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L'intégration des maladies tropicales negligées dans la santé et le développement : quatrième rapport de l'OMS sur les maladies tropicales négligées : résumé d'orientation

Organisation mondiale de la santé
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Texte intégral

QUATRIÈME rapport de l’OMS sur les maladies tropicales négligées

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d’ L’INTÉGRATION DES MALADIES TROPICALES NEGLIGÉES DANS LA SANTÉ ET LE DÉVELOPPEMENT

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WHO/HTM/NTD/2017.02

© Organisation mondiale de la Santé 2017 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; https:// creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci dessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’œuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. L’utilisation de l’emblème de l’OMS est interdite. Si vous adaptez cette œuvre, vous êtes tenu de diffuser toute nouvelle œuvre sous la même licence Creative Commons ou sous une licence équivalente. Si vous traduisez cette œuvre, il vous est demandé d’ajouter la clause de non responsabilité suivante à la citation suggérée : « La présente traduction n’a pas été établie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’OMS ne saurait être tenue pour responsable du contenu ou de l’exactitude de la présente traduction. L’édition originale anglaise est l’édition authentique qui fait foi ». Toute médiation relative à un différend survenu dans le cadre de la licence sera menée conformément au Règlement de médiation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Citation suggérée. L’intégration des maladies tropicales négligées dans la santé et le développement : quatrième rapport de l’OMS sur les maladies tropicales négligées. Résumé d’orientation. Genève: Organisation mondiale de la Santé ; 2017 (WHO/HTM/NTD/2017.02). Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. Disponible à l’adresse http://apps.who.int/iris. Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande en vue d’un usage commercial ou une demande concernant les droits et licences, voir http://www.who.int/about/licensing. Matériel attribué à des tiers. Si vous souhaitez réutiliser du matériel figurant dans la présente œuvre qui est attribué à un tiers, tel que des tableaux, figures ou images, il vous appartient de déterminer si une permission doit être obtenue pour un tel usage et d’obtenir cette permission du titulaire du droit d’auteur. L’utilisateur s’expose seul au risque de plaintes résultant d’une infraction au droit d’auteur dont est titulaire un tiers sur un élément de la présente œuvre. Clause générale de non responsabilité. Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’OMS aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les traits discontinus formés d’une succession de points ou de tirets sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif. La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’OMS, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé. L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l’interprétation et de l’utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l’OMS ne saurait être tenue responsable des préjudices subis du fait de son utilisation. Veuillez consulter le site web des Maladies tropicales négligées (MTN) de l’OMS pour les versions les plus récentes de tous les documents (www.who.int/neglected_diseases/en) (en anglais). Imprimé en France.

L’INTÉGRATION DES MTNs DANS LA SANTÉ ET LE DÉVELOPPEMENT

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UN APERÇU... EN UN CLIN D’ŒIL 67 « Mettre un terme » aux MTN en vue d’atteindre les objectifs de développement durable INFORMATIONS SUR LES EFFORTS VISANT À METTRE UN TERME AUX MTNs 85 Intégration des MTN dans le contexte de la réalisation de la couverture sanitaire universelle INTÉGRATION 107 Suivi des MTN dans le cadre des objectifs de développement durable MONITORING 127 Financement des efforts de lutte contre les MTN dans le contexte des objectifs de développement durable

VERS 2020

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Progrès accomplis en vue d’élargir les interventions liées au MTN

AU-DELÀ DE 2020

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FINANCEMENT

Évolution de la situation des MTN

CIBLES DE LA FEUILLE DE ROUTE

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Progrès réalisés en vue d’atteindre les cibles de la feuille de route contre les MTN

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« Collaborer, Accélérer, Éliminer »

RÉSUMÉ D’ORIENTATION

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e quatrième rapport de l’OMS sur les maladies tropicales négligées (MTN) passe en revue les progrès réalisés en vue d’atteindre les cibles de la feuille de route pour 2020, prenant note des défis restant à relever, et s’intéresse ensuite à l’après-2020 afin d’évaluer le panorama de la santé mondiale et du développement en constante évolution étudiant les effets de l’intégration de ces maladies dans le Programme plus vaste de développement durable à l’horizon 2030.

Tchad. Pourtant, en 2016, seuls 25 cas humains ont été notifiés. Une prise en charge innovante et intensifiée des cas utilise différentes interventions – des médicaments à l’intervention chirurgicale – afin d’en soulager les symptômes et les conséquences de ces maladies lorsque les outils efficaces sont peu nombreux ou lorsque les outils existants sont peu utilisés. Même s’il existe un nombre limité d’interventions efficaces pour lutter contre ces maladies complexes, les programmes menés dans le cadre d’une prise en charge innovante et intensifiée des cas ont porté leurs fruits. On a observé des réductions importantes du nombre de nouveaux cas de trypanosomiase humaine africaine (89 %) entre 2000 et 2015, des nouveaux cas de leishmaniose viscérale au Bangladesh, en Inde et au Népal (82 %) depuis 2005, ainsi que des cas d’ulcère de Buruli (60 %) par rapport à 2008. En outre, en 2015, l’élimination du pian en Inde a été confirmée par une équipe de vérification dirigée par l’OMS, et l’ensemble des pays d’Amérique latine ont réussi à mettre en place le dépistage sanguin universel pour la maladie de Chagas parmi les donneurs de sang. Les stratégies d’écologie et de gestion vectorielles, qui sont axées sur l’élaboration et la promotion de lignes directrices, sont fondées sur les principes et les approches de la gestion intégrée des vecteurs, notamment par l’utilisation opportune des pesticides. La lutte antivectorielle reste un élément important de la prévention des maladies à transmission vectorielle et de la lutte contre celles-ci. À la suite de la Soixante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé en 2016, et à la demande des États Membres, un projet d’action mondiale pour lutter contre les vecteurs pendant la période 2017 2030 a été rédigé et présenté à la Soixante-Dixième Assemblée mondiale de la Santé pour examen en mai 2017. Ce projet d’action soutient la mise en application d’une approche exhaustive de la lutte antivectorielle qui contribuera à la réalisation des objectifs nationaux et mondiaux pour chaque maladie et permettra d’atteindre les objectifs de développement durable (ODD) liés à la santé. Les stratégies utilisées dans les services de santé publique vétérinaire et l’approche « Un monde, une santé » reconnaissent que la santé des personnes est indissociable de la santé des animaux et de l’environnement. Cela est particulièrement pertinent en ce qui concerne les zoonoses négligées, un sous groupe des maladies tropicales négligées qui se transmettent naturellement des animaux vertébrés aux humains et vice versa, ce qui est le cas de la rage. Dans ce domaine, la charge de morbidité des zoonoses négligées pèse principalement sur les éleveurs d’Afrique et d’Asie, au nombre d’un milliard, qui vivent en contact étroit avec leurs animaux et dépendent d’eux pour subsister et pour se nourrir. Ce sont ces mêmes populations qui ont

Progrès réalisés en vue d’atteindre les cibles de la feuille de route pour 2020 L’intégration des maladies tropicales négligées dans la santé et le développement à l’échelle mondiale montre que des avancées importantes ont été obtenues en 2015 dans la réalisation des cibles de la feuille de route. Ces progrès découlent de la mise en œuvre des cinq interventions recommandées par l’OMS pour venir à bout des MTN, à savoir : la chimiothérapie préventive ; la prise en charge innovante et intensifiée des cas ; l’écologie et la gestion vectorielles ; les services de santé publique vétérinaire ; et l’approvisionnement en eau potable, l’assainissement et l’hygiène. La chimiothérapie préventive définit la stratégie de traitement des personnes infectées en vue de réduire la morbidité et de prévenir la transmission moyennant l’administration de médicaments dans les communautés exposées à un risque. Près d’un milliard de personnes, ou 62,9 % des personnes qui en ont besoin, a reçu une chimiothérapie préventive, un chiffre record, pour au moins une maladie au cours de la seule année 2015, avec notamment 557,9 millions de personnes ayant reçu un traitement contre la filariose lymphatique. Ce taux de couverture thérapeutique (59,3 %) est le plus haut jamais atteint par un programme administrant massivement des médicaments contre cette maladie et, par conséquent, plus de 300 millions de personnes n’auront plus besoin de traitement préventif. De plus, un nombre croissant de pays ont commencé à éliminer la filariose lymphatique comme problème de santé publique. En outre, en 2015, plus de 185 000 patients ont subi une chirurgie du trichiasis dans le monde et plus de 56 millions de personnes ont été placées sous antibiothérapie pour lutter contre le trachome. Quelque 119 millions de personnes se sont vu administrer un traitement par l’ivermectine contre l’onchocercose, ce qui représente une couverture de 64,1 % de la population en ayant besoin, notamment dans les zones d’hypoendémicité nouvellement définies. La dracunculose a été presque éradiquée en 2015 en dépit des nombreuses difficultés auxquelles ont été confrontés les programmes nationaux, notamment l’insécurité, les situations de conflit et le phénomène unique d’infection des chiens par Dracunculus medinensis, en particulier au

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l’accès le plus restreint aux services sanitaires et vétérinaires et qui sont les moins informées. Pourtant, il y a des points positifs. Par exemple, en 2015, seuls 12 décès humains notifiés étaient dus à la rage transmise par les chiens dans la Région des Amériques. La stratégie WASH (l’approvisionnement en eau potable, l’assainissement et l’hygiène) est une composante essentielle de la politique de lutte contre les MTN et permet de prévenir et de soigner la plupart de ces maladies. Nombre des agents pathogènes responsables des MTN se développent lorsque la qualité de l’eau et de l’assainissement n’est pas suffisante. Reflétant la nature multisectorielle du défi posé par l’eau non potable et l’insuffisance de l’assainissement et de l’hygiène, et en raison du fait que l’élément de la stratégie relative aux MTN portant sur le secteur WASH n’a pas été considéré à sa juste valeur, l’OMS a lancé en août 2015 une stratégie mondiale et un plan d’action pour intégrer les interventions dans le secteur WASH avec d’autres interventions de santé publique. La stratégie conjointe MTN-WASH pour 2015-2020 vise à intensifier la lutte contre certaines MTN dans des régions données d’ici 2020, voire à les éradiquer. Sur les cinq interventions clés utilisées pour combattre les MTN, la chimiothérapie préventive se distingue par son efficacité en tant que stratégie contre certaines MTN et par les ressources dont elle bénéficie, ces deux aspects étant liés. Toutefois, chacune des ces interventions revêt une importance cruciale, et à l’avenir il sera essentiel de veiller à ce que chacune reçoive l’attention méritée et les ressources nécessaires. En dépit de leur importance cruciale, notamment dans le cadre de la riposte aux flambées, l’écologie et la gestion vectorielles manquent cruellement de ressources.

mènera à une tendance à l’intégration accrue dans les programmes de lutte contre les MTN. L’intégration mondiale des efforts de lutte antivectorielle représente l’objectif principal de l’Action mondiale pour lutter contre les vecteurs, dont les deux piliers sont une action et une collaboration intersectorielles et intrasectorielles renforcées et l’élargissement de l’intégration des outils et des approches en matière de lutte antivectorielle. De même, pour venir à bout de ces zoonoses, il faut définir une approche pluridimensionnelle couvrant l’interface homme-animal et appliquer un programme de travail multisectoriel large et ouvert à tous afin de préserver et d’améliorer le bien-être physique, mental et social des populations. La participation de différents secteurs est incontournable, notamment en ce qui concerne le domaine vétérinaire, ainsi que le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Il conviendra d’aligner l’action intégrée intersectorielle et intrasectorielle mise en œuvre par les programmes de lutte contre les MTN sur les objectifs de développement durable et la couverture sanitaire universelle.

Possibilités pour 2030 : les objectifs de développement durable En janvier 2016, le monde est entré dans l’ère des objectifs de développement durable, mettant fin à 15 ans d’efforts pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Ce rapport insiste sur le fait que la lutte contre les MTN permet d’avancer dans la réalisation des ODD sous différents aspects et dans toute leur diversité. Les MTN sont essentiellement pertinentes pour atteindre l’objectif sanitaire (ODD 3). Néanmoins, ces maladies ont une influence sur un grand nombre des autres domaines de développement couverts par le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et elles sont à l’inverse influencées par ces domaines. L’objectif 1, par exemple, est d’« Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde ». Les programmes relatifs aux MTN jouent un rôle important dans la réduction de la charge financière des coûts sanitaires, mais également dans ce qui touche à l’exposition à l’épuisement physique et mental dû aux MTN, qui réduit la capacité des personnes à générer un revenu et à contribuer à la croissance économique. Des domaines de synergie semblables apparaissent pour les objectifs suivants : « Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable » (ODD 2) ; « Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » (ODD 4) ; « Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau » (ODD 6) ; « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables » (ODD 11) ; et « Renforcer les moyens de mettre en œuvre le Partenariat

Défis à relever pour 2020 et au-delà À mesure que l’on progressera vers la phase finale concernant la lutte contre les maladies, l’évaluation et le suivi visant à garantir la surveillance après les efforts de lutte, auront davantage d’importance et nécessiteront un financement supplémentaire, que la plupart des programmes nationaux de lutte contre les MTN n’ont pas encore réussi à obtenir à des niveaux adéquats. Il convient de poursuivre les efforts visant à garantir la mise en œuvre efficace des traitements et l’amélioration des outils de suivi et de surveillance, de rechercher d’autres options médicamenteuses au cas où les médicaments existants perdent en efficacité ou si une résistance se développe, de s’assurer que les systèmes de notification sont efficaces et de maintenir les meilleurs niveaux de couverture possible. Afin de maintenir des taux élevés de couverture thérapeutique sur plusieurs années, il faudra que l’information sanitaire soit adaptée aux contextes locaux, en particulier dans les poches restantes à forte transmission. Cette situation a une incidence sur l’ensemble des interventions décrites dans le présent document, et

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mondial pour le développement durable et le revitaliser » (ODD 17). Les liens entre les MTN et les 10 autres ODD sont moins évidents. Pour une riposte efficace et intégrée, il faudra une collaboration intersectorielle accrue. Les programmes et les initiatives relatifs aux MTN ont beaucoup à apporter, étant donné qu’ils ont nécessité une collaboration dans le cadre de partenariats mondiaux solides depuis plus de 10 ans, en coopération avec les gouvernements dans les pays où les MTN sont endémiques, les organismes internationaux, les compagnies pharmaceutiques, les organisations internationales non gouvernementales, le milieu universitaire, la société civile et les institutions des Nations Unies. Un objectif clé à l’avenir consistera à trouver des moyens adaptés d’intégrer les interventions dans le domaine des MTN dans les systèmes de santé dans leur ensemble. Le point de départ pour l’intégration des activités sera le développement de politiques fondées sur les principes de la couverture sanitaire universelle. Celle-ci est au cœur du programme sanitaire des ODD, comme le prouve la déclaration qui accompagne le Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui établit que la couverture sanitaire universelle est essentielle pour favoriser la santé et le bien être physique et mental et pour allonger l’espérance de vie. En bref, « personne ne doit être laissé pour compte ». Étant donné que la couverture sanitaire universelle est une question transversale qui joue un rôle pour atteindre les objectifs de l’ODD 3, elle pourrait faire office de plateforme pour intégrer les activités sanitaires et en lien avec la santé qui, en association avec une approche intégrant la santé dans toutes les politiques, en ferait un outil puissant pour l’élaboration de politiques. Dans ce cas-là également, les programmes de lutte contre les MTN peuvent apporter une contribution non négligeable, car leurs missions sont tout à fait conformes au programme de la couverture sanitaire universelle. Cette conformité s’exprime de différentes façons. La notion d’équité est un élément central de la stratégie mondiale relative aux MTN et les programmes de lutte contre ces maladies sont à la tête des efforts visant à garantir que les principales interventions touchent les personnes qui en ont le plus besoin, en particulier les communautés vivant dans des zones reculées hors d’atteinte de la plupart des systèmes de santé. Les programmes relatifs aux MTN et à la couverture sanitaire universelle sont étroitement liés, car les objectifs de couverture de la feuille de route pour 2020 sont considérés comme des jalons importants vers la réalisation d’une couverture de 80 % des services de santé essentiels d’ici 2030 (cible relative à la couverture sanitaire universelle). En outre, il a été proposé que la chimiothérapie préventive fasse office de témoin pour mesurer l’équité dans les avancées vers la réalisation de la couverture sanitaire universelle dans tous les groupes de population.

En outre, l’attention accordée par les objectifs de développement durable à la couverture sanitaire universelle, pour laquelle une cible précise a été fixée (ODD 3.8), pourrait changer la façon dont les interventions sont soutenues, en particulier les méthodes innovantes et intensifiées de prise en charge. Même si l’on parvient à atteindre toutes les cibles d’élimination des MTN d’ici 2030, des millions de personnes souffrant d’une affection chronique, débilitante, incapacitante ou défigurante continueront de nécessiter une intervention médicale, qu’il s’agisse de médicaments ou d’une intervention chirurgicale. On espère que le renforcement des capacités à long terme et les réformes à l’échelle du système de santé permettront d’assumer une partie de la charge de ces maladies. La riposte dépendra pour une large part de la capacité des systèmes de santé à accélérer les efforts en vue de satisfaire à la demande de services dans le cadre de leur passage à la couverture sanitaire universelle. Les programmes de lutte contre les MTN ont donc beaucoup à apporter aux systèmes de santé nationaux qui cherchent à mettre en place la couverture sanitaire universelle. À l’inverse, les avancées dans la réalisation des cibles de la feuille de route en matière de lutte et d’élimination dépendront de la mesure dans laquelle les systèmes de santé nationaux mettront à disposition leurs ressources.

Conclusion Beaucoup a été fait. Néanmoins, comme le rappelle le rapport, il reste de nombreux défis à relever. Certaines cibles en vue d’une élimination n’ont pas été atteintes en 2015 malgré la disponibilité d’interventions viables et testées avec succès. Les programmes de lutte contre les MTN continuent d’être confrontés à des difficultés en raison de ressources financières limitées, de capacités insuffisantes (en particulier pour la mise en place d’une surveillance efficace), de conflits entraînant des perturbations et d’obstacles importants à l’accès aux services de santé indispensables, qu’il s’agisse de la pauvreté ou de la stigmatisation. Le défi à relever après 2020 peut être divisé en deux grandes missions : éliminer la transmission des MTN et s’assurer que la prestation des services de santé répond aux besoins des personnes vivant avec une maladie en lien avec les MTN. La probabilité d’atteindre les deux objectifs dépendra de la réussite de l’intégration des activités et des interventions liées aux MTN dans les systèmes de santé dans leur ensemble. À l’inverse, l’intégration des services concernant les MTN peut potentiellement accélérer la progression vers la couverture sanitaire universelle, ce qui fait avancer la réalisation des objectifs de développement durable pour 2030.

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