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Réduction de la morbidité et de la mortalité dues aux traumatismes dans les situations d’urgence humanitaire

Organisation mondiale de la santé
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Texte intégral

COMITÉ RÉGIONAL DE LA Octobre 2023 MÉDITERRANÉE ORIENTALE Soixante-dixième session Le Caire (Égypte), 9-12 octobre 2023

RÉDUCTION DE LA MORBIDITÉ ET DE LA MORTALITÉ DUES AUX TRAUMATISMES DANS LES SITUATIONS D’URGENCE HUMANITAIRE

Objectifs de la réunion Le 9 octobre 2023, une discussion technique sera organisée sur les soins de traumatologie dans les situations d’urgence humanitaire dans la Région de la Méditerranée orientale.

Les objectifs de la réunion sont les suivants :

• informer les États Membres de l'importance de la charge que représentent les blessures dues à des traumatismes pour la santé publique dans les situations d'urgence humanitaire et de la nécessité d'investir dans des services de soins de traumatologie solides dans ces contextes afin de réduire le nombre de décès et d’incapacités évitables ;

• apporter un appui technique de l’OMS aux pays à revenu faible ou intermédiaire pour la mise en place de services de soins de traumatologie solides dans les situations d’urgence humanitaire ;

• discuter de la nécessité d’une résolution sur les soins de traumatologie dans les situations d’urgence humanitaire dans la Région de la Méditerranée orientale.

Considérations générales

Les traumatismes sont une cause majeure de décès et d’incapacités. Chaque année dans le monde, près de cinq millions de personnes meurent des suites de traumatismes et près de 45 millions de personnes se retrouvent handicapées à la suite de blessures de ce genre (1,2). À l'échelle mondiale, les pays à revenu faible ou intermédiaire subissent une part importante de la mortalité liée aux traumatismes. Dans la Région de la Méditerranée orientale, les taux de décès dus à des traumatismes sont près de trois fois plus élevés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans ceux à revenu élevé (1). Les environnements fragiles et touchés par un conflit sont particulièrement concernés ; par conséquent, les populations qui ont le plus besoin de services de soins de traumatologie sont celles qui y ont le moins accès.

En 2021, les décès dus à la violence organisée ont augmenté de 46 % à l’échelle mondiale par rapport à l'année précédente (3). Dans la Région de la Méditerranée orientale, le nombre de décès liés à des traumatismes est également en augmentation, neuf des 22 pays/territoires qui la composent étant en proie à des conflits permanents ou à des explosions de violence sporadiques. Toutefois, l'augmentation de la demande de services de soins de traumatologie dans la Région n'est pas seulement imputable aux conflits, mais aussi aux catastrophes naturelles et d'origine humaine, telles que les séismes qui ont touché la République islamique d'Iran et le Pakistan, l'explosion du port de Beyrouth qui a fait plus de 6500 blessés en 2020 (4) et une explosion au Pakistan qui a tué au moins 100 civils en janvier 2023. L'OMS a enregistré plus de 400 incidents impliquant un grand nombre de victimes dans la Région en 2022, mais le nombre réel est probablement au moins deux fois plus élevé. Les traumatismes subis par les civils restent une menace constante et inhérente dans de nombreux États Membres de la Région de la Méditerranée orientale. En outre, des données probantes montrent que les enfants (l’avenir de toute société) et les jeunes adultes (les groupes démographiques les plus productifs sur le plan économique) sont touchés de manière disproportionnée par les traumatismes. Les données de l'OMS révèlent notamment que dans la Région de la Méditerranée orientale, les enfants de moins de 15 ans représentent 40 % des traumatismes civils, entraînant souvent un décès prématuré ou une incapacité de longue durée (Unité des opérations d’urgence, Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire, Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale, enquête non publiée, 2022).

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Dans les pays à revenu élevé, la prise en charge des traumatismes s'est considérablement améliorée, à la fois grâce aux progrès réalisés en matière d'interventions cliniques et (ce qui est peut-être plus important) au développement de systèmes de prise en charge des traumatismes qui coordonnent les soins – sur le plan préhospitalier, en établissement et au niveau communautaire. Ces progrès doivent encore s'étendre aux systèmes de santé des économies à faible revenu ; les services de soins de traumatologie de base n'existent pas dans une grande partie de la Région – et encore moins dans les contextes d’urgence humanitaire – ce qui entraîne des décès et des incapacités qui pourraient être évités. Il est essentiel de mettre en place des capacités durables en matière de soins de traumatologie dans les situations d’urgence humanitaire en investissant dans les structures nationales et les personnels de santé locaux et en les renforçant. Cette démarche doit tenir compte de la nécessité de prendre en charge un patient dès la survenue du traumatisme et jusqu'à la rééducation, et doit être étayée par des stratégies de prévention solides. L'objectif est de sauver des vies et de permettre aux victimes de se réinsérer dans la société, réduisant ainsi la charge sociale et économique à long terme qui pèse sur les communautés.

L'Initiative régionale de l'OMS pour la prise en charge des traumatismes est la première en son genre. Elle vise à garantir la mise en place systématique de services efficaces de soins de traumatologie durant les situations d'urgence humanitaire dans la Région de la Méditerranée orientale. Dans les 18 mois qui ont suivi son lancement, l'Initiative a permis de prendre en charge environ 800 000 patients blessés dans des pays fragiles et touchés par des conflits, et de répondre à plus de 200 incidents impliquant un grand nombre de victimes. Elle a ouvert la voie à la prise en charge des traumatismes au sein de l’OMS et a étendu son soutien à d’autres bureaux régionaux de l’Organisation. Cette Initiative vise essentiellement à soutenir la mise en place de services nationaux et locaux de soins de traumatologie et à assurer l'intégration de ces efforts dans les systèmes de santé en vue d'un changement durable.

Enjeux pour la Région

Une analyse récente réalisée par l’OMS dans la Région a révélé qu’entre 60 % et 80 % de tous les décès liés à des traumatismes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire surviennent avant d’atteindre l’hôpital (Unité des opérations d’urgence, Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire, Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale, étude non publiée, 2022). Près d’un quart de ces décès pourraient être évités grâce à une maîtrise élémentaire de l'hémorragie au moment du traumatisme. Cependant, dans les milieux à faibles ressources, les services préhospitaliers sont rudimentaires et il faut souvent faire appel à des non-professionnels pour stabiliser et même transporter les patients blessés (5). Parmi les obstacles cités à l'amélioration des soins de traumatologie figurent l'insuffisance du financement, le manque de leadership, l'absence de législation permettant de fixer des normes et le manque d'expertise (6).

Résultats escomptés

• Les États Membres ont été informés de l'importance de la charge que représentent les blessures dues à des traumatismes pour la santé publique dans les situations d'urgence humanitaire et de la nécessité d'investir dans des services de soins de traumatologie solides dans ces contextes afin de réduire le nombre de décès et d’incapacités évitables.

• L’appui technique de l’OMS a été apporté aux pays à revenu faible ou intermédiaire pour la mise en place de services de soins de traumatologie solides dans les situations d’urgence humanitaire.

• La nécessité d’une résolution sur les soins de traumatologie dans les situations d’urgence humanitaire dans la Région de la Méditerranée orientale a été discutée.

Références 1. Traumatismes et violence : les faits 2014. Genève : Organisation mondiale de la Santé ;

2014 (https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/161367/9789241508018_fre.pdf?sequence=1&i sAllowed=y, consulté le 29 janvier 2023).

2. Sharma BR. Road traffic injuries: a major global public health crisis. Public Health. 2008;122(12):1399– 406. doi:10.1016/j.puhe.2008.06.009.

3. Davies S, Petterson T, Oberg M. Organized violence 1989–2021 and drone warfare. Journal of Peace Research. 2022;59(4):593–610. doi:10.1177/00223433221108428.

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4. Beirut port blast: emergency strategic response plan. Beirut: WHO Lebanon; 2020 (http://www.emro.who.int/images/stories/lebanon/who-lebanon-strategic-response- plan-27.9.20.pdf?ua=1, accessed 29 January 2023).

5. Callese TE, Richards CT, Shaw P, Schuetz SJ, Issa N, Paladino L, et al. Layperson trauma training in low- and middle-income countries: a review. J Surg Res. 2014;190(1):104–10. doi:10.1016/j.jss.2014.03.029.

6. Nielsen K, Mock C, Joshipura M, Rubiano AM, Zakariah A, Rivara F. Assessment of the status of prehospital care in 13 low- and middle-income countries. Prehosp Emerg Care. 2012;16(3):381–9. doi:10.3109/10903127.2012.664245.

http://www.emro.who.int/images/stories/lebanon/who-lebanon-strategic-response-plan-27.9.20.pdf?ua=1 http://www.emro.who.int/images/stories/lebanon/who-lebanon-strategic-response-plan-27.9.20.pdf?ua=1

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