RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2018-30 juin 2019
RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2018-30 juin 2019 WPR/RC70/2 Mise à jour © Organisation mondiale de la Santé 2019 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci-dessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’œuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. L’utilisation de l’emblème de l’OMS est interdite. 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Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. 1. Politique de santé. 2. Planification régionale de la santé. I. Bureau régional OMS du Pacifique occidental. (Classification NLM : WA541). Ventes, droits et licences. Pour acheter des publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande d’utilisation commerciale ou une demande concernant les droits et les licences, voir http://www.who.int/about/licensing. Matériel attribué à des tiers. Si vous souhaitez réutiliser du matériel figurant dans la présente œuvre qui est attribué à un tiers, tel que des tableaux, figures ou images, il vous appartient de déterminer si une permission doit être obtenue pour un tel usage et d’obtenir cette permission du titulaire du droit d’auteur. L’utilisateur s’expose seul au risque de plaintes résultant d’une infraction au droit d’auteur dont est titulaire un tiers sur un élément de la présente œuvre. Clause générale de non-responsabilité. 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Nguyen Sommaire Message du Directeur régional 1 Résumé 4 Poursuivre la mission entreprise 11 Bureau régional OMS du Pacifique occidental 16 Combattre les maladies transmissibles 19 Introduction 20 Redoubler d’efforts pour mettre fin à la tuberculose moyennant un engagement de haut niveau 23 S’appuyer sur les enseignements tirés de l’éradication de la poliomyélite dans la Région 24 Eliminer l’hépatite C chronique au moyen d’une approche de santé publique 25 Renforcer la riposte aux flambées pour accélérer l’élimination du paludisme 26 Lutter contre le retour de la rougeole 27 La sécurité sanitaire dans un monde en mutation 29 Introduction 30 L’approche à long terme de la Mongolie pour renforcer la sécurité sanitaire 33 Suivre et évaluer les menaces qui pèsent sur la sécurité sanitaire dans la Région 34 Apprendre à améliorer constamment les systèmes de gestion de la sécurité sanitaire des aliments au Cambodge 35 Combattre les maladies non transmissibles et promouvoir la santé à tous les âges 37 Introduction 38 Appui à la santé mentale dans les situations d’urgence 41 Donner à chaque enfant le meilleur départ dans la vie 42 Œuvrer au-delà du secteur sanitaire pour améliorer la santé 43 Édifier des systèmes de santé qui ne laissent personne de côté 45 Introduction 46 Lutter contre la résistance aux antimicrobiens 49 Établir des partenariats avec les législateurs en faveur de la CSU 50 Mesurer les progrès accomplis sur la voie de la CSU 51 À l’appui d’une vie en bonne santé et d’un avenir durable pour tous dans le Pacifique 53 Introduction 54 Renforcer la sécurité sanitaire grâce au partenariat 57 Des médicaments plus sûrs dans le Pacifique 58 Inverser la tendance et relever les défis en matière de santé mentale 59 Encadrement, coordination et appui 61 Introduction 62 Renforcer la communication grâce à une nouvelle présence sur le Web 66 Un avenir plus prometteur pour les stagiaires de l’OMS 67 Les centres collaborateurs de l’OMS, des partenaires sans égal 68
MESSAGE DU DIRECTEUR RÉGIONAL 1 J’ai le plaisir de présenter aux États Membres mon premier rapport sur les activités de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans la Région du Pacifique occidental. Le présent rapport, qui couvre la période de juillet 2018 à juin 2019, donne un coup de projecteur sur les progrès que nous avons accomplis en vue d’assurer une meilleure santé au 1,9 milliard d’habitants de la Région, et propose des idées afin de relever les défis sanitaires qui se poseront dans les années à venir. Ce rapport a la particularité de porter sur les mandats de deux Directeurs régionaux : celui du Dr Shin Young-soo, qui a pris fin le 31 janvier 2019, et le mien, qui a débuté le 1er février 2019. Le présent rapport rappelle les réussites du Dr Shin, qui, par sa hauteur de vues, a transformé en une dizaine d’années l’OMS dans la Région du Pacifique occidental en une organisation véritablement centrée sur les pays, et mieux à même d’aider efficacement les États Membres à améliorer la santé de façon appréciable. Dès mon entrée en fonction en tant que Directeur régional, j’ai pris deux engagements : le premier, que je ferais de mon mieux pour tirer le meilleur parti de l’œuvre considérable accomplie par le Dr Shin et veiller à ce qu’elle se poursuive, avec en particulier la même volonté de continuer à améliorer les moyens de mieux soutenir les pays ; le second, qu’il n’y aurait pas de hiatus dans l’action que mène l’Organisation tandis que la meilleure manière de ce faire serait définie. Je veux espérer que ces engagements ressortent clairement des propos qui suivent. Au cours des mois qui se sont écoulés depuis que j’ai pris mes nouvelles fonctions, j’ai visité plus de 20 États et Territoires de la Région. J’ai eu le privilège de rencontrer des dirigeants, des partenaires, des agents de santé et des membres de communautés. J’ai appris en les écoutant comment l’OMS peut renforcer son action plus avant en faveur des États et Territoires de la Région. Ces conversations ont fait ressortir trois messages clés. Premièrement, chaque État Membre est différent et chacun d’entre eux apprécie grandement l’appui direct et personnalisé que l’OMS lui offre afin de répondre à ses propres priorités. Nous devons nous appuyer sur ces solides fondations. Deuxièmement, les États Membres de la Région ont à relever des défis communs, tels que la sécurité sanitaire ; aussi chacun d’entre eux bénéficiera-t-il d’une action collective visant à y faire face. Troisièmement, notre action doit s’inscrire dans une perspective d’avenir. Notre Région est particulièrement dynamique et en évolution rapide. Il nous faut certes continuer à faire ce que nous faisons bien mais les pratiques habituelles ne sauraient suffire pour relever les défis de demain. Pour garder une longueur d’avance, nous nous devons d’anticiper les besoins futurs et de remodeler les systèmes en conséquence. Ces thèmes sont mis en avant dans le Livre blanc Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, qui définit les priorités de notre action dans la Région. Si certains des défis auxquels nous devons faire face sont importants, ils n’en sont pas moins insurmontables. Les innovations et les nouvelles technologies rendent possibles des choses que nous n’aurions pu imaginer il y a 10 ans. Je suis convaincu qu’en tirant parti des nouveaux moyens dont nous disposons et qu’en nous attachant dès aujourd’hui à résoudre les problèmes de demain, nous pouvons convertir les défis à relever en possibilités pour tous. La façon dont nous mettrons à profit les cinq prochaines années déterminera si le Pacifique occidental peut être la Région la plus saine et la plus sûre au monde. Je vous remercie de votre confiance et me réjouis d’avance de poursuivre notre mission. Docteur Takeshi Kasai Directeur régional Message du Directeur régional Samoa Hong Macao (RAS de Chine) Kong (RAS de Chine) Viet Nam Philippines Guam Kiribati Tuvalu Tokélaou Samoa américaines Nioué Tonga Polynésie française Îles Pitcairn Nouvelle-Zélande Îles Cook Îles Marshall Manille : Bureau régional OMS du Pacifique occidental Îles Mariannes du Nord Îles Salomon États fédérés de Micronésie Japon Chine Cambodge République démocratique populaire lao Singapour Australie Nouvelle-Calédonie Nauru Vanuatu Fidji Wallis- et-Futuna Papouasie- Nouvelle-Guinée Malaisie Brunéi Darussalam Mongolie République de Corée Palaos Région OMS du Pacifique occidental États et Territoires 2 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 RÉGION OMS DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 3 Bureaux des Représentants de l’OMS • Cambodge • Chine • Îles Salomon • Malaisie – Zone de responsabilité : Brunéi Darussalam, Malaisie, Singapour • Mongolie • Pacifique sud – Zone de responsabilité : Fidji, Îles Mariannes du Nord, Îles Marshall, Kiribati, Micronésie (États fédérés de), Nauru, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Palaos, Polynésie française, Tonga, Tuvalu, Vanuatu, Wallis-et-Futuna • Papouasie-Nouvelle-Guinée • Philippines • République démocratique populaire lao • Samoa – Zone de responsabilité : Îles Cook, Nioué, Samoa américaines, Samoa, Tokélaou • Viet Nam Bureaux des Attachés de liaison • Kiribati • Micronésie du Nord – Zone de responsabilité : Îles Marshall, Micronésie (États fédérés de), Palaos • Tonga • Vanuatu 4 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Résumé Les États Membres de la Région du Pacifique occidental ont beaucoup progressé dans le domaine de la santé, sous la direction du Dr Shin Young-soo, qui a placé les pays au cœur de l’activité de l’Organisation pendant ses 10 années passées à la tête du Bureau OMS du Pacifique occidental. Avant d’entamer son mandat de Directeur régional en février 2019, le Dr Takeshi Kasai était l’adjoint du Directeur régional, le Dr Shin, ce qui a permis d’assurer une transition sans heurt et la poursuite des activités de l’Organisation. Le programme du Dr Kasai pour les cinq prochaines années est défini dans le Livre blanc intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, élaboré en étroite consultation avec les États Membres et les partenaires. Le Dr Kasai y témoigne de sa volonté résolue de mener à bien les réformes engagées par le Dr Shin et d’en tirer parti pour relever les défis de demain et faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde. Le présent rapport donne un coup de projecteur sur les avancées réalisées par l’Organisation pour assurer une meilleure santé au 1,9 milliard d’habitants de la Région, et propose des idées pour relever les défis sanitaires qui se poseront probablement dans les années à venir. Combattre les maladies transmissibles Ces 10 dernières années, l’OMS s’est concentrée sur la nécessité de mettre définitivement fin aux maladies infectieuses qu’elle combat depuis sa création, notamment la dengue, l’hépatite, le paludisme, la rougeole et la tuberculose. En dépit des grands progrès de la lutte contre les maladies transmissibles, celles-ci demeurent les principaux facteurs de morbidité et de mortalité dans la Région du Pacifique occidental. Au cours de l’année écoulée, la Région est demeurée exempte de poliomyélite ; la rougeole et la rubéole ont été éliminées dans neuf et cinq États et Territoires, respectivement. Un seul pays n’a pas encore éliminé le tétanos maternel et néonatal. La couverture régionale du vaccin antidiphtérique- antitétanique-anticoquelucheux s’est maintenue au- dessus de 97 %. En réponse au lourd fardeau que représente l’hépatite dans la Région, l’OMS a préconisé une action rapide et intensive centrée sur les pays. Dix-sept pays ont mis au point ou préparent actuellement des plans d’action nationaux contre l’hépatite, et un nombre croissant de pays peut désormais accéder à des médicaments moins coûteux pour le traitement. Vingt-quatre États et Territoires avaient atteint, en mars 2019, l’objectif de ramener à moins de 1 % la prévalence de l’antigène de surface du virus de l’hépatite B chez les enfants de 5 ans, à l’horizon 2017. La Région a également accompli des progrès non négligeables dans la lutte contre la tuberculose, le nombre de décès imputables à la maladie ayant reculé de 7 % et celui des nouveaux cas de 3 % entre 2015 et 2017, dernière année pour laquelle on dispose de données complètes. Les États Membres appliquent désormais de nouvelles stratégies, englobant l’utilisation d’outils de diagnostic rapide, le dépistage systématique des cas et l’intensification de la prise en charge programmatique de la tuberculose pharmacorésistante, en vue de réaliser de nouvelles avancées. La riposte au VIH demeure efficace dans la Région : 73 % des personnes vivant avec le VIH ont été diagnostiquées en 2018, 59 % ont bénéficié d’un traitement et 55 % présentent une suppression virale. En octobre 2018, la Malaisie est devenue le premier pays de la Région à obtenir de l’OMS la certification d’élimination de la transmission mère-enfant du VIH et de la syphilis. RÉSUMÉ 5 En outre, les pays d’endémie palustre ont continué de se rapprocher de leur objectif d’élimination, alors même que les flambées survenues au Cambodge, aux Îles Salomon et en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont entraîné un accroissement de l’incidence du paludisme en 2018. D’importants progrès continuent également d’être accomplis sur la voie de l’élimination des principales maladies tropicales négligées en tant que problèmes de santé publique, notamment la filariose lymphatique et le trachome cécitant. Le Dr Kasai s’est engagé à redoubler d’efforts pour vaincre ces ennemis de toujours et venir en aide aux laissés-pour-compte afin de mettre fin aux grandes épidémies de maladies transmissibles d’ici à 2030. La sécurité sanitaire dans un monde en mutation Le Pacifique occidental a fait des progrès remarquables dans le renforcement des systèmes de sécurité sanitaire, qui jouent un rôle décisif dans une Région constamment menacée par de nouvelles maladies infectieuses et des épidémies, des catastrophes naturelles et l’insécurité alimentaire. Il n’en faut pas moins améliorer ces systèmes constamment afin de relever des défis de plus en plus complexes. Une action énergique est menée dans la Région depuis près de 15 ans pour mettre en place de solides systèmes de sécurité sanitaire. Pendant une grande partie de cette période, la Stratégie Asie- Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique et ses versions antérieures ont sous-tendu les efforts conjoints visant à renforcer l’application du Règlement sanitaire international, également appelé RSI (2005). Depuis la mise en œuvre de la Stratégie, les États Membres ont perfectionné les systèmes de sécurité sanitaire en formant et en déployant des équipes d’intervention rapide, en établissant des systèmes de surveillance, en informant des épidémiologistes de terrain, en développant les réseaux de laboratoires, en améliorant la communication sur les risques, en ouvrant des centres d’opérations d’urgence et en créant des équipes médicales d’urgence (EMU). De la même manière, l’action collective menée pour renforcer les systèmes nationaux de sécurité sanitaire des aliments et de gestion des risques de catastrophe pour la santé s’est inspirée des cadres régionaux. Il y a près de 10 ans, l’OMS a créé, dans la Région, la Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence en vue d’harmoniser le travail des unités chargées de la surveillance et des interventions, de l’action humanitaire et de la sécurité sanitaire des aliments. Cette restructuration illustrait l’ambition que l’ancien Directeur régional, le Dr Shin, avait de réunir le personnel et les ressources au sein d’une même équipe afin de mettre en place une plateforme commune qui permettrait de faire face à toutes les menaces pesant sur la sécurité sanitaire, anticipant ainsi de six ans l’élaboration du Programme mondial de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS. Une mère emmenant son enfant dans un centre communautaire de dépistage de la tuberculose à Suva (Fidji). Le Gouvernement s’est engagé à mener à bien la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose visant à éliminer l’épidémie mondiale d’ici à 2035. Au cours de l’année écoulée, l’Organisation a continué de se concentrer sur l’amélioration des systèmes de sécurité sanitaire établis durant la décennie précédente. Aujourd’hui, les 27 pays de la Région ont mis en place une surveillance des événements ou une surveillance syndromique, voire les deux, qui leur permet de déceler rapidement les signes précurseurs d’une flambée épidémique ou d’une urgence de santé publique. L’ensemble des pays insulaires du Pacifique participent désormais au Système océanien de surveillance syndromique. Depuis 2016, 11 pays de la Région ont procédé à l’évaluation extérieure conjointe des capacités requises au titre du RSI (2005), dont trois depuis juillet 2018. Ces 12 derniers mois, trois équipes médicales d’urgence ont obtenu une certification internationale, soit l’équipe d’assistance médicale d’urgence des Fidji et les équipes de Macao (région administrative spéciale de Chine) et de Tianjin en Chine, ce qui porte à 10 le nombre d’EMU de la Région reconnues au niveau international, soit plus d’un tiers du chiffre mondial. Ces systèmes et ces outils ont aidé les États Membres et l’OMS à riposter rapidement aux flambées, aux maladies émergentes et aux urgences survenues au cours de l’année écoulée, qu’il s’agisse de l’épidémie de poliovirus en Papouasie- Nouvelle-Guinée, des crues soudaines en République démocratique populaire lao, du syndrome respiratoire au Moyen-Orient en République de Corée ou du typhon Mangkhout aux Philippines. Dans son Livre blanc, le Dr Kasai, définit la sécurité sanitaire comme l’une des questions auxquelles les États Membres accorderont une attention prioritaire à l’avenir. Chargé de diriger la Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence à sa création, le Dr Kasai a consacré une bonne partie de sa carrière à faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde. Des agents de santé de Konn Mum et du centre sanitaire de Toeun (province de Ratanakiri) s’exprimant sur les soins de première ligne administrés afin d’améliorer la santé et le bien-être du peuple cambodgien. 6 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Combattre les maladies non transmissibles et promouvoir la santé à tous les âges Les maladies non transmissibles (MNT), principalement le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et le diabète, sont responsables de quatre décès prématurés sur cinq dans la Région du Pacifique occidental. Autrefois considérées comme un fléau des pays développés les plus riches, elles prélèvent aujourd’hui un tribut de plus en plus lourd sur tous les pays de la Région. Ainsi, lors des consultations tenues par le Dr Kasai auprès des États Membres pour l’élaboration du Livre blanc, les MNT et le vieillissement de la population sont apparues comme des priorités majeures. Afin de combattre les maladies non transmissibles et de favoriser le vieillissement en bonne santé, l’OMS continuera de privilégier les initiatives nationales axées sur l’innovation qui visent à intensifier la sensibilisation à la santé en s’appuyant sur des « porte-parole » de la santé et d’autres secteurs, et à promouvoir le dialogue et les partenariats stratégiques. Les changements climatiques et la pollution de l’environnement figurent parmi les principales menaces mises en avant par les États Membres. Celles-ci touchent surtout les États et Territoires insulaires de faible altitude du Pacifique, les pays de la sous-région du Grand Mékong et les pays en voie d’industrialisation rapide. Dans des domaines plus traditionnels tels que la santé maternelle et infantile, la lutte antitabac et la santé cardiovasculaire, les États Membres de la Région ont réalisé de grandes avancées. La mortalité néonatale a été ramenée à moins de 10 décès pour 1000 naissances vivantes dans quatre des huit pays de la Région les plus touchés. Le nombre de consommateurs adultes de tabac a atteint un sommet de 392 millions de personnes en 2010 mais devrait reculer de 21 millions d’ici à 2025, en grande partie grâce aux mesures prises par les États Membres, notamment la hausse des taxes sur le tabac, l’apposition de mises en garde explicites sur l’emballage des produits du tabac, l’expansion des lieux publics non-fumeurs, ainsi que l’interdiction de la publicité et de la promotion. Dans le cadre de la lutte contre le cancer, l’OMS organise, depuis 2013, avec le Centre national de lutte contre le cancer de la République de Corée, des ateliers annuels sur l’encadrement et le renforcement des capacités, qui ont donné lieu à de nouvelles initiatives dans plusieurs pays. L’incidence accrue des MNT et le vieillissement de la population ont fait de la réadaptation une composante essentielle de l’aide visant à assurer les meilleures conditions de vie aux personnes agées, affaiblies ou handicapées. La lutte contre les MNT est une priorité dans la Région depuis 10 ans, et le Dr Kasai s’est engagé à renforcer l’appui centré sur les pays pour aider les États Membres à écarter ces menaces qui pèsent lourdement sur la santé de la population. Édifier des systèmes de santé qui ne laissent personne de côté La Région a connu une remarquable amélioration de la santé publique ces 10 dernières années mais les progrès n’ont pas été répartis équitablement. De profondes inégalités persistent dans la couverture des services essentiels et l’accès aux services de santé, aussi bien d’un pays à l’autre qu’au sein de chacun d’entre eux. Afin d’y remédier, l’OMS a intensifié son appui aux États Membres, en s’appuyant sur le cadre d’action La couverture sanitaire universelle : la voie vers une meilleure santé, approuvé par le Comité régional en octobre 2015. Le cadre d’action met l’accent sur les cinq caractéristiques des systèmes de santé (qualité, efficacité, équité, responsabilité, ainsi que durabilité et résilience) et propose aux États Membres des orientations sur les mesures prioritaires à prendre pour instaurer la couverture sanitaire universelle (CSU). S’inspirant de ce cadre, le Comité régional a approuvé, en octobre 2018, des plans d’action régionaux sur la cybersanté, la planification hospitalière et les cadres juridiques pour la santé, qui contribueront à renforcer davantage les systèmes sanitaires et faciliteront la mise en place de la CSU. RÉSUMÉ 7 Les activités suivantes visant à renforcer les cinq caractéristiques susmentionnées donnent un aperçu de l’action menée dans la Région pour promouvoir la CSU. Au cours de l’année écoulée, l’OMS a œuvré avec les Ministères de la santé du Cambodge, de la Chine, de la Mongolie, de la République démocratique populaire lao et du Viet Nam afin de rendre les services de santé plus efficaces et plus sûrs en créant un réseau régional de collaboration visant à mettre en commun les données d’expérience qui éclaireront l’élaboration des plans d’action nationaux. Afin d’accroître l’efficacité, l’Organisation a aidé la Mongolie à élaborer une plateforme nationale d’assurance-maladie destinée à couvrir les paiements aux prestataires de soins de santé primaires. Les questions d’équité ont été abordées début 2019 dans le cadre d’un examen systématique des inégalités en santé dans la Région. L’OMS a renforcé le principe de responsabilité en continuant de soutenir les efforts déployés par les pays pour améliorer les systèmes d’enregistrement des faits d’état civil et d’établissement des statistiques de l’état civil, qui représentent la source la plus fiable de données sur la fécondité, la mortalité et les causes de décès. La durabilité et la résilience de la vaccination systématique et des services de santé de base en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont été mises à mal par le tremblement de terre et la flambée de poliovirus survenus en 2018. Au moyen d’une approche systémique, l’OMS a collaboré étroitement avec le Ministère de la santé et ses partenaires pour mettre en place, aux niveaux national et provincial, des mécanismes de coordination à l’appui de la vaccination contre la poliomyélite et de la surveillance des flambées épidémiques. L’avenir offrira de nombreuses possibilités de partager des données d’expérience et de renforcer les approches dans la Région pour s’attaquer aux inégalités entre les sexes et au manque d’équité dans le domaine de la santé. Les mesures prises devraient rendre les programmes et les services de santé plus efficaces, et non seulement permettre d’améliorer les résultats sanitaires mais également garantir que les dépenses de santé n’appauvrissent pas ceux qui doivent se soigner. La couverture sanitaire universelle garantit l’accès aux services de santé et la protection financière nécessaires pour tous, y compris pour ces femmes assises aux côtés du Directeur régional dans un centre de santé à Cao Bang (Viet Nam). 8 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Dans les orientations qu’il a définies avec les États Membres et les partenaires durant les cinq premiers mois de son mandat, le Dr Kasai préconise une approche systémique visant à poursuivre la mission entreprise par le Dr Shin en vue d’établir des systèmes de santé robustes offrant des services de qualité qui aillent de pair avec la couverture sanitaire universelle et une action sanitaire durable. Promouvoir une vie en bonne santé et un avenir durable pour tous dans le Pacifique En créant, en 2010, la Division Appui technique dans le Pacifique, le Dr Shin a recentré les efforts de l’OMS sur les résultats au niveau national. Sur le plan de la santé publique, la Division fournit, en temps voulu, un appui adapté aux besoins particuliers des 21 États et Territoires insulaires du Pacifique. Le Dr Kasai s’est engagé à ce que l’appui adapté à chaque pays demeure une priorité centrale de l’OMS. Pour une grande partie de ses travaux, la Division s’inspire du concept des îles-santé, formulé en 1995 et retenu comme thème fédérateur de la protection et de la promotion de la santé dans le Pacifique, qui complète l’approche globale et multisectorielle définie dans le treizième programme général de travail 2019- 2023, feuille de route mondiale de l’Organisation. Au nombre des multiples défis qu’elle s’emploie à relever dans le Pacifique, l’OMS se consacre surtout à combattre les maladies non transmissibles et à renforcer la sécurité sanitaire, s’agissant en particulier d’améliorer la préparation et la riposte aux catastrophes et de faire face aux effets des changements climatiques sur la santé. Le renforcement des systèmes sanitaires et les problèmes de santé multisectoriels, tels que les maladies non transmissibles, figurent parmi les autres priorités du Pacifique. L’appui accru aux situations d’urgence, la bonne progression du projet de plateforme de réglementation des médicaments et l’assistance renforcée en santé mentale sont autant de réalisations remarquables accomplies dans le Pacifique au cours de l’année écoulée. L’OMS a également œuvré de concert avec les États Membres et des experts pour élaborer le Plan d’action sur les changements climatiques et la santé dans les îles du Pacifique, qui s’inspire des plans nationaux sur les changements climatiques et leurs effets sur la santé mis en œuvre sous l’impulsion du Dr Shin. L’action de l’OMS dans le Pacifique a également porté sur le renforcement des capacités essentielles requises au titre du RSI (2005) et sur l’amélioration de la prestation des services en situation d’urgence. En outre, l’Organisation a renforcé son appui aux systèmes de santé en faveur de l’instauration de la CSU, en soutenant notamment un programme quinquennal de modernisation des soins de santé primaires en Polynésie française. Les efforts de promotion de la santé et de prévention ont permis d’améliorer les comportements en facilitant l’adoption de mesures antitabac destinées à renforcer la législation et son application et à élargir l’accès aux services de sevrage tabagique. L’ambitieux programme du Dr Kasai, qui vise à maintenir les pays au cœur de l’activité de l’Organisation et à continuer d’obtenir des résultats axés sur les pays, contribuera à assurer une vie saine et résiliente, et un avenir durable aux habitants du Pacifique. Une agente de santé administrant des soins de santé de base dans un centre communautaire à Nukunuku (Tonga). Le concept des îles-santé sert de thème fédérateur pour la promotion et la protection de la santé dans le Pacifique. RÉSUMÉ 9
Poursuivre la mission entreprise L’ancien Directeur régional, le Dr Shin Young- soo, et le nouveau Directeur régional, le Dr Takeshi Kasai, lors d’une table ronde sur la CSU et ses bienfaits sur les conditions de vie. 12 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Sous la conduite de l’ancien Directeur régional, le Dr Shin Young-soo, l’OMS et les États Membres de la Région du Pacifique occidental ont réalisé de grandes avancées en matière de santé. Les réformes conduites par le Dr Shin, qui placent les pays au cœur de l’action menée par l’Organisation, seront activement poursuivies. Le Dr Takeshi Kasai a occupé les fonctions de Directeur régional adjoint aux côtés du Dr Shin, ce qui a permis d’assurer une transition harmonieuse entre les deux Directeurs régionaux et la continuité dans les activités de l’OMS. Par les orientations pour les cinq années à venir définies dans les cinq premiers mois de son mandat, le Dr Kasai témoigne de sa volonté résolue de mener à bien les réformes engagées par le Dr Shin dans la Région du Pacifique occidental, et d’en tirer parti pour relever les défis de demain. Une culture du changement Sous la direction du Dr Shin, la Région s’est forgé une réputation de chef de file à l’OMS dans bien des domaines. Le Dr Shin était un réformateur : le bilan de l’évolution de l’Organisation sous sa conduite établi en 2016, mettant à son actif plus de 800 actions de changement, en atteste amplement. Par sa direction éclairée, il a instauré un souci constant d’améliorer les méthodes de travail en vue de mieux appuyer les pays. L’unité Appui aux pays a été créée au Bureau régional pour répondre directement aux besoins des pays. La Division Appui technique dans le Pacifique a été établie à Suva (Fidji) afin de pourvoir aux besoins particuliers des États et Territoires insulaires du Pacifique. La Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence a été créée pour renforcer la préparation et la riposte aux urgences et ce, des années avant l’établissement du Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire. Le Dr Shin a instauré une culture d’unité dans le travail au Bureau régional et dans les bureaux de pays afin de relever les défis de santé de plus en plus complexes et multisectoriels. L’OMS dans le Pacifique occidental est désormais une organisation plus efficace et rationnelle, et plus axée sur les personnes et les pays. Des progrès dans la lutte contre les ennemis de toujours pour atteindre les exclus Sous la direction du Dr Shin, la Région a accompli des progrès non négligeables dans la lutte contre les ennemis de toujours, notamment les maladies transmissibles et les décès maternels et néonatals, activité de base de l’OMS. Les États Membres ont fait reculer la mortalité maternelle et infantile en élargissant l’accès aux soins, y compris l’accouchement et la vaccination en établissement. La Région a atteint les objectifs du Millénaire pour le développement (2015) concernant la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. Des cibles ambitieuses de réduction de l’hépatite B ont été atteintes, ce qui a permis de prévenir environ 40 millions de nouvelles infections et de sauver plus de 7 millions de vies, et d’enrichir en même temps la gamme de soins destinés aux personnes atteintes d’infection hépatique chronique. Le présent rapport arrive toutefois à un moment opportun, bon nombre de pays étant sur le point d’atteindre des cibles essentielles dans l’élimination de certaines maladies. Au nombre des diverses missions à accomplir, des efforts accrus devront être faits pour venir en aide aux laissés-pour-compte, et de nouvelles approches élaborées pour soutenir la lutte contre les ennemis de toujours. Maintenir la Région en sécurité Il y a 10 ans, la Région du Pacifique occidental n’était pas pleinement préparée à faire face aux flambées de maladies infectieuses et à d’autres urgences de santé publique, une position dangereuse pour cette partie du monde qui est depuis longtemps un foyer de catastrophes et de maladies infectieuses émergentes. Après une décennie d’investissements dans la préparation et la riposte, notamment la surveillance des événements, l’évaluation systématique des POURSUIVRE LA MISSION ENTREPRISÉ 13 risques, les équipes d’intervention d’urgence, les centres d’opérations d’urgence et la formation à l’épidémiologie de terrain, la Région est bien placée pour relever ces défis. Le renforcement des capacités des États Membres, sous-tendu par l’approche systématique inscrite dans la Stratégie Asie-Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique a aidé les pays à gérer les menaces pesant sur la sécurité sanitaire. Il a également permis aux pays de se préparer et de faire face aux typhons et aux cyclones, aux inondations, aux incidents d’origine alimentaire et à d’autres événements potentiellement catastrophiques. Bien que la capacité de détecter les menaces de sécurité sanitaire et d’y faire face n’ait jamais été aussi forte, le contexte a radicalement changé. Le volume et la rapidité des mouvements de personnes et de marchandises sont sans précédent. Les moyens d’accès à l’information sont plus diversifiés, et le recours aux médias sociaux s’est généralisé. La prochaine pandémie de grippe peut survenir à tout instant. Dans ce contexte en rapide évolution, il est nécessaire d’améliorer les systèmes en permanence. Combattre les nouvelles menaces Alors que la lutte contre les ennemis de toujours se poursuit, de nouvelles menaces sont apparues, telles que les maladies non transmissibles, la résistance aux antimicrobiens et les effets des changements climatiques. En dépit de la complexité de ces phénomènes, les États Membres de la Région ont progressé sur de nombreux fronts sous la direction du Dr Shin. L’ancien Directeur régional administrant un vaccin oral contre la poliomyélite à des enfants de Lae dans le cadre d’une campagne nationale menée en Papouasie-Nouvelle-Guinée. 14 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Davantage de pays adoptent des mesures éprouvées dans la lutte antitabac, notamment les mises en gardes sanitaires explicites et bien visibles. La Région joue un rôle précurseur quant à la prise de mesures telles que le conditionnement neutre des produits du tabac. Elle devrait compter 21 millions de fumeurs de moins dans les six prochaines années. Plusieurs plans d’action régionaux ont été élaborés, axés notamment sur la couverture sanitaire universelle, les objectifs de développement durable et la lutte contre les nouvelles menaces. Ils reposent tous sur une approche multisectorielle. Ainsi, l’OMS collabore avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé animale en vue de vaincre la résistance aux antimicrobiens. Sur la question des changements climatiques, le Dr Shin a privilégié l’appui aux pays qui présentent l’empreinte carbone la plus faible mais qui sont les plus touchés. En vue de mieux aider les pays à relever ce défi, il a également lancé la création du Centre Asie-Pacifique de l’OMS pour l’environnement et la santé, implanté en République de Corée. Étant donné que les menaces qui pèsent sur la santé sont généralement dues à la rapidité du développement dans la Région, la tendance devrait s’accentuer. Les défis sont complexes mais pas insurmontables. Il s’agit de se préparer à écarter les menaces sanitaires qui se font jour. Une nouvelle direction apte à relever les défis à venir Un engagement soutenu touchant toutes les questions susmentionnées (sécurité sanitaire, y compris résistance aux antimicrobiens, maladies non transmissibles et vieillissement, changements climatiques et santé environnementale, et poursuite de la lutte contre les maladies infectieuses et la mortalité maternelle et infantile) sous-tendra l’action de l’OMS dans la Région pour les cinq années à venir, comme les priorités thématiques énoncées par le Dr Kasai dans son Livre blanc le préconisent. L’atténuation des effets des changements climatiques et environnementaux sur la santé demeure une priorité dans la Région. L’ancien Directeur régional (à gauche) a lancé la création à Séoul du Centre Asie-Pacifique de l’OMS pour l’environnement et la santé dans la Région du Pacifique occidental. POURSUIVRE LA MISSION ENTREPRISÉ 15 Le Livre blanc est un plan d’application du treizième programme général de travail 2019-2023 de l’OMS dans la Région. Il ne définit pas seulement les principaux axes d’orientation mais propose également des méthodes novatrices et différentes permettant de répondre collectivement aux problèmes de santé actuels et futurs. Il a été élaboré en étroite concertation avec les États Membres, les partenaires et le personnel de l’Organisation. À ce jour, peu de documents de l’OMS dans la Région ont fait l’objet de consultations aussi approfondies. Peu après son entrée en fonction, le Dr Kasai a organisé une retraite à l’intention des 600 membres du personnel de la Région afin qu’ils participent à l’élaboration du projet de Livre blanc. Pendant ces trois jours, la visioconférence et les médias sociaux ont également permis de communiquer avec le personnel de 11 pays répartis sur six fuseaux horaires. Depuis avril, la rédaction du Livre blanc a fait l’objet de vastes consultations avec les États Membres, en ligne et en personne, notamment à l’occasion des visites effectuées par le nouveau Directeur régional dans la Région. Le Dr Kasai a également convoqué le tout premier Forum des partenaires de la Région du Pacifique occidental. Les débats se sont déroulés en ligne et par vidéodiffusion en direct, un moyen de réaliser des économies non négligeables sur les frais de voyage et de réunion, et de réduire les émissions de carbone. Le niveau de participation des partenaires a été excellent, y compris lors d’une discussion consacrée aux jeunes. Le but du Dr Kasai et de son équipe, partagé par les États Membres et les partenaires, est simple : faire du Pacifique occidental la Région la plus sûre et la plus saine au monde. Le Livre blanc nous montre comment poursuivre la mission entreprise et tirer parti des possibilités nouvelles. En nous attachant dès aujourd’hui à résoudre les problèmes de demain, nous pouvons convertir les défis à relever en possibilités pour tous. Le Directeur régional et le personnel du bureau de liaison de pays visitant une maternité à l’hôpital de Tungaru à Tarawa- Sud (Kiribati). L’OMS demeure résolue à maintenir les acquis obtenus en matière de survie de la mère et de l’enfant. Bureau régional OMS du Pacifique occidental La structure des Divisions du Bureau régional OMS du Pacifique occidental vise à simplifier les opérations et à renforcer l’appui aux pays, au titre du programme de réforme régionale. WR : Représentant de l’OMS CLO : Attaché de liaison DIRECTEUR RÉGIONAL (RD) DIRECTEUR, ADMINISTRATION ET FINANCES DIRECTEUR, APPUI TECHNIQUE DANS LE PACIFIQUE DIRECTEUR, MALADIES TRANSMISSIBLES DIRECTEUR, SYSTÈMES DE SANTÉ DIRECTEUR, MNT ET PROMOTION DE LA SANTÉ À TOUTES LES ÉTAPES DE LA VIE DIRECTEUR, SITUATIONS D’URGENCE, PROGRAMME DES URGENCES SANITAIRES DIRECTEUR, SÉCURITÉ SANITAIRE ET SITUATIONS D’URGENCE WR, CAMBODGE WR, CHINE WR, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE POPULAIRE LAO WR, MALAISIE WR, MONGOLIE WR, PAPOUASIE- NOUVELLE-GUINÉE WR, PHILIPPINES WR, VIET NAM WR, SAMOA WR, ÎLES SALOMON WR, PACIFIQUE SUD CLO, États fédérés de Micronésie CLO, Kiribati CLO, Tonga CLO, Vanuatu DIRECTEUR, GESTION DES PROGRAMMES DIRECTEUR, BUREAU DU DIRECTEUR RÉGIONAL 16 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 BUREAU RÉGIONAL OMS DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 17 Divisions et programmes DIVISION PROGRAMME Directeur, Gestion des programmes (DPM) Élaboration des programmes et suivi des opérations Appui aux pays Services de rédaction Directeur, Administration et Finances (DAF) Budget et finances Gestion des ressources humaines Technologies de l’information et administration Directeur, Bureau du Directeur régional (EXD) Relations extérieures et partenariats Communication Produits et services d’information Directeur, Maladies transmissibles (DCD) Programme élargi de vaccination Paludisme, autres maladies à transmission vectorielle et maladies parasitaires VIH, hépatite et infections sexuellement transmissibles Halte à la tuberculose et élimination de la lèpre Directeur, Systèmes de santé (DHS) Politiques de santé et financement Prestations de services intégrés Médicaments et technologies sanitaires essentiels Renseignements sur la santé et innovation Équité et déterminants sociaux Directeur, Maladies non transmissibles et Promotion de la santé à toutes les étapes de la vie (DNH) Maladies non transmissibles et promotion de la santé Initiative pour un monde sans tabac Santé mentale et abus de substances Santé reproductive et santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent Santé et environnement Violence et traumatismes Handicaps et réadaptation Nutrition Directeur, Situations d’urgence Programme des urgences sanitaires (RED) / Directeur, Sécurité sanitaire et Situations d’urgence (DSE) Maladies émergentes : surveillance et action Gestion des risques sanitaires en cas de catastrophe Sécurité sanitaire des aliments Directeur, Appui technique dans le Pacifique (DPS) Sécurité sanitaire et maladies transmissibles Systèmes de santé Maladies non transmissibles et promotion de la santé à toutes les étapes de la vie Un poste de responsable de la conformité et de la gestion des risques, relevant directement du Directeur régional, a été créé. Les programmes imprimés en caractères normaux sont dirigés par les coordonnateurs (domaines techniques) et les responsables (domaines administratifs). Les programmes imprimés en caractères italiques sont dirigés par les responsables techniques, sous la supervision directe de leurs directeurs respectifs.
Combattre les maladies transmissibles Introduction Redoubler d’efforts pour mettre fin à la tuberculose moyennant un engagement de haut niveau S’appuyer sur les enseignements tirés de l’éradication de la poliomyélite dans la Région Eliminer l’hépatite C chronique au moyen d’une approche de santé publique Renforcer la riposte aux flambées pour accélérer l’élimination du paludisme Lutter contre le retour de la rougeole Un agent de santé (à gauche) d’un dispensaire communautaire enseignant à une famille les méthodes de dépistage rapide, de prévention et de maîtrise du paludisme à Khanh Hoa (Viet Nam). Le renforcement de la surveillance est essentiel à l’élimination du paludisme dans la Région. 20 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Introduction Les États Membres de la Région du Pacifique occidental ont remporté d’énormes succès dans la lutte contre les maladies transmissibles grâce à la mise en œuvre d’interventions efficaces, centrées sur les pays, telles que préconisées et renforcées sous l’impulsion de l’ancien Directeur régional, le Dr Shin Young-soo. Toutefois, plusieurs maladies, parmi lesquelles la dengue, l’hépatite, le paludisme, la rougeole et la tuberculose, demeurent responsables d’une lourde charge de morbidité et de mortalité dans plusieurs pays de la Région. Ces 10 dernières années, l’action menée contre ces maladies infectieuses s’est orientée vers la nécessité de porter un coup décisif aux maladies contre lesquelles l’OMS se bat depuis sa création. Le Directeur régional, le Dr Takeshi Kasai, s’est engagé à redoubler d’efforts pour s’attaquer à ces ennemis de toujours et venir en aide aux laissés-pour- compte dans les années à venir afin d’éliminer ou d’interrompre l’épidémie des maladies transmissibles. L’action menée depuis 10 ans par les États Membres, avec le concours de l’OMS et d’autres partenaires, a contribué à franchir bien des étapes essentielles aux niveaux mondial et régional, notamment la réalisation d’un bon nombre de cibles des objectifs du Millénaire pour le développement à l’échéance de 2015. Avec l’appui de l’Organisation, les États Membres s’emploient à atteindre les objectifs de développement durable afin de mettre fin à l’épidémie des principales maladies transmissibles d’ici à 2030. Le Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental réuni en octobre 2014 a approuvé le Cadre régional d’application du Plan d’action mondial pour les vaccins. L’application du Cadre régional a permis de renforcer les systèmes de vaccination et les programmes de lutte contre les maladies transmissibles dans la Région et, ainsi, d’obtenir de meilleurs résultats. La lutte contre les maladies transmissibles a bien progressé au cours de l’année écoulée. La Région est demeurée exempte de poliomyélite, et la rougeole et la rubéole ont été éliminées dans neuf et cinq États et Territoires, respectivement. Un seul pays n’est pas parvenu à éliminer le tétanos maternel et néonatal. Une flambée de poliovirus dérivé d’une souche vaccinale a été endiguée en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le dernier cas confirmé ayant été notifié en octobre 2018. En mars 2019, 24 États et Territoires avaient déjà atteint l’objectif fixé pour 2017 consistant à ramener à moins de 1 % la prévalence chez les enfants de 5 ans de l’antigène de surface du virus de l’hépatite B, signe d’une infection récente. La couverture régionale du vaccin antidiphtérique-antitétanique-anticoquelucheux s’est maintenue au-dessus de 97 %. La Région a également réalisé de grandes avancées dans la lutte contre la tuberculose, le nombre de décès imputables à la maladie ayant reculé de 7 % et celui des nouveaux cas de 3 % entre 2015 et 2017, dernière année pour laquelle on dispose de données complètes. Toutefois, la tuberculose demeure un problème de santé publique majeur, son taux d’incidence ayant diminué trop faiblement. Les activités menées dans ce domaine sont sous- tendues par le Cadre d’action régional pour la mise en œuvre de la Stratégie visant à mettre un terme à la tuberculose dans le Pacifique occidental 2016- 2020, approuvée par le Comité régional en octobre 2015. L’adoption d’une approche centrée sur les pays a permis de bien progresser dans l’application du Cadre régional, pour ce qui concerne notamment l’élaboration d’outils de diagnostic rapide, le dépistage systématique des cas et l’intensification de la prise en charge programmatique de la tuberculose pharmacorésistante, y compris le recours à des schémas thérapeutiques plus courts. Des progrès ont également été accomplis pour ce qui concerne COMBATTRE LES MALADIES TRANSMISSIBLES 21 le dépistage du VIH chez les patients atteints de tuberculose, l’élaboration de niveaux de référence pour les dépenses catastrophiques liées à la tuberculose et la protection sociale des familles touchées. La Région a continué de progresser dans la lutte contre le VIH, y compris dans l’application de la Stratégie mondiale du secteur de la santé contre le VIH 2016-2021 et du Cadre régional pour la triple élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de l’hépatite B et de la syphilis en Asie et dans le Pacifique 2018-2030. Environ 73 % des habitants de la Région vivant avec le VIH ont été diagnostiqués en 2018, 59 % d’entre eux ont bénéficié d’un traitement et 55 % ont atteint une suppression virale. Les progrès accomplis dans l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH ont été mis en lumière en octobre 2018 lorsque la Malaisie est devenue le premier pays de la Région à recevoir la certification officielle de l’OMS pour l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH et de la syphilis, nouvel exemple de l’intérêt que revêt une approche centrée sur les pays aux fins d’une collaboration efficace. Au début de son mandat, le Dr Shin s’est engagé à réduire la charge d’hépatite disproportionnellement élevée qui pesait sur la Région. Sous l’impulsion de l’OMS qui préconisait des interventions énergiques et rapides axées sur les pays, la Région a pris de solides mesures contre l’hépatite ces 10 dernières années. Ainsi, 17 États et Territoires de la Région du Pacifique occidental ont élaboré ou préparent actuellement des plans d’action nationaux contre l’hépatite. Les pays sont de plus en plus nombreux à disposer de médicaments génériques peu coûteux pour traiter l’hépatite. Ils élaborent actuellement des modèles de prestation de services en vue d’étendre l’accès au dépistage et au traitement. La Mongolie, qui a accueilli des manifestations internationales à l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite en juillet 2018, fait partie des pays soutenant vigoureusement la lutte pour l’élimination de la maladie dans la Région. Les pays d’endémie palustre ont continué de Comme d’autres pays de la Région, la République démocratique populaire lao a mis en place un programme national de vaccination qui offre d’importants services de santé publique, tels que la supplémentation en vitamine A dans les écoles, afin qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte. 22 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 progresser à bon pas vers l’élimination nationale du paludisme, en dépit d’une augmentation du nombre de cas en 2018 due à des flambées épidémiques survenues au Cambodge, aux Îles Salomon et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le Cambodge a mené une action efficace contre les flambées, et n’a signalé aucun décès lié au paludisme en 2018, une étape majeure sur la voie de l’élimination. Les pays de la sous-région du Grand Mékong ont continué de réduire la charge de paludisme à Plasmodium falciparum à mesure qu’ils ont accéléré leurs efforts en faveur de l’élimination afin de contrer la multirésistance. L’appui de l’OMS axé sur les pays et une forte prise en main nationale ont aidé la Malaisie à ramener, et la Chine à maintenir, à zéro le nombre de cas de paludisme autochtone en 2018. D’autres pays de la sous-région du Grand Mékong, tels que la République démocratique populaire lao et le Viet Nam, se sont également efforcés d’accélérer l’élimination du paludisme. De grands progrès continuent d’être accomplis dans l’élimination des principales maladies tropicales négligées (MTN) en tant que problèmes de santé publique. En 2018, l’élimination de la filariose lymphatique a été validée dans trois États et Territoires (Palaos, Viet Nam et Wallis-et-Futuna). Elle a désormais été validée dans neuf des 22 pays d’endémie de la Région, ce qui démontre encore que le succès est possible lorsque l’OMS adopte une approche centrée sur les pays. Parallèlement, l’élimination du trachome cécitant a été validée en Chine en 2019. Le taux élevé de couverture en matière de chimioprophylaxie collective a facilité la maîtrise et l’élimination de certaines maladies tropicales négligées. Parallèlement, l’action menée pour renforcer les activités intégrées et intersectorielles dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, de la sécurité sanitaire des aliments et de la santé animale a permis de progresser sur la voie de l’élimination de la schistosomiase asiatique et de la maîtrise d’autres MTN d’origine animale ou alimentaire. Les pays progressent également dans la réduction de l’impact de la dengue sur la santé. L’élimination des maladies transmissibles nécessitera des efforts accrus, ainsi que des mesures plus adaptées et plus ciblées. Elle exigera également des systèmes de santé plus résilients et novateurs. Il sera alors possible d’accélérer la prise de mesures assorties de délais et touchant des questions propres à chaque pays, et de renforcer les systèmes et les services de santé afin de maintenir les acquis obtenus et d’assurer des retombées au-delà de la lutte contre les maladies transmissibles. En fixant les priorités pour les cinq années à venir, le Directeur régional a pris note que les États Membres comptaient sur l’appui de l’OMS pour maîtriser et éliminer les maladies infectieuses en tant que menaces de santé publique. Depuis qu’il a repris les rênes de la Région en février, le Dr Kasai prépare sans relâche l’OMS à relever ces défis, notamment en veillant à ce que les populations non desservies aient accès à des services de santé universels. Vaccination de proximité dans le village de Teimaiku à Tawara (Kiribati) : en vue de protéger les communautés contre la rougeole, les agents de santé font de leur mieux pour vacciner tous les enfants du pays. COMBATTRE LES MALADIES TRANSMISSIBLES 23 Fer de lance de l’OMS dans la Région, le programme de lutte contre la tuberculose a permis de faire baisser la mortalité liée à cette maladie d’environ 30 % ces 10 dernières années. Ce recul est dû en partie au passage de la Stratégie Halte à la tuberculose de l’OMS à la Stratégie de l’OMS pour mettre fin à la tuberculose, sous-tendu par l’appui de l’OMS aux pays. L’incidence de la tuberculose diminue d’environ 2 % par an dans la Région. Cela étant, 1,8 million d’habitants de la Région auraient contracté la tuberculose en 2017, et environ 75 % des cas auraient été notifiés dans le cadre des programmes nationaux. L’émergence et la propagation de la pharmacorésistance menacent les efforts de lutte, et seule une petite fraction des sujets atteints de tuberculose pharmacorésistante est diagnostiquée et traitée tandis qu’une proportion élevée des familles touchées doit encore assumer des coûts catastrophiques. Pour tenter de réduire le nombre de cas non détectés, l’OMS a lancé dans la Région, en 2018, l’initiative Find. Treat. All (Trouver. Traiter. Tous les cas) en vue de combler rapidement les lacunes et d’étendre l’accès à la prise en charge. Il s’agit d’un changement majeur où le dépistage passif a cédé le pas à un dépistage intensifié et actif des cas parmi les groupes à haut risque. La Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la lutte contre la tuberculose, tenue en septembre 2018, s’est traduite par des engagements aux plus hauts niveaux visant à mettre fin à la maladie d’ici à 2035. Début 2019, l’OMS a mis en place des schémas de traitement actualisés contre la tuberculose résistante et des schémas prophylactiques plus courts contre l’infection tuberculeuse latente afin d’améliorer l’observance et les résultats du traitement. Depuis deux ans, l’OMS aide également les pays hautement prioritaires de la Région à établir, au moyen d’enquêtes sur les frais à la charge des patients atteints de tuberculose, des niveaux de référence pour les coûts catastrophiques et à prendre des mesures visant à les réduire. Les pays hautement prioritaires sont le Cambodge, la Chine, la Mongolie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Philippines, la République démocratique populaire lao et le Viet Nam. Entre mi-2018 et mi-2019, des missions de sensibilisation de haut niveau ont dynamisé les initiatives menées dans les pays pour améliorer le dépistage intensif des cas et renforcer l’action multisectorielle dans les pays suivants : La Mongolie a organisé une conférence multisectorielle de haut niveau sous l’égide du Premier Ministre. Dans la Déclaration d’Oulan-Bator adoptée à l’issue de cette conférence, l’engagement a été pris de renforcer la lutte antituberculeuse moyennant l’élargissement des soins et des services centrés sur les patients et le recours aux nouvelles technologies. Les Philippines ont lancé une campagne nationale de dépistage de la tuberculose visant à dépister et à traiter 2,5 millions de patients d’ici à 2022. Le Gouvernement prévoit d’atteindre cette cible ambitieuse en trois étapes : 1) création de comités de coordination de haut niveau ; 2) conduite de campagnes massives de dépistage et de tests ; 3) application des exigences en matière de notification par les prestataires de soins de santé privés et création d’un consortium du secteur privé. Le Viet Nam a élaboré un plan d’action national ambitieux visant à mettre fin à la tuberculose d’ici à 2030, lequel servira de fondement juridique à la mobilisation des acteurs sociaux et politiques, en sus du secteur de la santé, afin qu’il soit mis fin à la tuberculose conformément aux cibles nationales et aux objectifs de développement durable. Le représentant de l’OMS aux Philippines (au centre) examinant une patiente dans un centre médical de Manille. Dans le cadre de la campagne “Race to End TB“, le Ministère de la santé a renforcé la lutte contre la tuberculose moyennant la prévention, le diagnostic et des soins de qualité. Redoubler d’efforts pour mettre fin à la tuberculose moyennant un engagement de haut niveau 24 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Lancée en 1988, l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite a aidé les pays à réaliser de grandes avancées dans la protection de la population mondiale face aux effets débilitants de la poliomyélite. Dans le cadre des efforts déployés à l’échelle mondiale, les États Membres de la Région du Pacifique occidental sont parvenus à éradiquer la transmission du poliovirus sauvage autochtone en 1997. La Région a été déclarée exempte de poliomyélite en 2000. Ces 10 dernières années, sous la direction du Dr Shin Young-soo, l’appui de l’OMS aux pays a été axé sur le renforcement des programmes et des partenariats. La Région demeure exempte de poliomyélite grâce à la forte immunité de la population et à une surveillance étroite de la maladie, les efforts en ce sens étant intégrés dans les programmes nationaux de vaccination. Toutefois, la propagation de poliovirus sauvages importés de pays d’endémie et l’émergence de poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale (PVDVc) ont perduré y compris après l’élimination de la poliomyélite. Entre 2000 et 2012, la Région a connu cinq flambées de PVDVc, ainsi qu’une vaste flambée de poliovirus sauvage importé en Chine en 2011. La République démocratique populaire lao et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont connu d’importantes flambées de PVDVc en 2015-2016 et en 2018, respectivement. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a connu la deuxième flambée, en importance, de PVDVc de type 1 recensée dans le monde depuis 2000 : 26 cas de poliomyélite paralytique, dont un décès, ont été signalés entre avril et octobre 2018. La flambée a néanmoins été maîtrisée grâce à des capacités de détection et d’intervention renforcées, fruit d’une décennie d’efforts concertés entre les États Membres, l’OMS et leurs partenaires. Des partenariats efficaces sont essentiels à l’éradication de la maladie. Le Laboratoire de référence des maladies infectieuses de Victoria (Australie), membre du Réseau régional des laboratoires de la poliomyélite de l’OMS, a procédé, avec l’Organisation, à l’analyse virologique et au génotypage de 663 échantillons de selles venant de Papouasie-Nouvelle-Guinée entre juin 2018 et mai 2019. Il a ainsi été possible de prouver que la transmission du PVDVc avait été interrompue dans le pays. Tandis que l’éradication du poliovirus sauvage devient une réalité mondiale, les efforts doivent se poursuivre afin d’éviter que les résultats obtenus par le programme d’éradication ne soient anéantis. Il importe de tirer parti des enseignements et des acquis de l’action menée en la matière dans la Région en vue de garantir une vie en bonne santé et le bien-être pour tous, moyennant le renforcement des systèmes de santé et l’accélération de l’instauration de la couverture sanitaire universelle, de manière à protéger le monde entier contre les épidémies et d’autres urgences sanitaires. À Port Vila (Vanuatu), des agents de santé assurant des services de vaccination aux populations isolées et difficiles à atteindre. De solides programmes de vaccination destinés à tous les enfants sont nécessaires pour maintenir la Région exempte de poliomyélite. S’appuyer sur les enseignements tirés de l’éradication de la poliomyélite dans la Région COMBATTRE LES MALADIES TRANSMISSIBLES 25 Parmi toutes les personnes atteintes du virus de l’hépatite C dans le monde, environ 14 millions (soit 20 %) vivent dans la Région du Pacifique occidental. Pour inverser cette tendance préoccupante, le Plan d’action régional contre l’hépatite virale dans le Pacifique occidental 2016-2020 vise à éliminer l’hépatite virale en tant que menace de santé publique d’ici à 2030. Aujourd’hui, neuf cas sur 10 peuvent être soignés à l’aide d’antiviraux à action directe, dont les génériques deviennent de plus en plus abordables. Ces médicaments offrent une occasion sans précédent d’éliminer le virus de l’hépatite C, facteur de risque majeur de la cirrhose, du cancer du foie et de décès prématuré. En Mongolie, les pouvoirs publics se sont engagés à éliminer l’hépatite C d’ici à 2020. Environ un habitant sur 20 est infecté par le virus, et le nombre de nouveaux cas de cancer du foie est l’un des plus élevés au monde. En mai 2017, le Gouvernement a lancé, avec le concours de l’OMS, une initiative phare intitulée « Healthy Liver Programme » (Programme pour un foie sain). Le dépistage, qui est proposé dans tous les établissements de santé y compris les centres de soins primaires, dans un premier temps aux personnes de 40 à 65 ans, est suivi de tests de confirmation et d’un traitement aux niveaux secondaire et tertiaire. Un modèle de partenariat unique pour le dépistage en laboratoire, reposant sur la collaboration de 28 laboratoires publics et privés, a été établi en vue d’élargir rapidement l’accès au dépistage, l’ensemble des services étant couverts par le régime d’assurance-maladie. Fort de ce succès, le Gouvernement a démontré sa volonté résolue d’éliminer l’hépatite C en accueillant à Oulan-Bator, en juillet 2018, plusieurs manifestations internationales organisées à l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, en vue d’évoquer ses succès en la matière et de donner l’occasion à d’autres pays d’en tirer des enseignements et de s’en inspirer. Le Programme couvre désormais toutes les personnes de 15 ans et plus. En juin 2019, plus de 800 000 personnes ont fait l’objet d’un test de dépistage, et plus de 27 000 vivant avec le virus de l’hépatite C ont bénéficié d’un traitement salvateur. En déclarant l’hépatite C « menace de santé publique », la Malaisie a exercé son droit d’user de la souplesse qu’autorise l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle touchant au commerce afin de faciliter l’accès à des antiviraux génériques à action directe d’un coût moindre. Comptant environ 400 000 habitants vivant avec le virus de l’hépatite C, le pays a institué, en mars 2018, le dépistage et le traitement universel et gratuit de l’hépatite C. Des services sont désormais disponibles dans 44 hôpitaux et 25 centres de soins primaires du pays ; fin juin 2019, près de 3000 personnes en bénéficiaient. Il est prévu d’étendre ces services dans les établissements de soins primaires afin de les rendre plus accessibles, et de former des médecins de famille en août et septembre 2019 de manière à disposer de ressources humaines suffisantes. Protéger les familles contre l’hépatite : la Mongolie a institué la vaccination universelle gratuite contre l’hépatite B pour tous les enfants de moins de 5 ans, ainsi que le dépistage et le traitement des hépatites B et C pour les adultes en vue d’éliminer l’hépatite C d’ici à 2020. Eliminer l’hépatite C chronique au moyen d’une approche de santé publique 26 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 L’émergence d’une résistance partielle à l’artémisinine et aux médicaments qui lui sont associés dans les polythérapies à base d’artémisinine a imposé une approche radicale dans la lutte contre le paludisme dans la sous-région du Grand Mékong. L’ancien Directeur régional, le Dr Shin Young-soo, y a dirigé l’élaboration d’une stratégie accélérée d’élimination du paludisme à falciparum. En dépit des efforts déployés à l’échelle nationale, le Cambodge a connu une flambée de paludisme en 2017 due aux ruptures des stocks d’antipaludéens et aux problèmes de financement qui touchaient les agents communautaires chargés de la lutte contre la maladie. Le Ministère de la santé, par l’entremise du Centre national de parasitologie, d’entomologie et de lutte contre le paludisme, et le bureau de l’OMS au Cambodge, ont élaboré un plan d’intensification ciblant les sept districts opérationnels les plus touchés, et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a octroyé une aide supplémentaire. Le plan repose sur une riposte accrue aux flambées visant à assurer la disponibilité de produits et de services essentiels contre le paludisme à tous les niveaux du système de santé, notamment le réseau des agents communautaires chargés de la lutte contre le paludisme, et sur l’utilisation de données issues d’une surveillance renforcée, afin de cibler les interventions au moyen d’une analyse épidémiologique régulière de l’évolution de la maladie. Il a également facilité une collaboration plus étroite avec les partenaires sous la direction des autorités locales. L’OMS a accru sa présence à l’échelle des provinces en recrutant des consultants à court terme et en organisant des visites d’inspection renforcée par le biais des agents du Bureau régional et du bureau de pays. En sa qualité de Directeur de la gestion des programmes puis en tant que Directeur régional, le Dr Kasai, a participé à ces missions réalisées en 2018 et 2019 afin de superviser la mise en œuvre du plan d’intensification. Ces activités ont contribué à réduire fortement l’incidence du paludisme. En mai 2019, pour la première fois, le nombre d’infections à falciparum déclarées ne représentait plus que 15 % de tous les cas confirmés. Ces progrès placent le Cambodge en bonne position pour atteindre l’objectif national d’élimination du paludisme à falciparum d’ici à 2020. La riposte à la flambée de paludisme à falciparum survenue au Cambodge, où la présence d’une multirésistance a été confirmée et considérée comme une menace à la sécurité sanitaire régionale et mondiale, illustre tout l’intérêt d’une approche ciblée et intensifiée telle que décrite dans le Livre blanc de la Région OMS du Pacifique occidental. Elle démontre qu’il est possible d’accélérer et de mener à bien la lutte contre les maladies transmissibles dans la Région. Afin d’éliminer le paludisme d’ici à 2020, le programme de lutte contre le paludisme au Cambodge est centré sur les habitants des zones situées en lisière de forêt et sur les travailleurs forestiers, particulièrement exposés au risque d’infection. Renforcer la riposte aux flambées pour accélérer l’élimination du paludisme COMBATTRE LES MALADIES TRANSMISSIBLES 27 La rougeole est extrêmement contagieuse et peut entraîner de graves complications, telles que la pneumonie, l’encéphalite, la cécité et la mort. Appuyés par l’OMS, les États Membres de la Région redoublent d’efforts pour éliminer la rougeole depuis 2003, quand l’on comptait environ 6,7 millions de cas. Dès le début du premier mandat de l’ancien Directeur régional, le Dr Shin, l’OMS a secondé les États Membres dans la mise en œuvre de trois grandes stratégies d’élimination : 1) l’administration de deux doses de vaccin antirougeoleux ; 2) une surveillance sensible ; 3) de solides capacités nationales de laboratoire et de forts partenariats dans la Région. À mesure que ces stratégies ont été appliquées et intensifiées, l’incidence de la rougeole dans la Région a été ramenée en 2012 à moins de six cas pour un million d’habitants. Un nouveau défi s’est fait jour entre 2013 et 2016 : une forte résurgence de la rougeole à l’échelle régionale. Le Dr Shin et d’autres experts de la lutte contre les maladies transmissibles ont pris conscience qu’il fallait mettre en œuvre des stratégies plus ciblées pour relever les nouveaux défis tout en s’employant à atteindre le nouvel objectif de la Région, à savoir l’élimination de la rubéole. Après avoir procédé à une analyse détaillée des causes profondes de la résurgence et mené des consultations avec les États Membres, l’OMS a élaboré un nouveau document intitulé Stratégie et plan d’action régionaux pour l’élimination de la rougeole et de la rubéole dans le Pacifique occidental, qui a été approuvé par le Comité régional en 2017. Cette Stratégie guide désormais les États Membres dans l’élaboration ou l’actualisation de leurs stratégies et plans nationaux, visant notamment à éliminer les obstacles à l’accès aux soins de santé pour les populations difficiles à atteindre et les groupes marginalisés, tels que les migrants et les pauvres vivant en milieu urbain. Elle favorise également une meilleure préparation aux flambées et le renforcement des capacités d’intervention. Quatre pays de la Région actualisent ou ont mis au point des plans d’action alignés sur la nouvelle Stratégie. Les résultats parlent d’eux-mêmes : il a été confirmé en septembre 2018 que neuf États et Territoires de la Région avaient durablement éliminé la rougeole ; nombre d’autres ne tarderont pas à s’y ajouter. Au cours de l’année écoulée, une résurgence mondiale de la rougeole a mis les six Régions de l’OMS à rude épreuve et entraîné une importation accrue du virus en provenance des pays d’endémie. Cependant, la plupart des pays de la Région du Pacifique occidental ont été relativement préservés grâce à l’application de la stratégie d’élimination de la rougeole. Parallèlement, des pays d’endémie comme la Chine, la Malaisie et le Viet Nam ont continué à faire des progrès encourageants sur la voie de l’élimination. Début 2019, plusieurs États Membres, dont le Cambodge, la Mongolie et la République démocratique populaire lao ont riposté efficacement à des flambées de rougeole importée, avec le concours de l’OMS et de l’Initiative contre la rougeole et la rubéole, afin de prévenir la transmission durable de la rougeole. Les stratégies et programmes conçus et mis en œuvre sous la direction du Dr Shin afin d’assurer l’élimination de la rougeole dans la Région ont également contribué à la mise en place et au renforcement durables des systèmes de santé, des effectifs et des partenariats qui appuient les services de santé ordinaires et de proximité. Conformément à l’engagement que le Directeur régional, le Dr Kasai, a pris de soutenir les pays sur la voie de la couverture sanitaire universelle, l’OMS fera de l’investissement dans l’élimination de la rougeole l’un des principaux moteurs du renforcement des systèmes de santé. À titre d’exemple, l’Organisation a, en juin 2019, collaboré avec de multiples partenaires, dont l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, Gavi, l’Alliance des Vaccins, l’Initiative contre la rougeole et la rubéole et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), pour soutenir une initiative nationale de vaccination en Papouasie-Nouvelle- Guinée, qui a permis d’atteindre un taux de couverture de 99 % et de renforcer les capacités essentielles à la prestation de soins de santé courants dans les zones reculées. L’OMS continuera d’aider les États Membres à renforcer les capacités dont ils disposent pour vacciner tous les enfants contre la rougeole et leur assurer d’autres services essentiels, y compris dans les communautés non desservies. Lutter contre le retour de la rougeole
La sécurité sanitaire dans un monde en mutation Introduction L’approche à long terme de la Mongolie pour renforcer la sécurité sanitaire Suivre et évaluer les menaces qui pèsent sur la sécurité sanitaire dans la Région Apprendre à améliorer constamment les systèmes de gestion de la sécurité sanitaire des aliments au Cambodge Comme cet agriculteur de la République démocratique populaire lao, l’homme vit en interdépendance avec le monde animal dont il dépend pour se nourrir, subvenir à ses besoins et assurer son bien-être. L’interface homme-animal-environnement peut également être une source de maladies. Les pays de la Région ont continué de renforcer les systèmes de gestion coordonnée et multisectorielle des zoonoses, en s’inspirant de la Stratégie Asie-Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique. 30 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Introduction La sécurité sanitaire dans la Région du Pacifique occidental est continuellement menacée par les maladies infectieuses émergentes, les maladies à potentiel épidémique, les catastrophes naturelles et les aliments impropres à la consommation. Bien que la Région ait accompli des progrès non négligeables dans le renforcement des systèmes de sécurité sanitaire, le contexte dans lequel s’inscrit la gestion de la sécurité sanitaire évolue rapidement. La nature et l’éventail des menaces auxquelles nous sommes confrontés sont de plus en plus complexes, et nos systèmes de santé doivent évoluer pour que nous puissions relever de nouveaux défis. La mise en place de systèmes de sécurité sanitaire permettant de gérer ces menaces prend du temps. Pendant plus de 10 ans, la Stratégie Asie-Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique (SMEAP III) et ses précédentes versions ont sous-tendu les efforts conjoints visant à faire appliquer le Règlement sanitaire international, ou RSI (2005), de sorte que la Région puisse prévenir et détecter les urgences de santé publique et y faire face moyennant une responsabilisation collective en matière de sécurité sanitaire. Trois cycles d’activités, correspondant aux versions successives de la SMEAP (2005, 2010 et 2016), ont aidé les pays à passer d’initiatives de sécurité sanitaire ponctuelles à des activités de développement de systèmes à long terme reposant sur une approche d’amélioration continue. En une quinzaine d’années, depuis la création de la SMEAP , les États Membres ont perfectionné les systèmes de sécurité sanitaire en formant et en déployant des équipes d’intervention rapide, en établissant des systèmes de surveillance des événements, en informant des épidémiologistes de terrain, en développant les réseaux de laboratoires, en renforçant l’évaluation des risques, en améliorant la communication sur les risques, en ouvrant des centres d’opérations d’urgence et en constituant des équipes médicales d’urgence (EMU). Par ailleurs, les efforts communs consentis pour renforcer les systèmes dans les pays afin d’améliorer la salubrité des aliments et de sauver des vies lors de catastrophes ont été guidés par le Cadre d’action régional sur la sécurité sanitaire des aliments dans le Pacifique occidental et le Cadre d’action régional du Pacifique occidental pour la gestion des risques sanitaires liés aux catastrophes. Ces 10 dernières années, l’OMS a considérablement développé ses capacités d’intervention d’urgence pour mieux servir les États Membres. La Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence en 2010 a regroupé des unités qui travaillaient séparément sur la surveillance et l’intervention, l’action humanitaire et la sécurité sanitaire des aliments. Elle incarne l’ambition que l’ancien Directeur régional, le Dr Shin Young-soo, avait de réunir au sein d’une même équipe le personnel et les ressources nécessaires pour la mise en place d’une plateforme commune qui permettrait de faire face à toutes les menaces pesant sur la sécurité sanitaire, anticipant ainsi de six ans l’élaboration du Programme mondial de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS. De plus, les systèmes de surveillance des événements de l’ensemble de la Région ont été reliés aux fins d’une évaluation des risques et d’une prise de décision plus systématiques en matière d’intervention. Les capacités et les systèmes renforcés dans le cadre de la SMEAP ont été mis à l’épreuve lors des interventions menées pour faire face à des flambées et à des situations d’urgence dues notamment à la grippe aviaire et à la grippe pandémique, à la dengue, au syndrome respiratoire du Moyen-Orient, aux typhons LA SÉCURITÉ SANITAIRE DANS UN MONDE EN MUTATION 31 et aux séismes. Les enseignements qui en ont été tirés ont facilité une amélioration continue. Les efforts déployés au cours de l’année écoulée en matière de systèmes de sécurité sanitaire ont continué à consolider les bases posées durant la décennie précédente. Désormais, les 27 pays de la Région exercent une surveillance des événements ou une surveillance syndromique, voire les deux, qui leur permet de déceler rapidement les signes avant-coureurs d’une flambée épidémique ou d’une urgence de santé publique. Tous les pays insulaires du Pacifique participent au Système océanien de surveillance syndromique (système de surveillance des maladies et d’alerte rapide) qui permet de relier les éléments d’information émanant de l’ensemble des États et Territoires. Tous les pays asiatiques de la Région du Pacifique occidental appliquent les principes de gestion des incidents dans la conduite des opérations d’urgence, et presque tous (93 %) disposent d’équipes d’intervention rapide et de programmes d’épidémiologie de terrain. Les États Membres multiplient les activités de suivi et d’évaluation en vue de continuer à améliorer leurs systèmes. Depuis 2016, 11 pays de la Région ont procédé à l’évaluation extérieure conjointe prévue dans le cadre du RSI (2005), dont trois pays depuis Le Premier Ministre fidjien, Josaia Voreqe Bainimarama, passant en revue l’équipe d’assistance médicale d’urgence des Fidji (FEMAT), première équipe du Pacifique à recevoir la certification de l’OMS lui permettant d’être déployée au niveau international. 32 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 juillet 2018, à savoir les États fédérés de Micronésie, la Nouvelle-Zélande et les Philippines, ce qui leur a permis de renforcer considérablement leurs systèmes de sécurité sanitaire. La Région du Pacifique occidental est sujette aux catastrophes. Elle compte sept des 10 pays au monde les plus exposés aux catastrophes naturelles. Afin d’être mieux à même d’écarter ces menaces, trois équipes médicales d’urgence (EMU) ont reçu une certification internationale depuis juillet 2018 : l’équipe d’assistance médicale d’urgence des Fidji, ainsi que les équipes de Macao (RAS de Chine) et de Tianjin (Chine), ce qui porte à 10 le nombre d’EMU de la Région reconnues au niveau international, soit plus d’un tiers du chiffre mondial. Bien qu’implantées dans la Région du Pacifique occidental, elles peuvent intervenir partout dans le monde en cas de crise. À l’échelle des pays, quelque 23 500 intervenants issus d’EMU nationales de la Région ont participé à des activités de renforcement des capacités. Ces systèmes et outils ont aidé les pays et l’OMS à faire rapidement face aux flambées, aux maladies émergentes et aux situations d’urgence. De juillet 2018 à juin 2019, les événements de ce type ont été nombreux, qu’il s’agisse de la flambée de poliovirus en Papouasie-Nouvelle-Guinée, des crues soudaines en République démocratique populaire lao, du cas importé de syndrome respiratoire du Moyen-Orient en République de Corée ou du typhon Mangkhut aux Philippines. Dans le droit fil des orientations du Dr Shin préconisant l’édification de systèmes durables plutôt que la conduite d’activités ponctuelles axées sur des projets, les États Membres et l’OMS se sont employés à renforcer progressivement leurs systèmes de sécurité sanitaire, ce qui les a aidés à être mieux préparés. Dans le même temps, toutefois, la nature et l’éventail des menaces qui pèsent sur la sécurité sanitaire sont devenus de plus en plus complexes. La croissance spectaculaire des déplacements internationaux et la rapidité de l’urbanisation facilitent la propagation des maladies infectieuses. Les changements climatiques non seulement accroissent la fréquence et l’impact des catastrophes naturelles mais modifient également la portée géographique des maladies à potentiel épidémique telles que la dengue. La résistance aux antimicrobiens augmente. Les informations erronées et les rumeurs se répandent plus rapidement sur les réseaux sociaux que les virus dans le monde réel, alimentant l’hésitation à l’égard des vaccins et nuisant aux interventions d’urgence, et ce sur un fond d’incertitude quant à la survenue de la prochaine pandémie. Dans la Région du Pacifique occidental, le Groupe technique consultatif (GTC) sur la SMEAP III sert de mécanisme pour suivre les progrès et définir les priorités. Les perspectives d’avenir énoncées par le Directeur régional, le Dr Kasai, ont dynamisé les débats de la dernière réunion du GTC en juin 2019. En plaçant la sécurité sanitaire, y compris la résistance aux antimicrobiens, parmi les priorités thématiques de la Région, le Livre blanc intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre a également contribué à donner une impulsion à la collaboration entre les États Membres et l’OMS. Le Livre blanc accorde une importance accrue aux approches inscrites dans la SMEAP . La gestion de la sécurité sanitaire repose sur des systèmes dont la mise en place implique une perspective à long terme qui sous-tende la hiérarchisation des mesures à prendre et l’adoption d’une démarche graduelle. C’est pourquoi la SMEAP repose depuis toujours sur une démarche « rétrospective » consistant à fixer de grandes orientations dans un premier temps puis à définir les actions prioritaires à prendre pour les traduire dans les faits. À la réunion du GTC, les États Membres se sont engagés à tirer parti de la préparation aux pandémies pour intensifier et approfondir le développement des systèmes de sécurité sanitaire, d’autant plus que les capacités requises pour la préparation servent également à contrer d’autres risques. La préparation aux pandémies fédère tous les efforts consentis pour écarter les menaces qui pèsent sur la sécurité sanitaire. LA SÉCURITÉ SANITAIRE DANS UN MONDE EN MUTATION 33 Ces 10 dernières années, la Mongolie a procédé par étapes pour établir un système de sécurité sanitaire, en élaborant et en appliquant plusieurs plans nationaux. En 2009, elle a lancé son premier plan national d’application de la SMEAP , passant ainsi de projets ponctuels à une démarche à long terme. Le plan national a été actualisé en 2012 puis en 2018, à partir des versions les plus récentes de la SMEAP et des enseignements tirés d’événements réels. Guidée par les trois phases du plan d’action national, la Mongolie a établi ses principaux systèmes de sécurité sanitaire, en commençant par établir des équipes d’intervention rapide et un dispositif de surveillance des événements. Le Programme de formation à l’épidémiologie de terrain de la Mongolie a été lancé en 2009. Financé à l’origine par des partenaires extérieurs, il émarge entièrement au budget de l’État depuis 2014. Un Centre d’opérations d’urgence sanitaire a été créé en 2014, suivi d’un système de gestion des incidents en 2015. En juin 2019, la Mongolie a organisé un forum pour examiner son programme de formation à l’épidémiologie de terrain. Depuis sa création, le programme a été suivi par 63 épidémiologistes de terrain, lesquels contribuent aujourd’hui à des enquêtes complexes et à des formations axées sur la surveillance de la santé publique et les enquêtes épidémiologiques. Les participants ont défini, pour les 10 ans à venir, une perspective à long terme et les axes stratégiques du programme, lequel vise à valoriser davantage le personnel en vue de renforcer la résilience des systèmes de santé et la prise de décision fondée sur des données factuelles, à tous les niveaux. En 2018, la Mongolie a actualisé son plan national et ses procédures d’intervention contre les pandémies. En octobre 2018, elle a collaboré avec l’OMS au lancement de l’exercice de simulation PanStop, auquel ont participé des représentants de divers secteurs, y compris la santé, l’agriculture et la gestion des catastrophes. Les participants se sont exercés ensemble à l’évaluation des risques et à la prise de décision, touchant notamment la question de savoir s’il y a lieu de prendre des mesures d’endiguement rapide, et comment le faire, dans le cas d’une nouvelle souche grippale détectée dans une province rurale. L’exercice PanStop a permis d’expérimenter la réglementation nationale - signée par le Premier Ministre adjoint en 2017 - comprenant les procédures relatives au partage d’information entre les secteurs, à l’évaluation des risques et à l’intervention en cas d’urgence de santé publique. L’adoption et l’application de la réglementation figuraient parmi les principales recommandations de la mission d’évaluation extérieure conjointe réalisée en 2017. L’exercice PanStop a contribué à recenser les progrès accomplis, ainsi que les points à améliorer en matière de coordination dans le secteur de la santé et entre les divers secteurs concernés. Conscient du rôle clé que d’autres secteurs jouent dans la préparation et la riposte aux pandémies, le Ministère de la santé s’emploie à aligner la planification de la préparation aux pandémies sur les processus et structures de gestion des catastrophes, à la lumière des enseignements tirés d’exercices et d’événements réels. Les partenaires du groupe santé, les organisations non gouvernementales et d’autres secteurs coopèrent avec les représentants communautaires pour s’attaquer aux facteurs de risque sociaux, politiques et économiques recensés durant l’évaluation du risque de pandémie de grippe. La préparation aux épidémies et aux pandémies de grippe continue de contribuer à l’amélioration des systèmes de sécurité sanitaire en Mongolie. Des représentants de divers Ministères et organisations participant ensemble à l’exercice PanStop en Mongolie. L’approche à long terme de la Mongolie pour renforcer la sécurité sanitaire 34 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Ces 10 dernières années, l’OMS a renforcé son système régional de surveillance des événements afin d’observer, dans les 37 États et Territoires de la Région, les signaux qui permettront d’éclairer l’évaluation des risques et les interventions nationales. Ce système de surveillance sert avant tout à vérifier les informations, ce qui exige une étroite collaboration entre le Secrétariat de l’OMS et les États Membres, laquelle a été rendue possible grâce au climat de confiance instauré sous la direction du Dr Shin, qui a souligné l’importance de placer les pays au cœur de l’activité de l’Organisation. Le Bureau régional OMS du Pacifique occidental assure jour et nuit le fonctionnement de ce système de surveillance pour détecter et suivre les événements aigus de santé publique qui surviennent dans la Région et au-delà. L’équipe implantée au Centre régional des opérations d’urgence à Manille maintient une veille permanente sur les risques sanitaires d’urgence qui menacent la vie et la santé des habitants. Elle procède à une évaluation des risques dès qu’un événement de santé publique est détecté. En fonction de l’ampleur de l’événement, l’évaluation des risques fait intervenir différents niveaux de l’Organisation. Entre juillet 2018 et juin 2019, les systèmes de surveillance régionale ont passé au crible plus de 80 000 sources d’information et détecté 1672 signaux d’éventuelles menaces sanitaires. Il a été confirmé que 75 de ces signaux constituaient de nouveaux événements de santé publique, dont 52 (69 %) étaient liés à des maladies infectieuses, 14 (19 %) à des catastrophes, 4 (5 %) à des aliments impropres à la consommation et 5 (7 %) à d’autres causes. Parallèlemen le Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire a fait face à 42 événements régionaux, notamment deux urgences de niveau 1 (classification de l’OMS) exigeant un solide appui supplémentaire dans les pays, à savoir les crues soudaines en République démocratique populaire lao et le typhon Mangkhut aux Philippines, ainsi qu’une flambée de poliomyélite en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La propagation internationale du poliovirus est une urgence de santé publique de portée internationale. Guidée par les perspectives du Directeur régional, le Dr Kasai, l’OMS se prépare à perfectionner le système en liant l’évaluation des risques et la prise de décision à l’analyse d’information émanant de sources multiples. Durant l’année écoulée, le Bureau régional s’est employé avec les États Membres à élaborer des principes directeurs pour faire reposer la prise de décision, dans le cadre d’une intervention, sur des informations épidémiologiques issues de sources diverses. Cette démarche a pour objet de faciliter le passage du décisionnel à l’épidémiologique et de répondre aux questions qui se posent à cet égard en synthétisant diverses sources d’information. Les participants à la réunion annuelle du Groupe technique consultatif sur la SMEAP , qui s’est tenue en juin 2019, ont appuyé cette approche, qui a également été expérimentée par l’OMS pour analyser différentes options de riposte à des événements de santé publique réels, tels que les flambées de rougeole survenues récemment dans la Région. Pour assurer la sécurité de la Région, l’équipe de surveillance régionale du Pacifique occidental est constamment en état d’alerte, examinant tous les types d’information à l’affût de signes de crises imminentes. Suivre et évaluer les menaces qui pèsent sur la sécurité sanitaire dans la Région LA SÉCURITÉ SANITAIRE DANS UN MONDE EN MUTATION 35 Le Cambodge s’emploie sans relâche à améliorer son système de sécurité sanitaire, en tirant des enseignements de ses interventions antérieures. Ainsi, à la suite d’une flambée de syndrome respiratoire sévère aigu (SRAS) en 2013, le Cambodge a été l’un des premiers pays à mettre en place un système novateur de surveillance des événements. Celui- ci a été continuellement perfectionné et constitue depuis longtemps l’épine dorsale de la surveillance de la grippe aviaire et d’autres maladies infectieuses émergentes dans le pays. Le système joue également un rôle essentiel dans l’identification d’événements graves provoqués par des risques sanitaires autres que les maladies émergentes, comme les événements liés à l’insalubrité des aliments. À titre d’exemple, le pays a connu récemment une forte hausse des cas d’empoisonnement par absorption de vin local frelaté au méthanol, qui a coûté la vie à 59 personnes et en a intoxiqué 555 autres depuis 2014. Entre juillet 2018 et juin 2019, deux événements associés à un empoisonnement au méthanol ont été signalés dans la province de Kratie, ce qui s’est traduit par 150 cas de personnes touchées, dont 11 décès. Le Cambodge a alors procédé à un examen a posteriori de la riposte aux cas d’empoisonnement au méthanol, en vue d’améliorer le système. Ce type d’examen avait été lancé initialement dans le cadre des activités de suivi et d’évaluation de la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique. Cet examen a permis de déceler un hiatus dans la coordination de l’action menée entre les ministères. En tant que question multisectorielle, la sécurité sanitaire des aliments relève de six Ministères au Cambodge, chacun étant responsable de différents maillons de la chaîne alimentaire. Par le passé, les six Ministères mettaient en commun l’information de manière ponctuelle et poursuivaient des buts et objectifs distincts en matière de sécurité sanitaire des aliments, ce qui compliquait la gestion des risques, et l’intervention face aux événements et aux situations d’urgence, comme les empoisonnements. Sous la direction du Ministère de la santé, l’événement relatif à l’empoisonnement au méthanol et à d’autres incidents liés à la sécurité sanitaire des aliments ont donné l’occasion aux six Ministères de se rapprocher pour définir des buts et objectifs communs. Leur action commune visant à améliorer la sécurité sanitaire des aliments s’est traduite, en 2019, par l’élaboration de la National Food Safety Policy (politique nationale sur la sécurité sanitaire des aliments), qui suit l’approche recommandée dans le Cadre d’action régional de l’OMS pour la sécurité sanitaire des aliments dans le Pacifique occidental. Cette nouvelle approche consolide l’ensemble du système de sécurité sanitaire des aliments en renforçant l’unité et la coordination entre les secteurs. En conformité avec les changements proposés dans le Livre blanc, le Cambodge continue à renforcer la coordination avec les partenaires d’autres secteurs que la santé, améliorant ainsi la préparation en prévision de la prochaine urgence de santé publique. Des représentants du Gouvernement cambodgien examinant les méthodes de production du vin dans la province de Kratie. La nouvelle politique nationale de sécurité sanitaire des aliments a été élaborée conjointement par six Ministères afin de rendre la production d’aliments et d’alcool plus sûre, et de protéger les Cambodgiens contre l’intoxication au méthanol. Apprendre à améliorer constamment les systèmes de gestion de la sécurité sanitaire des aliments au Cambodge
Combattre les maladies non transmissibles et promouvoir la santé à tous les âges Introduction Appui à la santé mentale dans les situations d’urgence Donner à chaque enfant le meilleur départ dans la vie Œuvrer au-delà du secteur sanitaire pour améliorer la santé Les écoles, comme celle de la province de Darkhan-Uul (Mongolie), peuvent contribuer à promouvoir une alimentation saine tout au long de la vie. Associée à une activité physique régulière, une bonne alimentation favorise un développement physique et intellectuel optimal et diminue le risque de maladies non transmissibles. 38 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Introduction Les maladies non transmissibles (MNT) – principalement le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et le diabète – sont responsables de quatre décès prématurés sur cinq dans la Région du Pacifique occidental. Autrefois considérées comme un problème touchant les pays développés plus riches, ces maladies prélèvent désormais un tribut de plus en plus lourd sur l’ensemble des pays de la Région. Les MNT et le vieillissement de la population figuraient parmi les principales préoccupations des États Membres lorsque le Directeur régional, le Dr Takeshi Kasai, a élaboré le document intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, qui énonce les priorités de travail de l’OMS aux côtés des États Membres et des partenaires pour les années à venir. Afin de combattre les MNT et de favoriser le vieillissement en bonne santé dans la Région, l’OMS continuera pendant les cinq prochaines années de privilégier les initiatives nationales visant à explorer plus avant les possibilités d’innovation, à défendre plus activement la cause de la santé en s’appuyant sur des « porte-parole » de la santé et d’autres secteurs, et à promouvoir le dialogue et le partenariat stratégiques. Ces initiatives aident à répondre aux besoins des États Membres. Ainsi, pendant bien des années, la riposte aux catastrophes et aux situations d’urgence a surtout consisté à pourvoir à des besoins matériels immédiats comme l’eau potable, la nourriture et le logement. Désormais, les interventions de santé mentale menées auprès des populations en détresse et la formation d’équipes locales au soutien psychosocial font partie intégrante de l’action d’urgence de l’OMS. Soucieux d’enrayer l’épidémie de MNT, les États Membres transforment leurs systèmes de santé en s’appuyant sur les engagements pris par les dirigeants mondiaux en septembre 2018 dans la Déclaration politique de la troisième Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les maladies non transmissibles et la Déclaration d’Astana approuvée en octobre 2018 lors de la Conférence mondiale sur les soins de santé primaires. Les changements climatiques et la pollution de l’environnement figurent parmi les principales menaces pesant sur la santé des populations dans la Région, en particulier dans les États et Territoires insulaires de faible altitude du Pacifique, les pays de la sous-région du Grand Mékong et les pays en voie d’industrialisation rapide. De fait, l’intensification des mesures visant à atténuer les effets des changements climatiques sur la santé et l’environnement constitue l’une des priorités mises en avant par les États Membres dans le Livre blanc du Directeur régional. Plusieurs pays, dont le Cambodge et la République démocratique populaire lao, ont lancé des programmes ayant pour objet d’établir des systèmes de santé à l’épreuve du climat. Un accord prévoyant la création du Centre Asie-Pacifique de l’OMS pour l’environnement et la santé dans la Région du Pacifique occidental a été signé à Séoul en janvier 2019. Le Centre bénéficiera pendant 10 ans d’un financement partiel de la République de Corée, y compris de la municipalité de Séoul. Il viendra compléter les ressources disponibles dans trois domaines techniques : 1) qualité de l’air, énergie et santé ; 2) changements climatiques et santé ; 3) eau et milieu de vie. Ces 10 dernières années, l’OMS s’est employée en priorité à répondre plus directement aux besoins de chacun des États Membres. Le Directeur régional, le Dr Kasai, s’est engagé à « maintenir les pays au cœur de l’action » en collaborant directement avec les Ministres de la santé et les partenaires locaux. Cet engagement fait fond sur les progrès remarquables COMBATTRE LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROMOUVOIR LA SANTÉ À TOUS LES ÂGES 39 accomplis dans la Région pour ce qui concerne la santé cardiovasculaire, la lutte antitabac, la santé maternelle et infantile, et l’atténuation des effets des changements climatiques sur la santé. À titre d’exemple, si la consommation de tabac dans la Région a atteint un niveau record en 2010, avec 392 millions de fumeurs adultes, elle devrait reculer de 21 millions d’ici à 2025, grâce en grande partie aux mesures prises par les États Membres, notamment la hausse des taxes sur le tabac, l’apposition de mises en garde explicites sur l’emballage des produits du tabac, l’expansion des lieux publics non-fumeurs, ainsi que l’interdiction de la publicité et de la promotion. La mortalité néonatale a été ramenée à moins de 10 décès pour 1000 naissances vivantes dans quatre des huit pays de la Région les plus touchés. Afin de combattre le cancer, l’OMS organise, depuis 2013, avec le Centre national de lutte contre le cancer de la République de Corée, des ateliers annuels sur l’encadrement et le renforcement des capacités de lutte anticancer. Le programme de ces ateliers a été pris en compte dans la loi promulguée en février 2019 par les Philippines en faveur de la lutte intégrée contre le cancer. L’incidence accrue des MNT et le vieillissement de la population ont fait de la réadaptation une composante essentielle de l’aide visant à assurer les meilleures conditions de vie aux personnes agées, affaiblies ou handicapées. Les MNT et le vieillissement exercent également une pression sur la planification de la santé et sur les personnels de santé, et rendent plus importante que jamais la collaboration avec les partenaires extérieurs au secteur de la santé. Aux Tonga, l’Organisation a aidé le Ministère de l’intérieur à diriger un groupe de prestataires de services issus d’organisations non gouvernementales et d’organismes chargés d’améliorer l’accès des personnes handicapées aux services. Forts du succès de cette initiative, les pouvoirs publics étudient les possibilités de la transposer à plus grande échelle. L’Organisation a conçu le logiciel HeartCare pour simplifier et normaliser la prédiction et la prise en charge du risque de maladie cardiovasculaire en s’appuyant sur l’Ensemble d’interventions essentielles OMS ciblant les maladies non transmissibles dans le cadre des soins de santé primaires en contexte de faibles ressources (PEN) et le guide technique HEARTS. Destiné aux prestataires de soins de santé primaires, le logiciel HeartCare comporte des outils d’aide à la décision clinique et des fonctions automatisées de notification. Il a été mis à l’essai au Cambodge. La Mongolie modifie actuellement son logiciel de santé afin d’y intégrer les principales fonctions de HeartCare en vue du lancement de l’Ensemble d’interventions PEN, rebaptisé MongPEN, à l’échelle locale. Le Plan d’action mondial pour promouvoir l’activité physique 2018-2030 : des personnes plus actives pour un monde plus sain a été lancé à l’échelle régionale en octobre 2018 à la soixante-neuvième session du Comité régional du Pacifique occidental, à Manille, et à la huitième Conférence mondiale de l’Alliance pour des villes saines, qui s’est tenue à Kuching (Malaisie). Afin de renforcer les capacités de la communication stratégique en santé, nécessaires pour faire évoluer les comportements et réduire les facteurs de risque de MNT, des ateliers nationaux ont été organisés en Les services de réadaptation en Chine sont une composante importante de la couverture sanitaire universelle et sont essentiels au bien-être quotidien des personnes âgées ou affaiblies. 40 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Malaisie, en Mongolie et au Viet Nam. L’Organisation a appuyé la mise en place de cadres mondiaux de suivi et d’évaluation de l’activité physique. Au Viet Nam, des activités de sensibilisation à la santé ont contribué à sauver un projet de loi imposant des restrictions sur la commercialisation et la disponibilité des boissons alcoolisées. Des dispositions clés du texte de loi ont été rétablies, après avoir été retirées sous la pression de l’industrie des boissons alcoolisées. La conduite par l’OMS, en avril 2019, d’un atelier de sensibilisation visant à éclairer la prise de décision sur les jeunes et l’alcool à l’intention de représentants des pouvoirs publics et de partenaires a marqué un tournant décisif dans cette bataille législative. L’atelier a été coorganisé par le Centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation sur l’alcoolisme et la toxicomanie en Nouvelle-Zélande et la Global Alcohol Policy Alliance. Les huit pays affichant les taux de mortalité néonatale et maternelle les plus élevés de la Région ont mis en œuvre la méthode « mère kangourou », qui recommande un contact peau contre peau continu et un allaitement exclusif pour les prématurés et les nouveau-nés de faible poids. Cinq pays prioritaires ont procédé à une évaluation des services de santé reproductive, maternelle et infantile dispensés au niveau des soins de santé primaires. Les Ministères de la santé se sont appuyés sur les résultats obtenus afin de définir des mesures propres à améliorer la qualité des services et d’élaborer des plans nationaux. En outre, quatre pays ont renforcé l’intégration de la nutrition dans le système de santé grâce à l’initiative Hôpitaux amis des bébés et à la formation d’agents de santé à la nutrition dans le cadre des soins de santé primaires. Les participants à la Conférence mondiale de l’Alliance pour des villes saines, qui s’est tenue en Malaisie en octobre 2018, tenant des ballons de football, en signe de leur attachement à mettre en œuvre le Plan d’action mondial pour promouvoir l’activité physique. COMBATTRE LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROMOUVOIR LA SANTÉ À TOUS LES ÂGES 41 L’OMS intervient souvent en première ligne dans le cadre des situations d’urgence, des catastrophes et des flambées épidémiques. Afin de surmonter les nombreuses difficultés inhérentes à ce rôle, l’Organisation a renforcé ses capacités d’appui psychologique ainsi que d’autres interventions requises dans les urgences de santé publique. Un tel soutien peut revêtir une importance capitale au lendemain d’événements qui privent souvent la population de nourriture, d’abris et de moyens de subsistance. Le programme Santé mentale et abus de substances psychoactives du Bureau régional OMS du Pacifique occidental a collaboré avec le programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire et le Bureau de pays de l’OMS en République démocratique populaire lao afin de soutenir les interventions en santé mentale et l’aide psychosociale mises en place par le Ministère de la santé après les inondations soudaines qui ont frappé la province d’Attapeu en juillet 2018. Le programme a contribué à la préparation de l’équipe, composée de quatre cliniciens de santé mentale de l’hôpital de Mahosot et de deux agents de l’OMS, qui a été déployée dans le district de Samanxai le 31 juillet 2018. L’équipe d’intervention de l’OMS a organisé des activités d’information et de sensibilisation dans quatre camps d’évacuation, apporté les premiers secours psychologiques à plus de 700 personnes, et recensé et soigné 30 personnes qui présentaient des symptômes de détresse importants. L’équipe a également dispensé six séances de formation aux premiers secours psychologiques à des groupes locaux, y compris à 125 participants issus des quatre camps principaux, représentant l’union de la jeunesse, les chefs communautaires, le personnel de l’hôpital de district et des agents de santé des villages. Ces activités ont été menées en coordination avec les autorités sanitaires et les partenaires participant à l’action d’urgence. Depuis cette catastrophe, la santé mentale a été intégrée dans les politiques de riposte aux situations d’urgence. Le renforcement des capacités à l’échelon des provinces et des districts a permis d’étendre les services de santé mentale. Le Mental Health Gap Action Programme Humanitarian Intervention Guide (guide d’intervention humanitaire du Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale) donne des orientations sur la prise en charge clinique des troubles mentaux, psychologiques et liés à l’utilisation de substances psychoactives dans les établissements de santé non spécialisés. Après plus de 10 ans d’investissements dans le renforcement transversal et multisectoriel de la sécurité sanitaire, les pays de la Région sont maintenant mieux préparés pour faire face aux flambées épidémiques et autres urgences sanitaires et, notamment, à leur impact sur la santé mentale et le bien-être des populations touchées. Août 2018, République démocratique populaire lao : un membre de l’équipe d’intervention de l’OMS montrant aux personnes touchées par les inondations comment faire face au stress et venir en aide aux enfants. Appui à la santé mentale dans les situations d’urgence 42 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Dans le cadre des efforts déployés par la Région depuis 10 ans pour maintenir les pays au cœur de l’action de l’OMS et venir en aide aux groupes vulnérables, les mesures visant à améliorer la prise en charge néonatale ont acquis un caractère d’urgence, les nouveau-nés représentant la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans dans la Région. La mortalité néonatale, soit le nombre de décès de nourrissons de 28 jours ou moins, constitue depuis longtemps une préoccupation dans la Région du Pacifique occidental. En 2013, le Plan d’action pour des nouveau-nés en bonne santé dans le Pacifique occidental (2014-2020) a été approuvé pour aider les États Membres à ramener le taux de mortalité néonatale à moins de 10 décès pour 1000 naissances vivantes d’ici à 2020, une cible plus ambitieuse que celle fixée à 12 décès pour 1000 naissances vivantes au titre des objectifs de développement durable. Un appui intensif a été apporté aux huit pays du Pacifique occidental présentant les charges de mortalité néonatale les plus élevées (Cambodge, Chine, Îles Salomon, Mongolie, Papouasie- Nouvelle-Guinée, Philippines, République démocratique populaire lao et Viet Nam) en vue d’améliorer de manière systématique la qualité des soins. En 2018, trois de ces huit pays affichaient des taux de réduction de la mortalité néonatale allant jusqu’à 43 %, atteignant ainsi la cible régionale avant l’échéance prévue. Au cours de l’année écoulée, plus de 50 000 agents de santé ont participé à la prestation de soins essentiels au nouveau-né (SENN) dans 6921 établissements de santé, soit deux fois plus qu’il y a tout juste deux ans, selon les données de l’OMS. La méthode « mère kangourou », qui préconise un contact peau contre peau continu et un allaitement exclusif pour les prématurés et les nouveau-nés de faible poids, a été mise en œuvre dans près de 200 hôpitaux provinciaux, régionaux et nationaux de sept pays, soit plus du double par rapport à 2016, ce qui s’est traduit par une nette amélioration de la santé des nouveau-nés. L’OMS s’est donné pour priorité de poursuivre ses activités axées sur la santé infantile et maternelle, ainsi que sur les questions connexes que sont le développement infantile, la prévention des traumatismes et l’exposition aux toxines chez les enfants, en vue de s’acquitter de la mission qui lui incombe de faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde dans les cinq années à venir. La méthode « mère kangourou » destinée aux prématurés et aux nourrissons de faible poids à la naissance a été appliquée à l’hôpital provincial de Houaphanh (République démocratique populaire lao), à la suite d’une mission de l’OMS et d’une réunion avec le Directeur de l’hôpital en mai 2019. Donner à chaque enfant le meilleur départ dans la vie COMBATTRE LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROMOUVOIR LA SANTÉ À TOUS LES ÂGES 43 Ces 10 dernières années, l’Initiative pour un monde sans tabac dans la Région du Pacifique occidental a permis de renforcer la collaboration avec les secteurs autres que la santé (douanes, finance, tourisme, environnement, etc.) pour faire progresser la lutte globale contre le tabac, l’accent étant mis sur des mesures clés de réduction de la demande. Sous-tendus par la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, ces efforts ont porté leurs fruits. Plus de la moitié des États Membres exigent désormais que soient apposées des mises en garde sanitaires explicites sur les emballages des produits du tabac. Y compris dans les pays dépourvus de législation nationale sur des environnements sans tabac, bon nombre des plus grandes villes de la Région, notamment Beijing, Shanghai et, depuis novembre 2018, Xi’an, ont été déclarées villes sans fumée. Parallèlement, de nombreux pays continuent à augmenter les taxes sur les produits du tabac afin de les rendre moins abordables. Aux Philippines, la coopération avec des responsables des finances et l’appui de la société civile ont abouti à l’adoption en juin 2019 d’une loi prévoyant la hausse de la taxation des produits du tabac. Depuis le lancement en juillet 2018 de la Révolution sans tabac dans la Région, des centaines de sociétés se sont engagées à appuyer la campagne pour des lieux de travail sans tabac, autre exemple d’une collaboration fructueuse entre le secteur privé et l’OMS. La réussite de l’action menée pour défendre la cause de la santé au-delà du secteur sanitaire s’illustre par une tendance à la baisse du tabagisme dans la Région. Le nombre de fumeurs y est en recul par rapport au chiffre record de 2010 (392 millions de consommateurs adultes), et une baisse supplémentaire de 21 millions de fumeurs est attendue d’ici à 2025. Le tabac n’en demeure pas moins la principale cause évitable de mortalité aux niveaux mondial et régional. L’action entreprise en vue d’améliorer les résultats sanitaires exige une réduction plus importante du tabagisme et un engagement renouvelé de secteurs autres que la santé. Parallèlement, les acquis obtenus dans la lutte antitabac sont de plus en plus menacés par de nouvelles difficultés. Alors que les pays et les villes ont été de plus en plus nombreux à renforcer leurs mesures antitabac, l’industrie du tabac a accru son ingérence dans la prise de décision politique et intensifié la commercialisation agressive de nouveaux produits du tabac et de systèmes électroniques d’administration de nicotine, y compris les cigarettes électroniques et les dispositifs de vapotage. L’OMS applique des stratégies novatrices en établissant des partenariats au-delà du secteur de la santé afin d’aider les pays à surmonter les problèmes que posent les nouveaux produits à base de tabac et de nicotine tout en anticipant les défis à venir. Ces mesures antitabac aideront l’OMS et les États Membres à renforcer le développement économique, la viabilité de l’environnement et la réduction de la pauvreté, tout en protégeant la santé des populations de la Région. L’OMS collabore avec le secteur privé à Malacca (Malaisie) afin d’étendre les zones sans tabac. Œuvrer au-delà du secteur sanitaire pour améliorer la santé
Édifier des systèmes de santé qui ne laissent personne de côté Introduction Lutter contre la résistance aux antimicrobiens Établir des partenariats avec les législateurs en faveur de la CSU Mesurer les progrès accomplis sur la voie de la CSU La tendance vers un vieillissement rapide de la population dans la Région exigera des systèmes de soins de santé robustes, offrant des services de soins primaires adaptés afin de répondre aux besoins des personnes âgées, ou très âgées comme au Japon. 46 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Introduction La population de la Région du Pacifique occidental a vu sa santé s’améliorer de manière considérable ces 10 dernières années, mais les progrès n’ont pas été répartis équitablement. Selon les données les plus récentes, de profondes inégalités persistent dans la couverture de services essentiels et l’accès aux services de santé, aussi bien d’un pays à l’autre qu’au sein de chacun d’entre eux. Afin de remédier à ces inégalités et d’atteindre les objectifs de développement durable, l’OMS a renforcé son soutien aux États Membres en vue d’améliorer les systèmes de santé et de progresser sur la voie de la couverture sanitaire universelle (CSU). Pour ce faire, elle s’appuie sur le Cadre d’action régional La couverture sanitaire universelle : la voie vers une meilleure santé, approuvé par le Comité régional du Pacifique occidental en octobre 2015. Le Cadre d’action met l’accent sur les cinq caractéristiques de la CSU (qualité, efficacité, équité, responsabilité, ainsi que durabilité et résilience) et propose aux États Membres des orientations sur les mesures prioritaires à prendre pour progresser sur la voie de la CSU. S’inspirant du Cadre d’action, le Comité régional a approuvé en octobre 2018 des plans régionaux sur la cybersanté, la planification hospitalière et les cadres juridiques pour la santé, qui contribueront à renforcer les systèmes de santé et faciliteront la mise en place de la CSU. En collaboration avec l’Union européenne, le Japon et la République de Corée notamment, l’OMS a également accru son appui aux mesures que prennent les États Membres pour promouvoir la CSU et renforcer les systèmes de santé et, ainsi, jeter les bases de résultats plus satisfaisants et plus équitables. Elle s’est employée à répondre à des besoins expressément liés aux cinq caractéristiques essentielles de la CSU. Qualité Au cours de l’année écoulée, l’Organisation a œuvré étroitement avec les Ministères de la santé du Cambodge, de la Chine, de la Mongolie, de la République démocratique populaire lao et du Viet Nam afin d’établir un réseau régional de collaboration qui permette de partager des données d’expérience susceptibles d’étayer l’élaboration de plans d’action nationaux visant à rendre les services de santé plus efficaces et plus sûrs. L’Organisation a continué d’appuyer le renforcement de la réglementation des produits médicaux dans les États et Territoires insulaires du Pacifique. En mars 2019, les Ministres de la santé du Pacifique ont préconisé la création d’une plateforme de réglementation infrarégionale afin d’aider les États et Territoires insulaires de la sous-région qui peinent à satisfaire aux exigences de plus en plus complexes qu’impose la réglementation des médicaments et des dispositifs médicaux. Efficacité Au cours de l’année écoulée, l’OMS a aidé la Mongolie à élaborer une plateforme nationale d’assurance- maladie destinée à couvrir les paiements aux prestataires de soins de santé primaires. Ce faisant, elle a identifié des moyens de réduire les coûts dans ce domaine, tels que le renforcement de l’évaluation des technologies de la santé, en s’employant notamment à déterminer comment les dépenses du régime d’assurance national pourraient mieux servir à lutter contre les maladies non transmissibles (MNT). Equité Un examen systématique des inégalités en santé, réalisé en 2019 pour l’ensemble de la Région du Pacifique occidental, a révélé que le taux de ÉDIFIER DES SYSTÈMES DE SANTÉ QUI NE LAISSENT PERSONNE DE CÔTÉ 47 mortalité prématurée imputable aux maladies non transmissibles était plus élevé chez les hommes que chez les femmes, étant égal ou supérieur à 50 % dans la plupart des pays. S’inspirant de cet examen, et en concertation avec ses partenaires, l’OMS a concouru au développement des capacités nationales afin de renforcer la gouvernance en faveur de l’équité en santé. Il s’est agi de mener des consultations avec les États Membres et de les inviter à partager leurs données d’expérience. Un projet d’outil d’auto- évaluation visant à aider les pays à mesurer l’efficacité des mesures prises pour améliorer l’équité a été élaboré et lancé au Cambodge, en Chine, en Mongolie, aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. Responsabilité Dans la Région, l’OMS a continué d’appuyer les efforts déployés par les pays pour renforcer les systèmes d’enregistrement des faits d’état civil et d’établissement des statistiques de l’état civil afin de rassembler les sources de données les plus fiables sur la fécondité, la mortalité et les causes de décès. Ces données sont indispensables pour éclairer la prise de décision et l’élaboration de politiques et veiller à ce que les mesures nationales de santé publique ne laissent personne de côté. Au Cambodge, la dixième révision de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes a été présentée aux hôpitaux nationaux et provinciaux afin d’améliorer les pratiques cliniques et la gestion des coûts. Parallèlement, l’OMS a offert un appui technique au Cambodge pour ce qui concerne le suivi des données, à l’échelle infranationale et dans les centres de santé. Durabilité et résilience Le séisme et la flambée de poliovirus qui ont frappé la Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2018 ont interrompu les activités de vaccination systématique et la Aux Palaos, une agente de santé soignant un patient à domicile. La mobilisation de la communauté contribue à assurer un accès équitable aux services de santé et à progresser sur la voie de la CSU. 48 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 prestation de services de santé de base dans le pays. Dans le cadre d’une approche systémique, l’OMS a travaillé en étroite liaison avec le Ministère de la santé, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Gavi, l’Alliance du Vaccin, d’autres partenaires de développement et le secteur privé pour favoriser la création de mécanismes de coordination aux niveaux national et provincial, à l’appui de la vaccination contre la poliomyélite et de la surveillance des flambées. Prochaines étapes L’OMS dans le Pacifique occidental entend collaborer avec tous les États Membres pour renforcer l’action du secteur de la santé face au vieillissement de la population et créer l’élan nécessaire à l’instauration de la CSU. Il s’agit notamment de privilégier les possibilités de « vieillir chez soi » grâce à la prestation de soins intégrés à l’échelle des communautés. Les MNT et le vieillissement comptent parmi les trois priorités arrêtées pour le Pacifique occidental dans le document intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, qui présente les orientations de l’action que l’OMS mènera dans la Région au cours des cinq années à venir, en concertation avec les États Membres. L’avenir offrira de nombreuses possibilités de partager des données d’expérience et de renforcer les approches dans la Région pour s’attaquer aux inégalités entre les sexes et au manque d’équité dans le domaine de la santé. Les mesures prises devraient rendre les programmes et les services de santé plus efficaces, et non seulement permettre d’améliorer les résultats sanitaires mais également garantir que les dépenses de santé n’appauvrissent pas ceux qui doivent se soigner. Un agent de santé effectuant des analyses sanguines dans une communauté touchée par le paludisme à Vanuatu. Le renforcement des services de soins de santé primaires est essentiel à l’instauration de la CSU. ÉDIFIER DES SYSTÈMES DE SANTÉ QUI NE LAISSENT PERSONNE DE CÔTÉ 49 Les antibiotiques figurent parmi les médicaments les plus fréquemment prescrits et les plus efficaces contre les infections mortelles et les maladies les plus graves. Toutefois, la constante surconsommation et l’utilisation malavisée des antimicrobiens suscitent de fortes préoccupations quant à la progression de la résistance aux antimicrobiens (RAM), laquelle rend les antibiotiques inefficaces dans le traitement d’infections courantes, et entrave l’action menée en vue de maîtriser et d’éliminer les infections à haut risque telles que le paludisme, les infections sexuellement transmissibles et la tuberculose. Ces 10 dernières années, l’OMS s’est employée à combattre la RAM au moyen d’une approche plus transversale et multisectorielle faisant intervenir ses spécialistes des systèmes de santé, des réglementations, de la sécurité sanitaire et des programmes de lutte contre les maladies transmissibles ainsi que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé animale. Cette démarche a amené l’Organisation et les États Membres à s’attaquer aux facteurs responsables de la RAM. L’assistance qu’apporte l’Organisation fait fond sur le Plan d’action pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental (2015), lequel propose une approche centrée sur les pays, qui s’articule autour des trois volets suivants : 1) coordination multisectorielle ; 2) renforcement des systèmes nationaux pour lutter contre la RAM ; 3) mobilisation, sensibilisation et modification des comportements. Au cours de l’année écoulée, l’OMS a aidé les pays à élaborer et à appliquer des plans d’action nationaux axés sur l’approche Un monde, une santé, qui vise à coordonner l’action des parties prenantes dans les secteurs de la santé humaine et animale, de l’agriculture, de l’environnement et d’autres secteurs. Le but est de garantir que tous les pays disposent d’un plan de lutte contre la RAM. La République démocratique populaire lao et les Tonga ont appliqué des plans d’action en 2018. Le Cambodge, Nauru et Tuvalu devraient leur emboîter le pas en 2019. Parallèlement, des mesures sont prises pour renforcer la capacité des systèmes de santé de garantir un usage rationnel d’antimicrobiens de bonne qualité, sûrs et d’un coût abordable, et d’en faciliter l’accès. L’Organisation adapte son appui à la situation de chaque pays, qu’il s’agisse de contribuer au renforcement de la gestion, ou encore à la création ou à l’amélioration d’un système national de surveillance de la RAM. A l’issue de consultations menées auprès des États Membres, l’OMS a inscrit la sécurité sanitaire, y compris la RAM, parmi les trois priorités qui sous- tendront l’action de l’Organisation dans les cinq années à venir. L’Organisation poursuivra la lutte contre la RAM par des approches novatrices, élaborant un cadre de responsabilisation à l’attention des acteurs extérieurs à la santé et une application mobile qui permettra de surveiller l’utilisation des antibiotiques dans les communautés. Une pharmacienne contrôlant les ordonnances dans une pharmacie du centre de santé de Berakas (Brunéi Darussalam). La surveillance de la consommation d’antimicrobiens est essentielle à la lutte contre la RAM. Lutter contre la résistance aux antimicrobiens 50 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Bien des facteurs qui pèsent sur la santé dans la Région du Pacifique occidental proviennent de sources extérieures au secteur de la santé. Consciente de cette réalité, l’OMS collabore avec des responsables et des dirigeants, notamment des parlementaires, afin de défendre la cause de la santé au-delà de ce secteur. L’OMS a joué un rôle de premier plan en associant les législateurs à l’action menée pour instaurer la CSU. Ceux-ci rédigent et adoptent les textes législatifs, approuvent les budgets, mobilisent les ressources et exercent une fonction de surveillance, faisant d’eux des parties prenantes essentielles dans les processus susceptibles d’améliorer la santé des personnes qu’ils représentent, en particulier les plus vulnérables. Sous la direction de l’ancien Directeur régional, le Dr Shin Young-soo, l’OMS a fait œuvre de pionnier en lançant, en 2015, le tout premier Forum parlementaire Asie- Pacifique sur la santé mondiale. Celui-ci réunit des législateurs de 30 pays de la Région et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. Il permet d’échanger des idées, de renforcer la volonté politique, de développer les capacités et de promouvoir la coopération au profit d’une meilleure santé et de la CSU, aux niveaux local, national et mondial. En août 2018, les participants à la quatrième session du Forum organisée à Manille ont mis en avant le rôle des parlementaires dans l’instauration de la CSU, s’employant en particulier à garantir un financement durable et à renforcer les cadres juridiques à l’appui de la CSU. L’OMS a organisé cette rencontre en étroite collaboration avec la Commission santé et démographie du Sénat philippin et la Commission santé de la Chambre des représentants. Les liens noués à cette occasion se sont révélés utiles, notamment pour le Gouvernement philippin qui a invité l’OMS à appuyer son projet de loi historique en faveur de la CSU. L’Organisation a ainsi offert une assistance technique, de l’élaboration du projet à son adoption. La loi sur les soins de santé universels, promulguée en février 2019, devrait permettre d’améliorer la santé de tous les Philippins, et servir d’exemple aux autres pays soucieux de renforcer leurs cadres juridiques dans le domaine de la santé. Il s’agit là encore d’un exemple de l’action que mène l’OMS pour nouer des partenariats avec des « porte-parole » de la santé issus d’autres secteurs, tout en maintenant la CSU au cœur des stratégies nationales conçues pour améliorer la santé. L’OMS appuie les Fidji dans l’organisation du Forum sur la santé et les changements climatiques qui se tiendra en août 2019. Le Forum et l’élargissement du réseau des centres collaborateurs de l’OMS figureront parmi les priorités de l’Organisation dans la Région au cours des cinq années à venir. Les Philippines ont accueilli le Forum parlementaire Asie-Pacifique sur la santé mondiale en août 2018 visant à promouvoir l’échange de vues sur la CSU entre les parlementaires de la Région. Établir des partenariats avec les législateurs en faveur de la CSU ÉDIFIER DES SYSTÈMES DE SANTÉ QUI NE LAISSENT PERSONNE DE CÔTÉ 51 Depuis cinq ans, des progrès considérables ont été accomplis dans le renforcement des systèmes de santé et l’instauration de la CSU à l’échelle régionale, se traduisant par un accès accru à des soins de qualité et une meilleure protection contre des dépenses de santé souvent catastrophiques. L’indice sur l’accès aux soins et la qualité des soins montre effectivement que des avancées non négligeables ont été réalisées tant dans l’accès aux soins que dans la couverture des soins de qualité. D’après cet indice, le score global de tous les pays de la Région du Pacifique occidental s’est amélioré entre 2000 et 2016, dans certains cas de près de 50 %. Les habitants de la Région bénéficient désormais d’une meilleure protection financière face aux frais personnels de santé. Les frais à la charge des patients, exprimés en pourcentage des dépenses totales de santé, ont diminué, tombant de 39 % en 2009 à 33 % en 2015. Des inégalités touchant la plupart des aspects de la santé n’en subsistent pas moins dans la plupart des pays. Elles frappent surtout les groupes les plus démunis et les moins instruits, ainsi que les ruraux. Le recensement des lacunes et des domaines prioritaires en matière de prestation de soins constitue une étape importante pour l’amélioration du fonctionnement des systèmes de santé et, partant, celle de la santé publique. Dans la Région du Pacifique occidental, l’OMS s’est engagée à aider les États Membres à rassembler et à utiliser des données de suivi de la CSU et des données prévisionnelles sur les caractéristiques des populations en vue d’orienter les changements à apporter à la prestation des services à mesure que les pays progressent sur la voie de la CSU. En 2018, l’OMS a publié UHC and SDG Country Profiles (Profils de pays relatifs à la CSU et aux ODD) qui évaluent les progrès accomplis par chaque pays à l’aune des indicateurs de santé relatifs à la CSU et aux ODD. Ces profils aident les pouvoirs publics à déterminer les moyens de renforcer les systèmes de santé et d’accélérer les progrès accomplis dans l’établissement de la CSU. En outre, l’OMS aide les pays à parfaire la mise en œuvre progressive de la CSU dans le cadre d’un processus continu visant à mesurer les taux d’appauvrissement financier dû aux dépenses de santé, à établir des estimations de la couverture des interventions au niveau infranational et à procéder à un suivi de l’équité. L’OMS continuera de mettre à profit l’utilisation des données afin de progresser plus rapidement sur la voie de la CSU à l’échelle des pays, s’attachant à tirer un meilleur parti des mesures de protection financière et de renforcement de la couverture des services, et à avoir une compréhension plus poussée de la santé des populations de sorte que les systèmes de santé répondent aux besoins et aux exigences de tous. Une mère et son enfant dans une clinique locale à Poya (Nouvelle-Calédonie). Les États Membres ont accompli des progrès mesurables sur la voie de la CSU, améliorant l’accès à des soins de santé de qualité et réduisant le coût catastrophique des soins. Mesurer les progrès accomplis sur la voie de la CSU
À l’appui d’une vie en bonne santé et d’un avenir durable pour tous dans le Pacifique Introduction Renforcer la sécurité sanitaire grâce au partenariat Des médicaments plus sûrs dans le Pacifique Inverser la tendance et relever les défis en matière de santé mentale L’évolution des conditions climatiques et environnementales présente des risques importants pour la santé, en particulier dans les îles de basse altitude du Pacifique. Dans l’État de Tuvalu, qui culmine à 4,6 m au-dessus du niveau de la mer, les menaces liées au climat qui pèsent sur la sécurité alimentaire, le logement et l’eau potable sont très préoccupantes. 54 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 La Division Appui technique dans le Pacifique a été créée en 2010 afin de coordonner, dans les 21 États et Territoires insulaires, la prestation, en temps voulu, d’un appui adapté à la santé publique. Dès le début de son mandat, l’ancien Directeur régional, le Dr Shin Young-soo, a souligné la nécessité de placer les pays au cœur de l’action de l’OMS. Il a honoré cette promesse en créant la Division Appui technique dans le Pacifique chargée de coordonner les programmes d’appui interpays et de veiller à ce que l’appui technique voulu soit fourni rapidement là où le besoin s’en fait sentir. En sus de son bureau situé à Suva (Fidji), la Division compte six autres bureaux dans le Pacifique. Pour guider les États Membres, la Division s’appuie sur les atouts que présentent les approches intégrées des questions régionales, ainsi que sur les compétences techniques de chaque pays. Ce cap est maintenu sous la houlette du nouveau Directeur régional, le Dr Takeshi Kasai, son équipe de direction s’appuyant sur les progrès accomplis pour faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde. Les activités de la Division sont en grande partie sous-tendues par le concept des îles-santé formulé en 1995 et retenu comme thème fédérateur de la protection et de la promotion de la santé dans le Pacifique. Ce concept adopté par les pays insulaires du Pacifique s’accorde pleinement avec l’approche globale et multisectorielle présentée dans le treizième programme général de travail de l’OMS 2019-2023. Au nombre des multiples défis qu’elle s’emploie à relever dans le Pacifique, l’OMS se consacre surtout à combattre les maladies non transmissibles (MNT), à renforcer la sécurité sanitaire - s’agissant en particulier d’améliorer la préparation et l’action en cas de catastrophe et de faire face aux effets des changements climatiques sur la santé – à consolider les systèmes de santé et à surmonter les problèmes sanitaires, tels que les maladies tropicales négligées. Ces axes d’action figurent parmi les priorités stratégiques de haut niveau qui orienteront l’activité de l’OMS dans la Région durant les cinq années à venir. Le travail acharné des États Membres et les fondements mis en place ces 10 dernières années ont permis de réaliser de grandes avancées dans le Pacifique. Le renforcement de l’appui d’urgence, les progrès accomplis dans la mise en place d’une plateforme réglementaire pour les médicaments et l’octroi d’une aide accrue dans le domaine de la santé mentale sont autant de réalisations importantes de l’année écoulée. Il ne s’agit là que d’une partie de l’assistance technique et de l’appui stratégique apportés par l’OMS. Les résultats obtenus tiennent en grande partie à la restructuration des modèles de fonctionnement de l’OMS dans le Pacifique, motivée par la nécessité d’une approche nouvelle pour faire face aux effets des changements climatiques sur la santé. Le lien existant entre la santé et le climat a été l’un des principaux facteurs à l’origine de la création de la Division Appui technique dans le Pacifique et demeure une composante clé des activités à venir. La question importe au plus haut point dans le Pacifique, où les effets des changements climatiques sur la santé se font sentir avec plus d’acuité. Pour certaines îles de faible altitude, c’est leur existence même qui est menacée par l’élévation du niveau de la mer. Le Livre blanc intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, explique pourquoi et comment la santé doit figurer au cœur des débats relatifs aux changements climatiques, en particulier dans le Pacifique. Ces 12 derniers mois, l’OMS a collaboré avec les États Membres et des experts à l’élaboration du Pacific Islands Action Plan on Introduction À L’APPUI D’UNE VIE EN BONNE SANTÉ ET D’UN AVENIR DURABLE POUR TOUS DANS LE PACIFIQUE 55 Climate Change and Health (Plan d’action des Îles du Pacifique sur les changements climatiques et la santé), une feuille de route qui prend appui sur les plans nationaux relatifs aux effets des changements climatiques sur la santé, établis sous l’impulsion du Dr Shin. Plus important encore, ce plan d’action concrétise l’ambition du Directeur régional, le Dr Takeshi Kasai, de disposer de systèmes de santé résilients et de ressources accrues, et de faire participer les responsables de la santé et les États Membres du Pacifique aux discussions et aux négociations sur les changements climatiques. Durant l’année écoulée, l’OMS a œuvré aux côtés de Kiribati et de Tuvalu pour faciliter l’établissement de systèmes de santé à l’épreuve du climat. Le plan d’action et l’ensemble des mesures prises pour lutter contre les effets des changements climatiques sur la santé imposent le renforcement du rôle directeur de l’OMS – dans le domaine de la santé et au-delà – et la mise en œuvre d’activités de sensibilisation et de mobilisation globales et multisectorielles. Cette approche a fait ses preuves dans d’autres secteurs d’intervention, en particulier les situations d’urgence sanitaire. En 2018, le Pacifique a connu 11 catastrophes et 26 épidémies ; la collaboration multisectorielle engagée entre les pouvoirs publics, les organisations, les donateurs et les partenaires dans un contexte de ressources limitées s’est avérée essentielle pour la mise en œuvre d’interventions efficaces. Pour ce faire, l’OMS a centré son action dans le Pacifique sur le renforcement des principales capacités requises au titre du Règlement sanitaire international, ou RSI (2005), et sur l’amélioration de la prestation de services en situation d’urgence. Les résultats obtenus au cours de l’année écoulée parlent d’eux- mêmes : création d’équipes médicales d’urgence ; poursuite de la mise en œuvre du Cadre de suivi et d’évaluation du RSI (2005), y compris la réalisation d’une évaluation extérieure conjointe dans les États fédérés Le Directeur régional et le personnel de l’OMS visitant des cocoteraies dans le nord de Kiribati. Celles-ci avaient été anéanties par des intrusions d’eau salée, ce qui avait entraîné le déplacement des habitants d’un village voisin qui risquaient d’être privés d’eau potable, de produits frais, de logements sûrs et de moyens de subsistance. 56 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 de Micronésie ; auto-évaluation par de nombreux pays insulaires du Pacifique de leurs capacités d’intervention face aux risques de santé publique. Pour ce qui concerne les systèmes de santé, l’OMS s’est attachée à renforcer son appui à l’instauration de la couverture sanitaire universelle (CSU), notamment en soutenant la mise en œuvre d’un programme quinquennal de modernisation des soins de santé primaires en Polynésie française. L’Organisation concourt également à la création d’une plateforme de réglementation infrarégionale visant à améliorer l’accès à des médicaments d’un coût plus abordable et de meilleure qualité. L’OMS et ses partenaires se sont également employés à redynamiser le Réseau océanien d’information sanitaire, qui appuie la réalisation des objectifs de santé des pays insulaires du Pacifique moyennant la diffusion et la mise en commun d’information sanitaire et la collaboration technologique. L’élaboration de stratégies de santé en ligne a débuté au Vanuatu en 2018 et à Tuvalu en 2019. Dans le Pacifique, l’OMS continue d’appuyer l’amélioration de la santé publique, en mettant l’accent auprès des pays sur la prévention, la détection rapide et la gestion des maladies chroniques au niveau des soins de santé primaires. L’OMS continue d’appuyer le programme des écoles-santé aux Fidji. Appliqué dans 289 établissements scolaires et bénéficiant à 100 000 élèves, ce programme qui vise à améliorer les résultats en matière de santé, a permis d’apporter des changements importants. Les activités de prévention ont également contribué à améliorer les mesures de lutte contre le tabagisme visant à modifier les comportements, à renforcer la législation et son application, et à accroître la disponibilité des services de sevrage tabagique. Ces activités, ainsi que toutes les autres interventions de l’OMS dans le Pacifique, reposent sur l’action menée ces 10 dernières années sous la direction du Dr Shin pour protéger la Région et obtenir des résultats à l’échelle des pays. La Division Appui technique dans le Pacifique et ses activités témoignent de la volonté de l’OMS de placer les pays au cœur de son action. Le programme ambitieux du Dr Kasai visera à poursuivre l’action menée pour que les États et Territoires insulaires du Pacifique deviennent plus sains et plus sûrs. Il hiérarchise les besoins des pays insulaires du Pacifique, l’accent étant mis sur les questions prioritaires aux fins d’une vie saine et résiliente et d’un avenir durable pour tous. Une élève fidjienne pratiquant une bonne hygiène dans une école de promotion de la santé. Chaque école participante se concentre sur les aspects du programme dont elle a le plus besoin, notamment l’assainissement et l’hygiène, la nutrition et l’activité physique, ainsi que la santé mentale et le bien-être. À L’APPUI D’UNE VIE EN BONNE SANTÉ ET D’UN AVENIR DURABLE POUR TOUS DANS LE PACIFIQUE 57 Les États et Territoires insulaires du Pacifique sont particulièrement exposés aux urgences de santé publique, ayant connu, pour la seule année 2018, 11 catastrophes et plus de 26 épidémies. L’engagement pris par l’OMS il y a 10 ans de veiller à la sécurité de la Région du Pacifique occidental, en développant les capacités de sécurité sanitaire de tous les États et Territoires, a permis de renforcer l’appui à la préparation et à l’intervention en prévision de catastrophes et de flambées. S’appuyant sur de solides partenariats forgés de longue date, le programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire a apporté un soutien direct aux États Membres durant les catastrophes et les flambées survenues au cours de l’année écoulée. En particulier, une flambée d’infection à méningocoques C aux Fidji, ayant entraîné plusieurs décès, a pu être endiguée grâce aux efforts consentis par l’OMS, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance et le Ministère de la santé et des soins médicaux pour garantir un vaccin d’un coût abordable, lequel a été administré à plus de 300 000 enfants et jeunes adultes. L’OMS a joué un rôle moteur dans le groupe de travail sur le Pacific Health Security Coordination Plan 2017-2022 (Plan de coordination de la sécurité sanitaire dans le Pacifique 2017-2022) composé de partenaires du développement, et l’Organisation a appuyé les activités visant à renforcer l’action collective en faveur de la sécurité sanitaire dans le Pacifique. Afin de mieux recenser les principales lacunes des capacités d’intervention, 12 des 13 États Parties au RSI (2005) dans le Pacifique ont procédé à une auto-évaluation annuelle obligatoire en 2018. Les résultats servent actuellement à élaborer des plans d’action pour la sécurité sanitaire visant à combler les lacunes constatées et à hiérarchiser l’allocation des ressources. Pour sa part, l’OMS s’emploie, aux côtés des Ministères de la santé à améliorer la préparation des pays aux fins d’interventions « tous risques », rapides, fiables et de qualité. L’OMS a continué de soutenir la création d’équipes d’assistance médicale d’urgences (EMU) dans le Pacifique. Le 11 mai 2019, l’équipe d’assistance médicale d’urgence des Fidji (FEMAT) est devenue la première EMU du Pacifique à obtenir une certification internationale. En partenariat avec les EMU de l’Australie (AusMAT) et de la Nouvelle-Zélande (NZMAT), l’OMS a dispensé une formation aux membres de la FEMAT portant sur l’intervention en situation d’urgence soudaine aux niveaux national et international. En tant qu’équipe médicale d’urgence de type 1, la FEMAT peut dispenser des soins cliniques vitaux à des patients victimes de lésions traumatiques graves ou d’autres urgences médicales, prendre en charge jusqu’à 100 patients par jour en soins ambulatoires et mener des interventions de santé publique. L’initiative relative aux équipes médicales d’urgence illustre également l’importance que revêtent les partenariats dans le renforcement des capacités nationales. Au cours de l’année écoulée, les EMU nationales ont également vu leurs capacités augmenter aux Îles Cook, aux Îles Salomon, aux Tonga et au Vanuatu, et l’OMS a appuyé des déploiements d’urgence au Vanuatu et dans le Commonwealth des Îles Mariannes du Nord. À Suva, l’hôpital mobile de campagne de l’équipe d’assistance médicale d’urgence des Fidji (FEMAT) prêt pour une évaluation de l’OMS : en 2019, l’équipe a été la première du Pacifique à pouvoir être déployée au niveau international. Renforcer la sécurité sanitaire grâce au partenariat 58 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Afin de donner corps au concept des îles-santé formulé en 1995, lequel présente des liens étroits avec la CSU, il convient d’offrir aux populations du Pacifique l’accès à des médicaments et à des vaccins essentiels qui soient sûrs, efficaces et d’un coût abordable. En vue d’aider les pays à progresser sur la voie de la CSU, l’OMS s’est consacrée, durant l’année écoulée, au renforcement du cadre législatif et règlementaire des médicaments afin d’assurer l’accès à des produits sûrs. Par le passé, l’OMS et ses partenaires ont soutenu des activités visant à garantir la disponibilité de médicaments essentiels de qualité et à des prix équitables. L’année 2018 n’en a pas moins marqué un véritable tournant. Des progrès ont été accomplis en ce qui concerne la création, à l’échelle infrarégionale, d’une plateforme de réglementation des médicaments, qui a été approuvée par les Directeurs de la santé du Pacifique en avril 2019. Le projet est actuellement à l’examen au niveau ministériel. Les avancées réalisées dans la mise en place de dispositifs infrarégionaux complexes, tels que cette plateforme, démontrent la viabilité d’approches menées à l’échelle du Pacifique, telles qu’envisagées lors de la création de la Division. L’OMS dans le Pacifique a été à même de bénéficier des compétences spécialisées d’autres organisations, d’appuyer la mise en commun de solutions innovantes et de tirer des enseignements pour l’avenir. En partenariat avec la Therapeutic Goods Administration (TGA) de l’Australie, l’OMS a ouvert le dialogue dans 15 pays insulaires du Pacifique sur les moyens à mettre en œuvre pour relier les activités de renseignements et de pharmacovigilance en vue de réduire la présence sur le marché de produits médicaux de qualité inférieure et, partant, leur impact dans la sous-région et à l’échelle mondiale. Dans le cadre de cette intervention, la TGA a procédé à des tests de qualité sur les médicaments clés, dont les résultats ont été largement diffusés sur un site consacré à l’assurance de la qualité des médicaments. Des progrès importants sont à mettre à l’actif de l’année écoulée, tels que la collaboration menée avec les pays insulaires du Pacifique et le rôle influent rempli par l’OMS et d’autres partenaires. Compte tenu des acquis obtenus en matière d’encadrement et d’innovation et de la poursuite des efforts à cet égard, l’avenir de la réglementation des médicaments dans le Pacifique s’annonce plus prometteur que jamais. Un professionnel de la santé des États fédérés de Micronésie distribuant des médicaments. L’OMS travaille avec les pays insulaires du Pacifique pour assurer à chaque habitant l’accès à des médicaments sûrs, efficaces et de qualité. Des médicaments plus sûrs dans le Pacifique À L’APPUI D’UNE VIE EN BONNE SANTÉ ET D’UN AVENIR DURABLE POUR TOUS DANS LE PACIFIQUE 59 Placer les pays au cœur de l’action de l’OMS implique d’adopter une approche centrée sur la dimension humaine, visant à ne faire aucun laissé-pour-compte, en particulier parmi les plus vulnérables. Cet engagement sous-tend les efforts consentis par l’OMS pour intensifier son appui à la santé mentale, composante essentielle du programme de lutte contre les MNT. Les problèmes de santé mentale sont souvent négligés, et particulièrement méconnus dans le Pacifique, y compris parmi les prestataires de santé. De surcroît, la santé mentale représente généralement moins de 2 % des budgets de santé. Les changements climatiques et la fréquence des catastrophes ont entraîné une hausse de la demande en services de santé mentale et de soutien psychosocial, en particulier dans les situations d’urgence. L’écart entre les besoins et les services disponibles n’en continue pas moins de se creuser dans la plupart des pays du Pacifique. L’OMS a donc redoublé d’efforts afin de renforcer les capacités locales et d’adapter son action au contexte local, pour ce qui est notamment de la riposte aux catastrophes, des changements climatiques et des besoins des personnes handicapées. En vue de garantir la prestation universelle des soins de santé mentale, l’OMS appuie leur intégration dans les soins de santé primaires dispensés dans les communautés. Au cours de l’année écoulée, la formation des personnels de santé assurée dans le cadre du Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale (mhGPA) s’est poursuivie aux Fidji afin de renforcer les compétences et d’accroître les capacités. En outre, une formation de responsables mhGPA a permis de développer les capacités de personnels chargés de la prise en charge des troubles mentaux. Au total, à la mi-2019, plus d’un millier d’agents de santé fidjiens avaient suivi une formation. D’autres pays tels que le Vanuatu et Kiribati ont poursuivi la mise en place de formations mhGAP, et une formation de formateurs a été proposée aux Îles Cook et aux Samoa américaines en 2019. Le nombre de personnes bénéficiant d’un traitement a ainsi fortement augmenté dans les pays insulaires du Pacifique. Afin d’améliorer la préparation, l’OMS a continué de renforcer les capacités locales en matière de premiers secours psychologiques, en particulier aux Fidji, à Kiribati, aux États fédérés de Micronésie, aux Samoa américaines, aux Tonga et au Vanuatu. En outre, la formation consacrée à la santé mentale et aux droits de l’homme s’est poursuivie dans l’ensemble du Pacifique en collaboration avec le Forum océanien sur le handicap. Pour mieux faire connaître les droits des personnes touchées par des troubles mentaux, la formation dispensée aux Fidji, aux Îles Salomon, au Samoa, aux Tonga et au Vanuatu au cours des années précédentes a été étendue aux Îles Marshall et aux États fédérés de Micronésie début 2019. Cette initiative s’est appuyée sur une approche interinstitutionnelle et multisectorielle menée en collaboration avec plusieurs Divisions et partenaires de l’OMS. Si ces activités ont permis de renforcer la connaissance et la disponibilité des services de santé mentale, de grosses lacunes restent à combler. Des efforts continus seront nécessaires pour préserver la santé et la dignité des personnes souffrant de troubles de santé mentale et réduire la charge des MNT. Une infirmière rendant visite à son patient à Rarotonga (îles Cook). La santé mentale est un aspect essentiel des soins de santé primaires, que l’OMS appuie dans le Pacifique en renforçant les capacités des agents sanitaires locaux. Inverser la tendance et relever les défis en matière de santé mentale
Encadrement, coordination et appui Introduction Renforcer la communication grâce à une nouvelle présence sur le Web Un avenir plus prometteur pour les stagiaires de l’OMS Les centres collaborateurs de l’OMS, des partenaires sans égal Représentants, participants et invités réunis à la soixante-neuvième session du Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental à Manille (Philippines) en octobre 2018. 62 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Le Bureau du Directeur régional, la Division Gestion des programmes et la Division Administration et Finances travaillent en étroite collaboration afin d’appuyer les activités de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, coordonnant l’application des programmes techniques, l’appui aux pays, les relations avec les partenaires et les donateurs, le soutien administratif et financier, et la communication. Leur travail est guidé par l’ambition du Directeur régional de veiller à ce que les activités de l’Organisation soient dès le départ centrées sur les pays. Cette année, l’équipe de direction a piloté les efforts déployés visant à renforcer la communication stratégique, notamment par la création d’un nouveau site Web consacré à l’activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental. Elle a également continué à promouvoir une solide culture de responsabilité et de transparence, et contribué à définir les perspectives d’avenir et les priorités du nouveau Directeur régional pour les cinq prochaines années. Bureau du Directeur régional Le Bureau du Directeur régional appuie directement l’action menée par son Directeur en tant que chef de file de l’activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental et membre de l’équipe de direction mondiale de l’OMS. Le Bureau encadre et coordonne également les activités de communication, les relations extérieures et les partenariats, ainsi que les produits et services d’information, et appuie les travaux des organes directeurs de l’OMS. L’unité Communication du Bureau du Directeur régional collabore étroitement avec les 15 bureaux de pays de l’OMS dans la Région, les Divisions techniques et le Siège de l’Organisation afin de fournir rapidement aux décideurs, aux partenaires et au public des informations et des conseils précis, fiables, compréhensibles, pertinents et applicables en matière de santé. Cette année, dans le cadre des efforts consentis sans relâche afin d’améliorer la communication de l’OMS dans la Région, le Bureau a dirigé l’élaboration d’un nouveau site Web axé sur l’activité de l’OMS dans le Pacifique occidental, y compris de sites consacrés aux 37 États et Territoires de la Région. Une solide communication repose sur des publications, des produits d’information et des services de traduction de qualité. L’équipe chargée des produits et services d’information, qui comprend la bibliothèque, l’unité Publications et l’équipe de traduction, seconde le personnel de l’OMS et les États Membres dans la création, la traduction, la diffusion et la recherche d’information sur la santé. L’unité Relations extérieures s’assure du maintien des bonnes relations avec les 55 donateurs qui appuient directement l’activité de l’OMS dans la Région. Elle veille également à la transparence et à la responsabilisation quant à l’utilisation des fonds des donateurs au moyen de systèmes rigoureux de gestion des subventions et d’une coordination soutenue avec les unités techniques et les bureaux de pays, de manière à présenter, en temps voulu, des rapports de qualité aux donateurs. Ainsi, parmi les grands bureaux de l’OMS, la Région du Pacifique occidental détient la proportion la plus élevée de rapports soumis dans les délais. Division Gestion des programmes La Division Gestion des programmes dirige et coordonne la gestion de la coopération technique régionale avec les États Membres moyennant l’élaboration des programmes et le suivi des opérations, l’appui aux pays et les services de rédaction. Elle dirige la planification stratégique et opérationnelle axée sur les résultats, supervise l’allocation des ressources en fonction des priorités Introduction ENCADREMENT, COORDINATION ET APPUI 63 définies par les organes directeurs de l’OMS et des stratégies de coopération avec les pays, encourage la collaboration entre les programmes et les partenariats, y compris avec l’Organisation des Nations Unies (ONU). Elle est également responsable de la coordination générale des réunions des organes directeurs et de l’appui à la réalisation des mandats approuvés par les organes directeurs de l’OMS. L’unité Élaboration des programmes et suivi des opérations coordonne l’exécution du budget programme et la planification stratégique du nouveau budget programme dans l’ensemble de la Région. Au cours de l’année écoulée, l’unité a appuyé l’exécution du budget programme 2018-2019, qui affichait, au 30 juin 2019, un taux d’exécution par rapport aux ressources disponibles de 74,9 %. Le mécanisme de suivi dans chaque centre budgétaire relève d’un spécialiste de la gestion des programmes. Le réseau des spécialistes de la gestion des programmes se réunit régulièrement (une fois par mois par téléconférence et une fois par an dans le cadre d’une réunion en face-à-face) pour débattre des problèmes relatifs au budget programme entre le Bureau régional et les bureaux de pays et au sein de chacun d’entre eux. Le Bureau régional et les bureaux de pays ont collaboré ensemble à la planification du budget programme 2020-2021, premier budget établi au titre du treizième programme général de travail 2019- 2023. Ce faisant, ils ont pris en compte les priorités de la Région pour les cinq années à venir. L’unité Élaboration des programmes et suivi des opérations a également appuyé l’organisation et la gestion efficaces de 71 réunions régionales tenues en 2018, avec la participation de représentants des États Membres, de partenaires et de plus de 296 experts techniques. L’unité Appui aux pays collabore étroitement avec les bureaux de pays de l’OMS pour veiller à ce que les priorités et les besoins des États Membres figurent au cœur de toutes les activités. Un aspect essentiel de ce travail consiste à coordonner l’élaboration, le suivi et l’examen des stratégies de coopération de l’OMS avec les pays. Les stratégies de coopération sont élaborées conjointement avec les États Membres pour guider l’action de l’OMS avec les pays, à l’appui de leurs politiques, stratégies et plans nationaux en Janvier 2019, Genève - Le Dr Shin Young-soo, Directeur régional sortant, s’adressant au Conseil exécutif de l’OMS à sa cent quarante- quatrième session. 64 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 matière de santé. Elles présentent une perspective stratégique à moyen terme sur cinq à six ans. L’unité sert également de point focal pour bon nombre d’initiatives : la transformation mondiale de l’OMS ; la réforme de l’Organisation des Nations Unies ; l’évaluation ; le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. De plus, l’unité apporte un appui régional à l’administration des centres collaborateurs de l’OMS, coopère étroitement avec l’équipe des ressources humaines pour soutenir les stagiaires et les bénévoles et gère/coordonne des projets transversaux/spéciaux importants, tels que la création de bureaux spécialisés géographiquement dispersés. L’unité Services de rédaction améliore continuellement la qualité et l’accessibilité des documents qui appuient les activités techniques de l’OMS dans la Région. Outre l’édition de documents officiels et de rapports de mission et de réunion, l’unité donne des conseils stratégiques et contrôle la qualité des produits d’information à l’échelle de la Région, et au niveau mondial via sa participation au Groupe de coordination de la politique en matière de publications. L’équipe gère le système électronique actualisé de rapports de mission et coordonne le traitement de tous les documents établis par les Divisions de la Région à l’intention du Comité régional. Ces documents, qui permettent désormais aux utilisateurs d’accéder aux matériaux de référence à l’aide d’un simple lien hypertexte, constituent la base du solide appui technique offert par l’OMS aux États Membres. Division Administration et Finances La Division Administration et Finances est composée de trois unités : Budget et finances, Gestion des ressources humaines, et Technologies de l’information et administration. Elle assure également la responsabilisation et la transparence en matière d’utilisation des fonds moyennant une surveillance et une présentation des résultats rigoureuses. Les procédures efficaces de recrutement et de fidélisation de personnel qualifié, ainsi que l’appui apporté pour responsabiliser le personnel et lui en donner les moyens, aident l’OMS à obtenir des résultats Le Directeur régional (troisième à partir de la gauche) avec, de gauche à droite, la Directrice du Bureau du Directeur régional, le Directeur de l’Administration et des Finances et le Directeur de la Gestion des programmes. ENCADREMENT, COORDINATION ET APPUI 65 substantiels dans la Région du Pacifique occidental. L’unité Budget et finances de la Division renforce le contrôle financier interne à des fins de conformité et d’assurance qualité au moyen de conseils, de politiques et de procédures d’établissement de rapports. Au cours de l’année écoulée, des activités de coopération financière directe ont été menées dans l’ensemble des États Membres de la Région et fait l’objet de rapports soumis en temps voulu, avec l’appui financier de l’Organisation, sans laquelle il aurait fallu recourir aux deniers publics. Ces paiements aident les gouvernements à améliorer leur capacité de développement dans le domaine de la santé, tout en renforçant les effets de la coopération technique de l’OMS. Depuis septembre 2015, la Région ne présente aucun arriéré en matière de coopération financière directe. Pour garantir l’optimisation des ressources, un total de 143 activités visant à assurer la qualité de la coopération financière directe ont été menées par les bureaux de pays de l’OMS dans la Région, le nombre le plus élevé parmi tous les bureaux régionaux. L’unité Gestion des ressources humaines recrute des experts de rang international et assure leur entrée en fonction dans les plus brefs délais. Elle veille également à la parité des sexes et à la représentation géographique afin de garantir équilibre et diversité parmi le personnel de la Région. En 2018, l’OMS a mis en place des services d’orientation professionnelle à l’intention des effectifs de la Région, y compris les membres du personnel et les vacataires, ainsi que les personnes à charge. Ces services, qui complètent ceux fournis par les ombudsmans et le Comité santé, sécurité et bien-être, témoignent de l’attachement de l’Organisation à assurer le bien-être du personnel et un cadre de travail sûr. La Région a maintenu un taux de 100 % de conformité pour ce qui est de l’évaluation du comportement professionnel en temps voulu, menée dans le cadre du Système de gestion et de développement des services du personnel. Au cours de l’année écoulée, le Groupe chargé des technologies de l’information s’est consacré à la gestion des risques et au renforcement de la conformité. Il s’est agi de perfectionner les dispositifs de sécurisation et de sauvegarde de l’infrastructure, d’accroître la qualité des réseaux, et d’offrir des solutions d’ordre administratif et technique fondées sur les meilleures pratiques afin de mener à bien les programmes de l’OMS. Le lancement d’un système en ligne de gestion des consultants et d’un système de gestion des actifs immobilisés figurent parmi les principales réalisations. En 2018, l’unité Services administratifs a dressé un bilan complet des services assurés par les partenaires extérieurs, ce qui a permis de réaliser des économies et des gains d’efficacité. Elle a également continué de garantir la sécurité et un cadre de travail optimal moyennant des améliorations dans les locaux du Bureau régional. La Division Administration et Finances s’assure avec diligence que les fournitures et le matériel déployés dans les États Membres atteignent ceux qui en ont le plus besoin, tout en menant une action rapide, efficace et d’un bon rapport coût- efficacité. 66 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Une communication stratégique, efficace et bien coordonnée est essentielle pour que l’OMS aide les États Membres et d’autres partenaires à bâtir un avenir meilleur et plus sain pour tous les habitants de la Région du Pacifique occidental. L’ancien Directeur régional, le Dr Shin, a fait de la communication stratégique l’une des principales priorités de l’action de l’OMS dans la Région, une orientation qui se poursuit sous la houlette du nouveau Directeur régional, le Dr Kasai. De 2018 à 2019, l’une des priorités a été de créer une nouvelle présence de l’OMS sur le Web dans la Région du Pacifique occidental, notamment des sites consacrés à chacun des 37 États et Territoires de la Région. Les pays occupent désormais une place beaucoup plus proéminente sur le site Web de la Région. Le Pacifique occidental est la première Région de l’OMS à franchir cette étape majeure. La réinvention de la présence de l’OMS sur le Web a commencé par une enquête auprès des parties prenantes, qui a permis de recueillir les observations des États Membres, des médias influents de la Région, des partenaires et du personnel. D’après les résultats de l’enquête, la présence de l’OMS sur le Web avait besoin d’une refonte majeure : le contenu était obsolète ; la structuration de l’information ne répondait plus aux besoins (les publics cibles disaient ne pas être en mesure de trouver l’information recherchée) ; le système de gestion du contenu utilisé pour la maintenance du site devait être remplacé. Une analyse approfondie de l’ancien site a été effectuée afin d’éclairer la conception et l’architecture du nouveau site Web, qui a été lancé en octobre 2018 durant la session du Comité régional. Dans les semaines qui ont suivi le lancement du site, plus de 1200 parties prenantes ont fait l’objet d’un sondage, dans le cadre duquel des commentaires très positifs ont été recueillis. L’analyse des huit premiers mois de fonctionnement du nouveau site a fait ressortir une hausse de la fréquentation du site de la Région du Pacifique occidental et des sites des bureaux de pays. Les utilisateurs du nouveau site y consacrent plus de temps, ce qui donne à penser qu’ils sont plus à même d’y trouver les informations dont ils ont besoin. Le Pacifique occidental est la première Région de l’OMS où chacun des États et Territoires (37) dispose de son propre site Web, ce qui facilite la recherche d’informations pertinentes et précises. Renforcer la communication grâce à une nouvelle présence sur le Web ENCADREMENT, COORDINATION ET APPUI 67 Comme ses collègues stagiaires, Qin Xianjing (au premier plan) prend plaisir à se familiariser avec les questions de santé en direct avec le personnel au service des pays de la Région. Qin Xianjing espère que son stage à l’OMS l’aidera à se préparer à jouer un rôle dans la lutte contre les problèmes de santé qui se posent dans sa province natale de Guangxi, région agricole située dans l’ouest de la Chine. « Je veux acquérir une meilleure compréhension (des problèmes de santé) afin de pouvoir aider les gens », déclare Qin, 27 ans, interrogée sur le motif qui l’a poussée à devenir stagiaire. Elle est en première année de doctorat de médecine sociale et de gestion de la santé à la Faculté de médecine de Guangxi. Qin fait partie des 184 stagiaires originaires de divers pays qui ont travaillé dans les bureaux de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental entre 2017 et 2018. L’intérêt est croissant, comme en témoigne l’augmentation du nombre de candidatures reçues ces dernières années, sous l’effet des mesures prises par l’OMS pour rendre les stages plus attrayants et plus accessibles. « Les stages sont l’un des nombreux moyens par lesquels nous préparons la Région à relever les défis sanitaires de demain », explique le Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, le Dr Takeshi Kasai. « Beaucoup de ces esprits brillants deviendront les défenseurs de la santé publique de demain dans les États Membres. » Afin d’accroître la transparence, l’accessibilité et l’équité du programme de stages, l’Assemblée mondiale de la Santé a décidé, en mai 2018, d’accroître l’aide financière aux stagiaires « dès que possible, et pas plus tard qu’en 2020 ». Elle a également précisé que d’ici à 2022, la plupart des stagiaires viendraient de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Les stagiaires actuels, qui doivent assumer leurs frais de voyage et de subsistance, estiment que les réformes engagées renforceront l’efficacité du programme en attirant davantage de talents. Dans le cas de Qin, l’Université a aidé ses parents - institutrice et vendeur de fournitures agricoles - à financer son voyage et ses frais de subsistance. « Davantage d’aide permettra à un plus grand nombre de bénéficier de cette opportunité », dit-elle. « Je suis très fière et très soucieuse de bien faire car je suis la première stagiaire à venir de cette partie de la Chine. » Un avenir plus prometteur pour les stagiaires de l’OMS 68 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL : ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL, 1ER JUILLET 2018-30 JUIN 2019 Les centres collaborateurs de l’OMS, des partenaires sans égal Afin d’atteindre les cibles fixées au titre des objectifs de développement durable, les États Membres de la Région du Pacifique occidental doivent relever des défis en matière de santé publique : l’augmentation du coût des soins de santé et des inégalités ; l’évolution des changements climatiques ; le vieillissement rapide des populations ; la charge croissante des maladies non transmissibles ; la persistance des maladies infectieuses. Des partenariats solides dans le secteur de la santé et au-delà sont indispensables pour permettre à l’OMS d’aider les États Membres à surmonter ces problèmes. Parmi les partenaires de l’OMS, les centres collaborateurs se distinguent par l’étendue et la portée de l’appui qu’ils offrent à l’Organisation dans l’accomplissement de son mandat et la mise en œuvre de ses programmes tout en renforçant les capacités institutionnelles des pays. Créé à l’initiative de l’ancien Directeur régional, le Dr Shin Young-soo, le Forum régional des centres collaborateurs de l’OMS dans le Pacifique occidental se réunit tous les deux ans depuis 2014. Depuis le premier Forum, d’importantes améliorations ont été apportées à la manière dont les centres collaborateurs coopèrent avec l’OMS et entre eux. Certains pays, à savoir l’Australie, le Japon et la République de Corée, disposent désormais d’un réseau national de centres collaborateurs. Ceux- ci apportent régulièrement un soutien précieux à l’OMS et aux États Membres, qui va de l’assistance à la détection rapide d’agents pathogènes infectieux à la fourniture de vaccins durant les flambées épidémiques, en passant par la formation d’agents de santé afin d’obtenir des services de santé plus sûrs et de meilleure qualité. Le Forum, offre une plateforme pour donner forme à ces innovations, où les participants mettent en commun leurs avancées, débattent de mécanismes novateurs de collaboration et de constitution de réseaux, et étudient les moyens d’optimiser la contribution des centres collaborateurs à l’échelle des pays en matière de santé. Le troisième Forum régional des centres collaborateurs de l’OMS, qui s’est tenu au Viet Nam en novembre 2018, a réuni 227 participants issus de 140 centres répartis dans neuf pays. Il a réaffirmé l’importance du rôle des centres collaborateurs tout en renforçant l’échange d’information entre ceux-ci et l’OMS, permettant ainsi de mieux comprendre la situation et les besoins des pays, l’objectif étant de mieux accorder les activités des centres avec les priorités nationales et les efforts consentis par l’OMS en vue d’optimiser l’impact au niveau des pays. La collaboration visant à améliorer l’appui de l’OMS à l’échelle des pays sera renforcée plus avant sous la direction du Directeur régional, le Dr Takeshi Kasai. En 2020, le quatrième Forum examinera les résultats des partenariats de l’OMS, des centres collaborateurs et des États Membres, et indiquera la voie à suivre pour maximiser le rôle de cette composante essentielle de l’appui de l’OMS. Les centres collaborateurs jouent un rôle essentiel dans l’appui de l’OMS à l’échelle des pays, comme l’ont réaffirmé tous les participants au troisième Forum régional des centres collaborateurs de l’OMS dans le Pacifique occidental, qui s’est tenu à Ho Chi Minh-Ville (Viet Nam).
RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2018-30 juin 2019 facebook.com/whowpro @whowpro youtube.com/whowpro www.who.int/westernpacific