DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW- 19a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE LA HAUTE VOLTA (en quatre volumes) VOLUME IV EDUCATION le 27 novembre 1970 I)p3.rtement Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité monétaire: Franc CFA (FCFA) Avant le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. - 2h6,85 FCFA 1.000 FCFA = h,05 dollar E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = 27771 FCFA 1.000 FCFA =3,60 dollar E.U. POIDS ET MESURES 1 tonne métrique (t) = 2.205 livres 1 kilogramme (kg) 2,2 livres 1 kilomètre (km) = 0,62 mile 1 mètre (m) 3,28 pieds COMPOSITION DE LA 1ISSION Le présent rapport a été établi sur la base de renseignements recueillis par une mission économique qui a séjourné en Haute Volta en Novembre-Décembre 1969. La composition de la mission était la sui- vante: John C. de Wilde Chef de mission Frédy R. G. Holin Economiste H. Casati Consultant-Economiste Agricole (FAO) A. Guinard Consultant-Agronome (FAO) G. Lazarev Consultant-Sociologue (FAO) A. H. Robinet Consultant-Expert Elevage (FAC) S. Picker Consultant-Expert Education N. Raphaeli Expert Planification Le rapport comprend les volumes suivants: I Rapport principal II Agriculture III Elevage IV Education TABLE DES MATIERES Page GLOSSAIRE RESUME DU RAPPORT i - v I. ANALYSE ET DISCUSSION DES FAITS OBSERVES 1 A. Enseignement Généralités 1 Enseignement primaire 4 Remarques générales 4 Analyse des données statistiques 5 Conditions de travail 6 Résultats et difficultés 7 Coût de l'enseignement primaire et projections sur 1960 7 Enseignement secondaire et technique 9 Remarques générales et préliminaires 9 Analyse des données statistiques il Conditions de travail 14 Résultats et difficultés 15 Coût de l'enseignement secondaire et projections 15 Enseignement professionnel 16 Enseignement supérieur 17 Education rurale 16 Préliminaires 16 Les réactions psychologiques et politiques envers l'Education Rurale 20 Les difficultés de réintegration rurale des anciens élèves des C.E.R. 21 Mauvaise adaptation de l'enseignement aux buts visés 23 Niveau des maîtres - Formation et recrutement 25 Locaux et matériels des C.E.R. 26 Analyse des données statistiques 27 Coût de l'éducation rurale et projections 27 Comparaison des coûts et discussion des projections des différents ordres d'enseignement 28 Enseignement technique agricole 30 -2- Page B. Animation-Vulgarisation-Formation Professionnelle (des Adultes) 32 Définition des termes et remarques générales 32 Animation 32 Formation professionnelle (accélérée, des adultes) 33 Vulgarisation 33 Assistance technique 34 Complémentarité de ces types d'action dans le cas particulier de l'agriculture 34 Cas particulier de la Haute Volta 35 La formation professionnelle 36 L'action du B.I.T. 36 La formation d'agriculteurs dans les fermes pilotes 37 Formation des dresseurs de boeufs 37 Formation des encadreurs à Matourkou 37 Actions diffuses en vue du développement rural 38 Culture du coton. Action C.F.D.T.-I.R.C.T. 38 Culture de l'arachide. Action de l'I.R.H.0. 39 Action des missions 39 Action "puits" 39 Mécanisation et motorisation de l'agriculture 40 Synthèse Actions régionales menées au sein des ORD 41 Organisation des Offices Régionaux de Dévelop- pement (ORD) 41 Les sociétés d'intervention et leurs conceptions du rôle des ORD 42 Les systèmes d'encadrement; les méthodes (travail des encadreurs) 43 Formation des cadres; recrutement, traitement et avenir des agents d'encadrement 44 Résultats acquis 45 Recherche et formation des homologues voltaïques 46 Actions ponctuelles 47 Mise en valeur des périmètres rizicoles (coopéra- tion sino-volta*que) 47 Périmètres irrigués de Bam-Kongoussi et de Koghtedo 48 -3- II. CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS 49 A. Développement rural 49 Animation et Vulgarisation 49 Remarques générales 49 Aide technique étrangère 52 Estimation du coût d'encadrement et discussion 52 La Formation Professionnelle Accélérée (F.P.A.) S4 Principes de fonctionnement d'un Institut National de Formation Professionnelle 54 Proposition de création d'un Institut Voltaïque de Formation Professionnelle Accélérée 55 Réalisation du projet 57 Centre de recherches et d'applications des techniques agricoles de base 59 Autres propositions 61 B. Enseignement 62 Bâtiments et mobilier scolaires 62 Entretien et réparation 62 Aménagement des bâtiments 62 Architecture 62 Mobilier scolaire des centres d'E.R. 62 Education rurale 63 Enseignement de la langue 63 Modifications des programmes 63 Débouchés offerts aux élèves. Certificat d'éducation rurale 66 Recrutement et formation des maîtres et monitrices d'éducation rurale 67 Extension prioritaire de l'éducation rurale 66 Un projet d'extension de lléducation rurale 68 Enseignement primaire 71 Aménagement des programmes 71 Amélioration du niveau des instituteurs 72 Aménagement des méthodes pédagogiques 72 Projets 73 14 Pag Enseignement technique agricole 73 Enseignement technique et secondaire 74 Enseignement professionnel 7h Les méthodes modernes d'éducation 7h La méthode et le matériel d'éducation Freinet 75 Les méthodes d'enseignement rapide du français 75 La télévision scolaire 76 Les méthodes d'animation générale 77 Les radio-clubs nigériens 77 Les projections filmées et les projections fixes 78 C. Conclusions générales 78 ANN1ES GLOSSAIRE A.T.A. Adjoint Technique d'Agriculture. Niveau B.E.P.C. suivi d'une année de spécialisation. A.T.G.R. Adjoint Technique du Génie Rural. Niveau entre B.E.P.C. et Baccalauréat, suivi de 18 mois de spécialisation. B.D.P.A. Bureau de Développement de la Productivité Agricole. B.E.A. Brevet d'Enseignement Agricole B.E.P.C. Brevet d'Etudes du Premier Cycle. Délivré à la fin du premier cycle d'Enseignement Secondaire (10 années de scolarisation). C.A.P. Certificat d'Aptitude Professionnelle (10 années de scolarisation). C.D.P.P. Centre de Documentation et de Productions Pédagogiques C.E.P. Certificat d'Etudes Primaires (délivré à la fin du cycle primaire, soit 6 années de scolarisation). C.F.D.T. Compagnie Française pour lo Dé%veloppemont des Fibres Textiles. C.I.D.R. Compagnie Internationale de Développement Rural. C.E.R. Centre d'Education Rurale. C.T.A. Conducteur des Travaux Agricoles. Niveau entre B.E.P.C. et Baccalauréat + 2 années de spécialisation. D.D.R. Direction du Développement Rural (Service du Ministère de l'Agriculture). E.R. Education Ruralo. 0.R.D. Office Régional de Développement. S.A.T.E.C. Société d'Aide Technique et de Coopération. Baccalauréat (13 années de scolarisation). 6 options: A (Philosophie), B (Littérature et Droit), G (Commerce), C (Mathématique), D(Sciences) et E (Techniques). Ingénieur Agronome Niveau Baccalauréat suivi de 5 années de spécialisation. HAUTE VOLTA: STRUCTURE DU SYSTEME DE L'EDUCATION PRIMAIRE XSECONDAIRE-PREMIER CYCLE.-X-- SECONDAIRE- ----POST-SECONDAIRE -> DEUXIEME CYCLE CENTRES D'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL ENSEIGNEMENT TECHNIQUE COMMERCE COMPTABILITE LYCEES 3 4 5 6 7 TECHNIQUES ----- ------- - -- ----=- ------- --- - - ---------- ---- - IGNEN EC'LERNTRTUTERST E CNQS GL ENC E S COURS NORMAUX D'INSTITUTEURS ADJOINTS CENTRES DE FORMATION DES MAITRES D'EDUCATION RURALE EDUCATION 0_ RURALE CENTRES D'EDUCATION RURALE ECOLE DES INGENIEURS DE L'EQUIPEMENT MID-1 --o RURAL EXAMEN D'ENTREE ECOLE DES A.T.G.R. O EXAMEN EN SE IGN EMENTECLD'NIMRSVTIARE AGRICOLE ® DIPLOME UNIVERSITAIRE ECOLE D'INFIRMIERS VETERINAIRES STAGE ECOLE DES ASSISTANTS TECHNIQUES DE L'AGRICULTURE ECOLE DES PREPOSES DES EAUX ET FORETS 0 ANNEE SCOLAIRE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 il 12 13 14 15 16 CLASSE I AGE 6 7 8 9 10 il 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 BIRD 5151 (R) PERSEVERANCE ET REUSSITE AUX EXAMENS (EDUCATION RURALE EXCLUE) (1967/68) DIPLOME5 (P.r ropport ..x 1,000D élève 1,000 da o preière CEP 199.0 1BEPC..,1 15. t TOTAL 264 .7 (BACCALAUREAT) 199 1 , 0 dENREE 95 88.5 82.0 82.8 & B.E. 53.2 37.4 29.5 23.9 800- EN SECONDAIREý 5.6 Il1.4 - 6.5 6.5 29.6 601,000 840 732 650 532 555 V42.6 24.9 600 400 315 95 NOTEI: LES STATISTIQUES ECOLIERES 82 NE TIENNENT PAS COMPTE DES 200- REDOUBLEMENTS CE QUI EXPLIQUE 200 ERTANES NOMAIES. ( ACCROISSEMENT DU NOMBRE D'ELEVES DE LA 5ème b LA 6ème ABANDONS ANNEE DU CYCLE PRIMAIRE ET DE LA 3ème 108 TOTAL: 837 A LA 4ème ANNEE DU SECONDAIRE.) 160 0- 760 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6 7 7 CYCLE 2ème CYCLE ENSEIGNEMENT PRIMAR ENSEiGNEMENT SECOND,IRE ET TECHNIQUE BIRD 5158 (R) NOMBRE D'ELEVES PAR TRANCHES D'AGE (AU 1/1/68) DANS LES DIVERS ORDRES D'ENSEIGNEMENT AGE 21 100 390 280 FILLES 180 490 450 GARCONS 1,440 ENSEIGNEMENT EDUCATION ENSEIGNEMENT 1 PRIMAIRE RURALE SEC. & TECH. 360 alù2,990 I- . 1.17 1lIIi I I I I I I I I I |I 6 5 4 3 2 1 0 2 3 4 5 6 7 8 9 10 BIRD 5157 (R) ENSEIGNEMENT PRIMAIRE GRAPHIQUE 4 ACCROISSEMENT DU NOMBRE D'ELEVES SCOLARISES DE 1960 à 1969 TOTAL NOMBRE D'ELEVES 90,000-- 80,000-- 70,000 -- NOMBRE D'ELEVES (ENSEIGN. PUBL.) ..- TAUX ANNUEL D'ACCROISSEMENT 60,000-- 15 --14 --13 50,000- - -il 40,000 -- * -10 NOMBRE D'ELEVES --9 (ENSEIGN. PRIVE) 8 30,000-- -6 20,000-- 5 , TAUX ANNUEL \ D'ACCROISSEMENT 3 10,000- -2 ANNEE 0 I I I I I I I I SCOLAIRE 1960/61 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 BIRD 5153 (R) GRAPHIQUE 5 ENSEIGNEMENT SECONDAIRE: ACCROISSEMENT DU NOMBRE D'ELEVES SCOLARISES DE 196OÙ 1969 NOMBRE D'ELEVES 10,000 NOMBRE D'ELEVES 9,000- do wO (TOTAL) 9,00 - - 8,000-- TAUX ANNUEL D'AC CR0 ISSEMENT 7,000-- 32 * 30 6,000-- - NOMBRE D'ELEVES 28 (ENSEIGN. PUBLIC) I 26 5,000 ---6 24 --22 I 4,000-- - 20 --18 NOMBRE D'ELEVES 3, 000 (ENSEIGN. PRIVE) 16 -14 12 2,000- 10 8 6 1,000-- TAUX ANNUEL 4 D'ACCROISSEMENT 2 1960/61 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 BIRD 5155(R) GRAPHIQUE 6 TAUX DE REDOUBLEMENT % DE REDOUBLANTS DANS L'EFFECTIF 31.9 30 ~C. E. P. 3 30-- - BACCALAUREAT 27.5 B.E.P.C. 25 -- 2 23.7 20- 18.1 16.3 / 15--149 14. 2 . 15.9 12.9 ..- . . - 13.1 12.5 10-- 11.0 10.7 ENSEIGNEMENT SECONDAIRE - - - ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5 -- > ANNEES DE SCOLARITE 1 2 3 4 5 6 7 PREMIERE CYCLE DEUXIEME CYCLE ENSEIGNEMENT SECONDAIRE 2 3 4 5 6 ENSEIGNEMENT PRIMAIRE BI RD 5156 (R) GRAPHIQUE 7 EDUCATION RURALE: ACCROISSEMENT DU NOMBRE D'ELEVES SCOLARISES DE 1961à 1969 NOMBRE D'ELEVES 30,000-- NOMBRE D'ELEVES (TOTAL) NOMBRE D'ELEVES (GARCONS) 20,000-- TAUX DE SCOLARISATION ET TAUX ANNUEL D'ACCROISSEMENT --40 --35 TAUX ANNUEL --30 D'ACCROISSEMENT 10,000-- -- 25 - 20 --15 TAUX DE SCOLARISATION --10 --- --------- NOMBRE D'ELEVES-- 5 FILLES) I I r >ANNEE SCOLAIRE 61 '62 '63 '64 '65 '66 67 '68 '69 BIRD 5154 EDUCATION RURALE ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CENTRE DE FORMATION DES MAITRES D'EDUCATION RURALE Z , ---5 6[D O CENTRE DE FORMATION DES VULGARISATEURS EDUCATION RURALE [T]-f-|---[¯] ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CENTRE DE FORMATION DES VULGARISATEURS EDUCATION POST- PREPARATION A L'ENSEIGNEMENT EDUCATION RURALE SCOLAIRE AGRICOLE TECHNIQUE AGRICOLE O AVEC PETIT OUTILLAGE ET PECULE * EXAMEN D'ENTREE CONCOURS O EXAMEN DE SORTIE AVEC PETIT OUTILLAGE AGRICULTURE CENTRE DE FORMATION DES MAITRES D'EDUCATION RURALE 0 AGE I M | | | I | | | | 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 c o BI RD 5149 (R) RESUME ET CONCLUSIONS i. Dans un pays tel que la Haute Volta, qui est pauvre et dont l'économie est presque exclusivement rurale, il importe d'englober dans la notion d'éducation non seulement l'enseignement scolaire classique, mais aussi tous les types d'éducation des adultes; la formation des agri- culteurs et des artisans ruraux, qui permet d'accroître la productivité dans les campagnes et d'endiguer l'exode vers les villes, revêt ici une importance particulière. ii. En Haute Volta, l'enseignement scolaire est encore peu développé. En 1967/68, 10 pour cent seulement des enfants âgés de 6 à 11 ans ont fré- quenté l'école, et ce pourcentage n'était que de 6,3 pour cent pour les en- fants âgés de 12 a 16 ans. En 1969/70, le nombre total des élèves ins- crits a été de 100.000 pour le primaire, de 9.500 pour le secondaire et les écoles professionnelles (ces dernières n'ayant enregistré que 800 inscriptions); de 26.000 pour les centres d'éducation rurale, et de 450 pour les établissements d'enseignement supérieur (dont 350 à l'étranger). iii. Dans les écoles, l'entretien, l'équipement et les supports pédagogiques, et la qualité de l'enseignement laissent beaucoup à désirer; les programmes proposés sont souvent mal adaptés aux besoins du pays. Comme dans nombre d'autres pays africains, les taux d'abandon et de redoublements sont très élevés. Environ un quart seulement des élèves admis en lèro année de cycle primaire obtiennent leur certificat d'études primaires et l'on estime qu'i:L faut 30 élèves-année par diplôme accordé. Dens les établissements secon- daires, le taux de redoublement est supérieur à 23 pour cent pour la clas- se de préparation au brevet; il est proche de 32 pour cent pour la classe terminale menant au baccalauréat. iv. L'une des caractéristiques les plus intéressantes du système scolaire voltaicue est le développement des Centres d'Education Rurale. Ces centres ont été conçus en vue de donner une formation à la fois géné- rale et pratique aux jeunes garçons et filles à partir d'âges de 13 à 15 ans, qui n'ont pas fréquenté l'école auparavant. Les garçons sont initiés aux méthodes de culture, tandis que les filles, qui ne représen- tent encore qu'un faible pourcentage des élèves, bénéficient en outre de cours d'enseignement ménager. L'objectif recherché est de fournir aux étudiants un type d'éducation qui les prépare mieux à la vie et au travail ruraux que l'enseignement classique. Au cours de ces dernières années, le nombre des élèves inscrits dans ces centres a progressé de 20 pour cent par an, alors que dans le primaire et le secondaire, il n'augmentait que de 1 et 5 pour cent respectivement. v. S'il est parfaitement valable en théorie, en pratique, ce système n'a pas jusqu'ici produit les résultats qu'on en attendait. Pour diverses raisons, les étudiants sortant de ces centres (les jeunes filles mises à part) nront généralement pas réussi à s'intégrer effectivement à la vie rurale. Souvent, ils sont allés chercher du travail à l'étranger, - ii - surtout en Côte d'Ivoire. Ceci tient notamment au fait que, d'après les coutumes locales, les jeunes gens ne peuvent posséder et cultiver leurs propres terres qu'une fois mariés. Les pouvoirs publics se sont efforcés de réduire la durée de ce temps mort en créant des centres où les élèves peuvent recevoir une formation agricole postscolaire de deux ans, et en encourageant les dipl8més à se grouper en exploitations collectives. Au- cune de ces tentatives ne s'est avérée très efficace. L'un des problèmes qui se posent est que les parents ne comprennent pas l'objectif de l'en- seignement rural, dans lequel ils ne voient bien souvent qu'un ersatz d'enseignement primaire classique. Ils ont insisté pour que l'âge d'ad- mission dans ces établissements soit abaissé, et pour que l'enseignement prodigué soit plus conforme à celui des écoles primaires; ils ont même, dans une certaine mesure, obtenu gain de cause, ce qui rend plus difficile rncore le placement des élèves dans les régions rurales. Mais la carence majeure de l'enseignement rural tient surtout à la qualité médiocre des cours dispensés et des programmes proposés. Les maîtres reçoivent une formation inadéquate; ils sont faiblement motivés et insuffisamment en- cadrés. La plupart d'entre eux ne possèdent pas une connaissance pratique suffisante de l'agriculture. Les élèves doivent consacrer un temps excessif à l'apprentissage du français, qui tient lieu de langue d'en- seignement en raison de la multiplicité des langues vernaculaires. Les lopins de terre rattachés à ces centres sont trop exigus pour permettre aux élèves de se livrer à des travaux pratiques valables, ou de pratiquer l'agriculture sur une échelle réaliste. Le bétail est inexistant, alors que de toute évidence, l'élevage devrait peu à peu trouver sa place dans l'agriculture voltaïque. Les types de matériel utilisé se sont souvent révélés impropres à l'usage auquel ils étaient destinés. Les travaux de ces fermes-écoles sont généralement exécutés de façon défectueuse et dé- sordonnée. vi. Il ne faut pas pour autant abandonner ce système d'enseigne- ment rural: il faut l'améliorer et le développer. La Haute Volta, qui consacre déjà plus de 15 pour cent de son budget ordinaire à l'éducation, ne peut pas se permettre de remplacer les Centres d'Education Rurale par des écoles primaires ordinaires qui risqueraient d'ailleurs d'éloigner les élèves du milieu rural. Nul doute que l'enseignement agricole appelle de nombreuses améliorations. On peut envisager sérieusement de substituer au français quelques-uns des principaux dialectes locaux ou, à défaut, d'avoir recours à l'une des méthodes modernes d'enseignement accéléré du français. Il y aurait beaucoup de perfectionnements à apporter à la for- mation des maîtres, surtout en ce qui concerne les questions pratiques et les méthodes pédagogiques; il faudrait renforcer l'encadrement, grâce à des maîtres-conseillers; donner aux maîtres la possibilité de devenir eux- mêmes conseillers, ou d'être mutés dans les services de vulgarisation agricole; élargir la gamme des carrières proposées aux élèves sortant de ces centres qui, lorsqu'ils ne choisissent pas de devenir exploitants, devraient avoir la possibilité d'être formés comme encadreurs de base dans le service de la vulgarisation agricole. Quant aux élèves sortant des centres de formation postscolaire -- centres qui, eux aussi, ont - ±ii - besoin d'être réorganisés -- ils devraient recevoir un Certificat d'Edu- cation Rurale qui leur permettrait de postuler tous les emplois ouverts aux lauréats du Certificat d'Etudes Primaires, notamment les postes de maîtres stagiaires de l'enseignement rural. Il faudrait accroître con- sidérablement la superficie des exploitations rattachées aux centres agri- coles et initier les jeunes gens aux méthodes d'élevage. Pendant les cours théoriques, on devrait user abondamment le matériel audio-visuel s-unple. Si l'on parvenait à améliorer nettement la qualité de l'enseigne- ment général et pratique diffusépar ces centres, et à faire des exploi- tations qui leur sont rattachées la démonstration probante de ce que l'on peut obtenir par les méthodes culturales modernes, les jeunes gens sortant de ces établissements n'auraient probablement guère de difficulté à trouver des emplois utiles. Une fois ces perfectionnements apportés, il serait possible et même souhaitable de développer davantage l'enseigne- ment rural. Un tel programme implique la construction de 250 centres chaque année et la formation du nombre correspondant de maîtres, si l'on veut porter les effectifs, actuellement de 2b.000 élèves, à 1)1.000 d'ici à 1980 (taux de scolarisation de 33,6% pour la seule Education Rurale). vii. En ce qui concerne l'enseignement primaire classique, plutôt que de rechercher ltexpansion quantitative, il serait préférable d'amélio- rer les méthodes éducatives et les programmes, de mieux former les maîtres et de leur faciliter la tâche en leur fournissant davantage de supports pédagogiques. Il faudrait d'abord s'attacher à réduire le nombre des re- doublements et des abandons scolaires. Ladoption des méthodes audio-vi- suelles pourrait bien jouer un r8le important à cet égard. Toutefois, l'introduction de l'enseignement télévisuel doit se faire avec prudence, tant que l'on ne connaît pas de façon plus précise les résultats des pro- grammes déjà en cours d'exécution ou encore à l'état de projet, comme celui de la Côte d'Ivoire, et tant que l'on n'a pas évalué le coût de la télévision en fonction des avantages qu'on peut espérer en retirer. Entre- temps, l'adoption de la méthode CLAD -- méthode d'apprentissage accélèré du français, actuellement appliquée à titre expérimental à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso -- pourrait sans doute faciliter considérablement l'en- seignement. viii. Compte tenu du peu de débouchés offerts aux diplômés des établissements secondaires, il semble qu'il n'y ait pas lieu de développer l'enseignement secondaire classique. La mission n'a pas été en mesure de juger s'il était nécessaire d'agrandir les écoles techniqueset profes- sionnelles, qui en g5néral semblent donner à leurs élèves une formation adéquate. Dans le domaine de l'enseignement agricole, la mission recommande l'adoption d'une proposition formulée par le Bureau du Développement de la Production Agricole (B.D.P.A.) dans une étude détaillée. Cette propo- sition suggère la mise au point dtun "programme général" de formation agri- cole élémentaire, sanctionné par un "brevet agricole" qui serait le prélude à une spécialisation plus poussée. L'enseignement de ces spécialités a grand besoin d1être amélioré, surtout en ce qui concerne les travaux pra- tiques. - iv - ix. Comme l'enseignement académique et institutionnalisé va sans doute souffrir de la politique d'austérité budgétaire, et comme il est indispensable d'élever la productivité, il faudra s'intéresser plus particulièrement à toutes les formes d'éducation des adultes. On doit donc prévoir la formation d'artisans ruraux et de maitres artisans (en s'inspirant d'un excellent programme pilote déjà mis en oeuvre par le BIT), le dressage des bêtes de trait et l'initiation des paysans au guidage des instruments à traction animale. Il convient également de diversifier et d'étoffer la gamme des services proposés à la population rurale par les animateurs et les agents de la vulgarisation agricole. x. Actuellement, l'encadrement agricole est assuré par les ORD (Offices Régionaux de Développement) qui fonctionnent généralement sous la direction ou la conduite de firmes étrangères connues sous le nom de "Sociétés d1interventionl et financées, à une exception près, grâce à l'aide extérieure. Bien que les efforts accomplis par ces sociétés dans le sens d'une amélioration de la culture du coton (et dans une certaine mesure, de l'arachide) aient connu un succès incontestable, ils ne se sont toutefois pas révélés suffisants. Jusqu'ici, on ne s'est guère préoccupé d'étendre l'effort de vulgarisation à l'ensemble du développe- ment rural. Certes, il faut avancer progressivement, et il n'est pas question de faire passer au second plan les cultures de rapport qui sont nécessaires au financement d'un programme plus vaste; néanmoins, il faudrait peu à peu chercher à inclure les techniques d'élevage dans les programmes de vulgarisation. Bien souvent, dans les ORD, l'organi- sation des services de vulgarisation agricole souffre d'un déséquilibre dû à une direction trop lourde par rapport à l'effectif du personnel délégué au niveau des exploitations. Nombre de sociétés étrangères ne font rien pour engager et former à ces emplois du personnel voltaïque, ce qui tend à perpétuer la présence de spécialistes étrangers d'un prix de revient élevé. La direction et le personnel d'un service de vulga- risation n'orit.pas vraiment besoin de posséder une formation agricole d'un niveau technique élevé. Par contre, au niveau supérieur, il est primordial que les cadres administratifs possèdent des capacités de gestion et d'organisation appropriées. Xi. Quant à l'encadrement de base au niveau des exploitations, il faut bien distinguer entre la "vulgarisation" qui consiste à donner des conseils techniques aux agriculteurs, et "1l'animation" dont le but principal est d'éveiller en eux le désir de progresser et de faire des efforts personnels. Au niveau des exploitations, llencadrement devrait donc être assuré dans la mesure du possible par des vulgarisateurs et par des animateurs. Ces derniers devraient être recrutés parmi les paysans capables d'appliquer des méthodes culturales plus efficaces, dé- sireux de se prêter à l'expérience, et jouissant d'une confiance suffisante de la part des autres agriculteurs. La sélection devrait s'opérer en fonction de l'autorité naturelle des concurrents, et les candidats désignés devraient être employés comme animateurs à temps partiel. Des vulgari- sateurs, dotés d'une formation technique plus poussée, pourraient soutenir - V - dans leur tâche les animateurs, lesquels ne bénéficieraient que d'un recyclage complété par de brèves périodes d'instruction. Le corps du présent rapport expose les méthodes par lesquelles on pourrait organi- ser et former le personnel employé dans ces deux branches du service de vulgarisation agricole au niveau des exploitations. xii. A une ou deux exceptions près, les firmes responsables des ORD ne se sont guère souciêes d'aider les agriculteurs à s'organiser en- tre eux pour contribuer à la réalisation de petits projets dirrigation, se grouper en coopératives, ouvrir et gérer des magasins, etc. De toutes les sociétés étrangères, c'est la C.I.D.R. qui a fourni le plus gros ef- fort dans ce sens. Dans le même ordre dlidées, il faut aussi signaler la remarquable performance accomplie par les Chinois de Formose qui se sont occupés de projets rizicoles et ont appris aux paysans les techniques permettant d'obtenir des récoltes à fort rendement; il est vrai que l'on ne pourra vraiment apprécier l'efficacité de leurs méthodes de formation qu'au fur et à mesure qu'ils se retireront du pays. xiii. Le succès du développement rural dépend de la qualité de la formation donnée aux agents de la vulgarisation agricole, aux exploitants et aux artisans. Il est très nécessaire de mettre au point des méthodes de formation plus efficaces, en commençant par décomposer les séquences des tâches à accomplir, puis en recherchant la manière la plus efficiente de les exécuter. A cette Lin, la mission suggère que llon étudie soig- neusement la création éventuelle d'un Institut National Voltaïque pour la Formation Professionnelle. Cet institut collaborerait, avec les organisations déjà existantes, à la mise au point de méthodologies ap- propriées de la formation agricole, commerciale, et industrielle; il aiderait à dêterminer le nombre de stagiaires à former dans chaque spé- cialité, ainsi que les modalités et la durée du stage; il préparerait le matériel pédagogique et pourrait même diriger un ou plusieurs centres de formation de moniteurs. On doit au BIT la création d'instituts de ce genre au Chili, au Venezuela et en Colombie. xiv. Enfin, le problème posé par l'équipement agricole et ses techniques d'utilisation mérite une attention beaucoup plus poussée. L une des principales raisons pour lesquelles l'introduction des instru- ments a traction animale n'a connu qu'un succès très limité en Haute Volta est que l'on n'a pas su choisir ou inventer dtinstruments adaptés aux conditions locales. On n'a pas su non plus dresser des animaux de trait et apprendre aux agriculteurs à se servir correctement des instruments à traction animale. C'est pourquoi la mission suggère que soit entre- prise une étude qui déterminerait s'il est judicieux de crée un centre de recherches et d'application de la technologie agricole fondamentale, et indiquerait comment il faut s'y prendre. Ce centre se spécialiserait dans la mise au point d'outils et d'instruments destinés à rendre le travail des agriculteurs à la fois plus efficace et moins fastidieux. Il fonctionnerait en liaison étroite avec l'éventuel Institut de Formation Professionnelle, car il importe d'apprendre aux paysans à se servir des outils et des instruments, et à les maintenir en bon état. I. ANALYSE ET DISCUSSION DES FAITS OBSERVES A. Enseignement Généralités 1. L'enseignement est la transmission de certaines connaissances d'un individu à un groupe d'individus en vue d'atteindre un niveau de dé- veloppement intellectuel donné, vérifié par des examens et très générale- ment attesté par un diplôme. L'enseignement transmet des connaissances gé- nérales, parfois techniques, mais rarement en vue de l'occupation d'un poste professionnel défini. L'enseignement s'adresse à des groupes d'élèves ho- mogènes en âge et en niveau de connaissance préalablement acquises. Les examens et les concours effectuent dans ce but une sélection sur des cri- tères intellectuels. L'importance des groupes varie habituellement entre 30 et 100 individus. 2. Les méthodes sont essentiellement fondées sur le système des "cours" donnés dans des salles de classe, et font appel à l'étude livresque, à la mémoire et à la réflextion. Lorsque des activités manuelles sont in- troduites dans l'enseignement, elles ne conduisent pas, sauf dans le cas particulier de l'enseignement professionnel, à l'acquisition des réflexes et de la dextérité requis dans la pratique. 3. Le système voltaïque d'enseignement traditionnel est calqué sur le système français et les diplômes délivrés ont droit d'équivalence avec les dipl8mes français. L'Education Rurale, système parallèle au système traditionnel, est unique en son genre et constitue une expérience parti- culièrement intéressante. 4. Les enseignements spécialisés dépendent des ministères corres- pondants (Agriculture et Fonction Publique). En principe l'enseignement supérieur est donné par les Universités et écoles inter-états ou étrangères. 5. En Haute Volta (graphique 1) l'organisation est la suivante: (a) L'enseignement primaire: 100.000 élèves, 73 pour cent des effectifs en 1969/70, dure 6 années (de 6 à 11 ans) et conduit au Certificat d'Etudes Primaires (C.E.P.). (b) L'enseignement secondaire et technique: 9.500 élèves, 7 pour cent des effectifs en 1969/70 comporte un premier cycle de quatre années (de 12 à 15 ans) sanctionné par le Brevet D'Etudes du Premier Cycle (B.E.P.C.) et un second cycle de 3 années (de 16 à 18 ans) sanctionné par les divers Bacca- lauréats. (c) Un embryon d'enseignement supérieur: 100 étudiants environ, 0,1 pour cent des effectifs en 1969/70 est constitué par les cours de (1) formation des agents de l'Etat des niveaux A et B à l'Ecole Nationale d'Administration (E.N.A.), (2) l'Institut -2 - Universitaire des Techniques Pédagogiques (I.U.T.P.) et (3) la classe de préparation au Diplôme Universitaire d'Etudes Littéraires (D.U.E.L.). LII.U.T.P. et la classe préparatoire au D.U.E.L. sont groupés avec le Centre Voltaïque de Recherches Scientifiques (C.V.R.S.) pour constituer le Centre d'Enseigne- ment Supérieur (C.E.S.U.P.). (d) L'Education Rurale: 28.000 élèves, 19 pour cent des effectifs en 19>9/70, dure 3 années (de 1 à 17 ans en moyenne) et s'adresse à de jeunes ruraux n'ayant pas encore été scolari- sés. Les élèves, en principe, doivent retourner dans l'exploi- tation familiale à la fin des 3 années passées dans le Centre d'Education Rurale (C.E.R.) de leur village. Aucun diplôme n'est délivré. La langue d'enseignement est le français, lan- gue officielle de la République de Haute Volta, qui est une langue difficile. 6. Les liens avec les milieux enseignants français sont très étroits à tous lesniveaux et l'appui pédagogique français est très important. 7. Les taux de redoublement et d'abandon en cours de scolarité sont élevés pour tous les types d'enseignement, à ltexception de l'Education Rurale (graphiques 2 et 6). Les taux de scolarisation sont en général faibles et très variables en fonction de l'âge, du type d'enseignement et du sexe, La pyramide ci-jointe (graphique 3) et le tableau 1 ré'sument la situation pour l nnée scolaire 1967/68. Tableau 1: TAUX DE SCOLARISATION E, POURCENTAGE DE LA POPULATION DES CLASSES D'AGE Enseigt. Enseigt. Education Moyennes sur Claases d'âge Primaire Sec.+Tech. rurale tous enseigt. G F T G r T G F T G F T 6 a 11 ans 12,7 7,1 9,9 0,04 0,02 0,03 - - - 12,8 7,2 10,0 12 à 1 ans 3,4 1,4 2.,4 1.,40 0,60 1,00 5,5 0,3 2,9 10,3 2,3 6,3 19 et 20 ans - - - 0,92 0,30 0,66 0,76 - 0.,4 1,7 0,3 0,98 - 3 - 8. On remarque le faible taux de scolarisation chez les filles. Les taux de scolarisation sont plus élevés en milieu urbain oulen milieu rural. Tableau 2: TAUX DE SCOLARISATION Milieu urbain Milieu rural (villes de + 5.000 h.) Enseignement primaire a/ 65% 8,4% Education rurale b/ - 6,7% Enseignement secondaire et technique C/ 17% a/ Les taux de scolarisation en enseignement primaire sont rapportés aux populations de classes d'âge 6-11 ans pondérées par les rapports popu- lation urbaine et population rurale/population totale. b/ Le taux de scolarisation en Education Rurale est rapporté à la population des classes d'âge 14-16 ans pondérée par le rapport population rurale/po- pulation totale. c/ Tous les établissements dienseignement secondaire et technique sont en milieu urbain. Une partie des élèves est d'origine rurale mais il est difficile d'en évaluer l'importance. 9. La part du budget national consacrée à l'enseignement ne peut pas être établie clairement, les frais d'amortissement et d'entretien des bâtiments n'étant pas discernables des charges du même genre attachées à d'autres ministères et les charges relatives à l'enseignement spécialisé (agriculture et fonction publique) n'étant pas discernables des charges géné- rales des ministères correspondants. Cependant le budget du Ministère de L'Education Nationale représente environ 16 pour cent des ressources or- dinaires: Tableau 3: BUDGET DU MIINISTERE DE L'DUCATION NATIONALE 1966 1967 1968 1969 Pourcentage des ressources ordinaires 20% 17,9% 16,2% 18,3% Montant en FCFA(000) 1.504.000 1.356.0oo 1.31.000 1.634.000 Charges par habitant: en FCFA 310 274 265 317 en US$ 1,1 1,0 0,96 1,1 Les traitements des fonctionnaires de l'Education Nationale représentent, à eux seuls, environ 60 pour cent des dépenses de ce ministère. 10. La part des ressources budgétaires ordinaires dévolue à l'enseigne- ment est normale, mais les ressources étant faibles, le volume des dépenses est faible: US$ 1 par an et par habitant, contre 10 en C8te d'Ivoire. Enseignement primaire Remarques générales 11. L'enseignement primaire voltalque ne diffère du système français que par la méthode de recrutement des élèves dans les écoles ayant moins de 6 classes. En France, le recrutement se fait chaque année, quel que soit le nombre de classes, et on obtient des classes à plusieurs divi- sions, alors qu'en Haute Volta le recrutement se fait par tranches poly- annuelles (2 ou 3 années) en fonction du nombre de classes (3 ou 2 clas- ses). Les classes voltaiques sont par conséquent homogènes du point de vue du niveau des élèves, ce qui présente un intérêt certain pour l'in- troduction éventuelle d'aides pédagogiques audio-visuelles. 12. L'enseignement privé est subventionné par l'Etat qui, en contre- partie, a un droit de regard sur la gestion des établissements et contrôle le recrutement des instituteurs. Lenseignement privé, dépendant des mis- sions catholiques pour la quasi-totalité,était très important jusqu'à l'année scolaire en cours (1969/70). Au ler octobre 1969, lcenseignement privé représentait 32 pour cent des effectifs scolarisés en primaire. Au début de l'année scolaire 1969/70, les missions catholiques ont remis la totalité de leurs écoles primaires (bâtiments, matériel et instituteurs) - 5 - à lEducation Nationale. Ce transfert se traduira, toutes choses égales par ailleurs, par un accroissement des charges du Ministère de l'Education Nationale, car les subventions ne couvraient pas la totalité des frais de l'enseignement privé, dont les instituteurs, pourtant, étaient moins bien payés que ceux de l'enseignement public. 13. Par tradition, l'école est un moyen de s'échapper de son milieu (du milieu rural notamment), si possible pour devenir fonctionnaire ou, à défaut, s'expatrier pour quelques années. Analyse des données statisti£ues I/ 14. L'accroissement annuel du nombre d'élèves de l'enseignement primaire a été très variable au cours des 10 années passées (voir graphique h). Les effectifs n'ont que faiblement augmenté au cours des h dernières années (11 pour cent en h ans, soit 2 pour cent de plus que l'accroisse- ment de population scolarisable). 15. Les redoublements de classe en cours de scolarité sont fréquents. En 1966 (année scolaire 1967/68), 15,39 pour cent des élèves de l'enseigne- ment primaire redoublaient la classe cu'ils avaient suivie en 1966/67. Le taux de redoublement croît régulièrement avec le niveau atteint par les élèves et marque une pointe en fin de cycle (élèves ayant échoué au C.E.P. et redoublant la 6ème année d'enseignement primaire). Tableau h: ENSEIGNEMENT PRDIiJIRE - TAUX DE UEDOUBLEMENT Années de scolarisation Pourcentage redoublement 1 12,5 2 12,9 3 1,2 h 16,3 5 15.,9 6 27.,5 16. Le taux d'abandon en cours de scolarité n'est pas connu avec précision (données statistiques insuffisantes), mais au total, pour 1.000 élèves admis en lère année d'enseignement primaire, 250 environ réussissent l/ Données complètes pour l'année scolaire 1967/68, partielles pour quel- ques autres années. - 6 - leur examen du C.E.P. ou de passage en lère année dtenseignement secon- daire et 760 abandonnent en cours de scolarité. (Voir graphique 2). Il en résult, que, pour un certifié, il faut environ 30 années/élève (calcul de la mission UNESCO en Haute Volta). 17. Il semble qu'il soit impossible, dans les années à venir, de di- minuer le rapport entre le nombre d'élèves en lère année d'enseignement pri- maire et la population de la classe d'âge correspondante. C'est dire que, dans l'hypothèse de croissance la plus basse, le nombre d'élèves en lère année d'enseignement (23.830 en 1968) sera de 30.500 en 1979/80. 18. Toutes choses étant égales par ailleurs, la répartition des élèves entre les différentes années d'enseignement devrait se rapprocher de la répartition établie par le graphique 2 (persévérance et réussite aux examens) puisque le nombre d'élèves admis en lère année n'évoluera plus que lentement (2 pour cent par an). Le nombre total d'élèves de l'enseignement primaire en 1980 devrait être alors de 131.500 et le taux de scolarisation des classes d'âge de 6-11 ans de 10,4 pour cent contre 9,9 pour cent en 1968. 19. L'effectif moyenès classes est de 46 élèves en 1969 (même effec- tif qu'en 1967), chaque classe ayant son instituteur. Les effectifs réels, en général, s'écartent assez peu de la moyenne nationale: l'effectif moyen par cercle ou par commune n'est inférieur à 40 élèves que dans 11 cercles ou communes sur 49 et n'est supérieur à 55 que dans dsux carcles et cornunes, les moyennes les plus élevées se trouvant en milieu urbain (56,5 pour Ouahigouya, 55,7 pour Ouagadougou et 52,9 pour Bobo-Dioulasso). Conditions de travail 20. Les bâtiments scolaires sont simples, généralement mal entretenus et parfois proches de la ruine. En saison sèche, l'aération et l'éclai- rage sont tout juste suffisants. La protection thermique est souvent inexis- tante et l'orientation mal choisie, si bien que la température à l'inté- rieur des classes devient insupportable dès le milieu de la matinée. En saison humide, la plupart des bâtiments modernes sont traversés par les embruns pénétrant par les ouvertures d'aération. Certains bâtiments ont été conçus sans porte, et les classes sont envahies par les troupeaux pen- dant la nuit et les vacances. Il n'y a pas de crédit pour l'entretien. Les toitures elles-mêmes ne sont réparées oue lorsqu'il n'est plus possible de vivre dans la classe. Des difficultés importantes sont à prévoir sur ce chapitre dans les 5 années à venir. Aucune étude n'est en cours pour dé- terminer les caractéristiques que devraient présenter les constructions neuves ou pour définir les modifications à apporter aux constructions exis- tantes. 21. Le mobilier scolaire est du type traditionnel européen. L'en- tretien laisse à désirer. -7 - 22. Le matériel pédagogique est déficient, ancien, parfois presque hors d'usage (livres dont il manque les premières pages, tableaux noirs usés). Les restrictions de crédit se font sentir sur toutes les fournitures, jusqu'à la craie dont les attributions hebdomadaires sont insuffisantes. 23. La discipline est remarquable et les élèves font preuve d'une application exemplaire. Cependant il est difficile de savoir s'il s'agit du résultat d'une disposition naturelle des élèves ou d'une discipline stricte liée aux méthodes traditionnelles d'enseignement. Résultats et difficultés 24. Il semble que, malgré l'équivalence du C.E.P. voltalque avec le diplôme français, le niveau des élèves soit nettement plus faible qu'en France, ce qui s'explique par 3 raisons: (i) Les élèves doivent d'abord, pour la majorité, apprendre le français, ce qui ralentit considérablement le rythme de l'enseignement jusqu'en hème année de primaire. Deux cent cinquante classes primaires des régions de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso participent actuellement à l'expérimentation en Haute Volta d'une méthode moderne d'enseignement du français (méthode CLAD - voir paragraphe 301 ). Les ré- sultats semblent prometteurs. (ii) Le niveau des instituteurs est insuffisant: on ne forme plus d'instituteurs actuellement, mais des instituteurs adjoints recrutés au niveau du B.E.P.C. (et non du bacca- lauréat) et ne recevant qu'un an de formation. Celle-ci (dernière année des cours normaux) cherche plus à accroître leur bagage intellectuel qu'à leur donner une formation pédagogique pratique et moderne. (iii) ltinspection pédagogique est très limitée et ne joue abso- lument pas le rôle de soutien pédagogique. 25. De grands efforts, malgré tout insuffisants, avaient été faits pour africaniser les programmes. Les actions conjointes du C.D.P.P. (Cen- tre de Documentation et de Productions Pédagogiques) et d'une mission UNESCO devraient aboutir d'ici quelques années à la "ruralisation" des programes (adaptation des programmes au milieu essentiellement rural de la Haute Volta). Coût de l'enseignement primaire et projections sur 1980 26. La construction des écoles primaires (y compris le logement de l'instituteur) et la fourniture du mobilier scolaire sont à la charge des collectivités locales. L'Etat, par le canal du Ministère de l'Education Nationale, fournit le personnel enseignant, ltencadrement (directeurs, inspecteurs, etc.) et les fournitures. Il semble que les responsabilités - 8 - sont mal définies en ce qui concerne l'entretien des bâtiments et du mobilier, ce qui explique en partie le mauvais état drentretien généra- lement constaté. 27. La direction de l'enseignement du ler degré a effectué une étude des coûts de scolarisation en enseignement primaire et conclut qu'une année-élève coûte 13.000 FVFA, y inclus les frais des communes. La ventilation des différents chapitres du budget de lfEducation Natio- nale et la répartition de la somme à attribuer à l'enseignement primaire sur le nombre d'élèves, fait apparaître un coût de 10.600 FCFA par année-éldve (y compris la formation des instituteurs). La différence provient vraisemblablement des incertitudes en ce qui concerne la ven- tilation des charges de cantines scolaires et d'entretien des bâtiments et du matériel. 28. Le coût de 1iannée-élève, en francs constants 1969, ne peut qu'augmenter d'ici 1980 par suite (i) de l'accroissement des charges dues à l'absorption de l'enseignement privé, et (ii) de l'évolution indiciaire des traitements des instituteurs déjà en place. Il semble raisonnable de prévoir une augmentation de 15 pour cent, soit un nouveau coût de 12.200 FCFA par ainée-élève. Dans ces conditions, le montant des crédits minima à accorder à l'enseignement primaire en 1980 (131.500 élèves, voir paragraphe 18, ci-dessus) sera de 1.604 millions de FCFA (131.500 x 12.200 FCFA). 29. Une étude réalisée par les économistes de la mission de la BIRD en Haute Volta et reproduite en annexe no. 1 prévoit que le budget de l'Education Nationale en 1980 sera contenu dans la fourchette 2.300 à 3.000 millions de FCFA. On appellera "Hypothèse Basse" la prévision 2.300 millions et "Hypothèse Haute" celle de 3.000 millions. Pour fixer les idées on formulera deux hypothèses sur la répartition du budget de lfEducation Nationale entre les différents ordres d'enseignement: (i) "Hypothèse no. l": La répartition entre les différents ordres d'enseignement (Primaire, Secondaire et Technique, Supérieur, Education Rurale) reste identique à ce qu'elle était en 1969 (le taux d'accroissement des crédits est identique pour tous). (ii) "Hypothèse no. 2"1: Tous les ordres d'enseigner.nt à l'exception du primaire restent bloqués à leur valeur de 1969; l'enseignement primaire seul accapare la totalité des accroissements de crédits accordés à l'Education Nationale de 1969 à 1980. Le budget de 1'Education Nationale en 1969 (1.650 millions de FCFA au to- tal, dont 1.050 millions au titre de i'enseignement primaire) a servi de point de départ à ces calculs; et l'on suppose que le coût de l'enseigne- ment primaire passera a 12.200 FCFA par élève par an en 1980. On a - 9 - également retenu l'hypothèse, d'une manière assez arbitraire, que le nom- bre d'enfants appartenant au groupe d'âge de 6 à 15 ans n'augmentera pas plus rapidement que l'ensemble de la population (2 pour cent par an) et que, au sein de ce même groupe d'âge, la proportion d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire (6 à 11 ans) restera inchangée. Dans ces conditions, en 1980 les différents paramètres prendront les valeurs sui- vantes (les budgets sont exprimés en millions de FCFA): Tableau 5: PROJECTIONS DU BUDGET DE L'EDUCATION NATIONALE ET DE L'ENSEIGNMENT PRIMVAIRE POUR 19b0 (millions de FCFA) udget Hypothèse 1 Hypothèse 2 thBse ue uget Hombre élèves Taux de Budget Nombre élèves Taux de de ca- Ensgt. (000) scolari- Enseig. (000) scolari- crois- -jatio- Pri- sation Pri- sation sance nale maire Total 6-11 6-11 ans maire Total 6-11 6-11 ans ans (M) ans ( ) Basse 2.300 l.h77 120,0 96,7 9,6 1.717 141.,o 114,O 11,2 Haute 3.000 1.928 157,0 126,7 12,h 2.417 200,0 160,0 15,8 a/ Taux de scolarisation équivalent en 1968: 9,9 pour cent. 30. Dans ces conditions, le taux de scolarisation des classes d'âge 6-11 ans atteindra au maximum 15,8 pour cent en 1980 contre 9,9 pour cent en 1968. En fait ce taux ne pourra même pas être atteint dans les conditions optimales car il sera impossible de bloquer les crédits des enseignements secondaires et techniques, ne serait-ce que par suite de l'accroissement in- diciaire des traitements des jeunes professeurs voltaïques et de la néces- saire réduction de l'aide bilatérale française. Il semble donc que, dans les meilleures conditions, le taux de scolarisation en enseignement primai- re en 1980 ne puisse pas être supérieur à 13 pour cent environ. (Voir tableau 5). Enseignement secondaire et technique Remargues générales et préliminaires 31. L'enseignement secondaire et technique de Haute Volta, comme l'enseignement primaire, est copié sur le système français, avec toute la complexité que cela implique: - 10 - 1h types de diplômes; h types d'établissements scolaires; 11 filières d'enseignement dont 5 pour le seul lycée technique de Haute Volta (Ouagadougou). 32. Cette complexité est d'autant plus criticable que: (i) les effectifs sont faibles (9.000 élèves environ); (ii) aucune planification de l'enseignement ne permet de tirer le profit maximum des sacrifices financiers que représentent l'Enseignement Secondaire et Technique (2h,h pour cent du budget de l'Education Nationale); (iii) le marché de l'emploi, très réduit en général, est à peu près limité aux seuls besoins de la Fonction Publique pour les niveaux B.E.P.C. ou supérieurs. Cependant, le nombre des postes offerts par l'administration dépend des disponibili- tés budgétaires, qui sont insuffisantes. L'Administration manque de cadres, alors que, fin 1969, 50 pour cent seule- ment des dipl6mes B.E.P.C. de l'année poursuivaient leurs études ou avaient trouvé un emploi correspondant à leurs qualifications. De même, les besoins en cadres se font sentir principalement dans les domaines techniques, alors que plus de la moitié des élèves poursuivant leurs études dans le second cycle de l'enseignement secondaire se diri- gent vers les disciplines littéraires. Tableau 6: DISTRIBUTION DES BACHELIERS PAR DISCIPLINE Bacheliers dans les catégories A (Philosophie) B (Economie Total (pourcentage du total) et Droit) 1968 41,2 9,7 50,9 1969 53,5 11,6 65,1 - 11 - 33. Soixante-cinq pour cent des élèves de l'enseignement secondaire et technique sont boursiers d'Etat et 75 pour cent sont internes ou internes "externés" (un élève interne "externé" est nourri mais non logé par l'éta- blissement scolaire et perçoit une part de sa bourse comme indemnité de logement). Ces dispositions accroissent notablement le coût dtune année élève, mais sont indispensables pour permettre aux élèves d'origine mo- deste et/ou rurale, de poursuivre leurs études en enseignement secondaire et technique. 34. L'enseignement privé (subventionné à 90 pour cent environ) sco- larise 36 pour cent des effectifs et, contrairement à l'enseignement pri- maire privé, conserve son statut. Analyse des données statistiques 35. Le taux annuel d'accroissement des effectifs de l'enseignement secondaire (95 pour cent des effectifs de i 'enseignement secondaire et technique) est passé de 30 pour cent en 1963 à 5 pour cent en 1969. Ce- pendant, en moyenne, le taux d'accroissement annuel sur la période 1960-69 a été deux fois plus élevé dans lenseignement secondaire et technique qu'en enseignement primaire. (Voir graphique 5) 36. Les taux de redoublement en cours de scolarité sont élevés. En 1968 (année scolaire 1967/68) 15,15 pour cent des élèves de ltenseigne- ment secondaire et technique redoublaient la classe qu'ils avaient suivie en 1966/67 (voir Tableau 7). On remarque que: (i) le taux moyen est sensiblement le même que celui de l'en- seignement primaire (15,15 pour cent contre 15,39 pour cent); (ii) le taux de redoublants croit notablement dans les classes de fin de cycle (23,7 pour cent dans la classe préparant au B.E.P.C. et 31,9 pour cent dans la classe préparant au baccalauréat); (iii) le taux de redoublants est anormalement élevé (14,9 pour cent) en première année d'enseignement secondaire. - 12 - Tableau 7: ENSEIGENT SECO:.ÏIRE ET TECHNIQUE TAUX DE REDOUBLEMENT Années de Scolarisation Pourcentage de redoublement ler cycle 1 14,9 2 l1,o 3 10,7 4 23,7 2è. cycle 5 13,1 6 18,1 7 31,9 37. L'admission en lère année d'enseignement secondaire est soumise à un double système éliminatoire (concours entre élèves préalablement sélec- tionnés) qui, en éliminant 85 pour cent des élèves des classes de fin d'étu- des primaires, devrait assurer un haut niveau moyen des élèves de lère an- née d'enseignement secondaire. Il semble que le taux de redoublement anor- inalement élevé soit dû à: (i) une mauvaise préparation des élèves (l'enseignement primaire prépare au C.E.P. et non au concours d'entrée en lère année d'enseignement secondaire); (ii) une adaptation difficila des élèves à des méthodes de travail et à des conditions de vie très différentes de celles qu'ils ont en général connues en enseignement primaire; (iii) une connaissance encore insuffisante de la langue française. 36. Le taux d'abandon en cours de scolarité n'est pas connu avec précision (données statistiques insuffisantes) et le schéma général des taux de persévérance (graphique no. 2) sous-estim- sans doute le taux de réussite aux examens du B.E.P.C. et du Baccalauréat. En fait, les 250 ba- cheliers par an (moyenne 1967-66-69) et le millier de brevetés correspon- dent aux classes de lère année d'enseignement primaire des années 1954 à 1960 qui dsvai3nt coLpter de 6.o0o à 10.000 élèves. Les résultats bruts sont donc de l'ordre de 120 B.E.P.C. et 30 bacheliers pour 1.000 élèves au dé- part et non pas 53 et 12,5. - 13 - 39. L'effectif des classes varie fortement de la lère année à la 7ème année, et d'un établissement à l'autre. La moyenne du nombre d'élè- ves par professeur s'établit à 30 environ pour l'ensemble de l'enseigne- ment secondaire et technique, mais nzest plus que de 20 environ dans les lycées et de 12 au lycée technique de Ouagadougou. En général les salles de classe ne sont pas surchargées comme le sont les dortoirs, les réfectoirs et les salles de travaux pratiques. 40. Il n'est pas possible d'établir avec précision les taux de sco- larisation en enseignement secondaire et technique pour les milieux ruraux et non ruraux. Cependant, tous les établissements d'enseignement secondai- re et technique sont groupés dans 14 villes de Haute Volta, représentant environ 6 pour cent de la population totale. Les données statistiques pour 1967/68 sur l'origine sociale des élèves de l'enseignement secondaire, tech- nique et professionnel rapportés aux classes sociales estimées à partir de différentes enquêtes (enquête démographique 1960 et effectif des fonction- naires au 1 janvier 1969) permettent d'établir le tableau 8. Tableau 8: DISTRIBUTION DES ELEVES DE L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE, TECHNIQUE ET PROFESSIONI01 PAR CLASSE SOCIALE Nombre d'élèves Classe sociale Nombre d'élèves Population pour 1.000 personnes Fonctionnaires a/ 1.881 100.000 18,81 Agriculteurs b/ 7.085 4.19.000 1,68 Autres 1.671 366.000 4,56 a/ 10.000 fonctionnaires et agents temporaires - 100.000 personnes. _/ Cultivateurs et éleveurs = 90 pour cent de la population présente. !l. On remarquera que le taux de scolarisation en milieu "fonction- naire s" est 11,2 fois plus élevé que le taux de scolarisation en milieu agricole. Les proportions de boursiers étant sensiblement les mêmes dans les deux groupes (59 pour cent pour les fonctionnaires et 65 pour cent pour les agriculteurs) alors que le revenu moyen des familles de fonctionnaires est très supérieur au revenu moyen voltaïque, il est certain que le système actuel favorise nettement la classe sociale des agents de llEtat. Une telle disposition ne fait qutaccentuer la tendance néfaste, déjà signalée, qui considère l'enseignement comme le moyen de devenir fonctionnaire. - 14 - Conditions de travail h2. La plupart des bâtiments sont de construction récente (moins de 20 ans). Il n'a pas été possible d'étudier les problèmes d'adaptation au climat et aux conditions de travail, mais il a été constaté partout que les bâtiments se dégradent, ne sont pas entretenus, sont souvent sales, voire insalubres en ce qui concerne les dortoirs et les services communs. Le mobilier, scolaire et communautaire, est traditionnel, souvent mal en- tretenu, particulièrement dans les dortoirs. Dans ces conditions, l'école ne joue plus aucun r6le éducatif et perpétue un esprit de laisser-aller forcément préjudiciable à toutes les activités actuelles et futures des élèves. 43. Il est intéressant de noter à ce sujet l'exception que constitue le cours normal de jeunes filles de Ouagadougou. L'ordre et la propreté qui règnent dans tout l'établissement ont certainement un effet favorable sur le déroulement des études comme sur les activités professionnelles et sociales des jeunes institutrices. Les services de l'enseignment font bien observer que le coût d'une année-élève en cours normal de jeunes filles est supérieur à la moyenne de l'enseignement secondaire et techni- que de Haute Volta, mais de telles comparaisons sont discutables, car les conditions da scolarisation, les types de bâtiments et les coûâts uni- taires de main-d'oeuvre et de produits consommables sont différents d'un établissemer:.t à lautre. hh. Le matériel pédagogique est généralement réduit, mais en bon état. Le matériel de travaux pratiques de sciences (chimie, physique et sciences naturelles) est le plus déficient. Par contre, le matériel d'application des techniques industrielles "bois" et "fer" du lycée techni- que de Ouagadougou est sous-employé. 45. Les restrictions de crédit ne paraissent pas aussi catastrophi- ques qu'en enseignement primaire, parce qu'elles sont reportées en priorité sur les postes budgétaires compressibles (entretien général et services communautaires). Mais on ne fait que retarder les échéances et il est certain que de grosses difficultés financières apparaîtront dans les quel- ques années à venir. 46. Il est intéressant de noter à ce sujet qu'une expérience de cogestion est en cours depuis deux années au lycée d'Etat de Bobo-Dioulasso (Lycée Ouezzin Coulibaly). Une étroite coopération entre le proviseur (vol- talque) et le censeur (français) a permis d'instaurer un système efficace de participation des élèves à l'administration de l'établissement (auto- discipline, responsabilité de l'entretien journalier des salles de classe et des dortoirs, participation au secrétariat général de l'établissement, gérance de la bibliothèque-librairie,etc.). Cette cogestion ne peut que diminuer les charges et participer à l'Education des élèves. Cependant il est regrettable que le Ministère de l'Education Nationale ne puisse pas faire l'effort financier nécessaire pour remettre en état les bâtiments - 15 - (notamment les dortoirs et les services attenants), et que les résultats de cette action ne soient ni étudiés, ni divulgués. 47. Le corps professoral est, à 65 pour cent, composé d'agents de la coopération bilatérale française dont beaucoup ont les diplômes néces- saires pour enseigner, mais ne sont pas professeurs de métier. Le remplacement des enseignanLs français par des professeurs voltaïques se heurte à deux dif- ficultés, dont la première est dtordre économique. La voltaÏsation du corps en- seignant se traduira par un accroissement des dépenses du 1-inistère de l'Education Nationale puisqu'un professeur français prêté par la coopération bilatërale coûte moins cher à l'Etat voltaÎque qu'un professeur voltaïque. L'autre difficulté est le manque de personnel qualifié. Actuellement 30 professeurs voltaiques terminent leurs études à l'étranger et entreront dans le corps professoral de l'enseignement secondaire et technique en 1970. Mais, en supposant que l'Etat voltaïque trouve chaque année le nombre de jeunes diplômés suffisant pour obtenir 30 professeurs et poursuivre l'effort finan- cier que cette formation représente, il faudra au minimum une dizaine d'an- nées pour que le corps professoral soit entièrement voltaisé. Résultats et difficultés 48. L'enseignement en français rencontre encore des difficultés, même en second cycle, en raison du faible niveau de langage atteint en fin dtétudes primaires. 49. Les résultats scolaires et les taux de réussite aux examens, généralement bons, sont en contradiction avec les résultats désastreux obtenus aux concours dlentrée dans les écoles dtapplication. Il semble que les meilleurs élèves de l'enseignement secondaire et techi.-.que poursuivent leurs études, si bien que les candidats aux concours ne sont que les déchets de l'enseignement secondaire, et que les connaissances acquises ne sont pas ou sont mal assimilées. Coûat de l'enseignement secondaire et projections 50. La ventilation des différents chapitres du budget de l'éducation nationale permet dtestimer que les dépenses correspondant à l'enseignement secondaire et technique stélèvent à 399 millions pour l'année 1969 sans compter l'aide bilatérale française. Une année-élève coûte, en moyenne. 45.000 FCFA. Il ne semble pas qu'il soit souhaitable de développer l'enseigne- ment secondaire et technicue dans les dix années à venir. Cependant, étant donnée qu'il sera impossible de réduire le nombre d'élèves reçus en première année de premier cycle d'enseignement secondaire et technique, le nombre d'élèves en 1960 ne pourra pas être inférieur à 11.000 environ contre 1.000 actuellement. - 16 - 51. Pour estimer le volume des crédits nécessaires pour lenseigne- ment secondaire et technique en 1980 il faut tenir compte: (i) de laugmentation inévitable du nombre d'élèves; (ii) du retard accumulé sur le chapitre de l'entretien général du matériel et des bâtiments; (iii) de la nécessité d'accroître (à nombre constant de ponsion- naires) la capacité des dortoirs pour éliminer la sur- charge actuelle; (iv) de la diminution de l'aide bilatérale française (voltaisa- tion du corps enseignant); (v) de l'accroissement indiciaire des salaires des jeunes professeurs voltaïques. 52. Il semble donc raisonnable de prévoir, pour la période 1969-1980 un accroissement minimum des dépenses de cet ordre d'enseignement de 40 pour cent, ce qui porterait les dépenses à 560 millions de francs CFA. Ein- core faudra-t-il, pour ne pas dépasser cette somme, simplifier le système d'enseignement secondaire et technique. Enseignement professionnel 53. L'enseignement professionnel ne sépare pas les connaissances de base nécessaires au développement intellectuel de l'individu, des con- naissances technologiques et des habitudes professionnelles nécessaires à l'occupation d'un, ou plus généralement de plusieurs postes de travail d'une profession. 54. L'enseignement professionnel ne stadresse en principe qu'à des jeunes en cours ou en prolongement de scolarité normale, en groupes ho- mogènes en âge et en aptitudes tant intellectuelles que manuelles. L'en- seignement professionnel emploie simultanément les méthodes de l'enseigne- ment scolaire et celles de la formation professionnelle. La partie prati- que professionnelle de l'enseignement est effectuée dans des conditions réelles et les élèves doivent acquêrir non seulement le savoir mais les réflexes et la dextérité nécessaires pour occuper un poste de travail. D'5. L'enseignement professionnel voltaïque est copié sur le système français. Les élèves sont admis, sur concours, en fin d'Etudes Primaires, dans des Ecoles Professionnelles. Les études durent h années et sont sanctionnées par le Certificat d'Aptitude Professionnelle (C.A.P.) corres- pondant à 10 années de scolarisation. 56. L'effectif scolarisé en enseignement professionnel est très ré- duit (800 élèves environ, soit 0,6 pour cent de l'effectif scolaire to- tal). Neuf Ecoles Professionnelles privées scolarisent la quasi totalité - 17 - des effectifs; l'enseignement professionnel public est limité aux quelques sections du lycée technique de Ouagadougou qui accueillent les élèves in- capables de suivre l'enseignement technique normal jusqu'à son terme (Bre- vet de Technicien ou Baccalauréat Technique). 57. L'enseignement professionnel est limité aux spécialités sui- vantes: (i) pour les garçons (250 élèves environ): opérateur géomètre, mécanique automobile, mécanique générale, électricité et radio, maçonnerie; (ii) pour les filles (550 élèves environ): enseignement ménager, enseignement commercial. Les effectifs par section sont très faibles (5 è 15 élèves). Le nombre de C.A.P. délivrés annuellement est de l'ordre de 100. 58. Tous les élèves formés trouvent immédiatement une situation intéressante, mais les données statistiques sur le marché de l'emploi ne permettent pas d'établir l'ordre de grandeur des besoins en ouvriers qua- lifiés dans les spécialités traitées. On ne peut donc formuler aucune proposition quant à l'accroissement souhaitable du nombre d'élèves. On peut cependant noter que la formation reçue pour les C.A.P. de mécanique générale, électricité et menuiserie, ne correspond pas à la formation des artisans ruraux dont la Haute Volta a grand besoin. 59. On peut estimer que l'Enseignement Professionnel coûte 16,5 millions de FCFA par an au Ministère de l'Education Nationale. Ce coût ne fait pas intervenir les nombreux subsides reçus par l'enseignement privé et ne tient pas compte des activités partiellement bénévoles d'en- seignants missionnaires. Il est impossible de faire des prévisions d'évo- lution du budget de cet enseignement, mais il est certain que les dépenses minimales à prévoir pour 1980 ne peuvent être que supérieures à ce qu'elles sont actuellement et on admettra, pour les développements ultérieurs de ce rapport, gutelles seront de 20 millions en 1980. Enseignement supérieur 60. Il est officiellement admis que l'enseignement supérieur en Afrique francophone doit être assuré par des écoles ou des universités "inter-états" (communes à plusieurs états). L'embryon d'enseignement supé- rieur national voltaique (Institut Universitaire de Technique Pédagogique, classe préparatoire au Diplôme Universitaire d'Etudes Littéraires et l'Eco- le Nationale d'Administration) échappe à cette règle et constitue une amorce dangereuse de multiplication inconsidérée d'établissements aux effectifs anormalement réduits. Il faut s'attacher à résoudre les diffi- cultés actuelles résultant des divisions politiques etethniques de l'Afri- que francophone et ne pas soutenir les implantations d'autres branches d'enseignement supérieur national. - 18 - 61. Lorsqu'il s'agit d'Etablissement Inter-Etats, il faut éviter le luxe excessif des constructions et des aménagements tels que ceux de l'Ecole des Ingénieurs des Travaux Ruraux actuellement en construction à Ouagadougou. 62. L'enseignement supérieur dépendant du seul Ministère de l'Educa- tion Nationale (Préparation au Diplôme Universitaire d'Etudes Littéraires, Institut Universitaire de Technique Pédagogique et Spécialisations à l'Etranger) regroupe environ 450 étudiants, dont 100 en Haute Volta même, et a coûté 33 millions de FCFA au gouvernement voltaïque en 1969. Les bourses versées en 1969 par différents pays au titre de l'aide bilatérale à l'enseignement supérieur voltaïque représentaient un total de l'ordre de 200 millions de FCFA. 63. Il n'est pas possible de prévoir l'évolution du budget de l'enseignement supérieur. On peut cependant affirmer que les dépenses actuellement consenties par le Ministère de l'Education Nationale ne seront pas diminuées, et on peut estimer qu'elles seront au minimum de 40 millions de FCFA en 19C0, à condition que l'aide extérieure soit au moins maintenue à son niveau de 1969. Education rurale Prélirinaire s 64. L'enseignement primaire traditionnel doit être un enseignenent de masse destiné à donner à tous les enfants un minimum de culture géné- rale. Malheureusement, en Haute Volta, il est apparu très vite que la formation donnée par l'enseignement primaire traditionnel français ne correspondait pas aux besoins du milieu agricole (qui représente 90 pour cent de la population voltalque) et qu'il était budgétairement impossible d'étendre l'enseignement primaire à la majorité des enfants en âge de scolarisation. 65. En conséquence, le gouvernement voltaïue a mis en place, à partir de 1961, un système d'enseignement particulier dit "Education Ru- rale":, qui doit: (i) apporter aux jeunes ruraux des éléments de culture générale (plus restreints que ceux de l'enseignement primaire) et une formation technique et pratique agricole incluant les thèmes de modernisation de l'agriculture diffusés par les services de vulgarisation; (ii) maintenir ces élèves dans leur milieu et les amener, en fin de scolarisation, à retourner dans l'exploitation familiale pour participer aux activités agricoles et accélérer, par les connaissances acouises, l'évolution de l'agriculture voltaïque; - 19 - (iii) s'adresser à des individus suffisamment âgés pour qu'en fin de scolarisation ils possèdent une personnalité suffi- sante pour pouvoir jouer, dans le milieu familial., le rôle d'animateur qu'on leur assignes (iv) être adapté, pour les filles, au rôle particulier qu'elles jouent dans la société rurale volta3:que; (v) abaisser le coût de formation d'un individu, de façon à augmenter le nombre d'élèves et par conséquent le taux de scolarisation pour une m6me dépense. 66. Dans le système d'Education Rurale les jeunes ruraux n'ayant pas encore fréquenté l'école sont recrutés tous les 3 ans dans les classes d'âge 13-15 ans. Ils reçoivent, pendant 3 armées, sans possibilité de re- doublement, une formation générale et pratique qui leur est donnée par un maître ou une monitrice dIE.R., dans un Centre d'Education Rurale (C.E.R.). L'âge normal de sortie des élèves est donc 16 à 18 ans. 67. L'enseignement général, identique pour les filles et les gar- çons, doit occuper environ 35 pour cent du temps et correspond sensible- ment aux programmes de français (parlé, lu et écrit) et de calcul, des 3 premières années d'enseignement primaire. L'enseignement technologique et pratique est essentiellement agricole pour les garçons et comporte, en plus, des élements d'hygiène, de puériculture et d'économie ménagère pour les filles. La scolarisation n'est sanctionnée par aucun diplôme. 68. Un C.E.R. comporte 1 salle de classe, 1 logement pour le maître ou la monitrice et quelques pièces de terre. Chaque centre est situé à proximité d'un village, et le recrutement des élèves est limité à ce villa- ge ou aux villages voisins si nécessaire pour compléter l'effectif normal (45 à 50 élèves). 69. Les objectifs visés n'ont pas toujours été atteints: une faible minorité d'élèves (garçons) sortant des C.E.R. prend une part active aux travaux agricoles sur l'exploitation familiale. Aucune étude statistique n'a été faite à ce sujet, mais toutes les informations recueillies sont concordantes; de nombreux élèves sortant des C.E.R. s'expatrient vers la Côte d'Ivoire ou le Dahomey, où ils sont employés comme "pointeurs" dans les plantations. 70. Les principales explications données à ce demi-échec sont les suivantes: (i) le but de l'E.R. nla pas été clairement expliqué aux agri- culteurs, qui ont vu dans cet "enseignement au rabais", comme dans tout enseignement, un moyen pour leurs fils d'échapper au milieu rural et de devenir fonctionnaire ou salarié; - 20 - (ii) les élèves sont trop Jeunes lorsqu'ils sortent des C.E.R. et les structures économiques et familiales ne sont pas favorables à leur retour à la culture; (iii) la formation reçue ne les prépare pas à travailler effica- cement dans une exploitation agricole. 71. Pour les filles la situation est différente, car le seul fait qu'elles aient reçu une formation scolaire accroît l'intérêt que les hommes leur portent en vue du mariage dont elles atteignent l'âge à leur sor- tie de l'école. On peut donc espérer qu'elles resteront en milieu rural comme le sont restées celles des premières promotions sorties (quelques centaines de jeunes filles). Cette position particulière, liée au fait que les femmes voltaàiques prennent une part importante dans toutes les activités agricoles traditionnelles, laisse penser que ltE.R. appliquée aux filles devrait avoir un effet important sur ltévolution du milieu ru- ral. Cependant il est impossible de porter un jugement sur le bénéfice réel que les jeunes filles tirent de l'enseignement reçu en C.E.R. ou sur leur participation à la vulgarisation des méthodes modernes de culture ou d'économie ménagère. Les réactions psychologiques et politigues envers l'Education Rurale 72. La crainte de la famine qui menace périodiquement les agricul- teurs et la disparité excessive entre leurs revenus et les salaires même les plus faibles, expliquent leur désir permanent d'échapper au milieu rural. L'instruction étant le seul moyen d'accéder au fonctionnariat, qui assure à la fois le plus haut niveau de traitement à travail égal et la sécurité d'emploi, on comprend l'attrait que peut exercer l'enseignement sur ces populations déshéritées et la difficulté de leur faire admettre que l'école puisse ne conduire qu'à la situation d'agriculteur. 73. L'information objective des masses rurales n'ayant pas été faite, l'E.R. est apparue comme un succédané de l'enseignement primaire traditionnel. Des pressions politiques se sont alors ajoutées aux pres- sions sociales pour fausser l'idée de base du système en demandant l'abais- sement de l'âge de recrutement et "l'harmonisation des programmes", deux tendances qui devraient transformer 11E.R. en enseignement primaire tra- ditionnel. On verra plus loin qu'une telle transformation est souhaita- ble, mais qu'elle est impossible actuellement., car ce serait retomber dans les difficultés qu'on essaye justement d'éliminer par le système de l'E.R. Il est regrettable que, sous le couvert du droit des peuples à l'instruc- tion démocratique, certains milieux officiels accordent tant d'importance à cette question d'harmonisation des programmes et laissent croire qu'il est possible de l'appliquer prochainement. Cela ne fait que renforcer la réaction psychologique naturelle du milieu rural voltalque et retarder la solution du problème. - 21 - Les difficultés de réintegration rurale des anciens élèves de C.E.R. 74. Le milieu rural voltaique est toujours régi par les coutumes tribales qui diffèrent diune ethnie à l'autre, mais ont toujours en commun deux caractères défavorables vis-à-vis de la réintegration des jeunes dans le milieu rural familial à leur sortie du C.E.R.: (i) l'unité familiale de type patriarcale est toujours en honneur et les "jeunes" ne disposent que de peu de liberté dans ce système; il leur est impossible de provoquer une évolution, même strictement technique, si le chef de famille n'y est pas préparé; (ii) les jeunes hommes ne peuvent, en principe, obtenir de terres pour leurs cultures personnelles que sfils sont mariés (et ils ont alors nettement plus de 20 ans). 75. Toutes ces difficultés disparaissent, bien sûr, si les élèves ont 18 ans ou plus à leur entrée en C.E.R. ou, mieux, s'ils sont déjà ma- riés. Les quelques expériences faites sont concluantes, mais cette solu- tion ne peut pas être généralisée, ne serait-ce que par suite des difficul- tés probables de recrutement et d'assiduité. 76. Les élèves plus jeunes, terminant officiellement leurs études à 16-18 ans et, en fait, parfois moins, n'ont pas une personnalité assez forte pour s'imposer dans leur famille et ne sont pas assez âgés pour obte- nir un champ personnel. Ayant la possibilité de valoriser leur connaissan- ces en s'expatriant ou en cherchant un emploi en ville, souvent encouragés à le faire par leur propre famille, beaucoup d'entre eux quittent leur milieu. Les autres oublient peu à peu ce qu'ils ont appris en C.E.R. 77. Ce triste tableau n'est cependant pas la règle générale et il semble bien que les difficultés d'insertion des jeunes proviennent en pre- mier lieu de la faiblesse de leur formation. A Wakui (canton de Béréba), par exemple, tous les élèves sortis du centre d'E.R. en février 1966 sont restés au village et travaillent chez leurs parents. Dix d'entre eux ont introduit dans l'exploitation familiale la majorité des méthodes modernes de culture apprises à l'école, 30 ont amené leurs parents à acquérir un pulvérisateur et ce sont les anciens élèves du C.E.R. qui font les traite- ments phytosanitaires (contre rétribution) chez les agriculteurs qui niont pas le matériel nécessaire. 78. Il semble bien que cette réussite soit due: (i) à l'âge relativement élevé des élèves recrutés, comme il sera indiqué plus loin (classes d'âge 13-15 ans et sélection sur conformation physique); - 22 - (ii) aux bonnes relations que le maître entretient avec les parents dtélèves et avec le vulgarisateur de l'ORD; (iii) à la qualité des cultures du C.E.R. qui témoignent du bien fondé des méthodes appliquées et du savoir faire des élèves. C'est aussi la preuve que les structures sociales ne sont pas totalement fermées aux jeunes, dès lors qu'ils sont aptes à participer efficacement aux travaux agricoles. 79. Cette participation efficace ne peut être assurée que si les jeunes ont atteint, dès leur entrée en C.E.R., un développement physique suffisant pour soutenir les efforts demandés. La seule définition des tranches d'âge de recrutement ne peut pas garantir cette condition, et il est intéressant de noter que certains commandants de cercle (équivalent des préfets) ont pris la décision de tenir compte aussi de la conformation des jeunes gens: les sujets trop peu développés sont admis à la session sui- vante. 80. Néanmoins, les conditions actuelles font que la majorité des anciens élèves de C.E.R. ne réintègre pas le milieu familial. Il a été proposé de les grouper et de les encadrer jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de s'installer à leur propre compte, ce qui a conduit à deux tenta- tives: les coopératives d'anciens élèves de C.E.R. et les centres de for- mation post-scolaire agricole. 81. Une coopérative d'anciens élèves est formée par une partie des élèves sortant d'un C.E.R. Ils vivent dans leur famille respective, mais travaillent pour leur compte des champs qui leur sont remis par le chef de terre (en général près du C.E.R.). Le maitre d'éducation rurale leur donne des conseils. Les produits nets de l'exploitation commune aliientent une caisse et devraient, après quelques années, permettre aux coopérateurs de s'installer à leur compte. Aucune des coopératives visitées ne fonction- nait réellement. Les résultats des 11 meilleures coopératives de la cir- conscription de Ouahigouya (sur 40 existantes) sont dérisoires (100 à 500 FCFA par an et par coopérateur). Il semble que les causes de l'échec soient l'inorganisation et l'obligation de travailler sur l'exploitation familiale lorsque le chef de famille le demande. 82. Les centres de formation post-scolaire agricole sont générale- ment institués au niveau des cercles et recrutent les meilleurs éléments sortant des C.E.R du cercle. L'horaire est partagé entre les travaux agricoles sur le domaine annexé au centre pour 75 pour cent et l'enseigne- ment général et technique pour 25 pour cent. L'organisation est très proch.e de celle d'un centre d'enseignement professionnel avec deux ans d'études et recrutement annuel. Dans l'idée des promoteurs, les centres devraient slautofinancer et chaque élève sortant devrait recevoir le matériel moderne et la pécule nécessaire pour pouvoir s'installer à son compte. En fait, des trois centres visités, ceux de Dionkélé et de Kongoussi végètent dans le plus grand désordre et coûtent plus d'un million de FCFA chaque année sans - 23 - que les élèves reçoivent de pécule. Le centre de Louda, beaucoup plus pauvre, paraît mieux géré, mais il ne fonctionne que depuis une année: on ne peut donc tirer de conclusions. 83. Rappelons que, pour les filles, l'âge de recrutement actuellement en vigueur ne semble pas poser de problème. Mauvaise adaptation de l'enseignement aux buts visés 84. L'enseignement se fait en français, et les communications entre maître et élèves sont très ralenties par les difficultés de langage. Les élèves, entre eux, ne parlent que la langue de leur ethnie, qui n'est pas forcément une des troi3 langues vernaculaires courantes. En fin de seconde année les élèves ne comprennent que difficilement des phrases simples. On peut considérer que, sur trois années d'enseignement, une année complète est consacrée au seul apprentissage du français et qu'une année d'enseigne- ment autre que le français n'a qu'un rendement de 50 pour cent par suite des difficultés de compréhension, ce qui conduit à 1,5 année effective d'enseignement sur trois. 85. Une liberté notable est laissée aux ou prise par les maîtres dIE.R. vis-à-vis de la répartition des heures d'enseignement. Il est donc difficile d'évaluer avec précision les horaires appliqués. En moyenne, on relève 7h.30 par jour, 5 jours par semaine; 50 pour cent du temps en classe (37,5 pour cent d'enseignement général et 12,5 pour cent d'enseigne- ment technologique) et 50 pour cent de travaux pratiques. Les méthodes d'enseignement sont traditionnelles et parfois mal appliquées. On sent que le maître n'a qu'une formation pédagogique insuffisante et ne domine que difficilement le sujet qu'il traite. 86. L'étonnante capacité de mémoire dont les élèves font preuve accroît les défauts des méthodes traditionnelles à tel point que le juge- ment qu'on peut porter sur le niveau des élèves est parfois complètement faussé. 87. Le nombre d'élèves par classe (45 cin moyenne) n'est pas un obstacle à l'application de méthodes pédagogiques mieux adaptées. La gestion de la caisse du centre (alimentée par la vente des produits de l'exploitation agricole du C.Eà.R!.) est un exemple intéressant de méthode active qui, appliquée en relation avec l'enseignement du calcul et de la technologie, devrait permettre une assimilation beaucoup plus complète des connaissances transmises. 88. Le programme d'enseignement général (français et calcul des 3 premières années d'enseignement primaire) correspond bien au strict minimum nécessaire pour pouvoir communiquer en français (lire un mode d'em- ploi ou le journal, comprendre les émissions radio) et appliquer les thèmes de modernisation des cultures proposées par les services de vulgarisation (calculs de surfaces, de doses à l'hectare, etc.). Mais le programme, dans sa présentation, n'est pas, ou mal, adapté au milieu rural, et tout juste au milieu voltalque. - 24 - 89. Le programme d'enseignement technologique (agricole) représente un gros effort d'adaptation au milieu rural voltaïque et au niveau présumé des élèves, mais il semble qu'on ait visé le niveau mental diun enfant de 8 ans et non celui d'un jeune adulte. De plus, une partie du programme est du domaine de l'enseignement général, prenant la place de données techni- ques précises plus utiles. 90. Le programme d'enseignement ménager des jeunes filles représente aussi un gros effort d1daptation, mais l'ensemble des programmes (de technologie agricole et deenseignement ménager) est probablement trop vas- te pour pouvoir être assimilé. 91. L'éducation civique est réduite à quelques exposés sans relation avec les faits journalisrs et la vie du village. Les relations avec les parents d'élèves et les services de vulgarisation sont inexistants ou très réduits. 92. En principe le programme de travaux pratiques comporte des expériences de sciences naturelles en relation avec le programme d'enseigne- ment technique, des travaux pratiques de culture et, pour les filles, des travaux ménagers, pour les garçons, des travaux pratiques de menuiserie, de travail du fer et de maçonnerie. 93. Dans les C.E.R. de garçons, les travaux pratiques sont actuelle- ment limités à quelques expériences simples et aux travaux de culture. Les maîtres n'ont pas la formation et les C.E.R. ne disposent pas du matériel nécessaire pour effectuer correctement des travaux pratiques de menuiserie, de travail du fer ou de maçonnerie. Les travaux pratiques de culture sont limités au jardinage et à quelques cultures simples (sorgho, mil, arachide et coton). Aucun des C.E.R. visités n'entretient d'élevage fermier. 94. Un rapide calcul montre, qu'avec les exploitations actuellement annexées aux C.E.R. et les assolements habituels (2 à 3 ha de terre dont 25 ares de jardin et 1 ha de coton en moyenne), les cultures dlun C.E.R. absorbent environ 5.000 heures-élèves par hectare et par cycle cultural contre 1.000 à 2.000 heures-agriculteurs par hectare en exploitation nor- male. Malgré cela, les résultats sont généralement médiocres (champs mal tenus, rendements faibles). Le travail est effectué sans ordre ni méthode, les élèves acquièrent autant de mauvaises habitudes que de bons principes. 95. Il faudrait appliquer, pendant les travaux pratiques, les métho- des de la formation professionnelle accélérée (voir plus loin chapitre B "Formation Professionnelle"). Mais les maîtres d'E.R. n'ont pas reçu la formation pédagogique adéquate et le nombre d'élèves par centre (h5 envi- ron) ne permet pas d'appliquer ces méthodes actives à l'ensemble du groupe pris globalement. Il est possible de pallier cette dernière difficulté (partage de la classe en sections moins nombreuses, établissement d'horai- res précis, etc.), mais il ne semble pas que ces méthodes simples aient été enseignées aux maÎtres d'E.R. - 25 - 96. Pour les filles il semble que les travaux pratiques ménagers et notamment ceux de couture et de tissage (suivant des méthodes archai- ques) occupent trop de place, au détriment des travaux pratiques de cul- ture, généralement limités au jardinage. Niveau des maitres Formation et recrutement 97. L'hétérogénéité du niveau des maîtres d'E.R. est en partie expliquée par les variations des conditions de recrutement depuis la mise en place du système d'éducation rurale, mais aussi par le fait que les épreuves du concours, ne portant que sur les connaissances générales, n'éliminent pas les raté s de lenseignement secondaire qui se présentent au concours faute de mieux. Les lacunes les plus fréquentes se situent dans le domaine des connaissances pratiques agricoles. 98. Les candidats admis sont ensuite formés pendant un an dans les centres de formation des maÎtres dtEducation Rurale de Kamboinsé et de Farako-Bâ (200 places au total). Si le programme des centres n'est pas criticab)e, les méthodes employées le sont: cours théoriques, souvent fLits xïvcM. ~ion, rFois pa de jeunes militaires français du servi- ce de coopération, pleins de bonne volonté, mais pas professeurs de métier. Les travaux pratiques en général et de culture en particulier correspondent à des exercices et non à un entraînement au travail en vraie grandeur. Les rendements culturaux sont médiocres et le rendement du travail des élèves maitres est faible. Comme pour les C.E.R., les surfaces cultivées sont insuffisantes pour le temps qui leur est consacré. Il semble que les pro- fesseurs des centres de formation ne possèdent pas toujours les connaissan- ces techniques et pratiques qu'ils doivent transmettre aux élèves maîtres. 99. Il est regrettable que les futurs maitres dtE.R. n'appliquent pas à leurs activités personnelles hors des heures de cours, ce qu'ils apprennent au Centre de Formation: les dortoirs sont en désordre, les champs de culture personnelle sont mal tenus. Les élèves ne donnent pas llimpression dlavoir pris conscience des difficultés et des responsabili- tés de leur futur métier. 100. La formation des monitrices se fait suivant des méthodes et des programmes à peu près identiques, mais le centre de formation, dépourvu d'école d'application, occupe des locaux trop petits non prévus à cet effet. Les travaux pratiques d'agriculture sont inexistants, une partie des tra- vaux pratiques ménagers n'a aucun intérêt. 101. Des "conseillers d'éducation rurale" devaient apporter aux mai- tres en fonction le soutien pédagogique dont ils ont besoin. Mais leur nombre réduit et surtout le manque de moyens (moyens de transport prin- cipalement) fait que les maîtres sont notés très rapidement moins d'une fois par an. - 26 - 102. Les maîtres dléducation rurale ne sont pas fonctionnaires, leur traitement est faible (15.000 FCFA par mois), sans évolution possi- ble par avancement. Ces conditions ne sont pas favorables à l'émulation et sont même décourageantes pour les meilleurs. Locaux et matériels des C.E.R. 103. Il existe deux types de bâtiments: () Les bâtiments en matériaux traditionnels: murs en pisé (banco), charpente en bois brut, couverture en chaume, sol en terre battue. Ces bâtiments sont construits par les habitants du village et les élèves de la première promotion. (ii) Les bâtiments construits sur financement du FED: ossature et charpente métallique, couverture en t8le, faux plafond isolant, sol en béton de ciment. Un bâtiment (salle de classe + logement du maître) coûte 3 millions de FCFA. Aucun des deux n'est satisfaisant mais, en général, les utilisateurs préfèrent les bâtiments en "banco", plus frais, aérés sans courants d'air, secs à condition que la couverture soit en bon état. 104. Le mobilier scolaire est souvent du mobilier traditionnel eu- ropéen, mais il est toujours mal entretenu et son remplacement est diffi- cile parce qu'onéreux. Certains C.E.R. sont équipés de "plots en banco". Ce sont des blocs de pisé construits en place, à l'intérieur du bâtiment et formant grossièrement un banc et une table. Cette solution est écono- mique, mais les plots prennent beaucoup de place, sont inamovibles et obligent l'élève à prendre une mauvaise position. 105. Le matériel scolaire est à peu près inexistant: il n'y a pas de livre, tout juste un cahier par élève. 106. Le matériel pour les travaux pratiques de culture est toujours insuffisant. Il se limite habituellement à une houe à main de type tra- ditionnel (daba) et un piochon par élève, plus quelques outils utilisés en commun (pelle, rateau, brouette, houe, charrue et charrette). Quelques C.E.R. ont une paire de boeufs, beaucoup ont perdu la leur par accident ou maladie; les outils à traction animale sont alors inutilisés. Les outils ne sont pas ou sont mal entretenus, les outils à main non affutés et mal emmanchés. 107. Une partie de la dotation en outils des C.E.R. et des Centres de Formation des Maitres d'E.R. a été fournie par l'UNICEF. Les premiers lots d'outils étaient en général bien adaptés ou adaptables aux conditions de travail en Haute Volta, mais les derniers outils distribués sont inuti- lisables: ce sont des outils de jardinier amateur ou parfois du matériel trop évolué pour les C.E.R. (voir annexe 2). - 27 - Analyse des données statistiques 108. Le taux annuel d'accroissement du nombre d'élèves de l'E.R., bien qu'irrégulier, a toujours été élevé. Supérieur aux taux d'accroisse- ment des autres ordres d'enseignement, il s'est maintenu à un haut ni- veau pendant les deux dernières années (20 pour cent en moyenne) alors que les taux d'accroissement des enseignements primaires et secondaires tom- baient respectivement à 1 pour cent et 5 pour cent (voir graphique no. 7). 109. Le cycle d'enseignement ne durant que 3 années, le taux de sco- larisation par l'E.R. doit être rapporté aux populations de 3 classes d'âge successives choisies dans la moyenne d'âge théorique des élèves, soit des classes d'âge 14-15-16 ans, dont la population en 1968 était de 328.000 jeunes. Dans ces conditions, le taux de scolarisation par le seul système de l'E.R. est passé de 3,8 pour cent en 1965 à 8,4 pour cent en 1969 (voir graphique no. 7). Les filles ne représent en 1969 que 5 pour cent de l'effectif total. 110. La répartition des élèves par classes d'âge (voir graphique no. 3) révèle que pour 1968 9,9 pour cent de l'effectif total (2.267 élèves) appartenaient à la classe d'âge 12 ans, et 50 pour cent aux classes d'âge 12-13-14 ans. L'âge moyen de recrutement se situe donc dans les classes d'âge 12-14 ans et non 13-15 ans comme il était prévu. 111. Il y a, en moyenne, 42,1 élèves par classe (donc par maître ou monitrice), mais la moyenne est plus élevée chez les garçons (42,5) que chez les filles (34). Les effectifs réels s'écartent peu de la moyenne. Coût de l'éducation rurale et pro;ections 112. La ventilation des différents chapitres du budget de l'Education nationale permet d'estimer que les dépenses corre-pondant à l'E.R. s'élè- vent à 135,5 millions de FCFA pour l'année 1969, solt 4.840 FOFA par année-élève. Un coût aussi faible est dû au nombre ùlevé d'élèves par maÎtre (42,1 en moyenne), Î' la suppression de toutes l.s charges de can- tine, entretien des bâtiments et bourses, au faible niveuu de rémunér - tion des maitres, à la quasi inexistence du système d'inspection, à la simplification et à la faible durée de la formation des maitres. 113. On verra au chapitre "Education Rurale" de la deuxième partie du rapport que certains de ces postes doivent être renforcés (inspection et formation) et que les traitements doivent subir une légère amliora- tion. Le coût d'une année-élève ne pourra donc pas rester aussi faible qu'en 1969, mais on peut estimer raisonnablement oulil ne dépassera pas 5.500 FCFA (+ 14 pour cent) en 1980. 114. Suivant qu'à l'avenir tous les ordres d'enseignement verront leurs crédits accrus dans la même proportion (Hypothèse no. 1) ou que les enseignements primaires, F>conaire., techniques, professionnels et - 28 - supérieurs seront maintenus aux niveaux minima définis pour chacun d'eux dans les paragraphes 29, 52, 59 et 63) précédents (Hypothèse no. 2), la situation de 11E.R. en 1980 sera la suivante (budgetsEprimés en millions de FCFA): Tableau 9: PROJECTIONS DES COUTS DE LIEDUCATION RURALE POUR 1980 Hypothèse no. 1 Hypothèse no. 2 Hypothèse Budget Budget Nombre Taux de Budget Nombre Taux de sco- de de l'Edu- Educat. élèves scolar. Educat. larisation cation Rurale 14-16 ans Rurale 14-16 ans Croissance Nationale en % en % 1980 1969 1960 1969 Basse 2.300 190,6 34.650 8,2 8c 76 - a/ - Haute 3.000 248,8 h5.240 10,7 776 141.100 33,6 a/ Dans le cas de l'hypothèse de croissance basse, il sera impossible en 1980 de maintenir pour tous les ordres d1enseignement le strict mini- mum calculé aux paragraphes 29, 52. 59 et 63 précédents (enseignement primaire: 1.604,nillions, secondnire: 560 nillions, professionnel: 20 millions,. supérieur: 40 nillions, soit au ninimun 2.224 millions en 19e0 pour ces ordres d'enseignement) et conserver en même temps aux crédits de l'Education Rurale leur valeur de 1969 (135,5 millions de FCFA). 115. Il est certain que le nombre d'élèves de l'E.R. ne pourra pas être diminué et le montant minimal des crédits à lui consacrer en 1980 devrait donc être de 154 millions de FCFA (nombre d'élèves inchangé, soit 28.000 et coût de l'année-élève porté à 5.500 FCFA comme indiqué ci-dessus dans le paragraphe 113). Dans ce cas, le taux de scolarisation par l'Edu- cation Rurale en 1980 ne serait plus que de 6,7 pour cent des classes d'âge 14-16 ans contre 8,4 pour cent en 1969. Comparaison des coûts et discussion des projections des différents ordres d'enseignement 116. Le tableau 10 donne le coût probable par élève en 1980 des différents ordres d'enseignement, compte tenu de l'analyse ci-dessus. Tableau 10: PROJECTION DES COUTS PAR ELEVE - 1980 Coût d'une Coût de formation d'un élève Nombre Ordre d'enseigne- année-élève (scolarisation complète) d'élèves ment en FCFA form*s (en 1980) nombre d'années taux de coût en pour 1 de redouble- FCFA million scolarisation ment de FCFA Education rurale 5.500 3 O 16.500 61,o Enseignement primaire 12.200 6 15% 85.000 12,0 Enseignenent secondaire 51.000 5 15% 295.000 3,h - 30 - Le tableau 11 indique le taux de scolarisation éventuel basé sur deux hypothèses possibles en ce qui concerne le budget global de l'éducation nationale et sa répartition. Tableau 11: BUDGETS ET TAUX DE SCOLARISATION EN 1960 (en millions de FCFA et pourcentage) Hypothèse de croissance Hypothèse de croissance "haute" "basse" (B.E.N. = 2.00) Budget Education Nationale = 3.000 Taux de croissance Taux de crois- Effort ma)imu,m porté identique pour tous les sance identique sur: enseignements pour tous les enseignt. education enseignements primaire rurale Budget "par enseignement" Secondaire 562,4 732,J 560,0 560,0 Professionnel 23,3 30,3 20,0 20,0 Supérieur L6,5 60,6 40,0 40o Primaire 1.477,2 1.927,8 2.226,6 1.604,0 Ed. Rurale 190,6 248,8 154,0 77690 Total (Budget Ed.Nat.) 2.300,0 3.000,0 3.000,0 3.000,0 Nombre d'élèves (total) 167.20 218.550 222.850 285.000 Taux de scolarisation: 1.par ltE.R. a/ 8,2 10,7 6,7 33,6 2,par le primaire b/ 10,2 13, 15,6 11,2 3.total _C/ 1,4 24,1 22,3 44, a/ Rapporté aux classes d'âge 14-16 ans (420.000 en 1980). b/ Rapporté aux classes d'âge 6-12 ans (1.166.500 en 1980). c/ Egal à 1 + 2 puisque les élèves entrant en C.E.R. n'ont pas été scolarisés en primaire. Calculé de la même façon, le taux de scolarisation est de 19,1 pour cent en 1969. Enseignement technioue agricole 117. Il dépend du Ministère de l'Agriculture et comporte actuellement h écoles: pour les Adjoints Techniques d'Agriculture (Matourkou), les Adjoints Techniques du Génie Rural (Saria), les Infirmiers Vétérinaires (Ouagadougou), les Préposés des Eaux et Forêts. Une école des Ingénieurs de lEquipement - 31 - Rural (inter-états) est en construction et dépendra-de l'OCAM, le Ministère de l'Agriculture ntétant qu'un ministère de tutelle. 118. Pour toutes ces écoles le nombre de places est déterminé par le nombre de postes à pourvoir au Ministère de l'Agriculture, nombre déterminé lui-même par les crédits disponibles. 119. Etant donne l'importance des traitements des fonctionnaires, même au niveau le plus bas, par rapport au revenu national et la pléthore de diplômés sans emploi, le nombre de candidats se présentant aux concours dtentrée de ces écoles est toujours supérieur au nombre de places (jus- qu'à 50 candidats pour 1 place) et le niveau officiel de la majorité des candidats très supérieur au niveau du concours. 120. Cependant, malgré le nombre élevé de candidats et leur niveau scolaire, il arrive que des places restent vacantes tant sont mauvais les résultats des concours. En 1969, par exemple, l'école des A.T.A. (Matour- kou) n'a admis que 11 élèves en lère année pour 25 places disponibles alors qu'il y avait environ 500 candidats dont beaucoup avaient le B.E.P.C. ou avaient suivi leurs quatre années de premier cycle secondaire, pour un concours du niveau de fin de 2ème année de ce cycle. Tous les candidats, sauf les 11 reçus, avaient moins de 8/20 de moyenne aux épreuves du con- cours. Il semble que, en général, les candidats ont des difficultés pour stexprimer et, surtout, n'ayant pas assimilé les connaissances apprises par coeur, sont désorientés dès que les sujets des épreuves s'écartent un peu des modèles vus en classe. 121. L'école des A.T.A. recrute sur concours du niveau de fin de 2ème année du ler cycle secondaire, sans que le C.E.P. soit obligatoire. Il y a généralement 500 à 800 candidats pour 25 places. Après 3 ans d'étu- des, les élèves se présentent aux épreuves du Brevet d'Enseignement Agrico- le (B.E.A.), du niveau B.E.P.C., délivré par le Ministère de l'Agriculture. Les diplômés font ensuite un an d'étude pour obtenir le diplôme d'A.T.A. 122. L'école des A.T.G.R. recrute sur concours du niveau de terminale (baccalauréat non obligatoire). Les études durent 16 mois et comprennent beaucoup d'applications pratiques: on forme des "gens de terrain". Pour les 25 places il y a en moyenne 150 candidats. Une enquête ayant montré que les besoins de toute la communauté devraient être d'un millier d'A.T.G.R., l'OCAMI a émis en 1968 le voeu que soit créée en Haute Volta une nouvelle école plus grande et placée au niveau inter-états. 123. Pour l'Ecole des Infirmiers Vétérinaires, le recrutement se fait sur concours au niveau des 3ème et hème années de premier cycle secondaire. Les candidats doivent avoir le C.E.P. Il y a en général 450 candidats pour 10 places. Les études durent deux ans. Une nouvelle école, prévue pour des promotions de 20 élèves est en construction à la sortie est de Ouaga- dougou. - 32 - 124. Pour l'Ecole de Formation des Préposés des Eaux et Forêts à Dinderesso le recrutement se fait sur concours au niveau des lère et 2ème années du premier cycle secondaire. Les candidats doivent avoir le C.E.P. Actuellement il y a en moyenne 200 candidats pour 10 places. Durant l'an- née scolaire 1969/70 cinq élèves sur dix ont le B.E.P.C. Les études durent un an (60 pour cent enseignement général et technique; 40 pour cent travaux pratiques) suivi diun an de stage en circonscription forestière. Les conditions de vie des élèves sont déplorables. Le directeur des Eaux et Forêts a demandé l'inscription de la construction d'une nouvelle école au prochain plan. 125. Toutes ces questions ont été étudiées par une mission du Bureau pour le Développement de la Production Agricole (B.D.P.A.) en 1968. Les conclusions ont été publiées (document BDPA 68-057) et on ne peut que les approuver: élargissement planifié de l'enseignement, harmo- nisation des niveaux et des diplômes, établissement diun tronc commun conduisant au Brevet d'Enseignement Agricole (B.E.A.) du niveau du B.E.P.C., amélioration de l'efficacité des études, notamment en ce qui concerne les travaux pratiques, et introduction dans les programmes de notions de gestion économique et administrative et de conduite des groupes. B. Animation-Vulgarisation-Formation Professionnelle (des Adultes) Définition des termes et remaroues générales 126. Une évolution rapide, c'est-à-dire entraînant des modifica- tions notables des usages et habitudes au cours d'une période plus courte que celle de la vie active diun individu, ne peut pas être obtenue sans apporter aux adultes concernés par ces changements, le soutien et les con- naissances nécessaires. Ctest le rôle de l'animation, de la vulgarisation et de la formation professionnelle des adultes, dont les actions sont d'autant plus nécessaires que le niveau des connaissances au départ est plus faible et que la rapidité d'évolution est plus grande. Animation 127. L'animation est une forme particulière d'action, visant à l'éveil d'un groupe d'individus en vue de modifier ou d'accélérer son évo- lution globale. L'animation ne devrait pas imposer de directives, mais seulement conduire à une prise de conscience des situations et des pro- blèmes, puis aider à construire les solutions adaptées. 128. En fait toutes les actions dites d'animation visent un but prédéterminé sans la participation du groupe intéressé et proposent des solutions pour atteindre ce but. L'animation n'est alors qu'une forme particulière de vulgarisation qui s'adresse à un milieu non sensibilisé et cherche à obtenir une participation active des intéressés. - 33 - 129. Les méthodes d'animation sont variées, mal définies et non fixées. Elles reflètent, avant tout, l'esprit dans lequel les responsa- bles conçoivent cette action. Formation professionnelle (accélérée, des adultes) 130. La formation professionnelle doit faire d'un individu quel- conque un ouvrier ou un technicien efficace pour l'occupation d'un poste de travail bien défini. Ouvrier ou technicien efficace signifie que l'in- dividu effectue le travail correctement, rapidement et en toute sécurité pour lui et ses voisins. La formation professionnelle doit donc principa- lement apprendre à la personne qui la reçoit les gestes et/ou les raisonne- ments corrects nécessaires à l'occupation du poste de travail et lui en inculquer l'habitude par une répétition et un enchaînement progressif d'exer- cices spécialement préparés dans ce but. 131. La formation professionnelle ne cherche pas à transmettre d'autres connaissances que celles qui sont nécessaires pour atteindre un niveau de compréhension favorable à une acquisition plus rapide et plus sûre de l'habitude des gestes et des réflexions. 132. La formation professionnelle s'adresse à des personnes en âge de travailler, jeunes adultes ou adultes, ayant souvent déjà occupé un emploi, convaincus de l'utilité de la formation qu'elles ont choisi de recevoir et sélectionnées tant sur le plan desaptitudes physiques que sur celui des aptitudes psychologiques. 133. La formation professionnelle s'adresse à de petits groupes d'individus (6 à 20 suivant les cas) d'un niveau aussi homogène que pos- sible, et le contenu de la formation, défini à la suite d'enquêtes et d'analyses occupationnelles, est transmis au cours de sessions dont la durée est aussi réduite que possible (quelques semaines à quelques mois); la formation professionnelle fait appel à des méthodes très élaborées aboutissant à une conception pédagogique bien définie. Toutes les métho- des ont en commun certains principes de base: participation active des individus à former, conditions physiques dans lesquelles se déroule la formation aussi semblables que possible aux conditions normales de travail, répétition contrâlée des gestes et réflexions jusqu'à l'acquisition d'une dextérité comparable à celle qui est réclamée d'un individu qualifié occupant un poste de travail. Vulgarisation 134. La vulgarisation doit mettre à la portée des intéressés les compléments de connaissances techniques, économiques, scientifiques ou générales, utiles ou indispensables à leur évolution. La portée de la vul- garisation dépend essentiellement des capacités réceptives des individus et par conséquent des niveaux intellectuels et d'habileté manuelle auxquels les ont conduits l'enseignement et la formation professionnelle reçus au préalable. - 34 - 135. La vulgarisation professionnelle s'adresse à des personnes en âge de travailler, en activité dans la branche considérée, désireuses d'améliorer leur niveau technique et/ou économique, mais qu'il faut con- vaincre du bien-fondé des formules proposées. 136. La vulgarisation s'adresse à des groupes très variables en nombre et non homogènes, qu'il s'agisse de l'âge ou des niveaux intellectuels, professionnels ou économiques. La vulgarisation ne se limite pas forcément aux connaissances générales indispensables à la compréhension d'un point par- ticulier. Le vulgarisateur est souvent amené à utiliser (donc à vulgariser) des notions de base plus vastes, soit pour donner à son action une portée plus générale, soit pour tenter de convaincre l'auditoire. La vulgarisation utilise des méthodes très variées mais non normalisées comme le sont celles de la formation professionnelle. Elle fait principalement appel aux mass- media: réunions-discussions, projections cinématographiques, émissions ra- dio, tracts, visites organisées, démonstrations, etc. 137. Différences importantes entre formation professionnelle et vulgarisation professionnelle: la vulgarisation ne tend pas à l'acquisi- tion des habitudes professionnelles; en fait, la vulgarisation ne vérifie pas si les connaissances qu'elle transmet sont bien acquises et assimilées. Assistance technique 138. L'assistance technique fournit à des individus d'un niveau intellectuel et professionnel adéquat, des conseils, sous forme de données précises applicables au cas particulier étudié et susceptibles d'améliorer le rendement dlune opération. Lassistance technique ne fait pas appel à des méthodes. Elle fournit des recettes pour faire face à des situations particulières. Elle transfère frécuemment les activités de réflexion et de décision des responsables de l'entreprise au conseiller. Complémentarité de ces types d'action dans le cas particulier de l'agriculture 139. Il est fréquent que les intéressés ne se rendent pas compte de leur propre situation ni de la nécessité d'accroître leurs connaissances pour évoluer. C'est notamment le cas des milieux très peu évolués. Il faut alors susciter l'intérêt des individus, les aider à découvrir leurs besoins et provoquer en eux le désir de combler ces besoins. C'est le rôle de l'animation, qui ouvre ainsi la voie à llenseignement et/ou à la forma- tion professionnelle (limités à un niveau élémentaire). 140. Sur ce milieu, éveillé et professionnellement assaini, la vulgarisation se propose de poursuivre 1 évolution par le changement de certaines méthodes de travail et/ou 1'introduction de nouvelles cultures. Il en résulte des modifications des opérations constituant une ou plusieurs des tâches d'une ou plusieurs des occupations. - 35 - la1. La vulgaris.'ion fournit les raisons des changements pro- posés et les indications nécessaires au travailleur pour qu'il s'adapte aux nouvelles techniques, mais les résultats seront plus rapides et plus sûrs si la vulgarisation est accompagnée ou suivie par la formation pro- fessionnelle complémentaire adéquate. 142. Conséquence particulière du développement économique à partir de sociétés très peu évoluées, les individus concernés sont obligés de s'engager dans un monde social et économique qu'ils ignorent. Une telle intégration fait apparaître des besoins de transformations profondes des moeurs et du cadre social traditionnel. Ces transformations, dans le cas d'une évolution naturelle, seraient du ressort de l'éducation, mais une telle évolution serait trop lente et c'est à l'animation et à la vulgari- sation d'accélérer le processus. Cette évolution, créant de nouvelles occupations, fera apparaître de nouveaux besoins de formation profession- nelle. 143. Il est donc très difficile, en agriculture, de dissocier totalement Animation, Vulgarisation et Formation Professionnelle, elles- mêmes en relation étroite avec l'enseignement. Non pas que les limites ne puissent pas être définies entre ces différents systèmes, mais parce qu'ils sont complémentaires et souvent mêlés dans le temps. Cependant, chacun d'eux a des particularités suffisamment nettes, notamment en ce qui concerne les méthodes, pour qutil soit fait appel dans chaque cas à des spécialistes opérant dans des conditions définies, avec un matériel spécifique. Cas particulier de la Haute Volta 14. Ces interactions obligées entre Animation, Vulgarisation et Formation Professionnelle n'ont pas été analysées par les promoteurs des actions de développement rural menées en Haute Volta depuis 10 ans. Aucune de ces actions, à l'exception de celles menées par le Bureau In- ternational du Travail (BIT), n'a été définie, globalement ou par secteur, en fonction des méthodes et des moyens propres à l'Animation, la Vulga- risation ou la Formation Professionnelle. Il en résulte un continuel mésusage des termes, une hétérogénéité des méthodes, une quasi impossi- bilité de comparer les actions entre elles et de grandes difficultés d'évaluation des résultats. 145. On verra plus loin, au cours de l'analyse des différentes actions, que, actuellement, en Haute Volta: (i) les méthodes de Formation Professionnelle des Adultes ne sont réellement appliquées que par le B.I.T. et, partiellement, dans quelques actions isolées; (ii) il n'y a plus d'lAnimateurs" et plus d'Animateurs bénévoles; - 36 - (iii) les agents au contact direct de la population et appelés Encadreurs font à la fois de l'Animation et de la Vulga- risation. La formation professionnelle L'action du B.I.T. 146. La formation des artisans "de service" (voir Annexe no. 2) est le type même des actions menées par le B.I.T. 147. Les experts, doublés par des homologues, organisent un centre national de formation d'instructeurs qui reçoivent à la fois une formation technique professionnelle et une formation pédagogique. Leur formation technique doit atteindre un niveau supérieur à celui qu'ils auront à inculquer aux stagiaires; la formation pédagogique doit leur permettre d'assimiler les méthodes de la Formation Professionnelle Accélérée, de telle sorte qu'ils puissent transmettre les connaissances voulues, dans les meilleures conditions et dans le temps prévu. Les instructeurs, une Lois formés, vont dans des centres ou des Unités Mobiles dc Formation Professionnelle pour former les futurs travailleurs qualifiés. 148. Le programme de formation professionnelle est défini à la suite d'enquêtes et d'analyses professionnelles et conduit à l'établis- sement des "progressions de formation professionnelle", à la rédaction de documents pédagogiques et à la détermination des exercices à effectuer. 149. L'action "Artisans de service" en Haute Volta est limitée à trois sections: "étaux", "Bois et Maçonnerie"; la formation pédago- gique des instructeurs se fait en appliquant les méthodes sur quelques artisans en formation dans le centre en même temps que les instructeurs, ce qui améliore les conditions d'apprentissage pédagogique et accroit la rentabilité du centre; les progressions et exercices ont été spécia- lement étudiés pour que les stagiaires fabriquent, au cours du stage de formation, tout l'outillage de base dont ils ont besoin dans leur métier et qu'ils emporteront avec eux en fin de stage. 150. Après formation, les instructeurs prendront la responsabilité d'Antennes Semi-mobiles de Formation Professionnelle qui rayonneront sur l'ensemble du territoire de Haute Volta en fonction des demandes qui seront transmises au centre de formation des instructeurs. Chaque antenne comportera h instructeurs et sera dotée de bâtiments léers et démontables (construits par le centre de formation des instructeurs) et du matériel nécessaire (outillage et matériel pédagogique). En 1973/74, cinq antennes seront en fonctionnement et auront une capacité de formation de 450 arti- sans par an. Cette action du B.I.T. comporte en outre une opération dite "de suivi", qui représente l'extension aux artisans formés de la super- vision traditionnellement appliquée aux instructeurs et aux stagiaires. - 37 - 151. Cette action suit le planning prévu et a été acceptée en "fonds spécial UDTlP" début 1970. 152. L'action B.I.T. "agents de bureau" est beaucoup plus limitée et des changements fréquents de personnes n'ont pas permis, en 3 ans de former des homologues. La formation d'agriculteurs dans les fermes pilotes 153. Les actions de ce genre tiennent autant de l'apprentissage que de la formation professionnelle. Elles ont été tentées par de nom- breux organismes, sous différentes formes, en différentes régions de Haute Volta sans aucun résultat: des adultes mariés en général passent un ou deux cycles culturaux dans des "fermes pilotes" où ils apprennent les méthodes modernes de culture et amassent un pécule leur permettant de s'établir à leur compte avec le minimum de matériel nécessaire pour appli- quer ces méthodes. En fait, il est difficile et parfois impossible d'obtenir des stagiaires qu'ils quittent la ferme pilote (cas de l'expé- rience de Matourkou); les agriculteurs retournés dans leur milieu ont souvent perdu les habitudes acquises et n'ont jamais eu d'action d'en- traînement sur leurs voisins. Formation des dresseurs de boeufs 154. Une expérience intéressante a débuté en novembre 1969, orga- nisée par un expert de la SATEC pour l'ORD de Ouagadougou. Il s'agit d'une action de formation d'encadreurs dresseurs de boeufs, menée suivant des méthodes très proches de celles de la formation professionnelle (parti- cipation effective de l'expert, méthode de pédagogie active, dressage efficace et complet des animaux). L'expérience est particulièrement intéressante puisque, pour la première fois en Haute Volta, il s'agit réellement de dressage de boeufs de travail, commandés à la voix, de l'ar- ri're, par un seul homme, qui conduit en mê-me temps l'outil-attelé. 1/ 155. Mais, contrairement ' ce qu'en pen.ient les organisateurs, il s'agit de stages de formation de dresseurs de boeufs et non de stages de formation d'instructeurs, car l'enseignement pédagogique est absent et le niveau technique en fin de stage correspond juste à ce qu'un dresseur de boeufs doit savoir faire. Formation des encadreurs à Matourkou 156. Il s'agit de stages de 9 mois environ, destinés à de jeunes encadreurs recrutés sur concours du niveau du C.E.P. Le concours ne com- porte pas d'épreuves pratiques ni d'épreuve de technologie agricole, si bien l/ D'ordinaire l'animal de trait utilisé en Haute Volta est guidé de l'a- vant par un homme, une femme ou un enfant, tandis que l'homme conduit l'outil-attelé. Parfois, une troisième personne s'emploie à stimuler 1 'animal. - 38 - que les candidats reçus nont pas forcément une formation pratique agricole traditionnelle, certains nêie sont étrangers au milieu rural. Les stages sont prévus pour apporter à ces jeunes gens un complément de connaissan- ces générales et leur enseigner les techniques qu'ils devront ensuite vulgariser en milieu agricole. 157. Il semble tout d'abord que, sur le plan pratique, les condi- tions dans lesquelles se déroulent les travaux pratiques ne permettent pas d'inculquer à ces jeunes gens les habitudes gestuelles et les réflexes nécessaires pour en faire de vrais praticiens: nombre d'heures de travaux pratiques insuffisant, méthodes d'enseignement traditionnelles, surface de culture par élève trop faible (14 ha pour 50 élèves avec culture atte- lée), nombre d'élèves par instructeur trop élevé. La formation pédagogi- que est insignifiante. Les encadreurs ainsi formés savent ce qu'ils doi- vent transmettre, mais ne savent pas comment le transmettre dans les meilleures conditions de rapidité et d'efficacité. Actions diffuses en vue du développement rural Culture du coton. Action C.F.D.T. - I.R.C.T. 158. La C.F.D.T. utilise les méthodes qu'elle a déjà appliquées avec succès dans d'autres pays et étend son action à l'ensemble du ter- ritoire de la Haute Volta en s'intéressant cependant plus spécialement aux régions particulièrement favorables. Elle a mis en place une infra- structure industrielle et commerciale, un réseau d'agents expatriés et un système d'encadrement voltaïque sur le terrain. Les encadreurs, appelés moniteurs, essayent de convaincre les agriculteurs de l'intérêt de la culture moderne du coton, soit au cours de réunions publiques qu'ils organisent dans les villages, soit au cours de conversations avec des agriculteurs isolés choisis parce que plus évolués. Ils exposent les thèmes de modernisation en les appuyant par des démonstrations pratiques chaque fois que cela est possible et donnent des conseils aux agriculteurs qui appliquent les thèmes. Ils assurent aussi la distribution des produits nécessaires et effectuent les opérations de pesée et de tri au moment de l'achat de la récolte. Le nombre d'exploitations encadrées varie notable- ment d'un moniteur à l'autre, mais la moyenne est d'une centaine, et les méthodes employées, on le voit, correspondent simultanément à celles de l'animation, de la vulgarisation et de l'assistance technique. 159. Pour tout ce qui concerne les recherches culturales et va- riétales, la C.F.D.T. fait appel à l'I.R.C.T. 160. La progression de la récolte commercialisée rend compte des résultats de l'action menée par ces deux organismes (en tonnes de coton- graine): 1960 1961 1962 . 1963 196 i9g 1966 1967 1966 1969 (est.) 2.780 2.350 6.620 8.oh8 8.769 7.463 16.300 17.300 32.000 40.000 - 39 - Cependant le fait que le rendement moyen en zone bien encadrée reste in- férieur à 700 Ikg/ha et que, même en zones d'ORD de Volta Noire, on ren- contre encore des cultures de coton très mal tenues montre qu'il existe des résistances profondes s'opposant à l'application correcte des thèmes de vulgarisation et laisse craindre que l'action, efficace sur le plan de la production globale, le soit moins sur le plan éducatif. Culture de l'arachide. Action de l'I.R.H.O. 161. L'Institut pour la Recherche sur les Huiles et les Oléagineux a entrepris des recherches d'amélioration variétale dès 1948 en Haute Volta. A la demande du gouvernement voltaïque, il a entrepris à partir de 1960, par le canal de ses agents, avec la participation de la Direction du Développement Rural et de la Compagnie Internationale de Développement Rural, une campagne de vulgarisation des thèmes de culture moderne et de distribution des semences sélectionnées de variétés améliorées. Les mé- thodes employées sont celles de l'animation, de la vulgarisation et de l'assistance technique. 162. Les résultats de l'action sont globalement intéressants, no- tamment si on tient compte de l'amélioration qu'elle a apportée dans la ration alimentaire humaine. Mais la production semble plafonnée, proba- blement par suite de la baisse des cours; le rendement voltaïque est tou- jours faible (600 kg/ha environ) et la récolte se fait à la daba ou même au piochon, sur des sols généralement secs et durs de sorte que le ren- dement par travailleur est dérisoire. Action des missions 163. Les résultats sont très variables, mais globalement très im- portants, car l'action se poursuit depuis plus d'un demi-siècle et porte autant sur la psychologie des individus que sur l'amélioration des condi- tions matérielles. Dans les régions les plus "travaillées" comme celle de Dano, où toute la population est catholique, les modifications profondes apportées par les missions expliquent, en partie, les résultats favorables obtenus par la C.I.D.R. dans ces secteurs. Cependant l'action des mis- sions se fait dans le désordre. Il s'agit d'animation à tendance idéolo- gique doublée d'un peu de vulgarisation, mais aucune méthode particulière n'est appliquée, aucune action générale n'est engagée. La volonté de nombreux groupes charitables qui "aident les missions", étant de person- naliser l'action qu'ils soutiennent, accroît encore la dispersion des efforts. Action "puits" 164. Il s'agit en fait de la conjonction de plusieurs actions menées dans des régions parfois communes par de nombreux organismes, dont les plus importants sont la SkTEC, le FAC, le FED et la CIDR. C'est une action de base indispensable en zone sèche, où les points d'eau sont rares, et spécialement en Haute Volta, où ils sont souvent pollués. Le - 40 - creusement et l'aménagement des puits partout où cela se révélerait utile pourrrit avoir une influence très favorable sur l'état sanitaire des hommes et des animaux, devrait améliorer les conditions de vie, des femmes prin- cipalement, et permettre de résoudre la difficile question de l'abreuve- ment des animaux en saison sèche. 165. Il est regrettable pourtant que l'action se soit limitée à la seule construction des puits et que rien n'ait été fait pour améliorer les systèmes dtextraction de l'eau, protéger la nappe phréatique et édu- quer la population. L'extraction se fait toujours par des moyens peu efficaces et surtout dangereux, qui, de plus, polluent l'eau du puits. Le puits n'est pas toujours couvert et il est rarement protégé des infiltrations directes. La population n'a pas été sensibilisée aux problèmes de l'eau et de la protection de la nappe. Les eaux usées sont souvent déversées en abondance sur le bord même du puits et les animaux, dont les porcs, viennent s'abreuver et contribuent souvent à créer des conditions mal- saines. Mécanisation et motorisation de l'agriculture 166. Il est admis actuellement que la motorisation ne peut pas être développée en Haute Volta et qu'il faut s'adresser à la traction animale pour apporter à l'agriculture lténergie dont elle a besoin. Mais il semble que la condamnation de la motorisation ait été prononcée hâtivement alors que les méthodes d'introduction sont responsables de l'échec: actions en ordre dispersé et, sauf exception (coopérative de Bam et périmètres rizicoles formosans) sans préparation ni formation du personnel (voir Annexe no. 3). Le discrédit s'étend à toutes les formes de motorisation, sans distinction. 167. Les mêmes erreurs se reproduisent pour l'introduction de la traction animale. La polémique au sujet de l'âne et du boeuf est du domaine du passé, mais le problème n'est pas résolu pour autant. Nous avons déjà formulé des observations sur les insuffisances des méthodes de dressage des animaux et de formation des hommes qui les conduisent. Cette carence concerne également les soins à donner aux animaux et l'uti- lisation et l'entretien du matériel. Les services vétérinaires ne peuvent pas toujours assurer les vaccinations nécessaires. L'attelage utilisé (joug et collier) est très souvent défectueux. Les artisans ruraux, lors- qu'ils existent, sont incapables de confectionner et d'entretenir les harnachements ou de réparer les outils. Il en résulte que le nombre d'at- telages effectivement au travail est encore très réduit (par exemple, 1.027 attelages pour l'ORD de Volta Noire, soit 1 attelage pour 50 exploitations) et ce nombre croit lontement malgré l'activité des centres de dressage, car les décès d'animaux et les abandons de la culture attelée par les exploi- tants sont fréquents. 160. L'équipement agricole y compris les outils à main est très dé- ficient, mal adapté, mal entretenu. Il est impossible de faire réparer les outils complexes (charrues, pulvérisateurs). Un grand nombre d'outils ou de techniques simples ne sont pas utilisés et ne semblentpas avoir été étudiés en vue d'une adaptation possible aux conditions particulières de la Haute Volta. Synthèse 169. On peut donc dire que, à l'exception de l'action menée en vue du développement de la culture du coton et, à un moindre titre, de celle menée en faveur du développement de la culture de l'arachide, toutes les autres actions ont été menées sans ordre et sans études suffisantes, con- duisant à des échecs ou à des résultats sans rapport avec la durée des actions, les efforts fournis et les dépenses engagées. Aucune de ces actions, à l'exception de celle des missions, nta été accompagnée d'une action psychologique et sociale ayant un résultat sur l'évolution du mi- lieu rural. Actions régionales menées au sein des ORD Organisation des Offices Régionaux de Développement (ORD) 170. Les ORD ont été créés pour remplacer l'organisation adinis- trative centralisée par une organisation plus souple et régionalisée qui doit unir tous les efforts pour promouvoir un développement intégré et concerté. 171. Malheureusement, le développement intégré n'a jamais été défini et ce terme est très souvent employé à tort pour ne désigner qu'un déve- loppement de la production agricole alors qu'il devrait être réservé à un développement harmonieux de l'ensemble des activités régionales en vue d'une évolution profonde et générale, technique, économique et sociale. L'ORD doit, dans le cadre d'une politique économique nationale, rapprocher les administrations centrales des cellules élémentaires de la population, en -vue de la conception, de l'organisation, de la décision et de l'exécution des actions propres à assurer un développement rural harmonieux. 172. On fait appel pour cette réalisation à des sociétés d'inter- vention et la Haute Volta fournit un complément en personnel et en maté- riel. Les cadres expatriés de ces sociétés dtintervention doivent assurer la formation des agents voltaïques destinés à prendre la relève (homolo- gues). 173. En novembre 1969, 6 ORD fonctionnaient sur 11 prévus: Ouaga- dougou, Koudougou, Volta Noire, Nord Mossi, Sud-Ouest et Yatenga. L'ORD de Ouagadougou diffère des autres ORD en ce que la direction est entière- ment voltaïque, la SATEC n'intervenant que pour des actions spécifiques. Dans les autres ORD la direction et lIencadrement à haut niveau sont assu- rés par des agents expatriés de la société d'intervention ou par des vol- taïques avec le soutien de conseillers expatriés. Aux ORD constitués, il faut ajouter la région de Dano et de Gaoua. 42 - Les sociétés d'Intervention et leurs conceptions du rôle des ORD 174. L'action des diverses sociétés dtintervention doit être jugée en fonction des définitions précédentes. La C.F.D.T. part du principe que le développement intégré passe obligatoirement par une phase de croissance du produit agricole net. Il faut donc d'abord développer la culture qui assure cette croissance dans les conditions optimales: en Haute Volta, le coton répond à cet impératif. Cette première étape vers le développement est en bonne voie et les résultats, en ORD de Volta Noire tout au moins, sont concluants puisque la production de coton est passée dans cette région de 7.261 t en 1966/67 à 20.000 t environ en 1969/70. 175. Simultanément la C.F.D.T. compte sur les arrière-effets cul- turaux et les effets d'entrainement des techniques nouvelles pour que ltaction "coton" produise aussi un accroissement des autres productions. Le développement viendra ensuite, selon le principe de l'animation liée à une technique de production intéressante. 176. La CIDR, à l'inverse, conçoit le développement rural comme un but unique, s'appuie essentiellement sur des agents recrutés sur place en vue d'en faire des leaders paysans et stefforce d'organiser les structures professionnelles (groupements pré-coopératifs) en même temps qu'elle agit sur le développement des techniques agricoles. 177. Le B.D.P.A. vise les mêmes buts que la C.I.D.R., mais sans attacher autant d'importance à l'organisation professionnelle et à la participation active et volontaire de la base à cette organisation. 178. Les conceptions de la SATEC se rapprochent de celles de la C.F.D.T. en ce sens que seul l'accroissement des productions est pris en considération, mais il s'agit alors de toutes les productions, vivrières et de rente. 179. En règle générale, l'action de développement entreprise par une société d'intervention doit s'étendre à l'ensemble du territoire cou- vert par l'ORD. Cette obligation est socialement estimable, mais elle conduit à une dispersion des efforts qui, toutes choses égales par ailleurs, se traduit par une baisse de l'efficacité du système d'encadrement. Les inconvénients de cette dispersion sont d'autant plus accentués que le potentiel d'encadrement (nombre d'encadreurs pour 100 exploitations sur l'ensemble du territoire) et les moyens (de transport notamment) sont réduits. 180. C'est la raison pour laquelle le directeur de l'ORD de Ouaga- dougou (ORD entièrement voltaïsée depuis 1969) a décidé de concentrer la majeure partie du personnel et des moyens dont il dispose, sur quelques "Foyers de Progrès" où il appliquera des méthodes très proches de celles qu'applique la C.I.D.R. - 43 - Les systèmes d'encadrement; les méthodes (travail des encadreurs) 181. Lanimation pure (telle que définie ci-dessus) est à peu près inexistante dans le contexte voltaïque actuel puisque tous les "thèmes de modernisation" sont appliqués de l'extérieur (sociétés d'in- tervention) sur la masse paysanne. L'animation n'a plus pour but que de rendre les groupes plus perméables aux sollicitations de la vulgarisa- tion. 182. Dès lors, l'existence dt"Animateurs" au vrai sens du terme ne se justifie plus. Par contre, les "Vulgarisateurs" sont obligés de faire de lvanimation lorsqu'ils s'adressent à des groupes non sensibi- lisés, cette absence de sensibilisation pouvant être totale (groupe n'ayant pas encore évolué) ou sectorielle (groupe n'ayant accepté de suivre l'évolution proposée que pour certains thèmes). 183. Dans le langage courant, toutes ces difficultés sont cachées (mais non résolues) par ltutilisation du terme d'Encadreur qui ne se rapporte à aucune méthode dgaction, Animation ou Vulgarisation. 184. Tous les ORD et la C.I.D.R. dans la région de Dano-Gaoua ont mis en place des systèmes d'encadrement, qui aboutissent à une pyramide hiérarchique à peu près semblable avec des coefficients de multiplica- tion (nombre d'agents d'un étage donné placé sous la responsabilité d'un agent de l'étage supérieur) très variables. Des renseignements recueillis on peut tirer le tableau suivant (valable pour fin 1969 début 1970). Tableau 12: COEFFICIENTS D3 MULTIPLICATION ENTRE LES DIFFERENTS ETAGES DES PYRAMIDES DIENCADREMENT BDPA . jusqu'à à partir CFDT SATEC CIDR fin 69 début 70 Directeur d'ORD ) Chefs de secteur ) 6 6 7 4 6 à) Chefs de sous-secteur 2,5 3,6 > h Encadreurs ) 1 3 6 8 4 à ) Chefs d'exploitation ) encadrée ) 80 80 130 100 130 - 14- 185. Les coefficients de multiplication sont faibles entre les étages supérieurs (2,5 à 7) et élevés au bas de la pyramide (80 à 130). Les cadres supérieurs sont nombreux par rapport aux encadreurs sur le terrain (de 17 à 46 agents non encadreurs pour 100 encadreurs). Le nombre d'exploitations encadrées et le taux d'encadrement (nombre d'ex- ploitations encadrées/nombre total d'exploitations) varient beaucoup d'un ORD à l'autre. Le taux d'encadrement oscille entre 5 pour cent (ORD de Gaoua, en formation) et 35 pour cent (ORD de Volta Noire). 186. Suivant les organismes responsables, l'Animation est limitée au recrutement d'exploitants qui acceptent de cultiver du coton suivant les méthodes modernes, ou peut aller jusqu'à la promotion d'un état d'es- prit général propre à l'introduction des solutions modernes pour la cul- ture et pour d'autres problèmes. 187. La C.I.D.R., de plus, oblige ses encadreurs à cultiver leurs propres champs, qui doivent être, sous peine de renvoi, parmi les plus beaux du village. La CIDR affirme que l'exemple de l'encadreur et les bons rendements qu'il obtient sont les actes d'animation les plus effi- caces. Pour que les encadreurs C.I.D.R. puissent réellement cultiver leur exploitation, ils sont, autant que possible, engagés "à mi-temps", mais ils ne sont jamais "bénévoles", car il ne serait plus possible alors d'obtenir d'eux un travail constant et planifié. 188. Pour toutes les sociétés d'intervention, la Vulgarisation est menée de la même façon: présentation des thèmes (culture en ligne, traitements, etc.) au cours de réunions de village accompagnées par- fois de démonstrations, reprise de ces démonstrations devant des groupes réduits avec, si possible, application par quelques participants, conseils aux chefs d'exploitation qui appliquent le thème. 189. Il n'est jamais question de formation professionnelle accélérée: la transmission des connaissances n'est jamais effectuée suivant des méthodes précises; les démonstrations ne constituent jamais les exercices répétitife qui seraient nécessaires pour "former" les agriculteurs; l'acqui- sition correcte des connaissances n'est pas vérifiée; aucun document simple mais imagé n'est laissé aux agriculteurs pour leur rappeler les points importants du thème présenté. Cette façon d'agir est responsable en gran- de partie de la lenteur d'évolution du milieu encadré. Formation des cadres; recrutement, traitement et avenir des agents d'encadrement 190. Les encadreurs C.I.D.R. et, en partie, les encadreurs B.D.P.A., sont recrutés sur place, avec un niveau inférieur au C.E.P., puis formés "sur le tas" au contact des réalités, sous l'autorité du chef de sous- secteur. Cette méthode donne d'excellents résultats. Les autres enca- dreurs sont recrutés à l'échelon national, sur concours du niveau C.E.P. et suivant un stage de formation de 9 mois a Matourkou (voir paragraphes 156 et 157). - 45 - 191. Les responsables s'accordent pour dire que les encadreurs recrutés suivant la seconde formule manquent de pratique, ont souvent des difficultés de contact avec la population (milieu d'origine et par- fois ethnie différents) et n'ont pas un niveau de connaissances géné- rales et techniques suffisant pour racheter ces faiblesses. La C.I.D.R. affirme qu'après deux ans de travail sur le terrain, l'encadreur recruté et formé sur place est plus efficace (comparaison possible en zone C.I.D.R. d'ORD-C.F.D.T.). 192. Il n'existe aucune règle de recrutement des agents intermé- diaires (chefs de sous-secteur et de secteur). Ce sont généralement les anciens agents de la D.D.R. (A.T.A. et C.T.A.) détachés auprès de l'ORD qui sont nommés à ces postes. Leur niveau technique est suffisant, leur expérience professionnelle les a familiarisés avec les questions de vul- garisation mais ils manquent presque toujours de pratique et on leur reproche de conserver un esprit de fonctionnaire, qui ne s'accorde pas avec le travail qui leur est demandé. 193. La C.F.D.T. parfois et la C.I.D.R. en général s'efforcent de déceler parmi les encadreurs ceux qui sont susceptibles de devenir chefs de sous-secteur puis de secteur par une promotion intérieure. Ce processus, qui a toujours donné de bons résultats dans les actions générales "coton" assurées par la C.F.D.T., ne peut s'appliquer qu'avec difficulté en ORD car les agents détachés de la D.D.R. essayent d'y transposer les habitudes administratives liant un poste à un indice lié lui-même à un diplôme. 19)4. La C.I.D.R. considère qu'en fin d'action les encadreurs devraient réintégrer le milieu agricole productif (ils airont toujours gardé leur exploitation) ou trouver des occupations dans les activités para-agricoles (groupements coopératifs). Les autres sociétés d'inter- vention ne se sont pas posé la question ou n'ont pas apporté de réponse. 195. L'éventail des salaires des agents est très vaste, de l'en- cadreur au Directeur d'ORD avec de très fortes variations d'un ORD à autre pour les échelons du bas de la pyramide. Le traitement net d'un encadreur à plein temps varie de 6.500 FCFA/mois (C.I.D.R.) à 17.000 FCFA par mois (C.F.D.T.). Le traitement d'un Directeur d'ORD est généralement de l'ordre de 60.000 FCFA/mois, auxquels s'ajoute le logement gratuit. Les variations sont encore accentuées par le fait que les agents détachés de la Direction du Développement Rural (D.D.R.) conservent leur solde quel que soit le poste auquel ils sont nommés. Résultats acquis 196. Il est difficile de juger des résultats acquis car l'environ- ment varie dtun ORD à l'autre et les actions ont été mises en place à des dates différentes. Tous les ORD et la C.I.D.R. mesurent les résul- tats acquis par les accroissements de production régionale. Les - 46 - statistiques utilisées ne portent que sur les productions et produits commercialisés (coton essentiellement). Elles ne font pas entrer en ligne de compte une partie de la production de certaines cultures de rente (par exemple, arachide et sésame), font abstraction des accroisse- ments de productions vivrières ou animales et ne tiennent pas compte des résultats non chiffrables tels que les progrès des organisations profes- sionnelles. Les seuls résultats chiffrés montrent cependant que les actions menées sont nettement positives du point de vue de la croissance, mais ne permettent pas de juger des transformations profondes dont les effets, à terme, sont plus importants. 197. Le pourcentage d'exploitations "encadrées" (ayant appliqué au moins un des thèmes proposés) et d'exploitations "équipées" (ayant acquis au moins une partie du matériel nécessaire à l'application des méthodes modernes) pourrait donner des indications intéressantes. Mais on ne possè- de aucun relevé précis. D'après les évaluations des encadreurs, on compte en moyenne 80 à 100 exploitations encadrées et 10 équipées par encadreur, soit, suivant les ORD, 10 à 40 pour cent d'exploitations encadrées et 2 à 3 pour cent d'exploitations équipées. 198. Une évaluation plus précise et complète des résultats pourrait permettre de déceler les véritables points faibles et de proposer des aménagements. Seule la C.I.D.R. a tenté de trouver une solution partielle à ce problème en demandant au service de l'Education des Adultes du Centre de Documentation et de Perfectionnement Pédagogiques (C.D.P.P.) de mettre au point et d'appliquer une méthode de mesure des résultats d'une action de développement sur l'évolution du milieu rural. La méthode con- siste à classer les exploitations suivant 3 niveaux d'évolution: (1) "Agri- culture traditionnelle", (2) "Agriculture moderne" et (3) "Agriculture moderne et participation à la gestion (des organisations professionnelles)". L'évolution de la répartition des exploitations entre ces trois niveaux, suivie d'année en année, donne des indications sur l'évolution technique et l'organisation professionnelle du milieu agricole et permet ainsi de com- pléter les données économiques fournies par les seules statistiques de commercialisation des produits. Cette méthode a été appliquée, à titre d'essai sur le canton de Kopper. Les résultats ont été publiés: "Dévelop- pement Rural et Education des Adultes", C.D.P.P. 1969. Recherche et formation des homologues voltaiaues 199. Tous les agents expatriés de la C.I.D.R. et du B.D.P.A. sont dou- blés d'un homologue voltalQue ou conseillent un ou plusieurs agents voltaïques titulaires du poste. Malgré certaines difficultés pour trouver l'homolo- gue adéquat, les deux organismes n'ont jamais dû renoncer à ce principe inscrit dans les textes relatifs aux ORD et il règne à tous les niveaux un esprit de coopération entre les agents expatriés et les Voltaàques. La - 47 - SATEC a un homologue pour le directeur de l'ORD de Koudougou, mais pas d'homologue pour ses chefs de secteur. Les agents C.F.D.T. niont pas d1homologue. Actions ponctuelles Mise en valeur des périmètres rizicoles (coopération sino-voltaïque) 200. Deux périmètres sont actuellement en production: (i) Boulbi (près de Ouagadougou), 76 ha de rizière, 306 coopérateurs dont les "parts" oscillent entre 0,20 et 0,50 ha, 4ème année de récolte sur la totalité de la surface en 1969. (ii) Louda (près de Kaya), 120 ha de rizières, 460 coopéra- teurs, 2ème année de récolte. 201. Les résultats sont spectaculaires sur les deux périmètres: rendements moyens de 6 tonnes à l'hectare, parcelles parfaitement désher- bées, diguettes entretenues, sol nivelé, travail effectué en ordre et avec méthode, entretien des canaux, des barrages et des bordures des lacs de retenue assuré. 202. L'action ne se limite pas à la vulgarisation de thèmes de modernisation, mais porte sur toutes les techniques culturales appliquées au riz et englobe la formation complète des responsables voltaïques. Une reconduction annuelle de 1'aide étrangère en fonction des besoins est prévue dès l'origine du contrat, qui normalement porte sur trdis cycles culturaux complets. Les coopérateurs étant en ,iême temps cultivateurs sur les terres sèches qui entourent le périmètre, l'action a un effet d'en- traÎnement certain sur les autres cultures de la zone. 203. L'encadrement est très lourd en première année de culture (1 technicien formosan pour 15 à 20 coopérateurs), ramené à un taux plus faible la seconde année (1 technicien expatrié pour 40 à 50 coopérateurs) et, en troisième année, il ne reste (Boulbi par exemple) qu'un technicien formosan et un responsable voltaïque pour 100 à 200 coopérateurs. En régime de croisière, 3 responsables voltaïques doivent se partager les responsabilités d'un périmètre (300 à 400 coopérateurs) soutenus pendant quelques années par un expert formosan. Pour le périmètre de Boulbi, les résultats actuels ont été obtenus avec 35 années-expert et 9 années- technicien voltalque pour 306 coopérateurs et 76 ha de rizières. 204. La formation de riziculteurs sur les autres périmètres fera appel à des techniciens voltaïques formés au cours des opérations précé- dentes afin de diminuer le nombre d'années-expert. Mais les résultats - 48 - doivent rester les mêmes. Bien que l'on ne puisse pas porter un jugement définitif, ces deux exemples indiquent qu'un haut niveau technique con- duisant à de hauts rendements n'est pas hors de portée de l'agriculteur voltalque, à condition que les actions de développement soient parfaite- ment et complètement étudiées et appliquées, en insistant sur la partici- pation et la formation professionnelle des intéressés. Périmètres irrigués de Bam-Kongoussi et de Moghtedo 20D5. Le périmètre de Bam-Kongoussi (entre Kaya et Ouahigouya, 80 ha, 245 coopérateurs) a été développé, en coopération avec le gouvernement alle- mand, pour la culture naralchère. L'irrigation de surface est faite par ruissellement et la distribution de l'eau par pompes et tuyaux. 206. Le périmètre de Moghtedo (entre Ouagadougou et Fada N'Gourma) comprend environ 100 ha de rizières; la distribution de l'eau est faite par canaux avec appareillage moderne de contrôle des débits (Neyrpic). Ce périmètre a été développé en coopération avec le gouvernement français. 207. L'état des cultures est souvent médiocre, l'infrastructure est peu ou mal entretenue, l'action n'a pas été menée jusqu'au niveau de la formation des coopérateurs. Les rendements sont supérieurs à la moyenne voltaïque, mais en ce qui concerne le riz, très inférieurs à celui des périmètres formosans (3 tonnes à 3,5 tonnes ha. contre 6) pour une infra- structure au moins aussi onéreuse. Le suivi de l'opération n'est pas assu- ré et la situation se dégrade lentement. - 49 - II. CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS 208. La priorité donnée au développement (rural principalement), la faiblesse des ressources économiques et le niveau actuel d'évolution de l'agriculture amgnent à proposer la politique générale suivante: inculquer au plus grand nombre le savoir-faire qui lui permettra de participer acti- vement et immédiatement au développement du pays (r8le de l'animation, de la vulgarisation, de la formation professionnelle et de la formation des homologues), prévoir l'élevation progressive du niveau des connaissances sans quitter le domaine du pratique (aménagement et extension de l'éduca- tion rurale) et limiter l'enseignement traditionnel à la formation des cadres indispensables à la vie du pays (planification stricte de l'enseigne- ment). Ce schéma évoluera ensuite en fonction des conditions économiques et du niveau technique vers une démocratisation toujours souhaitable de l'enseignement. A. Développement rural 209. Il faut tout d'abord définir plus précisément, dans un cadre voltalque, au niveau ministériel, les buts du développement rural intégré, puis, en fonction de cette définition, coordonn:r les efforts de tous les organismes apportant leur aide à la Haute Volta, harmoniser les méthodes et superviser effectivement les actions, c'est-à-dire contr6ler l'appli- cation, évaluer les résultats et étudier, en accord avec l'organisme con- cerné, les aménagements à apporter en cours d'action. 210. Des propositions d'aménagement des services du Ministère de l'Agriculture et des relations entre ORD et Ministère sont faites à ce sujet dans le rapport sectoriel "Agriculture". Animation et Vulgarisation Remarques générales 211. L'animateur, directement en contact avec les agriculteurs, de- vra eagner leur confiance et provoquer leur éveil aux problémes techniques et genéraux. Il agira par son exemple autant que par l'aide qu'il appor- tera à tous ceux qui le lui demanderont. Il appliquera et fera appliquer les techniques présentées par les vulgarisateurs. Le vulgarisateur, directement en contact avec les agriculteurs préalablement sensibilisés par l'animateur, présentera les techniques, les adaptera aux cas parti- culiers, donnera à l'animateur les conseils techniques et les compléments d'information qui lui permettront de répondre aux questions des agricul- teurs. - 5o - 212. Il en uécoule qu'animation et vulgarisation devraient être assurées par deux types d'agents, formant deux cadres différents, dont les profils seraient les suivants: Animateur Vulgarisateur Age 30 ans minimum 20 ans minimum Origine village ou voisinage région (même ethnie si possible) Lieu de résidence village village ou environs Contacts humains excellents (et connais- très bons sance parfaite du mi- lieu social) Niveau technique bon agriculteur formation technique Exploitation per- sonnelle obligatoire souhaitable Contrat mi-temps plein temps Notoriété bonne notoriété in- bonne notoriété utile dispensable 213. Le cadre des animateurs sera voué à l'extinction, par suppres- sion des agents lorsque le niveau de communication entre agriculteurs et vulgarisateurs et d'évolution du milieu rural dans la voie de l'organisa- tion syndicale et coopérative sera suffisant. On peut estimer que cette évolution demandera 5 à 10 ans suivant les conditions écologiques et le niveau de départ. 21h. Le cadre des vulgarisateurs sera permanent et, suivant l'avenir des ORD, restera à disposition de ces organismes ou formera le personnel de terrain du service central de vulgarisation du Ministère de l'Agriculture. Rappelons que les pays qui ont atteint un haut niveau technique en agri- culture disposent d'un service de vulgarisation permanent et très étoffé. 215. On trouvera en Annexeno. h les détails de l'organisation hiérar- chique, ainsi que des propositions pour le recrutement et le plan de carrière. La pyramide peut se résumer de la façon suivante (par ORD): - 51 - 1 chef d'ORD + 10 .djoints techniques spécialisés: Eaux et forêts Hydraulique Elevage Agronomie Méthodes de vulgarisation 7 chefs de secteur 50 chefs de sous-secteur 250 vulgarisateurs + 1.000 animateurs Des passerelles assurent aux divers niveaux des possibilités de promotion, excluant bien sûr les règles administratives que les A..T.A. et C.T.A. essayent d'implanter actuellement dans les ORD. 216. On verra plus loin que l'extension pure et simple d'un tel projet à l'ensemble du territoire voltalaue est impensable. Cependant, en supposant que le système soit étendu à tous les ORD (11), le tableau ci-dessous donne un aperçu des besoins totaux annuels maxima de forma- tion des cadres pour la mise en place d'un tel système. Tableau 13: BESOIN ANNUEL THEORIQUE DE FORMP.TION DE CMDRES Autre s Animateurs Vulgarisateurs cadres Besoins maxima (période de mise en place du système): mise en place en 5 ans 2.650 660 200 mise en place en 17 ans 990 300 108 Besoins en régime de croisière - 140 40 217. Ces prévisions sont établies en tenant compte du niveau actuel des techniques à vulgariser. Au fur et à mesure de l'évolution de l'ensem- ble du pays ces prévisions devraient subir un glissement vers des niveaux plus élevés. Les efforts nécessaires pour implanter les établissements, former les enseignants et établir les programmes en vue de satisfaire les besoins des années les plus chargées ne seront donc pas gaspillés, puisque le glissement de niveau accroîtra les besoins en nombre d'années-formation. - 52 - Lide t' h r:_ trangère 218. Les dispositions proposées concernent le fonctionnement normal d'un ORD et ne font pas mention de l'aide technique extérieure, probable- ment nécessaire, en tout cas souhaitable. Cette aide technique devrait être apportée au service spécialisé de la DDR chargé des études et de la supervision, aux chefs d'ORD et aux chefs de secteur. Mais les ex- perts expatriés ne doivent en aucun cas se retrouver seuls à la tête des services. Les organismes d'assistance technique doivent imposer à l'en- semble de leurs agents un esprit de "coopération" et les familiariser avec les problèmes d'animation, de vulgarisation et de formation professionnel- le. Il faut pour cela des qualités humaines qui n'ont rien à voir avec le niveau technique de l'individu. Il faudrait faire admettre à tous les expatriés et à leurs employeurs que leurs activités se composent de deux volets distincts, une part d'éducation et une part d'assistance technique, la première commandant la réussite de leurs actions. Un agent qui ne réussirait pas à établir de bons contacts avec son homologue de- vrait être déplacé. 219. Le gouvernement, pour sa part, doit faire l'effort nécessaire pour mettre toujours au moins un homologue à la disposition de chaque expert et admettre un déplacement éventuel des homologues si leurs apti- tudes ne correspondent pas aux responsabilités du poste, quel que soit le diplôme ou la personnalité de l'individu. 220. L'absence de personnel voltaïque qualifié (diplômé) accroit certainement les difficultés. Cependant il est rarement nécessaire que l'homologue ait un niveau proche de celui de l'expert, qui, dans ses fonctions, n'utilise jamais la totalité des connaissances qu'il a acqui- ses, mais fait surtout appel au bon sens et à ses capacités de réflexion en vue de l'application de quelques techniques simples. Il semble donc qu'il devrait toujours être possible de trouver des hommes capables d'as- surer la relève s'ils reçoivent un appui suffisant de la part des experts expatriés. Estimation du coût d'encadrement et discussion 221. Les coûts d'encadrement donnés ci-après sont calculés suivant deux barèmes, notés (a) et (b) _/, incluant les traitements, les charges sociales, les avantages en nature et les frais de déplacement y compris amortissement du matériel. (a) correspond aux traitements et indemnités les plus élevés et et à des frais de transport calculés très largement; (b) correspond aux traitements moyens et à des frais de transport plus proches de la réalité. 1/ Voir Annexe no. 3. - 53 - Applicués globalemeit à l'ensemble du territoire voltaïque, les coûts seraient les suivants (en millions de FCFA): Tableau 14: ESTIMATION DU COUT D'ENCADREENT (a) (b) En période de démarrage (3 à h ans) (10 experts expatriés par ORD et Animateurs) 3.500 2.500 En période de transition (6 à 7 ans) (plus d'experts expatriés, mais les Animateurs subsistent) 2.900 1.950 En régime de croisière (après 10 ans) (plus d'Animateurs) 1.600 1.300 Ces charges sont énormes, comparées à la production totale de l'Agricul- ture voltaïque, estimée à 21.000 millions de FCFA en 1970 et 25.000 à 30.000 millions en 1980. 222. Le dispositif proposé paraîtra très lourd, surtout en période de démarrage, mais ce sont les conditions d'une évolution sensible de l'Agriculture à l'échelle de la décade. Le démarrage assuré, les anima- teurs retirés (après 10 ans), il ne reste qu'un vulgarisateur pour 2.500 personnes (250 à 300 exploitations) et 600 km2 en moyenne, ce qui est peu. Réduire le dispositif serait revenir aux conditions actuelles d'action couvrant bien l'ensemble du territoire concerné, mais ne tou- chant qu'une partie des exploitants. On pourrait spéculer sur l'effet d'entraînement par l'exemple, mais il semble qu'on puisse aussi craindre le recul des agriculteurs évolués au contact des moins évolués si les efforts d'encadrement se relâchent. 223. En conséquence, si l'effort demandé est inacceptable, il faut limiter l'extension du système à quelques ORD ou à des parties d'ORD, mais ne pas retourner aux errements du saupoudrage, qui, a résultats égaux, coûte plus cher. - 54 - 224. Il n'est pas possible, avec les données économiques dont on dispose d'établir de façon comptable la rentabilité du système proposé qui, de toutes façons, n'a pas de sens, s'il est appliqué tel que à l'en- semble du pays. Mais en supposant que le schéma proposé soit appliqué à un ORD ou à de vastes parties d'un ORD, et en calculant le coût d'enca- drement par exploitation et par an, on trouve les résultats suivants: En FCFA En kg de coton-graine (1) (2) (1) (2) Période de démarrage 6.450 4.150 215 140 Période de transition 5.250 3.000 175 100 Régime de croisière 2.850 2.000 95 70 (1) Charges comme ci-dessus en (a) et 50.000 exploitations pour l'ORD. (2) Charges comme ci-dessus en (b) et 60.000 exploitations pour l'ORD pour tenir compte de la tendance à la division des exploitations. 225. Les charges ainsi calculées semblent acceptables pour des exploitations moyennes dans des zones de fertilité moyenne. Les charges les plus élevées (6.450 FCFî par an et par exploitation) sont inférieures à celles obtenues en zone d'ORD Volta Noire dans les même conditions (a) de traitements et de frais divers (7.700 FCFA par an et par exploitation) alors que l'encadrement proposé est beaucoup plus complet que l'encadre- ment en place. Le schéma proposé devrait donc au moins permettre d'abais- ser le coût d'une opération en cours, tout en améliorant les résultats. La Formation Professionnelle Accélérée (F.P.A.) Principes de fonctionnement d'un Institut National de Formation Professionnelle 226. La Formation Professionnelle Accélérée est caractérisée par ses méthodes et par les résultats qu'elle obtient et non par le domaine auquel on l'applique. Il est donc rationnel de grouper toutes les actions de Formation Professionnelle, qu'elles soient industrielles, commerciales ou agricoles, au sein d'un même organisme, généralement Institut National de Formation Professionnelle. De tels instituts fonctionnent de façon satis- faisante depuis de nombreuses années en France, en Espagne, en Colombie, au Chili, etc. -55 - 227. L 'Institut travaille essentiellement à la demande des intéressés: organismes privés, publics ou parapublics qui ont à résoudre des problèmes de formation professionnelle. En accord avec les organismes demandeurs, l'Institut détermine les buts à atteindre, le nombre de personnes à for- mer, les prolongements éventuels de l'action (recyclages, spécialisation ultérieure, etc.) puis effectue les enquêtes et analyses professionnelles, établit les progressions pédagogiques, forme les instructeurs, prépare le matériel d'enseignement et prévoit un plan d'action. L'Institut four- nit alors les instructeurs et le matériel préparé et charge au demandeur de fournir, dans certains cas, d'autres matériels (sol par exemple en agriculture) et de participer à l'application du plan d'action (groupe- ment des élèves, organisation des tournées des instructeurs par exemple). 228. L'Institut gère un ou plusieurs centres de formation d'ins- tructeurs, des centres (polyvalents ou spécialisés) et/ou des Unités Mo- biles de Formation Professionnelle Accélérée. Dans certains cas l'Ins- titut détache des Instructeurs auprès d'organismes publics ou privés, mais le contrat stipule toujours que l'Institut conserve la responsabilité to- tale des programmes, des méthodes et de la supervision. 229. Le fonctionnement d'un Institut de Formation Professionnelle est financé en partie par le budget national, en partie par des taxes professionnelles et en partie par la vente des services rendus. L'Ins- titut est généralement placé sous la tutelle d'un ou de plusieurs minis- tères (Travail, Population, etc.) mais n'est pas un organisme d'Etat. Il est doté d'un conseil d'administration où siègent des représentants des employeurs, des salariés et des ministères de tutelle. Proposition de création d'un Institut Voltaique de Formation Professionnelle Accélérée 230. Il est proposé de créer un Institut de ce genre qui regroupe- rait les actions déjà en cours en Haute Volta et en développerait de nouvelles au fur et à mesure des besoins, la priorité étant donné aux actions de F.P.A. dans le domaine agricole. 231. L'annexe no. 5 fournit une liste, non limitative, des occupa- tions professionnelles I/ auxquelles il serait possible d'appliquer immé- diatement les méthodes de la F.P.A. On remarquera que certaines d'entre elles sont déjà l'objet d'actions particulières: formation professionnelle proprement dite (artisans ruraux par le B.I.T. ou dresseurs de boeufs par l'ORD de Ouagadougou) ou formation intégrée dans des ensembles plus com- plets (culture de riz dans les actions menées par les Formosans). Une occupation professionnelle est l'ensemble des activités correspondant à l'occupation d'un poste de travail. Par exemple, l'ensemble des acti- vités d'un individu chargé de récolter le coton ou celles d'un individu chargé d'épandre de l'engrais. - 56 - 232. Le regroupement des actions en cours au sein de l'Institut Volta'que de F.P.A. permettra: () de mener sur le plan national des actions qui ne sont menées actuellement que sur le plan local ou régional; (ii) d'améliorer, de compléter et de rendre homogènes les méthodes de formation actuellement employées; (iii) d'améliorer constamment les méthodes et les résultats par le jeu d'une supervision efficace. 233. En premier lieu, étant donné la simplicité de presque toutes les occupations professionnelles citées dans l'Annexe no. h et l'ins- cription de la plupart d'entre elles (sous la forme des "thèmes de moder- nisation de la culture") dans les programmes des centres de formation des maîtres d'E.R. et du centre de formation des encadreurs (Matourkou), on propose de modifier les programmes et les méthodes de ces centres de telle façon que les agents qui en sortent puissent jouer le rôle d'ins- tructeurs de Formation Professionnelle Accélérée pour les thèmes de mo- dernisation actuellement a leur programme. 234. Il ne s'agit pas de transformer les maÎtres d'E.R. et les encadreurs en instructeurs de F.P.A., mais: (i) de leur donner la formation pédagogique générale propre à la F.P.A., ce qui ne peut qu'être bénéfique pour toutes leurs activités d'enseignement ou de vulgarisation; (ii) de leur faire acquérir l'habilité manuelle et de leur donner les connaissances pédagogiques spécifiques des thèmes de modernisation inscrits à leur programme; (iii) de leur fournir ensuite, régulièrement, les documents et les aides pédagogiques qui seront créés spécialement pour ces actions par l'Institut Voltalque de F.P.A.; (iv) de leur assurer un soutien pédagogique par le jeu de la supervision classique en F.P.A. 235. Il faudra, dans la préparation des programmes et des aides pédagogiques, tenir compte des conditions particulières de cette action: (i) la formation des instructeurs devra s'intégrer dans le domaine plus vaste de la formation générale des maitres d'E.R. et des encadreurs; (ii) les maîtres d'E.R. et les encadreurs, à leur tour, devront appliquer les méthodes de Formation Professionnelle Accé- lérée parmi d'autres activités; - 57 - (iii) les maitres d'E.R. auront sous leur responsabilité 40 à 50 jeunes, les encadreurs 100 à 200 exploitants, ce qui ne correspond pas aux conditions habituelles d'action en F.P.A. (petits groupes de 8 à 15 stagiaires); (iv) les périodes favorables à llexécution des opérations défi- nies par les thèmes de modernisation sont généralement ré- duites. 236. En deuxième étape, lInstitut formerait le nombre d1instructeurs nécessaires pour des besoins particuliers. Les actions liées à la culture attelée paraissent les plus importantes et en même temps les plus intéres- santes quant à la rentabilité des instructeurs formés, puisqu'elles peuvent se dérouler pendant une grande partie de l'année. Les instructeurs se- raient "loués" aux ORD ou à tout autre organisme de développement rural oui en ferait la demande. Réalisation du projet 237. La mise en place d'un tel Institut ne peut être assurée que par des organismes spécialisés tels que le B.I.T., l'O.R.T. (Organisation, Reconstruction et Travail, Genève) et A.F.P.A. (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes, Paris). Cependant, en Haute Volta, il semble que l'opération serait simplifiée s'il était fait appel au B.I.T., qui gère déjà des actions de formation professionnelle dans ce pays et qui a participé à l'implantation d'Instituts du même genre dans divers pays (Chili, Vénézuela, Colombie, etc.). L'organisme responsable déterminera avec le gouvernement voltaicue les conditions d'établisse- ment de l'Institut, conditions qui devront être définies très précisé- ment, notamment en ce qui concerne le rattachement des actions en cours, les ministères de tutelle, l'indépendance technique et économique de l'institut, les dépendances hiérarchiques de l'expert chof de projet et de son homologue vis-à-vis des différents ministères. 238. Il faudra dès le départ insister sur le fait que les méthodes de la formation professionnelle sont absolument opposées aux méthodes de l'administration publique. Les homologues ne doivent pas être nommés en fonction de leurs diplômes, mais en fonction de leurs qualités humaines et de leur volonté de s'intégrer dans une équipe. Il serait bon que les homologues prévus pour occuper les postes de direction de l'Institut participent effectivement aux premières enquêtes et analyses profession- nelles et à l'établissement des progressions et des matériels pédagogi- ques. 239. La construction des centres de formation, qu'il s'agisse de centres de formation des instructeurs ou de centres de formation spécia- lisés, devra éviter les erreurs les plus fréquentes, à savoir: lieu dlimplantation, orientation et volume de l'affaire soumis aux pressions politiques, constructions somptuaires et conditions de vie des internes, s'il y a lieu, trop différentes de celles qui seront imposées par la suite aux instructeurs ou aux travailleurs lorsqu'ils réintégreront leur milieu. - 58 - 240. Etant donné l'importance du secteur agricole et la modicité du secteur industriel, il est probable que les investissements sous for- me de constructions seront très faibles, que les investissements sous forme de véhicules, moyens et matériels de travail, production des aides péda- gogiques seront relativement importants et qu'il faudra prévoir principa- lement des crédits de fonctionnement et d'années-experts. 241. On peut prévoir qu'il sera nécessaire: (i) de construire un centre de formation d'instructeurs de F.P.A. en agriculture, d'une capacité de 20 à 30 places avec possibilité d'agrandissement, bâtiments administra- tifs pour le directeur et l'adjoint, deux salles de clas- ses, dortoirs et services communs très simples, 15 à 20 ha de terres, avec possibilité d'extension; (ii) de compléter le centre de formation d'instructeurs d'Oua- gadougou (B.I.T.) par adjonction de bâtiments administra- tifs pour une dizaine de personnes dont un dessinateur; (iii) d'équiper le centre de formation des instructeurs agri- coles (petit matériel de culture, boeufs, etc.); les uni- tés mobiles de formation professionnelle (nombre à déter- miner, mais matériel simple et peu volumineux, donc vé- hicule léger genre camionnette); les agents du service de supervision (véhicules); (iv) d'assurer la production des documents pédagogiques; (v) de placer, en plus, des experts du B.I.T. actuellement en poste, 1 chef de projet pour 3 à 4 ans, 1 expert "Méthodes et productions pédagogiques" pour 2 à 3 ans, 3 experts (Matourkou, Farako-Bâ et Kambouinsé) pour 3 ans, soit en- viron 15 années-experts. 242. Il n'est pas possible de faire des prévisions plus précises sur le coût de réalisation du projet car: (i) il s'agit d'une variante nouvelle d'une forme d'action connue; (ii) les dispositions prévues réagiront sur l'ensemble des systèmes d'encadrement et d'E.R. dont il faudra assurer l'évolution conjointement à l'établissement du projet sous peine de perdre tout le bénéfice de l'introduction de la F.P.A. suivant le schéma proposé; - 59 - (iii' de nombreux travaux ou actions engagés pour ce projet devraient être avantageusement couplés avec d'autres (construction du centre de formation des instructeurs de F.P.A. agricole à coupler avec la rénovation du cen- tre de formation des maîtres d'Education Rurale de Kam- bouinsé, par exemple). 243. D'autre part, les résultats économiques de la formation pro- fessionnelle accélérée ne peuvent pas être chiffrés a priori. S'il n'est pas possible de financer ce projet par une aide gratuite, totale ou partielle, le remboursement des annuités d'un prêt ne peut être prévu qu'au niveau du budget national, les frais ainsi engagés étant considé- rés comme un investissement participant à l'élévation du taux d'accrois- sement annuel du P.I.B. Toutes ces questions ne pourront être résolues que par une étude détaillée, sur place, des conditions d'établissement de l'Institut Voltcìque de Formation Professionnelle Accélérée. 244. Une telle étude demandera probablement deux experts pendant 6 à 12 mois. Comme l'animation-vulgarisation, la formation professionnelle devra tenir coipte du rôle important tenu par les femmes dans l'ensemble deu occupations agricoles. Elle devra être dirigée vers les deux sexes et ses responsables rédigeront les progressions et établiront les normes de randement en conséquence. La formation professionnelle devra aussi s'intéresser aux problèmes des occupations spécifiquement féminines. Centre de recherches et d'applications des techniques agricoles de base Principe de fonctionnement 245. Il ne semble pas qu'on ait étudié les possibilités d'applica- tion au cas de la Haute Volta de nombreuses techniques ou d'outils simples, utilisés avec profit, avant la motorisation, par les agriculteurs des pays évolués. On propose donc la création d'un Centre de recherche et d'appli- cation des techniques agricoles de base, dont le travail porterait aussi bien sur l'utilisation de certains outils (anspect, faux, faux à panier, fléau articulé, batte de jardinier, rouleau, planche à niveler) inconnus en Haute Volta et dont la plupart pourrait être construite localement, que sur certaines techniques à proprement parler (culture attelée, mé- thodes de récolte du coton et des autres productions agricoles, trans- ports, irrigations de complément). 246. Toutes les recherches entreprises devraient être complétées et guidées par une recherche systématique de l'allongement de la période d'activité agricole, aussi bien par l'étalement de certains travaux grâce à des modifications de techniques culturales, que par l'introduction d'activités complémentaires, dont celles qu'impliquent par exemple l'éle- vage ou le petit artisanat. - 60 - 247. Les recherches doivent être faites en vue d'une application immédiate et rester dans un domaine purement pratique, sans aucune pré- tention scientifique ou agronomique. Il s'agit d'étudier les opérations culturales traditionnelles ou modernisées actuellement effectuées par l'agriculteur voltaïque et chercher dans quelles conditions il serait possible d'accroître son efficacité tout en diminuant sa fatigue phy- sicue, par l'application des méthodes de travail ou l'utilisation d'outils simples tels que ceux mentionnés plus haut, ou d'autres dérivés de métho- des ou d'outils purement voltaïques. 248, Le centre de recherches, en liaison avec l'Institut voltaïque de F.P.A. réaliserait les études nécessaires à la diffusion des solutions proposées, effectuerait un essai en vraie grandeur dans une région de culture avec analyse des résultats et mise au point définitive des métho- des et des outils. 249. Le centre de recherche restera en relation avec les centres de recherche agronomique en vue d'échanger des informations, de prévoir l'évolution de certaines techniques agricoles et de prendre conseil de spécialistes sur les effets que pourraient avoir les solutions proposées sur certains facteurs de la production agricole (dispersion des parasi- tes, accélération du processus de latérisation, etc.). Mais les buts et les méthodes de recherche sont trop différents pour que le Centre de recherches et d'application des techniques de base puisse dépendre de la recherche agronomique. Par contre, la liaison avec l'Institut Voltal- que de F.P.L. sera constamment nécessaire, tant pour les études de base que pour les recherches et pour l'application finale des solutions à l'agriculteur voltaïque. 250. Les recherches devront être conduites par des -Voltaïques praticiens agricoles dont la connaissance du milieu agricole voltaïque est indispensable à la réussite des opérations. Les experts expatriés de- vront être des praticiens qui ont connu et appliqué les techniques sim- ples dont il est question et devront être capables d'apporter les aména- gements nécessaires. 251. Il est possible d'envisager le projet de trois façons: (i) Hypothèse 1 Le Centre de recherches est constitué comme un service de l'Institut Voltaïque de F.P.A. et se limite exclusivement à des recherches très simples sur les outils connus mais non utilisés, et sur certaines techniques d'actualité: cul- ture attelée, récolte du coton, transports. Dans ce cas on peut prévoir la présence d'un expert pendant trois années et quelques crédits de fonctionnement qui seraient ajoutés au projet d'établissement de l'Institut Voltaïque de F.P.A. Les recherches seraient menées essentiellement au centre de formation des instructeurs de F.P.A. agricole. - 61 - (ii)~l Hyohse 2 Le Centre de recherches prend une personnalité juridique identique à celle de l'Institut Voltaïque de F.P.A. et élargit le champ de ses recherches à des techniques plus complexes comprenant notamment les problèmes de mécanisa- tion, de motorisation, d'irrigation, etc. Les résultats obtenus pourraient parfois être vulgarisés dans d'autres Etats que la Haute Volta, mais il semble difficile d'im- planter un centre international pour des recherches qui, par définition, doivent fournir les solutions aux problè- mes spécifiques du pays. Pour assurer l'étroite relation nécessaire avec l'Institut Voltaïque de F.P.A. il serait bon de prévoir que les conseils d'administration dex deux organismes soient formés par les mêmes personnes et que des agents de tous les niveaux soient fréquemment échan- gés entre le centre et l'institut. Dans ce cas, le projet comportera la construction de quelques bâtiments, l'équi- pement du centre (matériels simples), des crédits de fonc- tionnement et la présence de 2 ou 3 experts pour 3 années chacun. (iii) Hypothèse 3 Le Centre de recherches, tel que défini au paragraphe précédent pourrait enfin être une cellule d'un Institut International de Recherches et d'Application des Techni- ques Agricoles de Base qui compterait une ou plusieurs cellules identiques dans d'autres pays et un centre de coordination, de documentation et de publication. Mais un tel Institut risque d'entrer en conflit avec d'autres organismes à vocation internationale dont les buts, sans être identiques, peuvent cependant entrer en concurrence avec ceux du projet. 252. Dans tous les cas, une étude préalable s'impose et on peut estimer qu'elle demanderait 6 à 12 mois d'expert. Autres propositions 253. Deux propositions devraient être considérées. Premièrement une campagne nationale pour la protection des nappes phréatiques et des sources. Les actions "Puits" analysées dans la première partie de ce rapport doivent être complétées par une campagne nationale qui porterait sur: l'éducation des usagers; l'hygiène en général; l'amélioration des moyens d'extraction de l'eau (en relation avec l'Institut Voltaïque de F.P.A.); l'utilisation rationnelle des diverses ressources (puits, sour- ces et marigots). - 62 - 254. Deuxièmement, la supervision et l'étude économique des réali- sations sino-voltaïques: Boulbi, Louda et Vallée du Kou, dont les ré- sultats devraient guider toutes les actions rizicoles futures. B. Enseignement Bâtiments et mobilier scolaires Entretien et réparation 255. Il est nécessaire, tout d'abord de débloquer les crédits pour l'entretien et la réparation des bâtiments existants. Il serait souhai- table, à cette occasion, d'étudier certaines modifications simples, qui, apportées aux installations à l'occasion de la remise en état, facili- teraient l'entretien ultérieur. De même, un assouplissement des règles administratives et l'utilisation de techniques simples telles que le chaulage des murs, faciliteraient grandement l'entretien courant du gros oeuvre. Aménagement des bâtiments 256. Certains bâtiments existants devraient être aménagés: les bâ- timents FED de l'E.R. devraient être modifiés pour que la poussière et les embruns ne pénètrent plus dans les salles de classe; les bâtiments traditionnels en pisé devraient être munis de couvertures plus durables que le chaume, mais moins chaudes que la simple tôle ondulée. Architecture 257. Une étude générale architecturale s'impose pour tous les bâti- ments nouveaux à construire, aussi bien ceux de 1'E.R. et de l'enseigne- ment primaire que ceux nécessaires pour ltextension des dortoirs et ser- vices communautaires de nombreux établissements secondaires et techni- ques. Cette étude devrait s'appuyer sur un inventaire critique des différents types de bâtiments existants et viser, tout au moins pour les bâtiments de 1'E.R., des solutions simples, réalisables, autant que possible, par les élèves et les artisans locaux. Mobilier scolaire des centres d'E.R. 256. Il est souhaitable de mettre au point un mobilier simple, de construction rustique, à peine plus cher mais mieux adapté que les "plots en pisé". 259. Toutes ces études devraient être menées sirmltanément et repré- sentent probablement 2 à 3 années-experts. - 63 - Education rurale Enseignement de la langue 260. On a vu que, par suite des difficultés de langage, les trois années de scolarité ne correspondent en fait qu'à une année et demie d'enseignement des matières autres que le français. Il faut repenser le problème et, au besoin, remettre en cause le principe de l'enseignement en français. On propose donc d'établir un bilan complet des avantages et des inconvénients de l'enseignement en français d'une part, en langue vernaculaire d'autre part. Ce bilan sera établi en tenant compte: () de l'obligation de prévoir trois langues vernaculaires si l'enseignement ne se fait plus en français; (ii) d'avantages difficiles à estimer, tel celui de pouvoir admettre en classe des adultes qui voudraient suivre un cours de technologie, dans le cas où l'enseignement se ferait en langue vernaculaire; (iii) ou de faits apparemment négligeables comme celui de pou- voir ou ne pas pouvoir lire un mode d'emploi de produit phytosanitaire. 261. Le choix entre les deux solutions sera fait en considérant que, dans le cas de l'enseignement en français, tout sera fait pour améliorer les conditions d'enseignement de la langue (voir ci-dessous) et que le temps d'enseignement effectif sera porté de 1,5 à 2,25 an- nées. Pour obtenir ce résultat, il faudra, en plus de l'application de méthodes modernes, obliger les maîtres et les élèves à ne parler que français, même pendant les travaux pratiques de culture, et améliorer le niveau de langage des maîtres eux-mêmes. 262. Pour valoriser les efforts faits et éviter l'analphabétisa- tion de retour, il faudra assurer un soutien efficace de la langue chez les individus formés. Dans ce but, il est proposé d'adjoindre à chaque C.E.R. une petite bibliothèque que le maître d'E.R. animera comme un foyer culturel en aidant les jeunes et les moins jeunes à découvrir l'in- térêt de la lecture et de la référence au document écrit. 263. Par la suite, il sera possible d'adjoindre au bâtiment scolaire une pièce supplémentaire qui ferait office de foyer rural avec les li- vres, les revues et, éventuellement, les matériels de diffusion au cas où un programme d'émissions éducatives serait mis sur pied. Modifications des prograrnes 26h. On propose de conserver la répartition d'horaire actuelle (travaux pratiques 50 pour cent, enseignement général 37,5 pour cent et enseignement technique 12,5 pour cent) à condition d'apporter les mo- difications suivantes aux programmes et aux méthodes. - 64 - .) ravaux pratiques En fonction de ce qui a été établi auxparagraphes 92-96 on propose: (a) d'effectuer les travaux pratiques de culture par demi- journée en lère et 2ème années, par journées complètes en 3ème année, le nombre dtheures de travail étant à déterminer en fonction des coutumes et des conditions locales et avec l'aide de l'Institut Voltaïque de F.P.A. en vue dthabituer les élèves au volume optimal et à un rythme rationnel de travail journalier; (b) de grouper les travaux de culture sur plusieurs jour- nées ou demi-journées consécutives de façon à consti- tuer des périodes d'entraînement intensif au travail agricole en vraie grandeur avec introduction des no- tions de tâche journalière, de rendement et de continui- té dans l'effort; (c) d'appliquer les méthodes de F.P.A. pour lesquelles le maitre aura reçu une formation particulière comme proposé aux paragraphes 230-236 (le maître devra divi- ser l'effectif du centre en groupes de 6 à 10 élèves et établir un roulement d'équipes); (d) de doter les C.E.R. d'une dizaine dthectares de terre dont la surface en culture variera de 3 à h ha en 1ère année à 6-10 ha en 3ème année pour tenir compte de l'accroissement de rendement au travail et de résis- tance physique des élèves; l'assolement étant choisi de telle façon qu'avec 20 à 30 pour cent du temps d'enseignement consacré aux travaux de culture (40 à 60 pour cent des travaux pratiques), le nombre dtheu- res de travail par hectare ne soit pas supérieur aux normes admises; (e) de diversifier les activités et, notamment, d'intro- duire des travaux pratiques d'élevage; (f) d'occuper le reste du temps normalement dévolu aux travaux pratiques à des séances de préparation à la F.P.A., à des actions effectuées en dehors du centre en liaison avec l'instruction civique. Lorsque cela sera nécessaire, le maître pourra faire appel aux aniaateurs, et/ou au vulgarisateur, et/ou aux unités mobiles de F.P.A. Les programmes de travaux pratiques des C.E.R. de filles devront être réétudiés en vue d'une meil- leure adaptation aux conditions réelles de vie de la femme voltaïque en milieu rural. - 65 - (ii) Pror,;mie d'enseignement et méthodes Le fonds de l'enseignement général ne peut que difficile- ment être modifié puisqu'il se limite à des notions élé- mentaires indispensables, mais le programme doit être aménagé pour mieux coller à la vie de tous les jours et préparer les élèves à mieux recevoir l'enseignement tech- nique: il faut le ruraliser. Un tel aménagement amélio- rera ltassimilation des connaissances et allégera l'enseig- nement technique de toutes les considérations élémentaires qui l'encombrent actuellement, laissant la place à des développements intéressants et pratiques. L'éducation ci- vique doit être renforcée, appuyée par une coopération étroite avec 1'ORD et le village, et être constituée es- sentiellement d'exemples vécus par les élèves: participa- tion aux campagnes nationales conduites par le Ministère de l'Agriculture, création de pare-feu , entretien de forêt, etc. Tous ces aménagements seront accompagnés d'une amélioration des méthodes pédagogiques avec, si possible, l'emploi d'aides audio-visuelles simples (plan- ches en couleurs, échantillons, matériels simples, etc.) (iii) Modifications à apporter au système actuel pour pouvoir appliquer les principes proposés Vouloir que les élèves apprennent à travailler à l'échelle normale de l'exploitation commande l'âge de recrute- ment; les élèves doivent avoir dès leur arrivée au C.E.R. un développement physique suffisant pour soutenir l'effort nécessaire. On propose donc de fixer l'âge de recrutement à 14 ans minimum (soit 1 à 16 ans pour le recrutement d'une session) et de rendre obligatoire une sélection faite sur la conformation des individus, reportant sur la session suivante les sujets les plus faibles. Par ailleurs, il serait utile d'appliquer rapidement les mesures nécessaires pour obtenir chaque année dans chaque cercle un nombre à peu près constant d'élèves sortant des C.E.R. (recrute- ment annuel pour la formation postscolaire). 265. Outre l'extension des terres de culture, il faudra fournir aux C.E.R. les moyens indispensables à la réalisation des travaux: outils à main modernisés et de bonne qualité pour chaque élève ou groupe d'élè- ves suivant le cas, deux paires de boeufs, matériel de préparation du sol, etc. Il faut supprimer dans les plus brefs délais les matériels inu- tilisables récemment distribués par l'UNICEF. 266. Les productions agricoles des C.E.R. et, par conséquent, les mouvements de fonds et la trésorerie seront très fortement accrus. La disposition actuelle (gérance de fonds par les élèves et le maître) doit être conservée, mais aménagée tant sur le plan du contrôle financier que - 66 - sur celui de l'utilisation pédagogique des opérations de gestion de la caisse du C.E.R. Il serait nécessaire aussi d'établir une liste des possibilités d'utilisation des fonds (remise dtoutils aux élèves sor- tant, aménagement de la bibliothèque, etc.). Débouchés offerts aux élèves. Certificat d'education rurale 1 267. Si les aménagements proposés sont appliqués et atteignent leur but, la plupart des difficultés relatives à ltinsertion des anciens élè- ves dans leur milieu familial sera éliminée. Les parents accepteront gé- néralement sans difficulté le retour dans l'exploitation familiale d'un jeune homme de 17 à 20 ans ayant appris à bien travailler suivant des méthodes dont les résultats seront visibles sur l'exploitation agricole du C.E.R. 268. Cependant, tous les anciens élèves ne retourneront pas dans leur famille et on propose: (i) l'ouverture du concours de recrutement des vulgarisa- teurs (voir Annexe 4); (ii) l'établissement d'un système de centres de formation post- scolaire agricole, c'est-à-dire un aménagement des expé- riences actuelles conduisant à l'ouverture d'un centre de formation postscolaire agricole par cercle et dont les activités seraient organisées selon les mêmes principes que ceux qui ont été exposés au sujet des C.E.R. Les élèves resteraient au centre 1 ou 2 ans suivant leur désir et les résultats obtenus. La première année, plus parti- culièrement consacrée aux travaux agricoles sur une exploitation importante, permettrait aux élèves de se constituer un pécule. L'enseignement général et techni- que occuperait au contraire une part plus importante de l'horaire de 2ème année et conduirait au Certificat d'éducation rurale, qui, dans l'ensemble des activités agricoles, devrait ouvrir les mêmes débouchés que le C.E.P. et notamment être l'origine dfune passerelle vers le mo- nitorat d'éducation rurale; (iii) l'octroi de prêts aux jeunes agriculteurs. Les meilleurs élèves sortant des C E.R. et, à plus forte raison des centres postscolaires agricoles, munis de leurs outils, éventuellement d'un pécule, bien formés professionnelle- ment, devraient présenter suffisamment de garanties pour qu'il leur soit accordé un prêt d'installation. Cette étude est à faire. Voir graphique 8. - 67 - Recrutement et formation des maîtres et monitrices d'éducation rurale / 269. Il semble préférable de ramener le niveau du concours à celui du C.E.P. ou peut-être de la première année du premier cycle d'en- seignement secondaire; les candidats devraient avoir au minimum 18 ans; le concours devrait comporter des épreuves destinées à mettre en valeur le bon sens du candidat et sa connaissance pratique des travaux agricoles; on devrait fixer une note minimale pour chaque épreuve et une moyenne minimale; les candidats subiraient un test psychologique. A l'avenir, lorsque le Certificat d'éducation rurale sera instauré, le concours de- vra être ouvert aux anciens élèves des cours postscolaires agricoles ayant obtenu ce dipl6me. 270. La formation sera modifiée en fonction des aménagements pro- posés pour les programmes et sera tout particulièrement renforcée sur le plan de la pratique agricole et pédagogique par l'introduction des métho- des de la F.P.A., comme proposé ci-dessus. Les méthodes d'enseignement et le mode de vie dans les centres doivent être totalement rénovés dans le sens d'une participation active des élèves et d'une prise de conscience de leurs responsabilités. L'organisation de la vie au centre sera mise à profit pour inculquer aux futurs maîtres d'éducation rurale la con- naissance et la pratique des méthodes d'animation et de conduite des grou- pes en vue notamment de l'animation de la bibliothèque-foyer rural du C.E.R. 271. La formation des monitrices sera modifiée dans le même sens que celle des maîtres d'éducation rurale, en allégeant cependant le programme des travaux pratiques de culture. Le programme de travaux pratiques ménagers sera revu et débarrassé de tout ce qui ne correspond pas à des travaux réellement effectués par les femmes voltaïques ou, s'il s'agit d'activités nouvelles, qui ne présentent pas un intérêt économique certain. 272. Les deux centres de formation des matres d'éducation rurale devront être, soit réaménagés, soit complétés pour pouvoir remplir leur rôle. L'un et l'autre devront être dotés d'un domaine agricole cultiva- ble plus vaste et des moyens de culture adaptés. Certains bâtiments du centre Kamboinsé et notamment les dortoirs et les salles de cours de- vraient être réaménagés. Le centre de formation des monitrices est ine- xistant. Il faut au plus vite faire les études qui s'imposent et cons- truire un centre adapté aux besoins. 273. Il est indispensable d'établir un plan de carrière pour les matres et monitrices d'éducation rurale si on veut conserver les agents formés, plus particulièrement les meilleurs éléments, et créer une émulation qui maintiendra l'intérêt des maîtres et monitrices pour leur métier. Ce plan de carrière ne pourra comporter qu'une évolution réduite ./ Voir graphique 8. - 68 - des niveaux de rémunération, mais pourra faire appel à d'autres moyens et offrir des possibilités de promotion pour les meilleurs éléments (formation complémentaire pour accéder au poste de conseiller pédago- gique d'éducation rurale, notamment). 274. Il faut mettre en place un système responsable du contrôle (inspection), du dépistage systématique des faiblesses des maîtres et moni- trices, et de leur soutien pédagogique effectif. Pour ce faire, il sera nécessaire de refondre complètement le système actuel (conseillers pédago- giques d'Education Rurale), totalement inefficace. Il faut évidemment accroître le nombre actuel de conseillers, mais il faut avanttDut éta- blir la liste de leurs responsabilités, les former et leur donner les moyens de travailler. On peut ainsi envisager que les conseillers se- ront aidés dans leur travail par le service de supervision de l'Institut Voltaïque de F.P.A. pour tout ce qui concerne les travaux pratiques. La mise en place de ce système de supervision doit conduire à l'instau- ration de stages de recyclage et de perfectionnement, dont l'organisa- tion et la réalisation seront assurées en grande partie par les con- seillers eux-mêmes. Extension prioritaire de l'éducation rurale 275. On a déjà vu que, de toutes les combinaisons possibles, celle qui fait porter tous les efforts sur l'E.R. permet d'atteindre, de très loin, le taux de scolarisation le plus élevé (hh,6 pour cent) en 1980 dans l'hypothèse de croissance haute (P.I.B. +h pour cent l'an), sans porter atteinte aux niveaux minimaux à respecter pour les autres enseigne- ments. L'E.R., de plus, apportera aux jeunes gens des connaissances directement utilisables et leur permettra de participer activement à l'évolution du milieu rural, passage obligé du développement national. 276. Il est hasardeux de faire des projections à échéance de plus de 10 ans (au-delà de 1980). On peut seulement estimer que dans l'hypo- thèse du maintien du taux de croissance à 4 pour cent l'an et en donnant toujours, au Ministère de l'Education Nationale, la priorité à l'éducation rurale, on atteindra en 1990 un taux global de scolarisation de l'ordre de 75 à 80 pour cent. Quand un taux de cet ordre sera atteint, toute nouvelle augmentation des crédits à l'enseignement pourrait être utilisée à l'allongement du cycle et à l'étoffement des programmes, de façon à réaliser peu à peu 1'"harmonisation des programmes", qui conduirait à la généralisation d'un enseignement équivalant en niveau de connaissances à l'enseignement primaire actuel, tout en conservant un caractère prati- que et rural. Crest la politique officieusement préconisée dans l'intro- duction de l'annuaire des statistiques scolaires 1967/68 (voir Annexe 6). Un pro;jet d'extension de l'éducation rurale 277. Si le principe d'action prioritaire en faveur de l'E.R. est retenu, la population scolaire des C.E.R. devrait passer en 10 ans de 28.000 è 1>41.000, soit une augmentation annuelle de 11.300 élèves nécessi- tant l'ouverture de 250 nouveaux centres et la formation de 250 nouveaux maîtres et monitrices chaque année. - 69 - 278. Les Centres de formation des maîtres et monitrices d'éducation rurale existant actuellement sont insuffisants tant du point de vue bâti- ments cue du roint de rue corps enseignant pour assurer la formation de 250 à 300 agers par an. 279. Le service de supervision, déjà insuffisant, ne pourra pas être organisé de façon adéquate sans repenser l'ensemble du problème. (La super- vision est différente de l'inspection au sens habituel du terme en Enseigne- mefit Primaire). 280. Il est à craindre qu'en laissant les choses évoluer d'elles- mê~mes, les prévisions ne soient pas respectées lors de la répartition des crédits entre les différentes directions de l'Education natio- nale, et il est probable que la croissance de l'E.R. se fera de façon anarchique, au détriment de la qualité de formation, qui passera après le nombre d'élèves formés. 281. Un prêt ou un crédit permettant la mise en place rationnelle de l'infrastructure nécessaire à l'extension et à l'amélioration du sys- tème de l'éducation rurale, supprimerait ces difficultés. 282. Le projet couvrirait quatre parties distinctes: (i) Etudes préliminaires: Los études architecturalos prévues précédemment, soit deux à trois années-experts. L'étude du problème de la langue d'enseignement (deux années-experts). L'étude des programmes et des aménagements des méthodes de l'éducation rurale, l'étude des programmes et des amé- nagements des centres de formation des maîtres et moni- trices d'éducation rurale (trois à quatre années-experts). L'étude du fonctionnement et des programmes des centres postacolaires agricoles (une à deux années-experts). L'étude et la refonte du système de supervision. L'étude générale du système de l'éducation rurale en vue de déterminer les besoins (accroissement annuel du nombre de centres d'éducation rurale, nombre de centres de formation des iaîtres et monitrices d'éducation rurale, volume des investissements, coûts de fonctionnement, etc.), soit deux à trois années-experts. (ii) Investissement en bâtiments et matériel: Si la langue française est retenue comme langue d'enseigne- ment, le projet devra comprendre la fourniture de matériel audiovisuel (pour 3.000 à 5.000 classes en 10 ans), soit - 70 - aproximativement 400 millions de FCFA, plus du matériel consommable, dans le cas d'une méthode simple telle que la méthode C.L.A.D. (voir ci-dessous). La création d'un centre, peut-être deux, de formation des monitrices d'éducation rurale (60 à 80 places par centre). Li aménagement du centre de Kamboinsé. La création d'un troisième centre de formation de maîtres d'éducation rurale (60 à 80 places). La participation à la construction de 250 centres d'édu- cation rurale par an en accord avec les recommandations tirées de l'étude architecturale. La participation à la réalisation du mobilier scolaire pour 250 C.E.R. par an. La fourniture de matériel scolaire simple et de matériel de culture pour 250 C.E.R. par an. La participation à la construction et l'équipement en matériel de culture du nombre de centres postacolaires agricoles déterminé par l'étude correspondante indiquée ci-dessus (5 à 10 par an peut-être). L'équipement des conseillers d'éducation rurale en moyens de locomotion, soit trois à quatre véhicules par an plus les remplacements. La fourniture de livres et revues pour les bibliothèques des C.E.R. (iii) Soutiens apportés aux actions elles-mêmes (années-experts): Formation des maîtres et monitrices d'éducation rurale à la méthode d'enseignement rapide du français, si le fran- çais est retenu comme langue d'enseignement. Application des nouveaux programmes et des nouvelles méthodes pédagogiques dans les centres de formation des maîtres et monitrices d'éducation rurale et la formation des professeurs de ces centres, soit trois à cinq experts, pendant deux à trois ans (6 à 15 années-experts). Mise en application des programmes dans les centres post- scolaires. Formation des conseillers d'éducation rurale (deux à trois années-experts). - 71 - (iv) La couverture de frais de fonctionnement dans certains cas et pour une durée limitée. Enseignement primaire 263. Malgré l'imprécision des chiffres disponibles, on peut prévoir que les crédits nécessaires pour porter le taux de scolarisation à 100 pour cent en enseignement primaire représenteraient un effort budgétaire impen- sable: pour les seuls traitements, bourses et frais de fonctionnement, il faudrait consacrer à l'enseignement primaire 12.130 millions de FCFA, soit 25 pour cent de plus que le budget national 1969. D'autre part, un en- seignement démocratique sous-entandant une scolarisation primaire tradi- tionnelle offerte à tous les jeunes VoltaÏques aboutirait à la production annuelle de 150.000 certifiés ou jeunes du niveau du C.E.P., dont 5 pour cent peut-être pourraient poursuivre leurs études ou trouver une situation mettant leurs connaissances en valeur. Il est donc raisonnable d'appliquer à l'ensemble de l'enseignement traditionnel les mesures qui seront dictées par une planification stricte établie en fonction des besoins du marché du travail. Une étude à ce sujet est menée actuellement en Haute Volta par une mission de l'Unesco. Quels qu'en soient les résultats et même si le besoin de certifiés est double ou triple de la production actuelle, il semble que le plus avantageux à tous points de vue serait de porter les efforts sur l'amélioration des méthodes, des programmes et du niveau des instituteurs de façon à réduire le taux de redoublement et ramener à une valeur correcte le nombre d'années-élève nécessaire pour faire un cer- tifié. Aménagement des programmes 264. Le travail à entreprendre pour l'adaptation des programmes au contexte voltalque est difficile, en raison de nombreux facteurs: formation des instituteurs selon la tradition française, avec des méthodes et des documents à peine voltaisés, influence française toujours très forte, manque d'identification d'un grand nombre de responsables voltalques à leur cul- ture propre, contraintes économiques pesant sur les études et sur la publi- cation des ouvrages renouvelés. Mais cet effort est indispensable, à moins qu'une révision plus complète encore ne le rende caduque (ruralisa- tion des programmes). 265. En effet, les conditions économiques et sociales de la Haute Volta accentuent gravement le défaut d'adaptation des programmes d'enseigne- ment primaire et on ne peut qu'approuver la tendance qui se manifeste en faveur de la ruralisation au sens où l'entendent les personnalités rencon- trées tant au Ministère de 1'Education Nationale qu'au sein de la mission de l'Unesco chargée de "l'harmonisation des programmes". Cette ruralisa- tion ne doit pas apporter un affaiblissement du niveau, mais tenir compte du fait que les élèves viennent en majorité du milieu rural et auront, pour une plus grande majorité encore, des occupations professionnelles liées à la production agricole. Il faut donc trouver de nouveaux centres d'intérêt, modifier le choix des exemples et introduire des travaux pratiques agricoles chaque fois que cela est possible. - 72 - 286. Si les travaux pratiques agricoles sont introduits dans les programmes de l'école primaire, il faudra étudier attentivement le ni- veau d'effort physique qutil est possible de demander rationnellement à un enfant de l'âge moyen auquel est appliqué le programme, et utiliser des méthodes proches de celles de la formation professionnelle. Il ne faut pas inculquer à l'enfant, ou lui laisser prendre à l'école, les mauvaises habitudes de travail inorganisé qui sont si dommageables actuel- lement aux adultes, mais, à l'inverse, il ne faut pas transformer ces travaux pratiques en pensum ou en bagne. 237. On peut espérer que ces modifications de programme permettront une meilleure assimilation des connaissances (et, par conséquent, une di- minution du nombre de redoublements de classe) et assurera aux élèves qui abandonnent en cours de scolarité un bagage, insuffisant certes, mais tout de même utile en toutes circonstances. Amélioration du niveau des instituteurs 288. Il est certain que la faiblesse des résultats actuels est due en grande partie à la faiblesse du corps enseignant. Il faut, pour relever son niveau, améliorer les conditions et les méthodes de travail au cours de la formation, assurer pour les instituteurs déjà en place des stages correctifs établis sur les données d'une supervision (inspection) efficace et organiser un système de soutien pédagogique beaucoup plus complet que l'inspection traditionnelle. 289. Si les conditions matérielles de vie, les programmes, les métho- des de travail et l'enseignement pédagogique sont aménagés comme il se doit dans les cours normaux, il semble que la formation d'instituteurs adjoints recrutés au niveau du B.E.P.C. et passant deux années en cours normaux soit à généraliser. 290. Pour maintenir ensuite le niveau atteint et suivre l'évolution des méthodes, il conviendra d'instituer des stages de recyclage, de per- fectionnement et de spécialisation et fournir aux instituteurs en activi- té un soutien efficace (cf. problème de l'inspection-supervision de l'édu- cation rurale). Il faut effectuer sur ce seul point une étude complète couvrant les problèmes d'organisation rationnelle des transports, de for- mation des inspecteurs-conseillers, de définition de leur rôle, de méthodes de supervision, de relations avec des organismes comme le C.D.P.P. (Centre de documentation et de productions pédagogiques). Aménagement des méthodes pédagogiques 291. Les résultats obtenus par l'enseignement primaire pourraient être largement améliorés par l'adoption de méthodes pédagogiques plus efficaces. Sans parler des moyens modernes "audio-visuels", l'introduction des méthodes actives dtenseignement, avec participation des élèves, accroi- trait notablement le niveau d'assimilation et éviterait certaines anoma- lies constatées sur place (mauvais usage d'un mot savant, connaissances livresques inutiles, difficultés rencontrées par l'élève pour relier - 73 - les connaissances reçues à la pratique). Mais il ne faut pas sous-estimer les difficultés auxquelles se heurteront toutes les tentatives de modifi- cation des méthodes traditionnelles. 292. Quelques méthodes et aides pédagogiques modernes (audio-visuelles ou non) sont étudiées plus loin. Projets 293. Il ne semble pas que les propositions faites pour l'enseigne- ment primaire puissent donner lieu à un projet à proprement parler car il s'agit surtout d'études, mais il est indispensable d'effectuer au moins celles oui concernent l'amélioration de la formation des instituteurs et la mise en place d'un système de supervision efficace. L'amélioration des méthodes d'apprentissage de la langue française devrait être incluse dans le projet d'aménagement de 1'E.R. et les frais partagés entre les deux directions. Enseignement technioue agricole 294. On ne peut qu'approuver les conclusions de la longue étude du B.D.P.A. (1968), notamment en ce qui concerne la création d'un tronc commun et d'un brevet agricole débouchant sur des écoles d'application. Cependant, en fonction des propositions du présent rapport, il serait nécessaire d'aménager certains points du plan ainsi préparé. Le recru- tement à l'entrée du tronc commun devrait tenir compte de la nécessité d'offrir des débouchés aux meilleurs éléments issus de ltéducation rurale et des possibilités de promotion qui doivent être assurées au corps des vulgarisateurs. Les méthodes de la formation professionnelle devraient âtre introduites dans les travaux pratiques. Enfin, la planification de cet enseignement devrait être revue en fonction des besoins nouveaux liés aux propositions faites dans ce rapport (cadres de la vulgarisation, de l'I.X.F.P. et du Centre de recherches et d'applications des techniques de base). 295. Par ailleurs, il semble que lienseignement technique agrico- le, ou tout au moins le tronc commun aboutissant au brevet d'études agri- coles, devrait être rattaché au Ministère de l'Education Nationale et non à celui de l'Agriculture. En effet, le Ministère de l'Education Nationa- le est déjà responsable de l'éducation rurale et est tout désigné pour organiser ce tronc commun, qui correspond à un "enseignement secondaire ruralisé". Ceci n'exclut pas la participation du Ministère de l'Agri- culture à la détermination des programmes par détachement d'un agent spécialisé auprès du Ministère de l'Education Nationale. - 74 - Enseignement technique et secondaire 296. kucune planification ntest actuellemnt possible. Le nombre de dipl8més dépasse le nombre de places offertes sur le marché du travail: il n'est donc pas opportun d'accroître le nombre d'élèves ou celui des établissements, compte tenu des projets déjà en cours. Tous les efforts budgétaires devraient porter sur l'entretien des b9timents existants et la voltaisation du corps enseignant. Enseignement professionnel 297. En l'absence de données précises sw le marché du travail, il est impossible de porter un jugement sur les développements à donner à cette action. Tous les jeunes formés par les missions, ceux qui obtiennent leur C.A.P. au collège technique de Ouagadougou, trouvent une situation intéressante. Etant donné l'absence presque totale de main-d'oeuvre qua- lifiée, dont certains organismes ont un besoin pressant (Voltelec), et le manque d'artisans, l'accroissement du nombre de jeunes formés par des cen- tres tels que celui de Fada N'Gourma ne pourrait être que favorable. 296. Cependant, la formation reçue pour un C.A.P. traditionnel est imparfaitement adaptée aux conditions de travail en vraie grandeur et sur- tout imparfaitement assimilée. Ces inconvénients, négligeables dans un pays industrialisé, où le jeune est encadre lorsqu'il entre dans la vie pro- fessionnelle, deviennent graves dans les pays en voie de dévelqppement, où la jeunesse de l'individu forme, jointe à la faiblesse générale technique du milieu de travail, font craindre que les bonnes méthodes et habitudes soient rapidement perdues. Une liaison étroite avec l'I.N.F.P. facili- terait les études de planification de cet enseignement et permettrait d'améliorer les techniques pédagogiques et d'organiser le "suivi" des jeunes gens après leur sortie des centres. Les méthodes modernes d'éducation 299. Il semble souhaitable d'être d'autant plus prudent en cette matière que le pays est pauvre, que le niveau technique est bas, que l'en- cadrement existant est faible, que la méthode proposée est onéreuse. Il faut se garder de généraliser trop vite une méthode qui a donné d'excel- lents résultats sur une petite échelle et de préjuger du temps nécessaire à la formation complète et définitive des homologues nationaux qui doivent reprendre le système. Une expérience de grande envergure, correspondant à des investissements et des coûts de fonctionnement très importants, peut devenir une charge insupportable pour le pays aidé si les résultats ne sont pas conformes aux prévisions. Les contrats signés pour de telles opérations devraient sans doute contenir une clause faisant supporter le risque économique par les promoteurs et non par le pays recevant l'aide. - 75 - La Méthode et le matériel d'éducation Freinet 300. La Coopérative de l'enseignement laïc (France) a mis au point sur le principe de la pédagogie active un ensemble de matériels simples et économiques destinés à capter l'intérêt de l'élève et à lui faciliter l1assimilation des connaissances. Parmi les productions, il serait intéres- sant de soumettre à l'expérience les boites et bandes enseignantes, les fichiers et cahiers auto-correctifs, les petites imprimeries, Les méthodes d'enseignement rapide du français 301. Ces méthodes présentent un intérêt tout particulier dans le cas de la Haute Volta, par suite du faible taux de population parlant le français alors que l'enseignement se fait dans cette langue. La méthode C.L.A.D. a déjà donné lieu à une application sur grande échelle au Sénégal (1.200 classes) avec des résultats excellents. Les résultats obtenus dans les classes expérimentales voltaïques (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso) sont encourageants malgré certaines imperfections dans le système de retrans- mission radio. La méthode est normalement répartie sur les quatre premiè- res années du premier cycle primaire, mais le niveau de langage obtenu est très supérieur au niveau obtenu par les méthodes traditionnelles, et l'en- seignement peut être accéléré si l'âge des élèves le permet. Cette méthode a été établie à partir des caractéristiques philologiques de la langue Oualof (Sénégal) mais pourrait être modifiée pour tenir compte des lan- gues voltaïques, selon les résultats de l'expérience en cours. Enfin, elle peut être étudiée pour apporter en même temps une initiation à la logique. La formation des instituteurs ne pose aucun problème. 302. Le matériel nécessaire est simple et bon marché (tableau de feutre, figurines et documents imprimés), accompagné éventuellement d'un récepteur radio ou d'un magnétophone. Sans écoute radio, il coûte envi- ron 7.000 FCFA pour une classe, plus 500 FCFA par élève. Le matériel commun étant amorti sur deux sessions de C.E.R., le coût de l'opération serait de 23.500 FCFL par session, arrondi à 25.000 FCFA pour tenir compte des charges de formation du maitre. C'est peu pour une action qui écono- miserait plusieurs mois de maître. En supposant qu'on incorpore l'appui radio sous forme de magnétophone (méthode la plus onéreuse mais qui per- mettrait de répéter l'écoute), les charges seraient portées à: matériel simple à amortir en deux sessions, 7.000 FCFA 3.500 FCFA/session magnétophone et jeu de bandes, à amortir sur cinq sessions (50.000 FCF; ), dépannage et ré- parations, piles 16.500 FCFA/session matériel individuel (pour 40 élèves) 20.000 FCFA/session 40.000 FCFA/session - 76 - 303. Ces 40.000 FOFA de frais engagés augmentebraient évidemment les charges de l'éducation rurale puisqu'il n'y aurait aucune réduction des au- tres dépenses. Cependant, en considérant que, dans ces conditions, la durée effective d'enseignement passerait de 1,5 à 2,25 années (soit un ac- croissement de 50 pour cent) les charges supplémentaires (environ 10 pour cent des frais dlune session5 représentent un investissement rentable. Il serait donc intéressant de faire une étude approfondie tenant compte de 1iaide que la coopération bilatérale française pourrait apporter à un tel projet, de l'extension éventuelle à l'enseignement primaire, de l'utili- sation du récepteur radio pour la vulgarisation et la formation des adul- tes, si le projet comportait une couverture radio de 1l'ensemble du terri- toire. On pourrait aussi envisager de faire payer une partie du matériel (magnétophone et bandes ou récepteur radio) par les C.E.R. eux-mêmes puis- que leur production agricole doit devenir importante. 304. Les estimations faites au paragraphe 282 (ii) au sujet du coft d'im- plantation d'une méthode moderne d'enseignement du français sur l'ensemble des claspes primaires et d'E.R9. sont établies sur les bases, ci-dessus, cas du magnetophone. 305. La méthode G.R.P. (Groupe de recherches pédagogiques du Minis- tère Français de l'Education Nationale) est liée à 1'initiation logique dans l'esprit des mathématiques modernes. Elle utilise aussi un matériel simple (grandes images ou rouleaux d'images), complété éventuellement par un récep- teur radio ou un magnétophone. Les charges sont du même ordre que celles de la méthode C.L.A.D. Les expériences à petite échelle sont en cours au Tchad et en Côte dlIvoire. La télévision scolaire 306. Une expérience intéressante a été menée dans la région de Niamey sur des groupes d'élèves du milieu rural dont les parents ne parlaient pas français. L'expérience a porté sur 20 fois 40 élèves, qui ont reçu succes- sivement les enseignements de lère, 2ème, 3ème et 4ème années de cycle pri- maire, soit l'éuivalent de 20 classes uniques à recrutement tous les qua- tre ans. Les resultats ne sont mesurés que par le taux de redoublements, qui a été annulé. 307. Le principe est le suivant: un moniteur, dont le niveau et la formation peuvent être inférieurs à ceux d'un instituteur, est responsable d'une classe (40 élèves maximum); il reçoit une formation de courte durée (quelques mois) pour apprendre à utiliser la méthode et les documents cor- respondants (au cours de l'expérience de Niamey, les moniteurs étaient très encadrés, directement par les experts qui les avaient formés); chaque jour, le moniteur reçoit par télévision pendant un quart d'heure, avant la clas- se, des instructions sur le programme de la journée; pendant la journée, les élèves et le moniteur regardent quatre fois un quart d'heure de leçons télévisées, entrecoupées de pauses pendant lesquelles le maître répète ce qui a été vu, le développe, fait parler les élèves, corrige les erreurs de compréhension. Tout se passe en français. - 77 - 308. Une expérience selon le même principe est envisagée pour la Côte d'Ivoire. A raison de 600 écoles par an, l'ensemble du territoire serait couvert en 10 années ou plus, à supposer que les résultats obtenus chaque année soient satisfaisants. Une longue étude économique menée par des spécialistes de l'Office de radiodiffusion-télévision française (O.R.T.F.) démontre que, pour 100.000 élèves: le coût de l'installation (capital) est de 190 millions de FCFA environ; les charges annuelles pour un élève sont de b.000 FCFA environ (y compris amortissement du matériel, mais non compris le traitement de l'instituteur et les autres charges afférentes). 309. Les charges annuelles par élève décroissent lorsque le nombre d'élèves croit. Ce n'est que lorsqu'on atteint le chiffre de 500.000 él'- ves que le prix du soutien télévisé pourrait être compensée par l'abaisse- ment du traitement des instituteurs (répétiteurs au lieu d'instituteurs), ce qui veut dire que, pour de longues années encore, un tel système appli- qué en Haute Volta n'apportera pas d'amélioration au coût d'une année- élève puisqu'il n'est budgétairement pas possible d'accroitre beaucoup le nombre d'élèves actuel (100.000 en 1970, 182.500 en 1980 dans les con- ditions optimales). Toutefois, l'utilisation de la télévision permettrait de réduire considérablement le nombre moyen d'années-élève nécessaire pour produire un diplômé de l'enseignement primaire. Au Niger, cette réduction a été estimée de 19 à 6 ans. 310. La mise en place d'un tel système en Haute Volta se heurterait à d'importantes difficultés spécifiques du pays: le réseau de télévision vol- taique est réduit à un émetteur de faible puissance ne couvrant que la région de Ouagadougou, il n'y a que très peu de postes récepteurs actuellement en usage et aucun technicien susceptible dien assurer l'entretien, la po- pulation est dispersée et la densité très faible sur de grandes surfaces. 311. En outre, l'expérience ivoirienne, n'ayant pas encore été tentée, il est difficile de prévoir les résultats du changement d'échelle appliqué à l'expérience nigérienne. Seule une étude complète dans les conditions particulières de la Haute Volta pourrait fournir des résultats chiffrés permettant de prendre réellement position sur ce problème. Les méthodes d'animation générale Les radio-clubs nigériens 312. Les habitants d'un même village se groupent pour écouter des émissions qui ont été réalisées par des montages sonores de bandes enre- gistrées lors d'interviews effectuées par des techniciens au cours d'une enquête sur un thème donné (les montages se font en deux langues vernacu- laires et donnent lieu à deux émissions). Des techniciens se rendent auprès de certains clubs et enregistrent les débats qui suivent l'émission, ce qui donne lieu à de nouveaux montages et à de nouvelles émissions. - 78 - 313. L'intérêt et l'attrait de la méthode viennent de ce que les populations sont intégrées à l'action et peuvent s'exprimer. Cette mé- thode présente donc de très grands avantages pour 1'éveil et l'animation au sens propre du terme. Elle peut aussi constituer un très bon support de vulgarisation générale ou de sensibilisation aux thèmes de vulgarisa- tion. Mais la présence de techniciens expatriés pour une longue période en fait une action onéreuse. 314. Pour réaliser une telle action en Haute Volta, il faudrait renforcer le réseau radiophonique et faire trois ou quatre émissions (More, Dioula, Gourmantché, et français). On peut envisager de faire supporter aux O.R.D. une partie des charges afférentes à cette expérience (notamment, transport du technicien chargé des enregistrements, coordi- nation des efforts au niveau de 1'ORD). Une telle expérience pourrait aussi être réalisée avec les C.E.R., dès lors qu'ils seraient dotés de matériel audio-visuel pour l'apprentissage de langues. Les projections filmées et les projections fixes 315. La coopération bilatérale française a fait un gros effort pour la production de films et de vues fixes destinés à l'animation ou à la vulgarisation, et le Gouvernement voltaïque avait reçu six équipements complets de projection cinématographique avec véhicules aménagés pour le transport du matériel et du technicien. Les véhicules et les matériels de projection ont été démantelés, certains films, mais quelques-uns seu- lement, ont été projetés intensivement (film sur le coton), mais il s'agit toujours d'actions isolées, localisées. 316. Les agriculteurs en général ne comprennent pas, ne savent pas voir, s'attachent à des détails sans intérêt. Il semble donc que les projections cinématographiques devraient être utilisées principalement pour la vulgarisation d'idées ou de thèmes généraux, être toujours pré- cédées par la projection de vues fixes commentées, lorsqu'il s'agit des deux ou trois premières projections pour l'auditoire, et suivies de dis- cussions avec reprise de certaines séquences ou projections fixes pour approfondir les points importants. C. Conclusions générales 317. Toutes les propositions faites concernent des actions dont l'éven- tuel financement devrait être précédé d'études approfondies. Certains pro- jets ont pu être estimés, mais il ne faut considérer les valeurs avancées que comme des ordres de grandeur, certains postes ne pouvant même pas être es- timés grossièrement (participation à la construction des C.E.R., par exem- ple). On trouvera aux paragraphes correspondants à chaque projet les esti- mations faites, et on rappelle ci-après l'ensemble des propositions, en es- sayant de les situer dans l'avenir, tant en fonction de leur priorité que des délais probablement nécessaires pour les études et les réalisations. - 79 - Etudes Réalisation 1. Vulgarisation agricole Harmonisation des méthodes, définition d'un système, organisation de la supervision 1970 Mise au point d'une méthode d'évaluation des résultats et de supervision des actions. Ap- plication aux périmètres rizicoles Formosans 1970-71 Mise en place du système de vulga- risation 1971-1976/86 Création de l'I.V.F.P.A. (Institut voltalque de formation professionnelle accélérée) 1970-71 1971-1976 Création du C.R.A.T.A.B. (Centre de recher- ches et d'applications des techniques agrico- les de base) 1970-72 1971-1973 Campagne nationale contre la pollution des sources et puits 1970-71 1971... 2. Choix des priorités entre anseigneients A) Education rurale Construction d'un Centre de formation des monitrices 1970-71 1971-1973 Choix de la langue d'enseignement 1970 Eventuellement, mise en place de méthodes modernes pour l'apprentissage du français et de moyens de soutien de la langue 1970-71 1971-1975 Etudes sur les bâtiments 1970-71 Etude générale des aménagements à apporter à l'éducation rurale et expériences 1970-72 Plan de carrière des -Maîtres et moni- trices 1971 Soutien pédagogique et supervision 1971-1973 Modification des méthodes de travail en travaux pratiques d'agriculture et opérations connexes 1971-72 1972-1975 -80 - Etudes Réalisation Modil cation des méthodes pédagogiques et fcnation des maîtres 1970-71 1972-1975 Extension de l'éducation rurale complé- tée (cours postscolaire, certificat d'éducation rurale) et aménagée (but à atteindre, 140.000 élèves en 1980) 1974-1960 B) Enseignement primaire rxtension à l'enseignement primaire des métho- des d'apprentissage du français 1970-71 1971-1975 aélioration de la formation des instituteurs (adjoints), organisation du soutien pédagogi- Oue et de la supervision 1970-72 1972-1975 C) Enseignement technique agricole Etude complémentaire 1971-72 Il convient d'insister sur le fait que le calendrier préconisé pour ces études a un caractère provisoire, et que la fixation de l'époque précise à laquelle elles seront entreprises est fonction de la mesure dans laquelle le Gouvernement pourra obtenir le personnel étranger et les concours financiers nécessaires à leur mise à exécution. TABLE DES ANNEXES 1. Projections sur le Budget du Ministère de l'Education Nationale Voltalque en 1960 2. Formation professionnelle: action du B.I.T. 3. Mécanisation agricole h. Projet d'un système d'animation-vulgarisation 5. Occupations agricoles susceptibles de constituer des à présent des sujets de formation professionnelle à étudier par l'I.N.V.F.P. 6. Ministère de l'Education Nationale - Statistiques Scolaires 1967-1968 (Extrait ) ANNEXE 1 PROJECTIONS SUR LE BUDGET DU MINISTERE DE LIEDUCATION NATIONALE VOLTAIQUE EN 1980 Evolution à long terme du budget national 1. Cette étude prospective légère est entreprise essentiellement pour cerner ltordre de grandeur des ressources disponibles en matière "So- ciale et Culturelle", les deux types de dépenses pouvant assez mal suivre des évolutions différentes dans les conditions prévalant en Haute Volta. 2. Le Plan Quadriennal envisage trois hypothèses de croissance du P.I.B. pour la période 1969-1980, qui peuvent être résumées dans les taux suivants: Croissance totale 1969-80 Croissance annuelle moyenne Hypothèse forte N + 60% 4,14% Hypothèse moyenne M + 49% 3,7% Hypothèse basse L + 41% 3,2% 3. Nous admettrons l'hypothèse que le budget de fonctionnement suit, globalement, sur le long terme, une croissance égale à celle du P.I.B. Ce budget est en 1969 de 8,22 milliards de FCFA soit donc en 1980: N : 13,3 milliards de FCFA M : 12,2 milliards de FCFA L : 11,6 milliards de FCFA 4. Les différents agrégats à quoi nous supposons des évolutions individualisées sont: Budget 1969 1. Administration générale et Représentation extérieure et dette 2,86 milliards de FCFA 2. Administration économique et financière 1,02 " 3. Défense nationale et sécurité 1,89 " 4. Dépenses sociales et culturelles 2,45 "" Nous procéderons, pour les dépenses sociales et culturelles, par solde. Annexe l Page 2 5. Nous supposerons que (a) le premier agrégat croÎt comme le P.I.B. sur le long terme à chaque fois; (b) le second, ou bien croÎt éga- lement comme le P.I.B., ou bien présente une croissance totale sur la période double (effet d'entraînement, compensation des restrictions passées, suppression de l'effet de frein noté pendant la période écoulée); (c) le troisième (Défense Nationale et Sécurité) présente cette particularité d'avoir été le seul à croitre en moyenne de façon continue sur les sept dernières annéest 6 pour cent par an en francs courants. On peut retenir ou bien de le laisser plafonner à sa valeur actuelle ou bien, ce qui est peut-être plus réaliste, de lui accorder une croissance égale à celle du P.I.B. 6. En bref les choix sont (1) ou laisser croître toutes les dé- penses administratives, indistinctement, au même rythme, (2) ou bien de favoriser, ce qui est certainement nécessaire, les administrations res- ponsables de l'entraînement économique et/ou de juguler les dépenses mi- litaires, le solde étant à chaque fois reporté sur les dépenses sociales (santé) et culturelles (éducation). 7. Les dépenses afférentes aux principales catégories autres que les activités "sociales et culturelles" font l'objet ci-dessous d'une pro- jection en fonction de trois taux de croissance du P.I.B. et des hypo- thèses suivantes: Hypothèse 1 Les dépenses au titre de l'administration générale et de la dette publique et celles au titre des ressources économiques et financières croissent au même taux que le P.I.B.; les dé- penses affectées à la défense demeurent stables. Hypothèse 2 Les dépenses au titre de l'administration générale et de la dette publique augmentent avec le PIB, celles intéressant les services économiques et financiers progressent à un rythme double de celui du P.I.B. et les dépenses au titre de la dé- fense demeurent stables. Hypothèse 3 Les dépenses au titre de l'administration générale, de la dette publique et de la défense augmentent avec le P.I.B., celles concernant les services économiques et financiers croissent à un rythme double de celui du P.I.B. Annexe 1 Page 3 Projection des dépenses du budget de fonctionnement pour 1980 sur le plan national Taux de croissance Taux de croissance Taux de croissance du P.I.B. du P.I.B. du P.I.B. 3,2% 3,7% 4,4% Dépenses Hypothèses Hypothèses Hypothèses Catégories (1) (2) (3) (1) (2) (3) (1) (2) (3) 1.Administration gé- nérale et dette 4,03 >4,03 >4,03 4,26 4,26 4,26 >4,58 4,58 4,58 2.Services économi- ques et financiers 1,44 1,86 1,86 1,52 2,02 2,02 1,63 2,24 2,24 3.Défense nationale 1,89 1,89 2,66 1,89 1,89 2,82 1,89 1,89 3,02 4.Dépenses sociales et culturelles (solde) 4,24 3,82 3,15 4,53 >4,03 3,10 5,10 4,49 3,36 Part revenant à l'éducation dans la rubrique 4 (2,84)(2,56)(2,u) (3,04)(2,70)(2,08) (3,42)(3,01)(2,25) Total du budget de fonctionnement 11,60 11,60 11,60 12,20 12,20 12,20 13,20 13,20 13,20 6. Nous estimons raisonnable de supposer que les limites des ressources disponibles pour les dépenses à caractère social sont fixées par les hypothèses 2 et 3. Si l'on suppose, en outre, que le pourcentage de ces dépenses affectées à l'éducation restera, comme en 1969, à 67 pour cent, le budget de l'éducation nationale pourrait se situer entre 2,25 et 3 milliards de FCFA en 1960, compte tenu d'un taux de croissance élevé du P.I.B., et entre 2,1 et 2,7 milliards sur la base d'un taux de crois- sance moyen. Ces chiffres sont à rapprocher d'un budget de l'éducation nationale de 1.645 millions de FCFA en 1969. FORMATION PROFESSIONNELLE DES ARTISANS RURAUX DE SERVICE FORMATION DES INSTRUCTEURS .~ CENTRE PILOTE NATIONAL SERVICE "SUITE" PERFECTIONNEMENT DES INSTRUCTEURS 1 EXPERT 1 EXPERT 1 EXPERT SECTION SECTION SECTION SERVICE SERVICE DOMAINES DE METAUX BOIS BATIMENTS METHODES AUTOMOBILE FORMATION & PROGRAMMES RVE CHARPENTES ENTRETIEN "SUITE" FORGE MENUISERIE PREFABRIQUEES ETUDE DE GARAGE MECHANIQUE RURALE CHARRONAGE PUITS PROTOTYPES RURAUX POMPES BATS BRIQUETTERIE SPECIALISATION A MAIN ET ET BATIMENTS - MATERIEL ET ENTRETIEN COLLIERS TUILERIE DES ANTENNES SEMI-MOBILES INSTRUCTEURS POUR ANTENNES SEMI -MOBILES 5ANTENNES SEMI- MOBILES EN 1972 o Z CD þ ARTISANS FORMES ET EQUIPES _ BIRD 5148(R) ANNEXE 2 Page 2 EQUIPEMENT DES ARTISANS ACHAT DES OUTILS FORMATION NON FABRICABLES ADAPTEE STAG ES DES MAIN D'OEUVRE ATSN ET BENEFICES COMMERCIALISATION FABRICATION EN DES OBJETS FABRIQUES VRAIE GRANDEUR EN STAGE ACHAT DE MATIERE OUTILS FABRICABLES D'OEUVRE OBJETS VENDABLES BIRD 5150 ANNEXE 3 MECANISATION AGRICOLE A. Traction animale et traction mécanique 1. La traction animée est à l'ordre du jour en Haute Volta. Il n'est plus question de traction mécanique. L'accord est unanime sur ce point: la motorisation est un leurre et n'est pas économiquement viable dans les conditions actuelles. En fait il est à peu près impossible de voir un tracteur au travail en agriculture mais, par contre, on peut en voir, abandonnés avec d'autres matériels encore plus coûteux parce qu'il manque une pièce de rechange ou une notice de montage ou que personne ne sait faire un réglage élémentaire. Entre les seuls centres de Matourkou et de Dionkélé, les épaves, dont certaines n'ont jamais servi, représentent au minimum 5 millions de FCFA en estimant le matériel au "prix culture" en France. Sur une douzaine de tracteurs aperçus en Haute Volta (si on exclut la flotille des motoculteurs formosans) on a compté autant de mo- dèles et 6 marques différentes. 2. Dans de telles conditions il est évident que la motorisation ne peut pas participer au développement du pays. Mais le débat n'est pas clos et certains faits donnent à réfléchir: (a) les motocyclettes, de modèle récent donc de technique assez délicate, se rencontrent dans les villages les plus reculés, fonctionnent normalement et sont entretenues avec soin; (b) le parc automobile voltaïque doit actuellement dépasser 10.000 unités dont 50 pour cent environ de véhicules utilitaires; l'état du matériel est généralement bon et les véhicules en panne ne sont pas particulièrement fré- quùnts, bien que la différence entre les pistes africai- nes et les routes européennes soit plus grande que celle entre les terres cultivables de Haute Volta et celles d'Europe; (c) le matériel de travaux publics pour l'entretien et la construction des routes, de conception proche de celle du matériel agricole et de conduite plus délicate est uti- lisé couramment et les chauffeurs voltaïiques semblent les ianier avec dextérité; (d) aux dires du seul utilisateur de tracteur rencontré (trois tracteurs, dont un utilisé depuis cinq ans) le tracteur est plus polyvalent et plus économique que les boeufs; Annexe3 Page 2 (e) la majeure partie des travaux de préparation du sol dans les rizières des périmètres irrigués installés par les Formosans sont effectués au motoculteur sans difficulté; 3. Les prix pratiqués pour le travail à façon (prix à li'hectare) varient: de 2.000 à 3.000 FOFA pour un labour à 12 cm de profondeur avec des boeufs (région de Dano, région de Houndé, coopérative de Bam-Kongoussi) et le demandeur doit fournir un ou deux hom- mes; 1.500 FCFA pour un tillage à 12-15 cm sur labour préalable à grosses mottes (motoculteur, coopérative de Boulbi); 1.000 FCFA pour un déchaumage au tracteur (Fada N'Gourma); 2.h00 à 3.000 FCFA pour un labour à 15 cm au tracteur (coopé- rative de Bam-Kongoussi). h. Prix comparables à ceux qui sont pratiqués en France (moyennes de prix pratiqués par les C.U.M.A.): 50 à 70 F pour le labour d'un hectare à 15 cm de profondeur (2.500 à 3.500 FCFA); 20 à 25 F pour le déchaumage (1.000 à 1.250 FCFA). Les charges salariales plus élevées en France devant compenser la diffé- rence des coûts d'amortissement, plus élevés en Haute Volta. B. Traction animale 5. La longue et coûteuse polémique (coûteuse pour les agriculteurs voltaïques) entre les tenants de l'âne et ceux de la paire de boeufs est à peu près terminée. On reconnaît que pour le travail du sol en Haute Volta il faut très généralement disposer d'un effort de traction nettement supé- rieur à celui que peut fournir normalement le petit âne voltalque. Les divers systèmes d'encadrement, travaillant en vase clos, ont longtemps con- sidéré que le problème de la traction bovine était résolu dès lors que les boeufs étaient dressés et il a fallu attendre les difficultés rencontrées en 1967 et 1968 pour le remboursement des prêts pour que la vulgarisation "traction animée" porte une attention suffisante aux questions d'état sa- nitaire et d'entretien du bétail. Mais il ne s'agit toujours que de conseils, exception faite de l'action spécifique "santé des animaux de trait" entamée par l'ORD de Volta Noire. Annexe3 Page 3 6. il reste bien des problèmes à résoudre avant que la traction bovine entre réellement dans les habitudes des agriculteurs voltalques. (a) Le dressage, par la méthode actuelle, est insuffisant. La traction animée perd une grande partie de son intérêt éco- nomique et même technique lorsqu'il faut, en plus du con- ducteur de l'outil, une et parfois deux personnes pour con- duire les boeufs. (b) Les bouviers ne sont pas ou mal formés. (c) Les systèmes d'attelage sont nombreux, souvent mauvais et l'accord niest pas toujours fait entre les responsa- bles au sujet du type de harnachement à vulgariser. Il n'y a pas actuellement d'artisans ruraux capables de confectionner économiquement ou d'entretenir des harna- chements corrects (voir action du B.I.T.). (d) L'encadrement donne des conseils sur la nourriture des animaux, mais la vulgarisation ne porte pas sur les moyens de se procurer les fourrages néce.ssairos. (c) Presque tout est à faire au sujet des outils. C. Outillage agricole pour la préparation des sols 7. La fin de la polémique sur la traction asine ou bovine nta pas pour autant coupé court à celle qui oppose les tenants de la houe et ceux de la charrue. Les divers systèmes d'encadrement, travaillant en fonction de leurs convictions, ont imposé la houe manga, la houe polyculteur Siné, la houe fabriquée par la SOVICA sur le modèle Siné ou des charrues diverses. Mais, au fil des visites d'exploitations, on peut voir autant de matériel au rebut que de matériel en état de travailler. Les causes de cet état de choses sont multiples, mais il ressort des conversations avec les agri- culteurs et les encadreurs que les plus importantes, en dehors de la dis- parition du cheptel de trait (mort) ou du manque de main-d'oeuvre, sont: (a) absence de pièces de rechange ou non correspondance entre les pièces envoyées par la SOVICA et le matériel; (b) prix des pièces de rechange trop élevé; (c) résultats du travail en culture attelée très inférieurs à ceux qui étaient attendus; (d) matériel hors d'usage parce que cassé ou faussé (étançons de houe en général, âge de la houe SOVICA, roulettes); Annexe 3 Page 4 (e) difficultés d'utilisation par suite de particularités de l'outil (instabilité de l'outil au travail, bourrage par manque de dégagement sous l'âge de certaines charrues). 8. Les matériels ne sont jamais entretenus et toutes les charrues examinées avaient des socs hors d'usage. Aucun interlocuteur ne savait qu'un soc se rebat et se trempe. Les d6formations et usures excessives expliquent les difficultés de conduite. Elles augmentent aussi énormément les efforts nécessaires à profondeur égale, d'où la fatigue inutile du conducteur et de l'attelage. La houe polyculteur Siné proposée par plu- sieurs organismes d'encadrement ne peut pas donner satisfaction en Haute Volta pour le labour par suite de sa construction trop légère et de l'absen- ce de régulateur de traction en largeur. D. Activité de la SOVICA 9. La SOVICA doit importer et fabriquer du matériel agricole. Actuellement elle fabrique 1.500 à 2.000 charrettes par an (2 types de charrettes) et importe les houes Siné (Ets Mouzon, France). La SOVICA avait lancé une fabrication de bâtis pour la houe Sine, mais les résultats étaient déplorables: les soudures lâchaient, les pièces se voilaient. Plu- sieurs centaines de houes auraient été vendues avant que la fabrication soit interrompue. La SOVICA travaille sans ordre, sans méthode, sans avoir formé ses ouvriers, sans encadrement technique valable, sans se prêoccuper de l'utilisation du matériel qu'elle écoule, presque exclusivement par le canal des ORD. Il est symptomatique, par exemple, que l'essai de construc- tion des bâtis de houe ait échoué lamentablement alors qu'il ne s'agit que de mécano-soudure élémentaire. Il n'est pas possible, faute de renseigne- ments précis sur les droits de douane et les frais de transport, de porter un jugement valable sur les marges bénéficiaires appliquées par la SOVICA, mais le prix de vente de la houe Siné aux ORD parait bien élevé, surtout si on considère que la SOVICA n'a aucune charge de service après vente (9.500 FCFA départ Ouagadougou). E. Matériel UNICEF 10. LIUNICEF a expédié en Haute Volta à plusieurs reprises du maté- riel agricole destiné principalement aux centres d'éducation rurale et aux écoles techniques d'agriculture. Certains matériels reçus par la Haute Volta au cours des années passées étaient bien adaptés ou adaptables aux conditions de culture voltaiques. Mais le dernier envoi se compose principalement d'outils de jardinage sans valeur: brouettes en t8le qui se plient si la charge atteint 50 kg et dont les roues sont trop faibles, des pelles à trans- planter que les jeunes des C.E.R. tordent au premier exercice,rateaux de 20 cm de large, par contre lot de meules en grès beaucoup trop lourdes et comple- xes pour un C.E.R. ANNEXE >h PROJET D'UrN SYSTEME D'ANIMATION-VULGARISATION A. Essai de détermination du nombre d'animateurs et de vulgarisateurs 1. Il semble que, les modalités d'action étant définies comme plus haut dans ce rapport, lfanimateur devrait agir sur 50 exploitations environ; le vulgarisateur sur 200 exploitations environ (pour commencer tout au moins). Tous les animateurs auraient exactement le même r8le et appliqueraient les mêmes méthodes. Les vulgarisateurs recevraient un dé- but de spécialisation selon trois directions: (1) coopération et syndica- lisme agricole, (2) culture et (3) élevage. Les vulgarisateurs auraient un r8le de conseiller technique et de soutien des animateurs, en même temps qu'une action directe sur les agriculteurs, mais cette d'ernière tou- jours en accord avec l'animateur. L'animateur prolongerait 1faction tech- nique du vulgarisateur. On peut estimer que la présence effective de lianimateur sera nécessaire pendant 10 ans et que celle des vulgarisateurs devra se poursuivre ou même sfamplifier. 2. On peut envisager deux schémas de mise en place du système dfen- cadrement: (a) Premier schéma: action massive correspondant aux désirs actuel- lemment exprimés de faire un développement régional intégral (démocratique). Il faut, dans chaque cadre, un nombre suf- fisant d'agents pour respecter les chiffres choisis: - un animateur pour 50 familles, - un vulgarisateur pour 200 familles. Il faut alors avoir en moyenne: 1/ Par ORD Pour 1'ensemble (50.000 familles) du pays Animateurs 1.000 11.000 Vulgarisateurs 250 2.750 lf On prend le modèle simplifié suivant pour représenter la Haute Volta: 11 ORD de 500.000 personnes et un chef d'exploitation pour 10 personnes, soit pour l'ensemble du pays, 5.500.000 personnes (contre h.500.000 en fait) et 550.000 exploitations (contre 500.000 environ en fait). Annexeh Page 2 En supposant cu'un tul dispositif. soit mis en place en cinq années, il faut recruter et former chaque année pour l'ensemble du pays: - 2.200 animateurs - 550 vulgarisateurs En supposant ensuite que le taux annuel de renouvellement soit de 5 pour cent, il faudrait former de façon constante 135 vulgarisateurs par an pour l'ensemble de la Haute Vol- ta (arrondi à 140). L'effort à consentir est très lourd. Le recrutement et la formation (même très simple) d'un tel nombre de personnes posera de graves problèmes. (b) Deuxième schéma: action ponctuelle et sélective par la méthode des foyers de progrès préconisée par la direction de l'ORD de Ouagadougou. Il serait possible alors d'adapter le nombre des agents des deux cadres aux possibilités éco- nomiques et de formation en prenant soin cependant de dé- limiter des "foyers de progrès" suffisamment importants pour permettre l'établissement d'une pyramide hiérarchique économiquement rationnelle et ne pas aboutir à un saupou- drage de petites actions. Pour fixer les idées, on choi- sira des "foyers de progrès" d'un millier d'exploitations (10.000 personnes), qui demanderont alors 5 vulgarisateurs et 20 animateurs, et on fixera le nombre des foyers de progrès implantés chaque année à 3 par ORD. Les besoins annuels seraient alors de: ORD) Ensemble du pays Animateurs 60 660 Vulgarisateurs 15 165 De cette façon, les ORD seraient couverts, en moyenne, en 17 années, sans compter les effets d'entrainement des foyers de progrès. Il n'est pas possible pour le moment de fixer même l'ordre de grandeur pour cet effet et ce serait un des points sur lesquels devraient porter les études du service de la DDR chargé de la supervision de ces actions. Le schéma d'implantation serait modifié en fonction des résultats. Cependant, en ce qui concerne les vulgarisateurs, cette mé- thode ne fait qu'étaler les efforts à consentir sur un plus grand nombre d'années, mais, pour assurer le remplacement des défaillants, on atteindra toujours en fin de programme le nombre approximatif de 150 vulgarisateurs à recruter et former chaque année. Le nombre maximum d'animateurs en Annexe4 Page 3 activité serait alors de 7.360, atteint en 10éme année. Le nombre maximum de vulgarisateurs en activité sera de 2.750, comme dans le premier schéma, atteint en 17ème année. B. Recrutement des agents de base de ces deux cadres. Plan de carrière Niveau 3. En se plaçant dans les conditions actuelles d'évolution de l'a- griculture voltalque, il est certain que le niveau technique et intellectuel des animateurs, comme des vulgarisateurs, n'a pas besoin d'être élevé. Les uns et les autres ne doivent pas ressentir un malaise en se retrouvant dans le milieu qu'ils ont à faire évoluer et il faut éviter que les popu- lations concernées ne ressentent un sentiment d'infériorité. L'évolution des cadres et du milieu se fera conjointement et progressivement. Sur le plan général, il semble que le niveau du C.E.P. soit un maximum souhaitable et il est très possible de faire des animateurs et des vulgarisateurs ef- ficaces à partir d'un niveau de connaissances générales inférieur au C.E.P., cela étant démontré par les expériences de plusieurs sociétés d'intervention (C.I.D.R. et C.F.D.T. notamment). 4. En fait il serait suffisant que le candidat-animateur: (1) soit capable de calculer et d'écrire le résultat de ses calculs; (2) puisse suivre un raisonnement appuyé par des chiffres et des graphiques; (3) soit capable d'acquérir peu à peu les notions de gestion nécessaires pour la conduite des groupements et la prise en main des achats de production. 5. Le candidat-vulgarisateur doit être capable de: (1) s'exprimer correctement et d'écrire en français; (2) calculer jusqu'à la règle de trois incluse; (3) suivre un raisonnement et de le répéter en l'aménageant aux cas particuliers rencontrés. PROPOSITION DE PLAN DE CARRIERE CHEF DE SECTEUR STAGIAIRE CHEF DE SECTEUR FO RMAT ION & CONTRÔLE 25% A. T. A STAGIAIRE CHEF DECHETS A.T'A. DE SOUS-SECTEUR ---&CONCOU-RS CHEF DE SOUS-SECTEUR B.E. AGRICOLE CONCOURS 3 MOIS ) (N IVEAU) COMPLEMENT DECHETS 10% DE FORMATLION C.E.P. (NIVEAU) CONCOURS 9 MOIS A MATOURKOU VULGARISATEUR C.E.R. CONCOURS FORMATIONCOURTE SUR PLACE _ _ _ _ _ &AN IMATEUR Z & z STAGES COURTS BIRD 5152 (R) Annexeli Page is 6. Sur le plan technique, lanimateur et le vulgarisateur doivent avant toute chose être rompus à la pratique des différents thèmes de vulgarisation "en vraie grandeur". L'animateur n'a pas besoin dlautres connaissances techniques sur le plan agricole. Par contre il serait bon de lui fournir petit à petit quelques notions de conduite des grou- pes, d'organisation du travail et de gestion, notamment au niveau des groupements. Le vulgarisateur doit avoir des bases techniq;xn un peu plus étoffées, notamment dans sa ou ses spécialités et avoir une idée des techniques du niveau juste supérieur à celui qui sera visé par l'action en cours. Recrutement et formation 7. Les animateurs seront recrutés sur place. Leur formation sera assurée en grande partie sur place, au contact des vulgarisateurs .et des chefs de sous-secteur, et pourra être complétée, progressivement, par des stages très courts (quelques jours) au cours desquels seront traités des sujets bien délimités, en faisant appel chaque fois que cela sera néces- saire aux équipes de formation professionnelle. Les vulgarisateurs pour- raient être: (1) recrutés sur concours, sans limite d'âge, avec le niveau C.E.P. (sans que le certificat soit exigé), le concours étant ouvert aux élèves des C.E.R.; les épreuves devront être aménagées et comporter des épreuves pratiques dont le coefficient sera choisi de telle façon qu'un candidat non praticien ne puisse pas être reçu. La formule actuelle consistant à fournir à ces recrues une formation complé- mentaire au centre de Matourkou doit être conservée, mais aménagée dans le sens suivant: (a) création de deux ou trois autres centres identiques pour ne pas avoir plus de 30 à 50 élèves par session; (b) ces centres seraient répartis géographiquement de fa- çon à répondre aux principales variations de climat, de sol, et type de culture et d'ethnie; (c) les programmes devraient être modifiés en fonction des niveaux techniques définis plus haut; (d) des "périodes" d'application des principaux thèmes, exigeant un travail soutenu et organisé aboutissant à une production en vraie grandeur, devraient être in- troduites dans la partie réservée aux travaux prati- ques; (2) recrutés sur concours spécial ouvert aux élèves sortant des cours de formation postscolaire agricole munis du "certi- ficat d'éducation rurale"; Annexe 4 Page 5 (3) ensuite l'objet d'une formation continue en liaison avec celle que recevront les animateurs. 8. Mais ces filières ne doivent pas 6tre exclusives et ne doivent pas conduire à la création d'un corps administratif. Les animateurs ayant fait preuve de grandes qualités et ayant acquis le minimum de connaissances générales exigé (par toute méthode d'éducation des adultes) doivent avoir accès au cadre des vulgarisateurs. Plan de carrière 9. En principe, les animateurs ayant toujours conservé leurs activi- tes agricoles et ayant atteint en fin de cycle d.animation un âge déjà avan- cé devraient: (1) soit se consacrer de nouveau entièrement à leur exploitation, qui, soumise à des méthodes modernes de culture pendant 10 années, devrait leur assurer largement des possibilités d'existe.nce semblables à celles que leur permettrait l'appoint représenté par leur indemnité d'agents à mi-temps (noter ici que l'animateur, pour être certain de pouvoir conserver son exploitation après avoir eu le droit de la mettre en valeur, doit appartenir au lignage propriétaire du sol sur lequel il travaille); (2) soit consacrer tout ou partie de son temps à des activités nouvelles nées de l'évolution économique et sociale: res- ponsable de groupement coopératif, gérant de magasin, en- trepreneur de travaux agricoles, etc. 10. Les vulgarisateurs appartenant à un cadre permanent, il est né- cessaire d'établir un plan de carrière qui assure une promotion aux meil- leurs et à ceux qui feront l'effort de compléter leurs connaissances. On peut envisager dès maintenant trois directions possibles pour cette promo- tion: (1) passage dans le cadre des instructeurs de formation profes- sionnelle; (2) spécialisation; (3) accès aux grades plus élevés de la hiérarchie de la pyramide d'encadrement; cette option, choisie par la C.F.D.T. pour ses moniteurs, ne pourra être appliquée, rappelons-le, qu'en supprimant les barrières que mettent en- place actuellement les fonctionnaires détachés par la DDR auprès des ORI. Anneieà Page 6 C. organisation hiérarchique de l'animation-vulgarisation. Recrutement et formation des cadres Chefs de sous-secteur 11. Partant du fait que les animateurs recevront une aide importante des vulgarisateurs sur le plan technique et que les uns et les autres re- cevront l'aide des équipes de formation professionnelle, il est raisonna- ble de prévoir un coefficient de multiplication de 25 entre le niveau ani- mateur-vulgarisateur et l'échelon hiérarchique directement supérieur (coef- ficient 5 si on ne tient compte que des vulgarisateurs). Le chef de sous- secteur aura donc sous sa responsabilité 5 vulgarisateurs et 20 animateurs, ayant la charge de 1.000 exploitations. 12. Le chef de sous-secteur correspondrait approximativement à la définition du chef de sous-secteur actuel dans le schéma C.F.D.T. ou C.I.D.R. Il y aura en moyenne 50 sous-secteurs par ORD et 550 sous-secteurs pour l'ensemble de la Haute Volta. Le chef de sous-secteur aura des responsa- bilités techniques et de gestion. Ses connaissances techniques devront être supérieures à, mais surtout plus étendues que celles des vulgarisateurs puisqu'il aura la responsabilité de plusieurs types de vulgarisateurs (plusieurs spécialisations). Le chef de sous-secteur devra posséder aussi de bonnes qualités d'organisation et de gestion car: (1) il aura la responsabilités d'un "service" de 25 personnes, réparties sur une aire géographique importante (environ 600 km2 en moyenne); (2) il participera activement aux opérations de commercialisa- tion, notamment dans les régions de forte production coton- nière; (3) il sera le premier échelon de liaison entre les animateurs- vulgarisateurs et la direction de lLoRD et participera de ce fait activement à l'organisation des tournées des équipes de formation professionnelle dans sa circonscription. De plus, ayant sous ses ordres des praticiens, il lui faut aussi des con- naissances pratiques réelles qui lui permettent d'abord de ne pas perdre la face vis-à-vis des animateurs ou des vulgarisateurs, et aussi de participer à ou de poursuivre des actions de formation professionnelle amorcées par les équipes mobiles. Le niveau souhaitable correspond à celui d'un aide technique polyvalent, connaissant bien la pratique des techniques acquises et ayant de bonnes bases de gestion et d'organisation. En conséquence il semble qu'un niveau de formation tel que celui des A.T.A. (école de Matour- kou) ne soit pas actuellement indispensable alors que celui des vulgarisa- teurs tel que défini au paragraphe précédent est trop rudimentaire. Annexe 4 Page 7 13. On peut alors prévoir plusieurs solutions pour le recrutement et la formation de ces agents, dont deux semblent intéressantes parce utilisant au mieux les possibilités actuelles: (1) recruter les agents en fin de troisième année de Matourkou (brevet agricole) sans que l'obtention du diplôme soit né- cessaire; la sélection pourrait se faire en reprenant les notes d'examen auxquelles seraient appliqués des coefficients et des limites planchers étudiés en fonction des aptitudes recherchées. Il est bien entendu qu'il s'agit alors d'une éco- le de Natourkou dont l'enseignement serait réaména;;é comme indi- qué dans ce rapport au paragraphe 294, "tronc commun et enseigne- ment pratique renouvelé". Une formation complémentaire courte (deux mois) suivie d'une nouvelle sélection serait donnée aux candidats en faisant appel au C.E.S.A.O. et à l'Institut de Formation Professionnelle; ce complément pourrait être donné aux intéressés dans les locaux de l'école assurant le tronc commun, pendant les vacances scolaires; (2) recruter les agents parmi les vulgarisateurs ou même les animateurs, par concours interne (plan de carrière des vulgarisateurs) et formation complémentaire; cette solu- tion, appliquée régulièrement par la C.I.D.R., donne de bons résultats, mais ne peut bien entendu fournir des chefs de sous-secteur que deux ou trois années après l'entrée en fonction des premiers vulgarisateurs. Chefs de secteur 14. Un coefficient de multiplication de 7 entre les niveaux du sous-secteur et du secteur est parfaitement admissible. Il conduit à l'existence de 7 secteurs par ORD, ce qui rejoint les normes actuelles et assure du même coup un coefficient de multiplication intéressant entre les niveaux du secteur et de la direction. Le secteur ainsi dé- fini portera donc en moyenne sur 7 chefs de sous-secteur, 35 vulgarisa- teurs, 140 animateurs, 7.000 exploitations, 4.000 km2 en moyenne. 15. Le secteur ainsi défini correspond sensiblement aux secteurs C.F.D.T. actuels, tant du point de vue superficie que nombre d'exploita- tions, sten rapproche du point de vue du nombre de sous-secteurs, mais atteint presque, en agents d'encadrement de base, le volume d'un ORD. On retrouve simplement les effets cumulés des modifications des coeffi- cients de multiplication entre les divers échelons. Il y aurait donc 77 chefs de secteur pour l'ensemble de la Haute Volta. 16. Les chefs de secteur auront sensiblement les mêmes attribu- tions que les chefs de secteurs actuels, c'est-à-dire que la part des responsabilités de gestion et d'organisation, ainsi que de formation, sera importante par rapport à l'ensemble des responsabilités. Le niveau technique de ces agents doit leur permettre de comprendre les problèmes posés au niveau de leur secteur et de participer avec le personnel de la Annexe 4 Page 8 direction de l'ORD à !_'élaboration de la politique générale de 11ORD dans le cadre délimité par la DDR. Il faut donc que les chefs de secteur aient un niveau de connaissances pratiques suffisant pour pouvoir com- prendre les faits, analyser les résultats, assimiler et au besoin dis- cuter les directives techniques reçues de la direction. Il devraient aussi déceler les besoins particuliers de leur secteur, soit directement, soit au travers des observations des chefs de sous-secteur et pouvoir établir, avec l'aide du technicien spécialiste concerné, et en accord avec la direction de l 'ORD, le plan d'action spécialisé qui permettra de résoudre le problème. 17. Il semble bien que actuellement le niveau technique atteint par les A.T.A. soit le minimum nécessaire. Il est difficile de définir le niveau des connaissances et des aptitudes voulu pour assurer la gestion et l'organisation d'un secteur. On peut seulement assurer qu'actuelle- ment il n'existe en Haute Volta aucune école comportant à son programme les notions nécessaires à l'occupation d'un tel poste et que les propo- sitions faites par M. Weber en vue de l'aménagement des programmes de l'école de Matourkou ne répondent encore que partiellement à cette préoccu- pation. 18. On propose donc de recruter des chefs de secteurs stagiaires, A.T.A. sur la base du programme de l'école de Matourkou réaménagé. Ces chefs de secteur stagiaires seraient alors placés pendant une année comme chefs de sous-secteur. Pendant cette année probatoire, ils seraient plus spécialement suivis par les chefs de secteurs (voltaïques ou expatriés) et fréquemment soumis à la supervision de la DDR, notes à l'appui. En fonction des notes et des jugements des diverses personnes qui auraient participé à un travail en commun avec eux (technicien spécialisé, chef de secteur, instructeur-chef de 1'Institut de Formation Professionnelle) il seraient admis au poste de chef de secteur (stagiaires toujours). Les nouveaux promus recevraient alors des compléments de formation à la ges- tion administrative, à la direction, à la formation professionnelle, et aux problèmes de la coopération et des groupements syndicaux, au cours d'une session de plusieurs mois (3 ou h) consécutifs ou coupés de stages de chef de secteur adjoint, pendant les périodes de travail les plus im- portantes. Ces stages de courte durée effectués au cours de la formation complémentaire seraient ensuite complétés jusqu'à 12 mois par la direction effective d'un secteur sous le contrôle attentif d'un chef de secteur plus ancien et du service de supervision de la DDR. La nomination définitive au titre de chef de secteur serait alors prononcée par le directeur de l'ORD en fonction des résultats obtenus. Cette filière, complexe, per- mettrait, et de former des agents vraiment efficaces et de récupérer au poste de chefs de sous-secteur une partie au moins des A.T.A. n'ayant pas les aptitudes nécessaires à l'emploi de chef de secteur. 19. Un processus de sélection semblable dans ses grandes lignes devrait être introduit dans le plan de carrière des cadres de vulgarisation pour laisser aux chefs de sous-secteur une possibilité de promotion. Deux solutions seraient alors envisageables en ce qui concerne l'acquisition des connaissances techniques qui manquent en principe aux chefs de sous-secteur: Annexe 4- Page 9 (1) soit leur laisser la possibilité, dans des cas bien précis, de reprendre leurs études et de suivre la quatrième année de Matourkou, puis la filière générale; (2) soit mettre sur pied un enseignement à base de "valeurs" acquises au cours de stages de courte durée (un mois par exemple) et dont un certain nombre donnerait une équiva- lence au dipl6me d'A.T.A. Ces stages feraient partie des stages de recyclage et de formation continue prévue pour les chefs de sous-secteur et ne donneraient droit a "1 'équi- valence" que sous certaines conditions à étudier. Techniciens au service de l'ORD 20. L 'ORD ne peut assurer le développement intégral que si elle dispose en plus du directeur et du personnel déjà prévu de quelques tech- niciens spécialisés, qui seraient chargés d'appuyer l'encadrement dans tous les cas particuliers relevant de leur spécialité: élevage, forêt, hydraulique, agronomie, équipement rural et méthodes de vulgarisation. Ces agents devraient avoir un niveau technique correspondant à celui des chefs de secteur, chacun dans sa spécialité. Ilsdépendraient des servi- ces techniques correspondants du Ministère de l'Agriculture pour toutes les questions techniques, mais par l'intermédiaire des directeurs d'ORD, dont ils dépendraient administrativement. 21. Il est impossible de fournir une estimation du nombre de tech- niciens nécessaire par ORD. Cela dépendra des buts fixés à l'ORD et des orientations prises au niveau du Ministère. Il semble cependant qu'au début deux ou trois techniciens par ORD seraient suffisants pour chacune des branches: élevage, agronomie et hydraulique, et qu'un seul devrait suffire pour les branches: forêt et méthodes de vulgarisation. Il fau- drait alors pour l'ensemble de la Haute Volta: - 30 adjoints techniques de génie rural, - 30 adjoints techniques d'élevage, - 30 adjoints techniques d'agronomie, - l adjoints techniques pour les forêts, - 11 spécialistes de la vulgarisation. Directeurs d'ORD 22. Les responsabilités techniques d'un directeur d'ORD sont à l'heure actuelle déjà réduites, eu égard à ses responsabilités de ges- tion, de coordination, d'organisation. Il semble que cette orientation ne fera que s'accentuer au fur et à mesure de liétoffement du systéme diencadrement et la présence de techniciens devrait faire du directeur dtORD un chef qui prend les décisions en s'appuyant sur les spécialistes Annexe 4 Page 10 de chaque question. Il est et il sera bon que le directeur d'ORD ait des connaissances techniques à un niveau élèe, mais c'est un critère secondaire si on le considère en lui-même. Le niveau dtingénieur agro- nome ne vaudra que par l'ouverture d'esprit qu'il doit donner et le ni- veau technique d'un conducteur de travaux agricoles est suffisant. Le directeur sera donc de niveau ingénieur ou conducteur, mais il faudra plus tenir compte des aptitudes à la direction que des connaissances techniques. Il pourra être au choix un ingénieur (si possible agrono- me) ou un conducteur de travaux agricoles ayant suivi des cours dtadmi- nistration des entreprises ou bien un dipl6mé d'institut d'administra- tion des entreprises qui aura ensuite acquis les connaissances agrono- miques indispensables comme auditeur libre dans une école d'agriculture par exemple. 23. Il y aura 11 chefs d'ORD pour l'ensemble de la Haute Volta. D. Estimation des besoins annuels de formation aux diffèrents niveaux Animateurs 24. Le nombre d'animateurs qui doivent être recrutés et recevoir une formation, selon le schéma retenu, est indiqué ci-dessous: Annexe 4 Page 11 Schéma 1 Schéma 2 mise en place du système mise en place du système en 5 ans en 17 ans créations rempla- agents créations rempla- agents Annees de cements de cements à postes 5p former postes 5b former 1 2.200 - 2.200 647 - 660 2 2.200 110 2.310 647 33 693 3 2.200 220 2.420 647 66 726 h 2.200 330 2.530 647 99 759 5 2.200 440 2.640 647 132 792 6 550 550 647 165 625 7 550 550 647 19E 858 8 550 550 647 231 691 9 550 550 647 264 924 10 440 440 647 297 957 il 330 330 647 330 990 12 220 220 647 330 990 13 110 110 647 330 990 1h 647 330 990 15 647 330 990 16 647 330 990 17 647 330 990 18 297 297 19 264 264 20 231 231 21 198 198 22 165 165 23 132 132 24 99 99 25 66 66 26 33 33 27 0 0 Annexe 4 Page 12 Vulgarisateurs 25. Le nombre de vulgarisateurs qui doivent être recrutés et recevoir une formation, selon le schéma retenu, est indiqué ci-dessous. Schéma i Schéma 2 nouveaux remplace- agents à nouveaux remplace- agents à Années postes ments former postes ments former 1 550 - 550 162 - 165 2 550 28 578 162 8 173 3 550 56 606 162 16 181 S550 Ch 634 162 25 190 5 550 112 662 162 33 198 6 140 140 162 41 206 7 14o 10 162 49 214 & 140 140 162 58 223 9 140 140 162 66 231 10 140 140 162 74 239 il lho 140 162 82 247 12 140 140 162 91 256 13 140 140 162 99 264 114 140 140 162 107 272 15140 140 162 115 280 16 iho 140 162 124 289 17 140 140 162 132 297 1$ 140 140 140 140 140 140 140 140 20 140 140 140 140 Annexe h Page 13 Chefs de sous-secteur (fin de 3ème année de Matourkou + formation de trois 'mois) 26. On suppose un déchet de 10 pour cent au cours de la formation et de la sélection qui suit et on ne tient pas compte des promotions inter- nes. Schéma 1 Schéma 2 Années nouveaux remplace- agents à nouveaux remplace- agents à postes ments former postes ments former 1 110 - 120 37 - 40 2 110 6 126 37 2 42 3 110 12 132 37 h 44 h 110 18 138 37 6 46 5 110 24 144 37 8 48 6 28 28 37 10 50 7 28 28 37 12 52 8 28 26 37 14 S4 9 28 28 37 16 56 10 28 28 37 l8 58 il 28 28 36 20 60 12 28 28 36 22 62 13 28 28 36 24 64 14 28 28 36 26 66 15 28 28 36 28 66 16 28 28 28 28 17 28 2C 28 28 Annexe 4 Page 1h Chefs de secteur (A.T.A. + stage + formation) 27. On prévoit 25 pour cent de déchets au cours des stages et de la formation. Schéma 1 Schéma 2 nouveaux remplace- agents à nouveaux remplace- agents à Années postes ments former postes ments former 1 16 - 19 8 - 10 2 16 1 20 8 1 il 3 15 2 21 8 1 il h 15 3 22 8 1 il 5 15 h 23 8 2 12 6 5 5 2 12 7 5 5 6 3 13 8 5 5 7 3 13 9 5 5 7 h 14 10 5 5 7 4 lh 11 5 5 5 5 12 5 5 5 5 Adjoints technic.ues spécialisés (A.T.A., A.T.G.R., etc.) 28. Les besoins en matière de recrutement et formation sont censés être les mêmes dans le cadre des deux schémas. Schémas 1 et 2 Années A.T.A. A.T.G.R. A.T. élev. A.T.forêt Vulgarist. I II III I II III I II III I II III I II III 1 7 - 7 7 - 7 7 - 7 3 - 3 5 - 5 2 7 - 7 7 - 7 7 - 7 2 - 2 6 - 6 3 7 1 6 7 1 8 7 1 8 2 - 2 4 7 1 8 7 1 6 7 1 8 2 - 2 1 1 5 7 2 9 7 2 9 7 2 9 2 - 2 6 2 2 2 2 2 2 1 1 1 7 2 2 2 2 2 2 1 1 1 1 I = nouveaux postes; II = remplacements; III = agents à former. SCHEMA I ANNEXE 4 NOMBRE D'AGENTS il 1,000 10,000 - 1- ANIMATEURS 9000 ---- --- 2- VULGARISATEURS 3- CHEFS DE SOUS SECTEURS 8000 4- ADJOINTS TECHNIQUES SPECIALISES 5- CHEFS DE SECTEUR 7000 __ -_ _ NOMBRE DE POSTES - BESOINS ANNUELS DE FORMATION 6000 ..... ' POSTES A CREER (PER AN) 5000 4000 ANIMATEURS EN POSTE 3000 ______________VULGARISATEURS EN POSTE 2000 700 6000 600 im mimCHEFS DE SOUS-SECTEUR EN POSTE 500- 400- 300 - _%ANIMATEURS A FORMER I% 200 -I- I4 100n,, ...... . ADJOINTS TECHN. SPEC. EN POSTE CHEFS DE SECTEUR.EN POSTE i '!ay!y'm-..--CHEFS DE L S-SECTER*A ýR ýRam .- . . .- .=. =. . m. ADJOINTS TECHNIQE SPEC A FORMER aI'I 00 CHEFS DE SECTEUR A FORMER 2 _5 10 15 20 25 30 AN ES Echelle Demi -Logarithmique BI RD 5146 (R) ANNEXE 4 SCHEMA 2 NOMBRE D'AGENTS il1000 1- ANIMATEURS 9000 2- VULGARISATEURS 3- CHEFS DE SOUS-SECTEURS 8000 4- ADJOINTS TECHNIQUES SPECIALISES 7000 ANIMATEURS EN POSTE 5- CHEFS DE SECTEURS NOMBRE DE POSTES ... BESOINS ANNUELS DE FORMATION 5000 a....... POSTES A CREER (PAR AN) 4000 3000 - 00ý VULGARISATUR EN POSTE 2000 ANIMATEURS A FORMER ADJ0NT TEHN SPC EN. POSTE 900 800 oCHEFS DE SOUS-SECTEUR EN POSTE 400 300 ...... .......... .......... .... r... .......-.. 3 IunIIIInIflI.i.,.lE.I.I.I..I ,.I... iHEFS DEVSO S-E T U LGARISATEURS A FORMER 10.0-. ADJOINTS TECHN. E SPEC. AN FOMER CHEFS DE SECTEUR AE ORME I,,,..... .....l,l...ii. *IfhImII~I I.CHF DESU-SECTEUR A FORMER ~~~ .ih,~% . .''.' ADJOINTS TECHNIQUES SPEC. A FORMER- 0 CHEFS DE SECTEUR'A'FORMEÉR -____ 5 10 15 20 25 30 ANNEES Echelle Demi-Logarithmique BIRD 5147 (R) Annexe 4 Page 15 E. Charges mensuelles dues au système d'animation- vulgarisation 29. On établit ces charges suivant deux barèmes notés (a) et (b). Le bareme (a) correspond aux charges mensuelles maximales calculées en zone d'ORD Volta Noire. Ces charges correspondent: - à des traitements nets qui sont généralement les plus élevés parmi ceux relevés dans les différents ORD; - aux traitements et avantages divers annuels, divisés par le nombre de mois de présence effective (10 pour les experts expatriés); - à des frais de déplacement très largement calculés pour les échelons de la direction et des chefs de secteurs (amortissement d'un véhicule genre Land-Rover en deux ans et 50.000 km de trajet par an). Le barême (b) correspond à des charges mensuelles arrondies calculées à partir de traitements proches de la moyenne observée, et à des frais de déplacement sensiblement réduits de moitié pour les postes de direction et de chefs de secteur. 30. Le montant total des charges mensuelles par catégorie de personnel serait par conséquent le suivant (en milliers de FCFA): (a) (b) Directeur d'ORD: voltaïque 295 200 expatrié 870 700 Technicien spécialisé: voltaïque 200 175 expatrié 629 550 Personnel administratif: pers. voltaïque, est.globale 225 200 adjoint expatrié 445 350 Chef de secteur: voltaïque 270 200 expatrié 430 350 Chef de sous-secteur voltaïque 45 40 Vulgarisateur 21 17 Animateur 10 5 Annexe Page 16 31. En appliquant les deux barèmes on obtient les charges mensuelles suivantes pour un OFI. (1) En période de démarrage (3 à 4 ans) avec animateurs et enca- drement expatrié. (b) 1 directeur voltaïque 295.0O0 200.000 + 1 expert expatrié 870.000 700.000 Services administratifs voltaïques 225.000 200.000 + 1 expert expatrié 445.000 350.000 10 techniciens spécialisés voltaïques 2.000.000 1.750.000 + 1 expert expatrié 629.000 55.000 7 chefs de secteur voltaïques 1.à90.000 1.400.000 + 7 experts expatriés 3.010.000 2.450.000 50 chefs de sous-secteur 2.250.000 2.000.000 250 vulgarisateurs 5.250.000 4.250.000 1.000 animateurs 10.000.000 5.000.000 Charges totales 26.854.000 18.850.000 Charges mensuelles par exploitation encadrée 537 377 (2) En période transitoire, c'est-à-dire après départ de l'encadre- ment expatrié mais avec maintien des animateurs. Cette période dure 6 à 7 ans, de la troisième ou quatrième année à la dizième. Total ci-dessus 26.85h.000 18.850.000 à déduire charges d'encadrement expatrié 4.94.000 4.050.000 Charges totales 21.910.000 14.800.000 Charges mensuelles par exploitation encadrée 438 296 Annexe > Page 17 (3) En régime permanent, c'est-à-dire au-delà de la dizième année, après retrait des animateurs: (a) (b) Total ci-dessus 21.910.000 14.800.000 à déduire charges animateurs 10.000.000 5.000.000 Charges totales 11.910.000 9.800.000 Charges mensuelles par exploitation encadrée 238 196 ANVME OCCUPL'ION1S lCGICOL,S SUSCTIBLZS DE COUSTMIR DES A PRESENT DES SUJTS D1 FOR1iM2ION. PROFESSIONNELLE A ETUDI PAR LII.N.V.F.P. Les diverses occupations des professions artisanales 1. Le B.I.T. a lancé une action importante sur ce point et 19I.N.V.F.P. devrait intégrer cette action et la poursuivre, puis la compléter au fur et à mesure de l'évolution de l'artisanat et des techni- ques employées en agriculture. Les occupations de la profession de maraicher 2. L'I.N.V.F.P. travaillerait en relation avec le centre de re- cherche de Kamboinsé et s tattacherait tout particulièrement à la ration- nalisation des opérations manuelles au cours des enquêtes et analyses pro- fessionnelles. Avant même la création du Centre de Recherches et d'Appli- cations des Techniques de Base les techniciens de l'I.N.V.F.P. pourront étudier les conditions d'emploi d'outils simples et actuellement inemployés tels que la batte, le rouleau, le buttoir, la fourche, etc. Les occupations de la profession de riziculteur 3. Le travail se fera tout naturellement en liaison étroite avec les spécialistes formosans et leurs homologues voltaïques, dont les métho- des de vulgarisation s'apparentent à celles de la formation profession- nelle. Les études et l'établissement des documents correspondants ne fe- ront pas double emploi avec l'action des missions de coopération sino-vol- talque, car les progressions et les instructeurs formés pourront être aus- si bien mis à la disposition des périmètres irrigués sous contrâle formo- san (ce qui allégera dfautant le travail des experts expatriés) qu'à la disposition des ORD qui désireraient lancer des actions de mise en valeur des bas-fonds. L'action de l'I.N.V.F.P. dans cette branche de llactivité agricole pourra aussi avoir un effet important sur le maintien du haut niveau technique atteint par les agriculteurs formés par les experts chi- nois. Dans cette môme activité l'I.N.V.F.P. pourra étudier et réaliser les progressions et les matériels relatifs aux nivellements simples, aux labours des terres inondables, à la construction des diguettes et à la conduite des écoulages. Les occupations liées à la culture attelée h. Ces activités devraient comprendre: (a) L'occupation de dressage des boeufs. Cette activité doit être étudiée et les progressions préparées en liaison avec le spécialiste détaché par la SATEC auprès de l'ORD de Annexe5 Page 2 Ouagadougou. Les méthodes qu'il a mises au point sont très proches des méthodes de formation professionnelle et les résultats semblent prometteurs. De toute façon, il faut que le dressage aboutisse à des résultats semblables à ceux qui étaient obtenus dans les pays occidentaux, à sa- voir, que l'attelage se conduit de liarrière, à la voix et en douceur, par l'homme qui conduit en même temps l'outil. (b) Les occupations de bouvier. (c) Les occupations correspondant à l'utilisation, au réglage et à l'entretien des outils de culture: charrues et houes. (d) Le désouchage et le défrichement. Ces occupations peuvent constituer une occupation particulière et il serait bon qu'il en soit ainsi en Haute Volta étant donné l'ampleur de ce problème, notamment en relation avec la culture attelée. On pourrait aussi introduire dans cette occupa- tion les techniques de brulis et de lutte contre les in- cendies. Autres occupations liées directement à la culture 5. Celles-ci devraient inclure: (a) Utilisation et entretien des appareils de pulvérisation. (b) Epandage des engrais. (c) Récolte du coton (suivant les techniques manuelles utilisées dans le sud des Etats-Unis). (d) Repiquage des arbres, plantations et entretien des brise- vent. (e) Battage des céréales; utilisation du fléau, dépiquage au rouleau. (f) Constitution des meules et des paillers; protection des récoltes en vrac. (g) Construction d'étables. Annexe5 Page 3 Autres occupations 6. Parmi celles-ci figurent: (a) Opérations de base liées à la commercialisation (pesée, mesure des volumes). (b) Gestion d'un magasin, organisation et aménagements in- térieurs. (c) Aménagement simple des points d'eau en vue d'éviter la pollution de la nappe phréatique. ANNEXE 6 MINISTERE DE L 'EDUCATION NATIONALE - STATISTIQUES SCOLAIRES 1967 - 1968 (Extrait) I - ... Il - L'ENSEIGNEMENT RURAL Cet enseignement organisé depuis 1961 a pour but d'assurer une instruction élémentaire et une formation rurale et civique à la totalité des enfants qui n'ont pas pu être scolarisés. Les maîtres d'éducation rurale ont également pour mission d'as- surer la vulgarisation dans le milieu des méthodes rationnelles élémentai- res d'agriculture. Léducation de base et la formation pratique solidement appuyées sur le milieu qui sont dispensées par les maîtres fournissent aux villages de jeunes travailleurs alphabétisés et capables d'entrer utilement dans son circuit économique pour l'améliorer sans en bouleverser les tra- ditions. Les élèves, recrutés a partir de l'âge de 12 ans parmi ceux qui n'ont jamais frequenté l'école, passent trois années dans les Centres dtEdu- cation Rurale, dont le réseau doit couvrir peu a peu toute l'étendue du pays. Sous la conduite de moniteurs qui ont reçu une formation profes- sionnelle spéciale, ils apprennent à lire, à écrire, à compter, à résoudre les petits problèmes de la vie courante. A c8té de cet enseignement, et dans les parcelles de démonstration annexées aux centres, ils apprennent les principes élémentaires de l'agriculture moderne. Actuellement environ 542 centres fonctionnent dans le pays. Dans les années à venir ce nombre doit être porté à environ 3.000 centres qui grouperont plus de 120.000 jeunes gens. Au fur et à mesure que se réalisera ce développement, il sera sans doute possible d'allonger pro- gressivement la durée de scolarité, tandis que les programmes de l'enseigne- ment primaire seraient de plus en plus adaptés parallèlement, aux conditions spécifiques du monde rural. A long terme, on aboutirait ainsi à ltunifica- tion complète des deux ordres d'enseignement.
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The economic development of Upper Volta (Vol. 4 of 4) : Education
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