ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE CONSEIL EXECUTIF Cent troisième session Point 5 de l’ ordre du jour EB103/DIV/4 27 janvier 1999
Présentation du projet de budget 2000-2001 par le Directeur général
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil exécutif, Dans le texte de mon introduction au budget, je vous ai indiqué comment nous avions abordé l’ élaboration du budget lorsque j’ ai pris mes fonctions en juillet dernier. Maintenant, nous attendons beaucoup de l’ interaction avec le Conseil. A mes yeux, cette réunion n’ est pas un aboutissement, mais plutôt le point de départ d’ un processus d’ examen et d’ affinement du budget qui nous conduira à l’ Assemblée mondiale de la Santé. Comme je l’ ai souligné hier, nous sommes heureux de pouvoir nous prévaloir de vos avis et de vos conseils et de vous voir partager la responsabilité de ce processus. Le premier point que je voudrais soulever concerne l’ efficience. Je sais par expérience combien il importe de maintenir une discipline budgétaire rigoureuse. Mon souci a toujours été de rechercher des gains de productivité, et c’ est la démarche que j’ ai choisi d’ appliquer également à l’ OMS. Pas une fois depuis que nous avons entamé le processus de budgétisation, je n’ ai préconisé d’augmentation réelle des contributions des Etats Membres. Je ne connais que trop bien les contraintes budgétaires auxquelles ils doivent faire face, en particulier les pays à moyen ou faible revenu. Les Etats Membres ont tout à fait raison de penser que la nouvelle OMS devra faire la preuve de son efficacité. Pour ma part, je suis persuadée que nous y parviendrons. Si nous jugeons nécessaire une augmentation des contributions volontaires, c’ est que nous pensons avoir un produit valable à offrir. Nous sommes prêts à être jugés sur nos actes. Nous sommes prêts à mériter notre rôle directeur, et c’ est même ce que nous souhaitons. Et nous le disons sans ambages : l’ OMS est en mesure d’ attirer une plus large part de la manne des contributions volontaires. Le problème des contributions au budget ordinaire est bien entendu différent & et nous l’ avons abordé différemment, sans demander d’ augmentation & nous n’ avons fait que vous demander d’ éviter une diminution. Nous nous sommes efforcés de présenter les résultats que nous escomptons en associant les deux flux de ressources & le budget ordinaire et les contributions volontaires.
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Vous imaginez sans doute combien il est difficile de procéder à une estimation des contributions volontaires sur trois ans. Les techniques que nous avons utilisées pour cette estimation n’ en sont d’ ailleurs qu’ à leurs balbutiements, surtout dans les Régions. J’ ai donc décidé que nous devions indiquer des cibles, fondées sur ce que chaque secteur estimait nécessaire pour exécuter sa tâche, mais pondérées par une appréciation de ce que nous pouvions espérer obtenir en restant réalistes. Cette démarche est radicalement différente de l’ approche suivie par le passé : en effet, on ne se fondait que sur les contributions annoncées au moment de l’ établissement du budget & qui sont toujours en deçà des contributions réelles & d’ où une quasi-absence de débat sur les ressources extrabudgétaires au sein des organes directeurs. Cette nouvelle démarche a déjà suscité l’ intérêt et le débat dont nous avons véritablement besoin et que nous attendons. Lorsque nous avons entamé l’ élaboration du budget à l’ automne, nous aurions pu maintenir automatiquement les allocations du budget en cours. Mais cette façon de faire n’ a que trop duré. C’ est le choix de la facilité, et cela je ne l’ accepte pas. J’ ai demandé à tous les Directeurs exécutifs de procéder à un examen des activités “sur le déclin” dans chaque Groupe en vue de libérer des ressources qui puissent ensuite être affectées aux secteurs d’ activité prioritaires. Cette démarche n’ a pas été facile & mais nous avons ainsi pu dégager plus de 10% de crédits du budget ordinaire & l’ essentiel provenant du secteur de l’ administration. Sur cette base, nous avions toute liberté pour mieux cibler le budget pour 2000-2001 & et ces changements apparaissent clairement dans le texte. Nous allons poursuivre cette démarche. Nous n’ allons pas renoncer à réorienter nos priorités dans un monde en mutation qui rend cet exercice indispensable. Et, comme je vous l’ ai déjà déclaré lundi, nous nous soucierons en permanence des gains de productivité et veillerons à réaffecter les économies ainsi réalisées vers les activités. Au fil des ans, l’ OMS a envisagé des mesures visant à réduire les coûts et à dégager davantage de crédits pour l’ exécution de ses activités. Dans le présent budget, vous noterez un début de réorientation vers l’ action programmatique de fond. Près de 20 millions de dollars ont ainsi été transférés de l’ administration aux groupes techniques et aux pays. Nous avons l’ intention de revoir toute une série de pratiques actuelles afin de déterminer si certaines ne devraient pas être modifiées, voire éliminées. Nous vous rendrons compte régulièrement des progrès accomplis. Permettez-moi maintenant une observation au sujet de la croissance réelle zéro. Je voudrais vous préciser la façon dont je vois les choses. Une croissance nominale zéro ne signifie pas une croissance zéro, c’ est une croissance négative. Une croissance réelle zéro n’ a rien d’ une réelle croissance. Il s’ agit uniquement de maintenir un niveau d’ exécution en tenant compte de l’ inflation et de la fluctuation des taux de change. Julio Frenk et Chris Murray ont montré lundi au Conseil que, dans la plupart des pays, la part du PNB consacrée aux dépenses de santé augmente sensiblement. Leur exposé a été très instructif. Ils nous ont appris que cela se produisait dans de nombreux pays & pas seulement dans les plus riches, mais aussi dans des pays à moyen ou faible revenu. Beaucoup d’ entre vous se préoccupent de savoir comment ces ressources seront utilisées alors même que les pays entreprennent une réforme complexe de leur secteur sanitaire, qu’ ils sont confrontés à une double 2
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charge de morbidité, et qu’ ils doivent faire face au vieillissement de leur population. Outre les fonctions qui lui incombent normalement en tant qu’ institution technique et normative, l’ OMS devra conseiller les pays sur l’ utilisation de ces modestes ressources, sur la manière de structurer les systèmes de santé pour répondre aux besoins essentiels, sur la diffusion des meilleures pratiques et sur la façon de se préparer à l’ apparition de nouvelles menaces. A mes yeux, tout cela nous ramène à la notion de bien public mondial. Je vous demanderais donc de replacer ce débat dans une réflexion plus générale sur la façon dont nous défendons ce bien public. Telle a été ma démarche. Si je vous demande une croissance zéro en valeur réelle, c’ est parce que j’ estime, à voir les chiffres du budget, que notre bien public est en perte de vitesse & en termes monétaires certes, mais davantage encore si l’ on considère l’ augmentation des besoins. Dans l’ ensemble, la diminution a été de près de 20% en valeur réelle au cours des dix dernières années. Je dois pour ma part regarder vers l’ avenir et vous demander si c’ est cette voie que nous devons suivre. Enfin, permettez-moi une dernière remarque sur la responsabilité. Notre souci de mieux utiliser les modestes ressources mises à notre disposition va de pair avec un engagement plus clair en faveur de la responsabilité et de la transparence. Nos propositions budgétaires et les modalités d’ exécution des programmes doivent permettre de retrouver facilement les flux financiers, les transferts de ressources et les dépenses. Pour cela, il est important de relier beaucoup plus étroitement notre structure budgétaire et notre structure organisationnelle. Mais, le plus important, c’ est notre obligation de résultats. De plus en plus, nous voulons être jugés sur ce que nous ferons et ce que nous produirons et non pas sur le montant de notre budget. Il faut pour cela une définition claire de notre mission et de nos objectifs, de même que des indicateurs de résultats concrets et si possible mesurables. Telle était notre intention dans le projet de budget, mais il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine, et nous nous y emploierons. Je me félicite des concours constructifs apportés par les deux Comités du Conseil la semaine dernière. Vous avez posé un certain nombre de questions et nous avons été heureux d’ y répondre. Nous souhaitons poursuivre ce dialogue avec vous pour vous expliquer notre structure, affiner notre approche et préciser ce qui demande à l’ être. J’ ai dit aux Directeurs exécutifs que vos questions et vos orientations étaient importantes et devaient guider notre action de réforme. Monsieur le Président, en procédant ainsi, je suis persuadée que nous parviendrons à un résultat lors de l’ Assemblée de la Santé : je suis sûre que nous adopterons une attitude tournée vers l’ avenir et offrirons un espoir à tous ceux qui attendent légitimement beaucoup de l’ Organisation mondiale de la Santé. Je vous remercie. = = =
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