S' i 'DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW-24a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport ne peut être utilisé que par le Groupe de la Banque et les organisations ou personnes spécialement autorisées, et i des fins officielles seulement. Il ne peut être ni publié ni cité sans l'autorisation du Groupe de la Banque, lequel ne garantit en aucune manière son exactitude ou son caractère exhaustif. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT L'ECONOMIE DU TCHAD SITUATION ACTUELLE ET PERSPECTIVES le 9 avril 1971 Département Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité morétaire: Franc CFA (FCFA) Avant le l a oût 1969: 1 dollar EU M 246,85 francs CFA 1.000 francs CFA - 4,05 dollars EU Depuis le il aoûIt 1969: 1 dollar EU S 277,71 francs CFA 1.000 francs CFA = 3,60 dollars EU POIDS ET MESURES (Système métrique) Le présent rapport a été rédigé par M. Gerrit M. de Wit, membre de la Mission permanente de la Banque en Afrique de l'Ouest, sur la base de renseignements réunis par une mission économique (MM. Byl, Grosjean, Haasjes, Pouliquen et Wilkinson) qui s'est rendue au Tchad en mars et avril 1969, et mis 3 jour par M. de Wit lui-même, lors du sé- jour qu'il a effectué dans ce pays en septembre 1970. TABLE DES MATIERES Pages No. DONNEES GENERALES CARTES RESUME ET CONCLUSIONS i - iv I. INTRODUCTION .......................... 1 Géographie et population .............. 1 Contexte social et politique .......... 2 Relations internationales et interre- gionales ...............3 II. EVOLUTION ECONOMIQUE RECENTE .............. 5 Recettes et dépenses .................. 5 Finances publiques .................... 6 Balance des paienents.................. 12 Crédit ................................ 15 Monnaie et prix .................... 17 III. PRINCIPAUX SECTEURS DE L'ECONOMIE ......... 18 Agriculture ..... . ........... 18 Industrie minière ..................... 22 Industries manufacturières ............ 22 Transports ....................... 2h Services publics ................... 25 Education .......................... 26 Tourisme .................. .... 26 IV. ERSPECTIVES ........................... 27 ANNEXES STATISTIQUES DONEES GENERALES Superficie 1.284.000 km2 Situation politique République indépendante depuis le l aou^t 1960 Population (estimation pour 1970) 3,6 millions d'habitants Taux de croissance Environ 2 pour cent par an Produit intérieur brut (1967): 59,6 milliards de francs CFA PIB par habitant 17,25 francs CFA (70 dollars) Taux de croissance en termes réels (1960-1969) Environ 2-3 pour cent par an Comptes de l'Etat (en milliards Budget de de francs CFA) 1967 1968 1969 1970 Recettes intérieures 10,2 9,5 11,2 11,8 Dépenses ordinaires 10,2 10,8 12,8 12,9 Epargne 0,0 -1,3 -1,6 -1,1 Dépenses d'investissement 0,7 1,2 1,1 o,5 Déficit global -0,7 -2,5 -2,7 -1,6 dont: Dons de la France 0,h 0,5 0,3 Tirages de liquidités et arriérés cumulês 0,3 2,0 2,4 Monnaie et crédit: Le Tchad est membre de la Banque centrale des Etats de l'Afrique Equatoriale et du Cameroun (BCEAEC). (en milliards de francs CFA) Dêc. 1966 Fév. 1970 Masse monétaire 6,57 9,02 Crédit intérieur 6,84 12,56 Avoirs étrangers (net) -2,88 -1,39 Balance des paiements: (en milliards de francs CFA) 1969 Exportations 9,1 Importations 11,0 Déficit commercial -1,9 Services (net) -6,1 Déficit du compte courant -8,0 Transferts 5,7 Compte capital 1,2 Mouvements monétaires et erreurs 1,1 Principales exportations, en pourcentage du total Moyenne 1967-1969 Coton 64% des exportations Bétail et viande 28% "i Dette publique extérieure: Montant décaissé Y compris le montant (en millions de dollars) non décaissé Dette totale au 31 déc. 1969 33,4 50,00 Total du service de la dette(1969) 3,0 Coefficient du service de la dette (biens et services) 4,5 pour cent Opérations du Groupe de la Banque Crédit IDA (1968): h,l millions de dollars EU pour l'entretien routier Crédit IDA (1968): 1,8 million de dollars EU pour l'éducation Position FMI (juillet 1970): Quote-part: 10 millions de dollars EU Tirages: 3,8 " " " R.A.U. Aozou kWour BARDA Zouar Sh.rd. I ITCHAD LARGEAU FADA .----~¯00 Crum-C holoube - o io /INS GOMME I / NARABIQUE,,GT11 -M021)o - - ABECH>;Zý - 17 .iE: . "TE ! .. \ - ~~~ELEVAGE blnLT -mMrEaE -"ilE'a-rrlG Diodoo j mmouzrk .'ADREý Em,vaiR -~~- - - n.o--T lE . BOKOR SoPMAfDSungou AFRIQUF RALGMY ___ ___ ___ ___.-___-__3 I)AM/INS MASS ENY D0RrI / 'AIUEIT RAC 00600 ü .R nd ng a n I k -F,..0 .' IL.. I- l -_Gz_Bid ýosgougou Zk Bousso Kindégu Mn g n LE \Kei LAI' - FORT ARCHAMBAULT\ -- A-'0 00 DOSA 00 BeinMOUNDOU 0 M.,.ussl. MARO 30 15 0 30 60 0 120 150 BAIBOKOUM KtMTE REP LIQUE CE TRAFRiCAINE 2224 // / 6' 18° 20°' 4 DEE oR 191 91B 9D- 3599 R.A.U. LIBYE ALGERIE NIGER TCHAD -. SOUDAN MaidugurFORT-LAMY NIGERIA B - oundd, Ng9-uind.r Enugu R PU LIQUE CENTRAFRICANE MER °B-mb-r tak.ngsNmbl -Ed. uaebéa BNU V,coie _ YAOUNDE Saio GOLVFE DE GU/NEE RAPUBLSPQUE MOCRATIQUE GUINEE DU0 EQNATORIALER LIBREVILLýý _, Po,,tGent- tOS j . . ~ KNH n """''"GABO D U cb, !~~CO NIGO'/ Mayoumb- -RAZZAV-LHELIAISONS DE TRANSPORT KNSHASA INTERNATIONALES --C CABIN A SERVICE AERIEN REGUI-IER ROUTE$ PRINCIPAI-ES(VIABIL1TE PERMANENTrE) ROUTES PRINCIPALES(VIABILITE 5AIGON4NIERE) Ez CHEMINS DE FER ------- CHEMIN$ DE FER EN CONSTRUCTION ANGOLA---'"FRONTIERE5 INTERNATIONALES MILES DECEMBRE 1970 BýRD-3600 RESUME ET CONCLUSIONS i. Le Tchad, qui a accédé à l'indépendance en 1960, est un pays sans littoral, dont les principaux centres d'activité sont éloignés de 1.000 à 1.500 km de l'océan. Environ 90 pour cent de sa population (3,6 millions d'habitants) vit de l'agriculture; 40 pour cent du revenu national provient des cultures ou de l'élevage qui assurent la subsistance des agriculteurs. Le PIB par habitant (y compris les activités de subsistance) est d'environ 70 dollars. ii. L'évolution politique et économique du Tchad a été assez pertur- bée ces dernières années par les rivalités entre les deux ethnies vivant respectivement au nord et au sud du Chari. Musulmane et arabophone, la popu- lation du nord pratique quelques cultures de subsistance, mais se consa- cre surtout à l'élevage semi-nomade. Animiste, plus ou moins influencée par le christianisme, la population du sud est constituée d'agriculteurs séden- taires qui pratiquent notamment la culture du coton destiné à l'exportation. Le Nord admet difficilement la domination politique du Sud, dont la popu- lation s'est montrée beaucoup plus apte à accepter l'instruction moderne et la culture occidentale. Il proteste contre l'obligation de payer des impfts sur le bétail, qui constitue sa principale source de revenus, ainsi que des taxes civiques et s'estime comparativement négligé. Depuis quelques années, le nord est le thé9tre d'une insurrection larvée qui se manifeste par le refus de payer les imp8ts et de faire vacciner le bétail, par des razzias fréquentes et par un climat d'insécurité plus ou moins chronique. Cette situation contrarie gravement les efforts visant à améliorer le secteur de l'élevage qui, de tout temps, fournit une partie importante des exportations. En 1969, le gouvernement tchadien a fait appel à l'aide de la France pour rétablir l'ordre. Cette coopération franco-tchadienne n'a pas seulement un objectif militaire. Elle vise également à mettre au point des réformes administratives, budgétaires et financières répondant aux plus graves doléances des populations vivant dans le nord et dans 1'est du pays. Maintenant que la paix est rétablie dans une grande partie du pays, un effort de longue haleine sera nécessaire pour donner aux populations le sentiment de participer réellement aux destinées du pays et à son développement. iii. Un autre obstacle immédiat au développement réside dans les dif- ficultés de trésorerie de l'Etat, qui découlent en partie des dépenses considérables effectuées au titre de la sécurité, mais qui sont également imputables à la décision prise par le Tchad de se retirer de l'UDEAC (Union Douanière et Economique de l'Afrique Centrale), ainsi que du déclin des recettes fiscales tirées du secteur de l'élevage et de la stagnation de la matière imposable due à la lenteur de l'expansion économique. Le compte courant du budget de l'Etat est déficitaire depuis 1966. Pour finan- cer ces déficits successifs, le gouvernement a accumulé les arriérés, aussi bien dans les échanges commerciaux que pour les versements au titre du service de la dette. Seuls de faibles montants restent disponibles pour les investissements sur les fonds publics, car l'Etat se trouve dans une situation financière si précaire qu'il n'est même pas en mesure de faire face à l'augmentation des dépenses ordinaires que pourraient entrainer des projets de développement (éducation, entretien des routes, etc.) - i - iv. Le développement futur du Tchad continuera malheureusement d'être contrarié par son éloignement des sources d'approvisionnement et des marchés étrangers, et par le fait que les produits de l'élevage et la culture du coton constituent ses seuls sources de recettes d'ex- portation. Il serait certainement possible de développer le secteur de l'élevage, mais même si le calme revient dans le pays, la matérialisa- tion de ces possibilités sera probablement lente. Les points d'eau doi- vent être réaménagés, les systèmes d'éradication des maladies remis en place, les troupeaux améliorés et les itinéraires pour l'acheminement du bétail et les marchés doivent être mis au point. v. Le Tchad est fort bien parvenu à accroÎtre et à améliorer sa production de coton, et il est certainement possible de l'accroitre encore de façon appréciable, même s'il faut encore plusieurs années pour dépasser la production exceptionnellement bonne de la campagne 1968-1969. L'augmen- tation de la production cotonnière ne sera également possible que grâce a une assistance extérieure soutenue, d'autant plus que l'on s'attend à ce que les cours moyens f.o.b. ports africains tombent à moins de 127 FCFA le kilo au cours des cinq prochaines années, (par rapport à 138 FCFA en 1970). vi. Les possibilités de diversification de la production sontlimitées encore qu'elles méritent d'être étudiées sérieusement. La production d'ara- chides est entravée par des prix peu élevs et la production de riz ne peut augmenter que modestement, étant donné la faiblesse de la demande inté- rieure. La production de gomme arabique et la culture du tabac présentent certaines possibilités. Il ressort d'un projet pilote que le coût de la pro- duction de canne à sucre sur des terres irriguées et de sa transformation serait excessif, mais peut-être serait-il possible d'encourager encore plus sa production et son traitement par de petits planteurs. Des projets pilo- tes sont également en cours afin de déterminer s'il est possible de mettre en valeur quelque 60.000 hectares de terre destinés à une culture inten- sive et diversifiée (blé, légumes) sous irrigation dans les polders du lac Tchad. Cependant, le coût de la mise en valeur des terres est élevé, et il est nécessaire d'effectuer certains travaux supplémentaires pour déterminer le genre de culture qui convienne et résoudre le problème de la salinité du sol. vii. A première vue, les possibilités de développement industriel sont fort restreintes dans l'avenir irrmdiat, mais il n'est pas exclu que l'on puisse créer quelques entreprises dont la production se substi- tuera aux importations et, ultérieurement, des entreprises de production alimentaire. Il faudrait améliorer le système de transports, en particu- lier les voies d'accès à l'océan, étendre le réseau de communications et renforcer l'infrastructure sociale, surtout dans les domaines de l'éduca- tion, de l'adduction d'eau, du système d'égouts et des soins médicaux. - iii - viii. La paix et les réformes financières ne sont pas les seules con- ditions indispensables pour un développement économique soutenu du Tchad. En premier lieu, le personnel des services officiels (autre que les experts de l'assistance technique) participe fort peu a la préparation et a l'exécu- tion des projets. Il faudrait donc tout mettre en oeuvre pour préparer les ressortissants tchadiens a assumer leurs responsabilités au plus tat. Deu- xièmement, de par sa situation d'enclave, le Tchad se doit aussi d'entre- tenir avec ses voisins des relations d'un type spécial. Il y aurait peut- être intérêt à s'efforcer de négocier a nouveau des accords commerciaux et économiques en fonction d'objectifs à long terme. Troisièmement, la situation du Tchad en matière de paiements extérieurs s'est peu a peu dégradée, en partie pour des raisons échappant au contr8le du pays (dété- rioration des termes de l'échange). Du fait des accords financiers conclus avec la France et les autres pays membres de la BCEAEC, il est peu pro- bable que cette question engendre de sérieux problèmes a court terme. Mais il faudra bien que cette tendance négative soit renversée un jour. A l'heure actuelle, les perspectives d'amélioration de la position du compte courant ne sont pas bonnes. Les exportations (essentiellement de coton) ne peuvent augmenter que lentement, et toute tentative des pouvoirs publics pour améliorer la situation des paiements doit viser, en premier lieu, a réduire les importations (peut-être par un examen systématique des possibilités de substitutions aux importations). Le retour a la paix devrait pouvoir accroitre de manière appréciable les chances d'augmentation des exporta- tions (bétail sur pied pour commencer, puis éventuellement viande et pro- duits de boucherie). Néanmoins, et dans le meilleur des cas, le Tchad aura besoin d'importants apports de capitaux nets pour maintenir l'équilibre de sa balance des paiements. ix. Les services officiels préparent actuellement un plan de déve- loppement couvrant la période 1971-1975. L'avant-projet prévoit d'inves- tir 10 milliards de francs CFA (36 millions de dollars) par an, chiffre nettement supérieur a celui des montants réels investis pendant le plan 1966-1970 (4 milliards de francs CFA, soit 1 millions de dollars par an). Toutefois, la plupart des projets en sont encore à leur phase ini- tiale de préparation, de sorte que les investissements n'atteindront sans doute pas le niveau prévu, a supposer même que l'on dispose des capitaux requis. Si l'on parvenait a créer les conditions propices au développe- ment, la capacité d'absorption du pays augmenterait peu a peu, grâce a des possibilités d'investissements nouveaux dans le secteur de l'élevage, et aussi parce que les fonds utilisés au titre de l'assistance techni- que seraient libérés. Si la situation évolue favorablement, on pourra peut-être investir utilement le montant annuel fixé par le plan vers 1975. Pour l'ensemble de la période 1971-1975, il est peu probable que les in- vestissements dépassent 30-35 milliards de francs CFA (108-126 millions de dollars). Seule une part très réduite de ces montants pourra être obtenue de sources privées locales. - iv - x. Pendant un certain temps, l'Etat ne sera pas en mesure de par- ticiper aux dépenses de développement. Même si l'on améliore le système de perception des impôts et si l'on adopte une politique plus austère à l'égard des dépenses ordinaires, le secteur public ne pourra pas éviter la désépargne, tout au moins pendant les deux ou trois premières années, voire davantage. Depuis 1968, les déficits du budget ordinaire de l'Etat sont de l'ordre de 1,3 milliard de francs CFA. Le gouvernement aura donc sans doute également besoin d'une assistance extérieure pour financer ces déficits, et notamment pour liquider les arriérés. Dans de telles conditions, toute contribution de l'Etat au financement des dépenses entratnées par des projets de développement augmentera d'autant les besoins du Tchad en matière d'assistance financière pour couvrir les déficits courants, de sorte qu'en fin de compte, le montant net des in- vestissements publics devra être intégralement fourni par des sources ex- térieures.Les bailleurs de fonds étrangers doivent se préparer à financer un pourcentage élevé (souvent près de 100 pour cent) des coûts des projets et l'aide extérieure devra couvrir une part importante des dépenses locales. A supposer que les investissements augmentent progressivement pour attein- dre le niveau prévu par le plan vers 1975, le total des ressources finan- cières extérieures nécessaires - y compris les 6-7 milliards de francs CFA, soit 22-25 millions de dollars, du service de la dette - s'élèvera, aux prix actuels et pour l'ensemble de la période 1971-1975, à environ 36-42 milliards de francs CFA (130-151 millions de dollars), plus tous les mon- tants qui seront requis pour financer les déficits du compte courant. A ce niveau, l'aide extérieure sera environ le double de celle reçue ces dernières années mais, a raison de 7-8 dollars par habitant et par année, son volume est du même ordre que celui de l'aide reçue par d'autres pays francophones d'Afrique de l'Ouest. D'autre part, le Tchad aura encore besoin d'une assistance technique importante. I. INTRODUCTION Géographie et population 1. Le Tchad, qui est le plus grand pays sans littoral de toute l'Afrique, s'étend sur 1.284.000 km2 de superficie. La moitié septen- trionale du pays est en majeure partie désertique et ne permet guère d'activités économiques, si ce n'est le pâturage des troupeaux qui se déplacent au rythme des saisons. La région située au sud du fleuve Chari et les polders du lac Tchad ont des sols suffisamment riches et bien arrosés pour se prêter à l'agriculture; ils produisent la majorité du coton et la plupart des cultures vivrières du pays. Entre les deux s'étend la zone sahélienne, o les conditions climatiques permettent à des agriculteurs sédentaires et à des bergers semi-nomades de pratiquer respectivement une agriculture de subsistance et l'élevage du bétail. 2. Le Tchad est entouré par le Nigeria, le Cameroun, la République centrafricaine, le Soudan, la Libye et le Niger. Les frontières souda- naise, libyenne et nigérienne sont d'un accès très difficile en raison de leur éloignement et de la topographie tourmentée des lieux, de sorte que le trafic extérieur se dirige presque exclusivement vers le sud ou le sud-ouest. Les principaux centres d'activité sont éloignés de 1.000 à 1.500 km de l'océan. 3. Les fleuves Chari et Logone arrosent la majeure partie du Tchad et certaines régions de la République centrafricaine et du Cameroun. En raison du caractère saisonnier des précipitations et de l'écoulement ra- pide des eaux de surface, ces fleuves ont des crues importantes qui pro- voquent chaque année dans le sud du pays de fortes inondations qui durent près de quatre mois. Ce phénomène entraîne une sérieuse dislocation des transports, et seules les liaisons aériennes permettent de maintenir un minimum de contacts commerciaux et administratifs entre les centres de population isolés du pays. h. Le Tchad compte à peu près 3,6 millions d'habitants, dont la moitié environ sont regroupés au sud du Chari. Quatre vingt dix pour cent de la population vit dans les zones rurales; les principales villes sont Fort-Lamy (150.000 habitants), Fort-Archambault (37.000 habitants), Moundou (34.000 habitants) et Abéché (25.500 habitants). La densité de population décroit rapidement au fur et à mesure que l'on s'avance vers le nord, et la moitJèseptentrionale du pays n'est habitée que par 2 à 3 pour cent de la population totale. Le taux de croissance démographique - évalué à 2 - 2,5 pour cent par an dans la région sud-ouest - est proba- blement bien inférieur dans le reste du pays, en raison de la dureté des conditions de vie, de l'insuffisance de l'encadrement médical, et de l'âge plus avancé du mariage. On estime donc que la population se déve- loppe, en moyenne, au rythme approximatif de 1,5 pour cent par an. Les pouvoirs publics n'ont fait aucun effort pour tenter de juguler cette croissance, et la santé publique est encore trop mal organisée pour qu'une action efficace soit possible dans l'avenir immédiat. - 2 - 5. La très forte majorité (environ 90 pour cent) de la population tire sa subsistance de l'agriculture. On compte également 10.000 fonction- naires, 6,000 militaires, auxquels s'ajoutent 10.000 employés des entre- prises privées et publiques. On peut enfin estimer à 25.000 personnes l'effectif total des artisans, des employés de maison et des divers autres corps de métier. 6. Le revenu par habitant (y compris les cultures de subsistance) est évalué à 17.500 francs CFA (70 dollars) par an. L'enqu6te socio- économique qui a été effectuée dans les cinq préfectures du sud en 1964 et 1965 fournit quelques indications supplémentaires sur le niveau de vie: les dépenses et l'autoconsommation de produits agricoles (aux prix du marché) par personne et par an, s'établissent comme suit: Dépenses en Auto- espèces consommation Total Zones rurales FCFA 4.620 FCFA 8.900 FCFA 13.520 ($55) Fort-Archambault FCFA 31.995 FCFA 2.885 FCFA 34.880 ($141) Moundou FCFA 22.990 FCFA 3.970 FCFA 26.960 ($109) Ces chiffres font apparaître un décalage marqué entre les revenus des habi- tants des villes et ceux des campagnes, ainsi que le niveau très élevé de l'autoconsommation dans les zones rurales. On ne dispose pas de données comparables pour les autres régions du pays, mais il y a tout lieu de pen- ser que le niveau de vie (à l'exception de Fort-Lamy) y est plus bas que dans les régions sur lesquelles porte cette enquête, et que l'autoconsom- mation y est également très importante. 7. Le niveau minimal des salaires horaires est fixé a 26 francs CFA pour l'agriculture et à 30 francs CFA pour les autres secteurs d'activité. Cependant, dans l'industrie, des travailleurs qualifiés peuvent gagner 150 francs CFA (0,55 dollars) de l'heure. Les traitements des fonctionnaires commencent 3 environ 10.000 francs CFA (36 dollars) par mois. En 1969, le traitement moyen d'un fonctionnaire était de 22.820 francs CFA (82 dollars) par mois. Les fonctionnaires bénéficient également d'allocations familiales. Contexte social et politique 8. Le fleuve Chari constitue une ligne de partage importante. Au ud du fleuve vivent des populations noires animistes ou christianisées dont les chefs ont reçu une éducation de type occidental. Ce sont des séden- taires qui vivent de leurs récoltes ou pratiquent la culture commerciale du coton. Au nord du fleuve vivent des tribus aux caractéristiques également négroldes mais arabisées et de religion musulmane, qui se livrent à l'éle- vage et qui dans 20 pour cent des cas environ mènent une existence noma- dique. A l'époque de la colonisation, la population du nord s'étant montrée moins réceptive à la culture française., le pouvoir politique est peu p peu - 3 - passé aux gens du sud dont le parti, dit Parti progressiste tchadien, a tout naturellement pris le pouvoir lors de l'accession à l'indépendance en 1960; c'est ainsi que le Pdident du PPT., François Tombalbaye, est devenu le premier Président de la République du Tchad, avant d'être réélu pour un second septennat en 1969. 9. La population du nord supporte mal la domination administrative et politique du sud. Les efforts déployés par le gouvernement pour faire participer les représentants du nord à la vie publique ont porté fruit dans une certaine mesure, mais ces efforts ont été fortement gênés par la rareté des candidats qualifiés venant de cette région. Il s'ensuit que la population du nord s'est souvent plain%a de l'indifférence manifestée à l'égard de ses problèmes, tout en ayant à supporter le fardeau d'un régime fiscal inadéquat. Les abus de certains fonctionnaires locaux des contri- butions ont contribué à accroître les dissenssions ces dernières années, ce qui a donné lieu au refus de payer les imp8ts et de faire vacciner le bétail, de m6me qu'à l'organisation de raids contre les transports mili- taires et civils. 10. En 1969, le gouvernement a demandé l'assistance française pour rétablir l'ordre, aux termes d'accords signés par les deux pays en 1960. On s'est bientât rendu compte, cependant, que l'assistance militaire ne conduirait pas à elle seule à une solution durable du problème. L'effort conjoint tchado-français s'est par conséquent étendu au domaine des réfor- mes administratives, budgétaires et fiscales destinées à répondre aux plus graves doléances des populations vivant dans le nord et dans l'est du pays. A cet égard, les autorités ont sollicité l'avis du Fonds Moné- taire et International. Le gouvernement a réussi à restaurer la sécurité dans de vastes parties du pays grâce à une intervention militaire; tout dernièrement, les efforts ont porté davantage sur la partie non militaire du programme de rétablissement de la sécurité grâce à des négociations politiques avec les dirigeants de certains groupes dissidents. Relations internationales et interrégionales 11. Depuis son accession à l'indépendance, le Tchad a conservé des rapports étroits avec la France, qui lui fournit une aide financière et technique substantielle. Par ailleurs, il est membre, avec la République centrafricaine, le Cameroun, le Congo Brazzaville et le Gabon, de la Banque centrale des Etats de l'Afrique équatoriale et du Cameroun (BCEAEC) qui elle-m8me a conclu des accords monétaires avec la France (cf. par. 38). Grâce aux relations qu'il entretient avec la France, le Tchad a pu devenir membre associe de la CEE, qui lui octroie également une assistance par l'intermédiaire du Fonds européen de développement (FED). - 4 - 12. Au cours de son histoire, le Tchad a été membre de diverses organisations régionales. Avec le Congo Brazzaville et la République cen- trafricaine, il a formé l'Union douanière équatoriale (UDE) qui, en 1966, a pris le nom d'Union douanière économique d'Afrique centrale (UDEAC) lors de l'adhésion du Cameroun. En avril 1968, le Tchad et la République centrafricaine ont annoncé leur intention de se retirer de l'UDEAC à dater du ler janvier 1969 pour fonder, avec le Congo Kinshasa, l'Union des Etats d'Afrique centrale (UEAC)w Cependant, avant la fin de 1968, la République centrafricaine décidait de renoncer à l'UEAC pour rester membre de l'UDEAC. Le Tchad et le Congo Kinshasa ont maintenu leur alliance bien que le départ de la RCA les prive de tout territoire de liaison. Les politiques de coordination économique prévues dans le traité de l'UEAC n'ont pas encore été totalement appliquées. Avec le Niger, le Nigéria et le Cameroun, le Tchad est membre de la Gommission du bassin tchadien, qui a entrepris de développer le bassin du lac Tchad II. EVOLUTION ECONOMIQUE RECENTE Recettes et dépenses 13. On ne dispose pas d'une comptabilité complète et détaillée pour l'ensemble du pays. Les statistiques les plus récentes représentent des estimations données à titre indicatif pour 1967 et fondées sur divers indicateurs économiques (voir Tableau 2.1). Selon ces estimations, le PIB par habitant aurait été en 1967 de l'ordre de 17.500 francs CFA (70 dollars). Ces données tiennent compte de la production destinée à la subsistance et au troc, qui représente approximativement 40 pour cent du PIB. Le montant total du PIB se compose de 58,9 milliards de francs CFA représentant la consommation publique et privée, et de 0.9 milliards de francs CFA corres- pondant à l'épargne intérieure. Par conséquent, les investissements (qui s'élèvent à 7,2 milliards de francs CFA) ont été presque entièrement finan- cés par l'aide extérieur. 14. Il est difficile d'évaluer la croissance de l'économie. Dans le secteur de subsistance, le niveau de vie semble n'avoir ni progressé, ni diminué. Cependant, l'économie de marché s'est développéeà la fois par la production et le nombre des participants. La production de coton a augmenté de 10 pour cent par an au cours des dix dernières années. La production du jeune secteur industriel s'est accrue elle aussi (voir Tableau 2.3), notamment en ce qui concerne l'grenage du coton et certaines autres indus- tries. Le secteur des transports a enregistré depuis 1962 un accroissement annuel de 5 pour cent, par suite de l'augmentation de la production de coton ainsi que de la progression de la demande du marché. En revanche, le secteur de l'élevage ne semble pas avoir beaucoup progressé depuis 1960. D'une manière générale, il est indéniable que l'économie de marché s'est développée, mais il n'est pas possible d'en déterminer le taux de crois- sance. On ne peut pas non plus délimiter l'accroissement du nombre des participants à l'économie de marché. Compte tenu de la stabilité des sec- teurs de subsistance et de l'élevage, on pourrait estimer à titre indica- tif la croissance réelle du PIB à environ 2-3 pour cent par an pour les dix dernières années. Cela impliquerait une progression approximative de 2,5-4 pour cent des activités autres que celles de l'agriculture de subsis- tance et de l'élevage. Un tel taux de croissance semblerait s'accorder avec l'évolution de la masse monétaire qui jusqu'en 1967 n'a enregistré aucune augmentation (voir paragraphe 44). Les pouvoirs publics préparent actuellement une nouvelle étude du revenu national, qui fournira peut- 8tre un meilleur aperçu des dimensions et de la composition de l'économie. Cette étude ne sera probablement pas achevée avant 1971. 15. Le pays a, il y a peu de temps, ressenti les conséquences né- fastes du mauvais temps qui a eu pour effet de réduire de 16 pour cent le volume de la campagne de coton de 1970. La campagne de 1969 (149.000 tonnes) avait été exceptionnelle, et il aurait été difficile d'obtenir les mêmes résultats si peu de temps après. Néanmoins, le volume de la campagne de coton de 1970 (117.000 tonnes) est très en dessous de la ten- dance de la production de cette denrée; une production d'environ 135.000 tonnes aurait constitué une campagne moyenne. La diminution de la -6 - production de coton a des répercussions sur les exportations, les recet- tes fiscales et la demande intérieure. Les prix ' l'importation ont aug- menté de 12 pour cent à la suite de la dévaluation du franc français et du franc CFA. Les prix d'exportation ont également augmenté; les prix f.o.b. du coton sont passés de 132 francs CFA en 1969 à 138 francs CFA en 1970, soit un accroissement de 4,5 pour cent. L'effet de la dévaluation sur les prix intérieurs a été compensé par une baisse des cours du coton sur le marché mondial. 16. Par suite de la forte baisse de la production de coton et de la tendance défavorable des prix, il est probable que pour 1970 le revenu par habitant soit resté sensiblement égal à celui de 1967 (70 dollars). Les précipitations ont été insuffisantes durant la saison des semences en 1970 et la campagne de l'année sera maigre encore une fois. Finances publiques 17. La situation financière de l'Etat s'est dégradée depuis 1967 (voir Tableau 5.1). Jusque-la, les dépenses courantes étaient à peu près égales aux recettes intérieures mais, par la suite, les recettes inté- rieures ont cessé d'augmenter (voir paragraphe 19) alors que les dépenses courantes ont continué de s'accroître. Par conséquent, la situation de l'épargne publique, qui était presque nulle au début des années 1960, est devenue nettement négative en 1968 et dans les années suivantes. Compte tenu des dépenses d'équipement, les dépenses totales de l'Etat n'ont cesse d'être supérieures aux recettes intérieures. Jusqu'en 196h, le déficit global a été largement comblé par des subventions budgétaires de la France et des prélèvements sur les soldes de trésorerie provenant d'excédents bud- gétaires antérieurs. Après 196h, ces ressources n'ont plus suffi pour pal- lier le manque de recettes intérieures, et les pouvoirs publics ont dûa recourir à diverses liquidités du Trésor. La forte augmentation, en 1968 et en 1969, des dépenses excédentaires par rapport à la somme des recettes intérieures et aux subventions de la France a eu pour effet d'épuiser les soldes de trésorerie disponibles (à l'exception d'un solde d'exploitation). Elle a obligé l'Etat à emprunter sur le fonds de pension des fonctionnaires et à recourir de plus en plus au crédit de la Banque centrale. En outre, l'Etat a dû ajourner le paiement de fournitures; les arriérés commerciaux ainsi accumulés s'élevaient au 31 août 1970 à 2.00h millions de francs CFA, et la plupart remontaient à moins de huit mois. Le tableau ci-après résume l'évolution budgétaire '(en milliards de francs CFA): -7- Budget 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Dépenses courantes -6,6 -7,8 -9,8 -10,2 -10,8 -12,8 -12,9 Recettes intérieures 6,6 8,0 9,6 10,2 9,5 11,2 11,8 Epargne ~,¯ ~,~ 5-2 -0,0 - 1.,3 ~~17 - 1,1 Dépenses d'équipement _09 0,8 0,6 0,7 1,2 1,1 0,5 Déficit global -0,9 -0,6 -0,8 - 0,7 - 2,5 - 2,7 - 1,6 Financement: Subvention de la France 0,6 0,3 0,h 0,h 0,5 0,3 - Prélèvement sur le fonds de réserve 0,h 0,1 - - - - - Prélèvement sur le fonds de pension - - - - 0,3 - - Crédit de la Banque cen- trale, variation des li- quidités du Trésor et ac- cumulation des arriérés commerciaux 0,1 -0,1 -0,5 -0,3 -1,7 -2,h Source: Ministère de léconomie, des finances et des transports. 18. Le budget pour 1970 prévoit un déficit global de 1.6h0 millions de francs CFA. Pour réduire le déficit, les pouvoirs publics ont négocié l'ajournement au-delà de 1971 du service de la dette afférent à des crédits- fournisseurs dont le montant total atteint près de 700 millions de francs CFA. De ce fait, le déficit réel sera probablement de l'ordre de 1.000 millions de francs CFA. Les autorités espc*rent recevoir une aide budgé- taire de la France de 1.700 millions de francs CFA dont le reliquat servi- rait à liquider les arriérés commerciaux. En outre, le gouvernement a demandé au Trésor français de lui consentir une avance. 19. Les difficultés budgétaires sont imputables principalement aux recettes. Tout d'abord, les conséquences du retrait du Tchad de l'UDEAC sont encore sensibles. Bien que les pouvoirs publics aient été résolus à imposer des droits à l'importation afin de compenser la perte des versements du Fonds de solidarité et des taxes à la consommation, 1/ ils n'ont obtenu 1/ Le Fonds de solidarité de l'UDEAC a été créé afin d'assurer aux pays si- tués à l'intérieur des terres une compensation pour les avantages fis- caux que retirent les pays c8tiers des droits d'entrée sur les marchan- dises arrivant dans la zone de l'Union. Les contributions au Fonds sont fixées chaque année par les chefs d'Etat des pays membres. Le Tchad rece- vait 65 pour cent des recettes et la République centrafricaine 35 pour cent. La taxe de consommation frappait les produits industriels de la zone de l'UDEAC et les recettes ainsi obtenues étaient réparties entre les membres proportionnellement à leur consommation. Lorsqu'il s'est retiré de l'UDEAC, le Tchad a relevé les droits d'entrée sur ces produits afin de compenser la perte de recettes. - 8 - qu'un demi-succès. La somme des droits d'entrée, des taxes à la consom- mation et des versements du Fonds de solidarité s'est élevée en 1967 à 5.411 millions de francs CFA, alors qu'en 1969 le rendement des droits d'entrée et des taxes à la consommation a atteint 4.933 millions de francs CFA. Le Tchad réclame encore 1.500 millions de francs CFA à ses anciens partenaires de l'UDEAC au titre de paiements qui lui sont dûs. 20. En second lieu, les recettes provenant du secteur de l'élevage diminuent depuis quelques années par suite d'une importante évasion fis- cale. Les recettes provenant des impôts de capitation sur le bétail ont atteint leur maximum en 1966, a savoir 387 millions de francs CFA, alors que les r8les des contributions indiquaient 760 millions de francs CFA. En 1969, les recettes a ce titre ont atteint 147 millions de francs CFA, pour des r8les indiquant 411 millions de francs CFA. Les impôts de capita- tion sur le bétail sont levés selon les espèces et, en 1970, ils s'éta- blissaient comme suit: Bovins 170 francs CFA Chevaux 300 ' " Anes 50 " " Chameaux 300 " " Caprins 30 " En outre, les négociants en bétail doivent acquitter divers droits de sor- tie et taxes sur les ventes, ainsi que des frais de services sanitaires. Pour les animaux négociés à l'intérieur du pays, ces frais s'élèvent à 300-500 francs CFA par t9te, ce qui équivaut à environ 3-5 pour cent de la valeur marchande du bétail. Pour les animaux exportés, ils sont de 1.100-1.600 francs CFA par tête, soit l'équivalent de 14-17 pour cent de la valeur marchande. La plus grande partie de ces taxes sont payées par les négociants et non par les éleveurs, mais, en définitive, elles se répercutent sur les prix que ces derniers peuvent s'attendre à recevoir. 21. La question de l'imposition du bétail occupe une place importante dans le conflit qui oppose les groupes de population du nord et du sud. A certains égards, il semble que l'on puisse réviser l'imposition du bétail, sur une base définie de la manière suivante: 1. Les imp8ts de capitation sur le bétail sont des imp8ts sur le capital. Il n'existe pas d'impfts analogues dans d'autres bran- ches de l'agriculture. Les propriétaires de bétail en éprouvent un sentiment d'injustice, sentiment renforcé du fait que certaines malversations interviennent à l'occasion du recouvrement des im- pâts locaux. On fait valoir quelquefois que les propriétaires de bétail seraient peut-être davantage disposés à payer une sorte de taxe à la production. 2. Les taux d'imposition du bétail sont peut-être trop élevés. En 1966, la contribution totale de l'élevage aux finances pu- bliques se répartissait de la manière suivante: 1/ Imp8ts de capitation sur le bétail: 387 millions de francs CFA Droits de place 18 " " " Imp8ts municipaux 3 " " " Taxes locales d'inspection 32 " Taxes à l'exportation (animaux sur pied) 120 Taxes à l'exportation (viande) 55 Autres taxes à l'exportation 7 " " Patentes des négociants 9 " Total 631 " " " Au cours de la meme année, la contribution du coton s'est élevée à environ 90 millions de francs CFA (moyenne pour 1965-66 et 1966-67; voir tableau du par. 23). Bien qu'on ne dispose pas d'estimations complètes et détaillées de la valeur ajoutée dans les deux branches, un calcul approximatif établi par les services officiels indique que le rendement du coton est quelque peu plus élevé que celui du bétail. (1966: 3,2 milliards de francs CFA, contre 2,5 milliards de francs CFA). Depuis 1966, la contribution du coton a augmenté et celle de l'élevage a diminué de sorte que maintenant, la première dépasse probablement la seconde. Cependant, ce changement est imputable uniquement à un mauvais recouvrement des imp8ts sur le bêtail, car il n'y a pas eu diminution des taux. Si tous les imp8ts sur le bétail avaient été acquittês en 1969, les recettes provenant de cette seule source se seraient élevées, selon les estimations relatives au cheptel imposable, à 1.06h mil- lions de francs CFA. Ce chiffre est nettement supérieur à celui des recettes que le coton pourrait produire pendant plusieurs années. 22. Par conséquent, la réforme fiscale devra porter sur l'assiette, les taux et le recouvrement des imp8ts. Néanmoins, toute révision devra tendre à augmenter la contribution totale réelle de l'élevage dont le niveau actuel est peu élevé. On pourra parvenir à ce résultat en ramenant la charge fiscale de chaque éleveur à un niveau plus équitable, et en éliminant les malversa- tions. 23. Les pouvoirs publics disposent d'autres sources de recettes dont le rendement évolue d'une manière satisfaisante. La contribution nette de la culture du coton est représeatée par le solde des taxes à l'exportation, des paiements aux agriculteurs au titre du soutien des prix, et le résultat net d'arrangements financiers complexes entre l'organisme de commercialisation 1/ Sur la base de données tirées de: "Exploitation du cheptel bovin au Tchad, 1967, étude établie conjointement par le Gouvernement du Tchad et le FAC. - 10 - du coton (COTONFRAN), la Caisse de stabilisation des prix (CSPC), l'Etat et le FED (voir par.50). Abstraction faite des subventions étrangères, cette contribution a fluctué largement, mais, dans l'ensemble, elle a évolué d'une manière satisfaisante. Elle est passée d'une moyenne de 155 millions de francs CFA par an au cours de la période 196h-1967 à 506 millions de francs CFA par an de 1967 a 1970. 2h. Les autres impSts principaux sont les impfts sur le revenu et les taxes civiques. Les impIts sur le revenu ont augmenté, passant d'un montant de 605 millions de francs CFA en 1963 à 1.70h millions de francs CFA en 1969, ce qui représente un taux de croissance de près de 19 pour cent par an. Le taux de recouvrement est élevé (1969: 95 pour cent de l'assiette). Les recettes provenant de l'impôt sur le revenu pourront diminuer quelque peu en 1970 en raison d'une conjoncture défavorable. Bien que certaines populations des régions du Nord refusent de payer les taxes civiques, les recettes a ce titre se sont elles aussi accrues d'une manière satisfaisante. En 1969, pour une assiette représentant au total 1.117 millions de francs CFA, le recouvrement s'est élevé à 871 millions de francs CFA (1968: 787 millions de francs CFA). 25. Les dépenses publiques se caractérisent principalement par la forte proportion des dépenses courantes; celles-ci ont représenté au cours des dernières années plus de 90 pour cent des dépenses budgétaires totales, et elles ont constitué, depuis 1963, la totalité de l'augmentation des dépenses globales. Les dépenses courantes consistent, a concurrence d'en- viron 50 pour cent, en traitements et salaires. De 1965 a 1969, la masse salariale s'est accrue de 57 pour cent (ce qui équivaut à 12 pour cent par an). Une partie de cet accroissement est imputable a des hausses de prix qui sont estimées a 3,5 pour cent par an durant la même période. Il y a peu de temps, l'Etat a licencié 800 fonctionnaires (sur un chiffre total de près de 10.000), soit qu'ils aient passé l'êge de la retraite ou qu'ils ne ne soient pas acquittés de leurs fonctions d'une manière satisfaisante. Une étude récente établie par le FAC et la SEDES et intitulée "Essais d'évaluation de l'administration dans les Etats africains et malgaches et éléments de prospective" fait ressortir qu'en ce qui concerne la fonction publique, le Tchad peut se comparer avantageusement à d'autres Etats afri- cains d'expression française pour ce qui est du nombre des fonctionnaires et des dépenses en personnel. 26. Malgré la rébellion, les dépenses inscrites au budget au titre de l'armée et de la police qui se sont accrues soudainement en 1966, ne peuvent plus être uniquement tenues pour responsables de l'augmentation des dépenses courantes. Les postes budgétaires identifiables afférents à la sécurité ont évolué de la manière suivante (en millions de francs CFA): - 1961 1966 1969 Armée: personnel 462 934 divers 368 733 Garde nationale: personnel 548 610 divers 47 110 SCreté nationale: personnel 171 205 divers 50 81 Total: personnel 1.181 1.749 divers 465 92h Total général 1.646 2.682 2.673 Source: Ministère de l'économie, des finances et des transports. 1/ Prévisions budgétaires qui devraient correspondre assez exactement aux dépenses réelles. Ces chiffres font ressortir qu'entre 1965 et 1969, les dépenses au titre de la défense étaient à peu près équivalentes aux accroissements des dé- penses courantes totales. Les dépenses militaires inscrites au budget portent principalement sur le personnel et sur les fournitures locales. Les opérations militaires généralisées ont été menées dans une large mesure avec l'aide technique et financière de la France; on n'en connait pas le montant exact. 27. Les dépenses d'équipement financées par le budget ont fluctué autour de 650 millions de francs CFA par an, sans manifester une tendance à la progression (voir Tableau 5.2). Cet équipement consiste en divers ouvrages d'importance secondaire: construction de b9timents publics; re- mise en état de routes, de ponts et d'aéroports; financement d'études d'investissement; exécution de projets municipaux, tels que l'éclairage des rues et l'adduction d'eau. Le budget d'équipement de l'Etat ne repré- sente qu'une faible partie des investissements publics. En 1969, 85 pour cent des investissements publics ont été financés directement par l'aide extérieure. Les 15 pour cent restants ont été financés par les fonds pu- blics, mais ces investissements n'auraient pas été possibles sans l'aide extérieure, notamment l'aide budgétaire de la France. 28. Le premier Plan quinquennal (1966-1970) prévoyait des investis- sements publics d'un montant total de 47 milliards de francs CFA. La prio- rité a été attribuée à l'infrastructure et à l'agriculture, mais des inves- tissements importants ont été envisagés en outre pour l'éducation, la santé, la sécurité sociale et l'industrie. Il était prévu que la plupart des inves- tissements seraient financés par des ressources extérieures. Vers la fin de la deuxième année du Plan, il apparut que l'on ne pourrait pas atteindre les objectifs envisagés. Ceux-ci ont donc été révisés en juillet 1968, et les dépenses d'équipement globales ont été réduites de h pour cent, soit un montant de 26 milliards de francs CFA. En outre, l'infrastructure redescend l'échelle des priorités en faveur des investissements directement productifs. - 12 - 29. Au cours de la période du premier Plan, les investissements ef- fectifs se sont élevés à près de 20.000 millions de francs CFA (h.000 mil- lions de francs CFA par an). Leur diminution s'explique par la lenteur et quelquefois les insuffisances dans la préparation des projets, par les longs retards qui interviennent dans la négociation et l'obtention de l'aide extérieure, et par la détérioration de la situation sur le plan de la sécurité intérieure. Les investissements privés se sont élevés durant cette période à 3.950 millions de francs CFA (environ 800 millions de francs CFA par an). Les investissements publics ont atteint 15.500 millions de francs CFA (3.100 millions de francs CFA par an), dont près de 80 pour cent ont été financés directement par l'aide extérieure. Le Tableau 2.2 présente une ventilation des investissements par objet et par année. Balance des paiements 30. La balance des paiements a toujours accusé un déficit au titre des échanges et de la presque totalité des services, déficit largement comblé par l'aide extérieure et les transferts privés, ainsi que, dans une moindre mesure, par les entrées de capitaux. En 1969, le déficit du compte courant s'élevait a 8.021 millions de francs CFA, soit 13 pour cent environ du PIB (voir Tableau 3.1). C'est seulement depuis peu que l'on dispose de statistiques complètes et détaillées de la balance des paiements. Cependant, les variations des réserves de change indiquent l'évolution a long terme des paiements extérieurs; elles révèlent un déficit persistant de la position globale depuis 1965. Réserves Réserves de devises de devises nettes nettes Déc. 1963: 2,7 milliards FCFA Déc. 1967: 1,6 milliard de FCFA Déc. 1964: 2,8 " " Déc. 1968: 2,0 " Déc. 1965: 2,6 f " Déc. 1969: 2,9 " Déc. 1966: 0,5 " " Avr. 1970: 1,9 " Source: International Financial Statistics du FM. L'augmentation des réserves de devises en 1970 résulte d'un appoint de 461 millions de francs CFA en droits de tirage spéciaux et d'un tirage de 1.051 millions de francs CFA sur un crédit du FMI s'élevant au même montant. 31. Faute de statistiques suffisantes de balance des paiements, on ne peut déterminer avec précision les causes de la diminution des réserves. Il semblerait qu'une augmentation du déficit commercial après 1965 y ait con- tribué. Cependant, les versements d'aide extérieure et les transferts pri- vés (principalement les pensions) ont aussi augmenté. Cela impliquerait, semble-t-il, que la balance au titre des services se soit elle aussi dégradée - 13 - depuis 1965. L'accroissement des déficits peut être dû principalement à une détérioration des termes de l'échange (voir par. 15). Il convient d'utiliser avec circonspection les données relatives au commerce extérieur présentées ci-après, parce qu'il n'y est pas suffisamment tenu compte du commerce avec les anciens partenaires du Tchad au sein de l'UDEAC avant 1969 (en millions de francs CFA): Déficit Versements d'aide extérieure iek Exportations Importations commercial paiements au titre des pensions f.o.b. c.a.f. 1964 8.911 11.471 2.560 11.200 1965 9.136 11.311 2.175 11.800 1966 8.228 12.383 4.155 12.600 1967 8.522 14.994 6.472 1h.600 1968 9.365 13.861 4.496 14.900 1969 9.960 14.400 4.4h0 15.900 Y compris l'aide militaire. La position de la balance des paiements pour 1970 accusera probablement une nouvelle dégradation. Les exportations ont diminué par suite d'une mauvaise campagne du coton, tandis que la valeur des importations et la plupart des autres postes de dépenses ont continué à augmenter par suite de hausses de prix consécutives à la dévaluation d'août 1969. 32. Les exportations consistent, à concurrence de 6h pour cent, en coton et, à concurrence de 28 pour cent, en viande et en bétail. les expor- tations de coton sont dirigées principalement vers l'Europe et le Japon. Le Nigéria, les deux Congo et la République centrafricaine achètent la ma- jeure partie de la viande et du bétail sur pied (voir Tableaux 3.2 et 3.3). Environ 40 pour cent des importations consistent en biens de consommation 25 pour cent en biens intermédiaires (combustibles principalement) et 35 pour cent en matériel de transport et autre matériel. L'équipement, les produits chimiques et certains produits alimentaires sont fournis par les pays européens, notamment la France. Les combustibles sont de plus en plus importés du Nigéria; le niveau très élevé des importations en 1969 traduit vraisemblablement les besoins en matériel de transport consécutifs à l'im- portante campagne du coton. 33. Un important déficit a été enregistré au titre des services; en 1969, il s'élevait à 6.090 millions de francs CFA, soit le triple du mon- tant du déficit commercial (voir Tableau 3.1). Près des deux tiers de ce montant représentent des coûts de transport relatifs aux importations et équivalant à 30 pour cent du coût de celles-ci en 1969. Le revenu de l'in- vestissement comprend, à la rubrique des recettes, la part des bénéfices de la BCEAEC qui revient au Tchad (1969: 170 millions de francs CFA). A la rubrique des dépenses sont inscrits les intérêts versés par le gouvernement sur la dette publique (1969: 170 millions de francs CFA) et les intérêts sur les dettes privées auxquels s'ajoutent les transferts de bénéfices, évalués en 1969 à 688 millions de francs CFA. Ce dernier poste équivaut à environ 1 pour cent du PIB. 34. En 1969, les paiements nets des facteurs à l'étranger se sont élevés à 1.898 millions de francs CFA, ce qui équivaut approximativement à 3 pour cent du PIB. Les deux tiers environ de ce montant sont imputables à d'importants virements provenant des salaires de ressortissants étran- gers. 35. Les transferts privés au Tchad consistent pour la plupart en pensions versées par la France (1969: 1.411 millions de francs CFA) à d'anciens employés civils et militaires. Ils n'ont pas cessé d'augmenter. Les chiffres relatifs aux mouvements de capitaux privés, tels qu'ils figurent dans la balance des paiements, devraient être interprétés avec circonspection. Ils comprennent, outre les mouvements réels de capitaux, les variations de comptes que des sociétés exerçant leuts activités au Tchad maintiennent avec leur siège ou leurs succursales à l'étranger. Comme on ne dispose pas d'une ventilation claire des investissements pri- vés, on peut difficilement évaluer l'importance des capitaux étrangers privés pour l'investissement. Certains éléments de comparaison peuvent Otre tirés au Tableau 2.2, dans lequel l'ensemble des investissements privés identifiables (tant tchadiens qu'étrangers) a été estimé en 1969 à 532 millions de francs CFA. 36. Les transferts et les mouvements de capitaux officiels repré- sentent des contributions de la France, du Fonds européen de développe- ment (FED) et de l'Organisation des Nations Unies (voir Tableau 3.h). La majeure partie de l'aide extérieure est fournie sous forme de dons. Les emprunts publics se sont élevés en 1969 à 417 millions de francs CFA (4 pour cent des investissements publics) mais les remboursements ont atteint 579 millions de francs CFA, et le solde représente une sortie de fonds à ce titre. Le tableau l/ ci-après résume la structure de la dette extérieure en 1969 (en millions de francs CFA): Aide au Assistance Aide développement technique courante Total France 2/ 546 2.13h 1.085 3.765 FED 1.737 - 269 2.006 ONU 65 100 341 526 Divers 315 315 198 828 Total 2.683 2.5h9 1.893 7.125 Source: Ministère du Plan et de la Coopération. L'assistance technique est évaluée à son coUt prur leas îaurnisseurs. L'aide courante comprend l'aide budgétaire et la fourni-ure gia di de biens et de services, au titre des dépenses courantes. La structure de l'aide exté- rieure n'a pas beaucoup varié, mais son montant a quelque peu augmenté. L'aide du FED est passée de 1 milliard de francs CFA en 1966 à 2 milliards de francs CFA en 1969. Les statistiques indiquent en outre un accroissement de l'aide globale de la France de 2,3 milliards de francs CFA depuis 1966, mais il est permis de penser que la majeure partie de cet accroissement est imputable à une augmentation des dépenses militaires. I/Les données présentées dans ce tableau sont tirées de statistiques d'aide extérieure, rassemblées à d'autres fins que celles de la balance des paiements. 2/Non compris les paiements au titre des pensions et les dépenses militaires. - 15 - 37. Les chiffres présentés ci-dessus indiquent qu'en 1969, 38 pour cent de l'aide extérieure a été affectée à des projets de développement. Environ 36 pour cent de cette aide représentait les services d'un person- nel d'assistance technique travaillant au Tchad, en partie aux fins de développement. Le montant élevé des envois de fonds à l'étranger par le personnel d'assistance technique, estimé approximativement à la moitié de l'assistance technique totale, diminue l'incidence directe de cette forme d'aide sur la balance des paiements. L'aide budgétaire et la fourni- ture de biens et de services destinés à subvenir à des dépenses courantes ont représenté 27 pour cent de l'aide totale. Crédit 38. Le Tchad participe, avec le Cameroun, la République centrafri- caine, le Congo (Brazzaville) et le Gabon à une banque centrale commune, la Banque centrale des Etats de l'Afrique équatoriale et du Cameroun (BCEAEC). La BCEAEC détient un compte auprès du Trésor français, au moyen duquel s'effectuent toutes les transactions de change des pays membres de la BCEAEC. Bien que la position nette des réserves de devises du Tchad soit débitrice, la position commune des pays membres de la BCEAEC à ce compte a toujours été créditrice. Ce compte offre en outre des possibi- lités illimitées de découvert en francs français à des taux d'intérêt faibles ou modérés, mais il n'a jamais été à découvert. La politique monétaire et celle du crédit (qui peuvent varier suivant la situation éco- nomique du pays membre) sont formulées par le Conseil d'administration de la BCEAEC et appliquées dans chaque pays par un comité monétaire national. La BCEAEC a seule le droit d'émettre de la monnaie sur le territoire de ses membres, et elle paie pour cela une redevance à chaque Etat membre. 39. Les principaux instruments de la politique du crédit sont les plafonds de réescompte et, depuis janvier 1968, les coefficients minimaux de liquidité que les banques commerciales sont tenues de maintenir. En outre, toutes les demandes de réescompte doivent être approuvées indivi- duellement. Les taux de réescompte sont bas, variant entre 3,5 et 5 pour cent, selon le type d'opération. Les demandes de réescompte adressées à la BCE&EC témoignent d'une surabondance des crédits orientés vers la con- sommation et d'une insuffisance des crédits destinés à des fins de produc- tion ou- de développement. Pour cette raison, toutes les demandes de réescompte afférentes à des projets de développement sont approuvées et, ê l'heure actuelle, les crédits d'investissement qui peuvent être consentis par les banques commerciales ou par la Banque de développement du Tchad ne manquent pas. Ces banques ne peuvent assurer le financement de certains projets privés importants (par exemple la raffinerie du sucre); ceux-ci sont, toute- fois, peu nombreux et leur justification économique doit être confirmée. Le financement de l'infrastructure publique est largement au-dessus de la capacité des institutions financières. La Banque de développement du Tchad fournit des crédits aà l'agriculture, mais son accès est limité pour les agriculteurs du fait qu'elle ne dispose que d'un seul local (à Fort-Lamy). - 16- 40. La BCEAEC peut consentir à l'Etat des crédits à court terme (240 jours) à concurrence du plus important des deux montants suivants: 15 pour cent des dép8ts privés auprès des banques commerciales ou 15 pour cent des recettes fiscales de l'Etat durant l'exercice précédent. Les créances de la BCEAEC sur l'Etat n'ont pas cessé d'augmenter ( mai 1970: 2.840 millions de francs CFA; voir Tableau 6.1). Bien que les crédits à l'Etat restent dans les limites quantitatives fixées, la situation budgétaire n'a pas toujours permis le remboursement des crédits dans un délai de 240 jours. 4l. Le crédit au secteur privé (qui a augmenté progressivement jusqu'en 1967) s'est accru de 18 pour cent par an de 1967 à 1969. Jusque vers la fin de 1968, cette progression était due principalement 3 un ac- croissement de la demande de crédit à des fins commerciales et spécula- tives. Après que la BCEAEC eut adopté des mesures de restriction en novembre 1968 (voir paragraphe 37), ce type de crédit a diminué; en 1969, il a été réduit d'environ 500 millions de francs CFA, se chiffrant appro- ximativement à 6.500 millions de francs CFA. Cependant, la campagne excep- tionnelle de 1968-69 a exigé des crédits importants et en augmentation. Les hausses de prix qui ont résulté de la dévaluation de novembre 1969 ont en outre entraîné un accroissement de la demande de crédit. Le crédit global au secteur privé a, de ce fait, continué à progresser rapidement (voir Tableau 6.1). Après février 1970, les mesures de restriction moné- taire et, ultérieurement, la diminution de l'activité économique qui a suivi la mauvaise campagne de coton de 1969/70 ont entraîné une diminu- tion du crédit au secteur privé. 42. Trois banques commerciales exercent leurs activités au Tchad et l'encours de leur crédit s'élève à 6.600 millions de francs CFA; deux de ces banques sont françaises et la troisième représente une initiative commune de la Banque de développement du Tchad (dont la participation est de 51 pour cent) et d'une banque commerciale française. Les avoirs et engagements des banques commerciales et de la Banque de développement du Tchad sont présentés au Tableau 6.1. Les principales opérations des ban- ques commerciales consistent a financer à court terme la campagne de coton par l'intermédiaire du consortium spécial de banques établi à cette fin et à escompter des effets commerciaux. Jusqu'à présent, les banques com- merciales n'ont pas participé au financement de l'investissement pour le développement. Il est peu vraiseiblable que, dans les conditions actuelles elles étendent bient8t leur r8le a cet égard. 43. La Banque de développement du Tchad (BDT) détient un capital par actions de 420 millions de francs CFA, souscrit par la BCEAEC ( 8 pour cent), la Caisse Centrale de coopération économique (CCCE) (33 pour cent) et l'Etat (58 pour cent). La BDT a complété ses ressources financières principalement au moyen de dépâts du Trésor et des organismes publics, de réescomptes et d'avances de la BCEAEC et d'avances (3 échéance maximale de 10 ans) de la CCCE. En décembre 1969, ses ressources totales s'élevaient à 5.384 millions de francs CFA.Le financement de la campagne de coton représente l'une des princimles activités de la BDT et m1e -ci fournit en outre des prêts de - 17 - montants peu élevés à l'agriculture, à l'artisanat, au commerce, pour l'achat de matériel léger (meubles, appareils ménagers, bicyclettes et vélomoteurs), d'automobiles et de logements. La plupart de ces prêts sont orientés vers les dépenses de consommation. Au 31 décembre 1969, l'encours des prêts s'élevait à 4.971 millions de francs CFA, dont 60 pour cent représentent des prêts à court terme. Les taux d'intérêt varient entre 5 et 7,5 pour cent. Monnaie et prix 44. Jusqu'en 1967, la masse monétaire est restée pratiquement stable aux environs de 6.500 millions de francs CFA (ce qui équivaut approxima- tivement à 11 pour cent du PIB) malgré des hausses de prix et une expansion du crédit au secteur privé. Cette stabilité est imputable dans une large mesure à un important recours net aux réserves de devises depuis le milieu des années 1960.En 1969, la masse monétaire s'est accrue par suite de l'ex- ceptionnelle campagne de coton de 1968-69 et de la dévaluation du franc CFA. Elle a atteint son maximum en février 1970; puis elle a de nouveau diminué par suite d'une conjoncture défavorable (voir paragraphe 15 et 16). Le tableau ci-après présente l'évolution de la masse monétaire (en mil- liards de francs CFA). Monnaie Dép8ts à vue Masse monétaire totale Déc. 1963 4,66 1,87 6,53 " 1964 5,00 1,53 6,53 1965 4,94 1,65 6,59 " 1966 4,64 1,73 6,37 1967 4,15 2,36 6,51 1968 4,54 2,70 7,24 " 1969 4,91 2,69 7,60 Fév. 1970 5,98 3,02 9,00 Oct. 1970 h,53 3,15 7,68 Source: International Financial Statistics du FMI 45. Les prix ont manifesté une tendance persistante à la hausse au cours des dix dernières années, mais ces hausses ont été particulièrement marquées à la suite de la dévaluation du franc français et du franc CFA et de la réévaluation du mark allemand vers la fin de 1969. L'indice des prix (basé sur 125 articles représentant les tendances de la consommation européenne à Fort-Lamy) indique une hausse moyenne de 5 pour cent par an de 1964 à 1969. Les hausses de prix ont affecté principalement les denrées alimentaires, les transports, les soins médicaux et les services ménagers. Les prix des vêtements et des services publics n'ont généralement pas aug- menté. On dispose de peu de données relatives aux biens d'équipement. Les prix de certains éléments lourds du b9timent (ciment, barres d'armature, profilés) n'ont pas augmenté de 1962 à 1969; certains ont même baissé du fait que l'on a disposé de moyens de transport plus efficace. A la suite des dévaluations et de la réévaluation qui sont intervenues vers la fin de 1969, la hausse des prix d'importation a atteint en mars 1970 12 pour cent pour les produits français et plus de 13 pour cent pour les produits en provenance d'autres pays. Ces hausses affectent en particulier la formation de capital, du fait que tous les facteurs de production (à l'exception de la main d'oeuvre) sont importés. - 18 - III. PRINCIPAUX SECTEURS DE L 'ECONOMIE Agriculture 46. Le secteur agricole comporte trois éléments essentiels: l'éle- vage du bétail, la culture du coton et celle des produits assurant la sub- sistance des agriculteurs. Ces trois activités se recoupent. Le nord four- nit en outre des récoltes commerciales de gomme arabique tandis que les fleuves et le lac Tchad se prêtent à la piche. h7. La principale culture de rapport, le coton, est presque entière- ment dirigée vers l'exportation et a représenté en moyenne 6h pour cent des exportations pendant la période 1967/69. La zone cotonnière, formée de petites exploitations d'environ 1,5 ha en culture, s'étend sur quelque 300.000 ha, situés presque exclusivement au sud du Chari (cf. Tableau 7.2). La production 1/ a connu au cours de la décennie écoulée une augmentation rapide (plus de 8 pour cent par an), attribuable essentiellement a l'utili- sation de semences améliorées, la surface cultivée n'ayant guère augmenté. Le tableau ci-dessous permet de comparer la production, la surface culti- vée et les rendements annuels pour les périodes 1959/60 - 1962/63 et 1966/67 1969/70, chacune de ces deux périodes comportant deux bonnes récoltes et deux mauvaises. Moyenne Moyenne 1959/60 - 1962/63 1966/67 - 1969/70 Production 69.700 tonnes 122.600 tonnes Surface cultivée 296.600 hectares 297.200 hectares Rendement 235 kg/ha 413 kg/ha h8. L'augmentation de la production et des rendements est le résul- tat d'une campagne que le gouvernement a menée gr9ce à l'assistance finan- cière et technique étrangère, afin d'intensifier la culture du coton. Dans le cadre de cette campagne, des engrais et des insecticides à des prix subventionnés sont mis à la disposition des agriculteurs qui souhaitent adopter les méthodes de culture améliorées. La superficie des terres aux- quelles s'applique ce programme est passée de 1.680 hectares en 1959 a h.230 hectares (soit 15 pour cent de la surface cultivée) en 1969/70. Leur production atteint actuellement, dans des conditions météorologiques normales, 900 kg de coton à l'hectare contre 350 kg environ dans les autres régions. I/ Voir également le paragraphe 15 sur l'évolution récente de la production. - 19 - 49. Le principal promoteur étranger de ce programme d'amélioration de la productivité cotonnière est le FED, qui a également accordé au Tchad des subventions destinées à soutenir les prix du coton. 1/ Il est possible que l'assistance extérieure dont bénéficie le secteur cotonnier soit modi- fiée dans le proche avenir, mais on ignore encore dans quelle mesure cette évolution se répercutera sur les programmes de soutien des prix et d'amé- lioration du rendement. Il est, certes, possible de relever encore la pro- duction du coton, si toutefois les projections relatives au prix de 127 FCFA par kg f.o.b. ports africains se matérialisent, mais ce résultat ne peut Otre atteint que si l'assistance extérieure se maintient au même niveau. Les services officiels dressent actuellement pour 1975/76, des plans visant à porter la surface cultivée à 322.000 hectares, dont un tiers environ serait couvert par le programme d'amélioration de la productivité. Les rendements devraient passer à 1.190 kg à l'hectare dans les régions couvertes par le programme, et à 370 kg à l'hectare dans les autres plan- tations. La production totale s'élèvera alors à quelque 210.000 tonnes. Le programme d'amélioration de la. productivité nécessaire pour atteindre ces objectifs exigera une assistance extérieure d'environ 9,4 milliards de francs CFA pour la période 1971/72 - 1975/76 (1,88 milliard de francs CFA, soit 6,8 millions de dollars par an). En outre, les installations de traitement du coton et le matériel de transport exigeront des inves- tissements supplémentaires. 50. Une société privée, la Société cotonnière franco-tchadienne (COTONFRAN), détient le monopole du traitement et de la commercialisation du coton. Ses opérations sont réglementées par des accords financiers conclus entre le fonds de stabilisation des prix, le FED et le Gouverne- ment tchadien. COTONFRAN paie aux producteurs un prix garanti de 26 francs CFA par kilo de coton. L'Etat perçoit une taxe à l'exportation (environ 15 pour cent du prix f.o.b.) de 17 francs CFA par kilo de coton fibre. Si les recettes provenant des ventes de coton ne suffisent pas pour cou- vrir les frais de COTONFRAN (y compris sa..-narge bénéficiaire), c'est le fonds de stabilisation qui règle la différence. A son tour, le fonds de stabilisation des prix reçoit des subventions du FED. L'accord de COTONFRAN ayant expire à la fin d'octobre 1970, la concession a été prolongée d'une année, qui sera mise à profit pour réexaminer l'organisation de la commer- cialisation et du traitement du coton. 51. Elevage. Le cheptel du Tchad est évalué à 4,5 millions de bovins 4,3 millions d'ovins et de caprins, et un nombre plus réduit de chevaux, gnes, chameaux et porcins (cf. Tableau 7.1). L'élevage est surtout pratiqué dans la partie centrale du pays (entre le 12e et le 15e parallèle); dans le sud, on trouve quelques animaux utilisés comme b9tes de trait. La tota- lité de la production laitière et une partie de la production de viande (en particulier de mouton et de chèvre) sont consommées sur place. 1/ Le FED a également preté son concours au Tchad pour le développement d'autres secteurs agricoles. - 20 - 52. Les statistiques dont on dispose ne sont pas suffisantes pour permettre d'évaluer l'accroissement du troupeau tchadien sur une période prolongée. On estime généralement que, à l'exception peut-être des caprins et des ovins, l'effectif du cheptel n'a guère progressé. Les exportations de bétail sur pied et de viande représentent quelque 2 milliards de francs CFA, soit 28 pour cent de la valeur des exportations. 53. L'essentiel du commerce de bétail porte sur les bovins et la viande de boeuf, les bêtes vives étant exportées vers les pays voisins. Pour 1969, les exportations sont évaluées comme suit: Nigéria 110.000 têtes de bétail, soit 16.500 tonnes Cameroun 15.000 ' " " 2.250 RCA, Congo (K) et (B) 5.000 " " " 700 La viande de boeuf est également exportée congelée (10.000 tonnes en 1969, en majeure partie vers les deux Congo et le Gabon) et sêchée (1.190 tonnes en 1969, surtout vers le Nigeria). Ces dernières années, il n'y a pas eu de progression automatique des ventes de bovins et de viande de boeuf à l'étranger. Cependant, en 1969, les exportations étaient d'environ 36.000 tonnes, contre 30.000 tonnes les trois années précédentes. Cette augmen- tation est due aux conditions météorologiques favorables et à la normali- sation de la situation au Nigéria. 5h. La consommation intérieure de viande de boeuf a été d'environ 26.000 tonnes en 1969 (soit 7 kg par habitant), sans compter les 2.000 tonnes de viande de chèvre et de mouton consommée annuellement. On évalue à 200.000 bêtes par an, soit 20.000 tonnes de viande, la consommation des régions rurales (qui très souvent ne passe pas par les circuits commerciaux). Ce chiffre de la consommation, où figurent en particulier les animaux êgés malades ou blessés, se développe au même rythme que celui de la population. La consommation urbaine, évaluée a quelque 49.000 bêtes par an, soit environ 6.200 tonnes, augmente d'environ 10 pour cent par an et est en voie de cons- tituer un débouché important. 55. C'est l'élevage des bovins qui présente le plus vaste potentiel de développement. Les perspectives du marché sont excellentes en raison de la normalisation de la situation au Nigéria, de l'augmentation rapide de la consommation de viande de boeuf dans les autres pays voisins et de la création d'un marché intérieur. Les possibilités et les problèmes techni- ques sont tout aussi faciles à discerner: la difficulté n'est pas tant d'accroftre le troupeau que d'augmenter le rendement du secteur de l'élevage. Le poids moyen, en carcasse, des animaux vendus est de 140-150 kg. La pro- duction moyenne de viande par tête de bétail est de 13 kg par an. 1/ Environ 80 kg dans les pays développés. - 21 - Ce résultat médiocre s'explique par le taux de mortalité élevé parmi les bêtes adultes, en particulier pendant les périodes de sécheresse; par le taux de mortalité élevé des jeunes animaux (50 pour cent meurent avant d'atteindre l'ge adulte) qui a pour cause les parasites et la malnutri- tion (surconsommation de lait), ainsi que la stérilité relative des vaches. Dans les régions de pâturage, les conditions d'insécurité continuent de gêner leplein développement de l'élevage, de sorte que les efforts consi- dérables entrepris, en particulier par le FED, pour développer ce secteur n'ont pas encore réussi à faire augmenter la production, ni à améliorer la qualité du bétail et de la viande. 56. La manière la plus efficace d'aider le secteur de l'élevage serait d'augmenter la surface des p9turages par un système d'adduction d'eau. Un tel aménagement permettrait également de réduire la perte de poids des bestiaux avant leur mise en vente sur le marché. Il conviendrait en outre, d'améliorer encore l'organisation des soins vétérinaires, et de développer les installations de production (ranches, abattoirs, marchés, etc.). Dans le sud, il serait également possible d'élever du bétail que l'on nourrirait avec les graînes de coton et les autres produits dérivés de l'agriculture; mais ces possibilités n'ont pas encore été étudiées. Le Ministère de l'agriculture a proposé un plan quinquennal de développe- ment du secteur de l'élevage, dont les principaux éléments sont: Installations de production 1.693 millions de FCFA Installations sanitaires 1.975 millions de FCFA Points d'eau et infrastructures diverses 1.369 millions de FCFA 5.037 millions de FCFA 57. Cultures destinées à l'alimentation des paysans. Les principales cultures pratiquées par les agriculteurs pour assurer leur subsistance sont le mil et le sorgho, ainsi que l'arachide, le riz et le blé. Seule une faible part de cette production - qui se développe à peu près au même rythme que la population (cf. Tableau 7.1) - entre dans les circuits com- merciaux. Il serait possible de développer les cultures commerciales de blé dans les polders du lac Tchad, et de rix dans le sud du pays. Par ailleurs, il faudrait disposer d'installations de stockage pour le blé et le riz. 58. Autres cultures. Dans le nord-est, on pratique la culture de la gomme arabique. La récolte, qui est en grande partie vendue au Soudan, où les prix sont plus élevés, a été très mauvaise en 1969/70 par suite du mauvais temps (cf. Tableau 7.1). La production pourrait encore être augmentée si l'on intensifiait les prélèvements de gomme sur les arbres sauvages (3.000 tonnes au maximum), si l'on créait des plantations commer- ciales, et si l'on améliorait les méthodes de traitement. On pratique également la culture du tabac comme produit de rapport, mais les possi- bilités sont restreintes par l'étroitesse du marché intérieur et par la nécessité d'incorporer du tabac étranger dans la fabrication des ciga- rettes. Il ressort d'un projet pilote que le coût de la production de - 22 - canne à sucre sur des terres irriguées et de sa transformation serait excessif, mais peut-être serait-il possible d'encourager plus encore sa production et son traitement par de petits planteurs. Des projets pilotes sont également en cours afin de déterminer s'il est possible de mettre en valeur quelque 60.000 hectares de terre destinés à une culture inten- sive et diversifiée (blé, légumes) sous irrigation dans les polders du Lac Tchad. Cependant, le coût de la mise en valeur des terres est élevé' et il est nécessaire d'effectuer certains travaux supplémentaires pour déterminer le genre de cultures qui conviennent et résoudre le problème de la salinité du sol. 59. Pêche. Près de 100 à 110.000 tonnes de poissons sont pêchés chaque année dans le Chari, ainsi que dans le Logoné et le Lac Tchad. Etant donné que le Tchad n'est pas la seule nation riveraine, une partie des pri- ses provenant du fleuve et du Lac revient aux ressortissants des divers pays. La pêche pourrait être encore plus développée dans le lac Tchad. La moitié environ du poisson est consommé frais, l'autre moitié est fumée ou séchée pour la consommation locale ou pour l'exportation vers le Nigéria, le Cameroun ou la RCA. Industrie minière 60. Le natron, sel de faible teneur que l'on trouve le long du lac Tchad, est le seul minerai exploité. La quasi-totalité de la production est exportée vers les pays voisins sous forme de plaques; les recettes tirées de ces exportations se sont élevées à 30 milliont de france CFA en 1969, soit moins de un pour cent du total des exportations. Si l'on trou- vait des débouchés, il serait possible d'augmenter la production de natron en mettant de nouveaux gisements en exploitation. 61. Les autorités tchadiennes ont autorisé les sociétés pétrolières à prospecter dans la région du lac Tchad et dans le bassin du Chari. Jus- qu'ici les tentatives effectuées pour trouver du pétrole, ainsi que divers autres minerais, ont été vaines. On a découvert divers produits miniers dans le nord, mais il est peu probable que l'on procède à leur exploita- tion sur une base économique. Industries manufacturières 62. L'éloignement des marchés d'exportation entrave le développement industriel. On pourrait penser que, les sources d'approvisionnement étant tout aussi éloignées, le Tchad (en réalisant des économies sur les dépenses de transport) se prêterait bien à la création d'industries de substitution aux importations. Cette affirmation, bien que théoriquement justifiée, se heurte néanmoins à trois facteurs de contrainte: tout d'abord, les dimen- sions réduites et la dispersion du marché intérieur n'autoriseraient l'im- plantation que d'usines à faible capacité. Ensuite, les finances de l'Etat sont fortement tributaires des droits de douane perçus. Or, même si les industries locales doivent, en fin de compte, contribuer tout autant, voire davantage, au revenu national, que les importations qu'elles remplaceraient, la situation budgétaire est si précaire que les pouvoir publics hésitent - 23 - à investir une partie des recettes de l'Etat dans la promotion d'industries de substitution aux importations. Troisièmement, on trouve peu de matières premières sur place et les économies réalisées sur les coûts d'acheminement des produits finis seraient en partie compensées par les frais de transport des facteurs de production qu'il faudrait importer. 63. Le secteur des industries manufacturières est donc extrêmement limité. Dix sociétés seulement ont un capital fixe de plus de 250 millions de francs CFA et emploient plus de 100 employés. Trois d'entre elles seu- lement ont un chiffre d'affaires supérieur à 500 millions de francs CFA par an. 64. Les investissements les plus récents ont permis la construction d'une usine de textiles, la Société textile du Tchad (STT), d'un abattoir, d'une usine de traitement de la viande et d'une sucrerie. La STT est une entreprise conjointe des Gouvernements tchadien (15 pour cent) et camerou- nais (15 pour cent) ainsi que de sociêtés françaises (35 pour cent) et allemandes (35 pour cent). La production de la STT s'est développée con- formément aux prévisions. La société est exonérée de toutes taxes sur les tissus et les produits importés et bénéficie de tarifs de faveur sur l'éner- gie électrique pour une période de cinq ans, en Achange de quoi elle paie une taxe unique de 5 pour cent sur son chiffre d'affaires total. 65. L'abattoir et l'usine de traitement de la viande construits à Fort-Archam'bault sur la voie qu'empruntent les bestiaux exportes vers la RCA, ne sont pas une réussite. Ces 'tablissements, dans lesquels on a investi 800 millions de francs CFA, essentiellement sous forme de crédits- fournisseurs et de prêts à moyen terme, ont commencé à produire en octobre 1967, mais sont loin de fonctionner à pleine capacité car, faute d'offrir des prix compétitifs, ils ne sont pas suffisamment approvisionnés en bétail. En effet, les marchands de bestiaux ne endent à cet abattoir que les animaux de qualité médiocre qui ne supporteraient pas le trajet jusqu'à Bangui. En revanche, les sociétés privées d'exportation implantées à Fort-Lamy n'ont guère de problème d'approvisionnement; elles exportent par voie aérienne la viande des bêtes tuées à l'abattoir de la capitale, lequel est bien orga- nisè et fonctionne à pleine capacité en raison de l'accroissement de la demande de viande de boeuf pour les pays voisins. 66. La raffinerie de sucre a été construite en mars 1965, mais sa production ne suffit pas à satisfaire à la demande. Le nouveau plan doit comporter un projet de construction d'une autre sucrerie à laquelle le gouvernement attache la plus haute priorité, parce qu'elle permettra de créer de nouveaux emplois et de remplacer les importations. 67. On trouve encore de petites entreprises employant moins de 100 personnes (usines de traitement du riz et du cacao, huileries, ateliers de réparations mécaniques et de montage de bicyclettes, briqueries, ateliers de charpenterie et de métallurgie, usine de broyage de pierres pour la fabri- cation des gravillons qui servent à construire les routes). La principale entreprise en voie de construction est une manufacture de cigarettes; par ailleurs, un certain nombre de projets industriels sont à l'étude, notamment une minoterie, une usine de rechapage, une raffinerie de sel, et une usine de fabrication de bouteilles et de flacons de verre. - 2>4 - Transports 68. Le développement est également entravé par l'insuffisance du réseau de transports. Il conviendrait avant tout : a) de développer les voies d'accès à la mer pour répondre aux besoins des régions de Fort-Lamy (la capitale), de Moundou (zone de culture du coton) et de Fort-Archambault (zone d'éle- vage du bétail); b) d'allouer à l'entretien des routes un budget suffisant; c) d'améliorer les routes secondaires dans les régions agricoles; d) d'étudier la possibilité de coordonner les transports intérieurs aériens et les transports routiers pour assurer la liaison avec les régions éloignées du nord et de l'est. 69. Les voies d'accès à la mer ont fait l'objet de diverses études, dont les conclusions ont été que (i) un pont traversant le fleuve Chari à Fort-Lamy aurait une incidence favorable sur l'économie du bassin du lac Tchad; (ii) une nouvelle route reliant Moundou à Ngaoundéré (Cameroun) serait pour la région de Moundou la voie d'accès à l'océan la plus écono- mique, surtout après que la voie ferrée transcamerounaise aura été achevée en 1974; (iii) certains tronçons de la route Fort-Lamy - Bangui devraient être aménagés. 70. En 1968, l'IDA a financé un projet d'entretien routier dont l'exécution est en retard sur le calendrier prévu en raison des délais enregistrés dans la passation des commandes de matériel. Dans les régions productrices de coton, les travaux d'aménagement du réseau de routes secondaires se poursuivent avec l'assistance du FED. 71. Dans de nombreuses régions, les inondations saisonnières rendent les routes impraticables trois mois par an; parfois même les transports routiers sont interrompus pendant six mois. Vu ce qu'il en coCte de rendre les routes carrossables en toute saison, et vu le faible volume du trafic, il semble que dans bien des cas, les transports intérieurs aériens consti- tuent tant pour les voyageurs que pour les marchandises, une solution de remplacement des transports routiers qui ne manque pas d'intérêt mais n'a jamais été examinée en détail; elle mériterait de l'être. 72. Les autorités ont déployé des efforts considérables pour abaisser le coût des transports, à la fois en améliorant les routes, et en réorga- nisant l'industrie du camionnage. Depuis 1965-66, les tarifs des transports ont été ramenés d'une moyenne de 49 francs CFA la tonne/km à 41 francs CFA la tonne/km pour le coton fibre, et de 15 francs CFA à 11,50 francs CFA la tonne/km pour le coton graine. - 25 - Services publics 73. Les services du télégraphe et du téléphone sont propriété de l'Etat. A l'heure actuelle, quatre villes sont reliées par le téléphone automatique. Un crédit-fournisseur de 185 millions de francs CFA a récem- ment permis l'acquisition de matériel nouveau. Les communications inter- urbaines et régionales sont assurées par un système à microondes qui aurait grand besoin d'être amélioré. 7h. La production et la distribution d'énergie électrique, qui jusqu'en octobre 1968 étaient assurées par une société privée, la Société équatoriale d'énergie électrique (SEEE), ont été confiées à la Société tchadienne d'énergie électrique (STEE). Cette nouvelle société va racheter la part cédée à la SEEE à titre de compensation et deviendra de ce fait entièrement propriété de l'Etat. La STEE est également chargée de l'adduc- tion et de la distribution de l'eau à Fort-Lamy, Abéché, Moundou et Fort- Archambault. La charge est peu importante; l'énergie, produite dans des usines diesel, coite de 23,5 à 37 francs CFA le kilowatt/heure, dont deux tiers représentent le prix du combustible. Six villes seulement sont alimen- tées en électricité, et la capacité installée varie de 12.125 kW à Fort- Lamy a 70 kW à Adré. Le tableau ci-dessous donne les chiffres de la produc- tion d'électricité pour les quatre principales villes du pays. Des travaux d'un montant de 220 millions de francs CFA sont en cours à Fort-Lamy; dont la capacité de production sera ainsi portée à 18.000 kW. Les responsables du second Plan (1971-75) doivent étudier la possibilité d'installer l'élec- tricité dans six autres villes. 75. Les villes qui ont l'électricité possèdent également un système d'adduction d'eau. Cette eau, qui provient essentiellement de puits, est répartie de la manière suivante: Production d'énergie (en Fournitures d'eau (en millions de kWh) milliers de m3) 1966 1967 1968 1969 1966 1967 1968 1969 Fort-Lamy 22,0 21,h 24,1 28,5 2.345 2.694 2.876 3.301 Fort-Archambault - 2,5 4,4 6,8 94 180 230 256 Moundou 1,2 1,5 1,8 2,3 155 219 23h 218 Abéché 0,h 0,h 0,4 0,h 87 150 163 183 76. Fort-Lamy ne dispose d'aucun système d'égouts, et la précarité des conditions d'hygiène y est la cause de nombreuses maladies. Le PNUD a réalisé l'étude préliminaire d'un projet qui serait réalisé dans les quartiers de la ville dont les habitants seraient en mesure de supporter les coiûts des travaux. Aucune estimation n'a été établie pour l'inves- tissement envisagé. - 26 - Education 77. Malgré les progrès considérables réalisés pendant la décade précédente, l'éducation en est encore à un stade initial de son dévelop- pement. Pour l'année scolaire 1968-69, le nombre des inscriptions dans l'enseignement primaire a été de 179.000, soit 33 pour cent des enfants lgés de 5 à 10 ans (contre 53.500, soit l pour cent en 1959-60), 21 pour cent de ces élèves étant du sexe féminin (cf. Tableau 8.2). Pour l'ensem- ble du système d'enseignement secondaire, le nombre des inscriptions a été d'environ 10.000, soit 2 pour cent des jeunes de 11 à 17 ans. Bien des problèmes viennent entraver le développement de l'enseignement. Le principal obstacle financier réside dans les difficultés de trésorerie de l'Etat, qui interdisent toute augmentation sensible des dépenses de fonctionnement de l'éducation, et limitent le rythme de construction de nouvelles installations. Le développement de l'enseignement se heurte encore à d'autres obstacles, en particulier dans les zones rurales. Les carences alimentaires, les infections causées par des parasites, tous les problèmes de santé dus à l'insuffisance du nombre de points d'eau et d'installations sanitaires, les difficultés de langue aussi bien que les problèmes sociaux (comme celui de la réadaptation à la vie rurale) ne créent pas un climat propice au développement de l'éducation. L'effica- cité du système s'en trouve réduite d'autant. Le taux des déchets scolaires est élevé, et bien des élèves doivent redoubler leurs classes. On déclare même que, si l'on parvenait a limiter à un seul par élève le nombre des redoublements pour tout le cycle primaire, le coÙt de l'éducation dimi- nuerait de 20 pour cent. 78. Il ne serait sans doute pas inutile de développer l'enseigne- ment agricole. Un collège agricole financé par l'IDA doit être construit à Fort-Archambault. Par ailleurs, les autorités tchadiennes recherchent des fonds qui leur permettrait d'acquérir des nouvelles installations pour la formation professionnelle d'éleveurs, d'agriculteurs et d'agents de vulgarisation agricole, et de donner aux agriculteurs des connaissances de base. On peut évaluer à quelque 350 millions de francs CFA le coût de ce projet. Tourisme 79. Le Tchad reçoit chaque année environ 3.000 touristes attirés par la beauté intacte de la nature et les animaux qui vivent a l'état sauvage dans bien des régions. Plusieurs pays voisins offrent cependant le même intérêt touristique, tout en disposant d'un équipement et de moyens de transport plus perfectionnés. Le développement du tourisme sera donc sans doute limité et il faut se montrer prudent avant d'y enga- ger des dépenses. - 26 - Education 77. Malgré les progrès considérables réalisés pendant la décade précédente, l'éducation en est encore à un stade initial de son dévelop- pement. Pour l'année scolaire 1968-69, le nombre des inscriptions dans l'enseignement primaire a été de 179.000, soit 33 pour cent des enfants lègés de 5 à 10 ans (contre 53.500, soit l pour cent en 1959-60), 21 pour cent de ces élèves étant du sexe féminin (cf. Tableau 8.2). Pour l'ensem- ble du système d'enseignement secondaire, le nombre des inscriptions a été d'environ 10.000, soit 2 pour cent des jeunes de 11 ý 17 ans. Bien des problèmes viennent entraver le développement de l'enseignement. Le principal obstacle financier réside dans les difficultés de trésorerie de l'Etat, qui interdisent toute augmentation sensible des dépenses de fonctionnement de l'éducation, et limitent le rythme de construction de nouvelles installations. Le développement de l'enseignement se heurte encore à d'autres obstacles, en particulier dans les zones rurales. Les carences alimentaires, les infections causées par des parasites, tous les problèmes de santé dus à l'insuffisance du nombre de points d'eau et d'installations sanitaires, les difficultés de langue aussi bien que les problèmes sociaux (comme celui de la réadaptation à la vie rurale) ne créent pas un climat propice au développement de l'éducation. L'effica- cité du système s'en trouve réduite d'autant. Le taux des déchets scolaires est élevé, et bien des élèves doivent redoubler leurs classes. On déclare même que, si l'on parvenait à limiter à un seul par élève le nombre des redoublements pour tout le cycle primaire, le coût de l'éducation dimi- nuerait de 20 pour cent. 78. Il ne serait sans doute pas inutile de développer l'enseigne- ment agricole. Un collège agricole financé par l'IDA doit être construit à Fort-Archambault. Par ailleurs, les autorités tchadiennes recherchent des fonds qui leur permettrait d'acquérir des nouvelles installations pour la formation professionnelle d'éleveurs, d'agriculteurs et d'agents de vulgarisation agricole, et de donner aux agriculteurs des connaissances de base. On peut évaluer à quelque 350 millions de francs CFA le coût de ce projet. Tourisme 79. Le Tchad reçoit chaque année environ 3.000 touristes attirés par la beauté intacte de la nature et les animaux qui vivent à l'état sauvage dans bien des régions. Plusieurs pays voisins offrent cependant le même intérêt touristique, tout en disposant d'un équipement et de moyens de transport plus perfectionnés. Le développement du tourisme sera donc sans doute limité et il faut se montrer prudent avant d'y enga- ger des dépenses. - 27 - IV. PERSPECTIVES 80. Le Tchad a atteint une phase décisive de son développement. Selon la direetion qui sera prise au cours des prochaines années, le pays peut soit continuer à stagner, aux prises avec les mêmes problèmes économiques, soit s'ériger peu à peu en unité économique viable; mais sa réussite dépendra dans une large mesure du règlement du conflit intérieur qui sévit depuis quatre ans et dans la mesure ou les pouvoirs publics feront preuve d'une volonté délibérée d'assainir les finances publiqes. 81. Avec le retour a la stabilité politique, les perspectives écono- miques a long terme ne sont pas mauvaises. Le secteur de l'élevage offre de bonnes possibilités de développement. La productivité (et, partant, les revenus) peut 6tre augmentée de mille manières par des mesures réali- sables soit immédiatement (création de points d'eau, éradication des maladies) soit ultérieurement, une fois que les besoins les plus élémen- taires auront été satisfaits (amélioration du bétail, mise au point d'iti- néraires pour l'acheminement des troupeaux). Certains aspects de l'éle- vage n'ont pas encore été envisagés (comme la possibilité de pratiquer dans le sud l'élevage industriel grâce aux produits dérivés de l'agricul- ture) ou gagneraient à être développés (c'est le cas des ranches). Il ne serait pas inutile non plus de réorganiser la commercialisation, et de moderniser les marchés et les abattoirs locaux. L'augmentation rapide de la demande dans les pays voisins permet d'être optimiste quant aux pers- pectives de vente. Dans un pays redevenu paisible, l'élevage du bétail pourrait bien devenir l'une des activités les plus dynamiques de l'écono- mie tchadienne. 82. Il serait également possible de développer davantage la produc- tion cotonnière en faisant un usage abondant d'engrais et insecticides, et en améliorant les services de vulgarisation agricole. Les résultats obtenus jusqu'ici revèlent qu'il suffirait d'accroftre légèrement la sur- face des terres cultivées pour porter le niveau de la production a 250.000 tonnes d'ici a 1980 (dernière récolte record: 149.000 tonnes en 1968/69). La tendance évolutive des prix du coton est imprévisible, et si ces prix venaient à s'abaisser au point de n'être plus rentables, il ne serait pas facile de trouver des cultures commerciales de remplacement; un retour a l'agriculture de subsistance n'aurait alors pas de quoi surprendre. Les gains de productivité escomptés permettent d'espérer cependant une nouvelle expansion de la production du coton. 83. Il existe encore quelques autres possibilités de développement agricole: on peut par exemple augmenter encore les cultures de gomme ara- bique, de blé, de riz, d'arachides, éventuellement de tabac. Les services officiels envisagent d'entreprendre, en liaison avec la création d'une sucrerie, la culture de la canne a sucre. Ces plans devront cependant faire l'objet d'un examen approfondi puisque, selon les renseignements dont on dispose actuellement, les coÛts de production doivent être fort élevés. - 28 - 8h. A première vue et pour les raisons exposées au paragraphe 62, l'industrie ne prt'sente guère de possibilités de développement, tout au moins dans l'avenir immédiat. Néanmoins, il n'est pas exclu que l'on puis- se créer certaines industries de substitution aux importations, et ulté- rieurement, une industrie alimentaire. 85. Le développement des installations de production doit 9tre soutenu par celui de l'infrastrcture, en particulier dans le domaine des transports. La modernisation des voies d'accès à la mer serait par- ticulièrement utile au secteur cotonnier et permettrait d'abaisser les prix des importations lourdes telles que le combustible et les matériaux de construction. Le développement des transports aériens peut améliorer les liaisons à l'intérieur du pays, le réseau de communications a lui aussi besoin d'être étendu. Enfin, l'éducation, ainsi que divers autres aspects de l'infrastructure sociale (adduction d'eau, système d'égout, encadrement médical) appellent toutes sortes d'améliorations. 86. Il ne pourra y avoir cependant de développement soutenu sans un plus grand effort de la part de l'Etat. Cette remarque s'applique d'abord à la participation financière de l'Etat, qui, vu sa situation budgétaire, n'est pas actuellement en mesure d'apporter de contribution appréciable au financement de développement. Par ailleurs, il lui sera difficile de réduire les dépenses de fonctionnement en termes réels, en raison surtout de la proportion élevée des versements au titre des sa- laires dans le budget. Mgme si le conflit arme qui sévit dans le pays vient à se terminer, il ne sera peut-être pas possible de diminuer la masse salariale sans provoquer de problème de ch8mage. Il y aurait pour- tant beaucoup à faire pour augmenter le niveau de l'épargne publique. Une gestion prudente et l'adoption de réformes fiscales judicieuses pour- raient accélérer le rythme d'accroissement des recettes tirées de l'imp8t. Si parallèlement, on limite l'augmentation des dépenses de fonctionnement en termes réels aux postes ayant trait aux projets de développement (par exemple les traitements des enseignants), on pourra liquider les arriérés du service de la dette publique et des dettes commerciales actuelles, et au bout de quelques années réaliser une certaine épargne publique. De toute manière, il faut, pendant les deux ou trois années à venir, - et si le gouvernement ne fait pas d'efforts systématiques pour améliorer sa situation financière, pendant tout le reste de la durée du plan (1971-75) s'attendre à un déficit du budget ordinaire de l'ordre de 1 à 2 milliards de francs CFA par an (y compris la liquidation des arriérés). Deuxièmement l'administration tchadienne a besoin d'gtre considérablement renforcée. A l'heure actuelle le personnel tchadien collabore peu à la prépa- ration et à l'exécution des projets de développements, par conséquent un important effort doit être fait pour assurer la formation du personnel. 87. Deux autres domaines appellent également une gestion prudente de l'économie. En premier lieu, du fait de sa situation de pays sans littoral, le Tchad se doit d'entretenir avec ses voisins des rapports stables. A cet effet, il serait sans doute bon que les dirigeants s'ef- forcent de négocier de nouveaux accords commerciaux et économiques à long terme avec les nations voisines. Ensuite, la situation des paiements - 29 - extérieurs ne cesse de se détériorer; même s'il est peu probable que cela doive poser de sérieux problèmes, du moins à court terme, c'est là une tendance qu'il faudra renverser tât ou tard. Or, les perspec- tives d'amélioration ne donnent pas lieu d'être optimistes. Dans l'état actuel des choses, le coton est le seul produit capable de fournir un supplément d'exportations important, mais ces exportations sont sujettes à fluctuation et ne peuvent être augmentées que progressivement. En outre, les prix du coton ne cessent de décliner par rapport aux prix des importations. Toute tentative des pouvoirs publics pour améliorer la situation des paiements extérieurs devra donc viser,en premier lieu, à diminuer les importations, notamment en envisageant à nouveau toutes les possibilités de substitution aux importations. Le rétablissement de la paix améliorerait de manière appréciable les perspectives de la balance des paiements. La demande de bovins et de viande de boeuf est importante dans la région et le Tchad devrait pouvoir exporter sans peine toute pro- duction supplémentaire à des prix intéressants. Cependant, même si le pays est en paix, il faut prévoir un déficit global en matière de paiements extérieurs, à moins que l'aide ne dépasse le niveau de ces dernières années. Pendant longtemps encore le financement du développement écono- mique du Tchad sera très fortement tributaire de l'assistance extérieure. 88. Les services officiels préparent actuellement un plan de déve- loppement couvrant la période 1971-75. Les premiers projets prévoient des investissements pour un montant de 10 milliards de francs CFA (soit 36 millions de dollars) par an, contre h milliards (14 millions de dollars) par an pendant la période 1966-70. Seule une part minime de ces investis- sements peut être fournie par des sources privées locales. Le budget ordinaire étant déficitaire et promettant de le rester au moins pendant deux ou trois ans, si ce n'est davantage, l'Etat ne sera pas en mesure de contribuer aux dépenses d'investissement. En effet, toute contribu- tion de l'Etat au coIt des projets de développement augmentera d'autant le volume de l'aide dont il aura besoin pour faire face aux dépenses de fonctionnement, de sorte qu'en fin de compte, les investissements publics devront être entièrement financés par des capitaux étrangers. 89. Il est peu probable que les objectifs d'investissement fixés pour 1971-75 puissent être atteints. Nombre de projets en sont encore à un stade préliminaire et ne seront pas prêts à 9tre exécutés avant le milieu du plan. Il y a donc tout lieu de penser que, dans l'avenir immédiat, la capacité du pays d'absorber les investissements étrangers ne dépassera pas le niveau actuel, et que si l'on parvient à rétablir la paix, elle augmentera peu à peu pour atteindre vers le milieu de la décade 1970 le niveau fixé pour le plan 1971-75. Dans ce cas, le total des res- sources financières extérieures nécessaires - y compris les 6 - 7 milliards de francs CFA, soit 22 - 25 millions de dollars, du service de la dette - s'élèvera, aux prix actuels, et pour l'ensemble de la période 1971-75, à environ 36-h2 milliards de Francs CFA (130 à 151 millions de dollars) plus tous les montants qui seront requis pour financer les déficits du budget ordinaire de l'Etat. - 30 - 90. L'épargne privée étant minime et l'épargne publique inexistante, les bailleurs de fonds étrangers doivent se préparer à financer une forte proportion (dans bien des cas à peu près 100 pour cent) des coûts des pro- jets, et l'aide extérieure devra couvrir une part importante des dépenses en monnaie nationale. Comme la balance des paiements a toutes chances de demeurer dans une situation précaire, et comme la situation budgétaire du pays n'est pas très encourageante, la majeure partie de l'aide accordée au Tchad devra ^tre octroyée à des conditions de faveur. ANNEES STATISTIQUES Table No. Superficie et population Population et densité par préfecture, 1969 1.1 Comptabilité nationale Composition du produit intérieur brut en 1967 2.1 Dépenses d'investissement, 1966-1970 2.2 Balance des paiements, Commerce extérieur Balance des paiements, 1969 3.1 Composition des importations et des exportations,1967-69 3.2 Exportations par destination et importations par origine 3.3 Structure de l'aide extérieure en 1969 3.4 Dette extérieure Encours de la dette publique exterieure à long terme, remboursable en devises, au 31 décembre 1969 h.1 Prévisions des versements futurs au titre du service de la dette publique extérieure (y compris les mon- tants non versés) non amortie au 31 décembre 1969 4.2 Statistiques fiscales et budgétaires Recettes de l'Etat, 1963-1970 5.1 Dépenses de l'Etat, 1963-1970 5.2 Statistiques monétaires Statistiques monétaires et bancaires 6.1 Statistiques Mgricoles Statistiques agricoles, 1966/67 - 1969/70 7.1 Statistiques du coton, 1965/66 - 1969/70 7.2 Autres secteurs Statistiques des transports d'importation et d'exportation 8.1 Statistiques de l'enseignement, 1959/60 - 1968/69 8.2 Production industrielle, 1965-1969 8.3 Indice du coûtt de la vie à Fort-Lamy, 1964-1970 9.1 Divers Projet de plan résumé d'investissement Pour 1971-75 10.1 Tableau 1.1: POPULATION ET' DENSITE PAR FREFECTURE 1968 Superficie habitants Capitale Population en km2 par km2 Préfectures du Nord 1. Borkou-Ennedi-Tibesti Largeau 80 000 600 350 0.1 Préfectures Centrales 2. Préfecture du lac Bol 116 000 22 320 5.3 3. Kanen Mao 181 000 11 520 1.2 1. Batha Ati 315 000 88 800 3.5 5. Biltine Biltine 137 000 46 850 2.9 6. Ouaddaï Abéché 332 000 76 240 h.4 7. Chari-Baguirmi Fort-Lamy h37 000 82 910 5.3 8. Guéra Mongo 169 000 58 950 2.9 9. Salamat Am-Timan 89 000 63 000 1.h Préfectures du Sud 10. Mayo-Kebbi Bongor 516 000 30 105 17.1 11. Tandjilé Lai 251 000 18 045 13.9 12. Moyen-Chari Fort- Archambaut 395 000 45 180 8.7 13. Logone oriental Doba 257 000 28 035 9.2 14. Logone occidental Moundou 232 000 8 695 26.6 Total 3 507 000 Source: Annuaire Statistique du Tchad., 1968. Tableau 2.1: COMPOSIT ION DU PRODUIT INTERIEUR BRUT±/EN 1967 (milliards de francs CFA) Secteur Secteur traditionnel moderne Total Agriculture (récoltes) 20.3 0.1 20.4 Elevage 6.3 - 6.3 Peche 1.9 - 1.9 Industrie et artisanat 1.1 3.3 4. Bâtiment 1.6 1.1 2.7 Transports routiers 0.1 0.8 0.9 Commerce 5.5 6.0 11.5 Services administratifs - 6.1 6.1 Services ménagers - 0.6 0.6 Education, santé et autres services 0.4 4.4 4.8 Produit intérieur brut 37.2 22.4 59.6 Déficit du compte courant de la balance des paiements 6.5 Ressources totales 66.1 dont: Consommation privée 50.0 Consommation publique 8.9 Investissement brut 5.6 Augmentation des stocks 1.6 lf Les montants sont indiqués aux prix du marche et représentent la valeur ajoutée en ce qui concerne le PIB. Les estimations sont données à titre indicatif et sujettes à caution. Le secteur traditionnel comprend l'en- semble de l'agriculture africaine, tant les cultures marchandes que les cultures de subsistance. Le secteur moderne comprend les entreprises qui ont un système de comptabilité et les services de l'Etat. Source: Ministère du plan et de la coopération. Tableau 2*2: DEPENSES D'INVESTISSEMENT,/1966-1970 (millions de francs CFA) 1966 Estime- Total et 1968 1969 tion 1967 1970 1966-1970 Investissements privés Entreprises existantes 300 2h0 410 800 1 750 Nouvelles entreprises 1 850 22 122 206 2 200 Divers nd n.d, n.d. n.d n.d Total 2 l1O 262 32 1 006 3 950 Investissements publics Financés par des ressources intérieures Agriculture (récoltes) 126 5 - 52 183 Elevage 90 3 - 15 108 Industrie 359 78 15 22 h74 Transports et communications 447 80 145 122 794 Tourisme 507 149 - - 656 Education - 100 - - 100 Santé, affaires urbaines et sociales 306 il - 22' 339 Divers n.d 270 01 209 780 Total 1351 EIT 3 e3U Financés par l'aide extérieure Agriculture (récoltes) 1 335 399 173 255 2 162 Elevage 227 105 39 365 736 Industrie 777 53 74 10 '914 Transports et communications 1060 1 193 1 627 1 150 5 030 Tourisme 8 10 - - 18 Education 249 198 1149 220 816 Santé, affaires urbaines et sociales 761 190 197 100 1 248 Divers 364 2 278 270 1 115 Total - 781 251 2 537 2 370 12 039 Total des Investissements 8 766 ,3 30 3 530 3 818 19 i23 Les chiffres de ce tableau représentent des investissements identifiés. Ils sont peut-être dans une certaine mesure en-deçà des montants des investisse- ments réels parce qu'ils ne couvrent pas tous les éléments en jeu. Notamment, les investissements privés ne comprennent pas les dépenses relatives à la construction de logements. Source: Ministère du plan et de la, coopération. Tableau 3.1: BALANCE DES PAIEMENTS, 1969 (millions de francs CFA) Recettes D4penses Balance Biens et services 16 586 24 607 -8 021 Marchandises 9 068 11 000 -1 931 Frét et assurance 39 4 149 -4 110 Autres transports 187 798 - 611 Autres assurances 196 485 - 289 Voyages (transports exceptes) 936 1 447 - 511 Revenu du capital 217 858 - 641 Revenu du travail 215 1 471 -1 257 Autres services 1 009 1 522 - 513 Gouvernement du Tchad 76 2 660 -2 584 Gouvernements étrangers 4 645 218 4 427 Capitaux et transferts 9487 2 544 6-943 Transferts privés 1 630 358 1 272 Transferts publics 5 069 565 4 504 Capitaux privés: -investissements directs 392 275 117 -autres invest.à long terme 1 287 705 582 Capitaux publics à long terme 417 579 - 162 Capitaux privés à court terme 20 43 - 23 Capitaux publics à court terme - - - Capitaux divers (non compris ci- 672 19 653 dessus) Mouvements mon4taires 1 094 149 945 Erreurs et omissions 133 - 133 Source: Banque centrale des Etats de l'Afrique équatoriale et du Cameroun, branche du Tchad. Tableau 3.2: COMPOSITION DES IMPORTATIONS ET DES EXPORTATIONS, 1967-1969 (millions de francs CFA) 1967 1968 1969 Exportations Coton 5 50h 5 772 6 586 Animaux sur pied 5h7 229 168 Viande 769 744 684 Poissons 95 108 8h Gomme arabique 112 107 80 Peaux et cuirs 90 101 11h Natron 63 38 30 Divers 3 482 280 Total des exportations contr8lées 7 3 7581 Export. non cont8lées (estimations)!/ 988 1 78h 1 934 Total des exportations (estimatiore r!522 9367 9 960 Importations Sucre 1 629 1 177 948 Autres denrèes alimentaires 2 182 1 709 1 792 Tabac et produits du tabac 334 349 252 Produits du pétrole 1 522 1 695 2 453 Ciment 211 546 305 Produits chimiques (médicaments, en- grais, savon et allumettes) 1 177 1 005 964 Textiles et chaussures 2 275 1 833 1 556 Métaux et produits métalliques 708 966 946 Matériel 1 661 1 h02 1 433 Matériel de transport 1 202 1 063 1 267 Divers 59 1 616 1 984 Total des importations contrôlées 9 13 361 13 900 Import. non contrôlées (estimations 500 500 500 Total des importations (estimations) 1U 9-94 1 1 14 400 / Principalement des animaux sur pied. 2/ Principalement des textiles, des produits èaillés et autres biens de consommation analogues. Source: Ministère de l'économie, des finances et des transports, Bulletin de statistiques, mars/avril 1970. Tableau 3.3: EXPORTATIONS PAR DESTINATION ET IMPORTATIONS PAR ORIGINE, 1967-69 (millions de francs CFA) 1967 1968 1969 Exportations France 3 774 h 333 4 110 Autres pays de la CEE 910 828 1 400 Autres pays d'Europe 412 496 518 Nigéria 528 192 264 Japon 338 344 480 Autres pays extérieurs a la BCEAEC 6 6 712 TOTAL 3 6 825 7Uw86 Pays membres de la, BCEAEC 899 6 542 Total des exportations contrôlées 7 5367 581 8 026 Export. non contrôlées (estimations) 988 1 784 1 93h Total des export. (estimations) 8 529 Importations France 4 847 4 415 4842 Autres pays de la CEE 1 948 2 276 1 741 Autres pays d'Europe 834 842 999 Amérique du Nord et du Sud 1 555 1 116 981 Asie et Australie 783 659 551 Nigéria 518 950 1 641 Autres pays d'Afrique ext. 9 la BCEAEC 544 305 601 TOTAL il 029 10 563 11 356 Pays membres de la BCEAEC 166 2 798 2 5 Total des importations contrôlées 494 13 361 13 900 Import. non contrôlées (estimations) 00 roo 500 Total des import. (estimations) 4994 17100 Sourcet Ministère de l'Economie. des Finances et des Transports. Tableau 3.4: STRUCTURE DE L'AIDE EXTERIEURE EN 1969 (millions de francs CFA) Aide Aide bilat6rale Nature des dépenses multilatérale Aide_bilat_rale_ Total FED ONU IDA France E.U. Allemae URSS Taiwan Israel Canada Suisse Total de l'aide extérieure 2006 526 3 376 11h 296 89 13h 90 60 10 7125 Dépenses courantes 269 _41 - 3219 60 10 89 100 90 60 10 hI42 Assistance technique (salaires, - 100 - 2134 60 61 44 50 30 60 10 25h9 charges sociales, transports) Fourniture gratuite de biens et de services 15 3 1 285 - h3 45 50 60 - - 978 dont: éducation - (à9) - (37) - (10) (h5) - - - - (141) sa:nté - - - (18) - - - - - - - (18) services sociaux - (16) - - - (6) - - - - - (22) agriculture (139) (181) - (182) - )( - (50) (60) - - (639) élevage (15) - - (8) -- - - - (63) divers - ( - - - - - - - - -(95) Subventions 115 - - 400 - - 515 Dons à des institutions (ASECNA, ORSTOM ORTF) - - h00 - - - - - - L00 Dépenses de développement 1737 8$ 5h6 192 - h - - 2683 Dons a l'Etat 1737 - ~9 192 - 3U - - - 2h98 dont: éducation (35) - - (92) - (17) - - - - - (1hI) santé (7h) - - (100) - (20) - - - - - (194) développement urbain - - - (3) - - - - - - - (3) agriculture (127) - - (46) - - - - - - - (173) élevage (20) - - (19) - - - - - - - (39) transp. et comm. (1h81) - - (62) (54) - - - - - - (1597) industrie - - - (8) - (32) - (34) - - - (7h) divers - (85) - (66) - (123) - - - - - (27h) Prêts à l'Etat - - 35 L - -- - - - - - 39 dont: transports - - (30) - - - - - - - - (30) éducation - - (5) - - - - - - (5) divers (4) W Prêtyde In. C flCR - - - 1h6 - - - - - - - 16 af Le Gouvernement français fournit en outre au Tchad une aide militaire. Le coût des marchés passés localement et des paiements de salaires peut être estimé, qu minimum, à 2.165 millions de france CFA en 1969. Le Gouvernement français verse en outre des pensions à ses anciens employés civils et militaires de nationalité tchadienne; en 1969, ces paie- ments se sont élevés à 1.792 millions de francs CFA. Source: Ministère du plan et de la coopération. Tableau 4.1: ENCOURS DE LA DETTE PUBLIQUE EXTRIEUE A LONG TERME, REMBOURSABLE EN DEVISES, AU 31 DECEMBRE 1969 (milliers de dollars EU) Total de la dette publique extérieure .610 06 Prêts du secteur privé 2618 9 648 Crédits-fournisseurs 2 311 8,095 Autriche 66 530 France 580 580 Allem-,agne (Rép. féd.) 708 708 Italie 20h 4 9h3 Pays-Bas 177 757 Royaume-Uni 521 521 Etats-Unis 55 55 Institutions financières - France 113 113 Emissions privées 19- 1 hbo Prêts des organismes internationaux 1 350 7 1%5 Banque européenne d'investissement 1 215 1 215 IDA 135 5 900 Prêts des gouvernements ý9 396 33 273 Danemark - 1 333 France 27 046 27 793 Allemagne (Rép. féd.) 2 186 3 770 Israèl 16 376 Source: BIRD, Département des études économiques, Division des services statistiques. Tableau 4.2: PREVISIONS DES VERSEMENTS FUTURS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE (Y COMPRIS LES MONTANTS NON VERSES) NON AMORTIE AU 31 DECEMBRE 1969 1/ (en milliers de dollars EU) Encours de la Paiements en cours d'année dette au ler Amortissement p janvier, y com- Amortissements Intérêt Total dont: au Gouvernement pris les montants de la Franec non versés 1970 46 550 h 859 l 206 6 065 3 384 1971 hi 691 2 895 1 '413 h 308 1 436 1972 38,795 2 9h7 1 361 h 308 1 585 1973 35 8h8 2 5h5 1 329 3 87h 1 486 1974 33 303 3 853 1 2h4 5 096 2 819 1975 29 450 3 654 1 115 h 769 2 668 1976 25 796 3 369 940 h 309 2 482 1977 22 h27 2 929 772 3 701 2 281 1978 19 498 2 47 631 3 078 2 059 1979 17 051 657 558 1 215 47h 1980 16 394 608 5h5 1 153 419 1981 15 786 593 533 1 126 399 1982 15 193 596 522 1 118 398 1983 1h 597 574 512 1 086 372 1984 14 024 577 502 1 079 372 1 Comprend le service de toutes les dettes figurant au Tableau 4.1 a l'exception des prêts suivants, dont les modalités de remboursements ne sont pas connues: Gouvernement de la France $ 3 276 000 Gouvernement d'Israël 212 000 $ 3 488 000 Source: BIRD, Département des études économiques, Division des services statistiques. Tableau 5.1: RECETTES DE L'ETAT, 1963-1970 (millions de francs CFA) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 ®dget 1970 Taxe civique 522 553 7h6 573 5h6 787 871 830 Taxe sur le bétail 305 278 369 387 294 224 147 310 Impôt sur le revenu 605 629 851 1 027 1 179 1 568 1 704 i 675 Taxe sur le chiffre 533 542 768 17 3h0 428 612 450 d'affaires Droits d'importation 1 150 1 362 1 329 2 816 3 070 2 657 h 173 h 933 Taxes à l'exportation 614 672 697 660 7h4 713 1 007 1 132 Fonds de solidarité 7h9 805 820 1 175 1 170 526 - - Taxe de conso:nmation 873 866 1 088 1 11h 1 171 1 001 760 850 Patentes et licences 293 279 293 392 470 429 h10 609 P.T.T. - - 324 336 403 429 5h 513 Autres recettes ordinaires 475 479 586 551 595 592 629 h3h Recettes extraordinaires 23h 110 25 87 71 163 h8 - Remboursement de prêts 61 73 74 36 161 5 318 Total des recettes inté- 6 414 6 6h8 7 790 9 571 10 21. 9 522 11 220 11 776 rieures Tot-al des dApenses 6 656 7 h98 :8 5L4 10 L92 10 959 12 O17 13 87L 13 b16_ Déficit - 242 - 850 - 574 - 921 - 7h5 -2 525 -2 651 -1 640 financement du déficit: Subventions de la France 700 568 320 370 hoo 530 300 i,680 Ponctions sur le fonds 328 362 109 3 - 2501/ - - de réserve Variation des autres - 786 - 80 145 5h8 345 1 745 2 354 - ho liquidités 2/ (-signifie aUgmentation) 1 / Prélèvement sur le fonds de pens-ion. F/ Comprend les variations des crédits consentis par la Banque centrale. Depuis 1968, ce poste comprend également l'accumulation des arriérés commerciaux relatifs à des four- nitures à l'Etat dont le paiement a été différé. Au 31 août 1970 ces arriérés s'élevaient à 2.004 millions de francs CFA. Source: Ministère de l'économie, des Finances, et des Transports. Tableau 5.2: DEPFNSES DE L'ETAT, 1963-1970 (millions de francs CFA) 1963 196h 1965 1966 1967 1968 1969 Budget 1970 Dépenses courantes Dette publique 146 172 212 592 421 U4 h31 h63U Traitements et salaires 2 8l '3 L36 h 108 h 682 5 152 5 h3 6 h35 6 677 Matériel et fournitures 1 h66 1 726 2 008 2 726 2 662 2 679 3 062 3 827 Entretien 256 255 230 101 106 127 141 145 Bourses 112 175 20h 199 199 207 283 300 Subventions et contributims .607 550 669 1 081 1 326 1 651 1 309 1 260 Autres dépenses courantes . 9 316 3h9 U66 351 2611 1 099 230 Total des dépenses 59h1 6 630 7 779 9*848 10 216 10 815 12 761 12 902 courantes Dépenses d'équipem,ent Construction de bâtimenta 257 361 314 201 152 131 340 110 Achat de bâtiments 131 33 il 10 1 - 42 14 15 Transports et corm.uni- cations 55 82 46 il 20 Ua 197 89 Ilatériel divers 2/ 31 160 182 191 3h 208 211 38 Programme de productivit-- 13 108 189 16 229 286 262 Total des dépenses 617 770 662 602 223 644 1 052 5114 d'équipement Prits et avances 99 99 103 113 520 587 61 - Total des d6oenses 6 656 7 h98 8 51j1j 10 h92 10 939 1? Oj? 13 871 13 )16 1/ Lu différence avece Tableau 4.2 cat duc au fait quc ce chiffre nc comprend pas lc sorvice dos pr;ts cons-entis à dDs organmes publica autonomes (BPT, CSPC, etc.) 2/ Comm-end los déporioes relativos à des études de déveloommeant et à divers travaux +-ndant à augmenter la productivitA. Source: Ministère de l'Economio, des Finances et des Transports. Tableau 6.1: STATISTIQWUS MUNETAItRES ET BANCAIRES (milliards de francs CFA) Déc. Déc. Déc. Ddc. Jfillet 1966 1967 1968 1969 1970 Sitation monétaire Avoirs extérieurs nets .52 -1.61 -2.01 -2.88 -2.13-/ Créances sur l'Etat (nettes) - .73 - .23 - .07 .71 Créances sur le secteur privé 7.57 9.75 10.86 12.49 11.60 Monnaie 6.37 6.51 7.24 7.60 7.80 Quasi-monnaie .18 .19 .11 .35 .45 Avoirs et engagements de la Banque centrale Avoirs extérieurs 1.82 .24 .28 .37 .48 Créances sur l'Etat .48 .90 .9h 1.50 2.75 Créances sur les Banoues 2.88 4.54 h.88 5.75 4.20 Monnaie en circulation 4.64 h.15 4.54 4.91 4.78 Engagements extérieurs .01 .58 .84 1.72 1.05 Dépôts de l'Etat .h .53 .hh .50 .83 Divers (net) .09 .42 .28 .49 .57 Avoirs et en3agemants des banques commerciales et de la Banque de développement du Tchad Avoirs extérieurs .03 .05 .20 .06 .18 Créances sur l'Etat .14 .16 .14 .13 .18 Créances sur le secteur privé 6.65 8.73 10.13 11.51 10.43 Dépôts à vue 1.59 2.20 2.46 2.55 2.88 Dépôts à terme et d'épargne .18 .19 .11 .35 .45 Engagements extérieurs 1.32 1.32 1.65 1.59 1.80 Dépôts de l'Etat . .13 .16 .15 .22 .36 Crédit de la Banque centrale 2.84 4.54 4.88 5.75 4.20 Divers (ne+) .76 .53 1.22 1.24 1.10 a/ Août 1 si. Source: FMI, International Financial Statistics. Tableau 7.1: STATISTIQUES AGRICOLES, 1966/67-1969/70 Unité 1966/67 1967/68 1968/69 1969/70 Cultures marchandes Coton, graines tonne 122 855 102 008 148 77h 116 636 Gomme arabique 630 1 345 1 111 Cultures de subsistance Mil et sorgho 1.000 t.m. 630 6h7 661 651 Arachides 1.000 t.m. 92 88 99 115 Riz 1.000 t.m. 37 33 37 37 Blé 1.000 t.m. 5 5 6 9 Boeuf 1966 1967 1968 1969 Exportations contr8lées de bétail sur pied f/ t.m. 15 285 13 050 7 920 4 335 Export. non contr8lées de bétail t.m. sur pied (estimations) b/ 10 200 9 500 13 100 18 200 Exportations de boeuf congelé t.m. h 700 5 300 7 900 10 h00 Exportations de boeuf séché c/ t.m. 1 633 1 167 1 363 3 000 Consommation de viande de boFuf 23 900 2h 700 25 hOO 26 100 (estimations) d/ t.m. 55 718 53 717 55 683 62 035 Dimension du troupeau Bovins 1.000 tétes 4,500 h 500 h 500 h 500 Caprins 1.000 têtes h 000 h 150 h 150 h 300 Chevaux 1.000 têtes 150 150 150 150 Anes 1.000 têtes 300 300 300 285 Chameaux 1.000 têtes 350 355 355 370 Porcs 1.000 têtes - 5 5 5 Poisson Prise totale 1.000 t.m. 100-110 dont: consommé frais 1.000 t.m. 50-55 fumé ou séché pour l'exportation ou la consommation intérieure 1.000 t.m. 50-55 a/ Données provisoires b~/ Sur la base d'un poids moyen net de 150 kg par tête -- c/ En équivalent de poids-carcasse d/ Les estimations pour 1969 et les extrapolations relatives aux années précédentes sont fondées sur un taux de croissance supposé de 1 pour nent par an dans les zones rurales et de 10 pour cent par an dans les zones urbaines. Source: Ministère de l'Agriculture Tableau 7.2: STATISTIQUES DU COTCN,, 1965/66-1969/70 (production en tonnes) (superficie cultivée en hectares) (rendements en kg/ha) (prix en francs CFA/kg, FOB) 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 1969/70 Logone Oriental prod. 1h 055 20 11h 1h 838 22 882 20 334 superf. 52 318 57 712 5h 662 h8 178 55 110 rendement 268 3h8 271 474 368 Logone Occidental prod. 9 308 15 186 12 717 20 360 15 998 superf. 4h 970 47 053 h5 937 ha 553 45 939 rendement 206 322 276 456 348 .Tandjile prod. 10 h62 1h 458 11 760 17 958 1h 752 superf. 3h 000 33 800 32 667 34 910 35 738 rendement 307 427 359 514 412 'Mayo-Kebbi prod. 31 892 hi 37h hi h90 49 433 45 835 superf. 73 ho 72 340 77 580 83 656 86 200 rendement h34 571 534 592 531 Moyen Chari prod. 1h 606 20 hh5 16 248 29 496 .16 352 superf. 65 827 69 210 68 975 69 353 63 797 rendement 221 295 235 425 256 'Chari Baguirmi prod. 2 911 h 761 3 001 5 315 3 240 superf. 7 051 7 033 7 278 7 011 6 o6h rendement h12 676 412 758 531 Salamat-Guera-Ouaddai prod. 3 591 6 517 1 950 3 330 122 superf. 18 826 13 263 11 219 8 502 1 230 rendement 190 h91 174 392 99 Total pour le Tchad prod. 86 825 122 855 102 008 1h8 77h 116 636 superf. 296 396 300 412 298 318 295 961 294 077 rendement 303 h08 341 502 396 Production de coton-fibre 31 2hl 45 152 31 534 38 h80 3h h37 pourcentage exporté 67% 77% 85% 93% 65% vers CEE (en volume) prix moyen CEE 132.5 133.8 1h7.9 142.8 1h3.5 autres pays 129.5 125.6 13h.0 131.8 131.9 Source: Ministère de l'Agriculture. Tableau 8.1: STATISTIQUES DES TRANSPORTS D'IMPORTATION ET D'EXPORTATION 196h-1969 ( en tonnes ) 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1. Importations de marchandises 87 781 76 696 78 095 94 2)43 101 501 90 312 générale s ____ Via Bangui 51 657 46 274 48 932 71 135 n.d. n.d. Via le Cameroun 10 000 7 947 7 500 n.d. n.d. n.d. Via le Cameroun-Douala 3 500 3 50 6 000 8 000 n.d. n.d. Via le Nigéria-Maiduguri 22 626 18 975 15 663 15 108 25 225 28 124 2. Importations de combustibles 36 035 38 713 33 815 42 107 46 104 59 0h1 Via Bangui 7 11h 7 000 8-000 16 569 n.d. n.d. Via le Cameroun-Bénoué 1 800 1 800 1 800 n.d. n.d. n.d. Via le Nigéria 27 121 29 913 23 215 24 738 30 675 41 653 Via le Soudan nd . n.d. 800 800 n.d. n.d . 3. Total des importations 123 818 115 409 111 910 136 350 147 605 1h9 353 4. Exportations de coton 37 411 35 739 35 301 ho 883 42 151 47 505 Via Bangui 24 050 2h 495 19 650 21 021 29 693 n.d. Via Douala, - par route 1 550 1,067 2 00 18 177 12 558 n.d. Via Douala - par air - - - - - - Via Garoua-Bénoué 9 260 8 720 10 931 - - Via Maiduguri 2 551 1 h57 2 220 685 n.a. 1 596 5. Autres exportations 11 287 12 000 11 265 45 372 26 978 26 470 Via Bangui 7 287 8 000 8 600 n.d. n.d. n.a. Via Maiduguri 4 000 h 000 2 665 n.d. 2 291 h 169 6. Total des exportations 48698 47739 46566 8625 69129 73975 7. Total général 172 516 163 148 158 h76 222 505 21 734 2 328 Source: Ministère du plan et de la coopération. Tableau 8.2: STATISTIQUES DE L'ENSEIGNEEENT, 1959/60 - 1968/69 1959/6o 196h/65 1966/67 1968/69 Enseignement élémentaire Population de 5 à 10 ans 485 800 517 200 531 700 548 000 Inscription dans les écoles primaires: - publiques 46 672 129 593 148 994 159 424 dont: filles 9% 15% 18% 20% - privées 6 807 18 259 .23 491 19 470 dont: filles 24% 33% 33% 28% - total 53 479 147 852 172 485 178 894 Inscription dans les écoles pri- maires en pourcentage du groupe 11.0% 28.6% 32.4% 32.6% d'âge de 5 à. 10 ans Enseignement secondaire Population de 11 à 17 ans 490 400 521 900 535 800 550 500 Inscription dans les écoles d'enseignement secondaire général: - publiques 1 024 4 173 7 556 8 188 - privées - 147 436 536 - total 1 02h 4 320 7 992 8 724 Inscription dans les écoles techniques et spécialisées 3838/ Inscription dans les écoles normales 709 Etudes Supérieures Boursiers étudiant à l'étranger 202 a/ En outre, 287 étudiants tchadiens ont suivi des cours secondaires techni- ques à l'étranger. Source: Statistiques scolaires, Ministère de l'Education nationale et de la culture. Tableau 8.3: PRODUCTION INDUSTRIELLE, 1965-1969 Unité 1965 1966 1967 1968 1969 Industries alimentaires Viande tonne 8 312 8 117 8 933 12,060 14 713 Réfrigération tonne de vian- de congelée 2 228 2 912 3 457 3 983 5 185 Farine de froment tonne 2 629 3 522 1 970 4 129 1 127 Huiles végétales hectolitre 9 416 12 932 14 334 15 918 n.d. Tourteaux tonne 1 74h 2 011 2 093 2 631 n.d. Sucre tonne 12 16 17 17 20 Confiserie tonne 60 137 335 235 476 Mélasse hectolitre - 2 500 - 1 300 2 092 Bière hectolitre 15 311 22 710 33 263 46 076 64 732 Boissons non alcolisées hectolitre 12 870 12 862 13 337 9 997 12 295 Autres industries Coton-fibre tonne 36 613 35 209 42 022 4i 750 53 030 Textiles de coton kilomètre - - 3 462 9 176 13 145 Imprimerie tonne de papier 55 66 70 70 80 Parfums tonne 238 357 346 307 h1 Savons tonne 95 123 88 77 Bicyclettes nombre 4 388 3 283 4 208 3 035 5 424 Appareils de radio nombre 1 700 1 645 4 000 13 246 10 000 Electricité million de kWh 19.1 21.6 25.8 30.7 38.0 Eau mètres cubes - 2 681 3 2h3 3 503 3 958 Source: Ministère du ,lan et de la coopération. Tableau 9.1: INDICE DU COUT DE LA VIE A FORT-LA>Y, 1964-1970 (Janvier 196h = 100) 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Décembre Février Alimentation-et-boissons 107 114 123 126 126 140 143 Habillement 110 104 114 113 106 104 103 Eau, gaz, électricité 101 102 102 102 104 103 10h Domesticité 100 107 122 119 12h 128 128 Transports 102 110 11h 116 116 124 137 Hygiène et soins 102 103 107 121 123 128 132 Divers 103 106 111 119 12h 139 133 Indice général 103 110 116 120 122 130 134 Source: Chade Bulletin Mensuel de Statistique. Tableau 10.1: PROJET DE PLAN RESUME D'INVESTISSEMENT POUR 1971-1975 a/ (millions de francs CFA) Montant Projets directement productifs Raffinerie et plantation de sucre 3 736 Culture du blé 2 893 Culture du coton 2 313 Elevage 5 701 Natron 3 357 Riz 966 Divers 2 358 Total 21 32h Education Primaire 2 782 Secondaire 1 981 Technique 2 269 Divers 1 090 Total - 122 Infrastructure Eau et énergie 706 'T 1 486 Infrastructure urbaine 2 757 Entreposage agricole 695 Routes 1 881 Transports aériens 2 708 Autres transports 65 Total Santé et affaires sociales 1 298 Développement rural h 050 Autres projets Crédit agricole 1 635 Etudes 1 624 Total 3 259 TOTAL GENERA L 48 650 a/ Ce tableau est fondé sur un projet préliminaire du plan pour 1971-75 et il est sujet à des modifications considérables. Source: Ministère du plan et de la coopération.
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Chad - The current economic situation and prospects of Chad : L'economie du Tchad : Situation actuelle et perspectives
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