!
! WPRfRC48/8 INF.OOC. 1
PPEIPAC197.5
( . ) World Health Organization . . Organisation mondiale de la Sante
Distr: Limite. Original: Anglais
Ce projet a ete etabli conformement aux resolutions WHA48.16, EB99.R15 et EB99.R16 al'intention des comites regionaux de rOMS.
(a, ..
PPEIPAC/97.5
World Health Organization Organisation mondiale de la Sante
Distr: Limitee Original: Anglais
La Sante Pour Tous e au XXl Siecle
PRO..JET
Ce projet a ete etabli conformement aux resolutions WHA48.l6, EB99.Rl5 et EB99.R16 it l' intention des comites regionaux de l'OMS.
Table des matieres Resume d'orientation .......................................... iii La sante pour tous : origines et actualisation . . . . . . . . . . . . . . . .. 1 Rejlexions sur un monde en mutation ....................... 3
Vers la sante pour tous ........................................ 13 Faire siennes les valeurs de la sante pour tous ...-; . . . . . . . . . .. 14 Mettre la sante au Cll!ur du developpement . . . . . . . . . . . . . . . . .. 15 M ettre en place des systemes de sante durables .... . . . . . . . . .. 19
De la politique a I'action ...................................... 28 Le role de I 'OMS au xxr siecie .............................. 35
Organisation mondiale de la Sante 1997 Ce document n'cst pas destine a etre distribue au grand public et taus les droits y afferents sont reserves par I'Organisation mondiale de Ia Sante (OMS). n ne peut etre commente, resume, cite, reproduit au traduit, partiellement au en tatalite, sans une autorisatian prea!able ecnte de l'OMS. Aucune partie ne dait etre chargee dans un systeme de recherche dacumentaire au diffusee saus quelque fonne Oll par quelque moyen que ce soit - electronique, mecanique, ou autre - sans une autorisation preaIable ecrn., de l'OMS.
Les opinions cxprimees dans les documents par des auteurs cites nommement n 'engagent que lesdits auteurs.
-iii-
Resume d'orientation La santi pour tous : origines et actualisation • La sante pour tous cherche iI creer Ies conditions dans Iesquelles chacunjouira - dans Ie monde entier et tout au long de son existence - d'un droit fondamontal au meilleur niveau de sante possible et au maintien de ce niveau. L'appel en faveur de Ia sante pour tous etait, et demeure, un appel ilIa justice socialo. La vision de la sante pour tous esquissee dans Ie present document se fonde sur ['experience du passe et Ies promesses pour I'avenir.
•
Des progres extraordinaires ont ete realises au cours des cinquante demitres anoees dans Ie domaine de Ia sante. La pn!vention de plusieurs maladies a fortement reduit Ia mortalite juveuile. L'homme vit plus Iongtemps et I' ecart entre I' esperance de vie dans Ies pays riches et les pays pauyres a ete redui!. Mais Ie . I
nombre de personnes vivant dans la pauvrete absolue ne cesse d'augmenter. Les defis pour I'avenir sont [' allongement de I' esperance de vie, la reduction des taux de natalite et [' augmentation des maladies non transmissibles, auxquels s'ajoute I'exposition it des menaces nouvelles. Le rythme de la mondialisation des echanges commerciaux, des voyages et des migrations, des techniques, de la communication et des marches s'est considerablement accelen! depuis vingt ans, profitant tres Iargement aux uns et marginalisant gravement les autres, ce qui aura des consequences profondes pour Ie rOle de l'Etat en matiere de sante.
•
Depuis vingt ans, Ia sante pour taus et la strategie des soins de sante primaires ont "te progressivement mieux acceptees. Malgre cela, iI arrive souvent que les services de sante publique manquent de ressources et soient mal entretenus. Dans bien des pays, Ie manque de competence en matiere de politique et de gestion sanitaires a entrave les progres en vue de I'instauration de systemes de sante durables.
-iv-
Vers La sante pour tous • Les buts de Ia sante pour taus sont I'allongement de I'esperance de vie en bonne sante pour taus, l'acces de taus
a des soins de sante adequats de bonne qualite, et I'equite en matiere de sante entre Ies pays et it
I'interieur des pays, On atteindra ces buts en suivant trois orientations politiques : en faisant siennes Ies valeurs de Ia sante pour tous, en mettant Ia sante au cceur du developpement et en mettant en place des systemes de sante durables,
•
La sante pour taus est fondee sur la reconnaissance du droit universel I'Hhique it la politique sanitaire,
a la
sante, I'application de
a Ia recherche en sante et it Ia foumiture de services, I'application de
politiques et de strategies axees sur I'equite et l'incorporation d'une perspective sexospeeifique dans les politiques et strategies sanitaires, L'acceptation de ces valeurs influencera les choix politiques qui sont faits, Ia fa~on
de Ies faire et Ies interets qu'ils servent
•
II faudra accelerer Ie developpement humain ella croissance economiquepour qile les groupes et Ies communautes Ies plus pauvres puissent echapper it Ia pauvrete, Cette croissance doit pouvoir compter sur un appui international, fondamental et durable en faveur de la sante, de I'education et du renforcement des etablissements publics dans Ies pays Ies plus pauvres. Pour tous 105 pays, 105 politiqu05 economiqu05 qui privilegient !'equite ne sont pas seulementjudicieus05, d'un point de vue ethique, mais indispensables a la croissance economique et au developpement durable. Les interventions en matiere de sante, surtout Iorsqu'elles sont liees it I'amelioration de I'education des filles, peuvent contribuer " briser Ie cercle vicieux de Ia pauvrete et de Ia morbidite. Le secteur de la sante a un role vital itjouer en ciblant les familles et Ies regions pauvres et en mettant I'accent sur Ies problemes qui frappent avant tout Ies pauvres.
•
L'individu, la famille et la communaute peuvent agir pour ameliorer leur sante it condition de pouvoir effectuer des choix pour Ia sante. Los cadres dans lesquels Ies gens vivent, travaillent,jouent et apprennent foumissent toute une serie d'occasions de promouvoir Ia sante. Les gouvemements peuvent faciliter une action concerte. pour Ia sante en creant un environnement propre it stimuler et faciliter des partenariats pour la san Ie. Les politiques de tollS les secteurs qui affectent Ia sante peuvent etre alignees pour promouvoir et proteger Ia sante. Comme la sante doit etre au ereur du developpement, il faut que Ies considerations sanitaires beneficient d'une priorit. absolue dans Ies plans de developpement durable.
-v• Les systemes de sante de taus Ies pays doivent Sire capables de repondre aux besoins sanitaires et sociaux de Ia population tout au long de Ia vie. Pour y parvenir, Ies systemes nationaux et Iocaux doivent amener Ia population aameliorer sa propre sante en mettant I'accent sur Ia promotion de Ia sante. Le role de I'Etat en ce qui concerne les systemes de sante durables consiste a garantir I'equite en matiere d'aee.. aUx soins et Ie maintien des fonetions essentielles du systeme de sante. Ces fonctions consistent notamment
aguider Ies systemes de sante durables en elaborant des politiques qui refletent 105 besoins, en flXant des normes et en veillanU ce que des lois soient adoptees en consequence, ainsi qu'en informant les gens de leurs droits et obligations. II s'agil notamment d'assurer une surveillance active aux niveaux mondial, regional, national et local; de fournir des soins tout au long de la vie; de prevenir et de combattre la maladie, et de proteger la sante; d'encourager Ie progres scientitique et technologique; de renforcer et de maintenir les ressourees bumaines pour la sante; et d'assurer un niveau adequat de tinaneement I'appui de systemes de sante durables.
a
De La politique a L'action • Une eapaeite politique solide reste necessaire pour faire face aux principaux problemes auxquels les gouvernements sont confront"s. L 'elaboration des politiques est un processus delibere qui doit partir de I'evaluation pour aller jusqu'a I'etablissement d'options politiques et la prise de decision et des mesures necessaires. Pour que Ie processus soit concluant, il faudra s'attacher a obtenir un consensus a chaque etape.
•
L'application de la politique de sante pour tous doit reposer sur quatre principes operationnels fondamentaux : privilegier la promotion de la sante et la prevention de la maladie en intervenant sur les determinants de la sante; poursuivre une approche du developpement de la sante fondee sur I'homme; veiller a ce que les strategies soient durables; et mettre au point des politiques et des interventions sur la base des meilleures donnees scientifiques disponibles.
•
Si I'eventail des strategies disponibles pour ameliorer la sante est bien large, les ressources dont on dispose sont limitees.
n faut donc que
les gouvernements fIXent des priorites pour leur action. Les cibles
permetlent de guider la mise en reuvre de la politique de la sante pour tous et de defmir les priorites d'action. Des cibles regionales, nationales et locales doivent completer les cibles mondiales et refieter les besoins et les priorites qui changent d'un endroit a un autre. L'action mondiale et la cooperation entre les pays sont essentielles pour appuyer la sante nationale. Une action mondiale pour la sante publique do it s'efforeer de repondre it des besoins universels.
-vi-
Le role de l'OMS au XXP siecie L'OMS - c'est-A-dire ses Etats Membres, Ie Sec,,!tariat et les organes directeurs - a pour mandat et pour responsabilite de guider les autres partenaires concernes par la gouvernance mondiale de la sante vers I'instauration de]a sante pour taus. En tant que conscience sanitaire du monde, I'OMS devra plaider la cause de la sante au niveau mondial et ceUe de I'equite en sante entre les pays et AI'interieur des pays; eUe devra aussi recenser les politiques et pratiques utiles et nc!fastes pour ]a sante. L 'OMS cantinuera Aelaborer des regles et des normes ethiques et scientifiques mondiales;
a etablir des systemes de surveillance
mondiale des risques transnationaux pour la sante; A encourager I'innovation scientifique et technologique;
a faciliter la cooperation technique et a mobiliser les ressourees pour les pays et les I'~radication, I'~limination
communautes les plus pauvres; Ajouer Ie riile de chef de file dans
ou la
maitrise de certaines maladies; aappuyer la prevention d'urgence et la rt!adaptation en matiere de sante publique; et it diriger une alliance mondiale pour la sante tenant compte des determinants de la sante. L'OMS, au niveau international et Ie secteur de la sante aux niveaux national et local, doit veiller a ce que I'ensemble des partenaires pour la sante, ataus les niveaux, soient en mesure d'assum..r leurs riiles et leurs responsabilites dans l'application de I. politique de la sante pour tous. Vaction et I'engagement de taus sont essentiels pour transformer I. vision de la sante pour taus en une realite pratique et durable pour la sante publique.
La section I fait Ie point des progres accomplis depuis cinquante ans au niveau mondial en vue de I'instauration de la sante
pOW" tous. Les fruits de ces progres ne sont pourtant pas equitablement repartis. Cette section definit les nouveaux dangers Ii qffronter et les nouvelles occasions Ii saisir pour la sante au cours du XXI' sreeZe.
I.
La sante pour tous cherche a creer les conditions dans lesquelles chacun jouira - dans Ie monde entier et tout au long de son existence - d'un droit fondamental au meilleur niveau de sante possible et au maintien de ce niveau. La sante pour tous au XXI' si~cle
presente les valeurs et les principes devant '. I
guider ('action et la politique sanitaires aux niveaux mondial. regional. national et local. Les organisations gouvemementales et non gouvemementales et les autres secteurs qui se sont engages
a
respecter ces principes peuvent trouver un terrain d'entente pour concretiser celte idee et celte si~cle
vision. La sante pour tous au XXI'
propose pour les deux
premi~res
decennies du siecle
prochain des priorites et des cibles mondiales qui seront pc!riodiquement mises des progr~s accomplis et des contraintes et occasions nouvelles.
a jour
compte tenu
Mandat constitutionne[ de ['OMS 2. II y a plus de cinquante ans. les Etats Membres de I' Organisation mondiale de la Sante ont donne la defmition suivante de la sante : "La sante est un etat de complet bien-etre physique. mental et social. et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d·infinnite.... La Constitution de ('OMS a proclame "Ia sante de taus les peuples condition fondamentale de la paix du monde et de la
securite". en precisant qU'elle "depend de la cooperation la plus c!troite des individus et des Etats". C'etaient la vision et I'engagement au lendemaln de la guerre en 1946. d'un monde sUr et sain conferait un role central
a I'epoque
oil la construction
a
la sante. Au cours des demieres annees du
Xx' siccle. il s'agit de se prevaloir des realisations du passe pour instaurer un monde oil les principes ethiques permettront d'utiliser les connaissances et les techniques pour creer un monde oil la sante et la securite. r~gnent
2
La sante pour tous : origines et actualisation 3. La notion de la sante pour taus comme but de I'ensemble des societes rem ante it 1977 et elle a ete lancee it la Conference d' Alma-Ata en 1978. Les soins de sante primaires ant ete defmis et proclames comme la strategie pour atteindre ce but. La sante pour tous s'attache it promouvoir la n!alisation universelle d'ici I'an 2000 d'un niveau de sante permettant it chacon de mener une vie socialement et economiquement productive. L'appel en faveur de la sante pour tous etait et demeure
fondamentalement - un appel it la justice sociale.
Nouvelles occasions asaisir 4. La vision de la sante pour tous esquissee dans Ie pn!sent document se fonde sur I'experience du passe
et les promesses pour I'avenir. Dans ce monde en mutation, iI faut !enir compte des preoccupations sexospecifiques et du role central de la sante pour Ie developpement durable. La place plus importante de la societe civile en matiere de "gouvemance pour la sante" offre des perspectives d'alliances qu'on n'imaginait pas iI y a vingt ans. II est crucial d'agir au niveau mondial pour proteger Ia sante aux niveaux national et local, et I'on s'est attache! it souligner combien iI est important de renforcer it la fois la patticipation et les structures locales pour la sante - qui sont des elements centraux de I'approche des soins de sante primaires.
5.
Les occasions nouvelles qui se presentent et la realite d'un avenir incertain font que la SPT doit etre
consideree non comme une base de travail, mais comme un moyen d'unir les efforts en vue d'un
objectif commun. Nous devons imaginer I'avenir tel que nous voulons qu'i1 soit et chereher avec I'engagement et I'inspiration necessaires Ii transformer cette vision en une realite. Atteindre la sante pour tous au cours du XXI< siecle conslitue certainement un defi mondial, on nouvel engagement en faveur du but et de I'objectif de la sante. A I'aube d'un nouveau millenaire, I'existence de technologies et de methodes nouvelles et efficaces dans on monde dynamique, novateur et
interdepenctant offre une occasion unique d'apporter une amelioration profonde dans la vie et la sante de millions d' etres humains.
3
Reflexions sur un monde en mutation Progres considerables en matiere de sante 6. Des progres extraordinaires ont ete realises au cours des cinquante demieres annees dans Ie domaine de la sante, grace non seulement II des percees scientifiques, technologiques et
medicates,
mais aussi au developpement de infrastructure, ill l'accroissement des revenus et a
l'amelioration de la nutrition, de l'assainissement, de I'alphabetisation et de la condition de la femme. L' impact des maladies infectieuses a diminue dans de nombreux pays et la variole a ete eradiquee. La prevention de toute une sene de maladies comme
...... ".."." ...................... . ...... An .................. ·.. '·r.~f
la rougeole, la poliomyelite, la diphterie et la tuberculos a fOrlement reduit la mortalite de I'enfant L'homme vitplus longtemps et l'esp6rance de vie moyenne II la naissaIice est passee de 46 aIlS dans les annees 50 II 65 aIlS
............................ f g. ~
~
i
" M
en 1995. Si un ecart
. ___ ................... w g> ~ Q.
!;
sensible subsiste entre I'esperance de vie dans les pays riches etdans les pays pauvres, it n'etait plus que de 13,3 aIlS en 1995 contre 25 ans en 1955.
~
I VIVRE PLUS LONGTEMPS : esperance de vie
"
a la naissance
oL-____ &ED
~------
__------____________________-4 1080 2000 2010
,.10
4
Evolution demographique et epidemiologique 7. L'amelioration de la situation sanitaire dans Ie monde, associee
a la
croissance econornique, a ell pour
consequence un certain nombre de changements demographiques et epidemiologiques. Les defts pour I'avenir sonl I'a!longement de I'esperance de vie, Ia reduction des taux de natalit<! et I'augmentation des maladies non transmissibles, auxquels s'ajoute I'exposition
a des menaces nouvelles.
La
croissance demographique rapide a transfonne un monde relativeroent "petit" en un monde oil l'importance de Ia population dans certains pays et de Ia consommation de ressources dans d'autres risquenl de compromettre les chances de rc!pondre aux besoins de I'espece humaine.
VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION
~.----------------------------------, 18 ;::
15 0.
16 14
......... _--- ......• -..... __ .. -............ .
:;
"'
o c. 12
1----;;-a-="'tf'-...........................................
.g ~ o
10
6:
~ 61~ . ~. =..~..;.."..~..~·-·-..-·-..•..~·"~..~..•
8··········································2
: r.. . : . . . . . . . ~. . 1950 1970 1980
41
~
....
:m. . . . . m ........
:.~
~.m
.........
~
=1 .... m ......
PaY:Sdeveloppe a~ . ."conom .. ie.de march" Pays a economie en transition 1--lI*E- Pa~e~. d6veloppement (sauf iesPMA)
•
-,."'ir-'-" Pays "les mains avances c·
...
~_ ~ ··1 .. • ........
Ensemble des Etats Membres de rOMS·
1990
~
~10
AnnO'e
=
Soun:::e : ONU, Division de la Popula600, "'bdd Population Prospects: Th6 1996 Revision (~ani:s3tion des Nations Unies. New Ycx1<. 1996).
Bureau du Rapport sur la Sant' dans Ie Monde
8.
Toutes les populations vieillisseot : I'augmentation des plus de 65 ans est proportionnellement plus rap ide dans les pays a revenu moyen ou foible que dans les pays industriels avances. Alors que les personnes agees jouissen! aujourd'hui dans de oombreux pays d'une meilleure sante, Ie vieillissement s'accompagne souven! d'un accroissement des maladies non transmissibles et des problemes de sante mentale. Ainsi Ies systemes d'aide sociale soot particulierement sollieites .et il devient necessaire de modifier les services de sante en consequence. Dans certains pays, Ia transition demographique it moyen tenne rera egalement sentir ses effets par une augmentation en valeur absolue du nombre des jeunes. Ce phenomene risque bien de peser sur les services de sante el d' education ainsi que sur I' emploi pendant des decennies encore.
5
9.
D'importants progres ont ete enregistres en matiere de prevention et de lutte, et I'impaet des maladies transmissibles a eonsiderablement diminue dans Ie monde entier. Il n'empeehe que les maladies infectieuses - anciennes au nouvelles - continueront de constituer de graves menaces pour la sante
mondiale au cours du sieele proehain. Une incertitude considerable subsiste dans les projections concernant I'avenir en raison des possibilites de voyage et d'echanges commerciaux, de
l'urbanisation, des migrations et de I'evolution microbienne qui peuvent amplifier ces maladies et creer des conditions propices it leur reemergence. L'evolution microbienne, y compris I'aggravation de la pharmacoresistance par exemple dans les infections nosocomiales, Ie paludisme, la
tuberculose et les maladies sexuellement transmissibles - ne fait qu'accroitre Ie risque. On peut aussi voir apparaitre des agents pathogenes comme Ie VIH ou reemerger des maladies telles que la flevre jaune ou la dengue hc!morragique qui entrainent une mortalite elevee. On a observe une stagnation des progres concernant Ie recul de la malnutrition chez I' enfant. La mortalite maternelle reste it des niveaux inacceptables. Dans de nombreux pays it faible revenu, la majorite des deces frappent des ou pouvant faire enfants de moins de cinq ans; iIs sont dus en grande partie Ii des affections _evitables . I'objet d'une intervention rapide. Dans les parties les plus pauvres de la 'planete, la morbidite globale restera largement Ie fait de ces maladies et d' autres affections associees Ii la pauvrete.
,
MALNUTRITION
., .,
60
50
..,
30
20
,.
Russle Royaume-Uni Suede Colombie Bresil Costa Rica Maroc Togo Chine HaTti Senegal Ethlople Inde 0 0
'0
'"
30
40
50
60
Poids Insuffisant Pourcentage de la population Poids excesslf (Indice de masse corporelle <16,5) (Indice de masse corporelle >25) So<rc:e: OMS. Bureau du Rapport sur Ia Sant~
dans Ie Monde
6 10. Aujourd'hui deja, les maladies non transmissibles - groupe heterogene qui comprend d'importantes causes de deces comme les cardiopathies ischemiques et le cancer et des causes majeures d'incapacite
comme les troubles mentaux - contribuent pour beaucoup a la morbidite mondi.le. Le tabagisme, I. consommation d'.liments riches en graisses et d'autres comportements nuisibles pour la sante vont faire des maladies non transmissibles les principales causes de mortalite, de morbidi!e et d'incapacite dans Ie monde d'ici les annees 2020. Le tabagisme est un facteur de risque pour environ 25 maladies et, alors meme que I'on connait bien ses effets sur la sante, les decideurs sous-estiment encore beaucoup I'ampleur de son impact aCluel et futur sur la morbidite. Les traumatismes et la violence risquen! eux aussi de gagner en importance, en partie de I'urbanisation et de I'industrialisation.
a la
suite de I'utilisation des vehicules
a moteur,
La pauvrete et les inega/iMs croissantes II. Entre les pays et a l'interieur meme des pays, certaines disparites se sont aceenluees. On observe des tendances alarmantes concernant plusieurs maladies et les projections pour I'av~nir
laissent presager
que dans de nombreux cas il ne sera peut-etre pas possible de preserver I'acquis. La sante a surtout ete affectee lorsque I'economie n'a pu asSurer un revenu adequat a tous, que Ie systeme social s'est effondre et que les ressources de I'environnement ont mal ete gerees. Toute une serie de problemes environnementaux et sociaux de caractere
mondial
et
local
continuent
d'accroitre
I'impact
des
maladies et des problemes de sante.
Le point sur la pauvrete 01987 .1993 Europe de rEst et Asie centrale
~
. -,
Moyen-Orient et Afrique du N~rrJ I~
~ 1 '.'
01987 .1993
Am6rique latine ·et Cllta/bes Atnquesubsahanenne Asie de rEst et Pacifique Asiedu Sud
.. "'
. 2D
• OOQ
500
400
300
200
100
Q
o
.0
30
50
Nombre de pauvres (en milnons)
Pourcentage de la population vivant au~essous du seuil de pauvrete Bureau du Rapport sur La Sant' dans Ie Monde
Source : 8anqoe
mondia~.
7 12. Le nombre de ceux qui vivent sans espoir dans la pauvrete absolue ne cesse d'augmenter maigre une creation de richesses sans precedent au cours des vingt demieres annees. Environ - 1,3 milliard de
personnes vivent actuellement dans Ie denuement Ie plus comple!. La pauvrete est l'une
des
principales causes de sous-nutrition et de mauvaise sante : elle exacerbe Ia propagation des maladies, sape I'action des services de sante et retarde Ie ralentissement de Ia croissance demographique. La mauvaise sante contribue, elle, iI Ia margin.lisation des pauvres et d'autres groupes defavorises, qUi ne peuvent sortir de Ia misere.
13.
Les pauvres subissent une part disproportionnee des problemes de sante et des souffrances qui leur sont Iiees. Us vivent souvent entasses dans des Iogements insalubres. Us sont plus exposes a la pollution et
a d'autres
risques pour 1. sante que ce soit chez eux, au travail au dans Ia communaute,
et risquent plus que Ies autres de ne pas se nourrir suffisamment au de mal se nourrir, de fumer et d'avoir d'autres comportements nuisibles pour leur sante. Tout cela rMuit Ies possibilites qui leur sont offertes dans taus les domaines et leur capacite de mener une vie epanouie et productive. Les inegalites et les ecarts croissants entre riches et pauvres dans de nombreux P!lYs et communautes, qui persistent malgre la croissance economique, menacen! Ia cohesion sociale' et sont· fortement lies a des phenomenes comme la surmortalite, la violence et Ie stress psychologique et social. . !
Mortalite maternelle
1200
. -.. .. .... "' .. ...... .. > .. > 0 " ~c 0 ..
" ~ c
1000 800 600 400 200 --------------------~.~-.-
"''iii
.. c
:!20 0 ,,0 "'0 "0
j3~
~
" 0
Q,
a Pays developpes a economie demarcM
Pays a economie en transition
Pays en developpement (sauf les PMA)
Pays les molns
avances
Hlveau de d6veloppement Source : OMS. Bureau du Rapport sur Ia Sant6 dans ~
Monde
8
Urbanisation 14. Globalement, I'urbanisation a entraine une amelioration de la qualite de la vie et de la sante dans de nombreux pays, mais elle porte aussi atteinte au tissu social lorsqu'elle depasse la capacite
d'infrastructure et les moyens de repondre aux besoins de la population. Les rapports entre croissance urbaine sauvage et propagation des maladies infectieuses sont bien connus. En outre, les mauvaises
conditions de logement el de travail peuvenl Stre sources d'angoisse, de depression et de stress chronique el compromettre la qualite de la vie pour les families et les communautes. L' evolution des structures familiales el des modes de vie peut serieusement affecter la sante et la capacite it faire face aux problemes sanitaires el sociaux. Tres souvent, la desorganisation des cultures rura1es
traditionnelles a ete accompagnee par une erosion des systemes d'appui social.
15.
La violence est I'un des symptomes les plus flagrants de la desintegralion sociale. Elle se manifeste de differentes fayons suivanl les societes : conflits tribaux ou ethniques, guerres de gangs et violence familiale. Dans certains pays, I'exposition Ii des scenes de violence dans les. medias, associee Ii un acces facile aux armes el it la consommation d'alcool et de drogues i1licites, a contribue
a
un
accroissement de la violence. Dans de nombreuses societes, on se preoccupe de la desintegration sociale liee
a I'affaiblissement
des liens communautaires fondes sur Ie partage et I'affection, des liens
renforyant et regissanl les relations entre les generations et de la famille en tant qu'unite sociale.
Changements concernant /'environnement 16. Les changements concernanl I'environnement au nive.u mondi.I, comme I. pollution .tmospherique, I'appauvnssemenl de I. couche d'ozone, Ie changement clirnatique et 1a reduction de I. biodiversite, Ie mouvement transfrontalier des substances dangereuses et des d6chets, fmissenl par avoir des consequences nefastes pour I. sanle. En outre, I'environnement doit <galement faire face a des changements au niveau national et local qui affectent directement la sante. L'industrialisation sauvage ou mal contrOlee, conjuguee a un usage peu rationnel de I'energie dans les transports, la production et la construction, constitue une menace pour la qualite de I'air dans la plupart des villes it croissance rapide. La pollution de I'air it I'interieur des habitations est une cause majeure de
morbidite et de mortalite prematuree. De nombreuses pratiques industrielles men.cent la sante et l'environnement. Des pratiques comme la transfonnation alimentaire, si elles ne sont it
pas
judicieusement maladies
appliquees, et
sont
directement
associees
a des intoxications alimentaires, pour et des la sante. conditions Certaines de
des
diarrheiques
a d'autres effets mal defmis des dispositions de securite
activites mal
professionnelles
dangereuses,
travail
reglementees et I'accroissement de la concurrence dans des economies en mutation contribuent au stress professionnel et aux problemes de sante.
9
Deces dus a des lesions traumatiques
..
G
'" JE
.. !i o
•
2
ea....
d._ Bureau du Rapport sur la Sant~ dans ~
SaUtee: OMS.
Mende
17.
L'approvisionnement en
eau,
I'evacuation
des
dechets
et
la
salubrite
sont,
sur Ie
plan
de
l'environnement, des detenninants essentiels de la sante. Les penuries d'eau enlravent la production agricole et industrielle dans bien des pays, contribuant a la degradation des sols et a la pauvrete. Une eau propre destine.
a
la consommation individuelle est essentielle
a la
sante et Ie manque d' eau ou
une mauvaise qualite de I'eau peuvent exacerber la propagation des maladies infectieuses. Pres de la moitie de la population mondiale souffre de maladies liees au manque d'eau ou a la contamination de l'eau.
10 CAUSES DE DECES
1985
f'o A E Y V
.,. '"
t% t%
...
S E
, P E S
o
L
T.c.I:UOU
, A
<, D E V E L 0
Y
S E N
r r
E M E N T
"'"
."
.... 17"
2'"
Chfffres en mUliers. Source .- OMS. Bureau du Rapport sur la SanM dans ~ Monde Ma&a<f.es infedieuses et patU/taIt'e$ Causes p6rinataIe.$ et matemeRes Cancel>
Maladies de ropparel_ NJfIf:;$
~-
causa et causes Inoonnue$
...
-
Mondialisation 18, Les decisions nationales et locales sont conditionnees comme jamais auparavant par des forces et des politiques et planetaires, des Le rythme des de la mondialisation de la des <!changes et commerciaux, des marches des s' est
voyages
migrations,
techniques,
communication
considerablement accelere depuis gravement les autres. La
vingt ans, de
profitant tres
largement aux uns
et marginalisant offre des
diffusion
I'information et des
technologies nouvelles
possibilites pour aider it depister et prevenir des poussees de maladies, des famines
et des
menaces pour I'hygiene de I'environnement et pour diffuser plus largement les services de sante et I' education pour la sante. La sante des habitants de la planete est conditionnee par des liens inextricables et de plus en plus independants de considerations geographiques. Tous les pays son! contraints de reconnaitre cette interdependance liee it la fragilite de I'environnement que nous devons 'tous partager, A la mondialisation croissante de I'economie et au risque de propagation rap ide des maladies infectieuses, Dans de nombreux pays, la ruee vers la mondialisation suscite des preoccupations quant it la survie de la diversitt! culture lie et etbnique.
11
Le nouveau role de [,Etat 19. Le contraste est !Tappant entre Ie monde d'aujourd'hui et celui qui existait au moment de la creation de I'OMS en 1948. Le risque d'un conflit planetaire a considerablement diminue, mais une multitude de con flits regionaux et de troubles sociaux sont apparus. Les rapports entre les pays qui, vers la fm des annees 40, refletaient une mentalite coloniale et une situation de gueITe froide sont aujourd'hui fortement marques par I'emprise toujours plus forte des marches et I'interdependance croissante.
20.
Ces changements politiques et soeiaux ont de profondes consequences pour Ie role de I'Etat en general et pour la preservation et Ia promotion de Ia sante en particulier. L'autonomie tout comme la vi.bilite de l'Etat sont menacees. En effet, les gouvemements doivent agir dans un contexte ou I'on exige toujours plus et ou la marge de mana:uvre diminue. lis subissent des pressions de plus en plus fortes de nombreuses entites pour adapter leurs politiques nationales it celles d'organisations et d'accords mondiaux et regionaux. lis decentralisent et transierent les responsabilitt!s aux autorites locales et it la societe civile. La corruption interne a erode la confiance de la population dans les o. ,
gouvemements tandis que, dans certains pays, c'est la structure meme de l'Etat qui s'est effond,,!e.
La reponsedes systemes de sante 21. Ces deux demieres decennies, la sante pour tous a ete progressivement acceptee par les gouvemements et les organisations non gouvemementales comme cadre pour l'arnelioration de la sante. Une majoritt! de pays ont adopte la strategie des soins de sante primaires. L'acces de la popUlation aux elements des soins de sante primaires defmis it Alma-Ata s'est regulierement ameliore meme si les disparites sont importantes d'un pays it I'autre et it I'interieur meme des pays. Les soins de sante primaires, ainsi que les progres economiques, techniques et dans Ie domaine de I'education ont largement contribue it I'abaissement de la mortalite et de la morbidite juveno-infantiles dans Ie monde entier et it l'allongement sensible de I'esperance de vie it la naissance auxquels on a assiste ces vingt dernieres annees. Des millions d'enfants sont parvenus it l'age adulte grace it une intervention sanitaire rapide.
22.
Malheureusement, les progres n' ont pas profite a tout Ie monde. Les systemes et services de sante publique ne beneficient pas des ressources necessaires et sont mal entretenus dans de nombreux pays. Apres Alma-Ata, une longue periode s'est ecoulee avant que les ressources humaines et fmaneieres ne commencent it etre reorientees vers les soins de sante primaires. La prise de decision dans Ie secteur de la sante est done encore dominoe par des interets professionnels qui favorisent la medecine c1inique curative au detriment de la prevention de la maladie et de la promotion de la sante publique. Les so ins aux handicapes, aux malades en phase terminale et aux personnes agees fragiles sont, dans I' ensemble, relativement negliges.
12
23.
Dans de nombreux pays, Ia politique de developpement et Ia politique economique conjuguees aux transformations demographiques et epidemiologiques accroissent Ies problemes de sante auxqueIs Ies systemes de sante doivent alors faire face. Le secteur de Ia sante paie Ie prix des consequences nefastes pour Ia sante de certaines politiques economiques et de I'absence d'un effort
d'investissement de Ia part de I'Etat en faveur de mesures Ii long terme pour promouvoir et proteger Ia sante.
24.
Le manque de competences en matiere de politique et de gestion sanitaires a entrave Ies progres dans Ia mise au point et I'application de politiques et d'actions appropriees visant it mettre en place des systemes de sante souples repondant aux besoins. Les effets varient beaucoup seion les pays. Dans les plus pauvres, l'absence totale d'investissements en faveur des services sanitaires et sociaux et
I'incapacite des autorites II obtenir des fonds nationaux ou internationaux pour la sante affectent gravement les progres en vue de l'instauration de la sante pour tous. Ailleurs, les services essentieIs n'ont pas ete mis en place ou entretenus, ce qui a conduit Ii une stagnation ou:1i une degradation de I'etat de sante de la population. La croissance rapide du secteur prive dans de nombreux pays Ii revenu moyen a eu des effets differents sur Ies services du secteur public contribuant, dans certains cas, Ii une escalade abusive des coilts, Ii des soins inefficients et inefficaces et Ii des inegalites en matiere d'acees aux so ins. Dans les pays les plus industrialises, la maitrise des coilts de la sante dans un contexte de vieillissement de Ia population et de fortes poussees des prix et de la demande de technologies nouvelles constitue la base des reformes des soins de sante.
13
Dans fa section II. on expose la base politique de la sante pour tous et l'on s 'attache
aresoudre les nouveara: problbnes
mondiaux, regionara: et nationara: qui se posent et ase prevaloir des nouvelles occasions qui s'offrent, tels qu 'ils ont ere decrits dans la section 1 On souligne dans celie section la necessite de metire I 'accent sur les determinants de la sante tout
en se dotant de systemes de sante durables.
Buts et orientations politiques de fa sante pour tous 25. Les buts de la sante pour tous sont les suivants : • • • anongement de I' esperance de vie en bonne sante pour tous; acces de tous a des soins de sante adequats de bonne qualite; et equite en matiere de sante entre les pays et a I'interieur des pays.
26.
On atteindra ces buts en suivant trois orientations politiques : • • • en faisant siennes les valeurs de la sante pour tous; en mettant la sante au creur du developpement; et en mettant en place des systemes de sante durables.
27.
Les orientations politiques sont liees entre enes et concement tous les niveaux - local, national, regional et mondial. Leur adoption et leur developpement en strate!gies specifiques financees de maniere adequate, entierement appliquees et soigneusement evaluees peuvent ameliorer la sante et reduire les ecarts de sante entre les differents groupes socio-economiques. Dans Ie cadre de leur adoption, il faudra se prevaloir des forces politiques, sociales et economiques et atteindre les partenaires potentiels en elargissant les systemes de gouvemance pour la sante!.
14
Faire siennes fes vafeurs de fa sante pour tous 28. La vision de la sante pour taus est fondee sur les besoins de la population et tient compte des preoccupations
sexospecifiques. Les valeurs de la sante pour tous sont a la base de tous les aspects de la politique sanitaire, eUes influencent les choix politiques qui sont faits, la fayon de les faire et les interets qu'ils servent. La sante pour tous s' inspire des valeurs fondaroentales suivantes : • • • • reconnaissance du droit universel a la sante; application de I'ethique a la politique sanitaire, a la recherche en sante et a la fourniture de services; application de politiques et de strategies axees sur l' equite; et incorporation d'une perspective sexospecifique dans les politiques et strategies sanitaires.
29.
La Constitution de I'OMS considere "Ia possession du meilleur etat de sante qu'il e'.1 capable d'atteindre" comme "l'un des droits fondaroentaux de tout etre humain ... ". Le droit
a la sante signifie que chacun a droit a
un niveau de vie adequat pour sa sante et son bien-etre, co qui couvre la nourriture, l'eau, les vetements, Ie logement, les soins medicaux, la sante reproductive et les services sociaux, ainsi que Ie droit a la securite en cas de chamage, de maladie, d'incapacite, d'age avance ou de perte de la capacite de gain dans des situations qu'il ne maitrise pas. Le respect des droits de I'homme et la realisation des buts de la sante publique sont complementaires.
30.
Un cadre ethique bien marque qui comprend Ie respect de la liberte individueUe, I'autonomie personneUe et I'absence de prejudices s'applique aux aspects tant individuels que sociaux des soins de sante et de la recherche en sante. Les progres dans Ie domaine des sciences et de la technologie, de l'ingenierie, des communications et de la medecine nous ont foumi de tres larges occasions d'influencer la sante. Si chacun peut avoir sa part des progres et des promesses, les principes ethiques devront anticiper et orienter Ie developpement et l'utilisation des sciences et de 1a technologie. Le progres scientifique et technique teste les limites de I'ethique et met au defi 1a notion meme de I'humain. Nous devons donc avoir des principes ethiques solides pour prendre les decisions sur des questions qui influencent la sante.
31.
Un systeme de sante equitable assure I'acces de tous excessive
a des soins de qualitc! adequats sans
imposer de charge
a I'individu. L'equite suppose la reduction des differences injustes et injustifiees entre les individus et
les groupes. Mesurer les inegalites represente Ie point de depart de l'elaboration et de I'action politique. L'equite doit constituer la base de la cooperation technique internationale avec les pays, et il faut donc aider les populations et les pays les plus touches par la pauvrete et les problemes de sante.
15 32. Une demarche soudeuse d'equite entre les sexes est determinante pour l'elaboration et la mise en reuvre de politiques et de strategies de sante equitables. Au-dela de la seule prise en compte du rOle reproducteur des femmes, cela signifie reconnaitre l'effet des roles et des respons.bilites des hommes et des femmes fixes par I. societe, I. culture et Ie comportement, au-dela des differences biologiques. Cette demarche, indispensable pour progresser vers l'equite, comporte plusieurs aspects : • • • • analyser et f.ire comprendre Ia specificite homme/femme; prendre en compte Ies besoins speciaux des femmes et ceux des hommes; offrir aux femmes la possibilite de participer a Ia prise de decision; et promouvoir un cadre pour mieux faire respecter Ia dignite, Ia valeur et I_ cap_cite d'action des femmes.
Mettre fa sante au ClEur du devefoppement La sante en tant qu'indicateur du developpement 33. Mettre Ia sante au creur du developpemeot suppose que I' on mette davantage I' accent sur Ia recherche et l'utilisation des determinants de Ia sante arm d'inverser les tendances negatives et de promouvoir Ia sante. Le developpement suppose une amelioration progressive des conditions de vie et de la qualite de vie de tous Ies membres d'une societe. L'objet du developpement est de permettre it chacun de mener une vie economiquement productive et socialement satisfaisante. La sante! - au sens de bien-otre physique, mental et social complet tout comme d'absence de maladie - est a I. fois un but fondamental et un moteur du developpement.
34.
La sante, en particulier pour Ies plus vulnerables, est un indicateur de I. validite des politiques de developpement. Si 1'0n analyse Ies donnees relatives it I'etat de sante en fonction de I_ situation socioeconomique, du sexe et de \a race, on note des disparites entre groupes soeiaux. La sante traduit Ies conditions de vie, peut faire ressortir I'absence d'equite et peut otre Ie signe avant-coureur de problemes soci_ux emergents.
16
Lutte contre la pauvrete 35. II faudra accelerer Ie deyeloppement humain et la croissance economique dans Ie secteur public comme dans Ie secteur priYe pour que les groupes et les communautes les plus pauyres puissent echapper a la pauyrete. Cette croissance doit POUyoir compter sur un appui international, fondamental et durable en fayeur de la sante, de I'education et du renforcement des etablissements publics dans les pays les plus pauvres. Des plans de deyeloppernent integres preyoyant aussi la reduction de la dette et la fourniture de credits sont necessaires pour briser Ie cercle vicieux de la pauyrete et de la maladie. II faut des possibilites d'emploi durables pour assurer la sante des populations a long terme. Pour taus les pays, les politiques economiques qui s'attachent a promouyoir I'<\quite ont un fondement ethique judicieux et sont indispensables deYeloppement durable.
a
la croissance economique et au
36.
Les interventions sanitaires, surtout lorsqu'elles sont etroitement liees a I'amelioration de I'education des filles et
a la mise en place d'une infrastructure de sante publique de base, peuyent contribuer a briser Ie cercle vicieux de la pauvrete et de la maladie, a faire reculer la mortalite infantile et a rMuire la croissance demographique. En particulier, les services de sante infantile et de nutrition peuvent ayoir un effet positif dUrable sur I'ensemble de la population. II faut faciliter l'acces des pauvres services pauvrete.
a leur
proximite, et ce sera Iii un
a des systemes de sante de qualite, notamment en mettant les aspect essentiel des futurs programmes visant a faire reeuler la
37.
Le secteur de la sante a un role vital ii jouer pour reperer les menages et les regions pauvres, en mettant l'accent sur les problemes qui touchent avant tout les pauvres. En raison des aspects multiples de la pauvrete, i1 faudra conjuguer les efforts de nombreux secteurs pour attenuer Ie probleme de maniere durable. Une collaboration est donc indispensable entre les secteurs de sante, de
Causes de deces selon Ie revenu ~.. ,Q
..
100r---------------------~
-.c " 60
g. = o .. c
80
.. " .." e 0 ....
C " .....
40
l'agriculture, du commerce, des finances, de I'alimentation, de la nutrition, de I'education et de l'industrie. La sante et I'education doivent
c'" :s,:; " :;"'''0 ~'~ ~
20
o Cause de declls 20% les plus pauvres
beneficier d' un appui en general, mais aussi d' une protection particuliere pendant des periodes de difficultes c!conomiques passageres. La securite alimentaire va de pair avec la lutte pauvrete. c~ntre
II • •
Moyenne mondiale 20% les plus riches
la
17 38. Des programmes de sante de portee geographique tres large au agissant dans des contextes precis peuvent avoir un impact tres net Iii au une au plusieurs grandes maladies contribuent
a la paUvtete. La lutte contre
I' onchocercose en Afrique de l'Ouest a ouvert au developpement agricole de vastes zones nouvelles. De meme, la lutte contre Ie paludisme et d'autres maladies transmissibles endemiques a beaucoup contribue
a promouvoir
les cultures vivtieres et marchandes dans bien des regions. Dans un cadre scolaire, des projets d'alimentation associes
a des programmes de traitement vermifuge peuvent permettre une amelioration sensible des resultats et
des taux de frequentation scolaires.
Promotion de La sante dans tous Les contextes 39. L'individu, la famille et la communaute peuvent agir pour ameliorer leur sante, a condition d'avoir l'oceasion et la capacite de faire des choix en faveur de la sante. II faut done doter les gens des connaissances, des competences et du savoir-faire - ainsi que I'acces aux possibilites offertes par la societe - necessaires pour affronter les nouveaux schemas de vulnerabilite et se maintenir, eux-memes et leur famille, en bonne sante. Les cadres au ils vivent, travaillent, jouent, apprennent offrent autant d'occasions de promouvoir la sante. Une action sociale peut contribuer
a proteger les jeunes de la violence et des toxicomanies, a veiner a des conditions de
travail favorables it la sante, it encourager une alimentation et des loisirs sains, et Ii creer un environnement scolaire propice II l'apprentissage, II la sante et a I'epanouissement personnel.
40.
Les techniques de communication, y compris les methodes interactives, sont devenues d'importants moyens de diffuser symboles et messages de promotion de la sante pour aider I'individu et Ia communaute it ameliorer la qualM de la vie. Une information et des spectacles axes sur la sante qui touchent toutes les communautes et tous les foyers peuvent aider les familIes, jusque dans les regions les plus reculees, it tirer patti des connaissances. Les medias peuvent jouer un role plus important dans I'action en faveur de Ia sante! et les pratiques de sante. lIs peuvent contribuer ainsi
a ameliorer I'image de la sante dans Ie grand public et a faire en sorte qu'eIIe figure
parmi les grands themes de debat public.
18
Alignement des politiques sectorielles en faveur de la sante 41. Au sein d'un gouvemement, bien des instances differentes prennent des decisions qui ont des consequences pour la sante, par exemple dans les secteurs de I'agriculture, du logement, de I'energie, de I'eau et de I'assainissement, du travail, des transports, du commerce, des fmances, de I'education, de I'environnement, de la justice et des affaires etrangeres. On peut harmoniser les politiques de tous les secteurs qui ont des effets directs ou indirects importants sur la sante de maniere
a se donner un maximum de chances de promouvoir et de
proteger la sante. Les politiques economiques et budgetaires peuvent considerablement influencer Ie polentiel de gains en sante et leur repartition dans la societe. Les politiques budgetaires qui contribuent Ii la sante peuvent etre encouragees, par exemple celles qui dissuadent de produire et de consommer des substances dangereuses pour la sante et encouragent au contraire la consommation d'aliments nutritifs et l'adoption de modes de vie sains. Ces politiques, associees Ii une legislation et des programmes d'education pour la santo! appropries, peuvent ralentir et meme inverser les tendances negatives, notamment la montee des maladies non transmissibles et des lesions traumatiques.
42.
Les politiques agricoles peuvent comprendre des mesures specifiques de prevention des maladies dans les projets d'irrigation, encourager activement la lutte integree contre les ravageurs pour reduire Ie plus possible Ie recours
a des substances chimiques toxiques, mettre en place des modalites d'utilisation des terres qui facilllent
l'installation de gens en milieu rural, encourager la substitution de cultures nocives pour la sante et garantir la production de denrees alimentaires sOres en quantites sufflSantes. Une politique energetique favorable a la sante doit appuyer et accelerer I'utilisation de sources d'energie plus propres et veiller ace que l'on produise moins de dechets dangereux et toxiques, que soient adoptes des moyens de transport plus propres et plus economes en energie et, enfm, que les batiments soient conyus dans I'optique d'economies d'6nergie. L'effet cumule de ces politiques est tres net. La prise de telles mesures permet de ne pas sacrifier la sante pour de simples gains economiques Oll
sectoriels a court terme.
La sante dans Ie diveloppement durable 43. Sante, preservation de I'environnement et maintien du tissu social sont intirnement lies. Pour que Ie developpement soit durable, il faut que la generation actuelle et les generations
a venir en ressentent les
bienfaits. La sante etant au creur du developpement, iI faut que les aspects sante retiennent absolument la priorite dans les plans de developpement durable, lesquels doivent avoir pour but d'assurer une repartition equitable des possibilites de securite sanitaire.
19 44. Les ressources non renouvelables ant
etc dangereusement surexploitees,
et les modes d'utilisation actuels des
sources d'energie renouvelables et des ressources naturelles ne pourront pas se maintenir longtemps. L'adoption de conventions et de mesures qui freinent ou empechent une degradation serieuse de I'environnement sera benefique pour la sante des generations a venir.
45.
Le secteur de la sante a une responsabilite premiere qui est de veiller
a ce que les liens entre sante et d'autres
secteurs soient clairement delimites, que I'impact des activites de developpement sur la sante soit mesure ou anticipe, et que des politiques appropriees soient mises en place et des mesures prises a I'appui de la sante pour tous. II s'agit notamment de profiter des chances d'amelioration de la sante offertes par les programmes de developpement.
46.
L'introduction d'indicateurs sanitaires dans les evaluations d'impact environnemental permettra d'ameliorer la prise de decision dans les secteurs de la sante et de I'environnement. II est indispensable de mieux comprendre les errets cumuIes
a long
terme des substances chimiques sur la diminution de la couche d' ozone, des
rayonnements it faible dose et de la manipulation genetique des plantes et des animaux destines consommation humaine si I'on veut anticiper les menaces futures et prendre
a temps des mesures correctives. etre integrees dans les systemes
•
a la
Les consequences des modifications de I'environnement pour la sante devront comptables qu'exige un developpement durable, de maniere de I' environnement et de la protection de la sante.
a creer des incitations en faveur de I'amelioration
Mettre en place des systemes de sante durables Repondre aux besoins de la population 47. Les systemes de sante doivent etre en mesure de repondre aux besoins sanitaires et sociaux des gens tout au long de leur vie. Le systeme national et local doit donc aller vers les gens et inciter chacun
a ameliorer sa santt! par
une action prioritaire de promotion de la sante et de prevention de la maladie. A l'avenir, les systemes de sante devront rester souples et tenir compte de plusieurs racteurs :
• • • •
105 mutations demographiques et economiques; l'evolution du tableau epidemiologique des maladies; 105 attentes des usagers des services de sante en matiere de qualite et de participation aux decisions; et Ie progres scientifique et technique.
20 48. L 'action de sante commence au foyer et elle est influencee par tout un eventail de forces. Un engagement
individuel, familial et communautaire eclaire en faveur de la sante est Ie meilleur garant d'ameliorations durables de I'etal de sante. Les services de sante completent I'action de I'individu et de la famille en les informanl pour les aider a mener une vie saine el a obtenir des soins de qualite et en appuyant les fonctions propres II proteger et promouvoir la sante pUblique. Les contacts avec les etablissements de soins offrent d'innombrables occasions a tous les stades de la vie de promouvoir la sante! et de prevenir m.ladies et incapacites.
Acces aux soins de sante primaires Vaccination anti6tanlque (femmes encelntes)
. Vaceln antirougeoleux Vaceln antipoliomy6litique Approviionement en eau
~ Co c
~
f ~ I>
co ~
g. ~
0:
... Elimination des excreta ~
a ____+-____ ____-+____-1____--1G ~
~
o 1983-1985
20
40
60
80
100
Source: OMS
•
1991-1993
49.
Les systemes de sante peuvent prendre de nombreuses formes. Les soins de sante primaires qui sont Ie premier niveau de contact avec Ie systeme national de sante pour I'individu visent a foumir les soins de sante aussi pres que possible du lieu
au les gens vivent et travaillent. Les soins de sante prim.ires seront completes par des
systemes de sante! qui seront : bases dans I. communaute et camp lets, avec des composantes prevention, promotion, guerison et readaptation; disponibles en permanence; etroitement lies a taus les niveaux aux services sociaux et environnementaux; et integres a un systeme plus large d'orientation-recours.
21 50. Un systeme de sante durable encourage activement la communaute a participer ill'elaboration des politiques et permet d'etablir des pratiques internes en matiere d'emploi qui prennent en compte les besoins des travailleurs et donnent la priorite ala qualite et a la gestion de I'environnement. Un systeme de sante socialement reactif prend en compte la diversite des besoins socioculturels et psychologiques et des croyances qui s'attachent ala sante et it la guerison, et favorise la coexistence pacifique et I'enrichissement mutuel de ces diverses conceptions. A
l'avenir, tirant pleinement parti des ressources communautaires, les systemes de sante devront associer reconfort et efficacite. II leur faudra insister non seulement sur la prolongation de la vie et I'amelioration de la sante, mais aussi sur Ie soulagement de la douleur et de la souffrance et sur I'accompagnement vers une mort paisible.
Fonctions essentielles du systeme de sante 51. Le r61e des autorites concernant l'instauration de systemes de sante durables consiste a garantir l'equite! en matiere d'acces et a veiller a ce que Ies fanctions essentielles soient offertes avec un maximum de qualite
atous. Avec la
transformation du secteur public, il faut s'attacher davantage a ce que les fonctions essentielles de sante publique soient maintenues et les services de soins individuels universellement disponibles. Ces bnctions completent les services de soins de sante primaires existants et les renforcent.
52.
Ces fanctions essentielles sont notamment les suivantes :
• • • • • • •
orienter l'action de systemes de sante durables; garantir une surveillance active; fournir des soins tout au long de la vie; prevenir et combattre les maladies et proteger la sante; encourager l'utilisation de la science et de la technique et I'innovation dans ce domaine; mettre en place et preserver les ressources humaines pour la sante; et veiller a un financement adequat pour des systemes de sante durables.
Orienter l'action de systemes de sante durables 53. La population contie it l'Etat la tache de mettre en place un systeme de sante repondant a ses besoins. Le secteur de
I. sante doit definir des politiques et des priorite!s qui correspondent aux besoins de la population: en fixant des normes; en garantissant l'adoption d'une legislation et d'une reglementation a I'appui; et en informant les gens de leurs droits et obligations. La legislation nationale jette les bases d'une action concertee pour la sante, protege les groupes vulnerables et defavorises des effets economiques negalifs, et defmit les limites et les altentes du gouvemement al'egard de ses partenaires.
22 54. Une legislation susceptible de promouvoir la sante comprend des mesures garantissant la prot.ection de I'environnement, la salubrite des aliments, l'interdiction de la publicite pour Ie tabac et du parrainage dans ce
domaine, des restrictions it la promotion de l'alcool et al'acces aux annes et, entin, des mesures destinees it proteger Ie consommateur et Ie droit aux so ins. La h~gislation
en matiere de salubrite de }'environnement peut proteger la
population contre I'exposition it toute une garnme de produits dangereux. II faut des textes legislatifs pour aider it maltriser la violence et les traumatismes, it veiller au respect de l' ethique dans les soins medicaux et dans la recherche, it flxer un cadre reglementaire pour les soins prives et l'action intersectorielle en faveur de la sante, et a garantir la salubrire des produits pharmaceutiques. Une reglementation et une surveillance sont indispensables pour obtenir un dosage approprie entre secteur public et secteur prive. Avec la mondialisation et la privatisation de
l'economie, 1a necessite de cette legislation se fait de plus en plus sentir. Le succes dependra de la volante politi que, des capacites en matiere de legislation de la sante publique, de I'appui de la population et de I'application effective des mesures dec idees.
Garantir une surveillance active 55. Un systeme de sante durable se caracterise par la priorite donnee it la surveillance active et continue. Des systemes
mondiaux. regionaux, nationaux et locaux de surveillance, de cantrole et d'alerte precoce previendront la population de menaces imminentes pour sa sante, ce qui permettra d'agir atemps. Le resserrernent des liens entre les acteurs locaux, les organisations nationales et l'OMS sera rendu possible par de meilleures techniques d'information et de conununication. La surveillance mondiale englobera des dispositifs compJementaires surveillant I'application par les Etats des obligations qu'ils ont acceptees.
56.
Un systeme integre de surveillance active et continue pour la sante devra it tout Ie moins privilegier les elements suivants : maladies infectieuses; situation et tendances sanitaires, y compris taux de natalite et de mortalite; application des nonnes et reglementations intemationales; progres en vue de reduire les inegalires en matiere de
sante; execution des fonctions essentielles de sanre publique; effets des modes de vie sur l'etat de sanre; problemes de sante transfrontieres et impacts sectoriels sur la sante.
57.
L'existence de systemes nationaux et locaux d'information sanitaire est Ie pn!alable it la creation de systemes de sanre efficaces, efficients, equitables et de qualite. Une surveillance et une evaluation nationales et locales fournirnnt
atemps I'information voulue aux decideurs et au grand public pour faciliter l'evaluation et la gestion des systemes de sante et donc veiller a I'utilisation optimale des ressources.
23
Fournir des soins de qualite tout au long de la vie 58. Une approche des soins de sante qui prend en compte toute la duree de la vie reconnait les effets complexes et interdependants de nombreux facteurn sur la sante des gens et de leurs enfants. Les soins tout au long de la vie privilegient les interventions ayant un potentiel de prevention de la naissance
a la mort.
59.
Une approche de la sante fondee sur I' action tout au long de la vie repose sur les effets intergenerations et sur Ie rapprochement de facteurs presents avant meme la conception et dans I' enfance qui exercent leurs effets sur la sante de I'adolescent et de I'adulte. II y a de nombreux exemples de maladies et de comportements dont la prevention precoce est importante pour I'amelioration de la sante plus tard dans la vie. En abordant par une action de toute une vie les differents aspects de la promotion de la sante, de la prevention et des soins, on pourra eviter les incapacites et ameliorer la qualite de vie Ii un age plus avance.
60.
Les cadres de soins du XXI' sieele ne seront pas ceux d'aujourd'hui. II faudra davantage s'attacher it incorporer les donnees scientifiques dans la pratique clinique en privilt!giant la qualite des soins, ce qui devrait reduire les ecarts entre les diagnostics et les issues des maladies. On devra dispenser, directement ou indirectement - par exemple a I'aide des techniques de communication -, une garnme plus large de soins et de services specifiques dans un cadre communautaire. Les hiipitaux devront etre de plus en plus axes sur les services ambulatoires de diagnostic et de traitement
a forte intensite de technologie. Les soins a long terme seront implantes dans la communaute, qu'il
s'agisse de soins institutionnels non hospitaliern ou de services
a domicile,
et feront appel
a la
solidarite
communautaire et a I'appui entre les generations au sein d'une meme famille.
61.
Les soins tout au long de la vie devront fonctionner dans un systeme communautaire de sante privilegiant la qualite du diagnostic, du traitement et de la readaptation. Les services de sante locaux fourniront les medicaments essentiels et d'autres services repondant aux besoins de la communaute et devront etre relies, par des moyens electroniques et des moyens de transport disponibles en tout temps, aox centres d'orientation-recours. Les rapports entre Ie service de sante local et l'Etat seront defmis en termes d'autorite, de responsabilite et d'initiative - trois domaines dans lesquels il faudra donner une marge de manceuvre maximale aox services loeaux. Pour offrir des soins de qualite, i1 faudra trouver un dosage qui Tefiete Ie mieux possible la structure, les ressources et les besoins communautaires.
II faudra integrer etroitement les services de sante, les services soeiaux - y compris les services de sante scolaire et de medecine du travail - et les services d'environnement.
24
Prevenir les maladies et proteger la sante 62. La prevention des maladies est cruciale pour Ie deveioppement. Prevenir la maladie tout au long de la vie est une action utile pour l'individu comme pour la communautc. Des services communautaires de prevention des maladies et de protection de la sante profitent atous : leur mise en reuvre exige une participation individuelle minimale. Le
maintien et Ie developpement de ces services, lit oil ils sont necessaires, doivent etre la priorite des autorites locales.
63.
C'est aux autorites nationales et locales qu'incombe I'entretien des services d'environnement qui protegent la sante.
n
s'agit notamment d'assurer I'approvisionnement en eau et I'assainissement, de lutter contre la pollution
atrnospherique, de veiller it la salubrite des aliments et de gerer Ie probleme des produits chimiques et des dechets dangereux. Bien que la fourniture de ces services echappe souvent au secteur de la sante, c'est it lui de veiller it ce qu'ils soient foumis.
64.
Les services de prevention et de protection sur Ie lieu de travail sont des volets essentiels de toute approche integree
de l'amelioration de la sante des travailleurs. L'action actuelle de prevention de l'exposi~oI} a certains agents nocifs et de promotion de la securite au travail doit etre elargie pour porter sur toutes les maladies evitables qui touchent les adultes sur Ie lieu de travail.
65.
Les maladies revotant une importance mondiale exigent des efforts planetaires de surveillance et de lutte avec la collaboration de I'OMS et de ses partenaires intemationaux. Pour certaines, l'eradication ou I'elimination mondiale est possible et souhaitable. La decision d'eradiquer ou d'eliminer une maladie demande un consensus et une action au niveau mondial et n'est prise qu'apres exarnen des avantages probables, tant directs qu'indirects. Les pandemies mondiales d'infection due au virus de I'irnmunodeficience humaine (VIH), de paludisme, de tuberculose, de maladies liees au tabagisme et de traumatismes/actes de violence risquent de gagner en importance au cours du prochain quart de sieele. Pour chacune d' elles, les approches mondiales de lutte et, Ie cas ecbeant, de recherche seront renforcees avec l'appui de I'OMS. L'emergence dans tous les pays de maladies infectieuses d'origine alimentaire et hydrique doit retenir I'attention. Pour bon nombre des pays et communautes les plus pauvres, les maladies infectieuses de I'enfance, la mortalite maternelle et la sous-nutrition restent un probleme prioritaire dont la solution exige un appui mondial.
25
Encourager f'utilisation de fa science et de fa technique et f'innovation dans ce domaine 66. Les progres de la science et de la technique ont eu d'importantes retombees sanitaires dans Ie passe et il est probable que les progres scientifiques et technologiques comportent encore plus d'avantages pour tous au XXI' siecle. Des progres rapides dans plusieurs domaines au cours des prochaines decennies devraient pennettre aux pays les plus pauvres de tirer Ie maximum des innovations technologiques et de se prevaloir de l' experience des autres pays. Par exemple, les progres des communications et de I'infonnatique offrent la possibilite aux chercheurs, dans les endroits les plus recules, de participer pleinement et de contribuer aux progres scieutifiques.
67.
Les priorites mondiales de la recherche doivent concemer des domaines oil il faut obtenir des gains substantiels pour la sante dans Ie monde. Elles seront completees par des priorites et des mesures pour la recherche nationale, grace auxquelles les pays reuvreront ill'amelioration de la sante sur leur territoire et dans Ie monde. Les priorites mondiales porteront sur des travaux de recherche susceptibles : • d'informer les decideurs sanitaires et de faire progresser I'equite en sante;
• •
d'evaluer l'efficacite des interventions visant it reduire les inegalites en matiere de sante; de degager les politiques et actions sectorielles, sociales et environnementales specifiques qui favoriseront la sante;
• •
de deboucher sur des systemes de sante durables; d'accelerer Ie reeul des maladies de I'enfance, de la malnutrition, ainsi que de la mortalite maternelle et perinatale;
• •
de faire face en pennanence it l' evolution des menaces microbiennes; de reperer des methodes efficaces de prevention, de promotion et de traitement face aux maladies
transmissibles et aux consequences sanitaires du vieillissement; et • de permettre de juguler les actes de violence et les traumatismes.
68.
Le resseITement des partenariats entre science et technique, entre usagers et innovateurs et entre secteur public et secteur prive accroitra les chances de contribuer, grace aUX decouvertes scientifiques, ill'amelioration de la sante dans Ie monde par la mise au point de technologies et I'application de la recherche. L'eventail des techniques applicables Ii la sante est tres large, depuis celles qui beneficient directement a la sante, comme Ie genie genetique, les techniques biologiques et pharmaceutiques ainsi que les appareils medicaux,jusqu'a celles qui appuient certaines fonctions du systeme de sante, COmme les communications,les techniques d'infonnation, les moyens de protection de I'environnement et les techniques utilisees pour les produits alimentaires.
26 69. Pour evaluer et promouvoir de nouvelles technologies en faveur de 1a sante, on envisagera dans queUe mesure eUes peuvent contribuer it la vie et a la sante, favoriser l'equite, respecter la sphere privee et l'autonomie individuelle, et mettre I'accent sur les determinants de la sante ou au contraire en detoumer I'attention. Parallclement, i1 faut
s'efforcer d'adopter une vision large et Ii long tenne, les avantages et les applications technologiques n'etant pas
toujours immediatement compris, realises
Oll
d'un prix abordable.
Mettre en place des ressources humaines pour la sante 70. Pour que les systemes de sante fonctionnent correctement, iI est indispensable de disposer d'une main-d'ceuvre
qualifiee et motivee. L'appui de ['Etat, de I'OMS et de leurs partenaires des institutions de fonnation doit refleter la necessite de mettre en place globalement des capacites en sante. Les agents de sante du XXI' siecle devront dispenser des services de qualite fondes sur les valeurs qui s'atlachent ilia sante pour tous. Une culture de la sante visant Ii respecter et appuyer Ie droit Ii la sante, ['ethique et la specificite homme/femme, et un effort d' analyse pour la protection et la promotion de la sante publique sont indispensables. Ceci s'appliquera aux agents de sante publique
et aux membres de 1a communaute qui devront de plus en plus assurer des soins communautaires.
a· domicile et des
so ins
71.
En matiere de planification des ressources humaines, il faut completer I'approche actuelle qui consiste
a mettre
I'accent sur Ie personnel medical et infInnier par un ensemble de personnes capables de collaborer et d'ceuvrer dans un cadre pluridisciplinaire. Le probleme des lacunes actuelles dans [' offre de professionnels de la sante publique devrait etre aborde aux niveaux mondial et national par la cooperation technique et la fonnation et I'education internationales. II faut elargir les frontieres des disciplines actuelles concernant Ie developpement, I'environnement, Ie social, la sante pubJique et Ie medical. Face aux nouvelles techniques et aux differents defis demographiques et epidemiologiques, les agents de sante devront constamment se recycler. Pour repondre Ii la demande d'infonnation de la population sur tous les aspects de la sante, it faudra privitegier ['aptitude a la communication et a la promotion de la sante. Les liaisons de telecommunications offrent de nouvelles possibilites de tele-enseignement et d'appui diagnostique adistance dans differents contextes, ce qui pennettra de surmonter les problemes d'eloignement et de developper plus rapidement les ressources humaines dans les pays et communautes pauvres.
72.
Le secteur de la sante devra mettre au point des politiques nationales de personnel de sante capables de contribuer au developpement et au deploiement des ressources humaines. Les politiques nationales devront repondre aux besoins de personnel de sante Ii long tenne, developper la capacite d' orientation institutionnelle et individuelle, renforcer la capacite gestionnaire, et ameliorer la gestion, I'infrastructure et Ie cadre institutionnel. En outre, des politiques mondiales et regionales aborderont les problemes plus larges des ressources humaines comme Ie mouvement transnational des professionnels de sante, I'acces Ii la fonnation et la necessite d'une harmonisation internationale des nonnes en matiere d'education et de services.
27
Veiller a un fin an cemen t adequat 73. Vne intervention et nne reglementation s'imposent pour assurer un niveau de fmancement adequat (public ou prive), favoriser I'endiguement des coOts et la rigueur fmanciere, foumir des Iistes de medicaments et de techniques essentiels, et veilIer a une utilisation equitable des ressources nationales pour repondre aux besoins de sante. Vne
collaboration etroite entre les ministeres de la sante, des fmances et de la planification s'impose pour atteindre ces objectifs. Lorsque la plus grande partie des fonds viennent de l'Etat, I'equite en matiere d'acces, I'efficacite et I' endiguement des coilts sont plus probables.
74.
Les approches necessaires pour garantir des niveaux adequats de fmancement de systemes de sante durables varient selon les pays. Dans beaucoup des pays les plus pauvres, un fmancement compIementaire provenant de sources communautaires et de donateurs intemationaux est indispensable pour appuyer les fonctions essentieUes des systemes de sante, notamment des prestations destinees aux pauvres. Dans les pays it revenu intermectiaire, en veillant it ce qu'une part importante du fmaneement provienne de receltes per~ues
it I'avance, on ameliore les chances d'offrir
des eoilts de la des services de sante equitables et efficaces. Dans les pays it revenu plus eleve oil I'augIlJentation . sante peut ne pas se traduire par des gains de sante, il faut envisager des mesures d'endiguement des coilts. Tous les pays sont encourages it ameliorer leurs capacites analytiques en vue d'une utilisation equitable et efficace des
,
ressources fmancieres.
75.
Dans un systeme equitable de soins de sante, il existe un acc"s universel it un niveau adequat de soins tout au long de I'existence. L'Etat serait capable d'elargir et d'ameliorer progressivement Ie niveau de soins qu'il offre il tous. Les coats lies a un acces aux fonctions essentielles du systeme de sante ainsi que les effets du rationnement seront equitablement repartis dans la population. Des dispositifs fmanciers et des systemes d'assurance peuvent eire utilises pour promouvoir I'equite en faisant en sorte que les malades et les pauvres soient aides par les membres de la societe
en bonne sante et ayant un emploi et pour favoriser I'investissement dans Ies services sanitaires et sociaux pour les generations futures.
28
3. La section ill envisage Ie passage de la theorie
ala pratique, un processus delibere et consenruel qui consiste a traduire
Ie.! ideaux politiques en des realisalions concretes dans les pays. L 'elaboration politique passe d'une appreciation de la situation (section I)
a la mise au point d'options (section 11), a des decisions et a des mesures pour debaucher sur une
evaluarion. Pour que Ie processus donne des risullats sarisfaisan/s, ilfaul une gouvernance de qualile, un dispositifpour
fixer les prioritis el une action orientee par des db/es.
Renjorcer La capacite politique pour La sante 76. Pour etre concretisees avec succes, les politiques de la sante pour tous doivent repondre aux besoins vitaux et sanitaires des gens et aux interots des communautes. Ce passage de la theorie
ala pratique doit etre envisage dans . "
Ie contexte de la situation economique et sociale d'nn pays ou d'nne localite dans son ensemble; ces decisions ne sont pas faciles aprendre, compte lenu des pressions et des incertitudes mUltiples qui caracterisent nn environnement politique complexe.
77.
Les gouvemements doivent avoir une capacite politique importante pour aborder les principaux problemes auxquels ils sont confrontes. II faut se preoccuper davantage de I'analyse politique, notamment en ce qui toucbe I'action intersectorielIe, afm d'aligner les politiques sur Ies besoins concemant Ia sante. Il faut se preoccuper des consequences a long tenne des decisions afm d'atteindre des resultats durables.
Ulle action jondee sur une gouvernance de qualite 78. La sante pour tous depend de Ia volonte et de I'action de differents secteurs et partenaires
a tous Ies niveaux. La
gouvemance est Ie systeme par Iequel la societe organise et gere Ies affaires de ces secteurs et partenaires afm d'aneindre Ies buts de Ia population. Seule la collaboration des nombreux interets et secteurs qui influencent Ia sante permet de tenir la prom esse inherente aient arendre des comptes.
a la vision de 1. sante pour tous. La participation de la societe civile, et
notamment des organisations non gouvemementales, fait qu'i! est plus probable que tous Ies responsables de Ia sante
79.
Les caracteristiques fondamentales d'une gouvemance de qu.lite pour 1. sante - it tous les niveaux - sont Ia transparence, Ia responsabilite et les incitations propres it promouvoir la particip.tion. Une gouvemance de qualite irnplique que les criteres utilises pour la prise de decision, de Ia ftxation des priorites aI'alIocation des ressources, soient publics. Les resultats de Ia surveillance et de I'evalu.tion de la mise en ",uvre sont largement diffuses. Dans Je cadre d'un tel systeme, Ie role et les respons.bilites de chacnn sont reconnus.
29 80. Les aUloriles sont tenues de veiller a ee qu'il soit tenu compte de la sante dans I'elaboration de tous les aspects de la politique nationale;
acet egard, Ie secteur de la sante a un rOle moteur ajouer. La prise de decision decentralisee
pour la sante, dans un cadre de developpement elargi au I'on encourage la foumiture de services sur la base de partenariats, contribuera aune prise en compte des besoins locaux. La planification locale fondee sur la participation, la pleine utilisation des eapacites et des ressourees locales et une collaboration plus effieaee visant arapprocher de la population les services environnementaux, sociaux et economiques perme!tront de les utiliser davantage et de renforcer I'engagement communautaire en faveur de ees principes. La gouvemance locale des systemes de sante appuyee par une action nationale, regionale et mondiale favorisera des modes de vie sains et de bonnes conditions de travail ainsi que l'acces aux soins de sante tout au long de l'existence.
81.
Une base elargie pour les relations internationales suppose que la politique intemationale et etrangere mette davantage I'accent sur la securite intemationale en matiere de sante et sa contribution
a une paix durable. Cette
politique doit reconnaitre les menaces pour la securite de I'homme et y faire face. II s'agit notamment des consequences sanitaires du non-respect des droits de I'homme, des menaces transnationales de maladies, des echanges comrnerciaux de produits domrnageables pour la sante, de la degradation de I'environnement, des iniquites au niveau mondial, des migrations et de I'accroissement demographique. Les pays doivent collaborer pour me!tre au point des strategies assurant une securite mutuelle entre les hommes.
82.
La formation d'alliances regionales, economiques, politiques et de developpement et la mise sur pied de nouveaux
organes bilateraux et multilateraux doivent etre entreprises afin d'offrir de nouvelles possibiIites de gouvemance regionale pour la sante. La gouvemance
a I'interieur des pays qui sont parvenus a des niveaux
similaires de
developpement economique permet une approche commune fondee sur des niveaux similaires de ressources et de risques pour la sante. II sera important de veiller a ce que Ies poIitiques et les actions se situent au niveau ou ils auront un maximum d'impact sanitaire.
Principes operationnels d'application 83. Sur la base des orientations politiques de la sante pour tous, quatre principes operationneis guident I'application de Ia politique de la sante pour tous. II s'agit : • de privilegier 1a promotion de 1a sante et la prevention de la maladie en intervenant sur les determinants de la sante; • • • de poursuivre une approche du developpement de la sante fondee sur I'homme;
de veiller a ce que les strategies soient durables; et de me!tre au point des politiques et des interventions sur la base des meilleures donnees scientifiques disponibles.
30 84. Pour agir sur les determinants de la sante, it faut admettre qu'an parvient
a la
sante dans Ie contexte du
deveioppement humain et social et que la sante est ronction du contexte social, materiel, economique et culture I des communautes au I'on vit et ou I'on grandit. La sante est a la fois une ressource pour Ie deveioppement et un but de deyeloppement dans un cycle de renforcement mutuel. 11 est done possible d'adopterune politique de developpement fayorable
ala sante dans laquelle la programmation de tous les secteurs est entreprise de fa,on atirer Ie maximum
pour ameliorer la sante directement ou indirectement. Promouvoir la creation d'un milieu favorable a la sante est J'une des strategies les plus importantes pour preyenir la maladie et I'incapacite.
85.
Une approche fondee sur I'homme priyilegie la sante et reconnait que, sans elle, J'individu, la famille, la
communaute et la nation ne sauraient atteindre leurs objectifs economiques et sociaux. Dans Ie cadre de cette approche, la sante est resolument placee au centre du programme de deyeloppement pour que Ie progres economique et technologique soit compatible avec la protection et la promotion de la qualite de la vie pour tous.
86.
Maintenir dans Ie temps les systemes de sante com porte une dimension sociale, politique, fmanciere, technique et gestionnaire. La dimension sociale doit retenir explicitement I'attention; on y parviendra e~ integrant la sante dans
la vie comrnunautaire de chaque jour, en developpant I'appui de la communaute, en encourageant Ie plus possible la participation des gens it la promotion et it la protection de leur sante et celie de leur famille et de leur communaute,
et en veillant ace que les plus pauvres aient acces aux services de sante. C' est en veillant au fmancement durable des systemes de sante et en ayant Ie souci constant de l'acces aux soins et de leur qualite que Ie gouvernement manifestera sa responsabilite et son appui politique incontestable en matiere de sante. La mise en reuvre de bonnes pratiques gestionnaires et la perennite tec!mjque supposent une action globale et pennanente de developpement des ressources humaines.
87.
Une approche fondee sur des donnees scientifiques exige que les valeurs et les hypotheses appliquees soient explicitees, car I'elaboration des politiques necessite des choix fondes sur des valeurs. Les donnees
a I'appui des
politiques de la sante doivent reposer sur une base de recherche sanitaire solide, sur une recherche epidemiologique et sur des infonnations connexes concernant les preferences du public et les ressources disponibles. Ces elements it leur tour necessitent lID renforcement de l'infrastructure scientifique et technologique (renforcement des capacites, notaInment dans les pays en developpement), la promotion de la recherche sur les politiques et les systemes de sante, et une innovation methodologique pour l'evaluation, les techniques analytiques et les modeles d'aifectation des res sources. En utilisant les meilleures dOlmeeS scientifiques, il faudra respecter les valeurs ethiques.
31
Fixer les priorites pour ['action sanitaire nationale 88. Si les strategies disponibles pour armiliorer la sante sont multiples, les ressources - elies - sont plus limitees. II faut
done que les gouvemements fixent des limites a leur action et des priorites it l' interieur de ces limites. La fIXation des priorites exige uno approche ouverte et des consultations avec des partenaires c1es pour la sante. Le dialogue et i' echange de vues entre ces groupes deboucheront sur une conception commune des principaux problemes et des options d' intervention. Les priorites doivent eire periodiquement reexaminees. Le r61e des gouvemements est important pour faciliter ce processus. Une politique bien defmie et une capacite analytique solide s'imposent pour
que les besoins nationaux saient prioritaires lors des negociations avec les donateurs intemationaux.
89.
La situation sanitaire et les besoins des populations doiveDt etre pris en consideration lorsqu'on fixe les prioriU\s. Les mesures epidemiologiques du poids de la maladie ou de la souffrance, I'eflicacite des interventions (ainsi que leur rapport de coilt/efficacire), les tendances probables en cas de non-intervention, la capacite du secteur de la sante d' intervenir au de plaider pour une action intersectorielie, et les contributions sectorielies speciflques aux problemes de sante defmissent ensemble I'importance du probleme. Les priorites d'action dans une population determinee sont deflnies par i'impact du probleme, i'elfet des interventions pour la reduction des iniquites et I'amelioration de la sante, l'appui public, et la faisabilite fmanciere et institutionnelle. Les priorites doivent etre flXeeS de transparente dans Ie cadre des principes et approches generaux de la politique mondiale. f~n
EtabUr des cibles 90. Une premiere serie de cibles guide i'application de la politique de sante pour tous et defmil les priorites d'action pour les deux premieres decennies du sieele prochain. Les cibles doivent eire mesurables, examinees periodiquement et
it faul disposer des ressources necessaires pour les atteindre. Des cibles regionales, nationales el locales doivent etre etablies dans Ie cadre de la politique et des dbles mondiales en refletant la diversite des besoins el les priorites.
91.
Les cmles mondiales scront elaborees avec des indicateurs des progres specifiques. Elles refietent la continuite avec les precedentes cibles de la sante pour tous el celles adoptees recemment par les conferences des Nations Unies. II convient egalemenl de mentionner les cibles mondiales de developpement appuyees par les Etats Membres qui ne font pas partie des cibles sanitaires mondiales, mais n'en sont pas moins considerees comme essentielles pour atteindre un niveau satisfaisant de sante pour tous. II s'agit nOlamment des cibles en maliere de scolarisation, d'alphabc!tisatioD des adultes, de reduction de la pauvrete, d'egalite entre les sexes el d'utilisation durable de I' environnement.
32
33
Action mondiale a l'appui de la sante nationale 92. Une action regionaie, nationale all locale ne saurait isolement garantir Ie niveau universelle plus eleve de sante, ni reduire les inegalites en matiere de sante. II faut aussi une action mondiale et une cooperation entre les pays. Les
criteres ci-apres seront utilises pour choisir des priorites d'action sanitaire mondiale : • problemes de sante mondiaux evitables;
• accroissement des probIemes de sante, notamment dans les pays et les communautes les plus pauvres; • maladies et problemes de sante qui depassent Ie cadre des frontieres nationales; • maladies et problemes mondiaux pour lesquels il existe des solutions sanitaires, sectorielles ou intersectorielles
qui necessitent des approcbes transnationales; • pays dans lesquels I'application des fonctions de sante publique est entravee par des catastrophes naturelles ou dues it I'homme (notamment des situations de con flit) ou dans lesquels la capacitc! d'action institutionnelle et humaine reste faible.
93.
L'action mondiale de sante publique doit etre universellementutile, constituerun apportpositifmondial pour la sante publique, I'avantage pour chaque pays etant parfois faible, mais I'avantage pour tous important. Une telle action mondiale de sante publique comprend la surveillance active, I'appui de la recherche visant surtout It resoudre les
problemes de la pauvrete et l' elaboration de fegles et de nonnes mondiales, scientifiques et ethiques. Elle couvre les efforts de prevention, de lutte, d'eradication ou d'elimination concernant differentes maladies ou leurs facteurs de risque. En outre, la Iiberalisation des echanges commerciaux suppose une meilleure compatibilite des objectifs politiques entre les organisations intergouvernementales internationales et les multinationales interessees par Ie
commerce et la sante.
Partenariats pour la sante 94. Le pluralisme croissant affectant la gouvemance du secteur sanitaire est evident. Des partenariats s'imposent entre les multiples niveaux et sectews concemes par la sante et constitueront une composante prioritaire de I'application de la sante pour tous. Les partenaires etablissent une position commune qui utilise les differents talents, ideologies et cultures pour degager I'energie et la creativite dont chacun profite. Le partenariat suppose que I'on defmisse les roles, que I'on rende visiblement des comptes et que I'impact des mesures de partenariat soit evalue de fa,on critique.
34 95. Les autorites nationales peuvent faciliter l'action concertee pour la sante en creant un environnement propre a
stimuler et faciliter les partenariats pour la sante. II faut des partenariats bien organises, mais aussi des reseaux informels a base communautaire dans differents cadres. Ces partenariats peuvent se prcvaloir de l'energie et de la vitalite de la societe civile pour creer un environnement favorable a la sante. Les reseaux infonnels sont importants, mais sauvent absents dans les zones sujettes it une urbanisation rapide au aux migrations dans Ies communautf!s de
refugies et apres un confli!. La'mise en place (ou Ie retablissement) d'associations culturelles, sportives, religieuses et feminines par un systeme de gouvemance locale peut contribuer it renforcer Ia cohesion sociale et un
environnement social favorable
ala sante.
Evaluation et surveillance 96, L' evaluation est un instrument de gestion crucial qui offre un moyen de comparer Ies resultats des programmes aux objeclifs fixes; elle constitue aussi Ie poinl de depan de poliliques el de programmes nouveaux, II esl indispensable de rattacher l'evaluation it I'analyse el aux recommandalions poliliques, L'evalualion doiljouer un rble cle dans un , f
processus politique renforce et conslituer Ie crilere deflllilif du bien-fonde des politiques. Le processus d' evaluation doit eire incorpore it la fixalion des priorites
acourt, it moyen el it long lerme.
97,
Les cibles nalionales et locales fondees sur Ia politique de sanle pour taus doivent refleter Ies situalions et Ies priorites des pays. Les systemes d'evaluation el de surveillance detennineronl si Ies objectifs sont atteints ou en quai des mesures s'imposent, ainsi que Ie niveau de leur impacI, et ils contribueront it I'elaboration des approches nouvelles les plus utiles utilisant des ressources exterieures. II s'agira de faumir l'infonnation necessaire pour evaluer I'impact politique it taus les niveaux. On evaluera tout specialement dans queUe mesure les valeurs de la
sante pour taus ont ete incorporees
ataus les niveaux des strategies ainsi que l'impact qui en nSsulte.
35
.}?(:.::
.': "::: . ' ":-:':\t1:f':!\::::::::::
··~e:sieGIB La section IV decrit Ie role de I'OMS et du secteur de la sante dans I 'orientation des partenaires multiples qui se sont engages a atteindre la sante pour tous.
98.
L'OMS - c'es!-ii-dire ses Etats Membres, Ie Secretariat et les organes directeurs - a pour mandat et pour responsabilite de guider les autres partenaires concernes par la gouvemance mondiale de la sante vers I'instauration de la sante pour tous. En tant que conscience sanitaire du monde, l'OMS devra plaider la cause de la sante au niveau mondial et de requite en sante entre les pays et aI'interieur des pays, et recenser les politiques et pratiques utiles et nuisibles pour la sante.
99.
Le renforcement de l'interdependance mondiale fait qu'il est plus que jarnais necessake de defmir au niveau planetaire des normes et des engagements ethiques et scientifiques, dont certains auront force de loi. L'OMS se preoccupera particulierement de I'elaboration de normes de resultats pour les fonctions essentielles de la sante publique. L'OMS, en collaboration avec les partenaires concemes, mettra au point des instruments intemationaux propres a faire progresser la sante dans Ie monde et elle en surveillera l'application. Une gouvemance mondiale solide facilitera l'application complete des conventions intemationales et accords juridiquement contraignants, dont la Declaration universelle des droits de l'homme (1948), Ie Pacte international relatifaux droits economiques, sociaux et culturels (1966), la Convention relative aux droits de I'enfant (1989) et la Declaration et Ie programme d'action de Vienne adoptes par Ie groupe de travail sur les droits de I'homme (1993). La sante est un point de repere pour ]a surveillance de la mise en reuvre de bon nombre de ces conventions. De plus, les buts sanitaires defmis lars des conferences des Nations Unies tenues dans les annees 90 seront integres aux strategies qui seront elaborees pour mettre en ceuvre la politique de la sante pour tous.
100.
36 101. La surveiJ1ance active, l'evaluation et I'anticipation des politiques et mesures ayant un impact mondial sur la sante
constituent Ie point de depart d'une action mondiale en faveur de la sanre. Le role de l'OMS sera de veiller it ce que les systemes mondiaux d'alerte precoce et de surveillance renseignent it temps sur les menaces transfrontieres pour
la sante. Les systemes actuels d'alerte precoce face au risque de maladies emergentes ou de famine devront porter sur d'autres dangers pour la sante, comme Ie commerce, legal Oll
non, de produits nocifs pour la sante. En outre,
l'OMS sera particulierement vigilante en ce qui conceme l'instauration de l'equite en sante, Ies premiers signes de nouvelles menaces pour la sante et I'application des instruments intemationaux propres apromouvoir la sante au prevenir la maladie. Des systemes reliant les niveaux local, nationa~ regional et mondial ainsi que les organisations concemees permettront d'amplifier rapidement it I'ochelle de la planete les informations provenant du terrain sur
les menaces pour Ia sante ou les droits de I'hamme, ce qui permettra une action concertee.
102.
L'OMS, en collaboration otroite avec les milieux scientifiques et universitaires intemationaux, favorisera un environnement oil la recherche sanitaire fondamentale et appliquee puisse s' epanouir et encouragera des recherches
scientifiques correspondant aux valeurs et aux besoins de tollS. L'OMS fera appel aux techniques de conununication pour integrer des chercheurs qui, faute de ressources, ont ete isoles des initiatives mondiales. La mise en place d'un
reseau veritablement mondial de centres d'excellence pennettra aux chercheurs locaux de contribuer aun savoir mondialement partage et distribue, et d'en beneficier. L'OMS s'est engagee it aider les pays it developper leurs capacites nationales de recherche et a partager leurs moyens.
103.
L'OMS encouragera I'utilisation des techniques existantes et la mise au point de techniques nouvelles dans divers
pays et contextes en diffusant aussi largement que possible les connaissances, en aidant a mieux prevoir les impacts technologiques, en investissant dans I' education et les ressources humaines, en forgeant des partenariats avec Ie secteur prive et entre les pays, en ceuvrant al'elaboration de politiques qui rendent les techniques moins couteuses, et en etablissant une liste de techniques essentielles pour la sante.
104.
La cooperation technique entre l'OMS et les pays sera integree it d'autres actions intemationales pour renforcer les
resultats et la perennite des systemes de sanre. L'OMS conseillera aux pays et aux agences de developpement d'investir la ou les maladies evitables continuent de frapper durement les groupes favorises. Elle aidera et encouragera les gouvemements a renforcer leur role dans I'elaboration des politiques, leurs capacites de gestion et l'exercice de leurs responsabilites. Ce faisant, I'OMS aidera les pays II conduire leur developpement sanitaire. On mettra l'ac<:ent sur la necessite d'une capacite importante - institutionnelle et humaine - pour appuyer les interventions en faveur de la sante. L'OMS ceuvrera en faveur de la mobilisation de ressources fmancieres pour ripondre aux besoins sanitaires des programmes et des pays grace it une alliance mondiale plus forte. La priorite ira
aux pays et communautes les plus pauvres ainsi qu'aux pays n'ayant que peu de capacites institutionnelles en sante.
37 105. Au fur et it mesure que s'implanteront des systemes de sante durables, l'action de I'OMS face aux situations d'urgence en sante publique sera essentiellement d'ordre preventif et normatif - ce qui reviendra
aprivilegier la
preparation, la prevention, la reconstruction et I'aide humanitaire, toutes les interventions etant menees en etroite collaboration avec Ies organismes internationaux, nationaux et locaux, LOTS
des operations de reconstruction faisant
suite it des situations d'urgence, I'OMS aidera les gouvemements iI remettre sur pied leurs systemes de sante.
106.
L'OMS conduira les efforts visant it eradiquer, eliminer ou combattre des maladies d'irnportance mondiale.
107.
L'OMS dirigera Ie renforcement du reseau mondial d'organisations et d'institutions qui ",uvrent en faveur de I'amelioration de la sante. Elle veillera iI I'harmonisation des politiques des institutions internationales et intergouvemementales dont l'action influence la sante et aune meilleure integration du developpement des capacites, de I'elaboration des politiques et de la mobilisation des ressources pour la sante dans les pays. Grace
a une telle
alliance, on pourra defmir un cadre mondial de I'action multisectorielle pour encourager les politiques et programmes economiques, commerciaux et sociaux capables de renforcer les valeurs de la sante pour tous.
Le nil"
•
38
Atteindre La sante pour tous 108. II faut du courage pour surmonter les nombreux obstacles
a l'instauration de la sante. Les autorites sanitaires ant
besoin de competences et d'un appui pour appliquer des strategies qui amelioreront la qualite de la vie et la sante. Pour mesurer les progres accomplis en vue d'atteindre les buts de la sante pour tous, on evaluera dans quelle mesure
les principaJes orientations, politiques et actions defmies ci~dessus auront tte mises en ceuvre. En particulier, il faut que les politiques sanitaires soient fondees sur les valeurs de la sante pour tous, que des mesures soient prises pour lutter contre la pauvrete, que la sante soit incorporee dans les plans el les actions en faveur d'un developpement durable, que I'on s'attache apromouvoir la sante dans tous les cadres et secteurs, et que les systemes de sante soient durables.
109.
La responsabilite pour la sante pour tous au XXI' sieele est largement partagee. L'OMS, au niveau international, et Ie secteur de la sante, aw< niveaux national et local, doivent veiller ace que tous les partenaires pour la sante soient en mesure d'assumer leur role et leurs responsabilit';s en faveur de l'application de la politique de la sante pour tous. Leurs aClions conjuguees contribueront II construire un monde ou les droits de l'homme sonl respectes, oil I'equite -. I
en matiere de sante est atteinte el oil chacun est en mesure de jouir du niveau Ie plus eleve de sante possible. Un engagement
a tous
les niveaux est indispensable pour transformer la vision de la sante pour tous en une realite
pratique et durable de sante publique.