Organisation mondiale de la santé (OMS) · Journal articles

Cholera outbreaks : Ineffective control measures = Flambées de choléra : Mesures de lutte inefficaces

Organisation mondiale de la santé
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Cholera outbreaks Ineffective control measures Cholera still occurs in many areas of the world and, during 1996 (up to end August), cholera was reported from some 35 countries, around 65% in Africa, 25% in the Americas, and 10% in Asia. As long as poverty, overcrowding, poor hygiene and sanitation still exist, there is not much hope that these figures will decrease dramatically. Cholera is treatable and avoidable if the right measures and precautions are taken. It can be an acute health problem with the potential to spread quickly and cause many unnecessary cases and deaths. Special attention should therefore be given to preventive measures such as safe water supply, good sanitation, adequate excreta disposal and food safety. 291

Flambées de choléra Mesures de lutte inefficaces Le choléra continue de sévir dans de nombreuses régions du monde et, en 1996 (jusqu’à la fin août), la maladie était signalée dans quelque 35 pays, dont environ 65% en Afrique, 25% dans les Amériques, et 10% en Asie. Il y a peu d’espoir de voir ces chiffres diminuer de manière importante tant que la pauvreté, la surpopulation, une hygiène et un assainissement insuffisants se maintiendront. Le choléra est une maladie que l’on peut traiter et éviter si l’on prend les mesures et les précautions correctes. Il peut s’agir d’un problème sanitaire aigu, avec une aptitude à se propager rapidement et à provoquer de nombreux cas et décès évitables. Il faut donc accorder une attention toute particulière aux mesures de prévention, notamment l’approvisionnement sûr en eau, les conditions d’assainissement correctes, l’évacuation convenable des excreta, et la salubrité des aliments.

WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, No. 39, 27 SEPTEMBER 1996 • RELEVÉ ÉPIDÉMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 39, 27 SEPTEMBRE 1996

When a cholera outbreak occurs, adequate and effective control measures including proper case management, surveillance, reporting, sufficient emergency supplies and access to health facilities are crucial to save lives. Unfortunately, many countries still take ineffective control measures which waste time and energy. One of these is mass chemoprophylaxis. Treatment of an entire community with antibiotics has never succeeded in limiting the spread of cholera, for a number of reasons: it usually takes longer to organize distribution of the drug than for the infection to spread; the drug is only effective for 1 or 2 days; to prevent reinfection, the entire population would need to be treated simultaneously and then isolated. In addition, mass chemoprophylaxis can also contribute to the emergence of antibiotic resistance. Travel and trade restrictions between countries and/or different parts of the same country, quarantine and frontier controls cannot limit the spread of cholera, for a number of reasons. Most cases of cholera (90%) do not present any symptoms or have only mild diarrhoea; in 8% of the cases a moderate illness is observed whereas only 2% of cases show severe illness which needs immediate hospitalization. The “healthy carriers” (infected persons without any signs of illness) are the main cause of spread of the disease. Travel restrictions are very costly in manpower and resources and there is no way of identifying and isolating all these cases. Even when formal traffic control is set up at borders, illegal traffic is unavoidable. These measures can have an adverse effect on the economic situation of a country since they can have a negative influence on normal trade and tourism. The risk for travellers visiting cholera-affected areas is very small and can be almost eliminated if they follow WHO recommendations concerning safe drinking-water and eating practices, seeking care once they have diarrhoea. In accordance with the International Health Regulations, the requirement for a certificate of vaccination against cholera was abolished in 1973. For all the above reasons, WHO recommends that: – countries should not use travel and trade restrictions, quarantine, or frontier controls in their efforts to prevent the spread of cholera; tourism should not be restricted in choleraaffected areas; mass chemoprophylaxis should not be used in cholera control; in accordance with the International Health Regulations, no country should require travellers to be vaccinated against cholera.

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Pour sauver des vies, il faut absolument prendre, lors d’une flambée de choléra, des mesures de lutte efficaces et adaptées: prise en charge correcte des cas, surveillance, notification, fournitures d’urgence suffisantes, et accès aux établissements de soins. Malheureusement, de nombreux pays continuent de prendre des mesures de lutte inefficaces, qui impliquent une perte de temps et d’énergie. L’une d’entre elles est la chimioprophylaxie de masse. Le traitement d’une communauté dans son ensemble par des antibiotiques n’a jamais réussi à diminuer la transmission du choléra, pour plusieurs raisons: l’organisation de la distribution du médicament prend généralement plus de temps que la propagation de l’infection; l’efficacité du médicament se limite à 1 ou 2 jours seulement; pour éviter toute réinfection, la population tout entière devrait être traitée en une fois et isolée. En outre, la chimioprophylaxie de masse peut aussi contribuer à l’émergence d’une résistance aux antibiotiques. Les restrictions aux voyages et au commerce entre les pays et/ou entre différentes régions d’un même pays, la quarantaine et les contrôles aux frontières ne peuvent limiter la propagation du choléra, et ce pour plusieurs raisons. La plupart des cas (90%) sont asymptomatiques ou ne présentent qu’une diarrhée bénigne; on observe une affection modérée dans 8% des cas, tandis que seuls 2% des cas sont dans un état grave qui nécessite une hospitalisation immédiate. Les «porteurs sains» (personnes infectées ne présentant aucun symptôme) sont la cause principale de la propagation du choléra. Les restrictions aux voyages demandent beaucoup de main-d’œuvre et de ressources et il est impossible d’identifier et d’isoler tous ces porteurs. Même en cas de contrôles officiels mis en place aux frontières, il est impossible d’éviter les passages illégaux. Ce genre de mesures peut avoir des conséquences négatives sur la situation économique du pays, car elles empêchent la circulation normale du commerce et du tourisme. Les voyageurs se rendant dans des zones où sévit le choléra courent un risque minime qu’ils peuvent éliminer presque complètement en suivant les recommandations de l’OMS sur l’eau de boisson saine et les pratiques alimentaires, et en se faisant soigner en cas d’épisode diarrhéique. Selon le Règlement sanitaire international, le droit qu’avaient les pays d’exiger un certificat de vaccination anticholérique a été aboli en 1973. Pour toutes les raisons qui précèdent, l’OMS recommande que: – les pays n’instaurent pas de restrictions aux voyages et au commerce, ni de quarantaine, ni de contrôles aux frontières pour tenter d’enrayer la propagation du choléra; – les zones où sévit le choléra ne soient pas fermées au tourisme; – la chimioprophylaxie de masse ne soit pas employée dans la lutte contre le choléra; – selon le Règlement sanitaire international, aucun pays n’exige des voyageurs la vaccination anticholérique.

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Type de document Journal articles
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé