Document d’information Soixante-septième session du Comité régional Référence pour WPR/RC67/5 Dengue RC67/INF/1 31 août 2016
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION DU PLAN STRATÉGIQUE DE LUTTE CONTRE LA DENGUE DANS LA RÉGION ASIE-PACIFIQUE 2008-2015 Contexte
En 2008, le Comité régional du Pacifique occidental réuni en sa cinquante-neuvième session a approuvé le Plan stratégique de lutte contre la dengue dans la Région Asie-Pacifique 2008-2015, lequel a servi de feuille de route à l’action de prévention et de maîtrise de la dengue dans la Région. Le Plan stratégique avait pour objet de réduire la charge de la maladie dans une telle mesure qu’elle ne soit plus un problème de santé publique majeur. Inspiré du Cadre logique, le Plan s’articulait autour d’un objectif régional et comportait six volets assortis de six objectifs précis. Les six volets du Cadre logique étaient la surveillance, la gestion intégrée des vecteurs, la prise en charge des cas, la mobilisation sociale et la communication, la riposte aux flambées, et la recherche. Le Plan stratégique a été mis en œuvre moyennant une gestion intégrée des vecteurs et la mise en œuvre de la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique (SMEAP), notamment par l’entremise de partenariats avec diverses institutions et organisations, le réseau des centres collaborateurs de l’OMS et l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).
Méthodologie Les données disponibles et les rapports soumis à l’OMS par les États Membres ont été évalués, et des publications scientifiques ont été consultées pour y puiser des éléments d’information complémentaires. Des consultations ont également été tenues avec les États Membres et des experts. L’examen des données comprenait une analyse des progrès accomplis dans les six volets du Cadre logique. Les consultations ont notamment servi à déterminer le nombre de pays touchés par la transmission de la dengue, la charge de morbidité enregistrée par ces derniers et les défis rencontrés. Les flambées de dengue signalées par les pays ont également été prises en compte, de même que les estimations de la charge de la maladie établies par plusieurs États Membres au cours de la période 2008-2015. Page 1 of 4
Résultats Entre 2008 et 2015, la Région a dénombré environ 2,8 millions de cas de dengue, dont plus de 7000 mortels. Le nombre annuel de cas notifiés a plus que doublé dans la Région, passant de quelque 200 000 cas en 2008 à plus de 450 000 en 2015. Cette augmentation s’inscrit dans une tendance à la hausse durable de la charge de morbidité. Dans le même temps, le taux de létalité de la dengue a chuté de 0,32 % à 0,17 % à l’échelle de Région, mais avec des taux variables d’un État Membre à l’autre. Le recul observé et la disparité des résultats montrent qu’il est possible de réduire encore davantage la létalité en continuant d’améliorer la gestion des cas et la communication sur les risques. Plusieurs facteurs pourraient avoir contribué à l’augmentation du nombre de cas notifiés de dengue, parmi lesquels l’évolution et le renforcement des systèmes de santé et des méthodes de notification, la vigilance des cliniciens et l’amélioration des capacités de diagnostic. La révision de la classification des cas de dengue de l’OMS, effectuée en 2009 et adoptée par un certain nombre d’États Membres de la Région, pourrait également avoir concouru à la hausse des chiffres. Les retards de communication sur la présence de la dengue dans les États Membres ont été améliorés. Dix États et Territoires ont soumis des rapports en 2015, contre six en 2010. Grâce au renforcement du dispositif de notification des résultats de la surveillance, les rapports régionaux sur la dengue sont désormais publiés toutes les deux semaines sur le site Web de l’OMS.
Les données disponibles semblent toutefois indiquer une réelle recrudescence de la transmission de la dengue dans la Région ces huit dernières années, y compris la réémergence de la transmission autochtone du virus au Japon après plus de 70 ans d’interruption, et la résurgence de sérotypes de la dengue (DEN2 et DEN3) dans plusieurs États et Territoires insulaires du Pacifique. La République démocratique populaire lao a également subi une flambée épidémique d’une ampleur sans précédent. La lutte contre la dengue présente des défis pour tous les pays, indépendamment de leur niveau de développement. Les épidémies peuvent être explosives et imposer de lourdes contraintes aux systèmes de santé nationaux, ce qui a des répercussions défavorables sur la gestion des cas de dengue et l’aptitude à satisfaire les autres besoins sanitaires. Les efforts consentis au niveau national pour contenir les flambées épidémiques ont eu des effets adverses en raison de la variété trop limitée des outils disponibles et de l’insuffisance de données factuelles nécessaires dans un contexte de crise.
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Plus précisément, en situation de riposte, la lutte antivectorielle permet de réduire les populations de moustiques mais très peu d’éléments attestent qu’elle fait reculer le nombre de cas de dengue. Il y a vraisemblablement deux raisons à cela, à savoir le comportement des moustiques du genre Aedes et le fait que, pour être efficace lors d’une intervention, la lutte antivectorielle doit commencer immédiatement et être pleinement mise en œuvre. Ainsi, en dépit de l’accent placé sur le renforcement des capacités de lutte antivectorielle au titre du volet susmentionné sur la gestion intégrée des vecteurs -, et des moyens de riposte mis en œuvre (énoncés dans le volet correspondant), les retards pris dans l’élargissement des opérations, les contraintes de ressources et autres difficultés inhérentes au secteur de la santé, expliquent le faible taux de réussite des activités menées pour maîtriser rapidement les flambées. Le coût élevé et la complexité de l’intensification des interventions de lutte antivectorielle au sein de populations en rapide expansion, particulièrement en milieu urbain, contribuent également à ces difficultés. Les capacités dont les États Membres disposent pour combattre la dengue ont également été renforcées grâce à d’autres mesures prises au titre du plan stratégique. Le renforcement de la surveillance décrit plus haut s’est accompagné d’une consolidation des capacités de laboratoire. S’inspirant d’un mécanisme efficace d’évaluation externe de la qualité, établi au niveau mondial pour les centres nationaux de lutte contre la grippe, l’OMS a mis en place un programme équivalent pour la dengue. Les derniers résultats du programme d’évaluation externe montrent que l’infection par le virus de la dengue a été détectée par PCR et par recherche des IgM dans 94 % et 89 % des laboratoires, respectivement. Au cours de la période considérée, les partenariats stratégiques ont également été encouragés, donnant lieu à de nombreuses activités conjointes, y compris quatre ateliers sur la dengue dans la Région Asie-Pacifique, organisés conjointement par l’Agence nationale de l’environnement de Singapour et l’OMS afin de renforcer les capacités de mise en œuvre du plan stratégique de lutte contre la dengue. En collaboration avec l’Organisation, le Ministère de la santé de Malaisie et l’Institut national pour la prévention et la maîtrise des maladies transmissibles de Chine ont chacun organisé plusieurs programmes de formation consacrés à la gestion intégrée des vecteurs. Le volet du Plan stratégique sur la recherche avait pour objet de promouvoir et de faciliter l’introduction de nouveaux outils, tels que des tests de diagnostic en laboratoire, des médicaments, des vaccins et des instruments de lutte antivectorielle. Les outils n’ont toutefois Page 3 of 4
pas été livrés comme prévu pour la mise en œuvre de la stratégie, ce qui a réduit la capacité des États Membres de circonscrire l’épidémie de dengue. Des efforts importants ont été consentis pour mettre en œuvre le volet du Plan relatif à la mobilisation sociale et à la communication, notamment à travers l’instauration par l’ASEAN d’une journée consacrée à la dengue. Si les rapports font déjà état d’une connaissance et d’une sensibilisation accrues grâce à ces activités, les démarches de mobilisation sociale et de communication se sont heurtées à certains obstacles, en particulier lors de flambées survenues dans la Région. Le peu d’attention portée à ces questions entre les périodes d’épidémie compromet la capacité de mobiliser et de sensibiliser rapidement les communautés lors d’une intervention.
Conclusions En dépit des progrès accomplis, y compris de fortes réductions des taux de létalité de la dengue, des obstacles majeurs subsistent, tels qu’une compréhension incomplète de la maladie, le nombre insuffisant d’outils disponibles et l’absence d’instruments plus efficaces. On note aussi une possible augmentation des facteurs de transmission de la dengue. L’ensemble de ces signes laisse entrevoir une tendance à la hausse du nombre d’infections qui ne s’est pas encore inversée. En sus de la dengue, les États Membres continuent de se heurter aux problèmes liés à l’émergence d’autres arboviroses tels que la maladie à virus Zika et le chikungunya, également transmis par des moustiques du genre Aedes. La persistance de ces défis qui pèsent sur les États Membres et leurs systèmes de santé exigera l’adoption d’une nouvelle approche pour lutter contre la dengue et autres arboviroses.
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