Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report

Haiti - Agricultural sector study (Vol. 2 of 3) : Annexes A - F

Haïti Banque mondiale
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Document de La Banque Mondiale fiLE COPY! A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES Rapport No. 537 5-HA . HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE VOLUME II ANNEXES A -·F 14 juin 1985 Departement des projets Bureau regional Amerique latine et cara'ibes TRADUCTION NON·OFFICIELLE A TITRE D'INFORMA TlON Of e present document faU robjet d'une dirrusion restreinte, et ne peut etre utilise par ses destinalaires que dans J'exercice de leurs fonctions officielles. Sa teneur ne peut etre autreml"nt divulguee sans J'autorisation de la Banque Mondiale. TAUX DE CHANGE Unite monetaire : Gourde (G) I dollar = 5 gourdes 11 I gourde = 0~20 dollar POIDS ET MESURES Systeme me'trique 1 carreau = 1,29 hectares ABREVIATIONS BCA Bureau de credit agricole BID Banque interamericaine de developpement BNC Banque nationale de credit BNDAI Banque nationale de developpement agricole et industriel BRH Banque de la Republique d'HaYti (Banque centrale) c.a.f. Cout, assurance, fret CCSA Capital Consult S.A. CEPAL Commission economique pour l'Amerique latine et les CaraYbes CRDA Centre de recherche et de documentation agricoles FAC Fonds d'aide et de cooperation FAO Organisation' des Nations Unies pour l'alimentation et 1 'agriculture FAMV Faculte d'agriculture et de medecine veterinaire FMI Fonds monetaire international HASCO Haitian American Sugar Company HDF Haitian Development Fund (Fonds de developpement d'HaYti) IHSI Institut haYtien de statistiques et d'informatique IPC Indice des prix a la consommation MARNDR Ministere de I 'agriculture, des ressources naturelles et du developpement rural OCEAH Office de commercialisation des essences aromatiques d'Haiti ODN Organisation pour Ie developpement du Nord ODVA Organisation pour Ie developpement de la vallee de l'Artibonite OEA Organisation des Etats americains OIC Organisation internationale du cafe SENASA Service national de semences ameliorees SODEXOL Societe d'exploitation des oleagineux USAID United States Agency for International Development (Agence des Etats-Unis pour Ie developpement international) USDA United States Department of Agriculture (Ministere de I 'agriculture des Etats-Unis) USMN Usine sucriere du Nord (Citadelle) USND Usine sucriere nationale de Darbonne (Leogane) ANNEE BUDGETAIRE ler octobre - 30 septembre /1 Depuis 1919, la gourde es t rat tachee au do llar au taux de 5 gourdes pour I do llar • A N'UTILISER QU'A DES FINS OF'FlCIELLES HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE VOLUME II - ANNEXES A - F Table des matieres ANNEXE A - SOUS-SECTEUR DU SUCRE PROBLEMES - EXAMEN ET RECOMMANDATIONS 1 Examen 1 Recommandations 9 Tableaux l. Consommation comparee du sucre par habitant dans differents pays •••••••••••••••.•••••••••• 12 2. Production de canne a sucre dans les quatre principales zones de culture •••.•••••••••••.•• 13 3. Comparaison des analyses de la marge brute dans 1a culture de 1a canne a sucre ••••••••••• 14 4. Donnees relatives a 1a production et comparaison des resultats obtenus •.••••••••••• 15 5. Centrale Dessalines, Resume des donnees concernant les sucreries, 1981-84 •.•.••••••••• 16 6. Resume des donnees relatives a 1a sucrerie, 1983-84 •••••••••••••••••••••••••••.•••••.••••• 17 7. Compte de resultats ••••••••..••••••••••••••••••• 18 8. Guildives : Repartition geographique et selon la.taille, 1983 .•••••••••••••••••••••••• 19 9. Capacite de l'industrie du clairin, donnees de 1983 .•••••••••••••••••••••••••••••• 20 10. Offre et distribution de sucre ••••••.••••••••••• 21 ll. Structure des prix du sucre, 1970 et 1980-84 22 12. Analyse du prix de detail du sucre brut, 1970, 1976 et 1980-84 •••.••...••••••.••.••••.. 23 Figures 1. Canne broyee et production de sucre •••..•••••••• 24 2. Centrale Citadelle : Couts etrecettes selon 1a teneur en sucre de 1a canne •••••.•••• 25 3. Structure de 1a commercialisation du sucre 26 4. Production et consommation de sucre 27 Le present document fait l'objet d'une diffusion restreinte. 11 ne peut etre utilise par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officiel1es et sa teneur ne peut etre divulguee sans l'autorisation de La Bangue mondiale. Le present document fait I'objet d'une di((u ... ion reMreinte. et oe ~ut etre utili~e par se ... desl:inataires que dins I'exercice de leur~ fonctions o(ficielles. Sa teneur ne pt'ut etre autrement dhullu~ 'ilns I'aulori~.tion de II Blnque ~ondiale. - ii Table des matieres - VOLUME II (suite) ANNEXE B SOUS-SECTEUR DE LA FARINE DE BLE 1. LA MINOTERIE D'HAITI 28 Introduction 28 His torique ............................................................. .. 28 Ges tion .......................................................................... . 28 Technologie et capacite •••••.•••••••••..•••••••• 28 Produi ts ............................................................................. .. 29 Monopole de la farine ••.••.•.••••..••..•••••••.. 29 2. IMPORTATIONS DE BLE 29 Q1l8ntites ......................................................................... .. 29 Strategie en matiere d'importations ••••••••••••• 30 3. PRODUCTION DE FARINE 30 Production 30 Productivite de la Minoterie 30 Couts de transformation 31 Strategie de production 32 4. PRIX DE LA FARINE 33 Prix de la farine ...•...••.....•.•.•......•..... 33 Analyse de 1a structure des prix de la farine 34 Analyse differentielle entre le prix de vente et le prix estimatif de la farine importee 34 Poli tique des prix ....................................................... .. 3S S. VENTES DE FARINE 36 Distribution 36 Consonuna t ion ..................................................................... .. 37 Vol'WOe des ventes ............................................................ .. 37 6. RESUME DES CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS 38 Conclusions 38 Ventes et prix de vente ...•..•••...•....•....•.. 39 RecOIllHlanda t ions ................................................................ .. 39 - iii ­ Table des matieres - VOLUME II (suite) ANNEXE B ­ SOUS-SECTEUR DE LA FARINE DE BLE (suite) Tableaux 1. Ble transforme et importations au titre de PL-480, 1979-1983 .••••••••••••..••••••••••.. 40 2. Importations de ble, 1982/83 ••••••••.••••.••.••• 41 3. Production et taux d'extraction, 1976-1983 ..•••• 42 4. Volume des importations de farine et prix de revient unitaires, 1976-1983 ••••••••.• 43 5. Structure et evolution des couts de transformation par sac de 45 kg en dollars ••••••.•••.•••••••• 44 6. Comparaison du cout respectif de la farine produite en HaYti et importee ..••.•••••••••••• 45 7. Evolution relative des prix ••..••••••••••••••••• 46 8. Structure et evolution des prix de vente, "farine de qualite superieure" (1969-1984) 47 9. Comparaison des prix de 1a farine locale et de la farine importee ••.••••••••••••••••••. 48 Couts et recettes lies aux ventes de farine 49 Farine : Repartition regionale des acheteurs 50 Evolution des ventes et des prix de la farine 51 Figures 1. Evolution du prix de vente de 1a farine en HaYti et des prix du b1e aux Etats-Unis (f • 0 • b. Go 1 f e ) .................••............. 52 2. Evolution des ventes et des prix de 1a farine 53 3. Fluctuation mensue11e des ventes de farine •••••• 54 - iv ­ Table des matieres - VOLUME II (suite) ANNEXE C BASE DE RES SOURCES ET POTENTIEL AGRICOLE 1. DESCRIPTION DU TERRITO IRE 55 . I Les terres et leur utilisation ••••••••.•••••••••. 55 Structures foncieres •••.••••••••.•••..••••.•••••. 55 Zones de cultures et caracteristiques du cadre naturel .............................................. .. 57 Le sys teme d' irrigation •••••••.•...••••••••.••••• 59 2. EMPLOI ......................................................................... 62 Caracteristiques generales •••••••••••••••••••••. 62 Zones de culture et densite de 1a population ••••• 62 Remuneration de 1a main-d'oeuvre •••••••••.•.••••• 63 Sa1aire agrico1e journa1ier •••••..••••••••••••••. Q4 Disponibi1ite de 1a main-d'oeuvre .•••••••••••••• 65 3. MOYENS DE PRODUCTION ................................................... 65 Terre 65 Eau 67 Mecanisat.ion ............................................. .................. .. 70 Semences, engrais et pesticides ••••..••••••••••• 71 Credit agricole ••.••.....••.••••.........••...•. 73 4. UTILISATION ACTUELLE DU POTENTIEL AGRICOLE HAITIEN 76 5 .. CONTRAINTES ................................................................. .. 78 Contraintes generales ................................................ 79 Contraintes specifiques ......................................... 79 APPENDICES 1 - Donnees de base sur l'agricu1ture haItienne •••••. 82 2 - Systemes d'irrigation de tai11e moyenne •••••••••• 84 3 - Petits systemes d'irrigation ••••••••••••••..•••.• 85 4 - Principa1es speculation des zones agrico1es, 1930-40 ..•.•••••••.•••••••••••••.•. 86 5 - Eaux souterraines en HaIti ••••••.•.••••••••••••. 87 6 - Sols sa1ins (ou a1ca1ins) en HaIti •••••••.•••••. 90 7 - Importations d'engrais (1975-80) •••••.•••••.•••• 92 8 - Utilisation des pesticides agrico1es en HaIti 93 9 - Pertes causees a l'agricu1ture par 1i croissance urbaine •••••••.••••••••••••••••• 94 - v ­ Table des matieres - VOLUME II (suite) ANNEXE D LA CRISE DE LA PETITE EXPLOITATION AGRICOLE EN HAITI ..•.•....•••...••••..•••.•.••••••••••. 95 INTRODUCTION 95 2. HISTORIQUE ET SITUATION ECONOMIQUE 97 3. REPARTITION DES TERRES, SUPERFICIE DES EXPLOITATIONS ET REGIME FONCIER 103 Repartition des terres •••••••••••••••••••.••••.. 103 Dimension des exploitations et modes de faire-valoir .•....••...•.....••.•.... 104 Modes de faire-valoir 105 4. CONDITION SOCIALE ET ATTITUDE DE LA POPULATION RURALE ••••••••••••••••••••.••.•• 107 5. AUTONSOMMATION, PRODUCTION, PRIX RELATIFS ET CONCURRENCE •.•••••••••••••••••••••••..••••• 109 6. RESUME ET CONCLUSIONS 115 ........................................... 115 Conclusions et recommandations •••••••••••••••.•• 119 Politique des prix ..•......•....••.....•......•. 121 Modernisation ................................... . 122 APPENDICE ...................................................... 123 vi Table des matieres - VOLUME II (suite) ANNEXE E EXPORTATIONS ET POTENTIEL AGRICOLES 125 1. EXPORTATIONS AGRICOLES ET TOTALES 125 Importance du secteur 125 Baisse des exportations 126 2. CAFE 127 Resu1tats a l'exportation •••••••••••••••••••••.• 127 Tendances de 1a production •••••.•••••••••••••••• 128 Marche interieur ................................ 128 Marche exterieur ................................ 130 3. MANGUES 131 Production l31 Marche interieur des mangues Francis •••••••••••• 132 Exportations et marche exterieur •••••••••••••••• 133 4. CACAO ............................................ 134 Production ..... ,... ... . ......... .. . .. . .. ..... .. . . 134 Exportations et marche exterieur •.••.••••••••••• 134 Marche in terieur ................................ 135 5. SISAL 135 6. ESSENCES AROMATIQUES l37 Production de vetiver ••••••••••••••••••••••••••• 137 COlll1I1erc ial isation • • • • • • • • • • .. • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 138 Tableaux 1. Exportations par principaux groupes de produits, 1965-1983 .................................... . 2. Importance des exportations pour le PIB ••••••••• 3. Volume, prix unitaire et valeur des principaux produits d'exportation, 1974-1983 Figures 1. Systeme de commercialisation du cafe •••••••••••• 2. Systeme de distribution de 1a mangue Francis pour l'exportation ..••.•..•......•..•..•..•..• 3. Circuits de commercialisation des huiles essentielles - vii ­ Table des matieres - VOLUME II (suite) ANNEXE F - PRODUCTION AGRICOLE, STRUCTURE DES COUTS ET AVANTAGE COMPARATIF •••••••..••..••••...••...•• 139 Production .41 • 41 •••••• 41 • • • • • • .. • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 139 Methodologie . . •• ••. . . ••• •• • •• .••. . . . • . . . • • •. . • . . 140 Estimations des couts de production .•••..••••••• 144 Estimations de l'avantage comparatif ..••••••••.• 148 Tableaux 1 - Production, surface cu1tivee et rendement des principales cultures (1978) •••••.••••••••. 2 - Rendements annuels comparatifs par culture, 1978 • 3 - Ma1S: couts de production estimatifs •••••••••.. 4 - Riz: couts de production estimatifs •••••••.•••• 5 - Cafe: couts de production estimatifs, 1983 6 - Canne a sucre : recente estimation des couts de production ••••••••••.•••••..••••••.•• 7 - Bananes: couts de production estimatifs, 1982 ••• 8 - Indicateurs de l'avantage comparatif pour l'agriculture ha1tienne ••.••••••••••.••••••••• ANNEXE A Page 1 IIAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE SOUS-SECTEUR DU SUCRE PROBLEMES - EXAMEN ET RECOMMANDATIONS 11 Examen 1. Au cours des 15 dernieres annees, la situation dans Ie sous­ secteur du sucre a profondement evolue en HaIti. Bien que la capacite de transformation ait augmente, la production a diminue~ ce qui a d'abord eu pour effet de reduire Ie volume des exportations deja modestes avant de faire d 'HaIti un importateur net de sucre. Ce probleme est fondamental. L' evolution qui est intervenue ne peut etre imputee a une quelconque negligence de la part des responsables haltiens, etant donne que Ie principal argument invoque pour construire a Leogane une sucrerie appartenant a l'Etat a ete Ie souci d'eviter qu'Halti ne devienne importateur net. Cette situation negative indique toutefois que l'on a pris des mesures contradictoires en traitant avec un opportunisme crois,sant l'industrie du sucre centrifuge, tout en negligeant presque total,ement I' alcool potable derive de la canne a sucre. 2. Beaucoup de paysans haYtiens preferent cuI tiver la canne a sucre pour diverses raisons qui ne sont pas toutes quantifiables ou definissables en termes monetaires. Dans la mesure ou l'on continuera a cultiver la canne a sucre, queUe que soit la politique fixee, i l est logique de modifier la politique suivie de fa\!on a ce que cette culture soit pratiquee de fa\!on rationnelle et efficace. 3. La consommation actuelle de sucre par habitant (environ 11,6 kg par an) est tres faible. Des comparaisons directes avec d'autres pays ne presentent pas forcement d' interet, mais i l est rare que l' on enregistre dans un pays producteur de sucre des niveaux de consonunation aussi bas, meme compte tenu du faible PNB par habitant. Le Tableau 1 indique ou se situe HaIti par rapport a d'autres pays de la region a faible revenu, sans toutefois comparer directement Ie PNB d' HaYti et celui d t autres pays des deux Ameriques. D'une fa\!on generale, Ie sucre ne contribue pas autant qu'il Ie pourrait a resoudre les problemes nutritionnels que connait HaIti. 11 On peut consulter dans les dossiers regionaux un document de travail plus detaille sur ce sous-secteur. - 2 ­ ANNEXE A Page 2 4. Faute de soutenir Ie secteur agricole en general~ et la culture de la canne a sucre en part icul ier ~ Hal: ti n ' a pas tire parti de la capacite productive du secteur. Les planteurs sont contraints d 'operer dans un systeme caracterise par Ie faible volume des intrants et de la production~ et une politique axee sur la faible productivite des terres constitue une erreur fondamentale en Hal:ti~ etant donne la superficie limitee des terres arables et les press ions que la population exerce sur elles. Il est difficile de comprendre pourquoi les plaines alluviales relativement peu etendues ~ qui pourraient etre tres productives ~ ont ete presque totalement negligees. En meme temps, Ie developpement mediocre de ces zones aggrave les problemes 1 ies a la mise en culture des terres marginales, et notanunent Ie deboisement et 1 'erosion des sols. Lorsque ceux-ci se produisent dans les bassins hydrographiques alimentant les rivieres qui traversent les plaines, I' envasement et les degats dus aux crues qui en resultent rendent leur exploitation encore moins productive. 5. L'offre reduite de canne pour la production de sucre centrifuge se repercute sur les couts de production des sucreries. Entre 1970 et 1980, la repartition du prix usine du sucre entre la sucrerie et les planteurs est passee de 49/51 a 71/29. Le niveau insuffisant des prix de la canne a eu un effet dissuasif entrainant une reduction de 1 'offre aux sucreries, ce qui s' es t repercute sur les couts uni taires et a amene les sucreries a conserver une part accrue des recettes du sucre pour maintenir leurs niveaux de benefices. Etant donne que les sucreries constituent un puissant groupe de press ions tandis que la masse diffuse des planteurs de canne a sucre n'a pas voix au chapitre~ les resultats etaient previsibles. Toutefois ~ etant donne que Ie systeme incorrect de repartition des prix et Ie bas prix de la canne qui en resulte ont pour effet de reduire I 'offre de matieres premieres, Ie systeme se condamne lui-meme. Le point d' equilibre tendra a s ' etablir ainsi faible taux d'utilisation de la capacite de l'industrie sucriere et faibles rendements sur des terres d'une superficie limitee. Le paradoxe, c'est qu'au prix de soutien de 0~24 dollar la livre de sucre brut. Hal:ti ne devrait pas avoir de difficultes a se suffire a elle-meme et a degager un excedent exportable si les recettes etaient reparties de fa~on appropriee. 6. Le systeme fiscal est loin d 'etre neutre en ce qui concerne Ie secteur du sucre. Des impots m1n1mes (tels que les deductions de l'ONAAC ~/ sur la canne) sont per~us aux stades de la production de canne et de sa transformation. Le principal impot est toutefois un droit d'accise de 8 dollars par sac, qui rapporte 10 millions de dollars par an sur la base d'une consornmation de 60.000 tonnes. Theoriquement, les taxes a 1 'exportation et a l'importation liees a l'arbitrage du sucre que l'on per~oitt en profitant des contingents americains, devraient assurer des ~/ Office national d'alphabetisation et d'action cornmunautaire. - 3 ­ ANNEXE A Page 3 rentrees considerables. Les taxes applicab1es aux exportations a destination des Etats-Unis s' e1Ewent a que1que 1,6 million de dollars, tandis que les droits d'importation sur l'ensemble du sucre importe (pour remplacer le sucre exporte et compenser l'insuffisance de la production) seraient compris entre 4,6 et 7,6 millions de dollars, en fonction de la qua1ite et de 1a classification du sucre importe. Compte tenu d'un systeme de ristourne, 1e montant net se situerait entre 3 et 5 millions de dollars. On ne dispose pas, en ce qui concerne 1e montant des taxes a l'exportation et a l'importation, de donnees recentes a rapprocher de ces estimations. Compte non tenu des taxes a l' importation et a 1 'exportation, 1a valeur en devises de 1a possibi1ite d'arbitrage offerte par les contingents americains est de 3 a 4 millions de dollars par an aux prix actuels. 7. A 1a difference du secteur du sucre centrifuge, dans 1equel 1es mesures fisca1es influent sur les recettes, 1es principaux utilisateurs de" canne a sucre ne sont guere touches par 1es impets. En dehors d'une taxe tres minime sur 1a capacite de transformation, aucune taxe n' est percrue sur l'a1cool potable produit loca1ement (clairin), a l'exception d'un tres modeste droit d' accise sur 1e rhum. Le fait que 1e sucre raffine et l'a1coo1 a 59 0 soient vendus respectivement 0,38 dollar 1a livre et de 3 a 4 dollars le gallon constitue un paradoxe difficile a expliquer. Il semble que le Gouvernement hal:tien ait toujours hesite a imposer une taxe sur 1e clairin mais un droit d'accise, qui ne s'eleverait qU'a 1 dollar 1e gallon, rapporterait plus que le droit d 'accise sur le sucre et serait amplement justifie selon des considerations d'equite. 8. 11 Y a une marge entre les recommandations qu'on peut formu1er pour le sous-secteur du sucre et leur mise en pratique, comme l'a souligne eloquemment Lucie-Smith 1/ : "Cela ne coilte pas cher d' affirmer que l' on peut doubler 1es rendements en utilisant des varietes appropriees et des engrais, et en recourant a, une irrigation appropriee ainsi qu'a de meilleures pratiques cu1turales, mais quel organisme dispose des fonds et des installations necessaires pour proceder aux experiences agronomiques vou1ues en ce qui concerne les varietes, 1es engrais et l'irrigation et pour en faire profiter les planteurs? Tant que ces prob1emes n'auront pas ete resolus, 1es visites et les rapports d' experts etrangers ne presenteront aucun interet pratique. Ces recommandations ne datent pas It d'hier et sont citees dans des etudes anterieures de 1a FAO et du PNUD. 9. Le declin de l'industrie sucriere au point de faire d 'Ha'iti un importateur net de sucre a ete predit en 1975 par Lucie-Smith et par d'autres observateurs avant lui. Le Gouvernement hal:tien a reagi en encourageant la construction d'une nouvelle usine dans la plaine de 1/ Projet de rapport sur l'industrie sucriere de 1a Republique d 'Hal:ti, IDAI/OAS/ODM, Maurice Lucie-Smith, janvier 1976. - 4 ­ ANNEXE A Page 4 Leogane, en arguant du fait qu'Haiti devait disposer d'une capacite supplementaire pour faire face a l'accroissement de la consommation nationale de sucre. Cette sucrerie a ete inauguree en 1984. Il est difficile de comprendre comment on a pu en arriver a une telle conclusion apres avoir fait une analyse appropriee de la situation du sous-secteur du sucre a 1 'epoque, mais on peut facilement comprendre comment une telle decision a pu etre prise. La construction d'une nouvelle usine et l'investissement de devises constituent une solution de facilite si 1 'on considere la multitude de changements a apporter pour resoudre Ie veri table probleme, qui es t Ie manque de canne asucre. Apres avoir decide de construire la sucrerie de Leogane. on n'a rien fait pour accroi tre la produc tion de canne. dans la plaine de Leogane. Ce n' es t que maintenant que l'USND ~I s'attaque a ce probleme en consacrant des investissements a la construction de routes et d'un reseau d'irrigation et en procedant a quelques essais de varietes de canne. Le projet de Leogane constitue donc un microcosme dans lequel on retrouve tous les problemes du secteur du sucre centrifuge d 'Haiti, auxquels s 'ajoute Ie probleme des remboursements a effectuer et du service de la dette etrangere a assurer, qui representent une lourde charge. 10. I1 est indispensable de prendre toute une serie de mesures pour mettre fin a la penurie de canne a sucre. II s' agit essentiellement des stimulants et des moyens necessaires pour encourager et soutenir la culture de la canne. Au total, les sucreries fonctionnent a environ 40 1 de leur capacite. En outre, la canne est de mauvaise qualite et souvent rance en raison de difficultes de transport. L'industrie de l'alcool potable utilise la plus grande partie de la canne, mais la production de clairin est bien implantee en Haiti. et ce serait une grave erreur d • empecher par une 10 i les gui ldives d' operer dans les zones d' inf 1uence des sucreries pour produire du sucre au 1 ieu d' alcool. D' aut res mesures de politique generale pourraient cependant etre prises pour creer un nombre limite de nouvelles guildives et ameliorer 1 'efficacite de celles qui existent. On pourrait encourager 1 'utilisation de m~Hasse en fermentation et prendre des mesures fiscales susceptibles de limiter la demande de clairin. 11. Le prix paye pour la canne represente une part beaucoup trop faible du prix usine du sucre et les paysans ne sont pas incites a produire de la canne de meilleure qualite et en plus grande quantite. Le systeme actuel de prix fonde uniquement sur Ie poids ne peut aucunement encourager les planteurs a produire une canne de meilleure qualite. meme si les prix sont releves. I1 est par consequent indispensable de mettre en place un systeme fonde sur la qualite de la canne, en utilisant une forrnule de prix pour repartir les recettes tirees du sucre et de la melasse. Un tel systeme de paiement pour la canne demande a etre mis au .. ~I Usine sucriere nationale de Darbonne (Leogane). - 5 ­ ANNEXE A Page 5 point minutieusement pour tenir compte de la situation specifique d'HaYti et de chacune des zones approvisionnant les sucreries. 11 s'agirait ainsi : a) de produire de la canne a forte teneur en sucrose; b) d encourager les livraisons de canne aux sucreries le plus tot I possible apres la coupe pour eviter que la canne ne so it rance; c) d'approvisionner regulierement les sucreries en canne; d) d'ajuster les paiements aux paysans de fa~on a tenir compte des imperatifs de la recolte prevue et de l'evolution de la qualite de la canne durant la recolte; et e) de faire en sorte que les planteurs et les sucreries re~oivent respectivement la remuneration voulue pour la culture de la canne et sa transformation. 12. On peut objecter que ce systeme risque de ne pas pouvoir fonctionner, compte tenu du grand nombre de petits planteurs mal informes du fonctionnement du systeme et mefiants a 1 'egard de ses mecanismes. L'avantage du prix actuel (13 dollars la tonne) est qu' i1 peut rester (a son niveau actuel ou a un niveau superieur) Ie prix plancher paye au planteur, une prime etant err outre payee en fonction de la qualite. Cela aurait pour effet de porter le prix paye par tonne a un niveau representant une part equitable des recettes provenant du sucre et de la melasse.. Les planteurs ne peuvent qu'y gagner et, s'ils sont bien informes des mesures a prendre pour ameliorer la qualite de la canne, ils en livreront de plus grandes quantites aux sucreries. A condition que les petits planteurs acceptent de livrer collectivement, a titre experimental, de petites quantites de canne, le probleme que pose Ie faible volume des livraisons individuelles peut etre resolu. 13. Dans toutes les zones de culture de la canne soumises a 1 'influence des sucreries, l'offre de services de soutien est insuffisante. Les sucreries elles-memes ont fait certains efforts (services de culture, fourniture d'intrants, credit, etc.), mais les moyens financiers dont elles disposent pour cela sont limites. Des services de culture de la canne, qui seraient assures a credit contre remboursement en canne a sucre, sont necessaires et ils devraient etre organises de preference en liaison avec les sucreries mais dans un cadre autonome. II est indispensable d'accroitre l'offre de credit. 14. Les problemes d' infrastructure revetent une importance capitale dans les quatre zones approvisionnant les sucreries. Bien que, dans certains cas, ces problemes necessitent d' importants investissements pour pouvoir etre resolus, ils ne peuvent etre decrits ici que brievement. Ils concernent : - 6 ­ ANNEXE A Page 6 a) la protection des bassins hydrographiques de toutes les rivieres qui traversent les plaines du Nord, de Leogane, des Cayes et du Cul-de-Sac; b) la reparation, Ie nettoyage et l'entretien des systemes de drainage dans toutes les zones, et l'amelioration du drainage au niveau regional, en particulier dans la plaine du Nord; c) l' amelioration du reseau d' irrigation, en particulier dans la plaine du Cul-de-Sac; et d) l'amelioration des routes et du systeme de protection contre les crues. Ces taches importantes doivent faire l' objet de projets de developpement regional qui doivent prendre en compte toutes les autres cultures pratiquees dans les regions interessees et non pas seulement sur celIe de la canne it sucre. Neanmoins, ces mesures au niveau de l' inf ras truc ture devraient, tout autant qu'une modification des pratiques et des techniques agricoles, contribuer it l'accroissement des rendements de la culture de la canne it sucre. 15. Les recherches d' adaptation et les activites de vulgarisation sont pratiquement inexistantes dans l'industrie du sucre. 11 convient de disposer d'un organe responsable, centralise sous l'autorite du MARNDR ou bien operant au niveau des sucreries, et place sous l'autorite d'un organisme de coordination centrale. Les premieres mesures en ce sens ont ete prises dans la plaine du Nord oU. travaille un agronome expatrie sous les auspices de 1 '~ON. Des services de ce genre devraient continuer a beneficier d'un soutien international, leur financement et leur organisation devant toutefois etre assures essentiellement par le sous-secteur du sucre d'Ha1ti proprement dit. Toute une serie de travaux agronomiques restent a accomplir, notamment en qui concerne a) l'introduction de nouvelles varietes, leur mise en quarantaine, les essais de semences et leur multiplication; b) les essais d'engrais dans les quatre principales regions de culture de la canne a sucre; et c) la mise au point de systemes culturaux decourageant les cultures intercalaires et permettant de cultiver la canne a la densite voulue, tout en garantissant l'approvisionnement en denrees alimentaires essentielles, particulierement dans les petites exploitations. - 7 ­ ANNEXE A Page 7 16. La pimurie de vehicu1es pour 1e transport de 1a canne a sucre constitue un grave prob1eme a. 1a Citade11e et a. Dessa1ines, mais beaucoup mo ins preoccupant a. 1a HASCO. Leogane a consacre d 'importants investissements a. l'achat de tracteurs et de remorques pour assurer des services de transport aux p1anteurs. Des inves tissements de ce genre devraient ega1ement etre envisages pour 1a Citade11e et Dessa1ines. 17. L'un des prob1emes fondamentaux tient a. ce que l'industrie sucriere n'est abso1ument pas structuree. Les sucreries ne sont associees a. aucune forme d 'organisation de producteurs et elles traitent individuellement avec 1 'Etat. I1 n' existe pas d 'organisation nationa1e ou regiona1e chargee d exprimer 1e point de vue des p1anteurs de canne a. I sucre, ni d'organisation de consommateurs. Les principaux utilisateurs industrie1s de sucre blanc - c' est-a.-dire 1es emboutei11eurs de boissons sans a1coo1 - ne discutent de leurs prob1emes et de leurs besoins qu' au cas par cas avec 1e Departement du commerce. 18. HaIti constitue ainsi une exception parmi 1es pays producteurs de sucre, qui disposent norma1ement d'organismes de recherche d'adaptation finances par l'industrie, ainsi que d'organisations officie11es contro1ant l'industrie, et au sein desque1les l'Etat, 1es p1anteurs, 1es usines et 1es c:onsommateurs sont representes. Il ne" suffit pas de recommander 1a creation d'organisations de ce genre car, a. moins de definir une po1itique et une strategie coordonnees pour 1e sous-secteur du sucre, ce11es-ci ne constitueraient qu'une bureaucratie superf1ue. C'est 1a raison pour 1aquelle 1a creation d'une "Commission du sucre" ne presenterait d'interet que dans 1e cadre d'un programme coordonne de re1ance et de deve10ppement de l'industrie du sucre. 19. HaIti ne pourrait ni ne devrait devenir un gros exportateur de sucre. En attendant que 1 'on mette au point une po1itique de production rationnel1e, l' acces du pays au marc he des Etats-Unis lui garantit des prix eleves et d'importantes recettes en devises grace a son statut lie au Systeme generalise de preferences (SGP) et au Caribbean Basin Initiative (CBI). I1 a ete dit qu'Halti avait peut-etre perdu son avantage comparatif en tant que producteur mais ce pays est fondamenta1ement un producteur caracterise par 1e faib1e cout de sa main-d' oeuvre et de sa capacite de transformation insta11ee. Si HaIti est devenue un producteur aux couts e1eves (en supposant que 1e prix garanti de 0,24 dollar 1a livre soit considere comme 1e "cout de production"), c'est parce que 1es po1itiques suivies dans 1e sous-secteur du sucre sont inappropriees car e1les ont tendance a reduire l'utilisation de 1a capacite, d'ou un accroissement des couts unitaires. 20. Lorsqu'on fixe 1es principes d'une politique officielle en matiere de sucre, i1 convient de limiter 1 'influence des cours internationaux. Les gouvernements de tous 1es pays producteurs de sucre s'efforcent de garantir un niveau donne de production au moyen d'une - 8 ­ ANNEXE A Page 8 reglementation, ou bien d 'une intervention directe. Le commerce international du sucre s'effectue essentiellement dans Ie cadre d'accords bilateraux et a long terme et l'on peut citer a cet egard les ventes des pays ACP a la CEE dans Ie cadre de la Convention de Lome, Ie systeme des contingents de sucre applique par 1es Etats-Unis et 1es ventes de Cuba au COMECON. Ce que 1 'on appelle 1e "marche mondia1" est un marche residue1 sur 1eque1 sont ecou1es 1es excedents ne faisant pas 1 'objet de prix stables garantis dans 1e cadre d' accords a long terme </ qui resu1 tent eux-memes d'interventions de l'Etat empechant une reaction appropriee entre les prix et la production. 21. 11 n' y a guere interet a se referer aux cours dil "marc he mondial" (par exemple. Ie contrat N° 11 de New York ou Ie Cours journalier de Londres) lorsque l'on fixe une politique nationale en matiere de sucre. etant donne que. meme si I' on pouvai t calculer une moyenne a long terme ayant un m1n1mum de sens sur la base des longues periodes durant 1esquelles les cours sont bas et des breves flambees des cours, ce cours moyen ne saurait representer 1es couts de production moyens a long terme. Le "cours mondial" est en fait la resultante de toute une serie de mesures prises dans, un grand nombre de pays dont peu. voire aucun, ajustent la production en fonction de ce .cours. Aucune industrie sucr1ere, si efficace soit-elle, ne saurait survivre en produisant pour Ie seul marche mondial. Les fluctuations extremes qu I on y enregistre sont 1e prix a payer : a) pour des prix fixes ou garantis sur 1es marches nationaux et dans 1e cadre d'une bonne partie des echanges internationauX; et b) pour l'intervention systematique de l'Etat dans les industries et sur les marches sucriers interieurs. ce qui empeche des rapports appropries de s'etab1ir entre 1a consommation, les prix et 1a production. En fait. 1e cours mondial reel du sucre serait une moyenne ponderee du prix du contrat N° 11 et des prix a long terme auxquels Ie sucre est vendu dans 1e cadre d'accords bilateraux. 22. Si HaYti n'adopte pas de politiques pour ameliorer l'efficacite de son industrie sucriere et importe au contraire du sucre sur 1e marche mondial. en supposant que Ie prix de parite des importations sera inferieur au prix interieur a long terme, ce pays importera : a) du sucre brut, b) du sucre blanc ou c) 1es deux types de sucre. Le sucre "populaire" consomme en HaYti est un produit de bonne qualite destine a la consommation locale. Theoriquement, HaYti pourrait importer de 1a Republique dominicaine un nombre pratiquement i1limite de sacs, en fonction de ses besoins. Dans la pratique, HaYti importe presque uniquement du sucre blanc, de tel1e sorte que celui-ci est en fait 1e seul complement possible de 1a production nationale. - 9 ­ ANNEXE A Page 9 23. 11 n'a jamais ete possible de faire des projections a long terme suffisamment fiables des cours mondiaux du sucre. Dans la mesure ou le marche mondial du sucre est caracterise par definition par une offre excedentaire structurelle du fait de la protection accordee a la production nationale de sucre par les differents pays et groupements economiques (particulierement la CEE), le cours moyen a long terme est inferieur au cout moyen de production a long terme. Les projections de prix sur cette base sont inutiles du fait des aleas (en particulier climatiques) influant sur la production, ce qui cause les enormes fluctuations de prix liees au cycle du sucre. Les projections de prix correspondent generalement aux prix du contrat N° 11 de New York, auxquels les autres prix- des marches du monde 1 ibre (Londres, Paris, etc.) sont etroitement lies. 11 s'agit du prix du sucre brut de pol 96°, f.o.b. (+ arrimage) dans un port des Cara"ibes ou du Bresil. Pour arriver a un prix du sucre blanc c .a. f. en sac a Port-au-Prince (prix de pari te des importations), il conviendrait de prendre en compte les elements suivants : a) prime au sucre blanc, qui atteint en moyenne 60 dollars la tonne; b) couts d'ensachage; et c) fret et assurance. Tous ces facteurs font augmenter Ie prix pro jete du sucre brut de 0,045 a 0,053 dollar la livre. Recommandations 24. Etant donne la complexite et l'ampleur des problemes que connait le SClus-secteur du sucre, le Gouvernement hal:tien devrait -creer un groupe de travail de haut niveau charge de definir les objectifs et la politique applicables a ce sous-secteur, et qui reunirait des representants des Ministeres du commerce et des finances, du MARNDR et des sucreries, auxquels des specialistes apporteraient leur aide dans differents domaines. 25. On ne dispose pas des informations indispensables, notamment sur les couts de production agricoles, qui permettraient au groupe de travail de proceder a une analyse appropriee. Le MARNDR devrai t etre charge d'analyser en detail les couts de production de la canne a sucre dans les quatre principales zones d'implantation des sucreries, ainsi que les couts additionnels d 'un accroissement des rendements de la canne a sucre. Des consultants specialises devraient etre charges de ces travaux. line analyse approfondie des couts de production des sucreries s' impose et cette tache devrait etre executee par des consultants independants, et de preference par un bureau d'etudes international specialise dans la comptabilite et la gestion. - 10 ­ ANNEXE A Page 10 26. 11 conviendrait de reduire le prix de detail du sucre en supprimant le droit d' accise qui devrai t etre per~u do renavant sur le clairin. Cela pourrait etre fait progressivement. Le prix paye aux planteurs devrait egalement etre releve, en me me temps que seraient prises les mesures recommandees au paragraphe 28. 27. Le stockage, la distribution, les importations et les exportations de sucre devraient etre confies a un organe de commercialisation du sucre relevant du Departement du commerce. Cet organe devrait etre charge de garantir l'approvisionnement des consommateurs en sucre. Il serai t organise et structure de fa~on a etre financierement autonome et ses comptes seraient verifies par un cabinet comptable independant. Cet organe serait egalement tout indique pour percevoir un impot destine a financer le developpement de la production de canne grace a des recherches d'adaptation et a des activites de vulgarisation, et il serai t egalement responsable d' autres aspects de l'industrie du sucre a determiner par le Groupe de travail. 28. Il conviendrai t de mettre au point une formule de prix selon laquelle les planteurs de canne a sucre recevraient en paiement une part convenue de la valeur du sucre et de la melasse, dans des proportions correspondant a celles qui ont ete acceptees dans d' autres pays et qui refletent les couts relatifs de la production de canne et l'extraction de sucre a l'usine. Les montants payes pour la canne a sucre devraient etre fonction de sa qualite. C'est un bureau d'etude de l'industrie sucriere qui devrait etre charge de fixer la formule de prix et le systeme de paiement en fonction de la qualite, mais il faudrait auparavant que les travaux indiques au 'paragraphe 25 aient ete menes a bien. 29. Le groupe de travail serait egalement·charge de mettre au point dans le sous-secteur sucrier un systeme de recueil des donnees sur les aspects aussi bien financiers que techniques de la production de canne et de sucre centrifuge, la transformation artisanale de la canne a sucre et la production de clairinr 30. 11 conviendrait de fournir au MARNDR des ressources supplementaires pour entreprendre des recherches d'adaptation sur .la canne, et aussi de charger ce ministere d'introduire de nouvelles varietes, d'assurer leur quarantaine, de mettre a l'essai des semences et de s'occuper de leur multiplication. Ces taches devraient etre confiees a une nouvelle direction specialisee du MARNDR qui opererait dans les zones d'implantation des sucreries en collaboration etroite avec celles-ci, sans toutefois dependre d'elles. Cette direction entreprendrait toutes les recherches et experimentations agronomiques necessaires et serait chargee d'en diffuser les resultats aupres des plant~urs. - 11 ­ ANNEXE A Page 11 31. Le groupe de travail def inirai t les besoins en credi t agricole sur la base des recherches indiquees au paragraphe 25. L'ensemble de ces besoins serait pris en compte dans le cadre du programme de redressement et de developpement du secteur. 32. Les investissements necessaires pour amcHiorer le transport de la canne a sucre et l'exploitation des sucreries devraient etre definis. Des organismes d'aide mul~ilaterale et/ou bilaterale pourraient contribuer a leur financement et repondre egalement aux besoins en matiere de credit (voir par. 31). - 12 ­ ANNEXE A Tableau 1 HAITI Consommation comparee du sucre par habitant dans differents pays PNB par Population Consommation E1asticite­ habitant en 1981 de sucre Consornrnation revenu en 1981 (millions en 1980-82 de sucre de 1a demande ($ ) d 'habitants) (tonnes) par habitant en 1975 Ha'iti 300 5,1 59.000 11 ,57 0,99 Bolivie 600 5,7 176.000 30,88 0,41 Honduras 600 3,8 119.000 31,32 0,43 E1 Salvador 650 4,7 135.000 28,72 0,46 Nicaragua 860 2,8 115.000 41,07 0,48 Perou 1.170 17,0 612.000 36,00 0,39 Equateur 1.180 8,6 304.000 35,35 0,36 Jarna'ique 1.180 2,2 95.000 43,12 0,20 Repub li que dominicaine 1.260 5,6 230.000 41,07 0,42 - - Rapport sur 1e deve10ppement dans 1e monde 1983, Banque mondia1e. Sources - USDA, rnai 1984. FAO, decembre 1977. - 13 ­ ANNEXE A Tableau 2 !iAill production de canoe a sucre dans les auatre Dr1nciDales zones de culture 19~6 1978 % de la % de la Superftcte superficie totale Superficie superficie totale $uperficie plantee en consacree a la Superficie plantee en consacree a la totale canne a sucre canne a sucre totale canne a sucre canne a sucre (ha) (ha) {hal {hal (ha) (hal Cul-de-Sac 34.342 11 .948 34,8 34.360 8.294 24,1 Leogane 8.276 4.902 59,2 8.166 4.463 54,7 Plaine du Nord La 23.897 2.478 10,4 32.000 10.690 33,4 Plaine des Cayes ~ ~ !L.1 ~ ~ 1§....Ji Total 85.923 28.510 33,2 93.778 30.536 32,6 La La superficie totale de la plaine du Nord n'est pas calculee de la meme facon que celIe des trois autres zones. ~ : Delatour (Reference I). - 14 ­ ANNEXE A Tableau 3 HAITI Comparaison des analyses de la marge brute dans la culture de la canne a sucre, donnees de 1982/83 ($!ha) Recettes Frais Recolte Production brutes! Exploitation d'etablissement Entretien et transport CoGt de canne Recettes Marge Marge.brute Marge brute CoGt total coGt Annee ]. Annees 2-5.5 Annees 2-5,5 total (tl brutes brute ($/ha/anneel ($/t cannel ($/t cannel total Amelioree 269 1.070 1,224 2.563 360 4.680 2.117 385 5,88 7.12 1,83 Semi-amelioree 269 645 1.071 1.985 315 4.095 2.110 384 6,70 6,30 2,06 TradHionnelle 160 125 646 931 190 2.470 1.539 280 8.10 4,90 2,65 Semi-traditionnelle Plaine du Nord 293 375 918 1.586 255 3.315 I. 729 314 6,78 6,22 2,09 Amelioree Plaine des Cayes 259 1.106 1.278 2.643 365 4.745 2.102 382 5,76 7,24 1,80 Semi-traditionnel1e Plaine du Nord Hinche!Plaine des Cayes 167 597 930 1.674 233 3.023 1.329 242 5,72 7,28 I. 78 Traditionnel1e Plaine du Nord! (Quartier Morin) 270 233 982 1.485 209 2.717 1.232 224 5.89 7.11 1,83 Valeurs moyennes 316 6,40 6,60 ~ Calculs de la mission. - 15 ­ ANNEXE A Tableau 4 L1 ATTTT 970-1984 Donnees relatives a ' ]a product j on at comparaison Il.Q.L!i des resultats • 0 btenus ,. 1 HASCO OESSALINES CITAOELLE Canne Production Canne Production Canne Production broyee de sucre Rendement broyee de sucre Rendement broyee de sucre Rendement (tonnes) (tonnes) nnn_ (~ ICLIS Ib (tonnes) (tonnes) (%) Ie/IS /Lit~nnes) (tonnes) (%) IC/TS Ib 1970 608.331 46.808 7,69 13,00 137.058 11.706 8.54 11 ,71 25.808 1.488 5,77 17,34 1971 601.170 50.011 8,32 12.02 141.647 12.182 8,60 11.63 63.506 3.698 5,82 17,17 1972 614.346 51.971 8,46 11,82 142.101 10.740 7,56 13,23 83.468 6.153 7,37 13,57 1973 508.019 42.354 8,34 11,99 167.624 14.327 8,55 11,70 139.504 8.454 6,06 16,50 1974 496.388 42.839 8,63 11,59 148.928 13.238 8,89 11,25 175.932 10.002 5,69 17,59 1975 476.579 41.853 8,78 11,39 144.244 12.965 8,99 11,13 132.667 5.417 4,08 24,49 1976 444.579 39.899 8,97 11,14 115.048 10.298 8,95 11 ,17 115.833 8.906 7,69 13,01 1977 389.085 30.407 7,82 12,80 . 125.468 11.729 9,35 10,70 204.723 10.854 5,30 18,86 1978 426.164 31.180 7,32 13,67 216.074 14.180 6.56 15,24 174.523 6.690 3,83 26,09 1979 510.543 37.351 7,32 13,67 199.789 17.221 8,62 11,60 145.080 6.566 4,53 22,10 1980 544.211 36.205 6,65 15,03 194.289 13.307 6,85 14,60 124.351 4.198 3,38 29,62 1981 481.396 32.373 6,72 14,87 113.095 8.258 7,30 13,70 89.440 2.014 2,25 44,41 1982 543.846 35.070 6,45 15,51 146.221 12.018 8,22 12,17 76.805 a 2.572 3,35 29,86 1983 370.529 28.22.3 7,62 13,13 135.146 11.068 8,19 12.21 84.930 3.262 3,84 26,04 1984 275.000 21.863 7,95 12,58 115.557 8.345 7,22 13,85 109;508 5.999 5,48 18,25 a Jusqu'au 8 mai 1984 compris. L.ll Tonne de canne/tonne de sucre. ~ : Donnees des sucreries. - 16 ­ ANNEXE A Tableau 5 Centrale Dessa1ines Resume des donnees concernant 1es sucreries, 1981-84 1981 1983 1984 Raffinage Duree de 1a reco1te (jours) 97,333 110,979 125,667 140,5 Heures + minutes de raffinage 1458:45 1951: 25 1776:25 1469:30 Reures + minutes perdues 877: 15 712:05 1239:35 1902:30 Temps perdu en t du temps total 37,554 26,735 41,11 56,4<2 Canne raffinee (tonnes) 113.094,96 146.221.28 135.146,03 115.557,19 Canne raffinee par journee effective 1.860,69 1. 798,34 1.825.86 1.887,29 Canne, pol (t) 9.877 10.807 10.555 10,217 Canne. fibre (t) 14,905. 15,592 14,683 14,16 Extraction, pol (%.) 89,871 88,723 89,296 89,182 Extraction reduite ('!) fibre 12,5 91,739 91 ,279 91,115 90,631 Production Sucre (sacs de 45 kg) 182.062 266.937 244.014 183.966 Sucre (tonnes) 8.258,278 12.018,183 11.068,402 8.344,643 "Pol 97,254 97,679 97,788 97,75 Sucre, 96°(tonnes) 8.366,15 12.319,95 11.274.55 8.496.76 Livres de sucre 96°1 tonnes de canne 163,08 185.75 183,92 162,10 Rendement, sucre 96° 7,397 8,426 8.342 7,353 Me1asse residuelle (gallons americains) 675.347 919.844 907.914 Purete 36,122 37.443 V,entes locales 60.198 54.000 Livraisons au port d'exportation 638.076 838.646 674.511 Stocks a 1a sucrerie 37.271 21.000 179.403 Me1asse produite (ga1':"ons/tonne de canne) (5,972) 6,291 6,718 Bilan de 1a concentration, t 93,359 Taux de recuperation global, % 71,90 74.29 75,8 74,97 Recuperation de la concentration, % 30,00 84,36 84,97 84.06 Sou.rce ;)onnees des sucreries. - 17 - ANNEXE A Tableau 6 HAITI Centrale La Citadel1e Resume des donnees relatives a la sucrerie, 1983-84 1983 1984 Raffinage Duree de la recolte (jours) 97,82 131 Heures + minutes de raffinage 1055:15 1232:20 Heures + minutes perdues 1292:12 1911 :40 Temps perdu en % du temps total 55,047 60,804 Canne raffinee (tonnes) 93.617,974 120.710,00 Canne raffinee par journee effective 2.129,19 2.350,86 Canne, pol (%) 9,246 9,51 Canne, fibre (%) 13,09 14,48 Extraction, pol (%) 82,05 86,79' Extraction reduite (%), fibre 12,5 88,86 Production Sucre (sacs de 45 kg) 71.914 132.261 Sucre (tonnes) 3.262,00 5.999,32 opol 97,35 97,25 Sucre, 96°(tonnes) 3.307,87 6.077,66 Livres de sucre 96°/tonnes de canne 77 ,897 111,00 Rendement, sucre 96 0 4,307 5,55 Melasse residuelle (gallons americains) 792.612 873.257 Melasse produite (gallons/tonnes de canne) 8,47 7,234 Bilan de la concentration, % 63,59 Taux de recuperation global, % 40,44 56,02 Recuperation de la concentration, % 49,29 64,55 Source Donnees de la sucrerie. - 18 - ANNEXE A Tableau 7 HAITI USND Leogane Recettes et depenses 1er octobre 1983 au 31 mai 1984 Ventes Sucre 84.500 sacs de sucre a 24 dollars 2.028.000.00 2.380 barils de melasse a 29,77 dollars 70.852.60 98 barils a 29,70 dollars 2.910,60 2.101.763,20 Cout des marchandises vendues Stocks au ler octobre 1983 Cout de fabrication 1.934.036,03 Stocks au 31 mai 1984 (6.2l4 sacs a 21,32 dollars) 132.482,48 1.801.553,55 Benefice brut 300.209,65 Depenses generales Salaires 257.148,77 Transport 22.277 ,40 Securite (sucrerie) 52.700,00 Pepiniere 7.330,00 Loyer 13.000,00 Materiel de bureau 19.500,00 Supervision 8.050,00 Divers (telephone, electricite, etc.) 30.632,32 410.638,49 Frais de vente Fra.is de livraison 1. 690 ,00 Pertes d'exploitation nettes 112.118,84 =================---======== Donnees de la sucrerie. - 19 ­ ANNEXE A Tableau 8 liAlli Gujldjyes Reoartitjon geographjgue et seJan Ja tai1Je en 1983 Nombre de Capacite Capacite Reoartitioo Dar taille (o.c.) District guildives totale moyenne 0-1,00 1.01-2,00 2,01-3,00 3,01-4,00 4,01-5,00 5,01-10,00 10,01-20,00 20,01+ (o,c,) La (D.C.) Port-au-Pri nce 96 296,748 3,091 15 38 24 9 6 3 Miragoane 78 36,2331 0,465 76 2 Saint-Marc 44 58,5512 1,33 21 16 5 1 Gonalves 11 29,3286 2,666 1 3 4 2 Hinche 10 13,219 1,322 7 1 2 Port-de-Pa 1x 2 4.549 2,276 1 Fort liberte 3 3,043 1,014 1 2 Cap-Haltien 81 81,7595 1,009 63 13 2 Jeremie 43 41,6365 0,968 36 6 Petit Goave 24 22,0526 0,919 17 6 Mirebalais 28 12,343 0,441 28 les Cayes 39 97,144 2,497 5 17 8 2 6 Aquin 3 5,329 1,776 1 1 1 -' - Total 924 701,9365 1,516 271 106 45 15 7 14 3 La Points de chaudiere. ~ Bureau general des contributions. - 20 ­ ANNEXE A Tableau 9 HAIll Capacjte de l'jndustrje du clajr;n. donnees de 1283 R~~artjtigD Q~~ gujldi~~~ ~~]gD ]a kapakjt~ 0-1,00 laO]-Z,IlO Z.Ol-LOQ ~,O]-~.!lQ ~.!l1-~,00 ~,Ql-1Q,00 10.0]-~0,00 'Q, Ol .. TQta l Nombre de guildives 271 106 45 15 7 14 3 462 Total des pOints de chaudieres par categorie 160 140 106 55 30 105 16 90 702 Rendement moyen de c1airin par tonne de canne 12 15 15 15 16 18 19 22 Capacite totale en gallons/jour de clairin (100 gallons par pOint de chaudiere) 16.000 14.000 10.600 5.500 3.000 10.500 1.600 9.000 70.200 Capacite en tonnes de canne par jour 1.333 933 707 367 188 583 84 409 4.604 C1airin produit (a) (gallons x 1.000) Canne broyee (e) (tonnes x 1.000) 150 jours d'operations effectives (a) 2.400 2.100 1.600 825 450 1.575 240 1.350 10.540 (c) 200 140 106 55 28 87 13 61 690 200 jours d'operations effectives (a) 3.200 2.800 2.120 1.100 600 2.100 320 1.800 14.040 (c) 267 187 141 73 38 117 17 82 922 250 jours d'operations effe~tives (a) 4.000 3.500 2.650 1.375 750 2.625 400 2.250 17.550 (c) 333 233 177 92 47 146 21 102 1.151 300 jours d'operations effeetives (a) 4.800 4.200 3.180 1.650 900 3.150 480 2.700 21.060 ( c) 400 280 2'12 110 56 175 25 123 1.381 ~ Ca1eu1s de 1a mission. - 21 A!'!~EXE 8, Tableau 10 I1AllI Offre et d1stributiaD de su~re (tonnes) 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 Stocks d'ouverture Production LA 60.002 65.891 68.864 65.135 66.079 60.235 59.103 52.990 52.050 61. 138 53.710 42.645 49.660 42.553 40.322 Importations Lb 6.180 22 87 125 12.970 5.420 10.697 9.917 7.334 10.900 30.388 38.400 LA Offre totale 60.002 65.891 68.864 71.315 66.101 60.322 59.228 65.960 57.470 71.835 63.627 49.979 60.560 72.941 78.722 Consommation Lk 40.375 40.974 48.433 57.440 50.163 49.779 53.587 65.960 52.247 61.782 54.554 49.979 54.603 57.926 63.503 ~ Exportations M 19.627 24.917 20.431 13.875 15.938 10.543 5.641 5.223 10.053 9.073 5.957 15.015 15.219 ~ Stocks de fermeture Distribution totale 60. DOt 65.891 68.864 71.315 66.101 60.322 59.228 65.960 57.470 71.835 63.627 49.979 60.560 72.941 78.722 Consommation moyenne sur trois ans 43.261 48.949 52.012 52.461 51.176 56.442 57.265 59.996 56.194 55.438 53.045 54.169 58.677 LA Donnees obtenues aupres des sucreries. Lb ISO (voir Tableau 30), 1970-82; Regie du tabac, 1983-1984. Lk Valeurs calculees. M ISO (voir Tableau 30), 1970-1982; Regie du tabac + GEPLACEA, 1983-1984. ~ Valeurs projetees. Sources Bulletins statistiques mensuels de l'ISO, 1973-1984; GEPLACEA; donnees des sucreries; Regie du tabac. - 22 -' ANNEXE A Tableau 11 HAITI Structure des prix du sucre, 1970 et 1980-84 ($ par sac de 45 kg) 1970 1980-84 Sucre Sucre Sucre Sucre brut blanc brut blanc Prix usine 4,40 6,40 24,00 28,00 Commission de 1a Regie fa 1,50 1,50 1,95 1,95 Impot special sur l'AGD 1,50 1,50 Commission du Magasin de l'Etat 0,10 0,10 Droit d'accise special fa 6,05 6,05 Marge des detai11ants Prix de vente brut 10,00 11 ,00 34,00 38,00 fa La commission de 1a Regie et 1e droit d 'accise special ont the supprimes debut 1985. Les recettes fiscales, du meme montant qu' auparavant, sont maintenant transferees au budget ordinaire de l'Etat. Source Ca1cu1s de 1a mission. - 23 ­ ANNEXE A Tableau 12 !:IAI!l AnalYse du prix de detajl dy sucre brut. 1970. 1976 et 1980-84 1970 1976 1980-84 % du prix % du prix % du prix Dollars dedetaLl Dollars de detail DoUars de detail Prix de la tonne de canne a sucre 4,10 9,00 13,00 Valeur depart usine du sucre. par tonne 97,00 44,00 275.58 78,13 529,10 70,59 Cout de la canne par tonne de sucre TC/TS = 12 (part du planteur) Lb 49,20 22.32 108,00 30,62 156,00 20,81 Part de l'usioe 47.80 21.68 167,58 47.51 373,10 49,78 Usine : part de la valeur du sucre depart usine revenant au planteur (49: 51) (61: 39) (71:29) Regie du tabac La 33,07 15,00 42,99 5,74 46,30 13,12 Impots 35,25 16,00 133,38 . 17,79 Marge des detaillants ~ ....l..Lru!. ~ ~ ~ ~ Prix de detail brut 220,46 JOO,OO 352,74 100,00 749,56 100,00 Prix de detail, cents par livre 10,00 16,00 34,00 La La Regie du tabac a ete supprlmee au debut de 1985. Les recettes fiscales sont maintenant assurees notamment par les droits d'accise sur le sucre. Lb TC/TS = tonne de canne/tonne de sucre. ~ Calculs de la mission. HAITI HAITI ETUDE DU SEGTEUR AGRICOLE HAITI CANNE BROYEE ET PRODUCTION DE SUCRE 1965-1984 900 I 1fa fa CANNE BROYEE 800 9fa 700 .600-1 ~ ""'" '­ 1-8fa 0 0 0 . ,.....f 0 0 500 x 0 • ,.....f ~ N 7fa~ u .j::o­ x ., .. :::> 400 " .. til I I';<l ~ •" " '" ' ....... I';<l A u " •• PRODUCTION DE SUCRE til , '"'" ~!'00 " •• - ...., •• . 6fa I';<l § •• 0 • • E-I •. ...# til ,• • ..• • I';<l • § o. E-I .2:90 .~ •- • .. 4J " " . "• • • • .•. "• . •- -. "•" • .. • .'. • .... - • • .. ."• . I-Sfa 100-) ,•" " . - ,,• • "• • 0 e. -........I .cfa I tJ::I H Q :.>­ ~ 85 67 69 71 7~ 76 77 79 II I' ..... ~ ANNEE > - 25 ­ AN~EXE A HAITI FIG, 2 ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Centrale Citadelle Couts et recettes selon la teneur en sucre de la canne .' .' .'..-­ .'.' .'.' COUl' TOTAL a 109.57 livres de sucre _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ par tonne de canne ........ ."" ., "" ••.• .*""" li 160,00 livres de sucre - - - . par tonne de canne .... ."" ..­ .' .... a 180,00 livres de sucre .' .... ""."" . par tonne de canne ." 70 .' ,.; .' ..... ~ ,; .... ."" .."". 6.0 .,,'" •••••• fIIII"" ,; filii' .. ..... "" ,"" •••• ., ." ,; ,; .... .if., ' ",,' 5.0 / , ..... ...:" •••••• fIII"'" ; RECETTES TOTALES " ..-:"" ,/ 4C ;' ,..""... ....'"" ,; :~ :~ ., ~..O;;:. ;I'. .'" Interets a payer a court terme Interets a payer a long terme Rendement du capital Frais generaux Couts de production fixes 100 200 (SACS x 1.000) HAITI Structure de 1a commercialisation du sucre SUCRERIES T f IMPORTATIONi]~-------------- REGIE DU TABAC!j 1. EXPORTATIONS II-­ --------1'-------.-_----' N REGH: DU TABAC BANQUE NATIONALE DE COMPTOIR, P.P.~/ CREDIT: REGIONS "" MISE EN BOUTEILLE DE BOISSONS SANS ALCOOL, BOULANGERIE, LAITERIE ..J GROSSISTES 1 I GRO~~~S~ES I ] EMBOUTEILLEURS DE BOISSONS SANS ALCOOL, BOULANGERIE, LAITERIE DETA~LLANTS I CONSOMMATE~l CONSOMMATEU~~ ~~ .~ V-.)I:'lj >­ ~/ La Regie du tabac a ete supprimee au debut de 1985 ~t ses anciennes fonctions ont ete reprises par la Eanque centrale et 1a Ministere du commerce. HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE PRODUCTION ET CONSOMMATION DE SUCRE 1.. 000.000 -r----------------------------------------------------------~80.000 900.000 till·.,····· .•• ... ...'" "'........................ .. ".. ,," "" ",. 800.000 " '" • •• " ' ,, .. ", . . .. , . . ... . .. . .. . .. '" .., .... ". .. .." " .,.. ... 70.000 700.000 ..... ,," '" .., ,,--_ .... , ..... 0 ..... . .. 0 . " ..... CANNE BROYEE •.. 0 , 0 ....... ~ 800.000 /" \ • '. -.-. 0 0 . ....... / \ riI " \\ ~ ~ / 500,000 1\, 80.000 ~ N 1 U PRODUCTION DE SUCRE 1 , ::> tr.l " riI ~ 400.000 \ 1 , ,, riI ~ tr.l riI Z Z \ \ \ 1 , tr.l riI § 0 E-I 300.000 "---I \ \ 0 E-I \ 50.000 200 000 CONSOMMATION MOYENNE SUR TROIS ANS \ \ / /' , , A \ \ / /' \ / \ 100.000 \ / \ \/ \ ".... .... .... ~1~ 0· I I I I I I I 1 40.000 1970 1972 1974 1976 1978 1980 1982 1984 ,tJ:j ANNEES '> - 28 ­ ANNEXE B Page 1 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE B. SOUS-SECTEUR DE LA FARINE DE BLE 1. LA MINOTERIE D'HAITI Introduction 1. La production de farine est monopol~ d' Etat . en Ha:iti. L'industrie de la meunerie, fondee il y a 25 ans, est maintenant entre les mains de la Minoterie d 'Ha'Hi, la principale compagnie nationale par Ie volume. de ses activites. Pour ces raisons et aussi du fait de l' importance de la farine du point de vue nutritif et du role considerable que joue Ie marche de la farine dans l'agriculture nationale, Ie secteur de la meunerie devrait etre considere comme strategique. La presente annexe analyse les importations de ble de la Minoterie, sa production et sa productivite, sa politique de fixation des prix et ses ventes, ainsi ,que l'interaction existant entre Ie ble et d'autres produits alimentaires. Historique 2. L'industrie ha:itienne de 1a meunerie a ete fondee en 1958 par une societe privee, la Caribbean Mills. La minoterie a ete fermee en 1968 mais elle a repris sa production au milieu de 1969, apres avoir ete rachetee par l'Etat. Le 24 mars 1969 a ete creee 1a Minoterie d'Ha:iti qui a repris l'exp1oitation des installations. La Minoterie est une societe d'Etat qui re1eve du Ministere des finances. Gesti.on - -- 3. Depuis sa creation jusqu' en septembre 1982, la Minoterie a ete geree par une societe canadienne, 1a Maple Leaf Mills Ltd. Le contrat passe avec Maple Leaf couvrait les achats de b1e, la gestion de l' entreprise et 1es achats de farine (lorsque la production locale est insuffisante). Depuis octobre 1982, HaIti a repris entierement Ie contro1e de la Minoterie, qui a conclu un contrat d 'assistance technique de trois ans avec un consortium franc;ais. La Minoterie compte environ 400 employes permanents et 200 temporaires. Technologie et capacite 4. Situee a Laffiteau, a 32 km au nord de Port-au-Prince, 1a Minoterie est de type classique americain. Dans 1 'ensemble, Ie materiel est ancien et parfois per1me. La Minoterie dispose de ses propres installations portuaires (Ie quai est partage avec la SODEXOL) et de ses - 29 ­ ANNEXE B Page 2 propres reseaux de production d'e1ectricite et d'approvisionnement en eau. La capacite de meunerie a ete portee de 3.600 a 6.000 sacs de 45 kg par jour en 1972, et de nouveaux travaux d'agrandissement en 1979 l'ont portee a son niveau ac tue 1 qui es t d' environ 10.500 a 11.000 sacs par jour. Compte tenu des arrets occasionne1s pour 1 'entretien des installations ou d' aut res raisons, on peut estimer que 1a capacite de production maxima1e se situe entre 3 et 3,3 millions de sacs par an (c'est-a-dire a 135.000-150.000 tonnes par an). La capacite de stockage de b1e est de 32.000 tonnes (soit environ quatre mois de production) et de 50.000 sacs de farine (ce qui correspond seu1ement a environ une semaine de ventes). Produits 5. Les quatre produits de 1a Minoterie sont 1es suivants b1e panifiab1e, b1e entier, b1e polyvalent et semou1e pour 1a production de pates (a quoi s' ajoute un sous-produit, 1e son de b1e). Le principal produit est 1a farine panifiab1e qui represente environ 97 % de l'ensemb1e de 1a production, et dont 1a valeur nutritionne11e est e1evee. Ses caracteristiques sont 1es suivantes : humidite, 14 %; cendres, 0,535 % (matiere seche); proteines, 15,1 % (matiere seche); et nitrate, 2,3 %. A titre de comparaison, 100 grammes de pain blanc a base de farine ha1tienne contiennent environ 8,7 % de proteines et 270 calories, contre 7 % de proteines et 255 calories en moyenne pour 1e pain fran~ais. En outre, 1a valeur nutritionnelle de 1a farine est ame1ioree grace a des additifs, essentie11ement 50 ppm de bromate de potassium, 0,013 % de vitamines et de fer, 0,013 % de peroxyde de benzoy1e et 0,004 % d'amy1ase fongique. Monopole de 1a farine 6. La Minoterie a 1e monopole des importations de b1e et de farine et ega1ement de 1a production de farine de b1e. Les acheteurs se procurent 1a farine a 1a Minoterie. Le son de b1e est vendu de 1a me me fa~on sur 1e marche local mais 1a plus grande partie est exportee, actue11ement vers Porto Rico, etant donne que 1e marche des aliments pour porcs n'existe plus. 2. IMPORTATIONS DE BLE Quantites 7. La Minoterie importe essentiellement deux types de b1e 1e Northern Spring (NS) et 1e Dark Northern Spring (DNS). Les importations sont effectuees a des conditions commercia1es ou au titre de dons dans 1e cadre de l'accord PL-480 (Chapitre I) ou parfois dans 1e cadre d'accords du meme genre avec des pays europeens (voir Tableau 1). Le coiit de ces - 30 ­ ANNEXE B Page 3 importations est compris entre 30 et 35 millions de dollars par an, dont 75 % en moyenne sont payes en dollars des Etats-Unis. Le Tableau 2 indique l'origine des importations pour l'annee bUdgetaire 1982/83. Strategie en matiere d'importations 8. En matiere d' importations, 1a Minoterie a pour strategie de reduire les couts et le financement en a) recherchant davantage de credits a long terme, comme dans le cadre de l'accord PL-480; b) diversifiant ses contrats commerciaux dans 1e cadre de credits a court terme (six ou neuf mois). La difference entre les marches passes respectivement avec 1es Etats-Unis et l'Argentine en 1982/83 (Tableau 2) montre 1es effets que la politique d achat I peut avoir sur les couts. 3. PRODUCTION DE FARINE Production 9. La production de farine s 'est accrue au cours des 25 dernieres anneE~s it mesure qu'augmentait 1a capacite de production. Depuis' les derniers travaux d' agrandissement de 1979, 1a Minoterie s' est ajustee a 1a demande, sauf durant quelques breves periodes pendant lesquelles des importations de farine ant eu lieu. Cela s 'est produit soit it cause de problemes techniques et d'un accroissement de la demande a caractere parfclis speculatif, soit en raison de dons re9us par la Minoterie. La production est passee de 710.000 sacs de 45 kg en 1960 it une moyenne de 2.2 millions de sacs entre 1980 et 1983 - soit une augmentation de 300 %. Les Tableaux 3 et 4 indiquent 1 f evolution de Ia production de farine de 1976 it 1983, ainsi que les volumes et couts unitaires des importations de farine. En 1983, la production a atteirrt 2,77 millions de sacs, soit plus de 90 % de la capacite de 1a Minoterie. Cette meme annee, la Minoterie a donc fonctionne a pleine capacite durant plusieurs mois. Productivite de la Minoterie 10. La productivite de la Minoterie est mesuree par Ie rythme auquel la farine est extraite du ble. Elle depend de 1a qualite du ble, du materiel de la minoterie et de la maniere dont il est utilise. Le Tableau 3 indique les taux d' extraction enregis tres au cours des hui t dernieres annees. La productivite a diminue apres l' agrandissement des installations en 1979 (ce qui pourrait indiquer que les travaux d'agrandissement n'ont pas ete executes de fa90n appropriee). Elle s'est - 31 ­ ANNEXE B Page 4 amelioree depuis 1982/83 grace a une meilleure gestion. En 1982/83, une augmentation d 'un point de pourcentage du taux d 'extraction se serait traduite par environ 600.000 dollars de benefices supplementaires. A l'heure actuelle, ce taux d'extraction est d'environ 73 '%. a la Minoterie et, malgre la nette amelioration de ces deux dernieres annees, il reste faible en comparaison du taux moyen enregistre en France qui se situe entre 75 et 76 '%.. Au Nigeria, ou l' on utilise du ble americain, un taux d'extraction de 80 '%. a ete atteint (bien que la quantite de farine blanche produite soit moindre) et a Maurice, un taux d'extraction de 77 '%. est prevu dans une nouvelle minoterie utilisant 60 '%. de ble fran~ais et 40 '%. de ble canadien. La productivite relativement faible enregistree en Haiti est due essentiellement a l'obsolescence d'une bonne partie du materiel et egalement a une penurie de techniciens qualifies. Couts de transformation 11. Le Tableau 5 indique 1 'evolution des couts de production de la farine au cours des cinq dernieres annees. En 1982/83, le cout du· ble (moins les ventes de son de ble) correspondai t a environ 71 '%. du cout total, ce qui constitue un pourcentage relativement peu important (malgre le faible taux d' extraction) du fait que les autres couts de production sont plus eleves que 'ce n'est generalement le cas dans la meunerie. Le Tableau 6 ind'ique 1 'ecart de productivite existant entre la Minoterie et l'industrie internationale de la meunerie. Le cout de la farine haitienne est superieur de 20 a 30 '%. aux couts estimatifs de la farine importee, ce qui est du aux facteurs suivants : a) faible taux d'extraction; b) coiit eleve du ble, particulierement avant 1983, essentiellement. en raison du cout du credit; c) cout eleve des sacs et des additifs (2,7 millions de dollars pour 1982/83); d) cout eleve de l'electricite et des pieces de rechange (1,7 million de dollars en 1982/83); et e) frais administratifs et de personnel eleves. 12. La Minoterie a un personnel plethorique, en particulier au siege meme. Le personnel permanent (a l'exclusion des consultants locaux permanents et des membres du Conseil d'administration) est passe de 289 employes en 1974 a 380 an 1984 (soit + 31 '%.). Cet accroissement est du en partie au nombre d' employes temporaires qui ont ete ul terieurement titularises, mais aussi a la nette augmentation du cout des employes temporaires durant la meme periode. A titre de comparaison, une nouvelle minoterie a Maurice, semblable par sa dimension et ses conditions 32 ­ ANNEXE B Page 5 d'exp1oitation, prevoit qu'e11e aura besoin d'environ 200 employes permanents. En 1983, 1e montant total des sa1aires (y compris 1es couts du Conseil d 'administration) est passe a 3,4 millions de dollars contre 2,2 millions en 1980, soit une augmentation de 55 %. Les frais de personnel ont represente en 1980 8,7 % des couts de production totaux, pourcentage qui correspond a ce1ui que l' on enregistre en France (8 %) mais en fait 8,7 % d'un cout de production total superieur de 20 %. 13. I1 est plus couteux d' importer et de transformer 1e b1e que d'importer de 1a farine, ce qui pose un prob1eme qui merite d'etre etudie. Toutefois, 1e surcout moyen de 27 % ca1cu1e au Tableau 6 ne peut pas etre considere comme une estimation exacte. Le cout des emprunts que 1a Minoterie devrait contracter pour acheter de 1a farine (comme c 'est actuellement 1e cas pour 1e b1e) doit etre ajoute au cout estimatif des importations de farine. Le cout des importations effectives de farine en 1979/80 et 1980/81 (Tableau 6) donne un" exemp1e de ce cout additionne1 : du fait que 1es importations ont ete financees sur trois ans (a un taux d ' in tere t d' environ 20 % par an), 1e prix de 1a f arine importee a e te en fait superieur a ce1ui de 1a farine locale. Le cout et 1a duree de ce credi t devraient cependant etre consideres comme exceptionne1s, et l' on peut raisonnab1ement supposer qu' il es t plus coutet.QC de fabriquer de 1a farine en Ha'1ti que d'en importer. Le surcout se situerait entre 10 et 20 % en fonction des conditions du credit. 11 conviendrait d'eva1uer 1es couts additionne1s qu'imp1iquent l'importation de b1e et sa transformation par rapport aux eventue1s avantages suivants : a) 1a Minoterie assure 1a promotion d'autres industries. E11e partage certains de ses equipements (par exemp1e, un quai avec 1a SODEXOL) et encourage d'autres activites (par exemp1e, un programme nutritionne1 AK-1000 et 1es activites d'une societe productrice d'a1iments pour animaux, 1a SONUAM); "b) 1a Minoterie emp10ie 400 employes permanents et environ 200 temporaires aux sa1aires re1ativement e1eves; et 1a Minoterie soutient des programmes sociaux (en particu1ier logements ouvriers et soins medicaux a son personnel et a 1a population locale). Strategie de production 14. Le Consei1 d'administration de 1a Minoterie a defini une strategie de production a trois vo1ets : a) amelioration de 1a securite des ouvriers et des installations et de 1a productivite en uti1isant 1e materiel actue1. Ce programme prevoit un plan annue1 d'achat de pieces detachees d'une valeur de 600.000 dollars et l'execution d'un programme d'entretien; - 33 ­ ANNEXE B Page 6 b) stabilisation de la capacite de production et augmentation de la productivite en remplac;ant le materiel selon les besoins. Le cout du programme de reamenagement est estime a 2.6 millions de dollars sur trois ans. L'expansion de la capacite de stockage de la farine est egalement prevue pour assurer des livraisons plus regulieres (a l'heure actuelle. la capacite de stockage ne represente que de sept a dix jours de vente). Le programme de reamenagement a deja commence; et c) accroissement de la capacite de production grace a la construction d' une nouvelle minoterie pour faire face a ,1 'augmentation de la demande. En vue de ce nouvel investissement, la Minoterie envisage d 'effectuer une etude de marche sur la consommation de farine. De plus, la Minoterie pourrait, en fonction de l'etude de marche mentionnee plus haut, diversifier sa gamme de produits. (A l'occasion de la construction d 'une fabrique de pates, la Minoterie prevoit deja de produire un autre type de semoule de qualite superieure.) La Minoterie etudie egalement les moyens de remplacer en partie par des cereales locales le ble utili'se pour fabriquer de la farine, et de reduire les couts en mettant en oeuvre des systeme's de controle des couts et de gestion du personnel. 4. PRIX DE LA FARINE d e la farine Prix 15. Entre 1970 et 1984, le prix de la farine panifiable est passe de 13,25 a 25,90 dollars le sac de 45 kg. 1970 13,25 dollars 1971 13,25 1972 13,25 1973 13,25 1974 16,75 1975 19,90 1976 19,90 1977 19,90 1978 19,90 1979 19,90 1980 20,54 1981 23,98 1982 24,64 1983 24,64 1984 25,90 - 34 ­ ANNEXE B Page 7 Le Graphique 1 indique que a) 1es prix de la farine ont evo1ue progressivement, avec de longues periodes de stabi1ite (1970-1973 et 1975-1979); b) 1es ajustements de prix sont intervenus avec un certain retard par rapport aux fluctuations de prix du b1e americain; et c) 1e prix de 1a farine a tendance a augmenter plus 1entement que ce1ui du b1e. En dehors du rapport entre les prix locaux et internationaux de la farine, i l est interessant de comparer 1es fluctuations des prix locaux de 1a farine, d'une part, et des principa1es cerea1es produites loca1ement, d'autre part. Le Tableau 7 indique que 1es prix de 1a farine ont augmente beaucoup plus 1entement que ceux des cerea1es. Analyse de 1a structure des prix de 1a"farine 16. Le prix de vente officie1 de 1a farine est fixe par 1e Ministere des finances. Une part de ce prix va a 1a Minoterie, une autre partie consistant en droits d'accise. Le Tableau 8 indique que depuis 1979, 1a part de 1a Minoterie est passee de 56 a 87,5 %~ celIe que representent 1es droits d' accise etant tombee de 42 a 12,3 %, ce qui a permis a la Minoterie de realiser d'importants benefices. Analyse differentie1le entre Ie prix de vente et 1e prix estimatif de la farine importee 17. Le Tableau 9 indique le surcout de 1a farine vendue en Haiti par rapport a celle qui est importee (il est difficile de se faire une idee precl.se du pourcentage reel que represente ce surcout, compte tenu des reserves exprimees plus haut quant a l'inclusion des couts de financement dans Ie cal cuI du cout de la farine importee). On peut estimer a l'heure actuelle que ce surcout est de 1 'ordre de 80 a 90 % (aux prix de 1983) mais qu'il etait plus faible ces dernieres annees. Ce surcout est essentiellement lie : a) aux couts de production plus eleves de la Minoterie, qui ont deja ete analyses; b) aux benefices de la Minoterie; et c) aux impots. La principale conclusion que 1 'on peut tirer de ces chiffres est que 1e prix de vente de la farine n 'est pas lie a son cout de production. En 1981/82 et 1982183, les benefices de la Minoterie et 1es impots ont represente environ 30 % du prix de vente. - 35 ­ ANNEXE B Page 8 18. Le Tableau 10 iridique l'importance (en valeur) de ces differents elements du prix de vente de 1a farine de 1979 a 1983. Les recettes fisca1es ont ete comprises entre 5 et 6 millions de dollars par an. Les droits au titre du Compte special 11 ont ete de l'ordre de 2 a 2,5 millions de dollars par an et 1es benefices ont atteint 10,8 millions de dollars en 1982/83, a10rs que 1 'on avait enregistre en 1979/80 un deficit de 1,4 million de dollars. Les benefices d' exploitation ont ete de 1 'ordre de 17 millions de dollars en 1983/84. Ces benefices ont ete realises grace a un volume de ventes record, a l'achat de b1e a des prix plus avantageux (dus a 1a baisse des cours et a 1a diversification des fournisseurs) et a des gains de productivite. Tous 1es benefices ont ete transferes a l'Etat. Les honoraires a payer au titre des contrats de gestion ont represente 6 % des benefices. Po1itique des prix 19. En dehors de 1a protection indispensable du marche interieur des cerea1es, 1a politique arretee par 1e Ministere des finances en ce qui concerne 1a fixation du prix de vente de 1a farine semble viser 1es trois objectifs financiers suivants a) assurer l'equi1ibre financier de 1a Minoterie. Ce11e-ci n'a pas toujours ete tres rentable et a parfois enregistre des pertes (comme durant l'exercice 79/80, par exemp1e). La Minoterie ne possede pas ses installations mais 1es loue a l'Etat pour un montant determine (600.000 dollars en 1982/83), ce qui ne correspond pas a un amortissement rea1iste des immobilisations. Ce1a exp1ique pourquoi 1a Minoterie conserve des fonds - 2,5 millions de dollars durant l'exercice 82/83 pour financer 1es investissements que necessite son programme de reamenagement. Les benefices de 1a Minoterie sont actuellement exceptionne11ement importants (17 %) par rapport aux pourcentages courants dans 1a meunerie (1 %); b) attenuer 1es pressions sur 1a balance des paiements. Les importations de b1e payab1es en dollars des Etats-Unis ont atteint environ 26 millions de dollars, ce qui represente pres d 'un tiers du deficit de 1a balance commercia1e. La politique de prix e1eves qui tend a limiter 1a demande de farine empeche une augmentation trop rap ide des importations de b1e. Les autres depenses en devises, directes ou indirectes (essentie11ement pour l'e1ectricite, 1e carburant et 1es pieces detachees, soit 2,3 millions de dollars, et 1es additifs, soit 11 Le Compte special et 1a Regie du tabac ont ete supprimes au debut de 1985. - 36 ­ ANNEXE B Page 9 0,2 million de dollars en 1982/83), sont actue11ement compensees par 1es rentrees de devises qu'assurent 1es exportations de son de b1e. Ce1a n' a cependant ete 1e cas qu' apres que l' epidemie de pes te porcine eut mis fin a 1a demande locale de son de bIe; et c) assurer des res sources financieres a l'Etat. Se10n des donnees du FMI, 1es benefices de .1a Minoterie en 1983 ont ete estimes a environ 30 % de l'ensemb1e des benefices du secteur public. Du point de vue des transferts nets, 1a Minoterie a ete 1a seu1e des cinq plus grandes entreprises publiques a avoir un bilan positif, ce qui a contribue pour une . large part a 1 'equilibre financier du secteur parapublic (1982/83). Les benefices de l'exercice 82/83 (10,7 millions de dollars) sont ega1ement a rapprocher de l' estimation du FMI concernant 1es fonds budgetaires necessaires pour 1983 (166 millions de dollars). La Minoterie represente ega1ement une source importante de 1iquidites pour 1a Banque centrale d'HaYti. Les depots sur comptes courants ont atteint une moyenne de 65 millions de gourdes si l'on se refere aux trois derniers soldes trimestrie1s jusqu'au 31 mars 1984. Durant l'exercice 81/82, 1a Minoterie a >achete a l'Etat pour environ 5,8 millions de dollars' de bons du Tresor. 5. VENTES DE FARINE Distribution 20. La farine et 1e son sont vendus par 1a Minoterie, leur prix incluant un droit d'accise. D'apres ses registres, la Minoterie a environ 222 clients. dont 32 representent 64 % de ses ventes. Six clients achetent plus de 50.000 sacs par an, soit 38 % du total des ventes en 1982/83; neuf clients achetent entre 30.000 et 50.000 sacs par an, soit 13 % du total; et 17 clients achetent entre 20.000 et 30.000 sacs par an, soit 16 % du total. La plupart de ces gros clients sont des grossistes, et certains negocient d'autres marchandises comme Ie ciment, par exemp1e. On sait peu de choses sur 1es operations ul terieures de distribution et sur 1es prix pratiques par les differents intermediaires jusqu'au boulanger ou au consommateur final. (Pour mieux connaitre les circuits de distribution de la farine et leurs couts, ainsi que 1es destinations regionales de 1a farine, 1a Minoterie a prevu que l'etude de marche envisagee prochainement traiterait, entre autres, de ces questions (par. 14 (e». Toutefois, on suppose en general que 1e commerce de 1a farine est tres concurrentie1 "et que 1es marges de distribution sont donc faibles, sauf durant de breves periodes de speculation coYncidant avec une hausse des cours. Le Tableau 11 indique 1a repartition des ventes selon 1es regions. - 37 ­ ANNEXE B Page 10 Consommation 21. On sait peu de choses sur la consommation de farine, a ceci pres qu'au total, elle equivaut en gros au volume global des ventes (la contrebande a partir de la Republique domini caine etant consideree comme negligeable). Le pain semble bien etre consomme essentie11ement par des citadins, mais l'on ne sait guere qui consomme de la farine et a que11es fins. En outre, l'absence de donnees fiab1es sur 1es modes d'a1imentation ne permet pas de mesurer 1a part de 1a farine dans 1es regimes a1imentaires. Tout ce que l'on peut supposer, c'est que ce11e-ci est importante et qu' e11e a augmente rapidement depuis 1973. Si l' on divise 1e volume total des ventes par Ie nombre total d'habitarits, on obtient 1es chiffres suivants : Evolution de 1a consommation moyenne Ear habitant 1950 11,5 kg par an 1971 8 kg par an 1982 18 kg par an (annee de faib1e consommation) 1983 24 kg par an (annee record) Les modes de consommation constitueront un important element de l'etude de marche sur 1a consommation nationa1e : a) par type de consommateur (citadins, ruraux, niveau de revenu); b) par region; c) par type d'utilisation pain (type, forme et poids du pain), biscuits et aut res uti1isations (soupe, fritu~e, etc.); et d) consommation de produits concurrents et preference pour 1a farine ou 1e pain. Ces renseignements aideront 1a Minoterie a mesurer l'evo1ution de 1a demande globa1e et peut-etre a e1argir sa gamme de produits de fa~on a mieux repondre aux besoins. L' etude portera aussi sur 1es techniques de bou1angerie et pourrait deboucher sur des mesures (par exemp1e, une assistance technique aux bou1angers et/ou une modification des produits) susceptib1es de mieux adapter 1es types de farine aux produits de bou1angerie. Volume des ventes 22. Le marche de 1a farine en Ha'iti est un marche de l'offre type, en ce sens que 1a demande s'ajuste a l'offre par l'intermediaire des prix. La serie de ventes (production plus importations) presentee au Tableau 12 indique que 1es deux fortes poussees enregistrees en 1973 et - 38 ­ ANNEXE B Page 11 1980 se sont produites apres l'expansion de la capacite de production de la minoterie (1972 et 1979). Les fluctuations des ventes d'une annee a 1 'autre et durant une meme annee sont importantes (voir Graphiques 2 et 3). Ces variations sont fonction de la demographie, "du taux d 'urbanisation, des niveaux de revenu et des prix comparatifs ou de la disponibilite de substituts (maIs, riz, huile, bananes, mangues, fruit de I' arbre a pain, tubercules, etc.). L' absence de donnees mensuelles sur les prix et sur la disponibilite de substituts rend impossible une analyse statistique appropriee des variations de la consommation de farine. 6. RESUME DES CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS Conclusions Production et couts de production 1. La production de farine a triple en volume au cours des 15 dernieres annees et, a l'heure actuelle, la capacite de production est utilisee presque au maximum. 2. Malgre les progres notables enregistres ces deux dernieres annees, la productivite (taux d'extraction) reste 'inferieure a la norme. 3. La Minoterie a adopte un plan de reamenagement des installations et elle prevoit d'y consacrer un investissement de 2,6 millions de dollars au cours des trois prochaines annees. 4. Des etudes sont en cours sur l'augmentation de la capacite de production et les perspectives du marche. 5. Les couts de production de la farine a la Minoterie sont plus eleves qu'ils ne devraient 1'etre. Le cout moyen de la farine produite en HaIti est superieur de 10 a 20 % au prix c.a.f. de la farine importee. 6. Il est donc plus couteux de produire de la farine en HaIti que d'en importer, mais cela permet d 'economiser des devises et contribue a faire de la Minoterie un centre de developpement industriel, d'emploi et de progres social. 7. La Minoterie semble etre une entreprise bien geree. Pour reduire ses couts de production, elle envisage : a) d' appUquer une politique plus rationnelle en ce qui concerne les achats de ble; b) de definir et executer un programme de modernisation du materiel; - 39 ­ ANNEXE B Page 12 c) d'appliquer un systeme efficace de gestion des pieces de rechange; d) de mettre progressivement en place un programme de gestion et de formation du personnel en vue d 'accroitre la productivite du personnel; et e) d'harmoniser ses plans de gestion et mettre au point un systeme de controle des couts (budgetisation ana1ytique). Ventes et prix de vente 1. Les prix de vente de 1a farine ne sont pas en rapport avec les couts de production de la farine, 1es premiers etant actuellement superieurs d'environ 60 % aux seconds. 2. La methode de fixation des prix de vente de 1a farine permet de proteger 1es cultures vivrieres locales. Elle permet ega1ement a 1 'Etat de mobiliser des ressources financieres considerab1es, grace aux benefices de 1a Minoterie et aux impots. 3. Bien qu' e1eves, 1es prix de vente de 1a farine ont augmente moins rapidement que ceux des denrees a1imentaires d'origine locale. 4. Bien que la farine constitue un element important du regime a1 imen taire des Ha'i tiens, ses modes de consommation sont tres mal connus a l' heure ac tuel1e, d '00. l' importance de l' e tude de marche prevue par 1a Minoterie. Il semble que, d'une fa<;on generale, il soit important d' thudier 1a consommation a1imentaire en Ha'iti pour definir une politique alimentaire et determiner en consequence le role du pain. Recommandations 1. Un effort soutenu de modernisation des installations et de la gestion de la Minoterie est indispensable. Ce1a pourrait constituer un exemple pour l'ensemb1e du secteur parapublic. 2. Pour reduire l'incidence de l' accroissement de la consonunation de farine sur 1a balance des paiements, il est suggere d 'e1aborer une politique de remp1acement du h1e par differents substituts pour la production de farine. Le b1e pourrait etre remplace facilement, a concurrence de 10 %, par le ma1s, 1e sorgho, le manioc, 1a banane et meme le fruit de l'arbre a pain. 3. On devrait maintenir 1e prix de la farine a un niveau suffisamment e1eve pour decourager une nouvelle augmentation de 1a consommation, en stimulant ainsi 1a production nationale de cerea1es, et en particu1ier de ma1s, ce qui devrait constituer l'objectif numero un. - 40 ­ ANNEXE B Tableau 1 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE B1e transforme et importations au titre de PL-480, 1979-1983 PL-480 Ic Quantite de Cout du b1e Ib Quantite % it 1a quantite b1e transforrite la (estimations) imEortee transformee (tonnes) (mi1.lions de dollars) (tonnes) (%) 1979 51.498 16.722 32,5 1980 150.430 35,5 20.035 13,3 1981 142.225 31,8 29.674 20,8 1982 128.398 28,2 59.287 46,1 1983 169.895 34,5 39.614 23,3 la Source Rapports mensue1s sur 1a production de la Minoterie. Ib Source Moyenne annue11e du prix paye chaque mois par 1a Minoterie. Ic Source USAID. - 41 - ANNEXE B Tableau 2 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Importations de b1e, 1982/83 Quantite 'l du Coilt 'l du Prix (tonnes) total (millions de dollars) total ($/tonne) Importations commercia1es de b1e 114.314,9 74,3 23.056 74,6 Etats-Unis 63.914,9 41,5 13.158 42,6 205,87 Argentine 50.400,0 32,8 9.898 32,0 196,39 PL-480 39.608,1 ~ 7.833 ~ 197 ,77 Total 153.923,0 100,0 30.889 100,0 200,68 Source Donnees de 1a Minoterie d'Haiti. - 42 - ANNEXE B Tableau 3 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Production et taux d'extraction, 1976-1983 Farine /a Balle Exercice (mi11iers de sacs de 45 kg) Taux d'extraction (%) 1975/1976 1.409 493 74,0 197611977 1.661 583 74,0 197711978 1.397 477 74,5 . 1978/1979 900 /b 348 72,0 1979/1980 2.059 813 71,7 1980/1981 2.248 954 70,2 198111982 2.032 813 71,4 198211983 2.614 973 72.9 /a Tous types de produits : farine et semoule. /b La Minoterie a ete fermee pendant 1es trava~ d' agrandissement des Lnsta11ations durant une partie de l'annee budgetaire 1978/79. Sourc.:!: Donnees de la Minoterie d' Ha'i ti. - 43 ­ ANNEXE B Tableau 4 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Volume des importations de farine et prix de revient unitaires, 1976-1983 1. des Prix de revient moyen Quantite ventes la par sac ($) Exercice (mi11iers de sacs de 45 kg) 1975/76 36 2,4 1. 14,63 1976/77 306 15,5 1. 12,65 1977/78 109 7,2 1. 12,26 1978/79 827 Ib 48,7 1. 13,38 1979/80 217 9,4 1. 16,68 1980/81 272 11,0 1. 19,15 1981/82 44 2,0 1. Cadeau 1982/83 0,0 1. ° la Les ventes correspondent en gros a ~a production et aux importations tant que 1a capacite de stockage de 1a farine est 1imitee. Ib Les importations de farine ont augmente lorsque 1a Minoterie a ete fermee pendant 1es travaux d'agrandissement des installations durant une partie de l'annee budgetaire 1978/79. Source: Minoterie d'Ha1ti (compte de resu1tats). - 44 ­ ANNEXE B Tableau 5 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Structure et evolution des couts de transformation par sac de 45 kg en dollars (Farine et semou1e) 1978/79 1979/80 1980/81 1981/82 1982183 B1e (moins vente de son de b1e» 11,83 13,49 14,31 12,59 10,79 Sacs et additifs 0,54 1,01 0,87 0,97 1,05 Autres couts variables (e1ectricite et sa1aires) 0,76 1,00 1,11 1,48 1,47 Couts d'exp1oitation fixes 1,00 0,96 1,11 1.33 1,27 Frais administratifs 0,40 0,35 0,30 0,51 0,52 Couts financiers (0 2 16) la (0 2 14) la (0 2 06) la~ ~ Couts totaux 14,37 16,67 17,64 17,08 ­ 15,15 Autres couts Recettes (0,15) ~ (0,08) 1,99 TOTAL 14,22 16,67 19,23 17,00 17,14 la Prime de change. Sourc~ Minoterie d'Ha1ti (compte de resu1tats). - 45 ­ ANNEXE B Tableau 6 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Comparaison du coat respectif de 1a farine produite en HaIti et importee (en dollars par sac de 45 kg) 1979/80 1980/81 1981/82 1982/83 ) Coat du b1e ) (moins son de b1e) 13,49 14,31 12,59 10,79 Minoterie d 'HaIti) Coat de transformation ~ ~ ~ 4,36 ) ) Coat total 16,67 17,64 17,08 15,15 Farine americaine) Coat estimatif de ) 1a farine importee 12,77 13,92 13,00 12,52 Coat du b1e/farine importee (%) /a 105,60 102,80 96,80 86,00 Coat de 1a farine (farine importee) (%) /b 130,00 127,00 131,00 121.00 Prix d'importation effectivement paye pour 1a farine de 1a Minoterie 16,68 19,15 ) /e Coat de 1a farine/prix a l'importation effectivement paye (%) /d 100 92 ) /a Comparaison du coat du b1e paye par 1a Minoterie et du coat estimatif de 1a· farine importee. /b Ce rapport indique 1e pourcentage de surcoat pour 1a farine produite en HaIti par rapport a des importations hypothetiques (moyenne + 27 %). /c Aucune importation commercia1e de farine n'a eu lieu durant ces annees. /d Comparaison du coat de 1a farine produite en HaIti et du prix effectif paye par 1a Minoterie pour des importations periodiques (moyenne - 4 %). Source: Donnees de 1a Minoterie d 'HaIti; R.C. Kite et S.A. Pryor (Ha"iti Options de 1a politique alimentaire - novembre 1983) pour 1e coat estimatif de 1a farine importee - prix du marche americain plus coat du fret et de 1a manutention, selon les estimations applicab1es au riz. - 46 ­ ANNEXE B Tableau 7 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Evolution relative des prix (1970 = 100) Ma'is Sorgho Riz Farine 1970 100 100 100 100 1971 103 111 126 100 1972 126 111 119 100 1973 246 211 185 100 1974 231 187 175 126 1975 351 264 224 150 1976 243 213 221 150 1977 392 304 232 150 1978 282 240 217 150 1979 369 349 274 150 1980 487 422 317 155 1981 541 493 394 181 1982 186 1983 186 1984 195 Source - -- S. Pryor, USAID, d'apres donnees non pub1iees de IHSI. (L'indice de la farine pour certaines annees a ete corrige.) Le maJ:s es t du maJ:s broye et Ie riz. du riz superieur. Les donnees concernant Ie ma'is, 1e mil et Ie riz s'app1iquent a 1a region de Port-au-Prince. Les donnees concernant 1a farine s'entendent taxes comprises. - 47 ANNEXE B Tableau 8 ~ ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE StruCture et evolution des orix de vente "Farjne de QuaHte superieure" (]969-19841 (sacs de 45 kg) 1969-72 1973 1974 1975-79 1980 1981 1982 1983 1984 (moyenne) (moyenne) (moyenne) (moyenne) (moyenne) (moyenne) (moyenne) 13,255 13,255 16,75 19,90 20,48 24,00 24,64 24,64 25,90 Prix de vente 16,53 20,54 21,38 21,45 22,66 Minoterie 7,5 8,554 13,42 15,38 % Minoterie 56% 64,5% 80% 77% 80,7% 85,5 86,7% 87% 87,5% Administration portuaire 0.05 0,05 0,05 0,05 0,05 0,05 0,05 0,05 0,05 Compte special 1,14 1,02 0,93 0,93 0,93 0,93 Droit d'ac~ise La 3,38 2,326 1,47 1 1 1 Administration generale des impots 2,26 ou Regie des tabacs La 2,225 2,225 2,23 2,23 1,77 1,44 2,38 2,22 Montant total des taxes 5,605 4,55 3,72 4 37 3 79 3,37 3,31 3 15 3,19 Pourcentage de taxes 42,0% 34,0% 20,0% 22:0% 18:5% 14,0% 13,4% l2:8% 12,3% Fret Lb 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 La Le droit d'accise. les droits de 1 'Administration generale des contributions ou de la Regie des tabacs sont des impots. De 1982 jusqu'a 1984, ces impots (essentiellement TVA de 7 % des ventes) etaient indiques ensemble et.percus par l'intermediaire de la Regie des tabacs. La Regie et le Compte special ont ete supprimes au debut de 1985. Lb Fret: 10 cts etaient rembourses a l'acheteur pour le transport de la farine a partir de la Minoterie. ~: Donnees de la Minoterie d'Halti. - 48 - ANNEXE B Tableau 9 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Comparaison des prix de 1a farine locale et de 1a farine importee Prix c .a.f. Prix c.a.f. estimatif de 1a farine de 1a farine Prix de vente Cout de importee par importee des Surcout Minoterie /a production 1a Minoterie Etats-Unis 1/3 1/4 (1) (2) (3) (4) (pour cent) 1975/76 19,90 14,63 +36 1976/77 19,90 12,65 +57 1977 /78 19,90 12,26 +62 1978/79 19,90 13.38 +49 1979/80 20,23 16,67 16,68 12,77 +21 +58 1980/81 22,82 17,64 19,15 13,92 +19 +63 1981/82 14,90 17,08 13,00 +91 1982/83 24,60 15,15 12.52 +96 /a Les prix de vente de 1a Minoterie sont ponderes sur 1a base des ventes mensue11es pour 1es annees durant 1esque11es 1es changements de prix sont intervenus. Source - -- Pour (3) et (4), voir Tableau 6. - 49 ­ ANNEXE B Tableau 10) HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Couts et recettes lies aux ventes de farine (en mi11iers de dollars) Exercices 1978-79 1979-80 1980-81 1981-82 1982-83 Ventes la Ib 33.902 46.407 56.727 49.987 63.572 Impots la ­ 5.424 6.543 6.126 4.848 5.785 % impots 16,0 14,1 10,8 9,7 9,1 Compte special la 1.932 2.413 2.382 1. 914 2.415 (en pourcentage) 5,7 5,2 4,2 3,8 3,8 Port - fret la 255 345 372 142 130 Recettes Minoterie 26.105 36.987 47.821 43.139 55.244 % recettes Minoterie 77 ,0 79,7 84,3 86,3 86,9 Cout de production 24.420 38.401 43.785 34.645 39.332 Autres couts ou (recettes) Ic (248) (1) 3.926 (174) 5.159 Benefices ­ 1.933 (1.413) 109 8.668 10.752 % de benefices sur 1es ventes 5,7 (3) o 17,3 16,9 la Tous ces chiffres sont estimatifs et on 1es a ca1cu1es sur 1a base des recettes de 1a Minoterie en app1iquant 1es pourcentages de repartition du prix de vente indique au Tableau 8. Ib Dans tous 1es ca1cu1s, 1es ventes de son de b1e ont ete deduites des charges. Pour 1982/83, 1es impots sur 1es ventes de son devraient atteindre environ 300.000 dollars (soit 6 dollars 1a tonne). Ic Autres couts ou recettes : cette rubrique regroupe 1es recettes et 1es couts en dehors de 1a transformation de 1a farine. Pour l'annee budgetaire 1980/81, 3.926.000 dollars representent une perte de 365.000 dollars sur 1es ventes de son, 181.000 dollars de depenses de financement, et 3.742.000 dollars de frais non identifies. Pour l'exercice 82/83, 5.159.000 dollars representent 291.000 dollars de depenses de financement; 2,5 millions de dollars d'investissement et 2,95 millions de dollars pour differents creanciers, correspondant a une dette de l'Etat a l'egard de la Minoterie que cette derniere recouvre au moyen de prelevements sur ses benefices. Source: Bilans de la Minoterie d'Haiti. - 50 - ANNEXE B Tableau 11 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Farine Repartition regiona1e des acheteurs la (%) 1981/82 1982/83 Moyenne 1969-1982/83 Cap-Ha'itien 7,2 7,6 7,7 Cayes 6,9 6,8 7,5 Gona'ives 3,3 3,7 3,3 Jacme1 3,5 3,9 3,4 Jeremie a 0,2 1,0 Miragoane 0,8 1,0 0,5 Port-de-Paix 4,5 5,4 4,3 Saint-Marc 2,2 2,3 2,2 Port-au-Prince 71,4 68,8 69,9 Ces donnees ne peuvent etre utilisees pour eva1uer 1a consommation regiona1e du fait que l' on ignore 1es quantites achetees a Port-au-Prince et vendues dans d'autres regions. Source Minoterie d'Ha'iti. - -- - 51 - ANNEXE B Tableau 12 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Evolution des ventes et des prix de 1a farine Prix (en dollars) (sac de 45 kg) Volume (farine de Annees civiles en mi11iers de sacs de 45 kg qua1ite superieure) 1951 795 1952 699 1953 649 1954 724 1955 777 1956 729 1957 736 1958, 803 1959 537 1960 532 1961 725 1962 941 1963 934 1964 940 1965 982 1966 801 1967 762 1968 820 1969 917 1970 625 13,255 1971 760 13,255 1972 887 13,255 1973 1.525 13,255 1974 1.299 16,75 1975 1.535 19,90 1976 1.505 19,90 1977 1.919 19,90 1978 1.467 19,90 1979 1.853 19,90 1980 2.493 20,54 1981 2.297 23,98 1982 2.053 24,64 1983 2.730 25,90 1984 Source 1951-70 Institut ha1tien de statistiques. 1971-84 Donnees de 1a Minoterie d'Ha1ti. - 52 ­ ANNEXE B 'Figure 1 HAITI ETUDE lJU SECIEUR AG1UCOLE EVOLUTION DU PRI:.~ JE VENTE DJ:: LA FARThIE &'l H.AI.TI ET DES PRIX ~U dLE AUX ETATS-ti1US (:.o.b. GOLFE) 400~r-------------------------------------------------------------------------------~----~ 1971 Indice 100 = 100­ BLE a/ 200­ FAR'INE .,/ / ~/~~~.,/ /---------,-------­ '/ // 100 -1-------'--- ---'- - - ­ O-~--~----,-.~--r_--~~--,_----r_--~----~----~--~----~----~----~--~ 1!l70 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1971 ,1978 1979 '980 1981 1983 1!l84 '982 a/ DNS 14%, Etats-Unis, f.o.b. Gulf Post. Source: Farine: Prix cites au paragraph 4.1. Ble: Indice calcule sur Ia base des donnees du Conseil International du bIe, 1982, et calcule sur une periode de deux ans et demi (1971/72; 1972/73; etc.) - 53 ­ ANNEXE B Figure 2 HAITI EVOUlTIDl"J DES: V'EN'iEs ET DES PRIX... DE LA FAlUNE. 3,808~----------------------------------------------------------,- 30 , 26 I 2,580 .. I ' I I I 26 u I " I < (J') I ' I ~ I " < I I 2i p.. I .2,008 I (J') ~ 1\ I j 1 \ 1 22 ,...J 1 \ I 0 1 \ 1 0 I \ 1 :z ", / - __ 1 \ 1 I'<l 1.500 20 I'<l I" ./ F.-+ I ,/ :z I ,/ I'<l I ::> -16 r:.:J I I 0 1,333 I ><: H .; I -16 ~ .; p.. .; .; . .; .; Ii S00-r-----------­ 12 8~--~--~----r_--~--~--~--~----r_--~--_r--~--~~--~--~ 10 1970 1972 197-1 1976 1978 1960 1982 19S-I ANNEES Source: Tableau 12. - 54 ­ ANNEXE B Figure 3 HAITI ETUDE DU SECTEUR .'~RICOLi FWcruATION ~ DES VE!iI.'E5 IlE. FAlUi'ili 40G~------------------------------------------------~-------' - 83-8-4 - - 8B-81 - - - 79-80 •• - •• 6Z-8:3 - - - 81-8Z 30G >.;.1 "'---_/ Cl CIl 0:: >.;.1 ;-; ,.J ,.J 101(} ;-; ::;::: I(}~----.----.----~--~----~---.----~--~r---~----r---~ o N D F M A A s - 55 ­ A>"'fNEXE C Page 1 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE BASE DES RESSOURCES ET POTENTIEL AGRICOLE 1. DESCRIPTION DU PAYS Les terres et leur utilisation 1. Haiti a une superficie totale de 2.769.500 hectares, qui se repartissent comme suit Superficie totale 2.769.500 ha 100,0 % Cultures de montagne 556.300 ha 20,1 % Cultures de plaine 35l. 500 ha 12,7 % Paturages 500.000 ha 18,0 % Bois 251. 500 ha 9,1 % Terres erodees a vegetation faible ou nulle 1.080.000 ha 39,0 % Autres (routes, villes, . etc. ) 30.200 ha 1,1 % Les terres cultivees representent donc 907.800 ha, ou un tiers du terri':oire. Cependant, cet te estimation faite par le Ministere de l'agriculture dans Ie Plan quinquennal de 1971-76 et repetee dans le Plan de 1981-86 - est plus elevee que toutes les precedentes, qui se situaient en general entre 600.000 et 800.000 ha. D'un autre cote, pour determiner la superficie globale des terres arables, il faut ajouter aces terres cultivees les zones de paturages, qui ne font pas a l'heure actuelle l'objet d'une culture intensive. On arrive a 1.407.800 ha de terres cultivables, estimation qui concorde avec celles de la mission de l'OEA/BID/CEPAL de 1962 et de 1a mission de l'OEA de 1963. Ce chiffre est une approximation puisqu i l es t diff icile de determiner exactement ce que I sont les terres arables. Structures fonci~res 2. Le tableau ci-apr~s donne la repartition des exploitations par tail1e et leur superficie totale : - 56 ­ ANNEXE C Page 2 Tableau 1 TAILLE DES EXPLOITATIONS ET SUPERFICIE TOTALE, 1971 Exploitations Superficie Nombre % Mi1liers de carreaux fa o- 1 carreau 437.995 71,1 217,9 32,5 1,01 - 3 carreaux 146.890 23,8 271,2 40,5 3,01 - 10 carreaux 29.650 4,8 146,3 21,9 Plus de 10 carreaux 2.175 0,3 34,0 5.1 fa Un carreau = 1,29 ha. Ce tableau montre la predominance des petites exploitations dans Ie paysage agrico1e. Sobrante et onze pour cent d' entre e11es ont moins de 1 carreau, 0,3 % seu1ement plus de 10 carreaux. Les petites exploitations de moins de 1 carreau representent 32,5 % de 1a superficie tota1e c~ntre 62,4 % pour 1es exploitations de taBle moyenne (de 1 a 10 carreaux) et 5,1 % pour les grandes exploitations (plus de 10 carreaux). Neanmoins, Ie lotissement des exploitations ne correspond pas necessairement a ce1ui de la propriete fonciere. Les lois sur l'heritage prescrivent que les terres doivent etre dis tribuees egalement entre les heri tiers, ce qui maintient et encourage la pratique du lotissement. Neanmoins, en plus des grandes proprietes domaniales, les grandes proprietes privees continuent a exister. 3. Les grandes proprietes privees, rarement exp10i tees direc tement pour les revenus qU'elles pourraient produire, proviennent soit d 'heritages, soit de ventes faites au XIXe siecle par 1e Gouvernement ha"itien. On pense qu'il en existe pres d'un millier dont la superficie varie entre 100 et 300 ha. Les plus connues sont situees aux alentours des villes dans la Plaine du Nord, la Plaine du Cul-de-Sac, et la Plaine de Leogane, et leurs proprietaires sont des citadins marchands, negociants en gros de produits agricoles, anciens chefs politiques. L'Etat est Ie plus grand proprietaire terrien, et l'on pense qu'il contrale une tres grande quantite de terres agricoles en Haiti. En 1928, on estimait la superficie des terres domaniales a 1,5 million d'hectares; on ne dispose pas d 'estimations plus recentes. Aujourd 'hui, selon des registres locaux exacts, l'Etat possede 10.000 ha dans l'Artibonite, 40.000 ha dans Ie Plateau Central, 10.000 ha dans Ie Nord-Ouest et les Gonaives, et d'autres proprietes dont 1a superficie n'est pas connue. - 57 ­ ANNEXE C Page 3 4. On peut distinguer cinq categories de terres domaniales a) les terrains non cultives et non exploites; b) les terrains occupes et exploites de fait par des paysans; c) les terrains loues a des agroentreprises; d) les terrains loues a de petits exploitants; et e) les terrains loues a des gerants absenteistes. Ces gerants, qui sous-louent a des petits exploitants, ont un monopole virtuel sur les terres domaniales. Cette pratique tres repandue de la gestion indirecte, venant s 'ajouter aux consequences des lois sur la division des proprietes immobilieres. explique la preponderance des systemes d'exploitation a petite echelle. Zones de cultures et caracteristiques du cadre nature1 5. Les resultats d'une etude de huit unites geomorphologiques (hauts plateaux, hautes montagnes, moyens plateaux, montagnes de moyenne et faible altitude, val , plaines irriguees, plaines marecageuses, autres plaines) ont permis de classer les zones de cuI ture d' apres leur cadre naturel. Sur la bass d'une categorisation plus generale du territoire ha1tien, on a pu arriver a une classification plus precise: a) montagnes humides; b) montagnes "seches"; c) plaines (hautes et basses) semi-arides ou.arides; d) plaines humides; et e) plaines irriguees. Ces diverses zones sont decrites dans 1es paragraphes qui suivent et les modes de cultures (par region) sont donnees au Tableau 15. 6. Montagnes humides. Cette categorie correspond en gros aux zones situees entre 500 m et 1.600 m d'altitude (voir Carte IBRD 18454). D'un point de vue geomorphologique. on y trouve des hauts plateaux. des contreforts eleves, de moyens plateaux et de petites zones de moyens et bas contreforts. Plusieurs facteurs contribuent a I' humidi te de ces reglons une pluviosite moyenne de 1.500 a 2.000 mm par an; des sols profonds rouges ou noirs avec une bonne capacite de retention de l'eau (ce qui rend 1es exploitants ~oins tributaires des pluies); des pentes douces; une faible exposition au soleil, et des temperatures moyennes temperees (l6°-24°C), qui font que 1 'evaporation est faible. Sur l'ensemble du pays. ces montagnes humides couvrent 207.500 ha. - 58 ­ A..'lNEXE C Page 4 7. Les montagnes "seches". Ces regions se caracterisent par des desequilibres marques lies aux facteurs geographiques et pedoclimatiques : pluies variables (entre 800 et 1.700 mm par an); sols craye~~ ou basaltiques de qualite moyenne, peu profonds, friables, legers et facilement erodes; terrain accidente et entierement expose a l'action dessechante du soleil; faible capacite de retention de l'eau; et temperatures entre 25° et 30°C. Ces terrains se trouvent surtout dans les regions de petits et moyens escarpements ou Ie sol seche rapidement et ou 1 'agriculture est directement tributaire des pluies. On estime la superficie de ce type de terres entre 350.000 et 500.000 ha. 8. Les plaines (hautes et basses) arides et semi-arides. Ce sont des regions plates, entre 40 et 500 m d'altitude. La pluviosite y est faible et variable (600-1.400 mm par an); les types de sols y sont· varies et les temperatures elevees (moyenne annuelle superieure a 25°C). Elles couvrent environ 650.000 ha et, tant du fait de la pluviosite que des autres conditions, elles ne sont pas prop ices a l'agriculture. Parmi les reg~ons typiques, on peut citer Ie Plateau Central~ Ie Plateau de Bombardopolis ~ la Plaine des Moustiques ~ la Plaine d' Aquin~ la Plaine de l'Arbre et la Plaine de l'Asile. 9. Les plaines humides. 8i tuees a basse al tHude (moins de 100 m), ces reg~ons re~oivent de fortes pluies (plus de 1. 600 mm par an) qui s'accompagnent souvent d'un relevement de la nappe phreatique. Les sols sont profonds et alluviaux mais dans certains cas mal draines, et les temperatures relativement elevees (plus- 25°C) rendent certaines cultures presque difficiles pendant la saison chaude. Bien que l'evaporation y soit forte. l'equilibre en eau y est generalement positif. sauf pendant la saison seche. Les caracteristiques pedoclimatiques sont donc en general propices a l'agriculture. D'un point de vue geomorphologique, cette categorie regroupe les vallees, les plaines fortement arrosees et les plaines marecageuses. On estime leur superficie totale a 137.500 hat soit moins de 10 % des terres cultivees. 10. Les plaines irriguees. II semble que 180.000 ha des 1.400.000 ha de terres agricoles sont irrigables. A l'heure actuelle, cependant, environ 47 % de ces 180.000 ha sont equipes de reseaux d'irrigation et a peine 40.000 ha disposent d'un systeme capable de fournir plus de 95 % de l'eau necessaire pour un certain nombre de cultures. Ctes~ Ie cas de l'Artibonite et des regions desservies par des stations de pompage de I 'eau de surface ou souterraine. Ailleurs, les besoins en eau ne sont satisfaits que pendant les quatre a six mols de la saison des pluies. Cela signifie que les cultures diverses qui pourraient etre pratiquees sur des terres irriguees ne peuvent l'etre que sur 45.000 ha. - 59 ­ k'INEXE C Page 5 ll. L'irrigation par gravite est la regIe en Ha'iti. :'Ioins de 300 ha utilisent des systemes d'irrigation par aspersion et, dans les plaines, les types d'irrigation varient aussi fortement que le potentiel agricole. On trouve quatre types principaux de systemes d' irrigation en Ha'iti : a) ~e systeme de l'Artibonite : en depit des defauts identifies en 1976 dans le barrage de distribution de Canneau, ce syst~me est toujours Ie plus important (30.000 ha irrigues), le plus efficace et le plus economique; b) Les systemes de taBle moyenne douze d 'entre eux (irriguant chacun plus de 1.000 ha) desservent un total de 34.000 ha. Ils se trouvent dans les regions des plaines du Cul-de-Sac, de DuvaliervillelArcahaie, de Leogane, des GonaJ.ves, des Cayes et de St. Rapha~l (voir Appendice 2); c) Les systemes de petite taille trente reseaux' desservent des perimetres pouvant aller jusqu'a 600 ha et representant au total environ 5.300 ha. Ils sont soit dotes de barrages a evacuateur comme a Liancourt, Barette (Petit-Goave), soit sans barrage comme aux Anglais, a Gascogne, a Fer a Cheval ou a Jacmel (voir Appendice 3); et d) Les stations depompage de l'eau de surface au souterraine i) Les puits artesiens equipes de pompes electriques au diesel se sont multiplies, surtout dans les plaines du Cul-de-Sac et des Gona'ives ou l' on en trouve une centaine. Dans la Plaine de l'Arbre et la Plaine du Nord, il y a environ cinq uni tes diese 1. Les eaux souterraines sont abondantes dans certaines plaines cotieres, particulierement celles du Cul-de-Sac et des GonaJ.ves, ou l'on exploite leur potentiel, et dans les plaines de Leogane, du Nord, d'Arcahaie, des Cayes ou Ie potentiel est important. Certains facteurs ont freine la mise en exploitation de ces ressources cout d'investissement eleve, cout de financement eleve, manque de pieces, manque de techniciens, et manque de bonnes connaissances du potentiel (voir Appendice 6). ii) Des stations de pompage de 1 'eau de surface fonctionnant, en grande majorite a l'electricite, ont ete construites surtout dans la vallee des Trois Rivieres dans le Nord-Ouest (Projet FAa), aux Cayes, a Mirebalais et dans la Plaine du Nord (pour des exploitations privees). - 60 ­ Al'JNEXE C Page 6 12. Le tableau ci-apres donne les grandes caracteristiques des principales zones de culture. Le type de sol est Ie facteur determinant de l'utilisation des·terres 1/. 1/ II faut noter que 1a salinite augmente dans les plaines (1' Appendice 7 fournit des donnees sur les sols salins) la zon1:: ainsi affectee depasse 70.000 ha. Vu son importance, ce probleme doit etre resolu si l'on veut eviter la degradation de sols cultives (faiblement alcalins) et diminuer la salinite de terres non cultivees mais recuperables. - 61 - ANNEXE C Page 7 Tableau 2 : CARAClERIsrIQJES DES GRANDES zcms DE aJLTURES Super- Capacite de Zones de ficie retention cultures Superficie cultivee Pente Pluviosite Temperature Type de sol de 1teau (ha) (%) (mnlan) Cc) M::mtagnes hunides 207.500 fa 15 M:xleree 1600-2000 16-24 Profond, Bonne rouge, noir funtagnes seches 350.000 /b 25 Forte 800-1500 25-30 Basaltique, Mauvaise crayeux Plaines (hautes et basses) 650.000 45 Legere 6OCl-1400 25-30 Varie Variable Plaines hunides 137.500 10 Legere 1600-2000 25-30 Alluvial, MJyenne profood Plaines irriguees 85.000 5 Legere 1200-1800 25-30 Alluvial, MJyenne profond a mauvaise Total 1.430.000 100 fa II faut egalement inclure dans la region des montagnes humides les terrains recemment defricMs dans les forets de pins (aucun chiffre disponible). fb Vu les des€quilibres de cette zone, on estirne la superficie cultivee entre 350.000 et SOO.OOO ha. - 62 ­ ANNEXE C Page 8 2. EMPLOI Caracteristiques generales 13. En 1981. on estimait la population rurale a 3.862.000 habitants (75 % de la population totale) et la main-d'oeuvre agricole a 1.400.000 personnes. Ce chiffre: qui se fonde sur la pyramide des ages. ne tient pas compte de la contribution importante que font a la production agricoles les enfants en age de travailler et les vieilla rds. Le tableau ci-apres donne certaines indications sur la main-d'oeuvr~. Tableau 3 : EMPtOI DANS L'AGRICULTURE Categorie Pourcentage Travailleurs familiaux non remuneres 45.3 Travailleurs independants 42,4 Travailleurs salaries 11.5 Employeurs 0.7 Autres 0, 1 Zones de culture et densite de la population 14. Le tableau ci-apres donne la densite de population dans les grandes zones de culture. Tableau 4 DENSITE DE POPULATION PAR ZONE DE CULTURE Zone de culture Densite (habitants au km 2 ) Montagnes humides 200 Montagnes seches 39-100 Plaines (hautes ou basses) semi-arides ou arides 77-200 Plaines hum ides 300-400 Plaines irriguees 650 - 63 ­ Al'.'NEXE C Page 9 Etablies a partir de divecses ~tudes executees dans des regions representatives, ces densites ne sont qu'approximatives mais elles fournissent un indice valable de la pression demogcaphique dans les diverses zones. Outre les caracteristiques generales de la main-d 'Jeuvre agricole en Haiti, on peut definir certaines tendances quant aux couts et a la disponibilite de la main-d'oeuvre. Remuneration de la main-d'oeuvre 15. La remuneration de la main-d'oeuvre se fait de deux manieres a) paiement en liquide, soit a la journee, soit a la piece (l'ouvrier est paye pour une certaine quantite de travail, selon un bareme fixe); et b) paiement en nature (en partie ou en totalite),· utilise surtout par les exploitants a court de liquidites. Les remunerations en liquide sont de plus en plus utilisees pour engager de la main-d' oeuvre agricole exterieure. Les versements en nature sont difficiles a evaluer a l'echelle du pays, puisqu' ils varient en fonction des regions, des cultures et des exploitants. Ils representent, par exemp le, 20 % de la recol te de cafe, 12 % de celle de riz, et 50 % de celle de l'agave cultivee. Salaire agricole journalier 16. Le salaire journalier nominal es t en moyenne de 1 do llar pour six heures de travail ou 1,40 dollar pour huit heures. 11 est donc inferieur de 1,20 dollar au salaire minimum legal (2,60 dollars) et en general ref lete la faible productivite de la main-d' oeuvre agricole. Il n'est pas uniforme dans toutes les regions: il est plus eleve dans celles ou la culture est la plus modernisee (Artibonite, 1,40 dollar pour six heures de travail) et ou l'on pratique l'agroindustrie moderne (Plaine du Cul-de-Sac, 1,50 dollar pour six heures). Les salaires sont generalement plus eleves dans les exploitations proches des grands centres urbains, et surtout a Port-au-Prince ou la concurrence avec le travail non agricole mieux paye est plus forte. On trouve les salaires les plus faibles dans les enclaves situees loin des grands centres urbains, ou la modernisation est peu avancee Plateau Central, 0,76 dollar pour six heures; Petit-Goave, 0,70 dollar; Jacmel, 0,30 dollar. Selon le type de tcavail et de culture, i l existe egalement des variations de salaire liees aux fluctuations du prix de certains produits d'exportation, tels que Ie cafe, pour lesquels la remuneration de la main-d'oeuvre est plus elevee locsque le cours est bon. - 64 ­ Ao."mEXE C Page 10 Disponibilite de la main-d'oeuvre 17. Bien que la main-d'oeuvre agricole soit abondante en Haiti, on enregistre paradoxalement des penuries frequentes de main-d' oeuvre dans diverses regions du pays. Les fluctuations saisonnieres ne se produisent pas simultanement dans tout Ie pays mais elles varient sensiblement d'une region a l'autre. En outre, les regions au la main-d'oeuvre est mobilisee efficacement (membres de la famille et travailleurs remuneres) sont celles au l'on pratique la culture intensive de certaines speculations (l.,.gumes, tabac et riz) dans lesquelles la culture principale occupe ia main-d'oeuvre a certains travaux, tels que la recolte (cafe, canne a sucre, manioc, etc.). En depit d'une grande reserve de main-d'oeuvre, les penuries saisonnieres se produisent par suite a) de la forte demande de la part des exploitants traditionnels, pendant de tres courtes periodes de temps, et sur des parcelles tres dispersees; et b) de migrations de trois types i) migrations internes et saisonnieres entre les regions au vers Port-au-Prince; ii) migrations externes saisonnieres vers la Republique dominicaine; elles interessent surtout les populations de Thomazeau. Jacmel et Leogane. 11 faut egalement noter Ie cas des ouvriers des regions de Belladere, Baptiste et Anse-a-Pi tre, qui travaillent comme journaliers dans des exploitations agricoles de la Republique dominicaine; et iii) migrations permanentes a l'etranger, du Nord et du Nord-Ouest vers Nassau et de la Presqu ile du Sud vers la I Guyane fran~aise. On enregistre egalement un mouvement important de la population de toutes les regions d 'Haiti vers Miami (Etats-Unis). Dans certaines localites, aces facteurs viennent s'ajouter la concurrence des activites non agricoles, telles que la peche, I 'artisanat, Ie petit commerce, la fabrication de charbon de bois, l'administration de loteries locales, etc. - 65 ­ ANNEXE C Page 11 3. MOYENS DE PRODUCTION La- terre - --- 18. Les chapi tres precedents ont clairement montre que 1 etait Ie grand probleme de la terre en Ha'i ti c' es tune ressource rare dans un systeme de tres petites exploitations. La pression demographique sur la terre explique sa tres forte valeur marchande et les redevances d'exploitation que l'on yenregistre. 19. Evolution du prix de la terre, 1975-81. Meme si les resultats deS enquetes semblent contradictoires, il apparait que la valeur marchande de la terre a en general augmente entre 1975 et 1981. Alors que Ie prix des terres mediocres augmente d' environ 15 % par an en valeur nominale, celui des terres fertiles situees pres des villes progresse beaucoup plus rapidement, a un rythme qui peut atteindre jusqu' a 75 % par an. Ces hausses sont tant6t causees par des facteurs lies a 1 'agriculture (par exemple, type de sol et des cultures, infrastructure d'irrigation, nouveaux marches pour les produits, etc.),. tantot par des considerations exterieures a l'agriculture (speculation immobiliere). 20. Prix de la terre par district agricole. La valeur marchande de la terre depend donc de facteurs qualitatifs qui, a divers degres, peuvent influer sur Ie prix de la terre dans les divers districts agrico1es. A Port-au-Prince Nord, Port-au-Prince Sud. Fonds des Negres, Jacmel, etc •• ou les prix maximums varient entre 4.000 et 18.000 dollars Ie carreau, La valeur marchande de la terre est plus elevee qu' a Fort-Liberti, Hinche. etc., ou Ie prix maximum se situe entre 500 et 2.500 dollars Ie carreau. - 66 ­ ANNEXE C Page 12 Tableau 5 PRIX ENREGISTRES D&~S LES DISTRICTS AGRICOLES (Dollars Ie carreau) District agricole Valeur minimale Valeur maximale Fort Liberte 160 500 Fonds des Negres 450 5.500 Port-au-Prince Nord 18.000 St. Marc 160 4.800 Petit-Goave 150 2.100 Jacme1 400 4.000 Cap-Ha"itien 300 2.000 Grande-Anse 140 800 Hinche 60 1.500 Port-au-Prince Sud 1.000 8.000 Nippes 150 2.600 Mireba1ais 200 1.300 Port-de-Paix 4.000 Jean-Rabel 4.000 Cayes 4.000 D'une man1ere genera1e, a l'interieur de 1a meme reg10n geographique, les terres situees a basse altitude (plaines) ont des prix plus e1eves au carreau que celles situees plus haut (contreforts ou escarpements). De toute evidence, dans les plaines, au 1a combinaison des facteurs tels que l'eau, l'accessibilite, 1a presence d'arbres fruitiers, etc., entrent dans Ie calcu1. les prix sont nettement plus eleves. 21. Redevances d' exploitation des locataires. Le Bureau des contributions, qui gere les terres domaniales, pergoit la redevance d'exploitation annuelle des locataires. Celle-ci est de 6 % de la valeur marchande de la terre, quel que soit son potentiel. A l'echelle du pays, cet impot varie entre 3 et 11 dollars a l'hectare par an. Les redevances d exploitation sur les terrains prives, ou Ie potentiel de la terre a 1m t effet direct sur Ie montant de la location, sont sensiblement plus elevees. Le tableau ci-apres montre clairement ce phenomene. - 67 ­ Page 13 Tableau 6 : REDEVANCES D'EXPLOITATION POUR LES LOCATAIRES SUR LES TERRES PRIVEES, PAR DIS~RICT AGRICOLE (Dollars le carreau) Districts Redevance minimale Redevance maximale Fort Liberte 20 80 Port-au-Prince Nord 300 St. Marc 10 400 Cap-Haitien 20 150 Grande-Anse 24 200 Hinche 15 300 Port-au-Prince Sud 60 400 Nippes 4 200 Port-de-Paix 40 160 Cayes 50 160 1 carreau = 1,29 ha Les redevances d'exploitation, comme la valeur marchande, sont plus elevees dans les plaines (en moyenne de 50 a 230 dollars le carreau par an) que dans les montagnes (en moyenne de 30 a 120 dollars le carreau par an) • 22. Le cout de l'eau d'irrigation varie en fonction des besoins des cultures specifiques et du type de systeme d I irrigation adopte (vu la rarete de l'eau en Ha'iti, l'irrigation est indispensable a l'agriculture). En consequence, le prix qu'il en coute aux exploitants d'entretenir un systerne existant au de construire au d'agrandir un nouveau systeme, varie considerablernent. 23. Cout moyen d'installation d'un systerne d'irrigation. Le Tableau 7 donne un ordre de grandeur des investissernents necessaires pour l'installation de chaque type de systerne. Ii s'agit uniquement d'approximations, surtout lorsque la superficie a irriguer est superieure a 50 ha. - 68 ­ A.NNEXE C Page 14 Tableau 7 : COUT ESTIMATIF D'INSTALLATION DE DIVERS SYSTEMES D'IRRIGATION Type Systeme avec barrage 2.000-3.000 Forage et pompage 1.000-2.000 Pompage de surface 1.000-1.500 Systeme sans barrage 1. 000-1. 800 . Le cout estirnatif cornprend les principaux travaux de genie civil indispensables a l'irrigation (surtout canaux primaires et secondaires) ; le cout es t gemeralernent rno ins e leve pour les superficies superieures a 50 ha. - 69 ­ A..\lNEXE C Page 15 24. Cout d'utilisation des systemes existants. L'utilisation de systemes d'irrigation existants fait baisser le prix de l'eau a l'hectare. Tableau 8 : PRIX DE L'EAU Dfu~S LES SYSTEMES EXISTANTS fa (En dollars) Type de systeme Emplacement Couverture A A A des besoins I. Barrage Val de l' Artibonite 11,00 95 II. Forage et pompage : Diesel Cul-de-Sac 3,20 16,00 100 Electrique Gona'ives 2,40 12,00 100 III. Pompage de rivieres Val des Trois Rivieres 2,00 10,00 100 IV. Systemes de petite et moyenne tailles 2,40 65 Les prix indiques renvoient au prix d' achat de l' eau des divers systemes geres par l'Etat ou par des organismes para-etatiques. Les prix des systemes I et IV representent les redevances d'eau calculees sur La base du nombre d'heures d'irrigation. A raison de cinq heures d'irrigation pour un hectare de terre. nans ce cas particulier, la redevance en eau est subventionnee a SO % par 1 'EtaL En general, ces donnees ne comprennen t ni l'entretien des canaux secondaires sur une exploitation donnee ni le cout de La ~ain-d'oeuvre pour l'irrigation. - 70 ­ ANNEXE C Page 16 Dans la Vallee de l'Artibonite, le cout de l'eau est a l'heure actuelle de 11 dollars par hectare et par an. La BID a propose de Ie faire passer a 34 dollars. 25. Cout de 1 'eau en fonction de la culture. Les besoins en eau sont determines par les besoins des cultures; donc Ie cout de l'eau varie en fonction de la culture. Tableau 9 : COUT DE L'EAU A L'HECTARE, PAR CULTURE la ET PAR SYSTEME D'IRRIGATION Periode Nombre de vege- Cout Ib d'applications tation Systeme 1 Systeme 2 Systeme 3 Systeme 4 (mois) ------------------- ($EU)--------------- Bananes 22 12 352 220 2,40 Pois 5 2 1/2 11 60-80 50 2,40 Mal.s 4 3-4 11 48-64 40 2,40 Tomates 10 '6 11 120-160 100 2,40 Riz 20 4 1/2-6 11 240-320 200 2,40 la Sur la base de cinq heures d'irrigation a l'hectare. Ib Le cout porte essentiellement sur divers systemes geres par l'Etat. Mecanisa tion 26. Outils et machines. Les principaux outils agricoles sont la houe, la machette, le couteau a emonder, et, a l'occasion, dans la culture manuelle, la fourche. Le materiel mecanique est d'introduction recente. Il y a moins de 1.000 charrues a traction animale, moins de 100 cultivateurs tires par les chevaux et quelque 250 tracteurs motorises en service. La traction animale est utilisee - par ordre d' importance ­ dans la Plaine des Cayes, le Plateau Central (St. Raphael) et a un moindre. degre la Plaine du Nord. Deux ateliers fabriquent le materiel de traction animale mais Us travaillent a moins de 50% de leur capacite. Un actelage complet, animaux, charrue et harnais coutait 520 dollars en 1981. Les cultivateurs tires par les chevaux ont ete recemment introduits et on les utilise surtout sur la Plaine des Cayes et, a petite echelle, dans la region du Cul-de-Sac. On trouve des tracteurs surtout sur la Plaine du Cul-de-Sac (70), la Plaine des Cayes (37), la Plaine du Nord (23) et la Pl~ine de Fort Liberte (16). Il~ sont achetes par de grandes societes (HASCO, Welsh, Port-Dauphin, Centrale Dessalines) et quelques grands ou moyens planteurs. En outre, la sucrerie de Leogane a recemment importe 140 tracteurs. - 71 ­ 27. Il y a cinq concessionnaires de materiel et le prix d 'un tracteur avec ses accessoires oscille entre 19.800 et 21.000 dollars. L'acheteur doit verser un acompte equivalant a 25-40 % du prix d'achat, le solde etant payable par mensualites sur une periode a1lant de 24 a 36 mois. Le service apres-vente est mal organise. bien que 1 'on fasse actue11ement des efforts pour satisfaire les clients dans ce domaine. Un groupe de personnes a essaye d'organiser un service de location de tracteurs mais i1 n'a pas fait de bonnes affaires et a du fermer. On estime en gros (et de maniere optimiste) que 1a superficie cu1tivee mecaniquement se monte a 7.500 ha. 28. Utilisation et cout du materiel. On peut faire une comparaison utile entre 1es trois types de culture culture manue1le, traction anima1e et materiel motorise (tracteur de 60 CV). Le tableau ci-apres· montre 1e cout et 1 'efficacite de chacune de ces methodes, et le temps qu'e1les exigent pour 1e labourage, 1e hersage, et le desherbage du coton. Semenses, engrais et pesticides 29. L'agricu1ture a aussi recours aux services techniques en "amont" pour les semences, 1es engrais et 1es pesticides. 30. Semences. Les semences proviennent a) des reserves personnelles conservees par 1es exploitants d'une campagne a l'autre, b) d'achats sur 1es marches locaux, et c) d' echanges avec les vois ins. Le Minis tere de 1 'agriculture, des ressources naturelles et du developpement rural (MARNDR) fournit egalemen't des semences de qualite aux exploitants par l' intarmediaire des districts agricoles et des organismes regionaux. En 1980. l' ODVA a produit 105 tonnes de semences de riz, soit 2.5 % des besobs, estimees a 50.820 dollars (484 dollars la tonne). La SENASA a distrLbue 120 tonnes de ma1s (1,5 % des besoins) estimees a 105.600 dollars (880 dollars la tonne). Enfin. 1es importations permettent de combler le deficit de 1a production locale. Le principal fournisseur reste les Etats-Unis, la distribution etant assuree par des entreprises commerciales specialisees telles que Darbouco. Jardin Tropical. etc. Le tableau ci-apres donne la valeur et le volume des semences importees commercialement pour 1 'ensemble du pays entre juillet 1980 et avril 1981. - 72 ­ .~'JNEXE C Page 18 Tableau 10 PREPARATION DU SOL ET DESHERBAGE DU COTON, A LA MAIN ET A LA MACHINE (a 1'heetare) Traeteur Attelage A la main Aehete Loue Aehete Loue $ lIhj fa $ Uhi /a Cout total en 82 90 63 70 60-80 120-160 dollars/ha Labouragel Temps 3 heures 42 heures 360-480 h-h hersage neeessaire Profondeur 0,20 m 0,20 m 0,10-0,20 Cout total en 25,S 20-40 dollars/ha Desher­ bage Ie Temps 1.5 heure 60-90 h-h /b neeessaire fa hj = homme-jour de six heures. Ib hh = homme-heure de travail. Ie Materiel meeanique appartenant a 1'exploitant. - 73 ­ A.,.";'NEXE C Page 19 IMPORTATIONS DE SEMENCES. juillet 1980-avri1 1981 Semences Quanti Pourcentage (Tonnes) (Dollars) de la valeur Haricots 845 682.000 55 Legumes 109 349.000 28 Ma'is 50 87.000 7 Autres 54 7 8 Total 1.058 1. 225.000 98 31. En depit des progres realises au cours de la derniere decennie, l'agriculture ha'itienne n'utilise encore que peu d'engrais leur emploi est passe de 3.000-7.000 tonnes pendant 1a periode 1973-77 a 10.000 tonnes en 1981. Les subventions aux prix accordees a certains projets comme les projets de production de cultures vivri Icerealieres et de petites plantations de cafe ainsi que l'introduction et la diffusion de certaines varietes modernes de cultures ont encourage l' emploi des engrais mais leur appl ication n' en res te pas moins assez limitee (voir Appendice 8 : Importations publiques et privees d'engrais). 32. Pesticides. En 1982. selon "AGRICORP 1984", on a utilise 166 tonnes de pesticides en Ha'iti. Les produits les plus utilises sont, par ordre d'importance : les insecticides, les fongicides, les produits de fumigation et les rodenticides. La valeur monetaire du marche local est est ~ environ 900.000 dollars. Les achats de l'Etat representent 27 % (en dollars) du marche total. L' Etat dis tribue les produi ts : a) en les vendant, au prix coutant, aux exploitants (BNDAI); et b) sous forme de subventions aux producteurs (MAJL~DR). (Voir Appendice 9.) 33. Officiellement. les credits agricoles sont accordes par deux organismes du Gouvernement central : la Banque nationale de developpement agricole et industriel (BNDAI) et Ie Bureau de credit agricole (BGA) du ~inistere de l'agriculture. - 74 ­ At'lNEXE C Page 20 34. Bangue nationale de developpement agricole et industriel (BNDAI). Les credits accordes par la BNDAI en 1978179 se sont montes au total a 1.288.000 dollars. En fait, relativement peu de regions ont beneficie de ces divers prets : Gona'ives (43,9 %), Petit-Goave (25,4 %), Mirebalais (13,6 %), Cayes (10,8 %), Port-au-Prince (5,6 %) et Port-de-Paix (0.7 %). Tableau 12. REPARTITION REGIONALE DES CREDITS AGRICOLES DE LA BNDAI (1978/79) Gona'ives 565.3 43,9 Mirebalais 175.6 13 ,6 Petit-Goave 327,5 25.4 Cayes 138,6 10,8 Port-de-Paix 9,4 0,7 Port-au-Prince 71,6 6 Total 1.288,0 .0 35. En outre, une analyse de la repartition par culture montre que les credits de la BNDAI pour la campagne 1978/79 se sont fortement concentres sur trois produits : le riz (43,4 %), le coton (17,1 %) et les haricots (16,8 %). - 75 ­ ANNEXE C Page 21 1 REPARTITION DES CREDITS AGRICOLES -=-=-=-=.-=-=-"---'­ DE LA BNDAI PAR CULTURE (1978/79) Riz 559,2 43,4 Haricots 216,6 16,8 Ma'is 67,5 5,2 Patates douces 3,4 0,3 Manioc 4,9 0,4 :1alanga 6,9 0,5 Echalottes 20,1 1,6 Arachides 2,8 0,2 Tomates 14,8 1,2 Coton 220,0 17,1 Agriculture 1.116,2 86,7 Elevage 126,9 9,8 Autres (non specifies) 44 ~ Total 1. 288,0 100,0 36. Bureau de credit agrico1e (BCA). Les credits du BeA sont accordes, en priorite, aux associations de petits agricu1teurs. Leur montant total represente a peine 1a moitie des credits de la BNDAI et ils sont surtout a11es a la promotion de la culture du cafe (54 %) et a la production de cultures vivrieres/cerealieres (30 %). Tableau 14 : REPARTITION DES CREDITS AGRICOLES DU BCA, PAR ACTIVITE ET PAR CULTURE (1978/79) Cultures vivrieres/cerealieres 2.32,6 30,0 Elevase 105,0 14,9 Commercialisation du cafe 33,2. 4,0 Production du cafe 388,8 50,0 Apiculture 2,8 0,3 Petit m'aterie1 6,4 0,8 Total 768,8 100,0 - 76 ­ ANNEXE C Page 22 4. UTILISATION ACTUELLE DU POTENTIEL AGRICOLE HAITIEN 37. Les cul tures sont auss i variees que les sols. Neanmoins, un survol historique de La maniere dont les differentes zones agricoles sont utilisees fait apparaitre les grandes lignes du developpement de l'agriculture ha'itienne. Il est evident que les systemes de cultures visant a satisfaire les besoins alimentaires du pays occupent plus de terre, au-detriment des produits exportables tels que le cafe, Ie cacao et 1 'aloes (pite). Les cultures mixtes utilisees par les petits exploitants pratiquant des methodes traditionnelles sont les plus repandues. Cet te economie de petits exploitants est axee sur les cultures alimentaires qui sont conunercialisees plus frequenunent vu leur prix eleve et La forte demande du marche interieur. 38. Cette situation est exacerbee par l' importance des fluctuations des cours mondiaux des produits d' exportation traditionnels auxquels les petits exploitants consacrent donc moins de place. Ces cours sont egalement dans une grande mesure responsables du declin des grandes exploi tat ions agricoles d 'Ha'i ti, conune celle de Port-Dauphin. L'agriculture s'integre aussi dans l'economie nationale au moyen de vente par les exploita:nts traditionnels et non traditionnels de. matieres prem1eres aux agroindustries. Cependant, des problemes institutionnels (interventions du Gouvernement dans la fixation des prix et reglementation des exportations) et la faiblesse des prix pratiques (par exemple pour le vetiver) freinent la croissance des agroindustries. 39. Le Tableau 15 ci-apres montre l'utilisation des terres cultivees dans les diverses zones agricoles identifiees en Haiti. Il donne une idee generale de la maniere dont le potentiel agricole est exploite et dont les recoltes sont utilisees. Les tableaux montrant la situation de ces regions dans les annees 40 se trouvent a l'Appendice 4. - 77 ­ Tableau 15 ; UTD..ISATION DES TERRES DANS LES DIVERSES REGICNS AGRIaLES D'HAITI R~ions agricoles Superficie Sys~ de Principales speculations Couverture Destination (ha) production I. ItJrItagnes 207.500 1.1 Caf~, haricots, ES, Extensive Conscmnation hunides arbres fruitiers, locale betail, etc. 1.2 Caf~ (monoculture) Rare Exportation 1.3 Legures Rare Consatmation urbaine II • ItJrItagnes 350.000 IIol MaYs, sorgho, pois Extensive Conscmnation skhes congo, chmes, etc. persoonelle II.2 Vetiver Rare Agro­ industrie (huiles essen­ tidIes) III. Plaines arides 650.000 In.l MaYs, sorgho, pois EIE!l1ee Conscmnation et sani-arides congo, chmes, etc. personnelle III.2 Sisal, canne A sucre, Faible Agro­ manioc, citrons industrie (usines de traitemend III.3 Elevage A grande Rare Consann!!tion echelle (betail, chMes) urbaine et exportations TV. Plaines hunides 137.500 IV.l MaYs, haricots, plan­ Extensive Conscmnation tains, arbres fruitiers, personnelIe riz, etc. et urbaine et exp0r­ tations IV.2 Canne A sucre ~ Usines agroindus­ trielles v. Plaines 85.000 V.l !-<.a'is, haricots, Elevee Consarmat ion irriguees bananes, legurres ;>et'sonnelle et vente v.2 Riz Elevee Consarmation urbaine V.3 Canne a sucre, tabac, ~byenne Usines tanates agroindus­ trielles - 78 ­ AIWEXE C Page 24 40. Des modifications notables ont ete apportees aux systemes 1.1, 11.1, 111.1 et V.3. Dans le systeme 1.1, les haricots et le ma1s viennent avant le cafe et les arb res fruitiers et les produits de la foret. Dans le systeme 11.1, les cultures cerealieres (ma1s, sorgho) sont communes vu la disparition progressive de "la couverture vegetale causee par l'exploitation sauvage des forets (bois de construction et bois de feu). Dans le systeme IIL1, l'elevage baisse et les cultures cerealieres et vivrieres progressent; et dans le systeme V.3 la monoculture du riz dans les zones irriguees a sol lourd elimine de nombreuses autres cul tures (coton, ma1s, etc.). L'agriculture s'est sensiblement modernisee dans: a) les petites exploitations non traditionnelles qui pratiquent la riziculture dans l'Artibonite (avec emploi d'engrais dans Ie systeme V.2) et la culture des legumes dans les perimetres urbains (systeme 1.3); b) les exploitations non traditionnelles qui produisent pour les agroindustries grace a l'introduction de la mecanisation, de l'irrigation, des engrais, des pesticides et des semences ameliorees (systeme V.3, surtout culture du tabac et des tomates); c) les zones de culture non traditionnelle du cafe (systeme 1.2). Les autorites ont contribue fortement a cette modernisation mais la superficie totale en beneficiant est tres faible; et d) le systeme V.l, grace aux efforts faits par les organismes publics (DARNDR, lOAr) pour moderniser les exploitations non traditionnelles (petites ou non). 41. Les agroindustries et les petites usines de traitement sont approvisionnees par des systemes 11.2, IIL2, IV.2 et V.3. Les cultures y sont, en ordre decroissant de superficie, la canne a sucre, le sisal, le manioc, Ie vetiver, les citrons, les tomates et le tabac. Pour les trois prem1eres speculations, une partie de. La recol te es t trai tee dans des installations relativement peu efficaces. Les petits exploitants pratiquant des methodes traditionnelies fournissent La majorite des matieres premieres aux usines et installations de traitement. V. CONTRAINTES 42. L' agriculture ha1tienne traverse une grave crise. Le sys teme agricole souffre de nombreuses contraintes, generales et specifiques, qui l'empechent de satisfaire La demande interieure d'un grand nombre de produits et/ou de degager des excedents exportables. - 79 ­ ANNEXE C Page 25 Contraintes generales 43. Les contraintes generales sont celles qui affectent toutes les regions agricoles et toutes les cultures. Les principales sont a) la pression demographique, surtout dans les regions ou se trouvent les meilleures terres; b) la taille excessivement petite des exploitations; c) les incertitudes concernant Ie regime foncier. Les baux agricoles sont trop courts, les titres de propriete manquent, les terres ne sont pas divisees, etc.; d) l'acceleration de l'erosion qui sterilise les sols dans les zones montagneuses et pose de graves problemes dans les plaines; e) les irregularites du climat, en particulier des pluies; f) la faiblesse de la technologie agricole; g) Ie manque de credit agricole; et h) les difficultes d'expedition des produits, causees par le manque de routes d'acces convenables. A divers degres, ces facteurs reduisent la possibilite d' intensifier la prodLction agricole. I1 faudra evaluer l'impact de ces contraintes dans toute zone ou l'on envisagera d'implanter un projet d'investissement. Contr?intes specifiques 44. De nombreuses contraintes freinent le developpement, la comme rcialisation et le trai tement d' un tres grand nombre de cul tures. Pour les etudier, on n' a cependant retenu que les operations agrico les jugees les plus representatives et les plus importantes pour ce qui est de la surface cultivee. Le Tableau 16 presente les principaux problemes dont souffre chacun des produits consideres. 45. 11 ressort de ce tableau que : a) les cultures d'exportation (cafe, cacao, sisal, etc.) souffrent en general des memes difficultes economiques, des fluctuations des cours mondiaux, et de la faiblesse des prix a la production; b) les cultures vivrieres/cerealieres (haricots, mals, sorgho, manioc, legwnes, etc.) souffrent de problemes techniques : sols peu fertiles, varietes peu performantes et a long cycle de - 80 ­ ANNEXE C Page 26 croissance, rarete des installations de stockage, manque d 'eau, etc. La possibilite de degager des excedents est egalement reduite du fait qu'un certain nombre de ces produits (sorgho, manioc, maYs, etc.) sont en grande partie consommes sur place; et c) les cultures industrielles (canne a sucre, coton, vetiver, tabac, tomates, etc.) souffrent : i) de la faiblesse des prix a la production (toutes recoltes); ii) des interventions du Gouvernement central (canne a sucre); et iii) de l' importance des investissements et des couts (coton, tabac, tomates). - 81 ­ Tableau 16: a:mFAINIES SPECmQJES rx:m roJFFRENT LES ACTlVl'IES AGRIaJLES Haricots Fertilit~ du sol. Maladies. Manque d'entrepc3ts. Manque d'eau. Mtail toi interrlisant l'~levage ron reglenent~. Faiblesse des prix 11 la production. (lait et M:Inopole d'achat de l'HAMPOJ. E"izooties. L'augmentation des surfaces culti~s viande) 8 reduit les S1JllI!rlicies c0flS8cdes aux I'8tQrages. Coat ~levo§ de I'al:im!ntation. Activit~ d'llnpartance secoOOaire pour les petits exploitants. Abattage peu ratia:mel. Cacao FluctuatiOl'lS des coors llIXXIiaux. Forte i.rqx,sition. Concurrence avec les cultures vivri&es. Faiblesse des prix l la production (m::mopole d' achat JlE!Ildant un certain temps) • Caf~ FluctuatiOflS des cours llIXXIiaux. Forte i.rqx,sition. Concurrence avec les cultures vivriAres. Prix ~lev!§s et disponibilit~ irregulia-e des intrmts (engrais). Faiblesse des prix ~ la production. Absence de politique de concrole de qualit~. Faiblesse des rendete:lts. Mars Sols peu fertiles. Rer:xlements faibles. Vari~t~s de trCIIltagne a long cycle de veg~tati.on. Forte consarmation sur place. Manque d'entrepc3ts. Manque d' eau. Coton Faiblesse des prix ~ la production. Ennemis naturels (anthOllClIl! du cotonnier). Faiblesse des rendete:lts. CaUt d'exploitation ~lev~. Infrastructure d'irrigation insuffisante et caUl: ~lev!§ de I' eau. Mauvais choix des vari~t&. Rer:xlements faib.les. Forte coosarmation sur place. Sorgho Sols peu fertiles. vari~t& ayant de longs cycles de croissance. Forte consarmation sur place. Marlque d'entrep8ts. Production tras dispers~. Manque d'eau.· Riz Mauvais drainage et salinisation croissante des rizieres. Vari~t~s de sEm!t'lCes peu productives. Rendenents faibles. Sisal Fluctuation des cours llIXXIiaux. Faiblesse des prix a la production. Production tres dispers~. Rer:xlarents faibles. Came 11 sucre Faiblesse des prix l la production. Fixation des prix ~ 1'Etat. Renderents faibles. VariatiOl'lS du cours llIXXIial du sucre. Absence de prograrm2S de contrale de qualit~. Probl<!mes d 'expj!<!ition des ilIlti&es premieres. Tabac Production cOOIpOrtant un fort ~lo3rent de risque. CaUt d 'exploitation ~lev~. !-<alaclies. Coot elev~ des intrants (semences, eograis, etc.). Production tres dispersee. Faiblesse des prix pay~s I'8r I' agroindustrie. Infrastructure d'irrigation insuffisante et caUt ~lev~ de I' eau. Tcrnates Production cOOIpOrtant un fort ~lo3rent de risque. CaUt d 'exploitation elev~. Maladies. CaUt ~leve des intrants. Production tres dispers~. Faiblesse des prix pay~s I'8r I' agroindustrie. Infrastructure d' irrigat ion insuffisante et coot ~lev~ de l'eau. 8015 peu fertiles. lOrosion. COOt elev~ des structures de retention du sol. Tanperature excessive pendant certaines .,eriodes de I' annee dans les zones de faible altitude. COOt ~leve des intrants (sarences, eruzrais, pesticides). V~tiver Faiblesse des prix 11 la production. Intervention de 1 'Etat. Fluctuations du coors rrondial. - 82 ­ AL"Ij'NEXE C Page 23 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Appendice 1 DONNEES DE BASE SUR L'AGRICULTURE HAITIENNE Superficie Totale 2.769.000 ha Agricole 1.407.S00 ha Regionsagricoles (en % de la superficie agricole) Montagnes humides 14,5 Montagnes "seches" 24,5 Plaines (hautes et basses) arides et semi arides 45,S Plaines humides 9,6 Plaines irriguees 5,9 Taille des exploitations et superficie totale par type d'exploitation, 1971 Taille % des exploitations % de la superf ic ie totale 0,01 a 0,5 carreau 47,6 14,0 0,51 a 1,0 23,4 1,01 a 3,0 " .. 23,S IS,S 40,5 3,01 a 10,0 . 4,8 21,S 10,01 et plus 0,4 ~ 100,0 100,0 Demographie Population totale 5.300.000 (19S0) Population rura1e 4.000.000 Taux d'accroissement par an 1,8 % (1975-S0) Main-d'oeuvre agricole 1.400.000 (19S2) Densite de la population dans les zones de culture Montagnes humides 2.00 hab/km2 Montagnes seches 39-100 " Plaines arides et semi-arides 77-200 Plaines humides 300-400 " Plaines irriguees 650 " Sa1aire agricole journa1ier $EU 1,40 pour huit heures (moyenne). - 83 ­ Ai\'NEXE C Page 29 Moyer.s d~duction Location de 1a propriete Terrains prives Min. $EU 4 - Max. $EU 400/ha/an Terres domaniales Min. $EU 3 - Max. $EU ll/hal an ~ombre de char rues pour culture attelee 1.000 unites Nombre de cultivateurs tires par des chevaux 100 unites Nombre de tracteurs 250 unites Cout de la main-d'oeuvre - hersage (coton ou ma1s) : A la main $EU 60-$EU 160/ha Animal de trait Achete $EU 63/ha Loue $EU 70/ha Mecanise . Achete $EU 821ha Loue $EU 90/ha Cout de 1 'irrigation Barrage de retention (Artibonite) $EU ll/ha/an Pompage de la nappe phreatique $EU 12-$EU 16/ha irrigue Pompage de 1'eau de surface $EU 10/ha irrigue Petits et moyens systemes d'irrigation $EU 2.40/an Emp10i des engrais 10.000 tonnes (1981) Credit agricole BNDAl $EU 3.000.000 (1982/83) BCA $EU 3.900.000 (1982/83) - - - _.. cerealieres Cultures - ?rincipa1es cultures cerealieres Mals. sorgho. riz Production cerealiere 552.000 tonnes (moyenne 1977179) Groissance annuelle moyenne de 1a production cerealiere 0.6 % (1969/71-1977179) - 84 ­ A..'lNEXE C Page 30 Appendice 2 : SYSTEMES D'IRRIGATION DE TAILLE MOYENNE (EMPLACEMENT ET SUPERFICIE IRRIGUES) Emplacement Systeme Superficie irriguee (ha) Port-au-Prince Riviere Grise 8.968 Riviere Blanche 4.954 Croix des Bouquets Despuzeau-Palmiste 4.090 Duvaliervi11e/Arcahaie Courjolles 2.210 ~latheux 1. 795 Torcelle 1.308 Verguier 3.092 Gona:ives Bahonnais 1.623 Riviere de la Quinte 1. 743 Cayes Avezac 1.394 Dubreuil 2.000 Cap-Ha:itien St. Raphael 1.086 Sources OEA, 1972. Etudes du Bureau de l'irrigation du MARNDR, 1981. - 85 ­ A.."lNEXE C Page 31 Appendice 3 : PETITS SYSTEMES D'IRRIGATION (EMPLACEMENT ET SUPERFICIE IRRIGUES) Emplacement Systeme Superficie irriguee (ha) Port-au-Prince Carrefour 360 Metuvier 250 Gros Jean 136 Des Varreux 548 Papeau 267 Oazeau 99 Thomazeau Duthil 456 Lagon 45 Tr.ou Ca'iman 196 Manneville 51 Duva1iervi11e/Arcahaie Bethel 560 Source Mate1as 198 Caza1e 122 Leogane Gressier 45 La Salle 326 Pe ti t·-Goave/Grand-Goave Barrette 113 Eau Pity 58 Toz 29 G1ais 58 Chaban 30 Jacme:. Lavanneau 146 Areguy 198 Lafond 265 Cochon Gras 47 Meyer 106 Orangers 92 Marigot 150 Cayes-Jacme1 155 La Montagne 7 Anse-a-Pitres 200 - 86 ­ ANNEXE C Page 32 Appendice 4 PRINCIPALES SPECULATIONS DES ZONES AGRICOLES, 1930-40 (D'apres diverses sources) Systeme Couverture Zones agricoles agricole Principales speculations Montagnes 1.1 Cafe, cacao, arbres Extensive humides fruitiers, bananes 1.2 Haricots, mais, patates . douces, etc. Faible Montagnes 11.1 Produits de la foret Forte seches (bois de construction et bois de feu) 11.2 Mais, sorgho Faible Plaines arides IILI Paturages naturels (surtout Forte et semi-arides betail ) III. 2 Produits de la foret Moyenne (bois de feu et de construction) III. 3 Coton, sisal. canne a sucre Faible III. 4 Ma1s, sorgho, etc. Faible Plaines humides IV.l Mais. haricots, Forte arbres fruitiers IV.2 Canne a sucre, aloes, Forte manioc, etc. Plaines V.l Canne a sucre, Forte irriguees V.2 Mais, haricots, bananes. etc. Forte - 87 ­ ANNEXE C Page 33 Appendice 5 EAUX SOUTERRAINES EN HAITI D'une maniere generale, Ha'iti, qui re<;oit plus de 1.000 mm de pluie par an sur plus de 83 % de son terri toire, dispose d' abondantes ressources en eaux souterraines. Le relief (20 % de plaines, 10 % de plateaux et 70 % de montagnes) et la nature geologique des sols jouent un role essentiel dans la repartition de ces eaux. Le deboisement et les cultures sur les pentes contribuent a 1 'erosion (ou a 1 'ecoulement de l'eau) aux de pens de l'infiltration qui pourrait alimenter les reserves souterraines. Les ressources en eaux souterraines peuvent etre classees comme suit 1) Elles sontabondantes et d'acces facile dans les plaines cotieres. Les importantes ressources identifiees dans ces regions et les problemes lies a leur exploitation sont presentes au tableau ci-apres. 2) Elles sont abondantes mais d"acces difficile en particulier dans les formations montagneuses calcaires, qui couvrent environ 40 % de la superficie totale du pays. Il est difficile d'y retenir l'eau vu la rapidite du ruissellement vers les reg~ons plus basses et les problemes lies aux choix de l' emplacement et la longueu~ des canaux. Le volume de l'eau varie entre 0 et 1 ml/sec. et bien qu'elle soit de bonne qualite, elle contient beaucoup de carbonate de calcium. Les zones montagneuses calcaires etudiees comprennent notamment la Foret des Pins dans la montagne de la Selle et Ie Plateau Rochelois. ]) Elles sont relativement rares lorsque l'eau est emportee par Ie cours d'eau ou lorsque la profondeur de la nappe rend 1 'exploitation non rentable. C'est ce qui se passe dans Ie Plateau Central, dans Ie sud du Nord-Ouest et sur l'ile de Gona'ives. A 1 'oree du Plateau Central, comme a Pignon, pres de St. Raphael, l'exploitation est possible. Divers facteurs limitent l'exploitation a des fins agricoles de l'eau souterraine dans les plaines: a) cout d'investissement eleve environ 50-60.000 dollars Ie puits permettant d'irriguer 40 ha; t) cout d'exploitation eleve, notamment en carburant ou electricite; - 88 ­ ~~EXE C Page 34 c) absence de pieces de rechange au niveau local; d) absence de techniciens et de mecaniciens pour reparer le materiel; et e) manque de connaissances du potentiel. Bibliographie CCSA. 1982. Promotion des investissements dans l'agriculture. Tomes I et II. Jean-Baptiste. G., 1983. Haiti: .Situation des eaux souterraines. Martin. A. et Morissu. H.• 1977. Les ressources en eaux souterraines de la Repub1ique d'Haiti. Etat des connaissances. -89­ AItEXE C Page35 l1l:.GI<Hl ACCESSIBLES IUQIES EN EAllX SXI'lERRAINES ~ ~t~ !!!l!!ifke Potentiel !!!!EIoitation ~ OJest Plaine du Q,l-de IIessources Exploitatia'! Risque Sac ~es. intenaiw : d'~ 250 puits dont sia'! de 100 pour l' agri- l'esu culture et 150 sa1&. pour l' imustrie, I'utilisation dmestique et I'eau potable des villes. Plaine de Uogane llessources Exploitation CQ1SiMrables. limittle. Plaine du !brd IIessa.trces L'exploitation FAparti­ etdu~t CQ1SiMrables. vient de tion c<mnencer. iMgale ~tTe~ des res­ cinq puits srurces ont 't4 forU. dans les plaines. Plaine des llessource 40 puits. Drainage G:mal:ves n!IlOlM!labIe insuffi­ de2m3A santi la seconde. nappe saline dans la couche ~ieure. Artibcnite Plaine de ~lInt Ioblle. Drainage l'Artibonite maia de insuffi­ qualit4 sant; tMdiocre. nappe saline II 2 m de profon:leur • Matheux Plaine de llessrurces Exploitation Exploits- l'Arcahaie ~tllltes. limittle. tion et de intensive D.!valierviHe difficile w la proximitt! de la mer. Sud Plaine des Cayes llessoutces Ptatiquen!nt et de Cavaillcrt ~t"". inex:istante. Plaine d' hjuin llessrurces Ilans quelques Eau saltle. limitt!es (en ~i0n8. pour quantito\! et l'eau potable. en qualito!!). Plaine de Ressources IobUe. J8CII'el prcbab lement tns ~lIntes. ~t Plaine des llessrurces lillIe. Eau mint!­ M:>.Jsti que.s limit4es. ralist!e. Plaines de Denisae. llessources Iillle. Eau mint!- Getinette et de 1imi.t4es. ralis&. Lacam Plaine de TleSS<l<lr'C:es lillIe. Eau mint!­ Jean-Rabel ~tes. ralistle. Plaine du IIellSCM'Ces Trois putts. Nappe eolad>ier limi.to!!es (en saline quantit4). caust!e par 1'~ sion de 1'eau de mer. - 90 ­ At'l'NEXE C Page 36 Appendice 6 SOLS SALINS (OU ALCALINS) EN HAITI 11 n'existe pas dietude d'ensemble sur les sols salins en HaYti. Neanmoins, d 'apres des analyses de sols realisees dans le cadre d'etudes regionales, on peut arriver a une estimation des ions affectees par la salinite. Les plus grandes zones salines au alcalines se situent dans la vallee de l'Artibonite, aux Gona'ives, dans les Plaines du Cul-de-Sac et du Nord-Est. Principales zones saLines ou alcalines en HaYti Emplacement Superficie estimee Source des Saline Alcaline renseignements Vallee de l'Artibonite (total) 29.460 OEA. 1972 Sols faiblement alcalins 14.640 Sols fortement alcalins 14.820 Plaine des GonaYves (total) 2.000 Estimation fondee sur une carte de Wolf Donner, 1980 Plaine du Cul-de-Sac (total) 9.000 Tk"'lS. 1956 Plaine du Nord-Est (total) 30.000 Estimation fondee sur une carte de Wolf Do~ner, 1980 TOTAL 70.460 Bien que ces renseignements datent d'epoques differentes, 1a superficie tota1e montre l' ampleur du prob1eme plus de 70.000 ha de plaines sont ainsi touches. Si une partie de ces sols a1ca1ins ou salins est cu1tivee. i1 est urgent de contro1er l'augmentation de la salinite par Ie drainage. La possibilite de mettre en valeur les zones non cu1tivees devra egalement etre etudiee. - 91 ­ fuW-;EXE C Page 37 Bibliographie : Donner, W. 1980. Haiti Naturraumpotential and Entwicklung. FAO-PNUD. 1969. Enquetes sur les terres et les ea~x dans l~aine des Gonalves et le Departement du Nord-Ouest. Mayard, M. 1983. Utilisation des terres dans la plaine du Cul-de-Sac (1956-1978). Port-au-Prince. OEA. 1972. Ha"iti : Mission d '"assistance tech~ique integree. Washington, D.C. T~MS. 1956. Cul-de-Sac Plain: Irrigation, Drainage, Flood Control Development, N.Y. - 92 ­ ANNEXE C Page 38 Appendice 7 IMPORTATION D'ENGRAIS fa (1975-80) Importations tota1es ImEortations du MAR!'J'DR Quantite Valeur Quantite Valeur % de la Annee (tonne courte) ($EU) (tonne courte) ($EU) valeur cota1e 1975 2.379 271. 316 750 74.952 27 1976 2.873 297.775 1.170 121.348 40 1977 7.879 1.192.684 5.881 890.246 75 1978 6.328 1.156.791 1979 8.346 1.601.565 7.690 1.405.883 88 i980 9.112 2.351.493 L'engrais n'est pas necessairement utilise pendant l'annee ou il est importe. Les stocks de fin d'annee ne sont pas connus. Sources : Pour Ie total des importations : Centro Dominicano de Promoci6n de Exportaciones (CEDOPEX). Bo1etin Estadistico. Exportaciones Enero-Diciembre 1975, 1976, 1977. 1978. 1979. 1980. Pour 1es importations du MARNDR Dossiers du MARNDR. Ces renseignements doivent etre utilises avec prudence. Se10n 1es renseignements recuei11is aupres des revendeurs loeaux. 1a quantite d' engrais vendus en Ha'iti peut etre estimee a environ 10.000 ­ 12.000 tonnes eourtes par an. Les importations des organismes publics representent de 50 a 60 % des importations tota1es. En general, Ie Mi,\RNDR subventionne 50 % des engrais qu'i1 vend aux exp1oitants. II y a neanmoins un grand nombre d intermediaires qui ache tent 1es engrais a moitie prix et 1es I revendent aux exp10itants a un prix plus e1eve (c 'est en particulier Ie cas dans 1a vallee de l'Artibonite). 11 est done diffici1e d'estimer la subvention de l'Etat a l'agricu1ture sur 1a base de ees chiffres. - 93 ­ A..>..JNEXE C Page 39 Appendice 8 : UTILISATION DES PESTICIDES AGRICOLES EN HAITI La quantite des pesticides utilises est passee de 84,5 tonnes en 1970 a 166 tonnes en 1982. Les produits les plus frequemment utilises, par ordre d'importance, sont les insecticides, les fongicides, les produits de fumigation, les rodenticides. En 1982, on en estimait la valeur sur le marche local a environ 900.000 dollars. Les achat.s du secteur public representaient 27 % de ce marche. Les organismes publics a) vendent les produits aux exploitants au prix coutant (BNDAI); oU b) les fournissent aux producteurs sous forme de subvent ions (~inistere de 1 'agriculture). Bibliographie : AGRICORP. 1984. .:::::L-=-e_--=m;;:a:.::r:...:c:.:h.:.:e=--~h:..:;a::.·::.i.::.t-=-i-=-e.:.:n~--=d:.::e:.:s=---_ps::..e=s-=t=-i.=.c=-i-=d-=e.=.s~---::a::Jg:2.:r=-l.::.·c.::.o=l-=-e..::.s. Port-au-?rince, fevrier, 66 p. - 94 ­ ANNEXE C Page 40 Aopendice 9 : PERTES CAUSEES A L'AGRICULTURE PAR LA CROISSfu~CE URBAINE On ne dispose d aucune donnee sur la maniere dont les I agglomerations urbaines ont evolue ces dernieres annees. Une these intitulee "Utilisation des terres dans la Plaine du Cul-de-Sac 1956-1978. Problemes et perspectives", preparee par M. Maynard en 1983 donne les renseignements suivants : Evolution des superficies construites dans les plaines Annee Superficie construite (en ha) % de la superficie totale des plaines (40.000 ha) 1956 2.800 7 1978 4.000 10 Les superficies construites, qui de 1956 a 1978 represent.aient 7 % de 1a superficie totale des plaines, recouvrent aujourd'hui 10:. Le taux de croissance, non compose, est de 1,94 % par an. - 95 ­ A.~;-;cXE D Page 1. HAITI ETUDE SUR LE SECTEUR AGRICOLE LA CRISE DE LA PETITE EXPLOITATION AGRICOLE EN HAITI 1. INTRODUCTION 1. L' agricul ture de subs is tance occupe un role predominant dans Ie secteur rural haltien. Ha'iti est le premier pays du monde qui a aboli l'esctavage et le premier des Antilles qui a accede a l'independance, quelq'ues annees a peine apres les Etats-Unis. Au XIXe siecle et au debut du XXe, l'histoire de son economie rurale a ete marquee par une forte augmentation du nombre de petites exploitations, aux mains de 'paysans fflibres", a qui leurs methodes culturales etaient dictees davantage par leur courage, leur experience et leur intelligence que par 1 'existence d' outils ou d 'autres techniques de base. Malheureusement, il es t impossible, faute de donnees suffisantes, d r estimer avec quelque exact:itude la contribution de la petite exploitation agricole a la production et au developpement economique. 2. La petite exploitation agricole est de type familial. Elle entoure une maison (la caye). ou vit l'epouse/mere principale (femrne-caye); des concubines/meres secondaires et leurs enfants vivent parfois dans des maisons adjacentes. L'exploitation emploie presque exclusivement de la main-d'oeuvre familiale qui produit : cd principalement ce dont celle-ci a besoin pour sa propre subsistance; et b) accessoirement. un excedent cornmercialisable d'especes. On ne peut donc pas dire que ces exploitations pratiquent exc1usivement l' agricul ture de subs is tance, puisque des excedents son t vendus sur le marche interieur (produits animaux, haricots, fruits et legumes) ou pour 1 'exportation (vetiver et cafe). Toutefois, ce ne sont pas des plantations comrnerciales. 3. L'ecosysteme de 1 'exploitation familiale comprend les elements suivants, par ordre decroissant de productivite et de fertilite : a) Arbres fruitiers (bananiers, avocatiers. arbres a pain ou arbres veritables, manguiers, agrumes et cafeiers). Ces arbres forment generalement un verger dispose autour de la maison mais peuvent etre eparpilles lorsque l'exp1oitation n'est pas constituee par des parcelles contigues, cornme dans Ie Nord et Ie Nord-Es t. - 96 ­ A.:.'lNEXE D Page 2. b) CuI tures annuelles. Elles occupent des jardins clotures, proteges du betail et fertilises avec du fumier et des residus organiques. Vergers et jardins representent bien des annees de dur labeur (epierrement, plantation, fumure et pose de clotures). Aussi ne sont-ils generalement situes que sur des terres exploitees par leur proprietaire. Toute la surf ace es t utilisee pour maximiser la production et minimiser les risques. Les deux types de parcelles sont proteges contre l'er"osion. Le sol aurait depuis long temps perdu sa fertilite naturelle sans l'apport de residus organiques (vegetaux, animaux et menagers). L'absence d'animaux de trait, et par consequent de moyens de transporter ces residus, limite la superficie des parcelles qui peuvent etre ainsi entretenues a moins d'un carreau (1,29 ha). c) Cultures de plein champ (ma'is, sorgho et' haricots). Ces cultures se pratiquenten plein champ, sur des parcelles plus eloignees qui ne sont pas fumees. Les animaux y paissent pendant les periodes de jachere, ce qui contribue a fertiliser Ie sol. II est vrai que la jachere naturelle n'est guere un bon moyen de rendre sa fertilite au sol, mais elle demande un minimum de travail. Ces champs sont souvent loues (fermage ou metayage). d) Paturages plus pauvres. II s'agit generalement de terres indivises ou broutent des chevres (cabrits). Elles ne sont pas fumees et aucune mesure n'est prise pour les proteger contre l'erosion. e) Ravines (fonds frets). Ce sont essentiellement des chenaux de drainage des eaux de surface. Elles sont gravement erodees et parfois plantees d' arbres a pain ou d arbres veritables et de f cafeiers. Leur remise en etat exigerait de gros trava~x et des depenses importantes. 4. En resume, la petite agriculture occupe quelque 75 % de la population ha1tienne. La structure agraire est unique dans la region, en ce sens qu' on ne retrouve pas la repartition classique des terres entre petites et grandes proprietes. La participation des petits exploitants sera indispensable au developpement du secteur et, pour les inciter. a contribuer aux investissements. a la production et a la croissance, il est primordial de stabiliser leur statut au regard du regime foncier. 5. On etudiera dans la presente Annexe : a) Ie regime foncier; - 97 ­ A1'1i~EXE D Page 3 b) 1e niveau de deve10ppement et 1a productivite de main-d'oeuvre; c) les modes de faire-valoir et d'uti1isation des terres; et d) 1es conditions socio-economiques qui caracterisent l'economie rurale. On proposera ensuite des crit~res de deve10ppement et des mesures politiques en tenant compte de 1a situation unique de l'economie rurale ha"itienne, dans laquelle 1es interets des petits exploitants predominent. Dans p1usieurs cas, on recommandera des etudes comp1ementaires, qui sont enumerees dans l'Appendice a l'Annexe. 2. HISTORIQUE ET SITUATION ECONOMIQUE 6. Aux XVIle et XVITIe si~cles, les colons fran~ais avaient c a Saint-Domingue, qui devait devenir Halti, une economie de plantations comprenant environ 5.000 menages, ou ils cultivaient et transformaient la canne a sucre, 1~ cafe, l'indigo et 1e coton, principalement. dans les plaines, les collines et 1e plateau central. Chacune de ces plantations etai t desservie par un port et un comptoir commercial. Elles constituaient une serie d'enclaves orientees vers l'exterieur, qui avaient peu fe relations avec leurs voisines, exportaient des produits tropicalLx en France et importaient 1a majeure partie des fournitures necessaires au maintien de 1a production. La plupart de la main-d' oeuvre venait d' Afrique. Rien de moins autarcique que cet te economie coloniale mercantiliste de plantations. qui exploitait une main-d'oeuvre d' esc ~aves. Affranchis par la Revolution fran<;aise et menaces quelques annees plus tard par Napoleon d'un retablissement de l'esclavage, les 400.000 A 500.000 noirs des plantations particip~rent activement a La guerr:= d'Independance, dont ils sortirent victorieux en l804. Les plantations colonia1es, et les terres agricoles en general, devinrent l' obj.O!t d apres conflits entre l' Etat, une nouvelle bourgeoisie rurale t composee principalement de mulitres et les travailleurs noirs liberes. La plupa.::-t des plantations finirent par tomber aux mains de I' Etat et de gros explo i. tants. Pour obI iger les anciens esc laves, devenus 1 ibres, d travai.1ler dans . es plantations. l' Etat crea tout un arsenal de mesures legislatives, reglementaires at puni tives, qui marquerent Ie debut d' une tradi :.ion de "militarisme rural". Sorties de La sphere coloniale de La France, Les plantations se retrouverent face a la concurrence de celles des p~ntilles et de l'l\lTlerique du Sud, qui continuerent a employer des eselaves pendant toute la premiere moitie du XIXe sieele. Il devint done economiquement necessaire d' empecher la main-d' oeuvre de migrer pour que les plantations haltiennes puissant rester competitives. Malgre des - 98 ­ ANNEXE D Page 4 mesures rigoureuses, le "mil i tarisme rural" ne parvint pas a empecher une acceleration de l'exode des travailleurs. Les grandes plantations se retrouverent alors pr1vees d'une main-d'oeuvre bon marche et facile a gouverner qui avait fait la prosperite de l'economie de plantations. 7. Pour echapper a l'esclavage, ou "militarisme rural", et a une vie et a des conditions de travail miserables, les travailleurs ha'i tiens s'insta11erent dans les vastes regions montagneuses (les mornes), qui - couvrent 80 % du territoire ha'itien. C est dans ces zones. loin des I grandes plantations et de La repression, qu'ils edifierent un nouveau type d'economie rurale. a base d'exploitations familiales cultivees par des paysans libres, proprietaires de facto de leurs terres et de leurs outils et de petits troupeaux. Le nombre de ces paysans, qui etait de 300.000 a 400.000 au debut du XIXe siecle, allait depasser le million a La fin du siecle et. ils constituent aujourd 'hui les deux tiers de la population tota1e. Utilisant des outils rudimentaires qui daten~ de l'epoque coloniale, i1s ont defriche les collines et exploitent actue11ement de : a 5 carreaux par famille. Dans les plaines et 1es regions ou les cultures d 'exportation sont profitab1es, les exploitations sont relativement grandes. Elles sont beaucoup plus petites dans les zones diff iciles, au relief tourmente et erodees, ou l'on ne pouvait pas s'attendre a ce que de grandes plantations realisent des benefices. Si l'on compare La grande et la petite propriete fonciere en Ha'iti et la repartiti~n traditionnelle des exploitations en Amerique du Sud, les principales differences sont les suivantes a) les plaines (terres situees a moins de 200 m d'altitude) ~e couvrent qU'un cinquieme du territoire ha'itien; b) les familles de paysans controlent une proportion enorme du terri toire national, qu' ils ont conquise, def richee et rendue utile par d'irnrnenses efforts; c) les exploitations familiales ont eu, des le depart, des superficies proportionnelles aux moyens de production (houes, machet tes), a La main-d' oeuvre disponible et aux besoins de La famille. Au contraire, dans La majori des pays d'Amerique du Sud, les petites exploitations sont des parcelles donnees individuellement f?ar de gros proprietaires ou proviennent du morcellement, avec 1e temps, de plus grandes exploitations; et d) La plupart des petits exploitants haItiens peuvent produire suffisarnrnent de denrees pour leur propre subsistance et d'excedents cornrnercialisables pour ne pas etre forces d'accepter les conditions de travail et les salaires defavorabLes que 1e "militarisme rural" et les gros proprietaires auraient aime leur imposer. - 99 ­ Al'mEXE b Page 5 8. Le succes de la petite exploitation en Haiti ne met pas en peril les grandes exploitations qui continuent de concurrencer celles de I' Amerique du Sud. Les petits exploitants ont pu, a. certaines eqoques, consolider leur situation, et reconquerir dans les plaines, les vallees ou les eoUines des terres qui avaient ete plus ou moins abandonnees par l'Etat et les grands proprietaires. Ces terres peuvent maintenant, apres des conflits et des differends entre parties en revendiquant la propriete, etre mises en valeur de fa~on plus intensive. Les petits exploitants ont su mettre au point une methode d 'exploitation adaptee a. l'environnement, qui est a. la fois originale. tout a. fait appropriee et extremement efficace compte tenu de leurs moyens de production limites. Les communautes de petits exploitants ont ainsi pu s' ass,urer ce dont elles avaient besoin pour leur subsistance, reservant pour les cultures de rapport (cafe, vetiver, produits animaux, excedents provenant de cultures vivrieres) et pour des. activites remunerees (coupe pour le compte des grand,:!s concessions forestieres) l' effort leur permettant d I acquerir les moyens de remplacer leurs quelques outils et le peu qu' ils doivent se procurer a. l' exterieur (vetements, ustensiles, savon; morue et poisson sale, bien moins chers que la viande). 9. C'est donc en colonisant la majorite des collines boisees que les petits exploitants ha'itiens se sont tailies Ie domaine qui leur convel1ait. Au debut, c'est-a.-dire au XIXe siecle, i l y avait assez d' espace et de forets pour tout le monde; tous les ans, chaque famille agricole defrichait une parcelle d'environ un carreau pour les cultures de subsistance. Apres deux ou trois ans, elle abandonnait la parcelle et la laissait long temps en jachere forestiere pour permettre au sol de retrOtlver sa fertili te et Ie proteger c~ntre l' erosion. En meme temps que la for.et perdait du terrain, Ie nombre d 'habitants et de menages et la densite des cultures ant augmente et les periodes de jachere se sont raccollrcies. La couverture forestiere protectrice et la fertilite dont on lui etait redevable ant progressivement diminue. Elles sont sur le point de disparaitre completement, et les periodes de jacheres, en al ternance avec des cul tures annuelles de ma'is, de sorgho et de haricots pratiquees en pleins champs sans aucune sorte de fumure, sont de plus en plus courtes. Les petits exploitants haitiens ant done ete forces d'inventer et d'a.ppliquer des methodes pour amender "artificiellement" les sols: a) le verger, qui reproduit artificiellement une c.ouverture de type forestier, protegeant et fertilisant le sol; et b) des cultures permanentes dans des jardins clotures qui re~oivent une fumure organique provenant des vergers, du betail et des ordures menageres. - 100 ­ A.."INEXE D Page 6 10. Telle a ete la base de la croissance de l'economie paysanne ha'itienne jusqu'a la preml.ere moitie de ce siecle, periode pendant laquelle l'agriculteur avait vraiment de quoi subsister et a connu ce que I' on pourrai t presque appe ler un "age d' or". Toutefois, cela ne peut dissimuler Ie fait que Ie revenu en especes provenant de la vente de cafe et de denrees vivrieres (haricots, maYs, sorgho, fruits, legumes, produits animaux) etait et reste limite, principalement pour deux raisons : a) premierement, les excedents conunercialisables ont toujours ete reduits, la productivite de la main-d'oeuvre etant limitee par Ie caractere primi tif des outils employes. Ceux-ci datent en fait de l'epoque coloniale : houes, pioches et machettes. Avec de tels outi.ls, une famille ne peut cultiver que moins d'un carreau sans louer de main-d'oeuvre; et b) deuxiemement, les divers agents conunerciaux, les fournisseurs de services, Ie Gouvernement. les usuriers. les geometres­ arpenteurs. etc., operent des prelevements importants sur Ie produit de ces excedents. En fai~. les petits exploitants agricoles ha'itiens ont peut-etre pu a certaines epoques bien manger. mais ils n'ont jamais pu bien s'habiller ni etre bien loges. ni s'instruire ou s'equiper convenablement. Leur outillage n'a pas change. La superficie qu'ils cultivent et leur nombre ont augmente et ils en sont venus a compter parmi les petits agriculteurs les plus capables du monde. Pourtant, chose curieuse, leur equipement et leurs outils ne se sont pas ameliores, ce qui impose en fait une limite a la productivite de la main-d'oeuvre et de la terre et aux augmentations de la production. 11. Aux XVIle et XVIIle siecles, l'agriculture europeenne s'etait dotee depuis long temps de systemes efficaces de production mixte (cultures plus elevage). Avec des charrues. des chariots a quatre roues et des charrettes a bras, un honune pouvait a lui seul cultiver 5 a 6 ha, recolter du foin et de la paille, nourrir 2 a 4 tetes de betail dans une etable pendant les mois d' hi ver e t transporter 20 tonnes de fumier jusqu' a ses champs de ble. Dans les grandes plantations haitiennes du XVllIe siecle, la charrette a bras n'etait utilisee que pour transporter les cannes jusqu'aux sucreries et la charrue etait tres rare. Le faible coilt de la main-d 'oeuvre esc lave dissuactai t les agricul teurs d' engager des depenses d'equipement pour ameliorer sa productivite et celIe de leurs terres. En fait, aujourd'hui encore conune au XVIlle siecle, les Haitiens utilisent un outillage semblable a celui des lati:undia romains du debut de notre ere. Qui plus est, ces outils ne sont pas fabriques localement; les houes et les machettes sont importees. Dans les villages des collines, il n'y a pas de forgerons. pas de charrons capables de fabriquer des charrues et - 101 ­ ANNEXE D ?age 7 des charrettes, ou meme de reproduire, d'ameliorer ou d'adapter des outils manuels. Les grandes houes plates qui sont utilisees ne conviennent pas au terrain pierre~x et montagneux. Dans l'Artibonite, Ie riz est recolte a la main, epi par epi. La faux et la faucille sont inconnues. Le manque de numeraire et l'absence (apres l'independance) d'associations d'artisans et de fermier-s capables d 'adapter et d 'ameliorer ces outils onl: interrompu, i l y a deux siecles, l'evolution de la technique de l'outillage qui est maintenant l'une des moins avancees dans le monde. De ce point de vue, HaYti se trouve dans une situation pire que l'Afrique, au i1 s'est cree un artisanat local qui a faci1ite 1'ame1ioration des outi1s a main et l'intcoduction de la traction anima1e. La position d'Ha'iti ne peut se comparer a celIe de l ' Asie du Sud-Est, ou les traditions d' artisanat agric01e sont profondement enracinees et ou 1a petite industrie progresse, sans mentionner 1 'Amerique 1atine, l'Europe et 1'Amerique du Nord. 12. Tan t qu' i1s pouvaien t prof iter des ressources en bo is e t des ferti l.es reserves fores tie res des collines, les petits exploi tants haYtiens etaient en mesure de soutenir 1a ,concurrence de l'Asie, de l'Amet'ique du Sud ou des autres pays des Cara'ibes. Mais la multiplication des petites exploitations a epuise les res sources forestieres et la fertilite du sol. Il ne reste plus donc pratiquement aux pet'its exp10itants que leur' courage et leur savoir. Cela ne suffit plus au XXe Steele pour lut ter avec des pays temperes ou tropicaux ou 1 'agriculture beneficie d'avantages naturels et d'une technologie moderr"le. Au XIXe siecle, avec la traction animale, l'agriculture etait plus de dix fois plus productive en Europe, en Amerique du Nord et en Asie que 1 'agriculture manuelle d'Haiti. Avec la motorisation, la mecan:isation, les moyens chimiques du XXe siecle, elle l'est cent fois plus. La pr-atique de methodes modernes, apres s' etre etendue a La production a grande echelle des cereales, du soja, de la betterave sucri~re et du fourrage dans les pays industriels de l'hemisphere nord, a progressivement gagne les plantations "tropicales" des pays en deve1oppement. A cet enorme accroissement de la productivite de grands secteurs de l'agriculture mondiale a correspondu une baisse des prix re1atifs des produits agricoles. 13. Comme n'importe quel petit producteur qui, faute de ressources financieres, ne peut pas s'acheter de materiel pour augmenter sa production et sa productivite, les petits agriculteurs ha'itiens pere;oivent un revenu en especes de plus en plus faible, a cause de la deterieration des termes de l' echange et du morcellement progressif des exploitations. Pour lut ter contre ce t te reduc tion de leur pouvoir d' achat, ils intensifient leurs efforts, vendant un pourcentage de plus en plus eleve de leur production vivriere au detriment de leur propre subsistance, et surexploi :ant dans l'immediat les superficies cultivees aux depens d' une - 102 ­ A..""NEXE D Page 8 restauration a long terme. 11 leur sera bientot impossible de remplacer leurs maigres moyens de production. Certains d'entre eux n'ont deja meme plus de houes et doivent en emprunter une a leurs v@isins. Cette crise menace la petite exploitation en tant qu'unite economique sur tous les fronts la main-d'oeuvre est sous-alimentee, la fertilite du sol est moins bien entretenue et l'outillage est de plus en plus difficile a remplacer. Face a cette situation, certains petits exploitants, les jeunes, les plus capables, cherchent un travail remunere dans les villes ou a l'etranger pour subvenir aux besoins de leur exploitation et de leur famille. S'Us echouent, il ne reste d'autre solution viable qu'un exode de la famille tout entithe. Ainsi, La crise de la petite exploitation ha'itienne fournit depuis quelques annees de 1a main-d 'oeuvre aux marches des Cara'ibes et de I' Amerique du Nord et egalement a Port-au-Prince et a certaines des plaines qui connaissent un regain d 'activite, comme l'Artibonite. Plus el1e se prolongera, plus la situation des petits exp1oitants, qui" sont en voie de devenir un flux incessant d'agricu1teurs ruines, sans Ie sou, beaucoup trap nombreux pour 1es possibilites d'emploi du pays et de 1a region, empirera. 14. Le SUccE~S de 1a petite agriculture ha"itienne a longtemps mis Ie pays a l'abri d'une pauvrete urbaine massive, mais sa crise actuelle 1'y expose manifestement. Meme si de grandes usines de montage sont construites' comme prevu, i1 est peu probable que les villes aient suffisamement d'emplois a offrir a 1a maree hurnaine qui se forme actuellement dans les col lines . Les ins titutions poli tiques. administratives et economiques pourront-elles resister aux consequences de cette escalade de la misere? Beaucoup en doutent fortement. Le moins qu'on puisse dire, dans les circonstances actuelles, c'est que toute mesure, toute politique qui affaiblirait la position des petits exploitants haltiens et aggraverait la crise dont i1s sont victimes irait a 1 'encontre du bien-etre de la majorite et de ses droits fondamentaux. Il faut adopter des mesures qui permettront a~x petits agriculteurs d'ameliorer progressivement leur outi11age, en tirant parti de leur SOmme enorme de courage et d'experience. Ce n'est qu'ainsi qu'lls pourront mieux participer a 1 'approvisionnement de La nation. a un accroissement des exportations et au developpement du marche interieur. Ce n'est qU'alors qu'Us pourront proteger les callines (et les plaines) c~ntre l'erasion et restaurer la ferti1ite des sols si appauvris des zones agricoles, comme ils sauraient si D1en Ie faire (mieux que quiconque) s'lls en avaient les moyens et y etaient encourages. - 103 ­ ANNEXE D Page 9 3. REPARTITION DES TERRES, SUPERFICIE DES EXPLOITATIO:;S ET REGIME FaNCIER Repartition des terres 15. La repartition des terres n' est pas connue avec precision. Il faudrait proceder Ii un leve cadastral; celui-ci devrait etre detail (inventaire complet) pour les terres domaniales et les grandes et tres grandes proprie tes. Pour les petites proprietes ~ des etudes regionales sur Ie terrain pourraient suffire. Les Chapitres 2 et 6 contiennent quelques-uns des renseignements, bien imparfaits, dont on dispose au sujet de la repariition des terre~. 16. Terres domaniales. Malgre les pertes subies depuis le XIXe siecle, l'Etat reste certainement Ie plus grand propr1ecaire terrien. On peut recenser facilement 60.000 ha lui appartenant dans Ie Nord-Est et Ie Plateau central et, dans une mesure moindre~ dans I' Artibonite et les autres plaines. Les grandes proprietes privees sont situet~s dans les plaines et Ie Plateau central et leur proportion de la superficie totale est mal connue. Certaines des grandes proprietes privees sont en meme temps en partie de grandes exploitations. . 17. Petites exploitations. La petite exploitation, dont la surface est p:roportionnee aux besoins et aux moyens de la famille, predomine dans l'ensemble du pays et, dans certaines regions montagneuses, constitue pratiquement Ie seul type d 'exploitation. 18. Tres petites exploitations. Beaucoup de peti tes exploitations ont une surface inferieure Ii celle dont la famille aurait besoin pour subsister ou qU'elle pourrait travailler. Elles ont en grande partie leur origine dans des partages successoraux. Cet te evolution tend Ii creer un regimE d'exploitations d'une surface inferieure aux moyens de la famille, ce qui provoque un exode rural. 19. Exploitations de moyenne dimension. Ces exploitations ont une superficie superieure Ii celle dont la famille a besoin pour sa subsistance ou qu'elle peut cultiver et sont cultivees avec l'aide de fermiers et de metayers, ou parfois simplement de plusieurs concubines (les "femmes-jardins") au, dans les regions les plus riches, d'une main-d'oeuvre remuneree. Elles se sont creees dans les plaines, aux de pens des terres domaniales et des grandes exploi ta tions pr1 vees, mais aussi dans les col lines , les hautes vallees et le Plateau central, aux de pens des petites exploitations. On connai t mal leur nombre et leur reparti tion par categorie, mais elles ne representent vraisemblablement qu'une petite proportion du nombre total d'exploitations, 10 Ii 20 % peut-e:re. - 104 ­ ANNEXE D Page 10 Dimension des exploitations et modes de faire-valoir 20. Les grandes proprietes. domaniales et privees, appar tiennen t a deux types principaux. 21. Anciennes societes des Etats-Unis. Elles ont ete creees pendant la periode d'occupation (1915-1934) dans les grandes terres domaniales et. parfois. a la suite de l'expulsion d'agricu1teurs qui s'y etaient precedemment installes. Citons notamment : a) la Compagnie sucriere americano-ha'itienne et la Societe americano-ha'i tienne de developpement qui, a e11es deux, exploitent plus de 30.000 ha dans la plaine du Cul-de-Sac; b) la Societe agricole americano-ha'itienne (4.000 hal; et c) la Societe sucriere Caldos (2.500 ha). 22. Grandes exploitations privees. Citons a) la plantation Dauphin, dans le Nord-Est, qui couvre 20.000 ha consacres au sisal et a l'e1evage extensif; et b) les grandes plantations de sisal dans la plaine du Cul-de-Sac. Il existe naturellement bien d'autres grandes proprietes. dont les conditions d'exploitation ne sont pas bien connues. 23. Repartition des exploitations par superficie. Le tableau suivant est fonde sur les donnees de recensements de 1950 et 1971 (dont les grandes proprietes etaient exclues) : du nombre de la de la total superficie total superficie Superficie d'exploitations totale d'exp1oitations totale 110ins de 1 carreau 39.4 11 ,0 71.0 32.5 De 1 a 2 carreaux 30,3 22,7 17,9 26, 1 De 2 a 5 carreaux 24.2 36.9 9,3 27,1 Plus de.5 carreaux 6,1 29,4 1,8 14.3 - 105 ­ ANNEXE D Page 11. Ce tableau confirme que, comme on LOa dit precedemment, les petites exploitations (moins de 5 carreaux) sont a la fois les plus nombreuses (98 % environ) et celles qui couvrent la plus grande superficie (environ 85 %). Il montre egalement qu'il existe manifestement une tendance a l'accroissement de la proportion des tres petites exploitations (de moins de 1 carreau) : leur nombre et leur surface sont passes respectiv~ment de 39 et 11 % a 71 et 33 %. Ce phenomene est du aux partages successoraux. La tendance a la reduction de la superficie des exploitations au-dessouG de celIe qu'une famille peut cultiver et qui est necessaire a sa subsistance est donc Ie resultat de l'accroissement de la population. La proliferation de ces tres petites exploitations s 'est traduite par une diminution du nombre et, parfois, de la superficie de toutes les autres categories a) Ie nombre d'exploitations de 1 a 2 carreaux est tombe de 30,3 a 17,9 %, bien que Ie total de leur superficie soit passe de 22,7 a 26,1 %; b) pour ce qui est .s exploitations de 2 a 5 carreaux, on a enregistre une dim1nution marquee a la fois de leur nombre (24,2 a 9,3 %) et de leur superficie (36,9 a 27,1 %); et c) Ie nombre des exploitations de plus de 5 carreaux est tombe de 6,1 a 1,8 %, et leur surface de 29,4 a 14,3 %. II existe donc une tendance manifeste a la multiplication des tres petites exploitations qui est directement liee a l'accroissement de la population rural,~ et qui persiste malgre un exode rural massif. Cela confirme nos premi~res conclusions (Chapitre 2) : la surpopulation dans les collines et la proliferation des mini-exploitations incitent a deserter La terre. Noton,3 egalement Ie manque d 'outillage et la multiplication des taxes et des imp6ts qui ne font qu'aggraver la crise de la petite exploitation. Modes de faire-valoir 24. Faire-valoir direct. C'est Ie mode de faire-valoir qui predomine dans les collines, o~ ~'on estime qu'environ 60 % des parcelies sont exp~oitees par leurs proprietaires. Malgre la tendance a un regime de mini-exp loitations, i l semble n' y avoir que peu d' agricul teurs sans terres (moins de 5 % de Ia population rurale). Cela s' explique par Ie petit nombre d'exploitatipns plus etendues pouvant offrir des emplois dans les collines. Lorsqu' un agricul teur sans terres ne peut acquerir llne parcelle assez grande pour y ins taller son foyer et y creer un verger et un jaedin cloture, i l est contraint de partir a la ville. Les partages successoraux se font selon Ie droit coutumier, qui ne coincide pas avec le droit ecrit tous les enfants (legitimes. naturels ou adulterins) - 106 ­ ANNEXE D Page 12 heritent d'une parcelle, mais les parts sont souvent inegales (les enfants legitimes recevant plus que les enfants naturels et ceux-ci plus que les enfants adul terins). Les adul tes du sexe masculin peuvent commencer a s'installer avant le partage successoral, ce qui se traduit par une depossession relative des femmes et des migrants. La majorite des parcelles se retrouvent ainsi aux mains d'occupants qui n'ont pas de titre de propriete. Cette situation est due au coilt eleve des honoraires des geometres-arpenteurs et des notaires, auxquels il n'est fait appel qu'e1'l. cas de differends graves. L'occupant vit donc dans la crainte de voir son droit conteste par un parent eloigne qui revient dans la region ou par le detenteur d'un titre de propriete, legitime ou non, et d'etre evince, ce qui arrive souvent lorsque des ameliorations majeures ont ete apportees a une terre et semble etre frequent dans les zones irriguees. Au surplus, les notaires et les arpenteurs-geometres sont remuneres forfaitairement et non en fonction de la superficie, ce qui rend leurs services trop chers pour le petit exploitant et celui-ci prefere en consequence s'en remettre au droit coutumier, meme si cela signifie pour lui une situation precaire. 25. Indivision. Les parcelles heritees finissent souvent par etre si petites qu'il devient impossible de les partager. Une partie des terres. generalement la moins bonne, reste done dans l'indiyision, ce qui empeche 1 'introduction des ameliorations necessaires. Ces terres indivises ne sont pas protegees contre l'erosion, ne sont pas plantees et sont surpaturees par les animaux de tous ceux qui ont un droit sur elles, ee qui entraine la degradation et l' erosion du sol. Parfois, elles sont cultivees et ceux qui sont sur place et ont un droit sur elles s 'en partagent les recoltes chaque annee. Cela fait obstacle a~x investissements et, comme precedemment, aboutit a la surexploitation et a la degradation des sols. 26. Metayage. Le plus frequemment, le proprietaire et le metayer se partagent la recolte par moitie. Dans les coUines, Ie proprietaire est frequemment un agriculteur de la region et Ie metayer un autre agriculteur plus pauvre ou qui cherche simplement a diversifier les type de sols qu'il travaille afin de completer Ia gamme de ses cultures et de ses animaux. Il y a donc souvent un equilibre dans cette sorte d'arrangement. Toutefois, lorsque la terre es t plus riche (dans les vallees) et que les loyers sont eleves, la proportion d'exploitants qui sont des proprietaires et des metayers pratiquement sans terres est superieure a la norme. Dans les plaines. certaines des grandes exploitations sont partagees entre des metayers (purs. et simples). Dans les zones suerieres, les metayers font des cultures intercalaires de subsistance tout en entre tenant des plantations de canne. - 107 ­ ANNEXE D Page 13 27. Fermage. II en existe plusieurs types : a) Ie bail, dont la duree et Ie prix sont variables. Souvent, la jouissance est precaire et n'excede pas une annee ou meme seulement une campagne (c'est-a-dire environ six mois). Pour certains produits, Ie loyer peut etre eleve. Dans l'Artibonite, il est d'environ 250 dollars par carreau pour une recolte de riz (six mois); b) la "potek" est un mode de fermage utilise par les petits exploitants qui n'ont pas d'argent; ils louent leur terre pour un certain nombre d' annees (moins de neuf) moy-ennant un prix fixe modeste (ceux qui fournissent l'argent prelevant un montant eleve a titre d'interet); et c) la lo'cation de terres domaniales cons titue un cas particulier. Les locataires de cesterres, dont Ie bail est souvent deja ancien, beneficient du privilege considerable (qui se transmet par voie de succession) de pouvoir louer de grandes terres domaniales a des prix qui n' ont pas ete ajustes de puis des annees. II s'agi~ en fait de concessions quasi gratuites. Ce privilege se negocie. Les locataires peuvent cultiver les terres eux-memes, ou les sous-louer avec un gros prof i t a des metayers ou a des fermiers. 28. On peut voir que, dans 1 'ensemble, Ie Code rural Fran~ois Duvalier n'est pas effectivement applique. Pour eviter les lourds honora.ires des geometres-arpenteurs et les frais eleves d 'acquisition d 'un titre de propriete et des frais de justice disproportionnes avec leurs moyen;;; financiers, les petits exploitants ha'itiens persistent a recourir a un droit coutumier perpetuellement renegocie qui, s' il leur evite les depenses couteuses du droit ecrit, rend leur s tatut juridico-poli tique encore plus precaire, ce qui reduit notablement leur efficacite economique et te~hnique. Cette precarite et Ie regime de l'indivision contribuent a reduire les investissements dans la lutte c~ntre 1 'erosion et l'ame:.ioration du sol (epierrage, mise en place de clotures, irrigation, ferti:_isation organique) et favorisent la surexploitation et la degration des terres. 4. CONDITION SOCIALE ET ATTITUDE DE LA POPULATION RURALE 29. Integres de puis longtemps dans 1 'economie de marche, les petits exploitants des collines vendent une proportion notable de leur production. Alors qu' au XIXe siecle ils vendaient principalement du cafe et dt:. bois pour acheter des outils et des vetements, il leur faut maintenanc acheter et vendre des produits de subsistance. Leurs besoins - 108 ­ At'JNEXE D Page 14 d'argent sont si pressants et les installations de stockage des exploitations si rudimentaires (elles sont meme souvent inexistantes) qu'Us doivent vendre leurs produits inunediatement apres la recolte, bien· que les prix soient alors a. leur niveau Ie plus bas. Parfois, ils sont meme contraints de vendre leurs nkol tes encore sur pied a. des preteurs-speculateurs vis-a.-vis de qui ils sont endettes. Ils doivent alors acheter (racheter) une grande proportion des denrees et des graines dont Us ont besoin en periode de penurie-, lorsque les prix peuvent etre deux a quatre fois plus eleves qu' au moment de la recol te. Les familIes disposent de si peu d'argent qU'elles doivent souvent acheter a. credit. Les negociants leur pretent, pour acheter leur subsistance, a. des taux usuraires 10 a 20 % par mois. Pour pouvoir emprunter, les petits exploitants sont parfois obliges d'hypothequer une partie de leur terre ou de vendre leurs futures recol tes au rabais. Ils se retrouvent ainsi a la merci de speculateurs conunerciaux qui deviennent leurs acheteurs attitres et ils sont rarement libres de choisir Ie negociant a qui ils vendent leur production. 30. Menaces par I 'usure et la speculation, les petits exploitants s'efforcent en general de pratiquer des cultures de subsistance leur permettant de re~olter tout au long de I 'annee et de minimiser Ie risque d'une mauvaise campagne (qui peut leur etre fatale). En consequence, ils travaillent un certain nombre de parcelles, dans differents ecosystemes, bien que cela les oblige a prendre en metayage des terres eloignees les unes des autres (dans ce contexte, Ie remembrement serait desastreux). La culture intercalaire (de plantes a. cycles vegetatifs et a. besoins agroecologiques differents) est tres repandue dans les collines, parce qu' elle permet des nkol tes etalees dans Ie temps, ce qui diminue Ie risque d'une perte totale due au climat. L'abondance de la main-d'oeuvre (par rapport a la superficie limitee dont dispose la famille) et Ie manque d 'emplois non agricoles encouragent les petits exploitants a choisir des sytemes de production qui demandent enormement de travail manuel (d'autalt plus que les outils sont tres inappropries). Toutefois, la fa90n dont les parcelles sont soignees varie considerablement, selon Ie degre de securite de jouissance e t la dis tance qui les separe de la maison f ami lia Ie. Les jardins qui entourent les maisons sont presque toujours la propriete de I' exploi tant et bien entretenus. Generalement occupes par des vergers composites (a. l'ombre desquels sont plantes des cafeiers),' ils sont fertilises a l'aide de residus organiques provenant de la couverture arboree (feuilles, fruits, etc.), d'ordures menageres et de dechets vegetaux ou d'origine animale (provenant des porcheries avant la campagne. d'elimination du troupeau porcin). Les champs a proximite des vergers, faciles d'acces et qui ne posent pas de probleme de transport, sont generalement clotures et cuI tives par leur proprietaire en permanence. Abondamment fumes, ils portent -des cultures annuelles racines et tubercules, legumes secs et quelques cereales. Ils ne sont jamais en - 109 ­ A.,.'\'NEXE D Page is jachere. Les parcelles les plus eloignees sont des pleins champs. en jachere pendant des periodes de durees variables (une annee ou plus) lorsque la superficie disponible Ie permet. 31. La precarite des droits fonciers sur un grand nombre de parcelles dissuade les ?etits exploitants de les ameliorer (elles ne rerroivent aucune fumure). Presque toutes les graines. toute la paille. tout Ie fourrage. etc.. n~col tes sont emportes; il n' y a donc aucune restitution ulterieure des matieres organiques ou minerales consonunees. Les ouvrages de protection et de conservation des sols (haies pour la luttE! c~ntre l'erosion, muret~es, etc.) sont inexistants ou mal entrE-tenus, non par manque de connaissances techniques, mais parce que les problemes de statut foncier restent sans s91ution. Frequemment, on eleve du betail pour utiliser les residus des recoltes (feuilles de bananier, cosses de legumes secs, feuilleg. diverses, etc.) en differentes saisons. L'elevage joue donc un role important dans le transfert de la fertilite des parcelfes eloignees (ou dont la jouissance est precaire) ad' autres plus prcches des maisons et exploitees par leur proprietaire, qui sont travaillees de farron tres intensive et qui portent les cultures demandant la fumure la plus riche. Au surplus, le betail constitue une forme d'epargne. L'exploitant vend ses animaux lorsqu'il doit faire face a des depenses plus ou moins pre~isibles et importantes, par exemple, pour la scolarite de ses enfants, les soins medicaux et, a l'occasion, l'achat d'autres parcelles. La disparition recente de l'elevage du pore a la suite de 1a campagne contre la fievre porcine a reduit cette forme d'epargne et encore affaibli la position des petits exploitants. 5. AUTOCONSOMMATION, PRODUCTION, PRIX RELATIFS £T CONCURRENCE 32. On ne possede pas de donnees s tatis tiques detaillees sur La situation actuelle. Toutefois, on peut, a partir d'etudes menees dans certains domaines, formuler un certain nombre d' hypotheses et de conclusions temporaires que des etudes ulterieures permettront de verifier ou de modii ier. Les plantations des plaines sont essentiellement axees sur la vente. 11 n' en es t pas ques tion ici. La petite exploi tation des collines est en revanche fondee sur des systemes de production complexes combinant l' autoconsommation et La production pour Ie marche. Ces systeriles s~nt, comme on l'a dit plus haut, strictemenL determines par l' env:i.ronnement materiel, econorrtique et social. On peut les resumer de La fac;on suivante : - 110 ­ A..'lNEXE D Page 16 Types de parcelle Produits vegetaux Produits animaux Fruits Verger familial Banane Porcs creoles Avocat Volaille Cafe Ag.rumes Fruit de l'arbre a pain Citrouille Racines et tubercules Jardin cloture Igname volubile fa Porcs creoles (cultive et fume Ignaine Attoto et bovins en intensivement) Manioc enclos Patate douce Legumes verts Vetiver fb Legumes secs PIe ins champs Haricot Tous animaux avec jachere Niebe porcs Pois bovins Pois congo chevres Cereales M .. PIe ins champs ..a~s avec jachere Sorgho Sisal Terres en friche Chevres (cabrits) ("raks". zones boisees. paturages) fa Cultive a la fois dans les vergers familiaux et les jardins clotures. fb Cultive a la fois dans les jardins clotures et en pleins champs. Il ressort de ce tableau que les petits exploitants des col lines a) assurent leur susbsistance essentiellement au moyen: i) de racines et tubercules (igname, manioc, patate douce) cultives principalement dans les vergers et les jardins familiaux; - 111 ­ ANNEXE D Page 17 ii) de fruits et legumes (banane plantain, citrouille, avocat, mangue, fruit de l'arbre a pain, mirliton, epinard, autres tiges et pousses) egalement cul tives dans les vergers et les jardins familiaux; iii) de legumes secs et de cereales, cultives en pleins champs; les animaux paissent pendant les periodes de jachere, qui sont de plus en plus courtes; et iv) de proteines animales (porcs creoles, chevres, bovins), bien que les betes soient elevees davantage pour la vente que pour l'autoconsommation, en vue de l'achat de cereales et de marchandises; b) se procurent un revenu en especes, par la vente i) de produits animaux; ii) du produit de cultures de rapport comme celle du cafeier (a l'ombre des vergers fruitiers sur les terres les plus riches et les mieux fertilisees) et du vetiver (dans les jardins familiaux clotures, en culture intensive, ou en pleins champs); et iii) de .l'excedent de cultures de subsistance, le cas echeant : frui ts, legumes verts t legumes secs et cereales, par exemple. L' elevage ne permet de satisfaire qu' u.ne petite proportion des besoins nutritionnels en proteines animales. Traditionnellement, les petits exploitants, en particulier ceux des collines, achetaient done du poisson seche (specialement de la morue). Ne pouvant plus le faire, ils ont rempla·:::e les proteines animales par des proteines vegetales en developpant La production de legumes sees, d~nt le marche s'est etendu proportionnellement. 33. Si nous considerons le developpement de ce systeme agricole et nutritionnel dans son ensemble. on peut dire que l'accroissement de la population s' est traduit par une augmentation du nombre des menages. des vergers ec des jardins clotures. Toutefois, l'expansion de ces parcelles favorisees, qui sont protegees c~ntre l'erosion et fumees avec des' matier~s organiques, est limitee par deux facteurs decisifs a) le nombre insuffisant d' outils et leur mauvaise adaptation aux besoins reels, qui empechent les petits exploitants de proceder a de grandes operations d'amelioration des terres; et - 112 ­ A..\j"NEXE D Page 18 b) 1a precarite du statut foncier, qui touche les terres en metayage et affermees et 1es terres indivises et, dans une certaine mesure, 1es terres pour lesquel1es i1 existe un titre de propriete. 34. Pour 1es cultures en p1eins champs, 1a reduction de 1a duree des jacheres amoindrit 1a fertilite du sol et, par voie de consequence, les rendements en cereales et en legumes, ce qui diminue 1es excedents commercialisables et parfois meme 1a quantite d 'aliments dont la famille dispose. Pour que le petit exploitant ha'itien puisse etendreaux cultures en pleins champs 1es riches methodes de protection et de fertilisation appliquees dans les vergers' et les jardins clotures a cuI ture intensive, il faudra deux types principaux de mesures : a) accroitre la productivite des terres et du travail grace a une amelioration notable du nombre, de la diversification et de la qualite des outils et autre materiel disponible. L'outillage employe actuellement par un petit exploitant ha'itien represente un capital inferieur a 20 dollars. I1 faudrait se fixer comme premier objectif d'elever ce montant a quelque 200 dollars (brouettes, barres a mine, divers types de houes, faux et faucilles, etc.); et b) faciliter l'acquisition de leur titre de proprietepar les peti ts exploitants. I1 faudrait etendre le benefice de cette politique aux occupants de terres indivises (terres a cabri ts) et de ravines ("fonds frets"), qui donnent de bons rendemen ts lorsqu'elles sont remises en etat 1/ et plantees d'arbres fruitiers et de cafeiers. Il faut bien se rendre compte que l'ame1ioration du materiel et la regularisation de leur situation au regard du reg1me foncier sont actuellement hors de portee de 1a majorite des petits exploitants. Mal nourris, et souvent contraints de sacrifier des ameliorations a long terme 8 1a necessite de survivre "8 tout prix" dans l' immediat, ceux-ci ne peuvent payer le prix des mesures de regularisation ou des outils plus perfectionnes dont ils ont besoin. 35. Pour proteger 1a reg10n des col1ines c~ntre la menace de l'erosion, rendre leur fertilite aux sols degrades des pleins champs, des terres a cabrits et des fonds frets erodes, et eviter qu'un raz~de-maree 1/ A cet egard. il est recommande d 'etudier les travaux de remise en etat des fonds frets auxquels certains petits exp10itants .de Morisseau procedent avec un outillage approprie. - 113 ­ A.NNEXE D Page 19 de peti ts exploi tants ruines ne deferlent des collines sur des villes incapables de les employer, l'aide et la cooperation internationale devr.3.ient se fixer deux buts prioritaires : a) procurer aux petits exploitants des coIl ines des outils ameliores, soit gratuitement, soit a. credit, a. des taux d'interet preferentiels; et b) regulariser, gratuitement, la situation legale et cadastrale des occupants et des proprietaires des terres. 36. On ouvrirait ainsi une nouvelle frontiere aux petits exploitants des collines, en leur permettant d'etendre les superficies livrees a une cul ture intensive vergers, plantations (y compris de cafeiers), et champs de legumes. Le cafeier local demande en realite a. etre cultive a l'ombre d'autres arbres, c'est-a.-dire, en raison de la disparition de la couverture forestiere, dans des vergers ou sous d' autres arbres fruitiers. Il faudra done, pour en developper la culture, appliquer les mesures recommandees plus haut. L' introduction dans I' economie rurale de nouvelles varietes de cafeiers pouvant etre cultivees en pleins champs demande elle aussi une regularisation du regime foncier, sans laquelle il sera impossible de pratiquer la cafeicul ture dans les terres a. cabrits ou les fonds frets erodes. La cafeiculture est une culture intensive, la plantation et l'entretien demandant beaucoup de travail, en meme temps que la reconstitution et Ie maintien d 'un niveau minimum de fertilite organique du sol. Son extension ne sera possible qu'avec une large diffusion d 'outils ameliores. Il ne faut pas non plus oublier que les agriccl.1 teurs ha"itiens ont recemment perdu tous leurs troupeaLLx de pores, sacrifies pour proteger les eleveurs du Canada, des Etats-Unis et du Mexiq"le. Les recettes provenant de 1 'elevage du pore representaient une part importante du revenu et des maigres economies des peti ts exploi tanes et perme~taient, dans une grande mesure, de restituer sa fertilite au sol dans Les vergers et les jardins clotures traditionnels (et, d'une maniere beaucoup plus originale, dans les jardins de Kenscoff). 37. Toutefois, l' amelioration de l' outillage, la regularisation du statuI: foncier et la recor.stitution du troupeau de porcs ne suffiraient pas a. eUes seuies a un : ~dressement a. long terme de l' economie rurale. Il faudra aussi prendre des mesures en matiere de politique des prix a 1a production et de credit et d'autres dispositions visant a encourager la croissance du secteur de la petite exploi tation. Premierement, i1 faudrai t aligner les prix des produi ts commercialisables sur des prix frontieres paritaires. Le meilleur point de depart serait probablement 1e prix (:'u ,~afe, qui a nkemment beneficie d 'une petite reduction (10 %) de la taxe a l' exportation. On ne sai t toutefois pas avec certitude dans quelle mesure cette reduction au, le cas echeant, d'autres qui lui - 114 ­ Al'INEXE D Page 20 succederaient, se refleteront dans les prix a la production. En eff;;t, l'achat et la commercialisation du cafe en Haiti semblent relever quelque peu de l'oligopsone 1/. Le probleme demande a etre etudie plus avant. ~~ un office de commer~ialisation du cafe etait cree, il serait possible de fixer les prix a la production et de transferer toute la marge de la taxe a l'exportation a un fonds de stabilisation des prix, qui pourrait aussi financer des activites de remise en etat des plantations de cafe dans les petites exploitations et les services de production, par exemple, les pepinieres qui produiraient des varietes ameliorees de jeunes plants et de nouvelles usines de traitement par voie humide qui produiraient du cafe de haute qualite. 38. Pendant cette periode de redressement, il importera de veiller a ce que les petits exploitants conservent leur revenu, ce qui n'a malheureusement pas ete le cas a la suite de l'elimination nkente du troupeau de porcs. On pourrait soutenir que I' importation de cereales a bas prix serait un moyen interessant d'abaisser Ie cout des denrees alimentaires au profit de la "majorite des Ha'itiens" , tout en augmentant le prix relatif du cafe par rapport a celui du mais. Ces deux arguments sont contestables, pour un certain nombre de raisons. Premierement, la majorite des Ha'itiens sont des producteurs agricoles, qui vendent plus de cereales, de haricots ou d'autres denrees vivrieres qu'ils n'en achetent. Une telle mesure ne serait donc avantageuse que pour une minorite urbaine, au detriment de la majorite rurale. Par ailleurs, une reduction des prix des cereales, loin d ameliorer le sort de la majorHe (les pauvres des I campagnes), exacerberai t la crise economique et la misere rurale, ce qui provoquerait une acceleration de l'exode vers les villes et du chomage qui y sevit. Il faut donc etudier tres soigneusement toutes les consequences que pourraient avoir des modifications de la politique des prix et 1 'adoption d' autres reformes envisagees, specialement dans le domaine du cafe et des cereales. 39. 11 faut bien se rendre compte que les reactions de l' economie rurale d'Haiti aux modifications des prix ne sont pas celles d'une economie agricole prospere et en expansion mais sont fonction des structures particulieres de la production : environnement, outils, regime foncier, methodes culturales et association speciale des cultures et de l'elevage. Pour prevoir comment un tel systeme se comportera en cas de modifications, il faut bien connaitre sa structure, son fonctionnement et la dynamique et les formes de l'evolution qui lui sont particulieres. Pour diverses raisons, et compte tenu de la situation dramatique dans la 1:.1 Cette question est examinee brievement au.x paragraphes 9.07 et 9.08 du corps principal du texte. - 115 ­ ANNEXE 0 Page 21 region des collines, i l serait a tous egards peu sage de proposer des mesures qui limiteraient encore la marge de manoeuvre dont dispose Ie paysan ha"itien. 40. En derniere analyse, meme une bonne politique des prix ne suffira pas a mettre les petits exploitants ha"itiens en mesure d'investir dans la traction animale, de petits ouvrages de maitrise de 1 'eau et une mecanisation a petite eche11e. I1 faudrait creer un systeme decentralise et peu couteux de credit qui permettrait d'eliminer l'usure en fournissant des pre ts pour I' acquis i t ion· de moyens de subs is tance, d' ou tillage, de terres, de betail, etc. La aussi, la COlIUllunaute internationale pourrai t fournir une aide, avec l' appui du reseau considerable de missions et de projets etrangers en HaYti. Ces missions et ces projets devraient s'efforcer avant tout d'equiper les petits exploitants, en leur fournissant du credit et en leur donnant confiance dans des operations productives. C'est a cause d'une mauvaise connaissance de l'economie ruraL=! du pays que tant de projets et d 'organismes de developpement prenn,':!nt des decisions inappropriees. I1 faudrai t dresser un inventaire de ces erreurs avant de proposer ou d' executer tout nouveau progralIUlle. Cette etude preliminaire pourrait faire partie d'une etude globale de l'economie rurale nationale (voir l'Appendice). 6. RESUME ET CONCLUSIONS Resume 41. La foret originelle d'HaYti a disparu a cause des methodes de defrichement qu'ont utilisees successivement depuis l'ere precolombienne c.) les Indiens Arawak, qui pratiquaient Ie debroussaillage et le brulis pour planter des cultures ternporaires; b) les exploitants qui pratiquaient un elevage extensif et fumaient et sechaient de la viande et du poisson; c) les grands planteurs coloniaux des XVIIe et XVIIIe siecles; et d) les petits exploitants des XIXe et XXe siecles. 42. En meme temps que les forets disparaissaient, la richesse organique et minerale du sol a diminue et en grande partie disparu. En fin de compte, c'est la petite exploitation qui : a) a acheve de detruire les ecosystemes forestiers dans les zones montagneuses; et - 116 ­ A.~EXE D Page 2.2 b) a cree une methode originale, appropriee et perfectionnee de reproduction artificielle de la fertilite du sol, fondee sur les vergers fruitiers en association avec l'elevage et une polyculture pratiquee dans des champs enclos fertilises avec des residus organiques animaux et menagers ou en provenance des vergers. Etant donne les techniques et les niveaux de production actuels, ce systeme est le seul permettant aux agriculteurs de produire suffisamment de nourriture pour subvenir aux besoins d 'une population nombreuse et nkolter un excedent commercialisable, tout en retardant 1e rythme de l'erosion des sols et en reconstituant la richesse organique et minerale des ter~es cu1tivees. Malheureusement, les avantages de ce systeme positif et salutaire disparaissent souvent derriere les inconvenients d'un autre systeme plus ancien, generalement considere comme negatif et retardataire; nous voulons parler des derniers vestiges des methodes de debroussaillage et de brulis dans les parcelles cu1tivees en pleins champs. ou les quelques restes de la fertilite d'origine forestiere, mal entretenue a cause du raccourcissement cons tant des periodes de repos et de jachere, sont en voie de disparition. 11 semble ressortir d'une observation superficielle que la petite exploitation est responsable de l'epuisement des ressources, de l'erosion et de 1a disparition des matieres minerales et organiques des vieux sols forestiers, mais c 'est oub1ier deux points essentiels : a) le role joue par les methodes d 'exploitation pratiquees avant l'apparition des petits exploitants; et b) la creation, par les petits exploitants, d 'une nouvelle methode d'exploitation de 1 'environnement , de protection du sol et de fertilisation. 43. En conclusion, l'ere de l'lfexploitation" des ressources naturelles touche a sa fin et le deve10ppement agricole n' est desormais plus possible que grace a la conservation des sols et a une reconstitution artificielle (par 1 'homme) de la fertilite des terres. Le systeme de la petite exploitation est la seule solution possible; cette solution est appliquee depuis longtemps et a fait ses preuves dans les regions montagneuses qui couvrent plus de 75 % du territoire national. Malheureusement, l'efficacite economique des petits exploitants est limitee a cause du -difficile environnement montagneux et surtout de leur outillage et de leur materiel; leurs outils manuels, outre qu'ils ne sont pas diversifies, sont souvent inappropr~es. Les charrues et les charrettes sont rares, 1 'elevage est peu developpe (a cause du manque de paturages et d'outils) et il n'y a pas d'artisans vi11ageois capables de fabriquer, d'adapter et de multiplier de petits outils agricoles. En - ll7 ­ ANNEXE D Page 23 outre, il existe une tendance au morcellement des terres, a la suite de partages successoraux dont les effets ne sont pas compenses par la creation d' activites extra-agricoles. L' espace economique dont les petites exploitations disposent s'en trouve reduit d'autant. 44. Cette etude diagnostique de l'environnement agricole et des forces productrices qui determinent la situation de l'economie rurale halt~enne montre : a) que les petits exploitants ne jouissent d'aucun avantage comparatif. d' aucune rente due au milieu physique (avantage du type I), alors que 1 'Afrique, l' Asie du Sud-Es t et l' Amerique latine ont encore des reserves forestieres et des terres qui ne sont toujours pas epuisees; et b) que les petitsexploitants ne jouissent d'aucun avantage sur le plan de l' outillage (avantage du type II), l' Amerique latine, l'Asie du Sud-Est et surtout les pays developpes disposant d'outils et d'un materiel bien superieurs. 45. Alors que la productivite de 1a main-d'oeuvre a continue d'augmenter en Amerique du Nord et en Amerique du Sud (grace a 1a mise en valeur de nouvelles ressources et a 1a modernisation des principau..x secte'.lrs agricoles de l' economie mondiale), ce qui a entraine une baisse generale des prix des produits agricoles de base, 1a petite exploitation haltienne stagne. En consequence, le travail des petits exploitants ha1.tiens es t de plus en plus mal remunere. Les effets de la dis pari tion de la foret et de la fertilite "naturelle" du sol et du morcellement des terre:3 ont ete aggraves par la concurrence ~ord-Sud et Sud-Sud, qui es t devenue plus dure et plus inegale. Apres avoir joui d'un niveau de vie relativement confortable au XIXe sieele, les petits exploitants ha1.tiens se t;~ouvent depuis le XXe siec1e face a une crise dont I' etendue et la gravi :1 'ont ees d' augmenter. La baisse de leurs rentrees de fonds a eu pour eux les resultats suivants ils se sont trouves dans l'impossibili d'ameliorer ou meme de remplaeer leur outillage; J) ils sont moins bien nourris qu' autrefois ils ont renonce a consommer de la morue et du poisson sale et ils sont obl de vendre une plus grande proportion du produit de leurs cultures de subsistance; - 118 ­ tl \fNEXE D ... Page 24 c) 1es activites productives a court terme ont pris de plus en plus d' importance, au detriment des efforts de longue ha1eine visant a proteger l'environnement et a entretenir 1a ferti1ite du sol; on a assiste a un d€~clin des plantations (et des reco1tes de cafe), on a 1aisse 1es travaux de protection se deteriorer, l'elevage est en regression et les terres de moins en moins bien fertilisees; et d) 1e depart des jeunes, a 1a recherche d'autres sources de revenu, a affaibli 1a capacite de production de 1a main-d 'oeuvre des petites exploitations. Si l'on ajoute a tout cela 1e fardeau des impots et autres charges 1iees a l'environnement economique et administratif taxes foncieres, taxes commercia1es, taux usuraires, droi ts (sur 1e cafe, par exemp1e), services couteux (arpentage, frais notariaux), et l' insuffisance et le caractere inapproprie des services de developpement et des efforts d'assistance, il est clair que 1es petits exp10itants n 'ont aucune chance de surmonter 1a crise actuelle. Bien au contraire. a moins d'une vaste operation de sauvetage et sauf adoption de mesures de protection et d'une politique de developpement, la crise provoquera vraisemb1ablement un exode gigantesque qui engloutira (et est deja en train d' eng10utir) les infrastructures economiques, administratives et po1itiques. 46. Les usines de montage ne pourront pas absorber cet te vague humaine, ni peut-etre meme reduire le chomage et le sous-emp10i actuels. Une saine po1itique de sauvetage et de developpement de" 1a petite exploitation ne suffira pas a empecher toute migration vers 1es villes. Enfin, i1 faut bien se rendre compte que 1e deve10ppement de ces industries a forte intensite de main-d' oeuvre creera necessairement un nouveau pouvoir d' achat dont l' effe t mul tip1 icateur se repercutera sur l'economie tout entiere, et en particu1ier sur 1e secteur agrico1e et alimentaire. Sans appui, ce1ui-ci sera incapable de faire face a toute cette n.auvelle demande; i1 se peut que 1a petite exploitation reste a l' ecart et que 1es revenus supplementaires provenant de ces indus tries servent simp1ement a acheter des produits importes. Le fait que 1e pays soit tributaire de l'importation de denrees alimentaires et d'autres produits risquerait d' annuler 1es gains en devises provenant des nouve1le"s industries, qui constitueraient des enclaves, orientees vers 1 'exterieur et creatrices d'un nouveau desequi1ibre. 47. I1 est donc necessaire, d'un point de vue general, economique, social et politique, de restaurer et d'ameliorer les conditions de vie de la plus grande proportion possible de petits exploitants ha"itiens. Cela est d'autant plus vrai qu'on s'aper90it~ si l'on etudie 1es grandes proprietes, qu'e1les ne sont jamais sorties de leur crise chronique depuis - 119 ­ AJ.\'NEXE D Page 25 l'abolition de l'esclavage et l'accession a l'independance en effet, elles se signalent par le manque de materiel, d'entretien des ouvrages de maitrise de l'eau et des plantations, et sont parfois meme abandonnees. Elles ne sont pas progressistes et se trouvent dans une situation difficile, que ce soit dans les plaines, dans le bas des collines ou sur les plateaux. On ne peut donc guere compter sur e11es pour exploiter rentablement ou aider a remettre en etat les zones montagneuses. 11 s'ensuit qu'il ne servirait a rien de deplacer la population rurale des collines pour pouvoir y amenager de grandes exploitations. Ce serai t de meme une erreur que de lui demander d' emigrer pour permettre la plantation de vastes forets. Des collines, completement mises a nue par l'ouver_ure de mines d' aluminium a ciel ouvert et replantees en pins antillais, sont maint,~nant recolonisees, remises en etat et cultivees de fa90n intensive par les petits exploitants des zones V01.S1.nes. Meme si une mauvaise politique for9ait une forte proportion de petits exploitants a quitter leurs terres, i l en resterait encore beaucoup qui continueraient a vivre d'une agriculture de subsistance et constitueraient une reserve de migral'.. ts a plus au moins longue echeance. En reali te, rien ne fera quitter les collines aux petits exploitants. Toute .politique qui affaiblira leur groupe aura pour seul effet de reduire leur capaci te de produire un excedent commercialisable et d' encourager l' agricul ture de subsistance et Ie morcellement des terres. En derniere analyse, une telle polit;~que nuirait au developpement des autres secteurs et du commerce exterieur, sans parler des consequences politiques qu'elle pourrait avoir. Conclusions et recommandations 48. Les mes~res rE:commandees ci-apres, qui sont toutes necessaires et qu'il faut prendre d'urgence, ne seront pas faciles a appliquer et il faudrc, du temps pour qu' elles portent taus leurs fruits. c.) Premiere serie de mesures : la communaute internationale devrait reconstituer immediatement et gratuitement les troupea~~ familiaux de porcs detruits (pour proteger les eleveurs des Etats-Unis, du Canada et du ~exique). Les agriculteurs ont ete partiellement indemnises de l'elimination de leurs anima~~, mais ils ont depuis perdu une partie de leur revenu qui aurait represente une proportion notable de leurs gains annuels. b) Deuxieme serie de mesures : il faudrait absolument ameliorer les outils manuels, actuellement inadequats, des petits exploitants, afin de doubler Ie rendement du travail manuel (lutte contre 1 'erosion, epierrement, pose de clotures; expansion des vergers et des jardins clotures, proteges et fertilises; amendement des terres; petits ouvrages pour la maitrise de 1 'eau; transports sur 1 'exploitation, etc.). A cette fin, il faut multiplier, diversifier et adapter les outils manuels existants divers - 120 ­ Page 26 types de houes et de crochets de levage, de pelles-beches, de fourches, de pioches, de barres a mine pour l' epierrement, de brouettes, de haches, de hachettes, d'emondoirs, de faux, de faucilles, de scies, etc., seraient necessaires~ Ni le Gouvernement haltien ni les petits exploitants eux-memes ne sont actuellement en mesure de faire de tels investissements. La communaute internationale devrait prendre immediatement des dispositions pour faciliter 1 'achat de ce genre de materiel et fournir a cette fin, a des taux preferentiels, des prets pouvant aller jusqu'a cinq ~ns. c) Troisieme serie de mesures en meme temps qu' on ameliorerait 1 'outillage manuel, i l faudrait creer, former et equiper dans chaque sec t ion rurale un pet i t groupe d' appui minimum compose d'un forgeron et d'un charron: i) qui reparerait, multiplierait et adapterait ces outils manuels a la situation locale; ii) qui encouragerait les petits exploitants agricoles a s 'orienter vers la traction animale, legere et peu couteuse d'abord, puis progressivement plus perfectionnee (charrues reversibles, bats, charrues lourdes ou legeres, charrettes, tombereaux, etc.). L'objectif serait de guadrupler la productivite des petites exploitations; et iii) qui constituerait le noyau d'un service local de reparation en vue de la mecanisation et de la motorisation de l'agriculture. d) (plus dUfidles et qui demanderont ==---==-=---===) : arpentage, cadastrage et delivrance de titres , application d'un regime de fermage protegeant les interets des fermiers qui procedent a des ameliorations des terres qu'ils cultivent. Ces mesures sont absolument necessaires pour mettre fin a la situation precaire des occupants des terres et aux pratiques retrogrades et dommageables dont les consequences ne sont que trop visibles dans les champs non clotures, les terres indivises (terres a cabrits) et les ravines erodees (fonds frets). Les auto rites haltiennes ne sont pas actuellement en mesure de mener a bien a elles seules une operation aussi vaste. L'arpentage, les honoraires de notaire et les formalites legales sont trop couteuses pour les exploi tants de petites parcelles. Seule une cooperation etendue et coordonnee entre le Gouvernement et des - 121 ­ A..'lNEXE 0 Page 27 organismes d'aide multilaterale et bilaterale permettrait d I apporter a ce probleme une solution, indispensable au developpement de la petite exploitation hal~ienne. e) Cinguieme serJ.e de mesures il faudrait creer un reseau de credit decentralise simple, fiable et aussi peu couteux que possible, aupres duquel les petits exploitants pourraient se procurer des prets a la consommation, a l'equipement et a l'achat de terres et d'animaux. Un tel systeme de credit est essentiel pour eviter que davantage de terres cul tivees soient abandonnees, pour aider les agricult~urs a s'etablir, pour briser le carcan de l'usure, et po~r liberer les petits exploitants de la necessite de vendre leurs recoltes a l' avance a des monopsones, pratique qui reduit considerablement les prix a la production effectivement payes. 11 faudrait avant tout que ce systeme de credit dispose de fonds suffisants et qu'il soit facilement accessible et dirige par des responsables devoues a la cause du developpement. Polit~que des prix 49. En attendant que les cinq series de mesures qui viennent d'etre enumerees aient porte leurs fruits~ il serait essentiel d'accorder a l'agriculture tout l'appui et toute la protection necessaire et de veiller a ce que les prix payes aux exploitants les encouragent a produire. Ce qui a deja ete fait pour augme.nter les prix du cafe grace a une reduction des droits est louable et il faudrait poursuivre dans cette voie. Toutefois, pour que cette decision se traduise par une augmentation du prix ?aye aux producteurs et un accroissement des rendements, il faudra peut-I~tre fixer et publier annuellement un prix d 'achat minimum. Cette mesurf~ r.e provoquerait pas, a elle seule, 1a remise en etat des plantations de cafeiers ni une amelioration generale des methodes cultu::'ales et des rendements. 11 faudra peut-ihre aussi adopter une polit:ique d' incitation par les prix, en reduisant au moins de moit les taxes per~ues et en instituant pour le cafe un fonds de stabilisation (sur le modele de celui de la Cote d' Ivoire) qui garantirait des prix a. 1a production stables et suffisants pour que l'investissement initial et le trava:~l d'entretien soient profitables. 50. Cette politique visant a. accroitre la production et les exportations de cafe et, en fin de compte, les recettes de l'Etat pourrait servir de modele pour d'autres cultures d'expo~tation. 11 convient toutefois de remarquer qu'une politique d'incitation par les prix ne suffira pas a provoquer une augmentation notable des excedents de cafe, de tiver, etc. Il faudra avant tout que la capacite de production des petits exploitants s'ameliore, c'est-a.-dire essentiellement que les cinq - 122 ­ Al'lNEXE D Page 28 series de mesures mentionnees precedernrnent reussissent. 11 importera done, pendant la phase difficile de sauvetage et de remise en etat du secteur des petites exploitations, d' evi ter toute reduction des prix des denrees alimentaires, en particulier des· prix des cereales. La vente de denrees vivrieres contribue, tout autant que celle du cafe, du vetiver et des animaux, a procurer aux agriculteurs les moyens d'acheter les intrants dont ils ont besoin pour entretenir et developper les exploitations farniliale$. En attendant le retablissement d'une economie paysanne saine, une augmentation des importations de cereales et de produits proteiques a bas prix compromettrait le succes de toute l'operation de sauvetage et de developpement de la petite exploitation. Modernisation 51. L'emploi de semences selectionnees, d'engrais, de produits phytosanitaires et la motorisation exigent des investissements considerables qui font courir de tres grands risques (financiers) aux agricul teurs. Il sera impossible de les developper tant que la crise de l' economie rurale se poursuivra, cornrne le prouve amplement l' eChec de nombreux projets visant a moderniser l' agriculture haYtienne. La modernisation ne pourra avoir lieu que lorsque les series de mesures mentionnees plus haut auront porte leurs fruits et que les petits exploitants auront retrouve leur pouvoir d'achat, leur capacite d'investissement et une place appropriee sur le marche. - 123 ­ ANNEXE D Page 29 Appendice Les renseignements et conclusions contenus dans cette Annexe sont fondes sur une connaissance approfondie de la Peninsule du Sud-Ouest. du Nord-Est et de la reg10n de Mirebalais. Par contre. il faudrait completer par des etudes detail lees les informations insuffisantes dont on dispose au sujet des regions suivantes a) Etude regionale 1 - Jacmel; b) Etude regionale 2 - Hauts-Plateaux; a) Etude regionale 3 - Artibonite; et effectuer, plus superficiellement, les etudes ci-apres d) Etudes regionales 4 et 4 bis - Nord-Ouest et region montagneuse de Kenscoff; e) Etudes regionales 5 et 5 bis - Plaines du Sud et extremite de la Peninsule'du Sud-Ouest. Ces etudes pourraient etre menees selon la methode mise au point par l'equipe de l'IRAM dans Ie Nord-Est. Un certain nombre d'etudes generales seraient egalement necessaires a.) Etude I : Grandes proprietes et grandes exploitations. 'J) Etude II : Evaluation des diverses operations de developpement en cours, prevues ou interrompues, et de leur reproductibilite dans l'espace et dans le temps. c) Etude III : ' Sui te pouvant etre donnee dans la pratique aux propositions et reconunandations formulees dans les conclusions du present rapport. La structure des etudes envisagees serait la suivante : a) Organismes charges des etudes : Banque mondiale et FAC. b) Organismes responsables de l'e~ecution des etudes: i) Faculte· d'agronomie de Port-au-Prince-Damien (Departement de sciences economiques. dirige par Alex Bellande). - 124 ­ fu~EXE D Page 30 ii) Institut national agronomique Paris-Grignon (Departement des sciences economiques et socia1es President M. Mazoyer. professeur de deve10ppement agricole). - 125 ­ ANNEXE E Page 1 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE EXPORTATIONS ET POTENTIEL AGRICOLES 1. EXPORTATIONS AGRICOLES ET TOTALES Importance du secteur 1. Ma1gre son insu1arite, Ha~ti depend de ses exportations pour une part importante de son revenu national. Ces dernieres annees, ce11es-ci ont represente environ 20 % du produit interieur brut (Tableau 1). Haiti doit exporter pour pouvoir acheter a l'etranger 1es biens qu'e11e ne peut produire e11e-meme et pour contribuerau financement du programme d'investissement public et du service de 1a dette. Tableau 1 EXPORTATIONS TOTALES ET PRODUIT INTERIEUR BRUT (millions de dollars courants) ANNEE PIB Exportations tota1es % 1955 223 46 20,6 1960 230 54 23,4 1965 285 45 15,8 1970 331 52 15,7 1971 363 74 20,4 1972 372 80 21,5 1973 467 103 22,0 1974 566 132 23,3 1975 682 157 23,0 1976 879 147 16,7 1977 942 203 21,5 1978 996 212 21,3 1979 1.135 226 19,9 1980 1.392 320 23,0 1981 1.516 250 16,5 1982 1.636 276 16,9 Sources ---- 1955, 60, 65, 1970-75 IHS, 1981 1976-1982 : BIRD, 1983. - 126 ­ A...'lNEXE E Page 2 2. Le secteur agrico1e occupe rnanifesternent une place importante dans 1es exportations ha1tiennes. Comme 1e montre c1airement le Tableau 2, ses exportations representent une part e1evee des exportations tota1es : de 49 % a 70 % entre 1965 et 1983, soit une moyenne de 55 %. Tableau 2 EXPORTATIONS AGRICOLES EN POURCENTAGE DES EXPORTATIONS TOTALES 1965 1970 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 Produits agric91es 70,1 58,7 60,1 59,2 64,2 61,1 48,0 59,5 39,7 41,6 48,7 Produits manufactures 13,2 25,4 26,8 24,5 23,2 27,7 38,9 31,2 49,7 46,6 51,3 Produits mine raux 16,7 15,9 13,1 16,3 12,6 11,2 13,1 9,3 10,6 U,8 Sources BRH, AGD, FMI. Baisse des exportations 3. Cependant, 1a part de 1 'agriculture dans les exportations totales a recemmentbaisse, passant de 70,1 % en 1965 a 48,7 % en 1983. Bien que cette diminution soit due en grande partie au developpement de 1a part des industries d'assemb1age, elle tient aussi a la deterioracion des resultats du secteur agricole, comme 1e montre la breve analyse ci-dessous des tendances de la production, des exportations annuelles et de 1a commercialisation interieure et exterieure pour les cinq principa~x produits d'exportation Cc'est-a-dire Ie cafe, le cacao, les essences aromatiques, Ie sisal et les mangues) .. 4. Les donnees regroupees dans Ie Tableau 1 portent egalement sur d'autres produits, comme le sucre et la viande. La situation des productions animales ne sera pas examinee dans le presenc document, car toutes les exportations de viande a destination des Etats-Unis ont recemment ete interdites pour proteger le marche arnericain de La peste porcine africaine. La question du sucre est examinee dans 1'Annexe A. - 127 ­ At"lNEXE E Page 3 2. Resultats a l'exportation 5. La culture du cafeier, arbuste orlglnaire d'Afrique, a ete introduite en Amerique a I ' epoque coloniale. Ce sont les zones montagneuses qui conviennent Ie mieux aux varietes cultivees en Ha'iti (arabica) et 1es meilleures qualites proviennent des zones d'altitude moyenne jouissant d 'un climat tempere et suffisamment arrosees pendant l'ete et l'automne. A l'heure actuelle, 1a culture du cafe est pratiquee dans des vallees abritees, entre 400-500 m et 1.000 m d'altitude, dans Ie nord, Ie centre et Ie sud du pays. Le Sud devient progressivement la principale region productrice (Departements du Sud et du Sud-Ouest). 6. Le cafe est Ie principal produit d'exportation d'HaYti, comme Ie montre Ie Tableau 3 : Tableau 3 EXPORTATIONS DE CAFE EN POURCENTAGE DES EXPORTATIONS AGRICOLES TOTALES (millions de dollars) 1 1970 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 Exportations de cafe 19,4 15,2 18,5 44,0 63,6 62,3 39,3 90,9 33,1 30,8 Exportations totales 26,5 25,4 48,2 66,3 88,3 94,5 69,1 129,6 62,0 75,7 Exportations de cafe en % du total 73.2 59,8 38,4 66,3 72,0 65,9 56,8 70,1 52,5 40.7 Sourc€!s : BRH, AGD, FMI, CCSA 1983. 7. Ces donnees denotent une evolution favorable des exportations de cafe ,;:!ntre 1974 et 1983, ma1gre de fortes variations annuelles. Pendant cette periode, 1a valeur de ces exportations est en effet passee de 23,9 millions de dollars a 56,3 millions de dollars, soit une croissance annuelle de 10 %. Cette progression est due en partie a I ' augmentation des p::-ix a I ' exportation du cafe ha'itien qui sont passes de 1,28 dollar le kilo en 1974 a 2,34 dollars Ie kilo en 1983, tandis que Ie tonnage exporte progressait de 18,7 millions a 24 millions de kilos. La forte haussE des cours enregistree en 1977 s'explique par le gel de la production bresilienne. D'une fa<;on generale, les cours du cafe se sont degraces depuis 1979 (Tableau 4). - 128 ­ At'lNEXE E Page 4 Tableau 4 PRIX UNITAIRE DES EXPORTATIONS DE CAFE (dollars/kg) 1965 1970 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 Prix unitaire 0,86 0,94 1,04 1,64 4,05 3,25 2,90 3,63 2,42 2,33 2,3~ Source CCSA 1983. C'est l'instabilite de la production qui a fait varier le tonnage des exportations. Il semble que la production de cafe passe par des cycles de deux ans tres marques : en regle generale, la recolte est bonne une annee et mauvaise la suivante. Certains parlent en outre d'une baisse tendancielle, lente mais indiscutable. de la production de cafe. Tendances de la production 8. La culture du cafe est pratiquee par un grand nombre de petits planteurs sur des exploitations de moins de 1. ha. Il existe toutefois quelques grandes plantations appartenant a des grossistes ou a des citadins. Les varietes ha"itiennes se pretent bien a des pratiques culturales rudimentaires : en regIe generale, aucun engrais n'est applique et les plantations ne sont cuI tivees et desherbees qu' une fois par an en juillet (la reco 1te a lieu d' aout a oc tobre au-dessous de 400 a 500 m d'altitude, et avec un mois de decalage dans les zones plus fraiches)' Les rendements sont tres faibles (environ 250 kg/ha/an), et .: ~s methodes de ramassage sont rudimentaires, ce qui influe sur la qualite des grains. 9. Beaucoup d'auteurs signa1ent que les producteurs de cafe, le plus souvent des paysans a faible revenu, ne cherchent guere a accroitre leurs rendements et a ameliorer la qualite. Selon les etudes effectuees dans certaines regions d'Ha1ti, les superficies cafeieres auraient diminue de 20 a 30 % entre 1956 et 1977 (Berry et Musgrave., 1977, Institut franc;ais d'Ha1ti, 1980). Les publications officielles attribuent cette evolution au passage de plusieurs cyclones qui ont devaste les plantations. Le cyclone Allen, en particulier, a provoque des degats dans de nombreuses regions du sud en 1982, mais cette explication est insuffisante. Il est necessaire d 'etudier de plus pres la structure de 1 • industrie cafidere et, en part icul ier, du marche interieur pour expliquer la faiblesse des rendements. - 129 ­ M'NEXE t:. Page 5 Marche interieur 10. La commercialisation interieure du cafe destine a 1 'exportation est extremement complexe, comme en temoigne la Figure 1. A chaque case correspond une categorie d' agent, tandis que les fleches indiquent les diverses etapes de l'acheminement du cafe et de la distribution du credit entre les agents. Outre Ie producteur, la commercialisation du cafe implique de nombreux intervenants. Il existe environ 27 exportateurs, pres tie 750 intermediaires agrees dits "speculateurs" ou grossistes, et un nombre inconnu d, autres intermediaires non agrees, surnommes les "sous·-marins" • 11. Y a-t-il oligopsone? La marge globale des exportateurs­ gross:istes-sous-marins correspondrait a l'heure actuelle a 24 % du cours international du cafe et les prelevements de l'Etat sont aussi de 24 %. En definitive, Ie producteur re~oit donc la moitie du cours international, mais certains auteurs (par exemple, Girault, 1980) contestent ces statistiques. Selon Girault, i l se pourrait que la remuneration moy-enne de la plupart des producteurs soit en fait inferieure a 50 %. Alors qu'ils sont 27 au total, un petit groupe d' exportateurs (les tro.is princ:.paux et leurs intermediaires) ont trai te 40 % du tonnage exporte au cours des 30 dernieres annees. Les auteurs concluent que la commercialisation interieure du cafe destine a l'exportation presente les caracteristiques d'un oligopsone. 12. Ces jugements ont fait naitre une controverse quant au role de la concurrence dans la commercialisation interne du cafe desti.ne a l'exportation (50 % de la production totale). Une etude r~cente de Capite.l Consult S.A. tente de montrer qu'il existe une forte concurrence. Son argumentation repose sur l'absence des obstacles classiques a l'acces au marche, tels que: a) avantages au plan des couts (brevets, acces privilegie aux matieres prem1eres, monopole legal ou avantage technologique); b) differenciation des produits; et c) economies d ech€,lle. I Le fait qu 'iI soit relativement facile d' acceder au marche tend a confirmer cette these. 13. On ne peut a ce stade parvenir a des conclusions definitives car diverses questions demeurent sans reponse : - 130 ­ &'JNEXE E Page 6 a) Ie degre de differenciation des produits devrait faire I 'objet d' etudes complementaires pour determiner, par exemple, si les divers acheteurs ant acces a des produits de la meme qualite. Les achats de cafe vont au-deia du simple echange de produits et comportent un element financier important par Ie jeu des credits consentis aux planteurs par les acheteurs. II est possible qu'en lui faisant credit, 1 'acheteur oblige Ie planteur a lui vendre sa production; b) les trois principaux exportateurs, qui operent depuis Ie debut du siecle, ont desormais des systemes d'achat bien organises et les nouveaux venus qui voudraient met tre en place des reseau.x concurrents se trouveraient probablement desavantages sur Ie plan des couts. En outre, il existe une certaine specialisation regionale parmi les exportateurs de 1 'Association des exportateurs de cafe (ASDEC) et, dans la mesures ou la production varie de fa~on imprevisible d 'une region a I' autre, cela pourrait expliquer pourquoi Ie plus gros exportateur est tour a tour l'une des trois principales firmes. ·Il conviendrait donc d' effectuer de nouvelles recherches, au niveau des producteurs, des grossistes et des exportateurs, pour determiner avec precision Ie degre de differenciation des produits; c) au plan des couts, il semble que ce soit surtout la difficul te de reunir les fonds necessaires a l'investissement initial (estime au m1.n1.mum a 1 million de dollars) qui empeche la formation de nouvelles societes exportatrices; et d) les donnees officielles sur les prix a la production ne correspondent peut-etre pas toujours a la realite et pourraient souvent faire I 'objet de manipulations. I1 serait necessaire de disposer d'etudes detaillees sur la fa~on dont les augmentations au les baisses des cours internationaux sont repercutees sur les producteurs. 14. Malgre cette controverse, Girault et Capital Consult sont unanimes a reconnaitre que la faiblesse des prix verses aux planteurs n'encourage pas la production. Depuis quelques annees, la rarete des produits alimentaires et Ie niveau eleve de leurs ?rix, consequences de l' urbanisation, de I' inf lation et de secheresses periodiques, amenent les agricul teurs a. negliger Ie cate au prof it du mais, du manioc et des haricots, bien que ces cultures ne donnent que des resul tats mediocres lorsqu' elles sont pratiquees sur des terres en forte pente et malgre - 131 ­ A.NNEXE E Page 7 l'erosion qu'e11es entrainent. La production de cafe est donc orientee en baisse et Ha'iti n 'est plus en mesure d' exporter autant que l' y autorise 1 'Organisation internationale du cafe (490.000 sacs de 60 kg, soit 29.400 tonnes par an). Le Gouvernement a opere une reduction symbo1ique (10 %) de la taxe a l' exportation qu' i l a ainsi ramenee de 24a 21,6 % de 1a valeur a 1 'exportation, a compter de la reco1te 1984. La controverse n'est pas encore reso1ue et, s'il y a oligopsone, les prix a la production risquent de ne pas beneficier de cet allegement et la production de cafe n'augmentera peut-etre pas. March~~ exterieur 15. La part des exportations de cafe absorbee par 1es Etats-Unis a beaucoup baisse : de 34,1 % en 1974, elle est tombee a 7,9 % en 1979. La diminution des taux de consommation aux Etats-Unis et leur augmentation en Europe ont modifie la destination des exportations ha'itiennes. A 1a difference des Etats-Unis, le Japon et l'Europe demandent des cafes ha'itiens. Du point de vue qualite, 1e cafe ha"itien etait connu sous le nom de "cafe Saint-Marc" et etai t tres apprecle sur le marche international du fait de son arome exceptionne1. Aujourd' hui, bien qu' i1 soit c1asse "mild (doux)", it n'est plus aussi renomme parce que les grains sont mal traites (90 % ne sont pas laves). Il n'a plus de denom:.nation particuliere et n' es t associe a aucune provenance regionale connuEl, a la difference des cafes de la Republique domini caine (cafe du Cibao! de Jincalito, d'Ocoa et de Barahona) et de la Jama'ique (Blue Mountain). Cette situation nuit a sa cotation sur le marche de New York qui e~t inferieure de plusieurs points au cours du Santos 4 bresi1ien. En 1980, la Republique dominicaine a exporte pour 25 millions de dollars de cafe t.orrefie aux Etats-Vnis, ce qu 'Ha"i ti pourrait faire aussi. 3. MAt'lGUES Production 16. D' apres des donnees de 1a FAO pUbliees en 1980, HaJ: ti es t 1e SlXleme producteur du monde et le troisieme d' Amerique, apres le Bresil et 1e Mexique. Cette annee-la, Ha'iti aurait produit 326.000 tonnes de mangues. - 132 ­ A..1IJNEXE E Page 8 17. Les manguiers poussent pratiquement partout dans les zones les plus seches du pays, au-dessous de 2.000 pieds d'altitude. L'environnement a utle forte influence sur la qualite des fruits: ainsi, eeux qui proviennent des plaines ant en general une plus belle apparenee et se vendent done pius cher sur Ie marche interieur conune a I 'exportation. Cette culture est pratiquee presque exclusivement par de petits exploitants dans des regions tres diverses et il n'existe qu'une seule grande plantation dans l'Artibonite. Les techniques cu1turales sont rudimentaires, sans emploi d'engrais ni de pesticides. 18. La variete qui est actuellement produite a. grande echelle pour l'exportation est la mangue Francis (au mangue d'HaIti), surtout dans les montagnes et 1es plateaux de Gras-Marne, dans la plaine du Cul-de-Sac, a l'Arcahaie, Leogane, Verrettes et Passe-Reine. La cueillette se fait approximativement d'avri1 a. septembre, bien que de petites quantites soient egalemen t reco 1tees hors saison en novembre, decembre e t janvier. Remarque importante : la presence de mouches mediterraneennes des fruits, insecte qui provoque de graves dommages aux plantations (notamment de manguiers et d'orangers) d'autres pays, n'a jamais ete signa1ee en HaIti. Marche interieur des mangues Francis 19. Une forte proportion des mangues Francis cultivees dans les plaines est exportee aux Etats-Unis. Un plus faible pourcentage de la production de Gras-Marne est egalement vendu a. l'etranger. Les circuits de conunercialisation sont schematises dans la figure ci-apres. 20. En 1984, les prix a. la production ont varie entre 0,30 et 0,60 dollar la douzaine de fruits 1/. Le prix depend de la qualite (taille, couleur, eclat, etc.) du f~uit et du point de collecte (selon qu'il est' proche ou eloigne). La conunercialisation interieure des fruits exportes est pratiquement contro1ee par une seu1e societe,· l'ASDEM, qui a ete 1a seu1e a encourager 1es exportations de mangues au cours des 10 a. 15 dernieres annees. En 1982, cette societe a traite i l % des mangues expediees aux Etats-Unis, soit 850.000 caisses representant 1.200.000 unites de 5,5 kg. Cinq autres producteurs se sont (:lartage le reste. 21. La rentabilite par caisse expediee est tres e1evee mais 1es risques 1e sont aussi, parce que les mangues sont tres perissab1es (leur duree de conservation n'est que d'une a. deux semaines apres la reco1te) et 11 En HaIti, un manguier adu1 te (10 ans) produit de 20 douzaines de fruits (mauvaises annees) a. 100 douzaines (bonnes annees). Une douzaine de fruits pese entre 5,5 et 6 kg. - l33 ­ ANNEXE E Page 9 si fragiles qu'elles doivent etre cueillies et conditionnees avec beaucoup de precautions. Aces risques s'ajoutent ceux des variations de prix sur le marche amer1cain. A New York, 1esprix different considerablement se10n l'offre des pays exportateurs (en particulier, Ha1ti et 1e Mexique) ou des producteurs de F1oride. Exportations et ma~che exterieur 22. La mangue Francis est la plus importante des exportations ha1tiennes de fruits, que ce soit en tonnage ou en valeur. En 1983, 1es exportations de mangues ont depasse 6 millions de kilos et ont produit 3.500.000 dollars, tandis qu'en 1974, elles avaient etE: de l35.625 kilos et les recettes de l3.190 dollars. Les prix ont regulierement augmente d'annt~e en annee, passant de 0,10 dollar le kilo en 1974 a plus de 0,54 dollar le kilo maintenant (Tableau 5). Tableau 5 TENDANCES R~CENTES DES EXPORTATIONS HAITIENNES DE M&~GUES Annee Volume Valeur Prix unitaire (kg) . ($ ) ($/kg) i.973-1974 l35.625 13.190 0,097 1.974-1975 1.107.861 203.699 0,184 1975-1976 967.774 184.173 0,190 1976-1977 3.325.980 691.189 0,208 1977-1978 2.491. 530 615.679 0,247 1978-1979 2.292.648 789.688 0,344 1982-1983 6.600.000 3.564.000 0,540 Source,s Administration generale des douanes, CCSA 1982; AGRICORP 1984. 23. Recerrunent encore, 1es perspectives etaient tres promet teuses. Mais, depuis que le Ministere de 1'agriculture des Etats-Unis a interdit (a compter de septembre 1984) l' emp10i du dibromo-ethylEme (produi t d2 fumigation), 1es milieux professionnels se demandent si ces exportations ne vont pas disparaitre completement. La solution de r-echange pour traiter les fruits (ir-radiation au cobalt) n'est pas encore acceptee et l' ins tallat ion d' un caisson d' irradiadon es t extrement couteuse : environ 1,5 million de dollars. - 134 ­ At"mEXE E Page 10 4. CACAO Production 24. Comme la plupart des plantes tropicales, les cacaoyers preferent un climat chaud et humide, avec des pluies uniformement repart:ies sur l'ensemble de l'annee. Ils ne resistent pas a la secheresse et ne poussent pas au-dessus de 500 m d'altitude. rls sont en outre tres sensibles au vent et toute insuffisance de l'entretien reduit les rendements. La variete cultivee (criollo) est l'une de celles qui ont le meilleur arome, bien que les peuplements purs soient actuellement tres rares, les criollos etant desormais melanges avec des forasteros. Les principales regions productrices sont le Nord et le Sud-Ouest, plus precisement les zones d'Acul du Nord, Grande-Riviere du Nord, Port-~1argot, Dondon, Cap-Haitien, Borgne, Milot, Trou-du-Nord, Saint-Louis du Nord, Limonade, Plaine du Nord, Limbe, Plaisance et Jeremie. 25. Les plantations de cacaoyers, comme celles de cafe, sont petites; leur taille moyenne serai t de 0,75 ha dans la zone du Borgne et de 0,48 ha a Port Margot. Le BDPA (Bureau pour le developpement de la production agricole) estime a 1,13 carreau (1,46 ha) la superficie moyenne des plantations du nord d'Haiti. Exportations et marche exterieur 26. Le tonnage de cacao exporte par Hal: ti es t irregulier. Cependant, pendant la periode etudiee, sous l'effet d'evolutions favorables des cours du cacao sur le marche international, la valeur des exportations a fortement augmente, passant de 1,2 million de dollars en 1974 a 4,3 millions de dollars en 1983, soit une progression moyenne de 15,2 % par an. Bien que le prix du cacao ait regulierement augmente entre 1974 et 1979, passant de 1,01 dollar/kg a 2,39 dollars/kg, it a depuis baisse et n'est plus que de 1,72 dollar/kg (Tableau 3). 27. Le volume des exportations de cacao tend a diminuer pour des raisons analogues a celles qui expliquent la baisse de la production de cafe. Les producteur sont decourages par l'instabilite et la baisse des prix du cacao depuis quelques annees, tandis qU'augmentent ceux des produi ts alimentaires (en particulier depuis 10 ans) et par les incertitudes du regime foncier qui leur font negliger l'entretien des plantations. - 135 ­ k'mEXE E Page 11 28. En outre, les exportations ha~tiennes de cacao vont essentiellement a quatre pays: les Etats-Unis, la Hollande, la France et l'A11emagne (respectivement, 79,1 %,11,8 %, 7,1 % et 2 % en 1979). Or, i l ressort clairement des donnees de l'edition 1980 de la publication de la Banque "Tendances du commerce et des prix des produits de base" que la consommation de cacao de ces pays stagne ou diminue . . En effet, elle est passee au.,,< Etats-Unis de 163.000 tonnes en 1978 a 160.000 tonnes en 1979, en Allemagne de 144.000 a 142.000 tonnes, en France de 40.000 a 43.000 tonnes et en Hollande de 126.000 a 127.000 tonnes. 29. Cette situation reflete les pro fonds changements de l'industrie mondiale du cacao. D'une part, les pays occidentaux et leurs entreprises de confiserie utilisent de plus en plus des produits de substitution prepares grace a des techniques mises au point dans des laboratoires modernes. D'autre part, les activites de transformation des feves de cacao se deplacent vers les pays de 1 'Est et les pays de production. En URSS, la consorrnnation de cacao est passee de 90.000 tonnes en 1978 a 120.000 tonnes en 1979. En Ha'iti meme, Ie secteur de la transformation du cacao a pris de l' importance au cours des 10 dernieres annees et se,s exportations ont atteint 1,1 million de dollars en 1978. Marche interieur 30. Les circuits de commercialisation du cacao sont les memes que ceux du cafe (producteur-grossiste-exportateur). Quatre societes controlent actuellement les exportations de cacao Wiener, Madsen, Bennett et, la plus importante de toutes, Novella. De 1960 a 1978, la societe HAMASCOSA a eu Ie monopole des achats de cacao. Etant donne que les producteurs sont relativement peu nombreux, il semble que ces quatre societes exportatrices risquent davantage de former un oligopsone. 5. SISAL 31. Le sisal est cultive principalement en tant que monoculture sur la plantation Dauphin de la Societe de developpement americano-ha'itienne, qui occupe 8.000 ha dans la vaste region en friche de Fort Liberte. 11 est aussi cuI tive, dans une moindre mesure, par de petits exploi tants du nord-es t de la plaine du Cul-de-Sac et sur les premiers contreforts des montag':les des Matheux, ainsi que dans differentes parties de la region centrale (Mirebalais et Hinche), les zones seches de la plaine d~ Grand-Goave, dans les environs de Miragoane et aux alentours de Jacmel et de Port-de-Paix. - 136 ­ A..r..mEXE E Page 12 32. Les exportations ha:itiennes de sisal ont diminue entre 1974 et 1983, en vo1wne comme en valeur. En effet, leur tonnage es t tombe de l2,t millions de kilos a 3 millions de kilos et leur valeur de 4,6 a 2 millions de dollars (Tableau 3). 33. Ces chiffres montrent la situation critique de cette categorie d'exportations. Sur le marche international, 1e sisal souffre de la concurrence des fibres synthetiques. La diminution des exportations ha:itiennes tient aussi au fait qU'une part croissante de 1a production de sisal est transformee loca1ement. Autrefois, la majeure partie de la recol te etai t exportee mais, au cours de la derniere decennie, 1a part absorbee par le marche interieur a considerab1ement augmente, atteignant en moyenne 67 % du volwne brut commercialise pendant la periode 1970/71 a 1979/80. Cette evolution co:incide avec une nouvelle division internationale du travail, dans les pays producteurs souhaitant transformer localement leurs matieres premieres pour les exporter a un stade d'ouvraison plus avance. 34. Par ail leurs , le mouvement de hausse des prix n' a pas dure, l'offre mondiale etant devenue excedentaire sous l'effet de 1a relance de la production de sisal, principalement en Afrique et en Asie. Ces replantations s' expliquaient precisement par la hausse des p.rix, jointe a la concurrence des produits synthetiques. (Le prix du sisal i.l 1egerement augmente au cours des trois dernieres annees, passant de 0,42 dollar/kg en 1980 a 0,66 dollar/kg en 1983.) 35. 11 convient egalement de relever 1es changements intervenus dans la destination des exportations de sisal. En 1974, 1es Etats-Unis avaient achete 68,4 % des exportations ha:itiennes mais, en 1979, ils ne venaient plus qu' au trois-ieme rang, avec 15,6 %, derriere 1a Republique domini caine (43,2 %) et Porto Rico (19,1 %). Ces deux derniers pays importent du sisal brut en provenance d 'Ha:iti pour le transformer et 1e revendre sous la forme de produits finis. 36. Par consequent, compte tenu des caracteristiques recentes du marche international du sisal brut (tendance a la surpopulation mondiale. diminution des importations des pays consommateurs, dep1acement des industries de transformation vers les pays producteurs, et concurrence des produits synthetiques), 1es possibilites d'exportation de sisal a l'etat brut deviennent de plus en plus douteuses - a moins qu' augmentent les ventes aux pays comme Porto Rico et 1a Repub1ique dominicaine. - 137 ­ ANNEXE E Page 13 37. On doit toutefois noter que les exportations de sisal ont ete parti~ll~ment remplacees par des exportations de produits finis (articles de corderie. par exemple) et de produits d'artisanat (sacs, petits tapis, etc.). Ainsi, les exportations de cordes de sisal ont represente environ 2 millions de dollars en 1979. 38. En conclusion, si la production haItienne de sisal reste contnHee par un petit groupe de societes a) qui beneficient de contacts bien etablis avec des societes etrangeres et b) qui peuvent assurer des debouches stables ~ leur production, les exportations de produits ~ base de sisal avant subi une transformation plus poussee augmenteront, tandis que les expeditions de fibres brutes continueront de diminuer. 6. ESSENCES AROMATIQUES Production de vetiver 39. Les plantes utilisees en Haiti pour produire des essences aromatiques sont le vetiver. Ie citronnier et 1 'amyrine. En 1982, les parts respectives de ces trois especes ont ete de 53,7 %, 27,9 % et 12,3 %. 40. Le vetiver pousse spontanement dans les regions tropicales et sous-tropicales qui ont un climat chaud et humide. C'est une plante rustique et resistante, qui s 'accommode de sols tres pauvres mais qui se develcppe mieux si les sols sont legers, bien draines et plutot sablormeux. En outre. la nature et les caracteristiques physiques du sol influencent non seulement le rendement mais aussi la qualite de l'essence.· 41. Le vetiver est une culture ideale pour les sols pauvres d'Haiti soumis ~ un ensoleillement intense et ou l'eau de pluie s'infiltre rapidement. Elle est pratiquee dans les regions ou les pluies sont moderees ou abondantes (de 1.200 mm a plus de 2.000 par an). dont le versant sud du massif de la Hotte, aux environs de Camp Perrin, qui re~oit plus de 2.000 mm de pluie par an. Elle est pratiquee aussi dans des zones plus seches (environ 1.200 mm de [:lluie par an), comme les reglOns de Jacmel et de Miragoane, et meme a l' extremite sud-oues t de la peninsule sud, qui est la region la plus seche d'Haiti. 42. Le vetiver est cultive par de petits exploitants dont la plupart ne lU:L consacrent pas plus d' un carreau. C' est pratiquement la seule production de certaines parties du Sud-Ouest, mais sur de petites et moyennes ~lantations. Dans la region des Cayes, on trouve des plantations d I envir.on 2 :arreaux (et une de 5 carreaux). Cependant, les plantations - 138 ­ ANNEXE E Page L4 occupent Ie plus souvent de 1 a 1,5 carreau dans le nord-ouest de cette region. En outre, la culture du vetiver, telle est qU'elle est actuellement pratiquee en Halti, est aI' origine d 'une forte erosion des sols. En regIe generale, aucun engrais n'est utilise. Commercialisation 43. Pour Ie vetiver, il est necessaire de faire la distinction entre la commercialisation interne et la commercialisation externe. Dans le premier cas, les echanges portent sur le produit brut (racines) et sur le produit manufacture (essence) tandis que, dans le deuxieme, il s'agit uniquement de ventes d'essences. Les racines, les fruits et Ie bois vendus aux intermediaires par les producteurs sont transformes en essences aromatiques. Ensuite, l'OCEAH '];/ vend cette essence aux importateurs etrangers qui la revendent en l'etat ou apres l'avoir transformee (voir Ie schema Doryane Kermal-Torres a la Figure 3). Il est difficile de decrire la nature du marche au stade de 1 'achat au producteur. Etant donne Ie grand nombre d intermediaires et de transformateurs, ainsi que Ie grand I nombre de points d achat, le marche parait competitif. Cependant, comme I pour le cafe, on ne peut avancer de conclusion definitive' en l'absence d'etudes plus approfondies. 44. Trois pays absorbent pres de 99 % des exportations haltiennes d'essences aromatiques; en 1979, les Etats-Unis en ont achete 76 %, la Guadeloupe 16,2 % et la France 6,7 %. Puisque les Etats-Unis sont le principal acheteur, il est important de comprendre la place de ce produit sur Ie marche americain. Les analyses de l' USDA resument tres bien les problemes auxquels se heurtent actuellement les exportations ha'itiennes sur Ie marche americain "Les utilisateurs preferent les essences haltiennes en raison de leur haute qualite, mais les politiques de commercialisation du Gouvernement haitien les ont obliges a accroitre leurs achats de produits inferieurs a d'autres pays." Le faible niveau de ses prix a permis a l'Indonesie de penetrer sur le marche 'mer1cain et d' elargir progressivement sa part du marche. Le prix du veL ver hai tien sur le marche au comptant de New York etai t en avril 1981 d;;:: 20 a 29 dollars la livre et celui du vetiver indonesien de 12,95 a 16,50 dollars la livre 3/. Cette observation reflete a la Eois Ie potentiel et les limites des exportations haitiennes d'essences aromatiques. 2/ Office de commercialisation des essences aromatiques d'Haiti. 'l.l CISDA 1981. HAITI EIUIE 00 SECI'IDR AGRIOJLE FJqx>rtations pa:r principales categories de pnxluits 1965-1983 (millions de dollars) 1965 1970 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 Exportations agricoles 26.5 25.4 48.2 66.3 88.3 94.5 69.1 129.6 62.0 75.7 95.4 Cacao 1.1 1.4 2.1 4.1 5.5 6.8 4.5 3.4 2.2 4.3 Cafe 19.4 15.2 18.4 44.0 63.6 62.3 39.3 90.9 33.1 35.9 56.3 Essences aranatiques 1.2 2.7 4.9 8.2 6.5 9.7 7.5 5.4 4.9 5.7 6.0 Viande 1.0 0.5 0.5 1.0 1.5 1.7 3.1 1.8 4.2 1.7 0.8 Sigalaj 2.5 1.8 2.8 1.5 1.0 1.5 2.7 9.5 7.3 9.6 10.0 Sucre- 2.4 2.8 8.3 1.8 2.3 6.4 1.5 Divers 1.3 11.9 7.7 11.5 11.5 9.7 H.l 9.1 20.6bj 16.5 Produits Jlli.rleraux 6.3 6.9 10.5 18.2 17.3 18.7 20.3 16.6 21 BauKite 3.9 5.6 10.5 18.2 17.3 17.2 18.0 19.6 16.6 21.4 Qrlvre 2.4 1.2 C:inent 0.7 0.7 Industrie 5.0 1l.0 21.5 27.4 31.9 42.9 56.1 68.0 77.6 84.8 94.0 Ind. d' assemblage (net) 2.8 9.0 12.2 14.7 21.1 30.6 36.8 43.0 46.5 SO.5 A partir de matieres premieres 5.0 8.2 12.5 15.2 17.2 21.7 25.5 31.2 34.6 38.3 43.5 locales (En % des exportations totales) Produits agricoles 70.1 58.7 60.1 59.2 64.2 61.1 48.0 59.5 39.7 41.6 48.7 Ind. manufactureres legeres 13.2 25.4 26.8 24.5 23.2 27.7 38.9 31.2 49.7 46.6 51.3 Produits mireraux 16.7 15.9 13.1 16.3 12.6 11.1 13.1 9.3 10.6 11.8 8.6 (Variations amuelle en Produits agricoles -1.0 89.8 37.6 33.2 7.1 -27.7 87.5 -52.1 22.2 21.9 Ind. manufactureres legeres 120.0 95.5 27.4 16.4 35.5 20.3 21.2 14.1 9.3 14.3 H IlJ S; 0" z Produits mireraux 9.5 5.2 73.3 4.9 -.5 7.4 8.5 -18.2 28.9 -100.0 I-' t:t:I ro ><: IlJ t:t:I C t:t:I ,..... Sources: Banque de la RepubUque dtHaiti. Administration des Douanes. et FMI. aj Y coopris les exportations de cordes de sisal a partir de 1979. , oj Y corrpris les exportations de la 8O])OOL. ANNEXE E Tableau 2 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Part des ex~ortations dans Ie PIB (Millions de dollars aux prix courants) ANNEE PIB Exportations % 1955 223 46 20.6 1960 230 54 23.4 1965 285 45 15.8 1970 331 52 15.7 1971 363 74 20.4 1972 372 80 21.5 1973 467 103 22.0 1974 566 132 23.3 1975 682 157 23.0 1976 879 147 16.7 1977 942 203 21.5 1978 996 212 21.3 1979 1,135 226 19.9 1980 1,392 320 23.0 1981 1,516 250 16.5 1982 1,636 276 16.9 Sources: 1955,60,65,1970-75 IRS, 1981. 1976-1982: BIRD, 1983. HAITI -_._-­DU SECTEUR AGRICOLE ETUDE Vo_~ume-Lprix unitaire, et valeur des exportations princifales 1974-1983 Volume (,millions de kg); prix unitaire (dollars/kg); valeur milions de dollars) 1974 1975 1976 1977 1978 197 1981 1982 1983 Cafe Volume 18.7 17 .8 26.8 15.9 19.1 13.5 24.9 13.5 14.7 24.0 Prix unitaire 1.28 1.03 1.64 4.00 3.25 2.90 3.65 2.45 2.44 2.34 Valeur 23.9 18.4 43.9 63.6 62.3 39.3 90.9 33.1 35.9 56.3 Sisal Volume 12.2 5.6 3.4 3.3 4.2 2.2 3.3 0.8 2.5 3.0 Prix unitaire 0.38 0.57 0.40 0.31 0.39 0.34 0.42 0.62 0.68 0.66 Valeur 4.6 3.2 1.4 1.0 I! 6 0.7 1.4 0.5 1.7 2.0 Sucre Volume 7.7 25.3 6.0 5.3 19.2 Prix unitaire 0.22 0.38 0.25 0.44 0.33 Valeur 1.7 9.6 1.5 2.3 6.4 Cacao Vplume 1.2 0.3 2.9 1.6 2.9 2.8 2.3 2.6 1.5 2.5 Prix unitaire 1.01 0.94 0.80 2.56 2.07 2.39 1.95 1.27 1.46 1.72 Valeur 1.2 0.3 2.3 4.1 6.0 6.7 4.5 3.3 2.2 4.3 Essences aromatigues Volume 0.4 0.2 0.3 0.2 0.3 0.3 0.2 0.2 0.2 0.2 Prix unitaire 16.4 21.6 25.0 24.5 31.2 26.6 27.0 24.5 28.5 29.0 Valeur 6.5 4.9 8.2 6.4 9.7 7.5 5.4 4.9 5.7 5.8 Viande -Volume 0.8 0.6 0.8 1.5 0.8 1.5 0.7 0.7 Prix unitaire 1.35 2'.63 2.12 2.06 2.7 2.43 2.42 Valeur 1.1 1.5 1.7 3.1 1.8 4.0 1.7 1.7 H > III Z 0" Z I-'t:rl ro >:: III t:rl Source: 1974-1979: CCSA 1982. ,:: t:rl 1980-1983: BIRD 1983. w ANNEXE E Fig. 1 Systene de O:nnercialisation du cafe Port-au-PrinCe EXPORTAlEUR PORT-AlJ-PRlNCE ArnETEUR Exportateur Villes c6tieres Agence provincia1e Provincial Grossiste Fmballeur Negociant Villes de marcoo Agent collecteur Agents de I' exportateur "Sous-marin" Zones rurales negociant parallele (syst:enE illegal) PRODUCIEUR ~eDEnt du Cafe Avances sans credit Credit usuraire Grossiste Agents principaux: du system: de CCll:Ilnercialisation Soorce: Girault 1980. ANNEXE E Fig. 2 Systeme de commercialisation des mangues Francis destinees a l'exportation I EXPORTATEUR (1) I IAGENTS DES EXPORTATEURS (2)1 INTERMEDIAIRESI NEGOCIANTS (3) I I IINTERMEDIAlRES LOCAUX (4)1 , I I l PRODUCTEURS (5) l Source: AGRICORP 1984. ANNEXE E Fig. j- Circuits de commercialisation des essences Schema Doryane Kermel- Torres UTILISATEURS Commercialisation exterieure Essence distillee, Etats-Unis, France transformee et et autres pays rectifiee, et pro­ Importateurs!Vendeurs duits derives Negoclants!Importateur Etats-Unis et France Essence Bureau Distillateurs Distillateurs Commercialisation interne Matiere 'premiere Intermediai Principaux agents economiques Mouvement principal Mouvements secondaires - 139 ­ ANNEXE F Page 1 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE PRODUCTION AGRICOLE STRUCTURE DES COUTS ET AV~~TAGE COMPARATIF Production 1. Les estimations de la production agricole d'Haiti varient considerablement, mais on s'accorde toutefois a reconnaitre que la production alimentaire par habitant diminue. Selon les comptes nationaux. Ie PIB agricole reel n' aura i t augmente que de 1 % par an entre 1955 et 1982, ce qui veut dire que, par habitant, il aurait baisse de plus de 1 % par an. Correlativement. le·s prix des denrees alimentaires ont generalement augmente plus vite que l'ensemble des prix. 2. Les resultats de la campagne nationale de photographies aeriennes effectuee en 1978 ont recemment ete publies et fournissent la meilleure des sources d'information actuellement disponibles sur les superficies cultivees et leur production. Ces resultats sont indiques dans J.e Tableau 1 pour les principales cultures. S'agissant des surfaces cultivees, les speculations les plus importantes sont, dans 1 'ordre, Ie ma1s, Ie sorgho, Ie cafe, les haricots, Ie riz, les bananes, les pois cajan, Ie manioc, les patates douces et la canne a sucre. S' agissant du tonnage de la production, l'ordre est Ie suivant : canne a sucre, bananes, mangues. patates douces, manioc, riz,"ma1s, sorgho, et ignames. 3. Pour toutes les cultures importantes, les rendements restent les plus faibles. au parmi les plus faibles, de la region des Cara"ibes. Ceux du caf,~ sont particulierement mediocres; les producteurs d' El Salvador, de la Guadeloupe et du Mexique obtiennent des resultats de trois a trois fois et demle plus ,Heves, et ceux de Cuba et du Nicaragua des rendements plus de deux fois superieurs. Les rendements du ma1s sont eux aussi tres faibles par rapport aux normes regionales (Tableau 2). 4. La presente Annexe a pour objet d'analyser La structure des couts de production et les prix de certaines des cultures les plus importantes en vue de determiner celles qui pourraient itre Ie plus avantageuses. Ces donnees pourront utilement guider La mise au point de poE tiques des prix et de programmes susceptibles d 'accroi tre La production et les exportations. - 140 ­ A.N1'iEXE F Page 2 :'1ethodologie 5. Deux equipes ont effectue en 1982 et en 1983 des etudes sur le terrain pour determiner les couts de production. Dans la region Nord. une equipe appuyeepar l'ODN et le FAC a etudie en 1983 plus de 100 activites de culture representatives. Les donnees qu'elle a reunies resultent principalement de l'exploitation d'un grand nombre de questionnaires et de nombreuses entrevues sur Ie terrain et ont ete pUbliees dans Agricultures et paysans du nord et du nord-es t d' Hal: ti (Paris). Pour toutes les regions. Capital Consult a rassemble en 1982. pour plus de 40 activites de culture representatives, des donnees qui ont ete publiees dans un document de l'ONAPI intitule Promotion des investissements dans 1 'agriculture (Port-au-Prince). La plupart des donnees sur les couts utilisees dans le present rapport proviennent de ces deux etudes. On dispose egalement d 'une troisieme etude recente. fondee sur des travaux de recherche et de vulgarisation 1/. mais ses estimations des couts des techniques "traditionnelles" paraissent beaucoup trop basses pour etre realistes. Cette etude est utile pour comparer les techniques arneliorees et traditionnelles. mais non pour evaluer les couts de production. D'autres estimations sont resumees dans le Tableau 31 de l'Annexe G. 6. L'une des principales questions que pose 1 'evaluation de l'avantage comparatif est celle des prix de reference des facteurs et des produits. Dans la plupart des cas, les seuls facteurs importants sont le travail et la terre, aussi peut-on reduire a trois - le travail, la terre et la production - les parametres a prendre en consideration. Le marche du travail a ete etudie dans Ie Chapitre VI. ou it est indique que les sa1aires pratiques paraissent tres proches des taux d'equilibre du marche. Comme on l'a ega1ement mentionne dans ce chapitre. il pourrait exister certaines distorsions du fait que 1a mobilite de la main-d'oeuvre fami1ia1e est quelque peu limitee a court terme (a long terme. les families rurales peuvent: migrer) et le cout d' opportuni te de la main-d'oeuvre familia1e peut donc etre faible a court terme. Cetta situation est corroboree par 1e fait que les membres du menage travail lent parfois dans l'exp1oitation familia1e, alors que le gain tlre de cette activite est inferieur au salaire du marche. Cela est compatible avec les penuries de main-d'oeuvre que l'on constate occasionnel1ement pendant les periodes d'activite maximale. 11 est difficile d'evaluer l'importance quantitative de ce phenomene mais, pour en iliustrer les effets potentiels, on a evalue les couts de production des exploitations traditionnelies sur la base 1e deux niveaux de sa1aires: 1 'un • correspondant au taux du marche et l'autre a 80 % de ce taux. II ne faut 11 Voir Texas A&M University et Services hal:tiens de recherche et de vu1garisation. Annual Report 1983, USAID Contract Z;...;;1_-_'0__ _N_o--'-5__ __-_C"--_O O_7_8 O-_1O-'--"-10_-_0-' ____ __ -0-'.___ R-'-e____ s e...;.a_r__ c_h___ __e.:....n_s~io.:..n a_n_d'--__E_x_t __---'-C_"_o_m£Qne nt, Port-au-Prince. - 141 ­ ANNEXE F Page 3 pas oublier non plus que les taux du marche varient sensiblement d 'une zone a I ' autre, aussi a-t-on calcule les couts de production sur la base des salaires pratiques dans la region consideree. 7. Bien que la plupart des terres agricoles d 'Ha'iti soient exploitees par leurs proprietaires, la location de terres fait 1 'objet d'un marche actif. En l'absence meme d'un tel marche, la terre aurait un cout d'opportunite bien precis, correspondant a la rentabilite des diverses cultures qui peuvent y etre pratiquees. II est souvent difficile de mesurer ce cout d 'opportunite mais Ie fait que Ie marche de la location soit aussi actif pr~uve que l'on dispose, pour chaque zone, d'estimations de la productivite marginale annuelle des terres. Pour nos calculs, nous avons suppose qu' il n' existe aucune distorsion importante dans Ie marche de location des terres privees. Nous avons procede de fa<;on quelque peu inhabituelle en tenant compte des couts annualises des terres, lesquels ne sont generalement pas pris en consideration. 8. En ce qui concerne les produi ts, nous avons utilise les prix in terna t ionaux mesures par les prix c. a. f. des importations ha'i t iennes . II ccnvient de faire preuve d'une certaine prudence dans la oetermination des prix a I ' importation et tenir compte du mode de tra:1sport approprie. Pour les cereales, cela signifie que Ie prix a retenir est celui des importations emballees en sac, car Haiti ne dispose pas d'equipements pour Ie dechargement des cereales en vrac. Dans la presente Annexe, nous avons procede a une comparaison directe entre. les prix internationaux et les couts de production. On pourra se reporter au Chapitre X ou les prix internationaux sont compares a des estimations approximatives des prix a la production interieure. 9. Les couts de production ont ete calcules pour differents types d'exploitation (en general, methodes traditionnelles et methodes ameliorees). S'agissant de l'agriculture traditionnelle, on a parfois etabli des estimations distinctes pour les cultures pures, d'une part, et les <::ul tures aSSOClees (y compris les cuI tures intercalaires), d' autre part. Cette derniere solution est en fait la plus fn§quente dans les zones plus traditionnelles. Dans toute etude de 1 'agriculture, i l est important de reconnaitre qu'il n'existe pas de cout de production unique. Quel que soit Ie pays, il y a une fonction de 1 'offre qui comporte normalement des centaines de milliers ou des millions de points. Selon les quantites produites, la pente de la fonction de l'offre peut augmenter sensiblement, du fait que les couts de production varient largement a l'interieur du secteur. C'est habituellement Ie cas des pays en developpement. Cependant, beaucoup d'exploitants d~nt les prix de revient sont eleves peuvent difficilement quitter 1 'agriculture. La migration vers ~es quartiers· pauvres des villes est une option mais, a moyen terme, la plupart des familIes rurales choisissent de rester dans 1 'agriculture. Leurs couts de production etant trop eleves pour qu'elles soient competitives, elles ne peuvent pratiquer qu'une agriculture de subsistance ou de quasi-subsistance. Le manque de competi tivi te de certains compal~timents du secteur est du principalement a~x variations des - 142 ­ ANNEXE F Page 4 conditions agroclimatiques, des sols et de la pente des terres, ainsi qu' aux variations du patrimoine familial, lequel permet ou non d' adopter des techniques plus productives. 10. La presente Annexe etudie separement les couts de production qu'impliquent les principaux systemes de culture avant d'examiner, dans la derniere section, leurs consequences du point de vue de l'avantage comparatif • 11. L'avantage comparatif est un concept ordinal et il s'agit surtout de classer les produits selon leur viabilite sur Ie marche international. C'est precisement ce que l'on fera dans' la presente Annexe, mais on a en outre tire de cette analyse certaines conclusions quant a la rentabilite absolue du commerce de diverses productions vegetales aux cours actuels du marche mondial. En raison de la fragilite d'une grande partie des donnees utilisees, on a employe trois methodes. 12. Pour mesurer l'avantage comparatif, on a d'abord utilise Ie coefficient de protection nominale (CPN), qui est simplement Ie rapport entre Ie prix interieur - defini de fa~on appropriee - et Ie prix a la frontiere d'un bien. Sa simplicite et son applicabilite generale sont les principaux attraits de cette methode. Les prix devraient en effet rendre compte de la protection, qu'elle qu'en soit la forme, et des distorsions du marche. Dans le cas present, Ie probleme est justement que cette methode repose entierement sut les prix car, en Ha'iti, les prix a la production ne sont pas releves. Certains prix a la production ont ete empruntes a une etude de Roe sur la commercialisation (1978). mais ils doivent neanmoins etre consideres comme des approximations. Les enquetes sur Ie terrain dont proviennent les donnees sur les couts de production indiquent les prix depart exploitation dans la zone consideree et ces prix ont e utilises dans les tableaux pour mesurer les benefices economiques aux prix pratiques sur le marche interieur. Cependant, ces es timations des prix sont necessairement plus incertaines que les prix a la production, car elles sont fondees sur des observations ponctuelles dans des zones definies de fa~on etroite. Il est bien connu que les prix en general, et les prix rura~~ en particulier, varient considerablement selon l'epoque et le lieu. 13. Les estimations des couts de production sont plus fiables que les prix locaux depart exploitation, parce que les prix des intrants (salaires et loyer des terres) sont plus stables et qu'ils ont ete estimes avec l'aide d'informations supplementaires provenant d'enquetes. Les agronomes ont l'habitude d'etablir des budgets par speculation pour differentes localites, ce qui donne la possibilite de verifier les chiffres relatifs aux couts de production par rapport aux estimations d' autres experts, mais i1 n' en va pas de meme pour les prix locaux, qui sont beaucoup plus ins tables. Pour toutes ces raisons, les deux aut res methodes utilisees pour determiner l'avantage comparatif sont fondees sur les couts plutot que sur les prix a la production. - 143 ­ ANNEXE F Page 5 14. C'est en combinant les donnees sur les couts et les estimations des prix a la frontiere que l'on a obtenu une deuxieme mesure de I' avantage comparatif, a savoir Ie benefice economique au..x prix (internationaux) a la frontiere. Le benefice economique est Ie resultat net de tous les couts economiques, c'est done un surplus. Dans ce contexte, Ie cout economique comprend la totalite du cout d'opportunite de la terre et de la main-d 'oeuvre familiale. Le benefice economique n 'est pas liquivalent a la rentabilite financiere nette pour la famille, puisqu'il est explici tement tenu compte du cout de la terre et de la main-d'oeuvre familiale. De plus, puisqu'il s'agit d'une mesure au niveau des exploitations, il n'est pas tenu compte des marges de commercialisation. Neanmoins, Ie benefice economique (par hectare et par unite de travail) aux prix a la frontiere peut donner d'utiles indications sur La position relative des diverses cultures. S'agissant des monocultures, Ie benefice a 1 'hectare est un meilleur critere que Ie benefice par journee de travail, car Ie facteur Ie plus rare en HaYti est la terre et non la main-d'oeuvre. 15. La troisieme methode est celIe du cout en res sources interieures (CRI), c'est-a.-dire ce qu'il en coute pour gagner ou economiser un dollar de devises en exportant ou en rempla<;ant une importation. Cette methode implique 1 'utilisation des devises .comme numeraire, mais elle presente l'avantage d'etablir une distinction entre les intrants importes et nationaux, ce qui n'est pas Ie cas des deux autres methodes. Le CRI se calcule de la fa<;on suivante : CRI :;:: ou Cd :;:: cout des intrants nationaux m C :;:: cout des intrants importes pW = prix mondial (a. la frontiere) du produit e :;:: taux de change Les trois variables peuvent etre calculees pour divers tau..x de change, par exemple le taux du moment et le taux d' equil ibre es timatif. Lorsqu' on utilise divers tau..x de change, on ajuste en consequence La variable Cm • Dans une economie agricole comme celIe d 'HaYti, on peut raisonnablement consid'~rer comme importes tous Les facteurs de production, a L'exception de la terre, du travail et des semences. On n'a pas tente de tenir compte des subve:1tions aux facteurs de production, car i l semblerait qu'une grande partie des engrais subventionnes soient revendus au prix d'equiJibre du marche avant de parvenir a l'utilisateur final. - 144 ­ At'lNEXE F Page 6 16. La section ci-dessous regroupe et examine les donnees sur les couts de production en indiquant les benefices economiques calcules a partir de ces couts. Les resultats des trois, methodes d 'evaluation de l'avantage comparatif sont ensuite presentes dans la derniere section de l'Annexe. Estimations des couts de production 17. Ma'is. Les estimations des couts de production du rna'is figurent dans Ie Tableau 3. Elles portent sur trois systemes de culture : culture pure traditionnelle, cultures associees traditionnelles et methodes ameliorees. Les estimations relatives aux deux premiers systemes concernent quatre zones de la region Nord et les estimations relac.ives a l'emploi de methodes ameliorees concernent la region Ouest. Les couts de production unitaires varient selon Ie systeme et c 'est dans Ie cas des techniques ameliorees (emploi d' engrais, de produi ts agrochimiques et un certain degre de mecanisation) qu' ils sont Ie moins eleves. 5' agissant des systemes traditionnels,' ils sont plus faibles pour les cultures associees que pour les cultures pures. Comme on pouvait s'y attendre, la main-d'oeuvre et la terre constituent l'essentiel des couts de production, surtout dans Ie cas des systemes traditionnels. Du point de vue methodologique, i l est interessant de noter que ne pas tenir compte du cout de 1a terre reviendrait, dans ces cas-la, a sous-estimer 1es couts totaux de 10 a 15 t. 18. Dans toutes les zones de culture, Ha'iti peut produire du ma'is a un cout inferieur a celui des importations. Le cout du rna"is importe en sac etait de 220 dollars 1a tonne en 1982 et de 249 dollars 1a tonne en 1983, c.a.f. Port-au-Prince. Dans certains rapports, ce prix c.a.f. a ete compare aux prix a 1a consommation a Port-au-Prince (par exemple, l'-'Iuskin 1983, Kite et Pryor 1983), rnais c'est avec les prix a la production qu'il convient d'etablir la comparaison, puisqu'il faut dans les deux cas ajouter les marges de commercialisation. 5' i l doit etre vendu a Port-au-Prince, les couts de transport du mais importe sont moindres que pour la plupart des mais de provenance locale. mais s'il s'agit d' approvisionner le res te du marche interieur, les couts de transport du mais local sont inferieurs. Dans l' un et l' autre cas, les prix a la consommation comprennent les couts de commercialisation et de stockage. 19. En l'absence d'etude detaillee sur la repartition spatiale de la consommation et sur la structure de la commercialisation, la comparaison la plus significative est celle qui confronte les 'prix c.a.f. aux prix (couts) a la production ou depart exploitation. 5i l'on procede ainsi. la conclusion est que le ma'is ha'itien est concurrentiel par rapport au ma'is importe, meme aux faibles niveaux de rendement qui caracterisent les methodes de cuI ture traditionnelles. Cet te conc lusion differe de celle d' autres etudes dont les auteurs ont compare les prix c .a. f. aux !:,)rix interieurs a la consommation. - 145 ­ ANNEXE F Page 7 20. Le benefice a l'hectare (indique au Tableau 3) est d'abord calcule par rapport aux prix depart exploitation constates dans chaque localite et ensuite par rapport au-"\{ prix internationaux (c .a. f. ). pour 1982. Dans les deux cas. i1 s' agi t du benef ice economique. apres prise en compte du cout de taus les intrants, y compris la terre et la main-d' oeuvre famil iale. Pour les produc teurs marginaux, les benefices aux prix a la frontiere sont generalement faibles (et me me negatifs dans certains cas individuels) et les benefices aux prix locaux sont encore plus bas. Hs sont plus eleves pour les producteurs d'une plus grande eff icaci te. En outre. les producteurs inframarginaux sont generalemen t confrantes A des loyers plus eleves, explicitement au implicitement. Pour les sept zones d'agriculture traditionnelle comprises dans l'enquete ayant fourni les donnees du Tableau 3, les layers etaient en moyenne de - 20 dollars l'hectare par campagne (d'une a trois campagnes par an). Pour les deux zones d 'agricul ture amEH ioree (region du Cul-de-Sac), les layers etaie~t de 65 dollars par campagne (deux campagnes par an). 21. Riz. Les donnees relatives aux couts de production du riz figurent au Tableau 4. Ce qui frappe Ie plus est l'extreme diversite des resul~ats selon Ie systeme d 'exploitation. Les couts unitaires de la rizicul ture tradi tionne11e sont trois fois superieurs a ceux de la riziculture moderne. De ce fait, Ie prix du riz varie considerablement selon l'epoque et la localite. Dans les zones du Nord, il etait en 1983 Ie double de ce qu'il etait dans l'Artibonite en 1982. 22. On cons tate la realisation de benefices dans certaines zones de culture traditionnelle, mais ces methodes traditionnelles sont loin d'@tre rentables aux prix internationaux. En fait, un developpement modeste de la rizicul ture dans l' Artiboni te ainsi que I' apport d' ameliorations aux circu::ts de commercialisation du riz feraient probablement disparaitre une bonne partie de la riziculture plus traditionnelle. 23. Selon Muskin (1983), Ie prix c.a.f. du riz importe etait de 420 dollars la tonne en 1982 et de 576 dollars La tonne en 1981, la moyenne s'etablissant a 486 dollars la tonne pour la periode 1973-82. Ces chiffres indiquent que Ie riz irrigue ha'itien est commercialisable aux cours mondiaux, surtout la production de l'Artibonite, mais que Ie riz pluvial et Ie riz de mangrove ne Ie sont pas. Pour ce qui est de la structure des couts de production, la part du travail est plus Eaible pour Ie riz qu'elle ne l'est pour Ie mais, mais la part du cout de la terre est plus !~levee. A cause de couts d' opportunite plus eleves, Ie cout de la terre vade de 114 dollars/ha a 189 dollars/ha dans les cas ci tes au Tableau 4. 24. Cafe. Les estimations relatives aux couts de production du cafe figurent au Tableau 5. Les rendements varient considerablement selon les methodes de culture, mais ils sont faibles par rapport aux normes in ternat ionales - d' ou Ie ni veau eleve des couts de main-d' oeuvre par unite de production. Neanmoins, Haiti reste concurrentielle. En moyenne, Ie prix du marche mondial, f.o.b. Haiti, a ete de 2.375 dollars la tonne - 146 ­ ANNEXE F Page 8 en 1981 et 1982 et le prix verse aux producteurs haltiens de 1.175 dollars la tonne. (Les taxes a l' exportation representent pres de 1a moi tie de la difference.) Depuis le milieu des annees 70, les planteurs haltiens sont mieux remuneres pour leurs ventes destinees au marche interieur que pour les livraisons destinees a l'exportation. 25. Pour les exploitations comprises dans 1 'echantillon retenu pour la preparation du Tableau 5, 1es rendements sont inferieurs a 1a moyenne nationa1e. 11 est evident que, dans ces cas-1a du moins, 1es p1anteurs n'uti1isent aucun intrant moderne. Le travail et 1a terre representent 1a totalite des couts de production. Bien que 1es engrais destines a 1a cu1 ture du cafe' soient subventionnes, ceux-ci sont en grande partie detournes vers d 'autres cultures qui permettent de 1es uti1iser de fa~on plus productive. Du point de vue de 1 'agricu1teur, 1 'un des avantages d'une plantation de cafeiers est de pouvoir vendre sa reco1te a l'avance. Ces ventes anticipees (en general deux a trois mois avant 1a reco1te) sont frequentes. En fait, cette pratique est a l'origine d'une decote implici te du prix du cafe et encourage 1es agricu1 teurs a pratiquer une culture qu'i1s ne choisiraient peut-etre pas s'i1s ne prenaient en compte que 1a rentabilite. Dans 1es donnees du Tableau 5, 1es couts d' etab1issement des plantations, y compris 1a main-d' oeuvre, sont amortis sur l' ensemble de 1a duree de vie utile des plantations. (De me me , 1e nombre annue1 de journees de travail comprend l'amortissement de 1a main-d'oeuvre uti1isee pour 1a plantation.) 26. Canne a sucre. Les couts de 1a canne a sucre figurent dans 1e Tableau 6. Ces couts, qui sont estimes a 8-10 dollars 1a tonne, concernent 1a canne a sucre cultivee seu1e et non en association, comme c'est souvent 1e cas en Halti. (On trouvera a l'Annexe A d'autres estimations, portant e11es aussi sur 1a monocu1 ture. qui 'chiffrent 1es couts de production entre 6 et 7 dollars 1a tonne.) En reg1e genera1e. 1es variations des couts et des benefices a 1a tonne sont bien inferieures pour la canne a sucre a ce qu'elles sont pour d'autres produits. Si on veut comparer les couts d' Halti a ceux d' aut res pays. il convient de proceder a des ajustements pour tenir compte des couts de transformation. La methode normale est de diviser le cout de la canne a sucre par sa teneur en sucrose, ce qui donne le "cout depart exploitation du sucre brut". L'estimation la plus recente, qui porte sur la periode 1980-84, chiffre a 6,59 % la teneur moyenne en sucrose de la canne ha'itienne (soit une difference sensible par rapport aux annees 1970-74 pour lesquelles elle etait estimee a 8,04 %). D'apres les donnees du Tableau 6, on peut donc evaluer le cout depart exploitation du sucre brut haltien a 121-152 dollars la tonne. Il convient de souligner qu' en Ha'i ti, la canne a sucre est bien souvent associee a d'autres cultures et que l'on ne dispose pas de donnees sur les couts de production pour ce mode de culture. - 147 ­ A..'lNEXE F Page 9 27. A titre de comparaison, on peut citer les resultats d'une etude recente de la Banque sur la production de canne a sucre de 56 pays, selon lesquels les prix du sucre brut depart exploitation (en dollars la tonne) auraient ete l~s suivants en 1982 pour les pays producteurs les plus efficaces '];./ 1. Malawi 114 dollars 2. Saint-Christophe 120 dollars 3. Kenya 129 dollars 4. Afrique du Sud 139 dollars 5. Maurice 150 dollars 6. Fidji 153 dollars 7. Bresil (centre-sud) 155 dollars 8. Australie 158 dollars Le cOlLt moyen pour 1 'ensemble des pays etudies etait chiffre a 193 dollars la tor..ne. 28. Le resultat inattendu de ces observations est que les couts de produc.tion d 'Ha'iti sont relativement faibles, du moins pour la monoc~lture. Cependant, il ne s'ensuit pas necessairement qu'Ha'iti doive develcpper cette speculation plus que necessaire pour repondre aux demandes interieures et fournir sa part du contingent des Etats-Unis. 11 s'agit d'un avantage comparatif, et non pas d'un avantage absolu. En effet, la canne a sucre entre en concurrence avec Ie riz et les bananes pour l' occupation des memes terres : avec Ie ·riz dans les zones irriguees et aVE:C les bananes dans les zones humides de culture pluviale. Bien que les prix de location de la terre rendent compte de cette concurrence, la situation es t compliquee par l' entree en jeu de deux facteurs exogemes. 11 y a tout d'abord le probl~me de l'erosion, qui ferait perdre a Haiti de 10.000 a 15.000 ha de terres arables chaque annee. Ce probleme doit etre pris en consideration lorsqu'il s'agit de choisir entre le cafe et les cereales vivrieres dans les zones de coteaux, mais on doit aussi attacher une g,rande importance a l'intensite en main-d'oeuvre des cultures pratiquees dans les plaines. Plus nombreuses sont les possibilites d'emploi offertes a la main-d'oeuvre agricole dans les plaines, moins les exploitants marginaux sont pousses a accroitre les cultures vivri~res sur les terrains en pente. Or, bien qu'assez elevee, l'intensite en main-d 'oeuvre de la culture de la canne a sucre est inferieure a celle du riz. 29. Second fac teur exogeme les risques de vol des bananes. La situation nutritionnelle est: s~ peu satisfaisante en Ha'iti que le chapardage a pris d' enormes proportions, surtout dans Ie Nord. Etant donne les caracteristiques de ce produit, les grandes plantations de 2/ W. McNally, W. David et D. Flood, Sugar Study (version preliminaire), Banque mondiale, juillet 1984. - 148 ­ ANNEXE F Page 10 bananiers sont exceptionnellement vulnerables a ce probleme, a la difference des cuI tures de riz et de canne a sucre. Ce deuxieme fac teur exogEme joue en faveur de la canne a sucre. Enfin, il faut tenir compte de l"'efficacite des activites de transformation et la, Ha'iti est bien moins classee que pour la production. Neanmoins. une conclusion importante de l'analyse des couts est que, du moins pour la monoculture, il serait economiquement justifie qu'Ha1ti s'efforce d'accroitre sa production de canne a sucre dans la mesure necessaire pour porter le ta~x d' utilisation de ses sucreries a des niveaux acceptables. L' ideal serai t que cet accroissement soit obtenu par une amelioration des rendements plutot que par une extension des superficies cultivees. 30. Bananes. Les estimations de couts font 1 'objet du Tableau 7. Comme pour d'autres speculations, la production de bananes peut etre traditionnelle ou amelioree, les methodes ameliorees etant de loin les plus profitables. Par rapport a d'autres produits, les bananes sont. relativement rentables, aux prix locaux comme aux prix a la frontiere. Le cout de la terre represente une part elevee du total des couts unitaires, aussi la plantation de bananiers est;.,..elle une utilisation relativement efficace des ressources en terre. En l'absence d'informations sur les autres cultures pratiquees en association avec les bananes, on ne peut evaluer les benefices a l'hectare. mais on peut les estimer par journee de travail. De ce point de vue la egalement, la production de bananes semble etre 1 'une des speculations les plus rentables pour Ha·iti. (Pour les bananes et la canne a sucre, comme pour Ie cafe, l' amortissement des depenses de plantation est inclus dans les couts totaux, de meme que Ie travail necessaire a l'etablissement de la plantation est compris dans les besoins annuels de main-d'oeuvre.) Estimations de l'avantage comparatif 31. Comme indique ci-dessus. on s'est fonde pour mesurer l'avantage comparatif sur trois indicateurs : Ie benef ice economique net, y compris la totali te du cout de la terre et de la main-d' oeuvre; Ie coilt en ressources interieures (CRr) d'un dollar (net) de devises; et Ie coefficient de protection nominale. Ces calculs ont ete effectues pour les differents systemes de cultures et leurs resultats sont indiques dans Ie Tableau 8. 32. Etant donne que les estimations des prix a La production interieure sont assez rudimentaires, les deux autres methodes (benef ice economique et CRr) donnent une meilleure idee de l' avantage comparatif. D'apres ces deux derniers indicateurs, c'est la production de bananes par l'emploi de techniques ameliorees qui offre l'avantage comparatif Ie plus eleve. Viennent ensui te, d' apres Ie cofrt en res sources interieures, le cafe en cuI ture pure. puis Ie riz irrigue et enfin le mals en cui ture amelioree et la canne a sucre qui sont a peu pres a egalite. Cependant, la monoculture ne represente actuellement qu'une tres faible partie de La production de cafe. de meme que Ie mals est rarement cultive a l'aide de - 149 ­ A..~'NEXE F Page 11 techniques ameliorees. Dans ces conditions, compte tenu des trois indicateurs. Ie classement est Ie suivant : bananes. riz irrigue, cafe, canne a sucre et ma1s. Les bananes et Ie riz sont suffisamment rentables 11 pour offrir la possibilite d'exportations. La canne a sucre est elle aussi suff isamment rentable pour qu 'iI paraisse economiquement justifie de remplacer les importations et d exporter vers les Etats-Unis I un tonnage correspondant au contingent attribue a Ha1ti. 33. Si l'on se base sur la rentabilite a I 'hectare, Ie classement s'en trouve modifie en ce que la canne a sucre et Ie ma"is ameliore devancent Ie cafe. Ces classements reposent sur l'hypothese que la terre est le facteur Ie plus rare en Ha1ti. Cela explique pourquoi la production de cafe parait diminuer. alors meme que son cout en ressources interieures est favorable. 34. Les calculs du Tableau 8 montrent qu'aux cours mondiaux. l'agri.culture ha1tienne tend a etre inefficace lorsqu'elle est pratiquee selon les methodes traditionnelles. Les techniques ameliorees sont beaucoup plus efficaces. comme Ie prouve I 'exemple du riz et du ma1s. En d'autres termes, Ha1ti peut itre concurrentielle a l'echelon international pour un certain nombre de cultures mais. dans de nombreux cas, ce potentiel n'est pas exploite. Le resultat Ie plus surprenant est peut-t~tre de constater que Ie prix de revient de la canne a sucre ha1tiEmne est peu eleve. Les calculs montrent aussi qu'Ha"iti gagnerait a s'assurer de nouveaux marches a l'exportation pour sa production de bananE!S et rien peut-etre ne temoigne mieux de la necessite d 'une reorientation des politiques generales. 11 Par lJenefice, on entend lCl Ie benefice pur, abstraction faite des couts d'opportunite de la terre et du travail. 11A.!!! tRIll! III tiEC'11:l1II ~ I'rl.."I"'I~a. cuit.",,,aL prOLiuction ...."",dlcit,a et ROO_'S (1918) IiIlGUli '1lWb'VlOO!.~ l:: III:nIWUlIl:i'f III:nIW lUll) IIAITI QJI.1'l.1t£ - - -Ali:A-----"YmD m:nrnm ABEA YIElD -t,a---tJ!ijl -.-.-~~ Ptmmm ARI!A YIElD -mrertiir -AilEA--pjffik!ifrn-IIDii:mir.iMH ._---­ -ha----Ilh!- --~L=_= ~ .. ~ t ha t --.-- Hotb 14,4311 0.112 61,0:19 b9,~)1 0.66 4~,272 '3,018 0.99 )2,488 36,114 0.61 24.144 211,141 lin, 141 0.18 S;.cillIO 66,681 0.64 ~,OI7 3II,~1 0.62 23,m 41,902 0.96 40,226 10,~' O.ll 3,3UI 1~.l95 123,OO~ 0.19 lib. 29,600 4.00 1I8,12~ 5,920 I.SO 11,000 4,680 1.40 6,,52 42,Il00 1.80 11,040 83,000 211,192 2.~ U.. ,lcon 21,,~ O.W 12,!i12 21,,36 0.41 lI,l'JO 28,4W 0.59 14,191 16,128 0.12 11,612 89,618 52,,24 0.5~ I'ul. ""'i!" 24,829 0.40 9,912 18,561 0.31 ',651 17,744 0,36 6,3IiII 1,240 0.48 3,41~ 68.3110 2',446 0.37 lliet.! (vIt"") 14,029 0.15 4,910 6,420 0.15 2,241 9,619 0.29 2,1153 6,8t16 0.4~ 4,lXll 39,174 14,006 0.36 LldU,iJ,1it 22,164 6.~' 143,174 25,36~ 5.07 1)3,641 14,951 6.17 101,232 19,001 6.90 111,141 81,492 ,II,11l8 6.27 f'~l4t""~ 18,119 4.14 111,891 16,421 4.)0 10,491 15.11~ 4.16 65,114 12,20'.1 4.re 49,811 62,~30 264,515 4.21 HdllI""" 19,414 l,'JO 15,9.\8 1',8.\5 3.93 62,351 12,132 4.00 SO.9211 14,9Ol io.lO 64,10'.1 62,900 253,136 4.02 111'''''''" 8,m 1.11 15.448 11,90'.1 3.69 43,928 6,118 1.44 21,2'2 6,111 2.~ 11.149 13,643 91,911 2.91 c..... i ..lCre 23,1181 41.90 1,11)),614 8,110 49.90 401,681 14,4SO W.SO 814,2~ 12,610 ~.30 111,321 59,111 2,995,843 SO.6 c..fe 18,196 0.25 4,549 ~5,Ml 0.25 11,414 40,041 0.25 10,012 31,619 0.25 8,420 111,619 14,455 0.25 ~ 118 0.2' 4, l,I05 0.30 932 188 O.~ 41 612 0.25 158 4.101 1,182 0.29 U,.Oll 2.819 O.ll 1.037 4.419 0.36 I,m 11.4 0.36 481 1.25\ 1.0'.19 0.41 SI""I 10.180 1.00 10.100 1,160 1.00 1,160 1,140 1.00 1,140 15,120 I.SO 22,980 1~.600 41.260 1.22 Vdlvf;' 5,180 2.00 10,'~ 5,180 10,3W 2.00 At""hl"'" a,1112 0.11 6,1131 1,170 0.8, 6.629 11,S60 0.10 12,292 12.860 0.6} 8.102 41,062 1l.854 0.12 II.;lx .... coco I,m 49.645 10.1)9 1.136 62.440 1Lo",,,,~ 136.151 61,491 ,- 8,.129 '5,156 3311.)21 Oc"'lU~'" 10,020 Il,SIO 7.969 29,151 61.ISO POlIt..t..:uUr.::;tk!S 7.,13 21.m 31.120 20.212 81.504 al Itto p.>J<ly. fJ T...."'" .... r...,l""" do: vetlve<. S..",r",,; I....ltl. tUnl~U~ ru Plan, 1lI\1fI', Scl~,... J'~,el"'llul.,nt. 0..",1""" pr....lr... 1984. ~I! ~ ... ANNEXE F Tableau 2 HAiTI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Rendements annuels corozaratifs, par culture, (1978) t/ha) Pays Riz Mais Haricots Canne a Sucre Cafe Cuba 2.09 1.25 0.71 53.29 0.54 El Salvador 3.51 2.14 0.81 77 .48 0.89 Guadeloupe 1.20 47.89 0.95 Haiti 2.54 0.78 0.59 50.63 0.25 Mexique 3.28 1.33 0.59 71.87 0.75 Nicaragua 2.92 0.92 0.77 60.79 0.66 Republique Dominicaine 2.67 2.10 0.82 62.35 0.31 Source: Schema d'amenagement du territoire, Ministere du Plan, HaIti, et Tableau 5.1. ANNEXE F Tableau 3 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Mais: Estimations des coats de production Methodes Methodes traditionnelles, Nord ameliorees Culture en Culture pure Cult. pure a/ associations ~/~/ Totald / Cul-de-Sac Coat/tonne 205 162 173 146 Rendement/ha 0.54 n.a. n.a. 4.06 Main-d'oeuvre; a) Total par tonne 141 132 134 36 b) Par hecta re: total 79 52 59 146 recolte 14 12 13 25 aut res travawe 65 40 46 121 Parts des couts (%): Main-d 'oeuvre 84 82 83 56 Terre 13 14 14 11 Benefice/ha: 1) aux prix a la prod.locaux 6 22 17 167 2) awe prix frontiere :.../ 6 25 19 300 Benefice/journee de travail aux prix frontiere :! .08 .48 .32 2.07 Coat/tmlne avec un coat de la main d'oeuvre egal a 80% du taux de salaire du marche 171 129 140 130 n.a. = non applicable. Unites: Coat/tonne et benefice en dollars E.U. Rendements en tonnes a l'hectare. Main d'oeuvre en journees de travail. a/ St. Raphael, Plaine du Nord, Dondon. ~/ Pour Ie mais cultive en association; les couts et les facteurs non ventiles ont ete imputes au mais dans une proportion egale a la part du mais dans Ie total des recettes generees par l'association. c/ St. Raphael, Pl·aine du Nord, Terrier Rouge, Dondon. (I/ Pour les methodes traditionnelles, on a calcule les moyennes en affectant un poicis de 75% aux cultures en association (qui sont les plus frequentes) et de 25% awe cultures pures. e/ Pour un prix frontiere de 220 dollars la tonne. Sources: Calculs etablis a partir de donnees de l'ODN et du FAC (1983) et de I' ONAPI (1982). ANNEXE F Tableau 4 HAfTI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Riz: Estimations des couts de production Riz a culture traditionnelle, Nord 1983 Riziculture irriguee Vallee de Nord l'Artibonite Riz de mangrove ~/ Riz pluvial ~/ 1983 c/ _____1~9_8_2____ Cout/tonne 754 794 473 263 Rendement/ha 0.61 0.65 1.36 3.83 Main d' oeuvre: a) Total par tonne 277 380 196 49 b) Par hectare: Total 169 247 266 186 Recolte 36 31 77 69 Autres travaux 133 216 189 117 Parts des couts (%): Main d'oeuvre 66 65 57 55 Terre 25 23 26 18 Benefice/ha: 1) aux prix a la pro­ duction locaux 37 -47 354 452 2) aux prix frontiere ~/ -110 -154 14 702 Benefice/journee de travail aux prix frontiere d/ -0.49 -0.62 0.05 3.59 Cout/tonne avec un cout de main-d'oeuvre egal a 80% du taux de salaire du marche 654 691 419 234 Unites: Couts et benefices en dollars E.U. Rendements en tonnes/ha. Main-d'oeuvre en journees de travail. a/ Plaine du Nord, Camp Louise, Dondon, Haut Maribaroux. h/ Camp Louise. ~/ St. Raphael. a/ Sur la base du prix frontiere moyen pour la periode 1973-82, soit 486 dollars la tonne. ANNEXE F Tableau 5 HAITI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Cafe: Estimations des couts de production, 1983 Culture en Association Cafe Cafe Majoritaire Minoritaire Culture Pure Cout/tonne a/ 364 851 430 Rendemen t/ha b / .• 16 (2.11) .03 (0.39) 0.14 (1.84) Main-d' oeuvre: c/ a) Total par tonne 375 433 337 b) Par hectare: Total 60 13 47.2 Recolte 44 7 25 Autres travaux 16 6 22.2 Parts des c.outs (%):d/ Maln-d'oeuvre 51 61 60 Terre 49 39 40 Benefice/ha: a) aux p-cix a la production locaux 37 6 163 b) aux prix frontiere e/ 46 9 105 Benefice/journee de travail aux pr.ix frontiere 0.77 0.69 2.22 Coat/tonne avec un coat de la main-d'oeuvre egal a 80% du taux de salaire du marche 327 747 378 Unites: Coat/tonne et coat de la main-d'oeuvre par hectare. Rendements en tonnes/ha. Main-d'oeuvre en journees de travail. a/ Y eompris Ie coat annualise de l'etablissement des plantations. ~/ Rendements annualises (sur 13 ans). Le chiffre indique entre parenteses correspond aux rendements totaux pendant la duree de vie de la plantation. ~ Chiffre annuel, y compris la main-d'oeuvre utilisee pour l'etablissement de la plantation. d/ Parts des coats annu~lises. "i/ Au "prix frontiere" (pour les producteurs) de 1.175 dollar la tonne; voir Ie texte de l'annexe. ANNEXE F Tableau 6 HArTl ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Canne a sucre: Estimations recentes des couts de production Quartier Morin Plaine du Nord Les Cayes (Nord) ~I (Nord) ~ (Sud) bl Cout/tonne 8 8 10 Rendement/ha 42 46 65 Main-d'oeuvre: a) Total par tonne 2.7 3.7 1.9 b) Par ha: Total 113­ 169 124 Recolte 54 60 85 Autres travaux 59 109 39 Parts des couts (%): Main-d' oeuvre 52 56 20 Terre 14 10 27 Benefice/ha: a) aux prix a la production 210 232 186 b) aux prix frontiere:'1 312 335 314 Benefice/journee de travail aux prix frontiere :'1 2.76 1.92 2.53 Unites: Couts et benefice en dollars E.U. Rendements en tonnes/ha. Main-d'oeuvre en journees de travail. al D'apres l'ODN et Ie FAC (1983), couts pour la canne a sucre en culture pure. bl D'apres l'ONAPI (1982), couts pour la canne a sucre en culture pure. E..! Au "prix frontiere" de 15,40 dollars la tonne de canne. Cette estimation correspond a uri prix f.o.b. du sucre de 14 cents la livre, (cours mondial de 15 cents) et a un coefficient de conversion canne/sucre de 12/1; elle suppose en outre que, dans des conditions normales, les planteurs devraient recevoir 60% de la valeur du sucre extrait de leurs livraisons de canne. Note: Annexe A contient egalement des donnees sur les couts de production de la canne a sucre en culture pure. Ces estimations se situent entre 6 et 7 dollars la tonne. ANNEXE F Tableau 7 HAYTI ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE Bananas: Estimations des couts de production, 1982 Methodes ameliorees , Methodes traditionnelles, Nord Plaine de ________________________~C~u~l~t~u~r~e~P~u~r~e ~/ Cult.association ~/ l'Arcahaie c/ Cout/tonne 96.9 59.1 84.6 Rendement/ha 4.06 1.85 15.4 Main-d' oeuv re: a) Total par tonne 37 28 n.a. b) Par ha: Total 93 32 n.a. Recolte 26 8 n.a. Autres travaux 67 24 n.a. Parts des coGts (%): Main-d' oeuvre 61% 42% 32% T,=rre 31% 56% 14% Benef ic af.ha: a) aux prix a la pro­ du,::tion locaux 330 148 1,750 b) aux prix frontiere ~/ 384 170 1,811 Benefice/journee de travail aux prix frontiere 4.13 5.31 n.a. CoGt/tonne avec un coGt de la main-d'oeuvre egal a 80% du taux de salaire du marche 85.1 54.1 79.2 ~/ Bord de Mer/Limonade, Quartier Morin, Plaine du Nord. Source: ODN and FAC, 1982. pj Dondon, Grande R1biere/Bahon, Grison Garde, Grande Bassin. Source: ODN and FAR, 1982. c/ Source: ONAPI, 1982. d/ Puisque les bananas pourraient etre exportees, Ie prix frontiere a prendre en consideration est Ie prix f.o.b. diminue,de la marge de commercialisation. Dans Ie cas present, on a esti~e Ie prix f.o.b. a 12,5 cents Ie kg (2,07 dollars Ie regime) a partir de donnees provenant de la Republique Dominicaine. La marge de commercialisation est estimee a 25% du prix a l'exportation. Calcule sur cette base, Ie prix frontiere est de 9,4 cents Ie kg. HAITI E:IUDE 00 SECIEUR .AGRI<DlE Indicateurs de I' avantage cooparatif des productions haitiennes Mais Riz Bananas Cafe eanne a sucre Mture Mture Riz de Irrigu€ie Mture plre Mture En En culture ~ier Les traditionnelle amelioree mangrove Artibonite traditionnelle ameliore association plre M:>rin Ber~fice/ha 19 300 -110 702 384 1,811 46 105 332 374 Benefice/joumee de travail 0.32 2.07 -0.60 3.59 4.13 n.a. 0.77 2.22 2.94 3.01 CRI 0.88 0.57 1.57 0.47 0.51 0.29 0.56 0.36 0.57 0.64 CPN 1.25 1.25 1.20 1.20 o n.a. n.a. 0.5 2.0 0.84 0.84 Source: Estimations de la mission. ;-'I> ~~ I-'t'i (1) ~ III t'i \:! '"<:I 00

Informations clés
Date d'adoption
Pays Haïti
Source Banque mondiale