-1- Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires Orientations provisoires 25 mars 2020 Généralités Le présent document a été rédigé à partir des données probantes actuellement disponibles sur la transmission de la COVID-19 : une transmission interhumaine qui se fait par l’intermédiaire des gouttelettes respiratoires émises par une personne infectée ou par contact direct avec cette personne. Il est recommandé d’utiliser ces orientations en se référant au Manuel de gestion des événements de santé publique à bord de navires publié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).1 Ce document s’adresse à toutes les autorités, quelles qu’elles soient, engagées dans des actions de santé publique en réponse à un événement de santé publique en rapport avec la COVID-19 à bord d’un navire, notamment les points focaux nationaux (PFN) pour le Règlement sanitaire international (RSI), les autorités sanitaires portuaires, et les systèmes de surveillance sanitaire et de riposte locaux, provinciaux et nationaux, ainsi que les opérateurs portuaires et les exploitants de navires. Plan de gestion des flambées épidémiques de COVID-19 Il est conseillé aux navires à passagers effectuant un voyage international d’élaborer un plan écrit pour la gestion d’une flambée épidémique de la maladie, couvrant les définitions d’un cas suspect de COVID-19, la définition des contacts et un plan pour l’isolement des personnes. Le plan de gestion d’une flambée épidémique devrait comprendre la description des éléments suivants : • le ou les lieux où les cas suspects seront isolés individuellement jusqu’à ce qu’ils soient débarqués et transportés vers un établissement de santé ; • la manière de gérer les communications indispensables entre les services à bord (par exemple, services médicaux, d’entretien, de blanchisserie, de chambre) concernant les personnes placées en isolement ; • la prise en charge clinique des cas suspects pendant qu’ils sont encore à bord ; • les procédures de nettoyage et de désinfection à appliquer aux zones potentiellement contaminées, y compris les zones ou les cabines d’isolement ; • la manière de prendre en charge les contacts d’un cas suspect ; • les procédures de collecte des formulaires de localisation de passager/de membre d’équipage (PLF) ; • la manière de fournir des services de restauration et de la vaisselle, des services de gestion des déchets et des services de blanchisserie aux voyageurs placés en isolement. Le personnel de bord doit avoir une bonne connaissance du plan de gestion d’une flambée épidémique et le mettre en œuvre comme il convient. Avant l’embarquement Informations de préembarquement Les passagers et les membres d’équipage doivent recevoir des informations conformes à l’avis de l’OMS concernant le transport international en rapport avec la flambée épidémique de COVID-19. Informations de prédébarquement Jusqu’à ce que l’urgence de santé publique de portée internationale en rapport avec la COVID-19 soit levée, il est conseillé à tous les passagers et membres d’équipage de remplir leur formulaire PLF, et celui-ci doit être conservé à bord pendant au moins un mois après leur débarquement. Les renseignements fournis dans le PLF doivent être communiqués sur demande aux autorités sanitaires afin de faciliter la recherche des contacts si un cas confirmé est détecté après le débarquement ou après la fin du voyage. Contrôle de préembarquement Tant que la flambée épidémique de COVID-19 n’est pas terminée, il est conseillé aux navires à passagers effectuant un voyage international de donner aux passagers des informations générales sur la COVID-19 et sur les mesures préventives associées, et de mettre en place un contrôle de préembarquement dans l’optique de reporter ou de reprogrammer l’embarquement de tout voyageur identifié, par le biais d’un questionnaire (annexe I), comme étant un contact d’une personne atteinte de COVID-19, afin de permettre une bonne prise en charge par les autorités sanitaires portuaires. L’OMS définit un contact comme une personne qui s’est trouvée dans l’une des situations d’exposition suivantes dans les 2 jours précédant et les 14 jours suivant l’apparition des symptômes chez un cas probable ou confirmé : Les présentes orientations provisoires ne font plus autorité et ne seront pas mises à jour. Cliquer sur le lien suivant pour obtenir des informations liées à ce sujet : https://apps.who.int/iris/handle/10665/343410. Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires : orientations provisoires -2- • a eu un contact direct, en face à face, avec ce cas probable ou confirmé, à moins d’un mètre de lui et pendant plus de 15 minutes ; • a eu un contact physique direct avec ce cas probable ou confirmé ; • a directement prodigué des soins à un patient présentant une infection par le virus de la COVID- 19, probable ou confirmée, sans porter d’équipements de protection individuelle appropriés ; OU • autres situations telles qu’indiquées par les évaluations locales des risques.2 Sensibilisation du personnel Les propriétaires de navires doivent donner des indications aux membres d’équipage sur la manière de reconnaître les signes et les symptômes de la COVID-19. Il convient de rappeler à l’équipage les procédures à suivre quand un passager ou un membre d’équipage à bord présente des signes ou des symptômes évocateurs d’une maladie respiratoire aiguë. Il se peut que des orientations propres à chaque pays relatives aux mesures de prévention soient disponibles spécialement pour les membres d’équipage.3 D’autres conseils sont disponibles dans les documents d’orientation de l’OMS concernant les soins à domicile pour les patients présumés atteints de COVID-19 qui présentent des symptômes bénins, et la prise en charge de leurs contacts4 et concernant le port du masque médical.5 Le personnel de santé à bord des navires doit être informé sur la flambée épidémique de COVID-9 et régulièrement tenu au courant de son évolution et de toutes nouvelles données ou orientations disponibles à l’intention du personnel de santé. Prise en charge d’un cas suspect à bord d’un navire Définitions des cas Se référer aux définitions de cas données par l’OMS pour un cas suspect de COVID-19.2 Activer le plan de gestion d’une flambée épidémique S’il est établi qu’il y a un cas suspect de COVID-19 à bord, le plan de gestion d’une flambée épidémique doit être activé. Le cas suspect doit immédiatement recevoir comme instructions de porter un masque médical, de suivre les consignes en cas de toux et d’appliquer les mesures d’hygiène des mains ; le cas suspect doit être isolé dans une zone préalablement délimitée (cabine, pièce, ou quartiers d’isolement), avec la porte fermée. Les mesures de lutte anti- infectieuse doivent être appliquées conformément aux lignes directrices de l’OMS.2,6 Des dispositions devront être prises aussi rapidement que possible, en concertation avec les autorités sanitaires au port, pour débarquer et transférer le cas suspect vers un établissement de santé à terre afin de procéder à une évaluation plus approfondie et à un dépistage en laboratoire. En plus du personnel de santé assurant la prise en charge médicale, toutes les personnes pénétrant dans la zone d’isolement doivent être convenablement formées avant d’y pénétrer et doivent appliquer les précautions standard et les précautions contre le contact et les gouttelettes, telles que décrites dans les lignes directrices de l’OMS relatives à la lutte anti-infectieuse.6 Obligations des propriétaires de navires Conformément au RSI, le capitaine du navire est tenu d’informer immédiatement l’autorité sanitaire portuaire du prochain port d’escale de la présence de tout cas suspect de COVID-19 à bord.7 Pour les navires effectuant un voyage international, la Déclaration maritime de santé doit être remplie et transmise à l’autorité portuaire en conformité avec les exigences locales du port d’escale. Les propriétaires de navires sont tenus de faciliter l’adoption des mesures sanitaires et de fournir toutes les informations de santé publique demandées par l’autorité sanitaire au port. Les exploitants de navires fourniront aux autorités sanitaires portuaires toutes les informations essentielles (à savoir, les PLF, la liste des membres d’équipage, et la liste des passagers) qui permettent d’entreprendre une recherche de contacts lorsqu’un cas confirmé de COVID-19 a été identifié à bord ou lorsqu’un voyageur qui était à bord et a peut-être été exposé au virus pendant le voyage est diagnostiqué comme un cas confirmé après la fin du voyage. Débarquement des cas suspects Au cours du débarquement des cas suspects, tout doit être mis en œuvre pour limiter le plus possible l’exposition des autres personnes et la contamination de l’environnement. Un masque chirurgical doit être fourni aux cas suspects, afin de réduire au minimum le risque de transmission. Le personnel participant au transport des cas suspects doit appliquer les mesures de lutte contre l’infection en suivant les indications de l’OMS.5,6 Ces pratiques sont résumées ci-dessous. • Lors de l’installation des patients dans l’ambulance, le personnel de transport, y compris le personnel médical, doit systématiquement appliquer les mesures d’hygiène des mains et porter un masque médical, une protection oculaire (lunettes de protection ou écran facial), une blouse à manches longues, et des gants. • L’équipement de protection individuelle (EPI) doit être changé après chaque chargement de patient et doit être éliminé de manière appropriée dans des récipients munis d’un couvercle conformément aux réglementations nationales sur l’élimination des déchets infectieux. • Le conducteur de l’ambulance doit impérativement rester éloigné des cas (à une distance d’au moins un mètre). Aucun EPI n’est requis si cette distance peut être maintenue ou s’il existe une séparation physique. Si les conducteurs sont également tenus d’aider à installer les patients dans l’ambulance, alors eux aussi doivent suivre les recommandations en matière d’EPI énoncées au point précédent. • Les véhicules de transport doivent avoir une ventilation optimisée, avec un volume d’air échangé Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires : orientations provisoires -3- le plus élevé possible (par exemple en ouvrant les fenêtres). • Le personnel de transport doit se nettoyer fréquemment les mains avec une solution hydroalcoolique ou avec de l’eau et du savon, et veiller à se nettoyer les mains avant de mettre l’EPI et après l’avoir retiré. • Les ambulances et les véhicules de transport doivent être nettoyés et désinfectés en accordant une attention particulière aux zones en contact avec le cas suspect. Le nettoyage doit être effectué avec du savon ou du détergent ménager ordinaire dans un premier temps, puis, après le rinçage, il convient d’appliquer un désinfectant ménager ordinaire contenant 0,5 % d’hypochlorite de sodium (soit l’équivalent de 5000 ppm, ou 1 partie d’eau de Javel pour 99 parties d’eau). Obligations des États Parties à l’OMS en matière de notification et de communication d’informations L’autorité au port est tenue d’informer immédiatement son point focal national RSI si un cas suspect de COVID-19 a été identifié. Si le cas suspect, après avoir été soumis à un dépistage en laboratoire, est positif pour le virus responsable de la COVID-19, le point focal national RSI en informera l’OMS. Le point focal national RSI prêtera attention à l’article 43 du RSI, qui concerne les mesures sanitaires supplémentaires. Il indique que les États Parties qui appliquent des mesures sanitaires supplémentaires entravant de manière significative le trafic international (par exemple le refus de laisser entrer ou partir des voyageurs internationaux et/ou des navires, ou le fait de retarder de plus de 24 heures leur entrée ou leur départ) doivent fournir à l’OMS les raisons de santé publique et les informations scientifiques pertinentes justifiant l’application de ces mesures. Prise en charge des contacts Pour éviter tout retard dans la mise en œuvre des mesures sanitaires, la recherche des contacts doit commencer juste après qu’un cas suspect a été identifié à bord sans attendre les résultats de laboratoire. Tout doit être mis en œuvre pour éviter le plus possible que les autres voyageurs et l’environnement à bord soient exposés au cas suspect, et les contacts doivent être séparés des autres voyageurs dès que possible. La définition d’un contact donnée par l’OMS est indiquée ci- dessus (voir la section Avant l’embarquement). Dans le contexte d’un cas suspect identifié à bord d’un navire, un contact pourrait être considéré comme une personne qui : • a séjourné dans la même cabine qu’un cas suspect ou confirmé de COVID-19 ; • a eu un contact physique (contact en face à face, à moins d’un mètre et pendant plus de 15 minutes) ou s’est trouvée dans un environnement clos avec un cas suspect ou confirmé de COVID-19 : – pour les passagers, cela peut vouloir dire la participation à des activités communes à bord du navire ou à terre, en étant à une distance de moins d’un mètre pendant plus de 15 minutes, comme voyager ensemble ou manger à la même table ; – pour les membres d’équipage, il peut s’agir, par exemple, de stewards de cabine qui ont nettoyé la cabine où les patients ont été identifiés, du personnel de restaurant qui a livré de la nourriture à la cabine où les patients ont été identifiés, d’entraîneurs sportifs qui ont donné de près des consignes au cas suspect, ou de membres d’équipage travaillant dans la même zone de travail du navire que le membre d’équipage détecté comme un cas suspect ou confirmé de COVID-19 ; • est un agent de santé ou une autre personne qui a prodigué des soins à un cas suspect ou confirmé de COVID-19. L’OMS recommande de placer en quarantaine tous les contacts d’un patient COVID-19 pendant 14 jours à compter de la dernière fois où ils ont été exposés à ce patient.8 Les contacts doivent recevoir des informations précises à l’avance leur permettant de savoir quand et comment consulter les services de santé s’ils tombent malades, quel est le mode de transport qui leur conviendra le mieux une fois à terre, quand et comment se rendre dans l’établissement de santé désigné, et quelles précautions prendre en matière de lutte contre l’infection. Si un contact développe des symptômes, ce contact doit porter un masque médical, être considéré comme un cas suspect, et traité comme tel. Toute surface qui a été souillée par des sécrétions respiratoires ou d’autres liquides biologiques au cours du transport doit être nettoyée avec du savon ou un détergent, puis désinfectée au moyen d’un produit ménager ordinaire contenant une solution chlorée diluée à 0,5 %. Suivi des contacts Si un foyer épidémique important se déclare à la suite d’une transmission persistante à bord d’un navire, les membres d’équipage et les passagers doivent être soumis à une évaluation afin de déterminer s’ils ont été exposés au cas suspect ou confirmé. S’il est difficile d’identifier les contacts et si l’on constate une transmission généralisée, alors tous les voyageurs (passagers et équipage) à bord pourraient être considérés comme des contacts. En attendant le résultat de laboratoire pour le cas suspect, tous les voyageurs qui répondent à la définition d’un contact proche seront invités à remplir le PLF (annexe II) et à rester à bord du navire dans leur cabine ou, de préférence, dans une installation à terre spécialement désignée (si possible et lorsque le navire se trouve dans le port d’escale prévu où a lieu l’embarquement ou le débarquement des passagers ou le déchargement ou le chargement de la cargaison et des provisions), en conformité avec les instructions reçues des autorités sanitaires portuaires. Si le résultat de laboratoire est positif, tous les contacts doivent être placés en quarantaine dans des installations à terre spécialement désignées et ne doivent pas être autorisés à se déplacer d’un pays à l’autre, sauf si cela a été organisé Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires : orientations provisoires -4- conformément aux conseils de l’OMS en matière de rapatriement, lesquels traitent également des mesures de quarantaine.9 Les personnes en quarantaine qui ont été en contact étroit avec un cas confirmé doivent immédiatement informer les services de santé si elles développent des symptômes dans les 14 jours suivant leur dernier contact avec le cas confirmé. Si aucun symptôme n’apparaît dans les 14 jours suivant leur dernière exposition, le contact n’est plus considéré comme étant à risque de développer la COVID- 19.10 L’application de ces précautions spécifiques peut varier en fonction du résultat des évaluations des risques pour chaque cas individuel et ses contacts, telles que menées par les autorités de santé publique. Si le résultat de laboratoire est positif, tous les autres voyageurs qui ne répondent pas à la définition d’un contact proche seront considérés comme ayant eu une exposition à faible risque ; ils devront remplir le PLF avec leurs coordonnées et les lieux où ils séjourneront pendant les 14 jours suivants. L’application de ces précautions peut varier en fonction du résultat des évaluations des risques menées par les autorités de santé publique. D’autres instructions peuvent être données par les autorités sanitaires. Il convient de fournir aux voyageurs des informations et des conseils sur :9 • les symptômes de la COVID-19 et comment cette maladie peut se transmettre ; • la nécessité de surveiller leur santé pour détecter d’éventuels symptômes de COVID-19, notamment la fièvre quel que soit leur degré d’état fébrile, la toux, ou les difficultés respiratoires, pendant 14 jours à compter de leur dernière exposition au cas confirmé ; • la nécessité de s’isoler immédiatement et de contacter sans attendre les services de santé si des symptômes, quels qu’ils soient, apparaissent au cours de ces 14 jours. Si aucun symptôme n’apparaît dans les 14 jours suivant sa dernière exposition, le voyageur n’est plus considéré comme étant à risque de développer la COVID-19. Mesures à bord du navire Si le navire affecté fait escale dans un port autre que le port d’escale prévu, l’autorité sanitaire du port doit procéder à une évaluation des risques et peut décider, en consultation avec le propriétaire du navire, de mettre fin à la croisière. Le navire doit être inspecté conformément à l’article 27 du RSI (2005), qui traite des moyens de transport affectés, après quoi des mesures sanitaires (telles que le nettoyage et la désinfection) seront appliquées en fonction des conclusions de l’inspection. Des recommandations détaillées de l’OMS sont disponibles dans le Manuel pour l’inspection des navires et la délivrance des certificats sanitaires de navire.11 Pour en savoir plus sur l’inspection, voir la section sur l’enquête environnementale plus loin dans le présent document. Les déchets infectieux doivent être éliminés conformément aux dispositions prévues par l’autorité portuaire. Les mesures sanitaires appliquées sur le navire doivent être consignées dans le certificat de contrôle sanitaire de navire. Le voyage suivant peut commencer une fois que les opérations de nettoyage et de désinfection approfondis sont terminées. Il conviendra de mettre en place une surveillance active à bord du navire pendant les 14 jours suivants. Le propriétaire du navire pourra également étudier la possibilité de commencer le voyage suivant avec un nouvel équipage à bord, si cela est possible. Nettoyage et désinfection Conformément aux orientations de l’OMS concernant la lutte anti-infectieuse lors de la prise en charge des patients chez lesquels on suspecte une infection par un nouveau coronavirus,6 les installations médicales, les cabines et les quartiers occupés par les patients et les contacts proches d’un cas confirmé de COVID-19 doivent être nettoyés et désinfectés quotidiennement, et le nettoyage et la désinfection doivent être effectués après leur débarquement. Le reste du navire doit également être nettoyé et désinfecté. Des informations détaillées sur le nettoyage et la désinfection des cabines figurent dans les orientations provisoires de l’OMS concernant les soins à domicile pour les patients COVID-19 et la prise en charge de leurs contacts.4 Le linge, les ustensiles de cuisine et de restauration et les déchets évacués des cabines des cas suspects et de leurs contacts doivent être manipulés comme s’ils étaient contagieux et conformément au plan de gestion d’une flambée épidémique prévu à bord pour d’autres maladies infectieuses (par exemple, pour la gastroentérite à norovirus). Il est essentiel que le navire reste au port pendant qu’il est nettoyé et désinfecté de manière approfondie. Un navire qui a été considéré comme affecté n’est plus considéré comme tel dès lors que l’autorité sanitaire du port est satisfaite des mesures sanitaires prises et a acquis la conviction qu’il n’existe à bord aucune condition pouvant constituer un risque pour la santé publique.7 Enquête sur la flambée épidémique Les efforts visant à juguler la flambée épidémique de COVID-19 se concentrent sur l’endiguement de la maladie et la prévention de nouveaux cas. À bord des navires, il est essentiel d’identifier le ou les modes de transmission les plus probables et la ou les sources initiales de la flambée. Comme la flambée épidémique peut avoir des ramifications internationales, sur les grands navires, notamment les navires de croisière qui transportent des ressortissants de nombreux pays ou régions, l’enquête sur la flambée nécessite des efforts coordonnés. L’article 6 du RSI (2005) prévoit qu’un État Partie communique en temps voulu à l’OMS les informations de santé publique exactes et suffisamment détaillées dont il dispose sur l’événement notifié (telles que les définitions de cas, les résultats de laboratoire, la source et le type de risque, le nombre des cas et des décès, les facteurs influant sur la propagation de la maladie et les mesures sanitaires utilisées) ; et indique les éventuelles difficultés rencontrées et l’aide dont il a besoin pour faire face à l’urgence de santé publique de portée internationale.7 Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires : orientations provisoires -5- Enquête épidémiologique Les membres de l’équipe d’enquête sur le terrain doivent prendre toutes les précautions nécessaires et utiliser les EPI comme il convient pour éviter d’être infectés. Pour les contacts proches, les analyses doivent prendre en compte les facteurs de risque suivants, le cas échéant : les personnes qui ont partagé les cabines, leurs compagnons de voyage, les groupes voyageant ensemble, et leur participation à des activités à terre ; les restaurants et les bars qu’ils ont fréquentés, la disposition des sièges occupés à table lors des repas d’après les listes de réservation, les emplacements des sièges du service de buffet (schémas) ; la participation à des événements à bord ou dans les zones publiques du navire (salle de sport, théâtre, cinéma, casino, spa, installations aquatiques de loisirs, par exemple) ; le pont de la cabine où se trouvaient les cas et les contacts ; et la zone de feu et les unités de traitement de l’air. Les documents à examiner dans le cadre de l’enquête sont le manifeste du navire, les schémas et plans du navire, les listes de réservation des cabines, les listes de réservation des activités, les registres de l’incidence des vomissements, les registres des rejets fécaux accidentels pour les piscines, les listes de réservation des repas, les registres médicaux des passagers et de l’équipage présentant des problèmes gastro-intestinaux, les plans des cabines, les stewards de cabine affectés à chaque cabine et leurs quarts, et tout document concernant les caractéristiques démographiques des voyageurs. Les données minimales requises figurent dans le formulaire de localisation de passager/de membre d’équipage pour la santé publique (annexe II). Enquête environnementale Une inspection ciblée doit être menée pour évaluer si les procédures d’isolement et les autres mesures à bord du navire ont été correctement appliquées, s’il y avait suffisamment d’EPI disponibles et si le personnel était formé à l’utilisation des EPI. Les procédures d’entretien ménager, de nettoyage et de désinfection (telles que les protocoles, les produits, les concentrations, les temps de contact, l’utilisation d’EPI, les procédés de mélange), et la fréquence de nettoyage et de désinfection (en particulier des zones fréquemment touchées) doivent être vérifiées lors de l’inspection. L’inspection ciblée doit également déterminer si un membre d’équipage a pu travailler alors qu’il était symptomatique, y compris les préparateurs ou manipulateurs d’aliments, le personnel d’entretien ménager et le personnel du spa. Si cela est possible, des échantillons de surfaces et de matières environnementales peuvent être prélevés et envoyés à un laboratoire pour être testés avant et après les opérations de nettoyage et de désinfection. Les personnels doivent utiliser des EPI pour éviter d’être infectés. Les échantillons environnementaux suivants pourront être prélevés : écouvillons de surfaces des cabines où les cas ont séjourné, de surfaces fréquemment touchées dans les zones publiques, et de surfaces des zones de préparation des aliments, y compris les garde-manger situés à proximité des cabines des voyageurs concernés ; air évacué des cabines où les cas ont séjourné et des locaux médicaux où les cas ont été isolés ; air évacué des unités de traitement des eaux usées et des moteurs ; conduites d’aération ; filtres à air dans les unités de traitement d’air de la cabine ; et réservoirs tampons des eaux usées et des eaux de loisirs. Références bibliographiques 1. Manuel de gestion des événements de santé publique à bord de navires. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2016 (https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/25 0121/9789242549461-fre.pdf, consulté le 24 février 2020). 2. Surveillance mondiale de la COVID-19 due à une infection humaine par le nouveau coronavirus 2019 : orientations provisoires. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2020 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/331738. 3. Interim guidance for ships on managing suspected coronavirus disease 2019. Atlanta (GA): Centers for Disease Control and Prevention; 2020 (https://www.cdc.gov/quarantine/maritime/recomm endations-for-ships.html, accessed 24 February 2020). 4. Soins à domicile pour les patients COVID-19 qui présentent des symptômes bénins, et prise en charge de leurs contacts : lignes directrices provisoires. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2020 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/331527). 5. Conseils sur le port du masque dans les espaces collectifs, lors des soins à domicile et dans les établissements de santé dans le cadre de la flambée due au nouveau coronavirus (2019-nCoV) : orientations provisoires. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2020 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/330998) (une version actualisée est disponible en anglais à l’adresse : https://www.who.int/publications- detail/advice-on-the-use-of-masks-in-the- community-during-home-care-and-in-healthcare- settings-in-the-context-of-the-novel-coronavirus- (2019-ncov)-outbreak). 6. Lutte anti-infectieuse lors de la prise en charge des patients chez lesquels on suspecte une infection par un nouveau coronavirus (nCoV) : orientations provisoires. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2020 (https://www.who.int/publications- detail/infection-prevention-and-control-during- health-care-when-novel-coronavirus-(ncov)- infection-is-suspected-20200125). 7. Règlement sanitaire international (2005), troisième édition. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2016 (https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/24 6187/9789242580495-fre.pdf, consulté le 24 février 2020). Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires : orientations provisoires -6- 8. Considérations relatives au placement en quarantaine de personnes dans le cadre de l’endiguement de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) : orientations provisoires. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2020 (https://www.who.int/publications- detail/considerations-for-quarantine-of-individuals- in-the-context-of-containment-for-coronavirus- disease-(covid-19)). 9. Key considerations for repatriation and quarantine of travellers in relation to the outbreak of novel coronavirus 2019-nCoV 2020 [updated 11 February 202013/2/2020]. Geneva: World Health Organization; 2020 (https://www.who.int/ith/Repatriation_Quarantine_ nCoV-key-considerations_HQ-final11Feb.pdf, accessed 24 February 2020). 10. Gestion par les autorités de santé publique des personnes, y compris des professionnels de santé, ayant été en contact avec des cas de COVID-19 dans l’Union européenne. Stockholm, European Centre for Disease Prevention and Control, 2020 (https://www.ecdc.europa.eu/en/publications- data/public-health-management-persons-having- had-contact-novel-coronavirus-cases, consulté le 24 février 2020). 11. Manuel pour l’inspection des navires et la délivrance des certificats sanitaires de navire. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011 (WHO/HSE/IHR/LYO/2011.3 ; https://apps.who.int/iris/handle/10665/44834, consulté le 24 février 2020). Remerciements L’OMS remercie chaleureusement le Centre collaborateur de l’OMS pour le Règlement sanitaire international : points d’entrée, Université de Thessalonique (Grèce), pour ses contributions et son aide dans l’élaboration du présent document. Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires : orientations provisoires -7- Annexe I Exemple de questionnaire de préembarquement Le questionnaire est à remplir par tous les adultes avant l’embarquement. Nom tel qu’il apparaît sur le passeport : _______________________________ Nom de tous les enfants voyageant avec vous qui sont âgés de moins de 18 ans : _______________________________ _______________________________ _______________________________ _______________________________ Questions Au cours des 14 derniers jours : • l’une des personnes énumérées ci-dessus, y compris vous-même, a-t-elle été en contact étroit avec une personne diagnostiquée comme porteuse du coronavirus 2019 (virus de la COVID-19) ? • l’une des personnes énumérées ci-dessus, y compris vous-même, a-t-elle prodigué des soins à une personne atteinte de COVID-19 ou travaillé avec un agent de santé atteint de COVID-19 ? • l’une des personnes énumérées ci-dessus, y compris vous-même, a-t-elle rendu visite ou séjourné à proximité étroite d’une personne atteinte de COVID-19 ? • l’une des personnes énumérées ci-dessus, y compris vous-même, a-t-elle été en contact étroit au travail ou dans des salles de cours avec une personne atteinte de COVID-19 ? • l’une des personnes énumérées ci-dessus, y compris vous-même, a-t-elle voyagé avec un patient atteint de COVID-19 dans un quelconque moyen de transport ? • l’une des personnes énumérées ci-dessus, y compris vous-même, a-t-elle vécu dans le même ménage qu’un patient atteint de COVID-19 ? Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires : orientations provisoires -8- Annexe II Formulaire de localisation de passager/de membre d’équipage pour la santé publique © Organisation mondiale de la Santé 2020. Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence CC BY-NC-SA 3.0 IGO. WHO reference number: WHO/2019-nCoV/Ships/2020.2
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Considérations d’ordre pratique sur la prise en charge des cas et la gestion des flambées épidémiques de COVID-19 à bord des navires : orientations provisoires, 25 mars 2020
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