Organisation mondiale de la santé (OMS) · Journal articles

Weekly Epidemiological Record, 1997, vol. 72, 37 [full issue]

Organisation mondiale de la santé
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WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, No. 37, 12 SEPTEMBER 1997 • RELEVÉ ÉPIDÉMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 37, 12 SEPTEMBRE 1997

1997, 72, 277-284 World Health Organization, Geneva Organisation mondiale de la Santé, Genève

No. 37

WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD RELEVE EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE 12 SEPTEMBER 1997 l 72nd YEAR 72e ANNÉE l 12 SEPTEMBRE 1997

World malaria situation in 1994 Part II1 The Americas The WHO Region of the Americas comprises the entire western Hemisphere; 21 countries/areas have active malaria transmission. Canada, the Caribbean (excluding the island of Hispaniola), Chile, Cuba, Puerto Rico, the United States of America, and Uruguay remained free from endemic malaria. Progress towards goals of the GMCS: In 1994, the 21 countries/areas with active malaria programmes were in the process of reorienting their programmes in line with the GMCS. They increasingly provide early detection and treatment of cases through the general health services. Low, moderate and high-risk areas have been identified, allowing targeting of control efforts. There are great differences between countries, and criteria for classification of risk levels in each country are similar but not identical.

La situation du paludisme dans le monde en 1994 Partie II1 Les Amériques La Région OMS des Amériques recouvre la totalité de l’hémisphère occidental. Dans cette Région, le paludisme continue à se transmettre dans 21 pays/territoires. Le Canada, les Caraïbes (à l’exception de l’île d’Hispaniola), le Chili, Cuba, Porto Rico, les Etats-Unis d’Amérique et l’Uruguay sont toujours exempts de paludisme endémique. Progression vers les objectifs de la stratégie mondiale de lutte contre le paludisme: En 1994, les 21 pays/territoires bénéficiant de programmes antipaludiques actifs étaient en train de réorienter leurs programmes pour les aligner sur la stratégie mondiale. Ces programmes permettent de plus en plus d’obtenir un dépistage et un traitement rapides des cas par les services de santé généraux. On distingue désormais des zones à risque faible, modéré ou élevé, ce qui permet de mieux cibler l’effort de lutte. Il y a de grandes différences entre les pays et si les critères de classification du niveau de risque dans chacun d’entre eux sont analogues, ils ne sont pas identiques. Les systèmes d’information épidémiologique prennent essentiellement en considération le nombre de lames préparées, le nombre de cas confirmés par examen microscopique des lames, le pourcentage de lames (recueillies par dépistage actif ou passif) positives pour P. falciparum et le nombre global de traitements assurés par les programmes de lutte antipaludique. Le nombre réel d’accès de paludisme clinique dans les Amériques serait égal, selon les estimations, à plusieurs fois le nombre de cas confirmés par l’examen microscopique des lames. En 1994, le nombre de traitements assurés par les programmes de lutte antipaludique a été environ 3 fois plus élevé que le nombre de cas confirmés par examen des lames. Ces chiffres ne tiennent pas compte du secteur privé ni de l’automédication. En 1994, on estimait à 759 millions d’habitants la population de la Région OMS des Amériques. Dans cette Région, 431 millions de personnes (56,8%) vivaient dans des pays d’endémie et 230 millions (30,5%) dans des régions où existe un risque écologique 1

Epidemiological information systems focus on the numbers of blood slides taken, on slide-confirmed malaria cases, percentage of blood slides (collected through both active and passive case detection) positive for P. falciparum, and overall quantity of treatments provided through malaria control programmes. The true number of clinical malaria attacks in the Americas is estimated to be several times the number of slide-confirmed cases. In 1994, the quantity of treatments provided through malaria control programmes was some 3 times the number of slide-confirmed malaria cases. Private sector and self-treatments are not included. In 1994, the population in the Region of the Americas was estimated at 759 million; 431 million people (56.8%) lived in malaria endemic countries; 231 million people (30.5%) lived in areas with ecological risk for malaria 1

See No. 36, 1997, pp. 269-274.

Voir No 36, 1997, pp. 269-274.

CONTENTS World malaria situation in 1994 – Part II Encephalitis in Nepal Influenza Diseases subject to the Regulations 277 283 284 284 277

SOMMAIRE Situation du paludisme dans le monde en 1994 – Partie II Encéphalite au Népal Grippe Maladies soumises au Règlement 277 283 284 284

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transmission; 1.11 million slide-confirmed malaria cases were reported compared with 0.98 million in 1993 and 1.19 million in 1992; 329 170 P. falciparum, 784 369 P. vivax, and 331 P. malariae infections were reported. The overall morbidity recorded in malarious areas was 4.82 malaria cases per 1 000 inhabitants, a 42% increase over the 1993 figures. This may be partly due to better surveillance in the highest-risk areas. Control programmes in the Americas supplied the equivalent of 3.7 million complete treatment doses of antimalarial drugs.

Brazil reported 50.6% of all malaria cases, followed by 29.4% from the Andean area (Bolivia, Colombia, Ecuador, Peru, Venezuela), and 13.1% from Central America and Mexico. The annual incidence of malaria per 1 000 population living in areas of moderate or high risk was highest in the Guianas (French Guiana, Guyana and Suriname) (average 210), followed by Belize (47.4) and Brazil (30.3). The proportion of reported falciparum infections in the Americas remained stable at 29.6%. Almost 60% of all falciparum infections detected in the Americas occurred in Brazil. The highest annual incidence rates of P. falciparum infections were found in the Guianas and Brazil: respectively 109.6 and 10.3 per 1 000 population living in areas at moderate or high risk. In 17 countries the reporting system included both active and passive case-detection: “active” through epidemiological investigations and follow-ups; “passive” through general health services, hospitals and voluntary collaborators. In these countries, 1.9 million slides (i.e. 37.3% of a total of 5.1 million slides) were collected through active case-detection, with 1.7% positives. Passive case-detection produced 14.3% positives. Active casedetection thus has a low diagnostic efficiency. For instance, in Costa Rica, among 2 792 suspected malaria patients screened at health facilities, 1 311 laboratoryconfirmed malaria cases were found (47% positives). An additional 115 442 blood slides obtained through active case-detection resulted in the location of an additional 3 134 people with malaria infection (only 2.7% positives).

de transmission. Cette année-là, on a signalé 1,11 million de cas confirmés par examen microscopique des lames, contre 0,98 million en 1993 et 1,19 million en 1992. Le nombre d’infections notifiées a été de 329 170 pour P. falciparum, de 784 369 pour P. vivax et de 331 pour P. malariae. La morbidité globale enregistrée dans les zones impaludées a été de 4,82 cas pour 1 000 habitants, soit une augmentation de 42% par rapport aux chiffres de 1993. Cet accroissement pourrait être dû en partie à une meilleure surveillance des zones où le risque était le plus élevé. Les programmes de lutte antipaludique menés dans la Région des Amériques ont fourni l’équivalent de 3,7 millions de doses d’antipaludiques pour une cure complète. Le Brésil a déclaré 50,6% de la totalité des cas de paludisme, la région andine (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou, Venezuela) venant en seconde position avec 29,4% des cas, suivie par l’Amérique centrale et le Mexique avec 13,1%. L’incidence annuelle du paludisme pour 1 000 habitants vivant dans des régions à risque modéré ou élevé a atteint son maximum dans les Guyanes (Guyana, Guyane française et Suriname) (moyenne 210), suivies par le Belize (47,4) et le Brésil (30,3). La proportion d’infections à falciparum signalées dans les Amériques est restée stable à 29,6%. Près de 60% de l’ensemble des infections à falciparum dépistées dans les Amériques se sont produites au Brésil. C’est dans les Guyanes et au Brésil qu’on a relevé les taux d’incidence annuelle les plus élevés d’infections à falciparum, avec des valeurs respectivement égales à 109,6 et 10,3 pour 1 000 personnes vivant dans des zones à risque modéré ou élevé. Dans 17 pays, le système de notification comportait un dépistage actif et un dépistage passif, le dépistage «actif» étant effectué par des enquêtes épidémiologiques ou des enquêtes de suivi et le dépistage «passif» s’opérant par le canal des services de santé généraux, des hôpitaux ou de collaborateurs volontaires. Dans ces pays, on a recueilli 1,9 million de lames (soit 37,3% des 5,1 millions de lames recueillies au total) par dépistage actif avec 1,7% de lames positives. Le dépistage passif a donné 14,3% de lames positives. Le dépistage actif a donc une efficacité diagnostique moindre. Par exemple, au Costa Rica, sur les 2 792 patients suspects de paludisme et examinés dans des établissements de soins, 1 311 ont été confirmés en laboratoire (47% de lames positives). Le dépistage actif a permis d’obtenir encore 115 442 autres lames qui ont abouti à la localisation de 3 134 malades supplémentaires (seulement 2,7% de lames positives).

Data by geographical areas In Mexico, reported malaria cases declined from 15 800 in 1993 to 11 066 in 1994, almost exclusively P. vivax. For each reported malaria case the equivalent of 60 complete treatments were supplied, to a total of 769 500. This indicates an underreporting of malaria cases, but it could also imply an overuse of antimalarials. Most cases were reported from Oaxaca (4 510), Chiapas (2 750), and Sinaloa (1 795), followed by Michoacan, Quintana Roo, Guerrero, Campeche, and Tabasco. A total of 63 falciparum malaria cases were reported in 1994 compared with 202 in 1993. Reported causes of persistence of transmission include migration of agricultural workers from the south, poor housing conditions, vector resistance in focal areas, and the population engaging in outdoor activities in the evening hours when malaria transmission occurs. In Central America, the reported annual incidence of malaria per 1 000 population living in areas of moderate or high risk was 47.4 in Belize, followed by 22.5 in Honduras, 9.7 in Nicaragua, 5.2 in Guatemala, 4.4 in Costa Rica, 2.2 in Panama, and 0.57 in El Salvador. However, malaria 278

Données par zone géographique Au Mexique, le nombre de cas de paludisme signalés, dus presque exclusivement à P. vivax, a reculé de 15 800 en 1993 à 11 066 en 1994. Pour chaque cas de paludisme signalé, l’équivalent de 60 cures complètes ont été assurées, soit un total de 769 500. Ce chiffre indique qu’il y aurait sous-notification des cas, mais on pourrait également conclure à une utilisation excessive d’antipaludiques. La plupart des cas étaient originaires d’Oaxaca (4 510), Chiapas (2 750) et Sinaloa (1 795) suivis par Michoacan, Quintana Roo, Guerrero, Campeche et Tabasco. On a déclaré au total 63 cas de paludisme à falciparum, contre 202 en 1993. Parmi les causes de la persistance de la transmission qui ont été évoquées figurent la migration de travailleurs agricoles originaires du Sud, la médiocrité des logements, la résistance des vecteurs dans certains foyers et les activités menées à l’extérieur dans la soirée, au moment où se produit la transmission. En Amérique centrale, l’incidence annuelle du paludisme pour 1 000 habitants des régions exposées à un risque modéré ou élevé a été de 47,4 au Belize, suivi par le Honduras (22,5), le Nicaragua (9,7), le Guatemala (5,2), le Costa Rica (4,4), le Panama (2,2) et El Salvador (0,57). Les programmes nationaux de lutte contre le

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control programmes distributed the equivalent of 410 complete malaria treatments per 1 000 population in malarious areas in Panama, compared with 225 in Nicaragua, 114 in Costa Rica, 79 in Honduras, 11 in El Salvador, and 2.4 in Belize in 1994. Data for drug consumption in Guatemala are not available. Factors related to malaria transmission include migration, agricultural practices and deforestation. Nicaragua reported epidemic urban malaria. Reported malaria cases in Belize continued to increase, from 3 300 in 1991 to 9 957 in 1994, possibly due to more effective surveillance. Most cases were reported from Cayo (3 533), followed by Toledo (2 110) and Corozal (1 245). Causes of persistence of transmission in Belize include internal migration, deforestation and heavy rainfall. The Caribbean is largely malaria-free. Transmission is reported only on the island of Hispaniola, where it is exclusively due to P. falciparum. In the Dominican Republic, incidence rose from 360 cases in 1990 to 1 670 cases in 1994, linked to cross-border migration, trade, rice farming, and extensive use of immigrant labour in agriculture and construction. There is some risk of transmission in areas near the Haiti border. In Haiti, transmission occurs mostly in coastal areas, with local outbreaks especially between May and November. In 1994 almost half of all blood slides examined were positive, to a total of 23 140 cases. By contrast, in 1993 only 850 malaria cases had been found among 10 000 slides examined. The Andean area reported 29.4% of all malaria cases and 22.4% of all P. falciparum cases in the Americas. In the Andean area, Venezuela reported the highest incidence per 1 000 population of malarious areas (18 per 1 000), followed by Bolivia (12 per 1 000), and Peru (11 per 1 000). Colombia and Peru reported most positive slides: 127 218 and 122 039 respectively. Antimalarial drugs dispensed in malarious areas varied from the equivalent of 410 complete treatments per 1 000 population in Venezuela (or 22.3 per slide-positive patient) to 3.8 per 1 000 population in Colombia (or 0.7 per slide-positive patient). Bolivia reported 35 000 malaria cases (4 800 falciparum malaria), compared with 24 000 in 1992 (2 800 falciparum malaria). Control constraints include migration to areas bordering Brazil and Argentina. Bolivia accorded priority to malaria control in August 1994. Colombia reported a further reduction in the number of cases from 184 000 in 1992 to 127 000 in 1994. The main risk areas are Bajo Cauca, Orinoquia, Pacifico, Urabá, and Amazonia. The overall incidence in these high-risk areas increased from 36 per 1 000 in 1993 to 41 per 1 000 in 1994. In Peru, malaria cases have been rising steadily from about 32 000 in 1988 to 122 039 in 1994, with falciparum malaria increasing from zero in 1987 to 21 203 in 1994 and accounting for 17.4% of the total reported cases; 61% of cases were reported from only 4 provinces: Piura, Sullana, Loreto and Jaen. The highest annual incidence occurred in Ucayali (109 per 1 000) and Lambayeque (57 per 1 000). Peru began implementing the GMCS in 1994. Ecuador reported 30 000 malaria cases in 1994 (34% P. falciparum), down from 47 000 in 1993. Antimalarial drugs dispensed in 1994 amounted to 231 988 complete treatments; 53% of reported malaria cases originated from high-risk areas, principally from Esmeraldas (9 702 cases), Los Rios (1 842) and Manabi (1 382). Control is 279

paludisme ont cependant assuré l’équivalent de 410 cures complètes pour 1 000 habitants dans les zones impaludées du Panama, contre 225 au Nicaragua, 114 au Costa Rica, 79 au Honduras, 11 en El Salvador et 2,4 à Belize. On ne connaît pas les données de consommation pharmaceutique au Guatemala. Parmi les facteurs favorisant la transmission du paludisme, on a noté les mouvements migratoires, les façons culturales et la déforestation. Le Nicaragua a fait état d’une épidémie de paludisme en milieu urbain. Au Belize, le nombre de cas de paludisme notifiés continue à augmenter, passant de 3 300 en 1991 à 9 957 en 1994, peut-être en raison d’une surveillance plus efficace. La plupart des cas notifiés étaient originaires de Cayo (3 533), suivis de Toledo (2 110) et de Corozal (1 245). On attribue, entre autres, aux mouvements migratoires intérieurs, à la déforestation et à l’intensité des précipitations, la persistance de la transmission au Belize. Les Caraïbes sont largement exemptes de paludisme. La transmission n’est signalée que dans l’île d’Hispaniola où elle ne concerne que P. falciparum. En République dominicaine, l’incidence est passée de 364 cas en 1990 à 1 670 cas en 1994, en relation avec les mouvements migratoires transfrontaliers, les échanges commerciaux, la culture du riz, et la très large utilisation de la maind’œuvre immigrée en agriculture et dans le bâtiment. Il existe un certain risque de transmission dans les zones proches de la frontière avec Haïti. En Haïti, la transmission se produit principalement dans les zones côtières, avec des flambées localisées, en particulier entre mai et novembre. En 1994, près de la moitié des lames examinées étaient positives et correspondaient à un nombre total de cas de 23 140. En revanche, en 1993, l’examen des 10 000 lames obtenues n’avait révélé que 850 cas de paludisme. Le nombre de cas notifiés dans la région andine correspondait à 22,4% de la totalité des cas et à 22,4% des cas de paludisme à P. falciparum de la Région des Amériques. C’est le Venezuela qui a notifié l’incidence la plus élevée de toute la région andine, à savoir 18 pour 1 000 habitants des régions impaludées, suivi par la Bolivie (12 pour 1 000) et le Pérou (11 pour 1 000). Le nombre le plus élevé de lames positives a été obtenu en Colombie et au Pérou avec des chiffres respectifs de 127 218 et 122 039. En ce qui concerne la distribution des antipaludiques dans les zones impaludées, les chiffres allaient de l’équivalent de 410 cures complètes pour 1 000 au Venezuela (soit 22,3 par malade avec lame positive) à 3,8% pour 1 000 en Colombie (ou 0,7 par malade à lame positive). La Bolivie a notifié 35 000 cas de paludisme (dont 4 800 à falciparum), contre 24 000 en 1992 (2 800 à falciparum). Parmi les obstacles à la lutte antipaludique, on peut citer la migration vers les régions jouxtant le Brésil et l’Argentine. En août 1994, la Bolivie a considéré la lutte antipaludique comme une priorité. La Colombie a fait état d’une poursuite de la réduction du nombre de cas qui sont passés de 184 000 en 1992 à 127 000 en 1994. Les principales zones à risque sont Bajo Cauca, Orinoquia, Pacifico, Urabá et Amazonia. Dans ces zones à haut risque, l’incidence globale est passée de 36 pour 1 000 en 1993 à 41 pour 1 000 en 1994. Au Pérou, le nombre de cas de paludisme augmente régulièrement, de 32 000 environ en 1988 à 122 039 en 1994, le paludisme à falciparum passant pour sa part de zéro en 1987 à 21 203 en 1994 et représentant désormais 17,4% de la totalité des cas notifiés. Quatre provinces ont à elles seules déclaré 61% des cas: Piura, Sullana, Loreto et Jaen. L’incidence annuelle la plus élevée a été relevée à Ucayali (109 pour 1 000) et à Lambayeque (57 pour 1 000). Le Pérou a commencé la mise en œuvre de la stratégie mondiale de lutte contre le paludisme en 1994. L’Equateur a notifié 30 000 cas de paludisme en 1994 (34% à P. falciparum), contre 47 000 en 1993. La quantité d’antipaludiques distribués en 1994 correspondait à 231 988 cures complètes; 53% des cas signalés étaient originaires de régions à haut risque, principalement Esmeraldas (9 702 cas), Los Rios (1 842) et Manabi (1 382). La lutte antipaludique est rendue difficile par le

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hampered by a low operational coverage of the national programme. Venezuela reported 13 700 malaria cases (25% P. falciparum), down from 21 000 in 1992. The malaria control programme dispensed the equivalent of 306 185 complete treatments. Problems include border migration and unauthorized mining in the jungle. The Guianas report the highest malaria risk in the Americas. Annual incidence of malaria per 1 000 population living in areas of moderate/high risk is 300 in Guyana, 112 in Suriname and 77 in French Guiana. Drug consumption figures more or less correspond, at 247 per 1 000 in Guyana and 445 in Suriname (data for French Guiana unavailable); 63% of reported malaria cases in the Guianas are due to P. falciparum. Transmission is confined to lumbering and mining areas inhabited by Amerindian groups, and related to migration to extract natural reserves in remote forest areas.

Brazil reported 564 406 confirmed malaria cases (35% P. falciparum). Transmission is related to remote agricultural and mining areas, and internal migration. Coverage by integrated control activities is low; 85% of cases were reported from 8 high-risk states in the Amazon region, with the highest annual incidence reported in Mato Grosso (213 per 1 000), Rondônia (183 per 1 000), Pará (116 per 1 000), and Roraima and Amazonas (both 94 per 1 000). Risk is also high in Amapá, Acre and Maranhão. Elsewhere in Brazil localized malaria outbreaks occur as a result of migration of malaria-infected people from the Amazon region. Chloroquine distribution amounted to 0.65 treatments per slide-confirmed case. Brazil is the only country in the Americas which reports a substantial consumption of mefloquine (193 million tablets, or 30-50 million complete treatments) and artemisinin derivatives (129 000 complete treatments). In the Southern Cone, malaria is endemic in Paraguay and the north of Argentina. Transmission is affected by intense internal and international migration. Access to high-risk areas in Argentina (Tartagal and Oran) is limited due to climatic factors. Control activities are hampered by economic and financial constraints. A total of 947 malaria cases were recorded, with 1 falciparum case, and the equivalent of 1 389 antimalarial treatments were supplied. In Paraguay, 571 malaria cases were recorded, with 12 cases of falciparum malaria. The equivalent of 28 000 complete antimalarial treatments were dispensed. Transmission is related to temporary workers, indigenous groups, and wetlands.

fait que le programme national n’assure qu’une faible couverture opérationnelle. Le Venezuela a déclaré 13 700 cas (25% à P. falciparum) contre 21 000 en 1992. Le programme de lutte antipaludique a assuré l’équivalent de 306 185 cures antipaludiques complètes. Les problèmes rencontrés tiennent notamment aux migrations transfrontalières et à l’ouverture de mines dans la forêt vierge sans autorisation. C’est dans les Guyanes que l’on a enregistré le risque le plus élevé de paludisme de toutes les Amériques. L’incidence annuelle du paludisme atteint 300 pour 1 000 dans les zones à risque modéré ou élevé au Guyana, 112 pour 1 000 au Suriname et 77 en Guyane française. Les chiffres de consommation pharmaceutique s’établissent aux environs de 247 pour 1 000 au Guyana et de 445 pour 1000 au Suriname (on ne dispose pas de données pour la Guyane française); 63% des cas de paludisme notifiés dans les Guyanes sont dus à P. falciparum. La transmission est limitée aux zones d’exploitation forestière et minière habitées par des groupes d’Amérindiens; elle est liée aux migrations en direction des zones d’exploitation des réserves naturelles situées dans des régions forestières écartées. Le Brésil a notifié 564 406 cas de paludisme confirmés (35% à P. falciparum). La transmission est liée aux exploitations agricoles et minières dans des zones écartées ainsi qu’aux migrations intérieures. Les activités de lutte intégrées n’assurent qu’une faible couverture; 85% des cas ont été signalés dans 8 Etats à haut risque de la région amazonienne, l’incidence annuelle la plus élevée étant signalée dans les Etats suivants: Mato Grosso (213 pour 1 000), Rondônia (183 pour 1 000), Pará (116 pour 1 000), Roraima et Amazonas (chacun 94 pour 1 000). Les Etats d’Amapá, d’Acre et de Maranhão connaissent également un risque élevé. Dans les autres régions du Brésil, des flambées localisées se produisent par suite de la migration de personnes infectées originaires de la région amazonienne. La distribution de chloroquine a représenté l’équivalent de 0,65 traitement par cas confirmé par examen microscopique. Le Brésil est le seul pays des Amériques qui fasse état d’une consommation importante de méfloquine (193 millions de comprimés, soit 30 à 50 millions de cures complètes) et de dérivés de l’artémisinine (129 000 cures complètes). Dans le Cône Sud, le paludisme est endémique au Paraguay et dans le nord de l’Argentine. Les très importantes migrations internes et internationales jouent un rôle dans la transmission. Pour des raisons climatiques, l’accès aux zones à haut risque de l’Argentine (Tartagal et Oran) est limité. Des contraintes économiques et financières font obstacle aux activités de lutte. Au total, 947 cas de paludisme ont été enregistrés, dont 1 à falciparum et l’équivalent de 1 389 cures antipaludiques ont été distribuées. Au Paraguay, on a enregistré 571 cas de paludisme dont 12 à falciparum. L’équivalent de 28 000 cures complètes ont été distribuées. La transmission est liée à la présence de travailleurs temporaires, de groupes autochtones et de marécages.

Eastern Mediterranean The WHO Eastern Mediterranean Region comprises countries in Asia west of India plus several countries in North and North-East Africa. Eight countries in the Region continued to be free from endemic malaria: Bahrain, Cyprus, Jordan, Kuwait, Lebanon, the Libyan Arab Jamahiriya, Qatar and Tunisia. Malaria transmission occurs in 14 countries: Afghanistan, Djibouti, Egypt, Iran (Islamic Republic of), Iraq, Morocco, Oman, Pakistan, Saudi Arabia, Somalia, Sudan, the Syrian Arab Republic, the 280

Méditerranée orientale La Région OMS de la Méditerranée orientale est composée des pays d’Asie situés à l’ouest de l’Inde plus un certain nombre de pays d’Afrique du Nord et du Nord-Est. Huit pays de la Région ne connaissent toujours pas d’endémie palustre: Bahreïn, Chypre, Jamahiriya arabe libyenne, Jordanie, Koweït, Liban, Qatar et Tunisie. La transmission se produit dans 14 pays: Afghanistan, Arabie saoudite, Djibouti, Egypte, Emirats arabes unis, Iran (République islamique d’), Iraq, Maroc, Oman, Pakistan, République arabe syrienne, Somalie, Soudan et Yémen. En Iraq, au Maroc et en République arabe

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United Arab Emirates and Yemen. Iraq, Morocco and the Syrian Arab Republic are endemic for vivax malaria only. Malaria risk is very limited in Egypt, Morocco and the United Arab Emirates. Progress towards goals of the GMCS: Five of the 14 endemic countries have high levels of endemicity but only limited activities aimed at reduction of transmission: Afghanistan, Djibouti, Somalia, Sudan, and Yemen. Iraq experienced a vivax malaria epidemic in 1994 and the Syrian Arab Republic is under imminent threat of such an epidemic. Transmission is effectively under control in the Islamic Republic of Iran, Oman, Pakistan, Saudi Arabia and the United Arab Emirates. Transmission is very focal in Egypt and Morocco. All countries except Afghanistan have developed national plans of action in accordance with the GMCS. Available epidemiological information: Countries in the Eastern Mediterranean report slide-confirmed malaria cases, classified by species into P. falciparum and P. vivax. The Regional Office has assigned each country an estimate of underreporting (the “underreporting coefficient”), varying from 2 to 13.5. Mortality figures are estimated by combining the relative proportion of P. falciparum cases and the presence of epidemic malaria with case-fatality rates adjusted for each country’s development level. The Regional Office has also estimated the number of people at risk of malaria for each country. In 1994, the population in this Region was estimated at 421 million, of which 256 million people (61%) were considered to live in areas at risk. The total number of clinical cases was estimated to be 12.7 million (73% P. falciparum). Over half (54%) of all clinical cases were estimated to occur in Sudan, followed by Afghanistan (19%) and Somalia (15%). The total malaria deaths for the Region were estimated at 34 500, with 58% occurring in Sudan, followed by Somalia (25%) and Afghanistan (7%). The estimated annual incidence of P. falciparum infection in populations living in risk areas were highest in the 3 countries located in Africa south of the Sahara: Sudan (218 per 1 000), Somalia (209 per 1 000) and Djibouti (104 per 1 000) A total of 319 249 slide-confirmed malaria cases were reported (39% P. falciparum). A third (34%) of malaria cases and 40% of falciparum infections in the Region were reported from Pakistan. Iraq followed, with 31% of reported cases, and the Islamic Republic of Iran with 16%. Recorded overall morbidity in the Region was 1.22 malaria cases per 1 000 population in endemic areas. The reported annual incidence per 1 000 population living in endemic areas was highest in Djibouti (10.9 per 1 000), followed by Iraq (8.9 per 1 000), and Yemen (4.9 per 1 000). The reported annual incidence of P. falciparum infections per 1 000 population living in endemic areas was also highest in Djibouti (10.7 per 1 000) and Yemen (4.6 per 1 000).

syrienne, l’endémie ne concerne que le paludisme à vivax. Le risque est très limité en Egypte, dans les Emirats arabes unis et au Maroc.

Progression vers les objectifs de la stratégie mondiale de lutte contre le paludisme: Cinq des 14 pays d’endémie connaissent une forte endémicité mais les activités visant à réduire la transmission y sont réduites: Afghanistan, Djibouti, Somalie, Soudan et Yémen. Une épidémie de paludisme à vivax s’est produite en Iraq en 1994 et la menace d’une telle épidémie est imminente en République arabe syrienne. La transmission est bien maîtrisée en Arabie saoudite, dans les Emirats arabes unis, en Oman, au Pakistan et en République islamique d’Iran. Elle est très localisée en Egypte et au Maroc. Tous les pays, sauf l’Afghanistan, ont mis sur pied des plans nationaux d’action conformes à la stratégie mondiale de lutte contre le paludisme. Données épidémiologiques disponibles: Les pays de la Méditerranée orientale notifient leurs cas de paludisme confirmés par examen microscopique des lames en les classant en fonction de l’espèce en cause (P. falciparum ou P. vivax). Le Bureau régional a attribué à chaque pays un «coefficient estimatif de sous-notification» qui varie de 2 à 13,5. Les chiffres de mortalité sont estimés en appliquant les taux de létalité corrigés en fonction du niveau de développement de chaque pays à la proportion de cas de paludisme à falciparum, compte tenu de la présence éventuelle d’épidémies. Pour chaque pays, le Bureau régional a également procédé à l’estimation du nombre de personnes exposées au risque de paludisme. En 1994, la population de cette Région était évaluée à 421 millions d’habitants, dont 256 millions (61%) étaient considérés comme vivant dans des zones à risque. Le nombre total de cas cliniques a été estimé à 12,7 millions (73% à P. falciparum). On estime que plus de la moitié (54%) de l’ensemble des cas cliniques se sont produits au Soudan, l’Afghanistan (19%) venant en seconde position, suivi par la Somalie (15%). Le nombre total de décès dus au paludisme dans la Région a été évalué à 34 500, dont 58% au Soudan, 25% en Somalie et 7% en Afghanistan. Les chiffres les plus élevés de l’incidence annuelle estimative des infections à P. falciparum concernent des populations vivant dans les zones à haut risque de 3 pays d’Afrique au sud du Sahara: le Soudan (218 pour 1 000), la Somalie (209 pour 1 000), et Djibouti (104 pour 1 000). Au total, 319 249 cas de paludisme confirmés par examen microscopique des lames ont été notifiés (dont 39% à P. falciparum). Un tiers (34%) des cas de paludisme et 40% des infections à falciparum enregistrés dans la Région l’ont été au Pakistan. L’Iraq venait en deuxième position avec 31% des cas déclarés, suivi par la République islamique d’Iran avec 16%. La morbidité globale relevée dans la Région a été de 1,22 cas de paludisme pour 1 000 habitants dans les zones d’endémie. Dans ces zones, l’incidence annuelle la plus élevée a été relevée à Djibouti (10,9 pour 1 000), suivi par l’Iraq (8,9 pour 1 000) et le Yémen (4,9 pour 1 000). L’incidence annuelle des infections à P. falciparum la plus élevée pour 1 000 habitants des zones d’endémie a été signalée à Djibouti (10,7 pour 1 000) et au Yémen (4,6 pour 1 000).

Data by country In Afghanistan, because of the disruption of health services, coordinated countrywide antimalaria activities are no longer possible, and epidemiological data for the country are no longer reported. The estimated number of cases is 2-3 million annually (10% P. falciparum). This situation has serious repercussions on its neighbouring countries, Pakistan, the Islamic Republic of Iran and Tajikistan. 281

Données par pays En Afghanistan, en raison de l’effondrement des services de santé, il n’est désormais plus possible de mener des activités de lutte antipaludique coordonnées à l’échelle du pays et les données épidémiologiques ne sont plus communiquées. On estime à 2-3 millions le nombre annuel de cas de paludisme, dont 10% à P. falciparum. Cette situation a de sérieuses répercussions sur ses pays voisins, le Pakistan, la République islamique d’Iran et le Tadjikistan.

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In Djibouti, the entire population is considered at risk of malaria, mainly P. falciparum. It is estimated that only 10% of cases are reported. Malaria cases were estimated at 60 000 (59 000 due to P. falciparum), with 600 deaths. The estimated annual mortality of 1.06 per 100 000 population at risk is the highest in the Eastern Mediterranean Region. In Egypt, malaria transmission is limited to 1 small focus in 2 districts of El Faiyûm Governorate. In the Islamic Republic of Iran, 84% of the population live in areas at risk of transmission. A total of 51 089 malaria cases were reported in 1994, including 19 451 falciparum malaria. Transmission of P. falciparum continues in the south-eastern part (Hormozgan, Sistan and Baluchestan) and in the tropical part of Kerman Province. P. vivax is more widespread, especially in the lowlands of the southern part of the country. In areas bordering Iraq an increase in the incidence of P. vivax was reported, especially in Ilam and Khuzestan. Episodic transmission of P. vivax occurs on the border with Turkey. Total malaria cases are estimated at 150 000 per year, with 150 deaths. In Iraq, the malaria programme had previously been very successful, eliminating the disease from most parts of the country. However, in recent years the malaria incidence has kept rising. Northern Iraq is facing a rapid and serious resurgence of malaria, with seasonal epidemics in summer-autumn. Nationally, 98 222 cases were recorded in 1994, compared with 3 400 in 1989. Only P. vivax is locally transmitted. Fifty-six per cent of the population live in areas at risk of transmission. The national malaria control programme does not cover 3 governorates in the north where an independent programme is being implemented. Malaria control is hampered by sanctions and the political instability in the north. In Morocco, only vivax malaria is transmitted. A total of 724 364 blood slides were collected through active and passive case detection. Only 206 positive slides were found, of which 156 infections were of local origin. Cases originated in 9 provinces, 5 of which did not report cases in 1993. Taounate (50 cases), El Kelaa (44 cases), Azilal (22) and Sidi Kacem (21) were the provinces most affected. In Oman, reported malaria cases more than halved from 16 787 in 1993 to 7 215 in 1994. The reduction is attributed to a very aggressive eradication approach, which started in 1991 in the Sharquiya Region, followed by the Batinah Regions and Quriyat and Seeb wilayat in the Muscat Region in 1992-1994. Eighty-nine per cent of the population are estimated to live in areas at risk of transmission. The annual incidence was estimated at 15 000 malaria cases (90% P. falciparum), with an estimated 40 deaths. In Pakistan, 109 000 malaria cases were reported (46% P. falciparum). Total cases were estimated at 220 000, with 100 000 P. falciparum infections, and 250 deaths. A proportion of 95% of the population live in areas that are yearround at risk of malaria transmission, both in rural and urban areas. Antimalarial drug resistance is an increasing problem, especially in the Punjab and the northern areas. The contribution of the general health services to malaria case reporting is improving. In Saudi Arabia, the reported malaria incidence decreased from 18 000 cases in 1993 to 10 000 in 1994. Total cases were estimated to be 75 000, with 60 000 P. falciparum cases and 150 deaths. The main transmission areas are situated in the south-western and southern parts of the country. Malaria transmission is greatly influ282

A Djibouti, on estime que toute la population est exposée au risque de paludisme, essentiellement à P. falciparum. On évalue à environ 10% le nombre de cas notifiés. On estime qu’il y a eu 60 000 cas de paludisme, dont 59 000 à P. falciparum et 600 mortels. La mortalité estimative annuelle, qui est de 1,06 pour 100 000 personnes exposées au risque, est la plus forte de la Méditerranée orientale. En Egypte, la transmission du paludisme se limite à 1 petit foyer dans 2 districts du gouvernorat d’El Faiyûm. En République islamique d’Iran, 84% de la population vit dans des zones où existe un risque de transmission. En 1994, 51 089 cas de paludisme ont été signalés au total, dont 19 451 à falciparum. La transmission de P. falciparum se poursuit dans la partie sud-est de ce pays (Hormozgan, Sistan et Baluchistan) ainsi que dans la partie tropicale de la province de Kerman. P. vivax est plus répandu, en particulier dans les plaines du sud du pays. Dans les zones qui jouxtent l’Iraq, on a signalé une augmentation de l’incidence du paludisme à P. vivax, notamment en Ilam et au Khuzestan. La transmission de P. vivax se produit épisodiquement à la frontière avec la Turquie. On estime que le nombre total de cas de paludisme est de 150 000 par an, dont 150 mortels. En Iraq, le programme de lutte antipaludique avait été auparavant couronné de succès, conduisant à l’élimination de la maladie de la plupart des régions du pays. Toutefois, ces dernières années, l’incidence du paludisme n’a cessé de s’accroître. Dans le nord, l’Iraq doit faire face à une résurgence grave et rapide de la maladie, avec des épidémies saisonnières en été et en automne. Sur le plan national, on a enregistré 98 222 cas en 1994, contre 3 400 en 1984. Il n’existe que des foyers de transmission à P. vivax. La proportion de la population vivant dans des zones à risque est de 56%. Le programme national de lutte antipaludique ne couvre pas les 3 gouvernorats du nord, où un programme indépendant est en place. La lutte antipaludique souffre des sanctions internationales et de l’instabilité politique qui règne dans le nord du pays. Au Maroc, la transmission ne concerne que le paludisme à vivax. Le nombre de lames de sang recueillies lors du dépistage actif et passif a atteint un total de 724 364. Seules 206 d’entre elles se sont révélées positives, dont 156 correspondaient à des infections d’origine locale. Les cas provenaient de 9 provinces, dont 5 n’avaient pas signalé de cas en 1993. Les provinces les plus affectées ont été celles de Taounate (50 cas), El Kelaa (44 cas), Azilal (22 cas) et Sidi Kacem (21 cas). En Oman, le nombre de cas notifiés a été divisé par plus de 2, passant de 16 787 en 1993 à 7 215 en 1994. On attribue cette réduction à une politique d’éradication très percutante, qui a commencé en 1991 dans la région de Sharquiya, puis dans celles de Batinah et de Quriyat, et, ultérieurement, dans la wilaya de Seeb, région de Mascate, en 1992-1994. On estime que 89% de la population vit dans des zones où existe un risque de transmission. L’incidence annuelle a été évaluée à 15 000 cas (90% à P. falciparum), dont 40 mortels. Au Pakistan, on a signalé 109 000 cas de paludisme (dont 46% à P. falciparum). Le nombre total de cas a été évalué à 220 000, dont 100 000 étaient des infections à P. falciparum, avec 250 décès. La population vit à 95% dans des zones rurales ou urbaines, où il existe toute l’année un risque de transmission du paludisme. La résistance aux antipaludiques pose de plus en plus de problèmes, en particulier au Pendjab et dans les régions du nord. La contribution des services généraux de santé à la notification des cas s’améliore. En Arabie saoudite, l’incidence du paludisme est tombée de 18 000 cas en 1993 à 10 000 en 1994. On estime que le nombre total de cas a été cette année-là de 75 000, dont 60 000 à P. falciparum et 150 mortels. Les principales zones de transmission sont situées dans le sud-ouest et le sud du pays. La transmission du paludisme est due pour une large part aux plasmodies importées de

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enced by importation of parasites to low-endemicity areas, by rains and floods in the south-west, and by population movements in the area bordering Yemen. In Somalia, the entire population is considered at risk of malaria transmission, predominantly P. falciparum. No cases were reported in 1994 because of the disruption of health services, although 2 million cases (95% P. falciparum) and 8 500 deaths were estimated to occur. After Djibouti, Somalia has the second highest estimated annual malaria mortality in the Eastern Mediterranean Region: 0.94 per 100 000 population at risk. No malaria data were reported for Sudan for 1994. The Ministry of Health estimates that with a population of 29 million people, 7 million malaria cases (90% P. falciparum) and 20 000 deaths may occur annually. This would give Sudan the highest estimated annual incidence of malaria cases per 1 000 population at risk in the Region. In the Syrian Arab Republic, vivax malaria transmission occurred in 2 provinces, Aleppo and El Hassaka, in the north of the country bordering Iraq and Turkey. Malaria incidence declined during the 1980s, reaching its lowest point in 1991 with only 18 cases, after which the trend reversed. In 1994, 10% of the population were considered at risk of malaria transmission. A total of 558 local cases and 49 imported cases (mainly from Sudan and Iraq) were reported, down from 961 cases in 1993; 75% of cases (462) were detected through passive case detection, active case detection adding another 145 cases. In the United Arab Emirates, 20% of the population were considered at risk of malaria transmission. Incidence figures for 1994 are not available, but about 3 500 cases were reported annually in previous years, more than half of which were investigated in detail. Less than 1% were found to be of local origin; 17 such cases occurred in 1993 in rural areas as secondary cases to imported infections. All these foci were eliminated and did not produce further cases. Imported cases are closely linked to the expatriate labour force. Malaria incidence data in Yemen are collected from a limited number of hospitals, health centres and malaria laboratories. Data are very incomplete and cover at best half of the malarious areas of the country. In 1994, 37 000 cases were reported, 35 000 of which were P. falciparum. The estimated number of cases was 13.5 times higher at 500 000 malaria cases, an estimated 460 000 of which due to P. falciparum. Malaria deaths are estimated at 2 300 per year.

zones de faible endémicité, par les pluies et les inondations qui se produisent dans le sud-ouest, ainsi que par les mouvements de population dans la région qui jouxte le Yémen. En Somalie, on estime que la totalité de la population est exposée au risque de transmission d’un paludisme dû pour une très large part à P. falciparum. Aucun cas n’a été signalé en 1994 du fait de l’effondrement des services de santé, mais on estime le nombre de cas à 2 millions, dont 95% à P. falciparum et 8 500 mortels. Après Djibouti, c’est la Somalie qui connaît chaque année la mortalité due au paludisme la plus élevée de la Région de la Méditerranée orientale, avec un chiffre de 0,94 pour 100 000 personnes exposées au risque. Le Soudan n’a notifié aucun cas de paludisme en 1994. Le Ministère de la Santé estime que, sur une population de 29 millions d’habitants, il pourrait y avoir 7 millions de cas de paludisme (90% à P. falciparum), dont 20 000 mortels chaque année. Dans ces conditions, le Soudan aurait l’incidence estimative annuelle pour 1 000 habitants exposés au risque la plus élevée de la Région. En République arabe syrienne, il y a eu transmission du paludisme à vivax dans 2 provinces, celle d’Alep et celle d’El Hassaka, dans la partie nord du pays située le long de la frontière de l’Iraq et de la Turquie. L’incidence du paludisme a reculé au cours des années 80, atteignant son plus bas niveau en 1991 avec seulement 18 cas, après quoi la tendance s’est inversée. En 1994, on estime que 10% de la population était exposée au risque de transmission du paludisme. Au total, 558 cas autochtones et 49 cas importés (essentiellement d’Iraq et du Soudan) ont été notifiés, contre 961 en 1993; 75% de ces cas (462) ont été repérés par dépistage passif, le dépistage actif ayant permis d’en repérer 145 autres. Dans les Emirats arabes unis, on estime que 20% de la population était exposée au risque de transmission du paludisme en 1994. Les chiffres de l’incidence ne sont pas connus pour 1994, mais on a déclaré environ 3 500 cas chaque année les années précédentes, dont plus de la moitié ont été étudiés en détail. Moins de 1% se sont révélés être d’origine locale; 17 d’entre eux, qui se sont produits en 1993 dans des régions rurales, étaient des cas secondaires à des infections importées. Tous ces foyers ont été éliminés et n’ont pas entraîné l’apparition de nouveaux cas. Il y a un rapport très étroit entre ces cas importés et la présence d’une main-d’œuvre expatriée. Les données relatives à l’incidence du paludisme au Yémen proviennent d’un nombre limité d’hôpitaux, de centres de santé et de laboratoires. Ces données sont très incomplètes et ne couvrent, au mieux, que la moitié des zones impaludées du pays. En 1994, 37 000 cas ont été signalés, dont 35 000 à P. falciparum. On estime que le nombre effectif de cas a été 13,5 fois plus élevé, soit 500 000, dont vraisemblablement 460 000 à P. falciparum. On estime que la mortalité palustre se situe à 2 300 cas par an.

Encephalitis in Nepal A total of 247 cases of encephalitis have been registered this year. Of these, 223 were reported in the national Early Warning Reporting System (EWARS) from the second week of April to the third week of August. A weekly average of about 5 cases were reported up to the second week of July when the number of cases started to increase. In the third week of August, 51 cases were reported. Twenty-four of the 223 cases reported since the second week of April were fatal. The cases were from 20 of the 75 districts of the country as follows: Bankey (with the highest number of cases), Bardiya, Jhapa, Chitwan, Rupandehi, Kailali, Nawalparasi. Morang, Surkhet, Dang, Kanchanpur, Makwanpur, Gorkha, Saptari, Tanahu, Mahotari, Sindhuli, Siraha, Sunsari and Dhanusha. Three cases were in persons from neighbouring states in India. 283

Encéphalite au Népal Au total, 247 cas d’encéphalite ont été enregistrés cette année, dont 223 signalés par le système d’alerte précoce (EWARS) de la deuxième semaine d’avril à la troisième semaine d’août. On a signalé une moyenne hebdomadaire de 5 cas environ jusqu’à la deuxième semaine de juillet quand le nombre de cas a commencé à augmenter. Au cours de la troisième semaine d’août, 51 cas ont été notifiés. Vingt-quatre des 223 cas signalés depuis la deuxième semaine d’avril ont été mortels. Les cas provenaient de 20 des 75 districts du pays, à savoir ceux de Bankey (où l’on a enregistré le nombre le plus élevé de cas), Bardiya, Jhapa, Chitwan, Rupandehi, Kailali, Nawalparasi, Morang, Surkhet, Dang, Kanchanpur, Makwanpur, Gorkha, Saptari, Tanahu, Mahotari, Sindhuli, Siraha, Sunsari et Dhanusha. Trois cas ont été signalés dans des Etats de l’Inde voisine.

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Age and sex information available for 139 of the 247 cases reported shows 62% among males and 38% among females. Four cases (3%) were under 1 year of age; 24 cases (17%) in the age group 1-4 years; 57 (41%) in the age group 5-14 years; 42 (30%) in the age group 1544 years, 9 (6%) in the age group 45-59 years; and 3 (2%) in the age group 60 years or more. Ninety-four (68%) of these 139 cases were reported during the weeks of increased activity. Cases of encephalitis in Nepal are reported throughout the year and usually increase between June and October. The diagnosis is made on a clinical basis as there are no laboratory means to establish etiology. However, studies conducted in the country indicate that many of the cases are due to Japanese encephalitis. The cases were reported by 8 sentinel hospitals to the Vector Borne Disease Research and Training Center (VBDRTC) in Hetauda, Makwanpur which acts as focal point for EWARS. (Based on: EWARS Weekly Bulletin; Epidemiological Week No. 33; Epidemiology and Disease Control Division, Vol. I, No. 19, 15-22 August 1997 via the Office of the WHO Representative in Nepal. Encephalitis in Nepal.)

Il ressort de la répartition selon l’âge et le sexe, qui est connue dans 139 des 247 cas que 62% touchent des hommes et 38% des femmes. Quatre cas (3%) sont survenus avant l’âge d’un an; 24 cas (17%) dans le groupe d’âge de 1 à 4 ans; 57 (41%) dans le groupe d’âge de 5 à 14 ans; 42 (30%) dans le groupe d’âge de 15 à 44 ans; 9 (6%) dans le groupe d’âge de 45 à 59 ans; et 3 (2%) chez des personnes âgées de 60 ans et plus. Quatre-vingt-quatorze (68%) de ces 139 cas ont été signalés au cours des semaines d’activité accrue. Les cas d’encéphalite au Népal sont signalés pendant toute l’année et surviennent généralement entre juin et octobre. Le diagnostic est établi sur une base clinique car on n’a pas de moyen d’établir l’étiologie au laboratoire. Toutefois, des études effectuées dans le pays indiquent qu’il s’agit souvent d’encéphalite japonaise. Les cas ont été signalés par 8 hôpitaux sentinelles au Centre de recherche et de formation sur les maladies transmises par les vecteurs (VBDRTC) à Hetauda, Makwanpur, qui joue le rôle de point focal pour EWARS. (D’après: EWARS Weekly Bulletin, Epidemiological Week No 33; Epidemiology and Disease Control Division , Vol. I, No 19, 15-22 août 1997 par l’intermédiaire du Bureau du Représentant de l’OMS au Népal.)

Influenza New Zealand (29 August 1997).1 Influenza activity, as reflected in consultations reported by sentinel physicians, increased gradually during June and July but did not cause a marked peak, as in the large epidemic in the 1995-1996 season. The weekly number of consultations declined slightly and was around 200 per 100 000 population in the last week of August. Influenza B has predominated but some influenza A has also been diagnosed, mainly of H3N2 subtype. Philippines (3 September 1997). An outbreak of influenza started in Manila at the end of July and continued in August. Influenza A(H1N1) virus has been identified from three positive isolates and two others are pending. South Africa (August 1997).2 The number of influenza A(H3N2) cases confirmed in the Johannesburg region declined in August when influenza B became more frequently diagnosed. Influenza A and B were also diagnosed in other parts of the country during August. 1 2

Grippe Nouvelle-Zélande (29 août 1997).1 L’activité grippale, reflétée par les consultations signalées par les médecins sentinelles, a augmenté progressivement au cours de juin et juillet, mais elle n’a pas manifesté de pic marqué, comme lors de la grande épidémie de la saison 1995-1996. Le nombre hebdomadaire de consultations a diminué légèrement et s’est établi à environ 200 pour 100 000 habitants au cours de la dernière semaine d’août. La grippe B a prédominé mais l’on a diagnostiqué quelques cas infectés par le virus A, principalement H3N2. Philippines (3 septembre 1997). Une flambée de grippe a débuté à Manille fin juillet et s’est poursuivie au mois d’août. Le virus grippal A(H1N1) a été identifié à partir de trois isolats positifs et l’on attend les résultats pour deux autres. Afrique du Sud (août 1997).2 Le nombre de cas de grippe A(H3N2) confirmés dans la région de Johannesburg a diminué en août, lorsqu’on a diagnostiqué plus fréquement des grippe B. Des grippes à virus A et B ont été également diagnostiquées dans d’autres parties du pays au cours du mois d’août. 1 2

See WER No. 31, 1997, p. 236. See WER No. 33, 1997, p. 252.

Voir REH No 31, 1997, p. 236. Voir REH No 33, 1997, p. 252.

DISEASES SUBJECT TO THE REGULATIONS

MALADIES SOUMISES AU RÈGLEMENT

Notifications received from 5 to 11 September 1997 C – cases, D – deaths, ... – data not yet received, i – imported, r – revised, s – suspect

Notifications reçues du 5 au 11 septembre 1997 C – cas, D – décès, ... – données non encore disponibles, i – importé, r – révisé, s – suspect

Cholera • Choléra Asia • Asie C D Kazakstan 1-31.VII .......................................................... 4i 0

Plague • Peste Asia • Asie C Mongolia – Mongolie Arkhangai Province Ikh Tamir District ............................... 1 D 1.IX 0

s Price of the Weekly Epidemiological Record Annual subscription Sw. fr. 230.– 6.700 09.97

s Prix du Relevé épidémiologique hebdomadaire Abonnement annuel Fr. s. 230.– ISSN 0049-8114 284 Printed in Switzerland

Informations clés
Type de document Journal articles
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé