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Etude sociologique des populations installées dans les zones libérées de l'onchocercose au Burkina : résumé du rapport

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EÏIDE SOCIOLOGIQUE DEs POPULATIONS INSTALLEES DANS LES Z$.IES LIBEREES DE L'O{CHOCERCOSE AU BURNINA RTSUI'IE RAPPORTDU La communauté internationare, à travers rf0.M.s. a r.ancé depuis 1974 le Programme de Lutte Contre l'0nchocercose (0.C.p) pour éliminer cettemaladie en tant que problème de santé publique et handicap socio-économique.Au BURKINA FAS' pararlèlement aux actions entreprises par r,0.c.p., desprogrammes de repeuplement et de développement économique et social étaient mis en oeuvre par lrAutorité des Aménagaments des valrées des volta (A.v.v.)dans les zones libérées de -l,r0nchocercose. Une quinzaine positifs au BURKINA FASO retour sur Les rives des drannées après, les résultats : .l.a maladie est maîtrisée et Ia cours dreau autrefois désertées. obtenus sont très prospérité est de Néanmoins, il demeure gue la mar.adie n'est pas supprimée et unestratégie de surveillance s'impose. En cela if reviendra à chacun des pays eoncernés drassurer re maintien des résurtats acquis par 1,0.c.p., après quele Programme aura cessé son intervention ; et Llensemb-Le des activités àcette étape constitue la dévolution. La Présente étude vise à déterminer les eontributions que pourrontapporter res popurations burkinabè concernées dans lrexécution de cettetâche qui sera dévoLue au pays. Afin d'atteindre cet objectif, il s,imposed'abord de faire re point sur 1révorution des mentarités par rapport àlronchocercose, de relever les opinions des populations sur l-es actions delutte entreprises et de recueillir les propositions quant à Leur participa-tion à 1'exécution de certaines des actions fuïures. Des enquêtes menées surle terrain auprès de nombreuses personnes ressources ont permis de collecter ces informations. En ce qui concerne l'évolution des mentarités sur I'onchocercose,il est ressorti que les popurations insta.r.lées dans les zones où sévissaientLronchocercose bien avant Ie débuflr.ogr"rme de Lutte, connaissaient assezbien ra simulie, Qui était désignée dans Les langues -LocaLes par des termesprécis' Mais en aucun moment ces connaissances anciennes n,étabfissaient Lelien entre ra simulie et -r.a ,,cécité des rivières,,. En fait, pour cespopurations, -L'0nchocercose n'était pas identifiée comme une seuLe maladie ?.- ayant plusieurs signes révélat.eurs I chacun de ces signes était plutôt perçu comme un mal isolé auquel on attribuait une origine et une cause particuliè- reset pour Iequel on déterminait des soins spécifiques. Ainsi les origines et les causes de ces maux étaient-elles attribuées en général- aux forces extra-terrestres (esprits, génies, etc...) et à Itenvironnement môme de ces zones (eau, végétaux, insectes, sol, etc. . . ). Quant aux traitements rLs se composaient essentiellement de de sacrifices à des esprits ou divinités et de recettes médicinales diverses à base de produits végétaux ou animaux. 0n retiendra donc que bien que les environs des cours dreau so-ient identifiés comme Ie lieu où ces maux étaient contractés, en aucun moment l-a simulie (reconnue comme cause dteffets de nuisance) n'était mise en cause dans les cas de cécité. C'est avec la mise en oeuvre du Programme de lutte Contre I'0ncho- cercose que les mentalités vont se transformer. En effet 1es actions d'information et de sensibilisation entreprises par le Programme vont permettre aux populations de savoir que Ia simulie était la cause de la "céeité des rivières", Qui avait plusieurs signes révéIateurs. De nos jours eette information est connue de la grande majorité des populations instal- lées dans les zones libérées de l-'Onchocercose. Malheureusement les connais- sances de ces populations srarrêtent à ce niveau. I1 se trouve même que de nombreuses populations, arrivées dans ces zones après leur assainissement, sont incapables de reconnaître la simulie (bien qu'elles sachent que c'est elle Ia cause de 1'0nchocercose). II faut dire que les populations locales ne sont pas les seuLes à être peu informées sur f'0.C.P. et sur L'0nchocercose en général. En effet, les agents de développement, 1es responsabLes administratifs et politiques et même les agents et responsabLes des services de santé en place, ont des connaissances très limitées sur ces sujets. Les agents et responsables des services de santé, censés être plus informés n'ont généralement que des connaissances théoriques de I'Onchocercose. Nombreux sont ceux parmi ces agents qui ont affirmé ne pas être en mesure d'identifier la simulie. De même, rares sont ceux de ces agents qui ont déjà eu en consultation des cas dt0nchocercose . II I ,.- Il est à relever également que la presque totalité des populations installées dans ces zones, ainsi que les agents de structures de développe- ment, les responsables administratifs et politiques et ]es agents et responsables de services de santé en place, ignorent ce que c'est gue 1'0.C.P. (ses acteurs, ses moyens ; les actions déjà entreprises, en cours ou à venir ; etc...). Ainsi il ressort que La revue "0NCH0-INF0RMATI0N" ne parvient pas à ces populations. De même les aqents de l'0.C.P. en dépJ-ace- ment dans ces zones ne prennent contact et nrinforment personne sur place de leurs interventions; ils se déplacent et travaillent à l'écart des popula- tions et des responsables Locaux qui voient en eux : "ceux qui capturent -l-es mouches Ie long des cours d'eaurt ou "ceux qui survolent. par avion les cours dteaut'. Néanmoinsr les populations font un lien entre le survol de ces zones par Ies avions et la diminution des simulies, mais personne mal-heureusement n'est venu leur confirmer ou inf,irmer cette idée ou leur en dire plus sur ces interventions. II faut enfin souligner que sur les deux cents burkrnabè formés dans le cadre du programme, rares sont ceux qui sorrl en poste dans fes zones 1ibérées de lr0nchocercose. L'ensemble deces constats a permis de faire.l-es recommandations ci- après, gui prennent en compte les propositions des populations : - informer et sensibiliser les populations ainsi que les agents et responsa- bles de certains services locaux et centraux afin de leur apporter une reilleme connaissance de l'0nchocercose et du programme de lutte I ceci en vue drassurer une prise de conscience, de susciter leur engagement et d'inciter à Ia mise en place d'organisations chargées de contribuer à la maintenance des acquis de l'0.C.P. ; - Assurer La formation des responsables et intervenants dans le domaine de Ia santé, des éIèves et étudiants des écoles de santé, des élèves ensei- gnants, des enseignants et élèves des éco1es primaires et secondaires, des membres des organisations communautaires en place dans ces zones. Cecr dans le but de leur donner les connaissances nécessaires pour une bonne exécution des actions entrant dans le cadre de La dévolution 4.- - veiller à une améIioration des rapports entre I'0.C.P. d'une part, les services nationaux et les populations en place, drautre part. Que Ir0.C.P. collabore plus étroitement avec Les services centraux et locaux de 1a santé que les agents de lt0.C.P. en déplacemenL dans ces zones, établissent des contacts avee Ies responsables administratifs et Ies représentants des populations. Les principaux intervenants identifiés pour 1'application de ces recommandations sont : Ia Direction du Contrôle des Maladies Transmissibles (D.C.M.T), La Direction de lrEducation pour fa Santé et lrAssainissement (D.E.5.A)r I'Autorité des Aménagements des Vallées des VoIta (A.V.V), Ie Ministère de I'Information et de l-a Culture, Ie Programme de Lutte Contre l'0nchocercose (0.C,P), Ies organisations Non Gouvernementales (0.N.G) intervenant dans Ie domaine de la santé. Ils devront oeuvrer à une bonne concertation et collaboration afin que J.'exécution des actions à entrepren- dre s'effectue avec le maximum de précautions pour ne pas entraîner des effets contraires à ceux qui sont attendus.

Informations clés
Type de document Technical Documents
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé