WORLD HEALTH ORGANIZATION
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
REGIONAL OFFICE FOR THE WESTERN PACIFIC BUREAU RÉGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL COMITÉ RÉGIONAL Soixante-cinquième session Manille (Philippines) 13-17 octobre 2014 Point 12 de l’ordre du jour provisoire WPR/RC65/7 28 août 2014 ORIGINAL : ANGLAIS
RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS La résistance aux antimicrobiens constitue un problème mondial de santé publique. Le premier rapport de l’OMS sur la surveillance mondiale de la résistance aux antimicro biens, publié en 2014, démontre une rapide augmentation de la résistance de certaines bactéries pathogènes courantes aux antibiotiques de dernier recours, à large spectre, souvent nécessaires pour traiter des maladies potentiellement mortelles. La Région du Pacifique occidental connaît des taux élevés de résistance parmi certaines espèces pathogènes, Staphylococcus aureus (77 %), Escherichia coli (38 à 49 %) et Neisseria gonorrhoeae (jusqu’à 90 %). Face à la propagation de la résistance et au recul du nombre de nouveaux antimicrobiens, les infections courantes comme celle des voies urinaires, pourraient devenir incurables. Les patients présentant une infection résistante aux antimicrobiens risquent d’être malades plus longtemps et de connaître un risque de décès majoré. Parmi les principaux facteurs de résistance, on compte des systèmes de santé fragiles et de mauvaises pratiques de prescription, une réglementation inappropriée et peu appliquée contre la surconsommation d’antimicrobiens chez l’homme et l’ani mal, ainsi que des mesures sanitaires insuffisantes pour enrayer la propagation des infections. En 2011, le Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, dans sa résolution WPR/RC62.R3, a prié instamment les États Membres d’adopter l’ensemble de six mesures préconisé par l’OMS pour combattre la résistance aux antimicrobiens. Encore que certains États Membres aient pris des mesures significatives à cet effet, la plupart d’entre eux n’ont pas mené une action suffisante, tant au niveau local que national. Le projet de Plan d’action pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental a été élaboré
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pour faire suite à une série d’analyses menées en 2013. Il s’inspire également de la résolution WHA67.25, qui souligne la nécessité d’un plan d’action mondial. Le document fait fond sur des consultations techniques d’experts qui se sont tenues en 2013, ainsi que sur une consultation régionale des États Membres menée en 2014 sur les mesures prioritaires à prendre contre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental. Le Comité régional est prié d’examiner pour adoption le projet de Plan d’action pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental.
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1. SITUATION ACTUELLE La résistance aux antimicrobiens est devenue un problème de santé publique majeur qui appelle des mesures urgentes tant à l’échelle mondiale qu’au niveau de la Région du Pacifique occidental. Le premier rapport de l’OMS sur la surveillance mondiale de la résistance aux antimicrobiens publié en 2014 et intitulé Antimicrobial resistance: global report on surveillance (Résistance aux antimicrobiens : rapport mondial sur la surveillance) a mis l’accent sur les taux élevés de résistance de certaines bactéries courantes dans la Région du Pacifique occidental. La Région enregistre une prévalence élevée de la pharmacorésistance de certains agents pathogènes cliniquement importants, responsables notamment de graves infections nosocomiales de la peau. Par exemple, la République de Corée et le Viet Nam enregistrent des taux de prévalence de Staphylococcus aureus résistant à la méticilline de 77,6 % et de 74,1 %, respectivement. Les pneumonies résistantes aux antibiotiques de première intention (macrolides et pénicilline) sont également en hausse. Escherichia coli et Klebsiella spp, deux bactéries responsables d’infections urinaires, présentent une résistance accrue aux antibiotiques associés aux bêta-lactamases à spectre étendu. Au Cambodge et en République démocratique populaire lao, les taux de prévalence de la résistance d’Escherichia coli aux céphalosporines de troisième génération sont de 49 % et de 38 %, respectivement. Au Japon, en Malaisie et à Singapour, les taux de prévalence des gonorrhées associées à une sensibilité réduite et à une résistance aux quinolones sont compris entre 68 % et 90 %. Les patients atteints d’infections dues à des agents pathogènes pharmacorésistants sont hospitalisés pour de plus longues durées et leurs résultats thérapeutiques sont moins bons que ceux des patients infectés par des souches non résistantes. Dans certains pays, notamment au Japon et à Singapour, seuls les antimicrobiens de dernier recours, à large spectre, sont efficaces pour traiter certaines maladies potentiellement mortelles comme la gonorrhée et la pneumonie. Également, les infections communautaires causées par la résistance aux antimicrobiens sont en progression : aux Philippines et au Viet Nam, 30,1 % des infections de la peau causées par Staphylococcus aureus résistant à la méticilline sont acquises dans la communauté. Les multiples dysfonctionnements des systèmes actuels en sont en partie responsables. La précarité des systèmes de santé et le laxisme des réglementations donnent libre cours à une surconsommation généralisée d’antimicrobiens chez l’homme et l’animal ; le manque de mesures sanitaires encourage la propagation des infections et les défaillances du marché vis-à-vis de la recherche-développement ont freiné l’apparition de nouveaux antibiotiques. En outre, les voyages internationaux et les migrations transfrontalières favorisent la résistance. Face au recul du nombre de nouveaux antibiotiques et au phénomène de
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En 2013-2014, les analyses de situation réalisées dans les pays sur la résistance aux antimicrobiens ont montré que seuls cinq États Membres avaient élaboré des plans nationaux pour endiguer ce phénomène. En mai 2014, à la Soixante-Septième Assemblée mondiale de la Santé, les États Membres ont réaffirmé leur engagement à endiguer la résistance aux antimicrobiens et appelé à l’adoption d’un plan d’action mondial qui assure à tous les pays, en particulier les pays à revenu faible ou intermédiaire, les capacités voulues pour combattre la résistance aux antimicrobiens au moyen de toutes les données scientifiques disponibles et des pratiques les meilleures (résolution WHA67.25). En réponse au besoin urgent d’endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental et à l’appui des résolutions WPR/RC62.R3 et WHA67.25, le projet de Plan d’action pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental (Annexe 1) a été élaboré en tenant compte des analyses de situation rapides menées dans les pays en 2013. Des discussions se sont tenues lors des consultations techniques d’experts sur la surveillance des antimicrobiens en 2013 et à l’occasion de la consultation régionale des États Membres sur les mesures prioritaires à prendre pour combattre la résistance aux antimicrobiens en 2014.
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2. ENJEUX
Une analyse de situation rapide par pays, réalisée dans la Région du Pacifique occidental en 2013, a fait ressortir les principaux dysfonctionnements qui empêchent d’enrayer la résistance aux antimicrobiens. Les mesures suivantes ont été définies pour relever les enjeux que pose le phénomène de résistance : 2.1 Renforcer les plans multisectoriels nationaux ou en élaborer de nouveau et les mettre en œuvre Peu d’États Membres de la Région du Pacifique occidental ont élaboré un plan d’action national antimicrobien complet. Il convient de mettre en place des stratégies intégrées et collaboratives pour endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la plupart des pays, grâce à une action coordonnée dans les secteurs de la santé humaine et animale. La plupart des États Membres de la Région doivent établir des stratégies et des plans multisectoriels nationaux, ou les renforcer, et favoriser la collaboration internationale et régionale afin d’endiguer la résistance aux antimicrobiens. 2.2 Mettre en place ou renforcer la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et celle de la consommation d’antimicrobiens Alors qu’environ deux tiers des États Membres affirment disposer d’un système de surveillance actif de la résistance bactérienne, seule la moitié d’entre eux a indiqué avoir élaboré un rapport sur la résistance aux antimicrobiens au cours des cinq dernières années. Il est urgent de suivre l’ampleur du phénomène, en particulier la résistance bactérienne, pour mieux comprendre ses mécanismes de développement et élaborer des plans et des actions appropriés. Au demeurant, le suivi de la consommation d’antimicrobiens, en particulier les antibiotiques dans les États Membres, est nécessaire pour éclairer les décideurs dans l’élaboration des politiques et des actions à mener à l’échelle nationale. 2.3 Renforcer les actions des systèmes de santé afin d’améliorer l’utilisation des antimicrobiens, la prévention et la lutte anti-infectieuse Il faut renforcer les systèmes de santé, notamment pour ce qui est de la gestion pharmaceutique et de la prestation de soins, afin d’agir sur les facteurs qui contribuent à l’apparition de la résistance aux antimicrobiens, en particulier l’offre et la demande. Afin de réduire une
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3. MESURES PROPOSÉES
Le Comité régional est prié d’examiner pour adoption le projet de Plan d’action pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental.
WPR/RC65/7 page 7 ANNEXE 1
PROJET DE DOCUMENT Plan d’action pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental
Organisation mondiale de la Santé Région du Pacifique occidental
WPR/RC65/7 page 8 Annexe 1
WPR/RC65/7 page 9 Annexe 1
TABLE DES MATIÈRES
ACRONYMES ..................................................................................................................................... 10 Résumé d’orientation ............................................................................................................................ 11 1. 2. 3. 3.1 3.2 4. 4.1 4.2 5. 5.1 Introduction ....................................................................................................................... 14 La résistance aux antimicrobiens : une menace d’ampleur mondiale ............................... 15 Action de l’OMS contre la résistance aux antimicrobiens ................................................ 16 Action de l’OMS à l’échelle mondiale .............................................................................. 16 Action de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental ................................................ 17 Résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental ........................... 19 Prévalence de la résistance aux antimicrobiens dans la Région ........................................ 19 Endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la Région : lacunes et difficultés ........... 21 Le plan d’action ................................................................................................................ 24 Actions prioritaires à mener dans la Région pour endiguer la résistance aux antimicrobiens............................................................................................................. 24
APPENDICE 1 : définition des termes clés .......................................................................................... 33 BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................ 37
WPR/RC65/7 page 10 Annexe 1 ACRONYMES
BLSE NDM-1 OMS SARM
bêta-lactamase à spectre étendu New Delhi métallo-bêta-lactamase Organisation mondiale de la Santé Staphylococcus aureus résistant à la méticilline
WPR/RC65/7 page 11 Annexe 1 Résumé d’orientation L’émergence et la propagation rapides de la résistance aux antimicrobiens constituent un enjeu de taille pour les systèmes de santé et fragilisent leur aptitude à traiter efficacement les infections bactériennes graves. En l’absence d’antimicrobiens efficaces pour traiter et prévenir les infections, les avancées de la médecine moderne, telles que la greffe d’organes, la chimiothérapie du cancer et la chirurgie lourde, pourraient être menacées. Des mesures immédiates et coordonnées doivent être prises par les États Membres de la Région du Pacifique occidental et à l’échelle mondiale pour préserver l’efficacité des antimicrobiens existants et faciliter la mise au point de nouveaux médicaments antimicrobiens. La question de la résistance aux antimicrobiens a été examinée pour la première fois à l’Assemblée mondiale de la Santé en 1998, de pair avec un grand nombre de résolutions, notamment la résolution WHA51.17 soulignant le problème et les solutions à y apporter. Il n’en reste pas moins que les progrès accomplis n’ont pas été suffisants pour ralentir l’apparition et la propagation de la résistance aux médicaments des principaux micro-organismes pathogènes. En mai 2014, la nécessité de prendre des mesures d’urgence pour combattre la résistance aux antimicrobiens a été de nouveau soulignée à la Soixante-Septième Assemblée mondiale de la Santé, dans la résolution WHA67.25. Le Comité régional OMS du Pacifique occidental, à sa session de 2002, a fait du problème de la résistance aux antimicrobiens une priorité pour la Région, mesure qu’il a réaffirmée en 2011 dans sa résolution RC62.R3 sur la résistance aux antibiotiques. Le Comité régional y a prié les États Membres d’adopter un ensemble de six mesures (le Dossier d’information) préconisées par l’OMS en 2011 pour combattre la résistance aux antimicrobiens et d’élaborer des plans nationaux complets. La résistance aux antimicrobiens poursuit malgré tout sa progression et fait peser dans la Région une menace croissante sur la santé publique. En 2014, l’OMS a publié le premier rapport sur la surveillance mondiale de la résistance aux antimicrobiens intitulé Antimicrobial resistance: Global Report on surveillance (Résistance aux antimicrobiens : rapport mondial sur la surveillance), qui montre que la résistance des bactéries courantes atteint des niveaux très élevés et que l’on manque d’options de traitement efficace. L’analyse de la situation des pays menée en 2013-2014 sur la résistance aux antimicrobiens a mis en évidence des lacunes et des difficultés majeures dans la Région du Pacifique occidental, notamment : 1) méconnaissance du problème et manque de politiques nationales complètes pour combattre la résistance aux antimicrobiens ; 2) à l’échelle nationale et régionale, manque de systèmes de surveillance pour suivre la résistance aux antimicrobiens et la consommation d’antimicrobiens ;
WPR/RC65/7 page 12 Annexe 1 3) absence de réglementation et application insuffisante des mesures prises au niveau des systèmes de santé pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens. À la suite d’une consultation technique tenue en 2013 et d’une consultation régionale des États Membres organisée en 2014, le Plan d’action a été élaboré pour examen et approbation à la soixante-cinquième session du Comité régional en octobre 2014. Le Plan d’action pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique s’articule de la manière suivante : 1) Renforcer l’élaboration et la mise en œuvre de plans nationaux complets pour endiguer la résistance aux antimicrobiens et sensibiliser de nombreux secteurs. a. Renforcer la prise de conscience, le leadership et accroître les engagements financiers pour endiguer la résistance aux antimicrobiens dans tous les secteurs concernés. b. Changer le comportement et les habitudes de la population en multipliant les campagnes de sensibilisation sur la résistance aux antimicrobiens et en favorisant la consommation responsable d’antimicrobiens. c. Élaborer et mettre en œuvre des politiques et mesures multisectorielles complètes visant à endiguer la résistance aux antimicrobiens aux niveaux local et national, en s’appuyant sur des stratégies et des collaborations régionales et mondiales. 2) Améliorer la surveillance de la résistance aux antimicrobiens, ainsi que le suivi de la consommation d’antimicrobiens. a. Élaborer et mettre en œuvre des normes et des méthodologies harmonisées qui permettent de mieux suivre la résistance aux antimicrobiens et la consommation de ces médicaments chez l’homme, ainsi que l’apparition des nouveaux pathogènes, conformément aux approches convenues à l’échelle mondiale et aux orientations fournies par les mécanismes régionaux de coordination. b. Utiliser des données fiables pour éclairer les politiques et l’action au moyen de systèmes nationaux et réseaux régionaux cohérents, et collecter, analyser, partager et diffuser les données issues du suivi de la résistance aux antimicrobiens et de la consommation de ces médicaments, grâce à ces réseaux. c. Élaborer et renforcer les systèmes nationaux de surveillance, en particulier les capacités dont les laboratoires disposent pour suivre l’évolution de la résistance aux antimicrobiens et la consommation de ces médicaments, avec l’appui des réseaux régionaux de surveillance.
WPR/RC65/7 page 13 Annexe 1
3)
Renforcer les capacités des systèmes de santé pour endiguer la résistance aux antimicrobiens. a. Adapter et instaurer de bonnes pratiques facilitant l’application d’une réglementation efficace afin de garantir la disponibilité d’antimicrobiens efficaces, sûrs et de qualité. b. Mettre en place des programmes de gestion de l’utilisation des antimicrobiens couvrant l’ensemble du pays afin d’améliorer les pratiques de prescription des prestataires de soins et la consommation responsable d’antibiotiques. c. Garantir un accès équitable et universel aux antimicrobiens « prioritaires » en renforçant les mécanismes de financement et d’achat des antimicrobiens. d. Mettre en place des programmes de maîtrise et de prévention de l’infection dans tous les établissements de santé et les principaux habitats collectifs. e. Renforcer, dans les établissements de soins, la formation aux mesures d’hygiène et les pratiques visant à maîtriser et prévenir l’infection, et garantir l’accès aux infrastructures telles que les installations d’hygiène et d’élimination des déchets.
WPR/RC65/7 page 14 Annexe 1 1. Introduction
L’émergence rapide de la résistance aux antimicrobiens au cours des dernières décennies ainsi que l’absence de nouveaux médicaments constituent un problème majeur pour les systèmes de santé et menacent leur aptitude à traiter efficacement les infections bactériennes graves, à la fois dans un avenir proche ou à plus long terme. Dans la Région du Pacifique occidental, la résistance aux antimicrobiens constitue une menace croissante pour la santé publique. Ce document fournit un bref aperçu de la situation actuelle, ainsi que des lacunes et des problèmes qui empêchent d’endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la Région. Figure 1. Actions prioritaires pour endiguer la résistance aux antimicrobiens Identifier le problème • Collecte des données épidémiologiques • Surveillance des micro-organismes résistants • Suivi de la consommation d’antimicrobiens • Réseaux de partage des informations Identifier le problème Définir les priorités
Définir les priorités et les plans • Mesures de sensibilisation • Stratégie et plan d’action nationaux complets et multisectoriels pour endiguer la résistance aux antimicrobiens • Leadership politique et engagements financiers • Collaboration régionale
Pérenniser et suivre les changements • Définition des cibles et suivi de leur mise en œuvre (aux niveaux régional et national) • Approches et mécanisme de mise en œuvre multisectoriels • Éducation et formation
Agir • Renforcer les cadres réglementaires • Garantir l’accès à des antimicrobiens de qualité et leur utilisation responsable • Renforcer les mesures de lutte anti-infectieuse et d’hygiène
S’engager à agir
Mesures des systèmes de santé contre la résistance aux antimicrobiens
Afin de prendre des mesures efficaces et d’empêcher la propagation ou l’émergence d’infections résistantes aux médicaments, il est nécessaire de posséder des données fiables sur l’ampleur du problème, les facteurs qui le sous-tendent et ses conséquences. Des données fiables peuvent contribuer à établir des stratégies nationales efficaces, et à éclairer l’élaboration de plans d’action nationaux, régionaux et mondiaux afin de mettre en œuvre des mesures prioritaires visant à endiguer la propagation de la résistance aux antimicrobiens. Il faut également renforcer les mesures prises au niveau des systèmes de santé et celles de tous les autres secteurs (santé animale, agriculture et environnement). Pour obtenir et pérenniser les changements qui permettront d’inverser la tendance actuelle, à savoir la propagation des maladies résistantes aux médicaments, et prolonger l’efficacité
WPR/RC65/7 page 15 Annexe 1 des antimicrobiens actuels et futurs, le suivi de ces changements sera essentiel. Le suivi et l’évaluation sont également nécessaires pour mesurer l’efficacité des mesures mises en œuvre pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens et pour améliorer ces actions dans la durée. Comme l’indique la figure 1, la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et de la consommation de ces médicaments est essentielle pour endiguer la résistance aux antimicrobiens sur les plans mondial, régional et national. Il faut renforcer les activités de surveillance de la résistance aux antimicrobiens dans tous les secteurs. Cette question est abordée dans le document d’accompagnement intitulé Surveillance of Antimicrobial Resistance in the Western Pacific Region (Surveillance de la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental). Parallèlement à cette activité de surveillance, il est également nécessaire de suivre la consommation et l’utilisation des antimicrobiens, en particulier dans les secteurs de la santé humaine, de l’agriculture et de l’élevage. La question de la surveillance de la consommation d’antimicrobiens est examinée dans le document d’accompagnement intitulé Monitoring of antimicrobial use in the Western Pacific Region (Suivi de la consommation d’antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental). Les mesures que les systèmes de santé doivent prendre pour endiguer la résistance aux antimicrobiens, y compris l’utilisation responsable des antibiotiques, les questions de réglementation, la lutte contre l’infection, sont présentées dans le document d’accompagnement intitulé Health Systems Response to Support Containment of Antimicrobial Resistance in the Western Pacific Region (Action des systèmes de santé pour endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental). 2. La résistance aux antimicrobiens : une menace d’ampleur mondiale
La résistance aux antimicrobiens correspond à la capacité d’un micro-organisme, notamment les bactéries, les champignons, les virus ou les parasites, de résister à l’attaque des médicaments antimicrobiens, tels que les antibactériens, les antifongiques, les antiviraux et les antipaludiques, de telle sorte que les traitements habituels sont inefficaces. Les traitements courants sont généralement inefficaces contre les infections causées par des microorganismes résistants ; en outre, ces micro-organismes peuvent entraîner des maladies plus longues, risquent de transmettre leur résistance à d’autres espèces, et le risque de décès est plus élevé. Le taux de mortalité des patients atteints d’une infection grave causée par une bactérie résistante et pris en charge à l’hôpital est environ deux fois plus élevé que pour les patients atteints d’une infection causée par une bactérie non-résistante. La résistance aux antimicrobiens menace les avancées de la médecine moderne. De nombreuses maladies infectieuses risquent désormais de devenir incurables et incontrôlables, ce qui pourrait remettre en cause les efforts réalisés pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la santé d’ici à 20152.
WPR/RC65/7 page 16 Annexe 1 Il faut recourir à des traitements plus onéreux si les infections deviennent résistantes aux médicaments de première intention. L’allongement de la durée de la maladie et du traitement, généralement prodigué à l’hôpital, accroît les coûts de santé et la charge économique pesant sur les familles et la société. En l’absence d’antimicrobiens efficaces pour traiter et prévenir les infections, la réussite d’interventions telles que la greffe d’organes, la chimiothérapie du cancer et la chirurgie lourde, pourrait être menacée. La croissance du commerce mondial et des voyages internationaux permet aux micro-organismes résistants de se propager rapidement dans des pays et des continents éloignés, par le biais de l’homme, de l’animal et des aliments. 3. 3.1 Action de l’OMS contre la résistance aux antimicrobiens Action de l’OMS à l’échelle mondiale
Pour l’OMS, la résistance aux antimicrobiens représente une menace pour la santé publique mondiale. Ces 28 dernières années, l’Assemblée mondiale de la Santé de l’OMS a insisté, dans différentes résolutions, sur la menace que présente la résistance aux antimicrobiens et demandé à ce que des efforts immédiats soient consentis pour endiguer ce phénomène sur les plans local, national, régional et mondial. L’Assemblée mondiale de la Santé a adopté de nombreuses résolutions traitant de ce problème, y compris récemment, celles qui portent sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (WHA67.25, 2014), sur les produits médicaux de qualité inférieure/faux/faussement
étiquetés/falsifiés/contrefaits (WHA65.19, 2012), et sur la prévention et la lutte contre la tuberculose multirésistante et ultrarésistante (WHA62.15, 2009). En outre, les résolutions sur les progrès en matière d’usage rationnel des médicaments (WHA60.16, 2007), sur la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (WHA59.19, 2006), sur l’amélioration de l’endiguement de la résistance aux antimicrobiens et sur la résistance aux antimicrobiens comme menace pour la santé mondiale (WHA58.27 et WHA58.14, 2005), sur les maladies émergentes et autres maladies transmissibles, ainsi que les résolutions WHA47.13 (1994) et WHA39.27 (1986) sur l’usage rationnel des médicaments, ont toutes mis en évidence la menace susmentionnée. La Stratégie mondiale OMS pour la maîtrise de la résistance aux antimicrobiens présente 87 recommandations d’intervention prioritaire à l’intention des cliniciens, du personnel des laboratoires et de ceux qui s’occupent de la lutte contre les infections, de l’industrie, des chercheurs, des médias, des représentants de patients et des autorités nationales. Elle s’accompagne, d’outils techniques et de sensibilisation ayant pour objet de soutenir l’action menée3. La Stratégie mondiale a fixé deux priorités fondamentales : 1) l’engagement national à faire de l’endiguement de la résistance aux antimicrobiens une priorité de santé publique ; 2) la surveillance afin de produire les données
WPR/RC65/7 page 17 Annexe 1 nécessaires à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des actions menées pour endiguer la résistance. En 2010, l’OMS a fait de la résistance aux antimicrobiens une priorité pour toute l’Organisation en la désignant comme thème de la Journée mondiale de la Santé de 2011, avec le slogan « La résistance antimicrobienne : agir aujourd’hui pour pouvoir soigner encore demain4 ». L’ensemble de six mesures préconisé par l’OMS pour combattre la résistance aux antimicrobiens a été publié à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé en 2011. Il prie les États membres : 1. de s’engager en faveur de plans nationaux complets et financés qui obligent à rendre des comptes et auxquels la société civile soit associée ; 2. de renforcer les moyens de surveillance et de laboratoire ; 3. de garantir un accès continu à des médicaments essentiels de qualité garantie ; 4. de réglementer et de promouvoir l’usage rationnel des médicaments, y compris dans le secteur de l’élevage, et de veiller à ce que les patients reçoivent des soins adéquats ; 5. de renforcer la lutte contre l’infection (y compris la prévention) ; 6. d’encourager l’innovation et la recherche-développement pour de nouveaux outils. L’OMS a publié récemment (avril 2014) un rapport d’importance majeure intitulé Antimicrobial resistance: global report on surveillance (Résistance aux antimicrobiens : rapport mondial sur la surveillance)5. Ce document révèle que la résistance des bactéries courantes atteint des niveaux alarmants dans de nombreuses régions du monde et que, dans certains contextes, peu de traitements disponibles sont efficaces contre les infections courantes, si ce n’est aucun. 3.2 Action de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental
Le Bureau régional OMS du Pacifique occidental fut le premier bureau régional à mettre en œuvre les recommandations formulées en 1982 par le Groupe consultatif de l ’OMS sur la surveillance de la résistance aux antimicrobiens6. En 1985, la Région a lancé une série d’ateliers régionaux sur la résistance aux antimicrobiens, ce qui a conduit à la mise en place d’un réseau régional de surveillance de 1990 à la fin de l’année 2000. La publication du rapport Stratégie mondiale OMS pour la maîtrise de la résistance aux antimicrobiens3 a été suivie par la résolution WPR/RC53.R5 de la cinquante-troisième session du Comité régional, en 2002, qui a fait de la résistance aux antimicrobiens une priorité régionale. L’atelier birégional sur la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et sur l’endiguement de ce
WPR/RC65/7 page 18 Annexe 1 phénomène en Asie et dans le Pacifique, qui s’est tenu en 2005, a permis de définir des actions prioritaires à mener aux niveaux national et régional, y compris des stratégies collaboratives pour endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la Région OMS du Pacifique occidental et la Région OMS de l’Asie du Sud-Est7. En août 2010, le Groupe de travail interdivisions sur la résistance aux antimicrobiens a été créé au Bureau régional du Pacifique occidental. Conformément à son mandat, il doit faciliter l’échange d’informations, fournir un appui technique, recenser les liens permettant de renforcer les synergies et l’impact, recommander des activités futures, mener des actions de sensibilisation et de mobilisation des ressources et collaborer avec les autres parties prenantes concernées. Le Comité régional, dans sa résolution RC62.R3 de 2011 sur la résistance aux antibiotiques8, A invité instamment les États Membres à : 1) prendre des mesures urgentes pour lutter contre les problèmes et relever les défis posés par la résistance aux antimicrobiens ; 2) se servir du Dossier d’information, selon les besoins ; et 3) élaborer et mettre en œuvre, le cas échéant, des plans nationaux et infranationaux complets et efficaces de lutte contre la résistance aux antimicrobiens.
A prié le Directeur régional : 1) de prendre des mesures urgentes pour lutter contre les problèmes et relever les défis posés par la résistance aux antimicrobiens ; 2) d’apporter aux États Membres qui le demandent une assistance technique afin de prévenir et de combattre la résistance aux antimicrobiens et ses conséquences ; 3) de surveiller et d’évaluer la situation régionale relative à la résistance aux antimicrobiens et d’en faire rapport régulièrement.
WPR/RC65/7 page 19 Annexe 1 4. 4.1 Résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental Prévalence de la résistance aux antimicrobiens dans la Région
La résistance aux antimicrobiens devient un défi de plus en plus pressant dans toute la Région. Une grande variété d’agents pathogènes infectieux est résistante à un ou plusieurs antimicrobiens. Parmi les pathogènes acquis dans la communauté qui sont les plus préoccupants dans les pays asiatiques figurent Streptococcus pneumoniae résistant à la pénicilline et aux macrolides, Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) et les agents pathogènes entériques multirésistants. SARM, Staphylococcus aureus résistant aux glycopeptides, les entérocoques résistants aux glycopeptides et les entérobactéries productrices de bêta-lactamase à spectre étendu (BLSE) sont responsables d’infections nosocomiales. Certains pays ont signalé une hausse de la prévalence de l’entérobactérie productrice de New Delhi métallo-bêta-lactamase s’expliquant par un phénomène de propagation mondiale à travers les voyages internationaux, le tourisme médical et des expositions dans la région des Balkans et du sous-continent indien. Klebsiella pneumoniae porteur de blaNDM-1 a été isolé pour la première fois en 2010 dans la Région du Pacifique occidental chez un patient du Tapei chinois9. En 2011, un isolement d’Escherichia coli producteur de NDM-1 a été identifié aux Philippines. Les agents pathogènes producteurs de BLSE sont également en hausse : Klebsiella pneumoniae et Escherichia coli productrices de carbapénémase OXA-48 à spectre étendu ont été isolées pour la première fois au Japon en 2012 sur un patient revenant d’Asie du Sud-Est10. La prévalence de la résistance aux antibiotiques des isolements cliniques de Streptococcus pneumoniae est élevée en Asie. La résistance à l’érythromycine est élevée dans la Région, la Chine et le Viet Nam ayant signalé en 2012 les taux les plus élevés (96,4 % et 80,7 %, respectivement). Les isolements de Streptococcus pneumoniae se sont avérés de plus en plus résistants aux fluoroquinolones et à de multiples médicaments. Les isolements de Streptococcus pneumoniae ultrarésistants sont également en augmentation11. En 2010, plus de 90 % des isolements de Neisseria gonorrhoeae examinés au Brunéi Darussalam, au Cambodge, en Chine, en République de Corée, aux Philippines et au Viet Nam12 affichaient une sensibilité et une résistance réduites aux quinolones. Au Japon, en Malaisie et à Singapour, les taux de résistance signalés étaient compris entre 68 % et 90 %, même si des taux plus faibles ont été observés en Australie, en Mongolie et en Nouvelle-Zélande. Aux Fidji et en Nouvelle-Calédonie, moins de 11 % des isolements étaient résistants aux quinolones12. Neisseria gonorrhoeae résistant à la pénicilline et à la ciprofloxacine est largement répandu dans la Région du Pacifique occidental, la Chine et le Viet Nam ayant respectivement signalé un taux de
WPR/RC65/7 page 20 Annexe 1 résistance de 99 % et 96 % (résistance moyenne : 57 %)13. La sensibilité au ceftriaxone est également en diminution, la résistance rapportée étant de 6,7 % dans la Région13. La prévalence de Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) acquis à l’hôpital varie à travers la Région du Pacifique occidental. Des taux de prévalence de SARM plus faibles ont été signalés aux Philippines (38,1 %) tandis qu’ils étaient très élevés en République de Corée et au Viet Nam (77,6 % et 74,1 %, respectivement)11. Pseudomonas aeruginosa et Acinetobacter baumannii comptent parmi les autres agents pathogènes contractés dans les hôpitaux dont les taux de résistance sont en hausse. Une étude de surveillance menée dans la région Asie-Pacifique a révélé que 29,8 % des isolements de Pseudomonas aeruginosa et 73 % des isolements d’Acinetobacter baumannii n’étaient sensibles à aucun carbapénème14. La résistance des isolements de Pseudomonas aeruginosa à la ceftazidime, au céfépime, à l’association pipéracilline-tazobactam, à l’imipénème et à la ciprofloxacine est également en hausse. En Chine, 56,9 % des isolements de Pseudomonas aeruginosa testés étaient résistants à l’imipénème. Acinetobacter spp. à taux élevés de résistance à l’imipénème a été signalé en Malaisie (86,7 %) et en Chine (58,9 %)15 .
WPR/RC65/7 page 21 Annexe 1 4.2 Endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la Région : lacunes et difficultés
Pour le Groupe spécial mondial de l’OMS, les analyses de la situation des pays en matière de résistance aux antimicrobiens constituent un moyen prioritaire d’engager et d’enrichir le dialogue stratégique au niveau des États Membres et de donner une vue d’ensemble de la situation de la résistance aux antimicrobiens dans les États Membres. En 2013 et 2014, dans la Région du Pacifique occidental, 35 États Membres sur 37 ont réalisé une analyse de situation au moyen d’un outil OMS d’évaluation rapide. Les résultats des analyses de situation menées dans les 37 États Membres de la Région du Pacifique occidental ont mis en évidence les lacunes et les difficultés liées à l’endiguement de la résistance aux antimicrobiens. Il est nécessaire d’élaborer un plan national complet et multisectoriel pour endiguer la résistance aux antimicrobiens, faisant intervenir tous les secteurs concernés dans une démarche s’inspirant du principe « Un monde, une santé », et qui réunit la médecine humaine et vétérinaire, les secteurs de l’agriculture et de l’environnement. Cela suppose de faciliter l’échange d’informations et de mener une analyse régionale de l’évolution de la résistance aux antibiotiques et des facteurs expliquant ce phénomène. Les analyses de la situation des pays ont également montré que de nombreux pays de la Région ne possèdent pas de programmes et de politiques nationaux complets pour combattre la résistance aux antimicrobiens (Figure 2). Figure 2. Engagement en faveur d’un plan d’action national complet valide contre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental (d’après les analyses de la situation des pays) Nombre d’États Membres de la Région du Pacifique occidental 30 25 20 15 10 5 0 Point focal national pour Mécanisme national de Politiques nationales de Plan d’action national la résistance aux coordination contre la lutte contre la résistance contre la résistance aux antimicrobiens résistance aux aux antimicrobiens antimicrobiens antimicrobiens Rapport national de situation sur la résistance aux antimicrobiens
Non
Oui
Source : Organisation mondiale de la Santé. Outil d’évaluation rapide de la situation des pays en matière de résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental. Données non publiées, 2013.
WPR/RC65/7 page 22 Annexe 1 Parmi les États Membres ayant répondu à la question concernant l’existence d’un plan national, seuls 36 % (sur les 33 États Membres répondants) ont déclaré posséder un point focal contre la résistance aux antimicrobiens, et 16 % (sur 32 États Membres répondants) ont déclaré posséder un plan d ’action national valide. L’élaboration ou le renforcement de plans nationaux multisectoriels fixant des actions prioritaires est essentiel pour endiguer la résistance aux antimicrobiens et doit s’accompagner d’un engagement politique et de ressources financières suffisantes pour leur exécution. D’autres lacunes et difficultés ont été mises en évidence : Manque de programmes nationaux de surveillance de la résistance aux antimicrobiens. Cinquante pour cent des 25 États Membres répondants de la Région ont indiqué avoir fait rapport sur la résistance aux antimicrobiens au cours des cinq dernières années et 69 % ont indiqué posséder un système de surveillance actif de la résistance bactérienne ; Méconnaissance de la résistance aux antimicrobiens parmi la population générale et dans tous les secteurs. Seuls 10 % des 29 États Membres répondants ont estimé que les responsables politiques étaient largement conscients du problème de la résistance aux antimicrobiens, tandis que 31 % des 32 États Membres répondants ont indiqué qu’il en allait de même pour les agents de santé (Figure 3) ; Absence d’approche complète du type « Un monde, une santé » pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans les secteurs concernés, notamment chez l ’homme, l’animal et dans les secteurs de l’agriculture et de l’environnement ; Manque de politiques nationales sur l’utilisation des antibiotiques dans tous les secteurs. Seulement la moitié des 32 États Membres répondants de la Région du Pacifique occidental ont indiqué avoir effectué un suivi récent de l’utilisation des antimicrobiens chez l’homme, et 29 % dans le secteur de l’élevage et/ou de l’industrie alimentaire (Australie, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Singapour et Viet Nam) ; Distribution non réglementée et vente d’antimicrobiens sans ordonnance. Trente pour cent des États Membres ont indiqué que les antimicrobiens étaient très souvent ou toujours vendus sans ordonnance ; Manque de programmes complets de lutte contre l’infection. Tandis que 60 % des 35 États Membres répondants se sont dotés de programmes nationaux de maîtrise et de prévention de l’infection, et que 74 % (des 31 répondants) disposent de mesures spéciales pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens dans le cadre de programmes hospitaliers de ce type, les politiques en la matière font défaut dans le secteur de l’élevage (seuls 32 % des
WPR/RC65/7 page 23 Annexe 1 28 États Membres répondants possèdent une politique de prévention et de lutte contre l’infection dans ce secteur). Figure 3. Niveau de sensibilisation au problème de la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental (d’après les analyses de la situation des pays) Responsables politiques Élevé 10% Moyen 10% Nul 28%
Population générale Moyen 4% Élevé 4% Nul 14%
Agents de santé Nul 3%
Élevé 31%
Faible 22%
Faible 52% Faible 78% Moyen 44%
Personnel vétérinaire
Travailleurs agricoles Élevé 4%
Agriculture/secteur alimentaire Élevé 9% Nul 23% Moyen 18%
Élevé 15%
Nul 15%
Moyen 9%
Nul 23%
Moyen 25% Faible 45% Faible 64% Faible 50%
Source : Organisation mondiale de la Santé. Outil d’évaluation rapide de la situation des pays en matière de résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental. Données non publiées, 2013.
Les investissements financiers actuels consacrés à la surveillance et à l’endiguement de la résistance aux antimicrobiens sont limités. Seuls la Malaisie, la Nouvelle-Calédonie et Singapour ont indiqué dans les analyses de la situation qu’ils disposent de fonds spécifiques en vue d’un plan d’endiguement de la résistance. Dans la Région du Pacifique occidental, les analyses de la situation des pays ont montré que des agents pathogènes et des maladies infectieuses d’importance majeure menacent sérieusement la santé publique, notamment la dengue, le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose et la tuberculose multirésistante (TB-MR), la grippe, les micro-organismes responsables d’infections sexuellement transmissibles, la leptospirose, la filariose et la diarrhée (provoquée par Shigella spp., Salmonella spp., etc.), Staphylococcus aureus résistant à la méticilline et Enterococcus résistant aux carbapénèmes. Comme on le voit, nombre de ces agents pathogènes sont désormais résistants aux médicaments et constituent un problème de santé publique très préoccupant.
WPR/RC65/7 page 24 Annexe 1 Il convient de souligner que les analyses de la situation des pays n’ont fourni que des données sommaires issues de l’auto-évaluation. Il est donc essentiel que les pays suivent plus étroitement et évaluent de manière plus précise les pratiques ou la mise en œuvre des politiques et que ces données soient régulièrement partagées pour mieux comprendre la situation et recenser les domaines où les actions les plus urgentes doivent être menées. 5. 5.1 Le plan d’action Actions prioritaires à mener dans la Région pour endiguer la résistance aux antimicrobiens
Dans sa résolution WHA67.25 de 2014, l’Assemblée mondiale de la Santé a reconnu que la résistance aux antimicrobiens a principalement des effets sur la santé humaine, et qu’une approche cohérente, globale et intégrée est nécessaire aux niveaux mondial, régional et national en s ’inspirant du principe « Un monde, une santé ». Il est urgent d’agir si l’on veut réduire les conséquences de la résistance aux antimicrobiens sur la morbidité et la mortalité mais également limiter les coûts directs et indirects et la charge pour les systèmes de santé. À l’occasion de la consultation sur les mesures prioritaires en matière de résistance aux antimicrobiens dans le Pacifique occidental, qui s’est tenue au Bureau régional OMS du Pacifique occidental à Manille du 30 juillet au 1er août, les États Membres ont élaboré un projet de liste résumant les mesures prioritaires à prendre pour endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la Région. Trois domaines prioritaires ont été définis : 1) renforcer l’élaboration et la mise en œuvre de plans nationaux complets pour endiguer la résistance aux antimicrobiens et améliorer la sensibilisation dans de nombreux secteurs ; 2) améliorer la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et le suivi de la consommation d’antimicrobiens ; 3) renforcer les capacités des systèmes de santé pour endiguer la résistance aux antimicrobiens. Ces domaines prioritaires sont présentés ci-après, avec des informations plus détaillées sur le calendrier de mise en œuvre, pour examen et adoption à la soixante-cinquième session du Comité régional, en octobre 2014. 1) Première action prioritaire : renforcer l’élaboration et la mise en œuvre de plans nationaux complets pour endiguer la résistance aux antimicrobiens et améliorer la sensibilisation dans de nombreux secteurs : a. Renforcer la prise de conscience, le leadership et accroître les engagements financiers pour endiguer la résistance aux antimicrobiens dans tous les secteurs concernés. b. Changer le comportement et les habitudes du grand public en multipliant les campagnes de sensibilisation sur la résistance aux antimicrobiens et en favorisant la consommation responsable d’antimicrobiens.
WPR/RC65/7 page 25 Annexe 1 c. Élaborer et mettre en œuvre des politiques et mesures multisectorielles complètes visant à enrayer la résistance aux antimicrobiens aux niveaux local et national, en s’appuyant sur des stratégies et des collaborations régionales et mondiales. Le tableau 1 présente, pour la première action prioritaire, les étapes de la mise en œuvre, les jalons intermédiaires, et le cas échéant, les indicateurs clés.
Tableau 1 : étapes de la mise en œuvre de la première action prioritaire 1. Renforcer la prise de conscience, le leadership politique et accroître les engagements financiers en faveur de la résistance aux antimicrobiens dans tous les secteurs concernés. 1ère année : constituer des groupes de travail nationaux sur la résistance aux antimicrobiens et organiser des réunions multisectorielles de haut niveau nationales et internationales. Déterminer les ressources nécessaires en vue de plans nationaux appropriés sur la résistance aux antimicrobiens. 3ème année : élaborer une législation concernant les plans multisectoriels sur la résistance aux antimicrobiens et mettre au point un mécanisme de financement. Indicateurs Pourcentage d’États Membres disposant d’un budget consacré à la mise en œuvre d’un plan sur la résistance aux antimicrobiens et d’un mécanisme national de coordination. Pourcentage d’États Membres mettant en œuvre activement un plan national sur la résistance aux antimicrobiens.
5ème année : élaborer un plan stratégique national.
2. Améliorer la sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens et changer le comportement et les habitudes du grand public au moyen de campagnes de sensibilisation sur ce phénomène. 1ère année : entreprendre une évaluation des besoins et mettre au point des stratégies nationales de campagne. 3 ème
Indicateurs Pourcentage d’États Membres parvenant aux jalons intermédiaires.
année : mettre en œuvre les campagnes.
5ème année : évaluer, réviser et améliorer les stratégies et campagnes.
WPR/RC65/7 page 26 Annexe 1
3. Inscrire la résistance aux antimicrobiens parmi les priorités nationales des principales parties prenantes. 1ère – 3ème année : établir un mécanisme national de coordination. Indicateurs Faire figurer la résistance aux antimicrobiens dans les objectifs de développement pour l’après-2015. 5ème année : élaborer un plan national d’action sur la résistance aux antimicrobiens. Faire figurer la résistance aux antimicrobiens dans le programme des forums internationaux (APEC, ASEAN).
4. Élaborer et mettre en œuvre des politiques et actions multisectorielles complètes visant à endiguer la résistance aux antimicrobiens aux niveaux local et national, en s’appuyant sur des stratégies et des collaborations régionales et mondiales. 1ère année : définir les politiques et mesures réalisables à tous les niveaux et recenser les États Membres participants au sein du réseau régional collaboratif. 3ème – 5ème année : suivre et mettre en œuvre la stratégie sur la résistance aux antimicrobiens. Indicateurs Pourcentage d’États Membres disposant de politiques et de mesures claires.
2) Deuxième action prioritaire : améliorer la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et le suivi de la consommation d’antimicrobiens. a. Élaborer et mettre en œuvre des normes et méthodologies harmonisées pour mieux suivre la résistance aux antimicrobiens et la consommation de ces médicaments chez l’homme, ainsi que l’apparition de nouveaux pathogènes, conformément aux approches convenues à l’échelle mondiale et aux recommandations des mécanismes régionaux de coordination. b. Miser sur l’utilisation de données fiables pour éclairer l’élaboration des politiques et des mesures voulues moyennant des systèmes et réseaux nationaux et régionaux cohérents ayant pour objet de rassembler, d’analyser, de partager et de diffuser les données issues du suivi de la résistance aux antimicrobiens et de la consommation de ces médicaments. c. Élaborer et renforcer les systèmes nationaux de surveillance, en particulier les capacités des laboratoires pour suivre l’évolution de la résistance aux antimicrobiens et la consommation de ces médicaments, avec l’appui des réseaux régionaux de surveillance.
WPR/RC65/7 page 27 Annexe 1 Le tableau 2 présente, pour la deuxième action prioritaire, les étapes de la mise en œuvre, les jalons intermédiaires, et le cas échéant, les indicateurs clés.
Tableau 2 : étapes de la mise en œuvre de la deuxième action prioritaire 1. Développer et renforcer les capacités des laboratoires, établir des normes et des méthodologies harmonisées et mettre en place une assurance qualité pour les tests relevant de la surveillance de la résistance aux antimicrobiens. 1ère année : désigner les points focaux des laboratoires nationaux et les référents de la surveillance de la résistance aux antimicrobiens. 3ème année : mettre en place l’assurance qualité interne et externe pour au moins un laboratoire de référence grâce à l’appui des réseaux régionaux en place pour la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (mettre en place les capacités minimales permettant de tester les principaux pathogènes résistants aux antimicrobiens). Indicateurs Pourcentage d’États Membres désignant des points focaux. Pourcentage d’États Membres dotant les laboratoires des capacités minimales pour surveiller la résistance aux antimicrobiens. Pourcentage d’États Membres faisant partie du système régional de surveillance de la résistance aux antimicrobiens.
5ème année : mettre en place un système régional de surveillance de la résistance aux antimicrobiens.
2. Mettre en place un réseau de coordination afin de collecter, d’analyser, de partager et de diffuser les données issues de la surveillance de la résistance aux antimicrobiens aux niveaux national et régional. 1ère année : définir les points focaux nationaux. 3ème année : établir un mécanisme national de coordination. Indicateurs Pourcentage d’États Membres parvenant aux jalons intermédiaires. Le mécanisme régional de coordination pour la surveillance de la résistance aux antimicrobiens est opérationnel.
5ème année : établir un mécanisme régional de coordination.
WPR/RC65/7 page 28 Annexe 1
3. Réaliser une analyse de situation de la consommation d’antimicrobiens chez l’homme et dans le secteur de l’élevage. 1ère année : rapport initial des États Membres indiquant quelles sont les données existantes en matière de consommation d’antimicrobiens. 3ème année : suivre et mettre en œuvre la stratégie sur la résistance aux antimicrobiens. 5ème année : mettre en place un mécanisme régional d’établissement de rapports. 4. Suivre la consommation d’antimicrobiens dans tous les secteurs concernés au moyen de normes et d’une méthodologie harmonisées. 1ère année : créer un groupe de travail sur la méthodologie pour le suivi de la consommation d’antimicrobiens. 3ème année : s’accorder sur une méthodologie commune et commencer le renforcement des capacités dans les États Membres. 5ème année : adoption par les États Membres de la méthodologie et mise en œuvre du suivi de la consommation d’antimicrobiens. 5. Produire des données sur la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et sur la consommation d’antimicrobiens et les réunir avec les données épidémiologiques et économiques complémentaires afin d’évaluer l’impact sanitaire et la charge économique, de faire mieux connaître la question et d’influer sur l’élaboration des politiques. 1ère année : élaborer des outils permettant d’évaluer la prévalence de la résistance aux antimicrobiens et sa charge économique. 3ème année : évaluer, grâce aux outils, les conséquences de la résistance aux antimicrobiens au niveau national. 5ème année : partager les résultats aux niveaux national et régional sur la prévalence de la résistance aux antimicrobiens et sa charge économique afin d’améliorer la sensibilisation et d’influer sur les politiques. Indicateurs Élaboration des outils. Pourcentage d’États Membres ayant adopté les outils. Pourcentage d’États Membres disposant d’un rapport sur la prévalence de la résistance aux antimicrobiens et sa charge économique. Indicateurs Pourcentage d’États Membres ayant adopté la méthodologie commune et suivant la consommation d’antimicrobiens. Indicateurs Pourcentage d’États Membres ayant terminé les rapports.
WPR/RC65/7 page 29 Annexe 1 La question de la surveillance de la résistance aux antimicrobiens est abordée en détail dans le document d’accompagnement intitulé Surveillance of Antimicrobial Resistance in the Western Pacific Region (Surveillance de la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental). Le document présente les progrès accomplis dans la Région en matière de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et les carences relatives aux capacités des laboratoires et à l’existence d’une méthodologie harmonisée et normalisée. Par ailleurs, le document d’accompagnement intitulé Monitoring of antimicrobial use in the Western Pacific Region (Suivi de la consommation d’antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental) montre qu’il est nécessaire de suivre la consommation d’antimicrobiens grâce à des méthodologies et des indicateurs communs. Ce document et celui sur la surveillance de la résistance aux antimicrobiens permettent ensemble d’orienter les grandes évolutions stratégiques nécessaires pour endiguer la résistance aux antimicrobiens. 3) Troisième action prioritaire : renforcer les capacités des systèmes de santé pour endiguer la résistance aux antimicrobiens. a. Adapter et instaurer de bonnes pratiques facilitant l’application d’une réglementation efficace et bien appliquée afin de garanir la disponibilité d’antimicrobiens efficaces, sûrs et de qualité. b. Mettre en place des programmes de gestion de l’utilisation des antimicrobiens couvrant l’ensemble du pays afin d’améliorer les pratiques de prescription des prestataires de soins et d’encourager la consommation responsable d’antibiotiques. c. Garantir un accès équitable et universel aux antimicrobiens « prioritaires » en renforçant les mécanismes de financement et d’achat des antimicrobiens. d. Mettre en place des programmes de maîtrise et de prévention de l’infection dans tous les établissements de santé et les principaux habitats collectifs. e. Renforcer, dans les établissements de soins, la formation aux mesures d’hygiène et les pratiques visant à maîtriser et prévenir l’infection, et garantir l’accès aux infrastructures telles que les installations d’hygiène et d’élimination des déchets.
Le tableau 3 présente, pour la troisième action prioritaire, les étapes de la mise en œuvre, les jalons intermédiaires, et le cas échéant, les indicateurs clés.
WPR/RC65/7 page 30 Annexe 1 Tableau 3 : étapes de la mise en œuvre de la troisième action prioritaire
1. Renforcer les mécanismes de financement et d’achat des antimicrobiens afin de garantir à tous un accès équitable et universel. 1ère – 3ème année : mener une analyse de situation de la chaîne d’approvisionnement des antimicrobiens (y compris les ingrédients pharmaceutiques actifs) et garantir une réglementation efficace concernant la fabrication et la distribution d’antibiotiques (y compris les ingrédients pharmaceutiques actifs). 5ème année : établir des mécanismes régionaux pour suivre et garantir la sûreté de la chaîne d’approvisionnement des antimicrobiens. Indicateurs Pourcentage d’États Membres ayant mené à bien l’analyse de situation. Établissement du mécanisme régional.
2. Mener une analyse de situation des systèmes de réglementation des antimicrobiens dans tous les secteurs concernés et entre les États Membres afin de renforcer les moyens de réglementation et l’exécution. 1ère année : examiner les travaux menés par les organismes existants (APEC, ASEAN). 3ème – 5ème année : établir un mécanisme national de coordination pour renforcer la règlementation et les moyens de réglementation dans de multiples secteurs. Indicateurs Publication d’un rapport sur l’analyse de la situation.
3. Examiner et renforcer les lignes directrices actuelles et améliorer l’engagement politique en faveur de l’achat d’antimicrobiens de qualité en s’appuyant sur un mécanisme de suivi et des lignes directrices claires et transparentes en la matière. 1ère année : examiner les lignes directrices actuelles 3ème année : mettre à jour les lignes directrices actuelles. 5ème année : suivi et mise en œuvre des lignes directrices par les États Membres. Indicateurs Pourcentage d’États Membres parvenant aux jalons intermédiaires.
4. Mettre en place des programmes de gestion de l’utilisation des antimicrobiens couvrant l’ensemble du pays en renforçant la sensibilisation et la formation des professionnels de la santé afin d’améliorer les pratiques de prescription et d’encourager la consommation responsable d’antibiotiques. 1ère année : établir un module type pour la gestion de l’utilisation des antimicrobiens et établir des comités en la matière. Évaluer Indicateurs
WPR/RC65/7 page 31 Annexe 1 les connaissances des professionnels de la santé sur la gestion de l’utilisation des antimicrobiens. 3ème année : mener une campagne nationale de sensibilisation à la gestion avisée des antimicrobiens et intégrer cette question à la formation médicale de base et continue. 5ème année : élaborer des politiques hospitalières afin d’améliorer la consommation responsable et prudente d’antimicrobiens, notamment en établissant un code de conduite sur la gestion avisée des antimicrobiens. Pourcentage d’États Membres disposant de programmes de gestion de l’utilisation des antimicrobiens, de comités en la matière et ayant intégré la gestion de l’utilisation des antimicrobiens aux formations médicales.
5. Élaborer et/ou renforcer la stratégie et la mise en œuvre de programmes de lutte contre l’infection (y compris la prévention) dans les établissements de santé. 1ère année : analyse de la situation des pays en matière de lutte contre l’infection. 3ème année : échange des différentes données d’expérience des pays et élaboration d’un plan national de lutte contre l’infection à destination des hôpitaux et des autres établissements intégrant les huit principaux volets des programmes de lutte contre l’infection publiés par l’OMS. Indicateurs Rapport sur l’analyse de la situation des pays en matière de lutte contre l’infection. Données d’enquête sur les connaissances, le comportement et les pratiques des agents de santé et des décideurs. Nombre d’États Membres disposant de plans de lutte contre l’infection. Pourcentage d’hôpitaux et/ou d’établissements possédant des programmes opérationnels de lutte contre l’infection. Rapports réguliers sur l’avancement des objectifs (résultats et processus) et des stratégies locaux et l’impact des activités de lutte contre l’infection.
5ème année : mise en œuvre et suivi.
Les actions des systèmes de santé face à la résistance aux antimicrobiens varient dans la Région. Le document d’accompagnement intitulé Health Systems Response to Support Containment of Antimicrobial Resistance in the Western Pacific Region (Action des systèmes de santé pour endiguer la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental) montre combien il est urgent,
WPR/RC65/7 page 32 Annexe 1 pour endiguer la résistance aux antimicrobiens, de renforcer la réglementation des systèmes pharmaceutiques, la gestion de l’utilisation des antimicrobiens et la lutte contre l’infection. Il est urgent d’adopter une approche nationale multisectorielle et de mettre en œuvre et de suivre le plan d’action proposé pour endiguer la résistance aux antimicrobiens dans les 37 États Membres de la Région du Pacifique occidental.
WPR/RC65/7 page 33 ANNEXE 1 APPENDICE 1 APPENDICE 1 : définition des termes clés
Agent antimicrobieni
Toute substance d’origine naturelle, synthétique ou semisynthétique qui, à de faibles concentrations, tue ou inhibe le développement des micro-organismes mais n’entraîne aucun préjudice ou un préjudice très faible chez l’hôte.
Approche « Un monde, une santé »ii
Activités collaboratives pluridisciplinaires aux niveaux local, national et mondial pour parvenir à un état de santé optimal chez l’homme et l’animal et dans l’environnement.
Autorité de réglementationi Charge de morbiditéii
Organisme public chargé de codifier et de faire appliquer les règles et réglementations conformément à la législation. Inclut les coûts économiques tels que ceux d’un traitement à l’hôpital, les coûts sanitaires en termes de mortalité et de morbidité et enfin, la charge directe assurée par le patient.
Endiguement de la résistance aux antimicrobiens i
Mesures de lutte contre la maladie infectieuse qui limitent l’émergence et la propagation des micro-organismes résistants aux antimicrobiens. Interventions coordonnées destinées à améliorer et à mesurer la consommation d’antimicrobiens en formulant des diagnostics appropriés et en encourageant un schéma thérapeutique, un dosage, une durée et une voie d’administration optimaux.
Gestion de l’utilisation des antimicrobiensii
Infection associée aux soinsii Partie prenantei
Infection acquise suite à des soins de santé prodigués soit à l’hôpital soit dans la communauté. Personne ou groupe de personnes, ou secteur, association, organisation, etc. ayant un intérêt ou une responsabilité économique ou professionnel dans un domaine, ou qui est (involontairement) touché par une évolution dans le domaine en question. Pour l’utilisation des antimicrobiens chez les animaux destinés à la consommation, on reconnaît comme parties prenantes les agriculteurs, les vétérinaires, les fabricants d’aliments pour animaux, les transformateurs et distributeurs d’aliments, les détaillants, les organismes publics, les entreprises
WPR/RC65/7 page 34 Annexe 1 Appendice 1 pharmaceutiques, les consommateurs, les responsables de la santé publique, les universitaires et d’autres groupes intéressés. Pratiques en matière de prescription Désigne les habitudes que les professionnels de santé ou les vétérinaires autorisés à exercer ont en matière de prescription de médicaments, notamment leur faible ou forte tendance à prescrire, leur respect des procédures d’établissement du diagnostic et des directives thérapeutiques ainsi que les aspects procéduraux tels que la propension à déléguer à du personnel sans qualification médicale le renouvellement des prescriptions et les autres demandes de routine. Prescription responsablei Usage le plus approprié possible des antimicrobiens pour traiter ou prévenir les maladies infectieuses. Réseau/organisme national de surveillance iv
Réseau (groupe de sites de surveillance) qui assure la surveillance au sein d’un pays, ou organismes individuels tels que des hôpitaux, des laboratoires ou des sites similaires qui fournissent des données directement ou par l’intermédiaire des organismes nationaux.
Résistance aux antimicrobiensi
Aptitude d’un micro-organisme à se multiplier ou à survivre en présence d’une concentration thérapeutique d’un agent antimicrobien.
Suiviiii
Processus consistant à contrôler de manière continue la mesure dans laquelle les activités des programmes sont menées à bien et les cibles ou jalons, atteints. Généralement, le suivi est axé sur les ressources utilisées par les programmes, tels que le financement, le personnel, les infrastructures, l’approvisionnement et la formation. C’est pourquoi cette activité fait partie de la gestion opérationnelle du programme. Le suivi permet également de contrôler les résultats, comme la disponibilité des médicaments et des produits, le nombre ou le pourcentage des membres du personnel formé et la qualité des services dispensés. Le suivi systématique des ressources et des résultats peut contribuer à recenser les éventuels problèmes et des actions correctives peuvent être menées lors de la mise en œuvre du programme.
WPR/RC65/7 page 35 Annexe 1 Appendice 1 Surveillance de la résistance aux antimicrobiens vi
Elle devrait impliquer la collecte et la réunion des données cliniques mais également microbiologiques. En mettant en place des systèmes de surveillance intégrant les données cliniques et de laboratoire, cela permet non seulement de collecter les données requises mais aussi d’exploiter les avantages des deux types de données.
Surveillancevi
Processus par lequel les données pertinentes sont systématiquement collectées, compilées de manière ordonnée, et évaluées. Les résultats sont diffusés rapidement auprès des individus qui en ont besoin et en particulier, auprès de ceux qui sont en mesure d’agir. Traitement mis en place uniquement sur la base des symptômes cliniques observés et des antécédents du patient, sans confirmation préalable du diagnostic par un laboratoire ou par une autre
Traitement empiriquei
Usage rationnel des médicaments v
méthode. Situation dans laquelle les patients reçoivent des médicaments adaptés à leurs besoins cliniques, à des doses adéquates, pendant
Utilisation prudente des antibiotiquesi
une durée appropriée et au coût le plus faible possible pour eux et la communauté. Usage des antimicrobiens qui maximise l’effet thérapeutique et minimise le développement d’une résistance aux antimicrobiens.
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