Antimalarial drug resistance, Thai–Cambodian border Surveillance systems and research studies supported by WHO to monitor antimalarial drug efficacy in countries are providing new evidence that parasites resistant to artemisinin, a compound used to treat multidrug-resistant strains of falciparum malaria, have emerged along the border between Cambodia and Thailand. Malaria, one of the most important infectious disease, poses a risk to half of the world’s population and causes >1 million human deaths every year. The “malaria map” – the geographical area in which the disease is prevalent – has reduced considerably in size over the past 50 years, but the disease has defied elimination in areas of intense transmission. 94
Pharmacorésistance aux antipaludiques, frontière séparant la Thaïlande du Cambodge Les systèmes de surveillance et les recherches soutenus par l’OMS pour surveiller l’efficacité des antipaludiques dans les pays fournissent actuellement de nouvelles preuves de l’émergence de plasmodies résistantes à l’artémisinine le long de la frontière séparant le Cambodge de la Thaïlande. Le paludisme constitue un risque pour la moitié de la population mondiale et >1 million de personnes en meurent chaque année. La «carte de répartition» de cette maladie – ou des zones où elle sévit – a été considérablement rétrécie au cours des 50 dernières années, mais cette maladie a déjoué tous les efforts d’élimination dans les zones de transmission intense. WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, NO. 11/12, 13 MARCH 2009
The past 10 years have seen important progress in reducing the global burden of malaria. Strong malaria control programmes have contributed to lower infection rates in several countries. Artemisinin-based combination therapies (ACTs) have provided a breakthrough in treatment from failing drug therapies, with treatment success in >90% of cases. Resistance to ACTs is now emerging along the Thai–Cambodian border. The pattern of resistance started with chloroquine, followed by sulfadoxine–pyrimethamine and mefloquine, drugs used in malaria control several years ago.
Des progrès considérables ont été réalisés ces 10 dernières années pour réduire le poids du paludisme, l’une des principales maladies mortelles du monde. Des programmes solides de lutte antipaludique ont finalement permis d’abaisser les taux d’infection dans plusieurs pays. Le passage récent des médicaments ayant fait long feu aux associations médicamenteuses comportant de l’artémisinine (ACT) a constitué une avancée décisive. Un traitement approprié par les ACT permet de guérir >90% des cas. Mais la pharmacorésistance qui est apparue le long de la frontière séparant la Thaïlande du Cambodge menace ces acquis. La résistance le long de la frontière séparant la Thaïlande du Cambodge a commencé par celle à la chloroquine, suivie par la résistance à la sulfadoxinepyriméthamine et à la méfloquine, médicaments qui étaient utilisés pour la lutte antipaludique il y a plusieurs années. Les obstacles à la lutte antipaludique comprennent la pharmacorésistance des plasmodies responsables de la maladie, la résistance du moustique vecteur aux insecticides, certains facteurs environnementaux et les contrefaçons de médicaments. La probabilité d’une pharmacorésistance augmente lorsqu’on utilise des médicaments en monothérapie contre le paludisme, tout particulièrement lorsqu’ils sont à base d’artémisinine et de ses dérivés. La monothérapie renforce la résistance parce qu’il est plus facile pour la plasmodie de s’adapter puis de finalement venir à bout de l’obstacle que présente un médicament unique que lorsqu’il s’agit d’une association de médicaments administrés ensemble. Il est donc capital de retirer du marché toutes ces monothérapies. La politique de traitement de l’OMS consiste à traiter tous les cas de paludisme à falciparum simple par des ACT. Avec une subvention de US$ 22,5 millions provenant de la fondation Bill & Melinda Gates, l’OMS va s’efforcer de circonscrire les parasites résistants à l’artémisinine avant qu’elles ne se répandent. Pour cela, l’Organisation travaillera en collaboration avec plusieurs partenaires essentiels, dont le Centre national de parasitologie, d’entomologie et de lutte antipaludique du ministère cambodgien de la Santé, le Bureau des maladies à transmission vectorielle du ministère thaïlandais de la Santé publique, la faculté de médecine tropicale de l’université Mahidol de Bangkok, l’Institut Pasteur du Cambodge, l’Unité de recherche en médecine tropicale d’Oxford Mahidol, à Bangkok, et le Malaria Consortium. La subvention de la fondation servira à atteindre les objectifs prioritaires qui suivent:
Obstacles to malaria control include drug resistance in the parasite that causes the disease, as well as resistance of the mosquito vector to insecticides, environmental factors and counterfeit medicines. The likelihood of drug resistance increases with the use of single-drug therapies, especially monotherapies of artemisinin and its derivatives. Monotherapy fosters resistance because it is easier for the parasite to adapt and eventually overcome the obstacles presented by a single drug than to a combination of drugs delivered simultaneously. It is therefore crucial monotherapies be removed from the market. WHO’s recommends treatment of all cases of uncomplicated falciparum malaria with ACTs. The Bill & Melinda Gates Foundation has granted US$ 22.5 million to WHO to support work in containing the spread of artemisinin-resistant malarial parasites. WHO will work in collaboration with several key partners, including the National Center for Parasitology, Entomology and Malaria Control (Cambodian Ministry of Health), the Bureau of Vector-Borne Disease (Thai Ministry of Public Health), the Faculty of Tropical Medicine (Mahidol University Bangkok), the Institut Pasteur (Cambodia), Mahidol Oxford Tropical Medicine Research Unit (Bangkok) and the Malaria Consortium. The grant will be used to meet the following key objectives:
eliminating artemisinin-tolerant parasites by detect
ing all malaria cases in target areas and ensuring effective treatment; reducing exposure of malarial parasites to artemisinin to limit the emergence of resistance; preventing transmission of artemisinin-tolerant parasites through mosquito control and personal protection; limiting the spread of artemisinin-tolerant parasites by mobile populations; supporting the containment and elimination of artemisinin-tolerant parasites through comprehensive behavioural change, communication, communitybased mobilization and advocacy; undertaking basic and operational research to fill knowledge gaps and ensure that strategies applied are evidence-based; coordination to enable a rapid and high-quality implementation of the strategy. Ⅲ
éliminer les plasmodies tolérantes à l’artémisinine en dépis
providing effective management, surveillance and RELEVE EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 11/12, 13 MARS 2009
tant tous les cas de paludisme dans les zones cibles et en veillant à leur traitement approprié; réduire l’exposition des plasmodies à l’artémisinine afin de limiter l’émergence de la résistance; prévenir la transmission des plasmodies tolérantes à l’artémisinine par le biais de la lutte antivectorielle et de la protection individuelle; limiter la propagation des plasmodies tolérantes à l’artémisinine par les populations mobiles; soutenir les efforts visant à circonscrire et éliminer les plasmodies tolérantes à l’artémisinine par le biais d’un changement complet de comportement, par la communication, par la mobilisation et la sensibilisation des communautés; entreprendre les recherches fondamentales et opérationnelles nécessaires pour combler les lacunes de nos connaissances et veiller à ce que les stratégies appliquées reposent sur des bases factuelles; assurer une prise en charge, une surveillance et une coordination efficaces afin de favoriser une mise en œuvre rapide et de qualité de la stratégie. Ⅲ 95