FIL1 COPY DIFFUSION RESTREINTE RapportNo. AF-56c TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prepare' à titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait etre publié ou citd comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE LA TUNISIE (en deux volumes) VOLUME I RAPPORT PRINCIPAL 6 mars 1967 Departement Afrique AVANT-PROPOS Le présent rapport a été préparé par une mission d'études qui stest rendue en Tunisie en octobre et novembre 1966 et à nouveau très brièvement au début de 1967. La mission était ainsi composée: John A. Edelman Paulo H. Pereira Lira Walter Cohn (IFC) Miss Aida Eid (FAO) Jacques Guillot-Lageat Epiphane Mawussi Robert Maubouché Alfred Pusar Francis Soges Martial Van Gent Tous les membres de la mission ont collaboré à la préparation de ce rapport. MM. Gavin Wyatt et Salah Hussein et Mlle. Barbara Eschenbach ont également aidé la mission à son retour à Washington. MM. Edelman et Maubouché sont les principaux auteurs de ce volume. NOTE: La version française de ce rapport n'est disponible que pour le volume I; l'annexe statistique qui consti- tue le volume 2 n'est disponible qu'en langue anglaise. TABLE DES MATIERES Page No DONNEES ESSENTIELLES .............................. . ......... i - iii RESUME ET CONCLUSIONS ......................................... iv - xii I. RECENTS DEVELOPPEMENTS DE L'ECONOMIE TUNISIENNE ............. 1 A. Evolution de la situation en 1960-1965. ............ 2 Production ........................................... 2 Evolution des prix ............... . ...... .......... 5 Les investissements .................................. 5 Liépargne ......... ............................ ........ 7 La balance des paiements ............................. 8 B. Evolution de la situation en 1966 ...................... 8 C. Le budget économique de 1967 ........................... 12 D. Exécution des investissements par rapport au Plan quadriennal ............................................ 16 II. PERSPECTIVES DES PRINCIPAUX SECTEURS ....................... 20 Les principales perspectives de production .......... 20 Perspectives et politique d'·investissements à moyen terme .............................................. 23 Agriculture ......................................... 23 Pétrole ...................................... ........ 25 Phosphate et engrais phosphatés ...................... 26 Minerais divers .............. . ..................... 28 Industries manufacturières diverses .................. 28 Tourisme .....................- .. .................. 31 Transports et communications ......................... 32 Secteurs divers ...................................... 32 Résume des perspectives d'investissements et de production pour la période 1967-1970 ........... 34 III. PERSPECTIVES CONCERNANT LA BALANCE DES PAIEMENTS, L'EPARGNE INTERIEURE ET LES FINANCES EXTERIEURES ............... 38 Résumé des perspectives relatives aux exportations et aux importations .............................. 38 Dépense et épargne nationales ........................ 41 Finances publiques ................. ... 0 . ............. h2 Epargne des entreprises et des ménages ............... 45 Réserves de change et politique du crédit ............ 46 Les besoins en financement extérieur ................. 47 Le service de la dette et les perspectives à plus longue échéance ................ a.................... 51 - i1 - ANNEXE CONCERNANT LES PRINCIPAUX SECTEURS A. Agriculture B. Industrie minière des phosphates bruts C. Industrie des engrais phosphatés D. Autres industries manufacturières E. Tourisme DONNEE ESSENTIELES Superficie: 48,000 milles carrés; 12,5 millions d'hectares Population: (millions d'habitants) Recensement Recensement de 1966 de 1956 Total h,53 3,94 Tunisiens 4,46 3,60 Non-tunisiens 0,07 0,34 Taux de croissance Population totale 1,4% (1956-1966) Population tunisienne 2,1% 9,4 par mille carré Produit national brut aux prix du marché Total (1966): 500 millions de dinars Par habitant: 211 dollars des U.S.A. Produit intérieur brut aux coûts des facteurs 1966 1960 Total en millions de dinars courants 440 284 Total en millions de dinars de 1965 433 321 Répartition par secteur 1965-1966 1960-1961 en % de la moyenne du PIB Agriculture 19 24 Mines et industries 19 18 Transports 9 7 Autres 53 51 Taux de croissance 1960-1965 6,3% (aux prix de 1965) 1960-1966 5,1% 1960/61-1965/66 5,0% En pourcentage du PIB aux prix du marché 1966 1960 Investissement fixe brut 24,7 17,7 Secteur public 19,2 10,4 Secteur privé 5,5 7,3 Variations des stocks - -3,3 Epargne intérieure 1>4,3 7,3 Déficit en ressources 10,4 7,1 Paiements nets au titre du revenu des facteurs 2,8 0,3 Compte courant de la balance des paiements 12,6 6,9 Déficit en ressources en pourcentage de l'investissement hl,9 48,9 Monnaie et prix Décembre Variations 1966 1964-1966 Accords préférentiels douaniers et commerciaux (millions (en % avec la zone franc (partiellement restaurés en de p.a.) mai 1966) dinars) Masse monétaire 150,2 5,7 Dép8ts à terme 45,8 31,0 Crédits de la Banque centrale à l'Etat 56,0 19,8 Autres crédits bancaires 229,0 14,4 Taux de hausse des prix (coût de la vie à Tunis) 4% 5% Opérations du secteur public Variations 1966 % du PIB 1960-1966 (nillions (aux prix (en % de dinars) du marché) p.a.) Recettes courantes de l'Etat 117,9 22,9 8,3 Dépenses courantes de l'Etat 98,0 19,0 8,7 Surplus budgétaire 19,9 3,9 6,3 Dépenses en capital de l'Etat 53,8 4,4 6,8 Commerce extérieur Exportations de biens et services 112,2 21,8 6,5 Importations de biens et services 165,6 32,2 8,8 Composition des exportations 1966 1963 1960 Ten % des exportations de marchandises) Phosphate brut 18 13 12 Huile dfolive 16 19 12 Pétrole brut 6 - - Vin 2 19 15 Blé dur 4 7 1h Autres 54 42 53 Balance des paiements (en millions de dollars des U.S.A.) 1966 1964 Commerce, net -101 -112 Invisibles, net - 23 - 22 Compte courant, net -124 -134 Capitaux privés, net 23 41 Capitaux publics, net 81 83 Variations des réserves de change., net 20 10 Aide financière extérieure 1964-1966 (en millions de dollars des U.S.A.) Total 279 Dons 77 Prêts publics 202 Principaux donateurs (dons et prêts publics) 1965-1966 Etats-Unis dtAmérique 105 République fédérale dtAllemagne 13 Italie 13 France 10 BIRD/IDA 8 Situation des réserves de change Est. fin 1966 (en millions de dollars des U.S.A.) Réserves de change brutes 8 (soit moins d'un mois d' importations) Position du FMI Quota 35 Tirages 23 Dette extérieure Total en cours de la dette publique (31 juin 1966) 396 millions de dollars des U.S.A. Total en cours de la dette privée (31 décembre 1965) l millions de dollars des U.S.A. Rapport du service de la dette (% des gains d'exportations en 1966) Dette publique 16,5 Dette privée 1,5 RESUME ET CONCLUSIONS 1. Entre 1960 et 1965 la Tunisie est parvenue à accroître con produit intérieur brut à un taux moyen de 5,5% par an. Ltactivité dfin- vestissement et la production à usage intérieur ont été les principaux facteurs d'une telle croissance. Les exportations de biens et services sont restéoepratiquement stagnantes. Le rapport de l'investissement total au PIB a augmenté de 14% en 1960 à 28% en 1965; pour ltensemble de la période l'investissement fixe en termes réels a représenté en moyenne 24% du PIB. Ce rapport élevé de ltinvestissement et de ltaccroissement du produit est le résultat tout dIabord. de l'importance relative accordée aux investissements en bâtiments administratifs et logements de 1960 à 1963; ensuite des gros investissements dans les mines et ltindustrie en 1964 et 1965, qui ntont pas porté leurs fruits avant 1966-67; et enfin du fait que les investissements agricoles qui ont également beaucoup aug- menté pendant la période n'ont des effets qu'à long terme. 2. Cette situation est en train de changer de manière radicale. Le gouvernement a l'intention de réduire ltinvestissement fixe de 122 millions de dinars en 1966 à 110 millions en 1967 afin que celui-ci ne représente plus que 20% du PIB. Même si ce rapport ne devait pas stac- croître au cours des prochaines années, la croissance du produit réel devrait tout de même se continuer à un taux de 6% par an jusquten 1970 sur la base de 1965, tandis que les exportations de biens et services pourraient augmenter chaque année de plus de 10%. Ce renversement de la situation est dû en premier lieu à l'entrée en production des projets commencés en 1964-65 et fondés sur ltexploitation pétrolière, les phos- phates et ltindustrie de transformation; en second lieu, au développement rapide du tourisme et en troisième lieu à ltimportante réduction en 1965-67 de la part des investissements dévolus au logement et aux bâtiments admi- nistratifs. Le rôle croissant accordé aux capitaux privés dans les mines, le tourisme et l'industrie devraient aussi jouer en faveur de l'accroisse- ment de la productivité du capital qui est prévu pour cette période. Dans l'agriculture, qui occupe encore plus de la moitié de la population active, le coefficient de capital restera probablement très élevé au cours des prochaines années. Au début des années 70 cependant, les rende- ments croissants des investissements déjà effectués ainsi qutune meilleure sélection des projets et une gestion améliorée des exploitations agricoles devraient conduire à une réduction importante de ce coefficient. 3. Les apports nets de capitaux étrangers publics à long terme et les participations étrangères privées ont en grande partie permis aux investissements en 1964-1966 de se maintenir à un niveau élevé. Les apports ont été en moyenne de l'ordre de 100 millions de dollars par an, soit environ 12% du produit intérieur brut de ces trois années. Llépargne intérieure s'est sensiblement accrue dans la période, en passant de moins de 9% du PIB au début des années 1960 à environ 13% en 1965-66. Cepen- dant, au cours de la plupart de ces années, ces sources de financement ne se sont pas avérées suffisantes pour faire face à la totalité de ltin- vestissement. La différence a été comblée par l'utilisation des réserves de change pour des montants de 20 millions de dollars en moyenne annuelle de 1960 à 1964 et en 1963-1965 par le recours à des crédits fournisseurs. La détérioration de la situation financière a été temporairement arrêtée en 1965 à la suite d'une dévaluation de 25% à la fin de 1964 et dfun important afflux de capital étranger. En 1966 cependant, lexcès d'in- vestissement fixe - 7% au-delà des estimations du Budget Economique - a conduit à un accroissement de crédit intérieur et à une expansion par 9% de la masse monétaire. Comme le PIB est resté stagnant en raison d'une forte sécheresse, la liquidité monétaire s'est donc accrue et de fortes pressions à la hausse se sont exercées sur les prix. De plus, les ré- serves de change ont encore diminué de 20 millions de dollars si bien que les disponibilités brutes à la fin de l'année n'étaient que de 25 millions de dollars, soit un mois d'importations; les engagements bruts se montaient alors à 50 millions de dollars y compris le tirage de 23 millions sur le FMI. h. La détérioration de la situation financière a été le facteur principal qui a conduit, vers la fin de 1966, le gouvernement à décider de réduire les investissements en 1967. C'est sur la base d'une esti- mation détaillée de l'aide étrangère en vue et du niveau probable de l'épargne intérieure que le gouvernement a déterminé la limite supérieure possible des investissements fixes. Les prévisions d'aide étrangère d'origine publique prévoient des déboursements se montant à 100 millions de dollars sur la base d'engagements de dons et prêts et n'incluent que 12 millions au titre des prêts en cours de négociation. Le recours aux crédits fournisseurs est aussi prévu pour un total de 17 millions de dol- lars par rapport à 40 millions en 1965 et 20 millions en 1966. Le Budget Economique pour 1967 prévoit également une importante reconstitution des stocks de lzordre de 2% du PIB qui a pour but de diminuer les pressions croissantes de la demande de biens d'importation. Dans le cadre de ce programme, la liquidité monétaire devrait être réduite et les réserves de change devraient staméliorer d'une manière modérée, 5. La décision de diminuer jusqu'à 110 millions de dinars les in- vestissements fixes en 1967 est un acte de courage, surtout si l'on con- sidère que les principales coupures seront effectuées dans la construc- tion de logements, d'écoles primaires ou autres genres de dépenses qui répondent à des considérations sociales pressantes. En dehors des diffi- cultés qui pourraient naître de ce fait, d'autres facteurs rendent peu aisé le jugement sur la possibilité que les objectifs visés par le Budget Economique pour 1967 soient atteints en totalité. Le report en 1967 des engagements financiers pris en 1966 apparaît maintenant plus important qu'au moment de la préparation du Budget Economique. De plus, les exi- gences des projets en cours de réalisation, surtout de ceux financés par l'aide étrangère, pouraient fort bien conduire le budget d'équipement de l'Etat à dépasser quelque peu le niveau prévu à l'origine. Au milieu du mois de février, le gouvernement ne faisait que commencer à examiner en détail les effets sur sa dépense des engagements pris pour 1967, si bien qu'il n'est pas encore possible d'apprécier dans quelle mesure seront dépassées les prévisions de dépenses de l'Etat faites par le Budget Eco- nomique. Il est cependant probable qu'au moins en ce qui concerne l'Etat il y aura un certain dépassement; il est difficile de savoir si celui-ci pourra être en quelque sorte compensé par un ralentissement des dépenses des entreprises. De toute manière, l'expérience tend à confirmer que la Tunisie doit augmenter ses efforts pour une meilleure prévision de ses dépenses, afin de lui permettre de décider de ses nouveaux engagements - vi - en fonction des ressources qui seront vraisemblablement disporibles pour y faire face. 6. C'est la conscience de ce besoin probable d,- ressources suPPlé- mentaires qui a amené le gouvernement a entreprendre '-eur mobilisation. Tout d'abord, il a prévu l'emission en avril dtun emprunt obligatoire d'environ 6 millions de dinars (qui sera perçu sur la même base que ltim- pôt sur le revenu). En second lieu, plusieurs emprunts extérieurs à moyen terme ont été négociés afin de procurer au Trésor des fonds en monnaie locale. Ces emprunts extérieurs, qui n'étaient pas prévus expli- citement dans le Budget Economique, pourraient se monter à près de 16 millions de dollars. Ainsi qu'il l'a été mentionné, cependant, le Budget contient une allocation de 16 millions de dollars pour les crédits-four- nisseurs. Même si le total des recours au crédit à moyen terme ne devait pas de beaucoup dépasser ce gernier chiffre, l'ensemble des apports en capital devrait stavérer suffisant pour permettre à l'Etat d'atteindre son objectif d'une amélioration de ses réserves de change tout en assurant à ltintérieur une stabilité financière. Cela supposerait toutefois qu'un contrôle permanent soit assuré sur les décisions d'investissement nouveau et qu'une politique à l'égard des salaires et des finances publiques visant à limiter la consommation aux montants prévus par le Budget Economique soit menée à bien. Dans la mesure où les objectifs de stabilité financière pour 1967 ne seront pas atteints en totalité, la continuation - si ce n'est l'accentuation - des mesures de stabilisation prises par le gouvernement pourrait être encore nécessaire en 1968. 7. La question demeure de savoir quel serait le montant approprié d'investissement qui pourrait avoir lieu au cours des années à venir. Celui-ci dépend. dtune manière évidente de la qualité des projets dispo- nibles et des moyens de financement qui pourraient être mobilisés. Au cours du passé récent, la Tunisie a fait la preuve de sa capacité à réaliser un programme d'investissements fixes beaucoup plus élevé dans son ensemble que celui actuellement prévu pour 1967. Cette capacité d'investir ne s'est cependant pas révélée uniformément élevée dans tous les secteurs; une partie importante de ces investissements n'a, par na- ture, qu'un effet à long terme et est par là destinée a satisfaire des besoins sociaux plutôt qutà atteindre rapidement des objectifs économiques. En 1967, ces éléments seront considérablement réduits. En même temps, les possibilités diinveztir avec une rentabilité économique satisfaisante sont beaucoup plus grandes qu'auparavant. Ceci est le résultat, pour une grande part, des efforts d'exploration des ressources hydrauliques et pétrolières, des améliorations de ltadministration et de la formation d'une main d'oeuvre qualifiée ainsi que du désir croissant de faire appel à l'esprit d'entreprise du secteur privé. Les investissements nouveaux qui pourraient avoir lieu dans les secteurs directement productifs au cours de la période 1968-1970, sont les suivants: a) développement des activités minières - où l'exploration pétrolière et l'expansion de la production des phosphates bruts peuvent être fort rentables; b) tourisme où un investissement double du niveau prévu pour 1967 pourrait fort bien être justifié en 1970; c) expansion de la production d'engrais pour la- quelle l'Etat explore la possibilité d'une association avec des capitaux étrangers; d) série de projets agricoles, y compris l'expansion et - vii - ltamflioration des coopératives dans le nord. du pays, l'achèvement dos deux grands projets d'irrigation et l'expansion du programme de creuse- ment de puits, ainsi que s un certain nombre de régions, continuation sur une échelle quelque peu réduite des travaux de reboisement et de conservation du sol; e) construction d'un chantier de réparations na- vales en coopération avec un partenaire étranger; f) expansion de l'in- dustrie agricole et de la production de biens manufacturés légers pour l'exportation; g) peut-être apports de certains compléments aux prin- cipales industries de substitution à l'i.iportation (sidérurgie, textiles et matériaux de constructioi) afin d'améliorer leur efficacité. Dans les principaux secteurs d'iafrastructure, les investissements devront être poursuivis à niveaux r3lativerment élevéspour la production d'énergie électrique ainsi que dans un certain nombre de moyens de transport afin de rendre possible la croissance générale de l'activité qui est envisagée devant la période. Une certaine expansion dans l'enseignement secondaire et l'hydraulique urbaine po-rrait également être justifiée au cours des quelques prochaines années. 8. La réalisation de beaucoup de ces projets dépend. des résultats de l'analyse des coûts et di marché ainsi que des accords avec les parte- naires étrangers. Il est p3u vraisemblable que tous ces investissements pourront être réalisés au curs de la période, bien qu'une assistance technique accrue dans de nonbreux secteurs soit susceptible d'accroître le nombre de projets prêts l être réalisés. Par ailleurs, certains d'entre eux sont d.'un seul tenant, 3i bien que leur réalisation pourrait bien elever l'investissement total bien au dessus de la moyenne envisagée pour ces années. Toutes ces raisons rendent difficile la détermination précise du niveau dlinvestissement qui pourrait être justifié durant la période 1968-1970 par des rendements économiques raisonnables. Néanmoins, en tenant compte très grossièrament de ces éléments et en incluant une mo- deste allocation pour lrexpansion des investissements dans le logement et les bâtiments administratifs au-delà du niveau relativement bas prévu pour 1967, il semble possible de considérer qu!un total de 135-140 mil- lions de dinars serait un chiffre convenable pour les investissements fixes en 1970. En ajoutant une certaine provision pour l'investissement en stocks, de l'ordre de 5 millions, la formation brute de capital qui pourrait être projetée pour 1970 représenterait alors un peu plus de 21% du produit intérieur brut. 9. La Tunisie pourrait financer un tel taux d'investissement à condition: tout d'abord de pouvoir accroÎtre l'épargne intérieure jusqu'à un niveau de 17,5% du PIB en 1970 et ensuite de pouvoir obtenir des ap- ports en capital frais de 1 ordre du montant actuel. Un tel accroisse- ment de l'épargne intérieure devrait être possible si la production et les exportations augmentent au rythme envisagé au cours des années à venir. CellEr-ci permettraient une croissance de la consommation par habitant de 2,5% par an par rapport au niveau effectif de 1965 ou de 3,7% par rapport à l'objectif de 1967. De tels chiffres peuvent être compa- rés à celui de l'augmentation de la consommation par tête d'environ 3,3% entre 1960 et 1965. Ils supposent que le taux marginal d'accroissement de l'épargne intérieur sera:t supérieur à 31% entre 1965 et 1970 et celui de ltépargne nationale d1environ 26%. Ce dernier taux est justement celui - viii - qui était prévu per le gouvernement Tunisien dans -on Plan quadriennal pour les années 1965-1968. Alors qutun tel taux était trop ambitieux pour cette période, il devait s'avérer possible entre 1965 et 1970. Ces taux représentent un accroissement sensible par rapport aux cinq années précédentes (lorsque le taux marginal de l'épargne intérieure était de 25% et celui de ltépargne nationale de 19%), mais la crois- sance du revenu réel devrait être supérieure en 1965-1970 (6%) qu'elle ne lta été en 1960-1965 (5%) si bien q1iil semble raisonnable de supposer que la Tunisie pouvait épargner une plus grande partie d'un produit augmentant plus rapidement. 10. Cependant, l'obtention de tels taux exigera que des mesures soient rapidement prises pour renverser la tendance entre 1965 et 1967 à la détérioration de l'épargne des administrations ainsi que pour as- surer aux entreprises une rentabilité appropriée, que celles-ci soient publiques ou privées. Etant donné l'augmentation des recettes d'origine pétrolière que l'on peut anticiper, il devrait être possible dlaccroitre modérément la part des recettes courantes de ltEtat dans le PIB sans porter atteinte au développement économique général. Si le rapport au PIB de l'ensemble de recettes non pétrolières devait se maintenir en 1970 au niveau de 1966 (22,5%), les recettes totales pouvaient s'élever à près de 2h% du PIB. Ce dernier rapport peut être comparé aux quelques 24,5% qui seront vraisemblablement atteints en 1967 si l'on tient compte des 6 millions de dinars que devrait rapporter l'emprunt obligatoire. La principale source d'épargne de l'Etat devrait cependant être cherchée du côté d'une réduction du taux de croissance des dépenses de fonctionnement. Celles-ci ont augmenté en moyenne de 10 pour cent par an entre 1963 et 1966 surtout du fait de l'expansion rapide des dépenses pour l'enseigne- ment et des programmes sociaux. Une nouvelle expansion de près de 7% est envisagée pour 1967. Si ces taux de croissance sont maintenus, la Tunisie devra faire face à de très sérieux problèmes de gestion budgétaire, sur- tout si l'augmentation de recettes est interrompue pour une raison quel- conque. Le gouvernement a indiqué son intention de limiter la croissance de ses dépenses ordinaires à un taux qui ne serait pas inférieur à celui du revenu national; il serait à recommander cependant que, compte tenu des taux élevés de ces derniéres années, une croissance relativement plus lente soit obtenue. En supposant que ce taux puisse être réduit à moins de 6% et que les recettes s'accroissent dans les proportions déjà indi- quées, l'épargne des administrations pourait dépasser 28 millions de dinars en 1970 alors qu'elle était de l'ordre de 19 millions en 1965 et qutelle devrait être d'environ 20 million en 1967 si l'on inclut l'em- prunt obligatoire actuellement envisagé. 11. Après être resté relativement stable de 1963 à 1965, ltépargne des entreprises a beaucoup augmenté en 1966 à la suite surtout de l'ac- croissement des recettes touristiques, des exportations de pétrole et de phosphate et des ventes locales d'électricité, d'acier et de textiles. Une autre augmentation jusqu'à 44 millions de dinars est prévue par le Budget Economique pour 1967; celle-ci semble possible si lIon examine les perspectives des principales entreprises. Un des éléments importants qui permet de partager cette vue optimiste de la future épargne des entreprises publiques est la conscience croissante que manifestent les autorités - ix - tunisiennes de la nécessité d'une rentabilité accrue des entreprises publiques. C'est donc dans cet esprit que le Gouvernement est récemment intervenu dans le domaine de la tarification (transport par exemple) et de la gestion (textile par exemple) des entreprises afin d'améliorer leur rentabilité et leur productivité. Il a également fait appel ces temps derniers à des experts en matière de transport pour obtenir des conseils sur la rationalisation des investissements et sur la possibi- lité d'autres améliorations dans le domaine de la politique des prix dans ce secteur. Il y a ainsi incontestablement beaucoup de possibilités pour de nouveaux projets de cet ordre dans les entreprises publiques industrielles si bien que le recrutement d'experts de premier plan dans ce domaine pourrait apparaître très avantageux aux pouvoirs publics tunisiens. En supposant que les améliorations dans l'industrie et les transports aussi bien que dans les autres secteurs se continuent il est possible d'envisager que l'ensemble de l'épargne des entreprises puisse augmenter d'environ 36% entre 1967 et 1970. 12. Etant donné un taux d'épargne intérieure de plus de 17% et un taux d'investissement d'environ 21% en 1970,le déficit extérieur de la Tunisie en biens et services pourrait être réduit des 11% du PIB réalisé en 1966 et des 8,6% estimés pour 1967 à quelque 4% du PIB en 1970. Cependant, le service de la dette extérieure et les paiements des dividendes aux capitaux étrangers privés augmenteront considérablement durant cette période, si bien que même avec une telle réduction du déficit en ressources de la Tunisie, les besoins en apports de capitaux étrangers seront encore de l'ordre de 140 millions de dollars en 1970. Si l'on tient compte d'une reconstitution des réserves de change d'environ 10 millions de dollars chaque année entre 1968 et 1970, les besoins totaux se monteraient à 150 millions de dollars, soit autant que l'afflux réalisé en 1966 ou presque autant que le montant attendu en 1967. 13. Il est difficile de dire pour combien de temps la Tunisie pourra continuer à obtenir un tel niveau d'apports de capitaux étrangers. Les dons d'assistance technique et les transferts courants pourraient être projetés, au moins jusqu'en 1970, au niveau de 2h millions de dollars correspondant à l'aide passée. Les entrées de capitaux privés ont aussi atteint ce niveau en 1966 et sont prévues en 1967 pour un montant du mme ordre, mais les investissements dans le pétrole diminue- ront si d'autres découvertes n'ont pas lieu - ce qui a été supposé ici. Un accroissement important des investissements privés dans d'autres secteurs serait donc nécessaire pour maintenir le niveau actuel. De récents développements dans la politique tunisienne semblent favoriser cette possibilité, mais d'autres efforts peuvent être encore nécessaires pour arriver à cette fin, y compris une politique plus libérale en matière de transferts de bénéfices. Si ces deux types de flux demeurent cons- tants, et si le recours aux crédits-fournisseurs est limité à une moyenne d'environ 16 millions de dollars par an entre 1967 et 1970, les déboursements sur prêts publics devraient rester au niveau de 85 millions de dollars anticipé pour 1967 afin de rendre possible un taux d'inves- tissement brut de l'ordre de 21% duPIB au cours des prochaines années. 14. Au début de 1967, la Tunisie disposait d'un >ipe line de prêts publics relativement élevé. La partie non encore Dbilisée des prêts contractés se montait à environ 130 millions de dollars, alors que les prêts en cours de négociation pouvaient être estimés a environ 25 millions de dollars. De ce total, on peut estimer 8$ millions de dollars, le montant qui sera déboursé en 1967, à h0 millions les déboursements en 1968 alors qu'à partir de 1969, le pipe line sera presque épuisé. Afin de maintenir en 1968-1970 le taux de déboursement atteint en 1967, de nouveaux prêts devront être contractés de manière à assurer des apports supplémentaires de 45 millions de dollars en 1968, 65 millions en 1969 et 80 millions en 1970. 15. Il n'est actuellement pas possible de savoir si la Tunisie pourra obtenir de nouveaux prêts publics dans cette mesure. Ce qu'il est possible de dire avec une certaine assurance est cependant que la politique économique de la Tunisie au cours de toutes prochaines années aura une influence directe considérable sur le montant - et les conditions - de l'aide extérieure d'origine publique. L'effort d'épargne propre de la Tunisie sera un important facteur à cet égard. Si en fait, l'épargne intérieure croit jusqu'à représenter 17,5% du PIB en 1970, elle permettra d'une manière importante de justifier le maintien de l'aide extérieure à un niveau élevé. D'égale impor- tance sera la qualité du programme d'investissement, aussi bien en termes de sa composition qu'en fonction de la rentabilité économique des principaux projets. Ainsi qu'il a été mentionné, la composition de ce programme a été considérablement améliorée au cours des années récentes et 1967 représente un important progrès si les plans actuels sont réalisés. En ce qui concerne la préparation des projets il y a encore matière a amélioration surtout dans le sens d'une limitation des coûts et d'une analyse plus précise de la demande intérieure et exté- rieure. De plus, d'autres progrès devaient encore *tre possible pour mobiliser l'esprit d'entreprise du secteur privé et pour orienter les programmes d'enseignement et de perfectionnement de manigre à permettre à la Tunisie de faire face d'une manière effective à ses besoins en main d'oeuvre qualifiée. 16. Enfin, il est nécessaire que la gestion financière aussi bien au niveau des entreprises qu'à celui de la nation soit améliorée. Il est évident que la Tunisie ne peut pas savoir d'une manière certaine a quel niveau pourront se situer l'épargne intérieure et les apports extérieurs en capitaux au cours de chacune des prochaines années. Il est cependant raisonnablement sûr que la situation de réserves de changes demeurera assez tendue. La Tunisie ne pourra donc se permettre que très peu d'erreurs dans sa confrontation de ses ressources et de ses investissements. Afin de réduire cette marge d'erreurs, la Tunisie a besoin non seulement d'améliorer son analyse et son contrôle des programmes annuels d'investissement mais aussi de laisser une certaine place dans son plan d'investissements à moyen terme pour une possible moins value de ses ressources financières (celle-ci pouvant par exemple être inférieure au niveau indiqué ci-dessus). Ceci suppose des décisions très claires sur les projets qui doivent être entrepis avec un niveau - xi - minimum de ressources ainsi qutune indication des priorités dornés aux autres projets susceptibles d'tre réalises au fur et à mesure de l'apparition de nouvelles ressources. 17. Même si la Tunisie pouvait obtenir au cours de la période 1968-1970 des apports bruts de crédits extérieurs pour un montant total de ltordre de celui prévu pour 1967, ceest-à-dire 85 millions de dollars sous forme de déboursement sur prêts publics et 16 millions en crédits fournisseurs, l'augmentation pr6vue des remboursements du principal des dettes se traduirait par une dimi- nution dans les flux nets d'environ 100 millions de dollars en 1965 et 70 millions estinés en 1967 à près de 60 millions en 1970. Cela suppose que les prêts nouveaux seront contractés à des conditions semblables à celles obtenues récemment. Ces conditions, en ce qui concerne les prêts publics, ont été relativement généreuses, avec une moyenne de taux d'intérêt de 3,5% duamortissement sur 23 ans, y compris un différé de 6 ans. Les conditions des crédits fournis- seurs étaient en moyenne de 6% avec un amortissement sur six ans. Dans ces conditions, le service de la dette serait de 60 millions de dollars en 1970 contre 40 millions en 1966 et 46 millions en 1967. Cependant, grâce à la croissance rapide des exportations et des recettes invisibles que l'on peut prévoir pour cette période, le rapport du service de la dette devrait être en 1970 aux alentours du niveau de 18% déjà atteint en 1966. 18. Des modifications modestes dans les conditions de l'aide étrangere nouvelle en 1967-1970 n'auraient pas d'effet signi- ficatif sur le poids de la dette durant cette période. Leurs consè- quences se feront sentir après 1970. La question de savoir s'il serait approprié de modifier ces conditions est donc étroitement liée aux besoins probables d'apports nets de capitaux que la Tunisie connaîtra dans la prochaine décennie, ainsi qu!a ses possibilités d'obtenir des apports bruts dans cette période. Le point le plus critique du besoin de capital frais dans les années 1970 sera l'efficacité de ltinvestissement. Le gouvernement tunisien peut, dans une large mesure, influencer ce facteur, en particulier en menant une politique salaria.e et monétaire qui permettrait d'assurer la compétitivité du secteur d'exportation dans lequel réside les meilleures promesses d'expansion, et en donnant plus d'importance que dans le passé à une analyse systématique de la rentabilité économique lors de la préparation, de la sdlection et de la réali- sation des projets. D'égale importance cependant seront les possi- bilités qu'aura la Tunisie d'augmenter ses exportations, et cela dépendra beaucoup de l'évolution du marché mondial et de la politique d'importation des principaux partenaires commnerciaux de la Tunisie. Même en supposant qu'il n'y aura pas de nouvelles découvertes de pétrole, il existe de bonnes bases techniques pour l'expansion durant les années 1970 de la production de biens et services en vue de l'exportation, plus particulièrement en matière de tourisme, de phosphate brut, d'engrais, de produits agricoles et de produits industriels légers. Avec des hypothèses optimistes sur les conditions - xii - du marchd et les politiques douanières, la Tunisie devrai ê etre capable de parvenir a une croissance soutenue de son prod-7it intérieur et de ses exportations à des taux aussi élevés que ceux p ,vus pour 1967-1970, tout en ayant un taux dtinvestissement stable ou même dimi- nuant modérément. Cela permettrait au déficit en ressources de dis- paraÎtre avant 1980 et pourrait conduire à une réduction importante des besoins en capitaux étrangers. Si les hypothèses sur les conditions du marché extérieur sont un peu moins optimistes, ce qui pourrait obliger la Tunisie à dépendre dans une mesure croissante de sa production de sub- stitution aux importations, le coéfficient de capital pourrait fort bien dépasser durant la prochaine décennie le chiffre prévu pour 1967-1970, conduisant ainsi à des besoins en capitaux supérieurs à ceux indiqués précédemment et à une accumulation d'une dette extérieure très impor- tante, meme en supposant qu'elle ait été contractée aux conditions actuelles. 19. En conséquence, il semblerait que la prudence devrait amener la Tunisie à rechercher, au cours des quelques prochaines années, des conditions moyennes d'emprunt qui soient aussi favorables que celles obtenues actuellement. Si au cours de cette période, ce qui apparaît maintenant comme la possibilité d'une expansion des exportations à un rythme élevé au cours des années 1970 devient une forte probabilité, un certain durcissement des conditions d'emprunt pourrait être approprié. Comme la partie du coût direct des investissements qui doit être sup- porté en devises étrangères est bien inférieure à ses besoins en capi- taux frais - dont une grande partie devra servir la dette extérieure - il serait également nécessaire que la Tunisie continue à recevoir des prêts non-affectés ainsi qu'une aide étrangère pour financer les coûts locaux des projets d!investissement. I. RECENTS DEVELOPPEMENTS DE L'ECONOMIE TUNISIENNE 1. Le développement économique de la Tunisie entre 1960 et 1966 a été caractérisé par un accroissement rapide des investissements tel que leur part dans le produit intérieur brut est passé de 18% en 1960-1961 à 26% en 1965-1966. D'importantes entrées de capitaux étrangers corres- pondant à environ la moitié des investissements ont permis, au cours des dernières années, d'atteindre ce niveau élevé. Durant la même période, l'épargne intérieure a également augmenté jusqu'à atteindre 13% du P.I.B. en 1965-1966. Ces ressources se sont cependant révélées insuffisantes pour éviter la pression croissante sur les prix intérieurs et les réserves en devises étrangères. Une dévaluation de 25% àla fin de 1964 a compensé la hausse des prix et en 1965 la masse monétaire a quelque peu plafonné alors que la baisse des réserves de change a été arr'ètée. Cependant, en 1966 les pressions financières se sont a nouveau fait sentir; vers la fin de l'année, une nouvelle hémorragie de devises et l'accroissement excessif de la masse monétaire ont amené le gouvernement à prendre des mesures en vue de rêduire sensiblement le taux d'investissement en 1967. 2. Au cours de la même période, le taux de croissance moyen de la production a atteint environ 5,5% en termes réels; la croissance du revenu réel a été un peu plus lente et s'est probablement inscrite aux alentours de 5% par an du fait d'une légère altération des termes de l'échange. La population tunisienne ne s'est accrue que de 1% par an entre 1960 et 1965, le taux d'accroissement démographique de 2,3% par an étant partiellement compensê par une importante baisse du nombre d'Européens et d'étrangers nord-africains 1/. Il s'ensuit que l'augmentation moyenne du revenu réel per capita a éte supérieure à 3,5% par an. Cependant, la progression de la consommation personnelle a été inférieure à 3% en termes réels, tandis que la consommation totale de l'Etat augmentait de près de 6% par an. 3. Bien que les données existantes concernant la main-d'oeuvre ne soient pas très sûres, elles n'en indiquent pas moins que l'emploi s'est accru d'environ 2% par an pendant la première partie des années 1960, soit à un rythme légèrement plus rapide que la croissance estimée de la main-d'oeuvre. Un certain chZmage persiste, encore que celui-ci soit bien moins grave que dans nombre d'autres pays en voie de dévelop- pement. Il ressort d'une étude effectuée en 1964 que le chtmage total se chiffrait alors à environ 9% de la population active tandis que le sous- emploi dans l'agriculture était estimé par ailleurs à l'équivalent de 8%. Une grande partie de ce ch'omage a cependant été résorbé par les chantiers de travaux créés par l'Etat, surtout en matière de conservation des sols et de reboisement. Ce programme, qualifié de "lutte contre le sous-dévelop- pement", s'intègre de plus en plus aux investissements publics d'infra- structure; il fournit un emploi à temps partiel à environ 200.000 travail- leurs par an, soit l'équivalent de 8% de l'offre de main d'oeuvre. 1/ Constitue principalement par des réfugiés algériens qui avaient trouvé un asile temporaire dans le pays. A. Evolution de la situation en 1960-1965 Production 4. De 1960 à 1965 la Tunisie a enregistré un taux de croissance moyen de la production de plus de 6% en termes réels. Cependant, ce taux de croissance a été favorablement influencé par une récolte exceptionnelle en 1965, notamment en ce qui concerne les olives. Le taux de croissance de l'ensemble du secteur agricole pour cette période de cinq ans s'est établi à h,9% mais si l'on tient compte des conditions météorologiques et de l'évolution du cycle de la production oléicole, le taux de croissance "normal" de l'agriculture a probablement été plus proche de 2%. Si l'on tient compte de ce dernier taux pour la période 1960-1965, on peut estimer la croissance moyenne annuelle du PIB total a environ 5,5%. 5. L'agriculture représente environ 20% de la valeur ajoutée annuellement à l'économie tunisienne et occupe environ la moitié de la population active. La production céréalière, qui constitue environ un quart. de la production,n'a pas augmenté de plus de 1% par an. La récolte de raisins ést en moyenne demeurée au niveau de 1962. Les produits maralchers et agrumes dont la production s'est accrue de 70% au cours des cinq dernières années, ont constitué les éléments les plus dynamiques du secteur agricole. Ils continuent cependant a ne représenter que 12% de la production totale aux prix de 1965. On ne dispose que de peu de données directes sur les tendances de la production animale, bien que celle-ci représente la majeure partie du reste de la production agricole. A titre d'estination (fondée principalement sur l'apparition récente de faibles exportations), la croissance de ce secteur peut être évaluée à environ 2% par an, voire davantage. 6. La découverte en 196h d'un important gisement de pétrole à El Borma constitue le principal événement intervenu dans le secteur minier au cours de cette période. Les réserves récupérables de ce gisement sont actuellement estimées à environ 60 millions de tonnes et on prévoit que les exportations annuelles atteindront 3 millions de tonnes par an en 1969 et procureront des recettes d'exportation d'environ 17 millions de dinars. Avant 1966, année de démarrage de la production pétroliëre, le phosphate brut représentait les deux tiers de la valeur ajoutée par ce secteur. La production de phosphate brut s'est accrue de h0% entre 1960 et 1965. Cependant, la production des autres minerais principaux - plomb, minerai de fer et sel n'ayant marqué aucun progrès pendant la majeure partie de cette période, le taux de croissance moyen pour l'ensemble du secteur s'est établi aux alentours de 5%, et la valeur totale ajoutée est restée infé- rieure à 3% du PIB en 1965. 7. Le taux de croissance annuel de 7,8%,enregistré dans le domaine industriel, a porté la part de ce secteur à 13% du produit intérieur en 1965 de la Tunisie. La transformation des produits agricoles qui repré- sentaient plus de la moitié de la production manufacturière dans le début des années 1960 a accusé une augmentation de 38% en 1965 par rapport à 1960, par suite, notamment, de la bonne récolte d'olives enregistrée l'année précédente. Les autres activités manufacturières se sont dé- veloppées au taux annuel de prés de 9%. Les textiles qui venaient au deuxième rang en 1960, ont accusé une progression moyenne de 6,2% avec une accélération notable depuis 1963. L'augmentation la plus importante a eu lieu dans le domaine du raffinage du pétrole qui a démarré en 1964, accroissant de h% la valeur totale ajoutée par l'industrie au. cours de cette seule année. 8. L'essor de l'industrie touristique, évalué en fonction des recettes brutes en devises de la Tunisie provenant de cette source, s'est manifesté par une augmentation de plus de 60% par an de 1961 à 1966. Au cours de la mfime période, la capacité des hotels s'est accrue de plus de 30% par an. En 1966, la valeur ajoutée aux prix courants par le tourisme représentait plus de 2% du PIB et le tourisme avait supplanté le phosphate brut et l'huile d'olive pour devenir l'activité du pays rapportant le plus de devises étrangères. 9. Le batiment dont l'activité avait progressé de 50% entre 1960 et 1962 a maintenu par la suite sa contribution de 9% au produit intérieur en termes réels. Par ailleurs, la valeur ajoutée par les trans- ports a augmenté régulièrement de 10% par an jusqu'en 1965, en raison notarment des importantes recettes procurées par l'oléoduc en provenance d'Algérie et entré en service en 1962. La part ccntributive de l'adminis- tration au PIB s'est accrue d'environ 6% par an au cours de cette période tandis que tous les autres services, y compris les loyers et le commerce ont enregistré un progrès un peu plus lent que le PIB. Tableau 1: PRODUIT INTIEUR BRU'. (millions de dinars de 1965) 1960 1961 1962 1963 1964 1966 1966 (Prov.) (Est. Agriculture 77,3 87,7 81,6 85 6 91L7 98,0 70,3 Céreales ~~2,9 20,8 2, 30, -2, 31,2 2o,~6 Olives 7,9 24,0 8,5 9,8 19,3 19,3 11,1 Raisins h,h h,2 5,5 5,1 5,3 h,9 3,5 Agrumes et légumes 7,5 9,6 10,1 9,h 11,1 11,8 13,5 Autres (net..de l'en- 28,6 29,1 33,0 30,9 30,6 30,8 21,6 semble des facteurs de production) Mines (y compris 8, 8,3 7, 8,9 1013 11,3 1 pétrole brut) Energie et eau _59 5.,9 670 7 9,0 Industrie ho7 h9,9 h3 8 U-,8 57,6 59 2 60 3 Industries alimen- 206 31,1 2, 23,0 29,1 2 , 2 taires Autres 20,1 18,8 19,7 21,8 28,5 30,7 35,9 Býitiment 25,1 32,4 37,6 38,7 36,7 4o,j 39,0 Transport 22,6_2_,1 27,5 30,9 33,1 37,0 39,7 Cornerce et autres 96,1 100,3 10h,8 103,1 110,8 121,7 128,0 services Tourisme - 0,7 1,0 1,8 3,5 6,h 10,5 Autres 96,1 99,6 103,8 101,3 107,3 115,3- 117,5 Administration hh,3 h8,7 5h,h 56,6 56,8 60,0 71,0 PIB (au co'Ût des 320,8 357,3 363,3 375,3 hoh,o h3h,6 432,6 facteurs) - _ Le présent tableau a été établi par la mission à partir des estimations officielles. Voir tableau 6 de l'Annexe statistique. -5- Evolution des prix 10. L'augmentation des prix des importations a été principalement responsable de l'altération des termes de l'échange de la Tunisie pendant la première moitié des années 1960. Compte tenu de la dévaluation, ces prix ont augmenté en moyenne de 2% par an tandis que les prix moyens a l'exportation restaient à peu près stables. Quant aux cours plus élevés du phosphate brut, des engrais et du plomb enregistrés au cours de cette période, ils ont été plus ou moins compensés par la chute du prix moyen des exportations de vin en 1965 par suite de l'incapacité de la Tunisie d'écouler sa production. / 11. Selon les indices officiels, le niveau des prix intérieurs a augmenté d'environ 1,5% par an entre 1960 et 1964. Cependant, cette évolution reflète dans une certaine mesure l'application du controle des prix à une vaste gamme de marchandises; les pressions qui, sur la demande de biens d'importation, se sont manifestées au cours de cette période, ont contribué à la justification de la dévaluation de 1964. Au cours de l'année suivante, le niveau général des prix s'est accru d'environ 9%. A la suite des augmentations de prix, le PIB aux prix courants s'est accru d'environ 8,5% en moyenne au cours de la première moitié des années 1960. Les investissements 12. Les investissements en capital fixe ont progressé en termes réels d'environ 80% entre 1960 et 1965,soit à un rythme deux fois plus rapide que l'accroissement du PIB. La dévaluation survenue en 1964 a accru les prix relatifs des biens d'équipements, dont environ un tiers est importé, augmentant d'autant la valeur des investissements par rapport au PIB. Le coefficient d'investissement a ainsi atteint un maximum de 27,6% en 1965. L'augmentation des investissements est intervenue en grande partie dans le secteur public mais comportait une participation privée importante dans plusieurs entreprises mixtes, notamment dans le pétrole et les phosphates. Les investissements essentiellement privés sont restés à peu prês stables et se sont situés aux environs de 28 millions de dinars, leur part dans les investissements totaux étant tombée de 40% au début des années 1960 à un quart en 1964-1965. Cepen- dant, le pourcentage a recommencé à s'élever récemment, par suite notam- ment des investissements privés croissants dans les installations tou- ristiques et, à un moindre degré, dans la petite industrie manufacturière. 13. Dans les premières années de la décennie, la plus grande part de la formation de capital fixe a été consacrée aux logements, aux bâti- ments administratifs, aux transports et à l'énergie. En 1965, un important changement est intervenu dans la structure de l'investissement puisque la part de ces secteurs est passée de 60 à 40%, le reste étant consacré a En fait la majeure partie de la production vinicole de la Tunisie en 1965 a fait l'objet d'un sotckage. Pour les besoins des estimations de la comptabilité nationale, ce vin a été évalué au cours intérieur tunisien qui est beaucoup plus bas que les prix garantis français. - 6 - des fins plus direc-,ement productives. Les investissements aux prix cour- ants dans l'agriculture ont plus que doublé depuis 1960 pour arriver à 26 millions de di-iars en 1965. Les investissements au titre de la recherche et ce l'exploitation pétrolières ont été portés brusque- ment à 15 millions de dinars en 1965 après la découverte de pétrole a El Borma; et les dépenses au titre de l'exploitation des phosphates sont passées de moins de 1 million de dinars en 1961 à près de 5 millions de dinars en 1965. Les investissements dans les industries manufacturières ont atteint un maximum de 27 millions de dinars au cours de cette dernière année par rapport à une moyenne de 8 millions en 1961-1962, en raison notamment des dépenses effectuées pour l'aciérie d'El Fouladh et plusieurs importants projets dans le domaine des textiles. De négligeables qu'ils étaient au début des années 1960 les investissements consacrés aux instal- lations touristiques sont passés à 7 millions de dinars en 1965. Dans le domaine des transports, le niveau de 14,6 millions de dinars atteint par les investissements en 1960, et qui reflétait principalement le cout de la construction d'un oléoduc, a été suivi d'investissements nettement plus faibles s'élevant à 8 millions en moyenne au cours des années suivantes. Les investissements au titre du logement ont plus que doublé entre 1960 et 1963 puis sont restés au niveau d'environ 1h millions de dinars en 1964 et 1965. Une augmentation rapide a également été observée au début dans les investissements administratifs qui représentaient en 1962 plus du quart des investissements totaux. En 1964, ils ne représentaient plus que 14%, mais des dépenses dans le domaine de l'éducation ont amorcé depuis une reprise des investissements administratifs. 14. Dans le secteur des transports, le niveau de 14,6 millions de dinars atteint par les investissements en 1960 reflétait principalement la construction d'un oléoduc. Les cinq années suivantes ont été marquées par des investissements nettement inférieurs, leur total n'ayant pas dépassé 8 millions de dinars en moyenne. Les investissements au titre du logement ont plus que doublé entre 1960 et 1963 pour se stabiliser aux alentours de 14 millions de dinars entre 1964 et 1965. Les dépenses administratives ont également connu un progrès rapide jusqu'en 1962 et représentaient 27% des investissements totaux au cours de la mme année. Ils sont tombés à 14% en 1964 avant d'accuser une reprise due aux investissements accrus dans le domaine de l'éducation. 15. La relation entre les investissements bruts et l'accroissement de la production au cours de 1960-1965 n'a pas été particulièrement favo- rable. Le coefficient de capital calculé aux prix de 1965 a été en effet d'environ cinq à un. Cet état de choses est dil à plusieurs facteurs : tout d'abord, la concentration relativement élevée des investissements dans le secteur du logement, les batiments administratifs et l'infra- structure au début de la période; en deuxième lieu, la lente rentabilité des investissements dans l'agriculture, et troisièmement, le fait qu'une bonne partie des importants investissements effectués dans les domaines minier et industriel en 1964-1965 n'a commencé à donner des résultats qu'en 1966. Sur le plan de la qualité, le programme d'investissement a été assez inégal. La rentabilité des récents investissements dans le pétrole, les phosphates, les produits chimiques et le tourisme a été très bonne dans l'ensemble. Mais par ailleurs, la plupart des investissements dans l'agriculture - travaux d'irrigation, de plantation et de conservation du sol - ont une rentabilité relativement faible, du fait de leur longue gestation. Les investissements dans la sidérurgie et dans plusieurs autres entreprises publiques n'auront vraisemblablement que de faibles rendements. On peut attribuer la faible rentabilité constatée dans l'agriculture et les industries manufacturières à une étude incomplète des coûàts et des débou- chés, dans certains cas, et dans d'autres, à une évaluation par trop forte des avantages directs (ce qui est notamment le cas de l'eau) et à l'impor- tance que l'on accorde aux avantages indirects (dans le cas de l'acier). Toutefois, la planification actuelle au niveau des projets manifeste actuellement beaucoup plus qu'il y a quelques années, un souci de parvenir a une rentabilité économique satisfaisante. L'épargne 16. L'épargne intérieure qui atteignait en moyenne 9% du PIB au début des années 1960 est passée à près de 13% en 1965. Les opérations nettes avec l'étranger au titre du revenu des facteurs ont marqué une progression sensible au cours de cette période en raison notamment de l'accroissement des transferts des salaires du personnel d'assistance technique et la hausse des intérets au titre de la dette extérieure. En conséquence, l'épargne nationale s'est accrue un peu plus lentement que l'épargne intérieure pour atteindre 11% du PIB en 1965. 17. L'épargne des administrations a progressé de près de 10% par an a partir d'un faible niveau en 1960 pour atteindre 19 millions de dinars, soit 36% du revenu national de la Tunisie en 1965. Cette avance est surtout imputable à une augmentation de 8% en moyenne des recettes ordi- naires, résultant de plusieurs relèvements du taux des implts ainsi que de la dévaluation du dinar en septembre 1964 qui a eu pour but d'accroître notablement les recettes douanières en 1965. Au cours de la période 1960-1965, les dépenses de fonctionnement de l'Etat se sont accrues au rythme de 7% par an, la plus grande partie de l'augmentation étant imputable aux dépenses d'éducation. L'épargne des entreprises - surtout publiques - est passée de 8 millions en 1960 a 27 millions de dinars en 1965. Les augmentations les plus importantes ont été enregistrées par la Société tunisienne d'électricité et de gaz (STEG), la nouvelle raffinerie de pétrole et les entreprises de phosphates. 18. Cependant, l'accroissement de l'épargne nationale et des entrées de capitaux étrangers à long terme s'est révélé insuffisant pour s'opposer à la perte de réserves de change et aux difficultés financières croissantes qui se sont manifestées au cours de 1960-196h. En septembre 1964, ces pressions ont conduit à la décision de d6valuer le dinar de 25% et de limiter l'expansion du crédit. En 1965 une augmentation des apports extérieurs de capitaux, y compris un important volume de crédits-fournisseurs, ont contribué à concilier ces restrictions avec la progression des inves- tissements jusqu'à un niveau record, tout en mettant un frein au fléchis- sement des réserves de change et en maintenant l'expansion de la masse monétaire d ns les limites du taux de croissance du produit national. En 1966 cependant, la situation financière a recommencé à se détériorer (voir Section B ci-dessus). La balance des paiements 19. L'effort accru d'investissement observé entre 1960 et 1965 a conduit à une augmentation des importations, de biens et services de 6% par an en termes réels malgré un certain recul des importations de biens de consommation. Les exportations de biens et services n'ont marqué aucune progression au cours de cette période. En 1965, un accroissement des recettes d'exportation provenant des phosphates et du tourisme a été annulé par une chute des recettes des exportations de vin et d'autres produits agricoles par suite de la suppression du traite- ment préférentiel accordé jusqu'alors par la France. 20. Les entrées de capitaux étrangers en Tunisie ont augmenté sensiblement, passant approximativement de 60 millions de dollars en 1960 à 180 millions de dollars en 1965, dont plus de 100 millions étaient d'origine publique. La dépendance de la Tunisie envers les crédits-four- nisseurs s'est également accrue très rapidement, notamment en 1964 et 1965, et s'est manifestée par apport de 24 millions de dollars et de 41 millions de dollars respectivement. Les investissements privés étrangers, suinut dans le domaine du pétrole, sont passés d'une moyenne de 22 millions de dollars au début des années 1960 à 33 millions de dollars en 1965. 21. La dette extérieure publique à moyen et long terme de la Tunisie, y compris les montants non déboursés, avait atteint 354 millions de dollars à la fin de 1965, soit un montant équivalent à plus de 35% du produit intérieur brut de 1965. La dette extérieure privée non encore remboursée se chiffrait à près de 10 millions de dollars à la même époque. Le service total au titre de la dette extérieure s'élevait à 7 millions de dollars en 1964 et à 13 millions de dollars en 1965, de sorte que le rapport du service de la dette est passé de 8% à 12% des recettes courantes brutes en provenance de l'étranger pour ces deux années. Ce fort accroissement du service de la dette a conduit le gouvernement à prendre des mesures au début de 1966 en vue de limiter le recours aux crédits-fournisseurs d'une manière beaucoup plus stricte qu'au cours des années précédentes. B. Evolution de la situation en 1966 22. Il ressort des premières estimations que l'année 1966 a été marquée par une modeste réduction du taux d'investissement - ramené à 24% du PIB et par la stagnation de l'ensemble de la production due à une grave sécheresse. En outre, l'entrée de capitaux étrangers et l'épargne de l'Etat ont accusé une baisse en cours d'année, ce qui s'est traduit par une détérioration notable de la situation financière globale. 23. La sécheresse de 1966 a eu à peu près la même incidence sur la plupart des cultures non irriguées que celle de 1961, mais alors que 1961 était une année de haut rendement dans le cycle de la production - 9 - oléicQle, 1966 coiridait avec la période dépressivE du cycle. Ainsi, même avec l'augrent ition de la production des cultues irriguées - légumes et agrumes - la prcluction agricole totale de 1966 était inférieure de près de 20% à ce]lli de 1961 et de 30% à celle de 196.'. Cet état de choses a considé, E)element réduit les revenus et la cunsommation des agriculteurs et - rectera probablement le commerce ex'érieur en 1967. En fait, les exya tations agricoles ont progressé en -966, reflétant les ventes de l& récolte 1965 de blé dur et d'olives et le rétablissement partiel par la France du traitement préférentiel azcor.é au vin, et le rétablissement total de ce traitement en faveur des autres produits agri- coles. 24. Un accroissement de 13% des autres activités productives, y compris le démarrage de l'exploitation de pétrole brut et l'augmentation du tourisme de plus de 50%, a sensiblement amélioré les recettes d'expor- tation en 1966 et partiellement compensé l'incidence de la chute de la production agricole. Néanmoins la production intérieure brute, qui ne comprend pas les services rendus par les administrations, a diminué de 3% en 1966. Les services rendus par l'administration ayant apparemment augmenté de près de 20% en termes réels au cours de l'année, on estime que le PIB aux prix constants en 1966 est inférieur de moins de 1%-% 1965. Cependant, les termes de l'échange s'étant légèrement améliorés au cours de l'année, par suite des prix plus élevés payés par la France pour les exportations agricoles, le revenu réel a probablement été un peu plus élevé en 1966 qp'en 1965. 25. Du fait de la hausse des traitements et salaires versés par l'Etat, la consommation publique s'est accrue notablement en 1966 tandis que la consonation privée a baissé de 3% en raison principalement de la mauvaise récolte et, à un degré moindre, du contrtle plus strict des importations. Selon les estimations officielles préliminaires (figurant au Budget économique de 1967), l'épargne intérieure a atteint 14,3% du PIB en 1966 contre 12,7% en 1965. Cependant, des informations plus récentes donnent à penser que le taux de 1966 était probablement plus proche de 13,5%. Prême en tenant compte de ce taux moins élevé, le déficit en ressources a été sensiblement réduit et ramené d'environ 15% du PIB en 1965 à moins de ll en 1966. Les recettes totales d'exportation sont passées à 11h millions de dinars en 1966 contre 99 millions en 1965 tandis que les importations de biens et services sont tombées à 169 millions de dinars, soit un montant inférieur de près de 3% au niveau de 1965. 26. La proportion des investissements bruts de la Tunisie qui a été financée par les prêts et dons publics d'origine étrangère a été plus faible en 1966 qu'en 1965. L'aide publique extérieure qui s'élevait a 55 millions de dinars en 1965 est tombée à 44 millions en 1966, bien que les investissements totaux en capital fixe ne soient passés que de 133 a 127 millions. Cependant, le niveau élevé de l'assistance étrangère enregistré en 1965 résultait en partie d'un prêt italien (ENI) de 6 millions de dinars lié à l'activité pétrolière ainsi que du déboursement - 10 - exceptionnellement élevé de l'aide des Etats-Unis dans le cadre du programme PL h80. Si l'on fait abstraction de ces deux entrées de capitaux il apparaît que le programme d'investissement de la Tunisie a été financé dans une proportion de près de 38% par l'assistance étrangère publique aussi bien eh 196h et 1965 qu'en 1966. 27. L'important apport des prêts privés à moyen et long terme, princi- palement sous forme de crédits-fournisseurs, qui avait caractérisé l'année 1965, a considérablement diminué en 1966. Grâce au contrôle exercé par l'Etat à l'égard des nouveaux engagements, le déboursement sur ces crédits a été réduit de moitié par rapport aux 21 millions de dinars en 1965. L'amortisse- ment de la dette à moyen terme a plus que doublé en 1966, ce qui a amené une diminution de son encours. Le service au titre des autres dettes a également commencé a augmenter sensiblement, portant le total à près de 18 millions de dinars, soit 18% des exportations de biens et services 1 28. Les recettes ordinaires consolidées de "L'Etat ont progressé de 10% en 1966, atteignant un niveau de 118 millions de dinars équivalent à 22,5- du PIB. Alors que le produit des impts directs n'avait pas augmenté en 1965, l'action conjuguée du niveau élevé des revenus en 1965 et de taux d'impot accrus ont par contre porté les contributions directes à 18 millions de dinars en 1966, soit 5 millions de plus qu'en 1965. Les impts indi- rects ont augmenté de 8 millions de dinars. Les paiements effectués par TRAPSA au titre du transport de pétrole brut ont commencé à baisser en raison de l'utilisation accrue du troisième oléoduc algérien tandis que le pétrole tunisien n'a pas encore commencé à produire des recettes. 29. Cependant, les dépenses totales de fonctionnement ont fait un bond de 17% en 1966, résultant en partie du relèvement de 5% du traite- ment des fonctionnaires intervenu au début de l'année, mais imputable principalement à l'important accroissement des services en termes réels, notamment au titre de l'éducation,qui représentent actuellement plus du quart du budget. Les subventions aux entreprises ont également augmenté légèrement. Les dépenses courantes ayant atteint 98 millions de dinars en 1966, l'épargne de l'Etat est tombée a 20 millions de dinars. Après avoir ajouté ltépargne des collectivités locales et de la sécurité sociale et déduit les recettes au titre de ltassistance technique étrangre 2/, l'épargne totale des administrations est tombée de 19 millions de dinars en 1965 à 15 millions de dinars en 1966. 1/ Ce rapport concerne le service de ltensemble de la dette extérieure. Si l'on exclut le service de la dette privée non garantie, ce rapport s'établit à 16% pour 1966. 2/ Ce poste figure dans la comptabilité nationale en tant que recettes en capital du compte extérieur et comme dépense de fonctionnement de l'Etat, représentant ainsi un poste de désépargne dans les comptes des administrations. - il - 30. Selcn les estimations officielles, les profits bruts des entreprises (tprès paiement des intérets et impots) sont pass5s de 27 millions en 1965 à plus de 39 millions de dinars en 1966. Il est difficile d'e:xpliquer une augmentation aussi importante en se fondant sur les données lisponibles concernant les principales entreprises. Les estimations >fficielles de l'épargne des entreprises en 1966 sont obtenues par solde, si bien que les investissements des entreprises (et les investissements totaux) sont peut-être surestimés - sans doute d'environ h millions de dinars. Il semble probable que l'épargne nationale totale ait également accusé une chute à peu près équivalente à ce montant. La majeure partie des déficits est reflétée dans le déficit de la balance des paiements plus accentué que ne le font apparaître les estimations officielles du Budget économique de 1967. Ce dernier fait ressortir un déficit courant de 65,1 millions de dinars après déduction des paiements au titre des revenus de facteurs tandis que des données toutes récentes indiquent un déficit de 68,6 millions de dinars. Ceci est à rapprocher d'un déficit de 85,2 millions de dinars en compte courant enregistré en 1965. Tableau 2: EPARGNE NATIONALE, PAR AGENT (millions de dinars) 196h 1965 1966 (Estimations officielles) Administrations 16,5 19,4 15,2 dont Etat (21,1) (23,8) (19,9) Entreprises (y compris 24,8 27,3 39,5 a/ banque s) Ménages _81 ,5S _7215 Total 49,4 _ 62,2 af a/ Probablement trop élevé d'environ h millions de dinars. 31. L'épargne des entreprises (estimée officiellement) a permis de financer 62% des investissements des entreprises en 1966 contre 53 en 1965. Mais, étant donné que les entrées de capitaux étrangers destinés directement aux entreprises sont tombées de 43 millions de dinars à 27 millions de dinars, le secteur des entreprises a dû recourir davantage au crédit intérieur. Les crédits de l'Etat ont également marqué un progrès sensible en 1966, ce qui a eu pour résultat d'augmenter le crédit total intérieur de 18% au cours de l'année, par rapport à 13% en 1965. Par ailleurs, la quasi-monnaie et les fonds de contrepartie se sont accrus un peu moins rapidement en 1966 qu'en 1965. Il en est résulté qu'en 1966 les réserves de change nettes diminuèrent d'environ 11 millions et que la masse monétaire s'accrûit de 9%, alors qu'en 1965 - 12 - les avoirs nets en devises n'avaient pratiquement pas changé et que la masse monétaire n'avait augmenté que de 3%. L'indice du cout de la vie a augmenté de 8% en 1966, reflètant en partie la pression monétaire accrue par l'expansion de la quantité de monnaie à un moment oui la production réelle marquait une pause. En outre, la pression de la demande d'impor- tations se faisait de plus en plus sentir vers la fin de l'année, a% en juger par le volume croissant de demandes de licenses d'inportation insatisfaites. 32. Cette situation a conduit le Gouvernement à décider une dimi- nution en 1967 des investissements, telle que l'expansion du crédit serait contenue dans les limites de l'augmentation prévue des liquidités quasi- monétaires et d'un accroissement de 5% de la masse monétaire, tout en permettant une modeste amélioration de la situation nette des réserves de change. Tableau 3: Situation monétaire, 196h-1967 (en cours en fin drannée, millions de dinars ) 196h 1965 1966 1967 Est. Proj. Crédit intérieur 21h 2h2 285 302 Liquidités quasi-moné- -79 -102 -122 -135 taires Réserves de change, net -1 -2 -13 -9 Masse monétaire 13h 138 150 158 C. Le budget économique de 1967 33. Dans le cadre de ses efforts d'assouplissement de la planifi- cation économique, le Gouvernement tunisien a mis au point pour la première fois à la fin de 1965, un budget économique annuel, qui rassemble les objectifs du Gouvernement en matière de budget et d'investissements dans le cadre d'une comptabilité nationale, et qui comprend pour l'année suivante des projections détaillées en matière de production, de dépenses et de financement. Les réalisations de 1966 ont été différentes de celles prévues par le Budget économique à cause notamment de la période de sécheresse qui a affecté la production, et également du fait que les investissements ont dépassé les estimations du budget de 8 millions de dinars, soit 7%. Les exportations ont dépassé les prévisions du Budget d'environ 3 millions de dinars et les importations d'environ 6 millions de dinars. En outre, les recettes invisibles nettes ayant été légèrement inférieures aux prévisions, le déficit avec l'extérieur a été supérieur d'environ 6 millions de dinars 1/. 1/ En fait l'écart le plus sensible entre le budget et les réalisations se trouvait etre dans le déficit des opérations courantes de la balance des paiements pour 1965 que le budget avait estimé à 71 millions de dinars contre un déficit réel de 85 millions de dinars (avant paiement au titre du revenu des facteurs dans les deux cas). - 13 - Les entrées de capitaux étrangers étaient également supérieures de 6 millions de dinars aux estimations ayant servi à l'établissement du Budget. Les réserves de change ont fléchi de 10 millions de dinars, soit environ le montant du découvert figurant au Budget pour l'année. 3h. En octobre 1966, les autorités tunisiennes ont préparé un projet de budget économique annuel pour 1967 et l'ontensuite discuté avec les missions du FMI et de la BIRD. Ce projet prévoyant des investissements fixes se montant à lhl millions de dinars en 1967, contre 127 millions de dinars en 1966. Il apparaissait aussi explicitement qu'il ne serait pas possible de financer ces investissements sans gravement compromettre la situation financière intérieure et extérieure. Même avec des hypothèses sur une augmentation de 11% de l'assistance étrangère et de 6% de l'épargne, ces projections impliquaient une augmentation excessive de la masse monétaire et un déficit impcrtant de la balance des paLements. Ces considérations, ainsi que la détérioration de la situation financière vers la fin de 1966, ont incité le Gouvernement tunisien ' réduire nettement à 110 millions de dinars ses projections en matière de formation brute de capital fixe. Cependant, une allocation de 10 millions de dinars a été prévue pour la formation de stocks, en vue notamment de tenir compte de la demande de matières premières, pièces de rechange et biens de consommation reflétée dans le volume de demandes de licences d'importations insatisfaites à la fin de 1966. La mission estime que ce niveau global de 120 millions de dinars ne dépasse pas le cadre des limitations d'ordre monétaire indiquées au paragraphe 32. 35. La préparation de la version finale du budget économique de 1967 a suscité également le besoin d'examiner attentivement la répartition des investissements entre les divers secteurs et devrait permettre de prévoir un équilibre intersectoriel plus satisfaisant qu'en 1965 et 1966. Las projections prévoient en effet que la part de l'agriculture dans le total des investissements passera de 20 à 27%, alors que la proportion des dépenses administratives en capital diminuera de 19 à lh%. Les investis- sements dans le secteur du logement devraient également diminuer de 30%. On a prévu, d'autre part, une réduction des investissements industriels, due partiellement au fait que quelques-uns des principaux projets en vue n'étant pas encore tout à fait prets, leur réalisation ne pourra pas être entreprise cette année. 36. La décision de réduire les investissements en capital fixe a 110 millions de dinars en 1967 constitue un acte courageux. De fortes pressions seront sans aucun doute exercées afin d'accroître ce montant, notamment dans les secteurs sociaux. Cette source éventuelle de diffi- cultés mise à part, il existe d'autres facteurs qui rendent difficile le jugement sur les possibilités de réalisation de tous les objectifs du Budget 1967. Le report à 1967 des engagements financiers pris en 1966 apparait un peu plus important maintenant qu'au moment de l'établissement du Budget économique. Par ailleurs, les exigences des projets en cours, notamment ceux financés par l'aide étrangère, pourraient bien conduire le budget d'équipement de ltEtat a dépasser quelque peu le niveau prévu à l'origine (35 millions de dinars). A la mi-février, le Gouvernement venait d'entreprendre l'examen détaillé des incidences de ses engagements de 1967. S'il n'est pas encore possible de juger dans quelle mesure seront dépassées les prévisions de dépenses de l'Etat faites par le budget économique, il est cependant probable que ces dépenses dépasseront au moins légèrement les 40 millions de dinars affectés initialement aux dépenses d'équipement de l'Etat et aux transferts aux entreprises. Il est difficile de savoir si cet excédent pourra être en quelque sorte compensé par des dépenses un peu plus restreintes dans le secteur des entreprises. Cependant, compte tenu des indications actuelles, il serait peut-être plus prudent (ou au moins plus sr) de tabler sur des dépenses totales d'investissement, y compris les variations de stocks, s'élevant à 125 millions de dinars en 1967, au lieu des 120 millions de dinars prévus au budget économique. Il reste a savoir si des ressources complémentaires peuvent être mobilisées pour couvrir cet excédent et réussir néanmoins à atteindre l'objectif essentiel qui est de maintenir la stabilité finan- cière au cours de l'année. 37. Il est improbable que le PIB marque une progression plus rapide en 1967 que ne le prévoit le Budget économique, soit 6,7% (voir les tableaux annexes 4,5 et 6 du volume II pour les prévisions officielles). La valeur ajoutée par le pétrole brut pourrait être supérieure à celle prévue. Par ailleurs, les recettes du tourisme, qui ont accusé une chute de 15% par rapport aux estimations de 1966, seront vraisemblablement inférieures d'environ 20% aux prévisions du budget pour 1967. Selon les prévisions, les autres services (commerce, négoce, etc.) augmenteront d'environ 8%, ce qui semble incroyablement élevé, D'autre part, les prévisions relatives à la croissance de l'agriculture en 1967 (8%) semblent assez basses. Selon toute probabilité, la récolte olélcole sera très faible en raison de l'incidence à retardement de la sécheresse de 1966 et du fait que 1967 coïncide avec l'époque dépressive du cycle oléicole. Cependant, les autres récoltes devraient redevenir normales en 1967, les précipitations ayant été à peu près moyennes jusqu'à présent cette année. Ce facteur porterait la valeur ajoutée par l'agriculture a un niveau supérieur d'environ 5% aux prévisions du budget et devrait compenser approximativement la surestimation probable de la progression enregistrée dans le secteur des services. 38. Le Budget économique prévoit que la consommation personnelle augmentera de 6% en 1967 par rapport à 1966 (ou elle était inférieur de 4% par rapport à 1965) et que l'épargne personnelle progressera d'environ 14% passant de 7 millions à 8 millions de dinars); cette prévision se révèlera peut-4tre exagérée. Les projections relatives h l'épargne de l'Etat se situent à un niveau légêrement inférieur (14 millions de dinars en 1967 contre 15 millions en 1966) en raison de l'augmentation d'environ 7% des dépenses, et de l'accroissement des recettes estimé à 6%. Ce dernier pourcentage reflète l'hypothèse selon laquelle les faibles revenus de 1966 auront une incidence défavorable sur les contributions directes en 1967. L'épargne des entreprises est estimée à 4 millions de dinars, soit une augmentation de h millions de dinars par rapport aux estimations officielles préliminaires pour 1966 et de 8 millions de dinars par rapport aux estimations de la Mission pour la même année. Les perspectives - 15 - offertes par un certain nombre d'entreprises portent à l'otimisme : la SITEP, la société exploitant le pétrole, pourrait bien légager une épargne supérieure à 3 millions de dinars en 1967 contre 1 million de dinars en 1966. La Société tunisienne d'électricité et du gaz (STEG) prévoit des profits bruts de 4,5 millions de dinars en 1967 contre 3,3 millions en 1966. L'aciérie d'El Fouladh devrait pouvoir d%sger sous peu un excédent de trésorerie suffisamment important pour lui permettre de faire face à ses lourds paiements au titre du service de la dette; le secteur touristique, dont les profits bruts étaient estimés à 2,5 millions de dinars en 1966, pourrait fort bien dépasser 3,5 millions en 1967 compte tenu de l'expansion d'activité de 40% prévue. Du fait du récent relèvement de ses tarifs, la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) espère convertir un déficit d'exploitation en un léger excédent au cours de 1967; finalement l'activité des ports maritimes et d'Air-Tunis s'est révélée récemment assez profitable; ce secteur devrait pouvoir faire encore mieux en 1967. Cependant, certaines entreprises ne donnent pas d'aussi bons résultats qu'on l'avait escompté, de sorte que l'épargne totale des entreprises pourrait bien etre inférieure à l'objectif de 1967. Dans l'ensemble, il semble que si aucune nouvelle mesure n'était prise, l'épargne nationale totale de 1967 sera probablement inférieure aux objectifs du budget et accusera environ le meme déficit que celui estimé pour 1966 - environ 6 millions de dinars. 39. Le Gouvernement compte toutefois prendre des dispositions supplémentaires en vue d'améliorer la situation de l'épargne. Il est prêt à lancer en avril un emprunt obligatoire (sur la base d'une surtaxe temporaire sur les revenus) destiné à mobiliser quelque 6 millions de dinars. Ce prélèvement devrait permettre de réduire la consommation au niveau prévu par le Budget. Il semble donc que les objectifs généraux concernant l'épargne nationale pour 1967 seront apparemment atteints. 40. Telles qu'elles ressortent du Budget économique, les perspec- tives relatives aiuc recettes d'exportation en 1967 sont quelque peu optimistes, notamment en ce qui concerne l'huile d'olive et le tourisme. En 1966, les exportations provenant des stocks d'huile d'olive ont été plus importantes qu'on ne l'avait estimé antérieurement et, compte tenu des médiocres perspectives de récolte, les ventes à l'exportation ne devront probablement pas dépasser 20.000 tonnes en 1967 contre 40.000 tonnes en 1966. Bien que l'on puisse s'attendre que le prix soit légère- ment plus élevé, les recettes n'en seront pas moins inférieures de quelque 5,5 millions de dinars aux niveaux effectivement atteints en 1966, soit 4 millions de dinars de moins que les prévisions du Budget pour 1967. Pour ce qui est du tourisme, les limitations de la capacité des hotels maintiendront, @emble-t-il, les recettes à environ 18 millions de dinars en 1967 contre les 22 millions de dinars prévus par le Budget pour la mme année et les 13 millions de dinars atteints en 1966. 4l. Les projections du Budget économique relatives aux importations de marchandises pourront, semble-t-il, tre réalisées, l'emprunt obliga- toire étant appelé à freiner la croissance de la consommation, et les - 16 - importations de fournitures destinées au secteur touristique devant être légèrement inférieures aux prévisions antérieures. Les paiements invisibles prévus par le Budget semblent quelque peu élevés en ce qui concerne notamment le poste de 9 millions de dinars au titre des "services divers" - représentant principalement les études effectuées par les sociétés d'études étrangères. Au total, les importations de biens et services seront probable- ment inférieures de 2 millions de dinars aux prévisions du Budget, tandis que les exportations de biens et services pourraient être de 8 millions de dinars plus élevées. Ceci conduirait à un déficit desopérations courantes accru de 6 millions de dinars, soit un total de 60 millions de dinars (après paiement au titre des revenus nets de facteurs) par rapport à la prévision du Budget de 53 millions de dinars pour 1967 et un déficit estimé à 68,6 millions de dinars pour 1966. 42. Il est possible qu'une partie de cet excédent soit financée par des déboursements un peu plus élevés de l'aide étrangère déjà engagée que les 42 millions de dinars envisagés dans le budget. En outre, le Gouvernement a déjà contracté plusieurs prêts à moyen terme totalisant 4,2 millions de dinars qui aideront la balance des paiements en 1967 (1,5 million de dinars pour des achats de blé aux Etats-Unis, et 27 millions de crédits octroyés par des banques européennes). D'autre part, des accords ont été conclus en vue de financer a concurrence de h,h millions de dinars les importations de pièces de rechange et des biens de consom- mation en vertu d'un crédit à moyen terme de la France. Le budget économique ne tient cependant pas compte explicitement de ces crédits, cependant, il fait une place à l'utilisation des crédits-fournisseurs à concurrence d'environ 9 millions de dinars. Les autorités tunisiennes estiment actuellement qu'une partie des crédits prévus à l'origine ne seront pas utilisés. Cependant, meme si le financement sur crédits- fournisseurs ne dépasse pas notablement les prévisions du Budget, il apparaît vraisemblable que les entrées totales de capitaux devraient être suffisantes pour permettre à la Tunisie d'accroltre ses réserves de change de 4 millions de dinars, tel que le prévoit le Budget. En fait, ces réserves pourraient augmenter davantage si le controle des investissements et de la consommation est exercé avec la rigueur nécessaire. Il serait évidemment souhaitable que les réserves accusent une augmentation supé- rieure à celle indiquée , car les nouveaux crédits a moyen terme ne manqueront pas d'accroitre sensiblement le service de la dette au cours des prochaines années. Deux de ces crédits se montant à 3,5 millions de dinars au total n'ont qu'une durée de 3 ans tandis que le crédit de 4,4 millions de dinars accordé par la France aurait une durée de cinq ans. D. Exécution des investissements par rapport au Plan quadriennal h3. Au début de 1965, le Gouvernement a mis au point un Plan quadrien- nal de développement pour la période de 1965 à 1968, durant lequel les investissements bruts devaient se monter à 505 millions de dinars aux prix de 1965. Au cours des deux uremières années, les réalisations ont atteint environ la moitié de cette somme. Cependant, si les objectifs limités de formation de capital fixe en 1965 sont réalisés, l'ensemble des investisse- ments pour les trois premières années du Plan sera de l'ordre de 370 - 17 - millions de i Lnars en 1965. Etant donné qu'il est bien peu probable qu'on puisse, comp- a tenu de la situation financière, porter la formation de capital fixe à 135 millions de dinars en 1968, il semble que le niveau global des investissements sera légèrenent inférieur à celui prévu par le Plan. Cette probabilité avait été reconnue dans le précédent rapport de la mission de la BIRD, qui avait examiné le Plan au cours de la seconde moitié de 1965. Ce rapport i/ estimait qu'un niveau qui se situerait aux alentours de h70 millions de dinars constitue un objectif plus vraisemblable pour la formation de capital fixe, mais suggérait également qu'un montant de 30 millions de dinars soit alloué à la formation des stocks. Si les stocks augmentent de 10 millions de dinars en 1967, conformément aux projections du Budget économique, et de quelque 5 millions de dinars supplémentaires en 1968, cet investissement atteindrait alors le montant total de 20 millions de dinars environ pour la période en q uestion. Si la formation de capital fixe est portée à 115 ou 120 millions de dinars en 1968, il aura été5 possible de réaliser un total dtinvestissements de 505 a 510 -millions de dinars pour la période de i965-196 dont h90 millions de dinars environ sous forme de formation de capital fixe. hh. Ainsi donc, il est probable que l'objectif global du Plan, en matière d'investissements, soit atteint. De plus, si la répartition générale des investissements prévue au budjet de 1967 est maintenue en 1968, la part allant aux secteurs directement productifs devrait presque atteindre les 60% projetés par le Plan (en 1965-1967, ce niveau devrait atteindre 57%). Cependant, au sein de cette vaste catégorie des inves- tissements productifs, il y a eu des changements importants par rapport aux prévisions du Plan. h5. Les principaux changements par rapport aux prévisions du Plan sont les suivants : des investissements considérablement inférieurs dans les secteurs agricole. et indutriel, et des investissements beaucoup plus élevés dans les mines et le tourisme. Au cours des trois années de 1965 a 1967, les investissements bruts dans le secteur agricole totaliseront 80 millions de dinars environ, contre 165 millions de dinars environ projetés pour 1965-1968; alors que dans le secteur des industries de transformation les montants correspondants sont de 50 millions de dinars, réalisés en trois ans, contre 80 millions de dinars prévus initialement pour quatre ans. Les investissements effectués dans les industries d'extraction (le secteur du pétrole notamment) sont, d'autre part, susceptibles d'atteindre 52 millions de dinars pour les trois années, contre un montant de 45 millions de dinars prévu dans le Plan; et dans le secteur du tourisme, un total de 27 millions de dinars pour les trois années devrait etre atteint, contre une prévision de 13 millions de dinars seulement dans le Plan. 1 Examen du Plan de développement 1965-1968 - Tunisie (AF-39a) daté du 22 novembre 1965. - 18 - h6. Etant donné oue les industries d!extraction et le tourisme permettent a'obtenir des rendements globaux considérablement plus élevés que la plupart des investissements dans les secteurs agricoles et les industries de transformation, ce changement d'orientation est probable- ment pour le mieux, et témoigne de l'aptitude des responsables tunisiens (et du secteur privé dans le domaine du tourisme) de tirer rapidement parti des bonnes occasions d'investissement qui n'avaient pas été prévues au moment de la préparation du Plan. Il témoigne également du réalisme du Gouvernement, lequel a décidé de ne pas mettre en oeuvre un certain nombre de projets agricoles ou industriels aussi rapidement qu'il en avait eu l'intention initialement, étant donné, d'une part, le manque de main- d'oeuvre qualifiée qui a ralenti le rythme de mise en oeuvre des projets agricoles, et d'autre part, les problèmes tant de financement que de commercialisation qui ont été à l'origine de retards dans les principaux investissements prévus dans les secteurs industriels (un nouveau complexe important d'engrais et produits chimiques). Dans les deux secteurs, c'est probablement pour le plus grand bien de l'économie que les objectifs du Plan n'ont pas été atteints, car il sera ainsi possible de traiter ces problèmes d'une manière plus efficace, et partant derréaliser les projets du Plan (ou des projets similaires) un peu plus tard avec plus de chances de succès. 47. Parmi les autres catégories d'investissements, les fonds affectés à l'énergie électrique, à l'adduction d'eau et aux transports correspondront aux prévisions du Plan, si les objectifs de 1967 sont réalisés. Quant au logement, même si l'on tient compte du ralentissement prévu pour 1967, il se situera sensiblement au-dessus du niveau prévu. Cependant, en ce qui concerne ce dernier secteur, on peut dire que le niveau fixépar le Plan quadriennal était beaucoup plus bas. En tenant compte d'un ralentissement rigoureux des dépenses administratives (y compris celles relatives à l'enseignement), ainsi qu'il ressort du budget de 1967, cette catégorie de dépenses s'établira aux alentours du même niveau moyen prévu par le Plan quadriennal pour 1965-1967. Il apparaft cependant que dans ce total, les dépenses relatives 'a l'enseignement se situent au-dessous des chiffres qui avaient été prévus initialement, alors que d'autres dépenses sont, au contraire, supérieures aux chiffres prévus. - 19 - Tableau h: INVESTISSEMENTS BRUTS DE 1965 à 1967 (EFFECTIFS ET ESTIMES) COMPARES AUX CHIFFRES DJ PLAN QUADRIENNAL (en millions de dinars) 1965- 1965-1968 1965 1966 1961 1967 Plan quadriennal (Prov,) (Est.offi- Brut1/ Net cielle) Agriculture 26,4 26,1 28,9 81,4 165 150 Pétrole 15,h 11,1 12,4 38,9 20 20 Autres industries d'extraction 4,7 4,3 3,5 12,5 25 20 Industries de transformation 26,8- 1h,2- 9,8 50,8 80 73 Produits alimentaires (1,3) (2,3) (2,8) (6,h) (6) () Sidérurgie (11,1) (0,5) (0,6) (12,2) (7) (17 Textiles (1 7) (5,9) (2,8 (18,4) (22) (20 Produits chimiques (0,3) (0,9) (0,9 (2,1) (25) (25) Autres industries de (4,4) (h,6) (2,7 (11,7) (22) (17) transformation Tourisme 6,7 11,8 8,3 26,8 15 13 Energie électrique 7,8 .66 7,4 21,8 21 21 Transports 8,0 16,0 15,5 39,5 65 55 Logement 14,0 11,8 7,9 33,7 30 17 Commerce et autres services 1,0 0,9 0,5 2,h 6 6 Administration 22,6 2h,5 15,8 62,9 70 67 Adduction d'eau (est.) (2,0) (2,0 (2,0) (6,0 (8 (8 Enseignement (9,1) (10,0 (6,0) (25,1 (hh h Divers (11,5) (12,5 (6,8) (31,8 (26) 23) Total 133,4 127,3 110,0 370,7 505 455 J/Le~TI1 n e prmoyäim pas P amo asemou e par aecteur, la répartition a été faite par la Mission. - 20 - II. PERSPECTIVES DES PRINCIPAUX SECTEURS Les principales perspectives de production 48. Entre 1960 et 1965, c'est surtout l'accroissement des investis- sements et de la production intérieure qui a été à la base d'une augmenta- tion du revenu réel, les exportations de biens et services demeurant pra- tiquement au même niveau. Un changement important est déjà intervenu dans ce processus, et il est vraisemblable que la situation continuera d'évoluer au cours des prochaines années. Ainsi que nous l'avons déjà indiqué, les investissements seront sensiblement réduits en 1967, et il est peu proba- ble qu'ils progressent ensuite plus vite que le PIB. Mais d'autre part, les exportations de biens et services ont amorcé une expansion rapide en 1966, qui se poursuivra probablement à un rythme moyen supérieur ou égal à 10% entre 1965 et 1970. Les taux de croissance, en agriculture et dans l'industrie pour la consommation intérieure, devraient s'accroître égale- ment, tout au moins modérément au-dessus des taux moyens des dernières années. Le taux de croissance de la production totale, pourrait s'établr à un niveau moyen sensiblement supérieur à 6%. Le revenu réel devrait pro- gresser presque au même rythme que la production, à condition que les exportations de vins vers la France retrouvent leur ancien niveau, car cet- te reprise compenserait presque la diminution prévue des autres prix à l'exportation, et notamment ceux des phosphates bruts, des engrais phospha- tés et de l'huile d'olive. 49. Un certain nombre d'incetitudes planent sur la situation à moyen terme: parmi les principales exportations, les ventes de pétrole, d'après les prévisions relatives à la production du gisement d'El Borma, devraient atteindre 17 millions de dinars d'ici à 1970. Un autre petit gisement, en cours de prospection, pourrait d'ici là rapporter de 2 à 3 millions de dinars de plus, mais il n'est pas encore certain que son exploitation soit entreprise. En ce qui concerne les phosphates bruts, les exportations pourraient fort bien atteindre en 1970 le total de h,5 millions de tonnes, mais ce produit se heurte dès maintenant à une vive concurrence, et il fau- dra probablement que le prix des exportations d'Afrique du nord ne tarde pas à baisser si le volume des ventes à l'étranger doit se maintenir. Dans le cas des exportations agricoles, l'accroissement de la production d'olives, d'agrumes et de légumes devrait permettre un accroissement impor- tant de leur volume après 1967, mais là encore se pose la grave question des perspectives relatives aux prix et aux marchés - résultant au premier chef des incertitudes actuelles quant aux accords avec la Communauté Economique Européenne, qui remplaceront l'actuelle situation privilégiée de la Tunisie sur le marché français. 50. Une autre incertitude concernant la période 1968-1970 concerne le niveau des investissements réalisables. Comme on le lira plus loin dans le même chapitre, la mission a l'impression que les perspectives économi- ques justifieraient le maintien d'un taux d'investissement de l'ordre de 21% du PIB. Toutefois, il n'est pas certain à l'heure actuelle qu'il soit possible de mobiliser les ressources nécessaires au financement d'investis- sements d'une telle ampleur. Les principales considérations affectant les - 21 - perspectives relatives à l'épargne privée et aux appor;s de capitaux sont exposées au chapitre III. Il suffira de souligne., à ce sujet que toute diminution importante du taux d'investissement a,-dessous de 21% du PIB au cours de la période 1968-1970 risque de se tracuire par une dimi- nution encore plus sensible du taux d'expansion de la pcoduction et des revenus par rapport à ce qui serait possible. 51. A plus longue échéance, si l'on veut maintenir le taux de crois- sance du revenu réel aux environs de 6%, il sera presque certainement né- cessaire de poursuivre l'accroissement des recettes d'exportation à une cadence plus rapide que le taux de croissance du PIB, sur la base d'un taux d'investissement stable postèrieurement à 1970. La raison en est que le m oeché tunisien est trop petit, et que ses ressources agrico- les sont trop limitées pour que l'économie puisse s'étendre rapidement sur la base d'une substitution des importations, sauf dans le cas d'un coeffi- cient de capital en accroissement constant. Une augmentation annuelle des exportations d'au moins 8% après 1970 ne devrait pas être impossible à obtenir, mais rien n'est moins certain à l'heure actuelle: dans le sec- teur minier, le pétrole constitue un grand point d'interrogation; le chiffre d'affaires des gisements actuellement connus se stabilisera après 1969 aux alentours de 17 millions de dinars. Certes, on peut toujours espérer que d'autres découvertes importantes seront faites, mais il n'est évidemment pas possible de les prévoir. En ce qui concerne les phosphates naturels (et les engrais phosphatés), par contre, il est techniquement tout à fait possible que l'expansion se poursuive rapidement bien au-delà de 1970. Les projections concernant la production de phosphates naturels prévoient une augmentation de 75% entre 1965 et 1970, sur la base d'hypo- thèses assez conservatrices quant aux perspectives du marché. Une expan- sion similaire pourrait se produire entre 1970 et 1975 si la Tunisie pouvait trouver des débouchés suffisants, mais cela est bien moins sûr, étant don- né le rythme prévu de l'accroissement de la demande (entre 6 et 8% par an) et l'expansion considérable de la capacité de production prévue au Maroc et au Sahara espagnol. Ceci dépendra pour une large part de la mesure dans laquelle la Tunisie pourra maintenir ou améliorer sa position compé- titive par rapport aux autres producteurs. Il est bien évident que cette constatation est également valable pour les autres possibilités d'expor- tation, y compris le tourisme. Les recettes du tourisme, qui ont plus que doublé entre 1964 et 1966, pourront probablement augmenter encore deux fois et demi d'ici 1970 si les prix tunisiens continuent d'être avantageux. Mais après cette date, il est possible que le taux de croissance accuse une baisse progressive, ne serait-ce qu'en raison de l'importance du nom- bre de touristes que cela supposerait. 52. Vers 1975, il est donc vraisemblable que la Tunisie devra dispo- ser de nouvelles sources de revenus, si elle doit maintenir un taux de croissance adéquat sans augmentation du taux d'investissement. Les prin- cipales possibilités résident donc dans l'accroissement des exportations d'huile d'olive, d'agrumes, de légumes, de produits d'origine animale et de produits manufacturés. Dans le domaine agricole, la Tunisie a déjà l'avantage de pouvoir exporter toute une gamme de produits assez bien di- versifiés, et il serait opportun, dans la mesure du possible, d'accroître - 22 - encore cette diversité. La production tunisienne d'olives et d'agrwmes augmentera assez rapidement dans le courant des dix prochaines années grâ- ce aux plantations déjà existantes ou prévues. Si la consommation inté- rieure de ces récoltes n'augmente qu'à un rythme de 3 à 4% (et si les importations d'huile de soja sont maintenues à leur niveau récent), le volume des exportations d'huile d'olive et d'agrumes pourrait augmenter de 7 à 8% par an, entre le niveau estimé pour 1970 et celui de 1975. Le vo- lume des exportations de primeurs peut être augmenté sensiblement grâce aux projets d'irrigation prévus ou en cours de réalisation: la Tunisie possède un avantage naturel sur la plupart de ses principaux concurrents pour ces produits sur le marché européen. Enfin, à longue échéance, les produits d'origine animale pourront se ranger dans les exportations importantes du pays, étant donné que les conditions naturelles sont propices à l'élevage des agneaux et moutons. Pour tous ces produits, cependant, c'est l'Europe qui constitue le principal débouché; et il faut compter avec un certain degré de concurrence de la part des produteurs européens actuels. Les prix mondiaux de certains de ces produits sont susceptibles de baisser sen- siblement au cours de la prochaine décennie, étant donné l'accroissement rapide de la production. Cependant, la Tunisie pourrait probablement fai- re face à cette baisse. Mais si, en plus de cela, les pays consommateurs mettaient des obstcles aux exportations tunisiennes (la France accorde à la Tunisie et aux autres pays d'Afrique du nord des tarifs préférentiels), cela pourrait se révéler néfaste aux perspectives d'exportations qui, au- trement, s'annoncent très bonnes pour ce secteur. 53. Dans l'industrie légère, la Tunisie devrait bénéficier d'un cer- tain avantage sur ses concurrents européens en ce qui concerne les produits pour la fabrication desquels le facteur main-d'oeuvre occupe une place im- portante, étant donné qu'elle dispose d'une main-d'oeuvre a bon marché, mais à condition qu'elle puisse bénéficier également des services de tech- niciens et d'un personnel de gestion d'un niveau comparable. Afin d'atti- rer les compétences techniques et de gestion, des investissements privés étrangers seraient nécessaires dans ce domaine pour quelque temps. Il y a de bonnes raisons de croire que ces investissements seraient attirés vers la Tunisie si les pays européens n'entravaient pas, par des droits de douane trop élevés, leur importation des produits tunisiens. 54. La production de biens substituables aux importations présente toujours de larges possibilités dans le domaine agricole, et notamment en ce qui concerne les céréales, produit dont la Tunisie, après avoir été ex- portatrice nette, est devenue au cours des quelques dernières années im- portatrice nette. Il existe également des perspectives d'expansion pour la substitution aux importations de certains produits manufacturés, comme les matériaux de construction, les produits en métal et les textiles; mais cette expansion se fera plus lentement que le rythme de l'heure actuelle qui est le résultat des investissements considérables de ces quelques der- nières années. - 23 - Perspectives et pol. tique d'investissements à moyen terme 55. Le niveau et la composition des investissements en 1967, ainsi qu'ils figurent au Budget économique, semblent bien adaptés, tant aux pers- pectives financières générales qu'aux possibilités et priorités de l'éco- nomie tunisienne. Pour la période de 1968 à 1970, il semblerait normal de partir de l'hypothèse que la formation de capital fixe suivra une courbe ascendante comparable à celle du PIB. Il est probable par ailleurs qu'un niveau quelque peu inférieur d'augmentation en stocks soit nécessaire, à partir du moment où en 1967, le retard aura été rattrapé. Le total des investissements progresserait dans ces conditions à un rythme un peu plus lent que celui du PIB. Une limite globale aux investissements, basée sur des considérations financières générales, semble convenir à la Tunisie. Bien que les Tunisiens aient montré qu'ils étaient capables de mener à bien un programme d'investissements plus important que celui qui est prévu pour 1967, quelques-uns des investissements entrepris dans le passé ont eu un rendement assez faible, en particulier dans l'agriculture, le logement, les écoles primaires et autres batinents administratifs. Il est évident que des raisons de caractère social font qu'il est indispensable de main- tenir des investissements de ce type à un certain niveau. Parmi ces rai- sons, citons d'abord la création d'emplois, et ensuite la nécessité de fournir des logements et des soins médicaux d'une qualité minimale raison- nable. Citons également la nécessité de fournir aux enfants un enseigne- ment primaire dont le taux d'expansion suive au moins le taux d'accroisse- ment de la population. Il n'en reste pas moins que si, comme cela semble être le cas, la Tunisie entend devenir, dans une large mesure, indépendante des afflux de capitaux étrangers avant 1980, il faudra bien qu'elle main- tienne cette catégorie d'investissements au-dessous du volume que le pays serait en mesure d'absorber. Des décisions importantes ont été prises dans ce sens pour 1967. Entre 1968 et 1970, seules des augmentations modé- rées pourront être autorisées dans ces secteurs dans le cadre d'un taux global d'investissement correspondant à 21 ou 22% du PIB. Agriculture 56. Le retard des investissements dans l'agriculture par rapport aux projections du Plan Quadriennal semblerait justifié lorsqu'on considère les possibilités qui sont apparues dans les autres secteurs. Avec un déca- lage de quatre ans entre l'investissement et la production, le coefficient de capital est très élevé, aux alentours de 8 à 1. Dans une certaine mesu- re, cela reflète la nécessité de compenser les désinvestissements du passé, le déboisement et les mauvaises méthodes de culture qui ont été à l'origine d'une érosion sérieuse du sol et résulte également du départ des chefs d'exploitation expérimentés, à la suite de la nationalisation des exploi- tations appartenant à des étrangers. Mais cela témoigne également du fait que les conditions naturelles de la Tunisie ne sont en général pas propices à l'agriculture. Comme la moitié de la population tunisienne active 1/ L'Annexe sur les principaux secteurs contient une étude plus approfon- die de la question. - 24 - s'adonne à l'agriculture, des investissements importants seront encore nécessaires, car il est évident que les possibilités d'investissement hors du secteur agricole ne seront pas suffisantes pour parer aux besoins d'une part importante de cette population d'ici quelques années. 57. Par ailleurs, un certain nombre d'indices indiquent qu'il devrait être possible de réduire considérablement le coefficient de capital à l'ave- nir. Premièrement, grâce à une meilleure gestion des exploitations, et à une technique plus moderne (et notamment grâce à l'utlisation de meilleures graines, d'engrais chimiques et d'animaux sélectionnés), la production pour- ra s'accroître considérablement dans certaines régions avec un nouvel apport de capitaux relativement modeste. En deuxième lieu, les ressources hydrau- liques souterraines commencent à être efficacement exploitées, et offrent des perspectives encourageantes pour l'expansion de l'irrigation dans des conditions plus raisonnables du point de vue économique. Plusieurs puits profonds fournissent de l'eau à un coût par hectare sensiblement inférieur à celui de la plupart des barrages-réservoirs. Des puits peu profonds ont également donné de bons résultats. De plus, dans le cas des deux grands projets pour l'utlisation des eaux de surface à des fins d'irrigation, les projets de la Nebhana et de la Basse-Medjerda, la majeure partie des inves- tissements ont été effectués de telle sorte que les investissements néces- sités pour l'achèvement de ces projets peuvent avoir un rendement relati- vement élevé. 58. Des études supplémentaires seront nécessaires pour déterminer les coûts et les avantages des projets qui pourraient être utilement entrepris au cours des prochaines années. A cette fin, l'analyse des projets doit s'effectuer selon une méthode plus intégrée que ne le permet le système actuel, qui incite chaque service à ne s'intéresser qu'à une partie du programme. Il semblerait que dans ce domaine la Tunisie pourrait plus lar- gement mettre à profit l'assistance technique. Jusqu'à plus ample informa- tion, les principales possibilités peuvent, à titre indicatif, se résumer de la façon suivante: (a) Poursuite et amélioration du programme mis en oeuvre pour intensifier des cultures en sec dans le nord du pays, prin- cipalement dans le cadre de coopératives de production des- tinées à permettre la fusion des exploitations traktionnelles de la région avec les exploitations modernes reprises aux étrangers. La BIRD et l'IDA ont décidé d'assurer le finan- cement d'environ la moitié dfun programme de deux ans. La rentabilité économique de ce projet est estimée à 11% environ. (b) Poursuite et si possible élargissement des programmes d'ir- rigation par puits profonds, d'amélioration de l'élevage dans le centre du pays et de reconversion d'oasis dans le sud, opérations qui sembleraient justifiées si les résul- tats récemment obtenus dans ces régions grâce aux puits profonds se généralisaient. La construction de puits peu profonds devrait également être encouragée. - 25 - (c) Achèvement des projets de la Nebhana et de la Beare- Medjerda. Sous réserve d'une analyse comparative avec le progra.mme d'aménagement des puits, un autre impor-,ant pro- gramme d'irrigation pourrait 6tre mis en route da s la Haute Medjerda. La poursuite de projets plus modestes d'irrigation superficielle entrepris à peu près au même rythme que ces derniers temps pourrait également se jus- tifier. (d) Poursuite, mais peut-être à une échelle plus réduite, du programme général de reboisement et de conservation des sols, qui est revenu ces dernières années à 5 ou 6 millions de dinars au total. 59. Compte tenu d'un tel programme, on pourrait prévoir dans le sec- teur agricole un montant total de dépenses d'investissements de 37 millions de dinars d'ici à 1970, contre 26 millions en 1965-66 et 29 millions pré- vus pour 1967 dans le Budget économique. Les projets de création de coopé- ratives agricoles et d'aménagement de puits devraient aussi contribuer nota- blement à l'accroissement de la production au cours de cette période. La plupart des autres investissements ne porteront leurs fruits qu'au-delà de 1970, mais le fait de choisir les projets de façon plus judicieuse et d'accorder une plus grande attention à l'amélioration des méthodes de ges- tion des exploitations contribuerait de façon appréciable à la réalisation des meilleurs résultats possibles au cours de la période 1968-70 et au- delà, même lorsqu'il s'agirait de ces projets. Toutefois, une partie des investissements réalisés avant 1970 dans l'arboriculture et l'irrigation commenceront, au cours de cette période, à contribuer au développement de la production. Au total, on prévoit que le taux de croissance de la pro- duction - après ajustements pour tenir compte de. récoltes normales - sera de 2,9% de 1965 à 1970, contre 2% de 1960 à 1965. Il faudra toutefois un apport sensiblement plus important de facteurs de production pour que l'on puisse prévoir pour cette période un taux d'accroissement de 2,5% de la valeur ajoutée par le secteur agricole. Pétrole 60. Les investissements consacrés à la prospection pétrolière qui s'étaient élevés en moyenne à h millions de dinars environ de 1960 à 196h ont porté leurs fruits en 1964, avec une importante découverte sur la con- cession de l'ENI située à El Borma près de la frontière algérienne. En 1965 et en 1966 les investissements consacrés à la prospection ont atteint 9,5 millions de dinars. Au début de 1966, une autre découverte de moindre importance a été faite à Djebel Doulep par une société franco-tunisienne (SEREPT). Sur la base de ces renseignements, on estime très approximati- vement que les investissements consacrés à la prospection s'établiront en moyenne à quelque 8 millions de dinars au cours des prochaines années même si aucune nouvelle découverte importante n'a lieu pendant cette période. Les travaux d'aménagement du gisement d'El Borma exécutés en 1965 et en 1966 ont couté quelque 8 millions de dinars, et moyennant un nouvel inves- tissement de 2 millions de dinars en 1967, le projet sera achevé. - 26 - L'aménagement des gisements de Doulep coutera quelque 4,5 millions de dinars et pourrait être achevé dans le courant de 1967, si la société décide d'al- ler de l'avant. Toutefois, aucune décision ferme nla, encore été prise à ce sujet. 61. Les réserves récupêrables d'El Borma sont estimées à plus de 60 millions de tonnes, et l'on prévoit qu'en 1969 la production se stabilise- ra à un maximum de 3,0 millions de tonnes par an. Le gisement de Doulep pourrait produire d'ici à 1970 un maximum de 0,6 million de tonnes. Mais il semble prématuré de tabler aurchiffre lors de l'établissement des pré- visions relatives aux exportations et au revenu de cette année-là. Les recettes d'exportations imputables au gisement d'El Borma à lui seul de- vraient atteindre 17,2 millions de dinars en 1970, contre un montant ef- fectif de 3,9 millions de dinars en 1966, et un montant estimatif de 11,2 millions de dinars en 1967. La valeur ajoutée à l'économie intérieure avant imptts est estimée à 74% environ de la valeur des exportations, tandis que les versements d'intérêts et de dividendes àl'étranger sont évalués à quelque 2,5 millions de dinars en 1970. Phosphate et engrais phosphatés i 62. Depuis, la production de phosphate brut a progressé de 60%, atteignant 3,3 millions de tonnes pendant l'année dernière, ce qui repré- sente une valeur ajoutée de 8,3 millions de dinars environ, soit 2% du PIB. 2,h millions de tonnes environ ont été exportées pour un montant de 12,7 millions de dinars, soit 11% du montant total des recettes courantes de 1966. 0,7 millions de tonnes environ ont servi à la production intérieure d'engrais qui pour la plupart ont été exportés, rapportant 6,8 millions de dinars. 63. L'expansion de la production de phosphate brut a été cbtenue gr9ce à des investissements qui se sont élevés en moyenne à 2 millions de dinars par an en 1963-6h, et à près de 4 millions de dinars en 1965-66. Les investissements pourraient atteindre 3,7 millions de dinars en 1967, bien que le Budget économique ne prévoie pour l'année en question que 3,5 mil- lions de dinars pourl'ensemble des industries extractives. En tout état de cause, il semble probable que leur montant continuera d'être élevé de 1968 à 1972. Compte tenu des investissements actuellement en cours de réalisation, la capacité de production sera portée à h,8 millions de tonnes en 1970. Il est fort possible que d'ici là ce chiffre puisse être majoré d'un million de tonnes. D'après les projets de trois sociétés existantes, les investissements pourraient bien atteindre 6 millions de dinars par an au cours de la période 1968-70. En outre, deux sociétés étrangères envi- sagent de se lancer au cours de cette période dans des entreprises con- jointes de production de potasse, avec dans un des cas un projet de cons- truction d'une importante usine d'engrais, Même si l'un seulement de ces deux projets était exécuté, la capacité de production pourrait aisément dépasser 5,5 millions de tonnes d'ici à 1970. Si tous les projets actuel- lement à l'étude étaient mis en oeuvre ils porteraient la capacité de 1/ Pour plus amples détails voir l'Annexe sur les principaux secteurs. - 27 - production a 9,3 millions de tonnes d'ici à 1975. 64. Il semble raisonnable de supposer qu'en 1970 -es exportations atteindront un total de 4,5 millions de tonnes. Etant cnné que la ma- jeure partie de la production et des exportations suppléientaires se com- posera de phosphate brut d'une teneur plus élevée que celui qui est ac- tuellement extrait et exporté, ce tonnage représente environ h,73 millions de tonnes du minerai exporté à l'heure actuelle (soit une teneur de 9% plus élevée en moyenne). Toutefois, en raison de l'accroissement de l'of- fre mondiale, on s'attend que le cou^t mondial moyen diminue d'ici à 1970 d'environ 15% par rapport a son niveau actuel de 5,3 dinars la tonne. Dans ces conditions, les recettes d'exportation en 1970 s'élèveraient a 21,3 millions de dinars. 65. Deux sociétés fabriquent actuellement des superphosphates pour l'exportation. Elles envisagent d'investir en 1967-68 environ un million de dinars, à elles deux, ce qui portera leur capacité de production a en- viron 400.000 tonnes de superphosphate triple, auxquelles s'ajouteront des engrais divers en petites quantités. La production d'hyperphosphate de- vrait se stabiliser à son niveau actuel de 110.000 tonnes. La production totale d'engrais exigerait en 1970 environ un million de tonnes de phos- phate naturel. On prévoit d'autre part que les cours des engrais diminue- ront d'environ l9 au cours des prochaines années, par rapport à leur ni- veau des années 1965-66. Dans ces conditions, le montant des recettes d'exportation s'élèverait au total a environ 9,5 millions de dinars en 1970. 66. Le Gouvernement tunisien recherche toujours la participation d'un partenaire étranger à l'important projet de fabrication d'engrais figurant dans son Plan quadriennal - les Industries Chimiques Maghrebines - et évalué à 20 millions de dinars. L'idée de base de ce projet a cepen- dant profondément évolué depuis quelques mois. Au lieu d'entreprendre la construction d'une usine d'engrais azotés, qui produirait du phosphate d'ammoniaque destiné à l'exportation, et du nitrate d'ammoniaque destiné à la consommation locale, le Gouvernement semble surtout s'intéresser à la création d'une nouvelle usine qui transformerait les phosphates bruts en matériaux susceptibles d'gtre eux-mêmes transformés en engrais chimi- ques destines à l'exportation, en laissant à l'associé étranger le choix de la nature particulière du produit final. L'Occidental Petroleum Com- pany envisage la réalisation d'un projet qui permettrait de produire un million de tonnes de phosphate brut par an, et de transfomer ces matiè- res premières en 400.000 tonnes dtacide superphosphorique, destiné a l'exportation. Le cou^t du projet serait de 9 millions de dinars non com- pris l'opération d'extraction. L'investissement pourrait démarrer en 1969, et un montant d'exportations évalue a environ 18 millions de dinars par an pourrait être atteint vers 1975. - 28- 67. Le Gouvernement désire que l'usine de l'ICM soit implantée à Gabès. Il faudrait pour cela construire un port dont l'aménagement coû- terait au moins 7 millions de dinars. Toutefois, il semble possible, d7après les renseignements recueillis par la Mission, que le port de Sfax ait une capacité suffisante pour assurer les exportations d'engrais et de phosphate naturel prévues à l'heure actuelle, à un coût sensible- ment moins élevé que celui auquel a été évalué l'amÊnagenent du port de Gabès. Minerais divers 68. La production de minerai de fer des deux mines tunisiennes de Djerissa et de Tamera était jusqu'à présent de 1 million de tonnes par an, et l'on prévoit que grâce aux investissements récemment effectués, elle sera de 1,2 million de tonnes en 1967. L'aciérie d'El Fouladh absorbera environ 170.000 tonnes de minerai, de sorte que les exportations devraient se maintenir à 1 million de tonnes environ, ce qui représente un montant de 3 millions de dinars. Des investissements consacrés à la reconversion des mines de Djerissa et à une installation d'enrichissement du minerai à faible teneur de Tamera seront peut-être effectués au cours de la période 1968-70, pour un montant total de l'ordre de 1,5 million de dinars. 69. La production de plomb est passée de ll.600 tonnes en 1964 à lh.200 tonnes en 1965, et le montant des exportations s'est élevé à 2,5 millions de dinars, du fait en partie des cours élevés du plomb durant cette dernière année. Grace à des investissements récents d'un montant de 1 million de dinars environ, la production devrait atteindre quelque 16 millions de tonnes en 1970. Toutefois, une certaine baisse des cours du plomb risque de se produire d'ici là, de sorte que le montant des ex- portations devrait être à peu près le même qu'en 1965. 70. L'Etat a investi en 1965 1 million de dinars pour la production de mercure et de fluorine, et un autre investissement de 1,5 million de dinars est prévu au cours des prochaines années. Les mines exploitées seraient pami les plus riches de la région méditerranéenne et possède- raient des réserves de 5 millions de tonnes. Les exportations ont débu- té en 1966 et se sont élevées à 0,3 million de dinars; on prévoit qu'el- les atteindront 1,8 million de dinars en 1968 puis qu'elles se stabili- seront. D'après de premiers indices, il existerait d'importants dépôts de potasse qui pourront être intéressants dans un avenir plus lointain. Industries manufacturières diverses i/ 71. La construction de l'aciérie ayant été achevée, les investisse- ments des industries manufacturières sont tombés de 26 millions de dinars en 1965 à 14 millions en 1966. Ils continueront de diminuer en 1967, 1_ Pour plus amples détails se reporter à l'Annexe sur les principaux secteurs. - 29 - jusqutà environ 10 illions de dinars, en raison du programme d-austérité d'une part, et de l'achèvement de plusieurs importants investissements dans l'industrie textile, dtautre part. D'après les projets actuellement envisagés, un accroissement des investissements atteignant 15 millions de dinars est possible d'ici à 1970, compte tenu notamment d'un montant de 2,5 millions de dinars consacré aux engrais phosphatés (contre environ 1 million de dinars dans ce secteur en 1966). Les principales possibilités peuvent se résumer ainsi: (a) Une augmentation de la capacité de production de ltaciérie évaluée à environ 4,5 millions de dinars fait l'objet d'une étude préliminaire. Cela pourrait accroftre la rentabilité de l'entreprise si la demande se révélait suffisante pour absorber l'accroissement de la production. Il convient tou- tefois d'étudier attentivement ce point avant d'entreprendre l'investissement. Dans le secteur métallurgique, des projets relatifs à une tréfilerie d'un cou^t de 1,h million de dinars et à une installation d'usinage d'un cout d'un million de dinars sont également à l'étude. (b) Un accord de principe a été signé avec une société américaine pour l'utilisation de l'ancienne base navale de Bizerte comme chantier de réparations. La société garantirait un chiffre d'affaires annuel de 5 millions de dinars avant 1970. Le cout de l'investissement est évalué à 6 millions de dinars. (c) De nouveaux projets de filage et de tissage du coton et de fabrication de tissus synthétiques, dont le montant pour- rait atteindre au total quelque 7 millions de dinars au cours de la période 1968-1970, sont à l'étude. Toutefois, il conviendrait avant d'entreprendre ces investissements d'analyser soigneusement les perspectives de débouchés et de rentabilité. Des investissements moins importants con- sacrés à la confection de vêtements destinés à l'exporta- tion pourraient aussi apparaître judicieux si les politiques douanières sty pretent. Plusieurs sociétés européennes se sont déjà montré intéressées par la confection en Tunisie de vetements qui seraient exportés vers l'Europe. (d) Des investissements dont le montant pourrait atteindre 7 millions de dinars pourraient également se justifier à l'heure actuelle dans les industries alimentaires, de fa- çon à améliorer la productivité des usines actuelles qui sont trop anciennes, et à permettre, si les possibilités d'exportation le justifiaient, de développer la production de fruits et de légumes en conserve ou surgelés. - 30 - (e) Un investissement d'un montant de 1 million dE dinars par an dans la production de matériaux de construc ;ion peut se justifier étant donné la nécessité de remplace, les usines actuellement démodées et d'augmenter la capacité de produc- tion, de façon à poursuivre le développement de la fabrica- tion d'articles locaux susceptibles de remplacer des pro- duits d'importation, et à faire face à l'accroisement de la demandeprévue à l'époque où la part de la construction deviendra p.Lus importante que celle des biens d'équipement dans la composition des investissements. (f) Un agrandissement de la raffinerie de pétrole portant sa capacité de 1 million à 1,5 million de tonnes, est peut- être justifié par l'accroissement actuel de la demande. Compte tenu d'investissements prévus dans la production d'asphalte et de lubrifiants le montant total des inves- tissements de ce secteur passerait à quelque 1,5 million de dinars durant la période 1968-1970. 72. Il serait sans doute utile qu'une large part de ces investisse- ments soit entreprise pendant la période 1968-1970. Il conviendrait, tou- tefois, de façon à s'assurer que leur réalisation intervienne au bon mo- ment compte tenu des perspectives de débouchés, et avec un souci suffi- sant de productivité et de rentabilité, d'accroftre dans toute la mesure du possible le r6le du secteur privé. Le Gouvernement a fait savoir qu'il y était décidé, et des mesures importantes ont déjà été prises en ce sens. Ainsi, l'année passée un certain nombre de projets industriels privés ont été admis à bénéficier du concours financier de la Société Nationale d'Investissement (SNI); plusieurs petites usines du secteur public ont récemment été vendues au secteur privé, et l'Etat cherche à en vendre d'autres. En outre, un nouveau code des investissements est sur le point d'être mis en vigueur. Il réunirait un grand nombre de textes épars qui régissent les investissements privés, et permettrait aux entreprises de bénéficier de façon plus automatique des avantages en matière de protection, de fiscalité, etc. Un centre de la promotion industrielle est également en cours de création à Tunis. Il aura prin- cipalement pour objet de faire connaître les possibilités d'investis- sements privés dans l'industrie tunisienne, et d'aider les investisseurs privés éventuels à accomplir les formalités juridiques et administrati- ves exigées pour investir dans le pays. 73. Si le Gouvernement ne parvient pas aà vendre au secteur privé les entreprises industrielles appartenant actuellement au secteur public, il lui serait à défaut fort utile d'obtenir l'assistance d'experts, en ayant recours à des consultants en matière de gestion, qui pourraient le conseiller sur les mesures à prendre pour améliorer l'efficacité de ces entreprises, du point de vue de l'exploitation, de la politique des prix et de l'analyse des marchés. Bien que la gestion ait fait quelque pro- gres ces derniers temps, elle est gênée dans la plupart des cas par son - 31 - manque d'expérience dans les domaines de l'activité indu. trielle et des études de marché; bien souvent en effet les responsables atuels provien- nent des cadres de l'administration. En outre, comme ind.c ué ci-dessus, la préparation des nouveaux projets devrait s'accompagner clune étude plus attentive des coûts et des possibilités de commercialisation que cela était le cas pour certains des investissements antéri6e rs. Il est probable que certains de ces derniers ne comenceront à être réellement rentables qu'après d'assez longs délais parce qu'ils ont été conçus et réalisés d'une façon beaucoup plus compliquée qu'il n'était justifié et parce que leur production n'est pas adaptée aux besoins du marché inté- rieur. 74. En admettant que la réalisation des investissements industriels donne des résultats assez satisfaisants, la production de ce secteur (y compris l'industrie chimique) devrait s'accroître jusqu'en 1970 de près de 8% par an sur la base de 1965, soit à peu près au même rythme qu'entre 1960 et 1965. Il en résulterait pour ce secteur un coefficient global de capital de 3, en supposant un décalage de deux ans entre l'investissement et la production induite. Comme on ne prévoit au cours des prochaines années aucun important investissement à aussi forte teneur en capital que ceux de la sidérurgie, ce coefficient devrait s'améliorer dès après 1970. Il est également probable, toutefois, que le taux de croissance de la production baissera sauf si l'on parvient à accélérer le dévelop- pement des exportations de produits manufacturés. Tourisme i: 75. En 1966, 200.000 touristes environ ont visité la Tunisie et y ont dépensé quelque 13,0 millions de dinars, contre 138.000 touristes en 1964 qui avaient dépensé 6,2 millions de dinars (au taux de change de 1965). Au cours des deux années 1965 et 1966, les investissements de l'industrie touristique se sont élevés à environ 18,5 millions de dinars contre 6 millions de dinars pour 1963-1964. L'importance de cette pro- gression est due à un vaste mouvement de diffusion du tourisme des riva- ges du nord vers les plages du sud qui s'est amorcé il y a trois ans. Rien n'indique qu'il soit parvenu à son terme. La Tunisie a mobilisé ses ressources de façon remarquable pour faire face à cet accroissement de la demande. Elle s'est efforcée avec efficacité d'attirer les investis- seurs privés vers ce secteur, en leur accordant des crédits considérables, souvent assortis de bonifications, de façon à faciliter leurs investis- sements. 76. Il semblerait tout à fait plausible de supposer qu'au cours des quatre prochaines années le nombre des touristes sera multiplié par deux et demi, ce qui représente un accroissement moyen de 25% par an, contre près de 60% au cours des deux dernières années. Il faudrait, pour les 1/ Pour plus amples détails voir l'Annexe sur les principaux secteurs. - 32 - héberger, accroftre le nombre des lits d'hAtels d'un total estimé à 17.000 à la fin de 1966 à 30.000 à la fin de 1969. A un c'ût moyen de 2.500 dinars par lit, cela représenterait un montant total de 32 millions de dinars. Le Budget Economique ne prévoit pour 1967 quiun3 dotation to- tale de 9 millions de dinars pour les investissements touri;tiques dont 2 millions pour le Commissariat général au Tourisme et au Tiirmalisme. La Mission estime toutefois que ce total peut et devrait être porté à 15 millions de dinars par an en 1968 et en 1969, montant qui suffirait a l'installation des 30.000 lits jugés nécessaires au début des années 70. Dans ces hypothèses, la valeur ajoutée par le tourisme devrait pro- gresser de 18 millions de dinars entre 1965 et 1970. Transports et communications 77. Les investissements du secteur des transports et des communica- tions sont passés de 8 millions en 1965 à 16,8 millions de dinars ei 1966; leur montant a été fixé à 15,5 millions de dinars pour 1967 dans le Budget Economique. La majeure partie de l'accroissement intervenu en 1966 a ser- vi au remplacement et à l'extension du parc de camions. On ne dispose pas encore de détails complets sur la composition des investissements en- visagés dans ce secteur en 1967, mais leur ordre de grandeur semble cor- respondre aux besoins du pays pendant cette période. En attendant que soient effectuées les études complémentaires dont on a besoin sur les couts et les avantages des investissements possibles dans ce secteur, on peut provisoirement envisager une allocation indicative de 17,5 mil- lions de dinars comme moyenne annuelle de l'investissement de 1968 à 1970. 78. Il reste encore à améliorer la politique et la planification mises en oeuvre dans ce secteur. Des premiers pas ont déjà été faits dans cette voie; une direction des transports chargée d'améliorer la coordi- nation a été créée au sein du Ministère des Travaux Publics et des Trans- ports; des consultants ont été recrutés pour mener des études sur le cout des transports; l'ensemble de la structure des tarifs routiers et ferro- viaires est en cours de révision. En outre, le Gouvernement tunisien a sollicité l'aide du PNUD pour l'établissement d'un plan directeur desti- né au secteur des transports. Jusqu'à ce que cette étude soit en bonne voie, le Gouvernement ne devra entreprendre de nouveaux projets impor- tants qu'avec une extrême prudence. Les quelques projets envisagés a l'heure actuelle semblent quelque peu ambitieux, en particulier ceux qui ont trait au port de Gabès et à la construction à Tunis d'une nouvelle aérogare de grandes dimensions, et qui coûteraient chacun environ 7 mil- lions de dinars. En revanche, il semble qu'il y ait dans les chemins de fer un besoin urgent d'investir qui ne peut pas être satisfait par le ni- veau actuel des dépenses dans ce domaine. Secteurs divers 79. Il semble nécessaire que se manifeste au cours des prochaines années, un accroissement des investissements, à un rythme au moins modéré, - 33- dans l'approvisionnement en eau des zones urbaines. Les céenses récem- ment effectuées dans ce domaine se sont élevées en moyenne a 2 millions de dinars par an. A en juger par les besoins indiqués pour l'extension des réseaux de Tunis et de Sfax, un accroissement d'environ 3 millions de dinars pourrait se justifier. Toutefois, à ltheure actuelle le ta- rif de l'eau est nettement inférieur aux prix de revient, ce qui semble particulièrement inadapté à un pays comme la Tunisie où les ressources hydrauliques totales sont aussi limitées. Une hausse sensible des ta- rifs semblerait s'imposer de façon aà assurer une utilisation économique de l'eau. 80. Les dépenses en capital de l'enseignement se sont élevées en moyenne à 9,5 millions de dinars en 1965-1966, soit à peu près aux taux envisagés dans le Plan quadriennal. Toutefois, il semble probable que la réduction globale des crédits prévus au budget de 1967 pour les admi- nistrations - ramenés de 2h à 16 millions - entraînera certaines réduc- tions dans les crédits ouverts pour l'enseignement. Cela aboutira peut- être a accélérer la révision de la politique de l'enseignement, que sem- ble imposer d'urgence la nécessité de juguler l'accroissement très rapide des dépenses de fonctionnement. Les dépenses de fonctionnement du Minis- tère de l'Education ont doublé entre 1960 et 1965, et ont encore progres- sé de 40% de 1965 à 1967. Ce dernier accroissement est en partie di à l'augmentation générale des traitements mentionnée précédemment, mais mê- me en 1967 où elle n'entre pas en ligne de compte, on prévoit que ces dépenses augmenteront de 13i. L'accroissement intervenu ces dernières années a été imputable à l'enseignement secondaire. L'accroissement du nombre des inscriptions a été si important que la quasi-totalité de l'aug- mentation de l'effectif sortant des écoles a été requise pour fournir au second degré le personnel enseignant dont il a besoin pour faire face a la progression des inscriptions. Toutefois, même si certaines améliora- tions sont apportées au cours des prochaines années à la politique ap- pliquée dans ce domaine, il est probable que des dépenses en capital de l'ordre de 9 à 10 millions de dinars par an seront nécessaires de 1968 à 1970. 81. Comme nous l'avons indiqué, les investissements consacrés au logement doivent être sensiblement réduits en 1967. Cette mesure est pro- bablement justifiée pour des raisons de priorité économique. D'autre part, le volume des investissements consacrés au logement était relative- ment élevé (de l'ordre de 36 du PIB en 1962-1966) par rapport au niveau du revenu tunisien, et la population à loger n'a augmenté que de 1% par an au cours de cette période. Pendant les prochaines années, les inves- tissements de ce secteur devraient sans doute être maintenus au voisina- ge du quotient des dépenses par rapport au PNB prévu pour 1967 (1$). Il y aurait lieu d'entreprendre une étude attentive des besoins de loge- ments actuels et futurs avant de décider un relèvement sensible de ce taux. Le recensement de 1966 actuellement en cours de dépouillement de- vrait fournir la plupart des données de base nécessaires a une telle étu- de. - 34 - Résumé des perspectives d'investissements et de production pour la pério- de 1967-1970 82. Le tableau figurant ci-après donne une récapitula- ion de la ré- partition des investissements ressortissant de l'examen ci-desSus. On constatera que les investissements fixes prévus par la M1ission pour 1970 sont à peu près du même ordre que ceux qui ont effectivement été réalisés en 1965. Les investissements en stocks pourraient siélever en moyenne a h ou 5 millions de dinars à partir de 1967, de sorte quten 1970 le mon- tant total des investissements serait voisin de 143 millions de dinars. 83. On trouvera dans le tableau 5 suivant une récapitulation des perspectives de production pour les prochaines années. Après correction des données pour tenir compte de la récole exceptionnelle d'olives et de céréales de 1965, on peut constater que la valeur ajoutée du fait de lta- griculture augmentera probablement de 2,5% par an entre 1965 et 1970. Les industries extractives devraient voir leur production presque triplée au cours de cette période, surtout en raison de la production de pétrole brut. D'après les prévisions, le taux annuel d'expansion des industries manufacturières sera de l'ordre de 8%, compte tenu des effets de la ré- colte exceptionnelle dfolives de 1965. Si les investissements s'amplifient comme prévu, la construction devrait d'ici à 1970 se rétablir à un niveau légèrement supérieur à celui de 1965, tandis que l'accroissement de la valeur ajoutée du fait des transports devrait marquer un certain ralentis- sement par rapport au taux élevé d'expansion des années antérieures. Dans le secteur des services, le tourisme, comme on l'a déjà indiqué, devrait se révéler comme une source très dynamique de revenus. Les prévisions font état pour les services rendus par les administrations dfun accrois- sement annuel de 5%d'ici à 1970, par rapport aux estimations actuelles pour 1967 (qui sont fondées sur le budget de l'Etat). Il en résultera pour le PIB total, évalué en prix constants, un taux d'accroissement mo- yen de près de 6,5%, en replaçant l'agriculture sur une tendance normale. Il est probable que les prix du phosphate brut, des engrais phosphatés et de l'huile d'olive baisseront durant la période, mais si le prix du vin à l'exportation retrouve, ainsi qu'il semble maintenant plausible, son niveau précédent, la croissance du revenu réel pourrait n'être que très légèrement inférieure à celle qui est anticipée pour le produit intérieur brut. - 35 - Tableau 5: PROJECTIONS DES INVESTISSEMENTS (millions de dinars aux prix de 1965)1/ 1965 1966 1967 1968 1969 1970 (Prov.) (Est.) (Proj.) (Proj.) (Proj.) (Proj.) Agriculture 26,4 252 28,9 32.0 34.0 37,0 Mines 20 15,7 15.9 159 15,3 14,5 Pétrole 15,4 11,3 12,4 10,0 8,0 6,0 Industries extractives 4,7 4,4 3,5 5,9 7,3 8,5 Energie électrique 78 6.6 7,4 70 7,7 7.> Industries 268 13_ _ 9,8 8,1 11,7 14,5 Industries alimentaires 1,3 2,3 2,8 1,7 2,5 3,0 Métallurgie et mécanique 14,5 1,4 1,4 1,8 3,0 4,0 Chimie 0.3 1,0 0,9 0,9 2,4 3,0 Textiles 9,7 5,9 2,8 1,8 1,8 2,0 Divers 1,0 2,7 1,9 1,9 2,0 2,5 Tourisme _6.7 12,2 _ .14,_5 15,0 16Q Transports et communications _8Q 17,0 15,5 16,3 17,5 18,5 Logement 1O_ 12,4 7,9 8,5 9.0 10.0 Commerce et divers _,0 0,8 0.> _026 0,7 _l0 Administrations 22,6 24 1548 17.aQ 18.0 19,0 Approvisionnement en eau (2,0) (2,0) (2,0) (2,5) (3,0) (3,0) Enseignement (9,0) (10,0) (7,0) (8,0) (9,0) (10,0) Autres (11,6) (12,5) (6,8) (6,5) (6,0) (6,0) TOTAL 1 11g 119,9 128,9 138,0 1/ Les chiffres pour 1966 et 1967 figurent au Budget économique en prix courants, mais l'indice implicite des prix (1960 = 100) ne montre que peu de changements au cours de ces années: 125,8 (1965); 124,1 (1966); 125,0 (1967). - 36 - Tableau 6: PROJECTIONS DU PRODUIT (millions de dinars aux prix de 1965) 1965 1966 1967 1970 (prov.) (est.) (proj.) (proj.) Agriculturel 98,0 70,3 79 8,0 Mines 11,3 14 8 2112 2 3 Q24 Pétrole brut2. 0,6 3,4 8,671 12,7 Industries extractives 10,7 11,4 12,6 17,7 Electricité et eau 7,4 _9 _ _9.7 1 Industries manufacturières 59 2 60,8 637 85,5 Industries alimentaires- 285 24,9 23,9 36,0 Mécanique 2,0 3,8 5,9 7,3 Chimie 2,4 2,4 2,7 3,7 Textiles 10,8 12,7 13,5 16,7 Raffinage du pétrole, etc. 2,4 2,4 2,8 3,6 Divers 13,1 14,6 14,9 18,2 B*timent 40,0 39,0 227 42,0 Transports 37,0 39,7 42,0 .504Q Services divers 121,7 128,0 135,6 173,1 Tourisme.V 6,4 10,5 12,6I 24,5 Loyers 16,9 17,7 19,0 21,1 Commerce 66,5 63,8 65,5 84,0 Divers 31,9 36,0 38,S1/ 43,5 Administrations 60,0 71,0 77,0 89,0 PRODUIT INTERIEUR BRUT 432,6 461,3 580,8 1/ Pour replacer l'agriculture et l'industrie agricole sur une tendance normale, c'est-à-dire pour les abstraire des variations de temps et du cycle de l'olive, les estimations pour l'agriculture, l'industrie agricole et le PIB devraient être les suivantes (en millions de dinars aux prix de 1965): 1962-1966 1965 1966 1967 1970 (moyenne) Agriculture 84,6 86,5 88,5 90,5 98,0 Industrie agricole 26,0 27,5 29,0 30,5 36,0 PIB 402,0 424,1 452,1 478,1 580,8 2/ Estimé par la Mission sur la base d'une valeur ajoutée égale à 74% de la valeur des exportations. 3/ Estimé par la Mission sur la base d'une valeur ajoutée égale à 70% des recettes brutes en devises. 4/ Ajusté par la Mission par rapport au tableau 6 de l'Annexe Statistique que ne tenait compte que des modifications survenues dans le échanges. - 37 - Le présent Tableau fait état de l'appreciation de la Mission sur le développement probable de la valeur ajoutée en 1967. On peut constater que le difference par rapport au Tableau 6 de l'Annuel statistique dis- parait, et que le PIB total reste inchangé. - 38 - III. PERSPECTIVES CONCERNANT LA BALANCE DES PAIE4ENTSi L'EPARGNE INTERIEURE ET LES FINANCES EXTERIURES 8h. La perspective d'un accroissement rapide des t xportations au cours des prochaines années est le facteur essentiel dor.1 dépend l'accêlé- ration escomptée du taux de croissance global du produit intérieur. Comme on l'a indiqué, les perspectives sont incertaines, mais il y a de fortes chances pour qu'un taux de croissance des exportations de biens et services supérieur à 10% puisse etre atteint de 1966 à 1970. Si ce résultat est obtenu, il aura d'importantes répercussions sur le taux d'épargne aussi bien que sur la production totale. L'un des principaux obstacles à l'aug- mentation de l'épargne intérieure a été dans le passé l'insuffisance de devises due - la lenteur de l'accroissement des exportations. C'est en grande partie pour cette raison que le taux d'accroissement marginal d'épargne intérieure de 32% prévu dans le plan quadriennal pour la période l96I-1968 était peu vraisemblable à l'époque, d'autant plus que l'acrrois- sement des exportations alors escompté êtait encore plus faible que celui qui est actuellement prévu pour 1968, et sensiblement moins élevé que celui qui semble à présent probable pour 1965-1970. L'amélioration des pers- pectives relatives aux exportations font que la Tunisie a maintenant de bonnes chances d'accroître notablement son taux d'épargne au cours de cette dernière période, dans des proportions qui pourraient bien atteindre les 32% prévus pour le taux marginal dans le plan quadriennal pour l96I-l968. Résumê des perspectives relatives aux exportations et aux importations 85. Dans l'ensemble, il semble probable que les exportations de marchandises dépasseront 100 millions de dinars en 1970, contre 7h millions en 1966 et 63 millions en 1965. Les éléments les plus dynamiques de cet accroissement sont: l'huile d'olive, dont l'excédent exportable devrait remonter à environ 50.000 tonnes d'ici à 1970, ce qui représente une valeur de l'ordre de 15 millions de dinars; le phosphate brut, pour lequel on peut projeter des exportations de h,5 millions de tonnes et une valeur de 21 millions; et les exportations de pétrole brut qui atteindront au mini- mum 17 millions. On prévoit qu'en 1970 les recettes provenant du tourisme s'élèveront à 36 millions de dinars, soit le double du montant estimé pour 1967, et que l'ensemble des autres opérations invisibles pourrait passer de 27 millions de dinars environ en 1965-1966 à quelque 35 millions d'ici a 1970. On trouvera dans le tableau 7 qui figure à la page suivante le détail de cette projection. - 39- - Tableau 7: PROJECTIONS DE LA BALANCE DES BIENS ET SERVICES (millions de dinars courants) 1965 1966 1967 9M Actue Eco. Actuel Eco. Proj. Proj. Bud. Bud. a/ Exportations de marchandises 62,9 70,0 73,7 83,4 7L,0 105,0 Produits agricoles 28,0 30 h 35,4 28,3 24,8 37,0 Cèr6ales 0,3 43 ,3 - - - Agrumes 2,6 2,7 2,9 3,4 3,1 h,0 Autres fruits et légumes h,3 5,8 5,8 5,2 5,2 6,5 Huile d1olive 13,5 11,2 13,5 11,2 7,0 15,0 Vins et boissons 2,8 1,6 h,h 3,5 4,5 5,5 Produits animaux et poissons 3,3 3,7 3,7 h,0 h,0 h,5 Autres 1,2 1,1 0,8 1,0 1,0 1,5 Produits minéraux et engrais 26 9 28,8 28 1 42 9 4l,9 5,5 Phosphate brut 11,4 12,7 16,9 21,0 Engrais 9,7 6,8 5,8 10,1 8,1 9,5 Pétrole brut - 3,9 4,2 11,2 11,2 17,2 Autres 5,8 5,h 5,6 6,0 5,7 6,8 Divers 8 108 10,2 13,2 12 3 13,5 Exportations de services 35,8 42,2 ho,2-a/ 51,3 h7,3 71,0 Tourisme 9,2 14,4 13,0 22,0 18,0 36,0 Autres 26,6 27,8 27,2 29,3 29,3 35,0 EXPORTATIONS TOTALES DE BIENS ET SERVICES 98>7 112,2 113,9 13h,7 126,3 176,0 Importations de marchandises 127,7 122,8 126,2 129,8 129,8 150,0 Biens d1équipement 40,6 35,0 33,9 32,6 32,6 40,0 Produits pétroliers, charbons 5,9 6,h 6,7 7,0 7,0 9,0 Huile de soja 2,0 ( 5,0 ( 8,5 2,5 Autres matières premières 7,7 (50,0 10,1 (56,0 10,5 15,5 Produits semi-manufacturés 32,9 ( 35,2 ( 37,0 45,0 Céréales 8,6 5,h 8,2 8,h 9,6 6,0 Autres denrées alimentaires 9,3 10,0 11,3 10,8 9,6 13,0 Autres biens de consommation 22,0 21,0 20,8 20,0 20,0 24,0 Ajustement pour balances de paiements -1,3 -5,0 -5,0 -5,0 -5,0 -5,0 Importations de services 46,4 42 8 3 0a/ h6,8 hh,3 51,5 Assurances et fret pour importations 11,5 11,3 11,5 11,7 11,7 13,5 Autres 34,9 31,5 31,5 35,1 32,6 38,0 IMPORTATIONS TOTALES DE BIENS ET SERVICES 174,1 165,6 169,2 176,6 174,1 201,5 Déficit en ressources 75, 53,4 55,3 41,9 47,8 25,5 aEstimations de la Mission E15 févré 196 - 40 - 86. A la différence des exportations pour lesquelles on peut prévoir un développement rapide, la croissance de la demande d'imp>rtations liée directement à l'augmentation probable de la production seri beaucoup plus modérée que dans le passé car cet accroissement du produit est en grande partie destiné à l'exportation et ne comporte qu'un faible élément d'im- portations. Les importations de biens d'équipement qui ont été un des principaux éléments de l'expansion des importations devraient décroître en 1966 et 1967 et ne se situer en 1970 qu'à peu près au niveau atteint en 1965. Les importations de produits pétroliers augmenteront rapidement (il est probable en effet que la totalité du pétrole brut tunisien sera exporté, et que les besoins de sa raffinerie seront satisfaits par l'im- portation en raison de différences de qualité). Les achats 1 l'étranger de matières premières s'accroîtront aussi très vite ainsi que ceux de pro- duits intermédiaires pour lesquels cependant l'expansion sera partiellement limitée grâce à la substitution de produits sidérurgiques tunisiens. 87. Les prévisions concernant les importations de denrées alimen- taires essentielles correspondent approximativement au niveau de 1965 car on espère que l'accroissement de la production de céréales permettra une réduction des importations par rapport à 1965 (où les importations de blé avaient atteint un niveau exceptionnellement élevé). En revanche, on constatera probablement un certain accroissement des importations de produits alimentaires de luxe nécessaires à l'industrie touristique. Les exportations des autres biens de consommation devraient également augmen- ter, d'une manière modérée, en dépit de l'expansion de l'industrie textile du pays, en raison de l'accroissement probable de la demande aussi bien de la part de la population tunisienne que des touristes en ce qui concerne les produits finis. Au total, l'accroissement moyen des importations de marchandises devrait être seulement de h% au cours de la période allant de 1965 à 1970. Entre l'année 1967 (au cours de laquelle le niveau projeté des importations sera le même qu'en 1965) et l'année 1970, le taux moyen de l'accroissement des importations devrait être d'environ 5% par an. 88. Les importations de services non-facteurs sont passées de 36 millions de dinars en 1964 à 46 millions de dinars en 1965 (ces deux chiffres calculés au taux de change de 1965), principalement à cause d'une augmentation de 8 millions de dinars représentant le paiement d'études et d'experts techniques pour la construction de l'aciérie ainsi que d'autres projets. Il est probable que cette rubrique ira en diminuant, au moins d'une façon modérée, au cours des années à venir, de telle sorte que le total des paiements au titre des services non-facteurs s'accroîtront pro- bablement de moins de 20% entre 1965 et 1970. 89. Compte tenu d'un montant d'exportations de biens et services de 176 millions de dinars en 1970, et d'importations de l'ordre de 202 millions, le déficit en ressources serait ramené à environ 26 millions au cours de l'année en question, soit h% environ du produit intérieur brut aux prix du marché. Ce déficit est estimé à 48 millions de dinars pour 1967, soit 8,7% du PIB, et il a effectivement été de 10,7% en 1966. - h1 - Dépense et épargne nationales 90. Une réduction du déficit en ressources de cette ampleur sup- poserait une augmentation importante du coefficient d'épargne intérieure, qui devrait passer de 12,7% en 1965 et d'in chiffre estimatif de 11,1% en 1966 à environ 17,5% vers 1970. Cependant, cela ne paraît pas irréalisable étant donné les possibilités considérables d'augîrentation de l'épargne au cours de cette période, principalement de la part des entreprises qui pourront accumuler des réserves en vue de réinvestisserment ou de paiement d'intérêts et de dividendes à l'étranger. On prévoit que le montant net des paiements au titre des revenus du capital passera de 12,2 millions de dinars en 1965 a 25,8 millions de dinars en 1970. Environ 6 millions de dinars de cet accroissement correspondront à des paiements de dividendes (en pétrole, engrais, phosphates, investissements touristiques, etc.), tandis que pres- que tout le reste sera constitué par les intérêts de la dette. L'épargne nationale nécessaire est encore élevée: son rapport au PNB qui était d'environ 11% en 1965 et de 12,6% en 1966-1967, devrait atteindre lh,7% en 1970. Cela suppose un taux marginal d'épargne nationale de 27% par rapport à 1965 et de 25% sur la base du niveau projeté de l'épargne en 1967. Une telle augmentation est possible à condition que des décisions soient prises en vue de contrôler les taux de croissance des consommations publiques et privées. 91. Au cours de la période 1960-1965, la consommation privée, en termes réels, s'est accrue à un taux annuel légèrement inférieur ë h%. Avec une population qui n'a pas augmenté de plus de 1% par an en moyenne, la consommation par habitant a augmenté d'un peu moins de 3% par an durant la période. De 1965 à 1970 un taux d'accroissement de la consommation privée d'environ h,3% par an serait en accord avec ces résultats. Mais comme le taux de croissance de la population totale s'élève actuellement à environ 2,3%, cela supposerait une diminution de l'accroissement de la consomma- tion individuelle d'environ 2,0% par rapport au niveau de 1965. L'adoption d'une politique appropriée en ce qui concerne la fiscalité et le prix des services publics, assortie de mesures encourageant l'épargne (comme, par exemple, l'accroissement du taux d'intérêt sur les dépôts de la Caisse d'épargne), devrait rendre possible le maintien de la consommation privée à l'intérieur de ces limites, compte tenu du niveau de la consommation privée prévu pour 1967. 92. Il serait également nêcessaire de réduire considérablement la consommation publique pour rendre possible cet accroissement du taux global d'épargne. On trouvera ci-après un tableau donnant la projection des dépenses de fonctionnement de lLtat (qui, dans la comptabilité tunisienne, sont assimilées à la consomation publique), de 5,7% entre 1966 et 1970. Le taux d'accroissement avait été de 7% (aux prix constants) entre 1960 et 1965, et de 8,8% entre 1960 et 1966, cette dernière année étant celle de l'augmentation gênérale des salaires. En termes réels (après déflation par l'indice du coût de la vie), l'accroissement de 1960 à 1966 s'est situé, en moyenne, autour de 5,8%. Ainsi, le taux prévu (qui et t basé sur l'bpo- thèse d'une stabilité des prix après 1966) est à peu près le même que par le passé. Toutefois, l'accroissement pour la période 1963-1970 comprend un élément important correspondant à une augmentation des paiements au titre des intérêts de la dette, de sorte que le taux d'accroissement pour le reste devrait être plus bas que le taux réel antérieur. Les détails des projections relatives aux dépenses sont étudiés ci-après. 93. Le schéma de la dépense nationale résultant de ces considérations est résumé au Tableau 8. Finances publiques 9h. Pour accroître dans les proportions indiquées le volume de l'épargne, la Tunisie devra retourner la tendance à la détérioration de l'épargne publique qui a commencé en 1966. Etant donné un taux d'accrois- sement du revenu national d'environ 7,0% par an, qui pourrait être celui de la période 1967-1970, il serait possible d'augmenter les recettes de l'Etat à un rythme bien plus élevé que le taux d'accroissement projeté pour les dépenses de fonctionnement de l'Etat. 95. L'impôt sur le revenu, en Tunisie, n'a pas été très sensible aux changements intervenus dans les revenus au cours de ces dernières années; il ne s'est en fait considérablement accru qu'en raison de deux relèvements assez importants des taux d'imposition en fin 1962 et au début 1965. Grâce aussi à l'augmentation des recettes de l'oléoduc utilisé pour le transport de pétrole algérien, les recettes ordinaires totales ont pu représenter en 1965 près de 22% du PNB, c'est-à-dire le niveau qui avait été atteint en 1960. En 1966, bien qu'aucun changement ne soit intervenu dans le PNB, les recettes de l'Etat ont néanmoins continué leur mouvement ascendant pour arriver à 23,5% du produit intérieur. Cet accroissement est sans doute lié aux revenus élevés de 1965 ainsi qu'à une amélioration dans le recouvrement des impôts. 96. Comme ce taux (qui ne comprend pas les recettes nettes de la sécuritê sociale ni l'épargne des collectivités locales équivalant à environ 0,6% du PNB) est déjà assez élevé, il ne serait pas raisonnable d'insister pour qu'il soit encore plus élevé en 1970. Cependant, le main- tien en 1970 du taux réalisé en 1967 pour les recettes autres que celles provenant du pétrole porterait le total de l'année à 2h%, ce qui semblerait un objectif raisonnable. Cette proportion correspondrait à un montant absolu des recettes courantes de 155 millions de dinars en 1970 contre des recettes estimées à 118 millions en 1966 et des prévisions budgétaires de 124 millions pour 1967. Il sera plus facile d'atteindre cet objectif grâce au produit des taxes et bénéfices liés à l'activité pétrolière; celui-ci devrait atteindre au moins 9,3,,milions en 1970 contre près de 1,5 million en 1967. Les autres contributions directes pourraient s'accroftre au même taux que le PNB. Sans changement dans les taux, le produit des impfts indirects ne devrait augtenter qu'un peu plus lentement, étant donné la croissance ralentie des importations. Toutefois, si cela s'avérait nécessaire, - 42a - Tableau 8: PROJECTIONS DE LA DEPENSE NATIONALE (millions de dinars courants) 1965 1966 1967 _1970 Bud.Eco Est.É/ Bud. Eco. Proj.7 Proj.2/ PIB au coût des facteurs 434,6 440,2 40,2 471,7 471,7 587,02/ Impôts indirects nets de subventions 69,2 74, 747 72 75,5 90 0 PIB au prix du marché 503,8 7ùh,9 5>1,9 547,2 547,2 6 Revenus nets des facteurs -12,2 -l4,2 -l4,2 -17,h -17,4 -24,8 P1B aux prix du marché 91,î6 00,7 500,7 9 529,8 ~ 2-2 Déficit du compte courant 42 85 2 65 1 68,6 53,7 60,0 7,9 Dépense nationale 7 , 65 569,3 83,5 589,8 700,1 Investissement 139,5 127,3 126,3 120,2 125,0 1h3J9 Fixe 133,4 127,3 127,3 110,0 Stocks 6,1 - - 1,0 10,2 5,0 Consommation 437,3 h38,5 46,0 _463 3 46 8 556 2 publique 84,0 98,0 98,0 10I,8 10,8 1, privée 353,3 3ho,5 348,0 358,5 360,0 h32,2 (transferts courants) (-2,h) (-2,5) (-0,9) (-5,6) (-5,6) (-2,h) (consommation privée intérieure) (355,7)(3h3,0) (3h8,9) (364,l) (365,6) (h34,8) Epargne intérieure 64,1 73,9 69,4 78,3 77,2 118,4 nationale 54,2 62,2 57,7 66,5 65,o 96,0 Taux d'épargne intérieure (% du PIB) 12,7 14,3 13,5 14,3 14,1 17,5 nationale (% du PNB) 11,0 12,4 11,5 12,6 12,3 14,7 En fait, les prix utilisés pour 1967 et 1970 sont ceux de 1966, sauf pour l'estimation des exportations, pour lesquelles on peut prévoir des change- ments de prix. 2/ Estimation et projections de la Hission à la mi-février 1967. 3/ Majoré de 6 millions de dinars par rapport au montant du tableau 6 de façon à tenir compte des variations de prix implicites dans les augmentations des salaires de la fonction publique en 1966. h/ Y compris les recettes courantes au titre des transferts. les taux d'importation des produits de fabrication loca: .e pourraient être accrus afin d'arriver à des prix adéquats des biens et des services offerts par les monopoles publics. 97. Les dépenses militaires de la Tunisie sont très faibles. Les crédits ouverts au Ministère de la Défense représentent moins de 1% du PNB. Bien que certaines dépenses militaires soient manifestement inscrites a d'autres postes du budget de l'Etat, il est néanmoins probable que le total est inférieur à 2%. Le plus important élément de dépenses est l'en- seignement qui représente maintenant le quart du budget. Les dépenses d'en- seignement se sont accrues de plus de lh% par an de 1960 à 1967, et absor- bent à présent 5% du PIB, taux qui est l'un des plus élevés du monde. Afin de limiter l'augmentation des dépenses courantes totales, un abaissement important de ce taux d'augmentation sera nécessaire. Deux principales dé- cisions semblent dès à présent possibles. En premier lieu, prendre des me- sures en vue de réduire le nombre des redoublants dans les écoles du premier degré; en second lieu, ralentir l'expansion de l'entrée dans les classes secondaires, tout en essayant en même temps d'augmenter le rendement de cet enseignement. Il serait aussi nécessaire à cet égard que la Tunisie entre- prenne une étude de main d'oeuvre de façon à déterminer si ses écoles secon- daires et autres établissements d'enseignement sont bien adaptés aux besoins du pays en main d'oeuvre ayant reçu une formation. 98. Les paiements des intérêts de la dette publique assurés directe- ment par le budget de l'Etat ont augmenté de 2,3 millions de dinars en 1964 à près de 4,8 millions en 1967. Environ la moitié de ces paiements est effectuée au titre de la dette extérieure. Vers 1970, vraisemblablement, ce montant aura atteint environ 8 millions, dont quelque 4,5 millions repré- senteront des paiements au titre de la dette extérieure. Si le total des dépenses courantes est maintenu dans les limites indiquées plus haut, le taux de croissance de toutes les autres dépenses entre 1967 et 1970 devrait être inférieur à 5 pour cent par an. En déduisant donc le paiement des in- térêts, ces dépenses augmenteraient donc de 100 millions de dinars prévus au budget de 1967 à 116 millions de dinars vers 1970. Les dépenses des principaux services économiques - travaux publics d'entretien, vulgarisa- tion agricole - augmenteront à ce taux et même sans doute plus vite. Les dépenses de santé publique doivent aussi continuer d'augmenter, en liaison avec la campagne pour le contr8le des naissances qui vient juste de commen- cer sur une base étendue (le budget prévoit pour 1967 une augmentation des dépenses de la santé publique de 10% par rapport à 1966). 99. Quelques économies seraient possibles dans d'autres secteurs: administration générale, subventions aux organismes para-étatiques, ou in- terventions dans le domaine social et culturel. Au total cependant ces ré- ductions ne permettraient pas aux dépenses pour l'enseignement de dépasser un taux d'accroissement annuel de 7 à 8% pendant les années à venir, contre lh% prévusau budget pour 1967. 100. En supposant que les taux de croissance indiqués pour les recettes et les dépenses courantes de l'Etat se réalisent, l'épargne de l'Etat serait de 31 millions de dinars en 1970 contre un excédent de 23 millions de dinars obtenu en 1967 (avant l'emprunt obligatoire). En ajoutant une somme - 44 - approximative de 3,5 millions de dinars pour l'épargne des collectivités locales et de la sécurité sociale et en déduisant le coût de l'assistance technique comptabilisé à environ 27,7 millions l'épargne totale des admi- nistrations s'éléverait à environ 27,6 millions de dinars en 1970. Tableau 9: PROJECTIONS DES RECETTES ET DES DFENSES COURANTES DE LIETAT; EPARGNE DES ADMINISTRATIONS (en millions de dinars) 1964 1965 1966 1967 1970 Recettes courantes 91,9 107,2 117 9 1237 155,0 Impôts directs 13,3 13,7 l 18, 2, Impôts indirects 55,1 63,0 71,0 72,2 90,1 Recettes pétrolières 2,h 5,3 5,1 6,3 9,3 Divers 4,h 5,2 5,4 10,0 11,3 Comptes du Trésor 16,7 20,0 18,0 16,4 18,1 Dépenses courantes 72,7 84,0 98 0 104 8 124,0 Traitements et salaires 31,0 (3=,) (>I) h, 3 Acba's de biens et de servic:s 5,5 ( 5,9) ( 6,5) 7,0 9,3 Dépenses de souveraineité h,8 ( h,9) ( 5,0) 5,1 5,h TransferTa courants 1/ 19,8 (25,7) (39,0) 36,3 43,0 Comptes du Trésor 11,6 13,5 13,5 12,h 12,8 E1-Q-2t c2ran d2 lEta 99 31 0 Assistance technique étrangère -, ,69 9 -6,9 Collectivités locales 0,9 0,6 0,6 0,6 1,0 Sécurité sociale 1,8 2,0 1,6 1,6 2,5 Evrnedes_admintrations L6, 1, ;15, 14,2 21,6 l_ Cet intitulé recouvre des a-llocations à dzautres administrations ou aux collectivités locales pour les écoles et les hôpitaux. Il recouvre éga- lement le paiement d'intérêts sur la dette publique pour les montants suivants: Dette intérieure 1,4 1,6 1,9 2,5 5 Dette extérieure 0,9 1,8 1,8 2,3 4|5 - 45 - Euargne des entreprises et des ménages 101. Compte tenu des perspectives de croissance des principales en- treprises examinées plus haut, l'épargne brute de la plupart des entre- prises doit continuer à progresser de façon sensible au cours des prochaines années. Des renseignements détaillés sur les bénéfices bruts des entre- prises (bénéfices après déduction de- impôts et int6rêts mais avant dota- tion aux amortissements), rassemblés en 1965 indiquent un total d'environ 27 millions de dinars pour l'année en question. L'estimation indirecte pour 1966 figurant dans le budget économique indique une augmentation de 39,5 millions pour 1967. Comme on l'a noté au Chapitre I, il s'agit pro- bablement d'une surévaluation de l'ordre de 4 millions de dinars. Les in- dications dont on dispose sur les perspectives d'entreprises particulières donnent à penser qu'un accroissement de quelque h2 millions est probable pour 1967. Une augmentation de ce total le portant à environ 65 millions de dinars vers l'année 1970 semble également dans la limite des possibi- lités. Cependant, il y aurait probablement aussi une augmentation impor- tante dans les paiements de dividendes à l'étranger et au secteur privé tunisien. Les estimations relatives à la balance des paiements indiquent qu'un million de dinars de dividendes sera transféré à l'étranger en 1967; il semble possible de prévoir un montant de 5,5 millions en 1970. Aucune évaluation concernant les paiements de dividendes au secteur privé n'est disponible, mais il est probable qu'ils n'ont pas été très importants dans le passé. Toutefois, étant donné le rôle de plus en plus important joué par le secteur privé dans le tourisme, le pétrole et les industries manufacturières, on pourrait vraisemblablement admettre que d'ici à 1970 ce poste augmentera de 45 millions de dinars par rapport a ces dernières années. Ainsi, l'épargne des entreprises après déduction des impôts et des dividendes pourrait être de l'ordre de 56 millions en 1970. 102. L'épargne des ménages est estimée à 7 millions de dinars seule- ment en 1965 et en 1966; le budget économique pour 1967 prévoit 8 millions de dinars. Comme on l'a indiqué au Chapitre I, ce dernier chiffre est peut-être un peu fort. Toutefois, si l'emprunt obligatoire envisagé est attribué à l'épargne des ménages, le chiffre en question pourrait bien at- teindre 10 millions en 1967. Etant donné l'accroissement des revenus des entreprises tunisiennes prévu pour les années a venir (en particulier l'augmentation attendue des paiements de dividendes), une augmentation de cet élément d'épargne, jusqu'â environ 12 millions de dinars, pourrait être envisagée pour 1970. 103. Au total, l'évolution de l'épargne nationale pourrait se présen- ter comme suit au cours des prochaines années: - 46 - Tableau 10: EPARGNE IIATIONALE (en n lons de dinars) 1965· 19661/ 19671/ 19701] (Prov.) (Est.) (Éj.) (Proj.) Administrations 20 15 1h 28 Entreprises 27 36 i 56 Ménages 7 7 10 12 Total _54 58 65 96 Iî Estimations de la Mission. Réserves de change et politique du crédit 10h. Depuis plusieurs années la situation des réserves de change de la Tunisie ne cesse de se dégrader. Le montant brut de ses avoirs en or et devises s'élevait, à la fin de l'année 1966, à 13 mi-lions de dollars, ce oui représente moins d'un mois d'importations de biens et services. Une certaine amélioration de la situation sera nécessaire au cours des années à venir. Un niveau de réserves brutes correspondant à deux mois d'importations semblerait être un objectif minimal pour la fin de l'annêe 1970. En supposant que les engagements nets envers l'étranger se sta- bilisent aux environs de 20 millions de dinars, cet objectif pourrait être atteint par un accroissement d'environ 5 millions de dinars par an du montant brut des réserves. Vers la fin de l'année 1970 les réserves nettes s'élèveraient donc à 7,6 millions de dinars, contre un solde néga- tif de 13 millions de dinars à la fin de 1966. 105. Toute amélioration des réserves de change qui s'effectue sans ex- ercer de dépression sur les prix doit aller de pair avec une certaine limi- tation de l'expansion de crédit intérieur. Les accroissements des avoirs nets en devises et des crédits intérieurs sont limités par l'augmentation de la masse monétaire en liaison avec celle du PNB et l'accumulation pos- sible des disponibilités quasi-monétaires. La liquidité relativement ex- cédentaire existant à la fin de 1966 sera probablement en grande partie absorbée en 1967 si la politique préconisée par le Budget économique est mise à exécution. Si le rapport moyen 1960-66 de la masse monétaire au PIB demeure constant durant la période 1968-1970, les disponibilités moné- taires pourraient s'élever jusqu'à 190 millions, contre 150 millions à la fin 1966. On peut par ailleurs supposer que les dépôts quasi-monétaires augmenteront à un taux légèrement plus rapide. L'ensemble de ces dispo- nibilités permettrait alors une expansion du crédit intérieur jusqu'aux alentours de 342 millions de dinars, soit une augmentation annuelle moyenne d'environ h pour cent par rapport à l'objectif actuel pour décembre 1967. Cependant, les dotations en capital en faveur d'un certain nombre d'entreprises publiques que l'Etat a versées en 1966 et qu'il doit verser en 1967 auront pour résultat de diminuer l'endettement à moyen terme des entreprises vis-à-vis des banques, et d'augmenter d'autant les moyens dont disposent celles-ci pour le financement des fonds de roulement. - 47 - Tableau 11: PROJECTIONS DES RESERVES DE CHANGE ET DU CREDIT ITERIEUR (en cours et fin d'année, millions de dinars) L96é 1966 1967 1970 Réserves de change -2,3 -12,9 -9,0 7,6 11asse--monétaire 138,3 150,2 158,0 190,0 Quasi-monnaie 38,6 45,8 51,h 75,0 Fonds publics 30,h 38,1 h,2 hh,2 Divers 32,5 38,1 40,l 40,l Crédit intérieur possible 2h1,7 285,1 302,7 3h1,7 Les besoins en financement extérieur 106. La diminution importante jusqu'en 1970 du déficit de la Tunisie en biens et services qui est ici envisagée ne sera toujours pas suffisante pour permettre une réduction de l'afflux de capitaux étrangers au cours de cette période, étant donné l'accroissement des paiements au titre des revenus du capital et de l'amortissement de la dette prévus pour cette même p6riode. En vérité, pour que les réserves de change s'accroissent dans la mesure indi- quée plus haut, il faudrait que soit atteint le niveau prévu au Budget Eco- nomique pour 1967 pour les apports bruts de capitaux, c'est-à-dire environ 73 millions. Ce montant est inférieur aux 95 millions de dinars reçus en 1965 par la Tunisie mais est comparable à la moyenne des entrées de capitaux étrangers estimées à 69 millions pour 1966, abstraction faite des varia- tions de réserves de change de 10 millions de dirars. 107. L'investissement privé direct, principalement pour la prospec- tion et l'exploitation du pétrole doit tomber, selon les prévisions, de 16 millions de dinars en 1965 à environ 12 millions en 1967. D'ici 1970 les investissements dans le secteur pétrolier diminueront probablement encore davantage s'il n'y a pas d'ici là de nouvelles d-écouvertes. Cependant,d'au- tres capitaux privés devraient venir s'investir dans les phosphates, l'in- dustrie et le tourisme si bien qu'il semblerait raisonnable de supposer que le total des investissements privés directs sera en 1970 à un niveau com- parable à celui prévu pour 1967. Le tirage sur des crédits-fournisseurs a atteint son niveau le plus élevé en 1965 avec un chiffre d'environ 22 mil- lions de dinars. En 1966, le recours a ce type de crédit extérieur a été réduit à 11 millions, et le Budget Economique prévoit qu'en 1967, il ne sera plus oue de 9 millions. Comme on l'a indiqué au Chapitre I, le montant to- tal des prêts à moyen terme (y compris les crédits financiers) pourraient dépasser légèrement ce chiffre en 1967, mais tout dépassement important devrait se traduire par un accroissement correspondant des réserves, si un contrôle efficace est exercé sur les dépenses d'investissement. On peut prévoir qu'au cours des prochaine5 années le recours à ces crédits sera de l'ordre de 8 millions par an. 108. L'aide extérieure totale d'origine publique (y compris les trans- ferts courants) s'est élevèe à 110 millions de dollars (58 millions de di- nars) en 1965, contre 96 millions (soit h0 millions de dinars avant la - 48 - dévaluation) en 1964. Les déboursements pour 1966 sont estinés à 7 millions de dinars. Les nombreux accords signés en 1966 doivqnt permettre une utilisation de l'aide étrangère en 1967 pour un montant d'environ 50 millions de dinars au titre des engagements ainsi contractés. Les dons courants et en capital d'origine publique sont élevés à 16 millions en 1965 et l'on estime qu'après une baisse en 1966 leur niveau restera le meme en 1967. Comme le total de 1967 comprend la livraison de denrées alimentaires dans le cadre d'une application d'urgence des Titres II et III de la PL 480, (lesquelles sont comptabilisées avec les transferts courants), il est bien possible que ce total diminue modérément d'ici à 1970. Ce type d'aide, par ailleurs, comprend surtout l'assitance technique accordée par la France, les Etats-Unis, les Nations Unies et la Suède pour laquelle il semble raisonnable d'admziettre un niveau global pratiquement stable. 109. Les déboursements sur prêts publics se sont élevés à 2 millions en 1965 et à 36 millions de dinars en 1966. Environ la moitié des fonds est venu des Etats-Unis au cours ee cette période; l'aide américaine sous forme de prêts s'est élevée au total,pour les deux années, à 39 millions de dinars sur lesquels 16 millions de dinars ont été des prêts non-affectés. L'Allemagne de l'Ouest a été également l'un des principaux prêteurs avec environ 7 millions de dinars au cours de ces deux dernières années. Le Koweit a prêté environ 4 millions de dinars tandis que la BIRD et l'IDA déboursaient également 4 millions de dinars répartis sur trois prêts. L'Italie est apparue comme un important prêteur avec un prêt à moyen terme de l'ENI consenti en 1965 à la suite d'un accord passé avec des compagnies italiennes de pétrole et se montant à 6 millions de dinars. L aide des pays de l'Est, en 1965 et 1966, s'est élevée ë environ 5 millions de dinars. 110. Au début de 1967, la partie non déboursée de prêts d'origine publique déjà contractés était relativement importante, de l'ordre de 68 millions de dinprs. Les prêts l long terme faisantaI l'objet d'actives négociations représentaient 13 autres millions. Sur ces deux montants, 42 millions au moins seront probablement versés en 1967 et 21 millions en 1968, puis le montant des versements diminuera fortement après 1969. Pour maintenir en 1966-1970 le taux de versement réalisé en 1967, il faudrait donc que de nouveaux emprunts soient contractés de façon à fournir environ 24 millions de dinars en 1968, 31 millions en 1969 et 0 millions en 1970. 111. On ne saurait dire à l'heure actuelle si la Tunisie obtiendra de nouveaux prêts publics d'une telle importance, mais l'on peut avancer avec quelque certitude que la politique économique de la Tunisie aura au cours des prochaines années une incidence considérable sur le montant - et sur les conditions - de l'aide extérieure d'origine publique. Si un accrois- sement de l'épargne intérieure supérieur a 17% du PIB peut effectivement être obtenu d'ici à 1970, cela militera beaucoup en faveur du maintien 1 un niveau élevé des apports d'aide extérieure. Toute aussi importante est la qualité du programme d'investissement, du point de vue tant de sa composition générale que des perspectives de rentabilité économique des principaux projets. La composition du programme s'est considérablement améliorée ces dernières années - et de nouveaux progrès importants seront accomplis en 1967 si les plans actuels sont réalisés. Quant à l'élabora- tion des projets, des améliorations considérables sont possibles, parti- culièrement dans le sens d'une limitation des coûts d'une analyse plus précise de la demande de la mobilisation de l'esprit d'entreprise du secteur privé et de l'orientation des programmes dienseignement et de perfectionnement de façon à permettre à la Tunisie de faire face d'une manière plus effective à ses besoins en main-d'oeuvre qualifiée. 112. Enfin, une amélioration de la gestion financière est nécessaire tant à l'échelon de l'entreprise qu'à celui du pays. De toute évidence, la Tunisie ne peut pas être sûre du montant exact de l'épargne intérieure ou de l'apport de capitaux extérieurs dont elle disposera au cours de chacune des prochaines années. Il est néanmoins à peu près certain que pendant cette période la situation des réserves de change restera assez tendue. La Tunisie ne pourra donc guère se permettre de commettre des erreurs dans l'adaptation de ses investissements aux ressources à sa disposition. Pour réduire les possibilités d'erreur, la Tunisie doit non seulement améliorer l'analyse et le contrôle de ses programmes annuels d'investissements, mais encore prévoir dans son plan d'investissements à moyen terme la possibilité d'insuffisances des ressources financières (par rapport au niveau indiqué ci-dessus). A cette fin, il convient de décider de façon claire et nette quels seront les projets à entreprendre pour un niveau minimal de ressources, et d'indiquer l'ordre de priorité des autres projets à entreprendre en cas d'augmentation des ressources disponibles. 113. On trouvera, à titre indicatif, dans le tableau 13 qui figure à la page suivante une projection de la balance des paiements en 1970, ainsi que les résultats effectivement enregistrés en 1965, et les estimations du budget économiaue pour 1966 et 1967. Comme il ressortait du tableau 7, il est probable qu'en 1966 et en 1967 le déficit des opérations courantes dépassera quelque peu les prévisions du Budget. La Mission n'a pas été en mesure d'évaluer de façon détaillée les variations probables des opérations en capital pour les années mentionnées, mais il est peu probable que les ajustements nécessaires affectent les perspectives pour 1970, à lexception des paiements au titre de l'amortissement de la dette extérieure qui seront peut-être plus importants si la dette à moyen terme dépasse sensiblement les prévisions du Budget. Ceux-ci pourraient toutefois être compensés par une diminution des réserves, inférieuie àcelle qui est indiquée pour 1966 (ce qui a probablement été le cas) et par un fort accroissement en 1967. Toutes choses égales d'ailleurs, le montant des réserves à accumuler pendant la période 1968-1970 pourrait alors être plus faible que celui qui est indiqué ci-dessous : - 50 - Tableau 12: PERSPECTIVES DE FINANCEMENT DU DEFILT DE LA BALANCE DES PAIEMENTS (millions de dinars) 1965 1966 1967 1970 Budget Economique Biens et services, net -75,4 -53,4 -41,9 -25,5 Services facteurs, net -12,2 -lh,2 -17,4 -24,8 Profits et dividendes, net - (0,h) (-,2) (-5,h) Salaires et autre, net (-7,8) (-8,3) (-8,9) (-8,9) Intérêt sur dette existante-. (-h,h) (-6,3) (-7,3) (-4,7) Intdrft sur dette contractde . - - (-5,8) Transferts courants 2,h 2,5 5,6 2,4 Total sur compte courant -85,2 -65,1 -53,7 -47,9 Investissements prives directs, net 16,1 10,7 12,3 12,0 Crédits fournisseurs, brut 21,6 11,3 9,0 8,0 Autres privés, net -0,6 2,1 - - Armrtissement de dette existante -8,6 -13,7 -15,8 -15,8 Amortissement de dette à contracter - - - -4,7 Dons publics,net 13,1 8,6 9,8 10,0 Débaursements sur prtts publics 42,3 35,5 42,3 43,4 De'jà contractés (42,3) (35,5) (36,3) (1,7) En ogurs de ne'gociation - (6,0) (8,6) Restant à contracter - - - (33,1) Total sur compte capital 83,9 54,5 57,6 52,9 Diminution des réserves de change 11 10,6 -3,9 -5,0 Erreurs et omissions 0,2 - - - 1/ Les ostimations des paiements d'inté'rgt et de principal pour 1965- 1967 sont d'origine tunisienne. Leur gotal est presque égal à celui auquel la BIRD est arrivée et qui est prdsenté dans les tableaux 2a et 2c de l'Annexe statistique. Cependant, l'intéret est superieur et l'amortissement est inférieur aux estimations de la BIRD. Les pro- jections présentées ici pour 1970 sont celles de la BIRD. - 51 - Le service de la dette et les perspectives à plus longue échéance 11h. Même si la Tunisie obtenait au cours de la période 1968-1970 des apports bruts de crédits extérieurs pour un montant total de l'ordre de celui qui est prévu au Budget économique pour 1967, clest-à-dire environ h2 millions de dinars de versements au titre des prê»ts publics et 9 millions de crédits-fournisseurs, l'augmentation prévue de la charge de l'amortissement aurait pour effet de ramener l'apport net de plus de 50 millions en 1965 et de 37 millions prévus pour 1967 à environ 30 millions en 1970. Cette hypothèse part du principe que les nouveaux emprunts seraient contractés ' des conditions semblables à celles qui ont été pra- tiquées ces dernières années. Or celles-ci ont été relativement généreuses en ce qui concerne les emprunts publics qui en moyenne ont porté intérêt a environ 3,5% et étaient assortis d'un délai d'amortissement de 23 ans, dont six années de différé. Les crédits-fournisseurs ont été obtenus à un taux moyen de 6% avec un remboursement étalé sur six ans. Dons cette hypothèse, le montant total du service de la dette passerait à 31 millions de dinars d'ici à 1970, contre 20 millions en 1966 et 24 millions en 1967. Toutefois, en raison du fort accroissement des exportations et des recettes invisibles prévues pendant cette période, le coefficient du service de la dette devrait se situer en 1970 aux environs de 18% déjà atteints en 1966. 115. Un aménagement modeste des conditions dont seraient assortis les nouveaux prêts publics en 1967-1970 ne modifierait guère la charge du service de la dette au cours de cette période. L'effet s'en ferait surtout sentir au-delà de 1970. La question de savoir s'il serait approprié de modi- fier ces conditions est donc étroitement liée aux besoins probables d'apports nets de capitaux que connaîtra la Tunisie durant la prochaine décennie, ainsi qu'à ses possibilités d'obtenir des apports bruts au cours de cette période. Pendant la prochaine décennie, le principal facteur critique du besoin d'apports nets sera l'efficience de l'investissement. Le Gouverne- ment tunisien peut agir sur ce facteur dans une large mesure au moyen de sa politique, et notamment d'une politique monétaire et des salaires propres à assurer la compétitivité des secteurs d'exportation, qui offrent les perspectives d'expansion les plus favorables, ainsi qu'en accordant plus de poids que par le passé à l'analyse systématique de la rentabilité éco- nomique lors de la préparation, de la sélection et de la mise en oeuvre des projets. L'évolution des marché mondiaux sur lesquels la Tunisie écoule ses principales exportations et les politiques douanières des principaux partenaires commerciaux de cette dernière auront cependant tout autant d'importance. Même en l'absence de nouvelles découvertes de gisements de pétrole, le pays dispose de bonnes possibilités techniques pour développer sa production de biens et services exportables au cours des années 1970, en particulier dans le domaine du tourisme, du phosphate brut, des engrais, des produits agricoles et des articles manufacturés légers. Compte tenu d'hypothèses optimistes sur la situation des marchés et les politiques douanières, la Tunisie pourrait atteindre des taux d'accroissement du PIB et des exportations presque aussi élevées que ceux qui sont prévus pour 1967-1970, le taux d'investissement étant station- naire ou même an légère diminution. Le déficit en ressources pourrait ainsi disparaître avant 1980 ce qui aurait pour effet de diminuer consi- dérablement les besoins de capitaux extérieurs. Si on retient une hypothèse un peu moins optimiste sur les débouchés extérieurs, ce qui pourrait obliger la Tunisie à avoir recours de façon croissante à la sub- stitution de produits locaux aux importations, le coefficient de capital pourrait bien dépasser au cours des années 1970 le chiffre prévu pour 1967-1970. Il en résulterait des besoins de capitaux beaucoup plus impor- tants que ceux indiqués précédemment et l'accumulàtion d'une dette exté- rieure considérable, même en supposant que cette dette ait été contractée aux conditions actuelles. ANNEXE I ANNEXE CONCERNANT LES PRINCIPAUX SECTEURS A. Agriculture 1. Le Budget pour 1967 alloue un montant de 28,9 millions de dinars aux investissements destinés.- l'agriculture; ce montant est en augmentation sensible par rapport è la moyenne des années 1965-66, qui êtait de 25,8 millions de dinars. Les efforts de développement entre- pris actuellement dans l'agriculture accordent une importance égale à l'irrigation et à l'amélioration des cultures en sec, les dépenses annuelles étant dans les deux cas de l'ordre de 10 millions de dinars. Six autres millions de dinars ont êté consacrés aux activités rela- tives à la conservation des sols et au reboisement, dans le cadre de la "Lutte contre le sous-développement", programme de création d'em- plois financé en partie au moyen des dons en espèces prévus au titre II de la PL 480 des Etats-Unis. 2. Le programme d'amélioration des cultures en sec concerne essentiellement la partie nord du pays, ol la pluviométrie est la plus favorable. Ce travail s'effectue dans le cadre de la création de vastes coopératives constituées autour des exploitations modernes reprises aux colons étrangers, mais englobant aussi un nombre important d'exploita- tions traditionnelles. Au cours de ces dernières années, ces coopé- ratives ont été créées sur une êtendue de 185.000 hectares, pour un coût total de l'ordre de 20 millions de dinars. Un projet relatif à 160 autres exploitations recouvrant une étendue d'environ 160.000 hec- tares, dont l'exécution prendra deux ou trois ans, sera financé à 55% par la BIRD (un prêt de la Banque de 12 millions de dollars et un crédit de 6 millions de l'IDA). Le rendement du projet est estimé à 11% et son cott total à 15,5 millions de dinars. Si ce projet donne les ré- sultats escomptés, il est possible qu'une seconde phase puisse être utilement entreprise dans trois ans. Les dépenses totales pourraient 8tre en moyenne de 8 millions de dinars par an au cours des quatre années à venir. 3. Un programme de développement de la polyculture dans le centre de la Tunisie est également en cours d'exécution; il repose sur la créa- tion de petites étendues irriguées (en général ar moyen de puits profonds) et prévoit un accroissement important du cheptel, la plantation d'oliviers. l'amélioration des plturages et la conservation des sols. De même, dans les oasis du sud, il existe un programme visant à compléter le ravitaille- ment en eau au moyen de puits profonds et à transformer le système de production pour que les cultures deviennent plus intensives. L'intér't des puits profonds du point de vue de l'irrigation directe n'est pas négligeable, car leur prix de revient à l'hectare est en général moins élevé que celui de l'irrigation au moyen des eaux de surface. Le rende- ment direct des investissements complêmentaires (plantation et conser- vation des sols) semble toutefois extrêmement bas. En revanche, si l'on n'exécute pas de travaux de ce genre, les régions agricoles du centre et du sud pourront à peine faire vivre la population existante, et moins encore permettre une augmentation quelconque de la production., ANNEXE I Page 2 en raison de l'érosion progressive du scl. En conséquence, à moins qu'il ne soit possible de créer ailleurs un nombre suffisant d'emplois pour un coût social moins élevé, le montant moyen des dépenses qui pourraient 'tre utilement consacrées à l'exécution de ces programmes au cours des quelque cinq années a venir serait de l'ordre de 4 à 5 millions de dinars par an, y compris le creusement de puits profonds et la conservation des sols. 4. Un certain nombre de projets d'irrigation sont en cours de réalisation dans le nord du pays. Le projet de la Nebhana est apparu comme ayant un coût à l'hectare très élevé (4.000 dinars). Six autres millions de dinars seront nécessaires pour achever l'exécution de ce projet. Plusieurs autres projets semblent nettement plus prometteurs. Le projet de la Medjerda est actuellement en cours d'exécution: il doit permettre la mise en valeur de 40.000 hectares pour lesquels des digues ont été déjà construites, et de 13.000 hectares déjà irrigués. Lorsque le projet sera achevré, son rendement devrait être assez bon - peut-être de l'ordre de 10 à 15%. Le coût des travaux nécessaires a l'irrigation de 12.000 autres hectares au cours des quatre années à venir serait de l'ordre de 15 millions de dinars. Compte tenu des possibilités d'exé- cution limitées, la Tunisie ne devrait pas avoir plus de deux grands projets en cours de réalisation en meme temps. Le projet de la Nebhana devrait toutefois être presque achevé en 1969, date à laquelle pourraient utilement 'être mis en train un autre grand projet, tel celui de Ghardimaou qui permettrait d'irriguer environ 13.000 hectares dans la Haute Medjerda. En outre, il serait probablement justifié de consacrer des crédits modérés à de petits travaux d'irrigation. 5. Des travaux d'irrigation par puits profonds sont également en cours d'exécution A un coût à l'hectare en général moins élevé que celui de la plupart des travaux d'irrigation de surface. Un montant approximatif de l'ordre de 1 million de dinars par an pourrait 9tre consacré à l'exécution de ce programme. 6. A l'heure actuelle un programme agricole qui apparalt intéres- sant du point de vue du rendement économique, semble être un pogramme de construction de puits peu profonds. La majeure partie des dépenses dans ce domaine est consacrée à l'exécution de petits travaux d'irriga- tion sur 5 à 10 hectares. Le cout moyen est d'environ 650 dinars par hectare et l'on estime à 20% de ce chiffre l'augmentation du rendement. Environ 1.200 de ces petits réseaux d'irrigation pourraient 8tre construits au cours des quatre années à venir, pour un coûàt total de l'ordre de 6,6 millions de dinars. 1/ En outre, il serait possible d'accorder à des l Environ 1,5 million de dinars compris dans le coût de ce programme de construction de puits sont compris dans le cot du projet des coopératives agricoles mentionné précédemment. AI=1SX I Page 3 cultivateurs travaillant à titre privé des pret subventiont.és qui permettraient de creuser environ 500 puits par an, pour un ooûat moyen de l'ordre de 2,000 dinars par puits. 7. Il existe enfin des programmes généraux de reboisement et de conservation des sols, à l'exécution desquels a été consacré un montant moyen de 5 ou 6 millions de dinars par an au cours des dernières années. Ces programmes ont été effectivement mis en oeuvre en d'autres temps, et ont eu dans bien des cas des résaltats utiles. Toutefois s'il est possible, au cours des quatre années a venir, d'augmenter sensiblement les autres investissements agricoles, comme cela semblerait réalisable, il pourrait apparaître souhaitable d'opérer une réduction, au moins mo- dérée, sur ce programme. 8. A tout prendre, un accroissement du total des investissements consacrés à l'agriculture, ayant pour effet de porter leur niveau, qui était ces derniers temps de 25,5 millions de dinars, à quelque 37 millions de dinars en 1970 semblerait justifié du point de vue des possibilités de réalisation des projets et de l'aptitude de l'adminis- tration à les mettre effectivement à exécution. Pour les mettre en oeuvre dans de bonnes conditions, il faudra toutefois améliorer encore la gestion et les méthodes de travail dans les entreprises agricoles. L'utilisation d'un nombre légèrement supérieur de techniciens étrangers et la réor- ganisation de certains services du ministère devraient permettre d'y narvenir sans difficulté au cours de la période considérée. 9. Au cours de la période 1965-1970, on peut espérer que le taux d'expansion de l'ensemble de l.q production agricole s'accélérera pour atteindre près de 3% par an, contre un taux moyen estimé à 2,0% au cours des cinq années précédentes. Le taux d'expansion de la production des céréales devrait augmenter du fait de l'accroissement du rendement que l'on estime réalisable dans les zones de culture du nord, en particulier dans la région des coopératives agricoles. A titre indicatif, compte tenu du programme d'investissement actuellement envisagé, et de l'aug- mentation de l'utilisation des engrais, on estime que la production totale de blé pourrait d'ici à six ans augmenter de 90.000 tonnes par rapport à la production moyenne qui était récemment (1962-1966) de 670.000 tonnes. On s'attend que la production d'olives soit très faible en 1967 en raison de la sécheresse de 1966; si toutefois les conditions météerologiques sont normales au cours des années a venir, elle devrait augmenter de 3% environ par an par rapport à la moyenne de 1962-1966. La production de raisin destiné à la vinification doit normalement rester stable, mais la valeur de la récolte, calculée aux prix courants, devrait augmenter si les exportations vers la France sont reprises et se main- tiennent. La production d'agrumes et de légumes pourrait augmenter facilement d'environ 35% au cours de cette période. A titre tout à fait indicatif, on peut estimer que la production dans tous les autres sec- teurs de l'agriculture augmentera d'environ 2,5% par an, en particulier ANNEXE I Page L4 du fait de l'intensification de la production de bétail, prévue dans les programmes en cours d'exécution. 10. Cette augmentation de la production brute nécessitera toute- fois sans aucun doute une augmentation importante des facteurs de pro- duction. On estime à 20% environ de la valeur de la production brute la valeur des facteurs de production de l'agriculture pour la période 1960-64 ((on ne dispose pas d'estimations plus récentes). Il est fort possible que ce pourcentage atteigne 21% en 1970, compte tenu de l'aug- mentation importante du cout du carburant pour tracteurs, des engrais, des insecticides et des transports. Il en résulterait une augmentation générale de l'ordre de 2,5% par an de la valeur ajoutée au cours de cette période. Les principaux éléments de ces prévisions sont résumés ci- dessous : Valeur aux prix de 1965 (millions de dinars) Taux d'expansion Moyenne pour la période 1962-66 1970 af de six ans Blé 22,1 26,5 3,0 Orge 4,h h,8 1,6 Olives 13,5 16,2 3,0 Rnisin 4,7 4,7 . Agrumes 3,0 4,2 5,8 Légumes 8,2 11,2 5,3 Divers 49,1 56,9 2,5 Production totale 105,0 124,5 2,9 Moins: Facteurs de production 20,3 26,5 4,5 Valeur ajoutée 84,7 98,0 2,5 a/ En supposant qu'il s'agira d'une année moyenne, tant en ce qui concerne les conditions météorologiques que le cycle de maturation des olives. B. Industrie minière des phosphates bruts 11. L'industrie minière des phosphates bruts est représentée à l'heure actuelle en Tunisie par trois sociétés, toutes trois controlées par l'Etat : la Compagnie des phosphates et du chemin de fer de Gafsa (Sfax-Gafsa), la Compagnie nouvelle des phosphates du Djebel-M'Dilla (CIPHOS), et la Société tunisienne d'exploitation phosphatière (STEPHOS). 12. Jusqu'aà ces derniers temps, la Tunisie a tenu a ce que cette industrie demeurat entre les mains de ces trois sociétés ccntrôlées par ANNEXE I page 5 l'Etat. L'année dernière, sa position a cependant comrnenc, à s'assou- plir, et elle a montré qu'elle était disposée à autoriser -'entrée dans ce domaine, de nouveaux investissements étrangers, en collaboration dans certains cas avec ces capitaux tunisiens. National B-lk Carriers (le groupe Ludwig) et Occidental Petroleum effectuent à l'heure actuelle des études relatives à de nouveaux projets concernant l'extraction de phosphates bruts - chacun de ces projets tablant sur une production de 1 million de tonnes par an. De plus,le Gouvernement a fait savoir qu'il serait éventuellement disposé à accorder une concession minière aux Industries chimiques maghrebines (ICM), au cas ou les promoteurs éventuels de ce projet le désireraient. 13. En plus de ces nouveaux projets, les compagnies existantes prévoient l'exécution d'importants programmes d'expansion. Elles ont déjà commencé des travaux en vue de l'ouverture d'une nouvelle mine qui doit produire 300.000 tonnes de phosphate brut par an. Au cours de l'année 1967, elles se proposent d'entreprendre le développement de l'une des mines existantes afin d'augmenter sa production de 500.000 tonnes par an, et d'augmenter la capacité des installations ferroviaires et portuaires. L'exécution de ces projets devrait normalement commencer en 1967. Deux autres projets sont en cours d'étude; enfin vers 1968 un autre projet pourrait conduire à la production supplémentaire de 2 millions de tonnes de phosphate brut par an. 14. Lorsque les projets dont 1-'aexécution a été déjà décidée seront achevés, la production devrait passer de 3,5 millions de tonnes en 1966 a 4,8 millions de tonnes en 1970. Au cours de cette période, les besoins de l'industrie locale des engrais phosphatés devraient passer de 600.000 tonnes à 1 million de tonnes, indépendamment de tous les nouveaux projets. Il resterait donc 3,8 millions de tonnes pour l'exportation en 1970, c'est-à-dire une augmentation d'environ 1,1 million de tonnes par rapport à 1966. Près de la moitié de ce tonnage devrait ttre expédié en Pologne dans le cadre d'un accord spécial. 15. Le prix moyen à l'exportation est actuellement de $10,10 la tonne f.o.b. en Tunisie (y compris une taxe de 15% perçue en Tunisie sur les exportations). Au cours des dix dernières années, les prix ont évolué entre un minimum de $8,55 la tonne et un maximum de $10,80. On s'attend que les prix baissent de 15% d'ici à 1970. On espère toutefois que, d'ici là, la qualité moyenne des phosphates naturels tunisiens se sera améliorée de 5%, si bien que l'on peut estimer à $9,00 la tonne leurs prix de vente en 1970. C. Industrie des engrais phosphatés 16. Mis à part une petite usine produisant quelque 50.000 tonnes d'hyperphosphate par an et une autre petite usine produisant annuelle- ment environ 120.000 tonnes de phosphate broyé, l'industrie des engrais phosphatés est actuellement représentée par deux sociétés ayant à elles AIMEXE 1 Page 6 deux une capacité de production de 400.000 tonnes de superphosphate triple (TSP) par an. Ces sociétés - Société industrielle d'engrais et d'acide phosphorique (SIAPE) et NPK Engrais SAT - sont toutes deux situées à Sfax, principal port de la Tunisie pour l'exportation des phosphates bruts. La consommation locale est faible et, mis a part les superphosphates simples, 15.000 tonnes environ de superphosphate triple par an et une faible quantité de sulfate d'ammonium, la totalité de la production de l'industrie est exportée. Bien qu'il soit probable que la consommation locale augmente sensiblement au cours des cinq années a venir, l'industrie des engrais chimiques de la Tunisie continuera de dépendre au premier chef des exportations. 17. La SIAPE, dont 80% des actions sont entre les mains de Sfax- Gafsa, a commencé " produire du TSP en 1952. Depuis quelques années, elle a commencé à accroître sa capacité èt à diversifier sa production. Avec les moyens qui seront apparemment mis en place vers le milieu de l'année 1967, la SIAPE devrait etre en mesure de produire annuellement plus de 240.000 tonnes de TSP, 10.000 tonnes de sulfa e d'ammonium et 20.000 tonnes d'acide orthophosphorique (à 54% de P20'). 18. NPK Engrais SAT - qui appartient en presque totalité à Fore- nade Superfosfatfabriker (Suède), à Freeport International Etats-Unis et " la Société financière internationale (SFI) - a commencé à produire en fin 196h. Le total des investissements a été de lh millions de dollars, et sa capacité est d'environ 160.000 tonnes de TSP par an. Elle commence à envisager la possibilité de diversifier sa production au cours des années à venir. 19. On s'attend que le prix des engrais phosphatés baisse égale- ment de 151 au cours des années à venir. Toutefois, compte tenu de l'amélioration de la qualité et de l'accroissement du volume de la production, la valeur des exportations en 1970 est estimée à quelque 9,5 millions de dinars, contre 6,8 millions en 1966. 20. En plus des usines fonctionnant actuellement, deux autres projets sont à l'étude. Premièrement, Occidental Petroleum est sur le point d'achever des études concernant la production de 400.000 tonnes d'acide superphosphorique par an (production équivalant " 300.000 tonnes de P2o5). Ce projet serait partie intégrante du projet d'extraction de phosphate naturel mentionné ci-dessus. Les investissements destinés a la production d'acide superphosphorique seraient de l'ordre de 18 millions de dollars. Occidental étudie toutefois un projet du même genre au Maroc, et il est peu probable qu'il entreprenne simultanément la réalisation des deux projets. 21. Le Gouvernement tunisien a d'autre part demandé à la SFI de l'aider à trouver un associé industriel pour la réalisation près du port de Gabes d'un nouveau projet de production d'engrais par une nouvelle société, les Industries chimiques maghrebines. L'idée de base ANE. I Page 7 de ce projet - qui a l'origine était destiné à produire essentiellement des engrais nitriques, et notamment du phosphate d'ammoniaqie destiné à l'exportation et du nitrate d'ammoniaque destiné à la consommation locale - a considérablement évolué depuis quelques mois. Il semble maintenant que le gouvernement s'intéresse surtout à la création d'une nouvelle usine qui transformerait les phosphates naturels de Tunisie en matériaux susceptibles d'tre eux-mêmes transformés en engrais chimiques destinés à l'exportation, en laissant à l'associé étranger le choix de la nature particulière du produit final. Cette nouvelle position est suffisamment souple pour permettre à un associé indus- triel éventuel de fabriquer un produit qu'il serait en mesure d'écouler. C'est ainsi par exemple qu'il serait possible à un producteur d'engrais qui s'attendrait à avoir besoin d'accroître sa production d'acide phos- phorique, de mettre sur pied en Tunisie une usine ou il produirait de l'acide phosphorique destiné à l'exportation vers les pays consommateurs; cet acide phosphorique serait ensuite utilisé pour la production d'engrais composés, fabriqués selon les formules requises par la situation agricole locale. D. Autres industries manufacturières 22. Les investissements effectués dans l'industrie sidérurgique et dans celle des textiles étant désormais achevés, les investissements industriels sont tombés de 26 millions de dinars en 1965 a 14 millions de dinars en 1966. Ils baisseront à nouveau en 1967 pour atteindre le chiffre de 10 millions de dinars, d'une part en raison du programme général d'austérité et d'autre part du fait de l'achèvement de plusieurs investissements importants dans l'industrie textile. Si l'on considère les projets actuellement envisagés, on peut prévoir que d'ici à 1970 ils augmenteront approximativement de 15 millions, y compris 2,5 millions environ dans l'industrie des engrais phosphatés (contre 1,0 million environ investi dans ce secteur en 1966). 23. L'aciérie d'El Fouladh a été construite pendant la période 1964-1966 et a couté 22,4 millions de dinars. 90% du capital de la Société appartiennent a l'Etat; elle n'a pas d'associé technique, bien qu'elle utilise des techniciens étrangers. En 1966, la production a atteint 40.000 tonnes d'acier de bonne qualité, ce qui correspond à environ 60% de la capacité théorique de ses laminoirs. Ceci est une réussite notable pour une première année d'activité. Il est possible que cette production atteigne 60.000 tonnes en 1967. Cependant, il est actuellement estimé que le marché intérieur ne pourra pas absorber plus de 40.000 tonnes en raison de la réduction du niveau d'investissement dans le pays. Des accords ont été passés afin d'exporter l'excédent. Les prix à l'exportation devront être réduits par rapport au niveau actuel de 75 dinars par tonne qui est déjà en lui-même insuffisant pour permettre à la société de faire face à ses obligations financières. El Fouladh sera donc obligé d'augmenter ses prix intérieurs-ou de recevoir une subvention temporaire. La réalisation de ces possibilités dépend ANNEXE I Page 8 dans une grande mesure de la croissance des besoins locaux et évidemment aussi de la situation financière d'El Fouladh. 2h. Le secteur des industries mécaniques et électriques est limité et correspond seulement à h% du total de la valeur ajoutée provenant des industries manufacturières. L'usine de quincaillerie qui fonctionne a Sousse éprouve des difficultés en raison de sa mauvaise disposition et d'ennuis d'ordre techniq.ie. La Pologne va envoyer une équipe de 45 assistants techniques pendant deux ans pour améliorer cette situation. Il existe trois usines de montage de quelque importance, la STIA, qui monte des voitures et des camions, une usine de l'International Harves- ter pour les tracteurs et une usine de Sutomo pour les moteurs diesel. Pour ces trois usines, le pourcentage des pièces d'origine intérieure est inférieur à 3%, et toutes trois éprouvent des difficultés de com- mercialisation. La STIA doit bénéficier en 1967 d'un investissement d'importance limitée, destiné à augmenter sa capacité de montage de camions. 25. Le nouveau projet le plus important envisagé dans ce secteur concerne un chantier de réparation de navires qui utiliserait les installations de l'ancienne base navale de Bizerte. Un accord de principe a été signé en 1966 avec une société américaine, garantissant un chiffre d'affaires de 1,2 million de dinars pour la première année et de 5 millions de dinars au bout de trois ans. Ce projet permettrait de créer mille emplois environ et cotterait approximativement 6 millions dedLnars. Toutefois, aucun accord définitif n'a encore été conlu. Un autre projet concerne une tréfilerie qui cotterait environ 1,h millions de dinars. Une société norvégienne effectue les études techniques, mais le projet n'a pas encore intéressé de partenaire étranger. Enfin, on étudie actuellement un projet d'usine d'ajustage mécanique dont la réalisation pourrait coûter environ 1 million de dinars. La justifi- cation d'un tel projet est cependant douteuse. 26. Les industries alimentaires et agricoles constituent encore le secteur l. plus important des industries manufacturières. Les principaux produits sont la farine, le tabac, le vin et l'huile d'olive qui correspondent actuellement à 70% environ de la production de ce secteur. Pour l'ensemble de ce dernier, la valeur ajoutée a augmenté au taux moyen de h% environ par an entre 1960 et 1966. Entre 1966 et 1970, on pense qu'elle augmentera au taux d'environ 7% par an, en partie en raison de l'accroissement de la production agricole mentionné ci-dessus, en partie en raison de l'amélioration de la productivité, et en partie en raison de l'accroissement du pourcentage de la production agricole destinée a l'exDortation. 27. Le principal projet d'investissement en cours d'exécution concerne la production du tabac: une nouvelle usine destinée à rem - placer une usine ancienne sera achevée en 1967 et coûtera 1,6 million de dinars. Un crédit de h00.000 dinars figure également dans le budget ANNM I Page 9 économique de 1967 pour la réalisation d'un projet de développement de l'industrie laitière. Parmi les autres possibilités pour la période 1968-70 on peut citer le développement des conserveries de poisson, la modernisation et l'expansion de l'industrie des conserves de légumes et de fruits. Comme indiqué précédemment, ces dernières pourraient avoir d'importants débouchés en Europe si les barrières douanières n'étaient pas excessives. Bien qu'il n'existe pas encore de plan im- portant d'expansion dans ce secteur, il pourrait être justifié de prévoir que des investissements de 2 millions de dinars ou davantage lui seront consacrés au cours de la période 1968-70, dans l'hypothèse ou les pays européens auraient adopté d'ici là une politique douanière favorable. 28. Après l'indépendance, la Tunisie a mis en train un vaste programme d'expansion de sa capacité de production dans le domaine des filatures, du tissage et de l'apprétage des tissus, notamment en ce qui concerne le coton. Du point de vue de la valeur ajoutée, l'in- dustrie textile vient actuellement au second rang des industries manu- facturières de la Tunisie, après les industries alimentaires et agri- coles. L'industrie textile s'est développée en moyenne de 8% par an en termes réels de 1960 à 1966, et va probablement se développer de près de 9% au cours de la période 1966-70. Environ 80% de la produc- tion provient de trois vastes entreprises publiques, alors que le secteur privé ne comprend que les artisans ou de petites entreprises de tissage de cotons ou de confection. Par suite de l'insuffisance de leur gestion, ces entreprises publiques ont été récemment réorganisées et placées sous la tutelle d'un organisme public, 12Office national du textile (ONT). L'ONT a commencé à vendre les entreprises publiques de confection et espère pouvoir se retirer de cette activité. Il a aussi exprimé son intérêt dans le transfert des manufactures textiles au secteur privé si des investisseurs se présentent. 29. Les investissements dont a bénéficié la Société générale des industries cotonnières (SOGICOT) se sont élevés au total à 13 millions de dinars au cours de la période 1962-66. Les principaux investissements de la société sont maintenant achevés, et pour 1967 et 1968, il est probable que le montant des dépenses en capital ne dépassera pas 2,8 millions de dinars. La SOGICOT a eu très largement recours à des emprunts; en fin 1965, 9% seulement de son actif total étaient couverts par son capital; en dépit d'une augnentation de capital assurée en 1966 par l'Etat, il est peu probable que le capital dépasse 20% de l'actif total en 1967. Le projet le plus important pour les années a venir concerne la filature de rayonne et de fibres synthétiques de Moknine qui requererait un investissement d'environ 1,5 million de dinars. Des études préliminaires ont été entreprises pour l'expansion éventuelle des entreprises de filature et de tissage ducoton. ANNEE I Page 10 30. On estime qu'en 1966 le chiffre d'affaires de SOGICOT a atteint 11,5 millions de dinars, dont 5 millions prevenant de la vente de produits importés et 6,5 millions de sa fabrication. On pense que le chiffre d'affaires atteindra 13,6 millions de dinars en 1967, dont 3,7 millions seulement pour les produits importés et 4,7 millions pour les produits manufacturés. En 1967-1968, la SOGICOT devrait normale- ment produire 26 millions de mètres de textiles par an. Bien que les statistiques soient insuffisantes, on estime que la consamation totale est nettement plus élevée. Cependant, dans sa tentative de diversifier la production afin de satisfaire le marché local, la SOGICOT risque de se heurter à la limitatiôn- de la demande de chaque article particulier. 31. La Société générale de l'industrie de confection (SOGIC) est une entreprise nationalisée constituée en 1962 pour créer et exploiter des usines dans l'industrie des veterents. Le principe était d'installer les usines dans diverses localités afin de créer de nouveaux emplois. La formule s'est cependant révélée dlune réalisation difficile et peu d'usines seulement ont été construites. Certains ateliers ont besoii.. d'être modernisés tandis qu'au contraire, dans un cas particulier, du matériel a été acheté en quantité excessive. Dans l'ensemble, cette exploitation n'a pas été très rentable. On envisage actuellement de mettre en vente les diverses usines appartenant a la SOGIC et d'utiliser les fonds ainsi obtenus pour payer les dettes de cette société. Deux d'entre elles ont été déjà vendues dans le secteur privé, et une troi- siême usine pourrait être vendue à la SOGICOT, qui l'utilisera pour fabriquer des bleus de travail avec des matières premières qu'elle produit elle-mCme. L'ONT espère vendre Les autres usines à la Société tunisienne de banque (STB), à la SNT, à des compagnies commerciales régionales ou à des entreprises privées. La Tunisie étudie également les possibilités de reconversion de la grande usine de Menzel Bourguiba, en liaison avec un certain nombre de sociétés françaises qui fourniraient l'assistance technique et des débouchés pour les exportations. A la longue, ce projet pourrait offrir des possibilités importantes dans le domaine des exportations, si des liens étroits pouvaient être établis avec des sociêtés européennes de gestion et de vente. 32. La production des matêriaux de construction est restée stagnante depuis la période 1964-1966, mais on espère une reprise modérée au cours des prochaines années en raison de l'essor de la construction et de la substitution de certains matériaux à des produits importés. La production de ciment est restée stable depuis 1964 (environ 460.000 tonnes, d'une valeur de 2,7 millions de dinars), après une période d'expansion spec- taculaire. La Tunisie dispose d'excellentes sources de matières premières, qui au taux actuel de consommation pourraient durer environ un siècle. Les deux usines de fabrication de ciment, la CAT et la CPB, fonctionnent au maximum de leur capacité, mais ni l'une ni l'autre ne sont très lucra- tives ni très compétitives vis-à-vis des importations. Pour essayer de ANNEXE I Page 11 diminuer les prix de revient, l'une d'entre elles remplacera un four vétuste dans le courant de l'année 1967. Le montant total des investis- sements sera de l'ordre de 2 millions de dinars, dont 660.000 à 760.000 seront décaissés en 1967. 33. Une usine de céramique fabriquant du matériel sanitaire, ayant cotté 1,6 million de dinars, doit normalement commencer à produire en mars 1967. Ce projet a la STB pour promoteur, et l'assistance technique lui est fournie par une société italienne établie depuis longtemps dans ce genre d'affaires (Pozzi). La réalisation de ce projet permettrait la production de 3.000 tonnes d'appareils sanitaires en porcelaine vitrifiée. A l'origine, la totalité des matières premières nécessaires devra être imþortée; par la suite il sera peut-être possible d'en acheter de 15 à 20% sur le marché local, si la qualité est satisfaisante. La STB et l'Etat souhaiteraient pouvoir transférer cette usine au secteur privé et accroltre les participations à son capital. 34. Un projet concernant la fabrication de verre à vitres, destiné en majeure partie à l'exportation, a été abandonné à la fin de l'année 1965 à la suite des négociations relatives à la coordination des indus- tries maghrébiennes. (Il a été convenu au cours d'une réunion d'un sous-comité du Comité permanent pour la coordination maghrébienne que l'Algérie était mieux placée pour la réalisation de futurs projets maghrébiens relatifs à l'industrie du verre à vitres.) Ce projet sera remplacé par un projet de production de fibre de verre et de céramique vitrifiée. 35. La raffinerie de pétrole située en Tunisie a commencé à pro- duire en 1964. La société qui l'exploite (STIR) appartient pour 50% à l'Etat tunisien et pour 50% a l'ENI. Sa capacité de transformation est d'un million de tonnes; sa production et son chiffre d'affaires ont augmenté de 11% par an, et il est prévu qu'ils augmenteront d'environ 9,5% par an jusqu'en 1970. Les prévisions pour 1968 coincident avec les prévisions relatives à l'accroissement des ventes de produits pétroliers sur le marché tunisien, qui doivent atteindre 900.000 tonnes en 1968, 90% environ de la production étant vendus sur le marché intérieur. L'exploitation de la raffinerie semble être tout h fait rentable. Elle a été financée en presque totalité au moyen de crédits- fournisseurs et d'ici h la fin de 1968, c'est-à-dire cinq années après son démarrage, ces crédits auront été entièrement remboursés. Entre temps, la STIR a payé des dividendes de 12% et en aurait payé davantage, si le Gouvernement avait autorisé le rapatriement de dividendes plus élevés. 36. Aucun investissement important ne semble prévu pour 1967. Toutefois, la STIR prévoit le démarrage de deux projets d'une certaine importance en 1968. Le premier concerne l'agrandissement de la raffi- nerie: le programme permettrait de porter sa capacité de raffinage d'un million de tonnes (capacité actuelle) à 1,5 million de tonnes, ANNEXE I Page 12 pour un coût estimé à 600.000 dinars. Le second projet concerne une usine qui coûterait 600.000 dinars et produirait 20.000 tonnes d'asphalte. 37. La réalisation d'un projet entièrement privé est prévue pour 1967; il s'agit de la création par ESSO d'une usine d'huile de lubri- fication. Un montant de 260.000 dinars a été alloué à ce projet dans le Budget éconcmique pour 1967. Cette estimation semble toutefois pécher par excès car il semble improbable que les investissements prévus puissent être réalisés en totalité durant cette année. E. Tourisme 38. L'année dernière, le secteur touristique a continué de se développer en Tunisie a un rythme impressionnant, dépassant de beaucoup les prévisions. Les rentrées de devises, qui ont augmenté de 58% par an de 1961 à 1965, semblent devoir continuer à s'accroître au meme rythme et ont probablement dépassé 13,0 millions de dinars en 1966. Dans ce cas, elles seraient deux fois plus élevées que l'objectif prévu pour 1968 dans le Plan quadriennal tunisien et auront presque atteint l'estimation révisée pour 1968 établie par le Commissariat général au tourisme et au thermalisme (CGTT) à la fin de 1965. Le tourisme était déjà la seconde ou la troisième source de devises en 1965, et a contribué pour 14,5% au total. Du fait de la nouvelle expansion survenue en 1966, ce secteur semble avoir désormais dépassé les phosphates bruts et l'huile d'olive, et devient la source de devises la plus importante. Considérant le niveau peu élevé des importations que le tourisme nécessite - 12% environ du chiffre d'affaires des hôtels, et peut-étre 25% des gains en devises de ce secteur - les incidences nettes du secteur touristique sur l'économie sont d'une importance capitale. 39. Les investissements ont également continué de dépasser les prévisions. Le montant des investissements en 1966, estimé à 11,8 millions de dinars, correspond à 70% du total des investissements envisagés dans ce secteur au cours du Plan quadriennal. La capacité des hôtels, qui s'est accrue de 25% par an au cours de la période 1961-1965, a fait un bond de 66% en 1966, et, avec près de 16.000 lits disponibles à la fin de l'année, n'est inférieure que de 1.000 lits a l'objectif fixé pour la fin 1968. Bien que l'Etat, par l'intermédiaire du CGTT, de la Société htelière et touristique de Tunisie (SHTT), et des municipalités ait participé pour une large part à cette expansion, la majeure partie de ces nouveaux httels appartient au secteur privé. 40. Malgré le développement important de la capacité des hôtels, le taux d'occupation s'est légèrement accru du fait que les arrivées de touristes et le nombre de nuitées se sont accrus encore plus rapidement - au rythme de plus de 35% par an au cours de la période 1961-1965. Au cours des années à venir, le principal problème qu'aura à résoudre le secteur touristique en Tunisie ccnsistera à déterminer dans quelle ANEXE I Page 13 mesure il sera possible de continuer d'augmenter rapidement cette capa- cité sans diminuer le taux d'occupation et, par contrecoup, la renta- bilité du point de vue économique et commercial. Ce problème va proba- blement revetir une grande importance en 1967, les restrictions d'ordre budgétaires ayant imposé une réduction massive des investissements dans l'industrie hZtelière. Les estimations pour 1967 prévoient l'installa- tion de 3.666 nouveaux lits, alors qu'en 1966 la capacité s'était accrue de 6.356 lits. Toutefois, pour 1968, 5,738 nouveaux lits sont prévus, et pour les années ultérieures, la Mission a estimé que ce chiffre s'augmenterait d'environ 5.000 par an. De ce fait, l'expansion de la capacité htelière serait en moyenne de l'ordre de 20% par an pour la période 1967-1971, soit moins de la moitié du taux d'expansion pour la période 1961-1966. Si l'on considère que le nombre de nuitées s'est accru au rythme de 37% par an au cours des dernières années, ce pro- gramme est prudent, et même en supposant que les gains annuels en devises que la Tunisie réalise pourchaque lit n'augmenteront pas, on peut s'attendre que les recettes brutes que ce secteur procure au pays passeront d'un montant estimé à 1 millions de dinars en 1966 à 35 millions de dinars en 1970. 4l. Considérant l'intérêt primordial de ce secteur du point de vue économique, son expansion devrait être poussée au maximum. Jusqu'à présent l'expansion de ce secteur, de même que celle de la construction en Tunisie, a eu d'importantes liaisons en amont. Grace à la création d'une fabrique moderne d'ameublement, à la production de tapis de qualité supérieure, à la mise en place d'une aciérie, etc., le volume des importations nécessaires à la construction et à l'équipement des hZtels a considérablement diminué, et l'ouverture prochaine d'une usine de céramique produisant du matériel sanitaire, et d'autres usines encore va probablement s'accompagner d'une nouvelle réduction de ces importations. Bien que le volume de ces dernières varie sensiblement selon la classe de lhtel considéré, le volume des importations nécessaires à ce secteur est tombé de près de 40% à 20-30% du total des investissements. Leur financement est obtenu de diverses sources, y compris la Société Nationale d'Investissement, récemment réorganisée, les prêts américaÉns du pro- gramme annuel de l'AID, et les crédits-fournisseurs accordés par un certain nombre de pWs. Les fonds en monnaie locale peuvent être difficiles à obtenir, mais il devrait être possible d'assurer de façon satisfaisante cette partie du financement si les ressources réelles nécessaires peuvent être disponibles. Dans l'ensemble, ces ressources sont les mêmes que les ressources utilisées pour la construction de logements, d'édifices publics, etc. Puisque une maison particulière coute environ le mâme prix qu'une chambre d'hbtel, les principaux éléments nécessaires à déterminer, du point de vue économique, les priorités relatives apparaissent clairement. De l'avis de la Mission, le secteur touristique devrait être développé aussi rapidement que le justifiera le marché ANNEXE I Page 1 h2. Le Gouvernement est conscient des problèmes à résoudre pour essayer de déterminer à quel taux peut ètre développé ce secteur. Bien qu'il dispose dtune façon générale de statistiques bien é-,ablies qui l'aideront à prendre ce genre de désisions, il serait peut-ltre possible et certainement très utile que le Gouvernement détermine un indice des bénéfices de l'industrie hôtelière qui puisse être publié périodiquement en mIme temps que les autres statistiques. En outre, afin de conserver le maximum de souplesse au calendrier des investissements dans ltindus- trie hZtelière, le Gouvernement devrait continuer d'encourager le secteur privé, et peut-ltre meme limiter l'expansion ultérieure d'organisations nationales telles que la SHTT.
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Tunisia - Current economic position and prospects (Vol. 1 of 2) : Rapport principal
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