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Essais sur le terrain de nouvelles formulations d'insecticides, OMS-187, OMS-786 et OMS-971, contre les larves de simulies

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Notes Essais sur le terrain de nouvelles formulations d'insecticides, OMS-187, OMS-786 et OMS-971, contre les larves de simulies par G. QUtLENNEC 1 Dans le cadre du programme de recherche de l'Organisation mondiale de la Sant6 sur les nouveaux larvicides utilisables contre les simulies et suscep- tibles de remplacer le DDT, nous avons essay6, sur le terrain, l'efficacite et la port6e de trois formula- tions d'insecticides dans la riviere Bougouri Ba en Haute-Volta. Materiel et me'thodes Le tron9on de cours d'eau choisi pour cette expe- rimentation presentait les avantages suivants: - facilite d'acces et donc de verification des resultats; - abondance des gites dont plusieurs a Simulium damnosum; - debit relativement faible A l'epoque des essais; - cours entrecoupe de bassins d'eau calme, souvent responsables de la perte en produit actif et par consequent selectionnant les formulations ayant les meilleures port6es. Les composes eprouves ont ete dans 1'ordre: la dimethrine, I'Abate et le Dursban. Un 6pandage de DDT emulsifiable a ete realise en fin d'operation, dans le but de comparer son activite avec celle des larvicides nouveaux. La technique d'epandage etait celle qui est habi- tuellement employee en campagne dans cette partie de l'Afrique pour le traitement des petites rivieres, c'est-A-dire: d6versement d'une dilution aqueuse du produit, pendant 30 minutes, A partir d'un ffit, perce de trous calibres, dispose' sur un support 6mergeant de l'eau. Dans notre cas particulier, nous avions place le ffLit sur un radeau qui etait alternativement tir6 d'un cote' et de l'autre de la rivi6re de maniere A repartir l'insecticide le plus uniform6ment pos- sible. LEntomologiste, Mission de l'Office de la Recherche scientifique et technique Outre-Mer (ORSTOM) auprts de l'Organisation de Coordination et de Cooperation pour la Lutte contre les Grandes Endemies (OCCGE), Centre Muraz, Bobo-Dioulasso, Haute-Volta. Re'sultats Le tableau 1 resume les resultats obtenus avec les trois larvicides. Dimethrine (OMS-187). Ce pyrethrinoide, produit par MacLaughlin-Gormley-King Inc., avait montre une grande aptitude A provoquer le detachement des larves de simulies (Jamnback & Frempong Boadu, 1966). Il se pr6sentait ici sous forme de poudre mouillable a 25% de produit actif. La dimethrine a ete deversee dans la riviere A la dose de 0,33 partie par million pendant 30 minutes. Le debit de la Bougouri Ba etait i cette epoque de 5,6 m3/s. Deux heures apres la fin du traitement, toutes les larves se developpant 'a 30 m et 150 m du point d'epandage avaient disparu, mais 24 heures apres, il restait encore des larves 'a 500 m en aval de ce point. La densite de la population larvaire indiquait que ce gite n'avait pas ete atteint par la poudre mouillable. Abate (OMS-786). L'Abate, essaye au laboratoire et sur le terrain par Jamnback & Frempong Boadu (1966) sous diverses formulations, puis en poudre mouillable par Travis & Guttman (1966) et par Travis & Schuchman (1968) et de nouveau sur le terrain par Quelennec 2 sous forme de solution huileuse, se presentait ici comme un concentre pour emulsion 'a 20% de produit actif (Abate 200, produit par American Cyanamid Company). Nous l'avons utilise a la concentration de 0,54 par- tie par million pendant une demi-heure, le debit de la riviere etant de 3,6 m3/s. Une heure apres l'epandage, le larvicide avait detruit les gites situes iL 30 m et 100 m du point de depart. Nous n'y avons trouve que des nymphes et quelques larves mortes. Deux heures apr6s, les larves fixees 'a 500 m en aval avaient disparu et trois 2 Qu6lennec, G. (1967) Essai d'activite d'une solution d'Abate contre les larves de simulies africaines dans la riviere Yanaon en Haute- Volta. Document non publi6 WHO/Oncho. 67/59. 2560A -313- NOTES TABLEAU I PORTE ET ;EFFICACITE DE LA DIMETHRINE, DE L'ABATE ET DU DURSBAN Concentra- D6bitdeIa tion Effica- Port6ea Insecticide Formulation rivibre (partie par ct6 ( WM's million/ 30 min) Dim6thrine Poudre mouillable A 25 % 5,6 0,33 + 0,150 Abate Concentr4 pour 6mulsion & 20 % 3,6 0,54 + 32 Dursban Concentr6 pour 6mulsion A 40,8 % 2,4 0,005 + 0 2,4 0,01 + 0 1,5 0,03 + 7,5 a Distance sur laquelle le larvicide d6truit 100 % des larves. heures et demie plus tard le gite reper6 a 2 km etait detruit a son tour. Dans les jours qui suivirent, nous avons constate l'elimination des gites existants a 7,5, 11,5, 14, 18, 22 et 32 km. Les larves presentaient d'abord une certaine agitation puis, dans leurs mouvements convulsifs, l'abdomen se detachait. Apres de vains efforts pour retablir leur abdomen, elles etaient arrachees de leur support, mais continuaient a lutter pendant plu- sieurs minutes retenues par quelques centimetres de fil de soie. Le fil s'allongeait alors brusquement et les larves disparaissaient dans le courant. Dans l'un des gites, apres l'elimination de toutes les larves, nous avons pr6leve 32 nymphes qui ont ete aussitot placees en atmosphere saturee d'humi- dite. Vingt-cinq d'entre elles ont donne des adultes. L'action de l'Abate sur le stade nymphal est donc tres faible, sinon nulle. Aucun poisson mort n'a ete trouv6 sur tout le parcours du larvicide. Quelques larves d'ephemeres ont ete observees parfaitement vivantes apres le passage de la vague insecticide i 100 m du point d'epandage. Dursban (OMS-971). Au cours des essais realises au laboratoire par Jamnback & Frempong Boadu (1966), le Dursban en solution dans l'acetone applique pendant 5 minutes provoquait a 4 parties par million le detachement de toutes les larves tes- tees, tandis qu'a 0,4 partie par million son activite etait assez mediocre. Cependant le concentr6 pour emulsion employ6 a 0,5 partie par million pendant 15 minutes donnait une mortalite de 100% dans une autre serie d'experience (Travis & Schuchman, 1968). Nous l'avons employe sur le terrain sous forme de concentr6 pour 6mulsion a 40,8% de produit actif (Dursban M 3019, produit par Dow Chemical Company). Repandu toujours selon la meme tech- nique a la dose de 0,005 partie par million, puis de 0,01 partie par million pendant 30 minutes pour un debit de 2,4 m5/s, ce larvicide n'a montr6 qu'une activite partielle sur les gites larvaires. En effet, nous avons constat6 la disparition de la plus grande partie des larves, mais il restait partout quelques survivantes dont certaines appartenaient aux premiers stades de d6veloppement. Une heure apres le passage de la vague insecticide au niveau du premier gite, les larves presentaient des attitudes tout i fait normales et ne montraient aucune agitation. Ceci nous fit croire un moment A une totale inactivite du produit. L'intoxication des larves de simulies par le Dursban est donc lente, le detachement ne se produisant que bien apres l'absorption du toxique. Ces premiers resultats indiquaient que la destruc- tion des gites larvaires, dans les conditions afri- caines, necessitait des concentrations plus elev6es en Dursban. Aussi un troisieme essai fut-il effectue A la concentration de 0,03 partie par million qui, malgre la toxicite du produit, nous assurait une marge convenable de securite. Le debit de la Bougouri Ba etait alors de 1,5 m3/s. A cette concentration, appliquee pendant 30 mi- nutes, cet organo-phosphore detruit toutes les larves de simulies sur 7,5 km. Les gites situes & 12,5 km et i 14 km n'etaient que partiellement touch6s. 314 ESSAIS DE LARVICIDES CONTRE SIMULIUM DAMNOSUM Le long du trajet oii le Dursban a montre une activit6 totale sur les simulies, nous avons recueilli des larves d'6ph6m&res et de chironomides vivantes. Aucun poisson mort n'a ete trouve sur ce parcours. Cette derniere observation est en accord avec les conclusions de Ferguson et al. (1966) pour qui les doses actives sur les arthropodes sont sans effet sur les poissons ayant fait l'objet de leur experimenta- tion. Activite comparee des formulations d'Abate, de Dursban et du DDT Afin de pouvoir mieux nous rendre compte de la valeur reelle de l'Abate et du Dursban, nous les avons compares (tableau 2) au DDT emulsifiable qui, jusqu'A present, reste le seul produit utilise dans les campagnes larvicides en Afrique de l'Ouest. TABLEAU 2 COMPARAISON, SUR LE MEME PARCOURS DE RIVItRE, DE L'ACTIVITt DE L'ABATE ET DU DURSBAN AVEC CELLE DU DDT, DANS DES CONDITIONS VOISINES DE DtBIT Concentra- Debit de la tion Effica- Port6e aInsecticide rivi(re (partie par cte (kin)(M3/S) million/! id (m30 min) Dursban 1,5 0,03 + 7,5 DDT 1,5 1,0 + 7,5 Abate 0,95 0,54 + 6 b a Distance sur laquelle le larvicide detruit 100% des larves b Activite partielle sur les 150 premiers metres du parcours Un epandage de DDT a 1 partie par million pendant 30 minutes fut donc realise imme'diatement apr6s que les effets du Dursban a 0,03 partie par million aient ete constates. Le debit de la Bougouri Ba n'avait pas vari6 et etait encore de 1,5 m3/s. Le but de cette operation etait de determiner si, dans les memes conditions, le DDT etait capable de d6truire les larves epargnees par le Dursban a 12,5 km et 14 km du point d'epandage. Les contr6les effectues dans ces gites montrerent que le passage du DDT se traduisait par une nou- velle diminution du nombre des larves, mais que certaines survivaient a ce traitement. Un 6pandage superpose d'Abate 200 ne put avoir lieu car les individus ayant surv6cu aux essais pr6c6dents 6taient trop peu nombreux pour per- mettre une interpretation correcte des observations. L'operation fut donc differee du temps necessaire a la reconstitution des gites larvaires. Lorsque l'essai put etre entrepris, le d6bit de la Bougouri Ba n'6tait plus que de 0,95 ms/s et sa vitesse moyenne avait considerablement diminu6. Au niveau du point d'epandage, le cours de la rivire 6tait maintenant tres lent. Dans ces conditions, l'Abate 200 n'a montre qu'une activite partielle sur les deux premiers gites situes A 30 et 150 m. Ceci est & rapprocher d'une observation identique de Jamnback & Frem- pong Boadu qui attribuent cette defaillance du produit, dans les premiers metres de son parcours, au faible courant et 'a l'absence de turbulence de l'eau. Le rapide situ6 a 150 m ayant ensuite melang6 l'insecticide it l'eau, l'action de l'Abate 200 a et totale sur 6 km. Le gite existant a 12,5 km, qui avait ete epargne en partie par le Dursban et par le DDT, l'etait 'a nouveau par l'Abate. Discussion Au cours de ces essais, nous avons eprouve sur le terrain trois formulations de larvicides dans le but de selectionner des composes capables de remplacer le DDT dans la lutte contre S. damnosum, vecteur de l'onchocercose humaine en Afrique de l'Ouest. En l'absence de moyens permettant d'atteindre le parasite par une therapeutique de masse, il est necessaire d'obtenir a l'aide des insecticides une elimination totale ou presque totale du vecteur pour juguler la maladie. C'est pourquoi nous ne pouvons retenir comme portee des larvicides que la distance sur laquelle ceux-ci provoquent 100% de mortalite parmi les larves. Cette portee qui varie avec la for- mulation consideree, mais aussi avec le debit du cours d'eau, doit etre suffisamment importante pour ne pas necessiter une multiplication des points d'epandage. La dimethrine a montre une activite certaine sur les larves de simulies, mais ne peut etre retenue pour la lutte contre l'onchocercose du fait de la dispari- tion de son activite apres un faible parcours, 150 m seulement. L'Abate 200, par contre, apparait comme une formulation extremement interessante en raison de son efficacite, de sa portee et de son innocuite vis-Ia-vis des autres organismes aquatiques. Ce der- nier caractere avait deja ete note par Mulla (1966). II faut remarquer que l'Abate 200 possede une portee de 32 km pour un debit de 3,6 ms/s, alors que pour 0,95 m3/s, elle n'est plus que 7,5 km. Ceci est un phenomene generalement observe avec les larvi- cides, mais dans le cas particulier de l'Abate, la 315 316 NOTES diminution de portee n'enleve rien aux qualites de ce produit. Sa portee reste en effet au moins 6gale a celle du DDT. Les utilisateurs de ce larvicide devront cependant prendre les mesures necessaires pour que I'absence d'activite constatee en debut de parcours, au moment des basses eaux, ne laisse pas survivre quelques larves dans la zone traitee. Le Dursban est lui aussi un larvicide presentant des qualites qui lui permettraient d'etre utilise dans la lutte contre l'onchocercose, ses performances etant au moins egales a celles du DDT, pour des concentrations beaucoup plus faibles. Cependant, sa toxicite obligerait les manipulateurs 'a s'entourer d'un certain nombre de precautions et 'a calculer les quantites d'insecticide necessaires avec une rigueur difficilement compatible avec une utilisation en campagne. Conclusion Les essais de portee et d'efficacite que nous avons entrepris sur le terrain avec la poudre mouillable de dimethrine et les concentres pour emulsion d'Abate et de Dursban ont montre que ces trois larvicides sont actifs sur les simulies dans les conditions africaines. Cependant le premier d'entre eux ne semble pas utilisable contre les larves de simulies dans la pr6sen- tation que nous avons exp6riment6e. Sa formulation devrait etre enti6rement modifi6e. Les deux autres, en revanche, poss&dent des qua- lites voisines de celles du DDT emulsifiable. Le Dursban serait toutefois d'un emploi d6licat en raison de sa toxicite, aussi proposons-nous de le garder momentan6ment en reserve. L'Abate 200 meriterait d'etre experiment6 sur une plus grande echelle, car il apparait, i notre stade d'evaluation, comme un insecticide susceptible de remplacer le DDT dans les campagnes de lutte contre l'onchocercose humaine. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES Ferguson, D. E., Gardner, D. T. & Lindley, A. L. (1966) Mosquito News, 26, 80-82 Jamnback, H. & Frempong Boadu, J. (1966) Bull. Org. mond. Sante, 34, 405-421 Mulla, M. S. (1966) Mosquito News, 26, 87-91 Travis, B. V. & Guttman, D. (1966) Mosquito News, 26, 157-160 Travis, B. V. & Schuchman, S. M. (1968) J. econ. Ent., 61, 843-845 Evidence of Reduced Susceptibility to DDT in Controlling Simulium damnosum (Diptera: Simuliidae) on the River Niger by J. F. WALSH 1 Since 1961 an attempt has been made to control Simulium damnosum in an area of northern Nigeria centred on the Kainji Dam site. Throughout, opera- tions have been restricted to larviciding with a 25% emulsifiable concentrate of DDT (Shell Arkotine D.25). During field trials carried out in 1961 the insecti- cide of choice was found to be extremely effective. Most rivers were treated at rates of the order of 0.1 ppm-1.0 ppm based on the standard 30-minute period of application. These treatments were highly successful over a wide range of conditions. How- ever, the River Niger itself, discharging at up to 1 Formerly Senior Entomologist i/c Vector-Borne Diseases Control Unit, Joint Consultant Engineers, Niger Dams Project, Kainji, Nigeria. 220 000 ft3/s (6229 m3/s), was very costly to treat and the use of larvicide had to be as economical as possible. It was found that under suitable conditions of flow, treatments at the rate of 0.033 ppm were fully effective in the early years. Standardized searches for larvae were carried out just prior to and 48 hours after larviciding. Treatments were judged successful when larval life completely disappeared below the dosing point for a distance of 80 km (50 miles). These results compared favourably with those of other control operations (Fredeen, 1962) and in several cases larval life was known to have been eliminated for at least 175 km (110 miles). Larviciding rates varied little in the early years, but were higher than 0.033 ppm during periods of low discharge. The rates, which were known to be 2560B

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