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Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d'orientation

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Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 Résumé d’orientation

Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 Résumé d’orientation Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation [WHO guideline on self-care interventions for health and well-being, 2022 revision: executive summary] ISBN 978-92-4-005227-7 (version électronique) ISBN 978-92-4-005228-4 (version imprimée) © Organisation mondiale de la Santé 2022 Certains droits réservés. La présente œuvre est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY-NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons. org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo/deed.fr). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci dessous. 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Toute médiation relative à un différend survenu dans le cadre de la licence sera menée conformément au Règlement de médiation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (https://www.wipo.int/amc/fr/mediation/rules/ index.html). Citation suggérée. Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien- être, révision 2022 : résumé d’orientation [WHO guideline on self-care interventions for health and well-being, 2022 revision: executive summary]. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2022. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. Disponible à l’adresse https://apps.who.int/iris/?locale-attribute=fr&. Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande en vue d’un usage commercial ou une demande concernant les droits et licences, voir https://www.who.int/fr/copyright Matériel attribué à des tiers. 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Page iv : © Shutterstock/Mila Supinskaya Glashchenko, © Jonathan Torgovnik, © UNICEF/Patricia Willocq, © UNICEF/Njiokiktjien CRÉDITS PHOTOS iii Table des matières TABLE DES MATIÈRES Résumé d’orientation 1 Le contexte 1 Soins de santé primaires, couverture sanitaire universelle et autres initiatives mondiales 1 Améliorer la santé et le bien-être 2 Pandémies et crises humanitaires 2 Définition de l’autoprise en charge et des interventions d’autoprise en charge 2 But et objectifs des lignes directrices 2 Cadre conceptuel pour les interventions d’autoprise en charge 3 Portée de ces lignes directrices 4 Accès et recours à des interventions d’autoprise en charge pour les populations défavorisées et utilisation de ces interventions 5 Public cible 5 Processus d’élaboration des lignes directrices 5 Élaboration du programme de recherche 5 Mise en œuvre, applicabilité, suivi et évaluation des lignes directrices 6 Actualisation des lignes directrices 6 Résumé des recommandations, des déclarations de bonnes pratiques et des considérations importantes 6 Liste des figures et des tableaux Figure 1. Résultats améliorés associés à des interventions d’autoprise en charge 1 Figure 2. Priorités stratégiques et objectifs du triple milliard, tirés du treizième programme général de travail de l’OMS 2 Figure 3. L’autoprise en charge dans le contexte des interventions en lien avec les systèmes de santé 3 Figure 4. Cadre conceptuel des interventions d’autoprise en charge 4 Tableau 1. Recommandations et considérations importantes relatives aux interventions d’autoprise en charge 6 Tableau 2. Recommandations et déclarations de bonnes pratiques sur des considérations de mise en application et d’effets sur les programmes des interventions d’autoprise en charge 12 Considérations importantes Recommandations existantes Nouvelles recommandations Déclarations de bonnes pratiques Les icônes suivantes servent à identifier les recommandations et les principales considérations dans les lignes directrices. iv WHO Guideline on Self-Care Interventions for Health and Well-Being Photographer credits 1RÉSUMÉ D’ORIENTATION LE CONTEXTE Les interventions d’autoprise en charge sont des approches parmi les plus prometteuses et les plus passionnantes permettant d’améliorer la santé et le bien- être tant du point de vue des systèmes de santé que pour les personnes qui les utilisent. Les interventions d’autoprise en charge offrent la garantie d’être bonnes pour tous et de nous faire progresser dans la réalisation de la santé universelle. Lorsqu’elles sont accessibles, acceptables et abordables, les interventions d’autoprise en charge peuvent potentiellement offrir plus d’options et une plus grande autonomie. Pour ceux qui prennent leur propre santé en charge et pour d’autres aidants, elles représentent un coup de pouce décisif vers davantage d’autodétermination, d’efficacité, d’autonomie et d’engagement en matière de santé. Même si le rapport bénéfices/risques varie selon les circonstances et selon les populations, avec des orientations normatives adaptées et un environnement sûr et propice à la santé, les interventions d’autoprise en charge favorisent la participation active de chacun à ses soins de santé et sont une formidable voie à suivre pour obtenir de meilleurs résultats sanitaires en traitant différents aspects des soins de santé, comme le montre la Figure 1. On estime qu’à l’échelle mondiale, il manquera 18 millions d’agents de santé à l’horizon 2030 et actuellement, 130 millions de personnes, un record, ont besoin d’aide humanitaire et des pandémies comme la COVID-19 représentent une menace partout dans le monde. Au moins 400 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès aux services de santé les plus essentiels et chaque année, 100 millions de personnes sombrent dans la pauvreté parce qu’elles doivent payer leurs soins de leur poche. Il est donc urgent de définir des stratégies innovantes qui dépassent le recours traditionnel au secteur de la santé. Ces interventions permettent également de couvrir les trois domaines prioritaires du treizième programme général de travail de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme le montre la Figure 2. L’OMS recommande des interventions d’autoprise en charge dans chaque pays et dans chaque contexte économique comme éléments essentiels sur la voie de la couverture sanitaire universelle (CSU) et dans les axes prioritaires à savoir promouvoir la santé, préserver la sécurité mondiale et servir les populations vulnérables. Soins de santé primaires, couverture sanitaire universelle et autres initiatives mondiales Les interventions d’autoprise en charge sont de plus en plus reconnues dans les initiatives mondiales, notamment pour faire progresser les soins de santé primaires. Les trois principaux éléments des soins de santé primaires décrits dans la Déclaration d’Astana de 2018 sont les suivants : • Répondre aux besoins des populations au moyen de services de santé intégrés et exhaustifs (assurant promotion, protection, prévention, guérison, réadaptation et soins palliatifs) et ce, tout au long de la vie, en donnant la priorité aux soins primaires et aux fonctions essentielles de santé publique. Résultats améliorés Amélioration de la couverture et de l’accès Réduction des disparités en santé et plus grande équité Meilleure qualité des services Amélioration des résultats sanitaires, sociaux et en matière de droits humains Réduction des coûts et utilisation plus efficace des ressources et des services de soins de santé FIGURE 1. RÉSULTATS AMÉLIORÉS ASSOCIÉS À DES INTERVENTIONS D’AUTOPRISE EN CHARGE 2 Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation • Agir systématiquement sur les déterminants de la santé, pris dans un sens large (notamment les facteurs sociaux, économiques et environnementaux ainsi que les caractéristiques et les comportements individuels) au travers de politiques et d’actions s’appuyant sur des données probantes dans tous les secteurs, et enfin • Donner aux individus, aux familles et aux communautés les moyens d’agir pour optimiser leur santé et se faire les défenseurs des politiques destinées à promouvoir la santé et le bien-être, pour participer à la mise en place des services de santé et des services sociaux, en prenant leur propre santé en charge et en prodiguant des soins aux autres. Les soins de santé primaires sont une condition essentielle pour atteindre la CSU et il faudra pour cela un changement de paradigme dans la prestation des services de santé (et les interventions d’autoprise en charge peuvent contribuer pour une grande part à ce changement). L’autoprise en charge à l’appui de la CSU peut à son tour contribuer à atteindre la cible 3.8 du troisième objectif de développement durable (Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge). Améliorer la santé et le bien-être La promotion de la santé permet aux populations de mieux maîtriser leur propre santé. Elle couvre un large éventail d’interventions sociales et environnementales conçues pour améliorer et protéger la santé et la qualité de vie de chacun en visant et en prévenant les causes profondes de mauvaise santé et pas seulement en se centrant sur le traitement et la guérison. L’OMS recommande un ensemble d’interventions d’autoprise en charge pour la promotion de la santé (voir la Figure 3) notamment une meilleure nutrition et davantage d’activité physique – mais aussi une action sur les facteurs favorables essentiels tels que les connaissances en santé qui servent de base à la promotion de la santé. Pandémies et crises humanitaires Dans les situations de conflits et de crises humanitaires, les systèmes de santé existants risquent de se trouver rapidement saturés alors que l’on constate souvent une demande sans précédent sur les individus et les communautés pour qu’ils prennent en charge leur propre santé. Lorsque des interventions d’autoprise en charge de qualité sont mises en place dans le cadre recommandé ou dans un « environnement propice » (comme décrit au chapitre 2) les individus et les communautés peuvent en bénéficier. Lors de pandémies comme la COVID-19, des mesures d’autoprise en charge telles que la distanciation physique, le port du masque et une bonne hygiène sont recommandées et appliquées à l’échelle mondiale et sont considérées être des éléments essentiels de la riposte. Les interventions d’autoprise en charge modifient la façon de percevoir et de comprendre les soins de santé et la façon FIGURE 2. PRIORITÉS STRATÉGIQUES ET OBJECTIFS DU TRIPLE MILLIARD, TIRÉS DU TREIZIÈME PROGRAMME GÉNÉRAL DE TRAVAIL DE L’OMS CO UV ER TU RE SANITAIRE UNIVERSELLE SITUATIONS D’URGENCE SANITAI RE M EILLEUR ÉTAT DE SAN TÉ ET D ’U N PL US G RA ND B IEN -ÊT RE Un milliard de personnes supplémentaires bénéficiant de la Un milliard de personnes supplémentaires bénéficiant d’un Un milliard de personnes supplémentaires mieux protégées face aux 3d’y accéder, et s’ajoutent aux nombreux médicaments, outils diagnostiques et autres technologies disponibles pour que les personnes les utilisent elles-mêmes. Définition de l’autoprise en charge et des interventions d’autoprise en charge L’autoprise en charge est la capacité des individus, des familles et des communautés à promouvoir la santé, prévenir la maladie, rester en bonne santé et faire face à la maladie et au handicap avec ou sans l’aide d’un agent de santé. Dans sa définition, l’autoprise en charge couvre la promotion de la santé, la prévention et la maîtrise de la maladie, l’automédication, les soins dispensés aux personnes dépendantes, la recherche d’un hôpital, d’un spécialiste ou de services de soins primaires, si nécessaire, ainsi que la réadaptation et les soins palliatifs. Les interventions d’autoprise en charge sont les moyens permettant de pratiquer l’autoprise en charge. Il peut s’agir d’interventions fondées sur des bases factuelles, utilisant des médicaments, dispositifs et outils diagnostiques d’excellente qualité et/ou d’interventions numériques pouvant être mises en place totalement ou partiellement en dehors des services de santé conventionnels et être réalisées avec ou sans l’intervention d’un agent de santé. But et objectifs des lignes directrices Le but de ces lignes directrices est de fournir des orientations normatives fondées sur des données probantes qui aideront les individus, les communautés et les pays à utiliser des services de santé de qualité et des interventions d’autoprise en charge s’appuyant sur des stratégies de soins de santé primaires, sur des ensembles complets de services essentiels et sur une approche centrée sur la personne. Les objectifs spécifiques de ces lignes directrices sont les suivants : • des recommandations fondées sur des données probantes sur les principales interventions d’autoprise en charge en lien avec la santé publique, notamment dans le but d’améliorer la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes (SRHR) en mettant l’accent sur les populations défavorisées et sur les situations où les systèmes de santé disposent de peu de ressources et de capacités. • des déclarations de bonnes pratiques sur les principales questions opérationnelles, liées aux programmes ou aux prestations de services, qu’il conviendra d’aborder afin de promouvoir et d’intensifier l’accès et le recours aux interventions d’autoprise en charge et leur utilisation dans de FIGURE 3. L’AUTOPRISE EN CHARGE DANS LE CONTEXTE DES INTERVENTIONS EN LIEN AVEC LES SYSTÈMES DE SANTÉ SYSTÈMES DE SANTÉ VIE QUOTIDIENNE AUTOPRISE EN CHARGE Automédication, autotraitement, auto-examen, auto-injection, auto-administration, auto-utilisation AUTODÉPISTAGE Auto-échantillonnage, autodiagnostic, autoprélèvement, autosurveillance PRISE DE CONSCIENCE INDIVIDUELLE Auto-assistance, auto-apprentissage, autodiscipline, efficacité personnelle, autodétermination SOINS DE SOI 4 Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation bonnes conditions de sécurité et d’équité, notamment pour améliorer la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes, et enfin • les principales considérations sur des sujets spécifiques afin d’orienter les futures recherches et lignes directrices. Cadre conceptuel pour les interventions d’autoprise en charge Le cadre conceptuel constitue un point de départ qui permet d’aborder le domaine de l’autoprise en charge en pleine évolution et d’identifier les interventions d’autoprise en charge qui nécessiteront des mises à jour ultérieures. Le cadre conceptuel (voir la Figure 4) illustre les principaux éléments des approches centrées sur la personne et axées sur les systèmes de santé qui peuvent appuyer l’introduction, l’acceptation et le plus large déploiement des interventions d’autoprise en charge. L’approche de la santé et du bien-être centrée sur la personne se situe au cœur de ce cadre. Les présentes lignes directrices s’appuient sur une approche de la santé et du bien-être renforcée, exhaustive Lieux d’accès Principes fondamentaux Environnement favorable Responsabilité sociale Informations Éducation Responsabilité personnelle Personnel de santé qualifié Financement de la santé Informations sur la santé Responsabilité des pouvoirs publics Responsabilité du secteur privé Responsabilité des donateurs Domicile Sécurité des approvisionnements Technologies et plateformes numériques Holistique Communauté Pharmacies Éthique Droits humains Égalité des sexes Toute la vie Lois et politiques favorables Médecine traditionnelle et pratiques socioculturelles Autonomisation économique (par ex. logement, sécurité sanitaire des aliments, capacité à payer les soins de santé) Services de santé Protection contre la violence, la coercition et la discrimination Responsabilité du secteur de la santé Aidants Soutien psychosocial Responsabilité Soins de soi pour la santé et le bien-être Produits et interventions de qualité réglementés Accès à la justice FIGURE 4. CADRE CONCEPTUEL DES INTERVENTIONS D’AUTOPRISE EN CHARGE Source : adapté de Narasimhan et al. avec son aimable autorisation@ (doi:10.1136/bmj.I688). 5et centrée sur la personne, qui couvre aussi la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes. Elles font la promotion de cette approche qui est étayée par les principes fondamentaux des droits humains, d’éthique et d’égalité entre hommes et femmes. Un système centré sur la personne implique que l’on dispense des soins holistiques à chaque personne, en tenant compte de sa situation individuelle, de ses besoins et de ses souhaits tout au long de sa vie et en tenant compte également de l’environnement dans lequel elle vit. Si elles sont mises en place dans un environnement favorable et sans risque, les interventions d’autoprise en charge offrent l’opportunité d’intensifier la participation active des personnes à leur propre santé et notamment la collaboration avec le patient. Un environnement favorable et sans risque est essentiel pour faciliter l’accès et le recours à des produits et à des interventions susceptibles d’améliorer la santé et le bien-être de populations défavorisées et marginalisées. L’évaluation et la garantie d’un environnement favorable qui rend possible des interventions d’autoprise en charge adaptées et sans risque doit être un prérequis essentiel dans toute stratégie visant à introduire ou à étendre ces interventions. Il faudra pour ce faire prendre en compte le profil des usagers potentiels, les services qui leur sont offerts, plus largement le contexte juridique et politique ainsi que les atouts et les obstacles structurels. Portée de ces lignes directrices Ces lignes directrices regroupent des recommandations de l’OMS, des déclarations de bonnes pratiques et des considérations essentielles existantes et nouvelles sur les interventions d’autoprise en charge de la santé. Les recommandations portent sur des interventions sanitaires spécifiques (voir le chapitre 3) tandis que les déclarations de bonnes pratiques sont des considérations de mise en œuvre et plus généralement pour créer et préserver un environnement favorable, en particulier pour les populations défavorisées (voir le chapitre 4 qui présente également deux recommandations supplémentaires). Le présent document s’appuie sur les orientations de 2019 qui ont été les premières de ces lignes directrices publiées par l’OMS. Les nouvelles recommandations présentées dans les présentes lignes directrices portent essentiellement sur des interventions d’autoprise en charge considérées faire une transition entre l’intervention d’agents de santé en établissements et une prestation utilisant le principe d’autoprise en charge. Lorsqu’il existe des orientations de l’OMS, le présent document oriente les utilisateurs vers ces autres publications pour informations complémentaires et vers d’autres outils et documents pertinents de l’OMS relatifs à des activités de programmes. Accès et recours à des interventions d’autoprise en charge pour les populations défavorisées et utilisation de ces interventions Les inégalités en santé sont endémiques dans toutes les régions du monde et les cas de maladies sont beaucoup plus nombreux parmi les individus et les communautés les plus pauvres et les plus marginalisés. Dans de nombreux endroits, la vulnérabilité des individus et des communautés défavorisés risque de s’accentuer en raison de facteurs comme le vieillissement qui peut entraîner un isolement social ou la pauvreté qui peut conduire les gens à vivre dans des environnements préjudiciables à leur santé. Par conséquent, les individus et les communautés n’ont pas tous besoin du même niveau de soutien pour accéder et recourir à des interventions d’autoprise en charge. Il est donc extrêmement important d’établir des liens forts et sans risque entre une autoprise en charge indépendante et l’accès à des services de soins de qualité pour les personnes qui le veulent ou qui en ont besoin, pour éviter tout effet nuisible. Lorsque l’autoprise en charge n’est pas un libre choix, mais résulte de la peur ou de l’absence d’autres solutions, elle risque d’accentuer les vulnérabilités. Le recours à des interventions d’autoprise en charge est propre à chacun et le transfert de responsabilité (entre la pleine responsabilité de l’usager et la pleine responsabilité de l’agent de santé [ou quelque part entre les deux]) peut aussi évoluer au fil du temps pour chaque intervention et pour différents groupes de populations. Il est fondamental pour la santé et les droits humains de veiller au respect absolu des lois et des politiques protégeant les droits humains dans les programmes de santé sexuelle et reproductive et dans les droits connexes. Public cible Les présentes lignes directrices s’adressent principalement aux responsables politiques, aux chercheurs, aux responsables de programmes, aux agents de santé (y compris aux pharmaciens), aux bailleurs de fonds et aux organisations de la société civile, au niveau national ou international, chargés de prendre des décisions ou de 6 Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation dispenser des conseils sur la mise en place ou la promotion d’interventions d’autoprise en charge. Les concepteurs de produits constituent le public cible secondaire. Ces nouvelles lignes directrices sont conçues également pour soutenir les personnes touchées par les recommandations, à savoir ceux qui prennent en charge leur propre santé et les aidants. Les services et les programmes de santé dans les environnements pauvres en ressources tireront le plus grand bénéfice de ces orientations dans la mesure où ils sont confrontés à de grandes difficultés pour offrir des services adaptés aux besoins et aux droits des populations défavorisées. Toutefois, ces lignes directrices s’appliquent à tous les milieux et doivent donc être considérées comme une orientation mondiale. Au moment de mettre en application ces recommandations de portée mondiale, les régions et les pays de l’OMS peuvent les adapter au contexte local en tenant compte des conditions économiques et des services et établissements de santé existants. Processus d’élaboration des lignes directrices Les présentes lignes directrices ont été élaborées conformément aux normes et critères de l’OMS applicables à l’élaboration des lignes directrices et sous la supervision du comité d’examen des lignes directrices constitué par l’OMS. Toutes les recommandations présentées dans ces lignes directrices ont été élaborées par le groupe chargé d’élaborer les lignes directrices et ont été confirmées par le méthodologiste spécialiste des lignes directrices qui a appliqué la méthode GRADE (gradation de la force des recommandations et de la qualité des données probantes). L’Annexe 2 de ce document donne tous les détails de cette méthode. En particulier, le chapitre 2.4 de l’Annexe 2 décrit la façon de résoudre les problèmes et d’identifier les recommandations et les déclarations de bonnes pratiques spécifiques devant être incluses dans les présentes lignes directrices. Élaboration du programme de recherche La future recherche peut aborder l’autoprise en charge sous deux angles : (i) l’élaboration des interventions d’autoprise en charge et (ii) la réalisation des interventions d’autoprise en charge. Les travaux de recherche sur l’efficacité, la sécurité, la mise en application et la réalisation des interventions s’appuieront sur les points de vue des individus, des collectivités, des communautés et des agents de santé et/ou sur les perspectives des systèmes. À cet égard, il convient d’attirer l’attention sur la nécessité d’une bonne adéquation entre la sélection des résultats à mesurer et les perspectives correspondantes. Il en va de même des études de coûts et de rapports coût-efficacité. Le recours de plus en plus fréquent à la santé numérique et aux technologies thérapeutiques numériques dans l’autoprise en charge offre de nouvelles possibilités d’obtenir des données concrètes en temps réel. Cependant, il est impératif pour cela que la vie privée, la sécurité et la gestion de l’identité soient prises en compte et respectées dans toute recherche éthique sur l’autoprise en charge. Il est primordial d’assurer une transparence, une culture de la confiance et des avantages mutuels pour les participants à la recherche et les chercheurs si l’on veut instaurer un environnement durable de la recherche. Durant le processus d’élaboration des lignes directrices et lorsque les membres du groupe chargé d’élaborer ces lignes directrices se sont réunis, ils ont identifié d’importantes lacunes dans les connaissances qui devaient être comblées au moyen d’une première recherche complémentaire. Le chapitre 5 des lignes directrices porte sur les limitations de la base de données probantes existante, traite de questions de recherche indicatives concernant un environnement favorable à l’autoprise en charge en matière de santé sexuelle et reproductive et de droits connexes, énumère les points permettant de combler les lacunes identifiées dans la recherche concernant les nouvelles recommandations présentées dans ces lignes directrices et aborde des questions de recherche indicatives sur les interventions d’autoprise en charge se rapportant à plusieurs domaines dans lesquels les résultats en matière de droits humains et d’équité peuvent être mesurés. Mise en œuvre, applicabilité, suivi et évaluation des lignes directrices La mise en œuvre efficace des recommandations, des déclarations de bonnes pratiques et des considérations importantes figurant dans ces lignes directrices nécessitera probablement la réorganisation des soins et une nouvelle répartition des ressources de santé, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les obstacles potentiels sont examinés au chapitre 6. Diverses stratégies seront appliquées pour s’assurer que l’approche centrée sur la personne et les principaux principes qui sous- tendent ces lignes directrices seront rendus opérationnels 7Interventions Recommandations et considérations importantesa Améliorer les soins prénatals, per-partum et post-partum Interventions non cliniques destinées aux femmes pour réduire le nombre de césariennes Recommandation 1 L’éducation sanitaire des femmes est un élément essentiel des soins prénatals. Les interventions éducatives et les programmes de soutien suivants sont recommandés pour réduire le nombre de naissances par césarienne en utilisant uniquement des mesures ciblées de suivi et d’évaluation. (Recommandation propre au contexte, faible qualité des données) Recommandation 1a Atelier de préparation à l’accouchement (comprenant des séances sur la peur et la douleur de l’accouchement, sur les techniques pharmacologiques de traitement de la douleur et leurs effets, sur les méthodes non pharmacologiques de traitement de la douleur, sur les avantages et les inconvénients de la césarienne et de l’accouchement par voie basse, sur les indications et les contre-indications de la césarienne, entre autres.) (Qualité des données faible à modérée) TABLEAU 1. RECOMMANDATIONS ET CONSIDÉRATIONS IMPORTANTES RELATIVES AUX INTERVENTIONS D’AUTOPRISE EN CHARGE et pour surmonter les obstacles constatés dans un certain nombre de milieux en vue de faciliter la mise en œuvre de ces orientations. La mise en œuvre et l’impact de ces recommandations feront l’objet d’un suivi au niveau des services de santé, des régions et des pays, sur la base des indicateurs existants. Compte tenu de l’espace privé dans lequel se pratique l’autoprise en charge, cependant, il conviendra de mettre au point d’autres options avec la participation des communautés touchées pour évaluer l’impact de ces interventions et en s’attachant tout particulièrement à obtenir des populations défavorisées qu’elles aient recours à ces interventions et les utilisent. Actualisation des lignes directrices Les recommandations, les déclarations de bonnes pratiques et les considérations importantes publiées dans le présent document constituent un sous-ensemble des interventions prioritaires d’autoprise en charge en matière de santé. Ces lignes directrices seront actualisées et étendues au fur et à mesure que de nouvelles données probantes seront disponibles et selon l’évolution des politiques et des programmes. On considère que les présentes lignes directrices sont évolutives ; elles permettront l’examen continu des nouvelles données et informations de sorte que des orientations appropriées pourront être produites en temps voulu puis être adoptées et appliquées par les pays et les programmes. Résumé des recommandations, des déclarations de bonnes pratiques et des considérations importantes Le Tableau 1 présente les recommandations nouvelles et existantes ainsi que les nouvelles considérations importantes sur les interventions d’autoprise en charge couvrant les sujets suivants : i) améliorer les soins prénatals, per-partum et post-partum, ii) assurer des services de planification familiale d’excellente qualité, y compris les services contre la stérilité, iii) éliminer les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité, iv) lutter contre les infections sexuellement transmissibles (y compris l’infection à VIH), les infections de l’appareil reproducteur, le cancer du col de l’utérus et d’autres affections gynécologiques, v) promouvoir la santé sexuelle et vi) lutter contre les maladies non transmissibles, notamment les maladies cardio-vasculaires et le diabète. Le Tableau 2 présente les déclarations de bonnes pratiques nouvelles et existantes et deux nouvelles recommandations sur des interventions d’autoprise en charge couvrant les sujets suivants : i) droits humains, égalité entre les sexes et considérations d’équité, ii) considérations financières et économiques, iii) besoins de formation des agents de santé, iv) considérations de mise en application adaptée à certains groupes de population, v) interventions de santé numérique et vi) considérations en matière d’environnement. Lorsqu’il s’agit de nouvelles recommandations, déclarations de bonnes pratiques ou considérations importantes, ce point est signalé. 8 Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation Interventions Recommandations et considérations importantesa Recommandation 1b Programme d’entraînement à la relaxation animé par le personnel infirmier (le contenu prévoit une discussion de groupe sur les problèmes d’anxiété et de stress pendant la grossesse ainsi que sur l’objectif de la relaxation appliquée, des techniques de respiration profonde, entre autres techniques de relaxation). (Qualité des données faible à modérée) Recommandation 1c Programme de prévention psychosociale s’adressant au couple (le contenu prévoit l’autogestion des émotions, la gestion du conflit, la résolution des problèmes, les stratégies de communication et de soutien mutuel qui renforcent la coparentalité positive vis-à-vis d’un nourrisson). Dans cette recommandation, on entend par « couple » les couples, les personnes entretenant des relations étroites ou d’autres personnes proches. (Qualité des données faible à modérée) Recommandation 1d Psychoéducation (destinée aux femmes qui ont peur de souffrir ; consiste à transmettre des informations sur la peur et l’anxiété, la peur de l’accouchement, la normalisation des réactions individuelles, les différentes phases du travail, les procédures hospitalières, le processus de l’accouchement et le traitement de la douleur [dirigé par un thérapeute ou une sage-femme] entre autres sujets.) (Qualité des données faible à modérée) Interventions d’autoprise en charge pour les symptômes cliniques courants Recommandation 2 Lorsque l’on envisage des interventions didactiques et des programmes de soutien, aucune forme particulière (par ex. brochures, vidéos, jeux de rôle) n’est recommandée comme étant plus efficace. Interventions en cas de nausées et de vomissements Recommandation 3 Gingembre, camomille, vitamine B6 et/ou acupuncture sont recommandés pour soulager les nausées en début de grossesse, selon les préférences de la femme et les options disponibles. Interventions en cas de brûlures d’estomac Recommandation 4 Il est recommandé de prodiguer des conseils sur l’alimentation et le mode de vie pour prévenir et soulager les brûlures d’estomac pendant la grossesse. Des préparations antiacides peuvent être proposées aux femmes qui présentent des symptômes pénibles qu’un changement de mode de vie ne soulage pas. Interventions en cas de crampes dans les jambes Recommandation 5 Du magnésium, du calcium ou solutions thérapeutiques non pharmacologiques peuvent être utilisés pour soulager les crampes dans les jambes pendant une grossesse, selon les préférences de la femme et les options disponibles. Interventions en cas de lombalgie et de douleurs pelviennes Recommandation 6 Il est recommandé de pratiquer régulièrement un exercice physique pendant la grossesse pour prévenir les lombalgies et les douleurs pelviennes. Différentes options de traitement peuvent être utilisées telles qu’une physiothérapie, le port de ceintures de maintien et l’acupuncture, selon les préférences de la femme et les options disponibles. 9Interventions Recommandations et considérations importantesa Interventions en cas de constipation Recommandation 7 Le son de blé ou d’autres suppléments riches en fibres peuvent être utilisés pour soulager d’une constipation pendant une grossesse si le problème persiste malgré la modification du régime alimentaire, selon les préférences de la femme et les options disponibles. Interventions en cas de varices et d’œdèmes Recommandation 8 Des options non pharmacologiques comme le port de bas de contention, la surélévation ou l’immersion des jambes dans l’eau peuvent être utilisées pour la prise en charge de varices et d’œdèmes pendant la grossesse, selon les préférences de la femme et les options disponibles. Autoprise en charge du traitement de la douleur en cas de premier stade prolongé du travail Recommandation 9 Il n’est pas recommandé de soulager la douleur pour prévenir la durée du travail et réduire l’accélération du travail. (Recommandation conditionnelle, très faible qualité des données) Complémentation en fer et en acide folique Recommandation 10a (nouvelle) L’OMS recommande de rendre possible l’autoprise en charge de compléments d’acide folique comme autre option que la fourniture par un agent de santé de compléments d’acide folique, pour les personnes prévoyant une grossesse dans les trois prochains mois. (Forte recommandation, très faible qualité des données) Recommandation 10b (nouvelle) L’OMS recommande de rendre possible l’autoprise en charge de compléments de fer et d’acide folique comme autre option que la fourniture par un agent de santé de compléments d’acide folique, pour les femmes en cours de grossesse. (Forte recommandation, très faible qualité des données) Recommandation 10c (nouvelle) L’OMS recommande de rendre possible l’autoprise en charge de compléments de fer et d’acide folique comme autre option que la fourniture par un agent de santé de compléments de fer et d’acide folique, dans la période postnatale. (Forte recommandation, très faible qualité des données) Autosurveillance de la tension artérielle en cours de grossesse Recommendation 11 (nouvelle) L’OMS suggère de rendre possible l’autosurveillance de la tension artérielle pendant la grossesse comme autre option que la prise de tension artérielle au dispensaire par des agents de santé lors des consultations prénatales, pour les personnes souffrant de troubles hypertensifs de la grossesse. (Recommandation conditionnelle, très faible qualité des données) Autodépistage d’une protéinurie en cours de grossesse Considération importante 1 (nouvelle) Pour les femmes enceintes souffrant d’hypertension sans protéinurie, il peut être bénéfique de prévoir des autotests urinaires à domicile comparé à des soins en hospitalisation pour détecter une protéinurie, mais les cliniciens ont besoin de mettre en balance ces autotests avec la charge supplémentaire que cela implique pour la personne. 10 Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation Interventions Recommandations et considérations importantesa Autosurveillance de la glycémie en cours de grossesse Recommandation 12 (nouvelle) L’OMS recommande de rendre possible l’autosurveillance de la glycémie en cours de grossesse comme autre option que le contrôle de la glycémie au dispensaire par des agents de santé lors des consultations prénatales, pour les femmes dont on a diagnostiqué un diabète gestationnel. (Forte recommandation, très faible qualité des données) Les femmes conservent leur dossier pour améliorer le recours aux soins prénatals et la qualité de ces soins Recommandation 13 L’OMS recommande que chaque femme enceinte conserve son dossier sur elle tout au long de sa grossesse pour améliorer la continuité et la qualité des soins et son expérience de la grossesse. Assurer des services de planification familiale d’excellente qualité, y compris des services contre la stérilité Auto-administration de contraceptifs injectables Recommandation 14 Des contraceptifs injectables autoadministrés devraient être mis à disposition comme autre moyen d’administrer des contraceptifs injectables aux personnes en âge de procréer. (Forte recommandation, qualité des données modérée) Autoprise en charge de l’utilisation de contraceptifs au moyen de pilules contraceptives orales délivrées sans ordonnance Recommandation 15 Des pilules contraceptives orales devraient être délivrées sans ordonnance aux personnes recourant à ce type de contraception. (Forte recommandation, très faible qualité des données) Possibilité d’obtenir une contraception d’urgence sans ordonnance Recommendation 16 (nouvelle) L’OMS recommande que l’on puisse délivrer sans ordonnance des pilules contraceptives d’urgence aux personnes souhaitant ce type de contraception d’urgence. (Forte recommandation, qualité des données modérée) Autotest au moyen de kits de prédiction de l’ovulation pour régulation de la fécondité Recommandation 17 Des kits de prédiction de l’ovulation devraient être mis à disposition comme autre moyen de régulation de la fécondité pour les femmes souhaitant concevoir. (Forte recommandation, faible qualité des données) Utilisation du préservatif Recommandation 18 L’utilisation régulière et correcte des préservatifs masculin et féminin est très efficace pour prévenir la transmission sexuelle du VIH, réduire le risque de transmission du VIH de l’homme à la femme et réciproquement chez les couples sérodiscordants, réduire le risque de contracter d’autres IST et des affections associées (y compris les condylomes acuminés et le cancer du col de l’utérus) et prévenir les grossesses non désirées. Recommandation 19 L’utilisation correcte et régulière des préservatifs avec des lubrifiants compatibles avec les préservatifs est recommandée pour toutes les populations concernées pour prévenir la transmission sexuelle du VIH et des IST. (Forte recommandation, qualité des données modérée) Recommandation 20a Fournir jusqu’à une année d’utilisation de pilules, selon la préférence de la femme et l’usage prévu. 11 Interventions Recommandations et considérations importantesa Recommandation 20b Les programmes doivent mettre en balance le souhait de donner aux femmes le plus large accès aux pilules et les préoccupations liées aux stocks de contraceptifs et à la logistique. Recommandation 20c Le système de réapprovisionnement doit être suffisamment souple pour permettre aux femmes d’obtenir facilement la quantité nécessaire de pilules au moment où elles en ont besoin. Autotest de grossesse Recommendation 21 (nouvelle) WHO recommends making self-testing for pregnancy available as an additional option to health worker-led testing for pregnancy, for individuals seeking pregnancy testing. (Forte recommandation, très faible qualité des données) Éliminer les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité Autogestion de l’avortement médicamenteux au cours du premier trimestre de grossesse Recommandation 22 Il est recommandé aux femmes d’évaluer elles-mêmes si elles remplissent les conditions autorisant un avortement médicamenteux dans le contexte d’une recherche rigoureuse. Recommandation 23 Dans des circonstances particulières, il est recommandé de prendre de la mifépristone et du misoprostol sans la surveillance directe d’un agent de santé. Cette option est recommandée dans des circonstances où les femmes disposent d’une source d’informations précises et peuvent avoir accès à un agent de santé à tout moment, en cas de besoin ou si elles le souhaitent. Recommandation 24 Dans des circonstances particulières, il est recommandé aux femmes d’évaluer elles-mêmes l’achèvement total de l’avortement au moyen de tests de grossesse et de listes de contrôle. Nous recommandons cette option en cas de prise de mifépristone et de misoprostol et lorsque les femmes disposent d’une source d’informations précises et peuvent avoir accès à un agent de santé à tout moment, en cas de besoin ou si elles le souhaitent. Mise sous traitement hormonal contraceptif à la suite d’un avortement Recommandation 25 L’auto-administration de contraceptifs injectables est recommandée dans des circonstances particulières. Nous recommandons cette option dans des contextes où les femmes peuvent bénéficier de dispositifs leur fournissant une formation et des informations appropriées, où des liens solides peuvent les orienter vers un agent de santé et où elles sont assurées de bénéficier d’un suivi. Recommandation 26 Pour les femmes qui recourent à un avortement médicamenteux et suivent un protocole par association de mifépristone et de misoprostol ou un protocole par misoprostol seul et qui souhaitent une contraception hormonale (pilules contraceptives orales, timbre, anneau ou implant contraceptif ou injections contraceptives), nous leur suggérons de commencer par une contraception hormonale immédiatement après la première pilule du protocole médicamenteux choisi pour l’avortement. Combattre les infections sexuellement transmissibles (y compris l’infection à VIH), les infections de l’appareil reproducteur, le cancer du col de l’utérus et d’autres affections gynécologiques Autoprélèvement pour la recherche du papillomavirus humain (PVH) Recommandation 27 L’autoprélèvement pour la recherche du PVH devrait être proposé comme autre option que le prélèvement réalisé par les services de dépistage du cancer du col de l’utérus pour les personnes âgées de 30 à 60 ans. (Forte recommandation, qualité des données modérée) 12 Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation Interventions Recommandations et considérations importantesa Autoprélèvement pour le dépistage des IST Recommandation 28 L’autoprélèvement pour la recherche de Neisseria gonorrhoeae et de Chlamydia trachomatis devrait être proposé comme une option autre que le prélèvement réalisé par les services de dépistage des IST. (Forte recommandation, qualité des données modérée) Recommandation 29 L’autoprélèvement pour la recherche de Treponema pallidum (syphilis) et de Trichomonas vaginalis peut être considéré comme autre option que le prélèvement réalisé par les services de dépistage des IST. (Recommandation conditionnelle, faible qualité des données) Autotest pour le dépistage du VIH Recommendation 30 L’autotest pour le dépistage du VIH devrait être proposé comme autre option que celle assurée par les services de dépistage du VIH. (Forte recommandation, qualité des données modérée) Sentiment d’efficacité personnelle et autonomisation des femmes vivant avec le VIH Recommandation 31 Pour les femmes vivant avec le VIH, les interventions relatives au sentiment d’efficacité personnelle et à l’autonomisation pour la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes doivent être assurées de manière à améliorer au maximum leur santé et à leur permettre de faire valoir leurs droits. (Forte recommandation, faible qualité des données) Accès à une pharmacie pour obtenir une prophylaxie préexposition pour la prévention de l’infection à VIH Considération importante 2 (nouvelle) Lancement en pharmacie et poursuite d’une prophylaxie préexposition : • L’OMS recommande d’offrir une prophylaxie orale préexposition et un anneau vaginal de dapivirine aux femmes exposées à un risque élevé d’infection à VIH. • Il est impératif d’assurer un accès équitable à une prophylaxie préexposition qui devra être disponible et de transmettre des informations sur son utilisation pour favoriser un recours plus fréquent à cette prophylaxie. La fourniture d’une prophylaxie préexposition par l’intermédiaire des pharmacies peut offrir une occasion unique d’élargir l’accès à cette prophylaxie dans la communauté. • Tout modèle de délivrance d’une prophylaxie préexposition par les pharmacies doit permettre l’adhésion aux procédures suggérées par l’OMS pour la mise en place et la poursuite d’une prophylaxie préexposition, y compris le dépistage du VIH, l’analyse de la créatinine et d’autres tests et conseils si nécessaire. • La décision d’offrir une prophylaxie préexposition dans les pharmacies devra être conforme aux lois et réglementations locales et nécessitera des liens avec le système de santé et la participation de la communauté. Promotion de la santé sexuelle Utilisation de lubrifiant pour la santé sexuelle Recommandation 32 (nouvelle) L’OMS recommande la mise à disposition de lubrifiants pour leur utilisation en option pendant l’activité sexuelle entre personnes sexuellement actives. (Forte recommandation, qualité des données modérée) 13 Interventions Recommandations et considérations importantesa Auto-administration d’hormones d’affirmation de genre pour les personnes transgenres et de genre divers Considération importante 3 (nouvelle) • Les principes d’égalité des genres et des droits humains dans la fourniture d’hormones d’affirmation de genre de qualité sont fondamentaux pour élargir l’accès à cette intervention importante et réduire la discrimination liée à l’identité de genre. • Les personnes transgenres et de genre divers vivent dans des systèmes sociaux, juridiques, économiques et politiques qui les exposent à un risque élevé de discrimination, d’exclusion, de pauvreté et de violence. • Il est urgent de mener une recherche pour appuyer les orientations fondées sur des données probantes. Maladies non transmissibles (notamment les maladies cardio-vasculaires et le diabète) Maladies cardio-vasculaires Autosurveillance pour le contrôle de la tension artérielle Recommandation 33 L’autocontrôle de la coagulation sanguine est recommandé pour les patients traités par anticoagulants oraux dont l’accessibilité économique a été établie. (Faible recommandation, qualité des données modérée) Autocontrôle de la coagulation sanguine Recommandation 34 L’autocontrôle de la coagulation sanguine est recommandé pour les patients traités par anticoagulants oraux dont l’accessibilité économique a été établie. (Faible recommandation, qualité des données modérée) Recommandation 35 L’autocontrôle de la coagulation sanguine est recommandé, de même que la décision du patient traité par anticoagulants oraux d’augmenter lui-même le dosage si la méthode est abordable et conformément à un plan d’action convenu avec un professionnel de santé. (Recommandation conditionnelle, qualité des données modérée) Diabète Autosurveillance de la glycémie Recommandation 36 L’utilisation d’un dispositif d’autosurveillance de la glycémie dans la prise en charge de patients présentant un diabète de type 2 et ne prenant pas d’insuline n’est pas recommandée à l’heure actuelle en raison du nombre insuffisant de données probantes pour appuyer une telle recommandation. (Recommandation conditionnelle, qualité des données modérée) Recommandation 37 Il faudrait offrir aux personnes sous insuline pour un diabète de type 1 ou de type 2 un dispositif d’autosurveillance de la glycémie en fonction du besoin clinique de chacun. (Recommandation conditionnelle, faible qualité des données) a La force de la recommandation et/ou le degré de certitude des données probantes ne sont pas indiqués pour certaines des recommandations existantes dans la mesure où celles-ci ont été élaborées avant l’application systématique de la méthode GRADE. Lorsque les lignes directrices respectives seront mises à jour en utilisant le cadre GRADE, nous actualiserons ces recommandations en conséquence. 14 Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation TABLEAU 2. RECOMMANDATIONS ET DÉCLARATIONS DE BONNES PRATIQUES SUR DES CONSIDÉRATIONS DE MISE EN APPLICATION ET D’EFFETS SUR LES PROGRAMMES DES INTERVENTIONS D’AUTOPRISE EN CHARGE Interventions Recommandations et déclarations de bonnes pratiques Droits humains, égalité des genres et considérations d’équité Déclaration de bonne pratique 1 (nouvelle) Toutes les interventions d’autoprise en charge pour la santé doivent être assorties d’informations précises, compréhensibles, susceptibles d’être traduites en actes et présentées sous une forme et dans une langue accessibles, sur l’intervention proprement dite et sur la façon d’établir un lien avec les services concernés de soins de santé dans la communauté ou les établissements, sur la possibilité de se coordonner avec un agent de santé ou un pair apportant un soutien et sur l’exploitation de l’intervention. Déclaration de bonne pratique 2 (nouvelle) La mise en place d’interventions d’autoprise en charge pour la santé doit offrir aux patients davantage d’options sur le moment et le moyen de rechercher des soins, notamment en permettant une certaine souplesse dans le choix des interventions et dans la mesure et la manière de collaborer avec les services de santé. Déclaration de bonne pratique 3 (nouvelle) Les interventions d’autoprise en charge pour la santé et les dispositifs de leur mise en place doivent être conçus pour répondre aux besoins de tous, de quelque genre qu’ils soient, en reconnaissant qu’il puisse y avoir des différences dans les obstacles auxquels les personnes et les communautés sont confrontés pour accéder à des interventions de qualité, dans leurs besoins et leurs priorités, dans la nature du soutien dont ils ont besoin et dans les points d’accès qu’ils préfèrent. Déclaration de bonne pratique 4 (nouvelle) Les pays doivent examiner et, si nécessaire, réviser les lois, les politiques et les réglementations pour faire en sorte que des interventions d’autoprise en charge de qualité soient largement disponibles dans la communauté, qu’elles soient accessibles à tous sans discrimination par l’intermédiaire d’agents de santé du secteur public ou privé et de la communauté et qu’elles soient acceptables pour ceux qui les utilisent. Financement et considérations économiques Déclaration de bonne pratique 5 Des services de santé et des interventions d’autoprise en charge de qualité devraient être disponibles, accessibles, abordables et acceptables pour les populations défavorisées et marginalisées et devraient être fondés sur des principes d’éthique médicale, de protection contre la stigmatisation, la coercition et la violence, de non-discrimination et de respect du droit à la santé. Besoins de formation des agents de santé Déclaration de bonne pratique 6 (adaptée) Les agents de santé devraient bénéficier de formations périodiques appropriées pour qu’ils acquièrent les compétences nécessaires étayées par les connaissances, les aptitudes et les attitudes requises, pour assurer des interventions d’autoprise en charge fondées sur le droit à la santé, à la confidentialité et à la non-discrimination. Délégation rationnelle et partage des tâches Déclaration de bonne pratique 7 Les pays, en collaboration avec les parties prenantes concernées, notamment des groupes de patients et la communauté, devraient envisager la mise en application et/ou l’extension et le renforcement de la délégation rationnelle des tâches aux individus, aux aidants et aux communautés en tant que membres de l’équipe de santé et ce, de façon efficace pour aboutir à des résultats sanitaires équitables. 15 Interventions Recommandations et déclarations de bonnes pratiques Déclaration de bonne pratique 8 Ceux qui prennent leur santé en charge et les aidants qui ne sont pas des agents de santé qualifiés peuvent être habilités à gérer certains aspects des soins de santé sous la responsabilité d’un agent de santé, en particulier pour ce qui concerne l’autoprise en charge et l’utilisation d’interventions d’autoprise en charge, le cas échéant et dans le contexte de systèmes de santé sûrs et favorables. Formation des agents de santé axée sur les compétences Déclaration de bonne pratique 9 (adaptée) Les pays devraient adopter une méthode systématique de formation harmonisée, normalisée et axée sur les compétences qui vise la réponse aux besoins et soit accréditée de sorte que les agents de santé puissent être dotés des compétences nécessaires pour : • appliquer et soutenir les pratiques d’autoprise en charge susceptibles de promouvoir la résilience émotionnelle, la santé et le bien-être, • déterminer dans quelle mesure un individu souhaite et peut suivre et gérer lui-même ses soins de santé, • promouvoir l’accès et le recours aux interventions d’autoprise en charge et leur utilisation rationnelle, et • apprendre aux individus à préparer et à s’auto-administrer des traitements médicamenteux ou des thérapies. Considérations de mise en application adaptée à certains groupes de population Considération de mise en œuvre en situation de crise humanitaire ou de pandémie Recommandation 38 L’OMS recommande de rendre prioritaires les services de santé numériques, les interventions d’autoprise en charge, le partage des tâches et les actions de proximité pour assurer l’accès aux médicaments, diagnostics, dispositifs, informations et conseils lorsque la prestation des services de santé sexuelle et reproductive en établissement se trouve interrompue. Recommandation 39 L’OMS recommande d’optimiser les mesures portant sur la santé au travail et sur la sécurité du personnel, notamment en assurant des soins de santé mentale et un soutien psychosocial et en promouvant les stratégies d’autoprise en charge. Approche prenant en compte toutes les étapes de la vie Déclaration de bonne pratique 10 La sensibilisation aux interventions d’autoprise en charge devrait être adaptée aux besoins spécifiques des populations tout au long de la vie et dans différentes situations et circonstances et elle devrait reconnaître leur droit à la santé sexuelle et reproductive dans toutes les étapes de leur vie. Considérations de mise en œuvre auprès des populations défavorisées et marginalisées Déclaration de bonne pratique 11 (adaptée) Au sein des populations défavorisées et marginalisées, chaque personne devrait pouvoir vivre pleinement une vie sexuelle agréable et avoir accès à différents choix en matière de santé reproductive. Déclaration de bonne pratique 12 (adaptée) Les pays devraient œuvrer pour mettre en place et rendre exécutoires des lois anti- discrimination et protectrices, dérivées des normes sur les droits humains, en vue d’éliminer la stigmatisation, la discrimination et la violence à l’encontre des populations défavorisées et marginalisées. Déclaration de bonne pratique 13 (nouvelle) Les personnes transgenres et de genres divers qui s’administrent elles-mêmes des hormones d’affirmation de genre ont impérativement besoin d’accéder à des informations fondées sur des données probantes, à des produits de qualité et à du matériel d’injection stérile. 16 Lignes directrices de l’OMS sur les interventions d’auto-prise en charge pour la santé et le bien-être, révision 2022 : résumé d’orientation Les présentes lignes directrices évolutives sont disponibles également sur une plateforme en ligne, conviviale et de navigation facile, qui permettra un examen continu des nouvelles informations et données probantes. La version Internet interactive de ces lignes directrices évolutives est accessible à l’adresse https://app.magicapp.org/#/ guideline/Lr21gL. Les lignes directrices SMART (acronyme anglais rendu par Précis, mesurable, réalisable, pertinent et limité dans le temps) sur les interventions d’autoprise en charge en matière de soins prénatals, de planification familiale, de VIH et sur d’autres sujets sont accessibles à l’adresse https://www.who.int/teams/digital-health-and-innovation/smart- guidelines. DES LIGNES DIRECTRICES ÉVOLUTIVES Interventions Recommandations et déclarations de bonnes pratiques Interventions en matière de santé numérique Déclaration de bonne pratique 14 (adaptée) Les interventions en matière de santé numérique offrent des occasions de promouvoir et d’informer sur les interventions d’autoprise en charge et d’organiser des forums de discussion sur ce sujet. Déclaration de bonne pratique 15 (adaptée) La télémédecine client–prestataire visant à soutenir les interventions d’autoprise en charge peut être offerte en complément des services de santé en présentiel. Déclaration de bonne pratique 16 (adaptée) La communication numérique ciblant le client par les agents de santé sur l’utilisation d’interventions d’auto-prise en charge peut aider à appliquer, suivre et évaluer les résultats sanitaires. Considérations environnementales Déclaration de bonne pratique 17 L’élimination sûre et sécurisée des déchets issus des produits liés à l’autoprise en charge devrait être encouragée à tous les niveaux. Déclaration de bonne pratique 18 Les pays, bailleurs de fonds et parties prenantes devraient œuvrer pour l’achat de produits écologiques liés à l’autoprise en charge en privilégiant des produits générant moins de déchets et pouvant être recyclés ou en choisissant des produits produisant moins de déchets dangereux ou encore en utilisant de plus faibles quantités de produits.

Département Santé sexuelle et reproductive, et recherche Programme spécial de recherche, de développement et de formation à la recherche en reproduction humaine (HRP) Organisation mondiale de la Santé Avenue Appia 20 1211 Genève 27 Suisse reproductivehealth@who.int selfcare@who.int who.int/teams/sexual-and-reproductive-health-and-research www.who.int/health-topics/self-care

Informations clés
Type de document Publications
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé