Organisation mondiale de la santé (OMS) · Journal articles

OUTBREAK OF GASTRO-ENTERITIS BY NON AGGLUTINABLE (NAG) VIBRIOS = ÉPIDÉMIE DE GASTRO-ENTÉRITE DUE A DES VIBRIONS NON-AGGLUTINABLES

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ÉPIDÉMIE DE GASTRO-ENTÉRITE DUE A DES VIBRIONS NON-AGGLUTINABLES 1

OUTBREAK OF GASTRO-ENTERITIS BY NON AGGLUTINABLE (NAG) VIBRIOS1

Soudan Une épidémie de gastro-entérite grave s’est récemment produite à Idd Eltin, (District d ’El Gedaref, Province deKassala) dans des circonstances assez exceptionnelles. L’eau d ’un nouveau puits artésien avait très vite acquis la répu­ tation de guérir miraculeusement diverses maladies incurables. De 25 000 à 36000 personnes, selon les estimations, se réunissaient autour du puits, vivant dans des huttes avec des conditions d’hygiène déplorables et sans aucun approvisionnement en eau. Un étang bourbeux s’étant formé à l’orifice du puits, les gens s’y baignaient et s’enduisaient le corps de boue. L ’eau du puits a été consommée et emportée dans différentes régions du pays. Le premier cas de vomissements et de diarrhée a été signalé à l’attention du médecin de district d ’El Gedaref le 4 novembre 1968. Ce médecin soupçonna le choléra, après avoir constaté une sérieuse déshydratation et l’évacuation de selles riziformes. Un vibrion d ’une agglutinabilité douteuse a été isolé le 7 novembre, date à laquelle le Ministère de la Santé a installé un hôpital de campagne doté d’un laboratoire, qui a commencé à fonctionner le 11 novembre. Des renseignements sont alors parvenus sur des cas de diarrhée et de vomissements, survenus le mois précédent chez les personnes qui avaient bu de cette eau, avec issue fatale notamment chez les individus faibles, âgés ou débiles. Il n ’a pas été possible d’établir une statistique exacte de la morbidité ou de la mortalité pour cette période, car la déclaration des décès n ’est pas obligatoire. Des cas ont commencé à être signalés de divers côtés dans les Provinces voisines du Nil bleu et de Khartoum, où de l’eau avait été rapportée par des pèlerins tombés malades à leur retour. Quelque 69 cas ont été traités dans les hôpitaux de campagne et à El Gedaref, mais il n ’y a pas eu de décès; par contre, 87 décès ont été enregistrés sur place parmi les personnes qui ne s’étaient pas fait soigner à l’hôpital et dont le décès était probablement dû parfois à de tout autres causes. Dans la Province de Khartoum, 56 cas ont été signalés, sans aucun décès, mais dans la Province du Nil bleu il y a eu 38 décès sur 244 cas. Ces chiffres ne sont cependant pas entièrement dignes de foi, cat beaucoup de gens, par crainte du ridicule ou par peur, n ’ont pas révélé qu’ils s’étaient rendus à El Gedaref ou qu’ils avaient bu de l ’eau du puits. En revanche, une surveillance intensive a permis de dépister des cas de diarrhée et de vomissements et des décès qui étaient probalbement sans aucun rapport avec la consommation de l ’eau contaminée. Des vibrions non agglutinables du groupe Heiberg I ont été isolés sur 29 des 97 prélèvements fécaux opérés sur des malades et examinés au laboratoire de la santé publique de Khartoum. Des organismes semblables ont été isolés sur 94 des 2 951 spécimens recueillis dans le camp, aussi bien sur des malades que sur des per­ sonnes en bonne santé. On a noté la présence de ces vibrions dans 14 écouvillonnages rectaux pratiqués sur 79 cadavres ainsi que dans l’eau du puits. Faute de temps et de moyens, il n ’a pas encore été possible d ’identifier complètement les germes isolés, mais leur étude se poursuit. L ’analyse chimique de l’eau du puits a révélé une forte alcalinité (pH 8,2 à 8,4) et une teneur élevée en sulfates et en ammoniaque et elle a été déclarée impropre à la consommation humaine. D ’une manière générale, les cas étaient bénins et apyrétiques, avec évacuation de selles liquides, sans ténesme, trois à cinq fois par jour. Des vomissements ont été signalés dans tous les cas et l’oligurie était fréquente. La réhydratation a donné des résultats spectaculaires. Aucun cas n ’a été signalé chez les enfants de moins de 12 ans. Il n ’y a pas eu de cas secondaire et aucune transmission directe n ’a été observée. L ’intervalle entre l’ingestion de l’eau conta­ minée et l’apparition de la diarrhée a varié de quelques heures à sept jours. Le Ministère delà Santé a demandé l ’aide de l’OMS le 13 novembre et un consultant envoyé par le Bureau de la Méditerranée orientale est arrivé sur place le lendemain matin. L’équipe OMS du choléra a quitté Manille avec le matériel nécessaire six heures après avoir reçu des instructions du Siège. Le puits a été fermé le 14 novembre et, à paitir de ce jour, le nombre de cas a commencé à diminuer. Aucun cas nouveau ne s’est produit après le 17 novembre. Grâce à la rapidité avec laquelle le Gouvernement soudanais a demandé l’assistance de l’OMS, il a été possible d’effectuer une enquête et d’enrayer l’épidémie dans le minimum de temps. 1 Information du Service des Maladies bactériennes.

Sudan An outbreak of severe gastro-enteritis recently occurred at Idd Eltin, in the District of El Gedaref, in Kassala Province, under exceptional circumstances. Water from a newly-opened artesian well acquired the reputation of being a miraculous cure for various incurable maladies. Though estimates vary, about 25 to 36 000 people gathered around the well in a camp of huts and shacks with no arrangements for sanitation and water supply. A muddy pool formed at the base of the tube well where people bathed and smeared mud on their bodies. The water was drunk and carried to various parts of the country. The first case of vomiting and diarrhoea was brought to the notice of the Government physician in El Gedaref on 4 November 1968. He suspected cholera because of severe dehydration and rice water stools. A vibrio of doubtful agglutinability was reported on 7 November, when the Ministry of Health established a camp hospital and laboratory which started functioning on 11 November. Information was then available on the occurrence of diarrhoea and vomiting in people who had drunk water, and on deaths parti­ cularly among weak, old and debilitated individuals during the preceeding month. It was not possible to obtain exact morbidity or mortality figures during this period as registration of death is not obligatory. Cases began to appear in different parts of the adjacent Blue Nile and Khartoum Provinces where water had been taken or pilgrims had returned and become sick. About 69 cases were treated in the hospitals in the camp and in El Gedaref, with no deaths; 87 deaths were registered in the camp of persons who did not report to hospital, some of whom might have died from unrelated causes. In Khartoum Province, 56 cases were recorded with no death, while in Blue Nile Province there were 38 deaths among 244 cases. These figures are not entirely reliable as many people were ashamed or afraid to admit having visited El Gedaref or having drunk the water. On the other hand intensive surveillance lead to the detection of cases of diarrhoea and vomiting, and of deaths which were probably not in any way related to this well water. Non-agglutinable vibrio of Heiberg group I was isolated from 29 out of 97 faecal specimens of patients examined in Khartoum Public Health Laboratory. A similar organism was isolated from 94 out of 2 951 stool specimens collected from cases and healthy persons in the camp. Fourteen rectal swabs from 79 dead bodies and the water from the well were also found positive for this organ­ ism. Time and facilities did not permit complete identification of the isolates referred to above but their examination is continuing. Chemical examination of water from the well revealed a high alkaline (pH 8,2-8,4), sulphate and ammonia content and it was declared unsuitable for human consumption. The cases in general were mild and apyrexial with three to five watery stools a day without tenesmus. Vomiting was a constant feature and oliguria was common. The results of rehydration were dramatic. No cases were seen in children below twelve years of age. Secondary cases did not occur and case-to-case transmission was not seen. The interval between drinking the water in question and onset of diarrhoea varied from a few hours to seven days. The Ministry of Health asked for WHO assistance on 13 Novem­ ber and a consultant sent by EMRO arrived the next morning. The WHO Cholera Team left Manila with supplies within six hours of receiving instructions from Headquarters. The well was closed on 14 November and from then the number of cases began to decline. No new cases occurred after 17 November. The prompt action taken by the Government of Sudan to get WHO assistance, made it possible to investigate and stop the out­ break with a minimum of delay. 1 Note from Bacterial Diseases Unit.

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Type de document Journal articles
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé