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Simulium et Onchocercose au Soudan

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JWORLD HEALTH ORGANIZATION ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ oNCHO/!{P/75.29 ORTGINAL : ANGIÂIS COMITE DIEXPERTS DE LIEPIDEMIOLOGIE DE LIONCHOCERCOSE Genève 1O-18 novembre 1975 !qin! !-2 du projet dlpf4fe du jour !t SIMULIUM EÎ ONCHOCERCOSE AU SOUDAN Par J. D. Marr 1 Le Soudan, qui a une superficie de 2 5O5 813 km2, ne compÈe cependant que 12 millions drhabitants. On y trouve le désert au nord et la forêt tropicale au sud. 11 est divisé en neuf provinces. Lronchocercose est signalée depuis de nombreuses années dans cinq drentre el1es : Bahr eI Gl:.azat, Equateur, Haut Nil, Nil Bleu et province du Nord. En outre, on lra détecté depuis peu dans la partie méridionale de Ia province de Darfur, adjacente au foyer du Tchad. La plus forte prévalence de la maladie srobserve au nord et au sud du pays, à la périphérie; débordanE des frontières nationales, lrinfection sévit an Zafue, en Ouganda et en particulier en Ethiopie. Le seul vecteur quron ait trouvé est Simulium damnosum. Gassouma (cormunication Person- nelle) estime à six au moins le noobre de cytotypes impliqués, mais Ie complexe nra pas été étudié à fond au point de vue cyEotaxonomique, sauf à Abu Hamed, dans le nord, où lrespèce rrNilr' a été identifiée (punbar & Vajime, 1971) et à Dabar et Korti Seihan où lrespèce rrsirbarr a été reconnue (VaSime - cormunicaElon personnelle concernant du matériel fourni par le Dr S. Reinhardt, Université de Khartoum). Beaucoup drautres espèces de Simulium sont présentes mais aucune ne semble généralement anthropophile. Cep endant, S. griseicolle apparaît de façon saisonnière le long du Haut Ni1 en quantités si considérables qurelle représente un véritable fléau pour lrhoume et peuÈ avoir des conséquences économiques en amenant la mort drun grand nombre de dindes et drautres oiseaux auxquels e11e srattaque (Lewis, L957). FOYERS DIONCHOCERCOSE 1 Abu Hamed Crest à Abu Hamed que la situation de lronchocercose a été Ie plus étudiée. Situé sur le Ni1, à 19"30rde latitude nord, Abu Hamed représenÈe 1e foyer le plus septentrional de la tes larvaires de S. damrosum en aval , à hauteur I^ Progranme de LuEte contre lrOnchocercose dans le bassin de 1a Volta, OrganisaEion mondiale de 1a Santé, Genève, Suisse. 2 2 maladie en Afrique; on trouve aussi des gî { The rssue of this document does not constrtute formal publrcation. lt should not be reviewed, abstracted or quoted without the agreement of the World Health Organrzation. Authors alone are responsible for views expressed rn signed articles. Ce document ne constttue pas une publicatron. ll ne dort farre l'objet d'aucun compte rendu ou résumé ni d'aucune qtation sans l'autorisation de I'Organisatron Mondiale de la Santé. Les oprnions exprimées dans les articles stgnés n'engagent que leurs auteurs. I J ,t , -,'i,fî cll\ -' n^ -,üt f te L',C d)t li -lo\ c, oNclHo /wP /7 5 .29 Page 2 de 1a troisième cataracte, à 2Oo de latitude nord, mais aucun cas dronchocercose nta été signalé à cet endroit, probablement parce qutil nrexiste pas de colonies humaines dans le vo is inage. Les simulies (S. damnosum) de cette section du Nil sont beaucoup plus grandes que cellesqu'on rencontre dans la province de Bahr el Ghazal par exemple ou en Afrique occidentale, et elles ont un comPortement très différent. ElLes sont extrêmement voraces et attaquenc acti- vement lrhonrne sur une véranda à quatre mètres du sol. De même, lrabri drune chambre ne confère aucune protection. Gassouma (1972) a observé que, dans cette région, 1es mâles formaient des essaims àltombre des arbres où les femelles srintroduisaient pour staccoupler. Les couples tombaientgénéralement sur 1e sol avant de se séparer. La dissection de ces femelles accouplées amontréque toutes étaient nullipares et que 18 % d'entre elles avaient fait un repas de sang. Cette observation va à lrenconEre du comportement des simulies S. damnosum au Ghana septen.rional,qui s'accouplent toujours avant de prendre leur premi". rEf,ZI-E-Eîg. Gassouma rapporte que ce phénomène de lraccouplement en essaims est si contrnun, et les gîtes larvaires si isolés,quton peut combattre S. damnosum de façon satisfaisante soit en détruisant les essaims par despulvérisations d'irr."IEilfEit en capturant, stérilisant, puis relâchant Ies mâles. La saison de llaccouplement stéEend droctobre à mai, période où le niveau du Nil est relativement stable; de mars L964 à février 1965, des captures effectuées pendant 12 heures ont donné une densité simulienne moyenne de 1 à 125 mouches par honrne/heure; toutefois, lorsqueles conditions sont favorables, la densité peut dépasser 1O0O insectes en une seule heure.Dfautre part, le taux de gravidité reste régulièrement faible, à 23 % (Gassouma, L972) et,pendant les cinq dernières années, Onchocerca volvulus_ nta jamais été signalée chez 1es simulies s. damnosum capËurées. 11 se pourrait que ce fait soit dû aux larges écarts journa-liers de température; en effet, cornme les températures nocturnes descendent en-dessous de looc , pendant la plus grande partie de la saison de reprodu dans la mouche est arrêté. Beiram (L974) a montré quection, 1e développement deS. rlamnosum était cerEain s microfilaires ement un vecteurde lronchocercose dans cette région et que O. vo 1vu lu s prélevée chez des malades du Soudan méridional sry développait mais seulement 24o c. lorsque la température ambiante était maintenue à Gassouma (conrnunication Personnelle) a constaté que non seulement ltinfection onchocer-quienne était localisée mais aussi que les populaEions de S. damnosum semblaient rest er toutà fait isolées. Voici ce quril écriE : rrJl 1rî1e de Mograt (près d'Abu Hamed) dans leai choisi deux villages, distants de 7 miles, danssquels on avait enregistré la plus forte densité s une corununication personnelle de au second stade étaient très rares de S. damnosum. Pendant quatre ans, jtai fait un pré1èvement cutané annuel sur tous 1es habi-tanËs. un des deux villages srest révélé complètement négatif pendant toute 1a période; danslrautre, jtai observé des cas positifs dronchocercose, de plus en plus nombreux chaque année. Tous ces malades avaient plus de 15 ans. Ceci appelle des techniques dtéchantillonnage spé- ciales pour lronchocercoserr - et probablement aussi pour le vecteur. Anderson et al. (L974) onE signalé que la dermatite onchocerquienne était le signe leplus important de ltinfection à O. velvulgg dans la province du Nord, où la prévalence géné- rale de 1a maladie et 1es densitZlmicrofilariennes cutanées sont faibles. Ces chercheurs Précisent quril ne leur a pas été possible, avec 1es données dont ils disposaient, de déter- miner si lronchocercose augmentait ou diminuait dans la région. 2.2 Atbara L'Atbara, qui prend sa source dans les monts éthiopiens et se jette dans le Nil au nordde Khartoum, ne coule que de juillet à octobre, ensuite, il stassèche et ne forme plus que des mares. 11 a été inspecEé jusqurà la frontière éthiopienne et lron a trouvé S. damnosum en de nombreux endroits au sud de Kashm el Girba. Dtaprè Gassoumar les(moins de 1 %) Imouches contenant des larves drO. volvulus I0NcH0/I^IP/75.29 Page 3 On a construit à Kashm el Girba un barrage d'où parEenE des canaux qui irriguent un nouveau site de développemenE. ces canaux comportent une dénivellation tous les quelques kilo- mèEres et Lreau sty écoule en permanence. Les tronçons drun niveau à lrauEre constituenE des gîtes larvaires de choix Pour §:9N8. Peu après la mise en eau des canaux, on ÿ a trouvé des larves mais, pour une raison inconnue, eE fort heureusement Pour la population, le vecteur ne sry est jamais établi. Ce facteur demande à être étudié' 2.3 Provinces du Nil Bleu et du HauE Nil Le long de la frontière éthiopienne, presque tous 1es cours dteau présentent une série de gîtes larvaires prolifique sdeS damnosum; auprès de certains drentre eux, se trouvent des villages relativement isolés, durement touchés par lronchocercose. Crest cette maladie qui a été le plus souvent enregistrée dans un hôpi tal de mission de cecte région. Alors quten Afriqu e occidentale, lronchocercose a la réputation de chasser les populations loin desva 11ées fert i les , les habitants de ces villages sont restés à proximité des rives des cours dreau Le Nil Bl.eu traverse ceÈte région. Du fait de la construction drun large barrage à El Roseires, les gîtes larvaires de S. damnosum ont été inondés, ce qui a certainement réduit de beaucoup le problème de lronchocercose. Malheureusement, on ne dispose draucun rapporE à ce sujet. Par ai1leurs, en assuranË lrirrigation dtun vaste territoire, jusque-1à peu peuplé, 1e barrage 1ra ouvert au dévelopPement agricole. 2.4 Provinces de Bahr eL Glnaza! eË de 1 rEquateur Crest Bryant (1935), qui le premier, a associ-é la cécité'rJurrr, connue depuis un certain temps dans la province de Bahr el Ghazal, avec ltonchocercose. Le principal foyer sur la Jur est iüau, capiÈa1e de la province, et le gîte larvaire Ie plus important est un artefacÈ, puisqutil sragit drun empierrement soutenant la route vers Rumbek et Juba. La reproduction y est très intense pendant la saison sèche, lorsque Ies eaux sont basses et on y a relevé des taux dragressivité et dtinfection comparables à ceux enregistrés dans la savane drAfrique occ identale. A Bussere, qui esE située à quelque 18 km au sud, sur un af fluent de la Jur, S. da,l!4p§.r* est également abondant pendant la saison sèche, les gîtes larvaires éËant concenErés sur des structures artificielles. 0n y trouve un camp routier pour les honrnes qui manoeuvrent 1e ferry- boat et travaillent à 1a routel 1a population est réduite et change régulièrement. Anderson et al. (L974) ont noté que trois des quatre honrnes préposés au service du ferry-boat étaient aveugles et qutau total six membres de la peEite collectivité avaient perdu la vue du fait de lronchocercose. I1 est très difficile de dresser un tableau complet de 1'endémicité onchocerquienne dans le sud du Soudan. Allant vers lrouest, de Wau à Raga, on trouve un village à chaque confluent. Des enquêtes ont mis en évidence la présence de S. damnosum à ces endroits où lronchocercose est évidente. Aucune étude nta été entreprise en amont ou en aval de ces points, mais la popu- lation esE clairsemée. Gassouma (corrnunication personnelle) signale des cas dtonchocercose dans le sud de 1a province de Darfur et estime quril sragit dt"une continuation naturelle de la maladie depuis la province de Bahr el Ghazal jusquren République tchadienne'r. En beaucoup drendroits du sud soudanais, le prurit de lronchocercose est assez intense à certaines époques. Lorsque ltactivité vectorielle est é1evée, i1 ntest pas rare de voir des gens entrer dans les cours dteau et se frotter les jambes avec des cailloux. Pendant cette période, cerEains hôpitaux et centres sanitaires laissent en permanence à lrextérieur un bassin de lotion à lroxyde de zinc, dont les malades viennent se frictionner à volonté afin de clamer leurs démangeaisons. Dans 1a province de 1 rEquateur, Lewis (1953) a observé S. damnosum et lronchocercose à Mvolo, sur ltEra (Naram), endroit isolé, situé sur la route entre I^Iau et Juba. Hocking et Hocking (L962) ont constaté que la situation y était si mauvaise que chacun srefforçait de ne sty rendre qurà la saison sèche et tôt dans la journée. Draprès ces auteurs, plus de 90 % des d oNcHo/wP/75.29 Page 4 habitants étaient infectés , LO % des personnes âgées étaient aveugles et 20 % présentaient drautres incapacités, notarrnent lraine pendanEe. En 1964, cet endroit éÈait presque dépeuplé et on ne connaît pas la situation actuelle. Dans bien des cas, les villages susmentionnés sont très éloignés Itun de ltauEre et situés dans des vallées parfaitement distinctes, Le seul élément qui les relie est une route très peu fréquentée; cependant, lronchocercose srest invariablement établie dans ces collectivités rela- tivement isolées. Le plus souvent, rien nrindique comment 1a maladie se propageet sedéveloppe; toutefois, le cas de l"laridi dans la province de lrEquateur mérite de retenir ItattenÈion. Vers 1957, un barrage a été construit sur un cours dreau étroit où S. damnosum était pro- bablement présente; toutefois, lronchocercose n'avait pas encore été enregistrée à 1thôpital de Maridi. Bien que le barrage ait été pourvu de vannes, elles nront pas été utilisées et lteau franchissait la crête du mur eE ruisselait 1e long de la paroi. Lorsque lrauteur srest rendu pour la première fois à Maridi en 1963, Ia surface du mur du barrage était entièrement couverte de larves et de nymphes de S. damnosum et on pouvait voir tous les soirs des essaims de femelles pondant des masses d'oeufs. Cette multitude de simulies représentait un horrible fléau. Lors drune visite ultérieure, ltauteur a constaté que Ie mur était revêtu drune couche dralgues relativement épaisse et nra vu aucune mouche au stade irrrnature. Lragressivité restait cependant intense. Il a alors découvert que Ireau qui se déversait par-dessus Ia crête du mur stécoulait sous les algues et que des masses de larves et de nymphes gîtaient dans ces sortes de canaux. Au moment de 1rédification du barrage, on a consLruit, à côté, un internat, de niveau secondaire pour jeunes filles. Les élèves venaient drun autre internat de niveau primaire situé à Nimule sur la frontière ougandaise, à proximité des rapides Fola du Ni1. Lewis (f957) ne signale pa s S. damnosum dans 1es rapides, dont le débit est manifestement trop vif, mais, en 1963, on a trouvé des stades irmnatures en abondance juste au-dessus des rapides, sur un court tronçon du fleuve où la vitesse du débit convenait visiblement aux larves. Les fillettes de lrinternat étaient forEement infectées et ont probablement importé lronchocercose à Maridi. En 1963, le médecin de 1rhôpital de Maridi a signalé que lronchocercose venait irmnédiatement après le paludisme chez 1es malades de 1rétablissement. De lrautre côté du barrage se trouvait un camp militaire où Ies soldaEs passaient deux ans avant dtêtre affectés ailleurs. Beaucoup de ces hormnes ont été infectés de sorte quril existe aujourdthui un grand risque de propagation de lronchocercose dans drautres endroits en développement - tel Jebel l[arra - où la maladie est encore absente. 3. LUTTE La lutte antivectorielle nra jamais été tentée au Soudan. A Maridi, on pourrait aisément résoudre 1e problème en faisant un usage judicieux des vannes. Dans des endroits cofitrne l,Iau et Bussere, la suppression de Itempierrement et la construction drun pont pourraient considéra- blement améliorer la siEuation. Enfin, dans les nombreux foyers isolés du sud, des efforts locaux portant sur Itemploi drinsecti-cides devraient suffire à modifier le tableau épidémio1o- gique puisque 1e risque de réinfestation à partir dtautres bassins fluviaux est limité. Le Soudan, et en particulier le Soudan méridionaL, semble se prêter idéalement à lrintégration de la lutte contre lronchocercose dans le développement des services de santé de base; un pro- grarme séparé tel que lrexige lrAfrique occidentale ne conviendrait pas ici. Dans Ia province du Nord, la destruction des foyers du Nil au moyen drinsecticides serait Erès onéreuse mais, comme on 1ta déjà dit, i1 ntest pas exclu que lron puisse y essayer drautres méthodes plus complexes. a t i I BIBLIOGITAPHIE Anderson, J., Beiram, M. M., Fuglsang, H. & Gassouma, M. S. S. (L974) Some aspects of oncho- cerciasis in norEhern and southern Sudan (documenE non publié I^IHO/ONCHO/74.108) Beiram, M. M. (f974) M.D. Thesis' KharEoum University oNcHo/wP/75.29 Page 5 eÈc. of Simuliumdamnosum BryanE, G. (1935) relat ionsh iP Endemic retino- choroid to Onchocerca volvulus iEis in the Anglo-Egyptian Sudan and its possible , Trans. roy. Soc. trop. Med, Hyg., 28, 523-532 of the Simulium damnosum c omplexDunbar, R. 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