Document de La Banque Mondiale .A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES Rapport No. 10508 RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET MAROC PROJET FORESTIER GHARB/MAMORA (PRET 2110-MOR) 31 MARS 1992 Division des operations - Agriculture DBpartement geographique I1 Bureau regional Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord 1 TRA DUCTlON NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Le present document fait I'objet d'une diffusion restreinte. et ne peut Gtre utilise par ses destinataires que dans I'exercice de leurs fonctions officielles. S a teneur ne peut itre autrement divulguee sans I'autorisation de la Banque Mondiale. MONNAIE Unite monetaire - dirham marocain (Dh) Dh 1 US$ 0,12 US$ 1 -- Dh 8 , s (Calendrier 1989) SIGLES DEFCS Direction des eaux et for&ts et de la conservation des sols FNF Fonds national forestier RAP - Rapport d'achevement de projet EXERCICE ler janvier - 31 decembre RAPPORT D'ACHEVEMENT ROYAUME DU MAROC Table des matieres Page Preface ................................................................ i Resume de l'evaluation ................................................. ii PARTIE I : EXAMEN DU PROJET DU POINT DE W E DE LA BANQUE ......... 1 Fiche signaletique du projet ................................... 1 Generalites .................................................... 1 Objectifs et description du projet ............................. 3 Conception et organisation du projet ........................... 4 Execution du projet ............................................ 5 Resultats du projet ............................................ 7 Viabilite du projet ........................................13 Performance de la Banque .......................................13 Performance de l'emprunteur .................................... 14 Rapports de travail ............................................15 Services de consultants ........................................ 15 Donnees et documents du projet ................................. 15 PARTIE I1 : EXAMEN DU PROJET DU POINT DE W E DE L'EMPRUNTEUR ...... 17 PARTIE I11 : DONNEES STATISTIQUES .................................. 18 RAPPORT D'ACHEVEMENT ROYAUME DU MAROC PROJET FORESTIER GHARB/MAMORA Pr6face Le present document constitue le Rapport d'achevement (RAP) du Premier projet forestier execute au Maroc, pour lequel le Pret 2110-MOR,d'un montant de 27,5millions de dollars, a ete approuve le 23 mars 1982. Le pr&t a ete clos le 30 juin 1990, avec deux ans de retard. A quatre reprises, des montants du pret, representant au total 17,4 millions de dollars (soit 62 % du montant total du prkt), ont ete annules du montant initialement approuve. Le dernier decaissement a eu lieu le 5 novembre 1990. Le solde restant de 0,28million de dollars a ete annuli5 du compte de pr6t. Ce RAP a ete etabli par le Departement technique (Division agriculture) et la Division operations-agriculture du Departement geographique concerne du Bureau regional Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Banque mondiale (pour la Preface, le Resume de l'evaluation et les Parties I et 111) et par 1'Emprunteur (Partie 11). . I1 se fonde sur le rapport d'evaluation et le volume portant sur l'execution, les accords de pret et de projet, les rapports de supervision, la correspondance echangee entre la Banque et I'Emprunteur, les rapports d'avancement du projet et l'experience de la mise en oeuvre du projet. RAPPORT D'ACHNEMENT Obiectifs 1. Les principaux objectifs du projet, tels qu'ils ont ete definis dans le rapport d'evaluation, etaient les suivants : i) augmenter la production de bois rond grace a de nouvelles plantations; et ii) doter le sous-secteurde la foresterie de meilleures techniques de planification et de gestion. Le projet avait plusieurs autres objectifs implicites (par. 7 et 18). 2. Le projet prevoyait : a) le dessouchage et la replantation de quelque 20.000 ha de plantations d'eucal tus existantes; b) le reboisement de 10.000 ha de chenes-lieges degradesp en eucalyptus, acacias et pins; c) la construction, l'amelioration et l'entretien de 40, 140 et 500 km, respectivement, de routes forestieres; d) l'amelioration des pdturages sur quelque 2.600 ha de forkt claire; e) l'amelioration de la recherche forestiere, de la planification et de l'inventaire forestiers et des moyens de formation de la Direction des eaux et forets et de la conservation des sols (DEFCS); f) le lancement d'etudes specialisees concernant, notamment, l'inventaire, la gestion, l'exploitation et le financement du sous-secteur forestier; et g) la creation d'un bureau du projet dote de moyens techniques, administratifs et logistiques (par. 8). 3. L'identification du projet (deux missions) a eu lieu entre avril et octobre 1979; la preparation (trois missions) de juin 1980 a juin 1981; et l'evaluation en juin 1981. Un bureau du projet a ete cree au sein de la DEFCS, a Rabat, pour diriger et coordonner le projet, mais les chefs des services forestiers de Kenitra et Khemisset ont continue d'assurer les tPches administratives quotidiennes sur le terrain. Un Comite de coordination technique a ete cree puis supprime, etant donne que ses membres se it Tous les numeros de paragraphe indiques renvoient au corps du rapport. 2' En 1985, on a remplace, dans cette composante, "chenes-li8gesdegrades" par espaces ouverts, maquis et plantations trop anciennes. rencontraient de toute facon plusieurs fois par semaine et pouvaient facilement communiquer par telephone. Des le debut de 1986, le projet a porte essentiellement sur le dessouchage et la replantation, a la quasi- exclusion de la plupart des autres operations (par. 9-10). Execution 4. L'Accord de pret, signe le 15 avril 1982, est entre en vigueur le 28 octobre 1982. Le projet a fait l'objet de 14 missions de supervision et a ete prolonge de d e w ans jusqu'au 30 juin 1990. Les principaw problemes rencontres pendant la quasi-totalitede l'execution, ont ete, premierement, l'insuffisance du financement de contrepartie local et, dewiemement, les longs retards de paiement des entrepreneurs. On avait prevu des operations simples et un financement retroactif pour accelerer le demarrage de 1'execution - compte tenu de la conception du projet, aucune autre mesure, si ce n'est s'attaquer a w problemes fondamentaux poses par les procedures budgetaires et la difficulte d'acceder a des fonds locaux suffisants au moment opportun, n'aurait permis d'eviter ce probleme de financement local. La revision de la composante amenagement des parcours; les retards pris par les etudes de la DEFCS et, par dessus tout, l'appreciation du dollar par rapport au dirham ont reduit 1'equivalent en dollars des colits du projet. Le coGt du defrichement mecanise est reste faible parce que les entrepreneurs n'avaient pas d'autre travail et que leur materiel, assez ancien, etait deja amorti. Seul l'emploi d'engrais mineraux pour les plantations d'eucalyptus existantes (ce qui n'etait pas inclus dans les estimations du projet) a augmente, ce qui a rencheri les coQts. Un Programme d'assistance speciale, qui a porte le t a u de decaissement pour le dessouchage de 60 a 90 X, a ete . mis en oeuvre du 30 juin 1986 jusqu'a l'achevement du projet (par. 11-14). 5. Des montants du pr6t ont ete annul& a quatre reprises : novembre 1984 (7,Omillions de dollars); aolit 1986 (5,O millions de dollars); juin 1989 (3,O millions de dollars); et juin 1990 (2.4 millions de dollars). Le systeme adopte par le Ministere des finances, a savoir de regrouper les justificatifs de fournitures et services similaires avant de les payer, a generalement retarde les decaissements, malgre l'ouverture d'un Compte special au milieu de 1987 (par. 15). Resultats 6. Les resultats dus au projet sont les suivants : a) les 20.000 ha de l'ensemble des plantations d'eucalyptus vises ont et6 a 99 X dessouches et prepares pour de nouveaux plants; b) 72 % des 29.383 ha (20.000 ha + 9.383 ha) qu'il etait prevu de planter l'ont ete; c) le systeme d'irrigation de la pepiniere de Sidi Yahia a ete remis en etat, et la production annuelle de jeunes plants portee a 10 millions; d) le programme routier (25 % des 40 km de construction, 31 % des 140 km de refection et 8 % des 500 km d'entretien) a ete execute en seulement trois ans; e) on a construit en d e w ans 58 % des 12 maisons prevues, mais pas de bAtiment de bureaux; f) s'agissant du programme d'achat de vehicules, 87 X des 23 vehicules a quatre roues motrices et les sept camions prevus (100 X) ont ete achetes; g) l'objectif d'amenagement des parcours, qui etait de 2.600 ha, a et6 depasse de 373 ha; et h) pour ce qui est des cinq principales etudes, trois (formation, economie forestiere et amenagement des parcours) ont etb faites, l'inventaire forestier a ete demarre (il sera continue au titre du Deuxieme projet forestier) et l'btude de rationalisation a et6 financee par d'autres sources (par. 16). 7. On estime que les d e w objectifs declares ont ete atteints. On obtiendra une croissance annuelle moyenne de la production de bois industriel de quelque 12 m3/ha mais, grdce a deux applications d'engrais mineral, l'une a la plantation et l'autre cinq ans apres. La production de bois de feu a partir des souches, qui etait nulle, est desormais de l'ordre de 50 tonnesfia. La creation du Bureau du projet a incontestablement permis l'introduction de meilleures techniques de planification et de gestion, mais il faudra attendre la mise en place d'un bureau convenablement equip6 au titre du Dewieme projet forestier pour pleinement Bvaluer l'impact du projet. Quatre des objectifs implicites ont egalement ete atteints. I1 s'agit : a) de l'introduction d'un systeme adapte de dessouchage mecanise dans la zone du Gharb/Mamora; b) d'un plan d'amelioration genetique des eucalyptus (introduit en 1987); c) d'un dispositif efficace de recherche forestiere; et d) du lancement d'un projet relais (Deuxieme projet forestier), qui constitue une suite efficace et un elargissement de l'experience acquise grdce au Premier projet forestier (par. 17-18). 8. Toutes les interventions prevues au titre du premier projet auraient presque certainement pu ktre menees a bien ou depasser les objectifs pendant la duree prevue du projet sans les problemes financiers des annees 80. La composante d'amenagement des parcours a probablement et6 la plus decevante. Bien que l'objectif fixe ait ete depasse, on n'a pas reussi a creer d'associations pastorales, pas plus qu'a imposer de redevances de pdturage realistes ou a enfreprendre un recensement satisfaisant du betail pdturant dans la forkt. Des efforts complementaires sont en cours a 1'Bchelle nationale?' (par. 19). 9. Quelque 80 X des plantations prevues dans le cadre du projet ont ete etablies sur d'anciennes plantations prealablement dessouchkes manuellement ou mecaniquement et une evaluation des taux de rentabilite a Bte effectuee (voir dans la Partie I11 les Tableaux 9 A-B et 10 A-B). Les taux de rentabilite financiere, qui n'etaient, lors de l'bvaluation, que de 8,5 X dans le cas du dessouchage mecanique et de 14,5 X dans le cas du dessouchage manuel, ont ete beaucoup plus eleves a la fin du projet, soit 19,9 X et 22,9 X dans le premier cas et 33,9 X et 36,5 X dans le second, selon que l'on a proced6 a une ou d e w applications d'engrais. Cette difference, si elle s'explique en partie par le fait que ces chiffres, contrairement a w calculs effectues lors de l'evaluation, n'incluent pas les cohts indirects tels que la protection contre les incendies, les routes, etc., est essentiellement due a l'augmentation sensible des prix a la production, en particulier des souches vendues au debut de la plantation (5.000 dirhamsfia en 1988/89 contre 600 dirhamsfia lors de l'evaluation). La mesure dans laquelle les prix mondiaw du bois ont affecte les taux de rentabilitb est indiquee par le t a u de rentabilite economique : de 25 X au moment de l'&valuation, ce taux est 31 Voir la note correspondante du Tableau 7 dans la Partie 111. passe a 35 X dans le cas du dessouchage mecanique et a plus de 40 % dans le cas du dessouchage manuel, en fonction du nombre d'applications d'engrais (par. 20). 10. On voit que le dessouchage manuel est plus economique que le dessouchage mecanique; en tout etat de cause, les deux methodes sont difficilement comparables dans la mesure oh le dessouchage mecanique permet de cultiver le sol plus en profondeur et que le dessouchage manuel s'effectue au rythme de 400 hommes-joursfia, soit 2 millions d'hommes-joursfia pour defricher 5.000 ha/an (cinq/six mois) destines a la plantation. I1 apparait a l'evidence plus economique de proceder a deux applications d'engrais qu'8 une seule. I1 est difficile d'bvaluer correctement l'impact, sans nu1 doute positif, de ce projet sur le secteur de la foresterie tant que le deuxieme projet n'est pas termine, puisque ce dernier est littbralement la continuation du premier projet (par. 21 et 22). Viabilite 11. Les principales operations du Premier projet forestier sont toutes viables; le projet complementaire vise a augmenter et ameliorer les avantages qui en decoulent (par. 23-24). Conclusions et lecons de l'exoerience 12. a) La gestion du patrimoine forestier exige a la fois une strategie a long terme et une approche integree, qui couvre a la fois les politiques et les programmes relevant d'un certain nombre d'institutions (par. 18, 22 et 25-a); . b) beneficier d'un financement de la Banque, mkme a des taux de decaissement eleves, ne signifie pas necessairement que l'on disposera des fonds suffisants pour un projet donne; il faut donc que le Maroc fasse preuve d'une attention particuligre et assure un suivi continu, de sorte que le budget soit adequat et que les fonds deja inscrits au budget soient debloques (la situation s'est amelioree depuis le Premier projet forestier) (par. 14); c) l'identification par voie d'inventaire des zones de degradation des forkts et de deboisement est une condition indispensable a 1'6laboration de solutions efficaces (par. 18-d); et d) la permanence du personnel, tant du c6te de la Banque que du c6te de I'Emprunteur, a un effet positif sur l'execution du projet : il renforce l'efficacitb des operations et facilite la redaction du Rapport d'achevement (par. 27). ROYAUME DU MAROC PROJET FOREST1ER GHARB/MAMORA (PRET 2110-MOR) PARTIE I : Examen du ~roietdu ooint de vue de la Banuue 1 Titre : Projet forestier Numero de pret 2110-MOR Vice-Presidence regionale EMENA Pays Maroc Secteur : Agriculture Generalites 1. La fordt occupe quelque 5,8 millions d'hectares, soit environ 8 X de la superficie du Maroc (qui s'eleve au total a peu pres a 71 millions d'hectares), surtout dans le Nord-Ouest,oh le climat est plus frais et plus humide que dans le reste du pays. En 1990, les plantations forestieres occupaient a peine plus de 0,5 million d'hectares et il y avait un demi- million d'hectares dlacacia.ssp le long des cours d'eau dans le Sud; et, dans l'Est, 3,2 millions d'hectares de spart relevaient egalement de la Direction des eaux et for6ts et de la conservation des sols (DEFCS) du Ministere de 1'agriculture. 2. La principale contribution des forgts a l'economie, tout en etant difficile a quantifier, est presque certainement d'ordre ecologique : protection des ressources en eau, de la production agricole et de la faune et de la flore sauvages et limitation de l'erosion des sols, y compris, dans le Sud, de la desertification. La contribution de la foresterie au produit interieur brut (PIB) du pays a ete estimee a environ 2 X, soit 12 X de la valeur ajoutee agricole, et environ 2,7 milliards de dirhamsA1 si l'on inclut la contribution non comptabilisee de la for6t aux ressources fourrageres et energetiques du Maroc. A la difference de la majorite des pays dlAfriquedu Nord et du Moyen-Orient, le Maroc exporte des produits forestiers, qui, en 1987, consistaient en : pate a papier, 333,O millions de dirhams (69 X du total); produits derives du lihge, 87,O millions de dirhams (18 X ) ; et produits transformes - surtout a partir de bois importe - 63,O millions de - Taux de change a l'bvaluation : 1 dollar 5,3 dirhams. Le t a w de change moyen annuel est passe, pendant la duree de 11ex6cutiondu projet, a : 1982, 6,O; 1983, 7,l; 1984, 8.8; 1985, 10.1; 1986, 9,l;1987, 8,4; 1988, 8,2; 1989, 8,5. dirhams (13 X); soit une valeur totale de 483,O millions de dirhams. Jusqu'au deuxieme semestre de 1986, tout le bois utilise pour la fabrication de pate etait d'origine locale. 3. En 1979/81, la foresterie marocaine souffrait d'un certain nombre de problemes faciles a identifier auxquels il fallait remedier. Les ameliorations techniques apportees dans les annees 70 a la seule usine de cellulose du Maroc, situee a Sidi Yahia dans le Gharb/Mamora, avaient virtuellement double sa capacite, la portant a 100.000 tonnes de pPte sechke a l'air, ses besoins annuels de bois de trituration se chiffraient des lors 345.000 m3 sous-ecorce; il fallait donc augmenter les rendements des plantations d'eucalyptus recepees en rempla~antles.vieux arbres dont les rendements avaient sensiblement chute (apres le troisieme taillis) par des plants d'une provenance a rendement plus eleve. On estimait alors que, chaque annee, la foret fournissait 10,O millions environ de metres cubes de bois de feu, emporte souvent illegalement,soit au moins trois fois plus que l e rendement soutenable et que, de ce fait, 20.000 ha environ de foret disparaissaient chaque annee. La foret naturelle appartient presque entierement a l'Etat, mais la population locale et des nomades y ont traditionnellement joui de droits de paturage. Selon les estimations, la forkt rnarocaine fournissait 1.500 millions d'unites de fourragel' par an (18 % des besoins annuels du cheptel marocain), ce qui, dans une large mesure, empechait la regeneration naturelle et contribuait a une degradation generale de la vegetation. Le sous-secteur de la foresterie manquait cruellement de capitaux. L'investissement public etait en augmentation (il est passe de 213,O millions de dirhams en 1973/77 a 893,O millions en 1981/85), mais les communes reinvestissaient rarement dans des operations forestieres 20 X des recettes qu'elles tiraient des for6ts (une des solutions prevues par la loi de 1977, qui attribuait le revenu brut des forgts aux communes), le Fonds national forestier (F'NF) etait gaspille en pr6ts sans interkt aux proprietaires fonciers aux fins de reboisement,et la foresterie avait manifestement besoin d'autres sources de financement. Enfin, on manquait de donnees sur la foret marocaine (dont 20 X seulement avaient ete inventories et cartographies de maniere detaillee) et les activites de planification des ressources de la DEFCS etaient limitees. 4 . A l'epoque de l'evaluation du projet, il n'y avait apparemment pas de politique forestiere ou de strategie d'amenagement forestier dkclaree, mais les objectifs du Gouvernement ont ete resumes dans le plan de developpement quinquennal (1981-85) et repris dans le Rapport d'dvaluation comme suit : a) augmenter la production de bois i) en implantant chaque annee des especes d'arbres a croissance rapide (sur 50.000 ha); et ii) en appliquant un systeme plus rationnel et plus productif de gestion des ressources forestieres marocaines, de maniere a reduire les importations de produits derives de la for6t et a augmenter les exportations de pAte, liege et alfa; 5' Equivalent nutritionnel d'environ 1 kg d'orge. b) grace a une amelioration de l'amenagement forestier,conserver aux forets leur r61e de conservation de la stabilite du sol, de prevention de l'erosion et de protection des bassins versants; et C) augmenter les ressources de fourrage pour le betail grice a une meilleure gestion sylvopastorale. 5. En juin 1981 (evaluation du projet), il y avait au Maroc deux projets de la Banque en cours d'execution qui comportaient des elements de foresterie/conservation des sols, le Projet agricole de Fes-Karia-Tissa (Pret 1602-MOR, ex. 78) et le Projet d'amenagement rural de Loukkos (Pret 848-MOR, ex. 80), awquels est venu s'ajouter, un an plus tard, un autre projet a w composantes et objectifs similaires (Dbveloppement agricole d'oulmes-Rommani,Prkt 2217-MOR,ex. 83); un projet agricole comprenant de nombreuses composantes forestieres - planification de l'amenagement, regeneration assistbe, exploitation,lutte contre les insectes, etc. - venait aussi d'etre evalue (Amenagement agricole du Moyen-Atlas, Prbt 2082-MOR, ex. 82). Aucun des d e w projets operationnels n'etait en cours depuis assez longtemps pour fournir beaucoup d'indications utiles a la preparation du projet de foresterie (voir Tableau 1 pour plus amples informations). Ces projets ont generalement donne satisfaction (tous les projets, sauf celui d'Oulmes-Rommani, sont acheves) , bien qu'un grand nombre de leurs propositions aient ete mises en oeuvre apres la crise budgetaire marocaine de 1983 et aient souffert d'une insuffisance de financement complementaire permanente. La periode d'execution de tous ces projets a ete prolongee; pour le projet Fes-Karia-Tissa,les retards ont tenu, en particulier, au temps qu'il a fallu pour achever la composante approvisionnement en eau de zones d'acces difficile. . 6. Le Projet forestier a ete execute pendant une periode de crise financiere, puis d'austerite. Apres environ deux decennies de gestion economique prudente, le Maroc s'est engage dans une politique budgetaire expansionniste pour financer des depenses croissantes de defense et d'investissement public. En consequence, la dette exterieure du pays est passee de 1,8 milliard de dollars en 1975 a 13,9 milliards de dollars en 1983, ou elle representait presque 120 X du PIB et ou le Gouvernement a impose des restrictions d'urgence et freine les depenses publiques. Des mesures de stabilisation et d'ajustement de grande envergure ont ete preparees et appuyees par une serie de trois accords de confirmation avec le FMI (1983-88) et par des prkts a l'ajustement structure1 et sectoriel de la Banque (industrie, agriculture, education et entreprises publiques, notamment). La situation s'est considerablement amelioree, mais au prix d'une forte reduction des investissements publics, et notamment des credits prevus pour le projet forestier. Obiectifs et description du ~roiet 7. Les principaux objectifs du projet, tels qu'ils etaient enonces dans le Rapport d'evaluation, etaient les suivants : a) accroitre la production de bois rond grace a de nouvelles plantations destinees a alimenter en bois de p&te a fibre courte l'usine de cellulose existant a Sidi Yahia, dans le Gharb, et a repondre en partie a la demande nationale croissante de bois d'oeuvre pour l'industrie et la construction et de bois de feu (l'augmentation de la production devant permettre une augmentation des exportations de pate et une reduction des importations de bois d'oeuvre) ; et b) de doter le sous-secteurde la foresterie de meilleures techniques de planification et de gestion, d'ou une augmentation de la productivite de la for6t en m6me temps que des ressources de fourrage pour le cheptel. Un autre aspect, a savoir la definition des elements necessaires a une gestion forestiere plus efficace, a pris une importance croissante a mesure que l'on prenait connaissance des resultats des etudes du projet. Cette definition a ainsi occupe une plus grande place dans la preparation du projet complementaire (Deuxieme projet forestier). Le projet comprenait les elements suivants a) dessouchage et replantation d'environ 20.000 ha (18.400 ha de dessouchage mecanise et 1.600 ha de dessouchage manuel) de plantations d'eucalyptus existantes a faible rendement dans la region de Gharb/Mamora; b) dans la region forestiere de Mamora, remplacement d'environ 10.000 ha (exactement 9.383 ha) de for6t degradee de chknes-lieges par quelque 3.000.ha d'eucalyptus , 3.500 ha d'bcacia mollissima et 3.500 ha de pins; c) refection et construction d'environ 140 et 40 km, respectivement, de routes forestieres et entretien d'environ 500 km de certaines routes de plantation; d) amelioration d'environ 2.600 ha de pAturage; e) amelioration des moyens de recherche, d'inventaire forestier/de planification et de formation de la DEFCS; f) realisation d'ktudes specialisees portant notamment sur 1'inventaire forestier, la gestion, 1'exploitation (y compris la production de charbon de bois) et le financement; et g) creation d'un bureau du projet, dote de moyens techniques, administratifs et logistiques. Conception et oreanisation du proiet 9. L'identification du projet a exige deux missions, qui ont eu lieu sur une periode de six mois (avril-octobre 1979), la preparation de trois missions, qui se sont etalees sur huit mois (juin 1980-juin 1981), et l'evaluation a eu lieu en juin 1981 (Tableaux 2 et 3). Le rapport de preparation (mars 1981) portait essentiellement sur lfBtablissement de plantations, a l'exclusion de toute autre proposition. La majorite de ces autres propositions et les annexes, dont un examen du sous-secteur,ont etB preparees pendant et apres l'evaluation et incluses dans le Rapport d'evaluation et le volume portant sur 1'execution (fevrier et decembre 1982). Ce projet etant le premier projet forestier realise au Maroc, on avait prevu une composante renforcement institutionnel (recherche, formation et etudes) mais aucune etude touchant a certaines questions controversees, come la recherche de solutions aux conflits entre culture, elevage et amenagement forestier, considerant que de telles solutions devaient d'abord &tre experimentees dans le cadre de projets de developpement agricole. En fait, une composante sylvopastorale a ete ajoutee pendant 1'&valuation. La Note de presentation du projet (juin 1981) mentionnait un dventuel projet forestier national,qui pourrait permettre de tester des initiatives a vocation sociale et industrielle (ce qui s'est fait par la suite grace au Deuxieme projet forestier). 10. Un Bureau du projet a ete etabli au sein de la DEFCS a Rabat pour diriger et coordonner le projet. Les tkhes administratives quotidiennes sur le terrain ont continue de relever des Chefs des services forestiers provinciaw de Kenitra et (en partie) de Khemisset, qui ont ete dotes de quelques ressources supplementaires en personnel. Le Comite technique de coordinations', qui avait ete cree et se reunissait chaque trimestre, a ete supprime par le Ministre a la fin de 1985 quand celui-ci a assume les fonctions de Directeur de la DEFCS, etant donne que la majorite des membres de ce comite se rencontraient plusieurs fois par semaine et pouvaient aisement &tre joints par telephone. Le Ministre a egalement decide a la mdme epoque que le projet demit se concentrer sur le dessouchage et La replantation, a la quasi-exclusion de toutes les autres operations. Le Directeur du projet a maintenu des contacts reguliers avec le Conseil national de la foresterie (qui doit se reunir au moins une fois l'an) et les Conseils provinciaux de la foresterie. Les Chefs des services provinciaw sont regulierement en relation avec les Conseils communaux. Aucun cofinancement n'etait prevu dans le rapport d'evaluation mais, en pratique, les recherches en matiere d'amelioration genetique (par. 17-b) et l'etude de rationalisation (17-d) ont beneficie d'une aide bilaterale fran~aise. 11. Le pr&t a ete negocie au debut de fevrier 1982 et approuve par la Banque le 23 mars 1982. LtAccordde pr&t a ete signe le 15 avril 1982 mais, le decret d'approbation n'ayant pas ete adopte, la date d'entree en vigueur a ete reportee du 14 juillet au 28 octobre 1982 (Tableau 2). I1 y a eu en tout 14 missions de supervision : si, au depart, les rapports faisaient surtout etat de problemes administratifs (composition du personnel du Bureau du projet) et techniques (dessouchage mecanique), par la suite (de la fin de 6' Compose du Directeur de la DEFCS, de ses cinq chefs de division, de deux Chefs des services forestiers, du Chef de la Division des affaires rurales du Ministere de l'intdrieur et du Directeur du projet. 1983 au debut de 1990), les problemes financiers (par. 12) ont pris le dessus (Tableau 3). La date d'achevement du projet a ete repoussee de deux ans, jusqu'au 30 juin 1990, ostensiblement pour permettre d'atteindre ou de depasser certains objectifs mais, en fait, pour permettre l'achevement des contrats de dessouchage qui avaient ete signes en aoQt 1987. 12. Les deux grands problemes auxquels le projet s'est heurtb pendant pratiquement toute sa duree ont ete, d'une part, l'inadequation des fonds de contrepartie locaw et, d'autre part, les retards de paiement des contrats : les entreprises ne se sont donc pas senties obligees de proceder a la preparation des terres avec toute la celerite voulue et la realisation des objectifs de plantation s'en est trouvee consid8rablement retardbe (par. 8). Ces retards sont imputables au fait que m6me lorsque les fournitures etaient inscrites au budget, les contrats signes et les travaux donc commences, les fonds n'etaient pas, en fait, disponibles. Dans certains cas, les entreprises ont tout simplement abandonne les chantiers en attendant le paiement des travaux deja realises. Aucune mesure de la Banque ou du Bureau du projet n'aurait pu eviter ce probleme. Les operations du projet etaient d' une grande simp1icite et, pour accelerer leur demarrage, un financement retroactif avait ete accorde pour la preparation de 1.935 ha de terres (lancee en 1981/82) pour des plantations. Apres l'examen a mi-parcours du projet, en fevrier 1986, les travaux de construction de routes et de batiments et les achats de vehicules et de materiel ont ete arr&tes, et les operations materielles ont pratiquement ete reduites aux actions de dessouchage et d'etablissement de plantations (par. 16). En outre, l'achat d'une niveleuse a ete abandonne. La revision du volet amenagement des parcours a amene une reduction considerable du coQt des operations d'amelioration des pgturages (Tableau 8); les consultants pour pratiquement toutes les etudes de la OEFCS, les bourses d18tudes du projet et les propositions d'etude de rationalisation ont ete annules; l'etude pour l'inventaire forestier a ete considerablement retardee. L'utilisation d'engrais mineraw pour les eucalyptus plantes dans les zones ou ils existaient deja a probablement ete la seule source d'augmentation des cotits du projet (par. 17b). 13. Les realisations materielles du projet ont, pour la plupart, ete inferieures a w objectifs (Tableau 6) mais, d'une maniere generale, les cotits sont restes dans les limites des estimations de l'bvaluation (a la seule exception de l'blement construction et remise en etat des routes). L'appreciation du dollar (par. 2) a permis une plus grande souplesse dans les decaissements. Pour ce qui est de l'operation la plus cofiteuse du projet, la preparation des terres, les prix de 1981 et 1982 etaient toujours dans les limites des estimations de l'evaluation en dbpit d'une hausse du prix du diesel. En 1983, ils etaient de 30 % infbrieurs a w estimations de l'evaluation du fait surtout que les entreprises, n'ayant pas d'autres travaux a realiser, ont presente des soumissions plus faibles que prevu et que certains de leurs engins, plus view, etaient deja amortis. En general, les corits totaux augmentent lors de la negociation de chaque marche mais, en aotit 1987, leur moyenne n'etait toujours que de 6.140 dirhamsfia (en 1981, elle etait de 4.802 dirhamsfia). 14. Une des grandes raisons de la faiblesse des decaissements vient de l'appreciation du dollar par rapport au dirham marocain (a l'evaluation, le taw de change etait de 5.3 dirhams pour 1,O dollar; en 1985, il etait passe a 10,l dirhams pour 1,O dollar). Pour accelerer le rythme des decaissements et, on l'esperait, la preparation des terres, le projet avait ete inclus dans le Premier plan d'assistance speciale (PAS I) et le t a u de decaissementpour le dessouchage avait ete porte de 60 a 90 X . I1 s'appliquait aux depenses encourues entre le ler novembre 1983 et le 30 juin 1986. On a d'abord etendu son application, dans le cadre du PAS 11, jusqu'l la date de cldture initiale (30 juin 1988), puis on l'a maintenu lorsque la date de cldture a etb reportee au 30 juin 1990. Malgrb l'acceleration du rythme des dbcaissements cependant, les budgets ne permettaient toujours pas de rbaliser les travaux et les fonds inscrits au budget n'etaient toujours pas disponiblesll 15. Des montants du projet ont ete annules a quatre reprises : en novembre 1984 (7.0 millions de dollars) et aoGt 1986 (5,O millions de dollars) , lorsque les previsions de colit du projet ont ete recalculees a l'occasion de l'introduction du PAS I et du PAS 11. La troisieme annulation a eu lieu en juin 1989 : la Banque avait propose un montant de 4,5 millions de dollars, mais le Ministere des finances n'en a annul& que 3 millions, pensant que le bureau de consultants charge de l'inventaire forestier aurait besoin de plus de fonds qu'il n'en a utilise. La quatrieme annulation, de 2,4 millions de dollars, a eu lieu au moment de la clbture du prgt en juin 1990. En fait, les fonds inutilises, d'un montant de 275.543 dollars (Tableau 5), ont fait l'objet d'une cinquieme annulation a la fin du projet (novembre 1990). Un compte special de 2,O millions de dollars avait ete constitue vers le milieu de 1987 pour accelerer les decaissements, mais le systeme utilise par le Ministere des finances, qui consistait a regrouper les justificatifs correspondant a des operations similaires avant de les soumettre a la Banque pour remboursement, a en fait retarde les decaissements. Resultats du vroiet 16. Le Tableau 6 indique les objectifs materiels annuels (par. 8) et les resultats du projet de 1982 a 1990. Quelque 99 X des 20.000 ha de plantations d'eucalyptus vises ont ete dessouches (16.408 ha par dessouchage mecanise et 3.400 ha par dessouchage manuel=/) et 72 X des superficies prevues (21.248 ha sur 29.383 ha) ont ete plantes. Seules les vieilles plantations d'eucalyptus ont ete dessouchees; le reboisement de 10.000 ha de for6t naturelle (par. 8-ii) impliquait l'abattage rnanuel des arbres ou buissons, le debroussaillement au tracteur et a la herse et la plantation d'arbres avec, au besoin, application d'engrais, mais toutes les plantations Cette absence de budget local etait due au fait que la procedure de budgetisation n'accordait pas la priorite aux programmes ni awc projets finances, integralement ou en grande partie, par des fonds exterieurs. i1 En empoisonnant les souches (au lieu de les arracher), on a empsche le recepage, mais les souches et les racines etaient toujours la dix ans plus tard . d'eucalyptus ont, en fait, ete etablies sur des terrains degages. Le systeme d'irrigation de la pepiniere de Sidi Yahia a kt6 r6nove (un nouveau puits a ete fore) et la production de jeunes plants est passee a 10 millions par an. Le programme routier (25 X des 40 kin de routes devant Ctre construites, 31 X des 140 km devant Ctre renoves et 8 X des 500 km devant Gtre entretenus) a ete execute en trois ans seulement; le programme de construction (sans bureaux a ~ifletg'et sept maisons construites sur 12 prevues) l'a ete en deux et celui d'achat des vehicules (87 X des 23 vehicules a quatre roues motrices, 100 X des sept camions, mais pas de niveleuse) l'a ete en un (1982- 83). Le programme d'autenagement des parcours, qui devait permettre d'ameliorer 2.600 ha de pbturage, a depasse son objectif de 372 ha - ces derniers travaw etant pour la majeure partie payes par la Commune de Kenitra -, 1.404 ha de chknes-liegesont ete tailles et dbbarrasses des arbres morts et mourants, et 1'etude de d e w ans qui y etait li6e a ete terminee. Les etudes portant sur la formation et sur l'bconomie, la production et la commercialisation des produits forestiers ont etb egalement realisees, L'etude de l'inventaire forestier a commence et 1'Btude de rationalisation a ete financee par d'autres sources. D e w bourses (une de dix mois a L'Universite de 1'Idaho portant sur les tableaux de rendement des eucalyptus et un voyage d'etude de trois semaines au Portugal portant sur la production de Liege) ont ete financees au cours des premieres annees du projet (1982- 84). 17. Le projet a atteint le premier de ses deux objectifs declares (par. 7 ) , a savoir accroitre la production de bois rond (bois d'oeuvre et bois de feu), mais n'a realise qu'une partie du deuxieme, qui vise a introduire de meilleures techniques de plantation et de gestion dans la foresterie : a) Les 18.374 ha de nouvelles plantations d'eucalyptus prevues dans Le cadre du projet ont ete plantees pour l'essentiel en Eucalwtus camaldulensis provenant du lac Albacutya. Des etudes ulterieures ayant montre que cette espece ne devait pas 6tre plantee dans des sols sableux profonds (une profondeur de sable de 1,s m ou moins donne les meilleurs resultats), on en a plante moins. Une these universitairelO' sur la croissance de cette espece dans la zone du projet distingue cinq types de site (et cinq categories de productivite), en prenant comme criteres non seulement la croissance des arbres, mais aussi la distance par rapport a la mer gf Les bureaux de Tiflet ont ete construits plus tard sur le budget de 1'Etat. - ' O f Etude de la croissance et de la production des peuplements dlEucalvptus camaldulensis en provenance du lac Albacutya dans le secteur Gharb/Mamora, dlAbdendiAchaq (1990) polvcovie 78 p. 4 annexes. Cette these n'utilise pas les resultats obtenus dans les parcelles de la Division de la recherche ou l'on a enregistre une croissance annuelle moyenne de 27 m3/ha : ces parcelles sont cl8turees, ce qui empeche le betail de venir y paitre, et elles sont habituellement mieux entretenues que les autres plantations. (20-70 km) et la profondeur de sable (0,5-3,Om). La croissance annuelle moyenne des plantations d'E m provenant du lac Albacutya sur les sites correspondant aux trois premieres categories de productivite (on ne tient pas compte des deux dernieres etant donne que les especes a croissance rapide ne devraient pas gtre plantees dans des sols sableux profonds) est respectivementde 11,03 m3,7,95 m3 et 5,32m3/ha. Cependant,comme l'indique le dernier paragraphe de la page 73 de cette these, ces chiffres correspondent uniquement au volume de pdte produit a partir de grumes de 6 centimetres de diametre a la cime; si l'on inclut le bois de feu, la croissance annuelle moyenne de la categorie de productivit6 la plus elevee est de 12,81 m3 - elle est legerement inferieure pour les deux autres categories. b) M. Tijani Mandouri, ancien specialiste de sylviculture du Centre de recherche forestiere, a montre qu'avec deux applications d'engrais mineraux (des directives ont ete publiees au debut de 1990, recommandant d'utiliser d e w applications d'engrais, une au moment de la plantation et une cinq ans plus tard, au lieu d'une seule au moment de la plantation), les rendements des plantations ordinaires, c'est-a-dire de qualite 11, seront proches de ceux indiques dans le Rapport d'evaluation (qui donnaient une croissance annuelle moyenne d'environ 12 m3/ha). Lorsque l'on compare les rendements a ceux obtenus lors du recent inventaire de la plantation d'eucalyptus de Gharb/Mamora (par. 18-b), onvoit qu'ils seront au moins deux fois plus eleves que ceux des plantations existantes. Le programme d'amelioration genetique lance a Sidi Amira (ou environ 1.250 ha avaient etB plantes a la mi-1990) permettra d'obtenir des rendements trois ou quatre fois plus importants que ceux des plantations existantes (par. 18 b). Outre la production de bois industriel, celle de bois de feu provenant du dessouchage des vieilles plantation et utilise maintenant dans tout le Maroc a ete beaucoup augmentee. Cette operation produit une moyenne de 50 tonnes (67 m3) de bois de feu a l'hectare, que l'on evalue a environ 5.000 dirhams/ha, ce qui couvre le cout de la plus grande partie des operations de dessouchage, d'aplanissement et d'empilage des souches avant le reboisement. c) Le projet a permis, en partie, d'introduire de meilleures techniques de planification et de gestion dans le sous-secteur de la foresterie (par. 7). Un Bureau du projet, charge du suivi et de l'evaluation, a ete constitue, mais il faudra attendre l'execution du Deuxieme projet forestier pour que ce bureau soit dote du materiel et du personnel appropries et puisse s'occuper des questions de foresterie sur tout le territoire, en s'appuyant sur les resultats de l'inventaire forestier national et suivant les orientations definies dans le Plan national de reboisement (par. 18-d). 18. En outre, le projet a realise, en totalit6 ou en partie, quatre objectifs qui n'avaient pas ete expressement formules : a) etablissement d'un systeme de dessouchage, utilise par les entreprises locales, dans les plantations existantes;b) lancement d'un programme d'amelioration genetique; c) reorganisation de la Division recherche de la DEFCS; et d) constitution de la base du Deuxieme projet forestier. En voici une description plus detaillee : a) Le projet prevoyait uniquement d'introduire et de mettre en oeuvre une methode de dessouchage, de nivellement et d'andainage des souches (preparation des terres pour le reboisement) par les entreprises locales dans la region de Gharb/Mamora. M6me si on disposait de renseignements sur les techniques de defrichement mecanise dans la region mediterraneenne, le deracinement et l'enlevement des souches dans les sols sableux de Gharb/Mamora et la vente de ces souches posaient des problemes particuliers qui n'ont ete resolus que vers le milieu de 1984. b . On a parle des effets de l'augmentation de la demande de l'usine de cellulose sur les plantations d'eucalyptus de Gharb/Mamora (par. 3). Les effets de la perte de quelque 60.000 m3 d'eucalyptus, due aux attaques des Phoracantha, aux secheresses successives de 1981-86 et au faible t a w de croissance de nombreuses plantations (confirme par les inventaires realises en 1989 dans la region de Gharb/Mamora), ont ete aggraves par la politique des Services forestiers, qui a consiste a abattre des peuplements forestiers de plus en plus jeunes (de 8 a 9 ans au lieu de 12 ans) sur une etendue de plus en plus vaste pour compenser les penuries immediates. L'approvisionnement en bois a donc etB sensiblement reduit et, depuis la fin de 1986, l'usine importe de grandes quantit6s de bois (environ 60 X en 1988/89) pour couvrir ses besoins. Le Rapport d16valuationdu projet prevoyait un plan d'amelioration genetique destine a accroitre la production des plantations, et la Banque a reexamine ce sujet avec le Ministre au debut de 1986. Apres la penurie de bois de 1986, un programme cooperatif auquel participent llAFOCEL,la DEFCS et, depuis peu, un organisme fran~aisd'aide bilaterale, a ete lance a Sidi Amira en vue de l'amelioration genetique des eucalyptus et de leur propagation (par. 17-a). c) Le projet a appuye un important programme de recherche forestihre realise par des consultants et la Division recherche de la DEFCS (par. 8) : cette derniere s'occupait des questions de sylviculture, d'amelioration genetique, de technologie du bois et de protection de la forkt. Pendant les annees 80, on s'est heurte a des difficultes avec la Division recherche, en raison de son organisation et de son systeme d'etablissement de rapports dans le cadre de ce projet et d'autres projets de la Banque. En 1988, un nouveau chef a ete nomme a la tete de cette division. I1 a remplace les deux services existants par six nouveaux services : sylviculture et pedologie, amelioration genetique, technologie forestiere, pathologie, faune et flore, et centre regional de recherche a Marrakech; il a egalement prepare des directives ecrites sur leur organisation et leurs programmes (decembre 1989). Les chercheurs peu motives ou non qualifies ont ete remplaces, du materiel et des vehicules ont etb achetbs pour le personnel de recherche, et des protocoles de recherche cooperative ont etb signes avec d'autres institutions. d) Un objectif important du Premier projet forestier (et qui l'est sans doute devenu de plus en plus du fait que les actions recommandees par les etudes ont etb retardees) etait de preparer le Dewieme projet forestier (par. 25-a), qui a dbmarre en janvier 1990 et est entre en vigueur en septembre 1990. Pour le dbcrire sommairement, le Dewieme projet forestier doit encourager la planification forestiere (achevement de l'inventaire forestier, demarcation des zones forestieres,preparation d'un plan de gestion simple et reformulation du Plan national de reboisement), les operations forestieres (regeneration de la forkt naturelle, constitution de plantations,amenagement des bassins versants, mise en valeur des parcours et construction de routes forestieres) et les activites d'appui (conservation de la nature, recherche et etude sur le bois de feu, formation, developpement institutionnel, logements et materiel). Pratiquement toutes les etudes realisees a Gharb/Mamora ont contribue au Deuxieme projet forestier : l'etablissement de cartes forestieres et l'inventaire des forets s'inscrivent dans le droit fil du premier projet; et miime 1'Btude de rationalisation, qui n'a pas ete executee dans le cadre de ce projet, y a contribue en permettant de dresser l'inventaire des forets d'eucalyptus et de promouvoir des techniques de regeneration des forkts de chenes-lieges. 19. Tout indique que les actions envisagees dans le cadre du Premier projet forestier auraient pu.6tre facilement menees par la DEFCS et que, sans les problemes financiers des annees 80 (par. 6 ) , les objectifs auraient pu gtre atteints, voire depasses, au cours de la periode d'execution prevue. L'echec le plus flagrant a ete celui de la composante amenagement des parcours. Bien que le consultant charge des questions sylvopastorales ait fourni de nombreuses estimations sur la rentabilite financiere de ces interventionsu', le t a u de rentabilite de cette methode n'a pu 6tre calcule par suite de la destruction accidentelle des donnees de rendement recueillies. La composante sylvopastorale a permis d'ameliorer une superficie plus grande que prevu, m&me si le projet prevoyait de compenser la mise en plantation d'une superficie de 10.000 ha dans la for6t de Mamora alors que la moitie seulement a ete plantee. Elle n'a toutefois pas reussi a constituer des associations pastorales dans la zone du projet, a imposer des redevances de pdturage realistes, a realiser un inventaire adequat du bBtail paissant dans la foret12', ni a mettre en place le systeme mis au - Par exemple, le Rapport 'I' final sur la mission d'amelioration sylvopastorale effectuee entre le 10/1/84 et le 10/1/86, de J. M. Montoya (1986). Polycopie 24 p. Z/ Les recensements du betail ont ete arrktes apres celui realise dans la Commune de Bouknadel (sur la c6te entre Kenitra et Rabat) en 1985, mais un autre recensement sera effectub a l'bchelon national en 1991 (voir point par le consultant, qui prevoyait l'ouverture de pdturages et la creation d'emplois permanents pour 2.000 ouvriers agricoles. Cet echec est dit a la pression humaine et animale incroyablement elev6e dans la region de Gharb/Mamora - il eitt mieux valu lancer ce programme dans une zone plus facile. 20. Quelque 80 X des plantations etablies dans le cadre du projet ont ete des plantations d'eucalyptus sur des terrains dessouches et, comme la periode de rotation de l'eucalyptus est tres courte (10 ans a peine), le RAP se concentre sur les resultats de cette espece. On trouvera dans la Partie 111 du present rapport les modeles de coitts et de revenus par hectare d'eucalyptus plant&, sur terrain defriche manuellement ou mecaniquement et avec une application d'engrais (Tableaux 9-A et B) ou deux (Tableaux 10-Aet B). Les taux de rentabilite financiere,quin'etaient, lors de 118valuation, que de 8,5 X dans le cas du dessouchage mecanique et de 14,5 X dans le cas du dessouchage manuel, ont ete beaucoup plus eleves a la fin du projet, soit 19,9 X et 22,9 X dans le premier cas et 33,9 X et 36,5 X dans le second, selon que l'on a procede a une ou deux applications d'engrais. Le fait que ces chiffres, contrairement aux calculs effectues lors de l'evaluation, n'incluent pas les coOts indirects tels que la protection contre les incendies, les routes, etc., n'explique qu'en partie cette difference, qui est essentiellement due a l'augmentation sensible des prix a la production, en particulier des souches vendues au debut de la plantation (5.000 dirhamsha en 1988/89 contre 600 dirhamsfia lors de l'evaluation). La mesure dans laquelle les prix mondiaux du bois ont affecte les t a w de rentabilite est indiquee par le t a w de rentabilite economique : alors qu'il etait de 25 X au moment de l'evaluation, ce taux est passe, dans le cas du . dessouchage mecanique, a 35 X , voire plus de 40 X, en fonction du nombre d'applications d'engrais. Une dewieme application d'engrais est trhs importante si l'on veut obtenir une croissance rapide; heureusement, plus de la moitie des plantations d'eucalyptus n'avaient pas plus de cinq ans au debut de 1990, annee ou la directive recommandant de proceder a une dewieme application d'engrais a etb publiee (par. 17-b). 21. Au vu de ces resultats, deux conclusions s'imposent : a) le dessouchage manuel est plus economique que le dessouchage mecanique (en fait, etant donne qu'il faut 400 homes-jours pour defricher un hectare, il faudrait 2 millions d'hommes-jours pour defricher 5.000 ha dans l'annee ou sur une periode de cinq a sept mois, et la main-d'oeuvre forestibre n'est pas suffisante pour dessoucher toute la zone visee). En tout etat de cause, il est difficile de comparer les deux methodes, etant donne que le dessouchage mecanise permet une culture plus profonde du sol que le dessouchage manuel; b) il faudraitproceder systematiquement a une dewieme application d'engrais (par. 17-a), le colit de cette operation etant plus que compense par l'augmentation de la croissance qui en resulte. 22. I1 est difficile d'dvaluer l'impact de ce premier projet sur le secteur de la foresterie puisqu'on ne peut pas le dissocier du deuxieme projet : ce dernier, dont la mise en place vient juste de commencer, reprend la note correspondante du Tableau 7 dans la Partie 111). et elargit les propositions enumerees dans le projet original. Une politique et une strategie de developpement forestier ont ete preparees en 1986 par un comit6 marocain dans le cadre du Premier projet forestier au titre de la preparation du deuxieme projet. I1 faut cependant noter qu'en depit de la conditionnalite forestiere liee aux deux prkts a l'ajustement du secteur agricole, les d e w grandes menaces qui pesent sur la foresterie marocaine - les vols de bois de feu et le surpaturage - n'ont toujours pas ett5 eliminees. Viabilite du ~roiet 23. La viabilite a long terme et les avantages potentiels du projet viennent de deux sources : a) lancement et mise en oeuvre de certaines initiatives dans le cadre du Premier projet forestier proprement dit : i) dessouchage mecanise des anciennes plantations avant leur reboisement; et ii) utilisation de 1'Unite de planification; et b) lancement dans le cadre du Projet Gharb/Mamora et mise en oeuvre dans le cadre du Deuxieme projet forestier d'un systeme permettant, notamment, d'affiner les operations de 1'Unite de planification, d'employer du nouveau materiel (dont des ordinateurs personnels), d'achever l'inventaire forestier et de preparer le Plan national de reboisement, de mener diverses actions decoulant de l'etude sur la formation et d'entreprendre des activites dans les domaines de la regeneration naturelle de la forkt, de la mise en valeur des parcours forestiers et, plus particulierement, de l'amelioration genetique des eucalyptus (par. 18-d). Toutes ces operations sont viables a terme et l'on envisage d'accroitre et d'ameliorer leurs avantages dans le cadre du Deuxieme projet forestier. 24. Les avantages tangibles du projet se reduisent a l'introduction de 1'Eucalvptus camaldulensis provenant du lac Albacutya, qui est une espece a croissance plus rapide. Cette action, qui peut ktre poursuivie, amenera une augmentation considerable des tau de croissance actuels (par. 17-a). Performance de la Bansue 25. La Banque aurait pu ameliorer la performance du projet a trois occasions differentes si elle avait fait preuve de plus de rigueur : a) Pour commencer, lors de la formulation des objectifs du projet. Compte tenu du nombre d'btudes portant sur la future organisation de la gestion des forkts, il est surprenant que la preparation d'un Deuxieme projet forestier qui mette l'accent sur les inventaires periodiques de la forkt, l'amenagement des parcours, la planification de la gestion, la formation, l'autofinancement, etc.,n'ait pas fait l'objet d'une composante specifique du projet. Cela aurait permis au moins de focaliser l'attention sur les etudes et sur les actions en decoulant. b) Un examen a mi-parcours du projet a ete realise en fevrier 1986 : il proposait une annulation partielle du montant du pr&t, par suite d'une comparaison entre le c o ~ tdu projet et les estimations de l'evaluation. Sans vouloir mettre en doute le bien-fonde d'une telle proposition, il aurait probablement mieux valu reviser le projet, en exclure clairement toutes les propositions qui n'ont finalement pas ete executees en raison de contraintes budgetaires, et reduire en consequence la portbe du projet et le montant du pr&t. c) Enfin, si des contacts etroits ont ete maintenus avec le Ministere des finances pendant la premiere moitie du projet, pendant les derniBres annees, les missions de supervision se sont contentees de s'entretenir avec les dirigeants responsables de l'execution du projet (DEFCS), sans prendre contact avec le personnel du Ministere des finances pour le mettre au courant des resultats du projet ou essayer d'obtenir des fonds supplementaires pour les initiatives du projet. Performance de l'em~runteur 26. L'emprunteur aurait egalement pu prendre des mesures plus precises dans trois domaines, qui auraient permis d'accroitre les avantages du projet. a) Premierement, si les renseignements de la DEFCS sur le rythme de croissance mediocre des plantations d'eucalyptus dans la region de Gharb/Mamora avaient ete mieux connus au debut de l'execution du projet, on aurait pu eviter de nombreux problemes lies a l'approvisionnemeat de l'usine de cellulose et a la disponibilitb des terres pouvant ktre plantees dans le cadre du deuxieme projet et lancer plus tdt le programme d'amelioration genetique (par. 18-b). b) Deuxiemement, les decisions portant sur les propositions d'etude du projet (amenagement des parcours, formation, economie forestiere) ont souvent ete remises a plus tard : pour ce qui est de l'amenagement des parcours, des actions ont bien ete lancees, mais elles ont ete interrompues par des difficultes d'execution. A cet egard, le pire exemple a probablement ete l'etablissement de la carte et de l'inventaire des for&ts par photographie aerienne et par teledetection : alors que la DEFCS etait entierement acquise a cette idee, elle a etudie et teste diverses methodes en vue de determiner la plus economique; elle a finalement opte pour celle de l'inventaire par photographie aerienne, mais il lui a fallu toute la periode d'execution du projet, y compris les deux ans de prolongation, pour commencer le travail. c) Enfin, alors que la DEFCS s16tait engagee, en decembre 1987, a atteindre ou depasser les objectifs du projet portant sur le dessouchage, les routes, les vehicules et les etudes, come une condition de la prorogation du pr&t, elle n'a, en fait, consenti aucun effort supplementaire dans ce sens et n'a fourni aucune explication de cette situation. Rapports de travail 27. D'un point de vue plus positif, les rapports de travail entre les personnels du Ministere, de la DEFCS, du Bureau du projet et de la Banque ont ete excellents. La permanence du personnel, tant du c6t6 de llEmprunteur (le Directeur du projet est rest6 le mkme pendant toute l'execution du projet) que de la Banque (une personne s'est occupee en permanence du projet mais, malheureusement, pas de 1'6valuation), s'est r6v616e particulihrement utile - notamment pour la preparation du RAP. La le~ona en tirer est que la permanence du personnel de part et d'autre est un ingredient important de l'efficacite du projet. Services de consultants 28. Alors que l'on avait espere recruter tous les principaux consultants des janvier 1984, leurs termes de reference n'ont ete approuves qu'au debut de 1983; le premier consultant (amenagement des parcours) n'a commence a travailler qu'en janvier 1984 et les autres contrats ont ete considerablement retardes, faute de fonds budgetaires supplementaires. 29. D'une maniere generale, les services de consultants ont ete de bonne qualite. Le rapport final de l'etude sur la production et la commercialisation du bois a ete present& plus tard que prevu et certaines propositions des consultants n'ont pas suffisamment pris en compte le contexte national. Par exemple, la proposition de con
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Maroc - Projet forestier Gharb/Mamora
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Type de document
Project Completion Report
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Source
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