WORLD HEALTH ORGANIZATION AFRICAN REGION COMITE CONSULTATIF D'EXPERTS Deuxième réunion Genève. 12-16 octobre l98l Jusqu'en L977 les bassins du Baoulé, de Ia Bagoé, du Léraba et même de la Volta Noire étaient affectés. Avec I' phase IV en 1978 puis 1979 seuls soûc restés concernés le Faya au Mali, eÈ à un degré moindre le Haut-Sassandra et REGION DE L'AFRIQUE ONCHOCERCIASIS CONTROL PROGRAMME IN THE VOLTA RTVER BASIN AREA PROCRAMME DE LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE DANS LA REGION DU BASSIN DE LA VOLTA Tél: 333.12 -329 l0- 338.57- Téléx ONCHO 5241 UV ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE ocPfEAc2.s ORIGINAL : FRANCAIS Bandama, de la l'larahoué, .de la extension des traitements en Baoulé, le Ouassoulou-Balé et la la Haute-Marahoué en Côte d'Ivoire. I' Ies marges àud-esÈ du Programme sont également sormiseg septembre. Les régions affectées sont le nord du Togo MOUVEMENÎS DE REINVASION DES FEMELLES DU COMPLE)G SIMULIIJM DAMNOSTIM L'OUEST ET LE SUD-EST DU PROGRA].,IME - IMPACT ENTOMO-EPIDEMIOLOGIQUE - PERSPECTIVES DE NEUTRALISATION Une revue très complète du phénomène de réinvasion a été présentée en 198O lors de la première réunion du Comité consultatif d'experts. Le présent document est donc surtout une mise à jour des connaissances consécutives aux travaux réalisés par le Programme en 1980-81. 1. Rappels La réinvasion de 1'ouest du Programme par des femelles allogènes du complexe S. damnosum est apparue dès la première année des Eraitements, en 1975. Le phénomène consiste en l'arrivée saisonnière (d'avril-mai à août inclus) massive de vagues successives de femelles âgées (en quasi-totalité pares) se déplaçant selon une direcÈion générale sud-ouest-nord-est, en altitude et à la faveur des vents dorninants; ces femelles appartiennent presque exclusivement aux espèces de savane S. damnosum s.s. et S. sirbanum. Elles se concentrent préférentiellement sur des biefs de certains cours d'eau et montrent des taux élevés d'infestation par O. volvulus : il y a donc non seulement repeuplement de rivières assainies mais aussi importation du parasite et possibilité d'enEretien de 1a trans- mission même en l'absence de descendance des vecteurs. LES DANS 1l est donc considéré que les sources de réinvasion des rivières réenvahies les plus orientales du Programme ont été neutralisées, mais que l'origine des réinvasj-ons actuelles se trouve à I'ouest des limites actuelles du Programme e! hors d'atteinte des Èraitements de celui-ci. Il est de plus apparu en 1977 que à une réinvasion saisonnière, de mai à et du Bénin. Par rapport au mouvemenE de l'ouest, celui du Togo se caractétise par la présence de femelles nullipares indiquanÈ une origine vraisemblabemnent plus proche des gltes de départ; la composiÈion spécifique est également différente, S. squamosum étant l'espèce dominante; la direction du mouvemenE est à peu Prè§ sud-nord. Dans le nord du Bénin (affluenEs de la rive droit.e du fleuve Niger) 1a réinvasion est beaucoup plus semblable à ce1le de 1'ouest, S. damnosum s.s. eÈ S. sirbanum étant 1ee deur espèces en cause; elle connalÈ son maximum en aoûr et son minimum en mars-avril, mais il e -2- a pas de synchronisme aPParent avec la dynamique des de I'est du Programre. Le rôle des rivières voisi-nes et une prospect,ion aérienne conjointe a été réalisée OMS/Onchocercose basés à Kaduna. populations piqueuses d'autres régions du Nigéria est de plus en plus suspecté avec 1es responsables du Projet 2. Bilan des années l98O-8I 2.L Travaux effectués A I'ouesÈ l'objectif était de déterminer les limites des Èerroirs affectés par la réinvasion tanE transversalement que longiEudinalement, par rapPort aux cours d'eau affectés- Pour cela des captures quotidiennes furent instaurées pendant cinq mois en plusieurs points, ainsi que des captures simulÈanées le long des transects, en 1980 coume en 198I; en 1981 le dispositif d'étude fut doublé d'un réseau de piégeage. A 1'est, en vue de déterminer l'origine des femelles migraEri-ces, des extensions expéri- upntales des traitements ont eu lieu pendant six semaines vers le sud au Togo (rivière Mo et Haut-Mono) en I98O et au Togo et au Ghana en 1981 (bassins du Mono et de l'Asukawkaw) pendant qu'un réseau de captures quotidiennes était également instauré pendant cinq mois. Un effort parEi-culier.était en outre entrepris pour f identification morphologique des femelles de réinvas ion. 2.2 Résultats Dans l'ouest du Prograrrrne Ia réinvasion de l98O fut la plus forte enregistrée depuis le début. des traitements en phase III, avec des densiEés de plusieurs centaines de piqûres /n"*"fjour sur le Baoulé, le Ouassoulou-Balé et la Faya, et des effets sensibles épiÉodiquenenÈjusqu'au Pont de la Léraba. Celle de 1981 fut par contre remarquablement atténuée. Le résultat principal des travaux de 1980 fut Ia démonst.raE,ion que les femelles irrni- grantes se redispersent relativement peu après leur arrivée sur le cours d'eau, et que la courbe de régression en foncEion de 1'éloignement de la rivière présente Eoujours la même pente quelles que soient 1es densités de piqûres enregisÈrées au point O. Ainsi en 1980 sur le Ouassoulou-Balé, le Baoulé et 1a Faya les densités de femelles piqueuses tombaient à moins de 5O % à tOO m du point 0, au-dessous de 25 % à 500 m, à moins de 5 % à I km er moins de 1 7" à 10 km; pour 1980 ces densités relatives ont resPectivement été observées à 25 m, IOO m, 8OO m, et 8 km (Zerbo et al., à paraltre). Longitudinalemen! il existe aussi sur chaque cours d'eau réenvahi un bief constituanc un trépicenÈrerl de réinvasion à partir duquel les densités décroissent vers le nord et vers le sud d'autant plus rapidement que la réinvasion est plus faible. De plus les lignes de rapides semblent jouer un rôle attractif entraînant des concentrations préférenEielles de femelles au niveau des,gltes potentiels- Dans 1'est du Progranme les extensions expérimentales ont Permis de localiser globaleoent 1'origine de la réinvasion du nord du Togo, qui correspondrait aux Petits affluenEs à S. squamosum de l'amont des bassins des cours d'eau Prenant naissance de parE eE d'auEre de t-a àorsafe de 1'Atakora. Les extensions expérimentales des traitements de l98O et. surtouÈ de 1981 ont sans conteste atténué 1a réinvasion mais leur impact réel est difficileàquantLfiet, surtouÈ en 1981, année de réinvasion faible à 1'est corme à I'ouest et d'auEant que l'effer n'a été en aucun cas Èota1; cela tient à la multitude des sources pot.entielles, à la difficulté de les déceler par voie aérienne, de déterminer le moment de leur mise en eau et de les traiter à point normé, dans des régions montagneuses et §ouvent densénent boisées. S'ajouEe encore à cette difficulté le problème épineux, soluble partiellement seulemenE Par morphourétrie, de f identificaÈion spécifique routinière des femelles irmnigrantes du sud-est du Programe. 3. Impact entomo-épidémiologique Depuis le début des traitements en phase III les PAT ont atteint chaque année, de mai à août, dans les vallées réenvahies de 1'ouest, des valeurs incompaËibles avec 1e seuil que -3- s'est fixé le Prograuune pour définir une transmi-ssion onchocerquienne tolérable: de 406 à/t'7I7 larves/honrne/an sur le Ouassoulou-Balé, 158 à 1345 sur le Baoulé, 342 à 880 sur la Faya, 484 à 1127 sur le Kankélaba, 78 à 358 à Madina. Sur les rives mêmes de ces cours d'eau la transmissj.on reste donc à un niveauméso-ou hyperendémique sur des longueurs de biefs variables selon 1es années, en dépit d'un conErôle larvaire rigoureux et. efficace. Cormne nous l'avons vu, le comportement relaEivemenÈ casanier des femelles de réinvasionpeut réduire considérablement l'impact épidémiologique de la réinvasion. C'est ainsi que même avec la très forte réinvasion enregistrée en l98O la bande de terroirs riverains à f intérieur de laquelle I'ATP dépassait ou égalait la valeur-seuil de loo L^ru"sfho*rr"/un n'excédait pas 3,5 km de part et d'autre des cours d'eau réenvahis (avec une probabilité de 95 %: Zetbo et al., à paraître) tant sur le Baoulé que sur le Ouassoulou-Balé et Ia Faya. Pour 1981 cette distance cririque s'établit entre 1OO et 2OO m. Les foyers riverains des fleuves de savane, soumis naguère à la fois à une transmission autochtone et continue intense et à une transmission saisonnière importée, montrent en règle générale un peuplement de villages séparés du fleuve par un glacis de plusieurs kilomètres de terres inhabitées et non fréquentées. Des traitements larvicides efficaces suffisent donc à protéger de tels villages, malgré la réinvasion, corure en t.émoigrrent Ia régression de la Prévalence de la maladie et f incidence nulle dans la couche d'âge la plus jeune (cf. résultats de I'Unité d'Evaluation épidémiologique du prograrmne). Si Ia plupart des villages exisËants des vallées fluviales de savane sont protégés, teJ- n'est. cependant pas le cas des rares villages ri-verains des foyers de réinvasi-on et nous ne devons en outre à aucun moment perdre de vue que le but ultime de notre act.ion esc de rendre habirables 1es terroirs riverains en les 1ibérant du risque oculaire onchocerquien. Une situati.on comparable semble prévaloir sur les principaux cours d'eau réenvahis du Togo : par exemple Ie village de Bagan situé à plusieurs kilomètres de la i{o montre une absenced'incidence dans les couches d'âge jeunes et une régression de la prévalence parasitaire, malgré que, du fait de la réinvasion, des ATP compris entre 914 et 1329 aient éEé enregistrés sur la I'1o de mai à septembre de 1978 à 1980. là encore, et pour des considéraEions socio- économiques loca1es, i1 n'existe habituellement pas de conÈact entre les villageois et les populations simulidiennes riveraines de réinvasion. 4. Conclusions La discordance entre les résultaEs d'évaluation entomologique et ceux d'évaluation médicale n'est donc paradoxale qu'en apparence; elle provient du fait que 1'évaluation oédi:ale concerne des villages éloignés des rivières associées à la transmission eE sans ccntact ave: celles-ci, tandis que Les calculs de PAT sont effecEués à partir des sinrulies cap:urées sur la rivière réenvahie elle-même. 1l n'en reste pas moins que la réinvasion constitue encore sur p-usieurs bie:s des:rar::s occidentales et sud-orientales du Prograurne un obstacle sérieux à la reconquâte d:s terr:ir: riverains, malgré Ie succès des Èraitements larvicides conventionnels. S'iI est un fait avéré que le traitement des rivières de la phase IV en 1978 et L979 a apPorté une solution radicale au problème dans le centre-ouest du Prograrure, la réinvasion ne doit en aucun cas être considérée corure maltrisée, malgré les chiffres d'inteu*Lté de transmission exceptionnellement modérés enregisÈrés en 1981. Aucune prévision sur l'ampleur des réinvasions des années prochaines n'est actuellement possible car cette ample:r esE entj-èrenent dépendante de la productiviEé des sources d'origine des feaelles migraoEes ain-qt que de la force de la direction et de 1a saisonnalité des vents dominaats. La seule mesure radicale, le traitement des sources de réj-nvasiou, esr inappiicable à I'ouest puisque celles-ci sont de Èoute évidence extérieures aux limites du Prograure eE hc:1 d'atteinte des traiteurcnts.aériens de celui-ci. Une contribution extfeoement souhaLLée ex positive du ProjeE rce/WO/OO7 consisterait pour des équipes enromologiques et mé:éo- hydrologiques guinéennes à établir dès que possible une coordination suivie avec les éo.lui-ge: d'évaluati-on entomologique du Programe, de façon à caractériser et délimiter les sourcÉt -4- potentielles et leurs périodes de productivité (concomitarrnent avec les réinvasions au I'Iali et en Côte d'Ivoire), et au besoin à les neutraliser à point nonrné par des traitements larvicides appropriés. A défaut, le comporEement relati-vement casanier des femelles de réinvasion en dispersion radiaire aussi bien que linéaire pourrait être mis à profit pour des traitements adulticides ponctuels destinés à protéger un village riverain ou un projet de développemenc agricole donné particulièrement exposé. Une opération pilote pourrait être étudiée en ce sens en 1982 dans la région de Madina Diassa (MaIi), en concertation avec I'Unité d'évaluation médicale et ap!ès sélection d'un produit adulticide et d'une méthode d'application adéquats. A I'est, au Togo, les sources potentielles de réinvasion sont Ehéoriquement. à la portée des aéronefs de Eraitement du Progranrme mais les difficultés Logistiques d'application du Iarvicide risquent de réduire 1'efficacité des opérations anti-réinvasion. Il importe donc de déterminer dès Ia prochaine saison de réinvasion dans quelle mesure l'amélioration des méthodes de cartographie, prospection et traiEement (trai-tement préalable intégral de tous les gîtes de saison sèche, adjonction éventuelle de Èrait.ements manuels) peut contribuer à abaisser jusqu'au niveau tolérable les intensités de transmissions onchocerquiennes le long des cours d'eau réenvahis, quelle que soit la pluviométrie de 1'année considérée.
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Les mouvements de réinvasion des femelles du complexe Simulium damnosum dans l'ouest et le sud-est du programme : impact entomo-épidemiologique, perspectives de neutralisation
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