Docuinent de La Banque Mondiale A N'UTILÏSER QU'A DES FINS OFFICIELLES Rapport No. 2146-UV MirRANDUM ECONOMIQUE DE LA HA-'TE--VOLTA 23 février 1979 Bureau régi onl 3.fr,que de l'-uest TReDUCTiON NON-OFFICIELLE A TITRE DINFORMATION L. présent document fait î'cbjet d'une diffusion restreinte, et ne peut être ut!lisé par ses destinataires que dans l'e:-ercice de leurs fonctions affIcielles. Sa teneur ne peut être autrement divulguée sans i'autorisation ie la Banque Mondiale. TAUX DE CHANGE Unité Francs CFA 1971 : 1 dollar EU = 277,03 francs CFA 1972 : 1 dollar EU = 252,21 francs CFA 1973 : 1 dollar EU = 222,70 francs CFA 1974 : 1 dollar EU = -240,50 francs CFA 1975 : 1 dollar EU = 214,32 francs CFA 1976 : 1 dollar EU = 245,00 francs CFA 1977 : 1 dollar EU = 245,00 francs CFA 1978 : 1 dollar EU = 220,00 francs CFA POIDS ET MESURES (Système métrique) EXERCICE BUDGETAIRE L'exercice budgétaire en Haute-Volta va du ler janvier au 31 décembre A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES MEMORANDUM ECONOMIQUE DE LA HAUTE-VOLTA TABLE DES MATIERES Pages LISTE DES ABREVIATIONS DONNEES DE BASE CARTES RESUME ET CONCLUSIONS ....................................... i-v I. EVOLUTION ECONOMIQUE RECENTE ....................................1 Production .......................... Monnaie, crédit et prix ................. .................4 Finances publiques .........................................8 Balance des paiements ................................... .10 Planification du développement .............................12 II. SECTEUR AGRICOLE ........................................... 16 Problèmes .............................................. 16 Colonisation des zones périphériques ........................16 Intensification de l'agriculture sur le plateau Mossi .......20 Production et commercialisation des céréales alimentaires 22 Promotion de l'agriculture irriguée ........................29 Réorganisation des services de vulgarisation ................31 III. SECTEUR INDUSTRIEL .............................................35 ANNEXES STATISTIQUES ................................................45 Le présent mémorandum a été établi à la suite du séjour effectué en Haute- Volta, en avril-mai 1977, par une mission économique composée de MM. P. Joshi (chef de mission), Young C. Park (économiste), A. Otten (économiste de l'agriculture), M. Sharpston (économiste) et s. von Claudy (économiste). MM. L. de Azcarate et Young C. Park ont visité la Haute-Volta en mi-janvier 1979 pour discuter le projet du rapport avec le Gouvernement. Le présent rapport tient compte des observations du Gouvernement et les informations économiques sont mises à jour dans la mesure du possible. Le présent document fait l'objet d'une diffusion restreinte, et ne peut être utilisé par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles. Sa teneur ne peut être autrement divulguée sans l'autorisation de la Banque Mondiale. LISTE DES ABREVIATIONS ACDI Agence canadienne de développement international AVV Autorité des aménagements des vallées des Volta BAD Banque arabe de développement BADEA Banque arabe de développement économique de l'Afrique BCEAO Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest BEI Banque européenne d'investissement BND Banque nationale de développement BOAD Banque ouest-africaine de développement CCCE Caisse centraie de coopération économique FED Fonds européen de développement FMI Fonds monéta2re international ICRISAT Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides OFNACER Office national des céréales ONERA Office national d'exploitation des ressources animales ORD Office régional de développement ORSTOM Office pour la recherche scientifique et technique outre-mer RAN Régie des chemins de fer Abidjan-Niger SMAG Salaire minimum agricole garanti SMIG Salaire minimum interprofessionnel garanti SOVOCCOM Société voltalque du commerce UMOA Union monétaire ouest-africaine VOLTELEC Société de l'électricité de la Haute-Volta Faze i DONN DE BASE - ýLAL"I= '0L7'A PEVETU A-R TETE EN 1977-TUSSIlS ??ODU:T NATICNAL 3RUT i 1975* TAUX DE Ce0:SSM!CE A ( CC-: TA';s c6-)- =illions de EU 160-1973 PNB aux prix du marché 629,5 100,0 2,2 S,2 7.nvestissement brut 117,0 18,6 2,6 -2,C Epar,gne naticnale trute 33,7 , .. Balance des opératicns courantes 105,6 -16,3 Exportations de biens et de services 81,7 13,0 2,6 7,6 non facteurs Importations de biens et de serrices non 210,3 38,2 3,5 -6,2 facteurs PRODUCT-C:T, FC'PULAT-i'N ACTrIE ET PRODUCTIVT' 1976 Valeur ajoutée ?cou!aticn active * millions de 3 7 i ('200) Agriculture 197,1 3&,6 2.796 93, 1 Industrie 10h,i 18,3 72 2,4 Services 269 6 126 ,2 'OTAL 569, ICO,c 2.994 -CO,0 =NliNC"-S7 PU3-L-I-cS Gou.erneer.t Central (millia-s de PCFA) d> de FZB) 1975 1976 197. 1976 recettes courantes 16,1 21,2 13,2 15,2 e.ses coura1tesl,6 19,2 15, 13,3 Exc édent ccurarz - 2,5 2,2 - 2,.- D-4enses dlinvestisser.en- 1,3 3, -,8 2,5 Aide extérieure (nette) 0,6 Balance globale - 3,7 -0,7 -3, - 1973 17 17c 1,76 (miliards de 7. fi d'ar. é Mennaie et auasi-monnaie 1l4,62 17,53 Ck,32 31,56, rdit bar.caire au secteur public -6,13 -9,27 -4,10 - Crédit tancaire au secteur zrive 9,16 15,38 L7,-3 27,9 Variations cu indices Monnaie et :uasi -mornaie en i du ?:3 1.,6 15,7 15,6 22,6 20,T3 :ndice général des prix (1963=100) .30,3 1.1,7 168,3 154,1 'ariations annuelles en: :ndice général des prix .,3 .,3 -3,. 33,2 Crédit bancaire au secteur public . 51,2 +47,2 -.,3 -11,3 rédit bancaire au sec:eur privé . 7,9 33,2 C,0 .3,3 * Estimations .non disponitle. . non a2i-atie. Ui.let 2-, …― 125 600 12- 500 gÅ.17F 'lJ-T A A F R l 0 U E 141 600 i41- 700 l G E R NJAMEY YOO_lý ý-j-qoo 00 c C, -900 Tuns i ------- OUAGADOU OU S6 )RGH /000 900 120 vK Nre by, 8 V! iv Sr Yrlra n 00 ere lir "300 REPUBL1QUE DE HAUTE-VOLTA 0 G A N A RESSOURCES ECONOMIQUES k ET PLUVIOMETRIE A RA C D£ '.='1 3 1, ý 1* kICt- dý 12p$WO 0~110. C 4-11 1,1 r f 'rd'#07 ., -et 49v-t " -p"~-f ýY, w på4 d, , 3 B."," Äkljmw 0 * 'ý- 0 - 2-om q-ny f.fta,.4.7.ff t-I-egj, 1,200 C 0 7 E C> RESUME ET CONCLUSIONS i. Le présent rapport passe en revue l'évolution récente de l'économie au cours de ces 4-5 dernières années, ainsi que le troisième Plan quinquennal (1977-81) en préparation; il examine ensuite un certain nombre des problèmes fondamentaux touchant à l'agriculture et tente d'esquisser les grandes lignes d'une stratégie du développement de ce secteur; et enfin, il étudie le secteur industriel, en s'intéressant plus particulièrement à la promotion des petites entreprises industrielles traditionnelles. Structure économique ii. L'économie voltaïque se heurte à plusieurs obstacles fondamentaux qui freinent le développement et qui ne pourront être surmontés qu'à longue échéance. L'un peut citer à titre d'exemple, les sols généralement pauvres, la pénurie d'eau, l'enclavement, la répartition inégale de la population, le faible niveau d'éducation et de savoir-faire technique, et un marché local li- mité. L'économie repose encore essentiellement sur le secteur primaire et elle est extrêmement vulnérable aux aléas climatiques. L'agriculture assure la sub- sistance de presque 90 % de la population et se caractérise par un niveau très faible de la productivité. Les exportations, qui consistent presque entière- ment en produits agricoles, ne représentent qu'une part faible de PIB (10-12 %), et ne jouent pas le rôle moteur du développement de l'économie nationale comme c'est le cas dans certains autres pays en voie de développement. L'épargne domestique étant nulle ou même parfois négative, l'investissement est financé par les ressources extérieures. Pendant la période 1968-72, le revenu par tête était estimé à avoir augmenté de 1 à 1,5 % par an. Evolution récente iii. Les sécheresses du début des années 70 ont causé des reculs sensi- bles de l'économie nationale et de la production agricole en particulier : com- parée à 1969/70, la production agricole a baissé de 15 % en 1970/71 et de 17 % en 1972/73. La reprise économique après 1974 a permis à la Haute-Volta de se remettre graduellement des conséquences néfastes de la sécheresse (1968-73). Les précipitations ayant retrouvé en 1974/75 leur niveau habituel, la produc- tion agricole a augmenté de près de 10 % et a de nouveau progressé en 1975/76. Pourtant, à la suite du niveau faible de la production agricole des deux der- nières années, le gouvernement fit appel à la communauté internationale pour aider le pays à combler le déficit céréalier estimé à 75.000 et 80.000 tonnes respectivement pour 1977 et 1978. On estime que le PIB réel a augmenté de 5 à 5,5 % par an entre 1974 et 1977. Le revenu par tête en 1977 est proche de 120 dollars. - ii - iv. La reprise économique de ces dernières années s'est toutefois accom- pagnée d'une expansion rapide du crédit, d'une augmentation des prix et d'un élargissement du déficit de ressources. Très modeste jusqu'aux environs de 1973, l'expansion de la masse monétaire s'est accélérée ces dernières années et le crédit intérieur s'est développé rapidement en raison de la forte augmen- tation du prix des importations, de la reprise de la commercialisation des pro- duits agricoles, et de la politique gouvernementale de promotion de l'industrie manufacturière. Les prix intérieurs ont aussi entamé une hausse rapide à par- tir de 1973, hausse qui s'est soldée par un relèvement sensible du salaire mi- nimum légal et du traitement des fonctionnaires. Le salaire minimum agricole garanti (SMAG) et le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) ont été majorés à trois reprises entre 1974 et 1976, et sont passés respectivement à 65 et 72 francs CFA de l'heure. Environ 65 des employés de secteur privé et 50 % des fonctionnaires sont rémunérés à un taux très proche du SMIG en vigueur. Le SMIG et le SMAG ont été majorés depuis janvier 1979. Situation financière v. En raison de la politique d'austérité budgétaire et de l'amélioration du recouvrement de l'impôt, la situation budgétaire s'est sensiblement amélio- rée depuis 1967. Ainsi, les liquidités du Trésor sous la forme de dépôts au- près de la Banque centrale ont atteint 9,2 milliards de frencs CFA à la fin de 1974. Cependant, en 1975, l'augmentation des dépenses de personnel a entraîné un déficit budgétaire global pour la première fois en huit ans. Ce déficit de près de 4 milliards de francs CFA a été financé en grande partie par des re- traits prélevés sur les dépôts du Trésor à la Banque centrale. Pendant les deux dernières années, le budget global s'est soldé par un déficit modeste, principalement en raison de l'accroissement sensible des dépenses de développe- ment. Le "programme spécial" a été introduit en 1977, en vue de répondre aux besoins sociaux urgents et de promouvoir les investissements prioritaires. Une partie importante du "programme spécial" n'était pas budgétisée et a été financée surtout par des crédits de la Banque centrale et des dons et prêts budgétaires extérieurs. vi. La position financière extérieure s'est dégradée au cours des trois dernières années. Le déficit de la balance courante a triplé entre 1972 et 1977, à la suite de mauvaises récoltes entraînées par la sécheresse, de l'ex- pansion de l'investissement et de fortes augmentations du prix des importations et de l'énergie. Pour la première fois en dix ans, la balance des paiements a cessé d'être excédentaire en 1975, et a accusé un déficit de 1,4 milliard de francs CFA, malgré la reprise de la production agricole et de l'augmentation des entrées de capitaux extérieurs. Le déficit global s'est produit de nouveau en 1976 et 1977. Cette détérioration persistante de la position financière extérieure est imputable essentiellement à l'expansion d'investissements pu- blics, aux dépenses croissantes de consommation, et à la baisse des dons exté- rieurs. Ainsi entre le début de 1974 et la fin de 1977, le niveau de réserves - iii - en devises a baissé de 30 %, se situant en cette dernière année à 60 millions de dollars, ce qui correspond à trois mois d'importations de l'année. A la fin de 1977, la dette publique extérieure de la Haute-Volta atteignait 262,2 millions de dollars et le coefficient du service de la dette (rapport du montant des remboursements et des intérêts aux exportations de biens et services) était de 5,8 %. On prévoit que ce coefficient ne devrait pas trop varier au moins dans l'avenir proche, étant donné que la plupart de prêts ont été accordés à des conditions de faveur. Planification vii. Le troisième Plan quinquennal de développement, qui porte sur la période 1977-81, est encore en préparation et devrait être achevé dans le cou- rant de 1978. Il propose un programme d'investissement provisioire qui envi- sage une mise de fonds de 374 milliards de francs CFA (1,5 milliard de dollars) étalée sur une période de cinq ans. Il comprend toutefois un "noyau" plus res- treint, qui représenterait des dépenses moins importantes de 263 milliards de francs CFA. La répartition sectorielle des ressources dans le plan provisoire et dans le "noyau" est caractérisée à la fois par la part relativement faible des investissements directs dans le secteur agricole et les projets sociaux (par rapport à celle de l'infrastructure) et par l'affectation de l'essentiel des financements locaux à l'industrie manufacturière. Développement agricole viii. Les problèmes structurels de l'agriculture votaïque ayant déjà été décrits en détail dans des rapports antérieurs de la Banque, le présent mémo- randum passe en revue plus particulièrement des questions fondamentales telles que la colonisation des terres, l'intensification de l'agriculture en sec, la commercialisation, la politique des prix et le stockage des denrées alimentai- res, la promotion de l'agriculture irriguée et la vulgarisation. ix. En vue de profondes disparités du potentiel agricole qui existent entre le plateau Mossi et les régions périphériques, une attention particulière devait être accordée aux efforts pour promouvoir la répartition de la popula- tion par la colonisation ou la migration, de sorte qu'elle corresponde mieux à la disponibilité des terres et aux conditions climatiques du pays. Il existe depuis longtemps un mouvement spontané de population du plateau Mossi vers les régions périphériques. Il semble que ce mouvement spontané se soit accéléré pendant les années de sécheresse (1968-73) pour culminer en 1975 (environ 20.000 migrants). La plupart de ces colons se sont installés dans le "couloir migratoire" dans les régions de la Volta noire. D'autre part, le gouvernement a créé en 1974 l'AVV qui est chargée d'organiser la colonisation dans les val- lées des Voltas blanche,rouge et noire, qui auraient été débarrassées du vec- teur de transmission de l'onchocercose (la mouche noire). Jusqu'à présent, les efforts de l'AVV se sont concentrés dans les vallées de la Volta blanche où la colonisation de 12.000 familles sur une sLrface de 130.000 ha est jugée possi- ble. L'AVV a encore de nombreux problèmes à résoudre : certains sont liés à des difficultés de financement ou de liquidité; quelques-uns sont créés par des - iv - taux de colonisation fixés trop élevés; d'autres sont dus aux techniques agri- coles proposées; d'autres enfin semblent liés à l'aspect d'organisation de l'AVV. En dépit de ces problèmes et difficultés, la plupart desquels pour- raient être expliqués au moins partiellement par la jeunesse de son existence, l'AVV peut et doit jouer un rôle important dans le développement agricole à long terme de la Haute-Volta. Si certaines des recommandations dans le rapport de Bei-Agrer sont prises, l'AVV pourrait améliorer l'efficacité de ses inter- ventions dans la colonisation des terres sèches dans les vallées de Voltas rouge et blanche et, mieux encore, dans la colonisation des terres irriguées dans la Volta noire. x. Il est certain cependant que l'AVV par ses efforts dans la colonisa- tion des vallées des Volta ne peut fournir qu'un soulagement partiel aux pro- blèmes du plateau Mossi tels que la pression démographique, le déclin ou la stagnation des rendements de la culture sèche et l'érosion du sol. Par consé- quent, elle ne peut non plus apporter qu'une solution partielle au problème du déficit céréalier chronique qui, selon certaines estimations, pourrait se pro- filer à l'horizon des années 80. Un des problèmes fondamentaux touchant à l'agriculture voltaïque serait donc de transformer les méthodes traditionnel- les de culture sèche sur le plateau Mossi de façon à y rendre possible les cultures intensives permanentes. Il s'agirait donc des efforts de recherche pour l'intensification de l'agriculture sèche dans cette région. xi. Outre les efforts de recherche de nouvelles techniques de cultures intensives, l'introduction des mesures appropriées en matière de la commercia- lisation, du prix et de stockage des céréales apparaît essentielle pour attein- dre l'objectif national de l'autosuffisance en produits céréaliers dans les dé- cennies à venir. Le gouvernement voltaïque a récemment pris des mesures tou- chant à la refonte profonde de l'OFNACER, qui pourrait refléter une nouvelle orientation de la politique gouvernementale dans ces domaines. Pour éviter la dispersion de6 efforts et mieux coordonner les actions de divers ministères, le Comité national pour la constitution d'un stock de réserves de céréales et le Sous-comité de lutte contre les effets de la sécheresse ont été intégrés à l'OFNACER, placé sous la tutelle technique du Ministère du développement rural. En plus, l'OFNACER est appelé à jouer un rôle plus important dans la commercia- lisation des céréales, à soutenir plus activement les prix officiels au niveau des producteurs, et à renforcer sa capacité de stockage d'une manière substan- tielle. L'efficacité de ces mesures sera jugée seulement lors de la prochaine campagne 1979/80. xii. La sécheresse récente a ressuscité l'intérêt pour le développement de l'irrigation, et le gouvernement apparaît nettement en faveur d'une expansion accélérée de l'agriculture irriguée. Il est indiscutable que l'agriculture irriguée doit jouer un rôle important à l'avenir non seulement en vue du po- tentiel limité de la mise en valeur de nouvelles terres sèches mais aussi à cause de la demande croissante pour les produits des cultures irriguées telles que le riz et le blé. A l'heure actuelle, une partie minimale (4 %) de la su- perficie irrigable du pays est développée. Cependant, un certain nombre des facteurs militent contre le lancement hâtif d'un programme trop ambitieux de - v - développement de l'irrigation : le codt d'investissement élevé, la capacité encore limitée des services gouvernementaux dans l'exécution et la gestion des projets d'irrigation, et l'expérience limitée chez les agriculteurs dans la culture irriguée. Il faudrait donc que le gouvernement conçoive au moins dans un premier temps un programme de développement d'irrigation relativement mo- deste, qui permettrait non seulement de compléter la production de l'agricul- ture sèche mais aussi d'atténuer progressivement la sévérité des contraintes mentionnées au-dessus. Développement industriel xiii. Le secteur moderne des industries de transformation, quoique récent et limité essentiellement à la transformation des produits alimentaires et aux textiles, se développe et se diversifie assez rapidement depuis dix ans. Son développement est facilité par un ensemble de mesures que le gouvernement pour- suit à l'égard de la protection tarifaire ou, parfois, des contingentements des importations, des incitations fiscales généreuses et l'accès au financement à terme. xiv. Malgré le développement rapide enregistré par l'industrie moderne depuis les années 60, le secteur industriel est encore dominé par les activi- tés des eptites entreprises traditionnelles : ces dernières représentent près de quatre cinquièmes de la part de l'industrie dans le PIB et emploient la grande majorité de la main-d'oeuvre industrielle. Par conséquent, le dévelop- pement des petites entreprises peut entraîner la création d'un grand nombre d'emplois et amener une utilisation plus effirace de ressources rares d'inves- tissement. xv. Dans le passé, l'expansion du secteur industriel traditionnel a été ralentie par le déclin des marchés locaux et extérieurs. Elle a aussi souffert d'une certaine discrimination des mesures gouvernementales en faveur des gran- des entreprises modernes. Par conséquent, les politiques de promotion des industries traditionnelles devraient se concentrer sur l'expansion de débouchés extérieurs des produits artisanaux de qualité tels que la ferronnerie d'art et les vêtements tissés à la main, d'une part, et d'autre part, sur l'élimina- tion de certaines mesures de discrimination : il se peut que les difficultés que les petites entreprises éprouvent maintenant pour concurrencer les grandes entreprises sur le plan des prix et de la qualité proviennent davantage du man- que d'assistance technique, de crédit, d'encouragements fiscaux, ou de protec- tion douanière fournies par le gouvernement que de leur inefficacité économique. CHAPITRE I EVOLUTION ECONOMIQUE RECENTE 1. La reprise de la croissance économique après 1974 a permis à la Haute-Volta de se remettre des effets néfastes de la sécheresse qui a sévi dans la zone sahélienne pendant la période 1968-73. Le gouvernement, renonçant à la politique fiscale d'austérité qu'il a poursuivie depuis 1967, a adopté une po- litique d'expansion en 1974 et s'est efforcé de promouvoir le développement industriel en encourageant l'investissement chez les entrepreneurs voltaî- ques. L'investissement s'est maintenu à un niveau élevé et l'épargne publique a été canalisée vers les projets industriels et agricoles. Toutefois, cette expansion économique s'est accompagnée d'un développement rapide du crédit, d'une hausse des prix et d'un déficit de ressources croissant. Après une lon- gue période, la balance des paiements est redevenue déficitaire tandis que les pressions fiscales s'accentuaient. Au cours des prochaines années, la gestion de l'économie va donc être difficile, d'autant plus que le troisième Plan de développement quinquennal risque d'accrottre nettement les dépenses d'inves- tissement. Production 2. Le PIB réel a progressé à un taux annuel modeste de 2,5 % pendant les six années de la période 1968-74, en raison principalement des effets négatifs de la sécheresse prolongée sur 1 production primaire. Avec le retour à une pluviométrie normale en 1975, la production agricole s'est accrue d'environ 10 % et comme les secteurs secondaire et tertiaire ont poursuivi leur expan- sion, le PIB à prix constants a pu progresser de 7,5 % pendant cette année. Avec les conditions climatiques moins favorables, la production agricole a subi une baisse en 1976; le PIB réel a augmenté à un taux inférieur à celui de 1975 (4 % seulement). Toutefois, en 1977, grâce à l'accélération considérable dej activités industrielles et commerciales, l'économie nationale aurait de nouveau enregistré une croissance de 6 % du PIB à prix constants, et le re- venu par tdte se situerait à environ 120 dollars (aux prix de 1977). 3. Le déficit de ressources s'est fortement aggravé pendant les années de sécheresse car le faible niveau de la production agricole et l'expansion de l'activité d'investissement ont considérablement accru la dépendance du pays à l'égard des importations. De 11 % du PIB en 1968, le déficit est passé à un quart en 1974. Malgré une augmentation substantielle de la production natio- nale, il s'est encore accentué en 1975 pour atteindre près de 29 % du PIB, du fait que la part de la consommation publique et privée dans le PIB continuait d'augmenter et que le rythme de l'investissement restait assez soutenu. Le déficit de ressources devrait toutefois avoir diminué en 1976 grâce à une meilleure disponibilité des dnrées alimentaires et autres biens agricoles et au ralentissement des dépenses d'investissement. Normalement, les transferts - 2 - privés dont le volume est appréciable, couvrent une partie importante du défi- cit de ressources qui, au cours des dernières années, s'est situé entre un quart et un tiers. Les transferts privés, composés essentiellement des envois de fonds des travailleurs émigrés et des pensions versées par la France, con- stituent une caractéristique structurelle de l'économie voltaîque. Le défi- cit de financement à couvrir par l'aide étrangère ou les réserves de change est donc moins important que le déficit de ressources. Tableau 1 : DEPENSE INTERIEURE BRUTE ET DEFICIT DE RESSOURCES (en % du PIB) 1968 1974 1975 Consommation 100,3 107,4 113,0 Privée (87,4) (94,9) (99,9) Publique (12,9) (12,5) (13,1) Investissement 10,8 17,6 15,9 Dépense intérieure brute 111,1 125,0 128,9 Déficit de ressources 11,1 25,0 28,9 Déficit de ressources, compte tenu des transferts privés 3,8 17,1 21,6 Source Comptes nationaux et estimations de la mission. 4. La sécheresse du début des années 70 a causé un grave préjudice aux récoltes. Avant la sécheresse, en 1969/70, la production céréalière était de 1,04 million de tonnes; en 1971/72, elle tomba à 0,85 million de tonnes, ce qui représente un fléchissement de plus de 18 %, et se maintint à ce niveau jusqu'à 1973/74. En 1974/75, le retour à une pluviométrie normale a permis un net redressement de la production céréalière qui, avec 1,09 million de tonnes, a légèrement dépassé le niveau atteint avant la sécheresse. En 1975/76, grâce aux conditions climatiques toujours favorables, la production céréalière a en- registré un nouvel accroissement, atteignant environ 1,25 million de tonnes. L'amélioration du rendement par acre explique dans une large mesure la récolte de coton particulièrement abondante de 51.000 tonnes. Si la récolte de karité a été exceptionnelle, la production d'arachides n'a guère progressé et la pro- duction de sésame n'a pas augmenté. En 1976/77, une nouvelle baisse de la pro- duction de céréales a été enregistrée, et le gouvernement a dû faire appel à -3- l'aide internationale pour couvrir le déficit céréalier estimé à quelque 75.000 tonnes. Néanmoins, la production de coton devrait, selon les estima- tions, avoir atteint le chiffre record de 55.000 tonnes grâce à l'extension des superficies cultivées. La récolte de 1977/78 a été estimée à 1,2 million de tonnes, mais d'après le gouvernement, l'importation des céréales d'urgence se situerait à quelque 80.000 tonnes. 5. Après les bonnes récoltes de 1974/75 et 1975/76, la disponibilité des denrées alimentaires s'est nettement améliorée et la production de céréales de base a pratiquement permis de satisfaire les besoins du pays. En 1975, les importatins alimentaires étaient retombées à quelque 54.000 tonnes contre 145.600 tonnes en 1974. L'abondance de l'approvisionnement provoqua une baisse sensible du prix des céréales; en 1976, le gouvernement ramena le prix minimum au producteur des céréales de 22 francs CFA à 18 francs CFA par kilo, de telle sorte que l'Office national des céréales (OFNACER), le principal organisme pu- blic de commercialisation des céréales vivrières puisse obtenir des quantités plus importantes de céréales avec ses moyens financiers limités. La situation alimentaire s'est toutefois dégradée après le fléchissement de la production de céréales et de graines oléagineuses en 1976/77 et 1977/78. Le gouvernement releva donc deux fois le prix au producteur des céréales de 18 francs CFA à 21 francs CFA par kilo en 1976 et de 21 francs CFA à 32 francs CFA après la récolte de 1977/78. 6. Comme dans les autres pays du Sahel au début des années 70, le sec- teur de l'élevage a souffert de la sécheresse qui a entralné de lourdes pertes du troupeau bovin (12-15 %) et du troupeau ovin et caprin (8-10 %). Pendant les années 1975-77, le gouvernement a pris une série de mesures en vue de faci- liter la reconstitution du cheptel qui, selon les estimations, aurait presque retrouvé son niveau d'avant la sécheresse à la fin de 1977. Un nouvel orga- nisme, l'Office national d'exploitation des ressources animales (ONERA) a éga- lement été créé par le gouvernement afin de développer la commercialisation du bétail et de la production animale sur les marchés intérieur et extérieur. 7. L'industrie manufacturière moderne est récente et la petite industrie traditionnelle fournit toujours l'essentiel de la valeur ajoutée du secteur industriel. Grâce à des encouragements fiscaux et à la politique de protec- tion contre la concurrence des produits importés, la capacité industrielle mo- derne s'est développée rapidement. Toutefois, la faible expansion des marchés est un des facteurs qui a pesé sur le d veloppement de l'industrie manufactu- rière traditionnelle et de l'artisanat.l 8. La création d'un certain nombre de nouvelles unités manufacturières et l'amélioration de l'approvisionnement en matières premières après la période de sécheresse; ont permis à la production manufacturière moderne de progresser 1/ Voir Chapitre III sur le secteur industriel. -4 - rapidement à partir de 1974. On retiendra notamment parmi les nouvelles installations manufacturières, une raffinerie de sucre d'une capacité de 20.000 tonnes ainsi que des petites unités de conditionnement alimentaire et des usines pour la fabrication de papier, de plastique, de briques et de céra- miques, de piles sèches, de pneus en caoutchouc et de produits métalliques. Depuis 1974, on a pu observer un accroissement substantiel de la production de tissus de coton, de fibres de coton, d'huiles végétales, de sucre, chaussures, cigarettes, allumettes, savon, bicyclettes et vélomoteurs. La capacité géné- ratrice ayant été mieux utilisée, la production d'électricité a presque doublé entre 1973 et 1977. Monnaie, crédit et prix 9. Jusqu'à 1973 environ, l'expansion monétaire imputable essentielle- ment à la persistance de l'excédent de la balance des paiements et à l'augmen- tation des avoirs extérieurs a été modérée. Toutefois, la croissance de la masse monétaire s'est accélérée du fait de l'augmentation rapide du crédit au secteur privé qui a été observée par la suite : les effets du crédit accordé au secteur privé ont, sauf en 1975, été compensés en partie par les excédents budgétaires et une accumulation des liquidités du Trésor auprès de la Banque centrale. Néanmoins, le rythme de l'expansion monétaire est resté élevé : au cours de l'année 1973, seule la masse monétaire - monnaie et quasi-monnaie - a augmenté de près de 37 %. L'année suivante, l'important excédent budgétaire a ralenti l'expansion monétaire, mais en 1975, la masse monétaire a progressé de 39 %. En 1976, la croissance de la masse monétaire a été modérée par l'excé- dent budgétaire et la nouvelle baisse des avoirs extérieurs. La masse moné- taire a considérablement augmenté durant les deux dernières années. 10. Pendant la période de quatre ans qui s'est terminée en 1976, le cré- dit au secteur privé a plus que quadruplé, pour atteindre 32,4 milliards de francs CFA tandis que le crédit intérieur net s'accroissait plusieurs fois. En même temps que le crédit enregistrait cette expansion massive, surtout à partir de 1973, sa structure se modifiait, de façon sensible, en faveur du prêt à terme. L'encours des prêts à moyen et long terme acccordés par les banques et les établissements de crédit au secteur privé a progressé bien plus rapidement que leur concours financier à court terme. De 2,6 milliards de francs CFA en 1972, le crédit à moyen et long terme est passé à 14,5 milliards de francs CFA en 1976 alors que sa part dans le crédit total au secteur privé augmentait de 36 à 45 %. -5 - Tableau 2 : LA SITUATION MONETAIRE (en milliards de francs CFA) 1973 1974 1975 1976 1977 1978 À. Avoirs extérieurs nets 15,29 17,39 15,86 12,64 5,86 37,3 Crédit intérieur 2,90 6,11 16,68 25,45 38,01 42,22 Créances sur l'Etat -6,26 -9,28 -4,91 -6,96 -7,74 -5,90 Créances sur le secteur privé 9,16 15,39 21,59 32,41 45,02 48,12 (court terme) (4,99) (8,36) (10,43) (17,92) ( . ) ( . ) (moyen et long terme) (4,17) (7,03) (11,16) (14,49) ( . ) ( . ) Autres postes, nets /2 1,41 2,14 4,05 2,07 3,31 2,98 Monnaie et quasi-monnaie 14,49 17,53 24,33 31,54 34,84 38,09 Monnaie hors du circuit bancaire 7,13 8,51 10,66 12,84 14,75 ( . ) /1 Mai, 1978. /2 Dont la contrepartie de l'allocation de DTS. Source : BCEA0 et FMI. 11. L'expansion de crédit qui s'est produite en 1973 et au cours des années suivantes est imputable à un certain nombre de facteurs. D'une part, la hausse brutale des prix des importations et de l'énergie en 1973 ainsi que la persistance de l'inflation internationale ont considérablement développé la demande de crédit, notamment en raison de la forte dépendance de P 'économie voltalque à l'égard des importations. D'autre part, les besoins de crédit pour la campagne et la commercialisation des produits agricoles ont notable- ment augmenté avec la reprise de la production agricole, tandis que le secteur industriel moderne, en pleine expansion, avait de plus en plus recours aux ban- ques pour financer des fonds de roulement toujours plus importants. Enfin, le gouvernement a adopté une politique de promotion active de l'investissement in- dustriel et commercial auprès des nationaux en mobilisant l'épargne publique, y compris les encaisses du Trésor auprès de la Banque centrale, afin de fournir le financement à terme par l'intermédiaire d'un nouvel établissement de crédit, la Caisse nationale des dépôts et des investissements (CNDI); la forte aug- mentation des prêts à moyen et long terme accordés par la CNDI et la Banque nationale de développement reflète cette nouvelle orientation des politiques économiques de l'Etat. - 6 - 12. La CNDI a été constituée en vue du financement d'importants projets publics et privés représentant des investissements supérieurs à 50 millions de francs CFA. Elle a commencé ses activités en 1975, ses ressources se composant de son capital initial, de dépÔts des organismes publics et semi-publics et d'un prêt du Trésor. En avr;l 1977, le total de ses prêts approuvés atteignait 6,3 milliards de francs CFAY tandis que le montant de ses ressources non en- gagées ne dépassait pas 0,7 milliard de francs CFA. En dehors deS projets d'infrastructure, y compris RAN et VOLTELEC, qui ont été les principaux béné- ficiaires du financement de la CNDI, les prêts ont été accordés, pour la plu- part, aux entreprises du secteur industriel moderne. La CNDI devrait partici- per dans une large mesure au financement des investissements du troisième Plan mais le manque de ressources lui crée déjà des difficultés pour le développe- ment des opérations de prêt. D'autre part, comme l'épargne publique est deve- nue relativement rare, la Caisse s'efforce maintenant de reconstituer ses res- sources en empruntant à l'étranger des capitaux à long terme non liés au projet. 13. La BND, qui assure également le financement à court terme, a pu dé- velopper considérablement ses opérations de prêt à moyen et long terme en re- courant de plus en plus au réescompte de la Banque centrale et à des prêts étrangers, notamment de la Caisse centrale de coopération économique (CCCE). En accord avec la politique de promotion du secteur industriel et agricole, la BND a abandonné quelque peu le financement des biens de consommation durables et des logements pour se consacrer aux projets de développement prioritaires. Comme la CNDI, il semblait que la BND se heurte à une pénurie de ressources.2. Elle envisage donc de diversifier et de renforcer sa base de ressources néces- saire à ses opérations de prêt en contractant de nouveaux emprunts à long terme à l'étranger. 14. En 1976, l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) dont fait partie la Haute-Volta, a instauré une régulation plus systématique du crédit et de la masse monétaire. L'expansion globale du crédit pour l'ensemble des membres de l'Union monétaire est déterminée chaque année en fonction des objectifs à at- teindre eu égard aux devises étrangères et aux perspectives d'évolution de la balance des paiements tandis que pour chaque pays membre, il est tenu compte, lors de la fixation des objectifs de crédit, de la situation et des perspecti- ves économiques à court terme propres à chacun d'eux. Pour l'année 1977, les objectifs de crédit pour la Haute-Volta ont été fondés sur un ralentissement 1/ Non compris des avances spéciales de 3,5 milliards de francs CFA au pro- jet minier de Tambao. 2/ En mai 1977 quand la mission était sur place. -7 - du taux d'expansion du crédit et de la masse monétaire (respectivement 26 et 27 %) par rapport à 1976. Bien qu'assez élevé si on le compare à la croissance de la production réelle des biens et services, le rythme prévu de l'expansion du crédit a été considéré comme compatible avec les besoins de fine-cement à court et long terme. Conformément à la nouvelle politique de l'Union moné- taire ouest-africaine tendant à aligner les taux d'intérêt sur ceux des mar- chés monétaires extérieurs, le taux d'escompte normal de la Banque centrale a été porté de 5,5 à 8 % en juillet 1975 et des ajustements correspondants ont été apportés aux taux créditeurs et débiteurs des banques. Toutefois, un taux d'escompte préférentiel de 5,5 % a été maintenu en vue du refinancement des crédits à l'agriculture, du crédit à l'Etat et aux petites entreprises appar- tenant à des nationaux; la hausse des taux applicables à ces catégories de crédit a de ce fait été moins forte que pour les autres crédits. Le relève- ment des taux d'intérêt devait permettrb de modérer la demande de crédit et d'aider les banques de dépôt à mobiliser l'épargne. 15. Sous l'effet de l'accélération de l'expansion m iétaire, de la hausse brutale des prix à l'importation et des pénuries dues à la sécheresse, les prix domestiques se mirent à monter de façon très nette à partir de 1973, provoquant une augmentation sensible du salaire minimum légal et des barèmes de la fonc- tion publique. Toutefois, en 1976, les pressions inflationnistes se sont sen- siblement atténuées du fait de l'abondance relative des produits agricoles et des céréales après les deux bonnes récoltes et cela, en dépit de la combinaison de l'expansion monétaire au cours de l'année. Il est difficile d'évaluer avec précision les variations annuelles du niveau des prix intérieurs car la Haute- Volta ne dispose pas d'un indice général des prix. Les seuls indices des p,ix existants portent sur les prix à la consommation pour les ménages africaint et les expatriés. Cependant, ces indices ne reflètent pas convenablement les va- riations du coût de la vie puisque les différents biens entrant dans leur com- position n'ont pas changé pendant longtemps malgré les transformations consi- dérables de la structure de la consommation. A en juger par l'indice des prix pour les Africains, le coût de la vie devrait avoir augmenté chaque année de 12 % entre 1973 et 1975 et de 14 % entre 1975 et 1977. 16. En raison de la hausse des prix et du coût de la vie, le salaire mi- nimum pour les travailleurs agricoles et non agricoles a été augmenté en 1974 respectivement de 42 et 38 %. Au cours de l'année 1976, il a de nouveau été procédé, en deux étapes, à une majoration des salaires de plus de 50 %. Les augmentations des traitements des fonctionnaires ont été, dans l'ensemble, as- sez modérées; leur rémunération moyenne a progressé d'environ 50 % à la suite de la révision des barèmes des traitements intervenue en 1974 et 1976. Les salaires et les traitements ont été majorés depuis janvier 1979. 17. Le gouvernement s'est efforcé de contenir la hausse des prix en ren- forçant la réglementation existante. A l'exception de quelques biens considé- rés comme des articles de luxe, la presque totalité des produits fait l'objet - 8 - d'un certain contrdle des prix. Les denrées alimentaires, les produits lo- caux manufacturés et les produits pétroliers sont soumis à des prix homologués et, dans le cas des importations, les marges bénéficiaires sont contrôlées. En dehors d'une surveillance plus étroite des marchés, un certain nombre de mesures ont été prises dans le cadre du programme de lutte contre l'inflation blocage des marges bénéficiaires, diffusion d'informations sur les prix auprès des consommateurs et vente de biens de consommation de masse- par la Société voltaique du commerce (SOVOLCOM), organisme commercial semi-public. Ces mesu- res anti-inflation n'ont cependant pas été très efficaces car il y eut beau- coup d'infractions à la réglementation des prix et, en tout état de cause, il a fallu réviser périodiquement les prix officiels pour tenir compte des varia- tions des coûts à la production et à l'importation. Finances publiques 18. Depuis 1967, le gouvernement a réussi à dégager des excédents budgé- taires importants, principalement en raison de la politique d'austérité budgé- taire et de l'amélioration du recouvrement des impôts. Du fait de l'excédent budgétaire global de 3,1 milliards de francs CFA, les liquidités du Trésor sont passées à 9 milliards de francs CFA à la fin de 1974. Toutefois, l'accroisse- ment des dépenses de défense provoqué par le conflit avec le Mali et l'augmen- tation de dépenses de personnel suscitèrent un déficit budgétaire global en 1975 malgré les recettes extrabudgétaires supplémentaires fournies par l'impôt de patriotisme perçu dans le courant de l'année. Le déficit, que l'on estime à quelque 3,7 milliards de francs CFA, a été financé essentiellement par des tirages sur les dépôts de l'Etat auprès de la Banque centrale. La situation financière de l'Etat s'est de nouveau améliorée en 1976 malgré la révision des barèmes de la fonction publique qui représentait une charge additionnelle de 1,2 milliard de francs CFA. Estimé provisoirement à 2,0 milliards de francs CFA, l'excédent budgétaire courante de l'année s'explique par une fai- ble hausse des dépenses, accompagné de l'accroissement substantiel des recet- tes fiscales. Cependant, le budget global de l'année a enregistré de nouveau un déficit de 0,7 milliard de francs CFA, principalement imputable au double- ment de dépenses de développement. En 1977, les recettes courantes ont aug- menté d'environ 20 % par rapport à l'année précédente, non seulement en raison de l'accroissement du volume des importations mais aussi à la suite du taux moyen élevé appliqué aux produits importés, qui passait de 18 % en 1975 à 24 % en 1977. Comme les dépenses de développement de l'année se sont accrues sen- siblement (72 %), surtout à cause de la participation budgétaire au financement du troisième Plan sous forme de "programme spécial", la balance budgétaire glo- bale s'est soldée en déficit de 0,9 milliard de francs CFA. Initialement, le "programme spécial" a prévu un investissement de 5 milliards de francs CFA pour l'année fiscale 1977, mais les dépenses actuelles à la fin de 1977 se sont éle- vées à 1,5 milliard de francs CFA. Il était prévu que ce programme spécial serait financé essentiellement par la Banque centrale, par la subvention budgé- taire extérieure, et par les emprunts à l'étranger. 1/ Importés de Chine en contrepartie de dépenses d'assistance technique en monnaie nationale. - 9- Tableau 3 : OPERATIONS FINANCIERES DE L'ETAT 1973 1974 1975 1976/l 1977Lf 1978/1 (En milliards de francs CFA) Recettes courantes 12,56 15,54 16,09 21,66 ?,14 30,6 Dépenses courantes 10,26 11,46 18,59 19,20 22,25 26,2 Excédent (+), déficit courant 2,30 4,09 -2,50 1,96 3,89 4,4 Dépenses de déve- loppement/2 2,21 1,98 1,76 3,45 5,94/3 4,4 Subventions budgé- taires étrangères 0,62 0,98 0,55 0,80 1,20 Excédent (+), déficit global 0,71 3,08 -3,71 -0,69 -0,85 0 Financement Emprunts à l'étranger 0,02 -0,09 0,59 2,10 0,62 Système bancaire -1,12 -3,03 4,37 -2,03 -0,79 Système non-bancaire 0,39 0,04 -1,25 0,62 1,02 Financement total -0,71 -3pO8 391 0,69 O,5. /1 Chiffres provisoires. /2 Non compris les dépenses de développement financées directement par l'aide extérieure. /3 Y compris les dépenses actuelles de 1,5 milliard de francs CFA sous le "programme spécial". Source FMI. - 10 - Balance des paiements 19. Un ensemble de circonstances défavorables, résultant d'influences extérieures ou de la politique pratiquée, ont provoqué une détérioration ra- pide de la balance commerciale après 1972. De 13,0 milliards de francs CFA en 1972, le déficit commercial a plus que doublé, pour atteindre 30,5 milliards de francs CFA en 1975, à la suite des effets néfastes de la sécheresse sur la production agricole, de l'accroissement des investissements intérieurs et de la forte augmentation des prix à l'importation et des prix de l'énergie. La balance des paiements est toutefois restée excédentaire jusqu'en 1974, car le déficit commercial était plus que compensé par les transferts privés et par l'afflux grandissant de l'aide extérieure, y compris l'aide d'urgence. Ce- pendant, en 1975, malgré la reprise de la production agricole, et le léger accroissement des flux d'aide, la balance des paiements jusqu'alors excéden- taire a pour la première fois -n dix ans, accusé un déficit de 1,4 milliard de francs CFA. Le déficit commercial devrait s'être rétréci en 1976; toutefois, le déficit global s'est aggravé dans le courant de l'année, à la suite notam- ment d'une diminution des subventions officielles, provoquant une nouvelle baisse de réserves en devises de 1,0 milliard de francs CFA. En 1977, la ba- lance des paiements a enregistré un déficit de l'ordre de 2,3 milliards de francs CFA pour la troisième fois consécutive. La détérioration persistante de la position financière extérieure est imputable essentiellement à l'expan- sion rapide des importations des biens d'équipement, aux dépenses croissantes de consommation, et à la stagnation des dons extérieurs (en termes réels). - il - Tableau 4 : BALANCE DES PAIEMENTS (en milliards de francs CFA) 1972 1973 1974 1975 1976 1977 Exportations de marchandises f.o.b. 9,22 9,86 15,88 15,75 19,00 21,40 Importations de marchandises c.a.f. 22,20 26,69 41,76 46,22 45,30 56,80 Balance commerciale -12,98 -16,83 -25,88 -30,47 -26,30 -35,40 Services nets /l -5,48 -4,65 -4,38 -9,39 -7,00 -7,80 Transferts privés nets /2 8,52 10,27 9,59 10,10 10,00 10,80 Balance des opérations courantes -9,94 -11,21 -20,67 -29,76 -23,30 -32,40 Transferts nets de l'Etat 8,43 11,77 19,73 20,81 14,40 18,80 Capitaux nets : 1,74 4,01 1,60 6,94 5,80 6,84 Investissement direct (0,24) (0,91) (0,62) (2,59) (1,00) (1,00) Autres capitaux privés (0,70) (1,08) (-2,31) Capitaux publics (0,80) (2,02) (3,29) (4,35) (4,30) (5,74) Autres postes (nets) /3 0,11 -0,57 0,28 0,65 2,04 6,76 Surplus (+), déficit (-) global 0,34 4,00 0,94 -1,36 -1,06 -2,30 /l Y compris l'assistance technique étrangère. 72] Envois de fonds des travailleurs émigrés et pensions versées par la France. /31 Allocations de DTS, erreurs et omissions. Source FMI. 20. Les recettes d'exportation ont fortement augmenté entre 1972 et 1974, passant de 9 milliards de francs CFA à 16 milliards de francs CFA, principale- ment en raison de la hausse des prix à l'exportation. Toutefois, en 1975, les recettes d'exportation fléchirent légèrement, étant donné que les prix mon- diaux du coton et de l'arachide étaient retombés sensiblement. Les résultats des exportations se sont considérablement améliorés au cours des deux années suivantes grâce à la récolte exceptionnelle de coton et à la hausse des prix internationaux du coton. Les valeurs des exportations ont augmenté de 42 % entre 1975 et 1977. - 12 - 21. Avec l'augmentation des besoins de biens importés et de la hausse abrupte des prix internationaux, les importations aussi ont plus que doublé entre 1972 et 1977, passant de 22,2 à 56,8 milliards de francs CFA entre 1972 et en 1977. La demande d'importation d'équipements, de pièces de rechange, de produits chimiques et autres inputs courants a augmenté vivement à la suite de l'expansion rapide du crédit et de la reprise de l'activité d'investissement. De plus, en raison de la pénurie consécutive à la sécheresse, il a fallu im- porter des quantités considérables de denrées alimentaires; après le niveau record de 146.000 tonnes atteint en 1974, les importations alimentaires ont nettement fléchi en 1975 du fait de la reprise de la production agricole. En 1976, les importations ont enregistré une baisse marginale qui s'explique par le niveau élevé de la production agricole et le ralentissement des investisse- ments. En 1977, elles ont remonté à un niveau record de 56,8 milliards de francs CFA correspondant à quelque 40 % du PIB de la même année, en raison de l'accroissement persistant des importations de biens d'équipement et de biens intermédiaires. 22. Depuis 1972, le déficit de la balance courante a de plus en plus été financé par l'aide extérieure. Les transferts publics (subventions offi- cielles) ont prGgressé de 8,4 milliards de francs CFA en 1972 à 20,8 milliards de francs CFA en 1975 tandis que l'afflux net de capitaux publics, composé en majeure partie de prêts à des conditions de faveur, est passé de 0,8 milliard de francs CFA à 4,4 milliards de francs CFA. Pour la même période, les transferts privés (constitués principalement par les envois de fonds des travailleurs émigrés et les pensions versées par la France) et les entrées des capitaux privés n'ont, au total, enregistré qu'une progression nette de 3,3 milliards ds francs CFA. Le total du flux des capitaux étrangers a nette- ment diminué en 1976 et 1977 à la suite de la diminution de subventions offi- cielles. Ceci explique en partie la détérioration soutenue de la balance des paiements ces dernières années. 23. A la fin de 1977, la dette publique extérieure de la Haute-Volta se chiffrait à 262,5 millions de dollars, dont IDA détenait environ 31 %. Le coefficient du service de la dette (rapport du montant des remboursements et des intérêts aux exportations de biens et de services) était de 5,8 % en 1977. Il ne devrait pas trop varier au moins dans l'avenir proche puisque la plupart des prêts ont été accordés à des conditions de faveur. Planification du développement 24. La planification de l'économie nationale a fait son apparition en Haute-Volta en 1967 avec le lancement du premier Plan de développement. Les plans de développement sont constitués essentiellement par des propositions de projets pour lesquels un financement, provenant le plus souvent de l'extérieur, a été acquis ou est attendu. La planification est donc principalement modulée selon les projets, ce qui traduit la forte dépendance du pays à l'égard de l'aide étrangère pour les projets ainsi que la faiblesse des liens intersecto- riels de l'économie. Les objectifs de croissance réelle globale, compatibles avec les dépenses prévues au titre des projets, sont déterminés sur la base du coefficient de capital et de la hausse des prix escomptée. - 13 - 25. Le premier Plan de développement 1967-70 et le plan intérimaire pour 1971 qui, ensemble, représentaient une dépense de 42,1 milliards de francs CFA, étaient essentiellement axés sur l'infrastructure et le développement rural. Les dépenses effectives pour les projets inclus dans le Plan n'ont toutefois pas atteint le niveau prévu en raison de la capacité d'absorption limitée d'investissement et, pour certains projets, de manque de préfinancement du gouvernement. Les dépenses totales du Plan pendant la période 1967-71 n'ont en effet pas dépassé 64 % des projections initiales. L'écart est encore plus marqué en ce qui concerne les investissements ruraux et les investissements d'infrastructure. 26. Le deuxième Plan de développement quinquennal 1972-76 prévoyait des dépenses d'un montant de 63,2 milliards de francs CFA. Bien que l'infrastruc- ture et le secteur rural aient gardé la priorité, le développement agricole et rural reçut plus d'attention et sa part dans les dépenses totales du Plan augmenta de façon sensible. Le Plan donna également plus d'importance au sec- teur "moderne", composé essentiellement de l'industrie, du commerce organisé et des communications. Pour le financement des dépenses, le Plan dépendait, comme les plans précédents, dans une large mesure de l'aide extérieure. Près de 75 % des dépenses devaient être financées par l'aide étrangère officielle, les principaux donateurs étant la France, le FED et l'IDA. Le Plan prévoyait un taux moyen de croissance annuelle de 6,5 % à prix courants, ce qui, compte tenu d'un taux d'inflation de 3 % par an, situe à 3,5 % l'objectif de crois- sance réelle. 27. Les dépenses du Plan jusqu'en 1975, estimées à 58,2 milliards de francs CFA, représentaient 93 % des dépenses initialement prévues pour l'en- semble de la période du Plan. L'exécution matérielle du Plan a toutefois été ralentie par la hausse abrupte des prix et l'augmentation du coût des inves- tissements à partir de 1973. L'acheminement vers le modeste objectif de crois- sance ayant souffert également de la grave sécheresse générale qui a sévi pen- dant les trois premières années du Plan, le taux de croissance réelle pendant la période 1972-76 pourrait bien avoir été inférieur à l'objectif de 3,5 %. En outre, les progrès accomplis dans la mise en oeuvre du projet ont varié considérablement d'un secteur à l'autre. Les dépenses concernant l'infrastruc- ture et le secteur moderne onc même dépassé les montants initialement prévus du fait que, dans certains cas, le financement extérieur a été ajusté à la hausse des prix et des coûts. En revanche, dans le secteur rural, les dé- penses engagées jusqu'à 1975 ne représentaient que 60 % des prévisions, et ce, en raison de la capacité locale limitée pour la mise en oeuvre du projet. 28. Le troisième Plan de développement, qui couvre la période 1977-81, est toujours en préparation et devrait être achevé dans le courant de 1979. En application des principes directeurs retenus par le gouvernement dans l'élaboration du Plan, la satisfaction des besoins alimentaires et autres be- soins élémentaires de la population ainsi que la modernisation progressive de l'économie qui est à l'heure actuelle essentiellement une économie de sub- sistance constituent les principaux objectifs du développement. La stratégie - 14 - de planification proposée en vue d'atteindre ces objectifs donne la priorité absolue au développement de l'agriculture et des ressources en eau, et l'in- frastructure et le secteur industriel viennent en second lieu. Une attention particulière est donnée également aux domaines suivants : médecine préventive, meilleure utilisation des installations sanitaires existantes et système édu- catif plus efficace et plus adapté aux besoins du pays. 29. Le Ministère de la planification" proposé un programme d'investis- sement provisoire qui sera encore étudié et modifié dans le courant de 1978 avant de devenir le troisième Plan de développement définitif. Le programme, qui rassemble les propositions de projets disponibles prévoit des dépenses de 374 milliards de francs CFA (1,5 milliard de dollars) sur une période de cinq ans. Le programme comporte toutefois un petit "noyau" composé, d'une part, de projets dont le financement est considéré comme plus probable, et d'autre part, de projets qui seront reportés du Plan précédent. Ce noyau représentera, selon les estimations, des dépenses de 263 milliards de francs CFA, soit près de deux tiers du financement qui sera vraisemblablement accordé par des organismes d'aide bilatérale ou multilatérale et par les organisations étrangères non officielles. Tableau 5 : DEPENSES DU PLAN PROVISOIRE (En milliards de francs CFA) Troisième Plan de développement Noyau En % En monnaie En de- du En % nationale vises Total Total Développement rural 78,5 21 8,5 45,3 53,8 ?r Infrastructure 143,6 38 48,3 68,9 117,2 45 Industrie 112,1 30 27,4 41,0 68,4 26 Secteur social 39,4 il 17,0 23,8 9 Total 373,6 100 91,0 172,2 263,2 100 Source Ministère du Plan et de Coopération. La répartition sectorielle des ressources dans le plan provisoire et dans le "noyau" se caractérise à la fois par la part relativement faible des investis- sements directs dans le secteur rural et les projets sociaux (par rapport à celle de l'infrastructure) et par l'Lffttation de l'essentiel des financements locaux à l'industrie. l/ Devenu le Ministère du Plan et Coopération depuis mi-1978. - 15 - 30. Les investissements d'infrastructure dans le Plan provisoire consis- tent essentiellement en projets ferroviaires et routiers, ces derniers couvrant les projets d'entretien des routes principales et secondaires. Les investis- sements relatifs à l'irrigation se limitent à des petits barrages et lux pro- jCts de déviation des cours d'eau et de développement des bas-fonds., En ce qui concerne le secteur rural, les projets spécifiques portent sur la mise en valeur des vallées de la Volta, l'élevage, le reboisement et le développement rural intégré ainsi que des investissements du Fonds de Développement rural. Les investissements du secteur secondaire concernent, entre autres, le dévelop- pement de l'industrie textile existante, des raffineries de sucre et des usines de pneus ainsi que le projet minier Tambao.2/ 1/ Voir par. 71. 2/ Jusqu'à présent, un certain nombre de donateurs (France, République fédérale d'Allemagne, Canada, Koweit, BADEA et FED) sont disposés à financer le chemin de fer Tambao mais la décision d'exploiter le gise- ment de manganèse n'a pas encore été prise. - 16 - CHAPITRE II SECTEUR AGRICOLE Problèmes 31. La situation de l'agriculture en Haute-Volta a été décrite en détail dans les rapports de la Banque. Le présent rapport se bornera donc à étudier un certain nombre de problèmes que le Gouvernement de la Haute-Volta et la Banque considèrent comme particulièrement urgents. Le principal de ces pro- blèmes a trait à la surpopulation du plateau Mossi. En dehors de l'émigration vers l'étranger deux possibilités de solutions viables de ce problème seront examinées : a) la migration vers les régions périphériques pour alléger la pression démographique sur le plateau Mossi; et b) l'adoption de méthodes de culture plus intensives sur le plateau, en vue d'accroltre la productivité des terres arables. 32. En deuxième lieu, on constate que l'autosuffisance céréalière de la population (la production s'étant accrue de 2 % par an pendant les années 60, avant la sécheresse) n'est réalisable que par une expansion relative des super- ficies cultivées. Vu la rareté croissante de terres fertiles disponibles à l'avenir, il faudrait par conséquent, non seulement, que la productivité de l'agriculture en sec soit augmentée, mais aussi que des mesures appropriées en matière de commercialisation, prix et stockage soient prises d'urgence. 33. Troisièmement, la sécheresse qui a frappé le Sahel au début des années 70 a prouvé, si besoin était, que la Haute-Volta était fortement tri- butaire de précipitations irrégulières et les pouvoirs publics sont nettement en faveur d'un développement accéléré de l'agriculture irriguée. Cette nou- velle orientation en matière de développement agricole à long ,rme semble bien fondée (par. 67). 34. Quatrièmement on commence à reconnaitre que les services de vulgari- sation et d'approvisionnement en inputs, tels qu'ils sont actuellement organi- sés laissent beaucoup à désirer : on étudiera donc plus en détail les change- ments à apporter afin de rendre ces services plus efficaces et mieux adaptés aux besoins du payu. COLONISATION DES ZONES PERIPHERIQUES 42. Considérant que la différence de potentiel agricole était énorme entre le plateau Mossi et les régions périphériques le rapport économique de la Banque (1975) soulignait la nécessité de favoriser la migration du plateau Mossi vers les zones périphériques, où les terres sont plus riches, les préci- pitations plus abondantes et la population moins dense, en vue de promouvoir - 17 - le développement agricole à long terme du pays. Depuis, on a pu obtenir de nouveaux renseignements sur l'ampleur et la direction de la migration sponta- née déjà en cours ainsi que sur l'expérience de la colonisation dans les val- lées des Volta entreprise depuis 1974 par un organisme d'Etat, l'"Autorité des aménagements des vallées de Volta". A la lumière de ces renseignements, l'approche future de la colonisation est définie ci-après. Colonisation spontanée 36. Bien que depuis longtemps soit apparu un mouvement spontané de popu- lation du plateau Mossi vers les régions périphériques, jusqu'à il y a peu de temps, on ne possédait pas de renseignements précis sur son ampleur et sa direction. L'étude récente de l'ORSTOM/l (1975) a montré qu'entre 1960 et 1972, près de 75.000 personnes ont participé à ce mouvement et que la ten- dance s'est accélérée, passant de 1.000 personnes/an au début des années 60 à 8.000 personnes/an au début des années 70. Environ 65 % des colons se sont installés sur les deux rives du bassin supérieur de la Volta noire, et 20 % sur la rive gauche du confluent avec le Sourou, et le reste dans la région de Léo. D'après des recherches encore plus récentes du CESA2,/ et du CVRS,3/ le mouvement spontané de population aurait atteint son sommet avec environ 20.000 personnes en 1975, pour plafonner ensuite autour de 12.000 à 14.000/an. 37. Il est donc clair que ces mouvements de population spontanés sont condisérables. Etant donné leur ampleur, il est plutôt surprenant de consta- ter qu'il y ait eu aussi peu de heurts entre les nouveaux venus et la popula- tion autochtone des régions d'accueil. Cela semble s'expliquer au moins en partie par le fait que les premiers colons ont pris la peine de demander, con- formément aux coutumes tribales, au chef de village local de leur accorder des terres avant de s'installer. En outre, la plupart des colons se sont instal- lés sur des sols de plateaux, légers et caillouteux, qui n'étaient pas culti- vés par la population locale. En général, dans les régions d'accueil à faible densité démographique, la population locale se rassemble près des bas-fonds, où elle trouve de l'eau et qui ont les meilleures terres. Les bas-fonds eux- mêmes ne sont pas cultivés, car ils sont fréquemment inondés pendant la cam- pagne agricole. 1/ Office de recherches scientifiques et techniques d'outre-mer. 2/ Centre d'études sociales de l'Afrique de l'Ouest. 3/ Centre voltalque de recherches scientifiques. - 18 - 38. La fertilité du sol dans les régions d'accueil où s'installent la plupart des colons est en général moyenne. Les sols sont souvent caillouteux et peu profonds, avec des affleurements rocheux, qui les apparentent aux sols du plateau Mossi. A la différence du plateau Mossi, ils sont encore recouverts de broussailles et relativement peu exploités, ce qui permet aux colons de pra- tiquer la culture itinérante : ils défrichent la forêt et cultivent les terres pendant quelques années puis, lorsque les rendements diminuent, ils vont s'ins- taller ailleurs. Les autorités se préoccupe donc à juste titre de la destruc- tion des sols par les colons spontanés, mais l'explication qui est souvent don- née de cette destruction, à savoir qu'elle est causée par de mauvaises méthodes culturales, n'est pas toujours juste : en fait, elle provient souvent de ce que les sols sont généralement pauvres. Quoi qu'il en soit, le comportement décrit ci-dessus prouve que ces terres dans les vallées de la Volta noire ne sont pas aussi fertiles qu'on le croyait, et cette conclusion semble renforcée par les études des sols qui viennent d'être achevées dans la région de la Bougouriba par l'AVV et dans l'Ouest-Volta par images LANDSAT. Cas de l'AVV 39. L'origine de l'"Autorité des aménagements des Vallées des Volta" se trouve dans une étude financée par le FAC en 1971, qui proposait de coloniser 120.000 personnes sur une période de 15 ans dans les vallées des Volta rouge, blanche et noire. Le travail de la colonisation a commencé effectivement en 1972 sous la tutelle du Ministre du Plan, et l'AVV fût créée en 1974. Elle a pour mandat d'organiser la colonisation dans les vallées des Volta blanche, rouge et noire, qui auraient été débarassées du vecteur de transmission de l'onchocercose. A ce jour, quelque 1.200 familles sont installées presque exclusivement dans les vallées de la Volta blanche. Cela représente 31 % des estimations de l'étude de factibilité de l'AVV, et 51 % de l'estimation révi- sée par la suite. L'approche de l'AVV est hautement organisée : des études détaillées sont effectuées sur les terrains avant que le lieu d'implantation soit sélectionné; l'infrastructure importante (routes, puits, magasins, loge- ments pour vulgarisateurs, etc.) est mise en place; les terres sont défrichées mécaniquement; les colons reçoivent une provision de denrées alimentaires pour leur première année d'installation; les méthodes culturales sont strictement fixées par l'AVV et les colons doivent les appliquer à la lettre. 40. L'AVV a encore de nombreux problèmes à résoudre : certains sont liés à des difficultés de financement ou de liquidité; quelques-uns sont créés par des taux de colonisation fixés trop ambitieux; d'autres sont nés des techniques agricoles proposées; d'autres enfin semblent liés à l'aspect de l'organisation de l'AVV. Par exemple, jusqu'à présent, les efforts de l'AVV se sont concen- trés dans les vallées de la Volta blanche où la colonisation de 12.000 familles sur une surface de 130.000 ha est jugée possible. Dans cette région prédo- minent cependant les vertisols et les sols vertiques, qui sont fertiles mais lourds et difficiles à labourer. Les vertisols ne peuvent être préparés que pendant une période assez limitée tout au début de la saison des pluies. Bien que plus légers, les sols vertiques demandent un défrichement plus profond à cause de la compacité des couches inférieures. Par conséquent, il n'est pas - 19 - évident que les agriculteurs dans les périmètres de l'AVV dans cette région puissent satisfaire aux conditions requises pour le calendrier de campagne et le labourage en profondeur. D'autre part, l'expérience dans d'autres pays en Afrique de l'Ouest suggère que la polyculture, l'assolement et l'application d'engrais chimiques sont des conditions nécessaires mais pas suffisantes pour une culture permanente en sec - à moins que les résidus des récoltes ne soient recyclés. Sinon, la culture permanente en sec conduirait à un déclin graduel de la fertilité du sol à cause de la perte en matières organiques et de l'aci- dification du sol. La colonisation de l'AVV est une entreprise coûteuse les estimations du coût de la colonisation varient fortement, mais aucune d'entre elles n'est en dessous de 10.000 dollars par famille installéeiZ En plus, l'organisation de l'AVV semble trop lourde : elle emploie environ 600 personnes (34 expatriés) et un vulgarisateur s'occupe de 25 familles. Elle est aussi trop centralisée : le personnel clef est concentré à Ouagadougou au lieu d'être sur le terrain et les pouvoirs ne sont délégués au personnel sur le terrain que dans une mesure limitée. 41. L'AVV n'a pas enc re commencé à coloniser en terres sèches dans les vallées de la Volta noire.2 Les sols de ces régions sont plus légers, plus faciles à travailler, mais plus enclins à l'érosion du fait de la topographie onduleuse. Par conséquent, le sous-solage, comme il est pratiqué dans les vallées de la Volta blanche, ne semble pas nécessaire. En outre, à la diffé- rence des vallées des Voltas blanche et rouge, les périmètres.de l'AVV dans les vallées de la Volta noire sont déjà peuplés, ne serait-ce que de façon éparse, et les programmes de colonisation dans cette région devraient donc intégrer la population sur place. De ce qui précède il ressort que l'approche rigide de la colonisation en terres sèches actuellement suivie par l'AVV dans la Volta blanche apparaît moins justifiée dans cette région et qu'une interven- tion légère de l'AVV, laissant aux agriculteurs une plus grande souplesse en matière des méthodes d'assolement et de culture, et mettant davantage l'accent sur les efforts de démonstration et expérimentation de nouvelles techniques culturales, conviendrait mieux. 42. Etant donné que l'approche de l'AVV semble être particulièrement adaptée au développement des périmètres irrigués des vallées de la Volta noire, l'AVV peut et doit jouer un rôle important dans ce domaine : en fait, les mé- thodes d'agriculture irriguée sont plus rigides et demandent des services de 1/ Il faut noter que ce coût estimé inclut le coût très important des infrastructures telles que les dispensaires, les routes, les points d'eau etc. 2/ Sauf la colonisation de 130 familles dans la Volta noire - Bougouriba jusqu'à la fin 1978. - 20 - vulgarisation étoffés, en particulier les premières années. D'autre part, la plus grande partie des terres irrigables de la Haute-Volta se trouve dans les régions de la Volta noire qui à l'heure actuelle sont soit inhabitées, soit faiblement peuplées. Ces régions ne pourraient donc être mises en valeur que si des colons venaient s'y installer. Or, la Haute-Volta ne possède pas de services de vulgarisation assez développés pour une entreprise de cette enver- gure. Enfin, les projets de colonisation irriguée peuvent être plus rentables que ceux de colonisation sur des terres sèches à cause des prix unitaires plus élevés des cultures irriguées. L'avenir de la colonisation 43. A la lumière de ce qui précède, il apparaît évident que la politique de colonisation future du Gouvernement voltalque devrait accorder une attention toute particulière aux efforts tendant à mettre au point des techniques appro- priées de culture en sec non seulement pour ceux qui restent sur le plateau Mossi mais aussi pour ceux qui émigrent vers d'autres régions du pays. Sur le plateau Mossi il s'agira essentiellement d'efforts de caractère expérimental visant à introduire dans la culture en sec des mesures concernant la conserva- tion de l'eau, la couverture végétale, l'utilisation des résidus de récoltes, la promotion des variétés de semences résistantes à la sécheresse. Quelques- unes de ces idées sont en cours d'expérimentation au laboratoire ICRISAT à Kamboinse et à la station de recherches de Koudougou. En ce qui concerne les vallées des Voltas rouge et blanche, les interventions de l'AVV devraient por- ter sur des efforts expérimentaux pour introduire des techniques agricoles mieux adaptées aux conditions pédologiques de ces régions. De par son expé- rience déjà accumulée et son réseau de vulgarisation et de recherche bien en place, l'AVV peut jouer un r6le important pour assurer une meilleure utilisa- tion des sols vertiques dans ces régions, qui ne sont pas typiques de la Haute-Volta. 44. Le gouvernement a jusqu'ici soutenu la colonisation et n'a presque rien fait pour aider les migrants spontanés. A l'avenir, de plus gros efforts devraient faits par le gouvernement non seulement pour venir en aide aux co- lons spontanés, mais aussi pour empêcher la dégradation du sol dans les régions d'accueil. A cette fin, il est désirable que l'AVV coordonne plus étroitement ses activités avec les services gouvernementicux déjà sur place, en particulier avec les ORD. INTENSIFICATION DE L'AGRICULTURE SUR LE PLATEAU MOSSI 45. La densité démographique élevée de la région "Centre-Nord" ou plateau Mossi, conjuguée à la rareté des terres fertiles, fait que cette région semble tout indiquée pour le lancement d'un programme d'initensification de l'agricul- ture, comportant l'introduction d'une série de techniques agricoles qui permet- traient d'accroître les rendements sur les terres cultivées. L'augmentation du revenu qui en découlerait permettrait à la population d'améliorer ses condi- tions de vie et pourrait stabiliser l'émigration de la zone. - 21 - 46. Des tentatives en ce sens ont déjà été faites les années passées au début des années 60 en particulier. C'est pour cela, notamment, que les pre- miers ORD ont été crééSL/ avec une aide financière bilatérale de la France ou du Fonds européen de développement (FED). Les ORD comprennent des services de vulgarisation chargés d'introduire des inputs de production monétaires (en- grais, semences traitées), des boeufs et du matériel de trait et de donner des conseils aux agriculteurs sur les techniques de plantation et les dates d'ense- mencement. En même temps, un effort a été fait dans le domaine de la recher- che agricole pour sélectionner des semences d'arachides, de mil et de sorgho à plus haut rendement. Un grand nombre de petits barrages ont été construits pour fournir de l'eau potable pendant la saison sèche et permettre une certaine irrigation, et des programmes de conservation des sols ont été exécutés sur plusieurs bassins-versants. 47. Certes, les ORD n'ont pas encore réussi dans leurs efforts pour ac- croltre la production céréalière par l'augmentation des récoltes par l'amé- lioration des rendements du sol. Cependant, il ne faut pas croire que les ORD sont entièrement responsable pour cela : on n'a jamais vraiment cherché à élu- cider les raisons pour lesquelles les rendements n'ont pas augmenté. L'expli- cation la plus courante est que les vulgarisateurs étaient peu qualifiés, que leurs activités n'étaient pas supervisées, qu'il n'y a guère eu de contact réel avec les agriculteurs et, que par conséquent, les récoltes n'ont pas aug- menté. Cela n'explique pas toutefois pourquoi les cultivateurs n'ont pas adopté les nouvelles techniques proposées. Sur le plateau Mossi, les agricul- teurs sont désireux et capables d'intensifier les méthodes agricoles, mais ils n'ont pas les moyens d'acheter beaucoup d'inputs, car leur revenu en espèces a toujours été limité et ne cesse de diminuer depuis qu'ils ont abandonné le coton en faveur des céréales pour subsister pendant et après la sécheresse. Peu de cultivateurs sont donc en mesure d'acheter des inputs monétaires, des boeufs et du matériel de trait, éléments qui jouent tous un rôle important dans l'amélioration des méthodes agricoles. Une autre raison, au moins aussi importante, réside dans l'irrégularité de la pluviométrie (la moyenne annuelle des pluies varie entre 500 et 800 mm sur le plateau Mossi, mais les fluctua- tions sont importantes). Ce phénomène rend l'utilisation des inputs monétaires hautement aléatoire, d'autant plus que les semences sélectionnées, qui donnent de 200 à 400 kilos de plus par hectare que les semences traditionnelles, sont plus sensibles aux pluies que ces dernières, ce qui explique sans doute qu'elles n'aient pas été adoptées. 48. Pour que les services de vulgarisation soient accueillies favorable- ment par les agriculteurs sur le plateau Mossi, il faut veiller à ce que les techniques préconisées n'exigent pas, au départ tout au moins, d'importantes mises de fonds et qu'elles visent avant tout à réduire les risques entrainés 1/ Office régional de développement. - 22 - par l'irrégularité des pluies plutôt que d'accroitre les rendements. Un certain nombre d'essais en ce sens se déroulent (ou vont débuter) : a) la sta- tion de recherche de l'ICRISAT, à Kamboincé, essaie des variétés de sorgho mieux résistant à la sécheresse et des variétés hâtives qui permettraient aux agriculteurs de semer plus tard (si les pluies commencent plus tard que d'ha- bitude) ou fourniraient une récolte importante même si les pluies s'arrêtent prématurément. Si ces recherches donnent des résultats satisfaisants et si les semences peuvent être multipliées, les cultivateurs verraient s'élargir considérablement leur marge de manoeuvre dans le calendrier de la campagne; b) certaines techniques éprouvées de culture sèche pourraient être préconisées, telles que la préparation du sol immédiatement après la récolte, la mise en place d'une couverture contre l'érosion éolienne, la culture intercalaire ou le sarclage plus intensif; et c) l'ICRISAT doit entreprendre prochainement des recherches sur la conservation des sols et l'aménagement des bassins-versants en vue de faciliter l'écoulement de l'excès d'eau pendant les fortes pluies et de stocker cette eau dans de petits réservoirs aux fins de l'irrigation pendant la saison des pluies. 49. Les techniques ci-dessus rempliraient dans une certaine mesure les conditions favorables à l'adoption, par les agriculteurs, de nouvelles tech- niques à savoir mise de fonds peu élevées de la part des agriculteurs et ré- duction des risques. Malheureusement un grand nombre d'entre elles n'en sont qu'au stade expérimental et, même si elles ont fait leurs preuves dans d'autres pays, elles ne sont guère connues en Haute-Volta. Toutefois, avant qu'on puisse envisager de promouvoir activement des thèmes de vulgarisation compor- tant des mises de fonds élevées de la part du paysan (engrais, insecticides, matériel), surtout dans les régions les plus pauvres du plateau Mossi, les techniques simples et peu coûteuses élaborées ci-dessus devraient être promues en première place. PRODUCTION ET COMMERCIALISATION DES CEREALES ALIMENTAIRES Production et consommation des céréales alimentaires 50. Le mil et le sorgho sont des céréales de base. Leur production dé- passe légèrement un million de tonnes les années de précipitations moyennes, mais étant donné l'irrégularité dans le temps et de la répartition géogra- phique des pluies pendant la brève saison des pluies (3 à 5 mois), elle varie fortement d'une année à l'autre (30 % sur l'ensemble du pays). Des déficits alimentaires localisés se produisent souvent, et la menace d'un déficit natio- nal tel que celui qui a eu lieu pendant la sécheresse du Sahel (1971-73), est toujours présente (Tableau 6). - 23 - Tableau 6 : PRODUCTION DE CEREALES/l 1957/58 - 1976/77 Années Rendement Superficie Production (kg/ha) (milliers d'hectares) (milliers de tonnes) 1957/58 430 1.505 647 1958/59 438 1.400 613 1959/60 427 1.510 656 1960/61 561 1.679 941 1961/62 407 1.627 681 1962/63 471 1.800 847 1963/64 501 2.258 1.144 1964/65 582 2.378 1.382 1965/66 684 1.989 1.360 1966/67 683 1.925 1.315 1967/68 550 1.718 945 1968/69 470 2.060 989 1969/70 504 1.977 996 1970/71 433 1.828 792 1971/72 442 1.761 778 1972/73 418 1.757 734 1973/74 450 2.080 937 1974/75 499 2.140 1.069 1975/76 550 2.193 1.205 1976/77 (est) 1.030 /1 Sorgho, mil et mais. Source : Ministère du développement rural, statistiques des ORD. 51. On peut constater que la production a augmenté sans arrêt jusqu'en 1966/67, puis a diminué pendant la période 1967/68-1973/74 (la sécheresse) pour retrouver enfin un niveau proche du niveau antérieur à la sécheresse à partir de 1974. Bien que les rendements du mil et du sorgho apparaissent quelque peu améliorés (32 %) entre deux périodes choisies, 1957-61 et 1963-67, ces amélio- rations sont mieux expliquées par les précipitations favorables durant la seconde période, et ne pourraient refléter une tendance constante de rendements croissants imputables à de nouvelles techniques agricoles. Pour satisfaire la demande croissante, on s'est donc efforcés davantage d'accroltre les superfi- cies cultivées : au cours des 20 dernières années, la superficie des céréales alimentaires a augmenté de 46 %, soit à peu près dans les mêmes proportions que la population. - 24 - 52. Les années de pluviométrie moyenne ou normale, la production de cé- réales alimentaires suffit plus ou moins à répondre à la demande intérieure et les importations de céréales tournent aux environs de 30.000 tonnes, dont 10.000 tonnes de riz, le restant étant constitué par le blé, qui n'est pas encore cultivé en Haute-Volta. Cependant l'équilibre entre l'offre et la de- mande de céréales deviendra de plus en plus difficile à conserver, même pen- dant les années normales, par la simple mise en culture de nouvelles terres. En effet, bien que la Haute-Volta ait encore d'importantes réserves arables, le potentiel d'expansion de la production alimentaire au moyen des techniques agricoles actuelles est relativement limité. Sur une superficie totale de terres cultivables de 8,9 millions d'hectares, près d'un tiers est situé sur le plateau Mossi où une surexploitation menace déjà la fertilité et aboutit à la dégradation du sol. De même, dans d'autres régions, il n'est pas possible de cultiver plus d'un tiers des terres arables sans porter préjudice à la fer- tilité, car de longues périodes de jachère sont nécessaires pour que les sols puissent se regénérer dans les zones de culture itinérante. 53. Le potentiel limité pour la mise en culture de nouvelles terres pa- rait encore plus évident lorsqu'on étudie les possibilités de production au moyen des méthodes traditionnelles par rapport aux besoins futurs de céréales alimentaires. Il a été estimé dans une étude récente de la FA04/ que pour satisfaire la demande intérieure d'ici 1990, il faudrait que la production de mil et sorgho augmente de 450.000 tonnes, et que celle du paddy augmente d'en- viron 44.000 tonnes. Ces estimations reposent sur des hypothèses de travail, suivant lesquelles la consommation par habitant de céréales secondaires res- tera stable, que la consommation par habitant de riz augmentera de 13 % et que la population totale augmentera de 2 % par an, la population urbaine aug- mentant à un taux de 8 % par an au cours de cette période. La consommation de blé progresserait également (de 21.000 tonnes à 37.000 tonnes) mais il est supposé dans 1, 'étude que tous les besoins seraient satisfaits au moyen des importationsZ.!. 54. A la lumière de la projection de la demande céréalière entre 1975 et 1990, et dans l'hypothèse de l'absence des rendements améliorés, l'étude de la FAO arrive à la conclusion suivante : pour obtenir un approvisionnement suffi- sant de céréales alimentaires en 1990, il faudrait mettre en valeur 900.000 ha de terres pour une production annuelle additionnelle de 400.000 tonnes, et cela sans compter 235.000 ha additionnels qui seraient appelés à remplacer les terres du plateau Mossi devenant inutilisables à la suite de surexploitation. 1/ "Perspectives du développement agricole à long terme de la Haute-Volta", FAO, 1976. 2/ Cette hypothèse doit être réexaminée car, à partir de 1976/77, des essais de culture irriguée du blé ont été entrepris et un vaste projet d'irrigation, où serait cultivé notamment du blé, est en préparation. - 25 - D'autre part, l'étude de la FAO mentionne également qu'en vue de maintenir la fertilité du sol d'aujourd'hui avec la culture itinérante, 700.000 ha seulement pourront être mis en culture d'ici à 1990. Ainsi, à moins que les techniques de culture agricole en sec ne s'améliorent de sorte que les rendements s'accrois- sent sensiblement et que l'agriculture irriguée ne se développe rapidement, il est à craindre que les déficits alimentaires ne surgiront plus seulement les années de faibles précipitations, mais ne caractériseront en permanence l'économie alimentaire voltalque. Stratégie pour la production alimentaire 55. Si la plupart des experts conviennent que les déficits alimentaires iront en s'aggravant au cas où aucune mesure ne serait prise pour y parer, ils sont moins d'accord sur la nature des mesures à prendre. Il existe trois écoles. Suivant la première, il est encore possible d'augmenter suffisamment les rendements dans le cadre de la culture sèche pour assurer les besoins fu- turs; selon la deuxième, étant donné les résultats peu satisfaisants des ef- forts entrepris au cours des années passées pour améliorer les rendements de la culture sèche, il convient de développer considérablement la production de céréales alimentaires irriguées; et selon la troisième école, le véritable problème ne se situe pas au niveau de la production, mais au niveau de la com- mercialisation, car si les prix étaient suffisamment rémunérateurs et si les cultivateurs étaient raisonnablement certains de pouvoir vendre leur récolte aux prix fixés (ce qui implique une intervention de l'Etat au niveau de la commercialisation et du stockage) la production augmenterait automatiquement. Comme stratégie globale de la production alimentaire, le gouvernement doit agir à la fois sur ces trois approches : élever les rendements de la culture sèche et adopter une politique énergétique de l'irrigation, et mettre en place les structures adéquates de la commercialisation et des prix des céréales. Production alimentaire en sec 56. Les possibilités de développement de la production alimentaire sur le plateau Mossi sont limitées, tout au moins dans un avenir proche, mais elles sont bien meilleures dans les régions périphériques du sud-est, du sud et de l'ouest du plateau Mossi. En effet, dans ces régions a) les précipitations sont plus élevées (900 à 1.100 mm par an) et plus régulières (là, les cultures de rapport telles que le coton, l'arachide et les céréales alimentaires en excédent des besoins de la famille constituent une part importante de la pro- duction agricole); b) étant donné la place plus vaste prise par les cultures de rapport, les paysans sont déjà habitués à utiliser des inputs monétaires tels que semences, engrais et insecticides. 57. L'expérience montre cependant que même dans les régions périphéri- ques, les cultivateurs hésitent à développer la production de céréales alimen- taires au-delà de leur autoconsommation. La principale raison du refus par les agriculteurs des techniques améliorées semble résider dans l'absence de mesures d'incitation économique. En effet, le marché des céréales alimentaires étant restreint, le cultivateur n'est jamais sûr qu'il pourra vendre l'excédent de sa production, pas plus qu'il ne peut prévoir le niveau des prix. C'est uni- quement lorsque les récoltes diminuent considérablement en raison de la séche- resse (comme pendant la période 1971-73), que le prix au producteur augmente et - 26 - que le cultivateur accepte d'utiliser certaines ressources, affectées normale- ment aux cultures de rapport, pour produire un volume de céréales supérieur à ses besoins. 58. En plus de l'incertitude relative à la commercialisation et aux prix, une autre contrainte à l'expansion de la production alimentaire dans les zones périphériques est la pénurie de main-d'oeuvre pendant les périodes de pointe. La vulgarisation devrait donc insister avant tout sur la promotion du matériel à traction animale, qui permettrait à la fois d'améliorer les rendements sur les terres existantes et de cultiver une superficie plus vaste. L'importance accordée à ce thème se répercuterait sur un certain nombre d'autres actions, telles que programmes de formation pour le maniement des boeufs de trait, mise en place de services de santé animale, approv4sionnement en aliments pour ani- maux pendant la saison sèche et fourniture du matériel de trait ainsi que de crédit à moyen terme pour l'achat dudit matériel. Ces mesures permettraient d'accroitre la capacité de travail des cultivateurs tout en leur donnant la possibilité de varier l'affectation des ressources compte tenu de l'évolution des prix.relatifs de différentes cultures. Culture irriguée de céréales alimentaires 59. L'irrigation est aussi un moyen d'améliorer les rendements à l'hec- tare des céréales alimentaires et autres cultures et elle a pour avantage de neutraliser les aléas climatiques et d'annuler les risques de mauvaises récol- tes. Les superficies irrigables sont peu étendues (120.000 à 150.000 ha), mais seule une faible partie de ce potentiel (6.200 ha) est exploitée à l'heure ac- tuelle. La stratégie du développement de l'agriculture irriguée est examinée plus en détail ci-après. Politique de commercialisation et de prix 60. La part des céréales alimentaires commercialisées en Haute-Volta ne représente qu'une faible partie de la production totale (envirn 15 %), et d'importantes fluctuations de quantités et de prix se produiser - ra- au cours d'une même campagne que d'une année sur l'autre. Ces fl.vtion s'expliquent par le fait que si la demande de céréales alimentr . se rela- tivement stable et limitée essentiellement aux centres urbains (de 0.u.000 à 110.000 tonnes par an), l'offre des quantités commercialisées est fonction de l'importance de la récolte, qui varie suivant les précipitations, et sont donc irrégulières. En effet, étant donné que les cultivateurs ne vendent que la quantité dont eux-mêmes n'ont pas besoin, une variation de 5 % du volume de la récolte peut se traduire par une variation de 30 à 35 % des volumes commer- cialisés (estimés à 15 % de la récolte). En outre, étant donné que la plus grande partie des excédents commercialisables sont vendus immédiatement après la récolte (novembre/décembre) les prix sont au plus bas pendant cette période et atteignent un maximum les mois précédents. On a vu le prix au producteur des céréales secondaires varier entre 12.000 et 35.000 francs CFA (48-140 dol- lars) la tonne une année et 25.000-65.000 francs CFA (100-260 dollars) la tonne une autre année. - 27 - 61. Jusqu'au début des années 70, l'achat et la vente des céréales ali- mentaires était entre les mains de commerçants privés. Lors de la grave sé- cheresse du début des années 70, les villes ont pratiquement cessé d'être approvisionnées en céréales alimentaires par les cultivateurs voltalques et le gouvernement, sous la pression des consommateurs urbains, a eu recours à des mesures radicales pour reconstituer les réserves et stabiliser les prix. En 1973, l'Office national des céréales (0FNACER) sous la tutelle du Ministère du ccmmerce a été créé pour réglementer le prix des céréales et constituer des stocks de sécurité. En 1973 également, les Offices régionaux de dévelop- pement (ORD) sous la tutelle du Ministère du développement rural, ont obtenu le monopole de l'achat des céréales aux cultivateurs (mesure qui aurait en- traîné la disparition du commerce privé si elle avait été appliquée stricte- ment). Depuis 1973, le prix d'intervention officiel des céréales alimentaires est révisé chaque année. Ce prix inclut le prix au producteur auquel l'ORD doit acheter les céréales, la marge accordée à l'ORD pour le transport et la commercialisation, et le prix auquel l'OFNACER est obligé d'acheter les cé- réales aux ORD. Enfin, en 1972 et 1973, deux autres organismes ont été créés le Comité national pour la constitution de stocks de sécurité, sous la tutelle du Ministère du développement rural, et le Comité national pour la lutte contre la sécheresse, sous la tutelle du Ministère du Plan. Ces deux organismesl/ ont acheminé les importations de céréales alimentaires d'urgence aux régions les plus atteintes du nord du plateau Mossi et du Sahel. 62. Quatre ans après le lancement de ces mesures, force est de constater que le gouvernement n'est pas parvenu à monopoliser le commerce des céréales et à stabiliser les prix. En effet, les prix continuent à fluctuer avec la même ampleur et les organismes nationaux n'ont pas pu assurer leur monopole, puisque les meilleures années, ils ne parviennent pas même à acheter 20 % des quantités de céréales commercialisées. Les prix officiels sont fixés soit trop bas soit trop haut, ce qui se traduit par d'importantes fluctuations dans les achats des ORD d'une année sur l'autre. La plupart des ORD n'ont 5as de moyens de stockage et de transport suffisants pour exécuter leur tâche-/ et sont généralement incapables de concurrencer les commerçants privés, au plan des coûts et des installations. L'OFNACER était rarement en mesure de racheter les stocks des ORD, faute de moyens financiers. Ainsi, les ORD doivent fré- quemment revendre leurs stocks aux commerçants privés. De plus, en raison du manque de capacité de stockage et d'une connaissance limitée de la gestion des stocks, les pertes en stock sont élevées (15 à 20 % des réserves, selon les estimations), alors qu'on estime que les pertes en stock des cultivateurs ne dépassent pas 5 %. 1/ Ils sont intégrés à l'OFNACER en février 1978. 2/ La capacité totale de stockage des ORD est estimée à environ 20.000 tonnes, non seulement pour les céréales, mais pour le matériel (ciment, aluminium, engrais, etc.). - 28 - 63. Il a cependant été possible de mettre en place des services de stockage des céréales. Grâce à l'assistance étrangère, il a été possible de construire des installations de stockage de 14.000 tonnes pour l'0FNACER, et 19.000 tonnes de capacité ont été construitesl/ au Comité pour la luttre contre la sécheresse (dans la zone sahélienne) et au Comité pour la constitution de stocks de sécurité. Bien que la gestion des stocks laisse grandement à désirer et que les volumes stockés soient faibles, ces organismes ont pu intervenir pour remédier à des déficits alimentaires localisés. 64. Il serait recommandé de constituer des réserves de sécurité unique- ment en vue de remédier à des déficits périodiques dans les zones rurales le plus souvent atteintes par la sécheresse et d'amortir les fluctuations de prix dans les zones urbaines. Si limités que soient ces objectifs, les organismes d'Etat auront du mal à les réaliser par leurs propres moyens, et devront re- chercher la collaboration des commerçants privés et des cultivateurs. 65. L'adoption d'un certain nombre de propositions permettrait d'at- teindre en grande partie les objectifs ci-dessus et de résoudre les problèmes actuels. Il s'agit premièrement de l'abolition du monopole d'Etat sur les céréales alimentaires et de l'obligation pour les ORD d'agir comme commandi- taires du gouvernement, rôle pour lequel ils ne sont pas faits, et qui les em- pêche d'exercer correctement leurs activités de vulgarisation; deuxièmement, d'une unité chargée de la gestion des stocks qui serait créée au sein du Minis- tère du développement rural; cette unité dotée d'un personnel de technitiens, serait chargée de contrôler la gestion, le stockage et le traitement des ré- serves par les magasins régionaux; troisièmement, d'un groupe de travail com- posé de fonctionnaires et de représentants des commerçants privés qui serait formé avec pour première tâche d'étudier les possibilités d'accréditer des commerçants privés comme commanditaires auprès de l'organisme des céréales,i d'une part et d'autre, d'instaurer une coopération entre les secteurs public et privé en vue d'obtenir des chiffres sur les quantités de céréales stockées et commercialisées, information qui fait complètement défaut actuellement. 66. Pour compléter les mesures ci-dessus, il serait indispensable que les autorités contribuent à promouvoir, plus qu'elles ne l'ont fait jusqu'à mainte- nant, les coopératives villageoises de stockage et de commercialisation. En effet, ces coopératives pourraient bénéficier des connaissances des paysans sur le stockage des céréales, et pourraient en outre faire des bénéfices en vendant plus tard dans la saison (à des prix plus élevés) et servir d'interlocuteurs vis-à-vis des commerçants privés lorsqu'ils viennent négocier sur le terrain. 1/ Il s'agit d'estimations officieuses, obtenues dans une étude faite par le CILSS au début de 1977. 2/ Cette proposition a été mise en application depuis octobre 1978. - 29 - PROMOTION DE L'AGRICULTURE IRRIGUEE 67. La grave sécheresse du début des années 70 a suscité un regain d'in- térêt pour le développement de l'irrigation, en Haute-Volta comme dans les autres pays du Sahel. En 1975, une mission du programme de coopération FAO/BIRD a étudié le sous-secteur de l'irrigation en Haute-Volta. La plupart de ses conclusions, toujours valables, sont brièvement résumées ci-dessous. 68. La superficie irrigable de Haute-Volta, sans être aussi vaste que celle du Sénégal, du Mali ou du Tchad, est tout de même importante, puisqu'elle est de l'ordre de 120.000 à 150.000 ha. Sur cette superficie, seuls 4 %, soit 6.200 ha, sont actuellement entièrement ou partiellement irrigués. Ainsi, il existe des possibilités considérables de développement de l'irrigation. 69. Un grand nombre de raisons militent cependant contre le lancement d'un programme ambitieux de développement de l'irrigation. Ces raisons sont l'importance de l'investissement qui serait nécessaire (de 5.000 à 6.000 dol- lars par hectare), étant donné qu'il faut importer la plupart des matériaux de construction et que la capacité de construction locale (privée et publique) est sérieusement limitée; le manque de services capables d'exploiter et d'en- tretenir des réseaux d'irrigation, ce qui a déjà entraîné un grand nombre de proolèmes sur les périmètres irrigués existants; l'absence de connaissance chez les agriculteurs des techniques de production intensives qui accompagnent l'agriculture irriguée, ce qui nécessitera un renforcement des services de vul- garisation; et la capacité d'absorption limitée du marché, du marché intérieur tout au moins, pour les cultures de grande valeur qui seraient produites, dans les périmètres irrigués. 70. Il faut en revanche considérer un certain nombre de facteurs posi- tifs, auxquels on a généralement accordé moins d'attention dans les analyses antérieures. Premièrement, les agriculteurs des périmètres intégralement irri- gués ont réagi de façon plus enthousiaste que ceux qui participaient des pro- grammes de promotion de l'agriculture en sec. Dans la vallée du Koul-, par exemple, le nombre de postulants a largement dépassé dès le début le nombre de parcelles irriguées disponibles. Deuxièmement, les agriculteurs qui ne sont pas familiarisés avec l'irrigation ont fait preuve d'une grande capacité d'adaptation aux nouvelles techniques agricoles et à la nouvelle culture, si bien qu'après une phase initiale, l'assistance des vulgarisateurs n'a guère été nécessaire. Troisièmement, la capacité d'absorption du marché, quoique limitée à long terme, n'est pas la principale contrainte dans l'avenir immé- diat. En effet, les villes en particulier offrent des débouchés pour le riz et le blé, qui sont, ou peuvent être, cultivés par irrigation en Haute-Volta. 1/ Environ 900 ha de terres irriguées, divisés en petites parcelles familiales d'un hectare chacune. - 30 - On produit déjà du riz, essentiellement pluvial dans le Sud, mais d'après l'ADRAL1 l'écart entre la production et la demande intérieure de riz se creuse lentement, ce qui a obligé à importer 9.000 à 13.000 tonnes par an ces deux dernières années (contre 2.000 à 5.000 tonnes il y a cinq ans). Le blé n'est pas encore cultivé et la Haute-Volta doit importer toute sa consomma- tion, soit environ 25 à 30.000 tonnes par an. Les expériences tentées par le CERCL/ dans la vallée du Kou ont donné de bons résultats : 4 à 5 tonnes à l'hectare avec irrigation. En outre, la demande d'exportations de légumes a déjà commencé d'augmenter et il y aurait peut-être des possibilités d'exporta- tion pour le coton à longue fibre, par exemple, encore que cette perspective soit incertaine. 71. Si on s'accorde généralement à penser que le développement de l'ir- rigation doit être accéléré, l'unanimité est loin d'être atteinte sur les moyens d'y parvenir et, dans l'ensemble, le gouvernement n'a pas encore for- mulé de politique cohérente dans ce domaine. Bien que 75 à 80 % des terres potentiellement irrigables soient situées dans la moitié ouest du pays, dans les plaines d'inondation de la Volta noire, les autorités s'intéressent pour le moment davantage à la construction de petits barrages dans le Centre et l'Ouest et aux programmes de stockage d'eau et d'irrigation de Bagré sur la Volta blanche. (Des consultants de la SOGREAH vont prochainement terminer une étude de factibilité sur ce projet, à l'aide d'un financement du FAC). Alors que plusieurs organismes d'assistance financent des études sur certaines plaines d'inondation et emplacements de barrages dans la vallée de la Volta noire, rien n'a encore été fait pour élaborer un plan directeur pour l'aménagement de cette vallée.!/ Etant donné qu'un projet de construction de barrage ou de lutte contre les inondations modifierait les possibilités d'aménagement des autres parties de la vallée, on estime qu'il est indispensable de mettre au point avant tout un plan directeur qui permettra, entre chaque solution, de choisir la meilleure. 1/ "Note sur la production et la consommation de riz en Haute-Volta" de D. Aw, Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO). 2/ Centre d'études et de recherches sur les cultures irriguées. 3/ L'élaboration de ce plan est proposée dans le projet d'irrigation de Niéna Dionkélé, dont le Programme de coopération FAO/BIRD effectue l'étude de factibilité. - 31 - 72. La construction, l'organisation et la gestion des projets d'irriga- tion constituent elles aussi un problème. Les entreprises locales sont prati- quement incapables de construire des réseaux d'irrigation couvrant plus de 100 ha et les deux organismes existant de l'Etat, chargés l'un de la construc- tion de puits et de la mise en valeur des bas-fonds (HER) et l'autre de la construction de petits périmètres derrière des digues existantes (ONBI), béné- ficient déjà d'un gros appui financier de l'étranger. Il faudra donc, soit ren- forcer les organismes existants en y ajoutant de nouveaux services, soit mettre sur pied de nouveaux organismes, chacun chargé d'un périmètre spécifique. En outre, la gestion des petits périmètres laisse beaucoup à désirer. En effet, les redevances perçues auprès des cultivateurs sont faibles et le budget d'en- tretien de l'HER est presque négligeable ($ 2.000 pour 1977). Par conséquent, les réseaux d'irrigation se détériorent rapidement et doivent être complètement reconstruits par la suite. 73. Les aspects sociaux liés à la colonisation prendront inévitablement plus d'importance à mesure que le développement de l'irrigation s'accélérera. A l'heure actuelle, la plupart des programmes d'irrigation sont de petite en- vergure et occupés par de petits cultivateurs (parcelles de 0,2 à 1,5 ha), la seule exception étant la plantation de canne à sucre privée de 2.200 ha. Etant donné que seules les lisières des plaines inondables de la Volta noire sont peuplées et que de nouvelles terres devront être colonisées si l'irrigation est développée, il est donc indispensable qu'un organisme d'Etat soit mis en place en vue de sélectionner et installer les nouveaux cultivateurs, de ré- soudre les problèmes fonciers vis-à-vis des cultivateurs déjà sur place et d'aider les nouveaux colons au moyen de services de vulgarisation et autres. REORGANISATION DES SERVICES DE VULGARISATION 74. Depuis l'indépendance, la Haute-Volta a créé onze Offices régionaux de développement (ORD), chargés du développement rural de la région relevant de leur juridiction. A eux tous, les ORD recouvrent l'ensemble du pays. Au coeur de chaque ORD se trouve le service de vulgarisation, dont les fonctions sont bien circonscrites sur le plan géographique, chaque vulgarisateur étant chargé de toutes les activités de développement rural dans un certain nombre de villages. 75. Les ORD sont des organismes publics d'économie mixte, administrés par un conseil formé de représentants des autorités locales et de la popula- tion. L'autonomie financière est souhaitable, et il conviendrait que les ORD cherchent à financer leurs dépenses au moyen des recettes provenant de l'achat et de la vente des produits agricoles. A l'échelon national, le Ministère du développement rural est organisé de façon à fournir un appui technique aux ORD et à coordonner et superviser leurs activités. -32 - Valeur du système d'ORD 76. La plupart des ORD existent depuis 10 à 15 ans et la valeur du sys- tème est maintenant à l'étude. Il est par conséquent utile d'examiner les avantages et les inconvénients qui lui sont associés. Les deux principaux avantages du système résident dans le fait qu'ils fournissent un cadre insti- tutionnel adapté a) à une approche générale du développement agricole, c'est- à-dire au développement rural intégré; et b) à l'orientation de l'aide étran- gère vers l'investissement agricole, car il permet une plus grande souplesse d'intervention et une plus grande concentration de l'assistance technique sur le terrain. 77. En dépit de ces avantages et des sommes substantielles qui ont été fournies par l'intermédiaire des ORD, il est difficile de mesurer leur impact sur la société rurale. Il ressort des indicateurs économiques que depuis 15 ans, le revenu réel par habitant a très peu augmenté dans le secteur rural, sauf pour les producteurs de coton ou de cultures de rapport irriguées (riz, légumes), qui ne représentent que 5 % de la population rurale. L'aUverture de comptoirs de commercialisation des denrées alimentaires s'est généralement soldée par un échec. En outre, la majorité des cultivateurs n'a pas accès au crédit agricole, et le mouvement de coopérative n'en est qu'à un stade em- bryonnaire. La qualité de la vie rurale s'est manifestement améliorée (aide médicale, éducation, routes rurales, approvisionnement en eau des villages), mais la plupart de ces améliorations ont été apportées par des organismes spé- cialisés, pour lesquels l'ORD faisait fonction d'intermédiaire. Causes du problème 78. Les ORD se heurtent à un certain nombre de contraintes qui entravent le fonctionnement des ORD. Premièrement, aucun d'entre eux n'a un personnel suffisant, et cela depuis la création des ORD. Les gestionnaires sont rares et le taux de rotation est élevé. Les directeurs d'ORD, notamment, sont sou- vent mutés, et vu le caractère centralisé de l'organisation, la continuité en souffre. Les vulgarisateurs sont mal payés, leur avenir est mal assuré (la plupart d'entre eux sont contractuels) et la faiblesse générale des indemnités de transport et de subsistance les empêche de remplir convenablement leur tâche sur le terrain. En outre, lorsqu'ils bénéficient de primes, celles-ci sont considérées comme un appoint à leur rémunération, car elles sont automa- tiques et ne dépendent pas des résultats obtenus. Deuxièmement, le budget des ORD est stationnaire depuis des années, malgré l'inflation, surtout depuis 1970, et les augmentations récentes n'ont servi qu'à ajuster le barème des ré- munérations au coût de la vie. Cela est d'autant plus grave que les ORD sont fortement tributaires du budget de l'Etat lorsqu'ils ne reçoivent pas une aide étrangère au titre de projet. Les ORD ne sont pas parvenus à l'autonomie fi- nancière, contrairement à ce qui avait été prévu initialement, et dans les meilleurs des cas, l'autofinancement ne couvrirait pas plus de 10 à 15 % des dépenses. Cette austérité s'est traduite par une baisse des allocations rela- tives aux coûts de fonctionnement, ce qui a réduit encore davantage l'effi- cacité des ORD. - 33 - 79. Un troisième problème, de caractère endogène, réside dans le fait que les ORD sont responsables de toutes les activités de développment rural. Cer- tes, cela devrait favoriser la mise en place d'un programme global de dévelop- pement rural, mais ce type de programme est extrêmement difficile à réaliser en Haute-Volta. Le seul résultqt a été de charger le vulgarisateur de village de toutes sortes d'activités, A alors qu'on est fondé à douter, étant donné le manque de formation du vulgarisateur et le grand nombre de cultivateurs dont il doit s'occuper (de 500 à 800), qu'il puisse s'acquitter convenablement même d'une partie de sa tâche. Un autre problème, tout aussi important, réside dans l'absence d'objectifs de travail clairs et bien déterminés, qui fait que leurs supérieurs immédiats (chefs de secteur et chefs de sous-secteur) ne sont pas en mesure d'évaluer le travail des vulgarisateurs. Mesures déjà prises 80. Les autorités, qui prennent progressivement conscience des lacunes et contraintes décrites ci-dessus, sont disposées à y remédier. Dans le cas des projets financés par la Banque, par exemple, elles ont accepté a) d'utili- ser une partie des recettes d'exportation du coton pour approvisionner un fonds spécial qui servira à renforcer le budget des ORD (Crédit 496-UV); b) de limi- ter le rôle du vulgarisateur de village à la vulgarisation proprement dite, en lui fixant des objectifs précis, et de le relever progressivement de ses autres attributions dans deux ORD (Crédit 706-UV); et c) de ne plus confier de respon- sabilités générales aux vulgarisateurs qui travaillent sous l'égide des ORD, mais de les affecter tout spécialement au suivi des investissements financés par le Fonds de développement rural, notamment les périmètres irrigués et l'amélioration des bas-fonds (Crédit 640-UV). En outre, le gouvernement a créé ces dernières années des organismes semi-publics indépendants des ORD, qui ont un rôle bien déterminé, tels que l'AVV et l'Office national d'exploi- tation des ressources animales (ONERA). Mais dans l'ensemble, ces changements sont intervenus récemment ou sont de portée trop limitée pour qu'on puisse penser qu'ils s'écartent radicalement du cadre d'opérations traditionnelles des ORD. Possibilités d'amélioration 81. Les contraintes financières de personnel dans lesquelles se débattent les ORD ne seront pas facilement éliminées par une modification de structure des services de vulgarisation. De plus, les ORD, malgré leurs lacunes, conti- nuent à offrir la souplesse nécessaire pour acheminer une partie importante des fonds d'investissement vers le secteur agricole. Il serait donc préfé- rable, pour remédier aux nombreux problèmes dont il souffre, d'opérer à l'in- térieur du système les transformations jugées nécessaires. 1/ Notamment, la distribution d'engrais, d'insecticides, de produits chimi- ques pour la protection des réserves de céréales; le recouvrement du cré- dit; l'achat des produits agricoles; l'entretien des parcelles pilotes; la promotion des coopératives; le contrôle de la multiplication des semences; le rassemblement des statistiques agricoles; la promotion du développement communautaire; etc. - 34 - 82. Tout d'abord, il convient de comprendre que la contrainte du person- nel, tant au plan quantité qu'au plan qualité, constitue le blocage essentiel, maintenant et dans un avenir immédiat, dans le domaine de la vulgarisation. Par conséquent, pour utiliser le personnel le plus rationnellement possible, il conviendrait de limiter la tâche du vulgarisateur et de lui fixer quelques objectifs spécifiques, au sujet desquels il aura à rendre des comptes. L'adop- tion de ce principe par le Gouvernement voltalque aurait plusieurs conséquen- ces : a) elle exigerait la mise au point d'un programme de travail spécifique à l'intention du personnel des ORD, précisant clairement et en détail la tâche des vulgarisateurs et le temps approximatif qui leur serait imparti pour l'ef- fectuer. Le programme de travail pourrait varier suivant les ORD, mais le principe de base consisterait à rendre le vulgarisateur responsable de la seule diffusion des techniques agricoles améliorées, tandis que les tâches complé- mentaires (telles que crédit et approvisionnement en facteur de production) seraient effectuées par des bureaux extérieurs directement rattachés au siège des ORD; b) elle exigerait de relever les ORD de leur responsabilité dans plu- sieurs secteurs étrangers à la vulgarisation et qui demandent beaucoup trop de temps, notamment l'achat des produits agricoles et le rassemblement de statis- tiques; ces tâches devraient être accomplies par des organismes spécialisés et, en ce qui concerne la commercialisation des cultures vivrières, il conviendrait d'améliorer la coopération entre les commerçants privés et les organismes na- tionaux de commercialisation; c) elle exigerait que les vulgarisateurs changent leurs méthodes de travail et, qu'au lieu d'essayer de rester en contact avec tous les agriculteurs de leur territoire, ils interviennent par l'intermédiaire de fer iers pilotes ou de groupes de cultivateurs (c'est-à-dire de coopérati- ves);_ d) lorsque les mesures ci-dessus auront été prises, il faudra donner une formation aux vulgarisateurs car, à ce moment là, cette formation aura plus de valeur, les vulgarisateurs ayant une idée claire de leurs objectifs de tra- vail et plus de temps à consacrer à la réalisat*ion de ces objectifs; et e) pour accroître la motivation du vulgarisateur, le système de primes devrait être réexaminé, de façon que des primes plus importantes soient accordées pour ré- compenser les vulgarisateurs qui le méritent. 1/ Ce système est en cours d'adoption dans le cadre du Projet de développe- ment agricole de l'Ouest-Volta, financé par la Banque Mondiale. 2/ Ce chapitre examine exclusivement le secteur agricole et ne s'adresse pas aux questions liées à l'élevage et à l'afforestation, non pas parce que ces secteurs sont considérés comme étant moins importants, mais simplement parce que ces deux secteurs ont déjà été étudiés d'une manière plus appro- fondie dans d'autres rapports de la Banque Mondiale. Il est évident qu'on ne peut pas concevoir une stratégie du développement rural sans parler de l'interdépendance entre l'agriculture, l'élevage et l'équilibre écologique. -35 - CHAPITRE III LE SECTEUR INDUSTRIEL 83. Le secteur industriel est dominé par les petites entreprises, malgré le développement rapide enregistré par l'industrie moderne depuis les années 60. Les petites entreprises, qui opèrent presque entièrement en dehors du secteur structuré, représentent près des quatre cinquièmes de la part de l'industrie dans le produit intérieur brut. Elles emploient en outre la grande majorité de la main-d'oeuvre industrielle et fabriquent la plupart des produits manu- facturés ou transformés destinés à la consommation des ménages. Bien que le secteur industriel non structuré ne semble pas s'être modernisé ni avoir pro- gressé, son développement peut entraîner la création d'un grand nombre d'em- plois et amener une utilisation plus efficace de ressources rares. Cependant les débouchés offerts au secteur non structuré n'augmentent guère, et la crois- sance des petites entreprises industrielles sera donc déterminée en grande partie par les mesures priseE pour élargir le marché et améliorer la qualité des produits et méthodes de fabrication. 84. L'industrie manufacturière moderne, quoique récente et limitée es- sentiellement à la transformation des denrées alimentaires et au textile, est en expansion et commence à se diversifier. Le développement de l'industrie moderne est freiné par un certain nombre de facteurs, tels que l'étroitesse du marché, le coût élevé de l'électricité et des transports et le manque de savoir-faire industriel. Mais plusieurs branches présentent des possibilités d'expansion, en particulier les activités basées sur les ressources locales, notamment la transformation des produits agricoles pour l'exportation. Le secteur industriel moderne a permis à un grand nombre d'entrepreneurs dyna- miques du secteur non structuré de se faire la main, mais il pourrait contri- buer encore plus activement à l'élargissement de la base industrielle en ren- forçant ses liens avec les petites entreprises, qui pourraient exécuter des opérations de sous-traitance ou d'entretien et assurer divers services. Par ailleurs, les pouvoirs publics doivent veiller à ce que l'industrie moderne, parcs qu'elle peut accéder plus facilement aux ressources dont elle a besoin et qu'elle bénéficie de certains avantages fiscaux, n'en vienne pas à étouffer les entreprises viables du secteur non structuré. La politique industrielle doit viser à coordonner le développement des différents types d'entreprises et à promouvoir entre elles des relations mutuellement avantageuses. Les grandes entreprises 85. Le classement des entreprises industrielles suivant leur taille, qu'il s'agisse de leurs actifs, de leur chiffre d'affaires ou de leur effectif, est toujours quelque peu arbitraire. Les catégories de taille qui sont adop- tées doivent cependant correspondre, dans toute la mesure du possible, à la - 36 - structure du secteur examiné. Celles qui sont présentées ci-après reflètent la situation en Haute-Volta, où seules 20 sociétés industrielles emploient plus de 50 travailleurs et à peine sept, plus de 150 travailleurs. grande entreprise plus de 30 travailleurs moyenne entreprise de 15 à 29 travailleurs petite entreprise moins de 15 travailleurs 86. La grande industrie moderne ne représente encore qu'une petite par- tie de l'activité économique. Il existe environ 30 grandes entreprises fondées pour la plupart au cours de la dernière décennie, qui emploient au total un peu plus de 7.000 travailleurs, soit environ 3 % de la main-d'oeuvre urbaine. Leur part dans le PIB n'atteignait pas tout à fait 4 % en 1975. Leur production, cependant, se développe rapidement, à partir d'une base étroite il est vrai. Depuis 1968, son taux moyen d'expansion a été de 19 % par an en valeur réelle. Néanmoins, la production ne s'est guère diversifiée : les trois quarts environ du total de la production brute des grandes sociétés consistent en préparations alimentaires, boissons, articles textiles et chaussures, le reliquat étant com- posé en grande partie de pièces ouvrées en métal, bicyclettes, motocyclettes et produits chimiques ou associés. Etant donné l'étroitesse du marché, le secteur est caractérisé par une forte concentration. Les dix plus grosses sociétés représentent environ 80 % de la production brute et de l'emploi. En outre, seules deux ou trois entreprises prédominent à l'intérieur de chaque grand groupe de produits. Ainsi, dans le traitement des produits alimentaires et la boisson, trois sociétés, CITEC (huiles végétales), SOSHUV (sucre) et BRAVOLTA (bière et boissons), fournissent près de 70 % de la production. Dans le coton et la chaussure, VOLTEX (cotonnades), CFDT (égrenage du coton) et BATA (chaus- sures en matière plastique) représentent la quasi-totalité de la production. Deux sociétés, SAP (pneus) et SOVOLPLAS (matières plastiques), produisent près de 90 % des produits chimiques et associés. Quelque 80 % de la production des grandes entreprises métallurgiques sont des outils agricoles produits par la SAFI, des bicyclettes et motocyclettes montées par IVOLCY et des pièces ouvrées métalliques fabriquées par CVTM. Les grandes entreprises ont qénéra- lement un fort coefficient de capital et le rapport capital/main.-d'oeuvre est assez élevé. Le nombre d'emplois créés par unité d'investissement est donc assez bas, ce qui réduit l'intérêt de ce type d'entreprises sur le plan de la création d'emplois. Si l'on en juge par le montant estimatif des capitaux exi- gés par de nouveaux grands projets industriels et l'agrandissement des usines existantes, l'investissement moyen par travail ]eur, sur la base du coût de rem- placement, est de l'ordre de 10.000 dollars. - Cette moyenne dissimule toute- fois des variations considérables, et l'investissement par travailleur varie entre 3.000 et 5.000 dollars pour la transformation simple (scieries, tanneries) et 20.000 à 30.000 dollars, dans la métallurgie, le sucre et le coton. 1/ Moyenne portant sur 14 grandes entreprises devant être financées par la BND en 1977 et 1978. - 37 - 87. Jusqu'à maintenant, l'impact des grandes usines modernes sur le reste du secteur industriel est assez réduit. Les effets d'enchalnement sont peu importants, car en dehors des matières premières d'origine agricole ache- tées sur place, la plupart des inputs sont importés. C'est ainsi que, mis à part les entreprises utilisant les matériaux locaux, le rapport entre les im- portations et la production brute varie entre 46 et 87 %. Il est particulière- ment élevé dans la minoterie (qui utilise du blé importé), le montage de bicy- clettes et de motocyclettes et la fabrication de pièces ouvrées métalliques. Les usines effectuent elles-même l'entretien et les réparations et n'achètent guère de pièces sur place. L'atelier ferroviaire de la RAN, par exemple, pour- tant bien équipé, a peu de commandes extérieures, bien qu'il ait la capacité nécessaire. La société IVOLCY elle non plus ne fait pas souvent appel à des sous-traitants pour la fourniture, par exemple, de petites pièces de métal em- bouti, tels que les phares de bicyclettes. L'absence de sous-traitance pour les cômposants et les services est due en partie à l'écart technologique qui sépare les grandes entreprises des autres. Il n'en reste pas moins que ce type d'activité pourrait offrir des débouchés importants aux petites et moyennes entreprises. 88. L'expansion de l'industrie moderne, en particulier la création de grandes usines, a été grandement facilitée par l'Etat, qui poursuit une poli- tique active de développement industriel. Les capitaux sont attirés vers l'industrie au moyen d'un ensemble de mesures comprenant la protection tari- faire ou, dans quelques cas, le contingentement des importations, de larges avantages fiscaux et l'octroi de crédits à terme par les banques et les orga- nismes de crédit spécialisés. En outre, le gouvernement s'en est remis en grande partie à l'initiative privée, se bornant dans toute la mesure du pos- sible à investir dans les installations d'infrastructure ou dans des projets vastes et de longue portée qui n'attirent pas suffisamment de capitaux privés. La protection et les autres avantages accordés à l'industrie moderne ont con- tribué à attirer des capitaux. Dans l'ensemble, ce secteur fabrique surtout des produits de substitution aux importations. 89. Il est rare que de nouvelles usines puissent s'implanter sans béné- ficier d'une certaine protection contre la concurrence internationale. En Haute-Volta, cette protection prend la forme de droits de douane et de taxes diverses (ou de contingentements) prélevés sur les produits importés en con- currence avec les entreprises locales, complétés par l'exonération des inputs importés. En fait, le Code des investissements prévoit explicitement que des droits de douane ou des contingentements seront imposés sur les importations de produits analogues à ceux qui sont fabriqués par les nouvelles entreprises des secteurs prioritaires, c'est-à-dire pratiquement tous les secteurs mo- dernes.l/ En outre, le Code stipule que les entreprises des secteurs priori- taires peuvent généralement bénéficier, en vertu de concessions négociées 1/ Article 14 du nouveau Code. Les secteurs prioritaires sont : la transfor- mation des produits de base, la fabrication ou le montage de biens de consommation de masse, l'industrie minière, l'électricité et l'énergie. - 38 - individuellement, de la libre entrée du matériel et des pièces de rechange et de l'exonération partielle ou totale, pendant une période pouvant aller jus- qu'à 10 ans, des droits et taxes frappant les importations de matières pre- mières et d'inputs semi-finis.1 Sur les 30 grandes entreprises, 17 bénéficient d'arrangements aux termes desquels leurs inputs importés sont partiellement ou entièrement exonérés de droits et taxes. Les 10 plus grandes entreprises énumérées dans l'Annexe statistique (Tableau 8.3) figurent parmi les 17 en question. 90. Les droits de douane frappant les importations de produits finis ou leur contingentement et les abattements consentis sur les importations d'in- trants ont pour effet net de relever la valeui ajoutée en prix intérieurs par rapport à la valeur ajoutée en prix internationaux. Le degré effectif de pro- tection est un indicateur utile de l'efficacité relative des entreprises lo- cales. Les membres de la mission n'ont pas eu le temps d'entreprendre des calculs systématiques des taux effectifs de protection appliqués à tous les produits industriels modernes. Cependant, les estimations qui ont pu être faites pour certains produits au moyen des données qui ont pu être obtenues sur les prix et l'utilisation des inputs, montrent que le degré effectif de protection, et donc sans doute l'efficacité relative, varient considérablement entre les divers secteurs industriels. Le degré de protection serait très élevé dans le cas de certains secteurs faisant appel à un fort volume d'inputs importés, tels que la minoterie et le montage des motocyclettes, ou de ceux qui bénéficient de contingentemcnts, comme les pneumatiques. En revanche, les taux effectifs de protection pour le sucre et la bière se sont révélés relativement bas. Toutefois, si la part des inputs importés dans le sucre est très faible, le sucre comme la bière sont naturellement protégés par le coût élevé du trans- port des importations rivales, et demeurent rentables, malgré le faible degré de protection en valeur ajoutée. 91. Outre les mesures de protection citées plus haut, l'investissement industriel bénéficie d'avantages fiscaux libéraux. Le Code des investisse- ments exonère pour cinq ans toutes les nouvelles entreprises de l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux, qui est de l'ordre de 40 % pour les sociétés. En outre, les entreprises des secteurs prioritaires peuvent être entièrement ou partiellement exonérées de la taxe de 22 % sur le chiffre d'af- faires, pour une période de cinq ans également. Les mesures de protection sont donc renforcées par des dégrèvements fiscaux qui subventionnent les coûts de production. Cependant, l'impact de ces mesures est atténué par le contrôle des prix de vente pour la plupart des entreprises industrielles. Moyennes entreprises 92. La plupart des moyennes entreprises, qui emploient de 15 à 29 tra- vailleurs, utilisent des techniques modernes, sont constituées en sociétés et ont un système de comptabilité codifié. La plupart du temps, elles bénéfi- cient aussi de la protection et des avantages fiscaux prévus par le Code des 1/ Régime privilégié A2. - 39 - investissements, ainsi que du crédit bancaire, et reçoivent une assistance technique et promotionnelle de l'Office de promotion de l'entreprise vol- taïque (OPEV). Les principaux produits fabriqués par les moyennes entre- prises sont la peinture, les produits du papier, les bombonnes à gaz et les gaz de soudure (oxygène et acétylène). Mis à part un complexe artisanal, toutes les moyennes entreprises qui s'installeront dans la zone industrielle de Ouagadougou utiliseront des procédés modernes pour fabriquer des pièces métalliques, des stylos-bille, des meubles, des biscuits et de la pâte d'ara- chide. Le rapport capital/travailleur est légèrement moins élevé que dans les grandes entreprises. Dans les entreprises qui s'établiront dans la zone industrielle de Ouagadougou, l'investissement moyen par travailleur est d'en- viron 7.000 dollars. 93. La fabrication d'un certain nombre de produits par les moyennes entreprises vaudrait la peine d'être envisagée, notamment les articles moulés en matière plastique injectée, les composants électriques et leur logement (fileries isolées, tableaux spéciaux, armoires métalliques pour tableaux de commande), les remorques pour véhicules à deux roues et le matériel de trans- formation agricole intermédiaire (meules et décortiqueurs manuels). La mis- sion n'a pu étudier à fond ces suggestions, qui ne sont citées qu'à titre indicatif. Petites entreprises 94. Les petites entreprises fabriquent des produits très divers, allant du mobilier métallique à l'artisanat d'art. Mais il s'agit souvent de produits relativement peu élaborés, réservés à l'usage quotidien des catégories à faible revenu. L'éventail des techniques utilisées est lui aussi très vaste. Ainsi, on note l'emploi de méthodes de fabrication tout à fait modernes d'articles métalliques, et à l'autre extrême, les moulages traditionnels à la cire per- due de figurines de bronze. Mais la production exige une grande quantité de main-d'oeuvre et le rapport capital/travailleur est très faible par rapport aux moyennes et grandes entreprises. Etant donné l'étendue du secteur, sa faible intensité de capital et son potentiel de création d'emplois, la petite entreprise pourrait réellement jouer un rôle important dans le développement industriel de la Haute-Volta. Malheureusement, elle a été négligée par les chercheurs et on ne sait pas grand-chose sur les perspectives du marché, l'em- ploi, la consommation d'inputs et les coûts de production. 95. Les petites entreprises industrielles opèrent dans les secteurs suivants : métallurgie, textile, habillement, préparations alimentaires et boissons, poterie, articles de cuir, menuiserie et vannerie. En outre, de petits ateliers assurent la réparation et l'entretien des biens de consomma- tion durables ou, exceptionnellement, de machines industrielles. 96. L'emploi de la soudure à l'arc dans la métallurgie est un exemple typique de l'utilisation de techniques essentiellement modernus par les petites entreprises. Un grand nombre d'ateliers à Ouagadougou utilisent la soudure à l'arc pour fabriquer des articles de quincaillerie pour la construc- tion et des meubles métalliques. L'investissement effectif par travailleur - 40 - varie fortement suivant les entreprises mais tourne généralement autour de 1.000 dollars. Les deux ateliers régionaux de matériel agricole (ARCOMA) de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, qui fournissent du matériel agricole tel que chariots, charrues, cultivateurs et billonneuses, ont une activité relative- ment importante. Les ARCOMA utilisent des techniques de fabrication intermé- diaires, et leurs produits sont de conception simple et d'entretien facile. 97. Une partie notable de la production des petites entreprises métal- lurgiques est composée d'articles ménagers et repose sur le recyclage de la ferraille et des récipients usés. Les casseroles sont produites par moulage en sable de débris d'aluminium fondus, et les récipients usés et le fer blanc sont transformés en seaux, arrosoirs et objets divers. 98. Les figurines de bronze fabriquées selon le procédé de la cire per- due sont des articles d'artisanat traditionnels. C'est une méthode à forte intensité de main-d'oeuvre, et la valeur ajoutée au cours de la production atteint généralement jusqu'à 16 fois le coût des matériaux, débris de cuivre et fils de cuivre essentiellement. 99. Le tissage à la main est une activité artisanale traditionnelle importante. Les estimations dont on dispose quant à la production semblent indiquer que la valeur ajoutée par les métiers manuels atteint près de la moitié de celle des métiers modernes. 100. Les tailleurs, qui sont de petits entrepreneurs généralement, utili- sent toute une variété de matériel, allant de la machine à coudre à pédale ou électrique aux coupeuses verticales et aux machines à faire les boutonnières. Cependant, seules un petit nombre d'entreprises possèdent du matériel perfec- tionné et le montant de capital par travailleur est souvent inférieur à 100 dollars. Les ateliere de couture produisent rarement un article unique en quantités massives (unifoimes par exemple). 101. La dolo, bière artisanale de grande consommation, détient une part du marché plus importante que les bières industrielles. D'après une estima- tion, la fabrication de la dolo emploie environ 14 % de la population féminine active. Parmi les préparations alimentaires traditionnelles, on note par ail- leurs l'huile extraite de la noix de karité. 102. En dehors des activités manufacturière proprement dites, les petites entreprises, tant urbaines que rurales, assurent la réparation et l'entretien des bicyclettes, motocyclettes, autres moyens de transport et biens de consom- mation durables. Mais le secteur industriel est mal desservi dans ce domaine. La meilleure entreprise de rebobinage électrique de Bobo-Dioulasso est de ca- ractère strictement artis2nal. Bien que n'appartenant pas à la catégorie des industries manufacturières, les ateliers de réparation et d'entretien des véhi- cules, des machines électriques et industrielles et du matériel électronique contribuent à élargir la base industrielle en formant des travailleurs et en reliant l'industrie moderne au reste de l'activité économique. - 41 - 103. Il est probable qu'à l'avenir le développement des petites entrepri- ses sera limité par l'étroitesse, voire la compression des marchés. Ce pro- blème est dû au fait qu'à mesure que les revenus augmentent, les consommateurs abandonnent les biens de consommation rudimentaires et bon marché en faveur de produits fabriqués en usine. C'est ainsi que les articles de vannerie ou de poterie traditionnels peuvent être remplacés par des objets en matière plas- tique ou en émail. Toutefois, la dolo, bien qu'elle appartienne à la catégorie des biens "inférieurs", conserve encore la part la plus importante du marché intérieur de la bière. Cependant, en dehors de toute évolution des schémas de consommation due à l'augmentation des revenus, évolution souvent irréversible, les produits des petites entreprises risquent d'être éliminés du marché par leur prix élevé. Ainsi, les tissages à la main souffrent de la concurrence des industries textiles modernes. La concurrence sur les prix entre petites et grandes entreprises est également en évidence dans le cas de certains ar- ticles de métal, tels que les persiennes, chaises, lits et outils agricoles. 104. Si les petites entreprises ont du mal à survivre à la concurrence, c'est sans doute en grande partie parce que les mesures de développement du gouvernement favorisent surtout les moyennes et grandes entreprises. Les pe- tits entrepreneurs privés bénéficient rarement des exonérations de droits de douane et dégrèvements fiscaux sur les inputs et le matériel importés. Au to- tal, le droit de douane qui frappe les machines à coudre, par exemple, atteint 50 % et les droits varient entre 70 et 80 % pour les équipements utilisés par les petites entreprises, telles que forges modernes, soufflets manuels rota- tifs, tours à bois et matériel de soudure à l'arc. En revanche, les grandes entreprises sont généralement totalement exonérées de droits de douane sur les importations de matériel. De même, tandis que les petites entreprises versent un droit effectif de 23 % sur les tôles de métal et de fer, et jusqu'à 70 % sur les aciers profilés, les grandes entreprises bénéficient, au moins pour un temps, de taux extrêmement favorables. Par ailleurs, les petites entreprises ont du mal à obtenir des crédits bancaires car elles ne savent pas établir un dossier ou n'ont pas de système de comptabilité structuré. Les grandes entre- prises peuvent être entièrement ou partiellement exonérées pour des durées dé- terminées de la taxe sur les bénéfices industriels et commerciaux ainsi que sur la marge bénéficiaire. Cependant, à cet égard au moins, le système d'in- citations ne joue pas au détriment des petites entreprises, car peu d'entre elles acquittent ces impôts. Le non-paiement des impôts compense en fait par- tiellement les avantages fiscaux ou les facilités de crédit dont bénéficient les entreprises d'une certaine taille. Organismes de promotion 105. Trois organismes officiels s'occupent de la promotion et du dévelop- pement des entreprises industrielles de différents types et tailles. La Direction du développement industriel et de l'artisanat du Ministère du com- merce, du développement industriel et des mines, s'occupe des questions de politique et de planification industrielles. En outre, elle est directement concernée par les investissements dans la grande industrie. Elle examine les demandes des investisseurs éventuels, étudie les possibilités d'incitation autorisées par le Code des investissements, avant de présenter les demandes à - 42 - la Commission nationale de l'investissement. Un autre service du même minis- tère, l'OPEV, est chargé de la promotion de petites et moyennes entreprises industrielles modernes. Il fournit l'assistance technique, les installations de formation et de suivi des projets, et gère la zone industrielle pour pe- tites et moyennes entreprises de Ouagadougou. Ainsi, ses activités s'étendent aux grandes entreprises (grandes du point de vue de l'effectif), étant donné que les établissements ayant un actif compris entre 25 et 100 millions de francs CFA sont considérés comme moyennes entreprises et qu'un tiers des en- treprises qui doivent s'installer dans la zone industrielle de Ouagadougou emploieront 30 travailleurs ou plus. Par contre, le Centre national de per- fectionnement des artisans ruraux (CNPAR) s'occupe surtout des petites entre- prises. Cet organisme du Ministère de la Fonction Publique et du travail forme les artisans ruraux et l'un de ses services, le Service d'assistance conseil et soutien (SACS), fournit des crédits en espèces, une assistance technique et des services de commercialisation. Quoique financièrement auto- nome, les ARCOMA sont un autre service du CNPAR. Politique industrielle 106. Etant donné que l'expansion du secteur non structuré a été ralentie par le piétinement, voire le déclin des marchés, les politiques de promotion industrielle devraient avoir pour objectif primordial d'étudier et de déve- lopper de nouveaux débouchés rentables. Les possibilités d'exportation pour- raient être exploitées pour les produits artisanaux de qualité tels que la ferronnerie d'art et les vêtements tissés à la main. Pour cela, il faudrait adapter la conception et le style des articles aux besoins du marché exté- rieur, organiser un approvisionnement d'intrants régulier, en quantité suffi- sante, et développer les réseaux de commercialisation. Les chances de succès seront accrues si des contacts d'ordre technique et commercial sont pris avec de grandes sociétés commerciales ou des grands magasins, en France pour com- mencer, et peut-être dans d'autres pays du Marché commun. 107. Si l'exportation fournit un débouché en expansion pour certains pro- duits d'artisanat, l'avenir des petites entreprises industrielles, lui, sera déterminé essentiellement par l'évolution du marché intérieur. Il est donc nécessaire d'identifier les produits du secteur non structuré bien placés sur ce marché intérieur et d'étudier la possibilité d'améliorer la qualité des pro- duits et la technologie pour un coût en capital peu élevé. Les entreprises du secteur non structuré qui semblent les mieux placées pour réussir sur le marché intérieur sont celles qui utilisent des techniques modernes. Ces entreprises peuvent non seulement offrir tùute une gamme de produits utiles (tels que moules à briques, meubles, vêtements et matériel agricole) et assurer la répa- ration et l'entretien du matériel (véhicules, machines industrielles et élec- triques) mais elles pourraient en outre accroître considérablement leur pro- ductivité en améliorant l'agencement des ateliers et l'outillage. Il existe en outre des possibilités de diversification; par conséquent, l'un des princi- paux objectifs de la politique industrielle doit consister à améliorer la con- ception et à étudier de nouveaux produits. En outre, il serait bon d'envisager sérieusement la possibilité d'encourager les grandes entreprises industrielles, 43 - par le biais du système d'incitations actuel si nécessaire, à sous-traiter à des petites ou moyennes entreprises et à leur confier certains services. En effet, le développement des services de sous-traitance et d'appui contribuera à élar- gir la base industrielle en encourageant l'esprit d'entreprise, en formant des travailleurs spécialisés et en réduisant la part des intrants importés dans l'industrie moderne. 108. L'une des conditions préalables essentielles au bon développement du secteur non structuré est que les entreprises rentables ne soient pas élimi- nées par les grandes entreprises. En fait, les difficultés éprouvées par les petites entreprises pour concurrencer les grandes entreprises sur le plan des prix et de la qualité, proviennent peut-être en fin de compte davantage du manque d'assistance technique et de crédit et de mesures d'incitation, que de leur inefficacité économique. A l'heure actuelle, les services d'assis- tance technique au secteur non structuré sont assez mal organisés. Les acti- vités du CNPAR sont encore relativement restreintes (cependant, elles doivent prochainement s'étendre aux zones urbaines), quant à l'OPEV, il ne s'occupe que d'une petite partie du secteur. Il importe donc premièrement de renforcer les services d'assistance technique, et en outre, il est urgent de faciliter l'accès au crédit des petites entreprises. Des crédits à terme, par exemple, pourraient leur être fournis, sous forme de crédit-bail et/ou de location-vente de matériel. En ce qui concerne l'avantage fourni aux entreprises modernes du secteur structuré, en particulier aux grandes entreprises, par le système de protection et d'encouragements fiscaux, le gouvernement envisage déjà de pro- mulguer un code des investissements distinct pour les petites entreprises, en vue de remédier à cette situation. Cette mesure, toutefois, même si elle ac- corde officiellement un traitement égal aux petites et aux grandes entreprises, pourrait rester sans effet, car les petites entreprises du secteur non struc- turé seront sans doute déroutées par les formalités administratives qu'elles auront à remplir.!/ C'est pourquoi il serait bon de réduire les droits de douane frappant certains types d'équipement et de matériaux importés par les petites entreprises également. Il faudrait donc étudier soigneusement la possibilité de réduire directement le prix des inputs destinés aux petites entreprises. 109. Les grandes (ou moyennes) entreprises modernes, parce que leurs be- soins d'investissement et le rapport capital/travailleur sont beaucoup plus élevés que dans le secteur non structuré, entraînent des coûts importants sur le plan des rares ressources d'investissement et des emplois non créés. Cela ne signifie pas toutefois que la production en usine ne doive jouer aucun rôle, ou un rôle mineur seulement, dans le développement industriel de la Haute-Volte. Les méthodes de fabrication modernes peuvent être efficaces et rentables pour les types de produits où elles ont un avantage comparatif. Elles ont également des effets externes importants tels que l'acquisition de compétence en matière de gestion, d'exploitation et de technologie; les entre- preneurs du secteur non structuré, en particulier, acquièrent souvent leur 1/ Dans le Petit Code, qui a récemment été adopté, les formalités administra- tives sont très sensiblement simplifiées. - 44 - formation dans les grandes entreprises../ Néanmoins, étant donné le montant élevé des ressources accaparées par le secteur industriel moderne, une erreur de jugement dans l'utilisation des capitaux pourrait s'avérer coûteuse pour l'économie nationale. En ce qui concerne les grandes entreprises modernes, la politique industrielle devrait viser essentiellement à promouvoir et à faciliter l'investissement dans les secteurs où elles sont et/ou deviendront sans doute rentables et à décourager la création d'équipements dans les secteurs non ren- tables. Dans cette perspective, le système de mesures de protection et d'in- citations fiscales, de même que l'esprit dans lequel seront évaluées les pro- positions d'investissement dans l'industrie moderne, revêtent une importance cruciale. 1/ "Analyse et diagnostic du secteur non structuré à Ouagadougou", page 120, février 1977. - 45 - ANNEXES STATISTIQUES Tableau Titre 1.1 La population totale et active 1.2 Population rurale, superficie et densité, 1975 1.3 Répartition de la population selon age et sexe, 1975 1.4 Population et densité par département en 1975 2.1 Comptes nationaux : PIB par secteur, 1968, 1974 et 1975 2.2 Comptes des revenus et des dépenses des ménages, 1975 3.1 Balance des paiements, 1973-77 3.2 Commerce extérieur, 1973-77 3.3 L'aide officielle pour la période 1969-75 4.1 Encours de la dette publique extérieure au 31 décembre 1976 5.1 Budget du gouvernement central, 1973-77 5.2 Dépenses budgétaires de l'Etat (par fonction), 1970-77 5.3 Recettes budgétaires de l'Etat, 1973-78 5.4 Décomposition du prix des produits importés, 1975 6.1 Situation monétaire, 1968-76 6.2 Situation de la Banque centrale, 1968-76 6.3 Ventilation de crédit accordé au secteur privé, 1970-76 6.4 Distribution sectorielle du crédit accordé au secteur privé, 1970-76 7.1 Production agricole, 1969/70-1977/78 7.2 Coton, superficie cultivée, production et rendement, 1969-77 7.3 Don des céréales reçcues par OFNACER, 1974-76 7.4 Caisse de stabilisation des prix des produits (CSPP) 7.5 Association en participation recettes des opérations en coton 7.6 Prix au producteur, 1972/73-1977/78 8.1 Production industrielle, 1972-76 8.2 Production d'électricité, 1973-77 8.3 Les 10 premières sociétés industrielles 1975 8.4 Participation de l'Etat dans les sociétés voltaïques, 1975 9.1 Population active, salaires, 1968, 1971 et 1975 10.1 Plan de développement taux de réalisation - 46 - Tab le au 1 1: LA POPULATION TOTALE ET ACTIVE-- (en -'-illiers ) 1960 1975 1. Population résidente 4.372 5.638 1.1 Rurale (3.977) (5.127) 1.2 Urbain/.2. (395) (511) 2. Migrants temvoraires 152 302 2.1 Ruraux (lb6) (277) 2.2 Urbains (8) (25) 3. Population présente (1-2) 4.220 5.337 3.1 Rurale (4.o88) (4.850) 3.2 Urbaine (387) (487) 4. Population inactive: o à 14 et 60 et plus 2.034 2.895 5. Population active résidente 2.338 2.743 5.1 Rurale 2.118 (2.437) 5.2 Urbaine (220) (306) 6. Population active présente 2.186 - 7. Rapport de la population active à la 7.1 Population résidente 53,5 48,7 7.2 Population présente 51,1 - 8 . Total de migrants permanents cumulés 250 - 9 . Rapport du total de migrants permanents à la population active. 11,4% - /1 Les st,itistiques pour 1960 sont basées sur les résultats du recensement par sondage 1960161. Les statistiques pour 1975 sont basées sur le résultat du recensement de décembre 1975. /2 52 centres urbains. - 47 - Tableau 1.2: POPULATION RURALE, SUPERFICIE ET DENSITE, 1975 Population Superficie Densité de la Superficie Totale Totale Population Cultivée ('000 hab.) ('000 km2) (hab.par kmn) ('000 ha) DéDartements L. Ouagadougouj/2 712 21.952 35,2 400 Yatenga 505 12.293 4à,1 218 Kaya 613 21.578 28,4 317 Koudougou/2 727 26.324 27,6 353 Koupela 405 11.266 35,9 132 Sahèl 354 36.869 9,6 186 Fada N'Gourma/2 394 49.992 7,9 139 Bobo et Banfora./ /2 455 43-172 10,5 251 Volta Noire 636 33.106 19,2 235 Bougouriba 358 17.488 20,5 175 TOTAL 5.129 247.000 19,0 2.406 /1 Ces départements, définis en 1974 sont identiques à ceux de ORDs, sauf Bobo et Banfora départements qui forment un ORD. /2 La population urbaine exclue. Source: Le recensement de 1975 et donnée obtenues de rapports desORI pour la campagne 1975/76. - 48 - Tableau 1.3: REPARTITION DE LA POPULATT.N SELON AGE ET SEXE EN 19755- (En milliers ) Age Homes Fees () Total (%) 0-4 497 479 976 5-9 485 445 930 350 299 649 1.332 (47) 1-223 (41,) 2.555 (46) 15-19 281 263 544 20-24 18T 224 4ii 25-29 182 238 420 30-34 151 186 337 35-39 137 150 287 15-39 938 (33) 1.059 (38) 1.997 (35) 40-)-4 115 130 245 L5-49 99 96 195 50- 93 91 184 55-59 67 54 121 1o-59 37 (13) 371 (13) 75 (13) 6 et plus 182 (7) 157 (5) 339 (6) TOTAL 2,826 (100) 2,810 (100) 5.636 (oo) /1 La population résidente seulement. Source: Rapport des ORD pour la campagne 1975. - 49 - Tableau 1.4: POPUJ.IAON ET DESITE PAI DEPAKTEMENT -1 1975 Population Penst* Super4iciG Population Densiti Departementz (Sousprfecures) Superficie 2 ('000 peraonea (psreoe/lag) DéPrtet9 (Sou@préfacture) 'm- ('OM personnez) (2arnh.2= Centre Total 21.952 944.706 43,0 Nord Total 12.293 530.192 43,1 (Ouagadougou) 505 1.912 101.469 53,1 (Yateha) Gourcy 2.003 117.994 58,9 K~miriri 2.908 90,791 31,2 a16igoUya- 4.891 227.680 46,5 manga 2.847 91.524 32,1 Sdecunaga 1.515 102.785 67,3 U 1.708 276.750 162,0 Tåtao 3.884 81.733 21,0 Po 3.121 22.888 7,3 Sao~e 1.871 73.514 39,3 sael Tota1 36.869 354.079 9,6 Tiabelå 722 50.597 70,1 Djibo 13.350 133.153 10,0 z18iar 2.776 112.535 40,5 Dori 13.473 146.073 10,8 Zorgho 4.087 124.638 30,5 Chidal1 10.046 74.853 7,4 Centre Eat Total 11.266 404.602 35,9 Sud-Ouegt Total 17.448 357.592 20,5 (Koupela) Garango 1.423 74.437 52,3 (Bouooriba) Diabouou 7.087 177.304 25,0 Kupela 1.627 106.111 65,2 Gaoua 10.361 180.288 17,4 Tehadogo 5.989 141.240 23,6 Zabrö 2.227 82.814 37,2 Volta Notr= Total 33.106 635.760 19,2 (Dédougou) Boro 3.518 75.853 21,6 Centre Nord Total 21.578 632.285 29,3 Dedougou 6.924 124.173 17,6 (Kaya) Sarmalogbo 3.610 56.408 15,6 Nofna 13.177 203.357 15,4 3oI9a 7.555 168.363 22,3 Tome 2.623 73.286 27,9 "ya 4.718 209.744 44,5 Tougan 6.864 159.091 23,1 Kafgouset 4.017 145.767 36,3 P1991l8 1.678 52.008 31,0 Centre Ouaet Total 26.324 788.962 30,0 Haute volta Total 274.000 5.638.203 20,6 (oudougou) 1ou9og.o1 4.138 310.989 75,1 IA 13.736 120.391 8,8 Ro 1.759 93.373 53,1 Penado 3.406 80.069 23,5 Yako 3.285 184.140 56,0 Net Total 49.992 407.215 8,1 ada) and 6.548 122.828 18,7 DIapaya 14.780 92.056 6,2 yada N'Gu ra 28.664 292.331 6,7 Hauts Basn Total 43.172 582.810 13,5 (Iooo & Baniora) Baofora 18.393 175.422 9,5 Bobo Dioulageo 12.222 263.248 21,5 Orodara . 8.307 98.718 11,9 Roudd 4.250 45.422 10,7 Q La population urbalne inclue, Source: la recemsement de 1975 - 50 - Tableau 2.1: COMPTES NATIONAUX: PIB PAR SECTEUR , 1968,1974 ET 1975 FCFA iilliards 1968 1974 1975 1. Secteur primàire 32,08 49,31 56,02 1.1 Agriculture (20,35) (33,46) (37,61) 1.2 Elevage ( 6,17) ( 9,60) (12,41) 1.3 Chasse, Pêche et Exploitation forestière ( 5,56) ( 6,11) ( 7,00) 2. Secteur secondaire 14,31 21,33 22,87 2.1 Manufacture (12,66) (17,81) (19,20) 2.2 Construction ( 1,65) ( 3,42) ( 3,67) 3. Secteur tertiaire 12,86 28,26 27,54 3.1 Transports et communi- cations ( 2,56) ( 4,20) ( 4,39) 3.2 Commerce ( 8,26) (19,39) (19,13) 3.3 Autres services ( 2,04) ( 4,67) ( 4,02) 4. Produit Intérieur Brut (1+2+3) (59,24) (98,80) (107,41) 5. Administration/i ( 7,17) (12,12) (17,93) 6. PIB aux coûts des facteurs 4+5 (66,41) (110,92) (125,34) 7. Taxes indirectes - subventions ( 4,02) ( 9,90) (11,36) 8. PIB aux prix du marche (6+7) (70,43) (120,82) (136,70) /1 Y compris l'administration étrangère résidente en Haute Volta. Source: Comptes Economiques de la Haute Volta, 1974 et 1975. - 51 - Tableau 2.2: COMPTES DES REVENUS ET DES DEPENSES DES MENAGES, 1975 Revenus Dépenses FCFA FCFA millions' (') millions (%) 1. Rénumération des salaries 18.528 14- 1. Consommation 116.778 90 voltaiques 2. RénuMération des salaries 5.7149 4 2. Impôts directs 2.700 2 étrangers 3. Autres revenus 1.100 1 3. Salaires payés 2.658 2 4. Subventions et pensions 4.6oo 4 4. Transferts 2.162 2 5. Transferts 9.100 7 (Transferts à (1.162) 1 l'étranger) 6. Revenus des travailleurs 90.781 70 indépendants: dont: (non-monétaire) (47.667) (37) 5. Investissement 8.251 6 6. Dépenses excédentaires -2.691 -3 TOTAL 129-858 100 TOTAL 129,858 100 Source: Comptes Economiques de la Haute Volta, 1975. - 52 - Tableau 3.1: BALANCE DES PAIEMENTS, 1973-77 (En milliards de francs CFA) 1973 1974 1975 1976L/1 l9771. A. Biens et services (nets) -21,48 -30,26 -39,86 -33,30 -43,20 Exportation, f.o.b 9,86 15,88 15,75 19,00 21,40 Importation, c.a.f. 26,68 41,76 46,22 45,30 56,80 dont:assurance et frêt (3,74) (6,24) (6.02) (7.90 (9,20) Balance commerciale -16,82 -25,88 -30,47 -26,30 -35,40 Services (nets) -4,66 -4,38 -9,39 -7,00 -T,80 B. Transferts sans contrepartie 22,03 29,32 30,91 24,30 29,60 Privés 10,26 9,59 10,10 10,00 10,80 (Envois du fonds) (6,83) (8,10) (9,91) (10,00) (10,20) (Pension) (1,94) (1,88) (2,14) (1,90) (2,00) Officiels 11,77 19,73 20,81 14,30 18,80 TOTAL A + B 0,55 -0,94 -8,95 -9,00 -13,60 C. Capitaux non-monétaires 4.01 1,60 6,94 5,80 6,84 Privés 1,99 -1,69 2,59 1,00 1,10 Officiels 2,02 3,29 4,35 4,80 5,74 (Emprunts pour l'Etat) (1,61) (2,10) (4,90) (5,30) (5,60) (Amortisation des dettes (-0,43) (-0,51) (-0,73) (0,80) (-1.30> publiques) (Emprunts par les banques de (0,74) (1,54) (0,33) (0,31) (1,30) développement) (Autres) (0,10) (0,16) (-0,15) (-0,01) (0,41) - D. Capitaux monétaires autres que réserves -1,66 2,76 -0,58 2,21 4,46 E. Erreurs et omissions nettes -0,56 0,24 0,55 -0,07 . TOTAL (A à E) 2,34 3,66 -2,04 -1,06 -2,30 F. Variation en réserves et postes connexes -2,34 -3,66 2,04 1,06 2,30 Utilisation du crédit du FMI DTS 0,01 0,02 0,03 -0,12 0,02 Position de réserves au FMI - 0,03 0,01 0,04 -0,09 -0,38 Autres - 2,32 -3,69 1,97 1,27 2,66 /l Préliminaire. Source: BCEAO, Notes d'information et Statistiques; FMI. - 53 - Tableau 3.2: C0MRCE EXTERIEUR, 1973-77 (En-milliards- de-frans CFA)- 1973 1974 1975 197 77 Exportation, f.o.b; total 19 86 15,88 15,75 19,00 21,40 Animaux vimants et viandes 4,15 5,50 4 ,94 4,20 4,80 Coton -(é,grené) 1,20 1,54 1 ,89 5 ,78 7,00 Prouits_oléagineux 1,02 2,43 1,81 3,16 2,60 Amande_de karité (0,07) (0,36) (0,30) (2 %40) (2,00) Arachides décortiquées (0,66) (1,70) (1,10) (0 ,66) (0,30) Serames -e . (0,3) (0 32) (0,35) (0,10) (0'20) Graines de coton (0,06) (0 05) (0,06) (--) (0,10) Fruits et lgumes 0,16 0,27 0,32 0,50 0,60 Miers -3,33 6,14 6,79 5,36 6,40 Imortations, c.a.f.~total 26,68 41 76 46,22 45,30 56,80 Produits alimentaires 3,55, 10,41 5,39 5,35 6,50 r&ls - (1,36-)2 (4,71) (2,41) (2,39) (3,00) -B-nioret tabac 0 ,49 0,66 0,72 0,84 0,90 Matieresremieres- -0,96 1,22 1,40 1,05 1,75 ---Produi-te- chimiques 1 ,73 2 ,96 4,23 3,43 4,50 w 5,33 8,54 8,86 8,82 11,05 -Biens d équipement., ------ 4,00 8,21 8 ,66 10,10 13,60 y compris transport produits énergétiques . 1,23 2,25 2 ,86 2,70 3,50 Divers 9,39 L 7,51 14,10 13,01 15,00 .,/ Estima-t¯Ïons., 12 Dons alimentation non compris. 13 Y compris 4,26 milliards ce fanc CFà des importations non taxées. Source: ~ Ministre du Plan, Bulletin Mensuel ' information. Statistiaa et Economicue BCEA, otes d'information et Statistiques; et rapports du FMI. -54- Tableau 3.3: L'AIDE OFFIC=.'LLE POV" LA PEID 1-96>-75 (en millions de dollars EU) Prêts Total Subventions Bruts I Bruts Net 1. Sources bilatérales (1) (2) (3) (l÷2) (1+3) ( France 126,8 20,4 5,5 14T,2 132,3 (38) Etats Unis 29,0 1,0 1,0 30,0 30,0 (9) Allemagne (Rép. Fed). 18,6 8,5 8,3 2T, 26,9 () 7 ,4 0,0 0,0 7,4 T,4 (2) Autres 9,6 1,9 0, 11,5 SOUS-TOTAL 31,8 15,7 223, 2 207 ,1 2. Assistance Multilatérale 0,0 2,4 2,4 2,4 2,4 (1) ILDA 0,0 11, 2 11,2 11,2 11,2 () ONU 277 0,0 0,0 27,T 27, (c) FED 93,8 5,8 5,3 99,5 99,6 (25) BEI 0,0 0,5 0,h 0,5 0,h (o) Autres 0,0 2,7 2 2J 2,T ( ) SOUS- TOTAL. 121,5 22,6 22, - 3t ,, TOTAL 312 9, 3 83 (100) Moyenne Annuelle 44,7 T,8 5,5 52,5 50, 2 Source: La Banque Mondiale. - 55 - Tableau 4.1: ENCOURS DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE AU 31 DECEMBRE 1976 (En milliers de dollars F7T) Déboursé Non déboursé Total 1. Prêts bilatéraux Algerie 750 250 1.000 0,4 Canada 780 2.837 3.617 1,5 Chine, (Rép. Populaire) 3.320 49.730 53.050 21,7 Danemark 2.605 850 3.45c 1,4 .Franc e 18.8842 4.923 23.765 9,8 Allemagne (Rép.Fed.) 18.819 11. 840 30.659 12,6 Ghana 1.721 - 1.721 0,7 Pays Bas 401 2.448 2.849 1,2 Togo 805 3.219 4.024 1,T Etats Unis 929 1.019 1.948 0,7 SOUS-TOTAL 48.972 ". 116 126 .088 51Q 2. Prêts Multilatéraux BAD 3.1469 1.156 4.625 1 , FED 333 10. 536 10 .869 4,5 Banque Arabe - FAD - 4.500 4.500 î,9 Conseil de l'Entente 1.001 155 1.156 0 ,5 FED 5.6119 179 5.823 24 BEI 2.657 5.670 F.327 3,h IDA 18.305 58.499 76.804 31,6 SA.¯'A 2.700 - 2.700 _ SOUS-TOTAL 34.114 80.695 .114-809 47,2 3- Prêts détenus par les privés Prêts des fournisseurs 1.001 - 1.001 0,5 Obligations publiques 12 - 12 0,0 Prêts de banques privées 325 1.232 1:557 0, 6 SOUS-TOTAL 1. 338 1.232 2.570 la Total de la dette publique extérieure 84.424 159.043 243.467 100,0 Source: BIRD, Section de la Dette Extérieure. - 56 - Tableau 5.1: BUDGET DU GOUVERNEMENT CENTRAL, 1973-77 (En milliards de francs CFA) 1973 1974ýL_ 19 5- 1976/. /977 Opérations budgétaires Recettes 12,56 15,54 16,09 21,16 26,14 Dépenses 11,46 18,59 19,20 22,25 Balance courante 2,30 4,08 -2,50 1,96 3,89 Dépenses d'investissement -2,21 -1,98 -1,76 -3,45 -5,94 dont: "programme spécial" (--) (--) (--) (--) (--) Dons étrangers 0,62 0,98 0,55 0,80 1,20 (subvention d'équipement français) (0,62 (0,98) (0,55) (0,80) (0,80) Balance globale -O,7l 3,08 -3,71 -0,69 -0,85 Financement -0,71 -3,08 3,710, 0,85 Prêts extérieurs 0,02 -0,09 0,59 2,10 0,62 Système bancaire -1,12 -3,03 4,37 -2,03 -0,79 (BCEAO) (-l,26) (-3,39) (3,71) (-0,84) (3,07) Système non-bancaire 0,39 0,04 -1,25 0,62 1,02 /l Provisoire Source: FMI. - 57 - Tableau 5.2: DEPENSES BUDETA S DE L'ETAT (PAR PONCTION), 1970-1977 (En millions de francs CFA) Budget A. Dépenses courantei (par fonction) 8.616 9.156 9.711 10.357 11.474 14.765 18.057 21.150 Services Généraux 4.524 4.780 4.981 5.358 6.228 .. 10.826 12.500 Administration Générale 2.135 2.303 2.387 2.736 3.465 .. 4.958 6.015 Affaires étungères 389 435 482 495 209 .. 340 478 Défense 1.157 1.196 1.247 1.234 1.509 .. 4.324 4.530 Justice et sécurité 843 846 865 893 1.045 .. 1.204 1.477 Services sociaux 2.867 3.118 3.429 3.770 3.701 .. 4.529 5.560 Education et sports 1.767 1.931 2.168 2.423 2.150 .. 2.466 2.979 Santé pub1±rlen 739 781 786 824 914 .. 1.219 1.688 Anciens combattants & Pensions 314 406 475 523 637 .. 844 893 Services Economiques ,1.223 , 1.258 1.301 1.409 1.545 .. 2.702 3.090 Plan, agriculture et travaux publics 557 584 625 674 680 .. 1.401 1.572 Finances et commerces 354 374 405 441 488 .. 702 815 Postes et télécommunications 3 5 5 5 3 .. 125 160 Service de la dette publique 309 266 266 289 374 .. 474 543 B. Dépenses d'equipement 1.137 890 924 1.309 1.724 1.753 3.066 1.973 Infrastructure 420 432 459 549 711 706 Construction .. .. 6 20 16 63 731 254 Equipeent .. .. 5 94 10 2 532 224 Investissement & Etudes .. .. 448 439 514 514 838 612 Participation au capital social de@ "Banques et Sociétés d'Economie Mixte" .. .. 45 137 -- 49 254 177 Contribution et"Fonds da Concours" . . _ . 725 TOTAL 9.753 10.046 10.635 11.846 13.189 16.518 21.123 23,123 Source: FMI, Ministère des finances de la Haute Volta et comptes du Budget de 1976 et 1977 . - 58 - -Tableau 5.3: RECETTES BUDGETAIRES DE L'ETAT, 1973-78 (En millions de francs CFA) 1973 1974 1975'l ~ 1976>/1 1977/1 T.') . B, udget RECETTES FISCALES 10.829 13.319 14.724 19.062 23.321 27.388 Impôts minimum forfaitaires 749 687 745 741 760 1.437 Impôts sur le revenu 1.323 2.198 2.004 2.385 2.630 3.242 (Bénéfices inustriels et (371) (571) (724) (650) (900) (900) (Tra Fements et salaires) (832) (1.482) (1.068) (1,456) (1.450) (l.950' (Tivers) (120) (145) (212) (279) (280) (392) Taxes sur les transactions 2.310 2.647 3.119 4.255 5.330 6.171 (Taxes de consommation) (1.535) (1.694) (1.761) (2.948) (3.543) (4.204) (aces sVr le chiffre (775) (953) (1.358) (1.307) (1 .737) (1.967) d'Affairesi Taxes sue le commerce 6.077 7.325 8.315 10.890 14.340 15.412 (ro u s à'im- (5.765) (7.043) (7.619) (9.903) (13.493) (1h.hig) porta Jion)Ie 575 703 port e a x-,(312) (282) (696) (987) (847) (997) (DT,t t trxes a l'ex- portation Autres 370 462 541 791 858 1.126 RECETTES NON-FISCALES 1.736 2.221 1.368 2.093 2 .2_21 3 ,192 Revenu des domaines 441 595 110 105 110 492 Part des bénéfices de la BCEAO 172 110 487 461 461 461 Divers 1. 123 1.516 771 1.527 1.650 2 .239 TOTAL DES RECETTES 12. 565 15.540 16.092 21,155 26.1_39_ .30.580 -ubventions budgétaires 625 975 550 800 800 e*rangers TOTAL 13.190 16.515 16.642 21.955 26.939 30.580 /l Provisoire. Sources: Rapports du FMI. - 59 - Tableau 5.4: DECOMPOSITION DU PRIX DES PRODUITS IMPORTES, 1975 (En pourcentage de prix locaux) c.a.f/ Fiscalités à Prix Frontière l'importation Transit Transport Commerce Lacau.y Agriculture 44 14 1 4 37 100 Elevage 55 8 - 3 34 100 dont animaux vivant s 76 - - - 24 100 Produits alimentatires 57 23 - 3 17 100 Energie 42 30 - 5 23 100 Produits minéraux 61 12 - 8 19 100 Métaux 70 19 - 2 9 100 Véhicules et pièces détachées équipement électrique 69 16 - 2 13/. 100 dont Machines (84) ( 8) - (2) (6/1) (100) Véhicules (62) (20) - (3) (15-) (100) Produits textiles 55 19 - 3 23 100 Produits chimiques 76 10 - 3 il 100 dont pharmacie 83 2 - 2 13 100 Produits du bois 56 12 1 12 19 100 TOTAL 59 18 - 4 19L'- 100 /l Transit inclus. Source: Comptes Economiques de la Haute Volta, 1975. - 60 - Tableau 6.1: SITUATION MONETAIBE 1968-T6 (En milliards de francs CFA) 1971 1972 1973 1974 _2_. 1976 Avoirs extérieurs nets 10,78 il 62 15,29 1739 15,86 12ý 46 Crédit intérieur 1 6r 290 6 11 16.68 25 45 ,Créance sùr l'Etat (nettes)Ll -4,45 -5,15 -6,2 -9,28 -4,91 Banque centrale (-4,47) (-4,89) (-6,05) (-9,44) (-5,73) (6,57) Banque commerciales (-0,31) (-0,59) (-0,61) (-0,21) (-0,02) (-0,99) Autres (0,33) (0,40) (0,37) (0,84) (0,60) Crédit au secteur privé 6,11 7,31 9,16 15,39 21,59 32,41 Court terme (4,19) (4,70) (4,99) (8,36) (10,43) (17,92) Moyen-et long-terme (1,92) (2,61) (4,17) (7,03) (11,16) (14,49) Monnaie et cuasi monnaie 3 10,59 14,49 17,53 2433 314 Circulation fiduciaire 5,65 5,77 7,13 8,51 10,66 12, CCP 0,44 C,50 0,55 0,60 1,14 1,06 Dépôts a vue 2,62 2,84 3,81 4,78 7,74 10,54 Dépôts à terme 0,46 0,59 0,90 1,08 1,56 2,51 Dépôts d'entreprises publiques 0,76 0,89 2,10 2,56 3,23 4,59 Engagements extérieurs à .ong-terme 1,05 1,55 Contrepartie de l'allocation de DTS 085 1,24 1,24 .19 Autres (nettes) 0 0 291 0 /1 Trésorerie et services postaux& Source: FMI et BCEAO - 61 - Tableau 6.2: SITUATION DE LA BANQUE CENTRALE, 1968-76 (fin de l'année) (En milliards de francs CFA) 1972 1973 1974 1975 1976 Avoirs extérieurs nets 12,07 14,42 18,12 15,99 14,80 Créances sur l'Etat - -6,05 -9,44 -5,73 -6,57 Billets et monnaies détenus par le Trésor -0,39 -0,53 -0,47 -0,47 -5,96 Dépôts du Trésor -4,50 -5,53 -8,97 -5,26 -o,61 Créances sur les banques 0,01 1,07 1,39 Engatements envers le secteur privé .5, 713 8,51 10,66 12,84 Contrepartie de l'allocation des DTS 1.,2 1,19 Autres (nettes) -0,01 -0,01 - -0,15 0902 Source: BCEAO et FMI- - 62 - Tableau 6.3: YETILATION DU CREDIT ACCORDE AU SECTEUR PRIVE, 1970-1976 (En millions de francs CFA ; fin de l'année) 1973 1974 1975 1976 Crédits à court terme 4.995 8.353 10.429 17.563 Banques commerciales 3.866 6.756 7.387 12.500 dont: Réescomptes à la BCEAO (--) (--) (--) (771) Banque de développement 978 1.370 2.739 4.602 Réescomptes à la BCEAO (--) (270) (388) (2,087) Trésor: Traites de douane 151 227 303 461 Crédit à moyen terme 1.866 3.417 5.925 9.500 Banques commer.ciales 423 675 578 1.648 ,ont: Réescomptes à la BCEAO (--) (100) (--) (--) Banque de Développement 1.443 2.742 5.347 7,852 dont: Réescimptes à la 3CEAO (440) (1.141) (2.095) (3.429) Crédits à long termed- 2.296 3.614 5.239 5.340 TOTAL 9.157 15.384 21.593 32.403 /l Accordés principalement par la Banque Nationale de Développement Jusqu'à 1974. Crédits de CNDI inclus depuis 1975. Source: FMI et BCEAO LI - 63 - Tableau 6.4: DISTRIBUTION SECTORIELLE DU CREDIT ACCORDE AU SECTEUR PRIVE, 1970-1976 (fin de l'année) (En millions de francs CFA) 1972 1973 1974 1975 1976 Crédit à court terme 4.703 4.995 8.353 10.429 17.563 Crédit classé par secteur/Li 3.886 4.073 6.732 9.136 14.321 CommerceL.2 2.487 2.113 3.541 4.215 6.055 Industrie 375 TIT 1.746 2.371 4.632 Construction 448 597 527 409 1.092 Transport 303 263 428 443 449 Services 51 38 42 671 91 Divers 222 345 538 1.027 2.002 Par type d'entreprise Entreprises privées 3.723 3.432 5.442 6.351 10.485 Entreprises publiques 163 641 1.290 2.785 3.836 Crédit non classé 817 922 1.621 1.293 3.242 Crédit à moyen terme 1.181 1.866 3.417 5.925 9.500 Crédit classé/i 673 986 1.740 2.916 6.081 Agriculture 1 5 3 3 5 Industrie 328 452 991 1.310 3.199 Commerce 64 84 105 102 157 Construction 187 376 552 1.226 1.891 Divers 93 69 89 275 829 Crédit non classé 508 880 1.677 3.009 3.419 Crédit à long terme 1.432 2.296 3.614 5.239 5.340 Crédit classé/1 505 1.659 2.664 3.899 4.404 Industrie 375 1.285 2.207 3.314 3.661 Construction -- -- -- 2 2 Divers 130 374 457 583 741 Crédit non classé. 927 637 950 1.340 936 TOTAL 7.315 9.157 15.384 21.593 32.403 /1 Rapporté au Central des Risques /2 Y compris crédit accordé aux importateurs par le Trésor. Source: FMI et BCEAO - 64 - Tableau 7.1: PRODUCTION AGRICOLE, 1969/70-1977/78 Production 1969/70 1971/72 1Q72/73 1973/74 174/75 1975/76 1976/7'1 1977/78 /l (En '000 tonnes) Mil et sorgho 946 758 759 782 987 1.130 872 1.170 Mais 55 59 58 60 70 80 60 95 Riz (;addy) 39 37 29 32 39 39 40 « 48 Arachides 12 15 25 29 33 19 7 7 Graine de coton 36 28 33 27 31 48 55 45 Sesame 5 4 5 4 5 5 - - Amende de karité 20 16 5 il 5 48 32 50 Superficie cultivée (En '000 ha) Mil,sorgho, =ais 1.977 1.761 1.757 2.080 2.140 2.193 - - Rendement (kg/-a) Mil , sorgho, mais 506 463 464 405 189 644 /l Provisoire. Source: ORD "rapports annuels", Ministère d'Agriculture, FMI - - 65 - Tableau 7.2: COTON, SUPERFICIE CULTIVEE, PRODUCTION ET RENDEMENT, 1969-77 Superficie Production Rendement 1,000 ha 1,000 tonnes kg/ha 1969/70 84,0 36,3 432 1970/71 78,0 23,5 301 1971/72 74,0 28,1 379 1972/73 70,0 32,6 465 1973/74 66,6 26,7 400 1974/75 61,8 30,0 485 1975/76 68,0 50,7 745 1976/77 80,0 55,2 690 Source: CFDT* - 66 - Tableau 7.3: DON DES CEREALES RECUS PAR OFNACER 1974-76 1974 1975 1976 Quantite Quantité Quantité Donneurs Produits tonnes Produits tonnes Produits tonnes AID (E.U.) Sorgho 18.509 - FED (C.E.E.) - FAC (France) - - - Blé 2531 WFP (ONU) Blé,Mais Farine 167 - Canada Blé 1.8o4 Blé 1.881 - - Allemagne (Rép.Fed) Blé 2.947 - U.R.S.S. Riz 302 - Côte d'Ivoire - - Cambod Riz 396 -- TOTAL 24.125 1.881 2.531 Importations - - - Riz 6-636 - Régulières TOTAL DES IMPORTATIONS 24-125 1. 881 9.167 Source: Office National des Céréales, Haute Volta. - 67 - TabLeey 7.4: CAISSE DE STABILISATION DES PP=l DE V»DETs :SFP) (palementa et recettes) Quantite Reaultats ncs Quantie; Resutats exportea Prix au producteur Paiement» Recettes cumules exporten Prix au product"g Palpmans Recettes cumu .l Produits 1,000 tonnes FCFA/kg FC?A a, FCFA M. FCFA m, Praduite 1,000 tonnes FCFA/kg FCFA FCFA , FCFA Arachides 1964/65 4.3 26.75 -28.00 -.1 .9./5L. /3 1965/66 5.8 26,75 - 28.00 2.4 - 1965/66 1.7 26.75 - 28,00 - 0.2 1966/67 7.4 26.75 - 28,00 3,6 1966/67 2,3 26,75 - 28,00 - 3,0 1967/68 8.8 26,75 - 28.00 65,9 - 1967/68 2,9 26.75 - 28,00 - 6.3 1968/69 9,0 26,75 - 28,00 13,4 6.4 1968/69 2,7 26,75 - 28.00 - 9,9 1969/70 6.1 25,75 - 27,00 - 21.0 1969/70 5,2 26,75 - 28,00 - 21;2 1970/71 8.4 25,75 - 27.00 - 16,8 1970/71 3,5 26,75 - 28,00 - 34,3 971/72 9,6 25,75 - 27,00 23.6 38.1 1971/72 3,3 26,75 - 28,00 - 42,0 1972/73 12,6 25,75 - 75.3 1972/73 4,2 26,75 - 51,3 1973/74 17,3 26,83 - 138,8 1973/74 4,3 27,83 - 42,6 197./75 17,5 34,0 - 23,6 1974/75 4,6 34,0 - 70,0 1975/76 11,9 34,0 - _S.4 1975/76 1,7 34,0 - 44,4 Piâment» au ratec t nets cumules 108.9 402,4 293,5 Paiements ou recettes nets cumaLle - 325,2 325.2 Ama.des de a&rit6 CoU- 1964/65 0,2 7,0- 7,0 - 1964/65 3,0 3415 30L6 - - 1965/66 15,5 7,00 - 7,30 46,2 1965/66 2,5 (1,7) 34 - 30 51.2 6.6 19o6/67 - 7,00 - 7,30 - - 1966/67 5.7 (5,0) 34 - 30 73,3 20,01 1967 68 1.,5 7,00 - 7,20 - 60,2 1967/68 6,2 (5,1) 34 - 30 22.3 19,9- 1968/69 12,1 7,00 7,30 - 100,2 1968/69 11.5(12,0) 32 - 28 120.5 39,8 1969170 16,9 7,00 - 7,30 - 139,0 19A9/70 13,2(14,5) 32 - 28 - 178,1 1970/71 9,. 7,20 - 7,30 - 50.6 1970/71 8,7( 8,9) 32 - 28 197,3 1971/72 13,:. 7,00 - 7,30 52,5 - 1971/72 10,5( 9,9) 32 - 28 - 343,1 1972/73 3,4 1.0 .,6 0,4 1972/73 9,3(12,0) 32 - 28 - 328,9 1973/74 7,3 8,0 - 36,5 1973/74 1,4( 9,0) 35 - 28 - 1,256.2 1974/75 3,8 20,0 - 3,8 1974/75 0 (10,6) 40 - 33 - 138,0 1975/76 41,1 200 - 1009 1975/76 u (17,4) 40 - 33 513,8 Paiments ou recettes nets cumaies 10,3 491,6 388,3 Paiements ou recettes nets cumuls 267,3 3.041,7 2.774,4 ! Prix a Ouagadouou, TOTAL 1964/65-1975/76 479.5 4 260.9 3.75, . 2 Prix a Sabo 3 Prix subvputionnes par Freante - Caton-filire: autre parentese 3rainea de cocon, Prix pour la premiere qualité. PrIx pour la seconde cuallità 7 Profit provenant de graine le oton. Source 2SPP - 68 - Tableau 7.5: ASSOCIATION EN PARTICIPATION RECETTES DES OPERATICNS EN COTON 1972/73 197374 _ 1974/75 17/76 1. Production (tonnes) 1.1 Coton-graine 28.287 26.668 30.562 50.695 1.2 Coton-fibre 10.523 9.900 11.328 18.168 2. Recettes 2.1 Ventes (tonnes) 9.310 9.990 11.328 18.168 - Exportation (9,310) (9.100) (10.575) (17.413) - Locale - (800) (753) (755) 2.2 Prix (FCFA/kg) - Prix à l'exportation (198) (310) (223) (314) - Prix local (177) (330) (201) (260) 2.3 Recettes (1.1 x 1.2)(FCFA'000) 1.843.400 2.821.000 2.512.000 5.668.940 - Recettes d'exploitation - Recettes de vente locale (214.700) (264.000) (150.000) (196.550) TOTAL 2.058.100 3.085.000 2.512.000 5.668.933 3. Direnses (FCFA '000) 1.510.300 1.774.200 2.535.140 4.401.350 3.1 Dépenses fixes 296.300 364.000 2.535.140 4.401.350 Administration générale 49.600 90.900 135.284 180.515 Administration à l'usine 60.400 33.600 75.576 84.446 Licence à l'exportation 1.800 2.100 5.316 3.116 Multiplication de graine . 2.500 . Préparation de graine 14.100 30.386 30.619 Classification 7.100 8.500 9.736 13.520 Stockage de coton-fibre 12.700 11.000 25.046 34.314 Traitement et euballage 39.100 47.100 78.720 110.789 Stibsides des inputs 203.350 Amortissement 53.600 58.300 54.c0 52.718 Charges financières 72.000 91.000 101.967 201.288 - Crédit saisonnier - Crédit à logg terme Subsides aucentre de Développement , 137.52 228.127 3.2 Dérenses variables 1.214.000 1.41o.200 1.881.231 3.258.548 3.2.1 Coton-graine Achats 872.600 875.500 1.183.925 1.969.637 Collection 33.600 32.000 47.328 71.695 Sotckage avant l'arrivée 10.700 11.300 17.390 25.922 à l'usine Transport à l'usine 111.900 101.500 156.464 241.992 Stockage à l'usine 900 900 2.323 5.557 3.2.2 Coton-fibre Traitement et emballage 45.400 51.500 63.052 114.812 De l'usine vers l'Europe (c.a.f) 138.900 276.300 410.755 828.933 4. Profit Total (1-2) (FCFA '000) 547.800 1.310.300 -23.140 1.1470.940 5. Subside (FCFA '000) 261.700 6. Profit net 547.800 1.041.000 222.531 A être alloué 35é ou 20é au centre de 109.500 208.200 78.057 . productivité spéciale 438.300 832.800 lu.96373 70%à la Caisse de stabilisation 306.600 582.9CC 101.7L' 514.484 10% à l'ORD 43.800 83.300 14.96 73.98 20% au CFDT 87.610 166.600 28.993 146.995 - 69 - Tableau 7.6: PRIX AU PRODUCTEUR--, 1972/73-1977/78/2. 1972/73 1973/74 1974/75 1975/76 1976/77 1977/78 Mil et sorgho 14-15 18 22 18 21 32 Mais 14-15 18 22 18 21 32 Riz (paddy) 30 35 35 35 35 Coton: premier choix 32 35 40 40 4o 55 deuxième choix 28 28 33 33 33 55 Arachides(décortiquées) 25 .75 27.73 34 34 38 44 Sésame 28 34 34 34 39 45 Amande de Karité 7 8 20 20 20 22 /1 Prix au producteur à Ouagadougou. Prix en d'autres endroits sont majorés de coûts de transport. /2 La saison s'étend d'dctobre à septembre. Sources: Ministère du Développement Rural: et données fournies par la BCEAO et CSPPA. - 70 - Tableau 8.1: PRODUCTION INDUSTRIELLE, 1972-76 1972 1973 1974 1975 1976 Bière et boisson gazeusç (En milliers de hectolitres> 117,2 170,9 196,4 205,3 265,8 Cigarettes Cen millions de paquets) 16,0 15,6 18,3 20, 5 21,0 Allumettes (en millions de bottes) 18,3 22,2 .. 42,0 Sucre (en milliers de tonnes métriques) 13,7 12,0 4,0 5-8 16,1 Viande' 13,0 11,0 10,4 Huiles d'Arachides (en milliers de 0,9 1,0 0,4 0,8 tonnes nétrique1- Pâte d'arachides(en milliers de tonnes 1, 2 1, 3 0 ,5 lO 5 ,0 métriques) , Beurre de-Karité (en milliers de tonnes 0,9 0,2 1,0 1,5 2,8 métriques) Savon (en milliers de tonnes métriques) 2, 9 3'1 3s4 3,5 550 Graines de coton(en milliers de tonnes métriques 10,5 11,9 9,3 11,3 18, 2 Imprimés textiles (en milliers de 6,4 4,4 6 95 7,8 5, 7 mètres) Chaussures(en milliers de paires) 982 1,145 1,182 1,530 1 ,703 Briques (en milliers de tonnes 5,0 4,3 5,1 717 métriques) Bicyclettes(assemblage)(en milliers) 22, 5 22 ,0 24->3 2753 33e4 Cyclomoteurs (assemblge) (en milliers) 7,4 9'2 96 12,2 Energie électrique(en milliers de kwh) 37,1 42,2 46,1 53, 2 59' 7 Source: FMI - 71 - Tableau 8.2: PRODUCTION D'ELECTRICITE, 1973-1977 (1000 kwh) 1973 1974 1975 1976 1977 1. Production totale 42.148 46.077 53.189 59.748 70.327 2. Consommation, totale; 36.147 40,316 4 51.840 67.039 Haute tension 20.805 23.821 26.254 29.698 34. 689 privé (18.052) (20.485) (21.714) ( - ) ( . ) public ( 2.753) ( 3.336) ( 4.540) ( . ) ( - ) Basse tension 15.342 16-495 19.509 22.228 27.450 privé (12.847) (13.926) (16.6oo) ) ( public ( 2.495) ( 2-569) ( 2.909) ( ) ( ) 3. Population totale (milliers)l~ . 5.516 5-57 5.638 5.739 5. 842 4. Consommation d'électricité (per (kwh ) 2/3 capita) 6,6 7.2 8 9011,4 /1 Population résidente estimée, données de 1975. Source: "Indicateurs économiques" de BCEAO. - 72. - Tableau 8.3: .LES 10 PRDfIERES SOCIETES INDUSTRIELLES', 1975L 1971 1972 193 1974 1975 Sociêtés Produits---- 1. VOLTEX filés, timsés, et imprimés 1.172 1. 510 1.426 2.006 2.722 2. BRAVOLTA Bières et boissons diverses 719 829 1.154 1.435 1.832 3. SOSUHV Sucre .. 1.112 1857 2.125 ¯ 1.698 4. CITEC Huile et savons 533 539 552 909 1'41o 5. IVOLCY Cyclomoteurs, bicyèlettes 713 597 786 894 14169 6. GMV Farine 394 . 906 1.179 1..123 1.053 7. SAP Pneus - - - 488 748 8. BATA Chaussures 292 327 316 489 662 9. CVTM Métal - - 46 405 503 10. SAFI Outillage agricole - - - 56 422 /1 CFDT non-inclu. Source: "L'Industrie Voltalgue en 1975", Direction du Développement Industriel et de l'Artisanat. - 73 - Tableau 8.4: PARTICIPATION DE L'ETAT DANS LES SOCIETES VOLTAIQUES, 1975 Capital Participation de l'Etat Sociétes (En millions de CAF) (en %) Industries VOLTEX 900 64,9 BRAVOLTA 660 0 SOSUHV 1,.965 71,9 CITEC 305 16,4 IVOLCY 75 0 GMV 133 28,6 SAP 120 0 BATA 75 0 CVTM 30 0 SAFI 30 -0 Services publics et transports Air Volta 20 66,0 Cie Transafricaine 442 3,0 Voltelec 71 100,0 Banques et Assurances BICIA 150 51,0 BIV 600 35,4 BND 1.100 54,6 Source: Europe - Outremer, No. 540-541, Jan.-Feb. 1975 and "L'Industrie Voltaique en 1975" Direction du Développement Industriel et de l'Artisanat. -74- Tableau 9.1: POPULATION ACTIVE, SALARIES ET sALAIRES,1968, 1971 ET 1975 1968 % 1971 % 1975 % 1. Population active (en milliers) 2.972 (100,0) 2.905 (100,0) - - 1.1 Employeurs 1 - 2 - - - 1.2 Personnes travaillant pour leur . - - - - propre compte 1.3 Travailleurs familiaux non 2.759 ( 98,8) 2.861 (98,7) - - rénumérés 1.4 Travailleurs salariés 32 ( 1,2) 36 ( 1,2) 47,9 - 2. Travailleurs salariés tctaux(milliers) 32 (100) (1000) 4, (i ) 2.1 Secteur secondaire 2,9 ( 9,0) 3,3 ( 9,1) 8,2 ( 17,1) 2.2 Secteur tertiaire dont: 29,1 ( 91,0) .32,7 ( 90,9) 39,7 ( 82,9) services de l'Etat (16,6)( 51,8) (19,8)( 54,9) (22,6) (47,2) 3. Salaires totaux payés (en millions de 6,357 (100,0) 9.489 (100,0) 31503 (100,0) francs CFA) 3.1 Secteur secondaire 722 ( 11,4) 963 ( 10,1) 2.403 ( 7,6) 3.2 Secteur tertiaire 5.365 ( 88,6) 8.526 ( 89,9) 29.100 ( 92,4) dont:services de 1'Etat (3,615)( 56,6) (5.848) ( 61,7) (17.990) ( 57,1) 4. Salaire annuel moyen par travailleur 98 (10010) 262 (100,0) 658 (100,0) (en milliers de francs CFA) 4.1 Industries et trarsformation 248 (125,0) 267 (102,0) 290 ( 44,0) 4.2 Construction et travaux mublics 107 ( 54,0) 213 ( 81,0) 330 ( 50,0) 4.3 Electricité 368 (186,0) 453 (173,0) 472 ( 72,0) 4.4 Commerce et banques 3ll (157,0) 367 (140,0) 650 ( 99,0) 4.5 Services de l'Etat 222 (112,0) 300 (115,0) 796 (121,0) 5. SMAG (l'heure) 27 29 42 6. SMIG (l'heure) 31 34 47 Source: "Direction du Travail, de la Main d'oeuvre et de la Formation Professionnelle". - 73 - Tableau 10.1: PLAN DE DEVELOPPENT: TAUX DE REALISATION (En milliers de franca CFA) Iyarsiseent finanament___________________ Taux de Taux de Rapport de l'investissemec realisi ()Pa (b)gils4 r4ltiatlo (b/a) (c) Plan (d) R"aliaf Dq%_ea_(d/c) au 'inaoc!nt acquis 1. Devlopptasnt rural 8,88 4,28 48 8,88 4,57 94 2. Secteur moderne 5,95 4,20 71 5,95 495 8 87 3. Infrastructure 11,88 5,76 49 11,88 8,05 68 72 (+ information) 4. Secteur social 4,83 4,03 83 4,83 4,45 92 91 5. Statiatilues, recherches 2,03 1,49 73 2,03 1.68 83 89 et enquetes 6. Administration - - - - 7. TOTAL 33,57 19,76 59 33,57 23,60 70 84 Plan Intdri»aire (1971) L. Developpement rural 1,99 1,47 i6 1,99 1,98 974 2. Secteur mderne 1,70 1,33 78 1,70 1,45 92 3. Infrastructure 3.75 3,71 9 3,75 5.44 152 68 (+ information) 4. Secteur social 0,56 0,43 76 0,56 0,51 91 84 3. Statistiues, recherches et 0,52 0,40 77 0,52 0,5 106 73 auquàee 6. Administration - 0,04 - - 0,06 - 7. TOTAL 8,52 7,.8 8,52 9,97 117 74 Plan quinquannal de déweioppeant (1972-1976) lvestisoement (1972_-17U Fi eeummt t1gî2-197L) 1. Développement rural 18,05 10,75 60 18,05 7,75 67 2. Secteur moderne 12,79 13,95 109 12,79 12,01 .06 3. Infrastructure 19,15 26,83 140 19.13 19,84 136 (+ imformàtion) 4. 5acteur social 8,64 4,46 52 8,64 2,24 36 5. Statistiques. -echerches 2,79 1,64 59 2,79 1,28 46 et enquet 6. Administration 1,12 0,59 53 1,12 0,46 48 7. TOTAL 62,54 58,22 93 62,34 43,58 93 Li y compris hors plan. Source: République de Haute-Volta, Bilan du Plan Cadre 1967-70, lilan d'Execution du Plan I=:érimaire 1971 et Bilan d'exécutiou du Plan 1972-1976,aniee 1972 et 1974
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Upper Volta - Economic memorandum : Haute Volta - Mémorandum économique
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