FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW- la TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a 'té prépar' 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilit' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publii ou citd comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE LA HAUTE VOLTA 21 janvier 1969 Département de l'Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION 1 dollar US = 246, 95 francs CFA 1 franc français = 50, 0 francs CFA 1 franc CFA = 0, 004 dollar US 1 franc CFA = 0, 02 francs français 1 million de francs CFA = 20. 000 francs français 1 million de francs CFA = 4. 000 dollars US (environ) TABLE DES MATIERES Page DONNEES DE BASE CART ES SYETHESE ET CONCLUSIONS i-vi: INTRODUCTION 1 I. DONNEES GENERALES 1 A. Le problème d4mographique 3 Population et terres disponibles 3 Adaptation de la population à la superficie des terres disponibles 5 II. LA STAGNATION ECONOPIQUE 9 A. Secteurs de production 9 L'agriculture: production 9 La politique agricole de developpement 10 L'élevage 13 Autres secteurs 1h B. Monnaie, echanges et aide 26 C. Le probl'me financier 21 Evolution depuis l'indépendance 21 La politique financière du nouveau gouvernement 23 III. PERSPECTIVES 26 A. Le plan de développement: principales orientations 27 Le programme d'investissement 27 Principaux resultats attendus 32 Page B. Conditions financières du plan 3h Financement du programme d'investissement 34 Finances publiques 36 STATISTIQUES Le présent rapport a été établi par L. de Azcarate et est fondé sur les conclusions d'une mission qui s'est rendue en Haute-Volta en décembre 1967 et sur des renseignements ultérieurs. DOINEES DE BASE Superficie: 274.200 km2 Population: (janvier 1961): 4.40O.oO habitants (à l'exclusion des Voltaiques qui résident de fagon perma- nente à l'etranger) estimation 1968: 5.155.000 habitants taux d'accrpissement: 2' par an taux de frequentation scolaire: l0' Statut politique: Independant depuis le 5 août 1960. Produit Intérieur Brut (1964): Total: 56,5 milliards de francs CFA Par habitant: 12.800 francs CFA Origine du PID (au coût des facteurs): Emplois du PIB: - secteur primaire: 57' - consommation privéee: 86,O5 ( levage) (23) - consommation publique: 17,0' - secteur secondaire: 13- - investissements bruts: 10,5I (construction) (5) - exportations moins - services et transports: 18i importations - administration publique: 100 ,O Opérations du secteur public (milliards de francs CFA): 1964 1966 1967 1968 (estimation) Recettes courantes de l'Etat 7,3 7,5 7,9 8,6 Depenses courantes de l'Etat 8,7 7 9 7,7 7,8 Solde -0,9 -0, 0,2 Monnaie et crédit: membre de l'Union Mone'taire Ouest-Africaine (UMOA) dans le cadre de la zone franc. (milliards de francs CFA) 196 1966 1967 Masse monétaire 6,03 6,49 6,56 Crédits à l'e'conomie 3,97 3,58 3,70 Avoirs exte'rieurs (nets) 2,5h 3,hl 3,80 Balance des paiements: (milliards de francs CFA) 1964 1966 1967 (estimation) (reces) (recênsé) Exportations (et re'- exportations) h,9 h,0 h,h Importations 12 5 9 3 9 0 Solde - 7,6 -53 -, Transferts publics 6,5 ) ) Envois de fonds des migrants 2,0 ) n.d. ) n.d. Capitaux prives - l_ ) ) - 0,3 ) ) Aide extérieure au dé'veloppement: (milliards de francs CFA) 1959-1966 1967 (engagements) Dons 17,5 ($65,h milliori 2,3 ($9,3 millions) Prêts 2,6 ($10,4 illior Dette exte'rieure: Total restant a rembourser, y compris les sommes non encore versées, au 31 décembre 1967: 5,1 milliards de francs CFA ($ 20.659.000) Operations du Groupe de la Banque: Neant CARTBS Traduction de termes anglais Economic resources and rainfall: Ressources économiques et pluviométrie (isoyètes en rouge) Cattle: Bovins Sheep: Ovins Peanuts: Arachides Corn: Mals Sorghum: Sorgho/mil Interstate roads: Routes inter-états National roads: Routes nationales District roads: Autres routes Railway: Chemin de fer 500 Tomboo 0 0 50 100 10(MO anae a~ KILOMETERS CATTL SHEEP 41 Ar inda COETNTON NAMEY 00 Kong usslå Kaa0 900 ~NouraSOGU C- T 0 Dédougou OUAGADOUGOU K UDOUGOU 1000ý S90GU so HUM FdNguraCA T TL E Boromo S HEE P 'ä-0 0O N 10 BOBO-DI ULASSO C, ý -®RTO G H U M ° 00 Léo pb /30 Orodara Diebougou 00 - .o REPUBLIC OF UPPER VOLTA G oca ECONOMIC RESOURCES P4E N U Ts G u AND R AINFALL 200 Railway Aeaeannual rainfall SEPTLMBER 1968 IBRD-2373 曆, 一 SEPTE關BER 1968 IBRD一2374 SYNTHESE ET CONCLUSIONS Evolution _ politique 1. Depuis 1964, date du dernier rapport économique., la situation politique de la Haute-Volta stest modifiée. Le Gouvernement de M. Mau- rice Yaméogo, qui était au pouvoir depuis lýindépendance (1960)., a été renverse par les militaires après une courte période de malaise d'âpre opposition entre les syndicats et le Gouvernement. Ces difficultés avaient pour origine profonde la dégradation rapide de la situation financière résultant de l'insuffisance du contrÔle des dépenses publiques et de l'absence d'une politique clairement définie en la matière. Lorsoue M. M. Yaméogo essaya d'imposer, trop tard, des mesures dtaus- t,ÙriýkJ, elles ne furent pas acceptées par les syndicats. Les militaires intervinrent d'abord comme conciliateurs puis s'emparèrent tout à fait du pouvoir (janvier 1966). Le nouveau gouvernement., qui a à sa tête le Général Lamizana, est formé de militaires et de civils. 2. Le nouveau Gouvernement dut faire face., dès le début, à des problèmes financiers très graves et pressants qui stajoutaient aux difficultés plus fondamentales du pays, elles-mêmes dues en grande partie à la répartition de la population sur le territoire. Données générales: Le problème démographique 3. Le taux d'accroissement de la population, inférieur à 2%, n'est certes pas très élevé pour l'Afrique; il y a cependant un problème démographique qui s'explique par le fait qu'environ la moitié de la population totale., soit 4,8 millions d'habitants (1965), est concentrée sur le plateau central, qui représente moins du quart de la superficie totale. Dans cette région en effet, (pays Mossi), pauvre dans son en- semble en ressources naturelles., la densité de population est de 40 habitants au 1=2 mais elle atteint sur de vastes zones 100 à 150 ha- bitants au km2. Les techniques culturales étant très primitives, l'agriculture intensive quasiment inexistante, les sols médiocres et soumis aux effets progressifs de l'érosion -très importante dans la 'Partie nord du plateau (Ouahigouya)- ces densités sont trop élevées. Autre circonstance aggravante., les vallées fluviales, pourtant fertiles, sont désertýes par la population à cause de l'onchocercose. Enfin, la densité du bétail étant élevée (pour l'Afrique) et la polyculture pratiquement inconnue, hommes et troupeaux se disputent les mêmes terres. 4. Une densité trop élevée de population n'entraîne pas nécessaire- ment une disette chronique ni une famine étendue. Les effets, pour n'être pas aussi brutaux, en sont néanmoins très réels. Ltun d'eux est l'incidence accrue des conditions climatiques. Une mauvaise saison - il - comme il peut s'en produire tous les 3 ou 4 ans, se traduit dans la plupart des régions, par des réelles pénuries alimentaires qui, dans certains cas, ont un caractère d'extrême gravité. Autre conséquence: les agriculteurs se montrent peu disposés à se spécialiser dans une seule production, surtout s'il s'agit d'une culture d'exportation, qui empièterait sur leurs cultures vivrières. Ces dernières sont en effet la principale préoccupation des agriculteurs et ils y consacrent toute la terre et tout le travail possibles, dans toute la mesure qu'ils jugent nécessaire pour réduire au minimu les effets de conditions climatiques défavorables. En conséquence, les exportations agricoles ont généra- lement le caractère d'excédents non consommés plutôt que de produits d'une activité déterminée, à l'exception notable du coton. L'excès de population a également créé un certain chômage déguisé qu'il est quasi- ment impossible de mesurer. 5. L'adaptation de la population aux superficies disponibles se fait surtout grâce à l'émigration et accessoirement par le mouvement naturel de la population. Le taux de mortalité est plus élevé dans la région centrale que dans les régions moins peuplées, surtout chez les enfants qui, évidemment comme il est normal, souffrent plus que les autres catégories de population de la malnutrition et des maladies. Ensuite, on peut observer un déplacement lent et spontané de population, orienté du centre vers la périphérie, aussi bien Vers l'ouest que vers l'est. Enfin et surtout, la population émigre à l'étranger. On estime qu'environ 00.000 Voltaiques travaillent à titre permanent ou tem- poraire (on compte dans cette dernière catégorie les personnes qui quittent le pays et y reviennent moins d'un an après) en Côte d'Ivoire (300.000 environ) et au Ghana (200.000 environ); la plupart travaillent dans les plantations de cacao et de café mais également dans d'autres activités agricoles et urbaines. 6. Ces migrations font diminuer la pression de la population sur les disponibilités alimentaires et permettent un meilleur emploi de ceux qui restent dans le pays. Les travailleurs migrants gagnent fa- cilement deux à cinq fois plus, et en espèces, qu'ils ne gagneraient dans leur village d'origine. Ils trouvent dans les pays de la côte des biens de consommation en plus grande quantité et à meilleur marché. Dans une certaine mesure, le contact d'un monde différent leur est profitable. Mais l'émigration a aussi des effets défavorables: plus de 90% des migrants étant des hommes jeunes, la structure par âge de la population restante est modifiée en un sens défavorable. Cela a des conséquences du point de vue de la main-d'oeuvre disponible, mais donne également plus de poids dans les villages aux personnes âgées, qui sont aussi les moins receptives aux changements; le pro- blème de la politique de développement en agriculture en est d'autant plus compliqué. Enfin, quoique l'émigration serve l'intérêt à la fois de la Haute-Volta et des pays côtiers, elle est aussi, périodi- quement, une source de frictions politiques. La stagnation économique 7. L'économie n'a pas progressé depuis l'indépendance. Le PIB aux prix courants a augmenté de 16% de ..961 à 1964 puis de 2% (estimation approximative) jusqu'en 1967. La hausse des prix et l'accroissement de la population (un peu inférieur à 2ý par an) ont réduit la crois- sance réelle par habitant à presque rien. La production agricole, qui représente 60% du PIB, a varié au gré des conditions climatiques plutôt qu'augmenté. Les unités industrielles existantes ont toujours travaillé en dessous de leur capacité. Les travaux publics et le bâtiment ont probablement réduit leur activité depuis 1964. Les services et le commerce sont restés à peu près au même niveau, ce qui est dû principalement au fait que le volume du commerce extérieur n'a guère changé. Certains indicateurs partiels, tels que la consom- mation d'électricité, les importations de carburants, de ciment et de bois, le chiffre d'affaires des sociétés commerciales, le nombre des salariés, le volume des crédits bancaires à l'économie, etc., reflètent tous la médiocrité persistante de la situation économique. La détérioration marquée de l'infrastructure, surtout les routes et télécommunications, étaye ce diagnostic. 8. Il y a cependant quelques points forts. C'est le cas par exemple du coton dont la production commercialisée a atteint 16.000 tonnes en 1966/67, soit le double de celle des deux dernières années et environ 8 fois plus que dans les années 50 et au début des années 60. C'est là essentiellement le résultat de 15 ans d'efforts continuels de la CFDT 1/. Ce résultat a été atteint principalement grâce à l'augmentation des rendements obtenus par les petits exploitants (il n'y a pas de plantatioas à l'échelle industrielle). Dans le domaine très traditionnel de l'élevage, quelques progrès ont également été réalisés, semble-t-il: le cheptel a aug-ent6, ainsi que les exportations et le taux d'exploitation du bétail. On a également enregistré des progrès remarquables grâce à l'initiative de quelques agriculteurs doués d'une mentalité commerçante. Enfin, les exportations ont aug- menté. Ces dernières, cependant, ne représentent encore en 1967 que la moitié du volume des importations (4,4 milliards de francs CFA contre 9 milliards) d'après les transactions recensées. Le dé- ficit réel est plus important. Il est'Tinancé" par les envois de fonds des migrants (environ deux milliards de francs CFA), les re- traites versées par la France aux anciens combattants volta:ques (2 milliards de francs CFA), et l'aide publique provenant surtout du FAC et du FED, d'un montant de 2 à 2,5 milliards de francs CFA par an. _l Compagnie Française pour le Développement des Fibres Textiles, organisation française semi-publique., sans but lucratif. iv - Le problème financier 9. Le Gouvernement du Général Lamizana a réussi à résoudre les problèmes financiers immédiats du pays à la fois en réduisant la dette à court terme et en équilibrant mieux les recettes et les dépenses publiques. Le déficit courant cumulé à la fin de 1965 s'élevait à 7,2 milliards de francs CFA. Le total de l'excédent des dépenses, y compris les investissements inscrits au budget de l'Etat, dépassait 13 milliards de francs CFA, dont 7,5 millions de francs CFA environ financés par diverses sources étrangères, notamment dons français, et recettes de l'ex-Fédération de l'Afrique Occidentale Française. Le solde représentait une augmentation de l'endettement, cbnt 800 ml- lions de francs CFA d'avances à court terme provenant du Trésor français et environ 1,h milliard de francs CFA de factures impayées dues au secteur privé. 10. Les recettes atteignant en moyenne 7,5 milliards de francs CFA, une telle dette ne pouvait être liquidée d'un seul coup. Le budget courant pour 1966 présentait de nouveau un déficit de h00 milliards de francs CFA. Mais le Gouvernement, pour restaurer la confiance dans les milieux d'affaires et les milieux étrangers, commença à rembourser les postes les plus importants de la dette échue, en particulier 33h millions de francs CFA dus au secteur privé. L'année 1967 a été marquée par la pleine application du programme de stabilisation: le budget courant présentait un excédent d'environ 700 millions de francs CFA sans subvention étrangère, les dépenses courantes ayant été ramenées à 7 milliards de francs CFA. En même temps, grâce à un impôt spécial sur les traitements et salaires, une nouvelle fraction de la dette privée, égale à 346 millions de francs CFA, était remboursée. Au milieu de 1968, le montant dû au secteur privé était réduit des cinq sixièmes. Une partie de la dette à court terme à l'égard de la France était également remboursée. Le budget de 1968 maintient l'austérité imposée précédemment: les prévisions de dépenses cou- rantes s'élèvent à 7,8 milliards de francs CFA, soit le même niveau qu'en 1966, et 500 millions de moins qu'en 1965. 11. La politique de stabilisation s'appuie davantage sur une dimi- nution et un meilleur contrôle des dépenses que sur une augnentation des recettes. Le total des impôts s'élevait déjà à 14% du PIB total en 1964, soit 26% du PIB monétaire. Les impôts indirects en particulier, dont les droits d'importation représentent la plus grande partie, ont atteint des niveaux tels qu'ils encouragent seulement la fraude ou découragent les achats. Les droits d'importation dépassent 50% de la valeur c.a.'. des importations recensées. Les impôts directs ont quelque peu augmenté. Les salariés ont dûi payer en 1967 une contribution spéciale qui sera maintenue jusqu'en mars 1968 et s'élève à la moitié d'un mois de salaire ou de traitement. Il est vrai que le taux de certains impâts indirects a été diminué en 1967 et de nouveau, dans le budget de 1968, en vue de ranimer l'activité économique et, espère- t-on, d'augmenter ou du moins de stabiliser les recettes. Une réforme générale de la fiscalité fait l'objet d'une étude approfondie par une commission ad hoc. Politique et perspectives économiques 12. Après plusieurs tentatives avortées, le Gouvernement a élaboré et adopté un "Plan-cadre" pour 1967-70. Le programme d'investissement porte sur 27,3 milliards de francs CFA. Comme à la fin de février 1968, plus de 50% du financement était déjà assuré (de sources extérieures), le programme semble tout à fait réalisable du point de vue du finan- cement. Le goulot d'étranglement semble être plutôt la capacité d'absorption du pays, et plus précisément la capacité de l'adninis- tration en matière d'élaboration et d'exécution des projets. Le Gouvernement en est conscient. 13. Le développement rural et l'infrastructure devraient absorber chacun 30% des investissements prévus. Dans l'agriculture, le Gouvernement a l'intention de poursuivre,en priorité, les programmes de développement "régionalisés" sous la direction d'organismes de développement spécialisés (étrangers). Ceux-ci suivent des "modèles" différents (par exemple la CFDT concentre ses efforts sur le coton, tandis que la SATEC l/ ou le BDPA 2/ insiste sur une action globale et s'efforce de modifier l'attitude des agriculteurs, etc.). Ces mesures ne pouvant porter rapidement de résultats, il est tout à fait justifié que le Gouvernement poursuive ce genre d'expériences engagées à différents moments dans le passé. Cependant, pour qu'une évaluation sérieuse de cette politique soit possible, il faudrait se fonder sur une étude approfondie des efforts passés et en cours. Les autres priorités, dans le domaine agricole, sont les adductions d'eau (mais non des programmes importants d'irrigation) et l'elevage. 1/ 2/ Société d'Aide Technique et de Coopération; Bureau pour le Développement de la Production Agricole, tous deux organismes publics français de développement sans but lucratif. - vi - 1h. Dans le domaine de l'infrastructure, c'est sur la remise en état des routes que sont axés les efforts. Le problème ici sera d'assurer à l'avenir l'entretien convenable de l'infrastructure. Les mêmes considérations sont valables en ce qui concerne les télécommu- nications. Les premières mesures prises par le Gouvernement dans la bonne voie sont la création d'un fonds routier (1967) et l'attribution de l'autonomie au Service des Postes et Télécommunications (1968). Dans le secteur secondaire, qui recueille 20% des fonds distribués, les principaux projets portent sur un certain nombre d'entreprises manufacturières, surtout de celles qui peuvent fabriquer sur place des produits substituables aux importations. Les travaux concernant la plus importante d'entre elles (une usine textile de coton) ont commencé en mai 1968. 15. Le secteur social vient au deuxième rang du point de vue des investissements qui y sont consacrés: éducation 10%, santé. 6,5%. L'objectif est de réduire au minimum la charge que représente pour le budget de l'Etat ce secteur qui absorbe déjà 30% des dépenses totales. En même temps, on s'efforce de rendre plus productifs dans ce'-s.ecteur les investissements comme le prouvent le premier programme à petite échelle visant à éliminer l'onchocercose et les efforts faits en vue de créer un enseignement rural primaire véritable. 16. On ne s'attend pas que le Gouvernement contribuera pour plus de 10% au financement des investissements prévus. Même ce chiffre pourrait se révéler trop ambitieux. Le Gouvernement concentrera ses efforts non pas tant sur la réalisation d'excédents budgétaires que sur la liquidation de la dette à court terme, le renforcement des services de développement, qui ne bénéficient que de trop faibles crédits budgétaires (agriculture, entretien des routes, etc.), la réforme du système fiscal, le contrôle et la discipline des dépenses publiques. En bref, il s'efforcera de consolider la situation fi- nancière du secteur public, notamment dans certaines entreprises publiques dont le fonctionnement n'est pas satisfaisant. 17. La nécessité de maintenir au moins au niveau actuel l'aide extérieure qui se compose presque exclusivement de dons est amplement justifiée par l'extrême pauvreté du pays et la nécessité, par conséquent, de tirer l'effet maximum de cette aide; il est vrai que ces dernières années l'aide contractuelle n'a pas absorbé plus de 5% environ des recettes de l'Etat (proportion qui représente cependant environ 7% des exportations de marchandises). Le service de la dette actuelle sera le plus élevé jusqu'en 1970, période au cours de laquelle il repré- sentera une charge de l'ordre de grandeur mentionné ci-dessus. - vii - Cependant, si l'on veut éviter que la politique de remise en ordre financière du Gouvernement ne devienne plus difficile et permettre une certaine expansion des dépenses courantes, il conviendrait de réserver les emprunts classiques à certains cas particuliers: par exemple, un montant limité de crédits-fournisseurs pourrait donner au besoin une certaine souplesse à la politique économique par exemple, pour les projets industriels. Un autre cas plus important serait celui de certains types de projets productifs, pour lesquels un financement à des conditions de faveur serait de toute façon problématique. Dans cette catégorie, un projet du type "enclave" tel que la liaison fer- roviaire entre Ouagadougou et le gisement de manganèse situé à Tambao (350km) semble se prêter à un financement de type classique, à condi- tion que soit établie sa justification économique qui dépend à son tour de l'intérêt que les investisseurs privés porteront à la création et à l'exploitation de l'entreprise minière elle-même. INTRODUCTION 1. Le Gouvernement de M. Maurice Ymnéogo a été renversé en janvier 1966 à la suite d'une période de malaise. Le Gouvernement, alors aux prises avec une situation financière critique, avait essayé d'imposer un certain nombre de mesures d'austérité - réduction des salaires et traitements, taxes exceptionnelles - qui rencontrèrent une forte op- position de la part des syndicats dans les grandes villes. Craignant que la tension croissante entre le Gouvernement et les syndicats n'aboutisse à des heurts violents, et désireux d'empêcher les syndicats de prendre le pouvoir, l'armée assuma le 3 janvier les pouvoirs du Gouvernement. A l'époque, le Président Yaméogo avait déclaré que le mouvement bénéficiait de son entier appui. En fait, lui-même et quelques-uns de ses ministres avaient essayé de s'y opposer. Ils furent officiellement évincés quelques jours plus tard et sont gardés depuis lors à la caserne de la capitale. 2. Le mouvement militaire ne rencontra aucune résistance. Les officiers ne bénéficiaient pas au départ d'une audience nationale, étant inconnus sur la scène politique, mais le Gouvernement de M. Ya- méogo n'avait cessé de perdre de sa popularité, sauf dans les milieux traditionnels restreints de certaines zones du pays Mossi. Il avait laissé la situation financière se dégrader et n'avait pas essayé de suivre une politique de développement clairement définie; le Pré- sident et certains de ses principaux ministres étaient fréquemment accusés de corruption et de népotisme. 3. Le nouveau Gouvernement, dirigé par le Général Lamizana, a fait preuve d'une grande persévérance dans la poursuite de son principal objectif, la stabilisation de la situation financière. Des résultats notables ont été obtenus en ce domaine. Dans le même temps, le Gou- vernement a poursuivi la politique de développement rural lancée au lendemain de l'indépendance et fortement tributaire de l'assistance financière et technique extérieure. Le nouveau Gouvernement s'est tout d'abord heurté à des réactions assez hostiles de la part des autres pays africains, notamment ceux où les civils sont au pouvoir, ainsi que de la France. De bonnes relations ont été renouées avec tous les pays voisins, y compris la CÔte-d'Ivoire, le Mali et le Ghana, qui avaient eu, à diverses reprises dans le passé, maille à partir avec le Gouvernement précédent. I. DONNEES GNERALES 4. Il existe de grandes différences entre les diverses régions de la Haute-Volta, parmi lesquelles on peut distinguer trois grandes zones. 5. Dans la région centrale densément peuplée, la moyenne annuelle des précipitations est de l'ordre de 950 mm, mais celles-ci sont très fortement concentrées de juin à septembre et varient beaucoup d'une année à l'autre. Les sols sont de qualité médiocre ou mauvaise, mis à part quelques zones exceptionnellement bonnes de la région nord et les endroits où l'eau s'accumule sous forme d'étang. Les vallées fluviales, notamment celles des trois Voltas, (noire, rouge et blanche), qui coulent approximativement du nord au sud et traversent le plateau central, sont très inhospitalières et pratiquement désertes, malgré la richesse de leur potentiel agricole. Cet état de choses s'explique par la présence d'une redoutable maladie, l'onchocercose, qui provoque des troubles visuels pouvant aller jusqu'à la cécité. Le nombre de cas recensés par les services sanitaires est d'environ 40.000 à 50.000 par an. Environ 300.000 personnes souffrent de cette maladie, dont 30.000 peut-être sont définitivement aveugles. 6. Le sud-est (Bobo-Dioulasso, Banfora) compte environ un cinquième de la population totale, et la densité y est la plus satisfaisante; le revenu moyen y est plus élevé et la région présente probablement le meilleur potentiel de développement du point de vue des ressources naturelles, de la localisation et des possibilités de diversification. La région orientale (Fada N'Gourma, Diapaga) a une population très disséminée et un certain potentiel de développement. Les sols y sont toutefois moins fertiles, la localisation moins favorable, et la popu- lation reste en grande partie en dehors de l'économie monétaire et est moins prompte à tirer parti des possibilités de développement. 7. Chacune de ces trois grandes régions est caractérisée par une situation particulière. Ainsi, dans le recoin formé par la frontière avec la Côte-d'Ivoire et le Ghana (pays Lobi) existe un monde très particulier, où la population est dense et où les méthodes culturales perfectionnées coexistent avec des modes de vie restés extrêmement archalques (par exemple, les "cauris" y servent couramment de monnaie). Ce groupe éthnique est profondément traditionnel et particulièrement réfractaire aux méthodes et habitudes occidentales. Comme dans tous les autres pays de la zone de savanne, les Peuls (ou Foulbés) forment un groupe très original d'environ 280.000 personnes, dont l'importance économique est renforcée par le fait qu'ils sont à peu près les seuls éleveurs du pays et que l'élevage est de loin. la principale ressource d'exportation. C'est aussi l'un des peuples d'Afrique les plus at- tachés à la tradition, ce qui se traduit, dans leur cas, par une crainte extrême que l'évolution des méthodes agricoles ne menace leur situation sociale et économique. Le problème démographique 1/ Population et terres disponibles 8. La superficie totale des terres cultivables dans l'ensemble du pays, y compris les jachères mais à exclusion des terres ne convenant principalement ou uniquement qu'à l'élevage, est d'environ 8,6 millions d'hectares, soit environ 3,6 hectares par unité d'exploitation (groupe familial de 9 personnes en moyenne), qui comprend en moyenne 5 personnes "actives" du point de vue économique, 0,7 hectares par personne ac- tive. La densité moyenne de population - 18 habitants au km2 - est peu élevée. Elle est inférieure de moitié à celle du Ghana et beau- coup moins élevée que celle du Togo ou du Dahomey. 9. Toutefois, plus de la moitié de la population totale, Mossis pour la plupart, vit sur moins du quart du territoire - le plateau central - qui est, dans l'ensemble, le moins riche en ressources na- turelles. La densité moyenne est de ho habitants au km2 dans le centre du pays Mossi, et de 50 dans la région du Yatenga (Ouahigouya), où les zones importantes, en dehors des villes, comptant de 100 à 150 personnes au km2 ne sont pas rares. 10. Avec les techniques de production actuellement mises en oeuvre, la superficie disponible par personne active dans la région centrale n'est pas suffisante pour permettre à la production alimentaire d'at- teindre un niveau satisfaisant, compte tenu des perturbations causées par l'instabilité des conditions atmosphériques. Dans les régions où la superficie disponible le permet encore, les agriculteurs mettent en culture, chaque année, pour pourvoir aux besoins alimentaires de leur famille, une superficie qui, lorsque les conditions atmosphériques sont normales, est plus que suffisante. Ainsi, si le temps se révèle favorable, ils obtiennent un excédent qui peut être stocké en prévision de l'année suivante ou mis sur le marché, (ce qui est notamment le cas des arachides et autres plantes oléagineuses). Il se pose à cet égard un problème très grave en raison des pertes extrêmement élevées qui résultent des mauvaises conditions de stockage (insectes et autres animaux). Si le temps est mauvais, la récolte suffira probablement tout juste à nourrir la famille, ne laissant aucun excédent pour la vente. Par conséquent le beau temps est générateur de faibles ex- cédents (comme en 1966), tandis que le très mauvais temps entraîne de graves pénuries (comme en 1964 ou en 1967, par exemple). 1/ Les renseignements démographiques sont pour la plupart tirés d'une enquête par sondage faite à l'échelon national en 1960/1961. - 4 - 11. Dans les régions où la terre est plus rare et où les agriculteurs ne peuvent étendre la superficie qu'ils cultivent afin d'avoir une marge de sécurité, la conjugaison d'une densité élevée de population (compte tenu des techniques de production) et de la médiocrité des conditions matérielles a pour conséquence directe non seulement une faible pro- ductivité par travailleur, mais aussi une diminution des rendements par unité de superficie sous l'effet de l'érosion progressive des sols, elle-même due au raccourcissement des jachères et aux assolements insuffisants. Dans certaines régions (Ouahigouya), les sols sont à tel point ravagés par l'érosion que plusieurs milliers d'hectares sont très réellement menacés d'une perte totale de fertilité. 12. La pression démographique qui s'exerce sur les terres a entraîné une concurrence accrue entre les agriculteurs et les éleveurs. L'é- levage est développé surtout, mais pas uniquement, dans les confins nord du pays. La densité du bétail est plus élevée que dans la plupart des pays africains, et s'élève en moyenne à 10 têtes de bétail au km2. Les pasteurs Peuls (Foulbés) ont par ailleurs tendance à étendre leur zone de pâturage vers le sud où, bien entendu, ils atteignent les terres cultivées. De plus, le bétail est conduit à pied vers les pays de la côte, de sorte que les troupeaux doivent traverser les zones cultivées. Il s'ensuit d'âpres et interminables conflits entre les pasteurs Foulbés et les agriculteurs sédentaires. Chose plus importante, il est difficile d'envisager le développement de l'élevage en dehors des zones semi-arides traditionnelles, ce qui rend très problématique le passage de méthodes extensives d'élevage à des méthodes plus intensives. Dans un autre domaine, la dense occupation du sol pose de délicats problèmes fonciers, par exemple, chaque fois que la construction d'ouvrages hydrauliques ou l'exécution de travaux quelconques de res- tauration des terres implique l'affectation de parcelles à de nouvelles destinations. 13. Hormis les pénuries alimentaires périodiques, l'insuffisance relative de terres et l'instabilité des conditions atmosphériques entraînent diverses autres conséquences. Premièrement, elles décou- ragent manifestement les cultures de rapport, car le paysan donne la priorité absolue aux cultures vivrières pour lesquelles il utilise toutes les terres dont il dispose, y compris les meilleures. La spé- cialisation dans les cultures de rapport aux dépens de la production de denrées alimentaires destinée à la consommation familiale n'est pas considérée comme praticable par les agriculteurs dans un pays ou, au surplus, l'organisation de la commercialisation laisse à désirer. On constate que le seul motif pratiquement qui pousse les paysans à commercialiser leurs produits est la nécessité de se procurer des espèces pour acquitter l'impôt personnel (500 à 1000 francs CFA par an). La situation varie heureusement beaucoup en ce qui concerne le potentiel des cultures de rapport. A l'extrémité ouest du plateau central, où la terre est plus abondante et de meilleure qualité, la culture du coton prend de l'extension, tandis que dans le sud-ouest, où le problème de la terre ne se pose pas, l'arachide, denrée "excédentaire" typique, car c'est un produit à la fois alimentaire et marchand, est cultivée en vue d'être commercialisée. Dans la région est, la faiblesse quantitative des cultures de rapport est davantage due au manque de moyens de transport et de commercialisation qu'à la pénurie de terre. Adaptation de la population à la superficie des terres disponibles lh. L'adaptation de la population aux divers degrés de la pénurie de terres est un processus continu qui n'a rien de commun avec la notion d'équilibre physique. Dans une situation telle que celle de la région centrale de la Haute-Volta, toutefois, aucun rapport satisfaisant entre la terre et la population - du point de vue des ressources alimentaires, par exemple - ne pourra s'instaurer sans le secours de mesures correc- tives. Les techniques de production, notamment l'assainissement et l'amé- lioration des sols, peuvent être modifiées, et elles le sont dans une mesure réduite. liais les ajustements de loin les plus importants vers "l'équilibre" viennent de la population elle-même, accessoirement par le jeu des taux de natalité et de mortalité, et à un degré beaucoup plus important par les migrations. 15. On estime que la population du plateau central densément peuplé (groupe Mossi), augmentera d'un peu moins de 1,9% par an, taux égal à la moyenne nationale. Il est donc à noter, cependant, que ce taux est la résultante d'un taux de natalité (52,3 o/oo) et d'un taux de mortalité (33,2 o/oo) plus élevée que la moyenne du pays (h9,1 o/oo et 30,5 o/oo respectivement). Dans la partie nord de cette région (Ouahigouya), les taux de natalité sont inférieurs (h7,2.,o/oo mais, là encore, le taux de mortalité est supérieur (32,2 o/oo à la moyenne> Il est plus signifi- catif de comparer ces taux avec ceux des autres régions riches et moins densément peuplées du pays. Ainsi, dans la région ouest (Bobo-Dioulasso), le taux de mortalité est de 29,9 o/oo. Il est encore plus bas chez les Peuls (Foulbés), peuple de pasteurs qui, habituellement, ont un régime alimentaire plus sain. Par conséquent, la pression démographique poten- tielle qui ressort de taux de natalité élevés, en valeur relative aussi bien qu'absolue, est très forte. C'est un symptôme de conditions de vie très précaire que l'équilibre relatif entre la population et la terre (et les aliments qu'elle peut fournir) se réalise, du moins en partie, par le biais de taux de mortalité élevés. Ils le sont particulièrement chez les jeunes enfants qui sont les premières victimes de la maladie, et surtout de la malnutrition. C'est ainsi que chez les Mossis, le taux de mortalité infantile (enfants de moins d'un an) est de 188 o/oo (ré- gion centrale) et de 175 o/oo (région nord), contre une moyenne nationale de 174 o/oo. Dans l'ouest, encore, ce taux est beaucoup plus bas, soit - 6 - 168 b/oo, et chez les Peuls il descend à 105 o/oo. Le problème de la mortalité infantile est toutefois général dans le pays, et ne se limite pas aux régions surpeuplées, car nulle part les conditions sanitaires et alimentaires ne sont satisfaisantes. 16. L'accroissement de la population du pays, s'il est modeste par rapport à celui de la plupart des autres pays d'Afrique, pourrait bien s'accélérer dans l'avenir grâce aux efforts déployés pour extirper ou circonscrire les endémies. La situation serait alors catastrophique sans l'émigration massive des populations vivant dans les régions cen- trales de la Haute-Volta. Les migrations intérieures revêtent la forme d'une expansion progressive mais très lente vers la périphérie du pays Mossi. Il n'est donc pas aisé d'en donner une valeur quantitative. On a observé, toutefois, lors de l'enquête démographique de 1960/61 que, dans l'ensemble du pays, 26 ruraux sur cent étaient nés dans un village différent de leur lieu de résidence, les pourcentages étant les plus éle- vês dans les régions d'immigration des Mossis. Les migrations internes touchent, la plupart du temps, des familles ou des villages entiers qui abandonnent les terres qui ne peuvent plus les nourrir. Elles affec- tent peu la structure par âge de la population. Le processus est lent, beaucoup plus lent, assurément,qu'on ne le souhaiterait en égard à la situation des régions surpeuplées et aux superficies disponibles dans les régions d'accueil, en particulier dans l'ouest et dans l'est. On a constaté, néanmoins, une récente accélération des déplacements vers cer- taines régions qui étaient pratiquement dépeuplées (par exemple, du nord du plateau central vers la vallée du Sourou). Au contraire, les popula- tions qui se dirigent vers les régions déjà peuplées et, comme c'est habi- tuellement le cas, habités par d'autres grcupes ethniques, se heurtent toujours à la résistance, ou du moins à la réticence de la population locale. 17. L'éigration est la plus importante vers la Côte-d'Ivoire et le Ghana. Les estimations du nombre de Voltaïques qui résident normalement à l'étranger varient beaucoup. En 1965, on estimait qu'il y avait envi- ron 250.000 à 300.000 Voltaiques en Côte-d'Ivoire seulement, et, en 1960, près de 200.000 au Ghana. A la faveur du développement rapide du premier pays, le rythme d'immigration semble s'être encore accéléré, de sorte que le nombre de Voltalques qui résident et travaillent dans ces deux pays dépasse probablement en permanence h0.000 à 500.000 personnes. - 7 - 18. Les migrations externes définitives ou temporaires (c'est-à- dire pour un petit nombre d'années, ou saisonnières en période de forte demande de main-d'oeuvre sur la côte) ont des con'séquences d-une autre nature que celles des mouvements internes de population. Bien que certains malentendus conduisent les autorités voltaiques à considérer l'immigration, au mieux, comme un mal nécessaire et plus souvent comme une "perte nette" pour l'économie, il est évident qu'elle présente plusieurs aspects favorables. Son effet immédiat est de diminuer la pression démnographique qui s'exerce sur les subsistances dans les régions d'émig:ration. Son deuxième effet, qui est aussi sa motivation primor- diale, est de procurer aux migrants un revenu beaucoup plus élevé que s'ils restaient dans leur village. De fait, le revenu moyen du tra- vailleur migrant est de 2 à 5 fois plus élevé que la moyenne de l'en- semble de la Haute-Volta. Bien plus, ce revenu supplémentaire est un revenu en espèces (salaires). En outre, le revenu touché en Côte- d'Ivoire ou au Ghana a un pouvoir d'achat plus élevé que le même revenu nominal en Haute-Volta, car les biens de consommation importés sont, dans l'enserble, meilleur marché dans les pays de la côte. Enfin, d'un point de vue national, les envois de fonds des migrants constituent un poste excédentaire très important de la balance des paiements de la Haute-Volta (voir ci-dessous, paragraphe 50). 19. Pour indirectes qu'en soient les manifestations, les effets défavorables de l'émigration n'en sont pas moins réels. Ils tiennent à ce que plus de 90%des -émigrants sont du sexe masculin, et 70% d'entre eux appartiennent au groupe d'âge allant de 20 à 30 ans. Ainsi, d'après l'enquête démographique de 1960/61, dans les groupes d'âge de moins de 15 ans et de plus de 59 ans les résidents du sexe masculin sont plus nombreux que ceux du sexe féminin, tandis que dans le groupe allant de 15 ans à 59 ans, défini comme la population "active", les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Bien que dans la population totale le nombré des hommes soit presque égal à celui des femmes (50,2% contre 49,8%),il y a dans le groupe allant de 15 à 59 ans, 25% d'hommes contre 28,1% de femmes. En fait, le déséquilibre est le plus fort dans le groupe d'âge allant de 20 à 39 ans, où les hommes représentent 13,5% de la population totale et les femmes 17%. En d'autres termes, l'immi- gration externe (nombre de personnes résidant à l'étranger à un moment donné) représente environ 10% du nombre des consommateurs, mais quelque 20% du nombre des travailleurs potentiels. 20. Dans la mesure où les superficies disponibles et l'état actuel des techniques ne permettraient pas à tous les travailleurs potentiels d'être productifs, on peut dire que l'émigration réduit non seulement la demande d'aliments, mais également le nombre de quasi-chômeurs. Comme il est naturel, toutefois, les émigrants figurent parmi les élé- ments les plus dynamiques de la population, du point de vue tant physique que des attitudes mentales. Les agents de vulgarisation et les responsables du développement rural constatent journellement que la résistance aux techniques agricoles nouvelles est plus forte dans les localités où les ruraux sont en moyenne plus âgés et où l'influence des anciens est la plus forte. Par conséquent, chaque émigrant permet à ceux qui restent, d'être employés de façon plus pro- ductive mais, en revanche, la production tant réelle que potentielle serait plus élevée si la structure par âge de la population et les attitudes mentales étaient "plus jeunes". 21. Enfin, les aspects internationaux de l'émigration sont à la fois éconoriqnes et politiques. L'émigration répond à l'intérêt mutuel de la Haute-Volta et des pays de la côte. Il ne faut pas oublier que la croissance spectaculaire de la Côte-d'Ivoire, notamment de ses expor- tations, repose en grande partie sur le travail de milliers de Voltaïques employés dans les plantations de cacao, de café et de palmiers à huile, ainsi que dans les entreprises industrielles et au port d'Abidjan. Dans le même temps, la présence d'un tel nombre d'étrangers est inévi- tablement source de frictions. Périodiquement, les Voltaïques qui travaillent en Côte-d'Ivoire se plaignent d'être "exploités". Selon l'état des relations politiques entre les deux gouvernements inté- ressés, les autorités de Ouagadougou cherchent à minimiser ou à prévenir tout risque d'incident ou, au contraire, protestent encore plus vive- ment auprès d'Abidjan. Les autorités ivoiriennes, à leur tour, expul- sent ou menacent d'expulsion des groupes de travailleurs voltaïques lorsque, pour une raison ou une autre, ils veulent exercer une pression sur leur voisin du nord. On aurait tort d'en conclure que la situation des mouvements migratoires est essentiellement instable, mais il serait également trompeur de les considérer comme un exemple de coopération régionale parfaite et harmonieuse. 22. En résumé, la Haute Volta est caractérisée par une grande diver- sité ethnique, culturelle, sociale et économique. L'existence de ces différences profondes dans un même pays a pour conséquence qu'aucune "recette" de développement n'a de chances d'y être efficace, et des problèmes très délicats se posent au sujet des méthodes applicables à chaque groupe de population en matière d'objectifs de production (faut- il mettre l'accent sur les cultures de rapport?), d'organisation (les coopératives réussissent dans un endroit et échouent 10 km plus loin, et de techniques (irrigation?). Quant à la régulation des naissances, le gouvernement n'a pas encore arrêté de politique précise à cet égard, et la question devrait faire l'objet d'études. - 9 - II. LA STAGNATION ECONOIQUE 23. La plupart des indicateurs économiques, aussi peu satisfaisants qu'ils soient du point de vue de la qualité ou du champ qu'ils couvrent, mettent en évidence le fait que depuis l'indépendance l'économie a été en proie à la quasi-stagnation. C'est ce qu'illustrent les séries du PIB aux prix du marché indiquées ci-après: (les chiffres de 1965-67 sont des estimations provisoires) Produit Intérieur Brut (aux prix courants) 1961 1962 1963 196h 1965 .1966 1967 Millards de francs CFA 48,3 51,2 54,3 56,5 57,5 57,0 57,h Indice 10C, D 106,0 112,5 116,3 119,0 118,0 119,0 Coût de la vie 100,3 101,5 107,2 109,5 ... 111,0 105,0 Si l'on considère l'évolution des prix telle qu'elle ressort de l'in- dice du coût de la vie à Ouagadougou, et le fait qu'au cours de la pé- riode 1961-67 la population s'est accrue de 12%, il est évident que la progression réelle du PIB par habitant a été nulle ou négative. D'autres indicateurs confirment pour la période 196h-67 cette impression d'ensemble, avec, bien entendu, quelques irréularités et même quelques points forts parmi ces sombres statistiques. Le T-ableau Amexe 6 de l'annexe statistique contient un certain nombre d'indicateurs de secteurs autres que l'agriculture, tandis que les principaux produits agricoles sont indiqués au Tableau Annexe 5. A. Secteurs de production L'Agriculture: Production 24. Comme on l'a indiqué précédemment, la production agricole pré- sente un tableau très diférent d'une année, d'une région et d'une source d'infonation statistique à l'autre. Les chiffres dont on dispose donnent à penser que les denrées alimentaires de base (sorgho, mil, mais, arachides, etc) progressent au même rythme que la popula- tion, mais accusent de fortes variations annuelles dues aux conditions atmosphériques. Etant donné l'étroitesse du rapport entre la popula- tion et les terres dans la plus grande partie de la région centrale, et le fait qu'il va en se détériorant, le mauvais temps se solde par des pénuries alimentaires. Actuellement, les répercussions et la gra- vité de ces pénuries ont tendance à être plus accentuées que par le passé./ 1/ Bien que, naturellement, des secours peuvent être envoyés d'autres parties du pays ou de l'étranger beaucoup plus facilement que dans le passé. Il a eu en 1966/67 de telles pénuries, qui ont entraîné une diminution de 20% de la production de céréales (sorgho et mil). Les variations annuelles que subissent les ressources alimentaires de base se réper- cutent aussi sur les excédents exportables, même si les produits expor- tables tels que les arachides ou le sésame ne varient pas, car les paysans consomment une plus grande quantité de produits exportables pour compenser l'insuffisance des autres récoltes. Il est clair au contraire, avec une production d'arachides qui s'élève maintenant à environ 130.000 tonnes, que les 4/5.000 tonnes exportées chaque année et les quantités du même ordre transformées par les huileries locales représentent une faible marge d'excédents qui pourrait être beaucoup augmentée si les agriculteurs disposaient normalement d'autres subsistances en quantité suffisante pour satisfaire leurs propres besoins. On sait, d'autre part, que lorsque la campagne est favorable, des centaines,voire des milliers de tonnes d'arachides, qui pourraient être exportées, se perdent faute de bons moyens de transport et de commercialisation, notamment dans la région est. 25. On peut discerner certaines tendances dans la structure de la production agricole. Les deux principaux produits de base - le sorgho et le mil - paraissent conserver leur prédominance. Il semblerait, en revanche, que les tubercules - ignanes et manioc - perdent relati- vement du terrain. Parmi les éléments encourageants, il convient de noter les progrès absolus et relatifs qui ont été accomplis au cours des sept dernières années par les plantes oléagineuses, le coton et, dans une moindre mesure, le riz. Ainsi, avant l'indépendance, la production d'arachides était d'environ 50.000 tonnes, contre 130.000 tonnes en moyenne pour les années l96-66, tandis que le sésame est passé d'environ 2.000 tonnes à plus de 6.300 tonnes en 1964, à 7.000 tonnes en 1965 et à 12.000 tonnes en 1966. Ces deux cultures sont très répandues mais un effort particulier a été entrepris pour accroître la productivité dans la région sud-ouest (au sud de Banfora) ou l'IRHO 1/ dispose d'une petite station expérimentale. La politique apricole de développement 26. A l'exception de la région est et de l'extrême nord, le pays fut divisé à la fin de 1967, en huit régions agricoles ayant chacune à sa tête un organisme régional de développement (ORD). Les ORD sont des organes mixtes composés de représentants locaux et de l'Etat, chargés 1/ Institut de Recherche pour les Huiles et Oléagineux, institut public français de recherche. - il - de concevoir, de coordonner, et de surveiller le développement agricole de chaque région. Les directeurs des ORD sont nommés par l'Etat. Les premiers ORD ont été créés en 1966. Au sein de chacun d'eux, la mission pratique de développement est confiée à un ou deux organismes étrangers de développement, dont certains (BDPA, SATEC, CFDT) travaillaient déjà depuis longtemps en Haute-Volta lorsque les ORD furent institués. La plupart de ces organismes fonctionnent sur la base de programmes plu- riannuels, financés sur fonds extérieurs. Ainsi, le FED finance actuel- lement le BDPA (responsable de la région Ouahigouya) et la SODESA (or- ganïsme italien responsable de la région de Banfora), tandis que le FAC finance la SATEC dans la région centrale, la CFDT dans le centre ouest, etc. 27. L'évaluation des opérations antérieures et des perspectives d'activité des organismes de développement et des ORD dépasserait les- liites du présent rapport. 1/ Toutefois, le cas de la CFDT et du coton présente un intérêt particulier, parce qu'il illustre les diffi- cnltés et les possibilités de certaines méthodes de développement. Le développement du coton a été confié à la CFDT en 1951. La CFDT a fait porter son action principalement sur l'extrémité ouest du centre du plateau (Hounde, Dedougou). La production a peu progressé pendant les 10 premières années. De 1961 à 1965, le tonnage de coton brut commercialisé est passé d'environ 2.000 tonnes au voisinage de 8.000 tonnes. La campane 1966/67 a été marquée par un accroissement spectaculaire, qui a porté le tonnage commercialisé à plus de 16.000 tonnes, et celui-ci devrait atteindre environ 18.500 tonnes au cours de la campagne 1967/68. Les rendements à l'hectare demeurent faibles en moyenne et la plus grande partie de l'accroissement quantitatif est dû à ce qiun nombre croissant d'agriculteurs se lancent dans la culture du coton. Les rendements varient toutefois de 100 à 3.000 kg. à l'hectare mais, fait encourageant, un nombre croissant de paysans ob- tiennent 1.000 kg. à lthectare, niveau auquel la culture du coton est considérée comme rentable du point de vue du rendement de la main-d'oeuvre et des investissements. La CFDT a la conviction, en particulier, que la subvention de 3,50 FCFA en moyenne par kg que l'Etat verse par l'in- termédiaire du fonds de stabilisation des produits (comprise dans le pr.-x à la production de 34 FCFA le kg pour la première qualité et de 30 le kg pour les deuxième et troisième qualités) pourrait être supprimée sans qu'il en résulte de graves pertes pour les agriculteurs qui 1/ Voir le rapport de M. Springuel, Haasjes et Brochet de la mission permanente de la Banque en Afrique de l'ouest, en date d'avril 1967. - 12 - atteignent des rendements d'une tonne à l'hectare. 1/ Le coton ramassé par la CFDT est égrené à Bobo-Dioulasso (capacité 3.600 tonnes de fibres) et à Ouagadougou (capacité 1.800 tonnes) dans des usines d'é- grenage lui appartenant et exploitées par elle. 28. Pour que le "décollage" puisse se produire, il a donc fallu 15 années d'efforts soutenus de façon à consolider le réseau de vulgari- sation, améliorer les méthodes d'enseignement et d'information, distri- buer de nouvelles variétés de semences, et diffuser l'utilisation des engrais et des insecticides. D'autres facteurs ont contribué à ce progrès, notamment le fait que la CFDT collecte le coton sur quelque 1.400 marchés, assure sa transformation et sa commercialisation à l'étranger et que, grâce aux subventions du fonds de stabilisation inter-états (Ouest-Africain), jusqu'en 1965, et de l'Etat depuis lors, elle a été en mesure de payer des prix stables. 2/ A présent, le soutien des prix apparaît plus contestable. Premièrement, parce qu' au niveau actuel de production il en coûte à l'Etat plus de 50 millions de francs CFA par an. Deuxièmement, parce que, d'après les dirigeants de la CFDT, l'élan a maintenant été donné à la production, et les agri- culteurs qui appliquent, même imparfaitement, les méthodes appropriées pourraient obtenir des revenus décents même si les prix étaient moins élevés. Pour des raisons politiques et pour éviter les réactions hostiles en période d'augmentation des impôts, le gouvernement a maintenu la subvention pour 1968. Il envisage toutefois sérieusement de la supprimer progressivement au cours des deux ou trois années à venir. 29. La méthode appliquée par la CFDT consiste à axer tous les efforts sur une seule culture de rapport, à savoir le coton. C'était là, bien entendu, la raison d'être de cet organisme. La CFDT prétend cependant que d'autres cultures, notamment les cultures vivrières, bénéficient de ses efforts grâce aux "économies externes". Celles-ci sont parfois très directes: par exemple, dans les champs de coton qui ont reçu un apport d'engrais, le mil et le sorgho obtiennent des rendements plus élevés 1/ Cette subvention a été effectivement supprimée en 1968. / Les prix élevés qu'il a fallu pratiquer à une certaine époque s'ex- pliquent par la forte demande de coton émanant de l'artisanat local. Lorsque la production était peu importante, la CFDT était exposée à la concurrence des utilisateurs locaux qui offraient souvent des prix plus élevés que ceux de la CFDT, eux-mêmes sur des prix français. Il semble maintenant que cette disparité entre les prix de la CFDT et les prix locaux ait disparu et que les agriculteurs soient tout à fait disposés à vendre leur coton à la CFDT. - 13 - l'année suivante. D'autre part, certaines "techniques" telles que la plantation en lignes et l'ensemencement au bon moment tendent à s'in- tégrer au comportement normal des planteurs de coton. 30. D'autres organismes de développement suivent un "modèle" dif- férent, tels le BDPA et la SATEC 1/, qui insistent sur le recours à action "globale" pour résoudre les problèmes des agriculteurs. Le BDPA et la SATEC travaillent en pays Mossi où le problème alimentaire est le plus grave et la production destinée au marché à peu près inexistante. L'élevage 31. La situation de l'élevage a peu changé ces dernières années. Comme dans les autres pays d'Afrique, l'élevage et l'agriculture sont des activités presque complètement distinctes. Les services de déve- loppement considèrent l'intégration de l'agriculture et de l'élevage comme l'objectif ultime que les agriculteurs devraient atteindre dans un nombre indéterminé d'années. Les experts contestent de plus en plus le bien fondé de cet objectif. 2/ Cependant, le caractère spécifique de l'élevage continuera de prédominer pendant encore longtemps. Le cheptel est estimé à 2,2 ou 2,5 millions de têtes, et le taux d'exploi- tation par rapport au nombre de têtes est de 10% -chiffre probablement sous-estimé- dont 2% vont à l'accroissement du cheptel et 8% sont auto-consommés ou commercialisés. Etant donné qutune proportion croissante des meilleures bêtes sont sélectionnées pour le marché, le taux d'exploitation en valeur est estimé à environ 16%, mais on constate en conséquence une baisse de la qualité moyenne du troupeau. Les deux chiffres -volume et valeur- paraissent moins élevés que dans les pays voisins tels que le Mali et le Niger. La production de l'élevage, y compris le petit bétail, est toujours l'activité la plus importante de Haute-Volta, et représentait en 1964 10% du PIB, 16% de la produc- tion agricole et plus de 50% des exportations. Mais les données rela- tives à l'élevage sont très incertaines, tant du point de vue de sa situation actuelle que de son potentiel. 1/ BDPA: Bureau pour le D'eveloppement de la Production Agricole; SATEC: Société d'Aide Technique et de Coopération, Organismes publics français de développement de l'agriculture sans but lucratif. 2/ Voir rapport de la SEDES, l'Approvisionnement en viande de l'Afrique Centre Ouest, Synthèse, Secrétariat d'Etat aux Affaires Etrangères, Paris (avril 1968). 32. Hormis les investissements limités mais utiles réalisés dans le passé, principalement pour améliorer l'approvisionnement en eau et les conditions sanitaires, efforts qui sont poursuivis, la politique de l'élevage n'a subi aucune modification ces dernières années. Les méthodes extensives actuellement pratiquées ne sauraient permettre une augmentation importante du cheptel sans entraîner des conflits de plus en plus nombreux et très graves avec les cultivateurs sédentaires en raison du manque de terre. La "modernisation" des méthodes commer- ciales 1/, encore essentiellement traditionnelles, la création d'une industrie de la viande, l'augmentation du rendement des carcasses, grâce à la restauration et à l'amélioration des pâturages et à la créa- tion de ranches sont autant de lignes d'action offrant de bonnes pers- pectives. Des études approfondies ont été entreprises dans la région Nord (agrostologie, hydrologie) avec l'aide financière de la France (1967), tandis qu'en 1966, l'USAID a lancé un petit ranch pilote près de iarkoye (grand marché de bétail du Nord) destiné à enseigner les méthodes modernes d'élevage aux jeunes pasteurs. 33. Le petit bétail, principalement ovins et caprins, fournissent un appoint appréciable au régime alimentaire dans la plupart des régions. Les ânes commencent à être utilisés comme animaux de trait, mais il n'est pas encore certain qu'ils sont plus économiques que les boeufs, car les sols sont souvent trop durs pour eux(à la différence du cas du Niger par exemple). Des progrès ont été réalisés dans l'agriculture. Des poussins vendus par une exploitation d'Etat de Bobo-Dioulasso sont élevés par des agriculteurs qui vivent le long de la voie ferrée et revendus à un prix rémunérateur pour être exportés en Côte-d'Ivoire. Cette activité, qui s'est développée sans l'inter- vention de l'Etat, sauf pour l'importation, l'amélioration et la vente de meilleures races, comporte d'intéressants enseignements. Elle montre qu'un produit bien adapté est facilement adopté, que de bons moyens de commercialisation et de transport soni essentiels et qu'une activité entièrement ou relativement nouvelle est mieux acceptée que la modification des façons d'exécuter les activités traditionnelles. Autres secteurs 3h. Les autres secteurs, à l'exclusion des administrations, repré- senteraient en 1964 31% du PIB au coût des facteurs. Mais la part des 1/ Ce qui signifie non pas le remplacement des circuits commerciaux existants, mais une meilleure utilisation de ceux-ci. - 15 - seuls services est de 18% et celle de l'industrie, du bâtiment et des diverses activités artisanales n'est que de 13%. Depuis 1964, la part de ce groupe et la nature des activités qui en relèvent semblent n'avoir subi aucun changement. Comme le montre les indicateurs figurant au Tableau-Annexe 6, il se dégage une impression générale de quasi- sta-Tnation. La stabilité du chiffre d'affaires brut des grandes socié- tés commerciales, en particulier, indique bien que le commerce n'a guere varié, en valeur absolue corme en valeur relative, par rapport à 1964 où il figurait pour 11% dans le PIB au coût des facteurs, im- pression corroborée par la stagnation observée de la valeur totale des échanges extérieurs recensés. La mine d'or de Poura, seule mine du pays, a fermé en 1966 en raison de l'épuisement du gisement. L'ac- tivité du bâtiment s'est ralentie au cours des deux dernières années du régime du Président Yaméogo, par suite du manque de projets importants et de la réorientation croissante de l'aide étrangère vers le secteur agricole. D'autre part, les milieux d'affaires hésitaient à investir, à un moment où la cote du Gouvernement ne cessait de baisser dans l'opinion. Le nouveau gouvernement s'est montré plus préoccupé de la situation financière à court terme que du lancement d'importants travaux, et les sources d'aide extérieure, notamment le FAC, n'étaient pas dispos6es à envisager de nouveaux projets d'investissement. Ainsi, les importations de ciment sont tombées de 30.500 tonnes en 1964 à 25.600 tonnes et 21.000 tonnes lors des deux années suivantes. Les importations de bois ont également diminué (1964: 3.400 tonnes; 1965 et 1966: 2.700 tonnes; 1967: 1.750 tonnes). Les crédits bancaires accordés au secteur du bâtiment sont en régression. 35. Dans le secteur des transports, les statistiques de la RAN 2l/ et celles des importations de carburants font ressortir une stagnation analogue. On sait, d'une part, que les chiffres du parc de véhicules sont surestimés, la "mort" des véhicules n'étant pas correctement enregistrée, tandis que les nouvelles immatriculations le sont. Fait plus grave, le réseau routier a beaucoup souffert du manque d'entretien. Il est dit dans le Plan de développement 1967-1970: "si cette si- tuation (d'entretien insuffisant) devait se prolonger il n'y aurait d'ici trois ou quatre ans plus de réseau routier digne d'être mentionné." 1/ Régie Abidjan-ig;er, chemin de fer reliant Abidjan et Ouagadougou exploité en commun par la Côte d'Ivoire et la Haute-Volta. - 16 - B. Monnaie, échange et aide 36. On trouve dans les domaines de la monnaie, des échanges et de l'aide d'autres indices plus généraux de stagnation économique. De 1964 à 1967, la masse monétaire a très peu augmenté -de moins de 10%-, les crédits à l'économie diminuant en fait quelque peu et les avoirs étran- gers s'accroissant légèrement. D'autre part, l'accroissement important et continu des dépôts dans les caisses d'épargne-passés de 330 millions de francs CFA en 1963 à 700 millions en 1967- au cours d'une période où les salaires, traitements et autres paiements en espèces (tels que les pensions versées par la France aux anciens combattants) sont restés plus ou moins stationnaires et où les prix ont augmenté, témoigne de la frugalité des travailleurs voltaïques; en valeur absolue, toutefois, ces dépôts demeurent très réduits. 37. Les renseisnements disponibles sur les échanges et les paiements extérieurs sont notoirement insuffisants. Les échanges clandestins sont importants, notamment pour le bétail et les denrées locales; la contrebande de biens importés varie en fonction de la sévérité des barrières douanières; les remises de fonds des travailleurs migrants prennent souvent la forme d'espèces rapportées par les travailleurs eux- mêmes; les paiements privés à l'intérieur de l'Union Nonétaire Ouest Africaine et avec la France sont difficiles à imputer sur des postes précis, etc. Il n'existe aucune statistique de la balance des paiements sauf, sous une forme rudimentaire, dans les comptes nationaux de 1964. 38. Rien n'indique que les caractéristiques structurelles de la ba- lance des échanges extérieurs se sont modifiées au cours des trois ou quatre dernières années, et il n'y a aucune raison de le penser. Ces caractéristiques sont un très important déficit du ccmerce et des services non-facteurs auxquels s'ajoutent des transferts privés à l'étranger (par des ménages et entreprises étrangères résidant en Haute- Volta), avec, en contre-partie, d'importants transferts publics courants et en capital, ainsi que de substantielles entrées de fonds envoyés pcir les travailleurs voltalques résidant à 1étranger. BALANCE DES PAIEMENTS - 1964 (millions de francs CFA) 1964 1. Exportations de marchandises 3.402 2. Réexportations de marchandises 1 .4.32 3. Exportations de services non-facteurs 130 4. Total 7.964 5. Importations de marchandises (y compris celles destinées à la réexportation) 11.924 6. Importations de services non-facteurs 620 7. Total 12.544 8. Balance des biens et services non-facteurs -7.580 - 17 - 9. Transferts publics et opérations en capital (net) a/ 6.542 10. Transferts privés à l'étranger et paiements au titre des facteurs -1.170 11. Transferts privés en provenance de l'étranger b/ 2.000 12. Service de la Dette -1h7 13. Solde global -355 @/ Très semblables aux entrées brutes / Essentiellement estimations des envois de fonds de la main-d'oeuvre migrante. Source: Comptes Economiques de la Haute-Volta 1964, Secrétariat d'Etat aux Affaires Etrangères chargé de la Coopération, Paris, septembre 1966. 39. La balance des biens et services non-facteurs semble s'être lé- gèrement améliorée sur la base des importations de biens officiellement recensées, qui ne font ressortir aucun accroissement depuis 1964, et des exportations recensées qui ont un peu augmenté 1/, à supposer que les exportations et les importations n'ont pas suivi des tendances opposées. On peut voir en comparant les données enregistrées avec les estimations de 1964, que les exportations non recensées sont évaluées à plus de 1,5 milliard de francs CFA pour l'année considérée, soit 30% des expor- tations totales, et les importations non recensées à 2,4 milliards, soit 20% du total des importations. 1964 1965 1966 1967 Exportations recensées 3.314 3.680 3.985 4.429 Importations recensées 9.484 9.169 9.293 8.970 Solde -6.170 -.9 -$.3707 -.51 Source: Voir Tableaux Annexes 7 et 8. 1/La progression des exportations indiquée par les statistiques offi- cielles est en grande partie imputable à un meilleur recensement. Il est normal que les exportations totales ne se soient pas comportées aussi bien que les exportations recensées, si l'on considère que, selon des estimations dignes de confiance, les importations de bétail (en provenance du Mali et de Haute-Volta) du Ghana ont diminué de 50% entre 1962 et 1967. - 18 - h0. Il n'existe pas d'estimations des autres postes pour les années postérieures à 196h. Il semble, toutefois, qu'aucun changement important n'ait eu lieu. Les transferts publics opérés par l'intermédiaire du Trésor français (qui assure les opérations de la France et du FED) sont restés à des niveaux identiques ou légèrement inférieurs, en raison de la diminution des subventions budgétaires et des pensions militaires. Etant donné, d'autre part, que du côté créditeur le nombre des migrants s'est probablement accru, il est vraisemblable que les transferts privés correspondants en provenance de l'étranger ont augmenté plut8t que l'in- verse. Enfin, les avoirs extérieurs nets imputés à la Haute-Volta sur les livres de la BCEAO 1/, après être tombés à 2,5 milliards de francs CFA, leur niveau le plus bas, à la fin de 196h, ont retrouvé leur niveau antérieur et s'élevaient à 3,79 milliards de francs CFA au 31 dcembre 1967, ce qui est probablement dû, soit à une diminution du déficit com- mercial, soit à un léger accroissement des "crédits" non commerciaux, ou aux deux à la fois. 2/ 4l. L'importance des transferts publics et des entrées de capitaux (ces dernières constituant normalement un poste insignifiant) dans la balance des paiements indique clairement le rôle que joue l'aide, au sens large, dans l'économie voltalque. Les transferts publics couvrent, en fait, une multitude d'opérations, dont l'aide au développement pro- prement dite ne constitue qu'un des éléments les plus importants. Ainsi, en 1964 - dernière année pour laquelle on dispose d'une venti- lation détaillée - les entrées nettes de capitaux d'origine publique, qui s'élevaient à 6.9 milliards de francs CFA, comprenaient h,h milliards d'aide sous diverses formes et 2,5 milliards paiements divers. Quant à l'aide proprement dite, elle comprenait environ 2,9 milliards de francs CFA sur compte capital (dont 25% en provenance du FAC et 40% du FED) et 2 milliards sur compte courant (subventions budgétaires, assistance technique, financement d'institut de recherches français ou internationaux, etc). Les paiements "divers" comprennent essentiellement (près de 2 milliards) les pensions versées par la France aux anciens combattants voltalques qui, sous le nom de "tirailleurs sénégalais", formaient le .:ros des troupes africaines de l'armée française. h2. Le rôle dévolu aux ressources extérieures dans le financement du "déficit de ressource" est difficile à déterminer avec exactitude, surtout depuis 196h. Cette année-là, les investissements bruts avaient été de 5,8 milliards de francs CFA, soit 10,5% du PIB. Le déficit courant au titre des biens et services non-facteurs étant à l'époque 1/ Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, Banque centrale commune des sept membres de l'Union Monétaire Ouest Africaine. 2/ 31 mai 1968: 4,97 milliards de francs CFA (voir le bulletin août- septembre 1968 de la BCEAO). - 19- de 7,6 milliards, il semblerait que l'épargne intérieure ait été défi- citaire de près de 2 milliards de francs CFA. Il convient toutefois de tempérer ce sombre tableau, à la lumière de la situation très différente qui règne dans les diverses branches de l'économie de la nature des apports d'aide extérieure, ainsi que d'autres considérations. 43. En chiffres ronds, l'épargne des ménages 1/ avant les transferts a destination et en provenance de l'étranger s'est solde par un dé- ficit de 0,7 milliard de francs CFA. Les transferts à l'étranger (personnel expatrié) s'élevant à 0,7 milliard de francs CFA, et les transferts en provenance de l'étranger à 4 milliards (2 milliards de pensions militaires et 2 milliards envoyés par la main-d'oeuvre voltaïque imigrée), le solde de l'épargne disponible était de 2,6 milliards de francs CFA, soit environ 5% du total des revenus des particuliers (mé- nages), y compris les transferts en provenance de l'étranger. Dans le secteur rural, la croissance de l'élevage constitue une "épargne" évaluée à 0,3 milliard de francs CFA. L'épargne des entreprises, quant è elle, a été de 1,1 milliard de francs CFA (dont 0,3 pour les entre- prises publiques), dont 0,4 milliard a été transféré à l'étranger, laissant une épargne disponible de 0,7 milliard de francs CFA. Enfin, l'épargne du secteur public (à l'exclusion des entreprises publiques) s'est soldée par un déficit très important d'environ 2,5 milliards de francs CFA. Celui-ci est principalement imputable aux institutions voltalques (budget de l'Etat, budgets locaux, services de sécurité sociale, etc.) mais aussi à des institutions françaises et inter- états (institutsde recherches, a-ence inter-africaine de sécurité aérienne, etc.).2/ Ce déficit a été financé par des entrées de capitaux public étrangers (voir paragraphe 3)qui se sont élevées 1/ Y compris le secteur rural, composé à quelques rares exceptions près d'exploitants individuels, ou d'entrepreneurs individuels dans les activités autres que l'agriculture. 2/ Pour 196h, seule année sur laquelle on dispose de détails, l'importance du secteur public non volta.'que est illustrée, dans les comptes nationaux, par le fait que sur un total de "ressources courantes" de 13,3 milliards de francs CFA, h,5 milliards étaient non voltalques (c'est-à-dire, essentiellement français, au titre de dépenses militaires et civiles), et sur 2,9 millions de "ressources d'in- vestissement", 2,5 millions correspondaient à une aide extérieure en capital. - 20 - à 4,9 milliards de francs CFA 1/ , laissant un montant de ressources dis- ponibles pour les investissements publics de 2,5 milliards de francs CFA (dont 150 millions ont été affectés au remboursement de la dette). 44. Lorsqu'on mesure l'effort d'épargne de la collectivité, il convient de faire remarquer, pour être juste, que le déficit de l'épargne des ménages résidents est plus que compensé. par les gains extérieurs que reçoivent les Voltaques - travailleurs migrants et anciens combattants. Il est à noter, aussi, que le taux global d'imposition est élevé, puisqu'il représente 14% du PIB réel et 26% du PIB nominal (1964). Quant au secteur public, l'effort réel entrepris par le présent gouvernement depuis le début de 1966 est décrit à la section C ci-dessous. Le tableau suivant donne le compte consolidé pour 1964 des relations entre l'épargne et l'investissement décrites dans les paragraphes précédents: 2/ EPARGNE ET INVESTISSEMENT - 1964 (milliards de francs CFA) Ménages (y compris le Secteur secteur rural) -Entreprises public Total Epargne intérieure -0,7 1,1 -2,5 -2,1 Transferts à l'étranger -0,7 -0,4 - -1,1 Transferts en pro- venance de l'étranger 4,0 _-h,9 __ Epargne disponible (Total: investis- sement brut) _2. 5 7 Source: Voir renvoi renvoi 1/ au bas de la page précédente. 1/ Les entrées de capitaux publics comprennent en outre selon la défl- nition donnée dans la balance des paiements, 2 milliards de francs CFA de pensions militaires qui ont été incluses ici parmi les ressources des ménages. 2/ Ce tableau est reconstitué à partir des comptes nationaux pour 1964 (seul compte complet disponible) moyennant un certain nombre de changements de définitions. Les comcp.es de capital des "Entreprises", "Administration" et MénageslI sont présentés selon la méthode fran- çaise employée dans les comptes nationaux et figurent dans les Comrptes économiques de la Haute-Volta - 1964,. pages 52, 6h, 68 et 85. - 21 - 45. D'après les renseignements fragmentaires dont on dispose, il sem- blerait que le genre de situation,,qui vient d'être décrit pour 1964, a persisté sans changement fondamental. Il n'y a guère de raison de penser, tout d'abord, que le niveau de l'investissement brut a tant soit peu progressé. D'autre part, le déficit extérieur courant a peut- être légèrement diminué. Il est très peu pr'obable que l'épargne intérieure s'est accrue, étant donné les difficultés persistantes de J.'agriculture, cependant que la politique déflationniste poursuivie par le gouvernement depuis 1966 a provoqué une stagnation des revenus des salariés. Les affaires, comme on l'a mentionné ci-dessus, ont été médiocres et les entreprises n9ont certainement pas été en mesure d'accroître leurs profits bruts. Le seul changement important se serait produit dans le secteur public, où le budget de l'Etat s'est amélioré, entraînant une diminution de la désépargne de ce secteur (il est possible que toutes les opérations du secteur public, y compris les organismes étrangers et inter-états, se soient soldées par une désépargne nette d'environ 2 milliards de francs CFA en 1965/66 et de 1 milliard en 1967). Le total des entrées de capitaux d'origine publique, y compris l'assistance technique, n'est pas non plus connu pour les dernières années. L'aide au développement, par ailleurs, n'a que moyennement progressé (voir Tableau-Annexe 9) en raison probablement du facteur limitatif que cons- titue la capacité d'absorption du pays, et aussi parce que, comme pour tous les autres pays bénéficiaires de l'aide du FED, les engagements de fonds de cet organisme ont été très lents au départ (1959 et années suivantes) pour s-laccélérer ensuite aux alentours de 1962, lorsque des projets satisfaisants ont été prêts à être financés par cette insti- tution. Ainsi, le montant des capitaux utilisés de 1959 à la fin de 1966 ne représente que 60% des engagements. C. Le problème financier 46. Le problème financier, à la fois effet et cause de la stagnation économique générale, n'a cessé de s'aggraver jusqu'à ce que, récemment, le nouveau gouvernement adopte des mesures rigoureuses pour redresser la situation. Pour mettre en valeur l'aspect "efficacité" des finances publiques, seul le budget de l'Etat, plus succinctement, les autres organismes publics purement voltalques sont considérés dans la présente section. Comme on l'a expliqué plus haut (paragraphe 43) le secteur public a dans les comptes nationaux une définition plus large. Evolution depuis l'indépendance 47. La crise financière qui a précipité la chute du gouvernement de M. M4. Yaméogo a été provoquée par une détérioration constante de la situation budgé&aire depuis 1959. Le problème financier résulte de ten- dances profondes réelles qui affectent à la fois les dépenses et les recettes publiques. L'augmentation des premières a été, en partie, - 22 - une conséquence nécessaire de l'indépendance, tandis que l'accroisse- ment des recettes ne pouvait guère se poursuivre au rythme requis dans un climat de stagnation économique. Les mesures d'austérité tardivement adoptées par le gouvernement précédent, à l'hiver de 1965/66, ont sus- cité directement une active opposition des syndicats, qui a finalement conduit l'armée à prendre le pouvoir. Après quoi, l'adoption rapide et la mise en oeuvre immédiate d'un programme de stabilisation depuis le début de 1966 a été la première tâche et la principale réalisation du nouveau gouvernement. 48. L'écart entre les dépenses et les recettes courantes de l'Etat a évolué de la façon suivante (milliards de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 196 1965 1966 1967 Recettes 2,2 3,6 5,5 5,h 7,3 7,8 7,9 7,5 7,8 Dépenses 4,9 5,4 6,5 7.6 8,1 ,3 8,.9 7l Solde -2,7 -1,8 -1,1 -2,2 -0,8 -.0,9 -0,h -0,4 0,7 Source: Rapport Economique (1965); Plan-cadre (1967). En dépit de l'accroissement rapide des recettes, les dépenses courantes ont constamment excédé les ressources et, de l'indépendance (1960) à la fin de 1965, le déficit courant cumulé a atteint environ 7,2 milliards de francs CFA. Toutefois, le déficit total de la période a dépassé le déficit courant du montant des dépenses d'autre nature, dépenses d'in- vestissement pour la plupart, inscrites au budget de l'Etat. 1/ Le total des dépenses budgétaires "excédentaires" a été le suivant (milliards de francs CFA): 1959 1960 1961 1962 1963 196h 1965 1966 1967 Déficit courant 2,7 1,8 1,1 2,2 0,8 0,9 0,4 0,4 -0,7 Budget d'in- vestissement 0,3 0,7 1,1 0,8 0,8 0 6 1,6 0,5 Total à fi- nancer 3,0 2,5 2,2 3,0 1,6 1,5 1,h 1,0 -0,2 1/ Le gros des investissements publics n'est toutefois pas compris dans le budget et est financé directement par l'aide extérieure au développement. - 23 - De 1960 à 1965, le total des dépenses excédentaires a donc dépassé 13 milliards de francs CFA et autant qu'on puisse en juger, elles ont été financées de la manière suivante: les ressources internes autres que courantes (1,5 milliard de francs CFA; les recettes du budget de l'an- cienne fédération d'Afrique Occidentale Française (AOF), à sa liquida- tion (2 milliards de francs CFA); les recettes du fonds de solidarité des pays de l'entente 1/ (0,5 milliard de francs CFA); les subventions budg,étaires de la France, (3,5 milliards de francs CFA). Les quatre caté- gories mentionnées ont fourni un montant de ressources définitives s'éle- vant à 7,5 milliards de francs CFA. Le gouvernement a contracté, en ou- tre, au cours de la période 1960-65, d'importantes dettes de natures di- verses pour un montant d'environ 5 milliards de francs CFA. Les princi- pales dettes sont: deux prêts du Ghana (1961) (équivalent au total à 2,6 milliards de francs CFA); des avances du trésor français (plus de 800 millions de francs CFA); la dette envers le secteur privé et les orga- nisnes publics autonomes sous forme de factures non réglées (près de 1,4 milliard de francs CFA). Le gouvernement a aussi eu recours aux facilités offertes par la Banque Centrale sous forme d'avances à court terme en 1963, 1964 et 1965 pour un montant qui a atteint jusqu'à 390 millions de francs CFA (mars 1964). A la fin de 1965, la dette du Trésor envers la BCEAO 2/ était cependant de 200 millions de francs CFA au titre des seules obligations cautionnées réescomptées. La politique financière du nouveau gouvernement 49. Le gouvernement qui est arrivé au pouvoir en 1966 a dû faire face à une dette à court terme comprise entre 1,5 et 2 milliards de francs CFA, dont 6 millions envers le Trésor français, et à la perspec- tive immédiate d'une situation budgétaire qu'il était impossible de re- dresser du jour au lendemain. En 1966, l'excédent des dépenses budgé- taires sur les recettes courantes dépassait encore 1 milliard de francs CFA. Elles furent, une fois encore, financées par les ressources procurées par la liquidation de diverses institutions datant de la fédération, telles que le fonds de pensions et le fonds de réserve fédérale, soit un total l/ L'entente comprenait alors la Côte-d'Ivoire, le Dahomey, le Niger et la Haute-Volta. Chaque pays versait un pourcentage fixe de ses recettes publiques. Après dotation à un fonds de réserves, le pro- duit des contributions était redistribué, à raison d'un un-seizième à la Côte-d'Ivoire et de cinq-seizièmes à chacun des trois autres pays. Ainsi, la Côte-d'Ivoire fournissait une contribution nette au budget des autres partenaires. E 1965, le fonds de solidarité-. a été transformé en un fonds de garantie destiné à assurer les inves- tissements privés (ou publics) étrangers réalisés dans l'un quelconque des pays participants (y compris le Togo depuis 1966) contre toute perte résultant d'une défaillance, que la cause en soit politique ou autre. 2/ BCEAO: Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l0uest. - 2h - de près de 20 millions de FCFA, par diverses autres recettes atteignant quelque 110 millions,par des ressources extérieures non remboursables, (fonds de solidarité) pour près de 100 millions et par une subvention de la France de 300 millions de FCFA. Dans le même temps, comme première mesure dans le cadre de l'application du programme de stabilisation, 33h millions de FCFA de factures impayées dues au secteur prive ont été remboursées. A la fin de 1966, la situation de trésorerie du Trésor était extrêmement tendue puisque ses disponibilités étaient inférieures à 300 millions de FCFA, tandis que la dette à court terme (en grande partie déjà échue) était encore d'environ 2 milliards de FCFA, dont 6CO millions envers le Trésor français, 366 envers la BCEAO et 600 envers le secteur privé,etc. 50. L'année 1967 a été marquée par la pleine application des mesures destinées à la fois à réduire l'encours de la dette et à mieux équilibrer les dépenses et les recettes publiques. Les prévisions de dépenses courantes furent ramenées à 7,7 milliards de FCFA, soit une diminution de 200 millions par rapport à 1966 et de 500 millions par rapport à 1965. Les économies ont porté sur les dépenses de personnel, en particulier sur les divers ivantages annexes, allocations de logement, etc, et sur les subventions, notamment aux établissements d'enseignement privé. Les prévisions de dépenses d'investissement furent également réduites à 60h millions de FCFA contre 640 millions en 1966. Les prévisions de recettes furent établies à 8,4 milliards de FCFA, dont 95% d'origine fiscale, y compris une augmentation nette des impôts de quelque 300 millions de FCFA. 51. L'effort fiscal envisagé a été en fait plus important qu'il n'y paraît au vu de cette modeste augmentation nette. Il devait être la résultante d'une diminution d'environ 1 milliard des recettes procurées par les impôts indirects et d'un accroissement de 1,3 milliard, princi- palement des impôts directs sur les personnes. Cette diminution était elle-même fondée sur la perspective d'une prolongation de la stagnation économique affectant principalement les importations, qui constituent de loin l'essentiel de la matière imposable. Certains taux d'imposition indirects, qui avaient atteint des niveaux tels qu'ils décourageaient tout achat des biens frappés ou encourageaient fortement la contrebande, ont été abaissés. D'autre part, les impôts sur les traitements et salaires, dont la moitié sont touchés par les fonc- tionnaires et agents du secteur public, devaient être relevés. A cela s'ajouta un prélèvement exceptionnel, la contribution patriotique équivalant à un demi-mois de salaire, qui devait être considéré comme une recette extra-budgétaire. 52. Le résultat effectif du budget de 1967 a été quelque peu diffé- rent des prévisions. Les dépenses courantes effectives ont été infé- rieures de 630 millions de FGFA aux pr4visions, ce qui a plus que compensé une diminution des recettes de 550 millions principalement au titre des impôts indirects. Par conséquent, l'excédent courant qui devait être de 604 millions de FCFA a en fait dépassé 700 millions. Cela a permis de financer des dépenses budgétaires d'investissement de près de 500 millions, laissant un excédent global de trésorerie de 230 millions. D'autre part, le prélèvement exceptionnel sur les trai- tements et salaires (contribution patriotique), qui a été supprimé à partir de mars 1968, a procuré 46 millions de FCFA. Sur ce total, 346 millions ont servi à rembourser les arriérés de dettes, notamment les factures privées impayées. Il a ainsi été possible de réduire ce type de dette à 224 millions seulement au milieu de 1968, soit le sixième de ce qu'elle était à l'avènement du gouvernement militaire. 53. Le projet de budget pour 1968 vise à stabiliser les dépenses courantes à un niveau légèrement supérieur à 7,8 milliards de FCFA. Les prévisions sont: 8,6 milliards pour les recettes courantes et 720 millions pour les dépenses d'investissement; le niveau des dépenses de personnel (4,4 milliards), de matériel (1,3 milliard), des transferts et subventions (1,2 milliard) reste pratiquement in- changé par rapport à 1967. Aucune modification importante des impôts n'est prévue pour l'année en cours, mais l'étude d'une réforme fiscale générale a été confiée à une commission ad hoc. Le contrôle des dépenses a été renforcé. 54. Le problème financier ne se limite pas au budget de l'Etat. Les difficultés financières n'ont pas épargné certaines des entreprises publiques, au nombre d'une vingtaine, et dont le statut,lrobjet et l'efficacité sont très variables. Le principal problème était - et est encore - posé par la société d'importation (primitivement appelée CCHV c'est-à-dire "Coopérative de Consommation de Haute-Volta", puis SOVOLCOM, "Société Voltalque de Coi-miercialisation" après sa fusion avec l'Office de commercialisation). Créée en 1961, elle avait ini- tialement pour objet de fournir aux consommateurs les plus modestes les biens de consommation essentiels au prix le plus bas possible. On espérait faire ainsi baisser les prix pratiqués par les importateurs privés. Après sa fusion avec l'Office de commercialisation, en 1966, elle entreprit aussi de commercialiser des produits d'exportation. Hais, tant dans la vente au détail des produits d'importation que dans la collecte des produits d'exportation, la SOVOLCOH a essuyé un échec. Le manque d'expérience, la mauvaise gestion, les opérations frauduleuses de la CCHV et le coût des 53 succursales de l'Office de commercialisation - 26 - réparties dans tout le pays se sont soldés par des pertes croissantes et ont envoyé un Ministre et plusieurs employés terminer leur carrière conerciale en prison. Le gouvernement actuel cherche à réorganiser complètement cette entreprise avec l'aide d'experts étrangers. Il a repris à son compte plus de 270 millions de FCFA de dettes con- tractées par l'ancienne CCHV et l'Office de commercialisation, et qu'il se propose de rembourser selon un calendrier échelonné jusqu'en mars 1971. La charge que supportera le gouvernement pourrait se révéler beaucoup plus lourde, dans la mesure où il reste 280 millions de FCFA d'engagements à rembourser grâce à la liquidation des avoirs des deux anciens organismes, dont la valeur est douteuse. 55. D'autres établissements publics ont besoin d'un soutien budgé- taire plus ou moins régulier (tel que l'imprimerie nationale qui a chaque année un déficit de 5 à 6 millions de FCFA, le Centre National de Tannerie qui a accumulé un montant net d'engagements de 10 à 15 millions de FCFA, etc.). En revanche, des institutions à carac- têre plus financier, telles que le fonds de pensions, la sécurité sociale, (allocations familiales), le fonds de stabilisation des prix, et la caisse d'épargne (qui est rattachée aux postes) sont dans une situation saine et leurs liquidités constituent une importante source de trésorerie pour le Trésor, dont elles sont toutes créancières. Il y a un cas particulier, celui de la société des chemins de fer - la RAN 1/ qui est exploitée conjointement par la Côte-d'Ivoire et la Haute-Volta, chacun des deux Etats étant propriétaire des voies situées sur son territoire. Le fonctionnement actuel de la ligne n'exige aucune subvention, mais les deux gouvernements (qui fixent aussi les tarifs- marchandises) participent aux charges "d'entretien et de renouvelle- ment". La Haute-Volta a versé à ce titre 77 millions de FCFA en 1966 et 85 millions en 1967. III. PERSPECTIVES 56. Lorsqu'on envisage les perspectives économiques de la Haute-Volta, il est commode de commencer par examiner les prévisions du plan officiel de développement. Cette façon de procéder est justifiée dans la mesure où le plan actuel est le résultat d'efforts visant à forger un ins- trument de politique réaliste - contrastant beaucoup en cela avec les plans établis antérieurement, mais qui n'avaient jamais été adoptés ou seulement partiellement appliqués. Il est clair, cependant, d'après ce qui précède, que la solution complète des problèmes financiers demeure toujours l'objectif principal du gouvernement et la condition a remplir pour qu'une politique de développement soit applicable et ait des chances de réussir. 1/ Ré,ie Abidjan-Niger, dont la ligne principale est l'axe Abidjan- Onagadougou ( 1.150 km). - 27 - 57. Parce qu'il reflète les intentions du gouvernement à une certaine époque, le plan est utile. Malheureusement, la mission n'a été en mesure d'apprécier ni le degré d'accord des divers secteurs de la collectivité économique - ou même des départements ministériels - couverts par le plan, ni l'efficacité des mécanismes prévus pour sa mise en oeuvre. Dans ces conditions, l'examen détaillé du plan consisterait au mieux en une analyse de sa cohérence interne, exercice sans grande utilité. 58. En outre, l'absence de renseignements de base récents - c'est-à- dire: comptes nationaux après 196., statistiques de la balance des paie- ments, etc., - l'absence de spécialistes sectoriels parmi les membres de la mission, et les nombreuses incertitudes inhérentes au plan lui- même, expliquent qu'on ait jugé raisonnable de ne pas tenter d'établir des projections quantitatives. La section suivante a donc pour objectif limité, tout d'abord de mettre en évidence les principales orientations politiques du gouvernement qui se dégagent du plan, ensuite d'évaluer si le gouvernement est capable de réaliser les principaux objectifs, qu'il s'est assignés, principalement du point de vue des besoins financiers qui en découlent. A. Le Plan de Développement: Principales orientations Le pro.rsamme d'investissement 59. La Haute-Volta stest dotée d'un plan de développement qui couvre la période 1967-1970 1/. C'est un "plan-cadre" conçu dans une optique indicative plutôt qu'impérative. L'orientation générale du plan ressort (en partie) de la répartition envisagée des investissements: Plan proprement dit Tranche optionnelle (milliards de Pourcen- (milliards Pourcen- FCFA) tage de FCFA) tage Développement rural 8,2 30,0 1,2 22,5 Secteurs modernes a/ 5,3 19,5 0,6 U,0 Infrastructure 8,5 31,0 2,9 52,0 Education et main-d'oeuvre 2,7 10,0 - - Santé et autres inves- tissements sociaux 1,8 6,5 - - Information, Recherche, etc. 0 3,0 0 8 14,5 Total 27,3 100,0 , 100,0 a/ Industries manufacturieres, activités minières, co,merce moderne. 1/ République de Haute-Volta, Plan-cadre de Développement 1967-1970 - sans date - un volume principal et un volume d'annexes; le plan a été officiellement adopté le 5 août 1967. - 28 - 60. Il est difficile de corienter de façon significative les chiffres ci-dessus; tout au plus peut-on dire que les parts importantes attribuées à l'agriculture et à l'infrastructure semblent justifiées. Les sommes en conséquence réduites consacrées au secteur social ne tiennent pas, bien entendu, à une absence de besoins dans ce domaine, mais à une po- litique délibérée visant à limiter les dépenses courantes qu'entrainent nor- malement les investissements entrepris dans ce secteur. Si lIon considère que les services sociaux représentent déjà 30% des dépenses courantes de l'Etat (Education: 20%, santé: 10%) et la situation budgétaire dans l'ensemble difficile, cette politique est assurément saine. 61. Sans nier les effets directs qu'ont sur la consommation et le bien-être l'amélioration de la santé et l'extension de l'enseignement, l'effort Sait tend à occroîtrc l'incidence des pro-rammes sociaux sur la capacité productive de la collectivité. A cet égard, deux actions méritent d'être mentionnées, tant pour leur valeur propre que parce qu'elles pourraient justifier une attention particulière des sources d'aide extérieure. L'une est un programme de lutte contre l'onchocercose, débutant par une projet restreint actuellement financé par le FED dans le sud du pays (Banfora); l'autre porte sur la réo- rientation et la réorganisation du système d'enseignement rural intro- duit pour la première fois en 1964. Il existait en 1967 plus de 500 "centres d'éducation rurale" dont l'objet est de former les jeunes paysans en leur dispensant une instruction générale de base et une formation agricole, dans l'espoir que les jeunes gens qui sortiront de ces C.E.R. deviendront les propagateurs du progrès rural dans leur propre village. Pour diverses raisons, dont l'une est que les élèves sont trop jeunes lorsqu'ils quittent les C.£.R., les résultats obtenus ont été décevants. En conséquence, une révision du système est en cours avec l'assistance d'institutions des Nations-Unies. 62. Dans le secteur rural, on a mis l'accent, tout d'abord et très nettement, sur le maintien du "modèle" déjà suivi par les ORD existants, les organismes de développement (CFDT, BDPA, etc.) jouant un rôle di- recteur. Cette partie du plan devrait ainsi absorber près de 80% des investissements du secteur rural. Comme on l'a mentionné précédemment, la mission n'est pas en mesure d'apprécier le "bien-fondé" ou "l'erreur" de cette politique, en particulier pour la solution du problème démo- graphique. Nombre des plaas régionaux de l'ORD énoncés dans le plan 1967-1970 sont probablement trop optimistes; certains d'entre eux contiennent une analyse erronée des coûts et bénéfices. Mais les observations de ce genre ne sauraient remplacer un examen beaucoup plus approfondi des programes en cours et de leurs perspectives - non pas d'après la description qui en est donnée dans le plan-cadre - mais tels qu'ils apparaitraient à l'issue d'une recherche approfondie sur place. - 29 - Une chose est toutefois certaine: dans une situation du genre de celle qui règne en Haute-Volta, toute politique rurale de développement re- présente un effort de très longue haleine, comme le montre clairement la seule entreprise qui ait vraiment réussi dans le pays, à savoir celle de la CFDI. A cet égard, les efforts que fait le gouvernement voltaique pour consolider l'action des organismes de développement, par exemple, par une propagande politique permanente dans la "brousse", méritent certainement d'être loués. 63. Le deuxième élément du programme agricole a trait à l'élevage et représente 12% des investissements du secteur rural. Si l'on considère que l'élevage contribue pour plus de moitié aux exportations totales, ce pourcentage peut sembler faible. En fait, il traduit plutôt les difficultés qu'il y a à concevoir des projets économiques dans ce secteur, étant donné la prédominance des structures traditionnelles. Des enquêtes récentes ou en cours sur les possibilités de développement en Haute-Volta et dans les pays voisins (y compris une récente mission Banque/FAO) devraient probablement aboutir à l'identification de projets plus nombreux que n'en prévoit le plan(essentiellement deux opérations de "ranching" et un grand abattoir à Ouagadougou). 6h. L'alimentation en eau des zones rurales constitue un important élément du plan pour l'agriculture, qui chevauche les plans sectoriels relatifs à l'agriculture proprement dite et à l'élevage. Deux thèmes principaux dominent: d'une part les études (y compris une étude géné- rale des ressources en eau et un certain nombre d'études de préinves- tissement), d'autre part la construction d'un grand nombre d'ouvrages de petite ou moyenne taille, certains accompagnés de petits systèmes d'irrigation, les autres destinés à fournir de l'eau seulement à la po- pulation et aux animaux. Les investissements totaux consacrés aux ouvrages d'alimentation en eau destinée à l'agriculture sont estimés à 3,2 milliards de FCFA, soit h0% du programme agricole, auxquels il faut ajouter 1,2 milliard pour les adductions d'eau urbaine. L'hy- draulique, notamment le problème des normes de construction, est un domaine qui aurait bien besoin d'être étudié d'un point de vue éco- nomique. Au stade où en est actuellement la connaissance des coûts et des avantages réels de ce type d'investissement en Haute-Volta, il n'est pas encore vraiment possible drévaluer le programme du gouvernement. 65. Infrastructure: Le problème est très clairement énoncé dans le plan-cadre (voir paragraphe h7 ci-dessus). Le réseau routier a été bien conçu et est dense par comparaison avec la plupart des pays sous-dé- veloppés (3,4 ka pour 1.000 habitants et 20 km pour 1.000 kan ), mais il s'est considérablement détérioré depuis l'indépendance. Les dé- penses d'entretien n'ont jamais approché du minimum considéré comme souhaitable (environ 600 millions de FCFA par an); elles ont - 30 - encore été considérablement réduites ces dernières années (230 mil- lions de FCFA dans le budget de 1967) en raison de la déflation budgé- taire. Les routes de desserte sont très souvent à peine praticables. M^meles routes principales (par exemple, l'axe Ouagadougou-Bobo-Diou- lasso) sont coupées une partie de l'année, parfois pendant des semaines, durant la saison des pluies. Les télécommunications ne sont pas en meilleur état, le réseau téléphonique notamment fonctionne de façon assez fantaisiste. 66. Le plan d'investissement (dont 6,8 milliards de FCFA pour les routes et 0,4 milliard pour les télécommunications) est par consé- quent en ,rande partie un programme de remise en état et de recons- truction, dont la structure paraît saine. A supposer qu'il puisse être entièrement financé, le problème de l'entretien ultérieur du matériel restera à résoudre; 0,7 milliard de FCFA sont affectés à ltachat de matériel d'entretien, mais sa bonne utilisation et son renouvellement exigeront des crédits beaucoup plus élevés que ceux qui étaient inscrits au budget précédent. En 1967, un fonds routier a été créé et doté de certaines ressources fiscales affectées, afin de dégager des fonds supplémentaires pour l'entretien. On pense toutefois qu'une aide extérieure sera nécessaire à cet effet pendant encore un certain nombre d'années. Pour permettre aux postes et télécommunications de fonctionner de façon plus souple et atténuer leurs problèmes financiers actuels, le gouvernement a décidé au début de 1968 de transformer les P et T en un établissement autonome, qui entrera en service en janvier 1969. 67. Le plan relatif à l'infrastructure comprend 1,9 milliard de FCFA pour llextension du chemin de fer jusqutà Kaya (91 km au nord-est de Ouagadougou) dans le cadre d'un projet plus vaste d'une ligne reliant Ouagadougou à Tambao (350 lm) où a été découvert et évalué (avec l'aide financière du PNUD) un important gisement de manganèse. Le coût total de la nouvelle ligne de Tambao serait d'environ 6,5 mil- liards de FCFA (26 millions de dollars). Le rapport que les consultants ont établi sur les perspectives d'exploitation et l'économie du transport du minerai est actuellement examiné par le PNUTlD et le gou- vernement et a été soumis à la Banque. Il est très peu probable, toute- fois, que le tronçon Ouagadougou-Kaya du chemin de fer soit économiquement justifié en soi, et il est à souhaiter que le gouvernement n'entre- prenne aucurs travaux avant qu'une décision ait été prise au sujet de la mine de Tarbao et de l'infrastructure des transports correspondante. 68. Les industries manufacturières du "secteur moderne" sont certai- nement les branches où sont attendus les plus grands progrès, en termes relatifs, ce qui n'est pas pour surprendre étant donné l'étroitesse de la base industrielle actuelle. Les principaux projets prévus au plan- cadre sont: une usine de textiles (coton), un abattoir (mentionné ci- dessus), une briqueterie, une fabrique d'allumettes, une fabrique de - 31 - cigarettes, une fabrique de peinture, une nouvelle huilerie (arachides et autres produits oléagineux), une sucrerie, une fabrique de pneus pour bicyclettes, une conserverie de fruits et de légumes, une unité laitière industrielle, une usine de céramique et, bien entendu, une cimenterie (elle ferait partie du "complexe de Tambao" où d'importants gisements de calcaire ont aussi été découverts). 69. Depuis le début du plan, certaines de ces usines ont été mises en chantier, ou sont même terminées, par exemple les fabriques d'allu- mettes, de cigarettes et la briqueterie au cours de 1967, représentant des investissements de quelque 200 millions de FCFA fournis par des sources privées étrangères. Ces trois unités travaillent encore bien au-dessous de leur capacité. Les deux premières, au moins, sem- bleraient rentables sans que l'Etat ait à prendre des mesures de pro- tection particulières. Le projet le plus important a vu le jour en mai 1968 avec la pose de la première pierre de l'usine de textiles de Koudougou. L'usine "Vo.tex" coûâtera 1,2 milliard de FCFA, fourni par l'Allemagne (Kreditanstalt) (613 millions), la CCCE (120 millions), le FAC (deux prêts de 120 et 180 millions) le reste pro- venant du capital propre de la société, qui s'élève à 300 millions de FCFA, et dans lequel la participation de llEtat est de 120 mil- lions et celle d'intérêts privés ivoiriens, de 102 millions. Les ob- jectifs de production pour 1969 sont de 600 tonnes de tissus de coton et doivent passer à 1.500 tonnes en 1972 et à 1.800 tonnes en 1978, ce qui requerra des investissements supplémentaires de 4 milliards de FCFA. Les effectifs passeront de 520 personnes à près de 2.000 - en 1978. Le coton de provenance locale sera fourni par une usine d'é- grenage (CFDT) en cours de construction également à Koudougou. Parmi les autres projets mentionnés, certains exigeront d'importants investis- sements (par exemple, l'abattoir: 700 millions de FCFA; la sucrerie: 2 milliards, la cimenterie: 3 ou 4 milliards; etc.) mais ils ont pour caractéristique commune de n'être financièrement rentables qu'à des dimensions dépassant de beaucoup la taille du marché local. Ils reposeraient donc sur une forte protection ou sur l'existence de débouchés extérieurs. En fait, aucune décision n'a été prise au sujet de ces grands projets, dont le plus avancé semble être l'abattoir de Ouagadougou. 70. Dans le secteur minier, enfin, le projet de "Tambao" mentionné ci-dessus domine la scène. Le dépôt comprend de 7 à 9 millions de tonnes de minerai de manganèse de bonne qualité commerciale. L'Union Carbide et un groupe japonais ont manifesté leur intérêt, mais le gou- vernement chercherait d'autres investisseurs éventuels. Selon des rapports préliminaires, il serait possible d'exporter jusqu'à 500.000 tonnes de minerai par an pour une valeur de 27 dollars f.o.b. Abidjan, soit quelque 13.,5 millions de dollars par an (3.,3 milliards de FCFA) - 32 - ce qui fournirait bien entendu, un apport considérable aux exportations brutes de la Haute-Volta. Le principal facteur dont dépend la renta- bilité de cette entreprise serait le coût du transport sur les 1.500 km qui séparent la mine d'Abidjan, c'est-à-dire la possibilité de percevoir un taux de fret qui couvre l'intégralité du coût de la nouvelle ligne et le coût supplémentaire du tronçon existant. D'oû l'importance de l'étude économique mentionnée au paragraphe 67 ci-dessus. 71. Le plan comporte un très grand nombre d'indications utiles sur d'autres aspects de la politique économique du gouvernement, et notam- ment la recherche appliquée, des études de toutes sortes, l'urbanisme, la commercialisation, les problèmes de nutrition, etc. qui ne peuvent être analysés ici. Principaux résultats attendus 72. Dans les circonstances présentes, les principaux efforts tendent à la création dans les domaines financier, administratif et politique, de conditions favorables au développement de la production. Bien que l'accroissement de la production globale soit l'objectif ultime, le gouvernement n'attend aucun progrès rapide au cours de la période couverte par le plan. C'est pourquoi, contrairement au plan précédent qui avait avorté, le plan-cadre ne part pas d'objectifs globaux des taux de croissance. Les résultats des actions entreprises dans les divers secteurs sont simplement considérés comme des possibilités, et même alors, ils font l'objet d'importantes réserves. 73. Etant donné que le taux de croissance du PIB n'a pas atteint 4% en 1965 et en 1966, et que les résultats de 1967 ne seront certainement pas meilleurs, le maximum que l'on puisse raisonnablement escompter au cours de la période 1968-70 est un taux de croissance de 5% par an, à sup- poser quren 1968 et au cours des années suivantes, l'exécution du plan soit accélérée par rapport aux objectifs initiaux. La production agricole devrait alors progresser de plus de 3,3% par an et le secteur moderne de plus de 5,15%, taux primitivement envisagé, pour atteindre un taux global de h% par an au cours de la période quadriennale 1967-70. 74. D'importantes divergences apparaissant dans les statistiques passées, les quantités absolues données dans le plan pour 1970 ne sont guère significatives à elles seules. Toutefois, l'accroissement relatif entre les chiffres 1964, d'après les données des comptes nationaux, et les objectifs du plan sont comparables. Sur cette base, les plus importants accroissements par produit sont les suivants: - 33 - 1970 (1964r ~100) Céréales (mil, sorgho, mais, riz) 112 Arachides 165 Coton 360 Elevage (bovins) 100 Petit bétail 145 Viande (préparée) 135 75. La grande diversité des croissances indiquées dans le tableau ne reflète pas, en toute certitude, les résultats les plus probables des projets sectoriels. Ainsi, l'accroissement de la production du coton parait optimiste malgré les progrès encourageants récemment réalisés. Il impliquerait un niveau de production de 48.000 tonnes contre environ 20.000 tonnes actuellement. Il reste, néanmoins, que ce produit sera probablement celui qui progressera au rythme le plus rapide. La stagnation de la production de l'élevage (bétail) devrait être compensée par une augmentation de la production de viande, sans doute par accroissement de la part de la valeur ajoutée dans les ex- portations. Cela dépendra toutefois beaucoup des arrangements qui seront conclus avec les pays consommateurs (Côte-d'Ivoire et Ghana), lesquels préfèrent actuellement importer le bétail sur pied. 76. Dans le secteur secondaire, les progrès seront principalement imputables à la production de nouvelles entreprises (voir paragraphe 71 et 72). On attend de l'effet soutenu de l'accroissement des expor- tations (principalement coton, arachides et viande), qui resteront presque exclusivement agricoles, et de la substitution réussie de produits importés une grande amélioration de la balance commerciale en 1970. La substitution de produits importés porterait principalement sur les produits animaux, les textiles, les cigarettes et les allumettes, le sucre, les chaussures, etc., pour un montant total de 1,4 mil- liard de FCFA (soit à peine 12% du total estimatif des importations de 1964). Les importations totales, en admettant certains accroisse- ments des produits industriels, s'élèveraient à 10 milliards de FEA contre un total de 7,5 milliards, laissant un déficit commercial de 2,5 milliards, contre 7 milliards en 1964. Ce chiffre sous-estime probablement les besoins d'importation d'une économie en croissance et surestime l'ampleur des substitutions économiques de produits d'importation. -3h - Surtout, ces prévisions ne semblent pas tenir compte du fait que les importations estimatives de 196h - par opposition aux importations officiellement recensees - étaient déjà de l'ordre de 10,5 mil- liards deFCFA (à l'exclusion des produits importés pour être réex- portés). Ainsi, tandis que des accroissements des exportations de l'ordre de grandeur prévu sont optimistes mais réalisables, compte tenu des progrès accomplis ces dernières années et des perspectives qu'offre le coton (à condition que les prix ne baissent pas trop) et les produits de l'élevage (à condition que l'offre suive une tendance à la hausse dans les pays consommateurs), le déficit commercial de 1970 dépassera sous doute largement 2,5 milliards de FCFA. Il est raisonnable d'escompter une amélioration de la balance commerciale, mais non pas de l'ordre de grandeur souhaité par les planificateurs. B. Conditions financières du plan 77. Les conditions financières englobent le financement du programme d'investissement et la politique budgétaire, elle-même condition préalable et conséquence de la réalisation du plan de développement. Financement du programme d'investissement 73. A la fin de février 1968, environ 12 milliards de FCFA avaient été obtenus de sources extérieures, le gouvernement devant apporter une contribution d'environ 600 millions de FCFA pré- levés sur le budget de 1968. De plus, on prévoit une partici- pation de 1,8 milliard de FCFA provenant d'autres sources locales, (financement du secteur privé et concours bancaires à moyen et long terme). Plus de 50% des besoins du plan sembleraient ainsi être satisfaits, moins d'un an après la date effective d'entrée en vigueur du plan. Sur ce total, près de 4 milliards de FCFA correspondent à des fonds extérieurs engagés avant 1967 pour des opérations en cours qui ont été comprises dans le programme de 1967-1970, le reste intéressant des opérations devant être lancées en 1967 ou ultérieure- ment. Au début de 1968, le financement du plan pourrait donc être représenté comme suit: Milliards de FCFA Total à financer 1967-1970 Extérieur: - déjà obtenu (fonds public) 12,0 (dont prêts) (0,9) - reste à obtenir 11,0 (dont secteur privé) (2,0) Intérieur - budget 1968 (prévisions) 0,6 - fonds privés et bancaires 1,8 - reste à obtenir 2.0 - 35 - Les chiffres ci-dessus ne comprennent pas les investissements non-mo- nétaires des cultivateurs du secteur traditionnel, ni l'augmentation du cheptel. 79. Il n'est pas surprenant que la structure du financement repose en grande partie sur des ressources extérieures, à savoir 23 mil- liards de FCFA, soit 8h% du total. Les bailleurs de fonds traditionnels (FAC et FED) fourniraient plus de 16 milliards de FCFA, les- . sources bilatérales autres que la France (surtout les Etats-Unis, l'Allemagne et la Chine (Taiwan) ) accorderaient 2 milliards, les sources multilatérales (y compris la BIRD), 1,h milliard et les investisseurs privés étrangers, 2 milliards. 80. Les prévisions contenues dans le plan de financement ne sont pas déraisonnables en ce qui concerne les ressources extérieures, et elles sont possibles, mais probablement optimistes, pour les ressources intérieures, si réduit que soit le rôle assigné à ces dernières (16% du total). Vu le climat politique qui règne actuellement dans les pays donateurs, il serait imprudent de s'attendre à ce que les principales sources d'aide extérieure (FAC et FED) accroissent substantiellement leurs concours à des conditions de faveur - qui se composent presque uniquement de dons. De même, il est peu probable que d'autres pays, tels que l'Allemagne ou les Etats-Unis, accroissent leur assistance financière, à moins que ne se présentent des projets particulièrement intéressants tels que l'usine "Voltex". Par contre, il est certainement possible d'obtenir de ces diverses sources (y compris éventuellement le Groupe de la Banque 1ondiale) quelque 9 mil- liards de FCF', soit 3 milliards par an jusqu'en 1970. Ces dernières années, le FAC et le FED ensemble ont déboursé en moyenne 2 à 2,5 milliards par an. 31. Comme par le passé, par l'aptitude du pays à utiliser les capitaux extérieurs pour des investissements productifs, le facteur limitatif pourrait être en fait, au rythme prévu, de 7 milliards de FCFA par an. En effet, si llon ignore le montant des dépenses effectuées en 1967 ou au cours d'une année quelconque après 1964, il est certain que leur chiffre ne dépasse guère 3,5 à h milliards de FCFA. lj On ignore également où se situent les goulots 1/ Se décomposant comme suit: FAC et FED, 2 à 2,5 milliards; autres sources extérieures, 0,5 milliard; gouvernement et autres sources locales, 0,5 milliard. Ce montant ne comprend pas les postes apparaissant dans les investissements totaux de la comptabilité nationale tels que augmentation du cheptel, logements traditionnels, etc... - 36 - d'étranglement, mais il semble que l'établissement des projets, notement les études techniques et économiques ait constitué un obs- tacle plus important que par exemple les capacités des entreprises. On sait que les trois ou quatre entreprises principales ont travaillé bien en-dessous de leur capacité et débauché du personnel depuis 1964. En tout état de cause, il est difficile de prévoir le rythme des dépenses, étant donné qu'un ou deux grands projets (par exemple l'a- battoir de Ouagadougou évalué à l'heure actuelle à 700 millions de FCFA) peuvent à eux seuls modifier toutes les données du pro- blème. Les autorités voltaïques sont conscientes que la réalisation des objectifs du plan exigera un effort en vue d'accélérer la pré- paration des projets selon les exigences de chaque source de finan- cement. 1/ On ignore encore les mesures pratiques qui sont appliquées pour obtenir ce résultat. Il ne fait aucun doute cependant que le Département du Développement et des Travaux Publics ainsi que le Ministère des Finances disposent actuellement de directions énergiques et dynamiques. Fi nances publiques 82. La politique financière du gouvernement (mise à part la recherche d'aides extérieures) doit elle-même choisir le moindre de deux maux. D'une part, le désir de maintenir les dépenses au niveau nécessaire à la réalisation des objectifs du plan risque d'entralner un déficit budgé- taire qui, dans le cadre des institutions actuelles nécessite le recours à l'emprunt extérieur ou à l'endettement interne (sous forme de factures impayées ou autres), créant finalement une situation sans issue dominée non pas tant par le risque d'inflation que par l'éven- tualité d'une cessation des paiements. D'autre part, l'application d'une politique de déflation comme celle qui a été suivie ces deux dernières années serait difficilement compatible avec la réalisation des objectifs de la politique de développement indiquée dans le plan-cadre. 83. A court terme, il est peu douteux que le Gouvernement ait l'in- tention de poursuivre sa politique générale d'austérité budgétaire, comme en témoignent les prévisions du budget pour 1963 (par. 53). 1/ 7 r Banque Nationale de Développement, la Caisse Centrale de Coopération Economique (France) et les facilités de réescompte à moyen terme offertes par la BCEAO. - 37 - Toutefois, les bonies raisons d'accroître les dépenses budgétaires ne manquent pas. En effet, l'entrebiEide l'infrastructure, l'économie rurale (quine se voit allouer que 6% du budget de fonctionnement). Les adductions d'eau et, bien entendu, l'enseignement et la santé publique, sont autant de secteurs qui peuvent à juste titre prétendre à des augmentations de crédits. La plupart des services manquent de personnel au niveau des cadres supérieurs et moyens, surtout dans les provinces, et le personnel qui ne serait pas fourni au titre de l'assistance technique officielle s'avérerait très cotteux. 1/ De plus, le budget ne comporte pas de poste qui puisse être facilement redistribué à des fins plus "méritoires". Les postes "armée et police" qui en 1967 représentaient 15% du budget total ne peuvent pas être considérés comme gonflés à l'excès. 84. Du côté des recettes, il n'est guère possible d'augmenter les impôts. Les droits d'importation ont atteint un niveau plus élevé que dans tout autre pays voisin (le total des droits perçus sur les importations officiellement enregistrées dépasse 50% de leur valeur CFA) et tout espoir d'obtenir des rendements plus élevés ne peut se réaliser que par la réduction de certains taux lorsque les "conditions d'élasticité" le permettent. En fait, l'administration a déjà réduit certains droits sur des marchandises qu'il est facile de faire entrer en fraude dans le pays (en provenance de Côte-d'Ivoire et du Ghana) et a l'intention d'aller plus loin dans ce sens. On ne peut guère compter sur les impôts indirects pour accroître notablement les re- cettes. Les impôts directs sont également élevés, surtout si l'on tient compte de la contribution patriotique perçue en 1967/1968, et l'on peut considérer que cett' source de revenus n'offre guère de perspectives, si ce n'est, comme il est de règle, que le recou- vrement pourrait être amélioré dans certains cas. L'une des raisons de cet état de choses est notamment que le gouvernement peut diffi- cilement supprimer les subventions aux exportations agricoles (mesure qui économiserait au plus quelque 100 millions de FCFA sur la base du budget 1966), et augmenter simultanément les impôts frappant les cultivateurs. 85. En réalité, une amélioration de la situation budgétaire ne peut reposer que sur une accélération de la croissance économique et sur l'augmentation corrélative des importations, des salaires, des bénéfices des entreprises, et des revenus monétaires des agriculteurs. Pour 1/ Comme pour les autres anciennes colonies françaises, le gouvernement ne participe qu'à une faible fraction du coût de l'assistance technique (soit environ 10%) s'élevant à 150 millions de FCFA pour le budget 1967. - 38 - l'essentiel, ce résultat pourrait être obtenu si l'on augmentait les investissements financés à l'aide de fonds extérieurs ou si l'on ac- croissait les exportations, ces deux éléments étant liés l'un à l'autre tout en ayant chacun une large part d'autonomie. C'est ainsi que les exportations sont fortement tributaires des réactions des cul- tivateurs à divers stimulants autres que les investissements, et dans une très large mesure, des conditions climatiques. Mais d'autre part, les dépenses de l'Etat ne peuvent pas être longtemps stabilisées sans mettre en danger la croissance de l'économie, du seul fait qu'elles représentent 16% du PIB total et 25% du PIB monétaire. 86. Il serait fort utile et très réaliste que, pendant la durée du plan, la politique financière du gouvernement ait pour objectif de créer les conditions favorables à un redressement économique général et à une plus grande efficacité du plan. Cela n'implique pas au premier chef la réalisation d'excédents budgétaires. En première approxi- mation, on prévoit que ces excédents seront de 2,5 milliards de FCA pour la période 1967-1970, soit une moyenne annuelle de 700 mil- lions de FCFA, représentant moins de 10% du programme d'investissement. Même cette somme pourrait s'avérer trop élevée. Au contraire, comme l'indique le plan-cadre le but devrait être d'abord de redresser les finances publiques (i) en liquidant le restant de la dette à court terme; (ii) en donnant leur autonomie aux entreprises publiques, et tout d'abord à la SOVOLCOM après remboursement de ses dettes; (iii) et finalement en supprimant progressivement les subventions aux exportations agricoles, dont le coton est de loin le poste le plus important. La réalisation de ces trois objectifs coûterait au budget au moins un milliard de FCFA jusqu'en 1970, somme qui doit être ajoutée au service de la dette contractuelle de plus de 400 millions de FCFA(1963). Une deuxième série de mesures viserait à augmenter la productivité économique des dépenses courantes, sans en modifier le montant; c'est dans ce cadre que l'on a déjà noté l'importance accordée au programme de santé publique et d'enseignement (voir par. 61) qui, à l'opposé de l'agriculture, de l'infrastructure ou de l'industrie, repose essentiellement sur les crédits budgétaires de l'Etat. Dans le même ordre d'idées, l'utilisation de l'armée pour des tâches de mise en valeur est envisagée sérieusement et déjà appliquée dans des secteurs limités (tels que la construction routière). Enfin, le budget devrait pouvoir fournir les fonds nécessaires en contrepartie de l'aide extérieure, poste qui figurait déjà dans les budgets antérieurs (es- sentiellement 200 millions de FCFA à titre de contribution aux organismes de développement rural). 87. Si une telle politique permet de réaliser quand même des excé- dents budgétaires susceptibles d'être investis, ce sera tout à fait accidentel. Le plan-cadre indique plus ou moins explicitement comme - 39 - but pour la période postérieure à 1970 une participation notable du budget au financement des investissements "modernes". Si, au début des années 70, le programme de redressement financier a pu être réa- lisé, si la capacité d'absorption a été augmentée suffisamment pour permettre des dépenses d'investissement au hme de 8 milliards de FCFA par an ou même un peu moins, si les politiques agricoles régionales ont a peu près réussi à régulariser les approvisionnements alimentaires et enfin si les exportations agricoles telles que le coton, les oléagineux et les produits de l'élevage ont nettement décollé, alors il ne suffira plus que d'une gestion prudente pour obtenir que le budget de l'Etat apporte au programme d'investissement une contri- bution de l'ordre de 20 à 25% et non plus d'un montant symbolique. Entre-temps, il reste évident que ces nombreuses suppositions reposent pour beaucoup sur la poursuite de l'aide extérieure sous toutes ses formes, y compris un vaste programme d'assistance technique. 83. Il ne devrait pas être nécessaire de s'appesantir sur le fait que l'aide extérieure à la Haute-Volta devrait continuer d'être fournie à des conditions favorables, et même très favorables. L'extrême pauvreté du pays, jointe à la difficulté qu'il y a à trouver des possibilités d'investissement ayant un bon rendement, surtout dans l'agriculture, constituent les principales raisons pour lesquelles il faut s'efforcer de maximiser l'effet du financement extérieur en le fournissant aux conditions les plus favorables possibles. Les considérations d'ordre purement financier devraient passer au second plan même dans l'hypothèse où la situation autoriserait par ailleurs des prêts classiques. En fait, le service de la dette extérieure contractuelle est faible à l'heure actuelle, puisqu'il représen. te environ 5% des recettes publiques. Par contre, la dette à court terme accumulée (en principe surtout intérieure, mais en fait essentiel- lement due à des sociétés étrang,ères) a pesé lourdement sur les budgets des années passées et n'est pas encore totalement liquidée. D'autre p art, le service de la dette extérieure représente déjà près de 10% des exportations de biens et services (350 millions de FCFA), et environ 7% lorsqu'on fait figurer au dénominateur les envois de fonds des travailleurs volta'ques émigrés. Les prêts classiques pourraient toutefois jouer un rôle utile dans deux situations particulières. Premièrement, en faible quantité, ils pourraient donner plus de sou- plesse à la mise en oeuvre du plan, sous forme de crédits-fournisseurs qui sont obtenus facilement et rapidement. Deuxièmement, par exemple pour certains projets industriels prioritaires, ils pourraient servir pour les grands projets productifs pour lesquels des prêts assortis de conditions favorables risqueraient de s'avérer problématiques. C'est à cette deuxième catégorie que pourrait appartenir le projet de chemin de fer et de mine de Tambao, si toutefois il se révèle économiquement justifié. STATISTIQUES LISTE DES TABLEAUX Tableau 1A: Projections démographiques Tableau 1B: Répartition de la population par groupes ethniques et par regions Tableau 10: Structure par age de la population Tableau 2 : Comptes nationaux 1964: Par secteurs d'origine Tableau 3 : Comptes nationaux 1964: Origine et emploi des ressources brutes disponibles Tableau 4 : Comptes nationaux: Erploi des ressources 1964-1966 Tableau 5 : Production agricole Tableau 6 : Principaux indicateurs e'conomiques selectionnes Tableau 7 : Exportations (Chiffre officiel) Tableau 8 : Importations (Chiffre officiel) Tableau 9 : Aide au developpement Tableau 10 : Budget de l'Etat Tableau 11 : Programme de développement: Investissements Tableau 12A: Dette publique exterieure non remboursée au 31 decembre 1967 Tableau 12B: Estimation des paiements futurs au titre du service de la dette publique exterieure non encore remboursee y compris les sommes non encore versé'es au 31 de'cembre 1967 Tableau 1: POPULATION A. Projections demographiques (fonde'es sur l'enguête daíographique de 1960: taux de croissance 27a par an) 1960: 4.400.000 196h: h.763.000 1968: 5.155.000 1970: 5.363.000 1975: 5.921.000 1980: 6.532.000 1985: 7.208.000 B. Repartition de le population par principaux groupes ethniques et par régions (1965) Groupe Re gion Total Mossi (Centrale) 2.h55.762 50,5 Bobo (Ouest) 806.970 17,0 Senoufou (Ouest) 317.061 6,5 Gourounsi (Centre-sud) 305.707 6,h Peul (Semi-nomade) 266.811 5,5 Lobi (Sud-est) 253.411 5,4 Bissa (Centre-est) 228.h93 h,7 Gourmantche (Est) 226.668 _h, Total h.816.000 100,0 C. Structure par ge de la population residante (1960-61) Classe diâge Hommes Femmes (en pourcentage de la population totale) Moins d'un an 2,1) 2,1-) 1-h 7,1 ) 22,36,h ) 19,3 5-9 8,1 ) 7,1 ) 10-14 5,0_) 3,7) 15-19 4,l~) 3,7-) 20-2h 3,5 ) 4,8) 25-29 3,9 ) h,8) 30-34 2,9 ) 22,2 3,7 )254 35-39 3,2 ) 3,7 ) ho-h 2,3 ) 2,h) 45-49 2,3 ) 2,3.) 50-54 1,5~) 1,-) 55-59 1,3) 1,9) 6o-64 1,0) 1,0) 65-69 0,9 ) 5,7 0,7 4,1 70-74 o,5 ) o,h ) Plus de 74 ans 05_) 0,3 Total 50.2 49.8 Tableau 2: COMPTES NATIONAUX 1964: PAR SECTEJR D'ORIGINE (milliards de francsCFA) (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Valeur Total aux Total au Impots ajoutée prix du coût des Traitement indirects autre marche facteurs et nets des Transferts que (1) (1) à (h) (5) moins salaires subventions divers (2) (3) compris (2) % 1. Secteur primaire 150 65 - 29.074 29.289 29,224 57 (dont: elevage et pêche) (11,618) (11.653) (23) 2. Secteur secondaire 1.996 453 - 4.692 7.141 6,688 13 (dont: construction) (1.269) (250) - (1,153) (2,672) (2,422) (5) 3. Services et transports 2.154 5.010 115 6.676 13.955 8.945 18 4. Administration publique 6.121 - - 6,121 6.121 12 5. TOTAL 10.421 5.528 115 40.442 56.506 50.978 100 6. Dont non commercialisé' (24.690) Source: Comptes Economiques de la Haute-Volta, 1964, Secrétariat d'IEtat aux Affaires Etrangeres Charge' de la Cooperation, Paris, Septembre 1966. Tableau 3: COMPTES NATIONAUX 1964: ORIGINE ET EMPLOI DES RESSOURCES BRUTES DISPONIBLES (milliards de francs CFA) 1. Production locale 55.821 69,0 (dont production non commercialisée) (29.076) (36,0) 2. Marges sur la produc- tion locale l 2.150 2,5 3. Importations 12.544 15,5 4. Marges sur les impor- tations 1/ 10.635 130 5. Ressources totales =emplois totaux 81.152 100.0 6. Consommation interm'diaire 18.221 22,5 7. Consommation finale des ménages 48.885 60,3 8. Consommation finale des administrations publiques 2/ 3.267 4,0 9. Formation de capital fixe 5.027 6,2 (dont secteur public) (2.407) (3,0) 10. Stocks 788 0,9 11. Exportations 4.964 6,1 Y compris les impts indirects. Achat de biens et services par l'Etat et les autres administrations publiques. Source: Comptes Economiques de la Haute-Volta,, 1964, Secrétariat d'Etat aux Affaires Etrangeres charge de la Cooperation, Paris, septembre 1966. Tableau h: CONPTES NATIONAUX EMPLOI DES RESSOURCES 1964-1966 (milliards de francs CFA) 1964 1965 1966 1967 - (Provisoire) 1. Production locale 55.821 55.257 55.227 57.308 2. Importations 12.544 11.119 11.683 11.980 3. Marges i 12.785 12.178 11.502 11.210 4. Ressources totales emplois totaux 81.150 78.554 78.412 80.498 5. Consommation intermediaire 18.221 16.239 16.131 17.428 6. Consommation des menages 48.885 49.969 51.o14 51'510 7. Consommation des adminis- trations publiques 3.267 2.777 2.167 2.276 8. Formation de capital fixe 5.027 3.429 2.639 2.198 9. Stocks 788 810 826 330 10. Exportations 4.964 5.330 5.636 6.156 Y compris les impots indirects. Source: Réponse du Gouvernement de Haute-Volta au questionnaire de l'Organi- sation des Nations Unies pour L'Etude Economique Mondialel967-68. Tableau 5: PRODUJCTION AGRICOLE: PRINCIPAUX PROLUITS Q = Quantite en milliers de tonnes S = Superficie cultive e en milliers d'hectares 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Q S Q S Q S Q S Q S Q S Q S Sorgho 411 908 508 1041 720 1303 878 1404 780 1404 5140 1237 1175 1960 Mil 195 615 261 597 316 873 378 806 410 806 364 540 Mals 75 150 78 161 109 159 127 167 171 167 124 211 137 228 Riz 21 34 45 67 25 34 34 35 38 35 52 4 157 71 Arachides 110 238 113 227 129 246 136 248 131 248 119 241 130 217 Coton 6 39 13 61 10 42 15 56 9 56 18 71 19 65 Source: 1961-64: Rapport Economique-Production-Ministè*re du De.veloppement et du Tourisme (Haute-Volta), 1965. 1965-67: Voir Tàbleau 4. Note: Les chiffres ci-dessus sont nettement supérieurs a ceux que donnent les autres sources, notamment les comptes nationaux pour 1964 dont les chiffres sont reproduits ci-dessous. Les chiffres ci-dessus cependant sont les seules séries disponibles sur une longue periode. Production 1964 selon les comptes nationaux Sorgho 592 Mil 279 Mais 66 Riz 24 Arachides 70 Coton 13 Tableau 6: INDICATEURS ECON01IQUES PRINCIPAUX (NON COMPRIS L'AGRICULTURE) 196h 1965 1966 1967 A. Production industrielle 1. Boissons non alcoolisees (1000 hl) 17,9 20,1 19,1 17,0 2. Bière (1000 hl) 35,0 32,9 36,9 4o,3 3. Huile d'arachide (raffinèe) (tonnes) 510 782 1.10h 759 4. Bicyclettes montées 5.000 30.665 25.294 21.330 5. Coton égrene'(tonnes) 2.680 2.992 3.276 5.030 6. Savon (tonnes) 897 1.160 1.220 1.901 7. Chaussures en plastique (paires) 317.0h0 267.849 316.895 - B. Energie B. Fourniture d'electricite' (1000 KWH) 17.993 19.793 21.169 20.712 9. Importations d'essence (tonnes) 13.323 144.43 14.186 13.834 10. Importations de kerosene (tonnes) 5.507 5.616 5.699 5.911 11. Importations de gasoil (tonnes) 6.202 6.598 5.395 6.143 C. Transport 12. Trafic ferroviaire (tonnes) 249.200 2h2.300 238.500 259.500 13. Nombre de voitures particulieps 3.815 4.239 4.565 4.809 14. Nombre de camions et de camionnettes 3.962 4.401 4.797 5.155 D. Chiffre d'affaires des 16 prin- cipales entreprises de commerce 1962-63 1963-64 1964-65 1965-66 1966-67 15. En millions de francs CFA 7.634 8.031 8.450 7.844 7,oo4 E. Monnaie et credit (en milliards de francs CFA) 16. Crédits à l'économie (au 31 décembre) 3,97 4,07 3,58 3,70 17. Masse monetaire 6,03 6,26 6,49 6,56 F. Emploi 18. Nombre de salaries 32.788 26.2ýh 22.576 n.d. 19. Dont: secteur public 10.948 13.123 9.20h n.d. 20. Masse salariale (millions de francs CFA) 10.521 9.811 9.333 n.d. Sources:Postes 1 a 1h et 18 N 20: voir Tableau 4. Postes 15 'a 17: Bulletins mensuels du BCEAO. Tableau 7: EXPORTATIONS (CHIFFRES OFFICIELS) (millions de francs CFA) Exportations 1964 1965 1966 1967 1. Betail 1.840 2.143 2.208 2.270 2. Viande 64 66 200 261 3. Cuirs et peaux 251 106 190 85 h. Arachides(deCortiquees) 119 162 204 283 5. Amandes de Karite' 118 62 155 80 6. Sesame 61 88 64 117 7. Coton 90 257 304 844 8. Or 227 248 116 9. Divers Sh 548 744 489 10. Total 3.314 3.680 3.985 4.429 Pour l'estimation des exportations effectives voir Tableau paragraphe 38 du Texte, Balance des paiements 1964. Source: Bulletins Mensuels d'Information Statistique et Eccnomique., 1967. Tableau 8: IMPORTATIONS (CHIFFRES OFFICIELS) (millions de francs CFA) Importations 1964 16 1966 1967 1. Denrees alimentaires, boissons, tabac 3.146 2.238 2.580 2,313 2. Produits petroliers 345 390 545 586 3. Matières premieres 2.465 1.082 1.070 831 4. Animales et ve'getales (2.450) (955) (892) n.d. 5. Minérales (15) (127) (178) n.d. 6. Produits semi-finis 1.071 1.267 1.032 5.240 7. Articles manufactures 1.163 1.185 1.142 8. a usage agricole (4l) (37) (40) 9. a usage industriel ( 1.122) (1.098) (1.102) 10. Biens de consommation finale 3.500 3.007 2.925 11. TOTAL 9.484 9.169 9.293 8.970 Pour l'estimation des importations reelles voir Tableau paragraphe 38 du Texte, Balance des paiements 1964. Source: Voir Tableau 7. Tableau 9: AIDE AU DEVELOPPEMENT i/ 1. Dons 1959-1966 Engagements: 1967 (en millions (en milliers Tn millions (en milliers de de de de francs CFA) dollars) francs CFA) dollars) France 7.420 29.706 955 3.820 Communaute' Economique Europeene 7.325 24.618 536 2.220 Rèpublique Fedérale d'Allemagne 48o 1.923 - Etats-Unis 1.530 6.133 126 48o Chine (Formose) 750 3.000 - Divers ... ... 686 2.740 - TOTAL 17.505 65.380 2.303 9.260 2. Prêts France (OCCE) 1.260 5.036 Re'publique Fédérale d'Allemagre 750 3.000 Ghana 530 2.334 TOTAL 2.590 10.370 Non inclus: aide budgetaire et assistance technique. Source: Rapport des representants du PNUD a Ouagadougou, octobre 1966. Tableau 10: BUDGE' DE L'ETAT (en millions de francs CFA) 1. Recettes 1966 1967 (estimations) Impts directs 2.111 2.094 Droits d'importation-taxes ( ( a l'exportation ( 4.692 ( 4.794 Impots indirects intérieurs ( ( Autres impts 138 152 Total impets 6.951 Autres recettes ordinaires 376 1.098 Autres ressources intérieures 228 237 Total recettes 7.555 8.375 Ressources exte'rieures De l'ex-AOF 379 1 Subventions de la France 615 / Total ressources extérieures 99h 2. Depenses Dette publique et pensions 557 " 641 A/ Personnel 4.559 4.430 Matériel 1.004 1.563 Entretien 202 41 Subventicns et dé'fenses diverses 1.136 1.096 Dépenses au titre de budgets passes 375 - Total dépenses ordinaires 7.833 7.771 Dont 179 millions de francs CFA provenant d'avoirs de l'ex-fe'deration de 1'AOF et 200 millions provenant de la liquidation de l'ancien fonds de retraiter de l'AOF. Dont }00 millions de francs CFA pour 1966 et 315 millions provenant d'anne'es prcddentes. Dont 411 millions de francs CFA de dette proprement dite. Dont h83 millions de francs CFA de dette proprement dite. Tableau 11: PROGRAIM DE DEVEIDPPEMENT: INVESTISSEMENTS (millions de francs CFA) Total 1967-1970 1. Developpement rural 9.414 ORD (plans régionaux) 7.344 Elevage 1.230 Adductions d'eau 470 Divers 370 2. Secteur moderne 5.956 Industrie 4.500 Transport, commerce, services, tourisme 812 Divers 644 3. Infrastructure 11.400 Routes 6.763 (dont routes secondaires) (1.000) (dont équipement nouveau) (600) Voies ferrees 1.900 Postes et télecommunications 413 Urbanisme et logement 2.198 Transports aériens 126 4. Secteur social 4.548 Education et formation professionnelle 2.724 (dont. éducation rurale) (1.306) Santé publique 1.334 Divers 490 5. Information, recherche, etudes, etc. 1.606 Recherche scientifique 1.125 Divers 481 6. Total 32.924 (dont "tranche optionnelle") 5.543 OR]) = Organismes Régionaux de Développement (8 existant en 1967, 3 'a creer). La plupart des dépenses regroupées sous ce titre sont destinees a financer les opérations d'organismes de développement (BPDA, SATEC, CFDI, etc.). A l'exclusion des activite's minieres notamment, du projet relatif au manganese de Tambao actuellement a l'etude au PNUD). Source: Republique de Haute-Volta, Plan-cadre de Développement 1967-1970. Tableau 12A: DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE NON ENCORE REMBOURSEE AU 31 DECE 1967 1/ 2/ Dette Remboursable en Devises (en milliers de dollars) Dette non encore remboursee au 31 dé'cembre 1967 Y compris les Fonds verses fonds non encore Source uniquement verses Total dette publique exterieure 16.196 20.659 Total dette placee par voie privee 310 847 Emissions publiques d'obligations 1 Crédits-fournisseurs - France 26 26 Institutions financières (Banque Internationale pour l'Afrique Occidentale) 243 780 Prêts de gouvernements 15.886 19.812 France 11.3 12.752 Republique Fede'rale d'Allemagne - 2.500 Ghana 4.560 4.560 Dette dont l'écheance, a l'origine ou apres prorogation est egale ou supérieure à un an. Definie de manière a inclure le franc CFA qui est librement convertible en franc français: cet élément de la dette est du a la Caisse Centrale de Cooperation Eccnomique, organisme public francais, et s'éleve a 9.502 millions de dollars E.U. y compris les sommes% non encore de'bourse'es. Cette dette figure dans le tableau sous le titre "Pi'ts de gouvernements - France". Tableau 12B: ESTIMATION DES PAIEMENTS FUTURS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE NON ENCORE REMBOURSEE, Y COMPRIS LES SOMES NON ENCORE VERSEES AU 31 DECEMBRE 1967 Dette remboursable en devises (en milliers de dollars) Dette non encore remboursée (au début de le période) Y compris les fonds non Annee versés Amortissements Interet Total Total de la dette publique extérieure 1968 20.057 1.016 232 1.248 1969 19.ohl 1.103 233 1.336 1970 17.938 1.053 194 1.247 1971 16.885 763 161 923 1972 16.122 827 180 1.007 1973 15.296 935 200 1.134 1974 14.361 926 181 1.107 1975 13.435 895 165 1.060 1976 12.540 870 149 1.019 1977 11.670 875 133 1.008 1978 10.796 787 118 9o5 1979 10.009 761 105 866 1980 9.248 763 93 857 1981 8.485 765 81 846 1982 7.720 768 69 837 Note: Y compris le service de toutes les dettes qui figurent au Tableau 12A, etabli le 14 octobre 1968, a l'exception de 602.000 dollars (Prêts du Gouvernement français) dant les conditions de remboursement ne sont pas connues.
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Upper Volta - Current economic position and prospects of Upper Volta : Situation et perspectives economiques de la Haute Volta
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