K,tpport No illZ-BIU Benin: Problemes et choix energetiques PROGRAMWE CONJOINT PNUD~BANQUEMONDIALE POUR PAVORISER LA MITRISE DES CHOIX EHERGETIQUES Pays - Date No. - Indonksie Novernbre 1981 Maurice Decernbre 1981 Kenya Mai 1982 Sri Lanka Mai 1982 Zimbabwe Juin 1982 Ha'iti Juin 1982 Papaouasie-Nouvelle-Guinbe Juin 1982 Burundi Juin 1982 Rwanda Juin 1982 Malawi AoGt 1982 Bangladesh Octobre 1982 Zambi e Janvier 1982 Turquie Mars 1983 Bolivie Avril 1983 Fidji Juin 1983 Iles Salomon Juin 1983 Senkgal Juillet 1983 Ouganda Juillet 1983 Soudan Juillet 1983 Nigkria AoGt 1983 Nkpal AoSt 1983 Gambie Novembre 1983 Perou Janvier 1984 Costa Rica Janvier 1984 Lesotho Janvier 1984 Seychelles Janvier 1984 Maroc Mars 1984 Portugal Avril 1984 Niger Mai 1984 Ethiopie Juillet 1984 Cap-Vert AoGt 1984 Guinke-Bissau AoSt 1984 Botswana Septernbre 1984 S. Vincent et les Grenadines Septembre 1984 S. Lucie September 1984 Paraguay Octobre 1984 Tanzanie Novembre 1984 Y6men Dkcembre 1984 Liberia Dkcembre 1984 Rkpublique Islamique de Mauritanie Avril 1985 Jama'ique Avril 1985 C6te D' Ivoire Avril 1985 Togo Juin 1985 POUR USAGE OFFICIEL Rapport No. 5222-BEN BENIN PROBLEMES ET OPTIONS DANS LE SECTEUR DE L'ENERGIE JUIN 1985 Le prksent rapport fait partie d'une skrie pubLi6e dans le cadre du Programme conjoint PNUDIBanque mondiale pour favoriser La maitrise des choix hnergbtiques. Les travaux ont 6tk financks en partie sur le Compte energie du PNUD et r4alis6s par la Banque. Le prCsent document fait L'objet d'une diffusion restreinte. Sa teneur ne peut 6tre divulguke sans L'autorisation du Gouvernement, du PNUD ou de la Banque mondiale. Le Benin a un potentiel Cnergetique varie et, en principe, adequat pour approvisionner les besoins du pays A long-terme. Les vastes ressources forestikres satisfont 86% de la demande interne. Bien que Le bilan offre/demande de bois de feu soit positif au niveau national, il existe des pCnuries dans la region du sud a forte densite de population et dans Les regions du nord oh les conditions climatiques sont moins favorables. I1 est suggere d'entamer l'exploitation rationnelle des zones forestikes existantes et de promouvoir des projets agro-sylvicoles dans Les zones rurales. Depuis 1982, le BCnin est devenu producteur de petrole, et des recherches sont en cours pour dhterminer s'il y a du gaz nature1 en quantitd et qualit6 comrnercialement exploitable. Dans les conditions actuelles, il est Qconomique d'exporter Le petrole brut et dtimporterLes produits raffinks requis par le marche. Le Benin a aussi des ressources hydroelectriques consid6rables, qui peuvent Stre mises en valeur dans un cadre d'interconnexion de L'Afrique de ltOuest. La reali- sation des objectifs sectoriels exige le renforcement des institutions responsables de la gestion du secteur, ainsi que la participation active du secteur prive dans les differents domaines de production d6centralisee d'hnergie et aux efforts d'amhlioration de l'efficacite de l'utilisation de l'energie. Finalement, la cooperation regionale offre des possibi- Lites de developper conjointement et moindre coGt les ressources internes, et la possibilith de reduire La facture d'importation des produits 4nergetiques et des transferts technologiques. BAD Banque Africaine de Developpement BBD Banque Bdninoise de Developpement BCDB Banque Commerciale du Benin BOAD Banque Ouest Africaine de Developpement CARDER Centre dtAction Regionale pour le Developpement Rural CEB Compagnie Electrique du Bdnin CIB CQramique Industrielle du BCnin CTL Centrale Therrnique de Lomd CIMA0 Socidtd des Ciments de 1'~friquede 1'Ouest DEFC Direction des Eaux, ForQts et de la Chasse EDF Electricitd de France EECI Energie Electrique de la CBte dtIvoire FA0 Organisation des Nations Unies pour llAlimentation et 1'~griculture FED Fonds Europden de Ddveloppernent GMB Grands Moulins du Benin IBETEX Industrie Bdninoise des Textiles INSAE Institut National de La Statistique et de 1'Analyse Economique MDRAC Ministhre du Ddveloppement Rural et de ltAction Cooperative MERS Ministkre de LtEducation Superieure et de La Recherche Scientifique MFEEP Minist6re des Fermes de l'~tat,de L'~1evageet de la PQche MIME MinistQre de LtIndustrie,des Mines, et de LtEnergie NEPA Nigerian Electric Power Authority OCBN Organisation Commune Bdnin-Niger des Chemins de Fer et des Transports ONAB Office National du Bois OTP Office Togolais des Phosphates SBEE Societd Bdninoise d'Eau et dtElectricit& SCB Societe Ciment du Bdnin SOBETEX Socidte Bdninoise des Textiles SONARA Societe Nigerienne de Commercialisation de LtArachide SONACI Societe Nationale des Ciments SONACOP SocietC Nationale de Commercialisation des Produits Petroliers SONICOC Socidte Nationale pour LtIndustriedes Corps Gras SONIDEP SociCt6 Nigerienne des Produits Pdtroliers SONAFEL Socidte Nationale de Fruits et Ldgumes SNS Sociite Nationale de SidCrurgie SSS SocidtC Sucrikre de Save VRA Volta River Authority PNUD Programme des Nations Unies pour Le Developpement UNSSO Office Soudano-Sahel des Nations Unies USAID Agence Internationale de DCveLoppement des Etats-Unis Monbtaires: 50 FCFA= lfranc frangais 370 FCFA = 1 $ E.U. (Juin 1983) Energie: -- - - -- -- . -- Unites Poids Valeur Equiva- Equiva- i n i - speci- calori lent de lent de t i a l e s fique fique petrole petrole Butane kg Bois de feu 3 (25%humidite-compact 1 m 0,7 Charbon de bois tonne Equivalent de petrole tonne - Essence Super m3 0,735 3 Ordina ir e m 0,71 3 Aviation m 0,71 3 Kerosene m 0,78 10.300 3 Kerosen e Aviation m 0,80 3 Gas-oi I /Diesel 0,82 Mazout Leger tonne 0,92 Lourd 0,96 9.800 Electricite: Rendement de 28,5% kwh - 3.018/kWh 295,88/GWh Rendement de 100% kwh - 860/kWh 84,314/GWh 3 9 .o0o/m3 - Gaz nature1 rn 3 Biogaz m 5.50o/m3 - 0, 539mm3 Rafles de mais tonnes 3.500 0,343 Pail l e de mais, de r i z , de sorgho, de m i l tonnes Tiges de palmier a h u i l e tonnes Fibres de palmier a h u i l e tonnes Coques de noix de palme tonnes Feuilles de palmier a huile tonnes Tiges de coton tonnes Coques d'arachides tonnes Bal les de r i z tonnes Coques de noix de coco tonnes - - - - - -a/ Une stere de bois = 1 m3 de bois empile = 0,6 m3 de bois compact. Barrils par jour Produit interieur brut Millier Million Mbtre cube 3 kcal Ki ocalorie Mcal 10 kcal kgep Kilogramme d'kquivalent de petrole teP lo3 kgep kwh Kilowatt-heure MWh 103 kwh GWh lo6 kwh TWh 109 kwh Le present rapport est fondk sur les conclusions d'une mission d'kvaluation energktique qui s'est rendue au Benin en juillet 1983. Cette mission ktait composee de Mlle. U. Weirnper (chef de mission), KM. A. Larreture (consultant knergies renouvelables), A. Streicher (consultant, Cconomies d'energie), J. Hatfield (consultant, kco- nomiste de 1'Cnergie klectrique). La mission a eu aussi la col- laboration des specialistes de la Banque MM. J. Fishwick (expert forestier), J. Toktar (inghieur petrolier), et M. Wilton (spe- cialiste de ltClectricite). La dactylographie finale du rapport a Ctk assure par Mme. Norma Kraushaar. TABLE DES MTIEBES Page I. RESUME ET CONCLUSIONS..................................... Vue d'ensemble de 1'econornie ............................ Principaux problBmes dans le domaine de l'knergie ....... Investissements . . ......................................... Priorites moyen terme ................................. Evaluation des ressources ............................. Options en mati6re d'approvisionnements ............... Mesures de gestion de la demande ...................... Aspects institutionnels ................................. I1. PROGRAMME DE GESTION DE LA DEMANDE ........................ Bilan CnergCtique....................................... Prkvision du bilan energetique ........................ Remplacement et conservation ............................ Secteur industriel .................................... Structure de l'utilisation d'energie industrielle ..... Possibilitgs de conservation d'energie ................ Pr6vision de la demande industrielle d'knergie ........ Recomandations ....................................... Secteur des transports .................................. Prkvisions de la demande de combustible dans le secteur des transport ....................... Redevances l'intention des usagers de la route ...... Recomandations ....................................... Consomation d1&nergie dans le secteur h6telier ....... ~heraton/Cotonou .......... ......................... Menages et industrie artisanale ......................... Possibilites de realiser des Cconomies d'knergie ........................................... Foyers ameliorks ...................................... Ameliorations des pratiques artisan ale^..........^.... 111.SOUS-SECTEUR DES HYDROCARBURES ............................ Ressources ............................................ Approvisionnements actuels en phtrole ................. Structure de la demande ............................... Coiits des importations de petrole ..................... Prix de detail de petrole ............................. Stratkgies propres A reduire le coGt des importations de petrole ............................. Possibilit6s de remplacement du petrole ............... ........................................ Gaz du Nigkria IV.ENERGIE ELECTRIQUE ........................................ R6le de l'&lectricite... .............................. Caracteristiques du rkseau Clectrique du BCnin ............................................... Reseau c6tier interconnect4 ............................. Reseau c6tier du B&nin ................................ Reseau cBtier binational (CEB) .......................... ................................. Strathgie binationale Centres de l'inthrieur ................................ Tarifs .................................................. Tarifs d'achat et de vente de la CEB .................. Tarifs de la SBEE ..................................... LES SOURCES D'ENERGIE RENOWELABLES ET LEUR POTENT1EL DE MISE EN VALEUR .................................. .em.......... o . . . e . . . . . . . . . . . . , . m . . . o . . . . . Ressources forestikres Prix du bois et du charbon de bois ..................... CoGt de production du bois ....*....................... Questions qui se posent au gouvernement ............... Dhchets agricoles ..................................... Autres ressources renouvelables ....................... Chauffage solaire de l'air ............................ Energie bolienne ...................................... INSTITUTIONS. INVESTISSEMENTS ASSISTANCE TECHNIQUE ........ Institutions.......................................... Electricith............................................ La Communautb Electrique du Bknin (CEB) ............... La SBEE............................................... Exploitation forestiere ............................... Autres probl6mes d'ordre institutionnel ................. Investissement.......................................... Activitbs de premiere priorit6 ........................ Projets de seconde prioritk ........................... ANNEXES Population par province. 1979 ............................ Projection de la croissance de la population jusqu'i l'annbe 1998 ................................... Rhpartition rhgionale de la population - projection ...... Bilan hnerghtique - 1982................................. Bilan knergktique. 1982 ..Note explicative ............... Bilan bnergbtique. 1982 Energie utile .................. Bilan Energhtique ........................................ Projection du bilan bnerghtique B 1988 ................... Projection du bilan knergktique i 1998 ................... Consommation de bois et de charbon de bois dans Les m&nages et l'industrie artisanale ...................... Ventes de produits phtroliers tinerghtiques ............... Ventes de produits pktroliers par dkbouchks - 1982....... Ventes de produits pktroliers par debouches - 1984 ....... Prix des produits pktroliers - 1983 ...................... Afrique de ltOuest: Consommation de produits pbtroliers - 1981 ....................................a. Afrique de L'Ouest: Consommation p&troli&re historique ................................a* Afrique de L'Ouest: Capacit6 de raffinage ............... Potentiel hydro&lectrique du Togo et du Bknin ............ Bbnin Togo --Projections Projections de La demande dt&lectricit& .......... de la demande d'electricite.. ......... Togo-BCnin - Projections de La production d'ilectricit6....................... ................. 110 Besoins du petrole necessaire A la production electrique..... .................................... 111 Puissance Qlectrique instaLL&e.........................., 112 Tarifs de ltClectricit6 1982............................. 113 Tarif propose moyenne tension............. ...............114 Potentiel energktique des dCchets agricoles.... ..........115 Analyse du potentiel d' Qnergie des dCchets agricoles ............................................. 116 Bilan energktique de la sucrerie (SSS)..... ..............126 Evaluation des technologies non traditionnelles dlutiLisation de sources renouvelables................. 127 IBRD 17681R Benin: densit6 de population IBRD 17682R BQnin: ressources forestikes IBRD 1768% BCnin: ressources de hydrocarbures IBRD 17684R BQnin-Togo: systhmes electriques Vue d'ensemble de 1'bconomie 1.1 La Republique populaire du Benin est un pays en forme de coul- oir qui couvre une superfice de 112.000 km2 . Sa population est de 3,8 millions d'imes et le PIB par habitant,estd'environ 270 dollars E.U. par an (en 1981). L'agriculture et Le commerce avec Les pays voisins sont ses activites economiques les plus importantes. Au cours des annees 70, 1'Etat est devenu le principal agent Bconomique, mettant en place des investissements pour La mise en valeur des ressources nationales et pour le developpement industriel, et exersant un contrijle sur les activites des autres secteurs. La croissance rbelle de L'economie est passee d'un taux moyen de 0,9X par an pendant La periode 1971-1976 A 3,6% environ au cours de la pkriode 1976-1981. Cependant, au dibut des annees 80, La balance des paiements et le budget fiscal ont enregistre des deficits de plus en plus importants. I1 devint ivident que de nombreuse entreprises publiques n'etaient pas viables sur le plan commercial et que l'inter- vention de ltEtat dans le reste de l'economie avait produit de graves distorsions qui avaient d6courage la production du secteur privk. Pour redresser ltbconomie, Le gouvernement a recherchC L'aide internationale et a difini une nouvelle stratigie qui vise A promouvoir le developpement de l'agriculture et A moderniser le secteur industriel. La Banque estime que cette politique permettra au Benin de soutenir une croissance minimum de l'economie de 2% par an pendant le reste de la presente dkcennie. Ce pays pourra realiser un taux de croissance plus eleve si la production de petrole du gisement de Sem-5 depasse les estimations actuelles et si les deux grandes unites industrielles (l'usine de clinker dlOnigbolo et la sucrerie de Save) deviennent cornpktitives et peuvent exporter leur pro- duction. Les perspectives de croissance Cconomique a long terme sont en fonction des efforts que deploiera ce pays pour surmonter Les difficultes internes d'ordre technique et administratif et de la cooperation Cco- nomique avec les pays de l'bfrique de ltOuest. Principaux problemes dans le domaine de lt&nergie 1.2 Le bilan energetique indique que, du point de vue purement quantitatif, llCnergie ne devrait pas Otre un facteur Limitatif du db- veloppement Cconomique du Benin. D'apres les prkvisions, la consommation brute d'energie devrait passer de 840 Ktep en 1982 A 1.600 Ktep en 1998, chiffres a rapprocher de la capacite de production potentielle de 2.300 Ktep par an. Ce potentiel est estimi. sur la base des conditions Qconomiques et techniques actuelles et comprend A la fois les sources d1Cnergie renouveLables et les hydrocarbures. La mise en valeur de la totalit6 de ces ressources et leur conversion en formes d'bnergie exigkes par une iconomie qui se rnodernise graduellement est limitbe par la dimen- sion du rnarche et la disponibilitk de facteurs de production financiers et techniques. La cooperation rbgionale dans le contexte des pays de 1'Afrique de ltOuest a Qte reconnue comme le rnoyen d'arriver i une exploitation Cconomique optimale, grdce au partage des investissements, des marches et du savoir faire technique et administratif. 1.3 Le bois, et dans une certaine mesure, les dCchets agricoles sont les ressources Les plus importantes et satisfont A L'heure actuelle , la plus grande partie des besoins d'energie. Le remplacement intkgral de la consommation de biomasse par des produits petroliers importks coiiterait 1'Qconomie environ 50 millions de dollars E.U. par an. La priorit6 La plus haute de la strathgie de l'knergie consiste, Cvidemment, A garantir, A long terme, des approvisionnements ad6quats de bois h des prix compktitifs. I1 est essentiel de formuler un plan de mise en valeur pour exploiter rationnellement les ressources foresticires et pour Cvaluer Le potentiel inergetique des dCchets agricoles et Le coiit de leur con- version en formes utilisables dfCnergie. I1 faudra promouvoir encore plus La participation active du secteur prive dans ces activitks. 1.4 La production de petrole du gisement de SCmk a dCbutC en 1982 et, en 1983, le Benin Qtait devenu exportateur net de pCtrole. I1 est encore trop t8t pour evaluer la capacite de production A long terme de ce gisement et du reste du bassin skdimentaire du BCnin. A l'heure actu- elle, il semble que la production atteindra un maximum vers la fin des annkes 80 et ses limites 6conomiques au debut des annees 90. Le gouver- nement cherche activement A faire participer les socidtes priv6es i la prospection des zones au large des c8tes en dehors du gisement de SkmC. Un programme est Cgalement en cours pour dklimiter l'etendue du gisement de SemC. Une connaissance plus approfondie du potentiel en petrole et en gaz nature1 permettra de ddfinir des programmes &quilibrCs de mise en valeur et de production qui tiendront compte des contraintes d'ordre technique et financier ainsi que des objectifs economiques Long terme. 1.5 On estime que Le potentiel hydro-Clectrique du Benin est de 70 i 80 Ktep par an, chiffre a rapprocher d'une demande d161ectricite qui, selon les prbvisions, devrait atteindre 40 Ktep d'ici h 1998. Cependant, la mise en valeur de cette ressource n'est Cconomique que dans le con- texte d'un marche plus vaste. I1 faut donc recommander au Bknin de ren- forcer La coopkration avec le Togo dans Le cadre du rdseau binational actuel et de s'interesser activement A L'execution d'une interconnexion electrique plus etendue avec les autres pays de L'Afrique de L'Ouest. 1.6 Tous les approvisionnements en electricit6 et en produits petroliers sont importks. Le coiit de ces importations a absorb4 plus de 20% des recettes en devises du BCnin en 1982. I1 est probable que les importations de produits pktroliers augmenteront de 8 millions de dollars E.U. en 1984 par suite de la reduction des livraisons d1&1ectricit& du Ghana et de la fermeture de la frontihre avec le Nigeria. Pour compenser la reduction de l'approvisionnement en ClectricitC du Ghana par une pro- duction thermique accrue, il faudra effectuer des importations supple- mentaires de produits p6troliers Cquivalentes B 12.000 tep. En 1982, environ 16.000 tep de produits pktroliers bon march6 ont 6te achetes directement au NigCria (soit llCquivalent de 7% du tonnage officiellement import&); avec la fermeture de la frontihre cette demande devrait Btre satisfaite par des importations officielles. I1 est Cvident qu'un pro- gramme de conservation de 116nergie slQtendant A tous les groupes de consommateurs s'impose de toute urgence pour rkduire les effets negatifs que cette situation produit sur l'econornie. 1.7 I1 faudra sensiblement renforcer la capacite de gestion de l'energie du Benin pour que ces programmes soient appliques efficacement et en temps voulu. Pour y parvenir, la mission propose lladoption de programmes d'assistance technique pr6voyant une formation intensive. Ces programmes se proposent de renforcer la capacite administrative des organismes qui stoccupent de ce secteur et de creer une capacite qui permettrait au Benin de concevoir une politique de l'energie au niveau macro-economique qui se traduirait par des directives efficaces. Investissements 1.8 Les besoins en investissements publics dans le secteur de lt&nergie sont estimes i environ 200 millions de dollars pour la periode 1984-88. Ces fonds seront alloues pour les objectifs suivants: (a) eva- luation et mise en valeur du potentiel en hydrocarbures (34%); (b) mise en valeur de ressources hydroklectriques conjointement avec le Togo et extension du reseau Clectrique (50%); (c) projets de reboisement (12%); (dl identification et demonstration de projets fondamentaux en matigre de conservation et conversion dlCnergie; et (el formation. ctest un plan d'investissements prudent mais trhs important ( 5 % du PIB), surtout Lors- qu'on tient compte des besoins d'investissements dans d'autres secteurs prioritaires tels que l'agriculture et l'infrastructure sociale. Ce- pendant, le financement d'une fraction importante de ces besoins a dCji t assure par des bailleurs de fonds internationaux. Une action concertee des organisations internationales financigres et techniques est essentielle pour aider le BQnin B exkcuter le reste du programme du secteur de l'energie. Les recommandations de la mission concernant ltadoption de mesures prioritaires et leur justification kconomique figurent ci-apr8s. Prioriths A moyen terme Evaluation des ressources 1.9 ~'Cvaluationdu potentiel du Benin en hydrocarbures a fait de grands progrks. On estimait, jusqu'i tout recemment, que le gisement sous-marin de S h e , decouvert en 1968, n'avait qutune importance mar- ginale du point de vue des rkserves rkcuperables. A la suite d'une premiere phase de mise en valeur, entreprise par contrat de services au risque exclusif de llEtat, il semble que le reservoir s'etende sur une superficie plus vaste et ait une meilleure poussCe d'eau qu'on ne s t y attendait au debut. On envisage, A l'heure actuelle, une deuxikme phase du projet de mise en valeur avec l'aide de 1'IDA. Du fait qu'il optimi- serait La production et qu'iL exploiterait Les zones du gisement recem- ment decouvertes, le projet contribuerait A abaisser le coSt unitaire de production et permettrait au BBnin d'obtenir un rendement acceptable de son investissement. 1.10 On a decouvert du gaz nature1 dans une structure plus profonde du gisement de SCmC (2.600 mhtres). La mission estime qu'il faudrait accorder une haute priorit6 a l'&valuation de ce potentiel. Les grands consommateurs d'energie pourraient absorber un volume de gaz suffisamment important pour justifier des depart 1'investissement Cleve que repre- sentent les infrastructures d'exploitation et du transport du gaz. Dans la deuxieme phase du project de mise en valeur du gisement de Seme, finance par la Banque, figurent des travaux d'ingeierie pour tester la nappe de gaz et pour effectuer une etude detaillee de .marchedu gaz. Si les essais sont concluants, la mission sugg&re de forer des puits supple- mentaires dans la nappe pour quantifier les rCserves et fournir les ren- seignements necessaires B la formulation d'un programme de mise en valeur du gisement. 1.11 Par ailleurs, une evaluation recente du reste du bassin sedi- mentaire du Benin a montrk l'existence probable d'accumulations de p&trole dans la rkgion situee au large des c6tes a l'ouest de Seme. Le gouvernement est en train de preparer la promotion de la participation d1int4r&ts privCs a la prospection de cette region, y compris la rCvision du cadre juridique de cette participation. 1.12 Des mesures initiales ont kt6 mises en oeuvre pour evaluer Les ressources hydro-Clectriques du BCnin, estimees a l'heure actuelle a 240 MW (840 GWh/an). L'inventaire recent des sites hydro-Clectriques (supCrieurs A 10 GWh) a r6vdlC la necessite de reunir des donnees topographiques et hydrometriques supplementaires avant de pouvoir faire des Ctudes de faisabilite. Les sites potentiels sont situhs sur des rivieres presentant d'importantes fluctuations saisonni&res et annuelles de debit, des pentes douces et de larges vallees. Par consequent, La mise en valeur prksente un codt relativement eleve et doit Qtre envisagee dans le contexte d'un systkme interconnect&. La CEB, s o c i ~ tbinationale ~ dlClectricite enin in et ~ogo)envisage la mise en valeur de ces res- sources hydro-electriques, prCvoyant des echanges saisonniers d'energie avec le Ghana, en utilisant Akosombo pour r6gulariser la production d8energie hydro-electrique. Nous suggerons egalement de faire des Ctudes supplementaires pour Cvaluer les ressources de mini-centrales hydro- Blectriques au Benin susceptibles de fournir de l'electricite aux villes de l'interieur et d'Cconomiser des hydrocarbures liquides. 1.13 Compte tenu de L'importance du secteur agricole au BCnin, il conviendrait d'examiner les possibilites de convertir les dechets agri- coles en source d'energie. Une quantification prkliminaire du potentiel energetique present4 par des dechets produits lors de La campagne 1982/83 a indique une valeur de 450-600 Ktep, comparable a celle de la consom- mation actuelle de bois qui est de l'ordre de 700 Ktep. La mission re- commande donc de dresser un bilan des residus disponibles dans chaque grande zone agricole, compte tenu de differentes utilisations de la bio- masse et des besoins de reconstitution des sols. Des renseignements de cette nature permettraient de definir des applications economiques de ce potentiel a des fins CnergCtiques. Options en matiere d'approvisionnernents 1.14 Exploitation forestikre. Etant donnk la faible densit4 de population de ce pays et ses conditions climatiques, on pourrait augmen- ter sensiblement La production de bois au Bknin. Le principal obstacle i une bonne gestion des ressources est la faiblesse actuelle des institu- tions qui veillent aux destinkes de ce secteur. PLusieurs projets de re- boisernent et d'ambnagement des forhts sont en voie d'ex6cution. La mis- sion estime que ces projets sont bien consus et r4pondent a la capacitk d'absorption du pays. Le principal objet de La plupart des plantations intensives du sud est La production de bois d'oeuvre et, secondairement, de bois de feu; un projet a coSt 6levb s'adresse spkcifiquement aux besoins en energie de la rkgion cdtikre, fortement peuplee; un autre projet tente de rernkdier au problhrne de l'krosion et de La phnurie de bois dans Les zones arides du nord du Benin. 1.15 Pour augrnenter a L'avenir, les approvisionnements en bois et en charbon de bois des mhnages urbains dans les rkgions cetieres, La mission recommande d'adopter une double stratkgie: (a) multiplier les efforts pour ouvrir de nouvelles zones forestihres au centre du pays, et adopter des fours de conversion au charbon de bois h bon rendement; pour am&- liorer les aspects Cconomiques des projets de gestion forestihre, il faudra chercher h ktablir des exploitation A but multiples, y compris la production de bois de service, de bois de feu h usage industriel et destink B La production d'klectricith, ainsi que de bois de feu pour la consommation des mknages; (b) encourager le reboisement rural par L'ex- pansion de services d'assistance technique. La mission recommande &gale- ment de renforcer la coordination entre les services d'extension agricole et forestiers, de definir une politique d'utilisation des terres dans le sud du Benin, et d'encourager Les projets agrosylvicoles. 1.16 Autres formes de biomasse. Plusieurs industries utilisent dkji les dbchets agricoles pour alimenter leurs chaudihres, remplasant ainsi les produits pktroliers importks. Bohicon, avec un exckdent de sciure de bois et de coques de graines de coton estimk a 3.000 tonnes, prbsente une additionnelle possibilitk de remplacement. Au Lieu d'utiliser skparbment ces d&chets, La mission sugghre d'ktudier leur utilisation dans une chaudiere a poly-combustibLes dans la brasserie qui va 6tre construite h Abomey. ~'kvaluationprCliminaire faite par la mission indique que La production de vapeur ou la production conjointe de vapeur et d'klec- tricitC sont des options intkressantes pour cet excbdent. Par ailleurs, la mission sugghre que, pour encourager La conversion des d4chets en energie klectrique dans Les centres isolbs, il faudra envisager de signer des accords de vente avec les entreprises intkresskes i produire de l'klectricitb A partir de la biomasse, h un tarif kgaL au coSt marginal A Long terme de La SBEE dans une Localitk dbterminke (tarif au pro- ducteur). Du Eait que la CEB dktient le rnandat d'autorisation de L'auto- production, ces contrats, pour les regions qui seront desservies par La soci8tk binationale d'klectricitk, devront itre nkgociks par la SBEE, avec llapprobationde la CEB. 1.17 Energie blectrique. Bien que le taux d'blectrification du Benin soit faible (20% seulement la population urbaine y ont acc&s) et que 1'6lectricitb represente moins de 2% de la consommation finale d'hnergie, la mission recommande l'adoption d'une politique qui mettrait L'accent A moyen terme sur: (a) La consolidation des reseaux de distribution dans les centres deja desservis, L'amblioration du service et La reduction des pertes materielles et financihres de ces reseaux; (b) L'extension des services A de nouvelles rbgions, si il est etabli que L'&LectricitC est l'option la plus economique pour satisfaire les besoins specifiques d'energie. En raison de La faiblesse du niveau du revenu moyen de la majorit6 de la population du Benin, et du fait que des services sociaux n'ont pas encore ete mis a La portee de la population, La mission considere qu'il faudra soigneusement reviser Les projets d'electrification rurale, en tenant compte du fait que dans la plupart des cas, on pourra satisfaire les besoins knergetiques, de maniQre plus kconomique, grkce L l'utilisation directe de combustibles Liquides, comme par example, pompage d'eau. 1.18 Une caracteristique particuligre du secteur de 1'6lectricit6, au Benin, reside dans Le fait que son rbseau c6tier fut interconnecth, au debut des annees 1970, aux rbseaux du Togo et du Ghana, et que, grice ce projet de cooperation, le pays beneficie d'approvisionnements en hydro-blectricitk A un codt relativement bas. En raison d'une grave skcheresse, le Ghana a rCduit ses Livraisons d'electricite de 50% en dkcembre 1983. Ces importations d'energie avaient satisfait pr&s de 90% des besoins internes du Benin en Cnergie l'ann8e prichdente. Pour compenser la hausse de coilts rbsultant de la proportion accrue de la pro- duction thermique, le Benin a dC mjorer ses tarifs de 80%. Une augmen- tation aussi soudaine et aussi considCrable rkduira la croissance de La demande df6nergie. 1.19 Dans le but de planification, La Banque prevoit que les ventes d'electricite augmenteront L un taux moyen de 9% par an dans le reseau c6tier et A un taux beaucoup plus &lev& dans les centres de l'interieur (14% dans le centres qui existent depuis longtemps, 20% dans les centres recemment crees). Selon les previsions, la demande du reseau inter- connect4 binational du Benin et du Togo augmentera A un taux moyen de 8% par an. Unilateralement, le Togo et Le Benin ont poursuivi une politique visant a developper une capacite de production thermique &gale a leurs importations d'energie electrique. Cette politique Ctait contraire aux termes du trait4 binational sign6 en 1968 en vertu duquel Les deux pays donnaient pleine rrisponsabilit6 5 La CEB pour assurer L'expansion neces- saire du syst&me. A L'heure actuelle, la capacite thermique au B6nin et au Togo est assez importante pour satisfaire la demande du rhseau inter- connect6 jusqu'en 1987-88, m6me si La rhduction des importations se pour- suite au niveau actuel. Le projet hydro-electrique de Nangbeto, sur La rivi&re Mono, devrait, selon les prkvisions, entrer en service en 1988. La production df6nergie de cette centrale, qui est d'environ 150 GWh par an, sera enti6rement absorb6e par Le reseau et remplacera la production d'electricitk thermique. De plus, Le r6servoir de Nangbeto permettra de regulariser le dibit saisonnier de La rivibre et d'entreprendre le dC- veloppement d'un autre site hydro-6lectrique en aval de la riviire Mono. 1.20 L'expansion h long terme du reseau interconnecte du Bbnin et du Togo est fonction de trois parametres inconnus importants: la periode pendant laquelle les exportations du Ghana seront rbduites, les rCsultats des Qtudes hydrauliques envisagees et les progrks du projet d'inter- connexion des reseaux electriques de la region de L'Afrique de L'Ouest (WAPSII . 1.21 WAPSI relierait le systkme mixte hydro-thermique ii base du gaz de Nigeria avec les systkmes h predominance hydro-Qlectrique de la CBte dlIvoire et du Ghana. Ce projet permettrait l'expansion A moindre coit du reseau de l'ensemble de la r4gion. La CEB, la societQ d'electricite du Benin et du Togo, assume la fonction de coordination pour lt6tude de ce projet. I1 faut toutefois &tre rQaliste et prevoir que l'achkvement de ce projet prendra du temps. En consequence, il serait prudent de for- muler un programme d'expansion binational pour faire face h l'augmen- tation de la demande, base sur l'hypoth6se de que, au cours de sa pre- mikre phase d'exploitation, le r61e de la Ligne r6gionale de transport sera principalement de faciliter les echanges de puissance de secours et d'knergie. 1.22 I1 est nhcessaire dlQffectuer d'autres etudes hydrauliques, pour pouvoir d6terminer la faisabilite economique de la mise en valeur du potentiel hydro-Qlectrique des deux pays. Le potentiel Cnergetique qui peut Gtre mis en valeur sur les rivikres Mono et Ou6me varie, selon les l'estimations, entre 1.100 et 1.300 GWh, ce qui est h rapprocher de la demande projetee de 1.700 GWh en 1988, du rkseau binational. Cependant une grande parti de potentiel consiste en Cnergie secondaire parce que les possibilitbs de regularisation de l'ecoulement des cours d'eau sont limitees. Les &changes saisonniers d'energie avec Le Ghana sur la ligne de transport existante ou sur le WAPSI constitueront l'option la plus economique pour renforcer la production dlbnergiehydro-Qlectrique. 1.23 Si le gaz nature1 de S h e est exploitable commercialement, on pourrait considerer d'autres options pour la production d'electricite dans Le systkme binational. 1.24 En raison du coit eleve de la production d'klectricite dans les centres isoles, il faudra soigneusernent Ctudier les options dtexpansion de chaque centre. Pour la region dtbbomey-Bohicon, il a 6th Ctabli que l'interconnexion au reseau cdtier est lloption la plus economique. La mission suggere kgalement d'effectuer une etude pour determiner l'uti- Lisation optimale des d6chets agro-industriels disponibles dans cette region. Pour Parakou, la mission suggkre d'effectuer une etude de faisa- bilitQ pour 6valuer la production d'Qlectricit6 Q base de bois, 1iQe h une gestion efficace des ressources en bois disponibles dans Les fordts de Toui et de OuCme superieur. Pour la rdgion dlAtacora, au nord-ouest du pays, l'interconnexion electrique au reseau togolais de Kara offre une solution Qconomique dans le cas oh une centrale thermique h base de fuel oil est installee Lama Kara. Dans La rQgion du nord-est du pays, la mise en valeur du projet de Dyodyonga sur la rivibre Mekrou pourrait fournir de 11~lectricit6h un prix interessant, dans le cas oh ce projet est mis en valeur conjointement par le Benin et le Niger. LtCnergie pourrait 6tre immediatement utilisee par Le rkseau de La vaLL6e du Niger et donner L'occasion au Benin d'entamer L'eLectrification dans une zone CLoignee. 1.25 Produits pktroliers. La SONACOP a reussi a importer des produits petroliers a un prix compbtitif et A maintenir La securitk des approvisionnements Q un niveau satisfaisant, grice h une politique d'achat judicieuse et audacieuse et h la construction d'une ample capacite de stockage. La societe a rencontre certaines difficult&s pour satisfaire Les besoins en gaz butane en raison de fermetures temporaires de certaines raffineries nigerianes proches du Benin et, par la suite, par La fermeture de la frontibre nigerian. La mission pense que Le Nigeria pourra Livrer du butane en quantitC Largement suffisante; et recommande de negocier un accord d'achat A Long terme, qui permettrait a La SONACOP de planifier L'introduction du butane dans Le marche, dans Les secteurs du transport et de L'industrie, remplacgnt ainsi Les produits petroliers qui sont plus coiiteux. 1.26 Compte tenu des difficultes de L'industrie internationale du raffinage, de La situation financihre critique des raffineries de LfAfrique de L'Ouest, de La dimension r6duite du marche inthrieur du Benin, et de La duree relativement courte prkvue pour La production de brut de S6m6, La mission recommande vivement au gouvernement de ne pas construire de raffinerie au Benin. En revanche, La mission sugghre que Le gouvernement s'occupe activement de rechercher des accords regionaux d'achats de pCtroLe, afin d'abaisser Le coiit des Livraisons de petrole aux pays de L'Afrique de 1'0uest. Etant donne L'expCrience acquise par la SONACOP dans Le commerce international du petrole, le gouvernement devrait Lui demander conseil dans Le cadre d'entretiens rkgionaux. Mesures de gestion de La demande 1.27 Niveau des prix. Les prix actuels du bois et du charbon de bois sur Le march4 ne refletent pas Leur coGt i?conomique qui comprend celui du reboisement. La mission recommande que Le gouvernement itudie differents mecanismes pour percevoir Les taxes d'abattage sur Le bois coupe dans Les for&ts nationales afin d'encourager La plantation privke d'arbres et de promouvoir La conservation parmi Les usagers. 1.28 Le gouvernement fixe Les prix de detail des produits p6- troliers. Ces prix couvrent les coiits Bconomiques. Dans L'avenir, il faudrait modifier La structure des prix afin de Les aligner sur celle des prix internationaux. Cependant, L'effet que produira cette mesure sur Les recettes fiscales sera fonction de La permeabilite de La frontiere avec le Nigeria. 1.29 Le tarif moyen de l'electricitk suffit couvrir Le coiit marginal a Long terme, mais il entraine une subvention croisee de L'energie Livrde aux consommateurs des centres isoles. Une etude recente des tarifs sugg&re de modifier La structure des tarifs. Le tarif actuel basse tension est complexe, difEiciLe 2 administrer, et ne pousse pas a economiser de La puissance. Le tarif moyenne tension n'encourage pas les ~conomiesd'hnergie aux heures de pointe. Une nouvelle structure tarif- aire sera mise en place lorsque ltBquipement informatique rhquis aura ete install6 (sous le financement du projet Nangbeto). 1.30 Possibilites de conservation. Les entreprises industrielles font face, pour la plupart, a de graves problemes financiers et leur exploitation est limitke par le manque de matieres premieres, de marches et de capacitC administrative. Les grandes usines industrielles sont rkcentes et bien consues, et elles ont un bon rendement energetique. La mission suggere de ne pas envisager, 1 l'heure actuelle, de grands pro- grammes dtBtudes du rendernent, mais de faire des audits de l'utilisation dtCnergie dans certaines entreprises en cours de rehabilitation et d'organiser une s&ie de shinaires sur les economies dlCnergie realisable dans des secteurs particuliers. 1.31 Pour Le court terme, la mission recommande: (a) de faire une etude de l'knergie dans les grandes unites industrielles dans La cadre du programme de rkhabilitation et d'etudier la consommation d'energie dans les petites et moyennes industries comme premiere &tape prbalable a l'identification des possibilites de conservation dtBnergie; (b) de Eour- nir a ces petites et moyennes entreprises des renseignements de base sur les possibilites d'ameliorer le rendement energhtique et de les aider A Eormuler des projets de conservation; (c) d'organiser un s6minaire 21 la SBEE sur l'utilisation efficace de L'electricite dans le secteur indus- triel; (d) de faire une etude de faisabilite de l'utilisation des dechets agro-industriels A Bohicon pour la production de vapeur ou la production conjointe de vapeur et dtClectricitC. 1.32 Pour le moyen terme, la mission recommande: (a) de relier toutes les grandes usines qui utilisent actuellement des g6nkrateurs diesel aux rhseaux de distribution de la SBEE; iL faudra corriger, a cette fin, les variations de tension des rkseaux; (b) d'etablir un tarif de rachat d'blectricite aux auto-producteurs afin d'encourager la pro- duction a partir de dkchets agricoles; (c) dt&tudier les aspects Cconomiques de l'utilisation de gaz nature1 et/ou de charbon import6 dans La cimenterie dlOnigbolo et dans d'autres grandes industries; (dl de faire une Ctude de faisabilite d'une plantation intensive d'arbres h croissance rapide h Save, pour remplacer le diesel utiliske pendant La saison s&che pour l'irrigation; (el d'ktudier l'installation de systkmes solaires de prC-chauffage de l'eau dans les brasseries, les usines de transformation de L'huile de palme, Les hbtels et les hbpitaux; (f) d'kvaluer l'utilisation de l'energie dans les bitiments A usage residentiel, commercial et administratif. 1.33 Les renseignements dont on dispose sur le secteur des trans- ports sont insuffisants pour prkparer, de fason concrkte et d&taill6e, un programme d'kconornies dthnergie. I1 faudra effectuer une ktude d6taiLlCe du secteur de transport pour pouvoir planifier l'extension de L'infra- structure des transport. Dans Le but spkcifique d'obtenir des 6conomies de combustible dans ce secteur, la mission recommande: (a) de mettre en place un systhe de donnCes statistiques Q la Direction GCnerale du Transport Terrestre pour assurer Le suivi du parc automobile; (b) de former le personnel du centre d'inspection technique des vehicules h Cotonou 5 mesurer leur rendement energetique et a diffuser des renseignements sur Les bonnes habitudes de conduite et sur les methodes d'entretien des v~hicules; (c) de faire respecter Les riglements en matibe de stationnement et d'arrets obligatoires dans les principales arteres de Cotonou; (d) d'encourager l'adoption de mini-bus B Cotonou; (e) d'analyser La composition et l'utilisation du parc automobile public et &valuer les moyens d'ameliorer le rendement des combustibles. 1.34 On peut amkliorer sensiblement Le rendement energetique des foyers bois et B charbon de bois uses dans Les menages. Les modestes efforts entrepris pour diffuser ces foyers sous les auspices de La Direc- tion d'dction Cooperative (Groupement des Femmes) ont indiqui que la population etait a sensibilishe B cette question. La mission recommande donc de fournir de l'assistance technique 5 un centre de re- cherche -- qu'il faudra identifier -- pour &valuer Les foyers ambliores, et de renforcer sur le plan financier Le Groupement des Femmes (qui est sous la tutelle du HinistGre du Developpement Rural) pour la vulga- risation des foyers amdliorQs et des mdthodes de cuisson plus efficaces. I1 est suggkre que ce projet soit coordonne avec la Direction de La Recherche Scientifique et Technique et 6xecut6 avec la parti- cipation-duLaboratoire dlEnergie solaire du Togo. 1.35 L'activite artisanale au Benin est tres importante mais assez ma1 connue. La mission suggke dlQtudier les pratiques et les techniques actuelles dans les domaines suivants: traitement des produits du palmier A huile; s6chage et fumage du poisson; fabrication de gari, d'akassa et de sel. Aspects institutionnels 1.36 IL n'existe B l'heure actuelle au B6nin aucune capacite de planification de L1energie et aucun cadre institutionnel qui permettrait de coordonner les activiths des divers sous-secteurs et de fournir un cadre commun aux politiques sous-sectorielles. La mission recommande dans une premiere phase, d'apporter de l'assistance technique aux divers services pour les former h l'utilisation des techniques simples et appropriees de collecte, de traitement et dlanalyse des donnees, et dlencourager la participation active des techniciens superieurs aux se- minaires sur la planification Cnergetique qui sont regulihrement organises pour les pays de llAfrique de llOuest. Pour des questions particulikres qui exigent L'intervention de plusieurs ministgres, nous suggkrons de rkunir des commissions de travail, formees de repr6sentants des unites chargbes de planifier l'hnergie dans chaque sous-secteur. A moyen terme, il faudra considkrer la creation d'un Conseil de llEnergie au niveau ministbriel comme un moyen d'accelerer le processus de la prise de dkcisions. Afin qu'une coordination ad6quate existe, il serait necessaire d'etablir un secrktariat technique qui sera charge d'analyser Les documents relatifs aux projets sournis par les services individuels, sous l1angle de leurs priorit6s sectorielles et de leur integration au plan 6conornique national. 1.37 Le Ministkre du Diveloppement Rural et de L'Action Coopirative (MDRAC) est charg6 de toutes Les questions qui interessent le secteur forestier. Apr6s avoir subi une certaine riorganisation, la Direction des Eaux, ForOts et Chasses (DEFC) a 6th chargCe de la legislation, de la planification, du reboisement et de l'amknagement. Le projet actuel de la Banque prCvoit une assistance technique importante pour renforcer cette direction. L'ONAB, entreprise publique de criation recente, a Ct6 charge de l'exploitation comerciale des forets, et re~oitde l'assis- tance technique de la Rkpublique fkd6rale d1A1lemagne. Les CARDER r6gionaux, qui jouent un r6Le important dans le dkveloppement agricole cooperatif, viennent d'stre charges du reboisement rural. Ce dispositif institutionnel est propice au dkveloppement agro-sylvicole intkgrk et a l'adoption de systemes de conversion de la biomasse en energie. La mission recommande donc d'accorder de 1'assistance technique pour ren- forcer ces organismes. 1.38 Le MinistGre de Finance et de l'&conomie (MFE) est, en principe, charge de surveiller la prospection pCtroli6re par L'inter- mediaire de son Service des Hydrocarbures. En pratique, les operations de Saga Petroleum, qui a r e p le contrat de service du gisement de SCme, sont supervisies par des fonctionnaires bCninois nommis i Saga. Pour mettre en oeuvre la deuxieme phase de L'aminagement de ce gisement, Le gouvernement a dkcidi de crCer une equipe skparke qui serait chargie de suivre le projet. 1.39 La SONACOP dktient le monopole de l'importation et de la dis- tribution des produits pitroliers au Benin. Elle semble bien administrke et reussit i satisfaire les besoins int6rieurs a un prix competitif. Cette societe est rentable mais le fond de roulement est assez restreint. 1.40 I1 existe deux organismes publics dans le secteur de l'blec- tricitC: (i) La societb nationale SBEE, cr6Ce en 1974, dont la tiche etait d'assurer la production, le transport et la distribution de L1&1ec- tricit6, ainsi que l'alimentation en eau et L'Cvacuation des eaux uskes, et (ii) la socikte binationale CEB, fondhe en vertu du trait6 de 1968 entre le BCnin et le Togo avec la double tache de servir de sociktC dt6Lectricitk pour Les deux pays et de direction pour la reglementation de nombreux aspects de L'industrie electrique. En vertu du large mandat attribue i la CEB, il faudra proceder a la repartition pratique des responsabilitbs entre la CEB et les societes nationales d'hlectricite. 1.41 Pour mettre en oeuvre les mesures de conservation envisagees, la mission propose de recycler une partie du personnel du Service des Hydrocarbures et de le reorganiser sous f orme d'un Centre National pour les Economies d'Energie. Ce service dispose d'un equipe de cadres, pour la plupart ingbnieurs chimistes, dont les compbtences sont i l'heure actuelle sous-utiliskes. Cette Cquipe devrait recevoir de l'assistance technique pour suivre l'utilisation dlCnergie dans le secteur industriel et dans celui des transports, pour btudier la structure de la con- sommation d16nergie du secteur artisanal, pour servir de liaison entre les consommateurs et les fournisseurs d16nergie (SBEE, SONACOP), et pour mettre au point des projets dlam&lioration du rendement bnergetique. 11. P B O G W DE GESTION DE LA DEPiAHDE Bilan knergetique 2.1 Le bilan Qnergetique du Bbnin pour 1982 reflete la nature essentiellement rurale de son economic. En 1982, la consommation brute d'knergie par habitant etait de l'ordre de 220 kgep; la consommation commerciale d'energie n'btait que de 29 kgep (13%) par personne. La mission estime que 86% des besoins d'knergie sont satisfaits par le bois et autres formes de biomasse, utilises principalement pour faire la cuisine dans les menages, et dans les activites artisanales. Les impor- tations officielles de produits pktroliers representent environ 11% de L'offre dlCnergie. De plus, la mission estime qu'en 1982, 16.000 tep de produits petroliers environ, soit l'equivalent de pres de 7% des im- portations officielles totales, sont entres en contrebande au Bknin de pays voisins. Les transports utilisent environ 69% des hydrocarbures, l'industrie 11%, les menages 16%, la production d'klectricite 41, et les activites commerciales 1%. L'electricite ne fournit que 1,3% des besoins finals d'bnergie; 41% de la consommation electrique est aux menages, principalement dans la rkgion c6ti&re, 37% A l'industrie et 22% au commerce et A l'administration. 2.2 Les pertes d'knergie atteignent, en moyenne, une faible pro- portion de 5% de l'offre primaire en raison des activites Limitees de conversion dans le secteur de l'bnergie et du circuit du bois de feu. On estime A une faible proportion de 15% le rendement moyen de l'utilisation d'knergie par le consommateur final, en raison du r6le important que joue Le bois dans La consommation des menages, et du fait que le Benin n'a pas encore adopte La technologie des foyers ambliorbs. On ne saurait trop insister sur 1' importance que presente 1'augmentation du rendement ener- gktique pour satisfaire de la facon la plus economique L'accroissement de La demande. Par exemple, une augmentation de 2 points du facteur de ren- dement bnergetique a la m6me incidence volumetrique que la decouverte du gisement pktrolier de SBmQ. 2.3 Le Benin satisfait par les importations la plus grande partie de ses besoins d'energie. En 1983, le codt des importations pbtrolieres (moins Les rB-exportations vers Le Niger) s1C1evait a 13,8 milliards de FCFA (47,9 millions de dollars E.U.), ce qui represente L'equivalent de 20% de la valeur des exportations de marchandises et 8,4% des impor- tations totales de marchandises. Le coGt des importations d'electricite en provenance du Ghana, qui satisfont 90% de la consommation totale d'energie, est estime A 1.473 millions de FCFA (4,4 millions de dollars E.U.) 11 ce qui represente 2% des recettes d'exportation. En dbcembre 1983, re Ghana a rationne Les ventes dlBlectricit& en raison de la baisse critique du niveau du Lac Volta. D1apr6s une estimation provisoire, les -1/ Importations totales de 151 GWh h 9,75 i?cFA/kwh. Moyenne du taux de change en 1982: 336 F ~ ~ ~ / d o l l aE.U. r s importations de petrole pour produire dans des centrales thermiques 1'4lectricitC indispensable atteindront environ 27.000 tep, soit 7 mil- Lions de dollars E.U. - 2 / en 1984. Tableau 2.1: BlLAN ENERGETIQUE DU BENIN, 1982 Capacite de Utilisation Source production Demande Secteur de Demande finale d 'energie annuelle brute consommation finale reelle Ktep Ktep % Ktep $ Ktep % Bi omasse 2.OOO 86 Menages 707 82 96 74 Petrole 190a/ 13 Industries 30 4 15 12 Electricite 70 13 2 Transports 74 9 16 I2 Commerce 9 administration 3 - 3 2 Pertes d 'energi e - - - du systeme Total 2.260 853 100 -a/ La production de petrole se refere a celle de 1983. -b/ Comprend les importations illicites de produits petroliers. - Source: Estimations de la mission Annexes 2.1 - 2.2. 2 . 4 La base statistique sur laquelle se fondent ces estimations est extrimement faible. La mission recommande: (a) de centraliser la col- Lecte des donnkes en matiGre d'energie pour verifier l'homog&neit& de La base statistique primaire; (b) de faire une etude pour &valuer la consom- mation reelle de bois, de charbon de bois et La consommation commerciale d'knergie dans le secteur des menages; (c) d'etudier la consommation d'energie des petites industries et des industries artisanales; et (dl de mettre au point une etude du secteur des transports. Par ailleurs, il est desirable d'6valuer les importations reelles non enregistrkes de petrole en provenance du Nigeria. Previsions du bilan energ6tique 2.5 Afin de pouvoir &valuer Les possibilit4s d'action et la demande probable d'hydrocarbures, la mision a etabli des projections du bilan knergktique jusqu'en 1988 (horizon de cinq ans) et jusqu'en 1998 (horizon de quinze ans). En ce qui concerne la demande, les projections reflhtent le scenario de faible croissance prCvu par La Banque sur la base des obstacles auxquels on craint de voir se heurter L'&conornie, telles qu'une diminution de la demande dans les pays voisins et les difficuLt6s -2 / Fondees sur l'hypothese suivante: les 252 GWh livres h la CEB sont rdpartis c o m e suit: Togo (177 GWh) et B6nin (75 GWh), et les besoins d'knergie du reseau interconnect6 du Benin sont de 187 GWh. rencontrees pour augmenter rapidement la production agricole ou mettre en oeuvre les nouvelles activiths industrielles (voir le tableau 2.2). Tableau 2.2: STRUCTURE ET CROISSANCE DE L'ECONOMIE Structure Taux de croissance annuelle, % du PIB 1982-90 ($ a prix Mei Ileure courants) (prix de 1978) estima- Autre 1972 1981 1972-76 1976-81 tion scenario Secteur primaire 46,8 43,7 OPE 0,7 2,7 1 Po Secteur secondaire 12,O 12,8 - 1 , I 6,8 6,2 4 ~ 5 Serv ices 41,2 43,5 0,9 4,7 2.2 A2 2 - Source: Benin: Resultats et perspectives economiques, BIRD 1983. 2.6 Pour ce qui concerne l'offre, la mission a suppose une quantite illimitke de biomasse et a accept4 les bar6mes d'offre prepares par le plan directeur pour l'energie hydro-klectrique et L'klectricitC importdes. On peut tirer de ces projections, dans le cadre du scknario de faible croissance, les principales conclusions suivantes: (a) D'aprks les projections du bilan dnergetique, 1e total des besoins bruts d'dnergie augmentera en moyenne de 4,4% par an entre 1982 et 1988, et de 3,6% par an entre 1988 et 1998. En supposant une croissance moyenne du PIE de 3%, ceci indiquerait une elasticite de l'energie par rapport au PIE de 1,s pendant la periode de cinq ans et de 1,2 pendant la deuxikme phriode. (b) Une diminution progressive de la part relative de la biomasse dans l'offre totale brute d'knergie (qui tombera de 87% en 1982, i 80% en 1988 et i 70% en 19981, et une augmentation de la demande de produits petroliers qui atteindra environ 4.700 ~ / en 1988 et 10.000 B/j en 1998. j En vertu du plan actuel de ddveloppement envisage pour 1e gisement pktrolier de S&me, la production de pitrole brut atteindra un maximum en 1988/89 et cessera probablement en 1992-94. La politique dnerg&tique devrait avoir un objectif important: surveiller de pres la demande de petrole, encourager les mesures de conservation dl&nergie, et promouvoir le remplacement des sources chiires par des combustibles a meilleur march&. (c) La part de l'&lectricit& dans la consommation finale de combustibles, autres que la biomasse, dirninuera d'environ 11% en 1982 a 9% en 1988, en raison du fort relevernent des tarifs ndcessaire A compenser la reduction des livraisons B meilleur march6 d16lectricit6 irnport6e. Une croissance plus rapide de la demande d'&lectricit& et le remplacement d'autres combustibles par de l'electricite seront justifibs h long terme si des approvisionnements B meilleur march6 et plus fiables deviennent disponibles grke A l'interconnexion de 1'~friquede lt0uest. (dl ~'aprhsles projections, la demande brute de biomasse aug- mentera moins vite que le taux moyen de croissance de l'ensemble des besoins d'bnergie et moins vite que l'accrois- sement dkmographique supposb, principalement du fait que l'on suppose tacitement une augmentation du rendement de l'uti- lisation de la biomasse et que le secteur moderne de l'kconomie devra faire appel aux combustibles commerciaux. Etant donne les ressources importantes en biomasse du Benin, il faut kvaluer les mesures visant convertir les dechets agricoles en combustibles industriels et en 6lectricite. Remplacement et conservation 2.7 Dans la section suivante, nous nous proposons: (a) d'etudier l'utilisation actuelle de l'bnergie dans chaque secteur de consommation; (b) d'expliquer lthypoth&se sur laquelle se fonde la projection de la demande d'bnergie jusqu'en 1988 et 1998; (c) d'kvaluer les possibilitks de conservation et de remplacement de L'energie. Secteur industriel 2.8 L'knergie n'est pas la question la plus importante qui se pose au secteur industriel du Benin. Les grandes usines qui utilisent de l'knergie (par exemple, la cimenterie, la sucrerie) sont de creation recente et bien conques sur le plan technique. Malheureusement, ces usines sont fermbes ou fonctionnent a LO-20% de leur capacitk. Les difficultks d'approvisionnement en produits de base et en matihres premihres et de commercialisation des produits, et la pknurie de fonds de roulement sont Les questions Eondamentales. Par exemple, la cimenterie dtOnigboLo, de loin le plus gros utilisateur potentiel d'huile lourde (45.000 tonnes h pleine capacite) ne fonctionne pas parce que les ventes qui devraient avoir lieu au Nigeria ont QchouQ; iL est peu probable que la nouvelle sucrerie de Save (SSS) atteindra ses objectifs de production en 1983 et 1984 du fait que les logements destines a la main d'oeuvre temporaire pendant la campagne de La canne a sucre n'ont pas &tb con- struits et parce que l'accord de vente avec le Nigbria n'a pas CtC conclu. 2.9 La situation de trbsorerie de la plupart des entreprises est alarmante et si on n t yporte pas rem&de A court terme, Les usines devront fermer, ce qui 6liminera la nkcessitk d'adopter des programmes dtameLi- oration du rendement energetique. Structure de l'utilisation d'energie industrielle 2.10 On ne connait pas avec prQcision la consommation de combustible et d'Qlectricit6 du secteur industriel. Les estimations de la mission indiquent que la consommation totale de petrole en 1982 Qtait d'environ 11.000 tep et que celle d'QlectricitQ se situait aux alentours de 50 GWh, avec une demande de pointe maximum de 22 MW (tableau 2.3). - La consom- 3/ mation d'energie en 1983 a probablement ete moins &levee, du fait que la plupart des usines ont fonctionne a des niveaux bien infkrieurs A ceux de 1982. 2.11 Neuf usines, qui assurent la production de clinker (ONIGBOLO) de ciment (sONACI et SCB), de carrelages et de briques rkfractaires (CIB), d'aliments et de boissons (La Bkninoise, SONICOG) et de textiles (SOBETEX) s'inscrivaient pour les deux-tiers du petrole et de L'Blec- tricite consommQs par ce secteur en 1982. 2.12 On ne connait pas les niveaux de rendement Qnergetique des deux usines qui font un usage intensif d'bnergie au Bbnin (c'est A dire ONIGBOLO et SSS), parce que ces deux usines n'ont pas encore fonctionnh dans des conditions normales et que, pendant La visite de la mission, elles dtaient fermkes. Un examen dQtaillQ de leur conception a montrk, cependant, que toutes deux avaient QtQ bien etudiees et devraient avoir des niveaux satisfaisants de rendement Qnergetique. 2.13 Les deux usines de broyage de ciment avaient Qgalement de bons niveaux de rendement bnerg6tique (35 kWh/tonne de ciment). L'huilerie de la SONICOG B Bohicon est alimentbe par des dQchets (coques de graines de coton) et n'utilise un peu de petrole que pour dbmarrer, et de L'huile diesel pour produire de l'Qlectricit6. La scierie de MIFOR (Bohicon) produit Qgalement son Qlectricitb avec des gQnQrateurs diesel et n'exige pas de combustible B des fins thermiques; la scierie se propose aussi d'evaluer la possibilite d'utiliser des unit6s de gazkification ali- mentQes par des dkchets ligneux pour produire de l'energie et pour eliminer, par la suite, tous Les besoins d'acheter du combustible (chap- itre V). La mission estime, qu'avec les tarifs de l'Qlectricit6 en vigeur en 1983, Les industries n'ont aucun intQrBt A utiliser des dechets pour produire de l'energie. -3/ Ce qui indique un trBs faible facteur de charge des usines (26% en moyenne1. Tableau 2.3: DEMANDE lNDUSTRlELLE DIENERGIE (1982) Combustible E l e c t r i c i t e Hui l e H u i l e Energie Usine/activite Production lourde d iese l de ooi n t e ONIGBOLO ( c l i n k e r ) * -a/ 45 SONACl (c iment ) 122,3 . S.C.B. (ciment ) 125,O C. I.B (mater de constr. )* 0,2 La Beninois ( b i e r e l Cotonou * -%/ 36 Parakou 15 lBETEX (text ile) n.d. SOBETEX ( t e x t i l e n.d. MIFOR Bohicon (bois) * 4 SONICOG Cotonou (hu i l e ) * 13 Porto Novo (savonl* 6 Bohicon ( h u i l e ) * d/ 2 ~6 SONAFEL (mat ieres premieres )* GMB ( f a r i n e )* -44 Tota l Divers Total * Usines v i s i t e e s pendant l a mission dans l e pays. -a/ A commence ses operations en 1982. -b/ . En supposant .005 tep/h l e t 12 kWh/h l --d/ C/ Estimation grossiere. La capacite de l a SONlCOG depasse 30.000 tonnes. En 1982, l a pro- duction n t e t a i t que de 2.600 tonnes. Possibilites de conservation dt&nergie 2.14 Le programme de rehabilitation industrielle devrait prevoir des efforts pour am6liorer le rendement Cnergetique et pour identifier les possibilit6s de substitution vers des sources d'energie plus bon march&. La mission estime, qu'a court terme, Les possibiLitCs d'eco- nomiser sur la consommation de p6trole et dlClectricite sont limitCes. En ce qui concerne lt61ectricitC, La seule possibilite dlamClioration identifiCe par La mission a trait a la puissance rkactive. On estime donc les economies eventuelles dt61ectricitC A 2-3% du total des besoins dlClectricitC, soit a 1-1,5 ~Wh/andans les conditions qui rCgnaient en 1982, ce qui correspond, approximativement, a un montant limit6 A 20-30 millions de FCFA. I1 est difficile d1am61iorer Le rendement du diesel utiliske pour L'auto-production dtCnergie. L'utilisation plus efficace du diesel et du fuel lourd pour produire de la vapeur et pour la pro- duction directe de chaleur sont la seule autre possibilite de faire des , economies d'knergie. Sur la base de ce qu'on a observe sur place (defaut d'instrumentation, insuffisance de 1 isolement, regulation du rapport ' air/combustible, etc.) et de ce qui s'est passe dans d'autres pays oh des evaluations dCtaillkes ont 6th faites (par exemple, au Perou, en Tunisie, en Thaylande et en Argentine) on estime pouvoir economiser 10% avec des modifications minimales de l'entretien et de l'exploitation et avec des rkkquipements mineurs du materiel. Ce chiffre correspond a environ 1.000 tep/an, soit 130 millions de FCFA. L1amBlioration du rendement bner- gktique de la combustion des dBchets agricoles dans les usines ali- mentaires (dkpourvues d'une instrumentation et de contrBLes suffisants) pourrait entrainer des economies eventuelles, et augmenter les quantitks disponibles de ces dechets pour les autres industries. Cependant, il faut analyser soigneusement les coGts de transport et d'entreposage pour evaluer leurs autres utilisations. A plus long terme, il faudrait en- visager de remplacer le pktrole par du gaz naturel, du charbon et des dbchets agricoles dans le secteur industriel. Prevision de la demande industrielle d'energie 2.15 Sur la base: (a) des renseignements obtenus au cours d'inter- views avec divers directeurs d'usines et representants officiels relatifs aux programmes pour les industries; (b) de renseignements contenus dans les documents de planification a long terme; et (c) d'estimations appro- ximative~ de l'evolution future du secteur industriel (pour la consom- mation globale des petites usines), la mission a estimk La demande future d'energie (tableau 2.4) de la fa~onsuivante: (a) La consommation totale de pktrole passera de son niveau de 1982 de 11.000 tep a 51.000-61.000 tep en 1988 et 110.000 tep en 1998, en raison, principalement, d'une augmentation de la pro- duction ~'ONIGBOLOet des besoins exterieurs d'energie de la SSS pour L'irrigation. Ces chiffres signifient une croissance moyenne de 15% par an. (b) Le total de la consommation d'blectricitb passera d'un montant estime A 47 GWh en 1982 A 85-96 GWh en 1988 et A 167-183 GWh en 1998, ce qui correspond A un taux moyen de croissance annuelle de 7,3-7,8%. I1 convient d'observer qulONIGBOLO consommera B peu prks 40% du phtrole et de L'electricite utilises par tout le secteur pendant la p6riode de la prkvision. Recommandations 2.16 Les recommandations sont divisees en recommandations a court terme (pendant les trois prochaines annees) et en recommandation B long terme (aprks 1986). Tableau 2.4: PREVISIONS M LA MMANIX D'ENERGIE INDUSTRIELLE JUSQU'EN 1988 (5 ANS) ET JUSQU'EN 1998 (I5 ANS) AU BENIN Coabustlble Coabustlbles Coabustlble Hulle Hulls E l e c t r i c l t 6 Hul Ie Hulle E l e c t r i c i t e Hulle Huile E l e c t r i c i t 6 Usine Product ion lourde diesel Polnte Energie ProductIon lourde dlesel Pointe Energle Production lourde diesel Polnte Energle (10' (10' (10' tonnes/sn) (tep/an ) (tep/sn) (MY) (GYh/an) (tonnes/an ltep/an ) (Tep/an) (MU) (GWh/an) tonnes/an) (tep/an) (tep/an) (MU) (GWh/yr) ONlGBOLO (clinker) u 5' 45 4.140 neg. 8 14,O 350-450 31.800-41.000 n.d. 8 29.7-38.2 500 45.000 n.d. I 2 60-70 SONACl ( c l m n t ) I 122.3 -- -- 2.0 4,3 I 5 0 -- -- 2.0 5.3 200 -- -- 2 7 S.C.B. (ciaent) 125 -- -- 2.0 4.5 150 -- -- 2,O 5.3 I50 -- -- 2 5.3 C.I.B. (mat. constr.) 0.2 -- % 0.7 1,O 2-4 d/ -- 400-850 5 2-4 2-4 -- -- 1,5 2-4 ~a ~ n l n o l s e( b l i r e ) 2' 26.5 -- I,600 1.2 3.2 35 -- 2.200 1.2 4 35 -- 850 1,5 2-4 IBETEX (text1 les) -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- 2.200 1,2 4 SOBETEX (textiles) 1' n.d. -- (1.000) (2.0) (4,O) n.d. -- (1.503) (2,s) (5) n.4. -- -- -- -- (5) YIFOA (bols) ' 4 -- 77 -- -- 28 g/ -- 80 -- 28 -- 80 (2.000) (2.5) (7) sss (sucre) I 1' -- -- -- -- -- 35 -- 10.000 n.d. n.d. 40 -- w (100) n.d. n.d. -- -- I LAKOSSA (textiles) -- - - -- -- -- -- -- -- -- - - - - - - - -- n.4. (2.000) 10.000 _Z 5-7 k/ Tota I - 4.190 - 3.073 31.800-41.000 15.080-15.530 48,3-62,8 - -21.7 47.050 16.030 92-109 Divers (GUN, SONAFEL) 18.000 l/(5.0) 16.0 (5.000) (26.300) (9.0) (28.32) 110.000 (38.400) (23.3) (73.6) Total 4.200 21.100 21.9 47 37.000-46.000 31.400-41.800 27.7 76.6-91 .I 57.050 54.450 48.0 166-183 Uslnes vlsitees pendant l a mlsslon. n.d. non appllcable ou non disponlble. ( ) Chlffre b reviser. Les uslnes ont cmencb les operatlcms d'essai en septeabre 1981. Prevision de 1985 : 350.000 tonne5 (capacit6 locale de broyage) 450.000 tonneb; suppose un niveau de ventes blevbes au Nlgbria; prbvlslons de 1998 : pleine capaclt6 nu d6marrage des uslnes de broyage au debut des annbes 1990. Consmaation specif lque d'energie Coabustible ,092 tep/t en 1983 ,090 tep/t en 1998. E l e c t r i c i t e = 85 kWh/tonne su cours de cette periode. 9 MU pour I'uslne de clinker; 3 MY pour l e broyage du c i m n t . 35 kYh/tonne de ciaent. Apres l a modernisation. Hypothese extreaement speculative (voir rapport de I'UNIW). Cette socl6te eSt actuellement en Ilquldatlon avant d'htre restructuree. En supposant, 005 Tep/hl e t 12 kYh/hl. La pleine capacite sera ottelnte entre 1988 e t 1998. f ermee. Pour l a production d'energie. L6unlte de gaz8ificatlon des dechets ligneur sera probablelnent installee avant 1988. Hulle dlesel u t i l l s e e seulemnt canme cmbustible de reserve. Seulement pour l e demarrage U t ~ l i s edes dechets de coton autrement. Produit sa propre energle avec des gdnerateurs diesel. Carmancera peut-8tre a fonctionner vers la f i n de 1983. Cdpaclte de production installee 16.4 W . II s'agit de l a c o n s m a t i o n netls da mazout, apres cmbustlon de l a bagasse excedentaire. De e/dl p.48. Semble trop eleve. Source: Estimation de l a mission. 2.17 Recommandations i court terme. (a) Faire une btude de l'energie pour estimer la consommation de combustible et d'klectricitk des petites et moyennes industries (actuellement inconnue). On pourrait confier le soin d'ef- fectuer cette etude au Ministire du Plan ou au Ministkre de Finance et de L'Economie. (b) Fournir aux petites et moyennes entreprises qui consomment plus de 100 tep/an (probablement moins de 50 entreprises) des ren- seignements de base sur les possibilites d'amelioration du rendement knergetique. (c) Organiser des seminaires a la SBEE sur la bonne utilisation de 1'6lectricite dans le secteur industriel. (d) Inclure dans les programmes de rehabilitation industrielle des audits de l'utilisation d'knergie dans les usines. (e) Veiller A ce que le cadre institutionnel permette 4 la SONACOP et la SBEE de coordonner leurs approvisionnements en energie industrielle. (f) Etudier la possibilitk d'etablir un tarif au producteur pour les entreprises qui utilisent des dechets agricoles pour pro- duire de l'energie. (g) Faire une etude de faisabilite de la production couplee de vapeur et d'electricite Bohicon pour fournir de ll&nergie a la SBEE ainsi que de llCnergie et de la vapeur a quelques usines industrielles, en se servant de sous-produits agricoles disponibles et de dechets ligneux. 2.18 Recommandations A long terme (a) Se renseigner sur les aspects &conomiques de l'utilisation de gaz naturel &ventuellement disponible. Ceci signifie qu'il faudra &valuer les besoins de rkbquipement du materiel et proceder a une evaluation economique provisoire (chapitre 111). (b) Relier toutes les grandes usines qui utilisent actuellement des unites de production diesel au r&seau de la SBEE. (c) Faire une etude de faisabilitk de la conversion de la cimen- terie ~'ONIGBOLO l'usage d'une source energetique meilleur marche, telle que le gaz naturel (national ou importe), charbon importb, etc. (d) Faire une etude de faisabilitk de la cr6ation Save d'une plantation intensive de bois avec des essences A croissance rapide. La quantitk de bagasse disponible la SSS ne suffira pas h satisfaire h la fois les besoins de la sucrerie et les besoins d'irrigation par pompage pendant la saison siche. (e) Faire des etudes de faisabilit6 de l'utilisation de chauffes- eau solaires pour prCchauffer l'eau utilisCe par l'industrie (chapitre V). Secteur des transports 2.19 Les donnCes relatives La consommation dl&nergie dans ce secteur sont mhdiocres. Le volume de ventes de SONACOP d'essence et de gasoil, a baisse consid6rablement apres les augmentations de prix de 1979 et 1981. Compte tenu du fait que le parc automobiles n'a pas cesse de croitre au cours de ces trois annkes et que la demande de carburant est inhlastique par rapport aux prix, on doit conclure que les fluctuations de ventes sont dues au fait que les consommateurs font directernent des achats de combustible au Nigeria. La mission a tent4 d'evaluer la consommation rhelle de combustible dans le secteur des transports en se basant' sur les rares donn6es disponibles sur le parc automobile, l'ecou- lement du trafic et la structure de la demande des transports. Avec une marge d'erreur p oportionnelle A ces incertitudes, la mission estime a environ 90.000 a' la consonunation de petrole pour l'annhe 1982 (Tableau 2 . 5 ) . Tableau 2.5: ESTIMATION M LA CONSOMMATION DE PETROLE OANS CES TRANSPORTS EN 1982 Parcours Consomma- Consomma- Nombre de moyen t i o n t i o n Mode de transport vtihicules" p a r a n spticifique t o t a l e Transports r o u t i e r s Vo itures Taxis Camionnettes Camions legers (jusqu la 7 tonnes ) Camions moyens (7-1 3 tonnes ) Camions lourds e t remorques Autobus Total Chemins de fer Tota I 93.366 -a/ Estime sur l a base des immatriculations annuel les, en supposant un taux de mise a l a f e r r a i l l e de 10% par an, e t un ajustement de 20% qui comprendra les immatriculations de voitures dloccasion e t de voitures revendues. 2.20 La cornparaison de l'estimation faite par la mission de la con- sommation de combustible dans le secteur industriel et le secteur hlec- trique et du total des ventes d'essence et de diesel de la SONACOP (Tableau 2.6) indique qu'une proportion sensible des besoins du secteur des transports sont satisfaits par des importations non enregistrhes en provenance du Nigeria. Tableau 2.6: CONSOMMATION DE CARBURANTS EN 1982 a/ - 3 (en m ) - Essence Diesel Total des ventes de la SONACOP Utilisation industrielle Production dlenergie electrique Quantite disponible pour les transports - - 36.855 37.425 Besoins des transports routiers Chemins de fer Diesel marin D e f i c i t total 17.021 4.951 D e f i c i t par rapport aux ventes totales 46% 10% -a/ Ltessence pour av ions e t l e carbureacteur sont exc lus parce qu 'i ls ont t r a i t principalement aux avitaillements internationaux. -b/ y c m p r i s les estimations pour les voitures, les taxis, les camionnettes e t les camions Iegers. -C/ y c m p r i s les estimations pour les camions moyens e t lourds e t les autobus. - Source: Estimations de l a mission. 2.2 1 to infrastructure routiere s'est consid6rablement developpee depuis 1975. En conshquence, le parc automobile a augmente de pres de 25% par an et il y a eu une diminution spectaculaire du trafic ferro- viaire au profit du transport routier. A l'heure actuelle, les trois quarts des marchandises et les neuf-dixiemes des voyageurs du trafic international empruntent la route. Cette tendance s'accentuera pro- bablement lorsque la "Route du ~Bnin'' sera completement revgtue. 41 La demande de transport est fortement d&s&quilibr&e, ce qui donne naissance -41 La route du Bhnin stCtend sur plus de 1.100 kms entre le port de Cotonou et Niamey (Niger). Cette route fait une vive concurrence aux itin4raires du Togo et du Nigkria pour le trafic du Sahel. Une voie ferree relie Cotonou a Parakou (440 kms) ofi les marchandises sont chargkes sur des camions. Le projet de revgtement des 230 kms de route entre Dassa et Parakou achhvera de revgtir tout le parcours de Cotonou au Niger. a des facteurs de charge faibles. Le courant le plus important du trafic a pour origine le port de Cotonou, qui manutentionne environ 1,l million de tonnes par an. Les importations reprksentent 95% du trafic portuaire, alors que les exportations n'en constituent que 5%. Le transport interne de marchandises representait 68% de La demande totale en 1982; le rest etait Le trafic de transit i destination et en provenance du Niger. Le commerce de transit Q destination de Niger se composait de 317.000 tonnes et de 7.000 tonnes seulement au retour. 51 La structure de transport peut aussi Gtre faussee du fait que les entreprises publiques et 1e gouvernement posskdent leurs propres capacitis de transport. I1 faudrait effectuer une enqu6te pour determiner si une partie de La dernande de transport satisfaite par ce parc de vehicules, ne pourrait 6tre trans- ferke, d'une manibre qui serait economique, aux chernins de fer et aux carnionneurs priv&s, afin d'amkliorer leurs facteurs de charge. 2.22 La demande de transport de voyageurs dans les r4gions urbaines est peu importante en dehors de Cotonou, et m6me dans cette ville, en- viron 50% des dkplacements se font toujours Q pied. Selon une enqutte socio-iconomique recente, les modes de transport les plus importants utilises a Cotonou sont Les suivants: 37% par deux roues, 49% par taxis, 8% par voitures privhes, et 5% par autobus. -6/ Prkvision de la demande de combustible dans le secteur des transports 2.23 Entre 1975 et 1979, l'kconomie bdninoise a augment&, en moyenne, de 2% par an, alors que les ventes d'essence et d'huile diesel progressaient d'environ 13% par an. 71 Pendant la dernibre partie de cette dbcennie, le pays a etoffk son infrastructure des transports et -51 Le courant entre Le Niger et Cotonou se compose, h plus de 90%, dtoxyded'uranium. -61 Selon une &tude de 1981: ransp sports en Commun a Cotonou" Wadi Issa, Ecole Normale Supkrieure de Porto-Novo 1981, un total de 1.034 taxis circulait i Cotonou. 11s se composaient, en plus grande partie, de voitures japonaises et fran~aises,avec des moteurs de 2-7 cv. En moyenne, ils couvrent 250 kms par jour et transportent 130 personnes. Environ 95% des taxis sont conduits par des chauf- feurs salaries. Le service d'autobus est assure par la Soci&t& de Transports de la Province de l'btlantique. En 1981, cette soci&t& possbdait 40 autobus qui desservaient neuf lignes. Ce matdriel (Mercedes fabriqukes au BresiL) s'est considbrablement dktkriore et aujourd'hui, moins de dix autobus desservent Cotonou. Les lignes d'autobus ont, en moyenne, 207 kms. En raison de la densit6 de population Q Cotonou, et de la faible frhquence des autobus, cette ville ne re~oitqu'une part relativement peu importante du service d'autobus. -71 On a choisi cette p&riode, parce que les prix du pktrole sont demeurbs relativernent stables. s'est motorise. Les immatriculations annuelles de vehicules ont fait un bond, passant d'une moyenne de 850 uniths en 1970-75 a une moyenne de 3.200 unitbs pendant la deuxikme moitib des annees 1970. 8/ Malgrk cette croissance, le niveau de motorisation demeure tres bas-(sept vehicules pour 1.000 habitants). Compte tenu de ce facteur, ainsi que de l'ex- pansion continue du reseau routier, la mission estime que la demande de carburant routier augmentera au taux de 6,lX jusqu'd 1988, ce qui, compte tenu de la croissance economique supposbe de 3,4X par an dans le cas optimiste, indiquerait une Clasticitk de 1,8. En effectuant les pre- visions des ventes de A SONACOP, la mission estime que le Nigeria aug- mentera progressivement ses prix intbrieurs pour les aligner sur le codt d'opportunitk et que les importations privees auront tendance B dis- paraitre graduellernent. En consequence, les ventes de la SONACOP aug- menteront A un taux d'environ 13% par an entre 1982 et 1988. Tableau 2.7: PREVISION DES VENTES DE PETROCE AU SECTEUR DES TRANSPORTS (en m') 1982 1988 1998 Essence Route -a/ 36.855 76.750 165.700 Diesel Route -a/ 23 .873 49.700 107.300 Chemins de f e r 3.300 3.940 4,000 Mar in --c b/ / 2.886 2.880 2.880 Essence d'aviation -d/ 105 118 1 50 Carburbacteur 2' -19.514 29.285 57.610 Total 86.533 162.673 337.640 -a/ Augmentation prevue de 13% par an jusqu'en 1988, e t de 8% par an jusqu 'en 1998. -b/ hugmentation prevue a 3% par an. - C / Le diesel mar in se compose, en majeure p a r t ie, de ventes aux l ignes de navigation internationales. Le volume des ventes a tendance a diminuer, e t a n t donne l a concurrence pour les combustibles de soute. -d/ Les services de vo.ls interieurs, peu importants, representent, pres- que exclusivement les besoins m i l i t a i r e s . I l s devraient augmenter, selon les previsions, de 2% par an. -e/ Taux dlaugmentation des ventes aux compagnies aeriennes interns- t i o n a l e s estime a 7% par an. - 8/ Les importations en franchise en provenance du Nig6ria ont 4t6 un facteur important de cette explosion du parc de vkhicules. Des mesures draconiennes ont kt& adoptkes en 1983 pour rhduire ces importations. 2.24 Pour la periode 1988-98, le taux annuel prCvu d1augmentation a Cte estimC h 8X, en se basant sur l'hypothese que la croissance Bco- nomique et la diversification de 1'Cconomie accroitront la demande de . services de transport. Redevances a l'intention des usagers de la route 2.25 On a propose de relever La taxe sur l'essence et Le diesel pour compenser le coiit d'entretien de l'infrastructure routiere. A l'heure actuelle, la circulation routiere ne supporte qu'une faible portion du coiit de l'investissement du rCseau routier. En 1983, Les taxes sur l'essence et le diesel affectees a l'entretien routier Ctaient respec- tivement de 8 F~FA/litre et de 6 FcF~/litre. On estime les recettes totales a 800-900 millions de FCFA, chiffre rapprocher des besoins annueLs de l'ordre de 1,8-2,O milliards de FCFA pour l'entretien routier. Compte tenu du fait que les voyageurs ktrangers utilisent gratuitement le reseau routier du Bknin, la mission sugghre qu'on ktudie La crkation d'un systhme de pCage aux principaux postes-frontieres. Cet Ctude devrait &valuer avec attention l'effet d'une telle mesure sur la competitivite de la route beninoise au Sahel. Recommandations 2.26 (a) Mettre en place a la Direction GCnerale de Transport Terrestre, nouvellement remanike, un syst&me de donnees statistiques pour enregistrer 1'CvoLution du parc automobile et sa composition par Age, propriktaire, utilisation, puissance en chevaux, marque, etc. (b) Doter le nouveau centre d'inspection technique de Cotonou des moyens techniques qui Lui permettront d'evaluer le rendement 6nergCtique des vChicules presentes a l'inspection. Faire dCmarrer le programme avec le parc automobile officiel. (c) Faire respecter Les rkglements en matiere dtarrOt et de stationnement dans les principales art&res de Cotonou. (dl Appliquer les droits de douane aux vehicules irnportks et Les rendre selectifs en fonction de leur rendement hnerggtique. (e) Evaluer les coGts rCels des transports routiers, et faire supporter aux usagers de la route au moins les codts de l'en- tretien routier. La mission sugg&re la possibilite dtCtudier la mise en place d'un systeme de pCage, pour les vehicules ktrangers lourds en transit. (
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Bénin - Problèmes et choix énergétiques
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