Organisation mondiale de la santé (OMS) · Governing Bodies documents

Soixante-quatrième session du Comité régional de l’Europe : Copenhague, 15-18 septembre 2014 : incidences d’un investissement dans le développement à la petite enfance

Organisation mondiale de la santé
Voir le document original

Le texte intégral est hébergé par l’organisation qui le publie. lawenc.com indexe les métadonnées et renvoie vers la source officielle.

Texte intégral

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ • BUREAU RÉGIONAL DE L’EUROPE UN City, Marmorvej 51, DK-2100 Copenhague Ø, Danemark Téléphone : +45 45 33 70 00 Fax : +45 45 33 70 01 Courriel : governance@euro.who.int Site Web : http://www.euro.who.int/fr/who-we-are/governance Comité régional de l’Europe EUR/RC64/ML/2 Soixante-quatrième session Copenhague (Danemark), 15-18 septembre 2014 22 août 2014 ORIGINAL : ANGLAIS Déjeuner ministériel, mardi 16 septembre 2014 12 h 30, salon 1 Incidences d’un investissement dans le développement à la petite enfance La recherche a mis en évidence l'importance essentielle d'un bon départ pour les réalisations de tout le parcours de vie, y compris pour une bonne santé. L'architecture du cerveau se constitue tôt dans l'enfance, par des interactions dynamiques entre les influences génétiques et celles de l'environnement ; les politiques et interventions sociales peuvent avoir un impact sur ces dernières. Quoique la responsabilité consistant à préserver la santé pendant la grossesse et un accouchement en toute sécurité repose principalement sur les services de santé, les déterminants sociaux ont des effets même dans ces premiers stades, notamment l'alimentation avant et durant la grossesse, le tabagisme durant la grossesse et au début de la vie de parent, de mauvaises conditions de logement et la pauvreté. Le degré d'épanouissement des enfants dépend de leur héritage biologique et du contexte dans lequel ils grandissent. Il existe une forte corrélation entre le contexte dans lequel on a été élevé et le statut socioéconomique : les enfants issus d'un milieu modeste grandiront probablement dans un environnement offrant moins de possibilités, entraînant de moins bons résultats chez l'enfant et limitant les chances dans la vie. La maltraitance des enfants est une forme cachée de violence, et les bases factuelles indiquent que sa prévalence est à un niveau inacceptable dans la Région européenne. La maltraitance est l'une des expériences négatives les plus graves de l'enfance. Elle peut survenir en même temps qu'un dysfonctionnement familial tel que l'utilisation abusive d’alcool et de drogue chez les parents, une maladie mentale chez des membres de la famille, de la violence entre parents, une séparation des parents ou un divorce, ou l'emprisonnement d'un membre de la famille. Pour qu'un enfant puisse se développer en bonne santé, il est essentiel que ses relations avec ses parents et les autres personnes s’occupant de lui soient à la fois sécurisantes, stables et harmonieuses. L'absence de relations de cette nature dans l'enfance peut provoquer du stress, qui entrave le développement du cerveau aux premiers stades. Par conséquent, les enfants exposés à de la maltraitance courent plus de risques de présenter des problèmes comportementaux, physiques et mentaux à l'âge adulte, p. ex. être auteur ou victime de violences, souffrir de dépression ou d'obésité, fumer, adopter un comportement sexuel à haut risque, avoir une grossesse non désirée, et abuser d'alcool ou de drogue. La maltraitance des enfants a non seulement des conséquences sur le plan sanitaire et social, mais aussi un impact économique, englobant les coûts d'hospitalisations, de traitements de santé mentale, d'aide sociale à l'enfance et les frais de santé à plus long terme. Dès lors, les programmes de prévention visant à empêcher la maltraitance et à éviter que les enfants ne soient exposés à d'autres expériences négatives peuvent avoir des retombées positives d'envergure pour la santé publique. 140516 EUR/RC64/ML/2 page 2 Les inégalités liées au statut socioéconomique se présentent sous la forme d'un gradient : les enfants du premier quintile sont ceux qui ont les meilleurs résultats, ceux du deuxième quintile sont un peu moins performants, etc. Cependant, le problème n'est pas uniquement celui des plus pauvres parmi les enfants ; le contexte n'est absolument pas décisif. Beaucoup d'enfants de milieux pauvres vainquent le sort et deviennent des adultes productifs et sains, peut-être grâce à leur volonté personnelle ou grâce à des facteurs protecteurs au sein de la famille et/ou de la communauté où ils vivent. Il existe de grandes différences entre pays pour ce qui est du soutien apporté aux tout premiers stades de la vie. Les meilleurs systèmes sont caractérisés par un appui personnalisé et constant durant la grossesse, un choix de formules d'accouchement, un encadrement et des conseils après la naissance et un congé parental payé pour la mère et le père. Il existe également des différences entre pays quant aux soins dispensés dans la petite enfance et à l'éducation avant l'âge de la scolarité obligatoire. Un système idéal prévoit des services de garderie d'enfants de haute qualité, à un prix abordable et facilement accessibles, suffisamment flexibles pour permettre à chacun des parents de reprendre le travail. Il a été démontré qu'il était positif pour les enfants de plus de deux ans de passer un peu de temps chaque semaine dans un service de garde collectif stimulant et de haute qualité, ce qui contribue également à ce que les enfants de milieux plus modestes obtiennent davantage. C'est là une importante stratégie de lutte contre la pauvreté, qui permet aux parents d'exercer un emploi et d'augmenter le revenu familial. L'offre idéale de services comprend un usage multiple de garderies, avec conseils et soutien dans l'art d'être parent, pour la santé et pour une bonne alimentation, et un recours à la collectivité dans son ensemble. En bref Un investissement dans la petite enfance est l'un des moyens les plus efficaces d'améliorer la santé, tant dans l'enfance qu'ultérieurement, avec des retombées positives pour le développement et sur le plan social. En agissant dans la petite enfance, on peut garantir que les enfants atteignent pleinement leur potentiel. Les systèmes de santé ont un rôle essentiel à jouer s'agissant de veiller à l'instauration de conditions équitables pour aider les enfants à atteindre pleinement leur potentiel tandis qu'ils entament leur parcours de vie. C'est un moyen sûr de lutter contre les inégalités sur le plan sanitaire et social. Débat 1. A votre avis, quel est l'effet le plus important des politiques sur le développement dans la petite enfance ? Quelques exemples : Processus et politique • Existence de systèmes d'éducation et de garde pour la petite enfance • Démarches en matière de droit de l'enfant • Bonnes relations avec le secteur de l'enseignement et le secteur social • Congé parental (congé de maternité ou de paternité) • Programmes structurés d'éducation parentale Résultats • Combler le fossé des inégalités • Améliorer la santé de l'adulte à un stade de vie ultérieur • Améliorer les soins pré- et périnatals • Augmenter les taux d'allaitement maternel exclusif • Faire baisser, à terme, le coût des systèmes de santé 2. Décrivez la mesure clé (une seule) que vous prendriez en premier. = = =

Informations clés
Type de document Governing Bodies documents
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé