WORLD HEALTH ORGANIZATION
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE
REGIONAL OFFICE FOR THE WESTERN PACIFIC BUREAU REGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL
COMITÉ RÉGIONAL Cinquante-quatrième session Manille (Philippines) 8 - 12 septembre 2003 Point 19 de l’ordre du jour provisoire
WPR/RC54/13 8 juillet 2003 ORIGINAL : ANGLAIS
TABLE RONDE MINISTÉRIELLE : FUTURES ORIENTATIONS DE LA SANTE PUBLIQUE DANS LA REGION
Ce document traite de diverses questions relatives au renforcement de la santé publique que les ministres réunis en table ronde lors de la Cinquante-quatrième session du Comité régional souhaiteront peut-être examiner.
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1. INTRODUCTION
Il existe nombre de définitions de la santé publique. Pour la plupart, elles réaffirment les grands principes de la pratique de la santé publique (tel que l’accent mis sur les interventions exigeant une action collective, concertée et organisée), la nécessaire pérennité de l’action sanitaire (à savoir que les politiques doivent s’inscrire dans des systèmes favorisant leur application) et les buts de la santé publique (notamment l’amélioration de la santé de la population dans son ensemble et la réduction des inégalités sanitaires). La santé publique est une composante majeure de l’action engagée par les États pour améliorer et promouvoir la santé et le bien-être de leurs citoyens. Or, on s’entend généralement à reconnaître que la pratique en santé publique n’a toujours pas réalisé son potentiel du point de vue de l’amélioration de la santé et ce, même dans les pays les plus riches. En particulier, les infrastructures de santé publique – personnels inclus – ont été négligées dans bien des pays et les éléments d’information très probants dont on dispose aujourd'hui en matière de santé publique n’ont pas donné lieu à l’adoption de politiques et de programmes efficaces. Cette table ronde ministérielle a pour objet de mettre en commun des idées et des expériences quant aux moyens qui pourraient améliorer la pratique de la santé publique dans la région.
2. POINTS À EXAMINER
2.1
S’engager à renforcer la santé publique et coopérer dans ce but Les ministres et les hauts responsables de la santé ont souvent du mal à mobiliser les
financements nécessaires à la santé publique et à s’assurer que les services publics travaillent dans un esprit de concertation et de coopération en vue de l’amélioration de l’action sanitaire. Cette table ronde sera l’occasion de partager des expériences potentiellement utiles aux autres États Membres : Quelles sont les possibilités ou les stratégies qui ont été mises en œuvre pour rallier d’autres ministères à la cause de la santé publique et assurer la pérennité des financement ? Quels sont les mécanismes qui ont permis d’améliorer les relations de travail au quotidien et le degré de coopération entre différents ministères au profit de la santé publique ?
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Existe-t-il des exemples concluants de l’efficacité de services ou d’interventions de santé publique qui pourraient être utilement transposés à d’autres situations ? 2.2 Tirer le meilleur profit de ressources limitées La pratique de la santé publique se heurte fréquemment aux difficultés considérables résultant de l’insuffisance des ressources. Les pressions exercées par les électeurs et les médias qui exigent des résultats à court terme ne permettent généralement pas d’agir en vue d’un renforcement durable du système global de santé ou de trouver une solution au problème que pose l’existence de services coûteux au profit d’une poignée de personnes. Les élus sont en outre tenus d’afficher des résultats rapides. Il s’ensuit que l’affectation de crédits à certains programmes de santé publique ou de lutte contre les maladies non transmissibles – dont les retombées ne se font parfois sentir qu’après plusieurs années – ne présente guère d’attraits. Quel aide peut-on apporter aux administrateurs et aux élus politiques pour équilibrer ces pressions diverses et les inciter à rechercher des solutions viables aux grands problèmes de santé ? Comment peut-on encourager les administrateurs et les élus politiques à trouver un juste équilibre entre les différentes stratégies d’amélioration de la santé ? Quel rang de priorité doit-on accorder aux investissements dans les infrastructures de santé publique, personnels inclus ? L’insuffisance des ressources est généralement à l’origine même des exigences toujours plus lourdes qui pèsent sur les services de soins curatifs. En effet, ceux-ci pourraient absorber à eux seuls l’intégralité des crédits votés en faveur du secteur de la santé. Il est d’ailleurs fréquent que l’on envisage de réaffecter aux services hospitaliers des crédits initialement prévus pour des actions de santé publique. Quelles stratégies peut-on adopter pour répondre à la demande de ressources de la part des services de soins curatifs tout en veillant à mettre des moyens adéquats à la disposition des services de santé publique ? En d’autres termes, comment veiller à ce que les ressources profitent au plus grand nombre et non plus à certains individus seulement ? Dans le même registre, on constate qu’il y a souvent confusion quant à la définition et à la portée de la pratique de la santé publique et à ses liens avec les soins cliniques.
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Comment peut-on d’une part promouvoir une approche ouverte et polyvalente de la santé publique et, d’autre part, mettre en évidence la complémentarité de la pratique de la santé publique et des soins médicaux ?
Les responsables de la santé cherchent tous à mobiliser davantage de ressources au profit de l’action sanitaire. Il se pourrait cependant que la santé à long terme des populations ait davantage à gagner d’une augmentation des investissements dans l’éducation, les autres services sociaux ou la croissance économique que d’affectations directes de crédits au secteur de la santé. Il est certes important de doter le secteur de la santé d’un niveau adéquat de ressources, mais on a trop tendance à penser que les services ne pourront être améliorés que par un accroissement de moyens plutôt que de s’interroger sur la possibilité d’utiliser plus efficacement les ressources disponibles. Quelles stratégies adopter pour inciter le secteur de la santé à améliorer ses performances (et donc améliorer la santé des populations) avec les moyens dont il dispose ? 2.3 Bases factuelles nécessaires à la formulation des politiques Dans l’idéal, les politiques devraient être formulées en fonction des éléments d’information existants et de leur évolution. Toutefois, la réalité des choses est qu’il s’écoule parfois plusieurs années avant que les bases factuelles disponibles ne soient prises en compte lors de l’élaboration des politiques. Celles-ci sont en outre fréquemment dictées par des contraintes administratives ou par des changements de priorités ou d’horizons politiques et on ne s’embarrasse guère des considérations fondées sur des bases factuelles. Comment les personnels de santé publique peuvent-ils favoriser la mise en oeuvre rapide de politiques et de pratiques fondées sur les bases factuelles disponibles ? 2.4 Décentralisation En théorie, les systèmes centralisés sont davantage influencés par les ministres et les administrateurs du ministère. Les systèmes décentralisés, en revanche, permettent de développer l’administration locale et de s’allier le concours des communautés. Il est difficile de trouver un équilibre. Ainsi, les fonctions réglementaires sont généralement assumées et contrôlées au niveau central – notamment lorsque les pouvoirs sont conférés par la loi – lors même que l’efficacité des soins de santé primaires dépend de leur capacité à répondre aux besoins des communautés locales.
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Comment les personnels de santé publique peuvent-ils favoriser cet équilibre en faisant valoir leur approche axée sur l’ensemble de la population ? 2.5 Renforcement des capacités de santé publique La capacité d’un pays à répondre aux questions et problèmes de santé publique est avant tout fonction des effectifs dont il dispose, et de leurs compétences. Tous les pays sont néanmoins
membres de communautés régionales ou mondiales et peuvent aussi faire appel à nombre d’organisations bilatérales, régionales et internationales en cas de besoin. Quelles sont les lacunes des personnels de santé publique et des établissements de formation en santé publique auxquelles il faudrait remédier de toute urgence ? Quelle réponse pourrait y être apportée au plan national et régional ? Y a-t-il eu des cas où une assistance extérieure aurait été nécessaire pour résoudre un problème de santé publique et où cette assistance a fait défaut ? Quelles sont les possibilités qui n’ont pas encore été explorées pour renforcer la santé publique aux plans national, régional et mondial ? Qu’est-ce que les organisations internationales telles que l’OMS pourraient faire de plus pour consolider la santé publique ?
3. CONDUITE DE LA TABLE RONDE MINISTÉRIELLE
La table ronde ministérielle a les objectif suivants : • encourager le partage d’idées sur les approches permettant de renforcer la santé publique, en se fondant sur l’expérience des pays de la région ; et • identifier, de manière générale, ce que pourrait être le rôle de l’OMS dans ce domaine.
Les ministres participant à la session, ou leurs représentants, sont invités à prendre part aux discussions de la table ronde. Chaque État Membre est invité à désigner un participant. La table ronde débutera par un exposé des grandes questions mondiales et régionales de santé publique.