Organisation mondiale de la santé (OMS) · Journal articles

Decoding of malaria genomes opens new era in public health : New drugs, new insecticides expected to revive struggle against a major killer = Paludisme : le décryptage des génomes du vecteur et du parasite ouvre une ère nouvelle pour la santé publique : Le développement d’outils nouveaux, tels les médicaments et les insecticides, devrait bientôt relancer la lutte contre un fléau meurtrier

Organisation mondiale de la santé
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Decoding of malaria genomes opens new era in public health New drugs, new insecticides expected to revive struggle against a major killer WHO recently announced the decoding of the genomes of the most dangerous malaria parasite, Plasmodium falciparum, and of the most important mosquito which transmits it, Anopheles gambiae. This signals a turning point for global public health. Now, the most advanced tools of science are at last being trained on one of biggest killers in the developing world. Decoding of the malaria genomes marks an extraordinary moment in the history of science and the enormous power of modern technology to penetrate the mysteries of an ancient disease that continues to kill millions. Malaria infects more than 300 million people every year, killing at least one million of them. About 90% of the deaths are in children aged under 5 years. The global situation is worsening, public health campaigns against malaria have been stymied over the past decade as both the mosquito and the parasite have evolved mechanisms to escape the limited, affordable technologies available in the developing world. 362

Paludisme: le décryptage des génomes du vecteur et du parasite ouvre une ère nouvelle pour la santé publique Le développement d’outils nouveaux, tels les médicaments et les insecticides, devrait bientôt relancer la lutte contre un fléau meurtrier L’OMS a récemment annoncé le décryptage de deux génomes – celui du parasite Plasmodium falciparum, agent causal du paludisme le plus dangereux, et celui du moustique Anopheles gambiae, vecteur majeur du parasite. Cela marque un tournant pour la santé publique au plan mondial. Désormais, les instruments les plus perfectionnés de la science sont tournés contre un des fléaux les plus meurtriers pour le monde en développement. Le décryptage des génomes du vecteur et du parasite du paludisme représente un moment extraordinaire dans l’histoire de la science et un pouvoir énorme de la technologie moderne, perçant ainsi les mystères d’une maladie très ancienne qui continue de tuer des millions de personnes. Le paludisme touche plus de 300 millions de personnes chaque année, tuant plus d’un million d’entre elles. Près de 90% de ces décès concernent des enfants âgés de moins de 5 ans. La situation mondiale s’aggrave. Dans la dernière décennie, les campagnes de santé publique contre le paludisme ont été battues en brèche par l’apparition de mécanismes de résistance – résistance aux insecticides chez le moustique, et aux médicaments chez le parasite – dont le contrôle dépasse les moyens techniques et financiers des pays en développement. WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, NO. 43, 25 OCTOBER 2002

Drugs targeting the parasite are losing their effectiveness. Today, resistance to choloroquine, the cheapest and most widely used antimalarial, is common throughout Africa. The next most effective but more expensive drug, sulfadoxine–pyrimethamine, is also succumbing to resistance in highly endemic areas of eastern and southern Africa. The mosquito has proven just as wily a foe. A. gambiae is an extremely efficient transmitter of the disease. Public health experts have long called the mosquito the “most important insect in the world.” Unlike other mosquitoes, A. gambiae has earned the epithet of “malaria machine” because it has a strong preference for humans and those humans within its range can be bitten literally hundreds of times a day. Elimination strategies, which have been successful in industrialized countries, have stalled in the developing world as cheap insecticides are losing their potency to resistance and environmental concerns have reduced their availability. To open new research paths, the UNDP/ World Bank/WHO Special Programme for Research and Training in Tropical Diseases (TDR) and its partners, including, have pushed for over a decade to bring genetics into the struggle against malaria. Seeds of this “molecular entomology” were first planted in 1991 when scientists called to a TDR and MacArthur Foundation meeting first proposed the thenunorthodox approach of attacking malaria through genetics. In 2001, another TDR meeting, arranged in collaboration with Institut Pasteur, launched the A. gambiae genome initiative. Now that work is done. The breakthroughs announced this week in Nature and Science open an entirely new field to public health researchers. With this new knowledge, malaria scientists will be able to prise out information long hidden in the genomes which can be used to design new insecticides, new repellents and new drugs. The “master plans” for man, Plasmodium and mosquito are now available, opening a completely new field of work for everyone. Now, anyone with a computer and access to the Internet will be able to look for targets for new drugs and new insecticides. The genetic codes themselves would be useless if there were not trained researchers poised to exploit the information. Anticipating this day, TDR has for the past 2 years been training over 100 scientists from Africa, Asia and Latin America in how to search the genomes, identify vulnerabilities, and build new genetically-based drugs and insecticides. While exuberant at the announcements, it is obvious from the pace of developments following the decoding of the human genetic code that the fruits of genomics take a long time to mature. Still, for scientists who have been stymied by the disease for years, the elucidation of the genomes has electrified the field. Information is now available for everyone to work 24 hours a day to find solutions that can save millions of lives. Ⅲ RELEVE EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 43, 25 OCTOBRE 2002

Les médicaments antiparasitaires sont en train de perdre leur efficacité. Aujourd’hui, la résistance à la chloroquine, médicament antipaludique le moins cher et le plus courant, se généralise en Afrique. La sulfadoxine–pyriméthamine, médicament de deuxième recours, efficace mais plus cher, est lui aussi contré par l’émergence de résistances dans les zones fortement endémiques de l’est et du sud de l’Afrique. Le moustique s’est avéré un ennemi tout aussi rétif. A. gambiae est un vecteur du parasite, et donc de la maladie, redoutablement efficace. Depuis longtemps les experts en santé publique le désignent comme «le moustique le plus important du monde». La prédilection de A. gambiae pour les êtres humains et sa capacité à piquer, littéralement des centaines de fois dans une journée, ceux qui passent à sa portée le distingue des autres moustiques et lui a valu le qualificatif de «mécanique à palu». Les stratégies d’élimination, qui ont réussi dans les pays industrialisés, s’enlisent dans les pays en développement à cause de l’érosion du potentiel des insecticides bon marché par les phénomènes de résistance, et parce que l’utilisation de ces insecticides se trouve limitée par des préoccupations environnementales. Pour ouvrir de nouvelles voies à la recherche, le Programme spécial PNUD/Banque mondiale/OMS de recherche et de formation concernant les maladies tropicales et ses partenaires – dont l’OMS –, travaillent depuis dix ans à mobiliser la génétique contre le paludisme. Les premières graines du travail «d’entomologie moléculaire» furent semées en 1991 quand des chercheurs réunis par TDR et la MacArthur Foundation ont proposé de s’attaquer au paludisme en ayant recours à l’approche, alors non conventionnelle, de la génétique. En 2001, une autre réunion organisée en collaboration par TDR et l’Institut Pasteur, lançait l’initiative de décryptage du génome de A. gambiae. La tâche est aujourd’hui accomplie. Les avancées scientifiques publiées cette semaine par Nature et Science ouvrent aux chercheurs en santé publique un champ entièrement nouveau. A partir des données maintenant disponibles, les scientifiques travaillant sur le paludisme vont pouvoir extraire les informations si longtemps cachées à l’intérieur des génomes concernés, pour mettre au point des outils de lutte nouveaux tels des insecticides, des agents répulsifs et des médicaments nouveaux. La «cartographie de base», qu’elle soit pour l’homme, pour le Plasmodium et pour le moustique est désormais disponible, ouvrant à tous un champ d’action entièrement nouveau. Désormais tout chercheur disposant d’un ordinateur et ayant accès à l’Internet pourra explorer les pistes pour développer des médicaments et des insecticides nouveaux, et le schéma vaudra pour d’autres maladies. Les codes génétiques, à eux seuls, ne serviraient pas à grand-chose en l’absence de chercheurs qualifiés et prêts à utiliser ces données. En prévision de ce jour, TDR a aussi formé, au cours des 2 dernières années, plus de 100 chercheurs en Asie, en Afrique et en Amérique latine, pour qu’ils puissent effectuer des recherches sur les génomes, identifier les cibles possibles et, à partir de la génétique, développer des médicaments et des insecticides nouveaux. Cette annonce suscite l’enthousiasme même s’il est clair, quand on regarde le rythme du développement des applications des connaissances sur le génome humain, qu’il faudra du temps pour que les fruits de la génomique arrivent à maturité. Reste que l’élucidation de ces génomes vient galvaniser les chercheurs, après des années de frustration dans leur lutte contre le paludisme. Ⅲ

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Type de document Journal articles
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé