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Élimination de la rougeole

Organisation mondiale de la santé
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Texte intégral

WORLD HEALTH ORGANIZATION

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ

REGIONAL OFFICE FOR THE WESTERN PACIFIC BUREAU RÉGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL

COMITÉ RÉGIONAL Soixante-troisième session Hanoï (Viet Nam) 24-28 septembre 2012 Point 12 de l’ordre du jour provisoire

WPR/RC63/7 29 juin 2012 ORIGINAL : ANGLAIS

ÉLIMINATION DE LA ROUGEOLE

Le Comité régional du Pacifique occidental a réaffirmé son engagement en faveur de l'élimination de la rougeole et de l'intensification de la lutte contre la rubéole en adoptant en 2010 la résolution WPR/RC61.R7 sur les maladies à prévention vaccinale : élimination de la rougeole, lutte contre l'hépatite B et éradication de la poliomyélite. L'action engagée dans la Région pour éliminer la rougeole s'est traduite par un recul spectaculaire de l'incidence annualisée de la maladie qui est tombée à 4,8 cas par million d'habitants au 31 mai 2012, contre 11,6 cas en 2011, et 27 en 2010. Les données de surveillance laissent à penser que 31 États et Territoires ont probablement réussi à mettre un terme à la transmission endémique du virus rougeoleux. Il convient d’intensifier l'action engagée et les mesures de lutte pour éliminer cette transmission endémique au plus tôt dans les autres États et Territoires ; repérer et prendre en charge les populations et communautés à haut risque ; affiner la surveillance pour obtenir de meilleurs résultats ; prévenir les flambées de rougeole, s'y préparer et y riposter ; et dissocier les cas importés de la transmission endémique. Les États Membres sont instamment invités à constituer des comités nationaux de vérification et à transmettre, par leur intermédiaire, leurs premiers rapports sur la situation et l'état d'avancement concernant l'élimination de la rougeole. Tous les États et Territoires comptent introduire la vaccination rubéoleuse d'ici 2015, et plusieurs d'entre eux engageront des campagnes de lutte contre la rougeole et la rubéole pour différents groupes d'âges.

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Le Comité régional est invité à prendre note du présent rapport, et à maintenir son engagement à l'égard de l'élimination de la rougeole, de l'intensification de la lutte contre la rubéole et de la prévention du syndrome de rubéole congénitale.

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1. SITUATION

En 2003, le Comité régional du Pacifique occidental a adopté la résolution WPR/RC54.R3 qui faisait de l'élimination de la rougeole un objectif régional. Cette résolution a été suivie, en 2005, par l'adoption de la résolution WPR/RC56.R8 ciblant 2012 pour la réalisation de cet objectif. En 2010, le Comité régional a adopté la résolution WPR/RC61.R7 par laquelle il réaffirmait l'objectif d'éradication de la rougeole à l'horizon 2012, invitait le Directeur régional à mettre en place des mécanismes de vérification régionaux, et invitait les États Membres à établir dans la foulée un processus de vérification national indépendant. Par ailleurs, la résolution de 2010 appelait instamment les États Membres à intensifier la lutte contre la rubéole et la prévention du syndrome de rubéole congénitale. 1.1 Élimination de la rougeole, lutte contre la rubéole et prévention du syndrome de rubéole congénitale La Région du Pacifique occidental a enregistré de remarquables avancées depuis 2003 où elle s'est fixée comme objectif d’éliminer la rougeole. Au 31 mai 2012, seuls deux décès imputables à la maladie avaient été signalés, contre 240 en 2003, soit un recul de 99 %. Les États Membres ont déployé des efforts considérables pour parvenir à ce résultat. Sur la période 2010-2011, 94 millions d'enfants ont été vaccinés contre la rougeole dans le cadre de campagnes de vaccination systématique, tandis que 134 millions de personnes l'ont été à l’occasion d'activités de vaccination supplémentaires. L'incidence de la rougeole est tombée de 27 cas par million d'habitants en 2010, à 11,6 cas en 2011 et, au 31 mai 2012, elle s'établissait à seulement 4,8 cas par million d'habitants en taux annualisé (annexes 1-3). En 2010, la Chine a engagé à l'échelle nationale une campagne historique de vaccination supplémentaire qui a permis de vacciner 103 millions d'enfants et, en 2011, elle a intensifié les activités de vaccination dans quelque 400 comtés à haut risque, ce qui a contribué à réduire les cas de rougeole de 74 % en 2011 par rapport à l'année précédente, puis de 76 % durant le premier trimestre de 2012 par comparaison avec les résultats de la même période en 2011. Suite aux fortes flambées de rougeole survenues en 2007-2008, le Japon a lancé un plan novateur sur cinq ans pour éliminer la maladie qui a été couronné de succès et fait figure de modèle dans les pays développés, comme il a été signalé à la réunion mondiale de mars 2012 sur la prise en charge de la rougeole et de la rubéole. En 2011, les Philippines ont vacciné 16 millions d'enfants pendant une campagne nationale de vaccination supplémentaire contre la rougeole et la rubéole, et ont globalement réussi à maîtriser la

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transmission de la rougeole depuis lors. Au Viet Nam, 7 millions d'enfants ont bénéficié de la campagne nationale de vaccination supplémentaire antirougeoleuse de 2011. Pour combler les lacunes de la vaccination, le Cambodge a adopté des mesures stratégiques axées sur les populations négligées « à haut risque » avec deux campagnes de vaccination supplémentaire antirougeoleuse. La République démocratique populaire lao a organisé en novembre 2011 une campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole qui a permis de vacciner 97 % des jeunes de moins de 19 ans. La PapouasieNouvelle-Guinée organise tous les deux ans une campagne de vaccination multi-antigènes au profit des populations négligées. La Mongolie a mis en œuvre avec succès la stratégie « Couvrir l'ensemble des districts » pour assurer à tous une vaccination systématique. Au 31 mai 2012, aucun cas de rougeole confirmé en laboratoire n'avait été signalé en Mongolie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée depuis plus de deux ans, et depuis six mois au Cambodge et au Viet Nam. L'Australie, le Brunéi Darussalam, Hong Kong (Chine), Macao (Chine) et la République de Corée ont poursuivi leurs efforts pour garantir une forte couverture vaccinale systématique et n'ont enregistré qu'un faible taux de transmission de la rougeole, probablement due à des cas importés. Aucun cas de rougeole n'a été enregistré dans les 21 États et Territoires insulaires du Pacifique qui sont considérés comme un bloc épidémiologique du point de vue de la vérification de l'élimination de la maladie. Les données de surveillance épidémiologique et virologique disponibles au 31 mai 2012 portent à croire que la transmission endémique du virus rougeoleux a probablement été interrompue dans 31 États et Territoires de la Région. Nombre de ceux caractérisés naguère par une forte endémie signalent désormais un faible nombre de cas dont beaucoup sont peut-être importés ou rattachés à des importations. La moindre incidence des cas de rougeole et l'amélioration de la surveillance de la rougeole et de la rubéole ont conduit à se pencher plus attentivement sur les nombreux cas de rubéole signalés dans plusieurs États et Territoires de la Région. Au Cambodge comme au Viet Nam, de nombreux cas de syndrome de rubéole congénitale ont été dépistés en 2011 à la suite de la mise en place de dispositifs de surveillance sentinelle, et la vaccination antirubéolique est désormais systématique dans 31 États et Territoires. Elle sera introduite à titre systématique dans tous les autres pays entre 2012 et 2015, avec l'aide de l'Alliance GAVI ou d'autres donateurs, à la fois dans le cadre des campagnes et de manière routinière. 1.2 Vérification de l'élimination de la rougeole En janvier 2012, le Directeur régional a sélectionné 14 des candidats proposés par les États Membres pour siéger à la Commission régionale de vérification de l'élimination de la rougeole dans le Pacifique occidental. La Commission régionale s'est réunie pour la première fois en avril, à la

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suite de quoi s'est tenue une consultation de haut niveau sur l'élimination de la rougeole. Les membres de la Commission, les responsables des programmes nationaux de vaccination et de surveillance des maladies à prévention vaccinale, et les représentants des ministères de la santé se sont globalement mis d'accord sur les critères et les dispositifs de vérification, et ont examiné les plans d'action régionaux et nationaux pour l'élimination de la rougeole. Ils ont également recommandé la création de comités nationaux indépendants de vérification. Un projet de Directives pour la vérification de l'élimination de la rougeole dans la Région du Pacifique occidental, convenu durant la consultation, est joint en annexe pour information (annexe 4). La Commission régionale a pour tâche principale de s'assurer des progrès enregistrés et de l'élimination effective et durable de la rougeole dans les États et Territoires et dans l'ensemble de la Région. Les comités nationaux de vérification apporteront leur conseil et leur assistance technique pour évaluer et documenter l'évolution de la situation nationale ou infranationale au regard de l'élimination de la rougeole. Les États et les Territoires présenteront des rapports annuels à la Commission régionale, par l'entremise de leur comité national. Comme pour la certification de l'éradication de la poliomyélite, les États et Territoires insulaires du Pacifique seront considérés comme un seul et même bloc épidémiologique représenté par un comité sous-régional de vérification. La vérification de l'élimination de la rougeole comporte deux critères fondamentaux : 1) aucun cas endémique de rougeole enregistré pendant trois ans au plan national et, au final, dans la Région, dans un contexte caractérisé par une surveillance de qualité ; et 2) une analyse génotypique attestant l'interruption de la transmission endémique du virus rougeoleux. Les directives précitées prévoient que la documentation des progrès et de l'élimination effective et durable de la rougeole sera classée en fonction de quatre composantes : 1) incidence, et évolution des caractéristiques épidémiologiques et virologiques ; 2) résultats de la surveillance épidémiologique et de l'action des laboratoires ; 3) degré d'immunité de la population ; et 4) pérennité de l'éradication. La Commission régionale procèdera à la vérification d’après les indicateurs définis pour chacune des quatre composantes. D'autres éléments de preuve pourraient être pris en considération à cet effet pour les États et Territoires qui ne seraient pas en mesure de fournir les données nécessaires au calcul des indicateurs. Dans les pays fortement peuplés, tels que la Chine, le comité national s'assurera de l'élimination de la rougeole par province. L'absence de transmission endémique du virus rougeoleux devant être établie sur une période de trois ans, les États et Territoires signalant une interruption de la transmission en 2012 ne seront pas soumis à vérification avant 2015. Le projet de directives pour la vérification a été de nouveau soumis aux représentants des ministères de la santé à la vingt et unième réunion du groupe technique consultatif sur la vaccination

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et les maladies à prévention vaccinale, tenue en août 2012, pour recueillir les observations finales des gouvernements, des experts techniques et des partenaires.

2. ENJEUX

2.1

Pays où la transmission du virus rougeoleux perdure Au 31 mai 2012, le virus rougeoleux faisait toujours l’objet d’une transmission endémique en

Chine, en Malaisie et aux Philippines, bien qu'à divers degrés d'intensité. La Chine a signalé 1309 cas confirmés de rougeole, soit 48 % des cas enregistrés dans la Région. En Malaisie, l'incidence de la maladie est passée de 54,4 cas par million d'habitants en 2011 à 77,1 cas par million d'habitants en 2012, en taux annualisé. Aux Philippines, le virus rougeoleux était encore en circulation dans quelques provinces, avec une incidence annualisée de 13,6 cas par million d'habitants en 2012. Chacun de ces pays formule des plans visant à intensifier l'action menée en 2012 et au-delà afin de mettre un terme définitif à la transmission endémique du virus aussi rapidement que possible. La forte incidence constatée en Nouvelle-Zélande et à Singapour en 2011 (avec respectivement 135,7 et 27,6 cas de rougeole par million d'habitants) témoigne de lacunes dans la couverture vaccinale de certains groupes de population, une situation qu'il convient de corriger. 2.2 Lacunes de la couverture vaccinale et flambées de rougeole Le virus rougeoleux, qui compte parmi les plus contagieux, s'attaque toujours aux populations non vaccinées et aux communautés vulnérables. Dans les zones à haut risque – où les populations sont généralement isolées, pauvres ou marginalisées au plan social ou culturel – ces défaillances de la couverture vaccinale comportent le risque d'une résurgence de la transmission du virus ou de la survenue de flambées de rougeole du fait de la circulation endémique persistante du virus ou de l'importation de cas. Toutes les zones concernées doivent donc mettre en œuvre des stratégies efficaces de vaccination permettant de repérer et de vacciner les populations négligées dans les zones rurales autant qu'urbaines. Tous les États et Territoires doivent être correctement préparés à riposter à d'éventuelles flambées de la maladie, en dépit des difficultés que cela peut poser dans certaines zones par manque de moyens techniques, financiers ou humains.

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2.3

Importations Des cas isolés et des flambées de rougeole surviennent encore dans plusieurs pays en raison de

l'importation du virus depuis d'autres pays du Pacifique occidental ou d'autres Régions de l'OMS. Selon des rapports présentés par l'Australie, le Japon et Singapour en 2011, sur les 111 cas pour lesquels le pays d'origine était mentionné, 52 cas (46,8 %) provenaient d'Asie du Sud-Est, 41 (36,9 %) du Pacifique occidental, 17 (15,3 %) d'Europe et un (0,9 %) d'Afrique. Sur les 41 cas importés depuis la Région du Pacifique occidental, 18 cas (43,9 %) avaient leur source aux Philippines, huit (19,5 %) en Nouvelle-Zélande, cinq (12,2 %) à Singapour, quatre (9,8 %) en Malaisie, deux (4,9 %) au Cambodge, et deux autres au Viet Nam, et un (2,4 %) en Australie et en Chine. Les cas importés du Pacifique occidental et de l'Asie du Sud-Est – et les coûts qu'ils occasionnent – devraient diminuer à mesure que ces Régions marquent de nouveaux progrès dans la prévention de la transmission du virus rougeoleux. 2.4 Surveillance appuyée par le réseau de laboratoires accrédités de l'OMS Bien que les résultats de la surveillance dans la Région continuent de s'améliorer, ceux des pays, pris individuellement, présentent des variations considérables. Il y a notamment lieu de s'inquiéter du fait qu'en 2011, seulement 52 % des unités provinciales ont signalé au moins un cas écarté comme n'étant pas un cas de rougeole pour 100 000 habitants, ce qui constitue un indicateur de l'uniformité de la sensibilité de la surveillance au niveau infranational. On peut probablement en conclure que la surveillance de la rougeole n'est pas assez sensible dans de nombreux endroits. Par ailleurs, la plupart des pays n’indiquent pas la source d'infection – cas importé, lié à une importation ou endémique – en dépit de l’importance de ces renseignements pour déterminer si la transmission endémique a été interrompue.

3. MESURES PROPOSÉES

Le Comité régional est invité à prendre note du présent rapport et à envisager l'adoption d'un projet de résolution réaffirmant son engagement en faveur de l'élimination de la rougeole et de l'intensification de la lutte contre la rubéole.

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WPR/RC63/7 page 19 ANNEXE 4

Projet de Directives pour la vérification de l'élimination de la rougeole dans la Région du Pacifique occidental

Bureau régional de l'OMS pour le Pacifique occidental Manille (Philippines)

avril 2012

WPR/RC63/7 page 20 Annexe 4

WPR/RC63/7 page 21 Annexe 4

Résumé analytique ...................................................................................................................22 Définitions................................................................................................................................24 1. Le point sur l'élimination de la rougeole dans la Région du Pacifique occidental .............26 1.1 Introduction.................................................................................................................26 1.2 Stratégies.....................................................................................................................26 1.3 Avancées de l'action menée en vue de l'élimination de la rougeole ...........................26 2. Principes fondamentaux de la vérification de l'élimination de la rougeole ........................28 3. Critères, éléments et indicateurs types de vérification........................................................29 3.1 Critères de vérification................................................................................................29 3.2 Éléments de vérification et indicateurs connexes .......................................................30 3.3 Résultats de la surveillance épidémiologique et de l'action des laboratoires .............32 3.4 Immunité collective élevée .........................................................................................34 3.5 Pérennité de l'élimination de la rougeole au regard de la viabilité des programmes nationaux de vaccination....................................................................................................36 4. Structure des organes de vérification..................................................................................37 4.1 Structure de la Commission régionale et des comités nationaux de vérification .......37 4.2 Composition de la CRV et des CNV et désignation de leurs membres.......................37 4.3 Services de secrétariat à la CRV et aux CNV.............................................................38 5. Mécanisme de vérification..................................................................................................39 5.1 Fonctions et mandat des membres de la CRV ............................................................39 5.2 Fonctions et mandat des membres des CNV ..............................................................41 5.3 Fonction de plaidoyer de la CRV et des CNV...........................................................42 6. Dispositions relatives à la période post-vérification...........................................................42 Récapitulatif des critères, des éléments et des indicateurs de vérification de l'élimination de la rougeole .................................................................................................43

WPR/RC63/7 page 22 Annexe 4

Résumé analytique La Région du Pacifique occidental a enregistré de remarquables avancées depuis 2003 où elle s'était fixée comme objectif d'éliminer la rougeole. Les efforts concertés engagés dans l'ensemble de la Région se sont traduits par un recul de l'incidence de la rougeole qui était tombée à moins de 11,6 cas par million d'habitants en 2011, et à 4,3 cas par million d'habitants, en taux annualisé, au premier trimestre de 2012. Quelque 32 États et Territoires de la Région ont probablement éliminé la rougeole, et 26 d'entre eux sont probablement prêts pour la procédure de vérification. À sa réunion de 2010, le Comité régional de l'OMS pour le Pacifique occidental a réitéré l'objectif d'élimination de la rougeole à l'horizon 2012, demandé au Directeur régional de mettre en place un mécanisme régional de vérification, et invité les États Membres à établir dans la foulée des processus nationaux indépendants de vérification. La mise en place de critères et d’un processus de vérification permettra d'attester l'élimination effective de la rougeole dans les États et Territoires concernés, tout en fournissant des orientations à ceux qui n'ont pas encore atteint cet objectif. Les présentes Directives sont fondées sur des consultations avec d'autres Régions de l'OMS qui ont partagé leurs expériences ; sur une consultation avec les États Membres concernant la vérification de l'élimination de la rougeole dans la Région du Pacifique occidental, tenue à Manille (Philippines) en juin 2010 ; et sur une consultation entre les membres de la Commission régionale de vérification et les États Membres, organisée en avril 2012. Les Directives présentent des définitions de l'élimination de la rougeole et d'autres concepts essentiels, et énoncent un ensemble de principes fondamentaux. Ces principes sont notamment l'indépendance du processus de vérification conduit par la Commission régionale de vérification (CRV) et les comités nationaux de vérification (CNV), la Commission régionale ayant toute discrétion pour accepter des éléments d’information différents des preuves et indicateurs recommandés comme attestant l'élimination de la rougeole, dans le cas des pays qui ne sont pas en mesure d'apporter les données nécessaires à l'évaluation des indicateurs types. Le régime de vérification présenté ci-après se décline en deux critères et quatre éléments de vérification. Les deux critères sont l'absence de transmission endémique du virus rougeoleux sur une période de trois ans, dans un contexte caractérisé par une surveillance de qualité, pour ce qui est de l'élimination nationale et régionale, et l'absence de génotype(s) endémique(s). Les quatre éléments de vérification sont l'incidence de la maladie et l'évolution des caractéristiques épidémiologiques et virologiques ; les résultats de la surveillance épidémiologique et de l'action des laboratoires ; le degré d'immunité de groupe ; et, la viabilité de l'élimination dans un contexte caractérisé par des programmes nationaux pérennes de vaccination. Des indicateurs spécifiques sont suggérés pour chaque élément de vérification.

WPR/RC63/7 page 23 Annexe 4 La structure et la composition de la Commission régionale et des comités nationaux de vérification sont explicitées, de même que les dispositifs types de vérification découlant des fonctions et du mandat de ces entités. Citons notamment les fonctions normatives et consultatives, les responsabilités en matière de vérification et, pour ce qui est du président, les fonctions de gestion. Le mandat de la Commission régionale et des comités nationaux prévoit en outre une fonction de plaidoyer. Enfin, les exigences posées pour la période consécutive à la vérification sont également décrites. Elles visent principalement à maintenir un taux élevé d'immunité collective, à engager une surveillance épidémiologique et virologique à la hauteur des normes de vérification, et à adopter des plans de préparation pour la riposte à d'éventuelles flambées de la maladie. Les comités nationaux veilleront à présenter des rapports annuels à la Commission régionale pour permettre à cette dernière de s'assurer des avancées enregistrées en vue de l'élimination de la rougeole.

WPR/RC63/7 page 24 Annexe 4

Définitions1 1. Éradication de la rougeole2 : interruption de la transmission de la rougeole dans le monde, dans un contexte caractérisé par un système de surveillance à l'efficacité dûment vérifiée. 2. Élimination de la rougeole : absence de transmission endémique de la rougeole, dans une zone géographique donnée (par exemple une région) pour une période de ≥12 mois, dans un contexte caractérisé par un système de surveillance efficace. 3. Transmission endémique de la rougeole : persistance de la transmission continue d’un virus indigène ou importé pendant une période de ≥12 mois, dans une zone géographique donnée. 4. Rétablissement de la transmission endémique : ce rétablissement est attesté par des preuves épidémiologiques et de laboratoire indiquant la présence d'une chaîne de transmission d'une souche virale3 qui perdure sans interruption pendant une période de ≥12 mois dans une zone géographique donnée d’où la rougeole avait précédemment été éliminée. 5. Flambée épidémique dans des pays ayant pour objectif d'éliminer la rougeole4 : lorsque ≥2 cas confirmés sont liés dans le temps (l'éruption cutanée se produisant à un intervalle variant entre 7 et 21 jours), et qu'ils sont liés sur le plan épidémiologique ou virologique, ou les deux. 6. Cas clinique de rougeole : tout cas présentant de la fièvre et une éruption cutanée maculopapulaire (c'est-à-dire non vésiculaire) et l'un des symptômes suivants : toux, rhinite (écoulement nasal) ou conjonctivite (rougeur des yeux). 7. Cas de rougeole confirmé en laboratoire : cas répondant à la définition clinique de la rougeole et confirmé par un laboratoire.5 8. Cas de rougeole confirmé lié sur le plan épidémiologique : cas clinique de rougeole qui n'a pas été confirmé par un laboratoire, mais qui est lié sur le plan géographique et temporel (une éruption cutanée s'étant produite à un intervalle variant entre 7 et 21 jours) à un cas confirmé

1 Organisation mondiale de la Santé. Monitoring progress towards measles elimination, Relevé épidémiologique hebdomadaire 2010 ; 85:490–4. 2 Une proposition visant à utiliser le terme « éradication » au niveau régional et national a été présentée par les participants au Forum Ernst Strüngmann sur l'éradication des maladies dans le contexte de la santé mondiale au XXIe siècle, qui s'est tenu à Francfort (Allemagne), en août 2010. 3 Une souche virale comporte des virus possédant N séquences géniques (450) qui sont au moins à 99,7 % identiques (à un nucléotide près). 4 Cette définition peut varier d'un pays à l'autre. 5 Manual for the laboratory diagnosis of measles and rubella virus infection, 2e éd. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2007 (WHO/IVB/07.01). (Également disponible à l'adresse : http://whqlibdoc.who.int/hq/2007/WHO_IVB_07.01_eng.pdf.)

WPR/RC63/7 page 25 Annexe 4 en laboratoire, ou (en situation épidémique) à un autre cas de rougeole confirmé au plan épidémiologique. 9. Cas de rougeole cliniquement compatible : cas répondant à la définition clinique de la rougeole, mais pour lequel aucun échantillon sanguin adéquat n'a été prélevé, et qui n'est pas lié sur le plan épidémiologique à un autre cas positif pour les immunoglobulines M (IgM) antirougeoleuses ou à une autre maladie transmissible confirmée en laboratoire. 10. Cas de rougeole écarté : cas répondant à la définition d'un cas clinique de rougeole, qui a fait l'objet d'une enquête et a été écarté comme n'étant pas un cas de rougeole sur la base : a) d'analyses pratiquées par un laboratoire qualifié6 ou ; b) d'un lien épidémiologique avec une flambée épidémique dont il a été confirmé par un laboratoire qu'il ne s'agissait pas de la rougeole. 11. Cas de rougeole associé à une vaccination : cas présumé qui répond aux cinq critères suivants : a) patient présentant une éruption cutanée, avec ou sans fièvre, mais n'ayant pas de toux ou autres symptômes respiratoires liés à l'éruption ; b) l'éruption cutanée a commencé 7 à 14 jours après une vaccination avec un vaccin renfermant le vaccin antirougeoleux ; c) un échantillon de sang, positif pour les immunoglobulines M (IgM) antirougeoleuses, a été prélevé 8 à 56 jours après la vaccination ; d) une enquête approfondie sur le terrain n'a pas permis d'identifier de cas secondaires ; et e) les enquêtes sur le terrain et en laboratoire n'ont pas mis en évidence d'autres causes. 12. Cas de rougeole endémique : cas de rougeole confirmé par des analyses de laboratoire ou sur la base d'un lien épidémiologique qui est dû à la transmission endémique du virus de la rougeole. 13. Cas importé de rougeole : cas survenant chez une personne dont les données virologiques ou épidémiologiques, ou les deux, confirment que l'exposition a eu lieu à l'extérieur de la Région ou du pays, au cours de la période de 7 à 21 jours précédant l'apparition de l'éruption cutanée. 14. Cas de rougeole lié à des importations : infection contractée localement, survenue dans le cadre d'une chaîne de transmission ayant pour origine un cas importé, comme le confirment les données épidémiologiques ou virologiques, ou les deux. (Note : si la transmission de cas de rougeole liés à des importations dure ≥12 mois, ces cas ne sont plus considérés comme liés à des importations, mais comme endémiques.)

Un laboratoire qualifié est un laboratoire intégré à un réseau OMS, qui procède à des analyses validées, a satisfait au test annuel OMS de contrôle de la bonne exécution, ou se conforme aux normes nationales et participe de façon satisfaisante à un programme externe d’assurance qualité agréé.

6

WPR/RC63/7 page 26 Annexe 4

1. Le point sur l'élimination de la rougeole dans la Région du Pacifique occidental 1.1 Introduction En 2003, le Comité régional de l'OMS pour le Pacifique occidental a résolu d'éliminer la rougeole et de lutter contre l'hépatite B, et de profiter des activités engagées à cette fin pour faire progresser la vaccination systématique (WPR/RC54.R3). En 2005, le Comité régional a ciblé 2012 pour la réalisation de l'objectif d'élimination de la rougeole (WPR/RC56.R8). En 2010, il a réaffirmé l'objectif fixé pour 2012, a demandé au Directeur régional de mettre en place des mécanismes de vérification régionaux, et a invité les États Membres à établir dans la foulée un processus national indépendant de vérification de l'élimination de la rougeole. La mise en place de critères et d’un processus de vérification permettra d'attester l'élimination effective de la rougeole dans les États et Territoires concernés, tout en fournissant des orientations à ceux qui n'ont pas encore atteint cet objectif.

1.2 Stratégies Les mesures stratégiques clés en vue de l'élimination de la rougeole sont : 1) une couverture vaccinale élevée (≥95 %) reposant sur l'administration d'une double dose du vaccin contenant le virus de la rougeole, administrée dans le cadre de la vaccination systématique ou d'activités de vaccination supplémentaires (AVS) ; 2) l'introduction et le maintien d'une surveillance sensible et régulière basée sur l'identification des cas ; et 3) la constitution d'un réseau de laboratoires accrédités pour le dépistage de la rougeole, à même de confirmer ou d'écarter les cas suspects, et de déceler le virus de la rougeole en vue des analyses génotypiques et moléculaires, et l'accès permanent à ce réseau.

1.3 Avancées de l'action menée en vue de l'élimination de la rougeole La Région du Pacifique occidental a enregistré des progrès notables depuis 2003 où elle s'était fixée comme objectif d'éliminer la rougeole. Les efforts concertés engagés dans l'ensemble de la Région se sont traduits par un recul de l'incidence de la rougeole qui était tombée à 11,6 cas par million d'habitants en 2011, et à 4,3 cas par million d'habitants, en taux annualisé, au premier trimestre de 2012. Les données de surveillance épidémiologique et virologique portent à croire que la transmission endémique du virus rougeoleux a probablement été interrompue dans 31 États et Territoires de la Région. La plupart de ceux caractérisés naguère par une forte endémie n’avaient signalé que très peu de cas à la fin d'avril 2012, dont beaucoup pouvaient être des cas importés ou liés à des importations (Figure 1).

WPR/RC63/7 page 27 Annexe 4

Figure 1. Cas de rougeole confirmés, par mois d'apparition des symptômes et par pays. Région du Pacifique occidental, 2007-2012

35 000

AVS des pays 30 000

Japon AVS continues de 2008 à 2012

Cambodge fév-mars 2011

Cambodge oct 2011

Cambodge mars-mai 2007

RDP lao nov 2007

Papouasie-NouvelleGuinée juin 2008-juin 2009

Papouasie-NouvelleGuinée juin 2010-juin 2011

RDP lao nov-déc 2011

25 000

Philippines oct-nov 2007

Chine sept 2010

Viet Nam sept-nov 2010

Philippines avril-mai 2011

N o m b re d e c a s

20 000

15 000

10 000

5000 5000 5 000

0 ja n v . fé v r . m a rs a v ril m ai ju in ju il. août se p t. o c t. nov. déc. ja n v . fé v r . m a rs a v ril m ai ju in ju il. août se p t. o c t. nov. déc. ja n v . fé v r . m a rs a v ril m ai ju in ju il. août se p t. o c t. nov. déc. ja n v . fé v r . m a rs a v ril m ai ju in ju il. août se p t. o c t. nov. déc. ja n v . fé v r . m a rs a v ril m ai ju in ju il. août se p t. o c t. nov. déc. ja n v . fé v r . m a rs 2007 2008 2009 2010 2011 2012

Chine

Japon

Philippines

Viet Nam

Autres

AVS = Activités de vaccination supplémentaires Source : Rapports mensuels de surveillance de la rougeole et de la rubéole, avril 2012

Depuis 2003, la couverture vaccinale fournie par la première dose de vaccin renfermant le vaccin antirougeoleux (MCV1) affiche une tendance à la hausse dans la Région, et elle s'établissait à 96,5 % en 2010. Au total, 32 États et Territoires ont introduit l'administration systématique d'une deuxième dose de vaccin (MCV2), avec une couverture déclarée de 91 %. Des activités de vaccination supplémentaires (AVS) ont été mises en œuvre au profit d'enfants de tous âges pour garantir une couverture uniformément élevée de vaccination antirougeoleuse. Plus de 300 millions d'enfants ont été vaccinés durant les AVS à grande échelle organisées de 2003 à 2011. Tous les États et Territoires de la Région du Pacifique occidental ont engagé une surveillance de la rougeole fondée sur l’identification et la confirmation des cas en laboratoire. Des efforts intensifs visant à améliorer la surveillance basée sur l’identification des cas ont été menés dans la Région à compter de 2007. Entre 2007 et 2011, le taux de présentation des rapports mensuels au Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental a régulièrement augmenté, passant de 51 % à 95 %, tandis que le respect des délais de présentation a grimpé de 19 % à 89 %. Chez les 32 États et Territoires qui ont signalé des cas suspects de rougeole au Bureau régional, 2,8 cas présumés pour 100 000 habitants ont été écartés comme n’étant pas des cas de rougeole (objectif ≥2,0), et des échantillons sanguins adéquats avaient été prélevés sur 74 % des cas présumés (objectif ≥80 %), ce

WPR/RC63/7 page 28 Annexe 4 qui permet de penser qu’au niveau régional, la surveillance est suffisamment sensible pour identifier et classer correctement les cas de rougeole présumés. Les pays n’ont cependant pas tous atteint les objectifs définis au titre des indicateurs de surveillance. Sur les 14 États et Territoires qui ont présenté suffisamment de données en vue du calcul des indicateurs (les 21 États et Territoires insulaires du Pacifique étant considérés comme un seul et même bloc épidémiologique), neuf seulement (64 %) ont atteint le taux visé de cas de rougeole écartés, et neuf (64 %) l’objectif ciblé de prélèvement d’échantillons adéquats. Le réseau des laboratoires de dépistage de la rougeole et de la rubéole de la Région du Pacifique occidental (LabNet) compte aujourd'hui 383 laboratoires, dont un laboratoire mondial spécialisé de l'OMS ; trois laboratoires de référence régionaux de l'OMS, en Australie, en Chine et à Hong Kong (Chine) ; 17 laboratoires nationaux pleinement équipés pour le dépistage de la rougeole et de la rubéole, dont le laboratoire mondial et les laboratoires régionaux précités ; et, en Chine, 31 laboratoires provinciaux et 331 autres laboratoires de niveau préfectoral. En 2011, le réseau LabNet a analysé des échantillons se rapportant à 23 557 cas présumés de rougeole et de rubéole.

2. Principes fondamentaux de la vérification de l'élimination de la rougeole 2.1 L'élimination de la rougeole doit être vérifiée de manière indépendante et individuelle pour les différents États et Territoires et, au final, pour la Région, au moyen de procédures et de critères types ; 2.2 Les États et Territoires insulaires du Pacifique, qui comptent une population totale de 3,1 millions d'habitants, seront considérés comme un seul bloc épidémiologique aux fins de la vérification, comme pour la certification de l'éradication de la poliomyélite dans la sous-région du Pacifique ; 2.3 La Commission régionale de vérification (CRV) déterminera si les différents pays, la sousrégion du Pacifique et la Région dans son ensemble ont éliminé la transmission endémique du virus rougeoleux ; 2.4 Des comités nationaux de vérification (CNV) seront constitués afin de recueillir les preuves attestant l’élimination de la rougeole dans le pays, et de soumettre chaque année la documentation correspondante à la CRV pour l’informer des avancées marquées vers l’élimination de la maladie. Des secrétariats nationaux peuvent également être établis pour aider les comités nationaux à collecter les données et à préparer la documentation ;

WPR/RC63/7 page 29 Annexe 4 2.5 Dans les grands pays comme la Chine, les CNV peuvent en outre s’assurer de l’élimination de la rougeole dans chaque unité administrative de deuxième niveau, au moyen des mêmes critères et processus généraux que ceux applicables au niveau national ; 2.6 L’élimination nationale et régionale suppose une absence de transmission endémique de cas de rougeole pendant une période d'au moins 36 mois, ce qui permet de s'assurer qu'il n'y a pas eu de rétablissement de la transmission endémique ; 2.7 La documentation satisfera à deux critères essentiels, et sera étayée par des indicateurs relatifs aux quatre éléments de vérification ; 2.8 La CRV a toute latitude pour solliciter des informations complémentaires ou les autres éléments de preuve qu'elle juge nécessaires pour statuer définitivement sur l’élimination de la maladie. Lorsqu’un pays n’est pas en mesure de fournir les données nécessaires au calcul des indicateurs d'un ou plusieurs éléments de vérification, la CRV peut décider qu’il est parvenu à éliminer la rougeole si elle est convaincue que les éléments en sa possession suffisent à statuer en ce sens ; 2.9 Le processus de vérification peut amener les membres de la CRV ou des CNV à entreprendre des évaluations sur le terrain s'il y a lieu de réunir des informations complémentaires ou de valider la documentation fournie.

3. Critères, éléments et indicateurs types de vérification Comme il a été dit ci-dessus, la vérification de l'élimination de la rougeole repose sur deux critères, appuyés par les indicateurs relatifs à quatre éléments de vérification. Les critères, éléments et indicateurs de vérification sont décrits dans cette section.

3.1 Critères de vérification 3.1.1 Aucune infection endémique par le virus rougeoleux enregistrée pendant une période de trois ans dans le pays et dans la Région, dans un contexte caractérisé par une surveillance de qualité ; 3.1.2 Analyse génotypique attestant l'interruption de la transmission endémique du virus rougeoleux.

WPR/RC63/7 page 30 Annexe 4

3.2 Éléments de vérification et indicateurs connexes 3.2.1 Évolution de l'incidence et des caractéristiques épidémiologiques et virologiques. L'État ou le Territoire devrait être en mesure de décrire, dans le temps et au sein de ses frontières, l'incidence et l'épidémiologie de la rougeole, leur aboutissement logique étant l'absence de transmission endémique du virus rougeoleux. Dans l'idéal, la période considérée devrait débuter l'année précédant l'introduction de la vaccination antirougeoleuse, pour s'achever à l'année durant laquelle la vérification de l'élimination de la maladie est envisagée. Un accent particulier devra être mis sur les cinq dernières années. Incidence Afin de décrire l'incidence de la rougeole, les cas confirmés doivent être classés par origine de l'infection et par méthode de confirmation. L'infection peut être d'origine endémique, importée, liée à des importations ou inconnue. La méthode de confirmation peut être fondée sur des analyses de laboratoire, des liens épidémiologiques ou des critères cliniques (voir le Tableau 1). Ces termes sont définis au début du présent projet de Directives pour la vérification de l'élimination de la rougeole dans la Région du Pacifique occidental. Tableau 1. Origine et méthode de confirmation des cas de rougeole* Méthodes de confirmation → Origine de l'infection ↓ Endémique Inconnue Importée Liée à des importations CONFIRMÉ Laboratoire A C E G Lien épidémiologique B D F H Cliniquement compatible I J K L

Tous les cas de rougeole confirmés ou cliniquement compatibles entrent dans l'une des cellules du Tableau 1. Lorsque la surveillance de la maladie est bien réalisée – c'est-à-dire lorsque les enquêtes nécessaires, avec localisation des contacts, sont automatiquement effectuées, et que des échantillons adéquats sont systématiquement prélevés – le nombre de cas cliniquement compatibles déclaré aux cellules I, J, K et L, colorées en marron, devrait être faible. L'élimination de la rougeole sera finalement confirmée par l'absence de notification de cas endémiques aux cellules A et B, colorées en rouge. Comme les cas d'origine inconnue peuvent résulter d'une transmission endémique, les cas déclarés aux cellules C et D, colorées en jaune, peuvent eux aussi être considérés comme d'éventuels cas de transmission endémique. Des cas importés et liés à des importations continueront probablement

WPR/RC63/7 page 31 Annexe 4 de survenir à des degrés divers après l’interruption de la transmission endémique du virus rougeoleux, en fonction des schémas de migration (entrées et sorties aux frontières). En conséquence, les cellules E, F, G et H, correspondant à ces origines et colorées en vert, contiendront sans doute un nombre variable de cas. Un nombre élevé de cas confirmés d'origine inconnue (indiqué aux cellules C et D) laisse planer le doute sur la qualité de la surveillance et l'aptitude d'un pays à déterminer avec certitude l'absence de transmission endémique du virus rougeoleux. Indicateur : Proportion de cas confirmés et cliniquement compatibles dont l'origine de l'infection est connue (objectif : ≥80 %). Caractéristiques épidémiologiques et virologiques Les descriptions épidémiologiques des cas de rougeole, en termes de date et d'heure, de lieu et de caractéristiques des malades, sont des indicateurs importants pour l'élimination de la maladie. La mise en évidence de l'évolution des caractéristiques spatiales et personnelles des cas (par exemple, la répartition par âge, le statut vaccinal) au fil du temps peut suggérer l’élimination effective de la maladie. Les caractéristiques génotypiques et génétiques sont elles aussi importantes pour vérifier l'absence de transmission endémique du virus rougeoleux. Les génotypes dont le caractère endémique était établi dans la Région du Pacifique occidental en 2011 étaient au minimum D9 (Cambodge, Malaisie et Philippines) et H1 (Chine, République démocratique populaire lao et Viet Nam). Toutefois, d'autres génotypes, notamment D4 et D8, sont fréquemment importées depuis la Région Europe et la Région Asie du Sud-Est, respectivement. La surveillance virologique et le séquençage génétique, tout comme les enquêtes épidémiologiques bien menées, contribuent utilement à distinguer les cas endémiques des cas importés et liés à des importations, et à déterminer si et quand la transmission endémique aurait pu être rétablie. Les courbes épidémiques des cas confirmés (quelle qu'en soit l'origine) sont un moyen simple qui illustre l'évolution de l'incidence de la rougeole. Les caractéristiques des courbes épidémiques attestant habituellement une évolution favorable vers l'élimination de la maladie sont notamment l'augmentation des intervalles entre les grappes épidémiologiques et les flambées épidémiques, la baisse du nombre de cas dans ces grappes et flambées épidémiques, la hausse du pourcentage de cas sporadiques et la disparition de la saisonnalité. Lorsque de nombreux cas cliniquement confirmés sont signalés, l'empilement des barres par méthode de confirmation donne souvent de bons résultats.

WPR/RC63/7 page 32 Annexe 4 Des cartes de répartition des cas peuvent être établies, en distinguant les cas indicateurs des cas de deuxième, troisième génération et plus, et en précisant l'origine de l'infection. Le recul régulier de la propagation géographique du virus rougeoleux sur des intervalles temporels consécutifs peut contribuer à confirmer les progrès vers l'élimination de la rougeole. Les tableaux et les graphiques à barres, illustrant la répartition par âge et le statut vaccinal des cas dans le temps, sont aussi de bonnes indications des progrès vers l'élimination de la maladie. À mesure que les États et Territoires se rapprochent de cet objectif, la proportion de cas enregistrés aux extrêmes de la fourchette des âges (nourrissons et adultes) augmentera probablement, de même que la proportion de cas précédemment vaccinés (auquel une dose unique de vaccin antirougeoleux aura généralement été administrée). Indicateur : Étendue de la gamme et du nombre d'années des analyses épidémiologiques et virologiques attestant l'élimination du virus rougeoleux endémique.

3.3 Résultats de la surveillance épidémiologique et de l'action des laboratoires Afin d’atteindre l'objectif d'élimination de la rougeole, la surveillance doit être suffisamment sensible pour détecter tout cas présumé de rougeole, et disposer de moyens adéquats pour enquêter efficacement sur les cas et réaliser les analyses de laboratoire en temps utile. La qualité de la surveillance épidémiologique et des analyses de laboratoire détermine la crédibilité de l'élimination de la maladie. Les indicateurs types de la qualité de la surveillance sont notamment : 1) au niveau national et infranational, un taux de déclaration d'au moins deux cas écartés comme n'étant pas des cas de rougeole pour 100 000 habitants ; 2) des prélèvements d'échantillons adéquats sur au moins 80 % des cas présumés de rougeole ; 3) des prélèvements d'échantillons adéquats aux fins du dépistage viral pour au moins 80 % des flambées épidémiques confirmées en laboratoire ; et 4) la réalisation d'enquêtes adéquates sur au moins 80 % des cas présumés. Le réseau des laboratoires de dépistage de la rougeole de la Région du Pacifique occidental compte 383 laboratoires, dont un laboratoire mondial spécialisé ; trois laboratoires de référence régionaux ; 17 laboratoires nationaux ; et, en Chine, 31 laboratoires provinciaux et 331 autres laboratoires de niveau préfectoral. Le Bureau régional de l'OMS pour le Pacifique occidental est responsable de l'accréditation des laboratoires régionaux et nationaux et des 31 laboratoires provinciaux chinois ; presque tous les laboratoires du réseau étaient accrédités en mars 2012. Le réseau est indispensable à la réalisation des tests sérologiques (ELISA) pour la recherche des immunoglobulines (IgM) antirougeoleuses et antirubéoleuses, ainsi que pour la surveillance

WPR/RC63/7 page 33 Annexe 4 virologique des souches virales détectées chez les malades. L'OMS applique des critères bien établis en vue de l'accréditation des laboratoires du réseau. 3.3.1 Indicateurs et objectifs suggérés aux fins de la qualité de la surveillance épidémiologique : 1) Pourcentage de cas présumés ayant fait l'objet d'une enquête adéquate7 (objectif : ≥80 % des cas présumés) ; 2) Pourcentage de cas présumés ayant donné lieu au prélèvement d'échantillons adéquats8 (objectif : ≥80 % des cas présumés, hors les cas liés sur le plan épidémiologique) ; 3) Taux de cas écartés comme n'étant pas des cas de rougeole au niveau national (objectif : ≥2 cas pour 100 000 habitants) ; 4) Au niveau infranational, taux de cas écartés comme n'étant pas des cas de rougeole (objectif : ≥2 pour 100 000 habitants pour ≥80 % des unités administratives de deuxième niveau) ; 5) Aux fins des analyses génotypiques,9 des échantillons sont prélevés sur les cas associés aux flambées épidémiques (ou aux chaînes de transmission) (objectif : ≥80 % des flambées ou des chaînes de transmission) ;

6)

Éléments de preuve supplémentaires : a) Les pays qui ne disposent pas de système de collecte des données nécessaires au calcul des quatre indicateurs ci-dessus peuvent présenter d'autres éléments d'information attestant la sensibilité et la qualité de la surveillance de la rougeole ;

7 Pour réaliser une enquête appropriée, il convient au minimum de recueillir la totalité des données ci-après pour chaque cas suspecté : nom ou identité, lieu de résidence, lieu de l’infection (au moins au niveau du district), âge (ou date de naissance), sexe, date de la survenue de l’éruption cutanée, date du prélèvement, situation vaccinale, date de la dernière vaccination, date de notification et date de l’enquête (à l’exclusion des cas qui sont confirmés comme étant des cas de rougeole sur la base d’un lien épidémiologique ou écartés en raison d’un lien épidémiologique avec un autre cas de maladie transmissible confirmé en laboratoire ou à un cas négatif pour les immunoglobulines M (IgM) antirougeoleuses) et, enfin, voyages effectués. 8 Les échantillons adéquats pour la sérologie sont ceux qui sont prélevés dans les 28 jours suivant l’apparition de l’éruption cutanée ; ces échantillons se composent soit de ≥0,5 ml de sérum, soit de ≥3 cercles complètement remplis de taches de sang séché recueillies sur papier filtre. Pour les fluides buccaux, il conviendrait de passer l’éponge de collecte pendant environ 1 minute sur la gencive jusqu’à ce qu’elle soit complètement mouillée ; les cas liés sur le plan épidémiologique doivent être exclus du dénominateur. 9 Sniadack DH et al. Epidemiology of a measles epidemic in Vietnam, 2008-2010. Journal of Infectious Diseases, 2011 (suppl 1) : S476-S482.

WPR/RC63/7 page 34 Annexe 4 b) Dans les pays où de nombreux cas de rougeole sont dépistés dans le secteur privé, des éléments supplémentaires doivent être fournis afin de prouver que les cas détectés par les praticiens du secteur privé sont pris en compte dans les systèmes nationaux de surveillance. 3.3.2 Indicateurs de la performance des laboratoires : 1) Laboratoires du réseau de dépistage de la rougeole accrédités par l'OMS10 en vue des analyses sérologiques et, s'il y a lieu, virologiques (objectif : 100 % des laboratoires) ; 2) Proportion de laboratoires (publics et privés) effectuant des analyses de diagnostic de la rougeole dotés de dispositifs adéquats d'assurance qualité (objectif : 100 % des laboratoires) ; 3) Proportion des résultats de détection et de génotypage viral, le cas échéant, qui sont disponibles dans les deux mois suivant la réception de l'échantillon (objectif : ≥80 % des échantillons reçus) ; 4) Éléments de preuve complémentaires : rapports mensuels complets de notification, y compris d'absence de cas, adressés au Bureau régional de l’OMS dans les délais impartis, concernant des échantillons reçus en vue d’analyses sérologiques et virologiques (objectif : ≥80 % des échantillons reçus par le laboratoire).

3.4 Immunité collective élevée Il est essentiel de réaliser et de maintenir une forte immunité dans la population générale, tous districts confondus, afin d'interrompre la transmission endémique du virus rougeoleux, et de prévenir le rétablissement de la transmission lorsque des cas sont importés. L'immunité de groupe peut être mesurée d'après les rapports administratifs annuels sur la couverture vaccinale systématique au moyen de deux doses successives du vaccin contenant le virus de la rougeole (MCV1 et MCV2), au niveau national et infranational, et sur la couverture des AVS, telle que notifiée dans les Rapports conjoints OMS-UNICEF de notification des activités de vaccination, ainsi que dans les estimations annuelles OMS-UNICEF de la couverture vaccinale nationale qui sont parfois différentes. Les enquêtes auprès des populations sur la couverture vaccinale systématique et les AVS ont aussi leur utilité ; ce sont notamment les enquêtes OMS à 30 grappes, les

10

Les critères OMS d'accréditation des laboratoires de dépistage de la rougeole sont notamment : 1) résultats au test d'aptitude annuel ≥90 % ; 2) au moins 90 % de concordance entre les résultats des laboratoires nationaux et les tests de confirmation des laboratoires de référence régionaux ; et 3) résultats concluants de l'inspection du site.

WPR/RC63/7 page 35 Annexe 4 enquêtes démographiques et sanitaires financées par l'USAID, et les enquêtes en grappes à indicateurs multiples appuyées par l’UNICEF. Toutefois, les enquêtes auprès des populations ont parfois leurs limites, par manque de représentativité de l'ensemble des zones géographiques (c'est-à-dire des districts) et des couches de population, et en raison de leur incapacité à mettre en évidence des poches potentiellement importantes d'individus réceptifs. Les enquêtes séro-épidémiologiques sont également utiles, mais présentent les mêmes difficultés potentielles que les enquêtes de couverture, ainsi que des limites possibles en ce qui concerne la sensibilité, la spécificité et la valeur prédictive des analyses de laboratoire pour la recherche des immunoglobulines G (IgG) antirougeoleuses en tant que corrélats de protection immunitaire. Enfin, les données issues d'évaluations rapides de la couverture peuvent être une source d'informations complémentaires permettant d'évaluer la couverture au niveau local. Une méthode indirecte d’estimation de l’immunité de groupe, lorsque celle-ci paraît élevée, consiste à surveiller la rougeole en prenant comme indicateur la répartition de l’ampleur de la flambée épidémique : au moins 80 % des chaînes de transmission de la rougeole reposent sur moins de 10 cas. Des données supplémentaires, telles que la répartition de la durée de la flambée épidémique, le nombre de générations de transmission, la proportion de cas importés et liés à des importations, ainsi que les données d'enquêtes séro-épidémiologiques peuvent être exploitées dans des modèles qui déterminent le taux réel de reproduction (R). L’expérience de plusieurs pays de la Région du Pacifique occidental, notamment les Philippines et le Viet Nam, laisse à penser que l’obtention de taux de protection très élevés chez tous les adultes n’est pas indispensable pour interrompre la transmission du virus rougeoleux s'il existe une forte couverture chez les enfants et les adolescents, étant donné que les jeunes d'âge scolaire semblent constituer le maillon critique nécessaire au maintien de la chaîne de transmission virale. Quoi qu'il en soit, il est utile d'avoir une description exacte de l'immunité vaccinale et naturelle, par cohorte de naissance, depuis l'année où la vaccination antirougeoleuse a été introduite dans le pays, pour mettre en évidence les éventuelles lacunes de la vaccination. Cette description doit tenir compte des AVS et des modifications apportées au calendrier vaccinal durant certaines années. Des analyses spéciales peuvent également être réalisées pour certains groupes vulnérables qui ont peut-être moins accès aux services de vaccination, comme les migrants, les pauvres des zones urbaines ou rurales, et les personnes vivant dans des zones isolées. 3.4.1 Indicateurs de l'immunité collective : 1) Rapports administratifs sur la couverture par le MCV1, au niveau national et de district (objectif : ≥95 % au niveau national et dans chaque district) ;

WPR/RC63/7 page 36 Annexe 4 2) Rapports administratifs sur la couverture par le MCV2, au niveau national et de district (objectif : ≥95 % au niveau national et dans chaque district) ; 3) Rapports administratifs sur la couverture par les AVS, au niveau national et de district (objectif : ≥95 % au niveau national et dans chaque district) ; 4) Autres éléments de preuve : a) Données issues des enquêtes de couverture et/ou séro-épidémiologiques (par exemple les enquêtes démographiques et sanitaires, les enquêtes en grappes à indicateurs multiples, les enquêtes OMS à 30 grappes, etc.) ; b) Description de l'intensification de l'action menée pour identifier les populations à haut risque (migrants, populations isolées, pauvres, minorités ethniques, etc.) et des activités de vaccination systématiques ou supplémentaires conduites à leur intention. 3.4.2 Indicateurs 1) Preuve des plans et des financements concernant la vaccination systématique, et de l'élimination effective et durable de la rougeole, notamment par les AVS, la surveillance et les services de laboratoire, en parallèle du développement de la coopération avec les autres secteurs concernés ; 2) 3) 4) Résultats documentés du suivi et de l'état d'avancement des plans susvisés ; Résultats documentés de l'évaluation des risques dans le cadre du programme ; Existence de plans budgétisés de préparation et de riposte aux importations et aux flambées épidémiques de rougeole.

3.5 Pérennité de l'élimination de la rougeole au regard de la viabilité des programmes nationaux de vaccination La vérification de l'élimination de la rougeole inclut une évaluation de la viabilité de ce résultat. L'évaluation vise à : 1) mettre en évidence les forces et les faiblesses des programmes nationaux de vaccination ayant une incidence sur le maintien d'une forte couverture vaccinale systématique et/ou supplémentaire et sur la qualité de la surveillance et 2) encourager l'élaboration de plans chiffrés de préparation et de riposte en cas de flambée épidémique résultant d'une importation du virus rougeoleux.

WPR/RC63/7 page 37 Annexe 4 Diverses sources d'information permettent d'évaluer la pérennité des programmes nationaux de vaccination, notamment les Rapports conjoints OMS-UNICEF de notification des activités de vaccination, les plans complets pluriannuels de vaccination et les rapports nationaux sur le Programme élargi de vaccination. Ce dernier élément de vérification met en lumière le rôle de l'élimination de la rougeole dans le renforcement de la vaccination systématique et des systèmes de surveillance et fournit un gage d'équité au regard des services de vaccination. Ces évaluations de la viabilité peuvent être intégrées dans des études programmatiques de plus grande envergure et dans des évaluations de la faisabilité de nouvelles initiatives vaccinales ; elles contribuent également au renforcement global des systèmes de santé.

4. Structure des organes de vérification 4.1 Structure de la Commission régionale et des comités nationaux de vérification La Commission régionale de vérification (CRV) et les comités nationaux de vérification (CNV) travailleront en collaboration pour vérifier l'élimination de la rougeole dans chaque État et Territoire ainsi que dans le bloc épidémiologique constitué par les États et Territoires insulaires du Pacifique (voir la Figure 2). Elle est le seul organe habilité à cet effet pour les États et Territoires pris individuellement et pour la Région tout entière. Elle détermine le moment où les États et Territoires sont prêts à engager la procédure de vérification, à lui soumettre la documentation nécessaire, et à coordonner la collecte des données requises attestant l'élimination de la rougeole. Figure 2 : Structure organisationnelle de la CRV et des CNV Commission régionale de vérification

Comité national de vérification

Comité national de vérification

Comité national de vérification

Comité national de vérification

Comité sousrégional de vérification (Pacifique)

4.2 Composition de la CRV et des CNV et désignation de leurs membres Les membres de la CRV et des CNV sont indépendants et objectifs, et ne doivent donc pas être directement associés à la gestion et aux opérations des programmes nationaux de vaccination ou à la

WPR/RC63/7 page 38 Annexe 4 surveillance des maladies à prévention vaccinale par les laboratoires et les services épidémiologiques de leurs pays respectifs. Ce sont des experts de haut niveau dans des domaines tels que l'épidémiologie, la pédiatrie, les pratiques de santé publique, la virologie ou la biologie moléculaire. Les membres et les membres du bureau de la CRV (président, vice-président, rapporteur) sont désignés par le Directeur régional de l'OMS pour le Pacifique occidental auquel ils font rapport, et sont indépendants du Groupe consultatif technique sur la vaccination et les maladies à prévention vaccinale dans la Région du Pacifique occidental, avec lequel ils peuvent néanmoins partager des informations et des rapports. Les membres de la CRV sont nommés pour des mandats de deux ans renouvelables. Afin d'éviter tout conflit d'intérêts potentiel ou perçu, ils devront tous remplir et signer un formulaire de déclaration d'intérêts avant chacune des réunions de la Commission. Les membres des comités nationaux de vérification sont nommés par le ministre de la santé de leur pays, et font rapport à la CRV. Les comités nationaux comptent au minimum cinq membres qui, comme dans le cas de la CRV, doivent idéalement représenter différents domaines d'expertise dont l'épidémiologie, la pédiatrie, les pratiques de santé publique, la virologie ou la biologie moléculaire. Les membres des CNV doivent aussi établir périodiquement des déclarations écrites afin d'éviter tout risque de conflit d'intérêts. Comme les 21 États et Territoires insulaires du Pacifique seront considérés comme un seul bloc épidémiologique aux fins de la vérification de l'élimination de la rougeole, un Comité sous-régional de vérification sera constitué, comme cela avait déjà été fait pour la certification de l'éradication de la poliomyélite. Les membres du Comité sous-régional seront nommés par le Directeur régional de l'OMS pour le Pacifique occidental, et interviendront dans ce cadre comme s'il s'agissait d'un CNV pour le Pacifique, avec le même mandat (voir la section 5.1 ci-dessous). Notons le cas particulier des États et Territoires faiblement peuplés, où il pourrait s'avérer difficile de trouver des experts nationaux qui n'ont pas de lien professionnel avec les programmes nationaux de vaccination, les unités de surveillance ou les ministères de la santé. Dans ces situations, il sera possible de déroger au cas par cas à l'obligation d'indépendance absolue des membres des CNV. L a CRV devra toutefois acquérir la conviction que le CNV est suffisamment objectif lorsque sont posées des questions sensibles telles que la qualité des données.

4.3 Services de secrétariat à la CRV et aux CNV Le Bureau régional de l'OMS pour le Pacifique occidental assurera le secrétariat de la CRV. Les CNV peuvent constituer leurs propres secrétariats, par exemple les unités des programmes nationaux de vaccination ou les unités de surveillance des maladies à prévention vaccinale, afin de

WPR/RC63/7 page 39 Annexe 4 réunir les informations nécessaires attestant l’élimination de la rougeole. Dans les pays où existe un bureau de pays de l'OMS, les agents de l'Organisation pourront apporter leur appui technique et opérationnel au secrétariat ainsi qu'au CNV. En cas contraire, les États et Territoires sont invités à contacter le Bureau régional de l'OMS pour le Pacifique occidental pour se faire aider si nécessaire.

5. Mécanisme de vérification Seule la CRV est habilitée à vérifier l'élimination de la rougeole ; à ce titre, elle évalue chaque année les avancées marquées en vue de l'élimination effective et durable de la maladie dans les États et Territoires de la Région, l'aboutissement final étant la vérification de l'élimination de la rougeole dans la Région tout entière. Les CNV sont quant à eux chargés d'évaluer le recul de la maladie sur le territoire national, de déterminer le moment où l'État ou Territoire sera prêt pour la procédure de vérification, et d'aider le ministère de la santé à préparer la documentation et les éléments de preuve à fournir à la CRV. La Commission régionale apporte ses orientations aux CNV qui répercutent sur les programmes nationaux de vaccination et les unités de surveillance des maladies à prévention vaccinale les informations relatives aux exigences posées pour la vérification de l'élimination de la rougeole. De ce point de vue, la CRV et les CNV tiennent lieu d'organes consultatifs de fait sur la satisfaction des critères et des éléments de vérification. Dans la mesure où les indicateurs relatifs aux éléments de vérification sont en lien direct avec les stratégies recommandées par l'OMS en vue de l'élimination de la rougeole, la CRV et les CNV interviennent aussi en tant qu'organes consultatifs nationaux de fait à cet égard. Les orientations fournies par leurs membres doivent être conformes aux recommandations du Groupe consultatif technique pour la Région du Pacific occidental. Ce groupe doit être consulté en cas de divergences d’ordre technique entre les membres de la CRV. LA CRV doit être consultée en cas de divergences d’ordre technique entre les membres d'un quelconque CNV. Outre leurs fonctions normatives, consultatives et de vérification, la CRV et les CNV peuvent également avoir un rôle de plaidoyer pour promouvoir les activités visant à éliminer la rougeole.

5.1 Fonctions et mandat des membres de la CRV 5.1.1 Fonction normative 1) Examiner et définir les critères et procédures en vue de la documentation et de la vérification de l'élimination effective de la rougeole au plan national et dans la Région. 5.1.2 Fonction consultative et de vérification – niveau national

WPR/RC63/7 page 40 Annexe 4 1) Conseiller les CNV au sujet des critères, exigences et procédures de vérification, en particulier : i) la collecte et l'analyse des données requises aux fins de la vérification ; et ii) la constitution des dossiers de vérification ; 2) 3) Examiner et analyser les rapports annuels présentés par les CNV ; Effectuer des visites de terrain, si nécessaire, pour assurer le suivi des progrès et vérifier les éléments de preuve apportés ; 4) Assurer le suivi des progrès, déterminer la situation nationale au regard de la vérification, et recommander la voie à suivre en la matière dans les États et Territoires en retard ou faisant l'objet d'une décision provisoire ; 5) Assurer le suivi des progrès concernant l'intensification de la lutte contre la rubéole et la prévention du syndrome de rubéole congénitale et, s'il s'agit d'un objectif national ou régional, l'élimination de la rubéole. 5.1.3 Fonction de vérification – niveau régional 1) 2) Vérifier l’élimination effective de la rougeole dans la Région ; Assurer le suivi des progrès concernant l'intensification de la lutte contre la rubéole et la prévention du syndrome de rubéole congénitale et, s'il s'agit d'un objectif national ou régional, l'élimination de la rubéole. En outre, le président de la CRV assume des fonctions de direction et de gestion. 5.1.4 Fonctions de gestion du président de la CRV 1) 2) Assurer la présidence des réunions de la CRV qui se tiendront au moins une fois par an ; Définir les règles de fonctionnement interne et les responsabilités des membres de la CRV ; 3) 4) Superviser le processus de documentation et de vérification ; Préparer les rapports de la réunion annuelle et les rapports de vérification à l'intention du Directeur régional de l'OMS qui en partagera le contenu avec les États Membres par les voies appropriées.

WPR/RC63/7 page 41 Annexe 4

5.2 Fonctions et mandat des membres des CNV 5.2.1 Fonction consultative et d'évaluation 1) Informer le ministère de la santé, les programmes nationaux de vaccination et les unités de surveillance des maladies à prévention vaccinale des exigences posées en vue de la vérification de l'élimination de la rougeole ; 2) Rassembler et analyser les informations fournies par le ministère de la santé en vue du suivi des progrès enregistrés vers l'élimination de la rougeole, et déterminer dans quelle mesure l'État ou Territoire peut vérifier qu'il a éliminé la transmission endémique du virus rougeoleux conformément aux critères et éléments de vérification établis ; 3) Effectuer des visites de terrain, si nécessaire, pour assurer le suivi des progrès, évaluer la qualité des données et valider les analyses et les évaluations ; 4) Fournir des orientations et proposer des solutions faisables si les données types nécessaires aux fins de vérification sont insuffisantes ou incompatibles ; 5) Superviser et diriger, au niveau national, le processus annuel de documentation en vue de la vérification, proposer des solutions faisables si les données types nécessaires aux fins de vérification sont insuffisantes ou incompatibles, et approuver le rapport national annuel de vérification avant sa présentation à la CRV ; 6) Assurer le suivi des progrès concernant l'intensification de la lutte contre la rubéole et la prévention du syndrome de rubéole congénitale et, s'il s'agit d'un objectif national ou régional, l'élimination de la rubéole ; 7) Fournir des orientations aux programmes, dans le droit-fil des critères et des éléments de vérification. Comme le président de la CRV, le président du CNV assume des fonctions de direction et de gestion. 5.2.2 Fonctions de gestion du président du CNV 1) Définir les procédures internes et les responsabilités des membres du comité, conformément aux directives de la CRV ;

WPR/RC63/7 page 42 Annexe 4 2) Préparer le plan d'action du CNV, notamment les activités, le calendrier, les résultats escomptés et les besoins humains et financiers, en collaboration avec le programme national de vaccination et le ministère de la santé, et soumettre ce plan à la CRV pour approbation ; 3) 4) Assurer la présidence des réunions du CNV qui se tiennent au moins deux fois par an ; Participer aux réunions de la CRV ou à toute autre réunion régionale, si nécessaire.

5.3 Fonction de plaidoyer de la CRV et des CNV Intervenir auprès des hauts fonctionnaires de la santé, des professionnels de santé, des partenaires et des dirigeants politiques pour les sensibiliser et susciter leur engagement en faveur de l'élimination de la rougeole, par des moyens multiples tels que les conférences nationales sur la santé, les séminaires scientifiques, les organes de presse et les contacts personnels.

6. Dispositions relatives à la période post-vérification Une fois que l'élimination de la rougeole aura été dûment vérifiée, les États et Territoires devront maintenir ce résultat et prévenir tout rétablissement de la transmission endémique du virus rougeoleux en maintenant les stratégies préconisées pour l'élimination de la maladie : 1) une forte immunité de groupe au moyen de la vaccination systématique et/ou d'activités de vaccination supplémentaires ; 2) une surveillance épidémiologique et virologique de qualité ; et 3) l'accès à un laboratoire accrédité par l'OMS. Par ailleurs, les États et Territoires devront se doter de plans de préparation budgétisés en cas de flambée épidémique due à des cas de rougeole importés. Avec l'assistance du CNV, les pouvoirs publics devront réaliser des évaluations annuelles qui donneront lieu à des rapports annuels à la CRV. La CRV examinera les rapports annuels des États et des Territoires, procèdera aux visites de terrain nécessaires, et fournira aux gouvernements des informations et des recommandations en retour par l'intermédiaire des CNV.

WPR/RC63/7 page 43 Annexe 4

Récapitulatif des critères, des éléments et des indicateurs de vérification de l'élimination de la rougeole Critères de surveillance : 1. Aucune infection endémique par le virus rougeoleux enregistrée pendant une période de trois ans dans le pays et dans la Région, dans un contexte caractérisé par une surveillance de qualité ; 2. Analyse génotypique attestant l'interruption de la transmission endémique du virus rougeoleux. Éléments de vérification : 1. Incidence de la rougeole et caractéristiques épidémiologiques et virologiques (absence de virus endémique) 1.1. Proportion de cas confirmés et cliniquement compatibles dont l'origine de l'infection est connue (objectif : ≥80 %) ; 1.2. Étendue de la gamme et du nombre d'années des analyses épidémiologiques et virologiques attestant l'élimination du virus rougeoleux endémique. 2. Résultats de la surveillance épidémiologique et de l'action des laboratoires 2.1. Résultats de la surveillance épidémiologique : 1) Pourcentage de cas présumés ayant fait l'objet d'une enquête adéquate (objectif : ≥80 % des cas présumés) ; 2) Pourcentage de cas présumés ayant donné lieu au prélèvement d'échantillons adéquats (objectif : ≥80 % des cas présumés, hors les cas liés sur le plan épidémiologique) ; 3) Taux de cas écartés comme n'étant pas des cas de rougeole au niveau national (objectif : ≥2 cas pour 100 000 habitants) ; 4) Au niveau infranational, taux de cas écartés comme n'étant pas de cas de rougeole (objectif : ≥2 pour 100 000 habitants pour ≥80 % des unités administratives de deuxième niveau) ; 5) Aux fins des analyses génotypiques, des échantillons sont prélevés sur les cas associés aux flambées épidémiques (ou aux chaînes de transmission) (objectif : ≥80 % des flambées ou des chaînes de transmission) ;

WPR/RC63/7 page 44 Annexe 4 6) Éléments de preuve supplémentaires : • Les pays qui ne disposent pas de système de collecte des données nécessaires au calcul des quatre indicateurs ci-dessous peuvent présenter d'autres éléments d'information attestant la sensibilité et la qualité de la surveillance de la rougeole ; • Dans les pays où de nombreux cas de rougeole sont dépistés dans le secteur privé, des éléments supplémentaires doivent être fournis afin de prouver que les cas détectés par les praticiens du secteur privé sont pris en compte dans les systèmes nationaux de surveillance. 2.2. Performance des laboratoires 1) Laboratoires du réseau de dépistage de la rougeole accrédités par l'OMS en vue des analyses sérologiques et, s'il y a lieu, virologiques (objectif : 100 % des laboratoires) ; 2) Proportion de laboratoires (publics et privés) effectuant des analyses de diagnostic de la rougeole dotés de dispositifs adéquats d'assurance qualité (objectif : 100 % des laboratoires) ; 3) Proportion des résultats de détection et de génotypage viral, le cas échéant, qui sont disponibles dans les deux mois suivant la réception de l'échantillon (objectif : ≥80 % des échantillons reçus) ; 4) Éléments de preuve complémentaires : rapports mensuels complets de notification, y compris d'absence de cas, adressés au Bureau régional de l’OMS dans les délais impartis, concernant des échantillons reçus en vue d’analyses sérologiques et virologiques (objectif : ≥80 % des échantillons reçus par le laboratoire). 3. Immunité collective 3.1. Rapports administratifs sur la couverture par le MCV1, au niveau national et de district (objectif : ≥95 % au niveau national et dans chaque district) ; 3.2. Rapports administratifs sur la couverture par le MCV2, au niveau national et de district (objectif : ≥95 % au niveau national et dans chaque district) ; 3.3. Rapports administratifs sur la couverture par les AVS, au niveau national et de district (objectif : ≥95 % au niveau national et dans chaque district) ;

WPR/RC63/7 page 45 Annexe 4 3.4. Autres éléments de preuve : 1) Données issues des enquêtes de couverture et/ou séro-épidémiologiques (par exemple les enquêtes démographiques et sanitaires, les enquêtes en grappes à indicateurs multiples, les enquêtes OMS à 30 grappes, etc.) ; 2) Description de l'intensification de l'action menée pour identifier les populations à haut risque (migrants, populations isolées, pauvres, minorités ethniques, etc.) et des activités de vaccination systématiques ou supplémentaires conduites à leur intention. 4. Pérennité de l'élimination de la rougeole au regard de la viabilité des programmes nationaux de vaccination 4.1. Preuve des plans et des financements des activités de vaccination systématique, et de l'élimination effective et durable de la rougeole, notamment par les AVS, la surveillance et les services de laboratoire, en parallèle du développement de la coopération avec les autres secteurs concernés ; 4.2. Résultats documentés du suivi et de l'état d'avancement des plans susvisés ; 4.3. Résultats documentés de l'évaluation des risques dans le cadre du programme ; 4.4. Existence de plans budgétisés de préparation et de riposte aux importations et aux flambées épidémiques de rougeole.

WORLD HEALTH ORGANIZATION

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ

REGIONAL OFFICE FOR THE WESTERN PACIFIC BUREAU RÉGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL

COMITÉ RÉGIONAL Soixante-troisième session Hanoï (Viet Nam) 24-28 septembre 2012 Point 12 de l’ordre du jour provisoire

WPR/RC63/7 Corr. 1 29 août 2012 ORIGINAL : ANGLAIS

ÉLIMINATION DE LA ROUGEOLE Rectificatif 1. Annexe 3, page 18 La figure représentant la courbe épidémique de la rougeole dans les États et Territoires insulaires du Pacifique intitulée « Nombre de cas de rougeole par mois d’apparition des symptômes, 2008-2012 » a été mise à jour. États et Territoires insulaires du Pacifique : considérés comme un bloc épidémiologique du point de vue de la vérification de l'élimination de la maladie Nombre de cas de rougeole par mois d’apparition des symptômes, 2008-2012 3

Nombre de cas de rougeole

2

AVS-Kiribati, Samoa, Îles Salomon, Vanuatu : 2009

1

0 janv. févr. mars avril mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. janv. févr. mars avril mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. janv. févr. mars avril mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. janv. févr. mars avril mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. janv. févr. mars avril 2008 (N=0) 2009 (N=4) 2010 (N=1) 2011 (N=2) 2012 (N=0)

N = Nombre de cas de rougeole AVS = Activités de vaccination supplémentaires Source : Rapports mensuels de surveillance de la rougeole et de la rubéole, mai 2012

Informations clés
Type de document Technical Documents
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé