H Rj COPY DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AF- 16a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e't' prépari 'a titre de document Interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affilids n'acceptent aucune responsabilit' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publii ou citd comme reprisentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT L'ECONOMIE DU NIGER 21 janvier 1964 Département des Opérations pour l'Afrique L'ECONOMIE DU NIGER STATISTIQUES DE BASE CARTE RESUME ET CONCLUSIONS Page I *. ETOT.................... ......................... ...... 1 **** II. APERCU POLITIQUE............................................... 2 III. L'ECONO4IE....... ............................................. 3 (a) Production.... ............................. 3 (iii) Industries et Mines............................... 8 (b) Infrastructure.................... .......... ...... 10 (i) Transports et Télécommunications................... 10 (iii) Santé et Education................................. 12 (c) Finances I i...................................... 13 (i) Le Budgot.......................................... 13 (ii) Investissements..........1...5. ............... 1 (iii) Monnaie et Crédit .................................. 17 (d) Commerce et Balance des Paiements......................... 19 IV. PERSPECTIVES ET CNCLUSIONS........... ........................ 21 SUPP LEMENT STATISTIQUE STATISTIQUES DE BASE 2 Superficie: 1.267.000 km . Population: environ 3.000.000 d'habitants. Produit intérieur brut (1961), (contre-valeur en dollars US): $US 200 millions Produit intérieur brut per capita (1961), (contre-valeur en dollars US, au tauZ de change courant): $US 70. Commerce extérieur 1960 1961 1962 (en millions de dollars U.S.) Exportations Total 12,4 15,2 17,6 France 8,8 12,0 12,2 IYigéria 2,h 2,h 3,6 Importations Total 12,8 16,8 27,2 France 6,0 8,8 l,sh Nigéria 3,2 2,h 2,0 Balance Total -0,4 -1,6 -9,6 France +2,8 +h,8 -32 -0,8 - +1,6 Finances publiques 1961 1963 1964 résultats budget budget (en millions de dollars U.S.) Dépenses Ordinaires 20,0 26,h 25,6 Investissements 0,8 2e0 2,8 Total 20,8 28,h 28,4 R,ecettes Intérieures 16,4 21,6 22,h Aide au budget prove- nant de l'extérieur 3,2 6,8 6,0 Total 19,6 28,4 28,4 Dette extérieure estimée au 31 décembre 1962 (contre-valeur en dollars US): $ULi 7,1 millions. RESUME ET CONCLUSIONS 1. Le Niger a obtenu son indépendance de la France en 1960, con- fiant les rênes du nouveau gouvernement au Président Diori Hamani, un modéré qui s'était distingué au sein du Parti du Rassemblement Démocratique Africain de 1. Houphouët-Boigny. Le Niger est membre du Conseil de l'En- tente. Son Président souhaiterait en particulier que la coopération entre Etats africains repose sur des bases à la fois plus solides et plus larges. 2. Du fait d'un milieu naturel caractérisé par sa rudesse et qui ne peut etre transformé que dans une faible mesure, du défaut de ressources ap- parentes susceptibles d'une mise en valeur rapide ou aisée, d'une popu- lation de quelque 3 millions d'habitants vivant sur un territoire dépas- sant d'un quart la superficie du Nigéria, de longues frontières que les marchandises franchissent sans grand contrôle, d'énormes distances inté- rieures et de l'éloignement du pays de la mer, la c8te étant distante en moyenne de plus de 1200 km, les possibilités de développement du Niger sont sérieuserment handicapées. 3. L'économie repose presque entièrement sur l'agriculture et l'élevage traditionnels, occupations auxquelles se livreraient 95% de la population. Il s'agit pour la plupart d'activités dites de subsis- tance, alors que la production de marché, surtout en ce qui concerne l'élevage, reste à un stade élémentaire. Les mines et l'industrie n'ont qu'une importance restreinte. La presque totalité des exportations se compose d'arachides, vendues en France aux termes d'accords préférentiels, et de btail, vendu sur pied au Nigéria. Les accords préférentiels actuels intéressant la vente des arachides sur le marché français sont en train d'tre remplacés par de nouvelles mesures de commercialisations en vertu de l'Accord d'Association avec la CEE, accord dont les modalités restent à déterminer. 4. Le Niger a toujours bénéficié de supports budgétaires directs - avant l'indépendance les subventions lui parvenaient directement de la Fé- dération de l'Afrique Occidentale et depuis lors de la France et du Fonds de Solidarité de l'Entente. Le financement des investissements dans le secteur public a été jusqu'a présent assuré par une aide assez importante fournie sous forme de dons par la France et, plus récemment, par la Com- munauté Economique Européene et par le gouvernement des Etats-Unis. Le personnel d'assistance technique étranger continue d'occuper un certain nombre de postes importants dans les domaines de l'Administration et de l'éeducation. 5. Etant donné le faible niveau de vie du Niger, les perspectives peu favorables de son développement et les moyens financiers restreints de l'Etat, l'aptitude à assumer des lettes contractées à des conditions clas- siques est très 1aible, voire presque inexistante, bien que la dette exté- rieure en cours et les paierents au titre du service de cette dette deneurent peu élevrs. L'ECGOiIE DU NIGER I. INTRODUCTION 1. Parmi les pays d'Afrique anciennement rattachés à la France, le Niger est l'un des plus pauvres et des moins développés. Du fait d'un mi- lieu naturel caractérisé par sa rudesse et qui ne peut être mitigé que dans une faible mesure, du défaut de ressources apparentes susceptibles d'une mise en valeur rapide ou aisée, d'une population de quelque 3 millions d'habitants vivant sur une territoire dépassant d'un quart la superficie du Nigéria, de longues frontières que les marchandises franchissent sans grand contr8le, d'énormes distances intérieures et de l'éloignement du pays de la mer, la côte étant distante en moyenne de quelque 1,200 km, les possibilités de dé- veloppement du Niger sont sérieusement handicapées. 2. La majeure partie de la population, composée de petits agricul- teurs et d'éleveurs nomades menant une existence très précaire, se suffit à elle-même. L'agriculture n'offre que peu de possibilités en raison de sols généralement pauvres et du manque d'eau. Quelques secteurs pourraient être dotés d'un système d'irrigation, mais grâce à des travaux co1teux. Il n'y a pas de ressources minérales connues, à l'exception de minerai d'étain (cas- sitérite), de cuivre et de minerai de fer à faible teneur; la prospection pétrolière n'a pas jusqu'à présent donné de résultats. L'industrie demeure principalement artisanale. L'élevage offre probablement le principal champ d'action A un développement à long terme, mais peu de perspectives de ré- compenses à brève échéance ou de gains importants. On trouve en général de l'eau de bonne qualité à des profondeurs raisonnables et le surpâturage ne constitue, semble-t-il, pas encore un problène. Un effort a été entre- pris pour enrayer la peste bovine. Toutefois, même si l'on parvient à for- muler une politique satisfaisante visant l'utilisation de l'eau et des pa- turages et si l'on peut s'assurer la coopération des éleveurs pour la mise en oeuvre d'une telle politique, les problèmes du transport et de la com- mercialisation resteront à résoudre. 3. L'administration du pays est rendue difficile du fait des grandes distances intérieures et des groupes ethniques ayant peu de traditions com- munes. L'économie est faible et les perspectives de son développement sont limitées au point oÙ même l'installation d'une infrastructure des plus mo- destesdans les secteurs sociaux et économiques, ce que les Français avaient entrepris naguère, et son entretien, ou la mise sur pied d'une administra- tion aux rouages très simples, risquent de surcharger les structures de l'économie. 4. Situé directement au nord du Nigéria entre les l2ème et 23ème parallèles nord, le Niger constitue un vaste plateau s'étendant sur une superficie d'environ 1.267.000 km2, dont les trois-quarts appartiennent - 2 - aux régions sahariennes et sub-désertiques et reçoivent peu ou point de pré- cipitations. L'altitude oscille entre 200 et 450 mètres à l'exception des massifs de l'Afr et du Djado situés près de la frontière Algéro-Libyenne dont les sommets atteignent de 1.000 à 2.000 mètres. La partie la plus fer- tile du Niger est constituée par une bande étroite de terrain, large d'envi- ron 100 à 200 km et s'étendant sur près del,.500km, de la vallée du fleuve Niger à l'ouest jusqu'à proximité du lac Tchad à l'est, limitée au sud par la frontière du Nigéria et vers le nord par llisohyète 350. On estime que 80% de l'ensemble de la population vit dans cette région qui représente un peu plus de 10% de la superficie totale du pays. Au-delà de cette isohyète et au sud du Sahara oÙ la pluviométrie dépasse encore 200 mm. le pays est parcouru par les pasteurs nomades qui, à la fin de la longue saison sèche allant d'octobre à mai, se dirigent vers le sud en quête d'eau et de pâtu- rages. 5. La population, dont on estime la croissance annuelle nette à 2,7% environ, est presque entièrement vouée aux activités agricoles ou pastorales. Moins de 100.000 personnes vivent à Niamey, la capitale, et dans les quelques autres villes. Elle se compose d'ethnies assez distinc- tes dont les Haoussas, vivant de part et d'autre de la frontière qui sépare le Niger du Nigéria et représentant près de la moitié de la population to- tale du Niger constituent le groupe le plus nombreux. En deuxième lieu viennent les Djerma-Songhai habitant la partie occidentale du pays et comp- tant pour 20% de la population. Les Peuhls et les Touaregs, qui poursuivent une vie nomade, forment les deux autres groupes les plus importants parmi le reste de la population. Les Touaregs se cantonnent au Sahara; la moitié environ d'entre-eux - dont le nombre est évalué à 200,000 - vivent probable- ment en territoire nigérien. Quant aux Peuhls, ils se déplacent avec leur bétail a travers la plus grande partie de l'Afrique occidentale sans trop se préoccuper des frontières politiques. Un certain nombre d'autres afri- cains, originaires pour la plupart du Dahomey et du Togo, sont occupés dans le commerce et les services. On compte environ 3.000 Européens, travaillant pour la plupart dans les secteurs administratifs et commerciaux. II. APERCU POLITIQUE 6. Le Niger, oÙ l'influence française ne s'est exercée que vers le début de ce siècle, a obtenu son indépendance de la France en août 1960. Les rênes du nouveau gouvernement ont été confiées au Président Diori Hamani, un modéré qui s'était distingué au sein du Parti du Rassemblement Démocràtique Afr:Lcain du Président Houphouët-Boigny. Le Niger est membre du Conseil de l'Entente constitué en 1959 sur l'initiative de la Côte-d'Ivoire. Il s'agit d'un groupement aux liens peu serrés qui réunit le Niger, le Dahomey, la Côte-d'Ivoire et la Haute-Volta et qui comporte des consultations périodiques entre les quatre chefs d'Etats, sur des questions touchant la coordination de la planification du développement, la politique à suivre en matière d'im- pots., la législation du travail, les transports et les communications. L'En- tente a pour caractéristique la plus importante, du point de vue pratique, un - 3 - Fonds de Solidarité auquel les quatre pays contribuent mais dont le Niger, le Dahomey et la Haute-Volta sont nettement bénéficiaires. 7. Le Niger est également membre de l'Union Douanière Ouest Afri- caine. Les relations avec la France sont régies par l'Accord de coopération signé entre les deux pays en janvier 1962 et portant sur les finances, l'as- sistance technique, la défense et les échanges, de mêre que sur la coopéra- tion économique et culturelle. 8. Le Niger est doté d'un régime présidentiel avec un système de parti unique. Le maintien de l'unité parmi les divers groupes ethniques et régionaux constitue la préoccupation majeure sur le plan intérieur. Les chefs politiques qui sont des Djermas ou d'origine Djerma-Peuhle mettent l'accent sur le développement économique de régions où les Haoussas et au- tres éléments ethniques prédominent, notamment en ce qui concerne toute la partie orientale du pays vers le Lac Tchad, région où les facteurs purement économiques ont tendance à être moins favorables, mais où les liens ethni- ques, économiques et commerciaux ont toujours été plus forts avec le Nigéria tout proche qu'avec la lointaine capitale de Niamey. III. L'ECOHO1IE (a) Production 9. L'économie du Niger repose presque entièrement sur l'agriculture et l'élevage traditionnels. On estime que 95% de la population se livrent à ces deux occupations principales, lesquelles représentent environ 70% de la production locale. Il s'agit pour la plupart d'activités dites de subsis- tance, alors que la production de marché, notamment en ce qui concerne l'éle- vage, reste à un stade peu développé. D'autres activités traditionnelles, plus ou moins en rapport avec la rie agricole et pastorale, représentent peut- être 10%l de la production intérieure, il s'agit notamment du décorticage des arachides et du riz, de l'égrenage du coton, de l'abattage et de la pré- paration des cuirs et peaux, et de la production de bois de chauffage. La construction de bâtiments traditionnels et la production artisanale de tex- tiles, cuirs et objets métalliques participent pour 5% à la production in- térieure, alors que le commerce, les transports et les autres services com- posent surtout le reste. 10. Les données de la comptabilité nationale disponibles pour 1959, 1960 et 1961 font ressortir pour cette dernière année une production intéri- eure brute s'établissant à 51,6 milliards de francs CFA, ce qui équivaut à près de $US 70 per capita au taux de change courant. Le taux annuel de crois- sance réelle s'est peut-être situé entre 3% et 4% au cours de cette période de 3 ans. Il s'agit là d'estimations approximatives. Le secteur de subsis- tance Etre pour environ 60% dans la production totale. Les données concer- nant les prix sont donc plutôt fragmentaires et souvent inexactes. Une grande incertitude prévaut également en ce qui concerne les données démo- graphiques, la production agricole, les superficies et rendements ou les estimations relatives à l'élevage. - 14 - 11. Le nombre des salariés, à l'exception des Européens, atteint peut-être 15.000, la majeure partie étant employe dans l'administration ou dans la construction et le commerce en qualité de manoeuvres ou d'employés. Le chômage urbain ne constitue pas encore un problème, la poussée démogra- phique et le nombre d'élèves quittant l'école primaire est encore faible et la migration vers les villes par conséquent restreinte. On doit accepter le sous-emploi généralisé dans l'agriculture comme un phénomène inévitable dans les circonstances actuelles, le cycle de la production imposant une inactivité presque complète dans ce domaine pendant la majeure partie de l'année. Seules quelques régions favorisées offrent la possibilité d'une seconde récolte et, d'autre part, les chances de trouver un emploi tem- poraire en dehors du secteur agricole sont limitées. Il s'ensuit que les jeunes Nigériens vont chercher du travail à l'étranger pendant la durée de la saison sèche ou pour des périodes prolongées. On estime leur nombre actuel entre 150.000 et 200.000, employés pour la plupart comme ouvriers agricoles ou manoeuvres non spécialisés dans les villes c8tières du Nigéria, du Ghana et de la Côte-d'Ivoire, Leurs salaires sont bas; la tentation de dépenser est grande et par conséquent l'épargne ou les transferts de fonds sont faibles. 12. Les investissements et l'épargne restent relativement faibles. Les investissements bruts pour 1961, tant dans le secteur monétaire que dans le secteur de subsistance, ont été estimés à 5,1 milliards de francs CFA, ce qui représente environ 10% du PIB total. Dans le secteur de subsistance, les investissements ont été pour une grande part consacrés au bétail et à l'habitat traditionnel, tandis que les investissements dans le secteur monétaire, principalement dans le domaine de la construction et des transports, se sont élevés à un peu plus de la moitié du total, soit a environ 13% du PIB dans le secteur monétaire. La majeure partie en est constituée par des investissements publics financés grace à l'aide accor- dée sous forme de dons par la France et la Communauté Economique Européenne. Les investissements se sont probablement accrus en 1962 et 1963 à la suite de la mise en oeuvre du plan de développement 1961-1963 par le Gouvernement et des dépenses effectuées par des sociétés étrangères au titre de la pros- pection pétrolière. 13. A l'origine, lorsque la France lança en 19h9 son programme d'investissement à grande échelle d'après-guerre à l'intention des terri- toires d'outre-mer, le Niger conservant son statut de région quelque peu délaissée, reçut une part relativement modeste de l'aide totale dispensée par la France à la Fédération de l'Afrique Occidentale. Le rythme de l'assistance de la France s'est accru au cours des dernières années, ten- dance qui s'est maintenue après l'indépendance. Bien que la plupart des investissements aient été destinés à l'infrastructure sociale et économique, notaiment dans le secteur des transports, un effort fut également entre- pris en vue d'améliorer la production dans l'agriculture et l'élevage. Un programme plus systématique de recherches hydrogéologiques et de forage de puits fut mis en train. Des travaux de vulgarisation plus poussés, l'in- troduction de techniques supérieures et l'utilisation de semences et de plants sélectionnés favorisèrent la production de denrées alimentaires. - 5 - La culture du riz et de la canne à sucre fut amorcée. Grace à un débouché garanti en France et à un prix stable payé au producteur, la production et les exportations d'arachides connurent une phase d'expansion. Le coton fut introduit comme nouvelle culture de rapport. Le facteur ayant joué un rôle sinon plus important, du moins d'une égale importance, dans l'accroissement de la production, est la pluviométrie au-dessus de la moyenne qui a été en- registrée dans la plus grande partie du pays au cours des 10 ou 15 dernières années, accroissant à la fois les ressources en eau de surface et les niveaux des nappes d'eau souterraines. (i) Agriculture 14. On estime que la production agricole représente environ 35 à 40% de la production nationale dans une année de pluviométrie moyenne. Une pluviométrie annuelle de 350 mm. est considérée comme un minimum pour la production de cultures en sec telles que le mil ou le sorgho. Mais la dis- tribution des pluies est tout aussi importante; des braves périodes de sé- cheresse qui peuvent survenir après les premières pluies de mai rendent souvent nécessaire que l'on effectue semis ou plantations à deux reprises. Les ressources en eau de surface comprennent le fleuve Niger qui coule en territoire nigérien pendant environ 450 km, la rivière Koumadougou et le lac Tchad à l'est et quelques dépressions (les goulbis), anciens lits de rivières qui, à la saison des pluies, ont de l'eau pendant plusieurs mois. La zone agricole utile du Niger est donc limitée à l'extrémité ouest du pays et à la mince bande de territoire s'étendant le long de la frontière du Nigéri jusqu'à proximité du lac Tchad, soit une superficie d'environ 13.000 km . Les régions les plus favorisées sont celles situées au sud de Niamey et les cercles de 1laradi, Tessaoua et Magaria, immédiatement au nord de la frontière du Nigéria où la pluviométrie atteint 600 mm, et plus, permettant ainsi la culture des arachides, du coton et du riz. 15. Les sols sont généralement de qualité médiocre surtout en ce qui concerne les sols dunaires des terres hautes. L'érosion due à l'effet du vent et de l'eau est assez rapide une fois que la végétation recouvrant le sol à l'origine a été enlevée. Les techniques de production sont pri- mitives et le système de jachères est largement pratiqué en vue d'éviter une chute trop rapide des rendements. L'accroissement de la culture de l'arachide au cours des dix dernières années a déplacé la culture du mil et du sorgho vers le nord. On trouve néanmoins encore des terres non uti- lisées et propres à l'agriculture. 16. La production annuelle de mil et de sorgho, qui constituent les aliments de base de la population, a atteint en moyenne près de 1 mil- lion de tonnes au cours des trois dernières années; ces cultures représen- tent plus de la moitié de la va]ew totale de la production agricole et uti- lisent probablement deux tiers environ de la terre cultivée. La production d'arachide, atteignant en moyenne 150.000 tonnes, entre par ailleurs pour 15% dans la production. Quant au reste il est surtout représenté par les haricots niébé, le manioc, les oignons, le riz, et une certaine quantité de coton, de canne à sucre et de tabac. - 6 - 17. Les statistiques concernant la production comportent un très fort élément d'incertitude; en effet, les chiffres des années antérieures ne sont rien de plus que des estimations approximatives et sont probable- ment sous-évalués. La production de mil et de sorgho s'est accrue à un taux annuel moyen d'environ 6% au cours des dix dernières années et celles des autres cultures vivrières a augmenté à un rythme un peu moins rapide, à l'exception toutefois du riz et des haricots niébé. Par conséquent, la consommation alimentaire locale s'est sensiblement améliorée et les expor- tations de denrées alimentaires aux pays voisins se sont accrues, surtout au cours des dernières années, Malheureusement, les pertes ont également augmenté en raison de soins culturaux laissant beaucoup à désirer et d'un manque de moyens de stockage satisfaisants. 18. La production de coton reste modeste, mais a fortement pro- gressé au cours de ces dernières années, passant d'une moyenne de 1500 tonnes de coton brut en 1958-196o A plus de 5000 tonnes en 1962. La to- talité de la production est maintenant exportée en France à un prix légé- rement supérieur au niveau des prix mondiaux. On projette l'installation d'une petite usine locale de filature et de tissage. 19. La production et l'exportation des arachides ont plus que dou- blé pendant les dix dernières années. les exportations, qui ont atteint 83.000 tonnes d'arachides décortiquées pendant la campagne 1962-63, repré- sentent h5% des exportations totales estimées. La production d'huile est destinée principalement à la consommation locale. A l'instar de tous les autres producteurs d'arachides de la Zone franc CFA, le Niger bénéficie d'accords préférentiels de commercialisation avec la France. Jusqu'en 1960, la France achetait sans restriction la totalité de l'arachide et de l'huile d'arachides produites dans la Zone franc CFA à un prix de soutien fixé annuellement; depuis lors, des contingents d'importation annuels ont été institués pour chaque pays producteur. Le contingent du Niger s'est jusqu'à présent avéré suffisant pour absorber l'ensemble de la production. En fixant, au début de chaque campagne, le prix d'achat au producteur, la caisse locale de stabilisation des prix tient compte du prix de soutien français et du cours fixé par l'Office de commercialisation du Nigéria du Nord auxproducteurs de cette région. La traite des arachides a fait l'ob- jet d'une réorganisation en 1962; le nombre d'intermédiaires achetant au producteur et stockant la récolte a été réduit et une société, dont le gouvernement détient la moitié du capital actions, a été constituée et exerce actuellement le monopole des exportations. 20. L'irrigation pourrait etre entreprise dans les goulbis ou anciens lits de rivieres où la qualité des sols est généralement bonne. Toutefois, il faut s'attendre à ce que le colt à l'hectare des investissements initiaux soit élévé, les régions envisagées étant peu étendues en général; en deu-. xièM lieu, même avec l'irrigation, l'eau ne peut être fournie au moment oÙ le besoin s'en fait le plus sentir, soit pendant la saison desplantatiore; il s'ensuit que l'accroissement des rendements risque dttre peu important; troisièmement, la vulgarisation s'avère actuellement insuffisante même pour préparer un petit nombre de fermiers à pratiquer l'agriculture irriguée. - 7 - 21. Les terres soumises à une irrigation partielle et produisant surtout du riz couvrent environ 5000 hectares. Les travaux préliminaires à l'irrigation de 3000 hectares supplémentaires dans le goulbi de Maradi produisant des produits maraichers et de la canne à sucre, sont assez avancés. On procède actuellement à l'étude des possibilités d'aménage- ment d'environ 12.000 hectares de terres basses le long du fleuve Niger en vue de l'irrigation en utilisant l'eau des crues et l'on envisage d'autre part l'irrigation progressive de quelque 14.000 hectares dans la vallée de la rivière Koumadougou grâce à la construction d'un petit barrage de retenue. (ii) Elevage 22. L'élevage, occupation à laquelle se livre environ 20% de la population totale, participe pour environ 25 à 30% à la production natio- nale, dans une large mesure sous forme de viande et de lait consommés in- térieurement, le reste étant représenté par des animaux exportés sur pied. Le cheptel est estimé actuellement à environ 3,5 millions de t9tes en ce qui concerne les bovins, 7 millions pour les ovins et caprins, et à moins de 1 million de camelins, d'asins et d'équins. Ces estimations reposent sur des recensements effectués aux points d'eau, sur les vaccinations des animaux et sur les renseignements fournis par les pasteurs. Les chiffres ré_els sont vraisemblablement plus élevés: on n'enregistre aucune perte d'envergure due à la sécheresse au cours des dernières années; la pluvio- métrie a été supérieure à la moyenne, et l'on dispose d'un nombre accru de puits pastoraux et de puits profonds; les maladies sont mieux combat- tues, à l'exception de certaines épizooties affectant les ovins. Le surpàturage ne constitue apparemment pas encore un problème, bien que l'agriculture accapare davantage de terres. Le troupeau de bovins de boucherie, le bétail le mieux connu et ayant i'inportance la plus grande du point de vue économique, s'accroit d'au moins 3% l'an malgré un taux de reproduction assez faible. 23. Autant que l'on puisse en juger, les améliorations apportées au milieu ont surtout donné lieu à un accroissement du cheptel, plut8t qu'à des animaux mieux nourris et mieux abreuvés. Bien qu'il soit vrai que le pasteur nomade soit principalement intéressé dans son troupeau parce qu'il lui fournit du lait et de la viande et aussi parce que la propriété lui confère un certain prestige, il convient de réviser en partie l'opinion selon laquelle il n'est absolument pas intéressé à pro- duire pour le marché. Certes il continue a mener une vie essentiellement sinple et à se suffire à lui-m^me, mais ses besoins en matière alimen- taire, vestimentaire et en articles manufacturés courants vont en s'ac- croissant. Il lui reste encore beaucoup à apprendre dans le domaine d'une meilleure production animale, ses techniques d'élevage sont un mélange de pratiques archalques et de règles appropriées; la sélection et l'élimination ne sont pratiquées que dans une certaine mesure. 24. Le nombre de bovins abattus ou exportés annuellement est es- timé entre 250.000 et 280.000, soit 7% de l'effectif total; pour les ovins - 8 - et caprins ce nombre s'élève peut-être à 2 millions, soit environ 30% du troupeau. La consommation intérieure de viande est en augmentation; elle représente une consommation approximative par habitant de 10 kilos par an, ce qui est relativement élevé pour un pays africain. Toutefois, les ex- portations soulèvent de nombreux problèmes de commercialisation et de trans- port. La commercialisation est l2imitée à l'exportation vers d'eutres pays africains au sud du Sahara, du fait de la peste bovine qui sévit dans le pays et qui n'a pas encore été enrayée. La plupart des pays africains sont eux-mêmes producteurs de bétail et sont vivement intéressés a déve- lopper leurs exportations. La presque totalité du bétail est exportée sur pied vers le Nigéria du Sud. Ce genre d'exportation est peu onéreux mais il entraîne du gaspillage; le déplacement du bétail sur de longues distances implique d'importantes pertes et par conséquent les prix payés par les commerçants au producteur sont bas. 25. Le Niger entend développer son élevage, en particulier les bo- vins de boucherie; il désire produire de meilleurs animaux et assurer un contrôle plus efficace des exportations grâce à un abattage sur place. L'expérience en matière de développement de l'élevage en Afrique selon des méthodes simples mais rationnelles, est limitée et les obstacles sont nom- breux, en ce qui concerne notamment l'implantation d'une exploitation mo- derne basée sur le ranching et doublée d'une installation d'abattage. Le programme le plus simple comporterait une utilisation rationnelle des pâ- turages et le forage de puits, mais les puits à haut rendement exigent un système de pompage et autres Installations qu'il s'agit d'entretenir. Les actions visant à l'élaboration et à la mise en oeuvre d'une politique ap- propriée en matière d'utilisation de l'eau et des pâturages ont à peine été entreprises. La coopération des pasteurs dans l'application de normes plus strictes fait presque totalement défaut. Le choix de l'emplacement des puits et des secteurs appelés au développement est souvent déterminé par des considérations de politique régionale plutôt que par des facteurs purement économiques. L'expérience propre du Niger en matière de ranching et d'abattage sur place, de même que l'expérience acquise ailleurs en Afrique, sont loin d'être concluantes. Le Gouvernement procède à l'installation d'un ranch destiné a accueillir 5000 têtes de bétail au nord-est de Niamey, ville dotée d'un abattoir et d'un entrep8t frigorifique vers lesquels le bétail sera conduit. La viande est exportée par avion principalement vers la C8te- d'Ivoire, mais jusqu'à présent cette exploitation s'est révélée à peine rentable. Deux autres ranches comprenant des abattoirs et un entrepft fri- gorifique sont en voie d'établissement; l'un deux sera implanté dans le centre du pays, en un lieu où les conditions des pâturages et d'eau parais- sent les plus favorables, et le second dans la partie est du territoire. (iii) Industries et Mines 26. Les ressources minérales connues du Niger se bornent à la cas- sitérite, au cuivre, au fer, au wolfram et à l'uranium. Seuls les gise- ments de cassitérite et de wolfram dans le massif de l'Air font l'objet d'une exploitation commerciale. La production annuelle la plus élevée de cassitérite a 'atteint environ 170 tonnes. Les gisements de fer situés - 9 - près de Say, au sud de -iailey, sont relativemîent faibles en quantité et en teneur, mais la prospection minière ne s'est poursuivie d'une façon très poussée que sur une partie du territoire; le massif de l'AIr est la région qui offre les meilleures perspectives de découverte de gisements métallifères. La prospection pétrolière par des sociétés étrangères dans le nord et l'extrémité nord-est du pays, vers la frontière de Libye, se poursuit depuis quelque temps sans toutefois donner de résultats con- cluants. En cas de mise a jour d'hydrocarbures ou d'autres gisements mi- niers, ceux-ci devront être en quantités suffisantes pour justifier les gros investissements que nécessitera leur transport. 27. L'industrie se limite principalement à l'artisanat, à la pro- duction de matériaux de construction, de cuir traditionnel, de textiles et d'articles en métal, ainsi que d'outils courants utilisés en milieu agricole. Les principaux obstacles freinant le développement industriel sont: l'étroitesse du marché intérieur, l'absence de matières premières et le coût élevé du transport des matières et du matériel importés. Les entreprises dont le fonctionnement relève des méthodes commerciales mo- dernes et qui appartiennent à des étrangers ne dépassent pas la trentaine; ellesprocurent un emploi permanent à environ 2000 personnes et participent pour moins de 2% à la production intérieure. La plupart d'entre elles sont de petites entreprises de travaux publics, des ateliers de répara- tion mécanique ou des sociétés se livrant à la transformation des matières premières agricoles. 28. Parmi les projets industriels auxquels le Gouvernement donne son appui, les plans en vue de la construction d'une cimenterie ayant une capacité initiale de 30.000 tonnes et utilisant la pierre à chaux locale sont les plus avancés. En raison du coût élevé des transports, la protection est particulièrement forte en ce qui concerne le ciment, et les études portant sur les possibilités de réalisation semblent indiquer que l'usine projetée pourrait concurrencer les produits importés vendus dans le pays de 60 à 65 dollars la tonne métrique, le transport entre le port maritime et la frontière représentant environ h0% du prix. Toutefois, à l'heure actuelle, la demande intérieure pour le ciment n'est que de l'ordre de 15.000 à 18.000 tonnes par an et son accroissement sera vraisemblablement lent, à moins que de vastes projets de travaux publics ne soient prochaine- ment entrepris. Par ailleurs, le Nigéria du Nord poursuit, pour sa part, son propre projet d'établissement d'une cimenterie non loin de la frontière, à la suite de l'échec des négociations portant sur la création d'une usine commune. L'usine du Nigéria du Nord aura une capacité initiale de 100.000 tonnes et sera par conséquent en mesure de produire à meilleur compte. Les aléas sont nombreux mais le Gouvernement du Niger s'estime tenu de procéder à l'exécution du projet. On étudie également la possibilité d'installer une petite usine de textiles consacrée à la filature et au tissage du coton domestique, et d'établir des abattoirs et peut-être une conserverie, une tannerie moderne, une fabrique de meubles, une usine de rechapage de pneus et la modernisation et l'expansion de l'huilerie installée près de Maradi. On prévoit que la Banque de Développement de la République du Niger (BDRN) souscrira la moitié du capital-actions de ces entreprises industrielles et contribuera à leur financement sous forme de prêts. - 10 - 29. Le Gouvernement du Niger est pleinement conscient des difficul- tés que comporte la promotion d'un certain développement industriel sur son territoire. Ayant peu d'avantages à offrir en échange de concessions, le Niger est, cela va de soi, désappointé par le manque de coopération existant entre pays africains vis-i-vis de propositions tangibles intéressant des projets. Du fait de l'étroitesse des marchés intérieurs de tous les pays de la région, à l'exception du Nigéria, le Gouvernement du Niger souhai- terait que les plans nationaux de développement industriel fassent l'objet d'une meilleure coordination afin d'éviter la création de capacités excé- dentaires qui mèneront inévitablement à une protection accrue. Sur sa proposition, une conférence des directeurs de la planification d'un cer- tain nombre de pays de l'Afrique de l'Ouest a été organisée au début de 1963 à Niamey, afin de tacher de coordonner dans une certaine mesure les diverses politiques de développement industriel, mais les échos et les résulbats suscités par cette initiative n'ont guère 3té encoura-eants. (b) Infrastructure (i) Transports et télécommunications 30. Le réseau de transport intérieur comprend environ 7000 km de routes dont quelques 1700 km praticables en toutes saisons et 130 km de routes goudronnées. Le restant est constitué par des pistes dont l'entre- tien est assuré, en partie, par les autorités régionales. Le fleuve 3iger qui coule dans le pays sur une distance d'environ h50 1m est na.vigable pendant quelques mois pour les petites embarcations, Niamey possède un aéroport de classe internationale; le pays compte en outre quatre aéro- ports moins importants ainsi qu'un certain nombre de pistes d'atterrissage. 31. Le transport intérieur est compliqué du fait de longues dis- tances et d'un trafic restreint - le parc automobile comprend environ 3500 véhicules dont 800 camions; le trafic ne dépasse 50 véhicules par jour que sur quelques artères principales - et du fait de la concentration de la population et des activités économiques sur une bande étroite de territoire s'étendant sur environ 1600 km d'est en ouest, alors que les échanges se font surtout en direction Nord-Sud. L'entretien d'un vaste réseau rou- tier et le manque de matériaux de construction et d'entretien constituent des problèmes particuliers. 32. Eloigné de la mer, le Niger dépend du réseau de transport d'autres pays pour l'acheminement de l'ensemble de son commerce d'impor- tation-exportation; les coits moyens du transport (port de mer-frontière) sont estirms à environ 25 a 30 dollars la tonne métrique, ce qui représente pour la majorité des produits importés ou exportés environ 20 à 25% de leur valeur. L'itinéraire le plus direct reliant l'ensemble du Niger central et du Niger-Est à la mer emprunte les réseaux routier et ferroviaire du Nigéria jusqu'au port de Lagos et pour la partie Ouest passe via le Dahomey, en partie par voie ferrée, pour aboutir au port de Cotonou. Les deux ports sont A une distance moyenne d'environ 1200 km. En direction de l'ouest, le trafic du Niger pourrait emprunter le chemin de fer reliant Ouagadougou, capitale de la Haute-Volta, au port d'Abidjan en Côte-d'Ivoire et vers le Nord deux pistes transsahariennes servent de voie de communication avec l'Afrique du Nord distante de plus de 2500 km. - 11 - 33. Les exportations d'arachides en provenance du Niger central et du Niger-Est augmentant rapidement et la capacité d'évacuation des "Nigerian Railways" s'étant révélée insuffisante, un système de transport subventionné connu sous le nom d'Opération Hirondelle fut mis sur pied il y a une dizaine d'années en vue de permettre l'évacuation de la majeure partie des exporta- tions et importations de la région par la voie beaucoup plus longue du Dahomey. La différence des coûlts, allant jusqu'à h0% a été réduite dans une certaine mesure, en faisant coïncider l'entrée des importations avec l'évacuation des exportations; cette différence comblée jusqu'en 1959 par le budget de la F-dération de l'Afrique Occidentale, est désormais à la charge des budgets du Niger et du Dahomey depuis la création de l'Organi- sation Commune Dahomey-Niger (O.C.D.11.). L'O.C.D.N. est un organisme com- mun aux deux gouvernements, chargé du fonctionnement du port de Cotonou, de l'exploitation des chemins de fer du Dahomey, et de l'Opération Hiron- delle; les deux gouvernements supportent à part égale le financement des déficits d'exploitation. En 1960, les deux gouvernements ont demandé à la C. E. E. de financer un programme portant sur la modernisation des che- mins de fer du Dahomey, le prolongement de la voie ferrée jusqu'à Dosso au Higer et le bitumage de la route allant de Dosso a Zinder; le cou^t total de ces projets étiait estimé à plus de $60 millions. 3h. La C.E.E. ayant accepté de financer l'amélioration et le bitu- mage de tronçons de la route Dosso-Zinder longue de 800 km, a accordé au Hiiger $11,5 millions en 1962; elle n'a par ailleurs pris encore aucune dé- cision en ce qui concerne le financement de la modernisation ou du prolon- gement des chemins de fer du Dahomey. La justification économique de la réalisation de l'ensemble du projet tel qu'il a été présenté à l'origine semble discutable, même si l'Opération Hirondelle continue à fonctionner. Le Niger a déjà pris le parti de ne pas insister sur ce point et d'améli- orer par contre les routes secondaires reliant ses régions agricoles de l'est au Nigéria. En fait, l'évacuation via le Nigéria est moins cou- teuse, le transport par les "Nigerian Railways" s'est amélioré et la né- cessité pour la Zone Franc d'économiser sur les frais de transports payables en devises étrangères a perdu de son acuité. 35. L'administration de ce vaste pays rend impérieux le besoin d'avoir un bon réseau de télécommunications. Niamiey est reliée à Zinder par télégraphe, mais les communications avec les autres régions se font principalement par radio. Le financement est déjà assuré en ce qui con- cerne le renforcement du télégraphe iiamey-Zinder et son raccordement au réseau du Nigéria du Nord; il en est de même à l'égard de la modernisa- tion des stations de radio de Niamey et Zinder et des communications té- légraphiques internationales et de l'introduction du service de téléphone automatique à Niamey, Zinder et Maradi. (ii) Energie 36. Le secteur de l'énergie électrique est encore très modeste. Il comprend trois centrales diesel à Niamey, Maradi et Zinder, avec une puissance installée totalisant 4200 kiT. Le combustible doit être impor- té et le prix de l'électricité est par conséquent élevé, soit 11 cents U.S. - 12 - le kilowattheure. Des plans ont été établis en vue de la construction d'une usine hydro-électrique sur le fleuve Niger, mais toute extension future con- tinuera vraisemblablement pendant assez longtemps à reposer sur l'utilisa- tion de petits groupes diesel. 37. En 1962, la production s'élevait à 12,7 millions de kWh, soit une augmentation d'environ 401 par rapport à l'année précédente. La de- mande qui provient principalement des ménages et des services administra- tifs continuera selon les prévisions A s'accroitre rapidement. La puis- sance installée sera doublée d'ici 1965/66; de nouveaux groupes diesel de 1000 k remplaceront les groupes de 500 kW en service à la centrale de iianey, lesquels seront utilisés ailleurs. Le coàt du programme d'exten- sion est modique et le financement semble assuré. (iii) Santé et Education 38. Un important effort de développement des services de santé avait été entrepris antérieurement. A l'heure actuelle, l'infrastructure sanitaire comprend deux hôpitaux, l'un A Fianey et l'autre à Zinder et une centaine de dispensaires. Le personnel sanitaire se compose presque entièrement d'autochtones à l'exception des médecins qui sont Français. Bien que les maladies les plus redoutables aient été enrayées, la méde- cine demeure surtout préventive. 39. Bien que très rapide dernièrement, le développement de l'é- ducation reste encore faible. Le nombre d'enfants fréquentant les écoles primaires a augmenté de plus de 301a tant en 1961 qu'en 1962 pour atteindre 43.000 élèves en 1963, ce qui ne représente encore qu'un taux de scolari- sation de moins de 7îD. Le nombre délèves redoublant leur classe, ou abandonnant leurs études est élevé. L'effectif des étudiants des éta- blissements secondaires, y compris les écoles de l'enseignement technique, s'élève à près de 2h00, dont une cinquantaine obtiendront leurs dipl8mes de bacheliers en 1963. On estime à 120 environ le nombre de Nigériens inscrits dans les universités étrangères. Les 600 instituteurs de l'en- seignement primaire sont presque tous Nigériens, mais la plupart d'entre eux rie possadent pas les qualifications nécessaires. Les professeurs de l'enseignement secondaire dont le nombre s'élève a 100 sont presque tous Français. 40. Comme partout ailleurs en Afrique, le besoin le plus pressant réside dans la formation de gens ayant les aptitudes nécessaires pour oc- cuper des postes aux échelons inférieurs et intermédiaires, tant dans l'ad- mistration que dans les divers secteurs de l'économie. Le problème se pose avec la nême acuité à l'égard de la formation d'instituteurs de l'enseigne- ment primaire dûment qualifiés. C'est ainsi, par exemple qu'il n'y a qu'un seul vulgarisateur agricole, souvent dépourvu de la meilleure formation technique, pour environ 30.000 agriculteurs; la situation n'est guère meil- leur e en ce qui concerne les assistants vétérinaires. Un effort se pour- suit en vue d'accroître les inscriptions dans les écoles d'agriculture, vétérinaires et autres établissements d'enseignement professionnel dont - 13 - les effectifs s'élèvent à l'heure actuelle à environ h00 élèves; cet effort porte également sur l'amélioration des programmes d'enseignement. 4i. Presque tous les postes supérieurs, y compris les postes de professeurs de l'enseignement secondaire sont occupés actuellement par des Français. Le personnel d'assistance technique français au sein de l'Ad- ministration, s'élève à 350 et on s'attend à ce que ce total soit maintenu au cours des prochaines années. Les jeunes Nigériens ayant terminé leurs études universitaires 'à l'étranger retournent au pays, mais en nombre res- treint. En fait, il n'y a pas suffisamment de bacheliers qui puissent, à l'heure actuelle, prétendre aux bourses d'études qui ont été offertes au Niger. (c) Finances intérieures (i) Le budget h2. Les dépenses courantes de l'Administration centrale pour l'exer- cice 1964 sont estimées à 5,9 milliards de francs CFA, soit une agumentation d'environ 35% par rapport à 1959 ou approximativement 7% par an. Toutefois, alors que pendant cette année-là de nombreuses dépenses étaient encore fi- nancées directement par la Fédération de l'Afrique Occidentale ou par la France, le budget de l'Administration centrale reflète maintenant d'une ma- nière plus précise le fonctionnement de ses services. Les dépenses et les recettes des collectivités, des cercles et des municipalités sont estimées a environ 360 mil]ions de francs CFA; ces collectivités perçoivent leur propre impôts et sont censées financer la plupart de leurs dépenses admi- nistratives, de me^me que les frais d'entretien de certaines routes secon- daires et autres installations d'infrastructure. La France contribue tou- jours au paiement des traitements du personnel d'assistance technique fran- çais; elle participe au coût de certaines dépenses concernant la défense, les transports aériens internationaux et la météorologie. On estime ces contributions extra budgétaires à environ 700 à 800 millions de francs CFA par an. 43. Dans les prévisions budgétaires de 1964, les dépenses du Gou- vernement représentent environ 471 des dépenses courantes totales, la défense 81, l'éducation 12%, la santé 10%, l'agriculture etl'élevage 7% et le service de la dette 5%; les dépenses d'entretien, les subventions et contributions à des titres divers absorbent la plus grande part des 11% restants. Les dé- penses concernant l'Administration, la défense, l'éducation et le service de la dette ont enregistré les plus forte augmentations au cours de ces dernières années. La part revenant à l'agriculture et aux services d'éle- vage, les deux secteurs économiques les plus importants, parait faible. U4. Le budget de l'Administration centrale a contribué chaque an- née au financement des investissements. Cet effort a notamment porté sur le programme d'investissement du secteur public, lequel est en grande par- tie financé au moyen de l'aide extérieure sous forme de dons et d'un modeste fonds routier alimenté par les taxes sur l'essence. Si la contribution du - 1 - budget aux investissements a été relativement forte, elle n'a, par contre, en aucune année dépassé les subventions extérieures au titre du soutien budgétaire; c'est ce que fait ressortir le tableau figurant à la page 16. 45. Le Niger a toujours bénéficié de supports budgétaires. Avant son accession à l'indépendance en 1960, les subventions lui parvenaient de la Fédération de l'Afrique Occidentale, et depuis lors, de la France et du Fonds de Solidarité de l'Entente. On prévoit que ces paiements, qui s'éle- vaient à 1,4 milliard en 1959, atteindront 1070 millions de francs CFA en 196h. Ce montant se décompose comme suit: 600 millions de francs CFA versés par la France et pour la première fois affectés directement à un budget d'investissements séparé, 3h0 millions de francs CFA fournis sur une base nette par le Fonds de Solidarité de l'Entente et 130 millions de francs CFA provenant de la liquidation de l'actif et l'ancienne Fédération de l'Afrique Occidentale. Toutefois, alors qu'en 1959 les subventions ex- térieures avaient permis de financer 0,7 milliard de francs CFA, ou 16% des dépenses ordinaires totales, elles n'y contribueront que pour 0,h milliard de francs CFA, ou environ 7% en 196h, le restant, soit 5,5 milliards de francs CFA étant financé au moyen du revenu intérieur. Les recettes pro- venant des impôts directs s'élèveront probablement à près de 2 milliards de francs CFA et les impôts indirects perçus principalement sur les im- portations et les exportations rapporteront 3,h milliards de francs CFA. 46. Un effort a été entrepris en vue d'accroître les recettes d'origine intérieure. Celles-ci représentent à l'heure actuelle environ 105of du P.I.B. total, et environ 251 du P.I.B. du secteur monétaire, ce qui est un effort assez significatif par rapport à de nombreux autres pays dont l'économie est basée en grande partie sur l'agriculture de sub- sistance. Les traitements des fonctionnaires de l'Etat constituent la source principale d'imposition directe, tandis que le revenu provenant des activités agricoles et de l'élevage n'est pratiquement imposable qu'au stade des exportations et des importations, dont le contrôle s'a- vere presque impossible. Du fait des possibilités restreintes d'élargis- sement de l'assiette de l'impôt, les efforts tendant à accroître les re- cettes fiscales ont surtout consisté à augmenter les taux. h7. Les mesures visant à contenir l'accroissement des dépenses n'ont jusqutà présent pas porté leurs fruits. En fait, au lieu de pro- duire un effet sur les services administratifs, elles se sont souvent traduites par l'amputation des fonds alloués aux réparations et à l'en- tretien. Les dépenses au titre des salaires et traitements ont augmenté d'environ un tiers au cours des deux dernières années. Il est en effet difficile de résister aux demandes de reclassement du personnel et au re- crutement de nouveaux employés tout en gardant ceux qui ne donnent pas entière satisfaction. D'autre part, les services administratifs régionaux, la sécurité intérieure, et la défense ont besoin d'être renforcés; les dé- penses dans le domaine de la santé et de léducation ainsi que celles ayant trait à la production, notamment en vue de l'amélioration des services de l'agriculture et d'élevage, iront inévitablement en s'accroissant. - 15 - 48. En établissant le budget 1964, le Gouvernement a entrepris un effort délibéré en vue de parvenir à une indépendance financière et de ré- duire le recours aux soutiens budgétaires extérieurs. Lorsque, au cours de l'exerci e 1963, il devint patent qu'un sérieux déficit de trésorerie ne pourrait être évité, on procéda d'une part r un releverment du taux. des imp8ts sur les salaires, sur la plupart des importations et sur les opérations commerciales et, d'autre part,à une modification de la base d'imposi- tion. Il a été décrété qu'à conpter du début de l'année budgétaire 1964, tous les nouveaux recrutements au sein de l'administration, à l'exception des remplacements normaux, toutes les augmentations de salaires et reclas- sement du personnel resteront bloqués pour une durée de deux ans. Ces me- sures se sont avérées efficaces, les comptes 1963 ont pu ^tre équilibrés et les prévisions de dépenses ordinaires pour 1964 ont été maintenues au- dessous de leur niveau de 1963. Par ailleurs, comme nous l'avons déjà in- diqué, la présentation du budget a été modifiée et les subventions fran- çaises ont été directement affectées à un budget d'investissements séparée Budget de l'Etat 1959-L9626 1959 1960 1961 1962- 19632 1964 Résultats Budget (milliards de francs CFA) Dépenses Courantes h,h 5,l 5,0 h,1 6,1 5,9 Contributions aux investissements 0,7 0,2 - 0,5 0,7 Total 5,2 5,7 5,2 4,5 6,6 6,6 Recettes Intérieures 3,7 h,2 h,l h,3 5,h 5,5 Extérieures 1,h 1,h 0,8 0,2 1,2 1,i Fonds de réserve 0,l _,1 _O.L - - - Total 5,l 5,7 5,2 4,5 6,6 6,6 1/ Les contributions provenant du Fonds de Solidarité de l'Entente sont in- diquées sur une base nette et par conséquent les dépenses courantes totales Et les recettes extérieures totales sont réduites. 2/ 9 mois. 3/ Préliminaire. (ii) Investissements 49. Les investissenents, que ce soit au titre de l'infrastructure ou des moyens de production, sont effectués presque entièrement dans le secteur public ou semi-public. Au cours de ces dernières années, les dépenses engagées - 16 - par les sociétés étrangères pour la prospection pétrolière ont été impor- tantes, mais les entreprises déjà établies dans l'industrie et le commerce ont eu tendance à réduire leurs stocks et n'ont effectué que peu de nou- veaux investissements. Un plan intérimaire de développement s'étendant sur la période 1961-1963 a été adopté peu après l'indépendance. Ce plan ne prétendait pas 'tre un document définissant d'une façon précise les priorités d'investissements ou les objectifs de développement à long terme. Les données statistiques et économiques de base étaient en ef- fet insuffisantes; d'autre part, les projects et les programmes amorcés antérieurement devaient être achevés en même temps que l'indépendance politique exigeait un effort immédiat dans les domaines de la construc- tion administrative, de l'amélioration de l'habitat et de l'urbanisme. L'ensemble des investissements prévus pendant la période triennale ont été estimés à 22,6 milliards de francs CFA, dont 15,8 milliards de francs CFA dans le secteur public, le reste étant consacré principalement à la prospection pétrolière, à l'habitat et à d'autres travaux de construction par les entreprises privées et les sociétés d'économie mixte. L'infra- structure entre pour environ 62% des investissements totaux à la charge directe du Gouvernement, les principaux bénéficiaires en étant la con- struction routière, la construction scolaire et l'urbanisme; la produc- tion y participe pour 30%, la plupart des fonds intéressant l'élevage et l'agriculture; et les études pour 8%. 50. Le financement des investissements publics n'a pas présenté de problème du fait de l'importance de l'aide sous forme de dons fournie par la France et, dernièrEznt par la Communauté Economique Européenne et par le Gouvernement des Etats-Unis. Les nouveaux engagements ont at- teint en moyenne environ 2,7 milliards de francs CFA par an en 1959-1962, par rapport à moins de 0,6 milliard de francs CFA par an au cours des dix années préc5dentes, financement qui était assuré par les programmes de dé- veloppement français d'après-guerre en faveur des territoires d'outre-mer. Les services techniques et administratifs sont surchargés par l'exécution des projets déjà en cours et l'entretien des installations existantes. Des amputations et des révisions des programmes d'investissements publics sont à prévoir et des retards dans l'exécution des projets paraissent inévitables. Le tableau ci-dessous fait ressortir les engagements et les paiements ef- fectués au cours de ces dernières années au titre de l'aide extérieure. - 17 - Aide extérieure 1959-1963 1959 1960 1961 1962 1 (milliards de francs CFAT Engagements France 1,0 1,6 0,7 1,8 16 C.E.E. 1,8 - 1,h 2, U.S.A. - - _0, - Total 2,8 1,6 2,3 5,l 1,6 Paie.ments2/ Total 0,6 0,5 1,6 1,7 n.d.* 1/ Fin avril. / Les programmes d'aide de la C.E.E. et des Etats-Unis sont relativement récents, ce qui explique en partie le décalage entre les engagements et les paiements; la subvention de la C.E.E. au titre de 1962 est presque entièrement destinée à l'amélioration de la route Niamey-Dosso-Zinder dont les travaux ne débuteront qu'en 196h. * Donnée non disponible. (iii) Monnaie et crédit 51. Le système monétaire et bancaire est simple et continue à être étroitement associé à celui de la France. Le Niger est membre de la Zone Franc et, aux termes de l'Accord de 1962 créant l'Union Monétaire Ouest Africaine, il partage avec cinq autres pays: le Dahomey, la CAte-d'Ivoire, la Mauritanie, le Sénégal et la Haute-Volta, une même monnaie: le franc CFA, et participe à un institut d'émission commun, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest. Tandis que l'Accord de 1962 laissait in- changées les modalités monétaires, notamment le droit d'émettre des bil- lets et la convertibilité du franc CFA en franc français au taux de change actuel, il donnait a chaque Etat membre une représentation plus forte et une influence plus étendue en matière d'adaptation d'une politique du cré- dit en fonction de leurs propres besoins économiques. Les comités moné- taires nationaux examinent périodiquement les plafonds de réescompte des banques locales avec la Banque Centrale. Bien qu'elle continue à être représentée au Conseil de la Banque Centrale, la France n'y figure plus a titre d'actionnaire et son principal lien et mécanisme de contrôle en- vers la Banque est maintenant constitué par le "Compte d'Opérations" que cette dernière détient auprès du Trésor français et par l'intermédiaire duquel toutes les opérations en devises, y compris celles en francs fran- çais, sont réglées. Au cas oÙ le compte d'opérations accuserait des défi- cits prolongés, la France peut demander a la Banque de relever d'une part les taux de réescompte, et d'en abaisser d'autre part les plafonds. - 18 - 52. Comme partout ailleurs en Afrique Occidentale, les Banques fran- çaises sont remplacées par des institutions nationales de crédit. Auparavant, deux banques françaises ayant des succursales au Niger s'occupaient de toutes les transactions bancaires alors que la Caisse Centrale de Coopération Econo- mique consentait des prêts à moyen et long terme. Une seule banque commerci- ale française y poursuit ces activités à liheure actuelle. La Caisse Centrale renon progressivement à ses opérations bancaires en créant des établissements publics de crédit spécialisés dont elle est, conjointement avec le Gouverne- ment, le principal actionnaire. Parmi ces institutions, citons le Crédit du Niger, qui consent des prêts personnels ainsi que des prêts d'équipement d'un montant modeste, la Bnque de Développement de la République du Niger (B.D.R.N.1 établie en 1961 dans le but principal d'intervenir dans le domaine du fi- nancement du développement, et un troisième établissement se spécialisant dans le financement de la construction immobilière et des travaux publics. Le système de crédit agricole, encore peu développé, est en voie de réor- ganisation, le gouvernement en assumant le contrôle intégral. 53. La B.D.R.N. a été créée en tant que banque de dépôt dont les opérations commerciales ainsi que le financement du développement s'exer- cent dans la mesure où des ressources en capitaux à moyen et long terme sont mises à sa disposition. A la fin de 1962, les prêts a court terme ef- fectués par cet établissement représentaient h0 de tous les prêts à court terme existants et ses dépôts comptaient pour plus de la moitié de la tota- lité des dépôts bancaires; en outre, les dépôts en comptes courants postaux sont à la disposition de la Banque pour les opérations de prêts a court terme. Toutefois, la Banque n'a pas encore effectué de prêt aux fins de développe- ment. Le Gouvernement s'attend à ce que ce nouvel établissement joue un rôle important en matière de pruotion du développement, notamment dans le secteur industriel; il a cautionné l'émission par la Banque d'un emprunt s'élevant & 2 milliards de francs CFA, dont la première tranche constituée par 370 millions de francs CFA d'obligations à 4% et à 15 ans d'échéance, a déjà été souscrite par le public. La Banque a sollicité un prêt de 500.000 dollars de l'AID et son capital actions est passé de 150 millions de francs CFA à l'origine, à 600 millions de francs CFA. 5h. Le secteur monétaire est relativement faible mais en expansion, principalement à la suite d'opérations entreprises par l'Etat et de l'entrée de capitaux au titre de l'aide extérieure. Les opérations monétaires repré- sentent environ ho de la totalité des transactions. L'ensemble des dispo- nibilités monétaires (monnaie et dépôts) a été recensé pour la première fois par la Banque Centrale à la fin d'octobre 1962, au moment oÙ il atteignait 5,7 milliards de francs CFA, soit environ 11o du P.I.B. (avant cette date, les données relatives à la circulation fiduciaire ne concernaient que l'Union Monétaire Ouest Africaine dans son ensemble). Les dépôts en banque et en comptes courants postaux, presque tous à court terme, se sont accrus régu- lièrement au cours de ces dernières années pour atteindre 1,9 milliard de francs CFA à la fin de 1962, soit près du double du montant enregistré à la fin de 1959. Les crédits bancaires sont surtout destinés au financement des importations et des exportations; ils obéissent au cycle saisonnier de la campagne agricole, atteignant habituellement leur maximum en décembre- janvier, époque de la commercialisation des arachides. Ces crédits ont doublé depuis 1959 pour atteindre h milliards de francs CFA à la fin de 1962. - 19 - 55. Le niveau des prix est déterminé principalement par les varia- tions des récoltes locales et par les prix des produits importés. Les ren- seignements disponibles font ressortir des hausses récentes minimes. Les prix des produits importés sont relativement chers en raison du coût élevé des transports, de l'aggravation de la fiscalité indirecte et des marges bénéficiaires et, pour les mêmes raisons, les prix payés aux producteurs pour leurs exportations sont base, C'est ainsi par exemple que la quantité de produits importés que l'on peut se procurer en échange d'un kilo d'ara- chides est inférieure de moitié à la quantité que l'on peut obtenir au Sénégal. 56. Le commerce d'exportation et d'importation est en majeure par- tie entre les mains de quelques grandes entreprises commerciales françaises dont les coMptoirs sont disséminés dans toute l'a.frique Occidentale. Le GouvernementG estime leurs marges bénéficiaires excessives. Comme il l'a déjà été mentionné, le Gouverne.ment a reorganisé la traite des arachides en accordnt le monopole des exportations à une société d'éconcmie mixte. Une autre société, dans laquelle le Gouvernement détient également la moitié du capital actions, a été constituée en 1962 en vue de concurrencer les sociétés commerciales existantes et de les amener ainsi à baisser leurs prix. (d) Commerce et balance des paiements 57. Le bétail et les arachides constituent les deux principales exportations du liiger. leur valeur est sans doute à peu près égale et elles représentent ensemble près de 90% du chiffre estimé des exportations totales, le restant se composant de produits alimentaires et d'une cer- taine quantité de cassitérite. Le pays dépend de l'étranger pour ce qui est de l'approvisionnement en produits industriels, carburants et textiles et pour la majeure partie des matériaux de construction. Les produits aJi- mentaires continuent à représenter environ un quart des importations to- tales estimées; ils se composent de produits consommés par les Européens, de sucre et de noix de cola qui sont hautement appréciées pour leur vertu otimulante. 58. Les exportations d'arachides ont atteint environ 63.000 tonnes d'arachides décortiquées pendant la campagne 1962-1963 par rapport à 67.000 tonnes et 57.000 tonnes respectivement pour les deux campagnes précédentes. Le Niger est un producteur d'arachides relativement modeste, n'exportant environ que le sixième des quantités exportées par le Sénégal, par exemple. La commercialisation n'a pas présenté de problème , du fait que la récolte toute entière a pu être chaque année vendue à la France en vertu des con- ventions bilatérales existantes fixant les contingents d'importation - 9h.000 tonnes depuis 1960-1961 - et garantissant un prix qui, au cours des trois dernières années, s'est situé entre 5% et 15% au-dessus des cours mondiaux. Le Gouvernement projette de moderniser l'huilerie située près de Haradi et de porter sa capacité de 9.000 à 30.000 tonnes d'arachides décortiquées, la majeure partie de l'huile produite étant destinée à l'ex- portation. Bien que le cout du transport risque d'être moins avantageux, - 20 - la capacité accrue abaissera le coût de l'oxtraction ainsi que le prix de l'huile d'arachides sur le plan local. 59. L'association à la Communauté Economique Européenne affectera les accords préférentiels avec la France concernant la commercialisation des arachides. En attendant un accord sur une politique agricole commune à l'égard des produits oléagineux, les prix sur le marché français doivent être progressivement ramenés au niveau des cours mondiaux et le Niger se verra accorder par la C.E.E. des subventions décroissantes au titre du soutien des prix. Aucune modification des tarifs n'interviendra, le ta- rif actuel français et le tarif extérieur commun de la C.E.E. ne prévoyant aucun drDit pour les arachides. 60. Le Niger ne projette pas d'accroître sa production au-delà d'un niveau annuel d'exportation d'environ 150.000 tonnes. Le gouverne- ment espère que les mesuredéjà prises en vue de réduire le coût des stoc- kages et de la commercialisation intérieure d'une part, et les efforts dé- ployés afin d'accroître la productivité à la ferme et améliorer le trans- port via le Iig3ria d'autre part, permettront de maintenir le prix payé aux producteurs à un niveau satisfaisant. 61. Les exportations de bétail et de produits d'origine animale se composent presque exclusivement de bovins de boucherie, d'ovins et, dans une proportion moindre, de caprins vendus sur pied. Les peaux de chèvres utilisées dans la fabrication des gants trouvent un excellent débouché en France et aux Etats-Unis. Le iigéria achète presque la to- talité des exportations animales du Niger, lesquelles sont estimées à quelques 170.000 à 200.000 têtes de bovins, 250.000 ovins et 200.000 ca- prins, vendus sur les marchés de la côte, Le Iigéria se propose de dé- velopper son industrie d'abattage et de boucherie située dans la région Nord et de traiter son propre bétail ainsi que celui en provenance du Niger et du Tchad. Il perçoit un droit de 501 sur toutes les viandes importées. Le Niger, pour sa part, souhaiterait procéder 'à son propre abattage ce qui lui permettrait de mieux contrôler les exportations de bétail et d'accroître ses recettes d'exportation et ses rentrées fisca- les. 62. Les renseignements disponibles sur le commerce extérieur, qu'il s'agisse des statistiques officielles basées sur les déclarations de douane ou des estimations utilisées dans les comptes nationaux, ne permettent pas de se former une opinion très significative de la situa- tion. En effet, les statistiques douanières sont incomplètes: tout d'abord elles n'enregistrent qu'une fraction des importations c.a.f. frontière du Ziger; en deuxième lieu, elles ne comprennent pas les échanges avec les autres pays membres de l'Union Douanière de l'Afrique de l'Ouest3 troisièmement, elles enregistrent d'une façon fort incomplète le bitail et les produits agricoles exportés vers les pays voisins; qua- triènement, elles ne comprennent qu'une portion du commerce avec les pays d'outre-mer passant par le Nigéria et le Dahomey, et finalement, elles sont basées, pour de nombreux articles, sur les prix statistiques - 21 - qui se situent en-dessous des prix réels. Les estimations des comptes natio- naux s'efforcent d'être complètes, mais les données leur servant de base sont souvent limitées. Les statistiques officielles (a) et les prévisions non of- ficielles (b) concernant le commerce extérieur pour la période 1959-1961 font l'objet d'une comparaison dans le tableau ci-après. Commerce extérieur 1959-1961 Exportations Importations Balance (nilliards de francs CFA) 1959: a) 2,9 1,8 +1,1 b) 5,0 5,9 -0,9 1960: a) 3,1 3,2 -0,1 b) 7,h 6,9 +0,5 1961: a) 3,8 h,7 -0,9 b) 7,8 6,8 +1,0 63. Ce tableau fait ressortir l'accroissement des exportations et des importations, reflétant d'une part une production plus élevée dans le domaine de l'agriculture et de l'élevage et d'autre part, une accélération du rythme des investissements pour ce qui est des importations. La France et le Nigéria, avec lesquels le Niger enregistre ordinairement un excédent commercial, sont de loin ses deux plus importants partenaires commerciaux. Les exportations dirigées sur la France et les importations en provenant, représentent environ la moitié des totaux estimés et celles destinées au NigAria et en provenant y entrent pour 30%. 6h. Les données existantes sur la balance des paiements ne con- cernent que les opérations avec les pays n'appartenant pas à la Zone Franc. Elles font ressortir des déficits oscillant entre 0,6 milliard de francs CFA et 0,9 milliard de francs CFA par an au cours de 1959-1961 et dans les neuf premiers mois de 1962. La majeure partie en est attribuable aux dé- ficits commerciaux avec les pays situés hors de la Zone Franc, à l'excep- tion du Nigéria, et au coût du transport via ce dernier pays. Ceux-ci ont été financés à même le fonds commun de devises de la Zone Franc sur lequel, aux termes d'accords existants, le Niger peut tirer avec certaines limites. Les renseignements portant sur les transactions effectuées avec la France et les autres pays de la Zone Franc, indiquent que les déficits en comptes courants et en capitaux au titre des transferts privés ont probablement été compensés dans une large mesure par les excédents du commerce extérieur et des transferts publics en ce qui concerne les comptes courants et les comptes capitaux. IV. PERSPECTIVES ET CONCLUSIONS 65. Les renseignements disponibles indiquent que la production tant dans l'agriculture que dans l'élevage a progressé au cours des 10 " 15 dernières - 22 - années à un rythme supérieur A l'accroissement démographique. On peut at- tribuer une partie de ce progrès directement à l'effort d'investissement dans le domaine de l'infrastructure et aux stimulants offerts en vue de promouvoir le développement, bien qu'une pluviométrie supérieure à la moyenne y ait été pour beaucoup. Il est cependant plus difficile, en raison même de l'insuffisance des renseignements économiques de base, d'évaluer dans quelle mesure l'accroissement de la production a élargi l'économie de marché et s'est traduit par l'augmentation des revenus monétaires et l'élévation des niveaux de vie. Le Niger se suffit ample- ment à lui-même en ce qui concerne les denrées alimentaires de base; les régimes alimentaires locaux se sont sensiblement améliorés et sont géné- ralement bien équilibrés. Des excédents, notamment en ce qui concerne le mil et le sorgho, faisant l'objet d'exportations vers les pays voisins, ont été régulièrement enregistrés au cours de ces dernières années. 66. Toutefois, la pauvreté générale des ressources, la rudesse du milieu naturel et l'isolement du pays constituent toujours d'énormes ob- stacles s'opposant à la modification du caractère essentiel de subsistance. que présente l'économie ou à l'élargissement significatif de sa structure. Ni les mines, ni l'industrie n'ont connu de développement important. Bien que la prospection minière se poursuive et puisse donner lieu à la décou- verte de nouveaux gisements, notamment dans le domaine pétrolier, le seul espoir qu'ait le Niger de se développer industriellement paraît résider dans une entente avec ses voisins, notamment avec le Nigéria, en vue de coordonner la création de nouvelles industries et de participer à un marché plus vaste. L'avènement d'un tel état de choses ne sera ni rapide, ni aisé. 67. Le coût des transports à destination et à partir des ports mari- times constitue pour le Niger un problème particulier. Les améliorations apportées au réseau de transports du Nigéria, y compris la navigation du fleuve Niger à la suite de la construction projetée du barrage de Kainji, devraient avec le temps permettre au Niger d'avoir un meilleur accès à la mer. 68. Le faible niveau des compétences constitue également un obsta- cle au progrès économique. Le taux des inscriptions dans l'enseignement pri- maire est, avec moins de 7%, parmi les plus bas d'Afrique; le nombre diplo- més de l'enseignement professionnel et secondaire, voire supérieur, demeure faible. Le manque de main-d'oeuvre qualifiée est manifeste à tous les échelons et, pour le moment, il est d'une importante majeure qu'un personnel étranger d'assistance technique continue d'occuper de nombreux postes im- portants dans les domaines technique et administratif ou dans l'enseigne- ment secondaire. Il est impératif de former des fonctionnaires nigériens compétents, capables de mettre en oeuvre et de donner suite a des décisions; il s'avère également urgent de former des vulgarisateurs agricoles et des assistants vétérinaires suffisamment nombreux, dotés de connaissances pra- tiques suffisantes pour leur permettre de jouer efficacement leur rôle au- près de l'agriculteur et de l'éleveur. - 23 - 69. Les exportations constituées dans leur presque totalité par les arachides et le bétail, se sont accrues. Au cours de 1960-1962 elles ont probablement dépassé de 30% environ les chiffres atteints pendant les trois années précédentes. Même dans les circonstances les plus favorables, le Niger ne peut espérer qu'une modeste augmentation de ses recettes pro- venant de l'exportation d'arachides; le remplacement du régime préférentiel actuel sur le marché français par de nouvelles mesures de commercialisation aux termes de l'accord d'Association avec la C.E.E. apportera un élément d'incertitude. Bien que les modalités de la politique agricole commune de la C.E.E. vis-à-vis des produits oléagineux soient toujours à l'étude, la production mondiale d'oléagineux comestibles à base d'arachides et d'autre origine est en progression rapide et les perspectives à long terme indiquent une dépréciation des cours sur les marchés mondiaux. Le coton pourrait, quant à lui, offrir certaines possibilités d'accroissement des exportations. C'est le bétail qui semble offrir au Niger les meilleures possibilités d'ex- pansion en matière d'exportation. Toutefois, les difficultés de l'organisa- tion de la production et les problèmes que posent sa commercialisation et son transport sont nombreux. 70. Les investissements antérieurs ainsi que les dépenses en capital supplémentaires envisagées au titre du plan de développement intérimaire 1961- 1963 devraient au moins permettre de doter le Niger d'un minimum d'infrastruc- ture dans les domaines social et économique. L'exploitation et l'entretien des installations existantes surchargent déjà les services techniques et ad- ministratifs et imposent un lourd fardeau financier au Gouvernement. Les investissements dans les secteurs de production, publics ou privés, ne se traduiront pas immédiatement par des revenus plus élevés et des recettes publiques accrues. Alors que l'aide extérieure généreusement offerte a ré- solu la question immédiate du financement des dépenses en capital initiales, tout en ayant en fait encouragé dans certains cas les investissements n'ayant pas un caractère de priorité absolue, c'est au Niger qu'incombera en fin de compte le problème de trouver les recettes destinées à faire face aux frais d'entretien et à l'exploitation des services publics. 71. La mobilisation des ressources intérieures, tant publiques que privées, qui peut se mesurer par un taux d'épargne brute d'environ 9% en 1961 et par des recettes publiques égales à environ 10% du P.I.B., para t insuffisante pour soutenir les investissements ou les services publics à un niveau même modeste. Sans l'aide financière de l'extérieur, non seule- ment sous forme de capitaux destinés aux investissements mais également au titre d'un soutien budgétaire direct, on se trouverait contraint de faire des coupes sombres dans les normes actuelles de l'administration, de l'éduca- tion et des services sociaux, frustrant ainsi les espoirs futurs d'un niveau de vie plus élevé. 72. La situation financière du Gouvernement donne matière a préoccupa- tions. Le Niger a fait un effort louable en vue d'accroître les recettes d'ori- gine intérieure, de comprimer les dépenses, de restreindre le recours aux sotel budgétaires ex&érieurs et ainsi présenter pour 1964 un budget financé sans le concours des subventions directes octroyées par la France. Toutefois, on - 2h - ne saurait ignorer le danger de résistances politiques en matière de com- pression des dépenses ni sous-estimer le fait qu'une augmentation des taux de l'impAt affectant pour une grande part les biens de consommation impor- tés risque d'accroître les activités de contrebande, d'autant plus qu'un pays voisin a suivi une politique visant à réduire les droits d'importa- tion en vue d'amener une baisse du niveau de ses prix intérieurs. 73. La dette extérieure en cours est peu élevée. Le principal non amorti à la fin de 1962 est estimé à la contre-valeur d'environ 7,1 millions de dollars U.S. et les paiements annuels au titre du service de la dette re- présentent moins de 2% des exportations contrôlées. Toutes les dettes, 2 l'exception d'un prêt récemment consenti par la Côte-d'Ivoire, sont dues à l'ex-FIDES, à la Caisse Centrale et à des banques commerciales françaises. Etant donné le faible niveau de vie du Iliger, les perspectives limitées de développement économique, et par conséquent les faibles rendemeius ae la plupart des investissements en puiseance,et compte tenu des moyens financiers restreints de l'Etat, l'aptitude à assumer des dettes contractées à des con- ditions bancaires normales apparaît très faible, voire presque inexistante sans le recours aux subventions de l'étranger. SUPPLEMTU STATISTIQUE Tableau Produit intérieur brut et dépenses en 1961 . . . . . . . . . . . 1 Agriculture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 Elevage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 Finances publiques: Dépenses et Recettes . . . . . . . . . . . 4 Système bancaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 Commerce extérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Exportations - principaux produits . . . . . . . . . . . . . . . 7 Importations - principaux produits . . . . . . . . . . . . . . . 8 Balance des paiements avec les pays n'appartenant pas à la Zone Franc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 Dette extérieure , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 TABLEAU 1 Produit intérieur brut et dépenses en 1961 (milliards de francs CFA) Ressources Dépenses Agriculture 16,6 Consommation privée 38,0 Forêt et pêches 2,8 Consommation publique 8,7 Elevage 11,3 Investissements 5,1 Industries, artisanat et Exportations de biens et mines 2,h services 8,2 Services publics 0,2 Construction 3,2 Transport et communications 0,9 Commerce, banques et assu- rances 3,6 Administration h,h Services divers 3,6 Produit intérieur brut aux coûts des facteurs h9,0 Impôts directs moins subventions 2,6 Produit intérieur brut aux prix du marché 51,6 Importation de biens et services 8,h Total des ressources Total des ressources disponibles 60,0 employées 60,0 Source: Commissariat au Plan; Bureau des Statistiques. TABLEAU 2 Agriculture Production 195 1959 1960 1961 1962 milliers de tonnes métriques Mil 621 673 718 776 93h Sorgho 260 273 222 275 320 Haricots niébé 55 50 46 53 73 Manioc 87 81 101 125 117 Oignons 21 19 26 24 Arachides i46 10h 150 152 205 Canne à sucre 25 28 32 33 Coton 1,6 1,7 1,3 3,h 5,1 Riz h,7 h,h 7,h 9,6 11,2 Mais 3,3 3,9 2,8 2,2 2,h Blé 1,0 0,8 1,1 1,0 1,1 Tabac 0,h 0,2 0,4 0,3 Superficies 1958 1959 1960 1961 1962 milliers d'hectares Mil 1505 1595 1692 164o 1840 Sorgho 432 458 440 453 h6 Haricots niébé 3hl 338 375 427 475 Manioc 1h 13 14 16 17 Oiignons 0,9 0,9 1,0 1,2 Arachides 32h 313 321 349 323 Canne à sucre 1,8 1,9 2,2 2,0 Coton 4,3 h,9 4,5 8,2 10,3 Riz 5,4 5,3 8,2 9,2 9,1 maus 3,8 3,5 3,1 2,9 3,2 'l 0,7 0,6 0,7 0,8 0,9 Tabac 0,9 0,7 0,9 0,8 Source: Ministère de l'Economie rurale: Rapport annuel sur l'Agricul- ture, 1962. TABLEAU 3 Elevage a) Effectif estimé - 1960/61 milliers de têtes Bovins 3500 Equins 125 Ovins 2000 Asins 350 Caprins 5000 Camelins 350 b) Utilisation estimée - 1960/61 Accroissement Exportation Abattage du cheptel Totaux milliers de têtes Bovins 170 100 30 300 Ovins 250 225 25 500 Caprins 200 1300 250 1750 c) Prix estimés - 1960/61 Exportation Abattage Francs CFA par tête Bovins 18000 15000 Ovins 3000 2500 Caprins 1000 750 d) Exportations contrblées 1/ Bovins Ovins Caprins nombre de têtes 1957 69600 159000 27800 1958 62400 131300 27200 1959 65700 122800 29200 1960 57800 102700 19600 1961 53000 86800 24100 e) Abattages contrôlés Bovins Ovins Caprins nombre de têtes 1957 43600 71100 375700 1958 45400 56200 397700 1959 47500 56300 465500 1960 55800 69200 530300 1961 60800 78700 454100 1/ Estimations du Ministère de l'Economie Rurale. Source: r1inistère de l'Economie Rurale. Rapport annuel sur l'élevage et les industries animales, 1961. TABLEAU h Finances publiques: Dépenses et recettes (milliards de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 196h2/ (9 mnis) Résultats Prévisions Dépenses budgétaires Dette publique 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,3 Assemblée Nationale 0,2 0,2 0,2 0,1 0,2 0,2 Ministères 3,1 3,6 3,8 3,2 5,0 h,7 dont: Salaires et traitements 1,7 2,1 2,3 1,7 3,3 3,0 Fournitures et matériel 1, 1,5 1,5 1,5 1,7 1,7 Subventions et contributions3/ 0,8 0,8 0,6 0,8 1,0 1,0 Entretien 0,3 0,h 0,3 0,2 0,3 0,2 Investissements 0,7 0 0 01 015 0 Total 5,2 5,7 5,2 4,8 7,1 7,1 Recettes Intérieures 3,7 ,2 h,l h,3 5,4 55 dont: Impîts directs 1,6 1,6 1,6 1,7 1,7 2,0 Droits fiscaux à l'importation 0,8 1,3 0,8 0,8 ) ) Droits fiscaux à l'exportation 0,5 0,3 0,9 1,0 )2,5 )2,6 Imptts indirects divers 0,3 0,6 0,7 0,6 1,0 0,7 Recettes diverses 0,5 0,h 0,1 0,2 0,2 0,2 Extérieures 14, 1, 0,8 0,5 1,7 1,6 dont: France 0,7 0,1 0,6 0,1 0,8 0,6 Fonds de Solidarité h/ 0,2 0,h 0,2 0,1 0,7 0,8 AOF ou Ex-AOF 5/ 0,5 - - 0,3 0,2 0,2 Fonds de réserve 0 1 0 1 0 3 - - - Total 557 1/ Les chiffres totaux sont plus élevés que ceux qui ressortent au tableau ré- capitulatif figurant à la page 16, dans lequel les contributions du Fonds de Solidarité de l'Entente sont indiquées sur une base nette. 2/ Pour plus de commodité, le budget de 1964 est indiqué de la même manière que pour les années précédentes; un budget d'investissement distinct, auquel les paiements au titre de l'aide budgétaire accordée par la France sont direc- tement affectés, a été présenté. 3/ Contribution aux budgets des collectivités, aux traitements du personnel d'assistance technique français, au Fonds de Solidarité de l'Entente, paie- ments au titre du soutien des prix et paiements divers. h/ Chaque pays membre (Dahomey, Cbte-d'Ivoire, Niger, Haute-Volta) affecte 10% de ses recettes estimées au Fonds; après affectation à une réserve, le re- liquat est réparti de la manière suivante: Cbte-d'Ivoire 1/16, Dahomey, Niger, Haute-Volta 5/16 chacun. 5/ En 1959, contribution directe au budget de la Fédération de l'Afrique Occi- dentale; au cours des années suivantes produit de la liquidation de l'actif de la Fédération. Source: Ministère des Finances. TABLEAU 5 Système Bancaire (milliards de francs CFA) Décembre 1959 1960 1961 1962 Dépbts Banques commerciales 0,6 0,8 0,8 0,6 Etablissements publics de crédit - - 0,2 0,7 Comptes courants postaux l,O 0,4 0, O Total 1,0 1,2 1,h 1,9 Crédits et avances Banques commerciales 2,0 2,7 2,7 2,2 Etablissements publics de crédit - - 0,3 1,6 Caisse Centrale de Coopération Economique - - 0,2 Total 2,0 2,8 3,0 4,0 dont: court terme 2,0 2,6 2,9 3,8 moyen terme - 0,2 0,1 0,2 (réescompte) (0,5) (0,9) (1,0) (1,1) 1/ Particuliers et entreprises seulement. Source: Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest. TABLEAU 6 Commerce extérieur Exportations Année Quantités Valeur milliers de dont tonnes Total France Nigeria métriques milliards de francs CFA 1952 66,3 1,6 1,0 0,5 1953 59,6 1,7 1,3 0,h 1954 62,0 2,0 1,5 0,h 1955 52,h 2,0 1,9 0,1 1956 95,5 3,4 3,1 0,2 1957 75,1 2,6 2,2 0,4 1958 loh,6 3,8 2,8 0,7 1959 73,9 2,9 2, 0,3 1960 65,8 3,1 2,2 o,6 1961 88,7 3,8 3,0 0,6 1962 110,0 4,h 2,8 0,9 Importations Année Quantités Valeur milliers de dont tonnes Total France Nigeria métriques millards de francs CFA 1952 22,3 1,2 0,5 0,2 1953 26,O 1,4 0,8 0,2 1954 28,2 1,7 1,0 0,2 1955 24,4 1,h O,9 0,1 1956 27,4 1,6 o,9 o,2 1957 36,7 1,9 1,2 0,1 1958 36,1 2,2 1,2 0,3 1959 26,6 1,8 1,1 0,2 1960 48,4 3,2 1,5 0,8 1961 7h,2 4,2 2,2 0,6 1962 101,1 6,8 3,6 0,5 1/ Ies iccroissements indiqués pour 1961 et 1962 sont dfs en partie a une meilleure évluation. Source: Ré-oublique du Niger: Commerce extérieur 1961 et années antéri- cures, Co.ui.ssariat au Plan, Bureau des Stntistiques. TABLEAU 7 Exportations - Principaux produits 1958 1959 1960 1961 Valeur: millions de francs CFA Bovins 180 129 259 283 Ovins et caprins 81 52 160 110 Cuirs et peaux 69 108 157 89 Arachides 3213 2010 1807 2500 Huile d'arachide 97 h09 36h 370 Tourteaux d'arachide 30 30 68 81 Mil - Sorgho - - 2 32 Produits maraîchers 19 19 23 116 Minerai d'étain (Cassitérite) 17 17 13 7 Divers 112 112 60 236 Total 3818 2851 3108 3824 (estimations non officielles) (n.d.)* (h968) (7hh9) (78h0) 1958 1959 1960 1961 Quantit s tonnes-metriques Bovinsl/ 36000 25000 38000 49000 Ovins et caprinsl 165000 93000 96000 108000 Cuirs et peaux 318 353 328 89 Arachides 87100 52h00 50500 67300 Huile dlaarhIde 2338 5240 4673 4974 Tourteaux d'arachide 2288 5470 5864 6196 Mil - Sorgho - - 110 3315 Produits maraîchers 1485 1260 1313 907 Minerai d'étain (Cassitérite) 86 87 67 51 l/ Nombre de têtes. * donnée non disponible. Source: République du Niger: Statistiques du Commerce Extérieur, 1961 et années antérieures. TABLEAU 8 Importations - Principaux produits (millions de francs CFA) 1958 1959 1960 1961 Denrées alimentaires et boissons 689 553 832 1073 dont: Céréales et féculents 70 50 190 58 Sucre 437 229 314 300 Noix de cola 4 33 61 112 Boissons 125 113 115 142 Carbuant et Matières premières 133 94 303 279 dont: Produits pétroliers 85 50 152 208 Ciment 32 20 53 5ý Articles manufacturés 1271 1047 1900 3062 dont: Textiles 640 320 410 1015 Automobiles de tourisme et camions 186 151 300 459 Machines et articles manu- factur$s en métal 169 98 233 362 Total 2195 1781 3207 4653 (estimations non officielles) (n.d.)* (5872) (6933) (6827) donnée non disponible. Source: R$publique du Niger: Statistiques du Commerce extérieur 1961 et ann6es antérieures. TABLEAU 9 Balance des paiements avec les pays extérieurs à la Zone Franc (milliards de francs CFA ) 1961 1960/61 1961/62 ler Oct,/30 Sept. ler Oct./30 Sept. A. Opérations courantes (nettes) Biens et services -1.1 -1.0 -1.6 Donations 0.3 0.1 0.7 Total -0.8 -0.9 -0.9 B. Opérations en capital (nettes) n.d.* n.d.* n.d.* Total (A et B) -0.8 -0.9 -0.9 * donnée non disponible. Source: Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest. TABLEAU 10 Dette extérieure (millions de Francs CFA) Montant estimé de la dette non amortie au 31 décembre 1962 FIDES-/ Dette à 1% et 40 ans d'échéance (Prt à l'ancienne AOF, consolidé en 1962) Section générale 1.163 Section locale 9 Caisse Centrale de Coopération Economique PrAts divers aux collectivités, entreprises publiques et parapubliques 206 Banques commerciales françaises Avances à moyen terme garanties par le Gouvernement du Niger Gouvernement de la C*te d'Ivoire Prêt de la Caisse Autonome d'Amortissement 350 Total 1.763 Contre-valeur en dollars U.S. 7.1h 1/ Le programme du FIDES comportait une section générale, financée par la France, et une section locale, financée par les anciens territoires, mais dont le pré-financement était, dans la plupart des cas, assuré par des avances de la C.C.C.E. Source: Ministire des Finances. Caisse Centrale de Coopération Economique.
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Niger - The economy : L'économie du Niger
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