Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report

Cameroon - Current economic position and prospects : Cameroon - Situation et perspectives economiques de la Republique du Cameroun

Cameroun Banque mondiale
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FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AF-79a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a eté pre'pare''a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilite' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR T.A RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMFNT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE LA REPUBLIQUE DU CAMEROUN Le 8 ao^t 1968 Departement Afrique CURRENCY EQUIVALENTS Currency Unit: CFA francs (CFAF) U.S. $1 = CFAF 246.85 CFAF 100 = U. S. $0. 4051 CFAF 1, 000, 000 = U. S. $4, 051. 04 PRINCIPAUX SIGLES UTILISES DANS LE RAPPORT BCEAEC - Banque centrale des Etats de l'Afrique équatoriale et du Cameroun BCD - Banque camerounaise de développement BEI - Banque européenne d'investissement CAHDEV) CDC ) - Cameroon Development Corporation CCCE - Caisse centrale de coopération économique CEE - Communauté économique européenne CFDT - Compagnie française pour le développement des fibres textiles EDC - Electricité du Cameroun ENELCAM - Eiergie électrique du Cameroun FAC - Fonds d'aide et de coopération FED - Fonds européen de développement (de la CEE) GICAM - Groupement interprofessionnel pour l'étude et la coordination des intérêts économiques IRHO - Institut de recherches pour les huiles et oléagineux OCAM - Organisation des Etats africains et malgache REGIFERCAM - Société des chemins de fer du Cameroun SNI - Société nationale d'investissement UCCAO - Union des coopératives de café arabica de l'Ouest' UDEAC - Union douanière et économique de l'Afrique centrala Le présent rapport a été établi par 191. Cornelis J. A. Jansen (chef de mission), Timothy Lankester et Hanns Peter Muth, après une mission faite au Cameroun en mai 1968. TABLE DES MATIERES page DONNES DE BASE RESUME ET CONCLUSIONS (i) I. CADRE GEERAL II. EVOLUTION ECONOMIQUE RECENTE A. Eléments du PIB par industries et par catégories de dépenses 6 B. Commerce extérieur 8 C. Accroissement par secteurs il Agriculture il Industrie manufacturière 15 Transports 16 Energie 19 III. LA SITUATION FINANCIERE 20 A. Finances publiques 20 B. Monnaie, crédit, prix, salaires 27 C. Balance des paiements et aide étrangère 30 IV. PERSPECTIVES DE PRODUCTION ET DE FORMATION DE CAPITAL 33 A. Introduction 33 B. Plans de développement 34 C. Examen du Plan par secteurs 37 Agriculture 37 Indus trie manufacturière 41 Transports 44 Energie 45 Education 46 D. Conclusion 47 V. PERSPECTIVES FINAN1CIERES 49 A. Introduction 49 B. Finances publiques 50 C. Epargne du secteur privé 53 D. Ressources étrangères 54 VI. APPENDICE STATISTIQUE Carte DoNNEES DE BASE Superficie: 475.450 kilomètres carrés Population (1968): 5.449.000 (dont environ 15.ooo non-Africains) Taux d'accroissement: 2,1% Densité: 11,5 au kilomètre carré Situation politique Cameroun oriental devenu indépendant le ler janvier 1960; Cameroun occidental devenu indépendant le ler octobre 1961 Fédération constituée le 20 octobre 1961; Membre de l'Union monétaire de l'Afrique équatoriale et de l- zone franc, membre de l'Union douanière et écono- mique de l'Afrique centrale; membre associé de la CEE. Produit intérieur brut (estimation 1967/68): 860 millions de dollars (dont 20% de subsistance) Par habitant 157 dollars Secteur primaire 37% Secteur secondaire 16% Transports, commerce, services 47% Taux de croissance, 1962/63-1966/67 7,3% (prix courants) 4,7% (prix constants) Composition du PIB (en pourcentages) aux prix du marché 1962/63-1963/64 1964/65-1966/67 Investissement brut 10,8 l,9 Epargne brute 9,8 12,8 Importations nettes de biens et services 1,0 2,1 Ecédent du compte courant de la balance des paiements o,6 -o,5 Paiements nets de revenus sur les investissements 1,4 1,2 Produit de l'impôt (Gouvernement fédéral) 15,1 16,h Monnaie, crédit et prix Accroissement (en milliards de francs CFA) Décembre 1967 annuel moyen 196h-1967 Masse monétaire totale 27,1 9,3% Quasi-monnaie 2,9 13,3% Crédit des banques commer- ciales au secteur privé 34,2 8,3% Taux de hausse des prix 3-4% Opérations du secteur public 1966/67 1967/68 (en milliards de FCFA) (estimation revisée) Recettes courantes de l'Etat 31,9 36,9 Dépenses courantes de l'Etat 30,6 32,8 Excédent/Déficit +1,3 +4,1 Dépenses d'équipement de l'Etat 3,8 3,6 Dépenses d'investissement public 10,5 10,5 Dette ublique extérieure 1967 (en millions de dollars) Dette totale (y compris les montants non décaissés) au 31 décembre 1967 133 Service de la dette totale 3,6 Ratio du service de la dette 4,2% des exportations Accroissement Balance des paiements annuel moyen (en millions de dollars) 1967 1964-1967 Exportations totales 154 2,3% Importations totales 186 12,3% Déficit du compte courant -45 1/ Versements de l'aide étrangère 31 9,1% Exportations des principaux produits 1967 1964 Café, cacao, alumiium 28%; 27%; 14% 27%; 20%; 15% Réserves brutes de devises 1967 1964 En millions de dollars (fin dJannée) 27 45 Situation au FvI 31 Déc. 1967 Quote-part 16,6 million de dollars Prélèvements néant Opérations Benque/IDA (en millions de dollars, au 31 mars 1968) Montant engagé Montant versé Banque 11,00 - IDA 7,55 0,85 1 n 1964, le compte courant accusait un excédent. RfUî 07 7T COUCLUSIC?TS 1. La République fédérale du Cameroun, créée en octobre 1961, comprend les territoires adrinistrés autrefois par la France et par le Royaume-Uni. Le Gouvernement du Président Ahidjo s'est attaqué aux pro- blèmes qui ont surgi après l'iccession S l'indépendance avec fermeté mais dans un esprit de compromis, et il a réussi è surmonter l'insurrection tribale ainsi que les difficultés dues à l'existence de deux systèmes administratifs différents et de deux langues officielles. Il maintient d'étroites relations avec la France et avec le Marché commun européen. Le pays appartient à la zone franc et la convertibilité de sa monnaie, le franc CFA, est garantie par le Trésor français. En outre, l'aide directe et l'assistance technique de la France jouent un rôle vital dans le finan- cement de son développement économique. En tant que membre associé, il reçoit aussi une aide appréciable du Marché commun européen. Le Cameroun s'efforce d'intensifier sa coopération économique avec ses voisins. En 1966, il a conclu une union douanière avec quatre d'entre eux. En mai 1968, le Tchad et la République centrafricaine ont quitté cette union. Une politique libérale est appliquée à 'égard de l'entreprise privée; les capitaux et les cadres de gestion étrangers jouent un r8le essentiel dans l'industrie manufacturière, la banque et une partie du commerce et des grandes exploitations agricoles. Conscient de cette forte prédominance du capital et du personnel étrangers, le Gouvernement poursuit une politique de "cmerounisation" empreinte de nodération. 2. Le PIB par habitant est de l'ordre de 160 dollars. Ces dernières années, il s'est accru en termes réels d'environ 5 pour cent par an. C'est nettement sunérieur à l'accroissement démographique, estimé à 2,1 pour cent nr an. Les investissements ont augmenté sensiblement en proportion du PIB. L'épargne intérieure a augmenté elle aussi et, jusqu'i ces derniers terps, elle était presque égale a l'investissement total. En même temps, le Cameroun recevait un volume appréciable d'aide étrangère officielle et de capitaux étrangers privés, mais cet apport a été presque entièrement contrebalancé par les transferts à l'étranger des bénéfices des sociétés étrangères et des revenus du très nombreux personnel étranger qui travaille dans le pa7s. 3. Les échanges commerciaux représentent environ LO pour cent du PIB. Les exportations comportent une variété de produits agricoles dont les plus importants sont le cacao et le café, ainsi que l'aluminium. Après avoir connu un accroissement impressionnant au début des années soixante, les exportations ne se sont guère développées au cours des deux dernières années, en grande partie du fait des prix défavorables et du mauvais temps. Quant aux importations, leur composition a changé fort nettement en faveur des matières premières, des produits demi-finis et des biens d'équipement, ce qui correspond à la croissance de l'industrie des biens de consommation dans le pays. Dans l'ensemble, les importations ont augmenté assez régu- lièrement, mais leur coût a été compensé, l'un dans l'autre, par le produit net des exportations. En 1967, toutefois, elles se sont brusquement accrues, créant pour la première fois un déficit commercial appréciable. - ii - k. Les trois-quarts environ de la population active s'emploient dans l'agriculture, principalement dais le cadre de petites exploitations. La plupart des cultivateurs produisent une combinaison de denrées de sub- sistance et de denrées d'exportation: la spécialisation est fort livitée. La part de l'agriculture dans le PIB, qui était de 47 pour cent en 1959, est tombée depuis lors à 37 pour cent. Néanmoins la production agricole a augmenté, bien qu'à un rythme inférieur l celui des autres secteurs de l'économie. La production de denrées alimentaires semble avoir augmenté plus vite que la population. Le Cameroun importe de grosses quantités de produits alimentaires, mais il s 'agit principalement de denrées qui ne peuvent pas être obtenues dans le pays-mêrme à des conditions rentables. Le niveau nutritionnel, dans l'ensemble, est relativement bon. Les expor- tations des produits agricoles ont été d'un rendement inégal: les expor- tations de café, principale source de devises, se sont accrues rapidement, celles de la variété arabica, la plus appréciée, doublant presque au cours des six dernières années. Quant aux exportations de cacao, elles avaient fortement augmenté au début des années soixante, mais elles sont restées stationnaires depuis 1965 en raison des maladies du cacaoyer. La qualité du cacao, en revanche, s'est fortement améliorée ces derniers temps, et l'énergique campagne de lutte contre la maladie et de rajeunissement des plantations lancée en 1967 semble devoir gonfler de nouveau les récoltes La production de bananes, qui étaient autrefois l'un des produits d'exporta- tion les plus importants, s'est effondrée en raison de la maladie de Panama, et l'adoption de l'essence Poyo, plus résistante et d'un rendement plus élevé, ne se fait que lentement. La production de caoutchouc a augmenté faible- ment, et celle des diverses noix de paime est restée stationnaire. La pro- duction de coton, au contraire, ne cesse d'augmenter rapidement depuis l'in- troduction du cotonnier, à partir de 1950, et elle a plus que doublé au cours des dix dernières années. 5. L'expansion agricole a été freinée par un système de transports déficient et par l'absence de circuits réguliers de commercialisation. Les problèmes fonciers et la difficulté d'obtenir du crédit ont également été des facteurs limitatifs. Le Gouvernement a dernièrement adopté une loi précisant la procédure d'expropriation des terres lorsqu'il s'agit de tra- vaux d'intérêt public. Il envisage aussi la possibilité de créer une banque de crédit aZricole. Toutefois, il semble préférable que les crédits soient accordés pour l'exécution de certains projets déterminés comme ce fut le cas du très satisfaisant programme relatif au cacao. A l'avenir, les progrès dépendront de la mesure dans laquelle on saura surmonter ces difficultés, et aussi d'un meilleur travail des services de vulgarisation SCricole. Le per- sonnel ie ces services est fort cor,étent, mais il convient d'en concentrer le travail sur des crogrammes nroductifs et aussi de mieux le coordonner,*de façon a éviter des instructions contradictoires au niveau du village. 6. L'industrie manufacturière, secteur encore relativement restreint, n'en progresse pas moins i un rythme extrêmement rapide. Au cours des quelques années passées, son activité a augmenté à raison d'environ 17 pour cent par an. Cet accroissement résulte surtcut de la production sur place - iii - de certains biens de consormation simples qu'il fallait autrefois importer et sur la nré-manufacture de certains Yroduits destinés à l'exportation, notamment l'aluminium. Cette industrie a -u se développer grace à un cli- mat politique stab-e et aux conditions fiscales généreuses faites en vertu du "Code des investissements camerounais". Il demeure encore possible de remnlacer maints articles d'imnortation par des nroduits locaux, mais en fin de compte l'exvansion industrielle dépendra de plus en plus de la mul- tiplication des débouchés, aussi bien à l'intérieur que dans les pays voi- sins. 7. Les transports présentent une imortance capitale nour le dévelop- pement du pays. A l'heure actuelle, le réseau des transports ne correspond pas aux besoins. Les routes et les voies ferrées sont clairsemées et pour la plupart en mauvais état. L'insuffisance du réseau routier est par- ticulièrement préjudiciable au développement rural. On a bien commencé, dernièrement, des travaux d'aménagement, créant notamment un grand dépôt central de matériels d'entretien et entamant la construction d'une grande route qui reliera les princip'aux centres économiques de l'est et de l'ouest du Cameroun; mais a l'avenir, il faudra se préoccuper davantage de l'aména- gement des routes d'accès. La r,ose du chemin de fer trans-camerounais, qui reliera plus tard les centres de nonulation du nord et du sud, nrogresse d'une façon satisfaisante, et l'on vient de commencer les travaux urgents de la ligne centrale. Enfin, en ce qui concerne la capacité portuaire, le point de saturation sera bient8t atteint; aussi a-t-on entrepris l'étude des moyens les plus économiques d'accroître cette capacité. 8. Le système d'éducation s est développé rapidement et la nropor- tion de la nonullation sachant lire et écrire est relativement satisfaisante. Mais la rénurie de maltres qualifiés et d'autres éléments indisnensables dininue l'efficacité de l'enseignement. Depuis deux ans, le Gouvernement a réorienté à juste titre sa politique dans ce domaine, cherchant en prio- rite a améliorer la qualité du système et à développer les écoles techni- ques pour la formation du personnel artisanal. 9. Le Cameroun a une situation financière généralement stable, qui s'est toutefois détériorée légèrement en 1966 et 1967. Au début des années soixante, les onérations budgétaires avaient eu un effet plut6t déflation- niste. Eais en 1965/66 et en 1966/67, elles ont eu un effet expansionniste. Il en a résulté d'assez gros déficits globaux, qui ont coïncidé avec l'ex- piration de l'aide budgétaire française, de sorte qu'il a fallu puiser dans les réserves. Dans le même temDs, le crédit du secteur privé se dévelop- nait rap-idement, entraînant en 1967 une augmentation des importations et, partant, un amenuisement marqué des réserves de devises. En 1967/68 la situation financière s'est améliorée fortement, et les autorités ont pris dernièrement des mesures destinées à limiter le crédit. Ces mesures et aussi un meilleur rendement des exportations ont permis de reconstituer les réserves au cours des premiers mois de 1968. l0. Du point de vue budgétaire, il y a eu une amélioration impres- sionnante depuis l'indépendance. L'épargne budgétaire est passée d'un chif- fre négatif en 1961/62 à environ L milliards de francs CFA (16 millions de dollars) en 1967/68. Les dépenses courantes ont augmenté rapidement du fait - iv - surtout du relèvement des traitements, salaires et prestations, mais elles ont été plus que contrabplancées par l'accroissement des recettes. Cet accroissement s'explique principalement par l'exp3nsi.on des activités sou- mises à liimpôt, et non à une révision des taux fiscaux. Les dépenses d'équipement imputables au budget sont égalenent montées en flèche, bien qu'une grande partie en soit allée à l'équipement de services adrinistra- tifs. La seule exception dans ce tableau généralement favorable a été l'exercice 1966/67, durant lequel l'épargne publique a fortement diminué sous l'effet d'un accroissement extraordinaire des dépenses courantes, non compensées par les recettes. Mais en 1967/68, une nouvelle réduction des dépoenses et une lorte augmentation des recettes ont permis un net redressement, et I'excédent net obtenu alors a été le plus important que le pays ait jar;ais réalisé. Le Gouvernement est déterminé à maintenir un tel état de choses au cours des années a venir et il prend des mesures pour brider l'augmentation des traitements et prestations. 1. La stratérie du développement adoptée par le Gouverrement est exposée dans son Second Plan quinquennal de développement (1966/67 à 1970/71). Le Plen a été conçu de manière à doubler le revenu par habitant entre 1960 et 1980, ce qui demandera un accroisser.ent annuel du PIB d'à peine moins de 6 pour cent. A cet effet, il est prévu que la formation de capital aug- mentera pour atteindre 16 pour cent du PIB, contre 10 à 11 pour cent au cours de la période du premier plan (1960/61 à 1964/65), cette augmentation dev3nt être répartie à peu près éalement entre le secteur public et le secteur privé. Les investissements privés seront stimulés grâce à la continuation d'une politique libérale à l'é-ard du capital étranger et grâce aux avP1nages consentis en vertu du*Code des investissements. Il est prévu que près de 50 pour cent des investissenents du secteur public iront à l'infrastructure. contre 18 pour cent à l'agriculture. Cette dernière, toutefois, profitera elle aussi, fUt-ce indirectement, des investissements dans l'infrastructure, 1'éducation et la santé publique, On s'attend que 3laide étrangère finance plus du tiers de l'investissement total et près des trois-quarts de l'investissement du secteur public, mais il faudra égal.een t obtenir une augmentation appréciable de l'épargne intérieure publique. 12. Les orientations majeures exprirées dans le Plan sont rationnelles, comme il est rationnel de la part de l1Etat de f aire porter son effet prin- cipal sur l'infrastructure, l'agriculture et les services publics, en laissant principaleïent au secteur privé le soin de développer l'industrie ranufacturière. L'excellent rendement de cette dernière au cours des deux années écoulées et ses perspectives favorables pour le proche avenir indi- quent que les prévisions du Plan relatives aux investissements privés vont selon toute vr iser.blance se réaliser. Toutefois, l'application du Plan dans le secteur public a été quelque peu décevante. Les investissenents publics, tout en étant supérieurs a ceux de la période antérieure, sont restés en-deça des prévisions, en raison surtout du manque de personnel capable de mettre les projets en oeuvre, et en raison de l'absence de pro- jets convenab3erent préparés. Tel est surtout le cas de l'agriculture. Qui. plus est, 1- composition des investissements publics n'a pas été conforme - v - au Plan, du fait surtout nu'une trop grande partie des dépenses de l'Etat se sont portées sur les services adninistratifs. A cet égard, tout comme au cours de la période du premier Plan, le Gouvernement n'a pas su donner l'exemple en respectant les priorités, qu'il avait lui-même fixées. Tou- tefois, les budgets d'équipement établis pour les années à venir traduisent une amélioration marquée, c'est-à-dire un plus grand effort de s'en tenir aux prévisions du Plan. 13. L'aptitude du gouvernement pour l'exécution de projets augmente. La situation actuelle des projets et des programmes en cours de réalisation indique qu!l est désormais possible daccroitre sensiblement les inves- tissenents du secteur public pendant cette période quinquennale et de les porter à 288 millions de dollars, soit 55 pour cent de l'objectif initial fixé dans le Plan. Quant à savoir si cet accroissemeri sera réalisé en fait, c'est là une question de disponibilités financières. 1h. Précédemment, la capacité financière n'a pas été en fin de corpte un facteur limitatif, mais elle risque de le devenir de plus en plus à l'avenir. L'épargne publique a beaucoup augmenté depuis le début des années soixante, mais, à en juger d'après la tendance actuelle des recettes et des dépenses, il est peu probable qu'au cours des trois années à venir elle contribue pour plus de 27 pour cent aux investissements que justifie- rait la capacité d'absorption croissante du pays. Etant donné les disposi- tions institutionnelles actuelles, il est difficile à l'Etat de puiser dans l'épprUne intérieure privée. En conséquence, la mission estime que l'in- vestissement public, au cours des prochaines années, laissera un trou d'environ 150 millions de dollars, et même de 168 millions si l'on tient compte du remboursement de la dette et du montant plus limité de l'aide étrangère à divers projets du secteur privé. L'apport que constituera l'aide étrangère déjà promise ou sur le point de l'être dépassera tout juste 100 millions de dollars, de sorte qu'il faudra trouver 65 millions d'aide supplémentaire. Etant donné la contribution relativement réduite de l'épar- gne publique à l'investissement public total, et étant donné qu'une partie de l'épargne publique sera requise pour le financement de programmes qui ne se prêtent pas au financement étranger, il faudra que l'aide extérieu- re couvre une fraction importante du coCt des projets financés par des capitaux étrangers; cela impliquera aussi, en particulier pour les projets agricoles, le financement d'une partie des coût locaux. 15. Les perspectives d'assistance sont un peu moins sures qu'autrefois. Le Gouvernement devrait donc chercher à renforcer son système de recettes, afin diaugmenter lépargne privée et de diminuer ainsi sa dépendance par rapport à l'assistance étrangère. Il faudra pour cela examiner les possi- bilités d'aréliorer l'administration fiscale et de relever les imp6ts sur les sociétis ainsi que l'irpt sur le revenu. Il serait également souhai- table de procéder à l'étude coût/bénéfices du Code des investissements, afin de déterminer si les allègerents fiscaux accordés aux sociétés en vertu de ce Code sont pleinement justifiés. Enfin, on pourrait préparer des me- sures qui viseraient à conserver dans le pays une fraction plus importante de l'épargne privée et qui pourraient être mises en vigueur dès qu'elles seraient nécessaires. - vi - 16. Il y a de bonnes c7hances pour que la croissance globale se poursuive au cours des quelques années à venir. Cette croissance dépend en partie de la disponibilité de capitaux pour financer l'investissement public. Mais dans l'hypothèse ou le niveau des investissements publics estimé par la mission pourra être atteint, et comme on prévoit que les investissements dans le secteur privé se maintiendront è leur rythme alerte actuel, on peut prévoir que le taux d'accroissement de 5,8 pour cent du PIB prévu dans le Plan sera assez nettement dépassé. A plus long terme, l'accélération probable du taux d'accroissement de la population, qui serble devo1r atteindre 3 pour cent par an du fait de la diminution du taux de ortalité, risque de corpromettre les perspectives d'accroisse- ment, aussi bien total qu'individuel. Le Gouvernement ferait donc bien de commencer l'étude des nombreux problèmes que poserait l'application d'un programme de linitation des naissances. 17. Le service de la dette publique actuelle du Cameroun atteindra au début des années soixante-dix un maximum d'environ 7 millions de dollars, soit 1 à 5 pour cent du produit prévu des exportations, et cela justifiera un accroissement modéré de la dette sous sa forme traditionnelle. Toutefois, en raison de la pauvreté du pays, et en raison aussi du volume et de la durée de l'aide extérieure dont il aura encore besoin pour son développement, la plus grande partie de l'assistance étrangère devrait être accordée à des conditions de faveur. L'ECONOMIE DU CAMEROUN I. CADRE GENERAL 1. L'objet du présent rapport est de mettre à jour l'analyse et les conclusions contenues dans le précédent rapport économique sur le Cameroun.1/ L'encourageant progrès économique dont ce rapport faisait état était le résul- tat des gros investisserents faits dans l'infrastructure depuis le début des années cinquante et de l'éxecution de divers programmes et projets dans les domaines de l'agriculture d'exportation et de l'industrie manufacturière. D'après ce rapport, le PIB avait augmenté en ternes réels au cours des an- nées 1959-196h au taux annuel moyen d'environ 5 pour cent. Dans le secteur public, le Gouvernerent a réussi a relever l'épargne courante ainsi que les dépenses de développement, tandis que le développement du secteur privé était stimulé par un climat favorable aux investissements. La croissance économique a fortement bénéficié des liens monétaires du Cameroun avec la France ainsi que de l'assistance financière de la France et de la Communauté économique européenne (CEE). 2. Pour ce qui est de l'avenir, les auteurs du rapport jugeaient qu'il était peu probable que le Second Plan quinquennal (1966/67 à 1970/71) pourrait être entièrement exécuté en temps vorlu: en raison de certaines incertitudes politiques et économiques et de certaines faiblesses adminis- tratives, l'investissement total ne devrait pas dépasser, selon eux, 80 pour cent du montant proposé dans le Plan. En outre, ils étaient moins optimistes que les planificateurs camerounais au sujet de la possibilité d'accroître J'épargne intérieure, surtout dans le secteur public. Néarmoins, le rapport avançait pour l'accroissement du PIB pendant la période du Plan un taux estirmatif de'L 3 5 pour cent, soit un chiffre nettement supérieur à celui de l'accroissement démographique, estiné à 2,1 pour cent. 3. Il était dit dans le rapport que, étant donné que sa dette repré- sentait une charge peu importante et que les perspectives des exportations étaient pour le moins modérément bonnes, le Cameroun était justifié d'er- prunter un montant limité de capitaux selon les modalités traditionnelles. Mais étant donné li pauvreté du pays et la probabilité que son progrès éco- nomique sera relativement lent dans un avenir prévisible, il était recomman- dé que le gros de l'assistance financière fft accordé à des conditions de faveur. h. La République fédérale du Caneroun, presque aussi vaste que la France rais n'ayant que 5,L millions d'habitants, est un pays pauvre. Le PIB par habitant est estimé 39.000 francs CFA, soit 157 dollars au taux "The Economy à2 th Federal Republic of Cameroon", No AF-h8b, en date du 3 novembre 1966. - 2 - de chan-e officiel. La population dépend de l'agriculture pour les trois quarts environ, dont une grande majorité de petits exploitants. Presque tous les cultivateurs ont une combinaison de cultures marchandes et de cultures de subsistance, de sorte que, bien que l'agriculture de subsis- tance entre pour 20 pour cent environ dans le PIB, il n'existe pratiquement pas de secteur de subsistance en tant que tel (c'est-à-dire produisant exclusivement pour l'auto-corsonmation). Sauf en ce qui concerne le Came- roun occidental, les grandes plantations ne constituent qu'un secteur re- lativement peu important. Au Cameroun oriental, en effet, l'organisation d'une agriculture reposant sur de grosses exploitations a été gênée par la difficulté qu il y a à établir en droit la propriété terrienne sous le régi7-e foncier en vi gueur. Mais depuis peu, des mesures ont été prises pour sortir de cette impasse. Au demeurant, le pays présente une forte diversité écologique qui pernet une grande variété de cultures, et c'est li un des principaux atouts de son économie. La région côtière ainsi que les régions du sud et du sud-est sont couvertes de forêts tropicales humides et présentent des conditions favorables pour les cultures arbores- centes tropicales telles que celles du café, du cacao, de l'huile de palme, du caoutchouc et des bananes. Dans le nord, près du lac Tchad, où les pluies sont saisonnières, on cultive le coton, les arachides, le riz et d'autres céréales. Entre ces régions, il y a une vaste zone de hautes terres où la température est généralement plus basse et où il pleut assez pour qu'on puisse y établir de bons pâturages. A l'exception de petites zones de terrain volcanique ou alluvionnaire, le sol n'est pas très fertile. Mais -râce aux conditions atmosphériques favorables à la culture (précipi- tations, ensoleillement), la situation alimentaire de la population n'est pas mauvaise et les cas de famine ne sont pas nombreux 1/. On ne connait qu'un petit nombre de ressources ninérales commercialement exploitables. Toutefois, les premiers résultats des prospections de gisements de pétrole -ctuellerent en cours Le long et au large des côtes du Cameroun occidental ont été prometteurs. Les cours d'eau ont un bon potentiel hydrique, mais ne sont guère utilisables pour la n,vgation. 5. La Fédération groupe les Etats du Cameroun oriental et du Cameroun occidental, anciens territoires sous tutelle de l'ONU, administrés respec- tivement par la France et le Royaume-Uni. Elle a été créée en octobre 1961. L'ancien territoire français, désormais l'Etat du Cameroun oriental, est de loin le plus vaste, occupant 91 pour cent de toute la superficie et corpren-n-t 79 pour cent de la population. La Constitution confère des pouvoirs étendus au Président, choisi lu suffrage universel direct. C'est le Président qui propose les mesures légis1atives, y compris le budget fédéral, qu'il soumet pour approbation a l'Assemblée nationale à chambre unique. C'est également le Président qui nomme les ministres du Gouvernement fédéral ainsi que les Prer.iers inistres des gouvernements des deux Etats. Il n'existe au Cameroun qu'un seul parti politique. 6. On trouve dans le pays une très grande diversité ethnique, sociale et religieuse. Dans le nord, la population est essentiellement soudanaise, la société est semi-féodal.e et la religion musulmane est celle du plus grand 1Il s'en produit dans plusieurs régions où il y a des déficiences quali- tatives, notamment de protéines, de graisses, de calcium et de vitamines A, B2 et C. Cf G. Winters, Mýéthodologie des erquêtes "niveau de vie" en milieu rural africain (Yaoundé, août 1967). - 3 - nombre. Dans la région du sud et dans la zone côtière, les habitants sont en majorité bantous, rais forment une multitude de tribus parlant des dialectes différents et ayant des coutumes différentes. Les principales formes de religion y sont la foi chrétienne et l'animisme. Kalgré toutes ces divergences, le Cameroun est resté politiquement stable depuis six ans. Le Président Ahidjo, homme du nord, dirige un gouvernement de carac- tère authentiquement national, et l'unification du pays, tant politique qu'économique, est poursuivie énergiquement et avec d'excellents résultats. Lss problèmes surgis après l'accession à l'indépendance ont généralement été abordés dans un esprit de compronis mais non sans fermeté. L'insur- rection, au début des années soixante, des Bamileke, grande tribu vivant dans une région de hautes terres fertiles et densément peuplées, à cheval sur la frontière entre les deux parties est et ouest du Cameroun, a été matée avec le concours de la force armée. Un autre problème, l'unification de l'est et de l'ouest n'a pas encore été pleinement résolu. Des mesures ont été prises pour harmoniser l'administration et le système fiscal dans les deux parties du pays. En 1966, la Fédération a introduit des droits de douare uniformes, surtout en relevant les droits au Cameroun occidental pour les amener au niveau, beaucoup plus élevé, des droits en vigueur à l'est. lais les impSts directs continuent d'eêtre nettement plus élevés à l'ouest quIà l'est. La Fédération a deux langues officielles, le français et l'anglais. Afin de faciliter les coirunications quotidiennes entre les deux territoires, le Gouvernement fédéral encourage dans une certaine mesure l'introduction de l'enseignement bilingue. 7. Le Caneroun entretiert d'étroits rapports financiers et économi- ques avec la France et la CEE dont il est membre associé. Il appartient à la zone franc et sa monnaie, le franc CFA, qui a cours dans tous les territoires de l'ancienne Afrique équatoriale française, est pleinement convertible par rapport au franc français. Le Carieroun, le Gabcn, Congo (Brazzaville), le Tchad et la République centrafricaine ont une banque centrale commune, la BCEAEC 1/, qui a été créée avec l'assistance financière de la France et dont le siège est à Paris. L'aide financière française prenant surtoit la forme de subventions, a joué un r6le capital dans le financement de l'effort de développement du Caneroun. Cependant, les arrangerents commerciaux spéciaux relatifs aux exportations de produits camerounais vers la France arrivent maintenant à expiration , aux termes de la Convention de 1aoundé. En vertu de cette convention, qui fixe les règles fondamentales du statut de membre associé du Marcbé commun, le tarif extérieur de la CEE s'applique aux produits des membres associés. Cepen- dant, afin de fac*liter la transition entre cette situation et un cormerce concurrentiel fondé sur les cours du marché mondial, le Fonds européen de développement (FED) de la CEE soutient, pendant une période déterminée de transition, les cours d'un certain nombre de produits du pays intéressé et fournit aussi. une aide destinée à faciliter la diversification de la production. 1/ Banque Centrale des Etets de l'Afrique équatoriale et du Cameroun Ces deux formes d'assistance feront l'objet de nouvelles négociations en 1969. Le Gouvernemenb a établi des relations amicales avec ses voisins. Le pays est membre de !'Organisation des Etats africains et malgaches (OCAM) et il a constitué avec quatre Etats voisins /, le ler janvier 1966, une Union économique et douanière. La population totale des pays nembres est 11,6 millions d'habitants, leur revenu moyen par habitant est d'environ 110 dollars et leurs importations globales se sont élevées en 1965 à 333 millions de dollprs. Cette association, appelée Union douanière et éco- nomique de l'Afrique centrale (UDEAC), a appliqué un tarif extérieur commun et s'est efforcée d'harroniser les décisions d'investissement et les lois d'encouragement des investissements des cinq pays intéressés. Un fonds de solidarité a été créé pour assurer au Tchad et à la République centrafricaine une compensption pour la diminution des recettes douanières quentrainait pour eux leur participation à l'Union. En 1967/68, le Cameroun a versé 500 millions de francs CFA (2 millions de dollars) à ce fonds. Au début de mai 1963, le Tchad et la République centrafricaine ont quitté l'UDEAC pour constituer une nouvelle association avec le Congo (Kinshasa). Les trois autres membres ont fait savoir quils restaient fidèles à l'Union. En fait, l'abaÉdon du Tchad et de la République centrafricaine, les plus arriérés des cinq pays, n'aura sans doute que peu d'effet sur le Cameroun. LIUDEAC existe depuis trop peu de terps pour avoir contribué d'une façon appréciable au développement de la région et, au stade actuel du dévelop- pement dos pays membres, il ne faut guère s'attendre à des résultats specta- culaires. Néanoins, il est certainement souhaitable que cet effort cons- tructif s'étende pour que le développement industriel des pays intéressés puisse se poursuivre. r. Bien que des progrès aient été réalisés dans le domaine de l'é- ducation (dans les zones les plus peuplées, la scolarisation au niveau de l'école primiere est forte et lialphabétisation des jeunes est très poussée), le pays ne forme pas encore en rorbres suffisants les administrateurs et spéciplistes hauteent qualifiés dont il a besoin. L'africanisation des postes de direction de la fonction publique a été rapide au cours des pre- nières années qui ont suivi liindépendance, mais depuis 1964, elle s'est ralentie. A Y heure actuelle, le Gouvernement emploie encore beaucoup de conseillers étrangers, dont bon norbre avaient déjà servi autrefois dans V adnindstration du Cameroun. Pour ce qui est du secteur privé, le Gouvep nerant applique une politique libérale en matière de visas, de sorte que la plupirt des postes de responsabilité dans l'industrie, le cormerce et la binque sort occupis par des trangers. Pendant ce temps, un grand nom- bre de Camerounais font des études supérieures à l'étranZer. Lorsque ces étud:its auront les g"alifications voulues et auront acquis ensuite l'ex- périence professionnelle nécessiire, ils devraient pouvoir remplacer le personnel Stranger. Mais ce ne peut être évidemment qu'un lent processus, et il serait bon qu'on fasse échec à la pression d'inspiration politique qui tend à accélérer ce mouverent. 1/ République centrafricaine, Tchad, Congo (Brazzaville) et Gabon. - 5 - 9. La densité déz:ographique est faible dans la plus grande partie du pays et représente pour l'ensemble du territoire 11,5 habitants au kilo- mètre carré. Ce fait a contribué à donner aux responsables de la politi- que camerounaise le sentiment que l'accroissem-ent de la population (actuel- lement, estimée à 2,1 pour cent par an) ne constitue pas un problème économique grave, de sorte que le Gouvernement n'a pas encore formulé de politique de contrôle des naissances. Cependant, si la médecine préventive, qui est maintennrt au centre des proegrammes de santé publique, donne les résultats escomptés, le taux de mortalité, qui est actuellement de 26 pour cent, diminuera forte.ent en un temps relativement court. Comme cela s est passé dans bien d'cutres pays assez peu développés, il en résultera une montée en flèche de 'accroissement démographique, qui dépassera proba- blerent 3 pour cent par an. Etant donné que cela entraineri un fléchis- sement du taux de l'épar-ne (en raison de l'augmentation du nombre des personnes a charge) et une au-xentation des dépenses encourues pour des activités telles que l'éducation et l'administration publique dont le rap- port capital/production est élevé, le résultat net sera un accroissement nettement moins appréciable du PIB, à partager entre un nombre d'habitants beaucoup plus grand. Dès lors, l'accroissement du revenu par habitant se ralentira et les perspectives d'avenir deviendront moirs brillantes. Tout cela sea,ble indiquer que le Gouvernement ferait bien de cormencer à étu- dier, en coopération peut-être avec les organisations appropriées, les nonbreux et ardus problèies d'ordre social, culturel et médical que pose l'introduction éventuelle d'un programme de contrôle des naissances. - 6 - II* EVOLUTION ECONOMIQUE RECENTE A. Eléments du PIB par industries et par catégories de dépenses 10. Les plus récentes estimations officielles des comptes de la nation concernent l'exercice 1964/65. Pour les trois années suivantes, on ne dispose d'aucune estimation officielle. Afin de se faire une idée de lévolution globale des dernières années, la mission a cherché à dresser, en rapprochant des renseignements statistiques de sources diverses, des tableaux du PIB d'après les origines industrielles et les catégories de dépenses. Etant donné le petit nombre de données statistiques disponibles, et leur fiabilité toute relative, les résultats obtenus ne peuvent être que provisoires; mais il semble bien qu'ils constituent une approximation de ce qui s'est passé sur la scène économique et qu'ils aident à évaluer les perspectives de l'économie. 11. La première conclusion à tirer de ces calculs est que l'accroisse- ment du PIB est resté nettement supérieur à celui de la population. Au cours de la période quinquennale 1962/63 à 1966/67, l'accroissement annuel du PIB est estimé à 7,3 pour cent en prix courants et à 4,7 pour cent en prix constants. L'origine du PIB par secteurs économiques est donnée au Tableau I. Tableau I: PRODUIT INTERIEUR BRUT PAR ORIGINE INDUSTRIELLE (aux prix courants du marché, en milliards de FCFA) 1959 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 Agriculture 5h,O 61,2 64,6 68,2 70,7 72,1 77,8 Industries manufacturières 16,7 19,2 22,1 25,4 Construction 11,3 17,h 19,6 5,9 6,5 7,2 7,9 Electricité, gaz, eau 1,0 1,3 1,5 1,7 1,9 2,0 2,2 Transports, entreposage 3,h8 6,8 10,8 12,7 14,7 16,7 Commerce 29,h 37,1 39,9 38,4 ho4, 42,6 46.,6 Administr tion publique a 10,4 13,9 15,o 19,7 21,7 25,9 27,9 Autres services/_b h,1 8,0 9,1 6,7 6,9 6,9 8,4 PIB 113,6 144,7 156,5 168,1 180,1 193,5 212,9 a Les calculs ne comprennent pas la location fictive des bâtiments officiels. / Il ne semble pas avoir été tenu compte des maisons occupées par leurs pro- priétaires. Sources: 1959-1963/64: Rapport économique précédent (AF-h8) 1964/65 : Direction de la statistique, avec légers ajustements faits par la mission. 1965/66-1967/68: Estimations de la mission. - 7 - Ces dernières années, la structure de l'accroissement a varié d'un secteur à l'autre. L1agriculture a subi l1effet de la forte chute des cours du cacao survenue en 1965 et, en 1966, celui de la sécheresse qui a diminué la pro- duction du café, du coton et d'un certain nombre d'autres produits. Ce ra- lentissement temporaire de l'accroissement de la valeur ajoutée de l'agri- culture n'a pas compromis les taux draccroissement assez rapides de la pro- duction manufacturière, des transports et de la construction. La part de ces secteurs dans le PIB a fort notablement augmenté. Celle de l'agriculture au contraire, est tombée à 37 pour cent, niveau qui est faible par rapport à celui d'autres pays africains.i 12. La baue statistique du tableau des dépenses contribuant au PIB (Tableau II; voir aussi l'Annexe statistique, Tableau 25) n'est guère solide, de sorte que les conclusions qu'on peut en tirer doivent être considérées avec prudence. Il semble que l'importance relative de la consommation ait très nettement diminué au profit de l1investissement. L'investissement, en effet, est pass6 de U pour cent du PIB en 1962-64 à 15 pour cent en 1964-67. Les deux secteurs public et privé ont participé à la montée de l'investisse- ment. Llaccroissement de l3investissement du secteur privé est probablement le résultat direct de l'essor de la production manufacturière mentionné plus haut et de 1'expansion récente des transports modernes et des activités de distribution. L1Accroissement rapide de l'investissement et de lépargne qu'indique le tableau paraît être une évolution favorable, bien que le niveau de l'investissement soit encore faible par comparaison avec d'autres pays (20 à 25 pour cent du PIB dans les pays fortement développés et 15 à 20 pour cent dans un certain nombre de pays en expansion rapide). Tableau II: DEPENSES SUR LE PIB (En pourcentage du PIB) Moyenne Moyenne 1962/63-1963/64 1964/65-1966/67 Consommation 90 2 8712 Priv(e 75.,3 69,3 Publique l,9 17,9 Investissement l08 14.,9 Privé 7,0 9 Public 3,8 5,5 Excédent des importations 110 21l PIB 100 100 Epargne 9,8 12,8 Source: Annexe statistique, Tableau 25 lf Dans les pays francophones situés au sud du Sahara, llagriculture contri- bue en moyenne pour 45 pour cent au PIB; mais dans un certain nombre de pays plus arriérés, l'agriculture représente un facteur plus important encore. Source: Tableaux mondiaux de la BIRD. - 8 - 13. Il semble que la plus grosse part de l'accroissement de l'inves- tissement ait été couverte par léparge intérieure. En fait, la partici- pation nette de lépargne étrangerel/ au financement de l'investissement total du Cameroun, tout en augmentant, reste faible, ne représentant que 2 pour cent du PIB et 13 pour cent de l1investissement total. Cet état de choses semble en contradiction avec le fait que le pays dépend forte- ment de l'aide étrangère et des investissements privés étrangers qui sont manifestement très importants, surtout dans le secteur industriel. L'ex- plication réside dans le volume important des transferts hors du pays de revenus privés et sans doute aussi de capitaux, faits aussi bien par les entreprises que par les résidents étrangers, transferts qui sont presque aussi importants que les apports de capitaux frais. Entre 1962 et 1966, les exportations nettes de capitaux privés des comptes courants aussi bien que des comptes de capital ont été en moyenne d'environ h,h milliards de francs CFA. Cela étant, la contribution nette de l'aide extérieure et de l'investissement privé étranger consiste en ceci que ces apports permettent au Cameroun d'accroître sa capacité de production, et non pas tellement de renforcer la situation épargne-investissements. B. Commerce extérieur 14. L'importance fondamentale que le commerce extérieur présente pour l'économie du Cameroun résulte du fait que le pays possède peu de ressources naturelles et qu'il en est encore au stade initial de son développement indus- triel. Cela l'oblige en effet à importer le gros des matières premières et des produits intermédiaires et pratiquement la totalité des biens d'équipe- ment dont il a besoin. Il doit également importer certaines denrées alimen- taires. L'évolution récente du commerce extérieur global est donné au tableau suivant: Tableau III: EXPORTATIONS ET IMPORTATIONS (en milliards de francs CFA) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Exportations 30,O 34,8 36,1 35,h 36,9 38,6 Importations 28,3 31,6 32,8 37,h 36,1 46,h Balance comerciale nette +1,7 +3,2 +3,3 -2,0 +O,8 -7,8 Source: Annexe statistique, Tableau 38 Ses exportations de produits tropicaux arborescents et, à partir de 1960, ses exportations dtaluminium ont fourni au Cameroun assez de devises, grosso modo, pour couvrir ses importations, la seule exception notable étant l'année 1967 oi il y a eu un déficit commercial appréciable. Ce déficit s'explique par la brusque augmentation des importations enregistrées au cours du second semestre. La valeur totale des échanges commerciaux, en pourcentage du PIB, a évolué de la façon suivante: l/ Importations nettes de biens et services - 9 - Tableau IV: COMMERCE EXTERIEUR EN POURCENTAGE DU PIB 1959 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 Exportations 23,6 21,5 23,9 22,9 20,9 19,8 Importations 17,7 20,3 20,7 22,3 20,9 19,4 TOTAL h1,3 4l,8 44,6 45,2 41,8 39,2 Source: Tableau I et Bulletin économique trimestriel donnant les statis- tiques commerciales sur la base de l'exercice financier. Entre 1959 et 1964/65, le pourcentage des exportations est resté à peu près stable, tandis que celui des importations augmentait. Depuis 1964/65, les deux pourcentages ont fléchi, encore qu'il soit presque certain qu'en 1967/68, le pourcentage des importations a de nouveau augmenté. 15. Comme on l'a déjà vu, la variété des produits d'exportation a as- suré au Cameroun une stabilité économique plus grande que celle de bon nombre d'autres pays exportateurs de produits primaires. De ce fait, la chute de 28 pour celnt des cours du cacao en 1965/66, époque où le cacao était le prin- cipal produit d1exportation du Cameroun, n'y a entraîné- quun fléchissement de 7 pour cent des prix moyens pondérés à l'exportatio±. Bien que lévo- lution des prix à l1exportation depuis 1962 n'ait pas été défavorable dans l'ensemble, l'accroissement de la valeur totale des exportations n'a pas été très m;'arqué, d'environ 3,5 par an (comparaison des exportations de 1965-67 a celles de 1962-64). L'accroissement du volume des exportations est indiqué au tableau ci-après (Tableau V). Parmi les produits principaux, seul le café a accusé un taux d'accroissement élevé. Pour certains produits, le rendement relativement faible des exportations s'explique en partie aussi par une aug- mentation de la consommation intérieure. Cela est vrai du coton, du cacao (création récente de fabriques de cacao et de chocolat) et des arachides. Tableau V; ACCROISSEMENT DU VOLUME ET VALEUR RELATIVE DES EXPORTATIONS Valeur relative en 1967 Volume Volume Taux annuel (en % moyen moyen moyen de la valeur 1962-64 1965-67 d'accroissement totale des en milliers de tonnes (en %) exportations) Café 46,2 59,5 8,8 28,8 Cacao 69,7 74,9 2,5 25,2 Aluminium 50,7 46,9 -2,h 13,6 Bois d'oeuvre 236,7 254,1 2,4 6,9 Coton 14,8 17,2 5,1 4,7 Caoutchouc 8,2 10,7 9,3 2,9 Bananes 117,4 77,1 -13,1 1,9 Palmistes 17,9 18,3 0,8 1,4 Huile de palme 5,7 9,5 18,6 1,2 Source: Annexe statistique, Tableau 34 l La mission a calculé les indices suivants de prix à l1exportation (1964/65 - 100): 1962/63 1963/64 1964/65 196/66 1966/67 1967/68 95 96 100 93 98 100 - 10 - 16. Eh ce qui concerne la composition des importations, il y a eu ces dernières années une augaentation rapide des importations de biens diéquipe- ment et de celles des matières premières et de produits intermédiaires. D'un autre c6té, le pourcentage des importations de biens de consommation a fort sensiblement diminué. Cette évolution est manifestement conforme à l'accrois- sement de la production industrielle et de la formation de capital ainsi qu'i la diminution relative de la consommation privée. Tableau VI: COMPOSITION DES IMPORTATIONS (en pourcentage des importations totales) Moyenne Moyenne 1962-64 1965-67 Biens de consommation 41 31 Matières premières et produits intermédiaires 40 46 Biens d'équipement 19 23 100 100 Source: Annexe statistique, Tableau 35. 17. Un changement intéressant s'est produit ces dernières années dans la direction des échanges, résultat sans doute de la fin du régime d'entrée préférentielle sur les marchés français, après l'obtention par le Cameroun de la qualité de membre associé de la CEE, et, partant, de la diversification de ses marchés d'exportation. Depuis l'association du Cameroun avec la CEE, ses exportations vers la France, qui représentaient précédemment la moitié du total, sont tombées à 37 pour cent, tandis que les exportations vers tous les autres pays, y compris ceux de la CEE, montaient en flèche. Mail il n'y a pas eu de changement analogue dans l'origine des importations. Les impor- tations de France ont au contraire augmenté, dépassant légèrement la moitié du total. Cet état de choses a entraîné une brusque amélioration de la balance commerciale du Cameroun avec le reste du monde. Au cours de la période 1965-67, l'excédent annuel des échanges avec le reste du monde a représenté en moyenne 4,1 milliards de francs CFA (16,4 millions de dollars), contre 0,4 milliard (1,6 million de dollars) seulement au cours de la période 1962-64. Tableau VII: DIREiCTION DES ECHANGES 1962-64 1965-67 (en pourcentage du total) Exportations Vers la France 52 37 Vers le reste du monde 48 63 Exportations totales 100 100 Importations De France 50 54 Du reste du monde 50 46 Importations totales 100 100 Source: Annexe statistique, Tableau 36. - il - C. Accroissement par secteurs Agriculture 18. L'économie du Cameroun demeure pour une grande part tributaire de l'agriculture. A l'heure actuelle, 80 pour cent environ de la population vivent encore dans les zones rurales, contre 87 pour cent en 1959. La con- tribution de l'agriculture au PIB était estimée à 37 pour cent en 1967/68, contre 47 pour cent en 1959. C'est l'agriculture qui fournit au pays la presque totalité de ses recettes en devises, essentiellement grâce aux ex- portations de cacao, de café, de coton, de bananes, de bois d'oeuvre et dlune variété d'autres produits. Mais le pays ne se suffit pas à lui-même en matière de denrées alimentaires. Depuis 1963, les importations de produits alimen- taires et de boissons représentent une moyenne de 5,3 milliards de francs CFA (21 millions de dollars) dont un quart environ de "denrées de luxe" - boissons alcoolisées, viande, fruits et légumes d'Europe et conserves. Les importations des trois produits alimentaires les plus importants augmentent, comme l'indique le tableau suivant: Tableau VIII: IMPORTATIONS (en milliers de tonnes) 1964 L965 1966 1967 I'iz 6,8 9,9 7,9 10,1 Farine 16,9 22,3 24,7 30,9 Sucre 8,0 10,1 9,5 13,7 19. Au Cameroun oriental, l'agriculture est essentiellement aux mains de petits exploitants. Eh règle générale, ceux-ci produisent en partie pour le marché et en partie pour leur subsistance. La superficie des parcelles varie d'un à trois hectares. Deux tentatives ont été faites après la guerre pour créer un système de grandes coopératives agricoles, mais elles ont échoué, parce que les dirigeants et les exploitants intéressés manquaient de direc- tives compétentes et ne comprenaient guère les principes et les méthodes de l'organisation coopérative. La principale exception est l'Union des coopé- ratives de cafo' arabica de l'Ouest (UCCAO), qui donne aux planteurs, par l'intermédiaire de leurs coopératives, des directives techniques et une aide en matière de commercialisation. L'UCCAO assure ainsi la distribution com- merciale de la totalité de la production de café arabica du Cameroun oriental. Un nouvel effort de réorganisation du système coopératif a été entrepris en 1965. Le Gouvernement cherche à éviter les erreurs précédentes et il semble bien que, cette fois, le mouvement puisse réussir parmi les producteurs de cultures d'exportation pour qui la coopération en matière de lutte contre les épidémies, de rajeunissement des plantes, de récolte et de préparation à la vente et de commercialisation entraîne généralement d'appréciables augmen- tations de recettes. Il existe enfin un petit nombre de grandes plantations, surtout de palmiers à huile et dihévéas. - 12 - 20. Au Cameroun occidental, le système des plantations présente une importance relative plus grande. Le Cameroun Development Corporation (CDC), organisme officiel établi par la loi, est de loin la plus grande entreprise agricole, couvrant quelque 22.900 ha. Les hévéas occupent Sh pour cent de cette superficie, et les palmiers 36 pour cent. En 1968, environ 3.700 ha ont été nouvellement plantés, dont 7,3 pour cent de palmiers. Cette société fournit tous les ans 30 pour cent environ de l'ensemble des exportations du Cameroun occidental. 21. On ne possède guère de renseignements dignes de foi sur la produc- tion des cultures de subsistance., mais il semble que depuis 1960, le ren- dement des principales d'entre elles ait augmenté à un rythme plus rapide que celui de l'accroissement démographique, bien que certaines cultures aient périodiquement souffert de la sécheresse. Les denrées de base sont le mais, le manioc, le mil et le sorgho, la marante, le plantain et l'igname. Les produits de base du Cameroun occidental comprennent aussi la pomme de terre et divers légumes. Les méthodes culturales de l'agriculture de subsistance sont encore primitives et l'emploi des engrais et des insecticides reste jusqu'ici fort limité. 22. Les possibilités de remplacement de produits importés par des produits locaux se trouvent réduites par les préférences des consommateurs et par les facteurs atmosphériques. Les étrangers en effet continueront probablement a consommer des produits importés tels que boissons, produits laitiers et viande de préférence aux denrées locales, tandis que certains produits de base, et tout spécialement le blé, ne peuvent pas être renta- blement cultivés au Cameroun. Toutefois, la production de riz a augmenté assez rapidement depuis 1960, et l'on a commencé en 1967 une production de type industriel de canne à sucre. 23. Pour plusieurs produits d'exportation, l'évolution de la production est encourageante. Certains d'entre eux bénéficient d'une plus forte assis- tance financière et technique de l'Etat. En ce qui concerne le café, lEtat encourage le remplacement de la variété robusta par liarabica, lorsque l'al- titude et le climat le permettent. La production de l'arabica, dont les cours mondiaux sont plus élevés, est passée d'enyon 11.000 tonnes en 1961/62 à un total estimatif de 21.000 tonnes en 1967/682/ Durant la même période, /Dans le présent rapport, les cultures sont divisées en cultures de subsis- tance et cultures d'exportation ou de rapport, selon la terminologie of- ficielle camerounaise. Les cultures de subsistance englobent les cultures de rapport non exportées tels que le riz et la canne à sucre. Il est difficile d'harmoniser les statistiques de production agricole des deux Cameroun, car celles du Cameroun oriental sont établies par "saisons" tandis que celles du Cameroun occidental le sont par années civiles. Toutes les additions sont donc quelque peu arbitraires, surtout lorsque la produc- tion varie fortement d1une année sur l'autre. Néanmoins, à défaut de don- nées plus précises, nous avons additionné les chiffres disponibles pour les deux Cameroun sans y apporter d'ajustements. - 13 - la production de la robusta est passée d'environ 38.000 tonnes à quelque 52.000 tonnes. LIAccord international sur le café signé en 1968 a augmenté le contingent de base officiel du Cameroun, le faisant passer de 450.00 à 60.000 tonnes. Au demeurant, le Cameroun réalise de bonnes ventes sur le marché non cantingenté, surtout au Japon et en Europe orientale, mais ce com- merce-là est strictement bilatéral et risque de subir de fortes fluctuations d'une année à l'autre. 24. La production de cacao a très sensiblement augmenté entre 1961/62 et 1964/65, passant de 77.00a 98.000 tonnes, et est restée à peu près à ce niveau, ou à un niveau légèrement inférieur. Cela tient en partie à la chute des cours intervenus en 1965, la culture du cacao devenant de ce fait moins intéressante jusqu'a nouvel ordre. Mais pendant ce temps la qualité s'amé- liore: en 1963/64, 21 pour cent seulement de la production était de qualité supérieure, alors que cette dernière saison (1967/68), le pourcentage cor- respondant était passé à 89. Après l'exécution d'un programme pilote financé par l'USAID et la mise en oeuvre d'un programme plus vaste appuyé par le FAC, le Fonds de stabilisation des cours du cacao a lancé, en 1967, un programme de bonification du cacao qui portera sur une superficie de 250.000 ha en cinq ans. 25. La production de bananes, autrefois l'un des principaux produits d'exportation, s'est effondree sous l'effet de la maladie de Panama. Les conditions naturelles permettent bien d'adopter la variété "poyo", qui résiste mieux aux maladies, mais la banane poyo demande plus de soins - irrigation, engr&is, utilisation de tuteurs pour soutenir les branches portant de gros régimes - de sorte que la conversion à cette variété semble être une entre- prise hasardeuse, du moins en ce qui concerne les petits exploitants. Le fait est, toutefois, qu'une fois accepté l'effort supplémentaire requis, on obtient avec la banane poyo un rendement qui peut être jusqu'à quatre fois supérieur à celui de la variété ordinaire Gros Michel. Alors que la C6te d'Ivoire a carrément adopté la variété poyo et a rapidement multiplié sa production, le Cameroun, lui, a hésité et a vu sa production s'amenuiser, passant d'un total estimatif de 160.000 tonnes en 1961/62 à moins de 90.000 tonnes en 1967/68 (estimation). Eh 1967/68, sa production de la poyo, qui a doublé tous les ans depuis 1964/65, dépassera 30.000 tonnes. Le Gouvernement a sollicité l'aide financière du Fonds européen de développement (FED) pour la réalisation d'un vaste programme de conversion, mais il n'a pas encore été décidé s'il était préférable de se fonder pour cela sur les grandes plantations ou de s'adresser au contraire aux petits exploitants en les soumettant à un contrôle serré. 26. La production et la récolte de coton relèvent d'une organisation française sans but lucratif, la Compagnie française pour le développement des fibres textiles. Le coton est cultivé dans le nord. La production y avait commencé en 19515/2; elle était de 20.000 tonnes en 1957/58 et avait atteint 56.000 tonnes en 1966/67. Le rendement à l'hectare a augmenté d'une façon assez irrégulière, en raison des fortes variations des précipitations annuelles mais aussi de la politique prévoyant que la superficie plantée en coton ne doit être étendue que tous les deux ou trois ans (la mise en culture de nouveaux champs réduisant évidemment le rendement moyen). En 1966/67, le - 14 - rendement moyen à l'hectare était de 570 kg. Des expériences faites à Guetale indiquent que le rendement pourrait être très nettement augmenté si l'on emploie des engrais; mais la généralisation des engrais se heurte à un obstacle, le coût élevé des transports. 27. Au Cameroun Oriental, la production d'huile de palme et de palmistes suit ces dernières années une courbe descendante. La production est essen- tiellement le fait de petits exploitants qui se montrent de moins en moins enclins à l'effort qu'il faut faire pour grimper sur les palmiers (les palmiers sauvages sont généralement beaucoup plus hauts que les arbres de plantation). Le Cameroun oriental exportait régulièrement de l'huile de palme jusqu'aux environs de 1961. Depuis lors, la production ne suffisant plus à la consom- mation intérieure, il a fallu en importer du Cameroun occidental. La Banque a été priée d'aider à financer au Cameroun oriental un programme de dévelop- pement portant sur 9.000 ha qui permettra d'alimenter entièrement le marché intérieur tout en laissant certains excédents disponibles pour l'exportation. Au Cameroun occidental, la production d'huile de palme et de palmistes est essentiellement aux mains de la CDC et de Pamol (Unilever). Eh 1967, la Banque et 1'IDA ont prêté 18 millions de dollars à la CDC qui compte agrandir ses plantations de palmiers à huile en les faisant passer de 8.800 ha à la fin de 1967 à 21.000 ha en 1973. 28. La production de caoutchouc du Cameroun oriental reste stationnaire depuis 1960, aux environs de 4.500 tonnes par an. La faiblesse des cours mondiaux est une raison supplémentaire du mauvais entretien des plantations. Au Caeroan occidental, en revanche, la CDC a presque doublé sa production au cours de la même période, la portant de 3.800 tonnes en 1961 à 7.300 tonnes en 1967. La presque totalité de la production des deux Cameroun est exportée. 29. Les données de production de bois d'oeuvre n'existent que pour le Cameroun oriental. Bien que la partie sud-est du pays soit fortement boisée, cette production ne s'est pas développée d'une manière spectaculaire. Le rendement à l'hectare de bois de qualité est très faible - bien plus faible, par exemple, que celui du Gabon voisin - et de vastes régions sont pratique- ment inaccessibles. L'absence de routes et, d'une façon générale, le coût élevé des transports limitent les possibilités d'expansion. 30. Les principales régions d'élevage sont celles d'Adamoua, du nord et de l'ouest. A la fin de 1966, le troupeau de gros bétail et le troupeau de chèvres comptaient environ 1,9 million de têtes chacun, et il y avait environ 1,5 million de moutons, 280.000 porcs et près de 7,4 millions de têtes de volaille. L'insuffisance des transports est un gros problème pour le commerce du bétail et de la viande. Le bétail est généralement transporté à pied sur de grandes distances, ce qui entraîne de grosses pertes de poids et une dimi- nution de la qualité. Dans l'immédiat, le développement de l'élevage est freiné par une forte mortalité due aux épidémies, au manque de soins et à un système d'abattage peu économique. A long terme, il souffrira du fait que les races existantes ne sont guère excellentes; pourtant, des efforts sont faits actuellement pour am6liorer les races locales grâce à des croisements avec des animaux importés. Les rares données dont on dispose semblent indiquer que la production de viande de boucherie augmente lentement, que les ventes de volaille s'accroissent au contraire très nettement, et que la situation - 15 - reste à peu près stationnaire pour les ovins, les caprins et les porcins. On ne dispose d'aucune donnée sur la production et les ventes qui se font en dehors du contrôle officiel, et qui sont probablement fort élevées. 31. La production de poisson d'eau douce est de l'ordre de 40.000 a 45.000 tonnes par an. Les trois quarts viennent du lac Tchad, le reste des nombreux cours d'eau ainsi que des bassins artificiels dont un grand nombre ont été creusés depuis 1960. le matériel de pêche et d'apprêt est encore fort primitif, entraînant des pertes sensibles. Depuis le début des années soixante, il existe au Cameroun une flotille de pêche commerciale équipée de bateaux à moteur. En 1967, ces bâtiments ont apporté à Douala environ 15.000 tonnes de poisson, alors qu'en 1960 la pêche n'avait produit que 3.200 tonnes. Il n'existe aucune donnée précise sur la production de la pêche hauturière traditionnelle, mais on l'évalue approximativement à 10.000 tonnes par an. Industrie manufacturière 32. L'industrie manufacturière comprend essentiellement des usines de transformation de produits agricoles et des entreprises fabriquant des ar- ticles destinés à remplacer des produits étrangers et convenant à un marché réduit: boissons, chaussures, textiles et vêtements, assemblage de bicyclettes, couleurs et vernis, allumettes, savon. Le grand potentiel hydro-électrique du pays a entraîné la création d'une importante usine d'aluminium alimentée en minerai d'importation. La plupart des entreprises industrielles se trouvent dans la région du port de Douala, dont l'infrastructure convient à toutes sortes d;industries. La croissance industrielle a été favorisée par la sta- bilité politique, par l'attitude libérale de lEtat vis-à-vis du capital étran- ger et par l'offre de crédit industriel à intérêt réduit de la part de cer- taines institutions de financement. Les prêts de la Banque camerounaise de développement (BCD) portent intérêt à 6-7 pour cent par an. Les taux d'inté- rêt des banques commerciales suivent le taux d'escompte de la Banque centrale qui, au milieu de 1967, variait entre 2,5 et 6 pour cent selon le type de valeurs escomptées. Au cours des deux dernières années, les nouveaux prêts de la BCD à l'industrie (y compris l'artisanat) se sont élevés à environ 2,5 millions de dollars par an, tandis que le crédit à long terme et à moyen terme des banques commerciales aux grandes entreprises industrielles a représenté en 1967 plus d'un million de dollars. En outre, la Société nationale d'in- vestissement (SNI), entreprise d'Etat, souscrit depuis 1964 des part mino- ritaires du capital de diverses entreprises industrielles, pour un total moyen d'un million de dollars par an. Beaucoup d'entreprises industrielles sont des filiales de sociétés étrangères et, en tant que telles, elles ont accès aux fonds et au crédit de leur maison-mère. Afin d'accroître les inves- tissements industriels intérieurs et étrangers, le Gouvernement a adopté en 1960 un "Code des investissements" en vertu duquel les entreprises agréées sont exonérées des droits à l'importation pendant une période pouvant aller jusqu'à 10 ans et de tous les impôts indirects pendant une période allant jusqu'à 3 ans. Certaines entreprises sont également exemptées de l'impôt sur les bénéfices, et plusieurs grandes entreprises ont obtenu, en vertu du Code, l'assurance de la stabilité fiscale pendant une période allant jusqu'à 25 ans: il s'agit de l'usine d'aluminium, des deux principales centrales électriques, de la raffinerie de sucre et de la fabrique de farine - 16 - récemment créées, et des deux sociétés de prospection pétrolière. Au total, 110 sociétés ont obtenu divers avantages en vertu de ce code, ainsi qu'aux termes des règlements sur les investissements de l'Union douanière et écono- mique de l1Afrique centrale (UDEý.C) qui offre des avantages analogues aux entreprises désireuses d'exporter vers d'autres Etats membres de l'Union, et d'autres dispositions légales camerounaises relatives aux investissements. Au total, les investissements prévus de ces 110 sociétés si'levaient à 160 millions de dollars, et il semble probable que ces capitaux aient été pour leur plus grosse part dûment investis. Les avantages garantis par le Code des investissements sont fort généreux: le moindre, c'est-à-dire l'exonéra- tion des droits à ltimportation et des imp8ts indirects, représente 40 à 50 pour cent de la valeur des produits en cause. Il est difficile de dire si la perte de recettes que l'octroi de ces divers avantages représente pour l'Etat est bien compensée par le gonflement des investissements et du revenu national et, par la suite, par l'accroissement du produit de l'imp8t sur le revenu. 33. Dans son ensemble, le secteur industriel s'est développé très vite. Ces dernières années, son chiffre d'affaires global (Y compris la préparation des produits agricoles destinés à l'exportation) s'est accru de plus de 17 pour cent par an en prix constants, atteignant l'équivalent de plus de 180 millions de dollars en 1966/67. Le nombre d'employés a augmenté de 14,5 pour cent par an., arrivant au total de 15.000. Autrefois, le progrès résultait surtout de ltimplantation de nouvelles usines fabriquant des produits qui étaient jusqu'alors importés. Il est encore possible de remplacer maints autres articles d'importation par la production locale, mais la croissance induztrielle dépendra de plus en plus de l'expansion du marché intérieur et des débouchés dans les pays voisins. LIUDEAC promet l'ouverture d'un plus vaste marché, mais jusqu'ici la plupart des usines établies au Cameroun en vertu du code de l'UDEAC sur les investiss qents ont écoulé la presque to- talité de leur production au Cameroun même. Quatre entreprises de chaussures et de textiles ont vendu plus de 20 pour cent de leur production au Tchad et à la République centrafricaine, qui ont depuis lors quitté l'Union; ces entre- prises risquent donc de connaître des difficultés à l'avenir. Transports 34. Etant donné l'éparpillement des ressources productives du pays et le fait que la plupart des régions ne se suffisent guère à elles-mêmes du point de vue éconoique, le développement du réseau des transports est abso- lument essentiel au progrès économique. L'infrastructure actuelle des trans- ports, malgré certains progrès récents, ne répond certainement pas à la de- mande. Routes et voies ferrées sont rares?7 et, pour la plupart, en mauvais état. Le principal port maritime arrive à saturation, et l'accroissement rapide du trafic aérien exige de nouveaux investissements. Le problème des transports se complique du fait que la partie centrale du pays est aussi la l_/ Sur les 43 usines de cette catégorie, une seule a vendu plus de 40 pour cent de sa production à d'autres pays de ltUDEAC, tandis que 26 vendaient plus de 90 poür cent de la leur au Caraeroun même (statistiques de janvier-juin 1967). 2/ Pour 1000 km2 de superficie, il y a 1 lm de voie ferrée et 2,h km de routes asphaltées. Les chiffres correspondants sont 5,2 et 8 au Sénégal, 1,9 et 2,6 en Cte-d'Ivoire, et 1,5 et 3,1 à Madagascar. - 17 - région la moins peuplée (4 habitants au km2), vaste désert économique qui couvre cependant 30 pour cent de toute la superficie du Cameroun. Aussi la rentabilit6 de tout projet de transport entre les régions nord et sud souffre- t-elle de la grande distance qui sépare ces deux régions, alors que la région centrale ne fournit guère de marchandises pour alimenter le trafic. 35. En 1966, le Cameroun avait 14.700 km de routes dont 1.200 km étaient asphaltées et 3.600 kilomètres carrossables par tous temps. Pour le reste, soit environ 9.800 km, il s'agissait de routes de terre qui ne permettaient qu'une circulation lente, coûteuse et parfois même dangereuse. Il existe en outre 17.000 km de pistes qui ne peuvent pratiquement pas être utilisées par les camions et les voitures particulières. Le réseau routier se trouve surtor.t concentré dans le sud-ouest (région de Douala-Yaoundé), dans la région des Bamileké et dans le nord. De vastes parties du pays n'ont aucune voie d'acci's, ni par la route ni par le rail. 36. Le premier Plan prévoyait des investissements dans la construction de routes et ponts d'un montant de 11,8 milliards de francs CFA (47 millions de dollars) pendant la période quinquennale correspondante. A cela devait venir s'ajouter pendant la même période, une aide étrangère s'élevant à 6,6 milliards de francs CFA. Bien qu'on ne dispose pas de données précises sur l'exécution du premier Plan, il est pratiquement certain que les investisse- ments sont restés inf6rieurs aux chiffres fixés, en raison surtout de la prépa- ration insuffisante des projets et de leur mauvaise exécution. A la fin du premier semestre de 1966, des travaux bénéficiant d'une aide étrangère d'un montant de 2,8 milliards de francs CFA n'avaient toujours pas été menés à bien. Le second Plan envisage pour les ponts et chaussées des investisse- ments plus importants encore, soit 16,5 milliards de francs CFA, les fonds étrangers correspondants s'élevant à l'équivalent de 9,9 milliards de francs CFA, et un autre milliard devant être fourni en main-d'oeuvre. Toutefois, les travaux exécutés au cours de la première année n'ont représenté que 56 pour cent de l'objectif correspondant, pour les mêmes raisons qu'au cours de la période du premier Plan. 37. On ne dispose pas de statistiques fiables sur la circulation routière, mais l'immatriculation des voitures de charge semble indiquer que les transports de marchandises ont augmenté ces dernières années à raison d'environ 6 pour cent par an. L'immatriculation des voitures particulières et des autocars indique, d'autre part, que le trafic voyageurs s'accroît à raison de 13 à 17 pour cent par an. Le parc commercial compte environ 16.000 véhicules. Deux sociétés étrangères dominent l'industrie des transports routiers, mais des particuliers, étrangers aussi bien que Camerounais, y jouent un r6le de plus en plus impor- tant. Les tarifs marchandises varient selon la distance, l'état de la route. le coefficient de remplissage (y compris la possibilité d'obtenir un charge- ment pour le retour). Pour des distances supérieures à 800 km, les tarifs sont de l'ordre de 10 francs CFA (h cents) par t/km. 38. Le réseau ferroviaire se compose de la ligne Douala-Yaound6 (3h km, la "ligne centrale") et de la ligne Douala-NKongsamba (172 km). Le trafic voyageurs a augmenté ces deux dernières années à raison de 6 pour cent environ par an. Le trafic marchandises n'a guère varié, sans doute parce que le réseau actuel fonctionne déjà à pleine capacité. - 18 - 39. La ligne centrale, qui a assuré en 1966/67 environ 64 pour cent de tout le trafic voyageurs et 82 pour cent du trafic marchandises, est en fort mauvais état. Certains des rails ont été posés avant la première guerre mondiale. Les accidents sont fréquents et les retards importants. En mai dernier, la compagnie ferroviaire a commencé les travaux de remise en état de cette ligne, qui coûteront 4,7 millions de dollars; il stagit essentiel- lement de remplacer 146 km de rails posés entre 1910 et 1926. La situation financière de la compagnie est devenue moins bonne ces dernières années, en raison surtout d'une augmentation des charges représentées par les frais de personnel et de matériel. Le rapport entre les dépenses (non compris l'amor- tissement et les impôts) et les recettes est passé de 0,6:1 en 1964/65 à 0,8:1 en 1967/68. 40. La construction du chemin de fer trans-camerounais, qui reliera Yaoundé à Ngaounderé du nord (630 km), progresse bien. Le premier tronçon de 100 km a été ouvert en juillet et un autre tronçon de 193 km sera terminé au début de l'an prochain. Le financement de ces premiers 293 km a été assuré par le FED (17,3 millions de dollars), l'USAID (9,2 millions de dollars) et le FAC (8,2 millions de dollars). 4l. A la fin de 1967, le Cameroun avait deux aéroports commerciaux im- portants: celui de Yaoundé qui. peut recevoir les CarâFeiLZ, et celui de Douala qui peut recevoir n1importe cuel appareil àI réaction. Il existe un grand nombre d'aérodromes secondaires. Le Tableau 20 de lAnexe montre l'accroisse- ment rapide des transports aériens, tant pour les marchandises que pour les voyageurs, entre 1963 et 1967. La nouvelle aérogare de Yaoundé a été ouverte en 1968 et lion projette de construire également une aérogare moderne â Douala, l'ancien bâtiment ne répondant plus aux besoins. Les taxes d'aéroport ont été relevées en 1967 afin de financer le remboursement de l'emprunt contracté pour construire l'aérogare de Yaoundé et alimenter un fonds spécial destiné à fi- nancer la construction de celle de Douala. 42. Le Cameroun possède quatre ports maritimes capables de manutentionner environ 1,5 millions de tonnes de marchandises par an. Douala, par oi passent 90 pour cent du trafic marchandises, compte onze postes à quai et est directe- ment relié au réseau ferroviaire. La capacité du port de Douala est estimée à près de 2 millions de tonnes par an. Mais pour y arriver, il faudrait d'impor- tants aménagements, notamment en ce qui concerne le système des entrepôts et les tari2s d'entreposage. Il n'est guère douteux que les onze postes à quai pourraient recevoir des bâtiments pour charger ou décharger jusqu'à 2 millions de tonnes par an, mais l'espace manque pour l'agrandissement latéral des entre- p6ts. Il faudrait tenir compte de ce fait dans l'établissement des tarifs d1entreposage et, aprs avoir laissé passer quelque temps pour l'enlèvement des marchandises importées ou devant être exportées, il faudrait relever fortement les tarifs d'entreposage afin d'inciter importateurs et exportateurs à n'occuper un espace trop précieux qu'un minimum de temps. A l'heure ac- tuelle, en effet, on applique un système de location du mètre carré à l'année, le tarif forfaitaire étant si bas que les commerçants n'ont guère intérêt à construire des entrepôts de remplacement dans d'autres parties de la ville. Pour les entrepôts a ciel ouvert, les tarifs varient de 0,40 à 2,23 dollars le m2 par an, et pour les magasins couverts, de 3,04 à 7,29 dollars le m2 par an. - 19 - h3. Les travaux de dragage à Douala ne se font ni régulièrement ni efficacement. La profondeur à quai est de 8 à 10 m, mais dans les chenaux d'accès, elle n'est que de h,70 à 5 m; à marée haute, la profondeur aug- mente de 0,60 m, de sorte que des bâtiments d'un tirant d'environ 5,20 m peuvent utiliser le port sans risque. Energie h. La principale entreprise de production d'énergie électrique est Enelcam (Energie électrique du Cameroun) qui exploite le barrage et la centrale d'Edea, d'une puissance installée de 175.400 KVA. Ll&ielcam n'a que deux clients, l'usine d'aluminium (Alucam), située également à Edea, qui absorbe de 85 à 90 pour cent de sa production, et l1EDC (Electricité du Cameroun), le plus gros distributeur d'énergie, qui prend le reste. Lilhelcam est tenue de fournir en tout temps à 1'EDC, sur demande, un minimum de 20.000 k.lh d'électricité. Cela limite la part d'Alucam et, de ce fait, sa production d'aluminium au cours de la saison sche; mais l'achèvement en 1970 de nouvelles installations d'Ielcam permettra à l'Alucam de fonctionner toute l'année à plein rendement. La production de l'Enelcam a fluctué entre 0,98 et 1,07 milliard de kWh au cours des cinq dernières années. Ces fluctuations sont dues aux variations des précipitations. Les ventes d'énergie à l'EDC ont augmenté entre 1962/63 et 1966/67, passant de 50 à 76,5 millions de kWh. L'EDC a une ligne de transport de 60.000 volts allant d'Edea à Douala, et une ligne de 90.000 voltj allant à Yaoundé sera mise en service en juillet 1968. Cette ligne répondra aux besoins de Yaoundé pendant les 25 années à venir. Au Cameroun occidental, la production d'énergie a augmenté très rapidement entre 1962/63 et 1964/65, mais elle a fléchi depuis lors en raison de l'insuffisance des pluies; en 1965/66 et 1966/67, elle s'est maintenue aux environs de 9,1 millions de kWh. La consommation d'électricité, l'Alucam étant mise à part, a augmenté régulièrement ces dernières années au rythme de 13 pour cent par an. L'augmentation la plus importante a été celle du courant à haute tension, passé à Douala de 16,8 à 28,9 millions de kWh en trois ans, et à Yaoundé de 3,5 à 5,3 millions de kLJh au cours de la même période. - 20 - III. LA SITUATION FINANCIERE 45. La situation financière du Cameroun est fonction des relations étroites que le pays entretient avec la France et avec le marché commun. La pleine convertibilité de sa monnaie est garantie par un accord conclu avec la France et toutes les questions monétaires sont examinées par un comité spécial au sein duquel la France est représentée. L'aide officielle française est volumineuse et aucun contrâle ne s'exerce sur les transferts de capitaux privés entre les deux pays. D'autre part, l1aide du Marché commun et les échanges avec les pays membres se sont accrus ces dernières années. Dans l 'ensemble, la situation financière du Cameroun est stable, bien qu'une légére détérioration ait été enregistrée dernièrement. A. Finances publiquesl/ 46. Les opérations financières de l'Etat se font principalement dans le cadre du budget fédéral et des budgets des deux gouvernements fédérés. C'est le budget fédéral qui occupe la position dominante, représentant plus de 60 pour cent des dépenses prévues et plus de 70 pour cent des recettes. Les gouvernements fédérés, qui s'occupent essentiellement de l'administra- tion locale, de l'agriculture, de l'entretien des routes et de l'enseigne- ment primaire, reçoivent des subventions annuelles du budget fédéral. Le Gouvernement fédéral recueille le produit de tous les droits de douane, tandis que les Etats perçoivent le gros des impôts directs. A l1exception d'une assistance française spéciale, qui a pris fin en 1965, ces budgets ne tiennent pas compte de l'aide étrangère: celle-ci est normalement adressée directement à 1'autorité béiéficiaire, ou passe par la Banque Camerounaise de développement. 47. Comme l'indiquait le rapport précédent, la situation budgétaire s'était nettement améliorée au début des années soixante. En 1962/63, le déficit des comptes courants avait été résorbé, et en 1963/64 et 1964/65 un excédent est apparu qui a suffi à couvrir très largement les dépenses d'équipement. En 1965/66, cet excédent des comptes courants est resté important, mais une forte augmentation des débours a exigé un effort de financement suppl6mentaire. En 1966/67, toutefois, il y eut un brutal retournement de la situation: l'excédent des comptes courants a disparu et, bien que les dépenses d'équipement aient été réduites, un important déficit global est apparu. Mais cette détérioration n'a été que temporaire et s&explique par une augmentation extraordinaire des dépenses courantes: en 1967/68, en effet, si l'on se fonde sur les résultats des neuf premiers mois, un redressement spectaculaire est survenu et il semble bien que l'excé- dent des comptes doive être le plus grand qui ait jamais été réalisé. Cela Lf Exercice financier du Cameroun va du ler juillet au 30 juin. Pour le Gouvernement fédéral et pour celui du Cameroun oriental, il y a en outre une période "complémentaire" de trois mois au cours de laquelle des dé- penses peuvent être faites, si elles ont été autorisées avant la fin de juin, et les comptes correspondants sont clos à la fin de septembre. - 21 - résulte d'une forte augmentation des recettes, surtout douanières, et d'une nouvelle compression des dépenses. Qui plus est, le déficit global a été pratiquement résorbé. On trouvera au tableau ci-après l'état de l'enseuible des opérations budgétaires des trois gouvernements. Tableau IX: BUDGET FEDERAL ET BUDGETS DES ETATS FEDERES: ETAT DI ENSDIBLE (en milliards de FCFA) 1962/63 1963/6h 196h/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Prévi- Prévi- sions Esti- sions budgé- mations budgé- C o m p t e s 1 o s taires révisées taires Recettes courantes Impôts directs 1,80 5,68 5,72 6,32 7,76 8,30 n.d. n.d. Impfts indirects 12,29 16,69 18,16 19>8h 20,49 21,18 n.d. n.d. Redevances diverses 0,88 o,95 1,10 1,22 1,30 1,41 n.d. n.d. Recettes non fiscales 2,27 2,05 2,26 2,32 2,37 3,54 n.d. n.d. 20,24 25,37 27,24 29,70 31,92 34,43 36,87 38,70 Dépenses coorantes 19,61 21,68 24,41 26,70 30,64 32,31 32,79 35,28 Excédent des comptes courants +0,63 +3,69 +2,83 +3,00 +1,28 +2,12 +4,O8 +3,42 Service de la dette 0,52 0,47 0,hl 0,41 0,ho 0,57 0,57 0,59 Solde +0,11 +3,22 +2,42 +2,59 +0,88 +1,55 +3,51 +2,83 Dépenses d'équipement 1,61 2,16 2,07 4,13 3,77 3,90 3,55 h,36 Excédent budgétaire -1,50 16 0,35 -IL5L -2,89 -2,j5 -0,0 h -_5 Financé parL Subventions étrangères +1,75 - O,50 +1,00 - - - - Prélvement s sur le Trésor +0,12 -1,32 -0,81 +1,24 +3,95 +2,35 +0,2h +0,03 Prélèvement sur le BCD" -0,36 +0,26 -0,04 -0,70 -1,06 - -0,20 -1,50 a + = Prélevé ou reçu. /b Caisse des investissements de la Banque camerounaise de développement. Source: Annexe statistique, Tableaux 27 et 28. - 22 - 48. Les recettes courantes ont augmenté de plus de 80 pour cent en cinq ans, entre 1962/63 et 1967/68. L'augmentation avait été de 25 pour cent en 1963/64, les trois années suivantes elle s'était maintenue à 8 pour cent par an, et il y a eu un nouveau bond de 15 pour cent en 1967/68. Dans le même temps, le rapport entre les recettes et le PIB, qui était de 14 pour cent au départ, passait à 16,5 pour cent en 1966/67 et à 17,3 pour cent en 1967/68. La forte augmentation des recettes enregistrée en 1963/64 s'explique par l'introduction cette année-là d'une taxe sur les opérations commerciales; par la suite, il n'y a pas eu d'augmentation appréciable des taxes, sauf en ce qui concerne les droits sur les marchandises importées au Cameroun occidental, droits qui ont été relevés en 1966 pour harmoniser l'en- semble des droits de douane et qui ont probablement rapporté un montant sup- plémentaire de 0,7 milliard de francs CFA. La tendance à l'augmentation des recettes tient essentiellement à l'expansion des activités soumises à l'imp6t. Les impôts indirects représentant 65 pour cent environ des recettes totales, et les droits à l'importation et à l'exportation entrant pour 75 et 15 pour cent respectivement dans le produit de ces impfts, il est évident qu'en 1964/65 et en 1965/66 l'élément-cié de l'accroissement a été le commerce extérieur. Celui-ci est resté plus ou moins stationnaire au cours des deux années suivantes, mais les recettes ont continué à s'accroître, grace en partie aux paiements différés de droits à l'importation et en partie au développement continu du secteur moderne. Enfin, la nouvelle poussée des recettes constatée en 1967/68 est due à l'intensification des importations du second semestre de 1967. Les imp^ts directs ont augmenté, mais leur pourcentage dans les recettes totales est resté grosso modo constant. L'entrée en vigueur de lUDEAC, en 1966, a probablement contribué elle aussi à accroître les recettes fiscales. Il a bien fallu ajuster certaines lois fiscales, mais le Gouvernement a estimé, dans son budget de 1966/67, que les arrangements de l'UDEAC rapporteraient au Cameroun un supplément de recettes fiscales de 300 mil-lions de francs CFA. Cette augmentation a toutefois été contrebalancée par les contributions au fonds de solidarité de l'Union. 49. Les dépenses courantes sont relativement élevées, en raison de l'exdistence d'une structure administrative cou^teuse comportant les deux gouvernements des Etats fédérés et un gouvernement central. Elles auraient êté plus élevées encore si la France ne versait pas tous les ans près d'un milliard de francs CFA au titre des traitements du personnel enseignant et des fonctionnaires français travaillant au Cameroun. Sans cette contribu- tion, couvrant des dépenses qui auraient normalement du 'tre inscrites au budget, la situation budgétaire aurait été moins favorable. Dans l'ensemble, les dépenses courantes ont augmenté parallèlement aux recettes, tout en res- tant toujours légèrement en deçà de celles-ci; leur augmentation annuelle moyenne a été de 11 pour cent au cours des cinq dernières années. La plus forte augmentation a eu lieu en 1966/67, où elles se sont trouvées gonflées de 15 pour cent par rapport à l'exercice précédent. Grâce à un effort dé- libéré, le Gouvernement a réussi en 1967/68 à ramener l'augmentation à 7,5 pour cent. Un élément important de cette augmentation a été l'expansion de certains services officiels, en particulier ceux de l'éducation et de la santé publique. Un autre a été l'accroissement des contributions et subventions de l'Etat, notamment, là aussi, dans le domaine de l'éducation et de la santé, à quoi sont venus s'ajouter au cours des deux dernières - 23 - années les versements au fonds de solidarité de l'UDEAC (300 et 500 mil- lions de francs CFA respectivement) et les dépenses entraînées par l'ap- plication de mesures destinées à améliorer la distribution de denrées ali- mentaires au Cameroun occidental après la hausse du coût de la vie due à l'harmonisation des tarifs douaniers. Mais le facteur essentiel a été le relèvement rapide des salaires et traitements. En fait, le barème des traitements de la fonction publique est resté pratiquement inchangé depuis l'accession à l'indépendance, et ce sont les reclassements qui ont entraîné un gonflement rapide du poste budgétaire correspondant. De 1962/63 à 1967/68, alors que le nombre des fonctionnaires du Gouvernement fédéral n'augmentait que de 4 pour cent, les traitements moyens s'accroissaient de près de 60 pour cent. En outre, les fonctionnaires reçoivent des allocations extr6- mement généreuses - indemnités de logement et allocations familiales - qui ont elles aussi augmenté. L'Etat est conscient de l'effet regrettable de ces augmentations sur l'épargne publique et, d'une façon plus générale, sur l'écart des salaires entre la ville et la campagne. Mais au Cameroun comme dans d'autres pays d'Afrique, il est fort difficile, pour des raisons poli- tiques, de réduire les traitements des fonctionnaires. Cependant, pour com- mencer, le gouvernement a l'intention de faire passer une loi limitant le niveau des allocations familiales et compte bloquer les montants des indem- nités de logement. Il veut aussi réduire fortement le nombre annuel de promotions. Le Gouvernement du Cameroun occidental a d'autre part supprimé dernièrement trois de ses ministères, par esprit d'économie. 50. Par rapport à beaucouß 'autres pays, les paiements du Cameroun au titre du service de la dette. ont été peu importants. Il en a été ainsi des conditions avantageuses auxquelles avait été obtenue l'assistance exté- rieure: en 1967/68, ces paiements ne représentaient que 3 pour cent environ de toute la dette non amortie de l'Etat (non compris les garanties). De ce fait, l'épargne courante a pu être utilisée en grande partie pour financer des dépenses d'équipement. 51. Les dépenses d1équi ement2/ ont augmenté d'une façon impression- nante depuis le début de la décennie; au cours des trois années 1965/66 à l/ Il n'a pas été possible de distinguer entre les intérêts et l'amortisse- ment. Etant donné que ce dernier est beaucoup plus important, on a con- sidéré que l'ensemble des paiements du service de la dette n'entrait pas dans le cadre des dépenses courantes. 2 Il convient ici d'expliquer une particularité du système budgétaire. Les dépenses courantes, telles qu'elles apparaissent jusqu'ici dans les comptes de lEtat, correspondent aux débours réels. Les dépenses d'équipement, au contraire, pour la Fédération et pour le Cameroun oriental, ne correspon- dent qu'aux ouvertures de crédit. A la fin de chaque exercice, le solde non dépensé des crédits ainsi ouverts était, jusqu'à présent, viré à un fonds spécial de la Banque camerounaise de développement (BCD), la Caisse des in- vestissements. Par la suite, largent était pris dans ce fonds au fur et à mesure des dépenses réelles. Au cours de la plupart des exercices, les virements au fonds ont été supérieurs aux prélèvements, et les comptes de l'Etat donnent dès lors un tableau gonflé des dépenses d'équipement. Il a été mis fin à cette pratique dans le Budget de 1968/69 et, à l'avenir, les dépenses d'équipement seront traitées sur la même base que les dépenses courantes. Toutefois, il faudra bien deux ans encore pour solder les mon- tants fort élevés que détient la Caisse des investissements, du fait des virements des exercices antérieurs. Les chiffres des dépenses d'équi- pement donnés au tableau IX et mentionnés dans le texte ont été ajustés en fonction des renseignements fournis par la BCD. - 24 - 1967/68, elles ont été presque deux fois plus élevées qu'au cours des trois années précédentes. Le débours le plus important, de 4,13 milliards de francs CFA, a eu lieu en 1965/66; par la suite, les dépenses ont quelque peu diminué. Au cours des dernières années, plus du tiers des dépenses totales est allé aux bâtiments et au matériel administratifs et un tiers environ à l'infra- structure, le reste étant à peu près également réparti entre l'agriculture et les services sociaux. Les dépenses consacrées aux installations adminis- tratives, indispensables certes dans certains cas au bon fonctionnement de lYEtat, n'en ont pas moins été excessives et, comme on l'indique au chapitre IV, elles risquent de compromettre le succès du second Plan. Les dépenses budgétaires d'équipement représentent nettement moins de la moitié de l'in- vestissement public total. Néanmoins la trop forte concentration des dépenses budgétaires sur des programmes à rendement lent ou marginal indique bien que l'Etat n'a pas su donner le ton en respectant les priorités fixées dans le Plan. 52. Comme on le voit au tableau ci-dessus, les dépenses d'équipement et le service de la dette ont été financés en partie par l'épargne courante, en partie par l'aide budgétaire française et en partie par des prélèvements sur le Trésor. En 1963/64 et en l964/65, ils ont été entièrement couverts par l'épargne courante; en 1965/66, leur financement s'est fait sur les trois postes. L'aide budgétaire française a pris fin la même année, et en 1966/67 le rétrécissement brutal de l'épargne a rendu nécessaires des prélèvements sur le Trésor, atteignant presque 4 milliards de francs CFA. A ces prélè- veme;ts sont encore venus s'ajouter les virements à la BCD de soldes non utilisés fort importants des ouvertures de crédit pour projets d'équipement (voir la note précédente). En 1967/68, la reprise de l'épargne courante, allant de pair avec une réduction des débours d'investissement, a rendu pra- tiquement inutile le recours au financement par le déficit, bien qu'il ait de nouveau fallu tirer sur le Trésor du fait de nouveaux transferts nets à la BCD. 53. Les prélèvements sur le Trésor ont été facilités en grande partie par la constitution de réserves les années précédentes. Dans la mesure oi le Trésor fait office de banque à l'égard de certains services publics tels que les caisses de stabilisation, ceux-ci ont également contribué au finan- cement par le déficit. Le compte liquidités du Trésor s'est fortement ré- tréci au cours des deux dernières années, passant du montant élevé de 11 milliards de francs CFA en septembre 1965 à environ 7 milliards à la fin de 1967. Depuis le début de 1968, les avoirs ont recommencé à augmenter rapidement, en partie du fait d'influences saisonnières et en partie du fait d'une situation budgétaire plus favorable. Le Gouvernement a la ferme intention de maintenir cette amélioration. Les budgets de 1968/69 tradui- sent cette détermination, car ils ne prévoient que 7 pour cent d'accroisse- ment des dépenses courantes et une épargne courante de 3,4 milliards de francs CFA. Pour la première fois depuis plusieurs années, on ne prévoit pratiquement aucun prélèvement sur les réserves du Tr'sor, car on s'attend à ce que l'épargne courante couvre la totalité des dépenses d'équipement inscrites aux budgets. Le Gouvernement fédéral, toutefois, a établi un budget supplémentaire des investissements ("compte hors budget") s'élevant à 600 millions de francs CFA. Ce budget sera financé sur les capitaux virés à la BCD les années antérieures en vue du financement de certains projets déterminés, lesquels cependant, comme le Gouvernement vient de - 25 - s'en apercevoir, n'en ont plus besoin/ Ces prélèvements, ainsi que les sorties de fonds correspondant à des ouvertures antérieures de crédits des- tinés à des travaux d'équipement et financées aussi sur les réserves de la BCD, entraieront probablement des dépenses dxéquipement totales de h,h milliards de francs CFA, soit un montant supérieur à ceux de n'importe quel autre exercice précédent. 5h. Pour ce qui est de la composition des investissements, le Gouver- nement fédéral a implicitement reconnu les erreurs des années antérieures lorsqu'il a, pour la première fois, chargé le Ministère du Plan de préparer les budgets dos investissements, tant au niveau fédéral qu'au niveau des Etats fédérés. Il en résulte un plus grand respect des dispositions du Plan, la priorité allant aux projets qui sont financés conjointement, et d'une façon générale, une réduction des affectations budgétaires consacrées aux installations administratives. 55. Jusqu'à présent, l'utilité du budget comme instrument de politique économique s'est trouvé limitée pour plusieurs raisons. Tout d'abord le déficit global est défini comme étant l'excédent des dépenses totales sur les recettes totales mais ces recettes totales comprennent aussi les pré- lèvements sur le Trésor prévus au budget. Dès lors, les autorités étaient à la fois préoccupées par le déficit global ainsi défini et par les problèmes de liquidité du Trésor. Celui-ci faisant office d'organisme bancaire auprès de l'Etat et auprès de certaines institutions publiques telles que les Caisses de stabilisation et la Caisse d'EIargne Postale joue un r6le central dans le système du crédit et il est logique que les pouvoirs publics se préoc- cupent de ses incidences monétaires globales. Toutefois le fait que la politique budgétaire se trouve ainsi subordonnée à la situation de liquidité du Trésor rend moins apparents les effets économiques du budget lui-m&ne. Ni le concept d'épargne courante ni celui de déficit global comme il est plus généralement compris ne reçoivent l'attention méritée et cette lacune se révèle dans la présentation du budget et des comptes définitifs qui ne font ressortir ni l'épargne courante ni le déficit glgbal. Les budgets de 1967/68 et 1968/69 sont cependant précis sur ces pointsQ/; la situation économique du budget serait de loin plus claire si, par une simple modification maté- rielle on montrait séparément dlabord le total de 12excédent fiscal courant puis, au dessous, le montant des prélèvements sur le Trésor (qui permettent de financer le déficit). En second lieu, les pouvoirs publics ont eu du mal . évaluer d'avance le niveau des dépenses de lEtat en raison précisé- ment du système des reports autorisés d'une année a 11autre. Les montants consacrés aux dépenses courantes ont été faibles mais en ce qui concerne les dépenses diéquipement les montants non dépensés des crédits engagés ont 1/ Cette manne imprévue de liquidités résulte en partie de doubles paiements et en partie du fait que certains projets ont été achevés sans qu'il ait fallu utiliser la totalité des crédits initialement prévus pour leur exécution. 2/ Auparavant, le budget ordinaire comportait, aux postes "Dépenses courantes et diverses", une contribution au budget d'équipement représentant l'équi- valent de lépargne courante inscrite au budget. Ce même montant était ensuite transféré au budget d'équipement, que l'épargne courante ait été en fait supérieure ou inférieure aux prévisions. En 1967/68, ces trans- ferts entre le budget ordinaire et le budget d'équipement ont été supprimés. - 26 - représenté plus du tiers des affectations budgétaires en 1966/67i. Outre qu'il devient de ce fait difficile de déceler le flux réel des dépenses pendant une période donnée, la planification budgétaire et la gestion fi- nancière en sont fortement compliquées. Une nouvelle présentation du bud- get d'investissement introduite en 1968/69 devrait grandement améliorer sa compréhension. Finalement les renseignements sur les résultats budgé- taires sont souvent incomplets et ils ne sont obtenus qu'avec beaucoup de retard, ne pouvant donc servir que fort imparfaitement à llélaboration de la politique budgétaire. Les opérations financières de l'Etat sont désor- mais traitées sur ordinateur et bien qu'il y ait eu au début une certaine confusion, cette méthode accélérera certainement, en la précisant, la comp- tabilité gouvernementale; dés à présent d'ailleurs, elle a fait ressortir certaines anomalies du système. 56. Ni les renseignements disponibles sur les administrations locales ni le volume du budget des ports et voies fluviales ne justifient une analyse détaillée des opérations financi3res correspondantes. Les dépenses totales des administrations locales, y compris le montant peu élevé du compte équi- pement, ont été ces dernières années de l'ordre de 4 milliards de F CFA; elles ont été financées dans leur plus grande partie par les recettes. Quant à l'Autorité des ports et voies fluviales, qui est considérée comme faisant partie du système budgétaire proprement dit car son budget est établi et appliqué de la même façon que le budget fédéral, ses dépenses ordinaires ont varié entre 500 et 700 millions de F. CFA au cours des cinq dernières années, et ses dépenses d'équipement ont été de 400 millions de E CFA en moyenne. Les recettes d'exploitation ont largement suffi, en moyenne, pour couvrir les dépenses d'équipement entre 1962/63 et 1965/66, mais ces deux dernières années, elles sont devenues insuffisantes, de sorte que près de la moitié des dépenses d'équipement ont diu être financées sur les fonds de réserve. 57. L'épargne publique comprend non seulement les excédents courants du système budgétaire, mais aussi les bénéfices des entreprises publiques et semi-publiques. Le produit des plus importantes d'entre elles a été, ces temps derniers, le suivant: Bénéfices bruts d'entreprises publiquesZ.2 (en millions de F.CFA) 1965/66 1966/67 Cheinins de fer 517 542 Electricité du Cameroun (EDC) 238 504 Cameroun Development Corp (CAMDEV) 222 (1966) 282 (1967) / Bénéfices d'exploitation avant provision pour amortissement et rembour- sement de la dette. _/ Comme on l'a vu page 27 (note 2), les décaissements sur ce solde non utilisé de ces crédits autorisés provenaient d'une caisse spéciale détenue par la BCD. - 27 - Les bénéfices de la société des chemins de fer (REGIFERCAM) ont été à peine suffisants pour couvrir l'amortissement; c'est là une situation particulièrement regrettable étant donné la protection dont bénéficie la voie ferrée du fait du mauvais état de la route entre Yaoundé et Douala. Electricité du Cameroun, qui s'est rapidement développée, a connu en 1966/67 une situation bien meilleure que les années précédentes. Quant à CAMDEV, ses bénéfices ont varié entre 200 à 300 millions au cours de la période 1965-67, et l'on ne doit guère prévoir d'amélioration sensible jusqu'à l'achèvement du programme actuel de développement, en 1973, car il faut malheureusement prévoir une baisse des cours. 58. On trouve une source supplémentaire d'épargne, qui n'est pas strictement publique, dans les caisses de stabilisation des prix agricoles du Cameroun oriental et le West Cameroon Marketing Board. Il niexiste pas de bilan comptable global pour ces organisations, et leurs opérations n'ont guère été parallèles. La caisse du cacao, la plus importante des cinq, a complètement épuisé ses réserves en 1965 après la chute des cours du cacao, et il a fallu faire un emprunt spécial de 916.000 dollars auprès du FED pour redresser la situation. La reprise des cours intervenue depuis lors a permis à la caisse de rembourser le FED et elle aurait dû également lui permettre de reconstituer ses réserves, sous forme d'épargne, mais cette reconstitution n'a été qu'ébauchée en raison du retard mis par les exportateurs à accuitter les droits re u s, le total de leurs arriérés s 1 élevant à quelque 3 milliards de F.CFA_4 L'actif liquide de l1ensemble de toutes les caisses semble avoir augmenté d'environ 1 milliard de F;CFA en 1966/67, mais il s'est amenuisé depuis lors d'un montant à peu près égal. A la fin d'avril 1968, l'ensemble des liquidités était de 1,3 milliard de F.CFA. Le Marketing Board est chargé d'acheter et d'exporter les princi- paux produits agricoles cultivés par les petits exploitants au Cameroun occidental. Il est géré avec compétence et ses comptes sont bien tenus. Ses bénéfices nets ont été de 29,h millions de F.CFA en 1965 et de h,5 mil- lions en 1966. Les diverses caisses et le Marketing Board octroient des prêts et des subventions en vue de l'expansion des cultures. C'est ainsi que la caisse du cacao fournit 700 millions de F.CFA pour le rajeunissement des plantations de cacaoyers, et qu'elle est censée contribuer également au financement des efforts entrepris au Cameroun oriental dans le domaine des plantations de palmiers à huile (projet SOPAME). Le Marketing Board a financé dernièrement le programme de bonification du café et le programme de reconversion des plantations de bananiers, et il a également accordé au Gouvernement du Cameroun occidental un prêt de développement général de 50 millions de FCFA. Les fonds eux-mêmes ne prêtent pas à l'Etat, mais étant donné que leurs réserves sont conservées par le Trésor, ils aident de facto au financement des opérations financières publiques. B. Monnaie, crédit, prix, salaires 59. La masse monétaire représente l'équivalent de 13 pour cent du PIB, tandis que les dépôts à terme ainsi que l'épargne (la quasi-monnaie) Si des arriérés de cette importance continuent d1être tolérés, le fonds finira par avoir une influence déstabilisante. - 28 - ne représentent qu'environ 1 pour cent du PIB. Les institutions de fi- nancement, pour la plupart des filiales de banques françaises, se préoc- cupent' surtout des besoins du secteur export-import et du secteur indus- triel. De ce fait, le crédit au secteur privé subit des fluctuations qui suivent de près les hauts et les bas du commerce extérieur. En 1965, lorsque les cours du cacao s'affaissèrent, le crédit au secteur privé n'augmenta que très légèrement et les avoirs en devises se rétrécirent tandis que la masse monétaire restait à peu près constante. Par la suite, il y eut une notable expansion du crédit au secteur privé, sans doute en liaison avec l'accroissement de l'investissement industriel à Douala et à Yaoundé. En raison du caractère très libéral de l'économie camerounaise, tout excédent de la demande se déverse aisément à l'étranger sous forme d'un accroissement des importations; c'est ainsi qu'en 1967, les importa- tions ont subi le contrecoup de l'augmentation constante du crédit, limitant l1accroissement de la masse monétaire à un montant fort modeste mais entrai- nant une réduction fort sensible des avoirs en devises; à la fin de l'année, ces avoirs étaient tombés à 2,7 milliards de F.CFA. Il y a eu une nouvelle expansion du crédit au cours du premier trimestre de 1968, mais les avoirs en devises se reconstituèrent jusqu'à un total de plus de 5 milliards de FCFA. L'évolution des principales variables monétaires est indiquée au tableau suivant: Tableau X: EVOLUTION MONETAIRE (en milliards de FCFA) 1961 1964 1965 1966 1967 au 31 décembre Masse monétaire 14,4 21,0 21,2 25,9 27,1 % d'accroissement 46% 1% 22% 5% Crédit au secteur privéLa 15,6 26,8 27,3 29,7 34,2 Crédit à l'Etat -3,5 -9,h -7,6 -6,1 -5,6 Avoirs en devises 3,4 7,0 5,1 6,3 2,7 Quasi-monnaie o,5 2,0 2,3 2,h 2,9 /a Y compris le crédit ouvert par la BCD. Source: Annexe statistique, Tableau 29. Cherchant à éviter la répétition de l'amenuisement des avoirs en devises qui s'était produit en 1967, la Coïmission monétaire de la BCEAEC pour le Cameroun a appliqué dernièrement des plafonds de réescompte plus stricts. En outre, les banques commerciales doivent désormais avoir une plus grande proportion de liquidités. 60. C'est la Banque camerounaise de développement (BCD) qui. est la plus importante source de crédit à moyen terme et à long terme, encore que le gros de ses opérations porte sur le financement à court terme de la - 29 - commercialisation agricole (celui-ci représentait 65 pour cent des crédits nouveaux ouverts de 196h à 1967). C1est une institution qui appartient à l1Etat dans une proportion de 75 pour cent. C'est par elle que passent généralement les prêts accordés par la Caisse centrale, et elle a égale- ment une ligne de crédit de 600 millions de F. CFA auprès du Kreditanstalt. La BCD a éprouvé certains ennuis de liquidités du fait de dettes impayées, et elle a di faire appel à l'assistance spéciale de l'Etat. Mais elle a été réorganisée depuis peu et il semble bien que ses transactions se fassent désormais sur une base plus solide. C'est surtout à la propriété immobi- liére qu'étaient allés les prêts à moyen terme et à long terme de la BCD; mais depuis 1964 la part de l'industrie a augmenté. Les prêts destinés au développement agricole sont tombés de 6h6 millions de F.CFA en 1962/63 à 110 millions seulement en 1966/67. Etant donné les problèmes spéciaux que pose le crédit agricole, on envisage maintenant de créer une Banque agricole distincte. 61. La Société nationale d'investissement (SMI), société d'Etat, a été créée en 196h pour stimuler le développement de l'industrie locale grâce à une participation de l'Etat au capital des entreprises. Ses ressources com- prennent un capital de 250 millions de FCFA souscrit par l'Etat et le produit d'une émission de bons d'équipement de 2 milliards de F.CFA faite en 1963 et écoulé auprès des banques commerciales. Au 31 décembre 1967, la SNI avait ainsi engagé 989 millions deF.CFA répartis entre 21 sociétés. Celles-ci appartiennent à des secteurs très divers (textiles, sucre, ciment, tabac, contreplaqué, cacao, aluminium, hotellerie, etc.) Dans toutes ces compa- gnies sauf cinq, la SNI n'a qu'une participation minoritaire. La partici- pation la plus forte, de 212 millions de E CFA, a été prise dernièrement dans la Société des grands h8tels, qui construit actuellement un établisse- ment de luxe près de Yaoundé. Cette participation représente 70 pour cent du capital de la société, et elle semble excessive, parce qu'elle repré- sente 22 pour cent de la totalité des participations conclues à ce jour, et parce que le caractère majoritaire de cette participation-là indique apparemment que les autres bailleurs de fonds éventuels n'ont pas été inté- ressés par cette entreprise. 62. Les données officielles relatives aux mouvements des prix se limitent aux indices des prix à la consommation, et jusqu'à ces derniers temps ces indices ne concernaient que les familles non camerounaises. Sur la base de ces données et sur les statistiques des imtportations, on voit que les prix ont augmenté d'un peu plus de 3 pour cent, par an depuis 1963. Les prix des articles d'importation sont montés plus vite que l'ensemble des prix, ce qui signifie que l'élément principal du mouvement de hausse se situe a l'extérieur du pays. Stagissa-nt des prix des denrées alimen- taires, il existe un gros écart entre la ville et la campagne, et les différences sont également grandes d'une région à l'autre du pays. Cela slexplique par le coût élevé des transports, par l'absence d'un circuit régulier de distribution commerciale et par le peu d'envergure des opé- rations des intermédiaires. Une enquête récente a montré que ces derniers n'en font pas moins de gros bénéfices, eq raison de la position d'oligopole dont ils bénéficient dans mainte région-/. 1/ SEDES, Circuits commerciaux des produits et biens essentiels, 1965. - 30 - 63. Le nombre de personnes employées ne dépasse guère 200.000, soit le dixième environ de la main-d'oeuvre totale. L'emploi est concentré dans les villes et dans les grandes plantations, de sorte que c'est surtout dans ces régions que sont ressentis les effets des changements de niveau des salaires. Dans les secteurs privés, agricole comme non agricole, les ré- tributions sont régies par la législation sur le salaire minimum. Au Ca- meroun oriental, il y a des barèmes différents pour les travailleurs agri- coles et les travailleurs non agricoles, avec des modalités distinctes pour quatre zones séparées. Les salaires minimums n'ont pas changé depuis 1963. Dans la zone oÙ ils sont les plus élevés, ils sont de 36 F.CFA de l'heure pour les travailleurs non agricoles et de 26,5 F.FA de l'heure pour les tra- vailleurs agricoles; dans la zone oil ils sont les plus bas, ils se situent à 20 et 15F. CFA respectivement. Dans le secteur industriel, les salaires sont en général beaucoup plus élevés que le minimum, mais d'après une en- quête récente (voir Annexe statistique, Tableau 24), ils sont restés rela- tivement stables entre 1964 et 1966. Dans le secteur agricole, au contraire, les salaires sont restés longtemps très proches du minimum mais, ces der- nières années, les employeurs se sont aperçus qu'il leur était impossible de s'assurer un personnel convenable à ces tarifs, et les salaires agricoles sont alors montés rapidement: entre 1964 et 1966, ils ont augmenté d'environ 30 pour cent. Néanmoins, le niveau des salaires industriels reste plus du double de celui des salaires agricoles, et si l'on y ajoute les secteurs tertiaires public et privé, l'écart entre ville et campagne est encore plus accusé. Ce fait entraîne évidemment la migration vers les villes. 64. Le Gouvernement fédéral a l'intention de normaliser bientôt les salaires minimums dans l'industrie comme dans l'agriculture (et de ramener aussi à trois le nombre des zones), afin de réduire l'écart qui existe entre la ville et la campagne et de freiner la migration vers les villes. Llagri- culture continuera pendant de nombreuses années encore d'être le secteur clé, surtout pour les exportations. Il est donc essentiel de faire en sorte que la rentabilité des entreprises agricoles ne soit pas compromise et que l'Etat favorise l'amélioration de la productivité en liaison avec toute mesure de relèvement des salaires. 65. Au Cameroun occidental, le système des salaires minimums a été introduit il y a peu de temps. Ces minimums sont les mêmes dans les deux secteurs, agricole et.non agricole, allant de 20 à 25F.CFA de l'heure dans les trois zones qui y sont établies. Les salaires réels, qui avaient été relevés d'environ 10 pour cent en 1966, suivent d'assez près ces taux minimums. La CA1DEV, le pus gros e rployeur de la région, paye un salaire de base d'environ 20F. CFA à l'heure. Contrairement à ce qui se passe à l'est, les employeurs du secteur agricole n'ont aucune difficulté à s'assurer la main- d'oeuvre nécessaire malgré ces salaires relativement bas. C. Balance des paiements et aide étrangère 66. Il n'existe pas d'estimations officielles de la balance des paiements, sauf en ce qui concerne celle du Cameroun avec les pays n'appar- tenant pas à la zone franc. Etant donné l'importance des relations avec cette dernière zone, cette balance partielle n'est que de peu d'utilité - 31 - pour établir clairement la situation d'ensemble. La mission s'est efforcée de mettre à jour les estimations de 1 balance des paiements présentées dans le rapport économique antérieur1_/. Les résultats obtenus sont donnés au Tableau 38 de l'Annexe statistique. Les faits récents les plus impor- tants sont la détérioration de la balance commerciale constatée ces trois dernières années, et surtout en 1967, et l'amenuisement des avoirs étrangers qui s'est produit malgré l'apport continu d'une aide étrangère volumineuse et des investissements privés étrangers qui ont sans doute été fort impor- tants eux aussi. Au cours de la période de 1965-1967, la perte totale de réserves d'avoirs étrangers s'est élevée de l'équivalent de 4,3 milliards de F.CFA (17,2 millions de dollars), ce qui a ramené ces réserves à 2,7 milliards > la fin de 1967. Les réserves brutes représentaient 6,7 milliards deF.CFA (26,8 millions de dollars), soit l'équivalent de deux mois d'impor- tations. Mais depuis le début de 1968, grâce aux bons résultats des expor- tations, la situation des avoirs étrangers s'améliore, dans une mesure sans doute plus grande que celle qu'on peut attribuer aux seules influences sai- sonnières. 67. Le Cameroun a continué à recevoir de l'aide étrangère, à un niveau relativement élevé - aux environs de 8 milliards de F. CFA par an (32 millions de dollars). Cela représente environ 6 dollars par habitant, chiffre qui est inférieur au chiffre moyen de l'aide extérieure par habitant que reçoivent les autres pays francophones d'Afrique (10,5 dollars), mais qui correspond à la moyenne de l'Afrique prise dans son ensemble2/. L'origine de l'aide a progressivement changé; la fraction fournie directement par la France a diminé, passant des deux tiers du total au début des années soixante aux environs de 5 pour cent ces dernières années, tandis que l'aide du Marché commun augmentait. L'aide française se divise presque également entre celle qui va directemient à l'exécution de divers projets et l'assistance technique. lIais une grande partie de cette dernière est également axée sur la réalisa- tion de certains projets. Quant au soutien budgétaire de la France, il est venu a expiration en 1965. Les conditions de l'aide française sont dans l'ensemble très favorables. Celle qui est fournie par le Fonds d'aide et de coopération (FAC), et qui constitue depuis quelques années l'élément le plus important de l'aide globale, prend presque entièrement la forme de subventions. Les prêts consentis par la Caisse centrale de coopération 1/ Les éléments les plus importants de ces estimations sont les renseigne- ments officiels sur le commerce, l'aide extérieure et les réserves d'avoirs en devises étrangdres. Les estimations des invisibles ordinaires, y com- pris le revenu des investissements et les transferts privés de capitaux, ont été fondées sur des renseignements partiels, et sur leur rapport pro- bable avec d'autres grandeurs économiques. On a ensuite estimé le courant net de capitaux privés comme étant un élément résiduel, et il est évident que cette estimation comprend aussi les erreurs et omissions faites lors de l'estimation des autres éléments. Source: Les moyens financiers mis à la disposition des pays moins développés, 1961-65, OCDE (Paris, 1967). - 32 - économique (CCCE) semblent devoir jouer un rôle plus important dans les versements futurs en raison des engagements contractés ces dernières années. Ces prêts se font à des conditions variables, d'après la nature des projets; les taux d'intérêt vont généralement de 3,5 à 5 pour cent par an, et les délais de remboursement de 5 à 20 ans. Plusieurs autres pays fournissent également une aide bilatérale, à savoir, par ordre d'importance, les Etats- Unis, l'Allemagne, l'Italie, l'URSS et le Royaume-Uni. 68. L'aide venant de la Communauté économique européenne (CCE) passe par le Fonds européen de développement (FED). Dans le premier accord du FED avec les pays associés, le Cameroun avait obtenu des crédits d'un mon- ta-nt de 45 millions de dollars pour l'exécution d'un certain nombre de pro- jets de développement. Plus de la moitié en était consacrée à des travaux du domaine des transports, la construction de la ligne ferroviaire trans- camerounaise en étant de loin le plus important. Le second accord, qui viendra à expiration en juin 1969, a apporté au Cameroun un appui d'un mon- tant total de 29 millions de dollars. Il s'agit surtout d'une aide destinée à des projets déterminés, mais elle comporte aussi le financement de plusieurs programmes d'accroissement de la productivité du secteur agricole. Le second accord du FED avait pour but, en partie, d'aider les pays associés à devenir capables de soutenir la concurrence sans que leurs exportations bénéficient d'un traitement préférentiel et de subventions. Au cours de la période de transition, les mesures de soutien des prix et l'assistance destinée à amé- liorer la structure de la production agricole et à encourager la diversifi- cation de la production, aussi bien agricole qu'industrielle, entrent pour un quart dans l'appui total apporté par le FED au Cameroun au titre du second accord. Les engagements de la Banque et de l'IDA ont été jusqu'ici les suivants: prêt de 7 millions de dollars et crédit de 11 millions pour le programme d'expansion de la CAMDEV (1967), et crédit de 0,55 million de dollars pour des études techniques d'aménagement routier (1968). - 33 - IV. PERSPECTIVE DE PRODUCTION ET DE FORMATION DE CAPITAL A. Introduction 69. Les données de base concernant les ressources naturelles et le niveau actuel de dévelorpement du Cameroun permettent de déterminer grosso modo la voie que le pays doit suivre pour réaliser son développement co- nomiqqe. Tout d'abord, le Cameroun est tributaire de son agriculture. Certes, son économie n'est Plus exclusivement agricole: la part de l'in- dustrie manufacturière, du commerce et des services divers a augmenté ra- nidement en courcentage de la Droduction totale. Néanmoins, la très grande majorité de la population reçoit de l'agriculture ses moyens d'existence, et pendant de longues années encore l'absorption des travailleurs par les autres secteurs sera relativement faible. Il est donc naturel que l'en- couragement de la production agricole soit au centre même de l'effort de développement. Etant donné que les -ersonnes qui travaillent dans ce secteur ne disposent généralement ni cos moyens financiers ni des connaissances techniques nécessaires nour accroÎtre rapidement la productivité, les directives et l'assistance de lEtat ainsi que l'aide et l'assistance tech- nique étrangères sont indispensables au progrès de ce secteur. 70. Il importe que le dévelonement agricole s'accompagne du perfec- tionrement de l'nfrastructure. Le système des transports, notamment, est médiocre et insuffisamment développé par rapport i l'étendue du pays et à l'im ortance de sa population. De nombreuses parties du Cameroun sont très mal desservies à cet égard, et l'accès difficile et coûteux aux marchés décourage l'élevage, !'exploitation forestière et le développement de nom- breuses cultures ainsi que la commercialisation de leurs produits qui ne servent actuellement qu'à des fins de subsistance. Les difficultés de transport augmentent aussi très sensiblement le prix de revient de la pro- duction destinée i l'exportation. L'amélioration des transports est donc une condition indispensable au développement agricole et elle contribuerait en mme terps à étendre le marché pour les produits industriels. 71. Le second élément important de la stratégie du développement au Cameroun est l'amélioration de liéducation. L'éducation est essentielle en effet pour faire adopter rapidement des méthodes culturales plus produc- tives et également pour fournir au commerce et à l'industrie les compétences adAinistratives et techniques nécessaires. Il y a lieu de mettre l!accent sur 2'arilioration de l'instruction générale et sur le développement de certaines branches déterminées du système d'enseignement. 72. L',ccroissement rnpide de la production industrielle enregistré ces dernières années doit se poursuivre, notamment par la continuation de l'effort entrepris antérieurement pour remplacer per des produits locaux les biens de consormation et les demi-produits importés et pour transformer sur place les produits destinés i l'exportation. L'attitude libérale du Gouvernement à l'égard de l'initiative privée dans l'industrie manufactu- riére, le commerce et la banque a contribué dans une large mesure a créer un climat favorable aux investissements et, si elle est maintenue, elle ne manquera pas d'entretenir l'intérêt des investisseurs pour le Cameroun. Mais bien que l'industrie progresse très rapidement, l'industrialisation ne jouera - 34 - pendant de nombreuses années encore qu'un rôle limité dans le développement économique du pays; les produits industriels continueront à n'y trouver que des débouchés fort limités et la contribution de l'industrie manufacturière au PIB restera modeste, 73. En somme, c'est à l'agriculture, aux transports et à l'éducation que doit revenir la priorité dans l'effort de développement. Etant donné le stade actuel du développement agricole, il semble peu probable que l'accroissement du PIB doive s'accélérer ces prochaines années à un taux très élevé. L'expérience montre cependant qu'il devrait être possible de parvenir à un taux d'accroissement supérieur au taux de progression démo- graphique. Au demeurant, le pays continuera à dépendre dans une grande mesure des capitaux et des compétences techniques étrangères. Ce bref ex- posé sur les possibilités et la stratégie du développement sert de fond aux sections suivantes qui traiteront des plans et de la politique de dévelop- pement du Gouvernement. B. Plans de développement 74. Le Cameroun a lancé son premier Plan quinquennal de développement en juillet 1960. Ce Plan a été modifié en 1962 pour englober le Cameroun occidental à la suite de l'unification. L'élaboration du deuxième Plan a comiencé en 1964, mais vu le progrès relativement lent des investissements prévus dans le premier Plan, son application nta commencé qu'en juillet 1966. Ainsi l'année 1965/66 ne figure dans aucun des deux Plans, bien qu'une frac- tion appréciable des dépenses qui avaient été prévues au premier Plan aient été, en fait, encourues cette année-là. 75. Premier Plan quinquennal de développement (1960/61-1964/65). Bien que les renseignements dont on dispose soient encore fragmentaires, il est possible d'évaluer en termes généraux les résultats du premier Plan. Celui- ci prévoyait des dépenses publiques d'un montant de 53 milliards de F. CFA et des investissements privés d'environ 40 milliards de F. CFA pendant les cinq années. Bien que les sources de financement n'aient pas été indiquées de façon détaillée, on supposait que 60 à 70 pour cent du total viendraient de létranger. En réalité, l'investissement public n'a atteint en cinq ans que 26 milliards de F. CFA environ, soit la moitié du total envisagé. Sur cette somme, 13 milliards ont été fournis par le pays et 13 milliards l'ont été par l'étranger. En revanche, les investissements privés, évalués à 49 milliards de F. CFA, ont largement dépassé les prévisions par suite d'une recrudescence d'activité en 1963/64 et 1964/65. 76. Comme l'indiquait le dernier rapport de la Banque, le retard impor- tant pris par l'investissement public peut être essentiellement attribué à l'insuffisance de personnel dans le secteur public, ce qui a entraîné une préparation médiocre des projets et des retards dans leur exécution. Le manque de moyens 2inanciers n'a pas été, dans l'ensemble, un facteur limi- tatif. A l'exception de l'année 1961/62, les opérations budgétaires de l1Etat auraient permis de faire face à des dépenses d'investissement plus élevées sans recours aux réserves, notamment en 1963/64 et 1964/65, années où il y a eu une épargne publique importante. En ce qui concerne l'aide étrangère, les engagements ont dépassé de beaucoup les décaissements; ainsi, bien que dès 1962/1963 des crédits étrangers aient été ouverts pour un mon- tant de 21 milliards de F. CFA, 13 milliards seulement ont été versés en tout à la fin de la période du Plan. - 35 - 77. La structure de l'investissement public diffère très sensiblement du Plan. La concentration de l'investissement dans les services sociaux a été plus grande que prévu. En outre, 25 pour cent au moins (et proba- blement plus) des investissements publics provenant des ressources locales sont allés à des services administratifs, catégorie qui ne figure pas dans le Plan. Les investissements dans l'infrastructure ont été approximative- ment de 13 milliards de F. CFA, contre 25,5 milliards prévus. En termes relatifs, ces chiffres correspondent à peu près aux prévisions. Les in- vestissements dans la production, notamment dans l'agriculture, ont donc de être inférieurs aux prévisions, non seulement en termes absolus, mais aussi en terres relatifs. 78. Le Plan avait pour objectif d'accroitre le PIB de 5,6 pour cent par an. Si l'on se fonde uniquement sur cet objectif, on peut considérer que le Plan a eu des résultats assez satisfaisants. Cependant, les prin- cipales raisons qui ont permis d'atteindre ce taux de croissance ont été l'importance de l'investissement privé et la bonne tenue des exportations traditionnelles. Quant aux investissements dans le secteur public, qui constituaient la seule préoccupation du Plan, ils ont été d'un niveau déce- vant et, étant donné qu'une grande partie en a été consacrée à des entre- prises dont la croissance est lente, ils n'ont pas contribué pour beaucoup à l'accroissement de la production. 79. Deuxième Plan de développement quinquennal (1966/67 - 1970/71) La préparation du deuxième Plan a été bien plus minutieuse et complète que celle du prerier. A partir de 1964, un certain nombre de commissions nationales de planification ont commencé à étudier les problèmes et les pers- pectives des divers secteurs de l'économie. On a également créé des com- missions régionales en vue d'examiner les besoins de certaines régions. Se fondant sur ces études, on a rédigé un projet de Plan qui a été présenté à l'Assenblée fédérale. Le Plan a été approuvé en août 1966. 80. Contrairement au premier Plan qui se composait essentiellement de projets du secteur public, le deuxième trace un tableau global des prévisions de développement pour chaque secteur et pour l'ensemble de liéconomie. On a essayé de lier les investissements à des objectifs de production précis dans un contexte global. Compte tenu des lacunes qui étaient apparues dans l'exécution du premier Plan, on s'est efforcé de faire des études qui perettraient une mise en oeuvre plus rapide des divers projets. Pour le secteur privé, on a défini les objectifs d'investissement pour chaque secteur et sous-secteur, en partie d'après le résultat d'enquêtes sur les dépenses projetées par les entreprises commerciales, et en partie en fonc- tion des investissements qu il fallait encore obtenir pour atteindre les objectifs de prodoction. Cette inclusion des investissements privés, expo- sés d'une façon assez détcillée, avait manifestement pour but non seulement de coibler certaines lacunes du tableau d'ensemble, mais aussi de servir d'indication pour le secteur privé. Une autre amélioration par rapport au premier Plan a consisté à introduire un programme simple relatif à la main- d'oeuvre requise et à indiquer le montant des dépenses d'éducation corres- dantes. - 36 - ~1. Le Plon avoit pour object:if fondamental d'accroître le PIB de 5,75 pour cent par an et, d'une façon plus générale, de doubler le PIB entre 1960 et 1930. L'objectif secondaire était de réduire les disparités régionales. Afin d'atteindre le taux d5accroissement prévu, on a supposé qu'il faudrait un taux d'investissement moyen de 16 pour cent du PIB, alors que le taux correspondant avait été de 10 à 1i pour cent au cours de la période du premier Plan. A partir de cette hypothèse, on a prévu des dé- penses totales d'investissement d'un montant de 165,2 milliards de F. CFA, alors que dans le premier Plan on avait prévu 93 milliards et obtenu 7- milliards. Ce total était réparti presque également entre les secteurs public et privé. 82. Le Tableau 26 de l'Annexe statistique fournit une ventilation des investissements prévus. Dans le secteur public, l'infrastrucure absorbe, comme dans le premier Plan, presque 50 pour cent des dépenses. Néanmoins, l'agriculture conserve une place essentielle, car bien que les dépenses publiques dans ce secteur ne représentent que 18 pour cent du total, les in- vestissements consacrés i l'infrastructure, ê l'éducation et à la santé stimulerent indirectement l'activité agricole. Dans le secteur privé, on prévoit que la majeure partie des investissements ira à l'industrie et surtout à l'industrie productive. L'investissement industriel vise essen- tiellement à remplacer les importations par des produits locaux, mais aussi, dans une moindre mesure, à transformer pour l'exportation des produits tels que l'aluminium, le beurre de cacao, l'huile de palme, le caoutchouc et le contreplaqué. 83. Le Plan est dans Y·ensemble bien conçu et l'importance relative des divers secteurs est indiscutable. Cependant, le Plan est trop optimiste sur deux points. Premièrement, il suppose un taux annuel moyen d'inves- tissement public de 17 milliards de F. CFA contre un total de 8,h millions en 1964/65 et une moyenne annuelle denviron 5 milliards pour toute la pé- riode du premier Plan. Depuis le lancement du premier Plan, le mécanisme de p2nnification a été amélioré et, comme on l'a vu, l'élaboration du deuxiè- me Plan a été plus minutieuse. Néanmoins, comme on continue a manquer de spécialistes de la préparation des projets, il est probable qu'une augmen- tation aussi importante soit trop ambitieuse et qu'il y ait, malheureusement, des déficits notables en agriculture. Deuxièmement, en ce qui concerne le financement du Plan, il y a de fortes chances pour que 1épargne publique soit infirieure aux prévisions et il n'est pas du tout certain que l'aide extérieure soit suffisante. Cet aspect du Plan est examiné dans le der- nier chapitre du présent rapport. n.. Les renseignements dont on dispose sur l'évolution du second Plan sont, comme c'était le cas pour le premier, très insuffisants. La Direction du Plan est chargée de suivre l'exécution de celui-ci mais, jusqu'à présent, son action à cet égard a été fort limitée. Toutefois, il est pos- sible d'évaluer les résultats d'après les données budgétaires et certains autres renseignements. En 1966/67, les investissements publics se sont chiffrés à environ 10,5 milliards de F. CFA, contre les 15,h milliards es- comptés. En 1967/68, il est probable que les dépenses aient été du même - 37 - ordre, alors que le P.Uar prévo7ait 20 .i2i ords de F. CFA_ En revanche, bien qu'on manque de renseignements précis, on a des raisons de penser que l'investissement privé a très nettement dépassé l'objectif du Plan, qui était de 26 milliards de F. CFA pour les deux années. L'investissement public a été freiné par un manque de personnel au niveau des projets ainsi qu'au Ministère de la planification (qui est responsable de l'exécu- tion globale du Plan) et par les difficultés auxquelles on s'est heurté pour satisfaire les donateurs étrangers désireux de financer certains projets particuliers. Toutefois, en raison des réserves formulées au paragraphe précédent, et compte tenu du volume élevé de l'investissement privé, le niveau de l'investissement total a été assez satisfaisant. 85. Par contre, il y a tout lieu de mettre en doute le caractère rationnelle de la composition réelle de l'investissement public, En 1966/67, les dé- penses afférentes aux services administratifs ont dépassé en fait les pré- visions, alors que les dépenses totales étaient inférieures d'un tiers à celles-ci; et les dépenses de services sociaux sont entrées pour 36 pour cent dans le total contre 26 pour cent envisagés. Ce sont donc l'infra- structure etla production qui ont eu à supporter le gros du déficit. Si l'on considère seulement les opérations budgétaires de l'Etat, on constate quialors que le Plan prévoyait qu'au cours des deux années considérées les débours destinés aux services administratifs représenteraient 20 pour cent des dépenses totales, les dépenses d'équipement se sont élevées en fait à hh pour cent. En outre, il apparait, selon certaines indications, qu'une part considérable des dépenses de l'Etat ait été consacrée à des projets qui n'étaient même pas inscrits dans le Plan. 36. Si on ne sOen tient pas à l'ordre de priorité défini dans le Plan, on risque, de nouveau, qu'une trop grande partie des investissements aille a des projets à lent rendement ou improductifs et que les travaux appro- fondis effectués sur le Plan lui-même aient été vains. Le Gouvernement a conscience de ces défauts puisque les budgets en capital tant du Gouvernement fédéral que des deux gouvernements d'Etat pour 1968/69 ont été établis pour la première fois par le Ministère de la planification avec mission de n'y inscrire que des projets prévus dans le Plan. Cependant, pour que le Plan ait réellement l'importance opérationnelle qui lui a été attribuée, le Gou- vernement devra y accorder plus d'attention, en suivre de plus près 2'évolution et, i la lunière de ses constatations, y apporter les révisions nicesspires. C. Exren du Plan par secteurs Apriculture 87. L'agriculture occupe une place centrale dans le deuxième Plan. Les investissements destinés directement a la production agricole représen- tent 19,J pour cent du total estimé, l'investissement public y entrant pour lh,9 milliards de F. CFA et l'investissement privé pour 17,5 milliards. - 38 - L'agriculture bénéficiera aussi indirectement des investissements consacrés à l'infrastructure, à l'éducation et à la santé. Une partie de l'investis- sement public est destinée à accroître la capacité de production des entre- prises d'Etat, mais bien plus de la moitié en est destinée à encourager la production dans le secteur privé. Etant donné que la production relève es- sentiellement du secteur privé, les progrès de l'agriculture dépendent sur- tout de l'activité de ce secteur et de sa réaction aux programmes officiels de développement de cette production. Le Plan a pour objectif de permettre au pays de se suffire à lui-même en ce qui concerne les cultures vivrières et la plupart des matières premières agricoles et d'augmenter au maximum les recettes d3exportation. La réalisation de ces objectifs est entravée par un certain nombre de problèmes de structure, notamment les transports, la commercialisation et le régime foncier, ainsi que la vulgarisation et le crédit agricoles. 88. Les agriculteurs ne sont habituellement payés en espèces que pour les produits d'exportation et il n'existe aucun circuit fixe de commercia- lisation pour les denrées de subsistance. L'urbanisation et le dépeuple- ment des régions voisines des deux principales villes rendent plus difficile l'approvisionnement suffisant des villes. Le Plan reconnaît la nécessité de réformes institutionnelles telles que l'établissement de centres commerciaux et une révision du rôle de l'intermédiaire. Une partie des crédits prévus au Plan pour développer l'infrastructure des transports est destinée à fa- ciliter la création de circuits commerciaux fixes. Un très grand nombre de paysans cultivent actuellement entre 5 et 20 produits différents, et généra- lement aucun de façon intensive: un meilleur système de transports permet- trait des échanges inter-régionaux plus réguliers et encouragerait ainsi la spécialisation de la production. 89. Au Cameroun oriental, les programmes de développement agricole publics et privés se sont heurtés à des obstacles dus au régime foncier. La terre y appartient généralement aux tribus; la propriété personnelle est pratiquement inconnue. Cela vaut pour les terres cultivées comme pour les terres en jachère, et même pour la forêt tropicale inaccessible. Sur ce système de propriété tribale vient se greffer le droit coutumier qui ac- corde le droit de propriété temporaire aux petits cultivateurs qui exploi- tent la terre depuis de nombreuses années. Cette dualité dans la propriété rend difficiles les questions d'indemnisation en cas d'expropriation, pour un projet de développement. Les lois d'expropriation, datant de 1932, ne définissaient pas nettement les procédures ni les pouvoirs nécessaires à leur application et n'étaient donc pas efficaces. Toutefois, en 1966, le Gouvernement a voté une loi instituant de façon précise les procédures d'expropriation et d'indemnisation lorsqu'il s'agit de projets d'intérêt public. Un premier décret d'exécution prévoit l'expropriation en vue du projet de production d'huile de palme au Cameroun oriental, projet pour lequel on sollicite l'assistance financière de la Banque. Au Cameroun occidental, le régime foncier ne pose pas des problèmes aussi importants. La "Land and Native Rights Ordinance" définit les conditions dans lesquelles on peut utiliser dans l'intérêt général des terrains appartenant aux au- tochtones contre paiement d'un loyer. - 39 - 90. L'efficacité des services de vulgarisation a une importance ca- pitale pour le développement agricole du Cameroun. Le Plan prévoit une forte aug.entation du nombre de travailleurs qualifiés chargés de l'ins- truction agricole et de l'aide rurale, rais il fournit peu d'indications sur la coordination des activités de vulgarisation. Or, bien que le personnel de vulgarisation soit, dit-on, compétent, ses travaux doivent être coordonnés afin d'éviter des indications contradictoires au niveau du village. En gênéral, il faut concentrer plutôt qu'étendre les activités de vulgarisation. La spécialisation régionple des cultures facilitera à la longue les travaux de vulgarisation rurale. 91. Le PLan indique qu'il y aurait intérêt à créer une banque natio- nale de crédit agricole. Il semblerait toutefois qu'il soit préférable d'accorder des crédits en fonction de certains projets précis plut8t que de créer une banque agricole de type traditionnel. Un bon exemple d'un tel financement d'un projet déterminé est celui du programme actuel de re- lèvecent de la culture du cacao. Conformément à ce programwe, le paysan achète a crédit un matériel et des produits de pulvérisation qu'il rembour- sera (moins une prime) après la première récolte, puis continuera d'acheter du matériel les années suivantes. On encourage le remboursement rapide du prêt pour le natériel initial, en octroyant une subvention pour l'achat de matériel de pulvérisation l'année suivante. Au cours de la première année de ce pro7ramre, qui s'étend sur 5 ans et porte sur 250.000 hectares, le taux de remboursement a été supérieur l 96 pour cent alors que la campagne n'est pas encore terminée, réalisation sans précédent dans les formes tra- ditionnelles de prêts bancaires pour l'agriculture. Ce programme, qui comporte une coopération poussée au nireau du village, pourrait probablement être adapté à d'autres cultures pour lesquelles des programmes de régéné- ration ou de conversion fourniraient des résultats concrets aussi rapides. 92. Ec Plan ne propose aucun proZranme déterminé pour la culture de subsfisance il priroit simplement certains taux d'accroissement. Les ren- sei crenGs statfstiques existants indiquent des tendances favorables pour la plupart es cultures de subsistance, et les prévisions concernant le niveau de production de produits essentiels tels que le mas, le manioc, le mil et le plantain semblent bien prudentes (voir le Tableau Il de l'Ann£xe statistique). Le projet relatif l la culture du sucre qui a été entrepris loan dernier suit une évolution satisfaisante et le taux d'accrois- sement projet?, qui devrait aboutir l l'autonomie du Cameroun pour ce pro- duit au début des annêes soixante-dix, senble devoir être atteint. La production de riz est Jégèrerent en retard par rapport aux projections du Plan et exigera un effort particulier si l'on veut que toutes les importa- tions soient remplacées par la production locale a partir de 1971. 93. Les perspectives concernant les produits agricoles d'exportation sont assez mal définies. En général, le Plan semble légèrement optimiste en ce qui concerne les cours et modéré pour ce qui est de la production. La mission a évalué le taux d1pccroissement de la production annuelle à ,3 pour cent, mais les projections relatires aux cours qui figurent dans le Plan semblent impliquer que l'indice des cours d'exportation sera plus - ho - ou moins m aintenu au niveau de 1963/6ù. Cette prévision est peut-être trop optimiste et il y a de fortes chances pour que le taux d'accroissement, évalué aux prix constants, dépasse le taux calculé aux prix courants. Le tableau suivant montre les estimations du Plan et celles de la mission concernant l'accroissement de la production pour les principaux produits agricoles d'exportation. Tableau XI. PRODUITS AGRICOLES D'EXPORTATION DANS LE SECOND PLAN (en milliers de tonnnes) 1966/67 1970/71 Plan Mission Cacao 93 130 130 Café robusta 65 6h 6h Ca2é arabica 19 20 25 Arachides 85 120 110 Bananes 100 191 125 Coton 56 75 75 Huile de palme U Lil hb Palmistes 25 20 27 Caoutchouc 13 17 lh Tabac 3,8 2,7 3,5 Thé 0,7 1,0 1,0 Noix de cola 6,1 3,5 8,0 Accroissement annuel total h,3% 4,9% (valeur en prix constants) 9h. les projections du Plan pour la production de cacao semblent rai- sonrbles étant donn le succès initial du programe actuel de relèvement. Les deux pro-ranmes antérieurs ont doté le service de vulgarisation du personnel compétent nécessaire et ont suscité l'intérêt des paysans pour une entreprise manifestement lucrative, de telle sorte que le programme actuel, qui porte sur plus de 70 pour cent de la zone de production de cacao au Careroun, n'a pas rencontré d'obstacles imprévus. L'augmrentation projetée de la production de caLé robusta est fort importante, mais étant donné l'accroissement rapide de ces dernières années, cet objectif peut probablement être atteint, à condition que les cours à la production puissent rester suf- fisaamnent intéressants pour les planteurs. Quant à la production de café arabica, on estime qu'elle a déjà dépassé en 1967/68 l'objectif du Plan, qui était de 20.000 tonnes. On est d'avis au Cameroun que, vu l'effort intensif déployé par l'organisation des planteurs de café arabica pour accroître les rendepents et la superficie de plant'tion, il est possible que la production atteigne 25.000 tonnes à la fin de la période du Plan. Il semble peu pro- bable que la production de bananes atteigne les prévisions du Plan, surtout parce que la conversion à la variété poyo n'a pas été poursuivie avec une détermination suffisante. Pour les autres produits agricoles d'exportation qui figurent dans le Plan, les prévis'ons semblent dans l'ensemble raisonna- bles, quoique les projections concernant la production d'arachides et de caoutchouc soient peut-être quelque peu excessives. - hl - 95. Les prévisions du Plan pour la production de viande supposent un taux d'accroissement annuel de 2,8 pour cent seulement; étant donné les méthodes aléatoires et non hygiéniques appliquées dans l'élevage de bétail, il est possible que cette prévision soit juste. Les perspectives de la production de la pêche sont assez bonnes; l'augmentation récente de la capacité de fabrication de glace à Douala a supprimé l'un des obstacles à l'expansion de cette production. Le taux annuel d'accroissement de 12 pour cent prévu pour l'ensemble des pêcheries semble réalisable. On s'at- tend que la production de bois d'oeuvre atteigne en 1970/71 700.000 m3, dont 300.000 seraient exportés, et cela parait raisonnable. 96. On prévoit que la valeur ajoutée de l'agriculture prise dans son enserb7e aupmentera de 3,1 pour cent par an au cours de la période du deuxière Plan. En raison des fort bons résultats obtenus par l'agriculture de subsistance pour laquelle le Plan semblerait trop pessimiste, il se peut que le taux d'accroissement réel soit supérieur à 4 pour cent par an en prix constants. Cependant, il est peu probable que l'investissement agricole tctai soit conforme aux estimations: il sera vraisemblablement bien inférieur aux 32,J r:illiards de F. CFA prévus, le déficit se situant presque entièrerent dans le secteur public. L'investissement public dans l'agri- culture n'a atteint la prenire année qu'un tiers environ des prévisions du Pinn. Ce fait traduit non pas une insuffisance des efforts actuels en agriculture - car un certain nombre de programmes et de projets enregis- trent des prorès satisfaisants - mais le ranque de prograrmes élaborés de façon adéquate et le manque de personnel compétent susceptible d'être affecté aux projets. Si lion veut augnenter la capacité d'absorption des investissements dans le secteur agricolq, il faudra procéder à des études d'identification et de viabilité plus soigneuses et s'assurer un personnel qualifié plus nombreux. Industrie ranufacturière 97. Les objectifs de production et d'investissement qui figurent dans le second Plan pour le secteur industriel sont nécessairement indicatifs, étant donné que la production industrielle est et restera essentiellement privée. Néanmoins, ils servent d'indication à l'Etat pour déterminer les besoins en matière d'infrastructure et établir un ordre de priorité entre les entreprises qui demandent ; bénéficier des avantages prévus par le Code des investissements. Le Plan prévoit un investissement total de l'ordre de 26 milliards de F. CFA dans le secteur industriel, et un accrois- serert de la production d'anviron 30 pour cent pendant cette période de cinq ans. Le tableau suivant indique les objectifs du Plan pour les in- vestissements et pour la production dans le secteur de l'industrie manufac- turière: t 12 - Tiblcau XI7: L'INISTRIE MANUFACTURIERE DANS LE SECOND PLAN (en milliards de F. CFA) Secteur Investissements Valeur brute Accroissement bruts de la rroduction annmel en % de en 1970/71 la valeur bru- te par rapport à 1963/6h, Transformation de produits agricoles 5,1 23,5 10 Produits chimiques 3,5 5,5 25 Textiles 3,1 8,0 23 Produits en bois 2,3 3,8 15 A uminium 2,8 5,6 6 Matériaux de construction 1,7 1,7 62 Denrées alimentaires 1,9 L,8 16 Boissons et tabac 2,2 7,8 8 Kachines, appareils électriques 2,1 10,h 10 Divers 1,0 2,0 28 Total 25,7 73,1 12,h Source: Deuxième Plan quinquennal 98. On prévoit les plus gros investissements dans la transformation des nroduits agricoles de rapnort. Deux entreprises importantes, une raf- finerie de sucre et une fabrique de beurre de cacao, ont déjà été achevées et l'objectif global devrait être atteint. 99. L*industrie chimique vient au deuxième rang quant à l'importance de l'objectif d'investissement, la construction rrojetée d'une usine d'en- graiis devant entrer pour hO pour cent dans l'investissement total. Le Gouvernement esnère attirer des caritaux étrangers pour la construction de cette usine, qui rroduirait 66.000 tonnes d'engrais à partir de soufre et d'anoniaque imnortés, mais il n'y a encore aucune certitude quant à la dis-onibilité des fonds. A première vue, la taille de ce projet ne paraît pas rentable. 100. On nrévoit d'imeortants investissements dans les textiles. L'in- dustrie sera en mesure de satisfaire à une partie de ses besoins en matières nremières grâce à la nroduction locale de coton. La première année, les investissements et 'a -roduction ont. été élevés et cette industrie semble rirospérer. 1-es objectifs du Plan paraissent raisonnables. - 43 - 101. Les objectifs du Plan pour l'industrie de transformation du bois semblent modestes. Les projections pour la première année ont été dépassées de 9b pour cent et l'on prévoit que la demande intérieure d'ar- ticles tels que les traverses de chemin de fer, les roteaux téléphoniques, le matériel de construction et le mobilier restera forte. L'amélioration de l'infrastructure des transports, notamment le prolongement de la ligne de chemin de fer au-dela de Yaoundé, devrait aussi réduire le cout des transnorts. Le Gouvernement a accordé récemment des avantages fiscaux sréciaux à l'industrie du bois. Seize sociétés ont jusqu'à présent demandé a en bénéficier et ont présenté des mropositions d'investissement pour un montant total de o,5 milliard de F. CFA. Il est donc possible que les Projections du Plan soient dépassées de 10 à 15 pour cent. 102. L'objectif nrincipal de l'industrie de l'aluminium était la construction d'une usine de laminage l Edea. Celle-ci a déjà été achevée et rise en service. Aucun investissement supplémentaire important n'est envisagé au cours du deuxième Plan. La production de lingots d'aluminium est actue7lement limitée nar le manque d'énergie pendant la période sèche de l'été. L'amélioration de l'approvisionnement en électricité devrait permettre l la production de passer du volume actuel de 50.000 tonnes à 58.000 tonnes neu après 1970 sans nouveaux investissements. 103. l'expansion rapide prévue de l'industrie des matériaux de cons- truction est liée à la création d'une cimenterie de 45.000 tonnes dans le nord du pays. Si les exportations vers le Tchad se trouvent limitées en raison de l'abandon récent de l'UDEAC par ce pays, l'usine devra peut-être fonctionner temporairement en-dessous de sa capacité, suivant l'accroisse- ment de la demande intérieure. 10. L'industrie des denrées alimentaires et celle des boissons de- vraient atteindre ou dépasser légèrement les objectifs d'investissement et de production fixés dans le "lan. Toutes deux ont dépassé les prévisions établies pour la prenière année. Pendant cette nériode de cinq ans, on construira - ou l'on a déjà construit -4es boulangeries, des minoteries, des fabriques de chocolat et de beurre de cacao, et les perspectives sont bonnes nour la construction d'une usine de congélation de crevettes et d'une fabrique de fourrage animal, ainsi que d'une fabrique de café soluble. Dans la secteur des boissons, il est probeble que la Production de bière, de Z7ace, de boissons nor alcoolisées et de cigarettes augmente conformé- reni aux privisions dn Flan. 105. Dans l'industrie mécanique et électrique, la plupart des entre- prises sont petites et n'utilisent guère de matériel complexe. Toutefois, les investissements se sont élevés dès la première année à 3A pour cent de l'objectif fini pour les cinq ans, de sorte que les projections qui figurent dars le PKan seront vraisenIablerent dépassées. 106. Si l'on considère le secteur industriel dans son ensemble, les invesuissements comme la production seront probablement plus élevés que les objectifs. L'augmentation de production de 12 pour cent par an qui a été prévue pour la période 1963/64 - 1970/71 eat bien inférieure au - >44 - taux d'accroissement réel enregistré depuis 1960. Il existe encore de nombreuses possibilités d'investir dans le remplacement des importations de biens de consommation simples, et il y a déjà une industrie embryonnaire de semi-produits destinés à la consommation locale; les perspectives pour ces industries demeurent bonnes. Il ne faut pas négliger non plus les pos- sibilités de débouchés dans les pays de lUDEAC, dont le Cameroun est le principal fournisseur industriel. Etant donné qu'il y a de fortes chances pour que le Cameroun ait besoin pendant un certain temps encore dlavoir recours à l'initiative et au capital étrangers, l'évolution industrielle dépendra pour beaucoup du climat politique et de l'attitude du Gouvernement à légard des investissements étrangers. Actuellement, ces facteurs sont favorables, mais le Gouvernement se heurtera inévitablement à des pressions politiques visant à limiter le rôle des étrangers dans liéconomie. Transports 107. On a déjà vu l'importance que présente l'amélioration des ser- vices de transport pour le développement économique général. Il importe particulièrement d1aménager et de développer le réseau routier. Le mon- tant de l'investissement qui doit être consacré à l'aménagement routier est élevé, représentant environ un cinquième de l'investissement total dans le secteur public. Le Plan accorde une importance particulière aux graides routes; il ne prévoit qulun investissement relativement faible pour les routes secondaires et tertiaires. Milliards de F. CFA Pourcentage Grandes routes 11,2 68 Autres routes importantes 2,1 13 Routes de raccordement et voies de desserte 2,2 13 Matériel d'entretien 1,0 6 Total 16,5 100 Les principaux projets concernant les grandes routes sont la jonction de la future tête de ligne du chemin de fer trans-camerounais Ngaoundéré à Maltam dans le nord (718 km), qui sera financée et construite en plusieurs trongons, et la jonction Douala-Tiko-Victoria-Buea (11h km) qui diminuera considérablement la durée du voyage entre l'est et l'ouest. Ce dernier projet est en cours d'exécution. Bien que le Plan fasse état d'améliora- tions de la route Yaoundé-Eiea-Douala, aucune mesure n'a encore été prise à cet effet. Dans l'ensemble, il est prévu de construire ou d'améliorer 1.449 km de grandes routes d'ici à 1970/71. Pour les autres routes impor- tantes, le Plan prévoit des travaux de construction ou d'amélioration sur 480 km. Le texte du Plan ne contient pas de précisions sur la longueur des voies de desserte à aménager. Comme on lia vu au paragraphe 36, l'in- vestissement dans les ponts et chaussées au cours de la première année du Plan (1966/67) a été très inférieur à l'objectif fixé. Il semblerait es- sentiel à l'avenir d'attacher plus d'importance aux routes secondaires et tertiaires; cela stimulerait la production rurale et permettrait d'utiliser plus efficacement les grandes routes. Au début de 1968, le Gouvernement a établi à Douala un centre de matériel d'entretien qui doit être équipé progressivement et qui coutera 8 millions de dollars, soit deux fois le montant des crédits alloués à cette fin dans le Plan actuel. On est également en train de créer une école de formation de spécialistes de l'entretien des routes. 108. Escomptant un accroissement de 4 à 4,5 pour cent du trafic routier de marchandises (9 pour cent pour le trafic urbain), le Plan prévoit que le nombre de nouveaux véhicules immatriculés (camions, au- tobus, et automobiles) passera du total actuel de 4.300 à 6.000 à la fin de la période considérée. Ces estimations semblent raisonnables. 109. L'élément le plus important du programme d'investissement ferro- viaire est le deuxième et dernier tronçon du chemin de fer transcamerouriais. On estime que ce tronçon (de Belabo à Ngaoundéré) reviendra à 43 millions de dollars et le FED, le FAC et l'USAID ont fait savoir qu'ils accepteraient de participer au financement pour 85 pour cent environ. Une équipe NEDECO-BCEOM effectue actuellement une étude préliminaire en vue de la prolongation de la ligne de chemin de fer de Mbalmayo à Bangui (République centrafricaine). Le Plan envisage également d'autres investissements d'infrastructure ferroviaire pour un montant de 2 milliards de F. CFA ainsi que des investissements en matériel roulant de 1,3 milliard de F. CFA. Sur ces deux sommes, la com- pagnie des chemins de fer doit fournir elle-même une part s'élevant à 2,5 milliards de F. CFA. Il est urgent d'avancer rapidement les travaux d'amé- lioration de la ligne centrale (voir le paragraphe 39). Si ces travaux sont menés à bien et si l'investissement nécessaire en matériel roulant est réalisé, il devrait être possible d'atteindre l'objectif du Plan qui consiste à accroître le trafic de 5 pour cent par an. 110. Le Plan n'envisage pas d'investissement important dans les ports du Cameroun, Ce qui est urgent dans l'immédiat, c'est de procéder à des changements de politique qui permettraient de mieux utiliser la capacité actuelle des ports (voir le paragraphe 42). Même alors, Douala risque d'âtre saturé vers 1975,'ou même avant. On vient d'entreprendre une étude sur la possibilité d'agrandir Douala ou bien de construire un autre port de mer en eau profonde à Victori' non loin de Douala. Energie 111. Le Cameroun dispose de nombreuses ressources en eau pour la pro- duction d3énergie, mais il faut de gros investissements pour les exploiter. La Plan prévoit à cet égard un programme d'investissements de 6,3 milliards de F. CFA. La majeure partie de cette somme est destinée à la construction d'un nouveau barrage à MBakaou, sur la Sanaga, ce qui créera un réservoir de 2 3 milliards de m3, et à une nouvelle centrale électrique, Edea III (Edea I et Edea II ayant été respectivement achevées en 1950 et 1958). Ce bàrrage est en construction et sera terminé à la fin de 1969. Deux des 'cinq générateurs ont été commandés et seront livrés en avril 1970. Les trois autres seront installés pour 1973. Le coût du projet de Ibakaou- Edea III - y compris les deux générateurs (4,2 milliards de F. CFA) est financé par des prêts de la Banque européenne d'investissement et la CCCE ainsi que par les fonds que la compagnie d'électricité, ENELCAM, prélève sur ses propres ressources. Il y a lieu de prendre encore les dispositions financières nécessaires pour l'acquisition des trois autres générateurs. - h6 - Le Plan prévoit également d'étudier plusieurs autres emplacements de barr?ges et de centrales hydrsuliques: sur le Mcan, le Nyong, la Sanaga, le Shumi et le Noun au Cameroun oriental, et sur le 1echum, le Cross et l'Ouve au Cameroun occidental. 112. La construction d'Edea III à Hbakaou fournira un gros volume d'énergie supplémentaire, permettant le fonctionnement de l'usine d'alumi- nium à plein rendement et répondant à tous les besoins en énergie de Douala et de Yaoundé jusqu'aux environs de 1980. On s'attend à ce que ces besoins continuent d'augmenter à raison de 12 à 15 pour cent par an. Il est probable que le rythne d'accroissement de la consornation d'énergie dans les centres secondaires s'accroitra encore plus rapidement; au cours des trois dernières années, cette consormmation a augmenté au taux annuel de près de 15 pour cent. La capacité de production de nombreux centres, notamment dans le nord, a été accrue au cours des années soixante et de- vrait suffire pour le reste de la décennie. La plupart des centres se- condaires continueront d'être alirentés par des générateurs diesel relati- verent petits. Education 113. Le système d'éducation s'est développé rapicement. Entre 1960 et 1965, le nombre d'élèves des écoles primaires s'est accru au taux d'en- viron 10 pour cent par an et celui des écoles secondaires a plus que triplé. Le pourcentage d'enfants d'âge scolaire (de 6 à 13 ans) qui £réquentent actuellenent l'école primaire est d'environ 65, bien qu'il existe de nettes différences entre les régions. Le pourcentage de fréquentation scolaire varie en effet de 20 seulement au nord à 95 dans le centre-sud. Cependant, cette expansion ne s'est pas accompagnée d'un accroisseent correspondant du personnel enseignant et des installations: le pourcentage d'enseignants qualifiés, déjà trop faible, a baissé 1/ et ni -.a construction de nouveaux étiblissements ni la fourniture de matériel d'enseignement n'ont suivi le rythme d'accroissement des effec- tifs. En conséquence, la qualité générale de l'enseignement a fléchi: les taux d.'abandons en cours d'études, de redoublements et d'échecs aux examens ont augmenté. D'autre part, on a fait peu de choses pour orienter l'enseigreient vers Les besoins éconoriques et sociaux du pays. llh. La politique actuelle du Gouvernement, exposée dans le second Plan, vlise à améliorer en priorité la qualité et la productivité de l'en- seigneient dispensé plutôt que de développer ce système d'enseignement en géniéral. Vu les remarques précédentes, cette politique est tout à fait .Sustifiée. En ce qui concerne l'enseignement primaire, on s'attache partiLculièrement à pcllier la pénurie d'enseignants qualifiés en créant de nzuvelles écoles normales. On cherche également à résorber le problème de l'insuffisance du nombre de classes. Une certaine augmentation du nombre d'élèves par classe est jugée inévitable, mais en vue de normaliser l'effectif des classes, on a fortement limité cette augmentation, la ramnenant à un chiffre nettement inférieur aux 10 pour cent du début des 1*/ En 196h/65, le pourcentage d'instituteurs qualifiés n'était que de 21 au Cameroun. oriental et de 31 au Cameroun occidental. - 47 - années soixante. On s'efforce également de faire en sorte que le systèrne d'éducation soit plus approprié aux réalités économiques du pays en développant l'enseignement technique et d'autre formes d'enseignement professionnel. On a déjà obtenu dans ce domaine un certain volume d'aide étrangère et l'on cherche à en obtenir davantage. D. Conclusion 115. D'après l'examen ci-dessus des tendances et des perspectives de la production et de l'investissement, il est possible d'établir une comparaison entre les estimations du deuxième Plan et l'évaluation appro- xirative de la -nission. Cette comparaison est donnée dans le tableau suivant. Il est évident que les estimations de la mission ont un caractère provisoire: elles ont pour but de fournir une indication approximative du potentiel d'accroissement économique et de l'importance globale des besoins de financement. Un trait important de ces estimations est l'accroissement considérable des investissements qu'elles indiquent. Au cours des quatre ans qui ont précédé le deuxième Plan, l'investisse- ment a été en moyenne de 22 milliards de F. CFA, alors que notre évalua- tion pour la période du Plan s'élève à 30 milliards de F. CFA par an. L'augmentation prévue est plus importante dans le secteur public ou l'on s'attend à ce que les investissements passent d'une moyenne de 8 milliards de F. CFA avant le Plan à lh milliards. Ces estimations reposent sur les renseignements existants concernant les investissements faits pendant les deux premières années du Plan et l'état d'avancement des projets et des programnes en cours d'exécution. Ces évaluations ne dénotent pas d'augmentation spectaculaire du rapport des investissements au PIB (le rapport de l'investissement au PID resterait à peu près inchangé bien que l'investissement public doive passer d'une moyenne de 4,6 pour cent du PIB à 6,3 pour cent), mais elles indiquent un appréciable accroissement en valeur absolue de la capacité de mettre en oeuvre les projets et programmes de développement. Tableau XIII: PRODUCTION ET IN=ESTISSMENTS DANS LE SECOND PLAN Accroissement annuel de Investissement (en la production (pourcentage)2/ milliards de F.CFA) Plan Mission Plan ission Agriculture 3,> > 32 25 Industrie manufacturière 9,8 16 26 29 Transports 6,9 5 55 h6 Energie 8,9 9 6 6 Autres secteurs 6,6 5 h6 L,6 Secteur public 85 72 Secteur privé 80 80 PIB 5,8 6,6 Total 165 152 a/ Les pourcentages d'accroisserent de la production ne sont pas tout à fait comparables. Dans le Plan, l'année de référence pour le taux d'ac- croissem;ent de la production est 1963/6L, alors que les estimations de la mission ne portert que sur les trois dernières années du Plan, c'est- à-dire de 1968/69 à 1970/71. - 48 - 116. On notera que les estimations faites par la mission aboutissent a un accroissement légèrer-ent plus élevé du PIB et à des investisserents moins importants. Cela s:explique par le fait que les domaines oùý l'on prévoit que les investissements n'atteindront pas les chiffres fixés sont essentiellement ceux où le rendement est lent, en agriculture et dans les transports en particulier, et qui de toute façon n'auraient pas influencé la production prévue dans le second Plan. Compte tenu des investissements réalisés au cours des deux premières années du Plan, les investissements des trois dernières années (1968/69 - 1970/71) devraient stélever selon les estimations de la mission, à 96 milliards de F. CFA; dont 51 r:ililiards dans le secteur public et h5 milliards dans le secteur privé. - 49 - V. PERSPECTIVES FINANCIERES A. Introduction 117. Le programme financier exposé dans le second Plan indique que le Cameroun continue à faire largement fond sur l'assistance extérieure qui fournira, estime-t-on, 37 pour cent du financement. Le gros de l'aide étran- gère ira au secteur public. Quant au secteur privé, les investissements qui y seront faits seront financés presque entièrement par l'épargne de ce secteur lui-même, dont une partie aura cependant été transférée à l'é- tranger. Le cadre macro-économique du Plan fait implicitement ressortir qu'il est prévu que ces transferts continueront d'être importants, plus importants en fait que le flux de capitaux privés investis au Cameroun. 118. Le tableau ci-après résume le programme financier indiqué dans le Plan et donne les estimations comparatives de la mission pour les postes correspondants. Les données et considérations qui ont servi de base à ces estimations seront examinées dans les sections suivantes du présent chapitre. Tableau XIV: SECOND PLAN QUINQUENNAL: SOURCES DE FINANCEMNT (en milliards de F.CFA) Plan Estimations de la Mission 1966/67-1967/6b 196ô/69-1970/71 TOTAL Investissement public 85 21 51 72 A. Epargne publique 30 8 14 22 B. Assistance extérieure 55 13 37 50 Subventions au secteur public 31 Prêts au secteur public 2h Investissement privé 80 35 45 80 A. Epargne privée moins transferts à l'étranger 74 32 42 74 B. Assistance extérieure 6 3 3 6 Subventions au secteur privé 1 Prêts au secteur privé 5 TOTAL 165 56 96 152 - 5o - B. Finances publiques 119. L'action et les finances de l'Etat continueront, parallèlement à l'aide et à l'assistance technique de l'étranger, dlêtre les facteurs décisifs du développement économique du Cameroun. Le secteur privé est dans l'ensemble inactif, sauf en ce qui concerne les entreprises indus- trielles et commerciales modernes qui appartiennent principalement à des étrangers, et il dépend en grande partie de lEtat pour le financement, les compétences techniques et la motivation. L'évolution des finances publicues et de l'aide extérieure présente donc une importance capitale pour le développement économique d'ensemble. 120. Au cours des six dernières années, les recettes de l'Etat ont réagi fort convenablement à la croissance économique. Les recettes cou- rantes globales du Gouvernement fédéral et des deux gouvernements fédérés sont passées de 16 pour cent du PIB en 1963/64 à 17 pour cent en 1967/68. Comme on l'a vu au paragraphe h8, cet accroissement des recettes a résulté non pas tellement du relèvement du taux des impôts que de l'expansion d'ac- tivités soumises à l'impôt, en particulier l'industrie, les transports, le bâtiment et le commerce dans la section moderne de l'économie. L'ap- titude du secteur moderne à s'assurer les ressources financières néces- saires pour lui permettre de continuer à se développer et à représenter ainsi une fraction de plus en plus grande du PIB dépendra dans une grande mesure de l'aide étrangère et du commerce ex-térieur. Pour établir nos estimations données au tableau ci-dessus, nous avons supposé que ces deux éléments ne subiraient aucun changement important et que les recettes con- tinueraient à s'accroître lentement, en proportion du PIB, pour atteindre presque 18 pour cent en 1970/71, soit au taux d'environ 7,5 pour cent par an. 121. Cette proportion du PIB reste peu élevée. Il est souhaitable qu'elle augmente davantage, afin de permettre au pays d'être moins tri- butaire de l'aide étrangèrel/. Cela est particulièrement important étant donné lincertitude actuelle en ce qui concerne le niveau de cette aide (voir le paragraphe 129 plus loin). L'Etat devrait donc chercher à ren- forcer le système des recettes afin d'augmenter l'épargne publique. La mission ne peut guère, après une courte visite, formuler des propositions a ce sujet, mais il apparaît que certains domaines méritent d'être examinés de plus près. (i) Une amélioration de l'administration fiscale entraîne- rait probablement une augmentation des recettes. Les rapports douaniers paraissent actuellement incomplets et semblent se prêter a des indications erronées sur la nature des marchandises ou à des sous-estimations de leur valeur. Il est également possible d'améliorer la vérification comptable des déclarations de revenus et de bénéfices aux fins fiscales, et d'accé- lérer le système de perception. (ii) La question se pose de savoir si l/ Ce nlest pas que le Cameroun pourra se passer d'une grande partie de l'aide étrangère dans un avenir prévisible: cette aide s'accompagne en effet des compétences techniques qui restent essentielles. L'ob- jectif devrait être d'accroître la part du Cameroun lui-même dans le financement de son secteur public. - 51 - une plus grande unification des divers droits à l'importation (unification déjà partiellement réalisée dans le cadre de la "taxe unique" de l'UDEAC) est possible et si elle faciliterait la perception de ces droits. (iii) Certains barèmes fiscaux semblent assez bas et pourraient sans doute être relevés. Au Cameroun oriental, ou se concentre le gros de l'activité éco- nomique du pays, l'impôt sur les sociétés représente 25 pour cent du revenu net; ce n'est pas un pourcentage élevé d'après les normes internationales, et il est probable qu'il pourrait être rehaussé quelque peu sans que cela risque de décourager les investissements. En tant que mesure d'harmonisa- tion fiscale, l'impôt sur les sociétés au Cameroun occidental est mainte- nant ramené de son niveau actuel de ho pour cent à 35 pour cent. Il semble bien que la meilleure solution serait, en fin de compte, d'arrêter l'impôt sur les sociétés à mi-chemin entre ce chiffre et les 25 pour cent actuelle- ment en vigueur au Cameroun oriental. L'impôt sur le revenu est lui aussi faible au Cameroun oriental. Les revenus inférieurs à 200.000 FCFA (800 dollars) sont exemptés de l'impôt tandis qu'au dessus de cette limite, les revenus sont soumis à un impôt progressif à faible pa]lier, la taux le plus élevé n'étant q-u'à 30 pour cent au-dessus du minimum. Les exonérations pour charges de famille sont généreuses: une personne mariée ayant deux enfants à charge et gagnant 8.000 dollars - ce qui est beaucoup au Cameroun - doit payer un impôt égal - 9 pour cent seulement de son revenu. Si l'on abaisse le niveau inférieur imposable, on assujettirait à l'impôt un grand nombre de personnes, et si l'on rend plus rapide le taux de progressivité, on ac- croîtrait aussi fort sensiblement le produit de l'impôt. (iv) Au demeurant, l'augmentation des recettes continuera d'être freinée dans une certaine mesure par les exemptions fiscales accordées aux entreprises qui y ont droit en vertu du Code des investissements. Ainsi qu'on l'a vu au paragraphe 32, ces exemptions sont fort généreuses; et la perte de recettes qui en résulte est très appréciable. Il semblerait donc opportun de soumettre le Code des in- vestissements à une étude sérieuse pour en déterminer les avantages et le coûlt relatifs du point de vue fiscal comme du point de vue macro-économique. 122. Les efforts faits par l'Etat depuis 1967 pour freiner l'accroisse- ment des dépenses courantes ont joué un r8le important dans l'amélioration récente de la situation financière d'ensemble. Le budget de 1968/69 est conçu de manière à limiter l'accroissement des dépenses courantes à 7,5 pour cent, soit un pourcentage d'accroissement analogue à celui qui aura été constaté au cours de l'exercice 1967/68. On se souviendra qu'au cours des quatre années précédentes, les dépenses avaient augmenté à raison de 10 à 1 pour cent par an. Un aspect important de l'effort fait par l'Etat pour réduire les dépenses est la limitation stricte qu'il a imposée aux augmentations de traitement des fonctionnaires. Il est certainement fort souhaitable que l'Etat gère avec la plus grande prudence les ressources dont il dispose pour le développement économique et, dans cet ordre d'idées, qu'il limite autant que faire se peut (dans la mesure où les considérations autres qu'économiques le lui permettent) l'augmentation des dépenses d'adminis- tration générale (y compris les avantages divers dont bénéficient les fonc- tionnaires) et des dépenses de défense nationale. Si l'on réussit à contenir le taux d'augmentation de ces dépenses d'administration, cela laissera beaucoup plus de champ libre pour accroître certains autres postes importants pour le développement économique, notamment ceux qui intéressent les services officiels - 52 - d'agriculture, de sylviculture, de pêche et d'élevage, de commerce et d'in- dustrie, de travaux publics et de planification. Il faut également prévoir une augmentation des contributions et des subventions allant à diverses ac- tivités de développement du secteur privé, qui ont aussi été, ces dernières années, un poste de dépenses courantes en augmentation rapide. Un autre secteur qui aura besoin d'une fraction importante des ressources publiques est celui de l'éducation. On prévoit que les effectifs des écoles primaires s'accroftront au taux annuel de 2,5 pour cent seulement, mais les efforts faits pour relever la qualité et augmenter le nombre des maîtres, et aussi l'accroissement plus rapide des effectifs dans le secondaire et le supérieur, ne manqueront pas de gonfler le poste des dépenses d'éducation. L'un dans l'autre, si l'on réussit donc à maintenir au taux de 5 pour cent par an l'accroissement des dépenses courantes "d'administration", et dans 1'hypo- thèse d'un accroissement total des dépenses courantes de 7,5 pour cent par an, ce qui est l'objectif actuel de l'Etat, les dépenses courantes importantes pour le développement (y compris les dépenses d'éducation) pourraient fort bien augmenter au taux d'environ 9,5 pour cent par an; et si l'on suppose que les dépenses courantes totales s'accroîtront à raison de 10 pour cent, cette augmentation des dépenses de développement pourrait atteindre le taux de 14,5 pour cent par an. 123. La mission n'a pas été en mesure d'évaluer le développement futur probable des dépenses courantes, mais étant donné le personnel réduit de certains des ministères et services de développement, le taux moyen d'ac- croissement de ces dépenses qui paraît le plus probable serait de 10 pour cent. Dans cette hypothèse, et en supposant que les recettes augmenteront de 7,5 pour cent, l'épargne budgétaire de l'Etat pendant les trois dernières années du Plan s'élèverait au total à environ 9 milliards de F. CFA. 124. La contribution des organismes publics et semi-publics à l'épargne publique avait été estimée dans le second Plan à un total de 8 milliards de FCFA, soit à 1,6 milliards par an. Or en 1966/67, cette épargne, y compris celle de l'Autorité des ports et voies fluviales, a été d'environ 1,3 mil- liard. Si les méthodes de gestion sont améliorées et si l'on applique une politique rationnelle des prix, l'objectif du second Plan pourrait être atteint; on peut donc supposer qu'une épargne de l'ordre de 5 milliards de F.FCFA soraréalisée aucours des trois dernières années. 125. Ce montant ne comprend pas les contributions que pourraient ap- porter au financement du développement les caisses de stabilisation des prix du Cameroun oriental et le Marketing Board du Cameroun occidental. Mais comme ces contributions serviront surtout à alimenter l'investisse- ment dans le secteur de l'agriculture privée, la mission les a considérées comme un élément de l'épargne privée. Les caisses de stabilisation du Ca- meroun oriental ont deux fonctions. Tout d'abord, elles amortissent l'effet des fluctuations des cours, en effectuant des prélèvements lorsque les cours à l'exportation sont plus élevés que les prix à la production fixés par ces caisses (voir l'Annexe statistique, Tableau 12) et en accordant des subsides lorsque les cours sont au contraire plus bas. Leur deuxième fonction est semi-fiscale. Les prix à la production, tout en étant dans l'ensemble fixés à un niveau assez élevé pour inciter les exploitants à continuer de s'inté- resser aux produits qu'ils cultivent, n'en laissent pas moins, au cours des - 53 - bonnes années, une marge appréciable qui peut être utilisée pour le déve- loppement économique sans risquer d'épuiser l'encaisse de ces organismes de stabilisation. En fait, les capitaux ainsi dégagés sont une source importante d'investissements. Nous avons déjà mentionné le concours que les caisses de stabilisation apportent à la campagne de lutte contre la maladie du cacao ainsi que la part qu'elles se proposent de prendre à la réalisation du projet relatif à l'huile de palme. Au Cameroun occidental, le Marketing Board remplit les mêmes fonctions. Dans l'ensemble, il est souhaitable d1améliorer encore l'administration financière des caisses de stabilisation, afin de leur permettre d'apporter une contribution maximale au d6veloppemient éccnorique. A l'heure actuelle, ces organismes ne semblent guère en mesure de présenter un tableau clair et précis de leur situation financière. Les retards dans le versement des subsides aux entreprises com- merciales et dans le recouvrement des contributions de celles-ci sont monnaie courante; clest ainsi que les sommes dues à la Caisse du cacao par les expor- tateurs représentaient, à la fin d'avril 1968, un total de 3 milliards de F CFA (12 millions de dollars), ce qui revient à un gros emprunt sans intérêt consenti de fait au secteur privé. En regard, cette même caisse est débitrice à l'égard des exportateurs, le montant de cette dette étant toutefois infé- rieur à la créance précédente. En dernière analyse, la contribution éventuelle des caisses de stabilisation au développement économique dépend non seulement d'une meilleure administration mais surtout, évidemment, du niveau des cours internationaux. Si la marge bénéficiaire actuelle entre les cours à l1expor- tation et les prix de production se maintient, il y a tout lieu de croire que cela libérera entre 1 et 2 milliards de FCFA par an pour le développement économique. C. Epargne du secteur privé 126. L'accroissement de l'épargne privée a été ces derniers temps l'un des aspects favorables du développement économique. Cette épargne continuera- t-elle à augmenter au mêie taux relativement rapide? Cela dépendra, pour ce qui est de l'épargne purement financière, de l'augmentation des revenus com- merciaux et familiaux et aussi, pour une bonne part, du maintien d'un climat favorable aux investissements, c'est-à-dire d'un climat de confiance dans l'avenir de l'économie camerounaise en général. Quant au secteur rural, 1'épargne y prend notaient la forme de construction de huttes, de travaux de dórichement ou d'accroissement des troupeaux de bétail, épargne qui, par sa nature même, n'est pas transférable et est donc moins influencée par les facteurs extérieurs. Dans le second Plan, il est prévu que ce type d'épargne représentera un total de 7,8 milliards deF.CFA au cours de la période quin- quennale. Cela représenterait environ 4 pour cent du PIB créé dans le sec- teur de l'agriculture de subsistance, ce qui est sans doute une proportion trop faible; on est en droit de supposer que cette épargne sera en fait deux fois plus importante. 127. Une caractéristique importante de l'économie du Cameroun est la liberté d'entrée et de sortie des capitaux privés. La balance des paiements a fait ressortir tous les ans, jusqu'ici, un important retrait net de béné- fices et de revenus privés, contrebalançant presque les apports d'aide étran- gère (voir le paragraphe 13). Ces retraits stexpliquent par le fait que beaucoup d'entreprises appartiennent à des étrangers et sont gérées par des étrangers, et aussi par les virements que fait régulièrement le per- sonnel étranger d'assistance technique. Afin de conserver au Cameroun une plus grande partie de cette épargne, les pouvoirs publics pourraient envisager d'établir des conditions plus intéressantes pour les déposants et, plus précisément, de relever les taux d'intérêt des dép6ts bancaires à terme, actuellement assez bas, et d'émettre des obligations d'Etat en dénominations raisonnablement petites pour convenir au grand public et à des taux d'intérêt et avec des délais de rachat attrayants. 128. Il est difficile de prédire l'évolution future de l'épargne privée et des entrées et sorties de capitaux privés. On est apparemment en droit de supposer que, comme précédemment, le Cameroun pourra retenir ou recevoir des ressources financières dans la mesure oû il y aura de bonnes conditions d'investissement. Les arrangements institutionnels actuels, et notamment l'absence de toute restriction sur le change et les étroits rapports finan- ciers du pays avec la France et avec le Marché commun, font supposer que le principal facteur limitatif du développement du secteur privé ne sera pas d'ordre financier. C'est d'ailleurs ce que le Plan implique plus ou moins à cet égard. Cependant, le Plan prévoit également qu'un certain nombre de programmes de développement du secteur privé seront financés grâce à 1'aide officielle étrangère, et la mission en a diîment tenu compte pour établir ses estimations . D. Ressources extérieures 129. Les besoins en ressources extérieures pour la fin de la période du Plan s'élèvent, selon les estimations de la mission, à 40 milliards de F.CFA (160 millions de dollars), et à près de 42 milliards Q,8 millions de dollars) si l'on tient compte du remboursement de la detteý . Le gros de ces besoins (37 milliards de F.CFA, et 39 si l'on y inclut le remboursement de la dette) se situe dans le secteur public. Il s'agit là d'un montant très supérieur à celui de l'aide étrangère obtenue au cours des trois der- nières années, à savoir 26 milliards de FeCFA. Mais cette augmentation est liée E l'accroissement de la capacité d'absorption mentionnée au précédent chapitre. En fonction de ces estimations, on obtient l'analyse ci-après des besoins financiers du Cameroun. L'aide déjà promise couvrira une partie fort importante des besoins. Le montant des prêts encore non utilisés repré- sente, grosso modo, de 40 à 45 millions de dollars. Si l'on y ajoute l'aide accordée sous forme de subventions par le FAC et le FED, on arrive pour l'aide non utilisée mais fermement promise au total d'environ 75 millions de dollars. If Cela comprend l'assistance technique relative aux divers projets, mais non la contribution de la France au titre des traitements des enseignants et des fonctionnaires, contribution qui représente actuellement environ un milliard de F.CFA par an. Si cette contribution vient à être réduite ou supprimée, les dépenses de l'Etat s'en trouveront augmentées d'autant et l'épargne publique réduite. - 55 - Certains de ces engagements étant destinés à des projets qui seront lents à donner des résultats concrets, il est probable que les versements au cours de la période considérée ne dépasseront pas 60 millions de dollars. Quant à l'aide escomptée, elle portera notariment sur le deuxième tronçon du chemin de fer transcamerounais, pour lequel on négocie actuellement des apports de capitaux étrangers d'un montant total de 38 millions de dollars, et sur le projet relatif à l'huile de palme au Cameroun oriental, pour lequel on ob- tiendrait 9,6 millions de dollars. Il est prévu que le transcamerounais sera achevé à la fin de 1971, de sorte que les décaissements correspondants se feraient presque entièrement au cours de la période du Plan. Au contraire, les décaissements afférents au projet relatif à l'huile de palme ne devraient pas être terminés avant 1975. Il nien resterait pas moins à trouver une aide nouvelle pour un montant d'environ 65 millions de dollars, et l'on peut se demander si c'est là une chose possible. Eh effet, l'aide française, qui a joué un si grand r6le dans le financement du développement du Cameroun jus- qu'à présent, semble moins certaine dans les circonstances actuelles, tandis que toute aide nouvelle du FED est conditionnée par le renouvellement de la Convention de Yaoundé. 130. L'épargne publique ne couvrira que 27 pour cent environ de l'inves- tissement public prévu. En outre, une partie de l'investissement public con- tinuera d'aller à un certain nombre de travaux tels que la construction d'h6- pitaux, d'écoles primaires et de bâtiments administratifs qui ne présentent aucun attrait pour les capitaux étrangers. Etant donné que ces travaux seront donc entièrement financés sur le Trésor, la part de l'épargne publique dans les projets convenant au financement mixte s'en trouvera encore réduite. Il faudra donc qu'une fraction plus importante de ces projets soit financée sur l'aide étrangère; et cela implique, en particulier pour les projets agricoles, le financement d'une partie des frais locaux. 131. Si la capacité d'absorption se révèle, au cours des quelques années à venir, plus faible que la mission ne l'avait estimé, les besoins d'aide di- minueraient en proportion. Mais si notre évaluation est dans l'ensemble exacte, et si l'aide extérieure reste en deçà de 42 milliards de F. CFA, iL faudra que le Gouvernement révise sérieusement ses priorités dans l'affectation des res- sources globales, dans l'intér§t du développement économique. Cela demande- rait sans doute d'énergiques mesures fiscales, analogues peut-être à celles qui sont suggérées au paragraphe 121, et un effort rigoureux pour freiner l'accroissement des dépenses courantes. Il semblerait opportun de préparer dès maintenant un plan de remplacement qui permettrait de faire face à une telle éventualité. 132. La dette publique extérieure du Cameroun s'élève à 133 millions de dollars. Le gros de cette dette a été obtenu à des taux d'intérêt assez fai- bles, compris entre 2 et 5 pour cent, et avec des délais de remboursement de 10 à 15 ans. C'est au début des années 1970 que le service de cette dette atteindra son maximum, qui sera d'environ 7,2 millions de dollars, soit l'équi- valent de 4 à 5 pour cent du produit escompté des exportations. Etant donné que ses exportations sont fort diversifiées, de sorte que leur produit ne peut guère être affecté par des fluctuations soudaines des cours, et étant donné sa situation financière raisonnablement solide, le Cameroun ne devrait pas éprou-- ver de grosses difficultés à assurer ce service de la dette, et une augmenta- tion modeste de cette dette, aux conditions traditionnelles, serait justifiée. Mais comme le pays est pauvre, et la route du développement très longue encore, il ne faut pas que la dette devienne trop lourde; aussi est-il souhaitable que la plus grande partie de l'aide étrangère au Cameroun soit accordée à des con- ditions de faveur. VI. ANNEXE STATISTIQUE Tableau No. I. DETTE EXTE IEURE Dette publique e:-térieure non amortie, à moyen terme et à long terme 1 Paiements estimatifs futurs pour service de la dette extérieure 2 II. POPULATIY Population totale et population active 3 Accroissement démographique par zones III. PRODUCTION ET DEPENSES Utilisation des terres 5 Principaux produits de subsistance 6 Principales cultures marchandes au Cameroun oriental 7 Principales cultures marchandes au Cameroun occidental 8 Bétail et pêches 9 Production de coton au Cameroun oriental 10 Production agricole et objectifs du Plan 11 Prix à la production fixés par les caisses de stabilisation des prix agricoles 12 Projection des cours des principaux produits d'exportation faites dans le second Plan 13 Parc total de véhicules à moteur 14 IZmatriculation de véhicules autamobiles et capacité des transports au Cameroun oriental 15 Inventaire des routes 16 Coût dl exploitation des véhicules 17 Statistiques ferroviaires 18 Trafic portuaire 19 Trafic des aéroports commerciaux 20 Production dtélectricité 21 Consommation dt'électricité 22 Schéma des dispositions du Code des investissements 23 Evolution de l'emploi permanent au Cameroun oriental 24 Dépenses entrant dans le PIB 25 Deuxième Plan quinquennal - ventilation de l'investissement, public et privé 26 IV, FINANICES PUBLIQUES Budget global de la Fédération et des Etats 27 Recettes et dépenses courantes du Gouvernement fédéral et des gouvernements fédérés 28 (ii) Tableau No. V. MONNAIE, CREI2 T PP Situaticn montaire 29 Classification par industries des prêts et avances déclares 30 Banque camerounaise de développement - nouveaux prgts 31 Banque camerounaise de développement - prêts et investissemenbs non amortis 32 Indices dui coût de la vie 33 VI. CM-MRCE EXTERIETJR ET D.AANCE DES PAIENTS hcportations en valeur et en volume 34 Importations en valeur 35 Balance comerciale par zones 36 Versements d'aide étrangère 37 Balance des paiements 38 Tableau 1: CAIRO[N, DETTEFJLIQUE, EXTERIURE NON AMORTIE, A MOYEM TERM ET A LONG TEMR , Y CC[PRIS LE SOLDE NON UTILISE AU 31 DE EMRE 1967 Dette remboursable en devises (en milliers de dollars) Dette non amortie au 31 décembre 1967 Articles Fraction Y compris décaissée la fraction non décaissëe DETTE,j PUBLIQJE EXTERIEURE TOTIALE 248.064 80.179 Obligations émises sur le marcné 50 50 Prêts de la BIRD 7.000 Crëdit de l'IDA 87 11.000 Prêt du Fonds européen de dëveloppement - 6.4ô2 Prêt du Gouvernement des E.U. - AID 6.509 13.000 Prêts des gouvernements d'autres Etats membres de la BIRD: 41.019 U.647 Royaume -Uni 754 1.594 France 40.265 4-.054 Q Dette à échéance initiale ou prolongee d'un an ou plus. Q 1on compris un certain nombre d'emprunts pour lesquels on ne dispose pas de données précises. Si l'on en tenait compte, ceJa ajouterait un montant estimatif de 5-j millions de dol'las au total de la dettý. non amortie (y compris la fraction non dëcaissée). Source: Division du service statistique (Département des Etudes Economiques) de la BIRD et renseignements fournis par le Ministère de la plani- fication. Tableau 2: CAMERCUN, PAIEMENTS ESTIMTIFS FUTURS POUR SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE NON AMORTIE, A MOYEN TEIUE ET A.LOMG TERME, Y COMPRIS LE SOLDE NON DECAISSE AU 31 DECEMBRE 1967 Dette remboursable en devises (en milliers de dollars) Dette non amortie (début de période) Paiements au cours de la période y compris la fraction Année non décaissée Amortissement Intérêt Total Grand Total 1968 79.339 1.543 57h 2.118 1969 77.796 1.602 573 2.175 1970 76.19h 1.626 550 2.176 1971 74.568 1.6o4 527 2.131 1972 72.96h 1.471 505 1.975 1973 71.493 1.427 681 2.108 1974 70.066 1.154 849 2.002 1975 68.912 1.h87 876 2.363 1976 67.425 1.463 857 2.320 1977 65.962 1.629 940 2.569 197b 64.333 1.988 1.045 3.033 1979 62.345 2.081 1.037 3.118 1980 60.265 2.135 998 3.133 1981 58.130 2.239 958 3.197 1982 55.891 2.304 914 3.219 / Y compris toutes les dettes énumérées au tableau 1, sauf un prêt de 840.000 dollars db Royaume-Uni dont on ne connait pas les conditions exactes. Si l'on inclut ce prêt ainsi que les divers autres dont il n'a pas été tenu compte dans le tableau 1, le service total de la dette ei 1968 serait d'environ 3,6 millions de dollars, et il attein- drait le chiffre estimatif de 7,2 millions de dollars en 1971/72. Source: Division ci service statistique (Département des Etudes Economiques) de la BIRD et renseignements fournis par le Ministère de la plani- fication. Tableau 3: POPUITION TOTALE ET POPUIATION AT1LL IU CAM-PRMUN AU MT.TEU DE 1968 (CHIFFRES ESTIMAT]FS) (en milliers de personnes) Cameroun oriental Cameroun occidental Fédération Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total Homes Femmes Total - - - Sources c),b) - - - - - - - - Source b) - - - - - - - - - Source c) - - - - - Population totale 2.067 2.248 h-315 561 573 1.134 2.628 2.821 5.449 'Par groupes d'âge: Moins de 15 867 831 1.698 275 276 551 1 142 1 107 2 249 15 - 29 433 559 992 149 153 302 582 712 1 294 30 - 49 489 587 1.076 102 108 210 591 695 1 286 5o - 64 200 201 hoi 29 29 58 229 230 459 Plus de 64 78 70 148 6 7 13 84 77 161 En age de travailler (15 - 64) 1.122 1.347 2.469 280 290 570 1.402 1.637 3.039 - - - - Sources a), d) - - - - - - Source b) - - - - - - - -Sources a), b),d) - - - - Travaillant pour camnpte propre dans l'agriculture 672 1.118 1.790 168 245 413 840 1.363 2.203 Ouvriers agricoles 138 7 145 19 1 20 157 8 165 Travailleurs industriels 27 2 29 3 * 3 30 2 32 Fonctionnaires 29 3 32 13 1 14 42 h 46 Tautes autres catégories 164 32 196 41 7 48 205 39 244 En âge de travailler mais économiquement non actifs 92 185 277 36 36 72 128 221 3h9 / Y compris les ouvriers saisonniers qui ne représentent une fraction importante que dans la catégorie des "ouvriers agricoles" (environ 80%). /2 Comprenant le secteur tertiaire privé, l'artisanat local et diverses occupations non déterminées. Sources: a) Estimations de la mission. b) Enquête démographique faite en 1964 sur la population di Cameroun occidental par le inistère des affaires économiques et du Plan, extrapol,e par la mission jusqu'en 1968. c) Direction de la statistique. d) Rapport sur les statistiques du travail pour le Cameroun oriental, Année 1966, Ministère du travail et des lois sociales. Tableau h: CAMEROUN, ACCROISSEMENT DEMOGRAPHIQUE DANS LES ZNDD UR ET DANS LES ZONES RURALES, DE 1959 à 1975 (estimations en milieu d'année, en milliers) Taux draccroissement 1963 - 1975 1959 1963 1970 1975 (pourcentage) Région Z.urbaines Z.rurales Total Z.urbaines Z.rurales Total Z.urbaines Z.rurales Tota Z.urbaines Z.rurales3 Total ZUZ T. Centre-sud 115 850 965 150 900 1.050 230 1.000 1.230 310 1.060 1.370 6,3 1,h 2,2 Région cOtière 240 215 455 300 2h0 Sho 420 310 730 530 380 910 4,7 h,O h,5 Ouest 80 595 675 90 620 710 1h0 630 770 210 610 82o 7,4 -0,1 1,2 Est 10 205 215 10 225 235 10 260 270 15 280 295 3.5 1M 9 2.3 Total Cameroun sud 445 1.865 2.310 550 1.985 2.535 800 2.200 3.000 1.065 2.330 3.395 5,7 1,0 2,5 Total Cameroun nord 65 1.315 1.380 100 1.350 1.450 130 1.470 1.600 160 1.540 1.700 _10 1 1 1 Total Cameroun oriental 510 3.180 3.690 650 3.335 3.985 930 3.670 4.600 1.225 3.870 5.095 5,3 1,3 2,1 Total Cameroun occidental 90 830 920 135 885 1.020 170 1.030 1.200 200 1.150 1.350 3&6 2M 3 2.4 Total Fédération 600 4.010 h.610 785 4.220 5.005 1.100 h.700 5.800 1.425 5.020 6. U5 5,o 1,5 2,1 / Par zone urbaine on entend toute agglomération de plus de 5.000 habitants. 7- 1959-70: estimations de la Direction de la statistique; 1970-75: estimations de la mission, fondées sur les mêmes hypothèses relatives aux taux d'accroissement démographique. /3 Taux d'accroissement effectifs, compte tenu des migrations inter-zones; il peut y avoir des inexactitudes apparentes, dues au fait que les données annuelles ont été drrandies. Sources: Direction de la statistique et estimations de la mission. Tableau 5: UTILISATICN DES TERRES AU CAIMOUN (en milliers d'hectares) ,ameroun Cameroun oriental occidental Total % Superficie totale h3.250 4.295 47.545 100 Superficie des terres 42.700 4.295 46.995 98,8 Terrains agricoles: Prairies et pâturages /l permanents 8.000 254 8.254 17,4 Terres arables et terres cultivées en permanence 1.590 hoh 1.994 4,2 Jachères 5.410 911 6.321 13,3 Terrains boisés 22.890 945 23.835 50,1 Autres terrains: Non utilisés mais potentiel- lement productifs 4.000 1.721L' 5.721 12,0 Terrains bâtis, terrains vagues, autres 1.360 60 1.420 3,0 Q Estimation de la mission. Sources: Cameroun oriental: Annuaire de la production, FAO, 1966 (chiffres partiellement fondés sur des estimations), et données de 1954; Cameroun occidental: The Economic Potential of West Cameroon (SRI), et estimations de 196h. Note: Les définitions de ces diverses rubriques ne sont pas toujours les mêmes. Les statistiques données dans ce tableau n'ont qu'une valeur indicative. Tableau 6: CMEROUJN, PRINCIPAUX PRODUITS DE SUBSISTANCE (en milliers de tonnes) Superficie cultivée 1960/61 1961/62 1962/63 1963 - 1964/65 19667 (milisers d'ha) Cameroun oriental Ikgumes africains n.d. 29 6 2 6 13 (1965/66) 9 Marante 545 32h 514 676 450 395 89 Lkgumes européens n.d. 1 2 2 2 10 6 Mais 97 109 .175 216 170 246 221 Manioc 581 435 h7 417 446 461 87 Mil, sorgho 354 312 336 377 484 554 486 Oignons 8 6 1 2 1 5 1 Paddy 7 4 9 il 14 13 il Plantains 513 525 661 696 695 585 106 Pammes de terre * * * 32 39 12 2 Citrouilles n.d. 42 6 9 5 7 19 Sésame 6 3 5 2 3 2 6 Canne a sucre 53 32 52 113 39 44 17 Ignames n.d. 95 292 230 238 320 80 Autres produits --- n o n d i s p o n i b 1 e --- Cameroun occidental Feves 10 9 10 (196h/65) 1 Manioc 28 27 29 40 Mals 50 40 42 81 Paddy non 2 2 3 non h Plantains 170 159 159 ) Pommes de terre disponible 30 31 33 disponible ) 85 Légumes 40 4O 01 ) Ignames 178 178 182 40 Autres produits --- n o n d i s p o n i b 1 e Sources: Camercun oriental, Direction de l'agriculture. 1'ameroun occidental, Statisticai Service, Buea. Tableau 7: CAEROUN ORIENTAL, PRINCIPALES CULTURES MARCHANDES (en milliers de tonnes, sauf indication contraire) 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 Bananes / "Poyo" n.d. 7,6 8,7 8,4 15,4 29,1 n.d. "Gros-Michel" n.d. 68,5 57,5 69,4 48,9 37,6 n.d. Production totale 73,0 76,1 66,2 77,8 64,3 66,7 n.d. Cacao A 67,7 70,0 85,2 89,4 80,8 87,0 90,0 (e) Café / "Arabica" 6,9 7,7 10,7 11,6 15,6 12,0 15,0 (e) "Robusta" 34,4 34,9 34,7 32,4 48,8 42,6 50,0 (e) Production totale 41,3 42,6 45,4 44,0 64,4 54,6 65,0 (e) Coprah / - 0,4 0,4 0,7 1,1 0,3 n.d. Coton 13 25,1 41,4 45,6 44,0 57,5 55,8 n.d. Arachides A 54 66 74,9 78,3 82 n.d. n.d. Cola Q 2,6 2,7 3,2 3,3 5,1 6,1 n.d. Palmistes / 20,0 22,8 21,1 15,7 16,3 18,0 n.d. Huile de palme et de palniste 1 22,0 27,0 32,7 30,0 31,2 27,3 n.d. Ananas / n.d. 2,4 2,8 2,8 2,8 3,2 n.d. Caoutchouc /l 4,6 4,1 4,3 4,5 4,7 4,8 n.d. Bois d'oeuvre (milliers de m3) / En grumes 394 381 478 480 Sciages 79 65 97 96 - non disponible - Production totale 473 446 575 576 Tabac 17 Haché 17 1,7 1,8 0,7 0,8 2,2 n.d. En feuilles n.d. 1,0 1,2 1,4 1,3 1,6 n.d. Production totale n.d. 2,7 3,0 2,1 2,1 3,8 n.d. Source: Direction de l'agriculture (DA). 2 Sources: DA jusqu'en 1966/67; 1967/68 - estimations de la Caisse de stabilisation. 3 Source: Compagnie française pour le développement des fibres textiles (CFDI). Sources: 1960/61-1961/62 - Annuaire de la production, FAO, 1966; 1962/63 - ajustements théoriques faits par la mission; 1963/64 - Institut de recherche pour les huiles et oléagineux (IRHO); 1964/65-1965/66 - Annuaire de la production, FAO, 1966; 1966/67 - estimations de la mission. Les statistiques de la FAO s'appliquent aux années civiles. 1 H1uile de palme et de paniste. Sources: Annuaire de la production, FAO (chiffres valables pour les années civiles) jusqu'en 1965/66; 1966/67 - estimations de la mission. /6 Inspection cÔtiére fédérale seulement - qui groupe la plus grande partie de la production. Q Source: Précédent rapport de la BIRD. Tableau 8: CAMEROUN OCCIDENTAL, PRINCIPALES CULTURES MARCHANDES (en milliers de tonnes, sauf indication contraire) 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Bananes CDC / 34,4 32,7 214,9 17,2 16,8 12,2 11,1 Autres 57,0 54,3 42,8 34,1 n.d. n.d. n.d. Production totaleL 91,14 87,0 67,7 51,3 n.d. n.d. n.d. Cacao CDC A 0,2 0,1 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 Autres 9,0 4,3 5,2 8,6 5,8 6,2 6,2 Production totalel 9,2 4,4 5,3 8,8 6,0 6,14 6,4 Caf 6 "Arabica" 3,8 n.d. 3,6 n.d. 6,5 6,5 5,8 "Robusta" n.d. n.d. 3,1 n.d. 3,0 2,3 1,5 Production totale n.d. n.d. 6,7 n.d. 9,5 8,8 7,3 Palmistes CDC tl 2,14 2,0 2,5 1,9 2,7 2,0 2,1 Autres 1 3,5 3,3 3,1 4,2 4,4 4,5 4,6 Production totale 5,9 5,3 5,6 6,1 7,1 6,5 6,7 Huile de palme CDC / 6,3 4,9 7,3 5,9 8,2 6,4 7,2 Autres L 3,8 3,h 4,9 7,1 9,7 10,2 11,9 Production totale 10,1 8,3 12,2 13,0 17,9 16,6 19,1 Poivre (milliers de kg) CDC a 36,4 35,3 28,0 44,1 33,0 38,6 59,8 Production totale--- données non disponibles --- Caoutchouc CDC / 3,8 4,2 5,1 14,9 6,4 6,7 7,3 Autres / 1,1 1,4 Production totale --- données non disponibles --- 7,8 8,7 Thé (milliers de kg) CDC / 83,1 101,4 1-48,4 197,9 318,9 428,0 478,2 Autres do --- données non disponibles --- 288,0 285,8 Production totale 716,0 761j,0 Dois d'oeuvre En grumes --- données non disponibles --- Sciages Production totale Source: Cameroon Development Corporation (CDC) Source: BIRD. Sources: BIRD jusqu'en 1964; 1965 - Statistical Service (Buea); puis Groupement inter- professionnel pour l'étude et la coordination des intérets économiques (GICAM). Sources: Chambre de commerce (CC) jusqu'en 1965; puis GICAM. Sources: BIRD jusqu'en 1964; puis estimations de la mission et de la BIRD; 1962 - ajus- tements théoriques faits par la mission. /6 PAMOL seulement; on ne dispose pas de données sur la production des petits exploitants. Sources: Institut de recherches pour les huiles et oléagineux (IRHO) jusqu'en 1966; 1967 - GICAM. /7 Source: GICAM. Note: Les chiffres des colonnes pour lesquelles aucune source n'est indiquée sont résiduels. Tableau 9: CAMEROJN, STATISTIQUES DU BETAIL ET DES PECHES (en milliers de têtes, sauf indication contraire) Bovins Moutons Chèvres Porcs Anes Chevaux Volaille Autres / Animaux vendus sur pied /1 1964 222 241 373 151 13 6 882 9 1965 213 320 162 143 1 3 1.515 13 1966 266 201 290 165 15 3 1.568 16 Animaux abattus / 1963 87 21 - 18 - * - n.d. 1964 109 29 7 20 - * 2 n.d. 1965 110 24 h 21 - * 3 n.d. 1966 119 21 8 20 - 10 n.d. Importations d'animaux 1964 13 4 - - - - 8 * sur pied 1965 20 1 - - - - 1 * 1966 17 1 * - - - 55 * Exportations d'animaux 1964 2 * - - - - - n.d. sur pied 1965 2 - - - - * - n.d. 1966 3 - - - * - n.d. Stock animal 1 fin 1966 1.883 1.468 1.900 279 51 21 7.360 n.d. Poisson frais amené à Douala (en milliers de tonnes) 1960 3,2 1961 3,8 1962 5,3 1963 7,6 1964 8,1 1965 8,h 1966 11,2 1967 (e) 15,0 Ventes d'animaux inspectés seulement; Q Abattage après inspection seulement; Q Estimations officielles; Chats, chiens, lapins. Source: Direction de l'Elevage et des Industries Animales. Tableau 10: CAMEROUN ORIENTAL, PRODUCTION DE uOTON Superficie totale Production Rendement / (milliers d'ha) (milliers de t.) (kg/ha) 1951/52 1,4 0,5 370 1952/53 11,9 h,5 380 1953/54 23,0 7,1 308 1954/55 38,9 16,1 41t 1955/56 46,7 17,h 375 1956/57 50,1 16,7 33L 1957/58 50,2 20,9 415 1958/59 49,5 22,3 U50 1959/60 55,3 21,0 379 1960/61 5h,8 29,2 533 1961/62 63,4 25,1 396 1962/63 67,9 41,4 612 1963/64 72,2 45,6 631 1964/65 78,9 44,O 557 1965/66 91,8 57,5 627 1966/67 97,8 55,8 570 / Il peut y avoir des inexactitudes approximtives, car les chiffres ont été arrondis. Source: CFDT, Rapports annuels. Tableau l: CA}EROUN, PRODUCTION AGRICOLE ET OBJECTIFS DU PLAN (en milliers de t., sauf indication contraire) Produit PgoductIon r,ele Ob1ectif du Plan 16/6hm 1965/66,L-I 1966/67/4 1970/71 Mais 288 265 Manioc 490 460 Mil, sorgho 554 455 Paddy 16 34 Plantains 745 850 Pommes de terre 47 7 Canne à sucre h 220 Ignames, cocoyams, patates douces 895 995 Bananes 100 191 Cacao 93,4 130 Café arabica 18,5 20 Café robusta 44,9 64 Coton 55,8 75 Arachides 85,0 120 Noix de cola 6,1 3,5 Palmistes 24,5 19,6 Huile de palmeA h3,9 40,5 Poivre (en milliers de kg., 59,8 97,0 CDC seulement) Ananas 3,2 8,0 Caoutchouc 12,6 17,0 Thé (milliers de kg.) 716 980 Tabac 3,8 2,7 Viandes: Boeuf 32,7 38,0 Mouton-chévre 13,9 17, 5 Porc 6,1 8,9 Volaille h,l 5,2 Pêche industrielle 15é 30,8 Pêche traditionnelle 55 70,0 / Y compris l1huile de palme et de palniste produits au Camercun oriental. 2 Données disponibles les plus récentes. Données disponibles les plus récentes, y compris les estimations de la mission pour le Cameroun occidental. /4 Données disponibles les plus récentes; celles du Cameroun occidental se rapportent aux années civiles, et celles du Cameroun de l'est aux années découpées d'après les campagnes agricoles. & Année civile 1967, Sources: Deuxième Plan quinquennal de développement et sources indiquoes dans les tableaux 6 à 10. Tableau 12: CAIEROUN1: PRIX A LA PROIJCTION FIXES PAR LES CAISSES DE STABILISATION DES PRIX AGRIGOLES A (en francs CFA le kilo) 1960/61 1961/62 1962/63 1963/6h 196h/65 1965/66 1966/67 1967/68 Cacao Supérieur n.d. ,n.d. n.d. 75 85 55 65 65 Moyen n.d. n.d. n.d. 72 80 45 55 55 Inférieur - - - - - 20 25 25 Coton A grains blancs 27 28 28 28 28 28 28 28 A grains jaunes 27 28 28 28 28 28 28 28 Non trié 26 26 26 26 26 26 26 26 Café robusta - 96 90 105 127 100 115 n.d. Arachides 27 28 28 27 27 26 25 24 Q ]] existe une caisse analogue pour le café arabica. Elle prélève actuellement 15 F'FA au kilo de l'Union des coopératives de café arabica de l'Ouest (UJCAO) et de coop-Agro, qui assurent la distribution comnerciale de ce café. Source: Ministère du commerce et de l'industrie. Tableau 13: CAMEROUN, PROJETIONS DES COURS FIGURANT DANS LE DEUXIEME PLAN POJR LES PRICIPAUX PRODUITS AGRICOLES D'EXPORTATION (en FCFA la tonne) Produit Prix à la production Cours f.o.b. 1963/64 1970/71 19376 1970/71 Bananes 23.000 23.000 32.700 32.700 Cacao 70.000 55.000 122.000 107.000 Café arabica 174.500 185.000 n.d. Café robusta 99.000 97.000 n.d. Coprah 26.000 28.000 41.600 h3.000 Coton 31.000 29.000 n.d. Arachides 21.000 18.000 39.oo Ul.000 Noix de cola 90.000 90.000 120.000 120.000 Palmistes 18.000 19.000 33.000 34.200 Huile de palme h0.500 38.000 45.000 n.d. Poivre 170.000 200.000 200.000 230.000 Caoutchouc 65.000 70.000 n.d. Thé 120.000 120.000 n.d. Tabac en feuilles 182.000 190.000 538.000 575.000 Tabac haché 60.000 55.000 115.000 110.000 Source: Deuxième Plan quinquennal de développement. Tableau 14: CAIRROUN, PARC TOTAL DE VEHICUIES A MOTEUR (véhicules à moteur immatriculés, non compris les motocyclettes et les bicyclettes à moteur) Début Cameroun Cameroun Pourcentage d'année oriental occidental Fédération d'angmentation 1949 745 20 765 n.d. 1950 1.152 38 1.190 56 1951 3.045 48 3.093 160 1952 4.893 78 4.971 61 1953 6.675 92 6.767 36 1954 8.773 113 8.886 31 1955 12.240 171 12.411 40 1956 13.553 259 13.812 11 1957 15.866 384 16.250 18 1958 18.372 650 19.022 17 1959 20.661 917 21.578 14 1960 22.788 1.499 24.287 13 1961 25.821 2.021 27.842 15 1962 29.623 2.603 32.226 16 1963 32.605 3.581 36.186 12 1964 36.709 3.836 ho.545 12 1965 h0.650 (e) 4.400 (e) 45.050 (e) il 1966 44.600 (e) 4.900 (e) 49.500 (e) 10 1967 48.500 (e) 5.ho0 (e) 53.900 (e) 9 Sources: Société genérale de traction et d'exploitation, pour les statistiques allant jusqu'en 1964; 1965 et 1966 - estimations de la missicn, fondées sur les statistiques des immatriculations et le nombre de véhicules retirés chaque année de la circulation, considéré comme étant de l'ordre de 10% du nombre des immatriculations nouvelles; 1967 - estimations de la mission, établies d'après des indications fournies oralement au Secrétariat d'Etat aux travaux publics. Tableau 15: CMEROUN ORIENTAL, ]1MATRICUIATION DE VEHICULES AUTOMOBILES ET CAPACITE DES TRANISPORTS (véhicules privés et vëhicules de l'Etat) 1959 1960 1961 1962 1963 196h 1965 1966 Irmatriculations annuelles de: Automobiles particulières 998 865 1.362 1.986 2.265 2.205 2.420 2.563 Motocyclettes 181 108 66 50 59 80 10h Ii Autobus et autocars 263 230 302 280 240 286 285 219 Camionnettes 6h6 570 834 927 875 868 1.004 875 Camions 350 456 879 926 585 675 553 565 Véhicules spéciaux 12 h 8 8 4 1 1 10 Tracteurs 23 18 32 28 34 31 2h 53 Remorques 10 23 23 62 33 49 69 hi Véhicules lourds 9 1 4 15 7 23 1 73 Total 2.492 2.275 3.510 4.282 4.102 h.218 4.487 4.510 Capacité des transports 1967 1967 Taxis en service (nombre) Camions en service (tonnage total): Douala 700 Nord 1.300 Yaoundé 600 Ouest 725 Bafoussam 30 Centre-sud 5.300 Nkongsamba 30 Région c8tière 3.800 Garoua h Est 46 Total 1.364 11.171 Q Estimations du i-nistère des travaux publics, pour le 'ameroun oriental seulement. Q Camions immatriculés pour transports commerciaux pour compte d'autrui. /3 Jnspection federale, pour le Cameroun oriental seulement. Source: Secrêtariat d'itat aux travaux publics; il s'agit partiellement d'estimations. Tableau 16: CAMERUN, 12VEN'AIRE DES ROUTES (en km., au 1er juillet 1966) Classification Asphaltees A B C D Total Axe nord-sud (par Douala, Yaoundé, N,'zaoundàré) 412 420 1.026 251 - 2.109 Liaisons est-ouest Douala-Buea-Victoria et Yaoundé-Bafouss am-Bamenda 18 - 346 - - 364 Routes transversales et routes secondaires 5ý 621 831 1.598 422 3.926 Routes capillaires et tertiaires 32 - 22y, 2.510 4.246 7.025 Routes non-cLassëes (re.Levant des municipalites locales) - - - - 17.000 17.OUO Totaux 916 1.041 2.432 4.367 21.668 30.424 L Ies lettres A, B, C, D correspondent à l'état des routes, par ordre décroissant. Source: Direction des travaux publics et de la circulation routiére. Tableau 17: CAMLOUN, FIRAIS D'EXPLOITATION DES VEILíLES (en cents des Etats-Unis au km., taxes non comprises) Type de Voitures Camions Remorques route particulières Camionnettes Autocars (6,5 t) (20-22 t) Asphaltée 10 l 20 20 3h En sol stabilise 12 18 26 26 51 Chemin de terre 14 22 30 30 65 Piste 18 26 40 4 81 Source: L. Brochet, d'après des donnees fournies par SEDES, BCE%M et Ingeroute sur le Cameroun et le Niger. /l Tableau 18: CAMEROUN, STATISTIQUES FERROVIAIRES - TRAFIC, PARC, PlRSONNEL 12 mois 1960 juillet - décembre 1956 1957 1958 1959 + 6 mois 1961 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1966 1967 Noabre de voyageurs (milliers) 1.265 1.216 1.467 1.419 2.02h 1.381 1.425 1.299 1.281 1.290 1.399 731 731 Kilcmètres-voyageurs (millions) 82,4 87,2 104,9 94,1 137,5 99,3 116,3 lik,j 114,4 119,3 135,9 71,8 .76,0 Distance moyene du voyage (km) /2 66,1 71,7 71,5 66,2 67,9 71,9 81,5 88,1 89,2 92,h 97,1 98,3 103,9 Recette an km-voyageur'(en cents EU) 1,o o,9 1,0 1,l 1,0 1,0 1,1 1,l l,l 1,2 1,2 1,2 1,2 Tonnes de marchandises (milliers) 548 635 766 722 1.137 803 839 880 958 928 936 434 500 Tonnes kiloétriques (millions) 97,1 109,1 127,9 119,2 195,4 134,2 142.7 157,7 173,1 176,o 181,5 79,5 98,1 Parcours moyen par tonne (km) /2 177,2 171,8 166,8 165,0 171,8 167,0 170,1 179,1 180,6 189,8 193,8 182,9 196,3 Recette à la tonne-km (en cents ) 3,5 3,5 3,3 3,4 3,3 3,5 3,3 3,4 3,5 3,5 3,5 3,7 3,5 Longueur du réseau (ln) 517 517 517 517 517 517 517 517 517 532 532 532 532 Matériel roulant: 6/30/1962 6/30/1963 6/30/1964 6/30/1965 12/31/1966 12/31/1967 Locomotives 56 55 53 Autorails n.d. 14 19 Wagons de voyageurs 63 60 58 Wagons postaux et à bagages il 12 12 Wagons de marchandises 725 828 864 Wagons spéciaux n.d. 76 86 Wagons de service 88 116 121 Personnel: Assistance technique 57 48 43 4o ho 39 Personnel permanent 750 749 768 744 743 741 Personnel auxiliaire 2.059 2.045 1.941 2.218 2.175 2.144 Total 2.866 2.842 2.752 3.002 2.958 2.924 1/ 1956-1959: années civiles, 1961/62-1966/67: exercices financiers (1-er juillet - 30 juin). -- Les moyennes semblent parfois inexactes, car les deux données de base ont été arrondies. Source: Re'gie des Chemins de Fer du Cameroun. Tableau 19: AMEROUN, TIRAFIi PORTUAIRE 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Douala Nombre de relâches: Marine marchande 828 8Ô9 1.013 974 1.002 1.001 1.049 1.315 Bâteaux de pêche n.d. n.d. n.d. n.d. 548 565 520 566 Autres categories n.d. n.d. n.d. n.d. 205 247 183 355 Passagers (milliers)/' Arrivées 4,9 h,h 5,0 4,5 3,9 2,9 2,8 3,0 Départs 6,0 h,5 4,1 h,3 5,0 4,3 4,0 3,h MARCHAIDISES (milliers de t) Douala/ Tonnes arrivée 411 493 518 537 607 659 652 832 Tonnes départ 356 440 438 490 510 5 521 Kribi Tonnes arrivée 7 9 12 10 13 il il 12 Tonnes départ 33 31 30 31 28 42 50 61 Garoua 2 Tonnes arrivée 16 25 21 28 32 37 27 2 Tonnes départ 13 26 18 32 30 25 35 - Victoria/Tiko Tonnes arrivée 65 54 62 60 71 74 64 n.d. Tonnos départ 232 211 147 110 101 98 70 n.d. Total Tonnes arrivée 499 581 613 635 723 781 75h (846) Tonnes depart 634 708 633 663 669 680 676 (614) Q Trafic international seulement. ? Toute activite a pratiquenent cessé dans le port de Garoua depuis le d'but de la guerre du :igria. Dour. ,s: Port de Douala, Japitainerie :apports de la JD , Unarf Authority Lullctin de la 7tatistique gJnJéraIc Tableau 20: GAEROUN, TRif DES AEROPORT3 01,1RCLAUX, 1963-1967 1963 1964 1965 1966 1967 Mouvements d'avions / Douala 9.699 10.356 10.527 12.208 18.869 Yaounde 2.529 3.412 3.520 h.605 4.390 Tiko n.d. 5.629 5.600 5.865 6.344 Garoua 1.195 1.653 1.930 1.842 1.947 1'Gacundere 1.318 1.607 1.737 1.930 1.90h Aérodromes secondaires /2 n.d. 2.563 2.804 2.705 2.521 Voyageurs(Arr. + Dép.,milliers) / Douala 107,7 105,0 125,6 137,3 152,5 Yaoundé hi,h 49,8 56,9 64,4 70,3 Tiko n.d. 10,7 14,0 17,2 20,9 Garoua 6,h 8,3 9,2 10,1 12,7 N'Gaoundéré 3,0 4,3 4,7 5,3 5,8 Aérodromes secondaires n.d. 9,8 10,7 14,3 13,9 Marchandises(Arr. + Dép., xnilHLers de t)/h Douala 8,7 8,h 9,0 11,1 13,2 Yaoundé 1,5 1,6 1,6 1,9 19,1 Tiko n.d. 0,2 0,1 0,1 0,2 Garoua 0,6 1,0 0,8 1,1 1,1 N'Gaoundére 1,h 1,h 1,2 1,0 1,2 Aérodromes secondaires n.d. 0,8 0,7 0,8 1,0 Poste (Arr. + Dép., tonnes) Douala 921 785 744 665 628 Yaoundé 130 14h 152 156 185 Tiko n.d. 17 21 20 22 Garoua 16 22 20 26 31 N'Gacundérë 7 10 il 13 17 Aérodr omes secondaires n.d. 32 26 38 40 Q Vols commerciaux seulement. L Non compris les voyageurs en transit et L Marcua, Foumban, Kribi, Yagoua, Batouri, par ordre les bénéficiaires de billets gratuits. d'importance (pour ce qui est du nombre de vols) 4 Non compris les marchandises transportées à la date de 1967. gratuitement. Source: ASECNA. Tableau 21: PRODUCTION D'ELECTRICITE AU CAMEROUN, RESEAU DE L'EDC, ENELCAM, ET CAMEROUN OCCIDENTAL (production brut", en milliers de kwh) 7 mois /6 Changement Puissance installée Centrales et stations de distribution 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1966/67 - i967/68 (en %) (kVA) en 1967 EDC: Douala /l 47.796 55.946 60.000 67.078 75.742 41.753 47.614 + 14,0 (.500 Yaoundd n.d. 15.658 17.374 18.882 22.423 12.405 14.233 + 14,7 10.888 Centrale s secondaires: Bafoussam n.d. 322 507 665 723 408 607 + 48,8 592 Dschang (Hydro) n.d. 653 694 775 627 388 342 - 11,9 500 Ebolowa - 135 4 438 444 477 271 312 + 15,1 350 Edea /2 3.316 3.089 3.210 3.369 3.852 2.097 2.197 + 4,7 - Foumban (Hydro) n.d. 199 177 201 237 133 130 - 2,3 160 Kribi n.d. 290 338 389 448 266 261 - 119 333 Maroua n.d. 1.054 1.300 1.513 1.730 996 891 - 10,5 1.095 Nkongsamba n.d. 1.440 1.477 1.451 1.514 820 904 + 10,2 1.182 Bafang - - - 248 298 144 176 + 22,2 240 Total oentrales secondaires n.d. 7.182 8.141 9.055 9.906 5.523 5.820 + 5,4 Total centrales primaires et secondaires n.d. 78.786 85.515 95,015 108.071 59,681 67.667 + 13,4 22.840 Centrale tertiaire: Mbalmayo / - - - - 238 138 , 163 + 18,1 n.d. Enelcam: Edea (Hydro) 1.059.352 1.042.442 1.037.550 1.069.319 ' 974.424 5 n.d. n.d. n.d. 175.400 Fournitures à Alucam 1.004.986 981.277 970.607 997.544 874.581 Cameroun occidental: Production 7.916 7.372 9.436 9.190 9.048 n.d. n.d. n.d. n.d. /1 Seulement 5% de la production de Douala provient d'une centrale thermique; le reste est acheté à Enelcam (Edea) et vendu aux consommateurs par l'EDC. /2 Acheté à Enelcam (Edea) et vendu aux consommateurs par 1'EDC. L Exploité par 1'EDC depuis juillet 1966. /4 L'exploitation a commencé en mars 1964. 1 Dont 70,3 millions de kWh ont été vendus à 1'EDC en 1965/66 et 76,5 millions de kWh en 1966/67 (voir les notes 1 et 2 ci-dessus). /6 1-er juillet - 31 janvier. Source: Electricité du Cameroun (EDC); Bulletin de l'Afrique Noire, No.505 (4124/68). Tableau 22: CONSOIMIATIN D'ELECTRICITE AU CAMERON (Réseau de l'EDC et Cameroun occidental; en milliers de kWh) Eclairage Autres Energie motrice Consommation Total priv-à (foyers Eclairage usages et petites de l'EDC basse Haute et bureaux) public domestiques entreprises elle-même tension tension Total Réseau de l'EDC 1963/64 - Douala 6.353 1.724 19.609 1.901 n.d. (29.587) 16.88d 46.475 Yaoundê 4.389 5W4 3.798 246 n.d. (8.977) 3.530 12.507 Centres secondaires 1.575 358 2.520 716 n.d. (5.169) 734 5.903 Total 12.317 2.626 25.927 2.863 n.d. (43.733) 21.152 64.885 1964/65 - Douala 7.811 2.039 20.359 1.944 n.d. (32.153) 18.986 (51.139) Yaoundê 5.109 510 2.789 1.44o n.d. (9.848) 3.706 (13.554) Centres secondaires 1.749 421 2.595 528 n.d. (5.293) 1.189 (6.482) Total 14.669 2.970 25.7h3 3.912 n.d. (47.294) 23.881 (71.175) 1965/66 - Douala 7.248 2.212 21.253 1.849 1.234 33.796 23.135 56.931 Yaoundé 5.704 487 3.132 1.781 Jik 11.218 3.936 15.154 Centres secondaires 1.870 463 1.817 935 138 5.223 2.660 7.8t3 Total 14.822 3.162 26.202 4.565 1.486 50.237 29.731 79•968 1966/67 - Douala 7.628 2.511 20.994 1.983 1.681 34.797 28.931 63.728 Yaoundé 6.347 567 3.790 2.237 131 13.072 5.3h8 18.420 "entres secondaires 1.964 551 785 970 158 4.428 4.260 8.688 Centre tertiaire /1 99 24 - 46 7 176 - 176 Total 16.038 3.653 25.569 5.236 1.977 52.473 38.539 91.012 Usages damestiques Eclairage public Tous autres usages Total Cameroun occidental 1963 1.848 67 4.889 6.804 1964 2.201 6u3 5.112 7.916 1965 1.981 588 4.96-L 7.530 1966 1.898 206 5.064 7.168 1967 (3 mois) 504 29 1.241 1.774 / Exploité par 1'EDC depuis juillet 1966 (lbalmayo). Sources: EDC; Bulletin de la statistique générale; Statistical Service, Buea. Tableau 23: CAMEROUN, SCHEMA DES DISPOSITIONS IU CODE DES INVESTISSEMENTS (Loi No. 60/64 du 27 juin 1960, et Loi No. 64-LF-6 du 6 avril 1969) DISPOSITIONS SPEOIALES POUR PETITES ET 1OYENNES ENTREPRISES DISPOSITIONS GENERALES Concessions fiscales A B C D Droits à l'importation Exemption pour certaines Exemption pour certaines Exemption pour certaines Exemption pour certaines Exemption pour certaines marchandises marchandises pouvant aller marchandises pouvant marchandises pouvant marchandises pouvant jusqu'à 10 ans aller jusqu'à 10 ans aller jusqu'à 10 ans aller jusqu'à 10 ans Droits à l'exportation Pas d'exemption Réduction possible Réduction possible Réduction possible Réduction possible Impôt unique Pas d'exemption, Exemption pendant 3 ans Exemption pendant 3 ans Exemption pendant 3 ans Exemption pendant 3 ans mais octroi éventuel des avantages du systène de l'impôt unique Impôt sur le revenu Pas d'exemption Pas d'exemption Exemption pendant 5 ans Exemption pendant 5 ans Exemption pendant 5 ans (En outre, pendant les 5 premières années, l'amortissement peut, sur autorisation, être déduite de l'impôt pendant les trois années suivantes) Taxe patente Pas d' exemption Pas d'exemption Exemption pendant 5 ans Exemption pendant 5 ans Exemption pendant 5 ans Impôts fonciers, miniers et forestiers Pas d'exemption Pas d'exemption Exemption pendant 5 ans Exemption pendant 5 ans Exemption pendant 5 ans Garanties spéciales Stabilité fiscale Pas de garantie Non assujettissement à Non assujettissement à Non assujettissement à Pas de changement dans tout droit nouveau A tout droit nouveau à tout droit nouveau à l'assiette de l'imposition, l'import.ou à l'export. l'import.ou à l'expcrt. l'import.ou à l'export. des taux fiscaux et des pendant 10 ans pendant 10 ans pendant 10 ans méthodes de recouvrement pendant 25 ans, plus période de grâce initiale pouvant aller jusqu'à 5 ans Transfert des bénéfices Pas de restrictions à l'heure actuelle, mais aucune garantie Transférabilité Transférabilité et rapatriement du capital contre d'éventuelles restrictions futures garantie garantie -2- Tableau 23: CAMEROUN, SCHEMA DES DISPOSITIONS DU CODE DES INVESTISSEMENTS (Loi No. 60/64 du 27 juin 1960, et Loi No. 64-LF-6 du 6 avril 1969) DISPOSITIONS SPECIALES POUR PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES DISPOSITIONS GUERALES A B C D Garanties spéciales (suite) Liberté de recrute- Pas de restrictions à l'heure actuelle, mais aucune garantie contre Garantie contre toutes restrictions sauf celles qui ment (y compris re- d'éventuelles restrictions à l'avenir sont prévues an titre des "Obligations spéciales" cours illimité à du (ci-après) personnel étranger) Autres Néant Néant Néant 1) Stabilité juridique, économique et financière 2) Conditions stables de commercialisation 3) Libre choix des fournisseurs 4) Renouvellement des permis d'exploitation forestière et minière 5) Facilités d'utilisation des ressources hydrauliques, électriques et autres nécessaires à l'ezploitation 6) Facilités pour le transport des marchandises jusqu'au lieu d'expédition et pour l'utilisation des installations au lieu d'expédition Obligations spéciales Néant Néant Néant Programmes mnums d'équipemnt et de production, formation prof essionnelle et promotion de personnel local, prograes sociaux, etc. Règlement des différends Aucune disposition Aucune disposition Aucune disposition Arbitrage Arbitrage Durée de l'accord Non spécifié Pas plus de 10 ans Pas plus de 10 ans Pas plus de 25 ans Pas plus de 25 ans Tableau 24: EVOLUTION DE L'EMPLOI PERMANENT AU CAMEROUN ORIENTAL, PAR SECTEURS PRINCPAUX, ET MASSE SALARIALE DISTRIBUE, 1964-66 (masse salariale en millions de F.CFA, salaires moyens en F.CFA) 1964 1965 1966 Salaire Salaire Salaire Travailleurs % du Masse annuel Travailleurs % du Masse annuel Travailleurs % du Masse annuel Secteur permanente total salariale moyen permanente total salariale moyen permanents total salariale moy Public 27.097 26,1 n.d. n.d. 26.601 25,1 n.d. n.d. 27.490 25,0 n.d. n.d. Privé: Primaire 21.645 20,9 1.56145 72.000 19.916 18,8 1.492,3 75.000 20.871 19,0 2.075,4 99.000 Secondaire 17.787 17,1 3.919,0 220.000 20.393 19,3 4.580,8 225.000 24.911 22,7 5.239,4 210.000 Tertiaire 37.202 35,9 6.747,9 181.000 38.970 36,8 7.056,7 181.000 36.571 33,3 8.061,2 220.000 Total partiel 76.63h 73,9 12.228,4 160.000 79.279 74,9 13.129,8 166.000 82.353 75,0 15.376,0 187.000 Total 103.731 100 n.d. n.d. 105.880 100 n.d. n.d. 109.843 100 n.d. n.d. Source: Rapport sur les Statistiques du Travail pour le Cameroun Oriental Ann4e 1966, Ministère du Travail et des Lois Sociales. Tableau 25: CAMERCUN, DEPEIISES EN VENTILTION DU PIB (aux prix courants du marché) (en milliards de F.CFA) _p_ 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 Consonmation 96,0 131,3 4 145,9 155,5 170,8 privée 80,3 109,6 117,2 117,5 124,2 133,5 publique 15,7 21,7 23,2 28,4 31,3 37,3 Investissement 119 12 17,2 25,0 29,1 2616 privé 6,6 10,0 11,1 16,6 18,6 16,1 public 5,3 5,2 6,1 8,4 10,5 10,5 Exportations nettes 5 -1,8 -l, -2,8 - -3,9 PIB 113,6 ,7 156,5 168,1 180,1 193,5 Eprge 17, l1l6.1 22,2 2 22,7 Sources: 1959 - 1963/6h: Rapport économique précédent (AF-h8) 1964/65: Direction de la statistique, avec ajustements mineurs faits par la mission. 1965/66 - 1966/67: Estimations de la mission. Ia mission n'a pas trouvé assez de renseignements pour estimer les dépenses de 1967/68. Tableau 26: CAME;ROUIJ DEUXME PLAN QUINQUENNAL - VENTILATICN EE L'IVESTISSEMENT PUBLIJ ET DE L'INESTISSEIZIIT PRIV (en milliards de F.JFA) Public Privé Total Pourcentage Etudes gênérales 2,28 - 2,28 1,h Production Agriculture 11,56 10,83 22,39 13,5 Elevage 1,85 0,06 1,91 1,1 Pêche 0,37 1,69 2,06 1,2 Sylviculture 1,09 h,90 5,99 3,6 Energie, mines, industrie 3,84 35,58 39,41 23,9 Tourisme, commerce 0 96 2,70 3,66 2 2 Total 155,76 2 Infrastructure Ponts et chaussêes 15,55 1,00 16,55 10,0 Ports, voies fluviales 1,62 - 1,62 0,9 Aviation, météorologie 2,37 - 2,37 1,4 PTT 1,75 1,05 2,80 1,7 Chemins de fer 18,h4 - 18,h4 11,2 Transports routiers 0,15 16,3 16,18 98 Total 39,7 18,08 7 37,1 Services sociaux Sante publique 3,70 0,35 h,05 2,5 Education 7,19 2,73 9,92 6,0 Jeunesse, sports 0,47 - 0,h7 0,3 Logement, services urbains 88 3,70 11,58 0 Total 1, 6,7 26,021, Information 0,85 - 0,85 0,5 Equipement administratif 2,65 - 2,65 1,6 Total général 84,56 80,62 165,18 100,0 Source: République fCd6rale du Cameroun, Deuxième Plan quinquennal. Tableau 27: CAMEROUN, BUDGET GILBAL DE LA FEDERATION ET DES ETATS FEDERES (en milliards de F. CFA) 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1967/68 1968/69 (domptes clos) (Prévisions) (Estimations (Prévisions) révîsées) RECETTES COURANTES Fédération 132.7 18,37 20 00 21,77 22,52 2,03 26,00 27,53 Est d,90 6,71 78,51 9,80 10,38 11,00 10,66 moins subventions fédérales -,3 0,88 1,30 1,28 1 00 1.00 0,65 5,90 6,36 6,60 7,21 :,5 9,3- 10,00 10,01 Ouest 1,82 2,00 1,84 2,h7 2,43 2,82 2,67 2,76 moins subventions fédérales 1,27 1 36 1 20 1,75 1 5 1,80 1,80 1,60 05 ZEi 3~ 0,72 0, 1,02 t7 1,16 RECETTES TOTALES 20,2 27,21 2970 3192 3 3 7 37 DEPENSES COURANTES Fédération (moins subventions aux Etats) 11,82 12,95 14,86 16,2h 19,39 20,08 20,83 22,39 Est 6,22 6,93 7,65 8,3h 8,96 9,56 9,60 10,33 Ouest 1,57 1 80 1 90 2.12 2 29 2,67 2,36 2 56 DEPENSES TOTALES ,61 211 , 26,70 30 32,31 32,79 35,28 EXCEDENT COURANT 0 L622L83 3.00 1 32,9 2212 4.8 2 Service de la dette 0 0,52 0,47 0,41 0,41 0,40 0,57 0,57 0,59 SOLDE LO2 2 3 2429 088 11 3 DEPENSES D'EQUIPEMENT ,8 Fédération 0,88 1,44 1,50 2,93 2,81 2,73 2,63 3,60 L Est 0,hO 0,35 0,23 0,78 0,68 0,82 0,72 o,56 niest O_ 5 a0 7 03 0 2 028 03 0 20 0 20 TOTAL 1q6 26 2&07 1 3,3 EXCEDENT (DEFICIT) BUD- GETAIRE GLOBAL (1,50) 1,06 0,35 (l ) (2,89) (2.35) (0,04) (1,53) FINANCE PAR: Subventions étrangères +1,75 - +o,5o +1,00 - - - - Prélèvement sur le Trésor (prélèvement = +) +0,12 -1,32 -0,81 +1,24 +3,95 +2,35 +0,24 +0,03 Prélèvement sur la BCD (prélèvement = +) & -0,36 +0,26 -0,04 -0,70 -1,06 - -0,20 +1,50 / Il n'a pas éte possible d'indiquer séparément l'intérêt et l'amortissement. Etant donné que ce dernier est le plus volumineux, on a considéré que le service total de la dette ne rentre pas dans les dépenses courantes. /2 les chiffres officiels des budgets de la Fédération et du Cameroun oriental comprennent des transferts à la aisse des investissements de la BCD pour débours ultérieur. Le montant de ces transferts a été déduit du chiffre officiel des dApenses, et l'on a ajouté au contraire le montant des débours effectués par la Caisse sur les dépts au titre des ouvertures de crédit des exercices antérieurs, afin d'obtenir le chiffre réel des dépenses budgétaires d'équipement. 1 Comprend: a) 2,3 milliards de F.CFA du budget d'investissement proprement dit; b) un montant estimatif de 0,7 milliard de F.CFA devant aller à des projets autorisés au cours d'exercices antérieurs, et devant être pris sur les dép8ts faits à la Caisse des investissements de la BCD; c) 0,6 milliard de F.CFA d'un budget spécial d'investissement, devant être pris sur les fonds libres de la Caisse des investissements, c'est-à-dire des fonds sans destination précise. "es fonds se sont accumulés du fait d'erreurs de paiement et du fait que certains projets ont été menés à bonne fin sans qu'il ait fallu utiliser tous les crédits qui leur avaient été affectés. /_ Les chiffres marqués du signe moins correspondent aux années où les transferts à la Caisse des investissements de la BCD ont été supérieurs aux prélèvements. Source: Budgets et comptes da Gouvernement fédéral et des gouvernements des Etats fédérés, et renseignements obtenus de la Banque camerounaise de développement (BCD). Tableau 28: CAMERCIJIN, RECETTES ET DEPENSES COURANTES DU GOUVERNEMENT FEDEIL ET DES GOUVERNEMENTS FEDERES (en milliards de F.CFA) 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1967/68 Comptes clos Prévisions Estimations revisees RECETTES COURANTES IMPOTS DIRECTS 4,80 5,68 5,72 6,32 7,76 8,30 n.d. IMPOTS INDIRECTS Zl 12,29 16,69 18,16 19,84 20,h9 21,18 n.d. Droits à l'importation L 8,21 11,70 13,44 15,20 15,47 15,68 n.d. Droits à l'exportation 2,72 3,17 3,41 3,35 3,34 3,38 n.d. Taxes intérieures 1,36 1,82 1,31 1,29 1,68 2,12 n.d. REDEVANCES 0,88 0,95 1,10 1,22 1,30 1,hl n.d. AUTRES RECETTES 2,27 2,05 2,26 2,32 2,37 3,54 n.d. (y coampris les PTT ) TOTAL 22,23 237 27,24 29,70 3192 34,43 36,87 DEPENSES COURANTES /3 Administration générale et affaires économiques 10,19 11,70 12,22 13,24 14,91 14,79 n.d. Education et santé 3,79 3,90 h,h. 5,08 6,02 6,35 n.d. Défense nationale 3,39 3,27 3,54 3,81 4,33 h,70 n.d. Travaux publics, trans- ports, mines et PTT 1,75 2,25 2,31 2,50 2,7h 2,94 n.d. Pensions 0,09 0,15 0,14 0,14 0,19 0,13 n.d. 'ontributions et subven- tions 0,0 0,4l 1,76 1,93 2,45 3,40 n.d. TOTAL 16 21,68 2 26,70 30,6 3231 32,79 q les "comptes definitifs" ne ventilent pas les imp8ts indirects. La ventilation donnée ici est tirée, sur une base proportionnelle, des prévisions budgétaires. / Y compris l'impât sur le chiffre d'affaires, car la presque totalite du produit de cet impôt provient des opérations d'importation. / Voir le tableau 27, note 1. Source: Budgets et comptes di Gouvernement fédéral et des gouvernements des Etats fédérés. Tableau 29: CAMEOUN - SITUATION MONETAIRE (en milliards de F.CFA) 1961 1962 1963 196 1965 2966 1967 1968 Mars Juin Sept Uec. mer s 'juin Sp 'Dec Janv Fév Mars Avoirs étrangers totaux 3.L2 5,71 5,5L 7,02 5,12 6 I.83 6.32 7,70 5 2,72 2.28 h,33 5.116 Avoirs de la Banque Centrale 5,01 6,60 8,33 8,77 6,L3 7,51 8,76 8,10 8,3O 10,15 8,23 6.,18 5.87 5,52 8,15 9,22 (nets) Avoirs des banques commerciales et de développement (nets) -1,59 -,89 -2,79 -1,75 -1,31 -1,1L -2,6h -2,27 -1,98 -2,L5 -2,29 -2,87 -3,15 -3,24 -3,82 -3,76 Crédit intérieur 12,1L 15,89 15,50 17,38 19,77 20,2 18,72 19,31 23.60 25,28 2h,97 25,L5 28,56 30,79 31,75 31,36 Créances sur l'Etat -3,L6 -3,82 -7,88 -9,39 -7,56 -9,79 -9,90 -7,hL -6,13 -7,9L -6,88 -6,L6 -5,62 -5,57 -6,50 -7,26 Créances sur le secteur privé 15,60 19,71 23,38 26,77 27,33 30,03 28,62 26,75 29,73 33,22 31,85 31,91 31,18 36,36 38,25 38,62 Monnaie 1h,39 18,18 18,90 20,99 21,20 23,19 2095 21,61 25,91 28,27 26,03 23,88 27,08 28,34 29,00 . n.d. Monnaie en circulation 8,38 10,07 11,28 11,83 10,77 11,81 1030 10,58 11,6 15,70 13,85 12,33 1h,6L 15,97 16,50L n.d. Dépôts /1 6,01 8,11 7,62 9,16 10,h3 11,38 10,65 11,03 11,5 12,57 12,18 11,55 12,4 12,37 12,502 n.d. Quasi-monnaie 0,52 1129 1,75 2 Oh 2,29 2,18 2 2,37 ? 5 2,52 2,7 2,76 2,89 23 3,00 2 Autres éléments (nets) OL65 2,13 q1,36 lüz 0,21 à 1,16 1,66 2,19 2,1L 2 12 1,31 1.79 4.08 n.d. Y compris les dépôts faits dans le systène des comptes chèques postaux. Estimations. Source: Statistiques financières internationales, et Banque centrale - Etudes et statistiques. Tableau 30: CAMEROUN - CLASSIFICATION PAR INDUSTRES DES PRETS ET AVANCES DECIARES /l (en millions de F.CFA) au 31 décembre 1962 % 1963 % 1964 1965 . 1966 Z 1967 / A court terme Agriculture 553 3,8 527 3,0 419 2,1 621 3,0 1.139 5,1 1.054 3,8 Electricitê-eau - - h 0,0 h 0,0 - - - - - - Extraction de pétrole 22 0,1 - - - - - - - - - - Industrie - textile 302 2,1 623 3,6 549 2,8 724 3,5 469 2,1 603 2,2 - du bois 252 1,7 288 1,7 299 1,5 387 1,8 455 2,0 305 1,1 - autres 357, 2,h 616 3,5 359 1,8 596 2,9 882 h,o 1.162 h,2 Bâtiment, travaux publics 573 h,o 1.216 7,o 1.190 6,o 1.507 7,3 1.435 6,h 1.885 6,8 Transports 728 5,O 861 5,1 1.105 5,6 983 4,8 1.353 6,1 1.528 5,5 Exportations 3.507 24,5 4.055 23,3 5.514 27,9 5.033 24,5 5.942 26,7 8.627 31,2 Commerce général 7.413 51,9 8.470 48,7 9.507 48,1 10.186 49,6 10.069 45,2 U.472 hl,h Services 574 h,0 698 4,0 812 4,1 S14 2,5 534 2,h 1.044 3,8 Total 14.281 100,0 17.378 100,0 19.758 100,0 20.551 100,0 22.278 100,0 27.680 100,0 A moyen terme et à long terme Agriculture 79 2,3 1.318 20,7 1.150 18,h 1.184 18,5 1.124 17,0 1.020 14,0 Mines et industrie 3.238 93,9 3.134 49,3 2.983 47,7 3.163 49,5 3.235 49,0 h.165 56,4 Bâtiment 67 1,9 1.878 29,5 2.065 33,0 1.910 30,5 2.052 31,1 1.851 25,3 Autres 62 1,8 33 0,5 57 0,9 126 2,o 186 2,8 269 3,7 Total 3.hh7 100,0 6.363 100,0 6.255 100,0 6.393 1ooo, 6.597 1oo,o 7.305 100,0 Q Déclar3s à la "Centrale des risques". Q Pour 1962 et 1963, prêts à moyen terme seulement. Source: Banque centrale - Etudes et statistiques. Tableau 31: BANQUE CAMEROUNAISE DE DEVELOPPEMNT - NOUVEAUX ENGAGEMENTS PAR CATEGORIE (en millions de F.CFA) 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 Agriculture Crédits de campagne 555 1.153 1.073 1.100 2.284 2.166 Crédits de développement 544 646 145 197 110 110 Habitat 881 599 583 67 501 433 Artisanat 73 108 61 7 25 7 Industrie 217 74 310 75 hh 647 Crédit de consommation 87 148 132 hl 56 32 Commerce - 13 38 5 - 4 Collectivités publiques 56 61 - - 108 130 Total 2.413 2.802 2.343 1.493 3.528 3.529 Source: Banque Camerounaise de Développement, Rapport Annuel, 1966/67. Tableau 32: BANQUE CAMEROUNAISE DE DEVELOPPEMENT - PRETS ET IN]VESTISSEIZNTS NON AMORTIS (en millions de F.CFA) 30 juin 1961L 30 juin 60 ji 1965 30 juin 1967 31 mars 1968 Montant i Montant % Montant n Montant /0 Montant 9 Prêts et avances A long terme 767 h3% 1.181 31% 1.067 26% 1.h58 35% 1.618 34% A moyen terme 912 51% 1.718 46% 2.235 53% 2.097 50% 2.172 46% A court terme 106 6' 661 18% 649 16% 356 648 14% Total prêts et avances 1.785 100% 3.560 95% 3.951 95% 3.911 941 4.h38 94% Prises de participations 8 ... 188 5% 231 5' 28h 6. 314 6% Total 1.793 100% 3.748 100% h.182 100% h.195 100% 4.752 100% Agriculture, y compris le crédit à la commercialisation 414 23% 1.283 34% 1.hl 3h 859 20% 916 19% Biens-fonds 1.158 65 1.786 48% 1.803 43" 1.562 37% 1.638 3h% Crédit à la consommation 45 2% 127 3% 129 40 71 3% 89 2% Jommerce, industrie, sylviculture, institutions publiques, artisanat 176 10% 552 15 809 191 1.703 40% 2.109 45% Total 1.793 100' 3.748 100% h.182 100% h.195 100, 4.752 100 /Q Investissements actifs repris du Jrédit du Cameroun. -ource: Banque camerounaise de développement, Rapports annuels et renseignements fournis. Tableau 33: CAMERUUN, INDICES DU COUT DE LA VIE 1959 1960 1961 1962 1963 196à 1965 1966 1967 1. Indice géniral des prix de ir trim. 121,3 détail à la consommation des 2e trim. 121,9 particuliers non camerounais 3e trim. 122,1 à Douala he trim. 121,h Base: fév. 1963 100 85,5 90,8 91,8 9,7 105,2 105,7 111,9 118,913 121,7 2. Indice général des prix de lr trim. 116,3 détail à la consommation des 2e trim. 116,8 particuliers non camerounais 3e trim. 117,h à Yaoundé he trim. 118,0 Base: fév. 1963 -100/ n.d. n.d. 89,9 3 92,8 102,7 108,5 110,9 113,5 117,2 Base: mars 1961 g1007 n.d. n.d. 100,73 10h,O 115,0 221,5 121,2 127,2 131,2 3. Indice général du coût de lr trim. 106,8 la vie i Victoria 2e trim. 111,1 Dise: rars 1965 = 100 n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. n.d; 103,3 llh,2 3e trim. 108,3 he trim. 113,6 109,9 Z_ Ajusté i partir de l'année de référerce officielle pour faciliter la comparaison avec l'indice de Douala. ZO Année de référence officielle. /3 Etabli d'après les statistiques de neuf mois et d'après des estimations pour janvier, mars et avril. /1 Les données antérieures à 1962 ont été ajustées à partir de l'année de référence précédente pour correspondre a la nouvelle. Sources: Bulletin de la statistieue générale; Bul]etin économique trimestriel; Statistical Service Buea. Tableau 34: CAMeDUN, EXPORTATIONS PfUNCIPALES, VALEUR ET VOLUME (volume en milliers de tgnmes, valeur en -illices de F.CPA) 191 1962 1966 1967 1967 Volume .v Volue valeur ealeur en i Cacao Est 58,3 6.254 59,9 6.421 71,2 8.028 53,9 6.293 69,2 6.497 71,1 6.465 65,5 8.879 Ouest 73 _97 _§à _ 557 12 42. _Lli ...8.6 812 - 6. 3 . 592 Fédération 65,6 6.751 66,3 6.978 83,8 8.970 59,0 6.886 77,8 7.309 77,0 7.088 69,8 9.471 25,2 café Est 35,5 5.121 38,1 5.216 40,1 5,880 44.7 8.303 42,9 6.653 59,h 9.527 56,6 9.597 Ouest J . 650 _, 5o _2 2 - k L I a 1.371 _6.6 1.235 Fédération 39,8 5.771 41,1 5.745 47,3 6.52h 50,1 9.349 48,4 7.842 66,8 10.898 63,? 10.83? 28,8 Bananes Est 51,3 821 52,h 842 55,3 887 61,1 979 68.8 1.102 46,8 749 34,4 550 Ouest 88.4 198_ 81.3 1577 47.6 r[ J a 2 50.2 _85 17.0 2. ILa 166 Fédération 139,7 2.810 133,7 2.19 102,9 1.658 115,6 1.888 119,0 1.887 63,8 931 48,5 716 i, Palmistes Est 11,8 00 12,0 324 14,6 U4 13,8 k29 15,5 585 12,2 428 12,6 407 Ouest jai 6;1_ - _ - 8. -6. 12. _6.0 _ 6àO 209 4 .. h£.7 12.9 Fédération 17,3 461 14.5 382 19,2 594 19,9 621 21,5 794 16,2 553 17,3 536 1i Huile de Palme Ouest 6,2 267 3,6 149 4,8 194 8,7 41 12,9 755 5,7 228 9,8 h57 12 Bois d'oeuvre (brut) Est 148,1 1.351 141,4 1.217 179,5 1.531 205,2 1.860 200,7 1.873 241,3 2.244 268,4 2.589 Ouest 116.0 911 89.0 6 -125 50.0 450 31.1 288 _M 176 112 10 Fédération 264,1 2.262 230,4 1.853 224,5 1.856 255,2 2.290 231,8 2.161 260,8 2.120 269,6 2.599 6,9 Caoutchouc Est 4,9 663 3,9 518 4,2 517 3,7 420 h,o 437 4,3 h6o h,9 434 Ouest 2 2 6 542. u} _Q LI _686. 6aí 382. a _ 2 _6.38 663 Fédération 9,1 1.255 8,O 1.060 7,5 1.465 9,2 1.106 10,5 1,220 9,8 1.055 11,7 1.097 2,9 Coton Est 10,3 1.465 12,5 1.683 14,9 2.o43 17,0 2.291 15,9 2.232 18,6 2.356 17,2 1.765 ',7 Arachides Est 9,9 387 7,8 317 17,7 717 181 662 10,6 123 5,h 230 3,1 131 0, Aluminium Est 46,0 4.798 51,0 5.294 52,3 5.471 48,7 5.116 46,1 4.933 46,6 5.096 66,oA 5.IooL 13,6 Autres exportations 3.h78 3.776 3.786 3.900 ,.807 5.027 4.886 EXPORTATIoNS TOTALES Est 24.203 25.126 29.117 30.037 29.276 t 32.416 34.197 2 ouest j.62, 4,530 4.161 4h.86 5.087 3.466 3093 Fidération 29.685 29.656 33.278 34.523 34.363 35.882 37.590 100 Exportations ajustées L (30.285) (29.956) (34.778) (36.123) (35.363) (36.882) (38.590) A Chiffres officiels ajustés d'après las renseignaments fournis par la société. L Chiffre officiel ajusté compte tenu de l'ajustement du chiffre relatif aux eportations d'alminmua. Exportations totales ajustées par la mission pour tenir campte de la valeur réelle de certains produits, notament les bananes, que les autorités douanières comptabilisent à un prix fixe. Source: Direction de la Statistique Tableau 35: DAMEROUN, IMPORTATIONS (en milliards de F.CFA) 1963 1964 1965 1966 1967 Est Ouest Total Est Ouest Total Est Ouest Total Est Ouest Total Est O e Tota' Denrées alimentaires, boissons et tabac 3,40 1,18 h,58 3,42 0,99 h,hl 3,59 1,05 6,64 3,35 0,98 h,33 4,61 0,62 5,23 Matières premières 2,70 0,05 2,75 2,19 0,06 2,25 2,16 0,07 2,23 1,24 0,02 1,26 1,92 0,02 1,94 d'origine animale ou végétale 0,31 0,01 0,32 0,29 0,01 0,30 0,37 0,05 0,42 0,33 0,02 0,35 0,56 0,02 0,58 d'origine minérale 2,39 o,o4 2,43 1,91 o,ù4 1,95 1,79 0,02 1,81 0,91 - 0,91 1,36 - 1,36 Carburants/lubrifiants 1,44 0,39 1,83 1,60 0,19 1,79 1,35 0,24 1,59 1,39 0,11 1,50 2,01 0,03 2,C0 Produits demi-finis 3,12 0,56 3,68 4,13 0,53 4,66 4,68 0,51 5,19 4,76 0,35 5,11 6,55 0,39 6,94 Produits finis d'équipement 4,5L 0,52 5,06 5,06 0,53 5,59 7,80 0,56 8,36 8,01 0,56 8,57 9,78 0,29 10,06 Transport/traction 2,04 0,15 2,19 2,28 0,15 2,43 3,42 0,14 3,56 3,11 0,21 3,32 4,16 0,10 4,26 Autres biens d'équipement 2,49 0,37 2,86 2,78 0,38 3,14 4,38 0,42 h,80 4,89 0,35 5,24 5,62 0,19 5,81 pour l'agriculture 0,13 0,05 0,18 0,14 0,OL4 0,18 0,20 0,07 0,27 0,17 0,05 0,22 0,18 0,03 0,21 pour l'industrie 2,37 0,32 2,69 2,64 0,3h 2,98 4,17 0,35 h,52 h,72 0,30 5,02 5,4 0,15 5,59 Prodiits finis 11,53 2,12 13,65 12,18 1,96 14,14 13,40 1,97 15,37 13,56 1,79 15,35 18,90 1,30 20,20 pour la consommation privée 6,65 1,39 7,84 6,01 1,21 7,22 6,54 1,is 7,69 h,78 0,89 5,67 6,86 0,6h 7,50 pour consommation industrielle 5 0,73 5,81 6,18 0,75 6,93 6,86 ,83 7,69 8178 0,89 9,67 12,05 05 12,70 Total 26,73 4,84 31,57 28,59 4,26 32,85 32,98 , 37,39 32,31 3,5D 36,11 43,78 2 46,42 Source: Bulletin économique trimestriel et statistiques douanières. Tableau 36: CAMEROUN - BALANCE COMMERCIALE PAR ZONES (en milliards de F. CFA) 1955 199 1963 l96 1965 1966 1967 Exportations France 7,9 1h,2 16,6 18,6 1h,8 13,5 12,0 Zone sterling 2,5 3,h 2,7 2,0 1,6 l,h 0,9 Zone dollar 1,9 2,8 1,8 2,3 3,3 5,2 h,9 CEE (sauf France) h,7 6,1 9,6 9,0 11,3 lo,5 13,7 Autres 2,8 _5 2,6 2,6 3,h 5.3 6,0 TotalL 19,8 32,0 33,3 3h,5 34,h 35,9 37,5 Importations France 11,h 12,3 15,7 17,3 19,h 19,2 25,9 Zone sterling 1,7 1,8 3,0 2,3 2,6 1,1 1,5 Zone dollar 1,6 1,8 2,5 2,h 3,2 2,5 2,1 CEE (sauf France) 1,6 2,3 3,6 h,7 5,9 6,7 7,3 Autres 3,0 37 6,8 6,2 6 6,6 9,6 Total 19,3 21,9 31,6 32,9 37,h 36,1 h6,h Balance France -3,5 +1,9 +0,9 +1,3 -h,6 -5,7 -13,9 Zone sterling +0,8 +1,6 -0,3 -0,3 -1,0 +0,3 -0,6 Zone dollar +0,3 +1,0 -0,7 -0,1 +0.1 +2,7 +2,8 CEE (sauf France) +3,1 +3,8 +6,0 +h,3 +5,h +3,8 +6, Autres ,2 +1,8 -h,2 -3,6 -2,9 -1,3 -3,6 TotalA +,5 +10,1 +1,7 +1,6 -3,0 -0,2 -8,9 / Les chiffres des exportations se fondent sur les chiffres officiels non ajustés, sauf en ce qui con- cerne la révision du chiffre relatif aux exportations d'aluminium en 1967 (voir le Tableau 3h). De ce fait, la balance commerciale totale ne correspond pas exactement a celle qui est donnée au tableau 38. Sources: Bulletin de la statistique générale Quarterly Economic Bulletin Rapports de tutelle Renseignements fournis par la Direction de la statistique. Tableau 37: VAMn.RUN, VERSEMENTS D'AIDE ETRANGEE (en milliards de F.CFA) 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 SUBVENTIOIJS F.A.C. Soutien budgëtaire 3,37 3,05 1,75 -L 0,50 1,00 - Assistance technique 1,50 l,50 1,60 1,70 2,00 2,00 2,00 Autres 11 1 1 16 Total t95 ,92 4,bô 3,07 30U 3, 7t Premier 0,05 0,76 1,05 1,81 2,59 2,283 1,62 Deuxième - - - - o0 6 ,0 0 .7 Total ,07 0 17 1~,1 2,95 2,6 2,19 A.I.D. - 0,08 0,12 o,56 0,35 0,37 0,ho O.N.U. 0,09 0,30 0,26 O,24 0,20 0,18 0,17 Royaume -U'ni 0.4 - - - --__ Subventions totales 6,06 7,06 6,29 5,68 7,30 7,71 6,2 PRETS / 3 Jaisse Jentrale 0,82 0,51 0,h6 0,38 0,31 0,82 0,L7 F..D. - - - - - - 0,07 B.S.I. - - - - 0,30 0,30 0,30 A.I.D. - - - - 0,70 0,50 0 K.F.W. - - - - - 0,30 ,O I.D.A. Prêts totaux 0,2 O 0.46 O.3 l _31 l.1- AD TOiAIE 6,8 7,57 6n 6,06 8,6 9 / Le Fonds a fourni au cours de l'exercice 1963/6h un milliard de fran-s 7 au titre du soutien budgtaire, mais cette subvention n'a ete utiisée qu'au :ars de l'exercice 1965/66. Y compris un montant peu élevé sous form,e de prêts. 3 Non compris les versements au titre de certaiis prêts -Dou lescuel1s on de renseignements - par exemple le prêt de 207 mllions de .A c-onsenti --ar za R oyauie-Uni en 1961. Sources: 7enseignements fournis par le Gouvernemaent canerounais et 7a- les :rinipa: donateurs, et estimations de la mission. Tableau 38: CAMEROijN, BAIVDE DES PAZMTS (en milliards de F.CFA) 1961: 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Exportations L +24,8 +30,0 +34,8 +36,1 +35,h +36,9 +38,6 Importations -23,7 -28,3 -31,6 -32,9 -37,4 -36,1 -46,4 Balance commerciale + 1,1. + 1,7 + 3,2 + 3,2 - 2,0 + 0,8 - 7,8 Fret/assurance - 0,h -0,7 -0,8 -1,0 - 1,2 - l,h - 1,5 Voyages - 0,3 -0,4 -0,4 - 0,h - 0,5 - 0,5 - 0,6 Revenu des investissements - 2,0 -2,0 -2,1 - 2,1 - 2,2 - 2,3 - 2,5 Autres services +0,5 +0,1 -0,0 - 0,3 - 0,7 - 0,5 - 0,6 Total - 1,1 -1,h -0,1 - 0,6 - 6,6 - 3,9 -13,0 Paiements de transfert Privés -4,1 -3,6 -3,1 - 3,1 - 3,2 - 3,3 -3,4 officiels +5,5 +6,6 +5,7 + 5,1 + 6,7 + 6,7 +5,0 Balance en compte courant +0,3 +1,6 +2,5 +1,5 -3,1 -0,5 -11,4 Opérations de capital Remboursement de la dette -0,2 -0,4 -0,h -0,h -0,h -0,5 -0,5 Opérations officielles +0,9 +0,8 +0,8 +0,7 +1,3 +1,9 +1,6 Opérations privées, et erreurs et omissions -0,1 -0,3 -3,1 -0,2 +0,3 -2,2 +6,6 Mouvement des avoirs étrangers -0,9 -2,3 +0,2 -1,5 +1,9 +1,2 +3,6 Ll Pour le Cameroun oriental seulement. L2 Chiffres officiels ajustés pour tenir compte de la sous- évaluation des exportations de bananes et de tabac. Z (-) = augmentation, (+) = diminution. Sources: a) Exportations et importations fondées sur les chiffres officiels, voir les tableaux 34 et 35; b) Mouvement des avoirs étrangers, voir le tableau 29; c) Tous les autres postes sont des estimations de la mission fondées sur les renseignements fornis par le Gouvernement camerounais et par les gouvernements des principaux pays donateurs. REPUBLIQUE FEDERALE DU CAMEROUN FORT LAMY VOIES FERRIUS Maltam existantes MAIDUGURI FORT-FOUREAU en con.truction p.evues COTON a 1'gtUde ROLTES - RIZ Mora Nationale, acphalte nat ionale Autres routes prIncipales LE MAROUAN 11ARORT ITRA1Ml YAGOU\A. SERVICES FLUVIAUX BAISONNIERS kilJCHIDES . - 1> 00 100 400 z0" MOUNDOU Tch.Ili,é COTjON\ CAMEROON Toubouro NGAOUNDEREEEVG ELEVAGE JNkornbe T,batiMia TEA" BANANES Momfe BAMENDA Garog ol CA F"FOUMBAN Berare-Oya L SBAFOUSSAM NK NGSAMBA BIS BAFIA CACAO- Komba Bertao tj BANANES RI YABASsL Eboko BATOURI BUEA PALMIERS V,ctora- UALA CAO Y UNE ABONG MBANG EDEA CAOUMCMON ESEKA MbAICAO Akonahinga YOKADOUMA TIMBERBOIS BO0IS Baie de Biafra-- KRIBI SANGMELIMA EBOLOWA COPRDJU GOL FE de BOIS ju G U /N E E. .__ __. _BOIS .. Librei i l.o1o-dou R IO MUINI • G A 8 0 N ) C 0 N G 0 (Brazzaville) JANVIER 1969 BIRD 2489

Informations clés
Date d'adoption
Pays Cameroun
Source Banque mondiale