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Prise en charge à domicile des cas de paludisme chez les enfants de moins de 5 ans dans une zone rurale de République de Guinée / A. B. Diallo ... [et al.]

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Prise en charge a ` domicile des cas de paludisme chez les enfants de moins de 5 ans dans une zone rurale de Re ´ publique de Guine ´e Amadou Baı ¨lo Diallo,1 Gaston De Serres,2 Abdoul Habib Be ´ avogui,1 Claude Lapointe3 et Pierre Viens3 Objectif Evaluer l’aptitude des me ` res d’une zone rurale de Re ´ publique de Guine ´e a ` de ´ celer la fie ` vre chez leurs enfants, et estimer la proportion d’enfants ayant rec ¸ u un traitement antipaludique. Me ´ thodes Nous avons se ´ lectionne ´ des enfants de moins de 5 ans dans 41 villages selon une me ´ thode de sondage en grappes a ` deux degre ´ s. Au cours des visites a ` domicile, nous avons examine ´ les enfants et interroge ´ leur me ` re a ` propos des sympto ˆ mes et du traitement. Re ´ sultats Sur 784 enfants examine ´ s, 23 % e ´ taient fie ´ vreux et plus de la moitie ´ d’entre eux avaient e ´ galement un ` res ont de ´ signe ´ comme malades 63 % des pre ´ le ` vement de sang (goutte e ´ paisse) positif pour Plasmodium. Les me ´ clare ´ s fie ´ vreux par leur me ` re, 55 % avaient une enfants dont la tempe ´ rature e ´ tait 5 37,5 oC. Parmi les enfants de ´ re ´ s comme malades mais non fie ´ vreux par tempe ´ rature normale (<37,5 oC). En revanche, 38 % des enfants conside leur me ` re et 13 % des enfants conside ´ re ´ s comme en bonne sante ´ avaient une tempe ´ rature 5 37,5 oC. Parmi les enfants fie ´ vreux, 18 % avaient rec ¸ u de la chloroquine a ` la maison ou avaient e ´ te ´ conduits au centre de sante ´ ou dans un dispensaire. Conclusion Dans les zones ou ` le paludisme est ende ´ mique, la de ´ tection de la fie ` vre et son traitement pre ´ somptif par des antipaludiques est un e ´ le ´ ment essentiel de la strate ´ gie de l’Organisation mondiale de la Sante ´ (OMS) pour re ´ duire la morbidite ´ palustre. Cette e ´ tude en population montre que, souvent, les me ` res ne de ´ tectent pas la fie ` vre chez leurs enfants et qu’elles ne consultent pas ou ne donnent pas de traitement antipaludique lorsqu’il le faudrait. Faute d’efforts importants pour ame ´ liorer la prise en charge a ` domicile, il est peu probable que l’on parvienne a ` re ´ duire sensiblement la morbidite ´ et la mortalite ´ dues au paludisme chez les jeunes enfants. Mots cle ´ s Paludisme, diagnostic ; Paludisme, chimiothe ´ rapie ; Enfant d’a ˆ ge pre ´ scolaire ; Soins infirmiers a ` domicile ; Comportement maternel ; Chloroquine, usage the ´ rapeutique ; Population rurale ; Enque ˆ te par sondage ; Guine ´ e. Article publie ´ en anglais dans Bulletin of the World Health Organization, 2001, 79(1) : 28-32.

Introduction Le paludisme constitue un proble ` me majeur de sante ´ publique en Afrique subsaharienne (1, 2). Il repre ´sente 20 a ` 50 % de l’ensemble des consultations dans les centres de sante ´ et il est la premie ` re cause de ˆ pitaux (3). La mortalite mortalite ´ dans les ho ´ palustre est estime ´e a ` 2 millions de de ´ ce ` s par an, principalement chez les enfants de moins de 5 ans (1, 2). En Afrique, 10 % des de ´ ce ` s d’enfants de moins de 5 ans sont directement imputables au paludisme. Afin de re ´ duire la morbidite ´ et la mortalite ´ palustres, l’Organisation mondiale de la Sante ´ (OMS) a e ´ labore ´ une strate ´ gie qui comprend, parmi ses e ´ le ´ ments Me ´ decin chercheur, Centre national de Formation et de Recherche en Sante ´ rurale, Mafe ` rinyah, Conakry, B.P. 2649 (Re ´ publique de Guine ´ e). Correspondance : Unite ´ de Recherche en Sante ´ publique, Centre hospitalier universitaire de Que ´ bec, 2400 d’Estimauville, Beauport, G1E 7G9 Que ´ bec (Canada). 2 1

Professeur associe ´ , De ´ partement de Me ´ decine sociale et pre ´ ventive, Faculte ´ de Me ´ decine, Universite ´ Laval, 2180, chemin Sainte-Foy, G1K 7P4 Que ´ bec (Canada). Professeur, De ´ partement de Me ´ decine sociale et pre ´ ventive, Faculte ´ de Me ´ decine, Universite ´ Laval, Que ´ bec (Canada). Re ´ f. : 00-0701

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majeurs, le diagnostic et le traitement pre ´ coces du paludisme (4). Il est ainsi recommande ´ d’administrer des antipaludiques a ` domicile a ` tous les enfants fie ´ vreux (4). Comme de nombreux de ´ ce ` s surviennent dans les 48 heures suivant l’apparition des symptˆ mes, l’impact de cette strate o ´ gie sera optimal si le traitement est administre ´ sans de ´ lai. En ge ´ ne ´ ral, ce sont les me ` res qui de ´ tectent la fie ` vre chez leurs enfants et qui administrent le traitement pre ´ somptif, mais on ne posse ` de que peu de donne ´ es sur ces premie ` res e ´ tapes. La plupart des e ´ tudes portent sur les malades vus dans les centres de sante ´ et les dispensaires, qui repre ´ sentent une proportion fortement se ´ lectionne ´ e de la population infecte ´ e, car la plupart des enfants fie ´ vreux ne sont pas amene ´ s en consultation (5, 6). Conduire leur enfant au centre de sante ´ n’est envisage ´ par les me ` res que comme dernier recours lorsque la maladie ne re ´ pond pas au traitement a ` domicile ou qu’elle est exceptionnellement grave (5, 7, 8). Dans les zones rurales, qui comptent environ 75 % de la population, les me ` res consultent moins souvent que dans les zones urbaines (5). Glick (9) a observe ´ que, dans les zones rurales de Guine ´ e, 33 % des me ` res indiquaient avoir Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 5, 2001

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Organisation mondiale de la Sante ´ , 2001

Prise en charge a ` domicile des cas de paludisme chez les enfants de moins de 5 ans en Guine ´e conduit leur enfant malade a ` un agent de soins de sante ´ lors du dernier e ´ pisode fe ´ brile, contre 69 % des me ` res dans les zones urbaines. La non-utilisation de la chloroquine, comme on pouvait d’ailleurs s’y attendre, e ´ tait associe ´e a ` l’absence d’acce ` s des me ` res aux services de sante ´ . Les me ` res habitant a ` proximite ´ ˆ me d’un e ´ tablissement de soins e ´ taient plus a ` me de consulter et de donner de la chloroquine de ` s le de ´ but de la maladie que celles qui habitaient a ` une plus grande distance (9). Pour le traitement a ` domicile, les me ` res donnaient de pre ´ fe ´ rence des antipyre ´ tiques et des analge ´ siques ainsi que les pre ´ parations a ` base de plantes (5, 9). En ge ´ ne ´ ral, les antipaludiques e ´ taient donne ´s a ` moins de 30 % des enfants fie ´ vreux et e ´ taient essentiellement achete ´s dans des e ´ choppes (5, 9-11). La pre ´ sente e ´ tude avait pour objectif d’e ´ valuer l’aptitude des me ` res a ` de ´ tecter la fie ` vre chez leurs enfants et d’estimer la proportion d’enfants ayant rec ¸ u des antipaludiques a ` domicile comme le recommande l’OMS. pre ´ le ` vement de sang par piqu ˆ re au doigt afin de re ´ aliser une goutte e ´ paisse et un frottis. La goutte e ´ paisse servait a ` confirmer la pre ´ sence ou l’absence de Plasmodium, tandis que le frottis e ´ tait fixe ´ au me ´ thanol et colore ´ au Giemsa en vue d’identifier l’espe ` ce. Les lames ont e ´ te ´ examine ´ es au microscope sous un grossissement de 100 6 et les re ´ sultats ne ´ gatifs n’e ´ taient confirme ´ s qu’apre ` s examen de 100 champs. La densite ´ parasitaire a e ´ te ´ calcule ´ e par la formule : densite ´ parasitaire/ml de sang = nombre de parasites dans 100 champs 6 8000/nombre de leucocytes (14). Les proportions ont e ´ te ´ compare ´ es ´ te ´ re ´ alise ´ es avec les par le test w2, et les analyses ont e logiciels Epi Info (version 5.1, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, Etats-Unis d’Ame ´rique) et SAS (SAS Institute, Cary, NC, Etats-Unis d’Ame ´ rique). L’e ´ tude a e ´ te ´ approuve ´ e par le comite ´ d’e ´ thique du Ministe ` re de la Sante ´ . Le consentement verbal des autorite ´ s locales et du chef de famille a e ´ galement e ´ te ´ recueilli avant le de ´ but des entretiens et des pre ´ le ` vements de sang. Les enfants trouve ´ s malades ont rec ¸ u un traitement imme ´ diat.

Me ´ thodes Cette e ´ tude transversale a e ´ te ´ re ´ alise ´ e entre le ´ vrier et le 30 juin 1996 dans la pre ´ fecture de 1er fe Mafe ` rinyah, une zone rurale situe ´e a ` 75 km de Conakry (Guine ´ e). Cette zone, qui couvre ´ 650 km2, comprend 41 villages, un centre de sante et cinq dispensaires. Sa population est e ´ value ´e a ` 18 000 habitants, dont 17 % de moins de 5 ans (12). Le paludisme y est me ´ soende ´ mique, avec une transmission intense entre mai et novembre, pendant la saison des pluies. Les enfants ont e ´ te ´ se ´ lectionne ´ s par une me ´ thode de sondage en grappes a ` deux degre ´ s dans ˆ tre a ˆ ge les villages et les me ´ nages (13). Ils devaient e ´s de moins de 5 ans et habiter dans la zone d’e ´ tude depuis au moins 6 mois. Tous les me ´ nages se ´ lectionne ´ s ont accepte ´ de participer a ` l’e ´ tude. Les donne ´ es ont e ´ te ´ recueillies au cours d’une visite a ` domicile. Pour chaque enfant, la question : « Cet enfant est-il malade aujourd’hui ? » e ´ tait pose ´e a ` la me ` re. Si celle-ci re ´ pondait par l’affirmative, il lui e ´ tait ˆ mes, d’indiquer leur demande ´ de de ´ crire les sympto dure ´ e et de nommer la maladie. Les questions : « A ˆ mes reconnaissez-vous le paludisme ? » quels sympto et : « Comment avez-vous soigne ´ votre enfant ? » e ´ taient e ´ galement pose ´ es. Le paludisme e ´ tait de ´ signe ´ par les mots foulakoka, dembadimi et dannawali en ` en peul. La fie soussou, dembale en malinke ´ et dionte ` vre ´gangni en soussou, e ´ tait de ´ signe ´ e par les mots fate fadikalaya en malinke ´ et bande no wouli ou ngouleedi bhandu en peul (toutes ces expressions signifiant que le corps est chaud). Utilise ´ s isole ´ ment, ces mots ne sont pas synonymes de paludisme dans ces langues. Chez tous les enfants, la tempe ´ rature axillaire a e ´ te ´ prise avec un thermome ` tre a ` mercure laisse ´ en place pendant 5 minutes, le bras e ´ tant fermement maintenu. Tous les enfants ont e ´ te ´ examine ´ s par un me ´ decin (ABD ou AHB), avec palpation de la rate et Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 5, 2001

Re ´ sultats L’e ´ chantillon se composait de 784 enfants de moins ˆ ge de 5 ans, dont 376 garc ¸ ons (48 %) et 408 filles. L’a moyen e ´ tait de 31 mois. Les donne ´ es ont e ´ te ´ recueillies aupre ` s des 552 me ` res. Seules 38 me ` res (7 %) savaient lire et e ´ crire.

Infection palustre Au total, 36 % des enfants avaient un re ´ sultat positif a ` l’examen de la goutte e ´ paisse (indice plasmodique) et 33 % pre ´ sentaient une sple ´ nome ´ galie (indice sple ´nique). La proportion d’enfants ayant une sple ´ nome ´ galie et une goutte e ´ paisse positive augmentait avec ˆge, passant de 7 % chez les moins de 12 mois a l’a ` 52 % chez les plus de 48 mois. La proportion d’enfants ayant une goutte e ´ paisse positive augmentait ˆge, passant de 12 % chez les moins e ´ galement avec l’a de 12 mois a ` 51 % chez les plus de 48 mois. La proportion d’enfants ayant une densite ´ parasitaire de ˆ me chez tous les enfants de plus 4000/ml e ´ tait la me d’un an, avec une moyenne de 8,5 %. Plasmodium falciparum a e ´ te ´ trouve ´ dans 95,3 % des frottis positifs, tandis que Plasmodium malariae e ´ tait pre ´ sent dans 1,4 % des frottis, comme Plasmodium ovale. Dans 1,9 % des frottis, on a trouve ´a ` la fois P. falciparum et P. malariae. Morbidite ´ objective Sur les 784 enfants examine ´ s, 179 (23 %) avaient de la fie ` vre (tempe ´ rature axillaire 537,5 oC) et plus de la moitie ´ d’entre eux (99 enfants) avait e ´ galement un re ´ sultat positif a ` l’examen de la goutte e ´ paisse. La proportion de re ´ sultats positifs e ´ tait deux fois plus e ´ leve ´ e chez les enfants fie ´ vreux que chez les autres (55 % contre 29 %, p <0,001). La proportion d’enfants ayant une densite ´ parasitaire 5 4000/ml 7

Recherche e ´ tait 4 fois plus e ´ leve ´ e chez les enfants fie ´ vreux (17 % contre 3,6 %, p<0,001), et 2,4 fois plus e ´ leve ´ e chez ceux ayant une tempe ´ rature 5 38,5 oC que chez ceux dont la tempe ´ rature se situait entre 37,5 oC et o 38,4 C (32 % contre 14 %, p 5 0,01). montre que les me ` res ont une aptitude me ´ diocre a ` ˆtre le paludisme, et que de ´ tecter la fie ` vre et a ` reconnaı seule une petite proportion d’enfants atteints de paludisme rec ¸ oivent de la chloroquine a ` domicile ou sont conduits dans un e ´ tablissement de soins. L’estimation (37 %) de la valeur pre ´ dictive positive du diagnostic maternel de paludisme est faible si l’on conside ` re que cette e ´ tude a e ´ te ´ re ´ alise ´ e en zone me ´ soende ´ mique. Cependant, comme la pe ´ riode de collecte des donne ´ es s’e ´ tendait sur 5 mois, mais dont deux seulement (mai et juin) pendant la saison de forte transmission du paludisme qui se situe en Guine ´ e entre mai et novembre, la valeur pre ´ dictive positive du diagnostic maternel devrait en fait de ´ passer cette valeur. Ne ´ anmoins, comme l’incidence du paludisme reste e ´ leve ´ e toute l’anne ´ e malgre ´ les variations saisonnie ` res, notre estimation devrait ˆ tre repre e ´ sentative de la valeur qui serait calcule ´e a ` l’e ´ chelle annuelle. En Gambie, 76 % des cas de paludisme diagnostique ´ s par les me ` res ont e ´ te ´ confirme ´ s par examen clinique et parasitologique, tandis qu’au Cameroun et en Ouganda, ces re ´ sultats e ´ taient respectivement de 45 % et 40 %, soit des ˆ tres (15, 16). L’aptitude des valeurs similaires aux no ˆtre le paludisme d’apre agents de sante ´a ` reconnaı ` s un examen clinique e ´ tait e ´ galement me ´ diocre (16-18). ˆtre Le manque d’aptitude des me ` res a ` reconnaı la fie ` vre e ´ tait plus pre ´ occupant. La tempe ´ rature axillaire n’est pas aussi exacte que la tempe ´ rature rectale. L’erreur la plus probable avec cette technique est la sous-estimation de la tempe ´ rature corporelle re ´ elle ; cela peut avoir conduit a ` sous-estimer l’exactitude des de ´ clarations des me ` res ayant indique ´ que leur enfant e ´ tait fie ´ vreux, mais rend nos re ´ sultats encore plus re ´ serve ´ s en ce qui concerne le sousdiagnostic de la fie ` vre par les me ` res, question cruciale lorsqu’il s’agit du traitement pre ´ coce du paludisme. ˆ me si la fie ˆ me le plus souvent Me ` vre e ´ tait le sympto rapporte ´ chez les enfants de ´ signe ´ s comme malades (215/260), la comparaison entre l’indication de fie ` vre par la me ` re et la tempe ´ rature effectivement mesure ´e montre que les me ` res avaient beaucoup de difficulte ´s a ` de ´ tecter correctement la fie ` vre. En the ´ orie, deux types de situation peuvent fausser cette conclusion. D’abord, la fie ` vre peut avoir disparu entre le moment ou ´ te ´ observe ´ e par la me ` re et l’examen clinique. ` elle a e ˆ tre due au fait qu’il e L’erreur peut alors e ´ tait demande ´ aux me ` res si l’enfant e ´ tait malade aujourd’hui, et non si l’enfant avait actuellement de la fie ` vre, question a ` ˆ tre re laquelle elles auraient peut-e ´ pondu par la ˆ tre apparue ne ´ gative. D’autre part, la fie ` vre peut e re ´ cemment et n’avoir pas encore e ´ te ´ remarque ´ e par la me ` re ; ce deuxie ` me type d’erreur est plus inquie ´ tant en ce qui concerne la pre ´ vention des de ´ ce ` s dus au paludisme et a ` ses complications. Ne ´ anmoins, l’important de ´ saccord entre les observations rapporte ´ es par les me ` res et la tempe ´ rature mesure ´ e laisse fortement supposer que la fie ` vre n’est pas identifie ´e correctement surtout lorsqu’elle est peu e ´ leve ´ e (37,5´ sultats contraires ont e ´ te ´ obtenus en 38,4 oC). Des re Re ´ publique du Ghana, ou ´ que ` Binka (19) a observe les me ` res reconnaissaient bien les maladies fe ´ briles. Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 5, 2001

Morbidite ´ subjective Sur les 179 enfants ayant une tempe ´ rature ´ taient conside ´ re ´s 5 37,5 oC, 63 % (112 enfants) e ˆ me que 64 % comme malades par leur me ` re, de me (63/99) des enfants ayant une tempe ´ rature ´ paisse positive et 84 % 5 37,5 oC et une goutte e (26/31) des enfants ayant une tempe ´ rature ´ signe ´ s comme 5 38,5 oC. Parmi les enfants de fie ´ vreux par leur me ` re, 55 % avaient une tempe ´ rature normale. En revanche, 38 % des enfants de ´ signe ´s comme malades mais non fie ´ vreux par leur me ` re ˆ me que avaient une tempe ´ rature 5 37,5 oC, de me 13 % des enfants conside ´ re ´ s comme en bonne sante ´ (Tableau 1). La proportion d’enfants dont la tempe ´´ tait pas significativement rature e ´ tait 5 37,5 oC n’e plus e ´ leve ´ e chez les enfants de ´ signe ´ s comme malades et fie ´ vreux par leur me ` re que chez ceux de ´ signe ´s comme malades mais non fie ´ vreux (45 % contre 38 %, p = 0,37). Parmi les enfants conside ´ re ´ s comme malades, 33 % (87/260) e ´ taient, d’apre ` s leur me ` re, atteints de paludisme. Parmi ces enfants, la re ´ partition des ˆ mes e sympto ´ tait analogue a ` celle rapporte ´ e lorsque les me ` res donnaient un autre diagnostic, a ` deux diffe ´ rences mineures pre ` s : la fie ` vre e ´ tait indique ´e plus souvent lorsque l’enfant e ´ tait conside ´ re ´ comme atteint de paludisme (90 % contre 80 %, p = 0,05) et la diarrhe ´ e moins souvent (10 % contre 27 %, p = 0,002). En conside ´ rant que seuls les 99 enfants ayant une tempe ´ rature 5 37,5 oC et une goutte e ´ paisse positive e ´ taient d’authentiques cas de paludisme, la sensibilite ´ du diagnostic maternel pour cette maladie e ´ tait de 32 % (32/99), sa spe ´ cificite ´ de 92 % (630/685), sa valeur pre ´ dictive positive de 37 % (32/ 87) et sa valeur pre ´ dictive ne ´ gative de 90 % (630/697) (Tableau 2). Attitude the ´ rapeutique Sur les 179 enfants ayant une tempe ´ rature ¸ u de la chloroquine a ` 5 37,5 oC, 18 % ont rec domicile ou ont e ´ te ´ conduits au centre de sante ´ ou dans un dispensaire (Tableau 3). En utilisant des de ´ finitions de cas cliniques avec diffe ´ rents crite ` res de tempe ´ rature ou de densite ´ parasitaire, la proportion de cas ayant rec ¸ u de la chloroquine ou ayant e ´ te ´ conduits au centre de sante ´ ou dans un dispensaire variait entre 14 % et 24 %. Elle e ´ tait de 34 % chez les enfants dont la me ` re avait indique ´ un diagnostic de paludisme (Tableau 3).

Discussion Cette e ´ tude, re ´ alise ´ e dans une zone rurale de Guine ´e ou ´ s, ` une forte proportion d’enfants sont impalude 8

Prise en charge a ` domicile des cas de paludisme chez les enfants de moins de 5 ans en Guine ´e Dans la pre ´ sente e ´ tude, plus de la moitie ´ des enfants ayant une tempe ´ rature 5 37,5 oC avaient un re ´ sultat positif a ` l’examen de la goutte e ´ paisse, ce qui confirme la ne ´ cessite ´ de donner un traitement antipaludique aux enfants fie ´ vreux et montre la validite ´ de la recommandation de l’OMS qui consiste a ` prendre comme crite ` re une tempe ´ rature axillaire 5 37,5 oC pour administrer un traitement antipaludique dans les zones d’ende ´ mie si la confirmation parasitologique n’est pas possible. Comme peu d’enfants fie ´ vreux sont conduits dans un dispensaire (Tableau 3), c’est principalement la me ` re qui de ´ cide du traitement a ` donner. Comme la sensibilite ´ du diagnostic maternel de paludisme ne permettait d’identifier qu’un cas sur trois, et que parmi ceux-ci 45 % n’ont rec ¸ u aucun traitement et 21 % n’ont rec ¸u qu’un traitement traditionnel, la proportion de cas ayant rec ¸ u un traitement correct e ´ tait tre ` s faible. L’approche the ´ rapeutique varie cependant d’un pays a ` l’autre (20-23). En Gambie rurale, 2,3 % des me ` res donnent de la chloroquine et 79 % du parace ´ tamol ou de l’aspirine lorsqu’elles pensent que l’enfant est atteint de paludisme (24). Au Cameroun, seule une famille sur deux dispose de chloroquine a ` domicile (24). Dans notre e ´ tude, la faible proportion de me ` res donnant de la chloroquine en cas de suspicion de paludisme peut refle ´ ter les croyances locales concerˆ tre nant le traitement correct de cette maladie ou e imputable au cou ` la difficulte ´ ˆ t de la chloroquine ou a de s’en procurer. Il faudra examiner ces facteurs avant d’envisager toute intervention visant a ` ame ´ liorer le traitement du paludisme. Les e ´ tudes sur le diagnostic et le traitement du paludisme portent en ge ´ ne ´ ral sur les activite ´ s des dispensaires et des centres de sante ´ (20, 25, 26). Notre e ´ tude de ´ montre que la grande majorite ´ des enfants atteints de paludisme ne passent pas par le ˆ me s’il est plus probable syste ` me officiel de sante ´ . Me que l’enfant sera vu en consultation s’il est malade, les objectifs du programme de lutte antipaludique ne seront vraisemblablement atteints que si la prise en charge a ` domicile est ame ´ liore ´ e. Cette e ´ tude en population montre la tre ` s grande insuffisance du traitement a ` domicile. Faute d’efforts importants pour ame ´ liorer cette situation, il est peu probable que l’on parvienne a ` re ´ duire sensiblement la morbidite ´ et la mortalite ´ dues au paludisme chez les jeunes enfants. n Tableau 1. Comparaison entre l’indication de fie ` vre donne ´ e par la me ` re et la tempe ´ rature axillaire prise lors de l’examen clinique Indication donne ´e par la me ` re Malade et fie ´ vreux Malade mais non fie ´ vreux En bonne sante ´ Total Tempe ´ rature (% d’enfants) Nombre d’enfants 215 45 524 784 <37,5 oC 37,5-38,4 oC 538,5 oC 55 62 87 77 35 31 12 19 10 7 1 4

Tableau 2. Comparaison entre le diagnostic donne ´ par la me ` re et la pre ´ sence d’une tempe ´ rature 537,5 oC et d’un re ´ sultat positif a ` l’examen de la goutte e ´ paisse Diagnostic donne ´ par la me ` re Paludisme Malade, pas de paludisme En bonne sante ´ Total Nombre d’enfants 87 173 524 784 Tempe ´ rature 537,5 oC et goutte e ´ paisse positive Positifs (%) 37 18 7 13 Ne ´ gatifs (%) 63 82 93 87

Tableau 3. Traitement donne ´ selon diffe ´ rentes de ´ finitions de cas De ´ finition de cas Nombre Pas de Traitement Chloro- Consultad’enfants traitetradi- quine et tion au ment tionnela antipyre ´ - centre tique de sante ´ 260 215 87 179 99 37 35 45 63 64 31 33 21 19 20 19 19 18 14 11 13 14 16 4 4

Remerciements Cette e ´ tude a e ´ te ´ finance ´ e par le Programme spe ´ cial PNUD/Banque mondiale/OMS de Recherche et de Formation concernant les Maladies tropicales (TDR). M. Amadou Baı ¨lo Diallo a be ´ ne ´ ficie ´ d’une bourse du TDR pour une formation en e ´ pide ´ miologie. Les auteurs remercient les autorite ´ s sanitaires de Guine ´ e de leur soutien inconditionnel pendant

Malade, d’apre ` s la me ` re Malade et fie ´ vreux, d’apre ` s la me ` re Paludisme, d’apre ` s la me ` re Tempe ´ rature 537,5 oC Tempe ´ rature 537,5 oC et goutte e ´ paisse positive Tempe ´ rature 5 37,5 oC et indice parasitaire 54000/ml Tempe ´ rature 538,5 oC et goutte e ´ paisse positive Tempe ´ rature 538,5 oC et densite ´ parasitaire 54000/ml a

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Par exemple, me ´ dicaments a ` base de plantes.

tout ce travail. Nous remercions les autorite ´ s, les communaute ´ s et la population de Mafe ` rinyah de leur pre ´ cieuse collaboration.

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Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 5, 2001

Informations clés
Type de document Journal articles
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé