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Le maintien de la prestation et de l’utilisation des services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de santé des personnes âgées pendant la pandémie de COVID-19 : les enseignements tirés de l’expérience de 19 pays

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Le maintien de la prestation et de l’utilisation des services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de santé des personnes âgées pendant la pandémie de COVID-19 Les enseignements tirés de l’expérience de 19 pays Une Initiative de l’Organisation mondiale de la Santé

Les enseignements tirés de l’expérience de 19 pays Une Initiative de l’Organisation mondiale de la Santé Le maintien de la prestation et de l’utilisation des services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de santé des personnes âgées pendant la pandémie de COVID-19 Le maintien de la prestation et de l’utilisation des services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de santé des personnes âgées pendant la pandémie de COVID-19 : les enseignements tirés de l’expérience de 19 pays [Maintaining the provision and use of services for maternal, newborn, child and adolescent health and older people during the COVID-19 pandemic: lessons learned from 19 countries] ISBN 978-92-4-005203-1 (version électronique) ISBN 978-92-4-005204-8 (version imprimée) © Organisation mondiale de la Santé 2022 Certains droits réservés. La présente œuvre est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY-NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo/deed.fr). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué cidessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’œuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. L’utilisation du logo de l’OMS est interdite. Si vous adaptez cette œuvre, vous êtes tenu de diffuser toute nouvelle œuvre sous la même licence Creative Commons ou sous une licence équivalente. 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Le maintien de la prestation et de l’utilisation des services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de santé des personnes âgées pendant la pandémie de COVID-19 : les enseignements tirés de l’expérience de 19 pays [Maintaining the provision and use of services for maternal, newborn, child and adolescent health and older people during the COVID-19 pandemic: lessons learned from 19 countries]. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2022. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. Disponible à l’adresse https://apps.who.int/iris/?locale-attribute=fr&. Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande en vue d’un usage commercial ou une demande concernant les droits et licences, voir https://www.who.int/fr/copyright Matériel attribué à des tiers. 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Photo de couverture : Ajay Maharjan Conception graphique : Elena Cherchi À la mémoire du Dr Ramez Mahaini Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .v Abréviations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .vii Résumé d’orientation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . viii Section A – Description de l’Initiative et résumé de la comparaison entre les pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 1. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 2. Méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3 3. Synthèse et intégration des données des pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5 3.1 Tendances relatives à la COVID-19 dans les pays de l’Initiative . . .5 3.2 Utilisation des services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6 3.3 Mécanismes de gouvernance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 3.4 Politiques et orientations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 3.5 Informations visant à faciliter la prise de décisions . . . . . . . . . . . . 13 3.6 Mesures prises pour assurer le maintien de la prestation et de l’utilisation des services essentiels de MNCAAH . . . . . . . . . 14 3.7 Synthèse des enseignements à tirer de l’expérience des pays . . . 19 4. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .22 Table des matières vRemerciementsa Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique Teshome Desta, Kurabachew Abera (consultant) Bureau de l’OMS en Afrique du Sud Sithembile Dlamini-Nqeketo, Nozipho Musakwa (consultante), Thameshree Naidu (consultante) Département national de la santé, Afrique du Sud Lesley Bamford Bureau de l’OMS au Cameroun Irène Charlotte Anastasie Yakana Ndjouma Epse Emah, Alphonse Ngalame (consultant) Ministère de la santé publique, Cameroun Hassan Ben Bachire Bureau de l’OMS en Éthiopie Haimanot Workneh, Kassu Ketema (consultant), Tewolde Wubayehu (consultant) Ministère de la santé, Éthiopie Meseret Zelalem Bureau de l’OMS au Nigéria Joy Ufere, Abosede Adeniran (consultante), Titilope Adeyanju (consultante) Ministère fédéral de la santé, Nigéria Salma Ansa-Kolo Bureau de l’OMS en Ouganda Annet Kisakye, Olive Sentumbwe-Mugisa Université de Makerere, Ouganda Dinah Amognin, Simon Muhumuza Ministère de la santé, Ouganda Jessica Nsungwa Bureau de l’OMS en République démocratique du Congo Brigitte Nsiku Kini, Joseph Kasongo (consultant), Gabriel Nsakala (consultant) Ministère de la santé publique, République démocratique du Congo Timothée Lunganga a . Pour chaque organisme, dans l’ordre alphabétique des noms . Bureau régional de l’OMS pour les Amériques/ Organisation panaméricaine de la Santé Betzabé Butron Riveros, Pablo Duran Bureau de l’OMS dans l’État plurinational de Bolivie Rosalinda Hernández, Alfonso Tenorio Gnecco, Bertha Pooley (consultante) Bureau de l’OMS au Brésil Socorro Gross Galiano, Lely Stella Guzmán Barrera, Érika Bárbara Fonseca Abreu Thomaz (consultante), Eduardo Arquimino Postal (consultant), Sandro Schreiber de Oliveira (consultant), Maria Teresa Seabra Soares de Britto e Alves (consultante), Tatiana Raquel Selbmann Coimbra (consultante) Bureau régional de l’OMS pour l’Asie du Sud-Est Chandani Anoma Jayathilaka, Rajesh Mehta, Neena Raina, Saramma Mathai (consultante) Bureau de l’OMS au Bangladesh Aulakh Bhupinder Kaur, Mahbuba Khan, Md. Nurul Islam Khan (consultant), Wahida Siraj (consultant) Ministère de la santé et du bien-être social, Bangladesh Md. Shamsul Haque Bureau de l’OMS en Inde Pushpa Chaudhary Deo, Priya Karna, Pragati Singh, Sumegha Asthana (consultante) Bureau de l’OMS au Myanmar Mohammad Shahjahan, Yin Htun Ngwe (consultante), Chaw Chaw Yu (consultante) Ministère de la santé et des sports, Myanmar Myint Myint Than Bureau de l’OMS au Népal Md. Khurshid Alam Hyder, Pooja Pradhan, BK Suvedi (consultant) Ministère de la santé et de la population, Népal Taranath Pokhrel L’Organisation mondiale de la Santé est reconnaissante aux nombreuses personnes et organisations qui ont contribué à l’établissement du présent rapport. Les informations qu’il contient ont été réunies par le Ministère de la santé de chacun des 19 pays de l’Initiative et les partenaires nationaux du groupe de travail technique, qui en ont fait la synthèse. Le rapport a été établi grâce aux efforts consentis par toutes les personnes mentionnées ci-dessous. La rédaction est due à Anayda Portela, Heather Jue-Wong et Elizabeth Katwan ; l’organisation et la synthèse des données à Selina Chen, Mari Dumbaugh et Sharmada Sivaram. Nos remerciements vont aussi à Peggy Henderson qui a revu le document final et apporté des éléments complémentaires. vi Bureau de l’OMS au Timor-Leste Vinay Bothra, Jermias da Cruz, Angelina A Gusmao (consultante) Ministère de la santé, Timor-Leste Agusta Amaral Lopes Bureau régional de l’OMS pour l’Europe Martin Weber, Susanne Carai (consultante) Bureau de l’OMS au Kazakhstan Laura Utemisova, Zarina Makasheva (consultante) Bureau de l’OMS en Roumanie Cassandra Butu, Mihai Craiu (consultant), Ioana Pop (consultante) Bureau de l’OMS au Tadjikistan Yusupova Shoira, Husniya Dorgabekova (consultante) Ministère de la santé et de la protection sociale de la population, Tadjikistan Zulfiya Abdusamatzoda Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale Jamela Al-Raiby, Karima Gholbzouri, Nilmini Hemachandra, Khalid Siddeeg, Mahendra Sheth (consultant) Bureau de l’OMS au Pakistan Qudsia Uzma, Usman Bashir (consultant), Reza Zaidi (consultant), Wahaj Zulfiqar (consultant) Ministère des services nationaux de santé et de la réglementation et de la coordination en santé, Pakistan Sayema Awais Bureau de l’OMS au Soudan Maison Elamin, Hiba Hussein, Abdulazim Awadalla (consultant), Esmehan Elkheir (consultante) Bureau de l’OMS au Yémen Areej Taher, Nahid Baktayan (consultant), Huda Basaleem (consultante), Tarek Binhawil (consultant) Siège de l’OMS, Département Santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent, et vieillissement Theresa Diaz, Elizabeth Katwan, Blerta Maliqi, Anayda Portela, Samira Aboubaker (consultante), Heather Jue-Wong (consultante) Équipe chargée de la collecte et de l’analyse des données et de l’information Selina Chen (consultante indépendante), Mari Dumbaugh (Insight Impact Consulting), Sharmada Sivaram (consultante indépendante) L’Initiative a bénéficié du financement de la Fondation Bill & Melinda Gates (INV-017424). vii Abréviations EPI équipement de protection individuelle IRA infections respiratoires aiguës MNCAAH santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et santé des personnes âgées MON modes opératoires normalisés OMS Organisation mondiale de la Santé ONG Organisation non gouvernementale RMNCAEH+N santé reproductive, santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et santé des personnes âgées, et nutrition SIGS système d’information sur la gestion sanitaire SSP soins de santé primaires USAID agence des États-Unis pour le développement international viii Résumé d’orientation Depuis la déclaration de la pandémie au début de 2020, les décideurs dans les pays touchés sont rapidement intervenus pour lutter contre les effets sanitaires immédiats de la COVID-19 et mettre en place des mesures de santé publique et des mesures sociales visant à en ralentir ou stopper la propagation. Afin de préserver les progrès réalisés ces dernières décennies en santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et d’éviter que la pandémie ait des effets indésirables sur les services, la communauté mondiale s’est rapidement mobilisée en faveur de leur protection. a . Au Brésil, l’Initiative a été mise en œuvre dans deux municipalités : São Luís (dans l’État de Maranhão) et Pelotas (dans l’État de Rio Grande do Sul) ; dans l’État plurinational de Bolivie, elle a porté sur la municipalité d’El Alto du Département de La Paz . b . Pour plus de commodité, on a utilisé l’abréviation MNCAAH dans l’ensemble du rapport . Il convient toutefois de noter que certains pays ont également pris des mesures concernant la nutrition et que beaucoup ont aussi envisagé les services de planification familiale et de santé sexuelle et reproductive, ce qui explique l’utilisation d’autres sigles dans les rapports des pays . Depuis mai 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), par l’intermédiaire de ses équipes au Siège, dans les bureaux régionaux et dans les bureaux de pays, a apporté son appui à 19 paysa de cinq de ses Régions (voir la Figure A.1) ) afin de vouer une attention particulière à la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et à la santé des personnes âgées (MNCAAH)b dans le cadre d’une Initiative visant à atténuer l’impact indirect de la pandémie sur les services dispensés à ces groupes. Il s’agissait de veiller à ce que, dans la riposte à la COVID-19, des mesures soient prises pour atténuer les effets indirects sur la prestation et l’utilisation de ces services du fait des perturbations occasionnées par la pandémie. Afrique Amériques Méditerranée orientaleEuropeAsie du Sud-Est Pacique occidental 1. Bolivie* 2. Brésil* *Niveau infranational 1. Kazakhstan 2. Roumanie 3. Tadjikistan 1. Pakistan 2. Soudan 3. Yémen 1. Afrique du Sud 2. Cameroun 3. Éthiopie 4. Nigéria 5. Ouganda 6. République démocratique du Congo 1. Bangladesh 2. Inde 3. Myanmar 4. Népal 5. Timor-Leste Figure A.1. Pays (n=19) et Régions (n=5) visés au cours de la première phase de l’Initiative ix Le présent rapport couvre la première phase de l’Initiative, de mai 2020 à février 2021. La Section A fait la synthèse des informations concernant les 19 pays et des enseignements qu’on a pu en tirer. La Section B contient des informations plus détaillées sur chacun des pays participants qui sont directement tirées des rapports des groupes de travail techniques (TWG) et des consultants nationaux, des données provenant du système d’information sur la gestion sanitaire des pays (SIGS), de publications de recherche et d’enquêtes relatives à l’impact de la COVID-19 sur les services de MNCAAH. Synthèse des conclusions et des enseignements tirés de l’Initiative Mécanismes de gouvernance Un thème récurrent dans les 19 rapports de pays concernait la difficulté d’intégrer les programmes de santé aux comités de riposte à la COVID-19 et aux mécanismes de coordination, ce qui a retardé les mesures et les efforts visant à maintenir les services essentiels de MNCAAH. On a également estimé que des enseignements similaires relatifs au renforcement de la communication et de la collaboration étaient applicables au sein de l’OMS. Dans l’ensemble, l’adoption d’une approche faisant intervenir l’ensemble des pouvoirs publics est apparue comme déterminante pour assurer une riposte plus efficace : il est utile d’analyser les mesures de santé publique et les mesures sociales visant à ralentir ou stopper la propagation de la pandémie du point de vue des risques et avantages plus larges liés à d’autres types d’impact sanitaire et socioéconomique ; sous la conduite des gouvernements, il est possible d’assurer la coordination entre l’ensemble des secteurs et des partenaires concernés, y compris le secteur privé, pour mettre en œuvre des mesures, obtenir des données en temps réel et faire procéder à des études et enquêtes supplémentaires. Le renforcement des liens et de la communication avec les niveaux infranationaux peut accélérer le flux de l’information et favoriser les mesures coordonnées. La plupart des pays ont constitué des TWG pour répondre aux besoins en matière de services de MNCAAH et des politiques et lignes directrices sur les questions pertinentes ont été élaborées peu après le début de la pandémie. Dans certains pays, leur fonctionnement aurait pu être amélioré en tenant compte des considérations de genre ainsi que des types d’organisation et domaines d’expertise représentés. Données et informations pour la prise de décisions Une des principales activités dans tous les pays concernés a consisté à définir les indicateurs clés et à examiner les données sur la couverture des services essentiels de MNCAAH. Six d’entre eux ont toutefois mentionné la qualité et l’exhaustivité des données parmi les problèmes rencontrés. Un appui était nécessaire pour que les informations infranationales parviennent au niveau central et il a été reconnu que le renforcement des capacités et l’exploitation des données pour la prise de décisions constituaient des besoins récurrents. Les SIGS ont eux aussi été désorganisés par la pandémie. L’établissement des rapports périodiques qui leur sont destinés, l’actualisation et le nettoyage des bases de données et la production des rapports non liés à la COVID-19 ont tous été affectés. Le renforcement des SIGS et de la capacité d’analyse des pays et d’interprétation des données ainsi que l’amélioration de leur qualité et de leur exploitation aux niveaux aussi bien national qu’infranational sont apparus comme devant constamment retenir l’attention dans l’ensemble des pays. Maintien des services essentiels Les pays ont très rapidement reconnu l’importance que revêtait la continuité des services essentiels et se sont efforcés de concilier les mesures visant à atténuer la propagation de la COVID-19 et celles destinées à maintenir les services. Un juste équilibre a parfois été difficile à trouver. C’est ainsi que :  Les investissements ont privilégié la riposte à la COVID-19 dans les services hospitaliers plutôt que les soins de santé primaires (SSP) ;  Certaines structures ont été réservées exclusivement à la lutte contre la COVID-19 alors que d’autres services étaient suspendus sans que des solutions de rechange soient proposées ou la clôture de ces services annoncée, ce qui a eu un impact sur l’utilisation des services essentiels. x  La réaffectation d’agents de santé à la lutte contre la COVID-19 et la pénurie de fournitures ont aggravé les problèmes de prestation des services essentiels de MNCAAH.  La limitation des transports a accentué les difficultés d’accès aux services rencontrées par les femmes et les enfants. Ces observations ont amené les pays à conclure qu’il fallait élaborer un plan spécifique de maintien des services essentiels de MNCAAH, y compris en faveur des adolescents et des personnes âgées, dans le cadre des plans nationaux de préparation et de riposte. Certains ont estimé que les ajustements concernant la prestation de services, par exemple sous la forme d’unités mobiles, risquaient de ne pas être maintenus après la pandémie. Les améliorations apportées en raison de la pandémie aux mesures de lutte anti-infectieuse dans les services essentiels ont été considérées comme positives. On a constaté un sensible renforcement des interventions de santé numérique, en matière de formation et de téléconsultations par exemple. Cette évolution est généralement considérée comme positive, mais il y avait plusieurs leçons à en tirer, par exemple concernant les types de formation et de consultations pouvant être assurées de manière satisfaisante en ligne, la lassitude générée par la multiplication des réunions en ligne et le fait que dans bien des zones à l’intérieur d’un pays l’accès à Internet est aléatoire ou inexistant. La plupart de pays ont reconnu l’importance capitale que revêt l’appui apporté aux agents de santé, notamment en ce qui concerne la protection de leur santé aussi bien mentale que physique et leur capacité d’assumer de nouvelles tâches. Les avis étaient partagés quant au bien-fondé des mesures incitatives destinées aux agents de santé, certains estimant qu’elles avaient pu fausser le fonctionnement du système de santé, car seuls les soignants affectés aux services de lutte contre la COVID-19 en bénéficiaient. Conclusion Le rapport reflète les enseignements tirés de la première phase de l’Initiative de l’OMS – celle-ci devant ensuite se poursuivre jusqu’en février 2022. Lorsque la pandémie a frappé, le monde n’était pas prêt, mais les 19 pays ont su réagir rapidement. Si, dans un premier temps, il s’agissait exclusivement de lutter contre la COVID-19, ils ont presque immédiatement compris qu’on devait ne pas négliger les services essentiels, et notamment les services de MNCAAH, et se préoccuper des effets indirects de la pandémie sur leur fonctionnement. Il a fallu du temps pour bien préciser les mesures nécessaires contre la pandémie, à prendre dans le cadre de systèmes souvent fragiles et manquant de souplesse. Mais ces systèmes ont à maints égards fait preuve de résilience dans le contexte des enseignements à tirer pour apporter des améliorations. Ces constatations offrent des éléments précieux sur les mesures adaptées à la continuité des services et permettent des échanges de données d’expérience entre les pays. En les documentant et en les diffusant, on devrait contribuer à promouvoir le dialogue entre les décideurs et les partenaires d’exécution et encourager la définition des mesures qui ont fait leurs preuves et qui pourraient se généraliser pour protéger la santé de la femme, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et celle des personnes âgées et renforcer la résilience des systèmes de santé. Népal Photo : Ajay Maharjan 1Section A 1. Introduction Depuis la déclaration de la pandémie au début de 2020, les décideurs dans les pays touchés sont rapidement intervenus pour lutter contre les effets sanitaires immédiats de la COVID-19 et mettre en place des mesures de santé publique et des mesures sociales visant à en ralentir ou stopper la propagation. L’analyse de précédentes flambées a révélé qu’elles provoquent des effets indirects préjudiciables à l’accès aux services de santé systématiques de prévention et de soins, ainsi qu’à la prestation et à l’utilisation des services, ce qui affecte surtout les groupes vulnérables (1-4). Afin de préserver les progrès réalisés ces dernières décennies en santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et d’éviter que la pandémie ait des effets indésirables sur les services, la communauté mondiale s’est rapidement mobilisée en faveur de leur protection (5). À partir de mai 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), par l’intermédiaire de ses équipes au Siège, dans les bureaux régionaux et dans les bureaux de pays, a apporté son appui à 19 pays de cinq de ses Régionsa afin de vouer une attention particulière à la santé de la mère, du nouveau-né, a . Le Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental n’a pas participé à la première phase de l’Initiative . b . Pour plus de commodité, on a utilisé l’abréviation « MNCAAH » dans l’ensemble du rapport . Il convient toutefois de noter que certains pays ont également pris des mesures concernant la nutrition et que beaucoup ont aussi envisagé les services de planification familiale et de santé sexuelle et reproductive, et d’autres encore les services destinés aux adolescents et aux personnes âgées, ce qui explique l’utilisation d’autres sigles dans les rapports des pays . de l’enfant et de l’adolescent et à la santé des personnes âgées (MNCAAH)b dans le cadre de la première phase d’une Initiative visant à atténuer l’impact indirect de la pandémie sur les services dispensés à ces groupes. Il s’agissait de veiller à ce que, dans la riposte à la COVID-19, des mesures soient prises pour atténuer les effets indirects sur la prestation et l’utilisation de ces services du fait des perturbations occasionnées par la pandémie. Les Régions et le Siège seraient alors en mesure d’échanger les enseignements tirés de l’Initiative avec d’autres pays. La Figure A.1 indique les pays ayant bénéficié de l’appui de l’OMS. Le présent rapport offre une synthèse des différentes stratégies suivies par ces pays pour garantir la continuité des services essentiels de MNCAAH, y compris la mise en place de mécanismes de gouvernance, la disponibilité de données et d’informations pour la prise de décisions et les mesures clés prises par les gouvernements et les partenaires d’exécution. Les enseignements tirés par les groupes de travail techniques (TWG) (voir l’Encadré 1) sont résumés et les méthodes employées pour la saisie des informations approfondies. Description de l’Initiative et résumé de la comparaison entre les pays Encadré 1. Le rôle des groupes de travail techniques nationaux L’OMS a encouragé la mise sur pied d’un TWG national pour la MNCAAH et la COVID-19, composé des partenaires d’exécution et des parties prenantes et agissant en étroite collaboration avec les structures nationales de riposte contre la COVID-19. Ils étaient censés analyser la situation, déterminer les questions prioritaires appelant une réponse immédiate, élaborer des stratégies claires en fonction du contexte, définir une série essentielle d’interventions pour chaque groupe concerné et recommander des options concernant la prestation de services afin d’atténuer les effets indirects de la COVID-19. 2Afrique Amériques Méditerranée orientaleEuropeAsie du Sud-Est Pacique occidental 1. Bolivie* 2. Brésil* *Niveau infranational 1. Kazakhstan 2. Roumanie 3. Tadjikistan 1. Pakistan 2. Soudan 3. Yémen 1. Afrique du Sud 2. Cameroun 3. Éthiopie 4. Nigéria 5. Ouganda 6. République démocratique du Congo 1. Bangladesh 2. Inde 3. Myanmar 4. Népal 5. Timor-Leste Figure A.1. Pays (n=19) et Régions (n=5) visés au cours de la première phase de l’Initiative La Section A offre une synthèse des informations provenant des 19 pays de l’Initiative et donne un aperçu de l’utilisation des services, des mécanismes de gouvernance et des mesures visant à assurer la continuité des services de MNCAAH, suivi d’un résumé des enseignements tirés, par le TWG national de chaque pays. La Section B qui présente les informations de chaque pays fournit de précieuses indications sur les mesures visant à favoriser la continuité des services de santé et les enseignements tirés par les autorités nationales sont communiqués aux différents pays. La notification et la diffusion de ces constatations ont favorisé le dialogue entre les décideurs et les partenaires d’exécution et encouragé la recherche de nouvelles mesures efficaces et susceptibles d’être adaptées à une plus grande échelle pour protéger la santé de la femme, du nouveau-né, de l’enfant, de l’adolescent et des personnes âgées et mettre en place des systèmes de santé résilients. Le présent rapport devrait aider les responsables de l’élaboration des politiques, les milieux universitaires et les experts de la santé mondiale souhaitant mieux connaître les mesures prises pour atténuer l’impact de la COVID-19 sur les services de MNCAAH. a a . Au Brésil, l’Initiative a été mise en œuvre dans deux municipalités : São Luís (dans l’État de Maranhão) et Pelotas (dans l’État de Rio Grande do Sul) ; dans l’État plurinational de Bolivie, elle a porté sur la municipalité d’El Alto du Département de La Paz . 32. Méthodes Le présent rapport offre un aperçu des mesures de riposte prises par chaque pays face aux problèmes survenus de mars à décembre 2020 au cours de la pandémie de COVID-19 pour assurer la prestation et l’utilisation ininterrompues des services de MNCAAH. Il fournit aussi les données sur l’utilisation de ces services tels qu’elles ont été notifiées par les systèmes nationaux d’information sur la gestion sanitaire (SIGS). Le rapport est fondé avant tout sur les informations réunies dans chacun des pays par un consultant engagé par l’OMS et chargé de collaborer avec le TWG pour la MNCAAH. Chaque mois, les consultants nationaux ont rempli un modèle formaté pour la saisie des informations essentielles, notamment sur : le fonctionnement et la composition du TWG ; les interventions mises en place dans chaque domaine sanitaire et regroupées par domaine de santé essentiela comme indiqué par l’OMS (6), et les mesures prises par les principaux partenaires d’exécution pour continuer à assurer la prestation et l’utilisation des services de MNCAAH (voir la Figure A.2). Dans chaque rapport, le consultant national notait les changements a . Planification familiale, santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant, de l’adolescent, santé des personnes âgées, nutrition, etc . apportés aux mesures précédemment signalées – suppressions, modifications ou adjonctions – et une équipe régionale examinait l’ensemble des rapports reçus. Une équipe au Siège de l’OMS, comprenant des consultants externes, a rassemblé et organisé les informations obtenues des équipes régionales et des consultants nationaux, en veillant à ce que les TWG nationaux en reçoivent régulièrement des résumés concernant en particulier les activités et politiques définies dans une base de données PATH (7), d’autres activités et les points de vue des parties prenantes recueillis grâce à l’examen de la littérature et auprès de sources sur les réseaux sociaux. Des réunions périodiques étaient organisées avec les TWG nationaux pour faire le point des progrès accomplis et des dernières informations. Il était proposé dans le cadre opérationnel d’orientation de l’Initiative qu’il reviendrait au TWG de prendre les décisions et les mesures concrètes pour assurer le maintien de la prestation et de l’utilisation des services essentiels de MNCAAH étant entendu que celui-ci devrait : être composé d’un ensemble d’acteurs représentant des perspectives diverses et respectant l’équilibre entre hommes et femmes ; se réunir régulièrement pour Figure A.2. Échange d’informations entre consultants nationaux et TWG pour la MNCAAH Dans tous les pays... • Consultants nationaux mobilisés pour mener le processus et assurer la liaison entre les Ministères de la santé, l’OMS et toutes les autres parties prenantes • Collaboration avec les TWG pour les services essentiels de MNCAAH dans le contexte de la COVID-19 ou constitution de TWG encouragée • Détermination des données clés facilitée, stratégies documentées et enseignements tirés • Enseignements définis par les TWG et diffusés dans des réunions régionales Bureaux de pays, bureaux régionaux et Siège de l’OMS Information et orientations Orientations demandées, modèles établis Objéctif : Adaptation des stratégies pour le maintien des services MNCAAH TWG Consultant national 4Figure A.3. Cadre opérationnel de l’Initiative ■ TWG représentatif ■ Lien avec la riposte contre la COVID-19 ■ Mobilisation des partenaires ■ Orientations concernant les services essentiels pendant la pandémie ■ Modes opératoires normalisés ■ Adaptation des services de santé ■ Médicaments et fournitures ■ Approvisionnement ■ Communication/mobilisation ■ Optimisation des effectifs ■ Données en temps réel / Suivi des indicateurs clés ■ Perceptions des parties prenantes ■ Modélisation ■ Mesures sociales et de santé publiqueC on te xt e de s sy st èm es d e sa nt é Gouvernance Orientations Informations pour la prise de décisions Mesures d’atténuation évaluer les informations sur la COVID-19 ; et avoir accès à des données en temps réel sur la couverture des services de MNCAAH et à des informations sur les perceptions des parties prenantes. En d’autres termes, pour prendre des décisions efficaces en vue du maintien de la prestation et de l’utilisation des services essentiels de MNCAAH, les gouvernements devaient réunir toute une série d’informations fiables (Figure A.3), à savoir : des données sur les taux d’infection par le virus de la COVID-19 ; les mesures sociales et de santé publique en place pour réduire la propagation de la pandémie ; des données sur l’utilisation des services de MNCAAH ; des informations sur les mesures prises pour atténuer les effets subis par ces services ; et les réactions des principales parties prenantes, y compris les divers groupes au sein de la population et le personnel de santé, sur les problèmes rencontrés et les mesures prises pour les atténuer. On trouvera dans les sections suivantes une synthèse des informations obtenues des 19 pays de l’Initiative sur chacun des points visés dans la Figure A.3. Chaque section reflète également le contenu du résumé régional, s’il est disponible. Les rapports présentés par chaque pays dans la Section B offrent plus de précisions. Pour certains pays, on ne dispose pas de toutes les informations, le nombre de pays visé étant précisé dans le texte. 5* Le nombre de cas de COVID-19 est indiqué sur une échelle logarithmique . * Le nombre de cas de COVID-19 est indiqué sur une échelle logarithmique . * Le nombre de cas de COVID-19 est indiqué sur une échelle logarithmique . 3. Synthèse et intégration des données des pays 3.1 Tendances relatives à la COVID-19 dans les pays de l’Initiative Les Figures A.4 – A.8 montrent les tendances concernant le nombre de cas de COVID-19 dans les pays de l’Initiative de mars à décembre 2020 et illustrent la sévérité de la pandémie et l’évolution progressive de la charge de morbidité. Comme indiqué dans chacune des figures, il n’est question que des cas confirmés, sous la forme de la moyenne mobile sur sept jours. Le nombre réel des cas dans chaque pays est très probablement plus élevé, en partie à cause des capacités de dépistage variables d’un pays à l’autre. Les tendances de la COVID-19 dans les pays de la Région africaine (Figure A.4) prennent la forme d’une série de vagues plus ou moins prononcées. Les différences entre les six pays de la Région étaient plus marquées que dans toutes les autres Régions quant au nombre de cas de COVID-19 et aux tendances au cours de la période de 10 mois. L’Afrique du Sud a été un des pays les plus durement touchés par la pandémie et la figure montre bien les pics enregistrés vers la fin juin ainsi qu’en décembre 2020. Dans les autres pays de la Région, le nombre de cas rapporté à la population est resté faible jusqu’en juin 2020, pour fluctuer ensuite avec des vagues successives. Le pic du nombre de cas de COVID-19 dans les pays a été atteint à des moments différents au cours de 2020, une configuration qui n’a été observée que dans la Région africaine. Figure A.4. Nombre quotidien de nouveaux cas confirmés de COVID-19 par million d’habitants dans six pays de la Région africaine, de mars à décembre 2020 (moyennes mobiles sur sept jours)* (8,9) Dans la Figure A.6, les courbes concernant le Pakistan, le Soudan et le Yémen présentent des points d’inflexion semblables. Le nombre de cas est plus élevé au Pakistan qu’au Soudan et il est le plus faible au Yémen. Tous les pays de la Région de la Méditerranée orientale semblent avoir atteint leur pic de nouveaux cas confirmés par jour vers le 20 juin 2020. Figure A.6. Nombre quotidien de nouveaux cas confirmés de COVID-19 par million d’habitants dans trois pays de la Région de la Méditerranée orientale, de mars à décembre 2020 (moyennes mobiles sur sept jours)* (8,9) En examinant les tendances des cas de COVID-19 dans les deux pays de la Région des Amériques (Figure A.5), on constate que les deux courbes sont semblables, avec des vagues simultanées en août et en décembre 2020. Le Brésil, le plus grand des 19 pays de l’Initiative, est aussi l’un des plus touchés par la pandémie. L’Initiative a été menée au niveau infranational dans l’État plurinational de Bolivie et au Brésil. On trouvera les informations sur les tendances relatives à la COVID-19 par municipalité dans ces pays dans les résumés de la Section B. Figure A.5. Nombre quotidien de nouveaux cas confirmés de COVID-19 par million d’habitants dans deux pays de la Région des Amériques, de mars à décembre 2020 (moyennes mobiles sur sept jours)* (8,9) 4 mars 2020 30 avril 2020 19 juin 2020 8 août 2020 27 sep. 2020 31 déc. 2020 1 mars 2020 30 avril 2020 19 juin 2020 8 août 2020 27 sep. 2020 16 nov. 2020 31 déc. 2020 2 mars 2020 30 avril 2020 19 juin 2020 8 août 2020 27 sep. 2020 16 nov. 2020 31 déc. 2020 6* Le nombre de cas de COVID-19 est indiqué sur une échelle logarithmique . * Le nombre de cas de COVID-19 est indiqué sur une échelle logarithmique . Le Pakistan et le Soudan ont tous deux subi un nouveau pic de cas simultanément en décembre ; par rapport à la première vague qui a culminé en juin 2020, le second pic a été moins prononcé au Pakistan, mais plus prononcé au Soudan. Dans la Région européenne, la Roumanie, le Kazakhstan et le Tadjikistan ont été affectés de manières différentes par la pandémie de COVID-19, comme l’illustre la Figure A.7. Le Kazakhstan a connu un premier pic vers fin juin 2020 ; en Romanie, le nombre de cas a dépassé celui du Kazakhstan en août, puis fortement augmenté vers fin novembre 2020. Les cas notifiés au Tadjikistan sont restés à un niveau régional relativement faible et stable avec une légère augmentation en mai 2020. Figure A.7. Nombre quotidien de nouveaux cas confirmés de COVID-19 par million d’habitants dans trois pays de la Région européenne, de mars à décembre 2020 (moyennes mobiles sur sept jours)* (8,9) Par rapport aux quatre autres Régions de l’Initiative, les effets de la pandémie en 2020 ont été ressentis plus tardivement dans les pays de la Région de l’Asie du Sud-Est (Figure A.8). Le Bangladesh et le Népal ont été touchés par une première vague à mi-juin 2020. Par la suite, le nombre de cas confirmés au Bangladesh a diminué, puis est resté relativement faible pendant le reste de l’année. En Inde, le pic a été atteint dans la deuxième moitié de septembre, alors qu’au Myanmar il s’est situé entre août et septembre. Parmi les pays de la Région, le Népal a enregistré le taux de nouveaux cas quotidiens confirmés le plus élevé, avec un maximum en novembre, suivi de plusieurs pics moins prononcés quand le nombre de nouveaux cas a commencé à baisser vers la fin de l’année. Tout au long de 2020, le petit pays insulaire du Timor-Leste a notifié un faible nombre de cas de COVID-19. Figure A.8. Nombre quotidien de nouveaux cas confirmés de COVID-19 par million d’habitants dans cinq pays de la Région de l’Asie du Sud-Est, de janvier à décembre 2020 (moyennes mobiles sur sept jours)* (8,9) 3.2 Utilisation des services L’équipe de l’OMS et les consultants nationaux ont collaboré avec les Ministères de la santé pour définir et répertorier les indicateurs permettant de suivre les effets de la COVID-19 sur les services essentiels de santé reproductive, de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et en matière de nutrition, selon les orientations récemment publiées de l’OMS (6). Certains pays ont ensuite intégré ces indicateurs essentiels à leur SIGS et à un suivi systématique, ce qui a aidé leur TWG à examiner les données relatives aux perturbations des services de santé essentiels et à prendre les décisions voulues en connaissance de cause. Des exemples de données et de tableaux ont été proposés pour certains indicateurs et pays, lorsque les informations étaient disponibles. 2 mars 2020 30 avril 2020 19 juin 2020 8 août 2020 27 sep. 2020 16 nov 2020 31 déc. 2020 30 jan. 2020 30 avril 2020 19 juin 2020 8 août 2020 27 sep. 2020 16 nov. 2020 31 déc. 2020 7Figure A.9. Contacts pour soins prénatals dans neuf pays* * Certains pays n’ont pas fourni d’informations jusqu’en décembre 2020 . 0 20 000 40 000 60 000 80 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan CAMEROUN Nombre de contacts pour soins prénatals 20202019 0 200 000 400 000 600 000 800 000 1 000 000 1 200 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Nombre de contacts pour soins prénatals assurés 20202019 0 100 000 200 000 300 000 400 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan ÉTHIOPIE Nombre de femmes enceintes ayant bénéficié d’une première consultation de soins prénatals 20202019 0 500 000 1 000 000 1 500 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan NIGÉRIA Nombre de consultations de soins prénatals 20202019 0 200 000 400 000 600 000 800 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan PAKISTAN Nombre de contacts pour soins prénatals assurés 20202019 0 50 000 100 000 150 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan AFRIQUE DU SUD Nombre de contacts pour soins prénatals assurés 20202019 0 200 000 400 000 600 000 800 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan OUGANDA Nombre de contacts pour soins prénatals assurés 20202019 0 10 000 20 000 30 000 40 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan YÉMEN Nombre de contacts pour soins prénatals assurés 20202019 0% 25% 50% 75% 100% Q4Q3Q2Q1 SOUDAN % des femmes ayant bénéficié d’une première consultation de soins prénatals 20202019 Contacts pour soins prénatals Dans neuf pays pour lesquels on disposait de données, le nombre indiqué de contacts de soins prénatals dispensés en 2020 dans des établissements du secteur public a subi des variations (Figure A.9). Dans certains, comme l’Éthiopie, elles étaient minimes entre 2019 et 2020. Au cours d’une partie de 2020, le nombre de ces contacts a été plus élevé que pendant la période correspondante de 2019 dans des pays comme l’Afrique du Sud, l’Ouganda et la République démocratique du Congo. Ailleurs, comme au Nigéria ou au Pakistan, le nombre de ces contacts dans des établissements publics a d’abord diminué par rapport à 2019, puis augmenté au cours de 2020. Au Soudan et au Yémen, le nombre des contacts en 2020, même en fin d’année, n’a jamais retrouvé le niveau de 2019. 8Figure A.10. Naissances en établissement dans neuf pays* * Certains pays n’ont pas fourni d’informations jusqu’en décembre 2020 . 0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 100 000 200 000 300 000 400 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 50 000 100 000 150 000 200 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 50 000 100 000 150 000 200 000 250 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 20 000 40 000 60 000 80 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 120 000 Q4Q3Q2Q1 0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 120 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 2000 4000 6000 8000 10 000 12 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan CAMEROUN Nombre de naissances en établissement RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Nombre de naissances en établissement ÉTHIOPIE Nombre de naissances en présence de personnel qualifié en établissement NIGÉRIA Nombre de naissances en établissement PAKISTAN Nombre de naissances en établissement AFRIQUE DU SUD Nombre de naissances en établissement SOUDAN Nombre de naissances en établissement OUGANDA Nombre de naissances en établissement YÉMEN Nombre de naissances en établissement 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 Naissances en établissement Dans neuf pays, le nombre de naissances dans les établissements publics notifié par le SIGS a varié entre 2019 et 2020 (Figure A.10). Des pays comme l’Afrique du Sud, le Cameroun, l’Éthiopie, l’Ouganda ou la République démocratique du Congo ont fait état de changements limités ou nuls tout au long de 2020, avec même parfois des chiffres en légère hausse dans certains pays par rapport à la période correspondante de 2019. Ailleurs comme au Pakistan ou au Yémen, le nombre de naissances en établissement en 2020 a diminué en cours d’année, pour retrouver ensuite le niveau de 2019 en fin d’année. Au Nigéria et au Soudan, le nombre de naissances en fin d’année n’a pas retrouvé le niveau de 2019. 9Demande de soins pour une infection respiratoire aiguë chez des enfants de moins de cinq ans Le nombre d’enfants de moins de cinq ans qu’on a cherché à faire soigner pour une infection respiratoire aiguë (IRA) dans un établissement public a varié dans les huit pays ayant fourni des données à ce sujet (Figure A.11). La République démocratique du Congo a fait état de changements minimes, mais une augmentation a été signalée au Yémen en 2020. Ailleurs, le nombre de ces enfants a diminué en 2020 sans retrouver le niveau de 2019 en fin d’année. Ces constatations appellent un certain nombre d’observations. Tout d’abord, les données sont présentées sans aucune indication sur l’exhaustivité des rapports des SIGS ou sur la qualité des données. On ignore si les mêmes établissements ont notifié des chiffres chaque mois. Les données représentent les services dispensés dans des établissements publics et l’on ne voit pas bien si les services ont été totalement interrompus ou simplement transférés à un établissement du secteur privé et/ou remplacés par des soins à domicile ou des soins au niveau communautaire. Enfin, en ce qui concerne les enfants qu’on a cherché à faire soigner pour une IRA, on ne sait pas si la diminution du nombre de consultations a été due à des interruptions de services consécutives à la COVID-19 ou si c’est la charge de morbidité qui a régressé du fait du port du masque, du lavage des mains plus fréquent et des restrictions apportées aux interactions publiques. Une analyse plus approfondie des données, portant par exemple sur les seuls établissements ayant régulièrement fourni un rapport mensuel, ainsi qu’une évaluation de la qualité des données s’imposent pour mieux comprendre les changements dans l’utilisation des services de MNCAAH. Figure A.11. Demande de soins contre les IRA de l’enfant dans huit pays* * Certains pays n’ont pas fourni d’informations jusqu’en décembre 2020 . 0 100 000 200 000 300 000 400 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 100 000 200 000 300 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 10 000 20 000 30 000 40 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 50 000 100 000 150 000 200 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 5000 10 000 15 000 20 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0% 25% 50% 75% 100% Q4Q3Q2Q1 0 500 1000 1500 2000 2500 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan 0 2000 4000 6000 8000 10 000 décnovoctsepaoûjuijunmaiavrmarfévjan RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Nombre d’enfants arrivant dans un établissement avec un signe d’IRA ÉTHIOPIE Nombre d’enfants de moins de 5 ans traités pour une pneumonie NIGÉRIA Nombre d’enfants de moins de 5 ans atteints de pneumonie ayant reçu des antibiotiques PAKISTAN Nombre d’enfants de moins de 5 ans traités pour une pneumonie AFRIQUE DU SUD Nombre de nouveaux cas de pneumonie chez des enfants de moins de 5 ans OUGANDA Nombre d’enfants de moins de 5 ans atteints d’IRA sévère arrivant dans un établissement SOUDAN % d’enfants de moins de 5 ans arrivant dans un établissement atteints de pneumonie YÉMEN Nombre d’enfants de moins de 5 ans atteints d’IRA vus dans un établissement 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 20202019 10 3.3 Mécanismes de gouvernance Les TWG mis sur pied, réactivés ou nouvellement formés ont joué un rôle clé dans l’élaboration des mesures de nombreux pays visant à atténuer les effets de la pandémie de COVID-19 sur la continuité des services de MNCAAH. Le rôle que les TWG nationaux étaient censés remplir est décrit plus haut dans l’Encadré 1 et dans la Figure A.2. S’il a été possible pour certains pays de recentrer leur action et/ou de se servir d’un TWG préexistant avant le premier cas de COVID-19 sur leur territoire, d’autres ne s’en sont pas dotés avant le dernier trimestre de 2020. Les divers aspects du fonctionnement des TWG nationaux dans les différents pays sont passés en revue dans cette section. Établissement des TWG pour la MNCAAH Cinq pays disposaient d’un TWG pour la MNCAAH avant la pandémie et 10 autres ont établi le leur dans le cadre de la riposte à la COVID-19. Les TWG sont devenus opérationnels à différents moments dans le courant de 2020 (voir la Figure A.12), un des pays concernés n’ayant toutefois pas précisé quand. Certains rapports de pays laissaient entendre qu’une restructuration de leur TWG était prévue et en cours avant la pandémie. Dans ces pays, toutes les mesures du TWG (restructuration et réunions) n’avaient pas nécessairement un lien direct avec la pandémie, mais résultaient plutôt d’une réorientation administrative prévue antérieurement. 0 1 2 3 4 5 Date inconnue Quatrième trimestre 2020 Troisième trimestre 2020 Deuxième trimestre 2020 Premier trimestre 2020 Existait avant la pandémie Number of countries Fréquence des réunions des TWG Des données sur la fréquence prévue des réunions de leur TWG ont été fournies par 13 pays. Au départ, la fréquence indiquée allait de « selon les besoins » (ce qui avait tendance à signifier souvent) à une fois par mois et une fois par trimestre en passant par « au moins une fois par semaine » (voir la Figure A.13). En ce qui concerne certains TWG, la fréquence des réunions a évolué au fil du temps souvent en fonction du nombre de cas de COVID-19. Les réunions se sont déroulées en présentiel ou en ligne, selon les taux d’infection et les mesures sociales ou de santé publique en vigueur. Les réunions prévues n’ont pas toujours pu avoir lieu en raison de la maladie ou de l’indisponibilité d’un ou plusieurs membres du TWG ou d’autres perturbations. Figure A.13. Fréquence prévue des réunions des TWG (N=13) 0 1 2 3 4 5 Une fois par trimestre Une fois par mois Au moins une fois par semaine Selon les besoins Figure A.12. Date à laquelle les TWG pour la MNCAAH sont devenus opérationnels, par trimestre (N=15) 11 Représentation au sein des TWG Seuls six pays ont fourni des données sur la composition de leur TWG, par type d’organisation (voir la Figure A.14). Les organismes représentés dans les TWG varient d’un pays à l’autre, même si tous assuraient une certaine diversité. Le gouvernement national, les organisations de la société civile et le système des Nations Unies étaient représentés dans tous les TWG. Sauf au Népal et au Pakistan, la proportion des représentants des autorités locales était généralement faible. Dans l’ensemble des TWG visés, les établissements universitaires, les associations professionnelles et les donateurs étaient sous-représentés aussi bien en pourcentage que selon le nombre des membres. Aucun pays n’a fait part d’une représentation du secteur privé au sein de son TWG. Deux pays ont fourni des données sur la répartition entre hommes et femmes au sein de leur TWG. La République démocratique du Congo (n=5) et le Yémen (n=13) comptaient respectivement 33,3 % et 43,3 % de femmes, le genre de 6,7 % des membres (n=2) n’étant pas spécifié. Figure A.14. Représentation au sein des TWG par type d’organisation (N=6) 0 10 20 30 40 50 60 70 YémenRép. dém. du Congo PakistanOugandaNépalMyanmar Gouvernement national Gouvernement régional Secteur privé Experts indépendants Établissements universitaires Organisations de la société civile Associations professionnelles Organismes des Nations Unies Donateurs 15 8 2 5 30 19 1 1 3 1 4 1 1 13 5 4 1 3 20 2 2 14 2 38 7 7 15 2 3 4 71 10 23 5 8 5 7 8 5 12 3.4 Politiques et orientations Les rapports mensuels types complétés par les consultants nationaux comprenaient des informations sur les documents d’orientation établis et les mesures prises pour assurer la continuité de la prestation et de l’utilisation des services de MNCAAH. L’équipe du Siège de l’OMS a regroupé ces informations en les rapportant à celles fournies par le PATH COVID-19 EHS policy tracker (7). Les principales mesures prises par les partenaires d’exécution, notamment les parties prenantes, les prestataires privés et les acteurs non gouvernementaux (ONG, organisations de la société civile, organisations confessionnelles et groupes communautaires) ont également été précisées. Les politiques et orientations par groupe cible des services de MNCAAH sont indiquées au Tableau A.1 alors que les Tableaux A.2 à A.6 comprennent les mesures prises par les partenaires d’exécution. Tableau A.1. Domaines visés dans les politiques et orientations sur le maintien de la prestation et de l’utilisation des services essentiels de MNCAAH (N=19) Planification familiale Santé maternelle Santé du nouveau-né Santé de l’enfant Santé de l’adolescent Afrique du Sud x x x x x Bangladesh x x x x Bolivie (État pluri-national de) x x Brésil x x x x Cameroun x x x x x Éthiopie x x x x x Inde x x x x x Kazakhstan Myanmar x x x Népal x x x x x Nigéria x x x x x Ouganda x x x x x Pakistan x x x x République démocratique du Congo x x x x x Roumanie Soudan x x x x Tadjikistan Timor-Leste x x x x x Yémen x x x Note : Les domaines indiqués reflètent les informations tirées du PATH COVID-19 EHS policy tracker (7) et des rapports mensuels des consultants nationaux . Les orientations fournies par le Kazakhstan, la Roumanie et le Tadjikistan n’ont pu être rattachées à l’un de ces domaines . 13 3.5 Informations visant à faciliter la prise de décisions Suivi de l’utilisation des services de MNCAAH Les pays ont été progressivement dépassés par l’ampleur de la pandémie et la complexité de la riposte qu’elle appelait. Face à la nécessité de disposer de données permettant de mieux faire prendre conscience de la désorganisation des services non liés à la COVID, divers sondages ont été réalisés pour « prendre le pouls » de la situation – un représentant du Ministère de la Santé (informateur clé) étant souvent prié d’indiquer sa perception de l’étendue et des causes de la désorganisation de certains services spécifiques. L’équipe du Siège de l’OMS a rassemblé les données liées aux services de MNCAAH issues des sondages effectués dans chacun des pays de l’Initiative en les communiquant aux différents consultants nationaux. En raison des limites caractérisant les sondages effectués auprès des informateurs clés et de la nécessité de disposer de données plus récentes, l’équipe de l’OMS et les consultants nationaux ont collaboré avec chacun des Ministères de la santé concernés pour analyser les données systématiques du SIGS national. Chaque équipe de pays a choisi une série d’indicateurs sur la base de ce qui était déjà notifié dans leur propre système national et de leur utilité dans le contexte concerné. Les indicateurs prioritaires retenus reflétaient ceux qui figuraient sur une liste plus étendue recommandée dans une publication de l’OMS (10). Les équipes de pays ont examiné les tableaux permettant de visualiser l’évolution mensuelle des données du SIGS national sur l’utilisation de services de MNCAAH déterminés en 2020 comparativement aux périodes de notification correspondantes de 2019 et des années précédentes, si elles étaient disponibles. Les résultats ont été présentés aux TWG pour contribuer à la prise de décisions. Certains pays ont participé à l’élaboration d’un modèle risques-avantages en utilisant l’outil LiST des vies sauvées (11) pour obtenir une projection de l’impact potentiel de la riposte nationale à la COVID-19 sur la couverture des services essentiels. Cette modélisation s’est souvent avérée utile pour préconiser des mesures visant à protéger les services de MNCAAH. Plusieurs des problèmes rencontrés concernant l’accès aux données systématiques, à leur analyse et à leur utilisation étaient communs aux différents pays participant à l’Initiative. Dans la plupart des cas, ils existaient déjà avant la pandémie. Il s’agissait notamment de la qualité des données, des possibilités limitées de les ventiler, de l’intégration insuffisante au SIGS national des données de santé communautaire et du secteur privé, de difficultés d’accès et d’une compréhension imparfaite de l’exploitation des données pour la planification, l’établissement des priorités et la prise de décisions. Les SIGS ont eux aussi été perturbés par la pandémie. C’est ainsi que la notification périodique des services de santé pour l’actualisation et l’amélioration des bases de données a été interrompue et que l’établissement des rapports ne concernant pas la COVID-19 a également été affecté. Tous les pays ont mentionné parmi les besoins à satisfaire le renforcement des SIGS et de la capacité nationale d’analyser et d’interpréter les données et d’améliorer leur qualité et leur utilisation aux niveaux national et infranational. Les points de vue des parties prenantes Jugés importants pour la prise de décisions, les systèmes actuels ne sont cependant pas conçus pour refléter de manière satisfaisante l’utilisation et les expériences des services de santé. Des universités de deux des pays de l’Initiative (le Brésil et l’Ouganda) ont été chargées de réaliser des études visant à déterminer les points de vue des femmes et des agents de santé en matière de soins. En Ouganda, les informateurs clés se sont entretenus avec sept experts techniques, parmi lesquels figuraient des représentants du Ministère de la santé, d’USAID et des partenaires d’exécution concernant les stratégies et innovations visant à assurer la continuité des services de santé. Le Pakistan a produit six vidéos sur les positions des parties prenantes et l’OMS a fait établir des rapports sur neuf pays, qu’elle a communiqués aux TWG, concernant les résultats d’une enquête mondiale des professionnels de la santé de la mère et du nouveau-né (12) et leurs expériences pendant la pandémie. Réunion nationale des parties prenantes – décembre 2020 Photo : Bureau de l’OMS au Bangladesh 14 3.6 Mesures prises pour assurer le maintien de la prestation et de l’utilisation des services essentiels de MNCAAH Les types de mesures prises par les pays pour assurer la continuité des services dans les différents domaines sanitaires sont présentés aux Tableaux A.2a et A.2b qui indiquent le nombre des pays ayant pris au moins une mesure dans un domaine de services. Il ressort des tableaux que d’une manière générale les pays ont pris davantage de mesures pour préserver les services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et les services de planification familiale qu’en faveur des services destinés à d’autres groupes de la population. Relativement peu de mesures ont concerné les services destinés aux personnes âgées. Les Tableaux A.2a et A.2b montrent aussi que dans l’ensemble des domaines sanitaires les stratégies le plus souvent employées étaient la télésanté et la technologie numérique, les services communautaires et mobiles, ainsi que la sensibilisation communautaire et dans les médias pour mieux faire prendre conscience des problèmes d’accès aux services et apporter des conseils en matière de santé. Les informations contenues aux Tableaux A.2a, A.2b et A.3 sont tirées des rapports mensuels des consultants nationaux. Tableau A.2a. Nombre et types de mesures visant à assurer le maintien de la prestation et de l’utilisation des services essentiels de MNCAAH (N=17)* * Afrique du Sud, Bangladesh, Bolivie (État plurinational de), Cameroun, Éthiopie, Inde, Myanmar, Népal, Nigéria, Ouganda, Pakistan, République démocratique du Congo, Roumanie, Soudan, Tadjikistan, Timor-Leste et Yémen Planification familiale Santé de la mère et du nouveau-né Santé de l’enfant et de l’adolescent Santé des personnes âgées Ensemble des services de MNCAAH Médicaments, équipement et fournitures Extension des prescriptions 6 1 2 Suivi, achats et prestation (y compris logistique) 8 1 1 2 Autres options concernant la contraception 10 Mesures propres à faciliter la mobilité Mesures concernant la mobilité 3 1 4 Adaptation des services de santé Modification du calendrier, de la fréquence et de l’offre de services 7 2 Restrictions concernant le nombre de soignants et de patients dans les séances en groupe et les établissements 3 Horaires prolongés, rattrapage et dispositions spéciales 2 2 Mesures relatives à l’intégration des services 2 3 1 Modification des protocoles 5 1 Structure de prestation des services Équipes mobiles + services communautaires/ porte-à-porte 7 8 7 1 4 Transfert des services à des structures de niveau inférieur 3 4 3 Sécurité des patients Lutte anti-infectieuse dans les établissements, EPI pour les soignants 11 2 7 Triage, dépistage et isolement 6 5 15 * Afrique du Sud, Bangladesh, Bolivie (État plurinational de), Cameroun, Éthiopie, Inde, Myanmar, Népal, Nigéria, Ouganda, Pakistan, République démocratique du Congo, Roumanie, Soudan, Tadjikistan, Timor-Leste et Yémen Planification familiale Santé de la mère et du nouveau-né Santé de l’enfant et de l’adolescent Santé des personnes âgées Ensemble des services de MNCAAH Télésanté et technologie numérique Téléconsultations, numéros verts/ plateformes sur les réseaux sociaux, conseils et appui 8 8 8 2 5 Applications mobiles/ plateformes en ligne pour la formation + appui aux agents de santé/ information 2 5 1 9 Suppression des obstacles financiers à l’accès Bons, fournitures/services gratuits 1 3 3 Optimisation des capacités du personnel de santé Recrutement et formation 3 2 6 Redistribution des capacités du personnel de santé (redéploiement et partage des tâches) 3 Incitations 5 Appui (bien-être mental, mobilité) 5 Stratégies de communication (MNCAAH) Diffusion d’émissions, messages écrits et sur les réseaux sociaux 3 2 1 8 Sensibilisation communautaire (ONG, bénévoles, pairs, agents de santé communautaires) 2 1 1 1 4 Tableau A.2b. Nombre et type de mesures mentionnées visant à maintenir la prestation et l’utilisation des services essentiels de MNCAAH (N=17)* 16 On trouvera dans le Tableau A.3 un résumé des types les plus courants de mesures prises par 17 pays pour maintenir les services de MNCAAH. La télésanté et la technologie numérique comme moyen de dispenser les services ont été adoptées par la quasi-totalité des pays, de même que les mesures de lutte anti-infectieuse en établissement et la fourniture de l’équipement de protection individuelle (EPI) aux agents de santé. Elles étaient suivies de près par le recrutement et la formation de nouveaux agents, les stratégies de communication et le recours plus fréquent aux agents de santé communautaire et aux équipes mobiles pour la prestation des services. Comme indiqué dans la partie A.2 Méthodes, de décembre à janvier les TWG nationaux ont répondu à une série de questions, notamment sur les mesures qui leur semblaient avoir été les plus importantes pour préserver la continuité des services de MNCAAH et sur celles qui selon eux seraient probablement maintenues ou au contraire abandonnées après la pandémie. Ces réponses (Tableaux A.4 à A.6) donnent une indication de la manière dont l’impact des mesures était perçu, en attendant les résultats d’évaluations plus structurées. Tableau A.3. Mesures les plus courantes pour le maintien de la prestation et de l’utilisation des services essentiels de MNCAAH (N=17)* Domaine visé par les mesures d’atténuation Nombre de pays ayant indiqué avoir pris ce type de mesures Téléconsultations, numéros verts/plateformes sur les réseaux sociaux pour le conseil et le soutien 15 Lutte anti-infectieuse dans les établissements, fourniture d’EPI aux soignants 15 Recrutement et formation d’agents de santé (y compris en ligne) 14 Sensibilisation à l’information dans les médias et la communauté 14 Équipes mobiles et prestations dans la communauté/porte-à-porte 13 * Afrique du Sud, Bangladesh, Bolivie (État plurinational de), Cameroun, Éthiopie, Inde, Myanmar, Népal, Nigéria, Ouganda, Pakistan, République démocratique du Congo, Roumanie, Soudan, Tadjikistan, Timor-Leste et Yémen Tableau A.4a. Mesures considérées comme les plus importantes pour maintenir la prestation et l’utilisation des services essentiels de MNCAAH (N=17)* Les cinq mesures mentionnées comme étant les plus importantes pour assurer la continuité des services Santé numérique pour la prestation de services : téléconsultations, numéros verts, applications mobiles Gestion et suivi réguliers des données sur la continuité des services de santé essentiels Mise en place et maintien de moyens de communication pour l’information concernant la santé et les risques sur les réseaux sociaux et grâce à la technologie numérique Modules de formation en ligne aux nouveaux protocoles cliniques (soins obstétricaux, soins du nouveau-né et nutrition, par exemple) Renforcement de la lutte anti-infectieuse dans tous les services * Afrique du Sud, Bangladesh, Bolivie (État plurinational de), Cameroun, Éthiopie, Inde, Myanmar, Népal, Nigéria, Ouganda, Pakistan, République démocratique du Congo, Roumanie, Soudan, Tadjikistan, Timor-Leste et Yémen 17 Tableau A.4b. Mesures jugées les plus importantes pour maintenir la prestation et l’utilisation des services essentiels de MNCAAH (N=17) Région A fr iq ue A m ér iq ue s A si e du Su d- Es t Eu ro pe M éd ite rr an ée or ie nt al e Pays A fr iq u e d u S u d C am er o u n Ét h io p ie N ig ér ia O u g an d a R ép . d ém . d u C o n g o B o liv ie B an g la d es h In d e M ya n m ar N ép al Ti m o r- Le st e R o u m an ie Ta jik is ta n Pa ki st an So u d an Y ém en Maintien des produits pour la MNCAAH x x x x x Moyens numériques et réseaux sociaux pour l’information sanitaire et la communication sur les risques x x x x x x x Rééchelonnement des consultations (intervalles plus longs, par exemple) x x x Modification des tâches et formation complémentaire du personnel de santé x x x x Santé numérique, par exemple numéros verts, applications mobiles et téléconsultations x x x x x x x x x x x x x x Modules de formation en ligne aux nouveaux protocoles cliniques x x x x x x x Mobilisation du TWG sous la conduite du Ministère de la santé x x x x Renforcement de la lutte anti-infectieuse dans tous les services x x x x x x Gestion et suivi réguliers des données x x x x x x x x x Tableau A.5. Mesures considérées comme ayant le plus de chances d’être maintenues après la pandémie (N=17) Région A fr iq ue A m ér iq ue s A si e du Su d- Es t Eu ro pe M éd ite rr an ée or ie nt al e Pays A fr iq u e d u S u d C am er o u n Ét h io p ie N ig ér ia O u g an d a R ép . d ém . d u C o n g o B o liv ie B an g la d es h In d e M ya n m ar N ép al Ti m o r- Le st e R o u m an ie Ta jik is ta n Pa ki st an So u d an Y ém en Maintien des produits pour la MNCAAH x x Moyens numériques et réseaux sociaux pour l’information sanitaire et la communication sur les risques x x Rééchelonnement des consultations (intervalles plus longs, par exemple) Modification des tâches et formation complémentaire du personnel de santé Santé numérique, par exemple numéros verts, applications mobiles et téléconsultations x x x x x x x x x x x x Modules de formation en ligne aux nouveaux protocoles cliniques x x x x Mobilisation du TWG sous la conduite du Ministère de la santé x Renforcement de la lutte anti-infectieuse dans tous les services x Gestion et suivi réguliers des données x x x x x x Gouvernance, intégration de la MNCAAH dans la riposte à la COVID-19 par exemple x x 18 Tableau A.6. Mesures considérées comme ayant le plus de chances d’être abandonnées après la pandémie (N=17) Région A fr iq ue A m ér iq ue s A si e du Su d- Es t Eu ro pe M éd ite rr an ée or ie nt al e Pays A fr iq u e d u S u d C am er o u n Ét h io p ie N ig ér ia O u g an d a R ép . d ém . d u C o n g o B o liv ie B an g la d es h In d e M ya n m ar N ép al Ti m o r- Le st e R o u m an ie Ta jik is ta n Pa ki st an So u d an Y ém en Gouvernance et coordination multisectorielle de l’équipe spéciale pour le maintien des services essentiels x x x x Réduction du nombre de consultations dans les établissements et des contacts en présentiel pour les soins de santé x x x Élaboration de lignes directrices thématiques spécifiques dans le contexte de la COVID-19 x x x Dépistage de la COVID-19 dans les groupes vulnérables (enfants et femmes enceintes) x x Prestation de services de MNCAAH par des équipes communautaires mobiles x x x Zones désignées pour l’isolement et le triage et structures contre la COVID-19 x x x Consultations à domicile utilisées comme stratégie de prestation des soins de santé essentiels x x Tableau de suivi de la COVID-19 et des données systématiques sur les services de MNCAAH x x Prestation de services en ligne (soins prénatals et postnatals et planification familiale) x x Il ressort des mesures notifiées que des solutions de rechange ont été utilisées face aux problèmes d’accès aux services et à l’insuffisance des effectifs, notamment les innovations numériques et la télésanté ainsi que la prestation de services par des équipes mobiles et par des agents de santé communautaire. Ces derniers offraient aussi de précieuses solutions de rechange en termes de prestations de proximité et de sensibilisation. Dans les pays qui faisaient déjà largement appel à eux, leur redéploiement pour les tests et la recherche des contacts afin d’endiguer l’épidémie a eu pour effet de réduire leur capacité d’assurer des services de MNCAAH. La plupart des pays ont eu recours au recrutement et à la formation d’agents supplémentaires de l’ensemble des catégories, même si certains ont évoqué des difficultés à pourvoir les postes et à fidéliser les soignants. Ce sont là des problèmes liés au contexte préexistant qui ont souvent été exacerbés par le volume de travail accru consécutif à la pandémie. Le recours à la technologie numérique pour la prestation des services est une des solutions qui s’est vraiment imposée pendant la pandémie. Vu l’importance qui lui est accordée par la plupart des pays, il semble bien que la pandémie ait servi d’accélérateur pour l’adoption de nouvelles technologies. Le questionnaire de synthèse contenait une section sur les stratégies que les pays n’entendaient pas poursuivre après la pandémie, même si elles étaient jugées importantes pour les plans de préparation aux situations d’urgence ou en cas de désorganisation des services pour d’autres motifs. Le Tableau A.6 comprend les stratégies à abandonner qui ont le plus souvent été mentionnées, bien que les pays soient plus enclins à définir et évoquer celles qui avaient plutôt des chances d’être poursuivies. 19 Quatre pays (le Bangladesh, le Cameroun, l’Éthiopie et le Pakistan) ont fait part de leur intention de dissoudre les équipes spéciales et comités de haut niveau et multisectoriels visant à atténuer de manière générale les effets de la COVID-19 sur les services de santé essentiels et assurer leur continuité. Ces pays ont motivé l’abandon prévu de ces mécanismes de coordination après la pandémie par la disparition des besoins. Une autre adaptation des stratégies consistait à élaborer des lignes directrices pour différents domaines de santé dans le contexte de la COVID-19, comme les modes opératoires normalisés (MON) relatifs à la MNCAAH et à la formation du personnel au Pakistan ; les critères à suivre pour le diagnostic et le traitement de la malnutrition au Yémen ; et les pratiques de dépistage ainsi que le port du masque et la distanciation physique pour la prestation des services en Éthiopie. Parmi d’autres stratégies mentionnées, on peut noter celles liées à la prévention de la COVID-19 dans les structures de soins ; la réduction du nombre de consultations en établissement et de contacts physiques ; la désignation de zones spécifiques dans les établissements et des structures distinctes pour le triage et l’isolement des cas de COVID-19 ; les équipes mobiles dans la communauté ; les visites à domicile ; et les consultations en ligne assurées par les services de MNCAAH. Parmi les raisons indiquées pour l’abandon des mesures figurent les contraintes liées à leur maintien et à l’allocation des ressources et le fait que certaines des stratégies visaient à faire face à des situations d’urgence pendant la pandémie et avaient une vocation temporaire. 3.7 Synthèse des enseignements à tirer de l’expérience des pays Cette synthèse est fondée sur les réflexions des TWG des 19 pays de l’Initiative concernant les leçons à tirer des mesures visant à atténuer les effets de la COVID-19 sur la prestation et l’utilisation des services de MNCAAH. Ces principales leçons découlent des réponses au questionnaire de synthèse et ont été précisées le plus souvent lors d’ateliers régionaux (voir la Section A.2 Méthodes). Mécanismes de gouvernance Un thème récurrent dans les rapports de 19 pays concernait la difficulté d’intégrer les programmes de santé aux comités de riposte à la COVID-19 et aux mécanismes de coordination, retardant ainsi leur contribution au maintien des services de MNCAAH et leurs efforts pour l’assurer. Une riposte coordonnée en situation d’urgence était jugée essentielle, de même que l’équipe de gestion de l’incident, les départements des systèmes de santé, des programmes relatifs au parcours de vie et à des maladies déterminées ainsi que des partenaires d’exécution. On estimait aussi que des enseignements similaires relatifs au renforcement de la communication et de la collaboration étaient applicables au sein de l’OMS (par exemple dans le cadre du Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire, Services de santé essentiels – Pilier 9 (13) et de secteurs de programmes de santé spécifiques). Dans l’ensemble, l’adoption d’une approche faisant intervenir l’ensemble des pouvoirs publics est apparue comme déterminante pour assurer une riposte plus efficace, et ce pour plusieurs raisons :  Les décisions concernant les mesures sociales et de santé publique visant à ralentir ou à stopper la propagation de la pandémie comme les mesures de confinement, les obstacles aux transports et la réaffectation des crédits, des services et des agents de santé méritent d’être analysées afin de déterminer les risques et avantages plus larges du point de vue des autres effets sanitaires et socioéconomiques.  Sous la conduite des gouvernements, il est possible d’assurer la coordination entre l’ensemble des secteurs et des partenaires concernés, y compris le secteur privé, pour mettre en œuvre des mesures, obtenir des données en temps réel et faire procéder à des études et enquêtes supplémentaires, en évitant le gaspillage de ressources limitées, les doublons et les lacunes.  Le renforcement des liens et de la communication avec les niveaux infranationaux, y compris avec des formes décentralisées de gouvernement, peut permettre un flux d’information plus rapide et accélérer les mesures coordonnées. La plupart des pays ont mis en place des TWG pour répondre aux besoins des services de MNCAAH, avec l’élaboration dès le début de la pandémie de politiques et de lignes directrices. Dans certains pays, leur fonctionnement aurait pu être amélioré en élargissant l’éventail des points de vue et des 20 participants, en tenant compte de la représentation des parties prenantes selon le genre, le type d’organisation et le domaine d’expertise. Des lignes directrices ont été élaborées sur les questions pertinentes ; des difficultés ont toutefois surgi dans leur diffusion à l’ensemble du territoire national. Données et informations pour la prise de décisions La définition des principaux indicateurs et l’examen des données sur la couverture des services essentiels de MNCAAH ont été des activités clés dans tous les pays participant à l’Initiative. Beaucoup étaient toutefois conscients des contraintes liées à l’indisponibilité de données en temps réel pour prendre des décisions et six d’entre eux ont évoqué des problèmes de qualité et d’exhaustivité des données. Un appui était nécessaire pour pouvoir recevoir les informations des niveaux infranationaux et surmonter les problèmes de notification. Le renforcement des capacités et l’utilisation des données pour la prise de décisions ont été reconnus comme un problème récurrent. Il n’était pas possible de disposer de données notifiées par des structures privées. Les pays participant à l’Initiative ont souvent été confrontés à plusieurs difficultés liées aux données qui dans la plupart des cas existaient déjà avant la pandémie. Il s’agissait notamment de préoccupations concernant leur qualité, des possibilités limitées de ventilation, de l’intégration insuffisante des données de santé communautaire et du secteur privé dans le SIGS, de problèmes d’accès et du manque de connaissances concernant l’utilisation des données pour la planification, l’établissement des priorités et la prise de décisions. Les SIGS ont eux aussi été désorganisés par la pandémie. La notification périodique au SIGS par les services de santé, les procédures d’actualisation et de nettoyage des bases de données et la production de rapports non liés à la COVID-19 ont toutes été affectées. Le renforcement des SIGS et de la capacité d’analyse et d’interprétation des données par les pays et l’amélioration de leur qualité et de leur utilisation aux niveaux aussi bien national qu’infranational ont été définis comme des besoins à satisfaire par tous les pays. Maintenir les services essentiels Les pays ont très rapidement reconnu l’importance que revêtait la continuité des services essentiels et se sont efforcés de concilier les mesures visant à atténuer la propagation de la COVID-19 et celles destinées à maintenir les services. Un juste équilibre a parfois été difficile à trouver. C’est ainsi que :  Les investissements ont privilégié la riposte à la COVID-19 dans les services hospitaliers plutôt que les SSP ;  Certaines structures ont été réservées exclusivement à la lutte contre la COVID-19 alors que d’autres services étaient suspendus sans que des solutions de rechange soient proposées ou la clôture de ces services annoncée, ce qui a eu un impact sur l’utilisation des services essentiels.  La réaffectation d’agents de santé à la lutte contre la COVID-19 et la pénurie de fournitures, notamment d’EPI, touchant l’ensemble du personnel soignant ont aggravé les problèmes de prestation des services essentiels de MNCAAH.  La limitation des transports a accentué les difficultés d’accès aux services rencontrées par les femmes et les enfants. Ces observations ont amené les pays à conclure qu’il fallait élaborer un plan spécifique de maintien des services essentiels de MNCAAH dans le cadre des plans nationaux de préparation et de riposte. On a également constaté que les différentes ressources examinées répondaient moins aux besoins spécifiques des adolescents et des personnes âgées. Les pays ont réfléchi aux ajustements spécifiques apportés à la prestation de services en se demandant s’ils pouvaient être pérennisés. Certains ont fait observer qu’il était peu probable que la stratégie des unités mobiles puisse être maintenue après la pandémie. Les améliorations apportées aux mesures de lutte anti-infectieuse dans les services essentiels qui avaient été introduites à la suite de la pandémie étaient positives et les efforts seront poursuivis pour les préserver. 21 On a constaté un renforcement sensible des interventions de santé numérique pour maintenir la communication avec les décideurs, agents de santé et usagers au niveau infranational ainsi que pour d’autres activités comme la formation et les téléconsultations. Cette évolution est généralement considérée comme positive, mais il y avait plusieurs leçons à en tirer pour les futurs efforts de mise en œuvre, par exemple concernant les types de formation et de consultations pouvant être assurées de manière satisfaisante en ligne, la lassitude générée par la multiplication des réunions en ligne et le fait que dans bien des zones à l’intérieur d’un pays l’accès à Internet est aléatoire ou inexistant. Ailleurs, c’est le coût de l’utilisation d’Internet qui est parfois prohibitif. La plupart de pays ont reconnu l’importance capitale que revêt l’appui apporté aux agents de santé, notamment en ce qui concerne la protection de leur santé aussi bien mentale que physique et leur capacité d’assumer de nouvelles tâches. Les avis étaient partagés quant au bien-fondé des mesures incitatives destinées aux agents de santé. Certains ont estimé qu’elles avaient contribué au maintien des prestations de services pendant la pandémie alors que d’autres faisaient observer que les autorités n’étaient pas toujours en mesure d’honorer leurs promesses ou que les incitations avaient même pu être à l’origine de distorsions au sein du système de santé, du moment que seuls les soignants affectés aux services contre la COVID-19 en bénéficiaient. 4. Conclusion Les travaux présentés ci-dessus reflètent les enseignements tirés de la première phase de l’Initiative de l’OMS – celle-ci devant ensuite se poursuivre jusqu’en février 2022. Lorsque la pandémie a frappé, le monde n’était pas prêt, mais les 19 pays ont su réagir rapidement et sont intervenus pour mettre en place les orientations voulues. Si, dans un premier temps, il s’agissait exclusivement de lutter contre la COVID-19, ils ont presque immédiatement compris qu’on devait ne pas négliger les services essentiels, et notamment les services de MNCAAH, et se préoccuper des effets indirects de la pandémie sur leur fonctionnement. Il a fallu du temps pour bien préciser les mesures nécessaires contre la pandémie, à prendre dans le cadre de systèmes souvent fragiles ou peu réactifs. Mais ces systèmes ont à maints égards fait preuve de résilience dans le contexte des enseignements à tirer pour apporter des améliorations. Des leçons importantes ont ainsi été résumées pour montrer comment les programmes de MNCAAH et les systèmes de santé peuvent mieux reconstruire afin d’améliorer leur fonctionnement et assurer une riposte et une résilience meilleures en cas de choc à l’avenir. La prochaine section du rapport contient des informations pays par pays et Région par Région. Les enseignements qu’on peut en tirer sont nombreux et l’OMS reste résolue à apporter aux pays l’appui nécessaire pour faire face aux événements futurs. 22 Références 1 . Brolin Ribacke KJ, Saulnier DD, Eriksson A, von Schreeb J . Effects of the West Africa Ebola virus disease on health-care utilization – a systematic review . Frontiers in Public Health . 2016;4(222) . doi: 10 .3389/fpubh .2016 .00222 . 2 . Barden-O’Fallon J, Barry M, Brodish P, Hazerjian J . Rapid assessment of ebola-related implications for reproductive, maternal, newborn and child health service delivery and utilization in Guinea . 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Informations clés
Type de document Publications
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé