Th K DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AE-1la TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a eté prépare' à titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilite' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ECONOMIQUE RECENTE ET PERSPECTIVES DE LA REPUBLIQUE MALGACHE 8 janvier 1971 De'partement Afrique de l'Est TAUX DE CONVERSION Unité monétaire Franc Malgache (FMG) Avant le 10 août 156 1 dollar des Etats-Unis = 247 FMG 4,15 millions de dollars des Etats-Unis = 1 million de FMG Depuis le 10 août 156 1 dcllar des Etats-Unis = 278 EMG 3,60 millions de dollars des Etats-Unis = 1 million de EMG Avant-propos Le prisent rapport a pour cadre général la période du premier Plan quinquennal, de 1964 à 1)68, et les perspectives do la période du deuxième Plan, de 1970 à 1974. Il évelue dans l'ensemble les réalisations de la première période et présente des suggestions au sujet de l'ampleur et du contenu possibles du deuxine Plan, non encore ridié, dans l'espoir qu'elles pourront être utiles aux autorités responsables en tant qu'"ordre du jour" initial. Ce rapport a été élabori par une mission économique qui a séýjourné à !,adagascar en novembre et décembre 1969 et qui était composée de IM. Th. Halbe, A. Van Ninmen, C. Brochu (FCO), J. Dabas-Panero, A. Elsaas et E. Haker (consultant). TAHLE DES KATIERES page DONNEES FONDAiENTALES RESINE ET CONCLUSIONS ................................ i I. LE PLYS .............................................. 1 A. Géographio .......................................1 B. Population ...................................... 1 C. Situation politique ............................. 2 II. STRUCTUPLE DE L'ECGOKIE .............................. 4 III. EVCLUTICW RECSTE .................................... 7 I. Tendances du dévoloppeont conomfiqu.- . . 7 B. Le Pin quLinquennal de d'velopper,ont (196h-1968) 11 C. Evolution par seotcurs (a) Agzriculture ................................ 14 (b) Transports ................................. 17 (c) Industrie .................................. 18 D. Finances publiquos .............................. 19 (a) Budget du gouvernement central ............. 20 (b) Budgets annexes ............................ 25 (c) Les budgets provinciaux .................... 26 (d) OpCrations financicres du TrGsor ........... 27 E. Flux dtrido étrnngòre ........................... 30 IV. LES CINQ PROCHATNES ANNEES ........................... 33 A. Introductio . .................................... 33 B. Perspectives de financement des investissenents . 33 (a) Budget ordinaire ........................... 33 (b) Epargne publique total ..................... 36 (c) Yide åtranère.............................. 36 (d) Investisscnments totaux ..................... 37 - 2 - C. Porspectives de divoloppement ................. 30 D. Balance des paicmnts ......................... Lo E. Dettc extérieure .............................. 41 V. PROBLE.ES A PLUS LONG TEREE ..................... 42 A. Population .................................... 42 B. Enseignement .................................. 43 C. Planification éonomique ...................... 43 D. Lc rô1c de l'aide trangère ................... h6 APPENDICE STATISTIQUE INNEXE - Modlo icenomique établi h titre d'exemple pour MJdagascar CARTES DONNEES FONDAiNTALES Superficie: 50 000 kilomotres carrés Population: (170) 6,8 millions d'habitants Taux de croissance: 2,2/ par an Situation poitique: Pays indépondant depuis juin 1'60 PIB (aux prix du marché), 1969: 217 milliards de FMG croissance 1965-1969: environ 4,5 p. 100 par habitant 169: 120 dollars des Etats-Unis Gouvernement central (chiffres réels, 1968; milliards de FMG) Recettes courantes 31,9 Dépenses courantes 28,5 Excédent courant 3,4 Dépenses d'investissement 9,1 Déficit -5,7 Balance des paiements 1569 (milliards de FMG) Exportations (f.o.b.) 29,1 Importations (f.o.b.) -4o,3 Services nets -7,1 Paiements des facteurs -7,0 Transferts courants 10,7 Ealance des paiements courante -14,6 Versements d' aide as 1M69 (dn rillios de dollars) Dons 41,6 Prfts Dette publique( extérieurc délcembrc 196) (millions de dollars) Total (y compris montant non déboursé) 120,0 Service de la dette 1<69 5,7 Rapport du service de la dette,1969 5,2 p. 100 RESUïE ET COUCLUSIONS i. Madagascar n'est pas seulement dans une situation géogra- phiquo isolée, elle est aussi géographiquement divisée on plusieurs régions aux conditions climatiques différentes et qui manquent souvent de facilités de transport räciproques. L'extrême nord, région très fertile, est pour ainsi dire coupé du reste du pays. La côte orientale, chaude et humide, convient à la production du café et des bananes; la côte ouest se compose de plusieurs plaines qui réunissent les conditions idéalos pour le développement de la culture du coton et de l'élevage; le sud, d'autre part, au climat très chaud et très sec, est encore à proprement parler un désert. Bien que cette variété climatique permette une production agricole diversifiée, le développement do l'agriculture a ét entravé par plusieurs causes au nombre desquelles on peut citer les cyclones périodiques qui occasionnent des dommages considérables le long de la côte est, la vieille coutume des brûlages de forêts et la valeur sacrificielle attachée au bétail par la population malgache. ii. La population de Madagascar est d'origine ethnique diverse. Une partie est de souche malayo-polynésienne et a apporté à l'île ses techniques de la pêche et de la culture du riz; d'autres habitants sont de descendance africaine et ont apporté des influences arabes et négroides. Une langue commune est toutefois parlée. iii. Quatrième île du monde par sa suporficio, Madagascar couvre 590 DOO km2. Avec une population de moins de 7 millions d'habitants en 1W69, le pays a une densité à pcinc supérieure à 11 habitants par kilomètre carré, c'est-à-dire de tròs pau supérieure seulement à la densité de l'ensemble du continent africain (9 hab/km2). Néanmoins., un problème démographique se pose à Madagascar. En premier lieu, l'accroissement rapide de la population a nécessité d'importants investissements pour développer la production du riz, denrée alimentaire de base du pays et, on second lieu, la population est inégalement répartie dans l'île, certaines régions, notamment dans le contre, risquant d'être bientôt surpeuplées. Les migrations intérieures vers des régions à moindre densité démographique sont entraviGs par les différences ethniques existantes, mais doivent être encouragées. iv. Madagascar ost un pays pauvre. Son PIB on 1§69 est estimé à 217 milliards de FMG (780 millions de dollars), le PIB par habitant avoisinant ainsi 120 dollars. L'économie roste fondamentalement agricolu. Une proportion de plus de 15 p. 100 de la population est rurale et 70 p. 100 des produits do base ont peur origine le secteur agricole. Plus de la moitié de cette production se classe toutefois dans le secteur do subsistance. Le revenu monétaire de l'activité agricole est d'environ 20 p. 100 du revenu total monétisé. Les prin- cipaux produits destinés à la consommation intérieure sont le riz, le manioc et la viande. Les principales denrées d'exportation sont le café (qui représente près du tiers des recettes d'exportation), la vanille, le riz et le sucre. En 1968, les produits agricoles ont compté au total pour 85 p. 100 dans les exportations. - ii - v. Depuis l'indépendance, le gouvernement a mené une politique d'industrialisation en créant plusieurs organismes de développement qui peuvent accorder des prêts aux entreprises industrielles appartenant à l'Etat ou y prendre des participations, et en promulguant un Code d'Investissement destiné à attirer les investissements étrangers. En 1968, la part de l'industrie dans le PIB représentait environ 16 p. 100, mais le secteur ost encore principalement constitué d'entreprises de dimensions modestes et 4:pend largement de l'tranger pour l'équipement, les matières premières et le personnel de direction. L 'industrie est en majeure partie axée sur le remplacement des impor- tations et le taux d'utilisation de la capacité de production est souvent faible. La part des services, y compris le commerce, les transports et l'administration publique, est très forte, ne représentant pas rtoins do 47 P. 100 du PIB et 60 p. 100 du revenu monétaire. vi. L'économie malgache reste fortement tributaire de la France, tant pour l'aide financière que pour l'assistance technique. Environ 34.000 Français sont installés dans l'île et jouent dans l'économie un rêle important, aussi bien dans l'administration civile que dans l'industrie, l'agriculture et le commerce. Ils sont principalement concentrés à Tananarive. Leurs habitudes dc consommation ont été adoptées dans une large mesure par les classes les plus aisées du pays et expliquent jusqu'à un certain point la forte part commercialisée des importations. Le pays possède une grande université (3.500 étudiants), qui est fortement dépendante du soutien financier et technique français. Madagascar est, d'autre part, un pays membre de la zone franc, ce qui la fait bénéficier de la libre convertibilité en devises du produit de ses exportations à l'intérieur de la zone et de facilités de découvert auprès du Trésor français. En général, cependant, les échenges de Madagascar avec d'autres pays que ceux de la zone franc ont été équi- librés, avant tout grâce aux importantes quantités de café et de vanille exportées vers les Etats-Unis, et la Banque centrale n'a pas eu jusqu'ici à utiliser ses facilités de découvert auprès du Trésor français. vii. En 1964, Madagascar a formulé un plan de développement économique ambitieux (196h-1968), fondé sur une série d'aspirations et de priorités d'ordre général plutôt que sur des projets particuliers. Le total des investissements prévus pour la durée de ce plan quinquennal était de 150 milliards de FMG, soit 30 milliards de FMG par an. Cependant, en 1 67, il apparut que los chiffres de la production et les investis- sements totaux, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé (11 illiards de FMG et 6 milliards dc FMG par an, respectivement) étaient loin d'atteindre les objectifs fixés pour les trois premières années. Pour remédier à cette situation, le gouvernement décida de prendre des mesures tendant à faire augmenter la production de riz et celle des denrées d'exportation. Un programme provisoire, dénommé "les grandes opérations" et conprennt plusieurs projets d'investissement, surtout dans le domaine agricole, fut élaboré. A la suite de cette action plus vigoureuse, les investissements dans le secteur public passèrent à 13 milliards de FG en 1967 et à 17 milliards do FIG en 1968. - iii - viii. Au total, les investissements publics effectués pendant la durée du premier Plan ont été d'environ 63 milliards de FMG. Si, à ce chiffre, on ajoutc des investissements privés estimés à quelque 32 milliards de FG, les investissements totaux de la période quinquen- nale du premier plan de développement s'établissent à 95 milliards de FMG, sci19 '.iard I F11G prr rn, conbre un cijcct' rnnu iitil de 30 nillicris de iG. i p différencc en scins e été Aus rrndic our. les invertissernts ,rivs qu, pour crux du secteur -ulic lce nrcicrs n'ayant atteint quc 55 ). 1:0 dc leljoctif fixé tas quc loo soccnds Ptteignaient presque 70 p. 110. Tout cfpto fait, c,s urccnta_co no oent pas mauvais. Malheureusement, les investissements ont été souvent coûteux ou mal coordonnés. De plus, parmi les programmes plus récents, il en est certains qui sont encore en période de gestation et qui n'ont pas encore ou de répercussions sur les niveaux de production. Ce n'est qu'au cours dos quelques prochaines années que sera ressenti l'effet total sur le développement économique des efforts faits dans un passé récent. ix. Les recettes du gouvernement central sont passées de 24,6 milliards de FMG en 1964 à 31,9 milliards de FMG en 1968, progressant ainsi à raison de 6,7 p. 100 par an. L'accroissement dcs dépenses ordi- naires pendant la môme période a été à peu pròs du même ordre de grandeur et a permis la formation d'une épargne publique totale d'un montant de 10,5 milliards de FMG pondant la période quinquennale. Cette somme a servi à financer près du sixième des investissements du secteur public. En outre, environ h milliards de FMG d'épargne ont été produits sous le contrôle direct du Ministère des Finances par des organismes publics semi- autonomes. x. A Madagascar, comme dans beaucoup d'autres pays africains francophones, le Trésor fait fonction de banquier et peut employer l'épargne d'un grand nombre d'organismes publics et semi-publics pour financer les dépenses d'investissement de l'Etat. Jusqu'en 1967, la gestion des finances publiques avait été relativement conservatrice. Le gouvernement s'était abstenu de faire des prélèvements sur les disponibilités du Trésor, qu'il avait môme quelque peu augmentées. En 1967, cependant, comme le développement restait inférieur aux privisions du Plan et qu'il s'en suivait un certain mécontentement, le gouvernement décida d'appliquer une politique d'investissement plus active. Le résultat en fut une vive augmentation des investissements ; los soldes liquides du Trésor décrurent avec rapidité et les réserves internationales de Madagascar s'amenuisèrent fortement. xi. Indépendamment de l'emploi de l'épargne du secteur public et des réserves liquides accumulées par le Trésor, des ressources ont été trouvées pour le financement des investissements du secteur public dans le soutien budgétaire reçu de la France, dans l'aide sous forme de dons accordée par le FAC et le FED, et dans des emprunts à long terme contractés auprès de la Caisse centrale de coopération économique (CCCE), en France, et de la Kreditanstalt, en Allemagne fédérale. - iv - xii. Les versements totaux effectués à idagascar à titre d'aide, y compris le financent de l'assistance technique, ont été en moyenne de 50 à 55 millions de dollars par an pendant la période 1964-1968. Si le montant total de l'aide est resté stable (en prix courants), c'est uniquement parce que la diminution des dons de la France a été compensée par une augmentation des prêts de la CCCE et du Groupe de la Banque 1M-iondiale. En conséquence, les conditions de l'aide se sont légèrement durcies et la proportion des dans s'est trouvée ramonée de 92 à 81 p. 100. Le plus important des pays donateurs reste la France, bien que sa contribution soit tombée de 64 p. 100 on 1964 à 54 p. 100 en 1569. xiii. L'élaboration du deuxième plan de développement du pays, lequel devait s'étendre sur la période de 1970 à 1974, a pris un très grand retard. La principale raison de ce retard réside dans le diffi- culté que rencontre le gouvernement pour arrêter un plan étayé par de bons projets particuliers. Les divers ministères dépensiers ont présenté un grand nombre de propositions, dont beaucoup exigeront une masse de travaux préparatoires avant d'être pr3ts pour leur financement. Les investissoments représentés par ces propositicns s'élèveraient au total à 240 milliards de FM;G, ce qui excòde de beaucoup les ressources sur lesquellos il est raisonnable de compter. Cependant, le choix du Oouvernement est rendu difficile par'le souci de maintenir un 1quilibre bntre les différentes régions et par le manque de projets suffisamirant préparés. La solution de ce problème n'est pas facilitée par le manque d'une stratégie du développement généralement admise et indiquant de larges priorités acceptées d'un coniun accord. xiv. Des contraintes financiores pèsent, évidemment, sur l'étendue globale des investissements publics. Au cours des deux dernières années, l'épargne publique a été tros importante, atteignant 10 p. 100 dos recettes publiques cn 1968 et 15 p. 100 on 1969. Néanmoins, le iiniatère des Finances est alarmé par la montée rapide des dépenses courantes au cours des derniòres années et par la forte diminution des disponibilités du Trésor causée par l'augmentation considérable des dépenses d'investissement du gouvernement central depuis 1967, aussi a-t-il décidé d'établir u. budget d'austérité pour 1970. Ce budget fixe l'augmentation maximale des dépenses ordinaires pour 1)70 à 5,2 p. 100 au-dessus du niveau des dépenses de 1969, alors que l'aug- mentation annuelle moyenne a été do 1i p. 100 entre 1966 et 1969. Si ce programme de restrictions budgétaires est exécuté - et on a des raisons de penser qu'il le sera - le gouvernement serait à même de continuer d'investir au rythme actuel sans avoir à puiser beaucoup plus dans les disponibilités du Trésor et sans accroîtro sensiblcment le poids de sa dette. xv. De l'avis do la -ission économique, l'épargne publique, y compris celle de plusieurs organismes semi-publics, pourrait s'élever à 31,5 milliards de FHG pendant la période quinquennale 1970-1974. Cette épargne, ainsi que le soutien budgétaire maintenu par la France et qui pourrait être d'environ 4,5 milliards de FEG pendant la même période, et une aide étrangire qui totaliserait h8,8 milliards de FiG, permettraient de mettre en oeuvre un programme d'investissements publics d'un montant total de près de 65 milliards de FMG. A supposer que les investissements privés se maintiennent à leur niveau de 1968 (10 milliards de FMG), le total des investissements à Madagascar pendant les cinq prochaines années pourrait atteindre 130 milliards de FMG. Il est difficile d'estimer le taux de croissance que ces investissements pourraient produir, mais il est peu probable que ce taux soit supérieur à 3,5 p. 100, ce qui donnerait un accroissement annuel d'environ 1,5 p. 10O du revenu par habitant. xvi. Un problème important restera celui de l'évolution de la balance des paiements. Selon des informations qui lui ont été fournies par les autorités malgaches, la mission a établi une projection des recettes d'exportation probables jusqu'en 1-7h. Le résultat de cette projection est que les recettes provenant des exportations de marchandises devraient pouvcir atteindre 34 milliards de FiG en 197h, contre 2',1 milliards en 1969, ce qui correspond à un taux annuel de croissance de 3 p. 100, par comparaison avec une progression d'environ 3,8 p. 100 pendant les dix années précédentes. A supposer que les exportations de services se développent au même ryttmne, les recettes totales provenant de l'exportation de biens et services pourraient s'élever à 3ý milliards de EWG en 197h. xvii. Compte tenu des courants existants d'aide éetrangère et de nouvoaux engagements escomptés do la part dcs principaux donneurs d'aide, il apparaît probable que les flux de capitaux publics se maintiendront à peu de chose près à leur niveau actuel. Dc surcroÎt, dans l'hypothèse que les autres éléments de la balance des paiements ne seront pas scnsi- blcment modifiês, Madagascar serait obligée d'emp3cher le déficit de l'ensemble des biens et services de la balance des paiements de dépasser sensiblement le niveau actuel (1.9 milliards de FG). En conséquence, l'expansion des importations ne devra pas être sunérieure à 2 p. 100 par an, chiffre moindre que celui de la croissance des exportations et notablement inférieur au taux dont elles s'étaient accrues au cours des cinq dernières années. Si, cependant, ncus ne commettons pas d'erreur en prévoyant que, pondant les cinq années à venir, les investis- sements en valeur absolue n'excédercnt pas sensiblement le chiffre de 1969, l'expansion des importations pourrait être presque entièrement absorbée par la croissance des importations de biens de consommation. Il peut être difficile, mais non impossible, d'ompcher que la demande en biens de consommation importés progresse plus rapidement que le taux d'accroissement de la population. Par l'application d'une poli- tique tendant à substituer progressivement les produits domestiques aux importations, associée si possible à une augmentation sélective des impôts frappant les produits de luxe importés, il devrait être possible de contenir dans les limites souhaitées la progression de l'onsemble des importations. xviii. Selon les estimations de la Banque, la part des prêts dans les versements effectués à titre d'aide pessera de 18 p. 100 en 1969 à 40 p. 1GO en 1 97h. Mais le poids de la dette extérieure de Madagascar - vi - est actuellement très léger et ne devrait pasr à ce stade, im,poser de limitation rigoureuse au montant de la dette supplémentaire do type classique susceptible d'tre contractée. En décembre 1969, le. dette publique extérieure totalo non amortie s'élevait à 120 millions de dollars et les paioments au titre du service de cette dette étaient de 6 millions de dollars, soit un chiffre légèrement supérieur à 5 p. 100 des recettes d'exportation de l'année 1969. Le service de la dette existante atteint un maximum de 8,h millions de dollars en 1973, mais se met à décroître ensuite pour tomber à 7,6 millions de dollars en 1975. xix. Dans une large mesure, l'ampleur et la nature de la croissance économique de Ïiadagascar pendant la durée du deuxième plan do dévelop- pement dépendra - coro par le passé - des décisicns prises et des critères appliqués par les principaux dispensateurs d'aide. De plus, une forte proportion des investissements à effectuer au cours des cinq prochaines années ira à dies projets qui sont déjà en cours ou actuel- lement à l' tude, en sorto qu'il reste pou de latitude pour une modifi- cation importante des allocations de ressources. Il est certain que le gouvernement devrait s'abstenir de procéder sans autres études à certains investissemants qui, tels le programme excessif d'abattcirs, semblent peu judicieux ou inopportuns. Toutefois, des déIcisions relevant d'une politique à plus long terme et dent les effets no se feront sentir que pendant la période du troisième plan - voire au-delà - méritent une égale attention. xx. Parmi ces décisions, on peut détacher cellos qui concerneront la population et l'enseignement. Pour ce qui est de la population, le peuplement des régions à faibla densité démographique deviendra pour le pays une question de la première importance dans les dix à quinze prochaines années. D'ores et déjà, le gouverne.ment devrait déterminer jusqu'à quel point il désire poursuivre la diversification agricole dans les hauts plateaux ou se demander s'il ne serait pas prérable de définir une politique de réinstallation, notamment dos jcunos, dans les régions actuellement incültcs qui cffront les meilleures perspectives. L'xé- cution de projets de pouplement limités a déjà démontré que l'édifi- cation d'une infrastructure appropriéc cst capable d'accélérer ce processus de migrations intérieures. Quant à l'enseignement, des chiffres récents montrent que l'accrcissement des effectifs scnlaires a pris depuis quelques années des proportions alarmantes. Entre autres choses, l'accroissement rapide du nonbre des (. tablissemeents d'enseignemont secondaire priv-s - où les frais de scolarité scnt souvent élevés pour un pays comme 11iadagascar (près de 20 dollars par ois) et où les pc,urcen- tages de sorties d'élèvos ayant subi leurs exae-mns avoc succès sent souvent très faibles - dovrait être soi gneusement examiné et, s'il y a lieu, freiné par le gcuvernement. LC'accroissemnt du nombre des établissements secondaires d'onseignement général du premier cycle ne semble pas justifié au regard des be-soins restrcints on jeunes gens quittant l'école pcurvus d'uno éducation générale. Si cotte expansion continue au-delà dc la capacité correspondant aux besoins en r;ain- d'oeuvre, il pourrait en résulter des problèmes sociaux. Avant tout, ce serait une mauvaise allocation de ressources financiéres peu abondantes. - vii - xxi. Ces derniers mois a été prise à Madagascar une importante mesure qui pourrait améliorer le mécanismre dc planification du pays. Un Conseil interninistériel, placé scus la présidence du Vice-Président et appuyé par un comité technique consultatif, a été créé pour étudier et approuver los projets d'invostissement qui lui sont soumis. Toutefois, la tâche de ce Conseil et du Commissariat au Plan serait grandement faci- litée si les ministèrcs techniques voulaient bion Présenter pour leur part des projets dont la justification financiUre et éconcmique a été plus claircmont établie. Le Ministère des Travaux Publics montre le bon exomple en ce sens. De rême, il serait fort souhaitable de renforcer le groupe d'étude du Ministère de l'Agriculture, si nécessaire avec du personnel étranger, et de lui donner en même temfps une autorité suffisanto pour influencer le travail d'élabcration des programmes dans los divers d1partoments du Ministòre. Outre qu'il serait ainsi possible do procéder à une évaluation plus complète des projets de développement agricole, cela réduirait quelque peu le déséquilibre existant ontre les investissements dans l'infrastructure et ceux qui sont effectués dans des activités plus directement productives. I. LE PAYS A. Géographie 1. A première vue, Madagascar offre de très belles promesses de développement. Située entre le 12ème et le 26ème degré de latitude sud, l'île présente, avec de fortes différences d'altitude, une grande diversité physique et climatique. L'extréme nord est très fertile. La côte orientale, chaude et humide, convient particulirement à la production du café et des bananes. Le nord-est est une région d'exploi- tations forestières et de culture de la vanille, tandis que les plaines basses de l'ouest sont favorables à la culture du coton et à l'élevage. Seul le sud est à peu près désertique. Ces régions de caractère varié sont toutefois séparées les unes des autres par dos rivières non navi- gables et dos chaînes de montagnes. Les transports intérieurs sont dcnc 2xtrêmement difficiles et les routes de construction caftteuse. Le cabotage autour des côtes nord et ouest, plus peuplées, est inter- rompu en certaines saisons par des cyclones qui, a% intervalles de quelques années, causent do très grands dégâts à l'intérieur des terres. Madagascar est, d'autre part, située à l'écart des principales routes maritimes, ce qui grève son commerce extérieur de frais de transport internationaux élevés. B. Population 2. L'évolution récente de la pcpulation de Madagascar est carac- téristique de l'cxplosion démographique du monde on voie de développement. le premier recensement systématique effectué dans le pays date de 1900. Il montre que 11adagascar devait avoir à l'époque environ 2,5 millions d'habitants. M4algré des taux do fécondité élevés, la croissance démo- graphique a été freinée par des luttes intestines, la peste et la malaria. En 1936, la population avait atteint 3,b millions d'habitants, à raison d'un taux d'accroissement annuel légèrement supérieur à 1 p. 100. Après la seconde guerre mondiale, des efforts accrus ont été entrepris pour réduire la mortalité pnr l'application de méthodes de médecine préventive. Les services d'hygiène publique furent améliorés et l'on aspergea les marécages de DDT afin de détruire les moustiques. Ces mesures ont eu pour résultat un accroisseîent rapide de la pcpulation de l'îlo. En 1966, un dénombrement per sandage a permis d'estimer la population à quelque 6 à 6,h millions d'habitants. On n'a qu'une connaissance très imprécise des taux actuels de croissance démographique, mais on pense généralement que la population s'accroît maintenant à un taux annuel d'au moins 2,2 p. 100. S'il on est ainsi, la population de Madagascar aurait été de l'ordre de 6,6 millions d'habitants on 1"69 et atteindrait 7,5 rillions d'habitents en 1 75. 3. Malgré cet accroissement rapida da sa population, Iadagascar n'est nullement un pays à forte densité démographique. Elle est la quatrième île du monde par sa superficie, couvrant au total 590.000 kilomètres carrés. Sý densité moyenne n'est donc guère supérieure C I1 habitants par bm, c'est-à-dire un peu supérieure seulement à la densité de l'ensemble du continent africain (? hab./km2). Madagascar n'en a pas moins un problème démographique. En premier lieu. l'accrois- sement rapide de la population a nécessité des investissements considérables - 2 - pour augmenter la producticn du riz, principalc Ce"réa de consommation. En 1065, quand les conditions climatiques firent tomber la production de riz en dessous du niveau de li64 et que 7d 000 tonnes de cette céréalc durent Ctre importées, le gouvernement mit l'accent encore plus fortement sur les plans de productivité en riziculture. Même au cours de l'année rcccrd 1P64, la production tottle e riz ne fut que de 24 p. 100 supérieure à celle de 1954 et à peine supéricure à colle de 1960. Le diveloppnsnt de la production de riz avait manifestement pris un retard considérable sur i'accroissment de la population. Le gouvernement insista alors sur ce que l'on a appelé la "politique du ventre", poli- tique visant à ce que l'île produise suffisamment de riz pour satisfaire à ses besoins elimentaires et à ce qu'elle puisse finalement exporter du riz ds meilleure qualité. La mise en applicaticn de cette politique a toutefois nécessité la mobilisation de ressources financières très impor- tantes provenant aussi bien du gouvernement que du FAC et du FED. En second lieu, la pcpulation de Madagascar n'est pas également répartie sur le territoire de l'île, et certaines régicns, nctaeinent les hauts plateaux du centre et certaines parties de la côte orientale pcurraient bientet être surpeuplées (voir carte 1). Bien que Madagascar ait connu de nombreuses migraticns internes au cours de son histoire /, les mouvements internes de population sont maintenant quelque peu contrariés par les différences ethniques. Halheureusement, la région dos hauts platoaux, qui a la plus forto densité de population, est également celle où est cultivée la plus grande partie du riz irrigué et cù, par suite de l'uti- lisation extensive des vallées et des lacs, il est possible que la production agricole doive être étendue aux flancs des collines plus marginales (voir carte 2). Cette etension dc l'agriculture dans les hauts plateaux entraînera probablement une augmentation du coût unitaire de la producticn. On ne peut dire avcc certitud si la pression accrue ainsi exercée sur ces terres suffira i pousser à l'émigration, mais le gouvernement se verra tôt ou tard dans l'obligation d'oncourager les déplacements internes do population par la mise en valcur de régions à plus faible densité d'r:cgraphique. L. fa population dc Madagascar resto essentiellcment rurale, une propcrtion de 12 p. 1SU seulement du total vivent dans 24 agglomérations de plus de 5 000 habitants. Plus de k5 p. 100 de la pcpulation urbaine sont concentrés dans la capitale, Tenanarive (340 000 habitants). Il est maintenant généralement admis que la population do Tnannarive dou- blera en quinze ano et qu'elle s'élivera à 505 000 habitants en 1175-190. C. Situation politique 5. Avant la colonisation par la France, le groupe ethnique prédominant dans l'île était celui des Mirinas, originaires de l'Asie du Sud-Est, qui occupaient les hauts plateaux et roprésentaient environ 1/ Voir H. Deschamps, Les migrations intérieures passées et présentes à Madagascar, Bergar-Levrault, 1P59. - 3 - 40 p. 100 de la population. Pendant la période coloniale, les habitants des Hauts-Plateaux profitèrent des possibilités d'accès à l'éducation en France et occupèrent la majorité des emplois tenus par des Nalgaches dans la fonction publique. La principale force animatrice du mouvement d'indépendance et les principaux bénéficiaires politiques de cette dernière furent les éléments ethniques côtiers. 6. Le prestige personnel du Président Tsiranana et son habileté à maintenir l'équilibre politique ont conduit jusqu'ici à une stabilité politique ininterrompue et à une attitude tolérante envers les partis d'opposition, qui sont notoirement de petits partis. 7. Les liens économiques et culturels de ihadagascar avec la France restent solides. Le pays est membre de la zone franc et la majeure partie de ses échanges internationaux s'effectuent avec les autres membres de cette zone. Sur les 61.000 étrangers installés dans l'île, 34.OOD sont des Français, qui jouent un rôle important dans l'adminis- tration civile ainsi que dans l'industrie, l'agriculture et le commerce. Ils sont concentrés à Tananarive. L'Université (3.'00 étudipnts) est fortement tributaire du soutien financier et technique français. La France fournit aussi une assistance technique importante à l'enseignement secondaire. 8. Bien que ivadagascar fasse partie des institutions communes africaines d'expression française, les relations qu'elle entretient avec les pays africains sont extrêmenent sélectives, conservatrices et pragmatiques. De grands efforts visent actuellement à développer le commerce avec la zone géographique limitrophe et particulièrement à attirer les touristes de cette région. Ainsi qu'il a été dit plus haut, les liens avec la France restent étroits, mais néanmoins, de sérieux efforts ont été déployés ces dernières années pour élargir le champ des contacts avec d'autres pays. La démarche auprès de la Banque fait en elle-même partie d'une initiative tendant à exploiter de nouvelles sources d'aide au développement. - 4- II. STRUCTURE DE L'ECOCKOIE 9. Madagascar est un pays pauvre. Le produit intérieur brut de l'Île en 1969 est estimé à 217 milliards de FMG (780 millions de dollars des Etats-Unis), ce qui donne un PIB par habitant voisin de 118 dollars. Cette moyenne peut évidemment induire en erreur, attendu qu'il existe une grande disparité entre les revenus urbains et les revenus ruraux. En 1966, dernière année pour laquelle des comptes nationaux ditaillés sont disponibles, le PIB moyen par habitant était do 110 dollars. Pour la population malgache considérée à part, le chiffre était de 90 dollars, les revenus urbains s'établissant en moyenne à 160 dollars par habitant et les revenus ruraux à 10 dollars seulement. Ainsi, le revenu moyen en milieu rural est la moitié de celui des régions urbaines. Cependant, si l'on évalue le revenu de subsistance des agriculteurs aux prix des marchés urbains et non pas aux prix à la ferme, le revenu rural moyen ressort à 74 p. 100 du revenu urbain moyen au lieu de 50 p. 100 (voir Appendice statistique, Tableau I). 10. Madagascar reste cependant essentiellement un pays à économie agricole. Sa population est rurale à plus de 85 p. 100 une proportion de 70 p. 100 des produits de base provient du secteur agricole et plus de la moitié de cette production relive de la culture de subsistance. Le riz, le manioc, les pommes de terre et les légumes verts entrent en valeur pour 62 p. 100 dans la consommation de subsistance, la viande et les produits laitiers pour 20 p. 100. La denrée alimentaire de base est cependant le riz, dont la consommaticn par habitant dans l'île (126 kg) approche du niveau do la consommation dans les pays d'Asie et excède de loin la conscmmation par habitani de la plupart des pays d'Afrique. 11. Le revenu monétaire de l'activité agricole ne représente que 20 p. 100 du revenu total monétisé. Environ h5 p. 1CO du revenu en numérairc dos agricultours proviennent do la production de denrées d'exportation et les 55 P. 100 restants de ventes sur le marché intérieur. Pour ses recettes en devises, ladagascar est largement tributaire de l'exportation de produits de base et de produits agricoles semi-trans- formés. En 196i, les produits agricclls ont reprisanté 85 p. 100 des exportations. En valeur, les principaux produits agricoles d'expor- tation ont été le café (près du tiers dos exportations), la vanille, le riz et le sucre. - 5 - Tableau 1: 'RDUIT INTERIEUR BRUT - 1366 (en riilliards de E G) Activités Activités commerciales non commerciales Total Valeur ajoutée 130,3 37,3 167,6 Agriculture 25,8 2,6 55,4 Industrie 22,1 - 22,1 Bâtiment et construction 4,5 2,0 6,5 Services (secteur privé) 49,4 5,7 55,1 Services (Etet) 26,4 - 26,4 Services (ménages) 2,1 2,1 Impôts indirects à l'inportation 10,4 - 10,4 Total 140,7 37,3 178,0 12. Jusque vers 1950, les produits manufacturés dont le pays avait besoin étaient importés principalement de France par un petit nombre de sociétés françaises d'import-export. Après 1950, un secteur industriel commença à se former et, en 1958, environ 160 entreprises petites et moyennes étaient exploitées, la plupart pour le traitement des denrées alimentaires. 13. Après l'indépendance, le gouvernement appliqua une politique plus active d'industrialisation en créant plusieurs organisïes de dévelop- pement (BNM, SNI), habilités à accorder des prêts aux établissements industriels de l'Etat ou à y prendre une participation, et en promulguant un code d'investissement destiné o attirer les investissements étrangers. En 1968, la part de l'industrie dans le PIB a été d'environ 16 p. 100, cela malgré la taille modeste de le majorité des entreprises (la plupart d'entre elles employant moins de 20 personnes) et le fait que ce secteur soit fortement tributaire de l'étranger pour l'équipement, les matières premières et le personnel de direction. 14. D'autre part, la contribution des services à l'économie de Madagascar est très forte. Elle n'atteint sans doute pas moins de 60 p. 100 des revenus monétaires, dont 13 p. 100 représentent l'ensei- gnement et la santé publique, 25 p. 100 le commerce et les transports, et 22 p. 100 l'administration publique, y compris l'assistance technique française. Près de 50 p. 100 des revenus monétaires sont encaissés dans l'administration ainsi que dans les organisations sans but lucratif telles que les missions religieuses. 15. La part importante occupée par les services dans le PIB souligne la faiblesse de l'appui de l'économie de îadagascar sur ses produits primaires. Cet aspect de l'économie se retrouve dans une forte dépendance des importations. La valeur c.a.f. des importations sélève à 26 p. 100 - 6 - de la fourniture totale de biens et services Spour utilisation finale dans le secteur monétisé. La valeur marchande de ces importations - y compris les frais internes de transport, les marges commerciales et les impôts indirects - représente 42 p. 100 de cette fourniture totale. Pour les produits seulement, la proportion aux prix du marché des biens importés pour utilisation finale n'atteint pas moins de 51 p. 100. 16. La forte proportion des importations est influencée dans une certaine mesurepar la structure de la consommation de la communauté étrangère à Madagascar. Selon les estimations du premier Plan, près de 20 p. 100 des dépenses en numéraire de consommation en 1960 ont été faites par 50.000 étrangers à raison d'une dépense par tête égale à environ 20 fois la moyenne relevée pour la population malgache. Cependant, même si la part des importations aux prix du marché entrant dans les dépenses totales des étrangers atteignait 80 p. 100, la consommation malgache de biens et services importés n'en serait pas moins de 32,5 p. 100 aux prix du marché et de 17 p. 100 aux prix d'importation. Ce pourcentage est encore élevé, mais il indique un degré d'indépendance dans le secteur monétisé suprieur 1 cc yuc suggéreraient les cLiffres totaux. 1/ Non compris les services de l'administration publique qui comprennent simplement la masse des salaires. -7- III. EVRLUTION RECENTE A. Tendances du développement économique 17. Le manque d'indices de la production et de comptes nationaux en prix constants fait qu'il est difficile de déterminer de façon précise les tendances récentes du développement. Les indicateurs du Tableau 2 et de la figure I sont en partie établis en prix courants et en partie estimés en prix constants par l'application d'un coefficient d'ajustement brut fondé sur les indices des prix. Malgré l'imprécision des chiffres, il est manifeste que la croissance économique a été très modeste depuis 6 à 8 ans. Le PIB réel indique une diminution du revenu par habitant de 1962 à 1965, suivie d'un redressement pendant les années suivantes, jusqu'à un chiffre légèrement supérieur en 1969 à celui de 1962. Les importations de biens de consommation suivent la même tendance, ainsi que le montant ajusté de la monnaie en circulation. La production s'est apparemment accrue en moyenne de 2,7 p. 100 par an depuis 1962, mais la croissance démographique étant estimée à 2,2 p. 100, l'accroisse- ment par habitant est finalement très faible. 18. Il est possible que ces indicateurs donnent une image trop pessimiste de l'évolution récente. Si la croissance dans son ensemble a été modeste, deux phases sont tcutefois à distinguer: une production stagnante et une baisse du revenu par habitant jusqu'en 1965, puis un taux de croissance réel moyen qui a pu se situer entre 4,5 et 5 p. 100 de 1965 à 196w. Les investissements dans le secteur public aux prix courants ont presque doublé pendant cette dernière période et, selon certaines estimations, la croissance relative des investissements privés a été encore plus forte; il est vrai que ces derniers partaient d'un niveau très bas. Les importatians de biens d'investissement et de matières premières ont progressé de 70 p. 100, c'est-à-dire à un rythme atteignant 14 p. 100 par an, tandis que les importations de biens de consommation suivaient plus ou moins le taux de croissance de la population, soit 2,2 p. 100. Le volume total des importations s'est accru en moyenne de 6 p. 100 par an; la valeur des importations a augmenté d'environ 8 p. 100. 19. Des estimations portant sur los 13 principaux produits agricoles indiquent que l'accroissement de la production agricole n'a pas été très supérieur à celui de la population. Certaines récoltes sont sujettes à de tràs fortes variations d'une année sur l'autre et il est donc diffi- cile de distinguer une tendance nette. Il apparaît néanmoins que des succès importants ont 6té obtenus dans la culture du riz et du coton. Les résultats décevants enregistrés dans d'autres domaines peuvent s'expliquer soit par une baisse des prix du marché (sisal et bananes), soit par le manque de surveillance technique (arachides). On sait peu de chose sur le développement dc la production des récoltes de subsis- tance dans les diverses régions. - 8 - 20. Partie d'un nivcau tròs bas, la production de l'industrie manufacturiòrcs'est accrue à un rythme annuel moyen de 9 p. 100 de 1962 à 1968. La contribution do l'industrie au PIB s'est ainsi trouvée portée de 13,3 à 16,5 p. 100. Les taux de croissance les plus rapides ont été constatés dans la production des matériaux de construction (plus de 30 p. 100 par an); viennent ensuite les industries mécaniques et électriques (12 p. 100), les industries alimentaires (5 p. 100), et les cuirs et textiles (2 p. 100). Tableau 2: EDICATEURS ECONOMIQUE lIndices, 1962 = 1CO) Taux de croissance moyen 1962 165 1'68 1969 1965-1969 Pourcentage Produit intérieur brut, ajusté en prix constants 100,0 100 113,4 11 5 Revenu par habitant, ajusté en prix constants 100,0 93,7 99,0 101,5 2,0 Volume des exportations 100,0 99,1 111,7 90,5 /1 Volume des importations 100,0 110,5 117$, 139,3 6,0 a) Matières prerières 100,0 99,3 130,5 165,8 13,7 b) Biens d'investisse- nnt 100,0 123,4 173,4 216,7 15,1 c) Biens de consommation non alimentaires 100,J 94,9 107,5 103,3 2,1 d) Denrées alimentaires 100,0 157,5 72,2 140,3 /1 PIB aux prix courants 100,0 112,2 134,7 147,8 7,2 Monnaie en circulation 100,0 107,1 131,2 139,7 6,9 Masse monétaire 100,0 112,5 143,6 151,7 7,7 Prix à la consommation 100,0 111,8 118,8 126,5 3,1 Crédits bancaires au secteur privé 100,0 117, 635 184,9 12.1 Dépenses publiques courartes 100,0 126-6 147,7 163.8 6,2 Dépenses publiques totales 100,0 133, 0 1730 196,0 10,2 Recet:tes publiques courantes en pourcentage du PIB monétisé 25,4 27,1 27,8 27,3 /1 Fortes variations annuclles en fonction des récoltes. FIGURE 1: INDICATEURS ECONOMIQUES (1962 = 100) 220 IMPORTATIONS DE BIENS D'INVESTISSEMENT 200 DÉPENSES PUBLIQUES TOTALES CRÉDITS BANCAIRES /* AU SECTEUR PRIVÉ 180 IMPORTATIONS DE MATIÈRES PREMIERES 160 - PIB AUX PRIX COURANTS 140 MASSE MONETAIRE PRIX À LA CONSUMMATION 120 -PIB EN PRIX CONSTANTS IMPORTATIONS DE BIENS DE CONSOMMATION PIB PAR HABITANT EN PRIX CONSTANTS 80 1962 1965 1969 BIRD 5070 (R) - 9 - 21. L'expansion du commerce et des transports, secteurs tradition- nellement importants de l'économie ealgache, s'est poursuivie à un taux de près de 6 p. 100 par an. La contribution de ces secteurs au PIB a donc continué de staccroltre. 22. Dans une période do développement relativement rapide (1965- 1969), les exportations totales n'ont progrossé qu'un peu plus vite que le produit intérieur brut. De 22,6 milliards de FMG en 1965, elles sont passées à 29,1 milliards de FMG en 1969, augmentant à un taux annuel de 6,5 p. 10J. Cependant, les exportations de denrées alimentaires et de produits agricoles, qui entrent pour plus dc 80 p. 100 dans les recettes d'exportation, ont pris du retard sur l'oxpansion du reste de l'éccnomie, et une part appréciable de la croissance des exportations est due à la réexportation de pétrole raffiné par une raffinerie dont la construction a été achovée à Tamatave en li66. Si l'on fait abstraction do ces réex- portations, la progression des recottos d'xportation en 1969 se trouve réduite de 15 p. 100. Tableau 3: EXPORTATIONS (en milliards do FIG) 1965 1966 1967 1968 196' Denrées alimentaires et exportations agricoles 20,3 21,4 21,8 24,9 24,0 dont: café (7,1) (7,6) (8s2) (8,8) (8,3) vanille (2,h) (2,2) (1,7) (2,5) (3,0) riz (07) (1,) (1 1) (3,0) (2,h) Autres exportations 2,3 2,7 3,9 3,7 5,1 dont: potrole ( - ) (3,2) (1,0) (1,0) (1,0) chronito ( -)( - ) ( - ) ( - ) (0,2) Total 22,6 24,1 25,7 28,6 2P,1 Sources Tableau XXVIII - 10 - 23. Par suite de la progression continue et rapide des importations, en particulier de biens d'investissement, le déficit de la balance commer- ciale du pays est passé de 10,h milliards de FMG en 1965 à 183 milliards de FMG en 1969. Les exportations, qui couvraient encore 72 p. 100 des importations en 1965, ne fournissaient plus en 1069 que 64 p. 100 des devises nécessaires au règlement des importations. Les mouvements de capitaux ont été insuffisants pour couvrir ce déficit accru et, en conséquence, les réserves on devises se sont amenuisées. Les avoirs extérieurs de la Banque centrale (principalement détenus sous forme de dépôts auprès du Trésor français), qui se montaient à 12,6 milliards de FEG à la fin de 196h, n'étaient plus que de 5,4 milliards de FMG à la fin de 1969. En janvier 1970, après incorporation du montant du tirage spécial initial de Madagascar sur le Fonds Monétaire International, la situation s'est un peu améliorée et les réservas de la Banque centrale sont remontées à 7,1 milliards de FEG. Cette somme, toutefois, ne repré- sente même pas deux mois d'importations. 2h. Il s'est produit ces dernières années une très forte expansion des crédits bancaires, en particulier dans le secteur privé. Les crédits au secteur privé, qui se chiffraient à 23,9 milliards de EMG à la fin de 1962, atteignaient 44,2 milliards de FMG à la fin de 1969, ce qui représente un taux annuel d'augmentation supérieur à 12 p. 100. A la suite de l'annonce d'une nouvelle taxe sur les transactions, et dans l'appréhension de la dévaluation française d'août 1969, les importations se sont considé- rablerent accrues pendant le dernier trimestre 1968 et le premier semestre 1969. Largenent inspirées par des motifs spéculatifs, ces importations en augmentation ont absorbé une part importante dos disponibilités et conduit finalement à la prise de mesures restrictives supplémentaires par la Banque centrale. A la fin de 1968, dos coefficients de solvabilité et de liquidité furent mis en vigueur et, au début de 1969, le taux d'escompte fut porté de 3,75 à 4,50 p. 100. En novembre 156p, le taux d'escompte fut encore relevé d'un point. On permit un rolivoment des plafonds de crédits plus fort pour les emprunts productifs que pour le financement d'importations. 25. En 1969, la hausse des prix intérieurs a été trèE importante à Madagascar, les causes en étant à la fois l'entrée en vigueur de la nouvelle taxe sur los transactions et la dévaluation d'août 1969. Tableau 4: INDICE COMPOSITE DES PRIX (base: 1962) 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Niveau 107,9 111,8 115,0 116,8 118,8 126,5 Variation 5,0% 3,6% 2,9% 1,6% 1,7 6,5 Source: Tableau XXVII B. Le Plan quinquennal de développement (1 064-1 68) 26. C'est en 1964 que Madagascar a formulé son premier plan quin- quennal officiel de développement. Ce plan avait pour objectif un taux de croissance annuel du PIB de 5,5 p. 100 en termes réels, soit un pourcentage très supérieur au taux de croissance des années précdentes. Le plan était fondé sur des aspirations générales et des recoranandations de politique économique plut8t quo sur des projets déterminés. Néanmoins, il définissait d'une manière assez détaillée un programme d'investissements ainsi qu'un certain nombre d'objectifs de production. 27. Les investissements totaux projetés pour la période 1964-1968 s'élevaient à 165 milliards de F1G, dont 92 milliards devaient être effectués dans le secteur public et semi-public et 73 milliards dans le secteur privé. Cette dernière catégerie comprenait environ 14 milliards de FMG d'investissements non monétaires dans e secteur de subsistance, ce qui laissait un total de 151 milliards de FMG d'investissements moné- taires. Sur ce chiffro, 64 milliards de FMG, soit 42 p. 100, étaient attendus de l'autofinancement, 56 milliards de FEG, soit 37 p. 100, de fonds d'emprunt (intérieurs et étrangers) et 31 milliards de FUG, soit 21 p. loo, de l'aide étrangèrc sous forme de dono. 28. En 1967, il devint évident que les chiffres des investissements et de la production restaient très inférieurs aux objectifs. Le gouver- nement décida de remédier à cette situation en prenant des mesures pour développer à la fois la production du riz - dcnrée alimentaire de base du pays - et celle des denrées d'exportation. Un prograïme provisoire, dénommé "les grandes opérations" et comprenant plusieurs projets d'inves- tissement, surtout dans le domaine agricole, fut élaboré et eut pour résultat de faire passer los investissements du secteur public d'une moyenne annuelle de 11 milliards de FMG pendant la période de trois ans 1964-1966 à 13 milliards de FMG en 1567 et 17 milliards de FKG en 1968. - 12 - Tableau 5: InvESTISSs'TS (19564-1 68) (en milliards de FHG) 1064-68 1964,68 1i64 1065 1466 1567 1'56S total objectif Investissements publics 10,9 10,9 11,2 13,4 16,7 63,1 w2,0 dont: Epargne publique (2,8) (1,5) (3,1) (2,7) (M,5) (14,6) (24,8) Aide budgitaire française (1,ob) (1,7) (107) (1,6 (1) (8,) (9,0 Investissements privis 6,0 5,0 7,0 7,0 7,0 32,0 55,0 16,9 15,9 1e,2 20,J 23,7 95,1 151,0 29. Au tetal, les investissements publics du premier plan ont é d'environ 63 milliards de FNG. Avec des investissements privés estimés à environ 32 milliards de FMG, les investissements totaux de la période quinquennale ont atteint 95 milliards de FMG, soit 19 milliards de FMG par in, pour un objectif initialement fixé i 30 milliards de FMG. L'insuffisance était plus importante pour les investissements privis que pour les investissements publics, lAs premiers n'atteignant que 55 p. 100 de leur objectif, tandis quo les seconds s'en approchaisnt presque à 70 p. 100. En fait, les investissements publics avaient presque atteint en 1968 la moyenne annuolle prévue dans le plan. 30. Les renseignements sur la répartition des investissenents par secteurs sont très fragmentaires. Selon des données statistiquos préli- Minaires publiées par le Commissariat au Plan, 55 p. 100 des investisse- ments réels ont été absorbis par le secteur tertiaire comprenant l'infras- tructure des transports, l'urbanisation, l'enseignement et la santé publique; 27 p. 100 sont allés au secteur secondaire, et 14 p. 100 seulement au secteur primaire (surtout à l'agriculture). Cependant, ces chiffres ne donnent probablement pas la mesure exacte des investissements dans l'agriculturo, dont le montent, au lieu d'ôtre de 13 milliards da FEG ainsi qu'il ressort d'indications émnnant de sources planificatrices, a très bien pu excéder 20 milliards de FMG. 31. S'il en est ainsi, les objectifs fixés pour les investissements ont presque été réalisés dans le secteur industriel, tandis que de légères insuffisances sont apparues dans l'agriculture et l'industrie minière. L'écart le plus important siparant les investissements réels des objectifs du picn se situe sans aucun doute dans les domaines de l'infrastructure et des services gén6raux. Alors que le premier plan -13 - de développement avait prévu que 88 nilliards de EI!G (soit presque 60 p. 100 du total des investissements monétisés) seraient investis dans les transports et l'infrastructure sociale, les moyens financiers mis à la disposition de ces doux secteurs n'ont atteint que 45 milliards de FMG, autrement dit moins de 50 p. 100 du total des investissements réels de la période 1964-1968. Ce déplacement des investissements initia- lement privus pour 1'iinfrastructuro au profit des secteurs plus directement productifs n concit à uno -alluc-tion plus raticnnelle des rcoscurces. Bien que l'Infrastructuri d Madagascar cn iatiòrc c1 transpcrts scit très rudi- acntr.r. Irs courct. -' trafic ne scnt pas encore auffisants dans dc n trc'usc 2 men : ouri austifioer 1- constructir:a oc rcutos carrcssables par a us l En énéral, lc aYc1c ope: r t I. l l'infrastructure doit stai crSur lcc- λl ccn o cti i.-»t«,s ucis,r l',-ffcct.-tion prév1u l .tens d'n cssIss.cnt cn 1 --165 so 'lc avcir fait la part crtante au arer.icr. 'L;;ulsicn nourllo .ornác aux investisscments à ctz'c Cn, areu.ct,. A r lr; " .r j,D - rnoS cptrticnse a cortai- ne:uent é téUC uC caud .Ci'rterte u cen :crnn t ccnctaté par rapport auy prévisiens. 32. Les investissements relativereat élevés effectu6s dans l'agri- culture sont probablement la principale raison pour laquellé, d'une part, les objectifs de production ont été réalisés dans la plupart des régions et, d'autre part, les exportations agricoles avaient atteint dès 1964 les valeurs projetées pour 1968. Tableau 6: PRODUCTION ET EXPORTATICN DES PRJ]ICIPAUX PRODUITS AGRICQLES (en milliers de tonnes métriques) Production 1968 Exportation 1968 Objectif Chiffrc réel Objcctif Chiffre réel Paddy 1.470,0 1.5om, 50,0 69,3 Sucre (canne) 1.200,0 1.300,0 - - Sucre (raffiné) - - 55,0 56,o Vanille O,9 1,0 0,8 1,0 Sisal 34,5 22,1 33,8 25,0 Café 57,8 55,0 50,0 53,0 Poivre 2,5 2,5 2,5 3,0 Tabac 6,7 4,5 5,1 2,5 Les exportations agricoles totales, dont la projection fixait la valeur à 24,8 milliards de FMG pour 1968, atteignirent en réalité 24,9 milliards de FMG cette année-là. - 1>4 - 33. En ce qui concerne les importations, les estimations des plani- ficateurs se sont révélées très inexactes. En fait, il n'y a pas eu d'estimations séparées pour les importations de l'année 1568, mais la valeur des importations projetée pour 1973 (46,7 milliards de FMG) a été atteinte dès 1969. Bien que la dévaluation monétaire d'août 1969 puisse expliquer une certaine augmentation du coût intérieur des importations, il est évident que le plan a gravement sous-estimé les besoins en impor- tations, notamment pour ce qui est des matières premières et des biens intermédiaires. Pour les denrées alimentaires et les boissons, ainsi que pour les vêtements, le plan avait prévu une substitution partielle par la production locale et un taux d'accroissement très faible des importations de ces biens. N'eût été la quantité anormalement élevée do riz imprtée on 1969 (représentant 1,5 milliard de FMG), le montant des importations totales de denrées alimentaires et de vêtements aurait été, cette annie- là, de 9,3 milliards de EKG, c'est-à-dire exactement le même qu'en 1960. Les fortes augmentations dos importations enregistrées ces dernières années ont porté sur l'équipement (de 4,8 milliards de FKG en 1960 à 12 Mlliards de FMG en 1969), ainsi qu'il avait été préivu dans le plan, et également sur les matières premières et les biens intermédiaires (de 5,4 milliards de FMG à 10,7 milliards de FMG), mais dans ce cas à un taux très supérieur à celui qui figurait dans le plan. C. Evoluticn par secteurs (a) igriculturo 34 La surface totale cultivée du pays est d'environ 2,8 millions d'hectares et les terres on jachère couvrent approximativement 1 million d'hectares. Dans la plupart des cas, la création d'exploitations agricoles dépend de l'existence de terres convenant à l'irrigation. Le nombre de ces exploitations est actuellement de quelque 940 000 réparties sur une moyenne de 2,5 millions d'hectarcs. Le reste dos terres exploitées loca- lement appartient nornalement à l'Etat. Les agricultcurs européens n'exploitent que 40 000 hectares, mais ils jouent un rôle important dans l'économie des culturcs de rapport. Tout le sisal produit provient de fermes européennes, de mêmo que la plus grando partic de la récolte de canne à sucre. Ia production des bananes, du café, du tabac et du coton est à attribuer également pcur une large part à des frecs exploitées par des étrangcrs. 35. Malgré le potentiel agricole de Ladagascar, plusiours facteurs négatifs continuent de contrarier l'expansion agricole. Parmi ces handi- caps, il faut citer les cyclones périodiques qui causent des dégâts consi- dérables lo long de la côte est et le coutume de l'assolement et du brûlage des forêts, cause d'épuisement et d'érosion du sol dans de nombreuses rigions. En outre, la valeur sacrificielle que le peuple malgache attache aux bovins a emp8chi jusqu'ici l'utilisation rationnelle du cheptel du pays. 36. Pour le secteur agricole, la stratégie du premier Plan national de développement était fandée sur l'accroissement de la production agricole afin: - 15 - (i) d'améliorer les conditions de la production de récoltes de subsistance, qui intéresse environ 85 p. 100 de la population; (ii) de garantir l'approvisionnemont en denrées des marchés locaux, satisfaisant ainsi les demandes croissantes de la population urbaine et fournissant des matières premières à l'industrie locale; et (iii) de développer les exportations, favorisant également par ce moyen le passage de la culture de subsistance à la culture de rapport. 37. Priorité fut donnée aux projets visant à augmenter la production de riz. L'élevage et le développement forestier ne vinrent qu'ensuite dans l'ordre d'urgence. L'accent fut mis sur la productivité plutôt que sur l'expansion des surfaces cultivées, et l'utilisation du meilleures semences, d'engrais et de petit équi,ement agricole fut fortement recommandée. A l'exception de programmes gérés par dos scciétés de développement dans des rcgions particulières limitées, les objectifs de production n'étaient pas liés à l'exécution de projets déterminés. Cependant, on insista sur l'utilisation de divers types d'organismes de développement selon la nature du développement à réaliser. 38. Parmi les succès obtenus, la production de riz doit être analysée de façon plus détaillée, car elle constituait un des principaux objectifs du Plan. L'augmentation de la production était attendue à la fois du développement dos moyens d'irrigation existants et de l'utilisation de facteurs de production (semences, engrais, pesticides, petit équipement agricole) dans les zones déjà irriguées. En fait, par suite de retards dans l'obtention d'un financement extérieur pour le développement des réseaux d'irrigation (exception faite de ceux de la SQALAC), de la quali- fication insuffisante du personnel local de vulgarisation agricole et des conditions climatiques défavorables de 1565, la situation se dégrada si rapidement que cette anrée-là L adogascar dut importer 78 .000 tonnes do riz. 39. Sans perdre de temps, le gouvernement fit mettre on train dos programmes de productivité du riz, principalement sur les hauts plateaux, avec l'appui financier du FED et du FAC, ces prograrmmes comportent l'emploi d'un personnel nombreux d'assistance technique étrangère travaillant sous la direction de la SATEC. Des centres régionaux de vulgarisation agricole furent créés dans chaque région intéressée. Les résultats ont été très satisfaisants: environ 110. 000 cultivateurs participòrent aux programmes et le supplément de production a dû atteindro, selon les estimations, 85.000 tonnes de paddy en 15'68. L'utilisation d'engrais passa de zéro à 8.000 tonnes en 1968-1969. Les dpenses publiques relatives à cette action du gouvernement se sont élevées à 3,9 milliards de FM1G, dont 2,6 milliards provenant du FAC et du FED. 40. Des résultats satisfaisants on accroissement de la production de riz ont été également obtenus dans les zones sous contrèle de la SOMJALAC. Cette société de développement s'est occupée de la construction - 16 - de réseaux d'irrigation internes, de l'installation dos agriculteurs, de la vulgarisation agricole et de la commerciaisation dus récoltes. Une société d'études étrangère opérant avec un ccntrat de sous-traitement a fourni les études techniques ainsi que le personnel étranger nécessaires. Le rythme annuel de développement a été porté à 3 000 ha (net). Le supplément de production a été de 15.000 tonnes do paddy en 1968. 41 « La production cotonnière a été de 16,300 tonnes de coton brut en 1969 (on augmentation de 50 p. 100 sur 1968). Des succès importants ont été enregistrés dans les plaines alluviales du nord-ouest. Ces résultats exceptionnels peuvent être partiellement attribués à l'action d'un organisme technique d'expansion agricole franç:ais spécialisé dans le développement de la production du coton (CFDT). an plus de sa responsi- bilité dans la fourniture d'éléments de production (semences, engrais., pesticides) et dans l'organisation du traitement des fibres et de leur commercialisation, cet organisme s'est vu confier plusieurs fermes d'Etat et a fourni une assistance technique pour d'autres prcgrammes du gouver- nement et des exploitations agricoles privées. Les méthodes dynamiques du personnel de le CFDT, les expériGnces faites par l'Institut de recherches du coton (IRCT) et la réaction favorable remarquable dos cultivateurs sont les principales raisons des succès remportés dans le développement de la production de coton. 42. Les résultats obtenus dans la production du café, de la vanille, du sucre et du poivre n'appellent pas de roearques particulières. A l'exception du poivre, aucun changement important ne s'est manifosté dans les tendances de la -oroduction et des exportations (vci.r Tableau XXVIII). Le programme de replantation du café, financé par le FED et ayant pour objet d'éviter une baisse de la production dans un avenir proche, vu l'âge et la qualité dos plantations existantes, on est encore dans sa phase préliminaire et a seule..ent conduit à la créaticn des installations de pépinières nécessaires. 43. Les résultats agricoles qui ont été décevants peuvent être expliqués ainsi: (i) Tabac: Le changement de variété (Virginie et Burlcy au lieu de Maryland) imposé par les conditiciis dcs marchés extérieurs a entrîné dos investissements pour le traitement par les agriculteurs étrangers. La plupart de ces derniers ont préféré abandonner le tabac pour le coton, qui leur procurait un revenu rapide et ne présentait pas de difficultés de comier- cialisation. (ii) Bananes: La baisse du prix à la production a été la raison principale peur laquelle lcs agriculteurs privés n'ont fait aucun effort pour développer la production destin'e à l'oxpor- tatien, malgré l'appui technique fourni par l'institut de recherches (IFeC) en vue d'obtenir une forte augmentation do la productivité. - 17 - (iii) Sisal: La chute brutale des prix du marché est la seule raison de la stagnation de la production. Madagascar a obtenu en 1968 un quota d'exportation de 25,500 tonnos, ce qui est inférieur de 11 p. 100 au record d'exportation de 1965 qui était de 28,700 tonnes. (b) Transports 44. Le réseau routier de Mladagascar a une longueur totale de 30,000 km, dont 3,000 environ sont bitumés. Cependant, même dans le cas de routes bitumées, la qualité laisse généralement à désirer et le tracé est médiccre. Seuls 11,000 lm, soit le tiers du réseau total, sont carros- sables par tous les temps ou presque. 45. L'île possède environ 850 kin de voies ferrées, construites pour la plupart au début du siècle. A l'exception de la ligne principale qui relie la capitale, Tananarive, au port le plus important, Tamatave, toutes las autres lignes n'ont qu'un faible trafic. Des sections étendues du réseau sont vétustes et ont boscin d'être miodeinisées. Les chemins de for malgaches appartiennent à l'Etat et sont exploités comme un service public ordinaire. Leur gestion n'a pas un caractère commercial, le service est généralement tros lent et les tarifs sont établis surtout d'après des critères sociaux. 46. Madagascar manque toujours d'un réseau de communications inté- rieures étendu; elle est divisée an plusieurs régions isolées reliées principalement par le cabotage. La situation en riatière de transports intérieurs est telle qu'il faut do 4 à. 6 semaines pour transporter des marchandises da Tananarive, capitale et centre économique le plus important, à Diégo-Suarez, principal pcrt au nord, à uno distance de 1 200 ki par la route. Avec une route empierrée de qualité moyenne, la durée du trajet pourrait être facilement ramenée à 2 jours. Les ccûts de transport par voie die terre sort élevés. h7. Les ports et la navigation jouent un role important dans le système de transports do 'adagascar. Le littoral abrite une vingtaine de ports et de rades ouvertes qui remplissent doux fonctions principales: ils assurent presque en totalité les échanges avec l'extéricur et ils relient les régions du pays qui ne peuvent communiquer entre elles par voie dG terre. 48. La République malgache possec un ré seau de transports aériens assez étendu reliant 62 aérodromes, dcnt toutefois dix-sept seulenent sont utilisables par tous los tempo. Ce réseau compense jusqu'à un certain point l'absence de communications adéquates par voie de terre, du moins pour le transport des personnes. 49. Los divers moyens de transport se font pou concurrence dans les circonstances présentes. Le cabotage et les transports aériens sont largement complémentaires des transports terrostros et la resteront probablement pendant un avenir prévisible. La concurrence entre le rail - 18 - et la route est lmitée par unc pclitique de sous-investissemont dans les routes concurrentes du chemin de for ou par dcs restrictions matérielles apportes au mouvement des camions. Une partic du trafic ferroviaire actuel pourrait être transportée par camions à un coût sensiblement moindre. D'autro part, les chemins do fer cnt besoin d'tre modernisés et de subir des rifonn,es touchant leur organisation et leur gestion avant d'être en mesure de soutenir la concurrence des cntreprises de transports routiers. 50. Une proportion d'environ 45 p. 100 des investissements publics d'un r.ontant de 62 milliards de RIG, ou de 3D p. 100 de lrenserible des investissements (publics et privés) totalisant ;5 milliards de i-G, effectués pendant la durée du premier Plan, a été utilisée pour développer et am(liorer l'infrastructure des transports de la République malgache. Les investissements dans l'infrastructure des transports ont donc été relativement importante; ils sont allés pour 68 p. 100 au développement du réseau routier. 51. Le programme d'investissement routier a été financé par le Fonds ouropéen de développement (32 p. 100), l'aide bilatirale allemande et française (16 p. 100), l'1DA (3 p. 100) et le budget local de dévelop- pement (h p. 100). L'effet écencmique de la plupart de ces investisse- ments a été limité. Dans leur grande majorité,les ccurante de transport existents n'ont pas b'néficié des programies d'inveStissement, qui ont été excutés dans des zones où le trafic était faible. Ce n'est que dans quelq.es-unes des zones touches par lesprojeteque du trafic nouveau a pris naissance dans des proportiens appréciables. Les difficultés inhé- rentec au relief do Madagascar, le coût élevé de la ccnstruction dos routea, la dissémination de la populatien et de l'activit économique, sauf dans certainos régions, et le manvais Stat des cormunications sont tels cu'il ne serait pas souhaitable de déterminer Ilamrplour et le contenu du prograrme de développement routier uniquement suivant des critères économiques. Cependant, ces derniers devraient se voir accorder plus d'importance dans les ann'es a venir. 52. Les 32 p. 100 restants des investissements effectués dans les transports ont été alIcues de petits projets dent les conséquences économiques sont difficIs apprécier. Environ lc tiers do ces 32 p. 100 a été consacré au nouvel aéroport de Tananarivp Par contre, les someS investies dans les chemins de fer ont été relativement peu importantes compte tenu surtout de la nécessité de leur modernisation, afin de les préparer a une concurrence accrue de la route. (c) Industrie 53. En 1.?60, quand le pays accéda à l'iní.pcndance le secteur industriel, encore très peu développé, ne contribuait quo pour 5 p. 100 au produit intérieur brut, contre près de 50 p. 10K; provenant du secteur primaire. Depuis l'indépendance, les pouvoirs publics ont pris un intérêt plus vif l'industrialisation et se sont appliqués à développer l'indus- trie et à rendre 1 'économiç moins tributaire des exportations de produits - 19 - agricoles. Cette nouvelle phase a été accompagnée de la création d'orga- nismes publics et d'une législation ayant pour but d'accélérer le dévelop- pement. Il s'agissait d'un fonds d'investissement (Société nationale d'investissement, 1962), d'une banque de développement multi-sectoriel (Banque nationale malagasy de dévloppement, 1163), d'un organisme pour la promction du développement industriel (Bureau de développement et de promotion industriels, 1966), et de lcis destinées à encourager les inves- tissGments industriels (Code d'investissement, 1961). 54. Pendant la durée du premier Plan, los investissements réels dans l'industrie ont été proches des objectifs initialement fixés, mais la production et l'emploi en sent restés très en deçà, en raison surtout do la stagnation ou de la faible croissance des industries alincntaires ainsi que d'investissements inférieurs aux prévisions dans les industries mécaniques et électriques. 55. La politiqua douanière a joué jusqu'ici un rôle passif. Les niveaux de protection à Madagascar scnt normalement modérés et cnt été avant tout conçus pour la production do recettes. Lcs tarifs douaniers sont un peu plus élevés que dans les pays européens développés, mais sensiblement inférieurs à ceux qui sont appliqués dans d'autres pays on voie de dévelcppament à la suite de l'insuccès de leurs mesures d'indus- trialisation tendant au remplacement des importations. Il est nécessaire de réviser le système tarifaire et d'en rationaliser la structure afin qu'il contribue à la réalisation des objectifs d'une politique clair- voyante d'industrialisation. D. Finances publiques 56. A la base des finances publiques de la République malgache, cn trouve quatre comptes différents: gouvernement central, budgets annexes, provinces, et municipalités. Les budgets annexes, constitués par les conptes des recettes et dépenses de plusieurs organismes publics semi- autonomes, sont approuvés, do même que les budgets provinciaux, par le Ministre des Finances. Dans le présent rapport, ils ont été consolidés avcc les comptes du gouvernement central afin de donner une vue plus largo des finances de l'Etat. Les budgets des municipalités, cependant, sont en partie contrôlés par le Ministère de l'Intérieur et, faute de renseignements suffisants, n'ont pu être consolidés avec les autres ccmptos. Le tableau d'ensemble est incomplet dans la mesure où le budget du gouvernement central ne coiqprond que les dépenses d'investisse- ment financées par dos ressources intirieures ou des emprunts à l'étranger, les invostissements publics financés par des dons étrangers ne figurent pas au budget. On s'est efforcé d'on estimer l'importance dans d'autres sections du présent rapport (voir par. 29 et Tableau XXVI). 57. L'anné budgétaire malgache correspond à l'année civile et aucun report de crédits n'est autcrisé pour les dépenses courantes. Les recettes de chaque exorcice budgétaire sent recouvrtes jusqu'au 31 janvier de l'année suivante. - 20 - (a) Budget du gcuvernillient central 58, Deux mesures importantes concernant les recettes du gouvernement central ont été prises, l'une en 1966, l'autre en 1969. Une profonde réforme de la fiscalité directe a ou lieu en 1966. L'impôt sur les béné- fices des sociétés a été porté de 28 à 31 p. 100, la partie fixe de l'impet sur le revenu des personnes physiques a été augmentée et des taxes supplémentaires sur la possession de bétail et cde véhicules ont été instituées. Ces mesures ont ou pour résultat de faire passer le produit des imp8ts directs de 4,3 milliards de FMG en 1965 à 5,6 milliards de FMG en 1966, soit de 17 à 21 p. 100 des recettes budgétaires totales. A la veille de l'année 1969, le gouvernement décida de remanier la taxe sur le chiffre d'affairos et d'appliquer une "taxe unique sur les tran- sactions" (TUT) équivalant, en fait, à une taxe à la valeur ajoutée. Cette taxc, qui est perçue sur la valeur ajoutée aux stades successifs de la production, remplace la taxe uniforme do 2 p. 100 sur lo chiffre d'affaires perçue cumulativemont à chaque transaction. Au début, la TUT fut fixée à 12 p. 100, un taux réduit de 6 p. 130 s'appliquent toutefois à certaines transactions, tandis que certaines autrcs transacticns étaient exonéerées. L'entrée on vigucur de la taxe et l'indication, par le budget de 1969, des recettes qui cn étaient attendues, contribuèrent à la hausse des prix. Pendant le premier semestre 1969, l'indice des prix à la ccnsom- mation européenne augmenta do 0,5 p. 100 et l'indice pour la consommation locale de 4,4 p. 100, par ccmparaiscn avec des hausses respectives de 4,5 p. 100 et 2,8 p. 100 pendant le douxième semestre 1968. En présence de ces augmentaticns, le gcuvernement décida, on juin 1969', de ramener le taux de la TUT de 12 à 6 p. 100 pour une plus large catégorie de transactions et d'exonérer une gaime plus étendue de produits. Malgré ces réductions, les recettes provenant de la TUT an 1:69 s'élòvercnt probablement à 7,1 milliards de FMG, contre un montant de 7 milliards do fiG pcrté au budget et un produit total de la taxe sur le chiffre d'affaires de 3,1 milliards en 1968. l la suite do ces changements, la part do li fiscalitc indirecte dans l3s recottes tctales, qui était tombée do 7 . 100 on 1964 à 73 p. 100 en 1966, remonta à 76 p. 100 en 1969. La fiscalité directe et la fisca- lité indirecte contribuent donc aux recettes publiques dans des proportions redevenues à peu de chcoc près celles de 164. - 21 - Tableau 7: RECETTES COURNTES DU GOUV=KEME\TT CäTRA (en rilliards de FrG) 1964 1965 1966 1967 1968/ 1969 /2 Montant (6 du total ~ Mntant "du total) ImpCts directs 3,9 (16%) 4,3 5,6 5,8 6,1 6,7 (181) ImpCts indirects 1;,1 (78%) 18,5 19,3 20,6 24,0 28,2 (765) Recettes non fiscales 1,6 (6) 2,2 1,4 2,0 1,8 2,1 (65) Total 24,6 (109%) 25,0 26,3 28,4 31,9 37,0 (loof) /1 Chiffre provisoire. /2 Estimation. Source: Ministère des Financos. 59. L!cmont le plus iMpIortart des recCttos du gouvornement central est constitué par l'imposition des i.portations, qui a ruprcsent6 43 p. 100 et 36 p. 100 des recettos tetales du gouvernemont central on 1964 et 1969 respectivemont. Confornäment au sytec adopt a r les membres associés å la CEE, l'impt percu par le Gcuvernement de Madagascar sur les importa- tions comprend trois élC1ments: un dreit de douane, un dr,it à l'importa- tion et un impft de consomation appliqu( aux importations. Lo droit de douane est perç,u uniquement sur les importations on provenance de pays extérieurs ä la CEE et å la zone franc et repr; sen-e une très petite partie des recettes totales prcvonant des importations. En 156;, le produit des droits do douanc est ostimé ä 460 millions de FIG, alors que, pour la môme année, le total dos rer.trées fiscales auxquelles donnernt lieu les impor- tations sera probablenent de 11 1 milliards de FIG. Les droits à l'impor- tation frappent les icprtations on provznance de tous los pays. Iis sont pour la plupart de L'ordre de 35 p. 100, mais des taux de 100 p. 100 no sont oas rares pour les produits agrioles pour icsque:s il existe une produ3tion locale. Lo proportion do la valeur tctale dus importations roprésentéc par los recettes tiros CG leur impsition est la n.me en 1 169 qu'en 1964, soit 26 p. 100. 1c'impt de consormation qui frappe les imor- tations ost aussi pergu sur la production intérieure et n'a 1cnc pas d'effet protocteur,; la majoure partie du prc,dit de cet impCt procòde des importations de tabac et de boissons. 60. Comne los exportations ne se sont guòro accruos, ios recettes provenant dos drcits d'exportaticn ont à psine au29menté ces dornières années. Le produit de ces droits s'est älevé à 1 milliard de FMG en 1964 et å 2 milliards de MG on 168. Los rec-ttes attendues pour 1969 se situent autour do 1,7 milliard. Parmi les produits ('exportation los plus - 22 - fortement imposcs figurent la vanille, le gircfle et le café. D'autres produits, tels que la chrcrite et le riz cIe Iuxe. sont exemptés de droits d'exportaticn. En moyenne, le produit de ces droits a représenté 7 p. 100 de la valeur f.o.b. des exportations totales on 1964 et en 1968. 61. Les recettes totales du gouvernement contral sont passées de 24,6 milliards de FMG en 1 964 à un montant estimé de 37 milliards de FîqG on 196), c'est-à-dire qu'elles ont progressé à un taux annuel de 8,5 p. 100. Les effets conjugués sur les recettes de 196) des réformes fiscales de 1966 et 1969 déjà mentionnées et d'une légère modification de l'imposition des imPortations on 1968 pouvant être évalués à 5,8 milliards de FMG, l'augmantation annuelle des recettes du gouvernement central dans le cas d'une fiscalité inchangée aurait été voisine de 5 p. 100. La hausse moyenne annuello des prix pendant la mime période ayant été légèrement supérieure à 3 p. 100, l'augmentation des recettos publiques à prix et imposition constants aurait été de l'ordre de 2 p. 100. La -.esure de l'effort fiscal d'un pays psr le rapport entre les rentrées fiscales et le PIB semblerait indiquer pour Madagascar un effort ccnstant s'établissant à 14 p. 100 en 1964 et en 1969. 62. L'importance do l'administration centrale à M adagascar est soulignée par le fait que, en 1966, les dépenses ordinaires du gouvernement central se sont élovées à elles seules à 24,4 milliards de FïG, soit 1U p. 100 du PIB total et 17 p. 100 du PIB monétise pour la memo année. L'élément le plus important de ces dépenses est la masse des salaires. Eh 1966, alle a absorbé 13 milliards de FG, soit plus de 50 p. 100 du total. Cette masse des salaires a représenté d'autre part la moQJitié dos salaires payés par l'adninistration publiqua et figurant dans les comptes naticnaux de l'année 1'66 (ce total comprend les salaires eos empicyés des adminis- trations locales et des assistants techniques étrangers), et a donc corres- pondu à près du quart dc tous les salaires payés à 1adagascar pendant la même année. Entre 1,64 et 1969, le nombre dos fcnctionnaires est passé de 27.h30 à 3h.807, augmentant donc à raison d'environ 5 p. 100 par an. L'accroissement a été particulièrement important dans l'agriculture et dans lienseignement. En outre, le ncmbre du ialgLches employés dans la fonction publique s'est accru dc plus de 5 p. 100 par an, puisque la proportion d'assistants techniques étrangers dans le total a décliné. En 1964, -.lus de deux mille assistants techniques étrangors travaillaient pour le gouvernement central; en 1968, leur nombre é'tait tombé à 1.603, et los prévisions budgétaires de 1970 n'indiquent que 1 449 postes à pourvcir par des étrangers. Pendant la, périe 1964-1969, la masse totale des salaires de la fonction publique est passée de 11 4 à 16,9 milliards de FMG, soit une progression de 8,2 p. 100 par an. Cette augmentation du ccit unitaire d'un fonctionnaire n'est pas due à des reLòvements des échelles de traitement des employés do l'Etat, mais au changement qui s'est produit dans la composition de la fonction publique, le nombre de fonctionnaires > des échelons supérieurs àyant augmenté plus- rapideDnt que celui des échelons inf érieurs. - 23 - 63. Dans les d-ponses courantes du gcuvernement central, l'élément qui a progressé le plus rapidement au cours dcs dernières années est le service de la dette (y compris l'amortissement). Ce poste est passé de 0,4 milliard de FMG en 1964 à 0,8 illiard de FMG on 1968. En 1969, il a été inscrit au budget pour 1,3 milliard de FMG et on 1970 pcur 1,h milliard. Cette brusque augmentation des chargos de la dette publique traduit le récont changement dc la politique du gouvernement on faveur d'un accroissement des emprunts à l'étranger pour le financement d'un programme d'investissemonts beaucoup plus important. La part du service de la dette publique dans les dépensos courcntes de l'Etat est encore relativement faible (moins de 5 p. 100 dans le budget de 1970), mais, dans la mesure où, bien que ne disposant plus d'une épargne accumulée ccmie par le pass;, le gouvernement poursuivra la politique vigoureuse d'investissements publics qu'il a récemment adoptéeo ls omprunts étrangers tendront à s'accroître davantage et pèseront davmatage sur le budget. Bien qu'elle ne soit pas inquitante pour l'instant, le Gouvernement devra continuer'à suivre la situation de près. 64. Les dépenses courantes totales du gouvernement cntral sont pass(ées de 22 milliards de FEG on 1964 à un chiffre ostimé à 31 ,5 milliards de FEG en 1969. Cette prcgrassion de 7,5 p. 100 par an est favorable par comparaison avec le taux d'accrcissement annuel des recettes ccurantes (d,5 p. 1b0) et a permis d'accroître le mcntant dc l'épargne du secteur public. Depuis que, on 1965, une siagnation des recettes de l'Etat avait ramoné brusquement le total de l'épargne publique do 2,6 milliards à 0,8 milliard de .G, l'épargne du gouernement central s'est accrue ccnstamment jusqu'à atteindre 3,4 milliards de EIG en 1968. En 1969, par suite le l'accroissement très marqué des recettes ccnsccutif à la mise en vigueur de la nouvelle taxe à la valeur ajoutée, il est possible que l'épargne du gouvernement central ait été supcrieure à 5 milliards de EÏG, ce qui correspcndrait à envircn 2,5 P. 100 du PIB aux prix du marché. 65. Les dépenses d'investisseent du gouverent central figurent dans un budget d'investissement qui, depuis 1966, est dénommé Fonds national de développement et d'équipement (FrDE). Jusqu'à 1367, ces dépenses avaient été assez modestes; on 1966, elles représentaient appro- xi.mativement 3 p. 100 du PIB montisé et moins de la moitié du total des investisscments publics. Les investissements du guuvernement central pcur la période 1 64-1 67 se sont élev's à 16, 8 milliards de FHG, dont 85 p. 100 ont été couverts par Ies excédents ecurants du gouvernement et une subvention budgétaire annuelle française. Les 15 p. 100 restants ont 'te financés par dos prélèvements sur les réserve-s accumulées pendant les années antérieures, résorves qui furent ainsi ramenées de 1,9 milliard do F,IG à la fin de 1963 à 0,6 milliard de F,G à la fin do 1967. Cette situation changea complètement en 1966, quand l'exécution du Progr,ee des grandes opérations fit monter les dépenses d'investissement du gouver- nenent central :.1 milliards de FG. Cette année-là, l'excédent budgé- taire courant et la subvention française prccurèrent des ressources finan- ciâres d'un montant de 5 rilliards de PEMG. la partie restantc des dépenses d'investissement dut être financée par des prlèvoments sur les soldes liquides du Trésor et des emprunts à l'intérieur et à l'étranger. - 211 - Tableau ö: RECETTES ET DEPHISES DU GOUVEJETZIT CZITTAI (on iilliards GL 7:G) 1964 1965 1>66 1;67 1968 Recettos courantes /1 24,6 24,9 26,3 2624 31,9 Diponsos courantes 22,0 24,1 24,4 26,5 2E,5 Excdent courant 2,6 0,6 1, 1 3,4 DépGnses d'in Gstissercnt 3,2 3,6 4,2 5,2 9, D6ficit du g(uvorncnent central -0,6 -2,8 -3,0 -3,3 -5,7 /1 La subvnticn budgltaire frnnçaise ntest pas compriso dans les recettos. Scurco: 1inistro des Finances. 66. E même temps que les dponses d'wivestissoeint du gcuvernement central augmientaient dans de furtos prcpcrtions, urn net changement se produisait dans leur cciposition. Pendant la période 1 >64-1 ,67, les investisseronts dans l'infrastructurc (transports et comunications) avaient abscrbé 9,7 milliards do FMG, soit nrs d 60 p. 100 du montant total des investissements du gcuvornwn:ent central. Bien que sectour vital pcur le dåveloppenent du pays, l'agriculture, d'autre part, avait å peine recu 16 p. 100 des resscurces disponibles. Le ?rogramme des grandes opurations modifia cette allocation de ressources en d1finissant un programe d' investisscments dans lequcl los deux tiers du total (scit 20 milliardE de C-G)devaient être affectés à los proj3ts agricole-s. Bien que ce Programne des grandes cp;rations n'alit -pu Ctrc exjcut aussi rapi- dement que prévu, et bion qu'une partie dos investissoments le concernent ait étC financde par des dens dc l'étranger qui nc fUigu.rent pas au budget, les chiffros des investissements du gcuvcrnennt central pour 1966 et 1 c69 mentrent de leur cctl que l'accent n'_st Jusl mis curie auparavant sur l'infrastructurc. Le budget de 16< c6 prenait un total d'investis- sGyments du gouvGraement central de 13,5 njIliards de PIG, sur lesquels 6,9 milliards, sit plus do 50 p. 100, deva e-t tre affectés aux projets agricoles. Les projets Io dévolLoppement n'ayant pas 6t assez bien établis pour attirer les prtteurs (trangors, los dEpensas rJelle d'inves- tissement durent être ramenies å 9,1 rilliards de FDIG, dont 2,3 milliards pour l'agriculture. Dans le budget do 1969, cependant, les investissoments agricoles n'étaient inscrits quo pour un nontant do 4 milliards de EMG sur un total projet de 13,1 miliards. Cette part de 30 p. 100 représente nSanmoins une augmentation irmortante par rapport au volumo des ressources consacrées å l'agriculture pendant la période 1964-19$67. - 25 - Tableau 2 DEPENTSES D'iESTISS3IVT DU GOUVDEXEMENT CENTRAL (-n lliM9ards dk F~G) 196 1366 1967 1368 1069 Chiffr'.E~ Chiffres rcl Budget rGle-s Budget Total 3,2 4 9 5,2 1335 9,1 131 (dont: -agriculture et rossources non minärales (0,3) (0,7) (1 ,0) (6,9) (2,3) (W,0) -transperts et ccmmunicaticns (1,9) (2,?) (2,;) (4,h) (4,) (6,1) Sourcc;: Ministårc des Finances. (b) Budgets annexes 67. Plusieurs crganismes publics autonomes prparent des ccmptes distincts de recettes et dpenses qui sont Joints au budget du gcuverne- ment central et scumis en mnme teps que ce lmier au vote du Parlement. Depuis 1365, ces crganismes publics sent au nobrc de sart: les chemins de fer (AýCF), los perts: 1'Office do radio-t4lvisicn, 1'Office des postes et tél,comunications, 1'Imprimerie natic-ale, le Gar,ge de l'Etat et l'Atolicr du Hinistère des Travaux Publics. Les services qui ont les budgets de lcin 16S lus imDcrtants sent la NCF et los Postes et til(- ceommunicatiens; ils totalisent à cux Gur plus de 153 p. 190 los recettes et déponses des budgets annexecs. L'pargne 'ubliguc prcrduitc par ces organisies est pass e d'une meyenne de 0,7 milliard de FIG pondant la p6riode 1965-1,967 à 1 milliard de FMG cn 1' ;6. Leurs investissements ont dté approxinativement de 0,6 milliard de MG par an pendant la piriede 1965-1,967 et do 1 milliard dF Fc en 196 . Malgrl ce montant global satis- faisant de moyens financi-rs. certains de ccs organismes, nctarent la ENCF et les PTT ont di Jiprunter de l'argent. La RNCF a eu pour cela recours au Tr'sor, aux c,ripagnies d'assurEnccs de iadagascar et à l'igncy for International Develcpent des Etats-Unis d' nrriquo. - 26- Tabletu 1: EUDGL'S .'1EXES Ten illiards de iTG) i65 166 1s 67 1p68 Recettes /1 5,6 5,6 6,0 6,7 (dont: BiN!CF (2,5) (2,h) (2,6) (3,1) Poste) (2,0) (2,2) (2,2) (2,h) D.pensis courantes h,9 5,0 5,3 5,6 (dknt: RNCF (2,1) (2,2) (2,3) (2,h) Poste) (1,i (2,0) (1,9_) (2 1 Epargne ,7 0,6 0,7 1,1 (donit: RM CF (C ) (0,2) ( ,3 ( ,7 Posto) (0, 2) (:,2) (0,3) (J,3) Dépcnses d'investissmcjTnt 04 0,7 0,6 1,0 (dont: MICF (I,) (01 02 (0,7) Poste) (0,2) (0,2) (0,3) (0,2) Excédent ou -.éficit 0, -0,1 0,1 0,1 (dont: MCF (0,3) (-0,2) (0,1) ( - ) Pcste) ( - ) ( - ) ( - ) (0,1) /1 Les produits dos emprunts n'ont pas (tSV coris. Scurce: Ministère des Finances. (c) les budgets prcvincieux 68. Les six provinces de ada0ascar ont chacune leur budget par le mcyen duquel lles financent i' administration locale et les services publics lccaux ccmprenmnt prin4cipalcment 'esignment primaire et la santé publique. Les recettes proviennont surtcut cs iLmpts locaux (une capitation, un impôt sur le b6tail et un imat fcncier) et de subventins du gouvernement central. Pnr suite du faible taux de croissancc du prcduit des impôts locaux depuis 19)65 (infarieur à celui de la pcpu- lation), la part des dlpenses provinciales financc par des transferts du gouverner.-ent central n'a ccsK d'augmenter avec le tem-s: de 20 p. 100 on 16h, olle est pass e ä 25 p. 100 on 163. - 27 - Tabl ar 11 BLDGZTS PROT0CLX 7nmilliardls de FMG) 164 1965 1 66 1:67 1968 Rcettes 5,4 6,3 6,h ,h 6,8 dont: impetz dircots (3,7) (,3) (,6) (4,4) (4,5) transfertc du gouvernwrent central (1 1) (1,4) (1,2) (1,4) (1,7) Dpenscs ccurantes 5 2 6,3 57 6,2 6,8 Epargne 0,2 - O,7 3,2 - Dépensos d'investissemåent 0,4 0,1 0,2 0,2 0,3 Exc$der.t cu d,ficit (-) -0,2 -û,1 0,4 - -0,3 Source: -stère des Financcs. C,ne cn peut le ;conser, les dpenses proviniales comprcnncnt principa- lerent la masse des traitement6 et sctaires. En 196k, cc pCste scul s'est &lv à 4,8 "'lliars d £MG et a cscrbi 70 p. 100 du totai dos diépenses ccourantes. Octt annO-l les spx rovisncs employalent de 11 000 pers onnes, scit le tiers de 'cffec ti'f emy' par lc gouvrcne- ment central. Les assistants tcniques ctrrngtrs qul Cnargcnb aux budgets provinciaux sont raros icur nombcr, qui tait de 1 $ en 1 6n , n 'tait plus que dce h en 1969 Les dcpnnses d'investzssement n'ctteignont ê& pas 0,3 milliard d FILG. É 1'xceptien dc 1 66, ann" o, par srite d'une- diminution des ipenses courantos, Ln e3xcdnt a ét$ enregistre au compte consolidé des budgets provinciaux, les fiances des prcvnces cnt été gCnéralement en déficit. En 196c, le dificit a 'tl de 0,3 milliard de FEG. (d) Oprations financiéres du Trisør 69. Corme- :ans la pluart des pays franecphones d'Afrique, le système d!op(raticns financiGres du Tr'scr Gst, L Madagascar, fortoment centralisé. Non soulement le TrCscr est lo caissier du gcuvc-rnement central et de plusiaurs rganismes publics, mais il ost aiussi eutorisé å acccrdcr des avences ct d s préts à royen ter:c aux entrepriscs publiques. En cutrs, le Trisr cst le dépsitairc des iquidit,ls de plusieurs orga- nis,nes publics. 70. iu cours des c-iq denierGs anntos, '6pargne du gouvernement central et des crganisres publics s'est ccnsid'rabionent accrua. De 2,3 milliards de RIG en 1,64, oll est passtc > 4, milkierds de FG en 168. - 28 - Pendant la période quinquennale 1964-1969, l'épargne des budgets publics s'est élevée au total à 14,6 milliards de FI.G, soit à peu près 2 p. 100 du PIB. Les investissements publics ont également augmenté dans de très fortes proportions pendant cette période, en particulier en 1968, où, sous l'impulsion du Programme des grandes opérations, ils atteignirent 10,4 milliards de FMG, contre 6 milliards de FIMG l'année précédente. En 1564, l'épargne publique et la subvention budgétaire française d'un montent de 1,8 milliard de FMïG ont été plus que suffisantes pour financer le programme d'investissements du secteur public. En fait, le budget put disposer d'une augmentation de ses réserves auprès du Trésor de plus d'un milliard de MIG. En 1>65 et 1U66, ce ne fut plus le cas, mais un recours important à l'emprunt étranger en 1966 évita une réduction impor- tante de ces réserves. En 1967, les opérations bancaires du Trésor prirent une importance accrue: les prêts aux entreprises et organismes publics, qui n'avaient absorbé que 0,3 milliard de FMG par an au ccurs des trois années précédentes, s'élevèrent brusquement à 2,5 milliards de FIG. Une grande partie de ces prêts servit à financer l'organisation de fermes d'Etat ou de "syndicats de commune" - groupements coopératifs des municipalités rurales - dans un effort visant à accroitre la produc- tivité agricole. les prêts du Trésor à ces "syndicats" ont servi princi- palement à équiper plusieurs rizeries et huileries et ont été complétés par des crédits à court terme de la Be . Ces opérations ont occasionné une ponction sévère sur les ressources liquides du Trésor, qui ont diminué de 2,2 milliards de FiG . En 1968 et 1969, cette diminution a persisté par suite du fort accroissement des investissements et du montant élevé des prêts que le Trésor a continué de consentir. Au cours de ces deux années, les soldes liquides du Trésor ont encore sensiblement baissé. - 29 - Tableau 12: OPERATIOV-S FiN CIERES DU TRESOR (en illiards de RIG) 1 64 1)65 1966 1>67 1968 1969L Deficit total -0,8 -2,6 -2,7 -3,2 -5,9 -4,2 Ogprations du Trésor -o,6 -0,5 -0,8 -2,1 -0,9 +0,2 (dont prêts et avances) (-0,3) (-0,6) (-0,1) (-2,5) (-1,2) (-1,7) Fonds détenus par le Trcscr +0,1 -1,8 -0,1 +0,4 +0,1 +0,3 Déficit du Trescr -1,3 -4,9 -3,6 -4,9 -6,7 -3,7 Financement Etranger Subvention budgltaire françaisc 1,8 1,7 1,7 1,7 1 6 E,iprnts 057 0,5 2.7 ø,6 1,2 1,9 Divers ..- 0,1 - - Intérieur raprunts - - 0,2 0,3 0,1 0,5 ,odification des soldes de trscrc-eri (- augmentatin) -1,2 2,6 -1,0 2,2 3,8 1,3 /1 9 mois 71. Le total des invcstissements publics réalis6s par la voio du budget pendant la pIrdLe 1964-1968 s'est (lev6 ix prés de 30 milliards de EEG, dent la moitil environ (14,6 milliards) a été financée par l'6pargne courante, pros dc 30 p. 100 (8,6 rilliards) par la subventicn budg:taire franaise, et 20 p. 100 (6,3 milliards) par des emprunts int'rieurs et itrangers. La dimlinuticn de 6,4 milliards de FMG des ressources du Tr sor au ccurs dc la même plri:do quinquennale a (t& duo essentiollement aux prêts accorts par le Trlser (4,6 milliards de FMG) et å un brusque retrctit conjnctural de fonds en dép8ts auprès du Trésor en 1,65. Madagascar a pu exccuter un plus large prograrme d'investisse- ment sans avoir å emprunter des scrmes cxcessivcs grâcau niveau très (lev6 do l'pargne accunul6o dans le passE. Continuer l'ex6cution d'un prograrne de cette inportance nécessitera toutefeis un accroissement scit de l'épargne, scit des se-rnies erpruntées à l',tranger. - 30- E. Flux d'aide étrangère 72. Depuis 1964, Madagascar a reçu un montant très important d'aide étrangère, s'élevant à quelque 50 à 55 millions de dollars par an 1/. C'est la France qui est pour l'île le pays donateur le plus important, mais le montant de son aide a diminué ces dernières années et sa contribution au total général est tcmbé de 64 p. 100 en 1964 à 54 p. 100 en 1969. Les conditions de l'aide se sont d'autre part sensiblement durcies au ccurs des cinq dernières années et la propor- tion des dons s'est trouvée ramenée de 92 à 81 p. 100. Cependant, le nontent total de l'aide est resté stable (en prix courants), la dimi- nuticn des dons ayant été componsée par une augmentation des prêts accordés par la Caisse centrale de coopération 5ccnomique (CCCE) et le Groupe de la Banque Mondialo. 73. Une part assez faible seulament de l'aide française est destinée aux projets d'investissement proprements dits, et cette part a diminui dans un passé r5cent. Les versements au titre de la contri- bution annuelle française à des projets (FAC) sont tombis de 12,2 millions de dollars en 1964 à 6,9 millions do dollars en 1469; leur part dans le total de l'aide française est tombée dans le même temps de 35 à 25 p. 100. La majeure partie de cette aide aux projets va à l'agriculture (près de la moitié des engagements de la période 1964- 1969', tandis qu'une autre partie apprIciable est allouée à l'ensei- gnemùnt et à la formation professionnelle (22 p. 100 des engagements de la mêne péricde). 74, Les paiements pour l'assistance technique continuent de constituer l'essentiel de l'aide française. Le nombre d'assistants techniques a toutefois diminué progressivement, revenant de près de 1 900 en 1964 à un peu plus de 1 700 en 1968, si bion que les dépenses françaises correspondantes ont été ramenées de 12,5 millions de dollars en 1964 à 11,4 millions de dollars en 1968. Cette régression s'est probablement poursuivie en 1969 alors que l'effectif d'assistants techniques français travaillant à Madagascar tombait en dessous de 1 500. Enviren 65 p. 100 des assistants techniques sont employés dans l'ensei- gnement et la formaticn professionnelle, le reste étant réparti dans divers inistères et services. Pour la plupart de cos experts, le gouver- nement malgache verse une contribution annuelle de 600 000 FMRG (2 200 dollars) par personne. 75. Le reste des dons de la France consiste en une subvention budgtaire annuelle et en une aide annuelle à plusieurs institutions de recherches françaises ainsi qu'à l'Université de Madagascar. Le montant de la subventicn budgétaire de la France a diminué ces dernières années: de 7,2 millions de dollars en 1264, il n'était plus que d'environ 5 millions de dollars en 1969. Les dons pour la recherche et l'enseignement 1/ Non compris environ 8 millions de dollars de pensions de retraite payéeos par la Franco à d'anciens fonctionnaires. - 31 - supirieur, on revanche, sont passés de 3.3 millions de dollars en 1964 à 5 millions de dollars on 1 68. Tableau 13: REPARTITICN PAR SECTEURS DES EGUGEMEMTS D'AIDE DU FAC ET DU FED (on pourcentegos) FC FED 1959-1953 1964-1969 1er Fcnds 2ème Fonds Agriculture et élevage 3,4 46,3 22,9 57,9 Infrastructure 23,9 17,9 60,7 18,3 Enseignement 15,7 22,0 7,9 1,2 Santé publique 3,2 4,1 2,1 10,4 Industrie, mines et inorgio 9,4 6,5 - Divers 4,4 3,2 6,4 12,2 100,0 100,0 100,0 100,0 76. La deuxième source d'aide étrangère par ordre d'importance est, pour Madagascar, le Fonds Europé-en de_Développement (FED). Les versements du FED ont Sti en moyenne de 10 miliions do dollars par an. Comme l'indique le Tableau 13, la répartition de l'aide du FED a beaucoup variA de la première à la deuxième période du Fonds. Pendant le premier Fonds (1959- 1964), environ 14 milliards de 1iG (56 millions de dollars) ont tó engagOs pcur des projets do divelopperant à Madagascar. Parmi ces projets, 61 p. 100 concernaient l'infrastructure (principalement routièro) et 23 p. 100 seulement l'agriculture et l'4levage. Les engagaments du FED envers Padagascar au titre du deuxième Fonds (1964-1969) ent iti portés à 16,4 milliards de FMG (66 millions de dollars). Sur cette somme, 9,5 milliards de FMG, soit 58 P. 100, cnt W affectés à l'agriculture, tandis que 3 milliards de FEG seulement, soit 18 p. 100, étaient destinés à l'infrastructure. La part de l'enseignement est igalement tombie de 8 p. 100 dans le premicr Fonds à 1 p. 100 seulement dans le deuxième Fonde. 77. L'aide sous forme de dons a également pour source les Nations Unies qui, soit par l'intermidiaire du PNUD soit par celui des institu- tions spicialisies, ex?cutent un certain ncmbre de programmes. Au cours des trois dernières années, le Fonds spécial a engagé plus de 5 millicns de dcllars pour des itudes de prtinvestissement, en ce qui concerne en particulier l'agriculture, la sylviculture et le diveloppement des ports. 78. Il existe encore une autre aide bilatirale sous forme de dons qui est limitie. Elle comprend principalement le paiement d'experts en certains domaines et une fourniture linitio d4'quipement. Ces dernières années, elle a ét en mcyonne d'un peu plus d'un million de dollars par an. - 32 - 79, Les prêts à Madagascar ont eu surtout pour origine la France. Les prêts de la CCE ont éti en moyenne de 4 millions de dollars au cours des trois dernières années et ont t principalement accordis à la BN pour le financement de projets diterminis. Les taux d'intérêt de ces prêts sont de 4o5 p. 100 en moyenne et les dUiais de rembour- sement vont de 4 à 20 ans. Les décaissements sur les prêts de l'Allemagne ont totalisé 12 millions de dollars en 1964-1967, pour la construction d'une route (d'Antsohihy à Pcrt-BergS) et l'équipement d'une fabrique d'allumettes à Moramanga. Bien que de nouveaux engagements aient été pris on 1969, il n'y a pas eu de nouveaux versements au cours des deux derniires années. L'Agency for International Development des Etats- Unis a accordé jusqu'ici deux prêts d'un montant total avoisinant 5 millions de dollars: l'un pour les chemins de fer, l'autre pour un projet de télécommunications. Les dicaissements sur ces prêts se sont élevis à 2 millions de dollars pendant les deux dernières années. 80. La premiòrc opiration du Grcupe de la Banque Mondiale à Madagascar date d'août 1966. Il s'agissait de l'octroi par l'IDA d'un crdit de 10 millions de dollars pour un projet de reccnstruction de routes. Depuis cette époque, trois autres projets ont ét financis avec l'aide du Groupe de la Banque pour un total de 15,6 millions de dollars. Ces projets concernent l'agriculture, l'enseignement et les transports. Les dicaissements Banque-IDA pendant la piriode 1?67-1969 se sont ilevis au tctal à 5,1 millions de dollars. - 33 - IV. LES CNQ PROCHAINES ANIEES A. Introduction 81. Bien que le prerier plan de développement ait pris fin offi- ciellement en 1968, aucun programme d'investissements n'a été établi pour la période 1969-1973. L'accent mis par le gcuvernement sur le "Program,we des grandes opérations" a porté à négliger la planification quinquennale on faveur du but plus immédiat de l'accroissement rapide des investissements dans le secteur public. Il fut décidé d'élaborer un nouveau plan de développsment pcrtant sur los années 1970 à 1974. 82. La préparation de ce plan a pris du retard pour deux raisons principales. En premier lieu, les résultats estimés peu satisfaisants du plan qui venait de prendre fin et qui avait J fcrmulé en termes très généraux - se bornant à définir certaines priorités et certains objectifs sectoriels - nt amené le gcuvernement à se prononccr pour un plan davantage orienté sur des projets. C'est un document rt'pondant à cette conception qui est actuellement élaboré, mais, des élections parlementaires devant avoir lieu à l'automne 1970, il est pou probable que l'assmblée législative en soit saisie d'ici-là. En second lieu, dans la phase actuelle de développement en République i1algache, il n'est pas possible d'établir un plan pour lequel'tous les investissements proposés puissent être justifiés par des projets étudiés dans tous leurs détails. A la fin de l'année 1969, plusieurs listes de projets avaient été reçues par le Cormissariat au Plan, mais un grand nombre de ces projets n'étaient guere plus que des schémas, si bien que le Commis- sariat ne pouvait leur affecter de priorité déterminée. B. Persoectives dG financement des investissements (a) Budct crdinaire 83. Etant dcnné le pcids actuel de la fiscalité, il est peu probable que lc prcduit dOs impts continue d'augmenter aussi rapidement qu'au cours des cinq dernièrcs années. En 196h, le tctal dus recettes fiscales de tcute nature s'est levé à 26,E milliards de FM, c'est-à-dire à un peu plus dc 21 p. 100 du PIE mcnétisé; on 196 i ttoignait 34,8 milliards de FIG ce qui reprsentait encre approximativement 22 p. 100 du secteur monétisé du PIB. Dans la mesure cù cos chiffres scnt exacts (les estimaticns du revenu national ne sont pas très sûres), le systèM e fiscal actuel de Nadagascar sem-ble assez inélastiquc et peut-être le gouvernement devra-t-il créer de nouveaux impôts ou augmenter les taux Clos impts existants afin que les recettes fiscales prgresscnt autant que le PIB mené tisé. - 34 - 84. Les résultats préliminaires de l'année 1-69 indiquent que les recettes du gouvernement central, non compris la subvention budgétaire française, ont été de l'ordre de 37 milliards de FIG. Le budget de 1970 se fonde sur une projection des recettes du gouvernement central de 36,4 milliards de FIG, estimation prudente dont le gouvernement entend ne pas s'écarter afin de mieux résister aux pressions des ministères techniques qui demandent des augmentations de crédits. Sauf en 1966, où la réforme de le fiscalité directe n'a pas produit rapidement le surcroit de recettes attendu et où l'insuffisance a été de 0,4 milliard de RIG, les recettes courantes réelles du gouvernement central ont toujours excédé le chiffre initialement inscrit au budget. Tableau 14: RECETTES ATTENDUES POUR 1970 (en milliards de MG) 1969 1>70 Budget Chiffres Budget Recettes réels/1 probables Impôts directs 6,2 6,7 6,3 7,0 dont: impôt sur le revenu des personnes physiques (3,3) (3,8) (3,3) (4,0) impôt sur les bénéfices (2,0) (2,0) (2,1) (2,1) Impôts indirects 26,8 26,2 28,7 29,4 dont: droits d'importation (11,7) (12,9) (13,-) (13,9) droits d'exportation (1,8) (1,7) (1,7) (1,7) TUT (7,0) (7,1) (6,5) (7,2) Recettes non fiscales 1,3 2y1 1,4 2.1 Total 34,3 37,0 36,4 38,5 /1 Chiffres provisoires. 85. Kotre projection des recettes publiques probables dans les cinq années à venir ne se base donc pas sur le nontant des recettes inscrit dans le budget pour 11970, mais sur notre propre évaluation des recettes escomptées en cette année. Si l'on suppose simplement un accroissement de 0,2 milliard de ETIG du produit de l'impôt sur le revenu des personnes physiques en 1970 par rapport à 1969, un accroissement de 0,1 milliard de FIIG du produit de la TUT, une stagnation des recettes non fiscales, et si l'on accepte pour les autres éléments des recettes du gouvernement central les prévisions budgétaires de 1970, les recettes totales seraient de 38,5 milliards de E G. - 35 - 86. A supposer que, pendant les quatre prochaines années, le PIB total en prix constants progresse à raison de 3,5 p. 100 par an, impliquant que le secteur non monétisé présenterait un taux de croissance égal à celui de la population et que le secteur monétisé croîtrait au taux de 3,8 p. 100 par an, et à supposer en outre que le gouvernement maintienne approximativement à son niveau actuel les charges fiscales du secteur monétisé de l'économie, les recettes totales du gouvernement central en 1974 seraient d'environ 43,7 milliards de FîiG en prix constants (l'hypo- thèse d'une hausse annuelle des prix de 3 p. 100 porterait ce chiffre à environ 49 milliards de FMG). 67. Le Gouvernement ayant décidé de renoncer à un financement du déficit budgétaire par des avances du Trésor, mais désireux de poursuivre un vigoureux effort d'investissement, a annoncé publiquement une politique d'austérité en ce qui concerne les dépenses courantes. Bien que, par son action passée à cet égard, kladagascar ne le cède en rien à beaucoup d'autres pays en voie de développement, le gouvernement a décidé de faire un effort spécial pour maintenir la croissance des dépenses courantes en dessous du taux d'expansion des cinq dernières années. Les crédits budgetaires de l'année 11,70 ont été fixés à 33,2 milliards de FIG, c'est-à-dire à 2,7 p. 100 au-dessus des crédits inscrits au budget de 1969. Les princi- pales augmentations de crédits concernent l'enseignement et la santé publique. Comme les dépenses réelles de 1,69 (31,5 milliards de FIG) se situent probabalement un peu en dessous des affectations budgétaires de cette année-là, on peut raisonnablement espérer que les dépenses courantes totales de 1970 ne dépasseront pas 33 milliards de FIG. Cette stricte limitation des dépenses ordinaires est nécessaire pour que le gouvernement réussisse à exécuter un programe d'investissements d'un volume convenable. 68. En admettant que, par la suite, le gouvernement puisse contenir la croissance des dépenses courantes dans les liLites de d p. 100 par an en prix constants (ou d'environ 7 p. 100 par an aux prix courants), l'épargne du gouvernement central offrirait les perspectives suivantes: Tableau 15: EPARRGNE PROJETEE DU GOUVE1EEENT CETTRAL (en milliards de EM,G, aux prix de 1¶570) 1970 1b71 1972 1973 197 Recettes courantes 38,5 39,7 41,o 42,3 43,7 Dépenses courantes 33,0 34,3 35,7 37,1 38,6 Epargne courante 5,5 5,4 5,3 5,2 5,1 .36- 89. Si le gcuvorncment pouvait soutenir cet effort, le budget central fournirait des fonds d'investissement totalisant 26,5 milliards de F1,G sur la prc-chaine péricde dc cinq ans. Ce resultat ne pourra tcutefois être obtenu que s'il est mis un frein à l'ugmontation du nombre des fonctionnaires, car les frais courants des projets en cours d'exécution accroîtront d'ici l'achèvement de ces projets la charge du budget crdinaire. Déjà dans lc budget de 1970, le remplacement de certains équipements, financé d'habitude par le budget ordinaire, a dû être remis à plus tard afin do maintenir l'augmentation des frais courants dans les limites fixées par le budget. La projecticn réalisée a montré que, ncanmoins, le gouvernement central pourrait être en mesure d'améliorer très nettement ses résultats et de faire passer l'épargne publique de 10,6 milliards de F14G en 1964-1968 (aux prix courants) a 26,5 milliards de FMG pendant la prochaine période de cinq ans (aux prix de 1970). (b) Epargne publique totale 90. Si l'on admet que les provinces continueront d'équilibrer leur budget crdinaire grèce au produit de leurs propres imp8ts augmenté des transferts du gouvernement central, et si, de plus, les comptes budgé- taires annexes continuent de fournir un excédent courant annuel dIenviron 1 milliard de F-G, l'épargne publique totale de la période 1970-1974 pourrait s'élevor jusqu'à 31,5 milliards de FMG. (c) Aide étrangère 91. Le reliquat des sommes à verser à Madagascar sur les engagements de ses sources de dcns traditionnolles, le FAC at le FED, n'est pas très élevé. Pour le prograrme d'investissements du FIC, le solde non débcursé est inférieur à 7 illions de dollars (2 milliards de F11), et pour le FED, il est de 15,7 millicns de dollars (3,9 milliards de FMG), ce qui donne un total inférieur à celui de deux annés dc versements passés. Le solde non déboursé sur Ies prêts de la BIRD et les crcdits de l'IDA est, d'autre part, trcs important. A la fin de 196, il s'élevait à plus de 20 millions de dllars, soit presque au t(tal du FAC et du FED. 92. Si les eng?a;oements du FAC on 1969' dnnent una indication assez juste de ceux qu'il prendra dans les quelques prochaines années, ses versements, dont la diminution est sensible depuis 1964, pourraient fort bien ccntinuer à décroître jusqu'à 4,5 millions de dollars par an, on 1974 par exemple. La diminution pourrait êtro mcins rapide, mais il est peu probable que le niveau des versements soit maintenu ot, dans le climat actuel en matière d'aide, très i,probable qu'il soit augmenté. Les versements d'aide du FED, en revanche, augmenteront probablement. De plus, le F continuera sans doute à financer plusieurs projets en cours qui lui sont déjà bien connus et qui permettront une' mobilisation relativerent rapide des ressources disponibles. D'autre part, on peut stattendre que, contrairement à ce qui était de règle jusqu'ici, une partie de l'aide future du FED à 1adagascar prenne la forme de prêts (prêts à conditions spéciales). - 37 - 93. Tout compte fait, la diminution attendue do. versements du FAC sera probablement plus cu moins compeneée par uno aido accrue du FED, on sorte que l'aide conjuluée dos deux organismes restera à peu près à son niveau actuel pendant les quelques prochaines années. 94,. Selon toute probabilité, la subvention budgétaire française, qui était à l'originc une indemité compensant le retrait de l'aide militaire, continuera d'être vcrsée pendant les cinq prochaines années. Si les tendances passées persistcnt, la ccntr-bution annuelle décroîtra peut-être jusqu'à 1,6 million de dcllars (0,5 milliard de FM-G) en 1974. Les ressources totales que procurera cette subvention pendant la période 1970-1974 pourraient ainsi s'élever à 16 millins dc dollars (4,5 milliards de FMG). 95. Il est difficile d'estimer à combien s'él'verant les prêts publics futurs à Madagascar; beaucoup dépendra de l'élaboration des projets, de l'existence de crédits de fournisseurs et de la disposition du gouvernement à accepter les conditions plus rigoureuses de ces crédits. Compte tenu du sclde non déboursé de l'aide du Groupe de la Banque Mondiale, et à supposer qu'une amélioration de l'établissement des projets permetto une extension de l'action du Groupe, les débourse- ments annuels sur les prâts au secteur public pourraient passer de leur montant actuel de 6,5 millicns de dollars (1 8 milliard de FG) à 14,4 millions de dollars (4 milliards de FMG)en 1974. (d) Investissements totaux 96. La récapitulation des ressources qui pourraient être dispo- nibles au cours des cinq prochaines années est indiquée par le tableau suivant: Tableau 16: PROJECTION DES RESSOURCES DISPOIIBLES POUR LES INVESTISSE-meTS PUBLICS (en milliards de ÉEIG) 1 70 19-71 1972 1973 1'ý74 Tctal Epargne du gcuvernoe- ment central 5,5 5 4 5,3 5,2 5,1 26,5 Epargne sur comptes spéciaux 1,0 1, 1,0 1,0 1,0 5,0 Subvention française 1,3 1;1 0,9 0,7 0,5 4,5 Aide aux projets FAC-FED 4,4 4,7 4,4 4,4 4,6 22,5 Divers 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 1,5 Emprunts à l'étranger 3,6 4,7 5,1 5,3 6,1 24,8 Total 16,1 17,2 17,0 16,9 17,6 84,8 97. Le total des investissements publics au ccurs dos cinq prochaines années pourrait dcnc atteindre 34,8 milliards de FMG, alors que le chiffre correspondant de la p1riode 1964-1t,68 a été de 63 milliards. Sur ce total de 84,8 milliards de EIG, 37 p. 100 seraient financés par l'épargne publique intérieure, 34 p. 100 par l'aide étrangère (sous forme de dons, plus des prêts du FED), et 29 p. 100 par des emprunts à l'étranger. Il convient de faire remarquer toutefois que, s'il est probable que l'aide 'trangère soit fournie jusqu'à concurrence des sommes projetées, l'épargne intérieure n'atteindra lGs projections que si le gouvernement poursuit une politique d'austérité en ce qui concerne l'augmentation des dépenses courantes. 98. Si les investissements privés se maintiennent à leur niveau de 1968 qui était de 10 milliards de MiG, les investissements totaux à Madagascar au cours des cinq prochaines années pourraient atteindre 130 milliards de FIG. C. Perspectives de développement 99. A la lumière de cette analyse des ressources qui devraient être disponibles, un programme d'investissements d'un total de 240 milliards de FHG pour les cinq prochaines années ne parait guère corres- pondre aux possibilités. C'est ce qu'ont reconnu les autorités planifi- catrices, qui ont décidé d'écarter certains des "projets" soumis pcur le plan. Apr's l'élimination de plusieurs projets dont le caractère prio- ritaire ne semblait pas établi, le Drograànme d'investissements, publics et privés, pour les cinq prochaines années excédait encore 135 milliards de FE.G, pour trois secteurs économiques seulement (agriculture, industrie et infrastructure). Tableau 17: PROGR;U'UiE PRELIINLIRE D'INVESTISSEMENTS - 1970-1974 (en milliards de FéG) Ministères Comnissariat Estimation techniques au Plan _de la Banque Agriculture /1 675 36 Industrie, mines, énergie 38 37 30 Infrastructure 86 43 40 Total 191 136 106 /1 Non compris certains projets agricoles destinés à ê'tre financés uniquement avec des rssources budgétaires. - 39 - 100. La mission 5conomique a fait une estimation d'un programme d'investissements peur les trois principaux secteurs do lt'conomie, ccmpte tenu dcs ressources financiòres. des priorités sectorielles et de l'5tat de préparation des divers 6léments de la liste de projets du Commissariat au Plan. Les investissements publics et privés dans l'agriculture, l'industrie et l'infrastructure ont été encore réduits par cette estimation et raiené.s de 136 à 106 milliards de WG; ce qui laissc 24 illiards de G ;G ur les autres secteurs économiques. 101. Par ccmparaison avoc les chiffres s-ut.is initialement par les ministèros techniques, la réduction la plus forte concerne l'infrastruc- turc, ramenée de ô6 milliard.s à 40 milliards de FMG, c'est-à-dire de 45 à 38 p. 100 des totaux respectifs. La réductic suggé3ro par la mission est tcutefois relativement faible, les autorités planificatrices ayant djà ramenó elles-mêmes le programme d'infrastructure à 43 milliards do FMG pour la raison que les investissements de Madagascar dans l'infra- structure avaiGnt ýt:' trop Ólevés et que, dan s le plan à venir, une impcr- tance plus grande devait ftrc donn6e aux secteurs plus directement productifs. Par rapport aux autres ministères techniques, le Ministère des Travaux Publics est bien équip. pcur l'laboration dcs projets. Il possède un grcupe d'étude (Service des .tudes Eccnoniques et Finan- cières) hautement qualifié du point de vue technique et qui a Ctabli des projets très bien prosentVs à financer ur des ressources intrieures aussi bien qu'étrangèrcs. Etant donn. les contraintes financières -globales, le Commiss,riat au Plan doit résister aux demandes de ce ministère afin de maintenir un Cquilibre sectoriel. 102. La situation dans le domaine do l'agriculture est tcute diffé- rente. Le ministère responsable semble ne pas pouvoir parvenir à faire une évaluation technique et Economique approfondie do projets. En conse- quence, un grand nombrc do "projets" parmi ceux qui composent la liste de ce ministère ont 1té mal déýfinis ou insuffisamment préparEs pour que le Commissariat au Plan puisse les comprendre dans une première sóloction. Les autoritLs planificatrices ont donc Eté contraintes de ramener le programme agricole de 67 à 56 milliards de F.lG. De son cô, ayant oxaminE la question, la mission a ccnclu que les projets assez bien ftablis et économiquement justifiEs, prfts à être financEs dans les cinq prochaines années, ne sont pas susceptibles dc depasscr la somme de 36 milliards do FE'G ce qui ramène la part prcbable des investissements agricoles montisEs à 34 p. 100 des investissements totaux dans les trois secteurs susmentionnEs ou à 2d p. 100 du programme d'investissements de 130 illiards de FM4G. C'est là, pour le secteur agricole, une part un peu plus élev'e que celle qui lui est revenue sur les investissements du premier plan quinquennal, mais peut-être encore un pcu faible étant donné l'im-ortance do ce sectcur dans l'ccnomie de Hadarascar, tant pour la production de denrEcs alimentaires que pour l'accroissement des recettes d'expcrtation. 103. Un examen dcs projets compris dans lE programm,e prcsent par le Minirstòre de l'Industrie, y conpris ceux qui ont 'tE établis par le BDPI, organisme gouvernemental chargE do la promotion industriellO, a révElé que la justification Ccononique de certains de ces projets est - 40 - assez doutGuse et que, dans quelques cas, les recettes on devises pourraient être négatives. Une somme de 30 milliards de RIG représente probablement un maximum à investir dans le secteur industriel (y compris los mines et l'énergie) au cours des cinq prochaines années. 104. Si le total dos investissoments on 1>70-1974 est d'environ 130 milliards de FMIG, l'économie croîtra probablement au rytlhme de 3,5 p. 100 par an environ. En admettant que la croissance démographique se poursuive à raison d'au moins 2,2 p. 100 par an, cela signifierait que lc PIB par habitant pourrait aumenter de 1,5 p. 100 par an. Le Commissariat au Plan a estimé que, pour dos investissements de 120 milliards de FMG, le PIB par habitant augmrenterait de 0,75 p. 100 par an. Cependant, étant donné que les investissements totaux pourraient très bien excéder 130 milliards de FIG et que los chiffres du Commissa- riat au Plan cnt probablement surestimé quelque peu l' accroissement du coefficient de capital, un taux de croissance de 1,5 p. 100 par habitant n'est pas à écarter. Une expansion plus rapide semble toutefois peu probable. D. Balance des paiemenItc 105. Pour un grand nombre de produits, aucun accroissement du volume des exportations n'apparaît probable. Cela s'applique au sucre, à la vanille, au girofle, au siaal et au raphia. D'autre part, les exportations de riz pourraient atteindre 70 000 tonnes en 1974, contre une moyenne de 35 000 tonnes pendant les annes 1963 à 1969, mais avec d'amples fluctuations (11 000 tonnes en 1965 et 69 000 en 1968). Cette projection s'appuie en partie sur plusieurs projets en cours d'exécution et part de l'hypothèse que 5 p. 100 de la production totale de riz pourraient être exportés, mais le taux d'expansion de la demande inté- rieure de cette céréale est évidomment incertain. Los exportaticns de viande - y compris la viande en conserve - . de poisson, de coton, de bananes, d'autres fruits et de cacao pourraient fort bien augmenter. Les exportations de chrcmite sont estimCes rapporter environ 800 millions de MG par an. 106. Le résultat de ces projections est que l'on peut s'attendre à ce que Les recettes d'exportation de marchandises et denrées alimen- taires atteignent 34 milliards de FYG en 174, contre 29,1 milliards en 1969. Le taux de croissance annuel serait ainsi de 3 p. 100, alors que l'évolution avait été d'environ 3,8 p. 100 au cours des dix années précédentes. En admettant que los exportations de services se développont au même ruthme, les recettes d'exportation totales de biens et services pourraient s'élever, en 1 à7, 38 milliards de FMG. 107. En ce qui concerne le compte de capital, nous avons déjà indiqué que les versements au compte des mouvements de capitaux publics augmenteront probableient de près de 12 p. 100, passant de 50,5 à 56 millions de dollars. Les renseignemen.ts que l'on possède sur la balance des paiements du pays sont trop incomplets pour permettre une analyse détaillée des autres éléments du compte de capital, mais rien ne donne à penser que ces éléments se modifient beaucoup au cours des cinq prochaines années. - h - 108. En conséquence, pour empêcher qua le déficit sur biens et services de la balance des peiements ne dépasse sensiblement son niveau actuel (19 milliards de FG), l'expansion des importations devra âtre meintenue dans ]es limites de 2 p. 100 par an, chiffre inférieur au taux de croissance des exportations et beauccup plus faible que le taux de croissance des importations pendant les cinq dernières années. Si, cependant, nous ne commettns pas d'erreur en prévoyant que, pendant les cinq années à venir, les investissements en valeur absolue n'excéderont pas de beaucoup le chiffre do 1969, l'expansion des importations pourrait être presque entièrement absorbée par la croissance des importations de biens de consommation. Empêcher que le taux d'accroissement de la demande de biens de consommation importés ne soit supérieur à celui de la population peut être difficile, mais non pas impossible. Ainsi qu'il a djà été menticnné, les augmentations passées des impcrtations ont surtout portó sur les biens d'investissement et les biens intermediaires. En poursuivant une politique de remplacement progressif des importations, peut-être associée à une augmentation sélective des imipfts frappant les produits de luxe imports,le gouvernement devrait pouvoir limiter l'accrois- sement des importations totales à environ 2 p. 100 par an. E. Dette extérieuro 109. Pour ce qui est des mouvements de capitaux publics, la princi- pale particularité à noter au cours des cinq prochaines années sera la poursuite de l'évolution de la composition de l'aide, c'est-à-dire de la régression de la proportion des dons par rapport aux prêts. Selon nos estimations, la part des prêts dans les versements d'aide pourrait passer de 18 p. 100 en 1969 à 49 p. 100 en 1974. Le pcids de la dette extérieure de Madagascar est actuellement très léger, si bien qu'un certain montant supplémentaire de dette de type classique pourrait être sans danger contracté. En décembre 1969, la dette publique extérieure totale non amortie s'élevait à 120 millions de dollars et les paiements au service de cette dette avaient été, cette année-là, de 6 millions de dollars, soit un peu plus de 5 p. 100 des recettes d'exportation. Le service de la dette existante atteint un maximum dE y,4 millions de dollars en 1973 et décroît ensuite pour revenir à 7,6 millions de dcllars en 1575. Tant qu'il y aura peu de nouveaux contrats sur la base de crédits de fournisseurs, on peut espérer que le ratio du service de la dette se maintiendra en dessous de 6 à 7 p. 100 pendant les cinq prochaines années. 110. Eu égard à la pauvreté du pays, aux perspectives limitées d'exportation et aux résultats satisfaisants obtenus, la République malgache devrait ccntinuer de recevoir une aide à des conditions de faveur. - 42 - V. PROBLEES A PLUS LCNG TERME 111 Une conclusion de l'analyse qui prcède est que, si le gouver- nement désire réaliser pendant la durée du deuxième plan un montant total d'investissements de 130 milliards de FMG, il lui sera absolument nécessaire de limiter l'expansion des dépenses budgétaires courantes et de poursuivre sans faiblir la pclitique d'austérité inaugurée avec le budget dc 1970. Sinon, les 26,5 milliards de FMG d'épargne projetée du gouvernement central ne se matérialiseront pas et le niveau global des investissements devra être réduit en proportion. Une large part des investissements à entreprendre au cours des cinq prochaines années sera affectée à dos projets qui sont déjà à l'étude ou même en cours d'exé- cution, de sorte qu'il reste peu de latitude pcur un remaniement profond des allocations de ressources. Il est certain que le gouvernement devrait s'abstenir de procéder sans autres études à plusieurs investissements qui, tels le programme excessif d'abattoirs, semblent pou judicieux ou inop- portuns. Mais des décisions relevant d'une politique à plus long terme et dont les effets ne seront ressentis que pendant la période du troisième plan, voire au-delà, méritent une égale attention. C'est vers ces problèmes que nous allons nous tourner maintenant. A. Population 112. La population de Madagascar est très inégalement répartie. Certaines régions du pays sont pour ainsi dire désertes, tandis que dans celles où la population est relativement dense, la mise en valeur des terres est devenue une opération coûteuse. Cela ne veut pas dire que les étendues à moindre densité démographique soient toutes dans dos régions fertiles ou qu'elles puissent devenir cultivables sans de grandes dépenses. Dans le désert méridional, llirrigaticn peut, en fait, se révéler très onéreuse; des études sont nécessaires pour déterminer les possibilités do développement. Deux études de ce genre sont actuellement entreprises par la FAO dans les régions de Morondava et de Farafangana. 113. Le peuplement des régions à moindre densité démographique va devenir pour le pays une question do la première importance dans les dix à quinze années à venir. Le gouvernement devrait déterminor dès maintenant jusqu'à quel point il désire poursuivre la diversification agricole dans les Hauts Plateaux ou se demander s'il ne serait pas préférable de définir une politique de réinstallation d'habitants des Hauts Plateaux dans les régicns actuellement incultes qui offrent de meilleures perspectives. Ce sont surtout les jeunes éléments de cette population qui pourraient être attirés par de meilleures conditions d'existence dans une autre région. La réalisation de projets limités de peuplement (Samangoky au sud-ouest et un projet cotonnier au ncrd-cuest) a déjà démontré que la construction d'une infrastructure adéquate est de nature à accélérer ce processus de migration intérieure. - 43 - B. Enseignement 114. Comme beauccup d'autre pays africains, Madagascar aura à faire face à de sérieux problèmos posis par son système d'enseignement au cours des années à venir. La planification en matière d'enseignement est entravie par une insuffisance de statistiques qui sont par ailleurs peu fiables et tardives. Les autorités scolaires supposent que le nombre des ?lèves qui fréquentent l'école primaire est passi de 630 000 en 1964-65 à quoique 800 000 en 1968-69, soit une augmentation de près de 30 p. 100 en quatre ans. Ces 800 000 inscriptions représentent environ 70 p. 10' . roupc !'âbu c-rrcspcndant. 115. Au cours de la même période (1964-65 - 1968-69), les effectifs du secondaire ont plus que doublé, passant de 42 000 à près de 100 000. Près de la moitii (43 000) de ces ilèves sont inscrits dans des itablis- sements dont l'enseignement s'4tend aux quatre premières annies seulement du secondaire (ccllèges d'enseignement giniral); le reste des effectifs (près de 59 000) friquontent des lycées offrant sept annies de cours jusqu'au baccalauriat ou au diplCme iquivalent. En 196L, 23 p. 100 seulement dos candidats des lycies publics et 16 p. 100 seulement des candidats des icoles privies ont Até reçus à l'examen final. 116. Dans le secondaire, lo développement des itablissements privés a it? particulièrement rapide malgri des frais de scolariti relativement ilevis pour un pays comme Madagascar (ils peuvent atteindre 20 dollars par mois); en 1968-69, les inscriptions dans ces Ùtablissements s'ilevaient aux alentours de 70 000. Cet accroissement discrdonni devrait être examini soigneusement pour éviter un mauvais usagse dos faibles ressources disponibles et la possibiliti de crier une masse de chômeurs diplômis. Plutôt que d'augmenter le nombre des établissoments secondaires 'onsei- gnament gniral, l'Etat devrait s'efforcer de mettre en place des écoles techniques diverses répondant aux besoins de main d'oeuvre. En mâme temps, le pays aura besoin d'un plus grand nombre d'enseignants du secon- daire pour combler les vides causés par le départ d'assistants techniques français. Cependant, au lieu d'accroître le nombre des itablissements secondaires d'enseignement géniral et de compter sur le nombre relati- vement limiti de jeunes gens qui, au sortir de leurs itudes secondaires, se sentent attiris par une carriire dans l'enseignement, le gouvernement pourrait stimuler la formation de maîtres grâce à une politique plus active en matière de bcurses ou de prêts pour l'enseignement supirieur. C. Planification économique 117. Bien que l'organisation de la planification à Madagascar soit assez diveloppie, le micanisme de planification ne fonctionne pas vraiment de façon satisfaisantc, ainsi qu'on aura pu le voir d'après la description de l'exicution du premier plan de développement et de l'état de prparation du deuxième. La prisente section traite de l'organisation de la plani- fication ainsi que de l'insuffisance des données statistiques et prisente quelques suggestions qui pourraient amiliorer la situation. 118. Le plan économique officiel est drossé, thécriquement tous les cinq ans, par le Commissariat au Plan. A cet effet, le Commis- sariat utilise son propre personnel, généralement compétent, mais fait aussi appel à une assistance technique extérieure. Lc but de l'exercice quinquennal est de détcrminor au moyen d'un modèle macroéconomique élémentaire les investissements nécessaires è l'cbtention d'un certain taux de croissance et de comparer cet objectif avec les ressources dant on pense pouvoir disposer. Des priorités générales d'investissement par secteurs sont également déterminées pr le Commissariat et, en particulier dans le deuxième plan, un effort est fait pour d6composer le programe,projet par prcjet. Dans ce dernier cas, le Commissariat devra évidemment arbitrer entre les diverses propositions de projets présentées par les inistères techniques. 119. La Commissariat est placé sous la direction d'un "Commissaire au Plan", qui n'a pas ran2 de ministre, mais relàve, comme le Commissaire à l'animation rurale et le Commissaire à la coopération, du Secrtaire d'Etat chargé du développement. 120. Même apròs avoir été expressément inclus dans le plan de dévelcppement, un projet dcit encore être définitvecnt approuvé par un conseil interministériel et, le cas échéant, faire l'objet d'une garantie financière du Ministère des Finances. Depuis novembre 1969, un conseil interministériel chargé d'autoriser les investissements publics (Conseil interministériel du Plan et du développement - CIPD) se réunit une fois par mois sous la présidence du Vice-Président du gouvernement. Le président suppléant est le Secrétaire d'Etat au développement, et une division spéciale du Commissariat au Plan assure le secrétariat permanent. Les membres permanents du CIPD sont les Ministres des Affaires Etrangères, de l'Intérieur, de l'Agriculture, des Travaux Publics, des Finances et de l'Industrie. Pour aider ce conseil dans la constitution d'un dossier technique sur les projets qui lui sont soumis, un comité technique consul- tatif a été créé, comprenant des fonctionnaires supérieurs de tous les ministères techniques. Ce comité se réunit, lui aussi, une fois par mcis. L'expérience que l'on a de ses prei,iers travaux montre qu'une trop large participation l'a empêché de traiter les affaires dans les meilleures conditions, mais, selon des renseignements reçus du pays depuis peu, dos mesures ont été prises pour Uiiter le nombre des participants et améliorer ainsi la qualité des travaux. 121. Le systeme de planification qui vient d'être décrit ne peut toutefois fcnctionner convenablement que si le comité technique est toujcurs consulté en temps utile et si ses avis sont dument pris en considération. Si les décisions relatives aux investissements devaient être prises par le CIPD ou par le Conseil des M,inistres sn réunion plénière sans consultation du comité technique et, indirectement, de 'Dorganisme planificateur, l'élaboration d'un plan de développement économique et la désignation de priorités économiques deviendraient vite un exercice vide de sens. 122. Des améliorations très importantes pourraient être apportées au système d'informations statistiques du pays. Dans certains domaines tels que les investissements privés et la balance des paiements, on - 45 - ne connait presque rien de l'évolution passée. Dans d'autres domaines, Les informations existent, raais elles nc sont disponibles qu'après un laps de temps considérable, si bien que leur utilité comme instrument de politique économique se trouve fortement réduite. En outre, malgré le manque de personnel qualifié capable de recueillir et d'interpréter les dcnnées statistiques, il arrive que des rapports économiques fassent double emplci. 123. De plus, d'un peint de vue économique, la présentation du budget do développemont du pays pourrait êtro grandement aéliorée. Jusqu'ici, ce budget a été limité aux dépenses d'investissement financées sur des ressources intérieures ou par le moyen d'emprunts à l'étrEnger, sans qu'y figure l'importante fraction des investissements réalisés grâce à l'aide sous forme de dons. Bien que les données nécessaires soient disponibles dans le pays pour rétablir rétrospectivement les investissements publics réellement effectués, le manque d'un budget d'investisscnent annuel unifié empêcho souvent de faire une comparaison continue des investissements publics projetés et des sommes récllement déboursées. Le manque d'une présentation ainsi unifiée empêche également de procéder à une analyse approfondie des dépenses courantes futures que comporte le prograrm d'investissements et qui viendront grever le budget ordinaire dans les années ultérieures. 124. Enfin, la mission désirerait faire deux remarques sur l'élabo- ration du plan de développement. Elle a, en effet, constaté que la présélection de projets prioritaires par le Commissariat au Plan serait grandement facilitée si les ministères techniques voulaient bien faire l'effort de présenter des projets dont la justification financière et économique soit plus clairement établie. Ainsi qu'on l'a mentionné plus haut, le inistère des Travaux Publics montre le bon exemple en ce sens. Il serait extrêmement souhaitablo de renforcer le groupe d'étude du Ministère de l'Agriculture (Service central de mise en valeur) avec un petit effectif de personnel étranger et de lui. donner en même temps une autorité suffisante pour contrCler les travaux d'établissement des programmes dans les divers départements du ministère. Outre qu'il serait ainsi possible de procéder à une 1valuation plus complète des projets de développement agricole, cela réduirait quelque peu le désé- quilibre existant entre les investissem.ents dans l'infrastructure et ceux qui vont à des activités plus directement productives. Cette mesure permettrait d'autre part d'intégrer le développement agricole dans une politique de peuplement des différentes régions qui, ainsi qu'il a déjà été indiqué, va réclamer une attention de plus en plus grande de la part des pouvoirs publics. 125. Une analyse plus complète des projets d'investissement semble également souhaitable dans le secteur industriel. Les projets industrials sont actuellement élaborés par le BDPI, qui s'appuie presque exclusivement pour cela sur des considérations techniques et financières, sans se préoccuper des conséquences économiques de la protection douanière. La coordination entre ce bureau et les autres organismes chargés du dévelop- pement industriel pourrait être considérablement améliorée afin que des - 46 - jugements 'ccnomiques puissent être formul'-s avant que le financement d'un projet soit pratiquement assuré. La définition d'une politique de développement industriel à lon. tcrme, qui fait toujours défaut, en serait, par la mêr,e occasion, facilitéc. D. Le rôle de l'aide étrangère 126. La progression et le caractèrc du d*veloppemGnt 5concmique passé de M'-adagascar ont, dans une large mesure, été dtorminés par les dispensateurs d'aido extérieure. Malgré un très gros effort d'épargne publique, le pays a dû compter surtout sur les flux d'aide étrangère, aussi bien pour l'assistanco technique que pour ses dépenses d'inves- tissement. Jusqu'ici, cette aide financière était octroyée principa- lement sous forme do dons et, de ce fait, les autorités malgaches ont souvent attaché une importance secondaire à% la justification économique des projets ainsi financés. Que le pays ait ainsi été tributaire des dons d'origine étrangère peut être considéré comme une des causes des faiblesses du mécanisme de planification. Trop souvent, l'impression prévaut à Nadagascar que le développement économique est dict' de l'extérieur et les pouvoirs publics négligent de ce fait de fixer une stratégie de développement à long terme tant soit peu fondée sur des faits. Compte tenu de l'insistance accrue mise sur l'effort d'épargne publique et de la part plus largo des prCts dans les courants de capitaux 5trangers, le développement Cconomique dovrait ÔtrG envisagé davantage comme un processus dirigé par Madagascar. APPENDICE STATISTIQUE Liste des Tableaux Tableau I : Comptes nationaux -- 1966 Revenu par habitant Tableau II : Comptes nationaux -- 1966 Composition de la production Tableau III : Comptes nationaux -- 1966 Ventilation de la masse salariale Tableau IV : Comptes nationaux -- 1966 Inputs primaires entrant dans les principales catégories de contributions finales intervenant dans les activités monétisées Tableau V : Comptes nationaux -- 1966 Part des importations dans les principales catégories de contributions finales aux activités monétisées Tableau VI Comptes nationaux -- 1966 Contribution de la production et des importations à l'offre intérieure de produits destinés à la consommation finale Tableau VII Comptes nationaux -- 1966 Récapitulation des agrégats des comptes nationaux Tableau VIII : Comptes nationaux -- 1966 Contribution des principaux secteurs au produit intérieur brut Tableau IX : Récapitulation des transactions monétaires Flux annuels Tableau X : Recettes ordinaires de l'Etat Tableau XI : Dépenses ordinaires de l'Etat Tableau XII : Classification économique des dépenses ordinaires de l'Etat Tableau XIII : Dépenses d'investissement de l'Etat Tableau XIV : Recettes et dépenses de l'Etat Tableau XV : Budgets des provinces -- Recettes Tableau XVI : Budgets des provinces -- Dépenses ordinaires Tableau XVII : Classification économique des dépenses ordinaires des provinces Liste des Tableaux (suite) Tableau XVIII : Budgets des provinces -- Recettes et dépenses Tableau XIX : Budgets annexes -- Recettes et dépenses Tableau XX : Recettes publiques consolidées Tableau XXI : Dépenses ordinaires publiques consolidées Tableau XXII : Recettes et dépenses publiques consolidées Tableau XXIII : Financement du déficit consolidé des finances publiques Tableau XXIV : Répartition du personnel de la fonction publique centrale Tableau XXV : Répartition du personnel de la fonction publique locale Tableau XXVI : Investissements publics Tableau XXVII : Indice composite des prix Tableau XXVIII : Exportations Tableau XXIX Importations classées par catégories principales Tableau XXX Balance des paiements Tableau XXXI Versements au titre de l'aide étrangère Tableau XXXII : Montants prévus des versements au titre de l'aide étrangère Tableau XXXIII : Encours de la dette publique extérieure au 31 décembre 1968 et dette nouvelle au 30 septembre 1969 Dette remboursable en devises Tableau XXXIV : Estimation des paiements futurs au titre du service de la dette publique extérieure en cours y compris les sommes non versées au 31 décembre 1968 et dette nouvelle au 30 septembre 1969 Dette remboursable en devises Tableau I: COMPTES NATIONAUX - 1966 REVENU PAR HABITAINT (en dollars des Etats-Unis) Consommation de subsistance évaluée à: Prix à l'exploi- Prix sur marché tation urbain Moyennes 110 144 Population malgache 90 124 Population malgache urbaine 160 160 Population malgache rurale 80 119 dont: Consommation de subsistance 44 83 Recettes de l'excédent commercia- lisable 36 36 a) ventes sur le marché total 19,8 19,8 b) cultures d'exportation 16,2 16,2 1 En principe, la consommation de subsistance est évaluée aux prix à l'exploitation et la consommation de la population rurale aux prix du marché final. Il en résulte une sous-évaluation du revenu par ha- bitant des populations rurales par rapport à celui des populations urbaines. Pour comparer les niveaux de vie, il faudrait utiliser les mêmes prix. En fait, il faudrait corriger toutes les estimations du revenu ou des dépenses par habitant afin de pouvoir formuler une opinion sur le niveau de vie. Pour tous les biens produits pour l'usage intérieur, la majoration de prix entre le producteur et le consommateur (calculée sur la base des biens de production primaires) est voisine de 50/. Pour les produits agricoles qui ne sont pas d'ori- gine animale et ne sont pas transformés, le prix du marché est en moyenne de 88% supérieur au prix payé à l'exploitant. Nous avons utilisé cette majoration pour calculer la consommation de subsistance aux "prix du marché urbain". Le revenu par habitant de la population rurale se trouve alors atteindre 714% de celui de la population urbaine, au lieu de 50%. Source: chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la BEnque. Tableau II: COMPTES NATIONAUX - 1966 COMPOSITION DE LA PRODUCTION (en pourcentage) Activité Activité monétisée totale 1. Agriculture 20,h 34,6 2. Industrie i/ 15,9 12,1 3. Bâtiment et construction 3,6 4,0 Production de biens (1 à 3) (30,9) (50,7) h. Transport des biens 4,0 3,0 5. Transport des passagers >4,1 3,1 6. Commerce 16,0 12,2 7. Autres services 12,4 13,0 Industries de services (h à 7) (36,5) (31,3) 8. Services publics 2/ 21,9 16,7 9. Services des ménages 1,7 1,3 Services publics et services des ménages (8 et 9) (23,6) (18,0) TOTAL: PIB au coût des facteurs 100,0 100,0 1 Y compris les mines et l'énergie 2 Y compris les organisations à but 'non lucratif et les institutions françaises. Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau III: COMPTES NATIONAUX - 1966 VENTILATION DE LA MASSE SALARIALE Millions de FMG Pourcentage Production de biens 11,71 20,6 Industries de services 16,76 29,ù Administration publique 1/ 26,35 h6,3 Services des ménages 2,10 3,7 Total des salaires 56,92 100,0 1/ Y compris les organisations à but non lucratif et les institutions françaises. Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau IV: COMPTES NATIONAUX - 1966 INPUTS PRIMAIRES ENTRANT DANS LES PRINCIPALES CATEGORIES DE CONTRIBUTIONS FINALES INTERVENANT DANS LES ACTIVITES MONETISEES (en pourcentage de la contribution finale) Production Revenus des facteurs intérieure Entreprise Importa- Importations Impôts Aux prix tions y compris coûts Salaires Revenu Total indirects du marché (c.a.f.) Total intérieurs 1/ Contribution finale à: Consommation privée 19,13 h3,6h 62,77 14,69 77,64 22,5 100,0 01,6 Consommation publique 18,02 2/ 28,5O 46,52 15,39 61,91 38,09 100,0 71,2 Investissements des entreprises 10,76 13,25 24,01 9,03 33,Oh 66,96 100,0 81,2 Investissements publics 29,27 26,68 55,95 9,91 65,86 34,14 100,0 47,3 Exportations 17,26 61,52 78,78 10,13 88,91 11,09 100,0 16,1 Moyenne de toutes les contributions fina- les en 1966 18,81 2/ h1,89 60,70 13,hh 7h,14 25,86 100,0 Li,7 L' Coût des transports et du commerce intérieur, plus impôts indirects. 1/ Sans les traitements des fonctionnaires. Note générale: Les inputs primaires entrant dans chaque contribution finale sont calculés au moyen d'une matrice input-output à 9 secteurs. La part des importations directes dans la consommation privée (importations de produits finals) est d'environ 12% (c.a.f.), alors que la part des importations passe à 22,5% si l'on tient compte des importations de matières premières qui interviennent dans la fabrication des biens de consommation. Enfin, en ajoutant également les frais de transport et de commerce ainsi que les impôts indirects, la valeur des biens d'importation représente 41,6% de l'offre de biens et services de con- sommation. Ceci est indiqué dans la dernière colonne. Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau V: CCiPTES NATIONAUX - 1966 PART DES IMPORTATIONS DANS LES PRINCIPALES CATEGORIES DE CONTRIBUTIONS FINALES AUX ACTIVITES MONETISEES (en pourcentage de la contribution finale) Importations de Importations de biens finals et de produits finals matières premières Y compris les Contribution finale à: c.a.f. c.a.f. coûts intérieurs Consommation privée 12,5 22,5 41,6 Consommation publique 26,4 38,1 71,2 Investissements des 59,8 67,0 81,2 entreprises Investissements publics Exportations Total 15,4 25,8 1,7 Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau VI: COMPTES NATIONAUX - 1966 CONTRIBUTION DE LA PRODUCTION ET DES IPORTATIONS A L'OFFRE INTERIEURE 1/ DE PRODUITS DESTINES A LA CONS011MATION FINALE (en pourcentage de la valeur totale sur le marché) Production Z Importations Total Production intérieure aux prix à la production 32,8 - ) )3 62,9 Importations, c.a.f. 30,1) Marges du commerce et du transport intérieurs 15,8 21,3 37,1 48,6 51,h 100,0 1/ Sans les exportations. 2/ Valeur ajoutée aux prix du marché 3/ Y compris les importations utilisées corme inputs dans la fabrication de produits et dans les activités connexes. Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau VII: COMPTES NATIONAUX - 1966 RECAPITULATION DES AGREGATS DES CCMPTES NATIONAUX (en millions de FMG) Secteurs: Etat : Et. Entreprises : Ent. Ménages : Mén. Activités monétisées Entreprises et ménaes Activité Et. Ent. Mén. Total Total non monétisée Total PIB aux prix du marché - - - 141.145 141.145 36.934 178.079 Impôts indirects 20.3h0 - - 20.340 - - - Revenus de facteurs - 63.890 56.915L/ 120.805 - 36.934 (157.739) Transferts de revenus intérieurs, net 11.296 -5h.376 43.080 -11.296 O - O Revenu disponible, intérieur 31 .636 9.514 99.995 109.509 1h1.145 36.934 178.079 Transferts de revenus extérieurs, net 9.776 -3.995 -1.613 -5.608 4.168 - 4.168 Revenu national disponible 41 .412 5.519 98.382 103.901 145.313 36.934 182.247 Consommation 35.105 - 96.273 96.273 121.378 34.981 166.359 Epargne (nationale) 6.307 5.519 2.109 7.628 13.935 1.953 15.888 Investissements 9.14h 12.023Z/ 9h7 12.970 22.114 1.953 24.067ý/ Excédents d'épargne (déficit -) -2.837 -6-504 1.162 -5.3h2 -8.179 - -8.179 Transferts de capitaux intérieurs (sortie -) -128 +559 -431 +128 0 - o Transferts de capitaux extérieurs (entrée +) +h.788 - - - +4.788 - +h.7882 Emprunt net (+) ou ( - +5.9h5 - ) 5.214 +3.391 +3.39 Prêt net (-) ( -1.823 - -731 Salaires des entreprises des services publics des services des ménages 2 Y compris 2.767 millions de FMG représentant l'accroissement des stocks. 3/ Dons en capital de l'étranger. h/ Emprunt net à l'étranger et investissement direct (net) de l'étranger. Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau VIII: COMPTES NATIONAUX - 1966 CONTRIBUTION DES PRINCIPAUX SECTEURS AU PRODUIT INTERIEUR BRUT (en milliards de FW) Activités non Activités ccomercialisées commerciales Total (1) (2) (3) (h) (5) (6) (7) Revenu des Revenu de Impôts Valeur Valetr Valeur entreprises facteurs indirects ajoutée ajoutée ajoutée (1 + 2) (3 h) (5 + 6) 1. Agriculture 1,50 23,01 24,51 1,28 25,79 29,28 55,07 2. IndustrieL/ 7,06 12,04 19,10 3,01 22,11 - 22,11 3. Bâtiment et construction 3,15 1,19 4,34 0,17 4,51 1,95 6,46 A: Production de biens (1+2+3) 11,71 36,24 47,95 h,46 52,41 31,23 83,64 h. Transport des biens 2,93 1,93 h,86 0,2h 5,10 - 5,10 5. Transport des passagers 2,00 3,00 5,00 0,16 5,16 - 5,16 6. Commerce 6,33 12,88 19,21 4,64 23,85 - 23,85 7. Autres industries de services 5,50 9,36 14,86 0,47 15,33 5,70 21,03 B: Industries de services (h à 7) 16,76 27,17 h3,93 5,51 49,24 5,70 55,14 C: Impôts indirects sur importations 10,38 10,38 - 10,38 D: Production intérieure brute (A+B+C) 28,47 63,41 91,88 20,35 122,23 36,93 149,16 8. Services publics 26,35 - 26,35 - 26,35 - 26,35 9. Services des ménages 2,10 - 2,10 - 2,10 - 2,10 E: Total: PIB au prix du marché 56,92 63,41 120,33 20,35 140,68 36,93 177,61 Lf Y compris les mines et l'énergie. Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau IX: RECAPITULATION DE TRANSACTIONS MONETAIRE FLUX ANNUELS (en milliards de FMG) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1. Prêt des banques au secteur privé 2.369 3.238 -1.562 3.295 5.180 2.640 5.10 2. Tirages nets du gouvernement sur les banques 1.559 -994 3.452 -231 320 2.770 90 3. Expansicn du crédit intérieur (1 + 2) correspondant à: 3.928 2.244 1.890 3.064 5.500 5.410 6.00 h. Accroissement de l'actif financier privé 2.173 2.543 1.338 3.570 3.990 2.550 4.17 a: Avoirs en monnaie 842 2.213 193 2.419 3.243 2.410 2.09 (i) Monnaie en circulation hors des banques 1/ 200 1.380 -640 920 2.430 160 1.24 (ii) Dépôts à vue / 750 730 830 1.500 820 2.250 85 b: Dépôts à terme 211 533 290 815 1.755 100 1.92 c: Divers, net 1.120 -203 855 336 -1.008 40 16 5. Diminution (+) de l'actif net étranger des banques 1.755 -299 552 -506 1.510 2.860 1.83 Ne correspond pas aux avoirs en monnaie car les chiffres ont été arrondis. Source: FMI Tableau X: RECETTES ORDINAIRES DE L'ETAT (en millions de FMG) Estimations Recettes réelles budgétaires 1964 196 1966 1967 19681 1969 1970 Impôts directs 3.860 h.308 5.573 5.798 6.128 6.175 6.302 Impôt sur le revenu des personnes 1.785 1.682 2.970 3.031 3.378 3.317 3.349 Impôt sur les bénéfices 1.325 1.608 1.745 2.007 1.935 2.050 2.125 Impbt sur les dividendes 253 246 214 231 280 265 280 Patentes h97 772 644 529 535 543 548 Impôts indirects 19.151 18.520 19.275 20.569 24.018 26.796 28.746 Droits de douane 2f 370 449 437 458 431 hoo h30 Droits d'importation 10.110 9.707 9.956 10.328 13.084 11.661 13.880 Droits d'exportation 1.911 2.155 1.660 1.748 1.970 1.830 1.700 Autres droits frappant le commerce extérieur 257 273 260 262 104 105 1o6 Taxes à la consommation 1.758 1.633 2.296 2.302 2.653 2.823 2.920 Taxes sur les transactions 2.011 2.13h 2.2h0 2.672 3.069 7.000 6.547 Taxes et droits de timbre 1 .222 1 .1h6 1 .113 1 .063 1 .255 1 .h15 1.520 Autres impôts indirects 1.512 1.023 1.313 1.736 1.452 1.562 1.643 Recettes fiscales totales 23.011 22.828 24.848 26.367 30.146 32.971 35.o48 Recettes non fiscales 1.6o1 2.136 1.427 2.007 1.757 1.377 1.4003/ Recettes totales 2h.612 2h.96h 26.275 28.374 31.903 3h.348 36.448 1 Chiffres provisoires. 2/ Non perçus sur les importations provenant des pays du Marché commun européen ou de la zone franc. 3/ Estimations. Source: Ministère des finances. Tableau XI: DEPENSES ORDINAIRES DE L'ETAT (en millions de FMG) Estimations Dépenses réelles budgétaires 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 A. Administration 8.967 9.848 10.309 10.636 11.147 12.338 12.482 a. Administration générale h.666 5.104 5.275 5.402 5.600 6.367 6.476 b. Justice et police 3.130 3.419 3.612 3.694 3.901 4.135 4.191 c. Défense 886 1.017 1.142 1.192 1.324 1.495 1.473 d. Divers 285 308 280 348 322 341 342 B. Services sociaux 4.486 4.956 5.025 5.271 5.679 6.629 7.062 a. Enseignement 2.158 2.445 2.625 2.819 2.927 3.757 4.069 b. Santé 1.546 1.628 1.690 1.750 1.932 1.997 2.119 c. Divers 782 883 710 702 820 875 874 C. Services économiques 5.369 5.595 6.189 6.778 7.332 7.715 7.701 a. Agriculture et ressources naturelles autres que minières 2.344 2.413 2.816 3.019 3.406 3,563 3.613 b. Ressources énergétiques et minières 384 286 281 346 379 497 458 c. Transport et communications 1.772 2.011 2.147 2.474 2.298 2.383 2.208 d. Divers 869 885 945 939 1.249 1.272 1.422 D. Service de la dette publique 399 668 445 573 765 1.347 1.07 E. Sommes remboursées aux budgets communaux 836 860 578 1.102 1.156 1.308 1.498 F. Non imputées 1.955 2.240 1.837 2.106 2.462 2.946 3.008 Dépenses ordinaires totales 22.012 24.167 24.383 26.466 28.541 32.283 33.158 Source: Ministère des finances. Tableau XII: CLASSIFICATION ECONOMIQUE DES DEPENSES ORDINAIRES DE L'ETAT (en millions de FMG) Estimations Dépenses réelles budgétaires 1964 196 1966 1967 1968 1969 1970 Salaires et traitements 11.379 12.910 13.234 14.126 15.102 16.867 17.923 Biens et services 3.989 h.276 3.613 3.586 3.814 h.277 4.439 Entretien et réparations 1.488 1.567 1.862 2.077 2.143 2.350 1.787 Sommen remboursées aux budgets communaux 836 860 578 1.102 1.156 1.308 1.498 Service de la dette publique 399 668 h5 573 765 1.347 1.h07 Divers 3.921 3.886 4.651 5.002 5.561 6.13h 6.10h Total 22.012 24.167 24.383 26.466 28.541 32.283 33.158 Source: Ministère des finances. Tableau XIII: DEPENSES D'INVESTISSEMENT DE L'ETAT (en millions de FG) Estimations Dépenses réelles budgétaires 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 A. Administration 315 218 250 205 569 728 31_4 a. Administration générale 171 151 212 116 452 516 289 b. Justice et police 93 49 22 50 86 69 5 c. Défense - 6 13 39 21 23 - d. Divers 51 12 3 - 10 120 20 B. Services sociaux 221 107 185 249 634 351 878 a. Enseignement 17 3 78 130 145 240 838 b. Santé 1 - 3 12 21 16 7 c. Divers 203 104 104 107 468 95 33 C. Services économiques 2.540 3.134 4.107 4.481 7.746 11.667 8.669 a. Agriculture et ressources natmrelles autres que minières 317 534 744 1.054 2.311 3.992 2.485 b. Ressources énergétiques et minières - 15 56 33 82 521 300 c. Transport et comunications 1.895 1.991 2.901 2.951 4.018 6.116 5.187 d. Divers 328 594 406 443 1.335 1.038 697 D. Non imputées 95 153 356 228 157 331 185 Dépenses d'investissement totales 3.171 3.612 4.898 5.163 9.106 13.077 10.046 Source: Ministère des finances. Tableau XIV: RECETTES ET DEPENSES DE L'ETAT (en millions de FMG) Estimations Recettes et dépenses réelles budgétaires 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Recettes ordinaires 2h.612 24.964 26.275 28.374 31.903 34.3h8 36.448 Dépenses ordinaires 1/ 21.613 23.499 23.938 25.893 27.776 30.936 31.751 Excédent ordinaire avant service de la dette 2.999 1.465 2.337 2.h81 h.127 3.412 h.697 Service de la dette 399 668 45 573 765 1.347 1.407 Excédent 2.600 797 1.892 1.908 3.362 2.065 3.290 Dépenses d'investissement 3.171 3.612 4.898 5.163 9.106 13.077 10.046 Déficit des finances publiques -571 -2.815 -3.006 -3.255 -5.74 -11.012 -6.756 1/ Avant service de la dette. Source: Ministère des finances. Tableau XV: BUDGETS DES PROVINCES - RECETTES (en millions de FMG) Estimations Recettes réelles budgétaires 196h 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Impôts directs 3.719 4.253 h.602 4.446 4.476 4.788 5.074 Impôts indirects 126 138 144 141 146 141j 133 Recettes ncn fiscales 478 504 443 419 408 550 438 Transferts provenant du budget de l'Etat 1.072 1.h50 1.185 1.409 1.735 1.685 1.578 5.395 6.345 6.374 6.415 6.765 7.164 7.223 Source: Ministère des finances. Tableau XVI: BUDGETS DES PROVINCES - DEPENSES ORDINAIRES (en millions de FMG) Estimations Dépenses réelles budgétaires 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 A. Administration 293 334 333 365 342 362 372 a. Administration générale 290 329 329 361 338 357 368 b. Justice et police 3 5 h h 5 B. Services sociaux 3.645 h.34h h.303 4.556 5.189 5.659 5.86h a. Enseignement 2.307 2.739 2.738 2.9h9 3.461 3.716 3.924 b. Santé 1.259 1.533 1.490 1.544 1.620 1.848 1.866 c. Divers 79 72 75 63 108 95 74 C. Services économiques 579 764 393 588 616 658 524 a. Agriculture et ressources naturelles autres que minières 68 331 - 27 1h - 13 b. Ressources énergétiques et minières 7 5 1 1 - - - c. Transport et communications 391 413 391 550 592 657 510 d. Divers 13 15 1 10 10 1 1 D. Service de la dette publique 109 148 63 66 36 35 36 E. Sommes remboursées aux budgets communaux 39h 392 368 426 468 474 475 F. Non imputées 276 328 286 218 115 131 91 Dépenses ordinaires totales 5.196 6.310 5.746 6.219 6.766 7.469 7.362 Source: Ministère des finances. Tableau XVII: CLASSIFICATION ECONOMIQUE DES DEPENSES ORDINAIRES DES PROVINCES (en millions de FMG) Estimations Dépenses réelles budgétaires 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Salaires et traitements 3.276 3.976 3.841 L.055 h.829 5.375 5.652 Biens et services 572 717 525 508 541 589 564 Entretien et réparations 511 626 348 431 551 579 404 Sommes remboursées budgets communaux 394 392 368 426 4668 73 475 Service de la dette publique 109 148 63 66 36 35 36 Divers 334 451 601 633 341 268 231 Total 5.196 6.310 5.746 6.219 6.766 7.319 7.362 Source: Ministère des finances. Tableau XVIII: BUDGETS DES PROVINCES - RECETTES ET DEPENSES (en millions de FMG) Estimations Recettes et dépenses réelles budgétaires 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Recettes 5.395 6.345 6.374 6.415 6.765 7.164 7.223 Dépenses ordinaires 5.087 6.162 5.683 6.153 6.730 7.284 7.326 Excédent ordinaire avant service de la dette 308 183 691 262 35 -120 -103 Service de la dette 109 148 63 66 36 35 36 Excédent 199 35 628 196 -1 -155 -139 Dépenses d'investissement 415 117 225 229 270 101 25 Excédent ou déficit (-) -216 -82 403 -33 -271 -256 -164 I/ Avant service de la dette. Source: Ministère des finances. Tableau XIX: BUDGETS ANNEXES - RECETTES ET DEPENSES (en millions de FMG) Estimations Recettes et dépenses réelles budgétaires 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Recettes 1.012 5.630 5.636 5.962 6.665 7.112 8.099 Dépenses ordinaires 1 971 4.936 5.023 5.344 5.316 5.705 6.406 Excédent ordinaire avant service de la dette h1 694 613 618 1 .349 1.407 1.693 Service de la dette - - 41 - 248 272 225 Excédent 41 694 572 618 1.101 1.135 1.468 Dépenses d'investissement 14 379 663 560 1.027 1.243 1.434 Excédent ou déficit (-) 27 315 -91 58 74 -108 34 j/ Avant service de la dette. Source: Ministère des finances. Tableau XX: RECETTES PUBLIQUES CONSOLIDEESI/ (en millions de FMG) Estimations Recettes réelles budgétaires 196 1 1966 1967 1968 1969 1970 Impôts directs 7.579 8.561 10.175 10.244 10.604 10.963 11.376 Impôts indirects 19.277 18.658 19.419 20.710 24.164 26.937 28.879 Recettes des budgets annexes 1.012 5.630 5.636 5.962 6.665 7.112 8.099 Autres recettes non fiscales 2.079 2.640 1.870 2.426 2.165 1.927 1.838 Recettes totales 29.9h7 35.489 37.100 39.342 43.598 46.939 50.192 Sans les recettes provenant des transferts du budget de l'Etat aux budgets des provinces. Source: Ministère des finances. Tableau XXI: DEPENSES ORDINAIRES PUBLIQUES CONSOLIDEESÎ/ (en millions de FMG) Estimations Dépenses réelles budgétaires 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 A. Administration 9.353 10.2 8 10.735 11.11h 11.627 12.8h1 13.000 a. Administration générale 5.049 5.509 5.697 5.876 6.076 6.865 6.990 b. Justice et police 3.133 3.h2h 3.616 3.698 3.905 4.140 h.195 c. Défense 886 1.017 1.1h2 1.192 1.32h 1.h95 1.473 d. Divers 285 308 280 3h8 322 3h1 3h2 B. Services sociaux 8.131 9.300 9.328 9.827 10.868 12.289 12.927 a. Enseignement h.h65 5.18h 5.363 5.768 6.388 7.474 7.993 b. Santé 2.805 3.161 3.180 3.29h 3.552 3.8h5 3.985 c. Divers 861 955 785 765 928 970 9h9 C. Services économiques 6.726 10.852 11.168 12.336 12.977 13.936 Lh.h85 a. Agriculture et ressources naturelles autres que minières 2.h12 2.744 2.816 3.0h6 3.h20 3.563 3.626 b. Ressources énergétiques et minières 597 523 476 572 607 768 729 c. Transport et communications 2.835 6.685 6.930 7.769 7.691 8.332 8.707 d. Divers 882 900 946 9h9 1.259 1.273 1.423 D. Service de la dette publique 508 816 5h9 639 1.0h9 1.65h 1.668 E. Sommes rembourqées aux budgets communaux 1.230 1.252 9h6 1.528 1.62h 1.782 1.973 F. Non imputées 1.159 1.h85 1.282 1.176 991 1.392 1.520 Dépenses ordinaires totales 27.107 33.963 34.008 36.620 39.136 h3.89 h5.573 1 Sans les transferts intérieurs. Source: Ministère des finances. Tableau XXII: RECETTES ET DEPENSES PUBLIQUES CONSOLIDEES (en millions de FMG) Estimations Recettes et dépenses réelles budgétaires 196h 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Recettes 29.9h7 35.489 37.100 39.3h2 43.598 46.939 50.192 Dépenses ordinaires avant service de la dette 26.599 33.147 33.459 35.981 38.087 42.240 43.905 Excédent ordinaire avant service de La dette 3.348 2.342 3.641 3.361 5.511 h.699 6.287 Service de la dette 508 816 549 639 1.049 1.654 1.668 Excédent 2.8h0 1.526 3.092 2.722 4.462 3.045 4.619 Dépenses d'investissement 3.600 4.108 5.786 5.952 10.h03 14.421 11.505 Déficit budgétaire total -760 -2.582 -2.694 -3.230 -5.941 -11 .376 -6.886 Source: Ministère des finances. Tableau XXIII: FINANCEMENT DU DEFICIT CONSOLIDE DES FINANCES PUBLIQUES (en millions de FMG) 1964 1965 1966 1967 1968 19691/ Déficit total -760 -2.582 -2.694 -3.230 -5.941 -4.211 Opérations du Trésor -627 -468 -803 -2.069 _-885 +157 Prêts et avances -252 -569 -103 -2.533 -1.17h -1.654 Participation -13h -490 -973 -295 -29h -111 Divers -241 +591 +273 +759 +583 +1.922 Fonds détenus par le Trésor +53 -1.821 -50 +h07 +140 +355 Déficit du Trésor -1.334 -h.871 -3.547 -4.892 -6.686 -3.699 Financement: Etranger Subvention budgétaire de la France 1.800 1.700 1.700 1.650 1.600 - Emprunts 737 517 2.705 567 1.209 1.883 Divers 39 20 - 108 - - National Emprunts - - 173 326 98 h75 Variation des soldes de trésorerie (accroissement-) -1.2h2 2.634 -1.031 2.2h1 3.779 1.341 au 30 septembre. Source: Ministère des finances. Tableau XXIV: REPARTITION DU PERSONNEL DE LA FONCTION PUBLIQUE CENTRALEL/ 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 A. Services généraux 17.269 17.269 17.772 18.579 19.167 19.364 Administration centrale 6.700 7.075 7.146 7.499 7.706 7.800 Justice et police 7.959 8.130 8.247 8.492 8.644 8.696 Sciences et recherches 246 251 251 259 262 263 Armée et défense 1.594 1.813 2.128 2.329 2.555 2.605 B. Services sociaux 4.869 5.122 5.462 5.793 6.215 6.785 Enseignement 2.422 2.578 2.822 3.070 3.252 3.710 Santé 2.345 2.419 2.500 2.579 2.802 2.911 Divers 102 125 140 144 161 164 C. Services économiques 6.062 6.474 6.851 7.152 7.956 8.658 Agriculture 2.810 2.887 3.320 3.444 3.540 4.097 Energie 225 235 251 266 285 361 Industrie 27 29 29 29 30 30 Transport et communications 2.650 2.818 2.778 2.855 3.027 3.058 Divers 350 505 473 558 1.074 1.112 Total 27.430 28.865 30.085 31.521 33.338 34.807 35.639 (dont assistants techniques étrangers) (2.002) (1.909) (1.750) (1.731) (1.603) (1.h89) (1.LL9) / Selon prévisions des budgets. Source: Ministère des finances. Tableau XXV: REPARTITION DU PERSONNEL DE LA FONCTION PUBLIQUE LOCALEI/ 1964 1965 1966 1967 1968 1969 A. Services généraux h h5 h3 35 38 38 B. Services sociaux 8.496 8.889 9.156 9.578 10.108 10.637 Enseignement 5.h8 5.76o 6.oi 6.331 6.707 7.065 Santé 3.024 3.104 3.122 3.218 3.369 3.540 Divers 24 25 23 29 32 32 C. Services économiques 906 879 683 778 76h 773 Agriculture 175 153 - - - - Transport et communications 731 726 683 778 764 773 Total 9.447 9.813 9.882 10.391 10.910 1i.hh8 (dont assistants techniques étrangers) (14h) (123) (103) (87) (67) (54) 1/ Selon prévisions des budgets des provinces. Source: Ministère des finances. Tableau XXVI: INVESTISSEMENTS PUBLICS (en milliards de FMG) 1964 1965 1966 1967 1968 Investissements publics inscrits au budget 3,6 4,1 5,8 6,0 10,4 Projets FED 3,0 2,7 2,h 2,7 2,6 Projets FAC 3,0 2,3 2,0 2,0 1,8 -Prêts du Trésor j 0,3 0,4 - 1,7 0,4 Divers 2/ 1,0 1,1 1,0 1,0 1,5 Total 10,9 10,6 11,2 13,4 16,7 1/ Dans toute la mesure du possible, les avances à court terme ont été exclues. 2 Principalement prêts de la CCCE. Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau XXVII: INDICE COMPOSITE DES PRIX 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Population européenne 100,2 103,0 108,1 111,0 114,1 117,2 120,4 132,4 Population malgache 100,8 105,2 108,h 109,3 110,3 114,5 Indice componite i/ 100,0 102,8 107,9 111,8 115,0 116,8 118,8 126,5 ] D'après la structure de la consommation du revenu monétisé en 1966: 43% pour la consommation et les investissement européens, 57% pour la consommation locale. Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau XXVIII: EXPORTATIONS (en millions de FMG) 1964 1965 1966 1967 1968 1969 A. Exportations de produits agricoles et alimentaires 20.608,8 20.337,h 21.h13,8 21.775,4 24.857,7 23.965,2 dont: 1. Café 6.061,0 7.132,9 7.593,3 8.221,9 8.803,3 8.270,2 ?. Riz 1.h7h,7 675,7 1.052,2 1.85h,2 3.0h7,2 2.438,3 3. Vanille 1.582,9 2.h36,7 2.216,0 1.672,0 2.529,9 3.012,6 h. Clous de girofle 813,2 7h3,6 579,2 875,6 1.958,2 h07,2 5. Poivre 335,1 316,8 259,8 259,3 h91,9 565,2 6. Haricots 613,1 8h7,h 708,0 537,0 639,8 745,5 7. Arachides 359,5 393,8 295,0 363,7 301,1 2h7,2 8. Sucre 2.3h9,2 1.161,8 1.h85,h 2.137,8 1.575,0 1.656,o 9. Manioc et tapioca 356,1 338,5 h50,7 391,5 311,8 2h2,6 10. Tabac et cigarettes 1.265,9 1.037,0 1.266,6 711,0 593,8 763,0 11. Bananes 175,3 221,1 h03,0 263,6 159,5 183,8 12. Huiles essentielles 486,5 h87,9 593,7 554,5 82h,3 1 .100,h 13. Sisal 2.057,0 1.339,6 972,1 721,3 7h8,5 875,1 1h. Raphia 6h1,5 682,h 811,5 918,4 698,3 515,9 15. Bétail 206,8 169,3 2h0,9 295,8 277,2 300,1 16. Viande 689,1 977,6 905,2 528,0 558,0 663,2 17. Poissons, crustacés et mollusques 19,6 50,1 97,9 159,5 282,1 h60,1 18. Cuirs et peaux 364,7 351,4 585,9 372,3 311,3 466,6 19. Conserves de viandes 488,5 677,5 682,2 799,5 669,6 915,0 20. Divers 269,3 296,3 215,2 238,5 76,8 137,2 B. Tous autres produits 2.045,1 2.294,9 2.717,7 3.955,9 3.760,2 5.168,8 21. Graphite 359,5 461,9 454,8 432,3 432,7 508,9 22. Mica 247,6 241,4 258,2 259,6 303,1 390,3 23. Chromite 23,5 26,1 - - - 205,9 24. Produits pétroliers - 0,3 166,3 982,6 986,8 1 .023,2 25. Tous autres produits 1.414,5 1.565,2 1.838,4 2.261,h 2.029,6 3.040,5 C. EXPORTATIONS TOTALES 22.653,9 22.632,3 2h.t31,5 25.711,3 28.607,8 29.13h,0 Tableau XXIX: IMPORTATIONS CLASSEES PAR CATEGORIES PRINCIPALES (en millions de FMG) 1960 1962 1965 1966 1967 1968 1969 1. Produits alimentaires et boissons 4.505 3.902 6.360 h.778 3.759 h.373 5.795,2 Dont: a) Riz - - 2.38h 413 - - 1.524,9 b) Farine de blé 546 531 710 815 640 780 593,2 c) Produits laitiers 737 655 855 802 870 873 907,0 2. Textiles et habillement 21 4.822 6.562 h.60h h.71h 5.170 6.509 5.035,9 3. Produits pharmaceutiques et chimiques 2.548 3.012 3.476 3.904 h.202 h.939 5.216,9 Dont: Enirais - - 174 191 269 h58 h75,6 h. Papier et produits à base de papier 803 1.099 1.286 1.469 1.182 1.366 1.38h,h 5. Produits pétroliers 1.119 1.0h1 1.6h2 1.513 1.89h 2.341 2.87h,9 Dont: Pétrole brut - - - 60h 1.138 1.617 1.927,3 Divers 1.119 1.0h1 1.6h2 909 756 724 947,6 6. Métaux et produits en métaux 2.906 2.957 3.616 3.526 3.752 h.335 5.52h,h 7. Machines et matériel 3.210 3.h07 h.776 6.141 5.814 6.186 8.725,5 e. Automobiles et matériel de transport 3.122 3.237 3.762 3.783 5.26h 6.073 5.7h7,0 Dont: Tracteurs 137 107 197 176 398 h52 - Camions 9h8 2/ 736 2/ 890 838 1.363 1.678 - Voitures particulières 896 977 1.149 989 1.108 1.338 - 9. Autres importations h.5oh h.81o h.64h 5.242 h.848 5.902 5.883,4 IMPORTATIONS TOTALES 27.539 30.027 3h.166 35.07h 35.885 h2.02h h6.187,6 Dont: a) Matières premières 3/ 5.h35 5.892 6.365 7.157 7.376 9.081 10.712,0 b) Energie / 1.259 1.122 1.382 1.850 1.528 1.952 2.289,7 c) Biens d'investissement h.8h8 5.123 7.053 7.535 8.682 9.885 11.982,h d) Produits alimentaires h.505 3.902 6.360 h.778 3.759 4.373 5.795,2 e) Autres biens de consommation 11.492 13.988 13.006 13.75h 1h.540 16.733 15.h08,3 1/ Y compris les matières premières utilisées dans le textile et l'habillement. 2/ Y compris les autocars. Sans le pétrole brut. h/ Y compris le pétrole brut. Tableau XXX: BALANCE DES PAIEMENTS (en millions de FMG) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969/ . Exportations 25.559 23.025 25.300 26.143 27.103 28.126 31.623 32.230 a. Produits (f.o.b.) 23.183 20.h59 22.700 23.31L 2L.132 25.711 28.608 29.130 b. Services non assures par des facteurs 2.376 2.566 2.600 2.829 2.971 2.415 3.015 3.100 2. Importations 33.325 35.741 37.600 36.519 ho.120 39.882 46.210 50.500 a. Produits (f.o.b.) 25.504 27.259 28.200 27.943 30-301 31-362 36.630 40.300 b. Services non assures par des facteurs 7.731 8.482 9.hoo 8.576 9.819 8.520 9.580 10.200 3. Balance commerciale -7.676 -12.716 -12.300 -10.376 -13.017 -11.756 -14.587 -18.270 h. Revenus des facteurs -10.203 -10.288 -10.000 -9.117 -7.423 -7.617 -7.165 -7-000 a. Revenu de- inve-tisemmts -h.167 -h.238 -4.500 -h.117 -4.423 -h.617 -3.665 b. Revenus salariaux -6.036 -6.n50 -5.500 -5.000 -3.000 -3-000 -3.500 5. Balance des biens et services -17.879 -23.00h -22.300 -19.h93 -20.4ho -19.373 -21.752 -25.270 6. Transferts de revenu ordinaire 9.884 9.739 8.900 7.54 7.947 11.18h 10.640 10.700 a. Privés 2.131 2.238 2.300 2.460 2.0h0 2.229 2.200 2.200 b. Publics 7.753 7.501 6.600 5.084 5.907 8.954 8.h0 8.500 7. Balance des paiements courants -7.995 -13.265 -13.400 -11.949 -12.h93 -8.189 -11.112 -14.570 8. Transactions de capital 7.995 13.265 13.h00 11.949 12.493 8.189 11.112 14.570 A. Secteur privé a. Investissements directs 83h 1.785 2.500 2.643 1.530 -35 316 2.300 b. Capitaux à court terme h31 -365 -1 .335 -509 B. Secteur public 9.791 9.9hh 11.300 10.422 10.752 8.012 9.188 10.470 a. Dons 9.150 9.667 10.600 7.768 8.500 7.255 7.618 b. Fmprunts (net) 6h1 177 700 2.654 2.252 757 1.570 '. Devises (accroissement-) .. 1.755 -299 552 -506 1.513 2.860 1.800 D. Erreurs et omissions .. -219 -101 -1.666 +717 1.301 -1.252 1/ Estimation d'après les chiffres des 11 mois. 2/ Valeur approximative. Tableau XXXI: VERSEMENTS AU TITRE DE L'AIDE ETRANGERE (en millions de dollars) 1964 1965 1966 1967 1968 1969 j Dons FED 12,1 10,8 9,6 10,9 10,4 10,0 Nations Unies 1,8 1,8 2,3 2,5 2,3 3,6 Projets du Fonds spécial (0,5) (0,7) (1,2) (1,2) (2,1) (2,5) Divers (1,3) (1,1) (1,1) (1,3) (1,2) (1 ),1 France 35,2 31,5 30,1 30,8 30,4 26,9 Aide à l'investissement du FAC (12,2) (9,1) (7,9) (8,0) (7,4) (6,9) Assistance technique (12,5) (12,2) (1,9) (11,7) (11,h) (10,0) Subventions budgétaires (7,2) (6,8) (6,8) (6,6) (6,4) (5,0) Divprc 2 (3,3) (3,4) (3,5) (4,5) (5,2) (5,0) Divers 3/ 1,6 2,3 1,7 1,9 1,1 1,1 Total 50,7 46,4 43,7 46,1 45,2 41,6 Prêts France 2,8 3,3 3,4 3,2 5,0 h,h CCCE (2,8) (3,3) (3,0) (3,0) (4,7) (h,0) FAC ( - ) ( - ) (0,4) (0,2) (0,3) (0,h) Allemagne 1,8 4,6 4,6 1,0 - - USAID - - - - 0,4 1,6 BIRD - - - - 0,2 - IDA - - - 0,h 1,6 2,9 Total 4,6 7,9 8,o 4,6 7,2 8,9 Aide totale 55,3 54,3 51,7 50,7 52,à 50,5 (dont:part consacrée aux projets) (30,L) (29,5) (27,7) (25,7) (28,1) (29,3) L/ Chiffres calculés en partie d'après des estimations. 2/ Comprend principalement une subvention du Ministère français de l'éducation nationale pour le financement des dépenses ordinaires engagées par ltUniversité de Madagascar. Les retraites versées aux anciens fonctionnaires sont exclues; ces versements sont importants: ils atteignaient 7,2 millions de dollars EU en 1964, 6,8 millions en 1965, 7,8 millions en 1966, 7,4 millions en 1967 et 8,2 millions en 1968. 3/ Principalement Etatn-Unis et Allemagne. Source: FAC, FED, CCCE, PNUD, OCDE et estimations de la mission. Tableau XXXII: MONTANTS PREVUS DES VERSEMENTS AU TITRE DE L'AIDE ETRANGERE (en millions de dollars) 1970 1971 1972 1973 197h 1975 Dons FFD 10,0 11,0 11,0 11,0 12,0 12,0 NJations Unie-, 3,5 3,5 3,5 4,o 4,0 4,0 Prcjets du Fonds spécial (2,5) (2,5) (2,5) (3,0) (3,0) (3,0) Divers (1,0) (1,0) (1,0) (1,0) (1,0) (1,0) France 24,5 23,1 20,7 18,9 17,2 16,0 Aide à l'investissement du FAC (5,5) (5,5) (4,5) (4,0) (3,5) (3,5) Assistance technique (9,3) (8,6) (8,0) (7,h) (6,9) (6,4) Subventions budgétaires (4,7) (4,0) (3,2) (2,5) (1,8) (1,1) Divers (5,0) (5,0) (5,0) (5,0) (5,0) (5,0) Divers 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 Total 39,0 38,6 36,2 34,9 34,2 33,0 Prêts France 4,5 4,5 4,5 5,0 5,0 5,0 CCCE (4,0) (4,0) (4,0) (4,0) (4,0) (4,0) FAC (0,5) (0,5) (0,5) (1,0) (1,O) (1,O) Allemagne - - - - 1,0 1,0 USAID - 1,0 1,0 1,0 - - BIRD 3,0 5,5 2,2 3,0 7,5 9,0 IDA 5,5 6,0 10,5 10,0 8,5 10,0 Total 13,0 17,0 18,2 19,0 22,0 25,0 AidP totale 52.0 5.6 (.1 3.9 56.2 .0 (dont:part consacrée aux projets) ((37) (37, (3 ,M ((5) Source: Chiffres fournis par les autorités malgaches et estimations de la mission de la Banque. Tableau XXXIII: ENCOURS DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE AU 31 DECEKBRE 1969 1/ Dette remboursable en devises 2/ (en milliers de dollars EU) Encours de la dette au 31 décembre 1969 Source Montants Y compris verséa montants seulement non versés MONTANT TOTAL DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE 88.574 120.036 Dette contractée envers des particuliers 9.371 9.971 Obligations émises en souscriptions publiques 4.132 h.132 Fournisseurs 5.204 5.204 France 1.450 1.450 Allemagne (République fédérale) 3.753 3.753 Organismes financiers 36 636 Allemagne (République fédérale) 36 Italie - 600 Prêts d'organisations internationales 5.071 27.462 Fonds Européen de Développement - 1.d62 BIRD 220 11.100 IDA 4.851 14.5oo Prêts de gouvernements étrangers 74.132 82.603 France 59.3 e3.613 Allemagne (République fédérale) 11.664 13.030 Israel 1.203 1.203 Etats-Unis 2.081 4.757 1/ Dette à plus d'un an ou prolongée au-delà d'un an. 2/ Définies pour inclure le franc malgache qui est librement convertible en franc français. Source: BII. Tableau XXXIV: ESTIMATION DES PAIEMENTS FUTURS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUELIQUE EXTERIEURE !N COURS Y CCMPRIS LES SaMES NN VERSEES AU 31 DECmBRE 1969 Dette remboursable en devises (en milliers de dollars des Etats-Unis) Encours de la dette Paiements en cours y compris les de période sommes non déboursées 1/ Amortissement Intérêt Total 1970 113.151 5.337 1.575 6.912 1971 107.854 6.438 1.862 8.300 1972 101.416 6.066 2.052 8.11P 1973 95.350 6.107 2.254 8.362 19;74 89.243 5.904 2.298 8.202 1>75 83.339 5.427 2.165 7.592 1576 77.913 4.943 2.003 6.946 1977 72.970 4.907 1.844 6.752 1970 68.062 4.433 1.690 6.123 1979 63.630 4.030 1.551 5.581 1980 59.599 3.959 1.423 5.381 1981 55.640 3.732 1.294 5.026 1982 51.909 3.479 1.174 4.653 1,83 48.429 3.302 1.059 4.360 19b4 45.128 2.064 955 3.019 1/ En début de période. Source: BIRD. ANNEXE Modèle économique établi à titre d'exemple pour Madagascar I Introduction II Le modèle III Le mécanisme du modèle. Exemple et solution IV Note sur la fiscalité en tant qu'instrument d'accroissement de la production V Estimations pour la période 1960 à 1969 VI Essai de projection pour 1974 VII Données du modèle et estimations relatives aux années 1960 à 1969 I. Introduction Un modèle simple a été utilisé pour mesurer l'influence des différents facteurs, tels que les exportations, les dépenses publiques, le régime fiscal et la substitution des importations, sur le développement économique de Madagascar. Ce modèle repose en partie sur les relations économiques que l'on peut dégager des comptes nationaux assez complets de 1966. Ces relations, qui ne sont vérifiées approximativement que pour une année donnée, peuvent être utilisées, si on les suppose stables, pour cal- culer les grandeurs caractéristiques de la situation des autres années. On peut aussi tenir compte des changements qu'ont pu subir ces relations dans le temps. Lorsqu'on applique ce modèle aux années 1960 à 1969, en tenant compte d'un degré estimatif de substitution d'importations et d'alourdisse- ment de la fiscalité, on obtient des résultats vérifiables assez proches des chiffres réels; ces résultats concernent les impôts indirects, les impor- tations et la balance commerciale ainsi que la consommation privée des années pour lesquelles ces grandeurs ont fait l'objet d'estimations séparées qui permettent une vérification. Il apparaît donc que le modèle peut four- nir une explication logique et assez correcte des faits passés, cela évidem- ment à un niveau assez global. On ne saurait en attendre des résultats exacts du fait que certains facteurs tels que les variations de stocks ne sont pas entrés en ligne de compte, sauf pour l'année dont on a tiré les relations de base. Le modèle permet d'éclairer des phénomènes tels que les effets d'une augmentation des recettes d'exportation dans différentes hypo- thèses. Les renseignements relatifs à 1969 sont incomplets; le modèle a été utilisé pour calculer les agrégats des comptes nationaux de cette année et aussi pour effectuer une projection provisoire pour 1974. Le modèle doit être considéré comme un instrument d'analyse de la demande car il n'est pas possible de formuler une fonction de production précise. D'autre part, les besoins d'importation sont dictés en grande partie par la structure actuelle de la production. Certaines estimations fondées sur un coefficient de capital global sont utilisées dans l'analyse du modèle. Le problème de l'harmonisation de la demande avec une capacité de production que les prévisions situent en hausse est étudié en liaison avec la projection relative à 1974. Le modèle a notamment pour particularité de mettre en lumière les relations entre la politique fiscale et l'économie extérieure. Vu la simplicité du modèle et l'insuffisance de certaines données, la présente analyse doit être considérée comme un calcul effectué à titre d1exemple et qui ne prétend pas à l'exactitude. II. Le modèle Le modèle s'applique uniquement aux activités monétisées et non à la production agricole destinée à la consommation locale. Les calculs ont pour base les compteshnationaux de 1966 qui sont assez détaillés et comportent des tableaux d'échanges interindustriels (tableaux "input-output"). - 2 - Ces renseignements permettent de calculer les "inputs primaires" entrant dans les principales catégories de contributions finales, ce que l'on comprendra mieux en considérant l'exemple suivant. Il s'agit d'un tableau où apparaissent, en pourcentage de la consommation privée totale, les montants des biens et services finals livrés à la consommation privée par les secteurs et les importations. Biens et services finals livrés à la consommation privée par: l'agriculture 7,95 l'industrie 31,14 les transports 3,51 le commerce 18,03 les services divers 21,39 production intérieure S2,66 importations c.a.f. 12,47 droits d'importation 4,87 Total 100,00 Ce tableau indique la ventilation de la consommation privée par fournisseur de biens finals 1/. Il ne précise pas dans quelle mesure les différents secteurs ont contribue à la production des biens et services finals ou dans quelle mesure la production en général a contribué à appro- visionner la consommation privée. En fait, toutes les contributions finales des secteurs intérieurs comprenaient des biens importés et des biens inter- médiaires fournis par d'autres secteurs. Derrière chaque contribution finale il y a une longue série de transactions, complétées par les importations et la plupart de ces transactions sont, à des degrés divers, soumises à des impôts indirects. Le tableau des échanges interindustriels nous éclaire sur ce point. Les renseignements qu'il fournit peuvent, sur la base de certaines hypothèses 2/, être utilisés pour retrouver la part qui revient en dernière analyse à chaque secteur aux importations et aux impôts indirects dans la valeur du produit final lorsqu'on tient compte des transactions inter- industrielles. Ces transactions sont en quelque sorte éliminées et il reste les "inputs primaires" du bien ou de la série de biens finals envisagés. Ces inputs primaires sont des revenus de facteurs, des impôts indirects et des importations. En dernière analyse, ce sont eux qui composent la valeur de tout bien ou service. Notre calcul pour Madagascar est fondé sur une version condensée en 9 secteurs d'un tableau input-output à 35 secteurs. Les chiffres relatifs aux revenus des salaires et à ceux des entreprises 1/ Les données sont exprimées aux prix des secteurs; les marges commerciales et les frais de transport sont donnés séparément et ne figurent pas dans les prix des importations, des produits fournis par l'agriculture, etc. 2/ On suppose que les outputs de chaque secteur sont homogènes par rapport aux besoins inputs, quelles que soient leurs différentes utilisations. - 3 - sont disponibles pour ces 9 secteurs, mais comme nous n'avons pas utilisé ces données dans notre modèle, elles ne figurent pas dans le tableau. Tableau 1 Coefficients d'inputs primaires, 1966 Consommation Consommation Investissements Exporta- privée publique privés publics tions C C J J A P G P G Inputs primaires: Services de facteurs (intérieurs) 0,62 0,87 0,24 0,56 0,79 Impôts indirects 0,15 0,04 0,09 0,10 0,10 Production intérieure aux prix du marché 0,77 0,91 0,33 0,66 0,89 Importations (c.a.f.) 0,23 0,09 0,67 0,34 0,11 Produit final 1,00 1,00 1,00 1,00 1,00 La première colonne montre que la production intérieure satisfait 77 o/o de la consommation privée et que 62 o/o de la dépense de consommation privée correspond à des revenus de facteurs et 15 o/o à des impôts indirects. Les importations constituent 23 o/o de la consommation privée. Les autres colonnes présentent la composition des autres contributions finales. Ce tableau montre la structure des contributions finales en fonction de la part respective des inputs primaires dans chacune d'entre elles en 1966. En supposant que cette composition et la structure des inputs res- tent inchangées, on peut en principe utiliser les coefficients pour calculer les besoins d'importation,les revenus de facteurs et les impÔts indirects qu'engendrerait toute combinaison donnée de contributions finales. Cepen- dant, un tel exercice risquerait pour plusieurs raisons de ne pas corres- pondre à la réalité. Tout d'abord, il ne tiendrait pas compte du fait qu'une partie importante des revenus de facteurs, déduction faite des impôts directs, serait utilisée pour la consommation privée. Par exemple, si les recettes d'exportation augmentaient, il s'ensuivrait un accroissement des revenus de facteurs égal à 79 o/o de cette augmentation. Une partie de ce montant consisterait en revenus pour les agriculteurs, et une autre en sa- laires versés aux employés de l'agriculture et des industries transformant des produits pour l'exportation; une partie de ces revenus serait utilisée pour la consommation. Il ne serait donc pas réaliste d'étudier l'effet de l'augmentation des importations sans tenir compte de la demande de con- sommation qu'une augmentation des recettes d1exportation est susceptible de causer. On peut rendre compte de cette réalité en introduisant dans le modèle un facteur impôt et un facteur consommation, ce qui a été fait en posant l'hypothèse que: a) les impôts directs moins les transferts au secteur privé représentent 9 o/o du revenu des facteurs; b) 88 o/o du revenu disponible des particuliers est consacré à la consommation privée et 12 o/o à l'épargne privée (dont une partie est transférée à l'étranger). Ces proportions sont celles qui ressortent des comptes nationaux de 1966; ils représentent des moyennes pour l'ensemble des revenus privés monétisés. Il peut y avoir des différences en ce qui concerne les revenus de l'agriculture, de l'industrie, etc., mais on ne peut s'appuyer sur aucune base solide pour formuler des hypothèses différentes pour les diverses caté- gories de revenus. C'est la raison pour laquelle nous avons utilisé ces moyennes pour toutes les catégories de revenus privés. Il se pose un autre problème: on ne peut pas compter que le niveau de l'imposition et la part des importations dans les contributions finales resteront constants. Il est donc nécessaire d'introduire des variables permettant de rendre compte d'un changement du niveau de l'impo- sition et de l'élément importations. Si, provisoirement, on fait abstraction de cette considération, le modèle comportera les variables suivantes: 1. PIB aux prix du marché Rm 2. Impôts indirects Q 3. Revenus de facteurs (1-2) Rf h. Impôts directs T 5. Revenu disponible du secteur privé (3-b) Yp 6. Revenu disponible de l'Etat (2+1h) Yg 7. Consommation privée CP 8. Consommation publique Cg 9. Epargne privée (5-7) SP 10, Epargne publique (6-8) S9 11. Investissements privés J 12. Investissements publics Jg 13. Exportations A 1. Importations (1-7-8-11-12) B - 5 - Avec ces 14 variables, nous pouvons formuler les 6 équations de définition suivantes: 1. Rf = Rm - Q 2. Yp = Rf - T 3. Yg = Q + T 4. Sp = Yp -Cp 5. Sg = Yg -cg 6. Rm = Cp + Cg + Jp + A - B Avec 1h variables et 6 équations de définition, nous avons 8 degrés de liberté dans le système de concepts. Il est nécessaire d'avoir 8 relations et (ou) hypothèses économiques indépendantes pour obtenir un système de raisonnement déterminé pouvant donner des réponses définies. Nous avons obtenu un système déterminé au moyen de h relations économiques et de 4 variables exogènes. Les relations qui ont déjà été examinées sont: 7. Une fonction d9importation tirée du tableau des inputs pri- maires (Tableau 1): B = 0,23 Cp + 0,09 Cg + 0,67 Jp + 0,34 Jg + 0,11 A 8. Une équation pour les imp8ts indirects tirée également du tableau des inputs primaires (Tableau 1): Q = 0,15 Cp + 0,04 Cg + 0,09 Jp + 0,10 Jg + 0,10 A 9. Une équation pour les impfts directs tirée des comptes de 1966: T = 0,09 Rf 10. Une fonction de consommation également tirée des comptes de 1966: Cp = 0,88 Yp Enfin, le modèle comporte les 4 variables exogènes suivantes: 11. Consommation publique Cg 12. Investissements privés Jp 13. Investissements publics Jg 14. Exportations A - 6 - Dans une partie de l'analyse qui suit, la consommation et les investissements publics sont traités comme des variables endogènes; on suppose en effet que la moitié de ltaugmentation des recettes de l'Etat est utilisée pour la consommation publique et l'autre moitié pour les inves- tissements publics. Ce modèle est très simple mais permet de calculer les principaux agrégats des comptes nationaux, les recettes fiscales et les importations lorsqu'on connaît les dépenses de consommation publiques, les investissements et les exportations. Il peut aussi servir à donner une image du "mécanisme" de l'économie dtaprès la structure qutelle avait en 1966. En outre, on peut tenir compte de "changements structurels", tels que substitutions d'impor- tations et changements du niveau de l'imposition. Pour ce faire, on intro- duit les variables ci-après qui représentent des déplacements dans certaines des fonctions présentées plus haut: Ajouter au membre de droite de l'équation No 7. Substitution d'importations - B' 8. Niveau de l'imposition indirecte QI 9. Niveau de l'imposition directe Tt Ces variables sont des variables exogènes additionnelleS.Leur valeur peut être calculée approximativement lorsqu'on sait que le niveau de l'imposition a changé pour une année donnée ou qu'un projet tendant à la substitution dtimportations a été mis en oeuvre. Elle peut aussi être es- timée indirectement lorsqutil y a une divergence systématique dans le temps entre les résultats que donne le modèle et l'évolution réelle, qu'un chan- gement dans les "relations structurelles" parait plausible et que les esti- mations en général sont meilleures si elles tiennent compte d'un tel chan- gement. III. Le mécanisme du modèle - Exemple On peut mettre en lumière le mécanisme du modèle avec ltexemple des exportations. Les effets directs d'une augmentation des exportations sont donnés par les relations 7 à 10: Augmentation Exportations 100,0 Inputs importés contenus dans les exportations 11,0 PIB aux prix du marché 89,0 Imp8ts indirects 10,0 Revenus de facteurs 79,0 Impôts directs 7,1 Revenu disponible 71,9 Consommation privée 63,3 Epargne privée (intérieure) 8,6 - 7 - Ce sont là les effets directs dlun accroissement des exportations de 100. Etant donné que l'élément importé est supposé constant, il serait peut-être plus réaliste d'interpréter l'augmentation des recettes d'expor- tation comme résultant d'une augmentation de la production et du volume des exportations à prix constants. Les relations peuvent aussi rester les mêmes si le niveau des prix varie a condition que les prix relatifs ne chan- gent pas beaucoup. Le tableau ci-dessus montre les effets directs d'une augmentation des exportations de 100 qui se traduit en partie par une augmentation du revenu disponible des particuliers de 79 et de la consommation privée ou plut8t de la demande de consommation privée de 63,3. Les effets indirects résultent de l'augmentation de la demande de consommation. La demande de consommation s'exerce sur les ressources intérieures et sur les impor- tations. A supposer que la demande de ressources intérieures soit couverte par une augmentation de la production,il se produira une expansion de l'économie engendrant des revenus nouveaux et une demande supplémentaire sur lesquels l'Etat percevra des impSts indirects et directs. Le résultat qui apparaît au Tableau 2 tient compte de toutes ces conséquences. La première colonne montre les effets directs et indirects d'une augmentation des exportations de 100 quand les recettes fiscales qui en résultent ne sont pas dépensées. Le calcul implique donc que l'augmentation des expor- tations donnerait lieu à une amélioration de la balance des paiements courants comme de l'ensemble des comptes de l'Etat, qui pourrait atteindre en fait 43 o/o de l'augmentation des recettes d'exportation. Cette hypo- thèse n'a pas été maintenue pour l'Option II. L'Option II repose sur l'hypothèse que les recettes fiscales supplémentaires sont dépensées. La moitié de ces recettes sont utilisées pour augmenter la consommation publique, l'autre moitié pour augmenter les investissements publics; il en résulte que l'équilibre global du budget reste inchangé. L'Option I repré- sente donc les effets d'une augmentation des exportations produisant un meilleur équilibre du budget et l'Option II les effets d'une augmentation des exportations dans le cas où l'équilibre budgétaire reste inchangé. - 8 - Tableau 2 Accroissement des exportations; effets dans le cas des deux options retenues en matière de politique fiscale Option I Option II Accroissement des exporta- Accroissement des expor- tions avec affectation 1/ tations sans augmentation des recettes fiscales aux. des dépenses publiques dépenses publiques Accroissement des exportations 100,0 100,0 Secteur privé Production aux prix du marché 185,8 298,9 Impôts indirects 28,9 45,3 Revenus de facteurs 156,9 253,6 Impôts directs 14,1 22,8 Revenu disponible 142¯,8 230,8 Consommation privée 125,7 203,2 Epargne privée 17,1 27,6 Investissements privés - - Secteur public Imp8ts indirects 28,9 45,3 Impôts directs 14,1 22,8 Revenu disponible -3,0 61 Consommation publique 3h,1 Epargne publique l3,0 3h,0 Investissements publics 3h,o Excédent global des comptes de l'Etat '3,0 0,0 Balance des paiements Exportations 100,0 100,0 Importations 39,9 72,h Solde des biens et des services non factoriels 60, 27,6 Services payés au titre des facteurs 2/ -5,7 -9,2 Amlioration nette de position du compte devises étrangères Sh,h 18,h 1/ La moitié de l'accroissement des recettes fiscales est affectée à la consommation publique, l'autre moitié aux investissements publics. 2/ Dans cet exemple particulier, on suppose qu'un tiers de l'épargne intérieure privée est transféré à l'étranger. - 9 - L'accroissement des recettes d'exportation se traduit par une forte augmentation de la demande de ressources intérieures et d'importations car les revenus privés qu'il engendre sont en grande partie dépensés. Les recettes fiscales augmentent assez fortement; dans lcOption I, elles ne sont pas dépensées mais permettent d'améliorer l'équilibre du budget. L'augmen- tation de la consommation privée est néanmoins supérieure à celle des expor- tations, facteur responsable de l'expansion. Il y a donc une assez forte réinjection de recettes d'exportation dans les dépenses de consommation privée, lesquelles suscitent à leur tour une demande d'importation. Par suite, l'amélioration de la balance commerciale n'atteint que 60 o/o de l'augmenta- tion des recettes d'exportation. Dans l'hypothèse où un tiers de l'épargne privée est transféré à l'étranger, l'amélioration nette de la position du compte de devises étrangères atteint 54,.2 o/o de 19augmentation des recettes d'exportation. Mais comme on la vu, l'Option I ne fait pas apparaître l'effet d'un accroissement des exportations mais celui d'un accroissement des exportations associé à une amélioration de l'équilibre budgétaire. Cette hypothèse est écartée dans l'Option II; les exportations augmentent de 100 et l'accroissement des recettes fiscales qui en découle est suivi dtune augmentation des dépenses publiques affectées en partie à la consommation, en partie aux investissements sans qu'il y ait de répercussions sur l'équilibre budgétaire global. Dans l'exemple qui précède, la consommation privée aug- mente de plus de 200 et les dépenses publiques de près de 70; cette demande de 270 résulte d'une augmentation initiale des exportations de 100, sans changement de la politique budgétaire. L'équilibre du budget reste le même et, pour que la demande dtimportation soit satisfaite, il faudrait y consacrer 72 o/o des recettes d'exportation. Enfin, si un tiers de l'épargne privée est transféré à liétranger, leexcédent de devises étrangères n1atteindra que 18 o/o des recettes d'exportation. Les importations suivent, avec seulement un certain décalage, un mouvement tout à fait parallèle à celui des expor- tations. C'est aussi ce que nous constatons en pratique lorsqu'il nly a pas d'amélioration de l'équilibre budgétaire. Etant donné que, dans les exemple ci-dessus, les investissements privés sont traités comme une variable exogène, l'augmentation de l'épargne privée niest pas suivie dtune augmentation des investissements privés. Par ailleurs, on peut supposer qu'une certaine partie de l'épargne privée est affectée aux investissements. Si deux tiers de l'augmentation de l'épargne privée servent à financer des investissements privés et si le dernier tiers est transféré à l'étranger, on obtient les résultats figurant dans les colonnes 'bi ci-dessous, les colonnes fat étant les mêmes que dans le Tableau 2 (c'est-à-dire sans accroissement des investissements privés). - 10 - Tableau 3 Effets d'un accroissement des exportations dans le cas des deux options retenues en matière de politique fiscale et d'investissements privés Option I Option II a b a b Demande: PIB aux prix du marché 185,8 193,1 298,9 321,0 Importations (c.a.f.) 39,9 48,9 72,h 90,1 Demande totale 225,7 242,0 371,3 11,1 dont: Consommation privée 125,7 130,2 203,2 217,4 Consommation publique - - 34,1 37,0 Investissement privé - 11,8 - 19,7 Investissement public - - 34,o 37,0 Exportations 100,0 100,0 100,0 100,0 Balance des paiements Exportations 100,0 100,0 100,0 100,0 Importations 39,9 h8,9 72,h 90,1 Balance commerciale (amélioration) 60,1 51,1 27,6 9,1 Services de facteurs -5,7 -5,9 -9,2 -9,9 Position du compte devises étrangères (amélioration) 54,4 45,2 18,4 0 Le tableau montre l'effet d'un accroissement des exportations dans différentes hypothèses, premièrement sur l'équilibre budgétaire (Option I, sans accroissement des dépenses publiques, Option II, équilibre budgétaire inchangé) et deuxièmement sur les investissements privés (Options a: l'épargne privée supplémentaire n'est pas utilisée pour des investissements; Options b: deux tiers de l'épargne privée sont affectés aux investissements, le reste étant transféré à l'étranger). Dans l'Option Il b, le gain en recettes d'exportation n'améliore pas la position du compte devises étran- gères car toute l'épargne est consacrée aux investissements ou aux trans- ferts h l'étranger. L'excédent qui se dégage dans les autres options pro- vien: d'une augmentation de l'épargne supérieure aux dépenses d'investisse- ment et aux transferts à l'étranger. De toute évidence, si la demande induite qui s'adresse au PIB ne peut être couverte par un accroissement de la production, il peut en résul- ter une hausse des prix et une augmentation des importations. En ce cas, la situation de la balance des paiements se détériorerait par rapport à celle qui apparaît au Tableau 3 et l'expansion intérieure sera moindre. Deux tendances opposées se combineraient: il y aurait d'une part davantage d'importations et d'autre part une expansion économique plus limitée en - il - valeur réelle. La situation serait différente parce que la création de revenus, les dépenses privées, les recettes fiscales et les dépenses publiques diminueraient. C'est ce qui apparaît dans le Tableau 4 où le point de départ (colonne 1) est l'Option II tat du Tableau 3. La deuxième colonne montre ce qui se produit lorsque la capacité de production de biens de consommation est insuffisante et que la demande insatisfaite se reporte sur des importations. Tableau 4 Effets d'une augmentation des exportations lorsque la capacité de production impose des contraintes dans d'autres domaines Option II du Tableau 3 Contrainte de capa- cité s'exerçant sur Pas de con- la production inté- trainte de rieure de biens de capacité consommation 1/ Différence (2) (2) (1) PIB aux prix du marché production écoulée en: 1. Exportations 89,0 89,0 2. Biens de consommation 117,9 17,9 -100,0 3. Commerce et transport des biens de consommation importés 38,6 49,9 11,3 h. Divers 53, _h3,9 -9,5 I PIB total (1+2+3+h) 298,9 200,7 -87,8 II Importations 72,4 82,8 10,4 III Offre totale (I + II) 371,3 283,5 -87,8 absorbée par: Consommiation privée 203,2 127,5 -75,7 Consommation publique 34,1 28,0 -6,1 Investissement privé - - Investissement public 34,0 28,0 -6,0 Exportations 100,0 100,0 100,0 1/ La capacité a baissé de 100 par rapport à (1). - 12 - La contrainte que peut imposer la capacité des industries de con- sommation limite l'expansion économique intérieure parce que le processus de croissance liée de la demande et des revenus par l'intermédiaire de ces industries est interrompu à un stade précoce lorsque les industries de con- somnation ont atteint leur pleine capacité. La "demande excédentaire" se reporte alors sur des importations et ne permet pas de créer des revenus additionnels sauf dans les secteurs du commerce et du transport des biens de consommation importés. La part des importations dans les contributions finales atteint près de 50 o/o mais elle répond à une demande globale moin- dre. Les importations augmentent néanmoins. Une augmentation des expor- tations de 100 procure des rentrées nettes de devises de 11,5 seulement. Mais comme on peut le constater, même si la production intérieure pouvait se développer, l'accroissement des exportations n'améliorerait pas notablement la balance extérieure s'il ne s'accompagnait d'une amélioration de l'équi- libre global du budget, ce qui, bien entendu, est difficile à obtenir dans un pays où les revenus monétisés sont déjà soumis à de lourds impits, tandis que nombre de demandes pressantes se font jour dans le secteur public. Des calculs du même ordre peuvent servir à mettre en lumière certains problèmes que pose la sélection des projets d'investissement que l'on veut financer au moyen dtempnnts à l'étranger. Dans l'exemple pré- cédent, les exportations augmentent de 100; cette augmentation peut résulter, par exemple, d'un investissement antérieur de 300. Si le service de la dette extérieure atteint chaque année 10 o/o de ce montant, le paiement annuel en devises sera de 30. Ce montant peut être financé sans difficulté dans l'Option I où se produit une amélioration des finances publiques. En ce qui concerne l'Option II - où les recettes fiscales supplémentaires sont dépensées - les recettes en devises que procurent les projets ne suffisent pas a couvrir les besoins d'importation et le service de la dette. La production totale du projet est exportée mais les devises nécessaires pour les importations, les transferts de bénéfices et le service de la dette dépassent les recettes d'exportation. Il convient cependant d'observer qu'on suppose dans cet exemple que le taux moyen d'épargne intérieure retenu pour l'ensemble de l'économie est également valable pour les projets nouveaux. Il est clair que le taux. de rentabilité d'un projet donné peut être bien plus élevé et que les béné- fices pourront contribuer à un accroissement de l'épargne intérieure; cepen- dant, si par exemple la plupart des bénéfices sont transférés à l'étranger, la situation ne sera guère améliorée. Si par contre ces bénéfices sont consacrés à des investissements dans le pays, il sera peut-être nécessaire de procéder à des importations mais, par ailleurs, la capacité de production s'accroîtra, ce qui est souhaitable du point de vue du développement. Cependant, il convient encore de se demander quel sera en dernière analyse l'effet sur la balance des paiements. La production et les revenus provenant du réinvestissement des bénéfices peuvent être élevés, mais tel sera aussi le cas de la demande d'importation qui s'ensuivra. A nouveau, la situation de la balance des paiements dépendra aussi de la mesure dans laquelle les recettes fiscales accompagnant l'expansion seront dépensées, Une politique a long terme visant la croissance économique et le renforcement de l'économie externe dépendraient de projets valables; mais ceux-ci ne suffisent pas: - 13 - la politique budgétaire aussi doit être délibérément orientée vers cet objectif, faute de quoi les restrictions de devises risquent d'aboutir a une réduction forcée des dépenses d'investissement dont dépend le développement du pays. Il va de soi que les problèmes budgétaires sont beaucoup plus faciles à résoudre dans une économie en progrès que dans une économie lente ou stagnante puisque les recettes fiscales sont bien plus importantes. Il peut être nécessaire de limiter les dépenses publiques, mais dans une économie en croissance, il est également possible de développer l'activité du secteur public sans relever le niveau de l'imp8t. Afin d'obtenir une amélioration sensible de la balance des paiements, la totalité de l'augmen- tation "automatique" des recettes fiscales peut cependant ne pas être dépensée; elle devrait être utilisée pour améliorer l'équilibre global du budget de l'Etat. L'exemple présenté ci-dessus a pour objet d'illustrer les principes sur lesquels est fondé le modèle, à savoir l'hypothèse d'un accroissement des exportations et différentes manières d'utiliser les recettes fiscales provenant de l'expansion qui suivrait cet accroissement. Les effets des différentes variables exogènes sur la demande de ressources intérieures, les importations, les recettes fiscales et la balance des paiements, sont récapitulés au Tableau 5. Ce tableau inclut aussi la substitution d'impor- tations en tant que variable distincte. Il montre enfin les effets d'un changement du niveau de l'impôt direct. Tableau 5 Effet des variables exogènes sur les principaux agrégats des comptes nationaux et sur la balance des paiements Variables exogènes Investis- Investis- Substitution Consommation sements sements Expor- d'importa- Imp8ts 2/ publique privés publics tations tions 1/ Directs Indirects Jp Jg A Bi Qr Valeur de la variable exogène 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effet sur: Secteur privé 1. PIB aux prix du marché 197,5 62,h 134,6 185,8 234,7 134,6 122,5 2. Imp8ts indirects 24,8 14,7 23,4 28,9 16,4 26,2 76,2 3. Revenus de facteurs (1-2) 172,7 47,7 111,2 156,9 218,3 108,4 198,7 4. Impôts directs 15,5 4,3 10,0 14,1 19,6 -90,2 17,9 5. Revenu disponible (3-4) 157,2 43,3 101,2 142,8 198,7 198,6 180,8 6. Consommation 138,3 38,2 89,1 125,7 174,9 174,8 159,1 7. Epargne privée intérieure (5-6) 18,9 5,2 12,1 17,1 23,8 23,8 21,7 8. Investissements privés - 100,0 - - - - - 9. Montant net de l'épargne 18,9 -94,8 12,1 17,1 23,8 23,8 21,7 financière (7-8) Secteur public 10. Recettes fiscales (2+4) 40,3 19,0 33,4 43,0 36,0 -64,0 -58,3 11. Consommation publique 100,0 - - - - - - 12. Epargne publique (10-11) -59,7 19,0 33,4 43,0 36,0 -64,0 -58,3 13. Investissements publics - - 100,0 - - - - 14. Excédent global des comptes de l'Etat (12-13) -59,7 19,0 -66,6 43,0 36,o -64,o -58,3 Balance des paiements 15. Exportations - - - 100,0 - - - 16. Importations 40,8 75,8 54,5 39,9 -59,8 40,2 36,6 17. Solde des échanges extérieurs 3/ -h0,8 -75,8 -5,5 -60,1 -59,8 -h,2 18. Paiements de revenus aux facteurs 19. Solde des paiements courants 1/ Montant net de la substitution d'importations; ne comprend pas les importations nécessaires à titre de biens de production pour fabriquer des articles destinés à remplacer les importations. 2/ Fait apparaitre l'effet qu'aurait une diminution de 100 du niveau de l'imposition. 3/ Correspond à (9+14). - 15 - Ce tableau fait apparaitre les coefficients réduits (multipliés par 100) utilisés dans l'équation qui constitue la solution du modèle. Par exemple, l'équation du PIB :aux prix du marché' (voir la prenýière ligne du tableau) serait: R = 1,975cg + 0,62hJg + 1,346Jg + 1,858A + 2,347B' + 1,3h6RT' + 1,225Q Des équations semblables peuvent être établies pour les 13 autres variables endogènes du tableau. La substitution d'importation (B') est définie dans ce modèle comme un déplacement de la fonction d'importation. Ainsi, une monétisation croissante des produits agricoles destinés au marché intérieur, ayant pour conséquence une diminution de la composante importation de la consommation monétisée privée, reviendrait dans ce contexte à un phénomène de remplacement des importations. De même, si nous utilisons les coefficients d'importation de 1966 pour calculer les contributions finales réelles des secteurs en 1969 par exemple, et si dans ce cas les importations estimatives sont plus impor- tantes que les importations réelles, la différence correspondra au rempla- cement des importations. Ce remplacement aurait plus d'ampleur que ne l'in- dique l'écart entre les niveaux d'importation,étant donné que l'activité de remplacement a un effet expansionniste qui se traduit par des importations. Les inputs importés nécessaires aux activités de remplacement des importations peuvent varier selon les cas. Aussi avons-nous défini la substi- tution d'importation en excluant les importations d'inputs primaires néces- saires à l'activité de substitution, c'est-à-dire que nous l'avons exprimée par la valeur ajoutée aux prix du marché aux inputs primaires utilisés dans l'activité de remplacement des importations. Les effets directs du déplacement négatif de la fonction importation et du déplacement positif de la produc- tion intérieure sont supposés etre les suivants: Production aux.prix du marché 1,00 B' Diminution des impôts indirects 0,10 B' Revenus de facteurs 1,10 B' Importations -1,00 B' Les recettes provenant des impôts indirects sont supposées diminuer puisque les droits perçus sur les importations sont en général bien plus élevés que ceux qui frappent les produits nationaux. Il en résulte que l'ef- fet direct sur les revenus de facteurs est plus grand que les économies d'inportation réalisées, ce qui explique l'effet assez fort qu'on observe sur la demande intérieure et indirectement sur les importations. Le modèle permet de calculer les recettes fiscales aux taux de 1966. Si les taux varient, l'effet de ce mouvement est "simulé" par un déplacement du niveau de l'impôt, sans changement des taux. Il s'agit là d'un artifice commode car il serait souvent difficile de déterminer à quoi correspond réellement une modification de la fiscalité en termes de taux globaux. Et à supposer qu'on y parvienne, on obtiendrait un système non linéaire h taux variables, ce qui serait g9nant. - 16 - IV Note sur la fiscalité en tant qu'instrument d'accroissement de la nroduction Dans l'analyse qui précède, on a supposé que l'accroissement des impôts entraînerait une diminution du revenu disponible et de la deman- de. 'Néanmoins, certains impôts spécifiques peuvent avoir un effet tout à fait différent: ils peuvent stimuler l'utilisation d'un potentiel de pro- duction existant mais sous-employé. Il en est ainsi lorsque les producteurs font appel aux revenus monétaires disponibles et que leur demande manque l'élasticité. Ainsi, les riches agriculteurs malgaches ont en général un cheptel nombreux, qu'ils n'exploitent pas a proprement parler pour la pro- duction de lait ou de viande. Il s'agit donc entre autres de savoir dans quelle mesure un régime de taxe sur le bétail, combiné éventuellement à des remboursements ou des exemptions, pourrait encourager l'amélioration de l'élevage et susciter une augrentation de l'offre de viande pour l'ex- portation. Une taxe sur le bétail pourrait inciter les exploitants à ven- dre leur bétail aux abattoirs pour être en mesure de payer la taxe. Sup- posons que: a) une taxe sur le bétail de 100 b) se traduit par des ventes de bétail au prix à l'exploitation de 100, c) repDréentant une valeur d'exportation de 200, et d) que les revenus sont utilisés conformément aux hypothèses posées dans notre modèle. Les résultats obtenus dans ce cas sont indiqués dans le Tableau 6. - 17 - Tableau 6 Accroissement de 1'imp6t de 100 se traduisant par une augnentation corressondante de l'excédent commerciali- sable destiné a être traité pour l'exoortation 1/ Traitement pour l'exportation Autres I. Secteur privé Eleveurs et commerce activités Total Valeur de la production 100,0 100,0 92,3 292,3 Importations - 22,0 21,2 43,2 Valeur ajoutée au prix du marché 100,0 78,0 71,1 249,1 Impôts indirects - 20,0 13,8 33,8 Revenus de facteurs 100,0 58,0 57,3 215,3 Imp6ts directs 100,0 5,2 5,2 110,j Revenu disponible 0 52,8 52,1 lo,9 Consommation - - - 92,3 Eparrne 12,6 II. Secteur public lgpCts indirects 33,8 Impts directs 110,h Redressement de l'équi- libre budgétaire lh,2 III.Balance des paiements Exportations 200,0 Importations 43,2 Redressement de la balan- ce des paiements 156,8 l/ L'accroissement de l'impît dans cet exemPle est inscrit comme impÔt direct. Dans cet exemple, l'augmentation de l'imp6t a un effet expansionniste. Elle suscite une augmentation de l'excédent commercialisable pouvant être traité par des entreprises ayant une capacité inutilisée et permet au pays de tirer des recettes du traitement pour l'exportation et du commerce d'exportation. l'utilisation de ces recettes crée un supplé- ment de demande, comme le montre la colonne 3 du Tableau 6. - 18 - Nous ne commenterons pas davantage cet exmple; il figure ici essen- tiellerient -our souligner le fait que l'imqt ne peut être considéré exclusivement comme le moyen de financer le budget ou d'équilibrer la demande globale, mais également comme un moyen d'accroître la production et l'activité économique dans des domaines où il existe manifestement à l'heure actuelle un potentiel inutilisé. V. 71stimations pour la période 1960 à 1969 Les coefficients indiqués dans le Tableau 5 sont calculés a partir de chiffres concernant 1966. Ils ont été utilisés pour évaluer les va- riables exogènes caractéristiques des années 1960 à 1969. Un premier essai a confirmé le remplacement d'un certain volume d'importations et une augmentation du niveau des impôts indirects au cours des années 1960 à 1966; en outre, les impôts indirects ont été augmentés en 1969 par l'application d'une taxe sur les transactions (TUT). Le remplacement des importations signifie que la part des importa- tions dans les contributions finales a diminué jusqu'en 1966, après quoi elle semble être restée assez constante. La demande a augmenté plus vigoureusement au cours des dernières années; il se peut qu'il y ait eu d'autres remplacements d'importations dans certains secteurs tandis que, parallèlement, les importations d'autres secteurs se sont accrues dans des proportions substantielles. De toute façon, avec: a) un remplacement des importations se chiffrant à% 700 millions de MiiG par an entre 1960 et 1966; b) un accroissement annuel des inDôts indirects atteignant 500 millions de FMG au cours de la même période, et c) un accroissement de l'impôt indirect donné par un pourcentage estimatif en 1969, les résultats contrôlables sont assez proches des faits. Ils existent pour toutes les années de la période en ce qui concerne les importations et les recettes des icp6ts indirects, et pour 1960, 1962 et bien entendu 1966, pour les estimations de la consommation privée monétisée. Etant donné que les exDortations constituent une variable exogène, le déficit commercial est aussi assez exacterient indiqué par le modèle. Si l'on admet que le modèle donne une explication correcte, l'ex- pansion de la demande d'importation et de ressources intérieures de 1960 à 1969 peut être attribuée aux différentes variables exogènes, comme l'indique le Tableau 7. Ce Tableau indique également l'indice des prix et la valeur à prix constant de certaines variables; cette opération est néanmoins aléatoire étant donné que l'indice des prix est un indice de la ccnsommation à Tananarive. - 19 - Tableau 7 1/ Contribution des différentes variables exogénes à. l'expansion de la demande du secteur mon5t,isé, de 1960 à 1969 Accroissement de la demande de demande produits demande d'importations nationaux totale (ventilation en pourcentage) Accroissement dû à l'augmentation de: 1. Consommation publique 2/ 38,7 45,4 44,1 2. Investissements publics 23,4 14,0 15,8 3. Impôts indirects -11,5 - 9,4 - 9,8 I Activités du secteur public 50,6 50,0 50,1 4. Investissements privés 36,2 7,2 12,9 5. 2xportations 26,6 30,1 29,4 6. Renlacement des ri[por- tations -13,4 12,7 7,6 II Activités du secteur privé 49,4 50,0 49,9 III Accroissement total 100,0 100,0 100,0 IV Pourcentage d'accroissement de 1960 à 1969 60,3 79,1 74,6 V Hausse des prix - - 31,0 VI Accroissement réel 33,2 (accroissement annuel moyen) VII Demande aux prix courants 5,4 6,7 6,4 VIII Prix - - 3,0 IX Demande réelle 3,3 1/ Chaque variable comprend la demande émanant des consommateurs privés. 2/ Y compris les traitements des fonctionnaires et les dépenses des gou- vernements étrangers et des organisations à. but non lucratif. Y compris les investissements financés de l'étranger et non inscrits dans le budget. â/ Prix à la consommation, indice composite de la consommation européenne et malgache. - 20 - L'expansion des activités du secteur public a assuré 50% de l'accroissement de la demande, compte tenu de la diminution de la demande imputable à l'augaentation des impôts. Les investissements privés, l'ac- croissenent des recettes d'exportation et l'accélération du remplacement des importations ont assuré les 50% restants. Le remplacement des impor- tations a fait diminuer la demande de produits importés et augnenter la demande de produits nationaux. La production destinée au remplacement des importations, exprimée par la valeur ajoutée aux prix du marché, at- teint environ 4,2 milliards de EMG aux prix courants, soit environ 10% de la valeur des importations en 1969, aux prix de 1969. L'économie nette réalisée par substitution d'importations a été plus faible en rai- son des effets indirects qu'elle a engendrés et de la demande d'im-orta- tion qui en est résultée. La présente analyse confirme l'impression générale que le revenu par habitant (production) n'a guère augmenté au cours des années 60. La population s'est accrue d'environ 2,2% et la production et l'offre totale a peine davantage. Ces conclusiono valent pour les activités monétisées. Le taux d'investissement est passé d'environ 13 à. 17% du PIB (aux prix du marché), ce qui, allié à la croissance estimative exprimée en termes réels, correspond A un accroissement du coefficient de capital d'environ 4,5. Ce coefficient élevé s'explique en partie par la propor- tion importante des investissements d'infrastructure par rapport au total. Cette part a diminué et continuera a diminuer si l'on en juge d'après l'inventaire actuel des projets et des engagements de prêts et de subven- tions de l'étranger. Cette tendance pourrait déboucher sur une expansion un peu plus forte qu'auparavant. VI Essai de projection pour 1974 Au cours des années 1960, l'expansion économique est restée modeste et rien ne laisse prévoir une augmentation de quelque importance au cours des cinq années a venir. La plupart des projets susceptibles d'être réalisés pendant cette période sont déjà connus. Ce.endant, étant donné que les investissements ont aurgenté au cours des dernières années et qu'une importante proportion des investissements nouveaux se portera sur d'autres objectifs que l'infrastructure, l'expansion sera peut-être un peu plus vigoureuse que précédemment. Les calculs qui suivent sont fondés sur l'hypothèse selon laquelle l'économie disposera d'un potentiel de croissance de 3,8; par an au cours des cinq années à venir. Les au- tres hypothèses sont les suivantes: a) Exportations L'accroissement des recettes d'exportation a été estimé à 13,3% entre 1969 et 1974, soit un taux de croissance annuel de 2,4%. - 21 - b) Investissements Eu égard aux possibilités financières actuelles, le volume des investissements n'a guère de chance de dépasser celui de 1969, qui est relativement élevé par rapport aux années antérieures. En outre, étant donné le .etit nombre de projets ayant atteint un stade relativement avancé de préparation, les investissements concernant la période a l'étu- de n'augienteront pas, même s'il existait des moyens de iinancement. c) Consommation du secteur public Les pouvoirs publics ont adopté une politique de compression des dépenses ordinaires. Néanmoins,l'augmentation de salaires et traite- ments et les dépenses courantes au titre des projets du secteur public, après la phase de réalisation, se traduiront probablement par une cer- taine augmentation des dépenses ordinaires. La projection part de l'hy- pothèse que la consorzmation du secteur public augaentera de 3 par an. d) Niveau des impôts Le niveau des impôts est supposé ne pas changer après l'appli- cation de la TUT en 1969. Il s'ensuit que les recettes provenant des impôts indirects doivent dépasser de 11% les recettes exprimées aux taux de 1966. Bien que le niveau des impôts ne doive pas varier, les recettes fiscales augmenteront parallèlement à l'expansion de l'économie. e) Remplacement des importations Il n'est pas nettement précisé si l'expansion de la production au cours des années à. venir permettra réllement au pays d'être moins tri- butaire des importations (dirinution de la part des importations dans les contributions finales). Néanmoins, il est possible de déterminer le niveau que doit atteindre le remplacement des importations pour que le pays connaisse un certain rythme d'expansion, lorsque les exportations et les autres variables exogènes sont données. Le remplacement des impor- tations constituerait une condition nécessaire a l'expansion du fait que les possibilités d'accroîtroeas exportations sont limitées. Nous revien- drons sur ce -oint. f) La projection Une première projection, fondée sur les hypothèses qui viennent d'être énoncées sauf le remplacement des importations, a permis d'établir que la demande de ressources intérieures augmentera moins que la capacité de production estimative (3,8%), lorsque cet accroissement est calculé à prix constants. On pourrait avancer que l'équilibre pourrait être atteint par le mécanisme des prix: ajustement par diinution des prix intérieurs - 22 - par rapport aux importations. L'ajustement suppose dans ce contexte une modification de une ou olusieurs des variables exogènes et (ou) relations économiques du modèle. La baisse des prix peut encourager les exporta- tions et faire diminuer les imp.ortations de sorte que la demande de res- sources intérieures et la capacité de production puissent s'équilibrer. La répartition des revenus et l'équilibre budgétaire pourraient égale- nent être modifiés pour faire augmenter la demande totale. Enfin, en l'absence de cet ajustement, la capacité de production pourrait tout si- clement ne pas être pleinement utilisée. Nous n'étudierons pas ces différentes possibilités.Nous nous sones bornés dans l'établissement de cette projection àI calculer le niveau que le remplacement des importations devrait atteindre pour que s'établisse l'équilibre lorsque les autres hypothèses et relations économiques res- tent inchangées. La projection repose donc sur l'hypothèse d'un certain volume nécessaire de remplacement des importations. A certains égards, cette hypothèse est semblable a% celle en vertu de laquelle "l'excédent de la demande" de ressources intérieures se répercuterait sur les impor- tations. Nous reviendrons sur ce qu'impliquent ces hypothèses, sur leur interprétation et leur réalisme. Les résultats de la projection ainsi que les estimations pour 1969 sont indiqués dans le Tableau 8. - 23 - Tableau 8 Illustration du modèle: projection -)our 1974 - activités monétisées (milliards de EîMIG) Accroissement en pourcentage Secteur privé 1969 1974 Total Taux annuel PIB aux prix du marché 17h,2 210,1 20,6 3,8 Impôts indirects 28,3 32,5 Revenus de facteurs 145,9 177,6 Impfts directs 1/ 13,1 16,0 Revenu disponible 132,8 161,6 Consommation privée 116,9 142,2 21,6 4,0 Epargne (intérieure) 15,9 19,4 Investissements orivés 14,9 15,0 Excédent financier (intérieur) 1,0 h,h Secteur public InpSts indirects 28,3 32,5 ImpSts directs 1/ 13,1 16,0 Revenu disponible 41,4 48,5 Consommation publique 44,7 51,8 15,9 3,0 Epargne publique (intérieure) - 3,3 -3,3 Investissements publics 15,0 15,0 Excédent financier -18,3 -18,3 Balance des paiements Exportations 32,2 36,5 13,3 2,5 Importations 49,5 50,4 1,8 Balance commerciale -17,3 -13,9 Paiements de facteurs à l'étranger 7,0 - b,0 Balance des paiements courants -24,3 -21,9 * Variable exogène. 1/ Imp6ts directs nets des transferts de revenus au secteur privé. - 24 - Les variables exogènes sont signalées par une astérisque; les autres va- riables sont estimées par le modèle d'après les hy7pothèses suivantes: a) l'économie, eu égard au niveau actuel de l'investissement et aux capa- cités inutilisées, aura un potentiel de croissance de 3,8% nar an, et b) le remplacement des importations nécessaire pour créer une demande de produits intérieurs à la mesure du potentiel de croissance se produira ef- fectivement. Les calculs faits à partir de ces hypothèses montrent que le PIB et la consommation privée pourraient s'accroître d'un peu plus de 20% pra- tiquerient sans augmentation des importations. La hausse automatique des recettes fiscales suffirait à% couvrir l'augmentation des dépenses publiques, mais la balance globale ne serait guère améliorée. Le déficit de la ba- lance commerciale passerait de 17 à 14 milliards de IG. Cette améliora- tion serait imputable à l'accroissement de 13% des exportations tandis que les importations n'augmenteraient pratiquement pas. On peut naturellement contester la validité de l'hypothèse selon laquelle les importations ne varieront pratiquement pas pendant que la production et la consommation augmenteront de 20%. Il en découle que la proportion moyenne de produits importés contenue dans les contributions finales passerait de 22,1% à 19,3%, soit une diminution de 12,6% en 5 ans. Le PIB total augmenterait de 35,9 milliards de 7i-G dont 6,1 milliards, soit 17%, représenteraient la production nationale remplaçant des importations. Pour un montant to- tal d'importations d'environ 50 milliards de EY-G, l'économie directement réalisée serait de 6,1 milliards de RIG. Il est difficile de savoir s'il est réaliste de compter sur un tel volume de substitution d'importations. Néanmoins, il convient de rap- peler qu'entre 1960 et 1966 le remplacement des importations s'est chif- fré apparemment à 4,2 milliards de FIG aux prix plus bas qui avaient alors cours. Enfin, le remplacement des importations ne signifie pas nécessaire- ment que la production intérieure doive empfiéter sur les débouchés établis des iportations. La production intérieure doit prendre une place plus large sur le marché et passer de 76o a 80' des produits finals livrés à l'usage intérieur. Cette argumentation n'a pas pour but de préconiser le remplace- ment des importations en tant que bonne solution de rechange à l'accrois- sement des exportations. Notre analyse s'appuie sur l'hypothèse selon laquelle les exportations n'auront que des possibilités d'expansion limi- tées au cours des anmées à venir. Les exportations sont supposées aug- menter de 2,5% et la production totale de 3,6%. Si une proportion moin- dre de la production totale est écoulée à l'étranger, une proportion sup'- rieure doit être vendue sur le marché national, et dans ce cas la part des importations doit diminuer. Tel est, dans ce modèle, le mécanisme du remplacement des importations. Lorsque les possibilités d'accroître les - 25 - recettes d' exportations sont limitées et que la balance des paiements impose des contraintes à l'économie, l'expansion appelle le remplacement des im- portations; c'est cette évolution nécessaire qui vient d'être étudiée en fonction d'un objectif de croissance fixé à 3,8/. Cette étude a été axée sur les moyens de susciter une demande suffisante au regard du potentiel de croissance posé en hypothèse. La dininution des impSts ou d'autres me- sures d'ordre budgétaire permettraient, certes, de susciter une demande suf- fisante; mais elles engendreraient un déficit extérieur croissant; cette solution n'est donc guère applicable. Le remplacement des importations apparaît donc indispensable pour que l'économie atteigne un rythme de croissance de 3,8/'' malgré des recettes de-portations limitées, et pour protéger l'équilibre des paiements exté- rieurs. Etant donné que le pays est fortement tributaire des importations, il semble également raisonnable de prévoir que le développement économique à long terme exigera le remplacement d'un volume considérable d'importations. En pratique, il faudrait probablement que les importations de produits lai- tiers soient remDlacées par la production intérieure et que le pays tende à se suffire à lui-même pour la plupart des textiles, depuis les matières premières jusqu'aux produits finis. Cependant, une analyse approfondie des avantages d'un accroissement des exportations par rapport au remplace- ment des inortations montre que cette dernière solution risque en fait d'exiger elle-même beaucoup d'imixortatiosr:il faut en effet tenir compte des importations entrant dans les produits locaux qui doivent être livrés à tel projet fabriquant des produits finals qui remplacent des importations, sans oublier les allègements fiscaux et autres avantages dont bénéficient ces projets et qui peuvent également avoir des effets négatifs. Balance des paiements L'évolution du déficit de la balance commerciale a été la suivante: (14illions de FKG) Chiffres réels Estimations 1965 10.376 10.560 1966 13.017 12.720 1967 11.756 13.510 1968 14.587 15.340 1969 18.270 17.340 Projection pour 1974 13.900 Le montant net des autres transactions (-aienent de revenus de facteurs, transferts de revenus, dons et prêts) n'a pas suffi à couvrir ce déficit au cours des trois dernières années, et les réserves de devises ont diminué en moyenne de 2 milliards de EIG par an. Selon la projection, le déficit commercial diminuera de 3,h milliards entre 1969 et 1974. Si l'on veut empêcher les réserves de devises de s'amenuiser, il faut que le volume de - 26 - l'assistance étrangère reste le même qu'actuellement. Pour une analyse plus approfondie des perspectives de la balance des paiements, voir VII Données du modèle et estimations pour les années 1960 à 1969 Les inputs primaires entrant dans les principales catégories de contributions finales des secteurs sont déterminés d'après les comptes de la nation indiqués dans le Tableau 9. Les secteurs sont les suivants: Secteur No 1: Agriculture, y compris élevage, f6ret et pêche. Secteur No 2: Industrie 1, y compris les "agro-industries", les industries alimentaires, les boissons, le cuir et les chaussures, et la transformation du bois. Secteur No 3: Industrie 2, y compris toutes les autres indus- tries de transformation, les industries extracti- ves et l'énergie. Secteur No 4: Bâtiment et construction. Secteur No 5: Transport 1: le transpoort des produits intérieurs. Secteur Nc 6: Transport 2: transport des produits importés. Secteur E'o 7: Connerce des produits intérieurs. Secteur No 8: Cormerce d'imp,ortation. Secteur Ho 9: Autres services, y compris le transport des pas- sagers, l'enseignement et les services de santé. Le Tableau 10 contient les estimations concernant les inputs primaires qui entrent dans les contributions finales des cultures avec des données plus nombreuses que celles qui ont été effectivement utilisées dans le modèle. Le calcul des inputs primaires repose sur l'hypothèse selon laquelle la production d'un secteur (ligne E du Tableau 9) se com- pose des mêmes inputs, revenus de facteurs, etc. pour tous les produits, quel que soit leur usage. Dans le Tableau 10, les importations de biens finals entrent pour la même part qu'en 1966 dans les contributions finales. Sauf dans quelques cas exceptionnels, le modèle a été utilisé avec cette hypothese. Tablrau ) Comptes nationaux de l66 et tableau input-output pour 9 secteurs (en milliards de rMG) Secteur No 1 2 3 7 Total Production intermédiaire de: Inputs reçus 1. Agriculture 1,04 11,22 1,16 o,95 o,oh 0,03 - - 0,10 14,54 2. Industrie 1 0,05 0,13 0,27 0,17 - - 0,03 0,02 0,44 1,11 3. Industrie 2 0,28 0,53 0,41 1,49 0,21 0,15 0,25 0,25 0,60 4,17 h. BAtiment et construction 0,09 0,03 0,12 0,01 0,25 0,24 0,74 1,48 5. Transport 1 0,03 0,81 0,13 0,59 - - - - 0,26 1,82 6. Transport 2 0,20 0,17 0,46 0,37 0,01 - 0,02 0,01 0,h9 1,73 7. Commerce 1 0,04 1,31 0,18 0,23 0,03 0,02 - - 0,09 1,90 8. Commerce 2 0,28 o,ho 0,63 0,66 0,34 0,24 - 0,01 2,26 h,82 9. Autres services 0,95 0,86 1,20 1,oh 0,68 0,h8 2,36 2,36 3,4o 13,33 A Inputs intérieurs reçus (1-9) 2,96 15,46 4,56 5,50 1,32 0,92 2,91 2,89 8,38 h,90 B Inputs importés (c.a.f.) 1,11 1,54 4,73 2,34 o,69 0,48 0,17 0,18 4,59 15,83 C Total des inputs (A + B) 4,07 17,00 9,29 7,84 2,01 1,h0 3,08 3,07 12,97 60,73 D Valeur ajoutée 2/ 29,18 7,55 12,41 4,89 3,27 2,25 11,84 12,13 22,36 105,88 1. Revenus de facteurs 26,89 6,58 10,14 4,34 2,87 1,99 9,61 9,60 19,86 91,88 a) Salaires 2/ 2,89 2,05 3,62 3,15 1,73 1,20 3,17 3,16 7,50 28,47 b) Revenu des entreprises 24,oo 4,53 6,52 1,19 1,14 0,79 6,44 6,44 12,36 63,41 2. Imp8ts indirects 2,29 0,97 2,27 0,55 0,h0 0,26 2,23 2,53 2,50 14,00 a) Production intérieure 2,27 0,72 1,30 0,17 0,15 0,09 2,17 2,47 0,63 9,97 b) Inputs importés 0,02 0,25 0,97 0,38 0,25 0,17 0,06 0,06 1,87 4,03 Total pour E Production totale (C + D) 33,25 24,55 21,70 17,73 5,28 3,65 14,92 15,20 35,33 166,61 Importations de produits finis utilisa- 1. Biens intermédiaires 3/ 14,54 1,11 4,17 1,48 1,82 1,73 1,90 4,82 13,33 44,90 Importations c.a.f. Droit d'importation tion finaie 2. Biens et services fin-ls utilisés pour18,71 22,44 17,53 11,25 3,46 1,92 13,02 10,38 22,00 121,71 23,32 6,35 a) Consommation privée 7,h9 19,29 10,16 - 2,16 1,15 8,28 8,72 20,67 77,92 11,76 4,59 94,27 b) ConsDmnation publique 2/ 0,06 o,44 1,67 1,11 0,10 0,35 o,16 0,79 1,14 5,82 2,32 o,65 8,79 c) Investissements des entreprises - - 0,79 1,74 0,03 0,06 - 0,66 - 3,28 5,53 0,44 9,25 d) Investissements des ménages - - - o,95 - - - - - 0,95 - - 0,95 e) Investissements publics - - 0,37 7,21 0,01 - - 0,15 - 7,74 1,25 0,15 9,14 f) Stocks -1,62 0,65 1,90 - 0,01 -0,06 0,13 0,02 - 1,03 1,68 0,52 3,23 g) Exportations 12,78 3,06 2,64 0,24 1,15 0,L2 4,45 0,04 0,19 24,97 0,78 - 25,75 1/ Aux prix du marché, mais sans les droits d'importation et les traitenents des fonctionnaires ni les services des ménages. 2/ Sans les traitements des fonctionnaires ni les services des ménages. / Chiffres tirés de la colonne indiquant le total de la section input-output du tableau. Source: INSRE et Commissariat au Plan. Tableau 10 Estimation des inputs primaires entrant dans les contributions finales des secteurs (en pourcentage du produit final) Produit final destiné à Consoma- Consoma- Investisse- Investisse- tion tion ments des ments privée publique 2' entreprises publics Exportations 1. Revenus de facteurs, dont: 62,77 E 6,52 24,01 55,95 78,78 a) Agriculture 15,48 4,69 1,91 6,04 9,03 b) Industrie 11,71 11,86 5,45 7,07 9,03 c) Bâtiment et construction 0,40 4,59 6,52 27,06 0,18 d) Transport et commerce des produits 17,57 13,59 21,16 9,66 17,80 e) Autres services 17,61 11,79 2,56 6,12 4,90 2. Impôts indirects 14,69 15,39 9,03 9,91 10,13 3. Valeur ajoutée aux prix du marché (1+2) 77,46 61,91 33,04 65,86 88,91 4. Importations, c.a.f. 22,54 38,09 66,96 34,14 11,09 5. Total des contributions finales (3+4) 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 dont: a) Importations, y compris les colits intérieurs 41,59 61,25 81,25 47,26 16,06 dont: Biens finals, c.a.f. 12,47 26,39 59,78 13,67 3,03 Matières premières, c.a.f. 10,07 11,70 7,18 20,47 8,06 Revenus de facteurs dans le commerce et le transport des biens importés 9,19 10,65 6,53 6,24 2,87 Impôts indirects 2/ 9,86 12,51 6,66 6,88 2,10 b) Production intérieure à l'exclusion du comerce et du transport des biens importés 58,41 38,75 18,75 52,74 83,94 1/ Biens et services utilisés pour la consommation publique, sans les traitements des fonctionnaires. 2/ Droits d'importation, plus imp6ts indirects versés au titre du commerce et du transport des produits importés. - 27 - Les comptes nationaux ont été établis pour 1960, 1962 et 1966. Les estimations de 1966 utilisées dans nos calculs ne sont pas définitives et les comptes nationaux de ces trois années ne peuvent être comparés en raison de différences de concepts, de spécifications et de méthodes de calcul. Il existe d'importants écarts entre les différentes estimations de la formation de capital. L'INSRE se propose d'établir des estimations comparables sur la base des comptes de 1966, une fois qu'ils auront été définitivement établis. Le modèle a été utilisé pour essayer de donner une explication cohérente de l'êvolution passée. A cette fin, nous avons: a) adopté les comptes nationaux de 1966 comme point de départ, b) utilisé l'évolution des importations de biens d'investisse- ment et les estimations des investissements du secteur public pour évaluer les investissements privés, c) utilisé les dépenses ordinaires telles qu'elles apparaissent dans les comptes consolidés de l'Etat et les estimations de la balance des paiements relatives aux "dépenses des gouver- nements étrangers à Madagascar", pour évaluer l'évolution des dépenses de consommation du gouvernement, d) utilisé les chiffres de la balance des paiements concernant les exportations de biens et services. Il a ainsi été possible d'évaluer les quatre variables exogènes utilisées dans le modàle. En outre, les écarts apparemment systématiques et décrois- sants entre: a) les importations estimatives et les importations rêlles des années 1960 à 1966 d'une part, e b) les impôts indirects estimatifs et les impôts indirects réels des années 1960 à 1966 d'autre part, ont été interprétés comme constituant "un remplacement progressif d'impor- tations" et une "augmentation progressive du niveau des impôts indirects". Enfin, c) l'accroissement du niveau des impôts par l'application de la taxe sur les transactions (TUT) en 1969 a été estimé au moyen des données du modèle et d'après l'écart entre les ressources fournies par les impôts indirects aux taux de 1966 et les ressources fiscales escomptées. - 28 - Les résultats de ce travail sont indiqués dans le Tableau 11. Certains d'entre eux sont comparés ci-après avec l'évolution réelle ou d'autres estimations. (En milliards de EIG) inportations Impôts indirects Rée11es Estimation Réels Estimation 1960 30,6 30,9 12,1 11,9 1961 28,4 30,9 13,1 12,9 1962 33,3 33,4 15,8 15,3 1963 35,7 33,9 16,2 15,8 1964 37,6 36,9 19,3 17,9 1965 36,5 39,7 18,7 18,8 1966 ho,l ho,0 19,4 20,6 1967 39,9 41,6 20,7 21,9 1968 46,2 46,9 24,2 24,6 1969 50,5 49,5 28,3 28,3 1/ D'après la balance des paiements. 2/ D'après les comptes consolidés de l'Etat. PIB monétisé aux Consommation privée prix du marché monétisée Comptes Estimation Comptes Estimation nationaux du modèle nationaux du modèle 1960 100,5 97,2 65,o 68,3 1962 111,0 115,0 69,2 80,0 1/ 1966 141,1 1ho,h 96,3 95,9 - if En principe, aucune différence ne devrait apparaître étant donné que le mod8le se fonde sur les données de l'année 1966. Les différences sont imputables à un inventaire sommaire des stocks et à l'utilisation de chiffres arrondis. Tableau 11 Evolution estimative au moyen du modèle (activités monétisées) (en milliards de FMG) Projection I Symbole Variable 1960 1961 1_62 1963 P6h 1065 166 1967 1Q68 1969 1974 I Secteur privé Rm PIB aux prix du marché 97,24 101,91 115,0h 116,79 127,18 131,65 14o,37 149,68 167,34 174,20 210,1 Q Impôts indirects 11,92 12,85 15,25 15,83 17,85 18,79 20,61 21,87 24,57 28,30 32,5 Rf Revenus de facte rs 85,32 89,06 99,79 100,96 109,33 112,86 119,76 127,81 142,77 145,90 177,6 T Impôts directs 1 7,6B 8,02 8,98 9,09 9,84 10,16 10,78 11,50 12,85 13,13 16,0 Revenu disponible 77,64 81,04 90,81 91,87 99,h9 102,70 108,98 116,31 129,92 132,77 161,6 Consommation privée 68,34 71,29 79,95 80,88 87,59 90,41 95,93 102,4o 114,39 116,94 142,2 Epargne privée 9,30 9,75 10,86 10,99 11,90 12,29 13,05 13,91 15,53 15,83 19,4 p Investissemen ts privés (ex) 6,00 6,10 7,00 8,10 10,30 9,70 12,92 11,60 12,90 14,90 15,0 Fp Excédent financier 3,30 3,65 3,86 2,89 1,60 2,59 0,13 2,31 2,63 0,93 h,h II Secteur public Q Impôts indirects 11,92 12,85 15,25 15,83 17,85 18,79 20,61 21,87 24,57 28,30 32,5 T Imp8ts directs l/ 7,6B 8,02 8,98 9,09 9,84 10,16 10,78 11,50 12,85 13,13 16,0 Yg Revenu disponible 19,60 20,87 24,23 24,92 27,69 28,95 31,39 33,37 37,42 41,43 48,5 Cg Consommation publique 2/ (ex) 27,00 28,00 29,90 31,70 32,90 34,10 35,10 38,19 41,39 4,70 51,8 g Epargne publique -7,40 -7,13 -5,67 -6,78 -5,21 -5,15 -3,71 -4,82 -3,97 -3,27 -3,3 Jg Investissements publics 3/ (ex) 7,00 6,00 6,00 7,00 8,00 8,00 9,14 11,00 14,00 15,00 15,0 Fg Excédent financier -14,40 -13,13 -11,67 -13,78 -13,21 -13,15 -12,85 -15,82 -17,97 -18,27 -18,3 III Balance des paiements A Exportations 19,80 21,h0 25,60 23,00 25,30 26,10 27,28 28,10 31,60 32,20 36,5 B Importations 30,90 30,88 33,41 33,89 36,91 36,66 40,00 41,61 46,94 49,54 50,4 F Balance commerciale -11,10 -9,h8 -7.81 -10,89 -11,61 -10,56 -12,72 -13,51 -15,34 -17,34 -13,9 Tex Balance des paiements courants IV Variables exogènes supplémentaires B' Remplacement des importations (ex) -11,16 -3,7 -2,77 -2,08 -1,38 -0,69 - - - - -6,11 Q' Variation du nivepu des impôts -3,o4 -2,53 -2,03 -1,52 -1,01 -0,51 - - - 2,86 2,19 5 indirects (ex) - l/ Nets des transferts de revenus au secteur privé. 2/ Y compris les salaires et les dépenses des gouvernements étrangers. 3/ Y compris les investissements financés de l'étranger, et non inscrits au budget ordinaires. 17/ Par comparaison avec la structure de 1966. / Accroissement de 1969 par rapport aux taux de 1966. Note: Les variables exogènes sont indiquées par (ex). - 29 - La seule différence importante est celle qui existe entre l'es- timation de la consor.mation privée en 1962, d'après le modèle et les esti- mations des comptes nationaux pour cette même année. Il convient de signaler que plusieurs indices donnent à penser que les estimations des comptes nationaux Dour 1962 sont trop faibles. Premièrement, la hausse des traitements des fonctionnaires entre 1960 et 1962 est à elle seule supérieure (d'après les comptes) à l'augmentation de la consonmation privée, alors que les ressources provenant des exportations ont dans le même temps augmenté considérablement. Deuxièmement, les difficultés rencontrées pour harmoniser les estimations de la production agricole en 1962 avec les autres estimations des comptes nationaux vont dans le même sens. REPUBLIQUE MALGACHE DIEGO-SUAREZ REPARTITION DE LA POPULATION -1968 CHAQUE POINT REPRESENTE 2,000 HABITANTS LES AGGLOMERATIONS DE PLUS DE 10,000 HABITANTS SONT REPRESENTEES PAR DES CERCLES PROPORTIONNELS A LA POPULATION. HABITANTS ----- 340,000 NTALAHA - -- -- --- -50,0oo -_-_- ~- 30-- 00 200--I5000 MAJUNG.'. --10,00 ARQVOAY.- L Kmkony * AMATDZ TAMATAVE . RhANGA ANTS *. . * MORONDAVA IAMBOSI[ *. .MANANJARY FIANARANTSOA LO.. MANAKARA FARAFANGANA TULEAR** FORT-DAUPHIN 0 50 100 150 200 km. AVR L - 1970 B[RD - 3162 REPUBLIQUE MALGACHE DEGO-SUAREZ CULTURE DU SOL-1966 I SUPERFICIE TOTALE CULTIVEE ( SOUS - PREFECTURE 100000 HECTARES -30Z0 20 000 --10,000 I CULTURE LES SUPERFICIES CULTIVEES SONT PROPORTIONNELLES A LA SURFACE DU SECTEUR CORRESPONDANT DANS LE CERCLE ANTSOHIHY ANTALAHA PLANTATIONS j RES -' MORONDAVA MANANJARY 1ANARANTSOA CULTURESVIVARAFANGANANG FORT-DAUPHIN O 5|00R Vm. AVRI .- 970 BIRD - 316 REPUBLQUE MALGACHE DIEGO-SUAREZ ORGANISATION ADMINISTRATIVE LIMITES PROVINCE PREFECTURErnn. - SOUS-PREFECTURE Hell-vilfQft vbemr GRANDES VILLES "' E CAPITALE c I U CAPITALE DE PROVINCE * CHEF-LIEU DE PREFECTURE - * CHEF- LIEU DE SOUS-PREFECTURE AnINv AnC ntlh AlolQAntol-h- IAntsohih y1.,.-1 j l ab Befondr ona MAJ~*G ~ T- Port-nSee A ndr itsara Scaala is o MorOovoy ,, Mampikany L ~Monanaro s ---- Ambato-Boen~ Tsr aaaSoanlerana-. Mavtaa TOOooro And.lamna 9 IOn /Ambodifototr. 4Fencrive j ~VavatenX Marfenobe ir mbatondr aka Mcintiron TA-o.M ATAV E Bnpzo,An AntýlAn bzro ---.dj' onn1mo \ Moonga Sov ndnAi l r6ý F ortsh j ndra-na d Tsiriihtn B a beMah0om Marocbe l M ano* Morondovo Mra Mahabo F.ndrn {Amnbatofinandrahan {Amnbos fra Nns-V.nkac Man. F AA(NTSOA' an*n Mananjary "M.ormbemalv Fart- Ank~..b. cornot M k, Soorhavon rozoi Farcfnonn TULEAR Betr.oq Beflaky I ngy du Sud Bek,ly Ambavomben 0 5 10 50 200 km. AV I L 1970 BMD - 3164
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Malagasy Republic - Recent economic position and prospects : Situation economique recente et perspectives des la Republique Malgache
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