COMITÉ RÉGIONAL DE L’EUROPE Quarante-neuvième session, Florence, 1 3 - 1 7 septembre 1999 ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ B u r e a u r é g io n a l d e l ’E u r o p e C o p e n h a g u e Point 3 b) de l’ordre du jour provisoire EUR/RC49/12 21 juilletl999 10229 ORIGINAL : ANGLAIS L ’an 2000 e t a u -d e là : L ’ACTION MENÉE PAR LE BUREAU RÉGIONAL EU ÉGARD À LA RÉFORME DE L’OMS ET À LA SANTÉ 21 En juillet 1998, un nouveau directeur général de l’OMS a pris ses fonctions et un important processus de réforme de l’OMS a été lancé. En septembre 1998, le Comité régional de l’Europe a adopté une nouvelle politique-cadre euro péenne de la Santé pour tous (SANTÉ 21). Ces deux événements auront des répercussions pour l’orientation du pro gramme stratégique, l’organisation, la gestion et l’administration du Bureau régional de l’Europe ; en conséquence, le directeur régional a lancé deux grands processus d’examen, auxquels participe tout le personnel du Bureau régional, afin de déterminer comment le Bureau régional devrait réagir de façon systématique et intégrée à ces deux nouvelles réalités. Ce document présente les questions telles qu’elles apparaissent le 15 juillet 1999 ; il s’agit d’activités en cours de réalisation et les décisions définitives seront prises ulté rieurement au cours de cette année. On présente ce document au Comité régional pour tenir les États membres au courant et pour demander la présen tation d’observations. Au stade actuel, il n’est pas demandé au Comité régional de prendre de décision (on le fera à sa cinquantième session, lors de l’adoption du budget-programme régional pour 2002-2003). Il convient de lire ce document à la lumière de deux autres documents du Comité régional, qui portent respectivement sur la stratégie de pays (EUR/RC49/8) et la promotion de la SANTÉ 21 (EUR/RC49/11). Lors de la réunion qu’il a tenue à Eilat en décembre 1998, le CPCR a reçu des informations sur les cinq projets de cabinet du directeur général ; ces derniers visaient à faire reculer le paludisme, à libérer le monde du tabac, à faire reposer les activités de l’OMS sur des données probantes, à exploiter pleinement les technologies modernes de l’information et à favoriser la coopération entre différents partenaires en ce qui concerne le développement du secteur sanitaire. Il a ensuite été demandé au CPCR de donner des conseils sur deux questions : quelles mesures convenait-il de prendre pour faire en sorte que des activités mondiales et régionales se complètent mutuellement et comment les activités du Bureau régional dans ces domaines pouvaient-elles être développées et renforcées ? D’une manière générale, le CPCR a mis l’accent sur l’importance des projets de cabinets dans l’optique d’une unification de l’OMS. Il supposait que le paludisme avait été choisi car il s’agissait d’un problème hautement prioritaire pour les pays en développement, tandis que le tabac était un grave problème mondial. Dans les deux cas, les travaux relatifs aux données disponibles devaient porter principalement sur la démonstration de bonnes pratiques et l’échange de données d’expérience, tandis que les technologies de l’information devaient être utilisées pour diffuser les conclusions aux divers partenaires. En ce qui concerne le paludisme, le CPCR a noté avec préoccupation la récente résurgence de cette maladie dans les parties méridionales et orientales de la Région européenne. Le paludisme constituait en fait un problème mondial et le projet de cabinet devait être conçu et financé en conséquence. Il fallait prendre des mesures immédiates à l’échelle mondiale, ce qui renforcerait l’image de l’OMS en tant qu’organisation unique. (Lors de sa quatrième réunion, le CPCR a appris avec satisfaction que la Région européenne avait depuis lors été pleinement associée aux activités visant à faire reculer le paludisme.) Le tabac constitue une question plus complexe qui doit être examinée de façon approfondie et faire l’objet de mesures qui portent nécessairement sur une longue période. Le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe possède une expérience considérable qu’il peut offrir au reste de l’Organisation dans ce domaine ; en particulier, il dispose de données probantes sur les effets d’une interdiction législative de la publicité, l’importance de mesures éducatives et la nécessité de constituer des partenariats avec d’autres secteurs. Bien que le tabac soit une importante culture de rapport (et que le secteur du tabac emploie de nombreux travailleurs) dans certains pays européens, le CPCR a convenu que l’OMS ne devrait pas s’employer activement à préconiser des mesures portant sur l’offre, bien qu’elle doive encourager les pays à supprimer le tabac des indices de prix de détail. Le Bureau régional a accumulé des preuves solides des effets de politiques rationnelles dans un grand nombre de domaines autres que celui du tabac, et le CPCR a demandé instamment à l’Organisation de profiter de la mise en place d’un plus grand nombre d’outils de traitement informatique des données notamment pour obtenir des ensembles de données plus petits mais de meilleure qualité. En conclusion, le CPCR a demandé au secrétariat de réviser le document de façon à ce qu’il décrive clairement les succès obtenus par la Région européenne. Le document devrait ensuite être transmis au Siège de l’OMS et son contenu devrait être porté à la connaissance du Comité régional lors de sa quarante-neuvième sessioa Lors de sa troisième réunion, le CPCR a appris qu’une série d’ateliers étaient organisés à l’intention du personnel du Bureau régional, en vue d’améliorer les activités menées avec les pays et d’autres partenaires, et d’élaborer un plan stratégique pour 2000-2005, tout en harmonisant les activités avec le processus de réforme de l’OMS (pour lequel une équipe spéciale avait été mise en place au Bureau régional). Le CPCR a de nouveau souligné que ce qui comptait vraiment était de donner effet à la politique-cadre de la SANTÉ 21, en veillant à ce qu’elle soit adaptée aux problèmes et aux situations observés à chaque niveau de mise en œuvre. À cette fin, certains membres ont estimé que la démarche reposant sur des ateliers qui avait été adoptée par le Bureau régional pouvait être utilement adoptée au niveau des pays. D a généralement été admis qu’une démarche intersectorielle était extrêmement importante: il fallait mobiliser l’ensemble de la société, ce qui nécessitait une volonté ferme au plus haut niveau politique. En conséquence, le CPCR a réitéré sa suggestion selon laquelle l’OMS pouvait organiser, à l’occasion du changement de millénaire, une manifestation pour diffuser largement les idées de la Santé 21, en choisissant les participants principalement parmi les ministres de la santé et les personnalités politiques de premier plan. Au minimum, les membres de bureau du Comité régional (le président, le président exécutif et le vice-président exécutif) et le directeur régional pourraient écrire au président et/ou au premier ministre de chaque pays, pour leur demander instamment de consacrer un débat approfondi au cadre stratégique de la Santé 21 et de mettre ensuite celle-ci en œuvre. En conclusion, le CPCR a estimé qu’il serait souhaitable de disposer d’un mécanisme pour surveiller et suivre ce qui était accompli dans les pays, peut-être en obtenant la participation des bureaux de liaison de l’OMS et du CPCR lui- même, mais, en tout cas, en présentant des rapports au Comité régional à intervalles réguliers. V u e s ex pr im ée s pa r l e C o m it é p e r m a n e n t d u C o m ité r é g io n a l SOMMAIRE Page Introduction.................................................................................................................................................................. 1 Réforme mondiale de l’O M S.................................................................................................................................... 1 Action menée eu égard à la réforme mondiale de l’OMS et aux orientations propres à la Région données par la Santé 2 1 ......................................................................................................................2 Orientations stratégiques du programme de travail“du Bureau régional pour 2000-2005 .............................. 2 Lien entre le programme de travail du Bureau régional et les besoins des États membres................. 2 Éléments externes et internes influençant le programme-cadre stratégique.......................................... 3 Critères pour le choix d’orientations stratégiques......................................................................................4 Éléments des propositions relatives à la stratégie du program m e...........................................................4 Partenariats.....................................................................................................................................................11 Action du Bureau régional eu égard au processus de réforme mondiale de l’O M S......................................13 Rôles et fonctions aux niveaux mondial et régional................................................................................ 13 Assistance aux pays reposant sur les besoins........................................................................................... 14 Organes directeurs.........................................................................................................................................14 Service à la « clientèle » ...............................................................................................................................14 Autorité, responsabilité et obligation de rendre des com ptes.................................................................14 Ressources hum aines.................................................................................................................................... 14 Questions administratives............................................................................................................................ 14 Structure d’organisation du Bureau régional............................................................................................ 14 Observations finales..................................................................................................................................................15 EUR7RC49/12 page 1 I n t r o d u c t i o n 1. L ’année 1999 a été importante pour la Région européenne de l’OMS : il s’est agi d’une période de réflexion et d’examen de l’avenir. Cela tient à trois événements principaux : • En juillet 1998, il s’est produit un changement de direction de l’OMS au niveau mondial. Une série d ’importantes initiatives de réforme prises par le DrBrundtland ont déjà eu des répercussions considérables sur les activités de l’Organisation et cette tendance se renforcera encore au cours des années à venir. • En 1998, le Comité régional de l’OMS pour l’Europe a adopté une révision importante de la politique-cadre européenne de la Santé pour tous, appelée la SANTÉ 21. Ce document approuve la poursuite d ’un grand nombre de stratégies à long terme pour la Région, mais il présente également une série d ’idées nouvelles sur la façon dont les États membres européens peuvent s’attaquer le plus efficacement aux défis que posent pour le développement sanitaire les sociétés pluralistes et démocratiques d ’aujourd’hui. • Un nouveau millénaire commencera bientôt ; cela constituera une incitation importante à repenser l ’évolution de la société dans les États membres. Cela débouchera certainement sur la prise de conscience du fait que les valeurs et les stratégies qui sont à la base de la politique-cadre de la SANTÉ 21 sont effectivement plus en harmonie avec les aspirations humaines fondamentales que certaines évolutions reposant exclusivement sur les technologies et l’économie. 2. L ’objet du présent document est de procéder à une analyse préliminaire des répercussions possibles sur le programme de travail, l’organisation, la gestion et l ’administration du Bureau régional au cours des six prochaines années (trois cycles de budget-programme de l’OMS), c’est-à-dire jusqu’à la prochaine actualisation de la politique européenne de la Santé pour tous, en 2005. R é fo r m e m o n d ia le d e l ’OMS 3. Lorsque le Dr Brundtland a pris ses fonctions en juillet 1998, elle a entrepris une grande réorgani sation du Siège de l’OMS. Les structures antérieures ont été remplacées par des « groupes organiques » (chacun ayant à sa tête un directeur exécutif), dont huit groupes organiques techniques (dont les activités portent sur les grands domaines prioritaires pour l’Organisation) et un groupe organique administratif. Par la suite, une mission et une stratégie de programme ont été élaborées pour chaque groupe organique et l’on a ensuite créé les divisions des différents groupes organiques. Une vaste réforme administrative a été entreprise au Siège ; elle a notamment comporté une importante décentralisation des responsabilités administratives et des ressources au profit des groupes organiques qui venaient d’être créés. 4. Si importantes que ces initiatives étaient du point de vue de l’augmentation de l’efficacité et de l’efficience du Siège de l’Organisation, un autre aspect revêt une importance plus grande encore, y compris pour la Région européenne : le nouveau directeur général tient à ce que le rôle, les fonctions, la gestion et la culture de l’Organisation soient guidés par l’idée d’une OMS unique. Cela s’est traduit par une nouvelle ouverture, dans l’esprit de laquelle des consultations importantes ont été organisées avec différents niveaux et groupes de personnel dans l’Organisation avant la prise d’importantes initiatives nouvelles. On a récem ment créé un cabinet mondial (comprenant le directeur général et les six directeurs régionaux, ainsi que d’autres fonctionnaires appelés à en faire partie en fonction des besoins), qui est chargé de conseiller le directeur général au sujet des importantes décisions concernant la politique menée et la gestion. De même, un cabinet du Siège et six cabinets régionaux rassembleront les hauts fonctionnaires des sept principaux lieux d’implantation de l’OMS ; ils seront chargés de conseiller les six directeurs régionaux (et le directeur général au Siège). Le nouveau cabinet mondial est doté d’un secrétariat, qui offrira désormais des voies de communication claires et efficaces entre les différents niveaux de l’Organisation. 5. Un nouveau processus d’évaluation et de planification sera mis en place ; il réunira, à des intervalles réguliers, les fonctionnaires responsables de programmes des six régions et du Siège. Cela permettra de ren forcer la coopération, d ’éviter les doubles emplois et d ’attribuer les travaux d’élaboration de programme et des tâches opérationnelles spécifiques aux éléments de l’Organisation qui sont le mieux à même de s’en EUR/RC49/12 page 2 acquitter au moment considéré. Un processus de gestion et un système d’information plus unifiés, comprenant le recours à la vidéo-conférence et à d’autres outils de communication, permettront d’échanger des informations et de maintenir un dialogue direct, plus rapidement et à un moindre coût, entre les fonc tionnaires de l’Organisation qui sont très distants les uns des autres sur le plan géographique. 6. Depuis la première réunion de tous les représentants et des chargés de liaison de l’OMS (ces derniers provenant principalement de la Région européenne), ainsi que de fonctionnaires des bureaux régionaux et du Siège en février 1999, tous les éléments de l’Organisation ont commencé à orienter leur attention de façon plus ciblée sur les activités de pays. Cette évolution sera accompagnée par des mesures relatives aux programmes et à l’organisation. Une plus grande importance continuera d’être accordée à une assistance aux États membres dans les efforts qu’ils déploient pour élaborer des politiques nationales axées sur la Santé pour tous et pour prendre des initiatives en matière de réforme des systèmes de santé. Dans ce contexte, on a entamé une intéressante discussion sur le renforcement des programmes interpays des régions, en tant que moyen de soutenir les activités dans les pays. En ce qui concerne les domaines techniques revêtant un degré élevé de priorité au niveau mondial, on a lancé des initiatives pour accorder une place importante à des politiques reposant sur des données probantes et à des efforts intensifiés dans les domaines de la lutte contre le paludisme, des programmes antitabac et de l’éradication de la poliomyélite. 7. Enfin, en juillet, on a entamé des discussions concernant l’élaboration d’un programme stratégique pour le secrétariat de l’OMS, qui comprendra un énoncé des missions de l’OMS, une stratégie pour les activités du secrétariat avec les États membres, une définition des fonctions essentielles du secrétariat et des orientations stratégiques comportant des priorités plus précises (définies lors de la cinquante- deuxième Assemblée mondiale de la santé) ; ces orientations stratégiques seront complétées par des orientations propres aux régions. Une première version sera présentée au Conseil exécutif lors d ’une « retraite » en octobre 1999 et sera ultérieurement affinée par le cabinet mondial. A c t io n m e n é e e u é g a r d à l a r é f o r m e m o n d ia le d e l’OMS e t a u x o r ie n t a t i o n s p r o p r e s À l a R é g io n d o n n é e s p a r l a S a n t é 21 8. Le Bureau régional de l’Europe a réagi aux nouveaux défis en prenant deux grandes initiatives : un processus de planification visant à définir ses grandes orientations stratégiques relatives au programme jusqu’en 2005 (année au cours de laquelle la politique européenne de la Santé pour tous sera à nouveau actualisée) et un examen des implications du processus de réforme de l’OMS du point de vue de l’organisation et de la gestion et dans d’autres optiques. Ces deux questions sont liées entre elles, étant donné que les orientations du programme et le choix des stratégies ont d ’importantes implications pour les ressources dont le Bureau régional a besoin pour mener à bien son programme, la façon dont elles sont organisées et le mode de gestion des activités. L’examen des implications de la SANTÉ 21 pour le pro gramme a commencé peu après l’adoption de la nouvelle politique-cadre de la Santé pour tous pour la Région européenne par le Comité régional lors de sa quarante-huitième session, tandis que l’analyse de la réforme de l’OMS a été lancée à la fin du mois de février 1999, dans le cadre d ’un processus analogue qui s’est déroulé dans toutes les régions. Les deux processus avaient accompli des progrès importants à la date de rédaction du présent document (15 juillet 1999). Cependant, ils ne seront pas achevés avant l’automne 1999, étant donné qu’une large consultation du personnel concernant les deux projets de document est actuellement en cours. En conséquence, les considérations présentées dans ce document ont un caractère très préliminaire et on sera peut-être amené à les modifier à mesure que les travaux progressent O r ien ta tio n s str a t ég iq u es d u p r o g r a m m e d e t r a v a il du B u r e a u r é g io n a l p o u r 2000-2005 Lien entre le programme de travail du Bureau régional et les besoins des États membres 9. Depuis l’élaboration de la politique européenne de la Santé pour tous (1980) - et en particulier depuis l’élaboration des buts régionaux de la Santé pour tous (1984) - les États membres de la Région EUR/RC49/12 page 3 européenne ont disposé d’un programme clair, détaillé et commun pour leur développement sanitaire : il s’agissait d’une politique globale pour l’ensemble de la Région qui, en même temps, constituait un modèle ambitieux que chaque État membre pouvait adopter et utiliser conformément à ses problèmes et possibilités propres. Depuis la création de l’OMS en 1948, son programme de travail a été guidé par des programmes généraux de travail portant sur six années, qui ont ensuite été développés dans les budgets- programmes (actuellement biennaux). Pour les septième, huitième et neuvième programmes généraux de travail, la Région européenne a élaboré et le Comité régional a approuvé un élément régional reposant sur la politique européenne de la Santé pour tous. 10. Grâce à ce principe consistant à lier directement le programme de travail de l’OMS à la politique que les États membres ont adoptée pour leur propre développement, les activités du Bureau régional sont transparentes, pertinentes et liées clairement et logiquement aux besoins de ses États membres. En consé quence, après l’adoption de la SANTÉ 21 par le Comité régional lors de sa quarante-huitième session, le Bureau régional a entamé un processus d’élaboration d ’un nouveau cadre stratégique à moyen terme pour la période allant jusqu’en 2005 (c’est-à-dire l’année de la prochaine actualisation régionale de la politique de la Santé pour tous). De décembre 1998 à mai 1999, on a organisé un certain nombre d’ateliers internes définis par le slogan «L a Sa n t é 21 - produire un impact». Les premiers ateliers visaient à donner à l’ensemble du personnel une connaissance approfondie des principales orientations stratégiques nouvelles de la SANTÉ 21. Par la suite, une série de réunions de libre expression d’idées a permis d ’analyser tous les chapitres de la Santé 21 et d ’élaborer des propositions concernant des initiatives nouvelles que le Bureau régional devrait prendre pour mieux aider les États membres dans les efforts qu’ils accomplissent pour mettre en œuvre la Santé 21. En juin et en juillet, un groupe restreint a élaboré une première proposition concernant 70 nouveaux produits et initiatives. Après consultation de l’ensemble des fonctionnaires de la catégorie des administrateurs, on mettra au point de façon définitive le document stratégique, qui consti tuera le point de départ de la planification des activités pour la période biennale 2000-2001. Éléments externes et internes influençant le programme-cadre stratégique 11. La Santé 21 et les nouvelles priorités mondiales susmentionnées sont les principaux éléments techniques qui influencent la conception du contenu du cadre stratégique ; cependant, le choix des éléments précis pour lesquels le Bureau régional devrait fournir des contributions et le mode de partici pation du Bureau régional sont également influencés par un certain nombre d ’autres facteurs. 12. En premier lieu, l’environnement européen est important. Pour l’horizon de planification du programme stratégique (six années), les déterminants génétiques, socioéconomiques, liés aux modes de vie et environnementaux de la santé qui sont définis dans la Santé 21 ne changeront probablement pas de façon importante et leur priorité relative restera vraisemblablement la même. On peut espérer que l’importance accrue accordée à la prévention des maladies transmissibles au cours des années 90 portera ses fruits et réduira quelque peu l’acuité de ce problème (du moins en ce qui concerne les maladies pouvant être prévenues par la vaccination), tandis que l’importance des maladies sexuellement trans missibles risque d ’augmenter encore. Il est probable que les pressions économiques en faveur d’une pour suite de la réduction des dépenses dans le secteur de santé augmenteront et que la réforme du secteur de la santé prendra une importance accrue. Il est probable que la recherche de moyens plus efficaces de pro mouvoir des modes de vie sains s’intensifiera, en particulier en ce qui concerne le tabagisme. Dans le domaine de l’environnement et de la santé, des stratégies plus larges - telles que celles qui visent à agir sur des questions relatives aux transports et à la santé de façon multisectorielle - gagneront probablement du terrain. L ’élargissement de l’Union européenne et le renforcement de son mandat relatif à la promotion d’un programme de santé publique dans de nombreux secteurs peuvent engendrer des progrès considé rables dans ces deux domaines. En ce qui concerne les conflits armés, la reconstruction de la zone méridionale des Balkans bénéficiera d’une grande attention, mais l’on ne peut totalement exclure que de nouveaux conflits n’éclatent dans d ’autres parties de la Région. 13. Deuxièmement, en ce qui concerne l’environnement propre de l’OMS, le Bureau régional devra se préparer de façon réaliste à une situation dans laquelle il est peu probable que le budget ordinaire aug mente - hormis le transfert prévu d ’autres régions vers les bureaux régionaux de l’Europe et de l’Afrique conformément à la décision prise lors de la cinquante et unième Assemblée mondiale de la santé, qui EUR/RC49/12 page 4 permettra d’affecter progressivement des crédits plus importants aux programmes de pays. Cela mis à part, le Bureau régional devra adapter ses ressources à des priorités nouvelles (comme il l’a fait constam ment au cours des années 80 et 90), obtenir plus de contributions volontaires (en continuant d’appliquer les méthodes qui ont eu du succès dans les années 90, notamment la création de centres de projets) et, dernier point mais non le moins important, favoriser une meilleure utilisation des ressources globales dans la Région, en influençant ses partenaires pour qu’ils utilisent leurs ressources affectées au développement sanitaire de façon plus conforme à la SANTÉ 21. En outre, l’intensification de la coopération avec le Siège et d’autres régions permettra peut-être de procéder à des adaptations. Dans certains domaines, le Bureau régional se verra peut-être confier de nouvelles responsabilités mondiales tandis que dans d’autres, il pourra transférer des fonctions à d’autres éléments de l’Organisation (cette évolution se produira proba blement de façon graduelle au cours des années à venir, à la suite des nouveaux processus de planification communs décrits plus haut). 14. Troisièmement, l’équilibre général des principales stratégies du Bureau régional - c’est-à-dire un programme interpays fort, un ensemble puissant de réseaux de coopération et un programme bilatéral de pays pour les pays ayant les besoins les plus importants, tous en interaction les uns avec les autres et coordonnés par le Bureau régional - sera maintenu. L’expérience des 15 dernières années a clairement montré que c ’est ce dosage particulier de stratégies - et le recours à la politique européenne de la Santé pour tous en tant que concept unificateur qui oriente, inspire et donne de la cohésion - qui a été la princi pale raison pour laquelle le Bureau régional a été capable de maintenir sa position privilégiée dans la Région, malgré un budget très peu élevé par comparaison avec d’autres importantes organisations actives dans le domaine de la santé. Critères pour le choix d’orientations stratégiques 15. Plusieurs critères ont guidé le choix des questions dont le Bureau régional s’occupe, mais les plus importants sont énumérés ci-après. • La question représente une importante innovation dans la SANTÉ 21. • Elle nécessite un nouvel effort pour mettre au point les outils techniques permettant d’y faire face ; ou des efforts pilotes pour vérifier leur faisabilité et leur efficacité ; ou une action de persuasion ou un soutien pour leur utilisation dans les Etats membres. • Le Bureau régional possède ou a de bonnes chances d’acquérir les idées et les ressources qui per mettent de répondre aux exigences susmentionnées. • Les activités envisagées concordent bien avec les cinq grands rôles que le Comité régional a confiés au Bureau régional lors de sa quarante-huitième session. • L ’OMS dispose d’un avantage relatif clair. Éléments des propositions relatives à la stratégie du programme 16. La SANTÉ 21 a un caractère novateur. Elle représente une évolution considérable par rapport à la précédente politique de la Santé pour tous. En conséquence, le Bureau régional doit aussi modifier un certain nombre de ses orientations stratégiques, par exemple dans les domaines examinés ci-après. Attribution d ’une importance plus grande aux activités de pays 17. Ce principe découle de la nouvelle orientation mondiale de l’OMS et des changements qui se sont produits dans la Région européenne. Un autre document établi pour le Comité régional (EUR/RC49/8) décrit de façon plus détaillée les conséquences qu’aura la nouvelle répartition des crédits aux régions, qui permettra au Bureau régional d’intensifier ses activités avec la plupart des pays de la Région qui connaissent des difficultés particulières. Lors de sa cinquantième session, en septembre 2000, le Comité régional évaluera le programme EUROSANTÉ et examinera un document détaillé relatif à une nouvelle stratégie de pays. Entre-temps, certaines des principales orientations stratégiques seront les suivantes. • Conformément à l’évolution de la situation au niveau mondial, un programme de pays plus unifié sera élaboré ; il donnera une meilleure vue d’ensemble du soutien que le programme interpays, les EUR/RC49/12 page 5 réseaux de coopération et les activités de pays de la Région, ainsi que des contributions d’autres éléments de l’Organisation, offriront à l’action menée dans les pays. • On concevra un processus de planification amélioré pour les programmes de pays, qui comprendra un partenariat plus étroit avec d’autres organismes de développement dans le pays considéré et une assistance mieux coordonnée de la part de différents programmes du Bureau régional. • Des conseils techniques dans différents domaines - sur les méthodes de réforme des systèmes de santé, la promotion de la santé, etc. - seront présentés plus clairement comme des « ensembles de produits » pour les activités de pays. Les réseaux de coopération du Bureau régional seront utilisés plus systématiquement en tant que moyens de transmettre de tels conseils aux groupements régionaux d ’États membres ayant des intérêts et des besoins similaires. • La coopération avec certains grands organismes de développement s’étendra de plus en plus sur le moyen terme, pour que les activités de pays s’inscrivent dans une période plus longue et aient par conséquent des effets plus durables. • Un degré de priorité plus élevé sera accordé à l’octroi d’une assistance aux États membres pour l’élaboration de politiques nationales conformes à la SANTÉ 21 et, dans le cas des pays « en transition », à l’élaboration de plans d’ensemble pour le développement sanitaire, qui définissent les mesures à prendre par le gouvernement à moyen terme conformément à de telles politiques. • Des efforts seront accomplis pour mettre à l ’épreuve l ’idée, contenue dans la SANTÉ 21, qu’une fonction essentielle de l ’OMS consiste à mener des activités de pays. Équité et solidarité 18. La SANTÉ 21 met en évidence la nécessité d ’une action plus dynamique pour aider les pays les moins avancés de la Région à améliorer leur situation sanitaire plus rapidement que les pays plus favo risés. L’augmentation de l’allocation dont la Région bénéficiera au cours des quatre à cinq périodes bien nales à venir permettra au Bureau régional de développer de façon importante son assistance aux pays connaissant les plus grandes difficultés. Les orientations stratégiques de la SANTÉ 21 constitueront le cadre de cette évolution, adaptée aux besoins prioritaires de chaque pays. 19. Cependant, pour favoriser une contribution plus ciblée mais en même temps plus large d’un grand nombre d ’autres partenaires internationaux, le Bureau régional prendra trois initiatives. En premier lieu, il stimulera l’élaboration par tous les donateurs extérieurs d ’éléments coordonnés à intégrer aux plans d’ensemble susmentionnés, et y contribuera lui-même activement. Deuxièmement, l’OMS s’efforcera d’aider les pays « en transition » dans les efforts qu’ils accomplissent pour obtenir des ressources. Troisièmement, grâce à une coopération à plus long terme avec d’importants organismes donateurs (par exemple, dans le cadre d’équipes spéciales se chargeant de certains problèmes de santé), le Bureau régional s’efforcera d’influencer la réflexion de ces organismes et, en conséquence, d ’accroître leur intérêt pour un soutien d’évolution conforme à la SANTÉ 21. 20. En ce qui concerne la place importante qui est accordée dans la SANTÉ 21 à des efforts visant à réduire les manques d’équité entre groupes sociaux dans les pays, l’action du Bureau régional vise à porter principalement sur trois grands éléments stratégiques : a) une assistance pour l’amélioration des systèmes d ’information nationaux, capables de mettre en évidence de tels manques d’équité et leurs causes ; b) en coopération avec les organisations non gouvernementales (ONG) intéressées et avec son nouveau réseau de communication sanitaire, des efforts visant à faire mieux connaître le problème grâce aux médias et à des campagnes de persuasion dirigées vers des groupes mieux ciblés ; c) une analyse de projets novateurs dans les États membres, en vue de donner aux pays des informations sur celles des interventions qui s’avèrent les plus réalisables et les plus efficaces pour réduire les manques d’équité entre groupes sociaux, géographiques et autres. Amélioration de la santé d'un bout à l ’autre de la vie 21. La démarche reposant sur l’ensemble de la vie qui est préconisée par la SANTÉ 21 constitue une nouvelle façon d ’essayer d’offrir un soutien plus intégré pour la santé d ’un bout à l’autre de la vie. Bien EUR/RC49/12 page 6 que de nombreux éléments ponctuels soient bien connus, il n’existe pas de vue d’ensemble des valeurs sanitaires et des aptitudes utiles dans la vie que les individus souhaitent acquérir à mesure qu’ils pro gressent dans l’existence. Cela empêche une évaluation participative de ces besoins dans les groupes de la population et cela signifie aussi que les programmes de promotion de la santé et d’éducation sanitaire orientés vers les individus ne disposent pas actuellement des outils scientifiques nécessaires pour suivre leurs effets et les progrès qu’ils accomplissent. En conséquence, le Bureau régional entreprendra des efforts de mise au point de tels outils fondamentaux. 22. En outre, on utilisera ces instruments pour concevoir des programmes plus ciblés et surveillés qui renforceront l’aptitude des individus à faire des choix sains d’un bout à l’autre de leur vie et qui façon neront les facteurs sociaux, culturels, physiques et économiques qui facilitent de tels choix. 23. Cela ne constituera qu’un élément d ’une stratégie plus large visant à faire en sorte que des programmes axés sur un âge ou sur un sexe particulier utilisent la démarche reposant sur la prise en compte de l’ensemble de l’existence. Dans ce contexte, les programmes du Bureau régional qui reposent sur certains cadres de vie et connaissent un succès certain - Ecoles-santé, par exemple - seront élargis de façon à devenir un ensemble complet, planifié logiquement et interactif de réseaux qui, ensemble, aideront l’individu d ’un bout à l’autre de son existence. C ’est ainsi qu’on créera le concept du « foyer- santé », qui rassemblera un grand nombre de questions essentielles mises en jeu par la notion de « prendre un départ sain dans la vie » et sera soutenu par un nouvel élément de santé familiale dans les services de santé, ainsi que par d ’autres programmes de soins de santé primaires. Un réseau axé sur l ’école mater nelle, qu’il est prévu de mettre en place, comblera le hiatus qui existe entre le foyer et le réseau Écoles- santé, tandis qu’un réseau Entreprises-santé étendra cette démarche à l’âge adulte. La ville représente un lieu d’action particulièrement important, étant donné que les problèmes de santé urbaine touchent 80% de la population de la Région. En conséquence, le Bureau régional accordera une grande importance au réseau Villes-santé. Enfin, il continuera de rechercher des moyens de mobiliser différents secteurs de façon plus systématique, grâce à des politiques et à des stratégies qui investissent véritablement dans la santé, et un centre européen spécial sera créé à cette fin. Santé mentale 24. Dans le cadre de l’effort plus large visant à réduire la mortalité prématurée, dans le domaine de la santé mentale une grande importance sera accordée à la prévention du suicide grâce à une meilleure détection et à un meilleur traitement de la dépression au moyen d ’une large utilisation du nouvel outil de dépistage de l’OMS (« Bien-être 5 »), et à des programmes de formation spéciaux destinés aux médecins et aux infirmières de santé familiale. Une autre priorité consistera à aider les nouveaux États indé pendants, à réorienter les soins psychiatriques en abandonnant le système de grands établissements de séjour de longue durée au profit d ’un système de services plus diversifié, qui comprenne notamment un élément de soins primaires mieux développé. Prévention et endiguement des maladies transmissibles 25. Dans le cadre des efforts mondiaux de surveillance de l’OMS et en coopération étroite avec les services de la Commission européenne qui mènent des activités dans ce domaine, le Bureau régional renforcera la surveillance des maladies transmissibles et les systèmes visant à y faire face dans la Région. Le Bureau régional poursuivra la coopération étroite qui a été établie avec de nombreuses organisations et un grand nombre de pays dans le domaine de l’éradication de la poliomyélite, en vue de consolider la situation et d’entamer des activités visant à éliminer la rougeole (voir but 7 de la SANTÉ 21). En ce qui concerne la prévention et l ’endiguement d ’autres maladies transmissibles, on accordera un degré élevé de priorité à la tuberculose, aux maladies sexuellement transmissibles, à l’infection à VIH et au Sida, et au paludisme, en se préoccupant tout particulièrement des nouveaux États indépendants. On continuera à appliquer les principes utilisés actuellement en matière d ’activités de prévention et d’endiguement, mais une place plus importante sera accordée à la création de partenariats à moyen terme (rassemblant des organisations de développement internationales et des groupes de pays bénéficiaires), en vue de couvrir simultanément des zones géographiques plus larges à l’aide des mêmes démarches stratégiques ; toutes ces actions visent à accroître l’efficacité. On déploiera des efforts pour mieux intégrer ces mesures de EUR/RC49/12 page 7 prévention des maladies transmissibles dans les activités des services de santé, en assurant la promotion du concept de soins de santé primaires décrit plus loin (paragraphes 36 à 38). Prévention des traumatismes 26. Ici, le degré de priorité le plus élevé sera donné aux accidents de la circulation et le Bureau régional jouera le rôle de catalyseur pour contribuer à lancer et à mettre en œuvre des programmes multisectoriels de prévention des accidents et de réduction du nombre de cas de traumatismes dont l’efficacité a déjà été prouvée en Europe occidentale. Une grande attention sera accordée à la question de la violence familiale, grâce à des activités de sensibilisation, à la recherche de programmes novateurs et à leur promotion ulté rieure au moyen des réseaux de coopération de l’OMS, ainsi qu’à la dispensation de conseils sur les poli tiques à suivre. Prévention des maladies non transmissibles 21. L ’expérience acquise au cours des 20 à 30 dernières années a montré clairement que la plus grande partie de la charge que représentent les maladies non transmissibles peut être réduite lorsque les déter minants de la santé - régime alimentaire, exercice physique, tabagisme, etc. - sont modifiés et qu’il est possible d ’influencer dans le bon sens ces facteurs de risque grâce à des programmes de santé publique bien conçus. De plus, s’il est un fait que les programmes visant à influer sur certains facteurs de risque (tabagisme ou manque d ’exercice physique, par exemple) donnent effectivement des résultats, on peut être beaucoup plus efficace en s’attaquant à un grand nombre de facteurs de risque en même temps et en encourageant un mode de vie sain dans le cadre d’une conception globale. En outre, pour que cette démarche soit efficace, il est essentiel de mener à la fois une action multisectorielle énergique au niveau national (en veillant à ce que différents ministères élaborent des mesures législatives et mènent des actions qui se renforcent mutuellement) et en menant des activités de mobilisation au niveau local (action concertée des services de santé et d ’autres secteurs, des ONG locales, etc.). Malheureusement, de tels programmes n’ont pas encore été adoptés dans tous les États membres et, dans de nombreux pays, les activités ne sont toujours menées qu’au niveau local (zones pilotes, par exemple) ou régional. D est crucial de mener des travaux de recherche opérationnelle pour déterminer quels sont les meilleurs moyens d ’utiliser efficacement ou de diffuser des données relatives à des expériences réussies en vue d ’une application à l’échelle de l’ensemble du pays. 28. Pour pouvoir mettre en œuvre avec succès un programme d ’intervention intégré à l’échelle d’un pays contre les maladies non transmissibles (CINDI), il faut que les responsables soient résolus, dans une perspective à long terme, à améliorer le système de santé et en particulier les soins primaires. Cela exige une coopération large entre les professionnels de la santé, les spécialistes de la promotion de la santé, les ONG, le secteur privé et d’autres secteurs, tant au niveau national qu’à l’échelon local. D faut que tant les services de santé que d’autres secteurs mènent une action intégrée, en combinant des dispositions législa tives et réglementaires avec des techniques de mobilisation sociale. Par conséquent, le Bureau régional s’efforcera de promouvoir ces concepts intégrés et leur application à l’échelle des pays dans les États membres. Pour de tels programmes, les réseaux susmentionnés axés sur des cadres de vie qui vont du foyer à la ville représenteront d’importants moyens de mise en œuvre. 29. Le nouveau mandat de l’Union européenne en matière de santé publique et le prochain élargis sement de l’Union européenne au-delà de ses quinze membres actuels offrent des possibilités très pro metteuses de renforcement des activités multisectorielles de promotion de la santé et de prévention des maladies pour tous les pays de l’Union européenne (et auront certainement des retombées importantes dans d’autres pays de la Région). En conséquence, pour le Bureau régional, un moyen d’action straté gique important sera constitué par les efforts visant à établir une coopération stratégique vigoureuse avec la Commission européenne, afin d’utiliser de façon optimale les ressources des deux organisations sur les plans de l’action de persuasion, du développement technique, des activités en réseau et des programmes. 30. En ce qui concerne les différents facteurs de risque, l’OMS poursuivra la mise en œuvre de ses stratégies actuelles dans le domaine des activités antitabac, c ’est-à-dire qu’elle aidera les différents pays à élaborer leurs programmes, utilisera ses réseaux axés sur des professions et sur des cadres de vie, et EUR/RC49/12 page 8 coopérera de façon étroite avec le Siège de l’OMS et la Commission européenne. Un nouveau plan d’action européen pour la nutrition sera présenté au Comité régional en l’an 2000 et visera à stimuler des évolutions dans ce domaine ; les activités découlant du Plan d’action européen contre l’alcoolisme se poursuivront. Dans le domaine de la toxicomanie, le Bureau régional suivra de près les évolutions nouvelles concernant des programmes améliorés de lutte et de traitement, et assurera leur promotion lorsque les évaluations seront favorables. Le Bureau régional assurera la promotion de programmes d’activité physique principalement par le biais de ses réseaux axés sur des cadres de vie. Environnement et santé 31. La Troisième conférence ministérielle, qui s’est déroulée à Londres en juin 1999, a établi un programme clair jusqu’en 2004. Le Bureau régional continuera d ’assurer le secrétariat du Comité euro péen de l’environnement et de la santé (CEES). Doté d’un mandat renforcé, le CEES jouera un rôle important dans l’action commune des principales organisations européennes qui ont des activités dans ce domaine, en vue d’une action plus concertée au niveau régional et en faveur des pays de la Région qui connaissent le plus de difficultés. Si le Comité régional l’approuve, lors de sa quarante-neuvième session, le Bureau régional assurera, avec la Commission économique pour l’Europe (CEE), le secrétariat du nouveau Protocole sur l’eau et la santé (signé par 35 États membres à Londres ; d ’autres États le signeront peut-être ultérieurement), qui constitue un nouvel outil important pour une gestion de l’eau axée sur la santé dans les États membres européens. 32. On soutiendra également de façon ferme la mise en œuvre de la nouvelle Charte sur les transports, l’environnement et la santé, grâce à laquelle une démarche beaucoup plus intégrée stimulera l ’activité physique, réduira la pollution atmosphérique et diminuera la charge représentée par les accidents. En fonction de l’évolution de la situation, il se peut que le Bureau régional participe à l’élaboration d’une convention juridiquement contraignante dans ce domaine (voir Déclaration de la Conférence de Londres). 33. Le Bureau régional poursuivra ses activités dans les domaines de la pollution atmosphérique, de l’hygiène des denrées alimentaires, de la gestion des déchets et de l’hygiène du travail, et il soutiendra des activités menées dans des domaines nouveaux tels que les problèmes particuliers de santé dans les campagnes (y compris les effets de l’agriculture sur la santé), les aspects économiques de l’environnement et de la santé, et le thème des enfants et de l’environnement. 34. Dans tous ces domaines, le Bureau régional coopérera étroitement non seulement avec le Siège mais également avec d ’autres organismes des Nations Unies, la Commission européenne, le secteur privé et des ONG. Ce faisant, il s’appuiera sur de nouveaux partenariats puissants créés au cours des préparatifs de la Conférence de Londres. On renforcera encore la coopération avec la Commission européenne et la Fondation européenne de la science dans le domaine de la recherche sur l’environnement et la santé, et le Bureau régional continuera d’appuyer l’élaboration de plans d ’action nationaux et locaux pour l’environnement et la santé ; en ce qui concerne les plans d ’action locaux, on veillera à ce qu’il existe un lien étroit avec les activités du réseau Villes-santé. Le Bureau régional continuera à accorder une grande importance à l ’obtention de ressources, en particulier pour acquérir les fonds nécessaires pour que puissent se poursuivre les travaux fructueux des deux divisions du Centre européen de l’environnement et de la santé, auxquelles s’ajoutera une troisième division, qui sera implantée à Bonn, à partir de 2001. Facteurs de risque socioéconomiques sous-jacents 35. La SANTÉ 21 met en évidence l’importance essentielle de la pauvreté, de la discrimination et de l’aliénation, qui sont d ’importants déterminants de la santé ; ce phénomène est dû aux liens qui existent entre ces facteurs et des facteurs de risque traditionnels et à une moindre aptitude des groupes de la population touchés de bénéficier pleinement du système de santé. Ce problème peut être résolu de deux façons. La première consiste à améliorer les services sanitaires et sociaux, de façon à ce que les individus et les groupes reçoivent de meilleurs soins de santé et de meilleurs services sociaux ; le Bureau régional favorisera l’adoption de telles démarches pour le système de santé en général et pour ses programmes axés sur des cadres de vie, en particulier. D ’autre part, la solution de fond du problème réside dans une amélioration des conditions de vie économiques, éducatives et générales de ce groupe de la population, ce EUR/RC49/12 page 9 qui exige la prise de décisions politiques clairvoyantes (et souvent controversées) par les parlements nationaux. Ici, le rôle du Bureau régional consistera à mener une action de persuasion et d ’information, notamment en exerçant des pressions modérées sur les gouvernements et le secteur public, pour qu’ils adoptent et mettent en œuvre les stratégies pertinentes de la Santé 21 et celles qui se rapportent à l’investissement pour la santé. Un service de santé bien équilibré 36. En vue d’améliorer le secteur sanitaire, la Santé 21 met à nouveau l’accent sur l’importance des soins de santé primaires, qui constituent un concept large selon lequel il faut créer des structures respon sables au niveau local, en unifiant l’action des services sanitaires locaux, d’autres secteurs et des ONG, en vue d’exécuter des programmes permettant d’améliorer la santé des individus et de la population locale dans son ensemble. Au cours de la période considérée, le Bureau régional accordera une grande impor tance à la promotion du rôle de l’infirmière et du médecin de santé familiale (voir paragraphe 42). Enfin, on procédera à une analyse de la structure de proximité requise pour assurer l’exécution intégrée des pro grammes sanitaires locaux, et on assurera la promotion des éléments essentiels de cette structure auprès des associations professionnelles et des réseaux du Bureau régional axés sur des cadres de vie, et grâce à des activités soutenant l ’élaboration de politiques au niveau national. 37. Le Bureau régional analysera également l’évolution du rôle des hôpitaux européens compte tenu des évolutions technologiques et de la nécessité d’une coopération plus étroite avec le secteur des soins de santé primaires. 38. Pour renforcer toutes ces évolutions de façon intégrée, un nouveau centre européen de services et de ressources humaines de soins de santé intégrés a été créé et commencera à fonctionner en 1999. Le Bureau régional poursuivra les activités de son réseau Hôpitaux-santé et ajoutera peut-être des éléments supplémentaires relatifs à d ’autres aspects de la gestion hospitalière, afin de pouvoir donner une gamme plus large de conseils à cet élément crucial des soins de santé européens. Amélioration de la qualité des programmes sanitaires et des soins cliniques 39. Comme indiqué dans la SANTÉ 21, il est nécessaire d ’obtenir de meilleurs instruments pour mesurer les effets réels sur la santé de différentes interventions sanitaires - promotion de la santé, prévention de la maladie et soins aux patients - pour les différents programmes relatifs à des maladies et à des traumatismes. Il faut mener des travaux de recherche-développement pour pouvoir concevoir des indicateurs appropriés, mettre au point des systèmes de collecte de données et réaliser des analyses susceptibles d’être utilisées pour adapter le niveau des programmes de santé publique axés sur la popu lation. Le Bureau régional s’efforcera de stimuler de tels travaux de recherche-développement. En outre, il faut mener des travaux de recherche opérationnelle sur des programmes d ’intervention au niveau local, afin de renforcer le concept des soins de santé primaires et d ’obtenir des programmes plus intégrés pour différents groupes de la population et problèmes de santé. Le rôle du Bureau régional sera avant tout celui d ’un catalyseur pour la promotion de tels travaux de recherche, dont une grande partie devra être menée par des centres collaborateurs ou d ’autres partenaires. 40. Ces dernières années, on a accordé beaucoup plus d’attention au rôle que les soins cliniques jouent en ce qui concerne la santé des groupes de la population. Un nombre croissant d’études menées par le Bureau régional et d’autres intervenants ont indiqué qu’il existe souvent d ’importantes différences dans les résultats des soins cliniques, différences qui ne sont pas nécessairement liées au niveau de formation du personnel, à la disponibilité de technologies ou à l’accès direct aux résultats des travaux internationaux de recherche médicale. Il apparaît de plus en plus clairement qu’il importe de mettre en place des systèmes d’information qui puissent donner des informations aux dispensateurs de soins, aux établis sements et aux administrations de soins de santé en ce qui concerne les variations dans la pratique clinique quotidienne. De telles informations sur les résultats peuvent de plus en plus constituer une stimulation à l’origine d’améliorations constantes de la qualité des soins, car elles permettent une recherche comparative des meilleures méthodes (benchmarking), contribuent à la recherche de méthodes EUR/RC49/12 page 10 d ’intervention plus efficaces et constituent la base d’un système de suivi à plus long terme des techno logies de soins de santé. 41. L’absence d’indicateurs de résultats convenus sur le plan international, pertinents et pratiques permettant de mesurer les résultats de la pratique clinique dans les principaux domaines de la santé constitue un obstacle important à l’accomplissement de nouveaux progrès. Le Bureau régional a l’intention d’intensifier ses travaux dans ce domaine et de les étendre à de nouveaux problèmes de santé. Comme par le passé, il le fera en collaboration très étroite avec les principales associations profes sionnelles européennes dans les différents domaines de la santé, afin d ’obtenir les meilleurs avis scienti fiques et, point non moins important, de créer une motivation pour l’utilisation des indicateurs par tous les membres des différentes professions. Dans le cadre de ces efforts, des réseaux de bases de données locales seront connectés au « serveur » déjà en place au Bureau régional, qui permet aux utilisateurs de tous les États membres d’avoir une interaction directe avec les bases de données sur les résultats des soins de l’OMS (qui portent pour le moment sur les soins périnatals et le diabète). Indépendamment du déve loppement de tels instruments de collecte et de communication de données, les résultats des activités de surveillance de la qualité contribueront de façon importante à l’amélioration des résultats au niveau de la santé et guideront les administrateurs de santé publique dans le choix de stratégies de développement sanitaire et d’affectation des ressources. Cela représentera manifestement une action prioritaire pour tous les pays et devra donc devenir un élément plus important du service que le Bureau régional offrira aux États membres au cours des années à venir. Pour renforcer ses capacités dans ce domaine, il se peut que le Bureau régional crée un centre européen spécial. Ressources humaines pour la santé 42. La S a n t é 21 a également d ’importantes implications pour la formation du personnel de santé. Au cours de la période considérée, le Bureau régional veillera à disposer d’une certaine capacité pour dialoguer avec des établissements d ’enseignement européens et pour aider les pays de la Région qui connaissent le plus de difficultés dans ce domaine. Il aura un élément de programme correspondant dans son centre de services et de ressources humaines de soins de santé intégrés (voir paragraphe 38) mais, pour des raisons de priorité, il n’élaborera pas d ’important programme dans ce domaine. Le Bureau régional accordera également une grande importance à la promotion du concept d’infirmière de santé familiale, comme cela est prévu dans la SANTÉ 21. Il coopérera très étroitement avec les infirmières euro péennes, en vue de développer ce concept et de mettre en place les éléments de formation nécessaires ; ensuite, il agira pour favoriser son acceptation dans les différents États membres. Il assurera la promotion du rôle du médecin de famille (exerçant des fonctions analogues à un niveau plus spécialisé), en utilisant une méthode similaire. Politiques et mécanismes pour la gestion du changement 43. Depuis 1984, le Bureau régional accorde un degré de priorité élevé à des mesures visant à encou rager les États membres à mettre en harmonie les politiques sanitaires nationales avec la Santé pour tous. Environ deux tiers des États membres l’ont fait intégralement (et d ’autres partiellement) à divers moments, et le Bureau régional a fourni une assistance de l’une ou l’autre nature à la plupart des actions menées dans ce sens. L’examen de programmes de l’OMS dans d’autres régions, mené par le Groupe d ’Oslo et d’autres entités, indique qu’une assistance aux pays pour l’élaboration de politiques nationales et la mise au point de stratégies pour les mettre en œuvre devrait bénéficier d’un degré de priorité beaucoup plus élevé pour l’OMS en général. En conséquence, l’OMS continuera à promouvoir et à sou tenir de telles actions d’élaboration de politiques axées sur la Santé pour tous dans des États membres. 44. L’expérience acquise dans la Région européenne montre que les aspects multisectoriels de telles politiques, l’importance de la fixation de buts et les problèmes que celle-ci suscite, la mobilisation de nombreux partenaires, la nécessité d ’élaborer une politique nationale et des programmes aux niveaux sous-national et local, la question du choix de bonnes méthodes pour l’évaluation des effets sur la santé et d ’autres questions ont créé des difficultés considérables dans certains pays, alors que ces problèmes ont été résolus de façon efficace dans d ’autres. En conséquence, le Bureau régional s’efforcera de conserver une importante capacité d’aider les pays à faire face à de tels problèmes méthodologiques et de soutenir EUR/RC49/12 page 11 l’élaboration de politiques ; un centre européen d’analyse des politiques sanitaires mènera des activités à cet effet. Le Bureau régional offrira également aux pays intéressés une « fonction d’audit externe », qui consistera à charger des experts d’analyser la politique sanitaire d ’un pays ou une partie de celle-ci (telle que la promotion de la santé). Fonction de santé publique 45. Pour qu’un pays mette en œuvre une politique inspirée des principes de la Santé pour tous, il doit disposer d ’une solide infrastructure de spécialistes de la santé publique aux niveaux national, sous- national et local. Ces spécialistes doivent comprendre les interactions complexes entre les différents déterminants de la santé ; ils doivent bien connaître les grandes stratégies permettant de favoriser des modes de vie sains, un environnement salubre et un système de soins de santé axé sur la qualité et un bon rapport coût-efficacité ; enfin, ils doivent être capables de mettre en place des partenariats efficaces aux niveaux national, sous-national et local entre l’ensemble des secteurs et des organisations qui doivent pla nifier, mettre en œuvre et évaluer en commun des politiques et programmes de développement sanitaire. Par conséquent, le Bureau régional plaidera résolument en faveur d’un renforcement de ces infrastructures de santé publique dans les pays et accomplira des efforts pour stimuler la formation de tels experts dans les écoles de santé publique et d’autres établissements d’enseignement appropriés, pour faire en sorte que ces spécialistes soient formés conformément aux exigences de la SANTÉ 21. De même, il se peut qu’on prenne certaines initiatives pour veiller à ce que la formation des gestionnaires du système de santé (administrateurs d’hôpitaux, par exemple) et des personnes dont les activités ont une grande influence sur la santé (économistes, sociologues, architectes, ingénieurs et enseignants, par exemple) comporte les élé ments qui leur permettent de s’acquitter de leurs tâches professionnelles d ’une façon qui favorise les stratégies de la SANTÉ 21. Le Bureau régional aidera également les États membres - dans la mesure où ses capacités le lui permettront - à créer de nouvelles écoles de santé publique ou des départements de santé publique dans des universités, en particulier dans des pays d ’Europe centrale et orientale et dans des nouveaux États indépendants. Information 46. Le Bureau régional continuera à renforcer son rôle de centre d’information sur la santé et le déve loppement sanitaire pour ses États membres. À cet effet, il gérera la base de données de la Santé pour tous, qui sera actualisée au fur et à mesure des besoins grâce à de nouveaux indicateurs. D s’efforcera d ’établir des liens particulièrement étroits avec la Commission européenne dans ce domaine et de faire en sorte que les activités du Bureau régional soient pleinement intégrées dans les efforts mondiaux accomplis par le Siège de l’OMS. Le Bureau régional essayera également d’accroître sa capacité de lancer des analyses épidémiologiques des tendances régionales en matière de situation sanitaire, en renforçant ses liens avec des centres collaborateurs et, éventuellement, en créant un centre européen spécial. 47. Le Bureau régional rassemblera également ses différentes activités relatives à des « données pro bantes pour une politique » et établira des liens de coopération étroits avec le Siège dans ce domaine ; enfin, il renforcera sa propre capacité en poursuivant les activités de son Observatoire européen des sys tèmes de santé. Communication pour la santé 48. Les relations publiques et la communication seront plus importantes encore dans l’environnement très concurrentiel européen au cours des années à venir. Le Bureau régional poursuivra son programme réussi dans ce domaine, en particulier en renforçant son réseau de communication sanitaire et ses liens avec le Siège de l’OMS et d ’autres régions, de façon à mieux organiser son action de persuasion et ses campagnes spéciales en matière de santé, notamment en exploitant ses nombreux réseaux de coopération à cette fin. Partenariats 49. Le Bureau régional n ’est pas seul sur la scène internationale en Europe et il est important qu’il possède une stratégie claire concernant la façon dont il coopérera avec d ’autres organisations sur le EUR/RC49/12 page 12 terrain, tant au niveau européen que dans les différents pays. La Constitution de l’OMS le charge claire ment de favoriser de tels partenariats et la nouvelle politique mondiale de l’Organisation accorde une très grande importance à cette question. Il est utile d’examiner celle-ci sous deux aspects : d’une part, la façon dont le Bureau régional coopère avec différentes organisations et, d ’autre part, les moyens qu’il utilise pour s’efforcer de créer des partenariats plus larges. 50. Pour ce qui est de la coopération avec certaines organisations, il est manifeste que l’Union euro péenne est de loin la plus importante. Il existe trois niveaux de coopération avec la Commission euro péenne : coopération à l’échelle de l’ensemble de l’organisation (politique) ; coopération stratégique ; et coopération axée sur des projets. En ce qui concerne le niveau des projets, un grand nombre de projets menés en coopération ont été mis en œuvre au cours des années 80 et 90, et le Bureau régional s’efforcera d ’augmenter le nombre de domaines dans lesquels une telle coopération concrète peut se dérouler, par exemple en ce qui concerne les pays candidats à l’adhésion (c’est-à-dire les dix pays de la Région euro péenne qui deviendront membres de l’Union européenne au début du XXIe siècle). En ce qui concerne le niveau stratégique, presque aucune activité n’est menée ; il s’agit d’une déficience importante étant donné que, par nature, il pourrait s’agir du niveau le plus important et qu’une action dans ce domaine n ’exigerait pratiquement pas de ressources supplémentaires. Le troisième niveau (organisationnel) est lié à un accord de 1982 avec le directeur général de l’OMS et le président de la Commission européenne de l’époque. Cependant, cet accord était assez général, ce qui est certainement l’une des raisons pour lesquelles il n’y a pratiquement pas eu de coopération au niveau stratégique. Un nouvel accord sera prochainement conclu entre le directeur général de l’OMS et le président de la Commission européenne ; on peut espérer qu’il ouvrira la voie à une coopération stratégique. Le Bureau régional et la Commission pourraient ensuite discuter de stratégies communes visant à aider plus efficacement les pays et l’ensemble de la Région à lutter contre des facteurs de risque liés aux modes de vie et à l ’environnement. 51. En ce qui concerne le Parlement européen et le Conseil des ministres de l’Union européenne, le Bureau régional sera bien entendu prêt, si on le lui demande, à donner des avis consultatifs, comme il le fait à la demande des gouvernements ou des parlements des États membres. Le réseau Régions-santé du Bureau régional renforcera la coopération avec le Comité des régions de l’Union européenne. 52. Le Bureau régional poursuivra sa coopération étroite avec le Conseil de l’Europe dans des domaines qui intéressent les deux organisations. En ce qui concerne les organismes des Nations Unies, il coopérera de façon particulièrement étroite avec la Commission économique pour l’Europe (CEE), à la suite de l’adoption du Protocole de 1999 sur l’eau et la santé et de la Charte sur les transports, l’environnement et la santé ; il maintiendra à son niveau actuel la coopération avec d’autres organismes des Nations Unies. 53. Parmi d’autres importants partenaires du Bureau régional, il faut citer les organismes donateurs bilatéraux, la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Avec ces organisations, le Bureau régional s’efforcera de mettre en place une coopération stratégique à long terme, en vue de remplacer graduellement les arrangements actuels, qui ont dans l’ensemble un caractère ponctuel. 54. En suivant soigneusement la nouvelle politique de l’OMS à l’égard du secteur privé, le Bureau régional agira via des partenariats et des projets communs, lorsque cela sera approprié, en vue d ’influencer les politiques et les produits des industries dans ce secteur, pour faire en sorte qu’ils soutiennent davantage les orientations de la Santé 21. 55. Le Bureau régional s ’efforcera d’élargir sa coopération avec les ONG et les centres collaborateurs OMS qui a déjà enregistré des succès, mais il devra porter principalement ses efforts sur les grandes ONG, dont les activités peuvent avoir des effets importants sur la santé des populations, et privilégier la coopération avec les centres collaborateurs qui peuvent agir efficacement pour promouvoir les objectifs de la SANTÉ 21 dans leur propre pays et pour la Région dans son ensemble. EUR/RC49/12 page 13 56. Le Comité européen de l’environnement et de la santé a manifestement réussi dans les efforts qu’il a accomplis pour faire des progrès dans les domaines de l’environnement et de la santé. Le Bureau régional s’appuiera sur ce succès et examinera la possibilité de lancer des initiatives analogues en vue de donner une impulsion nouvelle dans les domaines des modes de vie sains. En ce qui concerne des domaines plus circonscrits, la mise sur pied d’équipes spéciales rassemblant des organisations et des pays donateurs (par exemple, l’équipe spéciale sur les maladies sexuellement transmissibles et le sida) créera un mouvement plus vigoureux en faveur de la lutte contre les maladies. A c t io n du B u r e a u r é g i o n a l e u é g a r d a u p r o c e s s u s d e r é f o r m e m o n d ia le d e l ’OMS 57. Depuis l’adoption de la politique de la Santé pour tous en 1980, le Bureau régional analyse périodi quement sa structure d’organisation, sa fonction de gestion et son administration, afin de les adapter aux exigences relatives aux programmes de travail qui découlent de la politique de la Santé pour tous. Au début des années 90, il a entrepris d’importantes réformes pour faire face à la situation nouvelle, lorsque 20 nouveaux pays ont fait leur apparition dans la Région et qu’une crise économique, sociale et sanitaire de grande ampleur s’est manifestée en ce qui concerne la moitié de la population de la Région vivant dans les nouveaux États indépendants et les pays d ’Europe centrale et orientale. Au cours des années 90, les budgets-programmes du Bureau régional ont constamment suivi le principe de la réduction des dépenses administratives et des ressources affectées à cette rubrique, tout en augmentant les ressources affectées au niveau des pays. D’importantes réformes ont eu lieu en 1995, année au cours de laquelle le Bureau régional a été obligé de supprimer 42 postes, en raison de la crise budgétaire qui a découlé des travaux de l’Assemblée mondiale de la santé cette année-là. 58. En février 1999, le Dr Brundtland a demandé à toutes les régions d’analyser leur structure organi- sationnelle, leur gestion et leur administration pour déterminer si des changements étaient souhaitables, et elle a mis les services du consultant en gestion du Siège à la disposition des bureaux régionaux pour sti muler cette évolution. Le directeur régional a réagi en créant l’Équipe spéciale de réforme du Bureau régional (ERTF), composée de représentants de tous les départements et de toutes les catégories de per sonnel, ainsi que de l’Association du personnel. 59. Le mandat de l’Équipe spéciale était de conseiller le directeur régional au sujet d’éventuels chan gements relatifs à la structure administrative, de gestion et d’organisation. Le Bureau régional a mis sur pied, à l’intention du consultant du Siège, des groupes de discussion, aux travaux desquels tous les fonc tionnaires du Bureau régional étaient invités à participer. Les nombreuses idées qui ont été exprimées ont ensuite été examinées par l’Équipe spéciale, qui a déposé son rapport à la fin du mois de juin. 60. Au moment de la rédaction du présent document (15 juillet 1999), le rapport de l’Équipe spéciale a été transmis à l’Association du personnel du Bureau régional et à tous les fonctionnaires du Bureau pour observations. Sur cette base, le cabinet régional du Bureau régional examinera les recommandations, après quoi le directeur régional prendra une décision à leur égard. Les réflexions suivantes n ’ont donc qu’un caractère préliminaire et mettent en évidence certaines des principales questions qui ont été sou levées. Rôles et fonctions aux niveaux mondial et régional 61. L’Équipe spéciale a demandé l’instauration d ’une plus grande clarté concernant la distinction entre les fonctions mondiales et régionales. Elle a estimé que, d’une manière générale, le soutien du dévelop pement sanitaire au niveau des pays devrait constituer une fonction régionale et que les activités menées par le Siège devraient passer par la Région plutôt que de s’adresser directement aux pays. 62. Comme indiqué plus haut, ces questions ont fait récemment l’objet de discussions lors d’une retraite du cabinet mondial. En conséquence, un nouveau système de planification commune entre le Siège et les régions sera mis en place, afin de déterminer quelles fonctions mondiales et régionales seront exercées au cours de chaque période biennale et par quelle entité. EUR/RC49/12 page 14 Assistance aux pays reposant su r les besoins 63. L’Équipe spéciale a émis des idées analogues à celles qui sont énoncées dans les propositions rela tives à la stratégie de programme et a formulé des suggestions précises concernant les moyens de ren forcer la planification et la mise en œuvre des programmes de pays. Examinant la façon dont le Bureau régional organise son assistance aux pays de la Région, l’Équipe spéciale a proposé de créer des «bureaux sous-régionaux». Elle a également estimé qu’une attention renouvelée devrait être accordée aux pays d’Europe occidentale ; il ne faut pas que le Bureau régional soit considéré comme une organi sation qui ne présente d’intérêt que pour la partie orientale de la Région. Organes d irecteurs 64. On a émis des propositions concernant la façon dont les réunions des organes directeurs pourraient être rendues plus intéressantes. On avait renoncé aux « discussions techniques » au début des années 90, dans le cadre de la réforme du Comité régional ; il pourrait maintenant être utile d ’examiner les résultats des initiatives récentes qui ont été prises lors de l’Assemblée mondiale de la santé (« table ronde minis térielle », par exemple). On a également émis des suggestions concernant l’établissement d ’un contact plus régulier avec les ministères des affaires étrangères. Service à la « clientèle » 65. L’Équipe spéciale a proposé d’accorder une importance plus grande aux services à la « clientèle », afin de mieux servir les pays grâce à une plus grande décentralisation des décisions et à de nouvelles méthodes administratives visant à réduire autant que possible les obstacles bureaucratiques. On a mis l’accent sur les liens de plus en plus étroits qui existent entre les activités interpays et les activités de pays. A utorité, responsabilité e t obligation de rendre des comptes 66. De nombreux changements se sont produits au cours des années 80 et 90, mais l’Équipe spéciale a estimé qu’il était nécessaire de donner plus d ’autorité aux gestionnaires de programmes, tout en défi nissant de façon plus claire les responsabilités, pour que l’on sache plus précisément qui doit rendre compte de quelles actions et que des liens plus clairs soient établis entre la responsabilité de gestion et la surveillance de l’efficacité des prestations. Il est nécessaire de favoriser constamment le travail d ’équipe. Il a été proposé d’examiner les rôles et les fonctions des différents fonctionnaires. Ressources hum aines 67. L’Équipe spéciale a pris note des progrès considérables récemment accomplis au Bureau régional en ce qui concerne les compétences du personnel dans les grands domaines des activités liées à la SANTÉ 21, mais elle a également repéré un certain nombre de domaines techniques où des compétences supplémentaires devraient être acquises. Elle a accordé une grande importance à l ’aptitude à donner des impulsions dans le domaine de la santé publique et à la nécessité de mieux former le personnel dans des domaines tels que l’élaboration de politiques, la promotion, la coopération avec d’autres secteurs et la communication. Elle a accueilli favorablement la nouvelle politique du directeur général qui vise à déve lopper la mobilité du personnel entre les différents éléments de l’Organisation. 68. L’Équipe spéciale a également accueilli favorablement la mise au point du futur nouveau système mondial d ’évaluation du comportement professionnel, mais elle a demandé que l’on offre de meilleures perspectives de carrière au personnel des services généraux. Questions adm inistratives 69. L ’Équipe spéciale a présenté un certain nombre de propositions précises en ce qui concerne des modifications des procédures administratives. S tructu re d ’organisation du Bureau régional 70. L’Équipe spéciale a également examiné la structure d ’organisation du Bureau régional et a mis en évidence la différence qui existe entre les fonctions techniques verticales et les fonctions de coordination EUR/RC49/12 page 15 horizontale et les fonctions administratives. Elle a indiqué des domaines où des changements organisa- tionnels engendreraient une meilleure intégration des fonctions essentielles et permettraient en outre de mieux répondre à certaines des nouvelles priorités de l’OMS dans son ensemble. O b s e r v a t io n s f i n a l e s 71. On observe maintenant une convergence de plusieurs éléments importants des évolutions en cours, à mesure que l’élaboration et la réforme du programme mondial fusionnent avec la politique régionale européenne de la Santé 21 et les propositions de l’Équipe spéciale. H est intéressant de relever qu’il existe une grande identité de vues en ce qui concerne la direction dans laquelle il convient de s’engager, en ce qui concerne aussi bien le rôle de l’OMS que la façon dont l’Organisation devrait être organisée et gérée. Ni le Bureau régional ni l’OMS dans son ensemble ne sont encore arrivés à l’aboutissement du processus de réorientation ; des décisions qui seront prises cette année pourraient par exemple devoir être modifiées ultérieurement si l’évolution de la situation au niveau régional ou mondial ou de l’environnement extérieur l’exige. 72. La gestion de l’OMS est souvent un art et non uniquement une science. Ce que l’Organisation doit réaliser au cours d ’une période biennale dépend de son aptitude à innover et à mobiliser des ressources nouvelles, ou à mieux exploiter celles qui existent déjà. Compte tenu de l’environnement extérieur actuel, l’Organisation doit continuer à faire preuve de souplesse dans ses méthodes de planification et s’accommoder d’une grande incertitude, comme elle l’a déjà fait en particulier ces 15 dernières années. Cela peut présenter des inconvénients pour le personnel, qui, bien entendu, aspire à la stabilité. Cependant, il faut se réjouir du fait que les fonctionnaires du Bureau régional ont fait preuve d ’une remarquable aptitude à augmenter leur productivité, leur influence et leurs ressources au cours d ’une longue période pendant laquelle les facteurs extérieurs étaient particulièrement défavorables à cet égard. D est absolument certain que le personnel poursuivra ses efforts dans cette voie avec le même enthousiasme et la même énergie au cours des années à venir.
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Quarante-neuvième session du Comité régional de l’Europe : Florence, 13 - 17 septembre 1999 : l’an 2000 et au-delà : l’action menée par le Bureau régional eu égard à la réforme de l’OMS et à la Santé 21
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