FILE opy DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AF-15a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affilié's n'acceptent aucune responsabilité' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publie' ou cité comme représentant leurs vues, BÀNQUE INTERNATIONALE POUR LA RIECONSTR[TCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE 3 )EVELOPPEMENT L'ECONOMIE DE LA REPUBLIQUE FEDERALE DU CAMEROUN 1 8 Avril, 1964 .epartement des Operations Afrique TAUX DE CONVERSION 50 F. CFA 1 franc francais 1 F. CFA = U. S. 0, 4e 247 F. CFA = $ U. S. i 1 million de F. CFA $ U. S. 4. 051 1 b 1 $ U. S. 1950 - 31 aout 1957: F. CFA 492 175 31 aout 1957 - 31 decembre 1958: F. CFA 590 210 posterieurement au 31 decembre 1958: F. CFA 685 247 L ' EOONOMIE DU CAîEROUN Table des matières STATISTIQUES DE BASL Page No. CARTES PLUVIOIETRIQUE DEiC P PRODUITS D 'PORTATION ET RESEAU DE TRAYS.PRTr RESUIM ET CONCLUSIONS (i) à (iv) I. LE PAYS ET LA POPULATION 1 A. Géog.aphie et climat 1 B. Population 1 C. Evolution politique 2 II. STRUCTURE ET FONCTIONN,EMENT DE L'ECONOTE AdeSructure d eco~'ono -e 6 B. Principaux secteurs éconoiques 10 Agriculture 10 Elevage 12 Pêche 13 Industrie forestière 13 Industries extractrice 14 Industries manufacturières 14 Energie électrique 16 Transport et télécommunications 17 Enseignement 18 Services administratifs 18 III.ECHANGES ET BALA\IPE DES PAIEMENTS A. ~ommercexieur et balance des paiements 20 B. Relations cormerciales 22 IV. FINANCES ET PLANEFICATION DU DEVELOPPLENT A7 Monnaie et Ce'dit 2" B. Le budget 27 C. Le plan de développeent 29 V. PERSPECTIVES ECONOMITEQUES 32 Cipacidiendette~reii 36 L'ECOUOHIE DU CAM4EROUN II - Annexes Table des matières Page No. I. TRANSPORTS 1 II. POLITIQUE COHMERCIALE 9 III. POLITIQUE DES INVESTISSEMENTS 14 IV. PRODUCTION, COIZIERCIALISATION ET PERSPECTIVES DES PRINCIPALES CULTURES D'XPORTATION 17 V. ANNEXE STATISTIQUE Tableau No. Utilisation des terres au Cameroun 1 Estimations de la population totale et active en 1962 2 Estimation de la répartition de la population salariée en 1962 3 Origine du produit intérieur brut par branche d'activité h Utilisation des ressources 5 Financement de la formation brute de capital intérieur du Cameroun oriental 6 Indices de la croissance économique et du niveau de vie du Cameroun oriental 7 Indice des prix de détail pour les consomrateurs européens à Douala 8 Production des principales cultures vivrières 9 Production et exportation des cultures industrielles du Cameroun oriental 10 Production et exportation des cultures industrielles du Cameroun occidental Production forestière Energie 13 Transport routier-Nombre de véhicules immatriculés 14 Statistiques du trafic ferroviaire 15 Mouvements portuaires et marchandises embarquées et débarquées 16 Trafic cormnercial aérien 17 Connerce extérieur 18a Indice du commerce extérieur 18b Exportation des principaux produits du Careroun oriental 19 Exportation des principaux produits du Cameroun occidental 20 Exportations des principaux produits de la Fédération 21 Prix moyens FOB des produits exportés 22 Avantages financiers estimés retirés par le Cameroun des prix protégés ou garantis sur le marché français en 1961 23 V. SNAEXE STISTIQUE (Suite) Tableau No. Vente des produits d'exportation par la Cameroon Developmnt Corp. 24 Compositicn des importations 25 Prix CAF moyen des produits importés au Cameroun oriental 2C Tonnage des impcrtations de certains produ -ts au Caieroun crientcl 27 Balance commerciale des produits de base par zones monétaires pour le Cameroun oriental 28 Balance commerciale des produits de base par zones monétaires pour le Cameroun occidental 29 Exportation des produits de base pcur le Cameroun oriental par princi- paux pays de destinaticn 30 Balance des paiements du Cameroun ori.ental l955-1962 31 Masse monétaire 32 Actif et passif de la Barque Centrale du Cameroun 33 Dépôts 3h Crédits à l'économie 35 Classificatiçn par industrie des crédits à court et moyen termes 36 PrOts consentis par la Caisse Centrale de Coopération Economique 37 Prêts consentis par la Banque Camerounaise de Dêveloppement au 30 juin 1962 38 Banque C,erounaise de Développement 39 Recettes et dépenses consolidées du Gouvernement fédéral et des Gouvernement fédérés du Cameroun 4o Recettes et dépenses consoldées du Gouvernement fédéral et des Gouvernement fédérés du Cameronn-pourcentage par catégories h1 Budget d'équipement consolidé du Gouvernement fédéral et des Gouvernement fédérés du Cameroun 42 Comparaison des dépenses du Gouvernement fédéral et des Gouvernements fédérés du Cameroun 43 Estimation de la dette pu,biJ que en cours h Investissements au titre des plans du FIDES 1947-1959 45 Premier Plan de Développerent de la Républiaue du Caneroun 1961-1951 46 Eigagements au titre de l'aide extérieure 47 Evolution des exportations et des importations 1960-1967 48 CAIROUN Statistiques de base - 1962 Cameroun Oriental Occ4dental Federation Superficie (en milliers de km2) 2 h32,0 43.5 475, (en milliers de miles') 166,8 16,8 183,6 Population:: (Chiffres estimatifs en millions) 3,3 0,9 h,2 Accroissement naturel (%) .. .. 1-1,5 Population active (en riillions) 2,0 0 2,5 Salariés (en milliers) 255 45 200 Taux de scolarisation (% des enfants d'àge 6 5 5., scolaire) Produit intérieur brut(estiimations 1959) PIB total (en milliards de F.CFA.) 99,0 11,0 110,0 Taux d'accroissement du PIB 1951-1959: environ 4% par an; accroissement du PIB per capita d'environ 2,5% par ai PIB per capita (F.CFA) 31i000 1-2.000 27-000 (en dollars) 125 50 110 PIB du secteur monétaire per capita (F.CFA) 21.000 9.000 17.000 Investissement brut en capital 'ixe (% du PIB) 10,4 .. .. Origine du PIB (Uo) Agriculture 50 67 5i - Industries 9 8 Administration 8 26 10 Services 33 7 31 Conerce extérieu-r [xportation (en milliards de F.CFA) 25,5 4,h 29,9 Importations (en miiards de F.CFA 25,1 3,2 28,3 Balance (en milliards de F.CFA) +0,4 +1,2 +1,6 Bl&ance des paiements Estimation de la balance des paiements actuelle avec les pays situés hors de la Zone Franc (en milliards de F.CFA) -2,5 Variation des réserves (en milliards de F.CFA) +1.7 Estimation des réserves extérieures (au 31 déceribre 1962) (3,7) (l,5) 5,2 Tableau comparatif des dépenses du Gouvernement éril et des Gouverneentds e(~9 1963) (en milliards de F.CFA) Fédéral iépenses Ordinaires 14,1 6,0 1,? 21,8 Equipement 1,5 0,5 0,3 2,3 Subvention fédérale aux Etats édérés (incluse ci-dessus) 2,6 Statistiques de base (Suite) Camerouan Oriental Occidental Fédération Finances publiques 1963/1964 Dépenses globales du Gouvernement fédéral et des Gouvernements fédérés (en milliards de F.CFA) 22,3 Recettes globales du Gouvernement fédéral et das Gouvernements fédérés (en milliards de F.CFA) 22,3 Dépenses d'équipement globales du Gouvernement fédéral et des Gouvernements fédérés (en iilliards de F.CFA) 5,h Subvention du Gouvernement français au titre du budget d'équipement (en milliards de F.CFA) 1,0 Dette publique extérieure (juin 1963,en imil- liards de F.CFA) 11,1 MAP i .7 K FORT FOUREAU REPUBLIQUE FEDERALE DU CAMEROUN PLUVIOMETRIE ET RELIEF isohyétes K0 MAROUA A L T I T U D E 17 MRU L_ j¯ MOINS DE 600 M YAGOUA b00 - 900 M 900 - 00 PLUS DE 1500 M GAROUA m 0 00 20 KM RB SANT0MA0,MUDAN I EP - Ln- c, u ej VITOI - ~ G DOUALAUMA KRIB& JUSNGE A96 JUNE 1964IBRD -1360 MAP 2 <FIFoureou REPUBLIQUE FEDERALE DU CAMEROUN DENSITE DE LA POPULATION (NOMBRE D'HABLTANTS AU KILOMETRE CARRE) Mokolo MOINS DE 5 43 32 Y.gouo 5 A 10 27 GuiderZý 10 A 20 20 A 40 0 Goroua 4l0 A 0 PLUS DE 80 Pollo 0Rey Bouba C.) 00 200 KM , OTignère °Ngaoundéré C um -, OTbt, Me,gang Bomend _-u 0 B Mboud. F-ub.n Béraré-Oy. d I Nb , 1 9 8 B R O - 3 Nkongsm bo 31 43 Kumb . dikiumei OBfloONongo-Éboko Ber~u - Y.b-s ® Batou- 2@Ngornbe Sa, Doumné E Mésom,éno ------ O Lomié A O0Djo~ Mo ondou JUNE 1964 IBRO 1361 MAP 3 L k K CHA D FORT FOUREAU IN REPUBLIQUE FEDERALE DU CAMEROUN P R D C T10 A R IC 0L EMAROUA PRODUCTION AGRICOLE DESTINEE A L'EXPORTATION 0 50 100 150 200 250 KM 0 GAROUA 6 HÉR0 r0 NGAOUNDER E W-um 0F *1'0 BAMENDA OHOSS ____ FOUMBAN ~'S Bafoussam - NKONGS*MB4-G Kumb.. -BAFIA ABASS Be BAT Nguéle ndouk RATOURI BUEA ONgombe 0 Tikl, 1 Victo DOUAL Okola0 YAOUNDE [dec YOKADOUMA Lom, Kp, 'ROLOWA SANGMELIMA camp -- - - g JUNE 1964 IBRD -1362 MAP 4 Lac Tchad FORT LAMY .FORT FOUREAU ni MAIDUJGURr 03 r- REPUBLIQUE FEDERALE DU CAMEROUIN TRANSPORTS CHEMIN DE FER ACTUE L MOKOLO MAROUA +- +-++++++++ PROLONGEMENT PROJETE AYANT FAIT L 'OBJET D UN FINANCEMENT PROLONGEMENT PROJETE ---------- PROLONGEMENT A L'ETUDE PRINCIPAUX AXES ROUTIERS (BITUMES) AUTRES ROUTES PRINC[PALES AEROPORTS ort Ar CLASS A GAROUA CLASS C PJRTS - a TRAFIC FLUV[AL SAISONNIER MOUNDOU.. d O 50 100 SO 200 KM yNGAOUNDERE Nkombe . Wu T-b-t Momfe CDn Mbua FOUMBAN c: DSCHANýG (/OGoyoum NKONGSAIMBAý BAFIA nl Mbongo bk BATOURI> BUEA Songu, VictorioABONG MBANG EDEA ESÉKA YAOUNDE Mbolmoyo Biara KR,IB1 EBOLOWA a SANGMéLIMA RIO0 MUNI REP GABONAISE REPUBLIQUE DU CONG (BRA ZZA VILL E) JUNE 1964 IBRD -1363 RESUIE ET CONCLUSIONS 1. La République Fédérale du Cameroun a été constituée le ler octobre 1961 lorsque la portion méridionale de l'ancien territoire sous tutelle britannique du Cameroun (désormais appelée Cameroun occidental) s'est jointe à la République du Cameroun (désormais appelée Cameroun oriental) dont l'accession à l'indépendance remontait au ler janvier 1960. Le pays est constitué en une Fédération dotée d'un parti unique et d'un régime présidentiel. L'intégration des deux états sur le plan économique est encore loin d'ttre complète. C'est ainsi que les niveaux des prix et des salaires sont forts différents et que subsistent les barrières douanières. Le Cameroun entretient d'étroites relations avec la France, dans le domaine financier et monétaire et ses produits tropicaux bénéficient en France d'un marché protégé. La République du Cameroun est également associée au Marché Commun et, en qualité de membre de l'Union Douanière Equatoriale groupant le Tchad, la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon et le Cameroun, elle a accepté l'instauration d'un tarif extérieur commun et s'est engagée à promouvoir l'harmonisation des projets de développement industriel au sein de l'Union. 2. L'économie repose presque uniquement sur l'agriculture à laquelle se vouent environ 85% de la population. Les exportations de produits tropi- caux, notamment le cacao, le café, les bananes, le bois, l'huile de palme, le caoutchouc et le coton, fournissent plus de 75% des recettes en devises étrangères. La production commercialisée d'autres cultures et de l'élevage demeure dans une large mesure embryonnaire. Les industries extractives sont également peu développées et l'industrialisation n'a pas réalisé de progrès marqué, si l'on excepte toutefois l'usine moderne d'aluminium d'Edéa dont l'implantation a exigé de gros investissements. 3. Au cours de la période 1951-1959, pour laquelle on dispose de données sur le revenu national du Cameroun oriental, l'économie a atteint un taux de croissance moyen d'environ 4% par an en production réelle. En 1959, le produit intérieur brut de l'ensemble de la Fédération était estimé à 110 milliards de F.CFA (447 millions de dollars) soit environ 27,000 F.CFA (110 dollars) per capita. Trois années de transition difficile marquées par des troubles ont depuis 1959 fortement freiné la croissance économi.que du pays. 4. L'augmentation des exportations de produits primaires à l'étranger a constitué l'élément moteur de l'économie. Les recettes d'exportation des produits primaires ont augmenté de près de 150% au cours de la période 1950-1960, alors que l'accroissement effectif du volume de la production se situait aux environs de 100%. Au cours des cinq prochaines années, l'importante prime au-dessus des cours mondiaux dont les exportations du Cameroun ont jusqu'à présent bénéficié en France doit disparaître, confor- mément aux termes de la Seconde Convention entre la Communauté Economique Européenne et les pays associés. Le Cameroun peut évidemment espérer tirer parti de son entrée dans le marché plus vaste que constitue la CEE et de la protection offerte par le tarif extérieur commun de la CEE. Il y a toutefois peu de chances pour que tout accroissement de la production dans les cinq prochaines années vienne compenser la chute des prix qui -ii - résultera vraisemblablement de la disparition des surprix et de la perte de la protection offerte par le marché français, ainsi que de la tendance dominante à la baisse des cours mondiaux de tous les principaux produits d'exportation du Caieroun. Il peut en outre y avoir des limites à l'accrois- sement des exportations de cacao et de café. Quant aux bananes, il est douteux que ce produit d'exportation soit compétitif, ou commercialisable aux cours actuels. Il est à noter que le Cameroun occidental a perdu, en date du ler octobre 1963, l'avantage de la préférence du Commonwealth dont bénéficiaient ses exportations vers le Royaume-Uni, évolution qui affecte principalement les bananes. Si l'on exclut la possibilité d'une certaine expansion de la production et des exportations de bois et de coton, sous réserve toutefois d'une réduction des coûts à la production en ce qui con- cerne ce produit, les perspectives d'expansion à court terme dans d'autres domaines paraissent limitées. 5. D'importants investissements s'élevant à environ 100 milliards de F.CFA au cours des 10 dernières années et dont le financement provient pour les 2/3 de ressources publiques françaises, ont fortement contribué à la croissance de l'économie. Cet apport a doté le Cameroun d'une infrastruc- ture développée qui, â l'exception des routes et de l'éducation, suffit largement aux besoins actuels et immédiatement prévisibles de l'économie. Dans l'agriculture, le volume des investissements, du moins au cours des cinq dernières années, n'a peut-etre pas réflété la priorité que ce secteur mérite. Le premier Plan de Développement 1961-1965 établi depuis l'indé- pendance prévoit des investissements atteignant un total de 53 milliards de F.CFA, dont 20% seulement ont été affectés à l'agriculture et 11% à d'autres activités productrices. Mais le plus grand pourcentage (soit 47%) a été à nouveau réservé aux investissements destinés à l'infrastructure. 6. Les engagements au titre de l'aide extérieure souscrits en faveur du Cameroun par le FAC, le FED, l'AID !/et l'Allemagne ont atteint une moyenne approximative de 5 milliards de F.CFA par an au cours des quatre dernières années, et il est à prévoir que l'aide ainsi consentie se maintiendra à ce niveau à condition qu'un certain nombre de projets bien étudiés continuent d'être soumis. Toutefois, le remplacement accéléré des fonctionnaires étran- gers par un personnel moins expérimenté s'est traduit par des retards dans l'exécution des projets. En fait, seuls des efforts énergiques déployés par le Gouvernement en vue de hâter la réalisation des projets permettront de tirer tout le parti possible de l'aide extérieure éventuellement disponible, Il est également important que tout soit mis en oeuvre afin d'orienter de nouveaux investissements vers les secteurs susceptibles de contribuer à l'accroissement des recettes d'exportation et des revenus de l'Etat. 7. Les comptes du budget de fonctionnement pour l'ensemble du territoire fédéral présentent un déficit depuis 1957. Ce déficit qui atteint 1,7 milliards de F.CFA par an ne tient pas entièrement compte de certaines dé- penses des services français au Cameroun, lesquelles sont d'ailleurs peu à peu transférées au budget camerounais ni du traitement du personnel d'assis- tance technique français payé sur le budget français, personnel principale- ment employé à certains postes de l'administration. A la suite des efforts 1/ Fonds d'ide et de Coopération, Paris; Fonds Européen de Développement, Bruxelles; Agency for International Development, Washingtoi*' -iii- visant à limiter l'accroissement des dépenses publiques et à augmenter le taux de l'impt, le Gouvernement fédéral espère équilibrer le budget de l'exercice 1963-1964. Il n'est cependant pas certain que ces mesures fis- cales, assez lourdes, réussissent à produire l'accroissement de recettes escompté. Sur le plan des dépenses, le Gouvernement doit prévoir une aug- mentation des dépenses de fonctionnement découlant du développement des services agricoles, des travaux publics et de l'enseignement, lesquels sont des ministères clé chargés d'établir les projets de développement, d'assurer leur mise en oeuvre, et de veiller à leur exécution. En outre, une sérieuse pénurie de cadres peut gêner le bon fonctionnement des services administra- tifs. Cette lacune ne peut pas être comblée par un recrutement purement camerounais et si le Cameroun ne recrute pas le personnel étranger nécessai- re un nouveau ralentissement des activités administratives est à prévoir et la mise en oeuvre du programme de développement risque de se heurter à des difficultés accrues. Il semble donc peu probable que le Gouvernement par- vienne, à brève échéance, à équilibrer le budget de fonctionnement sans pro- céder à une révision rigoureuse de ses priorités et sans réaliser des écono- mies substantielles dans des domaines d'intérêt secondaire. Ceci est d'autant plus sérieux que le Gouvernement devra compter sur le secteur public pour obtenir l'important volume d'épargne intérieure qu'impliquent les plans actuels de développement économique, étant donné les faibles possibilités de mobili- sation de l'épargne privée. Pour ce faire un excédent budgétaire serait évi- demment nécessaire. 8. Les perspectives sont incertaines dans l'immédiat. Le Cameroun a tra- versé le stade initial de son indépendance en faisant montre d'un degré con- sidérable de maturité politique; il semble, d'ailleurs qu'il y ait un désir général d'adopter des politiques raisonnables et que le pays soit disposé a faire un effort sérieux pour son développement. L'avenir dépend surtout de la volonté du Gouvernement de revoir sa politique économique et de la rapidité avec laquelle il sera à même de définir et de mettre en oeuvre les mesures directes qui permettront d'assurer un certain progrès économique au cours des trois à cinq prochaines années de réadaptation. Par la suite, un meilleur équilibre de la balance économique et de la balance des paiements, l'accrois- sement du niveau des investissements et l'obtention d'un taux de croissance permettant d'augmenter le faible revenu per capita actuel, exigeront la réunions des conditions suivantes: une plus grande priorité en faveur de l'agriculture et l'affectation de ressources plus importantes au développe- ment agricole; une intervention plus modérée de l'Etat dans le domaine éco- nomique; des mesures permanentes destinées à maintenir le budget en équili- bre et à accroitre l'épargne publique; la révision et l'assouplissement de la politique de recrutement de non camerounais. Même si ces conditions étaient réunies, il serait peu prudent de miser sur un progrès rapide, d'au- tant plus que le relèvement des cours mondiaux des produits de base est im- probable. 9. En conclusion, le Cameroun a surtout besoin d'assistance technique et d'une aide financière supplémentaire principalement dans les secteurs prioritaires (agriculture, routes, enseignement). Cette aide permettra non seulement d'assurer une priorité aux investissements dans les secteurs en -iv- question, mais visera également à obtenir l'appui nécessaire du Gouverne- ment sous forme de directives et de crédits. La dette extérieure actuelle n'est pas très élevée, le service de la dette n'absorbant qu'environ 25 des recettes d'exportation. Toutefois, en raison des perspectives incer- taines de l'exportation, des difficultés du budget de fonctionnement et des importants ajustements auxquels l'économie doit faire face, tout accrois- sement notable de la dette extérieure de type classique ne semble pas pru- dent à brève échéance. Par conséquent le Caneroun semble réunir les condi- tions nécessaires à l'octroi d'ire aide plus douce, en raison de son sous- développement et des résultats obtenus à ce jour; cependant des réformes de la politique de développement sont nécessaires et toute aide devrait être associée à de telles réformes. I. LE PAYS ET LA POPULATION 1. Par sa population évaluée à 4.200.000 habitants, la République fédé- rale du Cameroun est le deuxième pays de la zone franc. La côte camérou- naise s'étend sur environ 400 kmn au fond du Golf de Guinée; mais le Cameroun s'étend au nord jusqu'au Lac Tchad sur une distance de 1.300 km et couvre une superficie de 476,000 km2. Par suite de sa situation géographique, le Cameroun a été depuis des siècles un creuset où se sont fondues les races, les langues, les religions et les différentes structures sociales de l'Afrique Noire. A. Géographie et Climat 2. On distingue plusieurs zones différentes: - Le Cameroun occidental, petite région montagneuse à vocation unique- ment agricole et pastorale et aux communications difficiles; - Le climat équatorial du Cameroun oriental comportant deux saisons humides et deux saisons sèches, détermine trois régions distinces à moitié couvertes de forêts. La région méridionale, chaude et humide, où la pluvio- métrie moyenne annuelle atteint environ 2.000 millimètres, est entièrement couverte de forêt. La région du nord est un pays de plaines et de savane avec une saison des pluies nettement définie. Le plateau central où l'on enregistre moins de précipitations et une température plus basse occupe une région située entre la forêt tropicale au sud et la savane au nord. 3. Bien que constamment menacés par l'érosion et l'épuisement, les sols sont bons dans la plupart des régions; les terres sont particulièrement riches dans les régions volcaniques du sud-ouest et au Cameroun occidental. Le pays est amplement doté de rivières dont le potentiel hydroélectrique est important mais d'un intért limité du point de vue du transport. Dans la région méridionale à foret dense et dans les parties montagneuses de l'ouest du Cameroun oriental ainsi que dans la zone c8tière du Cameroun occidental, les cultures de subsistence et les cultures industrielles se poursuivent d'une façon plus extensive que dans les autres régions du pays. En tout et pour tout, 9% seulement de la superficie totale est exploi- tée. B. Population 4. La population du Cameroun oriental était estimée en 1963 à 3,3 millions d'habitants, auquel il convient d'ajouter les 900.000 habitants du Cameroun occidental, soit un total de h,2 millions pour l'ensemble de la République fédérale. Ce total comprend 16.000 non-africains. Le taux annuel net de croissance démographique est d'environ 1 à 1-1/2%. La densité de la popu- lation est très faible, atteignant en moyenne 7 personnes au lu2 pour le Cameroun oriental contre 20 au Cameroun occidental; elle est répartie de façon inégale sur l'ensemble du territoire. 5. Il existe cinq zones de forte concentration humaine: le centre urbain de Douala; la région cacaoyère autour de Yaoundé; la région montagneuse des -2- 2 Bamilékés dont la densité atteint en certains points 340 habitants au km2 les districts c8tiers de Victoria et Kumba et certaines parties du Nord avec environ 100 habitants au km . Les trois zones de concentration de la région méridionale rassemblent environ 67% de la population et, à l'exception des régions de culture du coton du nord, représentent virtuellement la totalité de la production commercialisée du pays. Il existe des régions sur le plateau central, ainsi que dans certaines parties de l'est et du sud-est où la densité de la population atteint à peine 1 habitant au km26 Ces régions, notamment le plateau central, jouissent d'un bon sol et d'un climat agréable, mais manquent de moyens de transport et de communication nécessaires. La population est surtout rurale; une seule ville, Douala, a une population de 150.000 habitants, Yaoundé, la capitale, compte 58.000 habitants et N'Kongsaidba 30.000. 6. Le Cameroun est un carrefour de races où les populations soudanaises du nord rencontrent les Bantous à la lisière du pays Pygmée. Les Bantous, parmi lesquels vivent de nombreux chrétiens, prédominent dans le sud. Dans le nord on rencontre les Kirdis, de race soudanaise, refoulés dans les montagnes par les Foulanis qui ont introduit la religion musulmane au Cameroun. Les Bamilékés sont concentrés sur les hauts plateaux de l'ouest. Il s'agit d'une tribu laborieuse se multipliant rapidement et débordant sur d'autres régions du Cameroun. La majorité de la population est aniiiste, bien que l'on rencontre de fortes minorités chrétiennes et musulmanes. La population se caractérise par une absence totale d'unité ethnique, les tribus étant extrgmement noribreu- ses et plus de 100 dialectes divers étant employés. La structure de la popu- lation est compliquée par le fait d'une migration continue dont les courants traversent non seulement le pays même, mais également les frontières, C. Evolution politique 7. C'est au 16ème siècle que les premiers voyageurs européens débarquèrent pour la première fois sur la c8te de ce qui constitue aujourd'hui le Cameroun. Au cours des trois siècles qui suivirent, les marchands espagnols, hollandais et anglais visitèrent le pays qui connut, par ailleurs, une activité mission- naire quasi ininterrompue. On peut dire que l'histoire moderne du Cameroun a commencé en 1884, époque à laquelle l'llemagne, la Grande-Bretagne et la France se sont disputé le droit d'annexer cette région. L'Allemagne réussit à placer le Cameroun sous sa tutelle jusquà ce que, en 1916 les forces fran- çaises et britanniques l'aient forcée à abandonner le territoire. Après accord, l'Angleterre et la France se partagèrent le Cameroun, partage qui fut sanctionné en 1922 en vertu du régime de mandat de la Société des Nations au- quel fut substituée, à partir de 1946, la notion de tutelle sous l'égide du Gonseil de tutelle des Nations Unies. La Grande-Bretagne administrait le Cameroun septentrional et le Cameroun méridional (désormais appelé: Cameroun occidental) en tant que dépendance administrative du Nigéria. La tutelle française a pris fin le ler janvier 1960, date à laquelle la République du Cameroun a obtenu son indépendance. A la suite d'un plébiscite ayant eu lieu en février 1961, la portion méridionale du Cameroun britannique choisit de s'unir à la nouvelle république. L'unification fut réalisée et la consti- tution fédérale actuelle adoptée le ler octobre 1961. -3- 8. Des différences fondamentales subsistent cependant entre les deux Etats de la République fédérale sur les plans politique, commercial, monétaire, édu- catif et administratif. 9. Depuis l'indépendance, la République fédérale du Cameroun a dû faire face à un certain nombre de problèmes particulièrement épineux, y compris de graves désordres qui, dans certains cas, étaient la répétition d'évènements antérieurs causés par d'anciens problèmes économiques et sociaux. Au cours des quatre dernières années, la tri.bu Bamiléké habitant les plateaux de la région orienta- le du Cameroun et les tribus de la région maritime de Sanaga ont parfois été au bord de la guerre civile. La situation s'est toutefois considérablement améliorée ces derniers temps. 10. Le Cameroun a sa part des problèmes communs à nombre de pays africains: une administration onéreuse par rapport aux ressources modestes du pays, dont le fonctionnement est difficile vu le nombre limité des coirpétences disponi- bles; une africanisation souvent plus rapide que ne le permet quelquefois la grave pénurie de cadres compétents à l'échelon supérieur et subalterne; une économie dépendant de l'exportation d'un nombre restreint de produits primai- res, dont les prix ont subi de fortes fluctuations sur les marchés mondiaux et pour lesquels les perspectives d'avenir susitent de vives réserves; le caractère conservateur des paysans et les difficultés que présente l'introduc- tion de méthodes de culture modernes; l'étroitesse du marché domestique et l'absence de certaines conditions susceptibles de provoquer un développement important d'industries compétitives. ll. La Constitution de la République fédérale du Cameroun qui a pris effet le ler octobre 1961 représente un compromis entre les dispositions constitution nelles en vigueur dans le Cameroun oriental et dans le CaMeroun occidental. Alors que la constitution fédérale a pour objectif l'établissement d'un système fédéral au sein duquel le gouvernement central serait doté de pouvoirs élargis, les dispositions transitoires sont d'une nature plus vague. 12. Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée nationale fédérale qui vote les lois à la majorité simple de ses membres; mais l'initiative des lois appartient également au Président, lequel est également élu au suffrace direct, Le Président nomme les ministres fédéraux (le poste de Premier ministre fédéial n'existe pas) et nomme les Premiers ministres de chaque Etat fédéré. La cons- titution prévoit également un pouvoir judiciaire indépendant. Le Gouveraeient fédéral exerce un pouvoir exclusif dans les domaines suivants: affaires étran- gères, monnaie et banques, justice, défense nationale, enseignement supérieur, équipements sociaux et planification économique. Pour le moment, les pouvoirs relatifs au gouvernement local, au droit immobilier, aux questions de travail et à l'éducation primaire restent dévolus aux Etats, lesquels sont dotés de leurs propres Assemblées législatives. Les budgets des Etats sont toutefois soumis au contr8le du Gouvernement fédéral, lequel détermine le montant des subventions permettant d'assurer l'équilibre des budgets ordinaires et le finan- cernent d'une partie des budgets d'équipement des Etats fédérés. 13. Deux partis politiques, l'Union Camerounaise (U.C.) au Cameroun oriental et le National Democratic Party (KNDP) au Cameroun occidental contrlent leurs -4- assemblées d'Etat respectives ainsi que la représentation à l'Assemblée bationale fédérale. En avril 1962, ces partis ont fusionné et formé un grou- pe parlementaire pour le soutien du Gouvernement et la réalisation de l'uni- té nationale. 14. En fait, le Cameroun est doté d'un système de parti unique et d'un ré- gime présidentiel exerçant le pouvoir exécutif, la responsabilité de la plu- part des affaires courantes du Gouvernement étant entre les mains d'un petit nombre de personnalités groupées autour du Président. 15. Le Ministère des Finances eàt un département clé à qui incombe égale- ment la charge de l'exécution du Plan. Le budget ordinaire a constitué la préoccupation principale du ministère qui n'a jusqu'à présent consacré que peu de temps à l'exécution d'un programme de développement. 16. Le Gouvernement semble, en général, avoir quelque réticence à favori- ser tout développement d'envergure sous le contrle exclusif d'entreprises étrangères. 17. Le Gouvernement a néanmoins pris des mesures visant à encourager le développement de nouvelles entreprises et à accrottre la confiance du secteur privé en systématisant les différentes dispositions fiscales en un code des investissements et en stimulant l'expansion du crédit à l'intérieur. La Banque Camerounaise de Développement a été créée en vue de reprendre les ac- tivités du Crédit du Cameroun; dans son nouveau r8le, la BCD est également chargée d'assurer la participation gouvernementale à 1'établissement ou au dé- veloppement de l'entreprise privée. 18. Le Cameroun a poursuivi une politique de coopération avec la France tout en tachant d'effacer nombre de traits caractéristiques de son ancienne dépendance. La camerounisation de l'adidnistration a été très rapide. Le nombre des Français occupant des postes techniques et administratifs clés est passé de 2.000 au moment de l'indépendance à environ 600 en mai 1963. Ce départ rapide de personnel clé a quelquefois laissé un vide sensible dans la structure administrative. Le Gouvernement a accepté les engagements financiers et monétaires que comporte sa participation à la Zone Franc et à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique Equatoriale et du Cameroun (grou- pant également le Tchad, la République Centrafricaine, le Congo et le Gabon). Le Cameroun a en outre accepté le statut de membre associé au Marché Comrmun et bénéficie par conséquent de tarifs préférentiels et de l'aide accordée par le Fonds Europêen de Développement. Il vient par ailleurs de signer la nou- velle Convention de cinq ans qui n'a pas encore été ratifiée. 19. Le Cameroun a également signé avec les quatre autres Etats équatoriaux une convention prévoyant l'application progressive de nombreuses dispositions comprenant une union douanière et un tarif extérieur commun vis-à-vis des pays situés hors de la Zone Franc et de la Communauté Economique Européenne; ces dispositions sont entrées en vigueur le ler juillet 1962. Le Cameroun est aussi membre d'une organisation politique régionale (l'U.A.M) 1/ et d'une organisation économique (l'0.A.M.C.E.) 2/ dont l'objectif est i'accroitre la 1/ Union Africaine et Malgache. j/ Organisâtion Africaine et Malgache pour la Coopération Economique. -5- la coopératio>n entre les pays de langue française du groupe afro-Malgache. 20. Dans ses relations avec les autres pays africains indépendants, le Cameroun a fait preuve d'une attitude modérée. C'est ainsi qu'il a accepté l'incorporation du Car2roun nord au ligéria bien que les résultats du réfé- rendum fassent toujours l'objet d'un litige devant la Cour iLs.errationiale. -6- Il. STMUCTURE ET FONCTIOMNEMNT DE L'ECONOÎIE A. Structure de l'onomie 22. L'économie repose presque entièrement sur l'agriculture à laquelle se consacre environ 65% de la population. Les produits tropicaux tels le cacao, le café, les bananes, le bois, les produits oléegii-eu:. le cao-atchouc et le coton fournissent norrialement environ 75% des recettes en devises. Le cacao, le café, et plus récemment les bananes, constituent les cultures commercialisées traditionnelles; celles-ci sont dans une large mesure entre les mains drentreprises familiales africaines; environ la moitié des exporta- tions de bananes, 20% de celles du café, 10% du cacao et pi7s de 100% des exportations de caoutchorc et d'huile de palme provernent de plantations ex- ploitécs par des non-africains. La production cotonnière est assiuée entiè- rement par les agriculteurs autochtones dans le cadre d'une organisation par- ticulière. 23. L'industrialisation n'a pas fait de progrès très rapides, à l'exception toutefois de l'usine moderne d'aluninium d'Edéa, qui a exigé d'importants in- vestissements. Les transports routiers et ferroviaires ont généralement fait l'objet d'un développement raisonnable, surtout dans le Careroun oriental, mais il n'en demeure pas moins qu'ils restent insuffisants pour acheminer d'une manière satisfaisante les produits locaux ainsi que pour l'évacuation des des produits d'exportation. 24. Selon les données fournies par le revenu national, l'agriculture re- présente normalement 50% de la production intérieure; l'industrie, principale- ment l'industrie de transformation des produits alimentaires, et l'artisanat représentent environ 10% du produit national; les transports et le commerce un peu plus de 30%, le Gouvernement et les services environ 10%. Tableau 1 Produit Intérieur Brut de la Fédération par industries d'origine lliards deT ~C 1951 In 1959. In % AgrictUture 42.6 61.7 56.3 7ET Industrie 4.4 6.4 8.7 7.9 Commerce ( ( 26.6 24.3 Transports et télécommunications (17.5 (25.4 2ý6 2.h Autres services ( ( 3.0 2.7 Administration 4.2 6.1 11.0 10.0 Services personnels 0.3 0.4 1.3 1.2 Gross Domestic Product 69.0 100 109.5 100 of which: ionetary Sector 37.6 54.5 70.3 6.,2 Subsistence Sector 31.4 45.5 39.2 35.8 Money GDP Per Capita (CFAF) 9,817 17,146 Total GDP Per Capita (CFAF) 18,015 26,737 -7- 24. Les données sur le revenu national ne Zorit disponibles qu'en ce qui concerne le Cameroun oriental; et encore ne portent-elles que sur quatre années - 1951-1956-1957-1959 - et il s'en faut que les statistiques soient comparables à tous égards. Toutefois, si l'on se base sur une estiration approximative du PIB du Caneroun occidental pour les années 1951 et 1959 respectivement, il devient possible d'évaluer le produit intérieur brut de l'économie fédérale à environ 110 milliards de FýCFA (hh7 mi.Llions de dollars) en 1959 par rapport au chiffre d'environ 69 milliards de F.CFA (285 millions de dollars) en 1951 (voir Tableau 1). S'il est tenu compte des trois années de transition difficile, marquées par des désordres intérieurs, qui se sont succédées depuis 1959, il est probable que les données sur le revenu national pour 1962 n'indiqueraient que très peu de changement,dans l'ensemble, par rapport à celles de 1959, 26. Au cours de la période 1951-1959, la production du Cameroun oriental s'est accrue d'un peu plus de 60%, soit un taux de croissance composé d'environ 6% par an aux prix courants. On ne dispose pas de statistiques officielles permettant d'estirier les variations du revenu national réel, mais si l'on tient compte du fait que l'indice des prix de détail, qui ne concerne que les consom- mateurs européens à Douala, a augmenté dans une proportion de 55 par an et que, d'autre part, les prix d'exportation ont progressé d'environ 5% et les prix des importations d'environ h% par an, il semble raisonnable de supposer que le ni- veau général des prix du secteur monétaire a probablement augmenté d'un peu plus de 4% par an. Si on opêre un ajustement de cet ordre tenant compte de la hausse des prix à l'égard de la production du secteur monétaire en prix cou- rants, l'estimation approximative de la valeur de la production en prix cons- tants serait par conséquent de 80 milliards de F.CFA pour 1959, par rapporL au chiffre de 61 milliards de F.CFA en 1951, soit un taux de croissance moyen inférieur à 4% l'an. Cette évaluation est peut-être un peu élevée,du fait qu'il n'est pas tenu compte de l'augmentation des prix pour évaluer la produz- tion du secteur de subsistance. Avec un taux d'accroissement démographique légèrement supérieur à 1% par an, le taux de croissance de l'économie (produc.- tion per capita) semblerait par conséquent s'être situé entre 2% et 3% l'an pendant la période considérée. Cet accroissement de la production est dû aux investissements dont le financement a été presque entièremreït assuré par des sources publiques et privées françaises pour un montant s'élevant en moyenne a 10 milliards de F.CFA (40 millions de dollars) par an. Elle résulte égale- ment de la valeur et du volume croissants des exportations d'une grande varié - té de produits de base représentant environ 25% du produit national en 1959 par rapport à quelques 15% en 1951. 27. Aucun changement inportant ne s'e3t manifesté dans la structure de lié- conomie au cours de la dernière décennie, si ce n'esb une baisse de la part relative de l'agriculture de subsistance dans l'économie, passant de h2% en 1951 à 32% en 1959. De légéres augmentations ont été enregistrées au cours de la même période en ce qui concerne la contribution de l'industrie, des transorts et de l'administration au PIB, 28. Etant donné la place prédominante de l'agriculture dans l'économie, l'évolution reflète, pour la plupart du terps, les fluctuations des exporta- tions et les variations saisonnières. Mais ce qui explique la croissance -8- relativem_en mod2ste enregistrée au cours de la péricde considérée estG ua taux ieativement faible d1investissements productifs. En 1951, les inves- tissements totaux au Cairoun oriental représentpient 16% du PI3 total, cette proportion est tombée à 12% en 1956, 12% en 1957 et 10 en 1959. Les investissements dans le secteur privé, y compris les investissements du Gouverne,ment dans les entreprises se sont élevés à 10% du PIB en 1951, 75 en 1956, 7% en 1957, et 6% en 1959. Aucun des deux Etats fédérés n;a béné- ficié d'importants investissemenîs privés à l'exception de l'usine d'aluminium d'Edéa. Par ailleurs, ni liin ni l'autre de ces territoires n'est doté de gisem-nts minéraux importants, susceptibles d'attirer des investissemants é- trangers. D'autre part, le Cameroun occidental est particulièrement désavan- tagé par l'insuffisance générale de son infrastructure bconoirique -mauvaises routes, moyens de communication et de transports inadéquats - ainsi que par le manque d'installations à caractère social tels que les établissements sco- laires et hospitaliers. 29. On a enregistré une baisse des investisseients publics en 1960 et en 1961, ceux-ci étant passés de 4,5 milliards de F.CFA à 2,7 milliards en 1960 pour tomber 2 2,2 milliards en 1961. On relève toutefois une augmentation marquée des dépenses publiques d'investissements pour 1962, lesquelles sont passées à 3,5 milliards. L'accroissement des dépenses au titre des forces armées et des forces de sécurité de 323 millions de F. CFA en 1957 à 3,490 millions de francs en 1963-1964, joint à un sentiment d'incertitude quant à l'avenir et aux problèens matériels posés par la transition du statut de tutelle à celui de nation indépendante, ont égalemont eu tendance à réduire le niveau des investissements dans le secteur public. Toutefois, le princi- pal point faible parait résider dans le manque de ressources humaines dotées des connaissances et de la compétence nécessaires à l'établissement et à la mise en oeuvre de projets valables. 30. Les investissements privés ont surtout porté sur l'agriculture où ilG représentent l5% du total, l'industrie manufacturière, 55% et la distribu- tion, 25%. Quant aux investissements publics, ceux-ci ont été consacrés principalement au domaine économique, 50% et social 125, ainsi qu'à l'infra- structure, avec environ 35 affectés aux secteurs de production, y compris les services aux entreprises. Sur un total d'environ 65 illiards de F.CFA dépensés au cours des années 1950-1960, au titre des investissem-ents publics, y compris les entreprises publiques, plus de 55 nilliards proviennent direc- tement de fonds publics français. Les investissements privés au cours de la même période peuvent être estiés approximativement à 30 milliards de F.CFA dort envir.n 7 milliards de francs erpruntés à la Caisse Centrale et prêtés dans leur presque totalité à Ailucam en vue de contribuer au financement de l'usine d'aIuminium d'Edéa, dont le capital relève du secteur privé. Une grande partie des 23 milliards de francs restants proviennent de bénéfices réinvestis, d'amortissements ainsi quo d'autres réserves; ceci est notamaent vrai pour les huit dernières années. 31. L'épargne locale parait avoir généralement contribué aux dépenses de remplacement des actifs immobilisés des entreprises, y compris les installa- tions portuaires et ferroviaires, et à l'améiioration des routes et des ponts, ce qui ne laisse que peu ou point de marge pour de nouveaux projets d.'irres-- tissements. Ces derniers paraissent d'ailleurs avoir été financés presque -9- entiè-ement au moyen de capitaux étrangers. On estime que depuis 1959, les nouveaux investissements privés d'origine étrangère ont à peine atteint 200 à 300 millions de F.CFA par an. 32, Le niveau général des revenus de l'ensemble de la Fédération est faible. Le produit intérieur per capita est estimé à environ 30.000 F.CFA au Cameroun oriental (environ 120 dollars) et C la moitié de ce montant au Cameroun occidental. Las revenus monétaires per capita représentent environ 20.000 F.CFA. Les gains moyens des salariés sont estims lh0.000 F.CFA (560 dollars) au Cameroun oriental et à un peu plus de la moitié de cette somme au Cameroun occidental. Cependant, la disparité des revenus entre les deux régions de la République fédérale ne dénote pas nécessairement une différence comparable entre le niveau de vie des populations. Si l'on excep- te le norbre relativement restreint de gens bien payés: homnes politiques, fonctionnaires et ouvriers qualifiés, la najorité de la population, soit 80%, jouit d'un niveau de vie n'excpdant que légèremnent les besoins normaux de subsistance. En effet, les dépenses effectuées au titre des importations sont d'ordinaire sans grande importance pour la masse de la population, Une comparaison du niveau général des revenus monétaires et des prix des deux Etats de la République fédérale fait ressortir une notable différence, attei- gnant sans doute 40% environ du niveau moyen enregistré au Cameroun oriental. 33. On évalue la population active à environ 2,5 millions de personnes sur lesquelles 200,000, ou noins de 8%, occupent des emplois salariés, soit environ 5% de la population totale. Le Gouvernement central et les gouver- nements locaux emploient environ 20.000 personnes et l'agriculture occupe 65.000 salariés, dont l8.000 travaillant pour la Cameroun Development Corporation. L'industrie manufacturière emploie environ 50.000 salariés dont 30.000 dans le bâtiment. Environ 25.000 personnes sont employées dans le commerce, 20.000 dans l'industrie du transport et le reste dans l'ensei- gnement, les services sanitaires et autres services, Les paysans et les pasteurs constituent la majorité de la population active. Il n'y a pas de division trý nette entre le secteur monétaire et le secteur de subsistance. La plupart des paysans ne vendent que l'excédent de leur production, à l'ex - ception toutefois des cultures destinées principalement à l'exportation: cacao, café, bananes ou coton. 34. Le chômage est assez largement répandu dans les vastes secteurs de l'économie de subsistance et de l'agriculture, mais ce phénomène est souvent dû à des questions de préférences individuelles plut8t qu'à des facteurs économiques. Il s'ensuit donc que le cL8mage au sens strict du mot ne cons- titue pas pour le moment un grave problème. Les migrations vers les villes augmentent régulièrement de même que s'accroit le nombre des élèves quittant l'école primaire et peu disposés à accepter un emploi dans une caté- gorie offrant des possibilités limitées. Le nombre des chômeurs s'est accru par suite des récentes augentations de salaire dans le secteur privé. -10 - B. Principaux secteurs éconzmiques Agriculture 35. La part de l'agriculture dans le PIB total est d'environ 45% et celle de l'exoloitation forestière et de la péche 5*. La superficie cultivée ne représente que 9% de la superficie totale du Cameroun. Sur cet ensemble, environ 35% est consacré aux cultures vivrières et 15% aux c-ltures industriel. les, le reste étant en friche. 36. D'importantes décisions de politique générale restent à prendre dans le domaine de l'agriculture, notament en ce qui concerne le rôle futur des plantations dans l'économie ou la création éventuelle d'entreprises coumercia- les d'envergure, Il existe un certain nombre de cultures, parmi lesquelles les bananes occupent une place de choix, dont l'exportation offre des pers- pectives décevantes à meins d'ervisager les questions de production et de distribution dans une optique totalement différente. Il convient de se pen- cher sérieusement sur les problèmes que posent les superficies excédentaires, la basse productivité et le manque de contrôle phytosanitaire ainsi que sur tout ce qui concerne le replantage à grande échelle de variétés nouvelles et améliorées, l'introduction de meilleures pratiques culturales, l'amaéliora- tion des moyens dïévacuation et la mise au point progressive de cultures alternées. Par ailleurs, des recherches particulièrement utiles ont été effec- tuées naguère, mais les résultats obtenus n'ont pas encore influCncé des pro- grammes d'action. 37. Le Gouvernement a toutefois esquissé certaines des mesurcs qu'il entend adopter pour promouvoir i'expansion de l'agriculture, bien qu'il soit grav e- ment handicapé par le manque de personnel et de crédits. Ces actions compren- nent: (1) travaux de vulgarisation agricole dans le Cameroun oriental par l'entremise de cinq organisations régionales connues sous le nom de Secteurs de modernisation agricoles (SMA); (2) encouragement du développement coopé- ratif en vue de permettre à la production et à la commercialisation de se dé- velopper sur une grande échelle; (3) enseignement agricole; (ù) programme précis portant sur l'extension du crédit agricole au Car.eroun oriental, 38. Au cours des trois deriiiêres années, l'agriculture n'a virtuellement pas enregistré de nets progrès- Ceci tient d'une part à la difficulté de persuader les paysans de changer de méthodes et, d'autre part, au peu d'em- pressement du secteur dos plantations non-africaines à effectuer de nouveaux investiésements. Ce pbénomlène est dû au fait que l'on redoute de voir le gouvernement s'ingérer dans les circuits normaux de commercialisation et à la crainte d'une discrimination délibérée en faveur du paysan autochtone lorsque les marchés seront soumis au régime du contingentement. 39. Le Cameroun a la chance d'avoir une agriculture diversifiée. Le cacao est la culture la plus importante, représentant 25, des recettes d'exporta- tion, suivie par le café qui fournit 20% de ces recettes, les bananes, le bois, le coton et le palmier à huile. La production des principales cultures commercialisées a progressé d'environ 100% entre 1950 et 960, A part de notables exceptions telles que la culture du rai's,du manioc et du riz, la production de subsistance n'a fait preuve que d'un accroissement marginal permettant de faire face aux besoins d'une populaticn oui s'accroit lentement. -11- Bien que le Caïyroin se ruffice à lui-mde pour l'essentiel, il irpcrtl d'ivrportantý.s quantités de riz, de sucre, de blé et autres dentées aime- tairea; il manque par ailleurs de produits laitiers. Tableau 2 FXportations de certaines cu1tu.res induetrielles de la Fedératrn - 195 5 955 1960 1961 1962 Bananes 142 159 123 133 134 Cacao 60 59 65 66 66 Café 1/ 14 26 31 36 31 Coton--fibre 1/ 4 7 10 10 13 Caoutchouc 5 6 7 9 8 Huile de palme 12 13 5 6 h Palmistes 25 20 18 17 15 1 7 edonn7sne oneeeat que=leamroun oriental. 40. La majorité des cultures d'exportation du Cameroun occidental, à l'exception des bananes, est produite sur de grandes plantations, parmi les- quelles il convient de citer la Cameroun Development Corporation (CDC) dont, la gestion est assurée par la United Kingdom Zormnwealth Developnent Oorpo- ration et qui exploite 22.000 ha. de terres sur une concession totale de plus de 100,00 ha. Le Cameroun occidental comprend plusieurs autres grandes plan- tations d'une superficie totale de 7,000 ha. Les surfaces cultivées des grands domaines représentent environ 1/8 de la superficie totale cultivée du Cameroun occidental et environ 40 de la superficie totale consacrée aux cultures d'exportation. La valeur des exportations provenant des grands du- maines représente environ 40% de la valeur totale des exportations. 4l. La CDC a été créée en 1947 par le gouvernement du Nigéria en vue de reprendre la mise en valeur cornerciale des anciennes plantaticns allemandes situées principalement dans les régions citières propices à la culture du cacao, des bananes, du poivre, du café, des palmistes, du thé et du caout- chouc. Les bénéfices de la Corporation, qui est gérée cone une entreprise privée, sont versés aux recettes générales du Gouvernement du Cameroun occidental, tandis que d'importantes soraies sont versées au Gouvernement fédéral sous forme de droits de sortie. Les activités de la Corporatior comprennent: la culture, l'élevage, les coi%munications routières et le commerce intérieur (au profit de ses employés dont le nombre atteint en P-ier, ne 18.000 personnes). Elle s'occupe également des probl-èmes d'enseignerent, -12- de senté et d'habitat, se préoccupe du bien-être social et se livre à der travaux de recherche. h2. La participation du Gouvernement du Nigéria au capital de la Corpora- tion a été convertie en un prêt de 692 millions de F.CFA remboursable au Gouvernement du Nigéria et on un prêt de 519 millions de F.CFA remboursable au Gouvernement du Cameroun occidental. En 1962, la United Kingdom Ccmmcn- wealth Development Corporation a accordé un prt de 692 millions de francs à la CDC. A une époque plus récente, la Banque Camerounaise de Développement (BCD) a fourni des capitaux à moyen terme sélevant à 277 millions de FCFA. Aux yeux du Gouvernement du Cameroun, l'organisation constitue, sous sa forme actuelle, une association dans laquelle le Gouvernement fournit les ressources matérielles, les connaissances et !%expérience acquise sur la plantation, ainsi qu'une partie du capital, tandis que la United Kingdom Commonwealth Development Corporation apporte, quant à elle, d'importants capitaux ainsi qu; son expérience en matière de gestion et de techniques d'exploitation. Le Gouvernement du Cameroun peut à tout moment reprendre les intérêts du Gouver- nement du Nigéria en remboursant le prêt. h3. Le statut futur de l'organisation de la Corporation est toujours à l'étude par le Gouvernement et une décision finale sur sa structure financiè- re attendra que l'actif de la Corporation soit réévalué. Il appartiendra également au Gouvernement fédéral de décider si la Corporation devra continuer d'assumer ses responsabilités en matière déquipements sociaux et d'exploita- tion des ports et du chemin de fer à voies étroites. La décision du Gouverne- ment quant au râle futur d'un producteur d'une telle envergure, et quant aux néthodes de financement de la reconversion des cultures et autres plans de la Corporation ou de ses successeurs, est d'une importance d'autant plus vitale pour le bon fonctionnement de la Corporation qu'il s'agit en effet de savoir si celle-ci sera libre de fonctionner sur le plan financier comme une entre- prise commerciale rentable. hh. En dépit de l'importance de l'agriculture et des résultats obtenus grâce aux travaux de recherche, très peu de progrès ont pu être réalisés pour aligner les prodactions potentielles et les perspectives futures da marché. Des études indépendantes, de moindre envergure ont été faites sur certains aspects de la prcduction agricole. C'est ainsi, par exemple, que des actions précises ont été recommandées en ce qui concerne la régénération du cacao et notamment sa commercialisation, ainsi que le développement du système de "Ranching" à grande échelle et l'accroissewent de la production de viande. La culture cotonnière, pratiquée de façon intensive dans le nord du pays, s'est déjà révélée un succi remarquable. L'agriculture derrait être à la base de la politique éconoique du Gouvernement et constituer notamment, les assises de son programme de développement. Progressivement une plus gran- de importance a été accordée aux investissements productifs; il conviendrait cependant de lutter contre cette tendance. Elevage h5. L'élevage constitue une activité économique importante au Cameroun, sans toutef>is occuper une place équivalente dans les exportations. On -13- enregistre cependant, un morrement saisonmier non négligeable du bétail aux frontières du Cameroun. Les besoins en viande du sud du pays sont satisfaits par l'abattage du bétail expédié sur pied du nord et, de plus en plus, du plateau central, ce qui se traduit par une importante perte de poids et de qualité en cours de route. On a recours à des iétà'odes d'avant-garde pour le transport de la viande dans des canions réfrigérés à partir des hauts pla- teaux d'Adamaoua jusqu'aux consormateurs du sud. Les possibilités de dévelop- pement de ces moyens de transport sur une grande échelle sont réelles. Cer- taines viandes du Cameroun sont réputées cone étant les meilleures de la cote occidentale d'Afrique. L'élevage des caprins, des ovins et de la volaille se pratique dans tout le pays. Le Gouvernement étudie un certain nombre de projets portant sur l'utilisation des excellents pâturages du pays et l'amé- lioration du bétail de bonne qualité, en introduisant les méthodes de ranchinig sur une grande échelle. A ces efforts viendrait s'ajouter l'organisation de la connercialisation et de la distribution. L'étude et la réalisation de tel- les possibilités méritent une action encore plus soutenue que celle déjà. entre- prise. Pêche h6. La pêche est pratiquée sur les fleuves, rivières, lacs et étangs en vue de pourvoir aux besoins de subsistance immédiats. A Douala et, d'une manière intermittente, à Victoria, la pêche est organisée sur une base com- merciale et sur une échelle relativement modeste avec une production annuel- le d'environ 5.OCO tonnes. La pêche hauturière offre des possibilités de développement du point de vue de la production qui pourrait atteindre entre 30.000 et 50.000 tonnes par an. La corriercialisation du poisson à l'inté- rieur constituant probablement le principal obstacle à toute expansion, la possibilité d'uGiliser le réseau de distribution de la viande mériterait d'être étudiée. Forêts 47. Soixante pour cent du Cameroun est couvert de forêts, de savanes boi- sées ou de palétuviers, Toutefois, l'industrie forestière du Cameroun n'a pas été développée d'une manière extensive et l'on ne semble pas avoir tiré pleinement parti du monopole virtuel que possède le pays en fait d'azobé, pour organiser un contrôle efficace des méthodes d'exploitation. Les produits du bois représentent 6" des exportations et viennent au cinquième rang du point de vue de la valeur, h8. L'expansion de l'industrie du bois risque d'être surtout entravée par des difficultés dtévacuation et par des méthodes d'exploitation peu rationel- les, notamment au Cameroun occidental. Il existe par contre de grandes forêts non exploitées dans les régions de l'est et du sud-est du pays et dans le nord du Cameroun occidental. Ce qui semblait être naguère une petite in- dustrie florissante située dans l'ouest du pays a aujourd'hui largement dis- paru en raison de difficultés d'ordre financier et administratif. Les expor- tations de bois et de produits forestiers sont passées de 242 millions de F.CF. -14- en 1950 à 2.100 millions de F.CFA en 1960 pour retomber à 1.800 millionz de F.CFA en 1962, la faillite d'un gros exploitant de l'ouest ayant par- tielleiient annulé les augentations enregistrées par ailleurs. Industries extractives 49. L'exploitation minière ne représente qu'une faible portion de l'acti- vité économique et ne porte que sur une modeste production d'or et de cassi- térite. On a attaché une importance particulière à la recherche diune sour- ce domestique de bauxite en vue d'al-ienter l'usine d'aluminium existante. Des gisements de bauxite ont été découverts en pays Bamiléké et à MLinin- Martap sur le plateau d'Adamaoua où les gisements sont estimés à 400 millions de tonnes de minerai ayant une teneur d'alumine plutôt basse de l'ordre de h4%. linim-Martap se trcuve le long de la ligne du futur chemin de fer Trans- camerounais, au Cameroun oriental. Toutefois, les coûts du transport sont élevés et la teneur en almine du minerai est faible si on la compare aux mi- nerais d'autres régions d'Afrique mieux situées par rapport aux marchés mon- diaux. On a relevé des indices d'un important gisement de minerai de fer prds de Kribi, mais des études sur la teneur du minerai et sur l'iportance réelle du gisement restent à faire. Le Cameroun n'a pas de gisements de charbon ayant une importance économique et la prospection pétrolière n'a pas jusqu'ici donné de résultats permettant de justifier une exploitation commerciale. D'importants gisements de gaz naturel, dont les réserves sont estimées a 400 millions de m3 ont été découverts près de Douala, mais leur exploitation n'est pas envisagée pour le moment. Industries manufacturi.ères 50. L'industrie manufacturière demeure d'une importance limitée; elle est concentrée à Douala (à l'exception dtune usine d'aluminium à Edéa). La va - leur ajoutée nette de l'industrie manufacturière s'élevait à 9 milliards de F.CFA en 1959 et était estimée à 10 milliards de F.CFA en 1962, soit 85% de la production intérieure brute, y compris l'énergie, la construction et les travaux publics. Ces chiffres indiquent, néanmoins, une augmentation de plus de 120% depuis 1951. On estime l'effectif total de la main-d'oeuvre employ;'e dans 1l'industrie à environ 47.000, dont la moitié dans le bUbiment et les tra- vaux publics, environ 10% dans la fabrication du latex, approximativement 6% dans les industries du bois, environ 21 dans le domaine de l'énergie. Le reste, soit environ 1/3, est employé dans des activités industrielles compor- tant un certain degré de transformation, 51. En dehors des scieries, et des deux usines de placage, la plupart des industries se composent de petites usines de transformation basées sur les matières premières produites sur place, telles que le cacao, le café, le coton, les fruits et légumes, le caoutchouc, l'arachide et le thé. Il con- vient d'y ajouter des installations de conserves de viande et de minoterie. Il existe également des ateliers de confection, des brasseries, et un certair nombre d'industries des métaux. 52. La SEDES la effectué en 1959 une étude générale des possibilités de développement industriel du Cameroun, mais peu de choses ont pu jusqu'à présent Ses~pour le Développement Economiqu et S:>cial,Paris. - 15 - être faites pour mener à bonne fin le second stade de l'enquête ou pour mettre en oeuvre les propositions formulées. D'autres études ont té fi- nancAes par des intArêts privés ou entreprises conjointement avec la Banque Camerounaise de DAvelonpement. En outre, le Gouvernement a confié à des spécialistes le soin d'étudier un certain nombre d'activités de faible ou de moyenne envergure. 53. La plus grande entreprise industrielle du pays, l'usine d'alumi- nium d'Edéa, a 't' implant?e en vue de tirer partie de l'énergie électrique à faible prix fournie par la centrale hydro-électrique d'Edéa. Toutes les matières premières sont importes, y compris l'alumine provenant de l'esploi- tation FRIA, en Guinée, et l'ensemble de la production d'aluminium est exporte 54. L'usine d'aluminium d'Edéa a été construite au milieu des années cinquante par la Compagnie Camerounaise de l'Aluminium Péchiney-Ugine (Alu- cam), soci'té contrôl'e et dirigée par les milieux français de l'aluminium et des produits chimiques. La soci't a été constitu'e au capital de 5 milliards de F. CFA assorti d'un prêt à faible int-rêt de 3 milliards de F.CFA par la Caisse Centrale de Coopération Economique. Le Gouvernement du Cameroun participe au capital social dans une proportion de 8%. L'usinre a commence a fonctionner en février 1957 et a accru progressivement sa pro- duction pour atteindre, en 1961, un chiffre proche de sa capacité annuelle prévue de 45.000 tonnes, objectif qui fut dépassé en 1962 lorsque la pro- duction atteint 503000 tonnes, soit environ 1% de la production mondiale. On estime que la production optimum de l'usine d!aLuainium d'Edéa pourrait être portée à 57.000 tonnes si une fourniture regulière de 105/110 millions de kwh d'électricité par mois pouvait être assurée. Des plans visant à améliorer la régularité du débit de l'eau à Edéa sont à l'étude. 55. Le bâtiment et les travaux publics entrent pour environ 50% dans les investissements totaux. Environ 60% des investissements au titre des nouveaux travaux ont été consacrés aux routes, ponts et autres travaux publics, environ 20% à l'habitat, à peine 5% aux bâtiments à usage indus- triel et ouvrages connexes, et approximativement 15% aux bureaux et immeu- bles à usage commercial (en outre, les paysans ont consacré environ 2,5 milliards de francs par an aux constructions de type traditionnel, à l'ha- bitat, au génie rural, etc.). La capacité de cette branche n'a presque paj varié au cours de la dernière décennie. 56. La majorité des travaux est effectuée par des entrepreneurs étran- gers, et en particulier par sept grandes entreprises. Les M4inistères des Travaux Publics des deux régions du Caneroun n'ont pas toujours été en me- sure, par suite du mannue de techniciens compétents, d'ltudier d'une façon très approfondie les soumissions présentées par les entrepreneurs privés, ce qui s'est traduit par des coûts de construction élevés. Il pourrait être remédié à cette situation si le Gouvernement s'efforçait d'accroître la concurrence en procédant à des appels d'offre ouverts à un plus grand nombre de firmes étrangères, et si les services des Travaux Publics étaient renforcés, le cas échéant, par l'assistance technique, notamment en matière d'tude des plans, d'analyse des coûts et de contrôle. Le caractere un peu sommaire des plans et études préparatoires constitue un des obstacles a une concurrence accrue et partant, à l'abaissement des coûts et à l'amélioration du rendement. C'est ainsi que des avantages marqués pourraient être retirés - 16 - de liAtude d'ar'nagements routiers à long terme et de l'adjudication de tranches complètes de travaux d'une envergure susceptible d'int:resser des entreprises plus importantes dot4es d'une plus grande expérience et offrant de meilleures garanties financières. Il conveendrait d'avoir recours à des consultants pour la plupart des projets les plus importants, bien que, là encore, de tels concours et l'obtention de bons r'sultats exigent une échelle d'opAration plus vaste que celle qui jusqu'ici a pu être pratiquée. Energie électrique 57. Le Cameroun est gpnéreisement doté de chutes d'eau susceptibles d'aménagement, particulèerement dans l'est et le sud du pays. Jusqu'ici cependant, seules les chutes d'Edéa ont éte amenagýes au Cameroun oriental. Le Cameroun occidental compte quatre petites usines hydro-électriques ayant une puissance totale de 2.500 KVA. 58. La centrale hydro-électrique d'Edpa a une puissance installée de 150.000 KVA, dont la plus grande partie est fournie à l'usine d'aluminium Alucam. Le restant, jusqu'à concurrence de 20.000 KVA, sert à alimenter les centres urbains de Douala et d'Edea, toute puissance inutiliEe étant desti- n'e à l'usine d'aluminium. La puissance totale ne peut malheureusement pas être utilisée pendant la saison sAche en raison de l'irrégularité de l'ap- provisionnement en eau. L'exploitation de la centrale incombe à Enelcam. entreprise publique créee en 1948, au capital de près de 2 milliards de F CFA, auquel le Gouvernement fédAral et d'autres organismes publics du Cameroun participent pour moins de 15, tandis que la majeure partie du capital a eté souscrite par des organismes publics français. 59. L'approvisionnement en électricité de Yaoundé, N'Kongsamba et Maroua est assuré pour le compte du Gouvernement par la Compagnie Centrale pour la Distribution de l'Energie Electrique (C.C.D.E.E.), alors que toutes les autres centrales municipales du Cameroun criental sont du ressort de la Direction des Travaux Publics. Au Caieroun occidental, l'énergie électrique est exploitée par un organisme autonome, la Camaeroon Electricity Corporation. La puissance combin-e des petites centrales hydro-électriques et diesel thermiques, à l'exception d'Edéa, ne repr'sente qu'un total de 7o000 KVA au Cameroun oriental et environ 3.300 KVA au Cameroun occidental. 60. La réorganisation de l'industrie de l'électricité fait l'objet, à l'heure actuelle, d'une 'tude financée par le FAC. Cette étude a pour but de procéder à l'estimation des besoins, de dresser l'inventaire des centrales existantes et de formuler des recommandations pour l'avenir. On envisage que les propositions dÉéfinitives préconiseront la mise sur pied d'une administration centrale de l'nergie électrique, du moins en ce qui concerne la région orientale. 61. On envisage d'aménager les chutes d'Ekom sur la N'Kam près de N'Kongsamba et, à un stade ultérieur, de dAvelopper le réseau de transmis- sion. Une estimation préliminaire situe le coût d'un tel projet aux envi- rons de 700 millions de F.CFA en ce qui concerne l'aménagement des chutes -17- d'Ekom, 80 millions de F.CFA pour les lignes de transmission locales, et 300 millions de F.CFA pour relier le réseau à Douala sur une distance de 150 km. environ. Des plans sont également à l'étude pour la construction d'un barrage à Tibati sur la Haute-Sanaga, destiné à emmagasiner l'eau des crues afin d'assurer un débit régulier supérieur à Edéa. La réalisation de ce plan permettrait à la production mensuelle à Edéa d'être portée de 125 millions de kwh en moyenne à un cniffre garanti de ih0 à 150 millions de kwh, ce qui permettrait à Alucam d'obtenir la totalité de ses besoins en énergie, soit 105 à 110 millions de Kwh. Quant au coût du barrage, on estime qu'il s'établira à 1,4 milliard de F.CFA. Transports et télécomunications 62. Le domaine des transports a connu une phase de modernisation et d'ex- pansion considérable au cours de la dernière décennie. Si l'on peut classer les installations portuaires comme bonnes, et les aéroports et chemins de fer comme satisfaisants, les transports routiers sont, par contre, nettement insuffisants, de sorte que les marchandises doivent être transportées par les hommes eux-mêmes sur des distances considérables jusqu2aux principales routes et aux marchés. 63. Le Cameroun dispose de quatre ports de mer assurant un trafic de 1,2 million de tonnes de marchandises par an. Douala, dont les quais peuvent accueillir Il navires de haute mer, et qui est situé au terminus du réseau de chemin de fer du Cameroun, est de loin le port le plus important. Bien qu'équipé pour un trafic de 1,1 million de tonnes, le port fonctionne à 80% de sa capacité. Les travaux d'amélioration actuels, une fois terminés, per- mettront de porter le trafic à 1,5 million de tonnes par an. Des études sont en cours sur la possibilité d'aménager éventuellement Bota comme avant- port en eau profonde de Douala. Toutefois, bien que les possibilités de développement semblent favorables, il est difficile de vérifier la justifica- tion économique d'un second port moderne tant que la nouvelle structure des échanges et des mouvements de marchandises résultant de l'achèvement du che- min de fer Transcamerounais n'aura pas été dégagée. 64. Le réseau de chemirsde ler exploité par l'Etat comprend deux lignes à voie unique de 1 mètre d'écartement partant du port de Douala. L'embran- chement nord relie ce dernier à N'Kongsamba sur une distance de 172 km, et la ligne de l'est rejoint Yaoundé sur une distance d'environ 350 km., Après des années d'exploitation déficitaire, le matériel roulant a été amélioré par la mise en service généralisée de locomotives diesel en 1958; depuis lors l'exploitation donne lieu à de modestes bénéfices. Le trafic-voyageurs n'a fait preuve que d'un accroissement marginal au cours des dix dernières années; par contre, le trafic..marchandises a plus que doublé pour atteindre un chiffre de 134 millions de tonnes/km en 1961/62. On est sur le point d'entreprendre les travaux de construction du premier tronçon de 350 km de voie ferrée entre Yaoundé et Goyoum, sur l'axe proposé du Chemin de Fer Transcamerounais qui reliera Yaoundé à N'Gaoundéré sur une distance d'environ 700 km avec une antenne possible sur Doba et Fort Archambault (Tchad). Les fonds affectés au premier tronçon totalisent 23 millions de dollars assurés par le concours financier du FED (15 millions de dollars), et de l'AID i/ (8 millions de dollars). Un montant supplémentaire de 6 millions de dollars ./ Agency for international Development,, -18- est fourni par le FAC pour la construction de bâtiments et d'ouvrages au- xiliaires et l'équipement en matériel roulant. La Régie des chemins de fer assure le financement d'une autre antenne de faible longueur allant de Mbanga sur la ligne Douala-U iKongsamba à Kumba au Cameroun occidental. 65. Le réseau routier long de plus de 31.000 km ne comporte que 750 km de routes bitumées et à peine 7.000 Im de voies utilis.sables par tous temps, A la fin de 1962, le nombre de véhicules automobiles s'établissait à environ 35.000, y compris les automobiles privées et les autobus, ce qui est peu pour un pays de cette taille. A l'heure actuelle, plusieurs régions ne sont reliées ni par route ni par voie ferrée et le mauvais temps entrave sérieu- sement le développement économique de norbreuses autres régions. Le Plan prévoit des dépenses annuelles de 2,3 milliards de francs au titre des routes et des ponts et le financement de plusieurs projets est d'ores et déjà assuré par le FAC, le FED, l'AID et une aide offerte par l'Allemagne. 66. Des préparatifs sont en cours en vue de l'installation d'une nouvelle ligne radiotéléphonique entre Yaoundé et Douala qui permettra la transmission simultanée de 24 communications radiotéléphoniques. En effet, actuellement 50 demandes de communications ne sont pas honorées chaque jour. Les villes de Douala et de Yaoundé sont toutes deux dotées de l'automatique. Les servi- ces des postes et télégraphes relèvent d'un ministère du Gouvernement fédéral. Enseignement 67. Les missions et les écoles privées assument encore, pour une grande part, la responsabilité de 11enseignement. Le nombre total des erfants d'âge scolaire est estimé à 800,000, dont environ 55% fréquentent l'école primaire. Ces chiffres vont de 95% dans les villes principales à moins de 4% dans cer- taines régions du nord. Les filles représentent environ 1/3 des effectifs. Quelque 10,000 enfante fréquentent l'école secondaire, mais la proportion de ceux qui terminent leurs études atteint en moyenne moins de 20%. L'enseigne- ment technique comprend 6 écoles normales et 60 centres de formation profes- sionelle. De 600 à 700 étudiants fréquentent des établissements d'enseigne- ment supérieur à l'étranger. Afin de répondre aux besoins de l'enseignement supérieur sur le plan local, une université a été créée à la fin de 1962. Le problème le plus grave dans le système d'enseignement est celui posé par le manque sérieux d'enseignants qualifiés. Plus de 70% des instituteurs cQs écoles primaires sont des maltres dont la formation est incomplète. Il est à prévoir que le chiffre annuel d'à peine 2.000 dipl8més du second degré ne remédiera guère à la pénurie de maltres qualifiés étant donné les besoins du Gouvernement et de l'économie en dipl8més de l'enseignement secondaire. Services administratifs 68. Les traitements et salaires des services administratifs ont augmenté de plus de 200% entre 1951 et 1959; ils représentent à l'heure actuelle plus de 8% du produit intérieur brut, soit 12% du PIB monétaire. Bien que les effectifs des salariés du secteur public se soient accrus d'une façon notable au cours des dix dernières années, la croissance de ces dernières années - 19 - refle%te également les augcientations de traitements accord4es avant 1958 ainsi que les progrès de la camerounisation. L'importance des services administratifs rAsulte en partie d'une structure gouvernementale peut-être un peu lourde et de chevauchements d'attributions, ainsi que d'un rende- ment relativement faible qui peut découler dans une certaine mesure de la rapidité de l'africanisation des services et de la pénurie de cadres aux echelons intermAdiaires et supérieurs. -20- III. ECHANGES ET BALANCE DDS PAIEM'ENTS 1/ A. Comnerce extérieur et balance des paiements- 69. Le facteur dominant de l'économie du Cameroun est qu'elle dépend de l'exportation de quelques produits de base dont la production tend à sur- passer la demande sur les marchés mondiaux. Le cacao, le café, les bananes, le bois, le coton et le caoutchouc représentent au moins 60% des exportations En outre, les exportations de thé, dthuile de palme et de palmiste, d'ara- chides et de beurre de cacao, sont allées en s'accroissant, tandis que les exportations d'aluminium représentent désormais 20% du total. Les exporta- tions des produits de base fournissent environ 40% du revenu monétaire. Les cours du café, du cacao et des bananes sont bas à l'heure actuelle et il y a peu de chance qu'ils augmentent dans un proche avenir. L'excédent mondial de café et la participation du Cameroun à l'Accord International sur le Café ont également empêché le Cameroun de vendre la totalité de sa récolte depuis 1959. Parmi les produits d'exportation, seuls le caoutchouc, le coton, l'huile de palme et les palmistes semblent susceptibles d'une production accrue, bien qu'il soit également permis d'envisager le développement de la production forestière dés que le chemin de fer atteindra la partie orientale du pays. 70. Les importations et les exportations officiellement enregistrées ont progressé d'une manière notable depuis 1950. C'est ainsi que les importa- tions sont passées de 11 milliards de F.CFA (63 millions de dollars) à 28 milliards de F.CFA (112 millions de dollars) en 1962, et que les exporta- tions ont augmenté de 9,5 milliards de F.CFA (54 millions de dollars) à 30 milliards de F.CFA (120 millions de dollars)en 1962. 71. Les importations des biens de consommation entraient pour environ 60% dans les importations totales en 1950; elles stélevaient a 50% en 1962, les produits alimentaires à eux seuls y figurant pour 30%, tandis que 1/ Etant donné les réserves qui s'imposent lorsqu'il s'agit d'interpréter les chiffres du Cameroun occidental aprý leur conversion en F.CFA, certaines observations ont dû être limitées au C,meroun oriental. Les statistiques du commerce extérieur et de la balance des paiements sont incomplètes du fait notamment qu'il n'y est pas tenu compte du trafic frontalier dit "tra- ditionnel"; a cela il convient d'ajouter le manque de détails précis sur l2s échanges du Cameroun occidental et sur d'autres opérations de la balance des paiements et, en ce qui concerne le Cameroun orieital, l'absence de nombreux détails sur les opérations effectuées avec d'autres membres de la zone franc. Les statistiques disponibles ont été présentées conformément aux principes énoncés dans le manuel de la balance des paiements du Fonds Monétaire International. -21- les biens d'équipement représentaient respectivement 30% et 20% des impor- tations totales, et les matières premières et produits semi-ouvrés, respec- tivement lOß et 205'. Les variations de la structure des importations sont toutefois assez significatives. On enregistre par conséquent une baisse dans la proportion des biens d'équipement et de consommation et un accroissement de la part des matières premières importées dans le pays. Tableau 3 COMIERCE EXTERIEUR (milliards de F.CFA) Imporbaticns Exportations Balarce Cameroun Cameroun ~ iir^Caroun oriental occi.dTo:al or6i.occident.Total orien,oc cident. Total 1950 10.6 0.5 11.0 8.2 1.3 9.5 -2.4 +10.9 -1.5 1952 18.6 1.0 19.6 11.0 1.9 13.0 -7.6 + 1.0 -6.6 1954 16.3 0.8 17.1 15.2 2.4 17.7 -1.0 + 1.6 +o,6 1956 16.7 1.0 17.7 13.2 2.1 15.2 -3.5 + 1.1 -2.h 1958 22.h 1.7 24.2 24.3 4.1 28<4 +1.9 + Z,3 +4.2 1960 20,4 2.4 22.8 2h.0 5.9 29.9 +3.5 + 3.5 +3.1 1961 23.7 3.8 27.5 2h.2 6.1 30.3 +0.5 + 2.3 +2.8 1962 25.1 3.2 28.3 25.5 4.4 29.9 +0.h + 1.2 +1.6 72. Depuis 19h5, et par suite notarmment des programmes de développement mis en oeuvre depuis 1947, la balance cormrerciale du Cameroun oriental a accu- sé des déficits constants jusqu'en 1958. Les fortes dépenses engagées au titre du développement dans le secteur public et des investissements dans le secteur privé ont donné lieu à un niveau élevé d'importations. Dès avat 1956, les investisseurs privés avaient décidé de pratiquer une politique d'attente, tandis que les investissements publics connaissaient, quant à eux, un ralen- tissement marqué dés avant 1958. Cette année-la, une bcnne récolte de caceo jointe à des cours favorables se traduisit par un excédent d'exportations sur les importations pour la première fois depuis la guerre. Le niveau des im- portationS étant resté faible durant les deux années suivantes, reflétant ainsi une baisse de l'activité en matière d'investissement ainsi que les effets de la dévaluation, des balances commerciales favorables furent donc enregistrées au cours des deux années en question. - 22 - 73. Le commerce ext'rieur est nettement orient- vers la zone franc et, au sein de la zone franc, vers la France. Des accords spéciaux intervenus avec la France sur le plan de la commercialisation ainsi que les programmes d'aide français en matière d'A,quipement et d'assistance technique ont joue un rôle important dans ce domaine. C'est ainsi que plus des deux tiers des exportations est vendu dans la zone franc tandis qu'une proportion semblable des importations provient de la même zone. Les autres membres du Marché Commun viennent au deuxième rang en tant que debouchAs et sources d'approvi- sionnement. En effet, 15% àa 20% du commerce extérieur du Cameroun s'effectue avec les pays de la Communautp Economique Européenne, autres que la France. La zone sterling fournit environ 8% des importations et absorbe approximati- vement 15% des exportations. Le Cameroun a benAficié au cours de ces der- nières ann'es d'une balance commerciale excédentaire avec la CEE et la France, mais cet excrdent va en diminuant; avec l'ensemble de la zone franc, le pays a enregistré un dpficit jusqu'en 1959. On note un faible dpficit avec la zone dollar et un excedent assez important avec la zone sterling. 74. Mi la dévaluation d'août 1957, ni celle de decemibre 1958, paral- lèles aux mesures de dývaluation du franc français, n'ont provoqué un ac- croissement sensible des exportations vers les pays n'appartenant pas à la zone franc; mais on a pu constater une régression ùemporaire des importations, 75. L'exc'dent modeste de la balance commerciale dont le Cameroun a bén'ficié depuis 1959 a été compensé par la balance des transactions invi- sibles et la balance des paiements courants a 4te déficitaire. En ce qui concerne le compte capital, il convient de signaler d'importantes entres de capitaux destinés au secteur public et provenant du FAC, du FED, de l'AID américaine et de l'Allemagne et, dans une certaine mesure, de la Grande- Bretagne. En outre, des fonds émanant de la Caisse Centrale, ont été des- tinos aux investissements dans le secteur prive'. Au cours de ces dernières annces, il semble que d'importants montants de capitaux aient fait l'objet d'un rapatriement de la part des entreprises et des particuliers étrangers installas au Cameroun. Les capitaux privés continuent à quitter le pays, bien qu'il soit difficile d'estimer l'importance de ces transferts. B. Relations commerciales 76. Par suite de son association avec la France, le Cameroun a bénl- ficié des avantages offerts par le marché français sous forme de prix garan- tis, de tarifs préférentiels, de contingents d'importations, voire même de subventions directes. Les avantages d'ordre strictement financier que re- présentent les taux différentiels entre les cours du marché français et les cours mondiaux sont estinps à environ 2 milliards de F.CFA pour 1961, soit 7% des exportations totales enregistrn'es cette année-là, qui est d'ailleurs la dernière sur laquelle on dispose de donnpes complètes. Ces chiffres ne tiennent pas compte des avantages que retire le Cameroun de l'existence d'un concours financier acquis aux caisses de stabilisation nationales et d'un marché garanti ou prot6gA, surtout à l'égard de certaines cultures aux pos- sibilit's de commercialisation limitées; c'est notamment le cas des bananes et du cacao. 77. Avant l'indépendance, le Cameroun était placé sous le régime de la porte ouverte lequel ne permettait aucune discrimination envers les pays tiers, cela conformément à son statut de pays sous tutelle. Lors de son accession à l'indépendance, le Cameroun a renonce à ce principe, Le ler juillet 1962, un nouveau tarif douanier extprieur commun a été établi -23- concurremient avec l'Union Douanière Equatoriale; ce tarif permet l'entrée en franchise des importations en provenance du Marché Corriun et des 12 pays membres de l'OAUCE 1/. Le nouveau tarif de droits de douane à l'importation se superpose à un droit d'entrée déjà existant, et qui atteint en moyenne l4 à 20%, et à un irmpôt sur le chiffre d'affaires atteignant en moyenne 15 à 17l. Il s'agit là de droits fiscaux sans caractère discriminatoire. Les im- portations du Cameroun occidental ont fait l'objet de dispositions transitoi- res, étant soumises à un tarif douanier représentant 60 à 65% de celui du Cameroun oriental. Ces dispositions devaient prendre fin en octobre 1963 à la suite de l'abandon du régime préférentiel irpérial (équivalent à 15% en 1962) dont bénéficiaient jusqu'alors les exportations de bananes du Cameroun occidental sur la Grande-Bretagne. 78. Aux termes de la seconde convention d'association à la Communauté Eco- nomique Européeenne dont l'entrée en vigueur demeure fonction de sa ratifica- tion, les exportations du Cameroun vers la CEE bénéficieront d'une éliminaticn progressive des tarifs douaniers, En revanche, les exportations sur la France perdront progressivement les avantages que leur offrait un marché fermé et protégé, par suite de l'élimination progressive des restrictions quantitatives et du soutien des prix prévue par la nouvelle convention. 79. Du fait de son appartenance à la zone franc, les besoins du Cameroun en devises sont soumis à certaines rêgles; celles-ci s'appliquent dans le cas des échanges, par l'imposition d'un plafond aux importations totales en pro- venance des pays situés en dehors de la zone franc et par la garantie soit d'un plancher pour les importations de certains produits en provenance de la France, soit d!un plafond global pour les importations des mêmes produits en provenance des pays n'appartenant pas à la zone franc. Bien que des plafonds déterminés sur les importations totales des pays situés hors de la zone franc semblent avoir été fixés, ils n'ont jamais été pleinement utilisés et, si le besoin s'en faisait sentir, ils se révéleraient probablement assez souples. Un programme annuel d'importations, établissant une distinction entre trois zones générales: le Marché Commun, l'Europe orientale et les pays tiers a été établi en tenant compte du plafond devant s'appliquer aux importations tota- les en provenance des pays à l'extérieur de la zone franc d'une part, et des besoins du Cameroun d'autre part. Outre le maintien du principe de libre échan- ge au sein de la zone franc, :Le Cameroun, en sa qualité de membre associé de la CEE, a également levé toutes restrictions quantitatives sur les importa- tions en provenance de ces pays. 80. Le régime des licences d'importation destiné à la règlementation du com- merce extérieur et des changes, fait partie d'un système plus vaste de contr3- le des changes institué au Cameroun oriental à la fin des années '30, et calqué sur le système en vigueur encore récemment en France. Depuis l'indépendance, le fonctionnement et l'extension du système de contr6le des changes et du régi.. me des licences d'importation a donné lieu à pas mal de récriminations en ce qui concerne la délivrance de licences, surtout au Cameroun occidental. Bien 1/ Organisation 1Africaine et Malgache pour la Coopération EconomiLque. -24- que les critiques portent principalement sur l'insuffisance des méthodes administratives nécessaires à l'application des règlements, se traduisant par des retards dans la réception des inportations en provenance des pays hors de la zone franc, et sur les prix anormalement élevés dus à la rareté des produits, on note cependant une certaine discrimination en faveur des négociants africains. Parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui ne dispo- sent souvent pas de ressources suffisantes pour leur permettre d'utiliser leurs licences, ce qui résulte en une nouvelle aggravation de la situation de l'offre. Un système de licences d'exportation est également en vigueur; l'objectif principal en étant le contr8le de l'enregistrement des recettes en devises. -25- IV. FINAICES ET PLAN DE DEVELOPE.IvENT A. Monnaie et crédit 81. L'unité monétaire est le Franc CFA émis par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique Equatoriale et du Cameroun et défini par rapport au franc français sur la base fixe de 1 franc CFA pour 0,02 franc français; elle s'échange au taux de 2h6 francs CFA pour 1 dollar U.S, Ltémission de la monnaie est assurée pour tous les pays participants par la Banque Centrale, laquelle a commencé récemment à émettre des billets différents pour chaque pays. Les réserves de devises des 5 pays participants sont centralisées auprts de la Banque Centrale, mais un compte séparé est entretenu pour le Cameroun, La France garantit la conversion illimitée des francs CFA en francs français et en d'autres monnaies de la zone franc, Les avoirs axté- rieurs du Cameroun sont faibles et se sont situés au cours des huit dernières années, aux environ de 2,3 milliards de F.CFA, soit à peine 10% de la moyenne des importations annuelles. Le 31 décembre 1962, ils ont atteint un total de 5 milliards de francs (y compris la part estimée ds investissements totaux en francs des cinq pays membres). Ce montant ne représentait que 16% des importations totales de 1962. 82. La Banque est autorisée à accorder des crédits à court et à moyen termes au secteur privé, mais non au Gouvernement. Les plafonds globaux des facilités de réescompte pour chaque banque locale et autres entreprises habi- litées, sont déterminés par le Comité 7onétaire National pour le Cameroun, mais la Banque Centrale se réserve le droit de modifier le taux de l'escompte, 83. La masse monétaire s'est accrue au cours des sept dernières années à peu près au même rythme que le PIB. La monnaie en circulation s'élevait à 10,5 milliards de F.CFA à la fin de 1962 et les dépôts à 10,7 milliards de francs, formant un total de 21,2 milliards de F.CFA, soit 28% du PIB du secteur monétaire, 84. Le Cameroun dépend dans une large mesure des banques étrangères en matière de services bancaires et de crédits. C'est ainsi que six banques françaises, deux banques anglaises, et une banque camerounaise sont établies au Cameroun. Les banques anglaises mises à part, les opérations de crédit dépendent en grande partie des moyens de réescompte offerts par la Banque Centrale. 85. En dehors des banques commerciales, on compte trois organismes pu- blics de crédit: la Banque Camerounaise de Développement, la Uest Cameroun Development Agency, et la Caisse Centrale de Coopération Econoiiique. Les banques commerciales et la Banque de Développement assurent environ 70% de l'ensemble des crédits à court terme; la Caisse Centrale fournit pour sa part 60% des crédits à long et à moyen termes, tandis que la Cameroun Development Bank y contribue pour environ 35% et que les banques conerciaes assurent le reste, ctest-à-dire 5%. 86. La Caisse Centrale fournit un apport appréciable à l'économie en accordant des crédits à long et à moyen termes, tant au secteur public qu'au -26- secteur privé; outre sa participation au capital de la Banque de Dévelop- pement, elle fournit à celle-ci une part appréciable de ses capitaux dispo- nibles pour prêts,. Le volume des prêts non remboursés à la fin de 1962 s'élevait à 18,7 milliards de F.CFA, dont 10,6 milliards de francs pour les pouvoirs publics, 5,2 milliards de francs pour les entreprises publiques et 2,9 pour les entreprises privées. Le financement de la ULest Cameroon Development Agency est presque entièrement assuré par des subventions pro- venant soit du West Cameroon l'arketing Board soit du Gouvernement. Prés de la moitié des ressources de cet organisme semble être engagée dans des pro- jets qui ne sont guère susceptibles de stimuler beaucoup le développement. 87. La Banque Camerounaise de Développement (ECD) est une banque de dé- veloppement national dont le capital de 1 milliard de francs est détenu pour 61% par l'Etat du Cameroun, par la Caisse Centrale (31%) et par la Banque Centrale (8%). Créée en 1960, en vue de reprendre les opérations de l'ancien Crédit du Cameroun, la ECD a pour objet de fournir des crédits destinés à faciliter le développement de l'industrie, de l'agriculture, du cormerce, de l'artisanat, de l'élevage et de la pêche; elle peut égalerent financer l'a- chat des biens de consommation. La ECD concourt en outre au développement et à la diversification de la coopération. le est également autorisée à recevoir et à utiliser les dépâts, les subventions et les prêts et à ré- escompter les crédits à long et à moyen termesauprès de la Banque Centrale. 88. La BCD est le principal agent du Gouvernement en matière d'industria- lisation et de crédit agricole. La réunion de ces deux r8les entre les mains d'une même direction ne semble toutefois pas devoir donner de résultats sa- tisfaisants tandis que l'intervention de la BCD dans le domaine du crédit à la consommation nuit au bon fonctionnement de celle-ci et porte atteinte à sa capacité d'emprunt auprès des prêteurs éventuels étrangers. La Banque étant appelée à recourir aux capitaux extérieurs dans une proporticn appré- ciable, ces facteurs ne manqueront pas de revêtir une importance croissante. Les effets de la tendance actuelle vers une diversification accrue des res- ponsabilités de la Banque se reflètent dans la forte augmentation des prêts accordés dans le domaine immobilier, alors que liagriculture et l'artisanat perdent de leur importance. Il semble également qu'il y ait une augientation très nette du volume des prêts en défaut, C'est ainsi que sur un total de 2,2 milliards de F.CFA de prêts non remboursés au 30 juin 1962, 0,h Milliard, soit 20% se trouvaient être en défaut, et parmi ceux-ci 75% ont été enregis- trés au cours de l'année 1961-1962. Par ailleurs, les biens immobiliers entrent pour h7% dans le volume total des prêts en défaut, pourcentage qui se chiffre à 37% pour le crédit agricole. 89. Il se peut que le contrÔle exercé par le Gouvernement sur les activi- tés de la ECD soit trop étroit pour que celle-ci fonctionne sur une base ab- solument rentable. D'autre part, il est peut-être imprudent de concentrer des responsabilités financières aussi étendues entre les mains d'une même organisation. -27- B. Le budget 90. Le pays comprend maintenant trois Gouvernements, chacun doté de son propre budget de fonctionnement et d'un budget d'équipement. Les dépenses d'équipement financées par des fonds d'origine extérieure ne sont pas habi- tuellement comprises dans le système budgétaire normal; ell-,s sont incorpo- rées au Plan de développement 1961/6; mais le budget d,équipeiient propre- ment dit représente toiut au plus 10 à 20% des investissements du secteur public. 91. Les budgets des deux Etats fédérés sont soumis à l'approbation du Go.- vernement fédéral et tout déficit du budget de fonctionnement de mPme que les fonds nécessaires au financement du budget d'équ.perment, dépendent des crédits ouverts par le Gouvernement fédéral. Les budgets de fonctionnement et d1équi- pement du Gouvernement fédéral sont équilibrés par les subventions de fonction- nement et d'investissemenit du FAC et par prélèvement sur la caisse de réserve. 92. Outre le budget fédéral, il faut mentionner les budgets annexes des che- mins de fer et des ports; ces comptes sont soumis à l'approbation de l'Assem- blée Législative. Dans le cadre des efforts extraordinaires déployés c:tte année par le Iivnistère des Finances en vue d'éqU.iibrer le budget 3.963/64, l'affectation des recettes provenant des impôts sur l'essence et de l'immatri- culation des véhicules aatomobiles à un fonds routier destiné au financement des travaux d'entretien et des dépenses d1équipement des ponts et chaussées, a été supprimée. Ces recettes seront désormais comprises dans les recettes ordi- naires et les fonds accumulés jusqu'ici ont été partiellement utilisés pour équilibrer le budget de fonctionnement. 93. Certaines dépenses de fonctionnement des services du Gouvernement fran- çais au Cameroun sont assurées directement sur le budget français. Ces dépen- ses de l'ordre dtun milliard de F.CFA représentent pour la plupart, les trai- tements du personnel d'assistance technique français qui sont employés au sein de l'administration camerounaise. La France effectue d'autres dépenses au Cam.eroun, il s'agit notamment du coût de ltentretien de ses installations mili- taires et du versenent de pensions aux anciens membres de l'armée française. 94. Le premier budget fédéral pour l'année 1962/63, prévoyait un excédent de dépenses par rapport aux recettes de 1,8 milliards de F.CFA, découvert qu'il a fallu résorber grâce aux subveritions d'éouilibre du Gouvernement français s'é- levant à 1,3 milliard de francs et, pour le reste, par un préè1vement sur la caisse de réserve. Le budget fédéral 1963/64 déposé sur le bureau de l'Assern- blée fédérale en mai 1963 prévoit que les recettes ordinaires seront équilibrées au niveau de 22,3 mil7iards de F.OFA par les dépenses ordinaires sans qu'il -oit recouru à l'aide extérieure. Les dépenses au titre du budget d'équipement exigent toujours une contribution importante de la part du Gouvernement fran- çais, atteignant un milliard de F.CFA, le solde, soit 900 millions de F.CFA nécessaires aux dépenses d'équipement, étant financé au moyen de prélèverent sur la caisse de réserve du Gcuvernement du Camieroun. La subvention du Gou- vernement français est toutefois appelée à disparaltre dans le budget 196'66 et doit être réduite de 50% en 1964/65. -28- 95. Le budget de fonctionnement 1963/64 du Cameroun oriental se chiffre à 6,7 milliards de francs, celui du Cameroun occidental à 1,9 milliard, quant à celui du Gouvernement fédéral, il atteint 13,7 milliards. 96. En ce qui concerne les recettes, une série d'augmentations d'impôts a permds de les accroitre de 11,9 milliards de francs en 1960/61 à environ 22,3 milliards prévus pour 1963/64, Ces chiffres représentent environ 18% du PIB, soit 30% du PIB monétaire Le Gouvernement continue à compter lar- gement sur les impôts indirects, lesquels représentent 6C% des recettes to- tales en 1963/64; cette proportion est restée pour l'essentiel identique depuis 1956. On peut considérer ces résultats comne remarqablese L'aug- mentation des impôts indirects risque dIentraîner une hausse des prix à la consommation pouvant atteindre 10% au cours de l'arnée. Il est cepenant fort douteux que les recettes courantes puissent être effectivement portées au niveau prévu par le budget, et ce malgré l'accroissement des taux de lim- ,rt. En effet, l'économie n'est pas aussi prospère et l'accroissement des taux d'imposition peut freiner la production, Il est donc probable qu'une subvention sera encore nécessaire pour le budget de fonctionnement. 97. Depuis 1957, les dépenses se sont accrues à un rythme moyen de 20% par ane Du fait des troubles survenus en 1958, le budget de 1959 a reflété l'accroissement des crédits affectés aux forces armées, les dépenses effec- tuées à ce titre étant passées de 323 millions de francs en 1957 à 3,5 milliards de francs en 1961-1962, chiffre auquel elles paraissent s'être stabilisées. Le coût des autres services a également progressé très rapide- ment et conporte à l'heure actuelle une contribution partielle aux dépenses locales du personnel d:assistance technique du Gouvernement français, lequel assurait auparavant la totalité des frais d'entretien et le paiement des traitements. La contribution prévue pour 1963/64 s'élève à 360 millions de F.CFA par rapport aux dépenses totales estimées à plus de 1 milliard de francs, 98. La mise en place, lors de l'indépendance, d'une troisième instance gouvernementale à l'échelon fédéral, sans qu'elle ait eu pour conséquence une réduction sensible des dépenses des gouvernements fédérés, constitue une des raisons de l'accroissement des dépenses. Cette évolution a par ailleurs gravement accru le besoin de personnel administratif compétent au moment même o-u leur nombre était déjà insuffisant par suite du départ des non africains. Il s'ensuit que l'Administration a dû tirer le meilleur part. possible d'un nombre particulièremert élevé de fonctionnaires inexpérimentés. En raison des diverses exigences aurquelles doit répondre le modeste effec- tif de fonctionnaires compétents, l'appareil adinistratif fonctionne quel- quefois avec difficulté. C test ainsi que dans un certain nombre de domaines, le travail adrrinistratif est difficilement effectué et le fonctionnement des services coûte cher,, 99. Malgré le coût élevé des services actuels, le Couvernement devrait se préoccuper dans l'immédiat de développer les services essentiels desquels dépend, dans une large mesure, le succès de son programme de développement et, notaument, les services de l'agriculture, des travaux publics et de l'en- seignement. Cela suppose, d'une part, une sérieuse révision de la situation -29- des services improductifs et l'adoption de mesur-s d'éconoie à leur égar., d'autre part, une nette amélioration de la compétence des fonctionnaires pro- mus dans le cadre de la politique de camierounisation. Faute de prendre les mesures qui s'imposent, il est difficile de voir comment le Gouvernement peut espérer obtenir un budget en équilibre, et mener à bien un programm.e de développement plus poussé. Un départ a été pris dans ce sens en 1961 lorscqu'on retira aux hauts fonctionnaires, députés et miistres, les avantages qui leur étaient alloués sous fo:rie de logement et de transports gratuitse Par ailleurs les traitements et salaires n'ont pas varié en dépit de certaines pressions en faveur de leur augmentation. De nouvelles écononies de cet ordre devraient cependant pouvoir ttre envisagées. C. Le Dlan de développement 100. Les principales sources d'investissemenfts publics au Cameroun, au cours de la période allant de l9930 à ce jour, ont été constituées diune part par des fonds publics français, d'autre part, par des dépenses d'équipement financées sur fonds hors budget du Gouvernement cariercunais. Les investisse- ments ont atteint un total d'environ 100 milliards de FXCFA, dont plus des 2/3 ont été financés par des fonds publics et semi-publics français, environ 10/ sur fonds extra-budgétaires et le solde, soit 2 milliards de francs par an, au moyen de capitaux étrangers d'origine privée. 101. L'établissement du premier Plan de développement 1961/65> de la République indépendante fut confié à une équipe de spécialiste français tra- vaillant sous la direction et la responsabilité du iUn.istre des Finances. A cet effet, on mit en place un certain norbre de commissions chargées de participer à cette élaboration et qui comprenaient des représentants de tous les services administratifs concernés, notamment dans le domaine agricole, industriel, commercial et bancaire ainsi que les représentants des syndicats et des organisations patronales. 102. Les objectifs du Plan consistent à jeter les bases du programme géré- ral de dfveloppement destiné à doubler le revenu national dans les 20 proca!-. nes années, c'est-à-dire entre 1960 et 1980. La réalisation de cet objectif global nécessite un accroissement annuel moyen du PIB de l'ordre de 4,5% alors qu'effectivement le taux annuel de croissance du PIB réel pendant la pA- riode 1951/59 s'est situé probablement aux environs de h%. Le taux moyen de progression du PIB de h,5% par an envisagé par le Plan au cours de la périod, 1961/65 est un peu plus ambitieux qu'il ne semble étant donné que dès avant 1961, le taux daccroissement des recettes d'exportation avait déjà corminencé à fléchir et que le niveau des investissements annuels prévus au plan ne parait guère devoir être supérieur à celui des années antérieures. En effet, au cours des dix années précédentes, les investissements effectifs ont été bien en desscus de la moy-enne générale. Or, le plan prévoit des dépenses totales de 53 milliards de F.CFA étalées sur cinq ans, soit une dépense annuelle d'un peu plus de 10 milliards de francs, ce qui n,'e dépasse que lé- gerement la mo:'enne atteinte au cours de la période précédente. Le Plan affec- te 47% des dépenses totales à l'infrastructure(dans laquelle ltextension des chemins de fer tient une place toute particulière), 20% est destiné à l'agri- culture, 11% à d'autres activités productives, l?% aux investissements -30- à Leractère souial et environ 5% aux études économiques et techniques pré- paratoires. 103. Une faiblesse du Plan semble résider dans le fait qu'il ne comporte pas d'étude précise permettant de prévoir la contribution éventuelle des projets à l'accroissement de la production. A part un bref expasé des objec- tifs globaux, le Plan ne contient aucun détail sur le cadre miacro-éccnoii- que dans lequel il a été élaboré, Il ne cherche pas à établir une distinc- tion entre les investissements du secteur public et du secteur privé ou à in- diquer d'une mani3ère systématique limportance et la nature du concours fi- nancier que le Gouverremrent accordera au secteur privé, Aucuie allusion n'est faite à la répercussion éventuelle de certains projets ou plans sec- toriels sur le volume de la production, de l'erploi et de la productivité d'un secteur donné, et rien ne permet d'évraluer dans quelle mesure le pro- gramme contribuera au développement économique Le Plan ne contient, par ailleurs, aucun renseignement sur les ressources matérielles et en main- d'oeuvre nécessaires à sa mise en oeuvre. L'impression qui se dégage est celle d'un catalogue de projets éventuels, présentant des degrés divers de corrélation, mais dont la ccordination dans le temps ou entre les program- mes des différents secteurs n'est guère assurée. Le développement agricole est la clé de la réalisation intégrale des objectifs globaux du Plan, et des principes généraux qui l'inspirent, mais le plan ne prévoit dans l'agri- culture qu'un investissement de 2 milliards de francs par an, dont la moitié est constituée par les investissements privés des paysans et l'autre moitié par des dépenses publiques pour les services de vulgarisation, la formation et les études préliminaires. Il est donc probable que les objectifs ne sont pas très réalistes ou que les moyens mis en oeuvre sont insuffisants, 104. Dans le domaine financier, il se peut que le Cameroun puisse se pro- curer la plupart des fonds d'origine extérieure nécessaires aux investisse- ments du secteur public. Les engagements au titre de l'aide extérieure en- tre les années 1959 et 1962, marquées de toute évidence par une période de transition et d'adaptation, se sont élevés à plus de 20 milliards de F.CFA, soit un engagement moyen annuel de plus de 5 milliards de francs. Il sem- ble probable que l'aide totale du FAC, du FZD et de liAID atteigne en moyen- ne environ 5 milliards de francs par an pour le reste de la durée du Plan. Le Cameroun est également en mesure d'emprunter auprès de la Caisse Centra- le en vue d'investissements approuvés dans des entreprises rentables. La part de l'épargne intérieure dans les investissements reste inconnue. En effet, la contribution des entreprises, des ménages et du Gouvernement devra se situer entre 4 à 5 milliards de francs par an en moyenne en vue de compU- ter les moyens financiers nécessaires à la réalisation du Plan,, Une partie de cette contribution prendrait la forme d'investisseients sur fonds propros, pour peu que le climat politique et économique s 'y prête, mais le restant serait fonction de l'introduction de nouvelles méthodes visant à -la mobili- sation de l'épargne, 105. Le Département ministériel chargé du Plan, et qui relere du Minis- tère des Finances, manque de personnel et de moyens techniques pour le contr8le de l'exécution du plan. Il semble manquer de moyens lui permettent -31- de collationner les renseignements sur les projets en voie de préparation au sein des divers -inistères, de coordonner les proposition et de dégager les ordres de priorité, et mme d'exercer tout contrôle financier ou de tenir un état à jour sur les progrès enregistrés par le Plan. Le partage des res- ponsabilités entre le Ministère de l'Economie Nationale et le Ministère des Finances en matière de formulation de la politique éconcmique et de planifi- cation ne facilite pas la prise de décisions, la coordination et l'exécution ni lévaluation objective du programme du plan. A cela vient s'ajouter une certaine pénurie de techniciens et de conseillers pour la préparation du plan. 106. Le renforcement du personnel de l'organisme central chargé de la pla- nification ainsi que des effectifs des dinistères et des organismes responsa- bles de la préparation et de l'évaluation des projets, de leur exécution ou de leur contr8le, constitue une tâche urgente, A cet égard, il est particv- lièrement important de disposer d'organes techniques dA gestion solides dans le domaine de l'agriculture, des travaux publics et de la planification de l'enseignement, Ces départements ont en effet un rôle déterminant à jouer en matière d'élaboration et de mise en oeuvre des projets de développement, d'autant plus que sans les conseils avisés reposant sur l'expérierce directe acquioe par les divers départements ministériels, il faut s'attendre à une sous-utilisation croissante des fonds disponibles. Parmi les actions recon- mandées, il conviendrait d'accorder un ordre de priorité élevé aux services de l'agriculture ainsi qu'aux décisions touchant la politique agricole, étant donné que l'économie dépend assentiellement des résultats obtenus par les paysans. -32- V. PERSPECTIVES ECOOMlIQUES 107. Parmi les incertitudes les plus sérieuses qui entourent toute éva- luation éconontque du Cameroun, il convient de citer celles ayant trait à l'accroissement des recettes d'exportation des produits agricoles, à la confiance des entreprises non-africaines dans le maintien de la stabilité politique et d'un climat favorable aux affaires, à l'efficacité des services publics et au rythme d'intégration des deux Etats fédérés. 108. Malgré la gamme et la diversité relatives des exportations de pro- duits agricoles du Cameroun, leur nombre demeure limité. Pour certains d'entre-eux, notamment le café, le coton, les bananes, l'huile de palme et les arachides, les exportations du Cameroun sur la France ont bénéficié d'un surprix appréciable par rapport aux cours mondiaux, de l'ordre de 2 milliards de F.CFA en 1961. Quant au Cameroun occidental, il a perdu le droit protecteur de £7.10 sh. par tonne dont bénéficiaient, jusquau ler oc- tobre 1963, ses exportations de bananes sur le Royaume-Uni. Toutefois, aux termes de la nouvelle Convention entre la CEE et les pays associés, le Cameroun doit s'attendre à perdre les avantages découlant du système de res- trictions quantitatives et de soutien des prix offerts par le marché français. Il peut, bien entendu, espérer tirer parti de son entrée dans le marché élar- gi que constitue la CEE et bénéficier de la protection accordée par l'applica- tion du tarif extérieur commun de la CEE aux importations en provenance des pays à production primaire, qui ne sont pas associés à la CEE. Ces avantages risquent néanmoins d'être sérieusement limités en ce qui concerne le cacao et les bananes qui ne sont pas de qualité supérieure (par suite des objections formulées par l'Allemagne et l'Italie à l'égard de l'entrée en franchise des bananes des pays associés, l'application aux bananes des dizpcsitions de la zone de libre échange a été suspendue sine die. 109. Au cours de ces dernières années, les cours mondiaux de tous ces pro- duits de base ont subi d'importantes fluctuations, de sorte qu'il est impos- sible de prévoir toute augmentation future; en fait, une baisse affectant la plupart des produits parait inévitable. Dans le cas des deux principaux produits d'exportation, le café et le cacao, il se peut fort bien qu'ils soient soumis à des restrictions au stade de la production ou de l'exploita- tion. Etant donné les conditions de la production locale et les persp3ctives du marché mondial pour chaque produit, il semble improbable que le Cameroun puisse augmenter ses recettes d'exportation de plus de 2% par an au cours des cinq prochaines années, sans une modification complète des ordres de priorités et une intervention du Gouvernement. Une évolution de ce genre dépendra de la promptitude avec laquelle le Gouvernement reconnaîtra l'importance capita- le d'une expansion rapide de la production destinée à l'exportation, ou de la prise de mesures énergiques à cette fin, et sera conscient de la nécessité d'établir une distinction entre la structure du développement agricole à long terme et les impératifs à court terme plus urgents, et d'augmenter les recettes d'exportation et les revenus de l'Etat. 110. La seule possibilité immédiate qui s'offre au Gouvernement en ce qui concerne l'augmentation de la production destinée à l'exportation est de -33- tAcher d la prcduct-ivité et les revenus monétaires des produit2 prin,ipaux tels que le cacao, le café, les bananes, l'huile de palme et les palmistes ainsi que le caoutchouc et le coton, malgré l'étroitesse de leurs débouchés. L'étude et la mise en oeuvre des mesures destinées à accro5tre les rendements, à améliorer la collecte et l'évacuation, l'amélioration de la position concurrentielle sur les marchés mondiaux, le resserrement des relations avec les marchés existants et la recherche de nouveaux débouchés méritent de recevoir la plus haute priorité tant pour les actions à entre- prendre que povr les moyens financiers à mettre en oeuvre. S'il veut at- teindre ses objectifs de développement à long terme et parvenir à la pros- périté, le Cameroun ne peut se permettre de ne dépend,rA que de la plupart de ses produits d'exportation actuels. En revanche, litroduction rapide des mesures nécessaires, en collaboration avec l'entreprise privée, peut a nouveau donner aux recettes d'exportation la possibilité d'atteindre un taux d'accroisseýment annuel de 3 à h%, ce qui permettrait à l'économie de traverser la période de réadaptation jusqu!à ce que la production agricole évolue vers des structures plus stables et mieux appropriées, La mise au point d'un programme de reconversion à court terme parait cependant assez lente. l1. La contribution d'autres secteurs a la croessance éconordque sera probablement d'une importance minime. Il est permis de supposer que la production des cult,res de subsistance continuera à slac(croitre à une caden- ce un peu plus rapide que la population, soit un peu plus de 2% par an. Des possibilités à. long terme existent en ce qui concerne le développement du 1ranching' à grande échelle et ilélevage peut dans ces conditions donner lieu à un commerce d'exportation. Les exporetations de bois offrent, par ailleurs, des perspectives d'expansion continue à un rythme d'environ 5; par an. Cette cadence dépendra toutefois de la réglementation de cette branche par le Gouvernement; elle sera également fonction de l'amélioration sensible des routes et des voies ferrées à partir des régions forestières jusqu'aux ports et,d'autre part, de la participatiôn active des entreprises privées :t. étrangères. 112. Les perspectives d'accroissemcnt de la production manufacturière sont essentiellement limitées à la fabrication de certains produits de subqti-- tution. Aussi rapide que soit l'augmentation de la production des produits manufacturés, sa faible importance signifie que sa contribution véritable à la croissance globale de ltéconomie sera vraisenblablement restreinte pa.n- dant de nombreuses années. Il existe des possibilités de développement d'une gamme de produits de l'industrie légëre; cette expansion devrait permettre de satisfaire la demande locale, de remplacer certaines impcrtations, et de développer les industries de transformation des produits agricoles. Toutefois, ces réalisations dépendent des efforts qui seront faits au cours des cinq prochaines années pour rassurer le secteur privé et lui donner le sentiment que ses investissements pourront bénéficier de profits rémunérateurs dans un climat commercial favorable. Ltharonisation du développement industriel avec les pays voisins offre également la possibilité d'établir un nombre limité d'industries d'envergue orientées vers des marchés plus vastes que ceux que peuvent offrir le Cameroun ou ses voisins, pris isolément, Mais ces possib-Lités seront probablement fonction du développement des moyens de communication, chose qui ne peut être réalisée à brève échéance. -34- 113. Comte tenu de l'accroissement de la population à un rythme de 1 à 1,5% par an, de l'augmentation des recettes d'exportation de l'ordre de 2% par an et des termes de l'échango généralement défavorabLes, il est peu pro- bable que l'accroissement réel du produ.t intérieur brut dépasse 2% par an. Aussi faible qu'il soit, ce taux suppose une cnjonicture politique favorable, une stabilité intérieure permanente allant de pair avec une intégration plus étroite de toutes les régions, et le mainte.-i de la confiance, dtun; part sur le plan extérieur et, d'autre part, en ce qui coni-erne les entreprises non africaines établies au Cameroun. Ce dernier facteur pourra d'ailleurs avoir une influence sur le volume des moyens fine.nciers extérieurs rOs à la disposition du Cameroun. l14, La confiance des entreprises non afri.caines à l'égard du Cameroun, de même que celle des gouvernements et investissears étrangers en général, déper dra probablement de la façon dont le Gouvernement concevra sen propre r3ie et de sa capacité d'assumer les responsabilités qu'il acueptera, La tendance du Gouvernement à intervenir dans l'économie se manifeste par les réglementa- tions et les contrôles ainsi que par la participation accrue de l'Etat dans les secteurs productifs, Toutefois, une économie centralisée conportant une importante participation du secteur public exige des services gouvriernemrn- taux amplement dotés d un personnel hautement qualifié si l'on veut éviter tou te entrave à la conduite ordinaire des affaires ou découreger les investisse- ments privés et parilyser de nouvelles initiatives. Les services du Gouverne- ment du Cameroun sont quelquefois encore embryonnaires et un nrmbre important de lacunes reste à combler dans sa structure, A quelques exceptions près, les ministeres et départements ministériels ne sont pas pourvus d'un person- nel suffisant, ne disposent que de moyens restreints pour mener à bien l'étu- de et les enqutes des besoins à long terme de l'éconorie ou pour coordonner les diverses fonctions de l'appareil administratif. Il importe donc que le Gouvernement, dans ses efforts de mobilisation des ressources potentielles de l'économie, se rende compte des limites des ressources humaines à sa dis- position. 15. Un grand nombre des vides existants au sein de la fonction publique découle du départ rapide des fonctionnaires étrangers. La pleine réalisa- tion des objectifs du développement dépendra du recrutement a brève échéarc du personnel technique et adrinistratif nécessaire, C'est ainsi que dans le domaine de la planification économique, on relève déjà une pénurie mani- feste de spécialistes capables d'accomplir les études et de prendre- 1cs ma- sures nécessaires à l'exécution des projets approuvés. Les projets dont les enq1etes préliminaires et les études sur les moyens de leur exécution sont, soit en cours, soit achevées, se font de noins en moins nombreux 116. La nécessitê de recruter des cadres étrangers au sein de l'adnzLiistra- tion continuera probablement à se faire sentir dans une certaine mesure pen- dant une dizaine d'années au moins. L'essor de l'économie dépend surtout du succès que remportera le Gouvernement dans la gestion efficace des servi- ces publics et de l'accroissement sensible du nombre des fonctionnaires et des conseillers techniques pour que le fonctionnement de l'administration ne soit pas encore ralenti. -35- 117. Il est irportant que le Gouvernement prenne des mesures pour cua lintégration des administrations fédérale et fédérées en un service unique se traduise par des économies. Par la même occasion, une étude des besoins en effectif nécessaire pour la fonction publique devrait être effectuée concurremi,ent avec une étude des ressources humaines disponibles. Cette enquête pourrait également porter sur certains autres facteurs, notamment sur l'étendue de la participation de l'Etat dans les entreprises et. sur les activités du Couvernement dans le secteur priv5, en vue de permettre à. celui- ci de formuler plus clairerent les grandes lignes de sa politique future dans ces domaines. Il convient que le Gouvernement ne perde pas de vue que la création d'un climat approprié permettra d'intéresser l'entreprise privée étrangère sur une plus vaste échelle au développement agricole, à l'expansion de l'industrie de la viande, à lienploitation forestière et à l'implantation d'industries légères. Cela 6viterait au Gouve:cnement d'immobiliser des res- sources financiëres limitées dans ces secteurs. 118. Etant données les réserves formulées à l'égard d'un optimisme exces- sif concernant les recettes de l'Etat en 1963/64 et les perspectives plutot décourageantes qui s'offrent aux exportations, il serait préférable que le Gouvernement prévoie une augmentation des recettes de l-ordre de 750 millions de francs par an pour les 3 ou 4 prochaines arinées, et que les dépenses de fonctionnement soient ajustées en conséquence. Il va s'en dire que cet état de choses aura des répercussions sur les choix gouvernementaux dans les sec- teurs indiqués plus haut. D'autre part, si l'on tient compte des possibili.- tés limitées de développement du marché des capitaux et des limites probables des investissements privés, il y aurait lieu de prévoir un excédent du budget de fonctionnement qui fournirait un volume raisonnable d'épargne intérieure pour le développement économique. 119. En raison des graves problèmes économiques découlant de l'existence de deux Ztats fédérés que sépare une barrière douanière et une structure de revenus et de couts différents et qui ont, en outre, à supporter la charge d'un système fédéral onéreux, l'étude et l'introduction des mesures visant à l'intégration des deux économies doivent recevoir une priorité toute parti culi3re supérieure à celle qui lui est actuellement réservée. Si de nom- breuses questions sont particulièrement complexes, quelques unes pourraienT.. être soumises à de petites équipes de spécialistes indépendants recrutés au Cameroun et à l'étranger. Parmi les questions à étudier, il convient de citer: - la méthode et le choix du moment opportun de la levée des barrières douanières existantes et les mesures nécessaires au rétablissement d'un équilibre normal de marché entre les struc- tures revenu-coût des deux économies sans provoquer de boule- versements nouveaux; - les fonctions et les responsabilités de la Cameroon Develop- ment Corporation, y compris ses méthodes d'organisation, de gestion et de contr8le. Il s'agit là de problèmes qui peuvent gêner l'intégration et nuisent aux décisions en matière politique; à cet égard, le Gouvernement du Cameroun -36- pourrait utilement tirer parti de conseils impartiaux. Dans l'imuédizt, une priorité accrue pourrait être donnée à l'amélioration des communications entre les deux Etats ainsi qu'entre les gouvernements fédéral et fédérés. 120. Les perspectives économiques sont encore incertaines, par le fait même que l'avenir dépend de la volonté du Gouvernement de réexaminer sa po- litique économique et de la rapidité avec laquelle il sera à ntme de dé:*inir et de mettre en oeuvre les mesures directes qui permettrcnt de maintenir, notamment dans le secteur clé de l'agricualture, un certain progrès éconoiLue au cours des trois à cinq prochaines années de réadaptation. Dans le secteur public, le Gouvernement doit, non seulement poursuivre l'objectif primordial que constitue l'équilibre budgétaire, mais aussi remanier sa politique finan- ciére et faire en sorte que le volize de son excédent budgétaire courant con- tribue d'une façon sensible, grâce à l'épargne intérieure, au financement du développement économique., Ceci dépendra, en revanche, des aménagements fis- caux et de meilleures méthodes de perception des .imp6ts, ainsi que de l'in- troduction de mesures stricbes d.'économie dans le domaine des dépenses de fonctionnement. En outre, le r8le que le Gouvernement peut jouer en matière de réglementation de léconomie et le degré de sa part.icipatizn aux secteurs de production doivent être limités non seulement par les moyens financiers disponibles, mais encore par les ressources humaines. La mise en place d'une administration efficace devra cependant dépendre, du mains à brève échéance, de principes de recrutement plus souples à l'égard des non Africains, . plus forte raison si l'on veut atteindre les objectifs de développement fixés dans un avenir relativement rapproché. Comprendre la nécessité de telles mesures pour assurer la pleine utilisation des ressources disponibles et accepter une politique gouvernementale prudente, sont autant d'éléments essentiels à l'ave- nement progressif d'une période d'expansion soutenue et de croissance équili- brée, accompagnées d'une amélioration régulière du niveau de vie. Iire si ces mesures reçoivent un accueil favorable et sont finalement couronnées de succès, il faut s'attendre à ce que les progrès ne soient ni rapides ni spec- taculaires, compte tenu des ressources limitées dont dispose le pays et de l'absence de toute amélioration notable des cours des produits de base sur les marchés mondiaux. Capacité d'endettement 121<. Si les incertitudes qui planent sur l'avenir du Cameroun sont nom- breuses, en revanche, le Cameroun a traversé le sbade initial de scn iudépe- dance en faisant montre d'un degré considérable de maturité politique. Il semble qu'il ait le désir de suivre une politique raisonnable et que le pays soit disposé à faire un effort sérieux pour son développement. A part cer- taines lacunes dans le domaine des routes et de l'enseignement, le Cameroun est bien partagé dans le domaine de l'infrastructure. 122. A la fin de juin 1963, la dette publique du Cameroun était estimée à environ 11,1 milliards de F.CFA (h millions de dollars). L'ensemble de la dette est d'origine extérieure, 10,9 milliards de F.CFA étant dus à la France et 0,2 milliard au Royaume-Uni. La majeure partie de cette dette s'assortit d'un intérêt à 1% ou, dans le cas de certains prêts de nature - 37- commerciale et industrielle, à des taux ne dépassant pas 3 à 35% L service de la dette payable à l'étranger est estimé à environ 500 millioni de F.CFA pour 1963-1964, soit 0,4% du produit intérieur brut, ou à peine 2% des recettes d'exportation, Au cours des prochaines années, le Cameroun est assuré de recevoir une aide importante, principalement sous forme de dons ou de prêts assortis de taux d'intérêts faibles ou insignifiants, ce qui ne devrait pas accroître sensiblement le niveau actuel des charges au titre du service de la dette. 123. Cependant, en ce qui concerne les recettes d'exportation, le Cameroun oriental devra procéder à un difficile effort d'adaptation en vue diabaisser les prix de ses produits destinés au marché français; 7l en sera de même du Cameroun occidental qui devra trouver moyen de compenser la perte de la pré- féeence du Ccnmonwealth sur le marché du Royaure-Uni. Dans l'ensemble, les perspectives des exportations du Cameroun risquent fort, d'ici trois à quatre ans, de donner lieu à une balance commerciale défavorable, Par ailleurs, il y a de grandes chances pour que l'azcroissement normal des dépenses de fonc- tionnement qui sont la ccnséquence même de certains investissements, excède l'augmentation possible des rentrées fiscales,r.ne si elles s'allient à une réduction de dépenses secondaires. Il est donc difficile d'entrevoir la possibilité de parvenir à un budget en équilibre. En outre, un grand nombre de facteurs nécessaires à l'accélération du développement écono- mique---notanment l'expansion des services de base dans l'agriculture, les travaux publics et l'éducation.-devrait entraîner un nouveau surcroît de dépenses courantes. 124. Pour conclu:re: le principal besoin du Camercun en mati(re d'assis- tance financière est pour une aide étroitement associée aux secteurs priori- taires (agriculture, routes, enseignement). Cette aide permettra non seule- ment d'assurer une priorité aux investissements dans les secteurs en question, mais visera également à obtenir l'appui nécessaire du Gouvernement sous for- me de directives et de dépenses courantes. La dette extérieure actuelle n'est pas très élevée: elle représente 2% des recettes d'exportation. Tou- tefois, à la lumière des perspectives incertaines de l'exportation, des pro- blèmes du budget de fonctionnement et des importants ajustements auxquels ltéconomie doit faire face, tout accroissement notable de la dette extérieure à des conditions classiques ne semble pas prudent à brève échéance, Par conséquent, le Cameroun semble réunir les conditions nécessaires à l'octroi d'une aide à des conditions plus douces en raison de son sous-diveloppemnt et compte tenu des résultats obtenus à ce jour; cependant des réformes de la politique de développement sont nécessaires et toute aide devrait être associée à de telles réformes.
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Cameroon - The economy (Vol. 1 of 2) : Rapport principal
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