--.~------------------- ..... ,.,.'" Ii\' t: {A { 4" Document de La Banque Mondiale A N'UTILISER QU' A DES FINS OFFICIELLES Rapport No. 979a-CM EVALUATION D'UN TORISIEME PROlET EDUCATION AU CAMEROUN 2 avril 1976 Departement des projets Region Afrique de l'Ouest Division de l'education TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Le present document rait "objet d'une diffusion restreinte, et ne peut etre utilise par ses destinataires que dans I'exercice de leurs fonctions officielles. Sa teneur ne peut etre autrement dhulguee sans I'autorisation de la Banque Mondiale. TARLI: DES HATIEI:.ES (suite) ANNEXES 1. Etude comparative sur 1es indicateurs de 1a situation de l'enseignement dans 1es differents pays 2. Etab1issements existants d'enseignement agrico1e 3. Resoins en personnel dans 1e domaine de l'agricu1ture et de l'elevage 4. Ca1endrier d'exikution de l'assistance technique 5. Effectifs des Institutions d'enseignement agrico1e financees dans le cadre du projet 6. Resume des couts estimatifs du projet 7. Resume des deboursements de capital 8. Previsions concernant l'augmentation des couts 9. Provisions pour imprevus 10. Repartition du financement par categorie de depenses 11. Ca1endrier d'execution - Construction - Mobi1ier - Equipement 12. Ca1endrier des decaissements 13. Decaissements du financement BIRD par categories principales de depenses CARTE GEjGRAPHIQUE No 11920 LEXIQUE ET ABREVIATIONS BEPC Brevet elementaire du premier cycle CET College dienseignement technique CRA College regional d'agriculture cuss Centre universitaire des sciences de la sante ENSA Ecole nationale superieure agronomique ETA Ecole technique d'agriculture ITA Institut des techniques agricoles - I>Iinistere de l' agriculture NE Ministere de l'education HEL - Ministere de l'elevage et des industries animales MBN - Ministere de l'education nationale SODECAO Societe de developpement du cacao SODECOTON Societe de developpement du coton UDEAC Union douaniere des Etats d'Afrique centrale grqupant Ie Cameroun, Ie Gabon, la Republique centrafricaine et la Republique populaire du Congo CAMEROUN - TROISIEME PROJET EDUCATION GENERALITES Surface 475.000 ktn2 Population (estimation 1974) 6.350.000 hab. Densite 13,4 hab./km 2 Taux de croissance 2,1 % par an - rura1e 76 % - urbaine 24 % Taux de change au 4 avril 1975 $EU 1 ~ 210 FCFA pour estimation des couts $EU 1 = 225 FCFA Economie (estimation approximative 1973/74) PIB 414 billions de FCFA PIn per capita 65.000 FCFA, soit environ $EU 300 PIB - croissance (en prix constants) 1964/65 - 1971/72 5,1 % par an 1971/72 - 1973/74 1,6 % par an PIB _. repartition par secteur - primaire 36 % -- secondaire 19 % - tertiaire 45 % Nombre de Emn10is sa1ariaux , salaries Pourcentage Secteur prive 118.330 6~,7 % primaire (41. 360) (23.3 %) secondaire (34.250) (19,3 %) tertiaire (42.720) (24,1 %) Secteur public 59.080 33,3 % TOTAL 177.410 100 % GENERALITES (suite) Education Effectifs et enseignants (1972/73) Effectifs Professeurs laveau et type totaux Feminin Prive (total) Expatries --- Primaire 967.000 43,6 % 47,1 "I lo 19.813 1,3 % Secondaire general 72.500 29,1 % 63,3 % 2.988 30,5 % Secondaire technique 22.600 36,6 ~I 10 81,6 % 1.017 25,2 % <', Secondaire (autres) 2.000 23,3 % 68,0 ~I I. 201 22,4 I. Enseignement superieur 4.500 12,0 % n.d. n.d. Budget du secteur de l'education (1971/72) Depenses tota1es pour l'education 19,3 billions de FCFA % du PIB 5,9 % Depenses courantes tota1es pour l'education 16,0 billions de FCFA % des depenses tota1es pour l'education 82,9 % OOfEROUN EVALUATION DU TROISIEME PROJET EDUCATION RESUME ET CONCLUSIONS i. Le present rapport evalue Ie troisieme projet education au Cameroun pour lequel i l est envisage un pret de 17,0 millions de dollars dans Ie cadre du "Troisieme guichet". ii. L'IDA a deja foumi son concours au secteur de l'education du Cameroun en finan~ant deux projets. Le premier projet education (Credit l6l-CM, signe en septembre 1969)8e montait a 10,5 millions de dollars et Ie deuxieme projet education (Credit 320-CH, signe en juin 1972) a 9,0 mllliollS de dollars. Ces projets visaient a amiHiorer et a developper la formation d'enseignants des niveaux primaire et secondaire, l'enseignement technique et la formation professionnelle. L'execution du premier projet education connait un retard de 30 mois par rapport aux echeances prevues au stade de l'evaluation, et elle a enregistre des depassements de couts pour lesquels l'IDA a foumi un financement supplementaire (1,2 million de dollars) destine a couvrir les pertes determinees par la devaluation du dol lar. Le deuxieme projet education a un retard d'environ deux ans mais au moment actuel il est en train de progresser de fa~on satisfaisante. Ce pro jet aussi enregistre des depassements de couts dus aux retards d'execution, a l'inflation et aux changements des parites monetaires; par consequent un college d'enseignement technique (CET) a Douala ne pourra pas etre finance dans Ie cadre de ce projet. iii. Le troisieme projet education envisage se base sur des etudes de pre-investissement financees par Ie deuxieme projet education. L'identifi cation a ete effectuee par l'IDA avec l'aide de la FAD. Cette derniere orga nisation avait complete la preparation du projet en novembre 1974, et l'eva Iuation a ete effectuee par une mission de la Banque }wndiale en fevrier mars 1975. iv. Le projet envisage serait execute pendant une periode de cinq ans, de 1976 a 1980, et il inclurait: a) La construction, l'equipement et Ie mobilier, ainsi que, en ce qui conceme l'element ii) l'assistance technique pour: i) un CET a Douala, incluant une section de formation des chefs d'atelier; et ii) un CET a Ngaoundere; - ii b) L'assistance technique necessaire pour renforcer la capacite du Ministere de l'agriculture et lui permettre d'elaborer des pro grammes d'enseignement agricole et de superviser leur execution. c) La construction, l'equipement, Ie mobilier et l'assistance tech nique pour: i) l'agrandissement et l'amelioration des deux ecoles techniques d'agriculture (ETA) existantes d'Ebolowa et Haroua et la creation d'une ETA a Bambili; ii) l'agrandissement et l'amelioration du college regional d'agriculture (CRA) existant de Bambili et la creation de deux CRA a Ebolowa et ~~roua (aux memes emplacements que l'element (i) ci-dessus): et iii) l'etablissement d'un Institut des techniques agricoles (ITA) dans Ie domaine de l'agriculture et de l'elevage; d) La construction, Ie mobilier et l'equipement pour ameliorer Ie programme de formation du Centre universitaire des sciences de la sante - CUSS - dans Ie domaine de la sante rurale. e) L'assistance technique necessaire pour: i) la realisation d'etudes de preinvestissement et de plans preparatoires pour un projet ulterieur dans Ie secteur de l'education; ii) l'execution du projet pour laquelle il serait fait appel a un specialiste de la passation des marches, a un architecte et a un ingenieur du genie civil. v. Le troisieme projet education envisage aiderait Ie gouvernement 3 poursuivre son effort pour Ie developpement du systeme d'enseignement technique du pays et a atteindre les buts du deuxieme projet education finance Dar l'IDA. En particulier, Ie projet contribuerait au developpement du systeme d'enseignement technique par: a) Ie financement d'un CET a Douala, deja inclus dans Ie Deuxieme projet education; et b) Ie financement d'un nouveau CET pour la formation de main-d'oeuvre qualifiee a Ngaoundere. - iii vi. Le projet propose transformerait l'enseignement agricole et medical en des outils plus efficaces pour Ie developpement agricole et rural grace a des programmes expressement con~us dans des etablissements nouveaux ou agran dis. Un systeme ameliore de formation agricole fournirait la main-d'oeuvre qualifiee n~cessaire a l'introduction de techniques agricoles plus avancees et provoquerait un changement d'attitudes a l'egard de l'agriculture. Le projet se revelerait particulierement utile dans la poursuite des buts suivants: a) ameliorer la gestion de l'enseignement agricole; b) accrottre l'efficacite du systeme et reduire Ie coGt unitaire; c) regionaliser les instituts de formation agricole afin de pourvoir aux besoins des regions agro-ecologiques du Cameroun; d) renforcer les services de vulgarisation par l'augmentation du nombre des vulgarisateurs diplomes et grace a une meilleure formation de tout Ie personnel de vulgarisation; e) jeter les bases d'un systeme d'information rurale; f) combler les insuffissances de la formation agricole grace a la mise sur pied d'un nouveau programme ITA; g) contribuer a la formation dans Ie domaine de la sante rurale; h) coordonner les programmes d'etudes dans Ie domaine de l'agriculture. vii. Le Ministere de l'education aurait la responsabilite de la supervi sion de l'execution des CET, du programme de formation dans Ie domaine de la sante rurale du CUSS et du programme ITA a l'ENSA. Le Ministere de l'agri culture aurait la responsabilite des ETA, des CRA et de l'etude de preinvestis sement concernant I'information ruraIe. La supervision quotidienne de la construction, de la passation des marches et de l'administration du pret du troisieme projet education envisage serait confiee au Bureau charge de l'execution du projet deja etabli aupres du Ministere de I'education pour la supervision du premier et du deuxieme projet education. En plus du personnel supplemen taire mentionne au paragraphe (iv)(e)(ii), ce Bureau recevrait Ie soutien de representants designes par chacun des Ministeres interesses au projet. Le fonctionnaire designe par Ie Ministere de I'agriculture serait employe a plein temps. Le Directeur du Bureau charge de l'execution du projet aurait la respon sabilite de a) la coordination avec les ministeres et les organismes publics concernes, b) la supervision du projet, c) la liaison avec la Banque Mondiale, et d) Ia collecte et la preparation des donnees necessai~es pour un rapport sur l'achevement du projet. - iv viii. Le cout total du projet, net de taxes et de draits de douane est estime a environ 5,6 milliards de francs CFA, soit 24,9 millions de dollars, incluant une composante en devises d'un montant equivalant a 17 millions de dollars, c'est-a-dire 68 % du total. Les estimations des couts sont fondees sur des etudes recentes, entreprises tant par Ie secteur public que par le secteur prive, qui comprennent une analyse detaillee des couts reels du premier projet education ainsi que les resultats des appels d'offre pour quelques-uns des etablissements du deuxieme projet education. Les estima tions tiennent compte aussi des renseignements et des donnees fournis par le Hinistere des travaux publics et par ses services regionaux. Le cout du projet comprend une provision de 10 % pour depassement des couts de construc tion pour toutes les categories de depenses. Les provisions pour hausse des prix locaux et internationaux sont fondees sur le cout estimatif du projet au 30 mars 1976, et se montent a 31 % du cout estimatif de base augmente des pro visions pour depassement de quantites. Yaounde a ete prise comme ville de reference et des facteurs adequats d'ajustement des couts locaux ont ete appliques suivant l'emplacement des etablissements du projet. Les couts uni taires soutiennent favorablement la comparaison avec ceux des pays voisins. Le cout de l'amenagement des sites a ete estime a environ 10 % du COllt des travaux de genie civil et le cOllt du mobilier a un pourcentage compris entre 4 et 14 %, suivant le genre d'etablissement ou de construction. La distribu tion des couts par categorie est la suivante: travaux de genie civil, 49 %; mobilier, 3 %; equipement, 23 %; architectes-consultants, 3 %; autres services de professionnels, 22 %. ix. Le COllt total du projet (24,9 millions de dollars) net d'impots, de taxes et de droits de douane, serait finance par Ie pret envisage de la Banque Mondiale de 17 millions de dollars dans Ie cadre du "Troisieme guichet" et par le gouvernement. Le pret couvrirait 100 % des depenses en devises, soit l'equivalent de 68 % du COllt du projet. x. Passation des marches. Les marches pour les travaux de construc tion (12,1 millions de dollars), le mobilier (0,7 million de dollars), et l'equipement (5,8 millions de dollars) seraient conclus a la suite d'appels d'offres internationaux, passes conformement aux directives de la Banque. Etant donne que le secteur du batiment du Cameroun a la capacite d'executer les travaux, les entrepreneurs locaux se verraient accorder une preference nationale de 7-1/2 % dans l'evaluation des offres. 11 serait accorde sur le mobilier et l'equipement fabriques au Cameroun, ou dans les pays-membres de l'UDEAC, une marge preferentielle equivalant: a) a 15 % du prix c.a.f. des produits importes ou b) aux droits generalement imposes sur les importations non-exemptes, le montant le plus bas etant retenu. Les elements qui ne se pretent pas aux appels d'offres internationaux ou qui ne peuvent pas etre regroupes en lots d'au moins 20.000 dollarb seraient acquis sur la b~e de devis conformement aux procedures locales acceptables par la Banque. Le tttal de toutes ces acquisitions ne devrait pas exceder 300.000 dollars pour l'ensemble de la periode d'execution du projet. - v xi. Les fonds du Compte du pret seraient debourses de la fa~on suivante: a) 100 % des depenses en devises (couts c.a.f.) pour l'equipement et les materiaux importes, ou bien 75 % s'ils sont achetes dans le pays; b) 100 % des depenses en devises (couts c.a.f.) pour le mobilier importe, ou bien 75 % s'il est achete dans le pays; c) 60 % des frais totaux pour les architectes-consultants; d) 75 % des frais totaux pour l'assistance technique et les bourses d'etudes; e) 57 % des couts, representant l'element en devises, pour les travaux de genie civil. Un montant de 2,6 millions de dollars du pret ne serait pas affecte. Les deboursements seraient effectues sur la base des marches ou des recepisses de depenses; les pieces justificatives de ces dernieres ne seraient pas soumises a la revision de la Banque, mais elles seraient conservees par le gouvernement et seraient tenues a la disposition de la Banque au cours de la supervision du projet. Tous les fonds non debourses au moment de l'achevement du projet seraient annules. 11 est prevu que les travaux de construction seraient termines environ trois ans apres la signature de l'Accord de prato xii. Le projet envisage constitue une base adequate pour un pret de 17 millions de dollars dans le cadre du lfTroisieme guichet consenti a Ii, 25 ans et comprenant un differe d'amortissement de sept ans. I. INTRODUCTION 1.01 Deux projets de l'Association Internationale de Developpement (IDA) ont contribue au developpement de l'education au Cameroun. Le Premier projet education (Credit l6l-~I, signe en septembre 1969) a fourni 10,5 millions de dollars, principalement pour accrottre et ameliorer la formation des ins tituteurs et des professeurs du cycle secondaire ainsi que l'enseignement secondaire. Ce projet a environ 30 mois de retard sur les previsions de l'evaluation, par suite de reports dans Ie de mar rage du projet, Ie choix des terrains et la construction. Le projet est toutefois a son stage final et 1a plupart des institutions ont deja commence a donner des cours. L'Association a fourni un financement additionnel de 1,2 million de dollars pour ce projet afin de couvrir les depassements de couts causes par la devaluation du dollar. 1.02 Le second projet education (Credit 320-~, signe en juin 1972) a fourni 9 millions de dollars pour aider Ie gouvernement a: reformer Ie programme de l'enseignement primaire; executer un programme de formation pour les instituteurs et les professeurs de l'enseignement secondaire; entrepren dre une etude de pre-investissementpour la formation et l'enseignement agri cole~ et executer un programme d'enseignement technique. L'effort principal du projet porte sur les investissements et la reforme des programmes de l'en seignement technique. II etablit aussi une base pour l'enseignement technique dans Ie Cameroun Nord. 1.03 L'execution du second projet education a eu un retard de deux ans, par suite des d:lfficultes relatives a la selection des architectes et l'acceptation des plans architecturaux, mais i1 progresse maintenant de fa~on satisfaisante. Toutefois, ce projet a aussi du affronter des depassements de couts d'environ 60 % (7,2 millions de dollars) causes par la devaluation du dollar (2,2 millions de dollars), une augmentation des prix (48 %) superieure a celIe prevue par l'evaluation (20 %), auxquels se sont ajoutes les delais de mise en execution. II en resulte que Ie CET de Douala ne peut pas etre finance dans Ie cadre de ce projet. 1.04 Le troisieme projet education inclut cet element d'enseignement technique, un nouveau college d'enseignement technique (CET); des ecoles d'agriculture, d'e1evage et sante animale (basees sur les etudes financees par Ie Credit 320-~f); un programme de formation en sante rurale, et des etu des de pre-investissements. L'identification du projet a ete entreprise par l'Association assistee de FAO qui termina les elements d'agriculture du projet en novembre 1974. - 2 1.05 La projet fut evalue en fevrier/mars 1975 par une mission composee de MM. E. Sawaya (economiste et chef de mission), J. Crosnier (expert en agriculture, medecine veterinaire et sante publique), G. Hadjicostas (inge nieur civil) et M. Furst (expert en vulgarisation agricole) tous membres de la Banque. La mission comprenait aussi MM. G. Motel (educateur technique) du BIT: R. Schreyer (expert en communications) de l'Unesco et H. Tournier (agronome-consultant). - 3 II. LE CADRE A. Le cadre socio-economique 2.01 Le Cameroun est devenu une republique unie en 1972 par suite de l'union des deux Etats federes du Cameroun oriental et du Cameroun occiden tal. Le pays est divise en sept provinces qui sont a leur tour subdivisees en departements, et finalement villages. Cette structure se retrouve dans l'organisation des administrations regionales des ministeres tels que ceux de l'agriculture et de 1 'education. Du point de vue ecologique, ce pays de 475.000 km 2 comprend cinq zones principales: les plaines de la savane sep tentrionale, la savane du centre, les plateaux occidentaux, la zone cotiere et les plaines de l'ouest, les forets tropicales du sud. Ces zones donnent au Cameroun une economie agricole diversifiee qui contribue 60 % aux expor tations totales et assure la subsistsnce de 76 % de la population. 2.02 La population du Cameroun est tres diverse du point de vue ethni que et culturel; elle est estimee a 6,4 millions (Annexe 1) et croft de 2,1 % par an environ. Les enfants de moins de 15 ans representent environ 40 % de la population; ceux entre 6 et 13 ans qui constituent un groupe important du point de vue scolaire, representent environ 20 %; il s'agit la d'une situa tion typique en Afrique de l'Ouest. La densite demographique est en moyenne de 13 habitants par km 2 , mais elle est tres variable d'un endroit a l'autre, depuis 2 habitants au km 2 dans certaines parties de la Province orientale jusqu'a 70 dans la Province occidentale. Les zones urbaines regroupent envi ron 24 ~ de la population et croissent au rythme annuel de 6 %, soit plus de trois fois Ie taux moyen de croissance nationale. Le gouvernement espere freiner ces migrations vers les villes par Ie developpement des zones rura les: mais meme s'il en est ainsi la population urbaine representera environ 40 % de la population totale en 1990. 2.03 II Y a environ 180.000 personnes qui ont un emploi salarie dans Ie secteur moderne; Ie secteur prive en compte 67 %. Au cours de la periode de realisation du troisieme Plan quinquennal (1971/72-1975/76), l'emploi dans Ie secteur moderne devait augmenter d'environ 50.000 Boit 5 % par an; ce taux etait bien inferieur a celui qui aurait ete necessaire pour employer les di p16mes de l'enseignement secondaire se presentant sur Ie marche du travail. Aussi de nombreux dip16mes ont-ils dG creer eux-memes leur propre emploi. Le gouvernement envisage d'encourager ces initiatives en mettant en place une certaine infrastructure de base, et ce, particulierement dans les zones rurales ou les possibilites de creer de tels emplois sont plus importantes. - 4 2.04 Au cours de 1971/72-1973/74, la croissance annuelle du PIB a ete en moyenne de 1,6 %, soit nettement inferieure au taux de 5 % de la fin des annees 1960. Les principales causes de ce ralentissement sont la stagnation de la production agricole et la baisse des prix du cafe et du cacao. En dehors de certaines plantations, la plus grande partie de la production agri cole - soit 36 % du PIB - provient de petites et moyennes exploitations mixtes. D'une maniere generale, les techniques culturales sont traditionnelles et seulement 10 % de l'ensemble des paysans ont acces, d'une maniere reguliere, aux services d'infrastructure qui sont necessaires a la modernisation des methodes de production. Les cultures de rapport les plus importantes sont Ie caoutchouc et l'huile de palme sur les plantations, Ie cacao, Ie cafe et Ie coton sur les petites exploitations mixtes. Les cultures de subsistance va rient depuis les legumes typiques des climats temperes - ceux des hauts pla teaux occidentaux - jusqu'aux fruits et tubercules des pays tropicaux humides, en passant par les cereales des climats chauds et secs. L'elevage que lIon rencontre surtout dans les plaines centrales et septentrionales porte sur environ trois millions de tetes; c'est une ressource vaste mais encore sous utilisee. Aussi, grace a la diversite de son economie agricole, Ie Cameroun se suffit-il a lui-meme sur Ie plan alimentaire. 2.05 Les principaux objectifs du troisieme Plan du pays se ramenent a celui d'un developpement regional et sectoriel bien equilibre afin d'ameliorer les conditions de vie dans les zones rurales. C'est ainsi que les investisse ments ont augmente dans ces zones en general, et dans Ie Cameroun septentrional en particulier qui etait une zone depourvue d'infrastructure et de services publics. On pense que Ie quatrieme Plan quinquennal (1976/77-1980/81) qui est en cours de preparation, reprendra ces objectifs. En consequence, Ie Cameroun necessitera de plus en plus une main-d'oeuvre qualifiee pour servir dans les zones rurales, particulierement dans les regions du nord qui avaient ete negligees. B. Le developpement rural 2.06 Le gouvernement a declare son intention d'ameliorer la vie rurale et dans ce but encourage Ie developpement agricole par une serie de mesures: a) la promotion des cultures de rapport sur les exploitations privees par des societes de developpement specialisees, surtout la SODECAO pour Ie cacao et la SODECOTON pour Ie coton; b) l'assistance aux autres cultivateurs ou eleveurs par les services des Ministeres de l'agriculture et de l'elevage dont les agents sont peu nombreux: c) Ie developpement des plantations du domaine public pour la production d'huile de palme et de caoutchouc; d) les centres de formation pour les paysans, jeunes ou adultes; et e) les program mes d'information rurale par la presse rurale ou la radio. Toutes ces mesures s'ameliorent au fur et a mesure qu'elles sont mises en pratique mais elles pourraient etre bien plus efficaces si elles etaient mieux coordonnees. - 5 2.07 Afin d'ameliorer encore son action, Ie gouvernement envisage de relever Ie niveau de ses services de vulgarisation agric~le et d'en etendre les activites. Ces services dependent d'un des bureaux de la Direction de I' agriculture et du developpement rural du :Hinistere de I' agriculture. Dans chaque province et ses subdivisions (par. 2.01), ce bureau a un "poste agri cole" responsable de l' aide aux paysans par la diffusion de pratiques culturales ameliorees. Ces unites seraient renforcees par a) la promotion d'environ 1.000 agents de vulgarisation du niveau D dans la fonction publique camerou naise ou leur remplacement par d'autres agents mieux formes et classes au niveau C; b) l'augmentation du nombre de postes agricoles qui passerait de 330 actuellement a environ 530 en 1990; et c) la delegation au personnel sur Ie terrain de plus de responsabilites pour les divers projets de developpement agricole et rural. La cle du succes pour ces projets serait de fournir des services d'appui tels que credit J approvisionnement en facteurs de production et commercialisation. 2.08 En meme temps, Ie gouvernement envisage de renforcer Ie Ministere de l'elevage par l'augmentation du nombre de ses cadres charges de la produc tion animale et du controle sanitaire. Ce ministere a un service sur Ie ter rain responsable de sept secteurs d'elevage et de quatre "zones d'action spe cifique'~ ou se rencontrent des problemes d'importance regionale particuliere. Ce service n'a pas suffisamment de personnel; il n'y a qu'un seul veterinaire pour 60.000 tetes de betatl, ce qui est tlll rapport tres insuffisant lorsqu'on considere Ie potentiel du Cameroun en matiere d'elevage (par. 2.04). La pro duction animale a ete. negligee et les pouvoirs publics sont en train de reme dier a cette situation. 2.09 Le Ministere de la sante publique a un programme innovateur pour ameliorer les conditions sanitaires dans les zones rurales: il consiste a re duire l'impact des epidemies par l'integration des soins preventifs et cura tifs dans des Zones de Demonstration d'Action en Sante Publique (DASP). Sept d'entre elles sont deja en fonctionnement. 2.10 Les programmes et projets en cours de realisation absorbent une grande partie des effectifs des Ministeres de 1 'agriculture , de l'elevage et de la sante publique; ceux-ci n'ont en effet que peu de personnel et celui ci n'est qu'insuffisamment forme. En outre, la vulgarisation devrait jouer un role accru a l'avenir, en ce sens que son role de service consultatif qui se limite actuellement a une seule culture devra englober l'exploitation mixte, c'est-a-dire les cultures de rapport, les cultures vivrieres ainsi que l'elevage. Une telle diversification ne peut avoir lieu qu'en elevant Ie niveau du service de vulgarisation actuel et en ameliorant la formation du personnel nouveau. - 6 2.11 Le vulgarisateur sera de plus en plus responsable de la coordination entre les services gouvernementaux et Ie paysan droll en plus de son interet a stimuler la production, l'agent doit savoir quels sont les autres besoins essentiels du paysan, tels que credit, commercialisation, sante, nutrition, alphabetisation, et aussi savoir comment obtenir l'aide de specialistes dans ces domaines. C'est ainsi que pour remplir ce nouveau role, Ie vulgarisateur doit avoir une competence et une experience superieures a celles d'autrefois. Pour arriver a ce but, les pouvoirs publics ont l'intention de reformer les programmes de formation des moniteurs et d'attirer des cadres mieux formes en ameliorant les conditions de travail. C. Le systeme educatif 2.12 Le Hinistere de l'education nationale (HEN) est responsable de tout l'enseignement general, technique et superieur. D'autres ministeres, notamment ceux de l'agriculture, de l'elevage et des telecommunications ont certaines activites d'enseignement et de formation, surtout au niveau secondaire, dans les domaines qui les interessent directement. Cette repartition des respon sabilites requiert une cooperation etroite en matiere de gestion et de pre vision du systeme d'enseignement; Ie besoin d'une telle cooperation est par ticulierement clair en ce qui concerne l'education agricole, sur laquelle Ie projet propose ici met l'accent (par. 2.19 a 2.25). 2.13 Depuis l'independance, les pouvoirs publics ont concentre leur attention sur l'augmentation des effectifs de l'enseignement primaire (de 680.000 eleves en 1964 a 970.000 en 1972) et de l'enseignement secondaire general (de 25.600 a 73.000 dans la meme periode). Neanmoins, les possibili tes d'enseignement sont restees limitees et reparties inegalement, surtout au niveau primaire. Les efforts du gouvernement ont consiste ensuite a former les techniciens et travailleurs qualifies qui devaient remplacer les expatriee et satisfaire aux beeoins de l'industrie locale croissante. Lee besoins en formation des communautes rurales et agricoles ont ete negliges. 2.14 La politique du gouvernement en matiere d'education slest modifiee par suite de: a} l'accent que ses plans de developpement donnent a un deve loppement equilibre entre regions et secteurs; et b} Ie taux de chomage eleve des diplomes qui a ete accru par les migrations de ceux-ci vers les villes. Ces changements refletent Ie desir du gouvernement de: i} augmenter les effectifs scolaires dans les regions moins favori sees afin de diminuer les inegalites, et ceci en commen~ant par l'enseignement primaire; ii} ameliorer la qualite de l'enseignement general, surtout du secon daire, en ayant des professeurs mieux formes et des materiaux d'en seignement plus adequats; - 7 iii) mettre davantage l'accent sur l'enseignement et la formation agri coles; et iv) etendre les enseignements technique et superieur. 2.15 Ces buts devront etre realises en rendant plus efficace Ie systeme d'enseignement et de formation, car ce systeme absorbe deja des ressources importantes qui ne pourront pas etre sensiblement augmentees. En 1971/72, les depenses totales de l'enseignement se sont elevees a 19,3 milliards de francs CFA (soit 85,8 millions de dollars ~~), ou 5,9 % du PNB; la part de l'Etat (y compris ses subventions aux institutions d'enseignement privees) a ete de 11,8 milliards de francs (52,4 millions de dollars), soit environ 20 % de ses depenses totales. Les depenses totales de fonctionnement s'elev~rent a environ 16 milliards de francs (71,1 millions de dollars), soit 83 % de toutes les depenses pour l'education et consisterent principalement en paie ment de salaires des enseignants. Les depenses recurrentes sont surtout pour l'enseignement general (52 %), l'Universite de Yaounde (18 %), l'enseignement technique (7 %) et seulement 2 % pour l'enseignement agricole. 2.16 Les possibilites d'ameliorer l'efficacite du systeme sont moindres dans l'enseignement primaire que dans Ie secondaire et Ie superieur; Ie cout unitaire de l'enseignement primaire (6.000 francs CFA ou 27 dollars) est assez bas par rapport a celui des autres pays de l'Afrique de l'Ouest; et les mesures visant a l'etendre et a l'amiHiorer (par. 2.14 i) et if) augmenteront les couts totaux et unitaires. Les couts unitaires de l'enseignement secondaire (38.000 francs CFA ou 169 dollars) et de l'enseignement superieur (500.000 francs au 2.200 dollars) sont eleves et pourraient etre reduits si les taux de redoublement et d'abandon diminuaient. Enseignement technique 2.17 Durant les annees qui suivirent l'independance, l'enseignement technique fut caractihise par: son incapacite de fournir les cadres techni ques necessaires au pays; la faible qualite de la formation et des insuffi sances structurelles liees aux divers systemes d'enseignement dont Ie Cameroun oriental et Ie Cameroun occidental ont herite a l'independance. Au debut des annees soixante. Ie gouvernement, aide par les premier et second projets education d'AID, s'effor~a de resoudre certains de ces problemes (par. 1.02). Cet effort, qui n'a pas encore completement abouti, est concentre sur: la rtHorme et 11 adaptation des prograrmnes d' education technique; 1 t agrandissement et l'amelioration des ecoles de formation professionnelle deja existantes et la construction de nouvelles ecoles techniques. - 8 2.18 Une des principales difficultes de ce sous-secteur est Ie manque d'un plan de developpement donnant des buts et objectifs de formation fondes sur une evaluation des besoins du pays. Le Hinistere de l'education tient a sa disposition les ressources necessaires pour entreprendre cette tache, a laquelle devrait etre assignee une haute priorite afin d'atteindre un deve loppement de l'education satisfaisant. Jusqu'a ce qu'un tel plan ait ete prepare, les investissements nouveaux peuvent, au mieux, etre evalues en fonc tion de besoins locaux bien determines. Le Cameroun septentrional en est un bon exemple. L'economie de cette region se developpera rapidement avec l'ou verture de la ligne de chemin de fer vers Ngaoundere, et on s'attend a ce que la demande de techniciens et ouvriers qualifies augmente. Le second projet educat.fon qui est en cours doit permettre d'aider a satisfaire les besoins de cette region en techniciens grace a la construction d'un lycee technique a Garoua; Ie troisieme projet education propose ici devrait aussi l'aider par son financement d'une ecole pour former des ouvriers specialises (par. 1.03 et 3.03-3.04). Cette region a un besoin total d'environ 300 ouvriers quali fies, surtout pour l'entretien mecanique, les moteurs diesel, l'electromeca nique et Ie travail des metaux; d'ici a 1980, Ie besoin annuel sera d'environ 75 ouvriers qualifies. Enseignement agricole 2.19 Le systeme actuel de l'enseignement agricole comprend les elements suivants (l'Annexe 2 donne des details sur les ecoles et leurs programmes): a) un programme universitaire a l'ENSA avec un effectif de 56 eleves et 33 enseignants, a un coGt annuel par eleve de 2,5 millions de francs CFA (soit 11.000 dollars)~ b) deux colleges regionaux d'agriculture (CRA) (Dschang et Bambili) avec un effectif de 120 pour 1e programme de techniciens, 15 en seignants et un coGt annuel par eleve d'environ 0,5 million de francs (2.200 dollars); c) quatre ecoles techniques d'agriculture (ETA) ~~roua, Ebolowa, Bafang et Abong-}fuang) avec un effectif de 60 et 31 enseignants, a un coGt annuel par eleve variant de 0,7 million a 0,8 million de francs CFA (3.100 a 3.600 dollars); et d) deux centres de formation veterinaire ~laroua et Jakiri) avec des effectifs de 40 dans Ie programme d'assistant veterinaire et de 5 dans Ie programme de techniciens avec 7 enseignants et un coot annuel par eleve de l'ordre de 0,5 a 0,7 million de francs CFA (2.200 a 3.100 dollars). - 9 2.20 Ce systeme a quatre problemes principaux: a) l'inefficacite des ecoles agricoles existantes et Ie manque de mate riel et de moyens d'enseignement suffisamment modernes; b) l'insuffisance du planning et de la gestion; c) Ie manque d'enseignants agricoles qualifies; et d) un programme inadequat. L'inefficacite de ces institutions de formation est manifestee par leurs couts unitaires tres eleves qui sont irnputables a: la dispersion des ecoles, au nombre d'e.leves par enseignant qui est beaucoup plus faible que celui d'institutions similaires dans d'autres pays, des allocations d'etudes tres elevees) et un trop grand nombre de travailleurs journaliers dans les exploi tations agricoles des ecoles. 2.21 Le probleme de l'insuffisance du planning et de la gastion est ag grave par Ie fait que les responsabilites en matiere d'enseignement agricole soot partagees (par. 2.12). La HEIJ, par l'intermediaire de l'ENSA est res pousable de l'enseignement agricola au niveau universitaire; la Direction des programmes et des etudes du Uinistere de l' 61evage (~!E) s
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Cameroon - Third Education Project : Cameroun - Troisieme Projet d'Education
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