Groupe de la Banque mondiale · Project Completion Report

Sénégal - Projet d’irrigation de Debi - Lampsar

Sénégal Banque mondiale
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Document de La Banque Mondiale A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES 7149- Rapport No. YAPPORT D 'ACHEVE1TNT DE PR.0J E T SENEGAL DPOJET D ' I R R I C A T I ~ NDE DEFJI-LAW'SAR (CREDIT 775-SE) 2 mars 1988 Bureau Qggional 3-frique TRADUCTION NOS-OFFICIELLE A TlTRE D'INFORMXTION Le present document fait l'objet d'une diffusion restreinte, et ne peut etre utilise par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles. Sa teneur nr peut ktre autrement divulg~eesans I'autorisation de la Banque Mondiale. C PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET Table des matieres Pages Pr6face ...................................................... F Donn6es de base .............................................. ti Evaluation Sommaire .......................................... v I . INTRODUCTION ...................................... 1 Contexte ............................................... Objectifs et composantes ............................... Plan de financement .................................... Les problemes qui se sont poses avant l'execution et la fagon dont ils ont ete resolus ................ I1 . EXECUTION ......................................... Demarrage .............................................. Revisions .............................................. Calendrier d'execution ................................ Passation des marchks ................................. CoGts ................................................. Decaissements ......................................... Performance des entreprises ........................... I11. INCIDENCE SUR L'AGRICULTURE ...................... Accroissement de la production ........................ SystGmes de culture. utilisation des terres et rendements ....................................... Participation des agriculteurs et avantages qu'ils en retirent ........................ Autres effets non chiffrab-leesdu projet ............... IV . ANALYSE DU TAUX DE RENTABILITE ECONOMIQUE ........ Table des matikres (suite) Pages FONCTIONNEMENT ET DEVELOPPEMENT DES INSTITUTIONS Organisation et administration ........................ Problemes de personnel et de formation ................ Organisations d'exploitants ........................... Credit agricole. rksultats financiers et recouvrement des coiits ........................... Consultants expatries ................................. Comptabilite. audits et rapports d'activites .......... PROBLEMES PARTICULIERS ........................... Viabilite economique de la production de riz dans le delta ................................ Redevances d'usage et recouvrement des coiits .......... Mecanisation .......................................... SENEGAL PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET Preface Le present document est le Rapport d'achevement du projet d'irrigation au Senegal qui avait beneficie du Credit 775-SE, approuve le 7 mars 1978, dont le montant etait de 20 millions de dollars. Au depart, la date de cl6ture du credit etait fixee pour le 30 juin 1983 mais, apres plusieurs prolongations, elle a ete finalement remise au 29 octobre 1986. Ce projet beneficiait du douzieme credit du Groupe de la Banque au secteur agricole et du dewtieme consacr6 au developpement de 1' irrigation au Senegal. I1 devrait Gtre suivi du Quatrieme projet d'irrigation, qui attend actuellement l'approbation du Conseil. Le present rapport d'achevement a ete redig6 par les Services du Bureau regional Afrique de l'0uest a la suite d'une mission qui a sejourne au Senegal du 9 au 20 fevrier 1987, et il repose sur le Rapport d'achevement du projet de Lampsar ktabli par l'organisme charge de l'execution du projet (la SAED), un examen du Rapport d'evaluation (No 1685a-SE), le Rapport du President (No P-2192a-SE), ltAccord de credit, les dossiers pertinents de la Banque, y compris la correspondance avec lfEmprunteur,des memorandums internes de la Banque, le proces-verbal des debats du Conseil, les rapports de supervision de la Banque, les rapports sur l'etat d'avancement du projet etablis par 1'Emprunteur ainsi que des interviews avec des anciens fonctionnaires de la Banque, cewt qui y sont toujours et l'administration senegalaise qui ont participe au projet. Le projet de rapport a PtP communiquG ?I llEmprunteurpour observa- tions. Aucun cornmentaire n'a PtG rep. Le projet n'a pas fait l'objet d'une evaluation retrospective du Departement de l'evaluation retrospective des operations. TAUX DE CHANGE ~nit&mon&taire = FrancCFA (FCFA) 1 dollar = FCFA378 FCFA 1.00 = USS.00263 POIDS ET MESURES ABREVIATIONS BNDS Banque Nationale de ~6velo~pementdu S6nGgal CCCE Caisse Centrale de ~oop&rationEconomique (France) CPG cornit& Paritaire de Gestion FAC Fonds d9Aide et de ~oop&ration (France) FA01CP Food and Agriculture OrganizationIWorld Bank Cooperative Program IDA Association International de D&velopepment MOFE ~inist6redes Finances et des Affaires Economiques MOFA ~inistGredes Affaires ~tran~eres OED ~G~artementde 19Evaluation r&trospective des Opeerations ONCAD Office National de ~oop&rationet d9Assistance pour le ~ ~ v e l o ~ ~ e r n e n t RAP Rapport d'~ch6vement de Projet PPVs Petits p&rimetres villageois MERP Memorandum dp&valuation rGtrospective de projet RERP Rapport d9&valuation r&t respective de projet SAED Soci&t& Nationale d9Am&nagement et d9Exploitation des Terres du Delta Section d9Utilisation du Mat&riel Agricole EXERCICE DE L'EMPRUNTEUR Gouvernement du S&n&gal : ler juillet au 31 juin SENEGAL PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET DONNEES DE BASE Principales donnees du Projet Chiffres reels Chiffres reels Estimation de ou estimation des en % des estimations l'evaluation chiffres reels de 1'evaluation CoGt total (millions de dollars) 35,O Montant du credit (millions de dollars) 20,O Cofinancement 15,O Date d'approbation par le Conseil - Date de signature - Date d'entree en vigueur - Date d'achevement des elements matkriels 10/80 Date de cl6ture 30/06/83 Taux de rentabilite economique 10 -4 Efficacite des institutions Passable Resultats de 1'agriculture Bons Nombre de principaux beneficiaires (families) 1.100 Contribution des services de la Banque (sernaines) - Ex77 Ex78 Ex79 Ex80 Ex81 Ex82 Ex83 Ex84 Ex85 Ex86 TOTAL - - - , - - - - - - - Identification/ preparation Preevaluation 40,5 - - - - - - - - - 40,5 Evaluation 87,8 - - - - - - - - 87,8 Negotiation 4,8 - - - - - - - - 4,8 Supervision 2,9 22,3 37,l 33,1 Q 9,O 8,3 O,2 11995 TOTAL 40,5 90,7 22,3 37,l 3391 338 930 833 298 092 25296 Projet de suivi Nom Projet d'assistance technique a l'irrigation Numero de credit 1632-SE Montant du credit (millions de dollars) 4,9 Date d'approbation par le Conseil 29/10/85 T a w de change Nom de la monnaie franc CFA Annke : Moyenne de l'annee de l'evaluation 245 Moyenne des annees suivantes 327 Moyenne de l'annee d'achevement 378 Decaissements cumules estimatifs et effectifs Estimation de l'evaluation - - (millions de $) 1,0 6,8 13,8 18,4 19,5 20-0 - Decaissements effectifs (millions de $) 0,O 3,9 8,5 12,5 14,8 16,5 17,l 18,7 19,4 Decaissements effectifs en % des estimations 0 57 62 68 76 83 86 94 97 Date du dernier decaissement 29 octobre 1986 Hommes- jours Date Nombre passes (mois/ de sur le Specialisations Qualite du Tendance Type de sions annee) personnes terrain representees 12 travail 13 /4 problernes ntiEication reparation /1 -evaluation luation ervision 1 ervision 2 ervision 3 ervision 4 ervision 5 ervision 6 ervision 7 ervision 8 ervision ( ) ervision 9 ervision 10 3rvision 11 3rvision ( ) zrvision 12 Total Executee au moyen du Credit 5-18-SE. Specialisations : a - Ingenieur en irrigation; b - Specialiste de l'agriculture; c - Analyste financier; d - Ingenieur rural; e - Agroeconomiste; f - Ingenieur en drainage; g - Specialiste des sols. Notation des services fournis : 1 - Aucun probleme ou problemes mineurs; 2 - Problemes d'une gravite moderee; 3 - Problemes graves. Tendance : 1 -Amelioration; 2 - Stationnaire; 3 - Deterioration. Types de problemes : F - Financiers; M - Gestion; T - Technique; P - Politique; 0 - Autres. .... Les parenthitses correspondent aux missions de supervision qui n'ont pas CtC incluses dans la numerotation officielle. SENEGAL PROJET D'IRRIGATION DE 3EBI-LAMPSAR (Credit 775-5i) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET Evaluation sommaire Introduction 1. Ce projet etait le dewieme projet d'irrigation finance par la Banque au Senegal et, comme dans le cas du premier projet, il se situait dans le delta du fleuve Senegal. Lors de sa preparation, quelque 10.000 ha beneficiaient a d'un ensemble complet de mesures d'amenagernent de l'ecoulement dans le delta, et il etait prevu d'amenager 240.000 ha supplementaires une fois que seraient terminks les barrages de Diama et Manantali. Le Gouvernement insistait sur la mise en valeur de ces terres non seulement pour assurer au pays une production locale de riz destinee a remplacer un volume d'importations croissant, mais aussi pour assurer une croissance economique dans cette region pauvre. L'experience des perirnetres ainsi amenages lors de la secheresse de 1972173 avait permis de conclure qu'une irrigation partielle par amenagement de l'ecoulement, quoique relativement peu coGteuse, ne pouvait assurer une telle production. C'est ce qui explique la formule choisie pour les reseaw d'irrigation du projet, mise au point avec l'appui d'un credit d'assistance technique, qui cherchait a etablir un equilibre entre les coiits d'equipement peu eleves, un amenagement efficace de l'ecoulernent et une gestion simple pour des agriculteurs qui n'avaient pas l'experience de la production de riz irriguee. Le projet a ete identifie et prepare au sein de la Division des projets agricoles du Bureau regional Afrique de l'0uest de la Banque; son evaluation a ete terminee en fevrier 1978, et il a ete approuve par le Conseil en mars 1978. Objectifs 2. Les objectifs du projet etaient d'amenager un reseau d'irrigation sur 1.100 ha a Debi et sur 2.200 ha a Lampsar, a l'intention de quelque 1.100 cultivateurs et ieurs families. Le projet prkvoyait : a) des travaw de nivellement et de terrassement et l'installation et 1'equipement de stations de pompage; b) une aide a m cultivateurs pour la culture et l'accroissement des rendements du paddy et des tomates, au debut, a raison d'une saison par an; c) des travaw de recherche agricole appliquee adapt6s a w besoins de developpement de l'irrigation sur les petites exploitations du delta; d) 1'etablissement d'un plan de developpernent de l'irrigation dans le bassin du fleuve Senegal en prevision de barrages qui en etaient alors au stade de l'etablissement des plans; et e) le renforcement de l'organisme charge de ltexecutio= (SAED), qui devait etre dote des competences en exploitation et en placification pour la supervision des travaw d'irrigation dans tout le bassin au fleuve Senegal. Le cobt total du projet etait estime h 35 millions de dollars, et le credit de 20 millions de dollars de 1'IDA devait servir principalement a w travaw d'amenagement de Lampsar et a la preparation du plan de developpement, tandis qu'un credit de 5,l millions de dollars du Fonds du Koweit devait permettre l'execution des travaw a Debi, qu'un don de 2.4 millions de dollars du FAC devait servir a financer l'assistance technique et que la contribution de 7 millions de dollars de 1'Etat devait couvrir un ensemble de depenses locales. Execution du-pro jet 3. Les travaw de construction ont commence en janvier 1979, apres un retard de pres d'un an cause par des changements dans la direction de l'organisme charge de l'execution et par les difficultes rencontrees dans la mise au point du contrat de supervision des travaw. Bien que la plupart des elements du projet prevus a l'origine aient ete acheves bien avant la date de clbture prevue pour 30 juin 1983, celle-ci a ete repoussee a plusieurs reprises pour permettre des decaissements sur des elements supplementaires, notamrnent sur la creation de petits perimetres villageois et la remise en ktat du perimetre et du canal de Savoigne. Finalement, le dernier decaissement a eu lieu le 29 octobre 1986 et cette date a ete retenue come date de clature. Bien que sur les 20 millions de dollars du credit de I'IDA, les decaissements n'aient ete que de 19,4 millions de dollars, le total des coGts du projet a ete de 36,7 millions de dollars au lieu du coGt de 35 millions de dollars prevu lors de l'evaluation. 4. La superficie nette designee a l'origine pour les travaw d'irrigation n'a pu Gtre totalement amenagee en raison de sols excessivement salins et sablonnew, et de la plus grande densite des reseaw de canaw et de digues caus&e par le fait que les allocations ont beneficie a des exploitations de 1 ha au lieu des 3 ha prevus a l'origine. Plus de 20 % (750 ha) de la superficie evaluee ont ainsi ete perdus, mais cela a ete cornpens6 en partie par l'amenagement d'autres perimktres qui ont etk ajoutks au projet. La production de tomates a ete abandonnee a la suite des difficultes rencontrees lors de la premiere rkcolte, qui ont revkle que les sols du projet etaient trop lourds et trop salins pour donner des rendements remunerateurs. Resultats 5. La production de riz a depasse les previsions de l'evaluation, tant du point de vue des rendements a l'hectare (4,8 tonneslha contre 3,5) que du point de vue de la production annuelle totale du projet (13.015 tonnes contre 10.150). Malgrk leur taille rkduite, les exploitations ont quand &me enregistre des resultats financiers positifs, dus en partie a m coiits subventionnes de l'eau et au soutien des prix a la production. Toutefois, leurs resultats economiques - un t a w de rentabilite interne de -4 % - n'est pas satisfaisant et se situe en d e ~ a de l'estirnation de l'evaluation en raison de l'impossibilite de cultiver les tomates, de la forte baisse de la valeur en francs CFA du paddy, de la sous-estimation des coilts de la main-d'oeuvre, du depassernent des coiits prevus du projet et du raccourcissement de la duree de vie estimative de l'investissement (par. 4.01-4.03). Durabilite 6. De nombreuses incertitudes existent en ce qui concerne les rendements a venir, la rotation des cultures et 1'organisation administrative des perimetres du projet. Le desengagement auquel on assiste de la part de la SAED pour la fourniture des intrants et des services de tracteurs rend la production a venir tributaire de la creation de sources privees d'approvisionnement et, pendant la periode de transition, les rendements pourraient baisser. La rkorientation de la* SAED vers la planification et l'execution de travaw d'irrigation dans la vallee du fleuve Senegal poursuit la longue et difficile association entre capacite et mandat. 7. On prevoit que les barrages de Diama et Manantali atteindront leur regime de croisi6re au d6but de 1989, ce qui permettra de realiser une double recolte, quoique l'on s'attende a ce que des contraintes socio-economiques rnaintiennent L'intensite des cultures en-dessous de ce qui est techniquement faisable, du moins au debut. 8. L'entretien des reseaw d'irrigation continue de poser des problemes dus a l'insuffisance de credits d'exploitation, au manque d'attention et aux equipements inadaptes et limites. Ces facteurs contribuent la dbterioration du reseau d'irrigation et des ouvrages de genie civil qui risque d'abrkger la duree de vie utile des equipements. Resultats et le~ons 9. Les lesons B tirer de ce projet sont notamment les suivantes : a) La justification economique des projets de production irriguee de riz dans le delta est. insuffisante. I1 faut ajouter des cultures d'une plus grande valeur au cycle d'assolement pour justifier les cocts d'equipement. De plus, on peut recourir a des assolements de plusieurs recoltes pour reduire la demande maxirnale d'eau, ce qui permettrait de ramener l'infrastructure d'irrigation a une envergure et a un niveau de coGt plus modestes . b) Pour que les associations d'agriculteurs participantes puissent tirer pleinement profit du projet, il faudra peut-Gtre une periode d'expkrimentationavant que l'on trouve les arrangements institutionnels qui conviennent. A Debi-Lampsar, il existe une variete de groupements, des petits groupes villageois a w comites paritaires a l'echelle des perimetres. Ces derniers n'existent que depuis 1983, et jouent efficacement le r81e d'intermediaire entre la SAED et les agriculteurs dans la recherche de solutions a w importants problemes de production et de gestion. c) 11 semble que les maladies transmises par l'eau soient en progression, par suite du projet, situation qui risque de s'aggraver une fois que l'eau permettra les doubles recoltes. Actuellement, on ne dispose pas de ressources suffisantes pour suivre ou monter des programmes efficaces de lutte contre ces maladies. d) De meilleures analyses des sols et un meilleur trace de cartes permettraient d'eviter de laisser un perimetre non amenage par suite d'un exces de salinite ou de sable. e) I1 convient d'etudier les moyens de conferer une certaine souplesse a l'execution des projets. Les plans et les marches devraient permettre de modifier 1'ampleur des investissements complementaires lorsque certains elements, tels que la superficie irriguee, sont soumis a revision. A Debi-Lampsar, les pompes installees correspondent a la capacite de pompage prevue a l'origine, malgre une forte reduction des besoins. SENEGAL PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET I. INTRODUCTION Contexte 1.01 La priorite de la politique agricole du Gouvernement du Senegal reste la mise en valeur des ressources en eau afin de reduire la dependance du pays a l'kgard de la production aleatoire de cereales cultivees en sec et les cocts eleves des importations de riz. Le potentiel inexploite du fleuve Senegal etait, bien avant la creation de ltOrganisation pour la mise en valeur du fleuve Senegal (OMVS) par le Senegal, le Mali et la Mauritanie, en 1972, le principal objectif de la strategie du Gouvernement en ce qui concerne les investissements dans l'irrigation. La regulation du debit du fleuve par la construction des barrages de Manantali (amont) et de Diama (delta) devait creer les possibilites d'irrigation de quelque 240.000 ha au Senegal. Au milieu des annees 70, le Senegal, en tant que membre de l'OMVS, a commence a rechercher une aide internationale pour le gigantesque effort institutionnel, technique et financier necessaire pour atteindre l'objectif de 5.000 ha supplementaires de terres irriguees chaque annee. L'institution gouvernementale chargee de coordonner cet effort 6tait la Societe nationale d'amenagement et d'exploitation des terres du delta (SAED), creee en 1965. 1.02 Le premier investissement consacre par le Groupe de la Banque a l'exploitation du potentiel d'irrigation du fleuve remonte a 1973, avec le Projet de polders sur le fleuve Senegal (Credit 350-SE). Ce projet, qui bkneficiait d'un crkdit de 4,s millions de dollars de 1'IDA, prevoyait la mise en valeur de 3.200 ha a Dagana, dans la partie amont du Delta, pour permettre une double recolte, ainsi que l'amelioration de l'irrigation pour permettre de rbaliser une recolte par an sur 1.780 ha a Debi et a Lampsar. En raison des retards d'execution causes par les pesanteurs des formalites administratives et financieres de la SAED, des difficultes d'obtention de fonds de contrepartie ainsi que des variations des t a w de change, les coilts de Dagana ont depassk les provisions budgetaires totales. Cependant, les cofits a l'hectare etaient encore raisonnables, par rapport aux normes de 1'Afrique de 1'Ouest. Entre-temps, les secheresses du debut des annees 70 avaient revele les risques que comportait un amenagement partiel de l'ecoulement tel que celui qui avait ete prevu a l'origine pour les perimetres de Debi et de Lampsar. De plus, la perspective du barrage de Diama rendait la double recolte possible a ces endroits, mais exigeait une conception technique differente. En reformulant le projet finance par le Credit 350-SE, le Gouvernement a demande des fonds pour l'etablissement d'etudes techniques detaillees pour une maitrise compl&te de l'eau & Debi et a Lampsar. Le Crkdit 5-18-SE, sign6 en 1975, comprenait une provision d'un million de dollars pour l'execution de ces etudes techniques et l'estimation de cofits. Ainsi, le Projet de Debi-Lampsar (Credit-775-SE) n'a ete que le dewieme projet du Groupe de la Banque consacre a l'irrigation au Senegal. Le reste de l'aide financiere du Groupe de la Banque (un prGt et dix credits), qui representait un total de 52,3 millions de dollars en 1978 pour le secteur agricole, etait pour des projets autres que des projets d'irrigation. Objectifs et composantes 1.03 La notion de grands projets d'irrigation dans le bassin du fleuve Senegal repondait aux objectifs du Gouvernement, qui etaient : a) de mettre en valeur les ressources en eau afin de reduire les dangers que font peser les periodes de secheresse; b) de produire du riz pour mettre fin a la tendance a la croissance des importations; et c) de favoriser la croissance economique dans le bassin du fleuve, a la fois pour combattre la pauvrete des habitants actuels et pour favoriser l'exode volontaire de la region surpeuplee du bassin arachidier. 1.04 Le projet examine avait ete conqu pour repondre a ces objectifs en ameliorant les perimetres de Debi et de Lampsar par un passage de l'irrigation par submersion a une maitrise complete de l'eau. Lors de 1'evaluation, on avait prevu que les ameliorations porteraient sur 1.100 ha a DCbi et 2.200 ha a Lampsar. Pour Debi, cela supposait la construction d'une station de pompage alimentee directement depuis le fleuve Senegal, et d'un reseau d'irrigation compose de canaux principaux et secondaires et de canaw de drainage, ainsi que des travaw de nivellement. Le site de Lampsar comprenait 11 sous-periktres relies les uns a w autres le long du marigot Lampsar, l'un des bras du delta du fleuve Senegal. La construction de digues sur les d e w rives du marigot pour empGcher les inondations, de 14 stations de pompage (une pour chaque sous-perimetre et trois stations de reseau de drainage), et du reseau de canaw, et les travaw de nivellement etaient les principales composantes du projet d'irrigation. De plus, les d e w peridtres ont ete dotes d'un reseau interne de routes en terre, et de bgtiments comprenant des logements pour le personnel, un bureau, un atelier et d e w magasins - un magasin central et un magasin de terrain. Les d e w perimetres ont egalement kt6 dotes d'engins agricoles, de camions et de vehicules legers. 1.05 Les bheficiaires directs devaient Gtre quelque 1.100 cultivateurs et leurs familles, dont chacun devait recevoir une parcelle de 3 ha. 11s devaient beneficier d'un accroissement de revenu decoulant de leur production de paddy et de tomates (pour une usine de conserves voisine). La SAED devait apporter une grande assistance a ces nouvelles tentatives en fournissant des services de preparation mecanique des terrains, des intrants agricoles, des debouches et des services de vulgarisation. 1.06 Le projet s'est egalement efforce de developper l'aptitude de la SAED a jouer son r6le d'institution responsable de la planification et de l'execution des travaw d'irrigation dans le bassin du fleuve Senegal. Cinq assistants techniques ont ete envoyes pour renforcer les competences de la SAED en matiere de planification, de financement et de recherche agricole appliquee. Des fonds ont etk egalement prbvus pour pennettre des consultants d'elaborer un plan directeur pour le developpement de l'irrigation dans le bassin du fleuve pour le Senegal et d'executer des etudes techniques detaillees de perimetres appropries en vue d'un financement ulterieur. Plan de financement 1.07 Le cobt total du projet avait ete estime a 35 millions de dollars (voir Annexe 1). Un pr6t du Fonds du Kowejit devait couvrir les cobts complets de la composante Debi, soit 5,1 millions de dollars. Le don du FAC fran~ais devait financer les services des cinq assistants techniques expatries a la SAED, au coGt de 2,4 millions de dollars. Le credit de 20 millions de dollars de 1'IDA a ete consacre au financement des travaw de Lampsar (12,5 millions de dollars), de l'assistance technique a la recherche appliquee et a la planification du developpement de l'irrigation (3,5 millions de dollars), au refinancement du Credit d'ingenierie S-18-SE (1 million de dollars) et au financement des provisions pour hausse des prix et pour albas d'execution (3 millions de dollars). Les fonds de contrepartie de 1'Etat devaient atteindre un total de 7 millions de dollars. Autrement dit, le credit de 1'IDA etait l'apport le plus important : il repr6sentait 57 % du total des ressources et devait couvrir a 80 % les cobts en devises du perimetre de Lampsar, les etudes de planification et la recherche appliquee. Les problemes qui se sont poses avant l'exkcution et la facon dont ils ont ete resolus 1.08 Six probl6mes principaw se sont poses lors de l'evaluation du projet, dont d e w - qui avaient trait au recouvrement des cobts et a l'organisation - se sont reveles g6nants lors de l'exkcution. Les redevances pereues aupres des exploitants par la SAED pour l'eau et les services agricoles etaient uniformes dans tout le delta lors de l'evaluation, avec des t a w de recouvrement raisonnables - de 86 % en 1976 - mais elles etaient nettement inferieures au cobt. 11 a etk recommande de relever les redevances de consommation d'eau de maniere a assurer le recouvrement des cobts d'exploitation et d'entretien ainsi que d'une fraction des cobts d'equipement aussi forte que possible, tout en maintenant le revenu des agriculteurs a un niveau suffisant. 1.09 Les propositions de reorganisation de la SAED etaient anterieures au projet, mais d'autres mesures ont ete proposees pour rendre effective la delegation de pouvoirs aux bureaux du projet et conferer une plus grande autonomie financiere a la SAED. En tant qu'entreprise d'Etat, la SAED devait se soumettre a des procedures financieres et administratives completes et avai;: tres peu de pouvoirs en matiere de budget et de depenses. Pour compexer les retards et la deterioration de la situation financiere de la ,-AED, il a ete propose qu'un decret redefinisse les rapports entre cetce societe et 1'Etat. Un financement a court terme par 1'Etat a egalement kt4 amenage comme moyen d'a'ssurer la viabilite financiere de la SAED. 1.10 Les autres problemes ont ete resolus par : a) le retrait du perimetre de Diagambal dont 1'USAID avait organise le financement; b) la participation du Fonds du Kowe'it qui a permis de cornbler le deficit financier; c) une evaluation prudente des avantages du projet fondee sur l'hypothese selon laquelle le barrage de Diama qui devait permettre une double recolte ne serait pas mis en service prochainement; et d) la conclusion d'un accord entre 1'OMVS et le Gouvernement sur les droits d'usage de l'eau qui devait entrer en vigueur a l'achevement du barrage de Diama. 1.11 Les negociations en vue du financement du projet se sont deroulees en janvier 1978 et n'ont presente que des difficultes mineures. La resolution relative aux droits d'usage de l'eau demandee par la Banque a ete adoptee a temps pour les negociations. Toutefois, le decret relatif a la reorganisation de la SAED n'a pu &tre ratifie avant les negociations en raison des formalites necessaires a l'amendement de la loi. De plus, la participation du Fonds du Kowe'it n'a pu Ztre obtenue de f a ~ o n definitive car l'engagement de ce Fonds etait subordonne a w resultats de sa propre evaluation du projet. Pour hster le processus entre le Gouvernement et le Fonds du Kowe'it, l'Accord de credit a ete amende de maniere a permettre la suspension des decaissements de 1'IDA pour le projet si l'apport financier du Fonds du Kowe'it n'etait toujours pas disponible a la fin de decembre 1978. 1.12 Le projet a etC presente au Conseil en mars 1978 et n'a pas souleve de difficultes. La signature du credit est intervenue le m6me mois et le credit est entre en vigueur en juillet 1978. 11. EXECUTION 2.01. Les travaw d'irrigation du projet ont ete terrnines en 1984 : ils portaient sur 3.050 ha nets contre 2.980 ha nets prevus lors de l'evaluation. Bien que le rbsultat obtenu ait depasse l'objectif vise, il s'est produit un certain nombre de retards d'execution et de revisions. Demarrage 2.02 Le demarrage des travaw de construction s'est heurte a des problemes diffhrents a Debi et a Lampsar. Les problemes de Lampsar etaient dus en grande partie a des difficultes de transition experimentees lorsque la SAED a change de Directeur Sneral au debut de 1978. Des retards ont ete causes par la lenteur de la preparation des principaux documents de marche et par un desaccord atre la Banque mondiale et la SAED, qui voulait confier la supervisioz des travaux a une entreprise locale. Ces difficultes ont ete resolues. et les travaux de terrassement et de genie civil ont commence en janvier 1979, un an apres la date prevue dans le rapport d'evaluation. 2.03 A Debi, les retards ont ete causes par des problemes financiers. L'Accord de prGt du Fonds du Kowe'it n'a ete signe qu'en fevrier 1979, d e w mois apres la date limite fixee pour la suspension des decaissements du credit de 1'IDA. Ensuite, les documents juridiques, qui devaient Gtre signes au Kowe'it, ont ete perdus au Senegal, entre le Ministere des affaires etrangeres et le Ministere de l'economie et des finances. Ce n'est qu'en fevrier 1980 que ces documents ont ete reconstitues et que le pret du Fonds du KoweYt est entre en vigueur. Dans l'intervalle, face a l'experience des travaw de Lampsar, la Banque mondiale a demande que les travaux de Debi soient a nouveau repousses pour laisser le temps d'etablir des cartes plus detaillees afin d'eviter les sols salins et sablonneux. Revisions 2.04 A Lampsar, plusieurs modifications ont ete apportees a la zone a amenager. Premierement, en raison de la devaluation de 15 % du dollar entre la signature du prGt et le demarrage du projet, ainsi que de hausses des prix locaux, on s'est inquiete du danger de depassement des devis. On a decide de renoncer a amenager le sous-perimetre de Ndioungue dont les sols sablonneux auraient fait monter considerablement les cofits des travaw de terrassement. D'autres etendues ont ete perdues par suite de la densite accrue du reseau d'irrigation rendu necessaire par la decision de la SAED d'etablir des exploitations de 1,5 ha au lieu de 3 ha (par. 3.15) et parce qu'une partie de l'etendue qu'il avait ete prevu d'amenager a l'origine a d6 Gtre utilisee comme source d'approvisionnement en argile pour les remblais des canaw. Dans la phase initiale, la superficie nette de Lampsar a ete ramenee de 2.200 a 1.670 ha. A la place du sous-perimetre de Ndioungue juge trop cofiteux, la SAED a propose la remise en etat du perimetre de Savoigne, de 300 ha, pres de Lampsar. Cette proposition a et6 acceptee par la Banque mondiale et les travaw ont ete executes en 1982. Finalement la forte reprise du dollar en 1983, qui est monte a plus de 150 % de la valeur qui lui etait attribuee dans le rapport d'evaluation a attenue les difficultes de financement locales, et il a 6te convenu au debut de 1984 d'amenager une partie du sous-perimetre de Ndioungue - 140 ha, plus quelque 200 ha de petits perimetres. L'amenagement des petits perimetres a ete entrepris a la suite des demandes presentees par les villageois devant le fait que la secheresse rendait la culture pluviale du mil impossible. 2.05. A Debi, les travaw complementaires d'analyse des sols se sont traduits par une reduction de la superficie a amenager de 1.100 a 740 ha. 2.06. En plus de ces changements apportes aux etendues a amenager, il s'est produit une transformation sensible du systeme d'agriculture. Comme on l'a indique, la taille des exploitations a desservir a ete reduite de moitie et ramenee a environ 1,5 ha par famille, quoiqu'en realite, cette superficie soit plus proche de 1 ha. D'autre part, les tomates ont ete retirees du cycle de culture, de sorte que le paddy est reste comme la seule production des perimetres. Les raisons de ces changements de production sont examinees a la Section 111. 2.07 A la demande de lVEmprunteur, les modalites de financement de ltAccord de credit ont ete modifiees, et les decaissements du credit ont ete autorises a hauteur de 100 % des coiits totaux pour toutes les categories. Les limites initiales etaient de 80 % des coiits d'irrigation et de construction, de 75 % des cofits de fonctionnement (a l'exclusion des traitements), de 85 % de l'assistance technique et de 75 % des cobts de vehicules et de materiel. Cette revision n'a ete sensible que pour l'assistance technique, pour laquelle 1'Etat n'avait pas prevu de contribution financiere; toutes les autres categories de depenses ont effectivement beneficie de fonds de contrepartie du Gouvernement (voir Annexe I1). Calendrier d'execution 2.08 AprGs les retards de demarrage enregistres a Lampsar et Debi, les grands contrats relatifs aux travaux de nivellement, de terrassement et de genie civil, ont ete executes dans les delais prescrits. Les travaux ont ete particulierement rapides a Debi car on a fait appel aux m&mes entreprises qu'a Lampsar et les equipements necessaires etaient deja en place (voir Tableau 1). 2.09 Les difficultes qui se sont prksentees a propos des marches relatifs a w equipements ont limite la premiere campagne agricole de 1980/81 a cinq sous-perimetres de Lampsar. Le retard subi par les livraisons d'equipements a ete dii notamment au fait que les marches devaient encore etre adjuges par le Ministere du developpement rural. Dans certains cas, les evaluations techniques des dossiers d'appel d'offres effectuees par la SAED n'ont pas ete bien examinees, ce qui a pose des problemes qui ont retarde l'attribution de plusieurs marches. C'est ainsi que les retards subis par la livraison des pompes, des machines agricoles et des gaines de siphon n'ont pas laisse assez de temps pour l'installation des equipements et la preparation de tous les sous-perimetres de Lampsar avant 1981. Sur le plan administratif, le processus d'attribution des marches s'est trouve ameliore par le changement, en 1982, du statut juridique de la SAED a laquelle a 6te donne le pouvoir d'attribution des marches. SENEGAL PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET Tableau 1 : OBJECTIFS DU PROJET ET REALISATIONS - SUPERFICIE ET CALENDRIER Evaluation Rkalisations Premiere Premiere Perimetre Superficie rkcolte Superficie recolte (ha) (annee) (ha) (annee) Debi 1.100 1979 740 1982 Lampsar Bifeche Lampsar N'Delle N'Diaye N ' Gomene Tilene Pont Gendarme N'Diougou Bodiene Polo N 'Gao Savoigne - - 300 1983 Petits peri- metres villageois Passation des marches 2.10 Dans l'ensemble, les specifications de 1'Accord =e projet en matiere de passation de marches, qui etaient conformes a w zrocedures de la Banque dans ce domaine, ont ete respectees. Selon ces spicifications : i) tous les marches relatifs a l'execution des travaux de terrassement et des travaw de genie civil et a l'acquisition de materiel d'irrigation d'un montant superieur a 100.000 dollars devaient Ctre passes par appel a la concurrence internationale; ii) les marches relatifs aux travaux agricoles et a l'acquisition d'autres materiels, dont le montant se situe entre 15.000 et 100.000 dollars pour chacun et dont le volume global ne devait pas depasser 1 million de dollars, devaient Gtre passes par appel a la concurrence locale; et iii) pour les marches relatifs a 1'acquisition de materiaw qui devaient porter individuellement sur des montants inferieurs a 15.000 dollars et globalement sur un montant ne depassant pas 500.000 dollars, la consultation de fournisseurs etait autorisee. Tous les dossiers d'appel d'offres et toutes les adjudications qui portaient sur des montants superieurs a 100.000 dollars de mCme que les contrats negocies pour les services de consultants, necessitaient l'approbation prealable de la Banque mondiale. 2.11 La Banque mondiale a accepte une derogation pour les marches relatifs a la construction des bstiments, qui devait stre attribues par appel a la concurrence internationale, mais qui l'ont finalement ete par appel a la concurrence locale. C'est l'emprunteur qui en avait fait la demande devant le peu d'interCt suscite par ces marches aupres des entreprises internationales et en raison des economies de temps et d'argent qu'a permises le fait de construire les biitiments de Lampsar en meme temps que le centre de formation voisin de N'Diayi qui avait fait l'objet d'un marche attribue par appel a la concurrence locale. 2.12 Une autre derogation a ete accept4e en ce qui concerne le plafond de 1 million de dollars qui avait ete fixe pour l'ensemble des marches a attribuer par appel 5 la concurrence locale. Avec les petits perimetres villageois, la remise en etat de Savoigne et l'amenagement de Ndioungue apres l'achevement des grands travaw du projet, le co6t total des marches attribues par appel a la concurrence locale s'est trouve porte a environ 2,3 millions de dollars. 2.13 Les decaissements du credit de llIDA,ventiles selon le type de marche, sont recapitules a 1'Annexe 111. Ces decaissements ont ete consacres a 72 % a 14 marches passes par appel a la concurrence internationale. Le nombre de marches passes par appel a la concurrence locale a ete de 35, et leur valeur moyenne a ete nettement inferieure au minimum pour lequel est exige un examen de la Banque mondiale. Malgre leur grand nombre, les marches passes par appel a la concurrence locale n'ont represente que 12 % du total des decaissements. La supervision de ces marches par la SAED aurait ete simplifiee s'ils avaient ete regroupes par lots plus substantiels. coiits 2.14 Les co6ts totaw des projets ont ete de 36,7 millions de do-ars contre 35 millions prevus lors de l'evaluation, ce qui represents un depassement de 5 % (voir Annexe I). Ces coiits ont tout d'abord suivi les effets de la baisse du dollar, mais ils ont profite a partir de 1981 de sa remontee qui a fait baisser le co6t en dollars des marches libelles en francs CFA. Comme environ la moitie des couts du projet, tels que les coiits des travaux d'irrigation de Debi, ainsi que ceux de l'assistance technique, sont apparus apres le renforcement du dollar, les fluctuations des taux de change ne sont pas la cause principale du leger depassement des devis. Si le t a u de change utilise lors de l'evaluation (de 245 francs CFA pour 1 dollar) s'etait maintenu pendant toute la duree du projet, il se serait produit un depassement de 11 % des couts en dollars, comme cela a ete le cas pour les cofits en francs CFA. Les provisions etablies lors de l'evaluation pour aleas d'execution ont ete de 15 % pour l'ensemble des travaw, equipements, intrants agricoles et co6ts de fonctionnement, de 20 % pour la recherche appliquee et de zero pour les autres etudes. La provision ponderee pour hausse des prix appliquee a l'ensemble des coiits du projet etait de 23 %. En raison du retard dans le demarrage du projet, cette provision s'est revelee insuffisante. 2.15 Le depassement de co6t le plus important a porte sur les investissements consacres a l'irrigation a Lampsar, ou les depenses ont ete de prGs de 5 millions de dollars, soit de 151 %, superieures aux coiits estimes lors de l'evaluation, y compris les provisions pour hausses des prix et aleas d'execution. Les co6ts des travaw de terrassement ont ete plus eleves qu'on l'a prevu, et l'on a ajoute aux travaux la remise en etat de Savoigne et l'amenagement de perimetres villageois. I1 s'est egalement produit de substantiels depassements pour les vehicules et materiels, de 29 % des co6ts de l'evaluation a Debi et de plus de 120 % a Lampsar. Enfin, les hausses des co6ts des traitements et des co6ts de fonctionnement ont atteint des niveaw preoccupants. A Lampsar, le coiit des traitements a ete de 317 % des estimations de l'evaluation, essentiellement en raison d'une progression rapide des effectifs. La hausse des co6ts des traitements et des coiits de fonctionnement a ete causee en partie par la decentralisation de la SAED qui n'avait pas ete vraiment envisagee lors de l'evaluation, mais jugee souhaitable. Toutefois, les accroissements d'effectifs ont ete excessifs, et certaines reductions ont ete entreprises. Si l'on tient compte de l'ensemble des coiits du projet, les coiits a l'hectare des travaw d'irrigation ont ete de 8.500 dollars a Debi et de 10.000 dollars a Lampsar, contre des estimations respectives de 6.800 et 8.400 dollars. Decaissements 2.16 Sur les 20 millions de dollars du credit de l'IDA, 19,4 millions de dollars ont ete decaisses. A la date de clGture fixee a l'origine (juin 1983), les decaissements ne s'elevaient qu'a 16,5 millions de dollars, mais la date de clhture effective a ete repoussee a plusieurs reprises pour permettre de nouveaw retraits de fcnds pour les travaw de Savoigne et Ndioungue et des petits perimetres villageois. Le solde de 600.000 dollars du credit a ete annule en octobre 1986. Les decaissements prevus et effectifs par categorie sont recapitules a 1'Annexe I. Les decaissements effectifs sont compares a w previsions de l'evaluation sur la feuille recapitulant les donnees de base. Performance des entreurises 2.17 Dans l'ensemble, les entreprises awquelles ont ete confiees les etudes techniques, les travaw, la fourniture des materiels, la supervision et l'audit ont fait un travail satisfaisant. Plusieurs difficultes qui se sont presentees ont ete resolues sans entrainer de graves retards. A Lampsar, les travaw de nivellement n'ont pas ete satisfaisants sur 500 ha et ont du Gtre refaits par l'entrepreneur. En outre, sur trois perimetres, apparemment parce que les equipements necessaires n'etaient pas encore arrives, les parois des canaw ont ete creusees selon des pentes trop raides, causant des problemes d'erosion. La SAED a du remedier a ce probleme en procedant elle-mGme a des travaw de planage. Par la suite, la mGme entreprise a execute les travaw de terrassement des canaw d'irrigation de Debi en evitant ces problemes. Les pompes qui devaient Gtre livrees a Lampsar ont ete detournees par le Gouvernement pour etre installees pour les besoins urgents de pompage d'eau potable a Dakar. Par la suite, la SAED a refuse la livraison de pompes usagees, jusqu'a ce qu'un accord soit negocie, obligeant l'entreprise a remettre les pompes en etat et a porter leur garantie d'un an a trois campagnes agricoles. 111. INCIDENCE SUR L'AGRICULTURE Accroissement de la production 3.01 L'accroissement de la production agricole suscite par le projet a depasse les previsions de l'evaluation pour le paddy, mais ne s'est pas materialise pour les tomates. La production supplementaire de paddy a ete de 11.655 tonnes par an, soit de 33 % superieure a w previsions initiales (voir Tableau 2). En effet, les rendements obtenus, qui ont ete de 4,5 tonnes a l'hectare a Lampsar et de 5,5 tonnes a l'hectare a Debi, sont sensiblement superieurs a w estimations prudentes de 3,5 % tonnes a l'hectare de l'kvaluation. La production de tomates pour la mise en conserve a ete abandonnee, et le retrait de ce produit de grande valeur du cycle d'assolement a reduit considerablement les avantages financiers et economiques du projet. Avant celui-ci, la superficie cultivee etait plus petite (en fonction des precipitations) et le rendement y etait en moyenne de 0,8 tonne a l'hectare, en raison d'un arnenagement de l'ecoulement negligeable et de la non-utilisation d'intrants chimiques. Systemes de culture, utilisation des terres et rendements 3.02 La culture des tomates a ete abandonnee a Lampsar pour plusieurs raisons. Les assolements envisages lors de l'evaluation prevoyaient la culture de tomates tous les trois ans sur les champs de paddy. Avec les lourds sols argilew de la region, il est apparu que cela exigeait une preparation rnecanique du sol difficile et coGteuse, car les parcelles nivelees pour l'immersion du paddy devaient Gtre transformees en billons pour l'irrigation des rangs de tomates. S'il n'etait pas effectue convenablement, le billonnage ne permettait pas une repartition egale de l'eau, entrainant une baisse des rendements et une perte sur la recolte. I1 se posait un autre probleme lie a la salinite du sol, qui etait encore aggrave par le fait que le niveau des eaux souterraines etait proche de la surface et que l'evaporation de l'eau de surface s'accompagnait d'une accumulation de sel. Bien que ce probleme ait ete dhent prevu et que la salinite ait ete jugee acceptable avant l'evaluation, le probleme s'est trouve aggrave par le billonnage, qui avait pour effet de maintenir une quantite insuffisante d'eau douce au niveau des racines des plants de tomates. 3.03 Ce probleme semble Gtre particulier a Lampsar, et a pu 6tre evite dans les autres perimetres d'irrigation du delta par un choix approprie des sols sur lesquels pratiquer la culture des tomates. Les perimetres d'irrigation sont generalement amenages a partir de bassins naturels, caracterises par des sols plus legers a la partie superieure des pentes du terrain. Sur ces sols, il est beaucoup plus facile de passer de l'irrigation en billons a l'irrigation par submersion, de sorte qu'ils se pr6tent davantage a la polyculture par assolement. Cependant, a Lampsar, ces sols legers sont plus rares, ou n'ont pas ete exploites. 3.04. Au cours de la campagne 1986187, la recolte de paddy s'est faite sur une superficie evaluee officiellement a 2.733 ha, soit a 94 Z du total prevu lors de l'evaluation. Les difficultes de mise en valeur des terres qui se sont presentees lors de l'execution du projet expliquent la reduction de l'etendue amenagee a Debi, mais une partie de la superficie perdue a ete compensee par la remise en etat du perimetre de Savoigne et par les petits perimetres villageois de Lampsar (par. 2.04). D'autre part, des problemes temporaires de remboursement de la dette a Lampsar et l'arrivee tardive de l'eau d'irrigation a Savoigne ont laisse quelque 300 ha improductifs au cours de la campagne 1986187. 3.05 La culture du paddy se poursuit a raison d'une recolte par an sur l'ensemble des terres a l'exception d'une etendue de 200 ha sur laquelle il a ete procede a un essai modeste de dewieme recolte pour la premiere fois en 1986. La dewieme recolte est actuellement limitee par l'incertitude sur la possibilite de disposer d'une eau d'irrigation non saline, situation qui persistera au moins jusqu'a ce que le barrage de Manantali, sur un affluent amont du fleuve Senegal, atteigne son plein regime de fonctionnement, ce qui est prevu pour 1989. Le barrage de Diama, a proximite de l'embouchure du fleuve Senegal, qui est destine a SENEGAL PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LANPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET -- Tableau 2 : PRODUCTION AGRICOLE SUPPLEMENTAIRE Evaluation Avec le Chiffres effectifs projet en Avantages Avantage Sans le regime de supple- Avec le supple- projet croisiere mentaires projet rnentaire, PADDY Lampsar Superficie (ha) 1.200 1.800 2.000 Rendement (tlha) 098 3,5 495 Production (t) 960 6.300 5.340 9.000 Debi Superficie (ha) 500 1.LOO 730 Rendement (tlha) 098 395 5,5 Production (t ) 400 3.850 2.570 4.015 Total, production de paddy Superficie (ha) 1.700 Rendement (t/ha) 098 Production (t) 1.360 TOMATES Superficie (ha) - Rendement (t/ha) - Production ( t ) - empgcher la remontbe des e a w salines lorsque le debit de l'eau dmce diminue, pendant la saison seche, n'est pas capable, actuellement, de remplir cette fonction. Ne disposant pas d'une digue du c6tk mauritaclen du fleuve ni d'un d4bit d'eau douce suffisant en saison seche, les exploitants de Diama ne peuvent maintenir un niveau d'eau suffisamment eleve derriere le barrage, compte tenu de la conception des vannes. Celles-ci doivent 6tre ouvertes lorsque le niveau de l'eau en aval est trop eleve, ce qui laisse penetrer de l'eau saline dans la partie amont du delta. Les exploitants de Diama sont convaincus que ce probleme sera resolu une fois que le barrage de Manantali permettra le maintien d'un debit d'eau douce suffisant tout au long de l'annee, mGme en l'absence d'une digue du c6te mauritanien. L'eau sera suffisante pour irriguer des recoltes annuelles supplementaires, eventuellement d e w recoltes de riz plus une recolte de cultures maraicheres ou de legumineuses a maturation rapide. Toutefois, le personnel de la SAED estime qu'au debut, une intensite de cultures superieures a 160 X sera difficile a obtenir, surtout a Lampsar. Les raisons invoquees sont la proximitd de St-Louis, qui offre d'autres activites a w habitants de Lampsar, qui ne sont en fait agriculteurs qu'a temps partiel. L'accoutumance a pratiquer l'agriculture tout au long de l'annee est egalement considerbe comme un probleme transitoire. 3.06 A Lampsar, en raison de la mise en application de la nouvelle politique de la SAED a l'egard des agriculteurs qui ne remboursaient pas leurs credits de production, depuis 1985, la superficie totale disponible n'est plus cultivee. La SAED a commence a refuser de nouveaw credits de production tant que les agriculteurs n'ont pas rembourse ces dettes, et a Lampsar, la superficie rbduite ainsi a l'inaction - qui represente environ 10 % du total - n'a pas t redistribuee ou remise en culture. Le probleme ne s'est pas pose a Debi, oh le remboursement est regulierement de pres de 100 %. En fait, la situation semble Gtre particuliere a Lampsar; sur les autres perimetres awquels est appliquee la politique de la SAED en cas de non remboursement de la dette, les terres ainsi touchees sont redistribuees entre les autres participants ou a de nouveaw cultivateurs. En revanche, a Lampsar, l'organisation villageoise est telle que les agriculteurs ne se montrent pas jusqu'ici enclins a revendiquer les terres improductives de leurs voisins. 3.07 A Lampsar, la superficie beneficiant effectivement de l'irrigation est plus vaste que celle officiellement retenue, du fait des agriculteurs individuels ou des groupes villageois qui pratiquent l'irrigation non declaree, c'est-a-dire qui utilisent sans autorisation l'eau d'irrigation de perimetres sur des parcelles voisines. La superficie ainsi irriguee a Lampsar est estimee a 200 ha, ce qui represente un supplbment d'environ 10 % de la superficie officielle. Ces terres sont genbralement consacrees a la riziculture. Ce dktournement de l'eau est tres nuisible a w travaw de terrassement, car les siphons provoquent l'erosion des remblais des canaw primaires, des canalisations partent des canaw secondaires sous les routes et au-dessus des foss6s de drainage et des canaw rudimentaires sont egalement percds directement a partir des canaux primaires. Jusqu'ici, la seule action menee pour combattre cette situation est l'imposition de redevances d'utilisation d'eau aux "pirates" qui peuvent Gtre identifies; la repression effective de cette activite, surtout au cours de ces dernieres annees de secheresse ou l'agriculture en sec a d9 Gtre abandonnee, aurait cree ,avec les villages des frictions que la SAED a prefere eviter. Ce probleme ne pourra Gtre rbsolu que si les cultivateurs pratiquent leur propre politique; les changements apportes recemment a w institutions chargees des perimeres (par. 5.11) permettront peut-Gtre une amelioration a cet egard. 3.08 Pour le paddy, les rendements obtenus ont depasse de beaucoup les previsions de l'evaluation. On avait prevu qu'ils passeraient de 1,8 tonne a l'hectare au debut a 3,5 tonnes a l'hectare au bout de quatre ans. Les rendements initiaux depassaient deja les 3,5 tonnes a l'hectare, et calcules jusqu'en 1986, ils ont ete en moyenne de 4,5 tonnes l'hectare a Lampsar et de 5,5 tonnes a Debi. I1 n'y a pas apparemment d'explication a ces rendements plus eleves; en effet, l'utilisation totale d'engrais est legerement inferieure a w recommandations de l'evaluation, sauf pour 1'uree. 3.09 Les rendements sont tout a fait stables, mais a Lampsar, ils sont plus irreguliers, et sont tombes h 3,9 tonnes a l'hectare en 1986. Cela semble 6tre dc a la plus grande vulnerabilite de Lampsar a l'arrivee tardive des crues. I1 se produit un retard supplementaire a Lampsar, car une fois que les e a w de crue repoussent les e a w salines, le marigot de Lampsar doit encore se remplir avant que ne soit possible l'irrigation des sous-perimZitres. C'est pourquoi la date des semis est souvent plus tardive a Lampsar qu'a Debi, et c'est pourquoi les rendements y sont plus faibles. En fait, au perimetre de Savoigne, tributaire de l'alimentation par gravite du canal primaire depuis le marigot de Lampsar, l'arrivee de l'eau a ete si tardive en 1986 qu'il a ete decide de renoncer completement a planter pendant la saison principale. 3.10 On n'a pas determine avec certitude les raisons des rendements superieurs obtenus a Debi par rapport a Lampsar. Les intrants physiques apportes a m d e w perimetres sont presque identiques. L'une des hypotheses avancees est que les agriculteurs de Lampsar, qui vivent tres pres de St-Louis, ont des activites plus diverses et ne s'acquittent pas de leurs travaux agricoles de fason aussi ponctuelle ou complete que ceux de Debi. Les pratiques agricoles, les niveaw d'intrants utilises et la qualite des sols sont tres semblables dans les d e w regions et, en l'absence d'explication technique des differences de rendement, il parait justifie d'invoquer des diffkrences de gestion. 3.11 I1 existe une diffhrence plus troublante entre les estimations ci-dessus, fondees sur les echantillons preleves par la SAED, et celles des agriculteurs, qui sont resumees dans une etude effectuee en 1986 par la SAED a Lampsar. Les rendements estimes par les agriculteurs en 1985 etaient en moyenne de 3,2 tonnes a l'hectare, soit bien inferieurs a l'estimation de 4,5 tonnes ii l'hectare fondees sur la rkcolte. Pour la SAED, cette difference est due au fait que les agriculteurs ne font pas figurer une partie de leur production dans leur total declare. I1 est possible qu'ils n'incluent pas les quantites consommees par la famille pendant la longue periode de recolte et de moisson, les quantites consacrees aux paiements en nature des ouvriers agricoles engages, les dons aux parents et la d?me prelevee par les eglises. Si ces prelevements sont bien effectues et s'ils ne sont pas inclus dans la production, le rendement estimatif de 4,5 tonnes a l'hectare de la SAED para?t valide. 3.12 Compte tenu d'influences contradictoires, une incertitude pese sur les tendances a venir des rendements. On prevoit que le fait que la SAED cesse de fournir les intrants aura probablernent une incidence negative A court terme. Les services de tracteur fournis par des entreprises privkes ou des cooperatives et l'offre d'engrais et d'autres produits chimiques sur le marche sont encore insuffisants pour repondre pleinement a la demande en periode de pointe. A la longue, la pratique du labour des sols secs, si elle n'est pas suivie d'une operation d'irrigation, debouchera sur un mauvais nivellement de la terre et sur des rendements plus faibles. Participation des agriculteurs et avantages qu'ils en retirent 3.13 En 1986, la SAED avait recensk un total de 2.627 exploitations, dont 1.945 a Lampsar et 682 A Dibi (voir Tableau 3). Les beneficiaires etaient generalement des (homrnes) chefs de familles, dont la composition avait ete estimee en moyenne a huit personnes au moment de l'evaluation. Au total, le nombre des beneficiaires directs du projet s'klevait donc au moins a 21.000, et peut-Stre a plus, si l'on tient compte d'une etude effectuee recemment par la SAED a Lampsar, qui a revele que la composition rnoyenne des farnilles etait de pres de 13 personnes. 3.14 La rkpartition des terres a &ti$ facilitie par la participation des villageois a w activites d'irrigation par submersion de la SAED qui etaient anterieures au projet. I1 existait donc des groupes de cultivateurs a utiliser come base pour determiner les cultivateurs juges aptes a beneficier du projet. La propriete legale de la terre avait ete attribuee a 1'Etat par une loi de 1966, et la SAED a ete designee pour choisir les personnes qui allaient beneficier des droits d'usage. 3.15 En reduisant 1'6tendue de terre a attribuer a chaque exploitation, qui avait cite fixke a 3 ha lors de l'evaluation, le projet a permis d'etendre les avantages a un plus grand nombre de beneficiaires. La demande de revision presentee par la SAED du modele propose d'exploitation etait motivee par plusieurs preoccupations. La demande depassait l'etendue de terres disponibles si l'on utilisait des exploitations de 3 ha, et il n'y avait pas de moyen simple de choisir entre les candidats. On avait constate que la productivite des projets de la SAED etait plus elevbe sur les exploitations plus petites, de sorte que SENEGAL -- PROJET D'IFzIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Jredit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET Tableau 3 : BENEFICIAIRES ET TAILLE MOYENNE DES EXPLOITATIONS Superficie moyenne Taille Superficie Nombre Par moyenne moyenne d'exploi- exploi- de la Par Perimetre Village tations tation famille /d adulte /d (ha) (ha LAMPSAR /a Lampsar Bifeche Savoigne N'Delle Keur S. Sow Tilene Diagambale Ndiaye Boundoum Peul Ndioungue Roubantine Total partiel DEB1 /b Debi 393 1,12 n.d. Tiguet 289 1,OO n.d. Total partiel TOTAL /c 2.627 1,06 n.d. 1985-86. 1986-87. Si l'on utilise l'effectif moyen d'une famille de huit personnes, qui est celui de l'evaluation, le nombre des beneficiaires est de l'ordre de 21.000. Si l'on utilise les resultats de l1enqu6te effectuee en 1986 a Lampsar, la taille moyenne de la famille est de 12,9 membres, ce qui donne un total d'environ 34.000 beneficiaires. - /d Les donnees relatives a la taille et a la composition des familles proviennent d'une enquGte effectuee en 1986 par la SAED. Voir paragraphe pour l'examen de ces donnees. le fait de reduire la taille des exploitatim dans des limites permettant de maintenir des incitations financikres suffisantes etait egalement perqu comme un moyen de parvenir a une production -otale plus elevee. Enfin, on estimait qu'une simple allocation de 3 ha ne permettait pas d'adapter convenablement la taille des exploitations a w ressources variables en main-d'oeuvre des familles. Une estimation grossiere de 0.25 ha par adulte actif a ete determinee par la SAED et apparemment appliquee de maniere a donner une plus grande etendue aux familles plus nombreuses. Les allocations de terres enregistrges etaient d'en moyenne 1 ha par exploitation, ce qui correspond a L'estimation de quatre adultes actifs par famille de l'evaluation. 3.16 Cette moyenne de 1 ha par exploitation n'est probablement pas representative des exploitations de la zone du projet. Les etendues moyennes enregistrees par sous-perimetre a Lampsar varient dans un rapport de plus de 1 a 2 1/2, entre un minimum de 0,7 ha a Keur S. Sow et un maximum de 1,8 ha a Ndioungue. En fait, l'eventail peut gtre encore plus large. On ne dispose pas de chiffres sur la repartition des exploitations par ordre de grandeur dans la zone du projet, mais il est probable que les mecanismes sociaw officieux aient abouti a une certaine reaffectation du pouvoir de decision sur les terres, dont il n'est pas rendu compte a la SAED. Le gonflement du nombre des adultes actifs par famille, l'existence de rapports familiaw fournisseurs-clients et les consBquences d'octrois officiew de credit sont autant de moyens par lesquels le pouvoir de decision au sujet de la terre est devenu plus divers que ne l'implique le simple modele d'exploitation de 1 ha. Cette diversite comporte d'importantes consequences pour les avantages financiers des agriculteurs participants. 3.17 Le Tableau 4 compare les estimations de la rentabilite financiere pour les agriculteurs etablies lors de l'evaluation a w resultats estimatifs de 1986. Seule la rentabilite de la production de riz est comparee car le modele d'exploitation de l'evaluation, avec production de tomates, ne s'est pas concretise. La rentabilite financi6re de l'evaluation est ajustee aux valeurs actuelles par application, dans la mesure du possible, des prix de 1986 a w quantites de l'evaluation. Les redevances afferentes a w services mecaniques et a l'eau sont traitees differemment car on avait prevu, lors de l'evaluation, qu'elles augmenteraient pendant l'execution du projet; ces variations de ces redevances sont utilisees pour les cofits de 1986 du modele de 1'evaluation. 3.18 La valeur effective nette de la production a l'hectare depasse de 20 % les previsions de l'evaluation. Des rendements plus eleves ont ete obtenus sans accroissement sensible de l'utilisation d'intrants, mais il s'est produit une substitution imprevue de main-d 'oeuvre journaliere a la main-d'oeuvre familiale pendant la recolte et le battage. La valeur effective nette de la production atteint 3.309 francs CFA par home-jour de main-d'oeuvre familiale, soit plus que l'estimation de 2.594 francs CFA par hornme-jour de l'evaluation et beaucoup plus que les salaires d'environ 1.000 francs CFA par jour de la main-d'oeuvre joucaliere a w periodes de pointe. 3.19 Le f l u de tresorerie pour la production de riz, compte tenu de la consomrnation familiale de riz et de l'eventail des dimensions des exploitations a Lampsar, pose certains problemes. La consommation annuelle de riz d'une famille de huit membres est peut-Gtre de 180 kg par an de riz par personne (soit, si l'on tient compte d'un coefficient de 0,65 pour le paddy, de 2,2 tonnes de paddy par an au total). Si les familles consomment juste cette quantite, sur une exploitation moyenne de 1 ha, la quantite commercialisee represente 53 % de la production. Une fois payes (gbneralement en nature) les co6ts de production, le revenu monetaire est de 66.000 francs CFA (190 dollars), soit de 857 francs CFA par homme-jour (2,45 dollars) de main-d'oeuvre familiale. Mais pour les exploitations plus petites de Lampsar, la valeur monetaire de la production restant apres la consommation familiale para?t insuffisante pour couvrir les coiits de production. Pour les exploitations de 0,7 ha en moyenne de Keur S. Sow, les besoins alimentaires de la famille absorbent les d e w tiers de la production de paddy, et la quantite residuelle commercialisee laisse un deficit de pres de 10.000 francs CFA sur le coGt des intrants. Dans ce cas, la famille comble ce deficit en recourant a des arrieres de paiement sur sa dette, en couvrant ses coiits de production de paddy a partir d'autres sources de revenu ou en consommant moins de riz de sa propre production (voir par. 6.06). 3.20 Si, pour le moment, la plupart des exploitations de Lampsar et de Debi ne sont pas touchees par ce probleme de tresorerie, elles ne sont pas loin d'en subir les consequences. Premierement, les possibilit6s d'absorption d'une population de plus en plus nombreuse dans les villages du projet par la subdivision des terres actuellement allouees sont tres limitees. Dewiemement, s'il est vrai que les redevances perques pour l'eau d'irrigation sont bien inferieures a w cocts afferents a l'approvisionnement, leur hausse, supportable par les exploitations plus grandes, seraient durement ressenties par les petits exploitants. 3.21 Outre les avantages financiers additionnels, les agriculteurs ont eu la possibilite d'ameliorer leurs aptitudes a la gestion de leur exploitation. Les techniques de production intensive de paddy avec irrigation etaient nouvelles pour ces agriculteurs au debut du projet, et ils ont dii les acquerir en un laps de temps relativement court. 11s ont commence egalement a maitriser les connaissances relatives au choix du moment et a l'application des engrais chimiques, a l'utilisation des herbicides et des pesticides ainsi qu'a l'entretien du materiel d'epandage, au choix du moment approprie pour les semis et les travaw agricoles et a la gestion des ressources en eau. Ces connaissances fondamentales de pratiques agricoles plus elaborees, plus productives et plus souples sont egalement applicables a d'autres activiths agricoles. 3.22 Toutefois, les agriculteurs n'ont :as acquis toutes les techniques de gestion d'une exploitation qu'ils auraient pu acquerir ou qui aurait ete souhaitable. La forte participz-ion directe de la SAED a la production et a la commercialisation les a eczrtes de tout un ensemble de decisions. Plaintenant que la SAED cherctie a se degager de ces responsabilites, leur transfert aux agriculteurs est devenu un probleme pressant. Jusqu'ici, la preparation de la terre par des moyens mecanises et la fourniture des intrants etaient assurees par la SAED; a l'avenir, les agriculteurs devront se procurer les intrants aupres de fournisseurs prives et faire appel a des organisations cooperatives pour les services de tracteur. La SAED continuera d'offrir un debouche au paddy a un prix officiel au producteur, mais il est frequent que des difficultes de financement retardent ou limitent la campagne d'achat. Neanmoins, le prix officiel est en general suffisamment eleve pour dissuader les agriculteurs de vendre sur le marche parallele. En bref, l'obligation pour les agriculteurs de rechercher activement et de developper des relations commerciales pour la fourniture des intrants et la vente du paddy etait jusqu'ici limitee. L'avenir immediat du projet dependra de leur aptitude a acquerir les connaissances en gestion economique au rythme du desengagement prevu de la SAED. Autres effets non chiffrables du projet 3.23 Sante. L'incidence generale du projet sur la sante est difficile a evaluer car l'amelioration des approvisionnements alimentaires et de l'acces a l'eau potable a co'incide avec un accroissement des maladies hydriques ou connexes. D'un c6te, 79 % d'un echantillon de la population de Lampsar ont declare percevoir de meilleurs approvisionnements alimentaires, accompagnes d'un passage d'une alimentation a base de mil a une alimentation a base de riz. La population de Debi a profite grandement de la construction du barrage de Diama qui, pour la premiere fois, leur permet de disposer d'une eau non saline pendant la saison seche. Cependant, 45 % des personnes interrogees a Lampsar ont estime que leur famille etait en moins bonne sante qu'auparavant, 76 % des familles ont constate une recrudescence des maladies et 99 % se sont plaintes de l'aggravation du probleme pose par les moustiques. Ce probleme de sante est lie au fait que l'eau reste plus longtemps dans les reseaw d'irrigation et les marigots et peut-6tre egalement au contact accru de la population du projet avec l'eau, facilite par la commodite d'utilisation des ouvrages cimentes des reseaux d'irrigation comrne lieu de baignade et de lessive. L'environnement deviendra encore plus propice a la propagation des moustiques et des vecteurs des maladies hydriques apres 1989, lorsque la population disposera d'eau d'irrigation pendant toute l'annee. Les mesures de prevention - prophylaxie, entretien des canaux et lutte contre les moustiques - sont minimes, de mGme que la collaboration de la SAED avec les services de sante. La definition des responsabilites de chacune des institutions et l'allocation des ressources ne paraissent pas suffisantes pour empkher l'aggravation de la situation sanitaire. SENEGAL PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET Tableau 4 : RENTABILITE FINANCIERE DE LA PRODUCTION DE PADDY (FCFA) /1 Rentabilite financiere Rentabilite financiere A l'hectare par exploitation - Previsions Sans le de l'eva- Chiffres Evalua- projet luation effectifs tion Chiffres effectifs Superficie (ha) Production de paddy (tonnes) Valeur, paddy Valeur, foin Valeur brute de la production Intrants Services mecaniques Redevances de consomma- tion d 'eau Main-d 'oeuvre journali&re Coiits financiers Valeur nette de la production Main-d'oeuvre familiale (homes-jours) Valeur nette de la production par homme-jour Commerciali- sation (%I /2 Valeur commerciale Revenu mone- taire net Revenu monk- taire net par hornme-jour - I1 Lampsar. - 12 Ce qui reste de la production totale apr6s deduction de l'autoconsommation (180 kg de riz x 1/0,65 de conversion en paddy x 8 personnes = 2.215 kg par famille et par an). La vente comprend les paiements en nature pour les intrants, y compris pour la main-d 'oeuvre journali6re. 3.24 Stabilite familiale. En developpant l'irrigation dans le delta, le Gouvernement avait pour objectif d'offrir des possibilites economiques a la population locale et de reduire l'exode vers les centres urbains. Cet objectif parait avoir ete atteint a un certain degre a mesure que les personnes interrogees de Lampsar ont signale moins de departs de membres de leurs familles dans 92 % des cas et plus d'arrivees dans 94 % des cas. Les deux tiers des familles interrogees ont egalement souligne une diminution du nombre des problemes sociaux au sein de la famille. Mais, d'apres certains observateurs de la SAED, l'autorite du chef de la famille sur la main-d'oeuvre familiale est en baisse, ce qui explique en partie le recours a l'embauche de la main-d'oeuvre journaliere pour la recolte. Les possibilites accrues de revenu monetaire contribuent apparemment a l'independance financiere des epouses et des fils, et distendent les liens de la famille elargie en tant qu'equipe de travail. Ces observations donnent l'impression que l'economie locale est peut-stre en train de s'elargir, mais que les modalites d'utilisation de la main-d'oeuvre pour la production agricole se font plus souples et plus complexes. Des lors, la plus grande stabilite de l'economie par rapport a l'epoque ou la population pratiquait l'agriculture en sec ne s'accompagne pas necessairement d'une plus grande stabilite des structures familiales. 3.25 Creation d'emplois. Comme le projet a permis d'etablir une activite agricole necessitant plus de main-d'oeuvre qu'auparavant, il s'est produit un accroissement de la main-d'oeuvre productive. Cet accroissement a joue pour beaucoup dans l'apparition d'une main-d'oeuvre migrante, arrivant du bassin arachidier pour la r4colte et le battage du paddy. Ces ouvriers ne sont pas, pour le moment, migrants permanents dans la region, qui n'a besoin de leurs services tout au plus que d e w mois par an. Avec le developpement de l'irrigation tout au long de l'annee, cette situation pourrait changer car la region du delta pourra compter chaque annee sur d e w recoltes de riz et une recolte de tomates necessitant egalement le recrutement de main-d'oeuvre. Ces conditions pourraient entrainer l'installation durable d'ouvriers agricoles, avec les retombees favorables que cela comporterait pour l'economie locale. IV. ANALYSE DU TAUX DE RENTABILITE ECONOMIQUE 4.01 D1apr&s les nouveaw calculs, le t a w de rentabilite du projet se situe a -4 % contre 10 % lors de l'evaluation. Ces nouveaw calculs tiennent compte des cocts de tous les investissements realises et des coiits variables des facteurs de production, ainsi que des coiits apres 1986 lies au remplacement periodique d'investissements a moyen terme, aux facteurs de production, a l'exploitation et a l'entretien et a w traitements verses par la SAED en rapport avec le projet, indiques en francs CFA de 1986. I1 n'est pas tenu compte des cocts de l'assistance technique, de la recherche appliquee et des etudes generales. Les avantages procures par la production de paddy sont egalement mesures en chiffres de 1986, et les prix a venir du paddy et des intrants chimiques ainsi que les t a w de change sont calcules sur la base des previsions de la Banque mondiale (voir Annexe IV pour tous renseignements sur les hypotheses utilisees pour l'analyse economique). 4.02 Le t a w de rentabilite calculi lors de l'evaluation et dans ce rapport repose sur les avantages nets marginaux, c'est-a-dire sur les avantages nets procures par le projet en sus de ceux qui auraient ete realises sans les activites agricoles de celui-ci. Le t a w de rentabilite revise se fonde toujours sur lthypoth&se de l'evaluation selon laquelle la production agricole obtenue auparavant dans la zone du projet etait constituee de paddy, produit sur 2.900 ha, avec un rendement moyen de 0,8 tonne a l'hectare. Le niveau peu eleve de ces rendements s'explique par l'incertitude pesant sur l'humidite du sol soumis a une agriculture de dkcrue, et par l'absence d'achat d'intrants. 4.03 La diminution du t a w de rentabilite est la consequence : i) de l'incapacite de cultiver la tomate qui, d'apres les donnees de l'evaluation, devait procurer pres de la moitie des avantages marginaux nets a Lampsar et un tiers pour l'ensemble du projet; ii) a compter de 1986, de la forte baisse de la valeur en francs CFA de la production de paddy, causee par le flechissement des cours mondiaux en dollars aggravke par une baisse du franc CFA par rapport au dollar. En verite, du fait de cette baisse de la valeur de la production, le f l u des avantages marginaw nets du projet restera negatif de 1986 a 1992; iii) de 1'addition de coGts periodiques posterieurs au projet lies a des investissements a moyen terme - pompes, Cquipements agricoles et equipements d'entretien - sans lesquels la production sur la duree de vie estimative de 25 ans des travaux de terrassement et des travaux de genie civil ne pourra 6tre soutenue. Ces coiits periodiques n'avaient pas ete pris en compte dans les calculs de l'evaluation; iv) de depassements des coiits du projet de 11 % en francs CFA; v) de la hausse des cobts de la main-d'oeuvre due a une progression des salaires virtuels en chiffres constants. Les coGts de main-d'oeuvre ?I l'hectare sont evalues a w cocts du recrutement de la main-d'oeuvre sur le marche pour la recolte (18.000 francs CFA/ha) et le battage (350 francs CFA par sac de 80 kg) plus un salaire de subsistance de 150 francs CFA par jour pour la main-d'oeuvre familiale qui est utilisee pour les 77 jours restants d'activites agricoles. Le coiit d'opportunite de la main-d'oeuvre par hectare de paddy, calcule sur la base d'un rendement de 4,5 tonnes est donc de 50.000 francs CFA; et vi) du fait que la duree de vie du projet a Cte ramenee de 50 a 25 ans. Une duree de 50 ans parait excessive, face a la dhterioration rapide des ouvrages d'irrigation passes dans le delta, et au calendrier d'amortissement de la SAED qui accorde aux ouvrages d'irrigation une duree de vie de 20 ans. Les calculs de sensibilite de l'evaluation estimaient qu'une baisse de 10 % des avantages ou une hausse de 10 % des coiits du projet entrainerait chacune un flechissernent de 1 % du t a w de rentabilite interne. Une extrapolation etablie a partir de ces rapports et le raccourcissement de la duree de vie du projet explique en grande partie le flechissement observk de la rentabilite 6conomique du projet. 4.04. En raison de la forte incertitude qui pese sur les effets a venir des changernents qui interviendront au niveau des institutions, du prix du paddy et des t a w de change sur les avantages potentiels du projet, on a utilise l'analyse de sensibilite pour dkterminer les facteurs qui pourraient deboucher sur un taux de rentabilite interne positif. Un scenario optimiste n'envisage toujours qu'une production de paddy, mais prevoit une intensite de culture de 200 % a compter de 1989 contre 160 % dans l'hypothese de base. Le t a w de rentabilite interne qui en resulterait ne remonte qu'a -2 % car, les prix du paddy devant rester faibles jusqu'en 1993, l'accroissernent de la production liee a l'extension de la superficie cultivee se traduit par une perte economique nette. Un autre scenario substitue un t a w de change a moyen terme plus stable a l'ajusternent de la production a la hausse envisage dans l'hypothese de base. Celle-ci, qui prevoit une remontee du franc CFA par rapport au dollar, qui tomberait de 349 francs CFA en 1986 a 254 en 1989, est rernplacee par un taux de 300 francs CFA pour un dollar en 1987 et de 325 jusqu'en 1991, puis par une moyenne de 367 francs CFA pour le reste de la duree du projet. Selon ces nouvelles hypotheses de t a w de change, le taux de rentabilite interne ne devrait remonter qu'a -3 %. Enfin, la duree de vie du projet a ete prolongee de 25 a 50 ans, ce qui permet de faire remonter le t a w de rentabilitb interne a 2 %. Les avantages prevus vers la fin de la periode ont une incidence assez forte sur le t a w de rentabilite interne dans cette hypohtkse, car du fait de la faible valeur du franc CFA, ces avantages ont une moins forte valeur actualisee. 4.05 I1 convient de noter que, dans ces calculs du t a w de rentabilite interne, on a utilise l'indice de la valeur unitaire des produits manufactures pour ajuster les coGts d'equipement du projet de maniere a 0bteni.rdes valeurs en francs CFA constants de 1986. Cela est conforme a w methodes employees pour evaluer la production de paddy, rnais sur le plan pratique, on ne peut determiner avec certitude si l'utilisation d'un deflateur du PIB ne serait pas preferable pour les cobts du projet. Ce deflateur, du fait de la forte inflation que connait le Sknegal, augrnente les coGts d'equipement exprimes en prix de 1986, faisant tomber le t a w de rentabilite interne de l'hypohtese de base a -7 %, contre -4 % si l'on utilise l'indice de la valeur unitaire des produits manufactures. En faisant la synthese de ces trois scenarios, pour lesquels les variations du t a w de rentabilite interne sont respectivement de 2, 1 et 6 points, soit de 9 points au total, on parvient a un taux de rentabilite interne de 5 %. V. FONCTIONNEMENT ET DEVELOPPEMENT DES INSTITUTIONS Organisation et administration 5.01 L'institution chargee de l'execution du projet de Debi-Lampsar etait la Societe nationale d'amenagement et d'exploitation des terres du delta du fleuve Senegal (sAED). Juste avant la preparation du projet, la SAED avait subi une reorganisation destinee a l'adapter a ses responsabilites croissantes dans tout le bassin du fleuve Senegal. Cette premiere reorganisation, qui regroupait les perimetres en "unites de projet" d'environ 5.000 ha chacune et creait de nouvelles divisions chargees de la coordination, du financement et de la comptabilite et de l'administration et du personnel des perimetres, laissait sans, solution plusieurs problemes importants pour le nouveau projet. Bien que le rapport d'evaluation ait tenu compte de ce facteur, l'application des solutions qu'il preconisait s'est heurtee a de nouvelles difficultes et a de nouveaux changements apportes a l'organisation a partir de 1981 qui ont modifie les caracteristiques juridiques, administratives et structurelles fondamentales de la SAED. Un grand nombre de ces changements visaient a repondre a certains problemes institutionnels d'ordre plus general que les besoins particuliers concernant l'organisation du projet de Debi-Lampsar, et, de ce fait, ne donneront pas lieu a un examen approfondi dans le present rapport. 5.02 La SAED avait ete creee come entreprise dfEtat et, en tant que telle, devait se conformer a des procedures financieres et administratives compliquees. Le plus grave handicap qu'elle avait a surmonter etait le contrijle extr6mement rigoureux exerce par 1'Etat sur les procedures d'appel d'offres et les depenses. Sa comptabilite etait tenue par une institution centrale a Dakar qui s'occupe de toutes les entreprises publiques, et la quasi-totalit6 des marches et des depenses devaient passer par un processus complexe avant d'gtre autorises par cet organisme. Ce systhme etait la cause de retards et d'inefficacite et a provoque la deterioration de la situation finaneiire de la SAED. Pour eviter ces problemes pendant l'execution du projet, l'ouverture du credit a ete subordonnee a la signature, par le Gouvernement, d'un accord de financement destine a assurer des transferts reguliers de credits budgetaires au compte de la SAED, et a l'adoption d'un decret allegeant les conditions a remplir pour l'approbation prealable des depenses. 5.03 Ces reformes limitees des procedures ont 6te remplacees par les recommandations d'une mission conjointe CCCE/FAC/IDA qui a present6 son rapport en mars 1979. Ce rapport recommandait : i) que l'autonomie financiere de la SAED soit etendue par un changement de sa situation juridique; ii) que les activites de la SAED se concentrent sur la production de paddy et l'entretien des reseaux d'irrigation et que la Societe abandonne l'execution d'ouvrages d'irrigation et d'etudes; iii) que les services centraux de la SAED soient regroupes sous trois nouvelles divisions - administration et finances, production, et ingenierie; iv) que des cadres de plus haut niveau soient affect& a m perimetres du projet, de maniere a conferer a cew-ci une plus grande autonomie, et que soit supprimee la Division de coordination des perimktres; et v) qu'il soit procede a une reduction des effectifs de la SAED. Ces principes de reorganisation ont ete approuves B une reunion interministkrielle. Gr2ce a la disponibilite des fonds du FAC et du Projet d'assistance technique au secteur public, une equipe de trois consultants expatries etait mis en place en mars 1980 pour aider le Directeur general de la SAED a mener a bien cette reorganisation. En juillet 1981, la nouvelle structure etait operationnelle, et la SAED a ete dotee du statut juridique de societe nationale, avec une grande autonomie budgetaire, a w termes de la Loi No 81-57. Depuis lors, les responsabilitks financieres et operationnelles respectives de 1'Etat et de la SAED ont ete definies pour une periode de trois ans dans une Lettre de mission contractuelle. Problemes de personnel et de formation 5.04 Dans le cadre de cet effort general et soutenu pour ameliorer la sante de la SAED, le projet a prevu certains domaines particuliers ou une gestion solide s' imposait pour la bonne execution du projet. Des credits ont ete prevus pour financer les services de cinq assistants techniques, dont un pour ameliorer la gestion financiere au siege de la SAED, un directeur du projet et un mecanicien pour le perimetre de Lampsar et d e w specialistes de la recherche appliquee. Ces cinq assistants techniques etaient tous expatries. Le directeur du projet pour Debi a ete choisi au sein de la SAED. La forte pression exercee par la Banque mondiale pour que des assistants techniques expatries soient affectes au projet semblerait avoir cause certaines frictions pendant la preparation de celui-ci. Cette preparation n'a pas pose de problemes particuliers, mais on a constate l'absence dans les documents du projet d'une strategie pour la formation du personnel de la SAED destine par la suite a remplacer le personnel expatrie. La Banque mondiale n'a pas voulu financer la formation a l'etranger d'un membre du personnel de la SAED qui etait appele a asswner la responsabilite de directeur du perimetre de Lampsar. Une aide bilaterale a ete finalement accordee a cet effet de facon ad hoc. Le donateur participait depuis le debut au financement du projet, et la Banque mondiale aurait pu se montrer plus sensible a w problemes de la formation de cadres a l'etranger en favorisant l'incorporation d'une composante formation de personnel de la SAED au projet. En fait, cette formation est restee sans definition et tributaire, a 1'epoque, d'un projet de formation inacheve finance separement de l'exterieur. 5.05 Une plus grande autonornie des perimetres etait prevue pour Debi et Lampsar afin de donner aux directeurs du projet suffisamrnent de pouvoirs et de marge de manoeuvre pour assurer dans les delais prevus l'execution des investissements et le commencement des activites agricoles. La decentralisation devait se faire par le biais d'equipes distinctes de gestion du projet dotees de l'independance technique et administrative et d'une autonornie financiere partielle, grsce a l'etablissement de comptes separes. Au premier stade du recrutement, Lampsar s'est vu affecter d e w responsables de la vulgarisation, sept agents de vulgarisation et un charge des passations de marches en plus du directeur du projet et du mecanicien expatriks. Malgre quelques difficultes entre la direction du projet et le siege de la SAED pour l'etablissement de procedures de fonctionnement, les problemes etaient en grande partie resolus en 1983, au moment oG la decentralisation en perimetres autonomes a ete institutionnalisee dans tout le delta. 5.06 L'b-ension des responsabilites au niveau des perimetres a entraTne une croissance rapide du personnel du projet. A Lampsar, l'effectif a atteint 48 employes, a savoir 11 agents administratifs, 17 vulgarisatrurs, neuf conducteurs de tracteur et 11 ouvriers d'atelier. Lorsque la SAED se retirera des services de production, les effectifs seront reduits, mais on n'a pas encore fixe de calendrier definitif a cet dgard. La formation des cultivateurs et du personnel de la SAED a w activites de production ne constituait pas une composante particuliere du projet, car d'autres donateurs finanqaient un projet de formation distinct mais complementaire pour la SAED. Ce projet comprenait la construction d'un centre de formation a N'Diaye, dans la zone de Lampsar. Ce centre est entre en service au moment oG les investissements effectues a Lampsar etaient termines, et offre depuis lors une formation particulierement utile au personnel operationnel de la SAED. 5.07 Les operateurs de pompe ont ete recrutes dans les villages du projet et ont requ une formation pratique. Treize pompistes ont ete ainsi choisis dans les villages (par. 5.10) a Lampsar sur examen simple. 11s ont r e p d e w mois de formation pratique a m stations de pompage en service dans le delta, plus d e w mois de formation mecanique a l'atelier de Ross-Bethio et un mois de cours theorique. Les conducteurs de tracteur etaient des villageois qui avaient deja travaille en qualite de conducteurs pour la SAED dans d'autres parties du delta. Les six autres conducteurs qui ont ete formes pour le projet etaient des villageois qui travaillaient auparavant pour la SAED a d'autres fonctions. Organisations d'exploitants 5.08 Depuis le debut du projet, les organisations d'exploitants qui collaborent avec la SAED a la gestion des pkrimetres ont subi une evolution sensible. I1 existe a present trois niveaw d'organisation, et les exploitants sont representes a chaque niveau. La creation de ces organisations s'est accompagnee d'une evolution profonde de la SAED qui est passee d'une attitude de direction ferme a une attitude de collaboration. 5.09 Les groupes d'exploitants existent depuis l'origine du projet, et comprennent environ 40 exploitants qui cultivent des parcelles voisines alimentees par le msme canal secondaire. Ces groupes ont une structure administrative simple comprenant un president, un tresorier et un pompiste. Ces postes sont pourvus par election. La SAED a dispense une aide a ces groupes a travers des campagnes d'alphabetisation et de formation administrative et par le biais des conseils dispenses par les vulgarisateurs en matiere d'agriculture. Ces groupes sont charges de coordonner les activites de production, telles que l'alimentation en eau, l'epandage des recoltes et l'entretien des canaw secondaires et tertiaires et des digues de leur perimetre d'irrigation. 5.10 partir de 1982, les groupes d'agriculteurs ont ete organises en sectio~s villageoises. Ces sections correspondent grosso modo a w sous-perinttres de Lampsar, qui en compte onze; a Debi, elles sont au nombre de cinq. L'administration de ces sections comprend un president, un agent commercial, un tresorier, un directeur du credit et un secretaire, qui sont elus pour trois ans. Les sections villageoises sont chargees, au debut de chaque campagne agricole, d'etablir un calendrier pour l'approvisionnement en eau, de suivre la fourniture des intrants et de tenir les comptes des intrants et services fournis a credit. Lors de la recolte, elles organisent la pesee et la mise en sac du paddy, le paiement en nature des credits a la production et l'emmagasinage a court terme en attendant que l'aide financi6re et le transport leur soient fournis par la SAED pour l'ecoulement de leur production. Ces sections villageoises constituent le principal point de contact avec la SAED pour la fourniture par celle-ci des intrants et des services de commercialisation. 5.11 Pour accroitre la participation des villageois a la gestion des perimetres, un Comite paritaire de gestion (CPG) SAED-exploitant a ete r e en 1983 a Lampsar. Depuis lors, cette formule a ete etendue a d'autres perimetres, y compris a Debi (en association avec le perimetre de Boundoum). Le CPG est compose de quatre representants de la SAED et de quatre representants elus des sections villageoises. I1 a le pouvoir de decision sur les questions : i) d'exbcution du programme agricole; ii) d'approvisionnement en intrants; iii) d'approvisionnement en eau; iv) d'entretien; v) de suivi; vi) de commercialisation; et vii) de credit. Au debut, le CPG a eu du ma1 a concilier les problemes souleves par les representants des exploitants avec les imperatifs d'une structure administrative officielle. Cependant, il est apparu come un moyen preciew de donner a w cultivateurs un moyen de se faire entendre sur les questions d'exploitation et d'aider la SAED a se montrer plus sensible a w besoins exprimes. Pour certains problgmes delicats, notamment pour ce qui est de determiner les pertes de recolte et de fixer les penalites a imposer a w agriculteurs en defaut de paiement, les decisions du CPG sont plus facilement acceptees par les exploitants car elles sont prises par leurs representants. 5.12 Malgre cette institutionnalisation impressionnante de la participation des exploitants a tous les niveaw de la gestion des perimetres, certains problemes continuent de reclamer une plus grande attention. Les principaw sont c e w de savoir comment et a quel niveau enrayer le detournement clandestin actuel de l'eau d'irrigation vers les parcelles voisines mises en valeur par des particuliers. L'application de mesures pour remedier a cette situation est difficile du point de vue social des lors que la culture non autorisee se fait avec le consentement tacite des cultivateurs du perimetre d'irrigation ou qu'elle est pratiquee par une personne influente. Les coiits de cet excedent de pompage et de la deterioration acceleree des reseaux d'irrigation sont diffus et peut-6tre plus facilement acceptes que les tensions sociales que creerait tout effort visant a mettre fin a cette activite. La decision de reprimer cette activite ou d'iczntifier les coupables et de leur imposer des penalites revient au CP:; car elle s'applique a l'ensemble du perimetre. Mais un contr6le effica-a necessitera l'entiere collaboration des sections villageoises. 5.13 Certaines sections villageoises souffrent egalement d'un manque de cohesion. Certaines n'ont pas reussi a etablir un calendrier pour l'approvisionnement en eau qui soit respecte par les agriculteurs des sections. De ce fait, on a pu observer des insuffisances d'eau a w periodes cles du cycle de croissance et des ruptures de digues pratiquees par certains cultivateurs pour se menager un acces a l'eau. Ce probleme est complexe car il est dii a la fois a des clivages sociaw, a l'inexperience de la gestion et aux limitations techniques du reseau d'irrigation. Les carences en gestion sont peut-6tre suffisament graves pour justifier un surcroit d'effort de formation et de vulgarisation et des echanges avec des sections miew gerees. Credit agricole, resultats financiers et recouvrement des co* 5.14 L'octroi de credit agricole est devenu l'un des principaw elements des relations entre la SAED et les agriculteurs du projet. En verite, tous les facteurs de production a 1'exception de la main-d'oeuvre familiale ont ete fournis a credit a w agriculteurs. Le remboursement s'est fait en nature au moment de la recolte et a ete facilite par le fait que la SAED avait le contr6le du marche du paddy. Ce systeme de credit a fonctionne a certains egards a l'avantage des cultivateurs. I1 a permis de transferer une grande partie du risque de mauvaises recoltes a la SAED car, dans ce cas, le remboursement du credit etait generalement annule. Dans certains cas, les agriculteurs se sont arranges pour que leur recolte soit declaree officiellement mauvaise, meme lorsqu'une moisson etait possible, car cela leur permettait d'accroitre leur revenu net. La SAED a pris des mesures pour mettre fin a cette pratique. Le systeme de credit a egalement permis de soutenir le revenu des agriculteurs. Jusqu'a une epoque recente, les services d'engrais et de tracteur etaient factures au dessous de leur prix coGtant, et tel est encore le cas de l'eau. De plus, le prix du paddy au producteur est plus eleve que son prix economique, ce qui facilite le remboursement du credit. 5.15 Les resultats financiers de ce systeme de credit ont ete bons dans l'ensemble. A Debi, les t a w de remboursement de la dette sont regulierement proches de 100 %. 11s sont legerement plus faibles a Lampsar, et au cours des d e w dernieres campagnes, la SAED a refuse d'accorder des services supplementaires a w cultivateurs en defaut de paiement. De ce fait, certaines terres restent incultes, mais ce n'est probablement la qu'un phenomene temporaire. 5.16 Le recouvrement des coilts du reseau d'irrigation etait l'un des principaw problemes examine pendant la prkparation du projet. Les agriculteurs doivent payer l'utilisation de l'eau a l'hectare, mais ne paient pas d'autres redevances, telles que l'imp6t foncier. Avant le projet, la redevance de base de l'eau erait de 25.000 francs CFA pour un hectare de paddy. L'accord de pr6t csmprenait une clause prevoyant un examen pdriodique de ces redevances &in de permettre de les relever lorsque cela serait possible tout en g=antissant un revenu suffisant a w agriculteurs. Lors de l'evaluation, on avait estime qu'il serait possible de porter les redevances de consommation d'eau a 35.000 francs CFA par hectare de paddy (et de les relever de 35.000 a 50.000 francs CFA par hectare de tomates) et que, sur la base des modeles d'exploitation proposes, cela couvrirait 17 % des coiits totaw du projet, ou 100 % des coGts d'exploitation et d'entretien et 12 des coiits d'equipement. 5.17 En fait, la redevance de consommation d'eau a ete maintenue a 25.000 francs CFA par hectare de paddy pendant les quatre premi6res campagnes agricoles. Elle a ensuite ete portee a 41.000 francs CFA en 1984/85 et elle a ete maintenue a ce niveau en 1986187. Ce tarif n'a permis de couvrir que 1 7 % des coGts totaw du projet en 1984 (amortissement des coiits d'equipement plus cohts d'exploitation et d'entretien). 11 est particulierement troublant de constater que les redevances de consommation d'eau n'ont couvert les coiits d'exploitation et d'entretien qu'a 70 %, et rien de l'amortissement. Ces insuffisances du recouvrement des coiits revelent d e w problemes. Premierement, lorsque l'on a reduit la superficie a ameliorer pendant la phase des investissements sans reduire les coiits du projet, on a reduit la base d'imposition utilisable pour le recouvrement des coiits. Dewiemement, les traitements et autres coiits de fonctionnement sont montes a des niveaw bien plus superieurs a c e w prevus a l'origine. Les effectifs de Lampsar ont depasse 60 personnes a un moment donne, mais ont ete ramenes par la suite a une quarantaine. 5.18 On peut egalement comparer la redevance actuelle de consommation d'eau aux coiits de fourniture de l'irrigation par hectare. Cette definition des cocts englobe l'amortissement des co6ts d'equipement a moyen terme (pompes, stations de pompage, materiel electrique), et les coiits de l'energie, du personnel et de l'entretien, mais exclut les coiits d'equipement a long terme afferents au nivellement du terrain et a la construction des canaw. Elle represente donc les coiits de l'eau qui doivent Stre couverts pour que la production reste soutenue pendant toute la duree estimative de vie du projet. Le Tableau 5 presente des estimations approximatives selon lesquelles le coiit d'approvisionnement en eau des reseaw d'irrigation en 1985 etait d'environ 91.000 francs CFA a l'hectare i Lampsar et de 75.000 francs CFA a l'hectare a Debi. Les co6ts sont plus eleves a Lampsar en raison des coGts supplementaires de pompage de l'eau du fleuve Senegal dans le marigot de Lampsar a la station de Ronq et des coGts d'amortissement eleves des 13 stations de pompage. De ce fait, la redevance actuelle de consommation d'eau ne couvre qu'entre 45 et 55 % des coGts d'approvisionnement en eau. PROJET D'IRRIGAT-3N DE DEBI-LAMPSAR (Crediz 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET Tableau5 : COUTS ESTIMATIFS DE L'IRRIGATION Lampsar Debi Amortissement des investissements a moyen terme (milliers de francs CFA) /1 Stations de pompage Pompes Equipement electrique Total Couts d'energie (milliers de francs CFA) 46.056 Station de Ronq, part de Lampsar (milliers de francs CFA) Personnel (milliers de francs CFA) Entretien (milliers de francs CFA) Coiit total (milliers de francs CFA) Superficie (ha) Cout total a l'hectare (francs CFA) 91.192 - /1 Amortissement lineaire, interGts non compris. 5.19 Avec la double recolte, les redevances totales de consommation d'eau qui seront persues augmenteront et amelioreront sensiblement la situation. Avec une inte-site de culture de 150 %, tous les co6ts actuels d'exploitation et d'entrerien seront couverts et si, come on l'envisage, il est possible de reduire ces co6ts encore davantage, certains coGts d'equipement pourront 6tre egalement finances. Cependant, il faudra egalement tenir compte de la depreciation plus rapide que prevu des equipements . Consultants expatries 5.20 En plus des cinq assistants techniques mentionnes au paragraphe 5.04, des consultants ont egalement ete charges des etudes d'avant-projet du reseau d'irrigation, de la supervision des travaw, des analyses de sols et de l'evaluation de projets d'irrigation a venir. Malgre les frictions sui se sont presentees au debut au sujet de l'emploi de consultants expatries, les societes qui ont finalement ete retenues pour ces services ont pu etablir de bonnes relations de travail avec la SAED et terminer leurs contrats dans des conditions satisfaisantes. Comptabilite, audits et rapports d'activites 5.21 L'accord de pr@t stipulait que i) des comptes distincts seraient tenus pour chaque perimetre du projet, ventiles en fonction des categories de depenses et de l'origine des fonds; ii) les comptes revises de la SAED pour chaque exercice financier, accompagnes d'un rapport d'un expert comptable independant, seraient soumis a la Banque mondiale dans les six mois suivants la clijture de l'exercice; iii) des rapports trimestriels et un rapport annuel seraient etablis sur le deroulement des travaw et les progres de l'agriculture; et iv) des rapports semestriels seraient etablis sur le programme de recherche appliquee. 5.22 Pour aider la SAED a se doter d'une comptabilite d'exploitation, le projet prevoyait les services d'un consultant technique qui devait relever directement du directeur general. Plusieurs annees apres le demarrage du projet, la realisation de cet objectif se heurtait encore a d 'enormes difficultes, a commencer par 1'absence d'un budget officiel et d'un financement suffisant par 1'Etat du budget d'exploitation. Ainsi, malgre l'assistance technique, la SAED n'a pas reussi, au cours de la phase initiale, a prisenter une comptabilite satisfaisante du projet, et encore moins des rapports d'experts-comptables independants. La situation s'est considerablement amelioree a cet egard. A present, la SAED calcule tous les coiits d'equipement du projet par categorie et selon l'origine des fonds; ces calculs ont ete effectues de facon retrospective pour Debi et Lampsar. Un audit independant accepte par la Banque mondiale en 1984 a revele quelques erreurs mineures de classification des depenses d'equipement du projet, mais il n'a pas eu d'irregularites. Toutefois, les procedures employees pour la comptabilite des depenses du budget de fonctionnement au niveau du projet etaient et restent insuffisantes. Les comptes ne sont pas tenus de faqon systemazique et sont plus ou moins complets d'une annee a l'autre. Pour la periode anterieure a 1983, les couts de fonctionnement des perimetres du prc -et n'ont ete etablis que de fason partielle. 5.23 Le suivi des travaw de construction et des travaw agricoles ne s'est pas deroule de faqon trimestrielle, rnais a ete suffisant et s'est ameliore au fur et a mesure de la progression du projet. Les rendements, l'utilisation d'intrants, les pertes de recolte et le remboursement du credit ont fait l'objet d'une surveillance constante. Des verifications ponctuelles des besoins en entretien et de l'utilisation et des cocts de l'eau ont ete effectuees, et ces dernieres font actuellement l'objet d'une evaluation systematique. La SAED a egalement etabli un rapport d'achevement du projet, qui presente les resultats d'une enqut5te socio-economique simple, mais utile. VI. PROBLEMES PARTICULIERS Viabilite economique de la production de riz dans le delta 6.01 Meme si l'on se fonde sur les hypotheses les plus optimistes, a propos de l'intensite de production et des t a w de change a venir, les t a w de rentabilite negatifs du projet obligent a tenir compte de plusieurs facteurs pour les investissements futurs dans le secteur de l'irrigation. Le premier est la necessite d'etablir des assolements viables sur les perimetres sur lesquels sont pratiques des cultures d'une plus grande valeur commerciale. La monoculture du riz, msme avec une double recolte, ne justifie pas les coGts d'equipement. Les considerations de risque et de consommation maintiendront le riz au centre de toute formule d'assolernent, rnais d'autres cultures devront egalernent etre pratiquees. Si le choix se porte sur la tomate, il faudra veiller plus particulierernent a eviter les problemes que pose cette culture a Lampsar . 6.02 Reduire les cocts d'equipement est un autre moyen d'ameliorer la viabilite de tels projets. Sur ce plan, les options apparaitront plus clairement dans d e w ou trois ans, car l'experience de l'irrigation sur differentes echelles et selon differentes techniques le long du fleuve Senegal est encore tres recente. Toutefois, d'apres les premieres impressions, il ne semble pas que l'on puisse miser sur un allegement des investissements; les petits perimetres villageois qui ont opte pour des cohts d'equipement plus faibles se retrouvent avec des cofits d'entretien plus eleves et une duree de vie plus courte de leurs installations. C'est le choix qui avait ete fait a l'issue des etudes techniques de Debi et de Larnpsar. En essayant de reduire les cofits d'equipement par l'elimination des vannes sur les canaux principaw, on s'est trouve oblig6 de construire des levees plus hautes et en pente plus douce. Comme on a limite le plus possible les travaw de terrassement supplementaires afin de maintenir les coiits a de faibles niveaw, il s'est produit de nombreuses breches dans les canaw d'irrigation. 6.03 La diversification des cultures serait un moyen dr reduire les cofits d'equipement des travaux d'irrigation. Des ouvrages conGus uniquement pour le riz doivent pouvoir faire face aux besoxs eleves en eau des periodes de pointe, que ce soit du point de vue de lz capacite de pompage ou de celle des canaux. La polyculture fait intervenir ,descycles vegetatifs differents dont les besoins en eau se produisent a des periodes differentes, et pour la m6me etendue cultivee, elle permet de reduire la capacite en eau necessaire aux periodes de pointe par comparaison a un systeme fonde uniquement sur la riziculture. On peut donc reduire la taille des pompes et des canaux. 6.04 Lors de la conception du projet, il faut egalement prevoir dans les specifications des marches la possibilite de reduire les touts d'equipement si l'on reduit la superficie irriguee. Par exemple, a Lampsar, malgre une reduction de 20 % de la superficie effectivement irriguee, les pompes qui ont ete installkes ont neanmoins ete de la capacite prevue a l'origine. 6-05 On aurait pu egalement reduire la capacite necessaire pour faire face a la demande en periodes de pointe et les cobts en pompant l'eau de faqon continue plut6t que de la pompe uniquement pendant la journee come on le fait actuellement. Apparemment, l'obstacle a cet egard serait la reticence des agriculteurs a accepter que leurs parcelles soient irriguees la nuit. 6.06 On pourrait egalement realiser une economie en utilisant des pompes submersibles plut6t que les pompes a helice et a axe vertical actuellement en service a Lampsar. Ces dernieres necessitent un carenage plus substantiel pour maintenir une temperature ambiante fralche et un environnement sans poussiere. La chaleur co'incide avec le faible niveau de l'eau, reduisant l'efficacite des pompes a helice, inconvenient qui ne peut que se trouver aggrave en saison seche en cas de double recolte. Les pompes submersibles ne presentent pas ces inconvenients et devraient de ce fait permettre de reduire les cobts d'equipement et d'exploitation. Redevances d'usage et recouvrement des coGts 6-07 L'insuffisance des resultats obtenus par le projet en ce qui concerne le recouvrement des couts au moyen de redevances pour consommation d'eau a pousse la SAED a accroltre ces redevances (par. 5.16-5.19). L'analyse financiere des revenus agricoles (par. 3.17-3.19) a montre que les exploitations de plus grande taille disposaient d'un revenu net suffisant pour pouvoir supporter une hausse des redevances pour consommation d'eau tout en conservant suffisamment d'incitations financieres. Tel n'est pas le cas des petits exploitants, pour lesquels, avec les redevances pour consommation d'eau actuelles et compte tenu de l'autoconsommation, le cash flow net est negatif pour la production de riz. La diversite de la taille des exploitations rend donc difficile l'application d'une hausse uniforme des redevances d'usage dans toute la zone du projet. 6 -08 Pour bien evaluer les redevances a percevoir a l'avenir pour la consommation d'eau, il faudra recueillir des informaticns complementaires afin de verifier plusieurs des hypotheses sur lesqelles reposent les observations formulees au paragraphe precedent. Tout c'abord, le passage a la double recolte attenuerait des contraintes financieres qu'imposerait un relevement des redevances d'usage a w petits exploitants. Par exemple, pour un exploitant qui pratiquerait une double recolte sur une parcelle de 0,7 ha, le doublement de la redevance pour consommation d'eau lui laisserait encore un revenu monetaire net de plus de 1.000 francs CFA par homme-jour et en meme temps permettrait la satisfaction de ses besoins en autoconsommation. Deuxiemement, on a besoin de renseignements plus precis sur la taille des exploitations, afin de determiner la proportion des exploitants qui seraient vulnerables a une hausse des redevances d'usage. I1 faut egalement tenir compte du rapport entre la taille de l'exploitation et la taille de la famille. L'hypothese selon laquelle la taille de la famille et, par consequent, les besoins en autoconsommation sont constants quelle que soit la taille de l'exploitation, est peut-Stre fausse. S i les familles vivant sur de petites exploitations sont moins nombreuses, la contrainte que comporterait un relevement des redevances d'usage devrait etre moins forte. Enfin, le revenu provenant d'autres sources que le paddy est egalement un facteur important dont on n'a guere tenu compte. Les resultats de l'etude de la SAED indiquent que les familles de Lampsar se livrent a d'autres activites agricoles que la culture du paddy. Quatre-vingt-dix-sept pour cent des familles pratiquent certaines cultures sur terrain sec, 63 % ont une production maraTchere, et 83 % possedent des bovins. Toutefois, seuls 18 % des familles signalent un revenu monetaire provenant de cultures maraicheres, 3 % de l'elevage bovin et 6 % d'autres sources, et la valeur de ce revenu monetaire provenant d'autres sources que le paddy n'a pas ete determinee. Dans la mesure ou un tel revenu existe, il y a moins de raisons de mesurer les incitations financieres a la production de paddy en soustrayant le cout total de l'autoconsommation de la valeur de cette seule production. En procedant ainsi, on a tendance a exagerer les contraintes que ferait peser un relevement des redevances d'usage. 6.09 En bref, pour bien evaluer les redevances de consommation d'eau, il faut proceder a une analyse financi6re qui tienne compte du contexte social dans lequel s'inscrit La production de paddy. La taille des exploitations et celle des familles, les autres sources de revenu et la pratique de la double recolte sont autant de facteurs ayant une incidence directe dont la prise en consideration pourrait contribuer a justifier un bareme de redevances plus souple que l'actuelle redevance forfaitaire a l'hectare appliquee a l'ensemble du delta. Mecanisation 6.10 Le choix du degre approprie de mecanisation n'a pas encore ete determine. Lors de l'evaluation, on avait estime que d e w operations justifiaient l'emploi de moyens mecaniques - la preparation de la terre et le battage du paddy. Le battage mecanique a ete presque totalement abandonne au profit du battage manuel. L'emploi de tracteurs pour la preparation du sol passe par une periode de transition car la &ED et les villageois sont a la recherche d'une nouvelle formule instirutionnelle pour la fourniture des services de tracteur en prevision de 1 lbandon de cette activite par la SAED. L'utilisation faite jusqu'ici de moyens mecaniques dans la zone du projet ne saurait eclairer sur ce qu'il adviendra a l'avenir de la mecanisation, d'autant que le passage a la double reco1te imposera de nouve1les contraintes au calendrier des trava~x agricoles. 6.11 Sur le montant du credit, 500.000 dollars ont ete consacres a l'acquisition de batteuses mecaniques, ce qui represente un tiers des depenses consacrees par le projet a l'achat de machines agricoles. Plusieurs modeles de batteuses se sont reveles d 'une utilisation peu pratique car les cultivateurs, au moment de la recolte, ont l'habitude de mettre le paddy en bottes en plusieurs points de leur parcelle. Les efforts tentes pour encourager les cultivateurs a transporter le paddy jusqu'a des aires de battage sont restes infructuew, de m&me que la formule consistant a dkplacer les batteuses de pile en pile sur les champs, car cela necessite un tracteur, le coiit de deplacement et d'installation de la batteuse est eleve et ces machines augmentent le compactage du sol et les dommages causes a w travaw de terrassement. Les batteuses achetees sont donc reduites a l'inactivite, et remplacees par le battage manuel. 6.12 Avec la double recolte, l'intervalle entre la recolte de la saison seche et les semis de la recolte principale seront tres courts. Les retards subis par les semis par suite du defrichement des champs apres la premiere recolte et de leur preparation en vue de la seconde pourrait entraTner une baisse des rendements de la recolte principale. I1 faudra suivre de pres la situation afin de voir si le marche de la main-d'oeuvre journaliere se developpe suffisamment pour cette periode, ce qui est problematique car celle-ci co'incide avec celle des preparatifs intenses du bassin arachidier d'ou provient la majeure partie de la main-d'oeuvre itinerante. Quoi qu'il en soit, tout nouvel investissement hstif pour l'acquisition de batteuses ne serait guere judiciew, a moins que le march6 de la main-d'oeuvre ne se revele insuffisant et que des solutions ne puissent 6tre trouvees a w problemes de recrutement et de gestion. 6.13 L'emploi de tracteurs pour la preparation de la terre est a present quasi general dans la zone du projet, mais devra surmonter une difficile periode de transition avec le transfert de la responsabilite de la SAED aux cooperatives de cultivateurs et a des fournisseurs prives. Ces derniers doivent encore faire leur preuve, pour ce qui est de leur aptitude a maintenir les tracteurs en etat de marche et a faire face a w demandes en periodes de pointe. Actuellernent, les services prives de location de tracteurs limitent leur action a w usines de conserves de tomates, de sorte qu'il est evident qu'ils chercheront d'abord a servir les agriculteurs qui cultivent la tomate de preference a c e w qui pratiquent la culture du paddy. Des cooperatives de machines agricoles (Section d'utilisation du materiel agricole - SUMA) sont organisees a titre experimental sur plusieurs perimktres a l'interieur du delta et ont reFu de petits tracteurs ainsi qu'une formation. La tracto-isation reste axtie sur la preparation du terrain a Debi-Lampsar, et l g L n ne cherche guere a experimenter ou a promouvoir la traction animale, les plantations sans labour et les petits cultivateurs a moteur pour les parcelles inondees. PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET ANNEX I : Cocts totaux du projet Estimations Estimations de Chiffres de Chiffres l'evaluation effectifs l'evaluation effectifs (millions de (millions de (milliers de (milliers francs CFA) francs CFA) dollars) de dollars DEBI Reseaw d'irrigation 1.332 1.366 5.437 3.870 et de drainage B2timents 155 308 632 895 Vehicules et matkriel 232 354 947 1.219 Traitements /1 33 28 134 89 Exploitation et entretien - 10 /1 49 41 143 Facteurs de production 78 13 318 58 agricoles (additionnels) /1 TOTAL DEB1 1.841 2.118 7,509 6.274 LAMPSAR Reseaw d'irrigation 3.621 3.977 14.779 16.825 et de drainage B2timents 195 297 796 1.029 Vehicules et materiel 378 849 1.543 3.397 Traitements /1 69 231 281 890 Exploitation et entretien /1 33 196 135 657 Facteurs de production 223 119 910 464 agricoles (additionnels) /1 TOTAL LAMPSAR 4.520 5.669 18.444 23.262 ASSISTANCE TECHNIQUE Etudes i.064 789 4.343 3.231 Recherche appliquee 233 244 951 999 Specialistes techniques /2 657 540 2.682 2.200 TOTAL ASSISTANCE TECHNIQUE 1.954 1.573 7.976 6.430 REFINANCEMENT CR S-18-SE 245 160 1.000 740 TOTAL 8.560 9.520 34.929 36.706 - /1 Jusqu'en juin 1983. - / 2 Le coct effectif n'est pas connu, car il figure sur un compte du FAC. On a utilise la place la valeur prevue lors de l'evaluation. SENEGAL PROJFT D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR ( C r e d i t 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET ANNEX I1 : F i n a n a t du o r o i e t COUTS ESTIMATIONS DE L'EVALUATION fi COUTS CHIFFRES EFFECTIFS TOTAUX JOA M F A C W r t e t T O T A U X - fK IDA FAC E&& Autres (mi 11ions ( m i l l i o n s de francs de francs CFA) CFA) DEB1 Reseaux d ' i r r i g a t i o n e t de drainage Batiments Vehi cules e t m a t e r i e l T r a i tements E x p l o i t a t i o n e t e n t r e t i e n I n t r a n t s a g r i c o l e s LAMPSAR Reseaux d ' i r r i g a t i o n e t de drainage Batiments Vehicules e t m a t e r i e l Traitements E x p l o i t a t i o n e t e n t r e t i e n I n t r a n t s a g r i coles ASSISTANCE TECHNIQUE Etudes Recherche appl iquee Assistance technique REFINANCEMENT CR S-18-SE NON AFFECTE TOTAL fi Le taux de change en vigueur l o r s de 1 ' e v a l u a t i o n e t a i t de 245 f r a n c s CFA pour un d o l l a r . PROJET D'IRRIGATION DE DEBT-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET ANNEX I11 : j par type, finances au moyen du Credit 775-SE Appel a la Appel A la Marches Achat concurrence concurrence de gr6 sur le internationale locale a gre marche Total Nombre de marchks -% du total. Valeur totale des marchks Millions de francs CFA 3.529 Millions de dollars 13,9 -% du total 72% Valeur moyenne des marches Millions de francs CFA 252 Millions de dollars 1,OO Notes de 1'Annexe I11 - /a Valeur economique au producteur fondee sur les prix mondiaw effectifs en dollars (constants de 1986) et des projections de la Banque mondiale (Departement de l'analyse et des projections economiques, fevrier 1987). - /b 1.200 ha a raison de 0,8 tonne a 1'hectare pour Lampsar, et 500 ha a raison de 0,8 tonne a l'hectare pour Debi. - /C Les valeurs courantes pour 1979-85 ont ete ajustees au moyen du deflateur de la valeur unitaire des produits manufactures de maniere a 6tre exprimes en valeur constante de 1986. Pour chaque coiit, 1'klCment en monnaie nationale est multiplie par le coefficient de conversion standard de 0,72. Come on n'a pu determiner les coiits realises en monnaie nationale, on a utilisk les estimations des coiits en monnaie nationale du rapport d'evaluation. Lampsar : irrigation - travaux de terrassement, de nivellement et de genie civil; pompes, lignes electriques, materiel d'entretien, vehicules - 15 %; routes et digues, bstiments, machines agricoles, materiel de bureau - 25 %; supervision - LO %. D6bi : bstiments, matkriel, vehicules - 15 I ; travaux de terrassement et de nivellement pour les rkseaux d'irrigation, biitiments, machines agricoles, materiel de bureau - 25 %; supervision - 10 %. Traitements - LOO %;entretien - 25 %. - /d Le total n'inclut pas les coiits afferents aux machines agricoles, au materiel de pompage et a la station de pompage (71 % des bAtiments et ouvrages d'irrigation) car ces coGts, convertis en coGts a amortir, sont incorpores a ceux de la main-d'oeuvre et de l'irrigation dans la section coGts de production. - /e 140 % de la valeur du paddy, compte tenu des cocts de selection des semences prelevees sur la production. / f I1 s'agit d'une estimation effectuee par la SAED des coGts economiques moyens de la preparation mecanique de la terre, qui comprend les coGts de carburant et de lubrifiant ainsi que l'arnortissement et l'entretien; Voir Tableau 5. - 41 - SENEGAL PROJET D'IRRIGATION DE DEBI-LAMPSAR (Credit 775-SE) RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET ANNEX IV : Principales hypoth&ses utilisees pour l'analyse du t a w de rentabilite Evaluation : 10 % sur 50 ans (1978-2027) 1. Production supplementaire de paddy et de tomates a Lampsar et de paddy seulement a Debi. A Lampsar, la superficie consacree au paddy lorsque le projet aura atteint son regime de croisiere a ete Bvalue sur la base de 1.880 ha consacres a une seule culture et de 340 ha de tomates. A Debi, la superficie a ete evaluee a 1.100 ha pour le paddy. Les rendements devaient atteindre 3,s tonnes a l'hectare pour le paddy et 30 tonnes a l'hectare pour les tomates en quatre ans. 1. Tous les cofits du projet, a l'exception de c e w afferents A l'assistance technique dispensee a la SAED, A la recherche appliquee et aux etudes generales. 2. Cocts d'exploitation et d'entretien des perimetres d'irrigation. 3. Intrants agricoles supplementaires, y compris la main-d'oeuvre evaluee d'une faqon globale au coGt d'opportunite marginal de 110 francs CFA par homme-jour. 11. Reevaluation : -4 % sur 25 ans (1979-2003) On a utilise cette phriode plus courte car elle correspond plus fidklement au calendrier de depreciation utilise par la SAED pour les ouvrages d'irrigation et a des evaluations recentes de projets d'irrigation de la Banque mondiale. Tous les cohts et avantages sont exprimes en chiffres de 1986, les valeurs courantes pour les premieres annees 6tant ajustees au moyen du deflateur du PIB. Les prix a venir du paddy, des engrais et des autres intrants chimiques et les t a w de change varient sur la base de previsions de la Banque mondiale. A. Avantages 1. I1 n'est pas tenu compte des avantages procures par les tomates, car cette culture n'est pas pratiquhe sur les perimetres irrigues. 2. Les avantages proviennent de la production additionnelle de paddy et du foin utilise comme fourrage. La valeur de ce dernier, qui peut varier considerablement selon l'incidence des precipitations sur les piiturages des zones arides, est simplement estimee a 5 % de la valeur du paddy. 3. Les terres disponibles atteignent 2.000 ha par saison & Lampsar et 733 ha par saison a Debi. En 1989, lorsque le barrage de Manantali sera mis en service, il sera possible de pratiquer une double recolte. On prevoit que les contraintes sociales et techniques limiteront au debut la dewieme recolte de la saison a 60 % de la superficie de la recolte principale. 4. Les projections des rendements sont discutables du fait d'influences contradictoires. Pour le calcul initial du t a w de rentabilite, on a suppose que les rendements diminueraient en 1987 de 10 % par rapport a la moyenne de 1980-86 et se maintiendraient h ce niveau pendant une transition de trois ans apres que la SAED se degagerait de ses activites de production. Par la suite, les rendements augmenteront de 3 % par an a mesure que les agriculteurs amelioreront leurs techniques. 1. Tous les coiits du projet, a l'exception de c e w affbrents h l'assistance technique dispensee h la SAED, a la recherche appliquee et aux etudes generales. De plus, les coiits d'equipement correspondants a w machines agricoles et au materiel d'entretien ainsi qu'aux pompes interviennent periodiquement et non pas seulement au debut du projet. On estime que les investissements se rep&tent tous les huit ans pour ces biens h moyen terme. Cette duree est plut6t arbitraire. L'utilisation effective depasse la piriode d'amortissement de cinq ans prCvue par la SAED, de mGme clue les specifications techniques. Le reinvestissement consacre h l'achat de tracteurs est inclus malgre le retrait de la SAED, car le renouvellement de ces engins mecaniques restera tres vraisemblablement un coGt economique support6 directement par les cultivateurs ou par les services de location de tracteurs. 2. CoGts d'exploitation et d'entretien. 3. Intrants agricoles supplementaires, y compris l'eau, la preparation mecanique de la terre et la main-d'oeuvre. Celle-ci est evaluee a w coiits du marche de la main-d'oeuvre journali6re pour le battage et la moisson, plus un salaire de subsistance de 150 francs CFA par jour pour la main-d'oeuvre faailiale, qui est utilisee pour les autres operations agricoles. Les coiits d'opportunite de la main-d'oeuvre par hectare de paddy, calculis sur la base d'un rendement de 4,5 tonnes, sont de 50.550 francs CFA. .. _ _ - - - - ---. - - - -Z '."" -= e m - - ",3" C I "'" "^ ' " ' 0 5,*-B 3 0 3 a ~ -, - m - n : z 3 G Z , - -z. & - n --,m .-.en = ", ? 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Informations clés
Type de document Project Completion Report
Date d'adoption
Pays Sénégal
Source Banque mondiale