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Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, Rapport du Directeur régional : 1er juillet 2019-30 juin 2020

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RegionPacificWestern Organization World Health RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2019-30 juin 2020

WPR/RC71/2 RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2019-30 juin 2020 Rapport du Directeur régional : l’activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental (1er juillet 2019 – 30 juin 2020). © Organisation mondiale de la Santé 2020 ISBN 978 92 9061 929 1 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci-dessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’œuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. 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Bureau ré gional OMS du Pacifique occidental ; 2020. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. 1. Politique de santé. 2. Planification régionale de la santé. I. Bureau ré gional OMS du Pacifique occidental. (Classification NLM: WA541). Ventes, droits et licences. Pour acheter des publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande d’utilisation commerciale ou une demande concernant les droits et les licences, voir http://www.who.int/about/licensing. Pour les publications de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, les demandes d’autorisation de reproduction doivent être adressées au Bureau des publications, Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional du Pacifique occidental, P.O. Box 2932, 1000, Manille, Philippines, Fax : (632) 8521-1036, c ourriel : wpropuballstaff@who.int Matériel attribué à des tiers. 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Shimizu pp.4,7,9,10,20,28,35,42,47,48,50,55,62,64,79,83 © WHO/Y.Shimizu; pp.13,19,24,33,40,51,52,68,71,72,76,78 © WHO; pp. 14, 39 © WHO/Rebecca Inglis; p. 36 © WHO/Gato Borrero; pp. 45, 80 © WHO/Chor Sokunthea; pp. 46, 60 © WHO/Philippe Metois; p. 56 © WHO/Joy Rivaca; p. 58 © WHO/Ahmad Yusni; p. 63 © WHO/NaSon Nguyen; p. 74 © WHO/Alan Esquillon Sommaire Chapitre 1: Message du Directeur régional 4 Région OMS du Pacifique occidental 8 Chapitre 2 : Lutter contre la COVID-19 sur la voie définie par Vision d’avenir 10 Chapitre 3 : L’action solidaire de la Région face à la COVID-19 14 Chapitre 4: Obtenir des résultats 24 L’OMS dans la Région du Pacifique occidental 26 Structure du Bureau régional du Pacifique occidental 27 Données, Stratégie et Innovation 28 Division Systèmes et Services de santé 36 Division Environnements sains et Populations en bonne santé 42 Division Programme de lutte contre les maladies 48 Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence 56 Division Appui technique dans le Pacifique 64 Encadrement, Gestion et Administration 72 Chapitre 5 : Aller de l’avant 80 Centre de santé de Khoksivilay, District de Xaithany (République démocratique populaire lao). Message du Directeur régional J’ai le plaisir de présenter aux États Membres mon deuxième rapport annuel sur les activités de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans la Région du Pacifique occidental. Couvrant la période de juillet 2019 à juin 2020, le présent rapport fait apparaître un monde véritablement transformé. Il montre comment nous nous employons à remédier au problème de santé publique le plus grave et difficile à résoudre que nous ayons rencontré en un siècle - la pandémie de COVID-19 - tout en nous employant à concrétiser notre vision, qui est de faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre. En 2019, les États Membres ont approuvé à l’unanimité nos grandes orientations communes définies dans le document intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre. Prenant en compte la nécessité de relever les défis de demain, notre vision repose sur quatre thèmes prioritaires : la sécurité sanitaire, y compris la résistance aux antimicrobiens (MNT) ; les maladies non transmissibles et le vieillissement ; les changements climatiques et l’environnement ; la réponse aux besoins des laissés-pour-compte. Qui aurait pu prévoir que l’une de ces futures priorités, la sécurité sanitaire, prendrait aussi rapidement toute sa dimension, mettant à rude épreuve non seulement les capacités de nos systèmes de santé, mais également la résilience de nos sociétés et de nos économies ? Le rapport de cette année décrit la manière dont nous avons aidé les États Membres à faire face à la pandémie. Dans cette Région, nous investissons depuis des dizaines d’années dans la préparation et l’intervention en cas d’urgence sanitaire. Depuis qu’un foyer épidémique de pneumonies d’étiologie inconnue a été signalé pour la première fois à Wuhan (Chine), le 31 décembre 2019, l’OMS dans le Pacifique occidental aide les États Membres à traduire cette préparation en mesures concrètes. Notre expérience commune du SRAS et de la grippe H1N1 nous a apporté de précieux enseignements qui nous servent aujourd’hui à renforcer ensemble la lutte contre la pandémie. Le présent rapport décrit également les mesures que nous avons prises sur la voie définie par Vision d’avenir en cette période marquée par la COVID-19. Si elle a bouleversé bon nombre de nos plans, la pandémie n’a en rien ébranlé notre détermination à traduire Vision d’avenir dans la réalité. Tout en luttant contre la COVID-19, l’OMS dans le Pacifique occidental a continué de mener à bien les autres activités qui sont d’une importance essentielle pour les États Membres. MESSAGE DU DIRECTEUR RÉGIONAL | 5 6 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 La COVID-19 nous a rappelé la vitesse à laquelle le monde qui nous entoure peut changer, et pourquoi les orientations définies dans Vision d’avenir sont plus pertinentes que jamais. À bien des égards, l’action menée face à la COVID-19 a grandement contribué à la mise en œuvre des mesures prioritaires que nous comptions déjà entreprendre. Les pays et les communautés ont fait preuve d’une détermination hors du commun à élaborer des approches novatrices, à former de nouveaux partenariats et à trouver des solutions à partir des « réalités de terrain ». La pandémie a été une rencontre prévisible avec l’avenir. Tandis que nous nous employons à en atténuer les effets et à renforcer la sécurité sanitaire en général, nous devons également progresser quant aux autres priorités que nous avons définies pour l’avenir : le vieillissement et l’augmentation des maladies non transmissibles ; les changements climatiques et la dégradation de l’environnement ; la réponse aux besoins des laissés-pour-compte. Toutes ces priorités créent des obligations auxquelles la Région du Pacifique occidental ne peut se soustraire. Dans les années à venir, il nous faudra à tout prix continuer à relever les défis du jour et du lendemain. Je vous remercie de votre confiance soutenue dans la collaboration que nous entretenons pour faire de cette Région la plus saine et la plus sûre au monde. Docteur Takeshi Kasai Directeur régional Les pays et les communautés ont fait preuve d’une détermination hors du commun à élaborer des approches novatrices, à former de nouveaux partenariats et à trouver des solutions à partir des « réalités de terrain ». Province de Cao Bang (Viet Nam) 8 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Samoa Hong Macao (RAS de Chine) Kong (RAS de Chine) Viet Nam Philippines Guam Kiribati Tuvalu Tokélaou Samoa américaines Nioué Tonga Polynésie française Îles Pitcairn Nouvelle-Zélande Îles Cook Îles Marshall Manille : Bureau régional OMS du Pacifique occidental Îles Mariannes du Nord Îles Salomon États fédérés de Micronésie Japon Chine Cambodge République démocratique populaire lao Singapour Australie Nouvelle-Calédonie Nauru Vanuatu Fidji Wallis- et-Futuna Papouasie- Nouvelle-Guinée Malaisie Brunéi Darussalam Mongolie République de Corée Palaos • Cambodge • Chine • Îles Salomon • Malaisie – Zone de responsabilité : Brunéi Darussalam, Malaisie, Singapour • Mongolie • Pacifique sud – Zone de responsabilité : Fidji, Îles Mariannes du Nord, Îles Marshall, Kiribati, Micronésie (États fédérés de), Nauru, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle- Zélande, Palaos, Polynésie française, Tonga, Tuvalu, Vanuatu, Wallis-et-Futuna • Papouasie-Nouvelle-Guinée • Philippines • République démocratique populaire lao • Samoa – Zone de responsabilité : Îles Cook, Nioué, Samoa américaines, Samoa, Tokélaou • Viet Nam • Kiribati • Micronésie du Nord – Zone de responsabilité : Îles Marshall, Micronésie (États fédérés de), Palaos • Tonga • Vanuatu Région OMS du Pacifique occidental États et Territoires Bureaux des Représentants de l’OMS Bureaux des Attachés de liaison Alors qu’elle s’est engagée dans la lutte contre la COVID-19, l’OMS dans le Pacifique occidental demeure déterminée à réaliser tout ce qui a été envisagé dans Vision d’avenir.

Lutter contre la COVID-19 sur la voie définie par Vision d’avenir La COVID-19 a rendu plus difficile que jamais de mettre en œuvre des mesures de santé publique efficaces tout en minimisant les perturbations sociales et économiques. Faire en sorte que cette enfant du Vanuatu puisse continuer à s’instruire, par exemple, est décisif pour son avenir. Il y a un an, le Comité régional du Pacifique occidental a largement appuyé et approuvé le document intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, qui présente les orientations régionales et le plan d’exécution du treizième programme général de travail de l’OMS et des objectifs de développement durable relatifs à la santé. Vision d’avenir est le résultat de vastes consultations. Nous avons profité de toutes les occasions qui se sont offertes à nous pour recueillir des apports, qu’il s’agisse des discussions avec les États Membres, des fréquentes visites du Directeur régional dans les pays ou des réunions régionales d’experts. Nous avons également organisé une consultation en ligne de trois jours à laquelle ont participé près de 500 partenaires du monde entier. Vision d’avenir procède du constat que chaque pays de la Région du Pacifique occidental est unique et qu’il doit donc bénéficier d’un appui sur mesure. Dans un même temps, toutefois, tous les pays sont confrontés à quatre défis communs qui font peser des risques importants sur la santé et le bien-être de leurs populations, à savoir : la sécurité sanitaire, y compris la résistance aux antimicrobiens (RAM) ; les maladies non transmissibles (MNT) et le vieillissement ; la santé environnementale et les effets des changements climatiques sur la santé ; la réponse aux besoins des laissés-pour-compte. Vision d’avenir décrit les réorientations opérationnelles à réaliser afin de relever plus efficacement les défis de demain. Celles-ci consistent notamment à définir les modalités d’un avenir souhaitable au moyen d’une analyse rétrospective et d’approches systémiques et fondées sur les « réalités de terrain », du partenariat, de l’innovation et de la communication stratégique, lesquelles se sont avérées efficaces dans la lutte contre la COVID-19. Dès que le document intitulé Vision d’avenir a été approuvé en octobre 2019, nous avons entrepris d’en intégrer les orientations dans notre budget programme afin d’être prêts à les mettre en œuvre dès le 1er janvier 2020. Mais nous avons dû revoir nos projets – comme le reste du monde — lorsque, le 31 décembre 2019, le système de surveillance des maladies de l’OMS a détecté un foyer épidémique de pneumonies d’étiologie inconnue à Wuhan (Chine). Notre action a pris immédiatement une nouvelle trajectoire. L’OMS a activé son mécanisme de riposte et amorcé un cycle d’évaluation des risques. Les États Membres ont déclenché leurs plans d’urgence, fruits de l’investissement réalisé par la Région depuis 10 ans en faveur de la sécurité sanitaire et de la préparation au titre de la Stratégie Asie-Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique, qui guide les États Membres de la Région dans l’application du Règlement sanitaire international (RSI). À l’heure même où les pays opéraient un recentrage de leurs systèmes de santé, l’OMS dans le Pacifique occidental a mobilisé ses moyens en faveur d’une mission primordiale : aider les États Membres à maîtriser la COVID-19 et à réduire au LUTTER CONTRE LA COVID-19 SUR LA VOIE DÉFINIE PAR VISION D’AVENIR | 11 12 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 minimum les pertes humaines et les répercussions sociales et économiques. (Le Chapitre 3 présente de manière détaillée la manière dont l’OMS et les États Membres ont opposé un front commun à la COVID-19.) Notre première évaluation des risques a clairement montré que pour relever le défi sans précédent posé par la COVID-19 aux États Membres, nous allions devoir réaffecter nos effectifs, et revoir les modalités d’exécution de nos engagements. Il nous a fallu répondre à une question cruciale : Dans le cadre de l’aide que nous accordons aux pays en lutte contre la COVID-19, à quelles autres réalisations majeures devions-nous accorder la priorité ? À cet effet, nous avons élaboré un plan de travail assorti de nouvelles priorités présentées dans une « case rouge ». La prestation de services essentiels, tels que la lutte contre la rougeole et la tuberculose, devait se poursuivre. L’action consacrée aux composantes des systèmes de santé, essentiels à la riposte menée contre la COVID-19, devait être accélérée. Dans le même temps, nous ne pouvions manquer de répondre aux demandes des États Membres liées à des besoins particuliers. Nous nous sommes également engagés à ne pas laisser la COVID-19 retarder la mise en œuvre des mesures que nous avons prises pour relever les quatre défis communs définis dans Vision d’avenir. Comme prévu, un nouveau souffle a été donné au Groupe consultatif technique (GCT), sur la base des apports des experts, des partenaires et des États Membres. Le GCT servira de plateforme régionale pour mettre en relation les parties prenantes et faire avancer l’exécution du programme grâce à un cadre d’action efficace et au suivi des progrès. (Les résumés des diverses réunions du Groupe consultatif technique font l’objet d’encadrés répartis tout au long du présent rapport.) En mettant en œuvre son plan de continuité des activités, l’OMS dans la Région est demeurée pleinement opérationnelle, y compris lorsqu’une grande partie de la société est entrée en confinement. Nous avons veillé à la sécurité et à la santé de notre personnel, et à lui apporter le soutien nécessaire pour qu’il puisse continuer à travailler. En suivant l’approche que l’OMS dans la Région a toujours privilégiée en matière de réforme, nous avons enrichi notre savoir-faire, et adapté et amélioré nos méthodes. (Pour plus d’informations sur les modifications apportées à nos méthodes de travail, voir chapitre 4). Les débats menés avec tous les bureaux de la Région au sujet des liens entre les programmes dont nous savions qu’il faudrait les poursuivre, et de la lutte contre la COVID-19, ont conduit à l’élaboration d’une stratégie institutionnelle régionale de lutte contre la COVID-19 intitulée Lutter contre la COVID-19 sur la voie définie par Vision d’avenir. Celle-ci expose la façon dont nous pouvons mobiliser l’ensemble de notre Organisation en vue de tirer parti de toutes les composantes des systèmes de santé, de traduire dans les faits les orientations données par Vision d’avenir, d’encourager les partenariats et de renforcer les capacités dont les pays et l’OMS disposent pour faire face à la COVID-19. (L’action menée est sous-tendue par ces principes et décrite au chapitre 4.) Nous avons assorti cette stratégie d’une structure à deux niveaux de responsabilité : lutte contre la COVID-19, assurée au moyen de fonds d’urgence, et notre plan de travail actualisé, financé selon d’autres modalités. Notre Comité du Programme a été recentré et s’est réuni plus fréquemment afin de veiller à l’efficacité de notre riposte. Nous avons saisi cette occasion pour renforcer davantage notre système de gestion des risques. Si la COVID-19 a soulevé de nouveaux défis en 2020, elle a aussi favorisé l’adoption de nouvelles méthodes de travail et une profonde transformation des systèmes de santé de la Région, lesquels occupent également une place centrale dans Vision d’avenir. Une formidable occasion s’offre à nous de faire de la « nouvelle normalité » une étape vers « un nouvel avenir » propre à rendre notre Région sûre et saine. L’OMS a aidé les États Membres à faire face à la COVID-19, mais aussi à assurer la continuité des services, en veillant notamment à ce que les hôpitaux soient gérés de manière à ne pas être submergés par un flot de patients atteints de COVID-19 et disposent des moyens nécessaires pour traiter d’autres affections.

L’action solidaire de la Région face à la COVID-19 La formation sur les équipements de protection individuelle - dispensée ici à Vientiane, capitale laotienne, avec l’appui de l’OMS - est essentielle pour garantir que les agents de santé assurent des services sans risque aucun pour les patients ni pour eux-mêmes. L’OMS et les États Membres dans la Région du Pacifique occidental collaborent depuis des années à la préparation aux urgences de santé publique. Les six derniers mois ont sans aucun doute été particulièrement éprouvants pour notre santé, notre économie et notre sécurité. Cependant, les principes d’apprentissage, d’amélioration et de renforcement constant des systèmes de santé, sous-tendus par la Stratégie Asie-Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publiques (SMEAP III) et l’engagement pris en faveur de l’action et de l’appui mutuel ont permis à la Région tout entière de faire face à la pandémie de COVID-19 et de progresser ensemble vers un avenir fondé sur une « nouvelle normalité ». Le déclenchement de la riposte à la COVID-19 Le 31 décembre 2019, le système régional de surveillance de l’OMS a relevé des informations faisant état d’un foyer épidémique de pneumonies d’étiologie inconnue en lien avec un marché aux fruits de mer de Wuhan (Chine). L’Organisation, à tous les échelons, y a immédiatement donné suite en amorçant le cycle de validation et d’évaluation des risques. Depuis, tous les bureaux de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental sont à pied d’œuvre, conformément aux prescriptions du Règlement sanitaire international (2005), ou RSI (2005). Le programme mondial de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS a assuré la liaison entre les trois niveaux de l’Organisation comme le prévoit le Cadre d’action d’urgence figurant dans la nouvelle structure du programme. Tout en continuant de mener une seule et même intervention d’urgence, l’OMS l’a mieux adaptée à la Région et à chaque pays, conformément à la pratique et à la capacité établies au titre de la SMEAP et aux recommandations formulées par le Groupe consultatif technique (GCT) ces 15 dernières années. Le 6 janvier 2020, l’OMS a demandé à tous les bureaux de pays de la Région d’activer leur équipe de gestion des incidents afin d’appuyer la préparation et la riposte à la situation d’urgence dans leurs pays respectifs. Les équipes de gestion des incidents sont en contact direct avec l’équipe d’appui à la gestion des incidents du Bureau régional, laquelle assure la supervision et le soutien continu des opérations menées dans les pays. La Division Appui technique dans le Pacifique a activé une équipe conjointe de gestion des incidents pour le Pacifique avec des partenaires (voir le chapitre pour de plus amples informations) en adaptant la structure d’une équipe préalablement constituée pour lutter contre une flambée de rougeole à la préparation et à la riposte face à la COVID-19. Le rôle de l’OMS défini dans le RSI (2005) Au titre du RSI (2005), l’OMS a pour mission de valider les informations relatives aux situations d’urgence sanitaire et d’en faciliter la mise en commun. Pour s’acquitter de cette fonction, l’Organisation a renforcé le Bureau de son représentant en Chine et sa structure d’intervention en L’ACTION SOLIDAIRE DE LA RÉGION FACE À LA COVID-19 | 15 16 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 étoffant et en réaffectant ses effectifs. Celui-ci a travaillé en coordination avec la Commission nationale de la santé de la République populaire de Chine et diffusé des informations auprès du public par l’intermédiaire du site Web du RSI, des bulletins d’information sur les flambées épidémiques et de Twitter. Le 11 janvier, la Chine a identifié le virus et communiqué sa séquence génétique afin de permettre aux autres pays du monde d’en établir le diagnostic biologique. L’OMS a reçu des informations sur la riposte en cours et la situation à Wuhan en vue d’évaluer la gravité, la transmissibilité et l’impact de la flambée épidémique. Les 20 et 21 janvier, elle a envoyé une équipe à Wuhan afin de valider par elle-même les informations et d’observer l’évolution de la situation. Au Siège de l’OMS, une réunion du Comité d’urgence du RSI a été convoquée. Établi après l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), ce Comité est un mécanisme du RSI (2005) qui a pour objet de garantir un processus de prise de décisions plus transparent et plus objectif. Il est chargé d’évaluer la situation à la lumière des informations communiquées par les États Membres et de conseiller le Directeur général de l’OMS. A l’issue de la première réunion, tenue les 22 et 23 janvier, les experts indépendants étaient divisés. Mais après s’être à nouveau réuni le 30 janvier, le Comité a conclu à l’unanimité que la flambée épidémique constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Le Directeur général a accepté l’avis du Comité et déclaré une urgence de santé publique de portée internationale, en priorisant la préparation à une pandémie et en adoptant rapidement une politique de mesures « sans regrets ». En revanche, la décision relative à la maîtrise de la pandémie exigeait une réflexion approfondie et la réalisation d’un cycle d’évaluation des risques, qui se poursuivent encore aujourd’hui afin d’améliorer la riposte. La SMEAP, socle de la riposte à la COVID-19 La Région du Pacifique occidental a une longue tradition d’investissement dans la sécurité sanitaire, qui s’inscrit dans une démarche cohérente et adaptée. Durement touchée par le SRAS en 2003, la Région a appris qu’aucun pays ne peut à lui seul contenir une pandémie. Les États Membres ont pris une part active aux débats mondiaux sur la révision du Règlement sanitaire international, complété dans la Région par la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes en Asie et dans le Pacifique (SMEAP) visant à mettre en place les principales capacités requises au titre du RSI révisé (2005). La Région s’est employée sans relâche à renforcer ces capacités moyennant la mise en œuvre de la SMEAP, qui en est aujourd’hui à sa troisième version (SMEAP III). Les États Membres utilisent les systèmes établis et renforcés au titre de la SMEAP pour lutter contre la COVID-19. A titre d’exemple, le GCT recommande depuis 2006 une recherche plus rigoureuse des contacts. Donnant suite à cette recommandation, le Cambodge a déployé son système de recherche des contacts en faisant appel à des équipes de riposte rapide mises en place à l’issue d’une formation intensive entre 2006 et 2008. Des diplômés du programme de formation à l’épidémiologie de terrain mis en œuvre dans de nombreux États Membres sont actuellement aux avant-postes de la lutte contre la COVID-19. Les systèmes nationaux de laboratoires renforcés pour le diagnostic de la grippe et de la tuberculose ont été reconfigurés pour lutter contre la COVID-19. Bon nombre d’États Membres ont excellé en matière de communication sur les risques - l’un des domaines d’intervention de la SMEAP - dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. La Région a investi pendant de nombreuses années pour renforcer, étape par étape, les capacités dont elle dispose, dans le cadre d’une approche systémique, centrée sur l’apprentissage et l’amélioration continus, qui a été adaptée à différents contextes. L’OMS dans la Région a tiré de la mise en œuvre de la SMEAP une expérience et un savoir-faire qui l’ont aidée à ajuster de manière efficace son appui aux États Membres.   Îles Pitcairn Samoa Îles Salomon Tokélaou Tonga Tuvalu Vanuatu Wallis-et- Futuna Samoa américaines Îles Cook Kiribati Îles Marshall États fédérés de Micronésie Nauru Nioué Palaos Date d’apparition du premier cas dans chaque État et Territoire AUCUN CAS Au 15 juin 2020 31 15 9 1810 1911 20 24 2815 20 22 23 25 27 30 28 FÉV MAR Chine République de Corée Macao (RAS de Chine) Australie Malaisie Philippines Hong Kong (RAS de Chine) Singapour Viet Nam CambodgeJapon Brunéi Darussalam Polynésie française Guam Commonwealth des Îles Mariannes du Nord Fidji Mongolie Nouvelle- Calédonie Papouasie- Nouvelle- Guinée République démocratique populaire lao Nouvelle- Zélande JAN 2020 DÉC 2019 AVR L’ACTION SOLIDAIRE DE LA RÉGION FACE À LA COVID-19 | 17 18 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Principales étapes chronologiques de la riposte à la COVID-19 JAN 2020 DÉC 2019 FÉV JUIN AVRIL MAI MAR 2 22 31 30 29 20 Premier appel entre les trois niveaux de l’OMS – Siège, Bureau régional et bureaux de pays. L’OMS prend connaissance d’informations faisant état d’un foyer épidémique de pneumonies d’étiologie inconnue à Wuhan (Chine). L’OMS publie un ensemble d’orientations techniques destinées aux pays. Un nouveau coronavirus est identifié. Le premier cas de COVID-19 dans le Pacifique est signalé en Polynésie française. Le Directeur général de l’OMS qualifie l’épidémie de COVID-19 de pandémie. Deuxième réunion de haut niveau des Ministres et Directeurs de la santé de la Région du Pacifique occidental. Réunion ad hoc du Forum parlementaire Asie- Pacifique sur la santé mondiale. Troisième réunion du Comité d’urgence du RSI concernant la COVID-19. L’Assemblée mondiale de la Santé adopte une résolution sur la COVID-19. Depuis janvier, le Bureau régional de l’OMS a publié 24 documents d’orientation sur divers aspects de l’action menée contre la COVID-19. Premier déploiement du Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental à Beijing et à Wuhan. Premier cas signalé hors de Chine : Thaïlande. Premier cas signalé dans la Région du Pacifique occidental, hors de Chine : Japon. Une délégation de l’OMS, composée notamment du Directeur général et du Directeur régional, rencontre des représentants officiels chinois à Beijing. Le Bureau régional de l’OMS envoie un premier lot d’équipements de protection individuelle à la République démocratique populaire lao. La deuxième réunion du Comité d’urgence du RSI concernant la COVID-19 est convoquée, et une urgence de santé publique de portée internationale est déclarée. Le risque à l’échelle mondiale est jugé « très élevé ». Le Bureau régional de l’OMS active son plan de continuité des activités. Le Bureau régional OMS du Pacifique occidental entame un cycle de réunions régulières avec tous les États Membres. La maladie provoquée par le nouveau coronavirus est officiellement baptisée COVID-19. Le Bureau régional de l’OMS présente des orientations sur la préparation à la transmission communautaire à grande échelle de la COVID-19 lors d’une réunion de haut niveau des Ministres et Directeurs de la santé de la Région du Pacifique occidental. Une équipe d’appui à la gestion des incidents est mise sur pied aux trois niveaux de l’OMS. Premières informations de l’OMS sur les médias sociaux. Les bureaux de pays/de représentants de l’OMS sont placés en alerte. L’OMS effectue une visite de terrain à Wuhan. Première réunion du Comité d’urgence du RSI (Règlement sanitaire international) concernant la COVID-19. 9 28 11 8 23 30 1930 11 10 13 1915 281 431 Une infirmière fait un tope-là avec une patiente atteinte de COVID-19 hospitalisée en Chine. L’OMS a collaboré étroitement avec des experts sanitaires chinois pour élaborer à l’intention des médecins et des hôpitaux certaines des premières orientations concernant le dépistage et le traitement, ainsi que les pratiques de lutte contre les infections. 20 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Les sept fonctions de l’action menée par l’OMS L’action menée par l’OMS dans la Région peut se décomposer en sept fonctions : 1) faciliter l’échange d’informations et tenir les États Membres et le public informés ; 2) évaluer les données et élaborer des orientations ; 3) offrir un appui technique aux pays ; 4) fournir un appui logistique ; 5) coordonner la recherche et le développement ; 6) faciliter les partenariats ; 7) lutter contre la désinformation. Afin d’assurer la bonne exécution de ces fonctions, le Bureau régional a adopté une approche mobilisant l’ensemble de l’Organisation qui s’étend au-delà du programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS, et lui permet de tirer parti des moyens et compétences de différentes divisions techniques et de former des équipes agiles à même d’exploiter les enseignements acquis et de mettre au point des systèmes, des outils et des processus innovants à l’appui de la lutte contre la COVID-19. Cette approche a permis à l’OMS dans la Région du Pacifique occidental de mettre sur pied une riposte rapide et soutenue, et de garantir la résilience de ses activités depuis le début de la pandémie. 1) Assurer la liaison entre les États Membres et faciliter l’échange d’informations Outre le partage d’informations prévu au titre du RSI (2005), l’OMS organise des visioconférences entre les pays et les partenaires afin de faciliter la mise en commun de données sur le virus et la riposte qui lui est opposée. Ces échanges réguliers ont aidé les pays à renforcer leur action et leur préparation. Grâce aux données transmises par les États Membres, l’OMS a continué d’évaluer la situation et de tenir la Région et le public informés en élaborant un tableau de bord régional et des pages Web à cette fin. Si le Siège de l’OMS à Genève a été le centre névralgique mondial de la communication sur la pandémie, le Bureau régional fait activement usage de ses comptes sur les médias sociaux et de son site Web depuis le mois de janvier pour diffuser en temps utile et de manière contextualisée, des informations destinées au public de la Région. Au premier semestre 2020, le Bureau régional a publié plus de 200 infographies et plus de 40 vidéos et animations, dont la grande majorité (88 %) a été élaborée en réponse directe à des préoccupations et malentendus perçus dans des signaux détectés grâce à l’écoute sociale. Plus de 600 millions de personnes ont accédé aux informations publiées par le Bureau régional sur ses comptes de médias sociaux. Par rapport à l’an dernier à la même période, le nombre de visites sur le site de la Région du Pacifique occidental de l’OMS est sept fois plus élevé. L’OMS aide les États Membres à faire en sorte que des services de santé essentiels soient assurés aux groupes difficiles à atteindre, tels que cette famille nomade de Mongolie, y compris pendant la pandémie actuelle. Le Bureau de l’OMS en Mongolie a collaboré avec le Ministère de la santé à la mise en place d’un système de surveillance multi-sources conforme aux recommandations de la SMEAP et du GCT. L’OMS en Mongolie a prêté son concours à l’organisation d’un exercice de simulation relatif au rapatriement de personnes, qui a été également mis en œuvre dans les États fédérés de Micronésie, aux Tonga et dans d’autres pays. De concert avec les partenaires, l’OMS a appuyé le renforcement des systèmes de dépistage aux points d’entrée de nombreux pays de la Région. L’OMS a également apporté son concours à un certain nombre d’évaluations et au renforcement des capacités de soins. En République démocratique populaire lao, l’Organisation et le Ministère de la santé ont aidé les 17 hôpitaux provinciaux à s’équiper pour le dépistage sans risque, le triage, le zonage, l’orientation des patients, les parcours de soins, l’utilisation d’équipements de protection individuelle (EPI), le nettoyage et la désinfection de l’environnement, la collecte d’échantillons et la gestion clinique. Le personnel de l’OMS affecté aux systèmes de santé a été pleinement mobilisé (voir le chapitre 4 pour de plus amples informations), et un réseau d’experts en modélisation a été établi pour appuyer la planification, notamment en Malaisie. La recherche des contacts — une composante récurrente de la SMEAP —a été encore renforcée. De nombreux bureaux de pays, y compris aux Philippines, ont bénéficié d’un appui pour consolider la recherche des contacts par la mise en place d’un système modulable. Les équipes des bureaux de pays de l’OMS sont également intervenues dans la riposte de terrain. Des membres du personnel et des partenaires de l’OMS au Cambodge ont été dépêchés à la frontière thaïlandaise pour aider le Gouvernement à gérer le retour de travailleurs migrants en provenance de Thaïlande après la fermeture des frontières. À la demande des États Membres, l’OMS a également affecté du personnel à des activités de soutien spécifiques, notamment l’analyse épidémiologique à bord de paquebots de croisière au Japon. Bon nombre de pays ont aussi renforcé la mobilisation communautaire, avec le concours, entre autres, des bureaux de pays aux Fidji, dans les États fédérés de Micronésie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à Samoa et aux Tonga. De nombreux bureaux de pays ont également conseillé les pouvoirs publics sur des aspects techniques, tels que la fermeture des frontières et d’autres interventions non pharmaceutiques. L’OMS collabore étroitement avec les pays à l’amélioration de la communication en s’inpirant pleinement de la vision définie dans son cadre stratégique Communicating for Health (Communiquer pour la santé). Elle a encouragé les États Membres à réaliser des enquêtes et des sondages, à assurer la veille des médias traditionnels et sociaux, et à mettre en place des mécanismes de communication bidirectionnelle et de mobilisation de la communauté. Les données recueillies au moyen de ces initiatives ont aidé l’Organisation et les autorités nationales à mieux comprendre les communautés, leur perception 2) Élaborer des orientations pertinentes pour la Région À la lumière de l’expérience, des défis et des besoins des pays, l’OMS a œuvré avec des experts et des partenaires pour élaborer des orientations à l’intention des États et Territoires de la Région du Pacifique occidental, y compris le document intitulé Preparing for Large-scale Community Transmission of COVID-19 (Se préparer à une transmission communautaire à grande échelle de la COVID-19) et présenté à l’occasion de la première réunion des Ministres de la santé le 28 février. Entre janvier et juin, l’OMS dans la Région a publié 24 documents d’orientation sur une série de sujets relatifs à la COVID-19, notamment le rôle des soins de santé primaire, un programme de communication sur les risques à l’intention des établissements de santé, la santé mentale et le soutien psychosocial, la prise en charge des personnes âgées, et la continuité des programmes de santé publique et des services essentiels. 3) Appuyer les pays Un appui adapté aux besoins des pays constitue le principe directeur de l’action que l’OMS poursuit dans la Région. Pour atteindre cet objectif, l’Organisation a procédé à une évaluation et à une analyse approfondies de la situation de chaque État Membre et des capacités dont il dispose. Dans la Région, l’OMS a accordé une attention particulière aux îles du Pacifique, et dépêché du personnel dans les pays pour apporter conseils et soutien sur le terrain. Les informations relatives aux capacités de laboratoire ont été actualisées dans le cadre de la mise en œuvre de la SMEAP III et par l’intermédiaire du réseau de laboratoires de la grippe. Les bureaux de pays ont coordonné et facilité les activités menées par les partenaires pour aider les pays à mettre en place des systèmes de surveillance et de laboratoires. Comme bien d’autres pays de la Région, le Viet Nam a su orienter avec fermeté l’action qu’il mène depuis début janvier. L’OMS a aidé le pays dès le début de la riposte en proposant une formation à la collecte d’échantillons, à la biosécurité et au diagnostic biologique. Des universités locales ont été mises à contribution pour surmonter les barrières linguistiques dans les sessions de formation. L’ACTION SOLIDAIRE DE LA RÉGION FACE À LA COVID-19 | 21 22 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 2 108 050 masques chirurgicaux 62 995 respirateurs particuliers 51 282 blouses médicales 19 877 lunettes de protection 14 545 visières 26 212 flacons (100 ml) de rince- mains à base d’alcool 880 500 paires de gants 177 312 tests de laboratoires envoyés Fournitures et logistique Équipements de protection individuelle pour les agents de santé expédiés à 21 États et Territoires (au 30 juin 2020) des risques, les obstacles potentiels, ainsi que les croyances et pratiques. 4) Procurer des fournitures aux pays Afin d’alléger les pénuries mondiales de fournitures, y compris les équipements de protection individuelle, l’OMS avait fourni, à la date du 30 juin, 22 tonnes de matériel à 21 États et Territoires, ainsi que 177 312 tests de diagnostic à 26 pays. 5) Accélérer la recherche et le développement L’OMS a coordonné son action aux niveaux régional et mondial de l’Organisation afin de faciliter la recherche et le développement. Des experts de la Région du Pacifique occidental ont collaboré avec le groupe de travail sur la science. Afin que ces nouveaux produits soient accessibles en temps utile, elle a, dès le mois de janvier, offert un appui aux pays en matière de préparation réglementaire, et facilité leur participation à l’essai clinique « Solidarity » de traitements contre la COVID-19 organisé par l’OMS. 6) Faciliter les partenariats La lutte menée contre la COVID-19 dans la Région du Pacifique occidental a mobilisé des partenariats qui avaient été formés ou renforcés au titre des orientations définies par Vision d’avenir. Ainsi, des équipes conjointes de gestion des incidents ont été consolidées dans les pays grâce à la participation de partenaires, notamment par l’intermédiaire du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie. Les activités nationales ont également été intensifiées au moyen de partenariats établis notamment avec les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis et des organismes des Nations Unies. L’OMS dans la Région a également renforcé sa collaboration avec la Banque asiatique de développement, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale en vue de surveiller les répercussions financières de la COVID-19. 7) Lutter contre la désinformation L’OMS aide les pays à établir et à étendre des dispositifs visant à surveiller la perception du public, les rumeurs et les informations erronées, et à veiller à la meilleure utilisation des données pour éclairer la prise de décisions, évaluer les risques et guider les activités de riposte. Une région solidaire Les États Membres ont considérablement amélioré leurs capacités depuis l’épidémie de SRAS en 2003. Nous n’en continuons pas moins de nous heurter à des difficultés considérables dans la lutte contre la COVID-19. L’apprentissage et l’amélioration, deux principes clés de la SMEAP, se sont révélés essentiels pour faire face à cette nouvelle maladie. Comme dans la lutte qu’elle a menée contre le SRAS, la Région a réaffirmé la culture de solidarité, qui nous lie si étroitement et revêt une importance décisive pour la sécurité et la santé de tous. « Nous sommes tous embarqués ensemble, et ce n’est qu’ensemble que nous pourrons nous en sortir. » Directeur régional Dr Takeshi Kasai, présidant la réunion des Ministres de la santé du Pacifique occidental sur la COVID-19, le 8 avril 2020 L’ACTION SOLIDAIRE DE LA RÉGION FACE À LA COVID-19 | 23

Obtenir des résultats Des agents de santé portent des masques et se nettoient les mains avant de recevoir des patients dans un centre de vaccination mobile à Phnom Penh (Cambodge). Il est important de continuer à assurer aux communautés la prestation de services tels que la vaccination, en appliquant les mesures appropriées de lutte contre les infections afin de minimiser les risques de COVID-19 pour les patients et les agents de santé. L’OMS dans la Région du Pacifique occidental 26 Structure du Bureau régional du Pacifique occidental 27 Données, Stratégie et Innovation 28 Division Systèmes et Services de santé 36 Division Environnements sains et Populations en bonne santé 42 Division Programme de lutte contre les maladies 48 Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence 56 Division Appui technique dans le Pacifique 64 Encadrement, Gestion et Administration 72 OBTENIR DES RÉSULTATS | 25 26 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 L’OMS dans la Région du Pacifique occidental WR : Représentant de l’OMS CLO : Attaché de liaison DIRECTEUR RÉGIONAL (RD) DIRECTEUR, APPUI TECHNIQUE DANS LE PACIFIQUE (DPS) DIRECTEUR, PROGRAMMES DE LUTTE CONTRE LES MALADIES (DDC) DIRECTEUR, ENVIRONNEMENTS SAINS ET POPULATIONS EN BONNE SANTÉ (DHP) DIRECTEUR, SYSTÈMES ET SERVICES DE SANTÉ (DHS) DIRECTEUR, SITUATIONS D’URGENCE RÉGIONALES, PROGRAMME DES URGENCES SANITAIRES (RED) / DIRECTEUR, SÉCURITÉ SANITAIRE ET SITUATIONS D’URGENCE (DSE) WR, CAMBODGE WR, CHINE WR, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE POPULAIRE LAO WR, MALAISIE WR, MONGOLIE WR, PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE WR, PHILIPPINES WR, VIET NAM WR, SAMOA WR, ÎLES SALOMON WR, PACIFIQUE SUD CLO, États fédérés de Micronésie CLO, Kiribati CLO, Tonga CLO, Vanuatu DIRECTEUR, GESTION DES PROGRAMMES (DPM) DIRECTEUR, ADMINISTRATION ET FINANCES (DAF) DIRECTEUR, BUREAU DU DIRECTEUR RÉGIONAL (EXD) DONNÉES, STRATÉGIE ET INNOVATION (DSI) Structure du Bureau régional du Pacifique occidental La structure des divisions du Bureau régional OMS du Pacifique occidental répond à la volonté de rationaliser les opérations et de renforcer l’appui au niveau des pays dans le cadre du programme de réforme régional. DIRECTEURS PROGRAMMES/UNITÉS Directeur, Gestion des programmes (DPM) Élaboration des programmes et suivi des opérations Appui aux pays Services de rédaction Directeur, Administration et Finances (DAF) Budget et finances Gestion des ressources humaines Technologie de l’information Services administratifs Directeur, Bureau du Directeur régional (EXD) Relations extérieures et partenariats Communication Produits et services d’information Directeur, Données, Stratégie et Innovation (DSI) Information et veille sanitaires Couverture sanitaire universelle (CSU) Innovation et recherche Vieillissement en bonne santé Dialogue stratégique Directeur, Programmes de lutte contre les maladies (DDC) Maladies à prévention vaccinale et vaccination Paludisme et maladies tropicales négligées Santé mentale et usage de susbstances psychoactives Gestion des maladies non transmissibles VIH, hépatite et infections sexuellement transmissibles Mettre un terme à la tuberculose et élimination de la lèpre DIRECTEURS PROGRAMMES/UNITÉS Directeur, Environnements sains et Populations en bonne santé (DHP) Santé et environnement Déterminants sociaux de la santé -Équité et déterminants sociaux -Violence et traumatismes -Alcoolisme Prévention des maladies non transmissibles et promotion de la santé Initiative sans tabac Nutrition Directeur, Systèmes et Services de santé (DHS) Médecines essentielles et technologies de la santé Conception des politiques et des services de santé Droit et éthique de la santé Santé de la mère et de l’enfant et qualité- sécurité Directeur, Situations d’urgence régionales, Programme des urgences sanitaires (RED) / Directeur, Sécurité sanitaire et Situations d’urgence (DSE) Préparation aux urgences sanitaires dans les pays et RSI Situations d’urgence sanitaire et évaluation des risques Opérations d’urgence Sécurité sanitaire des aliments Directeur, Appui technique dans le Pacifique (DPS) Sécurité sanitaire et maladies transmissibles dans le Pacifique Changements climatiques et environnement dans le Pacifique Maladies non transmissibles et promotion de la santé à toutes les étapes de la vie dans le Pacifique Systèmes de santé et politique sanitaire dans le Pacifique Le responsable de la conformité et de la gestion des risques relève directement du Directeur régional. OBTENIR DES RÉSULTATS | 27 28 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Données, Stratégie et Innovation La transformation du secteur de la santé figure au cœur des orientations définies par le Bureau OMS du Pacifique occidental dans Vision d’avenir. En août 2019, le Groupe Données, Stratégie et Innovation a été créé pour mettre en œuvre ces orientations en encourageant l’adoption de nouvelles méthodes de travail dans l’ensemble de la Région et dans les bureaux de pays. Le Groupe Données, Stratégie et Innovation compte cinq unités chargées des domaines suivants : dialogue stratégique ; innovation et recherche ; information et veille sanitaires ; couverture sanitaire universelle ; vieillissement en bonne santé. L’activité est ainsi organisée car ces domaines revêtent une pertinence particulière et se prêtent à la conception et à l’adoption de mesures porteuses de transformations qui aideront la Région à affronter l’avenir. L’équipe Dialogue stratégique s’attache à développer une culture et des méthodes permettant aux pays de définir une vision stratégique à long terme et d’élaborer des programmes qui favorisent la transformation de nos systèmes de santé. Cet objectif revêt désormais une importance d’autant plus grande qu’un « nouvel avenir » nous attend, modelé par la COVID-19 et d’autres défis émergents. L’équipe Innovation et recherche a pour vocation d’optimiser le potentiel de l’innovation numérique et non numérique dans le processus de transformation de nos secteurs de santé et de forger des partenariats pour l’innovation et la recherche qui permettront de veiller à ce que les nouvelles approches répondent aux caractéristiques de notre Région. Il est important de mesurer les progrès réalisés, qu’il s’agisse de vérifier la croissance d’un enfant dans une clinique de Kiribati (comme montré ici) ou de contrôler les indicateurs de santé à l’échelle du pays. Vision d’avenir vise à remédier plus activement à la fragmentation des systèmes d’information sanitaire afin qu’ils puissent mieux éclairer la prise de décisions fondées sur des données probantes. L’équipe Information et veille sanitaires regroupe les divers systèmes d’information sanitaire de l’OMS afin de détecter à temps des signaux émergents et d’étayer la prise de décisions fondées sur des données probantes et la mesure de l’impact dans les pays. L’équipe Couverture sanitaire universelle s’emploie à faire de la couverture sanitaire universelle (CSU) une plateforme et un dispositif communs aux différentes composantes du secteur sanitaire et aux acteurs clés d’autres secteurs en vue de mener à bien la transformation du secteur sanitaire dans le souci de répondre aux exigences d’un monde en rapide évolution. L’unité Vieillissement en bonne santé s’attache à promouvoir les possibilités qu’offre le vieillissement en bonne santé, qu’il s’agisse d’ouvrir de nouvelles perspectives sur la responsabilisation et la santé comme enjeu de société ou de remodeler nos systèmes de santé. Au cours de sa première année d’existence, le Groupe Données, Stratégie et Innovation a servi d’incubateur pour tester les réorientations opérationnelles présentées dans Vision d’avenir et préparer leur mise en œuvre à l’échelle régionale au cours des années à venir. Il s’attache à créer des conditions propices au développement de nouvelles idées et de nouveaux axes d’intervention qui ouvriront la voie à de nouvelles méthodes de travail. Il s’agit, par exemple, de mobiliser les populations âgées afin d’ouvrir une nouvelle perspective sociale en faveur de la santé au titre du plan d’action régional sur le vieillissement en bonne santé. Le Groupe Données, Stratégie et Innovation s’emploie activement à mobiliser le personnel de l’Organisation et d’autres entités dans l’élaboration et la fourniture de produits et de programmes. Il applique des méthodes souples consistant notamment à former, pour des durées déterminées, des équipes dotées d’une autonomie budgétaire et à réaffecter temporairement des agents de l’Organisation à l’élaboration de produits spécifiques. Il crée en outre une dynamique de changement en aidant le personnel à mieux connaître et à mieux comprendre les nouvelles méthodes de travail grâce à l’apprentissage par les pairs et la tenue de séminaires connexes. Le recours à des méthodes anticipatives dans la planification stratégique est l’un des exemples d’application de ce principe. À bien des égards, la pandémie de COVID-19 a confirmé la pertinence de l’engagement pris par nos pays en faveur de nouvelles méthodes de travail. Elle nous a donné l’obligation et la possibilité de veiller à ce que nos systèmes de santé répondent mieux aux urgences sanitaires mais aussi à d’autres défis, tels que le vieillissement de la population, la progression des maladies non transmissibles (MNT) et les changements climatiques. Confrontés à la COVID-19, nous avons dû accélérer l’élaboration de nouvelles approches et les mettre immédiatement en pratique pour maîtriser l’épidémie, tout en rassemblant les connaissances utiles à leur perfectionnement. À bien des égards, la pandémie de COVID-19 a confirmé la pertinence de l’engagement pris par nos pays en faveur de nouvelles méthodes de travail. OBTENIR DES RÉSULTATS | 29 30 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 L’OMS a réuni des experts de l’ensemble de la Région pour créer des « roues du futur » qui décrivent la relation entre les événements actuels et la façon dont ils pourraient influer sur l’avenir. Celle-ci montre l’effet que la réaffectation de personnel et de ressources de santé à la lutte contre la COVID-19 pourrait avoir sur d’autres priorités sanitaires. Explorer un « nouvel avenir » façonné par la COVID-19 À la session du Comité régional du Pacifique occidental, qui s’est tenue en octobre 2019, les États Membres se sont engagés à explorer leurs perspectives d’avenir en matière de santé afin de déterminer les mesures de transformation qui permettraient aux systèmes sanitaires et sociaux de mieux faire face aux défis rencontrés. Durant l’année écoulée, usant d’un processus dit d’« analyse rétrospective », l’OMS a réuni d’éminents experts chargés de mettre au point des méthodes qui pourraient aiguiller les États Membres dans la recherche de possibilités de transformation de leurs systèmes de santé. Devant l’évolution de la pandémie de COVID-19, il est devenu essentiel d’en comprendre les effets sur les systèmes de santé de la Région. L’OMS a recouru à des méthodes visant à étudier les perspectives à long terme en matière de santé afin d’établir rapidement de quelle manière la pandémie transforme le monde actuel et façonne un « nouvel avenir ». Quatre groupes de réflexion sur les perspectives d’avenir ont été rapidement constitués. Composés d’experts issus de toute la Région, ils ont été chargés de réfléchir à l’évolution de la situation future sur les plans politique, sociétal, sanitaire et économique. Ils ont élaboré des « roues du futur » qui décrivent les liens entre des événements actuels et leurs répercussions éventuelles sur l’avenir (voir illustration ci-contre). Leurs travaux ont permis de définir les principales dimensions d’un « nouvel avenir » et de proposer un ensemble de mesures concrètes de transformation pour les États Membres et l’OMS. Deux autres groupes de réflexion ont été constitués. Le premier a réuni un parterre international d’experts en histoire des pandémies et s’est intéressé à plusieurs dimensions du changement afin de déterminer de quelle manière les pandémies antérieures ont influé sur le monde. Le second groupe de réflexion s’est concentré sur les perspectives économiques de la Région en collaboration avec la Banque asiatique de développement, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. En appliquant à la COVID-19 des méthodes et des processus anticipatifs plus poussés, nous sommes maintenant prêts à aider les pays à examiner leurs perspectives en matière de santé et à élaborer des programmes de transformation en vue de pérenniser leurs systèmes de santé. Stimuler la recherche régionale sur la COVID-19 Certaines des recherches et des innovations les plus avancées proviennent de la Région du Pacifique occidental. En cette période de pandémie, le Aider les pays à optimiser les innovations dans la lutte contre la COVID-19 et au-delà Face à la rapidité de l’innovation en matière de santé, les pays se heurtent au défi d’en exploiter les aspects les plus prometteurs. La COVID-19 a accentué les difficultés en raison de l’élaboration accélérée de nouveaux poroduits qui ont renforcé les attentes en faveur de la santé. En réalité, la COVID-19 a été l’occasion d’évaluer la mesure dans laquelle le Bureau régional peut offrir un soutien utile aux États Membres à l’interface entre les innovateurs et les décideurs de santé publique. À l’issue d’une réunion virtuelle visant à définir un programme d’activités avec un large éventail de partenaires, l’OMS a entrepris d’élaborer un vaste portefeuille d’innovations en faveur de la lutte contre la COVID-19 en vue d’aider les États Membres à les utiliser en fonction de leur propre situation. Dans la Région du Pacifique occidental, elle a adopté une approche axée sur les objectifs (plutôt que sur les technologies) afin d’aider les pays à produire ou à adopter les innovations les mieux adaptées à leur environnement et à leur contexte. Elle a ainsi élaboré des documents d’orientation sur la façon dont les pays peuvent mettre ces approches numériques au service de la recherche des contacts, de la gestion de la quarantaine et de la télémédecine dans la lutte contre la COVID-19. L’OMS s’emploie actuellement à systématiser cette approche dans la Région en créant une plateforme sur laquelle un plus grand nombre d’innovations (y compris des innovations sociales et non numériques) peuvent être proposées et analysées. La tenue du premier Forum de l’innovation de la Région du Pacifique occidental intitulé « Forger l’avenir qu’il nous faut en matière de santé » est prévue en septembre 2020. Il offrira l’occasion de mener une réflexion collective sur la manière dont les innovations peuvent aider les pays à pérenniser leurs systèmes de santé. Rapprocher les systèmes d’information pour étayer la prise de décisions La fragmentation des systèmes d’information sur la santé entrave la prise de décisions fondées sur des données probantes dans tous les domaines de la santé publique. La pandémie de COVID-19 a accentué la nécessité de disposer en temps voulu des informations nécessaires pour donner forme à la riposte. Le Bureau régional de l’OMS a répondu à cette nécessité en créant une unité cohésive, regroupant les points focaux de toutes les divisions chargés de la gestion des données. Tous les membres de l’équipe s’acquittent des attributions qui leur sont expressément dévolues, en matière de lutte contre les maladies, pour créer un système unifié d’information sur la santé. Bureau régional a veillé à ce que ces capacités soient reconnues et en parfaite concordance avec les activités menées à l’échelle mondiale. Dans le même temps, nous avons encouragé d’autres travaux de recherche axés sur les caractéristiques propres à notre Région. L’OMS a dirigé une initiative mondiale de grande envergure visant à stimuler et à coordonner la recherche en vue de l’élaboration accélérée de nouveaux outils de diagnostic, de traitements et de vaccins contre la COVID-19. Tous les échelons de l’Organisation (mondial, régional et national) ont ensemble veillé à ce que les États Membres du Pacifique occidental participent à ces activités, notamment l’essai clinique « Solidarity », les « Unity Studies » et une étude sur le personnel de santé. Conscient que certaines solutions appellent une démarche plus régionale, le Bureau régional de l’OMS a entrepris des recherches sur la mobilisation communautaire, le développement des systèmes de santé et la modélisation. Ces travaux contribueront à l’action menée pour faire face à la COVID-19 dans la Région et relever d’autres défis à venir en matière de santé. À l’heure actuelle, des recherches consacrées aux systèmes de santé et à la mobilisation de la population bénéficient de fonds d’amorçage au Cambodge, aux Fidji, aux Philippines et en République démocratique populaire lao. Un groupement régional de modélisation apporte également un appui au Cambodge, aux Philippines, à la République démocratique populaire lao et aux États et Territoires insulaires du Pacifique. Ces travaux ont permis d’établir des modèles épidémiques et des modèles d’utilisation des systèmes de santé qui sous-tendent la prise de décisions dans l’ensemble de la Région. Cette première collaboration avec des instituts régionaux de recherche nous a permis de faire un premier pas en créant des réseaux durables de chercheurs susceptibles de devenir, à terme, une large plateforme de recherche consacrée à la transformation des systèmes de santé dans la Région du Pacifique occidental. OBTENIR DES RÉSULTATS | 31 32 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 L’équipe a établi, à cette fin, des dispositifs souples qui ont facilité l’adoption de méthodes de travail adaptées. Cette approche a permis à l’OMS de promouvoir la création rapide de plateformes sur lesquelles sont regroupés les renseignements relatifs à la pandémie de manière à étayer en temps utile les décisions concernant la lutte contre la COVID-19. L’expérience de la COVID-19 en matière de renseignements sur les pandémies a servi à lancer une démarche plus globale visant à intégrer les systèmes de données aux niveaux national et régional, et à créer des entrepôts de données. Parallèlement, les efforts déployés actuellement pour renforcer et intégrer les systèmes d’information sur la santé à l’échelle des pays ont apporté des gains tangibles dans les mesures mises en œuvre contre la pandémie. En République démocratique populaire lao, le renforcement du logiciel d’information sur la santé utilisé dans les districts pour collecter et intégrer les données issues de différentes sources a permis aux pouvoirs publics d’évaluer la résilience du système de santé et l’efficacité de l’action menée contre la COVID-19. Aux Philippines, Les approches anticipatives nous ont aidés à comprendre comment la pandémie de COVID-19 influe sur la « nouvelle normalité ». DES MÉTHODES ANTICIPATIVES POUR LUTTER CONTRE LA COVID-19 (MARS-JUIN 2020) Synthèse des résultats des travaux des groupes de réflexion : 1 Société et individus 4 Politique2 Santé 3 Technologie 5 Économie La santé redéfinit nos modes de vie et nos comportements De nouveaux contrats sociaux se font jour dans lesquels la santé des individus devient un bien public La polarisation et la fragmentation croissantes de la société creusent les inégalités et créent de nouvelles vulnérabilités Les communautés sont en proie à un stress constant, à l’incertitude et à une pression de plus en plus forte Les innovations inondent le marché à un rythme accéléré Un intérêt croissant pour la santé et le secteur de la santé Les acquis obtenus au fil des années en matière de santé pourraient être réduits à néant La pression qui s’exerce sur les personnels de santé ne faiblit pas Pleins feux sur l’OMS Politisation de la santé Émergence d’« États défaillants » suite à l’échec des mesures prises pour lutter contre la COVID-19 Nouvelles alliances géopolitiques Investissements à court terme et incidences à long terme Risque d’appauvrissement des ménages l’OMS a facilité le déploiement d’un système de suivi fondé sur les objectifs de développement durable (ODD) qui relie les ensembles de données collectées dans les villages à une base de données centrale. En Chine, l’OMS a collaboré avec les autorités sanitaires pour relier les cadres mondiaux de suivi des ODD et du treizième programme général de travail 2019-2023 et le dispositif de suivi de la mise en œuvre du plan 2030 pour une Chine en bonne santé. Cet engagement a jeté les bases d’une approche systémique de l’information sur la santé pour les années à venir. Exploiter les possibilités qu’offre le vieillissement en bonne santé de transformer les systèmes de santé et d’ouvrir de nouvelles perspectives sur la santé comme enjeu de société La Région du Pacifique occidental compte l’une des plus nombreuses et en expansion la plus rapide des populations âgées du monde. Le vieillissement est une évolution prévisible de notre société qui met à l’épreuve notre aptitude à transformer et à pérenniser nos systèmes de santé et nos environnements. À la session du Comité régional en octobre 2019, les États Membres ont reconnu qu’il était essentiel d’agir de manière anticipée afin de se préparer Il est essentiel pour les personnes âgées de rester en contact avec la société, ce qui favorise le vieillissement en bonne santé. La technologie permet à cette grand-mère philippine de s’entretenir en vidéo avec sa famille pendant la période de confinement dû à la COVID-19. 34 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 au vieillissement de la population et de convertir les défis à relever à cet égard en possibilités à exploiter pour répondre aux questions sanitaires d’aujourd’hui et préparer l’avenir. Les États Membres ont à l’unanimité préconisé une approche mobilisant l’ensemble de la société. Toutefois, le secteur de la santé doit prendre les devants et continuer à forger des partenariats avec d’autres secteurs responsables du financement, des ressources humaines, de la planification urbaine et du bien-être social afin de permettre les changements nécessaires à un vieillissement en bonne santé. La COVID-19 a fait porter une attention particulière sur les besoins des populations vieillissantes. Les personnes âgées sont très exposées aux formes sévères de la COVID-19 et très affectées par les mesures de santé publique prises pour endiguer la propagation de la maladie. Afin d’aider les pays, l’OMS a rapidement constitué des groupes d’experts internes et externes à l’Organisation pour élaborer des outils et des orientations visant à protéger les personnes âgées de la Région pendant la pandémie. Des orientations ont notamment été définies sur la prise en charge des personnes âgées hébergées en établissement de soins de longue durée, et sur la prévention et la maîtrise des infections. Le regain d’intérêt porté à la santé des populations vieillissantes offre également un terrain favorable pour répondre aux besoins des personnes âgées au-delà de la pandémie de COVID-19. Les pays de la Région du Pacifique occidental s’emploient activement à améliorer la prise en charge des personnes âgées dans le cadre de l’approche fondée sur un « nouvel avenir ». La Mongolie et le Viet Nam ont commencé à promouvoir l’auto- prise en charge et la formation de bénévoles au sein des communautés et d’agents de santé afin d’encourager les personnes âgées à prendre en main leur propre santé et à pratiquer l’auto-prise en charge pour préserver leur bien-être. En prenant des mesures visant à mieux adapter les systèmes de santé et les environnements aux populations vieillissantes, les pays ont préparé le terrain pour une transformation plus vaste de nos systèmes de santé. Conformément à la demande formulée par le Comité régional en 2019, l’OMS dans le Pacifique occidental a œuvré aux côtés d’experts et de pays à l’élaboration du projet de plan d’action régional sur le vieillissement en bonne santé. Celui-ci propose des mesures intersectorielles à l’intention des États Membres et de l’OMS qui visent à mieux répondre aux divers besoins des personnes âgées dans la Région et qui nous permettront de voir dans le vieillissement de la population la possibilité de transformer nos sociétés. Cette approche à long terme a pour objet d’encourager le développement d’une culture régionale dans laquelle les personnes âgées sont en bonne santé et épanouies, et contribuent à la société. Le plan sera présenté au Comité régional en octobre 2020. La CSU, une plateforme pour l’avenir Selon les orientations définies par Vision d’avenir, la couverture sanitaire universelle (CSU) est une base nécessaire pour garantir que les programmes de lutte contre les maladies, de soins, de santé publique et de prévention sont conçus de manière à faire partie intégrante des systèmes de santé de demain et contribuent à leur édification. Cette vision qui fait de la CSU l’un des socles d’édification des systèmes de santé a conduit à relancer le Groupe consultatif technique (GCT) sur la CSU, ralliant une plus large participation à l’élaboration de politiques et à l’innovation pour les systèmes de santé dans la Région. Le nouveau Groupe consultatif technique sur la CSU servira de cadre au sein duquel d’autres GCT de la Région — sur les MNT, les changements climatiques, les maladies émergentes, la prévention de la violence et des traumatismes, la tuberculose et un groupe d’experts sur la réponse aux besoins des laissés- pour-compte — pourront fédérer leurs efforts dans une démarche coordonnée visant à transformer les systèmes de santé en faveur de la CSU. Le GCT s’attaquera également aux nombreux défis observés pendant la pandémie de COVID-19, ce qui permettra d’approfondir le processus d’établissement et de renforcement des systèmes de santé. Le rôle central que la CSU joue dans l’action à mener pour faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre a été plus fortement encore mis en évidence par la COVID-19. Le nouveau GCT a pour but d’aider les pays à prendre des mesures résolues en matière d’innovation en vue de répondre à la nécessité d’élaborer la CSU dans la « nouvelle normalité », en fonction des besoins et du contexte des pays. Il peut s’agir notamment de repenser la prestation de services pour la CSU en autonomisant les individus et les communautés, de restructurer la prestation de services et les modèles de soins, et de redéfinir le rôle des institutions de la santé et d’autres secteurs pour atteindre les objectifs de santé publique. La promotion de l’information au service de l’action, le renforcement de la communication stratégique, l’adoption rapide d’innovations et la création d’un environnement propice à une gouvernance solide et à la responsabilisation sont autant d’autres initiatives possibles. En août 2020, le nouveau GCT sur la CSU se réunira pour amorcer la mise en œuvre de ces orientations et ouvrir une nouvelle voie vers l’instauration de la CSU dans la « nouvelle normalité » et le nouvel avenir. For the Future Towards the Healthiest and Safest Region A vision for WHO work with Member States and partners in the Western Pacific OBTENIR DES RÉSULTATS | 35 36 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Division Systèmes et Services de santé Les efforts que déploient les États Membres pour instaurer la couverture sanitaire universelle (CSU) dans la Région du Pacifique occidental reposent essentiellement sur l’établissement de systèmes de santé solides. Les orientations de la Région définies par Vision d’avenir soulignent combien il importe de disposer de systèmes de santé robustes pour améliorer et pérenniser les résultats en matière de santé. Ils sont essentiels à la mise en œuvre des quatre priorités thématiques présentées dans Vision d’avenir : la sécurité sanitaire, y compris la résistance aux antimicrobiens ; les maladies non transmissibles et le vieillissement ; les changements climatiques, l’environnement et la santé ; la réponse aux besoins des laissés-pour- compte. La pandémie de COVID-19 a mis en lumière le caractère urgent du renforcement et de la transformation des systèmes de santé. La Division Systèmes et Services de santé s’emploie avec d’autres divisions de l’OMS à apporter les compétences techniques nécessaires pour rendre les systèmes de santé résistants aux situations d’urgence, accomplir des réalisations dans la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, et optimiser les investissements en santé publique aux fins de meilleurs résultats sanitaires. La Division se compose de quatre unités qui prêtent leur concours aux États Membres en leur offrant des conseils stratégiques et techniques sur des aspects essentiels du système de santé : conception des politiques et des services de santé ; médecines essentielles et L’OMS a aidé beaucoup d’États Membres à améliorer les résultats de la prise en charge des nouveau-nés prématurés et souffrant d’insuffisance pondérale à la naissance en utilisant la méthode de la « mère kangourou », comme le montre cette mère vietnamienne. La prestation de services de santé de qualité est essentielle pour instaurer la couverture sanitaire universelle. technologies de la santé ; santé de la mère et de l’enfant et qualité-sécurité ; droit et éthique de la santé. L’équipe Conception des politiques et des services de santé aide les États Membres à élaborer et à mettre en œuvre des politiques, des stratégies et des plans visant à renforcer les systèmes de santé. Elle accorde une attention particulière aux politiques de financement de la santé ayant pour objet de réduire les paiements directs et les obstacles financiers à l’accès aux soins, à l’analyse des dépenses de santé pour éclairer l’élaboration des politiques, à l’apport de conseils portant sur la planification des effectifs de santé, ainsi qu’aux activités de gestion et d’appui relatives à la prestation de services (y compris soins de santé primaires et réadaptation). L’équipe Médecines essentielles et technologies de la santé aide les États Membres à renforcer leurs systèmes et réglementations pharmaceutiques, y compris en ce qui concerne les médecines traditionnelles, afin d’assurer un accès équitable à des thérapies et technologies de la santé qui soient sûres, efficaces et de qualité éprouvée. Elle collabore avec d’autres programmes à l’accélération de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental. Elle appuie le renforcement des autorités nationales de réglementation, l’échange de données d’expérience entre États Membres, la gestion de la résistance aux antimicrobiens sous la direction des pouvoirs publics ainsi que l’amélioration de la surveillance de l’utilisation des antimicrobiens et de la résistance que ces médicaments rencontrent. L’équipe Santé de la mère et de l’enfant et qualité-sécurité aide les États Membres à assurer à tous, au titre de la couverture sanitaire universelle, les services de santé les meilleurs et les plus sûrs possibles, en faisant de la santé des femmes et des enfants une priorité. L’équipe s’attache en particulier à améliorer la qualité des soins de santé reproductive et de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, la prestation des services dans les établissements de soins et les systèmes relatifs aux patients. Elle assure également la gestion du Centre global d’apprentissage de la santé qui forme les futurs responsables de la santé de la Région. L’équipe Droit et éthique de la santé aide les États Membres à comprendre. à élaborer et à mettre en œuvre, dans le domaine de la santé, des cadres juridiques et éthiques de qualité. Ces cadres, fondés sur les droits de l’homme et les bonnes pratiques internationales sous-tendent les politiques de transformation et une programmation innovante. L’équipe aide les États Membres à examiner et à développer leur législation, et à échanger des données d’expérience en la matière et des informations sur le rôle des parlementaires dans l’encadrement de la santé. De manière générale, la Division aide les États Membres à renforcer les systèmes de santé, qui contribueront à l’instauration de la CSU. En 2020, elle a dirigé l’appui aux aspects de la lutte contre la COVID-19 relatifs à la prestation des soins de santé. Elle a prêté main forte aux pays pour la mise Les efforts que déploient les États Membres pour instaurer la couverture sanitaire universelle dans la Région du Pacifique occidental reposent essentiellement sur l’établissement de systèmes de santé solides. OBTENIR DES RÉSULTATS | 37 38 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 en place de parcours de soins et le renforcement des soins contre la COVID-19, en mettant très tôt l’accent sur les capacités des services de soins intensifs. Elle a collaboré avec les législateurs nationaux à l’échange d’informations sur les législations et au renforcement de la solidarité régionale dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. Elle a également travaillé avec la Banque asiatique de développement, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale afin d’analyser les impacts économiques de la pandémie et de se préparer à une future crise financière, qui pourrait avoir un impact négatif sur les dépenses de santé des pouvoirs publics. En avril 2020, l’OMS a célébré la Journée mondiale de la santé dans la Région en organisant une manifestation virtuelle en l’honneur des personnels de santé. Celle-ci a été l’occasion de mesurer l’importance d’investir dans les soins infirmiers et de renforcer les compétences de direction du personnel infirmier, et de rendre hommage à l’abnégation et aux sacrifices du personnel infirmier qui a travaillé sans relâche, en première ligne, dans l’action menée contre la COVID-19. En 2020, la Division collabore avec les États Membres pour encourager la concertation sur le rôle qui revient au personnel infirmier et aux sages-femmes en matière d’encadrement, ainsi que sur la nécessité d’investir davantage dans leur éducation et leur développement de carrière. Au Viet Nam, l’OMS a collaboré avec le Ministère de la santé et l’Association des infirmiers du Viet Nam à la tenue de deux manifestations de sensibilisation visant à célébrer l’Année internationale des sages-femmes et du personnel infirmier et à demander la hausse des investissements dans l’éducation des sages-femmes et du personnel infirmier, ainsi que la création d’emplois décents et de postes à responsabilités. L’Organisation a également organisé une campagne d’une semaine sur les réseaux sociaux afin de mettre en avant la contribution apportée par le personnel infirmier et les sages-femmes dans les communautés et les systèmes de soins de santé primaires. Elle a produit une vidéo sur deux infirmières, dont l’une a soigné, à l’hôpital pédiatrique national, le premier patient pédiatrique atteint de la COVID-19 au Viet Nam. Leurs témoignages ont permis de souligner le rôle essentiel que les sages-femmes et le personnel infirmier ont notamment joué en première ligne, durant la pandémie de COVID-19, ainsi que l’importance que revêtent la prévention et la maîtrise des infections. Renforcer les systèmes de soins de santé face à la COVID-19 et au-delà La COVID-19 a montré combien il était urgent d’accélérer le renforcement des systèmes de santé de la Région. Le plan d’action de l’OMS intitulé Western Pacific Regional Action Plan for Response to Large-Scale Community Outbreaks of COVID-19 (Plan d’action régional du Pacifique occidental pour riposter aux fortes flambées de COVID-19 dans les communautés) souligne combien il importe que les États Membres mettent en place un parcours de soins afin de réduire au minimum la morbidité et la mortalité dues à la COVID-19, et s’assurent que les hôpitaux ne sont pas débordés et peuvent avoir recours, en cas de besoin, à du personnel de renfort. L’OMS a aidé les pays de la Région à renforcer les capacités dont les hôpitaux et les unités de soins intensifs disposent pour assurer le traitement des patients atteints de maladies aiguës et critiques. En République démocratique populaire lao, par exemple, la riposte à la COVID-19 s’est appuyée sur une initiative qui existait déjà, dont l’objet était de développer, avec le concours de l’OMS, les critères d’accréditation des hôpitaux, y compris des normes de gestion hospitalière et d’autres domaines tels que les ressources humaines et les finances, la lutte anti-infectieuse et la préparation aux urgences. Avant la pandémie, l’OMS et le Ministère de la santé avaient mené une enquête nationale de référence sur la gestion des hôpitaux dont il était ressorti que la lutte anti-infectieuse et la préparation aux situations d’urgence accusaient les lacunes les plus flagrantes. Par ailleurs, en vue de faciliter l’application des critères d’accréditation dans tel ou tel domaine de programme, l’OMS a coopéré avec les programmes nationaux de santé reproductive et de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, afin de procéder, à l’échelle nationale, à des améliorations visant à suivre plus efficacement et à accroître la disponibilité et la qualité des services. En 2019, cette approche a été mise en œuvre dans plus de 80 hôpitaux et centres de soins de santé primaires répartis dans toutes les provinces laotiennes. Lorsque la COVID-19 s’est déclarée, l’OMS a aidé le Ministère laotien de la santé à mener des exercices de simulation axés sur la lutte anti-infectieuse dans chacun des 17 hôpitaux provinciaux. Ceux-ci ont notamment conduit à établir des procédures d’enregistrement et de dépistage des cas lors du triage, à définir des zones d’isolement des patients et d’autres réservées aux agents de santé afin d’éviter les risques de contamination, et à identifier les besoins en espaces, en personnel et en équipements nécessaires pour faire face aux flambées de cas de COVID-19. Ces mêmes activités, centrées sur le renforcement des capacités de lutte anti-infectieuse, seront menées dans les centres de soins de santé primaires au deuxième semestre 2020. L’inclusion La COVID-19 a accentué la nécessité de mettre en œuvre des pratiques efficaces de lutte contre les infections dans les établissements de santé. L’OMS a apporté son concours à de nombreuses sessions de formation, telles que celle-ci dans la capitale laotienne de Vientiane, visant à assurer la sécurité du personnel, des patients et des visiteurs dans les établissements de santé. En juin, le Parlement de Papouasie-Nouvelle-Guinée a adopté la loi nationale de 2020 sur la pandémie. La pandémie a incité un plus grand nombre d’États Membres à solliciter l’appui de l’OMS dans l’élaboration des cadres juridiques pour la santé, lesquels sont de plus en plus indispensables pour assurer la sécurité sanitaire et l’élaboration des systèmes de santé. moyens aux pouvoirs publics de réagir rapidement et correctement au moyen de processus législatifs demeure une priorité pour l’OMS dans la Région. Au début de 2020, l’OMS a entrepris d’aider les Îles Cook à actualiser leur législation en matière de santé publique. Après avoir connu une interruption pendant la phase initiale de la pandémie, le processus est de nouveau mis en œuvre et les éléments liés à la COVID-19 y seront pris en compte. Qui plus est, l’Organisation a aidé la Papouasie-Nouvelle-Guinée à élaborer sa loi nationale de 2020 sur la pandémie, qui vise à intensifier les efforts consentis par le Gouvernement quant aux priorités relatives à la COVID-19. Financer la santé en faveur de l’instauration de la CSU La Division Systèmes et Services de santé aide les États Membres à prévoir un financement suffisant pour instaurer la CSU et atteindre les cibles des objectifs de développement durable liés à la santé d’ici à 2030. Cette stratégie à long-terme nécessite des partenariats avec les Ministères des finances qui permettront de faire valoir le bien-fondé des investissements en santé, sur la base de la contribution que ceux-ci apportent à la croissance économique, à la création d’emplois et à la sécurité. En 2020, l’OMS et la Banque asiatique de développement ont, grâce à leur partenariat, renforcé et développé l’appui déjà accordé aux pays pour la gestion des finances publiques, les achats stratégiques et le financement des soins de santé primaires. Elles ont étroitement collaboré au financement et au soutien de la riposte à la COVID-19, et prévoient de réunir les Ministres des finances et de la santé en septembre 2020 pour qu’ils partagent les enseignements tirés de l’action qu’ils ont menée contre la COVID-19 et s’engagent de nouveau à investir dans la CSU. Depuis le début de la pandémie et de la crise économique qui s’est ensuivie, l’OMS a créé un groupe de travail chargé de mesurer la marge de manœuvre budgétaire dans la Région, avec le concours de hauts responsables de la Banque asiatique de développement, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Le groupe a évalué les diminutions des budgets santé par habitant dues au tassement des recettes publiques résultant du recul du produit intérieur brut des pays et étudie des solutions qui permettraient de préserver les budgets santé. Il organise des tables rondes entre les responsables des bureaux de pays de l’OMS, leurs homologues des Ministères de la santé et des fonctionnaires des Ministères des finances sur les mesures à prendre pour réduire l’écart qui se creuse entre les recettes publiques en baisse et les dépenses croissantes dues à la COVID-19. L’OMS et la Banque mondiale tiendront des tables rondes avec les États Membres, à partir d’estimations détaillées des recettes publiques et de leurs incidences sur les budgets des Ministères de la santé. Il examine également des instruments d’allègement fiscal, tels que l’assainissement budgétaire et l’allègement de la dette. Ses travaux font valoir l’intérêt économique qu’il y a à investir dans la CSU, en y faisant une plus grande place à la COVID-19, et en mettant ainsi l’accent sur la nécessité d’accroître le financement de la santé y compris en période de crise financière. des mesures essentielles de lutte anti-infectieuse dans les normes actualisées d’accréditation des hôpitaux en assurera la durabilité. Partenariat avec les parlementaires sur la législation en faveur de la santé L’OMS a noué un partenariat actif avec les parlementaires afin d’assurer l’encadrement et la supervision des politiques et programmes de santé au niveau national. Des cadres juridiques et des processus parlementaires solides sous-tendent l’organisation, le financement et la réglementation des prestations de soins de santé, et permettent l’adoption de mesures extraordinaires lors de situations d’urgence telles que la pandémie de COVID-19, tout en veillant au respect des droits individuels. L’appui que l’OMS accorde directement aux pays en vue de renforcer les cadres juridiques de la santé et le rôle de premier plan qu’elle joue en assurant le secrétariat du Forum parlementaire Asie-Pacifique sur la santé mondiale, contribuent de manière complémentaire à dynamiser les systèmes de santé nationaux. Il s’est agi notamment de soutenir les efforts déployés par les pays pour lutter contre la COVID-19. A la cinquième réunion du Forum parlementaire, qui s’est tenue aux Fidji en 2019, les parlementaires ont débattu des défis liés aux changements climatiques, à l’environnement et à la santé. En avril 2020, l’OMS a organisé une réunion virtuelle extraordinaire des parlementaires les invitant à partager leur expérience sur le rôle qu’ils ont joué dans la conduite des actions menées contre la COVID-19. Le Forum a réaffirmé sa solidarité pour soutenir l’OMS dans l’action qu’elle mène dans la Région et travailler à ses côtés. Les parlementaires ont également demandé la tenue de nouvelles réunions et prié l’OMS de faciliter l’échange d’informations relatives à la COVID-19. Les orientations données par l’OMS sur les processus législatifs se sont avérées utiles, la pandémie de COVID-19 ayant renforcé la nécessité pour les pays d’élaborer ou de modifier la législation portant, entre autres, sur les situations d’urgence, la santé publique, les personnels de santé et la confidentialité. Donner les OBTENIR DES RÉSULTATS | 41 42 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Division Environnements sains et Populations en bonne santé La Division Environnements sains et Populations en bonne santé a pour objectif d’agir en amont sur les déterminants de la santé dans le Pacifique occidental afin de favoriser des choix et des modes de vie sains, de permettre aux habitants de la Région de jouir d’une bonne santé tout au long de leur vie, de ne laisser personne de côté et de créer des environnements sûrs et sains dans lesquels les gens vivent, étudient, travaillent et s’amusent. La Division Environnements sains et Populations en bonne santé appuie également l’intégration du genre et de l’équité dans les activités de toutes les autres divisions. La Division Environnements sains et Populations en bonne santé souscrit à l’aspiration de Vision d’avenir consistant à faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde, en prenant en compte les déterminants sociaux et environnementaux de la santé. Plus précisément, de l’échelle de la population à celle des communautés ou de l’individu, notre ambition est de faire en sorte que les États Membres tiennent compte des facteurs de risque et en prémunissent chacun tout en promouvant la prestation de services inclusifs pour la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT). Les travaux que nous menons en ce sens s’étendent aux thèmes de la violence, des traumatismes, de l’alcool, du tabagisme et de la nutrition. Ils visent notamment à garantir des environnements sûrs et à établir des comportements et des cadres sains dans les familles, les écoles, les lieux de travail et les villes, qui favorisent la santé tout au long de la vie. La Division La mobilisation communautaire contribue pour beaucoup au succès de nombreux programmes de santé. Les mesures de sensibilisation au cancer mises en œuvre par des agents de santé bénévoles au Vanuatu en sont un exemple. Ce type d’expérience a été mis à profit pour assurer aux communautés une bonne préparation face à la crise de la COVID-19. s’emploie également à réduire les inégalités en progressant dans tous ces domaines, conformément aux orientations définies par Vision d’avenir. L’activité de la Division est menée par cinq unités techniques : Santé et environnement ; Prévention des MNT et promotion de la santé ; Initiative pour un monde sans tabac ; Déterminants sociaux de la santé et prévention de la violence et des traumatismes ; Nutrition. L’unité Prévention des MNT et promotion de la santé collabore étroitement avec les États Membres et les partenaires à la conception de politiques, programmes et mesures visant à satisfaire les besoins sanitaires des pays et à résoudre les difficultés qu’ils rencontrent, en priorisant l’appui à l’action axée sur les facteurs de risque modifiables et les déterminants sociaux de la santé, en fonction des lacunes de chaque pays et de son contexte politique, social et économique. L’objectif est de favoriser l’adoption de comportements sains tout au long de la vie et la création d’environnements favorables, tels que les écoles de promotion de la santé et les villes-santé. Au Cambodge et aux Fidji, la Division a contribué à renforcer la collaboration entre les réseaux de promotion de la santé et d’autres secteurs en vue de réduire les risques de MNT. L’unité Initiative pour un monde sans tabac s’attache à répondre aux nouveaux défis posés par l’évolution rapide de l’industrie du tabac. Confortée par l’adoption en 2019 du Plan d’action régional pour la lutte antitabac dans le Pacifique occidental (2020 2030), la Division Environnements sains et Populations en bonne santé a fait fond sur les initiatives passées pour contrer l’émergence de nouveaux produits du tabac et de nouvelles tendances. En sollicitant d’autres secteurs que la santé pour élaborer la réglementation, qu’il a adoptée en 2020 après avoir entériné en 2018 une première législation globale sur le tabac, Nioué donne un excellent exemple de la manière dont les pays peuvent mettre en œuvre le Plan d’action. L’unité Nutrition aide les États Membres à lutter contre le double fardeau de la malnutrition en privilégiant les mesures stratégiques et les interventions en faveur d’une bonne nutrition tout au long de la vie. Afin de promouvoir une alimentation saine, la Division Environnements sains et Populations en bonne santé a mené l’action régionale qui visait à aider les États Membres à accélérer la lutte contre les effets néfastes de la commercialisation des substituts du lait maternel et des aliments à haute teneur en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel. La Division est guidée dans son action par le Cadre d’action régional pour la protection des enfants contre les effets néfastes de la commercialisation des produits alimentaires dans la Région du Pacifique occidental, approuvé par le Comité régional en octobre 2019. Qui plus est, la Division a aidé le Cambodge, la Chine, la Malaisie, la Mongolie et les Philippines à promouvoir une alimentation saine en réglementant le commerce d’aliments riches en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel. La Division Environnements sains et Populations en bonne santé souscrit à l’aspiration de Vision d’avenir consistant à faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde, en prenant en compte les déterminants sociaux et environnementaux de la santé. OBTENIR DES RÉSULTATS | 43 44 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 de surveillance et d’information environnementales. La COVID-19 a imposé de nouveaux modes de travail. Face à cette réalité, nous avons renforcé les capacités nationales nécessaires pour mener une évaluation des risques pour la santé environnementale suivie de mesures de riposte plurisectorielles adaptées afin d’accroître la résilience face aux changements climatiques. Mobilisation communautaire : des solutions ascendantes La mobilisation communautaire est un mécanisme essentiel qui permet d’exploiter les ressources et les réseaux locaux et de répondre aux défis sanitaires de manière dynamique et adaptée au contexte local. La valeur que les individus, les communautés et les sociétés attachent à la santé sous-tend la manière dont ils contribuent à la création d’un avenir plus sain au-delà de l’action d’urgence. La Division Environnements sains et Populations en bonne santé a aidé les pays à autonomiser les communautés, et à renforcer et à amplifier les initiatives axées sur l’égalité entre les sexes et l’équité afin d’atténuer les retombées de la COVID-19 en tirant parti des systèmes locaux pour apporter des solutions distinctives aux problèmes émergents. À titre d’exemple, le Bureau de l’OMS aux Tonga a collaboré avec le Ministère de la santé, dans le cadre de la riposte à la COVID-19, à l’élaboration d’un plan de mobilisation intitulé Talanoa (signifie « parler ») visant à atteindre tous les villages de l’île principale et à leur apporter un soutien en temps utile. Cette initiative a pu être rapidement mise en œuvre grâce aux plateformes et aux réseaux existants de mobilisation de la population. Des rassemblements communautaires ont été organisés dans le cadre du plan Talanoa pour diffuser des informations de santé publique et répondre aux questions de la population, débattre de questions diverses et prendre des décisions éclairées sur l’action à mener à l’échelle locale. Ils ont permis d’aborder des sujets tels que les pratiques de lutte contre les infections, y compris le lavage de mains et la distanciation physique, et de dissiper certaines idées reçues et rumeurs. Des agents de santé locaux ont animé ces discussions au cours desquelles les membres des communautés se sont employés ensemble à trouver des solutions locales afin, notamment, de déterminer quel type de soutien accorder aux membres de la communauté si des cas de COVID-19 étaient détectés. Le Mouvement pour la mobilisation communautaire dans le Pacifique occidental a été lancé et s’apprête à être étendu à l’ensemble des pays de la Région. Il rassemble les pays en vue de favoriser la participation des communautés à l’action d’urgence et de permettre à celles-ci de soutenir et de protéger les groupes vulnérables. L’OMS dans la Région a publié une note d’orientation intitulée Role of Community Engagement in Situations of Extensive Community Transmission of COVID-19 (Le rôle de la mobilisation communautaire dans des situations de forte transmission de la COVID-19 à l’échelle locale) et l’a mise en pratique en aidant les pays à élaborer et à mettre en œuvre des plans de L’unité Déterminants sociaux de la santé a été créée à la demande des États Membres. La Division Environnements sains et Populations en bonne santé s’est interrogée sur la mesure dans laquelle les politiques, les stratégies et les services de lutte contre la violence à l’égard des femmes et des enfants étaient harmonisés et sur les possibilités d’intégration des différentes approches sanitaires et de prise en considération des déterminants sociaux de la santé, y compris le genre. La pandémie de COVID-19 a creusé les inégalités et fait apparaître de nouvelles vulnérabilités. Afin de relever ces défis, une plus grande attention a été accordée aux populations vulnérables. S’appuyant sur ses compétences et ses réseaux, la Division crée des environnements favorables à l’action et à la santé dans le cadre d’une démarche qui mobilise l’ensemble de la société et fait une place prioritaire aux individus et aux communautés - en particulier les plus difficiles à atteindre – en vue de construire un avenir meilleur pour tous. L’OMS dans la Région a aidé les États Membres à mobiliser les communautés dans la recherche de solutions locales à des problèmes émergents, y compris la COVID-19, et recensé et documenté des approches communautaires. À l’heure où s’achèvent les premières étapes de la riposte et où s’ouvre un « nouvel avenir », de nouveaux investissements seront nécessaires pour cibler la promotion de la santé, créer des environnements sûrs et stimulants, et s’assurer le soutien de secteurs autres que la santé. L’action de l’unité Santé et environnement est également guidée par les demandes des États Membres. La Division Environnements sains et Populations en bonne santé s’est employée activement à améliorer les résultats sanitaires liés aux risques environnementaux, notamment l’insalubrité de l’eau et le manque d’assainissement, la mauvaise qualité de l’air, l’exposition aux substances et déchets chimiques toxiques et dangereux et les changements climatiques. L’accent a été placé sur le renforcement de la collaboration entre les secteurs de la santé et de l’environnement. Les capacités des pays ont été développées au moyen de réseaux techniques régionaux d’experts et de partenaires, de l’échange de bonnes pratiques entre les pays, de la recherche, des stratégies et des mesures visant à lutter contre les risques environnementaux et professionnels pour la santé et du perfectionnement des systèmes mobilisation communautaire, axés sur les questions de genre et d’équité, pour lutter contre la COVID-19. Subvenir aux besoins des populations vulnérables sous l’angle de l’égalité des sexes et de l’équité Les comportements relatifs à la santé dans la Région du Pacifique tendent à être fortement influencés par les déterminants sociaux. Les inégalités observées dans la plupart des pays de la Région menacent les acquis sociaux et économiques et créent des obstacles évitables à la santé, une situation aggravée par la pandémie de COVID-19. Les efforts ciblés visant à soutenir les groupes vulnérables ont constitué un volet important de l’action de santé publique menée pour faire face à la pandémie. Afin d’aider les États Membres à renforcer encore ce domaine important, l’OMS dans la Région a publié la note d’orientation intitulée Actions for Consideration in the Care and Protection of Vulnerable Population Groups for COVID-19 (Mesures à considérer pour la prise en charge et la protection des groupes de population vulnérables face à la COVID-19). La mobilisation des communautés touchées a permis aux populations vulnérables de bénéficier de l’action menée contre la COVID-19 et de faire connaître leurs préoccupations et les difficultés qu’elles rencontrent, ainsi que de rechercher des solutions et de les mettre en œuvre. On citera pour exemple la Mongolie, qui a utilisé son réseau bien établi de villes-santé pour stimuler les efforts de riposte à la COVID-19 dirigés par les villes, en accord avec la coordination nationale. Grâce à leur participation à ce réseau, les villes et les autorités locales de Mongolie ont fait l’expérience de la mobilisation communautaire et de la création d’environnements sains, ce qui les a dotées du savoir-faire nécessaire pour adapter et appliquer les directives selon des modalités accessibles et acceptables dans le contexte local. La capitale mongolienne, Oulan-Bator, s’est dotée d’un plan d’action associant l’ensemble de la société pour faire en sorte que tous les groupes de population, notamment les plus vulnérables, bénéficient de la mise en œuvre d’interventions et de stratégies. Le Département de la santé de la ville a joué un rôle clé dans la préparation des professionnels et des établissements de santé locaux face à l’arrivée de la COVID-19. La municipalité a également collaboré avec des partenaires internationaux et locaux afin de mettre en commun les bonnes pratiques et les enseignements tirés de la mise en œuvre du Plan d’action de la ville contre la COVID-19 et des stratégies visant à répondre aux besoins des personnes vulnérables. Afin de soutenir davantage l’action menée dans la Région sur les questions de genre et d’équité, un document intitulé « A Panorama of Gender Inequities in Health in the Western Pacific » (Une vue d’ensemble des inégalités entre les sexes dans le domaine de la santé dans le Pacifique occidental) a été élaboré en vue de faire ressortir les tendances liées à l’égalité des sexes en matière de santé, pour chacune des quatre priorités thématiques de l’OMS dans la Région énoncées dans Vision d’avenir. En coopération avec les pays du Pacifique occidental, l’Organisation s’est servie de ces informations pour renforcer les politiques et les programmes, et suivre et évaluer les efforts consentis, en particulier face à la COVID-19. S’agissant des activités de suivi des inégalités entre les sexes dans le domaine de la santé qui sont actuellement menées dans les pays et entre chacun d’entre eux, la Division Environnements sains et Populations en bonne santé a contribué à l’élaboration du tableau de bord régional sur la COVID-19 ayant pour objet d’aider les pays à mesurer et à surveiller l’épidémie chez les groupes vulnérables. Dans un premier temps, les pays ont été encouragés à faire rapport sur la COVID-19 au moyen de données ventilées par âge et par sexe, une composante essentielle à l’élaboration de réponses ciblées. Afin de réunir plus facilement des informations sur les pratiques soucieuses d’égalité entre les sexes et de les mettre en commun, une plateforme virtuelle en temps réel, axée sur les questions de genre et d’équité, est en cours d’élaboration. L’OMS dans la Région actualisera régulièrement ce pôle de ressources au moyen d’éléments visant à aider les pays de la Région à assurer l’égalité entre hommes et femmes. Une infirmière du centre de santé de Chambork (Cambodge) propose des tests de dépistage du paludisme et d’autres services dans un camp forestier isolé. Des efforts ciblés sont nécessaires pour atteindre les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les filles, afin d’écarter les obstacles à la santé qui peuvent être évités. OBTENIR DES RÉSULTATS | 45 46 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Une petite fille du Vanuatu utilise un poste de lavage de mains installé après le passage du cyclone tropical Harold, l’une des nombreuses mesures de lutte contre les infections mises en œuvre dans le cadre de la riposte à la COVID-19. Améliorer la santé environnementale grâce à des approches novatrices L’application systématique de bonnes pratiques dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) et de la gestion des déchets dans les communautés, les prisons et les établissements de santé a contribué à prévenir la transmission de la COVID-19. Les populations vulnérables peinent le plus à accéder aux services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, une autre source d’iniquité et d’inégalité entre les sexes en période de pandémie. La riposte à la COVID-19 a servi de catalyseur à l’OMS pour renforcer la prestation novatrice de services WASH. S’agissant de l’outil d’amélioration de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène dans les établissements de santé (WASH FIT), un guide pratique conçu en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) afin d’améliorer la qualité des soins dans les établissements de santé à l’aide de la méthode WASH, l’OMS a contribué à en accélérer le déploiement dans 63 provinces du Viet Nam au moyen d’une enquête et d’une formation en ligne sur la prévention et la maîtrise des infections. L’OMS et l’UNICEF ont collaboré à la formation en ligne de personnels des établissements de santé communautaires dans quatre provinces, à la distribution de matériel d’information, d’éducation et de communication axé sur la lutte contre les infections, et à la formation du personnel infirmier au nettoyage des surfaces environnementales. Les objectifs fixés en faveur du renforcement général des services WASH dans les établissements de santé et de la surveillance de la qualité de l’eau potable sont poursuivis pour appuyer la lutte contre la COVID-19 et la préparation aux défis de demain. La surveillance de la qualité de l’eau dans les établissements de santé est devenue prioritaire, l’accent demeurant placé sur l’approche WASH. Quelques provinces du Viet Nam ont intégré l’application de mesures WASH dans les établissements de santé dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques. Il s’est agi de mettre en place des infrastructures d’approvisionnement en eau (désalinisation et systèmes de récupération d’eau de pluie) et de latrines, et la réalisation d’évaluations consacrées à la vulnérabilité face aux changements climatiques, et à la lutte contre les infections pour renforcer l’aptitude des établissements de santé à faire face à la COVID-19 et aux changements climatiques. Des démarches sont en cours pour reproduire ce modèle dans d’autres provinces. L’OMS s’emploie activement à évaluer la mise en œuvre de l’outil WASH FIT dans d’autres pays de la Région en vue d’en établir les coûts estimatifs et d’élaborer des plans permettant de venir en aide aux plus vulnérables face à la COVID-19. L’OMS préconise de collaborer avec d’autres secteurs que la santé et des partenaires de développement internationaux afin d’accéder aux ressources financières nécessaires pour atteindre les objectifs WASH dans les établissements de santé. Une réorientation pour l’avenir : agir en amont contre les MNT Les MNT, qui affectent toutes les générations, sont tributaires des conditions dans lesquelles chacun naît, grandit, vit, joue, travaille et vieillit, celles-ci étant collectivement désignées sous le nom de déterminants sociaux de la santé. Principales causes de mortalité et de handicap dans la Région du Pacifique occidental, les MNT seraient responsables de 84 % de l’ensemble des décès, selon des statistiques publiées en 2019. Ayant pour effet d’accroître les risques de mortalité et de handicap, ces affections sous-jacentes réduisent également les chances de ceux qui en souffrent, de survivre à une pandémie de maladie infectieuse telle que la COVID-19. Vision d’avenir guide l’OMS dans l’action qu’elle mène auprès des États Membres pour réduire la charge des MNT en luttant contre leurs causes profondes tout en reconfigurant leurs systèmes de santé en vue d’offrir de meilleurs services. Cette ambition fait fond sur de nombreux succès. Des interventions gouvernementales et législatives ont contribué à la réalisation de l’objectif d’une Région sans tabac, notamment la législation historique sur le conditionnement neutre adoptée par l’Australie, puis par la Nouvelle-Zélande et Singapour, et l’imposition de mises en garde sanitaires sur les produits du tabac dans de nombreux pays. Le concept des îles-santé du Pacifique a notamment favorisé la création des écoles de promotion de la santé, l’élaboration d’une boîte à outils en faveur de l’action pour des familles en meilleure santé, afin de mobiliser les communautés, et l’utilisation de dispositifs technologiques simples visant à améliorer la surveillance des risques et la prestation de services liés aux MNT dans les îles reculées. Afin d’accélérer les progrès, le Bureau régional de l’OMS a pris des mesures résolues au cours de La réduction de la morbidité et de la mortalité dues aux MNT exige que l’ensemble des communautés et des individus ait accès à des services – tels que ceux assurés dans ce dispensaire de Tuvalu - qui permettent de donner des conseils sur la façon de réduire les facteurs de risque, de diagnostiquer et de suivre les cas de MNT, et de garantir un traitement efficace. OBTENIR DES RÉSULTATS | 47 l’année écoulée. L’Organisation a procédé à une refonte de l’action qu’elle mène dans le domaine des MNT en chargeant deux divisions techniques dont les travaux s’étendent à l’ensemble des programmes de s’occuper des conditions sociales, politiques et économiques qui influent sur les facteurs de risque modifiables, tels que le tabagisme, la consommation nocive d’alcool, la mauvaise alimentation et l’inactivité physique, et de concevoir des systèmes de prise en charge des MNT axés sur les soins de santé primaires et les populations non desservies. Pour la première fois, un Groupe consultatif technique sur les MNT a été établi afin de réunir un éventail de partenaires—allant de scientifiques et d’experts techniques à des parlementaires—chargés de guider l’OMS et les États Membres vers une réorientation radicale consistant à cibler davantage les facteurs en amont qui influent sur l’apparition des MNT. Le Groupe consultatif technique s’est réuni virtuellement en début d’année afin de procéder à un examen transversal des facteurs responsables de la charge des MNT dans la Région. 48 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Division Programmes de lutte contre les maladies En 2019, le mandat de la Division Programmes de lutte contre les maladies, axé sur la maîtrise et l’élimination des maladies transmissibles, a été élargi aux maladies non transmissibles (MNT), responsables d’une morbidité et d’une mortalité accrues, à la santé mentale et au bien-être des habitants de la Région du Pacifique occidental. L’action menée par la Division appuie les priorités thématiques régionales liées à la sécurité sanitaire et à la réponse aux besoins des laissés-pour-compte. « Répondre aux besoins des laissés-pour-compte » est l’engagement pris par l’OMS, consciente que, pour garantir des vies en bonne santé et protégées contre les situations d’urgence et les maladies, tous les individus, y compris les plus vulnérables, marginalisés et stigmatisés, doivent avoir accès à des soins et à des programmes de santé publique de qualité. L’Organisation a maintenu le cap sur cet objectif en continuant à apprendre, à améliorer et à refondre les systèmes de prestation de soins et de santé publique (voir encadré page 54). La Division Programmes de lutte contre les maladies comprend six unités techniques axées sur les défis actuels et futurs de la Région en matière de lutte contre les maladies : Maladies à prévention vaccinale et vaccination ; Paludisme et maladies tropicales négligées ; Mettre un terme à la tuberculose et élimination de la lèpre ; Prise en charge des maladies non transmissibles ; Santé mentale et usage de substances psychoactives ; VIH, hépatite et IST. Aux Fidji, les agents de santé se rendent par bateau dans les villages isolés pour y dispenser des services de vaccination. L’instauration de la couverture sanitaire universelle exige de trouver les moyens d’atteindre les communautés reculées pour rendre les services accessibles à tous. Les vastes compétences techniques réunies au sein de la Division permettent d’aider les États Membres à renforcer leurs capacités de riposte face aux menaces que posent les maladies endémiques et émergentes, notamment les maladies transmissibles et non transmissibles, tout en contribuant à l’élaboration de systèmes de santé équitables et hautement performants. Les unités de la Division s’attachent à exploiter le potentiel qu’offrent les solutions ascendantes, l’innovation et l’utilisation stratégique de données afin de progresser plus rapidement dans la maîtrise et l’élimination des maladies, en intégrant dans les systèmes de prestation des services de santé les éléments des programmes verticaux qui ont fait leurs preuves. L’unité Maladies à prévention vaccinale et vaccination s’emploie à éliminer les maladies évitables par la vaccination au sein de la Région en détectant et en caractérisant les populations non desservies par les services de vaccination, et en renforçant la surveillance épidémiologique et les réseaux de laboratoires. L’OMS aide les États Membres à réaliser des études de terrain approfondies et des évaluations des risques sur site, et à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies « sur mesure » pour combler les lacunes immunitaires. L’unité Paludisme et maladies tropicales négligées aide les États Membres à réduire et à éliminer ces maladies en adoptant des politiques et des stratégies fondées sur des données probantes, en facilitant les actions plurisectorielles et en renforçant les interventions telles que l’administration massive de médicaments, la surveillance active, la gestion intégrée des vecteurs, le diagnostic précis et le traitement précoce, l’autonomisation des communautés et la recherche pour atteindre les laissés-pour-compte. La sous-région du Grand Mékong a nettement progressé dans l’élimination du paludisme, et la Chine et la Malaisie sont parvenues à maintenir à zéro le nombre de cas de paludisme autochtone dans le cadre de l’initiative E-2020 pour 21 pays du monde en passe d’éliminer le paludisme. En 2019, l’OMS a certifié l’élimination de la filariose lymphatique en tant que problème de santé publique à Kiribati. Cette même année, la Malaisie et Tuvalu ont adopté le schéma thérapeutique associant trois médicaments pour accélérer l’élimination de la maladie. L’unité Mettre un terme à la tuberculose et élimination de la lèpre aide les États Membres à donner suite à l’appel lancé lors de la réunion de haut niveau de l’Assemble générale des Nations Unies pour mettre un terme à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2035, et appuie la mise en œuvre des stratégies mondiales visant à réduire la charge de la lèpre dans la Région. La mise en œuvre du Cadre d’action régional pour la mise en œuvre de la Stratégie visant à mettre un terme à la tuberculose dans le Pacifique occidental 2016-2020 a déjà permis d’accroître l’utilisation des outils de diagnostic rapide, de mieux détecter les cas, d’assurer une meilleure prise en charge des cas de tuberculose multirésistante, d’intensifier le dépistage du VIH et d’accroître l’accès aux traitements antirétroviraux chez les personnes co-infectées par la tuberculose et le VIH, et d’évaluer les coûts catastrophiques liés à la tuberculose et à la protection sociale des familles touchées. Une attention particulière est accordée aux disparités et aux vulnérabilités propres à chaque sexe, y compris les différences L’action menée par la Division appuie les priorités thématiques régionales liées à la sécurité sanitaire et à la réponse aux besoins des laissés- pour-compte… afin d’assurer à tous, y compris les plus vulnérables, marginalisés et stigmatisés, l’accès à des soins et à des programmes de santé publique de qualité. OBTENIR DES RÉSULTATS | 49 50 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Dès les premières phases de la riposte à la COVID-19, les membres de la Division Programmes de lutte contre les maladies disposant des compétences adéquates ont été affectés à des postes clés de direction et de coordination, notamment celui de Directeur régional chargé des situations d’urgence/ Directeur de la Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence par intérim, celui de représentant de l’OMS aux Philippines par intérim et ceux de responsable des composantes de l’équipe d’appui à la gestion des incidents. La Division Programmes de lutte contre les maladies a contribué à la coordination avec les partenaires, à la mobilisation de la population et à la communication stratégique, déployé des consultants et des experts, participé à des groupes de réflexion sur les perspectives d’avenir, et fourni des orientations techniques sur le maintien des systèmes et des services essentiels. La Division a également utilisé des plateformes et des réseaux préexistants dans la riposte à la COVID-19, et recouru aux compétences de leurs membres pour assurer la continuité des services essentiels et appuyer les efforts déployés par les États Membres pour atteindre les populations vulnérables et laissées pour compte. Utiliser le réseau de laboratoires de lutte contre les maladies dans la riposte à la COVID-19 La pandémie a rendu plus que jamais nécessaire l’introduction rapide et l’expansion des capacités de dépistage, et créé une forte demande de nouveaux tests de diagnostic. L’infrastructure et les systèmes mis en place dans les pays avec le soutien, entre autres, de l’unité Maladies à prévention dans l’exposition aux risques, les comportements favorisant la santé, les répercussions économiques et la stigmatisation des patients atteints de la maladie. L’unité Prise en charge des maladies non transmissibles aide les États Membres à progresser dans ce domaine en veillant à ce que les activités qui en relèvent soient alignées sur les politiques relatives à la CSU et intégrées à tous les niveaux de soins. Une attention particulière est portée à l’intégration des services de lutte contre les MNT dans les systèmes existants de lutte contre les maladies transmissibles et les programmes de santé de la mère et de l’enfant axés sur les soins de santé primaires. On citera pour exemple les interventions numériques mises en œuvre au Cambodge et en Mongolie dans le cadre des systèmes d’information renforcés pour la surveillance et le suivi individuel des patients atteints de MNT dans les services de soins de santé primaires. L’unité Santé mentale et usage de substances psychoactives aide les États Membres à veiller à ce que la santé mentale fasse partie intégrante de la CSU et à renforcer la résilience de leurs systèmes de santé mentale en prévision de futures crises. L’OMS dans la Région a encadré et coordonné les actions menées en faveur de la santé mentale pendant la pandémie de COVID-19 en renforçant les capacités, en fournissant des outils et des moyens d’intervention, en facilitant la mobilisation de la population par la communication sur les risques, et en remédiant aux lacunes et aux perturbations dont se ressentent les services en encourageant l’innovation et l’échange de connaissances. L’unité VIH, hépatite et infections sexuellement transmissibles (IST) aide les États Membres à améliorer l’accès équitable à des services intégrés de lutte contre le VIH, l’hépatite et les IST et à progresser dans l’élimination des maladies, tout en facilitant le passage à des mécanismes de financement durables. Elle s’est notamment employée avec succès à plaider pour la baisse du prix des traitements contre l’hépatite C, l’introduction de la prophylaxie pré-exposition, l’auto-dépistage du VIH, l’adoption de nouveaux schémas thérapeutiques, et l’intégration de services de dépistage et de prévention de l’hépatite, du VIH et du cancer du col de l’utérus. La formation et l’appui technique visant à améliorer les services de laboratoire des États Membres, comme illustré ici à Kiribati, ont pris une place encore plus importante dans la lutte que nous menons contre la COVID-19. De fortes flambées épidémiques de rougeole se sont produites dans de nombreuses parties de la Région en 2019. La surveillance, alliée à l’investigation des cas, a aidé à cibler les laissés-pour-compte. Au Cambodge, les vaccins administrés pendant l’épidémie, après une enquête sur le terrain, ont contribué à maintenir l’incidence de la rougeole à des niveaux faibles. vaccinale et vaccination sont actuellement utilisés dans la lutte contre la COVID-19. Le réseau de 450 laboratoires créé dans la Région dans les années 1990 – doté de capacités de dépistage de la poliomyélite, de la rougeole, de la rubéole, de maladies bactériennes invasives et de rotavirus – a été rapidement mobilisé pour dépister la COVID-19, avec l’appui de l’OMS et d’autres partenaires. La formation et l’appui technique dans les domaines de l’assurance qualité, de nouvelles méthodes de dépistage et l’expansion des capacités moléculaires ont permis de renforcer davantage ces systèmes. Les laboratoires des maladies à prévention vaccinale ont contribué à l’élaboration de plans nationaux de préparation et d’intervention contre les flambées épidémiques tout en investissant dans l’infrastructure et la formation essentielles au renforcement des capacités de laboratoires permettant de lutter contre d’autres maladies. Sous la coordination d’experts techniques de la Division, 21 laboratoires situés dans 10 pays ont reçu des kits de dépistage de la COVID-19, des réactifs et d’autres fournitures. La qualité du dépistage est maintenue grâce à la participation à des systèmes mondiaux d’assurance qualité. Le Réseau mondial de laboratoires de la rougeole et de la rubéole, le Réseau mondial de laboratoires de la poliomyélite et d’autres laboratoires de lutte contre les maladies évitables par la vaccination ont placé leur personnel, leurs compétences et leur savoir-faire au service de l’élaboration et de l’expansion de stratégies de dépistage de la COVID-19 dans l’ensemble de la Région. Les technologies automatisées de diagnostic rapide aux délais de rendu courts, introduites par le programme de lutte contre la tuberculose en vue du diagnostic de la résistance à la rifampicine, ont été adaptées au dépistage de la COVID-19. Des laboratoires de lutte contre la tuberculose ont été réaffectés dans 21 États et Territoires insulaires du Pacifique, en particulier dans les zones reculées ne disposant que de faibles capacités de laboratoire. Des plateformes Xpert MTB/RIF ont été mises en place ou optimisées afin que les pays disposent de tests de dépistage de la COVID-19. Des agents situés en première ligne de la lutte contre la tuberculose ont contribué à l’action menée contre la COVID-19, en particulier pour ce qui est de la collecte et du transport d’échantillons, et de la recherche des contacts. Garantir la continuité des services de santé essentiels La COVID-19 menace de perturber les programmes de santé publique et les soins essentiels, accentuant les inégalités et le risque connexe de résurgence de maladies transmissibles et non transmissibles. Forte des enseignements tirés de situations d’urgence passées, l’OMS a fait de l’accès aux services de santé essentiels, aux vaccins, aux médicaments et aux produits de base une part intégrante de la riposte à la COVID-19. Ayant anticipé la rupture d’approvisionnement en vaccins et en médicaments, l’unité Médecines essentielles et technologies de la santé, qui relève de la Division Systèmes OBTENIR DES RÉSULTATS | 51 52 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 et Services de santé, a collaboré avec la Division Programmes de lutte contre les maladies à la mise en place d’un système de surveillance de l’approvisionnement en médicaments et en vaccins, notamment dans le Pacifique. L’Organisation aide les pays à définir et à mettre en œuvre des orientations nationales visant à assurer la continuité des programmes essentiels pendant la pandémie de COVID-19 et au-delà. Le Cambodge a fait l’objet d’une vérification attestant l’élimination de la rougeole en 2015, mais une résurgence régionale a été observée en 2019 dans un grand centre touristique. L’OMS a mis en œuvre des activités de sensibilisation de haut niveau portant sur la flambée épidémique de rougeole, en collaboration avec le Ministère de la santé, et aidé celui-ci à obtenir des fonds extérieurs pour financer une campagne de lutte contre l’épidémie, laquelle a permis d’interrompre la transmission locale. Toutefois, des cas de rougeole ont continué d’apparaître dans l’ensemble du pays. L’OMS a également aidé le Cambodge à procéder à une analyse épidémiologique des causes profondes de l’épidémie, qui a permis de confirmer l’importation du virus au cours des déplacements transfrontaliers et internationaux. En outre, des poches isolées de sensibilité à la rougeole ont été détectées chez les enfants, dont certains n’avaient pas été vaccinés, et des cas de transmission se sont produits dans des établissements de santé. Ces situations concomitantes expliquent pourquoi le virus de la rougeole s’est dispersé après son importation. Un plan d’intervention global, axé sur l’évaluation des risques et le renforcement de la vaccination systématique dans l’ensemble du pays, a été mis en œuvre. Des petits groupes de nouveaux cas n’en ont pas moins continué d’apparaître. Un suivi et une évaluation approfondis des activités de vaccination de routine, de vulgarisation et de riposte à la flambée, ainsi qu’une analyse des données de génotypage, ont été effectués. Il en est ressorti que la poursuite de la transmission de la rougeole était due à plusieurs importations distinctes, plutôt qu’à une lignée endémique unique, et que, dans certains cas, les hôpitaux de référence étaient une source de transmission prolongée du virus. L’OMS continue de collaborer avec les partenaires extérieurs et le Ministère de la santé afin de renforcer la prévention de la transmission dans les établissements de santé et administrer le vaccin antirougeoleux aux enfants laissés en marge des stratégies et des activités existantes. En mai 2020, le taux de cas signalés de rougeole avait chuté à des niveaux très bas. Répondre aux besoins des personnes atteintes de tuberculose et du VIH est également une priorité. Un système de coursiers chargés du transport de prélèvements (dits « STRiders ») a été à l’origine mis en place aux Philippines en vue de remédier à la faible notification des cas de tuberculose pharmacorésistante, due au fait que les habitants ruraux présentant des symptômes de la tuberculose ont difficilement accès à des tests de Aux Philippines, les STRiders (coursiers chargés du transport de prélèvements) facilitent le diagnostic rapide de la tuberculose en acheminant les prélèvements biologiques jusqu’aux laboratoires d’analyse. Cette initiative novatrice a été étendue pendant la pandémie de COVID-19 afin de fournir aux personnes vivant avec le VIH des médicaments indispensables à leur survie. de santé. Les services qui ne sont pas sensibles aux besoins de ces groupes marginalisés en rendent l’accès particulièrement difficile et posent d’autres problèmes auxquels l’OMS s’efforce de remédier en collaboration avec des organisations communautaires. Se servir des systèmes de santé pour atteindre les populations vulnérables et laissées pour compte La COVID-19 a mis en évidence et accentué les inégalités entre les sexes, la stigmatisation et la discrimination, qui touchent particulièrement les populations marginalisées ayant un accès limité aux services de santé, notamment les détenus, les migrants et les habitants des communautés rurales isolées. L’OMS a notamment travaillé sur ces questions au Vanuatu, qui a renforcé les capacités dont il dispose pour dispenser des services de santé aux communautés insulaires difficiles à atteindre. L’utilisation de ces capacités dans des milieux de faibles ressources a permis de mener une action stratégique en intégrant les services de lutte contre les maladies et en dispensant des services complets et centrés sur les communautés. Avec l’appui technique de l’OMS, le Ministère et les départements provinciaux de la santé du Vanuatu ont mobilisé des ressources afin d’atteindre progressivement les communautés éloignées et non desservies moyennant des campagnes de sensibilisation régulières, et d’accélérer l’élimination du pian et la maîtrise d’autres maladies tropicales négligées en intégrant les activités de lutte contre les MNT. Des bénévoles et des agents de santé ont reçu une formation sur le traitement de masse du pian, le déparasitage des enfants, le traitement de la gale et le dépistage des MNT, y compris les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’hypertension. Les campagnes, notamment consacrées à la sensibilisation en matière de santé publique, ont touché 18 000 personnes sur Tanna et 25 000 personnes sur l’île isolée d’Efate fin 2019. Au début de la pandémie de COVID-19, des informations relatives à la maladie ont été diffusées pendant les campagnes de sensibilisation en vue d’aider les communautés à se protéger. Grâce à la confiance et aux liens étroits établis avec la population, les messages sur la COVID-19 ont été rapidement transmis et entendus, et les bonnes pratiques d’hygiène, qui aident également à prévenir le pian et les infections transmises par le sol, ont été renforcées. laboratoire. En dépit des strictes restrictions de mouvement imposées du fait de la COVID-19, ces coursiers continuent de trouver des cas manquants de tuberculose dans les communautés et de veiller à ce que les personnes vivant avec le VIH aient accès à des antirétroviraux indispensables à leur survie. Des « STRiders » formés manipulent les frottis d’expectoration et les transportent des établissements de santé périphériques vers les laboratoires moyennant une modique rémunération et une indemnité pour les frais de carburant et d’entretien de leur véhicule. Fort de cette initiative réussie, le programme de lutte contre la tuberculose collabore avec d’autres programmes de lutte contre les maladies à la mise en place d’un système de transport qui couvrirait tous les types de prélèvements, en vue d’accroître l’efficience et d’optimiser l’utilisation des ressources. Depuis longtemps, l’OMS recommande d’adapter les services de lutte contre le VIH aux besoins de chaque patient, et de lui dispenser des médicaments pour de plus longues périodes et plus près de son domicile. La COVID-19 a accéléré la mise en œuvre de la dispensation plurimensuelle et les innovations telles que l’auto-dépistage du VIH et la télémédecine. Les « STRiders » offrent désormais un large éventail de services, parmi lesquels la livraison anonymisée de médicaments antirétroviraux et de kits de prévention du VIH contenant des préservatifs, des lubrifiants et des auto-tests destinés aux établissements de santé des zones rurales afin qu’ils les distribuent à leurs patients. La vulnérabilité face à l’infection au VIH est souvent liée au genre et à l’identité sexuelle, et concerne notamment les travailleurs du sexe, les personnes transgenres, et les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes. Ces personnes subissent stigmatisation, discrimination, et violence, et ne disposent souvent que d’un accès limité aux soins OBTENIR DES RÉSULTATS | 53 54 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Répondre aux besoins des laissés-pour-compte : une priorité essentielle à l’instauration de la CSU Répondre aux besoins des laissés-pour-compte est une priorité mondiale et régionale en matière de santé, ancrée dans les principes qui sous-tendent le Programme de développement durable à l’horizon 2030, et comptant parmi les priorités thématiques de Vision d’avenir. Les « laissés-pour-compte » désignent un ensemble divers et évolutif d’individus et de populations affectés par des situations de soins, des facteurs sociodémographiques, des difficultés financières, et la discrimination ou la stigmatisation. Sont concernés notamment les personnes qui vivent dans les zones rurales isolées, dans des établissements informels ou qui sont déplacées en raison de catastrophes naturelles, les pauvres, peu instruits ou sans emploi, et tous ceux qui sont marginalisés en raison de leur âge, de leur sexe, de leur appartenance ethnique ou de leur handicap. Leur situation s’est aggravée et a pris un relief accru pendant la pandémie de COVID-19, qui les expose à de profondes vulnérabilités et inégalités dans l’accès aux soins et aux services sociaux. Laisser de côté les populations difficiles d’accès et non desservies remettrait en cause les acquis engrangés ces dernières années dans l’action menée contre le paludisme, les maladies tropicales négligées, la tuberculose et le VIH, ainsi que les efforts de lutte contre les maladies non transmissibles. De fait, la perturbation des services de vaccination et autres services de santé essentiels due aux urgences de santé publique et aux catastrophes naturelles entraîne la résurgence de maladies telles que la rougeole, la poliomyélite, le paludisme et la dengue parmi ces populations. Répondre aux besoins des laissés-pour-compte constitue une urgence en soi car chacun doit pouvoir bénéficier d’une meilleure qualité de vie, et être libéré du fardeau de la maladie. Il est essentiel de conforter les acquis obtenus grâce aux programmes de lutte contre les maladies pour garantir un avenir plus sain et plus sûr à près de 1,9 milliard d’habitants que compte la Région du Pacifique occidental. La Division Programmes de lutte contre les maladies possède une longue expérience dans la mise en œuvre de programmes de vaccination et de lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles auprès des populations vulnérables et marginalisées, depuis les régions géographiquement isolées jusqu’aux bidonvilles. Le paludisme dans la sous- région du Grand Mékong en fournit un bon exemple. Des travailleurs mobiles chargés de la lutte contre le paludisme ont ciblé des poches de transmission persistantes dans les régions forestières, loin des établissements de santé, dans le cadre d’une stratégie mise en œuvre par la Division pour aider la Région à se rapprocher de l’élimination de la maladie. Répondre aux besoins des laissés-pour-compte pour franchir la dernière ligne droite avant l’élimination de la rougeole exige de surmonter un vaste éventail d’obstacles. Dans l’ensemble de la Région, la Division Programmes de lutte contre les maladies œuvre aux côtés des pays pour veiller à la vaccination de la population par l’intermédiaire d’équipes de santé mobiles et de dispensaires de villages dans de nombreuses régions difficiles d’accès. Dans le cadre d’une approche globale visant à améliorer l’accès aux services de santé, la Division collabore également avec des partenaires pour éliminer la stigmatisation et la discrimination liée à la tuberculose et au VIH. La Division Programmes de lutte contre les maladies dirige l’action menée par l’ensemble des divisions de l’OMS dans la Région pour faire de l’objectif consistant à répondre aux besoins des laissés-pour-compte une réalité et un jalon permettant de mesurer les progrès accomplis dans l’instauration de la couverture sanitaire universelle. Un cadre régional visant à « répondre aux besoins des laissés-pour-compte » est déjà en cours d’élaboration, par la voie de consultations et de collaborations entre les programmes pour tirer profit de la riche expérience accumulée par les programmes de lutte contre les maladies auprès des populations marginalisées et vulnérables. Il convient d’allier des approches éprouvées qui ont déjà permis de relever certains défis à des solutions novatrices pour étayer et accélérer l’amélioration des systèmes, réaliser les objectifs fixés en matière d’élimination des maladies et concrétiser la vision d’un avenir plus sain et plus sûr. Avec le concours de l’OMS, le Vanuatu a renforcé ses moyens pour assurer des services de santé aux communautés insulaires difficiles d’accès. Des services de proximité de qualité permettent d’offrir un éventail plus vaste de programmes de santé qui répondent mieux aux besoins des enfants et des adultes. 56 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence La Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence collabore avec les États Membres et les partenaires pour faire progresser la préparation aux urgences de santé publique, réagir à ces urgences et assurer la sécurité sanitaire des aliments. Elle s’emploie à mettre en œuvre la Stratégie Asie-Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique (SMEAP III) afin d’appliquer les dispositions du Règlement sanitaire international (2005), connu sous le nom de RSI (2005). Elle joue le rôle de chef de file dans la mise en œuvre de l’une des quatre priorités thématiques de Vision d’avenir, à savoir la sécurité sanitaire, y compris la résistance aux antimicrobiens. Elle dirige également la riposte à la COVID-19. La Division se compose de quatre unités, chargées des différentes composantes de cette mission. L’unité Préparation des pays aux situations d’urgence sanitaire et RSI vise à renforcer et à développer les capacités requises par le RSI en matière de sécurité sanitaire et à affermir la gestion des risques de catastrophes, moyennant la mise en œuvre de la SMEAP III. Cette unité assure le secrétariat régional du RSI et collabore avec les pays afin d’améliorer leur préparation aux situations d’urgence sanitaire et leurs capacités de riposte et de faciliter le suivi et l’évaluation de l’application du RSI. Sa mission englobe également la gestion des risques infectieux, axée sur le renforcement des capacités nécessaires pour Juin 2020 - L’OMS seconde les autorités sanitaires de Papouasie- Nouvelle-Guinée dans les activités de dépistage, de diagnostic et de surveillance de la COVID-19. Veiller à ce que chaque pays dispose de capacités suffisantes pour faire face aux urgences sanitaires constitue de longue date une priorité de l’Organisation dans la Région. gérer la préparation aux pandémies et aux épidémies de grippe, qui constituent des menaces majeures pour la santé publique dans la Région. L’unité Informations sur les urgences sanitaires et évaluation des risques vise pour sa part à fournir des informations fiables lors des situations d’urgence et à évaluer les risques pour la santé publique afin d’éclairer la prise de décisions. Elle assure une surveillance régionale des événements et une évaluation des risques pour le compte des États Membres, et apporte son concours pour renforcer les systèmes de surveillance, les capacités d’évaluation des risques, les fonctions d’intervention rapide et les programmes de formation à l’épidémiologie de terrain. L’unité Opérations d’urgence a pour but, dans des situations de crise sanitaire, d’assurer aux populations l’accès à un ensemble essentiel de services de santé permettant de sauver des vies. Elle assure la direction des opérations dans le droit fil du Cadre d’action d’urgence de l’OMS, tient à jour la liste des experts mobilisables rapidement et gère les stocks régionaux de produits pharmaceutiques et de produits de santé. L’unité Sécurité sanitaire des aliments collabore avec les pays et les partenaires pour fournir des orientations visant à renforcer les systèmes de sécurité sanitaire des aliments de manière à gérer les risques et à riposter aux incidents et aux urgences plus efficacement. La COVID-19 est apparue pour la première fois dans la Région puis s’est rapidement étendue au monde entier en ayant des répercussions sur tous les aspects de la vie. La Région du Pacifique occidental n’en a pas moins dû faire face, en 2019, à plusieurs situations d’urgence sanitaire, notamment des inondations en République démocratique populaire lao et au Cambodge, des éruptions volcaniques en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Philippines, ainsi que des cyclones aux Fidji, aux Îles Salomon, à Tonga et au Vanuatu. La Région a été également frappée par des urgences liées aux maladies infectieuses, notamment une flambée de rougeole dans le Pacifique et des flambées de poliomyélite en Malaisie et aux Philippines. Renforcer les capacités des pays pour faire face aux situations d’urgence sanitaire Le renforcement des capacités dont les États Membres disposent face aux situations d’urgence sanitaire procède de la SMEAP et des recommandations issues des réunions annuelles que le Groupe consultatif technique (GCT) sur la SMEAP tient depuis plus d’une dizaine d’années, qui font valoir l’importance de tirer les leçons d’événements réels pour perfectionner constamment les systèmes de sécurité sanitaire. Au fil des ans, le Groupe consultatif technique a formulé des recommandations sur les domaines à renforcer, en particulier dans les pays où les capacités sont insuffisantes. Les capacités ont été La Division joue le rôle de chef de file dans la mise en œuvre de l’une des quatre priorités thématiques de Vision d’avenir, à savoir la sécurité sanitaire, y compris la résistance aux antimicrobiens. Elle dirige également la riposte à la COVID-19. OBTENIR DES RÉSULTATS | 57 58 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 également amplifiées à l’échelle régionale, y compris celles des laboratoires et des réseaux qui comptent désormais plus de 150 laboratoires répartis dans 10 pays de la Région. Par ailleurs, les États Membres ont mené des activités de suivi et d’évaluation visant à faciliter l’amélioration continue des systèmes de sécurité sanitaire et des opérations d’intervention. Parmi ces activités figurent notamment l’élaboration par tous les États Membres de rapports annuels d’auto-évaluation au titre du RSI (2005) et la réalisation en 2019 d’évaluations extérieures conjointes au Brunéi Darussalam, aux Îles Marshall, en Malaisie et aux Palaos. L’OMS a également aidé plusieurs pays à procéder à des examens a posteriori et à des exercices de simulation, et mis en œuvre, à l’échelle régionale, l’exercice de simulation annuel « Crystal » du RSI, qui teste les aspects relatifs aux opérations et à la communication entre les États Membres, les bureaux de pays et le Bureau régional de l’OMS. Recours à la surveillance multi-sources pour éclairer la prise de décisions pendant la pandémie de COVID-19 Afin de riposter efficacement à l’évolution rapide de la pandémie de COVID-19, l’OMS et les États Membres ne pouvaient pas uniquement compter sur les méthodes de surveillance traditionnelles, qui reposent sur la collecte passive des données. Tout système de surveillance a ses limites, mais certaines d’entre elles peuvent être surmontées en utilisant des données émanant de sources diverses. Il est, par exemple, possible de renforcer encore la capacité de détecter rapidement tout changement dans la situation générale de la COVID-19 en recourant à la surveillance basée sur les événements, qui permet de recueillir des informations non structurées provenant de canaux formels et informels, tels que les contenus en ligne, les émissions de radio et la presse écrite, dans tous les secteurs pertinents, à l’appui des activités classiques de surveillance de la santé publique. La surveillance multi-sources vient compléter les systèmes de surveillance existants, plutôt que d’en établir de tout nouveaux, afin de permettre de mieux comprendre la situation épidémiologique. Elle a été appliquée sur l’ensemble de la riposte à la COVID-19. Cette approche a facilité la prise de décisions quant aux interventions à mener et au moment opportun de le faire, de les ajuster ou de les interrompre, ou quant aux modalités d’allocation des ressources visant à protéger la santé publique et à sauver des vies. L’OMS a œuvré avec les pays, souvent en faisant appel à des chargés de recherche des programmes de formation à l’épidémiologie de terrain (ou équivalent), en vue de mettre au point un mécanisme systématique permettant de synthétiser rapidement les informations émanant de sources multiples, qui serviront à éclairer la prise de décisions. De multiples sources d’information peuvent venir en complément des systèmes de surveillance et constituer une assise plus solide pour une action efficace et rapide contre les maladies. C’est la démarche suivie par le Ministère malaisien de la santé en matière de surveillance de la dengue et de riposte. Le Groupe consultatif technique sur la SMEAP contribue à améliorer la sécurité et la santé dans la Région Alors même que les situations d’urgence sanitaire continueront de faire peser une menace sur l’avenir, les États Membres de la Région sont, au fil des ans, sortis renforcés de chaque crise et mieux préparés. La Région a fait de la culture de l’apprentissage et de l’amélioration un principe directeur pour la mise au point de systèmes, guidée en cela par le Groupe consultatif technique sur la SMEAP, qui œuvre avec l’OMS pour assurer une direction stratégique, technique et opérationnelle visant à mieux préparer la Région aux urgences sanitaires. Le Groupe consultatif technique sur la SMEAP a été créé en 2006 afin de conseiller l’OMS au sujet des processus à mettre en œuvre par étapes pour renforcer les capacités et les systèmes, compte tenu de la diversité des besoins et des contextes ainsi que des leçons tirées de chaque situation d’urgence. Le Groupe consultatif technique suit les deux niveaux de composantes complémentaires que sont la planification d’urgence et la préparation du système (Figure 1). Le premier niveau est axé sur la planification de l’amélioration continue à partir de laquelle les pays mettent au point la préparation de leur système. Entre les situations d’urgence ou pendant les périodes calmes, le Groupe consultatif technique examine les progrès accomplis et encourage les pays à procéder à des évaluations, à assurer des formations et à investir dans l’élaboration des systèmes. En juin 2019, le Groupe consultatif technique a tenu sa réunion annuelle et fait de la préparation aux pandémies une priorité pour l’avenir de la Région du Pacifique occidental. Les pays ont fait l’objet d’une évaluation fondée sur les domaines d’intervention Figure 1 : Préparation et riposte aux situations d’urgence selon une approche à deux niveaux Éla bor ation Application Révision Évalu ati onPREMIER NIVEAU Planification des situations d’urgence Plan SECOND NIVEAU Préparation du système • Mesures spécifiques aux événementss • Fondé sur des activités systématiques • Coordination avec l’ensemble des systèmes de santé Source: APSED III, WHO OBTENIR DES RÉSULTATS | 59 définis par la SMEAP III, notamment les suivants : préparation aux situations d’urgence sanitaire ; surveillance, évaluation des risques et intervention ; renforcement des laboratoires ; prévention par les soins de santé ; communication sur les risques. Les États Membres de la Région ont été à même de réagir rapidement et efficacement à la COVID-19 grâce aux nombreuses années de travail qu’ils ont consacrées à l’apprentissage et à l’amélioration des systèmes de gestion des urgences sanitaires. Le Groupe consultatif technique se réunira à nouveau en juillet 2020 pour faire le point sur la manière dont les pays ont exploité les domaines d’intervention définis par la SMEAP pour lutter contre la COVID-19. Bien des leçons seront assurément tirées des défis soulevés par la COVID-19. Le Groupe veillera à ce que la Région les applique de façon à apporter de nouvelles améliorations dans les pays et à mieux assurer son avenir. L’OMS a renforcé son appui au Vanuatu, après le passage du cyclone tropical Harold, qui a frappé le pays en avril 2020 en pleine pandémie de COVID-19. Elle redouble d’efforts pour aider les États Membres confrontés à des situations d’urgence concomitantes. Des exercices de mise en situation ont été menés pour lancer l’approche multi-sources au Cambodge, en Mongolie et en République démocratique populaire lao, l’objectif étant de renforcer l’analyse des épidémies pour éclairer la prise de décisions sur les interventions à mettre en œuvre. La pandémie de COVID-19 a démontré plus encore la nécessité d’intensifier cette surveillance multi-sources pour réduire le risque de mauvaises décisions, compte tenu des nombreuses incertitudes liées à cette nouvelle maladie. Avant l’arrivée de la COVID-19, la Mongolie avait appliqué l’approche multi-sources en décembre 2019 afin d’éclairer une décision sur l’ouverture des écoles pendant la saison de la grippe. En 2019, l’équipe d’intervention de la Division Sécurité́ sanitaire et Situations d’urgence a utilisé cette même approche lors d’une flambée de rougeole dans le Pacifique. Au début de l’épidémie de COVID-19, la République démocratique populaire lao a recouru à plusieurs sources d’information, notamment les tendances des syndromes de type grippal ou des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS), des échantillons d’IRAS et une surveillance des événements, afin de donner foi aux signes d’absence de circulation de la COVID-19. La prise de décisions relative aux interventions non pharmaceutiques s’est régulièrement appuyée sur des indicateurs tirés de la surveillance multi-sources mise en œuvre dans plusieurs États Membres. Sauver des vies en renforçant et en mobilisant des équipes médicales d’urgence L’OMS a collaboré avec les pays au renforcement et à l’expansion des mécanismes de montée en puissance des interventions d’urgence de santé, élément essentiel de la préparation. Les 10 équipes médicales d’urgence basées dans le Pacifique occidental et classées au rang international, sont souvent les premières à intervenir lors des flambées et des catastrophes naturelles, dans la Région et ailleurs dans le monde, aidées par plus de 4000 agents présélectionnés, venant d’Australie, de Chine, des Fidji, du Japon, de Macao (RAS de Chine) et de Nouvelle-Zélande, et prêts à être déployés rapidement dans les situations d’urgence. Par ailleurs, des équipes médicales d’urgence nationales ont été constituées ou sont en cours de mise en place dans un certain nombre d’États et de Territoires du Pacifique occidental, notamment aux Îles Cook, aux Îles Mariannes du Nord, aux Îles Marshall, aux Îles Salomon, à Kiribati, aux États fédérés de Micronésie, aux Palaos, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en République démocratique populaire lao, à Samoa, aux Tonga, à Tuvalu et au Vanuatu. Suivant les mêmes principes que les équipes médicales d’urgence internationales, ces équipes ont pour mission d’agir à l’échelle nationale, et sont les premières à intervenir lors d’une flambée ou d’une catastrophe naturelle. La flambée de rougeole qui a frappé Samoa en 2019 a mis en évidence l’importance du rôle joué par les équipes médicales d’urgence. Au total, 18 équipes médicales d’urgence internationales y ont été déployées, soit plus de 550 intervenants médicaux qui ont collaboré étroitement avec les médecins et infirmiers samoans. Ces équipes, qui regroupaient à la fois les grandes équipes médicales de rang international et celles plus petites des pays voisins, ont efficacement contribué à la prise en charge clinique des cas de rougeole dans les principaux établissements de santé, renforcé la lutte contre les infections, et facilité les activités de vaccination à grande échelle, qui ont permis de maîtriser la flambée. En 2020, les équipes médicales d’urgence du Pacifique occidental ont apporté un appui à l’action menée contre la COVID-19 dans la Région et ailleurs dans le monde. Des équipes de Chine ont participé aux efforts d’intervention en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, tandis que les équipes nationales étaient déployées dans l’ensemble de la Région pour appuyer les activités de dépistage et de tests, la gestion des quarantaines, et la prise en charge des cas dans les établissements de santé ou dans les centres autonomes de traitement contre la COVID-19. Promouvoir la nouvelle normalité en matière de sécurité des produits alimentaires au cours de la pandémie de COVID-19 Les aliments insalubres, qui contribuent fortement aux maladies et à la mauvaise santé dans la Région, constituent un volet important de la sécurité sanitaire. Vision d’avenir évoque la nécessité de faire participer plus largement les partenaires et les secteurs ne relevant pas de la santé, et de renforcer la communication afin de gérer les risques liés à la sécurité sanitaire, y compris celle des aliments, ainsi que les inquiétudes injustifiées sur les risques. La pandémie de COVID-19 a démontré le lien direct entre les préoccupations concernant la salubrité des aliments et la sécurité sanitaire. L’apparition de la maladie a été liée à un marché alimentaire. À partir de là, des rumeurs ont couru sur le lien entre la COVID-19 et la sécurité sanitaire des aliments OBTENIR DES RÉSULTATS | 61 62 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 en général. Bon nombre de fausses informations ont circulé et commencé à mettre en péril l’approvisionnement alimentaire de la Région, les dommages économiques s’accentuant avec la fermeture des marchés alimentaires. Les inquiétudes en matière de sécurité sanitaire, portées d’abord sur la viande et la volaille, se sont étendues aux boulangeries. La fermeture de marchés dans toute la Région a eu de fortes répercussions sur les femmes, qui travaillent en plus grand nombre sur ces marchés et sont le plus souvent chargées de la préparation des aliments. Les bureaux régionaux OMS du Pacifique occidental et de l’Asie du Sud-Est ont collaboré avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et le Programme alimentaire mondial (PAM), à la conception d’infographies visant à lutter contre la désinformation liée à la COVID-19 et à la sécurité sanitaire des aliments. Ils ont également organisé un webinaire conjoint pour célébrer la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, sur le thème « La sécurité sanitaire des aliments, c’est l’affaire de tous ». Ont participé à la session des intervenants et des modérateurs issus des bureaux régionaux de l’OMS, de la FAO, de l’OIE et du PAM, des experts de deux centres collaborateurs de l’OMS, le Centre national chinois pour l’évaluation des risques liés à la sécurité alimentaire des aliments et l’Agence de l’alimentation de Singapour, ainsi qu’un représentant du secteur privé du secteur de l’alimentation, pour animer une table ronde et répondre aux questions des participants en ligne sur la « nouvelle normalité » en matière de sécurité sanitaire des aliments. Cette session a réuni plus d’un millier de participants de différents secteurs et de 39 pays. Une vidéo de ce webinaire, qui a été visionnée plus de 4000 fois, est disponible sur YouTube. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, de nouveaux outils de communication sur la sécurité sanitaire des aliments ont également été élaborés, portant sur la manière de faire ses courses, ou de célébrer des fêtes telles que l’Eid al-Fitr qui entraînent habituellement de grandes réunions familiales. La campagne « Comment faire ses courses en toute sécurité » a été traduite dans les langues locales en Mongolie et aux Philippines, en vue de sensibiliser davantage le public. Les informations publiées sur Facebook ont été consultées par plus de 190 000 utilisateurs dans le monde et ont généré plus de 13 800 engagements sur Twitter. La COVID-19 a accentué les problèmes de sécurité alimentaire que rencontrent les pays tributaires des transports internationaux pour beaucoup de produits frais. Cette épicerie d’Abaing (Kiribati) ne peut offrir que quelques aliments transformés. La sécurité sanitaire des aliments est un aspect important de la sécurité alimentaire. Les pratiques d’hygiène recommandées par l’OMS pour la préparation des aliments – appliquées ici par cette chef vietnamienne cuisinant des plats de nouilles traditionnels – aident à prévenir les maladies. 64 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Division Appui technique dans le Pacifique La Division Appui technique dans le Pacifique est une division technique du Bureau régional de l’OMS qui est située aux Fidji de manière à être le plus près possible des communautés auxquelles nous venons en aide. La Division adapte l’appui de l’Organisation aux besoins et aux circonstances propres à chacun des 21 États et Territoires insulaires du Pacifique. Les orientations définies dans Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre prennent en compte la diversité de la Région et la nécessité d’apporter un appui sur mesure pour traiter les besoins et priorités propres à chaque pays. Elles soulignent la nécessité de répondre aux besoins des laissés-pour-compte, notamment ceux qui vivent dans les îles reculées du Pacifique. La Division Appui technique dans le Pacifique compte quatre équipes, qui ont pour but d’aider les États et Territoires insulaires du Pacifique à relever les défis présents et futurs qui se posent dans les domaines suivants : systèmes de santé et politique sanitaire ; maladies non transmissibles et santé tout au long de la vie ; changements climatiques et environnement ; sécurité sanitaire et maladies transmissibles. Les équipes collaborent avec les autres divisions régionales et tous les bureaux de pays de l’OMS dans le Pacifique afin d’apporter aux États et Territoires insulaires du Pacifique une assistance et des conseils ayant trait à la politique générale ainsi que des directives Aux Fidji, une patiente est informée du risque qu’elle encourt de contracter une maladie cardiovasculaire. La lutte contre les maladies non transmissibles est une grande priorité de la Région, l’accent étant mis sur l’accès de tous les habitants du Pacifique à des services de prévention. techniques répondant à leurs besoins actuels conformément aux quatre priorités thématiques énoncées ci-dessus. L’équipe Systèmes de santé et politique sanitaire s’emploie à surmonter les difficultés que pose l’assistance aux populations peu nombreuses des pays insulaires séparées par de longues distances. Ces difficultés tiennent notamment à la nécessité de recourir à des transferts médicaux hors- frontières coûteux, à la pénurie de ressources humaines, à la faible résilience des systèmes de santé, ainsi qu’aux complexités de la passation de marchés et de la logistique. Au cours de l’année écoulée, l’OMS a contribué à l’évaluation des progrès accomplis quant à la réalisation des cibles des objectifs de développement durable (ODD) liées à la santé et à l’élaboration de nouveaux plans sanitaires nationaux dans plusieurs États et Territoires insulaires du Pacifique. Elle a apporté un appui technique à ceux d’entre eux qui élaborent des politiques relatives à la délimitation des rôles ou des plans visant à promouvoir un accès équitable aux services de santé essentiels afin que personne ne soit laissé pour compte. L’équipe Maladies non transmissibles et promotion de la santé tout au long de la vie s’occupe des maladies non transmissibles (MNT) et de leurs facteurs de risque. Les MNT constituent la principale cause de mortalité prématurée dans les États et Territoires insulaires du Pacifique, les plus touchés de la Région par ces maladies. En 2020, l’équipe MNT a contribué à actualiser les plans d’action stratégique contre ces maladies et à suivre leur mise en œuvre en soutenant la réalisation d’enquêtes STEPS ciblées (pour contribuer à standardiser la collecte, l’analyse et la diffusion des données). L’équipe a également aidé certains États et Territoires insulaires du Pacifique à adopter une législation plus stricte sur le tabac et d’autres à augmenter les taxes sur d’autres produits nocifs pour la santé. Les initiatives axées sur le renforcement des écoles de promotion de la santé ont été poursuivies, avec le lancement de nouvelles campagnes visant à y promouvoir l’activité physique. L’équipe a continué d’aider les États et Territoires insulaires du Pacifique à mettre en œuvre des programmes de prise en charge des MNT, en créant notamment, dans sept de ces pays, des mécanismes permettant de suivre la prestation de services et d’en planifier l’amélioration. L’évaluation des risques de maladie cardiovasculaire a été ajoutée aux rubriques des dossiers médicaux des patients, et l’on s’est employé à identifier les facteurs qui influent sur l’observance des traitements des MNT aux Fidji, aux Îles Cook, aux Îles Salomon, à Kiribati, à Nauru et au Vanuatu. Des directives sur les moyens de sensibiliser les communautés à l’importance que revêtent la détection et le dépistage précoces des MNT de même que l’auto-administration des soins visant à les guérir ont été élaborées. Les changements climatiques ont une incidence directe et indirecte sur la vie des habitants des îles du Pacifique, menaçant l’existence même de certaines d’entre elles. Les phénomènes météorologiques extrêmes augmentent les risques pour la santé, endommagent les infrastructures sanitaires et peuvent faire échouer les efforts visant à améliorer les services d’approvisionnement La Division Appui technique dans le Pacifique est située aux Fidji de manière à être le plus près possible des communautés auxquelles nous venons en aide. OBTENIR DES RÉSULTATS | 65 66 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 En 2019, une équipe de gestion des incidents a été créée pour combattre la rougeole dans le Pacifique, avant d’être réaffectée à la lutte contre la COVID-19. Entre janvier et mi-mars 2020, l’équipe a reçu 370 demandes d’assistance des 21 États et Territoires insulaires du Pacifique. Le graphique « Nature » (à gauche) montre que plus de 38 % des demandes portaient sur le conseil, et plus de 23 % sur l’élaboration de produits tels que des notes d’orientation et des supports de communication. Par catégorie, près de 19 % des demandes avaient trait à la communication sur les risques et plus de 16 % à la prise en charge des cas. Demandes d’assistance des États et Territoires insulaires du Pacifique dans le cadre de la riposte à la COVID-19 (janvier à mi-mars 2020) Communication sur les risques Prise en charge des cas Gestion des incidents Prévalence infectieuse Fournitures Autres Surveillance Laboratoire Points d’entrée Catégorie 18.9% 16.8% 12.4% 10.8% 9.2% 9.2% 8.9% 7.8% Conseil Élaboration de produits Passation de marchés Déploiements Formation Financement Autres (préciser dans les notes) Nature 38.1% 23.2% 13.2% 11.4% 10.3% alimentaire ou liée à l’approvisionnement en eau. Bon nombre des habitants les plus vulnérables demeurent exposés aux maladies transmissibles telles que la tuberculose, le paludisme, la dengue, la filariose lymphatique et la lèpre. L’équipe met l’accent sur le renforcement des capacités, ainsi que sur la préparation et la riposte. En octobre 2019, Samoa a déclaré une flambée épidémique de rougeole, qui a été suivie de nouvelles flambées dans d’autres pays insulaires du Pacifique. La flambée de Samoa a fait 83 morts, dont la plupart était des enfants. Pour appuyer la riposte dans le Pacifique, l’OMS a constitué une équipe de gestion des incidents au sein de la Division Appui technique dans le Pacifique. Cette équipe a réagi à l’évolution de la situation sur le terrain et examiné les lacunes dans les procédures de recherche et de suivi des contacts ainsi que en eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH), et perturber la prestation des services de base. L’équipe Changements climatiques et environnement collabore avec les États et Territoires insulaires du Pacifique et l’équipe Systèmes de santé et politique sanitaire à la mise en place de systèmes résilients et à l’action menée pour faire face aux menaces et aux défis environnementaux. L’équipe Sécurité sanitaire et maladies transmissibles s’occupe de la vulnérabilité des États et Territoires insulaires du Pacifique face aux risques naturels, aux maladies infectieuses émergentes et à l’insécurité dans la lutte anti-infectieuse, en vue de renforcer la préparation à long terme pour d’autres urgences de santé publique. En janvier 2020, l’équipe de gestion des incidents a réduit ses mesures d’intervention contre les flambées de rougeole, celles-ci étant de mieux en mieux maîtrisées. Elle réorientait son action sur l’objectif à long terme de sécurité sanitaire, énoncé dans Vision d’avenir, lorsque survint, plus tôt que prévu, une nouvelle situation d’urgence sanitaire, celle causée par la COVID-19. Bénéficiant de la confiance des partenaires et des communautés, elle s’est réorganisée rapidement afin de préparer la Région du Pacifique à la lutte contre la COVID-19. Une équipe conjointe de gestion des incidents pour aider tous les États et Territoires insulaires du Pacifique à se préparer à la COVID-19 et à y faire face L’équipe de gestion des incidents qui s’était employée efficacement à contrer les flambées épidémiques de rougeole s’est vite réorganisée pour aider les États et Territoires insulaires du Pacifique à faire face à la COVID-19, réunissant tous les partenaires dès janvier 2020 en vue d’assurer une coordination étroite et la transparence des opérations. Elle est alors devenue une équipe conjointe de gestion des incidents, avec la collaboration du Département australien des affaires étrangères et du commerce, du Ministère néo-zélandais des affaires étrangères et du commerce, du Fonds des Nations Unies pour l’enfance et de la Communauté du Pacifique qui ont tous détaché du personnel à plein temps auprès du bureau de la Division Appui technique dans le Pacifique (DPS), établi à Suva, afin de contribuer aux efforts de coordination. D’autres organismes ont également affecté du personnel à temps partiel pour soutenir l’équipe conjointe. La Division Appui technique dans le Pacifique était ainsi parfaitement à même de définir rapidement une approche sur plusieurs fronts visant à préparer les systèmes de santé à la COVID-19. Sous la direction de l’OMS, l’équipe conjointe de gestion des incidents a adopté une approche dite « sans regrets », en réaffectant rapidement des membres du personnel basés à Suva aux opérations de préparation à la COVID-19, en déployant une assistance technique et en envoyant du matériel et des fournitures médicales à tous les États et Territoires insulaires du Pacifique. Cette approche permet d’établir dans les plus brefs délais un niveau de référence en matière de préparation. Depuis lors, la Division Appui technique dans le Pacifique apporte un appui adapté aux besoins des États et Territoires insulaires du Pacifique pour se préparer à la COVID-19 et y faire face, en mobilisant les communautés du Pacifique et en renforçant la résilience des populations locales, l’OMS assurant l’encadrement et la coordination entre les partenaires. Un appui adapté aux besoins des 21 États et Territoires insulaires du Pacifique pour lutter contre la COVID-19 A partir de janvier 2020, les canaux de communication ont été renforcés, moyennant notamment des appels hebdomadaires entre le Directeur régional de l’OMS et les Ministres de la santé du Pacifique, ainsi que des réunions d’information technique tenues régulièrement en vue d’adapter les orientations mondiales aux situations des pays de la Région. L’Organisation participe également à des appels hebdomadaires avec les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis et l’Association océanienne des fonctionnaires des services de santé, afin d’assurer la coordination de son appui dans les îles du Pacifique affiliées aux États-Unis telles que le Commonwealth des Îles Mariannes du Nord et Guam. Elle a notamment apporté son concours aux activités suivantes : remédier aux vulnérabilités des systèmes de santé ; veiller à la préparation des communautés ; développer les capacités des systèmes de surveillance ; assurer la formation des agents de santé et d’autres intervenants essentiels à la mise en œuvre des mesures anti-infectieuses aux points d’entrée. Afin de répondre aux besoins uniques des pays insulaires du Pacifique, les efforts ont surtout porté sur la sensibilisation des communautés, l’adaptation des orientations mondiales et l’élaboration de nouvelles lignes directrices visant à prendre en compte les conditions locales (familles nombreuses et accès limité au gel antibactérien, à l’eau courante et au savon, notamment). Depuis le début de la pandémie de COVID-19, des dizaines d’experts de l’OMS ont été déployés dans les États et Territoires insulaires du Pacifique. Quelques jours à peine après que la Polynésie française a confirmé les premiers cas du Pacifique – et dans les 24 heures qui ont suivi sa demande d’assistance – l’Organisation a affecté son coordonnateur du groupe de responsabilité sectorielle Santé, en poste à Suva, aux efforts d’intervention d’urgence. L’Organisation a conseillé le Président et son Cabinet sur la mise en place d’un Centre national d’opérations d’urgence en santé publique chargé de coordonner une action sur l’ensemble du pays. Ce Centre OBTENIR DES RÉSULTATS | 67 À Kitti (États fédérés de Micronésie), des responsables communautaires collaborent avec des agents de santé et l’OMS à la planification des mesures de lutte contre la COVID-19 à l’échelle locale. La mobilisation des communautés est essentielle pour affronter la pandémie avec succès. est devenu pleinement opérationnel en quelques jours. Sous la direction du Ministère de la santé, une équipe de gestion des incidents a été mise sur pied, regroupant des ressources de plusieurs services gouvernementaux, telles que personnel, véhicules et autre matériel. Au cours des cinq premières semaines de riposte, le coordonnateur du groupe de responsabilité sectorielle Santé de l’OMS a rempli les fonctions de gestionnaire des incidents au sein du Centre national d’opérations d’urgence en santé publique, conseillant le Gouvernement et contribuant à la mise en œuvre de la planification et des mesures d’intervention à l’échelle nationale, comprenant notamment des conférences de presse quotidiennes et la formation des compagnies aériennes sur le transport sécurisé des patients atteints de COVID-19 depuis les îles périphériques. Le coordonnateur OMS a ensuite été déployé début mai 2020 en Papouasie-Nouvelle-Guinée lorsque le pays a confirmé son huitième cas. Aux Fidji, l’OMS a détaché un épidémiologiste auprès du Ministère de la santé et des services médicaux afin d’appuyer l’expansion du Centre national d’opérations d’urgence en santé publique et du système de gestion des incidents du pays, dans le cadre d’une approche associant l’ensemble des pouvoirs publics. On citera pour exemple les Fidji qui ont ainsi pu détecter des cas de COVID-19 rapidement, mettre les contacts en quarantaine et isoler les patients afin de maîtriser la transmission de la maladie. Face à l’absence de production locale et à l’augmentation de la demande mondiale de fournitures essentielles, l’OMS a fourni des masques, blouses, lunettes de protection, gants, gels antibactériens ainsi que du chlore et d’autres types de matériel médical essentiels aux États et Territoires insulaires du Pacifique. Mobiliser les communautés du Pacifique et accroître la résilience des populations locales La communauté du Pacifique comprend près de trois millions de personnes réparties sur un tiers de la surface du globe, y compris sur certaines des îles les plus reculées du monde. La communication avec les populations locales et leur mobilisation sont essentielles au succès des interventions non pharmaceutiques contre la COVID-19. Consciente de la cohésion de la plupart des communautés du Pacifique, l’OMS s’est employée à communiquer directement avec le public tout en aidant les gouvernements des pays insulaires à mobiliser leurs populations dans la lutte contre la COVID-19. Des comptes rendus de situation et des communiqués de presse sont diffusés chaque semaine, des réunions d’information sont organisées avec la presse, et des campagnes sur les réseaux sociaux ciblant les populations du Pacifique ont été mises en œuvre pour contrer les rumeurs, les idées reçues et la désinformation. Une écoute sociale active et des enquêtes sur les connaissances, les comportements et les perceptions nous ont permis de cibler des publics particuliers et de toucher les communautés isolées. Dans le Pacifique Nord, l’Organisation a dépêché trois groupes d’experts aux États fédérés de Micronésie début mars 2020. L’une des principales démarches a consisté à collaborer avec les communautés, en leur donnant les moyens de prémunir leurs habitants contre la COVID-19. Qui plus est, un responsable OMS de la communication sur les risques a été détaché aux États fédérés de Micronésie pour mobiliser les communautés. Assurer le rôle de chef de file OMS et la coordination entre les partenaires La rapide mise en place de l’équipe conjointe de gestion des incidents s’est révélée essentielle à la cohérence de la lutte menée contre la COVID-19 dans le Pacifique. L’OMS a guidé les partenaires dans l’élaboration des Phases I et II du Plan de préparation et de riposte à la COVID-19 pour le Pacifique. La mise au point de la Phase I a été parachevée en janvier 2020, les partenaires s’étant employés pour ce faire à réunir des experts de l’ensemble du Pacifique. S’adaptant à l’évolution de la situation, l’équipe conjointe a proposé des solutions nouvelles aux problèmes émergents. Ainsi, lorsque les frontières ont commencé à fermer en mars, elle a collaboré avec le Secrétariat du Forum des îles du Pacifique à la mise en place du corridor humanitaire du Pacifique afin que soient assurés les transports essentiels à la lutte contre la COVID-19 dans l’ensemble du Pacifique. Dans l’intervalle, elle est devenue de facto le groupe de responsabilité sectorielle Santé de l’équipe humanitaire du Pacifique. L’équipe conjointe a reçu sa première demande d’assistance en janvier 2020. À la mi-avril, elle avait reçu 370 demandes de la part des pays. Non contente de satisfaire à ces demandes, elle s’est employée à comprendre les besoins de ceux-ci en matière de préparation à la COVID-19 et à y subvenir sans attendre. Avant que les États et Territoires insulaires du Pacifique ne ferment leurs frontières - entre janvier et mi-mars - l’équipe a enregistré 60 déploiements et consacré l’équivalent de plus de 600 jours de travail à fournir des orientations techniques adaptées aux besoins des pays. Afin de garantir que les pays OBTENIR DES RÉSULTATS | 69 70 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 insulaires du Pacifique disposent des fournitures médicales essentielles, elle a livré 76 cargaisons à 21 États et Territoires insulaires du Pacifique. La Division Appui technique dans le Pacifique a progressivement réaffecté du personnel pour encadrer les plans de préparation et de riposte et faciliter leur mise en œuvre dans le Pacifique. Deux équipes de coordonnateurs qui travaillent habituellement sur la lutte contre les MNT et les systèmes de santé, ainsi que le responsable de la gestion des programmes, ont assumé les fonctions de chef de piliers dans le cadre de l’équipe conjointe et demeurent pleinement mobilisés pour assurer une coordination harmonieuse entre les partenaires et le bon fonctionnement des interventions de santé. Repenser les priorités de l’activité de l’OMS dans le Pacifique Si la COVID-19 a perturbé certains des travaux de la Division prévus pour 2020, la pandémie a agi comme un catalyseur dans certains secteurs. D’importantes manifestations telles que la réunion inaugurale du Groupe consultatif technique de la Région du Pacifique occidental sur les changements climatiques, l’environnement et la santé, et les consultations sur le financement de la lutte contre la tuberculose et le VIH dans le Pacifique ont été menées de manière virtuelle. Dans plusieurs États et Territoires insulaires du Pacifique, la nécessité d’un soutien en santé mentale s’est faite plus impérieuse, ce qui a incité certains gouvernements à intensifier leur collaboration avec les organisations non gouvernementales. Pour quelques-uns, la pandémie a accéléré les efforts de décentralisation de certains services liés aux MNT. En dépit des efforts déployés avant la pandémie de COVID-19 pour promouvoir la prestation de soins de santé primaires dans le traitement des MNT, les gens ont continué, dans la plupart des cas, de se faire soigner à l’hôpital. Face à la nécessité accrue d’éviter les hôpitaux du fait de la pandémie, Nauru et Tuvalu (entre autres endroits du Pacifique) recourent aux activités de sensibilisation et aux visites à domicile pour s’assurer que les patients reçoivent les soins dont ils ont besoin sans avoir à se rendre à l’hôpital. Les quatre piliers de l’activité de l’OMS dans la Région consacrée aux changements climatiques, à l’environnement et à la santé Sensibilisation Renforcer la résilience des systèmes de santé Surveiller les effets des changements climatiques et environne- mentaux sur la santé Mener notre action à la lumière des changements climatiques et environne- mentaux Changements climatiques, environnement et santé : un programme décisif pour l’avenir La réunion inaugurale du Groupe consultatif technique sur les changements climatiques, l’environnement et la santé dans la Région du Pacifique occidental s’est tenue virtuellement en juin et a rassemblé des participants de 17 pays. Les États Membres et l’OMS s’emploient ensemble à progresser sur ces questions et d’autres priorités sanitaires régionales pendant la pandémie de COVID-19. OBTENIR DES RÉSULTATS | 71 Les effets des changements climatiques et environnementaux sur la santé sont une préoccupation majeure pour tous les États Membres de la Région du Pacifique occidental. Sous le choc de la COVID-19, les gens prennent conscience du lien entre la santé et l’environnement et du fait qu’il importe de protéger l’une et l’autre. La COVID-19 a permis d’entrevoir un avenir meilleur pour l’environnement. Alors que les pays investissent pour reconstruire leurs économies, il est essentiel de promouvoir une Région plus saine, plus juste et plus verte en encourageant les responsables de politiques à prendre des décisions qui préservent les moyens de subsistance des populations, tout en protégeant et en promouvant la santé. À la treizième réunion des Ministres de la santé du Pacifique, qui s’est tenue en août 2019 en Polynésie française, le Directeur régional de l’OMS a annoncé la création d’une plateforme sur les changements climatiques et la santé environnementale, qui permettra de réunir les équipes, les informations et les outils liés à cette priorité thématique définie dans Vision d’avenir. En juin 2020, la réunion inaugurale du Groupe consultatif technique sur les changements climatiques, l’environnement et la santé s’est tenue virtuellement, regroupant des experts chargés de conseiller l’OMS et les États Membres sur la mise en œuvre de la priorité thématique. Le Groupe, qui compte 16 membres, est composé d’une panoplie d’experts d’Asie, du Pacifique et d’autres parties du monde, dont notamment un poète, un journaliste, des professeurs de science de l’environnement et des décideurs. Ils se sont réunis virtuellement avec des collaborateurs de l’OMS et des représentants des pays - répartis sur neuf fuseaux horaires - en vue de réfléchir à un avenir souhaitable qui pourrait être réalisé d’ici à 2024. L’OMS continue de prendre des mesures ciblées pour préparer les habitants de la Région, soit 1,9 milliard de personnes, ainsi que leurs gouvernements, aux changements climatiques et environnementaux, le secteur de la santé devenant une force majeure dans la préservation de la planète. Le Groupe continuera de tenir régulièrement des réunions virtuelles afin de susciter la prise de mesures dans le cadre des quatre piliers de travail suivants : sensibilisation ; renforcement de la résilience des systèmes de santé ; surveillance des effets des changements climatiques et environnementaux sur la santé humaine ; application de cette approche à tous les travaux de l’OMS dans la Région. 72 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 Encadrement, gestion et administration À l’heure où nous nous attachons à traduire Vision d’avenir dans la réalité, la gestion et la coordination par l’OMS des efforts à déployer pour relever les défis sanitaires auxquels se heurte la Région sont plus que jamais essentielles. Les divisions techniques comptent sur cette orientation et cet appui pour donner corps à la vision de manière concertée. Sous la houlette du Directeur régional, quatre équipes sont chargées d’apporter cet appui : le Bureau du Directeur régional, l’unité Conformité et gestion des risques, la Division Gestion des programmes et la Division Administration et Finances. Le Bureau du Directeur régional appuie directement la fonction d’encadrement du Directeur régional, en coordonnant les activités de communication, les relations extérieures et les partenariats, ainsi que les produits et services d’information. L’équipe concourt également aux travaux des organes directeurs de l’OMS. L’unité Conformité et gestion des risques relève directement du Directeur régional. Elle s’emploie à encourager le personnel à intégrer dans ses activités une approche axée sur la gestion des risques et à instaurer une culture axée sur la prise en compte des risques au sein de l’OMS. Le Dr Takeshi Kasai, Directeur régional de l’OMS, s’est joint aux représentants et aux agents de liaison de l’OMS dans les pays pour former une gélule sur la pelouse du Bureau régional, marquant le lancement de la campagne « Stewards for the Future » consacrée à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, l’une des grandes priorités de la Région. La Division Gestion des programmes assure la direction et la coordination générales de la coopération technique régionale avec les États Membres moyennant l’élaboration de programmes et le suivi des opérations, l’appui aux pays et les services de rédaction. La Division Administration et Finances est composée de trois unités : Budget et finances, Gestion des ressources humaines, et Technologies de l’information et administration. Elle assure la responsabilisation et la transparence moyennant une supervision rigoureuse. Grâce à des procédures efficaces visant à recruter, à retenir, à soutenir et à responsabiliser le personnel, la Division aide de manière essentielle l’OMS à obtenir des résultats concrets dans la Région. La stratégie de riposte à la COVID-19 et l’action menée pour l’avenir La COVID-19 est survenue en pleine mise en œuvre des priorités régionales énoncées dans Vision d’avenir et du treizième programme général de travail de l’Organisation. L’OMS dans la Région s’est employée à poursuivre l’exécution de ces plans ambitieux en établissant une stratégie de riposte soutenue, efficace et durable contre la COVID-19 tout en continuant à mettre en œuvre ses programmes et à maintenir la dynamique enclenchée par Vision d’avenir. Guidée par le Cadre d’action d’urgence du Programme renouvelé de gestion des situations d’urgence de l’OMS, l’équipe d’appui à la gestion des incidents a mené l’action qui a permis à l’OMS de s’acquitter des obligations qui lui incombent au titre du Règlement sanitaire international (2005) tout en aidant les pays à faire face à l’épidémie. La complexité de l’action visant à venir à bout de la COVID-19 a cependant contraint l’OMS à mobiliser des formes d’appui supplémentaires provenant de l’Organisation dans son ensemble. Comme indiqué dans les sections précédentes, d’autres divisions ont collaboré avec l’équipe d’appui à la gestion des incidents en coordonnant directement l’action du Bureau régional et des bureaux de pays afin de soutenir les activités menées dans des domaines tels que la préparation des parcours de soins ou la prévention et la maîtrise des infections. Il s’est également agi de soutenir l’élaboration de la réglementation relative aux nouveaux produits médicaux, le suivi des répercussions financières de l’épidémie, l’utilisation des réseaux de laboratoires établis dans le cadre des programmes de lutte contre les maladies à l’appui de la surveillance et du diagnostic biologique de la COVID-19, la mobilisation de la population et l’apport de compétences techniques sur le vieillissement, la problématique hommes-femmes, l’équité et la santé mentale. Les réorientations opérationnelles adoptées au titre de Vision d’avenir contribuent à renforcer les capacités des systèmes nécessaires à la lutte À l’heure où nous nous attachons à traduire Vision d’avenir dans la réalité, la coordination des efforts à déployer pour relever les défis sanitaires auxquels se heurte la Région est plus que jamais essentielle. OBTENIR DES RÉSULTATS | 73 La COVID-19 a entraîné un changement radical dans la façon dont nous travaillons et utilisons la technologie. Même les réunions de haut niveau se tiennent désormais sous une forme très différente, comme en témoigne la réunion virtuelle du Forum parlementaire Asie-Pacifique sur la santé mondiale (avril 2020), qui a mis l’accent sur le renforcement du rôle des parlementaires dans la riposte à la pandémie. contre la COVID-19. Des équipes agiles ont accéléré l’élaboration et la mise à l’essai d’outils de recherche des contacts, conçu des modèles fondés sur des données probantes en perspective de la nouvelle normalité, et mis au point des outils novateurs pour assurer de nouveaux modes de prestation de services de santé pour tous. La participation de toutes les divisions de l’OMS à la riposte a été bénéfique, permettant à l’Organisation de se préparer à une action à plus long terme tout en contribuant à renforcer les systèmes pour l’avenir. Toutefois, à mesure que l’ampleur et l’impact de la pandémie se sont précisés, il est devenu évident qu’il serait impossible de mettre en œuvre l’ensemble des activités initialement prévues pour 2020. Réagissant sans attendre afin d’atténuer toute retombée dommageable, le Bureau régional a recentré son plan de travail sur les activités à entreprendre en priorité, présentées dans une « case rouge ». Parmi ces activités figurent notamment les suivantes : appuyer la continuité des services essentiels ; veiller à ce que les ultimes efforts d’élimination des maladies ne subissent aucun revers ; renforcer les composantes essentielles des systèmes de santé qui peuvent contribuer à renforcer l’efficacité des mesures prises contre la COVID-19 ; progresser dans la réalisation des priorités thématiques et des priorités sanitaires des États Membres dont l’exécution ne peut être différée ; appuyer les efforts de gouvernance de sorte que l’OMS demeure responsable de son action devant les États Membres et les donateurs. Continuité des activités Afin d’appuyer la riposte à la pandémie et de traduire dans les faits les priorités présentées dans la « case rouge », l’OMS a enclenché des processus de continuité des activités. Ceux-ci ont permis au personnel de continuer à travailler et de rester productif sans risque pour sa santé. Après le durcissement des mesures de confinement, seul le personnel indispensable en mesure de se déplacer en toute sécurité est venu travailler. D’autres ont travaillé depuis leur domicile. Les flux de travail et les procédures d’approbation ont été adaptés, et les outils de réunion virtuelle ont été renforcés. L’apport régulier d’informations actualisées et de conseils — allant de renseignements sur le dépistage et le traitement de la COVID-19 à des rappels en faveur de la santé mentale—a permis de veiller à la sécurité des membres du personnel et de leurs familles chez eux et dans leurs communautés. Afin d’assurer la continuité des fonctions essentielles au sein du Bureau régional (planification des programmes, budget et finances, et technologies de l’information), des équipes de substitution ont été établies, prêtes à prendre la relève au cas où d’autres devraient être placées en quarantaine. Certaines parties du Bureau régional ont été désignées comme zones de réserve pour y permettre la poursuite des opérations. Des mesures de distanciation physique ont été instaurées dans les espaces de travail et de réunion et dans les lieux de rassemblement du personnel (cafétéria, p. ex.). Les visiteurs extérieurs font également l’objet de restrictions. Les risques auxquels sont exposés le personnel et les opérations sont soumis à des évaluations régulières qui tiennent compte de la situation locale, et sont révisés en fonction des besoins. Le Réseau administratif régional, qui regroupe les administrateurs de tous les bureaux de l’OMS, s’est activement employé à proposer et à adapter des solutions visant à permettre le fonctionnement sans risque des bureaux tout en améliorant l’efficience des opérations. Gestion des risques Dans Vision d’avenir, nous nous engageons à intégrer la responsabilisation et la gestion des risques dans la prise de décisions et la planification. Nous promettons également de placer la responsabilisation au cœur de l’action menée pour exécuter le mandat que nous ont confié les États Membres. Nous nous employons à cette fin à promouvoir dans toutes nos activités, une culture axée sur la gestion des risques qui soit commune à l’ensemble de l’Organisation. Un certain nombre de mécanismes ont été mis en place, parmi lesquels l’élaboration d’un rapport trimestriel de suivi et d’analyse de la conformité, sur la base d’indicateurs clés de performance et de processus opérationnels, qui aide le Groupe consultatif sur la responsabilisation et la gestion des risques à formuler des recommandations en vue d’améliorer la conformité. Une évaluation et un examen continus des risques sont également effectués à chaque stade de la planification opérationnelle. La COVID-19 offre une autre occasion unique d’encourager le personnel à se familiariser avec la gestion des risques et à la mettre en pratique. Après que toutes les activités prioritaires à inclure dans la « case rouge » ont été définies, une évaluation des risques liés aux modalités d’exécution envisageables a été entreprise et des mesures d’atténuation ont autant que possible été identifiées. Dans certains cas, l’évaluation des risques a montré que les modalités d’exécution existantes ne présentaient pas un niveau de sécurité suffisant OBTENIR DES RÉSULTATS | 75 76 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 ou ne répondaient pas entièrement aux objectifs recherchés, compte tenu des contraintes actuelles. Les activités concernées avaient alors dû être suspendues ou reportées. Il s’agit néanmoins là d’un processus à caractère itératif : les risques liés aux activités présentées dans la « case rouge » ont été régulièrement réévalués afin de prendre en compte l’évolution de la situation créée par la COVID-19 et les modalités d’exécution possibles, ce qui peut avoir pour effet de réorienter les décisions relatives à la mise en œuvre des activités. Des notes d’orientation, des outils d’évaluation des risques et des mécanismes de suivi des risques et des progrès accomplis en matière d’exécution ont été élaborés pour faciliter la continuité des activités et une gestion efficace. La culture de travail axée sur la prise en compte des risques est encouragée au sein du personnel en appliquant ces processus de gestion des risques et en les intégrant dans la pratique quotidienne. Comité des programmes Le Comité des programmes est un mécanisme régional qui veille à ce que les ressources soient bien alignées sur les priorités de la Région et des États Membres. Le Comité est chargé d’affecter des ressources aux programmes mais s’emploie aussi à formuler des plans reposant sur la situation et les besoins des pays. Les programmes techniques et les bureaux de pays sont ainsi à même de planifier et de proposer des mesures spécifiques aux pays, selon le principe d’unité d’action de l’OMS. Ce processus permet de déterminer les programmes phares qui répondent le mieux à la situation des pays et sur lesquels l’OMS peut axer son soutien. Cette approche adaptée aux besoins des pays a été appliquée à la planification de la riposte à la COVID-19. L’Organisation a ainsi affecté des ressources à des systèmes essentiels à l’action menée dans les pays, notamment le renforcement des parcours de soins de santé, les systèmes de laboratoires, et la prévention et la maîtrise des infections. Le Comité des programmes a également permis au Bureau régional de planifier et de préparer la riposte en fonction de la situation propre à chaque pays. En Mongolie, l’OMS a appuyé la mise en place de systèmes permettant d’éviter que les efforts de lutte contre la COVID-19 dans les communautés particulièrement difficiles à atteindre en hiver ne soient interrompus par de mauvaises conditions météorologiques. L’OMS aide le Cambodge et les Philippines à faire de même en prévision de la saison des pluies : affecter des ressources aux systèmes qui permettront de poursuivre les interventions malgré la pluie et les inondations. Dès les premières phases de l’épidémie, l’Organisation a anticipé l’impact d’une éventuelle fermeture des frontières sur l’approvisionnement en médicaments indispensables à la survie, en équipements de protection Le renforcement des partenariats et celui de la communication stratégique en faveur de la santé sont des priorités pour la Région, comme l’atteste cet atelier aux Îles Salomon dans le cadre duquel l’OMS, le Gouvernement et les partenaires se concentrent sur les priorités définies dans Vision d’avenir et l’amélioration de leur collaboration. nous nous sommes adaptés. Le travail en mode virtuel est désormais la norme, preuve que les changements dans la façon dont nous organisons et gérons les réunions n’avaient que trop tardé. Afin que le meilleur parti possible soit tiré de ces réunions virtuelles, les membres du personnel reçoivent des directives fondées sur notre expérience collective et actualisées à mesure que de meilleures pratiques sont définies. Suivant la même démarche, des conseils leur sont donnés pour se prémunir, ainsi que leurs proches et leur entourage professionnel, du risque de COVID-19. Communication stratégique L’OMS et les États Membres ont inscrit la communication stratégique parmi les réorientations opérationnelles à mettre en œuvre pour faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde. Nous suivons une approche intitulée Communication en santé, qui repose sur des principes et processus de communication fondés sur des données probantes en vue de modifier les attitudes et les comportements. La pandémie a accentué la nécessité de communiquer de manière stratégique et de mettre en œuvre l’approche Communication en santé. L’OMS et les États Membres ont à combattre à la fois une « infodémie » et une épidémie. Ces six derniers mois, une abondance d’informations sur la COVID-19—d’une exactitude variable—a été consommée et partagée à une cadence inédite. Chaque jour, les décideurs et les communautés sont bombardés de rumeurs et de fausses informations qui peuvent être préjudiciables à la santé. Les gens ont peur, sont dépassés, et ne savent pas où se tourner pour trouver des informations actuelles et des conseils fiables. La communication stratégique fondée sur des données probantes est l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour combattre le virus. Elle est, à ce titre, un pilier central de la riposte menée par l’OMS. Dès le début de l’épidémie, l’OMS a renforcé ses capacités de communication stratégique dans la Région et les bureaux de pays. Pour ce faire, elle s’est avant tout employée à fournir aux États Membres, aux partenaires et au grand public, des informations pertinentes, accessibles, compréhensibles, crédibles, actualisées et exploitables - dans des formats et sur des plateformes permettant d’atteindre les publics cibles - qui portaient sur la façon de se protéger soi-même et son entourage. Dans la Région, l’OMS utilise un système d’écoute sociale multi-sources visant à mieux comprendre les manières de penser, de sentir et de se comporter des communautés. Les données et observations provenant des médias sociaux, des enquêtes communautaires et de la veille médiatique sont collectées, contextualisées et intégrées dans la planification et la prise de décisions dans le cadre de la riposte à plusieurs piliers. Grâce à l’écoute sociale, nous produisons des supports de communication visant à répondre aux principales préoccupations, et aidons les pays à les adapter et à les diffuser. En allant individuelle et en fournitures de laboratoire dans le Pacifique. Des ressources ont été allouées pour y remédier et préparer les pays à affronter la COVID-19. Compte tenu de la durée de l’action menée contre la pandémie et des besoins d’appui qui en découlent, l’OMS a dû mobiliser dans la Région des moyens financiers et humains bien supérieurs à ceux du Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire. Le mandat du Comité des programmes a donc été renforcé afin de garantir une utilisation efficace des ressources, tant pour la lutte contre la COVID-19 que pour les activités essentielles à mettre en œuvre sur la voie définie par Vision d’avenir. Apprentissage Ces 10 dernières années, l’un de nos principaux objectifs directifs a été d’instaurer une culture d’amélioration continue dans la Région, en nous attachant à tirer les enseignements de notre expérience et en nous remettant sans cesse en question pour devenir plus efficaces et plus efficients. Le processus d’amélioration continue - et les changements qui en découlent – fait généralement fond sur nos travaux internes d’évaluation et d’analyse, les observations externes sur nos résultats, ou les enseignements que nous pouvons tirer d’autres organisations. Nous continuons à rechercher des moyens de rendre l’action de l’OMS plus efficace et plus efficiente dans tous les domaines d’intervention. Nos systèmes de suivi continuent d’être améliorés, ce qui nous aide à évaluer la façon dont nous gérons et respectons nos normes de conformité, ainsi que l’efficacité de notre action, et la nature des résultats que nous obtenons. Comme indiqué plus haut, la gestion des risques est l’un des domaines dans lesquels il a été important de mettre en œuvre une approche axée sur l’apprentissage. Il arrive que des facteurs extérieurs inattendus et incontrôlables nous contraignent au changement. La COVID-19 est l’un de ces facteurs perturbateurs. Son impact sur les modes opératoires traditionnels de l’OMS est considérable, et nous a lancés sur une nouvelle trajectoire d’apprentissage. Afin de continuer à honorer l’engagement pris auprès des États Membres, OBTENIR DES RÉSULTATS | 77 78 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 à l’essentiel, nous pouvons inspirer le changement de comportement et maintenir la confiance. Grâce à la SMEAP, nous n’avons pas eu à repartir de zéro. Nous avons tiré parti des moyens dont les pays disposent pour communiquer sur les risques. Au cours du premier semestre 2020, nous avons intensifié nos efforts en apportant un appui technique aux États Membres par l’entremise des bureaux de pays et du Bureau régional. Il s’est notamment agi de détacher des experts en communication stratégique, d’élaborer des orientations, d’organiser des ateliers et des formations en ligne sur des sujets tels que l’écoute sociale et l’introspection comportementale. Afin d’améliorer plus avant sa communication stratégique sur la COVID-19, l’OMS a adopté des approches novatrices, y compris l’établissement de partenariats avec les grands médias sociaux, en vue de diffuser auprès d’un plus large public, dans l’ensemble de la Région, des conseils sanitaires adaptés tout en combattant les rumeurs et les fausses informations. Nous avons également recueilli des témoignages d’habitants du Pacifique occidental dont la vie a été affectée par la pandémie. En 2020, l’OMS a élaboré un large éventail d’orientations et de conseils sanitaires sur la COVID-19 - fondés sur des données probantes - qu’elle a diffusé, entre autres, au public et aux personnels de santé de toute la Région du Pacifique occidental. UN RISQUE FAIBLE N’EST PAS UN RISQUE NUL Même si vous avez moins de 60 ans et que vous ne souffrez pas d’une affection sous-jacente, vous pouvez néanmoins contracter la COVID-19 Lavez-vous souvent les mains Toussez ou éternuez dans le pli du coude – pas dans vos mains ! Évitez de vous toucher les yeux, le nez et la bouche Limitez les rassemblements sociaux et les sorties dans les lieux bondés Évitez tout contact rapproché avec une personne malade Nettoyez et désinfectez fréquemment les objets et les surfaces touchés Intensifier les efforts dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens Des panneaux informent la clientèle d’une pharmacie des Fidji sur les dangers de l’usage excessif ou à mauvais escient des antibiotiques. La réduction de l’utilisation abusive des antimicrobiens est une priorité pour ralentir la propagation de la résistance à ces médicaments d’importance vitale. La résistance aux antimicrobiens (RAM) fait peser une grave menace sur la sécurité sanitaire. Il est nécessaire d’agir sans tarder, en particulier pour faire face aux situations d’urgence de santé publique. La COVID-19 a mis plus clairement en évidence les questions relatives à la RAM. Lorsque des flambées de maladies infectieuses se produisent, les co-infections dues à des bactéries résistantes entraînent l’augmentation de morbidité et de mortalité, et mettent à plus rude épreuve les systèmes de santé déjà à bout de souffle. Chez les patients atteints de la COVID-19 admis dans les unités de soins intensifs, la co-infection avec des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens a été associée à une mortalité accrue. Des rapports ont également fait état d’un usage excessif ou à mauvais escient des antibiotiques dans la prise en charge de la COVID-19 au sein des établissements de santé. Guidés par le Plan d’action pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental, adopté par l’OMS en 2014, et le Cadre pour l’accélération des efforts de lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental de 2019, les États Membres ont mis en place des systèmes renforcés de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, y compris la surveillance, la gestion responsable des antibiotiques, le suivi de la consommation d’antimicrobiens, la prévention et la maîtrise des infections, et des campagnes sur les dangers de l’usage excessif et à mauvais escient des antibiotiques. Ces efforts ont changé la donne. Lorsque la COVID-19 a frappé, les pays qui avaient intensifié leurs efforts de lutte contre la RAM, notamment en renforçant les capacités de laboratoire, la prévention et la maîtrise des infections, l’hygiène des mains, et l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, étaient mieux préparés pour faire face à la pandémie. Le suivi de la consommation d’antibiotiques dans huit pays avant et après l’apparition de la COVID-19 a donné un nouvel élan au Système régional de surveillance de la consommation d’antimicrobiens dans le Pacifique occidental, qui avait été mis en place en 2019. Ce système permet de définir la tendance quant à l’usage d’antibiotiques pendant la pandémie actuelle. Cette information est indispensable pour aider les pays à adapter leurs programmes et directives visant à promouvoir une utilisation raisonnée des antibiotiques. Dans le sillage de précédentes initiatives de sensibilisation, des comités nationaux sur la RAM et des associations de professionnels de la santé ont été mobilisés pour mieux faire connaître et promouvoir l’importance que revêt le bon usage des antibiotiques pendant la pandémie. OBTENIR DES RÉSULTATS | 79

Aller de l’avant Les mesures de lutte contre la COVID-19 - telles que les contrôles sanitaires aux frontières effectués dans ce centre de quarantaine au Cambodge – seront vraisemblablement maintenues pendant quelque temps. En dépit des obstacles à surmonter, la pandémie offre la possibilité de progresser dans la réalisation des objectifs de Vision d’avenir grâce, entre autres, à une plus forte mobilisation communautaire dans le domaine de la santé et à la prise en charge des laissés-pour-compte. Comme l’indique Vision d’avenir, le rythme auquel la Région évolue et son dynamisme sont tels que l’OMS se doit dès aujourd’hui de relever les défis de demain plutôt que de s’en tenir à la gestion des affaires courantes. L’arrivée du nouveau coronavirus nous a catapultés plus tôt que prévu dans l’avenir que nous envisagions. Bien qu’elle ait bouleversé les plans initialement établis pour la première année de mise en œuvre de Vision d’avenir, la COVID-19 n’a nullement atténué la pertinence que celle-ci revêt. Elle a, au contraire, rendu plus pressante l’une de nos quatre priorités thématiques pour l’avenir. Les trois autres priorités demeurent tout aussi importantes pour la Région. En définitive, la COVID-19 a accentué la pertinence et l’urgence de l’action que nous menons afin de préparer les pays à affronter l’avenir. Bon nombre des approches qui ont occupé une place centrale dans la lutte que nous avons menée jusqu’à présent contre la COVID-19 sont en fait celles sur lesquelles les pays misaient en se préparant à relever les défis à venir, notamment les suivants : amener les communautés à prendre en main leur santé ; assurer aux patients des parcours de soins fluides permettant d’accompagner les personnes entre les différents niveaux de soins et au fil de leur prise en charge ; étendre les services aux plus vulnérables, faire intervenir des secteurs autres que la santé ; accélérer l’innovation et la mise en œuvre d’approches « ascendantes » ou locales. De ce fait, en faisant le bilan de l’année 2020, dominée par la COVID-19, nous constatons que nous pouvons faire bien plus que de riposter à une situation d’urgence grave. Nous pouvons profiter de l’impulsion donnée pour amorcer la transformation des systèmes de santé du Pacifique occidental comme nous nous y sommes engagés il y a un an dans Vision d’avenir. La COVID-19 a confirmé ce que nous savions de longue date : la santé est étroitement liée à l’économie et au fonctionnement de nos sociétés. Dans Vision d’avenir, la Région du Pacifique occidental s’est engagée à bâtir un avenir dans lequel la santé est un investissement. La COVID-19 n’a que trop clairement montré la nécessité d’investir massivement dans la santé. Nous ne viendrons pas à bout de la COVID-19 de sitôt. Tant que nous n’aurons pas trouvé de vaccin ou de traitement sûr, efficace et d’un coût abordable, il nous faudra continuer à chercher des moyens de coexister avec le virus. Nous savons maintenant qu’à terme, la COVID-19 peut contribuer au renforcement de nos systèmes de santé et nous aider à accélérer les transformations nécessaires pour les rendre plus robustes, plus résilients et plus aptes à relever les défis de demain, quels qu’ils soient. Investir dans la santé est la voie à suivre pour nous aider à protéger nos populations et à relancer nos économies. La COVID-19 a provoqué une ALLER DE L’AVANT | 81 82 | RAPPORT DU DIRECTEUR RÉGIONAL: ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1ER JUILLET 2019-30 JUIN 2020 tragédie inouïe dans la Région mais elle nous offre aussi l’occasion d’améliorer notre avenir et de déterminer plus clairement ce qu’il nous faut éviter. Elle a montré la force et la valeur de la solidarité dont la Région du Pacifique occidental a de nouveau fait preuve. Alors même que nous continuons à lutter contre la COVID-19, nous nous devons de maintenir le cap sur le nouvel avenir auquel nous aspirons tous. Un avenir dans lequel la santé, l’environnement et l’économie sont indissociables, et où de réels investissements appuient les engagements pris pour faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde. La COVID-19 a provoqué une tragédie inouïe dans la Région mais elle nous offre aussi l’occasion d’améliorer notre avenir. Afin d’instaurer la couverture sanitaire universelle, il est essentiel d’atteindre ceux qui n’ont actuellement pas accès aux services nécessaires. Bien des approches différentes seront nécessaires pour y parvenir. Un exemple est illustré par ces travailleurs de la santé qui offrent des services de proximité aux familles nomades dans les régions reculées de Mongolie. KASAI, Doctor Takeshi PRATT, Doctor Angela LAWE-DAVIES, Ms Olivia NOZAKI, Mr Shinjiro BIERNAT, Ms Anna Magdalena DAVISON, Ms Laura WADHWANI, Ms Anna Veneskey HERNANDEZ, Mr Rolando E. PEREY, Miss Elline PROSPEROSO, Mrs Alma Mila Degala SERRANO, Mr Ruel ESQUILLON, Mr Alan Siegfrid MACAPAGAL, Mrs Ruth D. MALSI, Mrs Catherine VIDANES, Ms Maria Renedel ANGCAO, Miss Ronalice Clare Garcia BENDO, Mr Mark Gil CABALI, Ms Katrina Cecilia CABATAY, Ms Lyka Dilag DONATO, Mrs Helen Somerbang JACINTO, Mrs Rachelle Mendoza LAUZON, Mr Jasper Villaruel NERY, Mrs Maria Cristina PEREZ, Mr Antonio Cruz SALCOR, Mr June Michael Baello URQUICO, Ms Rosemarie GONZALES, Ms Grace ABIERTA, Mr Angelo Pajarin SAMPAG, Mrs Agripina V. ADSETT, Ms Eloise SMYRK, Ms Anna LIU, Doctor Yunguo HARRISON, Doctor Graham Perry HEALY, Mr Eric James NODORA, Doctor Rodel ONG, Ms Gaik Gui SHIN, Ms Jimyung SHIBATA, Ms Ogusa SUGAWARA, Ms Kae GAMILLA, Mrs Mary Ann INOBAYA BUENA, Mrs Mae Rocelyn GONGORA, Mrs Edenor Dimapilis LEGASPI, Mrs Flordeliza AMPARO, Mrs Ma. Raquel BORJA, Mrs Priscilla BUNOAN, Mrs Laila CASTILLO, Miss Maria Victoria DELA CRUZ, Miss Grace Rena GARCIA-ESPLANA, Mrs Arlene Tumang MADRANGCA, Mrs Angelita H. SERRANILLA, Mrs Maria Elaine DELA CRUZ, Ms Pearl Joy DELOS TRINOS, Mrs Ailene ESCAÑO, Ms Natalie Sobrecarey MENDOZA, Miss Maria Jasmine SAMALA, Mrs Enriqueta L. YAPP, Mrs Rowena Pavia ZAPATA, Mrs Ma Rosario Dolores KOBZA, Mr Jeffery Joseph TAGNON, Mr Sourou Eric Joel AGGARWAL, Mr Arpit CHIMOMBE, Mr Tapiwa Mark NGUYEN, Miss Thi Minh Ly VENIGA, Ms Linda Lopez ELLISON, Mr Peter Benjamin BAUTISTA, Doctor Lynne Marcia Hashimm BORLAS, Mr Gabriel UY, Mrs Benilda V. ARCEO, Mrs Marinelle A. CHIA, Mrs Jennifer DATINGALING, Miss Blessilda Grace Ibarra LUZENTALES, Mr Danilo Ramon MALAPIT, Mr Reginald F. MOLEJON, Mr Jose Mari SALCEDO, Mrs Marilyn C. SALVADOR, Mr Frank A. VILLALOBOS, Mr Jerry J. ANG, Mrs Royce ARMESTO, Mr Alan BAUTISTA, Mr James Benedict Libertino BERNARDO, Mr Efren F. CACHO, Mr Romulo Jr CATALIG, Mr Anthony Lawrence Balmes CONALES, Mrs Maria Riza G. DAVID, Mrs Isabelita M. FRIEND, Mr James Vincent GINES, Mrs Leah Kristine Manza GONGORA, Mr Randy GOTOS, Miss Karen IDAYAN, Miss Mary Dyza LAPIZAR, Mr Rian LIM, Mrs Liza Ann MAGANTE, Mrs Meriza Oabel MARTIN, Mr Rodolfo Jr Portales MATIGA, Mr Filemon ORENDAY, Miss Bhetty Paroan PABLO, Mr Jeffrey A. PABLO, Mrs Vilma PAYUMO, Ms Annechielli Aczon REYES, Ms Yvonne Palaguayan ROMERO, Mrs Abigail Sison SAN MIGUEL, Mrs Eduvigis Caridad SIMPAO, Mr Enrique SORBITO, Mr Renan Acuna VICTORIANO, Miss Virginia F. VILLAFRANCA, Ms Christine Muriel VILLAMIL, Mr Carmelino ABLAÑA, Miss Grace Theresa Arizobal BARLINAN, Ms Maureen Jen BODEGON, Miss Bess CASTRO, Mrs Jacqueline CHENG, Mrs Judith Amor Sua LACSAMANA, Mrs Mary Grace LAWAS, Mr Eric Glenn De Guzman MARTOS, Ms Joan Pablo MENDOZA, Mrs Flordeliza MOLINA, Mrs Jasmin Jumangit ROMERO, Ms Riah-Maris San Juan ROQUE, Ms Rosana Barrameda TOMADA, Ms Millicent Faith Morales ULANDAY, Ms Joanna Patricia Chan BRUSAS, Ms Karen Mae Cañero DE GUZMAN, Mr Ron Dominic Villagracia DELA CRUZ, Mrs Kristine Jeanne Lapuz LUCES, Ms Louise Anne Daez MARCELLANA, Mr Orville Bandojo MENDOZA, Mr Ronald PIALOGO, Mr Enrique Jr Capistrano REYES, Mr Joseph SOAN, Miss Alvina Dianne Uson ADILLE, Mr Faustino Junior ARIAS, Mr Ronaldo Nuyda CALO, Mr Diego CASTILLO, Mrs Arceli CORRAL, Ms Ma. Lou Francia Limon DE MESA, Mrs Vicky ESCUADRA, Mr Ricky LIM, Ms Katrine Anne Goze RECI, Mr Darwin VALMONTE, Ms Klarett Delos Santos VILLARIN, Mr Ariel VILLARUZ, Ms Sendelyn CUERDO, Miss Aljanna Anacta SISON, Mr Danilo Aran JORGENSEN, Mr Bent Elsner DELA PENA, Mrs Ruby YAZAR, Rommel BENDANA, Ms Donna DAGANDAN, Ms Ruth DEGUZMAN, Mr Joseph SHIN, Doctor Hai-Rim FORTUNE, Doctor Ann-Kira HAN, Ms Myoungsil UNTORO, Doctor Juliawati ESPINOSA, Ms Isabel Constance KASHIWABARA, Ms Mina LUKASZYK, Doctor Caroline SOULIVONG, Mr Phoubandith TIKO, Doctor Josaia ECHIVERRI, Mrs Corazon BARRAMEDA, Mrs Lilibeth Inocencio CAYETANO, Mrs Imelda T FRANCO, Ms Florecita LADERAS, Mrs Anna Liza PEDROSO, Mr Jean-Michel RODRIGUEZ, Mr Rodel SANTOS, Mrs Benilda Abella PATCO, Ms Lani Villapando BORRERO, Mr Gato PEREIRA BAJARD, Ms Micaela CALALANG, Ms Romina PERALTA, Doctor Genandrialine HÄMÄLÄINEN, Doctor Riitta-Maija CHO, Dr Heeyoun LEE, Ms Joung-eun AGUILA, Ms Zorina ALDEON, Ms Melanie ESPINO, Dr Apple DELA CRUZ, Ms Nina BESTMAN, Dr Amy MATSUI, Doctor Tamano CHEN, Doctor Hong DREXLER, Doctor Anna Lauren ESHOFONIE, Doctor Anthony Olufemi FUKUSUMI, Doctor Munehisa LARSEN, Mr Jan-Erik MOON, Doctor Sangjun MORAES RASZL, Doctor Simone NAHAPETYAN, Doctor Karen O’CONNOR, Ms Lauren Jade SALMON, Doctor Sharon NGUYEN, Mr Phuong Nam SAULO, Ms Dina Raus BELL, Ms Leila Christine PUA, Mrs Marybeth DICHOSO, Mrs Maria Carmela FUELLAS, Mrs Maria Josefina CAMBRI, Mrs Marianne Navarro DEL ROSARIO, Mrs Maria Salve ORBE, Mrs June Pearl PALANG, Mrs November Corazon R. PANGANIBAN, Ms Maria Catalina PINEDA, Mrs Maria Rhodora SALINAS, Ms Socorro Francisco ANDAYA, Ms Roxanne Joyce Manalo BARRIOS, Ms Fe Rosario Tanafranca DIVINA, Ms Roxanne Belinario NAZAR, Miss Michelle Angela Manahan RIVADA, Mr Don OLOWOKURE, Doctor Babatunde MINA, Mrs Janet BONITO, Ms Elenita TAYLOR, Mr Martin Robert BARRETT, Mr Darryl Wade COWLEY, Doctor Peter ESCALANTE, Doctor Socorro SHIN, Doctor Jinho SOBEL, Doctor Howard L. CHUKWUJEKWU, Doctor Ogochukwu Chioma KIM, Doctor Jae Kyoun NISHIJIMA, Doctor Takeshi PRASOPA-PLAIZIER, Ms Nittita ROUBAL, Mr Tomas ER SAKAMOTO, Dr Hakura ALY, Mr Emmanuel Jozef M. JUNG, Ms Hyunhee KWAK, Ms MinJoo MANNAVA, Ms Priya WANG, Ms Ding MANUEL, Mrs Meda Y. AMBROSIO, Ms Ivette ANTIOLA, Mr Raymund Soriao LUCZON, Miss Marissa May REGINALDO, Miss Therese Maria N. ANYAYAHAN, Mrs Rachelle Cornepillo BEHINO, Mrs Cecil Margarette Pangilinan BERNARDO, Ms Katrina Fajardo BONITO, Mrs Elenita Sy FERNANDEZ, Mrs Lenny Buenaventura SABIJON, Miss Mary Ann C. SEVILLA, Mr Enrico VINGONA, Mrs Cynthia Rivera LI, Dr Zhao KIRPALANI, Ms Dena TAMANGAN, Mr Ronald INADA, Dr Mai LEGASPI, Ms Cherryl Valerie  XAVIER, Ms Cheryl Ann  TRAN, Doctor HUONG THI GIANG CHAN, Doctor Po-Lin GRABOVAC, Ms Varja ISHIKAWA, Doctor Naoko ISLAM, Doctor A.B.M. Tauhidul RAHEVAR, Doctor Kalpeshsinh Kishansinh TAKASHIMA, Doctor Yoshihiro AMARASINGHE, Doctor Don Ananda Chandralal AVAGYAN, Doctor Tigran BATMUNKH, Doctor Nyambat BRINK, Doctor Anne Katherine EVANS, Doctor Roger HAGAN, Doctor José Edward HEFFELFINGER, Doctor James Dawson KIM, Doctor Warrick Junsuk LE, Ms Linh-Vi Nguyen VANDENDYCK, Mr Martin Jules Chantal YAJIMA, Doctor Aya BAUTISTA, Miss Analisa Nalaunan KELLEY IV, Doctor James Franklin MORISHITA, Mr Fukushi OH, Doctor Kyung Hyun SCHUSTER, Ms Franziska GONZALES, Ms Glenda Racca FAIGAO, Mrs Ruth Irene Reyes BAYUTAS, Mr Benjamin CASPILLAN, Mrs Remis R. ESGUERRA, Mrs Leonora J. GARCIA, Mrs Cherry HUFANO, Mrs Rachel ROBSON, Ms Ella Krystle BUGNON, Ms Dianna Delos Reyes DIAZ-DY, Ms Lorelli Monica JUMALON, Ms Peachy Tan LOGRONIO, Ms Josephine MARIANO, Ms Kayla Mae MEJICO, Ms Princess Rachelle NAVAL, Mrs Ma. Theresa Jose OLARTE, Mrs Maria Christine Samson RESONTOC, Mrs Editha SOLIDUM, Mrs Reesa YAZAR, Mrs Riselle Belinda B. BISQUERA, Ms Mary Joanne Delos Trinos LIZADA, Ms Liezl Tinagan MENDOZA, Mr Raymond SALVADOR, Mrs Maria Theresa PASTORE, Roberta MIJARES-MAJINI, Maria Carmela WEILER, Doctor Gundo Aurel GAO, Mr Jun LIU, Doctor Yue OH, Mr Sangyoun OKAYASU, Doctor Hiromasa CAWTHORNE, Ms Amy Louise DUAN, Doctor Mengjuan LARIN, Mr Joven VILLAFLOR, Mrs Lorna Torres AMPOL, Mrs Elynn BELIGAN VI, Mr Modesto Millares ELECCION, Ms Jennifer Sensal ONG, Ms Kate Tracy Tan LEE, Ms April Siwon RILEY, Dr Brian LI, Dr Boyang SAKAMOTO, Dr Hakura KIM, Mr Taehwan BRENNAN, Mr Elliot MENA, Mr Jose BRANDALAC, Ms Fanette GARIBOLDI, Ms Isabella AUPLISH, Ms Mallika CHEH, Mr Paul CHOI, Dr Vladimir PASHA, Mr Rebeen SHAO, Ms Yi Wen MARTUZZI, Doctor Marco WEGERDT, Doctor Johanna Francesca ZHUANG, Mrs Yichuan YI, Ms Jin Won KO, Doctor Eunyoung WROBLEWSKA, Ms Natalia Hanna MURAO, Mr Noriaki AMOR, Mr Ben Jackson Jr EHPEL, Mr Semenson CABACUNGAN, Ms Roan PATERSON, Dr Beverley Joyce HATCH, Dr Steven Chandler KIM, Ms Uhjin RAURENTI, Mr Birikarere SETOYA, Doctor Yutaro PALEI, Mrs ‘Ana Seini Tangoi TOUMOUA, Ms Siutaisa Loueni Vuna KALONIHEA, Mr Okalani BUTTSWORTH, Mr Michael Gregory GUYANT, Doctor Philippe Edgar Charles KNOX, Doctor Tessa Bellamy BAYANDORJ, Doctor Tsogzolmaa TALEO, Ms Fasihah SAKSAK, Mrs Anne Xowie VIRADURU, Mr Davidson Hehenabani BITALAU SERESERE, Ms Ellen VANO SONG, Mr Aesach Jonah Holou NAGOF, Miss Rebeka LEODORA, Doctor Basil HARRISON, Doctor Griffith PASCO, MR Erwan PANIEL, Ms Estelle MALISA, Ms Brisit ELLISON, Ms Josian TAKAU, Mr Timothy TAGAVI, Ms Lekon MAKIKON, Ms Christie TARIBAGEO, Mr Thomas MAKAMBO, Mr Jimmy FRED, Mr Joseph ABEL, Ms Myriam WILLIE, Ms Lillian WATT, Mr Xavier PATT, Mr Patterson LAWAC, Mr Lazario GALEA, Doctor Gauden KEZAALA, Doctor Robert E. LEE, Doctor Chin-Kei QIAO, Ms Jianrong SCANO, Doctor Fabio SNIDER, Ms Paige Anne YIN, Ms Xi CHEN, Doctor Zhongdan JIANG, Doctor Xiaopeng TANG, Doctor Yi ZHANG, Doctor Tuohong ZUO, Doctor Shuyan CUI, Ms Ying SUN, Ms Jiani XU, Ms Huabing DING, Ms Wei FANG, Ms Dan FU, Doctor Xijuan HUANG, Mrs Qing LI, Ms Yicong PU, Ms Wenting QIN, Mr Feng ZHANG, Doctor Pingping LIANG, Ms Huajing LIU, Ms Xijuan PANG, Mrs Xinxin ZHUANG, Mrs Na LI, Mr Chongbin CHEN, Mrs Lixin YAO, Mr Zifei LI, Ms Beisi HUSAIN, Dr Lewis MA, Ms Xiaochun GAO, Mr Chen ARCHER, Ms Rebecca ZHANG, Ms Wenyajing ZHOU, Ms Luoyi CHEN, Ms Mengji WANG, Mr Kai LUO, Ms Xuan LI, Doctor Ailan KHALAKDINA, Doctor Asheena RASANATHAN, Doctor Kumanan Ilango TUSEO, Doctor Luciano GUINTRAN, Doctor Jean-Olivier HOSSAIN, Doctor Md. Shafiqul KHODJAEVA, Doctor Nargiza LKHAGVADORJ, Ms Vanchinsuren NAKAGAWA, Doctor Jun PATEL, Doctor Sarika POIRE, Mr Geoffroy Jean RAFTERY, Ms Philomena DEMBECH, Mr Matteo CHEANG, Doctor Kannitha CHHAM, Doctor Samnang CHY, Doctor Say DENG, Doctor Serongkea IENG, Mr Vanra KAB, Doctor Vannda KHIM, Doctor Sam Ath PHAL, Doctor Sano YEL, Doctor Daravuth MO, Mr Mai TRY, Mr Rady HENG, Mr Borom BO, Mrs Navy HOIT, Mrs Sovathary ORN, Mr Puthynoro SOKCHEA, Mrs Kanika TUON, Mrs Maline CHEA, Ms Sokunthy HIM, Ms Phalline KHENG, Ms Sreyleak NGUON, Miss Virene SO, Mrs Phakny TEK, Mr Vitra THENG, Mr Vanpiseth VON, Ms Vorleak YUN, Mrs Sopheaktra SOEUR, Miss Sokuntheary INN, Mr Bunthann KHIM-TITH, Mr Kiririth KOENG, Mr Him OUK, Mr Sophal TAUCH, Mr Sambath TO, Mr Vutha A JACOBS, Doctor Mark Andrew TSUYUOKA, Doctor Reiko CHIEW, Ms May #COVID RESPONSE TEAM FITZPATRICK, Doctor Christopher FRANZEL-SASSANPOUR, Ms Lauren Elisabeth HENSMAN, Mr Roland Dilipkumar KUBOTA, Doctor Shogo LKHASUREN, Doctor Oyuntogos PARK, Doctor Yu Lee SHORTUS, Mr Matthew Scott ENDALUZ, Ms Marissa B. KETMAYOON, Mrs Pakapak LAI, Doctor Jana Yun Reng NOVITOVIC, Mr Dusan SAMURA, Doctor Atsushi PHENGXAY, Doctor Manilay CHANTHAPASEUTH, Miss THIPPHAVANH CHANTHAVISOUK, Doctor Chitsavang LEUANGVILAY, Doctor Phetdavanh AKKHASITH, Ms Douangsamai MANIVONE, Miss Viengthong PHIMMASINE, Doctor Sonesavanh PHOMKONG, Mrs Sylivanh PHONGPHACHANH, Mrs Sengphet SEEVISAY, Ms Vilath SIRIMONGKHOUNE, Mrs Vanhpheng THAMMAVONG, Ms Souvanaly THOCHONGLIACHI, Mr Douangkeo ZANARATH, Doctor Phan Oula BUTPHOMVIHANE, Mr Phonephet CHANNAVONG, Ms Souliya KOUNNAVONGSA, Miss Outhevanh NAKHONESID-FISH, Mrs Viengsavanh LUANGLATH, Mrs Thidalath PHACHARUEN, Mr Padith SAETERN, Mr Sensing SANTIVONG, Ms Vichit SOUMOUNTHA, Ms Vadsana INSIXIENGMAY, Ms Kinkesone SELISOMBATH, Mr Phongsay THAVONESOUK, Mrs Phetsamone VANNABOUN, Ms Vankham VONGPHIT, Mrs Mayouly XAYPHONE, Ms Toulavanh BOUNPHAKHOM, Ms Milaphanh KHOUNPHANNAVONG, Ms Rattanaphorn VICHITVONGSA, Miss Sengmany BOUNSOULYVANH, Mrs Viphalat KHOUNLAVONG, Mr Khammany PHOMMALATH, Mr Thongsavanh PHILAKONE, Mr Phaisong PIAN CHOMSY, Mr Southamma SIHARATH, Mr Saykham SOUKSYSAVAD, Mr Sythong PHENGMANY, Mrs Manh PHENGPRASEUTH, Miss Chanthy LO, Doctor Ying-Ru Jacqueline SOO, Doctor Chun Paul NICHOLAS NEOH, Ms Sophia Salome HO, Mrs Suet Yin FERNANDEZ, Ms Sheila Amelia KAUR, Ms Narwant HASHIM, Mr Mustapha Bin DIORDITSA, Doctor Sergey FONG, Ms Monica Driu DEMBERELSUREN, Doctor Sodbayar ENKHEE, Doctor Erdenechimeg OCHIRPUREV, Doctor Ariuntuya PUREVDAGVA, Doctor Anuzaya SUKHBAATAR, Doctor Bolormaa VANYA, Doctor Delgermaa BATSUREN, Mrs Bat-Erdene BAATAR, Mrs Unurjargal DASH, Ms Gantuya NYAMDORJ, Mrs Chuluuntsetseg SHARAV, Ms Odonchimeg TSEND, Mrs Baasankhuu BAT-OCHIR, Mr Shijir DASHDAVAA, Mr Narandash DOLGORJAV, Mr Batmanlai LUO, Doctor Dapeng BETTELS, Doctor Deborah Annette GURUNG, Doctor Anup Singh MAALSEN, Ms Anna Alexandra REHAN, Doctor Richard Oleko John ZHANG, Doctor Zaixing -, Mrs Deki JADAMBAA, Doctor Narantuya NIEVERA, Mrs Lucille Angela RASHID, Doctor Md. Abdur SALENGA, Mr Roderick Layug SALVA, Doctor Madeline Marucha Irene Solitario LEWIS, Mr Brian Hugh MEKONNEN, Doctor Dessie Ayalew WANGI, Doctor James Kiawali YAIPUPU, Mrs Jessie Mara NDREWEI, Ms Nola Eluh TAUKARAI, Ms Renagi Katiola Ugava GAMU, Mrs Keruma Gavera Evara, Ms Deborah FRANK, Mrs Ere Gorohu HAUNG, Mr Shaun Waim MAKITA, Mrs Angela Ninge TAPUN, Mrs Sylvia KENUA, Mr Richard POCHAPON, Ms Malilo Johana ERONI, Ms Sheryl LIRIPU, Mrs Mally Malinu MIRIA, Miss Jacqueline TOMOKITA, Ms Eva-Jane WABIBI, Ms Emmah ANISI, Ms Edea Igo MERA, Mr Talio NOU, Mr Charlie Sale RAWA, Mr Tony ULKA, Mr Tony RIVACA, Ms Joy ADENAGER, Mr Getinet MACHINGAIDZE, Ms Chiedza HIAWALYER, Dr Gilbert HAPALO, Mr Emmanuel RUAPE, Ms Leonie TABEL, Mr Andrew WANA, Ms Sandra THOMAS, Ms Josephine PALOU, Ms Theresa KITUR, Mr Urarang PARUNGA, Ms Apa NUGENT, Ms Tania CUENCO, Mr. David BIRHANU, Mr Beressa Ared TSEHAYE, Mr Tadele ATTIQUE, Dr Amer MERLIN, Mr Patrick SHAH, Mr Tauseef Ali ISMAIL, Mr Ahmed Abdi ASAAH, Mr Kofi Kassano KANYI, Ms Lamin NINSON, Ms Elizabeth Dasilva JAMMEH, Dr Abdou PEACOCK-SMITH, Ms Abby ABEYASINGHE, Doctor Rabindra Romauld CELLETTI, Doctor Francesca WANG, Doctor Xiaojun YADAV, Doctor Rajendra Prasad Hubraj BOOTSMA, Ms Sacha CHEN, Mrs Ying LOKU GALAPPATHTHY, Doctor Gawrie Nirdoshi SHRESTHA, Doctor Achyut HIATT, Mr Thomas Dale DOMINGUEZ, Doctor Maria Nerissa GO, Doctor John Juliard KITONG, Doctor Jacqueline MAGTIBAY, Mr Bonifacio MEDINA, Doctor Gerardo TONOLETE, Mr Juan Paolo Macabenta TRINIDAD, Doctor Florante VERGARA, Doctor Jasmine Garcia NOLASCO, Doctor Ivy Boyose ACABADO, Mrs Hazel Pallugna AGUILAR, Ms Riafia Rose SIAGA, Mrs Kristel Ann Dena De Castro BILAW, Ms Dolores Rayos DIZON, Ms Angel Marie Asis ESGUERRA, Ms Lee Anne Mappatao FRANCISCO, Ms Maribel GABITANAN, Ms Zendie Desipeda PONTE, Ms Vinna Andig SAN JUAN, Mrs Maria Carla Lopez SONEJA, Miss Hiyasmin Tiantes FAJARDO, Miss Neil-Ann Paltao MARQUEZ, Mrs Marlyn Domalaon SABUGO, Ms Chona Arimbay CAHILLO, Mr Charlie Pedrosa DOMINGO, Mr Joseph Dexter MERERIA, Mr Ronaldo DOMINGO, Dr Albert CAPISTRANO, Ms Rowena MARTINEZ, Mr Rammel DOROTEO, Mr Harold CAPEDING, Dr Juhani DAVID, Ms April Joy DOTINGCO, Mr Jeffrey BARCELONA, Ms Carmela BATAY-AN, Ms Ava Sharon BUTCON, Dr Jesson KATALBAS, Dr Eve Rizza GARCIA, Mr Dan SEKSIANTO, Mr Munsyi ORBINA, Mr Jun BORREMANS, Mr Philippe MARAMAG, Ms Regina HALILI, Ms Keisha Therese BUGHAW, Ms Kareen Kristeen TOYENG, Ms Catherin DIZON, Mr Joe Neil SELIBIO, Dr Ralph LAZARTE, Mr Eric SAMACO, Mr Kenneth CAAMPUED, Dr Michael BANTILLES, Dr Maria Daniela NAVAROSSA, Mr Richard SANTOS, Mr Rhauell John TARUC, Mr Alexander DUMAWAT, Ms Concepcion DE SILOS, Dr Jeriel CELESTE, Mr Jayson MARCELINO, Mr Mark CHUA, Mr Josè Eduardo BEHINO, Ms Cecil Margarette PEREYRA, Ms Anna Bianca ALPAY, Paola DE LEON, Bob Kenneth GABUT, Ms Maria Clerhizza ACOSTA, Ms Ma. Lyzel ALIPON, Dr SweetC AQUINO, Mr Tyrone LE, Ms Diep Bich VILLADOLID, Ms Julie GEPTE, Troy BAGHIROV, Doctor Rasul HANSELL, Ms Lepaitai Blanche HANSELL, Doctor Dyxon Leoung VIKI, Ms Kolisi Lomialagi Thelma EPA, Ms Josephine Maligi Faasalaina, Mrs Mary Savali SITITI, Mr Iasoni FAILAUGA-RIMONI, Ms Salu WILSON, Mr Lagifaatoga HUSEYNOVA, Doctor Sevil TANEVSKA, Mrs Sonja BURGGRAAF, Doctor Simon FRANDSEN, Ms Kirsten Ann TAN, Mrs Catherine A. ANII, Mrs Jill Jacquline WARAKA, Ms Emily SANGA, Mr Fredrick SUIOMEA, Mr Francis ESWARA, Dr Padmasiri Aratchige BISHOP, Dr Christine Joy MOHAMED Dr Magdi CAPUANO, Doctor Corinne Reisinger ALI, Doctor Akeem Adeniran HASSAN, Doctor Mohd Nasir MERIANOS, Doctor Angela SNOWDON, Doctor Wendy Dawn CASEY, Mr Sean Thomas GALICHET, Ms Benedicte Pascale THEOCHAROPOULOS, Mr Georgios YADAV, Doctor Subhash ACOSTA, Ms Rosa Mae AYNSLEY, Ms Tara Rose BATES, Mr Christopher Douglas HALL, Doctor Jennifer Mary KONTIO, Ms Katri Maria MOADSIRI, Doctor Ada WALLACE, Ms Shelley Renee YOON, Doctor Changgyo RAINIMA, Ms Merelesita Volivoli BIAUKULA, Doctor Viema Lewagalu MEO, Ms Maraia Nakarawa RAIKABAKABA, Mr Asaeli Babiau VANUALAILAI, Ms Nola VOLAVOLA, Mr Ratu Saula Golea BORG, Ms Pamela Lai Fong Chee KOROIVUKI, Ms Vasemaca Angela PRASAD, Mr Anish A’COSTA, Mrs Shireen EVANS, Mrs Lynette Irene IRAVA, Ms Matofili Jione PAU’U, Ms Sela Vikatorie VAKAOTIA, Ms Temalesi BIBI, Ms Jody Mereoni Ranadi DEO, Mrs Sila KAUKIMOCE, Mrs Sainimere Loabuka MARAVOU, Ms Amele Luisa SULIANO, Ms Ana Maria Sera TORO, Ms Carolyn Tokasa VAKASAVUWAQA, Miss Losalini Canadomo CHAND, Mr Adrian Bertrand Mukesh LEILOMA, Mrs Sovaia Cua RABAKEWA, Ms Seini Radininamara PARK, Doctor Ki Dong OTSU, Doctor Satoko TAKEUCHI, Doctor Momoe CHU, Doctor Annie CONDELL, Doctor Orla IIJIMA, Doctor Makiko MOYO, Ms Moreblessing NGUYEN, Ms Thi Kim Phuong DO, Doctor Thi Hong Hien NGUYEN, Doctor Van Thi Thuy TRAN CONG, Doctor Dai LAI, Doctor Duc Truong LE, Doctor Van Tuan NGA, Doctor Pham Thi Quynh NGUYEN TUAN, Doctor Lam NGUYEN, Mrs Thuc Anh PHUC, Ms Nguyen Thi TON, Mr Tuan Nghia VU, Doctor Quang Hieu NGUYEN, Mrs Thi Thanh Van NGUYEN, Mrs Thi Huong Giang NGUYEN, Mrs Thu Thuy CHINH, Mrs Tran Thi Tuyet DAM, Mrs Nhan Ai HOANG KIM, Mrs Ngan NGUYEN, Miss Minh Thu NGUYEN, Ms Thi Hong Van PHAM, Mrs Thi Hong Luy AN, Miss Viet Anh DINH, Mrs Thi Mai Phuong DO, Mrs Thi Thu Huong HO, Miss Hong Ngoc NGUYEN, Mrs Thi Phuong Thanh NGUYEN, Ms Thi Vinh PHAM, Mrs Lien Dai PHUNG, Mrs Thi Thu Phuong TA THI THU, Mrs Huong TRAN, Ms Thi Loan TRINH, Mrs Thi Hong Dung NGUYEN, Mr TIEN HUNG PHAM, Mr Van No PHAM, Mr Viet Dien PAPOWITZ, Dr Heather GILBERT, Dr Jeffrey YUEN, Ms Tracy LEUNG, Dr Czarina KNAGGS, Dr David OWADA, Dr Kei ONG, Dr Siew Kim NISHIURA, Prof Hiroshi KAMIGAKI, Dr Taro BUGGE, Mr Jon ADRIAENSENS, Mr Stefan SMITH, Ms Alisson LLOYD, Ms Cristyn Elisabeth VETTE, Ms Kaitlyn ROY, Ms Shima NGO, Ms Stephanie Anh HEIGHT, Ms Yvette DUNCAN, Mr Ben CHOJNACKI, Ms Astrid TAN, Ms Irene CO, Ms Kim Carmela DORE, Ms Leila LORKUANGMING, Ms Vanly LOTH, Dr Leopold BATMUNKH, Mr Uuganbayar BUYANBAATAR, Ms Dulmaragchaa GLYNN-ROBINSON, Dr Anna COUILLARD, Dr Cory PILLAI, Dr Veena NOVAKOVIC, Mr Djordje TANGGOL, Ms Faizza WHEELER, Ms Stephanie GAINA, Dr Alexandru DOTINGCO, Dr Jeffrey MEDINA, Dr Marie-Jo NORIZUKI, Dr Masataro GEPETE, Dr Troy KARAGIANNIS, Mr Ioannis DELÀ ROSA, Mr Janvic CAMPUED, Mr Michael HAW, Mr Nel Jason Ladiao BORREMANS, Mr Philippe, BANTAY-AN, Ms Ava VELDHUIJZEN, Ms Irene STARKULLA, Ms Judith SINGER, Ms Regina WHITE, Dr Paul HARRIS, Dr Victoria LEROY, Mr Mathias SHEEL, Dr Meru BENTE, Mr Dennis OTTOGALI, Mr Raphael SAAH, Mr Royden DEZAKI, Ms Kaori HAMMAD, Ms Karen Sheila CHAÎNE, Ms Manon BOOTHEY, Ms Shelaye THAKRAL, Ms Shelley KAZI, Dr Anis TRAN, Dr Bach JANTSANSENGEE, Dr Baigalmaa ESPARACIARI, Dr Frida Esther RANSE, Dr Jamie LATINOVIC, Dr Ljubica SIMBOTWE, Dr Manyando OTSUKA, Dr Miyako SAFDAR, Dr Nosheen TOBIN, Dr Sean NISHIKI, Dr Shingo ARASHIRO, Dr Takeshi HOSHI, Dr Tomonori HOANG, Dr Tran Vu ZHOU, Dr Weigong KUNIYOSHI, Mr Gary ALONZO, Mr Aristides LILEY, Mr Ben CHANDLER, Mr Drew VIET, Mr HOANG Nguyen LORENZO, Mr John Carlo EWING, Mr Jonathan GRIFFITH, Mr Matt CULME-SEYMOUR, Mr Michael RUIZ, Mr Pablo KINOSHITA, Mr Ryo FAIRLIE, Mr Shane YAMANAKA, Mr Takuya MORAN, Mr Thomas ZAATOUR, Mr Wassim MCPHEDRAN, Ms Alexandra PARRY, Ms Amy HOXHA, Ms Anna POSTOVOITOVA, Ms Anna ANZAI, Ms Asami Medina, Ms Carols Pava REDLICH, Ms Cassie HENDERSON, Ms Corey MARTINI, Ms Daniela GOODHAND, Ms Emma Sell ELSAYED, Ms Hend DELA CRUS, Ms Jeanne BRENT, Ms Joanna BASSEAL, Ms Jocelyne LEE, Ms Jun Kyung CABREROS, Ms Margareth WINKLER, Ms Melissa AKALA, Ms Oyetayo KHUT, Ms Qui Yi JAVIER, Ms Rafaella NORTH, Ms Rosemarie AYUB, Ms Shereen DENNIS, Ms Sophie VACCHER, Ms Stephanie ABBAS, Mr Johnny ARBIS, Mr Eugene ZIMMERMAN-ARNOLD, Ms Peta-Anne Patricia BANTILES, Maria Daniela BARRETTO, Mr Ian CHEONG, Stanley CHUA, Jose Eduardo CHUGH, Hitesh DEVANATH, Durgavasini SPARACIARI, Dr Frida Esther FITZGERALD, Patrick FOCKEMBERGHE, Karine FOGGLE, John Lindsey FRANKENNE, Dominique GOSSAGE, Mark Ronald JAIN, Nehal JENNINGS, Gregory John JOSEPHSON, Erik KEARNS, Therese KOBAYASHI, Ken-ichiro KOLBE, Anthony LEE, Jong Koo LENE, Menime Tanuvasa LIU, Zhaohui MAGUIRE, Julia MALO, Jonathan Andrew MCFARLAND, Sarah NOH, Yoomi OKORAFOR, Okore ONAGAN, Frances Claire SARKER, Rabiul Zahan TAKAHASHI, Hitoshi facebook.com/whowpro @whowpro 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