuel de la DSA. Tableau 15 SENEGAL - AGRICULTURE IMPORTATIONS DE RIZ ET PRIX Importations PRIX (FCFA par tonne métrique) en milULers Année de tonnes) C.I.F. Dakar Au détail, Dakar 1964 179 26.757 30.000 1965 18h n.d. 30.000 1966 159 28.145 35.000 1967 153 38.960 43.500 1968 186 35.344 45.000 1969 n.d. 32.000 45.ooo Source : Statistiques douanières, OCAS. Tableau 16 SENEGAL - AGRICULTURE MANIOC - PATATES DOUCES Manioc Patates douces Superficie cultivée Production Superficie Oultivée Production en ha en t en ha en t Cap Vert 110 325 - - Région du Fleuve 693 5.583 1.375 2.749 Thiès 12.970 53.715 190 1.205 Diourbel 35.550 102.940 - - Sine Saloum 5.955 12.950 5.995 12.948 Sénégal oriental 2.052 7.280 - - Casamance 5.158 49.516 335 1.805 Total 62.448 232.309 7.895 18.707 Source: Rapport annuel de la DSA. Tableau 17 SENEGAL - AGRICULTURE LEGUMES Superficie cultivée (en ha) par région administrative 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Cap Vert 1.800 1.800 1.800 1.800 1.700 2.034 2.065 Sine-Saloum 70 97 82 140 100 160 66 Thiès 242 335 355 355 4o6 458 458 Diourbel 200 80 80 115 120 115 250 Région du Fleuve 260 334 240 240 2h0 358 100 S énégal oriental - - - - - 51 - Cas-mance 20 20 20 30 30 74 169 Total P.592 2.666 2.577 2.68o 2.596 3.250 3.108 Source: Rapport annuel de la DSA. Tableau 18 SENEGAL - AGRICULTURE LEGUMES Production (en tonnes métriques) par région administrative 1966/67 1967/68 1968/69 Cap Vert 22.848 28.280 27.637 Sine-Saloum 1.000 1.600 1.326 Thiès 6.308 5.500 6.223 Diourbel 1.800 1.0h0 3.125 Région du Fleuve 2.400 3.600 1.000 S én'gal oriental - 460 - Casamance 300 810 1.774 Total 34.656 41.290 41.085 Source: Rapport annuel de la DSA. Tableau 19 SENEGAL - AGRICULTURE LEGUMES FRAIS STATISTIQUES DU COMMERCE EXTERIEUR Importations Exportations Volume Valeur Volume Valeur (en milliers (en millions (en milliers (en millions de t) de FCFA) de t) de FCFA) 1962 18 504 0,20 10,2 1963 22 570 0,59 50,2 1964 23 548 o,6h 49,1 1965 20 496 o,h 36,3 1966 22 551 1,03 83,8 n967 21 549 . 1968 25 569 1,66 128,9 Source: Statistiques douanières. Tableau 20 SENEGAL - AGRICULTURE IMPORTATIONS DE CONCENTRE DE TOMATES Volume Valeur (en milliers (en millions de de t) francs CFA) 1962 6.161 427 1963 7.399 513 1964 7.349 571 1965 8.050 659 1966 8.403 676 1967 8.221 580 1968 7.185 557 Source: Statistiques douanières. Tableau 21 SENEGAL - AGRICULTURE NIEBE Production par région administrative - 1968 Superficie cultivée Production en ha en t Cap Vert - - Région du Fleuve 48.042 4.02h Thiès 11.040 2.770 Diourbel 31.000 7.486 Sine-Saloum 6.915 2.093 Snégal oriental 1 .463 371 Casamance 1.148 370 Total 99.608 17.114 Source: Rapport annuel de la DSA. Tableau 22 SENELAL - AGRICULTURE RECETTES A L'HECTARE - COMPARAISON COTON/ARACHIDE/RIZ COTON ARACHIDE RIZ Rendement à l'hectare 1.200 kg 1.200 kg 2.000 kg FCFA FCFA FCFA Graines 50 kg à 7 F le kg 350 125 kg à 17,7 F le kg 2.200 100 kg à 25 F le kg 2.500 Traitements aux insecticides et aux fongicides 6 vaporisations 7.Oh0 fongicide 50 fongicide 50 Engraisi 120 kg à 37,8 F le kg 4.540 150 kg à 25,5 F le kg 3.825 450 kg à 2h F le kg 10.800 Total partiel 11.930 6.075 13.350 moins montant non imputi au producteur: 11.930-/150 kg à 13,5 F le kg 2-025 Prix net au producteur 4.050 13.350 Recettes brutes 1.200 kg à 27,65 F 1200 kg à 17,7 F le kg 21.250 2.000 kg à 21 F le kg h2.000 le kg2/ 33.200 Recettes nettes 33.200 17.200 28.650 1/ Le montant imputé aux producteurs d'arachide pour les engrais n'est que de 12 francs CFA par kilo; les chiffres pour le coton et le riz sont basés sur l'hypothèse que les producteurs paient le coût total. 2/ Le prix au producteur est fixé après déduction du coût des facteurs de production. Tableau 23 SENEGAL - AGRICULTURE STRUCTURE DES PRIX DU COTON, 1968/69 Chiffre envisagé Chiffre estimatif des effectif des Ventes Ventes a Ventes Ventes à locales l'Exportation locales l'Exportation ----------------FCFA par tonne----------------- COTON GRAINE Prix -u producteur 32.675 32.675 32.787 32.787 Graines/Engrais/Insecticide 5.100 5.100 5.530 5.530 Coûts primaires de commercialisation 3.450- 3.450 3.450 3.450 Total partiel 41.225 41.225 41.767 41.767 FIBRE Rendement en fibre (37,5) (37,5) (36,2) (36,2) Coût de la fibre, coton non égrené 109.933 109.933 115.378 115.378 Egrenage et mise en balles 18.000 18.000 18.000 18.000 Intérêts 2.400 2.400 2.h00 2.400 Assurance 1.100 1.100 1.100 1.100 Transport à la station ferroviaire- 200 200 200 200 Echantillonnage 100 100 .100 -100 Frais généraux 3.100 3.100 3.100 3.100 Tran-port, emmagasinage et frais au port 3.863 6.787 3.863 9.947 Coût de commercialisation, Europe - 1.200 - 1.200 Droits d'exportation - 1.475 - 1.475 Coût à l'usine de textile ou f.o.b. 138.696 144.295 144.141 152.900 Prix de vente moyen 136.045 116.500 Bénéfices (pertes) sur ventes de fibre (8.096) (36.400) Profit sur ventes de graines de coton 6.230 6.230 Bénéfices (pertes) sur exploitation cotonnière (1.866) (30.170), Volume de la vente (en tonnes) 2.509 1.022 TOTAL DES BENEFICES (PERTES) (FRANCS CFA) (4.682.000)(30.834.000) (35.516.000) Source: Rapport annuel CFDT, estimations BIRD. Tableau 24 SENEGAL - AGRICULTURE COTON Evolution des prix f.o.b. du coton africain Production du Tchad et du Cameroun1/ (FCFA par kg, 1er choix) Janvier 1955 149,0 " 1956 131,5 " 1957 141,0 " 1958 166,o 1959 143,5 1960 149,0 " 1961 155,0 1962 152,5 1963 149,0 "1964 .145,5 1965 145,0 " 1966 130,5 " 1967 138,5 " 1968 154,5 " 1969 138,0 Février 1969 135,0 Mars 1969 127,5 1/ 1955-59: Allen du Tchad et du Cameroun, 1er choix. Longueur de 1 pouce à 1 pouce 1/32. A partir de 1969: Allen du Cameroun, standard 1, longueur 1 pouce 1/32. Source: CFDT. Tableau 25 SENEGAL - AGRICULTURE ELEVAGE COMPOSITION DU CHEPTEL (en milliers de têtes) 1964 1965 1966 1967 1968 Bovins 1.970 2.220 2.420 2.480 2.530 Ovins et caprins 1.790 1.900 2.380 2.450 2.520 Chevaux et ânes 300 315 350 360 360 Chameaux 27 30 33 il 8 Porcs 44 53 85 87 90 Vo&aille 3.100 2.900 n.d. 4.200 4.500 Source: Direction de l'Elevage. Tableau 26 SENEGAL - AGRICULTURE ELEVAGE Cheptel par région administrative (1968 - Nombre de têtes) Région Bovins Ovins* Chevaux Chameaux Porcs Volaille et caprins et ânes Cap Vert 11.000 13.4oo 250 - 18.700 134.000 Thiès 114.000 189.000 33.000 350 15.500 528.000 Diourbel 634.000 639.800 190.700 5.950 7.000 1.250.000 Région du Fleuve 716.000 960.000 64.200 2.000 3.100 625.000 Sénégal oriental 271.000 132.600 5.400 - - 316.000 Sine-Saloum 438.000 322.200 64.700 - 8.900 847.000 Casamance 343.000 264.000 4.600 - 37.300 763.000 Total 2.527.000 2.521.000 362.850 8.300 90.500 4.463.000 Source: Direction de l'Elevage. Tableau 27 SENEGAL - AGRICULTURE ELEVAGE COMPOSITION DU CHEPTEL DE GROS BETAIL PAR REGION ADMINISTRATIVE EN i 968 (Nombre de têtes) Régions et Taurins et départements Zébus croisés de zébus Total Cap Vert 11.000 - 11.000 Thiès: Thiès - 30.000 30.000 M'Bour 12.000 29.000 41.000 Civaouane h3.000 - 43.000 Diourbel 634.000 634.000 Région du Fleuve 716.000 - 716.000 SAnégal oriental - 271.000 271.000 Sine-Saloum - 438.000 438.000 Casamance - 343.000 343.000 Total 1.416.ooo 1.111.000 2.527.000 Source: Estimations de la BIRD d'après les données du Service de l'Elevage. Tableau 28 APPROVISIONNEMENT EN VIANDES AU SENEGAL EN 1968 Selon les statistiques de la Direction de l'Elevage (Rapport annuel de 1968), l'approvisionnement total en viandes (y compris les abats) de toutes sortes serait de 58.290 tonnes. Ce chiffre est inférieur à celui indiqué par Lacrouts et Tyc ("Etude de l'équipement frigorifique du Sénégal") pour 1966 (68.000 t) et donnerait une consommation annuelle par habitant de 14 kg, inférieure à toutes les estimations faites pour 1966 (18 kg par habitant). Nous avons donc établi une ventilation de l'approvisionnement total en viandes, en utilisant: - les données fournies par la Direction de l'Elevage pour la composition du cheptel; - les paramètres de l'étude de Lacrouts et Tyc quant aux coefficients d'abattage; - nrs propres ..estimations quant-aix importations de bovins., ovins et caprins. Dans les notes qui suivent, nous avons éliminé toutes différences entre les résultats de nos propres calculs et les statistiques de la Direction de l'Elevage. Les poids moyens des bêtes dépouillées sont calculés sur la base de l'étude Lacrouts: Bovins zébus 120 kg taurins 77 kg importés 130 kg Ovins et caprins production locale 12 kg importés 13 kg et sur la base des abattages controlés par la Direction de l'Elevage en 1968: Chevaux 135 kg Anes 55 kg Porcs 50 kg Chameaux 180 kg La production d'abats est calculée, selon Lacrouts, comme suit: Bovins 25% Porcs 10% Chameaux 20% Ovins ct caprins 15% Chevaux 10% Tableau 28 Page 2 Les coefficients d'abattage suivants ont été adoptés: Bovins: zébus 12% selon Lacrouts et Tyc taurins 12% " " " Ovins et caprins 25% selon la Direction de-l'Elevage Anes et chevaux 10% " Chameaux 5% " " " " ' Porcs 75% " n " " APPRoVISIONN]jENT EN VIANDES AU SENEGAL ESTIMATIONS BIRD, 1968 (tonnes)' Disponible à Pi:6uction la consomma- intérieure Importations Exportations tion (a) (b) (c) (a+b) - c Têtes de bétail t 314.1i / 70.00i/ 4.625 379.725 viandes t 31.01 9.100 601 40.01 abats (a) 7.877 2.275 15 10.137 Ovins et t 630.35o 500. / 4.4o1.125.950 Caprins v 7.879 6.500 550 13.823 a 1.181 975 82 2.074 Anes et t 379 1.50W3/ 320 379 Chevaux v 50 - - 50 a 5 -5 Chameaux t 415 200 615 v 75 36 - 111 a 15 7 - 22 Porcs t 67.852 - - 67.852 v 3.392 - 3.392 a 339 - - 339 Viandes importées v - 233 116 117 Viandes en conserves v - 462 - 462 Saucisses et abats importés a - 628 29 599 Total v 42.907 16.331 1.267 57.971 a 9.417 3.885 126 13.176 Volaille v+a 5.5oo/- 3 5.497 Total général 57.824 20.216 1.396 76.6hh Tableau 28 Page 3 Notes: 1 D'après la Direction de l'Elevage: têtes(t) viandes(v) abats (a) Bovins 202.160 26.280 6.700 L'étude Lacrouts cait état pour 1965 de l'importation de 65.000 bovins et de 430.000 ovins et caprins. Les exportations de la Mauritanie au Sénégal ont été évaluées en 1967 à 69.700 bovins et à 492.000 ovins et caprins; ce à quoi il convient d'ajouter 3.500 bovins et 30.000 ovins du Mali.--Nbus supposons 70.000 bovins et 500.OO ovins, gardant nos estimations relativement proches de celles de l'étude Lacrouts, La Direction de l'Elevage indique 27.400 bovins et 261.000 ovins et caprins. 3f Nous estimons que les importations d'ânes et de chevaux représentent des animaux de trait non destinés aux abattoirs. h/ D'après la Direction de l'Elevage, l'approvisionnement serait de 4.239.000 volailles, soit 4.200 t de'viande et abats. Cette estimation est inférieure' à celle donnée dans l'étude Lacrouts pour 1966 (5.500 t) et que nous acceptons. *1 Tableau 29 SENEGAL - AGRICULTURE ELEVAGE CONSOMMATION DE VIANDES ET D'ABATS DANS CERTAINS PAYS D'AFRIQUE OCCIDENTALE, 1966 (Kg par tête par an) Pays exportateurs Pays importateurs Sénégal Mali Niger Haute- Nigéria Côte Dahomey Togo Ghana Nigeria Volta du Nord d'I- du Sud 1966 1968 voire 'ir.ndes et abats 20,9 17,5 9,6 7,6 9,8 7,2 6,8 4,2 7,7 17,9 18,8 ,'ande ds conserve - - - - 0,1 - 0,3 0,3 0,2 - 0,1 Volaille et divers 2,1 1,1 2,1 1,3 6,5 4,1 3,8 4,7 0,8 1,5 1,h Poisson 9,3 1,6 2,2 4,2 17,7 12,1 9,4 15,5 10,6 32,1 43,90 Source: Lacrouts et Tyc; estimations BIRD. Tableau 30 SENEGAL - AGRICULTURE CUIRS ET PEAUX PRODUCTION COMMERCIALISEE EN 1968 Nombre Poids Valeur (t) (000 FCFA) Bovins: Peaux fraîches 41.981 909 19,h39 Fraîches salées 59.434 899 24.496 Séchées salées 68.935 477 19.128 Séchées par traitement à l'arsenic 80.000 450 20.800 250.350 2.755 83.863 Ovins: Peaux brutes Fraîches - - - Salées fraîches 34.000 99 6.800 Salées séchées 23.847 15 2.419 Séchées par traitement à l'arsenic 143.600 121 11.200 201.447 235 20.419 Caprins: Peaux brutes Fraîches 43.380 92 8.084 Salées fraîches - - Salées séchées 41.813 21 2.759 Séchées par traitement à l'arsenic 292.4oo 173 20.400 377.593 286 31.243 Total 829.390 3.276 135.525 Source: Direction de l'Elevage. Tableau 31 SENEGAL - AGRICULTURE CUIRS ET PEAUX EXPORTATIONS 1968 Valeur Poids (on milliers de (en t) francs CFA) Bovins: Peaux Fraiches salées 30,5 2.271 Séchées salées o,5 44 Séchées à l'arsenic 1-.042,0 138.013 Tannées 554,o 392.619 Ovins: Cuirs 1.627.0 532.947 Séchés 5 702 Séchés par traitement à l'arsenic 246 64.356 251 65.058 Caprins: Cuirs Séchés - - Séchés par traitement à l'arsenic 221 105.497 Reptiles et animaux sauvages: Peaux, fraîches salées 14 63.953 Séchées salées 1 1.108 Tannées - - 15 65.061 Total 2.114 768.563 Source: Direction de l'Elevage. Tableau 32 SENEGAL - AGRICULTURE TROISIEME PLAN QUADRIENNAL - PROGRAMME D'INVESTISSEMENTS 1969-1973 Postes millions de francs CFA CULTURES Vulgarisation et crédit 17.811 Ara,,+ide/mil 13.43 1. Réorganisation de l'ONCAD 750 2. Services de vulgarisation agricole 1.687 3. Engrais pour l'arachide 3.480 4. Engrais pour le mil 1.557 5. Instruments aratoires 5.298 6. Centres de dressage du Sine-Saloum 39 7. Arachide à cycle court 67 8. Service semencier 337 9. Arachide de bouche 328 Coton 1.275 Riz 2.925 1. Sols salins 528 2. Amélioration du drainage en Casamance 352 3. Remembrement parcellaire 100 4. Assainissement des rizières d'eau douce 152 5. Double récolte 230 6. Riz pluvial en Haute et Moyenne Casamance i .067 7. Projet USAID en Casamance 490 8. Décortiqueur familial 6 Niébé 68 Tableau 32 Page 2 Postes millions de francs CFA Mise en valeur des terres, irrigation et équipement 8.478 Riz 6.986 1. Barrage de Guidel 177 2. Etude de quatre barrages en Casamance 200 3. Plaine d'inondation de la Nyanga 655 h. o.A.V. 880 5. SAED 2.794 6. Plaine d'inondation de la Diovol 2.000 7. Installations de stockage du riz paddy 280 Tomates et riz 1.492 1 . Bas-Saloum 481 2. Bao-Bolon 749 3. Casamance 162 4. Fleuve 100 Canne à sucre 2.200 2.200 1. Aménagement des terres (usine de trans- formation non comprise) 1 .500 2. Rectification du cours de la Taouey - 700 Légumes et fruits 1.272 1.272 1. Centre de démonstration 330 2. Mise en valeur des Niayes 90 3. Banane 404 4. Ananas 86 5. Mangues, citrons, avocats, limettes, etc. 44 6. Centre de recherche d'arboriculture fruitière 317 Projets intégrés 2.730 Terres-Neuves 701 SODAICA 1.575 Développement de la culture du mats avec la SODAICA 334 Fermes-pilotes 120 TOTAL CULTURES 32.491 Tableau 32 Page 3 Postes millions de francs CFA _,LEVAGE Recherche, vulgarisation, aménagement des pâturages Animaux de trait h1 2 1. Production de fourrage et ensilage 50 2. Services de vulgarisation agricole il 3. Gallayel 79 h. Centres de recherche de Dahra at Kolda 81 5. Centres de dressage des animaux de trait 191 Alimentation en eau pour l'élevage 725 Protection sanitaire du bétail 211 1. Lutte anti-parasitaire en Casamance 201 2. Eradication de la trypanosomiase dans les Niayes 10 Productior de viande 386 1. Amélioration des troupeaux 55 2. Ranch d'embouche de Doli 86 3. Fermes d'embouche du Cap Vert 170 h. Fermes d'embouche du Fleuve 75 Production laitière (étables laitères) 63 Centres de traitement du lait (investisse- ment industriel) (216) Programme d'apiculture 32 Circuits de commercialisation 761 1. Marchés des bovins, marchés de gros et de détail de la viande, marchés des ovins et des caprins 270 2. Quais d'embarquement et de débarquement du chemin de fer 55 3. Abattoirs régionaux, abattoir de Dakar (aménagement), marchés de gros et de détail de la viande 296 h. Installations frigorifiques 140 TOTAL ELEVAGE 2.590 Tableau 32 Page h Postes millions de francs CFA FORETS Plantations 353 1. Noix de cajou 156 2. Tecks et Gmelinas 99 3. Gomme arabique 62 h. Acacia albida 36 Conservation des sols et des forêts 477 1. Protection contre les feux de brousse 159 2. Stabilisation des dunes dans les Niayes et dans la région du Cap Vert 171 3. Protection des forêts 147 Divers 152 TOTAL FORETS 982 RECHERCHE ET ETUDES 1. Agriculture 3.581 2. Zootechnie et médecine vêtérinaire 1.325 3. Nutrition et transformations des denrées alimentaires 511 h. Etudes des bassins de la Gambie et du Sénégal 1.117 TOTAL RECHERCHE 6.53h Tableau 33 SENEGAL - AGRICULTURE TROISIEME PLAN - OBJECTIFS DE PRODUCTION DES CULTURES 1969-1973 Objectifs du Maximum/ Projections du 3ème Plan 2eme Plan 1968/69 67/68-68/69 1969/70 1970/71 1971/72 1972/73 ('000 t) Arachide Production (P) 1.200-1.350 1.005 1.125 1.207 1.304 1.420 Superficie (S) 1.120-1.200 1.164 1.125 1.150 1.175 1.200 Comercialisation 1.050-1.200 842 .. .. .. 1.250 Mil, Sorgho (P) 600 650 600 636 673 700 (S) 1.000 1.150 1.050 1.060 l.o85 1.100 Ris (paddy) (P) 140 137 123 153 191 220 (S) 88 100 106 120 137 150 Mais (P) 50 87 45,5 46 53 60 (s) 45 71 50 52,5 56 60 Niébé (P) 35 30 35 39 42 45 (s) 70 100 100 108 115 120 Légumes Coton (P) 3,6 9,9* 13 20 25 30 (S) 4 6,5* 11,2 17,9 23 25 Arachide de bouche (P) 8 5 5,4* 8,5 13,3 17,6 22,5 (S) 7.. 4,1 6,7 9,6 12,6 15,7 Canne à sucre (p) 150 - - 1,6 2,h 3,2 (S) 3 ,8 64 128 175 (P ,3 10,7 26,7 32,8 ) ,15 ,53 1,33 1,64 Bananes (p) 6 1 2,2 3,4 4,8 Ananas (P) - ,2 5 1,6 1967-68 sauf astriL"e. 2/ Objectifs révisés. / Pour transformation en concentrés. SENEGAL: TENDANCE DE LA PRODUCTION ARACHIDIERE (MILLIERS DE TONNES) 1,200 --- --- -------------------- ---- 1,200 1,100 CLEF.- 1,100 PRODUCTION ANNUELLE MOYENNE MOBILE DE 4 ANS 1,000 1,000 90090 900 - 900 800 - 800 700- 700 600 600 500 500 400 400 0 | '49 '50 '51 '52 '53 '54 '55 '56 '57 '58 '59 '60 '61 '62 '63 '64 '65 '66 '67 '68 '69 '70 '71 '72 '73 '74 BIRD - 4853 CARTE No.4 SENEGAL MAUR T A N I A EMPLACEMENT DES PRINCIPAUX ANE PROJETS AGRICOLES r 12 °icha S EE NIGER R E G GAM"' 4wu Lmite dstt Ro s Beth,o GUINEE ----Liite degion G J EA -6 Cours d'eau intermittcnts StLouis 22 ___ __S1ERRA GU vo" T 23 25 48 OCEAN -tBE .__\ TOGO ATLANTIQOE DAHOMEY -- '\ GUINEE 0T.~7 é G.ON 0 20 30 40 50 so70 8 0o o J '6 KILOML IR S Louga R E G l 0 N * 0 10 20 30 40 50 60 7o 8o mfl.. 24 ' " 19.Dahra D E iR E G O N \ 15 -- D I O U R B E L A A N TIQéi U F REGION DU u CAP-VERT 2 Thmes 20 21 \24'0 N r ibey DAKAR T H E 25°Diourbel OCEA Nl r --- PRINCIPAUX 1ROJLTS AGRICLIES R E G I 0 N D E M A L j..de-il. Kaolock Soou M A. o 2 coton 24 °Kaffrine 4° 3. Riz pluvial-llaute Lasm,e.. 4. R-z pevia-Moyenne casmanco S i N E - 5 A L 0 U M R E G 0 N D U 5. Amelooateons et ext on . du d-ranage dans 14 le d au saline et d'a,u doue 6. Barrge de Guidet 14 Tambacounda 7 C .si de Niag, 14 1 9 aser oA ... ._.._ S . ... E N E G A L 10. a e r Dg- 3 h G A - B f 2 ] ove( asie1 Diovo* __J 12. u0e eSn i 3 i10 aOon O R I E .'N T AL 4. asieT Las Salo.- 5. R,g-," A, \-y- S Velingora 6, (e' des lerres Seue R E G I 0 N FuD E L A C A 5 A M A N C E 7 cer soATe 4 KoIda19 AOOKKOLO-KOB 18. -oe de Gallayel 0 NAT/0NAL PARK bi, Cnt-res de e ,echece our le beta1l 5 SeoJ 20. R,nc de .01t 21. Ferme d'embouee du Lop Veit smSedhio 22e. leemes d'eboucee du Tieune Kedougou 23. Centre de itement dU lit (en fo onnemen) o 5 6Ziguinchor 4 Centre s de traetent du lait (en piojet) Oussouye -.. .. -- --- 2 5 . A b lt . i e g n u .s..- GUINEE PORTUGAIS G U I N E E ISRS 1970 BIRD 2 2
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Senegal - The current economic situation and prospects of Senegal (Vol. 3 of 7) : Agriculture
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