CONSEIL EXÉCUTIF Cent trentième session Point 10.2 de l’ordre du jour provisoire
EB130/35 Add.2 1er décembre 2011
Rapports de situation1 Rapport du Secrétariat TABLE DES MATIÈRES Pages G. H. I. J. K. L. Hépatite virale (résolution WHA63.18)................................................................................ Tuberculose multirésistante et ultrarésistante : prévention et lutte (résolution WHA62.15) Choléra : dispositif de lutte et de prévention (résolution WHA64.15) ................................. Lutte contre la trypanosomiase humaine africaine (résolution WHA57.2) .......................... Stratégie mondiale du secteur de la santé sur le VIH/sida, 2011-2015 (résolution WHA64.14) ........................................................................................................ Stratégie mondiale de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (résolution WHA59.19) ........................................................................................................ 2 3 5 6 7 9
Voir les documents EB130/35 pour les parties A à C, EB130/35 Add.1 pour les parties M à P et EB130/35 Add.3 pour les parties D à F.
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G.
HÉPATITE VIRALE (résolution WHA63.18)
1. En 2010, l’Assemblée de la Santé a adopté la résolution WHA63.18, qui fait référence à la nécessité d’une approche globale de la lutte contre l’hépatite virale. Afin de répondre aux demandes formulées dans la résolution, le Secrétariat adopte une approche générale, qui comprend la transposition à plus grande échelle des interventions réussies, le renforcement des systèmes de santé et la mise au point de nouvelles approches, tout en mobilisant dans le même temps des ressources indispensables. Le travail du Secrétariat suit quatre axes stratégiques. 2. Axe stratégique 1 : sensibilisation accrue et mobilisation des ressources. Les activités sont axées sur une plus grande sensibilisation des responsables politiques, des professionnels de la santé et du public à la lutte contre l’hépatite virale ; le renforcement des mesures de prévention et de lutte ; et l’élimination de la discrimination à l’égard des personnes infectées. 3. Le 28 juillet 2011, l’OMS a parrainé la première journée mondiale officielle contre l’hépatite. En utilisant le slogan : « L’hépatite touche tout le monde, partout. Comprenez-la. Combattez-la. », l’OMS a soutenu les activités moyennant une collaboration avec la société civile. Les matériels de sensibilisation – produits dans plusieurs langues différentes – comprenaient notamment des aide-mémoire techniques, des notifications sur le Web, des bulletins d’information, des communiqués de presse, un message vidéo du Directeur général, des affiches, des messages sur les médias sociaux et divers produits audiovisuels. Les médias ont été largement mis à contribution, donnant ainsi une plus grande visibilité à la fois aux problèmes posés par l’hépatite virale et aux solutions disponibles pour faire face aux différentes maladies concernées. 4. Axe stratégique 2 : données pour l’élaboration des politiques et l’action. L’OMS met à jour les estimations de la prévalence et de la charge mondiales de l’hépatite virale. Des efforts sont faits actuellement pour diffuser les résultats et mettre au point des outils afin de permettre aux gouvernements de concevoir des politiques et des plans qui reposent sur les données factuelles et soient d’un bon rapport coût/efficacité. Des lignes directrices et des normes pour la surveillance de la maladie sont en cours d’achèvement de façon à ce que les pays puissent établir plus aisément des priorités dans l’attribution des ressources et sélectionner les interventions appropriées, depuis la vaccination jusqu’à la thérapie antivirale, et depuis le dépistage des approvisionnements en produits sanguins jusqu’à la garantie d’environnements et de pratiques de soins sans risque. Des conseils sont également diffusés sur les enquêtes sérologiques en tant que moyen de suivre l’évolution de l’hépatite virale et d’évaluer l’impact des efforts de prévention. 5. Axe stratégique 3 : prévention de la transmission. Les efforts de prévention qui ont été un succès sont adaptés pour répondre à la croissance démographique, aux modifications de l’épidémiologie et aux nouvelles contraintes économiques. L’OMS procède à un nouvel examen des politiques de vaccination, notamment à celles qui ont trait aux calendriers de vaccination, à la protection des nouveau-nés et des agents de santé (en particulier contre l’infection par le virus de l’hépatite B), aux rôles élargis des vaccins existants contre l’hépatite A, aux nouveaux vaccins contre l’hépatite E et aux approches novatrices pour l’avenir. Tout comme l’apparition de l’épidémie de VIH/sida dans les années 1980 a conduit à des campagnes qui ont permis le changement de nombreux comportements, les campagnes régulières de promotion de la santé doivent mettre l’accent sur les comportements qui entraînent un risque d’infection pour les personnes concernées et qui peuvent être modifiés. Les messages clés pour la prévention de l’hépatite ont trait à la lutte contre l’infection, aux rapports sexuels sans risque et à la formulation de stratégies pour que les pays utilisent des produits sanguins, des injections, des aliments et de l’eau ne présentant aucun risque.
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6. Axe stratégique 4 : dépistage, soins et traitement. Au cours de la dernière décennie, des progrès rapides ont été enregistrés dans le domaine des agents thérapeutiques permettant de lutter contre l’hépatite B et l’hépatite C. En conséquence, l’hépatite C peut souvent être guérie et l’hépatite B chronique peut être contrôlée à long terme. Il sera primordial de fournir des lignes directrices pour le dépistage des patients susceptibles d’être atteints par le virus de l’hépatite B ou C, pour l’amélioration de l’accès aux soins et la prise en charge de la résistance aux médicaments. Une attention particulière devra être portée aux malades vivant dans des lieux où les ressources sont précaires. Le Secrétariat met par conséquent au point un ensemble de ressources comprenant la fourniture de conseils appropriés avant et après le dépistage dans le cadre d’un schéma de soins et de traitement, et d’un soutien aux pays afin que les traitements soient plus accessibles et plus abordables. 7. L’OMS a établi au Siège une équipe chargée de l’hépatite qui est dotée de points focaux dans les bureaux régionaux, ceux-ci assurant la coordination des travaux avec les partenaires et les États Membres afin de mettre au point les outils et les produits qui permettront de faire progresser les travaux conformément à chacun de ces axes. Ces efforts aboutiront à la mise au point d’un cadre opérationnel au niveau des pays afin de satisfaire aux obligations prévues dans la résolution WHA63.18.
H.
TUBERCULOSE MULTIRÉSISTANTE ET PRÉVENTION ET LUTTE (résolution WHA62.15)
ULTRARÉSISTANTE :
8. Dans la résolution WHA62.15, l’Assemblée mondiale de la Santé a invité instamment les États Membres à instaurer l’accès universel au diagnostic et au traitement de la tuberculose multirésistante et ultrarésistante et demandé à l’OMS d’apporter son appui au processus. Des progrès considérables ont été faits et, au moment où le présent rapport est rédigé, 26 des 27 États Membres qui représentent plus de 85 % des cas d’incidence de la tuberculose multirésistante à l’échelle mondiale disposent de plans pour élargir l’accès aux soins. En septembre 2011, le Comité régional de l’Europe a adopté le Plan d’action consolidé pour la prévention et la lutte contre la tuberculose multirésistante et ultrarésistante dans la Région européenne de l’OMS 2011-2015 (résolution EUR/RC61/R7). 9. En partie pour empêcher la progression de la tuberculose multirésistante, l’ensemble des 22 pays à forte charge de tuberculose ont adopté les stratégies recommandées par l’OMS pour engager des prestataires de soins compétents dans la lutte contre la tuberculose grâce à une collaboration public-privé. En 2011, entre 20 % et 40 % des cas de tuberculose signalés l’ont été par des prestataires de soins extérieurs aux programmes nationaux de lutte antituberculeuse dans 20 pays (y compris 10 pays à forte charge de tuberculose) dans des zones mettant en œuvre des approches combinées public-privé. Étant donné que des médicaments de qualité garantie sont essentiels pour prévenir et traiter la tuberculose pharmacorésistante, l’OMS a fourni une assistance technique et des conseils stratégiques sur les normes de qualité et les questions réglementaires aux fabricants et aux autorités de réglementation dans plus de 70 pays. 10. Entre 2008 et 2011, l’OMS a introduit de nouvelles politiques sur la prise en charge de la tuberculose multirésistante et de nouveaux outils de diagnostic en laboratoire, et a approuvé six nouvelles techniques de test de la pharmacosensibilité, notamment le test Xpert MTB/RIF, une nouvelle technique moléculaire permettant de diagnostiquer à la fois la tuberculose et la résistance à la rifampicine en moins de deux heures. L’OMS a élaboré des lignes directrices à l’intention des pays sur l’utilisation de ces tests et elle coordonne le projet visant à élargir l’accès à de nouvelles techniques de diagnostic de la tuberculose multirésistante dans 27 pays prioritaires. Le transfert de technologie est en cours ou achevé dans 18 de ces pays. D’ici à la fin de 2011, 40 pays en développement auront mis en œuvre la technologie Xpert MTB/RIF. 3
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11. Au début de cette année, un nouveau cadre mondial a été lancé afin de coordonner le soutien fourni par l’OMS et ses partenaires aux pays afin d’élargir l’accès aux soins pour les patients atteints de tuberculose multirésistante. Tous les pays sont désormais habilités à acheter des médicaments antituberculeux de seconde intention de qualité garantie directement par l’intermédiaire du Service pharmaceutique mondial (le mécanisme d’achat soutenu par l’OMS), mais leur coût reste trop élevé. Deux nouveaux médicaments antituberculeux devraient voir leur usage clinique autorisé aux alentours de 2013, et l’OMS travaille à l’élaboration d’une politique en vue de leur introduction et de leur usage rationnel. 12. L’OMS apporte un soutien aux pays dans le suivi de l’accès aux soins pour la tuberculose multirésistante et dans la modernisation des systèmes informatiques utilisés à cette fin. Quelque 21 pays à forte charge de tuberculose utilisent ou prévoient d’adopter des systèmes électroniques pour la gestion des données, et 10 d’entre eux planifient actuellement, ont récemment commencé ou ont achevé des études sur la résistance aux médicaments afin d’améliorer l’exactitude des informations disponibles. 13. Malgré ces progrès, le rythme actuel ne permettra pas d’atteindre les objectifs fixés dans la résolution WHA62.15. À l’échelle mondiale, seuls environ 6 % des unités de soins de base fournissant des soins aux patients tuberculeux fournissent aussi des soins à ceux qui sont atteints de tuberculose multirésistante. La notification globale des cas de tuberculose multirésistante a progressé pour passer de 29 000 en 2008 à près de 53 000 en 2010, mais elle reste en dessous de la cible fixée (voir Figure). Près de 290 000 cas de tuberculose multirésistante pourraient être dépistés chaque année si l’ensemble des patients tuberculeux signalés pouvaient faire l’objet d’un test de pharmacosensibilité, mais seulement environ 46 000 patients atteints de tuberculose multirésistante (16 % du total estimé) ont, selon les estimations, été inscrits dans des programmes de traitement en 2010 et, sur ceux-ci, ils ne sont que 13 000 à être actuellement traités conformément aux normes de l’OMS. 14. Les pays doivent s’engager d’urgence à verser davantage de fonds pour les programmes de lutte antituberculeuse, à accroître l’accès à des outils de diagnostic rapide d’un coût abordable et à traiter un plus grand nombre de leurs patients atteints de tuberculose multirésistante. Il faut parvenir à réduire le coût du traitement et à accroître la capacité de production de médicaments de seconde intention de qualité garantie. La capacité des programmes à prendre en charge les patients tuberculeux doit également être renforcée moyennant la mise en œuvre de la politique prévue dans la résolution WHA62.15.
Cas 300 000 250 000 200 000 150 000 100 000 50 000 0 2007 2008 2009 2010 2011 Année 2012 2013 2014 2015 Notifications Inscriptions prévues Cibles dans le Plan mondial Halte à la tuberculose, 2011-2015
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I.
CHOLÉRA : DISPOSITIF (résolution WHA64.15)
DE
LUTTE
ET
DE
PRÉVENTION
15. Le présent rapport fournit des informations actualisées sur la situation mondiale et une évaluation des efforts déployés en matière de méthodes de prévention et de lutte, en réponse à la demande formulée par l’Assemblée mondiale de la Santé dans la résolution WHA64.15 sur le choléra : dispositif de lutte et de prévention. 16. En 2010,1 il y a eu 317 5342 cas de choléra signalés, dont 7543 décès, ce qui représente un taux de létalité de 2,38 % ; l’augmentation du nombre des cas est de 43 % par comparaison à 2009,3 et de 130 % par comparaison à 2000.4,5 Des cas ont été signalés dans 48 pays. Pour la première fois depuis 1995, la proportion de cas signalés à l’OMS à partir du continent africain a diminué : d’un niveau équivalant à plus de 90 % du total mondial, elle est passée à un niveau inférieur à 50 %, conséquence de l’importante épidémie qui s’est déclarée à Haïti en octobre 2010.5 Trois flambées, qui ont affecté le bassin du lac Tchad en Afrique centrale, la République dominicaine et Haïti dans les Caraïbes, et la Papouasie-Nouvelle-Guinée en Océanie, ont représenté 79 % des cas dans le monde et 89 % des décès dus au choléra à l’échelle de la planète.5 17. Les efforts déployés pour renforcer les mesures de lutte se sont poursuivis tout au long de l’année. Le Kenya a ainsi mis au point un plan d’action national complet, qui est en cours de mise en œuvre, et qui servira de modèle pour d’autres pays de la Région. La mise en œuvre d’un plan novateur pour une éducation à la santé menée par les communautés a été proposée dans au moins trois pays à haut risque (les lieux n’ont pas encore été déterminés) avant d’être étendue à d’autres zones à haut risque. 18. Lors d’une réunion spéciale organisée par l’OMS à Genève en mai 2011, des experts ont examiné les principes d’un plan intégré de riposte aux flambées pour les crises humanitaires de grande ampleur. Un solide consensus a été obtenu en faveur de l’utilisation des vaccins anticholériques pour réagir aux flambées et réduire la mortalité dans les zones où d’autres interventions ne peuvent être mises en place de manière efficace. Il est important que ces campagnes de vaccination ne désorganisent pas d’autres interventions hautement prioritaires. 19. Une stratégie pour la constitution de stocks de vaccins anticholériques a fait l’objet de discussions entre experts lors d’une consultation OMS organisée à Genève en septembre 2011. Un plan d’action détaillé relatif aux prochaines étapes à suivre sera mis au point par un groupe de travail. La présélection par l’OMS d’un second vaccin en septembre 2011 a été une étape importante sur la voie de l’amélioration de la disponibilité des vaccins anticholériques. 20. Les pays déploient des efforts majeurs pour renforcer la lutte contre le choléra dans les zones d’endémie de la maladie, mais les progrès sont ralentis par le nombre croissant de personnes vivant
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Choléra, 2010 ; Relevé épidémiologique hebdomadaire, 2011, 86(31) : 325-340.
Toutes les données figurant dans le présent rapport ont été notifiées à l’OMS par l’intermédiaire des systèmes nationaux de surveillance des maladies. 3 4 5
Choléra, 2009 ; Relevé épidémiologique hebdomadaire, 2010, 85(31) : 293-308. Choléra, 2000 ; Relevé épidémiologique hebdomadaire, 2001, 76 : 233-240.
Les taux de notification des systèmes de surveillance nationaux ainsi que le nombre de pays signalant des cas ont une incidence sur les évolutions et les niveaux dans le nombre des cas et des décès signalés.
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dans des conditions insalubres, l’augmentation des flux migratoires, la défaillance des infrastructures, les conséquences du changement climatique, et des priorités concurrentes en matière de santé publique. 21. Le Réseau international pour la promotion du traitement de l’eau et de sa conservation dans des conditions sûres à domicile (International Network to Promote Household Water Treatment and Safe Storage) est désormais officiellement hébergé conjointement par l’OMS et l’UNICEF. Les efforts seront intensifiés afin de promouvoir les activités dans les zones d’endémie du choléra. Cette question sera soulevée lors du Sixième Forum mondial de l’eau (Marseille, 7-12 mars 2012), au cours duquel aura également lieu une session sur la lutte contre le choléra en Afrique.
J.
LUTTE CONTRE LA (résolution WHA57.2)
TRYPANOSOMIASE
HUMAINE
AFRICAINE
22. Le nombre de nouveaux cas de trypanosomiase humaine africaine déclarés est tombé en dessous de 10 000 pour la première fois en 50 ans, avec 9878 nouveaux cas signalés en 2009 et 7139 en 2010. Le nombre de cas répertoriés au cours de la période 2001-2010 a diminué de 73,4 %. 23. La forme chronique de la maladie, provoquée par Trypanosoma brucei gambiense, est endémique dans 24 pays. Au cours des années 2009 et 2010, 11 pays (Bénin, Burkina Faso, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Togo) n’ont signalé aucun cas et huit pays (Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée équatoriale, Nigéria et Ouganda) ont signalé en moyenne moins de 100 nouveaux cas par an. L’Angola, la République centrafricaine, le Soudan et le Tchad ont déclaré entre 100 et 1000 nouveaux cas par an. La République démocratique du Congo est le pays le plus touché puisqu’elle fait état de plus de 1000 nouveaux cas chaque année. 24. La forme aiguë de la trypanosomiase humaine africaine, causée par T. b. rhodesiense, est endémique dans 13 pays. Au cours de la même période, le Botswana, le Burundi, l’Éthiopie, le Mozambique, la Namibie, le Rwanda et le Swaziland n’ont notifié aucun cas. Le Kenya et le Zimbabwe ont signalé des cas sporadiques ; le Malawi, la République-Unie de Tanzanie et la Zambie ont déclaré moins de 100 nouveaux cas par an, et l’Ouganda a notifié entre 100 et 1000 nouveaux cas par an. 25. Des partenariats public-privé ont permis aux pays où la trypanosomiase humaine africaine est endémique d’utiliser les meilleurs traitements disponibles. En avril 2009, la combinaison d’éflornithine et de nifurtimox a reçu l’approbation du Comité d’experts de la Sélection et de l’Utilisation des Médicaments essentiels pour le traitement de la deuxième phase de la maladie due à T. b. gambiense. Cette combinaison réduit la durée du traitement médicamenteux et facilite son administration, tout en ayant le même niveau d’efficacité qu’un traitement par l’éflornithine seule. Grâce à cette nouvelle option thérapeutique, en 2010, seuls 12 % des cas signalés ont été traités au moyen du mélarsoprol, médicament toxique, par comparaison à 86 % des cas signalés en 2008. Ce succès est attribué au renforcement des capacités et à la distribution gratuite d’un kit comprenant tous les matériels nécessaires à l’administration de la combinaison thérapeutique. 26. Malgré les résultats encourageants et les perspectives très intéressantes, le processus reste fragile et la trypanosomiase humaine africaine continue à être une menace en Afrique. C’est pourquoi il convient de soutenir les pays où la maladie est endémique afin de renforcer les activités de lutte, moyennant l’identification des poches isolées de transmission de la maladie et l’amélioration de la surveillance et de la notification. Pour atteindre cet objectif, une approche intégrée doit être adoptée, 6
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dans le cadre de laquelle les activités de surveillance et de lutte sont menées au sein de systèmes de santé renforcés et opérationnels. 27. La baisse du nombre de cas de trypanosomiase humaine africaine signalés a contribué au manque d’intérêt pour la maladie de la part de la coopération bilatérale, des organisations non gouvernementales et des donateurs, ainsi qu’à une moindre conscience de la menace que représente la maladie pour le développement et la santé publique dans les pays où elle est endémique. Cette tendance est renforcée par la définition d’autres priorités de santé publique. Il existe par conséquent un risque de stagnation de la lutte et de la surveillance – un phénomène qui a déjà eu lieu à la fin des années 1960 et qui a finalement abouti à une résurgence de la maladie. Afin de veiller à ce que l’histoire ne se répète pas, la vigilance à l’égard de la maladie doit être maintenue moyennant des efforts redoublés de sensibilisation. L’objectif doit être de faire en sorte que la maladie soit considérée comme une priorité dans les programmes de santé publique à la fois des pays où elle est endémique et des donateurs. Il convient de renforcer la lutte et la surveillance sur le terrain et d’accélérer les travaux de recherche pour trouver des outils permettant de soutenir la mise au point de nouvelles stratégies pour que les systèmes de santé participent de manière efficace, rentable et durable à la lutte contre la trypanosomiase humaine africaine et à la surveillance de la maladie. 28. Dans la lutte contre la maladie, l’OMS continue à collaborer avec la Commission de l’Union africaine dans le cadre de la campagne panafricaine d’éradication de la mouche tsé-tsé et de la trypanosomiase, et avec la FAO dans le cadre du Programme pluriinstitutionnel de lutte contre la trypanosomiase africaine.
K.
STRATÉGIE MONDIALE DU SECTEUR DE LA SANTÉ SUR LE VIH/SIDA, 2011-2015 (résolution WHA64.14)
29. Dans la résolution WHA64.14, l’Assemblée de la Santé a approuvé la Stratégie mondiale du secteur de la santé sur le VIH/sida, 2011-2015. Le présent rapport répond à la demande formulée dans la résolution selon laquelle le Directeur général rend compte des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Stratégie. 30. Un plan opérationnel a été élaboré, qui détaille les principales réalisations de l’OMS à l’appui de la mise en œuvre de la Stratégie. Le plan est aligné sur le Cadre unifié du budget, des résultats et des responsabilités (UBRAF) de l’ONUSIDA 2012-2015.1 Le Département VIH a achevé en juillet 2011 un processus de réalignement stratégique afin de tirer le meilleur parti de sa structure et de son personnel pour la mise en œuvre de la Stratégie dans un contexte de ressources limitées. 31. Le 20 juin 2011, des consultations ont eu lieu à Genève avec les États Membres, l’ONUSIDA, les partenaires du développement, la société civile et les organismes coparrainants sur la manière de traduire la Stratégie mondiale en action au niveau des pays. L’adaptation régionale de la Stratégie mondiale a progressé. En octobre 2010, dans la résolution EM/RC57/R.5, le Comité régional de la Méditerranée orientale a adopté la stratégie régionale. En septembre 2011, dans une résolution, le Comité régional de l’Asie du Sud-Est s’est félicité de l’approbation de la Stratégie par l’Assemblée de la Santé2 et, en octobre 2011, le Comité régional de l’Europe a, dans la résolution EUR/RC61/R8, 1 http://www.unaids.org/en/ourwork/managementexternalrelationsbranch/financialmanagementandaccountability department/ubraf/ (consulté le 25 novembre 2011). 2
Voir résolution SEA/RC64/R6.
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adopté un plan d’action. Le plan régional de l’OPS pour 2006-2015 sera examiné au cours du premier semestre de 2012.1 Le Bureau régional de l’Afrique met actuellement à jour une stratégie régionale,2 qui sera examinée par le Comité régional de l’Afrique en 2012. L’Assemblée générale des Nations Unies a pris note de la Stratégie mondiale dans la Déclaration politique sur le VIH/sida adoptée le 10 juin 2011.3 32. Des priorités ont été recensées pour l’exercice 2012-2013. De nouvelles recherches sur l’intérêt préventif de la thérapie antirétrovirale, l’intérêt pour la santé au sens plus large d’un démarrage rapide de la thérapie antirétrovirale, l’efficacité de la prophylaxie préexposition au VIH par les médicaments antirétroviraux et l’utilisation des microbicides vaginaux ont fait l’objet de discussions lors d’une consultation sur l’utilisation stratégique des médicaments antirétroviraux pour la prévention et le traitement du VIH.4 Il en résultera un ensemble de lignes directrices, actuellement en cours d’élaboration, sur l’utilisation prioritaire des médicaments antirétroviraux. Dans le cadre de la répartition du travail au sein de l’ONUSIDA,5 l’OMS assure la direction des interventions conjointement avec l’UNICEF dans le domaine de la prévention de la transmission mère-enfant du VIH et a participé activement à l’élaboration d’un plan mondial visant à éliminer les infections à VIH.6 L’initiative « Traitement 2.0 », menée par l’OMS et l’ONUSIDA, vise à optimiser le traitement contre le VIH afin de parvenir à un accès universel d’ici à 2015. 33. Le Secrétariat continue à assurer le suivi de la pandémie de VIH et de la riposte du secteur de la santé. En novembre 2011, l’OMS, l’ONUSIDA et l’UNICEF ont lancé conjointement une riposte mondiale au VIH/sida.7 De nouvelles données montrent que l’incidence mondiale du VIH a diminué, le nombre des nouvelles infections à VIH étant estimé à 2,7 millions en 2010 (2,4 millions2,9 millions), soit 15 % de moins que les 3,1 millions (3 millions-3,3 millions) de personnes nouvellement infectées en 2001. Les décès annuels liés au VIH ont aussi diminué, passant du nombre record de 2,2 millions (2,1 millions-2,5 millions) en 2005 à un nombre estimé à 1,8 million (1,6 million-1,9 million) en 2010. Toutefois, il y a d’importantes variations d’une Région à l’autre. 34. Des progrès notables ont été faits dans la riposte du secteur de la santé face au VIH. Les programmes médicaux de circoncision masculine pour la prévention du VIH ont été transposés à une plus grande échelle dans 13 pays d’Afrique subsaharienne où la charge de morbidité due au VIH est élevée. En 2010, 410 000 opérations ont été effectuées, mais ce chiffre ne reflète que 2 % des besoins
1 Regional HIV/STI Plan for the Health Sector 2006–2015, PAHO, 2005, http://www.paho.org/english/ad/fch/ai/HIV_Regional_Plan_2006-2015_ENGLISH.pdf (consulté le 7 novembre 2011).
Document AFR/RC56/8, Prévention du VIH dans la Région africaine : stratégie d’intensification et d’accélération, citée dans la résolution AFR/RC56/R3. Résolution A/RES/65/277 de l’Assemblée générale des Nations Unies, http://www.unaids.org/en/media/unaids/contentassets/documents/document/2011/06/20110610_UN_A-RES-65-277_en.pdf (consulté le 7 novembre 2011). Il s’agissait d’une consultation informelle de l’OMS sur l’utilisation stratégique des médicaments antirétroviraux, qui s’est tenue à Genève du 14 au 16 novembre 2011 et à laquelle ont participé les États Membres, des chercheurs, les partenaires du développement, la société civile et les responsables de la conception des programmes. 5 6 4 3
2
Voir le document UNAIDS technical support division of labour: summary & rationale, Geneva, UNAIDS, 2005.
Plan mondial pour éliminer les nouvelles infections à VIH chez les enfants à l’horizon 2015 et maintenir leurs mères en vie, 2011-2015, http://www.unaids.org/en/media/unaids/contentassets/documents/unaidspublication/2011/20110609_JC2137_Global-PlanElimination-HIV-Children_fr.pdf (consulté le 25 novembre 2011). 7
Global Response to HIV/AIDS: Epidemic update and progress towards Universal Access (en cours d’élaboration).
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estimés. Davantage de personnes connaissent leur statut par rapport au VIH du fait d’une augmentation de 22 % du nombre des centres de santé offrant des services de dépistage du VIH et de conseils en 2010 par comparaison à 2009. Toutefois, les services de lutte contre le VIH pour les populations qui courent le plus grand risque, telles que les utilisateurs de drogues intraveineuses, les professionnels du sexe, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et les transsexuels, restent limités. L’élargissement réussi du traitement du VIH se poursuit, 6,6 millions de personnes bénéficiant désormais d’une thérapie antirétrovirale dans les pays à revenu faible ou à revenu intermédiaire à la fin de 2010, soit une augmentation de 27 % par comparaison à la fin de 2009. L’accès aux médicaments antirétroviraux pour prévenir la transmission mère-enfant du VIH s’est également accru, 59 % des femmes enceintes positives pour le VIH ayant accès à ce traitement en 2010 alors qu’elles n’étaient que 48 % en 2009.
L.
STRATÉGIE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (résolution WHA59.19)
INFECTIONS
35. Le présent rapport dresse le bilan des progrès accomplis à ce jour dans l’application de la Stratégie mondiale de lutte contre les infections sexuellement transmissibles, qui a été approuvée par l’Assemblée de la Santé dans la résolution WHA59.19. 36. Dans la Région européenne de l’OMS, un cadre régional pour l’application de la Stratégie mondiale a été élaboré ; il a ensuite été examiné par les représentants des États Membres dans la Région, les organisations partenaires internationales et la société civile. En outre, des missions ont eu lieu au Kirghizistan, au Tadjikistan et en Ukraine pour apporter un soutien technique pour le renforcement des interventions de lutte contre les infections sexuellement transmissibles. En septembre 2011, au cours du Vingt-Sixième Congrès européen de l’Union internationale contre les Infections transmises sexuellement (Riga, 8-10 septembre 2011), l’OMS a organisé un symposium qui a favorisé la mobilisation des pays de la Région. 37. Dans la Région du Pacifique occidental, une réunion a été organisée afin d’effectuer un examen à mi-parcours du Plan d’action stratégique régional pour la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (Oulan-Bator, 18-20 octobre 2010). La réunion a pris connaissance des progrès réalisés dans l’application du Plan d’action, moyennant des rapports faisant état d’une baisse des taux d’infections sexuellement transmissibles et de VIH, parallèlement au maintien de faibles niveaux de prévalence du VIH au Cambodge, en Mongolie, aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. Au Cambodge, la prévalence des infections sexuellement transmissibles et du VIH chez les professionnels du sexe a été réduite moyennant des interventions ciblées et complètes, consistant en une éducation de proximité et par les pairs, la promotion de l’usage du préservatif, un programme « d’utilisation du préservatif à 100 % » et la prestation de services systématiques pour les soins des infections sexuellement transmissibles. Aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam, les taux d’infections sexuellement transmissibles ont diminué chez les professionnels du sexe moyennant un traitement présomptif périodique, en plus d’autres interventions ciblées. 38. Afin de renforcer le programme mondial de surveillance de la résistance des gonocoques aux antimicrobiens, l’OMS a établi un réseau de laboratoires d’excellence chargés de suivre la propagation mondiale de la résistance de Neisseria gonorrhoeae aux médicaments, et de fournir des conseils à ce sujet. Les laboratoires de référence sont situés en Afrique du Sud, en Australie, au Canada, en Inde et en Suède. En outre, afin de combattre la résistance aux antimicrobiens de N. gonorrhoeae au niveau mondial, la collaboration a été renforcée avec la Division chargée de la prévention des maladies sexuellement transmissibles des Centers for Disease Control and Prevention (Atlanta, États-Unis 9
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d’Amérique), la Health Protection Agency de Londres (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord) et le Centre européen de Prévention et de Contrôle des Maladies. 39. Dans plusieurs Régions, une formation visant à améliorer et élargir la surveillance des infections sexuellement transmissibles, y compris la surveillance de la résistance aux antimicrobiens pour les infections à gonocoque, a été dispensée. Dans la Région africaine, 23 infirmières et trois techniciens de laboratoire zimbabwéens ont été formés à Harare en octobre 2010, deux biologistes de Madagascar ont reçu une formation dans un laboratoire de référence d’Afrique du Sud en mars 2011, et trois techniciens de laboratoire de la République-Unie de Tanzanie ont été formés en Afrique du Sud en juin 2011. Dans la Région de l’Asie du Sud-Est, un atelier de formation pour quatre techniciens de laboratoire du Bhoutan a été organisé au laboratoire de référence situé en Inde en juin 2010. En décembre 2010, un microbiologiste du Bhoutan, neuf microbiologistes venant d’Inde et un autre du Sri Lanka ont été formés dans le même centre. En outre, quelque 20 directeurs de programme venant de 11 pays de la Région ont reçu une formation complète dans le domaine de la surveillance des infections sexuellement transmissibles au Sri Lanka en octobre 2011. 40. Des progrès ont été accomplis en vue de parvenir à l’élimination mondiale de la syphilis congénitale. Un système de suivi a été établi au sein du système de notification concernant des activités de l’OMS visant à atteindre l’objectif de l’accès universel à la prévention, au traitement et au soutien dans le domaine du VIH. En 2010, 16 pays à revenu faible ou intermédiaire avaient atteint la cible fixée pour 2015 en vue de l’élimination mondiale, à savoir le dépistage de la syphilis lors de la première consultation chez au moins 90 % des femmes âgées de 15 à 24 ans se rendant dans les centres de soins prénatals. En juin 2011, une initiative pilote, à laquelle ont participé six pays de la Région africaine, a été lancée sur la double élimination de la transmission mère-enfant de la syphilis et du VIH. En 2009, dans la Région des Amériques, 11 pays satisfaisaient déjà à la définition régionale de l’élimination de la syphilis congénitale en tant que problème de santé publique, avec une incidence inférieure à 0,5 cas pour 1000 naissances vivantes.1 Vingt-deux pays ont désormais mis en place des plans en vue de l’élimination. En outre, un cadre pour l’élimination des nouvelles infections pédiatriques à VIH et de la syphilis congénitale dans la région Asie-Pacifique, pour la période 2011-2015, a été lancé en septembre 2011.2 La Région de l’Asie du Sud-Est a établi des indicateurs, une définition des cas et des cibles en vue de l’élimination. En dernier lieu, dans la Région du Pacifique occidental, l’approche « tout en un » adoptée en Mongolie a permis d’inverser la tendance dans le nombre de cas de syphilis congénitale signalés.
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1 Voir PAHO, Latin American Center for Perinatology, UNICEF, World Bank. Regional initiative for elimination of mother-to-child transmission of HIV and congenital syphilis in Latin America and the Caribbean: concept document. Pan American Health Organization, Washington DC, PAHO, 2010 (http://new.paho.org/hq/dmdocuments/2010/Regional%20Initiative%20for%20Elimination%20Concept%20Document%20fo r%20the%20Caribbean.pdf, consulté le 21 octobre 2011).
Voir Elimination of new paediatric HIV infections and congenital syphilis in Asia-Pacific, 2011-2015. United Nations Children’s Fund East Asia and Pacific Regional Office, Bangkok, 2011 (http://www.unicef.org/eapro/PPTCT_CF_and_ME_guide_17Aug11.pdf, consulté le 17 octobre 2011).
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