Organisation mondiale de la santé (OMS) · Journal articles

Revitalizing control efforts for cholera = Redynamisation des efforts de lutte contre le choléra

Organisation mondiale de la santé
Voir le document original

Le texte intégral est hébergé par l’organisation qui le publie. lawenc.com indexe les métadonnées et renvoie vers la source officielle.

Texte intégral

Revitalizing control efforts for cholera David A Sacka

Redynamisation des efforts de lutte contre le choléra David A Sacka

Introduction Cholera continues to be a threat in many countries. Cases and deaths continue in Hispaniola, Africa and Asia. Each year, the WER provides an update of these numbers as reported to WHO through national Ministries of Health.1 The numbers of cases and the numbers of countries reporting cholera vary from year to year but unfortunately, they do not demonstrate any indication that the disease burden is being reduced or that the cholera map is beginning to shrink. Clearly, the cholera cases and deaths reported to WHO represent only a fraction of the cases which actually occur, so the true disease burden remains unknown but is likely to be >2 million cases and nearly 100  000 deaths every year.2 During the last year, outbreaks have occurred in many countries including Nigeria, South Sudan, Cameroon, Ethiopia, Kenya, Malawi, Uganda and the United Republic of Tanzania, in addition to the recurrent seasonal cholera in Bangladesh, Democratic Republic of Congo and India. Cholera could be eliminated if safe water and adequate sanitation were universal; but in reality, many people continue to live in areas of poverty or civil unrest where safe water is simply not available and is unlikely to be available within the next few decades. Despite the difficulties, there is considerable optimism about the control of cholera. This optimism relates to new understandings of its epidemiology, a new oral cholera vaccine, new diagnostics, and rejuvenated coordination of efforts. In the future, progress will depend especially on the efforts of Ministries of Health to develop and carry out national control plans using these new resources.

Introduction Le choléra continue d’être une menace pour de nombreux pays. On enregistre des cas et des morts en Haïti, en Afrique et en Asie. Chaque année, le REH publie une actualisation de ces chiffres tels que rapportés à l’OMS par le biais des ministères nationaux de la santé.1 Les nombres de cas et de pays notifiant des cas varient d’une année sur l’autre, mais malheureusement, ne font apparaître aucun indice d’une diminution de la charge de morbidité due au choléra ou d’un début de rétrécissement du territoire où sévit cette maladie. Il est clair que les cas de choléra et les décès résultants notifiés à l’OMS ne représentent qu’une fraction des cas qui apparaissent réellement, de sorte que la charge de morbidité vraie reste inconnue, mais représente probablement >2 millions de cas et près de 100 000 décès.2 Au cours de l’année passée, des flambées cholériques se sont produites dans nombre de pays, dont le Nigéria, le Soudan du Sud, le Cameroun, le Malawi, la République-Unie de Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya et l’Éthiopie, en plus des épidémies saisonnières récurrentes frappant le Bangladesh, l’Inde et le Népal. Cette maladie pourrait être éliminée si de l’eau sans risque sanitaire et des installations d’assainissement appropriées étaient universellement disponibles, mais en réalité, de très nombreuses personnes continuent de vivre dans des zones où règnent pauvreté ou troubles civils et où une telle eau n’est tout simplement pas disponible, sans qu’on puisse attendre une amélioration de la situation dans les décennies à venir. Malgré ces difficultés, la lutte contre le choléra inspire un grand optimisme. Celui-ci est motivé par les nouvelles connaissances sur l’épidémiologie de la maladie, par la mise au point d’un nouveau vaccin anticholérique oral et de nouveaux moyens diagnostiques et par une nouvelle dynamique dans la coordination des efforts. Dans l’avenir, les progrès dépendront tout particulièrement des actions des ministères de la santé pour élaborer et faire exécuter des plans de lutte nationaux utilisant ces nouveaux moyens.

Epidemiology of cholera Studies from the Ganges Delta highlighted the importance of Vibrio cholerae as an indigenous bacterium of water.3 This led to the understanding of an environmental reservoir for cholera from which outbreaks could originate. The epidemic in Haiti, however, illustrated how a single strain could be transported from one part of the world and be introduced into a new region, causing a major epidemic.4, 5, 6 It thus seems that in certain See No. 40, 2015, pp. 517–544. Ali M, Nelson AR, Lopez AL, Sack DA. Updated global burden of cholera in endemic countries. PLoS Negl Trop Dis. 2015 Jun;9(6):e0003832. Colwell RR. Infectious disease and environment: cholera as a paradigm for waterborne disease. International microbiology : the official journal of the Spanish Society for Microbiology. 2004 Dec;7(4):285–289. Farmer P, Almazor CP, Bahnsen ET, Barry D, Bazile J, Bloom BR, et al. Meeting cholera’s challenge to Haiti and the world: a joint statement on cholera prevention and care. PLoS Negl Trop Dis. 2011;5(5):e1145. Chin CS, Sorenson J, Harris JB, Robins WP, Charles RC, Jean-Charles RR, et al. The origin of the Haitian cholera outbreak strain. N Engl J Med. 2011 Jan 6;364(1):33–42.

Épidémiologie du choléra Des études menées dans le delta du Gange ont mis en lumière l’importance de Vibrio cholerae en tant que bactérie indigène dans l’eau.3 Ces études ont fait connaître un réservoir environnemental du choléra qui pourrait être à l’origine de certaines flambées. Cependant, l’épidémie qui sévit en Haïti illustre la façon dont une souche unique a pu être transportée d’une partie du monde dans une autre et introduite dans une nouvelle région, pour donner naissance à une épidémie majeure.4, 5, 6 Il Voir No 40, 2015, pp. 517-544. Ali M, Nelson AR, Lopez AL, Sack DA. Updated global burden of cholera in endemic countries. PLoS Negl Trop Dis. 2015 Jun;9(6):e0003832. Colwell RR. Infectious disease and environment: cholera as a paradigm for waterborne disease. International microbiology: the official journal of the Spanish Society for Microbiology. 2004 Dec;7(4):285–289. Farmer P, Almazor CP, Bahnsen ET, Barry D, Bazile J, Bloom BR, et al. Meeting cholera’s challenge to Haiti and the world: a joint statement on cholera prevention and care. PLoS Negl Trop Dis. 2011;5(5):e1145. Chin CS, Sorenson J, Harris JB, Robins WP, Charles RC, Jean-Charles RR, et al. The origin of the Haitian cholera outbreak strain. N Engl J Med. 2011 Jan 6;364(1):33–42. Cravioto AL, Lantagne,D.S, Nair G.B. Final Report of the Independent Panel of Experts on the Cholera Outbreak in Haiti. New York: United Nations; 2011 [updated 2011; cited. Disponible sur http://www.un.org/News/dh/infocus/haiti/UN-cholera-report-final.pdf. WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, NO. 40, 2 OCTOBER 2015

1 2

1 2

3

3

4

4

5

5

6

Cravioto AL, Lantagne,D.S, Nair G.B. Final Report of the Independent Panel of Experts on the Cholera Outbreak in Haiti. New York: United Nations; 2011 [updated 2011; cited. Available from: http://www.un.org/News/dh/infocus/haiti/UN-cholerareport-final.pdf.

6

530

circumstances, cholera does originate from environmental sources, but in others, the outbreak is the result of spread from other regions or countries. Evaluations of the molecular genetics of V. cholerae suggest that most strains originate in the Ganges Delta and spread to other parts of the world, but the routes of this spread are poorly understood.7 Transmission can in theory be interrupted using a variety of strategies; some of these are proven, but others require additional evaluation. For example, antibiotic treatment of hospitalized cholera cases eliminates the vibrio from the feces and prevents its onward spread to other family members when the patient returns home.8 Similarly, safe funeral practices will avoid cholera transmission which has occurred commonly with traditional practices in many cultures.9 Potential strategies which need further evaluation include focused immediate prophylactic antibiotic treatment, focused water-sanitation interventions for families of cases, and vaccination for families and neighbours of cases. Strategies to prevent international spread related to travelers and relief workers coming from endemic areas also need to be developed. Such international spread is rare, but can be devastating as illustrated by the epidemic in Haiti.

apparaît donc que dans certaines circonstances, la flambée de choléra a son origine dans une source environnementale, tandis que dans d’autres, elle résulte d’une propagation à partir d’une autre région ou d’un autre pays. Des évaluations des caractéristiques génétiques moléculaires de V. cholerae laissent à penser que la plupart des souches proviennent du delta du Gange et se sont propagées à d’autres parties du monde, mais les voies suivies par cette propagation sont mal connues.7 En théorie, il serait possible d’interrompre la transmission par diverses stratégies, dont certaines ont fait leurs preuves, tandis que d’autres doivent être évaluées de manière plus poussée. Par exemple le traitement antibiotique des cas de choléra hospitalisés permet d’éliminer la présence de vibrions dans les selles et empêche la maladie de continuer à se propager à d’autres membres de la famille lorsque le patient retourne à son domicile.8 De même, la mise en œuvre de pratiques d’inhumations sans risque prévient la transmission du choléra, laquelle intervient fréquemment avec les rites funéraires traditionnels de nombreuses cultures.9 Parmi les stratégies potentielles devant subir une évaluation plus poussée, figurent la prophylaxie antibiotique immédiate ciblée, des interventions en matière d’assainissement ciblées en faveur des familles des cas, ainsi que la vaccination des membres de la famille et des voisins des cas. Des stratégies visant à prévenir la propagation internationale pouvant résulter des déplacements des forces de maintien de la paix ou d’autres travailleurs humanitaires à partir des zones d’endémie doivent aussi être mises au point. Une telle propagation internationale est rare, mais peut être dévastatrice comme le montre l’épidémie apparue en Haïti.

Cholera vaccine Currently there are 2 WHO-prequalified oral vaccines for cholera, Dukoral and Shanchol. Shanchol is available through the global stockpile which is administered by the International Coordinating Group (ICG).10 Two others are licensed in their own country (mORC-Vax in Viet Nam and Euvichol in South Korea) and others, including both oral killed and oral live attenuated vaccines, are under development and may be available soon. Cholera vaccine has the potential to make a major impact on the cholera rates in both endemic areas and outbreaks. The clinical trials and initial public health implementations of the prequalified vaccines consistently demonstrate the vaccine’s effectiveness11, 12, 13, 14 but agencies are still learning how best to use the new vaccines. 7

Vaccin anticholérique À l’heure actuelle, il existe 2 vaccins anticholériques oraux présélectionnés par l’OMS (Dukoral et Shanchol). Le premier est le seul disponible par l’intermédiaire du stock mondial, qui est administré par le Groupe international de coordination (ICG).10 Deux autres vaccins sont homologués dans le pays où ils ont été mis au point (mORC – Vax au Vietnam et Euvichol en République de Corée) tandis que d’autres, dont des vaccins oraux tués et atténués, sont en cours de développement et pourraient être disponibles bientôt. Le potentiel d’impact du vaccin anticholérique sur les taux de choléra, à la fois dans les zones d’endémie et dans celles touchées par des flambées, est très important. Les essais cliniques et les débuts de mise en œuvre dans la population générale des vaccins préqualifiés démontrent de manière homogène l’efficacité de ces nouveaux vaccins,11, 12, 13, 14 mais les agences en sont encore à étudier la meilleure façon de les utiliser. 7

Mutreja A, Kim DW, Thomson NR, Connor TR, Lee JH, Kariuki S, et al. Evidence for several waves of global transmission in the seventh cholera pandemic. Nature. 2011 Sep 22;477(7365):462–465. Nelson EJ, Nelson DS, Salam MA, Sack DA. Antibiotics for both moderate and severe cholera. N Engl J Med. 2011 Jan 6;364(1):5–7. Gunnlaugsson G, Einarsdottir J, Angulo FJ, Mentambanar SA, Passa A, Tauxe RV. Funerals during the 1994 cholera epidemic in Guinea-Bissau, West Africa: the need for disinfection of bodies of persons dying of cholera. Epidemiol Infect. 1998 Feb;120(1):7–15. See http://www.who.int/cholera/vaccines/ocv_stockpile_2013/en/ Sur D, Kanungo S, Sah B, Manna B, Ali M, Paisley AM, et al. Efficacy of a low-cost, inactivated whole-cell oral cholera vaccine: results from 3 years of follow-up of a randomized, controlled trial. PLoS Negl Trop Dis. 2011 Oct;5(10):e1289. Khatib AM, Ali M, von Seidlein L, Kim DR, Hashim R, Reyburn R, et al. Effectiveness of an oral cholera vaccine in Zanzibar: findings from a mass vaccination campaign and observational cohort study. Lancet Infect Dis. 2012 Nov;12(11):837–844. Lucas ME, Deen JL, von Seidlein L, Wang XY, Ampuero J, Puri M, et al. Effectiveness of mass oral cholera vaccination in Beira, Mozambique. N Engl J Med. 2005 Feb 24;352(8):757–767. Qadri F, Ali M, Chowdhury F, Khan AI, Saha A, Khan IA, et al. Feasibility and effectiveness of oral cholera vaccine in an urban endemic setting in Bangladesh: a cluster randomised open-label trial. Lancet. 2015 Jul 8.

Mutreja A, Kim DW, Thomson NR, Connor TR, Lee JH, Kariuki S, et al. Evidence for several waves of global transmission in the seventh cholera pandemic. Nature. 2011 Sep 22;477(7365):462– 465.

8

8

Nelson EJ, Nelson DS, Salam MA, Sack DA. Antibiotics for both moderate and severe cholera. N Engl J Med. 2011 Jan 6;364(1):5–7. Gunnlaugsson G, Einarsdottir J, Angulo FJ, Mentambanar SA, Passa A, Tauxe RV. Funerals during the 1994 cholera epidemic in Guinea-Bissau, West Africa: the need for disinfection of bodies of persons dying of cholera. Epidemiol Infect. 1998 Feb;120(1):7–15 Voir http://www.who.int/cholera/vaccines/ocv_stockpile_2013/en/ Sur D, Kanungo S, Sah B, Manna B, Ali M, Paisley AM, et al. Efficacy of a low-cost, inactivated whole-cell oral cholera vaccine: results from 3 years of follow-up of a randomized, controlled trial. PLoS Negl Trop Dis. 2011 Oct;5(10):e1289. Khatib AM, Ali M, von Seidlein L, Kim DR, Hashim R, Reyburn R, et al. Effectiveness of an oral cholera vaccine in Zanzibar: findings from a mass vaccination campaign and observational cohort study. Lancet Infect Dis. 2012 Nov;12(11):837–844. Lucas ME, Deen JL, von Seidlein L, Wang XY, Ampuero J, Puri M, et al. Effectiveness of mass oral cholera vaccination in Beira, Mozambique. N Engl J Med. 2005 Feb 24;352(8):757–767. Qadri F, Ali M, Chowdhury F, Khan AI, Saha A, Khan IA, et al. Feasibility and effectiveness of oral cholera vaccine in an urban endemic setting in Bangladesh: a cluster randomised open-label trial. Lancet. 2015 Jul 8.

9

9

10 11

10 11

23

12

13

13

14

14

RELEVE EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 40, 2 OCTOBRE 2015 531

The vaccine available from the stockpile (Shanchol) is simple and safe to administer by drinking 1.5 ml directly from the vial. Two doses are recommended with the second dose ≥2 weeks after the first. It can be given at any age from 1 year, and the recent efficacy study from Kolkata shows that the vaccine protects for at least 5 years.15 Currently, the supply of vaccine is limited; thus, strategies are being evaluated on how to best use the doses which are available. GAVI Alliance is now supporting the purchase costs for the vaccine for the GAVI Alliance eligible countries, but the country or agency must still cover the programme costs for deployment of the vaccine. The vaccine is currently being used primarily during outbreaks or in high risk situations (e.g. camps for internally displaced people). As the supply of vaccine increases, its use should increase in endemic countries and in hotspot areas in countries where cholera has been recurrent. When vaccine is used to control an outbreak, it should be used at an early stage to have an impact on the overall course of the outbreak. Delays in implementation reduce the overall impact.

Le vaccin disponible par le biais du stock mondial (Shanchol) est assez simple d’administration et sans risque: il suffit 1, 5 ml directement à partir du flacon. Deux doses sont recommandées, la deuxième devant être prise ≥2 semaines après la première. Ce vaccin peut être administré à toute personne âgée d’au moins un an et l’étude d’efficacité récemment réalisée à Calcutta montre que la protection qu’il confère dure au moins 5 ans.15 Actuellement, l’approvisionnement en vaccins est limité; c’est pourquoi des stratégies sont en cours d’évaluation sur la façon d’utiliser au mieux les doses disponibles. L’Alliance GAVI finance actuellement le coût d’acquisition des vaccins pour les pays remplissant les critères pour bénéficier de son aide, mais il reste au pays ou à l’agence à couvrir les coûts programmatiques de la vaccination. À ce jour, le vaccin est principalement utilisé pendant les flambées ou dans les situations à haut risque (camps de personnes déplacées à l’intérieur du pays, par exemple). Avec l’augmentation des approvisionnements en vaccins, leur utilisation devrait s’étendre dans les pays d’endémie et dans les zones constituant des points chauds des pays où la présence du choléra est récurrente. Lorsqu’on utilise le vaccin pour endiguer une flambée, il convient de le faire à un stade précoce pour obtenir un effet sur l’évolution globale de la flambée. Les temporisations dans la mise en œuvre du vaccin amoindrissent l’impact général de celui-ci. Les approvisionnements en vaccins étant limités, on s’intéresse, pour les flambées, à une stratégie monodose plutôt qu’à une stratégie utilisant 2 doses, comme celle testée au départ.16 Cette démarche devrait faire bénéficier à deux fois plus d’individus de la même protection. Même si l’efficacité d’une dose unique s’était révélée quelque peu inférieure, la stratégie monodose pourrait tout de même éviter plus de cas qu’une stratégie reposant sur 2 doses, dont les bénéficiaires seraient moitié moins nombreux. Dans l’attente d’autres données, l’administration de 2 doses reste recommandée, mais des études supplémentaires sont prévues pour trouver des scénarios dans lesquels une dose unique conviendrait. Une des caractéristiques importantes du vaccin anticholérique oral est la protection collective qu’il confère lorsqu’un taux de couverture élevé est atteint.17 Pour une personne vaccinée, la probabilité d’excréter en grand nombre des bactéries dans ses selles et de contaminer l’eau ou de transmettre des bactéries à d’autres personnes est moindre. Par exemple une personne souffrant d’un choléra sévère excrète typiquement 10 litres (ou plus) de selles aqueuses au cours de sa maladie et chaque litre contient jusqu’à dix mille milliards de vibrions. À l’inverse, pour une personne vaccinée, la probabilité d’être infectée est plus faible et si elle excrète des bactéries, le nombre total de vibrions rejetés sera environ 10 000 fois moindre.

Because the vaccine is in short supply, for outbreaks, there is interest in a single-dose strategy rather than 2 doses as originally tested.16 This would allow twice as many people to have some protection. Even with somewhat lower efficacy,, a single dose strategy might still avert more cases that a 2-dose strategy given to half as many people. Pending other data, 2 doses are still recommended, but additional studies are planned to understand scenarios where a single dose might be appropriate. An important feature of oral cholera vaccine is the herd protection it provides when a high coverage is achieved.17 A person who has been immunized is less likely to shed high numbers of bacteria in their feces, and therefore is less likely to contaminate the water or transmit the bacteria to others. For example, a patient with severe cholera typically excretes 10 litrer (or more) of watery stool during the illness, and each litre contains up to a trillion vibrios. By contrast, an immunized person is less likely to become infected; if he/she does shed bacteria, the total number of vibrios excreted will be about 10 000-fold less.

Diagnostics Fecal culture is the standard method for confirming a cholera case and a positive result from several patients with diarrhoea is needed to declare an outbreak. Although not difficult to carry out, it does require specialized media, trained technicians and a well-

Diagnostics La culture fécale constitue la méthode standard pour confirmer les cas de choléra et il faut disposer de résultats positifs pour plusieurs patients diarrhéiques pour déclarer une flambée. Même si cette culture n’est pas difficile à réaliser, elle requiert des milieux spécialisés, des techniciens formés et un laboratoire

15

Bhattacharya SK, Sur D, Ali M, Kanungo S, You YA, Manna B, et al. 5 year efficacy of a bivalent killed whole-cell oral cholera vaccine in Kolkata, India: a cluster-randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Lancet Infect Dis. 2013 Oct 17. Azman AS, Luquero FJ, Ciglenecki I, Grais RF, Sack DA, Lessler J. The Impact of a One-Dose versus Two-Dose Oral Cholera Vaccine Regimen in Outbreak Settings: A Modeling Study. PLoS Med. 2015 Aug;12(8):e1001867. Ali M, Emch M, von Seidlein L, Yunus M, Sack DA, Rao M, et al. Herd immunity conferred by killed oral cholera vaccines in Bangladesh: a reanalysis. Lancet. 2005 Jul 2-8;366(9479):44–49.

15

Bhattacharya SK, Sur D, Ali M, Kanungo S, You YA, Manna B, et al. 5 year efficacy of a bivalent killed whole-cell oral cholera vaccine in Kolkata, India: a cluster-randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Lancet Infect Dis. 2013 Oct 17. Azman AS, Luquero FJ, Ciglenecki I, Grais RF, Sack DA, Lessler J. The Impact of a One-Dose versus Two-Dose Oral Cholera Vaccine Regimen in Outbreak Settings: A Modeling Study. PLoS Med. 2015 Aug;12(8):e1001867. Ali M, Emch M, von Seidlein L, Yunus M, Sack DA, Rao M, et al. Herd immunity conferred by killed oral cholera vaccines in Bangladesh: a reanalysis. Lancet. 2005 Jul 2-8;366(9479):44–49. WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, NO. 40, 2 OCTOBER 2015

16

16

17

17

532

equipped microbiology laboratory. These are not always available in regions with cholera, and when cultures are performed, results are often delayed. New rapid diagnostics are now becoming available which should allow more rapid detection of outbreaks as well as monitoring the course of the outbreak. Polymerase chain reaction (PCR) methods are becoming more widely used which provide more accurate diagnosis. Though PCR is not a “rapid test”, PCR methods are often useful for confirmation when evaluating cholera interventions. As with malaria, it is expected that rapid diagnostics will be an important component of cholera control.

de microbiologie bien équipé. De tels laboratoires ne sont pas couramment disponibles dans les régions où sévit le choléra et lorsque des cultures sont pratiquées, les résultats arrivent souvent tardivement. De nouveaux moyens diagnostiques rapides, qui devraient permettre une détection plus immédiate des flambées et le suivi de leur évolution, deviennent maintenant disponibles. Les méthodes faisant appel à l’amplification en chaîne par polymérase (PCR) sont de plus en plus largement utilisées, ce qui conduit à un diagnostic plus exact. Bien que la PCR n’appartienne pas à la catégorie des «tests rapides», les méthodes qui y recourent s’avèrent souvent utiles pour confirmer les résultats d’analyse lors de l’évaluation de certaines interventions contre le choléra. Comme pour le paludisme, on s’attend à ce que les moyens diagnostiques rapides deviennent une composante importante de la lutte contre le choléra.

Rejuvenated coordination of cholera control

Un élan nouveau dans la coordination de la lutte contre le choléra Il existe plusieurs raisons à l’accroissement du niveau des efforts pour lutter contre le choléra. La flambée survenue en Haïti a certainement alerté les décideurs de la planète quant à la nécessité d’accentuer les efforts pour combattre cette maladie. Le vaccin oral a également renforcé l’intérêt pour la lutte contre le choléra. Il est clair que le vaccin à lui seul n’éliminera pas le choléra, mais il fournit un nouvel outil à la stratégie intégrée globale destinée à contrer cette maladie. Ainsi, en apprenant comment utiliser plus efficacement ce vaccin, les agences de santé publique améliorent aussi leurs connaissances dans le développement et l’évaluation de stratégies intégrées. La disponibilité limitée des approvisionnements vaccinaux a conduit à la mise en place du stock mondial et de l’aide de l’Alliance GAVI pour les achats. La demande en vaccins garantie par ces dispositions stimule la production d’approvisionnements supplémentaires. L’Assemblée mondiale de la Santé a attiré l’attention sur la lutte contre le choléra dans sa déclaration de 2011.18 Cette intervention a débouché sur une redynamisation du Groupe spécial mondial de lutte contre le choléra (GTFCC), avec pour objectif commun de réduire la transmission et d’éliminer la mortalité due à cette maladie. Ce Groupe spécial, qui à son secrétariat à l’OMS, réunit de nombreux organismes participant à des activités contre le choléra, et notamment à la fois des agences chargées de la mise en œuvre et des instituts de recherche, qui collaborent dans la mise au point des meilleures pratiques. Tout ce regain d’activité aurait été impossible sans le soutien financier des fondations et des agences gouvernementales.

There are several reasons for an increased level of effort for cholera control. The Haiti outbreak certainly alerted the world’s policy makers to the need for more effort to control cholera. The oral vaccine also boosted interest in cholera. Clearly vaccine alone will not eliminate the disease, but it does provide a new tool in the overall integrated strategy for its control. Thus in learning how to use vaccine more effectively, public health agencies also improve their understanding of developing and evaluating integrated strategies. The availability of limited supplies of vaccine led to the creation of the stockpile and to GAVI Alliance support for its purchase, and this guaranteed demand for vaccine stimulates production of additional vaccine supplies.

The World Health Assembly highlighted cholera in its declaration in 2011.18 This led to revitalizing the Global Task Force for Cholera Control (GTFCC) with a common goal of reducing transmission and eliminating cholera deaths. With the secretariat at WHO, the Task Force includes many agencies involved in cholera activities, with both implementing agencies and research institutes which are working together to develop best practices. All of this increased activity would not be possible without financial support from foundations and government agencies.

The future of cholera control The GTFCC meets regularly to help stimulate and coordinate the cholera control efforts. Future efforts will increasingly shift to national Ministries of Health to develop national plans for cholera control. Some countries will include vaccine as a component of their national plans, but all countries with a cholera risk will need surveillance to quickly detect outbreaks and identify cholera hotspots, and to ensure high quality and available case management to prevent deaths from cholera, improved water and sanitation for those at risk, and development of strategies for improved health educa-

L’avenir de la lutte contre le choléra Le Groupe spécial GTFCC se réunit régulièrement pour aider à stimuler et à coordonner les efforts de lutte contre le choléra. Les efforts futurs dans ce sens feront de plus en plus intervenir les ministères de la santé dans l’élaboration de plans nationaux pour combattre le choléra. Certains pays intégreront le vaccin en tant que composante essentielle dans leurs plans nationaux, mais tous les pays exposés à un risque de choléra exerceront une surveillance pour détecter rapidement les flambées et identifier les foyers, devront assurer la disponibilité d’une prise en charge de qualité de manière à prévenir les décès dus à cette maladie, amélioreront la qualité de l’eau et l’assainissement

18

Cholera: mechanism for control and prevention. Resolution WHA64.15, adopted during the Sixty-fourth World Health Assembly, Geneva, World Health Organization, 2011. Available from http://www.who.int/cholera/technical/Resolution_CholeraA64_R15-en.pdf?ua=1; accessed September 2015.

18

Choléra: dispositif de lutte et de prévention. Résolution WHA64.15, adoptée lors de la SoixanteQuatrième Assemblée mondiale de la Santé, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011. Disponible sur http://www.who.int/cholera/technical/A64_R15-fr.pdf?ua=1; consulté en septembre 2015.

RELEVE EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 40, 2 OCTOBRE 2015 533

tion on cholera and diarrhoea prevention. With such integrated efforts, it should be possible to shrink the cholera map and eventually eliminate cholera as a major public health problem.

pour les personnes à risque et élaboreront des stratégies pour parfaire l’éducation sanitaire à propos de la prévention du choléra et des diarrhées. Avec des efforts intégrés de cette nature, il devrait être possible de réduire progressivement le territoire où sévit le choléra et, en dernier ressort, d’éliminer cette maladie en tant que problème de santé publique majeur.

Author affiliations a

Affiliation des auteurs a

Department of International Health Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Baltimore, United States of America (Corresponding author: David Sack, dsack1@jhu.edu). 

Department of International Health Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Baltimore, États-Unis d’Amérique. (Adresse pour la correspondance: David Sack, dsack1@jhu.edu).  WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, NO. 40, 2 OCTOBER 2015

534

Informations clés
Type de document Journal articles
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé