FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AF-44a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépar' 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont afRliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT L'ECONOMIE DU SENEGAL 26 mai 1966 Departement Afrique TAUX DE CONVERSION $U.S. 1 = FCFA 346,85 FCFA 1 = $ U. S. 0, 004 FCFA 1 milliard = $ U. S. 4 million TABLE DES NTIERES Page No. DONNEES DE BASE CARTES RESUME ET CONCLUSIONS I. INTRODUCTIOK ...........................................--- 1 Le pays et sa population ................................ 1 Situation politique ....1.................................. 1 II. STRUCTURE ET DEVELOPPEIENT DE L'ECONOMIE ....................... 4 III. SITUATION EONETAIRE ET FINANCIERE .............................. 9 IV. FINANCES PUBLIQUES ..............................o.......o...... 12 Budget d'équipement ....................................... 15 Dette publique ............................................. 16 V. COMMERCE ET PAIEMENTS EXTERIEURS ......................... 17 VI. PLANIFICATION DU DEVELOPPENET ................................ 21 Le premier Plan quadriennal (1961-1965) ...................... 21 Le deuxième Plan quadriennal o............................... 22 VII. PERSPECTIVES DE CROISSANCE .................... 27 Secteur des exportations ................................. 27 La production agricole pour la consommation intérieure ...... 28 Production industrielle ................................ 29 Services .............................................. 29 Résumé des perspectives de croissance ....................... 30 Perspectives de la balance des paiements .................... 30 VIII. FINANCEMN' DE L'INVESTISSEEENT ............................. 32 Le deuxième Plan ................................... .. 32 Perspectives du secteur public ............................. 33 Dépenses ordinaires: prévisions ........................... 33 Perspectives de recettes ................................... 33 Epargne et investissement privés ........................... 36 Besoins financiers extérieurs .............................. 37 Solvabilité ................................................ 39 ANNEXE - Evolution des principaux secteurs économiques AENXE ST-LLTISTIQUE Le présent rapport a été rédigé sur la base des travaux effectués par plusieurs missions au Sénégal, les plus récentes étant celles de AM. Billington et Paladini de la BIRD, en octobre 1964 et de M. Cojot, de la BIRD, en décembre 1965. DONNEES DE BASE Superficie: 201.375 km2 Population: Estimation pour l'année 1964: 3,4 millions dont environ 55.000 non africains. Taux de croissance: environ 2,5% Densité: 17 au k Statut politique: Le Sénégal est indépendant depuis avril 1960 Produit national brut aux prix du marché Equivalent de 665 millions de dollars E.U. en 1964. Taux de croissance aux prix courants: 1960-1962 = 6% 1962-1964 = 1% 1960-1964 = 3% Revenu par habitant: équivalent de 190 dollars E.U. Pourcentage du PNB représenté en 196h par Agriculture 30% Commerce 30% Industrie, mines et construction 14% Administration publique 15% Pourcentage du PNB représenté par 1963 1964 Formation brute de capital fixe TO=11 ~1O07 Epargne 5,6% 5% Déficit courant de la balance des paiements 4,4% 3,8% Paiement d'intérÊts en 1965: 0,2% 1963/4 1964/5 Recettes ordinaires de l'Etat 21% 21% Masse monétaire, crédit et prix (en milliards de FCFA) Membre de ltUnion Monétaire Ouest-Africaine et l'Union Douanière Ouest-Africaine. Variation depuis Masse monétaire totale: juin 1965 29,9 juin l96 +10 mars 1965 33,9 mars 1964 +8,7% décembre 198429,5 déc. 1963 -3,3% Crédit à l'économie juin 1965 36,h juin 1964 +4,3% Mouvement des prix à Dakar de juin 1964 à juin 1965 +10% - 2 - Transactions du secteur public (en milliards de FCFA courants) 1964/5 1963/4 Recettes ordinaires 36,7 33,9 Dépenses ordinaires 32,5 31,8 Excédent au titre des transactions ordinaires +4,2 +2,1 Dépenses en capital 13,7 7,6 Aide extérieure au secteur public 5,5 4,2 Dette extérieure publique (en millions de dollars E.U.) Dette totale (31 décembre 1964) 67,8 Service de la dette (1965) 4,3 Service de la dette (en pourcentage des exportations) 2,7% Balance des paiements (en millions de dollars E.U.) Augmentation par rapport à la mo- 1964 yenne 1960-63 Exportations totales 10 néant Importations totales 187 4% Services nets -8,5 25,6% dont revenu des investissements(net) -6,9 -23 % Déficit courant net -34 124 c Pourcentage du principal produit d'exportation dans le total (arachides et produits de l'arachide) 60% néant Réserves de devises (chiffres nets) Juin 1965 Juin 1964 24,3 36,0 (à peu prës un mois et demi d'importations) Position au FI-I (en millions de dollars E.U.) Quote-part 25 Tirages néant D D oSENEGAL PRECIPITATIONS ET TERRES CULTIVEES POURCENTAGE DES TERRES CULTIVEES MOINS DE 2% 2 5% I55ý Tn--- - - - - iPLUS DE 80% - 40 -PRECIPITATIONS EN MILLIMETRES - - - TOTAL DES JOURS DE PLUIE PAR AN DAKAR ----- ¯ 800 1 -50 - - OTAMBACOU DA 0 60 - - - 3 0 - .0 0 00 -10-- 08 000 MARS 1966 BIRD-1828 0 25 50 r5 00 Podor SENEGAL Kil...a A DM IN ISTRA TIO N F ET POPULATION FRONTIERES INTERNATIONALES u . -LIMITES 1ES REIIONS St. Lo D.............LIMITE DES DEP RTEMENTS CAPITALE g CHEF-LEU DE REGION o CHEF-LIEU DE DEPARTEMENT Matam VILLES DE PLUS DE 10.000 HABITANTS 1 10.000-19.000 Lr-guere 20.000-49.000 f~-"L i..~50.000-100.000 S I ýO U R B E L PLUS DE 1.00.000 .... ... tDENSITE DE LA POPULATION 7AU KM2 CAPVE 5 ET MOINS 6-15 16-30 3i 1-50 øl 51-75 mf ýALOUM 7-10 5\ PLUS DE 100 Fø.nd.ougneS E G - N counda 0 4- Kolda Kédougou MARS 1966 BIRD-1829 - 25 5 1 0vers Nouakchott SENEGAL 501 oo ooorSENEGAL Kilome t-e Dao no NbD,r- 4 ,TRA SP TRANSPORTS ROUTES ASPHALTEES EXISTANTES ROUTES ASPHALTEES EN CONSTRUCTION ST LOUIS ROUTES EN TERRE BATTUE EXISTANTES --- - --- ROUTES EN TERRE BATTUE EN CONSTRUCTION CHEMINS5 D E FER -M ~ FLEUVES NAVIGABLES Lougo matom AEROPORT DAKAR-YOFF Lompouf NGourone LInquire D,ogo Sboer g.tto Dahr. Yonofer D.rou Doo-Mut Cayor T,Ilok Tivoouone Bokel BambeyM'Bocké Fd sseT,.pKrlKdiro PBB k NOjend~Bom4kok Tatag.in Gosscs M'Bour------- FatickO ~ Fim el K A O L A C M .lè m e G d'ry N ..e Koffrine K - h1Bl Solone Mad obel Kousson, Nwo TAMBAKOUNDA TOm-nd.la ... . . . Vélo er Kondia1 Diano MOloryKolda Kounkane Big,,no N'Djedé Mako Marsoss - - - - - - - g ANCE Sédh u / .-- - . -- . _ _ __ . B d-u Z«GINCHOR som-e .Kédoýugou Oussouye 2 ".-.- 1 - ~~~GUINEE PORTUGAJSE GUiNEE '"-- . MARs1966BIRD 1830 RESUME ET CONCLUSIONS 1. L'économie du Sénégal est essentiellement tributaire d'un secteur agricole qui à long terme est susceptible d'être diversifié mais qui actuel- lement est axé sur les cultures de subsistance, une seule culture d'exporta- tion, celle des arachides faisant exception. Le Sénégal possède également quelques ressources minérales d'importance limitée. L'effort industriel et l'urbanisation ont été assez considérables dans le passé, autour de Thiès et de Dakar; cette dernière ville est un port mondial moderne et assez industrialisé qui fut le centre administratif, commercial et industriel de l'ancienne Afrique occidentale française; cet immense territoire comptant quelque 20 millions d'habitants est aujourd'hui divisé en 9 pays indépen- dants, aux aspirations concurrentes et dont les ressources sont parfois très limitées. 2. Depuis l'indépendance en avril 1960 et la dissolution de la fédéra- tion avec le Mali en aoet 1960, le gouvernement du Sénégal s'est efforcé, face à des problèmes sur lesquels il n'avait guère de prise, et en présence d'un ralentissement de l'activité dans la plupart des secteurs. d'adapter l'économie du pays aux besoins nés de l'indépendance, de maintenir l'équi- libre budgétaire, et, grâce à l'aide extérieure, de financer un premier Plan de développement. Le Sénégal a du s'efforcer d'adapter tout son appareil administratif et économique à la situation d'un pays de 3,h millions d'habitants. Cette situation est caractérisée par la perte, déjà subie ou imminente, de la plupart des avantages extérieurs et parfois arti- ficiels dont jouissait le pays au moment de l'indépendance, à savoir un important volume de dépenses civiles et militaires françaises, l'accès á un grand marché fédéral en Afrique occidentale où le Sénégal vendait les produits de ses industries, la perte enfin d'un marché garanti pour sa principale exportation, les arachides, vendues à des prix généralement supérieurs à ceux du marché mondial. Ces avantages qui depuis l'indépen- dance, ont continué d'exister à des degrés divers, ont permis au gouverne- ment d'appliquer une politique budgétaire et fiscale prudente, et lui ont laissé le temps de consolider ses assises avant de se trouver aux prises avec les réalités plus rudes qui le confrontent aujourd'hui. 3. La disparition progressive de certains de ces avantages avait déjà commencé à se faire sentir, mais néanmoins, le taux de croissance global de l'économie a continué à augmenter d'environ 6% par an jusqu'en 1962. En 1963, le PIB a baissé d'environ 2%, en grande partie parce que la récolte d'arachides avait été mauvaise et en 1963 il s'est relevé de quelque 3%, à cause d'une amélioration de la récolte d'arachides et d'une certaine expan- sion des industries extractives et des nouvelles industries de transforma- tion. Malgré la hausse du PIB à prix courants, le revenu national réel par habitant a diminué d'environ 5% en 1963 et ne s'est guère relevé en 1964. L'investissement fixe brut est resté stationnaire, s'élevant en moyenne à 15,5 milliards de francs CFA par an, soit 10% du PIB entre 1960 et 1964. Dans ce chiffre, l'investissement public total a presque doublé depuis 1960, ce qui compense dans une certaine mesure une contraction compa- rable de l'investissement privé. 4. Depuis 1962, la production agricole, handicapée par les fluctuations climatiques et par une lente réaction aux investissements, n'a guère progres- sé malgré une assistance technique substantielle. L'accroissement de la - ii - production dans les nouvelles usines alimentant un marché purement local, a pu, dans une certaine mesure, contrebalancer le déclin des industries anciennes, mais n'a pas suffi pour donner une impulsion réelle à la crois- sance globale de l'économie. Les répercussions persistantes d'une baisse de l'activité industrielle et commerciale due à la perte de marchés d'ex- portation représentant plus de 12 milliards de francs CFA, soit 25% des exportations de 1959, aggravées en 1963 par la réduction des exportations d'arachides due à la mauvaise récolte et par les premières diminutions des dépensee civiles et militaires françaises, estimées à 4 milliards de francs CFA pour les seules années 1963 et 196h, ont en fin de compte, brus- quement modifié le clinat des affaires et de l'investissement dans le pays et déclenché un vaste mouvement de rapatriement des capitaux privés étrangers. La conjonction de tous ces éléments a provoqué une situation budgétaire tendue, avec de faibles perspectives d'augmentation des recettes, et une rapide diminution de la part du Sénégal dans les réserves de change de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEA.O). 5. Conformément aux dispositions de la Convention entre la Communauté Economique Eiuropéenne et les pays associés, signée à Yaoundé en 1964, les exportations d'arachides et d'huile d'arachide par le Sénégal devront se faire aux prix mondiaux dès qu'entrera en vigueur la politique agricole commune de la CEE en matière d'huiles et graisses. Afin d'aligner le prix de l'arachide sur les prix mondiaux prévus pour les cinq années d'applica- tion de la Convention, le Sénégal a réduit les taxes à l'exportation de 2 à 3 francs CFA le kg, ce qui entraînera une perte de recettes de 1 milliard de francs CFA pour le gouvernement, et se propose de diminuer les coûts intérieurs de 2 autres francs CFA par kg, et, ultérieurement, d'abaisser de 1,5 francs CFA le kg, le prix payé au producteur. Durant la période d'ajustement, le gouvernement espère bénéficier de l'aide de la Communauté à la fois pour subventionner les prix à la production, à concurrence de 3,8 milliards de francs CFA, et pour financer des mesures qui permettraient, en trois ans, d'augmenter la productivité de 25%. 6. Du fait que les prix à l'exportation des arachides seront ramenés au niveau projeté pour les prix mondiaux (soit une baisse d'environ 20% entre 1964 et 1969) et en l'absence de toute modification sensible des prix des autres produits, il y a tout lieu de croire que la hausse, supérieu- re à 6% l'an, du volume des exportations, ne se traduira que par un accrois- sement des recettes d'exportation d'à peine 3,5%. Et la majeure partie de cet accroissement risque d'être annulée par des hausses de prix à l'importa- tion, si les tendances enregistrées ces dernières années persistent. 7. Le Sénégal a,depuis l'indépendance,joui d'un excédent budgétaire courant qui s'est cependant progressivement anenuisé sous l'effet de la perte des avantages extérieurs que nous avons signalée ci-dessus. Pour cette raison, les dépenses publiques ont été freinées depuis 1963 - iii - et pour les budgets 1964-65 et 1965-66, les dépenses totales ont été maintenues en dessous d'un plafond fixé à 34 milliards de francs CFA, malgré les dépenses supplémentaires qu'a entraînéesla prise en charge par le gouvernement de dépenses autrefois encourues par le gouvernement français, telles, les dépenses de fonctionnement de l'Université de Dakar, de services et installations militaires, et un certain nombre d'autres postes. Pour ce qui est des recettes, afin de compenser la baisse de rendement de la taxe à l'exportation des arachides, la dimi- nution des recettes due à la suppression des droits frappant les impor- tations en provenance des pays de la C.E.E. autres que la France et la réduction des recettes publiques résultant de la diminution des dépenses du personnel militaire français, le gouvernement a relevé les impOts frappant d'autres sources de revenu. Par les efforts qu'il a déployés pour accroitre l'assiette et les taux des imptts, en améliorer le recouvrement en fonction de l'accroissement, modéré, des dépenses courantes et de la nécessité d'un excédent budgétaire courant pour financer l'investissement, le gouvernement a fait preuve dans sa gestion fiscale et budgétaire, de modération et de maturité. 8. Pendant la période qui va de 1961 jusqu'au milieu de 1965, et que couvre le premier Plan de développement, le gouvernement a réussi, en limitant au minimum la désorganisation de l'économie, a faire face aux effets d'un amenuisement des marchés s'accompagnant d'une capacité indus- trielle excédentaire et d'une baisse des recettes au titre des dépenses civiles et militaires de la France. Il a réussi à maintenir un budget en excédent et pris des mesures pour en assurer le maintien à l'avenir. Par contre, les réserves en devises ont beaucoup baissé et pendant ces quatre années, la croissance nette du revenu réel par habitant a été faible, malgré l'apport d'environ 65 milliards de francs CFA sous forme d'investi- ssements publics et privés. 9. Un nouveau Plan quadriennal de développement a été adopté pour la période 1965-1969. Il prévoit des dépenses totales d'environ 119 mil- liards de francs CFA et une hausse du PIB total de 4% à 6% par an, selon les hypothèses adoptées. Le nouveau Plan qui accorde la priorité aux activités directement productives, notamment dans le secteur agricole, est conçu pour diminuer le volume des denrées alimentaires de base que le pays doit aujourd'hui importer et pour diversifier la production par un accroissement des cultures de coton et de canne à sucre, des cultures marai- chères et des fruits. Certains objectifs semblent quelque peu ambitieux si l'on prend en considération les effets récessionistes qu'auront encore une nouvelle réduction des dépenses civiles et militaires françaises, la détérioration de plus de 10% des termes de l'échange, le problème relative- ment ardu que posent le maintien et l'accroissement de l'excédent budgétaire courant et la mobilisation des ressources inbérieures pour le développement ainsi que la difficulté qu'il y aura à renverser la tendance actuelle des capitaux privés à quitter le Sénégal. Le taux de croissance du PIB qui sera probablement atteint risque fort d'être inférieur à h% par an, si l'on ne peut obtenir pour l'investissement, et selon les estimations de la mission, - iv - plus de 75 milliards de francs CFA, comparés à l'objectif du Gouvernement de 119 milliards de francs CFA. La mission, pour faire ses estimations, a tenu compte des résultats assez décevants du premier Plan de développement 1961-1965, des difficultés que l'on éprouve à identifier et préparer les projets qui justifieraient un financement extérieur, et des limitations qu'imposent la pénurie de capitaux intérieurs et la nécessité de les faire compléter par des sources extérieures. Un taux de croissance de 4% par an ne permettrait guère d'augmenter le revenu par habitant qui, largement en raison de la présence de plus de 50.000 non-africains, se situe actuellement au niveau relativement élevé d'environ 190 dollars. 10. Il est indispensable que l'aide extérieure dépasse le niveau actuel, c'est-à-dire, une moyenne de 8,5 milliards de francs CFA par an, si le Sénégal veut parvenir à hausser son taux de croissance jusqu'à 5 ou 6% par an, qui serait davantage en rapport avec les besoins minimaux de l'économie. Il est indispensable d'accroître l'aide extérieure et il existe des projets réali- sables en sus de ceux qui pourraient, selon les critères actuels des prêteurs internationaux, bénéficier d'une aide; c'est en fonction de ces considérations que l'on peut affirmer qu'il sera impossible d'accélérer le rythme des inves- tissements si l'aide extérieure n'est pas consentie aux conditions les plus favorables possibles et si l'on ne renonce pas pour partie à la pratique actuelle qui consiste à lier l'aide extérieure à des projets spécifiques ou à la limiter surtout à la fourniture des devises. Un plan de financement extérieur bien conçu devrait donc prévoir qu'une forte proportion du coût de chaque projet reconnu comme réalisable soit financé par des capitaux extérieurs, sans qu'il soit tenu compte de la proportion du coût en devises. 11. Le Sénégal, dont la dette extérieure ou garantie par l'Etat s'éle- vait à 17 milliards de francs CFA à la fin de 1964 et dont le service annuel de la dette était de 1,1 milliard de francs CFA,soit 2% des recettes de la balance des paiements courants, semble disposer d'une certaine marge de solvabilité qui devrait lui permettre d'emprunter à des conditions normales. Néanmoins, le pays ne peut espérer que l'accroissement de ses recettes d'exportation dépasse 4% par an, et comme, même pour atteindre ce taux de croissance assez faible, il lui faut beaucoup compter sur les capitaux étrangers, il est souhaitable que le Sénégal obtienne de l'aide aux condi- tions les plus favorables possibles afin de ne pas être grevé par la suite d'un service de la dette excessivement lourd. Il y a tout lieu de penser, certes, que les exportations continueront à augmenter d'environ 4% par an après 1970, mais aussi que la valeur des recettes en devises continuera à être érodée, si la hausse des prix des importations, qui sont étroitement liés aux coÛts et aux prix Français, se poursuit comme par le passé, au rythme annuel de 3%. Afin de bien faire saisir toutes les incidences de cette situation, nous dirons que si l'on veut maintenir de 1970 à 1980 le service de la dette dans la limite prudente, par exemple, d'environ 10% des recettes d'exportation, le volume de l'aide octroyée à des conditions normales dans l'avenir ne doit pas dépasser 5 milliards de francs CFA par an. 12. Pour réaliser un investissement total de 90 milliards de francs CFA pendant la période quadriennale du Deuxième Plan il faudrait, selon la mission, que le secteur public bénéficie d'une aide extérieure de 4 milliards - v - de francs CFA par an, en sus des dons et prêts officiels d'un montant annuel de 8,5 milliards de francs CFA dont il a déjà été tenu compte dans la préparation du Plan. Il est difficile de voir oÙ le gouvernement pourrait se procurer ces ressources supplémentaires, si ce n'est par des emprunts à des conditions plus ou moins normales. De nouveaux emprunts d'une telle ampleur, qui porteraient le total de l'aide fournie sous forme de prêts à quelque 7 milliards de francs CFA par an, créeraient, s'ils étaient assor- tis des conditions normales, un grave problème de service de la dette. 13. La politique fiscale et monétaire du gouvernement est en général saine et le gouvernement a fait des efforts certains pour maintenir un bon climat pour l'investissement privé. Il utilise à bon escient l'assis- tance technique étrangère et la planification et la gestion économiques sont satisfaisantes. Néanmoins, il est à craindre que le pays ne tire pas tout le profit qu'il pourrait attendre de l'aide extérieure possible si l'on ne fait pas un effort marqué pour améliorer la préparation et l'exécu- tion des projets dans les secteurs productifs. l. Les perspectives limitées de croissance à long terme et de dévelop- pement des recettes d'exportation du Sénégal ne lui laissent qu'une assez faible capacité d'endettement. Comme, d'autre part, le Sénégal doit beau- coup compter sur les capitaux extérieurs pour son développement futur, comme il a un faible revenu par t9te et, puisque la gestion de son économie est saine, on peut considérer qu'il remplit les conditions pour bénéficier des crédits de l'IDA. La proportion des prêts et des crédits de l'IDA devrait être aussi favorable que possible au Sénégal et il faudrait utiliser toutes les possibilités de réduire et de retarder le poids du service de la dette sur les réserves en devises du Sénégal, aussi longtemps qu'il sera nécessaire pour que les mesures prises pour accroftre la produc- tion et les exportations et diversifier les cultures portent leurs fruits. LI'ECONOMIE DU Si4GAL I. INTRODUCTION Le pays et sa population 1. Le Sénégal est une plaine d'environ 200.000 kilomètres carrés, située à l'extrémité occidentale du continent africain, et caractérisée par l'extrusion volcanique de la presqu'Île du Cap Vert où a été construi- te la capita de Dakar et par la présence de quatre grands fleuves qui traversent le pays d'est en ouest: le Sénégal qui forme la frontière avec la Mauritanie au nord et qui est navigable pendant toute l'année jusqu'à Podor à 250 kilomètres du littoral; le Saloum; la Gambie et la Casamance. L'ancienne colonie britannique de Gambie forme une étroite enclave de 320 kilomètres de long au sein du territoire sénégalais, le long de la moyenne et basse vallée du fleuve du même nom. 2. Le climat et la végétation varient sensiblement; ils sont sub- sahariens au nord, où les précipitations annuelles sont inférieures à 350 millimètres, tandis qu'au sud c'est la forêt tropicale avec des précipita- tions atteignant 1.500 millimètres. Dans la majeure partie de l'intérieur, la possibilité de cultures intensives est limitée par des températures élevées, la présence de sols sablonneux et friables, et l'absence relative de ressour- ces hydrologiques. La densité de la population (17 habitants au kilomètre carré) n'exerce pas en général de fortes pressions sur les terres disponi- bles et bien qu'environ 40 pour cent de ces terres soient cultivables, moins de 10 pour cent sont cultivées. En particulier, dans la vallée de la Casamance, des sols riches et des eaux abondantes justifieraient des cultures intensives, mais ces possibilités sont encore très peu exploitées. 3. On estime que près de 25 pour cent de la population totale d'environ 3,h millions d'habitants, se trouvent concentrés dans les villes, et dans la seule agglomération de Dakar on compte près d'un demi-million d'habitants. Toutefois, une urbanisation aussi forte doit être attribuée plus à l'histoire qu'au niveau de développement atteint par le pays, puisque 85 pour cent de la population active travaillent dans le secteur agricole et seulement de 200.000 à 250.000 personnes dans d'autres secteurs, la moitié d'entre elles environ dans le secteur public - aujourd'hui largement africanisé - et le commerce. La majeure partie de la population pratique encore les cultures traditionnelles de subsistance et l'élevage nomade. 4. Dans cette population totale de 3,4 millions on compte environ 55.000 non-africains à qui est du en grande partie le développement industriel, commercial et urbain et dont la présence explique dans une large mesure le niveau élevé du revenu par habitant, 48.000 francs CFA environ, soit l'équi- valent d'à peu près 190 dollars. Il va sans dire que ce chiffre moyen cache des inégalités ccnsidérables dans la répartition des revenus, en particulier entre populations urbaines et rurales. On estime que la population totale augmente d'environ 2,5 pour cent par an. Situation politique 5. La Fédération de l'Afrique Occidentale Française a été dissoute en 1959 et le Sénégal s'est uni à l'ancien Soudan français pour former la - 2 - Fédération du Mali, qui a obtenu l'indépendance en avril 1960; cette Fédéra- tion s'est à son tour dissoute en août 1960, en raison de divergences politi- ques sur le programme de développement politique et économique de la Fédéra- tion. Les relations entre le Sénégal et ce qui était devenu le Mali furent rompues et restèrent tendues pendant quelquestemps. Les conséquences écono- miques de cette rupture furent l'interruption des échanges entre les deux pays et la fermeture au trafic international du chemin de fer Dakar-Niger. De ce fait, les industries sénégalaises perdirent une source de matières premières (coton et peaux), ainsi qu'un marché qui absorbait quelque 4 milliards de francs CFA de leurs produits, et le chemin de fer perdit presque tous les transports à longue distance, notamment l'essentiel des importations et expor- tations du Mali. Les relations entre les deux pays sont maintenant tout-à- fait rétablies mais la reprise des échanges a été quelque peu freinée par la création en 1962 d'un Franc malien, difficilement convertible. 6. Un conflit politique au Sénégal en 1962, provoqué surtout par des divergences entre le Président, partisan d'une intervention prudente de l'Etat dans l'activité économique et cherchant à donner la priorité au déve- loppement du secteur productif, et son Premier Ministre, qui voulait que le pays s'acheminât plus rapidement vers l'intervention et le contrôle de l'Etat, a abouti à l'éviction de ce dernier de la scène politique. A la suite d'un réferendum en mars 1963, le régime parlementaire a été remplacé par un régime présidentiel, à la tête duquel se trouve toujours le Président Senghor, qui a bénéficié d'une majorité écrasante aux élections de décembre 1963. Malgré le ralentissement prononcé de l'application du programme de socialisme africain mis en avant par l'Union Progressiste Sénégalaise 1/ et en dépit des efforts croissants que fait l'Etat pour concilier les traditions et la culture locales avec les exigences du progrès et d'autres éléments de l'influence eurc- péenne, le secteur privé où les non-africains sont encore en majorité, éprouve toujours une certaine appréhension quant à l'avenir. 7. Le Sénégal, qui était le centre administratif, industriel et commer- cial de l'Afrique Occidentale Française, a cherché à s'adapter à un rôle plus restreint. Mais de fait, toute perspective réelle de croissance économique est largement fonction du rétablissement de la coopération économique régio- nale. A cet égard, les relations avec deux pays limitrophes, le Mali et la 3uinée, sont gênées par le fait que ces deux pays n'appartiennent plus à la Zone Franc. Les quatre pays qui bordent le fleuve Sénégal, la Guinée, le Mali, le Sénégal et la Mauritanie, ont créé,au niveau ministériel,un Comité Inter- Stats chargé de coordonner les études du bassin du Sénégal ainsi que les investissements qui pourraient être faits dans cette région. Différents organismes des Nations Unies participent à ces études. Le Sénégal a égale- ment signé avec la Gambie un accord de coopération économique et militaire, laissant néanmoins à la Gambie une autonomie très ample: la coopération économique émerge mais se révèle difficile à développer à cause de différences marquées entre les structures économiques, les système fiscaux et les niveaux de prix des deux pays dont les liens avec l'extérieur sont différents. l/ L'Union Progressiste Sénégalaise est le parti politique dominant du pays, - 3 - 8. Depuis l'indépendence, le Sénégal a maintenu des liens étroits avec la France, avec qui il a conclu plusieurs accords de coopération. Avec plusieurs autres pays francophones d'Afrique de l'Ouest 1/, le Sénégal est membre de l'Union Monétaire Ouest Africaine et de l'Union Douanière Ouest Africaine. Ces pays ont une monnaie commune dont la France garantit sans limite la convertibilité. Néanmoins, ils se font concurrence, par- ticulièrement dans le domaine de l'industrie et du commerce, ce qui ralentit le développement effectif de la région et il reste encore bien des problèmes à résoudre avant qu'ils puissent parvenir à une unité régionale. 9. Le Sénégal reçoit une assistance financière et technique considéra- ble de la part de la France et en outre il a beaucoup bénéficié des accords préférentiels que lui consent ce pays pour la vente de son principal produit d'exportation, l'arachide, ainsi que des dépenses que font dans le pays les forces armées françaises. 10. Le Sénégal est également membre associé de la Communauté Economique Européenne et reçoit une aide financière substantielle du Fonds Européen de Développement (FED). Aux termes de la convention d'association avec la Communauté, signée à Yaoundé, le Sénégal ne bénéficiera plus du traitement préférentiel accordé à ses exportations sur le marché français et il est tenu de supprimer toute différence entre les tarifs qu'il applique aux impor- tations de France et ceux appliqués aux autres pays de la Communauté. La convention prévoit également que les pays associés bénéficieront du tarif extérieur commun de la Comnunauté. Une partie de l'aide que le Sénégal reçoit à ce titre sera affectée au relèvement de la productivité et à la diversification de la production. 11. Le Sénégal est également membre de l'Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM), association de coopération politique et économique consti- tuée par certains des anciens territoires français et belges dans le cadre de l'Organisation pour l'Unité Africaine. 1/ La C8te d'Ivoire, le Dahomey, la Haute Volta, la ïiauritanie, le Niger et le Togo sont membres de l'Union Monétaire et les mêmes, sauf le Togo, de l'Union Douanière. II. STRUCTURE ET DEVELOPPKIENT DE L' EONOMIE 12. L'économie du Sénégal est essentiellement tributaire d'un secteur agricole actuellement axé sur les cultures de subsistance, avec une seule culture d'exportation, celle des arachides. Le Sénégal possède également quelques ressources minérales d'importance limitée. L'effort industriel et l'urbanisation ont été assez considérables dans le passé, autour de Thiès et de Dakar. Depuis l'indépendance, le Gouvernement s'est efforcé,en présen- ce d'un ralentissement de l'activité dans la plupart des secteurs, d'adapter l'économie du pays aux besoins nés de l'indépendance, de maintenir l'équili- bre budgétaire et, grâce à une aide extérieure, de financer un premier Plan de développement. D'autre part, le Gouvernement a dÛ faire face à plusieurs autres problèmes que lui posait l'indépendance. Il lui a fallu absorber une structure et un personnel dans la fonction publique conçus pour desservir l'ensemble de l'ancienne Afrique Occidentale Française et sa population de 20 millions d'habitants. Il a dÛ aussi faire face à la perte de ses marchés dans les pays voisins, du fait de l'apparition d'intérêts nationaux et de plans de développement ccncurrentiels dans ces pays qui, eux aussi, venaient d'accéder à l'indépendance, s'adapter au ralentissement des exportations provoqué par la mise en place de barrières douanières par les membres de l'ancienne Fédération et enfin, à la baisse importante des dépenses civiles et militaires de la France au Sénégal. Tous ces éléments ont contribué à réduire les possibilités d'emploi. 13. La population en âge de travailler a été estimée à environ 1.3 million en 1960 et à environ 1.5 million en 1964. Sur ce chiffre, environ 250.000 personnes, c'est-à-dire à peine plus de 15 pour cent, occupent un emploi salarié. lhviron 35.000 sont employées dans le secteur public, quel- que 70.000 dans les industries de transformation, environ 5.000 dans les mines, 24.000 dans les transports, 60.000 dans le commerce et le reste, approximativement 40.000 dans les autres services: éducation, santé, etc. La majeure partie de la population active, plus d'un million, sont des culti- vateurs ou des éleveurs. Il n'y a pas de distinction très nette entre le secteur monétaire et le secteur de subsistance de l'économie, mais c'est à ce secteur qu'appartient la plupart des cultivateurs qui vendent seulement l'exédent de leurs récoltes, à l'exception des arachides qui sont cultivées surtout pour l'exportation. 14. Le produit intérieur brut du Sénégal est largement tributaire de l'importance de la récolte d'arachides commercialisée et des prix obtenus. Le PIB aux prix courants a augmenté d'environ 25 pour cent de 1956 à 1959, c'est-à-dire de quelque 8 pour cent par an, puis d'à peu près 6 pour cent chaque année, jusqu'en 1962. & 1963, il est tombé à 159 milliards de francs CFA, soit une baisse de 3,5 milliards de francs CFA, ou à peu près 2 pour cent; la cause de cette baisse est,dans une large mesure,la mauvaise récolte d'arachides de la campagne 1962/63. En 1964, le PIB s'est relevé d'environ 3 pour cent par rapport au chiffre de 1963 et, là encore, surtout à cause d'une meilleure récolte d'arachides et d'une certaine expansion des industries extractives et des nouvelles industries de transformation. Malgré ce relèvement du PIB aux prix courants, le revenu national réel par habitant a baissé de quelque 5 pour cent en 1963 et ne s'est guère amélioré en 1964. - 5 - 15. Le niveau général des revenus au Sénégal est faible; le produit intérieur par habitant est estimé à 48.000 francs CFA (environ 190 dollars); dans ce chiffre le revenu par habitant dans le secteur de subsistance repré- sente quelque 6.000 francs CFA. Les gains moyens des salariés sont estimés à 100.000 francs CFA par an. A l'exception de la population non-africaine et du nombre relativement restreint des hommes politiques, fonctionnaires et travailleurs spécialisés qui sont mieux payés, la majorité de la popula- tion, soit 90 pour cent, n'a un niveau de vie que très légèrement supérieur aux besoins rormaux de subsistance. Dans le cas de cette partie de la popu- lation, les dépenses consacrées aux importations sont en général relative- ment minimes, 16. Depuis 1960, de nombreuses coopératives et un organisme public de commercialisation, l'OCA 1/, ont été constitués dans tout le pays pour pren- dre en charge la commerci7lisation des principales récoltes. Ces organes se sont substitués à la majeure partie des acheteurs et commerçants indépendants, dont le Gouvernement ne voulait plus pour des raisons politiques. Lorsque ces acheteurs ont vu se restreindre leurs activités dans ce secteur, ils ont pour la plupart décidé de se retirer entièrement de la distribution des biens importés dans les régions rurales qu'ils assuraient également jusque là, et il a fallu, afin de combler le vide ainsi créé, constituer en 1964 un autre organisme public, la SONADIS 2/. Aussi bien la SONADIS que l'CA sort aux prises avec de nombreux problmes diorganisation, de personnel, etc. On peut dire, néanmoins, qu'a ces deux exceptions près, le Sénégal reste une économie de libre entreprise et le Gouvernement a déclaré que, pour le moment, il est plus soucieux dtassurer la croissance de l'économie que de nouvelles modifi- cations de structure. 17. La production agricole qui avant l'indépendance atteignait 41 mil- liards de francs CFA est passée à 48,9 milliards en 1964. La majeure partie de la production agricole, en dehors des arachides, est destinés à la consom- mation intérieure mais elle ne réussit pas encore à satisfaire les besoins du pays en denrées alimentaires, notamment pour ce qui est du riz et du blé. La production d'arachides qui, avec les produits de l'arachide, entre pour à peu près 60 pour cent dans les recettes totales d'exportation stélève ac- tuellement à près de 1 million de tonnes par an, et c'est sur cette produc- tion que repose surtout ltéconomie du pays. Le Gouvernement s'efforce de diversifier la production et les exportations notamment par la culture du riz et lIon expérimente la culture du coton et de la canne à sucre. De con- cert avec la Mauritanie, le Mali et la Guinée, le Sénégal a entrepris l'é- tude et la mise en valeur du potentiel du bassin du Sénégal. La pâche du thon au large des c8tes du Sénégal est déjà fort active et elle fournit un emploi à 14.000 personnes; on prépare les plans pour la création d'une grande conserverie. 18. Pendant cette mÊme période de 1960 à 1964, la production industrielle s'est développée au taux moyen annuel d1environ 4 pour cent e elle est passée de 18,3 milliards de francs CFA à 22,5 milliards, mais une grande partie de cette expansion s'est faite surtout en 1960 et 1961, a cause de la mise en 1/ Office de la Commercialisation Agricole 7/ Société Nationale d'Approvisionnement et de Distribution au Sénégal - 6 - place d'industries nouvelles desservant le marché plus restreint du Sénégal, et en 1963, oÙ la cause en est au premier chef ltaugmentation de la pro- duction minière. La traditionnelle production dthuile d'arachide reste l'industrie la plus import,ante. Le produit du secteur commercial qui est passé de 41 milliards de francs CFA en 1959 à 48,5 milliards en 1964 semble avoir suivi de très près la croissance de l'agriculture et en particulier l'accroissement de la production d'arachides. 19. Le tableau ci-après montre la structure du produit intérieur brut et la répartition des dépenses entre consommation et investissement. LE PRODUIT INTERIEUR BRUT ET SON UTILISATION (en milliards de francs CFA, aux prix courants) 1959 1962 1963 1964 1959 1964 Chiffres provisoires o/o du PNB Production Agriculture 41,0 47,8 45,2 48.,9 29 30 Industrie et construc- tion 18,3 21,1 21,1 22,5 13 14 Commerce 41,0 49,l 48.,o 48, 29 30 Transports et télé- communications 7,1 6,1 6,4 6,8 5 4 Services 12,0 12,4 12,4 12,4 8 7 Administration pu- blique 12,0 16,o 16,o 16,5 8 10 Services publics français 10,9 10,2 10,2 8e6 8 5 PNB aux prix du marché 142,3 162,7 159,3 164,2 100 100 Importations de biens et de services 62,4 56,6 57,7 59,4 44 36 Total des biens et services disponibles 204,7 219,3 217,0 223,6 - - Utilisation des res- sources Consommation privée 105,6 122,1 121,6 125,4 74 76 Consommation publique 19,h 26,7 28,2 30,5 14 19 Investissement privé lo,l 6,o 7,4 8,0 7 5 Investissement public 5,8 9,,4 9,0 8,5 h 5 Exportations de biens et de services 63,8 55, 50,8 52,2 45 32 Total de la demande 204,7 219,3 217,o 223,6 - - - 7 - 20. Le produit de ladministration publique qui est passé de 23 milliards de francs CFA en 1953, à 25 milliards en 1964, stest accru plus lentement que celui de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, et cela est dû à l'importance exagérée des services dont le Sénégal a hérité à l'in- dépendance. Les événements survenus depuis lindépendance ont surtout pesé sur les transports et les autres services qui sont restés pratiquement sans changement pendant toute cette période. On trouvera dans l'annexe une des- cription plus détaillée des différents secteurs. 21. La consommation privée reflète en général le niveau dractivité pro- voqué par les exportations dtarachides. Elle s'est élevée reguliérement jusqu'en 1962, encore qu'à un taux de plus en plus ralenti, et on a enregis- tré une baisse assez nette en 1963 qui nta été quten partie compensée par le relèvement des revenus des récoltes et des exploitations agricoles en 1964. La consommation de ltEtat a augmenté en moyenne de 7 pour cent par an de 1960 à 1964. 22. Avant l'indépendance, l'épargne nationale qui était de 12,5 milliards de francs CFA en 1959 représentait environ 8,5 pour cent du PIB. En 1962, ltépargne légèrement inférieure en chiffres absolus à celle de 1959 (10,9 milliards de francs CFA) était tombée, en valeur relative,a 7 pour cent du PIB, Sous lteffet cumulatif dtune récolte défavorable, dtune baisse des recettes dtexportation, de la crise politique, de progrès peu satisfaisants en matière de développement et de la stagnation industrielle et commerciale, ellc a encore baissé en 1964 à 7,4 milliards de francs CFA, ce qui ne représente plus qu'environ 3,5 pour cent du PIB. Pendant toutes ces années, le PIB par habitant a baissé de mÙme que l'épargne, encore que le comportement de l'épargne varie selon les secteurs, L'épargne des entreprises a augmenté à un rythme assez lent tandis que celle de l'Etat stest à peine maintenue. L'épargne des cultivateurs est étroitement fonction des fluctuations des revenus provenant des exportations, surtout des arachides, et ces exportations ont eu tendance à baisser. 23. L'investissement brut en capital fixe est resté stable, stélevant en moyenne à quelque 15,5 rîlliards de francs CFA par an, soit 10 pour cent du PIB pendant les années 1960 à 1964. En prix courants, cette moyenne est légèrement inférieure au niveau le plus élevé obtenu en 1959 qui était de 16 milliards de francs CFA, Par contre, l'investissement public a presque doublé depuis 1960, ce qui compense dans une certaine mesure une contraction compa- rable de l'investissement privé qui d'un maximum de 10,4 milliards de francs CFA en 1960, est tombé à 6 milliards en 1962 pour se relever à 7,4 milliards en 1963, chiffre où il s'est à peu près maintenu en 1964. Ltinvestissement privé s'est surtout dirigé vers les industries extractives et la production dcélectricité, (25 pour cent du total) la proportion étant de 20 pour cent environ pour les transports et de 12 pour cent à peu près pour le commerce. Dans le cas de ltinvestissement public, les services sociaux ont reçu 40 pour cent, l'infrastructure 25 pour cent, les activités rurales un peu moins de 20 pour cent, tandis que le reste est allé à ltindustrie et au commerce et environ 7 pour cent A la construction de bâtiments administratifs. Sur ltin- vestissement total de quelque 46 milliards de francs CFA dans le secteur public depuis six ans, un peu moins de 50 pour cent provient de sources extérieures. - 8 - Une large proportion des 58 milliards de francs CFA investis par le secteur privé représente le réinvestissement de bénéfices, de provisions pour amortis- sement et d'autres réserves. - 9 - III. SITUATION MONETAIRE ET FINANCIERE 24. Le Sénégal est membre de l'Union Ebnétaire Ouest Africaine dont font partie également les cinq autres membres de l'ancienne Fédération et le Togo. L'Union Monétaire est entrée en vigueur sous sa forme actuelle le ler novembre 1962 et a maintenu en circulation la monnaie commune qui existait déjà, le franc CFA 1/, avec une marque distinctive par pays, et une banque centrale commune, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). 25. L'accord conclu entre la France et l'Union lionétaire prévoit que la France garantit la conversion illimitée du franc CFA en francs français, par le canal d'un compte d'opérations que la BCEAO maintient auprès du Trésor français. Lorsque le solde du compte d'opérations est négatif, le Trésor français couvre automatiquement le découvert à la BCEAO; si ce découvert persiste pendant soixante jours, il est stipulé qutun certain nombre de mesures déflationnistes seront prises, comportant notamment l'augmentation du taux de l'escompte et une réduction du plafond de réescompte autorisé par la BCEAO, ces deux mesures s'accompagnant de mesures budgétaires appropriées dans les pays en cause. Toutefois, si le solde du compte d'opérations de la BCEAO demeure favorable, aucune disposition spéciale ou automatique n'impose à un pays dont la part imputée des réserves globales de la BCEAO diminue ou reme devient négative, de prendre des mesures déflationnistes. Ltaccord stipule également que la parité actuelle du franc CFA ne peut ttre modifiée que d'un commun accord entre pays membres de l'Union ibnétaire et la France, Tout pays de lOuest Africain qui le désire peut adhérer à l'Union Monétaire et tout membre de l'Union peut sten retirer après pré-avis de 180 jours. 26. L'appartenance du Sénégal à l'Union honétaire et l'accord conclu par 1'Union avec la France ont un certain nombre d'effets sur la situation fi- nanciére du Sénégal, Les pressions qui auraient (D normalement s'exercer sur les réserves en devises du pays s'exercent en fait dtabord sur la BCEAO et la France et se traduisent par des restrictions du crédit intérieur en vertu des clauses déflationnistes quasi automatiques de l'accord. Si donc l'accord n'incite pas directement et immédiatement le pays a prendre sans délai les mesures propres à remédier à une pénurie de devises, il les impose indirectement et partiellement avec un certain retard. Les disponibilités en monnaie locale librement convertible et dont l'émission est liée à la position du pays en matière de devises sont donc soumises à des restrictions lorsqu'il y a pénurie de devises. 27. Un aspect complémentaire de ce système monétaire est qu'il existe des liens commerciaux et financiers très étroits entre ltéconomie du Sénégal et celle de la France et de ce fait, les importations du Sénégal proviennent essentiellement de la France, sans grand égard au jeu de la concurrence. Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus, la France garantit un marché et des prix pré- férentiels aux exportations du Sénégal. Ces facteurs, de mtme que la présence l/ Franc de la Communauté financière africaine - 10 - au Sénégal d'un nombre important de Français, ont contribué à maintenir dans le secteur monétaire un niveau général des salaires et des coûts, qui suit d'assez prés celui de la France et est le double de celui enregistré en Gambie par exemple. Toutefois, comme nous le rappelons ailleurs dans ce rapport, la protection dont le Sénégal a joui sur le marché français disparalt progressivement en application des dispositions du Marché Commun européen et de la Convention de Yaoundé. Comme le Sénégal va ttre forcé de vendre aux prix mondiaux, le Gouvernement déclare dans le document qui présente le second Plan qut'acheter au meilleur prix mondial devient une obligation pour le Sénégal" 1/. Néanmoins, les avantages que retire le Sénégal de son apparte- nance à lTUnion Monétaire Ouest Africaine compte tenu de l'insuffisance de ses réserves et du fait qu'il n'a pas encore mis en valeur toutes ses res- sources excèdent l'inconvénient qu'il y a à repousser tout ajustement plus radical des revenus des consommateurs d'importations et des producteurs pour ltexportation, qui aurait pour effet de stimuler les exportations et d'atténuer les difficultés budgétaires. 28. Les services bancaires sont assurés par quatre banques, autrefois succursales de banques françaises qui tant par leur organisation que par la structure de leur capital, se sont adaptées aux conditions de l'indépendance. Une forte proportion de leurs opérations consiste en financement à court terme de la récolte des arachides, de sa transformation et de son exportation, ainsi que d'autres opérations d'import-export. En 1964, les deux instituts de crédit du secteur public, la Banque Sénégalaise de Développement et le Crédit Popu- laire Sénégalais ont fusionné pour former la Banque Nationale de Développement du Sénégal qui, selon les voeux du Gouvernement, doit devenir l'un des prin- cipaux instruments de l'exécution du Plan en matière de crédit agricole et industriel, dés qu'elle aura résolu ses problèmes d'organisation et de person- nel. 29. Au Sénégal, le crédit au secteur privé connait une augmentation saisonnière en février et en mars, correspondant à la nécessité de financer la récolte d'arachides; par contre le crédit se resserre jusqu'à son point le plus bas en octobre et en novembre, Ces fluctuations saisonnières de la demande de crédit par le secteur privé masquent en partie l'évolution de la situation monétaire en 1963 et en 1964. Cette évolution s'est caractérisée par un amenuisement important des avoirs étrangers, une baisse du volume de la monnaie en circulation et du volume des dép5ts à vue, et une augmentation des dépôts nets de l'Etat et leur amenuisement ultérieur. 30. "ette tendance fondamentale à la baisse du volume des avoirs exté- rieurs qui sont passés de 15,3 milliards de francs CFA à la fin de 1962 à 10,8 milliards de francs CFA à la fin de l'année 1962 et à 8,2 milliards à la fin de 1964 s'est accompagnée d'une forte contraction de la masse monétaire. La circulation monétaire a diminué de quelque 20 pour cent en 1963 et abstrac- tion faite de quelques variations saisonnières, elle est restée pratiquement inchangée en 1964, le fléchissement le plus important ayant porté sur les dé- pets à vue qui ont baissé de 5 pour cent en 1963 et d'environ 12 pour cent 1/ Deuxième Plan de Développement Economique et Social, Vol, II, Titre V, chapitre 5, section 6. (N. d.T.) - 11 - en 1964. Cette contraction des dépets a vue reflète la stagnation de l'activité économique et également le transfert au Trésor du produit dtun emprunt national. A cela, s'ajoute une certaine tendance de la part des entreprises étrangères installées au Sénégal, a réduiro leur fonds de roulement, par transfert de leurs excédents à l'étranger. Ce mouvement a été provoqué par les incertitudes politiques et économiques, et peut également avoir subi l'effet du resserrement général du crédit en France, manifesté par le taux de ltescompte de 4 pour cent dans ce pays alors que celui de la BCEAO est de 3,5 pour cent. SITUATION MONETAIRE (en milliards de francs CFA) 1962 1963 1964 1965 Mars Juin Sept. Dec. Mars Juin ACTIFS Avoirs extérieurs (nets) 15,3 10,8 9,3 9,1 7,4 8,2 6,2 6,0 Crédits à ltéconomie 33,8 33,9 29,7 34,9 29,0 34,6 42,3 36,4 Total 49,2 ,416 49,0 h4,0 36,4 42,8 48,4 42,4 PASSIF Hors banques 18,6 15,0 15,7 12,4 10,4 15,8 16,5 12,4 DépOts a vue 16,3 15,5 15,5 14,8 14,4 13,8 17,4 17,5 Masse monétaire 34,9 30,5 31,2 27,2 24,8 29,5 33,9 29,9 DépOts à terme 1,2 1,0 1,1 1,0 0,9 0,9 1,1 1,6 Dépôts de ltEtat (nets) 10,8 10,7 14,7 12,8 7,7 8,9 10,2 7,1 Autres passifs (nets) 2,3 2,4 2,0 3,0 3,1 3,5 3,2 3,8 Total 49,2 44,6 49,0 ,410 36,4 42,8 48,4 42,4 Sources: FII et BCEAO 31. Afin d'éviter de mettre les banques commerciales en difficulté à la suite du transfert au Trésor du produit de l'emprunt national émis en février 1964 (voir paragraphe 42), qui a provoqué une augmentation des dépOts nets de l'Etat de 10,7 milliards de francs CFA en décembre 1963 a 1>4,7 milliards en mars 1964, le Gouvernement a décidé de conserver un montant équivalant a cette augmentation en dépOt auprès des banques commerciales. Par la suite, les dépOts du Gouvernement sont tombés de 12,8 milliards de francs CFA à la fin de juin 1964, à 7 milliards a la fin de juin 1965, à mesure que le Gouverne- ment utilisait le produit de lemprunt pour financer son programme de dévelop- pement. - 12 - IV. FINANCES PUBLIQUES 32. Compte tenu des charges de l'Etat et de la structure du secteur public, le budget ordinaire du Gouvernement du Sénégal est important puisque pour l'exercice 1965/66 il s'élève à 34 milliards de francs CFA, soit 21 pour cent du PIB. Cette importance est due en partie à l'héritage dtune fonction publique exagérément étoffée et de services de l'Etat trop complexes et en partie à la charge nouvelle que constituent la représentation du pays à l'étranger et l'entretien de forces armées. EVOLUTION DU BUDGET (en milliards de francs CFA) 1962 1/ 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 Chiffres lere Chf llre Chif. lèreCh. lre effectif est. eff, est. eff. est. eff. est. Impôt sur le revenu 5,9 4,0 5,2 4,9 5,6 5,2 6,0 5,8 Autres impôts directs 1,2 1,1 1,1 1 1 1,2 1,2 1,2 1,1 Total des impôts directs 7 ~0 7 679 Droits sur les importations 8,4 5,7 5,8 5,6 5,1 4,8 .. .. Taxes à l'exportation 4,1 2,3 2,7 2,0 2,1 2,2 .. 1,7 Autres impôts indirects 20,8 15,3 16,2 16,2 17,0 17,9 o.. . Total des impôts indirects 33,3 33,3 2, 2j =3 2h,3 2h,9 e7 M7~ Divers 4,3 3,6 3,6 3,7 2,9 2,6 3,7 2,4 Recettes ordinaires 44,8 33,1 34,5 33,4 33,9 33,9 36,7 33,9 Dépenses ordinaires 38,9 30,5 29,9 31,5 31,8 34, 32,5 33,9 Excédent au titre du budget ordinaire +5,8 +2,6 +4,7 +1,9 +2,1 -0,1 +4,2 - Dépenses d'équipement 7,2 9 8 5,5 14,2 7,0 12,0 6 6,7 Déficit budgétaire ~I ~7I-12j,3 "79 -12,1 -6,1 Financement du déficit budgétaire: Prtts extérieurs 2/ - 4,0 0,5 11,6 - 11,8) 1,1 6,7 Dons extérieurs 2/ - 1,1 0,2 0,6 - 0,2) - - Emprunt national - - - - 4,0 - 0,2 Prélèvement sur les réserves 1,4 2,0 0,1 - 0,9 - 3,0 - 1/ Période de 18 mois prenant fin en juin 1962. 2/ Toute l'aide extérieure n'est pas comptabilisée dans le budget. Source: linistère des Finances - 13 - 33. Depuis 1953, le Sénégal n'a reçu aucune aide directe de la France pour son budget ordinaire. Il tire néanmoins des revenus considérables des taxes qui frappent les exportations des arachides et de l'huile d'arachide auxquelles la France a assuré un marché protégé. La France prend également à sa charge le coût de certains services, en particulier dans les secteurs militaire, scientifique et de l'éducation et elle paie une forte proportion des traitements des conseillers techniques français employés par l'Adminis- tration. A la fin de 1963, ces experts étaient environ 2.000 au Sénégal, représentant une. dépense de quelque 2 milliards de francs CFA pour le budget français; la fraction prise en charge par la France ne figure pas-au budget sénégalais. 34. Les recettes courantes de l'Etat sont passées de 30 milliards de francs CFA par an en 1961/62 à 36,7 milliards de francs CFA en 1964/65, tandis que les dépenses courantes ont augmenté de 26 milliards de francs CFA en 1961/ 62 à quelque 32,5 milliards en 1964/65. La comparaison des prévisions budgé- taires avec les résultats définitifs montre bien que le Gouvernement applique une politique budgétaire prudente. Les recettes ordinaires effectives dépas- sent toujours les prévisions budgétaires et à une exception prés, chaque exercice financier s'est soldé par une économie par rapport aux prévisions budgétaires. De ce fait, l'excédent au titre des opérations courantes en fin d'exercice dépasse depuis quelques années celui quizrait été prévu au budget; cet excédent qui avait atteint un maximum de 4,7 milliards de francs CFA en 1962/63 est tombé à 1,2 milliard en 1963/64 mais s'est relevé à 4,2 milliards en 1964/65. 35. Bien que les recettes de l'Etat soient largement tributaires des im- pits indirects qui fournissent environ 70 pour cent du total, les impôts di- rects jouent également un rôle important et le Gouvernement s'efforce de dé- velopper cette source de revenu. Dans le mtme ordre d'idée, les droits d'as- sise revttent probablement pour l'Etat dans le total des impôts indirects une importance plus grande que les droits de douane et c'est pourquoi le Gouverne- ment s'efforce avec succès d'élargir l'assiette de l'impôt, afin d'etre moins tributaire du commerce extérieur. 36. L'augmentation des dépenses ordinaires de lEtat qui drun taux annuel de 26 milliards de francs CFA pour l'exercice 1961/62 est passé à 30,5 mil- liards de francs CFA pour l'exercice 1962/63, représente une hausse d'environ 17 pour cent qui est due en partie au transfert sur le budget du Sénégal de services financés autrefois par la France et en partie à la charge des dépen- ses militaires et de la représentation à l'étranger à la suite de l'indépen- dance. Néanmoins, depuis trois ans, les efforts du Gouvernement pour limiter les dépenses ordinaires et les aligner sur les ressources dont il dispose afin d'assurer que le budget soit toujours excédentaire ont été couronnés de suc- cès, et le taux moyen d'accroissement des dépenses a été seulement de 3,5 pour cent. Au cours de cette période, le Gouvernement a exercé un contrôle très sévère sur le taux d'accroissement de l'ensemble des dépenses ordinaires et il serait bon maintenant qu'il attache plus d'attention aux priorités des diffé- rents éléments de ce total, Le tableau 23 de l'Annexe Statistique montre la répartition des dépenses ordinaires par catégorie de service et il vaut la peine -14 - de noter par exemple que les dépenses consacrées à la défense nationale sont aussi élevées que les dépenses consacrées à l'éducation. Ces deux postes du budget entrent chacun pour 11,5 pour cent dans les dépenses ordinaires et représentent 2,3 pour cent du PNB; cette proportion paralt indtment faible pour l'éducation et exagéré:ient élevée pour la défense par comparaison avec d'autres pays d'Afrique. 37. Comme nous le faisons remarquer au paragraphe 41, le budget d'équi- pement ne corptabilise qu'une partie des dépenses totales consacrées à l'in- vestissement public, essentiellement le coût en monnaie locale des projets financés par l'aide extérieure. Cet élément des dépenses d'équipement est la cause du déficit du budget global depuis l'indépendance encore que même ici le Gouvernement ait fait preuve d'un sens très élevé de ses responsabilités financières à la façon dont il a comblé ce déficit. En 1963/64, par exemple, le déficit qui était de 4,9 milliards de francs CFA a été financé au moyen dIun grand emprunt national de h milliards de francs CFA, le reste du déficit, soit 0,9 milliards de francs CFA fut couvert par un prélèvement sur les réserves. L'année suivante, le Gouvernement a obtenu à l'étranger des prtts s'élevant au total à 1,1 milliard de francs CFA et a eu recours à ses réserves pour financer la majeure partie du solde. 38. Malgré les résultats apparemment satisfaisants du budget en 1964/65, il faut bien reconnaltre qu'il y a guère possibilité d'accroltre encore les impOts et leur rendement et c'est pourquoi le budget pour 1965/66 a fait ap- paraltre aux autorités sénégalaises la nécéssité de prendre des mesures ri- goureuses pour éviter des déficits importants et croissants à lavenir. En ce qui concerne les recettes, le Gouvernement subit ou s'attend à subir: (a) une baisse de recettes de quelque 1 milliard de francs CFA, du fait de la diminution de 3 francs CFA par kilo de la taxe sur les exportations dtarachides (voir para- graphe 10 ci-dessus); (b) la perte de droits à l'exportation résultant de la suppression des tarifs discriminatoires appliqués aux importations des pays de la Communauté Economi- que Européenne autres que la France; et (c) une réduction de recettes estimée à 1,5 milliard de francs CFA provenant d'une diminution des dépenses du personnel militaire français. Pour ce qui est des dépenses, le Gouvernement a dû maintenant prendre à sa charge les frais de fonctionnement de l'Université de Dakar et d'installa- tions militaires jusqu'ici intégralement financées par la France ainsi qu'un certain nombre d'autres postes totalisant environ 2 milliards de francs CFA en 1965/66. 39. Le difficile problème budgétaire que pose llexercice 1965/66, provo- qué par une diminution de 7 pour cent des recettes et une augmentation de 6 - 15 - pour cent des dépenses a fait que le Gouvernement a cherché à maintenir les dépenses totales en-dessous du plafond de 34 milliards de francs CFA qui avait été fixé pour les deux budgets 1963/64 et 1964/65. Il lui faut donc absorber les dépenses additonnelles dont nous venons de parler en élaguant sur les achats de matériel, en emptchant la hausse des salaires et des traitements publics et en diminuant substantiellement les crédits prévus pour charges communes et transferts à d'autres secteurs. Une attitude identique a été adoptée à l'égard des recettes, le Gouvernement ayant décidé de maintenir le niveau des recettes à environ 34 milliards de francs CFA comme pour les deux exercices précédents et de trouver les moyens de compenser les réductions de recettes dont nous avons fait état dans les précédents paragraphes, Il a relevé la fiscalité en général et en particulier a imposé un impôt sur le capital frappant les réserves des sociétés, mesure qui doit produire 400 millions de francs CFA; il a augmenté le taux de la taxe pour le développement dont le produit sera également de 400 millions de francs CFA et relevé de 30 pour cent l'impOt sur le chiffre d'affaires qui donnera 600 millions de francs CFA. Toutefois, selon les renseignements disponibles, on ne sait pas encore avec certitude si le Gouvernement a tenu pleinement compte de la réduction que l'on envisage d'apporter à la taxe sur les exportations d'arachides. Comme on prévoit une certaine expansion de l'activité économique, il semble néanmoins que ces mesures provoqueront une légère augmentation progressive des recettes et à la condition que l'on puisse à peu près tenir le plafond des dépenses, on peut envisager un léger excédent budgétaire. Toutefois, il est probable que le Gouvernement aura de très grandes difficultés à maintenir pendant longtemps les dépenses ordinaires au niveau de.ces trois dernières années. 4o. Par ses efforts pour élargir l'assiette de l'impOt, en améliorer le recouvrement et relever les bartmes afin de faire face aux besoins mini- maux de dépenses et assurer un excédent sur le budget ordinaire pour les dépenses d1équipement, le Gouvernement du Sénégal a fait preuve du haut niveau de sa gestion budgétaire. Tout aussi remarquables sont les efforts faits après l'augmentation des dépenses ordinaires qui a suivi l'indépendance pour emptcher qu'elles ne s'accroissent encore. Budget d'équipement 41. Le budget d'équipement ne comptabilise qu'une partie des dépenses totales d'investissement public, à savoir en majeure partie les coûts en monnaie locale des projets financés au moyen de capitaux extérieurs. La plus grande partie de l'aide étrangère ne figure pas au budget et il faut donc procéder à des estimations pour obtenir un état global des capitaux investis. Dans le passé, une fraction considérable du budget d'équipement a été financée au moyen de l'excédent du budget courant, le reste par des prélèvements sur des réserves accumulées par le Trésor au cours d'années antérieures et en 1963/64 par un emprunt de h milliards de francs CFA sur le marché intérieur. Mme si le budget d'équipement devait se limiter à l'avenir à la fourniture des ressources locales nécessaires au financement de projets bénéficiant d'une aide extérieure, cela entralnerait un épuisement très rapide des réserves extérieures du Trésor. Déjà ces réserves qui étaient de 8,1 milliards de francs CFA à la fin de juin 1964 n'étaient plus que de 3,4 milliards à la fin de juin 1965. - 16 - Dette publique 42. Le Gouvernement émit en février 1964 pour 4 milliards de francs CFA d'obligations destinées à mobiliser l'épargne intérieure du Sénégal pour les dépenses d'investissement prévues au Plan. Cette émission a été intégralement souscrite. Le secteur privé, notament les banques commer- ciales, a souscrit quelque 3 milliards de francs CFA dont 1 à 1,5 milliard venant de l'étranger, le reste étant prélevé sur les dépôts bancaires. Les investisseurs institutionnels, notamment des organismes publics, ont souscrit l'autre milliard, ceci surtout au moyen de fonds investis à l'étranger, surtout en France. Cet emprunt, qui a été un succès dans le cadre des efforts pour drainer l'épargne privée a été conçu de manière à offrir aux souscripteurs des taux d'intérût qui incitent à conserver ces obligations à long terme. Toutefois, les répercussions qu'a eu sur les liquidités des banques commerciales le transfert à l'Etat d'un volume relativement faible de ressources et la forte proportion dans la souscription totale des fonds importés montrent qu'il n'est guère vraisemblable que le Gouvernement puisse compter à l'avenir sur des ressources purement locales et il lui faudra déployer des efforts plus vigou- reux pour attirer les fonds détenus à l'extérieur, surtout par des entreprises appartenant à des étrangers, h3. A la fin de 196h, on estimait la dette extérieure de l'Etat sénéga- lais à quelque 13 milliards de francs CFA, dont 9,3 milliards environ étaient dus à la France (en majeure partie à la Caisse Centrale de Coopération Eco- nomique) 1/ et le reste à la République Fédérale Allemande, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En outre, la dette extérieure garantie par le Gouvernement sénégalais, qui consiste presque exclusivement en prtts consentis par la Caisse Centrale à des organismes publics ou semi-publics du Sénégal, était estimée à quelque 4 milliards de francs CFA. On estimait également A la fin de 1964 que le service annuel de la dette extérieure publique ou garantie par l'Etat atteignait 1 milliard de francs CFA et l'on estime que, si la dette se maintient telle quelle, les versements s'élèveront à un maximum de 1,2 milliard en 1969 et retomberont à 900 millions de francs CFA en 1974 et 400 millions en 1979. Un service de la dette de ce montant est faible si on le compare aux recettes d'ex- portation du pays (2,5 pour cent) ou à ses dépenses budgétaires ordinaires (3 pour cent) et reflète à la fois la bonne gestion financière du passé et l'important volume d'aide étrangère consentie à des condi.tions libérales. 1/ Sur ce total environ 7,6 milliards représentent la part globale du Séné- gal au titre des dettes contractées par l'ancienne Fédération auprès du Fonds d'Investissement et de Développement Econonique et Social (FIDES) du Gouvernement français. - 17 - V. COiFERCE ET PAIEENTS EXTERIEURS 44. C'est seulement à partir de 1961 que lion dispose de statistiques du commerce extérieur pour le seul Sénégal. Auparavant, les chiffres englo- baient le commerce maritime du Mali, anciennement Soudan français, et de la 171auritanie et il fallait estimer la part du Sénégal. Les échanges par terre avec les pays limitrophes ou bien ne figurent pas dans les chiffres ou bien sont très sous-estimés. BALANCE CONWRCIALE ESTIIIE (en milliards de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 Exportations (f.o.b.) 47,7 43,2 4o,o 39,2 35,6 39,5 Importations (c.a.f.) 49,1 46,3 42,3 44,2 45,2 46,3 Solde -1,4 -3,1 -2,3 -5,0 -9,6 -6,8 Les importations du Sénégal qui avaient atteint un chiffre maximal en 1959 de 49,1 milliards de francs CFA, ont atteint leur point le plus bas en 1961 avec 42,3 milliards de francs CFA, puis se sont relevées jusqu'à 46,3 mil- liards de francs CFA en 1964. 45. Si lion fait abstraction d'un accroissement des importations de riz, de sucre et de blé, la composition par produit des importations ne semble guère sIttre modifiée encore qu'elle ait sans aucun doute subli l'influence de la diminution du nombre des non-africains. Les biens de consommation entrent pour plus des deux tiers dans le total; les biens d'équipement, remar- quablement stables en valeur absolue, entrent pour environ 10 pour cent dans les importations, le reste étant composé de matières premières et demi produits, 46. Entre 1959 et 1964, les exportations ont beaucoup plus baissé que les importations: d'un chiffre maximum de 47,7 milliards de francs CFA en 1959, elles sont tombées à leur point le plus bas en 1963, 35,6 milliards de francs CFA, et ne se sont que partiellement reprises en 1964, 39,5 milliards de francs CFA. Sur ces cinq années, la tendance des exportations reflète les fluctuations du volume des exportations dfarachides et des produits de ltara- chide qui entrent pour les deux tiers dans le total, ainsi que la perte pour le Sénégal des marchés de l'intérieur oÙ il vendait ses produits manufacturés; le commeme avec le seul Mali a baissé de quelque 12 milliards de francs CFA tandis que celui avec les autres pays limitrophes restait pratiquement in- changé. Les importations en provenance de ces pays, qui sont beaucoup moins importantes, ont légèrement baissé. Les exportations de produits minéraux, qui sont en majeure partie des phosphates, vendus surtout hors d'Afrique, se sont multipliées plus de sept fois de 1959 à 1964 et elles entrent maintenant pour 6 pour cent dans le total des recettes d'exportation. Plus de 630.000 tonnes de phosphates de calcium ont été exportées en 1964, c'est-à-dire une hausse de plus de 80 pour cent par rapport à 1963 ou 1962. Le Sénégal exporte également du ciment vers les autres pays d'Afrique occidentale. - 18 - 47. Outre la perte des marchés, les termes de l'échange ont évolué défavorablement au Sénégal bien que ce pays soit protégé dans une certaine mesure des effets de cette évolution par les prix garantis consentis par la France pour les exportations d'arachides. Selon des estimations non-officielles les prix des exportations sont restés à peu près stables de 1960 à 1964 tandis que les prix des importations augmentaient d'environ 8 pour cent pendant cette même période, la hausse stétant probablement accélérée depuis lors puisque l'augmentation des prix des importations est étroitement liée au mouvement des prix en France. Lleffet net sur les termes de l'échange a été un mouve- ment défavorable d'environ 8 pour cent alors que pendant les six années précé- dentes la baisse avait été de 30 pour cent, 48. Les autres pays de la zone franc( surtout la France ) sont restés les principaux partenaires commerciaux du Sénégal. Leur part dans les exporta- tions totales qui était d'environ la moitié en 1959, est montée aux deux tiers en 1964. Le commerce d'importation du Sénégal est presqu'autant tributaire des échanges avec ces pays que son commerce d'exportation, puisque pendant les cinq années étudiées, environ 50 pour cent de ses importations provenaient de la zone franc. Les importations en provenance des pays de la Communauté Economique Européenne, autres que la France, ont légèrement monté depuis 1961 et ont atteint environ 10 pour cent du total en 1964, en raison de la libé- ration progressive des importations en provenance de la Communauté. 49. Les échanges du Sénégal avec les autres pays de l'Union Douanière Ouest-Africaine, créée en 1959, entrent pour moins de 10 pour cent dans son commerce total. Une grande partie des exportations consiste en commerce de transit (vers la Mauritanie) ou en ré-exportations de produits importés traités au Sénégal (produits pétroliers). 50. Jusqu'à présent, aucune balance des paiements complète n'a été dressée officiellement. Toutefois, sur la base des renseignements dont disposait la mission, elle a procédé à une estimation pour les années 1959 à 1964. 51. Il semble à la lecture des estimations ci-après que le Sénégal souf- fre pour son commerce visible d'un assez grand déficit qui a tendance à aug- menter et qui a été financé par de fortes dépenses de l'Etat français dans le pays, compensant en partie avant 1963 d'autres paiements invisibles nets. Le Sénégal semble toutefois avoir eu jusqu'en 1962 une balance courante défa- vorable en moyenne de 3 milliards de francs CFA. Ce déficit est passé à 8 milliards de francs CFA en 1963, dû en majeure partie à la mauvaise récolte d'arachides et, malgré l'amélioration de la récolte en 1964, ce déficit a encore augmenté jusqu'à 8,8 milliards de francs CFA, la réduction permanente des dépenses civiles et militaires de la France annulant lamélioration des recettes d'exportation. Les estimations ci-après sous-estiment sans doute les trans- ferts vers l'étranger du revenu courant des investissements pour lesquels on ne dispose que de renseignements succincts. - 19 - SENEGAL Estimation de la balance des paiements (en milliards de francs CFA) 95.9 1960 1961 1962 1963 1964 l., Exportations (f.o.b.) 47,7 43,2 40,0 39,2 35,6 39,5 2,. Importations (c.a.f.) 49,1 46,3 42,3 44,2 45,2 46,3 3. Balance commerciale -1,4 -3,1 -2,3 -5,0 -9,6 -6,8 4. Services de l'Etat (chiffre net) +8,4 +9,0 +11,3 +10,7 +9,7 +7,1 5. Autres services (chiffre net) -19,6 -10,0 -8,4 -8,8 -8,1 -9,2 6. Bkens et services (chiffre net) -2,6 -4,1 +0,6 -3,1 -8,0 -8,9 7. Transferts nets -0,4 0,0 -0,3 +0,2 +0,5 +0,6 8. Balance du compte courant -3,0 -4,1 -0,3 -2,9 -7,5 -8,3 9. Dons publics d'investissement 4,2 4,5 3,1 3,3 3,1 2,9 10. Prêts publics .. .. 1,2 1,8 2,1 2,6 11. Remboursement de la dette .. .. -0,9 -1,0 -1,0 -1,0 12. Capitaux privés y compris erreurs et omissions .. .. .. -0,4 -0,3 1,2 13. Mouvements des avoirs exté- rieurs nets (-augmentation) .. .. .. -0,8 +4,6 +2,6 52. Le Sénégal a bénéficié d'une importante aide publique extérieure atteignant en moyenne 4,5 milliards de francs CFA de 1959 à 1963 et qui s'est élevée à 5,5 milliards en 1962. Cette aide n'a pas suffi en 1963 et en 1964 à compenser la forte augmentation du déficit courant et bien que le solde des autres transactions en capital ait été faible, le déficit net de la balance des paiements a causé une brusque chute de 4,6 milliards de francs CFA en 1963 et de 2,6 milliards de francs CFA en 1964 de la part imputée au Sénégal dans les avoirs bruts en devises de la BCEAO. Cette augmentation du déficit courant est surtout due à la perte des marchés d'exportation, la détérioration continue des termes de l'échange et plus particulièrement la réduction du volume des dépenses civiles et militaires de la France au Sénégal, réduction qui est estimée à 3,8 milliards de francs CFA pour 1964. 53. Le rapatriement des capitaux étrangers (dans la plupart des cas, il ne stagit pas des capitaux de sociétés) a pris de grandes proportions à la suite de la crise politique de la fin de 1962, et ces départs ont compensé les investissements nouveaux venus de l'étranger. La réduction progressive du personnel civil et militaire français au Sénégal a dû également entraîner un certain rapatriement d'avoirs personnels et on ne sait pas très bien pendant combien de temps ces deux facteurs continueront à opérer. 54. En raison de la nature des institutions monétaires du Sénégal (voir les paragraphes 24 à 26), il n'est pas possible d'isoler les avoirs en devises dont disposait ce pays avant 1962 et, enfait même pour les années ultérieures, on peut seulement imputer la part du Sénégal. A la fin de 1964, les réserves imputées du Sénégal étaient estimées à 8,2 millions de francs CFA,soit environ le coût de 2 mois d'importations a cette date. La baisse s'est poursuivie mais à un rythme un peu plus lent; pendant les neuf premiers mois de 1965, les - 20 - avoirs nets en devises ont baissé de 3 milliards de francs CFA alors que la chute avait été de 5,3 milliards de francs CFA pour les périodes corres- pondantes de 1963 et 1964, respectivement. - 21 - VI. PLANIFICATION DU DEVELOPPEMENT Le Premier Plan quadriennal (1961-1965) 55. En 1961, le Gouvernement a adopté un Plan quadriennal de développe- ment pour la période 1961/65; ce plan remanié en 1963, prévoyait des dépen- ses totales d'investissement stélevant à 97 milliards de francs CFA, soit une moyenne de 24 milliards par an, équivalant à 15 pour cent du PIB en 1964. L'objectif du plan était d'obtenir un taux de croissance de 8 pour cent par an: 6 pour cent pour la production agricole et 13 pour cent pour l'industrie et les mines. Mtme à prix courants, et faisant abstraction des hausses im- portantes des coûts et des prix qui sont intervenues, le taux de croissance pendant la période 1961-1965 a été à peine légèrement supérieur à 2 pour cent par an, malgré le fait que la production agricole ait augmenté de 4,2 pour cent et celle de l'industrie de 4,5 pour cent. 56. L'un des principaux objectifs du Premier Plan était d'accrottre le rle de l'Etat dans l'économie par une modification de la structure de l'a- griculture traditionnelle du Sénégal et du système de commercialisation ru- rale. Ce but a été atteint dans une très large mesure mais le gain net pour la production a été médiocre et les difficultés qui se sont présentées au début de l'exécution du plan ne sont pas encore surmontées. Alors que lion est parvenu dans les délais prévus aux objectifs fixés pour la construction de bfttiments administratifs et certains projets d'infrastructure, notamment les routes et les htpitaux, les résultats escomptés n'ont pas été obtenus en ce qui concerne la production agricole et industrielle, l'accroissement de l'emploi et l'amélioration des moyens de formation et dtenseignement. Cet échec est dû en partie au retard avec lequel le Sénégal a obtenu et utilisé l'aide étrangère mais il faut dire également que le secteur privé est resté dans l'expectative malgré un climat politique toujours favorable et la présence de nombreux Français au Sénégal. L'investissement privé, en dépit d'exceptions notables comme les mines de phosphates de Taiba, est tombé bien en-dessous des prévisions; de 10,3 milliards de francs CFA en 1960, il n'était plus que de 6 milliards en 1962 et d'environ 8,5 milliards en 1963 et 1964. 57. A la fin de décembre 1964, les dépenses d'investissement public at- teignaient au total 36,5 milliards de francs CFA, ce qui représente 64 pour cent du chiffre prévu dans le plan qui était de 56,3 milliards; de fait, la période du plan a été prolongée jusqu'en juin 1965. Dans ce Premier Plan, dont une grande partie avait été conçue et rédigée avant ou peu après l'in- dépendance, les objectifs tant en ce qui concerne le taux de croissance de l'investissement que celui de l'économie, se sont révélés un peu chimériques et le retard dans l'exécution du plan pendant les premières années et les résultats obtenus jusqu'a la fin de 1962 ont imposé une modification radicale de l'ordre de priorité des dépenses et du choix des services chargés de l'exé- cution et ont pratiquement arrêté l'expansion dans le secteur gouvernemental. Les dépenses consacrées à l'administration publique, notamment la construction de bftiments, ont été considérablement réduites tandis qu'augmentaient celles consacrées à des objectifs plus productifs ou sociaux. - 22 - Le Deuxième Plan Quadriennal 58. La procédure et l'organisation adoptées pour la préparation du deuxième Plan de développement se sont conformées pour l'essentiel aux méthodes utilisées à des degrés divers dans de nombreux pays francophones d'Afrique. Les travaux ont été mis en route par le Gouvernement en janvier 1963 et des directives ont fixé dans le détail les modes d'exécution des travaux confiés aux commissions spécialisées. Le rtle du Ministère du Plan consistait à fournir une grande partie des renseignements de base, à dres- ser le cadre général et à assurer le contrOle nécessaire. 59. La période préparatoire qui a débuté en janvier 1964 a compris deux étapes; dans la première, les travaux se sont concentrés sur des études régionales qui ont consisté à rassembler toute la documentation de base disponible, notamment les statistiques, à procéder à des études prélimi- naires des possibilités de développement et à formuler des propositions con- crètes d'exploitation des ressources régionales; pendant la seconde période, les planificateurs ont dressé des perspectives régionales qui ont abouti pour chaque région à des plans provisoires intégrés ensuite dans un Plan national, Les enquttes et le travail de préparation de la première étape ont été exé- cutés en majeure partie par des corzissions régionales et les travaux de la seconde étape par des commissions sectorielles ou industrielles. En 1965, les deux catégories de travaux ont été rapprochées et aménagées au niveau national dans un cadre macro-économique par une Commission de Synthèse. 60. Le deuxième Plan de développement pour les quatre années 1965/69 dont l'exécution est actuellement en cours envisage des dépenses totales de 119 milliards de francs CFA, soit une moyenne de 30 milliards par an, selon une structure indiquée dans le tableau suivant. PLANS DE DEVELOPPEMNT PAR SECTEUR (en milliards de francs CFA) Premier Plan (1961-1965) Deuxième Plan (1965-1969) (revisé) (proposé) Dépen- Dépen- Dépen- Dépen- ses pu- ses pri- ses pu- ses pri- bliques vées Total % bliques vées Total % Agriculture 15,2 0,2 15,4 16 23,5 0,8 24,3 21 Industrie, mines et commerce 3,7 28,5 32,2 33 4,1 30,7 34,8 27 Transport et télé- 1/ communications 18,6 - 18,6 19 19,4 4,2 23,&- 20 Etudes et enquêtes - - - - 3,9 4,7 8,6 7 Dépenses sociales et administratives 28 o 3,0 31,0 32 22.2 5 4 27,6 23 , 31,7 977 T0 73,1 5 =110,9 100 1/ Ce chiffre comprend 6 milliards de francs CFA qui, pour faciliter la com- paraison, sont inscrits à la rubrique "Industriet au tableau 26 de l'An- nexe Statistique. - 23 - 61. La structure des dépenses proposées pour le deuxième Plan diffère sensiblement de celle du premier Plan, mOme après révision. La différence la plus importante porte sur l'allocation au secteur agricole qui dans le premier Plan initial représentait 13 pour cent des dépenses totales de 92 milliards de francs CFA., puis 16 pour cent du total de 97 milliards de francs CFA dans le Plan révisé et qui mintenant dans le deuxième Plan représente 24 pour cent du total de 119 milliards de francs CFA. Les dépenses sociales et administratives ont baissé en pourcentage et encore plus en valeur absolue tandis que la part de l'industrie, du commerce, des transports, reste à peu près la mtme. Les activités directement productives, les transports, études et enquftes doivent obtenir ensemble plus des trois quarts des dépenses pro- posées et cette structure semble mieux adaptée aux priorités de l'économie du Sénégal. 62. Ces propositions sont plus ou moins fermement arrOtées. Dans le cas du secteur privé qui entre pour près de ho pour cent dans le total pro- posé, les investissements sont "indicatifs" alors que dans le secteur public et, notamment l'agriculture, ils sont qualifiés "d'impératifs". 63. Dans l'agriculture, les efforts visent à diversifier la production et aussi dans une certaine mesure les exportations, de façon que le Sénégal n'ait plus tant à compter sur les arachides pour la majeure partie de ses recettes extérieures et ils visent également à augmenter la productivité des cultures arachidières afin de compenser la réduction prévue des prix à l'ex- portation. Mais les possibilités d'autres productions agricoles exportables sont assez limitées et il semble que seul le coton offre des perspectives prometteuses et encore seulement à longue échéance. Le Sénégal cherche également à réduire ses importations de denrées alimentaires en développant sa production de riz et de canne à sucre et en substituant des cultures locales aux importations de légumes, de fruits et autres produits. DEUXIME PLAN DE DEVELPPMENT OBJECTIFS DE LA PRODUCTION AGRICOLE 1964 1969 Production effective estimée Objectifs Super- Produc- Rende- Super- Produc- Rende- ficie tion ment ficie tion ment (000 ha) (000 ton- (kg/ha) Tooh) (000 ton- (kg/Ha) nes) nes) Arachides (non décortiquées) 1.046 95o 910 1.200 1.350 - 1.125 Mil et sorgho 960 46o 480 1.000 6oo 600 Manioc 35 160 4.600 43 250 5.800 Riz (paddy) 75 106 1.410 88 14o Y 1.590 Mais 33 27 820 45 5o 1.100 Canne à sucre - - - 3 150 50.000 Coton (non égrené) - - - 4 3,6 900 1/ Hypothèse "forte' du Plan. L'hypothèse "faible" est de 1,2 millions de tonnes pour les arachides et 125.000 tonnes pour le riz. - 24 - 64. Le Gouvernement pense atteindre ces objectifs à la fois par une augmentation des superficies cultivées et l'accroissement des rendements. Cette augmentation des rendements sera obtenue essentiellement grfce à une utilisation accrue des engrais que le Sénégal va bientlt produire l/ à ltemploi de semences sélectionnées, à une utilisation accrue des machines agricoles et à une assistance technique plus poussée. Le Sénégal envisage d'avoir recours à la CFDT 2/ pour développer la production du coton, comme il a eu recours à la SATEC~3/ pour la production d'arachides. Sur le total de 13,9 milliards de francsCFA affectés à l'agriculture, environ 8,7 mil- liards sont prévus pour des travaux hydrologiques, le défrichage des terres, etc; environ 4,2 milliards de francs CFA sont prévus pour ltachat de matériel à l'intention des producteurs. 65. Un montant supplémentaire de 3,9 milliards de francs CFA est destiné à l'expansion de l'élevage, notamment la construction d'installations de reproduction et de manutention, d'abreuvoirs, d'abattoirs et d'installations de réfrigération. En ce qui concerne la ptche, l'effort principal portera sur l'accroissement de la ptche au thon, l'investissement étant de 3,9 mil- liards de francs CFA, dont la majeure partie servira à la construction d'ins- tallations de réfrigération. L'objectif pour 1969 est de doubler au moins la production de thon qui était d'environ 8.700 tonnes en 1964. 66. Près de 20 milliards de francs CFA seront dépensés dans le secteur des transports et des télécommunications pendant les quatre années du Plan; 8 milliards de francs CFA sont prévus pour la construction de routes et la plus grande partie du reste sera affectée aux chemins de fer, ports, télé- communications et transports aériens. Les critères qui ont été adoptés dans le Plan pour fixer les normes de construction routière, c'est-à-dire construction de routes de terre lorsque la circulation est égale ou supérieure à 5.000 tonnes par an et de routes macadamisées lorsqu'elle dépasse 20.000 tonnes semblent un peu bas. Près de la moitié des sommes qui seront con- sacrées à la construction de routes nouvelles serviront à la construction de routes en terre. Géographiquement, le développement du réseau routier suit d'assez près les projets de développement agricoles; 4,6 milliards de francs CFA pour la Casamance, la Région du fleuve et celle du Sine-Saloum. La remis en état et la modernisation du réseau ferroviaire (4,7 milliards de francs CFA), la modernisation du port de Dakar (1,9 milliards de francs CFA) et un certain nombre d'autres projets figurent également au Plan et exigeront en- viron 2 milliards de francs CFA de capitaux extérieurs pour les trois premièrQs années du Plan et un peu moins d'un milliard pendant la quatrième année. 1/ La SFI et d'autres participants ont accepté de financer un projet de production d'engrais complexes dtun coût total dtenviron 12,4 millions de dollars. (Note modifiée par le Traducteur) 2/ Compagnie Française pour le Développement des Fibres Textiles, Paris. «/ Société d'Assistance Technique et de Coopération, Paris. - 25 - 67. Si les sommes allouées à lléducation dans le deuxième Plan, 8,8 milliards de francs CFA, sont restées à peu près au même niveau que dans le premier Plan revisé et représentent une proportion légèrement plus faible du total des dépenses envisagées, la répartition de ce montant a été radica- lement modifiée. L'enseignement primaire qui devait recevoir la moitié des crédits alloués à l'éducation dans le premier Plan ne recevra plus que 2,1 milliards de francs CFA, soit un tiers, tandis que 2,5 milliards de francs CFA iront à l'enseignement secondaire et 1,4 milliard à l'enseignement technique. 68. Le développement industriel, freiné par l'exiguité du marché intérieur, sera laissé dans une large mesure au secteur privé que l'Etat encouragera au moyen de divers stimulants et avantages. Selon les prévisions, la plupart des nouveaux investissements dans les industries déjà en place, soit 8 milliards de francs CFA, auront lieu dans llindustrie minière et l'in- dustrie électrique (5,2 milliards de francs CFA), les industries chimiques, huileries, industries alimentaires et les textiles étant moins favorisées. Il est prévu en outre un programme d'investissement de 12,6 milliards de francs CFA pour la création d'industries nouvelles. Ces créations auront lieu surtout dans la région de Dakar-Thiès, mzeais l'on s'efforcera d'emptcher un afflux excessif des industries vers la région du Cap Vert oÙ sont concen- trées actuellement près de 90 pour cent des entreprises industrielles du Sénégal. Le Plan indique qu'entreprises privées et publiques continueront à co-exister dans le secteur commercial tout au long de la période du deuxième Plan. 69. Le Gouvernement admet que ces objectifs de développement industriel sont probablement des maxima et que leur réalisation dépendra dans une large mesure du climat économique général et du succès des mesures qutil va prendre pour développer les activités rurales et accrottre le pouvoir dlachat intérieur. 70. En préparant le deuxième Plan, le Gouvernement sénégalais stest bien rendu compte des graves difficultés qutil aura à surmonter puisqu'il doit provoquer la croissance au moment mAme ou agissent les facteurs déflation- nistes dont nous avons déjà fait état et c'est pourquoi les projections éco- nomiques ont été établies selon différentes hypothèses. Sur la base de l'hypothèse "faible", il prévoit un taux de croissance annuel de 4 pour cent pendant toute la période, alors que ce taux pourrait ttre de 6 pour cent dans l'hypothèse "forte". Le Gouvernement admet qu'un taux de croissance de 6 pour cent est insuffisant pour satisfaire les besoins du pays mais il reconnalt en mtme temps que dans la situation économique actuelle, mÊme un taux de 4 pour cent est un objectif ambitieux. 71. L'objectif d'investissement du deuxième Plan de 120 milliards de francs CFA semble fort ambitieux si l'on tient compte du succès très limnité qu'a connu le premier Plan. Nûme en faisant abstraction de la limitation des ressources financières, des dépenses de cet ordre étalées sur quatre années signifient une dépense moyenne annuelle de 30 milliards de francs CFA alors quten 1964 ce total n'a été que de 16,5 milliards de francs CFA et sera peut-ttre mtme inférieur à ce chiffre en 1965. MOme si l'on suppose que les dépenses augmenteront régulièrement à partir de ce chiffre et compte - 26 - tenu du stade actuel de la préparation des projets, il semble illusoire de penser que la capacité d'absorption de l'économie augmentera de plus de 50 pour cent en quatre ans dans les conditions dans lesquelles va probablement se trouver le Sénégal pendant la période du deuxième Plan. 72. Il semble que jusqu'à présent, un important obstacle au dévelop- pement rapide de l'économie au Sénégal ait été la difficulté qu'a eu le Gouvernement à identifier et préparer des projets convenables pour finan- cement sur aide extérieure. A quelques exceptions prés dans le secteur agri- cole, l'exécution semble avoir été satisfaisante. Le contrôle financier est centralisé au Ministère des Finances pour les projets financés par l'Etat et, dans le cas o il existe des bailleurs de fonds extérieurs, ces derniers effectuent directement ce contrôle. Néanmoins, un système centralisé et bien au point d'enregistrement et de controle des dépenses n'existe pas encore ni au Ministére des Finances, ni au Ministère du Plan, et les données financières ne parviennent pas assez vite pour que le Ùouvernement soit informé des problèmes suffisamment à temps pour pouvoir prendre sans retard excessif les mesures destinées à y porter remède. De même, il manque un système adéquat pour suivre régulièrement l'état d'avancomcnt physique des projets du Plan. Il a été remédié à certaines de ces insuffisances, notamment à la suite de l'intervention du Président en 1963, mais il reste encore beaucoup à faire. 73. Ce qui importe donc, c'est que les autorités sénégalaises pré- parent des projets répondants aux critères qui seront probablement appliqués par les fournisseurs de l'aide extérieure destinée à leur exécution. Etant donné les problèmes difficiles de diversification au Sénégal et les limites des ressources financières du pays, il faudrait consacrer une aide extérieure beaucoup plus forte au financement des dépenses en monnaie locale, aux études préliminaires, aux expériences et à la préparation des projets; tant que cette aide ne lui aura pas été fournie, il est peu vraisemblable que le Sénégal soit en mesure d'utiliser au maximum les ressources dont il pourrait disposer. 74. Compte tenu de tous ces facteurs, la Mission a estimé qu'il serait possible dtinvestir un total d'environ 90 milliards de francs CFA en quatre années, soit environ 25 milliards de francs CFA en 1969, si le pays bénéfi- cie d'assistance technique et d'une aide financière extérieure accrue. Dans le cas oÙ un investissement de cette ampleur pourrait itre réalisé, qui re- présente une augmentation dtenviron 8,5 pour cent par an et atteindrait 12-1/2 pour cent du PIB en 1969 contre 10 pour cent en 1964, et dans le cas oÙ les conditions économiques seraient plus favorables qu'on ne peut les prévoir aujourd'hui, le taux de croissance potentiel du PIB, mesuré aux prix de 1964, pourrait s'approcher de 4,5 pour cent par an. Toutefois, comme indiqué ci-après (paragraphes 90 à 107), il sera peut4tre difficile de réaliser un investissement de 90 milliards de francs CFA, étant donné les limites financières qu'imposent la pénurie de fonds locaux et les conditions de l'aide extérieure mentionnés ci-dessus. Les perspectives de la production et du commerce et les problèmes du financement du Plan sont étudiés ci-après plus en détail. - 27 - VII. PERSPECTIVES DE CROISSANCE Secteur des exportations 75. En 1964, les recettes totales d'exportation se sont élevées à 39,5 milliards de francs CFA qui se répartissaient ainsi: produits de l'arachide, 23,8 milliards de francs CFA, soit 60 pour cent, phosphates de calcium, 2 milliards de francs CFA, conserves de poisson, 1,2 milliard de francs CFA et toutes les autres exportations de produits du pays, 12,5 milliards de francs CFA. Le Gouvernement entend poursuivre ses efforts pour accrottre la productivité et la production totale d'arachides de 4 à 7-1/2 pour cent par an. De 1954 à 1960, la production a doublé, ce qui représente un taux de croissance moyen de 12,5 pour cent, mais de 1960 à 1964 le taux moyen de croissance n'a été que de 3,5 pour cent. Cette dimi- nution est due à une mauvaise récolte en 1962-63, aux incertitudes de la politique gouvernementale à la suite de l'indépendance, à une certaine dis- location du système de commercialisation et au retard avec lequel le pays a reçu l'aide qui lui était nécessaire pour accroître la productivité et compenser les effets de la perte des prix préférentiels sur le marché français. Même si l'on admet que la hausse de la production se ralentira pendant les années à venir, il y a tout lieu de croire que pendant la période du deuxième Plan, il sera possible d'obtenir un taux de croissance d'environ ,5 5 pour cent. Cela permettrait d'accroitre de 50 pour cent les exportations d'arachides, soit près de 11 pour cent par an et d'aug- menter de 15 pour cent les exportations d'huile, soit environ 3,5 pour cent par an. 76. Les plans d'augmentation de la production du principal minerai ex- porté, le phosphate de calcium, ont déjà été exécutés en partie en 1964 et cette année là les exportations se sont élevées de près de 100 pour cent pour atteindre 600.000 tonnes. On prévoit que grfce à de nouvelles hausses progressives, on atteindra une production d'au moins 1,2 million de tonnes en 1967. 77. Bien que les projets de création et d'expansion de mise en con- serves du thon aient mùri assez lentement, il semble qu'un accord ait ké conclu pour l'installation d'une usine locale et il est prévu que la pro- duction doublera au moins pendant la période du Plan jusqu'à un minimum de 15.000 tonnes. La majeure partie de cette production serait exportée. 78. Les exportations de tous les autres produits, notamment les ré- exportations de marchandises importées, devraient staccroître en chiffres nets de 3-1/2 à 4 pour cent par an pendant la période du Plan. Ce pourcen- tage tient compte de modifications qui pourraient intervenir dans le transit des importations vers la Mauritanie et de l'accroissement re- lativement lent de la demande des produits d'exportation du Sénégal dans les pays voisins. 79. Ainsi que nous l'avons mentionné au paragraphe 10, les prix du principal article dtexploitation du Sénégal, les produits de l'arachide, - 28 - doivent être progressivement alignés sur les prix mondiaux. Cette mesure entrainera pour le pays une baisse d'environ 20 pour cent des prix à l'ex- portation des produits de l'arachide entre 1964 et 1969 (cette question est étudiée plus en détail dans l'Annexe, consacrée à l'Evolution des Principaux Secteurs Economiques). Pour ce qui est des autres exportations importantes, le phosphate de calcium et les conserves de poisson, on suppose que les prix resteront inchangés. 80. Selon les hypothèses ci-dessus, on peut s'attendre h ce que les exportations totales atteignent 53 milliards de francs CFA en 1969 aux prix de 196h, ce qui représente une augmentation moyenne du volume de 6 pour cent par an. Mais aux prix mondiaux qui sont prévus en 1969, il est probable que la valeur de ces exportations sera inférieure d'au moins 10 pour cent et n'atteindront donc qu'environ 48 milliards de francs CFA. Ceci ne représen- tera qu'une augmentation moyenne du pouvoir d'achat à l'extérieur de 4 pour cent par an. 81. Il y a donc tout lieu de craindre que pendant la période du Plan, la contribution effective qu'apportera à la croissance de l'économie le secteur d'exportation, qui représente 25 pour cent du produit intérieur brut, sera limité par la baisse des prix du marché. Néanmoins, ce secteur continuera à représenter une forte contribution au pouvoir d'achat intérieur, aux recettes de l'Etat et particulièrement aux recettes en devises. La Production Agricole pour la Consommation Intérieure 82. En 1964, la valeur totale de la production agricole, non compris les arachides, a été de 28 milliards de francs CFA et, à l'exception du riz, les cultures les plus importantes sont destinées à l'auto.consommation. De ce fait, la demande effective de denrées alimentaires sur le marché est relativement faible et on risque que le taux de croissance qu'il serait possible d'obtenir dans l'agriculture ne soit pas intégralement atteint. Le Gouvernement a néanmoins, pour augmenter la productivité, alloué des sommes considérables qui serviront à l'achat d'engrais et de semences sélectionnées, au crédit agricole, à une aide pour l'achat de machines et d'équipement agricoles et pour le développement des services de vulgarisation. En dépit de tous ces efforts, il se peut que les progrès soient lents car il est difficile d'améliorer les méthodes de culture, Pour toutes ces raisons, la croissance globale de la production agricole destinée à la consommation intérieure risque d'être proche du taux de croissance démographique, c'est- a-dire à peu près 2,5 pour cent par an. 83. La seule culture importante pratiquée surtout pour la vente intérieu- re est celle du paddy, dont la production a augmenté ces dernières années d'environ 6 pour cent l'an en moyenne. Cette augmentation reste bien in- férieure à celle de la demande intérieure qui s'est accrue plus vite que l'ef- fectif de la population. Le déficit a été comblé par des importations crois- santes. Afin d'avoir moins à compter sur les importations, le Gouvernement s'est fixé pour tache d'accroltre la production de riz de 106.000 tonnes en - 29 - 1964 à environ lho.oo tonnes en 1969, ce qui représente là encore une hausse moyenne dtenviron 6 pour cent par an. Bien que ce volume semble encore ttre inférieur à la demande possible pour cette année-là, la pré- paration et la construction des ouvrages d'irrigation indispensables à une nouvelle augmentation de la production prendront quelques années et les résultats ne s'en feront sentir que dans une période ultérieure. Des pro- positions d'augmentation de la production du coton, de la canne à sucre, des légumes, des fruits et autres produits agricoles figurent dans le Plan mais, à l'exception de la canne à sucre, il n'est guère vraiserrblable qutelles donnent des résultats avant 1969. on pense que la production de bétail et de produits laitiers pour la consommation intérieure montera de 2 à 3 pour cent par an. Production Industrielle 84. L'investissement dans les industries de transformation qui a été effectué dans le passé a amené la création d'une game assez large d'in- dustries de biens de consoirznation. Comme les anciennes industries avaient été conçues pour desservir l'ensemble de l'ancienne Fédération, il existe une capacité excédentaire; d'autre part l'exiguité du marché intérieur et la concurrence des pays voisins limitent les possibilités de développement; il est donc probable qu'on ne procédera à de nouveaux investissements que dans certaines industries soigneusement choisies. En supposant que les investissements déjà à ltexamen avancent comme prévu, qu'il sera possible de maintenir les taux actuels d'investissement dans l'industrie et la cons- truction, et que la production minière se développera ainsi qu'on le pense, la valeur ajoutée brute dans ce secteur pourrait augmenter de quelque 25 pour cent pendant la période du Plan, soit un taux de croissance annuel d'environ 6 pour cent. Services 85. Les investissements dans les moyens de transport et particulièrement ceux destinés à moderniser les chemins de fer du Sénégal et le port de Dakar, et à faciliter la manutention et le transit du commerce du Mali, contribue- ront à maintenir la capacité actuelle de transport, voire à la développer à des taux se situant entre 4 et 5 pour cent par an. Il n'est guère probable que le commerce intérieur s'accroisse sensiblement à moins que le pouvoir d'achat intérieur ne commence à augmenter plus rapidement. 86. La croissance des services publics devra probablement se poursuivre si lion veut développer comme il se doit l'éducation et la vulgarisation agricole; toutefois, dans l'appareil administratif déjà en place, il est très possible de procéder à des améliorations et de mieux répartir les ressources. En mtme temps, les dépenses brutes des établissements civils et militaires français diminueront de moitié pendant la période du Plan et une partie seulement de cette diminution pourra tre compensée par une légère augmenta- tion de l'assistance technique. - 30- Résumé des Perspectives de Croissance 87. Le Sénégal doit faire face à des problèmes de développement que connaissent la plupart des pays dIAfrique, à savoir un taux de croissance démographique qui va en augmentant, des ressources naturelles limitées s'accompagnant de conditions climatiques relativement mauvaises, des dimi- nutions probables des prix à ltexportation et un marché intérieur exigu. Dans le cas du Sénégal, la situation est encore compliquée par plusieurs éléments: le pays est toujours tributaire d'un seul produit d'exportation, l'arachide, il a hérité dlune structure industrielle et urbaine relativement développée, il a perdu les marchés des pays voisins et il dispose d'une capacité de production excédentaire. La baisse du pouvoir d'achat intérieur est aggravée par le départ du personnel civil et militaire français. 88. Dans ces conditions et compte tenu des hypothèses iliquées ci-dessus, le produit intérieur pourrait croltre en termes réels au taux moyen d'environ h,5 pour cent par an, Mais si l'on tient compte de la perte du pouvoir d'achat extérieur qui résultera de mouvements défavorables des prix du marché mondial, on peut prévoir que le taux de croissance global sera ramené un peu en-dessous de 4 pour cent par an; le succès que connaitra le Sénégal dans l'exécution de son nouveau Plan de développement dépendra donc d'un certain nombre de facteurs, à savoir, l'évolution du marché mondial, une nette amélioration de la préparation et de l'exécution des projets et le volume de l'aide extérieure et les conditions auxquelles elle sera octroyée. Perspectives de la Balance des Paiements 89. La mission a estimé que la hausse de la valeur totale des expor- tations de marchandises, compte tenu de l'évolution probable des prix du marché mondial telle qu'elle figure au tableau 40 de l'Annexe Statistique, devrait atteindre en moyenne 4 pour cent par an pendant les quatre années . venir, les exportations visibles devant, selon les estimations, s'élever au total à environ 48 milliards de francs CFA en 1969. Les besoins d'impor- tation, dfautre part, ne devraient nécessiter quiune augmentation de 3,5 pour cent, soit au total environ 52 milliards de francs CFA en 1969. Selon ces hypothèses, le déficit de la balance du commerce visible, qui était de 6,8 milliards de francs CFA en 1964, tombera à environ 4 milliards en 1969. 90. Ce sont les importations des denrées alimentaires qui représentent la plus forte catégorie d'importations (20 milliards de francs CFA à peu près par an), et l'on peut penser qu'elles n'augmenteront qu'à des taux légèrement inférieurs à ceux enregistrés pendant les cinq dernières années. Cela s'expliquerait par le départ du personnel civil et militaire français et par une réduction des importations dûe en majeure partie à l'accroissement de la production intérieure de riz, de légumes, de fruits, de poissons et de viande. Le remplacement des importations par des productions intérieures limiterait pour certaines matières premières industrielles, le rythme d'importations de ces produits. Mais cela ne portera pas sur des chiffres très importants pendant la période du Plan si ce n'est dans le cas des produits pétroliers. D'autre part, toute expansion du niveau général de l'activité commerciale entraInera inévitablement une certaine augmentation des importations. On pense - 31 - que les importations de biens d'équipement et de matières premières pour la construction augmenteront d'environ 7 pour cent par an sous leffet de l'augmentation des investissements au titre du programme de développement. 91. Dans le cas des transactions invisibles, une baisse sensible des recettes que le Sénégal tire des dépenses de gouvernements étrangers tombant de 7,1 milliards nets de francs CFA en 1964 à 3,2 milliards nets de francs CFA en 1969, ferait plus que compenser la diminution assez marginale des paiements que doit effectuer le Sénégal au titre d'autres services qui tombe- raient de 7,5 milliards de francs CFA en 1964 à 7 milliards en 1969. Il s'agit en majeure partie de paiements pour les voyages et les transports, de sorte que la sortie nette de devises au titre de ces postes restera sans doute assez stable à cause de la baisse des dépenses pour ces services qu'en- traînera les départs définitifs d'européens et qui compensera toute augmen- tation des tarifs et du volume des voyages à d'autres titres. Mme si le Sénégal ne réussit que modérément à attirer les investissements étrangers pendant la période du deuxième Plan, les sorties nettes de devises au titre du revenu des investissements, c'est-à-dire de l'intértt de la dette et des dividendes, devraient augmenter selon toute probabilité. Les transferts nets augmenteront sans doute aussi, au début, grlce à l'aide de la Communauté Economique Européenne sous forme de subventions pour les exportations d'ara- chides. En 1969 toutefois, ces subventions devraient avoir disparu, de sorte qu'il ne resterait qu'une légère augmentation des recettes nettes, provenant de l'excédent des recettes des transferts publics au titre des pensions et de l'assistance technique sur les transferts à ltétranger de l'épargne des particuliers, Les paiements nets au titre du revenu des in- vestissements augmenteront vraisemblablement de 1,7 milliards de francs CFA en 1964 à 3,1 milliards de francs CFA en 1969 et les recettes nettes de transfert de 600 millions de francs CFA en 1964 à 1,8 milliard de francs CFA en 1969. 92. L'effet net de ces divers mouvements sera probablement une augmenta- tion du déficit courant de la balance des paiements du Sénégal qui passera de 8,3 milliards de francs CFA en 1964 à 10 milliards de francs CFA en 1969, soit une augmentation dtà peu près 2 milliards de francs CFA ou 25 pour cent du chiffre de 1964. Ce déficit représenterait à peu près 5 pour cent du PIB en 1970; l'importance relative du déficit n'en sera donc guère modifiée. - 32 - VIII. FINANCEMENT DE L 'IVESTISSEMNT Le Deuxième Plan 93. Le Gouvernement envisage de financer au moyen de fonds publics à peu près les deux tiers des 119 milliards de francs CFA à dépenser au titre du deuxième Plan. Ce montant d'environ 80 mlliards de francs CFA dépasse quelque peu les allocations totales prévues dane le Plan pour le secteur public qui sont de 73 milliards de francs CFA, la différence représentant le financement public d'activités privées (logement, industrie, écoles privées). Les dépenses de l'Etat seront réparties à peu près également sur toute la période de quatre ans. Il est prévu que la contribution du secteur privé sera d'environ 40 milliards de francs CFA, chiffre supérieur d'à peu près 25 pour cent au chiffre comparable figurant dans le premier Plan revisé. 94. Le tableau suivant montre les proposit1ons du Gouvernement pour le financement des deux premiers Plans et les estimations par la mission des résultats effectifs de la période 1961-1965 ainsi que les prévisions qu'elle a faites pour la période 1965/69. FINANCEENT DES PLANS DE DEVELOPPEMENT 1961-1964 et 1965-1969 (en milliards de francs CFA) ler Plan 2ème Plan 1961 - 1965 1965/69 Prévisions de Initial revisé Chiffres 2/ Initial la mission effectifs_ Investissement public 48,9 64,2 40,7 79,4 46,5 - Sources intérieures 25~_ '7_7~ 30~0 12°0 Excédent budgétaire 16,7 1 6 Entreprises publiques 1,6 3,6) 96 6,1 )6 0 Prèts 7,2 8,5) 3,3 ) ' Sources extérieures 23>4 30 0 19 1 49,3 3>, Dons 19,9 23,5 1 3 21,0 Prtts 4.,5 6.,5 7,7 14,8 13,5 Investissement privé 41e9 31, 29,0 39,7 28, Sources intérieures 41,9 .. .. 19,7 ) )28,o Sources extérieures .. .. e. 20,0 ) Investissement humain 1 _,3 1_ .. Total 92,1 97,2 65,4 119,0 74,5 1/ Non compris les prûts bancaires à court terms. 2/ Estimation de la mission. / Non compris 4,3 milliards de francs CFA représentant le montant de res- sources non utilisées. - 33 - Perspectives du Secteur Public 95. Pour le financement du deuxième Plan au moyen des ressources intérieures, le Gouvernement compte beaucoup sur l'excédent du budget ordinaire et il a fait figvrer dans le Plan le chiffre de 5 milliards de francs CFA. Les entreprises publiques sont censées contribuer pour environ 1,5 milliard de francs CFA par an et le secteur public devrait obtenir en moyenne 8 milliards de francs CFA par an sous forme de prâts ou crédits provenant de différentes sources intérieures. Ces chiffres, dont dépend en grande partie le succès du deuxième Plan, semblent peut- Itre trop élevés si l'on tient compte de la situation budgétaire extrême- ment difficile qui est apparue à la fin de l'exercice 1964/1965. Dépenses Ordinaires: Prévisions 96. Nous avons déjà souligné au paragraphe 38 que le Gouvernement devra prendre en charge progressivement les frais de gestion de l'univer- sité de Dakar et des installations militaires qui, jusque là avaient été payés par la France, ainsi qu'un certain nombre d'autres postes, pour un montant global d'environ 2 milliards de francs CFA en 1965/1966. En outre, il est probable que les dépenses des principaux services économiques, l'entretien des travaux publics et l'agriculture, qui ont représenté 16 pour cent des dépenses de fonctionnement en 1964/65 augmenteront en fonction des besoins du prograrmme de développement. L'intértt de la dette extérieure actuelle devrait rester à son niveau peu élevé de 300 millions de francs CFA mais l'intérft de la dette extérieure nouvelle donnera sans doute lieu à une augmentation de quelque 800 millions de francs CFA pendant la période du Plan, même si la nouvelle dette publique est d'un montant raisonnable et consentie à des conditions tout à fait favorables. Compte tenu de ces facteurs, le Gouvernement estime, et ses estimations semblent raisonnables, qu'avant prise en considération des charges courantes qui découleront de l'exécution du deuxième Plan, les dépenses ordinaires devraient augmenter d'environ 500 millions de francs CFA chaque année à partir de 1966. Les dépenses courantes provenant de l'exécution du Plan de développement pendant les quatre années, y compris l'intértt de la dette nouvelle, donneront sans doute lieu à des dépenses supplémentaires de 4 milliards de francs CFA en 1968/1969. A partir de ces hypothèses, on peut s'attendre à ce que les dépenses ordinaires pour le budget 1968/1969 soient de l'ordre de 40 mil- liards de francs CFA. Ceci représenterait une augmentation de 4 pour cent par an des dépenses ordinaires pendant la période 1964/65 à 1968/69. 97. Dans ce chiffre de 40 milliards de francs CFA ne sont pas comprises les affectations d'environ 2 milliards de francs CFA prélevés sur les recettes ordinaires qui sont transférées aux budgets régionaux et aux Fonds Routier et Forestier. Perspective de Recettes 98. Les recettes ordinaires provenant de sources intérieures représen- taient quelque 23 pour cent du PIB en 1964. C'est là une proportion - 34 - relativement élevée pour un pays ayant un revenu par habitant tel que celui du Sénégal, et il est probable qu'il ne sera guère possible de l'augmenter sensiblement à ltavenir. Les imptts directs qui frappent le revenu, les biens immobiliers et mobiliers représentent environ 19 pour cent des recettes totales et sont bien moins importants que les impts indirects qui fournissent plus de 70 pour cent. Les recettes provenant des droits de douane et des taxes frappant les importations qui produisaient quelque 45 pour cent des recettes totales en 1964 augmenteront plus lentement à l'avenir puisque les importations comprendront moins de biens de consommation et davantage de matières premières et de biens diéquipement. La suppression des tarifs appliqués aux importations des pays de la Communauté Economique Européenne autres que la France provoquera sans doute une nouvelle réduction des droits à l'importation, ce qui pour l'ensemble de la période du Plan devrait se solder par une diminution nette de recettes d'environ un milliard de francs CFA. D'autre part, les recettes fournies par les taxes à l'expor- tation qui au plus représentent 10 pour cent des recettes totales, vont tomber probablement pendant les quelques années à venir à mesure que les arachides seront exportées de plus en plus aux prix mondiaux. Enfin, il y a tout lieu de penser que les recettes de l'Etat seront réduites d'un montant estimé à 1,5 milliard de francs CFA, à cause de la réduction des dépenses que faisait au Sénégal le personnel militaire français. 99. Il est plus difficile d'évaluer l'augmentation des recettes ordi- naires pendant la période du Plan que celle des dépenses ordinaires, mais compte tenu des faibles augmentations dtimp8ts qui semblent possibles,d'une amélioration du recouvrement, dtune lente reprise des activités commerciales et de l'élargissement probable de l'assiette de l'impet, on peut attendre que les recettes de l'Etat augmentent de 2 à h pour cent par an entre 1964 et 1969. Ceci implique un chiffre des recettes ordinaires se situant entre 37 et 40 milliards de francs CFA en 1968/69. Il est indispensable de souligner toutefois que le résultat ne pourra être obtenu que si le recouvrement des imptts est beaucoup plus efficace et s'il ne se produit pas dans la situation du marché mondial une nouvelle aggravation, soit des prix à l'exportation, soit des termes de l'échange qui, nous l'avons déjà dit, pourrait se produire. 100. Compte tenu des hypothèses ci-dessus, il semble probable que les recettes ordinaires couvriront tout au plus le niveau minimal des dépenses ordinaires de l'Etat, mme si le Gouvernement applique une politique raison- nable d'économie dans les services qu'il fournit. Le Gouvernement a d'ailleurE reconnu le problème auquel il devra faire face et il étudie un certain nombre de mesures spéciales qui lui permettraient de maintenir un léger excédent budgétaire. Il pense à réduire encore les dépenses, notamment par le trans- fert de personnels administratifs à des secteurs plus productifs. Des mesures sont également prises pour réduire les subventions aux établissements indus- triels et commerciaux auxquels on imposera des économies ou le relèvement de leurs tarifs. Un nouvel effort sera également fait pour accélérer et amélio- rer la perception des recettes. L'application de la retenue a la source et la perception de tranches provisionnelles devraient permettre dtaccélérer et d'améliorer généralement le recouvrement des impCts directs où jusqu'à présent, les arriérés ont été considérables. Le Gouvernement envisage égale- ment de prendre des mesures pour réduire la contrebande. En plus des modifi- - 35 - cations que le Gouvernement prévoit d'apporter à l'administration et à l'organisation des services, il pense également à un certain nombre de mesures spéciales visant à augmenter le taux des imptts et, il applique une nouvelle l'taxe unique" de 2 pour cent qui remplace l'ancienne taxe statistique, afin de compenser la perte de recettes que provoque la sup- pression des écarts tarifaires entre les six pays membres du Marché Commun, Les autres mesures envisagées sont le relèvement de l'impAt sur le chiffre d'affaires et de la taxe pour le développement économique ainsi que l'appli- cation d'un prélèvement de 5 pour cent sur les réserves des sociétés que représentent les bénéfices non distribués réalisés au Sénégal. 101. Le Gouvernement se rend bien compte que ces mesures auront de graves répercussions sur le consommateur et qu'elles exigeront un sacrifice assez pénible qui ne sera acceptable que s'il est compensé par de nouveaux progrès et le développement de l'économie. Bien que nombre des mesures envisagées ne doivent avoir qu'un effet marginal, il semble raisonnable de conclure néanmoins que le Gouvernement devrait pouvoir compter sur un léger excédent du budget de fonctionnement qui devrait être de 1 à 2 milliards de francs CFA par an. 102. Une autre source possible d'épargne publique est l'excédent des entreprises de l'Etat et d'un certain nombre d'organismes publics dont les budgets sont annexés au budget général de l'Etat. On peut citer notam- ment les chemins de fer, le port de Dakar et les autres ports, les services postaux, l'Imprimerie Nationale, etc. Au total, ltexcédent net de ces or- ganismes a été aseez minime jusqu'à maintenant, surtout à cause du déficit du chemin de fer du Sénégal provoqué par la réduction du trafic due à l'in- terruption du trafic malien et par les difficultés d'exploitation. Il est probable que ce déficit qui s'est situé entre 400 et 500 millions de francs CFA en 1963/64 et 1964/65 disparaîtra en 1966/67 à la suite de l'exécution du programme de modernisation et de réorganisation des chemins de fer 4ui serait financé au moyen d'un crédit de l'IDA. On peut également attendre que les autorités portuaires améliorent l'exploitation du port de Dakar grtce à un programme de modernisation qui, figurant au deuxième Plan de développement, sera financé peut-etre avec l'aide d'un prAt de la BIRD. Si l'exploitation continue de s'améliorer et si le volume de l'activité s'accrolt, particulièrement dans les chemins de fer, il devrait ttre possible pendant la période du Plan que l'excédent net des entreprises publiques augmente légèrement et se situe entre 1 a 2 milliards de francs CFA chaque année. 103. Si l'on accepte ces hypothèses, la contribution totale du secteur public au développement pendant la période du Plan 1965/69 devrait être de l'ordre de 12 milliards de francs CFA, qu'il faut comparer à l'objectif d'une trentaine de milliards de francs CFA que s'est fixé le Gouvernement, ce qui laisserait un déficit de 18 milliards de francs CFA a financer à partir d'autres sources intérieures, et au total c'est donc quelque 67 milliards de francs CFA qu'il faudra trouver à l'intérieur et à l'extérieur. Il semble improbable que le Gouvernement puisse emprunter dans le pays mtme un montant limité et cela signifie que si l'on veut atteindre les objectifs du deuxième Plan envisagé pour le secteur public, il faudra trouver - 36 - A l'étranger 85 ,our cent des 80 milliards de francs CFA qui représentent le >rogramme d'investissement oublic prévu par le Gouvernement. Epargne et Investissement Privés 104. L'épargne orivée cui s'est située en moyenne à 8 milliards de francs CFA entre 1960 et 1962, est tombée à 5 milliards en 1964, ce qui donne *our les six dernières années une moyenne de 6,5 milliards de francs CFA par an, soit à neu .rès 5 pour cent du revenu privé disponible. Pendant la mIme période, l'investissement privé brut s'est élevé en moyenne à environ 8 milliards de francs CFA par an mais ceci n'a été possible que Darce qutil est entré en moyenne dans le pays des capitaux étrangers privés à concurrence de 1,5 milliard de francs CFA par an. Comme en moyenne 3 milliards de francs CFA ont été investis chaque année dans les mines, il semblerait qulaux entrées totales de capitaux extérieurs e'est ajouté un volume équivalent de capitaux -rivés intérieurs. Un taux de croissance qui n'est que très légère- ment supérieur à la croissance démographique semble devoir limiter l'accrois- sement de l'épargne privée et comme le Gouvernement s'efforce de plus en plus d'équilibrer son budget, il semble improbable que l'épargne privée puisse beaucoup dépasser le niveau de 6 milliards de francs CFA en 1969, comparé aux 5 milliards obtenus en 1964. Si l'on tient compte des autres hypothèses que l'on a admises pour la balance des paiements et compte tenu du remboursement de la dette et du besoin de constituer des réserves, il semble raisonnable de calculer par différence que le solde net des entrées de capitaux étrangers sera d'environ 2 milliards de francs CFA. üÊme avec la stabilité politique, une continuation modeste de l'amélioration du niveau de l'activité commerciale et l'investissement net de capitaux privés étrangers de 2 milliards de france CFA par an en moyenne, il semble douteux que les fonds obtenus aussi bien dans le pays qu'à l'extérieur suffiront à relever le niveau moyen de l'in- vestissement fixe au-dessus des 8 milliards de francs CFA obtenus ces dernières années. La mission a estimé que dans les circonstances actuelles, il serait illusoire de penser que le taux annuel moyen de l'investissement dépassera 7 milliards de francs CFA par an pendant la période du Plan et nÉme ce dernier chiffre dépendra pour une large part des bénéfices que l'entreprise privée pourra réinvestir ou investir dans de nouveaux projets au lieu de les rapatrier. Le volume des fonds que le secteur privé pourrait se procurer à d'autres sources semble très limité dans la situation monétaire et finan- cière actuelle. Les réserves de l'Etat en devises qui équivalent à environ 1-1/2 mois d'importations sont déjà inférieures à ce que l'on peut considérer comme la marge de sécurité et la plupart des crédits consentis par les banques commerciales ne sont octroyés que sur une base saisonnière pour le finance- ment de la mise sur le marché et de la distribution des récoltes. Dans ces circonstances, il est improbable que les crédits des banques commerciales fournissent un volume important de ressources supplémentaires pour l'inves- tissement et il y a peu de chances que le secteur public puisse emprunter au secteur privé. 105. L'objectif d'investissement privé que le iouvernement qualifie d"'indicatif" prévoit un total de h0 milliards de francs CFA, soit en moyenne 10 milliards de francs CFA par an. C'est là de toute évidence un objectif - 37 - assez ambitieux et c'est pourquoi, compte tenu des perspectives exposées ci-dessus, on a préféré partir de l'hypothèse d'environ 7 milliards de francs CFA par an, ce qui laisserait un déficit total de l'investissement et du financement privés de l'ordre de 12 milliards de francs CFA. Besoins Financiers Extérieurs 106. Les ressources probables dont le Gouvernement disposera pour finan- cer le deuxième Plan de développement, ainsi que nous venons de l'exposer, montrent qu'il faudra trouver à l'extérieur au total quelque 67 milliards de francs CFA pour le secteur public et environ 12 milliards de francs CFA pour le secteur privé; il s'agit donc au total de 80 milliards de francs CFA, ce qui représente 66 pour cent des ressources totales nécessaires pour fi- nancer le deuxième Plan. Il reste donc à se demander quelle est la proportion de ce montant total que l'on peut raisonnablement espérer trouver à l'ex- térieur. 107. Les entrées brutes de capitaux publics étrangers destinés au sec- teur public se sont élevées en moyenne à 4 ou h-1/2 milliards de francs CFA par an pendant les années 1960 à 1964, et ont atteint 5,5 milliards de francs CFA en 1964, ce montant se répartissant ainsi: environ 2,9 milliards de francs CFA sous forme de dons et 2,6 milliards de francs CFA sous forme de prêts. L'origine des prêts semble se diversifier: France, iMarché Commun, Allemagne, Etats-Unis, Royaume Uni et d'autres pays, et peut-être le groupe de la Banque Indiale, y compris la SFI et l'IDA. Par contre, les dons semblent être venus uniquement de la France et du harché commun et sont destinés à relever la production et à la diversifier; nous n'y englobons pas les subventions dont l'origine et la destination ont déjà été exposées. Si la politique d'aide ne se modifie pas sensiblement et compte tenu des engagements non décais- sés, il semble possible de prévoir que les dons augmenteront de 60 à 70 pour cent par rapport à la moyenne annuelle qui est un peu inférieure à 3 milliards de francs CFA par an et qu'ils atteindront ainsi 5 milliards de francs CFA par an pendant la période du Plan. Il semble d'ailleurs que la recherche de capitaux à l'étranger soit limitée à un volume à peu près identique par la capacité d'absorption du pays pendant cette période et la charge du service de la dette qu'il peut assumer, 108. Si le Sénégal peut bénéficier pour ses investissements de dons publics d'un peu moins de 5 milliards de francs CFA en moyenne par an et de prêts (dont nous parlerons ci-après) d'un montant moyen d'environ 3,5 milliards de francs CFA par an, la contribution totale des sources exté- rieures serait de 8,5 milliards de francs CFA par an, ce qui représente 34,5 milliards de francs CFA pour l'ensemble de la période du Plan. Si l'on ajoute à ce montant les 12 milliards de francs CFA obtenus à l'intérieur du pays, l'on obtient un total de 47 milliards de francs CFA, c'est-à-dire environ 60 pour cent de l'objectif de 80 milliards de francs CFA que stest fixé le Gouvernement pour le programme d'investissement du secteur public, ou 80 pour cent de l'objectif de 62 milliards de francs CFA que la mission a jugé possible de réaliser. - 38 - 109. Le tableau suivant présente une projection des transactions en capital de la balance des paiements dans l'hypothèse où la préparation des projets se poursuit comme prévu et o-à la politique de prÛt des pays fournisseurs d'aide ne se modifie pas. PROJECTION DE CERTIIS POSTES DE LA BALANCE DES PAIEMENTS (en milliards de francs CFA) 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Balance des comptes courants -8,3 -8,7 -8,3 -7,9 8,7 -10,2 -9,4 Dons publics pour l'investissement 2,9 3,4 4,6 5,0 5,0 6,2 6,6 l/ Prtts publics 2,6 2,0 2,1 4,5 4,9 4,o 0,o Remboursement de la dette -1,0 -1,0 -1,0 -1,0 -1,0 -1,4 -1,8 Divers, y compris er- reurs et omissions +1,2 +1,8 +1,8 +2,0 +2,0 +2,0 +2,0 houvements des réserves (augmentation -) +2,6 +2,5 +0,8 -2,6 -2,2 -.,6 -1,h 1/ Ce chiffre suppose que l'aide de la Communauté Economique Européenne qui doit prendre fin en 1969 sera maintenue ou remplacée. 110. Les ressources financières dont le pays peut disposer et qui sont de 47 milliards de francs CFA pour le secteur public et de 28 milliards de francs pour le secteur privé, soit au total 75 milliards de francs CFA, se- ront donc, selon toute vraisemblance, bien inférieure à ce que pourrait absorber l'économie du pays, estimé aux alentours de 90 millions de francs CFA, la différence de 15 milliards de francs CFA, soit à peu près 4 milliards de francs CFA par an, étant due intégralement A un manque de ressources dans le secteur public. Pour que l'Etat puisse exécuter un programme d'investisse- ment public de 62 milliards de francs CFA, il lui faudra donc trouver à l'extérieur 15 milliards de francs CFA supplémentaires, ce qui relèverait la contribution extérieure à 50 milliards de francs CFA, soit 80 pour cent du total pour le secteur public. 111. Il est indispensable que l'aide extérieure dépasse le niveau actuel- lenent réalisable, c'est-à-dire, une moyenne de 8,5 milliards de francs CFA par an, si le Sénégal veut parvenir à hausser son taux de croissance jusqu'à 5 ou 6 pour cent par an, qui serait davantage en rapport avec les besoins minimaux de l'économie. Il est indispensable d'accroltre l'aide extérieure et il existe des projets réalisables en sus de ceux qui méritent, selon les critères actuels des organismes prtteurs ou donateurs, de bénéficier d'une aide; c'est en fonction de ces considérations que l'on peut affirmer qu'il - 39 - sera impossible d'accélérer effectivement le rythme des investissements si l'aide extérieure n'est pas consentie aux conditions les plus favorables possibles et si l'on ne renonce pas dans une certaine mesure à la pratique actuelle qui consiste à lier l'aide extérieure à l'exécution de projets ou à la limiter surtout au financement des besoins en devises. Un plan de financement extérieur bien conçu devrait donc prévoir qu'une forte propor- tion du coùt de chaque projet reconnu comme réalisable soit financé par des capitaux extérieurs, sans qu'il soit tenu compte de la part de ces coûts qui doit ttre payéé en devises. Solvabilité 112. Le Sénégal,dont la dette extérieure publique et garantie par l'Etat s'élevait à 17 milliards de francs CFA à la fin de 1964 et dont le service annuel de la dette était de 1,1 milliard de francs CFA, soit 3 pour cent des recettes d'exportation, semble disposer d'une marge de solvabilité qui devrait lui permettre d'emprunter aux conditions normales. Néanmoins, le pays ne peut espérer que l'accroissement de ses recettes d'exportation dépasse 4 pour cent par an, et comme, meme pour atteindre ce taux de croissance assez faible, il lui faut beaucoup compter sur les capitaux étrangers, il est souhaitable que le Sénégal obtienne de l'aide aux conditions les plus favorables possibles afin de ne pas ttre grevé par la suite d'un service de la dette excessivement lourd. De plus, la valeur des recettes en devises continuera à ttre érodée, si la hausse des prix des importations, qui sont étroitement liés aux prix de revient et de vente en France, se poursuit comme par le passé au rythme annuel de 3 pour cent. Afin de bien faire saisir toutes les incidences de cette situation, nous dirons que si l'on veut maintenir de 1970 à 1980 le service de la dette dans la limite prudente, par exemple, d'environ 10 pour cent des recettes d'exportation, le volume de l'aide octroyée aux conditions normales dans l'avenir ne doit pas dépasser 5 milliards de francs CFA par an. 113. Comme il est dit au paragraphe 110, pour réaliser un investissement total de 90 milliards de francs CFA pendant la période du deuxième Plan quadriennal, ce qui représente l'estimation de la mission, il faudrait que le secteur public bénéficie d'une aide extérieure additionnelle de 4 mil- liards de francs CFA par an, en sus des dons et prts officiels d'un montant annuel de 8,5 milliards de francs CFA dont il a déjà été tenu compte dans la préparation du Plan. Il est difficile de voir oÙ le Gouvernement pourrait se procurer ces ressources supplémentaires, sinon par des emprunts à des conditions plus ou moins classiques. De nouveaux emprunts d'une telle ampleur, qui porteraient le total de l'aide fournie sous forme de prtts à quelque 7 milliards de francs CFA par an créeraient à ces conditions, un grave problème de service de la dette. 114. La politique fiscale et monétaire du Gouvernement est en général raisonnable et le Gouvernement a résolument fait des efforts pour maintenir un bon climat pour les investissements privés. Il utilise à bon escient l'assistance technique étrangère et la planification et la gestion économique - 4o - sont raisonnablement bonnes. Néanmoins il est à craindre que le pays ne tire pas tout le profit qu'il pourrait attendre de l'aide extérieure pos- sible si l'on ne fait pas un effort marqué pour améliorer la préparation et l'exécution des projets dans les secteurs productifs. 115. Les perspectives de croissance à long terme et de développement des recettes d'exportation sont assez limitées pour ne laisser au Sénégal qu'une marge assez faible de capacité d'endettement. Comme il doit beaucoup compter sur les capitaux éxtérieurs pour son développement futur, comme son revenu par habitant est faible, et comme la gestion de son économie est saine, on peut considérer que le Sénégal remplit les conditions pour béné- ficier de crédits de lIDA. L'aide cominune de la Banque et de l'IDA devrait ttre aménagée dans les conditions les plus favorables possibles et il faudrait profiter de toutes les possibilités de réduire et de retarder les répercussions qutaura le service de la dette sur les réserves en devises du Sénégal aussi longtemps qu'il sera nécessaire pour que portent fruit les mesures prises pour accroître la production et la diversification des cultures et pour développer les exportations. ANNIE L 1ECON0IIE DU SENEGAL Evolution des Principaux Secteurs Economiques 1. Agriculture, Ptcherie et Elevage. Alors que 85% de la population active travaille dans l'agriculture, ce secteur contribue pour moins de 30% au Produit national brut. Presque partout dans le pays, son dévelop- pement est limité par le climat, la qualité des sols et les méthodes de culture des exploitants. Plus de la moitié du territoire du Sénégal reçoit moins de 00 mm de pluies par an et cela en quelques mois, et la plupart des travaux agricoles ne peuvent avoir lieu que pendant cette brève période. 2. La majeure partie de la production agricole, à l'exceptie des ara- chides, est destinée à la consommation intérieure, par exemple, 480.000 tonnes de mil, 150.000 tonnes de manioc et 106.000 tonnes de riz, mais, comme par le passé, la production est encore bien inférioure à ce qulil faudrait pour faire face aux besoins en denrées alimentaires et le Sénégal continue à importer de grosses quantités de denrées alimentaires de base en particulier du riz et du blé, respectivement 165.000 tonnes et 120.000 tonnes en 1963, à des prix qui ne sont pas toujours concurrentiels; la valeur à l'importation de ces deux seuls produits s'est élevée en 1963 . 6,9 milliards de francs CFA en 1964. 3. Si le Sénégal est encore tributaire diun seul produit d'exportation et des produits de base importés, le Gouvernement stest quand mtme efforcé de diversifier la production et des mesures assez importantes sont prévues dans le deuxième Plan de développement (1965-1969) en vue dtaugmenter la production agricole, ce qui permettrait de diversifier les exportations, de réduire les importations de denrées alimentaires et de fournir ý l'indus- trie un plus gros volume de matières premières. Il existe des propositions pour développer la production du riz dans la Casamance, celle de la canne à sucre irriguée le long du Sénégal ainsi que celle des fruits, des légumes, du coton et du tabac, 4. La mise en valeur de la vallée du Sénégal grce à l'irrigation est actuellement à l'étude au sein d'un Comité Inter-Etats oÙ sont représentés les quatre pays qui bordent le fleuve - la Guinée, le Mali, la Hauritanie et le Sénégal - et qui bénéficie de l'aide de divers organismes des Nations Unies. Il est peu vraisemblable que ces études.mênent à de grandes entre- prises avait plusieurs années. La Casamance est la région naturellement la plus riche du Sénégal; la plupart des récoltes y ont les rendements les plus élevés, mais jusqus, une époque récente elle est restée à llécart des principaux courants de lléconomie monétaire. Un programme intensif d'études qui prépareront l'irrigation, la construction de routes et la vulgarisa- tion des techniques agricoles, financées par le Fonds Européen de Dévelop- pement (FED), a été mis en route pour développer la région. Il existe une autre possibilité d'étendre les surfaces cultivées dans les Niayes, région ANNUXE Page 2 cOtière de quelque 3.000 km2 située au nord de Dakar, où une nappe phréatique à faible profondeur a créé de petits lacs d'eau douce autour desquels il est possible de faire pousser divers fruits et légumes. Toutefois cette région n'est pas très peuplée et, on ne connaît pas encore assez bien les ressources en eau et le·s propriétés des sols. PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES (Production, superficie cultivée, rendement moyen) Objectif 1959 1962 1963 1964 1964 Arachides tonnes (milliers) 830 894 952 1.019 1.15o ha (milliers) 907 1.013 1.o85 1.055 1.000 kg/ha 915 882 878 966 1.150 11Mil et Sorgho tonnes (milliers) 321 424 478 460 h75 ha (milliers) 741 865 959 960 790 kg/ha 433 490 498 48o 6oo Riz (paddy) tonnes (milliers) 78 91 106 106 94 1/ ha (milliers) 64 72 75 75 78 T/ kg/ha 1.122 1.159 1.410 1.410 1.230 1/ Ianioc tonnes (milliers) 179 157 152 156 200 ha (milliers) 45 38 34 34 50 kg/ha 3.950 4.130 4.470 4.590 4.000 Légumes tonnes (milliers) 35 33 31 30 60 ha (milliers) 3 3 3 3 4 kg/ha 12 1l 10 10 15 1/ Il n'a pas été tenu compte dans les prévisions du plan du Projet Richard Toll (5.700 ha, 17.400 tonnes de paddy produites en 1963, c'est-à-dire 3.053 kg/ha). Arachides 5. Les arachides et les produits de l'arachide entrent normalement pour environ 60% dans le total des exportations. La rapide expansion de la production entre 1950 et 1960 a abouti à une récolte sans précédent de 995.OO tonnes avant décorticage en 1961/62. Les arachides constituent la seule grande culture commerciale et d'exportation au Sénégal. Les conditions parti- culières du sol et du climat que l'on trouve dans la savane du Sénégal conviennent parculiérement à cette culture. La production d'environ 900.000 tonnes sur près de la moitié des superficics cultivées du Sénégal représente AFNXE Page 3 environ 10% du total mondial. De 1950 à 1963 la superficie consacrée à la culture des arachides a augmenté d'environ 50%, cependant que la produc- tion doublait grfce à l'adoption de méthodes plus modernes. Après la mauvaisc récolte de 1962/63, la production est remontée en 1963/64 au chiffre de 950.000 tonnes. La France, oÙ le Sénégal jouit d'un marché préférentiel et de prix de soutien pour les arachides et l'huile d'arachide, absorbe pratiquement toute la récolte exportable. Les quantités et les prix garantis pour 1962/63 et 1963/64 ont porté sur l'équivalent de 215.000 tonnes d'huile d'arachide raffinée, au prix garanti de 52,5 francs CFA le kg d'arachides. L'avantage dont le Sénégal a bénéficié grâce à ce système a varié selon les quantités vendues et l'écart entre les prix français et les prix du marché mondial. Pendant la période 1958/64 cet avantage particulier s'est chiffré en moyenne à environ 4 milliards de francs CFA (16 millions de dollars) par an. Le prix moyen fixé par le Gouvernement qui est versé à l'exploitant pour les arachides non décortiquées est resté inchangé à 21,7 francs CFA le kilo depuis 1959. 6. Selon la Convention de Yaoundé conclue entre la Communauté Economique Européenne et les pays associés d'Afrique, qui est entrée en vigueur le ler juin 1964, les exportations d'arachides et d'huile d'arachide du Sénégal devront se faire aux prix mondiaux dès que les politiques agricoles communes de la Communauté sur les huiles et graisses entreront en vigueur. La compen- sation offerte par la Communauté aux pays associés pour les prix garantis pour les exportations et les importations en provenance des pays de la Communauté prendra la forme de l'entrée en franchise dans le Marché Commun des produits de ces pays, assortie d'une subvention qui sera répartie sur cinq années et servira à améliorer les méthodes de production (8,6 milliards de francs CFA) et à diversifier les cultures (2,9 milliards de francs CFA). Avec l'approbation des autres pays de la Communauté, la France a continué à soutenir les prix pendant la campagne de 1964-65 mais à un niveau moins élevé. Les prix garantis pour les arachides décortiquées ont été fixés à 45,25 francs CFA le kilo et pour l'huile d'arachide à 52,5 francs CFA le kilo, ce qui représente une réduction effective de 3 francs CFA le kilo du prix moyen pondéré des produits de l'arachide exportés vers la France. La Communauté a compensé le montant total de cette réduction sur l'allocation d'aide à la production que la Communauté consent au Sénégal. En attendant, le prix producteur est resté inchangé, le déficit étant provisoirement absorbÉ- par l'organisme d'achat et de commercialisation du Sénégal - l'OCA. 1/ 7. Il était prévu initialement que les exportations d'arachides et d'huile d'arachide devraient se faire aux prix du marché mondial à partir de la récolte 1965-66. Le Gouvernement s'est donc proposé d'aligner les prix des arachides sur le prix mondial le plus bas prévu, c'est-à-dire 46 francs CFA le kilo, pendant la période de cinq ans à laquelle s'applique la Conven- tion dont il est fait état ci-dessus et au moyen des mesures suivantes: 1. Réduction des taxes à l'exportation sur les arachides et l'huile d'arachide de 6,9 francs CFA le kilo à 4,1 francs CFA le kilo; sur la base des exportations prévues, cette mesure entralnera pour 1/ OfficL de Commercialisation Agricole ANNEXE Page 4 le Gouvernement une baisse de recettes annuelle drenviron 1 milliard de francs CFA; 2. Réduction des coÙts intérieurs pour la commercialisation, le décorticage et le transport, ramenés de 7,5 francs CFA le kilo à 5,8 francs CFA le kilo. 3. Diminution du prix versé aux producteurs de 21,7 francs CFA le kilo en 1965 à 20,1 francs CFA le kilo en 1968-69; le montant de l'aide fournie par la Cormunauté Economique Européenne que le le Gouvernement a l'intention d'utiliser pour subventionner les prix à la production est estimé à 3,8 milliards de francs CFA; 4. Augmentation de la productivité de 25% en trois ans, avec l'aide financière de la Communauté et l'aide technique de la France par l'intermédiaire de la SATEC l/ filiale de la CCCE 2/. 8. La Communauté Economique Européenne ayant tardé à formuler une poli- tique cormune d'aide aux producteurs d'huiles et graisses pour 1965-66, la France a accepté encore, à titre de mesure intérimaire, d'acheter la récolte d'arachides du Sénégal mais à un prix encore réduit, les arachides décorti- quées étant cotées a. 43,75 francs CFA le kilo contre 45,25 francs CFA le kilo pour la récolte de 1964-65. 9. Le processus d'adaptation de l'économie sénégalaise à. cette dispari- tion du marché préférentiel de la France sera grandement facilité si les prix du marché mondial restent au niveau atteint en 1965. Pendant la campagne de vente de 1964-65, les prix du marché mondial pour les arachides et l'huile d'arachide ont dépassé les prix garantis par la France. Toutefois, les expor- tations du Sénégal vers la France se font au prix garanti et non pas aux prix du marché mondial. Ptche 10. La ptche occupe depuis longtemps une place importante dans l'économie traditionnelle des grands fleuves et des régions cttières au nord du Sine-Saloum. Par ur£mécanisation assez simple et l'amélioration des circuits de distribution, la production de la ptche cttiðre a augmenté rapidement de 20.000 tonnes en 1950 à un chiffre estimé de 90.000 tonnes en 1961. Les lieux de ptche au thon le long de la cÛte du Sénégal sont exploités par des bateaux étrangers, pour la plupart français, dont la prise est mise en conserve au Sénégal et exportée vers la France. En 1963, les exportations de conserves de poisson se sont élevées à quelque 7.000 tonnes contre 3.400 tonnes on 1962 1/ Société d'Assistance Technique et de Coopération. «7/ Caisse Centrale de Coopération Economique. ANNEXE Page 5 sur une ptche totale de 98.000 tonnes. Le Gouvernement du Sénégal vient de créer une société semi-publique qui doit commencer a fonctionner en 1965-66 et qui envisage de produire de 30 à 40.000 tonnes de poisson en 1970. Cette industrie occupe déjà quelque 14.000 sénégalais et contribue pour une large part à l'approvisionnement en denrées alimentaires et à l'amélioration du régime diététique des Sénégalais. Elevage l. Il y a quelque 2 millions de bovins et 2 millions d'ovins et de caprins au Sénégal. Environ 70% des terres conviendraient à l'élevage; Mais l'élevage ne peut se développer que si l'on parvient à modifier les habitudes des pasteurs pour qui les troupeaux sont un signe de richesse et qui en freinent l'exploitation commerciale; ce développement dépendra également des mesures qui seront prises pour erptcher le surp:turage, lutter contre les maladies, créer des points d'eau et sélectionner les races. Près de la moitié des animaux abattus au Sénégal sont amenés sur pied de pays voisins. Les ventes de produits laitiers sont négligeables. Uines, Industries et Commerce 12. 1Miines. L'extraction minière a représenté 2% du PWB en 1964 et les exportations de phosphates d'aluminium et de phosphates de calcium sont entrées pour 6% dans le total des recettes d'exportation du pays. Le phosphate d'aluminium est extrait dans la région de Thiès depuis 1948 et en 1964 la production a atteint 121.000 tonnes qui sont utilisées pour la fabri- cation d'engrais. L'opération minière la plus récente et la plus importante est l'exploitation de riches gisements de phosphates de calcium à Taiba à environ 90 km. au nord-est de Jakar. La production de minerai à 82% de phosphate tricalcique a commencé en 1960. A la suite d'une réorganisation de l'exploitation et de nouveaux investissements, la production qui souffrait de conditions d'exploitation difficiles et de prix de revient élevés a augmenté de quelque 50% en 1964 et a atteint environ 677.000 tonnes cette année l, l'objectif pour 1967 étant 1,2 million de tonnes. 13. Industrie. La production de la plupart des industries manufacturières traditionnelles du Sénégal (tabac, allumettes, raffinage du sucre, farine et chaussures) destinée surtout à rerplacer les importations a tout d'abord baissé par suite de la perte des marchés limitrophes de l'ancienne Afrique Occidentale Française et ne semble pas s'être reprise. La plus grosaeindustria du Sénégal, l'extraction d'huile d'arachide, a continué à se développer et elle occupe maintenant sept sociétés qui traitent quelque 450.000 tonnes d'arachides non décortiquées, soit 55% de la production mise sur le marché. Ces dernières années, un certain nombre d'industries nouvelles ont été créées notamment une raffinerie de pétrole, une usine d'assemblage de camions, des usines de textiles, de ciment, de traitement de denrées alimentaires et de poisson; par ailleurs, on prépare la mise en route d'un certain nombre d'indus- tries adaptées aux dimensions du marché local et qui stoccuperont de la transformation des matières premières agricoles. Les exportations de produits manufacturés par le Sénégal pourraient s'accrottre beaucoup si l'on considère la capacité de production existante mais les progrès dans cette direction sont largement tributaires d'une collaboration régionale efficace. Outre les IM%EXE Page 6 limites imposées par les dimensions du marché, les investissements futurs seront, il y a tout lieu de le penser, largement fonction du succès que remportera le Gouvernement dans ses efforts pour raffermir la confiance des investisseurs privés tant âénégalais qu'Urangers. Le Gouvernement a affirmé son désir de stimuler l'investissement privé étranger et a mis au point un Code des Investissements qui assure certaines garanties et offre certains stimulants fiscaux et autres aux investisseurs, en particulier à ceux qui s'installent en dehors de Dakar. Le Gouvernement a beaucoup assoupli en 1965 les conditions d'octroi de ces stimulants qui étaient rigoureuses puisqu'il fallait notamment que l'investissement fût au moins de 100 millions de francs CFA (400.000 dollars) ou qu'il crélt des emplois nouveaux pour 100 Sénégalais au minimum. Il va sans dire d'ailleurs que c'est encore le maintien d'un climat d'affaires favorable qui contribuera le plus à attirer les inves- tissements privés. 14. La production d'électricité est tributaire des importations de combus- tibles. La puissance installée a quadruplé depuis 1953 est aujourd'hui de 70.000 Idi, dont 64.000 kl à Dakar, Les ventes ont également beaucoup augmente, passant de h3 millions de kWh en 1953 à 127 millions en 1960 et près de 200 millions en 1964. Les ventes industrielles ont monté très rapidement, de plus de 12% par an, de 1960 à 1964. 15. Commerce et Distribution. La grande expansion de la production d'arachides, pour la vente, a été suivie de ltapparition de nombreux inter- médiaires opérant à leur compte qui, une fois l'indépendance acquise, furent jugés politiquement indésirables. Pour les remplacer, le Gouvernement a créé en 1960, l'Office de Commercialisation Agricole (OCA), chargé de commercialiser les principales récoltes. L'OCA achète actuellement toute la récolte d'ara- chides soit aux coopératives soit à des acheteurs privés autorisés qui doivent tenir une comptabilité et qui perçoivent une marge fixe en rémunération de leurs services. Mais l'intention est qu'en fin de compte seules les coopératives locales soient chargées de ce commerce. Leur part dans la totalité des achats est passée de 22% en 1960/61 * 61% en 1963/64. iais pour que le pays puisse confier toute la commercialisation aux coopératives, il faut qu'il dispose d'un nombre suffisant de personnes capables de les gérer et d'en'tenir la comptabilité. C'est pourquoi la pénurie de personnel qualifié et d'autres difficultés ont freiné l'application de ce programme. 16. La concentration de llachat et de la commercialisation des arachides entre les mains de l'OCA et la création de nombreuses coopératives, en appli- cation de la politique du Gouvernement, ont amené de nombreuses maisons de commerce privées à concentrer leurs activités dans les grandes villes et à renoncer totalement à leurs opérations dans les campagnes. La distribution des marchandises importées s'en est trouvée genée, et il a fallu pour y remédier, créer en février 1965 une nouvelle entreprise, la "Société Nationale d'Approvisionnement et de Distribution au Sénégal" (SONADIS) chargée d'assurer la distribution de diverses marchandises dans les régions rurales. Cette entreprise a été constituée sur l'initiative et sous le contr8le du Gouvernement, ANNEXE Page 7 par un groupe de maisons de commerce privées, de banques commerciales et de la plupart des industries produisant pour la consommation intérieure. 17. De mtme, comme dans le cas de l'industrie, de nombreuses sociétés commerciales et le port de Dakar ont souffert de la réorientation du commerce extérieur des pays limitrophes du Sénégal; il est à craindre d'ailleurs que certaines décisions et le développement économique de la Mauritanie et du 1ali, de miâme que la réduction des dépenses de l'Etat français ne pèsent encore sur le niveau général de l'activité commerciale. 18. Les statistiques des prix ne portent en général que sur la ville de Dakar et ne peuvent guère servir à évaluer les mouvements des prix dans l'ensemble du pays. Les prix des importations ont sensiblement monté du fait des hausses de prix en France et du relèvement du taux des impCts indirects. En revanche il semble que depuis 1960 les prix des biens et services produits dans le pays mime n'aient augmenté que modérément. Pour les produits de base et autres marchandises essentielles, le Gouvernement a fixé un plafond aux marges bénéficiaires sur les prix à la production et il étudie la possibilité de développer ce système. Les salaires et traitements de l'Etat ne paraissent pas avoir été relevés depuis l'indépendance et en août 1961, le salaire horaire minimal garanti des travailleurs agricoles et non agricoles n'avait monté que de 10%. 19. Transports. Dakar, l'un des grands ports d'Afrique, reçoit en moyenne plus de 4.000 navires par an, soit environ 11 millions de tonneaux de jauge nette et manutentionne prés de 4,5 millions de tonnes de marchandises, dont la moitié environ représente l'importation et la réexportation de produits pétroliers et quelque 150.000 tonnes, le trafic de transit à destination et en provenance du Mali. Lors de 1' indépendance, le port a perdu une partie de son trafic international, mais il reste le principal port d'entrée du Sénégal, du Nali et de la Mauritanie et un important port de transit. La BIRD étudie actuellement un projet d'aménagement et de modernisation des installations portuaires dont le coût est évalué à 1,5 milliard de francs CFA. Âctuellement, les activités du port se soldent par un léger bénéfice qui en 1964 a atteint 49 millions de francs CFA, mais ne permet guère de prendre en charge le service d'une dette additionnelle. Les ports de Kaolack, St. Louis et Ziguinchor qui desservent respectivement les vallées du Saloum., du Sénégal et de la Casamance traitent chaque année au total environ 200.000 tonnes de trafic maritime et fluvial. La Gambie qui est navigable toute l'année sur quelque 160 km., pourrait devenir une voie fluviale comparable en importance au cours du Sénégal de St. Louis à Podor. 20. Le réseau ferroviaire de l'Etat, long de plus de 1.000 km et à voie unique pour la majeure partie, a également pfti du nouveau statut du Sénégal et des pays limitrophes, et notamment de l'interruption du trafic à destina- tion et en provenance du Mali d'août 1960 à juillet 1963. L'augmentation de près de 40% du tonnage des marchandises transportées pendant l'exercice 1963/64 par rapport à l'exercice 1962/63 est due à l'accroissement de la production des phosphates et à la reprise du trafic avec le Mali. Cette augmentation aurait AEQXE Page 7 mOme été plus importante, si n'étaient pas intervenus d'autres facteurs contrai- res, la médiocrité de la récolte d'arachides au Sénégal en 1962/63, les diffi- cultés d'exploitation du tronçon de la ligne au iali et les restrictions rigoureuses des importations appliquées par le Mali à cause de la pénurie de devises. Le total du trafic marchandises a atteint 277 milliors de tonnes kilomètres en 1964 /65, dont 39 millions de tonnes/Axm pour les seules ara- chides. Il est notable qu'en dépit du fait que la part des transports d'ara- chides qui se fait par rail a baissé en faveur des transports routiers, le trafic ferroviaire total a continué d'augmenter d'environ 8% chaque année, compte non tenu de la reprise du trafic avec le Mali. L'exploitation ces dernières années, s'est sol[ée par des déficits généralement comblés par des subventions ou des avances de l'Etat. En 1964/65 le déficit après paiement des frais généraux s'est élevé à 520 millions de francs CFA. 21. Les possibilités d'exploitation rentable du réseau ferroviaire existent, mais elles dépendent en partie de la rénovation et d'une bonne gestion du tronçon malien de l'ancienne ligne unique Dakar-Niger. L'IDA étudie un projet, d'un coût de 3,4 milliards de francs CFA, de rénovation et de modernisation de la partie de la ligne qui se trouve au Sénégal 1/. Si ce projet est exé- cuté et terminé en 1968, on estime que lexploitation du chemin de fer pourrait commencer à être rentable pendant l'exercice 1968/69. 22. Parce que Dakar est une capitale administrative et le centre d'une région fortement urbanisée, l'infrastructure, notamment les moyens de trans- port, est assez développée dans toute la zone qui l'entoure et c'est ce qui explique en partie ltabondance relative des routes àu Sénégal par comparaison avec nombre d'autres pays d'Afrique tropicale, encore que.le réseau reste rudimentaire dans la majeure partie du pays en dehord du triangle Dakar- St. Louis - Kaolack. Le réseau compte environ 13.000 km de routes dont 1.900 km environ de routes asphaltées et quelque 1.500 kn de routes non asphaltées mais carossables en tous temps. Le parc automobile était estimé à la fin de 1964 à plus de 45.000 vehicules dont la capacité de transport de marchandises était évaluée à 23.000 tonnes. Les transports routiers, bénéficiant d'un grand programe de construction de routes, souvent tracées parallèlement à la voie ferrée, ont fortement concurrencé les chemins de fer alors que le réseau de voies de desserte est insuffisamment développé pour assurer une augmentation régulière du trafic. Les résultats financiers du chemin de fer en ont souffert; le Gouvernement a donc mis à l'étude les mesures à prendre pour coordonner les transports par route et par rail ainsi que les principes à appliquer pour fixer les tarifs et les priorités de développement. La construction de voies de desserte devrait également contribuer à accroltre le trafic global. 23. Dakar-Yoff est un aéroport international, important point de transit du trafic intercontinental. Le nombre des voyageurs continue d'augmenter à un rythme modéré, mais le trafic marchandises reste à peu près stationnaire à environ 5.000 tonnes par an. Le Sénégal est membre d'Air-Afrique, compagnie 1/ Un projet analogue pour la partie de la ligne au Mali est également à l'étude. ANNEXE Page 9 internationale créée en 196- par 12 pays africains pour assurer leurs transports aériens internationaux. Education 2h. De la population sénégalaise tgée de plus de 14 ans, 6% seulement savent lire et écrire le Français et malgré des efforts substantiels, il nta pas été possible d'atteindre l'objectif fixé pour 1964 dans le premier Plan, à savoir la scolarisation de 50% des enfants en age d'aller à l'école primaire. En 1964, environ 35% dc la population d'ge scolaire fréquentaient l'école. 25. Dans le second Plan, le Gouvernement s'est surtout attaché au dévelop- pement de l'enseignement secondaire général afin de former des diplômés en nombre suffisant pour faire face aux besoins en personnel ayant une formation technique ou supérieure et en instituteurs. Environ un quart du total des 8,8 milliards de francs CFA alloués à l'éducation ira à l'enseignement primaire, un tiers à l'enseignement secondaire et un tiers à l'enseignement technique et supérieur. L'exécution du Plan, exigera le recrutement de 3.000 enseignants supplémentaires et une augmentation annuelle des dépenses de fonctionnement de quelque 2,6 milliards de francs CFA, soit un accroissement d'environ 50% des dépenses consacrées à l'éducation dans le budget 1964/65. EDUCATION 196h/65 Effectifs scolaires Nombre d'en- Dont assistant. (en milliers) seignants techniques Enseignement Primaire 206 4.5oo - Secondaire 21 659 467 Technique et Professionnel 6,9 316 24 Niveau universitaire 2,5 222 189 Etudiants en France 0,3 - - L'ECONO0ME DU SENEGAL Annexe Statistique Liste des Tableaux Tableau No. 1. Dette publique extérieure non remboursée (y compris les montants non utilisés) (Estimation au 31 décembre 1964) 2. Population tstimation) 3. Produit intérieir brut et utilisations 4. Epargne et investissement 5. Principaux produits agricoles 6. Ventes et exportations des arachides 7. Prix des arachides au Sénégal 8. Prix de soutien français appliqués aux produits de l'arachide 9. Programme de soutien des prix des arachides 1965-1968 10. Elevage et p1che 11. Indice de la production industrielle 12. Production industrielle: principaux produits 13. Nouvelles constructions autorisées dans la ville et les faubourgs de Dakar 14. Energie électrique 15. Trafic ferroviaire 16. Port de Dakar: trafic commercial 17. Aéroport de Dakar-Yoff: trafic commercial 18. Consommation de produits pétroliers 19. Transports routiers 20. Commerce total par pays d'origine et de destination (Estimations) 21. Exportations totales par groupes de produits (Estimations) 22. Estimations des importations totales par groupes de produits 23. Estimation de la balance des paiements 24. Finances publiques: Evolution de la situation budgétaire 25. Revenu courant de l'Etat: Prévisions budgétaires 1963-64, 1964-65 et 1965-66 26. Dépenses courantes de l'Etat: Prévisions budgétaires 1963-64, 1964-65 et 1965-66 (Analyse par fonctions) 27. Plans de développement 1961-1964 et 1965-1969 (Analyse par secteur) 28. Premier Plan de développement 1961-1964: Exécution de l'investissement public pendant les trois premières années du Plan 29. Projet de financement des Plans de développement 1961-1964 et 1965-1969 30. Financement de l'investissement public 31. Sources des investissements publics sur financement extérieur 32. Aide de la France 1947-1965 33. Prûts de la CCCE: Débours par catégorie 34. Prdts de la CCCE non remboursés au 30 juin 1964 35. Indice des prix 36. Situation monétaire 37. Bilan de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest au Sénégal 38. Bilan des banques commerciales et des organismes publics de crédit 39. Bilan de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest 40. Exportations des principaux produits (1959-1970) Tableau 1 DETTE PUBLIQUE EXTRIEURE NON REMBOURSEE (Y COMPRIS LES MONTANTS NON UTILISES) (ESTIMATION AU 31 DEC&IBRE 1964) (équivalent en milliers de dollars E.U.) Dette non remboursée 31 décembre 1964 Dette publique extérieure (total) 67.844 Obligations directes de l'Etat et des collectivités locales: 51.733 Fhission publiques d'obligations 281 Prêts et avances du Gouvernement Français 43.661 Prêts du Gouvernement de la République Fédérale Allemande 6. 250 Prêts du Gouvernement du Royaume-Uni 1.241 Prêts du Gouvernement des Etats-Unis 300 Dette des entreprises publiques et autres dettes garanties par le Sénégal 16.111 Tableau la ESTIMATION DES VERSEMETS A FECTUER AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTIEURE NON RE1BOURSEE AU 31DDECEMBRE 196ù (équivalent en milliers de dollars E.U.) Obligations directes de l'Etat Dettepubliqu extérieure (total) et des Collectivités locales Dette non rembour- Paiement (Amor- Dette non rembour- Paiement sée y compris les tissements et sée y compris les (Amortisse- montants non utili- intérêt) montants non utili- ments et sés (début de la sés (début de la intérêt) période) période) 1965 67.844 4.342 51.733 2.217 1966 64.769 4.607 50.337 2.518 1967 61.453 4.593 48.705 2.539 1968 58.860 4.465 47.001 2.635 1969 54.702 4.812 45-154 2.600 1970 50.903 4.762 43.288 2.669 1971 47.041 4.334 41.303 2.707 1972 43.498 4.119 39.229 2.921 1973 40.111 4.020 36.927 2.996 1974 36.737 3.531 34.491 2.821 1975 33.767 3.265 32.173 2.664 1976 30.989 2.937 29.955 2.524 1977 28.470 2.769 27.824 2.394 1978 26.056 2.031 25.770 1.866 1979 24.338 1.611 24.209 1.79 Sources: Ministère des Finances, Dakar et Caisse Centrale de Coopération Economique, Paris Tableau 2 POPULATION (estimation) 1/ (en milliers, au milieu de J-année) 1960 1964 Africains Non Africains Total Africains A) POFULATION TOTALE Moins de 15 ans 1.212 23 1.235 1.338 De 15 à 60 ans 1.587 37 1.624 1.752 Plus de 60 ans 172 2 174 190 Total 2.971 ~2 3.033 3.280 dont: Hommes 1.499 33 1.532 1.655 Femmes 1.472 29 1.501 1.625 B) POPULATION ACTIVE PAR SECTEJR Agriculture: Hommes 573,4 0,5 573,9 Femmes 501 9 0 1 502,0 Total .75,3 1.075,9 Autres occupations:Hommes 183,0 18,0 201,0 Femmes 34,8 5,9 40,7 Total 217,U 23,9 241,7 dont: (H & F) Peche 11,2 - 11,2 Mines et énergie 4,2 0,9 5,1 Autres industries et constructions 65,3 3,4 68,7 Transport et communicaticns 22,2 1,3 23,5 Commerce 52,4 7,5 59,9 Services et Administration 62,5 10,8 73,3 Population active: Hommes 756,4 18,5 774,9 Femmes 536,7 6,0 542,7 Total 1.293,1 25.317,6 Population non-active et non-enregistrée: Hommes 101,5 3,1 104,6 Femmes 393,4 11,9 405,3 Total 49T,9 15,0 ~¯iÕ99 l/ Les chiffres pour 1960 sont dérivés d'une enquête par sondage qui a porté sur 1/20 de la population urbaine et 1/50 de la population rurale. Pour estimer les chiffres de 1964, on est parti de l'hypothèse d'un accroissement annuel de 2,5e. En 1960, la population non-africaine comprenait environ 38.000 européens et 15.000 syriens et libanais. On ne sait pas grand chose des mouvements de la population non-africaine, les statistiques du trafic aux aéroports n'étant pas ventilées par nationalité des voyageurs. En 1963, la population non-africaine totale était estimée à environ 56.000. Source: Service de la Statistique. Tableau 3 PRODUIT ]NTERIEUR BRUT ET UTILISATIONS (en milliards de francs CFA, aux prix courants) 1/ 2/ 1959 1960 1961 1962 1963~ 1964 Froduction Agriculture 41,0 43,7 45,0 47,8 45,2 48,9 Industrie et construction 18,3 18,7 20,6 21,1 21,1 22,5 Commerce 41.,0 41,0 45,8 49,1 48,0 48,5 Transport et télécommunications 7,1 6,9 6,3 6,1 6,4 6,8 Autres services 9,1 9,5 9,5 9,5 9,5 9,5 Logement 2,9 2,9 2,9 2,9 2,9 2,9 Administration publique 12,0 12,4 12,5 16,0 16,0 16,5 Services de l'Etat français 10,9 11,1 11,4 10,2 10,2 8,6 PIB aux prix du marché 142,3 146,2 154,0 162,7 159,3 164,2 Importations 3/ Biens de consommation .. 29,5 31,3 32,1 32,8 Matières premières et demi- produits .. 7,5 7,4 7,7 8,2 Equipement 6,7 6,9 5,3 5,5 5, 5,3 Total des biens 49,1 46,3 42,3 44,2 45,2 46,3 Serviices 13 3 13 2 1251 2.o 12,5 134, 62,4 55 54,4 56,6 57,7 59,A Total des ressources 204,7 205,7 208,4 219,3 217,0 22.6 Consommation Consommation de subsistance 17,9 18,0 18,6 20,7 19,9 20,5 Consommation privée 87,7 90,1 97,5 101,4 101,7 104,9 Consommation publique 19,4 23,1 20,2 26,7 28,2 30,5 Consommation totale 125,0 131,2 136,3 148,8 149,8 156,9 Formation brute de capital fixe Privée 10,1 10,4 6,6 6,0 7,.4 Publique 5,8 4,7 8,5 9,4 9,0 .. FBCF totale 15,9 15,1 15,1 15,4 16,4 16,5 Exportations 3/ Biens ~47,7 43,2 40,0 39,2 35,6 39,5 Services 16,1 16,2 17,0 15,9 15,2 12,7 63,8 59,4 57,0 55,1 50,8 52,2 Demande totale 204,7 206,7 208,4 219,3 217,j 223,6 1/ Les chiffres pour 1963 sont provisoires. 2/ Les chiffres pour 1964 ont été estimés par la Mission. 3/ Dans les chiffres relatifs aux importations et aux exportations figure le commer- ce estimé avec les autres pays de l'Union douanière. Pour 1962 et 1963, ces esti- mations ont été révisées et un ajustement correspondant a été apporté aux chiffres de la consommation. Sources: Comptes Fconomiques 1959-62; Rapport sur la Conjoncture (1964) du Conseil Economique et Social; Estimations de la Mission Tableau 4 EPARGNE ET INVESTISSEMENT (en milliards de F.CFA, aux prix courants) 1/ l/ 1959 1960 1961 1962 1963~ 196 Epargne brute Dar origine et utilisation Epargne privée 5,2 8,3 8,0 8,3 5,5 5,0 Epargne publique 7,8 2,7 7,4 h,2 (3,h) (3,2) Epargne total 13,0 11,0 15,4 12,5 8,9 8,2 Formation brute de capital fixe 16,0 15,1 15,1 15,4 16,4 16,5 Prêts et transferts à l'étranger (nets)-3,0 -,1 *0,3 -2,9 -7,5 - 3 Investissement total 13,0 11,0 15,h 12,5 8,9 8,2 Formation brute de capital fixe, par origine Agriculture et pêcheries 0,1 0,2 0,h 0,3 0,8 Mines et énergie 6,2 6,2 1,7 1,0 3,3 Industries alimentaires 0,4 0,5 0,2 0,2 0,5 Textiles et cuir 0,2 0,1 0,1 0,2 0,3 Autres industries 0,1 0,3 0,2 0,8 0,2 Travaux publics 0,3 0,1 0,3 0,4 0,3 Transports 1,2 1,2 1,9 1,7 1,5 Commerc e 1,2 1,1 1,2 1,0 0,8 Autres services 0,6 _06 0,6 0,6 -026 . Investissement privé 10,2 10,3 6,6 6,0 8,4 Administration sénégalaise 3,5 2,5 6,9 8,h Administration française 2,3 2,2 1,6 1,1 Investissement public 5,8 4,7 8,5 9,h 8,0 Formation brute de capital fixe (total)16,0 15,1 15,1 15,4 16,4 16,5 FBCF en pourcent du PNB 11,2 10,3 9,8 9,5 10,3 10,0 Epargne en pourcent du PNB 9,1 7,5 10,0 7,7 5,6 5,0 1/ Chiffres provisoires Sources: Comptes Economiques 1959-1962; Rapport sur la Conjoncture (196h) du Conseil Economique et Social; Estimations de la Mission Tableau 5 PRINCIPAUX PRODUITS AGRIC0LES (Production,superficie cultivée,rendement moyen) Objectif Objectif du Plan du Plan 1959 1962 1963 1964 1964 1969 Arachides tonnes 000 829 894 952 1.019 1.150 1.350 ha 000 907 1.013 1.085 1.055 1.000 1.200 kg/ha 915 882 878 966 1.150 1.125 Mil et Sorgho tonnes 000 321 424 478 460 475 600 ha 000 7h1 865 959 960 790 1.000 kg/ha 433 490 498 480 600 600 Riz (paddy) tonnes 000 78 91 106 106 9h 1/ 140 ha 000 64 72 75 75 78 i/ 88 kg/ha 1.222 1.159 1.620 1.620 1.230 i/ 1.590 Manioc tonnes 000 179 157 152 156 200 250 ha o0 45 38 3h 3h 50 43 kg/ha 3.950 4.130 4.470 4.590 4.000 5.800 Légumes tonnes 000 35 33 31 30 60 50 ha 000 3 3 3 3 h h kg/ha 14 13 12 10 15 13 Coton tonnes 000 . 3:6 ha 000 .. h kg/ha .. 900 Canne à sucre tonnes 000 · 150 ha 000 3 kg/ha .. 50.000 1/ Il n'a pas été tenu compte dans les prévisions du Plan du projet Richard Toll (5.700 ha, 17.h00 tonnes de panddy produites en 1963, c.-a.-d.-3.053 kg/ha). Sources: Direction de l'Agriculture. Rapport de Synthèse 1963, PositionneMent du Plan; Deuxième Plan Quadriennal de Développement Economique et Social, 1965-1969. Tableau 6 VENTFS ET EXPORTATIONS DE ARACHIDES (milliers de tonnes) Prachides en coque Exportr- Production d'huile Eçportations Produc- Mise Trpitées p-r tion Huile Huile tion sur le par les d'arpchides Nton non raffi- Tour- Campagne totale marché huileries décortiruées rnffinée Rpffinée reffinée née teaux 19h9-50 .. 429 228 141 67 10 1550-51 342 205 96 60 10 1951-52 .. hh3 260 164 75 1 70 8 102 1952-53 .. 463 310 193 83 17 82 8 119 1û53-5 .. 551 315 187 93 18 91 h 127 1954-55 ' '8 8n 23 80 8 119 1955-56 500 539 340 17? 93 26 91 12 134 1956-57 763 713 360 284 89 33 87 15 140 1957-58 900 831 '87 346 96 38 96 16 154 1958-59 765 711 2U ?72 97 38 97 15 147 J959-6o 830 744 ho 246 105 39 105 13 169 3960-61 899 830 h? 257 106 36 106 10 179 1961-6? 995 901 453 98h 107 46 107 15 171 1962-63 894 767 470 195 103 5h 103 24 180 1963-64 952 798 525 195 113 56 118 31 184 1964-65 1/ 1. 019 2/ 875 530 218 i4 50 h/ 124 3/ 32 3/ 173 3/ 1965-66 i/ 1.050 - 880 530 ho 124 50 ~ 12h - 32 ~ 190 - 1/ Estimations provisoires. 7/ Source: Ministère de l'Agriculture. 3/ Prévisions. /! Prévisions de lp Mission Source: Ministère du CommFrce, dc l'InduFtri- ,t A 1 Artie-n-t. Tableau 7 PRIX DES ARACHIDES AU SENEGAL (non décortiquées) Prix producteur (Francs CFA/kg)l/ Production Revenu monétaire commercialisée des producteurs (en milliers (en milliards de Campagne Dakar Kaolack Ziguinchor Mayenne de tonnes) Francs CFA) 1/ 1950-51 18,55 .. .. 18,50 342 6,3 1951-52 20,00 .. .. 18,55 443 8,2 1952-53 20,50 .. .. 18,65/ 63 8,6 1953-54 21,00 20,00 19,50 19,95 551 11,0 1954-55 21,00 20,00 19,50 20,36 390 8,0 1955-56 22,00 21,25 20,5o 20,83 539 11,0 1956-57 22,00 21,25 20,5o 20,60 713 14,6 1957-58 22,00 21,25 20,5o 20,47 831 17,0 1958-59 22,00 21,25 2o,5o 2o,5o 711 l4,5 1959-60 22,75 22,00 21,25 21,5O 744 16,o 1960 -61 22, 75 22,00 21,.00 20, o 2/ 830 17,0 1961-62 22.,75 22,00 21,25 20,50 2/ 901 18,5 1962-63 22,75 22,OO 21,25 20,50 2/ 749 15,4 1963-64 22,75 22,00 21,25 20,50 2/ 798 16,4 1964-65 22,75 22,00 21,25 20,50 2/ 850 17,h 1/ Les prix producteurs cotés dans ce tableau englobent les frais de transport jusqu'au point de vente et, pour les années qui ont précédé la création de l'Office de Commercialisation Agricole, également les marges commerciales; de ce fait, le revenu monétaire des producteurs indiqué ici est supérieur à la réalité. Selon les estimations des comptes de la nation, le prix moyen effec- tivement payé au producteur était de 15 francs CFA le kg en 1956 et de 17,50 en 1959. 2/ Equivalant à 29 Francs CFA le kg d'arachides décortiquées Source : Ministère du Comrerce,de l'Industrie et de l'Artisanat. Tableau 8 PRIX DE SOUTIEN FRANCAIS APPLIQUES AUX PRODUITS DE L' ARACHIDE (Comparaison avec les prix courants du marché mondial et estimation du gain financier que valent au Sénégal ses exportations vers la France) 1962 1963 1964 1965 l/ Arachides décortiquées Prix français: Francs CFA/kg 2/ 52,50 52,50 52,50 45,25 Prix mondial:Francs CFA/kg 3F h2,5O h2,00 46,50 51,10 Différence: Francs CFA/kg lo,o00 lO,50 6,00 -5,85 Diportations vers la France(Milliers de T.) 287 197 187 200 Gain estimé (Milliards de F.CFL) *2,9 +2,1 11,1 (-1,2) Huile d'arachide h/ Prix français:Francs CFA/kg 2/ 95,o 92,50 96,50 95,60 Prix mondial:Francs CFA/kg 37 67,50 66,00 78,00 80,00 Différence: Francs CFA/kg 27,50 26,50 18,50 .15,60 Exportations vers la France(Milliers de T.) 118 108 107 125 Gain estimé (Milliards de F.CFA) -3,3 t2,9 +2,0 +2,0 Gain Total pour le Sénégal en milliards de francs CFA *6,2 i5,0 +3,1 to,8 en % des recettes d'exportation des arachides 25 25 13 en % des recettes d'exportation enregis- trées 20 18 1. en % du total(estimé)des recettes d'expor- tation 1h 1h 7 l/ Pour 1965, les prix mondiaux représentent la moyenne de onze mois et on a supposé que les exportations vers la France correspondaient aux contingents fixés qui, sur la base de renseignements partiels sur la récolte de l'année, seront vraisemblablement atteints. 2/ C.A.F. port français. 3/ Nigéria, C.A.F. ports britanniques. h/ Comprend l'huile brute et l'huile raffinée, exprimées en équivalent d'huile brute. Source: Estimations de la mission. Tableau 9 PROGRAMME DE SOUTIEN DES PRIX DES ARACHIDES 1965-1968 1/ Prix d'objectif Prix de vente Subvention par Montant de la Arachides vendues Prix produc- Revenu total arachides décor- arachides décor- kg. arachides subvention CEE (Milliers de T.) teurs ara- des produc- tiquées c.a.f. tiquées c.a.f. décortiquées pour le soutien décor- non chides non- teurs(mil- port français port français (F.CFA) des prix (mil- tiques decor- décortiquées2/liards de Campagne (F.CFA/kg) (F.CFA/kg) lions de F.CFA) tiquées (F.CFA/kg) - F.CFA) 1964-65 52,50 49,50 3,00 1.643 548 782 21.689 17,0 1965-66 49,50 47,50 2,00 1.170 586 835 21.689 18,1 1966-67 48,50 47,00 1,50 951 634 906 21.689 19,7 1967-68 46,514 46,50 0,01i 10 693 990 20.299 20,1 1968-69 46,00 46,00 0,00 - 767 1.096 20.080 22,0 1/ Mème si l'on tient compte d'une prime de qualité de 3 à 5% sur les prix des exportations du Sénégal c.a.f. port français, le prixc'aWeoUf de 46 francs CFA le kg pour 1968-69 semble être supérieur d'environ 10% aux prévisions actuelles des prix mondiaux pour cette année là. 2/ Pendant les trois preières années, le Gouvernement pense maintenir le prix producteur et compenser la réduction du prix à l'exportation par (i) une réduction des frais de transport et de commercialisation qui tomberont de 7,525 à 5,825 francs CFA le kg d'arachides décortiquées et (ii) une réduction des taxes à l'emportation qui tomberont de 6,889 à 4,089 francs CFA le kg d'arachides décortiquées. Source: Communauté Ebonomique Iropéenne Tableau 10 ELEVAGE ET PECHE 1959 1960 1961 1962 1963 1964 A. Effectif du cheptel (en milliers) Bovins 1.602 1.746 1.960 1.816 1.918 2.052 Ovins et caprins 1.027 1.023 1.284 1.416 1.53h l.99h Chevaux 98 77 9h 107 113 124 Anes 78 55 65 81 8h 92 Chameaux h 3 3 9 27 30 Porcins 21 20 31 37 h 77 Volaille (en millions) 21 20 31 29 B.Abattages enregistrés (en milliers) Bovins 9h 103 110 110 118 116 Ovins 45 h5 51 53 67 78 Caprins 36 46 h1 9 57 47 C. Production de la pêche maritime (en milliers de tonnes) Pêche côtière 63,0 80,0 87,7 87,6 81,h Pêche au thon 9,9 13,9 12,1 11,1 10,h Pêche hauturière 0,3 3,3 5,0 h,0 5,9 Total 73,2 97,2 104,8 102,7 97,7 (valeur en millions FCFA) Pêche côtière 1.242 1.570 2.2h7 2.207 2.262 Pêche au thon 454 637 596 658 572 Pêche hauturière 50 115 175 16h 345 Total 176 2.322 3.018 3.029 3.179 D.Poisson traité sur place (milliers de tonnes) Traitement industriel h.7 7,9 7,6 9,7 8,8 8,1 Traitement traditionnel 9,5 10,0 _90 10,1 8,4 9,0 Total 14,2 17,9 16,6 19,8 17,2 17,1 Source: Service de la Statistique Tableau 11 INDICE DE LA PRODUCTION INDUSTRIELLE (construction non comprise) (1959 = 100 ) 1960 1961 1962 1963 196 1964 1965 Janv.- Janv.- Sept. Sept. Fnergie 122 lhh 163 166 187 182 187 Mines 167 396 477 439 549 528 657 Matériaux de construction 99 106 107 111 117 118 111 Produits chimiques 106 101 10h 116 109 107 11h Tabac et allumettes 96 9h 116 92 86 86 96 Huile comestible 102 109 107 111 122 145 1h6 Blé, Farine 101 107 112 108 102 10h 95 Sucre, confiserie,boissons 96 113 131 lh3 141 193 106 Conserves 169 163 203 225 173 143 131 Textiles 113 125 122 135 134 131 143 Chaussure 132 160 128 188 159 161 127 Divers 320 324 223 148 185 213 161 Indice Général 117 130 132 131 139 147 1h8 Source: Service de la Statistique. Tableau 12 PRODUCTION INDUSTRILLE: PRINCIPAUI PRODUITS Industries Quantités 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1964 1965 9 mois Produits miniers Phosphate de chaux 1000 T. .. 93 407 497 464 677 477 633 Phosphate d'alumine brut 1000 T. 95 105 140 141 126 121 Phosphate d'alumine déshydraté 1000 T. 16 24 31 41 18 32 Minerai de titane 1000 T. 39 32 23 26 16 2 ô moir Sol 1000 T. 69 50 43 48 60 56 40 31 Produits alimentaires & boissons Huile d'arachide 10 moir, brute 2 1000 T. 99 106 117 107 105 115 77 83 Huile d'arachide raffinée y 1000 T. 36 38 36 46 53 57 39 39 Bière 1000 hi. 103 83 89 97 109 10. Textiles 8 mois Filés de coton 1000 T. 360 359 450 602 646 360 258 175 Tissus de coton 1000 T. 967 1,211 1,238 1,124 1,178 1,213 801 682 Couvertures de coton 1000 T. 209 272 282 274 258 245 170 164 Divers 9 mois Ciment 1000 T. 171 168 182 183 190 205 155 iL7 Allumettes milliOs de bPtte-133 85 107 81 75 67 2/ Résultats indiqués par campagne. Source: Service de la Statistique - Bulletin Statistique et Economique Mensuel. Tnblepu 13 NOUVTL 3 CONSTRUCTIONS pUTORISEFS- DANS LtA VILLE ET LES FAUBOUPY D T3 DAKAR 1959 1960 1961 196P 1963 1964 196h 1965 (8Mois) (8 mi) Nombre d'autorisations de bâtir (constructions nouvelles) 648 793 572 708 740 809 495 407 Suzerficie en riliers de M2) Construction publioue 8 22 32 33 (6) (2) 0,8 2,9 logeente hO 8 7 20 .O,6 O,4 - autres constructions 8 1h 5 13 6 0,9 0, 2,9 Construction privée l/ 122 119 155 123 137 145 96 44 logements 95 98 138 98 129 127 86 37 Autres constructions 27 21 17 25 8 18 10 7 Tot,l 170 141 187 156 1h3 145 96 47 logem-nts 135 106 165 118 129 128 86 37 Putre s onFtructionýý 35 35 22 38 14 19 10 10 1/ Y compris les sociétés publiques (s.I.C.A.P.) Sources Service de la Statistique (Bulirtin menmuel) Tableau 14 EMERGIE ELECTRIQUE A) Puissance installée et production en 1964 Combus- Production Sociétés de distribution tible Puissance brute Nombre et centrales utilisé installée d'énergie d'abonnés KW 000 KWH E.E.0.A. Dakar Bel-Air Mazout 63.276 193.000) St.Louis Huile Diesel 1.200 3.000) 68.5h9 Kaolack Gas oil 1.100 700) S.E.I.C. Ziguinchor Mazout et 2.850 1.480 1.316 coques d'ara- chides S.E.I.B. Diourbel Diesel oil 1.570 671 1.310 S.E.I.T. Tambacounda Diesel oil 275 248 370 70.271 199.099 71.545 B. Consommation par utilisations (en millions de kWh) Eiergie Autres usages Basse Haute Année Bolairage ménagers tension tension Total 195h 1/ 10,6 6,5 h,6 31,h 53,1 1958 16,1 13,3 8,h 56,5 9h,3 1959 18,4 14,6 9,6 63,2 105,8 1960 19,7 16,1 9,9 81,3 127,0 1961 2/ 21,5 18,5 10,8 100,7 151,5 1962 ~ 23,4 20,2 11,6 116,9 172,1 1963 25,6 22,9 12,8 114,2 175,5 1964 26,7 25,7 13,7 130,6 196,6 1964(8 mois) 17,5 1h,h 8,3 85,2 125,3 1965(8 mois) 18,2 lh,9 7,7 89,6 130,h l/ Non compris Ziguinchor 2/ Non compris Tambacounda Source: Service de la Statistique. Tableau 15 TRAFIC FERROVIAIRE Trafic Marchandises Trafic Voyageurs Total Arachides Tonnes Tonnes/Km Tonnes Tonnes/Km Voyageurs Voyageurs/i (millions) (millions) (millions) (millions) (millions) (millions) 1950 542,3 255,5 219,0 58,6 2,13 226,9 1951 628,p 322,3 l45,o 54,4 2,53 261,9 1952 647,7 300,1 208,7 87,4 2,59 261,4 1953 605,7 272,6 227,7 77,2 2,77 25,0 1954 647,9 288,o 218,0 67,1 3,25 277,2 1955 728,4 338,5 208,0 80,3 3,27 275,3 1956 718,0 349,4 240,0 101,5 2,98 249,o 1957 789,7 368,4 265,A 87,5 3,27 266,2 1958 851,1 381,3 314,0 102,7 3,42 313,9 1959 774,2 362,1 276,5 85,4 3,14 298,2 1960 601,2 271,4 .. .. 3,09 275,6 1961 891,4 137,2 254,4 37,4 2,66 195,4 1962 886,3 141,8 .. 3,77 284,0 1963 1.065,0 172,6 25,1 46,8 3,85 290,7 1964 1.408,3 245,6 286,9 57,6 3,26 284,1 1964(Jan-loùt) 925,8 115,2 240,6 38,6 2,4o 200,1 1965(Jan-Aott) 942,8 115,8 194,1 36,6 2,43 208,0 l/ Jusqù'au 20 août, les chiffres du 1960 portcnt sur l'ensemble du réseau Dakar-iger, y compris la ligne du Mali Source: Rapport Sofrerail et Service de la Statistique. Tableau 16 PORT DE DAKAR: TRAFIC COMMERCIAL 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 Entrées de navires Nombre de navires(milliers) 3,8 3,8 4,2 1/ 4,9 2/ 4,1 4,0 4,0 h,0 4,3 4,1 4,2 4,3 Tonnage net(millions de tonnes) 9,2 9,8 11,8 ~/ 15,2 2/ 10,0 9,9 10,5 10,2 11,0 11,0 11,6 U,7 Passagers (milliers) Arrivées .. 2h,9 23,8 29,0 28,2 28,h 25,3 27,1 25,3 27,2 24,2 19,2 Départs .. 22,1 24,3 26,7 34,4 35,6 33,9 34,2 35,0 35,0 36,7 23,7 Marchandises (millions de tonnes) Arrivées: Fret 0.6 0,6 0,6 0,7 0,7 0,8 0,7 0,8 0,8 0,9 0,9 0,9 Produits pétroliers 1,2 1,h 1,6 2 1 1,5 _1.3 1,h 1,3 1,h 1,2 1,0 09 Total 1,9 2,0 2,2 2, 2,2 2,1 2,2 2,1 2,2 2,1 1,9 , Départs: Produits de l'arachide 3/ 0,2 0,2 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0.3 0,3 0,h 0,4 Phosphates 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,2 0,h 0,h 0,5 0,8 1,0 Autre fret 0,1 0,2 0,2 0,2 _Oe2 0,2 0,2 0,3 0,2 0,2 0,2 0»i Total, non compris les produits pétroliers 0,3 0,h 0,5 0,6 0,6 0,6 0,7 1,0 1,0 1,0 ,h l,5 Produits pétroliers 1,1 0,1 1,3 1,7 1,1 1,0 1,1 1,0 140 1,0 (1,0) _09 Total 1 5 1,5 1,8 2,3 1,7 1,6 1,8 2,0 2,0 2,0 (2,4) 2, 1/ Dont 456 navires (2,2 millions de tonnes) déroutés de Suez / Dont 990 navires (5,5 millions de tonnes) déroutés de Suez 3/ Arachides, huile d'arachide et tourteaux Tableau 17 ALRPORT DE DAKAR-YOFF:TRAFIC COIIELi"IAL 1964 1965 15_ 1956 1957 1958 _99 1960 1961 1962 1963 1964 mois 9 mois Avions (arrivées et départs, en milliers) 7,6 8,h 9,3 9,0 9,6 10,7 10,5 11,2 10,8 8,2 6,2 5,8 Passagers 1/ Arrivées Tmilliers) 41,8 45,6 51,5 57,8 54,4 60,3 69,6 70,3 67,5 61,7 43,6 47,5 Départs (milliers) 41,4 46,8 51,h 57,0 57,5 61,4 73,8 65,7 69,4 70,0 51,4 49,8 Fret 1/ Arrivees (tonnes) 1.158 1,174 1.053 1.163 1.489 3.158 2.873 1.571 1.725 1.751 1.265 1.230 Departs (tonnes) 1.315 1.568 1.545 1.390 1.516 3..196 3.210 2.551 2.416 2.910 2.058 2.360 Courrier 1/ Arriv6ès et départs (tonnes) 412 470 602 749 687 - - 713 777 789 579 532 1/ Transit non compris Sources: Bulletin Statistique Outre-Mer, Bulletin Statistique et Economique du Séndgal. Tableau 18 CONSOMATION DE PRODUITS PETROLIERS Unité 1960 1961 1962 1963 1964 Pétrole Milliers de M3 13,4 11,8 13,0 13,0 12,2 Essence " 87,5 91,2 92,8 95,8 95,2 Gaz oil 29,3 28,7 26,2 28,9 33,9 Huile Diesel Milliers de 22,0 15,5 16,1 22,2 26,7 Mazout tonnes 93,6 102,3 111,8 113,7 126,3 Gaz liquéfié " 2,1 1,I 1,h 2,3 2,1 Source: Situation Economique du Sénégal, 1964. Service de la Statistique. Tableau 19 TRANSPORTS ROUTIERS 1/ Nombre de véhicules à moteur immatriculés (mois de janvier) 1962 1963 1964 1965 Automobiles 21.331 23,286 24.973 26.802 Autobus 2.067 2.167 2.257 2.376 Camions et camionnettes 13.029 13.825 14.421 15.107 Véhicules spéciaux 551 573 604 637 Tracteurs routiers 268 295 353 364 Total 37.2h6 ho.lh6 42.608 45.286 1/ Nombre estimé à partir d'un recensement de 1960, auquel ont été ajoutées les nouvelles immatriculations et d'où ont été soustraites les exportations et les destructions connues. Source: Situation économique du Sénégal, 1964. Service de la Statistique. Tableau 20 COMMERCE TOTAL PAR PAYS D'ORIGINE ET DE DESTINATION (ESTIIATIONA) (en milliards de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 1/ 1964 1/ EXPORTATIONS (f.o.b.) 1ali 11,8 5,9 - - - 3/ - 3/ Mauritanie 3,6 3,7 3,7 3,7 3,7 (3,8T Autres membres de l'Union douanière 3,4 3,0 3,8 3,1 2,9 (3,0) Autres pays de la zone franc 24,2 25,8 26,1 28,1 24,5 25,4 C.E.E. (France non comprise) .. 2,0 0,8 1,0 1,2 Zone sterling 0,7 0,9 1,0 0,3 0,4 1,3 Zone dollar 0,1 0,1 0,1 0,1 0,2 0,4 Autres pays 1,6 1,7 1,5 1,5 1,1 (2,4) Marges bénéficiaires sur les produits pétroliers 2,3 2,1 1,8 1,8 1,8 (1,8) TOTAL I47,7 3,2 40,0 357 3,6 39~ IMPORTATIONS (c.a.f.) Mali 2,8 1,2· - - - 3/ - 3/ Mauritanie 1,4 1,7 1,1 1,2 1,2~ 1,2~ Autres membres de l'Union douanière 0,9 1,6 3,0 2,5 2,0 2,0 Autres pays de la zone franc 33,1 32,1 28,7 29,4 31,0 31,1 C.E.E. (France non comprise) .. .. 3,7 3,7 4,4 4,9 Zone sterling 1,3 1,3 1,6 2,2 1,7 2,1 Zone dollar 2,4 2,1 1,3 2,7 2,7 2,6 Autres pays 7,2 6,3 2,9 2 5 2 2 2,4 TCT IL 49,1 1673f~j 4, 2 5, 6~3 BALANCE Mali +9,0 +4,7 - - - 3/ - 3/ fauritani e +2,2 +2,0 +2,6 +2,5 +2,5 +2,6 Autres membres de l'Union douanière +2,5 +1,4 +0,8 +0,6 +0,9 (+1,0) Autres pays de la zone franc -9,9 -6,3 -2,6 -1,3 -6,5 -5,7 C.E.E. (France non comprise) .. .. -1,7 -2,9 -3,4 -3,7 Zone sterling -0,6 -0,4 -0,6 -1,9 -1,3 -0,8 Zone dollar -2,3 -2,0 -1,2 -2,6 -2,5 -2,2 Autres pays -5,6 -4,6 -1,4 -1,2 -1,1 Iarges bénéficiaires sur les produits pétroliers +2,3 +2,1 +1,8 +1,8 +1,8 (+1,8) TOTAL ~1~ -3,1 -2,3 ~5~- -9 ~6~6 1/ Chiffres provisoires; 2/ C8te d'Ivoire, Dahomey, Haute Volta et Niger. «/ Compris dans "autres pays de la zone franc". Source: Comptes économiques 1959-62 et Situation économique 1963: dans l'étude sur les Comptes de la Nation, le commerce avec le Mali et les membres de l'Union douanière ouest africaine a été estimé sur la base des statistiques des nouvements de marchandises et d'autres renseignements fournis par la Chambre de commerce de Dakar. Les chiffres pour 1962-1964 ont été révisés pour tenir compte d'importation de blé et de riz non enregistrées, etc. Tableau 21 EXPORTATIONS TOTALES PAR GROUPES DE PRODUITS (Estimations en milliards de francs CFA) i959 1960 1961 1962 1963 1/ 1964 1/ Produits de l'agriculture 11,00 11 55 12 15 12,35 9 33 (9 80) dont: arachides 1 ll,E? 11,77 e7 (9,1 Denrées alimentaires 11 29 9,98 9,15 9 20 10,h0 10,30 dont: farine 1 1 1,97 1,80 (1,60) (1,50) huile d'arachide raffinée 1,63 1,31 1,04 1,59 2,53 2,66 sucre 2,12 1,77 0,77 0,78 (0,80) 0,75 tourteaux d'arachides 2,h7 2,40 2,67 2,h2 2,11 2,66 conserves de poisson 0,96 1,10 1,75 1,20 Energie(marges bénéficiaires sur les huiles lourdes et autres produits pétroliers 2,27 2,07 1,80 1 8h 1,80 réexportés) - 800 Matières premières et pro- duits de base 2,02 1,93 2,35 1,99 1,85 2,80 dont:Phosphates de calcium - 0,20 1,03 1,15 1,15 2,15 Phosphates d'alumine 0,19 0,27 0,25 0,20 0,14 0,22 minerai de titane 0,13 0,20 0,14 0,14 0,09 - Total produits minéraux 0,32 0,67 1,42 1,49 1,38 2,37 Produits des industries mécani- ques et électriques 3,90 2,84 1,38 1,24 1,35 (1_40) Textiles et cuir 5,20 3,53 1,87 1,85 (1,75) (1,90) Autres Produits industriels 12,00 11,26 11 27 10 52 (7,85) (10 ho) dont:huile d'arachide brute 9,12 9,72 10, 7,10 9, tabac, allumettes 0,86 0,74 0,65 (0,60) (0,60) Indéterminées - - - 0,63 1,28 1,10 .xportations totales h7,68 h3,16 39,97 39,20 35,6O 39,50 1/ Chiffres provisoires Sources: Ministère du Plan et Service de la Statistique Tableau 22 ESTIMATIONS DES IMPORTATIONS TOTALES PAR GROUPES DE PRODUITS (en milliards de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 l/ 1964 1/ Produits agricoles et denrées alimentaires,dont: 199 17,2 155 l7h 2/ 18 1 2/ (19,0) riz 3,7 2,0 2,7 7,92/ 4,5 _/ ~i9 produits laitiers 1,0 1,0 0,9 0,9 1,2 1,1 produits de confiserie 3,3 3,2 2,5 2,3 2,6 3,5 ]hergie 1,6 2,0 2,1 2,0 Matières premières et produits de base, dont: 3,8 3,7 4,2 3,8 (3,6) (3 7) fibres textiles 07 0 0,7 0,7 (0,7) T ) Métaux 1,5 1,7 1,7 1,9 1,7 1,7 Produits des industries mécani- ques et électriques 10,0 9,6 8,5 8,3 (8,8) (8,9) Textiles et Cuir 914 9,4 8,1 8,2 8,1 8,1 Autres Produits Industriels 4,9 h,8 h,3 4, 4,2 4,6 Importations totales 49,1 h6,3 h2,3 4h,2 45,2 46,3 dont: Biens de consommation 29,5 31,0 31,8 (32,h) matières premières et demi-produits 7,5 7,7 8,0 (8,h) biens d'équipement 5,3 5,5 5,h (5,5) l/ Chiffres provisoires 2/ Chiffres revisés, campte tenu d'importations non enregistrées de riz et de blé Source: Ministère du Plan et Service de la Statistique Tableau 23 ESTIMATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS (en milliards de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 A. Marchandises et Services Marchandises: Exportations (f.o.b.) Ct. h7,7 h3,2 h0,0 39,2 35,6 39,5 Importations (c.a.f.) Dt. 49e h6,3 h2j3 h4,2 h5,2 h6,3 Solde de la balance commerciale -1,h -3,1 -2,3 -5,0 -9,6 -6,8 Transiports Ct. 2,0 2,0 1,8 1,7 1,9 1,9 Dt. 2,5 2,5 2,6 2,9 3,0 3,3 Net -0,5 -0,5 -0,8 -1,2 -1,1 -1,h Dépenses de voyage Ct. 0,9 1,0 1,2 1,1 1,2 1,2 Dt. 6,0 6,5 6,8 7,1 7,1 7,3 Net -5,1 -5,5 -5,6 -6,0 -5,9 -6,1 Revenus des investissements Ct. .. .. .. O,h 0,h 0,3 Dt. h,o h,0 2,0 2,0 1,5 2,0 Net -h,0 -4,0 -2,0 -1,6 -1,1 -1,7 Services de l'Etat Ct. 13,2 13,2 l4,0 13,1 12,1 9,6 Dt. h,8 h,2 2,7 2,h 2,h 2,5 Net +8,h *9,0 *11,3 +10,7 ï9,7 î7,1 Total des Services Ct. 16,1 16,2 17,0 16,3 15,6 13,0 Dt. 17,3 17,2 lh,1 l4,h 14,0 15,1 Net -1,2 -1,0 +2,9 +1,9 i1,6 -2,1 Solde net des marchandises et Services -2,6 -h,1 ÷0,6 -3,1 -8,0 -8,9 B. Paiements de transfert Montant net des transferts courants privés Dt. -3,0 -3,0 -3,0 -3,0 -3,0 -3,0 Transferts courants de l'Etat Ct. *2,6 -3,0 +2,7 t3,2 t3,5 3,6 Sclde net des transferts -0,h 0,0 -0,3 +0,2 +0,5 t0,6 Solde du compte courant -3,0 -4,1 -0,3 -2,9 -7,5 -8,3 C.Compte capital, net Dons officiels pour l'investisse- Ct. 2,3 3,0 2,h 3,0 2,1 2,9 ment Dépenses civiles françaises Ct. 1,9 1,5 0,7 0,3 .. . Prêts Ct. .. .. 1,2 1,8 2,1 2,6 Total Ct. h,2 h,5 h,3 , h,2 5,5 Remboursement de la dette Dt. .. .. -0,9 -1,0 -1,0 -1,0 Organisations internationales Dt. - - - -0,3 -0,h - Entrées nettes de capital public +h,2 -h,5 +3,h i3,8 +2,8 fh,5 Divers, erreurs et omissions .. e. .. -0,1 +0,1 i1,2 D. Mouvement net des avoirs extérieurs (augmentation -) .. .. .. -0,8 ïh,6 î2,6 Tableau 2h FINANCES PUBLIQUES EVOLUTION DE LA SITUATION BUDGETAIRE (en milliards de Francs CFA) 1961/62 1962/63 1963/64- 1964/65 1965/66 18 mois Première Réali- Pré- Réali- Pré- Réali- Pre- Réalisations Estimation sations visions sations visions sations visions BUDGET DE FONlTIONNEMfNT Recettes Impt-sur le revenu h,o 5,2 h,9 5,6 5,2 6,o 5,7 Autres impôts directs 1 2 1,1 1,1 1,1 1,2 1,2 1,2 1,1 Total des impots directs ~~27, ~96"i ~63 ~6; =1 ~IZ -, ¯ Taxes sur les importations 8,h 5,7 5,8 5,6 5,1 h,8 .. 4.6 Taxes sur l'exportation h,1 2,3 2,7 2,0 2,1 2,2 .. 1,7 Autres impots indirects 20 8 15,3 16,2 16,2 17,0 17,9 .. 18,4 Total des impots indirects 3, 7T~ MF,u 2 M 'Z7l 2-1i7 U77 W;7 Redevances et droits 1,3 0,8 1,1 1,0 loi 1,0 1,0 1,0 Revenu des biens 1,5 5,h 1.7 1,6 1,3 0,9 0,9 10 Contributions et remboursements, etc. 1,5 1, 0,8 1,1 o,5 0,7 1 _0, Recettes courantes 44,8 33,1 34,5 33,4 33,9 33,9 36,7 34,0 DtMnses Dte de l'Etat 0,5 0,9 1,0 1,1 0,9 1,2 1,0 1,1 Traitements et salaires 17 , 14,5 14,o 15,0 14,1 16,0 15,A 15, Matériel 8,0 6,1 6,2 6,2 8,0 6,7 7,9 6,A Entretien 7,8 2,2 2,2 2,2 2,ß 1,8 7,9 1,7 Divers ,6_,8 6 7 6,2 8,3 8,2 9,_ Dépenses courantes 38,9 30,5 29,9 31,5 31,8 34,0 32,5 3h,o Solde du compte courant +5,8 +2,6 +4,7 +1,9 +2,1 -o,1 4,2 - BUDGET D'EQUIPEMENT Recettes Transfert du budget courant 5,8 2,6 4,7 1,9 2,1 - 1,2 - Emprunts nationaux - - - - 4,o - 0,2 - PrOts extérieurs 1/ -4,o 0,,5 n,6 - n,8 1,i 6,7 Dons extérieurs 1/ 1,1 0,2 o,6 - 0,2 - 6,7 Prélèvement sur les fonds de réserwl,4 2,0 0,1 - - 0,,9 - 3,0 - Recettes de capital 7.,2 ~,F¯S ~-3 lu -7.0 I- Fz 7 Dépenses 7,2 Y,ô 5.5 14,2 7,0 12,0 8,5 6,7 - 1/ Le budget ne comprend pas toute l'assistance financière étrangère au titre des investissements. 3ource: Ministère des Finances Tableau 25 REVANJ COURANT DE L' ETAT PREVISIONS BUDGETAIRES 1963-6P, 1964-65 ET 1965-66 1963-1964 1- 1964-1965 1 1965-1966 Million Million Million F.CF.A % F.CFA % F.CFA % Impôts directs 6.156 18 3 6.h20 18,9 6.872 20,2 Imp6ts sur le revenu(effectif) 3.955 ~~1,' U.18 12,3 4.615 13,6 Impôt sur le revenu (divers) 1.081 3,2 1.063 3,1 1.121 3,3 Impôts fonciers 520 1,5 570 1,7 576 1,7 Impôts sur les biens immobiliers 160 0,5 160 0,5 160 o,5 Brevets et patentes 420 1,3 422 1,3 380 1,1 Divers 20 - 20 20 Impôts indirects 23.903 70 9 2h.855 73,3 24.60h 72,4 Droits à l'importation et assimilés 15.684 4~2-5 15.568 U5,9 15.87 4~5~5 Taxes d'exportation 3.173 9,h 3.h23 10,1 2.949 8,7 Impôts indirects sur la consommation 3.296 9,8 h.o1h 11,8 3.758 11,1 Impôt sur le chiffre d'affaires et 1.750 5,2 1.850 5,5 2.4lo 7.1 la production Droits d'enregistrement,droits de timbre et autres redevances 973 2 8 1.014 3,0 967 2 8 Droits d'enregistrement 4777 1 539 1~ Z79 -1, Droits de timbre 470 1,h h55 1,h 153 1,3 Redevances 26 - 20 - 25 - Revenu des biens publics 265 O,9 255 0,8 283 0,8 Revenu des biens fonciers ]E3 0,4 133 01 ,- Revenu des forêts 56 - 56 - 57 0,2 Revenu des mines 18 - 18 - 23 - Loyers 26 - 26 - 25 - Revenu des biens mobiliers 22 - 22 - 22 - Revenu des activités industrielles et autres 1.205 3 5 940 2 7 965 2,8 Revenu de l'industrie 206 0,6 ~ 0, Revenu des services 523 1,5 h57 1,3 478 1,4 Divers 476 1,h 197 0,9 301 0,9 Contributions,participations et dons 979 2,9 366 1 1 231 0,6 de gouvernements étrangers 152 - 1,e2 0,Z 17 0,1 de sources locales 785 2,3 180 0,5 154 0,h de sociétés de droit public 18 - 10,5 - 7 - de sociétés en nom personnel 24 - 23,5 - 23 - Remboursements 243 0,7 52 0,2 53 _,2 de prêts U - 5; - ~ 0,2 d'avances 202 0,6 - - - Total du revenu courant 33.724 100 33.902 100 33.975 100 1/ Prévisions revisées; 2/ Prévisions initiales; Source: BCAO, Dakar Tableau 26 DEPENSES COURANTES DE L' ETAT PREVISIONS EUDGETAIRES,1963-6h, 196h-65 ET 1965-66 (ANALYSE PAR FONCTIONS) 1963-1964 1964-1965 1965-1966 Million Million Million F. CFA % F.CFA % F. CFA % Dette publique 1.094,0 3,1 1.226 , 3,6 1.780,1 5,2 Dette publique 943,7 2,7 1.85 0 3,2 1.119,0 3,2 Pensions et retraites 150,3 0,h 142,4 o,h 661,0 1,9 Institutions_politiques 982,1 2,8 978,0 2,9 1.061,7 3,1 Présidence de la République 306, 0,9 301,5 0,9 385,0 1~ Assemblée Nationale 620,5 1,8 620,5 1,8 620,5 1,8 Conseil économique et social 55,o 0,2 56,0 0,2 56,0 - Gouvernement 12.416,3 3,8 12.889,2 37 8 12.706 3 37 3 Services de la Présidence 2.663, 7,7 2 7, Affaires Etrangères 804,7 2,3 924,0 2,7 926,5 2,7 Défense Nationale 3.699,8 10,7 3.908,2 11,5 3.663,7 10,7 Intérieur 2.607,7 7,5 2.800,9 8,2 2.726,8 8,o Justice 486,4 1,h h85,8 1,4 46h,4 1,3 Travail et Fonction publique 143,8 0,h 14,9 0,h 131,5 Finances 2.010,1 5,8 2.098,5 6,2 2.109,0 6-2 Information et tourisme 521,9 1,5 Services Economiques 5.317 2 15,3 5.475,8 16,1 5.224,3 16,0 Plan et développement 463,6 1,3 -5714 ~1,7 513,2 1,5 Commerce,industrie et artisanat 282,9 0,8 285,0 O,8 273,7 1,0 Economie rurale 1.598,8 h,6 1.614,9 4,8 1.601,3 4,7 Travaux publics 2.716,0 7,8 2.746,2 8,1 2.578,2 7,5 Eriergie et ressources hydrauliques 255,9 0,7 258,3 0,7 257,8 _ Services Sociaux 7,881,5 22,7 8389,4 24.8 8.460,9 24,9 Education générale 3.559,0 10,2 3.76~ I ~~~10,9 12,0 &iseignement Technique 1.109,h 3,2 1.136,5 3,h 1.127,9 3,3 Jeunesse, Sports, Education populaire 172,3 0,5 206,0 0,6 209,2 1,0 Santé 3.OhO,8 8,8 3.090,7 9,1 3.018,9 8,8 Dépenses Communes 7.O53,9 20 3 5.016 l 14,8 h.741,7 13,9 Dépenses courantes 1.221,0 3, -867,0 2,6 838,6 -2, Transferts 3.165,7 9,1 3.133,1 9,2 2.852,1 8,3 Divers 2.667,2 7,7 1.016,0 3,0 1.o5l,O 3,0 Total des dépenses courantes 3h.745,o 100,0 33,975,O 10O,0 33.975,0 100,0 1/ Prévisions révisées 7/ Prévisions initiales Source: BiAO, Dakar Tableau 27 PLANS DE DEVELOPPEMENT 1961-1964 Er 1965-1969 ANALYSE PAR SECTEUR (en mdlliards de Francs CFA) ler Plan 1961-1964 2ème Plan 1965-1969 Invet. public Invest. priv Total Invest. public Invest. privi Total % Init. Rev. Init. Rev. Inît. Rev. 7. Infrastructure Routes 11,3 n,7 - - 1,3 1,7 12,0 7,8 - 7,8 6,6 Chemins de fer 2,2 3,1 - - 2,2 3,1 3,2 4,3 - 4,3 3,6 Ports et voies fluviales 1,2 1,4 - - 1,2 1,4 1,4 2,6 - 2,6 2,2 Aéroports 1,1 0,9 - - 1,1 O,9 0,9 0,7 - 0,7 0,6 Télécomunications 1,5 1,5 - - 1,5 1,5 1,5 2,2 - 2,2 1,6 Total 17,2 18,6 - - 17,2 18,6 19,1 17,6 - 17,6 14,8 Secteur agricole Agriculture 5,9 9,7 o,4 - 6,3 9,7 10,0 13,9 - 13,9 11,7 Elevage 1,8 2,6 - - 1,8 2,6 2,7 3,9 - 3,9 3,3 Poche 0,5 O,9 2,4 0,2 2,9 1,1 1,1 3,7 0,2 3,9 3,3 Forets 0,3 o,h - - 0,3 0,4 0,4 0,8 - 0,8 0,7 Coopératives 1,0 1,6 - - 1,1 1,6 1,6 1,2 0,6 1,8 1,5 Total 9,5 15,2 2,8 0,2 12,4 15,4 15,9 23,5 0,8 24,3 20,5 Industrie et commerce Comerce et transports 0,7 7,0 5,0 7,0 5,7 5,9 2,1 6,3 8,h 7,2 Industrie 2,0 1,7 25,0 19,8 27,0 21,5 22,1) Mines et prospection pétrolière 1,0 0,7 5,0 3,h 6,0 h, k,) 1,0 21,3 22,3 18,7 Artisanat o,4 0,4 - - 0, 4 , 0, .. .. Tourisme 0,1 0,2 o,h 0,3 0,5 o,5 ,5 0,2 - 0,2 0,2 Ressources hydrauliques - - - - - - - 2,6 6,1 8,7 7,3 Autres services - - - - - - - - 1,2 1,2 1,0 Total 3,5 3,7 37,4 28,5 4o,9 32,2 33,1 5,9 34,9 4o,8 34,4 Services sociaux Logement et bitiments publics 8,7 12,1 1,3 3,0 10,0 15,1 15,5 10,8 h,9 15,7 13,2 Edacation 6,2 9,0 - - 6,2 9,0 9,3 8,3 ,5 8,8 7,h Santé 2,7 2,2 - - 2,7 2,2 2,3 2,3 - 2,3 1,9 Total 17,6 23,3 1,3 3,0 18,9 26,3 27,1 21,4 5,h 26,8 22,5 Aàtres services publics 2,8 4,7 - - 2,8 4,7 4,8 0,8 0,8 0,7 Etudes et recherche - - - - - - - 3,9 4,7 8,6 7,2 Total général 50,6 65,5 41,5 31,7 92,1 97.2 100,0 73,1 45,8 U9,o 100,0 1/ Non compris le coftt de mesures à court terme en faveur de la production rurale pour la consommation intérieure estimé à 9,2 milliards de franco CFA, le coÙt de participations minoritaires dans l'indlustrie, 600 millions de francs CFA, donc en capital pour 'enseignement privé, 260 lxllions de francs CFA et les prets de logement à des particuliers, 1 milliard de francs CFA, soit au total 11,1 milliards de francs CFA. Sources: Sénégal, Plan quadriennal de développement, 1961 et renseignements fournis par les autorités sénégalaises. Tableau 28 PRMIER PLAN DE DEVELOPPEWET 1961-1964 Exécution de l'investissment public pendant les trois preuières années du Plan Million F.CFA Au 31 Déc.1962 Au 31 Déc.1963 Au 31 Déc.19614 (2 ans) (3 ans) (4 ans) Plan Prévisions Résultats % Prévisions Résultats % Prévisions Résultats % Quadriennal du Plan effectifs 1/ du Plan effectifs l/ du Plan effectifs l/ Infrastructure Routes et ponts 11.731 4.735 3.006 63 7.664 5.033 59 10.558 5.925 61 Chemins de fer 3.138 1.004 506 50 1.566 981 68 1.740 1.142 75 Ports 1.375 747 370 50 994 662 64 975 742 78 Aéroports 1.138 607 357 59 952 718 58 1.138 778 65 Poste et télécamnunications 1.450 610 99 16 1.035 586 64 1.210 937 78 Etudes dem transports 50 30 1 3 50 1 2 50 - - Total -IB~W2 7.733 4.339 7 12.261 7.981 3 15.671 - 7 BÉtiments administratifs 4.749 1.120 1.634 146 1.880 2.674 142 h.749 3.192 68 Production primaire Agriculture 9.727 3.306 2.192 62 4.899 3.112 61 8.036 4.987 65 zLevag 2.607 784 227 33 1.294 448 37 1.966 574 34 Péche 1.053 372 91 17 441 156 26 989 266 69 Pbrats 375 164 112 68 274 168 64 375 248 25 organisation et formation 1.740 633 229 50 878 422 54 1.267 653 53 Total 15.502 5.259 2.851 E 7.76 F.3Z E 12.633 6.728 -EiU Industrie et Commerce Prospection minerale 650 550 134 32 850 320 38 560 h91 88 Industrie 1.700 550 275 50 1.150 535 47 1.500 640 43 Artisanat 440 175 148 85 280 221 79 o40 275 71 Commerce 700 32 19 58 54 19 35) (780) (1.082) 138 Tourisme 180 17 17 100 50 59 18ý FZ9 7 Total 3.670 1.32T 3 ~5 2.38U 1.151 19 - 2.I91 -75 Investissements sociaux Education générale 5.022 1.880 1.588 93 2.690 1.486 72 h.561 2.461 53 Enseignenent technique 1.835 500 136 30 709 2h3 42 1.551 881 56 Santé 2.220 1.185 301 28 2.056 579 28 1.917 998 55 Logement 12.125 4.810 3.460 90 5.130 2/ h.096 68 10.764 9.832 91 Sports 700 371 15h 56 700 Information 450 200 41 40 362 137 39 450 173 83 Total 22.32 .946 7 ¯77 10.9V7 2/ -6.53Z7 ~0 19.93 1i.315 77 Investissement public total 65.546 24.382 15.091 62 35.258 2/ 22.656 64 56.276 36.381 3/ 64 1/ Les pourcentages d'exécution n'ont pas tous été calculés à partir des paiements effectués; certains d'entre eux ont été estimés par le Ministère du Plan sur la base des travaux effectivement réalisés. 2/ Chiffres incomplets. 3/ Y compris le versement effectif de 131 millions de francs CFA au titre d'études générales qui n'étaient pas prévues dans le Plan. Source: Ministère du Plan. Tableau 29 PROJET DE FINANCEMENT DES FLANS DE DEVELOPPEMENT 1961-1964 et 1965-1969 (en milliards de francs CFA) ler Plan 1961-1964 2ème Plan 1965-1969 Initial Révisé Fonds publics h8,9 64,23 1/ Sources intérieures: 25,5 34, 2 30,0 Eudgets national, régionaux et municipaux 16,7 22,1 20,6 Ehtreprises publiques 1,6 3,6 6,1 B3Jnprunts 7,2 8,5 - Crédits bancaires - - 3,1 1/ Sources extérieures: 23,4 30,0 49,3 Dons 18,9 23,5 34,5 Prêts á l'Etat ) 6,8 Prêts aux entreprises publiques ) 4,5 6,5 8,0 Fonds privés h,9 31, 39,7 Sources intérieures 4l,9 19,7 Autofinancement 26,9 Prêts bancaires 15,0 Sources ektérieures 20,0 Investissement humain 1,3 1,. Total 92,1 97,2 119,0 1/ Non compris les prêts bancaires à court terme estimés à h,8 milliards de francs CFA pour les quatre années. Sources: Sénégal, Plan quadriennal de Développenent,1961; Deuxième Plan Quadriennal de Développement 2conomique et Social, 1965-1969; et données fournies par les autorités Sénégalaises. Tableau 30 FINANCIMENT DE L' INVETISSEMENT PUELIC Financement intérieur Financement extérieur. 1/ en millions en millions Total de F.CFA de F.CFA en million de F.CFA aux prix % du aux prix i du aux prix aux prix Année courants Total courants total courants de 1960 2 1946 378 80 95 20 473 2,846 1947 334 31 733 69 1.067 4.609 1948 568 29 1.381 71 1.949 5.456 1949 1.306 33 2.659 67 3.965 9.636 1950 2.23h 50 2.221 50 4.h55 10.11h 1951 2.915 52 2.662 48 5.577 10.150 1952 3.190 30 7.597 70 10.787 17.367 1953 2.775 h 3.505 56 6.280 9.357 1954 3.111 5h 2.663 46 5.774 8.31h 1955 2.335 46 2.713 54 ).08 7.218 1956 2.542 46 3.010 5h 5.552 7.38h 1957 1.908 35 3.567 65 5.h75 6.680 1958 2.311 42 3.231 58 5.542 6.096 1959 3.509 49 3.676 51 7.185 7.401 1960 3.774 53 3.319 47 7.093 7.093 1961 3/ 4.607 5h 3.943 46 8.550 8.301 1962 4 h.756 51 4.634 49 9.390 8.951 1963 4/ .709 53 4.291 47 9.000 8.372 1_/ Financement brut, amortissement non déduit. Voir les autres notes du tableau 29. 2/ La conversion pour les années antérieures à 1960 a été faite sur la base des indices des prix pour l'Afrique occidentale établis par les services français. Pour les années postérieures on a utilisé une moyenne simple des indices des prix à l'importation et des coûts de la construction. 3/ Estimations. Sources: 19h6-1960, Université de Paris: "Les investissements publics dans les pays francophones d'Afrique" (pour 1960, les chiffres initiaux ont été revisés) Autres années: informations directes et estimations des comptes de la nation. Tableau 31 SOURCES DES INVESTISSEIENTS PUBLICS SUR FINANCEMENT EXT?IEUî (en miillions de francs FA courants) Sources 1946 1947 1948 1949 1950 1951 1952 1953 1954 1955 C.C.C.E. 1/ - - - 178 163 139 793 312 516 257 F.I.D.E.S. - 99 1.069 1.849 2.058 2.523 6.621 2.875 1.749 1.423 Budget francais 95 234 312 632 - - 183 118 98 333 BIRD 2/ - - - - - - - 200 300 700 Total 95 733 1.381 2.659 2.221 2.662 7.597 3. 2.663 2.713 Sources 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 196U C.C.C.E. l/ 348 674 1.103 1.447 1.145 1.012- 345 843 977 F.I.D.E.S. 1.947 1.725 1.794 1.597 579 - - - - F.A.C. - - - - 495 1.108 1.263 1.291 1.698 Budget francais 715 1.668 334 362 1.100 1.620 1.080 900 3/ F.E.D. - - - - - 3 1.683 1.038 ~ 1.239 Autres sources h/ - - - - - 200 h00 500 600 Total 3,010 3.567 3.231 3.676 3.319 3.943 4.771 4.572 Note Dans la mesure du possible les donnees ne se rapportent pas aux entrées de fonds, mais aux dépenses réelles au titre de la formation du capital. Les investissements privés dont le financement provient de sources publiques sont compris dans ces données. Les remboursements n'ontI donné lieu à aucune réduction. Pour le FIDES, les données se rapportent aux décaissements au cours de l'exercice commençant le ler juillet de l'année civile indiquée (dans l'hypothèse d'un délai de remboursement de six mois en moyenne). A partir de 1960, les données concernant la Caisse Centrale, le FAC et le FED se rapportent à des décaissements réellement effectués pendant l'année civile. Une partie de l'assistance au titre des investissements à l'ex AOF n'est pas ventilée par pays, elle n'a pu donc être comprise dans le present tableau; cette partie représente une moyenne annuelle de 1,8 milliards de F.CFA, soit prds de 10% de l'assistance française au titre des investissements accordée à la région. 1/ Y compris l'assistance du Plan Marshall au titre des investissements. 2/ Prêt accôrdé aux Chemins de fer ouest africains: dans ces chiffres sont englobées des dépenses effectuées hors du territoire sénégalais. 3/ Estimation (faible) / Estimations: l'utilisation effective aux fins des investissements de l'assistance des Etats-Unis et de l'Allemagne semble s'tre située aux environs de 1,7 milliard à la fin de 1964. Sources: 1946-1960 Université de Paris "les investissements publics dans les pays francophones d'Afrique"; 1960-1964 informations directes et estimations des comptes de la nation. Tableau 32 AIDE DE LA FRANCE 19h7-1965 (en millions de francs CFA) F.I.D.E.S. F. A. C. 1947-60 1960-63 1964 1960-64 Montant Pourcentage Montant Montant Montant Pourcentage Bnquêtes et études générales 4o6 1 978 127 1.105 15 Production 8.729 31 l4l8 1.528 2.946 hi Infrastructure 14.347 51 1.175 130 1.305 18 Investissements h.825 17 1.801 110 1.911 26 sociaux Total 28.307 100 5.372 1.895 7.267 100 Débours F. A. C. 1960-1963 1964 1960-1964 Enquêtes et études générales 501 104 605 Production 816 1.117 1.933 Infrastructure 904 196 1.100 Investissements sociaux 980 242 1.222 Total 3.201 1.659 4.860 l/ Le total des débours s'élevait au 30 août 1965 à 5.677 millions de francs CFA. Source: Données fournies par la Mission d'assistance française au Sénégal. Tableau 33 PRETS DE LA CCCE: DEBOURS PAR CATEGORIE 1960-1964 (en millions de francs CFA) 1960 1961 1962 1963 1964 1/ Services de l'Etat .. 30 228 Banques de Développement 247 293 89 186 394 Autorités locales 31 39 35 26 2 Secteur privé 868 681 220 602 353 Total 1.145 1.012 345 843 977 l/ Les remboursements s'élèvent au total à 692 millions de francs CFA. Source: Données fournies par la CCCE au Sénégal. Tableau 34 PRETS DE LA CCCE NON RE4BOURSES AU 30 JUIN 1964 (Montants en francs CFA) Montants Montants Total Total non rembour- non débour- des montants des sés au 30 sés au 30 non rembour- Prêts juin 1964 juin 196h sés et non déboursés I. Entreprises Privées Avances h,933 2.581 528 3.109 Réescompte 1.954 369 306 675 II.Entreprises de l'Etat ou mixtes Crédit Populaire du Sénégal 1.739 758 75 833 Banque Sénégalaise de Développement 1.587 189 1.378 1.567 Société Africaine Imobi- lière et Hotelière 130 75 - 75 Société Immobilière du Cap Vert 2.485 1.537 243 1.780 Air France 15 - - - III.Avances à la République du Sénegal 1.300 502 550 1.052 IV. Avances aux Municipalités 308 197 - 197 V. Avances à d'autres organes de l'Etat 33 7 - 7 VI. Créance de la F.I.D.E.S. 1/ 8.402 7.654 8 7.662 Total 22.885 13.869 3.088 16.957 l/ Avances de la FIDES au titre de la Fédération ouest-africaine. Source: (C..C.E.,Dakar Tableau 35 INDICE DES PRIX (base:juillet 19 5:: 100) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1964 1965 Prix des biens de consommation juinla juin (juillet 1945 = 100) Denrées alimentaires 526 529 556 591 618 656 652 670 dont: boissons 604 544 594 602 670 814 823 832 épices, conserves 572 569 564 556 556 598 579 627 céréales et pommes de terre 360 383 386 423 435 44i 432 458 fruits et légumes 38h 423 446 495 543 544 525 542 produits laitiers h03 h05 378 424 442 452 439 486 viande et poisson 663 683 73h 8CO 810 815 817 822 Services publics et combus- 430 436 456 466 469 472 472 436 tibles V9tements 493 513 483 438 432 413 413 413 Gens de maison 656 668 691 722 722 722 722 722 Divers 532 553 594 6h0 661 682 682 638 Indice général 529 539 559 583 599 620 618 629 Augmentation annuelle en % 5,8 1,9 3,7 4,3 2,7 3,3 1,8 Coût des matériaux de construction 184 187 196 20h 208 211 207 220 (ler Avril 1951 .100) Augmentation annuelle en % -5,2 t2,3 ÷h,6 4,1 +2,0 4,7 6,3 Source: Service de la Statistique, Billetin statistique et économique Manuel. Tableau 36 SITUATION MONETAIRE (en milliards de F.CFA) 1962 1963 1964 1965 Sept. Déc. Mars Juin Sept. Déc. Mars Juin Sept. Dec. M4ars Juin A7TIF Avoirs extérieurs (net) 11,1 15,3 15,0 13,0 10,0 10,8 9,3 9,1 7,h 8,2 6,2 6,0 Crédit consenti à l'economie 26,1 33,8 38.9 32,0 29,9 33?9 29,7 34,9 29 0 34,6 _h2 3 36 h Total 37,1 49,2 53,9 45,0 40,0 44,6 49,0 44,0 36,4 42,8 48,4 42,4 PASSIF -Monnaie hors banque 12,1 18,6 17,8 13,6 10,8 15,0 15,7 12,h 10,h 15,8 16,5 12,4 Depots 'a vue 16,3 16,3 21 0 19,4 18,8 15,5 15 14 8 14,h 13,8 17, 17,5 Masse Mon'etaire 28,h 34,9 38,8 33,0 29,6 30,5 31,2 27,2 24,8 29,5 33,9 29,9 Depots à terme 1,4 1,2 1,1 0,9 0,9 1,0 1,1 1,0 0,9 0,9 1,1 1,6 Depots de l'Etat (nets) 5,6 10,8 11,6 9,0 7,h 10,7 14,7 12,8 7,7 8,9 10,2 7,1 Autres eléments du passif (nets) 1,8 3 2,6 2,1 2,1 2,4 10 3,0 3,1 3,5 32 3,8 Total 37,1 49,2 53,9 45,0 40,0 44,6 49,0 44,0 36,4 42,8 18,4 42,4 Source: FMI, International Financial Statistics .et BCLAO Tableau 37 BILAN DE LA BANQUE CENTRALE DES ETATS DE L'AFRIQUE D E L'OUEST AU SENEGAL (milliards de F.CFA) 1962 1963 1964 1965 Dec. ars Juin Sept. Dec. Mars Juin Sept. Dec. Mars Juin ActIf Avoirs exterieurs 19,3 16,6 13,4 10,0 12,5 10,1 10,5 7,7 8,6 5,1 5,8 Devises 13,0 9,0 6,4 4,8 4,7 2,1 1,9 2,5 4,8 0,h 2,6 Compte d'investissement du Trésor 5,6 6,9 6,0 4,6 7,2 7,h 8,0 4,6 3,2 4,1 2,6 Autres creances 0,4 0,4 0,4 - - - - - - - FiII 0,2 0,2 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 Créances sur les banques 8,1 11,2 10,3 7,0 11,3 15,1 11,7 8,9 13,3 17,8 11,5 Reescompte, a court terme 7,2 10,3 9,3 6,1 10,2 14,2 10,h 8,1 11,8 16,5 10,1 Reescompte, à moyen terme 0,8 0,9 1,0 0,9 1,2 0,9 1,2 0,9 1,5 1,3 1,h Total de l'actif = Total du passif 27,3 27,8 23,6 17,0 23,8 25,2 22,3 16,6 21,9 22,9 17,4 Passif i1onnaie et depôts des banques 19,8 18,7 15,6 11,3 15,7 16,4 13,1 10,8 16,6 17,0 12,9 dort: monnaie hors banque 18,6 17,8 13,6 10,8 15,0 15,7 12,4 10,4 15,8 16,5 12,4 Dèpots de l'Etat 6,3 8,0 6,6 5,6 8,1 8,7 9,1 5,8 5,1 5,8 h,h D;pots du Tresor , 0,7 1,1 0,6 1,0 0,9 1,3 1,0 1,2 1,1 0,9 1,0 Comripte d'investissement du Tresor 5,6 6,9 6,0 4,6 7,2 7,h 8,1 4,6 4,0 4,9 3,4 fontants due a l'exte'rieur 1,1 1,1 1,h 0,0 0,0 0,2 0,1 0,0 0,2 0,1 0,1 Sources: FI, International Financial Statistics, BCEAO, Notes d'Information et Statistiques, eî donnees fournies par la BCEAO Tableau 38 BILAN DES BANQUES CO1ERtr.IALES ET DES ORGANISMES PUBLICS DE CREDIT 7en milliards de francs CFA 1962 1963 1964 1965 Tars Juin Sep-u. éc. 7a-r Juin Sept. Dec. Mars Juin AqTIF ~ispeces 0,8 0,4 1,4 0,5 0,6 0,5 0,5 0,h 0,7 0,4 0,h Avoirs extérieurs 1/ -2,8 -0,6 1,0 3,4 2,4 1,8 2,9 3,1 2,7 4,0 3,1 Creances sur le secteur prive: 32,3 37,0 30,2 28,3 32,h 38,0 33,4 28,0 32,8 40,5 34,9 Financees sur ressources propres: a court terme ( ( ( 18,7 18,5 20,2 18,5 15,8 16,6 20,0 20,0 a moyen terme (24,5 (25,8 (20,4 2,3 1,9 2,2 2,2 2,h 1,8 1,9 2,3 a long terme, ( ( ( 0,3 0,5 0,5 0,7 0,7 0,8 0,9 0,9 Financees par reescompte: a court terme ( ( ( 6,1 10,3 14,2 10,8 8,2 12,1 16,5 10,4 a moyen terme ( 7,8 (11,2 ( 9,8 0,9 1,2 0,9 1,2 0,9 1,5 1,3 1,4 Créances sur l'Etat 0,1 0,1 0,7 0,1 0,1 1,7 1,6 2,4 1,7 1,7 1,5 Total de l'actif =total du passif 30,5 36,9 32,7 32,3 35,4 42,1 38,4 33,8 37,9 46,6 39,9 Passif pép ts à vue 13,8 18,7 17,0 15,8 12,7 12,8 12,7 11,5 11,2 15,4 1,3 Depots a terme 1,2 1,1 0,9 0,9 1,0 1,1 1,0 0,9 0,9 1,1 1,6 Créance de l'etranger 1/ .. .. .. 3,4 h,l 2,5 4,h 3,3 2,9 2,9 2,9 Crédit de la Banque Centrale 7,9 11,2 10,1 7,0 11,4 15,0 11,7 8,9 13,3 17,8 11,5 Depbts de l'Etat 5,5 4,0 3,1 3,3 4,0 8,7 5,9 6,1 6,1 6,3 5,9 Autres élermeniLs du passif (nets) 2,1 2,0 1,7 2,0 2,3 2,0 2,8 3,0 3,5 3,2 3,7 Sources:FMýI, International Financial Statistics, BCAO, Notes d'Information et Sbatistiques et données fournies par la BCEAO. 1/ Des donne'es separees concernant les créances de l'étranger n'tant pas disponibles pour la pér)ode antérieure a septembre 1963, les avoirs exterieurs sont donc indiqués deduction faite des créances de l'etranger. Tableau 39 BILAN DE LA BANQUE CENTRALE DES ETATS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST (en milliards de francs CFA) 1962 1963 1964 1965 Dec. Mars Juin Sept. Dec. Mars Juin Sept. Dec. Mars Juin ACTIF Avoirs extérieurs _2 9 39,9 36 3 30 0 38 1 38 8 36 31,0 34 1 31 8 33 3 Devises 32,6 28,2 2,g 22,5 28,1 28, 23,9 21,7 2 , 22, Comptes d'investissement des Trésors 6,6 8,0 7,1 5,8 8,3 8,2 10,4 7,3 6,5 7,2 5,7 Souscription en or à la FMI 0,6 0,6 1,5 1,7 1,7 1,7 1,7 2,0 2,0 2,0 2,0 Créance sur la Guinée 3,1 3,1 3,1 .. .. .. .. Créancessur les Trésoreries 0,3 0 1 2 3, 1 1 0 8 0,3 0 6 0A 1 0 0,7 Créances sur les Banques 22,3 30,9 18 2 28 31, 373 31,2 Réescompte à court terme 19,1 27,9 15 ,7 2,1 35,6 28,6 23,3 34,1 42,6 2,8 Réescompte à moyen tene 2,5 2,5 2,7 2,5 2,9 2,5 2,9 2,7 3,2 2,8 3,2 Réescompte des billets à ordre 0,7 0,6 .. .. .. .. . TOTAL DE L'ACTIF - TOTAL DU PASSIF 65,5 71,2 62,3 51,3 67,2 77,7 67,8 57,6 71,8 78,2 65,2 PASSIF Monnaie et dép8ts des banques 2/ 54,9 58 5 50 5 42 7 54L8 637 32 46 8 596 646 54 1 Dép8ts des Etats 3/ _7 _ 9 11 1 911,7 1 4 10 9 __ Dép6ts des Trésors 0,3 1,1 1,1 1,7 3,7 , 2,1 I2,4 1z,Z 1,1 Compte d'investissement des Trésors 6,6 8,0 7,1 5,8 8,3 8,2 10,4 7,3 6,5 7,2 5,7 Contrepartie de la souscription en or au FMI 0,6 0,6 1,5 1,7 1,7 1,7 1,7 2,0 2,0 2,0 2,0 Dette extérieure 1,9 1, 1,9 0,2 0,5 0 0,5 0,3 1 Autres éléments du passif (nets) 1,2 1,3 0,2 _02 0,. 0,1 -0,3 116 1,0 1/ Billets à ordre émis par les entreprises en paiement de dettes fiscales, escomptées par le Trésor auprès des banques commerciales et réescomptées par celles-ci auprès de la EAO. 2/ Y compris la monnaie détenue par le Trésor. 3/ Non compris la monnaie détenue par le Trésor, qui figure au poste Monnaie et dépts des banques. Source: BCFAO, Notes d'information et Statistiques. Tableau 40 EXPORTATIONS DES PRINCIPAUX PRODUITS (1959-1970) Valeur = millions de F.CFA Quantite = milliers de tonnes Prix = F.CFA par kg. 1969 aux prix 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 de 1964 chiffres effectifs projections Arachides valeur 12,3 10,8 11,4 11,8 8,7 9,4 9,0 9,0 9,6 10,4 11,2 11,9 13,8 decortiquées quantité 288 253 269 277 20h 212 220 230 260 290 320 350 320 prix 43 43 43 42 43 43 41 39 37 36 35 3h 43 Huile d'arachide valeur 9,1 9,3 10,4 9,4 7,1 9,4 10,0 9,9 9,8 9,7 9,6 9,6 11,7 (brute) quantité 99 101 114 103 78 105 115 120 120 125 130 130 130 prix 92 92 92 91 91 90 85 85 80 80 74 73 90 Huile d'arachide valeur 1,5 1,3 1,2 1,6 2,5 2,6 2,5 2,4 2,h 2,4 2,4 2,h 3,0 (raffinée) quantite 15 13 12 16 26 26 26 27 28 29 30 30 30 prix 100 100 100 100 100 100 95 90 85 85 80 80 100 Tourteaux valeur 2,0 2,1 2,h 2,1 1,9 2,h 2,4 2,5 2,5 2,6 2,6 2,6 2,6 quantité 153 163 181 164 145 182 185 190 190 195 200 200 200 prix 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13 Phosphates de calcium: eaxJ. valeur - 0,2 1,0 1,2 1,2 2,0 2,5 3,0 3,6 3,6 3,6 3,6 3,6 quantité -. 59 309 350 346 660 850 1,0 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 prix - 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 Conserves de valeur 0,5 0,7 1,0 1,1 1,7 1,2 1,8 2,3 2,8 3,3 3,8 4,0 3,8 poisson quantite 2,7 3,9 4,3 3,3 7,0 5 7 9 l 13 15 16 15 prix 190 190 220 330 250 250 250 250 250 250 250 250 250 Autres exportations valeur 3,3 3,4 3,3 3,6 4,2 3,2 4,1 1,2 h,3 h,h h,5 4,6 (4,5) Total des exportations enregistrées valeur 28,7 27,9 30,7 30,7 27,3 30,2 32,3 33,3 35,0 36,h 37,7 38,7 (43,1) Total des exportations enregistrées avec la Mauritanie (19,0 13,3 9,3 ( 3,6 3,6 3,2) 9,5 9,8 10,0 10,1 10,3 10,h (10,h) autres pays de 1'UDOA ( ( 3,1 2,9 2,5) Marges s/produits pétroliers ( ( 1,8 1,8 1,8) Divers ((- - 1,8) Exportations totales 47,7 43,2 b0,0 39,2 35,6 39,5 41,8 43,1 45,o l6,5 48,o 49,1 (53,5)
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Senegal - The economy of Senegal
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