Rapport No. 11727-MOR Royaume du Maroc Développement Agro-Industriel Contraintes et opportunités (En deux volumes, version originale en anglais) Volume 1: Rapport principal 30 juin 1994 Division des opérations agricoles Département géographique I Bureau régional Moyen-Orient et Afrique du Nord POUR USAGE OFFICIEL MICRC)GRAPHICS Report No: 11727 MOP Type: SEC Document de la Banque mondiale Le présent document fait l'objet d'une diffusion restreinte. Il ne peut être utilisé par ses destinataires que dans l'exercice de leurisfonctions officielles et sa teneur ne peut être divulguée sans l'autorisation de la Banque nïondiale. MONNAIE ET TAUX DE CHANGE Unité monétaire = Dirham (DH) 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 Est. DH parS, 6,27 8,06 9,55 9,62 8,71 7,80 8,21 8,12 8,04 8,15 8,5 Fin de période DH par $, 6,02 7,11 8,81 10,06 9,10 8,36 8,21 8,49 8,24 8,71 8,5 Moyenne de la période ANNEE BUDGETAIRE 1er janvier - 31 décembre A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES REMERCIEMENTS Le présent rapport sectoriel, en deux volumes, a été préparé à la suite d'une mission qui a séjourné au Maroc en juin et juillet 1992. Il a été rédigé par Michel L. Debatisse (chef de projet, Département technique pour l'Europe, l'Asie centrale, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord), et Isabelle Tsakok (Département du Maghreb, Divisions des opérations - agriculture). Ce rapport est fondé sur les rapports préparés par les consultants et les services de la Banque. Michael Koch (Département du Maghreb; Division Industrie et énergie) est responsable du chapitre sur les finances. L'équipe de consultants comprenait : Bertrand Angleys (production laitière), Gérard Deshayes (gestion des entreprises et des coopératives agricoles), James Fry (céréales, graines olégineuses et édulcorants), Paul Guigou (fruits et légumes), Ena Harvey (contrôle des normes et de la qualité), Marc Lepinay (épices et plantes aromatiques), Klaus Pasbjerg (logistique), Jean-Yves Plamondon (vin), et Jean-Pierre Vaysse (viande). Le traitement de ce rapport a été assuré par Syviengxay Creger. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont participé aux différentes phases de la préparation de ce rapport. Pendant son séjour au Maroc, la mission a bénéficié du concours de MM. Albert Sasson et Mohammed Anechoum (Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, MARA); M. Abdelhek Bennani (MARA) a coordonné les travaux de l'équipe marocaine. La mission a également bénéficié de l'appui de MM. James Lowenthal et Charles Uphaus de l'USAID, Rabat. L'équipe marocaine était formée de Mmes. et MM. Abdelkader Elmazhor, Lahsen Esslimi, Mohammed Rhaoussi (MARA); Abdellouahed Rahmoun (Ministère du commerce et de l'industri' ); Jamel Kilito, Zahra Maafiri (Ministère du commerce extérieur); Jamil Berdai (Ministère du Plan); Abdelrhni Nejjar (Ministère des Transports); Abdeljebar Lqadey (Ministère de l'intérieur); Fettoume Ameur (Banque nationale de développement économique); Wafi Hamami, Ouafa Cheqrouni (Caisse nationale de crédit agricole); et Mohamed Lebbadi (Banque marocaine du commerce extérieur). L'examen critique du rapport a été assuré par Brendan Horton et Shilpa Patel. Le présent document fait l'objet d'une diffusion restreinte. Il ne peut être utilisé par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles et sa teneur ne peut être divulguée sans l'autorisation de la Banque mondiale. TABLE DES MATIERES Volume I : Rapport principal Pages ABREVIATIONS ET SIGLES RESUME ANALYTIQUE... ......................................... i - xxii Chapitre 1 ................................... .................. . . ROLE, PERFORMANCE ET POTENTIEL DE CROISSANCE DES AGRO- INDUSTRIES MAROCAINES .............. . ...... ....................... 1 RESUM E ......................................................... I A. Le cadre macroéconomique et commercial : conséquences pour le développement agro-industriel par le secteur privé ............ 3 B. Potentiel de croissance de l'offre agricole et de la demande agro-industrielle ...... .10 C. Principales coractéristiques du secteur de la transformation agro-alimentaire m arocain ................................ ............ . 18 D. Principaux enjeux macro,conomiques et commerciaux et réorientation de la politique en vue d'un développement efficace des agro-industries ....... .25 Chapitre 2 ......................................... . ............ 28 ENVIRONNEMENT TECHNIQUE DU DEVELOPPEMENT AGRO-INDUSTRIEL ....... .28 RESUME ............................................................ 28 A. Techniques de commercialisation ................................. 30 B. Techniques de conservation et de transformation ........................ . 40 C. Approvisionnements ............................................ 43 Approvisionnement en matières premières agricoles ................... . 44 Approvisionnement en additifs et autres ingrédients alimentaires ........... .45 Approvisionnements non agricoles divers ....... .................. 46 D. Services d'appui au commerce et à l'industrie ................... . ..... 46 Coopératives de commercialisation et de transformation ................ . 47 Information sur les marchés, les technologies et les réglementations commerciales .... ................................... 48 Les services aux entreprises ... . .............................. 49 Chapitre 3 ............................................................ 52 GESTION DES ENTREPRISES AGRO-INDUSTRIELLES MAROCAINES: GENERALITES ........................................ ........... 52 RESUM E ................. ............ .. . ............... . ..... . 52 A. Menaces stratégiques nées de l'évolution de l'environnement des entreprises ...... .53 Accès aux zones de libre-échange ......... . . .................... 53 Libéralisation du commerce extérieur et déréglementation des marchés agro- alimentaires ..... .. ................................ 53 B. Points faibles de la gestion des entreprises agro-industrielles ................ 54 Approvisionnement en matières premières .......................... 54 Financement de l'entreprise .................................. 56 Personnel de l'entreprise .................................... 57 Gestion comptable et contrôle de gestion de l'entreprise ................ . 57 Commercialisation des produits de l'entreprise ...................... . 59 Organisation des entreprises, styles de gestion, et mise en place de stratégies . . . 61 Chapitre 4 . . . . ..................................................... 64 LOGISTIQUE ET SITUATION DES INFRASTRUCTURES ....................... .64 RESUME .......................................................... 64 A. La nécessité d'une logistique et d'infrastructures adéquates ................. . 65 B. Aspects spécifiques du transport routier ............. .. ............... 66 C. Aspects du transport maritime ................... ........... ... . 74 D. Aspects du transport aérien ..................................... 78 E. Aspects de l'utilisation des entrepôts frigorifiques . . ................... 79 F. Matériaux d'emballage, manutention et équipement d'entreposage ......... . . . . 85 G. Normes et durée de conservation ................... .............. .. 87 Chapitre 5 ....................................................... ..89 GESTION DE LA QUALITE DANS LA FILIERE AGRO-INDUSTRIELLE ............. .89 RESU M E .. .. . ... .. .. .. .. . ... .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. . .. 89 A. Gestion de la qualité au niveau institutionnel .......................... 92 Rôle des institutions gouvernementales ........................... 92 Ministère de l'Agriculture et de la Réforme Agraire (MARA) ............. .92 Services vétérinaires .... . . ................................. 93 Direction de la Production Végétale, du Contrôle Technique et de la Répression des Fraudes (DPVCTRF) ....................... . 93 Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination d'Exportations (EACCE) ..... ............. . . ..................... 94 Ministère de la Santé Publique ..... . .......................... 96 Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI) ...................... . 96 Ministère de la Pêche et du Commerce Maritime .................. 97 M inistère de l'Intérieur .................................... . 98 Le corps d'inspection ('Mohtassibs') ....................... 98 Autorités locales ................................... . 98 Rôle des institutions de soutien ........................... . 98 Institut Marocain de l'Emballage et du Conditionnement (IMEC) ..... . 98 Laboratoire Officiel d'Analyse et de Recherche Chimique (LOARC) ... 99 Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (IAV) ............. .99 B. Gestion de la qualité au niveau de l'entreprise ......................... 99 Marchés extérieurs .......................................... 99 M archés intérieurs ................................. . ..... 100 Niveau législatif ........................................ . 101 Niveau institutionnel ...................................... 102 Chapitre 6 ...................................................... 106 FINANCEMENT DES ENTREPRISES DE TRANSFORMATION AGRO-INDUSTRIELLE ET SERVICES BANCAIRES OFFERTS AU SECTEUR .................... .106 RESUME ............................................................ 106 A. Besoins financiers et structure du capital ..... . .................... ... ..109 Besoins financiers spécifiques au secteur .......................... . 109 Endettement et structure du capital ............................. 111 B. Coût et adéquation des services bancaires .... . ....................... 115 Accès au financement extérieur ............................... 115 Coût et conditions des services bancaires .......................... 118 Adéquation des services bancaires aux besoins agro-industriels ............ 120 C. L'Agro-industrie en tant que demandeur de crédit auprès des banques .......... 122 Crédit aux entreprises agro-industrielles au niveau national .............. 122 Crédit aux entreprises agro-industrielles par des banques individuelles ....... .123 Chapitre 7 ........................................................... 130 L'AGRO-INDUSTRIE PAR SOUS-SECTEUR: GENERALITES .................... 130 RESUME ................ . .... . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .. .. 130 A. Les produits de substitution aux importations . ......................... 132 Céréales et aliments du bétail .................................. 132 Graines oléagineuses et huiles végétales ............................ 135 Edulcorants et leurs sous-produits ................................ 137 Produits laitiers ......................................... 138 Industries de la viande ... . ................................. 140 B. Les produits à la fois substituts aux importations et d'exportation ............. .142 Fruits et légumes frais et transformés. .............. ............. .142 Epices et plantes aromatiques .................................. 146 Vin................................................. 147 C. Problèmes sectoriels clés et réorientations des politiques ................... . 148 Tableaux et figures du texte - Volume I : Rapport Principal Le développement de l'agro-industrie marocaine : récapitulation des principales contraintes, des opportunités et objectifs et des mesures proposées ......................... . i- xiii Principaux objectifs stratégiques, questions d'ordre général investissements et mesures de soutien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xiv - xxîi Tableau 1.1: Maroc - Régime commercial de divers produits agricoles, 1993 ............ 6 Figure 1.1 : Taux de croissance de l'agriculture au Maroc (1980-1990) . ............. 11 Tableau 1.2 Maroc - Performance et structure de la production de l'agriculture, 1980-1990................................... . 12 Tableau 1.3 : Maroc - Rendement potentiel et rendement effectif de certains produits agricoles 13 Tableau 1.4: Comparaison des élasticités par rapport aux dépenses ou aux revenus : Maroc & monde ......... . ........... ....................... .15 Tz-bleau 1.5 : Maroc - Exportations et importations -- importance relative de certains pays ou groupements commerciaux (1980, 1985-91) ....................... . 18 Figure 1.2 : Taux de croissance du secteur de la transformation agro-alimentaire au Maroc (1982-1990)............................................. 20 Tableau 1.6: Maroc - Taux de croissance des exportations et importations agricoles/alimentaires et balance alimentaire ................ . . . . ................... .22 Tableau 1.7: Performance et structure du secteur agro-alimentaire marocain, 1981-1990 .... 23 Figure 2.1 : Courbe optimale de décision d'investissement ...................... . 31 Tableau 2.1: Typologie des produits et des marchés ............................ 32 Tableau 2.2 : Techniques de commercialisation des produits agro-alimentaires marocains . . . . 34 Tableau 2.2 : Potentiel de modification des modes de commercialisation des produits alimentaires m arocains ................... ............. . .......... 40 Figure 2.3 : Cadre technologique des agro-industries ........................... 42 Tableau 3.1 : Rentabilité d'un échantillon d'entreprises agro-industrielle marocaines .... . . . 58 Tableau 3.2 : Cadre général de la gestion des entreprises marocaines ................ . 62 Tableau 4.1 : Structure de coût pour un véhicule exploité pour le transport public ........ 69 Tableau 4.2 : Volume du trafic (toutes marchandises) dans les ports marocaines (1991) ..... 74 Tableau 4.3 : Trafic total de produits agricoles dans des ports marocains sélectionnés ...... 75 Tableau 4.4 : Exportations de fruits et légumes par mer ........ .. ............... 75 Tableau 4.5 : Transit des conteneurs maritimes ..................... ........ ..76 Tableau 4.6 : Répartition de la capacité d'entreposage a froid ..................... . 79 Figure 4.1 : Comparaison enter les normes marocaines et celles d'économies d'énergie dans la conception des chambres froides ..... .............. ............ 81 Tableau 4.7 : Economies d'échelle escomptées dans l'exploitation des chambres froides . . . . 82 Tableau 4.8 : Directives d'utilisation des entrepôts frigorifiques ................... . 82 Tableau 6.1 : Investissements dans les entreprises agro-alimentaires (1986.-1990) ........ . 109 Tableau 6.2 : Nationalité des investisseurs dans les entreprises agro-alimentaires (1986-1990) 110 Tableau 6.3 : Activité et rentabilité de l'entreprise ........ . .................. . 112 Tableau 6.4 : Endettement et structure de la dette des entreprises .................. . 113 Tableau 6.5 : Adéquation du capital et liquidités des entreprises .................. 114 Tableau 6.6 : Financement des projets d'investissement (1986-1990) .............. .. 116 Tableau 6.7 : Crédit aux entreprises marocaines (1986-1991) .................... 119 Tableau 6.8 : Crédit aux entreprises agro-industrielles par les banques commerciales (1991/92) 123 Tableau 6.9 : Crédit aux entreprises agro-industrielles par la BNDE (1988-1991) ........ 124 Tableau 6.10: Crédit aux entreprises agro-industrielles par la CNCA (1986-1991) ....... . 125 Carte du Maroc: BIRD No. 24657 TABLE DES MATIERES Volume Il : Annexes techniques Pages ABREVIATIONS ET SIGLES A nnexe 1 ......................................... . .............. 1 ROLE, PERFORMANCE ET CROISSANCE POTENTIELLE DE L'AGRO-INDUSTRIE DANS L'ECONOMIE MAROCAINE - TABLEAUX ...................... 2-21 Annexe 2 ............................................................ 22 COOPERATIVES DE COMMERCIALISATION ET DE TRANSFORMATION .......... .22 RESUME ............................................................ 22 A. La situation des coopératives de la réforme agraire . ..................... 24 Présentation générale des coopératives de la réforme agraire ............ 24 B. Les problèmes specifiques des coopératives de la réforme agraire .......... 26 Un faible intérêt des membres conduisant à une situation financière précaire . . .. 26 Une forte dispersion et un faible regroupement en unions ............... .27 Des difficultés juridiques .......... . . ........................ 27 Les risques présentés par le désengagement de l'Etat .................. .28 C. La situation des coopératives céréalières ................. ........... 28 L'organisation du marché céréalier .................... ........ .. 28 Le rôle de l'ONICL et des autres intervenants au marché ............... .28 Régime de stockage et régime de commercialisation ................... .29 Les coopératives céréalières : un mouvement coopératif instrument de la politique céréalière de l'Etat . ............................. 31 Une compétition avec les négociants en céréales, effectuée selon les méthodes commerciales différentes .... . ......................... . 31 Une situation financière affaiblie ............................... . 32 Les perspectives de libéralisation et ses difficultés .................... .34 Les mesures de libéralisation . . ........................... . . . . 34 Les difficultés structurelles .................................... 35 Les difficultés institutionnelles ............ . ................... 35 Les difficultés organisationnelles ............................... . 36 Les difficultés financières ............................... . . . . 36 D. La situation des coopératives dans les zones hors réforme agraire ............. .36 La situation d'ensemble ....................................... 36 Analyse de la situation spécifique des coopératives laitières .............. .37 Perspectives d'avenir ...................................... 38 E. Problèmes généraux posés aux coopératives par la perspective du désengagement de l'Etat ................................................. 38 L'inadaptation des statuts ...................................... 39 Quelques déficiences d'une législation inapplicable .............. .39 Une compréhension imparfaite de la logique coopérative ................ .40 Une conception d'assistance administrative orientée vers la production ....... .41 Annexe 2.1 ..... ......... .......................................46 Remarques concernant la loi sur les coopératives et le statut qui en résulte ..... .46 A nnexe 3 .............. ......................................... 48 CEREALES, OLEAGINEUX ET EDULCORANTS ............................ 48 RESUME .............................................. . .......... 48 A. Examen des principales questions ....... . . ......................... 50 Distorsions dans le système des prix ................................. 53 Graines oléagineuses ......................................... 53 Céréales ................................................. 54 Edulcorants ..... ....................................... . 55 Déficiences de l'offre et de la qualité du stockage .......................... 55 Sucre . . . . ... ..... ... . .... ....... . ...... ... .. .... . ..... 55 Céréales ................................................. 55 Graines ol4agineuses ......................................... 56 Normes de qualité inadéquates ..................................... 56 Céréales ................................................. 56 Graines oléagineuses ... ............................. ........ 56 Sucre....................................... ......... 57 Les matériaux locaux d'emballage ....... . ....................... 57 Restrictions quantitatives à la production et contrôles à l'entrée dans le secteur ....... . 58 Sucre................................................ 58 Céréales ................................................. 58 Graines oléagineuses ......................................... 59 Déficiences des services financiers et de l'infrastructure ..................... . 59 Législation portant atteinte au commerce extérieur ......... . ............... ..60 Obstacles aux importations .................................... -61 Projet de loi (13-89) sur le commerce extérieur ..................... 61 L'administration des exportations de produits transformés .......... . . . . . 62 Certificats d'exportations .......... . . ........................ 62 Admission temporaire ...................................... 62 Ristournes douanières ...... ................ ............. 63 Procédures administratives ..................................... 63 L'application des prix de référence agricoles ................... . .. ...... 64 Le taux d'adéquation ...................................... 66 Différences de qualité des produits ............................. 67 Le stockage des fournitures intérieures ............. . ............. 68 Achat à terme des approvisionnements importés ..................... 69 Giestion des risques ............... ........................ 69 Les possibilités d'un système de bande de prix ...................... . 69 Conclusions concernant le système des prix de référence ................ . 70 B. Le sous-secteur des céréales ....................................... 71 Commercialisation et transformation alimentaire des céréales ............. . 71 Commercialisation et transformation alimentaire du blé et des autres céréales . .. 72 L'achat de céréales et leur qualité ........................ . 72 Importation .. .............................. ........ 74 Stockage ................................... . ..... 76 Estimations de la capacité de stockage ...................... 77 Fixation du prix des céréales ............................ 78 Minoterie ........................................... 78 Production de pain ..................................... 81 Fabrication de pâtes ................................... . 82 Alimentation animale ...................................... 83 C. Graines oléagineuses et huiles végétales ............................. 83 Huiles végétales et graines oléagineuses (à l'exclusion des olives et de l'huile d'olives) . . . . . . . . . . . . . . 84 L'achat des graines oléagineuses et la détermination des normes de qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 Le stockage des graines oléagineuses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 Fixation des prix et distribution des graines oléagineuses et des huiles végétales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 Marchés finals et nouvelles utilisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 Olives et huile d'olives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89 Qualité de l'huiie d'olives . . . .*. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .. . . 89 Demande intérieure d'huile d'olive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 La fixation des prix de l'huile d'olives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 Conserves d'olives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91 D. Edulcorants et leurs sous-produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91 Examen du sous-secteur sucrier et de son contexte de politique économique et commerciale ......................................... 91 Principales contraintes au niveau de l'agriculture ....... . ........ .95 Principales contraintes au niveau industriel ................... 96 Le Plan d'optimisation du secteur sucrier ......... . .......... 98 Le sucre et ses sous-produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98 Qualité et méthodes de livraison du sucre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98 Fixation des prix de référence du sucre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99 Impact de la transformation du sucre sur !'environnement . . . . . . . . . . 99 Pulpe de betteraves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99 M élasses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 Distillation d'alcool . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 Levure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 Fécules et édulcorants à base de féculents .......................... 101 Annexe 4 ........................................................... 104 PRODUITS LAITIERS ........ . . ..................................... 104 RESUME ..... . .. . . . .. .. .. .*. . .. . . . . . . .. . . . ..... - 104 A. Approvisionnement en matières premières ............................ .105 Taille des exploitations .................................... . 105 Production animale ....................................... 106 Mise en marché de la production laitière .......................... .108 Importations ...................................... « .... 109 Ramassage ............................................... 109 Encadrement des éleveurs .................................. . 111 Contraintes subsistant aux stades de la production et de la collecte ....... . . . 112 Colportage ............................................ 113 B. Transformation et conditionnement du lait .............................. 115 Entreprises laitières ...................................... . 115 Produits manufacturés ..................................... 115 Conditionnement .......................................... 117 Contraintes au stade de la triaîsformation .......................... 118 Structure des coûts .......................................... 121 Technologies .......................................... . 122 C . D istribution .............................................. . 123 Chaine du froid ......................................... 123 Importations en contrebande ........................ . ........ 124 Annexe 5 ........... .......... . ................................. 125 VIANDES ........................................................... 125 RESUME ......................................................... ...125 A. Production animale ............ . ............................. 127 Production de viandes rouges .................................. 127 Qualité de ia production bovine ............................ 127 Qualité de la production ovine ................... ....... . 128 Prix des Viandes ....................... . ............ 128 Production de viandes blanches ........................... . 130 Evolution des prix .................................... 131 L'offre de l'industrie des aliments pour animaux ................ 131 Les couvoirs ...... ................................ ..133 Les élevages . .. .................................... 133 B. Les abattoirs .............................................. 134 Gros bétail .. ........................... ................ 134 Les abattoirs publics ................................ . 134 Qualité du travail dans les abattoirs contrôlés .................. 135 Gestion des abattoirs publics .............................. 137 Formation du prix des viandes ............................ 138 Les abattoirs privés de volailles ............................... 139 Détermination des prix .................................. 140 C. La commercialisation des viandes .................................. 140 Viandes rouges ..... . . . ............................. 140 Viandes blanches ..... . ............................. 141 D. Possibilités d'amélioration du sous-secteur de la viande .................... 141 Viandes rouges .......................................... 141 Déréglementation du commerce des viandes ................... . 142 Modernisation, équipement et entretien des abattoirs industriels ....... .142 Dégager progressivement les abattoirs de la tutelle des municipalités . . . 143 Encouragements aux éleveurs . .. .......................... 143 Révision du rôle de l'Administration ............... . ....... 143 Viandes blanches ........................................ 143 Conclusion générale ................................ ..... 144 A nnexe 6 ....................................................... 145 FRUITS ET LEGUMES FRAIS ET TRANSFORMES ............................ 145 RESUME .................................................... 145 A. Fruits et légumes frais .................................. . . . . . . 150 Organisation économique professionnelle du secteur des fruits et légumes frais . . 150 Agrumes ................................................ 154 Production agrumicole .................................. 154 Commercialisation des agrumes . .................... ..... 157 Conditionnement et stockage des agrumes . . ................... 158 Autres légumes et fruits frais .................................. 162 Production légumière . ................................. 162 Cultures primeurs .................................. . 162 Tomates .......... .. .............................. 163 Pommes de terre ................................. . . 163 Cultures légumières de saison ........................... 163 Cultures légumières destinées à l'agro-industrie .................. 163 Cultures d'autres fruits ...................... . ......... 164 Exportation de tomates, pommes de terre et légumes . . . . . . . . . . . . . 164 Tom ates . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165 Pomm es de terre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167 Les autres légumes et fruits divers d'exportation . . . . . . . . . . . . . . . . 168 Réglementations douanières d'accès aux marchés de la CE . . . . . . . . . . 168 Tom ates . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168 Pommes de terre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169 Conditionnement et stockage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170 Le marché national des fruits et légumes frais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172 Les marchés de gros des communes urbaines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172 Les souks des communes rurales ................................ 173 Le cas de la région agricole du Souss-Massa ........................ 175 Organisation régionale de la mise en marché des fruits et légumes . . . . . 175 Les principales faiblesses observées ........................ .177 Développement du sous-secteur des fruits et légumes frais ............... .179 Agrumes d'exportation .......................... . ..... 179 Légumes d'exportation .................................. 181 B. Fruits et légumes transformés ............... .. ................... 182 La polyvalence des conserveries ............................ 183 Jus d'agrum es ........................................ . 183 Approvisionnement de FRUMAT en agrumes .................. 185 Le marché international des jus et concentrés d'oranges . . . . . .:. .. .. 187 Sous-produits et co-produits de la transformation des agrumes en jus et concentrés .................................. 191 Réglementations douanières ............... . ............. 192 Les usines .......................................... 192 Problèmes financiers d .................................. 193 La position de risque de l'entreprise sur ses marchés ............. .194 Relations contractuelles avec les producteurs .................. 194 Relations contractuelles à l'exportation ........... . . ........ ..195 La position-risque de FRUMAT ............................ 195 Conserves d'olives ............. . .. .*. . .. . . . . . . . . . .. . . . . . .. . 196 Approvisionnement des conserveries ........................ 196 Produits de l'industrie ............................... . 197 Unités de production .................................. 198 Les marchés ...................................... 199 Développement du secteur .............................. .200 Conserves de cornichons ............................... . 201 Approvisionnement des usines ........................ 201 Produits de l'industrie .................................. 201 Unités de production .................................. 201 Les marchés .. .................. .................... 202 Développement du secteur .............................. .202 Conserves de câpres ............. .. .. . .. .. .. ................ 202 Approvisionnement des conserveries ........................ 202 Produits de l'industrie .................................. 203 Unités de production .................................. 203 Capacités de production ....................... ........ 203 Les marchés ..... ......*.. . . . . . . . . . .. .. .. .. .. .. .. .. 204 Développement du secteur ................................ 204 Conserves de légumes appertisés et surgelés ........................ 205 L'approvisionnement des conserveries ................. . . . . . 205 Produits de l'industrie .................................. 205 Unités de production .................................. 206 Le marché ....................................... 207 Le développement du secteur .............................. 208 Sortir du mono-produit, mono-marché . . .................. . . 209 Conserves d'abricots ...................................... 210 Production de matières premières .... . .................... 210 Approvisionnement des conserveries ........................ 210 Produits de l'industrie .......... ..................... 210 Unités de fabrication . ................................. 211 M archés ... . . .......................... ......... 211 Développement du secteur .............................. . 212 Conserves de tomates et de paprika ................... ......... 213 Approvisionnement des conserveries ........................ 213 Produits de l'industrie .................................. 214 Les m archés .............................. . ....... 214 Développement du secteur ................... . .......... 214 C. La logistique appliquée au sous-secteur des fruits et légumes frais ............. .215 Le rôle de l'Atlas Fruit Board ................................ 215 Activités de l'AFB .................................. 215 Stations de conditionnement .................................... 217 Equipement ........................................ 217 Améliorations suggérées ............................... 220 Matériaux d'emballage, manutention et équipement de stockage ......... ..220 Matériaux d'emballage pour les marchés d'exportation ............ 220 Matériaux d'emballage pour le marché intérieur ................ 222 Palettes ... .......... . . . . . . . . . . . . . . .. .. .. .. . .. .. . 223 Equipement de manutention et d'emmagasinage .................. 224 Qualité .............................................. . 224 Calculs de la durée de vie commerciale ................. . ... 225 Qualité subjective .................................... 229 Améloriations suggérées ................................ 230 Annexe 7 ............................................................ 231 EPICES ET PLANTES AROMATIQUES .................................... 231 RESUME ........................................ 231 A. Utilisation moderne des épices et plantes aromatiques - Caractéristiques principales . . 232 Produits et commerce ..................... ............... . 232 Caractéristiques du marché .................................. 236 B. Production et commercialisation des épices et plantes aromatiques ............. .236 Production ............................................ 236 Circuits de commercialisation ................................. 239 Transformation .......................................... 240 Commerce intérieur ....................................... 242 Exportations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242 C. Opportunités pour le sous-secteur ........... . ..................... 243 Production agricole d'épices et de plantes aromatiques . . . . . . . . . . . . . . . . . 243 Transformation pour les marchés locaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243 Traitement en vue de l'exportation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244 Possibilités pour le paprika (niora) ............. . ............... ...246 Potentiel pour le safran ............................. ...... 246 Possibilités pour le coriandre et le cumin .......................... 247 Annexe 8 .......................................................... 248 VIN ............................................................. 248 RESUME ......................................................... 248 A. La chaîne de commercialisation du vin ................................ 250 L'approvisionnement en raisins à vin ..... . ...................... 250 Les vignobles ........................... ......... 251 L'industrie de transformation .................................. 251 Techniques de vinification ................................ 252 Qualité des vins .................................... 253 Services techniques et fournisseurs .......................... 253 Commerce et distribution ................................ 254 Organismes publics ........ .. ........................ 255 Production et perspectives commerciales ..................... .256 Structure des prix et des coûts dans la chaîne de commercialisation . . .. 258 B. Principaux problèmes de la chaîne de commercialisation du vin .............. 258 Gestion du vignoble «public» .............................. 260 Absence de vins de qualité de variété ....................... .260 Entretien des installations de broyage-stockage; Technologies suranées . . 260 Connaissance inadéquate des marchés étrangers ............. ... 260 & pproche étroite et bureaucratique des affaires ................. .261 Manque de recherche et d'appui professionnel .................. 261 Diversification insuffisante ... .......................... 261 Tableaux et figures du texte du Volume H : Annexes Techniques Tableau la : Maroc - Réforme du Commerce dans le cadre de Prêts à l'ajustement successifs - Principaux changements (1983 - 1993) ........................... 2 Tableau lb : Maroc - Structure des prix officiels de groupes sélectionnés de produits agro- industries : Céréales, Sucre & Edulcorants & Huiles végétales, 1992 ........ 3 Tableau lc : Maroc - Structure et Niveaux des Prix officiels de produits agro-industriels sélectionnés : viande, lait et dérivés .............................. 4 Tableau id : Maroc - Régime commercial & Taxes intérieures pour les principales importations de produits agro-industriels - 1992 ....................... 5 Tableau le : Maroc - Régime commercial, Taxes intérieures & autres charges sur les principaux groupes de produits agro-industriels vendus à la fois sur les marchés intérieurs -1992 .................................. 6 Tableau 2 : Maroc - Subventions à la Consommation pour les biens de consommation essentiels 1985-1992............................................... 7 Tableau 3 : Maroc - Performance agricole et Structure de la production (1980-1990) ...... 8 Tableau 4 : Maroc - Indicateurs des zones agricoles potentielles, de l'intensité culturale et du rendement - 1985-1990 ....................................... 9 Tableau 5 : Maroc - Coefficients d'auto-suffisance agricole et alimentaire - 1880-1992 . . .. 10 Tableau 6 : Maroc - Niveaux des prix officiels pour des groupes de produits agro-industriels sélectionnés - Céréales, Sucre & Huiles végétales .................... 11 Tableau 7a : Maroc - Protection relative aux niveaux de la production en agriculture (1984, 1987, 1988, 1989 et 1992)............................... 12 Tableau 7b : Estimations sélectionnées de protection effective et d'avantage comparatif, 1991 13 Tableau 8 : Maroc - Demande actuelle et projetée pour les produits alimentaires de base (1980, 1985, 1990-1996)..................................... 14 Tableau 9 : Niveaux de consommation pour les produits alimentaires de base au maroc et dans le monde au cours des années 1980 ................. .. .*. .. . 15 Tableau 10a : Maroc - Exportations agro-alimentaires pour 1980-1991 ('000 Tonnes) - Valeurs courantes et constantes 1980 = 100, Taux de croissance et coefficients sélectionnés (%) . . ..................................... .16 Tableau l0b : Maroc - Importations agro-alimentaires pour 1980-1991, Volume ('000 Tonnes) - Valeurs courantes et constantes 1980 = 100, Taux de croissance et coefficients sélectionnés (%) ................. ................ . ..... . 17 Tableau l0c : Maroc - Balance commercial-- agro-alimentaire (1980-1991) - Taux de croissance annuelle et coefficients sélectionnés ............................ 18 Tableau 1la : Maroc - Vue d'ensemble de la performance du secteur agro-alimentaires - 1981-1990 ...... ..................... 19 Tableau 1lb : Maroc - Vue d'ensemble de la performance du secteur agro-alimentaire en pourcentage - 1982-1990 .................................. . 20 Tableau lic : Maroc - Vue d'ensemble de la performance du secteur agro-alimentaire (en prix constants) en pourcentages - 1981-1990 .............. ........... 21 Tableau 2.1 : Superficies cultivées par les attributaires membres de coopératives agricoles de la réforme agraire ............................... . ... .*. .. .. 25 Tableau 2.3 : Equipements à caractère social ou économique de la réforme agraire ....... . 26 Tableau 2.4 : Résultats économiques et chiffres d'affaires des coopératives de la réforme agraire 27 Tableau 2.5 : Part des coopératives dans le commerce des céréales ................. . 30 Tableau 2.6 : Capacités de stockage des coopératives céréalières ................... . 32 Tableau 2.7: Les quatre types de coopératives .............................. 43 Tableau 2.8 : Nombre et catégories des coopératives hors réforme agraire .............. 44 Tableau 3.1: Consommation par habitant ................................. 51 Tableau 3.2 : Dépenses alimentaires des ménages ............................ 52 Tableau 3.3 : Exportations de céréales et produits à base d'huiles et olives 1991 ......... .53 Tableau 3.4 : Tendance des superficies et des rendements de diverses céréales .... ..... . 71 Tableau 3.5 : Tendance de l'utilisation d'engrais pour le céréales (N:P:K) ............. . 71 Figure 3.1: Circuit de commercialisation des céréales (Minoterie) ................. . 74 Figure 3.2 : Commercialisation des oléagineux ............................. 85 Figure 3.3 : Changements introduits par le système de prix de référence sur la marge de trituration (Prix moyens 1989) ............................... 88 Figure 3.4: Chaîne de commercialisation du sucre ........................... . 92 Figure 3.5 : Intervention administrative dans le secteur sucrier ........... ....... . 93 Tableau 3.6 : Capacité nominale des sucreries .............................. 97 App. 3.1 : Marges de broyage des graines oléagineuses ...................... . 102 Tableau 4.1: Evolution des effectifs de vaches laitières en production (animaux de plus de 3 ans) ................................... 107 Tableau 4.2: Evolution des la production laitière et des quantités usinées ............ . 108 Tableau 4.3: Importations de produits laitiers ................. . ........... 109 Tableau 4.4 : Evolution du nombre de centres de collecte de lait ........ . ....... . . 110 Tableau 4.5 : Entreprises laitières et capacités de traitement ..................... . 112 Tableau 4.6 : Productions laitières marocaines ....... .. . . .. .. . . . . . . . . . . . .. .. . 115 Tableau 4.7 : Evolution de la production intérieure marocaine de produits laitiers ....... 118 Tableau 5.1 : Consommation de viandes rouges ............................... 126 Tableau 5.2 : Indice des prix de gros agricoles ............................. 127 Tableau 5.3 : Comparaison des prix des viandes entre le Maroc et d'autres pays (1990) ... 128 Tableau 5.4 : Prix à la consommation des viandes ........................... . 128 Tableau 5.5 : Production de viande blanche ............................... 132 Annexe 5.1 : Liste des opérations bénéficiant de l'aide financière de l'état dans le cadre du code des investissements agricoles ............ . 144 Tableau 6.1 : Bilan production, commercialisation des fruits (1990/91) .............. . 150 Tableau 6.2 : Bilan production, commercialisation de légumes (1990/91) ............. . 151 Tableau 6.3 : Production agrumicole marocaine des quatre campagnes (1987/88 à 1990/91) . 153 Figure 6.1 : Evolution des superficies des principales variétés agrumicoles ........... . 154 Tableau 6.4 : Régions de production agrumicole ............................ 155 Tableau 6.5 : Age du verger agrumicole par variétés ......................... 155 Tableau 6.6 : Destinations commerciales des agrumes ......................... .. 156 Figure 6.2 : Filière de commercialisation des agrumes ....................... 158 Tableau 6.7 : Destinations des productions agrumicoles (1990/91) ................ 159 Tableau 6.8 : Groupes exportateurs d'agrumes et capacité des stations .............. 160 Tableau 6.9 : Capacité de stockage réfrigéré des stations de conditionnement .......... . 162 Tableau 6.10: Evolution des cultures primeurs (1980/83, 1988/91) ................. 162 Tableau 6.11: Evolution des rendements export des tomates (campagnes 1989/90, 90/91) ... 164 Tableau 6.12: Evolution des cultures légumières destinées à l'agro-industrie (1982,84, 1989/91) 164 Tableau 6.13: Superficie et production de fruits, sauf des agrumes (1988/90-1990/91) ..... .165 Figure 6.3 : Filière export des légumes ................................. 166 Tableau 6.14: Evolution des exportations de tomates (1965/70-1991/92) . . . . . . . . . . . . . . 167 Tableau 6.15: Evolution des exportations de pommes de terres (1965/70-1991/92) ....... . 167 Tableau 6.16: Exportations de légumes et fruits divers (fraise, courgettes, aubergines, etc ........................................... 168 Tableau 6.17: Autres légumes et fruits frais exportés (1988/90-1990191) . . ........... 169 Tableau 6.18: Nombre, localisation et statut des stations de conditionnement de légumes et autres fruits ................................................. 170 Figure 6.4 : Filières de commercialisation des fruits et légumes frais sur le marché national (1990/91) . . . . . ...................................... 173 Tableau 6.19: Volumes commercialisés et répartition régionale des transactions sur marchés de gros de fruits et légumes frais (1991) ............................. 174 Tableau 6.20: Zones et saisons de production de conserves de fruits et légumes . . ....... 184 Tableau 6.21: Implantation régionale des unités de transformation des fruits et légumes (hors agrum es) ............ ............................... 185 Figure 6.5 : Filière de transformation et di commercialisation des agrume concentré ..... .186 Tableau 6.22: Apports d'agrumes à FRUMAT et prix payés aux apporteurs . . . . . . . . . . . 187 Tableau 6.23: Prix comparatifs des agrumes payés aux producteurs de pays concurrents (1988/89-1990/91) ............... . ...................... 188 Tableau 6.24: Production des principaux pays producteurs de jus et concentrés (1979/80-1990/91) .............................. ........ 188 Tableau 6.25: Importations de jus d'oranges concentrés congelés par les pays de la CE, et origines des livraisons (1985-1988) .......................... 190 Tableau 6.26: Ventes de FRUMAT par produits et destinations (1985/86-1990/91) ....... . 191 Figure 6.6 : Taux d'utilisation des usines FRUMAT (1985/86-1989/90) ............. . 193 Figure 6.7 : Filières de transformation des fruits et légumes .................... . 198 Tableau 6.27: Exportations d'olives (1970/75-1990/91) ........................ 199 Tableau 6.28: Distribution par pays des exportations d'olives (1990/91) .............. . 200 Tableau 6.29: Exportations de cornichons (1975/80-1990/91) .................... 202 Tableau 6.30: Distribution par pays des exportations de cornichons ................ 203 Tableau 6.31: Exportations de câpres (1975/80-1990/91) ....................... .. 204 Tableau 6.32: Destinations des exportations de câpres en conserve ................. . 204 Tableau 6.33: Exportations de haricots verts de conserve (1975/80-1990/91) ........... . 207 Tableau 6.34: Exportations de légumes surgelés (1987/88-1990/91) ................ 207 Tableau 6.35: Destination des exportations de haricots verts en conserves (1990/91) ...... 208 Tableau 6.36: Destination des exportations de légumes surgelés (1990/91) .... . ....... 208 Tableau 6.37: Exportations de conserves d'abricots (1970/75-1990/91) .............. . 212 Tableau 6.38: Destination des exportations de conserves d'abricots ................. . 212 Tableau 6.39: Exportations de tomates transformées ....... ... ............... .. 214 Tableau 6.40: Destinations des exportations de tomates 1990/91) .................. . 215 Figure 6.8 : Logistique optimales du champs au client étranger (transport par mer) ...... 228 Figure 6.9 : Logistique observée du champs au client étranger (transport par mer) ...... 228 Tableau 7.1: Importations d'épices par principaux pays importateurs (1987) .......... . 234 Tableau 7.2 : Destination des épices dans les pays développés ................... 236 Tableau 7.3 : Destination de certaines exportations marocaines d'épices (1987) ......... . 237 Tableau 7.4 : Récoltes d'épices (déclarées) pour 1986, 1987 et 1988 ............... . 239 Tableau 7.5 : Production de paprika par régions ........ .*................... 240 Figure 7.1 : Circuits de commercialisation des épices marocaines ................. . 241 Tableau 8.1: Production de vin (1970-1991) .............................. 249 Figure 8.1: Filière du vin ............................................ 250 Tableau 8.2 : Age des vignobles de SODEA ................................. 251 Tableau 8.3 : Production de vin ........... . .............. . ........... 256 Tableau 8.4 : Production de vin et marché par producteur (1991) ................. .. 257 Tableau 8.5 : Structure des prix et des coûts dans la chaîne de commercialisation du vin (1991) 259 Tableau 8.6 : Prix de détail estimés des vins nationaux et importés (1991/92) ......... . . 260 Carte du Maroc : BIRD No. 24657 ABREVIATIONS ET SIGLES AELE Association Européenne de Libre Echange AFB Atlas Fruit Board AFNOR Association Française de Normalisation ANAF Association Nationale du Froid ANEB Association Nationale des Eleveurs de Bovins AOG Appellation d'Origine Garantie ASAL/PASA Prêt d'Ajustement Sectoriel Agricole ASPAM Association des Producteurs d'Agrumes du Maroc ASPEM Association des Producteurs Exportateurs de Maraichage et Primeurs du Maroc ASTA American Spice Trade Association (Association américaine pour le commerce des épices) ASTM American Society for Testing and Materials (Société américaine pour les essais et les matériaux) BCM Banque Commerciale du Maroc BMCE Banque Marocaine pour le Commerce Extérieur BMCI Banque Marocaine pour le Commerce et l'Industrie BNDE Banque Nationale pour le Développement Economique BSI British Standards Institute (Institut britannique de normalisation) CCP Critical Control Points (points de contrôle critiques) CDM Crédit du Maroc CA Commerçants Agréés CE Communautés Européennes CE Conformité Européenne CERLAB Centre Inter-Laboratoires d'Etudes et de Réalisations CFC Chloro-fluoro-carbon CAF/CIF Coût Assurance Fret (Cost Insurance Freight) CMA Coopératives Marocaines Agricoles CNCA Caisse Nationale de Crédit Agricole CODEX Codex Alimentarius: compilation en 17 volumes des normes alimentaires, 8 codes de pratiques récommandés, guides et recommandations de la Commission du Codex Alimentarius, et tables mises à jour des réponses des gouvernements COMANAV Compagnie Marocaine de Navigation COMAPRA Compagnie Marocaine d'Approvisionnement Agricole (collecteur exclusif des graines oléagineuses et du coton) COSUMAR Compagnie Sucrière du Maroc (raffinerie privée du Groupe ONA) CPI Consumer Price Index (Indice des Prix à la Consommation) CPM Crédit Populaire du Maroc DE Direction de l'Elevage DH Dirham DPVCTRF Direction de la Production Végétale, du Contrôle Technique et de la Répression des Fraudes EACCE Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination d'Exportations EMENA Europe, Middle East & North Africa (Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord) ENA Ecole Nationale d'Agriculture FAO Food and Agriculture Organization (Organisation pour l'alimentation et l'agriculture) FGIS U.S. Federal Grain Inspection Service (Inspection Fédérale des Grains) FL Farine de Luxe (farine non subventionnée) FN Farine Nationale (farine subventionnée) FICOPAM Fédération Interprofessionnelle des Conserveries de Produits Agricoles Marocains FOB Free on Board (Libre à Bord) GATT General Agreement on Tariffs and Trade (Accord Général sur les Tarifs et le Commerce) GDP/PIB Gross Domestic Product (Produit Intérieur Brut) GDPPC Gross Domestic Product Per Capita (Produit Intérieur Brut par Habitant) GMP Good Manufacturing Prac'tice (Bonne practice manufacturière) GNPPC Gross National Product Per Capita (Produit National Brut par Habitant) HACCP Hazard Analysis Critical Control Point (méthode de contrôle des points critiques et analyse des étapes présentant des risques dans les process de transformation alimentaire) HFCS High Fructose Cereal Syrup (isoglucose) HT Hors Taxes IAV Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan il IGR Impôt Général sur les Revenus IMEC Institut Marocain de l'Emballage et du Conditionnement IS Impôt sur les Sociétés ISERF Institut Sucrier d'Etudes, de Recherche et de Formation LABOMETAL Laboratoire Métallurgique d'Etudes et de Contrôle LOARC Laboratoire Officiel d'Analyse et de Recherche Chimique MAEP Ministère des Affaires Economiques et de la Privatisation (Ministry of Economic Affairs and Privatization) MARA Ministère de l'Agriculture et de la Réforme Agraire (Ministry of Agriculture et Agrarian Reform) MCI Ministère du Commerce et de l'Industrie (Ministry of Commerce & Industry) MIN Marché d'Intérêt National NAFTA North American Free Trade Association (Association Nord-Américaine de Libre Echange) OCE Office de Commercialisation et d'Exportation (Trade and Export Board) ODC Office des Changes (Exchange Office) ODECO Office de Développement des Coopératives (Cooperative Development Board) ODEP Office d'Exploitation des Ports (Port Management Board) OECD/OCDE Organization for Economic Cooperation and Development (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) ONA Omnium Nord Africain ONICL Office National Interprofessionnel des Céréales et Légumineuses (National Interprofessional Board for Cereals and Pulses) ONT Office National des Transports (National Transport Company) ONTS Office National du Thé et du Sucre (National Board for Tea and Sugar) ORMVA Office Régional de Mise en Valeur Agricole PFI Prélèvement Fiscal à l'Importation (Special Import Levy) PIB/GDP Produit Intérieur Brut/Gross Domestic Product PRCC Projet de Réforme de la Commercialisation des Céréales (financé par USAID) RAFC Régie Autonome des Frigorifiques de Casablanca (Refrigerated Storage Company of Casablanca) RAM Royal Air Maroc (Moroccan National Airline) R&D Research & Development (Recherche-Développement) Ro-Ro Roll on-Roll off (Transroulage) SA Sociétés Anonymes SAL/PAS Structural Adjustment Loan (Prêt à l'Ajustement Structurel) SARL Société à Responsabilité Limitée SASMA Société Agricole de Seivices du Maroc SCAM Sociétés Coopératives Agricoles Marocaines SEPO Société d'Extraction de Produits Oléagineux (Société privée du groupe ONA) SICA Société d'Intérêt Collectif Agricole (droit français): iociété combinant des participations de coopératives et des entreprises ou individus privés SMAEX Société Marocaine d'Assurance à l'Exportation SMEs/PMEs Smail- & Medium-Scale Enterprises (Petites et Moyennes Entreprises) SNI Société Nationale d'Investissement SNIMA Service des Normes Industrielles Marocaines SOCAP Sociétés de Crédit Agricole et de Prévoyance SODIAAL Société française détenant les produits de marque Yoplait TARIC Tarif Douanier commun de la CE TIR Transport International Routier TRA Taux de Référence Annuel TTC Toutes Taxes Comprises TVA Taxe sur la Valeur Ajouée UHT Ultra High Temperature (Température ultra haute) UNCAL Union Nationale des Coopératives Agricoles Laitières USAID United States Agency for International Development (Agence des Etats-Unis pour le développement international) USCAM Union des SCAM USDA United States Department of Agriculture (Départment de l'agriculture des Etats Units) USFDA United States Food and Drug Administration (Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques) WB World Bank (Banque Mondiale) WHO/OMS World Health Organization (Organisation Mondiale de la Santé) RESUME ANALYTIQUE LE DEVELOPPEMENT DE L'AGRO-INDUSTRIEL MAROCAIN Contraintes et Opportunités INTRODUCTION (i) Objet et thème central du rapport. Ce rapport sectoriel en deux volumes, rédigé à l'intention des décideurs du Royaume du Maroc et de la Banque mondiale, a pour objet de les aider à formuler une stratégie permettant de promouvoir le développement efficace et dynamique de l'agro- industrie marocaine. L'étude présentée ici a pour but d'aider les décideurs à élaborer un programme d'action pour maximiser la valeur ajoutée (à des prix économiques) de la production agricole. Elle part du principe que ce qui limite le développement de valeur ajoutée à la production agricole compromet la croissance agricole; d'où l'importance capitale de l'agro-industrie. Le rapport analyse les principales contraintes qui freinent le plein développement, efficace et dynamique, de cette branche d'activité. Il évalue la performance de certains sous-secteurs par rapport à leurs potentiels, et il propose des voies pour mieux exploiter les opportunités qui s'offrent et mieux gérer les risques inévitables des marchés. (ii) Cadre général et approche adoptés pour le rapport. Le rapport couvre à la fois les produits de substitution aux importations et les produits d'exportation, et fait ressortir les liens et les synergies qui existent entre les uns et les autres. Il rejette le concept de développement d'enclaves spécifiquement exportatrices, en tant que stratégie à long terme de promotion des exportations. Pour développer les exportations, il faut au contraire, généralement, pouvoir s'appuyer sur une industrie et des marchés domestiques solides. Des expériences réussies de pays en développement montrent qu'il y a une étroite complémentarité entre le développement des exportations et celui du marché intérieur. Le rapport analyse les contraintes qui affectent les principaux produits de substitution aux importations - à savoir les céréales et les produits d'alimentation animale, les oléagineux et les huiles végétales, le sucre et les édulcorants, la viande et les produits laitiers, les épices et les plantes aromatiques, et le vin - ainsi que sur les produits qui à la fois peuvent remplacer des importations et aussi être exportés - les fruits et les légumes, qui occupent une grande place dans les exportations, l'huile d'olive, les épices et le vin, qui occupent une place mineure dans les exportations. (iii) Définition de l'agro-industrie. Pour les besoins de ce rapport, l'agro-industrie englobe les industries de transformation des produits agricoles et le réseau des services de commercialisation et d'appui le long de la chaîne des producteurs aux consommateurs. Le réseau d'appui, étudié au niveau sectoriel, comprend les services de financement et les services bancaires, la logistique et les infrastructures, la gestion de la qualité et les organismes professionnels, notamment les organisations interprofessionnels et les coopératives. (iv) La performance économique du secteur (1985-1990). L'agro-industrie telle que la définit le Ministère du Commerce et de l'Industrie représente 5 % du PIB, 15 % du PIB industriel, 25 à 30 % de l'emploi industriel, et 16 à 20 % des exportations industrielles. La valeur ajoutée du secteur a augmenté au rythme de 8 % par an et ses exportations au rythme de 14 % par an (à prix constants de 1980). Ces statistiques sous-estiment sans doute l'importance de l'agro-industrie, et elles ne tiennent pas compte des activités du secteur informel, qui est important. L'agro-industrie est donc un secteur présentant globalement de bons résultats et qui tient une place importante dans l'ensemble de l'économie. L'expansion ultérieure du secteur pourra donc bénéficier d'une bonne base de départ. - ii - (v) Organisation du rapport. Le rapport proprement dit contient une description de l'environnement général du secteur. Il identifie notamment les systèmes d'incitation, les institutions et les infrastructures aux niveaux macro-économique, commerce extérieur et sectoriel, qui conditionnent la performance et les perspectives d'évolution du secteur agro-industriel. Il présente le cadre d'analyse et examine les principaux problèmes qui se posent. L'Annexe technique dresse la liste détaillée des forces et des faiblesses de chaque sous-secteur, en mettant en lumière les contraintes à surmonter, les opportunités à exploiter et les risques à maîtriser. Deux séries de matrices sont incorporées au rapport. La première récapitule les principales contraintes, les opportunités qui s'offrent et les objectifs à atteindre, et les mesures proposées. Pour clarifier le niveau d'intervention, les matrices portent sur trois niveaux : (a) le niveau de l'économie en général : échanges commerciaux et finances; (b) le niveau sectoriel industriel pris au plan général, sans isoler ce qui concerne l'agro-industrie; et (c) le niveau sectoriel pour ce qui concerne spécifiquement l'agro-industrie. La deuxième série de matrices résume les problèmes qui se posent et les recommandations formulées pour chaque objectif stratégique. Principales conclusions empiriques (vi) Le cadre macrocommercial général. Les résultats des programmes d'ajustement structurel successifs, à savoir la stabilité macro-économique, un régime de commerce extérieur et un régime de change plus ouverts, et la réduction des interventions directes de l'Etat dans le domaine des prix et de la commercialisation constituent les piliers d'un environnement macro-économique et commercial porteur. Mais, pour l'agro-industrie, ces acquis importants risquent de ne pas porter leurs fruits parce que, dans le domaine des échanges extérieurs agricoles, la politique suivie est principalement focalisée sur la production agricole proprement dite, et néglige les activités d'aval. Plus précisément, la protection importante dont bénéficiaient les producteurs agricoles au travers de systèmes de restrictions quantitatives, de licences, de contrôle des prix et des marges et de barrières à l'entrée qui caractérisaient l'ancien régime commercial comportaient de graves inconvénients. Le nouveau système de moyenne mobile de prix de référence et de libéralisation du marché intérieur représente une amélioration, mais n'en crée pas moins de graves distorsions. A la longue, celles-ci compromettront la compétitivité en matière de coûts, des entreprises et leur aptitude à mieux gérer les risques liés aux fluctuations des prix et des quantités. Elles menacent donc les perspectives d'évolution à long terme des entreprises agro-industrielles qui, elles, n'ont d'autre solution que de s'aligner sur les prix du marché. (vii) L'environnement sectoriel. Par environnement sectoriel ou technique, on entend l'ensemble des institutions et des infrastructures qui influ - à le fonctionnement des trois stades interdépendants de la chaîne agro-industrielle que sont le. 2 visionnenients, la technologie de transformation et la commercialisation. Certains maillons st - s de la chaîne sont faibles. Les grands problèmes qui font que l'environnement technique const.ýe un frein au développement plutôt qu'un atout concernent quatre domaines : (a) les financements et les services bancaires; (b) la logistique et l'infrastructure connexe; (c) la gestion de la qualité des produits au niveau sectoriel et au niveau de l'entreprise; et (d) les services professionnels et les organismes interprofessionnels. (viii) Principales faiblesses de l'environnement technique. Les principales faiblesses identifiées affectent de diverses manières la compétitivité-coût des agro-industries. Dans certains cas, les charges financières sont trop élevées, ce qui accroît la vulnérabilité de l'entreprise, dans d'autres la fiabilité et la qualité des produits sont médiocres, ou encore l'offre de services professionnels aux entreprises est insuffisante. (ix) Moyens de financement. Les entreprises peuvent obtenir des prêts à court terme; mais, pour les crédits à long terme, l'importance des sûretés et garanties demandées opère une sélection entre - iii - les entreprises. Cette politique pénalise les entreprises qui se créent ou qui cherchent à consolider leur assise. Même lorsque les entreprises peuvent obtenir des crédits par les circuits bancaires, elles doivent financer leurs investissements à long terme par des emprunts à court terme, ce qui accroît d'autant leur vulnérabilité financière. (x) Logistique. Les maillons faibles de la chaîne logistique affectent la qualité des denrées périssables et réduisent leur durée de vie. Ces faiblesses ont des causes multiples et complexes : en particulier restrictions imposées par les pouvoirs publics et difficultés d'ordre financier. Entre l'exploitation agricole et l'étagère du magasin de vente, les problèmes de manutention sont beaucoup trop fréquents. Le pays manque en particulier d'entrepôts frigoriques, de matériel et d'équipement d'emballage palettisés, de camions à température de transport contrôlée et équipés de moyens de communication. Les transports maritimes se caractérisent par des retards chroniques, par un manque d'installations adéquates de prérefroidissement et par leur manque de souplesse. Les transports routiers internationaux, qui proposent des horaires plus souples et des services de meilleure qualité, demeurent inaccessibles pour beaucoup. Les transports aériens sont encore trop coûteux car le facteur d'utilisation (taux d'utilisation sur le fret de retour) est trop faible. (xi) Gestion de la qualité des produits. Plusieurs institutions publics font des efforts notables pour veiller à la qualité des produits, mais ces efforts n'ont pas été coordonnés et, parfois, manquent de cohérence. De plus, leurs interventions sont plutôt de type répressif et ils manquent de moyens (analyses de laboratoire et agents qualifiés). Par ailleurs, les produits destinés au marché intérieur échappent la plupart du temps à la surveillance des services chargés des contrôles de qualité et à la sanction des consommateurs. La situation est très différente pour les entreprises exportatrices. Elles connaissent aussi d'importants problèmes de qualité, mais ils sont, pour l'essentiel, dus au fait que leur stratégie commerciale ne tient pas suffisamment compte du goût des consommateurs, que leur matériel est inadéquat et que leur personnel est insuffisamment qualifié. (xii) Services professionnels. Deux types importants de services spécialisés font cruellement défaut, et leurs déficiences se conjuguent pour affecter la performance des gestionnaires, une ressource rare. La première catégorie de services concerne le fonctionnement des entreprises au quotidien, tel que l'entretien des matiriels, les analyses de laboratoire et les conseils techniques concernant le fonctionnement des machines ou de l'entreprise. Comme ce soutien leur fait défaut, les dirigeants d'entreprises passent une trop grande partie de leur temps à régler les affaires courantes et pas assez à s'occuper de stratégie pour leur entreprise et d'analyse de la demande des consommateurs. La deuxième catégorie de services concerne les organismes interprofessionnels capables de prendre en main les blocages qui concernent tout un secteur, de proposer des solutions et des moyens pour lever les blocages, et servir de la sorte les intérêts du secteur tout entier. Là encore, chaque dirigeant d'entreprise doit trouver individuellement sa propre solution à un problème général au secteur, ce qui détourne son attention des questions stratégiques. Les coopératives, qui sont en principe les seules organisations intégrées au niveau de la production, mais qui sont essentiellement un instrument de l'Etat, ont de faibles moyens tant du point de vue financier que du point de vue de la gestion. (xiii) Vue d'ensemble de l'agro-indusirie. Le secteur de l'agro-industrie a un caractère dualiste. Il est pour l'essentiel entre les mains d'entreprises privées, sauf le sucre, le vin et les agrumes transformés. Partout - qu'il s'agisse de la transformation du blé, des fabriques d'huile d'olive, de la culture et transformation des épices, ou encore de la culture, de la manutention, de la transformation et de la commercialisation des fruits et légumes -, une foule de petites entreprises (dont l'équipement va du matériel traditionnel aux technologies modernes) coeistent avec un petit nombre de grandes entreprises modernes. Les sous-secteurs du sucre et des oléagineux sont aux mains de grandes entreprises modernes, mais le premier est sous la tutelle de l'Etat et le deuxième appartient au secteur privé. Ce - iv - dualisme est à la fois une source de force et de faiblesse pour l'agro-industrie. C'est une force, car il recèle un potentiel important que l'on peut exploiter et qui devrait l'être. Il constitue une base solide à partir de laquelle on peut aller de l'avant. C'est une source de faiblesse car cela implique un gaspillage de ressources important allant de manière privilégiée au service de quelques sous-secteurs. Malgré la variété des ressources agricoles du Maroc, la diversification en termes de produits et de marchés demeure limitée. Ce manque de diversification est un facteur de vulnérabilité, tant au niveau de l'entreprise qu'au niveau national. (xiv) Principales caractéristiques des sous-secteurs étudiés. Une caractéristique notable commune à tous les sous-secteurs inclus dans l'analyse est leur important potentiel agricole et économique. Le taux de rentabilité économique estimatif de l'intensification des cultures sur les terres cultivées qui s'y prêtent, dans les zones irriguées ou bien arrosées (plus de 400 mm de précipitations), est supérieur au coût d'opportunité du capital. Dans les exploitations (que ce soit dans l'agriculture ou l'élevage), le ratio du rendement agronomique potentiel au rendement actuel se situe entre 1,5 et 3,0 pour les principales cultures et les activités de l'élevage. Par exemple, les rendements des cultures irriguées de blé tendre pourraient être augmentés de moitié. Pour le lait, dont la production est insuffisante tant au niveau de la transformation qu'au niveau de la consommation, les rendements pourraient plus que doubler. Depuis 20 ans, la production de viande rouge stagne, et les rendements des carcasses (selon la race) pourraient presque doubler. Mais, pour le lait comme pour la viande, le coût économique du four-age reste une variable déterminante de la rentabilité économique. Au-delà du stade de la production, on pourrait de bien des manières améliorer l'efficacité du stockage, de la transformation et de la manutention. Le stockage du blé tendre, par exemple, laisse à désirer tant du point de vue qualitatif que quantitatif. Comme les normes de qualité sont insuffisantes de même que les primes à la qualité, cela encourage certains gaspillages dans les opérations de transformation du blé et des oléagineux. La mauvaise qualité du matériel d'emballage est aussi source de gaspillage: par exemple les sacs de coton de 50 kg pour la farine nationale (subventionnée), et les cartons de formes et de tailles diverses pour les fruits et légumes destinés au marché intérieur. Toutes les analyses sous-sectorielles montrent que non seulement les stratégies et technologies de cLmmercialisation se traduisent par une production peu différenciée dans l'agro-alimentaire - ce qui rend cette industrie plus tributaire encore du facteur coût- mais aussi que la chaîne agro-industrielle est confrontée à divers problèmes qui se conjuguent pour empêcher de réduire les coûts de production : (a) sous-utilisation des capacités; (b) faiblesse des taux d'extraction et gaspillage des produits; (c) gaspillage des sous-produits; (d) vulnérabilité accrue des entreprises qui doivent recourir à des financements courts pour des investissements longs; et (e) coût relativement élevé des transports et de l'emballage (qui, dans certains cas, ne sont même pas adaptés). Les rares exceptions (dans les sous-secteurs des fruits et légumes, des épices ou des produits laitiers, par exemple) concernent en général des entreprises qui ont conclu des contrats d'association avec des partenaires étrangers, et dont les investissements et la gestion, tant en ce qui concerne les achats, la transformation que la logistique, s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie de commercialisation précise. (xv) Choix technologiques déterminés en fonction de stratégies de commercialisation inappropriées et d'incitations à caractère administratif. Le développement du secteur agro-industriel dépend du bon fonctionnement des trois éléments interdépendants que sont les approvisionnements, la transformation et la commercialisation de la production. Les techniques utilisées dans chacun de ces stades sont peu sophistiquées, de sorte que le message concernant les préférences des consommateurs ne passe pas bien au travers de la chaîne industrielle pour remonter à la production et que la filière ne peut pas non plus s'adapter correctement à l'évolution de la demande. A part quelques rares exceptions notables, les techniques de commercialisation sont mal adaptées à la nature du produit et aux exigences des consommateurs. Les choix technologiques sont déterminés en fonction de stratégies inadéquates de commercialisation et par des incitations à caractère administratif. La plupart des produits marocains écoulés sur le marché intérieur et à l'étranger ne sont pas différenciés. L'indifférenciation de la plupart des produits offerts est le corollaire d'une technologie qui est, dans l'ensemble, élémentaire et inadaptée. Les technologies modernes sont pratiquement absentes et, pour ce qui est des techniques utilisées, les problèmes que l'on rencontre le plus souvent sont les suivants : (a) capacité excédentaire au regard des potentiels d'approvisionnement (et difficuhs d'accès à des sources alternatives de matières premières) et des économies d'échelle optimale; (b) technologies non justifiées au plan économique; et (c) maillons faibles dans la chaîne technique (absence d'entrepôts frigorifiques, par exemple). Les produits marocains sont très peu différenciés. Et, lorsqu'ils le sont, les entreprises marocaines, à de très rares exceptions près, ne cherchent pas à promouvoir énergiquement leur image de qualité, ni à différencier davantage la gamme de leurs produits. Les produits semi-transfarmés (notamment les ingrédients donnant un apport nutritif, de la texture, de la couleur ou un arôme, ou allongeant la durée de vie des produits) qui permettraient aux entreprises marocaines de renforcer sérieusement leur avantage comparatif sont à peine développés. Avec des produits peu différenciés, les entreprises marocaines ne peuvent que subir les prix du marché. Dans ce cas, la gestion des risques liés aux fluctuations des prix a un impact déterminant sur la performance de l'entreprise. Que ce soit pour les importations ou pour les exportations, les entreprises n'ont aucun accès aux marchés à terme des produits de base et aux instruments modernes de gestion des risques. C'est particulièrement évident pour les industries de transformation qui fabriquent du Jus d'orange frais ou du jus d'orange concentré surgelé. Pour les produits de consommation de base, lps entreprises sont confrontées aux risques liés aux incertitudes et à l'arbitraire des interventions administratives. Ces risques induits par l'intervention de l'Etat remplacent les risques liés aux fluctuations des prix; mais, contrairement à ces derniers, ils sont en général impossible à gérer, sauf peut- être par des moyens autres que les mécanismes du marché. (xvi) Priorité devrait être donnée à un développement agro-industriel fondé sur la demande. La contribution potentielle de l'agro-industrie au PIB pourrait être plus importante. Selon le schéma classique, à mesure qu'un pays progresse dans la voie du développement, la part relative de l'agriculture diminue tandis que celle de l'agro-industrie augmente. Dans la République de Corée, par exemple, le ratio de la valeur ajoutée des denrées alimentaires à la valeur ajoutée de l'agriculture est passé de 0,21 en 1970 à 0,37 en 1987. Aux Etats-Unis, l'agriculture ne représente que 1 à 2 % du PIB, alors que l'agro-industrie (qui comprend les intrants agricoles) en représente 17 %. Si le Maroc suit le schéma de développement classique, les contributions respectives de l'agriculture et de l'agro-industrie devraient être inversées. Bien sûr, il pourrait faire exception à la règle, mais il n'y a aucune raison a priori de penser qu'il en soit ainsi. Pour développer efficacement son agro-industrie, le Maroc devra modifier complètement la gamme des produits de l'agriculture et de l'agro-industrie. Donner priorité à un développement agro-industriel dynamique, fondé sur la demande, c'est donner priorité à une croissance agricole commerciale dynamique fondée sur la demande. Il n'y a pas de différence : une croissance agricole durable est nécessairement fondée sur la demande. L'inverse est également vrai : lorsque l'agro- industrie manque de ressort, elle freine la croissance agricole commerciale. Il existe un lien étroit et de plus en plus fort entre la performance des deux secteurs. En fait, au plan de la politique agricole, ils devraient être considérés comme un secteur unique intégré. Si l'on se place dans une optique historique du développement à long terme, les dirigeants marocains devra-nt inclure dans leurs objectifs prioritaires un programme d'action visant à promouvoir le développement de l'agriculture et de l'agro-industrie à partir de la demande et à accroître leur contribution au PIB. Pour servir l'objectif du développement, il faut résoudre les contradictions qui existent entre les incitations aux producteurs agricoles, d'une part, et celles des entreprises de transformation et des utilisateurs en aval. Les questions de politique économique à résoudre (xvii) La politique d'autosuffisance alimentaire pose un problème majeur. Pendant longtemps, l'autosuffisance alimentaire a été l'un des pivots de la politique commerciale et de la politique - vi - des prix dans le secteur agricole. Cette politique a donné naissance à un système administratif complexe de contrôles générateurs de distorsions dans les incitations et par conséquent dans l'allocation des ressources. C'est dans ce but que les Autorités ont cherché à réduire la dépendance du pays à l'égard des denrées de base, à savoir les céréales, les huâes végétales, le sucre, la viande et les produits laitiers. Le degré d'autosuffisance a sensiblement augmenté, mais à un coût élevé. Avant les programmes d'ajustement structurel (PASA), qui ont démarré en 1985 (PASA-I), le Maroc entendait parvenir à l'autosuffisance alimentaire en s'efforçant de favoriser les produits de substitution aux importations au détriment des exportations. Avec la politique de libéralisation progressive, ce biais à l'encontre des exportations et en faveur des produits locaux a beaucoup diminué. Mais la protection commerciale reste élevée pour les céréales, les oléagineux, le sucre, la viande et les produits laitiers. Le régime commercial en vigueur avant le deuxième prêt à l'ajustement agricole (PASA-II) était caractérisé par un grand nombre de restrictions quantitatives. La commercialisation des produits sur le marché intérieur donnait également lieu à des contrôles pesants. Avec le deuxième PASA, les restrictions quantitatives ont été remplacées par des prix de référence basés sur des moyennes mobiles des prix mondiaux et des droits de douane équivalents. En outre, les restrictions qui frappent les oléagineux, le sucre et la viande sur le marché intérieur et celles qui frappent les céréales (sauf le blé tendre) sur les marchés extérieurs doivent être éliminées en 1993. Ce sera une étape importante dans le processus de réformes en cours. Toutefois, si le type de protection à la frontière a changé pour ces cinq produits de base, le niveau de protection n'a pas changé. Par conséquent, une partie des distorsions et des éléments dissuasifs de l'ancien système subsistent. (xviii) Le système des prix de référence et des droits de douane équivalents. Avec ce système, les producteurs agricoles continuent de bénéficier d'un haut niveau de protection. Pour le blé tendre, la clause de sauvegarde permet aux Autorités de geler le prix courant en valeur réelle, sans tenir compte des mouvements de prix à la frontière. Pour le sucre et les oléagineux, il y a : (a) le taux d'adéquation (un pourcentage de marge déterminé par l'administration), qui diffère selon les produits; et (b) les clauses de sauvegarde qui introduisent une relation entre les variations des prix moyens pondérés à la frontière (21 ans pour le sucre et 10 ans pour les oléagineux) et les variations du taux d'inflation au Maroc (sur une base annuelle). La longue période retenue pour le calcul des moyennes et les clauses de sauvegarde servent l'objectif de stabilité des prix. Les clauses de sauvegarde visent à limiter les variations à plus ou moins 5 % en valeur réelle dans toute année donnée. Pour la viande et les produits laitiers, la protection que fournissent les droits de douane élevés va changer avec la modificatio'n des droits de douane autorisés par le GATT. Si ce système montre de façon plus transparente l'importante protection dont bénéficient les producteurs agricoles, il pénalise certaines agro-industries (d'autres sont protégées) et les consommateurs en aval. Les produits agricoles brts et semi-transformés sont un élément de coût important pour les industries de transformation finale. Les principaux inconvénients du système actuel de protection et des distorsions dans les incitations sont les suivants : (a) exception faite des industries protégées par les prix de référence, les marges des agro-industries s'écrasent à la longue du fait que les prix de référence des matières premières sont très nettement supérieurs aux prix à la frontière; (b) les entreprises ne sont pas suffisamment incitées à prévoir un stockage adéquat et à faire un effort de qualité; (c) des distorsions sont introduites dans les incitations, qui tendent à détourner les producteurs et les banques des produits de plus grande valeur mais qui comportent davantage de risques (les produits non couverts par les mesures de soutien des prix) dans les périmètres irrigués; et (d) la diversification des produits est limitée (y compris l'utilisation des sous-produits), et les marchés, eux aussi, sont peu diversifiés. En outre, les prix de référence pour les oléagineux, l'huile et la pulpe empêchent l'industrie de couvrir leurs marges brutes de trituration. (xix) Contrôles du commerce extérieur et des prix. En dehors des prix de référence précédemment mentionnés, l'agro-industrie souffre des restrictions qui frappent les importations de produits intermédiaires agricoles et par d'autres contrôles. Contrairement aux autres produits, les - vii - exportations de produits agricoles subventionnés sont soumises à des licences, et le Système d'admission temporaire est accordé au cas par cas pour les produits intermédiaires agricoles. La lourdeur des procédures décourage l'exportation des produits transformés ou semi-transformés ou l'importation de produits intermédiaires bon marché dont les entreprises ont besoin. Toutefois, le deuxième PASA prévoit d'éliminer en 1993 les contrôles au niveau de la commercialisation intérieure des oléagineux, du sucre et de la viande. (xx) Dualisme des méthodes d'approche à l'égard du marché intérieur et des marchés d'exportation. Le Maroc a toujours eu une politique dualiste pour l'industrie nationale et les exportations. Mais ce dualisme entrave le développement efficace de l'agro-industrie et des autres activités au lieu de le favoriser. Les conséquences négatives sont manifestes dans l'agriculture et l'agro-industrie. Jusqu'au milieu des années 80, la politique agricole favorisait l'autarcie au détriment des exportations. En dehors des mesures commerciales dont on vient de parler, c'est dans la gestion de la qualité que le dualisme est le plus évident. Les marchés intérieurs en expansion et qui ont un potentiel de valeur ajoutée, sont considérés comme un simple exutoire pour les produits rejetés à l'exportation. Cette mentalité favorise le gaspillage. En outre, elle limite les possibilités de diversification aux niveaux de la production agricole, des agro-industries et de la consommation. En améliorant les infrastructures commerciales au stade de gros au niveau régional, et en renforçant la réglementation relative à la qualité et aux normes des produits, on pourrait au contraire développer de la valeur ajoutée sur les produits inexportables. Dans ce nouveau contexte, les entreprises agro-industrielles seront mieux équipées pour organiser leurs approvisionnements, leurs activités de transformation et leur commercialisation - en fonction de l'état du marché intérieur, de celui des marchés étrangers ou des segments de marchés visés - de façon à atteindre leur échelle de production optimale, à réduire leurs risques (tant en ce qui concerne les intrants de l'agriculture que la production de denrées alimentaires), et à tirer parti des opportunités qui se présentent pour accroître la valeur ajoutée de leurs produits et de leurs sous-produits. (xxi) Faiblesses institutionnelles induites par la réglementation. Les inconvénients d'une forte intervention réglementaire sur les marchés, le commerce et les prix ne se limitent pas aux distorsions qu'elle engendre dans les incitations et l'allocation des ressources. Le manque de ressort des coopératives agricoles en est une illustration frappante. Les coopératives sont utilisées comme des instruments de la politique de l'Etat au lieu d'être considérées comme des mécanismes permettant de mettre en commun les risques et les ressources, de réaliser des économies d'échelle et d'aider la multitude des petits exploitants à obtenir de meilleures conditions et de meilleurs prix. Les coopératives n'ont jamais été véritablement autonomes. Dans une économie où la majorité des agriculteurs sont des petits exploitants illettrés et dispersés sur de vastes étendues, des possibilités de développement importantes sont négligées. Avec la libéralisation et la suppression des subventions aux intrants, les nombreuses coopératives, déjà faibles financièrement, risquent fort de ne pouvoir relever le défi du développement. Principales recommandations (xxii) En résumé, l'agro-industrie marocaine a un potentiel important, mais il reste beaucoup à faire pour exploiter ce potentiel. Nos recommandations couvrent les domaines suivants : (a) la politique commerciale et la politique de commercialisation; (b) la restructuration des dettes à court et long terme des entreprises agro-industrielles et la mise sur le marché de nouveaux produits agricoles et de nouvelles denrées alimentaires; et (c) l'amélioration du réseau des infrastructures et des institutions publiques. Compte tenu de l'importance du champ d'action de nos recommandations, il sera nécessaire de déterminer l'institution qui sera chargée d'élaborer une stratégie et d'exécuter le programme d'actions. Nous espérons que notre diagnostic et nos recommandations permettront de jeter les bases d'un dialogue fructueux entre le Gouvernement marocain et la Banque mondiale pour la réalisation de l'objectif commun qui est le - viii - développement de l'agro-industrie dans de bonnes conditions d'efficacité. Deux séries de matrices sont jointes à ce document : la première montre à quel niveau se situent les contraintes et les actions proposées; la seconde regroupe les recommandations par objectif stratégique. Des observations détaillées et des recommandations techniques au niveau des sous-secteurs sont formulées dans chaque chapitre et chaque annexe. (xxiii) Le défi posé par les opportunités à exploiter, des marchés de plus en plus compétitifs, et les incertitudes majeures qui restent à lever. Le Maroc occupe une position stratégique. Ses perspectives de développement dépendent dans une large mesure du dynamisme des marchés voisins et de ses relations commerciales avec ces marchés. Les négociations en cours du GATT et les négociations entre le Maroc et la Communauté européenne sur la création d'une zone de libre-échange ne manqueront pas d'avoir un impact majeur sur les perspectives commerciales du Royaume. Pour le moment, on ne dispose pas d'informations concrètes sur ces pourparlers. Nonobstant ces incertitudes, le Maroc dispose d'atouts majeurs, mais il doit affronter une concurrence de plus en plus dure sur les marchés internationaux. Il est géographiquement proche de l'Europe et de la Communauté européenne, l'un des marchés les plus importants et les plus lucratifs du monde. Il est membre de l'Union du Maghreb arabe et du marché maghrébin. il a un accès facile avec l'Amérique du Nord, le Moyen-Orient et l'Afrique subsaharienne. Ces diverses régions du monde représentent toute une gamme de marchés diversifiés caractérisés par des niveaux de revenus différents et des consommateurs dont les préférences sont différentes aussi. Le principal partenaire commercial du Maroc est la Communauté européenne (CE), en particulier la France et dans une moindre mesure le Royaume-Uni et l'Allemagne. Du côté positif, l'unification du marché de la CE offre d'immenses possibilités d'expansion et de diversification pour les exportations marocaines. Du côté négatif, avec l'intégration totale de l'Espagne et du Portugal prévue pour 1996, le traitement préférentiel accordé aux exportations de fruits et légumes marocains au pire risquerait d'être supprimé. De façon plus générale, avec l'entrée d'un nombre de plus en plus important de pays méditerranéens dans la CE, les produits méditerranéens sont devenus plus abondants et le protectionnisme à l'encontre des autres exportateurs méditerranéens risque de se renforcer. L'entrée de l'Espagne pourrait déboucher sur la conclusion d'accords spéciaux avec l'Amérique latine et les Caraïbes. Si c'est le cas, cette nouvelle concurrence réduira le créneau saisonnier des produits méditerranéens. Il faut donc que le Maroc s'efforce de conserver sa part de marché dans la CE, mais il faut aussi qu'il formule sa future stratégie de commercialisation en tenant compte des débouchés autres que ceux de la CE. (xxiv) Des marchés marocains en expansion et où la concurrence se renforce. Au plan intérieur aussi, les marchés se développent et la concurrence se durcit. La croissance démographique et la hausse du niveau de vie, l'urbanisation et la participation croissante des femmes au marché du travail, et le fait que l'élasticité-revenu de ces biens de consommation est positive, sont autant de facteurs qui stimulent la demande. Malgré une amélioration substantielle et soutenue de la consommation, l'état nutritionnel reste encore médiocre et il reste beaucoup à faire pour l'améliorer. Le PNB par habitant est toujours bas : 1.030 dollars en 1991. La détermination du Maroc à poursuivre le processus de libéralisation permettra de stimuler la concurrence sur ses marchés en expansion. (xxv) La position du Maroc face à divers scénarios commerciaux. Que devrait faire le Maroc face aux nouvelles opportunités et aux nouveaux défis extérieurs? De grandes incertitudes planent toujours sur ses relations commerciales avec la CE. Il pourrait s'intégrer à la zone de libre-échange de la CE comme il pourrait se voir refuser tout accès préférentiel après 1996, avec toutes les solutions intermédiaires possibles entre ces deux extrêmes. Mais l'incertitude ne se limite pas aux relations avec la CE. Elle est d'autant plus grande que les négociations du GATT piétinent et que les relations commerciales internationales sont très mouvantes. L'extrême instabilité de l'environnement commercial international montre à quel point il est important que le Maroc ne cherche pas à maintenir les choses en - ix - l'état par des incitations spéciales et des mesures de soutien privilégiant certains sous-secteurs, ce qui empêcherait les entreprises privées de s'ajuster à cet environnement assez volatile. L'administration marocaine ne doit pas tenter de sélectionner elle-même les gagnants; elle doit laisser ce soin au secteur privé. Le rôle de l'Etat est de lever les contraintes fondamentales et de créer un environnement porteur en vue d'améliorer la compétitivité-coût des entreprises et de permettre aux entreprises de s'adapter aux opportunités commerciales qui se présenteront. C'est précisément l'approche que nous proposons ici. (xxvi) Objet, thème central et portée de la politique agro-industrielle. La politique agro- industrielle doit viser à maximiser la valeur ajoutée à des prix économiques en renforçant les maillons essentiels de la chaîne agro-industrielle, depuis la phase des approvisionnements, à celle de la production et de la commercialisation. Elle devrait être fondée sur les points suivants : (a) faciliter les flux de biens et services et les flux d'informations au sein de structures de commercialisation compétitives et souples; (b) promouvoir la diversification des produits (et développer en particulier une gamme de produits semi- transformés), des techniques de commercialisation et des marchés; (c) donner de la valeur ajoutée aux sous-produits des industries de transformation et réduire les coûts de transformation et de commercialisation des produits non différenciés; et (d) améliorer l'accès des décideurs aux mécanismes de gestion des risques. La portée de la politique agro-industrielle va des mesures macroéconomiques et commerciales aux mesures sectorielles et aux interventions au niveau de l'entreprise. Plus précisément, elle couvre quatre grands domaines : (a) les échanges et la commercialisation des produits agricoles; (b) les moyens de financement et les risques de change; (c) l'infrastructure; et (d) les institutions. (xxvii) Les échanges agricoles et la commercialisation. Dans l'immédiat, le Gouvernement marocain devrait supprimer les distorsions les plus importantes du système des prix de référence (et des prélèvements variables qu'il implique) et les droits de douane équivalents, atténuer la dualité de son approche à l'égard des marchés intérieurs et des marchés étrangers, privatiser les secteurs du sucre et du vin et réduire les restrictions à l'entrée dans le secteur de la transformation des oléagineux. Dans un deuxième temps, il devrait revoir sa stratégie en matière de sécurité alimentaire compte tenu du fait qu'il a déjà décidé d'abandonner sa politique d'autosuffisance alimentaire. Il doit aussi repenser sa politique en matière de revenu et d'emploi des pauvres dans les régions rurales, qui était en partie fondée sur l'augmentation de la production agricole de base. A court terme, le Maroc devrait considérer les mesures suivantes : (a) le système des prix de référence - supprimer la clause de sauvegarde pour le blé tendre; réduire les différences entre les taux d'adéquation et les droits de douane équivalents appliqués aux produits de base, de façon à inciter le secteur privé à rechercher la meilleure combinaison qualité-prix, à stocker et couvrir leurs achats; réduire peu à peu les taux de protection qu'impliquent ces droits de douane; et uniformiser les taux de protection d'un secteur à l'autre; (b) le dualisme entre les marchés d'exportation et les marchés intérieurs - supprimer les restrictions administratives qui frappent les exportations des produits agricoles subventionnés; inclure les importations agricoles dans le système d'admission temporaire automatique, quelle que soit l'importance quantitative de ces produits importés dans la production du produit transformé; (c) la privatisation - restructurer le secteur sucrier sur la base du Plan d'optimisation du sucre (décembre 1990); et (d) la libéralisation du marché intérieur - supprimer les restrictions applicables aux opérations qui intéressent le marché intérieur. La rationalisation du secteur sucrier n'est pas seulement un facteur d'effacité; elle permettra aussi d'alléger la charge financière qui pèse sur le Fonds de compensation sans provoquer une augmentation substantielle des prix à la consommation. Parmi les questions importantes à considérer, il faut citer la possibilité de recourir à des mécanismes permettant de gérer les fluctuations des prix et les risques qu'elles impliquent, le rôle de l'Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (ONICL) dans le contexte d'une structure de marché libéralisée, et la justification des « stocks de sécurité » du secteur public. (xxviii) Moyens de financement et risques de change. Les agro-industries, et en particulier les petites et moyennes entreprises, auront besoin de soutien pour restructurer leur portefeuille - x - d'investissement, pour consolider leurs fonds propres, et pour améliorer le ratio des dettes à long terme aux dettes à court terme. Les banques sont en mesure de fournir les moyens de financement et l'assistance technique nécessaires. La restructuration financière liée aux nouveaux investissements peut aider les entreprises à diversifier leurs activités. Outre l'aide apportée aux entreprises pour leur permettre de consolider leur portefeuille et leur structure financière, il faudrait leur donner les moyens de mieux gérer leurs risques de change en particulier, et les risques inhérents à l'évolution rapide des marchés en général. Les restrictions qui frappent encore la détention des recettes en devises doivent aussi être assouplies. Les banques domestiques et étrangères peuvent jouer un rôle clé en matière de gestion des risques (risques touchant les taux d'intérêts et les taux de change, et ceux qui touchent les prix agricoles ou les prix de l'énergie) en aidant les entreprises à mieux comprendre le fonctionnement des marchés physiques sur échéances éloignées ('à livraison différée'), et des marchés à terme, en offrant des services en ces domaines de gestion des risques, et, le cas échéant, en finançant les dépôts de cautionnement et les appels de marge. (xxix) Les infrastructures. C'est manifestement un très vaste domaine; mais il est proposé ici de développer plusieurs marchés de gros le long de l'axe Agadir-Tanger - où se trouvent les principales régions productrices de produits frais. Ces marchés seraient reliés aux marchés étrangers grâce au réseau des ports et aéroports et des grands axes routiers. Pour ces infrastructures, il sera non seulement utile de construire des bâtiments et des facilités d'accès aux points d'embarquement, mais aussi un réseau de communications moderne pour faciliter à la fois la commercialisation classique et la commercialisation électronique. Ces marchés pourront alors servir de marchés de référence pour les fruits et légumes et d'autres produits agricoles importants. Outre la mise en place des infrastructures, il faudra : (a) moderniser certaines installations portuaires, et prévoir notamment des entrepôts frigorifiques à Agadir, Casablanca et Tanger; et (b) améliorer les services de ferries et les services portuaires d'exportation de Tanger (et agrandir notamment les aires de stationnement des camions sur les axes internationaux). Pour cela, il sera nécessaire de modifier le système de licences de l'Office National des Transports de façon à inciter le secteur privé à fournir des services de camionnage bien équipés pour les transports intérieurs et les transports internationaux. (xxx) Les institutions. Les principaux points faibles sont les suivants : (a) les organismes interprofessionnels sont inadéquats; (b) les coopératives agricoles restent faibles; (c) la gestion de la qualité n'est pas coordonnée; et (d) pour les agrumes frais, les techniques de gestion des risques font défaut (notamment les contrats à terme). Dans ces quatre domaines, il faut revoir la législation et fournir une assistance technique. Il existe des organismes interprofessionnels, mais ils ne remplissent pas pleinement leur rôle, qui est de fournir une enceinte permettant d'exposer des problèmes communs aux diverses professions d'une filière, de diffuser les informations sur les marchés et les technologies, de dégager des solutions communes et de dialoguer avec les autorités et les autres milieux d'affaires. Les coopératives doivent devenir des institutions autonomes et financièrement viables. Il faudrait au moins réviser la loi de 1984 sur les coopératives pour les doter d'une autonomie complète. Pour faciliter la privatisation et la restructuration des coopératives, l'Office de Développement des Coopératives devrait être renforcé, et pour cela il faut former son personnel. Il faudrait évaluer les besoins spéciaux d'assistance des coopératives hors réforme agraire (et prévoir une restructuration financière et technique étant donné que leur assise financière est déjà faible). Trop d'organismes interviennent dans la gestion de la qualité. Il faudrait rationaliser leurs attributions pour que la gestion de la qualité soit l'objet d'un effort concerté au niveau national, afin d'éviter des interventions non coordonnées de multiples organismes. La gestion de la qualité doit être l'affaire des industries de transformation elles-mêmes, et elles doivent être assistées dans cette tâche par les organismes publics. L'Etat pourra alors centrer son action sur l'élaboration et l'application des réglementations touchant la santé et les normes sanitaires; l'information sur les produits (étiquetage) et la sécurité des consommateurs; et enfin, le soutien à l'amélioration de la qualité au niveau de l'entreprise. En outre, cette action devrait s'inscrire dans le cadre - xi - d'une politique qui ne soit pas dualiste, mais qui s'applique aussi bien aux marchés intérieurs qu'aux marchés étrangers. Il faudrait donc combler les lacunes de la réglementation actuelle et soumettre à cette législation certains produits ainsi que les petites et moyennes entreprises qui travaillent pour le marché intérieur. Il faut renforcer les moyens d'action des laboratoires chargés d'effectuer les analyses n,essaires. En ce qui concerne les instruments de gestion des risques, le secteur des agrumes frais doit faire face à des à-coups de production très brutaux et à la forte variabilité des prix, donc à des risques très importants. Or, il n'a aucun moyen de se couvrir contre ces risques, de les atténuer ou de les transférer. Il faudrait étudier la possibilité de créer un marché régional (méditerranéen) de contrats à terme pour les agrumes frais. (xxxi) Rôle du Gouvernement et des bailleurs de fonds aux différents niveaux de l'économie. Les mesures que l'on vient d'énumérer sont récapitulées ici pour indiquer les niveaux auxquels chaque intervention est suggérée et pour aider à identifier les rôles respectifs du Gouvernement marocain et des bailleurs de fonds concernés. Pour promouvoir une croissance agro-industrielle fondée sur la demande, il faut comme on l'a vu modifier radicalement le rôle de l'Etat, l'objectif étant moins celui de réglementation et plus celui d'appui : au lieu de réglementer les marchés, il doit s'efforcer de créer un environnement porteur et notamment un cadre macro-économique stable et un cadre juridique, réglementaire et institutionnel approprié, et il doit faire en sorte que les marchés puissent fonctionner dans de bonnes conditions d'efficacité et de concurrence. Cette transformation est en cours avec le processus de libéralisation. Plus précisément les mesures proposées intéressent trois niveaux : (a) celui de l'économie dans son ensemble pour le commerce extérieur et les finances; (b) le niveau sectoriel en général; et (c) au niveau du secteur, les mesures qui concernent spécifiquement l'agro-industrie. (xxxii) Mesures commerciales, mesures macroéconomiques et mesures financières. Ces mesures sont prioritaires en ce sens qu'elles permettent de créer un environnement général porteur. Les mesures commerciales ont un double objectif : d'une part, accroître les opportunités commerciales et stimuler la concurrence intérieure en général; et, d'autre part, faciliter la diversification, augmenter la valeur ajoutée et améliorer la gestion des risques au niveau des approvisionnements, de la transformation et de la mise en marché, et en particulier au niveau de l'importation et de l'exportation des produits issus de l'agriculture. Il faudrait assouplir encore les règles relatives à la rétention des recettes en devises et faciliter la couverture des avoirs et des engagements libellés en devises. Les mesures d'ordre macro-économique permettent de conforter la stabilité, élément essentiel de toute croissance durable. Les mesures financières devraient être élargies pour mobiliser la base des ressources prêtables, réduire l'effet d'éviction des emprunts de l'Etat et supprimer les facteurs qui entravent les prises de participation au capital des entreprises et leur financement à long terme. (xxxiii) Mesures institutionnelies intéressant l'ensemble de l'économie. Pour mettre en oeuvre les mesures qui intéressent l'ensemble de l'économie, il faut renforcer ou créer certaines institutions. Ce sont des institutions indispensables pour renforcer la capacité de réaction en matière d'offre par le secteur privé. Il faut prendre les dispositions nécessaires aussi rapidement que possible parce qu'elles montreront de façon claire au secteur privé que la politique intègre les principes de l'économie de marché (ce qui renforçera les signaux macroéconomiques) et parce qu'il faudra du temps pour passer du stade de la conception au stade de la mise en application. Pour l'essentiel, ces institutions permettent au secteur privé : (a) d'opérer dans un système concurrentiel (y compris les services de transports) de règles claires systématiquement appliquées; (b) de dégager des solutions communes en tirant parti des économies d'écheile, de diffuser l'information sur le marché et la technologie et de faciliter l'accès aux techniques de gestion des risques; ainsi que (c) de sensibiliser les entreprises au problème de la qualité et de mettre au point des produits adaptés aux besoins des consommateurs et sans danger pour l'environnement. Les principales mesures à prendre concernent les textes réglementaires visant à stimuler la concurrence, à normaliser les poids et mesures, à fixer et appliquer des normes de qualité (pour les exportations et les - xii - produits de substitution aux importations), à sensibiliser les entreprises (et les consommateurs) au problème de la qualité, et à promouvoir des organismes interprofessionnels et des coopératives autonomes. (xxxiv) Mesures concernant les infrastructures (publiques et privées) au niveau du secteur. Pour que le marché puisse fonctionner avec souplesse dans de bonnes conditions d'efficacité, il faut une logistique et des infrastructures performantes. S'agissant de l'infrastructure publique, la priorité absolue doit être donnée à la modernisation des installations portuaires. Il faut en particulier des entrepôts frigorifiques, des aires de stationnement adéquates à Tanger; et il faut améliorer les services d'utilité publique tels que l'électricité et les télécommunications. S'agissant de l'infrastructure privée, le problème essentiel concerne l'agrément et le renforcement des moyens d'action des laboratoires chargés d'analyser les échantillons de produits. Les failles dans ces infrastructures entraînent des retards, des gaspillages et un manque de flexibilité et d'adaptabilité à l'évolution de la demande, autant d'éléments qui pèsent sur les coûts. Il faut donc que les mesures dans ce domaine soient prises parallèlement aux mesures d'ordre institutionnel. (xxxv) Mesures sectorielles intéressant spécifiquement l'agro-industrie. Ces mesures sont spécifiquement destinées à promouvoir la diversification des produits et des marchés, à réduire et à centraliser les risques, et à augmenter la valeur économique des produits, des semi-produits et des sous- produits. Les principales mesures sont les suivantes : créer des marchés de gros dans les principales régions productrices; (b) faire respecter les contrats; (c) faciliter les contrats à livraison différée pour permettre l'intégration verticale; (d) stimuler la concurrence dans l'emballage; (e) aider les entreprises (en particulier les petites et moyennes entreprises) à restructurer leur portefeuille, à mettre au point des stratégies de commercialisation axées sur les préférences des consommateurs, à fabriquer des produits de qualité, à adopter des méthodes comptables et commerciales appropriées, et à organiser des programmes de formation pour les techniciens, les financiers et les gestionnaires pour l'agro-industrie; et (e) privatiser les entreprises des secteurs du sucre, des oléagineux et du vin. (xxxvi) Minimiser les coûts sociaux de l'ajustement et investir dans la main-d'oeuvre marocaine. Les mesures que l'on vient d'énumérer vont modifier profondément et durablement les perspectives d'évolution des marchés et les possibilités d'emploi. Par la force des choses, les ressources humaines doivent quitter les entreprises non viables pour se diriger vers les entreprisas viables. Mais, compte tenu du décalage qui existe généralement entre le déclin de certains secteurs et la création de nouveaux débouchés dans d'autres secteurs, il faut que l'Etat favorise la mobilité de la main-d'oeuvre en améliorant l'information sur le marché du travail et les possibilités de recyclage. Il faut prévoir des mesures telles que des programmes de placement par des agences privées, des indemnités de licenciements, des programmes d'alphabétisation et de recyclage. Les mesures prises pour favoriser la mobilité de la main-d'oeuvre et le recyclage représentent un investissement important à long terme en capital humain, élément essentiel d'un développement durable. (xxxvii) En résumé, le Maroc est à un tournant. La politique de développement introverti et de réglementation qui a caraciérisé les années 70 et une bonne partie des années 80 cède peu à peu la place à un système davantage tourné sur l'extérieur et fondé sur les lois du marché. Sur le front du commerce extérieur, l'environnement change aussi rapidement. Tout aussi radicaux sont les changements qui concernent les techniques de transformation, les structures de commercialisation et les stratégies de l'agro- industrie, ainsi que les attentes des consommateurs pour ce qui touche à l'hygiène et la facilité d'utilisation des produits alimentaires. L'agriculture et l'agro-industrie ont un vaste potentiel. Le Maroc occupe une position stratégique, il a des partenaires commerciaux de qualité et des débouchés-intéressants, et il dispose d'un réservoir de producteurs, d'hommes d'affaires, d'industriels et de' techniciens expérimentés. Mais, dans beaucoup de domaines prometteurs, les agro-industries restent embryonnaires. - xiii - Pour exploiter ce vaste potentiel, il faudra restructurer en profondeur l'agriculture et l'agro-industrie. Ces deux secteurs en particulier, mais aussi toute l'économie en général, tireront profit d'une politique de développement efficace, axée sur la demande. Il faut aider ceux qui subissent aujourd'hui les contrecoups de la période d'ajustement pour qu'ils puissent en sortir gagnants demain. La tâche consiste à réorienter les secteurs et à renforcer leurs liens. Pour dynamiser ces deux secteurs étroitement interdépendants, il est indispensable de renforcer les liens qui existent entre l'un et l'autre. L'objet de ce rapport est d'expliquer ce que sont ces liens et la meilleure façon de les renforcer. - Xiv - LE DEVELOPPEMENT DE 'AGRO-INDUSTIE MAROCAINE RECAPITULATION DES PRINCIPALES CONTRAINTES, DES OPPORTUNrES ET OBJECTIFS Er DES MESURES PROPOSEES A. MESURES INTERESSANT L'ENSEMBIE DE L'ECONOMIE CONTRAINTES OPPORTUNITES/OBJECTIFS MESURES PROPOSEES COMMERCE EXTEREUR Protection élevée des marchandises. stratgiques .; dcnuamet des Développer les échanges avec la CE et hors de la Riduire l'ampleur et la variabilité entre sous-secteua de la protection marges des agro-industries CE Difficut d'importer et d'exporter des produits intermdiaires agricoles Développer les sources des produits intermédiaires Lever les restrictions à l'importation des produits intermédiaires et des produits alimentaires transformés à partir de produits agricoles et autres agricoles et à l'exportation des produits transformés à l'aide de subventionnés produits subventionnés Contrôles sur les recenes en devises et couverture des risques difficile Recours à des contrats à tenue pour couvrir les Faciliter l'accès aux techniques de gestion des risques risques sur les céréales, les oléagineux, le sucre, le jus d'orange concentré congelé Assouplir les contrôles sur les recettes en devises et créer un mécanisme d'amsurmnw/couverturede changes basé sur la logique du marché FINANCES Effet d'éviction dû aux emprtnts de l'Etat Réduire l'effet d'éviction du secteur privé sur le marché des capitaux Soua-développenutdes marchés des capitaux Poursuivre la libéralisation du secteur financier Plafoonmentdes taux d'intéret Supprimer ou relever sensiblement les plafonds de taux d'intérêt Accès limité aux banques étrangères Elargir l'accès aux banques étangbres - Kv - R. MESURES SECTORMIMS GENERALES - ICONTRAINTES OPPORTONITESOBJECT=S MESURES PROPOSEES INSTITUTIONS Baurri å 1 rtrée. et sigkmntatimn des cireuits de commerciamuation Développeret unifier les m ~rchés intieur Prornouvoirune dlgislation pour lmer anne l~ monopoles. pr ouOir aux niveaux n~ibe-1 et cl, y c kogm pour ks transpolt rties la concurrece et réduir les contr6les au niveau de la com cialiio Modifier le ~ytème de licence de rONT pour amliorer l'offr de oervicea priv&a de transport par canions bien équipa Absece de normlation et m anquede semibiliation au prob~e de Expliter la synergie entre les marché domestiques et Ra[ionaliser ks reaponsabilités des organi~nes conccrés la qualité sur le hs intériem trangers Promouvoirdes contrles de qualiW ms forme de soutie plutdi que de sanction, et Rider les entreprises Dfinir la pclilique et les normes d'environncment Promouvoir une léglation appropri6e Abseneed'orngmn~ interprofessionnel Exploiter les écononies d'é^celle. ks technologies modemea Prprer un pmgramme d'action pour créer den organisme génratrices de valeur ajoute interaliser lm exteralimé~ interprofessionnels Fum=ir une assistanee technique Quali~é faible et ingale et g~spilge dans cetines entreprimes Ratru er le sou-secteurs pour optimiser la vakur joute Privatiaer e entreprues des secteurs du gucre. des olgneux et du vin publiques gées par l'Ewat NFRASTRUIRE PUBUQUE nemun portmaim insuffisantem (mque d'entrepb frigoriques, Amiorer b logiique en fonctiondes besoins dea Entreprndredes inveatisemLenta long terme d'aies de ose~mnnm,. pour les camiam) csommu~r et exploiter d autres c ~!nux SEMI-PUBWUQUE Absce d'ikwb&=ti- ad6utes au ~tade du mrché de grs dan les Adiorer l'effHcité de la menatindes pluits et cuvrir Modemier ou dévelpperde nuveauxrnarcé de gis entre Agadir et gios prd de nouveauxdébuch~s mux produila danmestques Tanger Développerla comnsrciipstinphyseet dctr~uique(au de du gro) PRVEE Insls iesde labora~oiredla~équa D ~velopperdes kna&tio de laboraires i l'intérieur des Agr~n de labo~toires entpses et de service ux entreis, l'extérieur A nce technique aux laboratoires et pogmes de forn~ Tsille iEsse de statin- sun pivés dembdageMo*ahe Rntruc rct et veetir da la d= engie anmorde Entreprende restucuration veiolmtairm di* buatinen phe - xvi - C. MESURES INTERESSANT SPECIFRQUEMENr L'AGRO-INDUSTRIE 3 PRINCIPAUX STAIME CONTRAINTES OPPORTUNIES/OBJFMTIFS MESURES PROPOSEES 1. APPROVISIONNEMENT Non fiable aux plana quantitatf et qualitatif Intégrer la production à la transformation et à la Faire appliquer lea contrats o cialiwaon Accroftre leu possibilités offettes de location de terrm à long tenne Complèter l'offre domesdique par des produits importés Créer des marchés de gros de rfUérence Promouvoir des coopératives autonomes Biais ancien en faveur des produits Dvelopper lu productions agricoles qui ont un important Réduire la protection des produits « sratégiques » de faible valeur avantage comparatif et un fort potentiel « stratégiques » Elaborer une politique de sécurité alimentaire efficzSe en matière de coOts Promouvoir l'accès aux instruments de gestion des risques du secteur privé Créer des mcanismes de couverture bcsé sur i logique du marché 2. TRANSFORMA71ON Technologies iuips6es au potentiel de Exploiter les nouvelles technologies de fractionnement« cracking Promouvoir la concurrence et les produits de valeur ajoute et à l'échelle des opérations » qui ajouten de la valeur aux produite, aux produits semai- qualité adaptés aux goûts des consommateurs transformés et aux sous-produits, et rtâuire le atteintes à l'envirnnmnit Exploiter les 6conomies d'échelle Aider les entn:prisem à restructurer leur gamme de produite Promouvoir l'association avec des entreprises _______________________________________ étrangèresJ 3. COMMERCIAUSATION Diversification limitée des produits et des Exploiter les marchés en enxpansion: produits intermdireas et Amtliorer la concurrencedans les domaines umh6s segmentation des marchés conscommateurs d'emballage et la fourniture de services -domesdques Ipcii -étrangers : CE et hos CE - Xvii - PRINCIPAUX ORJECTIFS STRATEIQUES, QUESTIONS W'ORDRE GENERAL INVESTISSEMDT Er MESUES DE SOUTIEN Objectifus tratitss Principale quedions de politique Principales quetios d'ordre Inventstmets publics Invediment privés Assane pour la mine en oeuvre agrienle institutionnel des mesures (formations; e.) L COMMERCIAMSA1'ION [produits interm ' im et production des industrie@ de transformation de produits agricoleal *Diversifier le produits agricoles *Ie ryitème d'incitations et de protection *Absence de gestion *Améliorationdes services d'appui à *Développementdes petites et *Elaboration d'un programme de et alimentaires. actuel, qui accroit encore les risques liés interprofessionnellede la R&D l'agro-industrie: moyennes entreprises de services formation à moyen terme pour les aux nouveaux produits et réduit la sur le. thèmes d'intédrêt commun agents commerciaux et aide à *Diversifier le. marché6 souplesse dans les achats. aux sous-secteurs: i) infrastructures au niveau du gros :) technologies (transfeits de l'établissement de nouvelles d'exportation en s'efforçant de marchés de gros; mtionalisation et technologies, savoir-faire, entretien, relations commerciale&. conserver les parts de marché *Contramtes concemant lea importations Î) nouvelles technologies et amélioration de l'équipement et des fourniture de pièces détachées) avec dans la CE . alternatives de produits agricoles ou nouveaux brevets agronomiques; laboratoirc des services d'inspection une place particulière aux méthodes *Aide à la mise au point de semi-transformés pour le. agro-industries. compte tenu de leurs nouvelles de conservation des produits nouvelles stratégies de 'Diversifier les techniques de ii) techniques de attributions; et alimentaires, à la réfrigération, à la commercialisation. commercialisation (différencistion *Gestion des risque. de change (pour les commercialisation utilisées au logistique. aux techniques de des produits, marketing industriel, exportations, les importations et les stade de gros et infrastructures ii) modernisation des installations décomposition ou fractionnement *Préparationde nouveaux couverture de risque, etc.). appels de marge pour les opérateurs en portuaires, y compris entrepôts ('cracking') et recomposition, à programmes de rationalisation et de couverture). iii) informations sur les marchés frigorifiques, aires de stationnement pour l'extraction des aromes; privatisation de certains organes *Améliorer la commercialisation et les technologies; les camions frigorifiques et services publics chargés de la sécurité sur le marché intérieur et utiliser *Cadre réglementaire pour la d'appui aux transports routiers ii) études de marchés; enquetes; alimentaire, des normes, de les synergies entre les marchés commercialisation de gros et de détail de iv) normalisation et effectivité internationaux. élaboration de produits et plan de l'inspection. intérieur et étrangers. produits frais et de viande fralche sur le dans l'application des contrats commercialisation; marché intérieur (à effectuer en (arbitrage professionnel); *Programmes de formation pour les *Développer des mécanismes consultation avec le. organismes iii) analyse. microbiologiquesde. jeunes cadres et le. gestionnaires d'échange de risque. entre les interprofessionnels du sous-secteur). v) organisation d'un réseau produits, (laboratoires, etc.); aux techniques HACCP ('points de positions 'courtes' et le. positions spécialisé de liaisons de télécom. contrôle agrée') et mise en place 'longues' sur le marché (marchés *Abeence de tribunaux spécialisés pour avec les principaux marchés iv) assistance en matière de gestion de procédures HACCP dans à livraison différee, contrats à faire appliquer les contrats et traiter étrangers (CE, Amérique du de la qualité; et certaines agro-industries. terme sur les marchés étrangers d'autres dossiers à caractère commercial, Nord, etc.). existants, etc.). et absence d'arbitage interprofessionnel v) aides aux petites exploitations *Aide à la création et à la gestion (niveau première instance). *Rôle des organes publics pour agricoles intégrées. de trois grands marchs de gros les questions touchant in qualité, pour les marchés le long de l'axe la sécurité du consommateur, les *ise au point de matériels et de Agadir-Tenger. normes, etc. système. d'emballage améliord pour les produits destinée aux *Formation et réalisation d'une *Publicationd'informations sur conommateur et les produits en étude de faisabilité sur ka contrats le marché et réglementation par vrac. à terme pour le. agrumes frais. le MARA, le MCI, le Ministère de l'intérieur, le Ministère du *Aide à la gestion de. nouveaux commerce extérieur. organismes interprofessionnela sos-sectoriel. - xviii - Objectifs utratégique« Principiden quesl de Principal questions d'ordre Inves ementu publics InvetisementU prives Assie pour la mise en oeuvre politique agricole institutionnd des mesures (formations; et.) lI. TRANSFORMATION a) Produits de base (produits non IM mêmes que pour I., à Exception faite de l'EACCE et de *Ajustements techniques mineurs liée à *Amdliontiondes matériels et *Elaboation d'un programme conjoint différenciées): savoir: l'Institut du sucre, faible niveau de la rationalisation du secteur du sucre et installations compte tenu des économie et gestion des agro-industrien soutien interprofessionnel aux agro- à la réduction des indemnisations avant nouvelles stratégies de et marketing (au niveau mastère) entre réduire les coûts de transformnation; * système d'incitation par les industries pour les nouvelles la privatisation. caumercianlastion (à voir avec l'IAV et l'Ecole de commerce de prix et de subventions pour technologies. les institutions de financement Casablanca. ajouter de la valent aux sous- améliorer l'offre de produits locales). produite; agricoles intermédiaires; *Prévoir des établissenents de fonnation *Aide aux jeune cadres qui créent des complémentaires (IAV, université) pour *Création de nouvelles services d'appui aux entreprises * réduire les rejets et les valoriser * contrôles des nomes et de la former des techniciens spécialis dans installations et mise en place d'un (entretien, services-conseils sur les qualitd; certaines techniques de transformation, nouvel équipement surtout pour stratégies de commercialisation, mise a améliorer la durée de vie, l'organisationdes méthodes de les fruits et légumes (après au point de nouveaux produits, l'hygiène et les normes. * faible priorité à la protection fabrication, le contrôle de la qualité, et rationalisation, le cas échéant); le nouvelles technologies, amélioration de de l'environnement; la commercialisation et l'administration vin; les épices et les plantes la qualité, etc.) des entreprises, aromatiques; mais aussi pour le b) Produits aeni-tranformée: difficultés (barrières et stockage des céréales et des *Aide à la réorganisationde certains mesures dissuasives) d'obtenir *Gestion et entretien défectueux des oldagineux. abattoirs; actualisation, révinion du plan metre au point de nouvelles des produits intermédiaires installations de transformation de la direteur des abattoirs du Maroc et technologies de transformation semi-transformés (marocains et viande (surtout les abattoirs, pour *Ajustements techniques liés à la fourniture d'une assistance pour la mise (décomposition -'cracking'-; étrangers); lesquels il faut améliorer l'hygiène et le rationalisation des coopératives en oeuvre de ce plan. recomposition partielle, etc.); traitement des déchets), laitières. *monopoles (verre, carton, * créer des services pour les transports); "Matériels de manutention, utilsateurs industriels; entrepôts frigorifiques et moyens de transport (avec matériel de e améliorer la qualit pour arriver au froid). top niveau international. c) Produits alimentaires différenciés: * mettre au point des produite nouveaux et produits d'nimitation ( me-too »), et incorporer des services pour ka utilisateurs finals; * garantir la durée de vie et ime qualit/hygiène répondant aux meilleures normes internationales. - xix - Objedif tratégiques Principales quePqion 'rdreInveimets publics Investissements privé Assistance pour la mise en oeuvre politique agricole intaitutionnel des mesures (formations; etc.) II. FINANCES Renforcementdes fonds Retud dans la promulgation de * Absence de contrats à terme pour couvrir * Participation à la restructuration Audit et restructuration * Formntion des agents de banques propres des entreprises agro- la loi sur les coopératives. les risques liés aux agrumes frais, et financière des coopératives céréalières finencière des entreprises agro- aux techniques de couverture via les. industriedees privées. difficultés de conclure des contrats à terme et de la réforme agraire (actuellement industrielles, y compris FRUMAT, marchés à terme et des marchés * Absencz de politique cur le pour couvrir les risques concernant le gérées de facto par l'Etat) et les coopératives céréalières et d'option, et aux services financiers Restructuration de la dette stockage des céréales basée sur la sucre, les oléagineux, les céréales et le jus privatisation effective de ces laitières. nécessaires pour aider les (augmentation de la dee à logique du marché. d'oranges congelé. coopératives. gestionnaires financiers et les moyen et long tennes et * Financement à moyen terme de opérateurs sur les marchés étrangers diminutionde la dette à court Contrôle des changes par la Faiblesse des services fianciers fournis la production agricole intégrée des de contrats à terme. terme). Banque centrale (accès aux aux entreprise agro-industrielles dans les cultures exportables (agrumes et techniques de gestion des risques régions rurales, autres fruits, vignes, épices et Formation de cadres de certaines * Restructuration des liés aux changes et aux prix) . plantes aromatiques, etc.). entreprises agro-industrilles à la coopératives dans les sous- * Faiblesse dans l'évaluation des stratégies gestion des risques liés aux secteurs des céréales et des * Rapatriement des devises; de commercialisation liées aux nouveaux fluctuations des prix. produits laitiers. projets d'investisemenL * Audit de la restructuration Diversification du portefeuille financière et technique des des banques dans l'agro-industrie coopérstives céréas. (moins dans les sous-secteurs protégés et subventionnés et plus Organisation d'un séminaire sur la vers des opérations spécificité des risques liés aux fluctuations des prix i) pour les r"snes frais et le jus d'oranges *Fonder les décisions sur des congelé; et i) les céréales, les sdrtégies de commercialisation oléagineux, l'alimentation animale et solides. le sucre. Prévoir des concours finanScira à moyen et loug termes pour k production agricole intégrée dans les sous- secteurs expotates. * Améliorer les services bancaires aux entreprises agro- industrielles fournis par la CNCA et d'autres banques. * Soutien do secteur fiancier en vue de faciliter l'accès à des mécanismes de couverture des risques de change existants ou nouveaux. - xx - ObjectifS stratégiques Prindies questions de Principala questions d'ordre i etmeinnl Inveminmeta publics Investisemcta privés Assistance pour la mise as oeuvre politique agricole 1 1 1 des mesures (formationst etc.) IV. QUALITE DES PRODUITS, PROTECTION DU CONSOMMATEUR EF PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT Rationaliser le rôle de. * Manque de standardisation Manque de coordination et parfois Rationalisation des organiames publics * Laboratoires pour l'analyse de * Campagne d'éducation du public organismes publics et réduire le et de contrôle de qualité sur incohérence des actiont mendes par des existants. et équipement des autres produits, pour informer les consommateus nombre de ceux qui s'occupent du les marchéâ intérieurs. services publics trop nombreux. .ervices coordonnés en fonction de leur marmcains sur l'hygiène, le stockage contrôle de la qualité, de la nouveau programme d'action. Inventissements par les des denrées alimentaires, la protection du conaomnmatcu, des * Manque de coordination et Nécessité de privatiser certaines des entreprise chargées d'aider les nutrition, le. risques. normes et de la protection de nécessité de simplifier le. activités gérées par le. services publics, sous * Remise en état et modemisation de entreprises agro-industriele. à l'environnement. activités de divers services la supervision de l'Etat (octroi de licences à certains abattoirs et mise en oeuvre des nmattriscr les problèmes de qualité. Programmes d'échanges de s'occupant de la normalisation de. laboratoires privés, services d'inspection nouvelles méthodes de gestion. techniciens de l'alimentation avec * Soutenir l'initiative privée dans des produits, de. méthodes de ;rivs, méthodes de fabrication avec les * Améliorer les chatne. de des homologues étrangers: le secteur de la gestion de la fabrication, du contrle de techniques HACCP, etc.). transformationdes produits pour - du scctcur privé; et qualité (développer les technique qualité, de l'inspection des garantir la qualité conformément à - dcs organismes publics (seulement HACCP). exportations et de. Nécessité d'organiscr un partenariat avec la politique de commercialisation après rationalisation), importations, de la sécuritd du des organismes étrangers pour le contrôle de de l'entreprise. Installer de prrefroidisseurs et consommateur, etc. la qualité, les normes, etc. (FDA, USDA, * Aide aux organismes du matériel de rifrigération pour AFNOR, Répression de. fraudes, etc.). * Investisnments dans du matériel interprofessionels sous-sectoriels la manutention et le transport de. Absence de réglementation de réfrigération par le détaillants pour établir des contrats standard, y prduit frmis. concernant l'équipement du Nécessité de renforer l'infonnation du qui vendent des produits compris pour le. questions relatives froid au niveau du commerce consommateur sur les questions concernwmt périssables (produits laitiers, à la qualité, à l'inspection par den de détail. l'bygiène de. produits alimentaires, la viande, fruits et légumes, ocufs). tiers et au rspect des contrats. nutrition, la manutentiondot denrées, la Problèmes de transports par qualité. grande camions réfrigérds (pour l'ONT, voir aussi page Nécessité de renforcer la formation des suivante sur la logistique). techniciens de l'alimentaire à la gestion de la _ qualité. - xxi - Objectifs stratégiques Principales questions de Principales questions d'ordre Invesissements publies Investissements privés Assance pour la mise enu oeuvre politique agricole inaitutionnel 1 de mesures (formations; e.) V. LOGISTIQUE ET INFRASTRUCTURE Combler les lacunes de la * Rôle des organismes publics * Réformes du rôle de l'ONT pour * Création de certains marchés de gros * Stockage réfrigéré, y compris * De concert avec les organismes chbne logistique pour améliorer la dans le contrôle de la qualité, l'octroi des licences. (plates-formes) pour le commerce des prérefroidissement. interprofessionnels, coordination du qualité, l'hygiène et la durée de les normes, etc. (voir denrées périssables à Agadir et dans lancement (dossiers techniques, vie des produits. Tableau IV). * Participation du commerce privé aux d'autres régions productrices le long de * Matérielo de manutention et de installations, etc.) des nouvelles prises de décisions concernant l'axe Agadir/Casablnca/Tanger. dans la transport. plates-formes de gros le long de * Rationaliser et améliorer Rôle et contraintes des l'infrastructure publique, et privatisation et région de Marrakecb/Beni Mellal et dans l'axe Agadir/Tanger et dans d'autres l'emballage et les reaM=ux services de camionnage par modernisation du transport. la Moulouya. * Matériels de télécommunications. régions. d'entrepôts frigorifiques (assu r l'Office national des transports une taille minimum des (ONT). * Ouvrir aux denrées périssables l'accès * Modernisation et amélioration des * Réorganisation des chatnes de Etude de la réforme du système opérations; développer les aux transporteurs et aux tarifs aériens entrepôts frigorifiqueade certains ports transfonnation pour réaliser des d'octroi de licences de l'ONT, équipements de a Monopoles dan l'industrie de étrangers (surtout à partir de Marrakech et (Agadir, Casablanca, etc.). éconoties de temps et de privatisation de certaines de ses prér'efroissement; modifier les l'emballage. Agadir) en coordination avec RAM. personnel et améiorer la qualité activités, aide à la création installations de stockage; utiliser * Amélioration des possibilités d'accès des produits. d'entreprises de camionnage et les systèmes de réfrigération qui Perfonnancede l'Atlas Fruit Boarid et aux ferries de Tanger, réorganisation des d'autres services par les agentz de respectent l'environnement). améliomtion des transports maritimes. aires de stationnement des camions sur les * Création de nouvelles entreprises l'Office. axes internationaux. et renforcementdes moyens * Améliorer le matériel de Coordination des informations sur les d'action des entreprises de services * Formation aux systèmes manutention, les palettes et les dates et les espaces disponibles pour les existantes - tra -ports, logistiques modernes en coordination emballages, transports maritimes. manutention, contrôles de la avec des clients étrangers. qualitO, emballage, stockage, tri et Améliorer le matriel et les du traitement des sous-produits * Pruparer de nouvelles services de transport par camions dans les centres de gros à créer réglementations pour le transport de frigorifiques. pour les denrées périssables. la viande fraiche et des animaux sur pied d'une région à l'autre. Crtéer des marchés de gros pour les produits frais dana les régions productrices(infrastructues lWères et d'tniatns peu ooCIC40e). * Moderniser le commerce des cérdlea et le rq!eau d'informalians à Chablanca (Hale aux grains) et en proveSancede Cambl&nca. * Faciliter le commerce des fnimaux air pied et le transport de la viande frtlche entre le rgios. * Amélioeer le stockage du grain (cs"ales. oltagineux). - xxii - gp s questions de Pricpks qu~tiona d'ordre Inv- ~ p~mv pdålies Iv es priv& Aw~ po la mie n oeuvre Opoitjiq g instittion nl 1 des me~eres (tormnamn; e.) VI. PRIVATISATION ET RESTRUCTURATION * Privatser es suceries et Mettre en oeuvre le pan *Röle de 'ONICL * Ajustements li"s au pro=grmmede * Ajustmt m neure aprs Ia * Prpration d'un plan social. rafferies de suc~ du secteur d'optimision du sous-secteur restricturato. privatistion. public. eucrier. *Restmcturationdu rseau des sucrerica et * Recyclage du persconel. raffmeries de sucre publiques. * Aide au recycage des agente en * Réorganiation du atockage des RMduire m tranfemts* Niveau de protectio per le sureffectif avant et aprs les omagineux avant et aprs la bud~gtaires au ss-seteur surkr biaiå des prix de réf~rence et *Privatisiocn de la gesion des coopératives licencicents. privatisaien de COMAPRA. tut en modérant a bausse des des droit de doune variables. oftaliBes et des coopratives de réfone prix i la c nomm~tion. agrcie. Fenneture éventuelie d'une Am ~liorer le p mtre ou phniema sucrerie(s) et cotslefficcite au nivesu de rationalisation des autres l'neteprise. amités. Stimukr la concurrnce au *mpact de la libéralistion niveau de la commercialisatio sur les prix i la productio et des olWagineux et privatiser la i la consommation. COMAPRA. * Paiement des arri~uda * Privatiser ls dtablissent d'indemmiation. vinkcoles publica. SMole biatral pour k Restiucturer les oo~pratives trituration des olWaghnux. céréalires et de la stforme agraire. et privatier. Privatition des coop~ratives céréalières et des coopratives de rdforme agraire.__ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Chapitre 1 ROLE, PERFORMANCE ET POTENTIEL DE CROISSANCE DES AGRO-INDUSTRIES MAROCAINES RESUME (i) Le développement efficace des agro-industries est, dans une grande mesure, déterminé par la demande. L'accroissement de la population, de l'urbanisation et des revenus au Maroc signifie que les débouchés intérieurs des agro-industries marocaines s'étendent. Compte tenu de la proximité et aux liens établis de longue date avec la Communauté Européenne (CE), l'un des marchés les plus lucratifs, on peut penser que ces industries continueront d'avoir accès à une demande qui va croissant. Le présent rapport examine la manière optimale de se positionner sur ces marchés et sur d'autres marchés porteurs, afin de promouvoir un développement agro-industriel efficace. Il se concentre sur les principaux obstacles à l'établissement de passerelles efficaces entre l'offre de l'agriculture et la demande agro-industrielle. (ii) Ce chapitre général part de l'hypothèse que l'offre potentielle par l'agriculture est suffisante et ne constitue pas, par conséquent, un frein à l'expansion des agro-industries. L'expansion de la demande est assurée par l'évolution tendancielle de la démographie, des structures et des revenus. La bonne performance des passerelles entre les deux secteurs est, en revanche, loin d'être assurée. Sur le marché intérieur, la demande excéde l'offre. Sur les marchés communautaires de fruits et de légumes, la tendance est de plus en plus à l'autosuffisance ou à une offre excédentaire, à mesure que la CE intègre peu à peu l'Espagne et le Portugal, deux concurrents importants du Maroc. Les agro-industries marocaines doivent relever le défi de la concurrence plus vive sur les marchés intérieurs et extérieurs qui découle de la libération progressive des échanges au plan national et dans le cadre des accords commerciaux en vigueur, ainsi que celui de l'élimination éventuelle du traitement préférentiel accordé au Maroc par ses partenaires commerciaux de la CE d'ici 1996. (iii) Pour faire face à ce double défi, il faut un environnement macroéconomique et commercial favorable. Plus précisément, les conditions doivent être telles qu'elles permettent aux agro- industries de s'adapter, de manière souple et compétitive en matière de coûts, aux profondes mutations que connaissent la technologie agro-alimentaire, la stratégie de commercialisation agro-industrielle, et la demande des consommateurs; et de gérer les risques inévitablement liés à la rapide évolution des marchés et aux fortes fluctuations saisonnières. Le sous-secteur de la transformation agro-alimentaire marocain est marqué par le dualisme : une multiplicité de petites entreprises plus ou moins traditionnelles ou modernes y coexiste avec un nombre relativement faible de grandes entreprises modernes. Dès lors, ce sous-secteur présente des possibilités substantielles de se développer au plan technologique et institutionnel. (iv) L'objectif du développement agro-industriel efficace est de maximiser la valeur ajoutée économique de la production agricole. Les programmes successifs d'ajustement créent un cadre favorable à cet égard. En particulier, la réduction importante et régulière du déficit assure la stabilité indispensable à la promotion de tout investissement privé, quel qu'il soit. L'ouverture progressive de l'économie -2- accentue la concurrence, ce qui est nécessaire pour obtenir des gains d'efficacité dans une économie sous haute protection. Dans le secteur agricole, toutes les restrictions à la commercialisation des graines oléagineuses, du sucre et de la viande sur le marché intérieur doivent être levées dans le cadre du prêt PAS-II. Le Gouvernement craint, toutefois, que l'augmentation de la concurrence n'affecte négativement les incitations aux producteurs agricoles, la production locale de denrées alimentaires « stratégiques » ou de première nécessité, l'autosuffisance alimentaire, ainsi que les revenus et les emplois ruraux liés aux produits agricoles de base. Les prix de référence et les tarifs douaniers équivalents proposés pour protéger les producteurs pourraient perpétuer les distorsions qui vont à l'encontre du développement d'agro- industries efficaces et diversifiées. Le conflit d'intérêts classique entre producteurs et consommateurs - ces derniers aussi bien transformateurs intermédiaires comme consommateurs finaux - reste à résoudre. S'agissant de l'expansion du secteur agro-industriel, le défi consiste, au niveau macroéconomique et commercial, à trouver un équilibre entre la sécurité alimentaire et les considérations à court terme de revenus et d'emploi ruraux d'une part, et les exigences d'un développement agro-industriel performant d'autre part. (v) Ce qui va à l'encontre du développement efficace des agro-industries est aussi préjudiciable, inéluctablement, au développement d'une agriculture commerciale, étant donné que les agro-industries assurent le lien névralgique entre l'offre et la demande de produits agricoles, tant au stade intermédiaire que final. Sans progression de la demande, il n'y a pas lieu d'augmenter l'offre. Filière après filière, le rapport montre à quel point le développement agro-industriel est un point faible, un goulot d'étranglement de la croissance agricole elle-même. -3 - ROLE, PERFORMANCE ET CROISSANCE POTENTIELLE DES AGRO-INDUSTRIES DANS L'ECONOMIE MAROCAINE A. Le cadre macroéconomique et commercial : conséquences pour le développement agro-industriel par le secteur privé 1.1 Performance récente de l'économie. Depuis le milieu des années 80, le Gouvernement du Maroc a réussi à rétablir la stabilité macroéconomique, à libéraliser les marchés, à réduire les restrictions aux échanges, et à encourager l'investissement privé, y compris l'investissement étranger. De grands progrès ont été accomplis dans la mise en place d'un environnement stable, plus propice à une croissance efficace. L'économie marocaine a enregistré de bons résultats : le PIB a progressé en moyenne de 4,8 % par an entre 1985 et 1989; les estimations correspondantes pour 1991 et 1992 tournent autour de 4 %. En dépit de cette croissance soutenue, l'inflation est restée largement au-dessous de 5 % durant la plus grande partie de la période. Du côté des échanges, la balance des comptes courants s'est également redressée au milieu des années 80, passant d'un déficit équivalent à près de 8 % du PIB en 1984 à un léger excédent en 1987 et 1988.1 Malgré ces résultats positifs, la croissance globale reste fragile dans la mesure où elle est fortement dépendante de facteurs exogènes, du fait que les deux principaux secteurs, l'agriculture et l'exploitation minière, sont exposés à des chocs imprévisibles. D'autre part, le lourd endettement du Maroc le rend également vulnérable aux fluctuations des taux d'intérêt internationaux. Cette triple vulnérabilité montre combien il est important de maintenir la croissance et de diversifier les risques en diversifiant les produits et les marchés de destination. 1.2 Equilibre budgétaire. Pour retrouver la voie de l'équilibre financier et d'une croissance efficace, le Gouvernement du Maroc a engagé des réformes sur de multiples fronts : budget, commerce et devises, fiscalité, et investissements. La pierre angulaire du programme de réformes a été la réduction du déficit budgétaire aux fins d'équilibre interne. Les dépenses budgétaires de l'Etat ont été ramenées de 33 % du PIB au début des années 80, à 28 % en 1989. Le déficit budgétaire, qui s'élevait à plus de 10 % du PIB au début des années 80, est tombé de 3,4 % en 1990 (en solde de trésorerie), à 2 % en 1992 et ne devrait être que de 0,1 % à la fin de la décennie. Si le déficit continue de se contracter aussi nettement, cela sera un important facteur positif au plan macroéconomique. 1.3 Financement du déficit budgétaire. Jusqu'en 1985, le Gouvernement avait recours à des méthodes directes de contrôle aussi bien pour financer l'important déficit que pour répartir le crédit restant dans l'économie. Dans un contexte de plafonnement du crédit, cela revenait à réduire l'accès du secteur privé à ce dernier. Le Maroc s'est fortement endetté au début des années 80 pour financer ses dépenses publiques : la dette extérieure est montée à près de 120 % du PIB en 1983. Afin de réduire ce déséquilibre majeur, le Gouvernement a substantiellement coupé dans les investissements; et, pour 'Source : The Kingdom of Morocco: Proposed Second Structural Adjustment Loan, Rapport No P-5637-MOR, 8 avril 1992, pages 1 à 3. En 1989 et 1990, le déficit est revenu à 3,6 % et 0,8 % du PIB respectivement, en raison principalement d'une baisse des exportations de phosphate. -4- rationner les rares fonds disponibles, il a fait appel à des restrictions quantitatives et au plafonnement des taux d'intérêt, ce qui a faussé à son tour l'affectation du crédit. Jusqu'en 1991, 80 % du financement du Trésor sur la place locale était assuré à des taux fixés par les pouvoirs publics. Les banques étaient tenues de placer 35 % de leurs dépôts à vue en bons du Trésor, à un taux de 4,25 %, inférieur aux taux du marché. Le Trésor continue à absorber une grande partie du crédit, encore que sa part soit passée de 40 % du crédit total à 34 % en 1991. 1.4 Mesures visant à réduire les distorsions provoquées par le défIcit. En 1985, le Gouvernement a entrepris de miser davantage sur les méthodes de contrôle indirect et les mécanismes de prix. Il a pris notamment les mesures suivantes : (a) en 1991, il a aboli le contingentement du crédit qui était en place depuis 1976; (b) il a ramené le ratio de dépôts à vue qui doivent être placés en bons du Trésor à 25 % en 1992; (c) en 1990, il a mis en oeuvre un programme destiné à éliminer, dans un délai de dix ans, le ratio des ressources bancaires qui doivent être placées en bons du Trésor; (d) en 1989, il a lancé un système d'adjudication pour le placement des bons du Trésor sur le marché monétaire; (e) il a progressivement, mais sélectivement, libéré les taux d'intérêt créditeurs aussi bien que débiteurs; et (f) il a commencé à abolir peu à peu les subventions accordées aux institutions financières spéciales, comme la BNDE et la CNCA, placées sous la tutelle de l'Etat.? Dans son programme de réforme, le Gouvernement est décidé à éliminer les souscriptions obligatoires de bons du Trésor, à libérer la plupart des taux d'intérêt, et à supprimer les mesures de crédit sélectif. A l'appui de ces initiatives, le cadre réglementaire et de contrôle est en train d'être renforcé. 1.5 Baisse des investissements. La réduction du déficit a donné lieu à des coupes importantes dans l'investissement public. Celui-ci est passé de 14 milliards de dirhams en 1982 à 22 milliards de dirhams en 1989. Il reste que sa part relative a reculé (en pourcentage), puisqu'elle représentait 15,2 % du PIB contre 11,3 % en 1989. Celle de l'investissement privé, qui atteignait 12,2 % du PIB en 1982, a elle aussi diminué pour s'établir à 11,7 % en 1989. Si la part de l'investissement privé dans l'investissement total a progressé de 43 à 49 %, sa part du PIB a néanmoins légèrement baissé? Le taux annuel de croissance de 5 % qui est projeté pour les années 90 suppose un rapport investissement intérieur brut/PIB de 24,7 %. On craint, à l'heure actuelle, que la forte contraction du déficit n'ait réduit les investissements dans l'infrastructure publique, pourtant nécessaires pour encourager l'investissement privé, qui est censé être le moteur de la croissance dans les années 90. 1.6 Investissement direct étranger et sociétés en participation. Outre l'investissement privé national, il est prévu que l'investissement direct étranger joue un rôle important dans la stratégie de croissance des années 90, sous forme de transfert de capitaux, de technologie et d'expertise. Les entrées nettes de capitaux pour des investissements directs, qui s'élevaient en moyenne à 0,9 % du PIB en 1989, ont atteint 2 % en 1992. Les investissements étrangers et au titre de sociétés en participation ont compté pour 12-15 % et 30-33 % du total des investissements et de la production dans l'industrie respectivement .' Pour attirer l'investissement étranger, le Gouvernement a amélioré le cadre juridique et réglementaire. Il a, en particulier, aboli en 1990 le décret portant application de la loi de marocanisation de 1973. Les étrangers peuvent investir dans tous les secteurs d'activités à l'exception de 2Source: Evolution récente de l'économie, FMI, mars 1991, pages 41-58. 3Source Problématique et perspectives du secteur public, Rapport No 10157-MOR, février 1992, par. 43, Figure 4. 'Source: Situation des industries de transformation, exercices 89, 90, Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI); pages 3, 23 pour 1989; pages 3, 23 pour 1990. -5- la pêche, des mines et du traitement du phosphate et de ses dérivés. Mis à part les terres agricoles, ils peuvent aussi acquérir des biens immobiliers au Maroc. Le rapatriement des capitaux et des dividendes n'est soumis à aucune restriction, à condition que l'Office des changes soit informé de la transaction dans les six mois. Depuis mars 1988, la convertibilité des comptes courants en dirhams a été facilitée pour les non résidents de nationalité marocaine ou étrangère et pour les résidents étrangers. Les restrictions imposées aux résidents marocains ont été, néanmoins, maintenues. 1.7 Libéralisation du régime général d'échanges commerciaux et de change. L'un des objectifs primordiaux des sept opérations d'ajustement qui ont eu lieu depuis 1984 est d'ouvrir davantage l'économie en réduisant le niveau et la variabilité de la protection dont jouit la production locale et en remplaçant les restrictions quantitatives et administratives par des tarifs douaniers.' S'agissant des importations, les principales réformes mises en oeuvre sont les suivantes : (a) élimination des restrictions quantitatives en 1993 (à l'exception d'une liste restreinte pour des raisons religieuses ou de sécurité nationale); (b) une nouvelle baisse du tarif douanier maximal; et (c) l'application des prix de référence et des tarifs douaniers équivalents pour certains produits agricoles et industriels (Tableau 1.1). De manière générale, ces réformes vont dans une grande mesure dans le sens de l'ouverture sur l'extérieur. Mis à part quelques produits retenus pour des raisons religieuses et de sécurité nationale, la liste B, qui comprend les importations sujettes à une licence et, partant, à une autorisation administrative, a cessé d'exister en 1993 et les restrictions quantitatives sur les biens industriels seront abolies d'ici 1994. Les tarifs douaniers maximaux sur les importations, qui ont déjà été fortement abaissés, passant de 400 % en 1983 à 45 % en 1986, seront ramenés à 35 % d'ici 1994. Outre les tarifs douaniers, toutes les importations sont passibles d'un prélèvement fiscal de 12,5 %. L'un des éléments clés de la libération des échanges a été la décision du Gouvernement de s'orienter vers un taux de change compétitif. En prenant 1980 comme année de base, le taux de change effectif réel a été dévalué d'environ 35 % jusqu'en décembre 1992. 1.8 Principales entraves aux importations agricoles qui subsistent. Ces entraves sont les prix de référence et les prélèvements variables, ainsi que les tarifs douaniers équivalents. Le PAS-II prévoit la suppression des entités détentrices du monopole du commerce agricole qui gèrent et distribuent les quotas d'importation (pour lesquels le secteur privé est tenu de faire des soumissions). Il s'agit de l'ONICL pour les céréales; de l'ONTS pour le sucre et le thé; de BURAPRO pour les huiles végétales. En 1990, plus de 33 % des produits agricoles étaient inscrits en liste B. Soixante-quatre pour cent des 412 lignes tarifaires relatives aux produits agricoles qui restent sur la liste B concernent les agro- industries. La liste B applicable aux produits agricoles et agro-industriels a disparu en 1993. Cependant, les prix de référence, liés aux moyennes mobiles des prix aux frontières, doivent être appliqués à un certain nombre de produits industriels et à trois groupes de produits agricoles et agro-alimentaires, à savoir les céréales, le sucre, les graines oléagineuses et leurs dérivés. 'Note : Les sept opérations d'ajustement appuyées par la Banque sont : 1) Politique industrielle et commerciale, ITPA-I et -Il, 1984 et 1986; 2) Ajustement structurel, PAS-I et -Il, 1989 et 1992; 3) Ajustement du secteur agricole, PASA-I et -11, 1985 et 1988, et 4) PERL-1. -6- Tableau 1.1 : MAROC - REGIME COMMERCIAL DE DIVERS PRODUITS AGRICOLES, 1993 INSTRUMENTS TAUX OBSERVATIONS MAX % IMPORTATIONS Restrictions quantitatives (RQ) Supprimées Restrictions administratives (RA) Céréales (doivent être supprimées d'ici la mi-94) Prix de référence (RP) 1/ Applicables aux céréales, au sucre, aux huiles et tourteaux oléagineux et à certains produits industriels ne représentant pas plus de 10 % de la production industrielle 3/. Droits de douane (DD) 35 Taxe spéciale à l'importation (TSI) 2/ 12,5 Droit de timbre (DT) 12,5 Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) 19 Intrants agricoles et produits agricoles de première nécessité exonérés Droit d'excise (DE) Liste A (autorisation préalable non exigée) Tous les produits inscrits en liste A Liste B (licence exigée) Supprimée Liste C (interdite) Supprimée sauf pour des produits retenus pour des raisons de sécurité nationale ou de santé Tarifs équivaents et droit d'importer (TE & DI) Applicables à la viande, au lait, et à leurs dérivés Monopoles commerciaux - Céréales - ONICL Régime à déterminer après étude - Sucre - ONTS Suppression prévue dans le cadre du PAS-II - Huiles - BURAPRO Suppression prévue dans le cadre du PAS-Il EXPORTATIONS Licence (LIC) Supprimée sauf pour quelques produits agricoles de consommation subventionnés, comme le blé tendre, le sucre, les huiles alimentaires Régime d'admission temporaire (AT) Importations en exemption de droits pour les intrants directs ou indirects aux produits exportés, à l'exception des intrants de l'agriculture Exonéré de la TVA ou TVA de 0 % Toutes les exportations Monopole commercial : Fruits & légumes - OCE Supprimé 1/ Pour combattre le dumping pratiqué sur certains produits agricoles et industriels. 2/ La TSI et le DT ont été combinés dans le prélèvement fiscal à l'importation. 3/ Les prix de référencedes produits agricoles sont les prix d'importation minima utilisés pour établir les prix de soutien aux producteurs; pour les produits industriels, il» servent de base pour déterminer le tarif douanier. Sources : Industrial Tradg and Policy Adju.med Loans I & I, Rapport PPAR No 7938. juin 89. Th# Impact of Libemlization on Trade and Induurial A4jutmnt, Rapport No 6714-MOR. Propos#d Second Structural Adjusmntmm Loan, Rapport No P-5637-MOR, avril 92. FMI, Maroc - Evolution Récente de l'Economie, mars 91. -7 - 1.9 Prix agricoles de référence et tarifs douaniers équivalents. Les références retenues pour les produits agricoles sont la qualité spécifique et les cours de marché - par exemple, pour le blé tendre, la variété hard red winter No 2, U.S. Gulf. La moyenne de ces prix f.o.b. est ensuite calculée et correction est faite pour l'inflation sauf pour le blé tendre. La période sur laquelle on calcule la moyenne est de cinq ans pour le blé tendre, 21 ans pour le sucre, 10 ans pour les graines oléagineuses, 5 ans pour les tourteaux de farine et 10 ans pour les huiles végétales brutes. A ces prix moyens, on ajoute les coûts de manutention et de transport, ce qui donne les prix f.o.b. livrés Maroc. Aux prix f.o.b. ajustés, on ajoute soit un taux de protection, soit un « taux d'adéquation », une majoration proportionnelle pour éviter une chute brutale l'année où le système de prix de référence entre en vigueur. On obtient ainsi les prix de référence sur la base desquels des prélèvements variables sont fixés et revus tous les ans en fonction de l'évolution des prix aux frontières. L'écart entre le prix f.o.b. et le prix de référence représente au moins 25 % de préférence nationale pour le blé tendre; le taux d'adéquation varie entre 13 % pour les tourteaux de soja et 104 % pour l'huile végétale brute, le taux applicable au sucre et aux édulcorants étant de 9 %. Les détails relatifs à la méthode suivie et aux taux spécifiques sont présentés en Annexe 1, aux Tableaux la à 1c. Outre ces différences en pourcentage, il existe des clauses de sauvegarde. Pour le blé tendre, la clause permet au Gouvernement de protéger les prix en termes réels (prix réels de 1986), bien qu'il ait laissé les prix réels baisser au cours des dernières années. A terme, la clause de sauvegarde pour le blé menace de distendre davantage le rapport entre les prix aux frontières et les prix intérieurs, étant donné que les prix réels du blé aux frontières affichent une tendance régulière à la baisse. Elle donne aussi un important pouvoir discrétionnaire à l'administration, ce qui diminue la transparence et le caractère automatique du processus de formation des prix. Pour les graines oléagineuses et le sucre, les clauses limitent la plage de variation des prix à plus ou moins 5 % en termes réels. Les tarifs équivalents pour la viande et le lait sont majorés du taux de prélèvement douanier maximal et assurent des niveaux nominaux de protection très élevés - entre 110 % au moins dans le cas du lait et 373 % pour la viande de mouton. Les tarifs équivalents pour la viande et le lait doivent être abaissés conformément à l'accord du GATT. Le taux d'adéquation des autres produits peut éventuellement être abaissé à la suite de la réduction des subventions aux Etats-Unis et dans la Communauté européenne. De pair avec la complète libéralisation des marchés intérieurs des graines oléagineuses, du sucre et de la viande, ces mesures aux frontières créeront le cadre incitatif d'ensemble. Il s'agit là d'une phase importante dans la poursuite du processus d'ouverture. Toutefois, malgré la libéralisation poussée déjà en place et prévue pour 1993-94, la persistance des distorsions de prix et les rigidités inhérentes aux prix de référence et aux tarifs équivalents pourraient être préoccupantes à terme pour les entreprises agro-industrielles, soucieuses de maîtriser leurs coûts, aussi bien que pour les consommateurs. 1.10 Effet d'étau coûts-prix dans des filières agro-alimentaires utilisant des produits de substitution aux importations agricoles. Les prix de référence et les tarifs équivalents sont destinés à : (a) promouvoir les incitations aux producteurs, notamment dans des filières agro-alimentaires particulières, par exemple le sucre et l'huile végétale; et (b) protéger ces producteurs contre de fortes fluctuations des prix mondiaux, sans pour autant se découpler de ces derniers. Ce faisant, le risque est d'alourdir indûment les coûts des intrants employés par une autre filière agro-alimentaire.' En général, les produits agricoles brutn, semi-transformés et transformés peuvent constituer un élément de coût important de l'agro-alimentaire : par exemple, la farine dans la boulangerie, la fabrication de pâtes, de levures, d'épaississants; le maïs dans la production de farines fourragères et l'élevage de volaille; le lait dans les produits laitiers; les huiles végétales dans les conserveries de poisson, le tourteau protéique de 'Note : D'autres distorsions provoquées par le régime de prix de référence sont abordées dans l'Annexe technique sur les céréales, les graines oléagineuses et les édulcorants. -8- graines oléagineuses dans les aliments du bétail; et le sucre dans de nombreuses denrées alimentaires et boissons. A la différence d'autres intrants des exportations, les importations de matières premières agricoles ne peuvent pas bénéficier du régime d'admission temporaire (voir paragraphe suivant). En outre, les produits d'exportation fabriqués avec des matières premières subventionnées (exception faite du son), à savoir les céréales, le sucre, les huiles végétales, sont astreints à des licences d'exportation. Dès lors, les subventions à la consommation accordées à un bout de la chaîne agro-industrielle rendent nécessaire, à l'autre bout, l'imposition de restrictions aux échanges, sous forme de licences par exemple. Les entreprises de transformation agro-industrielle produisant pour le marché intérieur ne peuvent pas échapper à ces prix d'intrants élevés. En même temps, elles sont moins aptes à répercuter les majorations de prix, étant donné que la libéralisation des importations de produits alimentaires accentue la concurrence et que le Gouvernement continue de diminuer les subventions à la consommation. Par rapport à 1985, les affectations budgétaires consacrées aux subventions à la consommation ont notablement chuté : de 2.500.000 dirhams en 1985 à 1.300.000 dirhams en 1992; ou de 11,8 % du budget récurrent en 1985 à 3,5 % en 1992 (pour plus de précisions, se reporter au Tableau 2 de l'Annexe 1). 1.11 Incitations aux exportations. Les exportations sont beaucoup moins pénalisées que durant la période antérieure à l'ajustement. Le maintien d'un taux de change compétitif reste un important facteur favorable. D'autre part, il existe un régime d'admission temporaire qui exonère de droits de douane les biens importés pour être transformés et ensuite réexportés. Ce régime ne s'applique pas, toutefois, aux intrants d'origine agricole. Cette restriction limite l'accès des agro-industries aux intrants, ce qui accroît les problèmes d'approvisionnement (ce sujet est abordé plus en détail au Chapitre 2). Comme on l'a indiqué, à l'exception des produits alimentaires subventionnés, à savoir la farine, le sucre, les huiles alimentaires, les exportations ne sont pas sujettes à l'octroi de licences. Aucune subvention à l'exportation n'a été versée, bien que le Fonds de développement agricole puisse être utilisé pour subventionner l'agriculture. Les procédures d'exportation ont été simplifiées depuis 1988 en ce qui concerne les notifications et autorisations de l'Office des changes. Le contrôle des changes est maintenu, en revanche, sur les recettes en devises, qui doivent être rapatriées dans un délai donné.' 1.12 Régime de facilitation des échanges extérieurs. Dans le cadre du projet de facilitation des échanges du PNUD, le Gouvernement a dernièrement mis en chantier un dispositif de facilitation des échanges extérieurs, afin de réduire les coûts de transaction (logistiques et administratifs) des exportations et des importations. Les objectifs précis étaient les suivants : (a) simplifier et normaliser les procédures de commerce extérieur; (b) raccourcir la durée de séjour des conteneurs dans les ports; et (c) améliorer la compétitivité des exportations marocaines en rendant le secteur du transport plus efficace. Une étude sur l'efficacité et la logistique du commerce a été réalisée par le Ministère du Commerce Extérieur dans le cadre du PAS-II. L'inspection douanière sélective a été retenue comme mesure positive et est entrée en vigueur en 1993. 1.13 La réforme fiscale de 1986. La réforme fiscale entreprise en 1986 faisait partie intégrante du programme global d'ajustement. L'objectif était d'élargir l'assiette fiscale, de combattre la fraude 'La baisse des subventions à la consommation en 1991 et 1992 a été entièrement due à la suppression du soutien budgétaire aux subventions sur le blé, en raison des faibles prix enregistrés aux frontières. Les subventions sur l'huile et le sucre ont augmenté. Toutefois, depuis 1985, on observe une tendance à la baisse. 'Pour les exportations d'agrumes, les exportateurs peuvent garder 20 % des recettes en devises à l'étranger pour acheter des intrants, par exemple. fiscale, d'améliorer l'élasticité à long terme du système fiscal à la croissance du PIB, de rendre ce système plus équitable et de simplifier le barème des impôts. Les trois principales composantes du nouveau système fiscal sont la taxe sur la valeur ajoutée, l'impôt sur le bénéfice des sociétés et l'impôt général sur les revenus. Le Gouvernement a également introduit un prélèvement pétrolier en 1986 et les exonérations fiscales accordées au titre de divers codes d'investissement ont été considérablement réduites en 1988. 1.14 Principales réformes. Le nouveau système a remplacé en particulier une multiplicité d'impôts sur le chiffre d'affaires par la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui est prélevée au niveau de gros avec les exonérations suivantes : les détaillants et petits commerçants dont les ventes annuelles sont égales ou inférieures à 3 millions de dirhams; les intrants utilisés dans les exportations et les exportations elles-mêmes, les investissements industriels et agricoles, et la pêche.' Le taux standard de TVA est de 19 %, bien qu'il y ait trois taux, variant de 7 % à 19 %. Pour des raisons sociales, certains produits de consommation de base, à savoir le lait, le sucre et la farine, sont également exonérés de la TVA. D'autres, c'est-à-dire les huiles végétales, le thé, le riz et les produits pétroliers, sont taxés à 7 %; les services professionnels, les commissions de courtage d'assurance, les services de construction et de transport, le télex et le téléphone sont assujettis à un taux de TVA de 14 %; les services d'entreposage frigorifique sont taxés à 19 %, de même que les biens de consommation de « luxe ». Il existe un impôt sur les sociétés (IS) et un impôt général sur les revenus (IGR). L'IS a été fixé à 40 % dans la loi budgétaire de 1988, ce qui est un taux élevé si on le compare aux normes internationales. L'IGR comporte sept taux qui varient entre 14 % et 52 %, et le taux est fixé en fonction des sources de revenu, les cinq principales étant les revenus des professions libérales, les salaires et émoluments, les revenus agricoles, les dividendes et intérêts, et les revenus immobiliers. Il y a néanmoins deux exceptions dans l'application des barèmes : les travailleurs étrangers qui sont assujettis à un taux forfaitaire de 10 %, quelle que soit la source de revenus, et les travailleurs temporaires qui sont assujettis à un taux de 30 %. 1.15 Exonération fiscale pour l'agriculture. L'ensemble de l'agriculture est exonéré de toute fiscalité directe jusqu'en 2020 : ceci s'applique aux revenus provenant de la production agricole et aux achats d'intrants spécifiques à l'agriculture. Une étude récente montre qu'en dépit de cette exonération, le secteur agricole est assujetti à des taxes implicites ou indirectes - environ 4 % de la valeur brute de la production agricole de 1989 - principalement au travers des achats d'intrants non spécifiques à l'agriculture. En comparaison, les agro-industries sont assujetties à un taux de 16 % (code sectoriel 10) et de 8,5 % (code sectoriel 11) sur la valeur brute de la production de 1989.1 S'agissant de la fiscalité directe, les produits frais sont taxés s'ils sont envoyés dans une usine de conditionnement ou un entrepôt frigorifique. Les achats de maïs auprès de producteurs agricoles ne sont pas soumis à la TVA; en revanche, les importations de maïs pour la production d'aliments du bétail sont assujetties à un taux de TVA de 19 %. Le système fiscal fait donc une nette distinction entre l'agriculture et l'agro-industrie, et peut contribuer par là à freiner l'intégration verticale. 'Source : Evolution Récente de l'Economie, mars 1991, FMI, pages 21-24. Un petit commerçant est un commerçant dont le chiffre d'affaires est inférieur à 3.000.000 de dirhams pour les produits et à 120.000 dirhams pour les services. "Source: L'Incidence de la Charge Fiscale sur l'Agriculture au Maroc et sa Répartition (1985-1990), rapport de synthèse, 1992, par le professeur Jean-Paul Azam; pages 26 et 40. Cette étude repose sur des analyses quantitatives approfondies qui ont été réalisées par J-P Azam, une équipe marocaine du MARA/DPAE et Expert System, un cabinet-conseil marocain. Voir la définition des codes du secteur agroindustriel au paragraphe 1.28 de la Section 3. - 10 - B. Potentiel de croissance de l'offre agricole et de la demande agro-industrielle 1.16 Structure et croissance de l'agriculture : Tableau d'ensemble. Le Maroc est un pays en développement appartenant à la tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire, et son agriculture a compté approximativement pour 17 % du PIB durant les années 80. Les cultures végétales tiennent une place importante et réalisent 50 % du PIB agricole, tandis que l'élevage en réalise 30 %. Parmi les cultures végétales, ce sont les céréales qui dominent, avec 80 % environ de la valeur de la production végétale (à l'exclusion de celle des fruits et des légumes). D'après les chiffres les plus récents sur la composition de la valeur ajoutée agricole (1985), les céréales ont compté pour 35 % de cette valeur ajoutée et les fruits et légumes 24 %. L'agriculture marocaine est un système dualiste à deux égards : (a) la structure de la propriété : 80 % des exploitations agricoles ont une superficie inférieure à 5 hectares et occupent 25 % des terres cultivées, tandis que les 20 % restantes sont de grandes exploitations qui occupent 75 % des terres;, et (b) la technologie - les régions prospères faisant appel à la technologie moderne pour produire des cultures d'exportation et de rente coexistent avec des régions plus pauvres qui emploient la technologie traditionnelle, avec prédominance des céréales et des légumineuses. Dans les années 80, la croissance moyenne a été de 6,4 % par an, en nette progression par rapport à la moyenne annuelle de 1 % des années 70 et du début des années 80 (Annexe 1, Tableau 3; voir également le Tableau 1.2 peur la structure et la croissance, ainsi que la Figure 1.1 pour les taux de croissance agricole). 1.17 Un approvisionnement variable et aléatoire. Sur la superficie totale cultivée de 6,8 millions d'hectares, la moitié environ reçoit des précipitations irrégulières de moins de 400 mm, et est donc exposée à des risques élevés. Les périmètres irrigués couvrent 850.000 hectares, soit 12 % de la superficie cultivée. En revanche, les cultures irriguées comptent pour 25 % du PIB agricole. La croissance de l'agriculture marocaine a été variable et vulnérable à la sécheresse. Ce secteur a enregistré tour à tour (a) une forte expansion (en pourcentage) de plus de 3 % par an dans les années 60; (b) une quasi-stagnation (avec un taux de croissance de l'ordre de 1 %) dans les années 70 et au début des années 80; (c) une croissance négative dans les années de sécheresse : -29 % en 1981, -10 % en 1983, -24 % en 1987, -7 % en 1990 et -23 % en 1992; et (d) une croissance spectaculaire : 19 % en 1985, 37 % en 1986 et 31 % en 1988. Par exemple, le coefficient de variation de la production est le suivant : (a) 0,35 pour les céréales (1960-1990), avec une forte chute de production de 70 % suite à la sécheresse de 1992; (b) C,33 pour les olives (1970-1986); et (c) 0,36 pour les agrumes (malgré l'irrigation) (1976- 1991). Cette grande variabilité contribue au caractère risqué de l'agro-industrie. 1.18 Offre de l'agriculture nationale : Facteurs déterminants de la croissance potentielle. L'agriculture marocaine a de grandes perspectives d'expansion, en volume comme en valeur, dans un contexte de demande croissante. Dès lors, si les prix ne sont pas faussés et si l'intermédiation peut jouer efficacement sur le marché, le potentiel de croissance des matières premières agricoles ne devrait pas constituer une contrainte pour le développement des agro-industries. Une augmentation en volume pourrait se produire à travers l'intensification de l'agriculture, la hausse des rendements et la réduction des terres en jachère; la, croissance en valeur pourrait être obtenue en passant à des cultures de plus "Source : Comptes Economiques Agricoles : Comptes de Production, 1969-1985, MARA, décembre 1988, page 60. Source: Etude de la Politique de Prix et d'Incitations dans le Secteur Agricole, Tome 3, 1990, op. cit. Pages 44 et 118. Case Study: Risk Management in Morocco's Citrus Subsector, par Ronald W. Anderson et Isabelle Tsakok, 1992 (préparée pour Risk Management in Liberalizing Economies: Issues of Access to Futures and Options Markets, Etude régionale de EMTAG, chef de projet M. L. Debatisse). - 11 - grande valeur et, parmi celles-ci, à des variétés T mieux adaptées aux préférences des Taux de croissance de consommateurs. L'intensité culturale, notamment l'agriculture au Maroc (1980-1990) dans les zones irriguées, peut augmenter de 10 à 40 30 %; le rendement des principales cultures so -........................... ..... pourrait s'accroître de 30 à 100 %, celui des so.-..-.............................. ........ carcasses de 30 à 50 % et celui de la production 1....................... .... laitière de 100 à 200 % . Dans les périmètres irrigués, qui ont reçu la majeure partie des transferts budgétaires agricole, soit 55 % environ du total au cours des 20 dernières années, il est absolument indispensable d'accroître la gamme et ivau 1981 1989 1988 1984 1 ¶958 m se Ica@ 19W la productivité des cultures de valeur élevée si l'on veut assurer la durabilité des investissements dans l'irrigation (les indicateurs du potentiel de l'agriculture figurent au Tableau 4 en annexe). Figure 1.1: TAUX DE CROISSANCE DE Des gains de productivité dans la culture du blé et L'AGRICULTURE AU MAROC (1980-1990) du maïs, qui occupent 3 millions d'hectares (soit 40 % des terres arables), libéreraient de vastes superficies pour des cultures de plus grande valeur. Par exemple, si le rendement moyen du blé tendre doublait par rapport à ce qu'il est aujourd'hui (1,5 t/ha), la production provenant du 1,5 million d'hectares emblavés (1990) augmenterait de plus de 2 millions de tonnes, ce qui porterait le ratio d'autosuffisance de 0,6 à nettement plus de 1. Les fruits et légumes à valeur élevée n'occupent actuellement que 7 % et 3 % respectivement des terres arables; les pourcentages correspondants sont de 1 % pour le sucre, 5 % pour les olives et les graines oléagineuses et 1 % pour le fourrage. La réduction des terres en jachère, qui représentent 20 % du total, peut aussi grandement contribuer à l'accroissement de la production (voir à l'Annexe 1, Tableau 4 et au Tableau 1.3 le rapport entre le rendement potentiel et le rendement effectif de l'agriculture). Pour que ces progrès se concrétisent, il faudra, entre autres choses, améliorer les méthodes culturales et augmenter les intrants. 1.19 Politique commerciale et politique des prix dans l'agriculture. L'autosuffisance alimentaire a été un important objectif qui a présidé aux interventions gouvernementales dans le domaine des prix et des marchés agricoles. Les niveaux atteints durant les années 80 sont présentés au Tableau 5 de l'Annexe 1. La poursuite de cet objectif a évolué vers la recherche, sous contrainte budgétaire, d'un équilibre entre les intérêts opposés des producteurs et des consommateurs. Récemment, l'accent s'est déplacé sur les incitations aux producteurs agricoles et sur le soutien à la consommation au travers de subventions ciblées. Jusqu'à la fin des années 80, le but était d'aider l'industrie nationale en proposant des produits alimentaires de base (la principale dépense des ménages) bon marché, aux dépens des cultures en zones non-irriguées et d'exportation. Jusqu'à une époque récente, l'intervention directe de l'Etat dans les domaines des prix et de la commercialisation était la règle. Le démantèlement progressif de cette démarche dirigiste a débuté dans le cadre du prêt I à l'ajustement du secteur agricole (PASA-I, 1985-1987), et s'est poursuivi avec PASA-I (1987-1991) et l'actuel PAS-IL (1992). Avant PASA-I, la politique de prix revenait à taxer l'agriculture par le biais de divers prix à la production et à la "Sources: Révision des Assolements dans les Grands Périmètres Irrigués, Document de travail, Programme de coopération FAO/Banque mondiale, Centre d'investissement, Rome. Octobre 1989, Annexe 2; Rapport d'évaluation Projet de Recherche et de Vulgarisation Agricole, Volume d'exécution, Annexe 1 : Recherche Agronomique. - 12 - subventionner par le jeu des prix des intrants; à l'heure actuelle, la tendance est à subventionner l'agriculture par le biais de certains prix à la production et de certains prix d'intrants. Jusqu'en 1987, l'intervention de l'Etat entraînait une protection négative pour les cultures pluviales et l'agriculture d'exportation, alors que le secteur tournée vers les produits de substitution aux importations bénéficiait d'une protection positive importante et variable. Les coefficients effectifs de protection dans l'agriculture étaient inférieurs à 1, sauf pour les cultures irriguées de remplacement des produits importés; pour l'industrie orientée vers les produits de substitution aux importations, ces coefficients variaient entre 1,7 et 3, avec des pointes allant de 10 à 32. Au vu des prix officiels au producteur, on constate que les Tableau 1.2 : MAROC - PERFORMANCE ET STRUCTURE DE LA PRODUCTION DE L'AGRICULTURE, 1980-1990 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1980-1990 Moyene Du M Croissancee 14,0 -28,6 35,0 -10,4 3,7 18,4 36,7 -25.6 31,4 2,6 -6,8 6,4 % (prix conatantu de 1980) PIB - Agr. 13.653 9.746 13.154 11.791 12.226 14.482 19.801 15.133 19.885 20.411 19.029 15.391,91 (MDH 1980) 1 1 PIB - 74.090 72.042 78.972 78.531 81.937 87.119 94.350 91.942 101.496 103.004 105.728 88.110,09 Economie (MDH 1980) Agric./Eco. 18,4 13,5 16,7 15,0 14,9 16,6 21,0 16,5 19,6 19,8 18,0 17,3 PIB/PIB (%) _ _ _ STRUCTURE DE LA PRODUCTION VEGETALE EN % Céréales 88,1 83,5 88,7 82,9 84,8 86,2 88,7 81,8 87,6 88,6 85,9 86,1 5,2 3,3 4,6 7,4 6,3 7,3 6,0 6,7 5,6 4,6 5,3 5,6 L-gumineuses Oléagineux 1,1 1,4 1,1 1,4 1,6 1,1 1,0 3,9 2,0 1,9 3,1 1,8 Cultures ind. 5,6 11,8 5,6 8,3 7,3 5,3 4,2 7,6 4,8 4,9 5,8 6,5 Total 50,7 35,1 57,5 50,7 50,3 58,2 61,3 48,7 63,1 57,0 53,7 53,3 cult/PIB agricole (%) Source: Direction de la Statistique. prix nominaux ont monté régulièrement; d'un autre côté, comme le montrent les estimations de protection accordée à l'agriculture, ces hausses nominales se sont traduites par une augmentation de la protection pendant la durée des deux PASA. Le degré de protection assuré par le système de prix de référence et de tarifs équivalents est élevé et variable (voir le paragraphe 1.9 ci-dessus à ce sujet). Il ressort d'une enquête réalisée en 1991 sur l'industrie nationale que le taux de protection effectif moyen (produits de remplacement des importations et exportations réunis) pour certaines branches de l'agro- "Source : Morocco; Analysis and Reform of Economic Policy, Brendan Horton, S6rie d'études de cas sur la politique de développement, Cas analytiques, No 4 (IDE), Banque mondiale, 1990; pages 50-52. - 13 - alimentaire est de 1,02, à comparer avec la moyenne de 1,09 valable pour l'ensemble de l'industrie, le taux de certaines branches du secteur manufacturier étant supérieur à 2. Le taux global de protection effective sur le marché intérieur est de 1,19; il s'élève à 1,07 pour certaines filières agro-industrielles.? On voit donc que la transformation agro-alimentaire est encore relativement pénalisé (Annexe 1, Tableaux 6, 7a et 7b). Tableau 1.3 : MAROC - RENDEMENT POTENTIEL ET RENDEMENT EFFECTIF DE CERTAINS PRODUITS AGRICOLES RENDEMENT POTENTIEL/ EFFECTIF Blé tendre - Irrig. 1,5 - Pluvial 2,1 Blé dur - Pluvial 1,6 Maïs - Irrig. 2,4 Fourrage - d'hiver - Bersim - Irrig. 1,6 - vivace - Luzerne - Irrig. 1,7 Betterave à sucre irrig. 1,3 Canne à sucre irrig. 1,3 Tournesol 2,1-2,7 Lait - Races locales 1,7 - Pures races 3,0 - croisement local 3,2 Viande - Races locales (poids carcasse) 1,5 - Pures races 1,4 - Races croisées 1,3 Source: Révision des Assolements des Grand Périmètres (GPI), FAO/CP, 1989. 1.20 La demande de produits agro-industriels : Perspectives de croissance des produits de remplacement des importations. Du point de vue quantitatif aussi bien que qualitatif, la demande intérieure de produits de remplacement des importations peut se développer de manière significative. Le Maroc a une population jeune, croissante it de plus en plus urbanisée. Estimé à 24 millions en 1988, le nombre d'habitants devrait atteindre 32 millions en l'an 2000. La population urbaine s'accroît au rythme de 4,8 % par an, ce qui est nettement plus rapide que la croissance démographique générale : le 15Source : Etude sur la Structure des Incitations et de la Protection, dans le Secteur Industriel en 1991 et Implications pour la Production Industrielle, Rapport principal, Ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation, 1992-1993, version provisoire, mai 1993, Tableaux X, page 12; (financée par USAID). - 14 - pourcentage de citadins était de l'ordre de 50 % en 1991. Le taux de participation des femmes dans la population active a progressé régulièrement. Pour toutes ces raisons, la structure de la demande a évolué systématiquement vers les produits de transformation industriels, par opposition aux produits de consommation faits à la maison."6 On prévoit que le taux de croissance du PIB dans les années 90 s'établira à 4,5 - 5 % par an et celui de la croissance par habitant autour de 1,5 à 2 % par an. Une nouvelle augmentation de la demande de produits alimentaires ou agro-industriels de base se matérialisera pour autant que la politique actuelle de lutte contre la pauvreté et de promotion d'une croissance plus équitable soit couronnée de succès : on estime que 6,5 millions d'habitants, soit 28 % de la population urbaine et 32 % de la population rurale, vivent au-dessous du seuil de pauvreté. La hausse des revenus et le taux d'urbanisation restent les principaux facteurs qui régissent la croissance de la demande dans les pays en développement pour tous les produits alimentaires de première nécessité. Ces derniers constituent un poste important du budget des ménages (50-70 %) dans les pays qui appartiennent à la tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire, comme c'est le cas du Maroc dont le PNB par habitant est estimé à 1.030 dollars (1991). 1.21 Elasticités positives aux dépenses et revenus. Dans le cas des revenus bas et moyens, on estime que les élasticités aux dépenses sont positives pour la plupart des produits agro-alimentaires, avec de rares exceptions comme les céréales secondaires (orge) et le lait non pasteurisé en zone urbaine. Comme dans d'autres pays, les produits alimentaires de base affichent une plus faible élasticité au revenu que les produits de valeur élevée." Les produits dont l'élasticité varie entre 0,2 et 0,4 sont : les diverses farines, le couscous, les huiles végétales, les légumes secs, le sucre, le thé. Dans la gamme d'élasticité de 0,5 à plus de 1, on trouve : le pain, la farine, ainsi que les produits de boulangerie connexes et les pâtes; le beurre, l'huile d'olive et les huiles végétales raffinées; le lait pasteurisé et les produits laitiers transformés; la viande (rouge et blanche), les oeufs; les fruits et légumes; et les boissons non alcoolisées." Les taux annuels de croissance prévus et enregistrés dans les pays en développement, pris collectivement, sont indicatifs de l'augmentation probable : par exemple, 3,1 % pour le blé; 2,4 % pour les céréales secondaires; pour les huiles et matières grasses, 3,2 % (à l'échelle mondiale) et 6,6 % (en Afrique du Nord et dans la région du Moyen-Orient); pour le sucre, 2,3 % (taux réel) et 1,7 % (projection). Les prévisions de consommation par habitant et les valeurs précises d'élasticité figurent aux Tableaux 8 et 9 de l'Annexe 1. A l'évidence, les projections du Gouvernement (celles du MARA) sous-estiment l'expansion de la demande étant donné qu'elles supposent que les niveaux de consommation par habitant restent constants. Le Tableau 1.4 ci-dessous montre que toutes les élasticités par rapport aux dépenses et aux revenus sont positives pour les produits de base; il faudrait donc s'attendre à une augmentation de la consommation par habitant. "Source: L'Industrie Agroalimentaire, op. cit. Tableau 10 sur l'enquête de la consommation des ménages, 1984-1985. Des projections quantifiées détaillées sont toutefois hors du champs de cette étude. "Sources : FAO, pour le blé, le riz, le mais, le mil, le sorgho; l'orge et d'autres céréales, à l'échelle mondiale. Pour l'Egypte : céréales, racines et tubercules, produits du sucre, légumineuses, noix et graines; fruits et légumes; viande et abats; oeufs; poisson; huiles végétales et animales; lait, fromages et autres produits laitiers; stimulants : café, thé; boissons non alcoolisées. Ces estimations de la FAO de l'élasticité au revenu ont été utilisées pour des projections de la demande, datées du 11 novembre 1991. Une vaste gamme d'estimations figure dans Agricultural Price Policy: A Practitioner's Guide to Partial-Equilibrium Analysis, Isabelle Tsakok, Cornel University Press, 1990, Appendice D, Tableaux D.2 & D.3. "Sources : L'Industrie Agroalimentaire, Saad Belghazi, op. cit. Chapitre sur la demande, commerce extérieur et industries agroalimentaires, Tableau 11. 'Source : Price Prospects for Major Primary Commodities, Volume II: Agricultural Products, Fertilizers and Tropical Timber, décembre 1990, Banque mondiale, pages 150 pour le blé et les céréales secondaires, 184 pour les matières grasses et les huiles, et 82-84 pour le sucre (11-9 dans le rapport de 1981). - 15 - 1.22 Demande intérieure : Croissance potentielle grâce à l'amélioration de la qualité. Les consommateurs marocains ont encore beaucoup à attendre : (a) de la baisse des prix à qualité égale, et (b) de l'amélioration de la qualité à prix égal ou supérieur. Dans les deux cas, la demande peut fortement augmenter par le jeu de l'élasticité négative aux prix ou celui de l'élasticité positive au revenu. En ce qui concerne l'élasticité aux prix, les estimations empiriques faites pour les produits de consommation susmentionnés sont négatives et significatives du point de vue statistique. Dans l'ensemble, l'élasticité varie entre - 0,7 et - 1,6 pour la plupart des produits alimentaires de base, à l'exception de la farine ordinaire et du pain, ainsi que du sucre, pour lesquels l'élasticité se situe entre - 0,2 et - 0,6. S'agissant de l'élasticité au revenu, la marge d'amélioration de la qualité est grande, dans la mesure où les produits de remplacement des importations, en particulier ceux qui sont fabriqués par des petites et moyennes entreprises et vendus sur des marchés intérieurs hautement protégés, sont généralement de qualité inégale. En outre, dans un contexte de demande excédentaire et de contrôle des prix, qui a été celui du marché intérieur pour les produits alimentaires de base, il n'y a pas eu de prime à la qualité. Tableau 1.4 : COMPARAISON DES ELASTICITES PAR RAPPORT AUX DEPENSES OU AUX REVENUS: MAROC & MONDE ELASTICITE AUX DEPENSES OU AUX REVENUS PRODUIT MAROC 1/I MONDE 2/ B.lé ...3/ .....0................4.. ...... -0,6 .............01.2-.l ......... Blé tendre Sucre brut 0,2-0,4 0,5-0,8 Matières grasses (végétales et 0,2-0,6 0,5-1,0+ animales) ......Viandes........ - rouge.s...... - Total Lait et dérivés 0,8-1,0+ 0,2-1,02 1/ Source: Direction de la statistique, enquête sur la consommation, 1984-85. 2/ Source: FAO, Elasticité au revenu de la demande de produits agricoles; le signe + signifie « quelque peu supérieur à ». 3/ Concerne la consommation de blé et de céréales secondaires. 1.23 Demande extérieure : Facteurs déterminants de la croissance potentielle. Les exportations agro-industrielles marocaines ont à faire face à une concurrence plus vive dans la Communauté européenne, leur principal marché d'exportation (voir Annexe 1, Tableau 9; Tableau 1.5 en ce qui concerne l'importance relative de certains pays ou associations commerciales). Les marchés communautaires, qui sont en pleine mutation, sont autosuffisants ou surapprovisionnés en fruits et légumes « méditerranéens »; dès lors, le principal facteur déterminant de la croissance des exportations marocaines est leur compétitivité. L'accroissement de la concurrence dans la Communauté européenne a principalement pour raison : (a) la pleine intégration du Portugal et de l'Espagne dans la Communauté des 12 d'ici à 1996; (b) l'unification du marché intérieur de la Communauté à partir de 1993; (c) la réforme de la politique agricole commune, notamment telle qu'elle ressortira des négociations du GATT - 16 - en cours; et (d) le renforcement éventuel des relations commerciales entre les pays d'Europe orientale et la CE. En dehors de la Communauté, les blocs régionaux de libre-échange sont importants, puisque 50 % au moins du commerce mondial se déroule dans le cadre d'accords régionaux ou minilatéraux." Face à la concurrence qui devient partout plus acharnée, et au risque éventuel d'un accès plus limité aux marchés de la CE après 1996, le Maroc s'efforce d'acquérir le statut d'association de libre-échange avec la Communauté. Si la zone de libre-échange entre le Maroc et la CE se matérialise, il faut s'attendre à de profondes répercussions en ce qui concerne l'élargissement de l'accès des exportations marocaines à la Communauté, et la majoration des prix des importations alimentaires en provenance de celle-ci. 1.24 Accroissement de la concurrence sur les marchés de la CE. Il est vraisemblable que l'évolution structurelle de la CE et des politiques communautaires auront pour effet direct et indirect d'accroître la concurrence. A l'heure actuelle, les exportations agro-industrielles du Maroc sont soumises à : (a) des droits de douane; (b) des prix de référence qui varient selon le produit et la période d'entrée; et (c) des normes de qualité. En vertu du protocole commercial de 1988, les quotas qui sont assujettis à un droit de douane préférentiel de 4 %, au lieu du taux normal de 20 %, doivent être réduits progressivement pour être éliminés en 1996. Depuis 1991, le Maroc et ses principaux concurrents, l'Espagne, le Portugal et Israël, sont sur un pied d'égalité. Aucun accord commercial n'est prévu pour l'heure avec la CE après 1996. La suppression progressive du traitement préférentiel entraînera sans doute une concurrence plus vive de la part des pays d'Amérique latine et des Caraïbes qui sont également avantagés pour certaines niches saisonnières. La concurrence indirecte devient aussi plus acharnée en raison du soutien budgétaire accru aux produits « méditerranéens » dans la CE, ce qui accentuera l'autosuffisance (déjà importante) dans ce domaine. L'instauration du marché intérieur unique va de pair avec le démantèlement des obstacles matériels et fiscaux aux échanges dans ce vaste marché de quelque 323 millions d'habitants, dont le PIB collectif s'élevait en 1987 à 3.669 milliards d'Ecus, et la part dans le commerce agricole mondial à 26 % environ." Cette unification offre d'énormes possibilités d'expansion et de diversification pour les exportations marocaines, en même temps qu'elle aggrave les risques au cas où l'adaptation à l'offre plus abondante de produits « méditerranéens » dans la CE et aux nouveaux modes de commercialisation ne se ferait pas assez rapidement. 1.25 Evolution rapide des marchés. Il est d'autant plus nécessaire pour le Maroc d'accroître sa compétitivité au niveau des coûts et de la qualité, dans un environnement en rapide évolution, que la demande des consommateurs et la technologie agro-industrielle connaissent de profondes mutations. Ces changements structurels sont en passe de bouleverser les modes de commercialisation et de distribution. Les consommateurs de produits alimentaires deviennent plus exigeants en ce qui concerne les questions de santé, de nutrition, de goût, de variété et de commodité. Dès lors, les distributeurs sont, eux aussi, plus exigeants sur la qualité, la fiabilité, le conditionnement et l'aspect physique des produits. A mesure que la concentration s'accentue parmi les distributeurs, ceux-ci se servent de leur pouvoir de négociation pour répercuter leurs coûts en amont de la chaîne de commercialisation, sur les fournisseurs et les entreprises de transformation agro-alimentaires. Face à l'alourdissement des coûts d'écoulement de leurs 2Source : The Simple Arithmetic of Existing Minilateral Trading Arrangements and Implications for a Post-Uruguay Round World, C. A. Primo Braga et Alexandre J. Yeats, Division du commerce international, Banque mondiale, août 1992; Sommaire et pages 8-9. 2Source : Agricultural Trade between the European Community and the Mediterranean and Eastern European countries; Outlookfor the 1990s, mars 1990, rapport établi pour EMTAG, Banque mondiale. A titre de comparaison (page 11(a), le PIB des Etats-Unis s'élève à 3.869 milliards de dollars et celui du Japon à 2.058 milliards de dollars; la population de ces deux pays est de 244 et 122 millions d'habitants respectivement. Un écu vaut approximativement 1,15 dollar. - 17 - produits, les transformateurs doivent, d'une part, acheter des intrants au prix le plus bas et de la manière la plus souple et fiable possible et, d'autre part, adopter une stratégie de commercialisation orientée vers le consommateur. La technoiogie de « fractionnement » des matières premières en composantes de base leur permettrait de diversifier leurs sources d'approvisionnement et d'en réduire le coût. En tant que fournisseurs de produits bruts, semi-transformés ou de sous-produits sur des marchés déjà excédentaires, les exportateurs marocains doivent satisfaire aux exigences de qualité, de fiabilité, d'aspect physique et de moindre coût. 1.26 Performance des exportations agro-industrielles marocaines. Les exportations agro- industrielles marocaines peuvent s'appuyer sur une base solide pour relever le défi de la concurrence accrue. Du point de vue quantitatif, la croissance des principales exportations agro-industrielles, qui sont les fruits et légumes et le poisson, a été satisfaisante, et a profité de l'accès préférentiel à la CE, ainsi que de la libéralisation des exportations consécutive à l'abolition du monopole détenu par l'Office de Commercialisation des Exportations (OCE). Le taux annuel de croissance a été de 10 % durant la période 1986-1990 (en prix constants de 1980, avec de fortes fluctuations selon les années, toutefois), ce qui correspond à une part de 21 % dans les exportations industrielles (les valeurs et taux de croissance annuels des exportations agro-industrielles figurent au Tableau 10a de l'Annexe 1). Le Maroc a exploité avec succès ses avantages comparatifs, pour ce qui est des niches saisonnières et des coûts moins élevés de main-d'oeuvre. 1.27 Le manque de diversité des débouchés et des produits, ainsi que la qualité variable (avec quelques exceptions notoires) sont, toutefois, préoccupants dans ces marchés de plus en plus concurrentiels. Les débouchés sont peu diversifiés : la CE a été le principal destinataire des exportations de fruits et légumes - 80 % du total - et, à l'intérieur de la CE, bien que parfois redistribués à l'intérieur de la CE au départ de la France, c'est la France qui est le plus gros client, suivie, assez loin, par l'Allemagne. Les produits sont, eux aussi, peu diversifiés : ce sont les agrumes qui dominent parmi les fruits, et les tomates et les pommes de terre parmi les légumes. Malgré de récents progrès (par exemple, la tomate de plus longue conservation, la Maroc-Late), il reste encore beaucoup à faire au niveau de la qualité et de l'adaptation au goût des consommateurs de la CE : la navel marocaine et les petits agrumes sont jugés inférieurs aux variétés espagnoles; trop d'opérateurs français et allemands ne sont toujours pas satisfaits de la qualité médiocre des produits marocains. - 18 - Tableau 1.5: MAROC - EXPORTATIONS ET IMPORTATIONS - IMPORTANCE RELATIVE DE CERTAINS PAYS OU GROUPEMENTS COMMERCIAUX (1980, 1985-91) 1980 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 RATIOS Exportations (%) CE/Total 77,2 49,4 58,2 61,8 56,6 64,6 65,0 62,4 AELE/Total 6,3 4,3 2,3 2,9 2,4 2,4 2,0 Maghreb/Total 0,1 2,6 2,3 4,4 4,4 5,0 5,7 Pays arabes/Total 3,5 6,3 5,3 6,3 7,3 8,3 9,2 10,9 France/CE 32,6 47,7 46,8 48,1 46,0 45,3 48,5 51,0 Allemagne/CE 10,6 14,0 11,5 10,2 10,0 8,2 8,2 7,8 Espagne/CE 7,6 15,0 11,4 11,1 12,6 12,9 14,1 14,1 Etats-Unis/Total 1,4 1,3 1,3 1,6 2,1 2,2 1,9 2,5 Importations (%) CE/Total 44,4 39,2 53,0 52,6 52,4 55,1 54,1 55,8 AELE/Total 3,6 4,7 4,2 3,9 4,4 4,7 4,7 Maghreb/Total 0,9 1,0 2,2 1,7 0,6 1,1 2,8 Pays arabes/Total 18,7 21,8 11,2 13,9 11,4 12,8 15,0 12,8 France/CE 56,0 58,2 43,9 41,5 42,3 «,? 42,3 43,4 Allemagne/CE 13,2 13,3 12,4 16,7 14,9 11,3 11,7 10,6 Espagne/CE 18,6 18,1 16,0 12,7 13,5 15,8 15,5 14,8 Etats-Unis/Total 6,5 6,1 11,3 9,1 7,0 6,8 6,3 5,8 Source: Direction de la Statistique. C. Principales caractéristiques du secteur de la transformation agro-alimentaire marocain 1.28 Définition et performance. Dans ce rapport sectoriel, les agro-industries sont définies au sens large comme incluant la transformation et le réseau de commercialisation et de services de soutien qui va de l'agriculteur au consommateur. Les statistiques marocaines ne se fondent, toutefois, que sur la définition étroite, c'est-à-dire sur le secteur de transformation agro-alimentaire formel. Au sens étroit ainsi défini du terme, la transformation agro-alimentaire compte pour 27 % environ de la valeur ajoutée du secteur manufacturier, 15 % du PIB industriel, 25-30 % de l'emploi industriel, 25-30 % de - 19 - l'investissement industriel et 16-20 % des exportations industrielles (période 1985-1990).' Il a réalisé 5 % environ du PIB au cours des dernières années, et sa valeur ajoutée a progressé de 8 % par an. Le taux de croissance des exportations a été de 14 % (en prix constants de 1980) dans ce secteur, et celui de l'emploi de 6 % (les taux de croissance des industries de transformation agro-alimentaire sont présentés à la Figure 1.2). Il faut considérer que ces estimations sont en deçà de la réalité, compte tenu de l'existence d'un vaste secteur informel qui n'est pas inclus dans ces statistiques? Entre 1980 et 1987, les importations ont dépassé les exportations de produits de transformation agro-alimentaire : le taux de couverture des exportations sur les importations a varié entre 0,70 et 0,85; l'équilibre s'est toutefois inversé entre 1987 et 1990, période durant laquelle le taux de couverture s'est établi à 1 (la structure et la performance du secteur de la transformation agro-alimentaire sont décrites dans les grandes lignes à l'Annexe 1, Tableaux 1 la à 1 lc; la performance des exportations et des importations agro-alimentaires, ainsi que leur balance commerciale, le sont aux Tableaux 10a à 10c de la même annexe). Au Tableau 1.6, on trouvera les données relatives aux taux de croissance et à la balance commerciale de ces produits et au Tableau 1.7, une récapitulation du secteur de la transformation agro-alimentaire. 1.29 Structure dualiste. Les entreprises de transformation agro-alimentaires marocaines produisent à la fois des produits de remplacement des importations et des produits d'exportation. Voici les principaux produits de remplacement des importations : (a) les céréales et les aliments du bétail, le sucre et les édulcorants (codes sectoriels 10.1-10.4); (b) les graisses végétales et animales; le bétail : produits laitiers et viande; épices et divers condiments (codes 11.2-11.8); (c) boissons et tabac (codes 12.1-12.5). Les produits d'exportation sont : (a) les fruits (y compris les agrumes) et les légumes, frais et transformés (code 11.1); et (b) le poisson (code 11.6).' Les produits de remplacement des importations associent l'ancien et le nouveau, les petites et les grandes entreprises, le public et le privé. Les petites entreprises traditionnelles tendent à prédominer dans la minoterie, le pressage de l'huile d'olive, la culture et la préparation des épices, et l'élevage et l'abattage des animaux. La propriété publique, les grandes entreprises et la technologie moderne sont prépondérantes dans les filières du sucre, de la viticulture et de la production de vin. La trituration des graines oléagineuses est concentrée au sein d'une entreprise principalement. Le raffinage des huiles alimentaires est également pratiquée par de grandes entreprises, toutes privées cependant. Il reste que cette branche est soumise à de stricts quotas. Les filières orientées vers l'exportation, comme les fruits et légumes, utilisent généralement des méthodes modernes pour la production, la manutention et la transformation. Le dualisme existe dans de nombreuses filières : on trouve de nombreuses petites entreprises à côté de quelques très grandes entreprises dans la minoterie, la culture et la transformation des légumes; et la culture d'agrumes. Le secteur de la transformation agro-alimentaire semble donc être bimodal : il est concentré aux deux extrêmes du spectre : de petites entités artisanales (moins de 10 employés) en milieu rural et urbain à un extrême et 1Nc'e :De son côté, l'industrie compte pour 30-35 % environ du PIB, la part de secteur manufacturier s'élevant à 15-20 %. Source: Morocco - Country Strategy Paper, août 1990, Standard Attachment, page 1. 'Source : Enquête nationale sur les entreprises non structurées localisées, 1988, Direction de la statistique, Ministère du Plan. Le secteur informel est défini au moyen de différents critères relatifs à l'emploi par entreprise, la valeur de la production par entreprise, etc. (page 69 - Les ratios caractéristiques par secteur d'activité). L'industrie, le commerce et les services du secteur informel ont contribué à 12 % environ du PIB en 1988 (page 52). 2Source: Situation des Industries de Transformation, publications annuelles, Ministère du Commerce et des Industries (MCI). Les autres grandes catégories manufacturières sont : 1) textile et cuir (17 % de la production manufacturière); 2) produits chimiques et parachimiques (35 %); 3) produits mécaniques et métallurgiques (13 %); et 4) produits électriques et électroniques (4 %). Les matériaux d'emballage, l'équipement de transport, l'équipement industriel sont inclus dans les rubriques (2) à (4). - 20 - à l'autre, de grandes unités modernes (plus de 100 employés) dans les centres urbains; Casablanca est un centre important qui compte pour 50 % de la production industrielle nationale, et Agadir est en passe de devenir un centre majeur de produits et d'exportations horticoles. 1.30 Produits de remplacement des importations. Dans le domaine de la minoterie, de Taux de de croissance du secteur petits meuniers artisanaux en milieu de la transformation agro-alimentaire au Maroc rural coexistent avec les meuniers (1982-1990) industriels des zones urbaines. Dans les zones rurales, l'autoconsommation des céréales est en baisse, mais reste importante, avec 35 % de la 20 -- production totale, selon les estimations. Sur une production annuelle de près de 4 millions de tonnes, la minoterie artisanale en -20 ................................... absorbe environ 2,4 millions (près de 50 %) et le reste est assuré par la -40 minoterie industrielle?' Parmi les 1982 1963 1984 1985 1985 1987 1966 1969 1990 moulins industriels, les petits --Proluction -I-Value Added -*-Exports -0-Employnet prédominent en nombre mais pas en production : 90 % des entreprises emploient chacune moins de 50 Figure 1.2: TAUX DE CROISSANCE DU personnes et ne contribuent qu'à SECTEUR DE LA TRANSFORMATION AGRO- 18 % de la production totale; les ALIMENTAIRE AU MAROC (1982-1990) 10 % restantes emploient chacune plus de 100 personnes et réalisent 82 % de la production?' Dans la transformation du lait, les unités industrielles traitent 40 % environ de la production nationale; 52 % de celle-ci est autoconsommée et les 8 % restants sont vendus en l'état par des marchands ambulants. Il en va de même du pressage de l'huile d'olive : d'après un recensement du MARA en 1986-87, les unités traditionnelles appelées « maâsras » traitent 20 % de la récolte; les presses modernes en traitent 40 % et le « marché de bouche » les 10 % restants. Le sous-secteur des graines oléagineuses (surtout le tournesol, acheté par l'office public COMAPRA) est moderne et oligopolistique : la pression est pratiquée par le monopole industriel privé SEPO et le raffinage par 14 raffineries industrielles? De même, la transformation de la betterave et 2Source : Projet de Réforme de la Commercialisation des Céréales, Rapport de synthèse, Phase 1, préparé pour l'atelier de réflexion, Rabat, 26-27 février 1992, pages 31, 18. Le taux global d'autoconsommation (zones urbaines et rurales réunies) est tombé, d'après les estimations, de 39 % en 1970 à 23 % en 1985. Cette baisse est imputable principalement aux changements structurels, à savoir à l'urbanisation et au taux d'activité croissant des femmes. 'Source: Le Secteur Industriel au Maroc, SEREC, 1991. op.cit. page 39. 'Source: Etude de la Politique des Prix et des Incitations dans le Secteur Agricole, Phase 2, Tome 3, janvier 1990, op.cit. annexes descriptives, Annexe 4, page 133. Trois raffineries sont connues pour vendre les quotas qu'elles détiennent. - 21 - de la canne à sucre a été dominée par l'Etat et est moderne. La production et la commercialisation de la viande (rouge et blanche) et des oeufs utilisent des méthodes à la fois traditionnelles et modernes, les méthodes modernes prédominant systématiquement dans la production de volailles et d'oeufs, tandis que les méthodes traditionnelles priment toujours dans la production de viande rouge. 1.31 Produits à la fois de remplacement des importations et d'exportation. La viticulture et la fabrication du vin font appel à des méthodes modernes, bien que l'existence, bien souvent, de mauvaises pratiques culturales et de technologies périmées pose problème. La culture et la préparation des épices associent l'ancien - un grand nombre de petits producteurs et d'unités artisanales - et le nouveau - quelques grandes entreprises tournées vers l'exportation - au point de vue de la technologie et de l'organisation commerciale. Bien que les perspectives d'exportation du vin, des épices et des plantes aromatiques soient importantes, les volumes exportés sont encore limités. Les principaux produits d'exportation sont les fruits et légumes. Ce sont des cultures d'irrigation dans une grande mesure, et des méthodes modernes sont utilisées pour la manutention et la transformation. Pour les légumes frais et traités, petits et très grands producteurs coexistent. Au niveau de la production, 70 % des producteurs, cultivant chacun moins d'un hectare, occupent 21 % des hectares cultivés. Au niveau de la transformation, 52 % des usines réalisent 7 % de la production, tandis que 11 % en assurent 68 %. Cette coexistence de nombreux petits opérateurs et de quelques grands opérateurs semble prévaloir également dans la filière des agrumes, qui dominent le sous-secteur des fruits : 82 % des vergers, de moins de 5 ha chacun, occupent 20 % de la superficie plantée.' 'Source : Recensement Agrumicole, 1985-1986 et 1991-1992, MARA. - 22 - Tableau 1.6: MAROC - TAUX DE CROISSANCE DES EXPORTATIONS ET IMPORTATIONS AGRICOLES/ALIMENTAIRES ET BALANCE ALIMENTAIRE 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 _ _S 1 1 S 1 _ S CROISSANCE ANNUELLE (%)(prix constants de 1980) Exportations 4,9 3,1 0,3 10,4 4,1 0,5 3,8 10,2 18,5 -12,5 21,3 1,0 (total) Exports 15,7 6,6 -9,8 19,5 -5,7 8,7 2,6 -2,4 38,0 0,8 10,2 5,9 agricoles Exports 17,0 4,0 -14,5 8,7 1,4 3,2 4,7 -3,9 13,4 -0,2 -0,7 18,7 alimentaires Agrumes 34,2 -18,0 -5,9 -9,1 -5,2 9,9 1,6 -15,0 19,2 -4,9 -14,4 43,4 Poissons -8,2 -17,8 58,0 6,6 22,3 22,7 21,9 -2,9 12,7 13,9 14,9 7,2 Importations -6,2 2,8 5,4 -8,4 8,3 -0,2 2,8 11,6 9,0 8,3 12,9 2,7 (total) _ Imports 2,9 14,1 -8,6 -8,2 20,8 -10,2 1,5 9,8 -5,3 -4,7 2,2 12,3 agricoles Imports 2,7 21,0 -14,8 -6,7 24,4 -12,3 -1,9 9,4 -14,5 -2,9 3,7 16,6 alimentaires Céréales 10,3 64,4 -27,5 -1,2 41,2 -22,4 -24,3 39,2 -31,4 -14,8 16,4 28,6 Blé tendre 10,3 37,0 -29,3 8,7 42,5 -22,4 -29,5 43,5 -29,6 -8,3 8,1 13,1 Maïs -20,6 20,4 -25,0 27,6 30,0 19,1 -44,5 -66,3 202,1 25,0 Sucre 17,6 -5,5 -12,9 -8,3 14,4 -16,0 24,9 -1,1 -5,5 -0,7 -9,5 12,0 Exports/Imports 0,6 0,6 0,5 0,7 0,6 0,6 0,6 0,6 0,7 0,6 0,6 0,6 Exports/Imports 0,7 0,7 0,7 0,9 0,7 0,8 0,8 0,7 1,1 1,1 1,2 agr. Exports/Imports 0,8 0,7 0,7 0,8 0,7 0,8 0,9 0,8 1,0 1,0 1,0 1,0 alim. S : sécheresse Sources: Ministère du commerce extérieur, Office des changes 1980-1990; MARA/DPAE 1991. 1.32 Structure de propriété : Public, privé et coopératif. La structure de propriété est très diversifiée dans la transformation agro-alimentaire. En dépit de la privatisation, le secteur public détient toujours une part importante de la propriété, de la gestion et du contrôle de ce secteur : en 1990, il comptait approximativement pour 24 et 27 % respectivement de la production et de l'investissement agro-alimentaires. L'investissement public primait dans le sous-secteur du sucre dont douze usines doivent être privatisées dans le cadre du plan de privatisation (décembre 1989-30 juin 1993) du secteur sucrier. C'est également le cas dans la viticulture et la production de vin, par le biais des entreprises parapubliques SODEA et SINCOMAR qui occupent une place prépondérante. En dépit de fortes interventions des pouvoirs publics dans la fixation des prix et la commercialisation, le secteur privé - 23 - Tableau 1.7 : PERFORMANCE ET STRUCTURE DU SECTEUR AGRO-ALIMENTAIRE MAROCAIN, 1981 - 1990 SECTEUR OU UNITES 1981 19 1983 1984 1985 19 SOUS-SECTEURIl 1 1 1 1__1 Eî 1. AGRO-ALIMENTAIRE Production '000DH 11.685 13.311 15.513 16.918 19.492 23.076 25.36 27.64 29.228 32.164 Valeur ajoutée '00DH 2.157 3.605 2.818 3.554 5.018 6.637 7.494 9.203 8.847 10.197 Exportations '000DH 876 999 1.179 1.498 1.956 2.523 2.930 3.351 4.196 5.325 Emploi Nos. 38.394 39.953 44.319 50.098 75.902 82.489 85.884 96.020 116.584 99.270 2. AGREGATS COMPARATIfS (prix courants) PIB '000DH 79.034 92.898 99.143 112.345 129.507 154.725 156.689 181.583 191.576 207.876 PIB Industriel '00DH. 26.924 26.929 32.954 37.384 43.238 49.942 51.511 60.492 62.554 18.497 PIB manufacturier '000DH 14.301 16.087 18.224 20.741 24.032 26.586 28.587 31.891 33.378 37.880 PIB agricole '000DH 10.206 14.225 15.034 1 16.851 21.497 29.526 24.075 31.347 32.650 32.661 SECTEUR/ 1982 1983 1984 1982-19%5 1986 1987 1988 1989 1990 1995-1990 SOUS-SECTEUR MOYENNE JMOYENNE A. TAUX DE CROISSANCE AGRO-ALIMENTAIRE Production 6,2 8,6 0,4 5,1 7,3 5,8 3,5 1,8 3,4 4,1 vPeur ajoutde 55,9 (27,2) 16,1 9,6 19,9 8,7 16,6 (7,4) 8,3 8,1 Exportalons (1,0) 4,3 9,8 5,0 14,3 13,4 9,2 27,3 4,8 14,2 Emploi 4,1 10,9 13,0 17,2 8,7 4,1 11,8 21,4 (14,9) 7,4 B. RATIOS de Valeur ajoutM agro-ailmentalre /PIB 3,9 2,1 3,2 3,4 4,3 4,8 5,1 4,6 4,8 4,7 /PIB IndustrIel 12,7 9,1 10,4 11,3 15,3 16,3 17,6 16,4 16,3 16,4 IPIB manuracturier 23,0 16,1 17,9 19,7 25,8 27,2 29,9 27,9 27,0 27,5 /PIB agricole 2.3,3 18,9 21,2 21,7 20,4 29,1 25,8 22,8 26,5 24,9 1/ Les industries agro-alimentaires englobent les sous-secteurs suivants Code sectoriel 10 - 10.1 Minoterie, 10.2 Fabrication de pain, de produits de boulangerie et de biscuits, 10.3 Sucre, 10.4 Chocolat & Confiserie. Code sectoriel 11 - 11.1 Fruits et légumes frais et transformés, 11.2 Abattage d'animaux, 11.3 Traitement de la viande, 11.4 Lait. 11.5 Graisses animales et végétales, 11.6 Traitement du poisson & autres produits de la mer, 11.7 Divers produits alimentaires (amidon, levure, miel, café, thé, épices, etc.), 11.8 Aliments du bétail. Code sectoriel 12 - 12.1 Bière et malt, 12.2 Vins, cidre et malt, 12.3 Spiritueux, 12.4 Boissons non alcoolisées, 1.25 Tabac. () Croissance négative. Les taux et ratios de croissance sont exprimés en prix constants de 1980. Source : Ministère du commerce et de l'industrie. domine dans d'autres branches, par exemple : (a) la commercialisation et la mouture du blé tendre - des agents sous licence et des coopératives achètent, stockent, traitent et revendent les céréales aux moulins industriels; (b) les huiles végétales brutes et raffinées - la SEPO, qui a le monopole de la pression, et les 14 raffineries, soumises à des quotas, sont privées; (c) la collecte et la transformation du - 24 - lait - 12 entreprises privées et sept coopératives couvrent le sous-secteur. Le secteur privé occupe une place prépondérante dans la production, la manutention et la transformation (a) de la viande (rouge et blanche) et des oeufs; et (b) des fruits et légumes, à l'exception de la FRUMAT, entreprise quasi- parapublique ayant le monopole de la transformation, et de l'OCE, office parapublic de commercialisation des fruits et légumes (qui avait le monopole des exportations jusqu'en 1985). 1.33 Restrictions à l'entrée sur le marché. Les facteurs restreignant l'entrée sur le marché découlent des interventions directes dans les prix et la commercialisation, de la circulation limitée des informations de marché ou des économies d'échelle. Sans une vaste enquête, il est-impossible de connaître l'ampleur des pratiques non concurrentielles. D'après le Ministère du Commerce et de l'Industrie, les restrictions à la concurrence sont importantes. En 1988, un projet intitulé « Note de présentation du projet de loi sur la concurrence » a été soumis, après de longues discussions interministérielles, par le Ministère du Commerce et de l'Industrie au Secrétaire Général du Gouvernement (SGG). Cette nouvelle mouture d'une note de 1984 fait état de pratiques restrictives dans le commerce et l'industrie, et de la nécessité d'encourager la concurrence. Il n'existe pas de législation antitrust au Maroc. 1.34 Dans le sous-secteur des céréales, le vrac est traité sur des marchés non officiels, où les prix officiels ne s'appliquent pas, excepté pour 1,2 million de tonnes de blé tendre (ou 1 million de tonnes de farines; soit l'équivalent de 35 à 40 % de la production de blé tendre) qui reste subventionné? Sur les marchés informels, il n'y a pas d'obstacles juridiques à l'entrée, hormis le fait que les importations sont toujours quantitativement contrôlées par le Gouvernement. Selon le Projet de Réforme de la Commercialisation des Céréales, ces marchés informels intérieurs sont toutefois compartimentés, sauf dans certains grands centres régionaux.' La disponibilité d'informations opportunes sur le marché semble être un facteur important. Dans l'étroit marché formel ou officiel, la délivrance de licences ainsi que l'accès privilégié au crédit subventionné pour l'achat et le stockage (par warrantage) dont bénéficient les négociants et les coopératives agréés, restreignent de fait l'entrée. Dans le sous-secteur des huiles végétales, la trituration des graines oléagineuses relève d'un monopole et le raffinage d'un oligopole, les importations étant contrôlées par BURAPRO, un groupe interprofessionnel de raffineries sous la tutelle du Ministère du Commerce et de l'Industrie. Les quotas de raffinage qui sont échangés entre raffineries limitent l'entrée. Dans le sous-secteur dualiste de l'huile d'olive, il existe 16.000 unités traditionnelles pour 60 % de la récolte, alors que 5 % seulement des unités industrielles assurent la pression de 30 % des 40 % restants. L'absence d'intervention directe de l'Etat dans la commercialisation intérieure et le traitement de l'huile d'olive fait penser que la forte concentration dans le secteur industriel est due à des entraves technologiques, comme les économies d'échelle, plutôt qu'à des obstacles juridiques ou réglementaires. Dans la branche du sucre, dominée de longue date par l'Etat, il n'y a pas de liberté d'entrée et de sortie. Dans les sous-secteurs dualistes des volailles et des oeufs, de la viande rouge et du lait, le secteur traditionnel est atomisé et concurrentiel, tandis que le secteur industriel est oligopolistique et de plus en plus concentré. Bien que le sous-secteur des épices soit également dualiste, il ne semble pas y avoir d'économies d'échelle, ni de restrictions à l'entrée autres que les entraves technologiques. "Source : Etude de la Politique des Prix et des Incitations dans le Secteur Agricole, Annexes descriptives des filières, Tome III, janvier 1990, op. cit. Tableau 8. "Source : Projet de Réforme de la Commercialisation des Céréales, Rapport de Synthèse, phase 1, Rabat, 26-27 février 1992, page 17. Ce projet est financé par USAID. - 25 - D. Principaux enjeux macroéconomiques et commerciaux et réorientation de la politique en vue d'un développement efficace des agro-industries 1.35 Conflit entre les intérêts à court et à long terme des producteurs agricoles et les intérêts de l'agriculture et de la transformation agro-alimentaire. On a beaucoup avancé sur la voie de la libéralisation des marchés agricoles intérieurs et extérieurs. Il reste que l'une des préoccupations majeures de la politique des prix agricoles au Maroc a été, pendant des années, l'auitosuffisance alimentaire. Cet objectif, de pair avec une approche dirigiste, a donné naissance à toute e- batterie de restrictions destinées à protéger les producteurs nationaux. Même dans le plan actuel de libéralisation, une forte protection est maintenue." A court terme, les producteurs agricoles profitent .ua égime de prix de référence et de tarifs équivalents. Cette protection élevée va, cependant, à l'encontre de leurs intérêts à long terme, en ce qui concerne la diversification et l'expansion de la demande pour leurs produits. Les matières premières agricoles sont généralement un élément de coût important dans la transformation agro- alimentaire, et dans la mesure où les prix élevés des intrants restreignent la demande du secteur de la transformation agro-alimentaire, celui-ci, aussi bien que l'agriculture, en pâtira. Cet effet d'étau est déjà apparent dans le secteur industriel des aliments du bétail et de l'élevage de volaille (bien que la viande bénéficie actuellement d'une forte protection nominale de plus de 300 %), ainsi que dans les boulangeries industrielles. Les restrictions à l'importation de certains intrants agricoles et à l'exportation de produits agro-alimentaires pour lesquels des matières premières subventionnées ont été utilisées, visent à protéger les agriculteurs qui produisent ces denrées subventionnées. Elles freinent, toutefois, le développement de technologies modernes de « fractionnement », qui peuvent augmenter la valeur ajoutée dans le traitement des produits, des sous-produits et des produits semi-transformés, ce qui diversifie la production et les débouchés. Il est nécessaire d'adopter une approche plus globale en matière de politique agricole, afin de régler ce conflit qui oppose les producteurs aux transformateurs et autres utilisateurs en aval. Le tandem agriculture-agro-industries devrait être considéré comme un secteur intégré. Maintenant que l'autosuffisance alimentaire n'est plus un objectif officiel, le moment est venu d'élaborer une nouvelle politique de sécurité alimentaire économique et d'intégrer l'agro-industrie dans les préoccupations agricoles. La nette dichotomie entre l'agriculture et les agro-industries et entre les marchés intérieurs et extérieurs va à l'encontre du but recherché, tout en étant préjudiciable au développement. Les négociations de libre-échange avec la CE peuvent accroître l'urgence d'une nouvelle politique. Dans ce cadre, il faudrait diminuer la protection, l'uniformiser et la rendre plus automatique. 1.36 Réorganiser le secteur agro-industriel pour qu'il réussisse sur des marchés de plus en plus concurrentiels. Il faut s'attendra éventuellement à des mutations de l'économie marocaine, y compris de ses agro-industries, consécutivement au'virage pris par les politiques du pays et de la CE, son principal partenaire commercial. La poursuite de la libéralisation au Maroc, une CE plus unifiée et plus compétitive, la possibilité d'une zone de libre-échange avec elle, et les résultats des négociations commerciales au GATT, bouleversWront le cadre macro-commercial de l'économie marocaine en général, et du tandem agriculture-agro-industries en particulier. Cependant, quelle que soit l'issue précise de ces négociations, les marchés, tant intérieurs qu'extérieurs, deviendront probablement plus concurrentiels. Dès lors, les activités marginales existant dans les secteurs protégés des céréales et des aliments du bétail, du sucre et des édulcorants, des graines oléagineuses et des huiles végétales, seront perdantes dans ce "Note : Cette protection élevée devrait être comparée avec celle existant dans l'industrie, qui correspond à un tarif nominal de 47 %. - 26 - nouvel environnement. La restructuration de ces secteurs ne signifie pas nécessairement qu'ils sont appelés à disparaître, loin de là. Comme ils fournissent les ingrédients de base pour toutes les formes de transformation alimentaire pratiquement, les possibilités sont grandes d'exploiter les économies d'échelle et d'obtenir de la valeur ajoutée (à des prix économiques) dans divers domaines, à savoir : (a) le contrôle de la qualité; (b) le stockage et le transport; (c) la transformation des produits et sous-produits; et (d) l'exploitation des technologies modernes telles que celles du « fractionnement ». Les chapitres et annexes techniques qui suivent traitent en détail des gaspillages existants et du vaste potentiel. 1.37 Gagnants et perdants. L'accroissement de la concurrence devrait déplacer les ressources, des utilisations peu efficaces vers celles qui le sont davantage. L'émergence de gagnants et de perdants devrait avoir un effet bénéfique sur le développement et la performance du couple agriculture-agro- industries. On constate fréquemment dans les pays industrialisés que les contributions relatives de l'agriculture et des agro-industries sont inversées : la part de l'agriculture se contracte tandis que celle des agro-industries augmente. Au Maroc, l'agriculture réalise environ 17 % du PIB contre 5 % pour les agro-industries. Aux Etats-Unis, la part de l'agriculture se monte à 1-2 %, et celle des agro-industries (qui incluent les intrants agricoles) à 17 %. Il n'y a pas de raison de penser que le développement du Maroc ne suivra pas ce schéma historique. A mesure que les agro-industries s'accroissent par rapport à l'agriculture, il faut s'attendre, néanmoins, à de profondes mutations structurelles. Les activités dont l'avantage comparatif est faible ou marginal devraient décliner. D'après plusieurs études sur l'avantage comparatif, la production céréalière dans les périmètres irrigués, le sucre (de betterave, de canne, brut et raffiné), le tournesol et les olives cultivées par irrigation sont difficilement compétitifs." Comme la protection reste élevée pour ces produits (à l'exception de l'huile d'olive), la libéralisation n'entraînera pas leur disparition, mais plutôt une restructuration dans le sens d'une plus forte valeur ajoutée. Prenons le cas de l'industrie dans son ensemble. Sous la pression de la libéralisation, la compétitivité globale y a augmenté, même s'il subsiste quelques activités non compétitives. Pour l'industrie (y compris quelques filières agro-alimentaires), après plusieurs années de libéralisation, le taux moyen effectif de protection est de 1,35 pour les activités dont le coût en ressources intérieures est supérieur à 1, et de 1,02 seulement pour celles dont le coût en ressources intérieures est inférieur à 1. Si certains sous-secteurs se contractent, d'autres se développent. On trouve d'ores et déjà dans les agro-industries des secteurs qui ont un avantage comparatif favorable, comme les fruits et légumes, les épices et plantes aromatiques, et le vin. A des degrés divers, la productivité et le contrôle de la qualité peuvent être améliorés et la valeur ajoutée optimisée. Le potentiel de ces secteurs et les contraintes qui freinent l'optimisation de leur valeur ajoutée sont abordés dans le rapport principal et les annexes techniques. 1.38 La libération des échanges devrait être étendue et complétée par un meilleur accès aux instruments de gestion des risques. Le développement efficace des agro-industries dans un cadre concurrentiel exige : (a) des achats fiables en quantité et en qualité; (b) l'accès à la technologie moderne pour augmenter la valeur ajoutée des produits et sous-produits; et (c) des produits et des débouchés diversifiés. Au Maroc, l'inclusion des intrants agricoles dans le régime automatique d'admission temporaire et la suppression des licences d'exportation requises pour les produits agro-alimentaires faits à partir de matières premières subventionnées, faciliteront les achats et la transformation. Il faut continuer 'Source: Etude de la Politique de Prix et d'Incitations dans le Secteur Agricole, Phgse II, Rapport principal, janvier 1990, Ministère de l'Agriculture et de la Réforme Agraire, AIRD; pages 33-40. "Source: Les Incitations et la Protection dans le Secteur Industriel en 1991 et Implications pour la Politique Industrielle, Rapport Principal, version provisoire, 7 mai 1993, op. cit., Ministère du Commerce et de l'Industrie (Development Alternatives, Inc., financé par USAID); page 12. - 27 - énergiquement à abolir les monopoles d'importation détenus par l'ONTS et le BURAPRO, comme cela est envisagé au titre du PAS-IL. La refonte des prérogatives d'importation de l'ONICL devrait également être poursuivie dans le contexte de la libéralisation, des négociations commerciales entre le Maroc et la CE, et de la nouvelle approche économique de sécurité alimentaire. Il convient par ailleurs d'assouplir le contrôle des changes sur la rétention des recettes en devises, afin de faciliter les transactions des exportateurs et importateurs agro-industriels avec l'étranger. En outre, il faudrait envisager d'étendre la libéralisation comme suit : (a) les taux d'adéquation devraient être plus uniformes et harmonisés avec les taux industriels; (b) tous les intrants pour les aliments du bétail devraient être soumis à des tarifs fixes (déjà envisagés pour 1994); (c) il devrait en être de même des huiles végétales et les graines devraient être assujetties au paiement compensatoire ('deficiency payments') à la production; et (d) la clause de sauvegarde sur le blé devrait être similaire à celle qui existe pour le sucre et les huiles végétales. Ces mesures sont nécessaires mais pas suffisantes. L'analyse qui suit part de l'hypothèse qu'un cadre macroéconomique stable, pierre de touche de tout développement efficace, existe. Le risque constitue une autre considération. L'agriculture et les agro-industries sont aléatoires : elles sont non seulement confrontées aux risques inhérents aux fluctuations des récoltes, mais aussi aux changements intervenant dans les marchés. Il faudrait renforcer la capacité des opérateurs privés à gérer plus efficacement les risques dans trois principaux domaines : (a) la couverture des risques encourus sur les marchés étrangers de produits de base, afin de réduire les risques liés aux prix; (b) les prêts à long terme et les prises de participation pour réduire la vulnérabilité financière; et (c) la gestion des risques de change sur leurs transactions de commerce extérieur. Les questions de gestion des risques sont examinées plus loin, notamment aux Chapitres 2 et 6 et aux Annexes 3 et 6. Chapitre 2 ENVIRONNEMENT TECHNIQUE DU DEVELOPPEMENT AGRO-INDUSTRIEL' RESUME (i) Le développement agro-industriel marocain est tributaire du fonctionnement des trois stades interdépendants de l'industrie : l'approvisionnement, la technologie de transformation et la commercialisation de la production. Les techniques utilisées à chaque stade et les contraintes et risques qui pèsent sur elles constituent l'environnement technique. Les techniques sont insuffisamment développées et l'environnement est déficient. De ce fait, la transmission des préférences des consommateurs vers l'amont, le long de la filière, jusqu'à la production agricole elle-même, et l'adaptation de cette filière à l'évolution de la demande se font mal. (ii) En effet, les techniques commerciales sont, dans l'ensemble, mal adaptées (sauf quelques exceptions notables) à la nature du produit et aux exigences du consommateur. Les choix technologiques sont la résultante de stratégies commerciales inadéquates et d'incitations d'ordre administratif. L'approvisionnement en facteurs agricoles et non agricoles se heurte à toute une série d'obstacles, allant de la politique agricole et de protection des échanges au non-respect des contrats et aux difficultés d'acquisition de terres agricoles. Les services d'appui ne sont pas à la hauteur, notamment sur certains points pourtant cruciaux : (a) l'infrastructure de transport, communications et commercialisation au stade de gros; (b) la diffusion d'informations sur les marchés et les techniques; (c) le financement à long terme; et (d) les services spécialisés et d'entretien technique, et les organisations interprofessionnelles. Pour illustrer ces problèmes, on peut grouper les produits marocains en trois catégories : produits indifférenciés à usage industriel et de consommation; produits semi-transformés à usage industriel; et produits différenciés de consommation. (iii) La plupart des produits marocains vendus sur le marché intérieur et à l'étranger sont indifférenciés : farine, huiles alimer'aires, sucre, produits laitiers et vin vendus en vrac; viande vendue au détail; concentré de tomate et jus d'orange concentré; et épices de petits artisans. S'agissant de ces produits, les vendeurs n'ont pas d'influence sur les prix et la manière dont ils gèrent les risques de fluctuation des prix a un impact déterminant sur les résultats de l'entreprise. Les entreprises exportatrices n'ont pas accès aux marchés à terme des produits de base, ni aux instruments modernes de gestion des risques. Le cas de l'entreprise productrice de jus d'orange concentré, FRUMAT, est particulièrement frappant à cet égard. Pour les biens de consommation de base (par exemple, céréales, oléagineux/hui!cs alimentaires et sucre), les entreprises ont à faire face aux risques engendrés par les aléas et l'arbitraire de l'intervention de l'administration, qui ont remplacé les risques de cours, avec la différence, toutefois, qu'ils sont habituellement impossibles à gérer (sauf, peut-Ctre, par d'autres moyens que le marché). (iv) Les autres produits, dont beaucoup sont exportés sur des marchés où s'exerce une concurrence croissante, ne sont qu'assez peu différenciés. Il s'agit principalement des fruits et légumes, frais et transformés; de l'huile d'olive et des vins en bouteille; des épices produites par des entreprises - 29 - structurées et intégrées verticalement. Pour se faire une place sur les marchés de ces produits, les vendeurs doivent adopter une stratégie axée sur le consommateur, fondée sur la fiabilité des approvisionnements et sur des rapports prix-qualité-service attrayants, ce que la plupart des entreprises marocaines ne font pas. Elles ne se livrent pas à une promotion énergique de l'image de qualité de leurs produits et ne constituent pas un portefeuille diversifié de produits fortement différenciés. (v) Il n'existe que très peu de produits semi-transformés et de valorisation de sous-produits destinés à la transformation industrielle, malgré la vaste gamme de produits agricoles du Maroc (fruits et légumes, épices et plantes aromatiques, mais aussi céréales, édulcorants, etc.). De plus en plus, les concepteurs de produits alimentaires découvrent les avantages des arômes et ingrédients, et s'efforcent de contrôler les interactions cruciales entre ingrédients. A la différence de nombreux autres produits agricoles, il est rare que ces produits se heurtent à des barrières commerciales, ou qu'ils soient soumis aux modes de commercialisation contraignants des centrales d'achat. De plus, le développement de ce sous-secteur ajouterait considérablement à la valeur des produits de base, augmentant par là leur compétitivité-coût. (vi) A la prédominance des produits indifférenciés correspond celle de technologies peu sophistiquées et inadaptées. La gamme des technologies modernes (a) de séchage, (b) de transformation chimique, (c) de fractionnement en composants de base (« cracking »), (d) de mise sous forme de capsules (dragéification) des ingrédients en vue d'une libération contrôlée du noyau actif, de protection contre la chaleur, la lumière, l'humidité et de facilitation du transport, du stockage et de l'utilisation, et (e) de contrôle de la qualité est pratiquement absente. Les problèmes typiques de la technologie existante sont les suivants : (a) excès de capacité par rapport à la fois aux approvisionnements et aux économies d'échelle optimales; (b) technologies sans justification économique, comme pour le sucre; et (c) failles de la chaîne technique, par exemple, pour le stockage en entrepôt frigorifique, le chargement et déchargement par palette, et l'emballage. (vii) Les faiblesses de la filière agro-industrielle qui viennent d'être évoquées se conjuguent de plusieurs manières pour nuire à la minimisation des coûts : (a) sous-utilisation des capacités; (b) gaspillage des produits et médiocres taux d'extraction; (c) non-utilisation des sous-produits; (d) niveau élevé des frais financiers et précarité provenant du financement à court terme; et (e) niveau relativement élevé des frais de transport et d'emballage (eux-mêmes souvent mal adaptés). Généralement preneurs de prix, les entrepreneurs doivent absolument minimiser les coûts tout au long de la filière agro-industrielle pour survivre et prospérer. Les entreprises doivent fondamentalement réorienter leurs stratégies commerciales (Figure 2.2). Pour que cette réorientation puisse se concrétiser, il est nécessaire de remédier à toutes les faiblesses qui ont été évoquées, de manière à pouvoir exploiter le considérable potentiel de l'agro-industrie marocaine. -30- ENVIRONNEMENT TECHNIQUE DU DEVELOPPEMENT AGRO-INDUSTRIEL 2.1 Evaluation de la cohérence d'ensemble des politiques de commercialisation. transformation et approvisionnement. L'agro-industrie marocaine regroupe un ensemble diversifié de sous-secteurs et fait appel à des technologies diverses. Cet environnement technique peut être analysé selon les trois dimensions interdépendantes des opérations agro-industrielles : approvisionnements, transformation et commercialisation. Que l'agro-industrie produise pour le marché intérieur, ou soit à vocation exportatrice, il importe d'établir si les stratégies d'entreprise relatives aux approvisionnements, aux techniques de transformation et à la commercialisation sont cohérentes entre elles. Le présent chapitre analyse la cohérence d'ensemble de ces politiques en commençant par la commercialisation, avant de passer aux techniques de transformation et à l'accès aux matières premières. Il analyse également les services à l'agro-industrie, et tout particulièrement le rôle joué par les coopératives de transformation et de commercialisation agricoles dans ce secteur. Les aspects spécifiques aux sous-secteurs agro-industriels sont traités dans les annexes (volume II). A. Techniques de commercialisation 2.2 Une stratégie orientée par le marché. La question de savoir si le moteur d'un secteur est l'offre ou la demande se pose pour l'agro-industrie comme pour les autres branches d'activité. L'accès aux matières premières est très certainement une base indispensable au développement agro-industriel, mais les choix de production agricole et alimentaire, en termes de qualité, quantité et calendrier, dépendent surtout de la capacité des marchés de consommation à exprimer les préférences des consommateurs et à transmettre ces préférences jusqu'à l'amont de la filière, la production agricole. Il est utile de fonder les stratégies de commercialisation sur une segmentation du marché en fonction de catégories de consommateurs, notamment du revenu, aussi bien pour le marché intérieur que pour les exportations. Les choix de technologies alimentaires et de production de matières premières découlent alors de cette segmentation du marché. 2.3 Choix techniques fondés sur la relation risque-espérance de rentabilité de l'investissement. Les investissements agro-industriels doivent également être analysés en termes de risque encouru par rapport à la rentabilité attendue (Figure 2.1 ci-après). La courbe optimale indique les différents choix d'investissement qui minimisent le risque pour chaque niveau de rentabilité attendue de l'investissement et maximisent la rentabilité de l'investissement pour chaque niveau de risque. Des entrepreneurs rationnels ne choisiront pas l'investissement situé en B puisque, pour le même niveau de risque, ils pourraient avoir une rentabilité plus élevée (A) ou, autre solution, pour le même niveau de rentabilité, d'autres investissements seraient moins risqués (C). Dans l'agro-industrie, les politiques économiques, y compris la politique commerciale et la politique des prix agricoles, influent sur les choix des entrepreneurs par leur impact sur les risques, comme sur la rentabilité de l'investissement. -31 - Risque (r) courbe optimale r2 B A Esperance de rentabilite de l'investissement (ER) ERi ER2 Produits Prod uit s indifferencies differencies Figure 2.1: COURBE OPTIMALE DE DECISION D'INVESTISSEMENT Techniques commerciales 2.4 Typologie des produits agricoles et alimentaires. La commercialisation agricole et alimentaire fait appel à des techniques entièrement différentes selon le type de produits alimentaires et de marchés concernés (Tableau 2.1). On peut distinguer schématiquement trois grandes catégories de produits alimentaires et de marchés, qui sont : (a) Les produits de base, ou indifférenciés. Ce sont des produits entièrement fongibles, dont acheteurs et vendeurs sont « preneurs de prix ». Ce sont des produits primaires : soit des matières premières non traitées, ou simplement triées et préparées pour le stockage et conservées en vrac, en sacs, ou grand conditionnement; ou les produits d'une première transformation. La décision d'achat est fondée sur la disponibilité, la date, le lieu, le type de conditionnement, le crédit dont jouit le vendeur, mais le prix reste le prix du marché et ne diffère que légèrement de ceux offerts par les concurrents nationaux ou étrangers. (b) Les produits alimentaires différenciés. Ce sont des produits par lesquels le vendeur s'efforce de se démarquer de ses concurrents et de s'attacher une clientèle distincte. L'espérance de gain doit être supérieure au coût occasionné par l'effort technico-commercial de différenciation. -32- (c) Les produits alimentaires semi-transformés. Leurs caractéristiques technologiques les distinguent des produits concurrents aux yeux des utilisateurs industriels finals; l'effort de marketing doit donc porter sur les aspects techniques intrinsèques, ou les avantages ou services liés au produit (par exemple, facilité d'emploi) plutôt que sur le prix. Les produits semi-finis peuvent être différenciés ou non : c'est ainsi qu'un meunier peut offrir des farines destinées à la production de divers types de pain et y attacher des services pour faciliter l'utilisation par le boulanger. La conception de produits alimentaires devient de plus en plus complexe, ce qui exige d'être capable de contrôler les délicates interactions entre ingrédients et donc de bien maîtriser la nature de ces produits. Tableau 2.1. TYPOLOGIE DES PRODUITS ET DES MARCHES Produits bruts Produits différenciés non différenciés Produits ('commodities') semi-finis Faible Forte différenciation différenciation Type de marché Forte concurrence; Forte concurrence; Moyenne à forte Concurrence preneur de prix preneur de prix (sauf concurrence (nombreux monopolistique; produits incorporant un produits semblables faiseur de prix (dans la fort avantage substituts); faible limite de la courbe de technologique) niveau de fidélisation demande et de l'optimum de la clientèle d'échelle de production) Type de Commerce de Marketing Marketing de Marketing de produits marketing matières premières industriel produits de grande de consommation; consommation segments à plus hauts revenus Eléments de choix Choix de date, lieu Caractères techniques Marketing-mix Marketing-mix (caract. du du vendeur et et qualité; du produit; process (caract. du produit; image; produit; image; prix; circuit éléments de gestion du couple d'utilisation; prix prix; circuit de de distribution) négociation prix/risque distribution) Avantage Minimisation du Avantages techniques Optimisation de: Optimisation de: comparatif à prix de revient pour d'emploi et réduction a) coût de a) coût de rechercher chaque qualité des coûts de différenciation; différenciation; standard l'utilisateur b) fidélisation; b) fidélisation; et c) écart de prix sur c) écart de prix sur produits substituts éventuels produits substituts 2.5 Typologie des techniques de commercialisation agricole et alimentaire. Ces trois types de marchés appellent trois approches marketing différentes, analysées ci-après. Cette typologie des produits et marchés sert de cadre à l'évaluation des méthodes commerciales employées par les entreprises marocaines : (a) Le commerce des produits de base (le "trading"), où vendeurs et acheteurs sont « preneurs de prix ». Pour bénéficier des meilleurs prix, il leur faut recueillir l'information sur le marché en temps réel. La prise de prix présente un risque intrinsèque : cette catégorie de marchés connaît en effet des fluctuations de prix, qui donnent aux décisions un caractère spéculatif; il s'agit d'acheter avant que les prix montent, de vendre avant qu'ils baissent. La qualité de l'information obtenue et de son traitement permet d'atténuer ce risque. On peut également faire appel à des techniques de gestion des risques : (i) diversification du portefeuille de produits, des origines, des - 33 - dates de livraison; (ii) fixation du prix longtemps avant la livraison (contrat physique sur l'éloigné); et (iii) transfert du risque à un autre opérateur de la filière, si possible au consommateur (en aval), ou au producteur (en amont). Ces deux catégories d'agents économiques ne pouvant transférer leurs risques, en amont ou en aval, en raison de leur position sur le marché, c'est-à-dire aux deux extrémités de la filière agroalimentaire, ils ont uniquement la latitude de choisir des produits de substitution, ou de demander à l'Etat d'intervenir pour couvrir leurs risques en fixant les prix. L'intervention administrative sur ces marchés crée, toutefois, des distorsions qui influent sur les décisions de production comme de consommation, ce qui peut éloigner fortement de l'équilibre naturel, bien qu'instable, du marché; (b) Le marketing des produits différenciés. Pour imposer ses prix, le vendeur doit offrir un produit aussi différent que possible de ceux existant sur le marché. Il fonde sa politique marketing sur le dosage suivant appelé "marketing-mix" : un produit différent (parfois essentiellement différencié par son image), un prix différent et un circuit de distribution différent. Ces trois piliers du marketing-mix sont indissociables et exigent de connaître parfaitement : (i) le comportement et les goûts du consommateur; (ii) les produits de substitution concurrents; et (iii) l'évolution des divers modes de distribution. Mais ces trois facteurs évoluent eux-mêmes constamment, d'où la nécessité de services commerciaux dirigés par un personnel informé de la concurrence, des goûts et préférences des consommateurs, et en contact direct avec les circuits de distribution. (c) Le marketing industriel des produits semi-finis destinés à approvisionner une entreprise de transformation finale qui doit, à son tour, différencier, comme on l'a vu, ses propres produits par le biais de ses marketings-mix. La commercialisation industrielle s'appuie d'abord sur les caractéristiques techniques du produit : son rôle technique dans le produit final (stabilisant, colorant, agent de texture, conservateur, arôme, nutriment, etc.) et sa facilité d'emploi (il faut souvent aider l'utilisateur - parfois gratuitement - à modifier ses techniques de manière à lui faciliter l'emploi du produit semi-fini). Ce n'est qu'après avoir passé avec succès le stade de l'acceptation technique que le vendeur discutera le prix avec les services d'achat de l'entreprise cliente. 2.6 La cohérence entre les choix commerciaux, le rendement attendu de l'investissement et les risques est profondément affectée par la stratégie d'autosuffisance antérieure. En principe, les investissements consacrés à la commercialisation ou au traitement de produits agricoles se soldent par des marges modestes, tandis que la plupart des investissements de différenciation de produits visent des marges plus élevées et la fidélisation du consommateur. C'est pourquoi les investisseurs n'acceptent que des risques assez modestes pour les produits de base, mais peuvent prendre davantage de risques s'agissant des produits différenciés. La gestion des risques devient donc un élément crucial du développement agro-industriel. Les fluctuations des cours sur les marchés agricoles mondiaux sont à l'origine de risques élevés qui ont amené à concevoir plusieurs techniques de gestion des risques. Ces techniques n'étant pas utilisées par les responsables des approvisionnements et de la commercialisation - faute d'information, de formation et en raison de contraintes réglementaires -, les pouvoirs publics sont pressés de contribuer à pallier ces risques, au détriment du budget de l'Etat. La politique marocaine des prix et du commerce agricoles a, durant des années, donné la priorité à des investissements agro- industriels dont on n'attendait qu'une faible rentabilité : meunerie du blé, transformation du sucre et des oléagineux. L'intervention de l'Etat sur le marché et la protection contre les importations ont facilité l'investissement dans des sous-secteurs qui auraient, sans cela, connu de faibles profits et des risques élevés. L'objectif était de rapprocher le pays de l'autosuffisance pour les produits « stratégiques » et de freiner l'exode rural. Toutefois, cette politique a également conduit à beaucoup investir dans des branches - 34 - d'activité à forte intensité capitalistique et à taux de rentabilité faibles ou potentiellement négatifs et à peu investir dans des activités potentiellement plus rentables (production, commercialisation et transformation des fruits et légumes, du vin, des ingrédients alimentaires et de produits alimentaires différenciés). Il y a donc très nettement eu une mauvaise allocation des ressources. 2.7 Intervention sur le marché et protection freinent l'investissement dans les produits alimentaires différenciés. La typologie des modes de commercialisation au Maroc (Tableau 2.2) fait apparaître la suprématie des produits non ou peu différenciés, pour lesquels les producteurs (preneurs de prix) sont très sensibles aux fluctuations des coûts; les besoins de couverture des risques sont donc très élevés. A l'inverse, les produits fortement différenciés sont moins sensibles à la concurrence qui se limite à quelques produits et donc aux mouvements de leurs prix, mais de tels produits sont rares dans la gamme des produits agro-alimentaires marocains. La prédominance de produits indifférenciés est compréhensible compte tenu de la faiblesse des revenus du marché marocain. Toutefois, la faiblesse de l'actuel portefeuille de produits, principalement indifférenciés, du Maroc rend un grand nombre d'entreprises marocaines vulnérables aux risques de marché. Les opérateurs souhaitent donc que l'Etat continue d'intervenir pour couvrir les risques de fluctuation des prix, et donc des marges, d'un bon nombre de produits (produits de base et leurs dérivés). Il est toutefois également clair que la protection qu'assure l'Etat contre les risques de marché n'encourage ni les entrepreneurs, ni les producteurs, ni les consommateurs à se tourner vers d'autres produits ou technologies. Tableau 2.2: TECHNIQUES DE COMMERCIALISATION DES PRODUITS AGRO-ALIMENTAIRES MAROCAINS EXPORTATION Produits bruts Produits différenciés non différenciés Produits semi-finis Produits ('commodities') Faible différenciation Forte différenciation Agrumes (r+ faible - Majorité des produits Minorité de produits différenciation) (sous contrats qualité avec des distributeurs étrangers) Autres fruits et Minorité Grande majorité des Minorité de produits légumes frais produits (sous contrats qualité avec des distributeurs étrangers) Fruits et légumes Concentrés de Faible nombre de Majorité des Faible nombre de transformés tomate, de jus produits: extraits; conserves appertisées produits : jus d'agrumes d'orange pulpes, concentrés, (cornichons; câpres; tomates semi- tomates; haricots préparées verts) Epices et plantes Grande majorité des Gamme de produits Majorité des produits - aromatiques produits des petits assez importante des grandes firmes artisans pour aromes et intégrées (paprika; (paprika ou safran gélifiants herbes arom.) exportés et valorisés en Espagne) Vin Vins exportés en - Majorité des vins vrac (trts faible exportés différenciation) - 35 - Olive Produits exportés Faibles quantités Majorité des produits - en vrac (en diminution) MARCHE Produits bruts Produits Faible Forte INTERIEUR non différenciés semi-finis différenciation différenciation (hors importations) Céréales Farines en vrac; Farines différenciées Pains; pâtisseries; Très petit nombre semoule semoule; pâtes de produits alimentaires Huiles Huiles en vrac - Huiles alimentaires; Huile d'argane; (généralement interdites) margarine huile d'olive Sucre Vrac Vrac cristallisé Morceau et pains de - (ou liquide) sucre Autres Glucose édulcorants Produits laitiers Poudres de lait vrac - Lait; fromages; Prod. frais laitiers; lait beurre emballage tetra pak Viandes Toutes viandes - Poulets détail Fruits, légumes Totalité des - frais produits Fruits et légumes - - Totalité des produits - transformés (Gus, conserves) Vin - Totalité des produits - Epices et herbes Large majorité des Quelques produits Quelques produits aromatiques produits (artisans) des grandes des grandes 1_ 1 entreprises intégrées entreprises intégrées 2.8 Une spécialisation dans les produits de base agricoles implique des efforts pour minimiser les coûts. La majeure partie des produits agro-alimentaires marocains relève de la catégorie des produits de base, produits indifférenciés. Compte tenu des perspectives de libéralisation des échanges, les opérateurs doivent viser à minimiser leurs frais administratifs, de transformation, de commercialisation et de transaction, en amont et en aval de la filière, pour demeurer compétitifs : minimiser les coûts de production agricole, de conditionnement, de stockage, de transformation, de transport, d'administration, etc. Les rejets ou pertes le long de la filière n'entraînent pas seulement des frais additionnels, mais ils représentent aussi une occasion manquée de rendre l'entreprise plus compétitive. Ce problème des coûts doit être traité tout au long de la filière agro-alimentaire, la médiocre performance d'un quelconque - 36 - maillon de la chaîne affectant celle de l'ensemble de la filière. Du fait de faiblesses à certains stades, les opérateurs qui n'ont investi que dans l'un des maillons de la filière pour améliorer la production et réduire les coûts ne tirent pas pleinement parti de leurs efforts. Il leur faut alors intégrer à leur activité principale de nouvelles activités d'amont ou d'aval, dont les opérateurs, par leur performance, compromettent jusqu'à présent leurs investissements. 2.9 Risques liés à la concentration des débouchés extérieurs. Les efforts de différenciation des produits d'exportation marocains demeurent très limités. S'agissant des destinations, les efforts commerciaux à l'exportation sont concentrés sur la France et un ou deux autres pays, selon les sous- secteurs : Allemagne, Belgique, Espagne ou Royaume-Uni. Quelques représentations commerciales ont été établies dans ces pays, mais très rares sont les entreprises qui disposent de tels services. Quelques efforts ont récemment été faits en direction du continent nord-américain, notamment des Etats-Unis et de la province du Québec, au Canada. Les opérateurs peuvent faire appel aux banques et aux ambassades dans ces pays pour engager les premiers contacts. Il reste nécessaire d'élargir la clientèle pour réduire les risques, tout en s'appuyant sur les marchés où le Maroc est déjà solidement implanté. Trois destinations principales sont à explorer : (a) L'Extrême-Orient : Corée, Japon, etc., où l'on présentera des produits semi-finis, notamment arômes et agents de texture, et des produits de décoration alimentaire. (b) L'Algérie et quelques pays du Moyen-Orient pour des produits semi-transformés et des épices et herbes aromatiques, éventuellement des produits transformés à partir de matières premières importées. (c) Des segments de marché à revenu moyen des pays d'Afrique subsaharienne. Les capacités de production agricole de certaines de ces matières premières étant limitées, l'accès à des produits importés, qui seront transformés au Maroc avant d'être réexportés, est indispensable. 2.10 Commercialisation des produits agricoles. Au plan intérieur, l'échange des produits agricoles est le fait d'un grand nombre de petits et moyens commerçants grossistes en produits agricoles ou de première transformation, qui approvisionnent les villes comme les zones rurales sous la supervision étroite de l'administration nationale et régionale. Leur équipement est relativement modeste, et l'absence de camions de gros tonnage couverts et de camions réfrigérés influe fortement sur la qualité et les prix. Sur ce marché intérieur, la standardisation des produits n'existe pas et, dans certains sous-secteurs, son éventuelle mise en oeuvre risque de se heurter à l'absence d'organismes interprofessionnels de concertation. 2.11 Le non-recours aux techniques de couverture à terme freine l'investissement à long terme privé et encourage l'investissement à court terme dans la commercialisation agricole. Il n'y a pratiquement pas d'échange de risques entre le vendeur (risque de baisse du prix de ses produits) et l'acheteur (risque de hausse du prix de ses approvisionnements). De plus, le stockage privé des produits agricoles et de certains produits alimentaires pâtit : (a) de l'absence de références de prix dans le temps, ce qui met les opérateurs en situation de spéculation, une erreur de jugement pouvant être fatale à l'entreprise; et (b) des interventions officielles et officieuses des pouvoirs publics sur les marchés et les prix qui ne laissent pas une place suffisante à l'initiative privée (voir ci-après). Pour certains produits agricoles de base ou de première transformation (essentiellement céréales, oléagineux, sucre), l'Etat administre les prix directement ou indirectement à l'aide de barrières commerciales. Les risques de - 37 - fluctuation des prix sont par conséquent très limités. Par contre, les risques liés aux interventions demeurent et sont généralement impossibles à gérer, sauf accès direct aux décideurs : dates de changement de prix, modification des quotas, intervention sur les marges et, bientôt, fluctuation des prélèvements à l'importation,' etc. En outre, l'administration de ces prix n'incite guère, ou aucunement, à différencier les qualités en fonction des besoins du marché. Les opérateurs attendent donc des autorités qu'elles procèdent à une série d'ajustements ponctuels pour remédier aux distorsions ainsi créées : prime de stockage et crédits de campagnes subventionnés, décision d'importation ou suspension des importations, etc. Pour d'autres produits alimentaires, l'absence d'instruments de gestion des risques entraîne des positions spéculatives qui occasionnent des problèmes financiers à certains opérateurs et à leurs contreparties, clients ou fournisseurs. C'est, par exemple, le cas dans le sous-secteur des agrumes pour la gestion des fluctuations du prix des oranges et du jus d'orange et/ou des concentrés. On pourrait innover dans ce sous-secteur en introduisant des contrats à terme - au plan national ou international - pour les oranges. Dans le cas du jus d'orange et du jus d'orange concentré, le système actuel de fixation du prix des oranges livrées aux usines crée un risque pour FRUMAT," qui devra le gérer en tenant compte de la concurrence internationale. Il lui faut pour cela des autorisations administratives lui permettant d'utiliser pleinement le marché de référence et de couverture existant pour le jus d'orange concentré congelé, qui est celui de New York. 2.12 Echange d'informations sur les prix agricoles et alimentaires. Il n'y a pour ainsi dire pas de diffusion d'informations sur le marché. Les collectivités locales et les ORMVA disposent de mercuriales, dont certaines sont immédiatement transmises à la capitale. Cette information sert parfois à l'administration pour intervenir et combler d'éventuels déficits (le désencadrement des marchés alimentaires et agricoles n'est pas passé dans les faits à tous les stades de la filière agro-industrielle, notamment à celui du détail). Les prix constatés au détail ne sont pas suffisamment portés à la connaissance des opérateurs. Au plan international, l'information sur certains produits (prix, approvisionnement du marché, disponibilité de fret, intervention administrative) est diffusée auprès des gros producteurs/conditionneurs, mais s'arrête là. 2.13 Les techniques de commercialisation des produits alimentaires différenciés ne reposent pas sur des analyses de la demande des consommateurs. On peut citer quelques rares cas de politiques commerciales adoptant une stratégie judicieuse, fondée sur un « marketing-mix » et une différenciation du produit, dans le domaine des épices et condiments et de celui des fruits et légumes frais et transformés. En dehors de cela, les agro-industries ne connaissent pas les besoins réels des consommateurs et ne cherchent pas à adapter leurs produits à ces besoins. Très peu de produits alimentaires sont présentés dans les salons internationaux (SIAL en France, ANUGA en Allemagne). Il s'agit en outre de produits indifférenciés : en boîte, et rarement en bocaux de verre présentant un contenu attrayant, ne témoignant guère d'un effort d'amélioration de l'image. Les circuits de distribution des pays déve!oppés sont généralement exigeants, non seulement en ce qui concerne le produit et ses spécifications (protection du consommateur et de l'environnement), mais aussi en ce qui concerne le respect des délais de livraison. Un petit nombre d'agro-industries sont à même de faire face à ces diverses exigences et de garantir le respect du contrat, mais la plupart des opérateurs marocains ne le peuvent pas, leurs moyens 'Pour de plus amples détails sur cette question, on se reportera aux Annexes techniques, annexe 3, céréales, oléagineux et édulcorants. 3 Voir, dans les Annexes techniques, l'annexe 6 sur les fruits et légumes. - 38 - commerciaux restant limités et leur formation en matière de logistique et d'obligations contractuelles étant insuffisante. 2.14 Absence de gestion des produits. Les entreprises agro-industrielles marocaines ayant (a) des chefs de produit et (b) des budget d'études et de promotion en vue de l'élaboration d'une politique de marketing de produits différenciés sont extrêmement rares. De fait, veiloir différencier des produits - dont la qualité intrinsèque n'est pas différente - uniquement par la promotion et la publicité est une politique coûteuse dont les avantages sont très limités en termes de fidélisation du consommateur et de prix. Toutefois, il est important de présenter un portefeuille de produits diversifiés (comme peuvent le faire certaines grosses entreprises européennes ou américaines) pour convaincre les quelques gros acheteurs des grossistes en épicerie et firmes de distribution. Peu de vendeurs marocains sont en mesure de présenter une large gamme de produits à leurs distributeurs. L'élaboration de nouveaux produits et services attachés à ces produits (notamment facilité d'utilisation, longue conservation) est le seul moyen de développer véritablement des produits alimentaires différenciés. 2.15 Médiocrité de la gestion de la qualité dans l'entreprise. Sur le marché intérieur, comme on le verra au Chapitre 5, une formation à la gestion de la qualité est indispensable. Tout en protégeant la santé du consommateur, elle contribuerait à former le personnel technique et commercial à la recherche de débouchés extérieurs. Le secteur des viandes paraît plus cn retard dans ce domaine, mais l'observation vaut pour tous les sous-secteurs agro-industriels.' 2.16 Créneaux de développement possibles pour les produits alimentaires semi-finis. La commercialisation de produits semi-finis, également très peu développée, pourrait offrir un éventail de débouchés intéressants, pour peu que les entrepreneurs marocains aient les compétences techniques nécessaires et offrent les services techniques indispensables pour promouvoir et faciliter l'emploi de ces produits par l'industriel de transformation finale. C'est à celui-ci seul qu'il appartient de mettre en place son « marketing-mix » et de négocier avec la grande distribution. Ces produits ne sont pas habituellement aussi fortement protégés aux frontières par des, tarifs élevés, mais uniquement par une réglementation de la qualité. C'est ainsi que les fibres cellulosiques, ou le son, tirés du blé ou de la betterave, peuvent entrer dans la CE sans prélèvements douaniers variables, alors que le sucre et l'amidon sont soumis à prélèvement. Les grandes foires et expositions internationales spécialisées présentent des centaines d'ingrédients jouant un rôle techniquement utile au consommate, ir et/ou à l'industriel transformateur du produit final. Ce sont : (a) des agents texturants, fibres, gélifiants; (b) des agents conservateurs, par exemple, ingrédient d'origine agricole maintenant l'humidité du produit; ec des colorants (on insiste, là, de plus en plus sur l'origine naturelle du produit); 11) des arômes (extraits d'origine naturelle ou semi-synthétique : biotechnologie de fermentation, par exemple); (e) des saveurs (sucrée, salée, amère, épicée, oignon, ail, goût de viande, etc.); * Voir Annexes techniques. - 39 - (f) des nutriments ou compléments de nutrition nécessaires à la santé (minéraux, acides aminés essentiels, vitamines); (g) des produits semi-préparés incorporés au produit final : morceaux de fruits pour les produits laitiers frais; fruits confits pour l'industrie de la pâtisserie; produits alimentaires de décor pour les traiteurs; et (h) des levures et bactéries pour la fermentation (fromages, pain, boissons alcoolisées, renforcement d'arômes sur fermentation, développement de saveurs sur fermentation, etc.). 2.17 Nécessité d'attacher à ces produits semi-finis des services en facilitant l'emploi. Ces produits semi-transformés doivent être présentés au acheteurs industriels de façon à faciliter leur transport, leur conservation et leur utilisation. Ainsi, les conteneurs vrac souples, doublés de feuille d'aluminium, remplis en atmosphère contrôlée et aseptique, utilisés pour les confitures et pâtes à fruit répondent à cette exigence et fidélisent l'acheteur industriel. Le marketing industriel peut aussi amener à aider financièrement le client à modifier son procédé de fabrication et ses machines et autre matériel pour mieux utiliser le produit semi-fini. A cet égard, les technologies de dragéification se développent rapidement. Il s'agit d'un procédé où un ingrédient actif est contenu dans une enveloppe, ou microcapsule. Ce procédé est fonctionnel en ce sens que l'enveloppe extérieure peut avoir une fonction spécifique, comme celle de libérer l'ingrédient dans des conditions prédéterminées (changement de pH, mastication, chauffage), d'assurer une protection contre la chaleur, la lumière et l'humidité, de faciliter l'emploi, le stockage, le transport. Le marketing de ce type de produit présente l'avantage de fonder la recherche de clientèle sur un débat technique entre techniciens. Le Maroc dispose de bons ingénieurs agro-industriels formés dans des universités marocaines et étrangères et des instituts de recherche et développement, qui sont à même d'actualiser leurs connaissances techniques. La commercialisatiL des produits semi-transformés évite également aux entreprises marocaines, qui pour la plupart y sont mal préparées, le processus douloureux et difficile d'avoir à traiter avec les grandes centrales d'achat du secteur de la distribution. 2.18 Nouveaux objectifs de commercialisation agricole et alimentaire. Des politiques de commercialisation d'entreprise sont résumées à la Figure 2.2, où sont également indiqués les éléments de base justifiant et devant accompagner ces politiques. Dans le secteur des produits alimentaires semi- transformés, rares sont les produits marocains offerts à l'exportation, qui offre pourtant des débouchés considérables basés sur les fruits, légumes, huiles, épices et plantes aromatiques, gélifiants et produits extraits par process biotechnologique (nutriments, arômes). Les produits de décor, comme les fleurs comestibles (destinées au marché asiatique, notamment), les algues, les fruits et légumes découpés, bénéficient souvent d'une bonne plus-value sur les marchés étrangers de la restauration. Ce potentiel est loin d'être exploité, alors qu'à l'évidence de telles productions permettraient une meilleure utilisation de l'eau d'irrigation que des produits de base, cp.-mme le blé ou l'alfa. -40 - Mat. premieres Produits semi- Produits alimentaires agricoles transformes differencies alimentaires Faible diff. Forte diff. Ex portation A r me, autre(l. Aw umep,au.tre5i fr% i Ms leg. frais >ri ise le g. ris c ' ,Epces et plant s > Ei et lantes aromatiques (3) armatiques + Vin (vrac) >Vin (bouteilles] lisd Ivrac)(vrac] sd [cnserv~ (2)l Huiliesd(oive)(vracjr Huile d olive Aarumes f ruits (4A)4 rumes, fruits (3 erleg. transformesL epleg. transf. Marché interieur Cereales, oleagineuxv-ý ý Huiles alim. eucorants 2 Pain, semoule ruits &e transi. pates alim. pices e arom. rruits & leg. 1ransf beurrê1~~ iVin Poudre de lait, beurre Viandes blan h sj2 P2) rom ge, prod. frais viande > laiers [3 j.*.- Figure 2.2: POTENTIEL DE MODIFICATION DES MODES DE COMMERCIAIJSATION DES PRODUITS ALIMENTAIRES MAROCAINS Notes 1. effort de réduction des coûts; 2. modifications résultant principalement de la réglementation de la qualité des aliments et d'une meilleure gestion de la qualité des produits; 3. modifications par le biais de la diversification des produits; 4. techniques de fractionnement (cracking) à développer. .> Inchangé B. Techniques de conservation et de transformation 2.19 Les technologies sont le reflet des choix de commercialisation et du cadre réglementaire. Les technologies auxquelles font appel les entreprises agro-industrielles sont le reflet des méthodes commerciales ci-dessus et des diverses incitations administratives (protection, interventions quantitatives, subventions, crédit bonifié, intervention dans les décisions de gestion des entreprises - notamment en ce qui concerne les coopératives - etc.). La faiblesse de l'effort de différenciation des produits se traduit par des technologies généralement peu sophistiquées et, sauf pour les branches bénéficiant de fortes subventions de l'Etat (compensation), surtout orientées vers la réduction des coûts. - 41 - La Figure 2.3 présent grands types de technologies employées pour la conservation et la transformation des - ?remières agricoles. Les caractéristiques techniques des agro-industries marocaines peux x amer comme suit : (a) développement important des technologies de conservation par appertisation/stérilisation en emballage métal et, dans une moindre mesure, verre; faibe développement des emballages consommateur nouveaux et attrayants; faible utilisation des emballages vrac souples palettisables; standardisation des emballages généralement inadaptée aux modes de transport modernes des emballages et à leur palettisation; (b) surcapacité générale par rapport aux approvisionnements locaux et aux échelles optimales de production dans les sous-secteurs bénéficiant de subventions de l'Etat dans le cadre de la compensation (principalement sucre et, dans une moindre mesure, raffinage de l'huile et meunerie), choix techniques parfois économiquement injustifiés dans le cas, notamment, de la production de sucre de betterave où on se limite au sucre brut sans aller jusqu'au stade du sucre raffiné; production de pain de sucre; (c) insuffisance quantitative et qualitative de l'équipement de conservation de courte durée réfrigéré, principalement dans une part importante du secteur de l'exportation de produits frais; (d) faible développement des technologies de séchage, déshydratation alimentaire, notamment par séchage solaire; (e) faible développement des techniques de fractionnement et d'extraction d'ingrédients à usage alimentaire ou chimique; (f) faible développement des techniques de recombinaison alimentaire et des produits prêts à la consommation (précuits, salades, etc.) surgelés ou stérilisés, inexistence des produits de consommation en atmosphère contrôlée - ces techniques nécessitant une gestion impeccable de la qualité; (g) emploi assez limité des technologies de transformation par traitement thermique (confitures, pâtisserie, confiserie), ne faisant appel qu'aux matières premières traditionnelles coûteuses pour aboutir à un produit final non différencié; (h) faible développement des applications des biotechnologies, sauf pour les levures boulangères, quelques produits de fermentation laitière et une modeste production d'édulcorants autres que le sucre. Les quelques technologies employées relèvent de la fermentation et sont fondées sur des techniques généralement importées, peu adaptées à la production locale. - 42 - Courte duree --Refrigeration ïVentil. CONSERVATION -te . Longue duree --Surgelation --Deshydratation Fract. mecanique -Fr action nement Fract. phys1co- chimique -Simple melange TRANSFORMATION Asso o -Melange et texturation .Traitement thermique -Tr acs formation actz chrmique chimique eciqu Actlon microbienne Figure 2.3 : CADRE TECHNOLOGIQUE DES AGRO- INDUSTRIES (i) faible utilisation" en général des techtiques de contrôle et de gestion de la qualité dans les usines; (j) inadéquation des moyens de transport routier aux besoins de l'industrie mederne (approvisionnement en produits locaux et expédition vers les grandes villes et les pays étrangers); inadaptation des infrastructures de chargement/déchargement aux usines et stations; inadéquation (les moyens de manipulation mécanisés des usines et installations de stockage; et (k) très faible valorisation des sous-produits de la transformation alimentaire et des déchets ou rejets. 2.20 Ces faiblesses représentent en même temps des opportunités. Toutes ces faiblesses font obstacle au développement agricole et agro-industriel. Une réorientation de l'ensemble des incitations administratives peut contribuer à rendre plus performant le système d'approvisionnement en matières premières - en donnant aux industriels de transformation alimentaire davantage de latitude également pour importer des matières premières et ingrédients alimentaires. D'autres mesures, dont des actions de formation, seront nécessaires (pour plus de précisions, on se reportera ci-après à la section sur les services et au Chapitre 3). Toutefois, les faiblesses constatées représentent en même temps des chances "Voir le Chapitre 5 du premier volume du rapport sur lu gestion de la qualité; et, dans les Annexes techniques, l'annexe 6 sur la durée de vie des fruits et légumes frais, et l'annexe 5 sur les industries de la viande, où l'accent est mis sur (a) la nécessité d'une rationalisation des organismes publics de contrôle et de standardisation, et la privatisation de certaines fonctions; et (b) la mise en oeuvre de politiques de gestion de la qualité au sein même des entreprises. -43 - pour le développement, en termes de réduction des coûts, de restructuration des entreprises et d'optimisation de la valeur ajoutée. 2.21 Les efforts de minimisation des charges demeurent cruciaux. Les points faibles en ce qui concerne les coûts proviennent : (a) d'une utilisation insuffisante des capacités industrielles disponibles entraînant des coûts fixes unitaires élevés, les produits étant pour l'essentiel peu différenciés. Le niveau élevé des coûts de production et la faiblesse des marges entraînent des difficultés financières et des arrêts des usines. Ce qui est en cause, ici, c'est la rationalisation du nombre et de la dimension des implantations industrielles, mais aussi l'accès à des produits de substitution importés; (b) des pertes de produits (notamment rejets ou inadéquation des matières premières) et taux d'extraction parfois médiocres; (c) de la faiblesse de la valorisation - voire d'une non-valorisation - des sous-produits de l'agro-industrie; (d) d'un financement à court terme d'investissements par nature à long terme d'équipement et du fonds de roulement permanent, qui augmente les coûts et la vulnérabilité financière de l'entreprise. Dans l'industrie sucrière, ces charges financières s'accumulent aussi en raison des arriérés de compensation de l'Etat; (e) du coût élevé et de la médiocre adaptation de ces services aux besoins des clients, qui tiennent notamment à des situations de monopole (voir ci-après pour un examen plus approfondi); (f) de frais de personnel assez élevés, en raison notamment du rôle social que l'Etat assigne aux entreprises. 2.22 Une diversification en vue de la production de produits différenciés ouvrirait la voie à de nouveaux choix technologiques. Parallèlement à l'effort de réduction des coûts, un effort de diversification vers (a) des produits semi-finis, (b) des produits de consommation alimentaire différenciés introduirait plus de souplesse en matière de technologie, en réduisant les contraintes de coût. C. Approvisionnements 2.23 Le secteur agro-industriel marocain se heurte à de nombreuses et graves difficultés dans son approvisionnement en : (a) produits agricoles locaux ou importés; (b) ingrédients alimentaires permettant de diversifier la production et de différencier les produits à l'intention de segments de marché différents; et (c) produits non agricoles nécessaires à la production agro-industrielle. Ces difficultés sont de trois ordres : quantité, qualité et prix." 38Lc sujet est également évoqué au Chapitre 3 du premier volume, « Caractéristiques générales de la gestion des entreprises agro- industrielles marocaines ». -44- Approvisionnement en matières premières agricoles 2.24 Absence de standardisation des contrats. Les techniques employées pour l'achat des produits agricoles ne sont guère sophistiquées : achats sur le marché spot, parfois achats sur pied et parfois achats à livraison différée. Il faut introduire au Maroc la standardisation des contrats, telle qu'elle existe sur les marchés internationaux (Incoterms : c.a.f, c.i.f., c&f, f.o.b., etc.), où les engagements et risques respectifs sont bien définis. Faire appliquer ces contrats par la justice reste aléatoire et occasionne souvent des frais considérables, ainsi que des déconvenues. Les organismes interprofessionnels ne jouent pas un rôle significatif dans l'arbitrage des conflits commerciaux. 2.25 La souplesse, la fiabilité et l'efficacité-coût des approvisionnements se ressentent de toute une série de contraintes. Sans être spécifiques au Maroc, certains facteurs quantitatifs et qualitatifs sont à l'origine de contraintes supplémentaires graves qui pèsent lourdement sur la performance de l'agro- industriel. Les contraintes suivantes ont été abondamment constatées : (a) l'orientation administrative - par opposition à une orientation par le marché - de la production agricole vers des produits pour lesquels l'agro-industrie marocaine n'a guère de chances de dégager un avantage comparatif par rapport à la concurrence étrangère. Les produits agricoles à plus forte valeur ajoutée et offrant de meilleures perspectives de débouchés sont désavantagés par rapport aux produits privilégiés par la politique commerciale et celle des prix agricoles du Maroc. Cette distorsion de l'allocation des ressources n'est pas seulement due à la politique des prix, au protectionnisme et aux transferts budgétaires, mais aussi à la réduction des risques qui en résulte pour ces produits agricoles, par rapport à des productions qui pourraient être plus rentables mais, relativement, plus risquées; (b) la protection du marché intérieur des produits ou dérivés agricoles, qui ne permet pas aux entreprises agro-industrielles marocaines de diversifier leurs approvisionnements pour compenser les faiblesses de l'offre intérieure liées à la sécheresse ou aux attaques d'insectes, pas plus qu'elle ne leur permet d'être compétitives à l'étranger grâce à une matière première relativement bon marché; (c) la tendance à utiliser l'eau d'irrigation pour des produits à faible valeur ajoutée sur le marché international (céréales, huile, sucre), au détriment de produits plus chers, notamment horticoles; (d) l'absence de normes de qualité sur le marché intérieur; (e) la difficulté de faire assurer le respect des clauses des contrats par des instances judiciaires non spécialisées, alors que ni les associations professionnelles, ni les Chambres de commerce et d'industrie n'offrent de procédures d'arbitrage professionnel reconnues; et (f) l'intervention directe, même si elle n'est souvent que ponctuelle, de la puissance publique (Ministère de l'intérieur, MARA, parfois MCI, Ministère des finances) dans la gestion des entreprises - publiques mais aussi privées - en faveur de productions non rentables. 2.26 Absence de techniques de couverture de risque. Les techniques de gestion des risques quantitat.s et risques de prix liés aux approvisionnement agro-industriels sont très peu développées. - 45 - Former les cadres des entreprises et leur faciliter l'accès à ces techniques relèverait d'une stratégie gouvernementale et interprofessionnelle coordonnée qui devrait aussi viser à réduire les incertitudes et, par conséquent, les risques introduits par les autorités elles-mêmes? Dans le secteur des exportations, la seule véritable solution réside dans l'intégration d'une part de la production agricole nécessaire à la transformation et à la tenue des engagements commerciaux. En cela, les entreprises de transformation agricole continuent de se heurter à un problème d'accès à la terre, même si cette contrainte semble peu à peu diminuer grâce à la location à long terme de terres publiques (vignobles, vergers). Approvisionnement en additifs et autres ingrédients alimentaires 2.27 Faible recours aux ingrédients alimentaires de substitution. L'approvisionnement en additifs et ingrédients alimentaires est assez possible par le biais d'importations. Les techniciens de l'industrie agro-alimentaire sont toutefois encore très conservateurs quand il s'agit d'avoir recours à des substituts : par exemple, le fructose, l'isoglucose et l'aspartame ne sont guère employés à la place du sucre - ni dans la production locale, ni pour l'exportation. Ces produits pourraient permettre des économies importantes et remplacer des produits locaux non concurrents, par exemple dans le secteur des édulcorants, où le Maroc ne s'efforce d'atteindre l'autosuffisance que pour les sucres de betterave ou de canne, alors que certaines branches, comme celle des boissons, auraient besoin de sucre liquide, comme l'isoglucose. 2.28 Contraintes administratives pesant sur l'accès aux ingrédients alimentaires à des prix compétitifs. La réglementation administrative régissant les sous-secteurs des céréales, du sucre, de l'huile et du lait affecte la disponibilité de matières premières, de produits de première transformation et de produits semi-finis, indispensables à la production des produits de consommation exportables. En fait, de nombreux produits alimentaires sont obtenus à partir du mélange de plusieurs produits - habituellement dans les recettes traditionnelles, la farine, le sucre, la poudre de lait, le beurre, l'huile, etc. - mais aussi, aujourd'hui, à partir de produits dérivés de matières premières comme les amidons, amidon natif, amidon gélatinisé, etc. (sur base de blé ou maïs, parfois de pomme de terre ou de riz) - et de produits de l'hydrolyse de l'amidon (le premier et le plus simple étant le glucose, mais aussi fructose, dextrose, etc.). La protection élevée dont font l'objet aux frontières les produits de base, les produits de première transformation et autres sous-produits freine le développement de nouveaux produits alimentaires destinés au marché intérieur et à l'exportation. C'est ainsi que, sur le marché intérieur, les producteurs industriels de boulangerie, pâtisserie ou de pizzas n'ont pas accès aux farines subventionnées et doivent donc acheter des farines locales coûteuses. Cela a deux conséquences principales : (a) prix plus élevés pour les consommateurs (la clause de sauvegarde relative aux prix de référence du blé ne peut qu'avoir un impact inflationniste); et (b) grave entrave au développement d'un secteur exportateur plus diversifié auquel vendre aussi sur le marché intérieur permettrait de réduire ses coûts fixes unitaires. 2.29 Lourdeur des procédures administratives d'importation des matières premières destinées à être transformées au Maroc. Selon les autorités, rien n'empêche un exportateur d'avoir accès à des matières premières importées en franchise de droits pourvu que ces produits soient réexportés après transformation. Même si ces exemptions sont généralement accordées, elles exigent des démarches "Sur ce point, on se reportera aux Annexes techniques 3 et 6, où le problème des risques est analysé en détail pour le jus d'orange, les céréales, les oléagineux et produits oléagineux (huile et tourteaux) et le sucre. - 46 - administratives lourdes et coûteuses qui découragent de nombreux entrepreneurs : ils limitent donc leurs ambitions à une production courante, au lieu d'envisager des produits de consommation plus sophistiqués. Les quantités de tels ingrédients nécessaires à un entrepreneur sont parfois assez modestes. Par exemple, le sorbitol, autrefois produit à partir d'un fruit mais aujourd'hui entièrement obtenu sur base d'amidon de céréales, est utilisé dans de nombreuses industries alimentaires pour maintenir l'humidité du produit et préserver par là la fraîcheur de produits qui, sinon, sécheraient trop vite. Un petit ou moyen entrepreneur utilise de faibles quantités de sorbitol et, seul, il évitera à se lancer dans des démarches administratives. Un entrepreneur qui veut acheter du sucre pour un produit destiné à l'exportation se trouve dans une situation tout aussi difficile et décourageante. C'est ainsi que certains ont indiqué que le Maroc n'était pas bien placé pour exporter confitures ou pâtes de fruit pour les deux raisons suivantes : (a) le coût du sucre et de ses substituts, ici le glucose, dont le prix devrait être, comme à l'étranger, inférieur à celui du sucre (pouvoir sucrant inférieur, mais autres avantages techniques); et (b) la protection par la CE des produits à base sucrée. S'il est certain que les règlements de la CE ne laissent pas une grande latitude, les exportations vers d'autres pays ne devraient pas être freinées par le prix élevé de la base d'édulcorants divers utilisés par les entrepreneurs, qui fait actuellement obstacle au développement agro-industriel et nuit par là au développement du secteur agricole : les valorisations des fruits (notamment agrumes) et légumes s'en trouveront encore limitées. Approvisionnements non agricoles divers 2.30 Les services et fournitures non agricoles relèvent de plusieurs monopoles. Les fournitures non agricoles sont généralement disponibles au plan national (production locale ou importations), mais des situations de monopole en augmentent le prix de revient pour l'agro-industrie (papier, carton, boîtes métalliques, etc.). On a constaté que les achats en gros à l'étranger (par opposition aux achats individuels par un entrepreneur agro-industriel) étaient apparemment difficiles à organiser, bien qu'ils permettent normalement d'obtenir des prix plus bas. Les services après vente sont également peu développés. Chaque entrepreneur doit donc disposer de son propre matériel de réparation et de ses pièces de rechange. L'absence de services après vente nuit à la compétitivité-coût de nombreuses entreprises. D. Services d'appui au commerce et à l'industrie 2.31 Principales catégories de services. Les entreprises agro-industrielles ne reçoivent pas les services d'appui nécessaires à leur développement. Pour les besoins de ce rapport, ces services ont été classés en trois catégories' : (a) coopératives de transformation et commercialisation; (b) information sur les marchés, les technologies et les réglementations; et (c) fourniture de matériel, entretien et services divers. Les coopératives qui sont sous la tutelle de l'Etat sont faibles et, à de rares exceptions, ne sont pas une forme d'institution capable d'aider véritablement les producteurs. Il existe des services, ceux qui diffusent des informations sur les marchés et les technologies, ainsi que la formation à la gestion des agro-industries, mais ils sont encore à l'état embryonnaire. D'autres services publics et privés sont eux aussi encore trop peu développés pour toute une série complexe de raisons liées aux orientations et aux marchés. "Les services financiers sont traités au Chapitre 6, ceux ayant trait à la qualité des produits agro-industriels au Chapitre 5. - 47 - Coopératives de commercialisation et de transformation41 2.32 Coexistence de coopératives privées et de coopératives gérées par l'Etat. Les coopératives sont confrontées à une situation très difficile : la libéralisation atténuera le traitement préférentiel dont elles ont bénéficié jusqu'ici, tout en demandant d'elles des compétences gestionnelles et des ressources financières qu'elles n'ont pas. D'une manière générale, elles n'ont pas joué le rôle qu'elles auraient pu jouer en faveur du développement. Il existe deux types de coopératives, les coopératives gérées par l'Etat et les coopératives privées. Le premier groupe comprend 713 coopératives de la réforme agraire et 13 coopératives céréalières. Le groupe des coopératives privées, 1.909 au total, s'adonne à diverses activités, comme l'achat de matériel, la fourniture de services, l'élevage et la transformation laitière, et la commercialisation. Les coopératives de réforme agraire ont été créées entre 1966 et 1980, suite à la décision de distribuer les terres domaniales aux agriculteurs. Les premières coopératives céréalières remontent à 1937, date à laquelle a été également créé l'Office National Interprofessionnel des Céréales et des Légumineuses (ONICL). Les textes juridiques pertinents datent de 1972-73. Les coopératives privées ont été créées à partir de 1935. 2.33 La capacité d'adaptation des coopératives à la libéralisation est un sujet d'inquiétude majeure. Plusieurs facteurs vont à l'encontre d'un bon ajustement des coopératives à un environnement plus libéral. Premièrement, les coopératives de réforme agraire et les coopératives céréalières ne sont pas de véritables coopératives dans la mesure où elles ont été créées à l'initiative de l'Etat, sont gérées par des responsables nommés et rémunérés par lui et fonctionnent comme des agents d'exécution de la politique gouvernementale. Elles n'ont jamais connu l'autonomie ni exercé de responsabilités. Deuxièmement, beaucoup d'entre elles sont de taille modeste, opèrent sur de vastes zones où l'analphabétisme est élevé. Troisièmement, leurs réserves financières et leur capacité de gestion sont faibles. Les membres des coopératives de réforme agraire gérées par l'Etat ne considèrent pas que celles- ci leur appartiennent. De ce fait, leurs apports de capital sont minimes; ils n'exploitent pas les possibilités d'économies d'échelle qui s'offrent pour l'achat des intrants ou la commercialisation. Au contraire, ils cherchent avant tout à tirer profit des subventions accordées pour l'achat de matériel et d'autres intrants et d'un crédit bonifié. Ils considèrent comme contraignant de devoir commercialiser conjointement leur production. S'agissant des coopératives céréalières, l'obligation qui leur est faite de n'acheter le blé tendre qu'aux prix officiels, même lorsqu'il y a pénurie, et l'insuffisance des marges de stockage administrées par l'ONICL ont grandement nui à leur capacité de stockage et à leur viabilité financière. Le cas des coopératives privées, des coopératives laitières, par exemple, est quelque peu différent. Des désaccords internes et le morcellement du marché qui en a résulté ont réduit dramatiquement la part de marché de nombre d'entre elles et, par là, leur viabilité financière. 2.34 Une coopérative efficace, c'est une coopérative où les membres sont pleinement responsables de la gestion. Pour triompher du défi de la libéralisation, et permettre aux coopératives de jouer leur rôle en faveur du développement, il faut envisager des mesures urgentes sur plusieurs fronts. Avant tout, l'Etat doit cesser d'utiliser les coopératives comme agents d'exécution de sa politique. Elles doivent devenir autonomes. Leur statut juridique doit être modernisé : la loi de 1984 doit être promulguée en remplacement de la loi dépassée de 1937. Il faut revoir les restrictions, territoriales et autres, mises à leurs opérations, leur statut fiscal et leurs exemptions. Il faut permettre aux membres de prendre l'entière responsabilité de la gestion des risques inhérents à leurs opérations. Leur situation financière doit être assainie et renforcée. Une première étape serait de faire un bilan et de mettre de l'ordre dans la comptabilité. La mentalité d'assisté et la tendance à utiliser les coopératives pour tirer le maximum "Pour de plus amples détails sur ces coop6ratives, on se reportera à l'Annexe technique 2. - 48 - d'avantages financiers de l'Etat, mentalité courantes dans de nombreux pays en développement, doit disparaître. 2.35 La libéralisation du marché pose de difficiles problèmes de transition aux coopératives de commercialisation et de transformation agricoles. Plus précisément, elles n'ont pas permis à leurs membres de renforcer leur capacité de gestion et leur pouvoir de négociation, en les mettant ainsi à même de tirer parti d'économies d'échelle, en améliorant la diffusion de l'information sur les marchés et en facilitant la diversification des risques et leur gestion. Au lieu de donner aux coopératives une chance de s'acquitter de ces fonctions, la libéralisation risque de les déstabiliser davantage, compte tenu de leur faiblesse actuelle. La gageure, c'est de savoir comment réussir cette transition difficile dans de brefs délais. Information sur les marchés, les technologies et les réglementations commerciales 2.36 L'amélioration de l'information sur les débouchés renforcera les sous-secteurs. La collecte de l'information, le traitement des données et la diffusion d'information sur les débouchés, les technologies et la réglementation sont des éléments clés de la prise de décision en matière de gestion. Les petites et moyennes entreprises ne peuvent toutefois pas y consacrer tout le temps nécessaire, et il est dès lors indispensable de coordonner les efforts considérables déjà entrepris par les associations professionnelles et l'Etat pour faciliter l'accès à ces informations. S'agissant des exportations, 'EACCE joue déjà un rôle important dans ce domaine; la diffusion d'informations commerciales, administratives et techniques doit être poursuivie et renforcée. 2.37 Les entreprises agro-industrielles doivent améliorer la présentation de leurs produits lors des expositions internationales. La participation aux foires et expositions internationales doit être renforcée tant quantitativement que qualitativement : (a) amélioration des stands d'exposition et (b) amélioration de la préparation et participation effective des exposants. Cet effort collectif nécessite une nouvelle conception de la préparation et de la participation des exportateurs marocains. Une présentation médiocre est naturellement extrêmement préjudiciable à l'intérêt général du pays, non seulement en ce qui concerne l'image de ses produits mais aussi son tourisme. Le choix de la gamme des produits à exposer, la recherche d'une image générique des produits marocains doivent être fondés sur une analyse commerciale et promotionnelle à long terme qui doit être commencée deux ans avant la foire internationale concernée et disposer du budget nécessaire. En outre, les agro-industries marocaines devraient organiser avec les professeurs et chercheurs des établissements supérieurs et des universités, ainsi qu'avec des spécialistes de l'EACCE et du MARA, (a) des visites de ces foires ainsi que des salons de technologies alimentaires organisés en Europe, en Amérique du Nord et en Asie; et (b) des voyages de petits groupes de représentants d'entreprises industrielles et commerciales dans ces pays pour les mettre en contact avec d'éventuels clients et les familiariser avec les technologies recherchées dans ces pays.'2 2.38 Information sur les marchés et formation à la commercialisation et à l'administration des entreprises. Un programme de publication des prix agricoles intérieurs et internationaux doit être établi en coordination avec les associations professionnelles concernées. La publication de bulletins d'analyse des marchés, tendances, techniques commerciales, réglementation doit être étendue à tous les sous-secteurs. Pour cela, une coordination des efforts par les institutions interprofessionnelles permettrait 12Les trois manifestations internationales recommandées sont le « Salon international agro-alimentaire » de Casablanca, le « Salon international de l'alimentation > (SIAL) de Paris, et l'« Exposition Salon International - de Francfort (ANUG(a). - 49 - de réaliser des économies et d'assurer la validité de l'information reçue. Sur les marchés agricoles et alimentaires, la démarche commerciale est encore souvent inspirée par une vision à court terme, celle du commerçant. Il serait utile de former des techniciens à la fois au marketing et à la gestion financière. A cet égard, la collaboration entre les écoles supérieures de gestion et les universités ou grandes écoles scientifiques pourrait conduire à la mise en place d'un mastère de gestion agro-alimentaire, ouvert non seulement à des étudiants marocains, mais aussi à de jeunes cadres et à quelques étudiants étrangers. 2.39 Formation à la technologie alimentaire. En matière de technologie, on a relevé des points faibles dans la formation, notamment dans le domaine des techniques du froid, de la valorisation des sous-produits industriels, du traitement des effluents et de l'organisation du travail, de l'implantation des usines, de l'hygiène et de la sécurité, et de la gestion de la qualité alimentaire. Un ensemble de cours expérimentaux constituant un programme de formation aux technologies agro-alimentaires est en voie d'introduction à l'IAV de Rabat et dans la région du Souss. Cet effort doit être poursuivi et conduire à la présentation d'une gamme complète de technologies et à des programmes de recherche appliquée. Une formation et une certification de spécialistes de la qualité dans l'agro-alimentaire pourraient être introduites, avec l'aide de l'EACCE, dans le cadre d'un plan national de gestion de la qualité et de la rationalisation du rôle de l'Etat dans ce domaine. Les services aux entreprises 2.40 Les services publics aux entreprises et les infrastructures présentent des faiblesses. Une commercialisation satisfaisante des denrées périssables suppose que soient desserrées toute une série de contraintes liées aux infrastructures et aux services publics, notamment : (a) au stade du gros, de l'expédition et du transport : mise en place de plates-formes régionales, centres d'échange et de préparation des expéditions le long de l'axe Agadir, Casablanca, Larache, Tanger - une concentration autour de quatre ou cinq plates-formes est à envisager; (b) des services de douane et d'inspection véritablement au service des entreprises pour assurer ,pect de la réglementation nationale et étrangère (principalement en ce qui concez ordination exigée par la CE); et (c) une modernisation des moyens de télécommunications, notamment en zone rurale et autour des plates-formes d'échange et d'expédition des produits alimentaires. 2.41 Le renforcement des organismes interprofessionnels privés. De nombreuses décisions d'ordre commercial, technologique (développement ou amélioration des processus) ou relatives à la formation des personnels technique et commercial, à l'information des producteurs agricoles pourraient être prises en commun par les opérateurs d'une même profession ou d'une même filière. De telles associations interprofessionnelles font souvent défaut, soit qu'elles n'existent purement et simplement pas, soit qu'elles manquent de moyens, ou n'aient pas de mandat précis. Les petites et moyennes entreprises industrielles et commerciales se heurtent souvent aux mêmes problèmes techniques, qu'elles devraient pouvoir résoudre en joignant leurs efforts. L'Association des Producteurs de Sucre (APS) est un bon exemple du rôle que peuvent jouer ces groupements. La tendance à la collusion qu'une telle coordination interentreprises pourrait occasionner, doit être contrebalancée par (a) la réglementation de la concurrence et (b) les statuts mêmes de ces organisations. Les services qui font défaut à l'agro-industrie et qui pourraient être organisés en commun sont notamment les suivants : - 50 - (a) standardisation des contrats d'échange de produits au sein d'une même filière agro- alimentaire; (b) arbitrage en première instance des conflits commerciaux; (c) mise en place d'organismes privés d'inspection et d'appui à la gestion de la qualité; (d) définition de programmes de formation technique ou commerciale, spécifiques à la filière; (e) passation de contrats avec des établissements de recherche et développement nationaux et étrangers; (f) consultation avec les organismes publics intervenant dans la filière; (g) analyse des marchés et information des adhérents sur les marchés et les réglementations nationale et étrangères; et (h) participation à des foires nationales et internationales. 2.42 Entreprises de service à l'agro-industrie. L'une des caractéristiques du développement, c'est la facilité d'accès des entreprises aux services : entretien, réparations, nouveaux équipements, services administratifs auxiliaires, consultation sur les marchés, les produits, services informatiques, analyse des produits, audit technique, commercial et financier des entreprises. Ces services existent au Maroc, mais sont surtout concentrés à Casablanca. Des antennes des fournisseurs marocains et étrangers de matériel peuvent très bien être établies dans plusieurs autres villes également, dont Agadir, Tanger, Meknès ou Fès. Le secteur privé s'est bien étoffé dans certains de ces domaines. Son niveau technique doit constamment être maintenu à jour en collaboration avec les universités et les grandes écoles. Les principaux points faibles semblent se situer dans le domaine des techniques du froid, où il est difficile de trouver des techniciens, dans l'aide à la conception de stratégies commerciales et, en général, dans l'audit et l'aide à la gestion, y compris dans la tenue à jour de la position de risque de l'entreprise : risques financier, commercial et technique pour les usines, le transport et le stockage. 2.43 Un développement des services privés, interprofessionnels et publics d'appui piloté par la demande. Pendant des années, la politique agricole marocaine a eu pour objectif l'autosuffisance et, donc, les denrées de base : produits n'assurant qu'une faible rentabilité de l'investissement mais, grâce aux interventions sur le marché, présentant d'assez faibles risques. Ces denrées alimentaires indifférenciées n'ont pas suscité une demande suffisante de services d'appui aux agro-industries. La libéralisation du commerce, la réduction de l'intervention de l'Etat sur le marché, une nouvelle conception de la qualité et des normes alimentaires, de nouvelles orientations en ce qui concerne le rôle des organisations professionnelles et de l'Etat, et la privatisation susciteront une demande nouvelle de services d'appui de la part des entreprises agro-industrielles.1 Dans ce contexte, il faudra de nouveaux services d'appui pour aider les enepreneurs privés : (a) à concevoir de meilleures institutions et infrastructures de commercialisation en gros; (b) à mettre au point des techniques de commercialisation plus sophistiquées pour les produits de consommation et des produits semi-finis; (c) à accéder à de nouvelles technologies et à de nouveaux débouchés; et (d) à réduire leurs coûts par l'amélioration de l'accès aux matières premières et pièces de rechange. Le Gouvernement pourra alors aider à établir un programme 43Voir également au Chapitre 3, la section sur le marketing. -51 - de lancement d'organismes interprofessionnels privés et faire appel aux professionnels des diverses filiùres pour organiser, gérer et développer ces organismes. Des services d'assistance technique, y compris une formation approfondie, seront alors nécessaires pour faciliter le processus et faire connaître le type de services que ces organismes pourraient assurer à leurs membres. L'assistance technique aux sous- secteurs pourra alors être acheminée, au moins en partie, par l'intermédiaire de ces organismes interprofessionnels." 'Les organismes interprofessionnels ne devraient pas avoir le monopole du dialogue entre les professionnels d'un sous-secteur et les pouvoirs publics. Si les professionnels préfbrent être représentéÉ par des organismes concurrents, l'assistance technique sera dispensée en conséquence. Chapitre 3 GESTION DES ENTREPRISES AGRO-INDUSTRIELLES MAROCAINES: GENERALITES RESUME (i) Le cadre dans lequel opèrent les entreprises agro-industrielles marocaines est en pleine transformation, tant du point de vue réglementaire que de celui des marchés. Sur le plan intérieur, les pouvoirs publics ont engagé une vaste entreprise de libéralisation. A l'extérieur, à mesure que l'Espagne et le Portugal, principaux concurrents du Maroc, s'intègrent à la CE, les marchés de la CE se rapprochent de l'autosuffisance en fruits et légumes. Ailleurs, de grands blocs régionaux de libre-échange s'organisent (Accord de libre-échange nord-américain, par exemple). Les entreprises devront donc modifier leur gestion si elles veulent prospérer dans ce nouvel environnement caractérisé par un changement fondamental, sur le marché intérieur comme à l'extérieur, la pression croissante de la concurrence. (ii) Les styles de gestion propres à un environnement réglementé, protégé, où la demande est excédentaire, ne sont pas axés sur le consommateur. Les dirigeants des entreprises se préoccupe surtout de maitriser les approvisionnements, et non de commercialiser des produits de qualité. Les problèmes chroniques des entreprises agro-industrielles sont le plus souvent : (a) le manque de fiabilité de l'approvisionnement en intrants d'origines agricoles; (b) la médiocre qualité des emballages; (c) l'inadéquation des services d'appui (entretien du matériel, laboratoires d'analyses, financements à long terme, etc.); et (d) la pénurie de techniciens et cadres moyens expérimentés. Tous ces problèmes immédiats accaparent une bonne partie de l'attention des dirigeants d'entreprises, les empêchant, faute de délégation de responsabilité, de se concentrer suffisamment sur la planification stratégique et la mise en marché de leurs produits. (iii) Pour s'adapter à un contexte plus compétitif, les styles de gestion devront évoluer et ce, principalement, dans les domaines suivants : (a) planification et marketing axés sur le consommateur; (b) transparence et fiabilité des méthodes et documents comptables; et (c) véritable délégation de responsabilité. C'est là un processus à long terme, car, bien sûr, il nécessitera un changement notable. - 53 - LA GESTION DES ENTREPRISES AGRO-INDUSTRIELLES MAROCAINES: GENERALITES 3.1 Approche stratégique des entreprises agro-industrielles : forces et faiblesses; opportunités et menaces. Ce chapitre présente le cadre général dans lequel les entreprises agro- industrielles marocaines opèrent, les menaces stratégiques nées de l'évolution de cet environnement, et les faiblesses techniques de la gestion agro-industrielle. Ni ce cadre général, ni ces menaces stratégiques, ni ces faiblesses ne sont spécifiques au secteur agro-industriel.1 L'environnement géographique, économique et réglementaire dans lequel ces entreprises opèrent, a marqué leur gestion et leurs choix stratégiques. L'évolution de cet environnement fait peser sur ces entreprises des menaces qui, lorsqu'identifiées et ajustées suffisamment tôt, peuvent être transformées en avantages stratégiques. 3.2 Avantages nés de l'environnemen* géographique et économique. Le Maroc jouit d'importants avantages dérivant de sa situation stratégique, de conditions climatiques variées, d'une main- d'oeuvre abondante, d'un cadre macro-économique stable et de marchés intérieurs en expansion. Cependant, pour profiter pleinement de ces avantages considérables, il est nécessaire de se préoccuper et de systématiquement faire face à une série de menaces stratégiques et de faiblesses. A. Menaces stratégiques nées de l'évolution de l'environnement des entreprises Accès aux zones de libre-échange 3.3 Les clients étrangers protégés au sein de zones de libre-échange devitanent autosuffisants. Les entreprises agro-industrielles qui ont orienté leurs stratégies d'exportation vers la CE, voient de nombreuses zones de consommation devenir de plus en plus autosuffisantes, voire excédentaires, et se protéger contre les importations agro-alimentaires. Par ailleurs, les protections douanières, tarifaires et non-tarifaires, ainsi que le plafonnement des régimes d'exportation préférentiels ne permettent pas le plein développement du poter'tiel de production de nombreux produits agricoles marocains d'exportation. Le Maroc s'est même vu concurrencer pour ses productions horticoles, de l'intérieur même de la Communauté Européenne, avec l'entrée de l'Espagne, de la Grèce, et du Portugal dans le Marché Commun. La zone de libre-échange Nord-Américaine (North-American Free-Trade Agreement - NAFTA) laisse, à terme, également peser une menace sur certaines exportations marocaines sur le Canada et les Etats-Unis. Libéralisation du commerce extérieur et dérégiementation des marchés agro-alimentaires 3.4 Les rentes économiques des secteurs agro-industriels protégés seront réduites. Un nombre relativement élevé d'entreprises agro-industrielles a développé ses activités dans des secteurs considérés comme "sensibles" par les pouvoirs publics, tels que l'industrie de la meunerie, la production 45Se référer également aux études de la Banque sur le développement du secteur privé au Maroc.
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Morocco - Agro-industrial development : constraints and opportunities (Vol. 1 of 2) : Rapport principal
Voir le document original
Le texte intégral est hébergé par l’organisation qui le publie. lawenc.com indexe les métadonnées et renvoie vers la source officielle.
Texte intégral
Informations clés
Organisation
Groupe de la Banque mondiale
Type de document
Pre-2003 Economic or Sector Report
Pays
Maroc
Source
Banque mondiale