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Critères d' équité pour la réforme des soins de santé : un outil pour l' élaboration des politiques dans les pays en développement / Norman Daniels ... [et al.]

Organisation mondiale de la santé
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Texte intégral

The ` me spe ´ cial – Syste ` mes de sante ´

Crite ` res d’e ´ quite ´ pour la re ´ forme des soins de sante ´ : un outil pour l’e ´ laboration des politiques dans les pays en de ´ veloppement Norman Daniels,1 J. Bryant,2 R. A. Castano,3 O. G. Dantes,4 K. S. Khan5 et S. Pannarunothai6 Des e ´ quipes de collaborateurs de Colombie, du Mexique, du Pakistan et de Thaı¨lande ont adapte ´ un outil initialement mis au point pour e ´ valuer les re ´ formes de l’assurance-maladie aux Etats-Unis d’Ame ´ rique afin d’e ´ tablir des « crite ` res d’e ´ quite ´ » destine ´s a `e ´ valuer les re ´ formes des syste ` mes de sante ´ dans les pays en de ´ veloppement. L’article rappelle brie ` vement l’historique de cette approche et de ´ crit l’outil lui-me ˆ me et les applications e ´ ventuelles de celui-ci. L’e ´ quite ´ est un terme large qui comprend l’exposition a ` des facteurs de risque, l’acce `s a ` toutes les formes de soins et le financement. Elle concerne aussi l’efficacite ´ de la gestion et l’allocation des ressources, la transparence et l’autonomie du malade et du dispensateur de soins. Les crite ` res en question permettent de normaliser les e ´ le ´ ments de l’e ´ quite ´ . Les re ´ formes sont ensuite e ´ value ´ es par un score indiquant le degre ´ d’ame ´ lioration de la situation, par exemple sur une e ´ chelle de -5 a ` +5, ou ` ze ´ ro repre ´ sente le statu quo. Le but consiste a ` stimuler la re ´ flexion sur l’e ´ quite ´ en de ´ passant les divisions entre les disciplines qui empe ˆ chent les analystes et le grand public de comprendre comment les arbitrages entre ces e ´ le ´ ments de la re ´ forme du syste ` me affectent l’e ´ quite ´ de la re ´ forme dans son ensemble. Les crite ` res peuvent e ˆ tre utilise ´ s au niveau tant national que local, et nous de ´ crivons des plans d’utilisation dans les sites collaborateurs. Lors du processus d’adaptation, il a e ´ te ´ inte ´ ressant de constater qu’il y avait un large consensus sur ce cadre e ´ thique parmi les sites collaborateurs, malgre ´ des diffe ´ rences historiques, politiques et culturelles importantes. Article publie ´ en anglais dans Bulletin of the World Health Organization, 2000, 78 (6) : 740-750.

Un nouvel outil pour l’analyse des politiques Nous rendons compte ici des progre ` s qui ont e ´ te ´ faits en vue de transformer les crite ` res d’e ´ quite ´ (1) en un outil d’e ´ laboration de politiques qui soit utile aux pays ´ globale des en de ´ veloppement pour analyser l’´ equite re ´ formes des soins de sante ´ . On entend ici par e ´ quite ´ ˆ t de nombreux l’e ´ quite ´ au sens large, notion qui reve aspects (2-4) et qui envisage notamment les re ´ sultats sanitaires, l’acce `s a ` toutes les formes de soins et le financement. L’e ´ quite ´ ainsi comprise comprend e ´ galement l’efficacite ´ de la gestion et de la re ´ partition des ressources, puisque, lorsque les ressources sont limite ´ es, une mauvaise utilisation signifie que des 1

ˆ tre satisfaits ne le seront pas. besoins qui auraient pu e La notion d’e ´ quite ´ doit e ´ galement prendre en compte la transparence, ce qui permet au grand public d’avoir son mot a ` dire au sujet des soins de sante ´ . Enfin, l’e ´ quite ´ concerne aussi l’autonomie voulue du malade et du dispensateur de soins. Les crite ` res facilitent l’examen inte ´ gre ´ d’objectifs qui, souvent, impliquent des arbitrages, lesquels supposent que l’on de ´ passe les divisions entre les disciplines d’une fac ¸ on syste ´ matique. A l’origine, lorsque cette notion a e ´ te ´ mise au point et pre ´ sente ´ e aux Etats-Unis d’Ame ´ rique, sa justification e ´ thique se fondait sur une the ´ orie de la justice et des soins de sante ´ (1, 5). L’ide ´ e de de ´ part est que la maladie et l’incapacite ´ re ´ duisent l’e ´ ventail des chances de chacun, et qu’un principe re ´ gissant l’e ´ galite ´ des chances offre une base pour re ´ glementer ˆ me the un syste ` me de soins de sante ´ . La me ´ orie peut ˆ tre applique e ´ galement e ´ e pour analyser, au-dela ` du point de fourniture des soins de sante ´ , les de ´ terminants sociaux de la sante ´ (6). On pourrait objecter que cette approche de ´ mocratique libe ´ rale, fonde ´ e sur les droits, est trop limite ´ e culturellement pour offrir un cadre international de travail. Ne ´ anmoins, dans l’e ´ tude que nous avons effectue ´ e dans quatre sites de pays en de ´ veloppement, diffe ´ rant conside ´ rablement de par leur contexte politique, culturel et religieux, nous avons pu observer un vaste consensus sur les crite ` res ˆ tre sans que le cadre e ´ thique sous-jacent ait du ˆ e longuement de ´ battu. La the ´ orie de l’e ´ galite ´ des Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 3, 2000

Professeur, Department of Philosophy, Tufts University, Medford, MA 02468 (Etats-Unis d’Ame ´ rique) (me ´ l : ndaniels@emerald.tufts.edu). (Correspondance)

2 Pre ´ sident, Conseil des Organisations internationales des Sciences me ´ dicales (CIOMS), Gene ` ve (Suisse) et Professeur e ´ me ´ rite en Sciences de la Sante ´ communautaire, Universite ´ Aga Khan, Karachi (Pakistan). 3

Ministre de la Sante ´ , Bogota ´ (Colombie) (a ` titre personnel et non en tant que repre ´ sentant officiel du Ministe ` re de la Sante ´ ).

4

Directeur de la Planification et des Politiques de Sante ´ , Centre de Recherche sur les Syste ` mes de Sante ´ , Institut national de la Sante ´ publique, Cuernavaca (Mexique).

5 Professeur associe ´ , Sciences de la Sante ´ communautaire, Universite ´ Aga Khan, Karachi (Pakistan). 6

Chef, Centre de Surveillance de l’Equite ´ en Sante ´ , Faculte ´ de Me ´ decine, Universite ´ Naresuan, Phitanulok (Thaı ¨lande). Re ´ f. : 00-0583

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Organisation mondiale de la Sante ´ , 2000

Crite ` res d’e ´ quite ´ pour la re ´ forme des soins de sante ´ chances a e ´ te ´ expose ´ e aux participants, mais n’a joue ´ ˆ le explicite dans l’e aucun ro ´ tablissement d’un consensus sur les crite ` res. Parce que nous e ´ tions concentre ´ s sur l’e ´ quite ´ , nous avons e ´ galement e ´ vite ´ un certain nombre de questions tre ` s sensibles culturellement telles que l’avortement, l’euthanasie et l’utilisation de tissus ou d’organes humains et fœtaux. Nous avons e ´ voque ´ le fait que le poids ou la priorite ´ donne ´ s aux diffe ´ rents crite ` res pourraient varier selon les pays en fonction de certaines croyances culturelles. Lors de nos ateliers, ces divergences n’e ´ taient pas significatives. Nous nous sommes de ´ libe ´ re ´ ment abstenus de donner aux ˆ me poids dans tous les pays. crite ` res le me Les crite ` res sont pertinents, car les syste ` mes de soins de sante ´ font partout dans le monde l’objet de re ´ formes rapides du fait du bouleversement des syste ` mes e ´ conomiques et politiques, de la croissance e ´ conomique, ou de leur incapacite ´ a ` re ´ pondre aux besoins de la population. Des ˆ le important organismes exte ´ rieurs ont joue ´ un ro en proposant des incitations a ` la privatisation et a ` la de ´ centralisation. Dans tous ces contextes, les re ´ formes sont ge ´ ne ´ ralement de ´ battues sans que l’on ait proce ´ de ´ a ` une e ´ valuation syste ´ matique de leur impact sur l’e ´ quite ´ du syste ` me futur. Les efforts de privatisation et de de ´ centralisation peuvent avoir pour but d’obtenir de nouvelles ressources et d’e ´ liminer la bureaucratie inutile. Le secteur prive ´ , toutefois, est souvent en concurrence avec le secteur public, qu’il affaiblit, aussi des re ´ glementations se ´ ve ` res et efficaces s’imposentelles pour ne pas compromettre l’e ´ quite ´ . Promouvoir certains types d’e ´ conomies sans tenir compte des autres aspects de l’e ´ quite ´ ne permet pas d’ame ´ liorer celle-ci, au contraire. Les crite ` res offrent un cadre qui permet d’e ´ valuer les effets sur l’e ´ quite ´ de ces strate ´ gies parmi d’autres. Le but des crite ` res est de susciter le de ´ bat sur les effets spe ´ cifiques et sur l’interaction des re ´ formes que l’on s’efforce de comparer, et non pas simplement d’e ´ tablir un classement au moyen des diffe ´ rents scores. Par conse ´ quent, pour assurer l’objectivite ´ ne ´ cessaire, il convient de justifier le score pour chaque e ´ le ´ ment pertinent par des raisons et des faits concrets. Ces justifications ne seraient ˆ tre pas ne peut-e ´ cessaires si nous n’avions utilise ´ que des e ´ le ´ ments mesurables, par exemple la proportion de la population be ´ ne ´ ficiant d’un service particulier ou dont la situation sanitaire est particulie ` re. De nombreux e ´ le ´ ments critiques de l’e ´ quite ´ ne sont pas directement mesurables, et il convient d’appre ´ cier s’ils sont satisfaits ou non. Nous allons commencer par un court historique de cette approche, assorti d’un bref commentaire sur les crite ` res et les diffe ´ rents scores, puis nous donnerons un aperc ¸ u des conclusions pre ´ liminaires qui ont e ´ te ´ tire ´ es de leur application, et nous terminerons en expliquant de quelle fac ¸ on les crite ` res comple ` tent, plus qu’ils ne concurrencent, les autres moyens utilise ´ s pour mesurer l’e ´ quite ´ et le niveau de performance des syste ` mes de sante ´. Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 3, 2000

Historique de l’approche utilise ´e A l’origine, les « crite ` res d’e ´ quite ´ » ont e ´ te ´ mis au point pour e ´ valuer les re ´ formes de l’assurance-maladie mises en œuvre aux Etats-Unis d’Ame ´ rique par la premie ` re Administration Clinton et susciter le de ´ bat a ` ce sujet (1, 7, 8). Ces crite ` res e ´ taient fortement axe ´s sur les besoins de re ´ forme d’un syste ` me technologiquement avance ´ , mais inefficace et ine ´ quitable, ne pre ´ voyant pas de couverture universelle. Malgre ´ cette orientation spe ´ cifique, les crite ` res d’origine tentaient de re ´ pondre a ` des questions fondamentales qui ˆ tre pose doivent e ´ es pour toute re ´ forme quelle qu’elle soit : – La re ´ forme re ´ duit-elle les difficulte ´ s d’acce ` s aux mesures de sante ´ publique et aux services me ´ dicaux ? – Offre-t-elle des services de sante ´ adapte ´ s aux besoins de la population ? – Permet-elle de re ´ partir e ´ quitablement le paiement de la protection sanitaire ? – Permet-elle de promouvoir l’efficacite ´ clinique et administrative ? – Rend-elle les institutions responsables de leurs de ´ cisions devant l’opinion ? – En quoi conditionne-t-elle les choix des gens ? Pour adapter les crite ` res a ` leur utilisation dans les syste ` mes de sante ´ dans des pays a ` diffe ´ rents stades de de ´ veloppement (9), des e ´ quipes de collaborateurs de quatre pays – la Colombie, le Mexique, le Pakistan et la Thaı ¨lande – ont e ´ te ´ constitue ´ es. En 1999, ces e ´ quipes ont organise ´ des ateliers de deux semaines a ` Cuernavaca (pour les e ´ quipes colombienne et mexicaine), a ` Bangkok et a ` Karachi (chacun des sites asiatiques participants e ´ tant repre ´ sente ´ a ` l’autre atelier). Les membres des e ´ quipes de pays avaient des formations diverses : universitaires, repre ´ sentants d’organismes donateurs appuyant la re ´ forme des soins de sante ´ , membres d’e ´ quipes de recherche sur les services de sante ´ travaillant sur les diffe ´ rentes options en matie ` re de re ´ forme et personnes participant a ` l’e ´ laboration des politiques au niveau national. Les e ´ quipes ont utilise ´ chaque pays comme une «e ´ tude de cas » pour laquelle des crite ` res adapte ´ s ont e ´ te ´ mis au point. En passant en revue successivement les travaux de l’atelier pre ´ ce ´ dent a ` chaque nouveau site, les e ´ quipes ont mis sur pied un ensemble modifiable de crite ` res adapte ´s a ` l’ensemble des pays. Lors de chaque atelier, la de ´ marche e ´ tait la suivante : – Expose ´ s et de ´ bat sur les principaux proble ` mes auxquels chaque syste ` me est confronte ´ , y compris un historique et une e ´ valuation critique des efforts de re ´ forme re ´ cents ; – Expose ´ et de ´ bat sur les crite ` res d’origine et la fac ¸ on dont ils avaient e ´ te ´ applique ´ s aux efforts de re ´ forme aux Etats-Unis d’Ame ´ rique ; – Discussion afin de de ´ terminer si de nouveaux crite ` res e ´ taient ne ´ cessaires pour re ´ soudre des proble ` mes locaux qui n’e ´ taient pas pre ´ vus dans 167

The ` me spe ´ cial – Syste ` mes de sante ´ l’ensemble original de crite ` res, ou par l’ensemble de crite ` res provisoires mis au point lors de l’atelier pre ´ ce ´ dent ; Examen critique et re ´ vision de chacun des crite ` res d’origine, ou bien des re ´ sultats fournis par les ateliers pre ´ ce ´ dents ; Tentative pour relier la discussion de ´ taille ´ e des proble ` mes et des re ´ formes aux e ´ le ´ ments spe ´ cifiques applicables a ` chaque crite ` re ; « Mise a ` l’essai », y compris essai sur le terrain en Thaı ¨lande (10), des crite ` res provisoires en les utilisant pour noter les re ´ formes et les projets de re ´ formes dans chaque pays ; Mise au point et re ´ vision des divers e ´ le ´ ments a ` la lumie ` re de ces essais de notation ; Elaboration de plans spe ´ cifiques pour la diffusion ˆ tre applique des crite ` res destine ´s a `e ´ s dans chaque site. Crite ` re 1. Approche intersectorielle de la sante ´ publique Mesure dans laquelle la re ´ forme augmente le pourcentage de population, diffe ´ rencie ´ e selon ses caracte ´ ristiques de ´ mographiques (le cas e ´ che ´ ant et si possible), be ´ ne ´ ficiant des e ´ le ´ ments suivants : . Nutrition essentielle . Logement Surpeuplement Absence de logement Ade ´ quation mate ´ rielle . Facteurs environnementaux Eau propre (et traitement de l’eau) Assainissement (lutte antivectorielle) Air propre Exposition re ´ duite aux risques professionnels et environnementaux . Instruction et e ´ ducation sanitaire Alphabe ´ tisation Instruction e ´ le ´ mentaire Information en matie ` re de sante ´ Education nutritionnelle Education sexuelle Education en matie ` re de toxicomanie Education antitabac Education antidrogues et anti-alcool . Se ´ curite ´ et lutte contre la violence Re ´ duction des accidents de ve ´ hicules a ` moteur Re ´ duction de la violence (homicides, viols) Violence domestique (femmes, enfants) II. Mise en place d’une infrastructure informationnelle pour la surveillance des ine ´ galite ´ s en matie ` re de sante ´ . Mesure re ´ gulie ` re des ine ´ galite ´ s de sante ´ au moyen d’indicateurs approprie ´s . Recherche sur les interventions les plus susceptibles de re ´ duire les ine ´ galite ´ s en matie ` re de sante ´ III. Mesure dans laquelle la re ´ forme a activement engage ´ des efforts intersectoriels aux niveaux local, re ´ gional et/ou national pour ame ´ liorer les de ´ terminants sociaux de la sante ´ , et mesure dans laquelle les groupes vulne ´ rables ont e ´ te ´ implique ´ s dans la de ´ finition de ces efforts I.

– –

Les ateliers organise ´ s en Asie pre ´ voyaient des visites de villages ou de zones urbaines pauvres afin d’y e ´ tudier le syste ` me de prestation et de donner un aperc ¸ u direct des proble ` mes que la re ´ forme devrait viser.

Les crite ` res re ´ vise ´s On distingue neuf crite ` res, chacun contenant diffe ´ rents e ´ le ´ ments permettant d’e ´ valuer les aspects spe ´ cifiques de l’e ´ quite ´ des projets de re ´ forme. Nous examinons ci-apre ` s les caracte ´ ristiques principales de chaque crite ` re.

Crite ` re 1 : Approche intersectorielle de la sante ´ publique Ce crite ` re s’explique par le fait que les de ´ terminants sociaux (6, 11) et autres facteurs de risque « en amont » du point de prestation des soins de sante ´ ont des incidences sur la sante ´ de la population. Le premier e ´ le ´ ment a ` prendre en compte dans l’e ´ tablissement du crite ` re 1 consiste a ` estimer la mesure dans laquelle une population be ´ ne ´ ficiera d’une re ´ duction de l’exposition a ` divers facteurs de risque du fait des re ´ formes envisage ´ es. Si toutes les re ´ formes n’auront pas d’incidence sur l’ensemble de ces facteurs, une liste comple ` te a e ´ te ´ e ´ tablie parce que les re ´ formes rendront ce syste ` me d’autant plus juste qu’elles auront e ´ limine ´ davantage d’ine ´ galite ´ s en matie ` re d’exposition. L’e ´ le ´ment encourage la collecte d’informations sur ces expositions. Le deuxie ` me e ´ le ´ ment appelle a ` mettre en place l’infrastructure informationnelle ne ´ cessaire pour mesurer et surveiller les ine ´ galite ´ s en sante ´ et pour effectuer des recherches sur les moyens les plus rentables de re ´ duire celles-ci. Le troisie ` me e ´ le ´ ment consiste a `e ´ valuer les re ´ formes pour ce qui est de la couverture de l’ensemble des secteurs et de la participation de la communaute ´ et des groupes 168

vulne ´ rables a ` ces efforts. Les caracte ´ ristiques des pays exigeront un ajustement des crite ` res. Par ˆ tre essentiel exemple, dans certains pays, il sera peut-e de se concentrer sur la re ´ duction de la violence ou des accidents, et dans d’autres sur l’assainissement ou d’autres facteurs.

Crite ` re 2 : Obstacles financiers a ` un acce `s e ´ quitable L’e ´ quite ´ suppose que l’on re ´ duise les obstacles financiers et non financiers a ` l’acce ` s aux services ˆt la pre ne ´ cessaires. Le deuxie ` me crite ` re reconnaı ´sence d’un important secteur « informel », non soumis a ` l’imposition, dans de nombreux pays en de ´ veloppement, qui emploie souvent de 60 a ` 90 % de la population. Etant donne ´ que les travailleurs du secteur informel et leurs familles constituent ge ´ ne ´ralement la partie la plus pauvre de la population, les ˆ tre dispense services doivent e ´ s entie ` rement ou en ˆ ce aux recettes fiscales ge grande partie gra ´ ne ´ rales. Plus le secteur informel est important, plus un Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 3, 2000

Crite ` res d’e ´ quite ´ pour la re ´ forme des soins de sante ´ Crite ` re 2. Obstacles financiers a ` un acce `se ´ quitable I. Couverture du secteur informel Acce ` s universel a ` l’ensemble le mieux adapte ´ de services de base, et ame ´ lioration de ces ensembles de services avec le temps . Exemples d’ensembles de services a ` ge ´ ome ´ trie variable Douze interventions mexicaines (ensemble minimal) Ensemble de soins primaires de l’Organisation paname ´ ricaine de la Sante ´ (ensemble le ´ ge ` rement plus cou ˆ teux) Ensemble de prestations de base en Colombie/mode ` le subventionne ´ ou exemple thaı¨landais Couverture catastrophique (on ne sait pas tre ` s bien ou ` se situe l’ensemble de services au Pakistan, mais probablement au-dessous de la Colombie, a ` travers des services publics) Couverture pharmaceutique Cou ˆ ts du transport me ´ dical . Transfe ´ rabilite ´ de la couverture (ge ´ ographique, selon l’emploi) Assurance par le secteur officiel encourage le passage de populations du secteur informel au secteur officiel . Re ´ duction des obstacles suivants : corruption et imposition de taxes, assurance obligatoire re ´ sistance des travailleurs re ´ sistance des petits employeurs . Couverture familiale pour les travailleurs assure ´s . Couverture pharmaceutique . Cou ˆ ts du transport me ´ dical . Obtention d’avantages uniformes pour tous les groupes de travailleurs . Inte ´ gration des divers syste ` mes applique ´s a ` ces travailleurs .

II.

financement public sera ne ´ cessaire, mais plus l’assiette d’imposition sera re ´ duite. Le crite ` re 2 encourage une strate ´ gie de longue haleine visant a ` faire passer autant de gens que possible du secteur informel au secteur officiel, puis a ` les faire be ´ ne ´ ficier de re ´ gimes d’assurance qui ˆ tre constitue peuvent e ´s a ` partir de recettes fiscales ge ´ ne ´ rales plus largement finance ´ es, des versements de se ´ curite ´ sociale ou des contributions des employeurs. Le crite ` re 2 fixe e ´ galement des objectifs interme ´ diaires pour les deux secteurs. Parce que les ressources publiques sont limite ´ es dans le secteur informel, l’un des points essentiels consiste a ` savoir si les services les plus importants sont accessibles a ` tous. Le deuxie ` me crite ` re encourage les re ´ formes visant a ` mettre en place un ensemble de services de base dispense ´s a ` tous avant une date de ´ termine ´ e, puis a ` ame ´ liorer cet ensemble de services avec le temps. Ainsi, les re ´ formes apporte ´ es en 1995 au Mexique, ˆ ts exte finance ´ es par des pre ´ rieurs, visaient a ` assurer un acce ` s universel a ` un ensemble de services relativement modeste. En 1999, plus de 90 % de la population y avaient acce ` s et lorsque les 100 % seront atteints, le Gouvernement mexicain sera ˆ me cet ensemble mocontraint de financer lui-me deste mais universel. En Colombie, les re ´ formes mene ´ es en 1993 visaient a ` instituer un ensemble de prestations complet pour le secteur informel. La nouvelle Constitution a toutefois suscite ´ des pressions sur le plan juridique en faveur d’un e ´ largissement de ces prestations sur la base du droit a ` la vie. Il n’a pas e ´ te ´ possible, compte tenu des ressources disponibles en Colombie, d’assurer un acce ` s univerBulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 3, 2000

sel a ` cet ensemble de mesures. Aucune de ces re ´ formes ne satisferait donc entie ` rement aux conditions e ´ nonce ´ es pour re ´ pondre au crite ` re 2. En Thaı ¨lande, le de ´ bat se poursuit afin de savoir s’il convient de mettre en œuvre un ensemble minimum de ´ fini de prestations propose ´ lors de re ´ formes re ´ centes, ou bien s’il convient de continuer a ` s’en remettre a ` un re ´ gime d’assurance publique (type B) qui laisse aux fournisseurs toute discre ´ tion pour ne ´ gocier le type de services propose ´s a ` ceux qui ne seront pas assure ´ s. Apre ` s notation des propositions thaı ¨landaises au moyen du crite ` re 2, une question pre ´ cise s’est pose ´ e quant au niveau de besoins non satisfaits de cette population. Les recherches mene ´ es sur ce point devraient permettre d’ame ´ liorer l’e ´ laboration des politiques. Au Pakistan, le secteur informel repre ´ sente ´orie, tous les habitants du 90 % de la population. En the pays ont acce `s a ` un ensemble de services tre `s ´alite ´, de nombreux services, y comconsistant. En re pris la fourniture de me ´ dicaments essentiels, sont indisponibles pour diverses raisons (l’existence d’un marche ´ noir ou l’insuffisance de financement, par exemple), ce qui pousse les gens a ` se faire soigner dans le prive ´ . En appre ´ ciant les re ´ formes, il convient ˆ ter attention a de pre ` l’e ´ cart entre intention et exe ´ cution. Le crite ` re 2 se concentre sur deux objectifs de la re ´ forme du secteur officiel, en dehors de l’e ´ largissement de ce secteur. Il s’agit d’obtenir des prestations uniformes et mieux adapte ´ es pour tous les groupes de travailleurs et d’inte ´ grer les diffe ´ rents syste ` mes dont ils be ´ ne ´ ficient. En Thaı ¨lande par exemple, les plans de re ´ forme a ` long terme pre ´ voient une inte ´ gration tre ` s pousse ´ e des re ´ gimes d’assurance du secteur officiel a ` travers des re ´ glementations et la de ´ tention de fonds au niveau du district, et un e ´ largissement ulte ´ rieur de la couverture a ` tous les membres de la famille. Au Pakistan, ou ` le secteur officiel repre ´ sente 10 % seulement des travailleurs, l’e ´ quipe s’est concentre ´ e sur la ne ´ cessite ´ d’e ´ tablir un plan qui de ´ boucherait sur un re ´ gime bien inte ´ gre ´ pour le secteur officiel, et non sur un panache ´ de re ´ gimes prive ´ s peu re ´ glemente ´ s ou peu e ´ quitables.

Crite ` re 3 : Obstacles non financiers a ` l’acce `s Le premier e ´ le ´ ment consiste a `e ´ valuer les re ´ formes en fonction des mesures envisage ´ es pour reme ´ dier aux proble ` mes de la re ´ partition des me ´ dicaments, des fournitures, des installations et du personnel courants dans les quatre pays. Lorsque la re ´ forme repose sur la de ´ tention locale de fonds et la de ´ centralisation, on examine e ´ galement les buts spe ´ cifiques et la transparence de ces e ´ le ´ ments (voir e ´ galement crite ` re 8). Le second e ´ le ´ ment porte sur les obstacles sexospe ´ cifiques, qui sont des obstacles particulie ` rement importants au niveau des soins primaires au Pakistan, par exemple dans les communaute ´ s de squatters de Karachi, ou ´ tudes sur les enfants ` des e 169

The ` me spe ´ cial – Syste ` mes de sante ´ Crite ` re 3. Obstacles non financiers a ` l’acce `s Correction de la mauvaise re ´ partition ge ´ ographique Installations et services . Personnel (de ´ ploiement et formation) . Fournitures . Me ´ dicaments . Heures d’ouverture des consultations (adapte ´ es aux horaires de travail des villageois) . Transport pour raisons me ´ dicales II. Conside ´ rations sexospe ´ cifiques . Situation dans la famille en matie ` re de prise de de ´ cision . Mobilite ´ . Acce ` s aux ressources . Autonomie en matie ` re de procre ´ ation . Fourniture de services sexospe ´ cifiques, participation de groupes politiques communautaires a ` la lutte contre les obstacles sexospe ´ cifiques III. Obstacles culturels . Langue . Attitudes et pratiques en matie ` re de sante ´ et de maladie . Recours non e ´ claire ´a ` des praticiens traditionnels non qualifie ´s (certains gue ´ risseurs, sages-femmes, dentistes, pharmaciens) . Perception de la qualite ´ du secteur public IV. Discrimination selon la race, la religion, la classe sociale, l’orientation sexuelle, la maladie, y compris stigmatisation des groupes recevant des soins de l’Etat .

I.

pre ´ sentant un risque e ´ leve ´ de de ´ ce ` s par maladie diarrhe ´ ique et pneumonie laissent supposer que l’absence d’autonomie des me ` res est un facteur de risque de ´ terminant. Les e ´ le ´ ments pris en compte concernent la participation de groupes politiques communautaires, essentielle pour re ´ duire ces crite ` res, puisque le simple fait de dispenser des services ne suffit pas a ` les surmonter.

Crite ` re 4 : Degre ´ de comple ´ tude des prestations et degre ´ de cate ´ gorisation La justification de ce crite ` re est que tous les individus ont des besoins sanitaires comparables inde ´ pendamment de leur classe sociale, de leur appartenance ethnique ou de leur sexe, et que l’obligation sociale de ˆ me pour tous. Les re ´ pondre a ` ces besoins est la me ine ´ galite ´ s dans la couverture et la qualite ´ des soins re ´ duisent l’e ´ quite ´ des syste ` mes. Certains types de « cate ´ gorisation » sont pires que d’autres. Il est moins grave qu’un groupe riche mais restreint s’en tire mieux que d’autres, pour autant que les autres aient acce `s a ` des prestations satisfaisantes (c’est le cas de l’assurance aupre ` s du secteur prive ´ au Royaume-Uni, par exemple) et plus grave qu’un groupe de personnes de ´ favorise ´ es soient moins bien loties que Crite ` re 4. Degre ´ de comple ´ tude des prestations et degre ´ de cate ´ gorisation I. Tous les services efficaces et ne ´ cessaires sont cense ´s e ˆ tre abordables et sont fournis par tous les dispensateurs ne ´ cessaires Pas d’exclusion de cate ´ gorie La re ´ forme re ´ duit la cate ´ gorisation et permet d’obtenir une qualite ´ plus uniforme tout en inte ´ grant les services dispense ´ s aux plus pauvres et aux autres

le reste de la socie ´ te ´ (absence d’assurance pour les « working poor » aux Etats-Unis d’Ame ´ rique, par exemple, ou absence de prestation d’un ensemble minimal de services a ` l’ensemble du secteur informel alors que les 5 % les plus riches de la population ont acce `s a ` d’excellentes assurances prive ´ es, comme c’est le cas en Colombie). Une cate ´ gorisation est e ´ galement ine ´ vitable dans les syste ` mes ou ` les ressources sont tre ` s limite ´ es et ou `s ` le secteur informel est tre important. Toutes les e ´ quipes se sont inte ´ resse ´ es principalement aux importantes diffe ´ rences de traitement des personnes selon leur classe sociale a ` l’inte ´ rieur d’un syste ` me, et non seulement aux diffe ´ rences entre ˆ me secteur public et secteur prive ´ mais a ` l’inte ´ rieur me du secteur public. Les habitants de Sultanabad, communaute ´ de squatters de Karachi, ont fait observer que « le commerc ¸ ant est mieux traite ´ que ˆ pital public », ce qui laisse le paysan dans un ho supposer que l’on perc ¸ oit ge ´ ne ´ ralement le syste ` me comme un syste ` me « a ` plusieurs vitesses », ou ` les pauvres doivent ge ´ ne ´ ralement attendre quatre a ` ˆ pital pour voir le me cinq heures dans un ho ´ decin ensuite pendant cinq minutes, alors que des patients plus riches feront appel au secteur prive ´ et pourront ˆ tre rec e ¸ us imme ´ diatement par un me ´ decin. Les diffe ´ rences de niveaux existent e ´ galement dans les ensembles de prestations offerts a ` diffe ´ rents sousgroupes dans le secteur officiel qu’il s’agisse de la Colombie, du Mexique, du Pakistan ou de la Thaı ¨lande. En Thaı ¨lande, les fonctionnaires auront plus facilement acce `s a ` l’he ´ modialyse que d’autres employe ´ s du secteur officiel. Au Mexique et au Pakistan, certaines entreprises multinationales offrent une meilleure couverture que les re ´ gimes de se ´ curite ´ sociale, et au Pakistan les militaires sont le groupe de population le mieux couvert.

Crite ` re 5 : Financement e ´ quitable Ce crite ` re repose sur le principe fondamental selon lequel le financement des services me ´ dicaux, par ˆ tre fonction de la opposition a ` l’acce `s a ` ceux-ci, doit e capacite ´ financie ` re de l’usager. Les principaux syste ` mes font appel a ` trois principales sources de financement : les recettes fiscales, les primes d’assurance et les versements directs. Le crite ` re distingue Crite ` re 5. Financement e ´ quitable I. Le financement est-il fonction de la capacite ´ financie ` re de l’usager ? . En cas de syste ` me reposant sur la fiscalite ´ Quelle en est la progressivite ´ (par sous-groupe de population) ? Quelle est la part des versements directs (par sous-groupe) ? . Si le syste ` me repose sur des primes Existe-t-il un bare ` me adapte ´a ` la communaute ´ (par sous-groupe) ? Quelle est la part des versements directs (par sous-groupe) ? . Les versements directs interviennent dans les deux cas Principal moyen de faire porter la charge sur les malades

II.

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Crite ` res d’e ´ quite ´ pour la re ´ forme des soins de sante ´ principalement entre les deux premie ` res, notant que ˆ me des paiements dans les deux cas, il y a tout de me directs. Les re ´ gimes base ´ s sur la fiscalite ´ sont plus e ´ quitables si leur structure est plus progressive. Les re ´ gimes fonde ´ s sur les primes sont plus e ´ quitables si les bare ` mes sont adapte ´s a ` la communaute ´ et non fonction du risque. Les bare ` mes e ´ tablis en fonction du risque font porter la charge sur les personnes ˆ me pre ´ sentant un risque plus e ´ leve ´ de maladie. La me ine ´ galite ´ s’applique aux versements directs dans les deux cas. Une mesure valable de l’e ´ quite ´ du financement doit tenir compte de tous les syste ` mes de financement (12). L’importance des versements directs pour le paiement des soins de sante ´ dans les quatre sites collaborateurs e ´ tait la principale source de de ´ gressivite ´ dans le financement et le principal moyen de faire ˆ t que de re porter la charge sur les malades, pluto ´ partir les risques sur l’ensemble de la population. De nombreuses pressions s’exercent sur les syste ` mes pour qu’ils augmentent la part des versements directs. primaires incite bien souvent les gens a ` s’adresser aux ˆ pitaux a ho ` un niveau plus e ´ leve ´ pour des soins primaires, ce qui nuit beaucoup a ` l’efficacite ´ . De ˆ me, il n’y a aucun contro ˆ le de l’efficacite me ´ ni de la qualite ´ puisque les gens de ´ laissent souvent les services de soins primaires du secteur public pour s’adresser aux services du secteur prive ´ qui ne font l’objet d’aucune re ´ glementation. La mise en place de bons syste ` mes d’orientation-recours est un e ´ le ´ ment indispensable de l’efficacite ´ des soins, mais les restrictions apporte ´ es a ` ces syste ` mes re ´ duisent aussi le type de choix ou d’autonomie e ´ value ´ par le crite ` re 9. Pour justifier qu’on apporte des restrictions a ` l’autonomie, il faut que le diagnostic soit e ´ tabli et l’orientation-recours de ´ cide ´ e par des praticiens qualifie ´ s, qu’on dispose de voies d’acce ` s claires et accessibles au niveau supe ´ rieur de soins et qu’on ait une connaissance ge ´ ne ´ rale de l’importance d’un tel syste ` me.

Crite ` re 7 : Efficacite ´ administrative Le crite ` re 7 recherche l’efficacite ´ dans la gestion du syste ` me des soins de sante ´ . Pour re ´ soudre ces proble ` mes, il faut e ´ galement davantage de rigueur Crite ` re 6. Efficacite ´ , efficience et qualite ´ des soins Accent sur les soins de sante ´ primaires (SSP) Formation aux SSP pour la fourniture a ` base communautaire Soins base ´ s dans la population Participation communautaire Inte ´ gration avec le reste du syste ` me (orientation-recours) Inte ´ gration intersectorielle (de ´ terminants sociaux et environnementaux) . Stimulants . Montant approprie ´ de ressources alloue ´ aux SSP . Participation communautaire interactive, y compris pour les sous-groupes vulne ´ rables . Dispositifs d’orientation-recours Filtration de l’acce ` s aux soins Evitement des sites de soins de sante ´ primaires Respect de l’autonomie II. Mise en œuvre de la pratique fonde ´ e sur des bases factuelles . Politique sanitaire . Sante ´ publique et pre ´ vention clinique . Interventions the ´ rapeutiques Stimulants pour les principes cliniques Evaluation sur des bases factuelles de me ´ thodes de gestion de l’utilisation de services . Infrastructure de l’information et base de donne ´ es Recherche fonde ´ e sur des bases factuelles concernant les mesures cliniques et de sante ´ publique Recherche sur les services de sante ´ concernant les sche ´ mas de soins Besoins de sante ´ de la population et taux d’utilisation, y compris e ´ tudes sur les variations (avec diffe ´ renciation de ´ mographique) III. Mesures visant a ` ame ´ liorer la qualite ´ . Evaluation pe ´ riodique de la qualite ´ et de la satisfaction par des enque ˆ tes ou la participation des groupes communautaires selon le cas . Approbation de plans et d’ho ˆ pitaux . Formation professionnelle Programme d’e ´ tudes fonde ´ sur une conception e ´ quitable du syste ` me Formation permanente .

Crite ` re 6 : Efficacite ´ , efficience et qualite ´ des soins L’ide ´ e derrie ` re l’utilisation de ce crite ` re et du crite ` re suivant est que, toutes les autres choses e ´ tant e ´ gales, un syste ` me qui produit davantage de re ´ sultats pour un ˆ me montant de ressources est plus e me ´ quitable pour ceux qui sont dans le besoin. La justice distributive et l’e ´ quite ´ entrent en ligne de compte parce que les ressources sont toujours limite ´ es. Un aspect essentiel du crite ` re 6 est repre ´ sente ´ par les soins de sante ´ primaires, dispense ´ s au niveau communautaire. Les re ´ formes visant a ` ame ´ liorer les soins primaires doivent assurer une formation approprie ´ e, des stimulants, la re ´ partition des ressources et la participation communautaire aux de ´ cisions conditionnant la fourniture des soins. L’accent a e ´ te ´ mis sur la population et la ne ´ cessite ´ d’inte ´ grer les diffe ´ rentes parties du syste ` me de sante ´ , par exemple l’orientation-recours. L’ide ´ al serait que la participation communautaire soit fonde ´e sur une relation interactive qui aille au-dela ` d’un simple effort vers l’usager. Le deuxie ` me but du crite ` re 6 est de promouvoir une pratique fonde ´ e sur des bases factuelles pour tous les services - y compris les services pre ´ ventifs et curatifs et les pratiques gestionnaires. Pour y parvenir, il faut mettre en place une infrastructure de l’information et une base de donne ´ es, ainsi que des activite ´ s de recherche sur les services de sante ´ a ` l’appui de la pratique fonde ´ e sur des bases factuelles. Le troisie ` me aspect concerne les mesures visant a ` ame ´ liorer la qualite ´ des services dans le syste ` me, notamment la formation professionnelle, la formation continue, l’accre ´ ditation et la participation communautaire a ` l’e ´ valuation de la qualite ´ des soins. Dans tous les syste ` mes examine ´ s, on a observe ´ des proble ` mes en ce qui concerne les dispositifs d’orientation-recours et le filtrage de l’acce ` s aux soins. Le me ´ contentement a ` l’e ´ gard des services de sante ´ Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 3, 2000

I.

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The ` me spe ´ cial – Syste ` mes de sante ´ Crite ` re 7. Efficacite ´ administrative Re ´ duction des frais ge ´ ne ´ raux administratifs dans la mesure du possible . Acquisition de la technologie approprie ´e Achat Entretien Formation . Re ´ duction des frais excessifs de commercialisation (ho ˆ pitaux ou plans) . Utilisation efficace du personnel Re ´ duction des effectifs lorsqu’ils sont trop nombreux Nominations et promotions sur la base de la compe ´ tence . Economies d’e ´ chelle approprie ´ es Regroupements ade ´ quats de risques pour les assureurs . Re ´ duction des structures qui font double emploi, y compris inte ´ gration de programmes organise ´ s de manie ` re verticale . Re ´ duction des cou ˆ ts des transactions dans la mesure du possible Cou ˆ ts des arrive ´ es et des de ´ parts Transfert de personnel ou de malades Re ´ duction de la perte des personnels ne ´ cessaires pour l’ensemble du syste ` me (exode des cerveaux) . Offre excessive de certains services dans certains domaines II. Achats permettant de re ´ duire les cou ˆ ts . Re ´ duction de la variation des prix . Re ´ duction du prix des me ´ dicaments par des achats sur une grande e ´ chelle . Utilisation de produits ge ´ ne ´ riques (de qualite ´ ), lorsque cela est possible III. Re ´ duction des transferts de cou ˆ ts . Transferts de cou ˆ ts des soins primaires au niveau tertiaire . Transferts des cou ˆ ts aux malades . Transferts des cou ˆ ts au secteur public ou a ` l’assurance . Transferts de cou ˆ ts entre syste ` mes IV. Re ´ duction au maximum des abus et des fraudes ainsi que des stimulants inapproprie ´s . Fournisseurs paralle ` les (partiellement ou en totalite ´) . Auto-orientation . Vente de me ´ dicaments a ` but lucratif par un me ´ decin rural . Pratiques de facturation . Praticiens non qualifie ´ s dans les zones rurales (e ´ galement un proble ` me en milieu urbain a ` Karachi) . Ve ´ hicules et autres avantages . Promotion inapproprie ´ e des me ´ dicaments et des articles . Utilisation de ressources publiques aux fins d’une pratique prive ´e I.

de transparence (voir le crite ` re suivant). L’absence de plans de financement inte ´ gre ´ s incite a ` transfe ´ rer les cou ` me a ` d’autres. En ˆ ts d’une partie du syste Thaı ¨lande ou ´ glementa` les syndicats sont faibles, la re ˆ che de re tion du service public empe ´ aliser des e ´ conomies en matie ` re d’affectation du personnel. En Ame ´ rique latine, ce sont les syndicats forts et leurs re ` gles re ´ gissant le travail qui cre ´ ent un obstacle analogue a ` la re ´ affectation du personnel. Dans le secteur public de l’ensemble des ˆ me genre de plaintes : syste ` mes, on enregistre le me les pratiques bureaucratiques et la corruption conduisent a ` des inefficacite ´ s conside ´ rables dans l’achat de mate ´ riels et d’e ´ quipement, au non-respect des re ` gles concernant le personnel, au favoritisme et a ` l’engagement sur des bases autres que la compe ´ tence ainsi qu’a ` d’autres pratiques tre ` s inefficaces. Dans tous ces contextes, on e ´ voque la « de ´ centralisation » comme solution, mais celle-ci n’est utile qu’apre ` s une planification et une re ´ glementation minutieuses assurant que les unite ´ s de ´ centralise ´ es visent bien a ` atteindre des objets similaires.

Crite ` re 8 : Transparence et habilitation Le crite ` re 8 est apparu dans les quatre pays comme particulie ` rement important, car sans transparence il y a peu de chances que les re ´ formes soient couronne ´ es de succe ` s quel que soit le domaine. Si l’on a voulu tenir compte de la transparence, c’est parce que les syste ` mes de sante ´ sont responsables de l’ame ´ lioration de la sante ´ de la population de manie ` re e ´ quitable, et que ceux qui sont touche ´ s par les de ´ cisions et les ˆ tre de manie politiques qui influencent le bien-e ` re aussi fondamentale doivent pouvoir comprendre et ˆtriser le syste ˆtrise ne en de ´ finitive maı ` me. Or cette maı peut s’exercer que s’il y a des comptes a ` rendre concernant le caracte ` re raisonnable des de ´ cisions prises sur la re ´ partition des ressources et sur d’autres questions (13, 14). Cette transparence englobe une budge ´ tisation mondiale, des proce ´ dures e ´ quitables Crite ` re 8. Transparence et habilitation I. Proce ´ dures explicites et publiques de ´ taille ´ es pour l’e ´ valuation des services avec des rapports publics complets . Rapports sur l’utilisation . Rapports sur la performance . Rapports sur l’observance . Recours a ` des consultants suffisamment qualifie ´s Proce ´ dures de ´ libe ´ ratives explicites pour l’allocation de ressources dans la transparence et de ´ cisions fonde ´ es sur des raisons juge ´ es pertinentes par toutes les parties prenantes Budget d’ensemble Proce ´ dures e ´ quitables en cas de plaintes . Proce ´ dures juridiques (pour faute professionnelle) . Proce ´ dures de re ` glement extrajuridique des litiges Protection ade ´ quate de la sphe ` re prive ´e Mesures permettant de faire respecter les lois et re ` glements Renforcement de la socie ´ te ´ civile . Climat permettant a ` des groupes de sensibilisation d’intervenir . Mesures de stimulation du de ´ bat public, y compris par la participation des groupes vulne ´ rables

et de transparence ; par conse ´ quent, le crite ` re 7 doit ˆ tre rapproche e ´ du crite ` re 8 si l’on veut vraiment ame ´ liorer la situation. Les e ´ le ´ ments du crite ` re 7 sont tire ´ s de nombreux exemples de sources d’inefficacite ´ administrative dans les quatre sites de collaboration. Les domaines clefs de pre ´ occupation commune e ´ taient diffe ´ rentes sources de frais ge ´ ne ´ raux administratifs (acquisition de technologies inapproprie ´ es, utilisation inefficace du personnel, cou ´ leve ´ s des ope ´ rations), ˆ ts e des formes d’achat cou ˆ teuses, des transferts de cou ˆ ts et de nombreux types d’abus et de fraudes (fournisseurs paralle ` les, vente de me ´ dicaments et auto-orientation, promotion inapproprie ´ e des me ´ dicaments et des articles). On a pu de ´ gager certains points communs pour l’ensemble des sites conside ´ re ´ s. Dans tous les pays, les praticiens du secteur public sont tre ` s mal re ´ mune ´ re ´ s, ce qui est une des raisons des nombreuses formes d’abus a ` l’origine de proble ` mes d’efficacite ´ et 172

II.

III. IV.

V. VI. VII.

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Crite ` res d’e ´ quite ´ pour la re ´ forme des soins de sante ´ pour les appels d’offres, une protection ade ´ quate de la sphe ` re prive ´ e et des mesures garantissant le respect des re ` gles et des lois. Aucun e ´ le ´ ment n’est efficace en ˆ me sans un renforcement de la socie lui-me ´ te ´ civile permettant aux gens de comprendre les proble ` mes et d’avoir les moyens d’apporter des ame ´ liorations au secteur de la sante ´. Un e ´ le ´ ment important initialement propose ´ dans les ateliers latino-ame ´ ricains consiste a `e ´ valuer la re ´ forme visant a ` stimuler la croissance des groupes de sensibilisation – une question qui pre ´ sente manifestement un caracte ` re intersectoriel. Il s’agit la ` d’un ˆ le crucial que e ´ le ´ ment important en raison du ro jouent ces groupes dans les pays a ` tradition de ´ mocratique de ´ veloppe ´ e, en poussant les autorite ´s publiques a ` re ´ soudre les proble ` mes aussi bien dans le secteur public que dans le secteur prive ´ . Au Pakistan et en Thaı ¨lande, cette ide ´e a e ´ te ´ e ´ largie au « renforcement de la socie ´ te ´ civile » qui comporte de ´ sormais deux e ´ le ´ ments, a ` savoir la mise en place d’un milieu donnant aux groupes de sensibilisation les moyens d’agir et la stimulation d’un de ´ bat public sur les mesures concernant la sante ´ publique. De nombreux aspects de ce crite ` re vont au-dela ` de l’obligation qu’ont les e ´ tablissements du secteur de la sante ´ de rendre des comptes au grand public et vont ˆtre les pouvoirs qu’ont les gens d’agir jusqu’a ` accroı pour reme ´ dier aux proble ` mes. Lorsqu’on envisage d’attribuer une note aux ˆ le cle re ´ formes, les crite ` res 6 a ` 8 doivent jouer un ro ´ en contribuant a ` une re ´ flexion sur le contenu de mesures, comme la de ´ centralisation des bureaucraties et l’e ´ tablissement d’un budget au niveau du district ou a ` un autre niveau pour diffe ´ rents courants de ressources. Les crite ` res visent a ` e ´ viter que l’on oublie la re ´ alite ´ des propositions de re ´ forme en les dissimulant sous des e ´ tiquettes ou des ide ´ es accrocheuses. souvent au planificateur comme un obstacle a ` une utilisation efficace des services, car les professionnels et les e ´ tablissements qui dispensent les soins sont influence ´ s par les incitations a ` utiliser ce qu’ils peuvent offrir. C’est pourquoi il est important d’insister sur la contradiction qui peut exister entre le crite ` re 9 et les autres crite ` res et sur les de ´ saccords qui peuvent surgir ˆ me culture ou de cultures entre des personnes de me diffe ´ rentes quant aux facteurs de ponde ´ ration. Il se peut donc qu’il n’y ait pas de syste ` me pre ´ sentant un maximum d’e ´ quite ´ , mais de nombreuses conceptions e ´ quitables. Les crite ` res tiennent compte de variations culturelles et autres, mais encouragent la discussion sur les bases de conceptions dans lesquelles certains crite ` res l’emportent sur d’autres. Un bon exemple du conflit qui peut surgir entre le crite ` re 9 et les autres crite ` res concerne les syste ` mes d’orientation-recours et les restrictions qu’ils comportent du point de vue des malades. Ainsi, le ˆ tre favorable a crite ` re 6 peut e ` des restrictions de l’autonomie pour mettre l’accent sur les soins primaires et l’efficacite ´ d’un syste ` me ou ` ` le passage a d’autres niveaux de soins est filtre ´ par des me ´ decins du niveau primaire alors que le crite ` re 9 se pre ´ occupe ˆ me, le choix de de la perte de la liberte ´ de choix. De me s’adresser a ` d’autres dispensateurs re ´ duira l’efficacite ´ et la qualite ´ s’il n’y a pas d’e ´ valuation ade ´ quate sur une base factuelle des moyens ou des autres formes de ˆ tre traitement. L’autonomie du praticien peut e essentielle si celui-ci doit re ´ soudre les proble ` mes de sante ´ de malades individuels, mais cela pre ´ suppose des niveaux e ´ leve ´ s de compe ´ tence et de connaissance des pratiques approprie ´ es.

Attribution de notes et utilisations des crite ` res Nous avons adapte ´ les crite ` res a ` l’e ´ valuation de propositions de re ´ forme en concurrence les unes avec les autres dans le cadre d’un pays et la discussion ˆ tre possible met l’accent sur cette utilisation. Il peut e d’utiliser les crite ` res pour e ´ tablir des comparaisons internationales de l’e ´ quite ´ d’un syste ` me a ` l’autre (1, 14), mais cette application n’a pas e ´ te ´ employe ´ e dans les travaux dont il est question ici. En e ´ valuant les re ´ formes, il y a progre ` s si les gens peuvent s’entendre d’abord sur ce qui constitue selon eux la limitation actuelle du syste ` me, puis sur la fac ¸ on d’ame ´ liorer ou d’aggraver cet aspect du syste ` me par une re ´ forme spe ´ cifique. Les de ´ saccords sur les notes attribue ´ es permettront de resserrer le de ´ bat sur les avantages des re ´ formes, ce qui constitue en fin de compte le but des crite ` res. Il faut absolument comprendre l’objet des notes attribue ´ es pour voir pourquoi nous avons adopte ´ une approche particulie ` re. Lors de l’utilisation initiale des crite ` res pour e ´ valuer des re ´ formes concurrentes aux Etats-Unis, un syste ` me a e ´ te ´ adopte ´ ou ´ sente le statu ` « 0 » repre quo, le re ´ sultat le plus positif e ´ tant note ´ « 5 » et le re ´ sultat le plus ne ´ gatif « -5 ». En raison de la confusion 173

Crite ` re 9 : Autonomie du malade et du dispensateur de soins Le crite ` re 9 est celui qui fait intervenir le plus directement des variables culturelles. Quelle est l’importance de l’autonomie ou du choix ? Dans certaines approches fonde ´ es sur le marche ´ , il faut pouvoir effectuer des choix en connaissance de cause pour ame ´ liorer la qualite ´ et respecter les pre ´ fe ´ rences. Mais de quel degre ´ de choix et de quel type de choix ˆ me l’autonomie du dispensateur est s’agit-il ? De me ˆt tre ` s prise ´ e par les inte ´ resse ´ s, mais elle apparaı Crite ` re 9. Autonomie du malade et du dispensateur de soins I. Degre ´ de choix de l’usager Choix des dispensateurs de soins primaires . Choix des dispensateurs de soins spe ´ cialise ´s . Choix des autres dispensateurs . Choix des actes Degre ´ d’autonomie du praticien .

II.

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The ` me spe ´ cial – Syste ` mes de sante ´ lie ´ e aux nombres, les e ´ quipes latino-ame ´ ricaines ont pre ´ fe ´ re ´ utiliser des symboles (des « plus » ou des « moins ») pour montrer que la note visait avant tout a ` donner une repre ´ sentation claire des principes sousjacents. Les e ´ quipes asiatiques ont pour leur part retenu les nombres en expliquant attentivement qu’ils e ´ taient utilise ´ s aux fins d’un classement. Toutes ont accepte ´ le point capital a ` savoir que l’attribution d’une note vise a ` obtenir des donne ´ es fondamentales claires, le choix des symboles utilise ´s e ´ tant laisse ´ aux pays qui utilisent l’instrument. Ce syste ` me de notes doit montrer dans quelle mesure les propositions de re ´ formes particulie ` res re ´ pondent aux nombreux aspects d’e ´ quite ´ vise ´ s dans les crite ` res. Certaines propositions donneront de meilleurs re ´ sultats que d’autres pour certaines dimensions. Lorsqu’un avantage selon un crite ` re ne correspond pas a ` un de ´ savantage selon un autre, il ˆ tre possible de formuler des politiques pourra e constituant de ve ´ ritables ame ´ liorations d’ensemble. Dans le cas contraire, le cadre stimule la discussion sur les valeurs sous-jacentes en concurrence les unes avec les autres. sante ´ aux niveaux des provinces et des districts, ainsi que pour les programmes des e ´ coles de me ´ decine. Il est e ´ galement pre ´ vu d’e ´ tablir un re ´ seau de sante ´ publique des centres universitaires pour promouvoir l’utilisation des crite ` res aux niveaux national et provincial. D’autres plans ambitieux visent a ` associer les organisations re ´ gionales de l’OMS a ` une adaptation et a ` une diffusion plus large de l’instrument. L’ensemble des participants des quatre sites ont de ´ cide ´ qu’un format utile pour pre ´ senter le produit final serait un programme informatique interactif permettant aux analystes ainsi qu’a ` des groupes communautaires plus larges d’utiliser une base de donne ´ es de re ´ formes similaires et de leurs re ´ sultats. Un tel instrument, s’il est bien conc ¸ u, permettra de mettre l’accent sur des crite ` res de ´ termine ´ s en faisant abstraction de ceux qui sont moins pertinents. Cette souplesse permettrait d’utiliser l’instrument a ` diffe ´ rents niveaux dans le cadre d’un syste ` me – c’est-a ` -dire pas seulement pour les re ´ formes nationales comple ` tes, mais aussi pour des re ´ formes plus spe ´ cifiques au niveau de la province ou du district. L’Organisation paname ´ ricaine de la Sante ´ s’est de ´ ja ` de ´ clare ´ e inte ´ resse ´ e par l’utilisation d’un tel instrument sur son site Web comme un e ´ le ´ ment dans ˆte a une « boı ` outils » de mesures politiques. (Nous relevons qu’un tel programme aurait une fonction beaucoup plus spe ´ cifique que le programme Policy Maker, qui offre des techniques d’analyse pour l’e ´ valuation de la capacite ´ d’appliquer une politique de ´ termine ´ e sans offrir un cadre de ´ taille ´ pour une e ´ valuation de l’e ´ quite ´ comme le font les crite ` res.)

Certaines conclusions pre ´ liminaires Les re ´ sultats obtenus en Colombie, au Mexique, au Pakistan et en Thaı ¨lande sur les notes attribue ´ es montrent que les crite ` res adapte ´ s peuvent indiquer : – Ou ´ formes propose ´ es sont insuffisamment ` les re de ´ taille ´ es ou trop vagues quant aux moyens d’en re ´ ve ´ ler les effets ; – Les hypothe ` ses proble ´ matiques sur la fac ¸ on d’atteindre les buts de la re ´ forme ; – Les questions empiriques qu’il faudra re ´ soudre pour de ´ terminer les chances de succe ` s d’une re ´ forme. Ainsi, nous avons pu, au Pakistan et en Thaı ¨lande, dresser des listes pratiques de questions a ` soumettre aux groupes envisageant l’application des propositions. Nous avons e ´ galement remarque ´ les e ´ carts conside ´ rables souvent constate ´ s entre l’intention et les re ´ sultats des re ´ formes. Nous avons pu mettre ce fosse ´ en lumie ` re en attribuant une note aussi bien a ` l’intention qu’a ` la mise en œuvre d’une proposition lorsque nous avions des donne ´ es sur la mise en œuvre. En Thaı ¨lande, on a « e ´ prouve ´ sur le terrain » les crite ` res en demandant aux gens de les utiliser pour e ´ valuer les re ´ formes nationales envisage ´ es (et partiellement mises en œuvre) ainsi que pour des modifications au niveau provincial sur une pe ´ riode de deux ans. Les re ´ sultats sont expose ´ s inte ´ gralement par ailleurs (10). On en est arrive ´ a ` proposer de de ´ ployer les crite ` res pour l’e ´ valuation des propositions nationales actuelles de re ´ forme du syste ` me et pour e ´ valuer les plans e ´ tablis par des responsables provinciaux de la sante ´ qui auront plus d’autonomie en matie ` re de re ´ formes propose ´ es. Au Pakistan, il existe des plans visant a ` incorporer les crite ` res aux programmes de formation pour les responsables de la 174

Les crite ` res compare ´ s aux autres moyens de mesurer l’e ´ quite ´ et la performance du syste ` me de sante ´ En conclusion, nous soulignons que les crite ` res ˆ t comple viennent pluto ´ ter les autres efforts visant a ` surveiller l’e ´ quite ´ dans les syste ` mes de sante ´ ou a ` indexer les re ´ sultats des syste ` mes de sante ´ entre les ˆt que les concurrencer. On peut envisager, pays pluto par exemple, les efforts appuye ´ s par l’OMS pour mettre au point des mesures de surveillance des ine ´ galite ´ s en matie ` re de sante ´ entre groupes de ´ mographiques et pour fixer des buts et des cibles permettant de re ´ duire ces ine ´ galite ´ s (4). Certaines nouvelles approches pour mesurer les ine ´ galite ´ s de ˆ tre mieux en lumie sante ´ mettront peut-e ` re les diffe ´ rences entre sous-groupes (16, 17). Certaines ˆ tre incorpore de ces mesures peuvent e ´ es a ` l’approche des crite ` res ; en outre, puisque pour fixer des cibles il faudra e ´ valuer comment les re ´ formes affecteront un syste ` me, les crite ` res apporteront un comple ´ ment utile a ` une telle approche. On note ge ´ ne ´ ralement que les strate ´ gies visant a ` re ´ duire la charge totale de morbidite ´ dans une population entrent parfois en conflit avec les strate ´ gies visant a ` re ´ duire les ine ´ galite ´ s en matie ` re d’e ´ tat de sante ´ . Si l’on admet par hypothe ` se que des Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 3, 2000

Crite ` res d’e ´ quite ´ pour la re ´ forme des soins de sante ´ de ´ saccords entre gens raisonnables peuvent exister sur les moyens de re ´ soudre de tels conflits, les crite ` res e ´ vitent un jugement global sur cette question et insistent en revanche sur l’utilisation de proce ´ dures e ´ quitables pour le jugement au niveau d’un pays. Plus particulie ` rement, le crite ` re 8 exige que les re ´ formes instituent des proce ´ dures permettant de prendre des de ´ cisions sur l’affectation des ressources de manie ` re transparente. Comme on l’a de ´ ja ` note ´ , les crite ` res ne cherchent pas a `e ´ tablir un bare ` me uniforme d’e ´ quite ´ pour l’ensemble des syste ` mes. Au lieu de cela, nous adoptons comme base aux fins de l’e ´ valuation des re ´ formes interpays le statu quo. Si l’OMS venait toutefois a ` mettre au point un indice permettant de mesurer la performance des syste ` mes de sante ´ entre les pays qui inclurait l’e ´ tat de sante ´ , la re ´ action et l’e ´ quite ´ de financement (18), on contribuerait a ` focaliser l’attention sur les domaines ou ´ forme ` une re est vraiment ne ´ cessaire. Paralle ` lement, un tel indice ne ferait que comple ´ ter et non remplacer l’utilisation des crite ` res pour l’e ´ valuation des re ´ formes a ` l’inte ´ rieur des pays, car tout pays que l’indice interpays ame ` nerait a ` entreprendre d’autres re ´ formes ˆ me des avantages a aurait quand me ` tirer de l’instrument pluridimensionnel d’e ´ valuation des re ´formes que nous proposons. Jusqu’ici les crite ` res ont e ´ te ´ utilise ´ s de manie ` re pre ´ liminaire pour e ´ valuer les propositions de re ´ forme ou les re ´ formes re ´ centes. Pannarunothai et Srithamrongsawat (10) font rapport sur les essais de terrain dans lesquels on a utilise ´ les crite ` res pour e ´ valuer les re ´ formes nationales envisage ´ es et les re ´ formes provinciales re ´ centes et ils ont montre ´ que les crite ` res ˆ tre utilise peuvent e ´ s pour attribuer une note aux re ´ formes en Thaı ¨lande. Les e ´ quipes en Colombie, au Mexique et au Pakistan ont e ´ galement attribue ´ des notes pour tester l’utilite ´ des crite ` res spe ´ cifiques. Dans chaque cadre, il a e ´ te ´ de ´ montre ´ que les crite ` res peuvent stimuler la re ´ flexion sur les moyens de re ´ forme, pousser a ` une meilleure spe ´ cification des mesures de re ´ forme et aider a ` poser des questions sur la recherche pouvant de ´ gager des e ´ le ´ ments ne ´ cessaires aux choix. Pour une e ´ valuation plus pre ´ cise de l’approche, il faudra attendre des e ´ preuves plus approfondies sur les crite ` res. n

Remerciements Ce projet a e ´ te ´ finance ´ par la Fondation Rockefeller et son initiative mondiale pour l’e ´ quite ´ en sante ´ . Nous remercions l’Institut national de la Sante ´ publique du Mexique, l’Institut national de la Sante ´ de la Thaı ¨lande et le De ´ partement des Sciences de Sante ´ communautaire de l’Universite ´ de l’Aga Khan a ` Karachi (Pakistan) qui ont accueilli nos ateliers. Nous tenons e ´ galement a ` remercier les membres des e ´ quipes de ˆ tes dans les centres collaborateurs ainsi que nos ho diffe ´ rents sites dans lesquels nous nous sommes rendus. N. Daniels a e ´ galement e ´ te ´ appuye ´ par une bourse de chercheur Robert Wood Johnson.

Bibliographie 1. Daniels N, Light D, Caplan R. Benchmarks of fairness for health care reform. New York, Oxford University Press, 1996. 2. Whitehead M. The concepts and principles of equity and health. International Journal of Health Services, 1992, 22 : 429-445. 3. Dahlgren G, Whitehead M. Policies and strategies to promote social equity in health. Stockholm, Institute of Future Studies, 1992. 4. Braveman P. Monitoring equity in health : a policy-oriented approach in low- and middle-income countries. Gene ` ve, Organisation mondiale de la Sante ´ , 1998 (document non publie ´ WHO/CHS/HSS/98.1). 5. Daniels N. Just health care. New York, Cambridge University Press, 1985. 6. Daniels N, Kennedy B, Kawachi I. Why justice is good for our health : the social determinants of health inequalities. Daedalus, 1999, 128 : 215-252. 7. Brock D, Daniels N. Ethical foundations of the Clinton administration’s proposed health care system. Journal of the American Medical Association, 1994, 271 : 1189-1196. 8. Daniels N. Seeking fair treatment : from the AIDS epidemic to national health care reform. New York, Oxford University Press, 1995. 9. Daniels N, Bryant J. Parametros de justicia y monitoreo de la equidad : Apoyo a un programa de la OMS [Parame ` tres de justice et surveillance de l’e ´ quite ´ : appui a ` un programme de l’OMS]. Salud y Gerencia, 1998, 16 (1) : 7-12 (en espagnol). 10. Pannarunothai S, Srithamrongsawat S. Benchmarks of fairness for health system reform : the tool for national and provincial health development in Thailand. Human Resources for Health Development Journal, 2000, 4 (1) (in press). 11. Sen A. Sante ´ et de ´ veloppement. Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ , Recueil d’articles, 2000, 2 : 18-23. 12. van Doorslaer E, Wagstaff A, Rutten F. Equity in the finance and delivery of health care. An international perspective. Oxford, Oxford University press, 1993. 13. Daniels N, Sabin J. Limits to health care : fair procedures, democratic deliberation, and the legitimacy problem for insurers. Philosophy and Public Affairs, 1997, 26 : 303-350. 14. Daniels N, Sabin J. The ethics of accountability in managed care reform. Health Affairs, 1998, 17 : 50-64. 15. Caplan RL, Light DW, Daniels N. Benchmarks of fairness : a moral framework for assessing equity. International Journal of Health Services, 1999, 29 : 853-869. 16. Gakidou EE, Murray CJL, Frenk J. De ´ finir et mesurer les ine ´ galite ´ s de sante ´ : approche base ´ e sur la distribution de l’espe ´ rance de sante ´ . (Voir pages 41-52 dans le pre ´ sent Recueil.) 17. Gwatkin DR. Ine ´ galite ´ s de sante ´ et sante ´ des pauvres : que sait-on et que peut-on faire ? (Voir pages 3-17 dans le pre ´ sent Recueil) 18. Rapport sur la sante ´ dans le monde 2000 - Pour un service ` ve, Organisation mondiale de de sante ´ plus performant. Gene la Sante ´ , 2000.

Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 3, 2000

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Informations clés
Type de document Journal articles
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé