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Diagnostic et prise en charge des enfants fiévreux à Dhaka (Bangladesh) suivant les directives OMS/UNICEF pour la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant / S. H. Factor ... [et al.]

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Diagnostic et prise en charge des enfants fie ´ vreux a ` Dhaka (Bangladesh) suivant les directives OMS/UNICEF pour la prise en charge inte ´ gre ´e des maladies de l’enfant S. H. Factor,1 J. A. Schillinger,2 H. D. Kalter,3 S. Saha,4 H. Begum,4 A. Hossain,4 M. Hossain,4 V. Dewitt,4 M. Hanif,4 N. Khan,4 B. Perkins,5 R. E. Black5 et B. Schwartz6

Objectif De ´ terminer si le module « fie ` vre » des directives OMS/UNICEF pour la prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant (PCIME) permet de reconnaıˆtre les enfants atteints d’infection bacte ´ rienne dans une re ´ gion de faible pre ´ valence du paludisme. Me ´ thodes Des me ´ decins ont examine ´ un e ´ chantillon syste ´ matique de 669 enfants malades de 2 a ` 59 mois vus dans le service des consultations externes du Dhaka Shishu Hospital au Bangladesh. Re ´ sultats Si les directives PCIME avaient e ´ te ´ applique ´ es pour e ´ valuer l’e ´ tat des enfants, 78 % de ceux qui e ´ taient atteints d’infection bacte ´ rienne auraient rec ¸ u des antibiotiques, soit la plupart des enfants atteints de me ´ ningite (100 %), de pneumonie (95 %), d’otite moyenne (95 %) et d’infection urinaire (83 %), et au maximum 50 % des enfants atteints de bacte ´ rie ´ mie (50 %), de dysenterie (48 %) et d’infection cutane ´ e (30 %). L’actuel module « fie ` vre » n’a identifie ´ qu’un cas supple ´ mentaire de me ´ ningite. La probabilite ´ que l’enfant bacte ´ rie ´ mique soit fe ´ brile, chaud au toucher et ait des ante ´ ce ´ dents de fie ` vre e ´ tait plus importante que pour les enfants atteints de dysenterie et d’infection cutane ´ e. La fie ` vre associe ´e a ` l’impression de respiration rapide rapporte ´ e par les parents a donne ´ un module plus sensible que l’actuel module « fie ` vre » de la PCIME pour la de ´ tection des bacte ´ rie ´ mies. Conclusion En secteur de faible pre ´ valence palustre, la PCIME recommande le traitement antibiotique de la plupart des enfants atteints d’infection bacte ´ rienne, mais des ame ´ liorations du module « fie ` vre » sont possibles. Mots cle ´ s Fie ` vre/chimiothe ´ rapie ; Infections bacte ´ riennes/diagnostic/chimiothe ´ rapie ; Me ´ ningite purulente/diagnostic/chimiothe ´ rapie ; Pneumonie bacte ´ rienne/diagnostic/chimiothe ´ rapie ; Otite moyenne/diagnostic/chimiothe ´ rapie ; Urinaire, Infection/diagnostic/chimiothe ´ rapie ; Bacte ´ rie ´ mie/diagnostic/chimiothe ´ rapie ; Dysenterie/diagnostic/ chimiothe ´ rapie ; Dermatose infectieuse/diagnostic/chimiothe ´ rapie ; Paludisme/diagnostic ; Prophylaxie antibiotique/ utilisation ; Enfant/ Prise en charge inte ´ gre ´ e ; Lignes directrices ; Evaluation ; Bangladesh (source : INSERM ). Article publie ´ en anglais dans Bulletin of the World Health Organization, 2001, 79 (12) : 1096-1105.

Introduction Les me ´ thodes de prise en charge applique ´ es au diagnostic et au traitement des maladies de l’enfant dans les pays en de ´ veloppement utilisent en ge ´ ne ´ ral ˆmes ainsi que un nombre limite ´ de signes et de sympto des me ´ thodes standardise ´ es de classification et de traitement des maladies. On a de ´ montre ´ que chez l’enfant atteint d’infection respiratoire aigue ¨ ou de Respiratory Diseases Branch, Division of Bacterial and Mycotic Disease, NCID, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA (Etats-Unis d’Ame ´ rique) ; Epidemic Intelligence Service, Epidemiology Program Office, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA (Etats-Unis d’Ame ´ rique). Correspondance : Dr Factor, Center for Urban Epidemiologic Studies, New York Academy of Medicine, 1216 Fifth Avenue, New York, NY 10029, Etats-Unis d’Ame ´ rique (me ´ l : sfactor@nyam.org). 2 1

maladie diarrhe ´ ique, ces approches re ´ duisent la mortalite ´ globale et la mortalite ´ par cause (1, 2). Le succe ` s de ces approches spe ´ cifiques a conduit l’OMS et l’UNICEF a ` les introduire dans un ensemble de directives pour la prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant (PCIME) qui comporte des modules ou sous-ensembles de directives pour l’identification et la prise en charge des enfants atteints d’infection respiratoire aigue ´ e, de ¨ , de diarrhe rougeole, de paludisme et d’autres affections fe ´ briles, 3

Department of International Health, Johns Hopkins School of Hygiene and Public Health, Baltimore, MD (Etats-Unis d’Ame ´ rique). Dhaka Shishu Hospital, Dhaka (Bangladesh). Meningitis and Special Pathogens Branch, DBMD, NCID, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA (Etats-Unis d’Ame ´ rique).

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Epidemic Intelligence Service, Epidemiology Program Office, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA (Etats-Unis d’Ame ´ rique) ; Division of STD Prevention, National Center for HIV, STD, and TB Prevention, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA (Etats-Unis d’Ame ´ rique). Organisation mondiale de la Sante ´ , 2002

Respiratory Diseases Branch, Division of Bacterial and Mycotic Disease, NCID, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA (Etats-Unis d’Ame ´ rique) ; National Immunization Program, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA (Etats-Unis d’Ame ´ rique). Re ´ f. : 00-0806 Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

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Prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant a ` Dhaka (Bangladesh) ainsi que de malnutrition – des pathologies qui sont responsables de plus de 70 % des de ´ ce ` s d’enfants dans les pays en de ´ veloppement (3). Dans la mesure ou ´ en consultation au centre de sante ´ ` l’enfant amene ˆ tre atteint de plusieurs maladies et ou peut e ` des entite ´ s pathologiques diffe ´ rentes peuvent se maniˆ mes sympto ˆ mes courants, le fester par les me protocole PCIME permet le diagnostic simultane ´ de plusieurs maladies et garantit que toutes seront traite ´ es, si indique ´. Les directives de la PCIME comportent un module d’e ´ valuation de l’enfant fe ´ brile centre ´ sur le diagnostic et le traitement du paludisme. Dans les re ´ gions ou ´ valence palustre est e ´ leve ´ e, la valeur ` la pre pre ´ dictive de la fie ` vre dans l’identification du paludisme e ´ tant importante, le module est approprie ´ (4). Dans d’autres re ´ gions ou ` le paludisme est moins re ´ pandu, la fie ` vre est davantage un facteur pre ´ dictif d’infection bacte ´ rienne. Un syste ` me de classification qui identifie avec une bonne sensibilite ´ l’enfant fe ´ brile susceptible d’avoir une infection bacte ´ rienne est important pour permettre un traitement antimicrobien approprie ´ . L’aptitude du module « fie ` vre » de la PCIME a ` identifier les enfants ayant une infection bacte ´ rienne en secteur ou ´ valence ` la pre palustre est faible n’a jamais e ´ te ´e ´ value ´ e. Cette e ´ tude avait trois objectifs : de ´ terminer dans quelle mesure les directives PCIME permettent d’identifier les enfants atteints d’infection bacte ´ rienne ne ´ cessitant une antibiothe ´ rapie dans un secteur ou ´ valence ` la pre palustre est faible, pre ´ ciser la part du module « fie ` vre » existant de la PCIME (qui identifie les enfants atteints d’« une maladie fe ´ brile tre ` s grave » en secteur non impalude ´ ) dans la performance globale de la PCIME, et e ´ valuer d’autres modules « fie ` vre » en vue de les inclure dans des directives inte ´ gre ´ es. moments de l’e ´ tude pour augmenter la taille de l’e ´ chantillon avec des enfants atteints de maladie aigue ´ fe ´ rentiel des ¨ , notamment par le recrutement pre enfants dirige ´ s vers les urgences par le personnel hospitalier, des enfants ayant une tempe ´ rature anormale (tempe ´ rature axillaire <35,5 o C ou ´ tresse >37,5oC),a et des enfants ayant des signes de de respiratoire (respiration bruyante, tirage sous-costal ou fre ´ quence respiratoire e ´ leve ´ e). Au DSH, le personnel responsable du triage des malades adresse syste ´ matiquement des patients pre ´sume ´ s atteints de cellulite ou d’abce ` s vers les services ambulatoires de chirurgie. C’est la raison pour laquelle ˆ tre sous-repre ces patients pourraient e ´ sente ´ s dans notre population d’e ´ tude. Dans la ville de Dhaka, les enfants atteints de diarrhe ´ e ou de dysenterie sont souvent emmene ´ s directement a ` l’International Centre ˆt for Diarrhoeal Disease Research (Bangladesh) pluto qu’au service non spe ´ cialise ´ des consultations externes ˆne du DSH, ce qui a entraı ´ une re ´ duction du nombre des participants dont le motif principal de consultation e ´ tait la diarrhe ´ e.

Investigations cliniques et biologiques Chez chacun des patients, une infirmie ` re a mesure ´ et note ´ le poids, la tempe ´ rature au toucher et la tempe ´ rature prise avec un thermome ` tre, ainsi que la fre ´ quence respiratoire. L’un des trois me ´ decins de l’e ´ tude a interroge ´ les parents pour obtenir des ante ´ ce ´ dents complets, a re ´ alise ´ l’examen clinique de l’enfant et a note ´ les re ´ sultats (signes absents ou pre ´ sents) dans un formulaire de recueil des donne ´ es standardise ´ . Pour les besoins de ces travaux de recherche, la fre ´ quence respiratoire rapide a e ´ te ´ ˆ ge, soit plus de 50 respirade ´ finie en fonction de l’a tions par minute chez les 2-11 mois et plus de 40 respirations par minute chez les 12-59 mois ; la tempe ´ rature anormale a e ´ te ´ de ´ finie comme une tempe ´ rature axillaire <35,5oC ou >37,5oC. Une radiographie thoracique a e ´ te ´ demande ´ e pour tout enfant ayant une cyanose centrale, un tirage souscostal, des cre ´ pitations, une fre ´ quence respiratoire e ´ leve ´ e, une tempe ´ rature anormale ou un diagnostic clinique pre ´ sume ´ de pneumonie. Une ponction lombaire a e ´ te ´ pratique ´ e chez tous les enfants dont la tempe ´ rature e ´ tait anormale et qui pre ´ sentaient l’un des crite ` res suivants : raideur de la nuque, acuite ´ de la maladie e ´ voquant une affection grave (57 sur une e ´ chelle d’observation chez le jeune nourrisson) (5) ou convulsions vraies en l’absence de signes typiques de te ´ tanos ne ´ onatal. Des he ´ mocultures ont e ´ te ´ re ´ alise ´ es chez un e ´ chantillon syste ´ matique d’enfants ayant des a Dans cette e ´ tude, on a mesure ´ la tempe ´ rature rectale ou la tempe ´ rature axillaire qui a e ´ te ´ note ´ e en oF. Pour des raisons de ´ te ´ convertis en oC au moyen de la formule pre ´ sentation, les oF ont e ´ ratures exprime ´ es en tempe ´ rature 5(oF – 32)/9 = oC, et les tempe axillaire (la tempe ´ rature axillaire est e ´ quivalente a ` la tempe ´ rature rectale mesure ´ e moins 0,5oC).

Mate ´ riel et me ´ thodes Participants a ` l’e ´ tude L’e ´ tude a e ´ te ´ re ´ alise ´ e dans le service des consultations ˆ pital externes du Dhaka Shishu Hospital (DSH), un ho pe ´ diatrique situe ´ a ` Dhaka au Bangladesh dans une re ´ gion ou ´ valence du paludisme est faible. ` la pre L’e ´ tude a e ´ te ´ approuve ´ e par le comite ´ d’e ´ thique du DSH, par le Bangladesh Medical Research Council, par le Johns Hopkins School of Hygiene and Public Health, et par les Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis d’Ame ´ rique. Un e ´ chantillon syste ´ matique a e ´ te ´ recrute ´ parmi les enfants de 2 a ` 59 mois qui se sont pre ´ sente ´s au service des consultations externes ou aux urgences du DSH pendant les heures d’ouverture entre septembre 1994 et fe ´ vrier 1995. Les enfants ayant consulte ´ le DSH dans la semaine pre ´ ce ´ dente, ayant e ´ te ´ hospitalise ´ s dans les deux semaines pre ´ ce ´ dentes ˆ pital pour une vaccination ou s’e ´ tant pre ´ sente ´s a ` l’ho de routine, de la physiothe ´ rapie ou un rendez-vous dans un service spe ´ cialise ´ (ne ´ phrologie, orthope ´ die, cardiologie par exemple) ont e ´ te ´ exclus de l’e ´ tude. Diffe ´ rentes strate ´ gies ont e ´ te ´ utilise ´ es a ` diffe ´ rents Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

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Recherche ante ´ ce ´ dents de fie ` vre dans les 24 heures pre ´ ce ´ dentes et chez tous les enfants ayant une tempe ´ rature axillaire anormale. Les me ´ decins ont demande ´ tous les autres tests qu’ils ont estime ´ indique ´ s d’apre ` s les crite ` res me ´ dicaux. Les de ´ cisions de traitement ont e ´ te ´ prises par les me ´ decins sur la base des ante ´ ce ´ dents me ´ dicaux, de l’examen physique et des examens de laboratoire disponibles. Quand les re ´ sultats de toutes les analyses de laboratoire ont e ´ te ´ connus (avec parfois un de ´ lai de plusieurs jours dans le cas des he ´ mocultures), les me ´ decins de l’e ´ tude ont enregistre ´ le diagnostic (jusqu’a ` trois diagnostics de ´ finitifs) sous une forme libre. directives de la PCIME ainsi que les signes et les ˆ mes qui conduisent a sympto ` ces classes sont indique ´s au Tableau 1. Chacune de ces classes diagnostiques est faite pour identifier un syndrome clinique particulier souvent du ` une infection bacte ´ rienne. ˆ a La cate ´ gorie « signes ge ´ ne ´ raux de danger » est conc ¸ ue pour identifier les enfants atteints de me ´ ningite ou de septice ´ mie. Les recommandations e ´ tablissent une distinction entre la « pneumonie grave » et la « pneumonie » ; devant une de ´ tresse respiratoire, l’un ou l’autre diagnostic est possible. Nous avons de ´ termine ´ quels e ´ taient les enfants atteints d’infection bacte ´ rienne qui, d’apre ` s les ˆ tre traite directives PCIME existantes, devaient e ´s avec un antibiotique, et nous avons mis au point un programme informatise ´ utilisant les signes et les ˆ mes enregistre sympto ´ s par les me ´ decins de l’e ´ tude pour identifier les enfants remplissant les crite ` res correspondant a ` chacun des sept diagnostics de la PCIME pour lesquels les antibiotiques sont indique ´ s.

Analyse des donne ´ es Evaluation des directives PCIME actuelles Les classes diagnostiques suivantes ont e ´ te ´ conside ´re ´ es comme des infections bacte ´ riennes ne ´ cessitant une antibiothe ´ rapie : me ´ ningite, pneumonie, bacte ´rie ´ mie, dysenterie, otite moyenne, infections cutane ´ es bacte ´ riennes (impe ´ tigo, cellulite et abce ` s) et infections des voies urinaires. La me ´ ningite e ´ tait de ´ finie par le diagnostic de me ´ ningite porte ´ par un pe ´ diatre ou par la pre ´ sence de l’un des crite ` res suivants sur un pre ´ le ` vement de liquide ce ´ phalorachidien : >100 globules blancs par champ a ` fort grossissement, prote ´ inorachie >100 mg/dl, observation d’un germe apre ` s coloration de Gram, ou recherche positive par agglutination de particules de latex pour Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae ou Neisseria meningitidis. La pneumonie e ´ tait de ´ finie par un diagnostic de pneumonie porte ´ par un pe ´ diatre ou la pre ´ sence d’un infiltrat a ` la radiographie thoracique chez un enfant atteint de bronchiolite cliniquement diagnostique ´ e. La bacte ´ rie ´ mie e ´ tait de ´ finie par un diagnostic de septice ´ mie clinique porte ´ par un pe ´ diatre ou l’isolement d’un germe pathoge ` ne a ` l’he ´ moculture. La de ´ finition du cas concernant les autres maladies e ´ tait base ´ e uniquement sur le diagnostic porte ´ par les me ´ decins de l’e ´ tude. Quand plusieurs diagnostics ont e ´ te ´ porte ´ s simultane ´ ment, l’e ´ tat de l’enfant a e ´ te ´ e ´ value ´ en conside ´ rant le diagnostic le plus grave.b D’apre ` s le module « fie ` vre » de la PCIME, dans un secteur ou ´ valence palustre est faible, l’enfant ` la pre qui a des ante ´ ce ´ dents de fie ` vre, que l’agent de sante ´ trouve chaud au toucher ou dont la tempe ´ rature axillaire est 537,5oC et chez lequel on note un signe ˆ tre ge ´ ne ´ ral de danger ou une raideur de la nuque, doit e classe ´ dans la cate ´ gorie diagnostique « maladie fe ´ brile ˆ tre traite tre ` s grave » et e ´ par des antibiotiques (Tableau 1). Les autres classes diagnostiques pour lesquelles l’antibiothe ´ rapie est indique ´ e d’apre ` s les b L’objectif de l’e ´ tude e ´ tant d’identifier les infections bacte ´ riennes, la gravite ´ de la maladie e ´ tait de ´ finie d’apre ` s les crite ` res suivants : e ´ tiologie bacte ´ rienne probable, e ´ tiologie infectieuse probable, e ´ tiologie non bacte ´ rienne (notamment virale, parasitaire ou mycosique), puis e ´ tiologie non infectieuse. Les diagnostics classe ´ s par ordre de ´ croissant de gravite ´ sont indique ´ s au Tableau 2.

Evaluation d’autres modules concernant la fie ` vre Nous avons mesure ´ la fre ´ quence de la fie ` vre et de ˆ mes chez les enfants divers autres signes et sympto atteints ou non d’infection bacte ´ rienne pour de ´ terminer leur sensibilite ´ et leur spe ´ cificite ´ dans l’identification des infections bacte ´ riennes ; en utilisant les ˆ mes sensibles pour l’identificasignes et les sympto tion des infections bacte ´ riennes, nous avons mis au point d’autres modules « fie ` vre ». Pour e ´ valuer ces nouveaux modules, nous avons mesure ´ la sensibilite ´ et la spe ´ cificite ´ globales des directives PCIME chez l’enfant atteint d’infection bacte ´ rienne quand ces modules sont utilise ´ s. Les donne ´ es ont e ´ te ´ analyse ´ es avec le logiciel SAS (6).

Re ´ sultats Population d’e ´ tude Un total de 669 enfants a e ´ te ´ recrute ´ dans l’e ´ tude. Deux enfants chez lesquels la tempe ´ rature n’avait pas e ´ te ´ mesure ´ e et un enfant pour lequel le me ´ decin n’avait pas indique ´ de diagnostic final ont e ´ te ´ exclus ; ˆ ge 666 enfants ont donc e ´ te ´ inclus dans l’analyse. L’a des enfants allait de 2 mois a ` 59 mois (me ´ diane : 12 mois) et, parmi eux, 74 % (soit 495/666) avaient moins de 2 ans et 24 % (soit 157/666) avaient moins de 6 mois. Les garc ¸ ons repre ´ sentaient 62 % de la population d’e ´ tude (soit 410/666). La pneumonie est le diagnostic qui a e ´ te ´ le plus fre ´ quemment porte ´ dans la population d’e ´ tude (n = 200) (Tableau 2). Parmi les 20 cas correspondant a ` la de ´ finition de la bacte ´ rie ´ mie, 17 enfants avaient une he ´ moculture positive (1 pour S. pneumoniae, 1 pour d’autres streptocoques, 8 pour Salmonella (dont 4 pour S. typhi), 1 pour Klebsiella pneumoniae, 1 pour Escherichia coli, 1 pour Pseudomonas et 4 pour Acinetobacter). Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

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Prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant a ` Dhaka (Bangladesh)

Evaluation des directives PCIME actuelles La sensibilite ´ et la spe ´ cificite ´ des directives PCIME actuelles pour l’identification des enfants atteints d’infection bacte ´ rienne et leur traitement par les antibiotiques e ´ taient respectivement de 78 % et 47 %. Parmi les 12 enfants atteints de me ´ ningite, 11 (soit 92 %) re ´ pondaient aux crite ` res des « signes ge ´ ne ´ raux de danger » (Tableau 3). Les 12 enfants atteints de me ´ ningite pre ´ sentaient les crite ` res de « maladie fe ´ brile tre ` s grave » d’apre ` s le module « fie ` vre ». En ajoutant le crite ` re « raideur de la nuque » aux signes de danger pour arriver au diagnostic de « maladie fe ´ brile tre ` s grave » du module « fie ` vre », tous les enfants atteints de me ´ ningite ont e ´ te ´ identifie ´ s.c Parmi les 200 enfants atteints de pneumonie, 186 (soit 93 %) re ´ pondaient aux crite ` res diagnostiques de la pneumonie ; 152 (soit 76 %) avaient une « pneumonie grave » et 34 (soit 17 %) une « pneumonie » (Tableau 3). Au total, parmi les enfants atteints de pneumonie, 190 (soit 95 %) auraient rec ¸ u des antibiotiques d’apre ` s les crite ` res correspondant a ` une ou plusieurs des sept cate ´ gories pour lesquelles les antibiotiques sont indique ´ s. Ce module « fie ` vre » n’a pas identifie ´ d’enfant atteint de pneumonie qui n’e ´ tait pas identifie ´ dans une autre partie du syste ` me PCIME. Parmi les 20 enfants chez lesquels une bacte ´ rie ´ mie a e ´ te ´ diagnostique ´ e, 10 (soit 50 %) auraient rec ¸ u des antibiotiques si les directives PCIME avaient e ´ te ´ utilise ´ es. Ces 10 enfants re ´ pondaient aux crite ` res diagnostiques de la « pneumonie » et, parmi eux, 6 re ´ pondaient aux crite ` res des « signes ge ´ ne ´ raux de danger ». Ce module « fie ` vre » n’a pas identifie ´ d’enfant bacte ´ rie ´ mique qui n’e ´ tait pas identifie ´ dans une autre partie du syste ` me PCIME. Parmi les 48 enfants chez lesquels un diagnostic de dysenterie a e ´ te ´ porte ´ , 17 seulement (soit 35 %) remplissaient les crite ` res PCIME de diagnostic de cette affection. Dans le syste ` me PCIME, pour porter un diagnostic de dysenterie, il faut d’abord identifier la diarrhe ´ e ; 19 seulement parmi les 48 parents interroge ´ s ont indique ´ que leur enfant e ´ tait atteint de diarrhe ´ e au moment de l’examen (re ´ ponse « oui » a ` la question «L’enfant a-t-il actuellement la diarrhe ´ e ? »). Parmi eux, 17 ont signale ´ avoir observe ´ du sang dans les selles. Parmi les 29 enfants restants, pour lesquels les parents n’ont pas signale ´ de diarrhe ´ e, le motif de consultation e ´ tait l’e ´ mission de selles glaireuses pour 21 d’entre eux et de selles sanglantes pour quatre d’entre eux. Sur l’ensemble, 23 enfants seulement parmi les 48 chez lesquels un diagnostic de dysenterie a e ´ te ´ porte ´ par un me ´ decin auraient rec ¸ u des antibiotiques si on avait utilise ´ le syste ` me PCIME (soit 48 %). Le module « fie ` vre » n’a pas identifie ´ d’enfant atteint de dysenterie qui n’e ´ tait pas identifie ´ dans une autre partie du syste ` me PCIME.

Tableau 1. Classes diagnostiques pour lesquelles les directives de la prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant (PCIME) recommandent l’antibiothe ´ rapie, et signes cliniques associe ´ s, enfants de 2 a ` 59 mois Signes ge ´ ne ´ raux de danger Enfant incapable de boire ou de te ´ ter, vomit tout ce qu’il absorbe ou convulsions (ante ´ ce ´ dents de tous ces sympto ˆ mes) ou enfant somnolent ou difficile a ` re ´ veillera Maladie fe ´ brile tre ` s grave Fie ` vre (ante ´ ce ´ dents, enfant chaud au toucher ou tempe ´ rature axillaire 537,5oC) et tout signe ge ´ ne ´ ral de danger ou raideur de la nuque Toux ou respiration difficile (ante ´ ce ´ dents) et tout signe ge ´ ne ´ ral de danger, tirage sous-costal, ou stridor chez un enfant calme Toux ou respiration difficile (ante ´ ce ´ dents) et fre ´ quence respiratoire 550 par minute chez un enfant de 2-11 mois ou 540 par minute chez un enfant de 12-59 mois Diarrhe ´ e et pre ´ sence de sang dans les selles (ante ´ ce ´ dents) Fie ` vre (ante ´ ce ´ dents, enfant chaud au toucher ou tempe ´ rature axillaire 537,5oC) et e ´ ruption ge ´ ne ´ ralise ´e et toux, nez qui coule ou yeux rouges, et tout signe ge ´ ne ´ ral de danger, opacite ´ de la corne ´ e ou ulce ´ rations buccales profondes ou e ´ tendues Affection de l’oreille (ante ´ ce ´ dents) et tume ´ faction douloureuse derrie ` re l’oreille Affection de l’oreille (ante ´ ce ´ dents) et otalgie (ante ´ce ´ dents) ou otorrhe ´ e non purulente depuis moins de 14 jours (ante ´ ce ´ dents) ou otorrhe ´ e purulente

Pneumonie Pneumonie grave ou maladie tre ` s grave Pneumonie

Dysenterie Rougeole grave et complique ´e

Mastoı¨dite Infection aigue ¨ de l’oreille

a

Environ 8 mois apre ` s l’e ´ tude, les directives de la PCIME ont e ´ te ´ re ´ vise ´ es de manie ` re a ` remplacer ces signes par « enfant le ´ thargique ou inconscient ».

c

Le nombre d’enfants ayant la nuque raide dans l’e ´ tude e ´ tait de 13. Parmi eux, six e ´ taient atteints de me ´ ningite.

Sur les 21 enfants ayant une otite moyenne, les directives PCIME ont permis de diagnostiquer correctement une infection aigue ¨ de l’oreille chez 17 d’entre eux (soit 81 %) et 20 auraient rec ¸ u des antibiotiques (soit 95 %). Le module « fie ` vre » n’a pas identifie ´ d’enfant ayant une otite moyenne qui n’e ´ tait pas identifie ´ dans une autre partie du syste ` me PCIME. Les directives de la PCIME ne comportent pas de module spe ´ cifique aux infections cutane ´ es d’origine bacte ´ rienne. Parmi les 46 enfants atteints de telles infections, 14 seulement auraient e ´ te ´ identifie ´ s (soit 30 %). La plupart des enfants qui auraient rec ¸ u des antibiotiques re ´ pondaient aux crite ` res PCIME de diagnostic de la pneumonie. Le module « fie ` vre » n’a pas identifie ´ d’enfant atteint d’infection bacte ´ rienne cutane ´ e qui n’e ´ tait pas identifie ´ dans une autre partie du syste ` me PCIME. Parmi les 30 enfants atteints d’infection urinaire, 28 avaient une uroculture positive (16 pour E. coli, 4 pour K. pneumoniae, 3 pour Proteus mirabilis, 1 pour chacune des espe ` ces suivantes : Streptococcus pneumoniae, Staphylococcus aureus, Citrobacter spp., Pseudomonas spp. et Proteus vulgaris). L’uroculture n’a pas e ´ te ´ pratique ´ e chez deux enfants chez lesquels un diagnostic d’infection urinaire a e ´ te ´ porte ´ par un me ´ decin. Parmi ces 30 enfants, 4 avaient des ante ´ ce ´ dents de douleur a ` la miction, 13 une diure ` se anormalement faible et 2 une diure ` se anormalement 97

Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

Recherche Tableau 2. Diagnostic de re ´ fe ´ rence chez les 666 enfants de l’e ´ tude (2-59 mois) examine ´ s au Dhaka Shishu Hospital (Bangladesh), septembre 1994-fe ´ vrier 1995a Diagnostic Nombre d’enfants 12 200

Me ´ ningite Seule (9),b avec pneumonie (2), avec bacte ´ rie ´ mie (1) Pneumonie Seule (174), avec bacte ´ rie ´ mie (4), avec dysenterie (5), avec otite moyenne (2), avec infection bacte ´ rienne cutane ´ e (3), avec infection urinaire (12) Bacte ´ rie ´ mie Seule (14), avec infection bacte ´ rienne cutane ´ e (2), avec infection urinaire (4) Dysenterie Seule (40), avec otite moyenne (2), avec infection bacte ´ rienne cutane ´ e (4), avec infection urinaire (2) Otite moyenne Seule (17), avec infection bacte ´ rienne cutane ´ e (3), avec infection urinaire (1) Infection bacte ´ rienne cutane ´e Seule (43), avec infection urinaire (3) Infection urinaire Tuberculose Rougeole Diarrhe ´e Bronchiolite Parasites intestinaux Infection des voies respiratoires supe ´ rieures (bronchite, toux, rhume) Syndrome viral Candidose Glome ´ rulone ´ phrite aigue ¨ ou insuffisance re ´ nale Malnutrition Convulsions Asthme Ane ´ mie Dermatite Anomalie conge ´ nitale Autre Total a

module « fie ` vre » n’a pas identifie ´ d’enfant atteint d’infection des voies urinaires qui n’e ´ tait pas identifie ´ dans une autre partie du syste ` me PCIME. Finalement, le module « fie ` vre » existant aurait permis de classer et de traiter par les antibiotiques deux autres enfants (l’un atteint de me ´ ningite et l’autre sans infection bacte ´ rienne) qui n’auraient pas e ´ te ´ range ´ s dans une autre classe diagnostique pour laquelle les directives PCIME recommandent l’antibiothe ´ rapie.

20

48

21

46 30 1 2 71 23 13 63 26 4 10 20 20 10 0 2 6 18 666

Les diagnostics sont indique ´ s par ordre de ´ croissant de gravite ´ en fonction de leur e ´ tiologie : e ´ tiologie bacte ´ rienne probable, e ´ tiologie infectieuse probable, e ´ tiologie non bacte ´ rienne (notamment virale, parasitaire ou mycosique), e ´ tiologie non infectieuse. Quand plusieurs diagnostics sont porte ´ s chez un me ˆ me enfant, la classification retenue correspond au diagnostic le plus grave. Les crite ` res de de ´ finition des infections bacte ´ riennes de re ´ fe ´ rence e ´ taient les suivants : me ´ ningite – diagnostic de me ´ ningite porte ´ par un pe ´ diatre ou pre ´ sence de l’un des crite ` res suivants sur un pre ´ le ` vement de liquide ce ´ phalo-rachidien : >100 globules blancs par champ a ` fort grossissement, prote ´ inorachie >100 mg/dl, observation d’un germe apre `s coloration de Gram ou recherche positive par agglutination de particules de latex pour Haemophilus influenzae, Steptococcus pneumoniae ou Neisseria meningitidis ; la pneumonie e ´ tait de ´ finie par un diagnostic de pneumonie porte ´ par un pe ´ diatre ou la pre ´ sence d’un infiltrat a ` la radiographie thoracique chez un enfant atteint de bronchiolite cliniquement diagnostique ´e; la bacte ´ rie ´ mie e ´ tait de ´ finie par un diagnostic de septice ´ mie clinique porte ´ par un pe ´ diatre ou l’isolement d’un germe pathoge ` ne a ` l’he ´ moculture. La de ´ finition du cas concernant les autres maladies e ´ tait base ´ e uniquement sur le diagnostic porte ´ par les me ´ decins de l’e ´ tude. Quand plusieurs diagnostics ont e ´ te ´ porte ´ s simultane ´ ment, l’e ´ tat de l’enfant a e ´ te ´e ´ value ´ en conside ´ rant le diagnostic le plus grave. b

Nombre d’enfants entre parenthe ` ses.

abondante. Aucun de ces enfants n’avait de douleur abdominale a ` l’examen physique. Les directives de la PCIME ne comportent pas de module spe ´ cifique aux infections urinaires. La plupart des enfants (soit 83 %) chez lesquels ce diagnostic a e ´ te ´ porte ´ auraient rempli les crite ` res PCIME pour au moins une infection bacte ´ rienne, et 77 % d’entre eux re ´ pondaient aux crite ` res diagnostiques de la pneumonie. Le 98

Evaluation d’autres modules « fie ` vre » Dans la mesure ou ´ rie ´ mie, ` les enfants atteints de bacte de dysenterie et d’infection bacte ´ rienne cutane ´e n’auraient pas rec ¸ u un traitement antibiotique approprie ´ si les recommandations PCIME avaient e ´ te ´ utilise ´ es, nous avons essaye ´ de concevoir un autre module « fie ` vre » applicable a ` ces diagnostics. La majorite ´ des enfants bacte ´ rie ´ miques e ´ taient chauds au toucher d’apre ` s un me ´ decin, avaient une tempe ´` vre rature axillaire mesure ´ e 537,5oC, avaient de la fie d’apre ` s leurs parents et e ´ taient chauds au toucher d’apre ` s une infirmie ` re (Tableau 4), laissant entendre qu’un module « fie ` vre » qui de ´ finirait la fie ` vre par l’un quelconque de ces crite ` res pourrait permettre d’identifier des enfants atteints de bacte ´ rie ´ mie. La « respiration rapide » rapporte ´ e par les parents pourˆ tre un signe utile permettant rait e ´ galement e d’identifier les enfants bacte ´ rie ´ miques. Moins de 50 % des enfants atteints de dysenterie e ´ taient conside ´ re ´ s comme chauds au toucher d’apre ` s un me ´ decin, avaient une tempe ´ rature axillaire mesure ´ e 537,5oC et chauds au toucher d’apre ` s une infirmie ` re, alors que la plupart d’entre eux avaient de la fie ` vre d’apre ` s leurs parents. Moins de 50 % des enfants ayant une infection bacte ´ rienne cutane ´e e ´ taient chauds au toucher d’apre ` s un me ´ decin et avaient une tempe ´ rature axillaire mesure ´e ` vre 537,5oC, tandis que la plupart avaient de la fie d’apre ` s leurs parents et e ´ taient chauds au toucher d’apre ` s une infirmie ` re. La fie ` vre mesure ´e e ´ tant rarement retrouve ´ e chez l’enfant atteint de dysenterie et d’infection bacte ´ rienne cutane ´ e, on peut penser ˆ me pour que la fie ` vre n’est pas le meilleur sympto identifier ces enfants. Nous avons mis au point cinq autres modules « fie ` vre » en utilisant la fre ´ quence respiratoire et diffe ´ rentes mesures de la fie ` vre pour ame ´ liorer l’identification des enfants atteints de bacte ´ rie ´ mie (Tableau 5). D’apre ` s le premier module (algorithme A), l’antibiothe ´ rapie est indique ´ e chez l’enfant dont la tempe ´ rature axillaire mesure ´ e est ´ pondu « oui » a ` 537,5oC et dont les parents ont re la question, « L’enfant respire-t-il rapidement ? ». En passant du module « fie ` vre » actuel a ` celui-ci, la sensibilite ´ globale des directives PCIME est passe ´ e de 78 % a ` 82 % et 17 enfants de plus atteints d’infection bacte ´ rienne auraient e ´ te ´ traite ´ s par les antibiotiques : 7 atteints de pneumonie, 5 de bacte ´ rie ´ mie, 1 de dysenterie, 3 d’infection bacte ´ rienne cutane ´ e et 1 d’infection urinaire. Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

Prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant a ` Dhaka (Bangladesh) Tableau 3. Classes diagnostiques de la prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant (PCIME) chez les enfants de l’e ´ tude de 2 a ` 59 mois atteints d’infection bacte ´ rienne, examine ´ s au Dhaka Shishu Hospital, Dhaka (Bangladesh), septembre 1994fe ´ vrier 1995 Classe diagnostique PCIME Me ´ ningite (n = 12)a Signes ge ´ ne ´ raux de danger Maladie fe ´ brile tre ` s grave Pneumonie Pneumonie grave ou maladie tre ` s grave Pneumonie Dysenterie Rougeole grave et complique ´e Mastoı¨dite Infection aigue ¨ de l’oreille 11 (92)c 12 (100) 10 (83) 10 (83) 0 0 0 0 0 Nombre d’enfants chez lesquels le diagnostic de re ´ fe ´ rence a e ´ te ´ porte ´ Otite moyenne (n = 21) 7 (33) 7 (33) 8 (38) 8 (38) 0 0 0 0 17 (81) Infection bacte ´ rienne cutane ´e (n = 46) 3 (7) 1 (2) 10 (22) 4 (9) 6 (13) 0 0 0 4 (9) Infection urinaire (n = 30) 10 (33) 10 (33) 23 (77) 11 (37) 12 (40) 1 (3) 0 0 1 (3) Absence d’infection bacte ´ rienne (n = 289) 75 (26) 60 (21) 131 (46) 83 (29) 48 (17) 0 0 0 5 (2)

Pneumonie (n = 200)b 67 (34) 63 (32) 186 (93) 152 (76) 34 (17) 4 (2) 0 0 10 (5)

Bacte ´ rie ´ mie (n = 20) 6 (30) 3 (15) 10 (50) 7 (35) 3 (15) 0 0 1 (5) 1 (5)

Dysenterie (n = 48) 6 (13) 4 (8) 9 (18) 5 (10) 4 (8) 17 (35) 0 0 3 (6)

Nombre total d’enfants traite ´s 12 (100) par les antibiotiques 1 (8) Nombre d’enfants classe ´ s uniquement dans la cate ´ gorie « maladie fe ´ brile tre `s grave » d’apre ` s le module « fie ` vre » a b c

190 (95) 0

10 (50) 0

23 (48) 0

20 (95) 0

14 (30) 0

25 (83) 0

154 (53) 1 (0,003)

Dont 2 avec une pneumonie et 1 avec une bacte ´ rie ´ mie. Dont 4 avec une bacte ´ rie ´ mie. Pourcentages entre parenthe ` ses.

Dans la mesure ou ` l’on ne dispose pas toujours d’un thermome ` tre en bon e ´ tat dans les centres de sante ´ ou ´ es, nous ` les directives PCIME sont utilise avons utilise ´ un deuxie ` me module « fie ` vre » comportant une appre ´ ciation de la fie ` vre par le soignant (enfant chaud au toucher d’apre ` s un me ´ decin ou une infirmie ` re) ou une tempe ´ rature axillaire mesure ´e ´ quence respira537,5oC et l’augmentation de la fre toire d’apre ` s les parents (algorithme B). Les caracte ´ristiques globales des directives PCIME avec cet algorithme sont comparables a ` celles donne ´ es par l’algorithme A (sensibilite ´ 83 %, spe ´ cificite ´ 40 %). Un troisie ` me module « fie ` vre » comportait des ante ´ ce ´ dents de fie ` vre (re ´ ponse « oui » des parents a ` la question « L’enfant a-t-il eu de la fie ` vre ? ») ou enfant chaud au toucher d’apre ` s un soignant ou tempe ´ rature axillaire mesure ´ e 537,5oC et l’augmentation de la fre ´ quence respiratoire d’apre ` s les parents (algorithme C). Quand l’algorithme C remplace le module « fie ` vre » existant, les caracte ´ ristiques globales des directives PCIME sont de nouveau comparables a ` celles donne ´ es par l’algorithme A (sensibilite ´ 84 %, spe ´ cificite ´ 37 %). En utilisant comme seuil de la fie ` vre une tempe ´ rature axillaire mesure ´ e 538,0oC pour identifier les enfants ayant une infection bacte ´ rienne Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

(algorithme D), la sensibilite ´ e ´ tait de 84 % et la spe ´ cificite ´ de 38 %. Pour finir, nous avons e ´ value ´ un module « fie ` vre » incluant les enfants ayant une tempe ´ rature ´ ce ´ dents de 3 axillaire mesure ´ e 538,0oC et des ante jours de fie ` vre au moins d’apre ` s les parents (algorithme E). La sensibilite ´ e ´ tait de 84 % et la spe ´ cificite ´ de 42 %. Les algorithmes A a ` E sont tous plus sensibles que le module « fie ` vre » actuel de la PCIME et les algorithmes A et E sont les plus spe ´ cifiques (42 %). Dans tous les cas, tous les enfants atteints de me ´ ningite auraient e ´ te ´ traite ´ s par des antibiotiques.

Discussion En utilisant les directives PCIME dans cette re ´ gion ou ´ valence palustre est faible, la plupart des ` la pre enfants atteints de me ´ ningite, de pneumonie, d’otite moyenne et d’infection urinaire auraient re ´ pondu aux crite ` res correspondant a ` l’une au moins des classes diagnostiques de la PCIME pour laquelle les antibiotiques sont indique ´ s. Cependant, presque tous les enfants atteints de bacte ´ rie ´ mie, de dysenterie et d’infection bacte ´ rienne cutane ´ e n’auraient pas rec ¸u 99

Recherche Tableau 4. Signes et sympto ˆ mes associe ´ s aux infections bacte ´ riennes chez les enfants de l’e ´ tude (2-59 mois) examine ´ s au Dhaka Shishu Hospital, Dhaka (Bangladesh), septembre 1994-fe ´ vrier 1995 Signes et sympto ˆ mes Me ´ ningite (n = 12)a Tempe ´ rature mesure ´e 537,5 oC Enfant chaud au toucher d’apre ` s un me ´ decin Enfant fie ´ vreux d’apre `s les parents Enfant chaud au toucher d’apre ` s une infirmie ` re Enfant ayant une respiration rapide d’apre ` s les parents Enfant ayant de gros frissons d’apre `s les parents 7 (58)c 7 (58) 12 (100) 7 (58) 6 (50) Nombre d’enfants chez lesquels le diagnostic de re ´ fe ´ rence a e ´ te ´ porte ´ Otite moyenne (n = 21) 7 (33) 7 (33) 14 (67) 10 (48) 9 (43) Infection bacte ´ rienne cutane ´e (n = 46) 14 (30) 18 (39) 30 (65) 25 (54) 13 (28) Infection urinaire (n = 30) 14 (47) 15 (50) 28 (93) 21 (70) 21 (70) Absence d’infection bacte ´ rienne (n = 289) 106 (37) 109 (38) 187 (65) 151 (53) 130 (45)

Pneumonie Bacte ´ rie ´ mie (n = 200)b (n = 20) 103 (51) 110 (55) 159 (80) 142 (71) 167 (83) 14 (70) 16 (80) 17 (85) 15 (75) 12 (60)

Dysenterie (n = 48) 13 (27) 17 (35) 32 (67) 23 (48) 10 (21)

1 (8)

34 (21)

4 (24)

5 (15)

3 (20)

6 (19)

3 (11)

22 (12)

Observations 6 (50) Enfant anormalement somnolent ou difficile a ` re ´ veiller Enfant agite ´ et irritable, 0 impossible a ` consoler Enfant irritable, 6 (50) consolable Enfant rieur/pas irritable 0 5 (42) Fie ` vre pendant plus de 3 jours d’apre ` s les parents, et tempe ´ rature axillaire mesure ´ e 538 oC Raideur de la nuque 6 (50) a b c

13 (7)

2 (10)

1 (2)

0

0

1 (3)

19 (7)

3 (1) 90 (45) 94 (47) 60 (30)

0 7 (35) 11 (55) 9 (45)

0 17 (35) 30 (63) 4 (8)

0 10 (48) 11 (52) 4 (19)

0 19 (41) 27 (59) 6 (13)

1 (3) 9 (30) 19 (63) 8 (27)

5 (2) 82 (28) 183 (63) 44 (15)

2 (1)

0

0

0

0

1 (3)

4 (1)

Dont 2 avec une pneumonie et 1 avec une bacte ´ rie ´ mie. Dont 4 avec une bacte ´ rie ´ mie. Pourcentages entre parenthe ` ses.

d’antibiotiques. Le module « fie ` vre » actuel n’a identifie ´ qu’un cas supple ´ mentaire de me ´ ningite et n’a pas beaucoup ame ´ liore ´ l’identification des enfants atteints d’autres infections bacte ´ riennes au moyen des directives PCIME. Un module « fie ` vre » ame ´ liore ´ pourrait augmenter la sensibilite ´ de l’identification des enfants bacte ´ rie ´ miques au moyen des directives. D’apre ` s notre e ´ tude, un module « fie ` vre » ame ´ liore ´ n’a gue ` re de chance d’augmenter le nombre d’enfants atteints d’infection bacte ´ rienne cutane ´e traite ´ s par les antibiotiques, dans la mesure ou ` ces enfants sont rarement fie ´ vreux. D’autres groupes ayant e ´ value ´ les directives PCIME ont indique ´ qu’un module spe ´ cifique est ne ´ cessaire pour identifier et traiter les infections cutane ´ es (7). Dans la pre ´ sente e ´ tude, les directives PCIME sont de ´ pourvues de sensibilite ´ pour le diagnostic de la dysenterie chez l’enfant. L’explication la plus probable est la diffe ´ rence culturelle de perception des maladies diarrhe ´ iques. Dans l’algorithme PCIME comme dans notre questionnaire standardise ´ , la 100

premie ` re question pose ´ e aux parents concerne l’aspect des selles, molles, liquides ou aqueuses. Si la re ´ ponse est « oui », la question suivante concerne la pre ´ sence de sang dans les selles. Une telle de ´ marche pre ´ suppose un mode de pense ´ e hie ´ rarchise ´ concernant la maladie diarrhe ´ ique, a ` savoir que les expressions selles molles, liquides ou aqueuses de ´ finissent toutes des formes de « diarrhe ´ e » et qu’il y a par conse ´ quent plusieurs types particuliers de diarrhe ´ e. D’apre ` s une e ´ tude anthropologique/sociale concernant la perception culturelle de la diarrhe ´ e au Bangladesh, les selles anormales sont classe ´ es en plusieurs cate ´ gories (8) et on distingue quatre types de maladie diarrhe ´ ique chez l’enfant : dud haga (selles liquides, attribue ´ es exclusivement a ` l’allaitement au sein), ajirno (selles liquides ou aqueuses), daeria (selles de type chole ´ rique) et amasa (selles glaireuses). Rokto amasa de ´ signe un sous-groupe dans la cate ´ gorie amasa, correspondant aux selles sanguinolentes. Pour les parents, les enfants sont atteints de l’une ou l’autre de ces formes diarrhe ´ iques. Dans notre e ´ tude, un grand Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

Prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant a ` Dhaka (Bangladesh) Tableau 5. Sensibilite ´ et spe ´ cificite ´ des algorithmes de la prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant (PCIME) et de nouveaux algorithmes, pour la de ´ tection des infections bacte ´ riennes chez 666 enfants (2-59 mois) examine ´ s au Dhaka Shishu Hospital, Dhaka (Bangladesh), septembre 1994-fe ´ vrier 1995 Nombre Nombre d’enfants d’enfants atteints sans d’infection infection Sensibilite ´ Spe ´ cificite ´ Nombre de Re ´ sultat bacte ´ rienne bacte ´ rienne (%) (%) cas identifie ´s (n = 377) (n = 289) Oui Non 294 83 154 135 78 47 Me ´ ningite 12/12 Pneumonie 190/200 Bacte ´ rie ´ mie 10/20 Dysenterie 23/48 Otite moyenne 20/21 Infection locale 14/46 Infection urinaire 25/30 Me ´ ningite 12/12 Pneumonie 197/200 Bacte ´ rie ´ mie 15/20 Dysenterie 24/48 Otite moyenne 20/21 Infection locale 17/46 Infection urinaire 26/30 Me ´ ningite 12/12 Pneumonie 197/200 Bacte ´ rie ´ mie 15/20 Dysenterie 24/48 Otite moyenne 20/21 Infection locale 19/46 Infection urinaire 26/30

Algorithme Algorithme actuel – directives PCIME avec module « fie ` vre »

Algorithme A – directives PCIME avec tempe ´ rature axillaire mesure ´ e 537,5 oC et impression de respiration rapide rapporte ´ e par les parents

Oui Non

311 66

168 121

82

42

Algorithme B – directives PCIME avec enfant « chaud au toucher » d’apre ` s un me ´ decin, enfant « chaud au toucher » d’apre ` s une infirmie ` re ou tempe ´ rature axillaire mesure ´ e 537,5oC et impression de respiration rapide rapporte ´e par les parents Algorithme C – directives PCIME avec ante ´ ce ´ dents de fie ` vre, « enfant chaud au toucher » d’apre ` s un me ´ decin, « enfant chaud au toucher » d’apre ` s une infirmie ` re ou tempe ´ rature axillaire mesure ´ e 537,5oC et impression de respiration rapide rapporte ´ e par les parents Algorithme D – directives PCIME avec tempe ´ rature axillaire mesure ´ e 538,0oC

Oui Non

314 63

174 115

83

40

Oui Non

317 60

183 106

84

37

Me ´ ningite 12/12 Pneumonie 198/200 Bacte ´ rie ´ mie 15/20 Dysenterie 26/48 Otite moyenne 20/21 Infection locale 20/46 Infection urinaire 26/30

Oui Non

316 61

180 109

84

38

Me ´ ningite 12/12 Pneumonie 197/200 Bacte ´ rie ´ mie 15/20 Dysenterie 27/48 Otite moyenne 20/21 Infection locale 19/46 Infection urinaire 26/30 Me ´ ningite 12/12 Pneumonie 194/200 Bacte ´ rie ´ mie 13/20 Dysenterie 23/48 Otite moyenne 20/21 Infection locale 17/46 Infection urinaire 25/30

Algorithme E – directives PCIME avec tempe ´ rature axillaire me´ ce ´ dents sure ´ e 538,0oC et ante de fie ` vre pendant plus de 3 jours rapporte ´ s par les parents

Oui Non

304 73

167 122

81

42

nombre de parents dont l’enfant e ´ tait atteint de dysenterie ont consulte ´ pour « amasa » ou « rokto amasa », ce qui a e ´ te ´ traduit par « selles glaireuses ». Au cours de l’entretien standardise ´ re ´ alise ´ pour notre e ´ tude, il a e ´ te ´ demande ´ aux parents si l’enfant e ´ tait Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

atteint d’« ajirno » ou de « daeria ». Si la re ´ ponse e ´ tait « non », aucune question concernant la forme « rokto amasa » n’a e ´ te ´ pose ´ e et, par conse ´ quent, l’existence d’ante ´ ce ´ dents correspondants a ` la dysenterie n’a pas e ´ te ´ ve ´ rifie ´ e. Des e ´ tudes comple ´ mentaires sont 101

Recherche ne ´ cessaires pour e ´ valuer et e ´ ventuellement ame ´ liorer la capacite ´ des recommandations PCIME a ` de ´ celer la dysenterie au Bangladesh. La pre ´ sente e ´ tude diffe ` re des e ´ tudes ante ´ rieures dans la mesure ou ´ valuation des directives ` l’e PCIME portait a ` la fois sur le cadre d’application et l’analyse. En outre, cette e ´ tude a e ´ te ´ re ´ alise ´ e dans un secteur ou ´ valence palustre est faible, ce qui la ` la pre distingue des autres e ´ valuations (7, 9, 10). Dans les autres e ´ tudes, la sensibilite ´ et la spe ´ cificite ´ de l’identification des syndromes cliniques ont e ´ te ´ e ´ value ´ es pour chacun des modules (7, 9, 10). D’apre `s notre analyse, on voit clairement la classe diagnostique dans laquelle l’enfant atteint d’infection ˆ tre range bacte ´ rienne a des chances d’e ´ (correctement ou par erreur) et elle met l’accent sur la sensibilite ´ et la ˆ mes qui spe ´ cificite ´ de divers signes et sympto permettent d’identifier l’enfant atteint d’infection bacte ´ rienne. Nous indiquons la sensibilite ´ et la spe ´ cificite ´ globales des directives PCIME actuelles ainsi que des directives PCIME comportant d’autres modules « fie ` vre » afin d’e ´ valuer et de recommander d’e ´ ventuelles ame ´ liorations. Plusieurs observations pourraient permettre d’adapter les directives PCIME a ` un secteur de faible pre ´ valence palustre. Tout d’abord, le seul cas de me ´ ningite identifie ´ avec le module « fie ` vre » actuel e ´ tait un enfant ne pre ´ sentant pas de signe de danger mais ayant la nuque raide. Le nombre total d’enfants dont la nuque e ´ tait raide (avec ou sans fie ` vre) e ´ tait faible. Ensuite, les soignants peuvent ne pas disposer en permanence d’un thermome ` tre en bon e ´ tat. Les modules « fie ` vre » qui s’appuient sur la tempe ´ rature ˆ tre mesure ´ e risquent par conse ´ quent de ne pas e applicables. Enfin, 15 enfants seulement sur 20 atteints de bacte ´ rie ´ mie (soit 75 %) ont e ´ te ´ identifie ´s avec le nouveau module le plus sensible. D’apre ` s ces observations, on peut penser que ˆ tre simles recommandations PCIME pourraient e plifie ´ es en e ´ liminant le module « fie ` vre » quand la pre ´ valence palustre est faible et en ajoutant le crite ` re raideur de la nuque a ` la liste des signes de danger. Dans la population e ´ tudie ´ e, tous les enfants atteints de me ´ ningite auraient rec ¸ u des antibiotiques si cette modification avait e ´ te ´ apporte ´ e. Dans cette population, quatre enfants (soit 1 %) chez lesquels une infection bacte ´ rienne n’a pas e ´ te ´ diagnostique ´e auraient rec ¸ u des antibiotiques si le crite ` re raideur de la nuque avait e ´ te ´ ajoute ´a ` la liste des signes de danger ; les efforts inutiles pour de ´ terminer si l’enfant est fe ´ brile et pour e ´ valuer l’enfant fie ´ vreux auraient ainsi e ´ te ´e ´ vite ´ s. Une autre solution pour ame ´ liorer les directives PCIME consisterait a ` conserver le module « fie ` vre » et a ` ame ´ liorer sa sensibilite ´ en examinant l’enfant a ` la recherche d’une raideur de la nuque et de signes de danger, comme cela se fait actuellement, et a ` demander aux parents si la fre ´ quence respiratoire de l’enfant est augmente ´ e. L’enfant fie ´ vreux ayant une raideur de la nuque, des signes de danger, ou dont les parents signalent une augmentation de la fre ´ quence respiratoire, recevrait des antibiotiques. Une telle strate ´ gie permettrait de maximaliser le nombre 102

d’enfants atteints de bacte ´ rie ´ mie traite ´ s par les antibiotiques. Dans notre analyse, on suppose que le traitement antibiotique des enfants atteints d’infecˆ le capital dans leur survie. tion bacte ´ rienne joue un ro Il en est effectivement ainsi si les praticiens de la PCIME assurent la couverture antibiotique des ˆ tre implique agents e ´ tiologiques qui risquent d’e ´ s. Nous avons constate ´ un grand nombre d’erreurs de classification : par exemple, 50 % des enfants atteints de bacte ´ rie ´ mie et 77 % des enfants ayant une infection urinaire ont e ´ te ´ classe ´ s par erreur dans la cate ´ gorie pneumonie et traite ´ s pour cette infection. ˆ tre Les erreurs de classification peuvent ne ´ anmoins e suivies d’une gue ´ rison de l’infection. Dans cet exemple, les antibiotiques administre ´ s peuvent aussi sauver l’enfant, si administre ´ s pour traiter la pneumonie, ils conviennent e ´ galement au traitement des agents responsables de la bacte ´ rie ´ mie et des infections urinaires. De telles erreurs de classification associe ´ es au « traitement approprie ´ » peuvent expliquer pourquoi d’autres e ´ tudes e ´ valuant l’impact d’une strate ´ gie de prise en charge de la pneumonie ont observe ´ une diminution de la mortalite ´ globale de l’enfant plus importante que la diminution de la mortalite ´ attribuable a ` la seule pneumonie (11, 12). Cependant, l’erreur de classification peut aussi conduire a ` l’utilisation d’un antibiotique inadapte ´ et d’un traitement inade ´ quat. La PCIME recommande actuellement deux types d’antibiothe ´ rapie : un traitement ambulatoire (ou initial) et un traitement du patient hospitalise ´ (plus intensif). Le traitement initial est en ge ´ ne ´ ral dirige ´ contre S. pneumoniae et H. influenzae. La varie ´ te ´ des agents pathoge ` nes Gramne ´ gatifs observe ´ s chez les enfants bacte ´ rie ´ miques donne a ` penser que le traitement initial risque de ne ˆ tre toujours approprie pas e ´ aux e ´ tiologies identifie ´ es. Cette e ´ tude comporte plusieurs points faibles ˆ tre discute qui me ´ ritent d’e ´ s. Certains tiennent aux caracte ´ ristiques de la population d’e ´ tude. En effet, les donne ´ es ne sont disponibles que pour une seule re ´ gion du Bangladesh. Si, dans cette e ´ tude, la perception par les parents de l’augmentation de la fre ´ quence respiratoire est un crite ` re a ` la fois sensible et spe ´ cifique de l’identification des enfants atteints d’infection bacte ´ rienne grave, la capacite ´a ` discerner l’augmentation de fre ´ quence respiratoire chez un ˆ tre variable avec la culture et, par enfant peut e conse ´ quent, ne pas permettre de repe ´ rer la maladie dans d’autres contextes. Les enfants de cette e ´ tude ont e ´ te ´ amene ´ s au service des urgences d’un secteur urbain ; or, en milieu urbain, le recours aux soins peut ˆ tre plus pre e ´ coce qu’en milieu rural dans la mesure ou ` l’acce ` s aux soins est plus facile et par conse ´ quent l’e ´ ventail des maladies pre ´ sente ´ es par ces enfants ˆ tre repre peut ne pas e ´ sentatif des maladies de l’enfant observe ´ es au dispensaire dans un milieu rural typique. La proportion d’enfants atteints de diarrhe ´ e dans la ˆ tre infe population d’e ´ tude pourrait e ´ rieure a ` ce qu’elle est dans la population ge ´ ne ´ rale, car les enfants diarrhe ´ iques pourraient avoir e ´ te ´ adresse ´ s pre ´ fe ´ rentiellement a ` l’International Centre for Diarrhoeal Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 6, 2002

Prise en charge inte ´ gre ´ e des maladies de l’enfant a ` Dhaka (Bangladesh) Disease Research du Bangladesh. Pour finir, les efforts faits pour augmenter le nombre de pathologies aigue ´ tude pourraient ¨ s dans la population d’e ˆne avoir entraı ´ l’inclusion d’un plus grand nombre d’enfants atteints de pathologies respiratoires et fe ´ briles qu’on en observe dans la population d’un dispensaire typique. La re ´ partition des isolements obtenus par he ´ moculture ne correspond pas aux re ´ sultats attendus dans la mesure ou ´ tait le ` la pneumonie e diagnostic le plus fre ´ quemment porte ´ , ce qui pourrait s’expliquer par un biais de recrutement de la population ou le manque de sensibilite ´ des me ´ thodes de laboratoire qui ne permettent pas de de ´ celer H. influenzae et S. pneumoniae. Le rapport pneumonie ˆt e grave/pneumonie paraı ´ leve ´ , ce qui donne a ` penser soit que le recrutement de la population est biaise ´ , soit que le tirage sous-costal a e ´ te ´ surdiagnostique ´. D’autres de ´ fauts pourraient re ´ sulter de nos me ´ thodes d’analyse. La pharyngite n’a pas e ´ te ´ incluse parmi les infections bacte ´ riennes de l’e ´ tude, alors que ˆ tre d’origine bacte c’est une affection qui peut e ´ rienne. Si ce diagnostic avait e ´ te ´ introduit, la sensibilite ´ et la spe ´ cificite ´ des directives PCIME pour la prescription d’antibiotiques pourraient avoir e ´ te ´ diffe ´ rentes. Dans cette e ´ tude, l’examen physique a e ´ te ´ re ´ alise ´ par des ˆ tre me ´ decins ; or les me ´ decins discernent peut-e mieux que d’autres soignants qui interviennent dans le cadre des directives PCIME des signes tels que le stridor et le tirage sous-costal. Pour les besoins de notre analyse, un seul diagnostic a e ´ te ´ retenu par enfant, bien que chez de nombreux enfants plusieurs diagnostics aient e ´ te ´ enregistre ´ s par le me ´ decin examinateur. Chez de nombreux enfants, les crite ` res diagnostiques correspondaient a ` plusieurs classifications PCIME diffe ´ rentes. L’identification de pluˆ me enfant peut sieurs classifications chez un me re ´ sulter d’une erreur de classification ou refle ´ ter la pre ´ sence re ´ elle de plusieurs proble ` mes cliniques (un ˆ tre atteint de pneumonie et peut aussi enfant peut e avoir une otite moyenne). Malgre ´ les limites indique ´ es, nous estimons que les solutions propose ´ es ame ´ lioreront la sensibilite ´ des directives PCIME actuelles pour l’identification des infections bacte ´ riennes de l’enfant. L’objectif principal de la PCIME est de faire en sorte que les enfants atteints d’infection bacte ´ rienne grave rec ¸ oivent un traitement potentiellement salvateur. La surutilisation des antibiotiques pourrait contribuer au de ´ veloppement des re ´ sistances antimicrobiennes, ce qui reste un sujet de pre ´ occupation. Notre e ´ tude a montre ´ que 53 % des enfants n’ayant pas d’infection bacte ´ rienne auraient rec ¸ u des antibiotiques s’ils avaient e ´ te ´ traite ´ s conforme ´ ment au protocole PCIME actuel. Les modules que nous proposons auraient abouti au traitement antibiotique d’un nombre encore plus grand d’enfants de ´ pourvus d’infection bacte ´ rienne, d’ou ` un surtraitement par les antibiotiques encore plus important. Le surtraitement antibiotique aurait e ´ galement eu lieu si ces algorithmes avaient e ´ te ´ utilise ´ s en pre ´ sence d’une pre ´ valence plus faible des infections bacte ´ riennes. Dans la situation pre ´ sente, la valeur pre ´ dictive positive de l’algorithme PCIME pour le diagnostic des infections bacte ´ riennes de l’enfant et leur traitement antibiotique e ´ tait de 66 %. La valeur pre ´ dictive positive des autres algorithmes se situe dans la fourchette 63-65 %. Si la pre ´ valence des infections bacte ´ riennes dans la population e ´ tait beaucoup plus faible, la valeur pre ´ dictive positive chuterait et la proportion d’enfants traite ´ s inutilement par des antibiotiques augmenterait. Cependant, les donne ´ es provenant d’autres pays en de ´ veloppement laissent entendre que le traitement des enfants atteints d’infections des voies respiratoires supe ´ rieures donne actuellement lieu a ` une surutilisation ge ´ ne ´ ralise ´ e des antibiotiques (13). En syste ´ matisant l’approche diagnostique, le protocole PCIME contribuerait probablement a ` re ´ duire globalement l’usage des antibiotiques chez ces enfants. ˆ tre vital chez Le traitement antibiotique peut e ˆ tre appre le jeune enfant et la ne ´ cessite ´ doit e ´ cie ´e exactement. Cette e ´ tude met en e ´ vidence que le protocole PCIME, applique ´ dans un secteur ou ` la pre ´ valence palustre est faible, permet le traitement antibiotique de la plupart des enfants atteints d’infection bacte ´ rienne, mais que bacte ´ rie ´ mies et infections bacte ´ riennes cutane ´ es sont souvent me ´connues. La capacite ´ du protocole a ` identifier la dysenterie devra faire l’objet de recherches comple ´mentaires. D’apre ` s cette e ´ tude, des ame ´ liorations sont possibles. Ces donne ´ es ne concernent qu’une seule re ´ gion du Bangladesh et d’autres e ´ tudes sont ne ´ cessaires avant de pouvoir appliquer les recommandations modifie ´ es au niveau national au Bangladesh ou dans d’autres pays. n

Remerciements ˆ ce au Johns Hopkins Cette e ´ tude a e ´ te ´ finance ´ e gra Family Health and Child Survival Cooperative Agreement obtenu avec l’Agency for International Health Development des Etats-Unis d’Ame ´ rique. Nous remercions le Dr Anne Schuchat de ses pre ´ cieux commentaires sur les versions ante ´ rieures du manuscrit. Conflit d’inte ´ re ˆ ts : aucun de ´ clare ´.

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Recherche

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Informations clés
Type de document Journal articles
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé