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Le VIH, source de stress dans les écoles primaires en Zambie / Rachel Baggaley ... [et al.]

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De la politique a ` l’action

Le VIH, source de stress dans les e ´ coles primaires en Zambie Rachel Baggaley,1 James Sulwe,2 Michael Chilala 3 et Christine Mashambe 4 La pre ´ sente e ´ tude avait pour objet d’e ´ valuer les facteurs de stress auxquels restaient expose ´ s des enseignants du niveau primaire en Zambie apre ` s avoir suivi un cours sur la gestion du stress et les activite ´ s de conseil. La plupart de leurs e ´ le ` ves sont affecte ´s a ` des degre ´ s divers par la pauvrete ´ , par le de ´ ce ` s ou la maladie de parents, de camarades et d’enseignants, par leurs expe ´ riences sexuelles et par des grossesses accidentelles, par la violence au foyer et, en ce qui concerne les filles, par le manque d’estime de soi. La prolife ´ ration du VIH a eu un impact notable sur tous ces facteurs et, par voie de conse ´ quence, sur la vie des enseignants eux-me ˆ mes. En de ´ pit de la formation rec ¸ ue, beaucoup ne se sentent pas aptes a ` prodiguer des conseils ade ´ quats a ` leurs e ´ le ` ves sur ces questions. Dans l’ensemble, ils e ´ prouvent le besoin d’un soutien continu pour e ˆ tre en mesure de faire face a ` ce proble ` me. Article publie ´ en anglais dans Bulletin of the World Health Organization, 1999, 77 (3) : 284-287.

En Zambie, ou ` le revenu annuel par habitant est l’un des plus faibles d’Afrique australe, 20 a ` 35% des femmes examine ´ es dans les e ´ tablissements de soins pre ´ natals des agglome ´ rations urbaines sont infecte ´ es par le VIH (1). L’analyse d’e ´ chantillons de salive a ` Lusaka et dans le district de Kapiri Mposhi a re ´ ve ´ le ´ que 20 a ` 50% des hommes et des femmes de 25 a ` 35 ans e ´ taient se ´ ropositifs (2). Seuls 56% des enfants de 7 a ` 13 ans sont scolarise ´ s et moins de 30% acce ` dent au niveau secondaire. Le nombre des orphelins est estime ´ a ` 140 000 et on pense qu’il atteindra 600 000 d’ici la fin du sie ` cle (3). On compte au moins un orphelin dans 37% des me ´ nages. Dans un tel contexte, il est apparu important d’e ´ tudier l’impact de ces facteurs et d’autres proble ` mes sur le stress des enseignants du niveau primaire. Deux enseignants de chacune des 16 e ´ coles de Lusaka ont suivi une formation de deux semaines portant sur la gestion du stress et les activite ´ s de conseil. Entre six et huit mois plus tard, 19 d’entre eux ont participe ´ a ` des entretiens semi-structure ´s d’une dure ´ e d’une a ` deux heures. Deux tiers des enseignants interroge ´ s sont des femmes, ce qui correspond a ` la re ´ partition des sexes dans la ˆ ge profession. La plupart sont a ´ s de 30 a ` 40 ans et ˆme depuis huit ans en moyenne. posse ` dent leur diplo Ils enseignent dans les degre ´s 1 a ` 9 et leurs classes comptent en moyenne 40 a ` 49 e ´ le ` ves selon les e ´ coles.

Pauvrete ´ Tous les enseignants de ´ clarent que la pauvrete ´ repre ´ sente un proble ` me majeur pour de nombreux e ´ le ` ves et tous ont connu des e ´ le ` ves qui ne mangeaient pas a ` leur faim. Tous citent e ´ galement des cas d’e ´ le ` ves qui ont cesse ´ de fre ´ quenter l’e ´ cole parce que leurs parents ou les personnes qui en ont la garde e ´ taient dans l’impossibilite ´ de payer les frais de scolarite ´ ou ˆ tements, chaussures et fournide leur acheter les ve tures ne ´ cessaires.

Maladie et de ´ ce ` s de parents En Zambie, les soins aux personnes souffrant de maladies associe ´ es au VIH au stade terminal sont le plus souvent prodigue ´s a ` domicile. A Lusaka, il existe des e ´ quipes spe ´ cialise ´ es qui visitent les individus se ´ ropositifs, mais beaucoup de ces derniers re ´ pugnent a ` solliciter cette assistance en raison de l’opprobre entourant le VIH. Quoi qu’il en soit, les ressources des e ´ quipes en question sont tre ` s limite ´ es et les soins aux adultes sont essentiellement assure ´s par leurs propres enfants. Lorsqu’un parent est ˆ ge malade, on attend des enfants les plus a ´ s qu’ils veillent sur les plus jeunes et qu’ils s’acquittent des ˆ ches me ta ´ nage ` res. Cette exigence est source de stress au plan psychologique et elle compromet leur scolarite ´. Tous les enseignants interroge ´ s ont connu des cas d’e ´ le ` ves qui ont perdu leurs deux parents et qui en subissent les conse ´ quences tant psychologiques que mate ´ rielles. Certains enfants endurent en outre des humiliations en raison de l’opprobre qui entoure ge ´ ne ´ ralement les victimes du VIH. Souvent, les orphelins quittent l’e ´ cole parce que les personnes qui en ont la garde ne peuvent ou ne veulent pas payer les de ´ penses scolaires directes ou indirectes. De nombreuses familles se sentent accable ´ es par le Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 1, 1999

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Coordonnateur de la recherche, De ´ partement de Me ´ decine, Ho ˆ pital universitaire de Lusaka (Zambie); actuellement consultant aupre ` s du Bureau du VIH/SIDA et des Maladies sexuellement transmissibles, Organisation mondiale de la Sante ´ , 1211 Gene ` ve 27 (Suisse) (te ´ l.: 791 34 76; me ´ l.: baggaley@who.ch). Chercheur, UNICEF, Lusaka. Conseiller, School of Guidance, Ministry of Education, Lusaka.

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Directeur, Curriculum Development Centre, Ministry of Education, Lusaka. Organisation mondiale de la Sante ´ , 1999

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Le VIH, source de stress dans les e ´ coles primaires en Zambie fardeau que repre ´ sente le nombre croissant d’orphelins a ` charge, sentiment qui, parfois, se traduit pour ces derniers par des manifestations de ressentiment, voire des mauvais traitements. Dans certains cas, les ˆ mes sont dans l’incapacite enseignants eux-me ´ de fournir a ` leurs e ´ le ` ves orphelins le soutien mate ´ riel et psychologique dont ils auraient besoin. Souvent, pourtant, leurs efforts demeurent insuffisants devant l’ampleur des besoins. Soutien aux jeunes filles « Je m’efforce de montrer a ` mes e ´ le ` ves que garc ¸ ons et filles sont e ´ gaux. C’est a ` l’occasion d’un cours sur ce the ` me que j’ai pris conscience du proble ` me. Auparavant, j’attendais moins des filles que des garc ¸ ons et je les encourageais moins dans leurs e ´ tudes. Maintenant, j’essaie de les inciter a ` travailler davantage afin qu’elles constatent qu’elles peuvent obtenir des re ´ sultats aussi bons que ceux des garc ¸ ons... Dans notre socie ´ te ´, l’enseignement traditionnel contribue a ` de ´ valoriser les filles, me ˆ me en milieu urbain. La plupart des jeunes filles acceptent l’ide ´ e que la seule solution pour assurer leur avenir consiste a ` se marier ou a ` tomber enceintes. » « Le bruit courait qu’une de mes e ´ le ` ves e ´ tait enceinte; je lui ai parle ´ et elle me l’a confirme ´ . Elle e ´ tait tre ` s pre ´ occupe ´ e et craignait d’e ´ chouer a ` ses examens parce qu’elle n’arrivait pas a ` se concentrer. Cela aurait e ´ te ´ dommage, car elle e ´ tait tre `s bonne e ´ le ` ve. Nous avons discute ´ du proble ` me et elle a de ´ cide ´ de se faire avorter. J’ai estime ´ que c’e ´ tait la bonne solution a ` condition qu’elle s’adresse a ` des me ´ decins compe ´ tents et que l’avortement ait lieu en temps voulu. Je lui ai dit de ne pas se soucier des ragots des autres filles. »

Pauvrete ´ et violence « Une de mes plus brillantes e ´ le ` ves a du ˆ quitter l’e ´ cole parce qu’elle ne pouvait obtenir l’argent ne ´ cessaire pour payer la taxe ´ solant, car elle e ´ tait tre `s de l’examen de 7e. C’est vraiment de bonne en classe et elle aurait certainement re ´ ussi haut la main... Ce n’est pas facile d’enseigner a ` des enfants qui ont faim. Ils re ˆ vassent et n’arrivent pas a ` se concentrer sur les cours. » « Un garc ¸ on dont les deux parents e ´ taient de ´ ce ´ de ´ s ne parvenait plus a ` se concentrer en classe et ses re ´ sultats sont devenus tre ` s me ´ diocres. Il ne se me ˆ lait plus a ` ses camarades. Au bout de quelques semaines, quand j’ai re ´ ussi a ` gagner sa confiance, il m’a dit qu’on le battait re ´ gulie ` rement a ` la maison et qu’il partait souvent le ventre vide. Il vivait chez un oncle qui ne cessait de lui re ´ pe ´ ter qu’il ne pouvait pas se permettre de le garder plus longtemps. » « Je sais que certains de mes e ´ le ` ves sont victimes de violences. Notre e ´ cole abrite des enfants provenant de quartiers tre ` s difficiles. Mais, comme le directeur nous interdit de leur rendre visite a ` domicile, je ne peux rien faire pour mes e ´ le ` ves. »

Violences domestiques Certains enseignants font e ´ tat de violences parentales, mais ils se sentent ge ´ ne ´ ralement incapables de faire quoi que ce soit a ` cet e ´ gard.

Maladie et de ´ ce ` s d’enseignants et d’e ´ le ` ves De plus en plus d’enseignants sont victimes du VIH ˆne des conse ˆ cheuses pour (4), ce qui entraı ´ quences fa les e ´ le ` ves. Si une majorite ´ des enfants se ´ ropositifs sont contamine ´ s peu apre ` s la naissance et de ´ ce ` dent avant cinq ans, ils sont cependant de plus en plus ˆ ge et a nombreux a ` survivre au-dela ` de cet a ` tomber malades ou a ` mourir alors qu’ils sont scolarise ´ s. Une ˆ te conduite par Care International re ´ cente enque (Lusaka, non publie ´ e) indique par ailleurs que l’inceste et les violences sexuelles sur les enfants sont relativement courants. Cela repre ´ sente un grave risque de contamination par le VIH parmi les enfants ˆ ge scolaire. en a

Manque d’estime de soi chez les filles Les filles souffrent souvent d’un complexe d’infe ´ riorite ´ vis-a ` -vis des garc ¸ ons. Ce sentiment est exacerbe ´a ` la maison, les parents attachant davantage d’importance a ` l’e ´ ducation des garc ¸ ons. En re ` gle ge ´ ne ´ rale, les filles zambiennes re ´ ussissent moins bien a ` l’e ´ cole que les garc ¸ ons et elles sont moins nombreuses a ` terminer leur instruction primaire.

Sexualite ´ chez les adolescents et grossesses De nombreux enseignants e ´ voquent le proble ` me des grossesses non de ´ sire ´ es et certains s’estiment incapables d’aider leurs e ´ le ` ves dans ce domaine. En Zambie, 15% des adolescentes de 16 ans ont e ´ te ´ enceintes au moins une fois. A Lusaka, les relations sexuelles non prote ´ ge ´ es sont a ` l’origine de 20% des cas de contamination par le VIH chez les adolescentes. Les services de planification familiale accessibles aux e ´ coliers sont tre ` s limite ´ s, l’e ´ ducation sexuelle dans le cadre scolaire est inade ´ quate et, traditionnellement, les parents n’abordent pas le sujet avec leurs enfants. Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 1, 1999

Obstacles aux activite ´ s de conseil Si la majorite ´ des enseignants mettent en application leurs aptitudes en matie ` re de conseil, certains d’entre eux e ´ voquent toutefois de se ´ rieux obstacles. Parfois, ˆ timents scolaires rend difficile l’agencement des ba toute intimite ´ . Le manque de personnel fait aussi que certains enseignants n’ont pas suffisamment de temps pour offrir aux e ´ le ` ves le soutien psychologique dont ils auraient besoin. Enfin, d’autres se sentent impuissants parce qu’ils ne peuvent pas fournir une aide concre ` te a ` leurs e ´ le ` ves. 113

De la politique a ` l’action De nombreux enseignants initie ´ s aux activite ´s de conseil de ´ plorent le manque de soutien de la part de leurs colle ` gues qui n’en comprennent pas ˆ tre plus l’importance. Ils estiment qu’ils devraient e nombreux a ` recevoir une formation dans ce domaine et qu’on devrait au moins faire prendre conscience a ` tous les enseignants que les conseils constituent un aspect important de l’e ´ ducation. D’autres pensent qu’il serait be ´ ne ´ fique de faire profiter de leurs aptitudes des e ´ le ` ves d’autres classes que les leurs, a ` condition d’en informer les colle ` gues concerne ´ s. avaient besoin d’un appui supple ´ mentaire dans ce domaine. Sept enseignants de ´ clarent avoir eu acce `s a ` des supports e ´ ducatifs sur le VIH et la sante ´ en ge ´ ne ´ ral. Ils mentionnent en particulier Orbit et Dr Kalulu, des brochures d’information de base sur le VIH e ´ dite ´ es par Family Health Trust, une organisation non gouvernementale zambienne. Sont e ´ galement cite ´s des documents relatifs aux premiers secours et a ` l’e ´ ducation d’enfant a ` enfant. Les autres enseignants de ´ plorent le manque de supports e ´ ducatifs qu’ils conside ` rent comme un grave handicap.

Application des compe ´ tences Les responsables du cours de formation ont constate ´ que les enseignants sont expose ´s a ` de nombreux facteurs de stress dans leur vie prive ´ e, qui s’ajoutent a ` ceux de leur activite ´ professionnelle. La premie ` re partie du cours a donc e ´ te ´ sensiblement remanie ´ e afin de prendre en compte ce proble ` me. La majorite ´ des enseignants affirment avoir applique ´ ou tente ´ d’appliquer leurs compe ´ tences a ` la maison, notamment dans leurs relations avec leurs propres enfants, et e ´ voquent ouvertement les difficulte ´ s rencontre ´ es dans ces occasions. Si, dans l’ensemble, ils jugent le cours utile, nombre d’entre eux estiment ne ´ anmoins avoir besoin d’un appui supple ´ mentaire.

Impact du VIH sur la vie prive ´e des enseignants La majorite ´ des enseignants ont perdu des parents, des amis et des colle ` gues a ` cause du SIDA et quatre s’occupent d’enfants de membres de leur famille de ´ ce ´ de ´ s. La plupart s’inquie ` tent pour leurs proches, en particulier pour leurs propres enfants. Un seul enseignant fait e ´ tat d’une personne de sa connaisˆ tre se sance qui a ouvertement reconnu e ´ ropositive. Certains sont incapables d’e ´ voquer ce sujet, parce que, dans leur famille, les maladies similaires au SIDA sont impute ´ es a ` la sorcellerie. Les tabous, la peur de l’opprobre et la crainte d’indisposer les malades du SIDA constituent autant d’autres obstacles a ` la discussion. Toutefois, certains enseignants avouent avoir pu parler plus facilement du VIH a ` la suite du cours. Quinze enseignants reconnaissent s’inquie ´ ter de leur possible se ´ ropositivite ´ ou avoir peur de se faire contaminer. Quatre affirment ne pas craindre l’infection parce qu’ils ont des relations sexuelles stables ou tout simplement parce qu’ils jugent vain de s’inquie ´ ter. Du fait qu’il est e ´ troitement lie ´ au comportement sexuel, le VIH est un sujet difficile a ` aborder en classe pour les enseignants qui n’ont pas rec ¸ u une formation approprie ´ e. A l’issue du cours, toutefois, la difficulte ´e ´ tait largement surmonte ´ e. Afin d’e ´ viter de transmettre aux e ´ le ` ves des messages contradictoires, l’information sur l’infection a ` VIH et la sexualite ´ moins risque ´ e doit faire l’objet d’un accord pre ´ alable entre les enseignants et le Ministe ` re de l’Education. Hors de la salle de classe « Je n’ai pas parle ´ du VIH avec mon fils parce qu’on n’a pas l’habitude de parler de sexe avec ses enfants. Je l’ai envoye ´ deux fois chez sa grand-me ` re pour qu’ils puissent discuter du VIH/SIDA, mais je ne sais pas ce qu’elle lui a dit. » « Je suis inquiet parce que ma vie sexuelle n’a pas e ´ te ´ tre ` s bonne. J’avais l’habitude de changer de femme et d’avoir des relations sexuelles non prote ´ ge ´ es. Actuellement, j’ai une seule partenaire mais je ne sais pas si j’ai de ´ ja `e ´ te ´ infecte ´. »

Relation enseignants-e ´ le ` ves « J’essaie de parler du SIDA chaque fois que l’occasion se pre ´ sente. J’encourage les e ´ le ` ves a ` utiliser des pre ´ servatifs chaque fois qu’ils ont une relation sexuelle. Je leur parle aussi d’autres proble ` mes de sante ´ , des relations entre individus et de l’importance du respect vis-a ` -vis du sexe oppose ´ . Je m’efforce de traiter la question du VIH sur le me ˆ me plan que n’importe quelle autre maladie, et de leur inculquer les attitudes ade ´ quates au regard de parents malades. » « J’ai e ´ te ´ tre ` s triste lorsque deux de nos colle ` gues sont tombe ´ s malades, puis sont de ´ ce ´ de ´ s. Je n’ai pas vraiment re ´ fle ´ chi a ` l’effet que cela avait pu avoir sur les e ´ le ` ves, mais ils ont sans doute e ´ te ´ affecte ´ s eux aussi, car ils sont parfois tre `s proches de leurs professeurs. »

Depuis qu’ils ont suivi le cours de formation, 17 des 19 enseignants interroge ´ s affirment s’inte ´ resser davantage a ` l’e ´ ducation pour la sante ´ dans le cadre scolaire. Treize d’entre eux ont parle ´ du VIH en classe et les autres disent ne l’avoir pas fait parce qu’ils estimaient que leurs e ´ le ` ves e ´ taient encore trop jeunes. ˆ ge Les sujets aborde ´ s varient selon l’enseignant et l’a de ses e ´ le ` ves. Certains ont parle ´ de l’utilisation des pre ´ servatifs, d’autres ont la ` encore conside ´ re ´ que leurs e ´ le ` ves e ´ taient trop jeunes. Deux enseignants ont forme ´ des clubs « anti-SIDA » dans leur e ´ cole afin d’informer les e ´ le ` ves du VIH. Dix-sept enseignants ont discute ´ de proble ` mes psychologiques avec leurs e ´ le ` ves. Cinq d’entre eux ont trouve ´ la chose relativement aise ´ e. Les autres ont soit e ´ prouve ´ des difficulte ´ s, soit estime ´ qu’ils 114

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Le VIH, source de stress dans les e ´ coles primaires en Zambie Dans des pays comme la Zambie, ou ` la pre ´ valence de l’infection a ` VIH parmi la population sexuellement active est e ´ leve ´ e, les enseignants ont un ˆ le pre ro ´ ventif important a ` jouer aupre ` s des e ´ le ` ves. Il a e ´ te ´e ´ tabli que l’e ´ ducation sexuelle a ` l’e ´ cole retarde le ˆt le recours aux de ´ but de l’activite ´ sexuelle, accroı pre ´ servatifs et re ´ duit l’incidence de la grossesse chez ˆ tre en mesure de contribuer les adolescentes. Pour e efficacement a ` limiter la transmission du VIH au sein de ce groupe vulne ´ rable, les enseignants devraient be ´ ne ´ ficier d’une formation et d’un soutien continus. Ils devraient e ´ galement recevoir une aide qui leur permette d’offrir le soutien psychologique requis aux nombreux e ´ le ` ves dont la famille a e ´ te ´ frappe ´ e par le VIH. En diffusant des informations sur les modes de transmission du virus et des messages positifs sur les attitudes a ` adopter, les enseignants peuvent contribuer aussi a ` vaincre l’opprobre qui entoure le VIH et a ` e ´ liminer ainsi un se ´ rieux obstacle a ` la pre ´ vention. Pour de nombreux enseignants, le stress lie ´ au VIH de ´ borde du cadre scolaire. La plupart ont perdu des parents, des amis et des colle ` gues, et s’inquie ` tent ˆ tre de a ` l’ide ´ e que leurs propres enfants puissent e ´ ja ` infecte ´ s ou se faire contaminer un jour ou l’autre. Ils ont besoin d’acque ´ rir des compe ´ tences approprie ´ es en matie ` re de conseil afin de pouvoir surmonter les obstacles a ` la discussion sur le VIH. n

Remerciements Les auteurs expriment leur gratitude aux enseignants qui ont bien voulu accepter de s’entretenir avec eux ainsi qu’au personnel du service de formation du Kara Counselling and Training Trust, en particulier a ` Shirley Mills, Ignatius Kayawe, Pheluna Muzungu, Tarcisius Mukuka et au pe ` re Michael Kelly. Ce projet ae ´ te ´ finance ´ par l’UNICEF-Lusaka sous la direction de Leo O’Keeffe et de Mark Stirling.

Bibliographie 1. Fylkesnes K et al. The HIV epidemic in Zambia : sociodemographic prevalence patterns and indications of trends among childbearing women. AIDS, 1997, 11(3): 339-345. 2. Fylkesnes K, Sichone M, Kasumba K. A population-based HIV study using saliva specimens : sociodemographic determinants of infection in Zambia. Lusaka, Ministe ` re de la Sante ´ , 1997. 3. Webb D. Orphans in Zambia : nature and extent of demographic change. AIDS analysis Africa, 1995, 6(2) :5-6. 4. Mukuka L, Kalikiti W. Impact of HIV/AIDS on education in ` re de l’Education, 1995. Zambia. Lusaka, Ministe

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