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Allocution du S.E. M. Maithripala Sirisena, président de la République socialiste démocratique de Sri Lanka : 7 novembre 2016

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Texte intégral

Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. Septième session Delhi (Inde) 7-12 novembre 2016 FCTC/COP/7/DIV/6 9 novembre 2016 Allocution du S.E. M. Maithripala Sirisena, président de la République socialiste démocratique de Sri Lanka 7 novembre 2016 Bonjour à toutes et à tous ! Ayubowan !! Dr Salagay, Président de la Conférence des Parties, M. Jagat Prakash Nadda, ministre de la Santé, Dr Vera Luiza da Costa e Silva, Chef du Secrétariat de la Convention. Excellences, distingués délégués, représentants de la Convention-cadre pour la lutte antitabac et d’autres organisations, mesdames et messieurs. Je souhaite tout d’abord remercier les docteurs Salagay et Vera da Costa e Silva d’avoir eu la générosité de m’inviter à prendre la parole lors de cette importante conférence. C’est un honneur et un privilège pour moi et, par extension, pour l’ensemble de mon pays. Dr Vera, nous sommes profondément reconnaissants du travail considérable que vous et vos équipes avez réalisé ces derniers mois afin que cette réunion voie le jour. J’aimerais également vous féliciter pour ces dix années hautement productives de la Convention-cadre pour la lutte antitabac et vous souhaiter tous mes vœux de réussite pour l’avenir. C’est avec une grande gratitude que je tiens également à remercier le gouvernement indien de son hospitalité et du profond intérêt dont a fait preuve son Premier ministre, M. Narendra Modi. Un intérêt qui démontre clairement un réel engagement vis-à-vis du thème de cette conférence. Nous nous devons également de saluer la générosité du gouvernement indien qui accueille cette session de la Conférence des Parties. Nous avons également le plaisir d’accueillir le Dr Asamoa-Baah, directeur général adjoint de l’OMS, et notre cher ami, le Dr Poonam Singh, directeur régional de l’OMS. FCTC/COP/7/DIV/6 2 Le nombre de Parties à la Convention n’a cessé de croître ces dix dernières années pour compter en ce jour d’ouverture de la septième session 180 États, soit 90 % de la population mondiale. Une preuve, s’il en est, de la puissance et de l’influence de la Convention-cadre pour la lutte antitabac et de l’impact que vous pouvez avoir sur la santé de la population mondiale. Le Sri Lanka a grandement bénéficié des informations et des données que vous avez communiquées au fil des ans pour mettre en place ses politiques et ses réglementations. Les dernières sessions organisées à Moscou ont été particulièrement importantes et efficaces. Les décisions qui y ont été prises nous ont aidés à faire grandement progresser la mise en œuvre des politiques internationales de lutte antitabac. Le programme des débats qui se tiendront à l’occasion de cette septième Conférence des Parties revêt également un intérêt tout particulier pour nous tous. Les sujets tels que le contrôle des nouveaux produits, par exemple les cigarettes électroniques et les pipes à eau, les activités de remplacement de la culture du tabac économiquement viables et les risques sexospécifiques de la lutte antitabac, sont d’une importance singulière Au Sri Lanka, nous avons accepté de nombreuses recommandations de la Convention-cadre pour la lutte antitabac depuis que nous l’avons ratifiée en 2005. Le Sri Lanka a été l’un des premiers pays de l’Asie du Sud-Est à signer, puis à ratifier, la Convention-cadre pour la lutte antitabac. Dans sa lignée, nous avons depuis adopté notre propre loi sur le tabac et l’alcool, et mis en place une autorité régissant l’alcool et le tabac, communément connue sous le nom de NATA. Je pense que notre NATA est unique, que ce soit dans la région ou dans le reste du monde, car il s’agit peut-être du seul organisme de ce type à traiter aussi bien du tabac que de l’alcool. Ce dernier a vu le jour pour des raisons aussi bien historiques que techniques. Depuis mon investiture en tant que Président, début 2015, le tabac et l’alcool sont tout en haut de mon programme national. J’ai constitué un groupe de travail présidentiel dont la mission consiste à suivre l’évolution de la situation en matière de drogues et de narcotiques. J’organise également une réunion de synthèse mensuelle pour évaluer les progrès réalisés en la matière et invite des représentants de tous les secteurs de sorte à pouvoir œuvrer à la mise en place de politiques et de plans multisectoriels. Dans la lignée des recommandations de la Convention-cadre pour la lutte antitabac, nous avons également révisé nos politiques de taxation du tabac, ce qui a résulté, il y a de cela seulement un mois, en une augmentation de 10 % des taxes sur le tabac. Autre mesure importante, mon ministre de la Santé œuvre à la mise en place de conditionnements neutres dans un avenir proche, et nous tenons ici encore à remercier la Convention- cadre pour la lutte antitabac de l’efficacité remarquable de son soutien technique. Nous nous inspirons librement des leçons et des expériences de certains pays qui ont déjà introduit des emballages neutres sur leur territoire. Nous abordons également la question du tabac de nombreuses autres manières, par l’adoption, notamment, de lois sévères relatives à la lutte contre la pollution de l’air et en interdisant la cigarette dans les lieux publics clos. La publicité en faveur du tabac est strictement interdite, bien que, comme dans bien d’autres pays, l’industrie du tabac mette en œuvre d’habiles tactiques pour promouvoir le tabac auprès des groupes vulnérables, tout particulièrement les écoliers. Dans le cadre de l’ensemble de nos travaux, nous avons pu nous appuyer sur les conseils judicieux et enthousiastes de la Convention-cadre pour la lutte antitabac et de l’OMS. Avec le soutien de l’OMS et de la Convention-cadre pour la lutte antitabac, nous surveillons assidûment les tendances en matière de prévalence de la consommation de tabac parmi notre population. Plus tôt cette année, le Sri Lanka a rempli l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les jeunes et nous avons eu le plaisir de découvrir que la prévalence de la consommation de tabac parmi cette population a significativement diminué depuis l’enquête précédente. Le questionnaire STEPS de FCTC/COP/7/DIV/6 3 l’OMS qui vient d’être réalisé a également révélé que la prévalence du tabagisme est également moindre chez les adultes. Si ces résultats se montrent encourageants, nous ne sommes pas entièrement satisfaits, car nous pensons que beaucoup trop de personnes fument encore au Sri Lanka. Nous espérons qu’avec votre collaboration, le Sri Lanka sera en mesure de devenir l’un des pays en développement à avoir réussi à éliminer le problème de santé publique que représente le tabac. Lors de la sixième session de la Conférence des Parties, le Dr Margaret Chan a insisté sur la nécessité de résister aux tentatives de l’industrie du tabac de saper la lutte antitabac en engageant des poursuites et en s’ingérant dans le processus d’élaboration de politiques gouvernementales. Lorsque j’étais encore ministre de la Santé, soit jusqu’en début 2015, j’ai essayé de mettre en œuvre plusieurs mesures répondant aux directives de la Convention-cadre afin de limiter la menace que pose le tabac, tout particulièrement auprès des enfants. J’ai pu moi-même faire l’expérience du problème en tant que ministre de la Santé lorsque nous avons essayé de recouvrir 75 % des paquets de cigarettes de mises en garde sanitaires graphiques. À l’époque, j’ai dû passer des journées entières au tribunal pour faire face aux nombreuses actions intentées par l’industrie du tabac afin d’empêcher cette mesure de voir le jour. Le tribunal a finalement réduit ce pourcentage à un maximum de 60 %. Ces mesures ont également pris énormément de temps, si bien que mon ministre de la Santé a dû faire passer une nouvelle Loi du Parlement pour étendre ces mises en garde à 80 % des paquets. Notre longue expérience prouve que l’industrie du tabac a l’habitude de déformer et de remettre en question les avis scientifiques les plus avisés, et d’avancer des arguments malhonnêtes bien loin de la réalité. Nous savons qu’elle cherche à influencer de nombreuses manières les décideurs politiques, qu’elle soutient les pétitions remettant en cause les législations gouvernementales et tente de persuader les médias de masse. Il s’agit pour moi d’une ingérence directe dans les questions de politique interne de tous les pays. Nous ne devons faire aucun compromis, quel qu’il soit, avec l’industrie du tabac. Nous devons également faire face au commerce illégal des produits du tabac, tout particulièrement lorsque nous renforçons nos politiques et réglementations en la matière, notamment en augmentant les taxes. Ce trafic pose un sérieux problème de santé publique, et perturbe sérieusement nos politiques nationales antitabac, en permettant de contourner certaines mesures visant à réduire la demande, telles que l’augmentation des taxes. Tous ces points impliquent que nous ne serons pas en mesure de mettre efficacement en œuvre les provisions du traité et d’en tirer tous les avantages. Il est donc de la plus haute importance qu’un plus grand nombre de Parties ratifient rapidement ce protocole afin qu’il puisse faire force de loi. Je dois également porter à votre intention le problème grandissant que représentent les produits du tabac sans fumée au Sri Lanka et dans la région. La chique de bétel est profondément inscrite dans notre mode de vie, et les préparations commerciales gagnent également en popularité parmi la jeune génération sri lankaise et les communautés urbaines et semi-urbaines. De nombreuses données scientifiques soulignent le lien étroit entre l’utilisation des produits du tabac sans fumée et de nombreux problèmes de santé, principalement le cancer de la bouche. J’aimerais inviter instamment la Convention-cadre pour la lutte antitabac à se pencher sérieusement sur les produits du tabac sans fumée dans les années à venir. Toute négligence en la matière pourrait avoir de lourdes conséquences. Enfin, j’aimerais replacer la menace posée par le tabac dans une perspective plus large. La population du Sri Lanka est déjà dans une phase avancée de transition en matière de vieillissement et de maladie. Les maladies non transmissibles constituent maintenant la principale charge de morbidité du Sri Lanka, responsables de la plupart des problèmes de santé, des handicaps et des morts prématurées. Ainsi, les facteurs de risque tels que l’obésité, le tabagisme, l’alcoolisme et les excès de sel et de sucre sont aujourd’hui les plus grandes problématiques de santé à traiter au Sri Lanka. Mon gouvernement est à la tête des efforts nationaux entrepris pour endiguer le problème des maladies non transmissibles. Le thème central de notre programme en la matière est la promotion et la prévention de la santé. FCTC/COP/7/DIV/6 4 Le Sri Lanka s’inquiète également beaucoup des questions plus vastes touchant à la santé, et nous prenons très au sérieux le programme des objectifs de développement durable. En plus des politiques en matière de santé, les cadres réglementaires d’autres domaines, tels que l’éducation, le commerce, l’alimentation, l’agriculture et l’environnement ont également un impact majeur sur les facteurs de risque relatifs aux maladies non transmissibles. Nous avons donc mis en œuvre une politique intégrée adaptée et pris des dispositions réglementaires pour réduire le niveau d’exposition aux facteurs de risque courants et modifiables des maladies non transmissibles. Tout en cherchant à améliorer la santé et le bien-être de notre population, nous gardons également en tête nos obligations plus larges vis-à-vis des objectifs de développement durable. Nous avons ainsi organisé, il y a deux semaines, une table ronde internationale sur le rôle de la production et de la consommation durables dans l’atténuation des changements climatiques. Celle-ci s’inscrit dans le projet « Sri Lanka Next – Blue Green Era », dont le but est de favoriser les progrès vers la réalisation de l’ODD 12 en Asie. Depuis 2014, ce projet sri lankais en faveur de l’énergie renouvelable a contribué à réduire de près de 3 000 tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre en favorisant la diffusion des systèmes à biogaz. Mon gouvernement a pour objectif d’augmenter la demande en énergie renouvelable de 20 % d’ici à 2020. Nous continuerons à jouer notre rôle et à remplir nos obligations à l’échelle mondiale sans aucune réserve. Enfin, M. le Président, distingués délégués, je pense que notre ambition commune doit être de garantir la mise en œuvre pleine et entière de la Convention-cadre pour la lutte antitabac, afin de voir sa force exploitée au maximum pour éliminer les méfaits du tabac et du tabagisme passif partout dans le monde. Et pour mener à bien toutes ces tâches, le monde entier attend avec intérêt les recommandations et les orientations de la Convention-cadre pour la lutte antitabac, de l’OMS et des institutions mondiales similaires. Je vous remercie de votre attention et souhaite un grand succès à ces sessions. = = =

Informations clés
Type de document Governing Bodies documents
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé